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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
K. Arts et spectacles
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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Références

La presse, 1989-01-21, Collections de BAnQ.

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[" Arts et spectacles LA PRESSE.MONTREAL, SAMEDI 21 JANVIER 1989 Louis Gauthier et l'art maîtrisé du récit PHOTO PTtXXt WCCANN, L» PrtfS* B.D.: les lettrés! ¦ Le mariage littérature-bande dessinée met de côté ses premières raisons, qui étaient de nature didactique.Le Salammbô de Flaubert devient un « space opera », La Venus à la fourrure de Sacher Masoch possède tout ce qu'il faut pour séduire les amateurs plus mûrs.À lire en page K3 J ont gagné à la literie du rock ¦ Les membres de Guns N'Roses n'étaient rien-, ne possédaient rien ; ils étaient à la rue, littéralement.Cela a duré jusqu'au moment où ils'ont trouvé la recette: de la broue, de la boucane, de nombreuses lignes blanches, quelques injections exploratoires, des filies-grou-piês; en masse, des tatouages sur les bras et beaucoup beaucoup de rock dur.À lire en page K3 Je lis dans le Pont de Londres, de M.Louis Gauthier, un aveu rare : « Au fond, la vie ne m'intéressait pas, seule la littérature m'intéressait, et ce qui dans la vie ressemblait à la littérature.» Cette vie-là est ailleurs, sans doute, que le narrateur cherche à Londres après Dublin, avant de poursuivre sa quête, peut-être, vers un Orient qui ressemble pour l'instant à un mirage fragile.H a quitté Montréal, et une femme qu'il pourrait aimer encore, et entrepris un Voyage en Irlande avec un parapluie dont je garde un souvenir assez vif, car j'y retrouvais, brouillées par un savant flou artistique, comme parodique, les images d'une autre Irlande, toute proche mais si lointaine, où j'ai vu le coup de feu et les sinistres étourneaux figer dans l'horreur les plus doux paysages du monde.Le récit est un genre sobre dont on attend la vérité, ou ses apparences, en tout cas une valeur de témoignage, et cela tient sans doute à l'art des grands romanciers du XIXe siècle, qui savaient jusqu'aux confins de l'Europe promener leur regard amusé ou las et explorer parfois, en parallèle, leurs inquiétudes de roseaux pensants.Ils faisaient d'eux-mêmes, dans leurs récits de voyages, les personnages d'une fiction désormais moins gratuite, plus ouverte aux contradictions de l'être humain et aux exigences inattendues de l'instant.A travers leur propre conscience, ils imaginaient en quelque sorte la conscience de leur temps.Les récits de M.Gauthier, plus modernes à tous égards, et sans révéler le moindrement la vanité qui menace de tels projets, s'y apparentent un peu.L'action plus que le regard concerne le roman, que M.Gauthier a pratiqué aussi mats avec beaucoup moins de bonheur il me semble, car son écriture la plus naturelle est dépouillée, je le vois mieux aujourd'hui, elle a cette fausse neutralité, un leurre n'en doutons pas, qui contraint le lecteur à la connivence ou même à la complicité.Elle convient donc idéalement au récit.Ainsi un narrateur raconte des choses et des riens, transcrit rarement sa parole singulière, car il n'y a pas cent lignes de dialogues dans ce récit, il semble créer comme le fait un sculpteur, en éliminant ce qu'il juge superflu ou vain ou inutile.En soi et autour de soi il regarde, choisit puis raconte, l'air voir NARRATEUR en page K 2 La jeune littérature « beur » au-delà de l'étoile Ben Jalloun FULVIO CACCIA collaboration spéciale PARIS Le roman « Beur » existe-t-II ?Question piégée qui dépasse aujourd'hui les intéressés eux-mêmes maintenant que les projecteurs de l'actualité sont braqués sur leurs jeunes cousins d'Algérie en révolte contre un régime autocratique et « révolutionnaire ».Les intéressés, ce sont une dizaine de jeunes romanciers d'origine maghrébine, les « Beurs » \u2014 anagramme d'Arabes \u2014 qui, au milieu des années 80.faisaient paraître leurs premiers romans ; leur cri de révolte était' celui de 700 000 Beurs de leur âge contre cette « Madame la France », réticente encore à les reconnaître comme siens.Car ces jeunes « de la deuxième génération » étaient-ils réellement français?L'ampleur des récents débats politiques sur le code de la citoyenneté ainsi que le dynamisme des mouvements tels SOS Racisme montrent bien la complexité toujours actuelle de cette condition immigrante, désormais présente dans toute société post-industrielle.Le déclin consécutif de l'idéologie étatique et du taux de natalité a mis brusquement en lumière l'urgence de concevoir l'identité nationale autrement que par l'appartenance religieuse ou linguistique à un groupe ethnique.À cet égard la production romanesque de cette génération donne quelques indications des nouveaux enjeux qui sont en train de transformer radicalement les grandes cultures.Déjà, au-delà de l'exotisme traditionnel de la littérature française, des romanciers français, et pas des moindres, ont saisi l'importance de cette nouvelle donne.Dans son « double roman » Désert, l'énigmatique Jean-Marie Le Ciézio trace l'itinéraire incandescent d'une jeune maghrébine qui s'arrache du désert pour devenir une mystérieuse « cover girl » avant de retourner accoucher, seule, sur la plage déserte de son enfance.Dans La Goutte d'or, paru en 1985, Michel Tournier évoque un itinéraire et une thématique similaires pour son personnage «Idriss».Cependant il n'a pas la main aussi heureuse que son collègue de la NRF.Malgré ses efforts, l'auteur du Roi des Aulnes reste superbement parisien dans la manière d'exprimer la réalité de cette minorité immigrante et son roman se perd dans des considérations pertinentes certes \u2014 mais sans véritable ressort romanesque \u2014 à propos du choc de deux civilisations : la nôtre, judéo-chrétienne, fondée sur l'image, et la leur, musulmane, axée sur l'écrit et le signe.Si la démonstration est boiteuse, du moins dans le cas de Tournier, l'intuition demeure juste : l'équation entre l'image et l'écrit est non seulement la clé des rapports entre les civilisations musulmane et occidentale mais aussi celle de la modernité aujourd'hui hallucinée par le tourbillon débridé des allégories.Bien avant leurs pairs français, les écrivains arabes contemporains d'expression française avaient balisé les avenues de cette thématique qu'accentua un moment les luttes de libération nationale.Il s'agissait d'abord de s'émanciper du modèle français en affirmant le caractère distinct de chaque culture.Ce fût le combat des aines : les algériens Mohamed Dib et Kateb Yacine dont le roman Nedjma anticipe déjà cette tradition métissée, le juif tunisien Albert Memmi \u2014 connu au Québec surtout pour ses remarquables essais sur le colonisé; plus tard l'algérien Rachid Boudjedra et surtout le marocain Tahar Ben Jalloun devaient puiser plus amplement dans la riche tradition orale; ce qui valut d'ailleurs à ce dernier le prix Goncourt en 1987.On le voit, cette littérature en éclosion se trouve à l'intersection des deux plus grandes civilisations méditerranéennes.Mais alors que les écrivains arabes francophones ont davantage vécu « de l'extérieur » l'emprise du modèle français; on pourrait dire en revanche que les romanciers «beurs», eux, l'ont expe-riementé de « l'intérieur », enregistrant plus fortement peut-être les secousses de l'acculturation et du désarroi modernes.D'où les réserves des écrivains arabophones qui constatent, inquiets, à quel point la mémoire du passé fait défaut à cette écriture des « premiers cris ».Shérazade C'est pour réinscrire cette mémoire éclatée au sein de la réalité que l'écrivain algéro-française Lcila Sebbar a mis en scène dans ses romans cette génération qui lui ressemble tant.Le féminisme lui sert de révélateur.Et quoi de plus évocateur que de redonner la parole à la figure fondatrice de la littérature orientale : Shérazade.Elle revient sous les traits d'une jeune auto-stoppeuse beur.La France et son histoire' seront ses balises.Et l'inépuisable sujet de ses Carnets de Shérazade.L'auteur devait poursuivre cette investigation du métissage dans Le Chinois vert d'Afrique (Stock 1984) et puis dans son récent roman J.H.cherche âme soeur.Stock 1988, où elle explore l'univers carcéral des jeunes et leurs âpres réappropriation de leur culture.Bien qu'elle ne soit pas « beur » elle-même, Leila Sebbar est convaincue que ce croisement, des cultures est au voir JEUNE en page K2 Akli Tadjer W La hauteur sereine tie Gilbert Choquette KÉGINALO éme en ca mois de somnolence, cette rubrique est consacré* A l'activité littéraire montréalaise.Aucun' lieu n'est phis étranger a ('oeuvra d'un romancier comma M.Gilbert Choquette, que je soupçonne être parfaitement Indifférant a ce qui y trouve écho.C'est son droit certes, que je ne conteste pas un instant, mais je me permettrai d'étonner l'auteur de l'Étrangère ou Un printemps condamné, son roman le phis récent paru a l'Hexagone, en évoquant ici la singularité de son projet romanesque, qui constitue justement un aspect intéressant de la vie des livres, ne serait-ce que par la distance qu'il représenta par rapport aux manieras reçues et aux modes.Au lieu de pleurer sur les méfaits de l'âge, qui nous imposerait la sagesse, réjouissons-nous d'y trouver en même temps la tolérance.Je me souviens d'avoir il y a quelques années descendu en flammes M.Choquette, qui n'en méritait pas tant.Je pensais sincèrement qu'il n'était plus permis d'écrire comme ca.Je pensais moins au style, mais j'y pensais un peu quand mime, qu'au fond.Quoi! Un contemporain, issu du même milieu que nous tous, osait proposer des héros mus par une conception très haute, voire inaccessible, du Beau et du Vrai.Où donc allait cet écrivain si attaché a dés valeurs du'passé?On a les valeurs qu'on veut, ou celles qu'on peut, et le privilège de les cultiver.Si les majuscules font sourire tés cyniques, eh bien qu'ils sourient} Le romancier est un artiste, il a sur le choix de ses thèmes et sur la façon de les traiter un pouvoir souverain, il n'oblige personne a le suivre dans sa voie.Récemment, un chroniqueur littéraire écrivait tout le mal qu'a pensait, et peut-être un peu plus, de l'Étrangère; M.Choquette est sans douté naïf, car il a eu; la maladresse de répondre publiquement a ce journaliste.Il aurait dû savoir qu'on est toujours perdant a ce jeu et que la meilleure defense d'une, oeuvra vient de ses lecteurs, pas de son auteur.Mais je reviens a mon propos.L'état actuel des Idées et des moeurs, les formes reçues du roman, ta demanda littéraire au sens commercial du terme,- tout cela existe bel et bien et peut représenter, pour tes écrivains, des contraintes absolues.Il devient alors d'autant phis souhaitable que des écrivains fassent fi de ces contraintes, attentifs seulement à leur petite ou grande musique intérieure.Les héros de M.Choquetta, musiciens, peintres ou écrivains, ont en commun d'avoir du génie et de tendra dé toutes leurs forces vers les sommets «te l'art ; its ont cette fol et parfois aussi la foi en pieu, tempérée jusqu'à ta souffrance par le douté; en voulant vivre au-dessus de tous, ils se condamnent au mépris de la plupart; enfin, lis sont marqués par.un destin néfaste et te ntôrt vient »ss chercher jeunes.Marie Duchesneau, l'héroïne de l'Étrangère, n'échappe pas au modèle général.Dès l'enfance, poussée à cela H est vrai par une mère qui a plus d'ambition que de jugement, l'art est sa seule passion.L'amour Viendra plus tard, annoncé par les inévitables désillusions de la jeune artiste.H aura ta visage d'un jeune Chartreux descendu des hauteurs de Grenoble pour réfléchir à la solidité desa fol.Ils ne s'aimeront qu'une seule nuit et deviendront ensuite de vrais héros de la tragédie classique : chacun sacrifiera l'amour de l'autre, car on ne fait pas concurrence à Dieu.Emmanuel retourné» dans sas Alpes perdues, Marie ira à Nice rendra son dernier suunra.nu iiwiw uç mreuu sublimes, et qui né courent pas tes rues, chacun sera mort a l'amour et à ta vie.Tout cela est ridicule ?Peut-être, mais peut-être pas pour tous.Personnellement, je ne suis pas séduit.Ce qui n'est pas ridicule du tout, mais admirable, c'est la ferveur d'un écrivain qui mène son oeuvre comme bon lui semble, en pratiquant une écriture qui, pour n'être pas moderne, nous rappelle sans cesse ces modèles d'hier dont nous pourrions encore et pour longtemps nous inspirer, ne serait-ce que pour la rigueur grammaticale.C+.B K2 LA PRESSE, MONTRÉAL.SAMEDI 31 JANVIER 1989 disques Les essais Eso-Pekka Saionen Pour Nielsen mais non pour Sibelius GINGHAS Autant les sept Symphonies de Sibelius, le compositeur national «ta la Finlande, forment un ensemble impression-nant, autant les six Symphonies de son «voisin», le Danois Carl Nielsen \u2014 son « voisin » et exact contemporain puisque tous deux naquirent en 1865 \u2014, comptent parmi ce qu'il y a de plus ennuyeux dans le répertoire tout entier.Curieux hasard, Il y a chez l'un et l'autre une Cinquième Symphonie qui fait exception.Chez Sibelius, c'est la moins intéressante des sept Symphonies; chez Nielsen, la plus écoutable des six.Le hasard, encore, fait que ces deux Cinquièmes sont réunies aujourd'hui par CBS sous la baguette du même chef, le jeune Finlandais Esa-Pekka Salonen.Concernant Nielsen, c'est la troisième tranche de l'intégrale qu'il a entreprise avec l'Orchestre Symphonique de la Radio Suédoise, dont il est le chef attitré (nous avons déjà ses Nielsen nos I et 4), alors que le disque Sibelius marque le début d'une autre intégrale, celle-là avec le Philharmonia de Londres dont il est le « principal guest conductor ».Invité à l'OSM au début de l'an dernier, le jeune Salonen n'avait pas fait grande impression.Les quelques enregistrements qu'il a lignés sont en général meilleurs.|e pense, par exemple, à son extraordinaire réalisation de la Titra ngalllaSy m phonic de Mes-siaen, également chez CBS.De ses deux présentes Cinquièmes Scandinaves, la meilleure est celle de Nielsen.L'oeuvre fut inspirée par la guerre de 1914-18 et.malffrA auelques naïvetés et gaucheries, les deux grands mouvements qui la composent évoquent respectivement l'horreur du conflit lui-même et l'immense sentiment d'espoir qui lui succède.Les deux situations sont extrêmement bien rendues par le jeune chef et son orchestre suédois, dont la virtuosité (surtout chez les vents) fera certes l'unanimité.La prise de son est d'ailleurs tout à fait remarquable.Le résultat est moins bon dans le Sibelius.Le jeune chef ne possède pas encore cette maturité grâce à laquelle de grands interprètes ont pu faire passer cette oeuvre inégale : Karajan dans ses meilleures années, Bernstein dans ses meilleurs moments, le très sérieux Paavo Berglund, sans oublier le légendaire Robert Kaja-nus, dont la version de 1932 est à entendre.Pourtant, là encore, Salonen bénéficie d'un grand orchestre et d'une excellente réalisation technique.Les deux disques sont complétés par des oeuvres plus brèves, représentant dans chaque cas une quinzaine de minutes de musique.De Sibelius : la très dramatique Fille de Pohjola.De Nielsen : trois nages intéressantes, sans plus, de l'opéra Maskarade.Esa-Pekka Salonen SJSCUUS : Symphonie no S.in mi bémol majeur, op.821 1914-15.rtv.1919); Pcfyoùn» CJr LU Fille de Pohjola \u2022), fantaisie tympho-nkjue.op.4911906).Philharmonia Orchestra oa Londres.Dir.Esa-Pekka Salonen (CBS, compact.MK 42366; \u2022 3J t et cassette»; NaUS» ! Svmphonit no 5.op.50 {1921-22); tro»s extraits symphoniques de l'opéra Mts-tant* (190446).Orchestre Symphonique de la Radio S'Jédolse.Dir.Esa-Pekka Salonen (CSS.compact.MK44547; + 33-t.«t cassette).MINICRITIQUES Tchaikovsky_ TCHAiXOVSKY: airs des operas Yevgeny Cn/e-gmne.Pikoinya Damt.Orteuttstoy* Dyirva, lo-tint/, etc.Chena Oimltrova.soprano.Orchestre National de Hongrie, dir.ZoKJn Pesko (CBS, compact.MK42174; ?33-t et cassette).¦ Des airs de sept opéras de Tchaikovsky par cette chanteuse- bulgare qu'on annonce dans Sa-bucco au Stade Olympique en juin.La voix est grande, slave, mais pas toujours très juste, et l'expression varie peu d'une sélection à l'autre.Vishnevskala n'est pas encore remplacée! Voir autres MINI-CRITIQUES ?n page K4 Le narrateur qui sculpte\tLa Jeune littérature « beur \u2022 des choses et des riens\tau-delà de l'étoile Ben Jalioun SUITE DE LA PAGE K 1\tSUITE DE LA PACE K 1 de dire: c'était à prendre ou à laisser, j'ai pris, vous êtes libres de laisser.Or, le lecteur ne demande pas mieux que d'abdiquer cette liberté.Il voit la narrateur disséquer ses lâchetés, tenter d'éveiller ses désirs usés, sombrer par l'alcool et les drogues dans l'abrutissement; il le voit en fin de compte se mettre à nu en donnant toute la mesure de son insignifiance, bien vivant pourtant, sans salut car hors la littérature, et se mentant sans y croire un instant, disant «Comme c'était bon, cette vie de désirs, de serments faits sans réfléchir, de mensonges, ces envies, ces plaisirs volés, goûtés dans la fébrilité, ces instants fugitifs et intenses», pour évoquer tout de suite après le choc de I angoisse, celle oui n'a pas de nom et qui vient de la conscience la plus aiguë de la vie, quand rien n'y ressemble à la littérature.Quand même, drôle de héros que ce narrateur qui ne va conquérir ni le monde ni personne, qui dans les lieux les plus magiques traîne lourdement sa chape d'écrivain velléitaire et son incurable ennui, capable pourtant de transformer tant de désillusion consentie en une oeuvre d'art à peu près inattaquable, car la forme et le fond y forment un noyau solide et dur, incontournable.Au terme du récit, le narrateur longe une petite rivière, il y trouve un pont.Il sera dans quelques années sur l'autre rive.Il aura renoué son balluchon, ce sera la début du Voyage au Portugal avec un Allemand.Je serai aussi de ce voyage, j'espère, qui pourrait offrir encore ce qui se rapproche le plus d'une littérature, séduisant pari, qui n'aurait pour fin qu'elle-même.Louis Gauthier, LE PONT Df lONDKS.récit.VLB Editeur.Montreal.1988.MARCHÉ w \u2022 du Livre ACHETONS et VENDONS rCOMPACT DISC» LIVRES B.D.DISQUES CASSETTES Neufs ou Usagés 455 est, de Maisonoeuve (angle Bern) coeur des problèmes d'aujourd'hui.Voilà pourquoi son dernier ouvrage y fait explicitement référence.L'album Génération métis, sorti l'automne dernier, porte sur l'expression culturelle du métissage en France.On y parle de roman, mais également de mode, de B.D.de théâtre, de musique et, bien sûr, de cinéma.Mehdi Charef Û Cinéma! Qui n'a pas, un instant, rêvé d'en faire ?Aujourd'hui, à 36 ans, Mehdi Charef est peut-être le plus connu de ces jeunes romanciers-cinéastes; il fut le premier à transposer la vie d'un Jeune beur \u2014 la sienne \u2014 à la fois sur papier et sur grand écran.En fait Charef imagina son Thé au harem d'Archi Ahmed comme un scénario, fidèle à cet égard à la sensibilité de toute une génération de jeunes romanciers dont le cinéma est le culte et la référence obligée.Mais en faire coûte cher.Très cher surtout pour un fils d'immigrant tourneur de métaux de son état.On lui conseille alors de l'écrire d'abord en roman que le Mercure de France publie en (983.Enthousiasmés, Costa Ga-vras et sa femme achètent les droits d'adaptation et confient le projet.à l'auteur.Le film qu'il en tirera remporte le prix lean Vigo 1983 frôlant de peu la sélection officielle à Cannes.« Un nouveau cinéaste est né » exulte alors la presse unanime.Rarement auteur n'a suscité autant d'espoir.L'histoire qu'il raconte est simple pourtant C'est celle d'une amitié entre deux adolescents de la zone Madjid, le beur et Pat.le français.Leur aventure ressemble à celle des «petits enfants du siècle» que Christiane Rochefort décrivait vingt ans plus tôt.Le lecteur québécois pourra aussi y reconnaître les accents d'un David Fennario ou ceux, plus familiers d'un Tremblay; la démesure en moins.Là, une jeunesse déclassée cherche sa dose de rêve par des petites rapines et la fatalité d'une vie sans avenir.Rien ne change au pays de la marge et de la pauvreté; on y rêve toujours de bord de mer.La der- livres,disques, cassettes &c.d.'s usagés DE RETOUR 3864 ST-DCNIS TEL.: 849-9014 L'ECHANGE_ |\u2014 ACHETE ET VEND AU MEILLEUR PRIX il a\u2014 J disques, liwes,cassettes, I compact dise usagés I choix 3694 713est , et St-Denis Mt-Royal I qualité 849-1913 523-6389 METRO SHERBROOKE MÉTRO MT-ROYAL nière séquence est un bel hommage a 400 coups de François Truf-faut.Toutefois prisonnier de son esthétique naturaliste, Charef ne Eirvient pas à la hargne d'une ochefort ni au lyrisme nerveux d'un Truffaut.On reste inexorablement au ras des pâquerettes.Tel est bien la limite de ces « romans cinématographiques » écrits non pas pour être lus et, donc imaginés, mais pour être vus.Dans son troisième film Camomille, Mehdi Charef délaisse le roman et explore directement les rapports entre une femme riche, belle et droguée et un apprenti boulanger qui assemble une vieille Panhard.Mais cette fois le succès n'a pas été au rendez-vous.Azouz Begag Le Cone de Chaàba, d'Azouz Begag, 31 ans, publié dans la collection Point Virgule du Seuil, participe lui aussi de cette sensibilité cinématographique.Mais c'est du côté de l'humour ubues-que d'Affreux sales et méchants d'Ettore Scola qu'il faut aller voir.Méchant le Gone ?\u2014 gamin dans le patois lyonnais \u2014 Nenni! C'est par ses yeux espiègles qu'on vivra les épisodes cocasses du bidonville de Chaâba.L'unique fontaine crée bien des jalousies parmi les femmes qui s'injurient à qui mieux mieux mais le grand événement demeure sans contredit le jour où le camion d'ordures vient se purger de ses trésors, non loin.C'est à qui s'accaparera du butin avant d'entreprendre l'expédition punitive contre les putains du voisinage.« Li Bitaines zi ba bou bour li za-fas » (les putains ce n'est pas bon pour les enfants), proclame le chef du clan et père du petit Azouz.Car ici, le parler « bouzi-dien » agit èn cocktail explosif avec les autres dialectes arabes locaux.Joyce n'est pas loin mais le petit Azouz, devenu docteur en énonomie, préfère plutôt Zola! On le comprend.Son roman est en fait une autobiographie dont certaines pages, enseignées dans un lycée, ont provoqué récemment bien des remous.Actuellement Begag prépare un second, roman qui poursuit les aventures du petit «Gone»; la première édition s'est vendue à 13 000 exemplaires, un succès plus qu'estimable pour un premier roman.Akli Tadjer Si Charef et Begouç plantent leur décor dans les bidonvilles, Akli Tadjer lui, situe le sien à bord du Tassili, navire algérien qui fait la navette entre Alger et Marseille.Quelle meilleure image pouvait illustrer la condition de ces Arabes non identifiés ( A.N.I.) qui ne sont reconnus ni par leur patrie d'adoption ni par celles de leurs origines.Tadjer a choisi d'en prendre son parti ; et d'en rire l'espace d'une traversée.Omar, un A.N.I., s'y trouve pour revoir sa Garonne-Colombes natales.Son stage d'adaptation volontaire au pays de ses ancêtres a tourné court.Mais heureusement qu'il y avait Sofia, Ah! ia belle hôtelière des «Sables d'or» et qui se moque de ses manières un peu voyantes de touriste allemand ! Viendra-t-elle à Paris ?Il peut toujours rêver.En attendant il y a Fefer, le rocker de banlieue et Petit Rouget, deux A.N.I.comme lui et aussi Chérif l'immigrant, ainsi que deux filles, militantes du Tiers-Monde.Entre eux, le narrateur tisse des liens chaleureux que décape parfois son humour grinçant, l'arme du minoritaire par excellence.Le livre obtint en 1985 le prix Georges Brassens et finit, lui aussi, par devenir un film.Georgette I Farida Belghoul nous entraîne pour sa part du côté de l'enfance souveraine dans Georgette!, son premier roman, paru aux éditions Bernard Barrault.Émule de Bérénice, l'évanescente héroïne de VAvalée des avalées.Georgette cherche dans la chanson sa vérité au « fond d'un encrier ».Son long monologue tente d'exorciser sa condition de fille d'éboueur algérien en s'inventant un monde magique, ponctué de rites et vibrant de violences contenues.Son écriture ramassée, concise, traduit avec une étonnante sûreté la beauté cruelle de l'enfance : « Les gens sont jaloux de ma beauté.Ils devinent pas que c'est une ruse.Derrière, je cache un petit affreux avec des griffes pleines de sang, comme les ongles de la maitresse.le m'approche du premier qui m'embête, il me trouve belle et là, je lui déchire d'abord la peau, ensuite, je le tue définitivement.» Contrairement à ses collègues masculins, Belghoul sort des ornières du réalisme pour travailler la langue de manière proprement littéraire.Le résultat est un style qui transforme la quête d'une identité immigrante en une aventure proprement littéraire.Assurément cette militante du mouvement beur qui a également à son actif deux films sur l'immigration, n'en est pas très éloignée.À suivre.Leila Houari On pourrait en dire presque autant pour Lcila Houari dont le deuxième livre, Quand tu verras la mer est paru l'an dernier aux édition de l'Harmattan.Cette suite de huit nouvelles sont autant de courts chapitres d'un bref roman (116 pages) sur la mémoire qui s'effrite.D'où la mélancolie qui imprègne ses pages encore incertaines et remplies des échos d'une réalité trop difficile à transmuer.Pourtant l'imaginaire oriental y montre timidement le bout de son nez : l'évocation fugitive du bain maure, de Yamma la déesse au sept sexes.et puis la mer omniprésente.On aurait aimé en savoir plus.dommage L'arcantère et l'Harmattan «Cette littérature s'est essoufflée en voulant exprimer l'urgence», constate froidement Ralssi, l'animateur de la maison d'édition l'Arcantère qui depuis cinq ans à fait paraître une trentaine de titres dont un recueil de pièces Le Théâtre Beur et des romans comme Les Beurs de Seine de Mehdi Lallaoui et l'Encre d'un fait divers d'Ahmed K.Avec une collection d'une trentaine de titres consacrée aux «Ecritures arabes», l'Harmattan est l'autre point de chute important de cette expression littéraire qui cherche à ia fois la revendication de sa spécificité arabe et son appartenance à la société française.Comment transposer l'héritage originel de façon originale sans tomber dans le conservatisme et le folklore ?Telle est la tâche qui incombe désormais à ces écrivains immigrants dont les questionnements recoupent aujourd'hui ceux de notre époque postmoderne.Mais encore faut-il se souvenir.autrement.\u2022ASILM La littérature française vue d'Italie .par Giovanni Macchia, un universitaire qui a la passion qui convient impeccable.Mais que ce -soit un Italien qui commente la-littérature française apporte 4 cet ouvrage un ton particulier et très enrichissant.Ses références sont souvent italiennes/et il s'intéresse fatalement aux relations sensiDies et amoureuses qui n'ont pas manqué en trajet écrivains français et l'Italie, ces deux pays frères.Stendhal est présent, celé va de soi, mais il y a aussi un cjia- Bitre sur le voyage que fit lontesquieu en Italie.Le sérieux homme de loi fut fasciné par les perversités italiennes de l'époque, comme les-castrats travestis qui l'intriguaient beaucoup.Proust nous revient à cause de Venise et de Ruskin.Zola, car son père était italien, ce dont Zola q'aimait pas se souvenir.Etc.- Ce livre est une preuve-supplémentaire, s'il en était-besoin, que l'idée même d'une littérature ou d'un art national est une illusion.Les littératures vont et viennent et s'iater-fécondent.Tout, dans ce domaine, appartient à tous.- - La littérature moderne.Pourquoi Je titre de Paris en ruine ?Il semble que Giovanni Macchia ait tenté d'opposer le Paris des lumières au Paris des ténèbres qui prend naissance avec Baudelaire et où est né ce qu'il est convenu d'appeler I art moderne.Ce Paris moderne est, paradoxalement, le vieux Paris qu'a détruit Haussmann, en bref le Paris La critique littéraire peut être, est souvent, pédante et ennuyeuse.C'est qu'elle est gérée souvent par des universitaires qui font plus confiance à de mythiques et transitoires systèmes qu'à leur sensibilité et à leur talent.Pour parler de littérature, il faut de l'amour et de la haine, en bref de la passion.Giovanni Macchia, qui est universitaire certainement, a la passion qui convient.Son style est brillant et clair.Si son érudition est évidente pour qui veut la voir, il la dissimule par l'entrain.Son premier livre traduit en français de l'italien est une révélation et un feu d'artifice qui séduira tout ceux qui aiment les livres.C'est Paris en ruine', une cinquantaine de chapitres sur des auteurs français de Montaigne à Proust.De Montaigne, il dira justement « qu'il nous a appris que si nous ne savons pas écrire un roman, ce n'est pas une raison suffisante pour nous croire, nous les hommes de lettres, des ratés ».Sans doute parle-t-il pour lui-même.Il a bien raison.La littérature, en effet, est vaste.Il y a des oeuvres criti- PARTS EN RUINES fkéface rl'ltalo Calvino ques qui sont d'authentiques créations.Une approche globale.Comment Giovanni Macchia travaiile-t-il?Il y va de tous bords tous côtés.Il Cherche les différences qui existent entre les auteurs, puis il tente de découvrir leurs similitudes.Prenons, par exem- Ele, deux faiseurs de maximes, a Rochefoucauld et Cham-fort.Ils sont tous les deux solitaires et « en disgrâce ».Mais l'un est tourné vers le passé, l'autre inaugure l'ère moderne.Le premier meurt d'amertume.Le second se suicide.Ce n'est pas gai! Ou bien il explore les relations secrètes qui unissent un auteur à un autre.Qui est La Mettrie ?Et le connaîtrait-on si Sade ne lui avait pas era- Frunté son nom pour signer une de ses oeuvres ?En fait, La Mettrie fut un médecin-philosophe qui pratiquait l'art de jouir et qui mourut, à quarante-deux ans, d'une indigestion de truffes.Il a fait l'apologie de l'opium.Diderot et voltaire le prenaient pour un fou hilare.Et pourquoi voit-on apparaître des lies au XVIIIe siècle, que ce soit Cythère, l'Ile de Raison ou l'Ile de Calypso que Proust reprendra à son compte un peu plus tard ?Alors, commentant Proust après avoir évoqué Strabon et Fénélon, Giovanni Macchia s'aperçoit que pour Proust la muse Calypso s'identifie non pas à Ulysse mais à son fils Télémaque par le biais justement d'un des grands amours de sa vie, Bertrand de Sallgnac-Fcnélon, « un robuste jeune homme inconstant et fuyant, incroyablement difficile à contenir et à conquérir ».L'apport Italien Giovanni Macchia est de ce genre d'artistes italiens qui ont d'abord un sens de la plastique mythique qui est pour Giovanni Macchia le symbole même de la littérature universelle: L'antithèse en serait Anatole France, à qui il consacre;un chapitre doux-amer car c'est par Anatole France, « qui exerçait une forme de protection sur le moi secret des lecteurs », qu'est née « la prolifération de tant de petits Anatole France, entre le journalisme et la littérature ».Le choix de Giovanni Macchia est clair.À l'inverse d'Anatole France qui tenait à la « bonne réputation de l'homme de lettres », il choisit «les poètes maudits, les déchets de la société, les Jécri-vains démoniaques, les ly-canthropes, les grotesques, les monstres, les hérétiques.».Mais il ne faut pas s'en faire, Pascal, Balzac, Chateaubriand, même Voltaire étaient de ces races-là.Giovanni Macchia, lui.est de ceux qui croient, avec Flaubert, ce parfait styliste, que les grands écrivains peuvent se Permettre le luxe d'écrire mal.n écrivain c'est d'abord une nature, une personnalité et, pourquoi pas, une névrose-car la littérature vient non pas de l'intelligence mais des nerfs.Voici ce qu'il écrit des frères Goncourt, ces littérateurs-types : « Derrière leurs livres on devinait des êtres écorchés dans leur sensibilité, à vif,\"soumis à une éprouvante autopsie morale, habitués à se nourrir de fruits secs, dans le désolant métier de l'homme de lettres qui observe, occupés à extraire les images de leurs nerfs pour les coucher sur le papier; et dont les journées respirent le caractère insupportable de l'existence, Irrémédiablement marqué du sceau antibourgeois de l'ennui.» ,.11 PARIS EN RUINE, par Giovanni MaceMa.essai.400 pages, éditions Flammarion. LA PRESSE, MONTREAL, SAMEDI 21 JANVIER 1989 K3 LITTÉRATURE DISQUES La grande littérature et les petits bonshommes JOCELVNf LEPAGE Le phénomène n'est pas nouveau.La grande littérature et la littérature de genre t\\nt u\\iiv*>nr inent.ré les auteurs de bandes dessinées, pas plus bêtes que les cinéastes.Au début, les emprunts à la grande littérature servaient surtout à édifier lés jeunes qui, disait-on, ne lisaient que des comics.On a leur a donc refilé, à ces jeunes, un peu de la culture de Victor Hugo, d'Alphonse Daudet, de la Comtesse de Ségur et même de la Bible, en petits bonshommes colorés.Mais la B.D.a vieilli, l'âge des lecteurs augmenté, et la grande (ou moyenne) littérature comme source d'inspiration sert désormais de tous autres intérêts que l'éducation.Elle sert en fait les dessinateurs qui s'emparent des écrivains'et les rendent semblables à eux.C'est de l'adaptation dans sa plus grande liberté.Le Salammbô de Gustave Flaubert, par exemple, interprêté par Philippe Druillet, dessinateur de fantastique, transforme une histoire de Carthaginois en un « space opera* divinement dessiné, mais plus difficile d'accès bien que moins profond que le texte fabuleux'dont il s'inspire.La Venus à la fourrure de Crêpax, inspirée de Sacher Masoch (qui est au masochisme ce que Sade est au sadisme )¦n'a rien de plus édifiant pour la jeunesse que l'original, mais tout-ce qu'il faut pour relever plus allègrement que philosophiquement le «moral» des vieux.Toutefois, Le Journal de fuies BANDES DESSINEES Renard, «lu» par Fred et publié par Flammarion, est quant à lui un petit bijou de réflexions saugrenues sur la vie et la société, en brun et blanc, qui pourrait ranimer l'intérêt des intellectuels pour le créateur de Poil de carotte, et pour Fred.Et les deux Léo Malet qu'a empruntés Tardi ( Brouillard au pont de Tolbiac et 120, rue de la Care) prennent un relief que le temps avait sans doute effacé dans la version écrite format de poche.Mais peut-être faut-il voir dans là publication récente de deux albums chez Gallimard le début d'une nouvelle mode?Gallimard, tout de même, c'est plus que du bonbon.C'est même la maison littéraire par excellence (Proust, Malraux, Sartre, Gide, Camus.).Et c'est pour la première fois de la bande dessinée en collaboration avec Futuropolis.Les éditions Gallimard ne se sont AU PLAISIR DE LIRE Parrécrivain interposé JACOUES FOLCH-RIBAS collaboration spéciale m I s'agit de Paul ¦ Auster, de la nouvelle génération d'écrivains.Quarante ans, l'esprit international bien affirmé, et pourtant très américain, traducteur de Mallarmé, de Sartre.Déjà célèbre aux États-Unis pour une trilogie de romans : Cité de verre, Revenants, et La Chambre dérobée.Paul Auster, publié par Actes Sud, c'est un événement.|e vouslparlerai du troisième de ces romans, que j'ai dévoré, premièrement parce que j'aime ce New York-là, celui des habitants de Chelsea ou de Riverside Drive, celui des intellectuels nonchalants, désabusés mais dynamiques tout de même, profs, éditeurs, traducteurs, parlant français comme il se doit.(chez eux): les éternels intellectuels en somme, et surtout: pas emmerdants, oh non, ceux dont on a l'impression dès la première rencontre qu'ils sont sans secret, qu'on les connaît.et qui voua réservent des surprises.Deuxièmement, parce que l'écriture de Paul Auster est secrète, en dessous dè ce qu'on lit, allusive et pourtant,très claire, fluide, rapide.Ce typé a un truc, allez donc savoir quoi, qui fascine.Et enfin, j'aime le mystère.Or, il s'agît ici d'un mystère.Un homme disparait.Il s'appelait Fanshawe.On le pense mort.Il laisse une femme, Sophie, et un fils, Ben.Sophie écrit une lettre au narrateur qui est un ancien condisciple de Fanshawe.Sophie demande .'à le rencontrer.C'est pour lui remettre les manuscrits de son mari mort, de la part de celui-ci qui les lui confie.Car ce vieux Fanshawe écrivait, mais ne publiait pas.Un drôle de pistolet.Il entassait des manuscrits, rornans, pièces de théâtre, poèmes, et avec ce léger désabus dont je parlais tout à l'heure se fichait liperdument d'une suite à donner à son travail.Se fichait de pas mal de choses, d'ailleurs: de sa femme (abandonnée), de son fils (même chose, sans regrets), de sa mère (bof ) et du monde entier, qu'il semblait considérer d'un regard très pointu.Ce genre d'hommes qui, lorsqu'on les rencontre, vous disent que voua avez un problème.J'aime assez.Pour Pheure, c'est le narrateur qui en a un, de problème: quoi faire avec ces manuscrits?11 les lit, les trouve indubitablement bons, aucun doute, Fanshawe avait du talent.Et puis, je vais vous dire, Sophie n'est pas mal non plus.En assurant la publication de celui qui ne voulait pas être publié, Paul Auster notre narrateur pourrait aussi s'occuper de Sophie, du petit Ben, et même faire quelque argent car \u2014 oh ! bonheur de la sainte innocence de Fanshawe \u2014 les droits d'auteur pourront être joliment partagés entre la veuve et le narrateur.Voilà donc Fanshawe célèbre, Sophie épousée (après un divorce d'avec un mort), et le petit Ben adopté.Une récupération complète.Rien que cela, qui n'est rien dans le roman en question, suffirait à une histoire bien racontée pour être curieuse et intéressante: quelqu'un a pris la place d'un autre, et presque sur la recommandation du spolié.Mais Paul Auster a des procédés d'auteur de polars, il dissimule et rebondit, de suspense en révélations nouvelles.Nous en venons à douter de ce que nous savons pourtant: et si Fanshawe n'existait pas?Ou autre chose, qu'il convient ici de vous cacher?Vous verrez, cela n'arrête pas d'être intrigant, curieux, troublant surtout.On a continuellement l'hésitation entre le vrai, le faux, le possible.et jamais la réponse.Il semble, d'après la fin, qu'il n'y a pas de réponse mais une série de situations que chaque lecteur pourra interpréter comme il le voudra, suivant sa sensibilité, je regrette d'ailleurs la fin, je vous préviens qu'elle peut décevoir par son abstraction évidente.Nécessaire, si l'on veut maintenir ce mystère qui fait le charme de Fanshawe.Mais il reste qu'on a lu un véritable écrivain du monde actuel, collé à l'absurde de notre existence d'aujourd'hui, de nos manières, de nos vies.Un petit côté camusien, du Camus de \\ Étranger servi a la moderne.Après lecture, on se souvient, on reste troublé.Il s'est établi un lien, une communication très intime entre le narrateur et le lecteur.Réussite rare, nous sommes sûrs d'avoir vécu cela et d'en avoir été surpris, marqués.Par écrivain interposé.Paul Auster: LA CHAMBRE DÉROBÉE, roman, 175 pages.Editions Actes Sud, Arles.1988.pas contentées de céder les droits d'auteurs à des dessinateurs, elles s'affichent même sur la couverture couleur vieux manuscrit ornée de la ligne noire simple et de la ligne double rouge qui ont fait sa marque de commerce.Après le Voyage au bout de la nuit de Céline en version intégrale, illustré en abondance par Tardi qui en fait un beau livre de collection (dont La Presse a déjà parlé), Gallimard/Futuropolis vient de lancer dans la même collection Le grand vestiaire de Romain Gary, mis en bande dessinée par André Verret.Un Cary aux couleurs de Bécassine Il y a quelque chose de touchant dans cette initiative d'André Verret.Son dessin clair et net, aux couleurs pastel, a la naïveté et la beauté des illustrations des livres d'enfants dans les an- nées quarante.Ça 'tombe bien, l'action du Grand vestiaire se déroule tout de suite après la Deuxième Guerre et met en vedette de jeunes adolescents que la vie et la guerre ont rendu particulièrement précoces et débrouillards.Et d'une immoralité bénie.Il y a entre la gravité des situations que vivent les personnages et le ton léger et tendre adopté \u2014 * \u2014 ___¦ \u201e ^ i, pttr rvuiuaiii vjaij iv »*»w».«v- traste qu'entre les douces images de Verret et les terribles actions qu'il a choisi de mettre en scène.On peut donc parier d'une certaine connivence entre l'univers de l'auteur et celui du dessinateur, comme dans le couple Malet-Tar-di.Beaucoup plus, par exemple, qu'entre les univers de Flaubert et de Druillet.Mais il y a un «hic» dans Le grand vestiaire, comme dans la plupart des adaptations de romans aussi bien à la B.D.qu'au cinéma.Des liens trop fragiles peut-être dans l'évolution de l'action, des ellipses trop grandes, qui obligent le lecteur à revenir sur ses pas, à relire plus d'une fois.Mais quelle belle histoire cruelle et immorale sous ses dehors conte pour enfants, quelle justesse dans le ton bleu et rose Bécassine des images qui camoufle le rouge sang, le noir néant et le gris gris de la vie.LE GRAND VESTIAIRE.Romain Cary Andre Verret.Ed.Futuropolis.Gallimard.$22.95 LE JOURNAL DE JULES RENARD LU PAR FRED.Ed.Flammarion, coll.roman BD.$19,95,137 p.120, RUE DE LA GARE.Léo Malet-Tardi.Ed.Casterman.190 p.$38.95.BROUILLARD AU PONT DE TOLBIAC.Malet- Tardi.Casterman, 77 p.$16,95.VOYAGE AU BOUT OE LA NUT.Céline-Tardi, FuturopolisCallimard.380 p.$49.95.SALAMMBÔ 1.2.3.Gustave Flaubert-Philip- pe Druillet, Dargaud $14,95.LIVRES PRATIQUES On peut se perdre en forêt et survivre HUGUETTE ROBERGE André-François Bour-beau et Jacques Monminy, établissaient en septembre 1984 le record du monde de survie volontaire en \"forci.Ils ont vécu 31 jours hors civilisation, dans les forêts du nord de Chicoutimi, sans allumettes, sans hache ni couteau, sans abri, sans armes et sans nourriture.Surviethon au gré de la nature est le récit, sous forme de journal intime, de cet exploit, fait par un de ces aventuriers, A.-F.Bourbeau, professeur à l'Université du Québec à Chicoutimi.Abondamment illustré, il s'accompagne de réflexions, souvent émouvantes, sur le monde dans lequel nous vivons, les valeurs essentielles de la vie et le langage silencieux et omniprésent de la nature.En seconde partie, on trouve le récit d'une aventure similaire, tentée en 1929 par un journaliste américain dans une forêt du Lac Saint-Jean, tel que publié dans La Presse de cette époque.Aux Éditions JCL, 407 pages.$19,95.¦ Pourquoi l'autre, et pas moi ?Après l'amour, la jalousie est la chose au monde la mieux partagée.Mais il y a jalousie et jalousie.L'excessive, cette maladie qui peut conduire à la violence et même au meurtre.Et l'autre, la jalousie «normale», quotidienne, qu'on ressent tous un jour ou l'autre et qui fait beaucoup plus souffrir qu'on ne le croit, dit Louise Auger, une psychologue qui en a vu de toutes les couleurs.La jalousie, affîrme-t-elle, est d'abord et surtout une cloche qui indique que quelque chose ne tourne pas rond dans notre relation amoureuse.Trousse d'urgence en cas de crise (de jalousie), ce livre aidera hommes et femmes, peu importe leur orientation sexuelle, à rendre utile ce sentiment trop souvent destructif.Aux Editions de l'Homme.271 pages.$17,95.¦ Quand nos parents vieillissent.À l'intention des adultes confrontés au problème du grand âge de leurs parents.Doté d'une partie pratique, il informe sur ce qui existe ( réglementation, adresses, guide des ressources disponibles, techniques de soins).en France ! Peut-être peut-on en tirer profit ici aussi.Par Nicole Lépine et Marie-Pascale Nobécourt.Chez Acropole, 263 pages.$19,95.¦ Les homosexuels et le sida.Aucune maladie n'a suscité récemment autant de réactions.La diffusion concentrée du sida dans le groupe homosexuel (60 p.cent des cas) a mis à l'épreuve nos valeurs de tolérance et de liberté individuelle, en même temps que la capacité de nos sociétés à répondre rapidement à une menace grave et imprévue.D'autre part, de «groupe à risque», les homosexuels sont devenus le groupe exemplaire d'adaptation au risque.Dans ce livre, Michael Pol-lak, chercheur au CNRS, analyse les effets de l'épidémie chez les homosexuels français et décrit fort bien les contradictions sociales qui nous concerne tous.Il fournit aussi une synthèse des grandes enquêtes présentées aux Conférences mondiales sur le sida.Chez A.M.Métalié, 215 pages, $24,95.LES BEST-SELLERS\t\t\t Fiction et biographies 1 Çà Stephen King Albin Michel\t\t\t(4) 2 Le Zèbre\tA.Jardin\tGallimard\t(16) 3 Le Boucher\tAlina Reyes\tSeuil\t(26) 4 Le Bûcher de* vanités\tTom Wolfe\tMessinger\t(16) 5 Anne quitte son ile\tLucy Maud-Montgomery Québec/Amérique\t\t(9) 6 Les Tisserands du pouvoir\tClaude Foumier\tQuébec/Amérique (14)\t 7 Nala et le professeur\tAlice Parizeau\tQuébec/Amérique\t(2) 8 Quoi?L'éternité\tMarguerite Yourcenar\tGallimard\t(7) 9 Champagne\tN.Thome\tLaffont\t(i) 10 L'exposition coleniaie\tbrik Orsenna\tSeuil\t(6) Ouvrages généraux 1 Guide du vin 1969 Michel Phaneuf La Presse\t\t\t(5) 2 Histoire généraSe du Canada\tSous la direction de Graig Brown\tBoréal .\t(10) 3 Guide de l'auto 1989\tDenis Duquet et Marcel Lachapelle\tLa Presse\t(6) 4 Livre Guinness des records 1989\tEn collaboration\tQuébec/Livres\t(2) 5 Les quatre saisons dans la vallée du Saint-Laurent\tJean Provencner\tBoréal\t(2) Les listes nous sont fournies par les librairies suivantes: Allro (Place Longueuil).Bertrand, Les Bouquinistes (Chicoutimi).Boyer (Valleyfield), Champlgny, Demarc, Ducharme, Flammarion, Hermès, Loméac, Lirolire, Le Parchemin, Martin (Joliette).Montréatoisir, Raffln, Renaud-Bray, Sons et Lettres.\t\t\t De la dèche à la fortune ALAIN BRUNIT collaboration spéciale m I n'y a pas si I longtemps, Axl Rose et ses com-fViji parses squattaient ' \\(I des immeubles en Il construction à Los |;Jr Angeles.Pas suffi-¦I samment de ronds pour le plus minable des logements, juste assez pour les guitares et les paradis artificiels.Les sbires de Guns N'Roses s'étaient préalablement fait jeter dehors d un nid de coquerelles après quelques plaintes du voisinage, entre autres celle d'une fille qui prétendait s'être fait maltraiter par le leader du groupe.Deux ans plus tard, ces desperados californiens sont multi-millionnai-res! Nos chevaliers du cuir ont ainsi été carrément sortis de la rue par la rock business.Quelques mois à peine et c'est l'ascension de la dèche à la fortune, encore le rêve américain qui se reproduit.Rien de tel pour maintenir le mythe, non?Sex & drugs & rock'n'roll De la broue, de la boucane, de nombreuses lignes blanches, quelques injections exploratoires, des filles-groupies en masse, des tatouages sur les bras et beaucoup beaucoup de rock dur: voilà les principales composantes de l'équation qui a mené Guns N'Roses au sommet.«Ces gars-là sont sincères lorsqu'ils jouent», affirmait récemment Tom Zutaut au magazine Musician, interrogé sur la recette à succès de ce nouveau méga-band.Le dépisteur en chef de la compagnie Geffen avait effectivement vu juste, après que nombre de firmes eurent repoussé le produit.C'est que ces gars-là faisaient peur; de véritables bums, des hors-la-loi pour qui sex and drugs and rock'n roll est une devise totalement réhabilitée.Or ce qui marche le plus en 89, c'est le hard rock échevelé, le rock de guitare fuzzé jusqu'à la moelle, hurlant bien haut la révolte au premier degré, les histoires de gonzesses, de beuveries et tous ces fuck you inhérents à la puberté.Ces conflits juvéniles avec l'autorité sont intégralement représentés par les mauvais garçons de Guns N'Roses.Ce groupe est actuellement le plus populaire aux USA, chef de file des Poison, Metallica, Cinderella, L.A.Guns et tous ces pom-peurs de riffs virils.Le microsillon Appetite for Destruction s'est laissé bouffer à près de sept millions d'exemplaires, toujours en deuxième position du Billboard après 74 semaines.Et voilà que ces garnements de Guns N'Roses ne font que lancer un disque de vieilleries (1986 est déjà loin pour ceux qui s'éclatent ici et maintenant) et leur tout récent GN'R Lies bondit tout droit au top 20 des palmarès nationaux.Précisons que ce dernier album lance des «essais» enregistrés avant Appetite for Destruction qui les a mis sur la carte; leur véritable nouveau microsillon devrait être mis en marché au printemps.Le radottage Il y a aussi le radottage de Guns N'Roses et celui de tous leurs cousins.Depuis plusieurs années, que s'est-il vraiment passé au royaume des trois accords américains?Bien peu de choses, sinon de la redite intensive.Ce qu'il en pleut, des groupes descendants de Led Zep et de Aerosmith, ces deux bands qui ont marqué le plus rentable des rocks sur cette planète.Dans le genre.Guns N'Roses est l'une des bonnes formations, capable de faire un rock de guitare audible, capable de cracher de bons leads, avec un chanteur juste et puissant ( un autre hybride de Robert Plaui, misant sur ies plus éraillées des hautes fréquen- ces), bardé de robustes pulsations.Une violence typique du hard rock, quoi.D'une pièce à l'autre, il y a quelque variété, mais sans plus.S'il faut comparer, je préfère G N'R Lies à Appetite For Destruction, parce qu'il révèle certains rocks teintés de guitare acoustique, voire plus de nuance dans les compositions.L'\" authenticité \u2022 Mais pourquoi cela marche si fort?Parce que Guns N'Roses n'a pas l'air d'un groupe frimeur.Les jeunes applaudissent l'authenticité de ces vrais bums de rue qui prennent enfin la place des stratèges proprets.qu'ils admiraient l'année précédente! Pour nombre d'adolescents, les sbires du Guns N'Roses servent une bonne leçon de comportement aux collègues d'Europe ou de Bon Jovi, ceux qui jouent les durs tout en paufinant le design de leur plan de carrière.C'est vrai, les gars de Guns N'Roses sont des bad boys en chair et en os, des gars qui n'ont pas sagement réfléchi à leur futur, des mercenaires qui n'ont point concocté un avenir lucratif en auscultant la plomberie du showbusiness.Guns N'Roses va à contre courant de la culture proprette; c'est clair, l'industrie du rock produit maintenant une majorité de stars en santé, qui savent exactement où elles vont, qui pèsent le pour et le contre de chacune de leurs interventions.Ce qui s'est tramé derrière ces rockeurs de la ligne de front est cependant moins «authentique».Car l'industrie doit parfois se donner bonne conscience, elle doit conséquemment donner une chance aux vrais de vrais.Une tendance de l'industrie sait aussi que les ados sont évidemment sensibles aux véritables mauvais garçons, aux drogués-alcoolos qui crient puérilement va chier! à la police, qui envoient paître leurs parents, qui s'éclatent parce qu'ils ne croient pas à la vie rangée.Axl Rose et ses collègues ont beau provoquer en gueulant des trucs comme «This is a song about your fucking mother» \u2014 c'est du moins ce qu'allègue le chanteur, en guise d'introduction de la pièce Mama Kin \u2014 il n'en reste pas moins que leur prétendue révolte a exactement le même effet que celui escompté par Bon Jovi ou par tout autre corporate rock de la même famille.Et lorsqu'on gratte un peu, on s'aperçoit que Slash, le meilleur guitariste du groupe, provient d'une famille d'artistes, que son père dessinait des pochettes pour Geffen et que sa mère est dessinatrice de mode.Ce n'est toutefois pas le cas pour le reste du groupe ; par exemple, le guitariste Izzy Stradlin et Rose lui-même sont originaires de {'Indiana et ont grandi dans un contexte de désobéissance banlieusarde-Ces fantassins du «vrai» rock répètent donc ce qu'Elvis et Chuck Berry faisaient à peine plus poliment, trente ans plus tôt.N'oublions pas que cette «authentique» révolte primaire, 99.9 p.cent de leurs ouailles vont l'abandonner: comme leurs parents, ils vont se caser et se rappelleront leurs escapades en riant, en écoutant leurs vieux albums.Ce rock, ils s'en souviendront, avait pour principale fonction d'être l'entcrtainmcnt de leur puberté.Le background sonore des poils qui poussent.Même chose pour les vaillants musiciens de la ligne de front: les petits rockeurs qui n'auront pas été repéchés par un quelconque magnat vont sombrer ou se ranger, sans avoir révolutionné quoi que ce soit.Le paradis de cette «authenticité» n'est réservé qu'à une infime minorité, ne l'oublions pas.Guns N Roses, C N'R LIES, Geffen XGHS 24198 + cassette + disque compact.Guns N'Roses.APPETITE FOR DESTRUCTION Ceffen XGHS 24148.9 K4 LA PRESSÉ, MONTREAL, SAMEDI 21 JANVIER 1989 VIDEOS L'Attentat: un Oscar bien mérité 1UC NMMUU LW année où Le Déclin de l'empire américain de De-nys Arcand était inscrit dans la course à l'Oscar du meilleur film étranger, c'est un obscur cinéaste hollandais qui devait lui ravir ce titre.On a beaucoup spéculé sur ce qui avait permis sy film rie Fons Rademakers de remporter la précieuse statuette.Il suffît de voir L'Attentat pour comprendre l'intérêt qu'un tel film suscite.Anton Steenwijk fut témoin à 12 ans de la terrible réaction de la Gestapo contre sa famille à la suite de l'assassinat par des communistes d'un collaborateur nazi.Le seul fait que la victime se trouvait devant la maison ou habitait Anton et sa famille devait entraîner la mort de son père, de sa mère et de son frère.La maison elle-même fut brûlée.Toute sa vie, Anton cherchera à oublier les tristes événements survenus à Haarlem ce soir de janvier 1945.Impitoyable, le hasard le placera sur la route de témoins qui vont tour à tour se charger de lui en révéler les details.L'originalité de L'Attentat provient de cette minutieuse reconstitution de l'univers psychologique d'un individu qui a subi dans sa jeunesse un important traumatisme.On est frappé par la simplicité de ce récit qui, parsemé de points de repères historiques, procède par ordre chronologique excepté à l'occasion lorsqu'il fait appel à de brefs flashbacks qui provoquent H»n* l'esprit d'Anton une réminiscence angoissante.Prisonnier d'un passé auquel il a toujours cherché à échapper, Anton a beau devenir médecin, se marier, avoir des enfants, ce passé revient toujours le hanter au moment où il s'y attend le moins.Le spectateur qui aura eu la patience de faire le même cheminement qu'Anton aura la satisfaction à la fin du film d'en connaître autant que lui.*?** L'ATTENTAT (vf de De AjmUg).de Forts Redemakers Pays Bas.1985 Int.: Derek de Lmt Marc van Ucheten.Monique van de Vert John Kraykamp.Couleur.Hi-fi mono.2h.MCMUAMalo Video.V%rsioh française de THE ASSAULT THE CANNON GROUfi INC.GOUYGLOSUS THE 'tfSftti DEREK OEIINT MARC WN KHEtRi MONIQUE VAN DE vém JOHN mt \u2022 .¦^jUSjlAHNANSa'lESSEN - r*frtvitinF«mm -\" ; .i jOSVAN OERUNCEN- Arthur II Imbuvable ¦ Marié à Linda qui l'aime toujours autant, Arthur mène la vie excentrique d'un millionnaire alcoolique.Le seul regret du couple est de ne pas avoir d'enfant.Arthur tombe de haut le jour où le père de Susan qu'il a refusé d'épouser prend le contrôle de la fortune de sa famille et décide de lui retirer tout ce qu'il possède.11 ne pourra récupérer ses S 750 millions qu'à la condition d'épouser Susan.Sans le sou, sans travail, vivant en clochard, Arthur devra prendre la décision la plus impor-tarte de sa vl* : envfoàger d'arrêter Je hoir .Le moins qu'on puisse dire, c'est que cette suite d'Arthur repose sur des situations très grosses et d'une subtilité douteuse.Dudley Moore est encore moins convaincant, surtout lorsqu'il s'obstine à faire l'alcoolique.Bien sur, le dialogue comporte quelques bons mots.Mais voici une suite dont on aurait facilement pu se passer.* ARTHU* II.ON THE ROCKS, de Bud Yor-kin.£ U.1988.Int.: Dudley Moore.Liza Min-nelli, John Cielgud, Stephen Elliott.Paul Benedict.Couleur.Hi-fi stereo.1h51.Warner Home Video.The Lonely Passion of Judith Hearne Pour l'extraordinaire Maggie Smith ¦ Judith Hearne a passé une bonne partie de sa vie à s'occuper d'une vieille tante malade.Après la mort de celle-ci, elle se retrouve seule, sans fortune, cherchant à gagner sa vie comme professeur de piano tout en logeant dans des pensions de famille.Mais à Du- blin dans les années 50.la musi- 3ue n'est pas très populaire.|u-ith croit trouver I Ame soeur en la personne du frère de la propriétaire de la maison de chambres où elle vient d'emménager.Récemment revenu d'Amérique, lames Madden croit de son côté trouver en Judith une éventuelle partenaire en affaires.Mats la vieille fille est sans le sou.En découvrant que l'autre ne l'aime pas, elle va sombrer dans son vieux vice et sa raison va commencer A vaciller.L'histoire n'offre £iu>ri» A* tnr- prlses véritables.Tout est dans l'interprétation vraiment remarquable de Maggie Smith.Elle campe une Judith Hearne pathétique, faisant alterner avec un égal brio son interprétation de la vieille fille mythomane avec celle de l'alcoolique paumée.Avec son accent inimitable, ses petits gestes qui en disent plus que des discours, elle parvient A tirer le maximum de ce personnage plutôt banal.Quant A Bob Hoskins, il ne parait pas aussi convaincant dans ce rôle ambigu de coureur de dot qu'il l'était en détective prive dans Roger Rabbit.+*?THE LONELV PASSION Of JUDITH HEARNE.de Jack Clayton.G.-8.1967.Int : Maggie Smith, Bob Hoskins.Wendy Hiller.Marie Kean.lan McNelce.Couleur.Hi-fl mono.1 h 57.Warner Home Vtaeo.sous le soleil de Satan L'angoisse du saint abbé ¦ L'abbé Donissan (Gérard Depardieu) est un jeune prêtre torturé par sa vocation.Nommé vicaire dans une paroisse perdue, une nuit, il fait une rencontre bizarre : le maquignon qui l'aide à retrouver sa route serait le diable en personne.A partir de ce moment, le prêtre va faire preuve d'exceptionnels dons de clairvoyance.Il lira dans l'âme de Mouchette (Sandrine Bonnaire) le crime que celle-ci a commis.Le suicide de cette jeune fille va entraîner un scandale qui forcera le curé Menou-Segrats ( Maurice Pialat) à se départir de son vicaire.Mais la réputation du saint homme continue de grandir.Devenu curé, Donissan est appelé au chevet d'un enfant mort.La foi de ses paroissiens A l'égard de leur curé est totale mais l'angoisse tenaille toujours celui-ci.Cette adaptation du célèbre roman de Bernanos pourra paraîtra austère.Elle contient toutefois plusieurs moments intenses.Quoique Depardieu donne parfois 1 impression de réciter ce texte difficile, il faut reconnaître qu'il n'était pas facile en 1987 de faire passer un personnage de saint inspiré, de toute évidence, du curé d'Ars.Ce film a remporté la Palme d'or au Festival de Cannes^_ **+ SOUS LE SOLEIL DC SATAN, de Maurice Pialat.France, 1987.Int.: Gérard Depardieu.Sandrine Bonnaire.Maurice Pialat.Couleur.Hi-fi mono.ihS7.Alliance VivaflIrrvMCA Home Video.*^S au piano le soir FA RESTAURANT - BAR 2095, av.McGill College 288-7901 Reitjui jnl français élégant 801 ouest, boul.de Maisonneuve 849-6331 Stationnement au sous-sol Le i Caveau La petite boite où l'on mange bien.Special Dimanche moins 25% de 17h à 19h Au 2063 rue Victoria 844-1624 aba Rapière Restaurant français 1490, rue Stanley 844-8920 844-5670 Vos hôtes: M Mme Louis Kaud.RESTAURANT PORTO FINO Grande cuisine italienne 2040 rue de la Montagne 049-2225 849-0726 Parier d'affaires aux Halles est un plaisir 1450, rue Crescent 844-2328 Menu du jour du mardi au vendredi Le soir, nos spécialités ou notre table d'hôte gourmande Acceptons des groupes jusqu'à 45 personnes.J.LSR&ne.nmnnetaire depuis 1971 win Un vent de Bretagne dans la cuisine française! 1550, Fullum (coin Maisonneuve) 523-2551 Fermé le rjmanche "]
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