La presse, 31 décembre 1988, K. Arts et spectacles
[" /nia ci apci/ianca iture Arts plastiques Disques et vidéos Restaurants trine LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 31 DÉCEMBRE 1988 «Le mariage de l'Orient et de l'Occident on le voit à Bangkok, et c'est une catastrophe» Paradis Blues et la fascination pour l'Asie du romancier canadien John Sau! SUZANNE COLPRON Outre le prénom et la fascination pour l'Asie, John Saul n'a rien en commun avec John Field, le héros de son dernier roman, Paradis Blues.Ah oui! le passeport.Tous les deux sont canadiens.Le premier vit à Toronto après avoir passé 13 ans à Paris.Le second vient de Montréal et a choisi Bangkok comme ville d'adoption il y a 20 ans.Mais là s'arrêtent les rapprochements.Parce que dans le fond le créateur et sa créature sont très différents.Et ce qui les sépare est plus important que ce qui les lie.Les idées d'abord.|ohn Saul en a plein la tète.Son personnage, lui, n'en a pas.De l'aveu même de l'auteur, c'est un pauvre type qui ne croit en rien et ne nourrit aucun projet.Mais il vit ses rêves, ce que peu arrivent à faire.Un peu journaliste, un peu homme d'affaires, on ne sait pas vraiment de quoi il tire sa subsistance.Un jour, entre deux visites chez le doc-leur Woodward \u2014 il est aux prises avec une go-norrhée tenace qui refuse de guérir \u2014 Field se fait.offrir un voyage.Une riche Américaine, Catherine Laker, lui propose d'aller de Bangkok à Vientiane po:ir signer et régler l'achat de cent tracteurs.Notre héros accepte et tombe sur les cadavres de deux amis canadiens assassinés dans leur appartement.Fuyant pour éviter d'être inculpé de double meurtre, il va découvrir que l'Américaine lui a réservé un rôle bizarre dans cette histoire de drogue et de corruption.Mais le funeste complot ne sera jamais élucidé.Une comédie noire « |'ai écrit une comédie noire sur le sexe et la violence », résume |ohn Saul, devant une assiette de poulet qui est en train de refroidir.« Mon livre, poursuit-il, est une grande histoire d'amour dans laquelle on ne baise pas parce qu'on ne peut pas.» Pourquoi l'action se déroule-t-elle à Bangkok, en Thaïlande ?« |'ai choisi Bangkok à cause du désordre qui y règne, dit-il.Cette ville est la dernière grande cité au monde où tout est encore possible.La seule qui ne soit pas embourgeoisée.Bangkok, c'est en quelque sorte l'ennemi du bien.» L'auteur peut se vanter de connaître son sujet.Bangkok, la vraie heroine de son livre, est une ville qu'il affectionne particulièrement.Depuis 10 ans.Saul y séjourne de un à trois mois par année.Non pas en fonction d'un éventuel projet de livre.Mais parce que l'Asie le fascine, lui, cet ex-homme d'affaires qui a occupé le poste d'adjoint au pdg de Pétro-Canada à Calgary, avant de se lancer dans l'aventure des mots, en 1979, avec la publication d'un premier roman : Mort d'un General.« L'Occident vil dans la plus grande confusion depuis une quarantaine d'années», raconte Saul dans un très bon fran- Hiotoire de Ia ciinl(}ue 6 si.nt-Jacques PHOTO MICHEL GRAVEL.I I 3 34 r voir MARIAGE en page K Z Quand médecine, politique et culture allaient ensemble.JEAN BASILE collaboration spéciale eg était la période joyeuse.C'était aussi la période difficile.La jeunesse s'activait.On voulait que la société change et presque tout le monde s'y mettait.On le devine.Il s'agit des années 60-70.Pour Robert Boivin, il y a quelque chose de glorieux dans la légendaire Clinique des citoyens de Saint-Jacques, fondée en 1968 et qui a disparu en 1986, absorbée par le CLSC du Plateau Mont-Royal.Il vient d'en faire l'histoire dans un beau livre'\".Robert Boivin est jeune; il n'a pas quarante ans.11 fait partie de la génération qui a découvert la pensée moderne et le cinéma durant la Révolution tranquille.11 a animé des ciné-clubs, quand la revue Séquence, sous la direction éclairée du frère Léo Bonneville, se battait pour une libéralisation de la censure.Si sa- formation est celie d'un historien du cinéma, sa principale activité a été l'animation sociale, en particulier à l'UQÀM.« Il ne faudrait pas croire, dit-il, qu'il s'agisse exclusivement de médecine bien que le premier rôle d'une clinique est de proposer des soins.À l'époque de voir QUAND en pageK2 PHOTO PAUL-HENRI TALBOT, u Presse CONCEPTION : CILLES DU5SAULf Chariot, Betty Boop, Hulot et Tarzan ont maintenant un dictionnaire bien à eux Déroutant virage des Rita Mitsouko le plus tordu des duos se paye un disque de « garage » ALAIN BRUNET collaboration spéciale Plutôt que de maintenir leur montée commerciale, plutôt que d'utiliser le mo-ton de fric réalisé avec les gros profits de leurs précédents succès, le plus tordu des duos préfère un disque radical.Suicidaire ?la première fois que j'avais goûlé à leur sauce, un drôle d'arrîèrc-goûl m'était resté lout au fond du pavillon auditif.et des yeux.Ces bebittes à musique s'ébattaient bizarrement.Une cantatrice schyzoï-desc triturait la voix, un épou- vantail à notes grattait sa guitare, seul avec sa moustache et sa gueule indifférente.Mais paradoxalement, ce charabia devenait sensuel, la forme musicale se précisait, cette musique pénétrait le corps, suggérait ses pulsions propres.Tout compte fait, c'était très bon : l'arrièrc-goût devenait saveur, un peu comme le transfert qui s'effectue entre la première bière de notre vie et la dixième.Un genre d'alcool inconnu, quelque chose de neuf, un grand groupe pop.Les Rita fe- voir DEROUTANT en page K2 LUC PERREAULT Deux faits saillants ont marqué l'année 1988 au chapitre de l'édition cinématographique : d'une part, la popularité grandissante des ouvrages à saveur encyclopédique (dictionnaires, panoramas de tous genres, etc.) et l'émergence de plus en plus manifeste d'un courant cinématographique dans l'édition québécoise.Il n'est pas besoin de reculer très loin en arrière pour retrouver des exemples qui illustrent la première tendance.Songeons seulement à la célèbre Encyclopédie du cinéma en deux volumes de Roger Boussinot (Bordas) et au non moins célèbre Dictionnaire du cinéma paru chez Larousse.Il faut également mettre au crédit de Bordas le splendide ouvrage d'initiation au cinéma qui avait été publié sous la direction de Claude Beylic et de Philippe Carcassonc et qui s'intitulait simplement Le Cinéma.En 1988, ce même éditeur a réussi un coup de maître en confiant à Gilles Hor-\\ illeur la coordination du Dictionnaire des personnages du cinéma.Avec l'aide de 48 collaborateurs, ce dernier en effet a pondu un petit chef-d'œuvre.Le ton est donné par l'aguichante jaquette inspirée de la bande dessinée.On y reconnaît Betty Boop et sa jupe provocante, monsieur Hulot avec sa pipe et son éternel imper.Don Camillo sous sa barrette.Chariot et son éternel canotier, Tarzan et sa liane, Méph:sto et sa moustache, sans oublier James Bond.Veut-on savoir combien de films ont été tournés sur Jeanne d'Arc ?Rien de voir CHARLOT en page K4 Voir aussi en page K 4: \u2022 Les beaux livres sur le cinéma \u2022 Les petits livres qui valent leur pesant d'or \u2022 Les trouvailles pour les mordus K2 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 31 DÉCEMBRE 1988 LIVRES PRATIQUES QUAND Ce qui ne va pas entre votre médecin et vous Quand médecine, politique et culture allaient ensemble.SUITE DE LA PACE K1 HUCUETTE ROBERCE Le Dr Yves Lain o n t agn e, psychiatre, s'est surtout fait connaître au Québec par son remarquable travail de démystification de la maladie mentale.À sa façon, il explique, dans son dernier livre intitulé La médecine mécanisée, pourquoi les relations entre les médecins et leurs patients se sont détériorées ces dernières décennies.Un pamphlet?oui!, mais fort hubile, en ce sens qu'il ne fait pas que dénoncer le système de soins qui a fait de nous des numéros.Il propose aussi aux médecins des moyens «garantis efficaces» d'humaniser leur pratique quotidienne.Facilement accessible, l'ouvrage s'adresse aux professionnels de la santé, mais aussi aux enseignants, aux économistes, aux politiciens, aux administrateurs, à vous et à moi.Aux Éditions La Presse, ,120 pages.$11,95.¦ Les gestes de la réussite en mathématiques ù l'élémentaire.si vous voulez faire de votre enfant un matheux heureux.Alain Taurisson, est un prof astucieux.« L'enseignement des sports a beaucoup évolué, a-t-il noté.Les mouvements des cham- Eions sont disséqués à la caméra, a connaissance dé ces gestes permet d'enseigner avec précision ce qu'il faut faire pour bien jouer au tennis ou glisser sur des skis.Les enfants qui réussissent ou échouent en mathématiques font aussi des «gestes», mais invisibles.Des gestes mentaux» Il suffit d'apprendre ces gestes et d'aider vos enfants à les pratiquer.Si seulement ce livre avait existé au temps lointain où la vieille Mlle Aubin sévissait à l'école élémentaire Saint-Emile! Aux Éditions de l'Agence d'Arc, 188 pages, $10.¦ Parole d'adopté.Un adopté français, Fabrice Delfieu (assisté de Joëlle de Gravelaine) prend la parole.Héros d'une histoire fausse qu'il connaît.et d'une histoire vraie qu'il ignore.Contrairement aux adoptés d'ici, sortis de l'ombre pour revendiquer le droit à leurs origines, ceux de France s'expriment, s'il faut en croire celui-ci, surtout pour exorciser enfin l'inucceptable et l'incompréhensible de leur condition.Chez Robert Laffont.316 pages.$24.95.¦ Adolescents-parents communication couples.Titre «drabe» et flou pour un ouvrage pourtant intéressant, axé sur les problèmes de longueur d'ondes entre les générations, et entre les conjoints-parents quand leurs enfants grandis sont en cause.Comment s'entendre sur la façon d'exercer l'autorité?Que penser de la drogue, du tabac, de l'alcool?Comment agir avec un adolescent fugueur, suicidaire?Les amis de vos adolescents sont-ils vos amis?Vos grands ont-il un sexe et s'en servent-ils?Tous ces sujets sont abordés simplement et clairement par Helmi Farid, psycho-pédagogue et professeur à l'Université du Québec à Chicoutimi.Éditions de l'agence D'ARC.176 pages.$20,00.¦ Divorce à l'amiable.Depuis 1985, l'échec du mariage constitue un motif suffisant pour l'obtention du divorce et il n'est plus absolument nécessaire de se rui- ner en honoraires d'avocat pour divorcer.Dans un petit livre fort bien fait, et simple à consulter, Zénalde Lussier, avocate, indique comment réussir son.autodivorce! Achetez-en deux (sauf si vous vous entendez à merveille avec votre futur(e) ex, mais alors, ça va pas, non?Pourquoi divorcer?).Aux Éditions La Presse, 155 pages.$17,95.¦ Le complexe des copains.Le psychanalyste Claude Tedguy entend par ce livre aider les parents-copains, qui ont renoncé à l'autorité et le regrettent sur le tard, à corriger leur tir et à redevenir de vrais parents.Aux Éditions de l'Époque.$14,95.¦ Sans risque ni péril.Premier du genre a paraître en français, voilà un vibrant plaidoyer pour l'accouchement à la maison.Avec des mots accessibles, des dessins et des photos, une sage-femme, Shirley Rivet, présente chacune des étapes de la grossesse, de l'accouchement et de la période postnatale.Avec cette approche unique, «humaine et globale» qui est celle de la sage-femme, cette méconnue.Éditions du Remue-ménage.231 pages.$17,95.Rémy Bricka, skieur de fond de l'océan GILLES NORMAND ¦ «La plupart des hommes ont un moment dans leur vie où ils peuvent faire de grandes choses.C'est celui où rien ne leur semble impossible.» C'est sur cette citation de Stendhal que s'ouvre le récit peu commun de Rémy Bricka, ce Français qui a voulu réinventer l'exploit de Bombard réussi il y a 35 ans, mais sur un radeau, et qui a traversé l'Atlantique a pied, des lies Canaries, au large du Maroc Méridional, jusqu'à Trinidad, .près de la côte vénézuélienne, devenant le premier skieur de fond de l'Atlantique.Ce livre s'intitule L'homme qui marche sur l'eau.Qu'est-ce qui peut bien pousser un homme de 40 ans à laisser femme et enfants trembler de peur derrière lui, pour accomplir pareille folie?Rémy Bricka tente de répondre à cette question dès les premières lignes de son avant-propos: «Ce que je suis parti chercher sur l'océan entre le 2 avril et le 31 mai 1988 est difficile à comprendre: j'ai voulu me dépasser, reculer les limites des capacités humaines.» Ses limites, il les a en effet reculées.Au bout de mille souffrances et délires, «en .'deux mois d'horreur sublime, je suis effectivement devenu un autre homme», assurc-t-il.Apres trois ans de préparatifs et au bout d'une longue préparation diététique qui a consisté à faire provision de protéines et de vitamines, Bricka s'est aventuré sur l'océan sur des skis flottants, sans eau ni vivres, traînant sur ses pas une nacelle de survie encadrée de deux flotteurs et contenant vêtements, matériel de pêche, équipement de sécurité et surtout quatre appareils à fabriquer de l'eau douce ( un dessalinisateur et trois distillateurs ).Il dormait et mangeait dans la nacelle.Il mangeait les produits de ses pèches, mais il a souvent eu terriblement faim.En parcourant ces quelque 6000 kilomètres d'une mer qui s'est à l'occasion démontée, au cours desquels il a connu la terreur devant des meutes de requins, où il s'est senti écrasé par l'immensité tandis que l'extrême solitude lui arrachait des larmes, l'aventurier a découvert que «la vie est la plus merveilleuse chose qui soit».Sa victoire sur lui-même, c'est aussi la découverte qu'il est capable de gagner, alors que personne ne croyait en lui.«J'ai tenu ma vie à bout de bras, et même si j'ai douté parfois, j'ai toujours eu la certitude que je resterais en vie tant que j'aurais la volonté et le courage», souligne-t-il.Caractérisé par sa simplicité, l'ouvrage a un rythme rapide et l'auteur réussit à y maintenir l'intérêt, de telle sorte qu'il se lit d'un trait.Il comprend des réflexions de l'auteur sur son expérience de survie, et des précisions sur l'équipement emporté et sa préparation diététique.L'homme qui marchait sur l'eau \u2014 L'Atlantique sans eau ni vivres.Récit de Remy Bricka, publie chez Arthaud.265 pages.Y L'homme *KM qui marche surl'eau^ la création de cette organisation communautaire typique, on ne croyait pas beaucoup à la spécialisation.Médecine, politique et culture allaient ensemble.On peut dire que l'expérience, de ce centre populaire était l'expression d'un humanisme réel, doublé d'une volonté égalitaire.» Médecine et politique Pourtant, on ne peut pas éviter certaine question.« N'empêche qu'on parlait beaucoup de politique à la clinique des citoyens de Saint-Jacques.\u2014 À une époque oui.Il y avait, en particulier, des groupes marxistes-léninistes qui y oeuvraient.Mais, quand on analyse les fuits maintenant, on se rend compte que ce n'était pas des terroristes, comme on a essayé de le faire croire un moment, plus précisément, au temps du F.RAP qui voulait prendre la mairie à Jean Drapeau,en 1970.\u2014 Des idéalistes ?\u2014 Certainement et non sans que cela pose problème à la clinique même.J essaie de montrer dans mon livre comment des groupes politisés, et dont le but avoué est de servir la masse populaire, peuvent l'aliéner.Il est arrivé, en effet, que les citoyens de Saint-Jacques aient été rebutés par les théories.Ils voulaient une clinique pour se faire soigner parce qu ils estimaient que la société d'alors ne s'occupait pas d'eux.Ils voulaient de l'action mais les discours les ennuyaient.La clinique a connu ces périodes d'action positives et efficaces.Elle a connu aussi des mois de sclérose idéologique.Il ne faut pas l'idéaliser.Je parle de tout ça ouvertement.\u2014 Combien gagnait un médecin à la clinique ?\u2014 Quatre-vingt-quinze dollars par semaine.C'était avant l'assii-rance-maladie.» Action sociale et art Médecine, oui ; action sociale, oui; mais aussi implication du milieu artistique.Robert Boivin ne manque pas de mettre l'accent sur l'aspect culturel de cet organisme.« La clinique a fait appel plus d'une fois au milieu artistique montréalais pour se faire mieux connaître et pour rassembler des fonds, précise l'auteur.C'était les fameux \"concerts-bénéfice\" où des gens comme Pauline Julien, Michel Rivard, Richard Séguin, Paul Piché, Clémence Desrochers et bien d'autres venaient chanter une petite chanson pour rien.Hélas, je montre que l'on venait écouter les chansons mais que les fonds ne rentraient pas suffisamment; \u2014 La clinique n'était pas subr ventionnée?*- - \u2014 Pas du tout ou très peu et assez tard.Durant les premières années de son existence, il n'outil pas question d'État-providcnce: On se méfiait un peu des idées qu'on y professait, moins cependant que les animateur-, le pre tendaient, et dont certains se sentaient carrément persécutés.»1 -\" On sait, bien sûr, que la littérature, le -théâtre, la poésie oïit beaucoup emprunté au quartier Saint-Jacques et, un peu plus haut, au Plateau Mont-RoyaJ, même si.aujourd'hi, les artisjgej qui ont réussi ont tendance ù se diriger vers Outremont! C'était pour une bonne partie de nos aztt et lettres, une période populiste et égalitaire : les arts pour tous et par tous.Mais, comme ie précise r\u201eop|j teur : « La clinique n'a certainement pas inventé une forme d'art spécî; fique.Elle reflétait les idées de l'art communautaire du moment'.Il ne fait aucun doute cependant que les clients de la clinique, comme les bénévoles, appré^ ciaient que l'idée d'art et de culture se reflète dans leur organisation.» Quand on écrit l'histoire d'ûrj organisme qui n'existe plus, Ml faut rencontrer ceux qui l'ont animé.Robert Boivin n'y a pas manqué.Bien entendu, tout n'est pas clair dans les esprits.Il faut du temps pour assimiler une expérience de cette intensité.Mais « la plupart des gens que j'ai rencontrés, dit l'auteur, sont heureux d'avoir participé à cette époque.».Cela va de la nostalgie amusée â l'enthousiasme.*; Mais pas toujours.Car « c'était plus facile pour les professionnels de se reclasser que pour les gens de la base », précise-t-il.Certains d'entre eux se sont senti « fourrés ».D'autres ont eu l'impression de s'être trompés, ce qui n'est jamais agréable.« L'amertume existe, mais elle est rare », conclut Robert Boivin.Et pourquoi raconter cette histoire?« Je le croyais avant et j'en reste persuadé après avoir écrit ce Ji-.vre, dit-il : dans la lutte contre la pauvreté à Montréal, la clinique des citoyens de Saint-Jacques est une expérience importante, qui a innové et qui a réussi sur bien des plans.On commence à redécouvrir les années soixante et soixante-dix et l'on est mieux à même d'en discerner les acquis et les échecs.Mon livre servira, je l'espère, à faire le point.\u2014 Est-ce qu'une expérience semblable peut se répéter aujourd'hui où la pauvreté s'aggrave \u2014 Je ne le pense pas, du moins pas dans les mêmes termes.» -, -.1 HISTOIRE DE LA CLINI0UE DES CITOYENS 0E SAINT-JACQUES (1968-1988), par Robert Boivin, 260 pages, editions VLB.*¦>' L'Orchestre Philharmonique du Monde Stockholm, Rio, Tokyo .et Montréal bientôt CLAUDE GINGRAS La maison de distribution Interdise, de Lanoraie, annonce pour le printemps la sortie de l'enregistrement du concert donné à Montréal le 12 décembre par le World Philharmonie Orchestra (Orchestre Philharmonique du Monde) et dont le programme était presque entièrement occupé par la neuvième Symphonie de Beethoven.L'enregistrement paraîtra sous l'étiquette française Auvidis, l'une des nombreuses marques que distribue Interdise, et il sera disponible dans les trois éditions courantes : compact, 33-tours et cassette.Depuis 1985, le WPO se réunit une fois l'an, tour â tour dans une ville différente, et donne un concert au profit d'une oeuvre de bienfaisance.Ses musiciens viennent de tous les orchestres du monde mais ils sont chaque fois différents.Montréal était la ville-hôte cette année.La première rencontre avait eu lieu à Stockholm en 1985, la deuxième à Rio de Janeiro en 1986 et la troisième à Tokyo en 1987.Une documentation sonore de ces trois concerts existe déjà, sur deux enregistrements Auvidis également disponibles dans les trois éditions.Le premier enregistrement (compact, V 4601 ; 33-t., V 601 ; cassette, V 54601 ) groupe des sélections des trois concerts, tous trois confiés à des chefs de renommée mondiale : Carlo Maria Giu-lini.Lorin Maazel et Giuseppe Sinopoli.De Stockholm en 1985, sous la direction de Giulini, c'est le Finale (25 minutes) de la magistrale huitième Symphonie de Bruckner, oeuvre que Giulini avait déjà bien dans la main puisqu'il venait d'en signer un enregistrement, avec lu Philharmonique de Vienne, chez Deutsche Grammophon.À Stockholm, l'importante partie de timbulcs était tenue par Louis Charbonneau, de l'OSM, premier musicien montréalais à faire partie du WPO.De Rio en 1986, c'est Maazel dirigeant l'éblouissante ouverture Le Carnaval romain, de Berlioz.Le flûtiste Timothy Hutchins, de l'OS M, et la violoniste Denise Lupien, de l'Orchestre Métropolitain, y représentaient Montréal.Enfin, retenue du concert de Tokyo l'an dernier, c'est l'ouverture de l'opéra / Vespri Siciliani, de Verdi, dirigée par Sinopoli.Dorothy Weldon-Masella, harpiste de l'OSM, et Francinc Lupien-Bang, altiste du Métropolitain, jouaient dans le WPO â cette occasion.Le deuxième enregistrement ( compact.AV6II3; 33-t., AV4844; cassette, AV 5844) nous donne le concert de Rio presque en entier.On y entend donc, en plus du Carnaval romain, la suite du ballet L'Oiseau de feu, de Stravinsky, Lorin Maazel, l'un des trois grands chefs qui ont dirigé le WPO a ce jour.et Chôros VI, de Villa-Lobos, joué en hommage au centenaire du compositeur brésilien.1985, 1986, 1987 : chaque année, la rencontre de professionnels de l'orchestre et de maîtres de la direction tels que Giulini, Maazel et Sinopoli produit des résultats étonnants.Il y a, certes, quelques petites imperfections (il ne faut pas oublier qu'il s'agit d'exécutions « live » de musiciens qui n'ont jamais travaillé ensemble), on note aussi de curieux mais révélateurs écarts de style dans certains solos ( principalement chez les vents, produits d'écoles différentes), mais, pour l'ensemble, il s'agit là de lectures très en place et inspirées, fort bien enregistrées aussi.Et les différents auditoires sont aussi silencieux pendant les exécutions qu'ils sont débordants d'enthousiasme après celles-ci.Quant au concert de cette année, on sait qu'il n'était pas dirigé par un Giulini, un Maazel ou un Sinopoli.Mme Françoise Legrand, qui fut l'une des créatrices du WPO, avait décidé, ce soir-là, de monter au pupitre.Or, on s'est rendu compte qu'elle n'était pas vraiment chef d'orchestre.Le concert s'est quand même bien déroulé \u2014 sans elle.Et puis, il y avait les quatre solistes et, surtout, ces trois choeurs postés à Moscou, Genève et San Francisco \u2014¦ en fait, ces cuatre choeurs car.on ne l'a su qu'après, le Choeur de l'OSM, mobilisé à l'arrierc-secne pour parer à toute éventualité, a chanté tout le temps! I DEROUTANT Déroutant virage des Rita Mltsouko SUITE DE LA PACE K1 ront école, ça c'est sûr, on s'en rappellera dans vingt ans, entre autre à cause de microsillons comme celui-ci.Et ce troisième disque sans compromis ne signifie surtout pas un long-jeu sans direction, un gargarisme de nouveaux riches de la rock business.Les Rita ont choisi la ligne dure, ce qui fera certainement plaisir aux fans de la première heure tout en déplaisant à l'industrie du disque.C'est clair, ce disque ne marchera pas fort.Seulement huit pistes au mixage, un « beat box », une trompette qui se contorsionne par-ci par-là.une musique vaguement tzigane sur fond de mandoline, un funk anglo-saxon.L'éloge du garage ou du botchage?Entre rock de garage et travail botché, j'opte pour la première avenue.Car ces gens-là ont de longues antennes, énormément de créativité, une approche minimale, baveuse, rugueuse, un style qui ne ressemble à rien.On ne peut vraiment dire que le duo lance de la poudre aux yeux.Ce qui choque la sacro-sainte industrie réside sur l'argument suivant : pourquoi ce minimalisme dans la production, pourquoi huit « tracks » au lieu de 24 ou 36, pourquoi une aventure à bon marché alors que ces bonnes gens peuvent se permettre la grosse affaire ?Les acolytes du duo étaient-ils à la hauteur ?Le producteur Tony Visconti n'est tout de même pas un deux de pique, il savait vraisemblablement ce qu'il faisait dans cette histoire.Quand on a vécu les beaux jours de T Rex, réalisé certains bijoux de David Bowie, on doit savoir où l'on va.Et que dire de l'ex-Revolution, Jesse Johnson, que le duo a recruté pour le côté funk-house ?Que penser des vieux Sparks qui ont écrit deux chansons aux Rita ?Totalement intégrés au projet.On ne purle pas d'emprunt mais bien d'une intelligente utilisation de ces ressources.N'en déplaise aux radiodiffu-seurs qui viennent de rejeter ce produit, les Rita ont obtenu un résultat parfaitement concluant en optant pour cette stratégie de production.Parce que les Rita sont capables de le faire, et ce avec beaucoup de talent.Et si leur inspiration présente nécessitait production à petits budgets.du moins dans ce cas-ci ?Les Rita auraient pu faire sonner leur disque autrement en y injectant plus de moyens, ça c'est évident.Quant à savoir si eel a a ou non' désamorcé leur inspiration, c'est de la pure spéculation.Qu'importe, c'est bon.Que dire de plus ?Aborder les textes.Comme par le passé, l'amateur de littérature devra s'arracher les cheveux pour arriver à saisir l'imaginaire sinueux de Catherine Ringer et de Fred Chichin.Voici quelques thématiques, toutes aussi tordues les unes que les autres : un couple n'en finit plus de baiser sous la douche; deux personnages.Harpie et Harpo, sont sur un même bateau, l'un joue du piano.Weird ! De l'anglais?Fallait-il absolument de l'anglais sur ce disque pour assurer son succès ?En ce qui me concerne, la réponse est non.11 y a deux ans, plusieurs critiques américains inséraient les Mitsouko dans leur « top 10» de l'année.dans le Billboard] Au pire, les àn-glos pourraient même considérer ce mimétisme un peu lavette.Quoi qu'il en soit, leurs cinq pièces en anglais sont super bonnes, elles n'ont pas du tout l'air handi- capées, même si l'uccent est fort.Il y a certainement un publie anglo-saxon qui va embarquer, d-àV tant plus que Jes^ pièces scjîtj ^rhtxèes différemment pour'Te marché américain et l'européen'.Et puis je serais surpris que tels Rita aient vraiment pensé en terme de marketing.Ces missile^ non guidés n'ont vraiment pas l'âme stratégique., ; ' '.'.^V'.y \\,'-V ¦ S ' ' 'f.Si le succès vient, ce ne sera donc pas à cause d'un appui dù showbizz.Tenons-nous le pour dit, il n'y aura pas de ces boom médiatiques qu'ont entraîné le'ts précédents'microsillons des Rita Mitsouko.Ce surplus d'auditoire qui fait toute la différence entre un culte et.qn succès de masse n'achètera pas, Quoi qu'il en soit, je soutiens que les Rita Mitsouko ont signe un excellent disque, plein de trouvailles, tout à fait profession*-nel et conséquent avec leur orienr tation.Et je ne_serais pas surprit) de les voir rebondir avec du roclj hyper-commercial dans peu de temps.\\ Les Rita Mitsouko, MARC ET ROBERT, etiquette Virgin VL 3042.plus cassette et disque compact.' LES BEST-SELLERS\t\t\t\t \tFiction et biographies\t\t\t i\tLe Zèbre\tA.Jardin\tGallimard (13)»\t 2\tL'Exposition coloniale\tErik Orsena\tSeuil\t(3) 3\tLe Boucher\tAline Reyes\tSeuil\t(23) 4\tLo Bûchor des vanités\tTom Wolfe\tMesslnger\t(13) 5\tQuoi?L'éternité\tMarguerite Yourcenar\tGallimard\t(4) 6\tÇa\tStephen King\tAlbin Michel\t(1) 7\tAnne quitte son île\tLucy Maud-Montgomery Québec /Amérique\t\t(6) 8 Les derniers jours de C.Baudelaire\t\tB.-Henry Levy\tGrasset\t(9) 9\tMa chère petite soeur\tGabrielle Roy\tBoréal\t(2) 10\tL'Homme qui devint Dieu\tGérald Messadié\tLaffont\t(10) \tOuvrages généraux\t\t\t 1\tHistolro générale du Canada\tSous la direction de Boréal\tGraig Brown\t(7) 2\tGuide de l'auto 1989\tDenis Duquet Marcel Lachapelle\tLa Presse\t(4) 3\tLe Défi alimentaire de la femme L.Lamberl-Lagacé\t\tL'Homme\t(28) 4\tGuide du vin 1989\tMichel Phaneuf\tLa Presse\t(2) S\tLes Lendemains piégés\tClaude Morin\tBoréal\t(9) Les listes nous sont fournies par les librairies suivantes: Alire (Place Longueuil), Bertrand, Les Bouquinistes (Chicoutimi).Boyer (Valleyfield), Champigny, Demarc, Duehnrme, Flammarion, Hermès, Lemèac, Llreliro, Le Parchemin, Martin (Jolietto), Montrealoisir, Raffin, Renaud-Bray, Sono et Lettres.* Co chlltro Indique la position de l'ouvrage la semaine précédente (N.D.L.R.\u2014 À cause des congés des fêtes, nous publions cette semaine la même liste que samedi dernier). K3 LITTERATURE Les essais Paul Bowles Le Monsieur qui écrit de Tanger JACQUES FOLCH-RIBAS collaboration spéciale ¦% our les vieux sentimentaux Br* dont je suis, il était plaisant de voir Paul Bowles à la télévision, chez Bernard Pivot.11 y a une sorte de très tendre indulgence \u2014 quoi que dise ce vieil homme, ou ne dise pas \u2014 parce qu'il est le dernier rescapé de \\û lost generation.Il he reste plus que lui, je crois bien, de ce groupe disparate d écrivains américains que réunit une seule chose qu'ils eurent en commun : leur nomadisme.\"Paul Bowles ?Il a tout fait, tout fait pour ne pas rester là, en Amérique où il est né.Compositeur de musique, il travaille pour Broadway mais abandonne le succès pour écrire.II rencontre line femme exceptionnelle, Jane (elle écrit aussi) l'emmène autour du monde \u2014 à moins que ce soit elle ?.Amérique du Sud, à une époque où on n'y allait pas, Indes (en passant, il achète une île au large de Cey-làn, pas cher, mais tout de même, et la revendra jplus tard en s'apercevant qu'elle n'est pas vivable).Ainsi de suite.Il va partout, il connaît tout le monde et les intellectuels le connaissent tous : Hemingway, Fitzgerald, Capote, Orson Welles, Tennesse Williams, Ezra Pound, Gertrude Stein, ils sont en admiration devant ce bon Paul Bowles.Mais pourquoi ?Une sorte de fluide, qu'il a.Une certitude qu'il ne ment jamais, que nous avons.Bowles semble le dernier pilier de la littérature mondiale, c'est-à-dire celle qui est au-delà du politique, du particulier, de la mode, dans un paradis intemporel où se rejoignent tous les arts du mondé.Borges (que Bowles a traduit) s'y promène avec Orson Welles (pour lequel Bowles a écrit de la musique) et Visconti (Bowles a écrit le scénario de Senso, pour lui).Là, aujourd'hui, on s'est mis à découvrir Paul Bowles, qui vit à Tanger, depuis des années, et ne veut rien savoir de l'Amérique ni de l'Europe ni de personne.Il vit, il écrit.On édite de lui, coup sur cbup, deux de ses meilleurs romans.;* Après toi le déluge se passe avant la guerre, et raconte l'aventure d'un jeune homme de New York, employé de banque, qui un beau matin décide de 's'en aller à Tanger où un ami lui a offert du travail ¦dans une agence de voyages.L'arrivée au Maroc, c'est la surprise totale, le dépaysement, le choc : rien në ressemble à rien et tout va n'importe comment, J'agence de voyages est un mythe, la contrebande et \u2022la drogue, par contre, sont bien réelles et semblent Taire vivre ce pays où il pleut sans arrêt.Paradoxe de Bowles, qui s'amuse avec les nerfs du ¦lecteur : cette pluie qu'on n'attendait pas.Ce qui arrive ensuite ?Eh bien, disons que c'est le récit d'un égarement.L'Américain, Nielson, est perdu, au sens complet, égaré par la duplicité des personnes qu'il rencontré, ensorcelé par une petite prostituée arabe, détesté par une stupide alcoolique anglaise, et battu par n'importe qui, au juste : tous fcéux qu'ii rencontre et que Paul Bowles nous montre avec le génie de la présentation.Cet homme -est un peu sorcier, il fait sortir du flacon des apparitions fantasques.Chaque personnage est un roman à lui seul.Un autre livre, lui aussi datant de quelques décennies : La lungle rouge, est édité ces jours-ci.Encore plus étrange, encore plus mystérieux, et toujours l'histoire d'une chute, d'une dégringolade de civilisés vers les fonds sauvages d'où ils ne ressortiront jamais.Ici, la jungle d'Amérique centrale.Un couple d'Américains, donc, arrive en touriste dans un petit port des Caraïbes.On s'installe dans un hôtel sordide, on rencontre certaines personnes étranges, on est pris dans des engrenages inexplicables.et le lecteur est mystifié.Encore Paul Bowles le sorcier.|e ne sais pas comment il fait, mais je me retrouve, à la fin de ce roman, en présence de personnages tout à fait égarés et sans compendre comment, eux et moi, nous en sommes arrivés là.Lire Paul Bowles, si l'on aime I'étrangeté, c'est-à-dire ce qui dépayse, et trouble.¦ Paul Bowles, APRÈS TOI LE DÉLUGE, roman, 312 pages, collection l'Imaginaire, Éditions Gallimard, Paris, 19S8.Paul Bowles, LA JUNGLE ROUGE, roman, 266 pages, Éditions Quai Voltaire, Paris, 1988.EN TRADUCTION Les démons de la chair au presbytère.anglican FRANCINE OSBORNE Au Québec catholique, où les prêtres ne peuvent se marier, un livre portant sur les problèmes matrimoniaux des ecclésiastiques pourrait sembler irréaliste.Il en est tout autrement en Angleterre, où les prêtres peuvent prendre femme.\u2022 Dans Les Belles apparences, Susan Howatch 'entreprend une série romanesque sur les secrets de l'Eglise anglicane.Dans ce premier volume, elle nous raconte l'histoire d'un prêtre âgé de 37 .ans, veuf, qui veut se remarier.Un prêtre ne peut épouser n'importe qui, parce qu'il lui faut une femme pieuse, aux moeurs irréprochables.Le jeune ecclésiastique, Charles Asworth, trouve l'heureuse élue dans un presby-¦ ¦ tére.en la personne de la dame de compagnie de U la femme d'un évèque, Lyle.- Tout semble baigner dans l'huile en principe, sauf que le prêtre à été envoyé chez l'évéque un peu comme espion, pour voir s'il n'y aurait pas quelque chose de louche dans ce ménage à trois, de l'évéque, sa femme et la gouvernante de celle-ci.Susan Howatch nous raconte une histoire absolument incroyable, où les démons de la chair sont on ne peu plus actifs.Tout cela a un côté un peu amusant, car on s'imagine difficilement des hommes d'église mener une vie aussi dissolue.Le scénario romanesque est particulièrement bien construit et jusqu'à la fin, on ne sait vraiment pas comment ça va finir.En fait, ça se termine plutôt bien pour Charles et Lyle, moins bien pour l'évéque, pour lequel on a peu de sympathie d'ailleurs.'\u2022 Susan Howatch n'en est pas à ses premières armes comme romancière, ayant déjà écrit Pen-marric.Un jardin de roses en hiver et La Roue de la fortune.Les Belles apparences s'intitulait Glittering Images dans sa version originale.Pour une fois, un livre en traduction où l'ac-;tion se passe à Montréal.Héroïne, de Gail Scott, se situe dans les milieux de gauche montréalais des années 1970.C'est une succession de tableaux, où on regarde vivre une jeune femme plutôt dépressive qui a de la difficulté à accepter les infidélités de son homme.L'héroïne, une anglophone de Sudbury, est des plus sympathiques aux francophones.Idéo- usan-Hpwa T>PT T IRQ.logiquement, elle est à gauche, personnellement, elle est féministe.On sent qu'elle a un peu de difficulté à concilier tout cela.Il ne faut pas chercher dans ce livre un scénario palpitant.C'est plutôt le portrait de différents faits de société, de la difficulté de vivre selon ses convictions à l'heure actuelle.Gaii Scott est une Ontarienne originaire d'Ottawa qui vit à Montréal depuis 1967.Elle a été journaliste au Globe and Mail et à la Gazette avant de faire carrière comme écrivain.Elle a écrit dans de nombreuses revues et collabore régulièrement à des revues féministes.Elle prépare actuellement un recueil d'essais qui doit être publié chez Women's Press à Toronto.La traduction de Heroine est de Susanne de Lotbinière-Harwood, une Montréalaise qui se spécialise notamment dans la traduction d'auteurs féministes.Susan Howatch, LES BELLES APPARENCES.Editions Robert Liront.Paris, 1988, 440 pages, S 19,95.Cail Scott, HEROfNE, Editions du remue-menage, Montréal, 1988, 256 pages, $16,95.et maineuvs d'un escroc converti Une biographie de Maurice Sachs par Henri Raczymow JEAN BASILE collaboration spéciale SI nous étions à Paris, en 1925, nous entendrions la messe de minuit à Saint-Germain-des-Prés en compagnie de l'abbé Maurice.Puis, traversant la Seine et ses brumes d'hiver, nous irions boire un coquetel, toujours avec l'abbé Maurice, au Boeuf sur le toit.Brancusi et Marie Lauren-cin seraient là.Isodora Duncan ferait une courte apparition avec Coco Chanel.On se moquerait de ses « enculés de surréalistes », selon l'expression imagée de Paul Claudel.À quatre heures du matin, Wiener et Doucet, bourrés de cocaïne et d'alcool, inviteraient lean Cocteau à se joindre à leur deux pianos pour jazzer à la batterie le dernier succès américain à la mode.L'abbé Maurice tomberait sous la table en s'accro-chant au napperon et ce serait le temps de le ramener à son séminaire des Carmes, rue d'As-sas.On hélerait un taxi Unie et on l'embarquerait vers de plus pieuse Noël.Qui est l'étrange abbé Maurice?Le charme de l'escroc C'est Maurice Sachs à qui l'on devait bien une biographie.Voilà qui est fait grâce à Henri Raczymow '.On connaît, certes, les scintillements de cet entre-deux guerre aujourd'hui légendaire.Mais Maurice Sachs, qui en fut le chroniqueur le plus étrange, n'est pas de ces êtres sympathiques qui attirent les coeurs.C'était un cochon: On en parle donc peu.Il a fallu à Henri Raczymow beaucoup de bonne volonté pour tenter de comprendre cette vie baroque, contradictoire.Il y a réussi à merveille.Car il faut dire que la soutane de séminariste'fut jetée aux orties et la conversion avec.D'ailleurs, comme converti à cette époque où l'on convertissait beaucoup, l'impcrmanent abbé n'était pas le seul.« Je me suis souvent dit.écrivit François Mauriac, que le mouvement de conversions qui se multiplièrent alors (.) ressemblait à un sauve-qui-peut (.) |e les voyais quitter le bateau où l'alcool, la drogue favorisait les erreurs étranges et tristes, et s'enfuir à la nage.» Quelle lucidité! On voit qu'il n'y a rien de nouveau sous le soleil., Pour un biographe, c'est quand même du gâteau.La passion de Maurice Sachs était la littérature.Il assiégea Cocteau, Gide, louhandeau qui le détesta immédiatement et qui mit ses fariboles antisémites au compte de la haine provoquée par ce personnage «huileux».Il dirigea des collections chez Gaston Gallimard à qui il voua une totale vénération malgré les rebuffades.Mais ses livres furent publiés sous la couverture blanche.Puis, cet écrivain qui n'arrivait pas à trouver la gloire littéraire qu'il cherchait, tourna à l'escroc.Il vola qui il put, y compris ses amis.Cela allait des éditions originales à des objets et même des meubles.Pourquoi le supportait-on ?Le biographe croit que Maurice Sachs avait un charme inexplicable.Ce charme et ses talents d'escroc le lancèrent dans les affaires.La guerre lui devint un terrain d'action propice.Il trafiqua l'or.Il organisa, contre argent comptant, le départ des Juifs, ce qu'il était lui-même vaguement par sa grand-mère.C'est alors qu'il rencontra Violette Leduc, l'auteure de La Bâtarde qui appelait Maurice Sachs « l'homme étincelant de la rue du Ranelagh ».Pauvre femme qui tombe amoureuse d'un tel homme! Violette Leduc est entrée dans la mythologie du féminisme et elle le mérite bien.Pourtant c'est Maurice Sachs qui la poussa à écrire.\\ part Violette Leduc, il n'eut qu'un ami.Max lacob qui périt duns les rufles antisémites françaises.Il va sans dire que Maurice Sachs le truina dans la boue aussi vite qu'il en eut l'occasion.L'Allemagne Pourquoi ce quart-juif s'enga-gea-t-il comme travailleur volontaire pour l'Allemagne ?Comment devint-il un espion uu service du Reich ?Autant de faits et de questions mystérieuses qu'Henri Raczymow tente d'expliquer sans hargne.Naturellement, les nazis le mirent en prison après l'avoir utilisé au mieux.A lu Libération, on l'abattit d'une bulle.Mais la légende sulfureuse continua et les journaux français prétendirent qu'il avait été exécuté pur des co-détenus qui l'avait ensuite jeté à des chiens affamés.Un |uif, pédé et collabo.C'était trop pour les communistes.Le biographe fait place nette de cette légende.Quelle époque! Et comme Henri Raczymow la reconstitue bien, avec les ragots nécessaires et sans fausse pudeur.L'oeuvre Parlons rapidement de l'oeuvre de Maurice Sachs dont la plus célèbre est Le Sabbat ( Gallimard éd.) qu'il faut lire si l'on veut comprendre ces temps héroïques, dont ni les arts, ni la littérature ne sont encore sortis.Maintenant que l'on parle plus ouvertement de ces choses, si bien qu'elles reprennent leur valeur exacte, la biographie de Maurice Sachs permet de replacer quelques détails dans la cartographie de la nomenklatura .gay de l'entre-deux guerre.lean Genet est un des grunds écrivains de ce siècle.Il ne serait pas juste de dire qu'il fut le premier à exploiter l'homosexualité comme genre littéraire.Il avait des appuis littéraires et sociologiques solides.Verlaine pour les garçons du peuple.Loti pour les marins, Colette pour Chéri, lean Lorrain pour les bas-quartiers, etc., etc.Maurice Sachs fait partie de ce monde singulier.Il est, à sa façon, un personnage de lean Genet qui vivait, avant le temps, dans le ftfp'nde de Pompes funèbres et celui de Notre Dame des Fleurs, avec quelque chose de mondain et de chic qui, bien sur, n'est pas du tout le genre de son illustre continuateur.1 MAURICE SACHS, biographie, par Henri Raczymow, 500 pages, editions Gallimard.MARIAGE «Le mariage de l'Orient et de l'Occident, on le voit à Bangkok, et c'est uns catastrophe» SUITE DE LA PACE K1 çais.« Les gens ne savent plus à quoi ils croient (comme Field?) et pensent pouvoir résoudre leur confusion en se tournant vers l'Orient.» De leurcôié, les Asiatiques et les Africains ont les idées claires, pense-t-il.lis se posent les vraies questions et ne se tracassent pas avec des futilités.Cette clarté à laquelle l'auteur fait allusion, on la retrouve dans les personnages thaïes de Paradis Blues.Les femmes, notamment, sont fortes et rationnelles.Encore plus que les hommes qui ont un tempérament plus romantique.Il y a Songlin, la fille que Field a eu d'une Thaïe et qu'il a réussi à faire entrer à l'université de Bangkok; Ao, une jeune prostituée malade qu'il décide d'emmener avec lui.Paga aussi, la reine des bars et des salons de massage de cette ville engloutie sous les pluies.La seule femme à tenir un mauvais rôle est l'Américaine du début.Catherine Luker incarne l'Amérique.Une Amérique pourrie, mal remise de la guerre du Viêt-nam et qui ne comprend pas pourquoi elle ne s'en remet pas, explique le romancier.Les rêves brisés S'il y a un message à tirer de Paradis Blues \u2014 où toutes les idées sont fondues dans l'histoire \u2014 c'est que les réponses ne se trouvent pas en Orient, contrairement à ce que beaucoup croient.« Le rêve des Occidentaux est fini, tranche Saul.Les réponses se GALERIES D'ART trouvent de ce côté-ci.Il faut arrêter de chercher ailleurs.Le résultat, on le voit dans le mariage de l'Orient et de l'Occident, à Bangkok, et c'est une vraie catastrophe.» Cet écrivain qui en est a son troisième roman avoue avoir consacré six ans à la réflexion de son sujet et deux ansà sa rédaction.Il a écrit un premier jet en deux mois lors d'un séjour à Bangkok.Au coeur de Paradis Blues et de tous ses livres se retrouve le même thème : le pouvoir.Saul admet, par ailleurs, puiser son inspiration dans la politique.Il a commencé à s'intéresser à l'écriture alors qu'il était étudiant en histoire à l'université McGill.Il a de plus complété une formation en économie à Londres et rédigé une thèse de doctorat ù Paris, sur lu modernisation de la France \u2022-ous Charles de Gaulle.Sa vie a vraiment basculé dans l'écriture et les voyages avec la sortie de son premier roman, qui a été traduit dans plusieurs langues.« Pour être romancier, dit-il, il faut être libre de penser et d'écrire tout ce qu'on veut.On ne peut pas être prisonnier d'un emploi.» livres, disques, cassettes &c.d.'s usagés DE RETOUR 3864 ST-DENIS TEL.: 849-9014 6389 GRANDE VENTE D'INVENTAIRE du 2 au 15 janvier 1989 ATELIER de DESSIN et de PEINTURE Débutants Intermédiaires /1 Avancés Début: 17 janvier 89 251-0950 25% de rabais sur Best-Sellers et nouveautés ri ft a S0 % fe rabais sur '^surplus a inventaire* 1 \"SAUF QUELQUES EXCEPTIONS ibRAiRIE AJEUNESSE 9269.rue Lajeunesse (coin rue Chabanel) 388-2362 K4 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 31 DÉCEMBRE 1988 LIVRES On n'a plus les beaux livres de cinéma qu'on avait TCXTLSi LUC PERREAULT LW édition cinématographique en France u atteint un point de saturation.On ne retrouve plus en I988 ce foisonnement et cette qualité qui ont caractérisé les deux ou trois dernières années.La multiplication des rééditions (qui donne lieu à une multiplication des collections de poche) constitue un bon indice de cette saturation.La catégorie la plus éprouvée me semble être celle des «beaux livres».Je les ai comptés cette année sur les doigts d'une main.Au moins deux me paraissent dignes de figurer en bonne place sur les rayons d'une bibliothèque.Les deux sont d'ailleurs parus chez.Ramsey.Il s'agit de Jeanne Moreau de Jean-Claude Moireau et Marilyn et ses amis de Sam Shaw et Norman Rosten.Le livre sur Moreau parait dans la même collection que le célèbre Hitchcoek/Truffaut, ce qui est tout dire.Moireau retrace année par année la carrière de la célèbre actrice sans oublier son enfance et ses années de théâtre.On savait déjà qu'elle avait du patienter longtemps dans des seconds rôles avant de connaître la gloire sous Truffaut avec Iules et Jim.Ici, on est d'abord frappé par les détails biographiques révélateurs qui soulignent notamment sa passion légendaire pour le théâtre, sa soif de vivre et sa détermination.On est ensuite impressionné par la qualité des illustrations souvent pleine page et leur abondance.En fin d'ouvrage, on retrouve les génériques de tous les films, téléfilms et pièces auxquels Jeanne Moreau a participé, sans oublier l'indispensable index et les crédits photographiques.Inépuisable Marilyn Si le livre de Moireau comble un vide sur le plan de l'information, on ne saurait en dire autant de Marilyn et ses amis de Sam Shaw et Norman Rosten.Si une actrice au monde a fait couler l'encre, c'est bien Marilyn Monroe.Il n'empêche que ce livre est passionnant.On l'apprécie avant tout, il me semble, pour les quelque 200 photos de Marilyn prises par Shaw, plusieurs en couleurs et, pour la plupart, inédites.Le témoignage de ce dernier est inestimable.En plus d'avoir eu le privilège d'être son ami, il est notamment l'auteur de cette célèbre photo prise lors du tournage de The Seven Year Itch et qui représente Marilyn, la jupe volant au vent, au-dessus d'un ventilateur de métro.Le texte est de Norman Rossen qui figurait lui aussi parmi ses amis intimes.Poète, auteur dramatique et romancier, il était proche d'Arthur Miller qui, comme on le sait, devait dévenir l'un des Monsieur Monroe.Je rappelle, sur le même sujet, le très beau Marilyn inconnue paru l'an dernier chez Sylvie Messenger.Outre la qualité et la diversité de l'iconographie, il se distingue par un texte qui tranche sur le caractère anecdotique habituel.On peut même avancer que l'auteure, Gloria Stelnem, est la première à proposer une interprétation féministe de la trajectoire de l'actrice, l'ajouterai que les nombreuses photos de George Barris disséminées à travers cet album de luxe justifieraient à elles seules son achat.Un album-souvenir Un autre livre qui mérite de figurer dans une bibliothèque, c'est l'album-souvenir que la Cinémathèque québécoise a publié à l'occasion de son récent 25e anniversaire.Outre l'intérêt de ce survol des dures années de croissance, on prendra plaisir â feuilleter cet album imprimé sur papier glacé et superbement illustré à même les photos, les affiches et les textes manuscrits tirés des archives de cet organisme.Plusieurs témoignages de cinéastes et de personnalités complètent cet album.Depuis plusieurs années, c'est devenu une tradition chez Cal-mann-Lévy de publier sous forme d'album de luxe avec un bon choix de photos en couleurs et en noir et blanc, L'Année du cinéma.L'édition 1988 reste fidèle à la tradition.En fait, il faudrait parler de l'année 1987-1988 du cinéma puisque, à cause des délais de publication, l'ouvrage couvre les six derniers moins de l'année 1987 et les six premiers de 1988.Chaque film sorti en France au cours de cette période a droit au moins à une mention sous forme de générique.Mais les plus importants ont droit à une courte recension.Quant aux films marquants de l'année, on leur réserve un traitement de faveur, photos couleurs à l'appui.Egalement utile, le résumé des événements marquants de chaque mois sur le plan cinéma ainsi que de courtes notices biographiques sur les grands acteurs ou réalisateurs disparus.Pour les fans de Michel Ser-rault, une belle monographie parue chez Edilig (Michel Ser-rault), attire d'abord l'attention par la qualité des photos.Mais si on y regarde de plus près, on découvre dans les textes de Gilbert Salachas et Béatrice Bottet la tentative, film après film, de retracer l'originalité de la démarche du comédien, lequel d'ailleurs s'explique dans une entrevue préliminaire.Chez le même éditeur.Roland Lacourbe poursuit une quête similaire avec l'acteur américain Burt Lancaster.Deux films en Europe se disputent en ce moment la tête du box-office: l'ours et le lapin.Le premier, c'est évidemment le film de Jean-Jacques Annaud, L'Ours (sept millions d'entrées en sept semaines).Chez Grasset, Danièle Heymann présente une version romancée de ce film dans un album enrichi des photos de Marianne RosenstiehI.Quant au lapin, il s'agit évidemment du film de Roger Zemeckis, Qui veut la peau de Roger Rabbit.Le livre du film est publié chez Edito.Des trouvailles pour les mordus L# espace manque pour recenser tous les ouvrages sur le cinéma parus en 1988.J'en signale quelques-uns qui méritent une attention particulière.Les amateurs de romans policiers dévoreront le livre de Sydney D.Kirkpatrick, Meurtre d'un cinéaste.Il s'agit d'un récit qui s'inspire d'une enquête secrète menée par le réalisateur King Vidor.Ce dernier s'était consacré pendant un an â la recherche de l'assassin du cinéaste hollywoodien William Desmond Taylor.Ce réalisateur du temps du muet fut mystérieusement abattu d'une balle de revolver en 1922 et cette cause n'avait jamais été officiellement résolue., Un petit livre intrigant signé Françoise Ducout : Les Fantômes du Grand Central.Les fans d'Hitchcock vont raffoler de cette étude portant sur l'importance du train et sur la célèbre gare new-yorkaise que Mme Ducout considère comme le symbole de l'oeuvre de Hitch.Chez Pierre Horay.S'il existe un sujet aussi inépuisable que Hitchcock, c'est bien Truffaut.Après son imposante Correspondance publiée cette année par Hatier dans la collection Cinq continents, Flammarion publie Le Cinéma selon Français Truffaut (dans la collection Cinémas).Il s'agit d'un autobiographie consacrée au cinéaste et reconstituée ù même des entretiens accordés dans lu presse francophone (y compris québécoise) et anglophone.Mon collègue Serge Dussaut a l'honneur d'avoir servi de personne ressource.Dans une veine semblable, celle de la biograhie des biographies; mentionnons la tentative de Claude-Jean Philippe de réécrire une nouvelle fois la vie de Charlie Chaplin, soit â partir des nombreuses biographies qu'on lui a déjà consacrées, soit en s'inspirant des deux autobiographies de Char-lot lui-même ( l'une.Mes Voyages, publiée dans les années 20 et depuis longtemps introuvable).Le résultat a pour titre Le Roman de Char-lot, un curieux ouvrage d'exé-gète à conseiller aux mordus de Chaplin.Claude Beylie publie chez Bordas (collection Les Compacts) Les Films-clés du cinéma.L'inventaire de Beylie comporte 200 films, du muet jusqu'à aujourd'hui, analysés sous forme de fiches techniques d'une page chacune.Sachant que son choix comporte une part d'arbitraire et de subjectivité, il propose à la fin une seconde liste de 100 films à apporter également sur uhe ile déserte.LE CINEMA SELON FRANCOIS TRUFFAUT Tuxm rôimis par 4rme Glllaln II est également naturel de trouver des ouvrages de consultation sur le cinéma français.En voici deux nouveaux: Le Cinéma français de Renoir à Godard par Pierre Maillot (MA Editions) et Le Cinéma français des années 60 de Freddy Buache (Hatier, collection cinq continents).La collection 7e Art au Cerf s'est enrichi en 1988 d'un bel ouvrage: L'Apocalypse nucléaire et son cinéma par Hélène Puiseux.De plus en plus de films, souvent mineurs, abordent ce sujet angoissant.Chez le même éditeur, dans la revue CinémAction, deux dossiers importants, l'un sur le cinéma noir américain.et un second sur les théories du cinéma aujourd'hui.Dans une veine tout aussi théorique, aux Cahiers du cinéma, on trouve une Poétique des auteurs par Jean-Claude Biette.Dans la collection Auteurs, chez ce même éditeur, quelques monographies récentes sont également à signaler: Max Ophuls et André Téchi-né.Parmi les biographies à retenir l'attention, mentionnons celle de Rainer Werner Fass-binder, L'Amour est plus fort que la mort par Robert Katz, parue aux.Presses de ia Renaissance, celle de Rai mu par Daniel Lacotte chez Ramsay sous le titre de Raimu et enfin celle de Grace Kelly intitulée Grace, les vies secrètes d'une princesse chez JC Lattes par James Spada.Il ne faudrait pas non plus oublier les incontournables mémoires d'Ingmar Bergman, Laterna Magica, parues chez Gallimard et Mémoires d'éléphant de Gérard Oury chez Olivier Orban.Signalons enfin chez Jade-Flammarion une brochure axée sur les décors de film: Alexandre Trauner, Cinquante ans de Cinéma et deux scé-¦ narios publiés sous forme romancée: Un monde a part par Shawn Slovo et Richard & Co-sima pur Reinhard Baumfart.CHARLOT SUITE DE LA PACE K1 plus facile: pas moins d'une vingtaine.La réponse tient en deux pages de textes et une page de photos.Plusieurs des litres mentionnes, signalés par un point d'interrogation, sont incidemment disparus.L'article «extraterrestre», pour citer cet autre exemple, ne mentionne pas seulement Y E.T.de Spielberg mais toute une liste de petits personnages verts qui ont peuplé le cinéma depuis le Voyage dans la lune de Méliès.L'idée d'un dictionnaire des personnages n'est pas nouvelle.Mais c'est la première fois, à ma connaissance, qu'on l'applique au cinema.Celu nous vaut une brique de 560 pages sous couverture rigide abondamment illustrée (en couleurs et noir et blanc) où l'on retrouve non seulement tous les grands personnages du cinéma mais également les thèmes importants.Chaque article est signé.On retrouve à lu fin un imposant index d'une centaine de pages portant sur les acteurs puis sur les films.Il n'y manque même pas le signet.Ce dictionnaire, j'en suis convaincu, va devenir une bible pour les cinéphiles.Parlant de bible, il ne faudrait pas oublier Le Dictionnaire du cinéma québécois paru chez Boréal.Moins imposant que le précédent, il pourrait s'avérer tout aussi indispensable aux étudiants, aux critiques et aux cinéphiles d'ici ou d'ailleurs.L'ouvrage compte 530 pages et plus de 650 articles portant les initiales des 60 collabora-mers réunis par Michel Cou-lombe et Marcel lean.Priorité ici a été accordée aux créateurs.C'est pourquoi on ne retrouvera pas, du moins sous forme d'article en bonne et due forme, certaines personnalités importants du cinéma québécois.Heureusement, des articles thématiques comblent en partie ces petites lacunes.La faiblesse du livre se situe surtout au chapitre des illustrations.Par contre, on trouve en annexe les génériques de 333 films, un inventaire fort utile.Voilà, je le répète, un outil indispensable.Encore chez Boréal, le pendant naturel de ce dictionnaire pourrait être l'imposante Histoire générale du cinéma au Québec d'Yves Lever.Ce solide ouvrage de plus de 550 pages dresse le parcours suivi en terre québécoise sur plus de 90 ans par ces merveilleux fous de la manivelle.Les premières projections cinématographiques au Canada ont en effet eu lieu à Montréal le 27 juin I896.Lever s'inspire sur ce point des études de Germain Laçasse qui a potassé ce sujet et qui doit d'aiileurs incessamment publier Histoire de scopes (Le cinéma muet au Québec).Quant à Lever, professeur et critique de cinéma, il a été appelé depuis plusieurs années à éplucher l'histoire du cinéma québécois.Bien sûr, il ne se contente pas de rappeler les débuts.La quatrième partie de son ouvrange (Vers la maturité, 1969-1987) aborde la période la plus récente de l'histoire de notre cinéma.Au milieu de ce très sérieux tour d'horizon historique, il ne craint pas parfois de se faire polémiste.Il y en a qui penseront que ces entorses a la sacro-sainte objecti-vié de l'historien minent la crédibilité de son ouvrage.Je suis de ceux qui estiment que ces jugements personnels y ajoutent du piquant.Chez Larousse, on ne se repose pas sur ses lauriers.Après le volumineux Dictionnaire du cinéma et le Dictionnaire du cinéma français, c'est maintenant uu tour du Dictionnaire du cinéma américain publié sous la direction de Michel Ciment et |ean-Loup Passek.On y retrouve plus de 1 500 noms du cinému américain.Comme pour son pendant français, ce dictionnaire reproduit pour l'essentiel les articles portant sur le cinéma américain qui se trouvaient déjà dans le Dictionnaire du tttWmkttUU nui bdWttlai* irai prtM 900 cinéastes français d'aujourd'hui cinéma.On a tout de même pris soin de compléter et d'actualiser les biographies des personnes encore en activité.Au nom de Martin Scorsese, par exemple, on constate la mention de The Color of money qui ne figurait pas dans l'autre ouvrage.Par contre, son dernier film est identifié sous le titre de Passion et non par La Dernière tentation du Christ.Le premier des deux volumes s'ouvre sur un rapide historique dû à la plume de lean-Loup Bourget.Dans l'ensemble, il faut noter une nette amélioration au chapitre des illustrations sur le pendunl frunçuis.Un concurrent sérieux à ce dernier vient de paraître aux Editions du Cerf.Ce dictionnaire établi par 27 critiques sous la direction de René Pré-dal a pour titre 900 cinéastes français d'aujourd'hui.Évidemment, sa portée n'est pas aussi étendue que le premier.Mais il a l'avantage de répertorier tous les cinéastes français ayant réalisé au moins un long métrage depuis 1970.Si cet ouvrage n'apprend paa beaucoup sur les grands du cinéma français, par contre il pourra s'avérer fort utile à ceux qui désirent en savoir un peu plus sur les figures les moins connues du cinéma de l'Hexagone.Ces petits livres qui valent leur pesant d'or Parmi la multitude de livres sur le cinéma parus en 1988, il y en a quelques-uns qui se détachent du lot commun, soit à cause de lu personnalité de leur auteur, soit à cause de l'originalité de l'ouvrage en question.Il est rare que ces deux conditions soient réunies.C'est pourtant le cas avec Lettres volées de Gérard Depardieu (JC Lattes).Tout le monde connaît Depardieu.Sa stature imposante, son passé de loubard et la place qu'il occupe aujourd'hui dans le cinému français en ont fait un nouveau Gabin.On savait depuis sa prestation dans Le Camion de Marguerite Duras qu'il s'intéressait à l'écriture mais on ne lui soupçonnait pas des qualités d'écrivain.L'intérêt de ces lettres volées, c'est qu'elles n'ont jamais été adressées à leurs destinataires.Disons-le simplement: toutes, elles sont très touchantes.On sent l'authenticité de la démarche de Depardieu.Quand il écrit à sa mère qu'il appelle la Lilette ou à son père, le Dédé, on est convaincu qu'il accomplit là un geste profond.Quand il lance à Maurice Pialat: «Entre toi et moi, c'est à la vie à la mort », on sent qu'il règle des comptes mais pas tant dans le sens de la discorde que dans celui de l'amitié.Un petit livre (154 pages) à placer au côté de C'est beau une ville la nuit de cet autre monument du cinéma français (Richard Boh ringer) publié un peu plus tôt uu cours de l'année chez Denoêl.Puisqu'il est queston de Depardieu, faisons d'une pierre deux coups et signalons cette petite monographie fort bien faite dans une nouvelle collection de poche.Les Grands Acteurs( J'ai lu Cinéma).Elle porte à la fois sur des acteurs (Clint Eastwood.Romy Schneider el Marilyn Monroe, jusqu'à présent), des thèmes (Le cinéma erotique) ou des films célèbres (Autant en emporte le vent).L'intérêt de cette collection ne I h i T ! tient pas tant dans son approche synthétique que je trouve assez superficielle.H tient plutôt dans l'imugination et le soin qu'on a apportés à la présentation de ces petites plaquettes limitées à 144 pages.Mise en page jazzée sur papier glacé, abondance de la couleur, utilisaion systématique des exergues: voilà une présentation graphique qu'on pourrait pratiquement qualifier de cinématographique tant elle fuit appel à une véritable mise en scène du sujet traité.Pionnier dans ce domaine, il faut saluer bien bas Gallimard et su collection Découvertes qui aborde pour la première fois le cinéma dans un ouvrage comme.il se doit splendide et abordable uvec beaucoup de photos-couleurs, des textes bien conçus et un effort de rendre le sujet choisi, de nature plutôt austère, vivant et accessible.II s'agit de Cinématographe, invention du siècle d'Emmanuelle Toulet.Le moins qu'on puisse dire, c'est que ce nouvel effort de présentation visuelle, même dans les collections bon marché, va forcer les éditeurs à apporter plus d'attention à cet aspect du truvuil d'édition.Il y a incidemment encore beaucoup de progrès à accomplir en ce sens du côté québécois.Mais, même en France, des ouvrages d'un intérêt au-dessus de tout soupçon comme on en trouve chez Rivages/Cinéma.Ramsey Poche Cinéma et même la collection Champs Contre-Champs chez Flammarion risquent de souffrir de la comparaison.La dernière mentionnée u pourtant été fort active en 1988.j'y relève quelques rééditions majeures dont le Fritz Lang de Lotte Eisner, Le Cinéma révélé de Rossellini et ce classique de Raymond Borde et Etienne Chaume-ton, Panorama du film noir américain (1841-1953).Chez Ramsey Poche Cinéma, signalons deux rééditions qui traduisent l'intérêt que le cinéma revêtait aux yeux des poètes dans les années vingt: Les Surréalistes et le cinéma d'Alajn et Odette Vir-maux et les Ecrits de cinéma de Philippe Soupault.Il est rare qu'on trouve des inédits sur le cinéma dans des collections de poche.C'est pourtant le cas au Seuil dans la collection Point Virgule.Olivier-René Veil-lon poursuit sa longue étude entreprise sur le cinéma américan dans un troisième ouvrage.Après les années 30 et les années 50, voici Le Cinéma américain, lés années 80.On trouve également des inédits dans la collection Stock Cinéma.Il s'agit de Lubitsch ou la satire romanesque d'Eithne et Jean-Loup Bourget.Trois inédits à signaler également dans la collection Cinémas de Flammarion: La légende de la révolution au XXe siècle et African Queen ou Comment je suis allée en Afrique avec Bogart, Bacall et Huston et faillis perdre la raison par Katharine Hepburn.On uura deviné qu'il s'agit des souvenirs très personnels de la célèbre comédienne américaine remontant à l'époque du tournuge du film de John Huston.< 4 ) LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 31 DÉCEMBRE 1988 K5 Les multiples façons de boire du porto JACQUES BENOIT Le porto, comme d'ailleurs le champagne, est un vin qui est bu de nombreuses manières.Ainsi, les Français, qui en sont les plus importants consommateurs au monde (près de 40 p.cent du porto produit est bu dans leur pays), le prennent en apéritif, alors que les Anglais, eux, le gardent pour la fin du repas! Pour le porto millésimé, ou vintage port, qui est le plus grand des portos et auquel les Britanniques vouent un véritable culte, il existe même en Angleterre un rituel qu'on dit immuable.Une fois le vin décanté et en carafe, il passe d'un convive à l'autre, dans le sens contraire des aiguilles d'une montre, le rituel voulant que la carafe ne soit pas posée sur la table tant que tous ne se sont pas servis.Il y a même plus curieux que cela.«En Grande-Bretagne, le porto est un vin d'hommes, et en France un vin de femmes», m'expliquait sur place, à la mi-novembre, dans un français parfait, M.Leopoldo Mourào, président de VInstituto do Vinho do Porto, à l'occasion d'une tournée de vignobles à l'invitation du gouvernement de ce pays.Il faut dire que les portos que boivent les Français sont les vins de bas de gamine, c'est-à-dire les tawnies courants.Théoriquement, ces vins doivent avoir acquis leur couleur orangée et leurs odeurs fortement boisées à la suite d'un long vieillissement en pipas, qui sont les fûts traditionnels pour les portos, d'une contenance de 550 litres et fabriqués en chêne du pays (plus le vin y reste longtemps, plus il se décolore).De façon concrète, cependant, toutes les firmes produisent ce qu'on pourrait appeler des « taw-nies rouges» et dont un bon exemple est le Medium Tawny Delaforce ($11,20) vendu dans toutes les succursales de la SAQ.Ces vins, qui ont des reflets rougeâtres plutôt qu'orangés, sont obtenus en mélangeant une partie de porto blanc (environ 15 p.cent du total) à des portos rouges, vins qu'on laissera vieillir en pipas trois à quatre ans.ces faux tawnies n'ayant pour ainsi dire pas d'odeurs boisées.Et les Portugais, comment boivent-ils le porto?ai-je demandé au président de VInstituto.Sa réponse: «Nous buvons le porto vintage avec le fromage et le tawny avec le café.Les Anglais, eux, c'est le vintage avec le fromage et le tawny avec le dessert, ce qui est une erreur.» Mais, juge-t-il, un tawny «qui n'est pas trop doux peut être un super-apéritif».Pour M.Francisco Javier de Olazabal, président de Ferreira \u2014 firme qui a la plus grande part de marché au Portugal Francisco Javier de Olazabal même, bien que ses portos courants soient un peu plus chers que les autres \u2014, «des fraises avec un très bon tawny, ça va très bien.Mais ça ne pourrait jamais aller avec un vintage, qui va très bien avec lé fromage».De ce côté-ci de l'Atlantique, enfin, beaucoup d'admirateurs des portos les boivent uniquement pour eux-mêmes, en digestifs ( c'est mon cas ), ce qui à mon sens permet d'en savourer toutes les nuances, sans que les aliments en altèrent les saveurs.Peu de milieux changent autant que le monde viticole.Pour les Portos et sa région de production (le Douro, du nom du fleuve qui la traverse d'est en ouest ), un phénomène déjà relativement ancien, mais qui continue d'avoir des répercussions, fut le rachat de plusieurs grandes maisons, telles que Sande-man, Croft et Cockburn, par des mtdtinationales.lusque-là, nombre de firmes appartenaient à des Britanniques, alors qu'il n'en reste aujourd'hui que deux \u2014 Taylor et le groupe Symington, propriétaire entre autres de Graham, War-re's et Dow \u2014 entre les mains de familles anglaises.«La venue des multinationales a beaucoup apporté, explique le président de Ferreira.Ils ont donné du dynamisme.Les Anglais ne pensaient qu'à exploiter les indigènes du Douro où régnait la misère noire.C'était le colonialisme le plus désuet.La vie était douce: on ne travaillait que le matin, sauf le mercredi.Les Anglais avaient choisi à Por- to les meilleurs endroits pour vivre.Et ils faisaient une vie fabuleuse.» Deux autres événements beaucoup plus récents risquent d'avoir autant, sinon plus, de conséquences.Pour les portos, on cultivait jusqu'ici dans le Douro \u2014 en comptant la vingtaine de variétés à raisins blancs \u2014 près de 50 cépages différents! Toutefois, des recherches faites par certaines maisons de production, entre autres Ramos Pinto, mais aussi le milieu universitaire, ont permis de sélectionner dans tous ces cépages six variétés, toutes à fruits rouges.Jugés les meilleurs, ces six cépages (Touriga Nacional, Touriga Francesa, Tinta Cao, Tinta Ro-riz.Tinta Barocca et Tinta Ama-rella) sont ceux qui sont plantés à l'heure actuelle.Entre autres résultats, certaines firmes, dont Graham, ont déjà commencé à produire un porto non-millésimé avec uniquement ces six cépages, ce qui donne un vin très coloré, riche, pas particulièrement complexe, mais savoureux.Le Douro est vaste, puisqu'il a une superficie de 250000 hectares.Mais seulement le dixième, soit 25000 hectares, est planté de vignes, celles-ci s'accrochant aux flancs des montagnes qui longent le fleuve sur tout son parcours.Or, depuis 1985, avec l'aide de la Banque Mondiale qui a accordé des prêts à faible taux d'intérêt aux viticulteurs, 2 500 hecta- res additionnels ont été plantes, ce qui s'est fait selon un certain nombre de règles favorisant la qualité.En bref, ne pouvaient être plantées que les six variétés citées, sur les sites jugés les meilleurs parmi ceux qui étaient en friche depuis le phylloxéra, cette maladie de la vigne qui a ravagé tous les vignobles d'Europe à la fin du 19e siècle.Un autre changement d'importance se profile à l'horizon, à cause du problème aigu que pose le late bottled vintage \u2014 un porto également millésimé, qui reste entre quatre et six ans en barriques \u2014, mais en règle générale de qualité inférieure aux vintages et prêt à boire à son arrivée sur le marché.(Quoique certaines maisons, en évitant de filtrer le vin et en le gardant en barriques quatre ans seulement, élaborent un LBV rappelant plus le vrai vintage, c'est-à-dire qui demande à vieillir et acquiert ainsi de la complexité.) Un comité de producteurs étudie dans le moment la question.M.de Olazabal, président de Ferreira: «On propose d'appeler le LBV late bottled port.On va proposer de récréer la catégorie crusted port avec mention de l'année et qui ferait entre deux et quatre ans de fûts, donc un vin beaucoup plus dans le style du vintage.Pourquoi le changement?Il faut éliminer le mot « vintage » dans LBV.À Londres aujourd'hui, quand vous demandez un vintage, on vous sert un LBV.» JOYEUS A TOUS! Lf IDaITEJD RESTAURANT-BAR 3 SPÉCIALITÉS: Algérienne, Française, Belge Menu du Réveillon du Jour de l'An Dîner dansant Chansonnier avec orgue Taxe et service on sus Spécial Où 99$ pour2pers.WW Soupe maison Toast au foie gras ou huîtres Rouget grille au feu de bois Garniture: Assortiment du chef Salade ds fruits de saison avec sorbet ou citron vert Thé à la menthe fraîche ou café Restaurant des 3 spécialités 210, rue Jean-Talon ouest (Entre bout.Saint-Laurent et av.du Parc) Réservation demandée 273-9292 Merci de téléphoner 272-6513 CUISINE FRANÇAISE faite par les patrons 2098, rue Jean-Talon (iKttn.k)UiaM>) 725-9077 Table d'hôte tous les soirs.31 déc.et 1er jan.Ouvert Ouvert tous let jours de 11 h à 23 h Samedis et dimanches de 17 h à 23 h Fermé lo lundi.EïSSi Ce marceiin WÊ&Ma Cuisine honnête &iK3r-V Addition modérée Table d'hote midi 5,95s soir 10,95s Vaste parc de stationnement R.S.V.P.: 337-3704, 1650, bout.Hen ri-Bouras so ouest Table d'hôte du Nouvel An 2Ç95$ Lo bisque de homard fine champogne Lo terrine de saumon fumé le faisan au champagne le soufflé glacé mandarine Noire menu u lo carte et notre table d'hôte hobituelle seront aussi disponibles lu 31 décembre.Ouvert le dimanche 1er janvier dès \\7h, 2067.rue Stanley Rés.: 268-3434 £ 5095.REiNE-MARIE (COIN WESTBURY) 738-5772 ch.REVEILLON DE LA ST-SYLVESTRE LE 31 DEC.35$ INCLUANT LE VIN BRUNCH OU ter JANVIER DES 11 h 30 1 5$ SPECTACLE ORIENTAL ET DANSE it ANS DEJA Spécialité* marocaine* luthentiques \u2022 Couscous \u2022 Tajines- \u2022 Pastilla \u2022 Méchoui Table d'hote \u2022 latines de poisson Traiteur pour toutes occasions \u2022\u2022Meilleur restaurant Qoult et Miltitu \\ Parking
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