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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
K. Arts et spectacles
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 1988-09-24, Collections de BAnQ.

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[" Arts et spectacles Littérature Arts plastiques Disques et vidéos Restaurants Vins LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 24 SEPTEMBRE 1988 H SAISON LltTÉRAIR Ginette Reno et Patrick Norman Nos deux stars du disque ont l'amour triste DENIS LAVOIE Pas trop gaies, nos vedettes du disque lorsqu'elles chantent l'amour.Heureusement qu'il y a de l'optimisme à côté de la nostalgie qu'exprime Patrick Norman par exemple.Mais comme Ginette Reno, il pleure sur l'amour du passé et ses erreurs.Nos deux plus gros vendeurs de disques (Reno détient toujours le record avec /e ne suis qu'une chanson, alors que Norman a été champion l'an passé en termes de ventes) chantent les cicatrices de l'amour.Tous les deux rendent aussi hommage à un père disparu avec Ceux qui s'en vont pour Reno et avec une chanson de Paul Deraîche, Perce les nuages, pour Norman.La voix Une grande voix mais pas de grandes chansons; une voix plus intime, plus chaude, des textes touchais mais pas renversants; une voix améliorée, profonde, implosive, mais une musique banalement à la mode, ainsi peut se résumer le nouvel album de Ginette Reno.Il y a cinq ans que Reno ne nous avait donné à entendre un microsillon de nouvelles chansons.Elle a choisi un réalisateur français, des auteurs français, dans l'espoir de tourner aussi en Europe, après avoir vendu plus de disques au Québec que tout autre artiste.Au fait, elle en est à tout près de 40 albums.Au départ, même ma plus jeune fille est séduite par Laisse pas tomber le vieux blues man du principal auteur retenu pour ce disque, Didier Barbclivien.Une chanson « traditionnelle » dans l'instrumentation comme dans le ton.Puis on tombe dans une valse où Le mari remplace l'amant ou l'amour en pantoufle.Suit, plein de tendresse, l'expression du soutien mutuel, (e ne retiens pas grand chose côté musical.Et on passe à la tristesse de Ceux qui s'en vont, un hommage funèbre où il est plutôt question de vie que de mort et qui démarre sur un battement de coeur.Pour finir en beauté cette première face, sur une musique bien rythmée, percussive, de Michel Le-grand, un bon tefxte de Eddy Marnay, fe me suis trompe.On oublie le flonflon des synthétiseurs et boites à ryuthmes pou^ibrer un peu au répétitif.De l'autre côté, la chanson-titre de l'album, Ne m'en veux pas, triste prière d'un amour défunt.Voix grave, mélancolique, cette chanson d'un jeune auteur, Philippe Malaterre, exprime on ne peut mieux ce qu'on a pu liredànsie populaire livre Ces femmes qui aiment trop.Sur un air de danse, avec la complicité en duo du réalisateur de l'album Bernard Estardy.Avec /e suis la femme, Reno fait vibrer sa voix sur un fond musical mois synthétique, plus acoustique.La voix est Elus étouffée pour chanter Faites-moi la cour, de ambert.Il est question de nouvelle attitude, comme un peu partout dans les nouvelles chansons d'une Ginette Reno en pleine mutation.Aussi terminc-t-cllc en chantant La prochaine fois qu'j'aurai vingt ans.L'autre, maintenant.Des mélodies accrocheuses, simples, comme les propos qu'il tient, avec beaucoup d'espoir en bout de voir RENO en page K4 Une rentrée romanesque plus folle que jamais en France LOUIS-BERNARD ROBITAILLE collaboration spéciale PARIS Répétons-nous sans complexe : la rentrée romanesque en France est plus folle que jamais.Quantitativement je veux dire : L'Express a recensé 360 romans prévus entre septembre et novembre.Le Monde, qui met à part les romans étrangers, arrive modestement au chiffre de 209 romans français.Pour ajouter à la consternation, les professionnels soutiennent que cette année elle est, par-dessus le marché, « riche et forte ».Au secours! En réalité, le compte exact est à peu près aussi difficile à faire que celui des bouteilles de vodka consommées en URSS dans la semaine.Il y a les très gros éditeurs, les moyens parisiens, les petits jeunes qui montent, les innombrables éditeurs de province que personne ne connaît sinon leur proche parenté.Quand on parle de 200 ou 250 romans français, cela exclue évidemment les rééditions de classiques, la science-fiction, les centaines dè « polars » publiés chaque année ( dont, ce mois-ci, Préférez-vous les icebergs ?de la Québécoise Chrystine Brou il let ( Sueurs froides chez Denoël).Restent donc, pour commencer, la cinquantaine rituelle de premiers romans.le vous en épargne la liste : une enumeration partielle faisait deux pleines colonnes du Monde.Des oeuvres qui, sauf miracle, auront la plus grande difficulté à s'extirper de la noire obscurité, et dont les médias n'ont guère la place de parler.Mais ce sont rarement des brouillons ou de petits récits sur le coin de la table.Quand les critiques trouvent le temps d'en parler, ils découvrent ici et là des oeuvres déjà prometteuses, estampillées par des maisons d'édition tout à fait professionnelles et connues.Des gens qui ont un public Tout de suite après on arrive dans le vif du sujet : les 150-200 titres restants sont tous le fait de romanciers sinon consacrés, du moins confirmés.Richard Jorïf, qui avait déjà connu un très joli succès avec un premier roman l'année dernière, arrive cette année avec Clownerie ( François-Bourin ).Le jeune Alexandre Jardin (Le Zèbre, Gallimard), fait déjà partie des best-sellers pour sa deuxième oeuvre.Des gens qui ont un métier certain \u2014 et un public \u2014 récidivent allègrement : Les Gangsters» de Hervé Guibert (Gallimard); Ce soir Werther du populaire Patrick Cau-vin (Albin Michel), qui paraît-il est plus « littéraire » et achevé que sa production habituelle.Les Couronnes d'Irène (Belfond), de Cavanna, l'éternel et inclassifiable anarchiste issu de Charlie-Hebdo.Et pour finir cette liste des « demi-vedettes » : deux brillants représentants de la littérature « de droite », Van Cauvelacrt, au Seuil, pour L'Oran- ge amère, et Denis Tillinac, en lice pour un prix avec Un Léger malentendu (Laffont).Plus la quintessence du briilant jeune homme parisien, Pascal Bruckner qui, après le succès des Parias, revient avec un roman beaucoup plus intimiste, moins prometteur commercialement : Qui de nous deux inventa l'autre?(Gallimard).Cela pour se limiter aux noms connus.Je découvre dans le lot, par exemple, l'existence de Guy Lagorcc avec Fin de soirée : or ce monsieur a neuf romans Grasset à son actif et deux prix littéraires.Honte sur moi! Pivot à la table des Concourt Quant à Erik Orsenna, je ne le connaissais que de nom et vaguement.Il parait que j'ai une excuse; ce n'est « que » son quatrième roman et le dernier date de huit ans.En tout cas L'Exposition coloniale (556 pages, Seuil) est considéré comme un des romans très forts de cette rentrée \u2014 une sorte d'histoire du siècle drôle et originale, vue au travers d'un petit Blanc, spécialiste du caoutchouc.Orsenna \u2014 qui fait partie de l'Apos-trophes de ce soir (au Québec) \u2014 est l'un des favoris pour les prix.Bernard Pivot, qui n'a pas résisté à la tentation d'enjoiiver !a formule de son émission, officie donc ce soir ( à TV5 ) « En direct de chez Drouanl ».Avec le président du voir RENTREE en page K2 Hervé Bazin Patrick Besson Bernard-Henri Levy Françoise Chandernagor Yves Beauchemin Janou Saint-Denis Victor-Lévy Beaulieu Jacques Lamarche Le petit monde du livre québécois reprend son train-train quotidien REGINALD MARTEL Pour toucher les droits d'auteur distribués par la Commission du droit de prêt public, organisme chargé de compenser les auteurs pour l'utilisation de leurs oeuvres dans les bibliothèques, il faut chaque année faire savoir à ladite commission qu'un n'est pas mort.Après tout, les auteurs vivants sont si mal rémunérés, on ne va quand même pas payer les morts! Graticn Gélinas, qui est bien vivant mais qui ignorait le règlement, a perdu des sommes indéterminées, faute de s'inscrire à nouveau.On sait seulement que durant la première année du programme, il a reçu « quelques milliers de dollars ».Protestations du dramaturge, protestations de l'Union des écrivains québécois (qui aurait bien aimé administrer ce programme), rien à faire.Morts ou vivants, les absents ont toujours tort.La littérature qui se dit À la Place aux poètes, animée par Janou Saint-Denis, la 14e saison commencera le mercredi 5 octobre avec Janou elle-même, qui lira des extraits de son Hold-up mental, et Marcel Rivard.Elle se poursuivra avec Carmen Bastida et Jean-Christophe Doumpa le 12, François Charron le 19, et de jeunes découvertes, Anne-Marie Gélinas, Yvonne Truque et Céline Dandurand le 26.Ces soirées de poésie ont lieu à La Folie du large, 1021, rue de Blcury, à 21 heures.De son côté la galerie Skol inaugurera sa 4e série de lectures publiques le dimanche 25 septembre à 13 heures.Les responsables sou- haitent faire entendre la voix des écrivains, de façon que soit entendue leur lecture singulière.Depuis 1986, poètes et romanciers ont pu ainsi faire connaissance de leur public, en partageant croissants et café.La saison 1988-1989 n'est pas encore arrêtée, mais la présence de Normand de Bellefeuillc le 25 septembre et de Geneviève Amyot le 23 octobre est assurée.Chez Cuérin et Stanke Un communiqué de Guérin littérature, sans présentation détaillée des auteurs et des oeuvres, donne une idée bien sèche des titres à paraître cet automne.Parmi ces titres, des poèmes de Guy Dcsilets, des nouvelles de Bertrand Vac (qui fut un des premiers lauréats du prix du Cercle du livre de France, aujourd'hui disparu, faute de sponsor \u2014 je rentre de Paris, moi), les Actes du colloque Jack Kerouac à Québec au printemps, un ouvrage du cardinal Paul-Emile Léger et, sous la direction de Louise Myettc, un Agenda littéraire du Québec.Chez Stanké, un pilier de la maison, Roch Carrier, est parmi les premiers auteurs publics cette saison.Il a lancé à la Bibliothèque publique de Vanicr son dernier livre, Prières d'un enfant très très sage.Stanké annonce aussi la parution d'Autopsie d'un fumeur (repenti.Player's a dû souffrir), Roger Le-mclin, l'autobiographie de Jules Dcschcncs, intitulée Sur la ligne de feu, les Vérités cl Sourires de la politique, racontés par Doris Lussicr, et le deuxième tome de l'Héritage (L'Hiver) de Victor-Lévy Beaulieu.Papineau et la Petite-Nation Mon vieil ami Jacques Lamarche.rentier de l'écriture, m'écrit de sa Petite-Nation, qui bénéficie de sa présence quand il n'est pas sous le soleil du Portugal.Pour me dire qu'il a confié aux éditions Asticou une série de dix-sept Légendes, contes et récits de la Petite-Nation, et aux éditions Pierre ïisscyre son dixième roman.Ils auront trente ans; qu'il a terminé la rédaction du cinquième tome de La Dynastie des Lanthicr et celle du troisième tome des Montagnes noires, manuscrits soumis aussi à Pierre Tisscyrc.Les éditions de la Petite-Nation, d'autre part, préparent avec un jeune historien, |.-Normand Pickering, le Mémorial Papineau, un ouvrage qui élargit l'histoire de Louis-Joseph à celles de ses frères et soeurs et retrace leurs descendants de Bonsccours, de Plaisance ou de Papincauvillc jusqu'à nos jours.Chez le même éditeur, le deuxième tome de Notre héritage familial, qui raconte l'arrivée des Biais à la Petite-Nation, venus de l'île d'Orléans il y a 120 ans.La critique évaluée Le directeur des éditions Pierre Tisscyrc, Robert Souiièrcs, a décidé que la critique n'appartient pas qu'aux critiques.Dans une lettre amusante, il évalue la performance des chroniqueurs et de leurs médias, par rapport aux titres publiés par sa maison au cours de la dernière saison littéraire.Il m'accorde 6,2 sur 10 : « La note de passage, tout juste.Pourtant, avec votre grand potentiel, vous pourriez faire mieux.Et on m'a dit que vous aviez quelques lecteurs.» Bon, bon, je ne conteste pas.Et puisqu'il faut sans doute renvoyer l'ascenseur, disons que je donne gentiment la note 6,25 a la production de Pierre Tisscyrc l'an dernier.voir PETIT MONDE en page K 2 K2 LA PRESSE, MONTREAL, SAMEDI 24 SEPTEMBRE 1988 RENTREE Une rentrée romanesque plus folle que jamais en France SUITE DE LA PACE K1 Goncourt en personne, Hervé Bazin, qui vient de publier Le Démon de minuit (Grasset), un roman presque autobiographique sur un homme de plus de 70 ans qui refait sa vie avec une jeune femme (Bazin proclame, lui, ses 77 ans, précisant qu'il a été de nouveau père il y a deux ans).Réunis autour du « président » et de la table « Goncourt ».quatre des poids-lourds de la rentrée, donc « goncourables ».l'ivot les forçant sadiquement à donner leur avis explicite sur le dernier Bazin.Les quatre candidats s'exé-cutant pour la plupart avec une complaisance aussi adroite que ridicule.Ces ronds-de-jambe obligatoires mis à part, les livres restent ce qu'ils sont.Il y a celui d'Orsenna, déjà mentionné.Il y a Un été dans l'ouest (Gallimard), du journaliste-cinéaste-écrivain-yuppic Philippe Labro.Un cas presque étonnant.À la télévision.Labro avait tous les tics du journaliste « moderne ».Les longs métrages qu'il a faits \u2014 sur le monde politico-journalistique parisien \u2014 sont plutôt des téléfilms sans surprise et bourrés de clichés.Or Labro avait déjà étonné il y a deux ans avec le récit de son initiation aux États-Unis, intitulé L'Étudiant étranger.Cette année on a la suite, tout aussi limpide et réussie.Le style est parfaitement classique, dépouillé, sans boursouflures.Avec ici et là des naïvetés \u2014 ou simplement de la fraîcheur.C'est un roman d'apprentissage qui fait penser à Jack London et qui se lit d'un trait.Sur Baudelaire et Pouchkine Les deux autres compères de cette émission sont aux antipodes : Bernard-Henri Lévy, le vir- LÉS BEST-SELLERS \tFiction et biographies\t\t\t 1\tLe boucher\tAlina Reyes\tSeuil\t(10) 2\tSur la route de Gandolfo\tR.Ludlum\tLaffont\t(4) 3\tReplay\tKen Grimwood\tSeuil\t(13) 4\tLe langage perdu des grues\tLeavitt\tDenoël\t(4) 5\tVamp\tChristian Mistal\tQuébec / Amérique\t(3) 6\tL'épopée du buveur d'eau\tJohn Irving\tSeuil\t(13) 7\tDestinées\tS.Beaman\tLaffont\t(4) 8\tAnne D'Alvonlea\tL.M.Montgomery\tQuebec / Amérique\td) 9\tFélix Leclerc\tJacques Bertin\tBoréal-Compact\t(4) 10\tLes corbeaux et les renards\tF.Dorin\tFlammarion\t(13) \tOuvrages généraux\t\t\t 1\tLe défi alimentaire de lafemme L.Lambert-Lagacé\t\tL'Homme\t(19) 2\tDictionnaire du français plus\tEn collaboration\tC.E.C.\t(4) 3\tPetit Larousse illustré 1969\tEn collaboration\tLarousse\t(6) 4\tCes femmes qui aiment trop\tR.Norwood\tStankè\td) 5\tGuide des bons restaurants\tFrançois Kayler\tGuèrin\t(17) Les listes nous sont fournies par les librairies suivantes: Alire (Place Longueuil).Bertrand, Les Bouquinistes, Boyer (Valleyfield), Champigny, Demarc, Ducharme, Flammarion, Hermès.Lemèac.Lirelire, Le Parchemin, Martin (Joliette).Montrcaloisir, Raffin, Renaud-Bray.Sons et Lettres.\t\t\t\t tuose médiatique, et Patrick Bes-son, l'anar de droite, le « loner » ( le seul qui réussit presque à ne rien dire sur Bazin!).Les deux ont en commun d'avoir fait des « romans biographiques » : Les Derniers jours de Charles Baudelaire pour BHL, et La Mort de Pouchkine pour Bes-son.À Besson \u2014 dont je n'ai pas lu le livre, mais qui est un romancier de talent \u2014 on reproche d'avoir forcé la dose, de surcharger son style et l'intrigue.Il reste un auteur de poids de la rentrée.Pour BHL, c'est une autre affaire.C'est bien écrit, bien pensé, bien documenté, bien construit et c'est même intéressant.Mais Lévy, déjà avec Le Diable en tète, avait ce défaut mortel d'être ultra-rationnel, dépourvu de folie et de fantaisie.Ses talents intellectuels conviennent beaucoup à ce Baudelaire qui n'est pas tout à fait un roman.Mais justement : ce n'est pas vraiment un roman.(À noter, d'ailleurs, parmi les romans « ambitieux » le nombre de ceux qui s'inspirent de la biographie de tel grand homme, ou de l'histoire passée : comme s'il devenait évident qu'on ne peut plus écrire de roman \u2014 sauf comique, intimiste ou formaliste \u2014 qui se situe dans la France « banale » d'aujourd'hui.) Un absent de marque à cette émission : Michel Braudeau dont L'Objet perdu de l'amour (Seuil, 535 pages), est un autre favori pour les prix.C'est en quelque sorte la suite de Naissance d'une passion (prix Médicis 85), puisque le personnage, passé de vie a trépas, nous raconte ses déambulations \u2014 irrésistiblement loufoques \u2014 dans un royaume des morts étonamment familier.Après la page 336, le récit dérape quelque peu, mais c'est l'un des romans les plus originaux et sympathiques de l'automne.La bombe absolue Quant à la bombe absolue de cette rentrée, elle s'appelle La Sans Pareille, de Françoise Chandcrnagor.Le premier tome d'une fresque de la vie politique i fi m chez l'enfant Comment le reconnaître, i le prévenir et ie surmonter Le Stress chez l'enfant s'adresse aux parents et aux éducateurs qui veulent reconnaître les signes de stress chez l'enfant.Grâce à des exercices et à des technique?éprouvés, cet ouvrage aidera l'enfant, de la maternelle au secondaire V, à surmonter des situations débilitantes et à prévenir le stress.20o pages.0 de réduction :iu\\ ubonnc(c)s de La Presse sur tous nos livres.N° d'abonné N° 548 Priv Pn\\ régulier J'abonne IS.05S 15.15$ Aussi en vvntt'vtwz yitliv liitir/llwi'lir htlhtlllf/.Vous pouvez commander par telephone en utilisant votre carte VISA ou MASTERCARD.Vous pouvez recevoir ce livre en remplissant et en retournant ce coupon aux Nom Editions La Presse, Ltée 44, Saint-Antoine Ouest Montréal (Québec) H2Y 1J5 Adresse Ville_ Province.Tél.(.Code postal_ ?Chèque ?VISA ?Mandat ?MASTERCARD N°_ Date d'expiration _ l'rière de noter que les échanges et les remboursements ne sont pas acceptés.-).Prix du livre .+ frais de manutention Montant total ci-joint 1,50$ 548 française des années 60 à 1980, l'ensemble totalisant les 2 000 pages.De façon tout à fait incompréhensible, Pivot avait fait de Chandcrnagor la grande vedette de sa première émission de la saison.Comme si le livre était l'événement de la rentrée.Mme Chan-dernagor avait battu tous les records de vente il y a sept ans avec une biographie romancée (déjà) de Mme de Maintenon, L'Allée du roi.Et aujourd'hui, sa fresque (écrite au complet) constitue le plus gros paquet de feuillets imprimés jetés en même temps sur ie marché depuis le Flaubert de Sartre.Cela veut-il dire que ça vaille le déplacement ?La Sans Pareille (!) fut découpée à la tronçonneuse dans L'Express, puis passée à la moulinette dans Libération.Ce qui n'empêche que, bien entendu, le livre bat tous les records de vente depuis la fin août : un vrai glissement de terrain.Or cette oeuvre ne fait que cumuler les défauts de tous les genres.Ça se veut une saga, genre conventionnel et commercial, mais honnête.Or, contrairement à la Bicyclette bleue de Régine Defor-ges, qui au moins évoquait une période agitée (la guerre), ou à De la part de la Princesse morte, cette Sans pareille essaie de nous faire passer pour romantique une héroïne qui est plutôt une peu crédible arriviste parisienne, et pour des aventures les invraisem-blalbles cabrioles sexuelles et autres vices dantesques de la classe politique française.Par-dessus le marché, la « romancière » ne peut pas s'empêcher de faire dans ia prétention historique et de nous accabler de réflexions abyssales sur une héroïne inexistante et des événements sans intérêt.On peut difficilement faire plus laborieux et mauvais dans le rac-colage : ce qui ferait un excellent script pour une série moyenne du mercredi soir à la télévision est donc parti pour faire le livre de l'année.P.S.Pour ceux qui manqueraient de lectures malgré tout, signalons les traductions de Tom Wolfe, de John Irving, de Frut-tero et Lucentini, qui font des ravages en librairie.Plus le livre-entretien de Claude Lévi-Strauss, De près et de loin.Et, pour les insomniaques incurables, la marée déferlante des livres sur la Révolution française.PETIT MONDE Le petit monde du livre québécois reprend son train-train quotidien SUITE DE LA PACE K1 Pour celle qui viendra.on verra.Sachons au moins que Robert Soulières a pris le tour d'attirer l'attention des chroniqueurs sur les ouvrages qu'il produit.Pour annoncer la parution dans la collection *« Conquêtes » de Châteaux de sable, de Cécile Gagnon, il m'envoie un vrai petit château de vrai sable.L'écrivain mondain Aujourd'hui la librairie Hermès reçoit Christian Mistral, l'auteur d'un étonnant roman, Vamp, paru avant l'été chez Québec/Amérique.Comme Dieu, Louis-Martin Tard est partout.Il s'occupe du sort, assez heureux ma foi, de son roman-saga // y aura toujours des printemps en Amérique.Libre Expression, qui nous dit où Tard va, ferait plus vite en disant où il ne va pas.On a lancé lundi De l'Annonciation à Montréal, histoire de la folie dans la communauté, 1962-1987, du professeur de travail social à l'UQAM Henri Dorvil.Le cinéaste Claude Fournier a lancé cette semaine son premier roman, les Tisserands du pouvoir, qui parait dans la collection « Deux Continents » de Québec/Amérique.Lancement mardi dernier à la librairie Hermès de l'Anarcho-ca-pitalisme, un « Que sais-je?» (PUF) de l'économiste (très) libéral Pierre Lemieux.Prix, expos, etc.Le prix Molson de l'Académie canadienne-française sera décerné le 4 octobre à un des finalistes suivants : Noël Audet pour l'Ombre de I'épervier, Francine d'Amour pour les Dimanches sont mortels, Anne Hébert pour le Premier Jardin , Michèle Mailhot pour Béatrice vue d'en bas ou Paul Zumthor pour la Fête des fous.Les jurés ont reçu 56 oeuvres romanesques.Le roman de Francine Noël que La Presse publie en feuilleton ces temps-ci, Myriam première (VLB éditeur), est maintenant disponible à La Magnétothèque.Dites-le à vos amis handicapés visuels.Robert Tanguay, qui a reçu en 1983 le trophée annuel de l'Association des maîtres imprimeurs de Montréal, exposera à la librairie François Côté, à compter du 21 septembre, 22 reliures contemporaines et objets-livres.Des oeuvres d'auteurs aussi divers que' Sade et Denis Vanier, Nietzsche et Claude Péloquin, Francis Car-co et Emmanuel Cocke.Le slogan du Salon du livre de Montréal cette année : « Le délire de lire ».Martine Primeau, bien connue dans les milieux de l'édition, est la nouvelle relationniste duSLM.Le quatrième Festival national de poésie aura lieu à Trois-Riviè-res du 3 au 9 octobre.Le Grand Prix de poésie de la Fondation des Forges 1988 a été décerné à Pierre Morency.À la Maison de la culture, Notre-Dame-de-Grâce, du 28 septembre au 23 octobre, exposition de livres commémorant-le 150e anniversaire de l'abolition de l'esclavage dans l'Empire britannique.Robert Laffont, oui a confié à Pauline Normand les intérêts de sa maison à Montréal, recherche, sérieusement m'assure-t-elle, des manuscrits d'auteurs québécois.La Corporation des bibliotécai-res professionnels du Québec, qui célébrera l'an prochain son 20-anniversaire, a élu à sa présidence un chef de division du Centre de ressources documentaires de Radio-Québec, Michel Boisvert.Font également partie du conseil d'administration : Richard Boi-vin, Jolian Nadeau, Louise Car-pen tier et Lucien Lé vos que.L'auteur-compositeur-interprète Lise Dolbec a écrit Berceuse pour mon fils (éd.Ganesha, diffusion Raffin), l'histoire de jody, emporté par la fibrose kystique.Elle y réclame une plus grande humanité des soins en milieu hospitalier.Juliette Pomerleau est le titre probable, en tout cas celui qu'Yves Beauchemin annonce, du roman qu'il revise actuelle-, ment et qui paraîtra cette saison chez Québec/Amérique.Parmi les deux douzaines de titres pour lequels le Conseil des arts du Canada a versé le printemps dernier des subventions, dans le cadre du programme de traduction en langues étrangères, trois seulement sont d'auteurs de langue française, les Fous de Bas-san, d'Anne Hébert et deux livres pour enfants de Raymond Plante.C'est avec beaucoup de fierté que Les Editions Libre Expression présentent Le cristal et la chimère qui recèle les derniers écrits de Fernand Seguin.Curieux de toutes les formes d'expression de l'intelligence humaine, Fernand Seguin a modelé sa carrière selon sa passion, celle de connaître, et l'humaniste est devenu initiateur.Dans Le cristal et la chimère la science est l'objet qui lui permet d'atteindre l'esprit humain.Ainsi fait-il s'asseoir Ionesco et Valéry aux côtés de Br jee Ames et de Robert Gallo.Au fil de ses pensées Freud et Haendel se côtoient et ils croisent Jacques Ferron.Au Chercheur inconnu il propose un vers d'Aragon.Quand Fernand Seguin parle de la nature, de tabagisme ou encore de la valeur des statistiques, il parle aussi de tolérance et de beauté.Je vous invite à lire Fernand Seguin et à partager sa quête: «confondre le cristal et la chimère à la recherche toujours recommencée de l'inaccessible.Carole Levert Editeur Disponible dès maintenant chez votre libraire. LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 24 SEPTEMBRE 1988 K3 LITTÉRATURE Les essais Une initiation aux mythes américains «Un été dans l'Ouest» de Philippe Labro JACQUES FOLCH-RIBAS collaboration spéciale i peu nombreux les écrivains français capables de parler d'Amérique! Que voulez-vous, les Français n'ont jamais eu le sens épique et chacun sait bien que, courant vers l'Eldorado pour quelque raison de mode, l'explorateur le plus sor-bonnard en rapportera l'adresse du seul steak-frites des Andes \u2014 tenu par unancien de Béconles-liruycres.On appréciera d'autant plus quelqu'un comme Philippe Labro, romancier d'une rare catégorie : il a compris quelque chose aux États-Unis.Dieu, que c'est agréable! Déjà, son précédent roman, l'Étudiant étranger, m'avait accroché.Peut-être en ai-je assez de me faire raconter les USA, les campus américains, les étudiants décontractés et terriblement naïfs, les professeurs de Nouvelle-Angleterre un peu crackpot, la phychanalyse, le sexe-food, bref : tout cela.par des romanciers américains comme Irving ou Styron.Ce qui est fort intéressant, certes, mais manque d'un certain recul.Alors, l'Étudiant étranger, c'était l'Amérique (un morceau) vue par un Frenchie.Excellent.Cette fois, le Frenchie est un étudiant, aussi, et il s'en va vers l'Ouest, pour un job d'été.et parce qu'il est fasciné par les Rocheuses.Nous voilà partis.Je vous préviens, c'est un roman superbe (que je crois) parce qu'il est d'Amérique profonde, par un Français qui aime le sujet dont il a décidé de parler pour \u2014 pas contre, oh, bonheur! Alors, ça vibre dans tous les sens, on va, on va, on aime, on court.Il n'y a dans notre lecture aucune réticence, aucun de ces lieux communs de Bécon-les-Bruyères ni du sixième arrondissement de Paris.Je suis content-content, d'ouvrir la saison romanesque \u2014 comme ils disent \u2014 par cette chose fraîche qui, une fois refermée, nous laisse plus Américain que nous l'étions.Mais Français.* * * Une amie me dit : c'est un livre de gars, c'est un livre d'hommes.D'accord, il en faut aussi parfois afin de contrebalancer la mièvrerie de l'histoire d'amour à la française, dont on se lasse parfois.Donc, un livre de gars.Autocars Greyhound.Stop le long des routes du Kansas.Rencontre de deux affreux, sortis probablement de prison.On leur échappe, par grande chance, ils ont failli nous faire la Deau.L'un d'entre eux AU PLAISIR DE LIRE porte sur l'avant-bras un tatouage mystérieux : la grosse guêpe noire au ventre vert et aux ailes ouvertes et mordorées.« On te retrouvera! » disent-ils.Ainsi, l'ambiance est donnée.Autocars, encore.Cette fois, une fille qui se nomme Amy.mais tout le monde la connaît comme la fille Clarke.Elle voyage accompagnée d'une guitare.Elle a des façons de faire l'amour assez particulières.Elle a une passion, aussi, pour un individu nommé Mormingside, très connu dans l'Ouest, auteur de chansons et en particulier de La Loi de la route.La fille Clarke est folle de lui, elle lui court après sur les routes de l'Ouest, elle est sûre de le rencontrer un jour, bref : Mormingside, c'est le mythe nomade américain.Kerouac pas loin.On avance.Go west, man.Ensuite, c'est le job d'été.En plein bois.Il s'agit de nettoyer la forêt nationale du coin, l'une des plus belles, que d'affreux insectes ont envahie.Insecticide écoeurant, travail de fou, rien que des hommes, le mythe de la nature souveraine, celui de la virilité, et là-dedans deux ou trois personnages mystérieux, l'homosexuel rentré et le bandit probable, qui dort avec un pistolet gros comme ça, se méfie de tous (sauf du petit Frenchie, bien sûr) et lui confie deux ou trois secrets.Bref, nous sommes dans le rêve américain le plus élaboré, mais pourtant il sonne vrai, par cette grâce de Philippe Labro qui le fait écrire sans exotisme \u2014 comme pourrait le faire un vieux routier de l'Ouest.On imagine cet étudiant, rentré en France, allant chercher du travail dans un grand journal parisien! Le décalage est énorme.Toute la différence entre le vieux et le jeune, le froid et le chaud, le triste et le gai, le cuit et le cru.Ce jeune homme a été initié, ce roman est l'histoire d'une initiation \u2014 elle va jusqu'au vêtement, qui a son importance rituelle \u2014 et d'un apprentissage de la vie, qu'on a envie d'appeler la vraie vie, celle où il y a de l'espace.Un espace à l'américaine.Philippe Labro, UN ÉTÉ DANS L'OUEST, roman, 298 pages, collection blanche, Gallimard, Paris, 1988.Les romanciers pensent-ils ?Des essais littéraires de Mary McCarthy JEAN BASILE collaboration spéciale a r y McCarthy n'est peut-être pas l'auteure américaine la plus connue mais elle a fait son nom dans les lettres, par le mariage d'abord, puisqu'elle fut la femme d'Ed-mund Wilson, le célèbre critique du New Yorker et l'un des derniers grands esprits cosmopolites, hélas mort.Après un divorce, elle a continué brillamment sa carrière de romancière, puis de critique et d'essayiste.C'est un talent entier et exigeant jusqu'à la virulence.Pour elle, la littérature est une chose sérieuse et ce que disent les grands écrivains est important.On vient de publier en français des textes divers sous le titre général de Le Roman et les idées.Elle y cite, tout naturellement, la phrase célèbre que Hegel prononça à Iéna : « Napoléon, c'est une idée a cheval ».Comme Hegel était philosophe de profession, il courut aussitôt cacher ses biens menacés par les soudards français : c'était des chapitres de sa Phénoménolo-giel Pour comprendre et aimer Mary McCarthy, il faut admettre immédiatement que le roman, et justement le roman, est un genre international, qui a été fécondé d'est en ouest par des abeilles butineuses que l'on ne connaît pas et qui viennent de partout.D'ailleurs, malgré une production romanesque abondante et continue, ce que l'on pourrait appeler les « grands romanciers » sont rares et ce sont toujours les mêmes : Dickens, Balzac, Eliot, James, Stendhal, etc.On a lu tout cela à l'école.Mary McCarthy, elle, les lit tout le temps et en parle en leur disant tu, car elle sait voir de l'intérieur de quoi il en retourne.Elle a l'expérience.Ainsi, parmi les attributs dont Mary McCarthy affuble Tolstoï, il est « trop pessimiste », ce qui n'est rien en soi, sauf que Mary McCarthy ajoute aussitôt qu'elle le trouve aussi m trop perspicace ».Quel aveu! Quelle erreur! Elle parle beaucoup des romanciers russes.Cela est normal.Elle fait partie de la génération américaine qui s'est passionnée pour la révolution d'octobre (avec Edmund Wilson).Elle est de ceux qui défendirent ardamment l'oeuvre de Paster-nack et de Soljénitsyne.Elle déteste Nabokov qu'elle trouve « malveillant ».Un des aspects intéressants de ce livre, et en général du travail de Mary McCarthy, c'est que le cosmopolitisme qu'elle incarne d'une certaine façon est aussi vécu comme un exil.De fait, elle partage sa vie entre le Maine, la France et l'Angleterre.On a tendance, ici, à considérer les Américains comme les maîtres du monde.En fait, les romanciers américains, de la classe de Mary McCarthy, n'ont jamais cru que l'Amérique donnait tout.En littérature la puissance économique n'est pas omnipotente, même si elle n'est pas sans importance.Alors, elle distingue entre « exilé » et « expatrié ».L'un est la victime politique d'un système qui le rejette.L'autre, pour employer les termes de Mary McCarthy, «a pour principe objectif de ne jamais rentrer dans sa patrie ou, à défaut, le plus tard possible ».Il va sans dire qu'elle ne peut pas s'empêcher de commenter : « L'exilé peut appartenir à n'importe quelle nation ; l'expatrié, lui, est la plupart du temps britannique ou américain ».Ce qui vaut pour les Américains vaut aussi pour les artistes canadiens mécontents de la terre américaine.Pour être juste, il faut aussi dire que les Français se sont expatriés aux États-Unis, comme Marguerite Yourcenar, sur une île il est vrai.« L'écriture expatriée, dit encore Mary McCarthy, est un pot-pourri d'avant-garde et de décadentisme » .« et elle a presque entièrement disparu».Que ne vit-elle ici! Curieusement, Mary McCarthy fit partie des Américains qui étaient contre la participation de ses concitoyens à la Deuxième Guerre mondiale.N'avons-nous pas eu aussi, et pour des raisons qui ne sont pas si différentes, la crise de la conscription ?Certains intellectuels canadiens-français (à cause de Lafayette) restent très proches d'une intellectuelle américaine comme Mary McCarthy.Tout cela, avec beaucoup d'humour aussi et une érudition en profondeur et scintillante, Mary McCarthy le trouve dans le roman et c'est pourquoi le roman a des idées.Au fond, ces idées sont surtout bien à elle.C'est un livre fait de petits bouts, un livre un peu démodé aussi parce que l'on n'ose plus beaucoup parler de ces Américains qui ont offert à l'Europe leur ardeur et leur talent, leur esprit d'aventure et leurs expériences, comme elle le fait en parlant de tout le monde avec une langue qui s'adresse à n'importe qui.On préfère croire que les Américains n'ont donné au monde que des hot dogs.Mais de quelle Amérique parle-t-on ?En poche Signalons rapidement la parution en livre de poche de Technique de la non-violence de Lanza Del Vasto ( I97I ) : un recueil de textes où le créateur de l'Arche expose ses idées.Lanza Del Vasto, qui a beaucoup pris à Gandhi, a inspiré des intellectuels canadiens-français, surtout dans les années cinquante-soixante.On voyait dans la non-violence une façon de débarrasser le Québec des Canadiens-anglais, tout comme Gandhi avait sapé l'autorité britannique aux Indes.Deux mots sur La Pensée chinoise de Marcel Granet, publié en 1934.Ce livre a été une bible pour tout ceux qui s'intéressent à cette civilisation et, osons dire le mot, cette sagesse.Pas un mot, pas une idée de base n'a vieilli.Si ce n'est une typographie à s'arracher la vue et la vie.LA ROMAN ET LES IDÉES, par Mary McCarthy, essais.280 pages, editions Fayard.TECHNIOUE DE LA NON-VIOLENCE, par Lanza Del Vasto, essais, 280 page, collection Folio-essai, editions Gallimard.LA PENSÉE CHINOISE, par Marcel Cranet.essai, collection L'évolution de l'humanité, éditions Albin Michel.« Les anges » de M.Marcel codln : te reportage, ça va, mais ie roman ?REGINALD MARTEL Les faits divers sont plus que cela : ce sont souvent des faits de société.Une certaine presse leur fait la part très large, croyant, peut-être à raison, que le grand public anonyme aime vivre par procuration le sordide souvent, viols, tortures et assassinats, et le sublime rarement, histoires d'amour d'où la tragédie n'est pas toujours absente.En racontant l'histoire assez récente des procès des Anges de Laval, accusés d'assassinats en série, AGIR C'EST GAGNER SUBIR C'EST ÊTRE VAINCU CONTRÔLE ET MAÎTRISE DE SOi ET DE SAViE Un cours de 10 semaines axé sur la \u2022 decision, taction et la logique, agréa-I blement complété d'une initiation à la , MUSICOTHERAPIE.¦ Les sujets présentés: 1.Est-ce si difficile de changer?2.L'équilibre et le |uste milieu.3.Sortir de ses limites et apprivoiser la peur.4.La logique et le discernement.5.Comment vivre ses émotions 6.En harmonie avec soi-même et les autres.7.L'amour: un |ou qui se gagne ou so perd à deux.8.Attitudes face aux enfants et aux adolescents.9.L autonomie., 10.Le bonheur: «Quelque chose dont il faut rêver, puis il faut agir et faire en sorte qu'il devienne une réalité.» I Claudette Leblanc ¦ animatrice Les cours débuteront la Semaine du 10 octobre 88 I \u2022 Information.\\ 649-5033, 464-1814, 647-4584 / \\ Pour Montreal, Saint-Hubert, Saint-Jean j M.Marcel Godin s'est rappelé certainement les jours anciens où lui-même était reporter aux faits divers.Le journaliste en lui s'est réveillé, et on m'assure qu'il a suivi ce procès en personne, soucieux d'obtenir une documentation de première qualité.Entre roman et reportage, l'auteur a hélas! perdu pied.Le résultat est franchement désolant.Dans l'abondante matière qui lui était donnée, il n'a pas su choisir les éléments essentiels, pour inventer ensuite son oeuvre de fiction.Au contraire, il a tout pris.Des motards, leurs compagnes, des avocats, des policiers, un journaliste, un juge, une logeuse et j'en oublie sans cloute, falots pour la plupart, même le personnage central, Paul le Pape Veillette, délateur qui palliera dans une certaine mesure l'impuissance policière.LE BUCHER DES VANITES un roman «national-réaliste» par 10 M WOLFE, le BALZAC de NEW-YORK ¦ T0M WOLFE Le bûcher des vanités -sss \u2022 ' - En vente partout ËDIPRESSE Inc.273-6141 1 qualrte Comprendre le monde Par son sujet même, le livre est dur.On assiste à des scènes d'une violence absurde, par exemple celle où un motard, pour obtenir ses « ailes mauves » et le statut qu'elles confèrent, tue et viole ensuite une infirmière choisie au hasard dans la rue.Les amateurs de sordide en auront peut-être pour leur argent, tandis que ceux qui attendent d'un écrivain une certaine façon de comprendre et d'interpréter le monde qu'il décrit seront déçus de se contenter de l'horreur itérative qui constitue l'essentiel du livre.Pourtant M.Godin, à l'occasion mais trop rarement, nous rappelle qu'il n'est pas qu'un appareil-photo, mais, aussi une conscience.La faune qui peuple son livre a parfois des sentiments, rudi-mentaires si on veut, qu'il consent à signaler.le ne demande pas à l'écrivain de faire de la sociologie ou de la psychologie à tout prix, encore moins de la morale.J'aimerais seulement qu'il laisse fonctionner son imagination, par exemple en inventant un passé à ses protagonistes, au lieu de se laisser contraindre par les faits, et qu'il retrouve ainsi les qualités d'écriture qu'il a déjà si brillamment manifestées dans Ce maudit soleil.En écrivant les Anges, M.Godin a butiné ici et là, recueillant ce qui lui paraissait excessif, sans tenter de donner à tout cela une certaine cohérence, même dans l'absurde.Comme document, son livre vaut ce que valent les informations qu'il contient.Comme roman, c'est une oeuvre pauvre, fort peu pensée et écrite.Parmi cette vaste accumulation de scènes d'horreur qui est sans progression dramatique réelle, faute d'organisation des matériaux, je retiendrai seulement les quelques jolies descriptions de la nature auxquelles M.Godin excelle.Marcel Godin, LES ANCES, roman, 240 pages.Éditions Robert Laffont, Paris, 1988.ECKANKAw .\u2014 VOYAGE de L'AME / L'Esprit a suscité autant de routes pour aller vers Lui qu 'il y a de constellations illuminant le ciel nocturne.Chaque voie a autant de valeur qu'une autre, car le Courant de Vie Audible donne à l'Âme son amour profond et impartial sans faire aucune distinction.Harold KJemp, The Book of ECK Wisdom Consultez, les principaux centresde votre région pourconnaftrcl'horairedes séances d'information sur les enseignements d'ECKANK AR \u2014 L'Ancienne Science du Voyage de L'Âme Laval Longueull Montréal Polnt«-Au»>Tre)mbl«» 215 Bl.des laurantldes * 1098 O., Cure-Poirier * 951, boul.St-Joseph esl * 51 A.8 lame Avenue TeL (514) 689-0358 Tel: (514) 674-«773 Tél.; (514) 848-9836 T*t: (514) 845-2500 r'EST LtM»E° enrésentesept iutobiostapme.« el P'»sie\",' dcs ,Lvcz en cadeau romaaaeGaWcJeRoy Mecuaaboarme\u201eU=ae«ans, ù Cercle du uto U\u201e livre de 190 pages LETTRES QUÉBÉCOISES C.P.1840, Suce.B, Montréal H3B 3L4.Tél.: 525-9518 Nom.¦ l ! I I I Adresse.I i Ville.Code postal.Je m'abonne pour un an ?pour 2 ans ?J'inclus mon chèque au montant do 12$ ?de 24$ ?Allouer detiK i quatre semaines pour l'envol dee livres cadeaui.Canada 12$ USA 12$ (USc) Europe 18$ K4 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 24 SEPTEMBRE 1988 DISQUES ftflelissa Etherïdge Sur disque, elle a la même voix envoûtante qu'au Saint-Denis ALAIN BRUNET collaboration spéciale Cette jeune femme de 27 ans esl simplement formidable.Quelques jours plus lot, elle a totalement magnétisé le publie du Théâtre Sl-Denis, venu assister au show de Bruce llornsby: vivement son retour à Montréal! Sur disque, le produit est un peu moins éloquent, mais combien défendable.Une voix foncièrement américaine, avec l'accent du mid-west (elle est originaire du Kansas), leraillement et la puissance des grandes rockeuses, de |anis à Stevie Nicks.Énormément de projection vocale, une passion à fendre toutes les aines.Hlle donne dans le folk rock, un tantinet dans le country, guitare acoustique à l'appui.Parfois, ça devient nettement plus baraqué, les beats et les riffs se rapprochent davantage vers le rock, litheridge peut même vous servir un prodigieux chant à capella tout en tapotant sur la caisse de sa guitare, c'est vous dire que ses potentialités vocales sont énormes.Pourtant, sa musique n'est pas complexe, une musique à quelques accords, des modulations simples, mais un sens mélodique absolument electrisant.Etheridgc n'est pas une grande parolière: elle aborde les choses directement, elle pige dans ses expériences quotidiennes et ses états d'âme les plus simples pour en faire une poésie franche et honnête.Un phénomène à surveiller de près.Melissa Ethridge THE RIGHT STUFF island ISI1143 + cassette + disque Hothouse Flowers Une autre découverte celtique ¦ On n'en vit pas des masses, des groupes projeter tant de solidité.Protégé de U2, chéri par Bono, ce groupe irlandais est vraiment très fort, il s'agit en fait de la meilleure découverte celtique depuis Si-néad O'Connors.Imbibée de rythm'n'blues, cette formation projette un folk rock des plus solides, très chargé en émotions.Le phrasé de Liam O Maonlai est simplement irrésistible, un peu braillard, juste assez élastique et désinvolte pour s'imbriquer dans de très beaux motifs de guitare acoustique et de synthétiseurs, bien assez puissant et guttural pourgarantir le très haut niveau de cette musique pop.Une dénommée Claudia Fontaine agit brillamment en back ground complétant les voix, certainement la marque de commerce de ce groupe.Les vents ne donnent pas leur place, dominés par un fort bon joueur de sax alto: Leo liâmes se voit parfois appuyé par quelques collègues souffleurs.Rien n'est lourd chez Hothouse I lowers.à l'exception de la sensualité.Subtil mélange de technologies numériques, analogiques et de bons vieux instruments acoustiques, ce son est superbement meublé, sans toutefois représen- ter quoi que ce soit de révolutionnaire.L'originalité du groupe réside dans le mélange du folk rock et du R & B, une combinaison tout de même peu commune.La force des mélodies ne fait aucun doute, vraiment ce groupe est super.Hothouse Flowers, PEOPLE, London 828-101-1 + cassette + disque compact Colin James Le vrai rock des plaines ¦ Fugueur adolescent from Saskatoon, musicien de club avant l'âge adulte.Colin lames n'a pas encore atteint le milieu de ia vingtaine qu'il est déjà l'un des meilleurs brasseurs de rock'n'roll au Canada.Dans le genre Blasters, Stevie Ray Vaughn, Fabulous Thunderbird, James est notre plus sérieux prétendant.|e l'ai vu l'été dernier au Festival d'été de Québec et je puis vous dire qu'il possède toutes les qualités nécessaires pour être le porte- étendard privilégié de notre (enfin.) rock des plaines.Vraisemblablement.Colin James a l'étoffe d'un guitar héro: grande dextérité, mobilité sur scène, voix tout à fait défendable bien qu'un peu nasillarde, sens du spectacle et tout et tout.Plus que ça, on peut même affirmer qu'il est l'une des meilleures découvertes rockeuses sur le circuit nord-américain.Il a tout un band, à la hauteur de son talent : grosse section rythmique, batteur très costaud, nappes d'orgue Hammond comme dans le bon vieux rock, excellent joueur de saxo ténor, dans la lignée des vieux criards tels Arnett Cobb, Willys Jackson ou Illinois Jacquet.Les textes de Colin James sont aussi pubères que sa gueule imberbe, rien d'autre que le prétexte au party.Toutefois, n'allez pas chercher l'innovation sonore: on a affaire à la livraison d'un rock orthodoxe, descendant direct du blues et des mutations opérées par le génie Hcndrix.Son disque n'est pas la manifestation d'une production gadgetiséc ou hyper-arrangée; il s'agit d'un très bon disque de rock'n'roll, ni plus ni moins.Colin James.COLIN JAMES Virgin VL îoaa + cassette + disque compact RENO Ginette Reno et Patrick Norman SUITE DE LA PAGE K1 ligne, conformément à ce qu'il continue d'être sur son nouveau microsillon au titre révélateur de son seul message, Soyons heureux.On retiendra surtout la musique qui nous berce dans un beau rêve d'amour, triste, nostalgique, « normantique ».Mais pleurons quand même le passé, l'ai oublié de vivre chan- te d'abord Norman, lexte bizarre qui dit: « À force de forcer ma force.» et parle de « violent admirable ».Heureusement qu'on ne s'arrête à ces détails, car on ne retient rien, sinon le rythme.Pleurons surtout le bonheur du passé, l'erreur d'avoir quitté un amour.Ft c'est la réunion du tandem qui a fait le succès de Norman comme compositeur et du policier Robert Laurin en coauteur.Ballade country.Un appel triste à l'aimée, l'ai besoin de toi.Pour rester dans le passé.Imagination parle de souvenirs, sur une musique plus pop.Il est question de jeunesse, de l'époque du grand rêve amoureux sur un rythme plus synthétique, pas tout à fait dans le style du chanteur, qu'on retrouve avec plus de coeur dans une autre chanson de Deraiche, une ballade, agréable à fredonner: Perce les nuages.Ça a un peu plus de profondeur.Mais il y a toujours ce petit côté superficiel qui plait bien malgré (ont et voilà qu'on valse avec La plus belle chanson, western violonisé, sérénade « pour rattraper l'amour perdu ».La deuxième face commence avec l'optimisme de la chanson-titre Soyons heureux.Toujours le même propos, les mêmes mots qui reviennent: rêve, amour, espoir.Hymne au bonheur qui résume assez bien l'esprit positif de l'auteur-composi-teur-interprète, qui se fait prophète de jours meilleurs.Il poursuit d'ailleurs dans la ballade Le temps, celui des vingt ans, des amants, des cheveux blancs, des enfants et encore de l'amour, /e t'aimerai toujours, lève Norman par la suite sur un rythme plus rock et sur accompagnement de synthétiseur.Suit un air country.Nostalgie, encore, du souvenir de l'amour.Il convient donc pour finir qu'encore, il redise /e t'aime, sur des paroles de Deraiche et une musique de Norman, parler toujours d'amour passé et clore ce petit air country avec ces mots de la fin « C'était comme dans un conte de fée ».C'est ce que vit Patrick Norman depuis deux ans.Choeur en écho, guitares, un brin de violonade, rien de subliminal, de profond, de recherché.Ceux qui ont aimé aime- ront encore Patrick Norman et les autres continueront de l'ignorer.Tout le monde ne peut pas aimer Ginette Reno et/ou Patrick Norman, mais ils ont ce qu'il faut pour que leurs admirateurs ne soient pas déçus avec ces nouveaux albums pleins de tendres amours défunts.Cinette Reno NE M'EN VEUX PAS Production Melon-Miel disque cassette et disque compact Patrick Norman.SOYONS HEUREUX, Disques Star disque cassette et disque compact VIDEOS Manuel Gutierrez Aragon explore l'âme féminine espagnole LUC PERREAULT ise a part l'oeuvre de Bunuel ou de Carlos Saura, on connaît mal le cinéma espagnol.Le réalisateur Manuel Gutierrez Aragon est pourtant l'un de ceux qui contribuent depuis quelques années avec Victor Frice, Jaime de Armi-nan cl quelques autres à revitaliser cette cinematographic.Comme le signale Jean Tulard dans son Dictionnaire du cinema, Gutierrez Aragon est « un réalisateur important qu'il faudra bien découvrir ».L'occasion nous en est offerte sur video grâce à une oeuvre attachante de ce réalisateur qui, à ma connaissance, n'a jamais été projetée en salle commerciale au Quebec.Half of Heaven ( en français, L'Autre moitié du ciel ) décrit la trajectoire déroutante de Rosa, une fille de ferme qui s'amourache d'un aiguiseur de couteaux bigame et qui se rctrou- Month;! ,_,TN THE W CoUNTKf' ai.\u201e\u2022\u2022'*> :\u2022>:.'\u2022> :ns ¦ vera nourrice dans la maison d'un riche fonctionnaire de Madrid.Le film raconte la réussite de cette femme peu favorisée par le destin à la tête d'un restaurant réservé à l'élite.Mais c'est surtout un récit centré sur trois femmes : Rosa d'abord mais également sa grand-mère et sa fille.Ces deux dernières ont en commun, outre le prénom d'Olvido, un étrange don de clairvoyance.Dans un univers régi par les hommes, ces trois femmes exercent un pouvoir presque impalpable mais curieusement efficace.Au sain pragmatisme de Rosa s'oppose le côté irrationnel des deux Olvido.l'une plutôt mystique, l'autre inquiétante par ses dons précoces dont elle est portée à abuser.Le film joue très bien sur ce double registre, tantôt réaliste lorsqu'il s'agit de décrire l'univers de Rosa, tantôt carrément onirique et fantastique lorsqu'on saute dans l'univers mental des deux Olvido.Gutierrez Aragon fuit les clichés flamenco à la mode.Il cherche à pénétrer l'âme féminine espagnole.Son cinéma résolument moderne mérite d'être découvert.*** HALF OF HEAVEN Ivo s t angl de La Mitad del cielol de Manuel Gutierrez Aragon Espagne 1986 Int Angela Molina Margarita Lo;ano Fernando Fernan Cornez Couleur HiFi mono 2 h 07 Pacific Arts Video ( Norstar Home Video I A Month in the Country Le retour du soldat ¦ La fin de la Grande Guerre marque le retour au pays du soldat Tom Birkin ( Colin Firth ).Il se voit assigner la tache de restaurer une vieille fresque datant du Moyen Age.Dans ce village du Yorkshire anglais, on assiste à la naissance d'une amitié entre Birkin et un autre vétéran de la guerre, Charles Moon ( Kenneth Bra-nagh ) qui recherche de son cote les ossements de l'ancêtre d'un It A Film By MANUEL GUTIERREZ ARAGON colonel de la région.Mais il y a également la femme du pasteur, Alice ( Natasha Richardson ), qui souffre en silence, délaissée par son mari.Il ne se passe rien au cours de ce 77)o;.s à la campagne.La grande scène d'amour attendue entre le soldai et l'épouse esseulée n'aura pas lieu.On aura seulement droit à des rencontres furtives, à des scenes muettes, à des silences éloquents.Dans la campagne anglaise de 1920, c'est ainsi qu'on devait étouffer dans l'oeuf les grandes passions.Par contre, la photo de Kenneth MacMillan est remarquable.Le regard se trouve sans cesse stimulé par ce film de Pat O'Connor.Réalisateur d'origine irlandaise, il a su mettre en valeur les vieux trésors anglais.Un autre film de qualité que les distributeurs n'ont pas voulu lancer en salle commerciale et qu'il faut découvrir sur cassette.*** A MONTH IN THE COUNTRY de Pat 0 Connor 1988 Int Colin Firth.Kenneth Branagh, Natasha Richardson, Patrick Malaht-de Couleur Hi-fi mono 1h36 Norstar Home Video Boire et déboires Rire et rire encore ¦ Un jeune cadre financier, Walter Davis ( Bruce Willis ), invite une inconnue ( Kim Basingcr) à l'accompagner lors d'un diner d'affaires offert par son patron.La grosse transaction avec le magnat japonais est presque dans le sac, ce n'est donc pas le moment de gaffer.Malheureusement, Nadia, la belle inconnue, après avoir ingurgité quelques verres, commet une série d'impairs qui vaudront son emploi à Walter.Mais les malheurs de ce dernier ne font que commencer.Car Nadia avait un petit ami qui va faire de Walter son nouveau souffre-douleur.Qu'il s'agisse de la série sur l'inspecteur Clouzot ou d'un film burlesque comme The Party, Blake Edwards a depuis longtemps prouvé qu'il pouvait exceller dans l'art difficile de la comédie.Blind Date emprunte quelques-unes de ses situations cocasses à ces anciens modèles.Même si Bruce Willis n'a pas la tête de l'emploi qu'un Peter Sellers avait, on est emporté par l'humour ravageur d'Edwards et par ces situations qui n'en finissent pas de faire rire.** BOIRE ET DEBOIRES I V f de Blind Date ) de Blake Edwards E-U 1987 Int Kim Ba-singer Bruce WOlis John Larroquette.William Daniels Couleur 1h36 RCAColumbia Pictures Home Video Nos cotes \u2022 Moche.Inutile de se déplacer au vidéoclub.* Potable.Emprunter la copie à la rigueur.** Intéressant.Mais pas sans défauts.*** Remarquable.Se laisse voir avec plaisir.Extraordinaire.A louer sans réserve.LE PALMARES 1.\tThe Last Emperor/\t \tLe Dernier Empereur\t(2) 2.\tWall Street vo/Vf\t(5) 3.\tFatal Attraction /\t \tLiaison fatale\t(D 4.\tMoonstruck/\t \tÉclair de lune\t(3) 5.\tL'Amour passe le mur du son /\t \tTop Gun\t(-) 6.\tPolice Academy V\t \tAcadémie de police V\t(6) 7.\tBest Seller vo/vf\t(9) 8.\tEmpire of the Sun\t(-) \tL'Empire du soleil\t 9.\tGood Morning Vietnam\t(4) 10.\tCrocodile Dundee\t \tvo/Vf\t(8) \u2022 Cette liste est établie avec la collaboration du Club international video film Le classement précèdent est indique entre parentheses LES NOUVEAUTÉS ACTION Dudes ANIMATION Care Bear's Family Album Clifford's Fun With Sounds Clifford's Fun With Opposites Mad Scientist The Phantom Treehouse Quand souffle le vent AVENTURE Mystery At Castle House 1990 : The Bronx Warriors Save the Lady COMEDIE Doctors and Nurses Frasier the Sensuous Lion Jimmy Reardon v( Johnny Be Good Withnaii and I The Wrong Guys DOCUMENT Boy Scout I 3 cassettes i DRAME Amazing Grace et Chuck Au revoir les enfants *** Beyond Obsession Brady's Escape The Dark Side Don't Mess With My Sister In the Shadow of the Wind Lena Les Lunettes d'or *\u2022* Noyade interdite \u2022** On the Killer's Track Professor vl Satisfaction vl Shoot the Sun Down *** Nos choix.à raffiche de votre club International vidéo hlm m kim«nfi>içiiif mu> »nii
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