La presse, 21 novembre 1987, Cahier spécial. Les Antilles françaises
[" s Publiscopie Montréal Samedi 21 novembre 1987 AMTTT T 2 Publiscopie la presse, Montréal, samedi 21 novembre 1987 A peine plus grande que l'île de Montréal, la Martinique offre une étonnante variété géographique, climatique et sociale.Un continent en miniature L la Martinique, paraît-il, est une île.Soixante-quatre kilomètres de long, jamais plus de vingt-deux de large: un peu plus de 1 000 km2.Un peu plus grande que l'île de Montréal : on pourrait en loger huit dans I île d Anticosti.Mais la Martinique ne peut être une île ord;na;re.Elle ne peut être qu*un continent que les eaux chaudes des tropiques ont fait rétrécir.En moins d une heure de voiture, vous passez d'une forêt tropicale à une végétation qui, au premier coup d'oeil, rappelle certaines campagnes québécoises.en plus dense! Quelques minutes encore et c'est la savane et ses plantations de canne à sucre.Le soleil peut vous rôtir ici, la pluie vous bombarder là et la brume vous envahir ailleurs, tout ça dans la même heure.Depuis la plage chaude et ensoleillée, quelques minutes de voiture vous font gagner mille mètres d'altitude et perdre jusqu'à dix degrés de température.Un puzzle humain Lin territoire si varié ne pouvait s'accommoder d'une société homogène.C'eût été le trahir.Les quelque 330000 habitants de la Martinique sont de toutes les races et, surtout, de tous leurs mélanges.Car aux maîtres blancs et à leurs esclaves noirs des premiers temps coloniaux se sont ajoutés des Indiens et des Asiatiques.Après des générations de mélanges raciaux, le résultat \u2014 d'ailleurs très heureux \u2014 fait davantage penser à un dégradé de couleurs qu'à une mosaïque.Variée, la Martinique l'est aussi dans l'occupation du territoire.Tous les pays le sont.Ici toutefois, les transitions se font forcément très vite: villes, banlieues, bidonvilles, territoires agricoles, «régions éloignées», parcs naturels et aires de loisirs, tout ça existe et doit cohabiter sur un mouchoir de poche.Encore une fois, une impression de continent rétréci.Fort-de-France, par exemple, avec ses 100000 habitants, en mène plus large qu'une ville de taille égale dans une province quelconque.Chef-lieu de la Martinique, elle est aussi la «ca- pitale de tout* sur cette île et, avec ses banlieues, elle abrite prés de la moitié de la population du territoire.En semaine, ses rues sont continuellement animées et bruyantes.La bataille pour l'espace que se livrent quotidiennement les piétons et les automobilistes rappelle volontiers celle qui a lieu dans les plus grandes villes du monde.La voiture est reine en Martinique, qui, avec 470 véhicules par 1000 habitants, revendique le parc automobile le plus dense de France.À Fort-de-France et dans ses environs, on a parfois l'impression que ses 155000 véhicules cherchent tous à occuper le même kilomètre carré.Le problème, c'est que tout le réseau routier de l'île converge sur son chef-lieu et que l'autoroute de contournement promise se fait toujours attendre.Mais il y a de l'atmosphère, c'est le moins que l'on puisse dire.Et si un conducteur de l'extérieur \u2014 les autochtones ont peut-être des trucs.\u2014 peut mettre une bonne demi-heure à parcourir les deux ou trois kilomètres qui le sortiront de la congestion urbaine, vingt minutes supplémentaires à peine suffiront s le transporter dans un autre univers.Il sera «en commune», comme on désigne ici tout ce qui n'est pas situé à Fort-de-France ou dans son voisinage immédiat.Et dans des villes secondaires de dix ou quinze mille habitants, comme Trinité, ou le Robert, il trouvera le charme des petites villes de province: des Riviére-du-Loup, des Mont-Laurier, version franco-tropicale, mais à moins de 25 kilomètres du port de Fort-de-France.D'un océan à l'autre deux fois par jour Ajoupa-Bouillon, Anses-d'Arlet, Diamant ou d'autres communes de mille ou deux mille habitants, au bord de la mer ou accrochées à flanc de montagne, donnent l'impression de se trouver à des centaines de kilomètres de la ville la plus proche: elles n'en sont qu'à vingt, trente ou quarante.Mais tout cela n'est qu'impression.En réalité, la Martinique entière est devenue la banlieue de Fort-de-France.Aussi voit-on, çà et là, des villas habitées par des propriétaires terriens, des industriels, des corn- merçants, des cadres ou des fonctionnaires, qui traversent l'île dans un sens ou dans l'autre pour aller au travail et en revenir.De la même façon, des travailleurs de condition plus modeste habitent une commune et travaillent dans une autre, comme c'est le cas de ce jeune infirmier de Sainte-Marie, sur la côte atlantique, qui va travailler en auto-stop à l'hôpital du Lamentin, à deux pas de la mer des Antilles.D'un océan à l'autre, deux fois par jour.Quand on habite un continent en miniature, on ne s'éton ne plus de ce genre de chose.U LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 21 NOVEMBRE 1987 Publiscopie 3 Réputée pour ses plages, la Guadeloupe offre quantité d'autres attraits trop souvent méconnus.« Matin d'hiver moi tout ce que je veux Me retrouver tout nu dans la grande bleue «Je veux revoir ma Guadeloupe Revoir ma blonde et les poissons» Une marina et un yacht club de la Guadeloupe.L la Guadeloupe chantée par Michel Rivard reflète bien la Guadeloupe si chère au touriste québécois: la mer, les poissons, le soleil, le sable, et la blonde (ou le chum) \u2014 emporté(e) avec soi ou trouvé(e) sur place.Un jour d'arrivée, cinq jours de plage, un jour de magasinage à Pointe-à-Pitre (le jour des trois averses de cinq minutes), six autres jours de plage et un jour pour le retour, voilà qui compose le menu diurne d'un séjour typique en Guadeloupe.Dommage ! La réputation de la Guadeloupe au Québec ne lui rend pas justice.Car lorsqu'ils séjournent dans ce département français, rares sont les descendants de ceux qui ont ouvert le Canada jusqu'au Pacifique qui s'aventurent à l'intérieur des terres, voire à l'extérieur de la cour de leur hôtel.Ils ne savent pas ce qu'ils manquent.I irtrinlm mac En fait, la Guadeloupe n'est pas une île, mais bien un ar- chipel.L'espèce de papillon que nous montrent les cartes est formé de deux îles principales, séparées par un bras de mer et entourées de petites dépendances aux noms évocateurs: la Désira-de, Marie-Galante, Les Saintes.À quelques centaines de kilomètres au nord, Saint-Barthélemy et la moitié française de Saint-Martin \u2014 l'autre moitié est néerlandaise \u2014 sont administrées par la Guadeloupe.Les deux îles principales se nomment Basse-Terre et Grande-Terre.Avec ses 590 km2, Grande-Terre est la plus petite.Et le volcan de la Soufrière, du haut de ses 1467 mètres, domine les 848 km2 de Basse-Terre.qui est la plus haute.Tant par leur relief, par leur microclimat que par la végétation, les deux îles soeurs sont étonnamment dissemblables.Grande comme deux Martiniques, la Guadeloupe a une population à peine supérieure: 335000 habitants.Celle-ci est donc moins concentrée.La Guadeloupe qu'on ignore «L'arrière-pays» de la Guadeloupe vaut le détour, surtout celui de l'île de Basse-Terre.Les amateurs de nature et de promenades en montagne y sont particulièrement bien servis, grâce aux parcs nationaux, aux routes qui y mènent, aux sentiers qui les traversent et aux centres d'interprétation qu'on y trouve.Lorsque Michel Rivard se louera une voiture en Guadeloupe, son public y gagnera sans doute une nouvelle chanson.¦ Montréal, Québec, Trois-RMères De fait, la Guadeloupe possède son «Montréal» et son «Québec».Avec son port et son aéroport, sa zone franche, ses zones industrielles, son campus universitaire et son bourdonnant centre-ville, Pointe-à-Pitre est le Wnr oWoirop «si l'onnlnmâ.Willi V> V> O \\At IUII W v\\ \u2022 uvjy.-.^, ration la plus importante.À une soixantaine de kilomètres de là, au pied de la Soufrière, la coquette ville de Basse-Terre, plus petite, abrite l'administration régionale et départementale.Entre les deux : Trois-Rivières ! Sur le pourtour des deux îles, des villages comme Vieux-Habitants, Bouillante ou Moule se nichent tantôt dans les replis d'un littoral torturé, tantôt le long des plages qui comptent parmi les plus belles des Antilles.On pratique la pêche artisanale dans les premiers, et, dans les seconds, le tourisme avec blonde, chum et nnicenne Do fïncior à Raint- H **- \u2014 \u2014 - -! -: \u2014 ~- François, Grande-Terre étale sa Riviera, version antillaise.SPÉCIAL ANTILLES FRANÇAISES Hebdobec Directeur des cahiers spéciaux Manon Chevalier Textes Daniel Larouche Graphisme Linda Wilson Montage Atelier La Presse Représentant publicitaire Jean-Claude Dumouchel Impression T.R.Offset Hebdobec 7, rue Saint-Jacques moniréai H2V 1K3 LA GUADELOUPE C'EST NOTRE AFFAIRE CONSEIL GENERAL DE LA GUADELOUPE 4 Publiscopie LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 21 NOVEMBRE 1987 Les Antilles françaises entre l'Europe et la Caraïbe.ort-de-France.Terrasse de l'hôtel Impératrice, rue de la Liberté, en plein centre-ville.Mon porte-documents et mes coups de soleil me trahissent: je ne suis pas «touriste», mais je n'habite pas ici.À la table voisine, un «collègue» m'épie du coin de l'oeil.Il a aussi un porte-documents, mais je devine qu'il s'agit d'un «métro» \u2014 un métropolitain \u2014, Français d'origine, de passage, en stage, ou installé en Martinique : il est trop bronzé pour être un «béké», c'est-à-dire un Blanc créole, né ici.Il me fait un sourire entendu : «Alors, les affaires, ça marche?me lance-t-il dans le plus pur accent du Midi.\u2014 Pas trop mal.Vous n'êtes pas d'ici?\u2014 Non.De Montpellier.Je vends des encyclopédies.\u2014 Et ça marche ?» C'est la question qu'il attendait.J'ai droit à un cours accéléré sur la Martinique.«Ils sont ci, ils sont ça, ils ne savent pas répondre au téléphone, ils ne tiennent pas leurs rendez-vous, ils signent un bon de commande puis reviennent sur leur engagement, et patati et patata.Et les békés ! Vous en avez rencontré ?Tous de grands enfants, méfiants et refermés sur leur caste, ils n'arriveront jamais à rien! Et les békés et les Noirs, même s'ils se détestent, feront toujours front commun contre un métro! Ils ne nous acceptent pas ! Et puis la vie est chère!» Et la litanie continue.Bigre! À l'en croire, le pays n'est pas facile.Mon inter- locuteur a pourtant l'air bien renseigné.Pour les connaître aussi bien, il doit être ici depuis un bout de temps, quand même.«Un mois! répond-il à ma question.Quand je suis arrivé il y a un mois, je voulais en tenir six, mais j'en ai marre, je me casse!» Il se lève, me tend la main puis, avant de s'éloigner soupire : « Mais c'est quand même dommage ! Le pays est tellement magnifique, et «ils» sont si gentils, si accueillants.Ciao!» La France, mais pas la France À n'en pas douter, le Français métropolitain qui débarque dans les Antilles françaises avec la tranquille conviction de mettre le pied dans une province française comme une autre subit un choc.Car derrière des parures bien françaises, qui se manifestent par une foule de signes extérieurs \u2014 depuis la signalisation routière jusqu'aux grandes institutions \u2014 la culture antillaise reste bien vivante et pas du tout folklorique.Et les similitudes de surface préparent à tout, sauf à accepter des différences profondes.Départements français depuis 1946, possessions françaises depuis plus de 350 ans \u2014 sous divers statuts, mais presque sans interruption \u2014, la Martinique et la Guadeloupe n'en ont pas moins eu tout le loisir de se former des identités distinctes et bien à elles.L'insularité aidant, la Français à part entière, Français à part Frais, en conserve ou transformé en jus ou en purée, l'ananas est un des principaux produits d'exportation des Antilles françaises.Martinique et la Guadeloupe sont toujours des «pays» et, çà et là, des graffiti clamant « Fwansè dewô» rappellent qu'une minorité prend l'expression au sens le plus littéral.Même le vocabulaire administratif et officiel est lourd de la «différence antillaise», comme de celle qui touche tous les DOM-TOM, les départements et territoires d'outre-mer.Ainsi le commerce avec la France est qualifié d'import-export et on s'inquiète du faible «taux de couverture des importations».L'Auvergne peut s'inquiéter de sa pauvreté relative.Mais l'expression «déficit commercial avec la France » ne fait pas partie du vocabulaire auvergnat.Du vocabulaire antillais, oui.À la recherche d'une identité La France vit à l'heure de l'Europe.Ses départements antillais doivent bien emboîter le pas.Dans le dialogue Nord-Sud, ils doivent se fondre à l'ensemble riche du Nord.Mais leur réalité antillaise en fait des parents pauvres de la France.Françaises et antillaises tout à la fois, la Martinique et la Guadeloupe ne sont en fait ni l'une, ni l'autre: leurs solidarités ne peuvent jamais être entières et, pour le meilleur et pour le pire, elles sont condamnées à l'originalité.Cette ambiguïté a bien sûr toujours existé.Elle est deve- nue plus aiguë au fur et à mesure que les autres îles caraïbéennes ont acquis leur indépendance, puis se sont découvert et ont raffermi des liens qui sont en voie d'en faire une région du monde, presque un sous-continent.Malgré tout, l'objectif est de ne pas choisir, mais d'intégrer ces deux dimensions, européenne et antillaise.Antillaises, la Martinique et la Guadeloupe le seront toujours : géographie oblige.Françaises, elles le demeureront tant que les Antilles seront pauvres, et la France riche.Après, ce sera une question de coeur.D'ici là, le Martiniquais, et le Guadeloupéen, bien que Français à part, seront Français à part entière, ou presque.¦ Vous voulez louer une villa de rêve aux Caraïbes ?Vous cherchez votre résidence principole 6 Saint-Martin?Vous recherchez des locaux commerciaux et industriels?WEST INDIES IMMOBILIER vous permet 6 PARIS, à NEW YORK, 6 ST-MARTIN de vous informer, de comparer, de choisir.WISTIKDIES WEST INDIES IMMOBILIER vous guide et vous conseille sur tout l'immobilier à St-Martin Caraïbes France.MB 53 avenue George V 75008 PARIS T*l:(lM7.ÎOJ5.05 NEW-YORK Carmen rfAmbroûo Ba> 632 Monl Knca New Yorll 0549 W(914| 666-21 33 SAINT-MARTIN Port la Rayole Mongol BP 85 97150 So:r,l-Mart,n F Wl Tel: 19 59087.54.97/ 87.56 48 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 21 NOVEMBRE 1987 Publiscopie 5 L'ARCHIPEL DE LA GUADELOUPE Terre de diversité, véritable microcosme des tropiques où se mêlent des types de végétation variés, des peuples différents et un vaste ensemble de coutumes, d'arts et de traditions populaires\u2022 La GUADELOUPE, archipel le plus important des Petites Antilles, avec une superficie totale de 1 780 km2, se compose de huit îles différentes les unes des autres, se complétant parfaitement.1 L'ILE DE LA BASSE-TERRE (ou GUADELOUPE proprement dite) De forme moins étalée et plus compacte, la Basse-Terre prend naissance au pont de la Gabarre, séparée de la Grande-Terre par cet étroit brasde mer dénommé Rivière salée.île volcanique d'une superficie de 943 km2, elle est très montagneuse et son histoire géologique mouvementée a créé des paysages grandioses : LA FORÊT: Dense et humide, elle fait partie des richesses qu'offre au visiteur la nature guadeloupéenne.Traces, pistes, chemins de randonnée vous permettront de découvrir le forêt sauvage.LE FEU: Le volcan de la Soufrière domine la Basse-Terre de la majesté de ses 1467 mètres, point culminant de l'archipel.Les amateurs de marche pédestre pourront en entreprendre l'ascension et s'émerveiller à la vision de paysages irréels.L'EAU: Torrents, chutes, cascades, rivières, eaux mugissantes limpides dévalant dans un décor sylvestre et grandiose sont parmi les plus fameux spectacles aquatiques.Les sources sulfureuses et ferrugineuses abondent et sont réputées pour leurs vertus thérapeutiques.L'ARCHIPEL DES SAINTES ou CAAROUCAERA Ce miniscule archipel volcanique situé au sud de la Basse-Terre a une superficie de 14,67 km-.Il se compose de huit petits îlots dont les deux plus grands seulement, Terre-de-Haut et Terre-de-Bas sont habités.Avec les Saintes c'est toute la grâce des Antilles que l'on découvre dans un espace étroit, où se trouve tout ce qu'on peut imaginer de baies, de caps, de pointes, de mornes, d'écueils, de passes et de plages.C'est aussi une des plus belles baies du monde où dans une eau scintillante s'ébattent des myriades de petits poissons multicolores devenus si rares ailleurs.MARIE-GALANTE ouAICHI 2.L'ÎLE DE LA GRANDE-TERRE ou COUCHAA'LOUA C'est un plateau calcaire balayé par les Alizés du Nord-Ouest, d'une superficie de 588 km-'.Nous voici arrivés dans l'île de la canne à sucre.La Grande-Terre offre de belles plages de sable fin et roux, inondées de soleil.Les côtes de cette île sont très découpées et aux sites d'une beauté sauvage succèdent des falaises échancrées par la mer.Le triptyque balnéaire constitué par le Gosier, Sainte-Anne, Saint-François est la zone touristique par excellence avec ses hôtels de classe internationale, ses commerces, restaurants, night-clubs, casinos et marinas pieds dans l'eau.D'une superficie de 158 km-Marie-Galante est la troisième île de l'archipel guadeloupéen.De belles plages, abritées par l'île elle-même ou par une barrière coralienne qui arrête les vagues du large et fait la joie des plongeurs.LA DESIRADE 11 km de long sur 2 de large, la Désirade dresse au large de la Pointe-des-Châteux, son altière figure de proue.La Désirade est l'île la plus méconnue de l'archipel guadeloupéen.Elle n'en est pas moins un de ses fleurons et l'austère gardien des traditions d'une Caraïbe ancestrale et populaire où il fait encore bon vivre.Un détour s'impose.LES ILES DU NORD SAINT-BARTHÉLEMY Perdue dans l'océan, cette perle des tropiques a une superficie de 24 km-.Littoral découpé, falaises escarpées, plages merveilleuses de sable fin, coteaux, prairies et sols squelettiques où poussent frangipaniers et cactus tête-à-l'anglais.Saint-Barthélemy se caractérise par son cachet « Vieille-France », avec ses maisons coquettes et une population qui a conservé jalousement les coutumes et traditions de ses ancêtres chrétiens.SAINT-MARTIN D'une superficie de 86 km-, cette île est le parfait symbole de l'entente cordiale entre deux peuples différents, cohabitant en parfaite harmonie sur un même territoire n'ayant qu'une frontière symbolique.Hôtels de classe internationale, résidences touristiques pourront vous héberger dans des conditions grand luxe si vous le désirez et rendre votre séjour inoubliable.CONCLUSION: L'archipel de la Guadeloupe jouit au sein de l'Arc caraïbe d'une situation et d'un climat privilégiés qui en font une destination de vacances idéale.Il offre un développement de côtes de 511 km dont 70 de plages parmi les plus belles du monde et jouissant d'une luminosité exceptionnelle.Composé d'une cuisine de renommée mondiale, d'un artisanat en parfaite symbiose avec les matériaux locaux, d'un folklore très bien conservé, sans oublier les arts et traditions populaires que les habitants de l'archipel se chargent d'exprimer au son du gros Kâ (percussion locale).CONSEIL RÉGIONAL DE LA GUADELOUPE 6 Publiscopie la presse.Montréal, samedi 21 novembre 1987 .Et en plus, le soleil iviai unique Cl ta UUdUC- loupe sont loin d'être de nouvelles venues dans le marché des destinations-soleil.Dés le début des années 60, à l'époque où même la Floride constituait un rêve d'hiver pour la majorité des Nord-Américains transis, les Antilles françaises accueillaient leurs premiers touristes.A l'époque, Cuba venait de délaisser ses casinos au profit du pari castriste.la République Dominicaine assassinait ou déposait ses présidents en vue d'attirer des touristes américains vêtus de l'uniforme des Marines.Les Bahamas et la Jamaïque n'attiraient que quelques millionnaires britanniques, américains ou westmountais.Les Martiniquais et les Guadeloupèens perçurent le potentiel touristique de leur île et, en moins de cinq ans, se dotèrent d'une infrastructure hôtelière de qualité.Depuis, la croissance de la fréquentation des touristes a soutenu celle du parc hôtelier, qui atteint 2 300 chambres d'hôtel.Au cours des années 70, le soleil explosa.Comme destination, s'entend: démocratisation du transport aérien, multiplication des hôtels sur les bords de toutes les plages tropicales.la semaine hivernale en Floride est devenue banale, à peine moins dans «les îles» et la concurrence des destinations est féroce.Bien supporte jusqu'à présent, cet accroissement de concurrence fit néanmoins réfléchir ¦ 13 menace des autres îles est d'autant plus réelle que la remontée du franc français par rapport au dollar a détérioré le rapport de prix des Antilles françaises relativement aux autres destinations, dont les monnaies varient généralement au gré du dollar.Et cette réflexion a permis de mettre en valeur quelque chose que les Antillais eux-mêmes avaient oublié: les Antilles françaises, c'est le soleil et la plage, mais c'est beaucoup plus que cela.Vendre les Antilles aux touristes « Nous sommes à mettre au point l'image de marque de la Martinique», explique Hector Elizabeth, le directeur général de l'agence régionale de développement touristique de la Martinique (ARDTM).«Ce qu'il faut, c'est trouver un «label Martinique» qui puisse communiquer instantanément notre caractère distinctif à la clientèle.» Car avec la prolifération des plages antillaises, la différenciation devient essentielle.Heureusement, cette différenciation existe.Nul besoin de la feindre ou de l'inventer.Avant même que le « label » soit formulé, la directrice commerciale des nô-tels Méridien Martinique-Guade- L'Université Antilles-Guyane a des campus en Martinique (ci-contre), en Guadeloupe et en Guyane.loupe, Joan Thériault, constate: «Étant moi-même canadienne, je suis particulièrement sensible au marché canadien et québécois.Je sais que l'attachement des Québécois à la Martinique et la Guadeloupe n'est pas qu'une affaire de prix.La langue \u2014 malgré les accents ! \u2014, la joie de vivre, le sens de la fête sont partagés par les Québécois, les Martiniquais et les Guadeloupèens.Cela explique que des Québécois reviennent toujours, malgré l'effet-dol- lar, malgré qu'il y ait des plages et du soleil ailleurs.» En effet, ils reviennent: 2 000 en 1968, 14 000 en 1985.Plus encore en Guadeloupe, où le parc hôtelier est deux fois plus important.Théodore Compper, dont le groupe Leader possède trois hôtels en Guadeloupe et en gère un quatrième, compte sur un marketing renouvelé pour atti- rer les Québécois dans ses hôtels: le Salako, le Créole Beach, le Marine Club et le Toubana.«Bien sûr, ajoute Simon Obadia, directeur général de l'hôtel Bakoua, en Martinique, les Québécois cèdent parfois aux modes.Celle de la République Dominicaine, notamment: les hôtels y sont tout neufs, on y fait des prix, etc.» B BÂTEIIÈRE; Hôtel Casino la Batelière 97200, Schoelcher, Fort-de-France, Martinique Tél.: (596) 61.49.49/61.71.72 Télex: 912515 MR - Telefax: (596) 61.62.29 200 chambres, suites, duplex avec téléphone direct dans les chambres TV, radio Service en chambre Blanchisserie Plage, piscine, tennis \u2022 Location voiture \u2022 Vaste parking \u2022 Excursions diverses, terre, air, mer \u2022 3 restaurants, 3 bars \u2022 Salles de conférence \u2022 Casino \u2022 Discothèque Grâce à ses installations et à sa proximité de Fort-de-France, l'hôtel Casino la Batelière est particulièrement recommandé aux hommes d'affaires.LA PRESSE.MONTREAL.SAMEDI 21 NOVEMBRE 1987 PubliSCOpie 7 Le père Georges aime la vie et sa Guadeloupe.À 89 ans, il songe à son prochain mariage.Les Guadeloupèens, comme les Martiniquais ou les Québécois, ont le sens de la (été.Dans un marché touristique devenu extrêmement concurrentiel, les îles-soleil françaises entendent bien tirer parti de leurs nombreux avantages.La bibliothèque Schoelcher, au centre de Fort-de-France.« Mais ces modes ne m'inquiètent pas.précise Simon Obadia.Les Québécois que j'ai interrogés à ce propos m'ont tous dit: «Oui, il y a des hôtels, c'est tout neuf, etc., mais autour, c'est le néant, c'est le vide, on s ennuie.» Nous allons bien sûr nous battre sur les prix, même si notre main-d'oeuvre est plus chère ; nous n'avons qu'à faire preuve d imagination et maîtriser nos coûts.Mais nous devons surtout éviter de comparer notre produit touristique à celui d'îles dont le développement n'est pas égal au nôtre.Nous ne vendons pas du désert.» De fait, une fois cuit à point, le touriste n'a aucune raison de désespérer: la Guadeloupe comme la Martinique lui offrent quantité de choses a faiie, à voir et à manger.La ville est là, qui poursuit de vraies activités, avec de vraies gens qui vaquent à leur vraie vie.On y trouve des boutiques, coquettes, nombreuses.Musées, parcs naturels attendent l'amateur d'histoire et de nature.Et quelques centaines de restaurants devraient suffire à satisfaire les palais les plus difficiles.Même sans soleil, les Antilles françaises pourraient soulever l'intérêt de bien des touristes.Le soleil, c'est en prime! Diversifier Dans ces conditions, il est naturel que la Martinique et la Guadeloupe cherchent à débor- * hôtel salako 120 chambres 156 chambres Tél.: 84»26«26 Télex: 919836GL der le statut de pure destination-soleil, pour échapper au phénomène du «creux» saisonnier d'été.Et elles sont en excellente voie de le faire.Ainsi, pour «allonger» l'hiver, selon le directeur général de l'Office départemental du tourisme, Jacques Guannel, «nous visons plus particulièrement le marche des séminaires, des congrès et des manifestations spéciales en novembre.Et nous obtenons un succès certain».Il y a toujours ralentissement l'été.Mais il est beaucoup moindre que Ion serait porté à le croire: même comme destination-vacances d'été, les Antilles se vendent bien, avec une promotion et une tarification «basse saison» appropriées.En septembre, au plus creux de la vague, alors que ce n'est ni l'hiver, ni les vacances, le taux d'occupation des hôtels atteint 40 p.cent.Juste avant, en août, il atteint 65 p.cent, grâce principalement aux européens qui viennent prendre des vacances: Français, Antillais ^migres en métropole qui reviennent chez eux pour leur congé annuel «et, de plus en plus, des Italiens, qui deviennent un excellent marché pour nous», affirme Mme Catayèe, directrice commerciale de l'Hôtel-Casino La Batelière, à Schoelcher, en banlieue de Fort-de-France.L'hôtel oû elle travaille pousse d'ailleurs la diversification au-delà de la seule saisonnalité.Construit dans la très proche banlieue de Fort-de-France, il est le seul des grands hôtels qui soit dans cette situation.Les autres, dont les plus prestigieux sont le Méridien et le Bakoua, sont presque tous regroupés à Trois-îlets, à une vingtaine de kilomètres de route du chef-lieu.Tout en offrant plage, piscine et autres divertissements nautiques et terrestres.La Batelière entend profiter de sa proximité du centre névralgique de la Martinique poui faire mousser son marché d'affaires.«Nous sommes déjà reconnus comme l'hôtel préféré des voyageurs d'affaires, explique Mme Ca- tayèe, mais nous entendons pousser davantage dans ce sens.Chez nous, ils trouvent les services d'un telex et d un télécopieur, et ils trouveront bientôt des services de secrétariat et de traitement de texte.» La Martinique et la Guadeloupe, ce n est pas seulement la grande hôtellerie.Les petits et moyens hôtels comptent déjà pour 40 p.cent de la capacité hôtelière de la Martinique.Et, à prix plus modique encore, les gîtes ruraux, les chambres d'hôtes et le camping occupent une place de plus en plus importante.L'Office de tourisme dirigé par Jacques Guannel offre enfin un service central de réservation et de location de villas, qui s'avère un type d'hébergement particulièrement économique pour les familles ou les petits groupes.«Par exemple, affime-t-il, une villa de trois chambres à coucher, dotée de deux ou trois salles de bains, pourra facilement abriter six personnes pour 6 000 à 7 000 FF par mois.» C'est-à-dire entre $1400 et $ 1 700 pour le groupe.Le soleil du XXIe siècle Bref, le tourisme antillais bouge.«Enfin!» s'exclament certains observateurs qui lui reprochaient de se laisser distancer par les îles rivales.Philosophe, Simon Obadia préfère voir un avantage à ce prétendu «réveil tardif».«En Martinique, explique-t-il, les grands développements reposent généralement sur l'obtention d'un consensus.Tout le milieu \u2014 associations, décideurs politiques, exploitants et promoteurs privés \u2014 se met d'abord d'accord.Les décisions se prennent peut-être moins rapidement, mais leur application est beaucoup plus cohérente et ordonnée.» Et lorsque tous ceux qui ont construit en vitesse auront un équipement vieux de 15 ou 20 ans, «nous aurons un tissu hôtelier qui correspondra au XXIe siècle.» ¦ LE PLUS CREOLE DUS GRANDS HÔTELS DES ANTILLES ?* LA TABLE: SfWi ulllt's dMittdi\\t\"> Rrtfdutijnt tidtfrtwomt^uï HdWduh'unil- n* rtMdWUW i/r id pldvf.if hi* / d Ktifuatk'.fnv* * ha* f t/Vi/lii\" thiitt't* tntiluru/ut iHM l'If
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