La presse, 1 octobre 1987, B. Informations nationales
[" Informations nationales \u2022 LA PRESSE.MONTRÉAL, JEUDI 1er OCTOBRE 1907 Entente en faveur des autochtones Presse Canadienne QUEBEC ffe uébec et Ottawa ont %U signé hier une entente par laquelle ils promettent de se concerter pour assurer un meilleur développement économique des autochtones vivant sur le territoire québécois.L'entente crée un comité conjoint où le gouvernement fédéral et celui du Québec analyseront les politiques et les programmes destinés aux communautés autochtones.Les autochtones seront consultés lorsque les politiques en vigueur seront modifiées.Un député libéral sur cinq pourrait voter contre l'Accord constitutionnel Sheila Finestone menace à son tour de défier John Turner sur cette question GILLES GAUTHIER du bureau de La Presse OTTAWA La députée libérale de Mont-Royal, Sheila Finestone, éprouve de fortes réticences à l'endroit de l'accord du lac Meech, ce qui porte à huit (sur quarante) le nombre de députés de ce parti qui pourraient défier John Turner sur cette question.Mme Finestone a déclaré hier à La Presse qu'«en tant qu'ancienne Yvette» qui a toujours voulu que le Québec adhère à la Constitution, elle sera «vraiment heureuse» que cette province en devienne membre à part entière.Pas de subvention ni contrat sans programme d'accès à l'égalité Québec force la main aux entreprises avec lesquelles il fait affaires Presse Canadienne QUEBEC Le gouvernement du Québec va modifier sa réglementation de façon à appliquer un programme d'obligation contractuelle, a annoncé hier M.Herbert Marx, ministre de la justice et Procureur général.En vertu de ce programme, pour obtenir un contrat ou une subvention du gouvernement, toute entreprise devra détenir un certificat attestant qu'elle s'est engagée à implanter un programme d'accès à l'égalité.Le programme vise bien sur les entreprises chez qui on retrouve des pratiques de discrimination syslémique à l'endroit des femmes, des autochtones ou des membres des communautés culturelles.Par discrimination systémique on entend la discrimination non i intentionnelle ou institutionnalisée, telles les méthodes d'embauché qui ont pour effet d'exclure certaines personnes.Par exemple, si pour devenir chauffeur d'autobus, on exige cinq ans d'expérience comme chauffeur de camion, on exclut automatiquement la plupart dcr.femmes.Le programme d'accès à l'égalité visera les entreprises faisant affaire avec le gouvernement et comptant plus de cent employés et les contrats de plus de $100 000 ainsi que les entreprises sous-contractantes.L'entreprise qui ne respectera pas l'engagement qu'elle a pris perdra son certificat, de sorte qu'il lui sera impossible de décrocher un autre contrat ou d'obtenir une autre subvention.EN BREF LA FONCTION PUBLIQUE RESTRUCTURÉE ¦ Un in.-ortant plan de restructuration de l'ensemble de la haute fonction publique québécoise, est présentement à l'étude au Conseil du trésor.Ce projet vise à mettre en place une seule structure de classification et de rémunération pour plus de 6 000 fonctionnaires faisant partie du personnel d'encadrement de la fonction publique, soit les 2 600 cadres supérieurs, les 2 700 cadres intermédiaires et les fonctionnaires professionnels en situation de gérance dont le nombre pourrait atteindre 1 700.Ce plan n'atteint cependant pas le niveau des sous-ministres.La structure unique de classification du personnel d'encadrement comprendrait quinze classes et ferait disparaître les divisions qui existent actuellement entre cadres supérieurs, cadres intermédiaires et professionnels en situation de gérance.Le maximum des échelles de traitement varierait de $28 463 pour la classe 1 à $83 489 pour la classe 15.MÉDICAMENTS: UNE OFFRE DE COMPROMIS ¦ Les compagnies de médicaments génériques viennent de proposer un compromis à leurs concurrents, les manufacturiers de nouveaux médicaments, dans l'espoir de résoudre la controverse qui entoure le projet de loi conservateur sur les brevets pharmaceutiques.Le projet de loi qui a été adopté aux Communes, mais qui est actuellement bloqué au Sénat, accorde aux compagnies qui développent un nouveau médicament un monopole de 10 ans sur la fabrication et la vente de leur produit.Représentées par l'Association canadienne des fabricants de médicaments, les compagnies de médicaments dits «génériques», c'est-à-dire des copies meilleur marché du produit original, avaient initialement proposé que la protection conférée par le brevet soit limitée à une période de quatre ans.C'est aussi ce que suggérait, en 1983, le rapport Eastman sur l'industrie pharmaceutique, et ce que préconisent les sénateurs libéraux.Mais, coupant la poire en deux, le président de l'Association Jack Kay a déclaré hier au comité du Sénat sur les institutions bancaires que les compagnies qu'il représente étaient prêtes à considérer une période d'exclusivité de sept ans comme « un compromis raisonnable qui tient compte des intérêts de toutes les parties».L'organisation rivale, l'Association pharmaceutique canadienne, a toujours refusé quelque compromis que ce soit par le passé et cette position n'a pas changé, a indiqué hier son porte-parole, Pierre Fortin, à un journaliste.LE PQ DÉFAVORISÉ ¦ Les chances électorales du Parti québécois sont compromises dans plusieurs circonscriptions par la réforme de la carte électorale proposée par la Commission de la représentation électorale le 15 septembre dernier.Une analyse exhaustive des propositions permet de découvrir que des sièges détenus par le Parti québécois actuellement sont menacés parce qu'on leur a enlevé des portions de comtés qui avaient voté pour le PQ ou parce qu'on leur ajoute des quartiers ayant manifesté une très forte allégeance libérale au scrutin du 2 décembre 1985.Les considérations politiques ne sont naturellement pas intervenues pour motiver la Commission dans le nouveau tracé des circonscriptions qu'elle propose.Mais les modifications qu'elle suggère à 47 des 122 comtés du Québec auront des effets évidents sur la réélection de certains députés actuels.Le cas le plus patent est celui du député de Levis lean Garon, le seul péquiste à avoir été réélu en 1985 dans la région de Québec.Son comté de Levis est amputé de trois paroisses, Saint-Nicolas, Saint-Rédempteur et Berniè-res, dans lesquelles M.Garon avait dégagé une majorité de près de 300 voix en 1985.Comme la majorité obtenue par le député de Lévis n'était que de 1 400 voix, cette érosion risque de lui compliquer la tache lors du prochain scrutin./ if A' «Mais à quel prix pour les minorités et le reste du Canada?».' Elle attend de voir si le gouvernement acceptera les amendements proposés par les libéraux avant de décider comment elle votera.« Mais ce ne sera pas la fin du monde si la résolution n'est pas adoptée à l'unanimité».Le député de Sainte-Marie, |ean-Claude Malépart, estime que de dix à douze députés libéraux, «dont quelques anti-Québécois», se posent de sérieuses questions au sujet de l'entente, « mais aucun d'entre eux n'est francophone».Le président du caucus, Marcel Prud'homme (Saint-Denis), croit que sept libéraux voteront contre la résolution et qu'il y aura en plus une ou deux abstentions.Le député libéral ontarien |ohn Caccia, a par ailleurs indiqué lors du débat sur l'entente hier en Chambre que la reconnaissance du Québec comme société distincte est une notion dépassée parce qu'il y a maintenant «des centaines de sociétés distinctes dans ce pays».C'est le Canada qui doit selon lui être défini comme une société distincte, au sein de laquelle il n'y aurait pas de place pour l'émergence de deux sociétés et éventuellement de deux nations.Outre Mme Finestone et M.Caccia, les autre libéraux qui ont manifesté, pour des raisons qui varient, de fortes objections à l'accord sont Don Johnston (Saint-Henri-Westmount), David Berger (Laurier), John Nunziata, Sergio Marchi, Keith Penner et David Dingwall.Mme Finestone.qui a succédé a Pierre Elliott Trudeau comme député de Mont-Royal, s'interroge sur plusieurs éléments de l'accord: respect des droits des minorités au Québec et hors Québec, hypothèse que la notion de société distincte porte atteinte au multiculturalisme et aux droits des autochtones, possible conflit entre société distincte et droits individuels, dont ceux des femmes, etc.Le chef péquiste Pierre Marc Johnson a servi le café à l'Accueil Bonneau, hier, dans le cadre de l'Opération grandes oreilles.- photo armandtrott.eria presse Le PQ heureux d'être perçu « sous son vrai jour » Le Parti québécois met un terme aujourd'hui à son «Opération grandes oreilles» avec le sentiment que la population le perçoit désormais sous son vrai jour: c'est-à-dire en tant qu'opposition officielle qui a un rôle déterminé à jouer, plutôt que comme ancien gouvernement à qui on a encore des reproches à adresser.«Nous sommes en train de bâtir sur des bases nouvelles», a déclaré hier Pierre Marc Johnson, de passage dans la métropole.Le leader péquiste considère qu'il est grand temps, en effet, de regarder en avant plutôt que «de conjuguer l'avenir au plus que parfait du subjonctif».La tournée péquiste, qui a mené les 23 députés de la formation dans tous les coins du Québec, était une première du genre.Déjà son chef annonce que d'autres suivront.M.Johnson qualifie en effet cette opération d'extrêmement positive, en ce qu'elle a permis aux élus de rencontrer des milliers de personnes, des centaines de groupes et d'associations, et de prendre le pouls de divers seg- ments de la population.Elle a notamment donné au chef de l'opposition l'occasion de constater que la très grande sensibilité des Québécois à l'égard de la question linguistique ne s'est pas évanouie.Les interventions qu'il a faites sur cette question, hier, devant les étudiants du cégep de Rose-mont, ont d'ailleurs été parmi les plus applaudies.lc bilan complet de l'Opération grandes oreilles sera établi ce week-end au Conseil national du Parti québécois, à Drum-mond ville.Parizeau craint que le PQ ne disparaisse au profit du NPD Presse Canadienne QUEBEC Amoins d'un retour à l'idéal souverainiste qui-lui redonnerait sa vitalité d'an-tan, le Parti québécois risque de disparaître au profit du NPD, affirme l'ex-ministre des Finances, M.Jacques Parizeau, dans une entrevue publiée aujourd'hui dans le quotidien Le Soleil.Trois mois après le congrès national qui a approuvé la thèse d'affirmation nationale de M.Pierre Marc Johnson, l'ancien ministre des Finances invite ouvertement les militants pé-quistes à rouvrir le débat sur la question nationale.Lui-même n'exclut pas un retour à la politique active s'il perçoit des «signes de résurrection» au sein du PQ.M.Parizeau soutient qu'il faut prendre très au sérieux la menace néo-démocrate.«Au Québec, les gens ont l'habitude de deux partis.Quand il y en a un troisième qui arrive, c'est habituellement le signal qu'un des deux premiers s'en va et disparaît.Le problème consiste ;i savoir dans quelle mesure la montée du NPD peut marquer la fin du PQ.On n'en est pas encore là, mais dans un an, un an et demi, il faudra se poser la question».À force de diluer ses orientations idéologiques, M.Parizeau constate que le PQ «s'effiloche et perd tout militantisme à la base».Et il se souvient de ce qui est arrivé à l'Union nationale.Dans cette entrevue, M.Parizeau s'en prend aussi au gouvernement liourassa qui se comporte, estime-t-il, comme la cigale de la fable.Il chante pendant que l'économie va bien, mais il oublie de préparer les jours difficiles qui viendront inévitablement, soutient-il.Pour le moment, les choses vont bien et même très bien, reconnaît M.Parizeau.«Il est même étonnant qu'à la cinquième année du relèvement qui a suivi la récession de 1982, l'expansion soit aussi forte et se traduise en autant d'emplois créés» On ne se surprendra pas de ce que M.Parizeau attribue une large part de cette prospérité aux mesures mises en place à l'époque où il était lui-même ministre des Finances et président du Comité de développe- ment économique: REA, actions accréditives, programmes, de la SDI, etc., dont les effets se font pleinement sentir aujourd'hui.Il reconnaît quand même au gouvernement libéral «le mérite de ne pas avoir lancé des barres de fer dans des mécaniques délicates, pas trop en tout cas».Il est cependant inquiet pour l'avenir.«Tôt au tard, il va y avoir une récession.Peut-être pas en 1988, peut-être un an plus tard, mais la caractéristique des récessions, c'est qu'elles viennent.L'expansion continue, ça n'existe pas».«Cette année, précise M.Parizeau, le gouvernement pourra se claquer les bretelles comme on n'a pas pu le faire au Québec depuis très très longtemps, mais il se prépare une récession qui ne sera pas drôle.La crise pourrait être dramatique parce que ce qui aurait dû être fait ne l'a pas été».Selon lui, le gouvernement devrait constituer dès aujourd'hui une banque de grands travaux publics qu'il pourrait faire démarrer dès que l'économie donnera des signes d'essoufflement.C'est maintenant qu'il faut la préparer.James Kelleher Kelieher défend les incursions du SCRS chez les pacifistes et les syndicalistes CILLES PAOUIN
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