La presse, 18 avril 1987, B. Plus
[" LA PRESSE, MONTREAL, SAMED118 AVRIL 1987 Plus TERRE DES HOMMES: 20 ANS DEJA Mi (il iilN(j$3|ii| j P/ac* dès «artons, lieu des cérémonies officielles quotidiennes.Photo prise le jour de l'ouverture, il y a 20 ans.Les nostalgiques peuvent reconnaître, de gauche à droite, la silhouettes de pavillons importants: La Grande-Bretagne, avec son beffroi (juste devant, les reliefs du pavillons d'Israël se confondent avec lui); légèrement à droite, le pavillon de la France; en plein centre, le pavillons Chrétien, avec, à-côté, la forêt des drapeaux qui surmontent le pavillon des Nations Unies; puis, en forme de teepee, le pavillon des Indiens du Canada ensuite, les pignons du pavillon de l'Ontario et la grande toiture du pavillons des Provinces Maritimes; enfin, marqué par la feuille d'érable, le Pavillon du Canada, le plus grand de l'Expo.PHOTO PIERRE McCANN.LA PRESSE Une expérience druumanisme dans un air cie Fête et de couieur JEAN RIVEST Six mois d'euphorie, de ravissement, d'extase, mais aussi d'un peu de réflexion philosophique.Expo 67, ouverte officiellement le 27 avril, il y a 20 ans, a été, pour des millions de personnes, une irrésistible et joyeuse invitation à un peu plus de sagesse.Par delà l'architecture, par delà le décor de la nature aménagée, des iles faites de main d'homme tirées du lit du Saint-Laurent, par delà l'exotisme visible dans une centaine de pavillons nationaux, privés et thématiques, l'Exposition universelle et internationale de Montréal, a été, en définitive, une expérience humaine, plus, humaniste.Les iles enchantées ont reçu plus de 50 millions de visites en 185 jours.Dés 1963, aux premiers stades de la planification, le thème de l'Expo avait été fixé: « Terre des Hommes », titre d'un des principaux ouvrages d'Antoine de Saint-Exupéry, aviateur et écrivain français qui a fait sa marque vers le milieu du XXe siècle.Ses adeptes, nombreux à Montréal dans les années d'après-guerre, l'appelaient familièrement Saint-Ex.Dans son oeuvre, de « Vol de nuit » à « Citadelle », en passant par « Le Petit prince », Saint-Ex s'intéresse à l'homme, à sa liberté et à sa dignité.Aujourd'hui, certains le voient comme un philosophe naif.Mais, curieusement, il se trouve en 1987 des jeunes dans la vingtaine pour faire de «Citadelle», oeuvre postume de ce romancier, philosophe et homme d'action mort à la guerre au cours d'un vol de reconnaissance \u2014 son avion portait des appareils photo car il refusait les armes \u2014 un livre de chevet.En 1963, donc, une douzaine de personnalités universitaires, scientifiques et autres, « les sages de Montébello » comme on les a appelées, non seulement définissaient l'orientation de l'expo qui allait avoir lieu dans quatre ans à Montréal, mais innovaient en décrétant que cette exposition-ci aurait des pavillons thématiques.Ainsi, on allait pouvoir développer l'idée maîtresse par les techniques audio-visuelles les plus modernes et faire d'Expo 67 une sorte de livre gigantesque ouvert grand pour la contemplation, l'émerveillement et la l'édification des visiteurs.Une belle unanimité Cette décision eut aussi un autre effet: les participants (61 pays et 22 entreprises privées et grands organismes comme l'ONU et la CEE ) choisirent d'emboiter le pas et d'orienter leur participation dans le sens du thème général de Terre des hommes.Un exemple éloquent.Pour la première fois dans l'histoire récente des expositions internationales \u2014 la plus ancienne remonte à 1851, à Londres, sous la reine Victoria, au célèbre Crystal Palace \u2014 l'État du Vatican n'eut pas de pavillon.A la place, les Églises catholique romaine, grecque orthodoxe et grecque ukrainienne, ainsi que cinq confessions protestantes s'unirent pour offrir le Pavillon chrétien.Là, pas d'image du Christ, pas de chapelle, pas de vitraux, pas de tableaux religieux.Une seule croix en forme de T.croix de saint André, placée à l'extérieur.Et dans le pavillon, de frappantes représentations visuelles et sonores de la vie quotidienne des êtres humains aux quatre coins du monde, soutenant une invitation à réfléchir à un possible « huitième jour» où l'humanité pourrait peut-être trouver ce qui manque à chacun des sept jours de ses semaines.Au cours de sa visite à titre de chef d'État, le président de la république italienne, M.Giuseppe Saragat, n'a pas manqué de souligner le caractère particulier d'Expo 67 et de féliciter le commissaire général.Son Excellence Pierre Dupuy, pour avoir « place au centre de son initiative le facteur humain, l'homme dans sa vie quotidienne, dans son travail et dans l'expression de ses talents multiformes, l'homme dans ses rapports avec les autres individus.» Dans les pavillons thématiques aux constructions bizarres (audacieux et discutables assemblages de tétraèdres tronqués qui ont tant fait couler d'encre, fait dépenser tant de salive ) chaque spectacle, chaque salle, chaque vitrine avait ce caractère festif qui aurait pu laisser croire que l'Expo n'était qu'une joyeuse partie de plaisir.C'est vrai que régnait une ambiance de kermesse, de foire, de joyeux party.Qu'on se rappelle un passage de la chanson offi- cielle d'Expo 67, « Un jour, un jour », oeuvre de Stéphane Ven- ne: Nous ferons la fête Sur une ile inventée Sortie de notre tête Toute aux couleurs de l'ete.Mais il y avait derrière tout ça du sérieux.Il suffit de se rappeler quelques sous-thèmes formant les titres des pavillons thématiques: L'homme et la vie, où le visiteur entrait littéralement dans une macro-cellule humaine; L'Homme et la mer qui rappelait que celle-ci couvre les deux tiers du globe et que l'humanité doit la connaître; Le génie créateur de l'homme, le musée des musées, si l'on peut dire, puisqu'il rassemblait en un même lieu 180 chefs-d'oeuvre provenant des grands musées du monde \u2014 dans l'édifice qu'occupe aujourd'hui.Cité du Havre, le Musée d'art contemporain\u2014 ; Habitat 67, étonnante pyramide de 12 étages ouvrant une fenêtre sur l'habitation ur- baine de demain; L'Homme dans la cité qualifié de l'un des plus gracieux édifices de l'Expo, mais dans lequel le visiteur ne manquait pas d'etre confronté au caractère agressif de la ville moderne, de prendre conscience des poisons qu'elle distille, s'il ne prend pas garde, etc.Un bien-être contagieux Delà modeste tente octogonale de l'Ile Maurice jusqu'à l'imposante sphère géodésique américaine, passant par la mystérieuse Place d'Afrique, les pavillons des 61 pays participants n'en offraient pas moins.Dans chaque cas, c'était en même temps une fenêtre sur le pays, avec ce que cela charrie de propagande, naturellement, mais aussi, dans de très nombreux cas, un effort pour montrer comment les questions humaines fondamentales sont abordées, parfois résolues ou en tout cas vécues, dans ces pays souvent si éloignés de Montréal, tant Cette photo a été prise le 30 avril 1967, le premier dimanche d'Expo 67.Sur les 1 000 acres des iles enchantées, une foule d'un demi-million de visiteurs ont fait le tour des pavillons.De part et d'autre de la photo, les pavillons thémathiques de l'île Sainte-Hélène.Au fond, la sphère géodésique de l'impressionnant pavillon des États-Unis.par la distance réelle que par l'exotisme.On pouvait dire, sans risque d'avoir tort.qu'Expo 67 s'étant mise à l'heure de l'humanisme intégral, le monde entier qui s'y était donné rendez-vous, avait fait les efforts nécessaires pour se mettre au même diapason.Cela ne pouvait être que contagieux.Le visiteur se sentait petit à petit transformé, inévitablement, a mesure qu'il marchait dans les allées, autour des plans d'eau, qu'il se frottait à la foule.Patientant dans les files d'attente, sortant, par exemple, ébloui, du pavillon du lapon, dans l'île Sainte-Hélène, tout en lignes droites et fait de lourd béton, émerveillé par l'art de l'arrangement floral autant qu'impressionné par la puissance industrielle et le miracle électronique, ou quittant, la téte pleine, la tente toute en courbes de la République fédérale allemande, dans l'île Notre-Dame, avec l'impression d'avoir presque croisé Gutenberg, le visiteur était incapable de ne pas aimer un peu plus la Terre des hommes, et peut-être, au fond de lui, un peu plus aussi l'humanité elle-même.Image idyllique ?Illusion ?Lessivage de cerveau ?On l'a dit.Mais lorsque le vague bien-être, que l'on éprouve à se sentir en communication avec les personnes qui sont autour de soi.se transforme en une réflexion personnelle sur ce qui est humain, quand la géographie, les nationalismes, les races, les coutumes, les cultures, les modes et les manières de faire et de penser, au lieu de constituer des barrières, deviennent des traits d'union, alors on vit une expérience d'humanisme.C'est précisément cela qui a eu lieu dans les iles enchantées d'Expo 67.au milieu des eaux vives du Saint-Laurent, pendant six mois, il y a vingt ans, ici, à Montréal.Le signe le plus visible, encore aujourd'hui, de l'orientation humaniste de l'événement est le fait que la plus grande sculpture de l'Expo est justement Homme, l'énorme stabile de Caldcr, qui se dresse encore tout près du pont de la Concorde, dans l'île Sainte-Hélène.Il était alors entre le pavillon des pays Scandinaves (maintenant disparu) et la Place des Nations, lieu des cérémonies officielles quotidiennes.En allant au Palais de la civilisation (l'ancien pavillon de la France), pour les grandes expositions comme les Trésors de la Chine, et, cette année, l'Or des Thraccs, en passe juste à côté.C'est d'ailleurs un peu triste de voir là cette sculpture abandonnée qui pourrait avantageusement orner une place ou un square de Montréal.Elle pourrait rappeler aux Montréalais qu'ils ont été invités, il y a 20 ans, à un peu plus d'humanisme.Les arts et les Jeux Pendant que les foules se pres- SUITE À LA PACE B 4 Le cas Réal Chartrand : une première dans les annales des libérations conditionnelles au Canada.Une dimension humaine dans un système qui semble en avoir très peu.Un texte de notre chroniqueur judiciaire Joyce Napier.B 3 1_ qui courte cher Les chiffres de la sécurité sociale, dont le budget dépasse de 15 p.cent celui de l'État en France, ont de quoi donner le vertige.Le gouvernement français cherche à réduire la note sans pour autant commettre un suicide politique.Un texte de notre collaborateur Louis-Bernard Robitaille.oi- ls Jooneed Khan croyait se reposer en se rendant dans son pays natal \u2014 l'île Maurice \u2014 après son périple en Afrique australe dont vous avez lu les comptes-rendus dans La Presse ces dernières semaines.Mal lui en prit.î?7 B2 LA PRESSE, MONTREAL, SAMED118 AVRIL 1987 Paul Desmarais president du conseil d'administration Roger D.Landry president éditeur Michel Roy éditeur adjoint Claude Gravel Jean-Cuy Dubuc directeur de I information éditorialiste en chet Editorial Tristesse à l'UQAM La situation qui persiste a l'UQAM est triste.On a vraiment le sentiment de se trouver en plein vendredi-saint sans espoir de pâque.Il est évident que l'affrontement actuel, tel qu'il se poursuit présentement, ne peut conduire à une solution.Il faut autre chose.Situation triste parce que des milliers d étudiants sont tenus en otage; il faudrait parler d'injustice autant que de tristesse.Mais aussi parce que l'université, haut lieu de savoir et de réflexion, voit une grande partie de ses activités interrompues à cause d'un conflit qui ne devrait même pas exister.On arrête de penser, d apprendre et de travailler pour un débat qui n'a pas de solution dans une négociation salariale.Cn ne touche pas le fond du problème; en attendant, on érige d'autres problèmes a l'université, aux professeurs, aux étudiants et à la société.C'est ainsi que le Québec est fait; c'est ainsi qu'il piétine et qu'il se rétrécit chaque jour.D'abord, disons tout de suite que ce ne sent pas les manifestations devant les bureaux du gouvernement qui vont influencer les gouvernants.Si c'était le cas, il faudrait pleurer sur nos gouvernants et sur ceux qu'ils gouvernent.La solution ne se situe pas dans un rapport de force.Elle ne se trouve pas dans des chiffres que l'on change pour parvenir a un heureux compromis qui permettrait de crier victoire d'un côté comme de lautre.Elle ne se trouve pas, non plus, dans les injures lancées aux adversaires, comme on en entend souvent dans d'autres conflits où l'échange des idées est impossible.La solution doit être pleinement rationnelle.Donc, raisonnee, logique, respectueuse des personnes en situation et de la société où elles évoluent.Ce qui signifie qu'il faut deux solutions: une a court terme et une autre a long terme.Commençons par le long terme: il peut toujours trouver davantage d'appuis.Le problème des charges de cours de l'UQAM en est un de financement de luniversite.Mais pas parce que les charges de cours ne sont pas convenablement payes; simplement parce qu'ils sont trop nombreux et.surtout, trop nombreux à exercer des fonctions qui devraient appartenir a des professeurs réguliers.Pour former une équipe de professeurs valable, de celles qui assurent la reputation d'une université, il faut les sommes d'argent suffisantes.Ce dont ne dispose pas l'UQAM.A cause de mauvais choix de I administration?À cause des exigences gouvernementales?A cause de priorités sociales mal placées?On verra plus tard.Mais il est evident que l'UQAM a besoin de plus d argent pour survivre.A court terme, si les charges de cours veulent absolument être traites commes des professeurs réguliers, il va falloir qu'ils acceptent d être évalues de la même façon; ils recevront donc un salaire correspondant a leur competence.Et un détenteur de baccalauréat, enseignant une premiere fois, apprendra qu'il faut davantage pour devenir professeur régulier, et pour le demeurer.Si le syndicat refuse des salaires divers, il devra accepter I offre actuelle a tous ses professeurs pour une simple raison: c est celle qui respecte le mieux les multiples facettes de la realite ou ils se trouvent présentement.Jean-Cuy DUBUC L'autre sommet Loffre de desarmement nucléaire faite par M.Gorbatchev au secretaire d Etat américain, M.George Shultz, est très alléchante.Elle permettrait aux deux superpuissances de faire un pas important vers le desarmement sans compromettre leur propre sécurité.M.Gorbatchev a pourtant dù se douter que les allies européens des États-Unis seraient moins impressionnes par son offre que les Etats-Unis.Quel que soit le sort ultime de sa proposition, M.Gorbatchev aura semé un peu de méfiance et de discorde au sein de l'Alliance atlantique.Alors que les Etats-Unis ont montré de l'intérêt pour la proposition soviétique, lAllemagne et la Grande-Bretagne l'ont accueillie avec une certaine reserve.Comme Mme Thatcher l'avait expliqué a M.Gorbatchev il y a deux semaines, la dissuasion nucléaire est un element essentiel de la défense de l'Europe de lOuest.Les Européens veulent des garanties que le retrait ou la destruction de missiles à courte et à moyenne portée ne les expose pas à une supériorité soviétique contre laquelle leur dispositif de defense ne serait pas capable de riposter.Ils se souviennent encore du sommet de Reykjavik où un accord a failli les dénuer de leurs defenses.M.Gorbatchev s'en souvient aussi et l'Union soviétique a rapidement mis les Etats-Unis en garde de ne pas s'abriter derrière leurs allies et de ne pas laisser trainer les consultations au sein de l'Alliance atlantique jusqu'aux calendes grecques.Ils ont raison : il ne faudrait pas laisser échapper une occasion aussi bonne pour amorcer le processus de désarmement nucléaire a cause de discussions stériles.Pour calmer les inquiétudes des Européens, Washington serait bien inspiré de saisir l'initiative dans le domaine du désarmement conventionnel.Si les forces qui se trouvent les unes en face des autres en Europe étaient moins importantes et mieux équilibrées, il serait possible de diminuer les risques d'un conflit qui pourrait dégénérer rapidement en affrontement nucléaire.Les difficultés viennent une fois de plus des alliés européens qui sont directement impliqués dans le processus.Les États-Unis veulent des négociations entre l'Alliance atlantique et le Pacte de Varsovie \u2014 un processus qui permettrait plus facilement d'établir un lien avec les négociations bilatérales sur le desarmement nucléaire.En revanche, la France et certains autres pays voudraient entamer ces négociations dans une conférence de 35 pays européens \u2014 un forum qui ne promet pas des résultats rapides.il est pourtant important que les États-Unis et leurs alliés puissent formuler une réponse constructive à l'offre de M.Gorbatchev et qu'ils le fassent à temps pour que M.Gorbatchev et le président Reagan puissent se rencontrer au sommet cet automne.Le sommet économique de Venise en mai sera peut-être l'occasion de définir une politique commune.On saura alors si le président Reagan et ses alliés sont aussi aptes que M.Gorbatchev à improviser des propositions hardies.Frederic wacnière k4i OROITS RESERVES TRIBUNE LIBRE Enlever la formule Rand ¦ Le gouvernement devrait enlever le droit a la formule Rand (perception des cotisations syndicales à la source) aux employés de la STCUM qui ont encore une fois pris cn otage les usagers du transport en commun.C'est quand ca l'ait mal au portefeuille que certaines gens comprennent qu'il faut être raisonnables.R.MARCOUX Montreal Chargé de cours outragé A monsieur lean-Guy Dubuc ¦ Dans votre article intitule «Le Financement de l'UQAM» paru dans La Presse du jeudi 9 avril, vous affirmez naïvement que les chargés et chargées de cours de l'UQAM réclament un salaire de $100 l'heure, exigence interprétée a jamais comme injustifiable.(.) Sachez, monsieur Dubuc.qu'une prestation de cours de calibre universitaire se prepare avec minutie, stratégie, analyses et verifications.(.) Nombre total d'heures de travail (dans mon cas): 357 heures.Au salaire actuel le taux horaire revient à $8.26 ($2950 557 h).L'ajustement revendique par les chargés et chargées de cours est de $13.30 ($4750/357 h).Dans le contexte des échelles salariales de l'ensemble du corps social, la demande est-elle a ce point irrecevable?(.) Conjugué au stress de l'ensei- N.B.¦ Priorité est accordée sous cette rubrique aux lettres COURTES (20 lignes et moins) se rapportant a des articles publies dans La Presse.Elles doivent être signées et comprendre le nom, l'adresse et le numéro de telephone de l'auteur.La Presse ne s'engage pas à toutes les publier et se réserve le droit de les abréger au besoin.Les adresser a : Tribune libre, La Presse, 7, rue Saint-Jacques, Montreal H2Y 1K9.gnement, a l'insécurité d'emploi, aux conditions (im)mate-riellcs de travail, noire salaire, véritablement, connote le ridicule.Non, monsieur Dubuc, entre les chiffres que vous omettez d'expliciter, souffle le mécontentement, l'injustice.Votre mépris, d'écrire sans savoir, d'exprimer sans réfléchir, devrait être réservé pour vos silences.Oui.l'enseignement, pour nous, charges et chargées de cours, est une affaire de coeur, il serait temps que soit légitime notre apport a la société.Denis AUBIN Chargé de cours en etudes littéraires Au plus fort la poche ! ¦ le comprends les revendications des charges de cours de l'UQAM, mais de là à les plaindre.À l'assemblée du 6 avril au cégep du Vieux-Montréal, lorsque le president des charges-es de cours s'est dit préoccupé par la qualité de l'éducation, pre-lexle a la mobilisation, j'ai douté, le ne crois pas qu'en doublant leur salaire et en satisfaisant a leurs autres demandes, on changera quoique ce soil .m système d'éducation.Cela améliorera leur condition de vie, c'est tout.(.) Soyez honnêtes! Avouez que vous défende/ vos intérêts et pense/ à votre carrière avant tout.Vous savez, beaucoup de gens font cela, a commencer par les membres de l'administration universitaire.Ralph ROUZIER Montreal Les femmes violentées ¦ Avec mes deux enfants, j'ai été résidente a deux reprises dans un centre d'hébergement pour femmes victimes de violence.Sans cette aide, je n'aurais pas confiance en moi aujourd'hui et encore moins en l'avenir.Les maisons d'hébergement repondent ù un besoin vital de noire société qui encourage trop souvent la violence par ses médias d'informations.Ln cette année des sans-abri, pourquoi ne pas augmenter la subvention des maisons qui offrent un toit, de la nourriture et de l'écoute a des centaines de femmes blessées moralement ou physiquement?Elles pourraient par exemple s'enrichir de monitrices qui s'occuperaient des enfants pendant que les résidentes effectuent leurs démarches (cour, avocat, aide sociale, assistance juridique, recherche d'un logement, déménagement).Tant d'argent est employe a robotiser l'homme ou à faire la guerre, pourquoi ne pas en donner aux maisons d'hébergement qui essaient d'apporter un peu plus d'amour à des êtres défavorises?Cinette CUILBEAULT Pont-Viau, Laval Un monde fou, fou, fou ¦ Comme beaucoup de gens dont les opinions semblent être contraires à la majorité, je crains toujours de les exprimer par écrit.Par contre, je lis quelquefois les lettres des lecteurs et me rejouis lorsque certaines personnes ont le courage de dire ce que je pense.C'est donc avec plaisir que j'ai lu la lettre de M.lean Rémillard dans Lu Presse du 2b mars dernier, lettre dans laquelle il faisait la relation entre les avortements pratiques au Quebec et l'adoption internationale.|e suis entièrement d'accord avec lui sur cette situation et je trouve sa solution tout a l'ait logique.Depuis des années, je peste contre ces avorteurs et avortées qui tuent les enfants par milliers avec la complaisance des gouvernements pendant que des couples, avides de publicité, dépensent l'équivalent de mon salaire annuel pour adopter des enfants sud-américains.Si c'était vrai que le ridicule tue, il resterait peu d'habitants sur la planète.Pour citer le titre d'un film de Spencer Tracy, «It's a mad.mad.mad world».(C'est un monde fou, fou, fou).Jean-Claude SALMAN Anjou, Québec LECTURE Les deux visages d'un siècle PIMM VENNAT ontréal célèbre cette année le centenaire de sa Chambre de commerce.L'an dernier, on célébrait celui de son Conseil du travail.Chacun des deux organismes y est allé de la publication d'un volume racontant à sa façon les événements socio-économiques d'un même siècle, au même endroit, vécu de façon visiblement différente.À lire simultanément Un siècle à entreprendre \u2014 La Chambre de commerce de Montréal 1887 1987, aux Éditions Libre Expression, et Cent ans de solidarité \u2014 Histoire du CTM 1886-1986, chez VLB Éditeur, on a en effet l'impression qu'on ne parle pas de la même période.Chose certaine, on analyse la même réalité avec des yeux différents.On ne peut blâmer les deux organismes d'avoir voulu présenter à leur façon les événements.Mais on peut blâmer les historiens de ne pas avoir pré- sente aux Montréalais une histoire socio-économique neutre de la métropole, de 1886 à nos jours.Pour une ville qui compte quatre universités, chacune avec son département d'histoire, le moins que l'on puisse dire, c'est que c'est curieux.Surtout si l'on compte les nombreux ouvrages produits sur les débats constitutionnels depuis la Confédération ou sur notre histoire politique, tant fédérale que provinciale.Cela dit, les deux ouvrages collectifs sont fort intéressants, d'autant plus que tous deux, présentés dans des formats analogues, sont agrémentés de photos d'époque et faciles à lire.On y apprend que la Chambre de commerce de Montréal est le résultat d'une affirmation nationaliste.«Ni le climat politique ni les mentalités ne favorisaient la collaboration au sein d'une institution unique qui aurait été le Board of Trade», peut-on lire dans l'histoire de la Chambre.«Même si on renonçait a l'idée de collaboration égalitai-re à l'intérieur d'un organisme unique, on croyait fermement que l'essor économique de Montréal et le bien-être matériel de sa population devaient reposer sur l'entente, malgré des situations et des relations souvent discriminatoires.Cette idée est cependant souvent allée à rencontre des aspirations nationalistes, qui se sont toujours identifiées à l'idée de nation et d'État.Cette situation a contribué énormément à perpétuer le sentiment d'une cloison étanche séparant l'activité économique et la vie culturelle et même à faire planer, en diverses périodes de crise, certains doutes sur le patriotisme et l'enracinement des hommes d'affaires francophones.» Si donc, de l'aveu même des auteurs de l'histoire de la Chambre de commerce, «les hommes d'affaires ont pendant longtemps soulevé la méfiance, sinon l'hostilité)», les syndiqués n'ont guère eu meilleure presse.En 1886.les fondateurs du Conseil du travail décrivaient son but en ces termes: «Que nos enfants soient plus heureux, plus libres, plus instruits et plus prospères que nous le sommes.» Les fondateurs des deux organismes avaient choisi, chacun dans leur domaine, «l'affirmation collective».Pendant longtemps, les dirigeants, tant de la Chambre de commerce que du mouvement syndical local, se sont heurtés à l'idéologie dominante qui proclamait, tel Monseigneur Louis-Adolphe Paquet à l'occasion des fêtes de la Saint-lean-Baptistc, que «notre mission est moins de manier des capitaux que de remuer des idées».Cent ans plus tard, il y aurait lieu qu'un historien neutre rédige une véritable histoire socio-économique de Montréal.Un siècle à entreprendre \u2014 La Chambre de commerce de Montréal 1887-1987, Editions Libre Lxpres-sion, 191 pages.Cent ans de solidarité-Histoire du CTM 1886-198b, VLB éditeur, 150 pages. LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMED118 AVRIL 1987 Plus B3 LIBERATIONS CONDITIONNELLES mm mm.Le cas Chartrand donne espoir aux autres détenus iOVCI HAPIER cclf ous avez réhabilité ma conscience.» C'est ainsi que Réal Chartrand, 43 ans, ancien condamné à mort, a remercié il y a 15 jours un jury d'Assises qui venait de décider presque unanimement qu'il était désormais admissible à une libération conditionnelle.Un chapitre venait de s'inscrire dans les pages d'histoire du droit canadien, et ce n'est pas parce que le prisonnier, fers aux pieds, avait les larmes aux yeux ni parce que ce verdict était accueilli par une nuée d'applaudissements dans la salle.lamais telle procédure n'avait été intentée au Canada.Aussi les avocats de la défense, le représentant du ministère public, ainsi que le juge André Biron, de la Cour supérieure, qui avait instruit ce jury de sept femmes et cinq hommes, n'étaient pas toujours surs de la façon d'interpréter l'article de la loi qui permet, depuis 1976, aux prisonniers condamnés à la perpétuité de demander à leurs pairs, après 15 ans, de décider si la peine a été suffisante.D'ici à la fin juin, la commission des libérations conditionnelles, après avoir mené son enquête, décidera si une remise en liberté est de rigueur, si le prisonnier devra attendre encore avant de réintégrer la société ou si, progressivement, il pourra redevenir un homme libre.Real Chartrand avait déjà purgé 15 ans de pénitencier pour le meurtre, en 1971, de l'agent Gabriel La-bclle, de la police municipale de Sainte-Thérèse.Le 4 avril dernier, il ne cachait pas sa joie, lorsqu'après qu'on lui eut enfilé les menottes pour le reconduire à l'établissement Leclerc, il s'est retourné vers les cameras de télévision, levant vers le ciel ses deux mains liées en signe de victoire.Une premiere étape Le prisonnier n'a franchi que la première étape de sa bataille.C'est au tour de la Commission nationale des libérations conditionnelles de décider du sort de ce fils de plâtrier de Villeray, à la feuille de route peu flatteuse, qui veut maintenant devenir écologiste.« M.Chartrand doit maintenant convaincre la commission qu'il ne représente plus un danger pour la société », a dit le directeur des communications de la commission, à Ottawa, M.Andrew Roy, dans une entrevue avec La Presse.Quatre commissaires devront décider si le prisonnier « a le potentiel voulu pour devenir un citoyen respectueux de la loi ».Pour ce faire, une batterie d'experts passera à la loupe le cas Chartrand.De nombreux observateurs ont été heurtés par cette décision, combien dangereuse disent-ils, de donner une chance à celui qui a fait feu sur un policier dans l'exercice de ses fonctions.Mais le jury, composé de 12 citoyens, n'a pas remis ce détenu en liberté.Il lui a simplement ouvert une porte.Un autre détenu de Leclerc avait dit.après la décision du jury, que la commission avait maintenant « l'obligation morale de le libérer ».Faux, de rétorquer M.Roy.Ce verdict n'est qu'un des éléments à peser dans la balance.Il y a plus, bien plus que cela.D'autres éléments Tout d'abord, les quatre membres de la commission, dont deux permanents et deux commissaires communautaires \u2014 qii peuvent être policiers enseignants ou agents immobiliers \u2014 devront recueillir une montagne de documents : le casier judiciaire de Réal Chartrand, les rapports de police rédigés après le meurtre, les directives du juge aux jurés à son procès en 1972, les rapports du pénitencier et des organismes sociaux qui ont eu un contact avec le prisonnier.Un agent des libérations conditionnelles fera une évaluation communautaire pour tâter le terrain.La police sera consultée ainsi que des psychologues, des psychiatres et les membres de la famille Chartrand.D'ici quelques mois, une date sera fixée pour l'audition de sa requête et le prisonnier sera entendu à nouveau.Des statistiques indiquent que des quelque 5 000 requêtes pour des libérations étudiées par la commission, de mars 1985 à mars 1986, seulement 32 p.cent ont été accordées.À la même époque, l'année précédente, plus de 60 p.cent des requêtes étaient rejetées.Il y a plus, d'expliquer M.Roy.70 p.cent des détenus libérés par la commission n'ont plus jamais donné de fil à retordre aux autorités.Des 30 p.cent qui restent, la moitié a manqué à ses conditions, sans commettre pour cela de crimes, et l'autre moitié a récidivé.Malgré les données quelque peu encourageantes, le président de la Fédération des policiers du Québec, M.Jean-Guy Roch, se pose des questions.La décision du jury dans l'affaire Chartrand n'a pas démoralisé les policiers, dit-il.Ça les inquiète.Les dangers « Ça va permettre à quelques criminels de sortir plus vite qu'il ne fallait », a dit M.Roch, porte-parole de 8 300 policiers municipaux, en ajoutant qu'écourter des peines de prison pourrait entraincr une recrudescence de crimes.D'après les données de M.Roy, il y avait en 1986 dans les pénitenciers du Canada 1 543 détenus condamnés à perpétuité.De ceux-ci, 323 purgent une peine minimale de 25 ans.comme Réal Chartrand.Pour 220 autres, les peines varient de 11 à 24 ans.« Un grand nombre pourra se présenter devant un jury », souligne M.Roy.ajoutant que « 25 ans c'est long, c'est très long, on a beau dire que ce n'est pas assez.C'est long ».La commission pourrait accorder a Réal Chartrand une libération totale qui commencera par des absences temporaires, sans escorte, pour faciliter sa réintégration.Le prisonnier pourrait également jouir de congés quotidiens pour ensuite être placé dans une maison de transition.On pourrait également décider qu'il n'est pas prêt à sortir.Quoi qu'il en soit.Réal Chartrand ne sera jamais tout-à-fait un homme libre.Il aura toujours à se rapporter à un agent des libérations et devra le tenir au courant des changements dans sa vie familiale et au travail.Il devra garder la paix, faute de quoi il retournera à la « cabane ».Le premier En faisant cette requête, Réal Chartrand n'a pas joué à saute-moutons avec la loi.Il a seulement été le premier à mettre à l'essai l'article du Code penal datant de 1976 qui a pris la place du paragraphe sur la peine de mort.La décision du jury, qualifiée de « très humaine » par les avocats du prisonnier, Mes Robert Sacchitelle et Michel Marchand, démontre peut-être qu'une société qui condamne sait aussi pardonner et que si, preuve en main, un meur; ier peut convaincre ses pairs qu'U a payé cher cet acte insensé et qu'il veut réparer, il y a moyen de satisfaire tout le monde.Celui qu'on croyait perdu et qu'on voulait éteindre pourra servir d'exemple à bien d'autres détenus qui, comme lui, n'avaient plus d'espoir, et pire encore, n'avait plus rien à perdre.Ainsi, disent de nombreux observateurs, Icj prisonniers verront briller une lumière au bout du tunnel des 25 ans fermes et chercheront a sortir plus rapidement, sans filer à l'anglaise, par la grande porte.L'atmosphère toujours tendue des pénitenciers n'en deviendra que moins suffocante.Louise Grignon, psychologue à l'Institut Leclerc, qui a témoigné pour la défense dans la cause de Réal Chartrand, disait après le verdict qu'elle s'attendait à voir plus de clients maintenant qui ne chercheraient peut-être qu'une « motivation » pour se reprendre en main.La révolte pourrait céder la place à une activité plus constructive, la réparation, puisqu'il y a une lueur d'espoir, une récompense, une sorte de pardon.«Toute la religion catholique ne tiendrait pas debout s'il n'y avait pas de pardon », a dit lean-Louis Lèves-que, 44 ans, détenu à Leclerc, condamné en 1977 à 25 ans minimum lui aussi, comme Réal Chartrand.« Il y a quelque chose qu'il ne faut pas oublier dans le système, c'est la dimension humaine.» Et si on injectait cette dimension humaine dans un système qui tend à n'en fa'.re qu'une bouchée, où serait le mal?m.Lysiane Garjnon \u2022 Vous avez réhabilité ma conscience.* C'est ainsi que Réal Chartrand, ancien condamné à mort, a remercié les Jurés II y a 15 Jours.Pâques à New York Sombres canyons bordés de gratte-ciel, centre mondial de l'art contemporain, ultime refuge de l'individualisme, creuset où s'opposent, dans une violence continue mais sans l'explosion qui ferait tout sauter, l'extrême richesse et l'extrême pauvreté, New York n'est pas la plus belle des grandes villes mais c'est la plus excitante, celle où le principal divertissement ( le spectacle de la rue ) coûte le moins cher, celle où l'on peut faire ce qu'on veut quand on le veut, où les restaurants vous servent à toute heure du jour, où les librairies ouvrent la nuit, où les conventions n'existent que pour être brisées, où tout ce qui s'achète peut être trouvé, les truffes blanches d'Italie, les meilleurs fromages de Normandie, les vases les plus précieux d'Extrême-Orient.et aussi le talent, oui, le talent, car cette ville, aussi culturelle que matérialiste, déborde non seulement d'objets mais de matière grise.* * * La première fois que j'y suis allée, c'était avec ma mere, avant que New York ne devienne dangereuse.Une fille seule pouvait se promener presque n'importe où.Nous logions au « Y », parce que c'était bien situé, au coeur de « mid-town ».|e me promenais autour de Times Square, dans Harlem ou le long des rives de Manhattan.partout où, dix ans plus tard, je n'aurais pas osé aller seule.l'ai « fait » tous les magasins, pour les aubaines, c'était l'époque où les vêtements coûtaient moins cher à New York qu'à Montréal, l'ai découvert, dans le plus parfait ravissement, le festival annuel de la petite Italie qui occupait tout un quartier, assiste a un service religieux dans une église baptistc de Harlem.Nous étions les seules Blanches dans l'église.Le pasteur parlait de discrimination et d'injustice, et son sermon, ponctué par les interjections de la foule ( yeah-ah-ah.so-o-o right.), s'est peu à peu transformé en spiritual, tous les fidèles chantaient en se balançant au même rythme, c'était extraordinaire.Ensuite New York, désertée par ses industries traditionnelles, en proie à de terribles tensions raciales, allait acquérir sa réputation de ville dangereuse où tout passant s'aventurant sur le trottoir, entre la portière du taxi et le vestibule du restaurant, risquait d'être victime d'un « mugging ».Réputation largement exagérée, faut-il dire, l'ai des amis qui n'ont jamais quitté Manhattan depuis 20 ans, et la seule fois où ils ont été agressés, c'est lors de leur unique escapade en dehors de New York, en débarquant à San Francisco ! Mais les Québécois virent à peine le déclin de New York, car alors ils n'avaient d'yeux que pour la France, lusqu'au milieu des années 60 environ.New York avait été la destination urbaine favorite des Montréalais : à deux chauffeurs, partis à l'aube, le trajet prenait moins d'une journée ! Mais la montée du nationalisme souverainiste, conjuguée à l'anti-americanisme provoqué par la guerre du Vietnam, allait détourner de New York un grand nombre de ses anciens fidèles.Quand on voulait se plonger dans une grande ville, dans une vraie capitale internationale, c'est à Paris qu'on allait.Les Européens qui mettaient le pied en Amérique n'avaient rien de plus presse que d'aller voir Manhattan, mais à Montréal, la voisine si proche, on faisait comme si New York n'existait pas.C'est vers le debut des années 80 que j'ai cru constater un changement de cap.Tout à coup, on entendait de plus en plus de gens projeter des vacances à New York, on rencontrait de plus en plus de gens qui en revenaient.Paris reste, bien sûr.comme a toutes les époques, un pôle irremplaçable, mais New York a repris sa place d'an tan.Que cela ait coïncidé avec le référendum et le déclin du nationalisme me parait être un détail intéressant, mais je ne me risquerais pas a y voir une relation de cause à effet.Je suis sure que d'autres facteurs ont joué dans le regain d'intérêt des Québécois pour New York, notamment la fulgurante remontée de la ville, due essentiellement à sa vitalité culturelle : les arts, déjà omniprésents, ont occupé plus de place encore, comblant le vide économique laissé par le départ des manufactures.* * * Pâques a New York sera merveilleux cette année, s'il y fait aussi beau que le weekend dernier.Les cerisiers et les magnolias étaient en fleurs.Le soleil dansait sur l'asphalte et la brise faisait tournoyer les papiers, les petits déchets qui jonchent le sol, dans cette ville où la saleté n fini par faire partie du décor, comme les coquerelles dans les appartements : autant de signes de vie bouillonnante, irrepressible, envahissante.S'asseoir dans le métro, regarder les visages : le monde entier défile devant vous.New York a ceci de particulier que c'est une ville de minorités.Probablement la seule ville au monde qui soit sans majorité dominante.New York échappe aux Etats-Unis.C'est le seul endroit où les White Anglo-Saxon Protestants sont minoritaires, le seul où la culture wasp ne passe pas.Sauf dans les banques et l'Establishment des affaires, qu'ils continuent à contrôler, les « wasps » sont invisibles à New York, dont le noyau est forme par les Juifs, les Italiens, les Irlandais, les Noirs et les Porto-Ricains, à la frange duquel s'aggglutinent d'autres colonies plus nouvelles.Les Juifs dominent dans les industries culturelles, les Irlandais dans la police, la politique, les Italiens dans le petit commerce et la construction, les Asiatiques y sont, comme partout, actifs mais discrets, les Noirs et les Porto-Ricains sont au bas de l'échelle mais de ce prolétariat dont une partie est plongée dans une misère sans issue ( la moitié des jeunes Noirs sont en chômage ), émerge une nouvelle bourgeoisie en pleine ascension sociale, et des secteurs entiers de Harlem sont en voie de « gentrifica-tion ».Culturcllcment parlant, ce sont surtout les Juifs, les Noirs et les Italiens qui ont donné le ton à la ville.C'est pourquoi New York est une ville chaude, émotionnelle, tendue, débordante de vitalité, et qui n'a rien à voir avec les villes puritaines de la Middle America.Il y a plus de Juifs à New York qu'en Israel : deux communautés supersposées venues de deux vagues d'immigration différentes, celle des Juifs allemands, plus instruite et plus européanisée à l'arrivée, qui a vite adopté les signes extérieurs de la culture wasp ( la réserve, pat exemple : c'est de ce milieu qu'est né le New York Times, et sa présenta-tien discrète, conservatrice, super-wasp ), et celle des |uifs venus des shfef/d'Europe de l'est, moins assimilés, moins policés, plus flamboyants, audacieux, ima-ginatifs, et qui, d'une génération à l'autre, ont grimpé les échelons, et succèdent maintenant aux Juifs allemands : à la direction du prestigieux New Yorker, par exemple.Mardi, suite sur New York B4« Plus LA PRESSE, I MONTRÉAL, SAMED118 AVRIL 1987 TERRE DES HOMMES: 20 ANS DEJA Expo 67 a montré qu'on pouvait faire de la philosophie dans la Joie SUITE DE LA PACE B 1 saieni dans les îles, non seulement pour tomber sous le charme magique de l'ambiance qui régnait, mais aussi pour musarder à côté du courant Suinte-Marie qui passe, tumultueux le long des ilcs, ou pour goûter les cuisines mystérieuses aux pavillons de l'Inde ou de l'Iran, ailleurs dans Montréal, en particulier à la Place des Arts alors toute neuve, se déroulait le Festival mondial.Le Bolshoi, Maurice Chevalier.l'Opéra de Paris.Marlene Dietrich.Gilles Vigneault, le theatre Kabuki.l'Armée rouge, le Theatre du Nouveau-Monde.et dix fois plus! Ce Festival a.en six mois, par quelques centaines de trait*:, fait le portrait des arts de ia scène aux quatre coins du monde, révélant en pleine lumière un autre aspect de l'être humain créateur.Une expérience humaniste.Le l'estival mondial a été « une féie, un ensemble de manifesta-lions artistiques s'élevanl au-dessus du niveau des programmes courants, pour atteindre le niveau de la cérémonie exceptionnelle, célébrée dans un lieu prédestiné.» selon la définition de l'Association internationale des festivals de musique.C'est l'opinion de Maryvonne Kendergi, qui signe le chapitre sur le Festival Mondial, dans l'Album-mé-inorial officiel d'Expo 67.Elle place cette définition en exergue de son texte.Avant l'Expo, à l'extrémité est de l'Ile Saint-Hélène, un reste d'ilot marquait un haut fond parfaitement visible du haut du pont lacques-Cartier; l'eau n'y était pas belle et le terrain impraticable.Le Montréalais connaissaient ce récif sous le nom de l'Ile Ronde.L'homme se mit à l'oeuvre et en fit La Ronde.Pendant l'Expo, c'est au parc d'amusement qu'on allait finir sa journée de visite.La Ronde, elle aussi, a contribué à faire en sorte que la réflexion philosophique, poussée ou à peine amorcée, inconsciente ou parfaitement lucide, mais en tout cas inévitable pour tous les visiteurs, se fasse en beauté, dans un air de fête, au milieu de couleurs, de jeux et de musique.Expo 67 a montré qu'on pouvait faire de la philosophie dans la joie.Chacun l'a fait à sa manière, chaque nation participante a montre son humanisme propre.C'est ainsi que le regretté Raymond Grenier, journaliste à La Presse, qui a été LE chroniqueur des quatre années de la préparation de l'Expo jusqu'à son départ du journal, il y a vingt ans ces jours-ci, juste au moment où les iles allaient accueillir leurs premiers visiteurs, a écrit le 15 avril 1967.dans une de ses toutes dernières chroniques, que Terre des hommes a été la recherche d'un « humanisme oecuménique ».PHOTO MICHEL GRAVEL, LA PRESSE La mystérieuse Place d'Afrique, lieu privilégie de dépaysement était presque chaque jour animée par des spectacles en plein air.Les visiteurs en avaient a satiété tant par les pavillons que par les événements spéciaux quotidiens.À gauche, Habitat 67, et au premier plan, la poupe du célèbre Bluenose II, le voilier des pièces de dix cents; à droite, un navire de la marine de guerre canadienne ouvert aux visiteurs; au centre, le pavillon thématique L'homme dans la cité.PHOTO MICHEL GRAVEL.LA PRESSE Homme, énorme stabile de Calder.La plus grande sculpture de l'Expo se dresse encore, solitaire, dans l'île Sainte-Hélène.«if I PHOTO PIERRE McCANN, LA PRESSE photo MtcHEL gravel, la presse L emblème, profondément gravé dans le béton, Place des na-Une vue vers I est de l'île Notre-Dame, depuis le pavillon du Canada.Le cône plus pâle est le sommet d'un des plus modestes pavillons tions, évoque la ronde humaine formant la Terre des hommes de l'Expo, celui qui a été officiellement inauguré le premier: l'Ile Maurice.C'est une création de Julien Hébert, de Montréal LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMED118 AVRIL 1987 Plus \u2022 B 5 TERRE DES HOMMES: 20 ANS DEJA i'Expo est pratiquement morte Les Montréalais vont bientôt retrouver leur fenêtre sur la ville mis LW Exposition universelle de Montréal de I967, cette fête éblouissante du temps de la « révolution tranquille », prend un certain temps a passer a l'Histoire.Ce fut un si beau « party » que la municipalité a bien hésité à y mettre un terme.Ce n'est qu'aujourd'hui, en réalité, soit vingt ans précisément après son ouverture, qu'on peut la déclarer morte avec certitude.Morte matériellement, va de soi, car certaines retombées spirituelles de fraternité et de camaraderie, de partage international sont encore présentes en bien des coeurs.Dans l'esprit des concepteurs et des organisateurs de l'exposition, les terrains et le parc de l'île Saint-Hélène devaient « revenir » aux Montréalais plus ou moins intacts et agrandis après la fête.Or cette restitution pleine et entière ne sera complete que dans les mois a venir; les administrateurs municipaux promettent d'enlever les dernières clotures qui enferment encore ces terrains de la fête.Les lieux seront donc réappropriés par le citoyen-pié-ton-piqueniqueur.L'Expo, on M.Jean Emond, président de lAmarc, a la responsabilité de recommander à la municipalité la manière d'aménager les iles de l'Expo et, particulièrement la manière de rétablir les usages de l'île Sainte-Helene.peut le dire, est donc pratiquement morte; vive l'Expo! La grande exposition universelle, rappelons-nous le, surgissait sur du terrain neuf dans le prolongement de la fameuse ile Sainte-Hélène.Sur ce terrain nouveau, 62 pays avaient érigé des pavillons nationaux et les organisateurs avaient construit 150 autres pavillons thématiques ou spécialisés.Le tout dans un environnement de canalisations quasi vénitien; la présence de l'eau, symbole vital par excellence, était effectivement partie importante de l'événement.Une dizaine de pavillons subsistent Une dizaine de ces pavillons \u2014 à peine \u2014 subsistent toujours.Sur I ile Notre-Dame on voit encore les pavillons du Canada, du Québec, de la Tunisie et de la France; sur l'île Sainte-Hélène, les pavillons des Etats-Unis (la carcasse de la biosphère), des Caisses populaires, de la Corée et du lapon ne sont pas encore démantelés.Sur l'annexe de la cité du Havre, on ne trouve plus que le Musée de l'Expo (l'actuel Musée d'art contemporain) et l'Expo-théatre qui devrait être démoli dans les prochains mois pour faire place à un complexe domiciliaire.Le complexe domiciliaire Habitat 67.ne l'oublions pas.était, dans le cadre d'Expo, un prototype d'habitat contemporain et vit encore.Lt puis, bien sur, à l'extrémité est.le « luna park » de l'Expo, La Ronde, vestige capital, vit tout seul sa vie autonome, financé en partie par le gouvernement du Quebec ($2 millions cette année).La municipalité vient de confier au directeur de l'organisme responsable de La Ronde et de certains autres lieux des iles, M.lean Emond.(l'Association récréative, l'Amure) le mandat de rendre aux Montréalais l'espace qui leur avait eteen quelque sorte été ravi pour faire la féte.Comment développer les iles M.Emond nous explique qu'il a pour tache urgente de déterminer comment « le potentiel récréatif et touristique » pourra être développé dans les iles.Les nouvelles iles du fleuve n'ont pas vraiment été expropriées, précise-t-il, car le club nautique du lac des régates accueille un million de visiteurs par année.Mais les intervenants.convient-il.s'étaient effectivement rendu compte que l'autorité, sur les iles, est morcelée; que l'unité des lieux en souffre et que les aménagements ne réalisent pas tous leur Les iles de l'Expo aujourd'hui.Le bassin olympique et le circuit Cilles-Villeneuve ont passablement transformé le visage de l'île Notre- Dame.potentiel.Il manque un « chapeau administratif» à l'organisation des iles.M.Emond ne tergiverse pas.Il dit vouloir, par la rédaction de son rapport, « rendre les iles aux Montréalais».Il respectera ainsi à la lettre, dit-il, la volonté de la nouvelle administration municipale de favoriser des activités douces, comme on dit, par opposition aux grands équipements du tourisme international.Il voudra, une fois pour toutes, « faire tomber les clôtures » et offrir aux citadins ces lieux où la famille se sentait jadis confortable.Dans cet esprit il prévoit que, si tout va bien, le parc-plage du lac des régates sera aménagé d'ici deux ans.Cet aménagement, on le sait, a été promis avec éclat par la nouvelle administration municipale.Et il voudra relier tout ça avec d'autres réseaux verts dans toutes les directions.Pas encore de budget Le président de l'Amarc n'a pas encore de budget pour réaliser ses etudes.Tout n'est qu'a l'état de projet et on ne sait pas encore par qui l'aménagement des iles sera entrepris.Selon certaines indications, le nouveau service d'urbanisme de la ville interviendra sur cette question.Le directeur des relations publiques d'Expo 67.M.Yves |as-min.quant à lui, se trouvait au centre de la sphère d'autorité.avant et pendant l'exposition.Il nous confirme que, dans l'esprit des organisateurs, la fête ne devait pas continuer indéfiniment pendant des décennies.C'est pourquoi, explique-t-il.les pays participants devaient prévoir, à leur budget, des sommes pour démolir leurs structures.En conservant les pavillons, après l'Exposition.Montréal offrait donc à tous les pays un beau cadeau; les pays économisaient ainsi le coût de la remise en place des lieux et de la démolition de leurs immeubles.Même les parkings des berges, signale M.|as-min, devaient être défaits pour être rendus à leur usage initial, c'est-à-dire celui d'un parc ordinaire favorisant la marche et le PHOTO JEAN-YVES IET0URNEAU.LA PRESSE pique-nique l'été, le ski et le patinage l'hiver Un refuge du citadin harasse Il y a des Montréalais qui s'en souviennent.L'ilc Sainte-Hélène était, il y a 25 ans et plus, le plus agréable des refuges du citadin harassé.L'île était un parc à l'anglaise, avec tout ce qu'il comporte de positif: de beaux arbres, de belles pelouses et des bancs.Il s'y dégageait une atmosphère de grande detente.Le contact avec la nature et les berges du fleuve était direct.Qn s'y rendait en tram et en bus.C'était la meilleure fenêtre sur la ville.Cet équilibre particulier n'a jamais ete rétabli depuis la fermer-ture de l'txpo.Le citadin n'a plus la pleine jouissance de ce beau parc.Le déséquilibre vient des servitudes imposées par les parkings.Le front de l'Ile Sainte-Hélène, cette berge privilégiée, qui fait face au centre-ville de Montreal, a en quelque sorte été expropriée.M.lasmin souligne que « tout », dans l'exposition, y compris ce parking, devait être rétabli dans son étal antérieur.II regrette, toutefois, que la marina de l'exposition ait fermé ses portes.Le directeur de l'Amarc, M.Émond, n'exclut pas la possibilité que cet environnement privilégie de l'ancienne ile Sainte-Heléne soit de adouci et que les promeneurs puissent à nouveau aller déjeuner sur l'herbe des berges.Agrandissement des parkings Les responsables de La Ronde ont annoncé, la semaine dernière, qu'ils agrandi'ont cette annee-ci les terrains de stationnement des iles a l'occasion du Concours international des feux d'artifice.L'année dernière on offrait 4 500 places de stationnement pour les voitures particulières des spectateurs.On en ajoutera I 500 cette année.M.Emond nous dit qu'il ne faut pas voir la une volonté des administrateurs des iles de réduire l'importance de la fonction récréative réservée aux promeneurs ordinaires.Les iles ne seront pas réservées aux automobilistes et aux grands spectacles, a-t-il indiqué.L'Exposition universelle a eu lieu sous le signe de Terre des Hommes, l'ouvrage de Saint-Exupéry.L'auteur, signalons-le, affectionnait particulièrement cette image symbolique, de l'humble jardinier.Du jardinier responsable d'une terre en friche et qui lutte pour sa création contre la mort.Les arbres, l'herbe, les fleurs de l'île Sainte-Hélène, qui repousseront un jour devant la ville, pourront peut-être signifier cette responsabilité de chacun à l'égard de ce qui est vivant et bien équilibré.Que de souvenirs ravive cette photo aérienne prise en 1967.Combien de pavillons pouvez-vous Identifier vingt ans plus tard? B6* Plus LA PRESSE, MONTRÉAL.SAMED118 AVRIL 1987 LE CALVAIRE LIBANAIS Banlieue sud, là où le provisoire obtient sa permanence PAUL MARCHAND collaboration spéciale BEYROUTH Pour un grand nombre de chancelleries étrangères et d'États occidentaux, le nom de « banlieue sud » claque comme un étendard, celui de la terreur et du fanatisme chiite pro-iranien.Dans la difficile et dramatique equation libanaise, les pays voisins ou amis qui chercent à imposer ou à proposer une solution durable au conflit doivent maintenant compter avec ce qui leur apparaît communément comme un cauchemar.Region difficilement penetrable.La crainte qu'elle inspire émane du mystère qui y flotte et des maux dont on l'accuse.Ce quartier populaire est limité à l'est par les régions chrétiennes et par la ligne de demarcation, à l'ouest par la Méditerranée, au nord par Beyrouth et au sud par l'aéroport de Khalde et la montagne du Druzc du Chouf.Au gre des événements et des déplacements de population ( venus de la Bekaa et du Liban sud ) la region s'est transformée en vaste bidonville, zone de laissés pour compte.Ce ghetto est devenu, avec le temps, autonome et indépendant.La banlieue sud ressemble à n'importe quelle autre cité dépotoir agglutinée aux grandes villes et capitales des pays d'Amérique latine, d'Asie ou du Proche-Orient.Urbanisme anarchique et un provisoire qui devient définitif.Des constructions de parpaings grossiers et de ciment mal lissé.Un dédale de petites rues de terre battue qui forment un véritable labyrinthe oii l'étranger se perd aisément.Rares sont les rues goudronnées.Les canalisations d'eau souvent mal posées ou crevées laissent couler de minces ruisseaux d'eau boueuse.Les fils électriques sont raccordés directement sur les postes d'alimentation.Même chose pour le téléphone.Dans ces conditions, personne ne paye sa consommation, d'ailleurs personne ne vient réclamer paiement.La vie est dans la rue La vie réside essentiellement dans les rues, grouillantes de monde des les premières heures de la matinée.Animation traditionnellement commerciale.Les garages sont transformes en magasins de fortune dont les étagères regorgent de marchandises.Les caisses de fruits et de legumes frais en provenance de la Bekaa reposent à même le sol.Les prix ne sont jamais fixes et tout est négociable.Animation bruyante, ponctuée de klaxons des voitures prises au piège des embouteillages interminables.Quartiers populaires comme on en trouve partout au monde, certes.Mais avec en plus les portraits de Khomeiny, les femmes aux foulards blancs et noirs ou noirs sur la tète, d'autres plus impressionnantes encore, en Tchador.Seul le visage étonnamment blanc jaillit de cette masse d'étoffe lugubre.Un monde à part.Une société avec ses propres lois, dictées par le Coran.Des hommes barbus, des drapeaux verts, noirs.Le vert de l'islam.Le vert de l'espérance.Les jeunes, miliciens ou non, arborent des tee-shirts à l'effigie de Khomeiny, de Bcrri ou de Moussa Sadr.Dans les quartiers, miliciens et civils cohabitent.Chez les jeunes, chaque civil ou presque est un milicien en puissance, et vice versa.Four beaucoup l'absence de scolarité, d'apprentissage, de travail.La milice devient une façon souvent facile de gagner sa vie et de faire vivre sa famille.La milice La sécurité et « l'ordre » sont pris en charge par les milices.Amal et Hezbollah.L'État libanais est complèterment absent de celte region ainsi que les services publics.Il y a bien quelques gendarmes, mais leur présence est toute symbolique.l'as d'Etat, par d'ordre légal, pourtant cette « anarchie » fonctionne tant bien que mal.comme réglée par une fonction naturelle.Ces 600 000 habitants, qui vivent sur près de 20 km2, ne forment pas une communauté homogène.Au contraire, la banlieue sud est une région de contrastes et elle n'est pas vouée entièrement a l'obscurantisme religieux fossilisé et à l'intégrisme islamique.La pauvreté la plus absolue côtoie la richesse parfois insolente de Libanais qui ont fait fortune rapidement en Afrique, en Europe ou dans les pays arabes.Des immeubles luxueux dotés d'appartements confortables et modernes se dressent à côté de masures insalubres.Nombreuses sont les femmes à s'habiller à la mode occidentale.Les magasins de cette zone offrent parfois des marques prestigieuses de couture.Les jeunes écoutent du rock et les groupe* anglais, ils visionnent sur des cassettes vidéos les derniers films américains et européens.La pornographie, comme l'alcool ne sont pas oubliés.Dans les arrière-salles des boutiques, dans les écoles, comme dans les rues les filles en tchador se promènent avec d'autres en jupes serrées et en pulls moulants.La moitié de la population est composée de personnes originai- Dans la banlieue sud de Beyrouth, les photos de l'ayatollah Khomeiny sont nombreuses, et semblent veiller sur les gens.Les dégâts que la guérilla a causés dans le sud du pays ont refoulé des milliers de gens vers Beyrouth, transformant la banlieue sud de la ville en un gigantesque bidonville.res de la banlieue sud.Proche de Beyrouth et de ses idées, elles ont été en contact avec les étrangers, les idées et les courants de pensée et les mode de vie occidentaux.Également en contact avec d'autres communautés, les matro-nites, les sunnites.Cette partie de la banlieue sud, plus tolérante et plus moderne se considère comme citadine et rejette l'autre partie qu'elle appelle avec mépris « les étrangers, les immigrés ».Cette seconde catégorie de Chiites de la banlieue sud est issue de la Bekaa ou du Sud-Liban.Les premiers venus à Beyrouth attirés par l'espoir de réussite économique et sociale, la seconde poussée par les événements du Sud-Liban et la pauvreté extrême de cette région.Cette frange de la population, au mode de vi*% plus rude, plus « rustique » est moins attirée vers la ville et ses attraits, encore moins vers un mode d'existence occidentalisé.La tradition religieuse et sociale est de mise, et elle est sans faille.Étant venus à Beyrouth principalement pour faire de « l'argent », les habitants du Liban-Sud et de la Bekaa retournent le week-end dans leur famille.Dans ces conditions les contacts avec la ville sont aléatoires.Souvent peu instruit, tradi-tionnalistcs farouches, l'emprise religieuse est importante sur ces « immigrés ».C'est d'ailleurs dans cette catégorie de personnes que le Hezbollah recrute le gros de ses troupes et sympathisants.Un clivage important Le clivage entre ces deux par-tics d'une même communauté est important.Le « sud banlieusard » d'origine cultive une animosité proche de la haine pour son « frère ».Il l'accuse de vouloir changer son mode de vie, d'importer le courant religieux sévère, bref de l'empêcher de vivre comme il veut.La perspective de faire de la banlieue sud un enclave islamique n'est pas peur demain.La population, dans son ensemble, n'est pas prête à suivre une radi-calisation intégriste.Un État peut se créer à coups de lois et de décrets, mais un peuple, une nation, ne se forge pas de la même façon.Sur une partie de la population peu éduquée, certaines idées fanatiques ont prises, car il est évident que c'est sur le terreau de l'inculture que nait la masse fanatisée et docile.La tyrannie s'exerce souvent sur un peuple inculte.Le courant islamique pro-iranien est bien orchestré au coeur de la région chiite, et avec son cortège de mystère et de peur il tente définitivement .'l'occuper le terrain.Pourtant une lueur d'optimisme, de pragmatisme nous laisse entrevoir que la terreur est la manifestation de l'impuissance.Quand une thèse ou une idéologie minoritaire ne trouve pas d'écho favorable dans la population, il devient tentant de l'imposer.La constante dans l'ambition des personnes vivant dans la banlieue sud c'est justement de la quitter au plus vite.Pour vivre à Beyrouth ou ailleurs.Changer de catégorie sociale et partir définitivement de cette région pour ne plus être considéré comme un élément d'une excroissance de la société libanaise.Partir pour fuir le caractère péjoratif et chargé de souffre de cette trop fameuse banlieue.PAUL MARCHAND csl un journaliste pigiste français en poste à Beyrouth.La sécurité sociale donne le vertige aux Français LOUIS-BERNARD Kt OBIT AILLE collaboration spéciale PARIS C§ est un dossier particulièrement sensible, politiquement, et vertigineux sur le plan économique.Çp porte un nom que les petits Français apprennent à vénérer sur les bancs de l'école : la sécurité sociale.C'est la mère nourricière des Français, depuis la maternité jusqu'à la pension de vieillesse, en passant par les accidents du travail ou de la route, les allocations familiales et l'assurance-chôma-ge- Perpétuellement déficitaire depuis des années, la sécu est donc aussi régulièrement menacée de purges, de mesures d'austérité.Cela a commencé dans les années 70, sous Giscard.Cela s'est poursuivi sous les socialistes.Cela reprend de plus belle ces jours-ci, alors que le (modéré) ministre des Affaires sociales, Philippe Séguin, annonçait cette semaine la création d'un comité des sages, composé de personnalités non-contes-tées politiquement et chargé de preparer après divers rafistolages, des États-généraux de la sécurité sociale.L'événement fera date dans l'histoire de cette noble institution, née des grands idéaux de la résistance, en 1945, sous le gouvernement de Gaulle.Moment de vérité plutôt rude : «Aucune réforme de la sécurité sociale, dit M.Séguin, n'est totalement indolore.» Une dure lutte Sévère bataille en perspective.Même les citoyens les plus désabusés prennent le sujet à coeur.La preuve : la centrale syndicale pro-communiste, la CGT, en pleine dégringolade depuis des années, ne parvenait plus à organiser des manifestations de rue importantes.Le 22 mars dernier, elle a réuni quelques centaines de milliers de personnes \u2014 un événement \u2014 sur le thème : « Non au démantèlement de la sécu.» Le Parti communiste, qui n'a plus rien à perdre, a décidé de faire de ce sujet un cheval de bataille majeur.Même les socialistes comptent l'utiliser, bien qu'avec la prudence louable d'un parti qui compte revenir bientôt au gouvernement.Sur le plan comptable, les chiffres de la sécu donnent le vertige.Théoriquement indépendante de l'État, elle gère à la fois la santé, le chômage, les pensions de vieillesse et les allocations familiales.Le chômage a décuplé en 14 ans (près de trois millions aujourd'hui).La population âgée augmente continuellement (sept cent mille de plus de 85 ans, un million en l'an deux mille).Les progrès technologiques, permettant de soigner ou de prolonger des malades auparavant incurables, coûtent dans certains cas des fortunes colossales ($230 000 dollars pour une transplantation de foie, $2 millions pour l'achat d'un appareil de ré-sonnance magnétique nucléaire, etc.) Un budget '-upérieur a celui de l'État Résultat : un budget total qui dépasse de 15 p.cent celui de l'État, basé sur un système de recettes effroyablement complexe : cotisations salariales, patronales, régime général, régimes particuliers, plafonnement pour les uns, exemptions pour les autres, transferts financiers de tous genres.En 1985, on arrivait à un modeste budget global d'environ $275 milliards.Une masse tellement colossale que le moindre petit dérapage se traduit en déficits impressionnants.Malgré des tours de vis successifs, la diminution des prestations, l'augmentation des cotisations, on prévoit de nouveau pour 1987, un trou de quelque $5 milliards.Bien que le ministère des Affaires sociales ait supprimé le remboursement de nombreux médicaments il y a quelques mois à peine.À la CFDT, centrale syndicale de la gauche moderne, on estime que certains postes de ce budget monstrueux sont incompressibles.« Il y a un coût chiffrable du chômage et du vieillissement de la population, dit lean Marie Spaeth, et on ne peut pas l'éviter.» Après avoir sérieusement rogné sur un régime d'assurance-chômage grand-luxe (exemple des cadres supérieurs au chômage payés à 90 p.cent), on ne peut plus guère diminuer le niveau actuel des allocations, ni leur durée.Il faut payer (133 milliards de francs en 1985).Idem pour le « minimum vieillesse » qui coûte la somme colossale de plus de 500 milliards de francs (1985).La santé Là ou l'emballement des dépenses peut être vaguement freiné, c'est au chapitre médical.Chaque Français dépense plus de $1 500 par année pour se soigner.En valeur constante, cela fait cinq fois plus qu'en I960.Et la course folle continue.L'augmentation globale des dépenses de santé en valeur absolue dépasse les cinq p.cent par année.Assez curieusement, l'existence d'un important ticket modérateur ne change rien à cette progression fulgurante, surtout en ce qui concerne la vente de médicaments (une grande partie d'entre eux n'étant remboursés qu'à 40 p.cent, les autres à 75 p.cent, seules les maladies longues et graves étant prises totalement en charge).Beaucoup de gens, il est vrai, ont des assurances complémentaires qui remboursent le ticket et encouragent la consommation.Mais il s'agit sans doute, en grande partie, d'un phénomène social plus vaste.Dans de grandes villes comme Paris, il y a trop de médecins en quête de clients.Les gens vont les consulter de plus en plus.Aucun médecin ne refuse la petite ordonnance qui rassurera le patient.La médecine libérale de ville a une tendance inflationniste très nette.Même si cette partie des dépenses n'est pas la plus importante de l'ensemble, elle représente plusieurs dizaines de milliards de francs, avec une tendance à la hausse.Le problème majeur reste celui de l'hôpital qui consomme la moitié dts budgets de santé.D'où des idées, des projets, des voeux pieux de « médecine à domicile » et, bien entendu, de prévention, de concertation professionnelle.Mais, pour éviter des dérapages budgétaires encore plus catastrophiques, des mesures énergiques doivent être envisagées, même si le sujet reste tabou.Exemple : la société peut-elle sur une grande échelle payer l'équipement, les soins ruineux de telle ou telle maladie grave, lorsque les espoirs de guérison sont faibles ou qu'il ne s'agit que de prolonger le malade?En clair : doit-on renoncer a de grands progrès scientifiques et médicaux et à leur application générale, faute de moyens financiers?Des questions qui se poseront de manière cruciale, lors de ces états-généraux de la sécurité sociale.Mais dans tous les cas pour les vieux et les chômeurs, il faut trouver de nouvelles ressources, augmenter les cotisations.Le gouvernement Chirac avait imprudemment parlé de « baisse des prélèvements obligatoires » (plus de 45 p.cent du PIB en France).Dans ce contexte, on est sûr qu'on devra les augmenter.Reste à savoir quelle catégorie sociale paiera.Il y a des hurlements en perspective. LA PRESSE, MONTREAL.SAMED118 AVRIL 1987 Plus \u2022 B7 LUNIOUE DESTIN MULTIRACIAL DE MAURICE Des vacances poÈitÈQues à l'ombre cffe l'apartheid KHAN e fut, après l ; ans, mon premier vrai retour au pays natal.Même si le piège politique qui m'était tendu, et dans lequel je devais sau-ler a pieds joints, gâcha mes vacances, pourtant bien méritées.l'avais revu Maurice en I982.mais c'était avec ma famille canadienne, avide de detente balnéaire.Et puis c'était la saison des fêtes, seule période d'évasion pour les Mauriciens, et mon passage se fit donc dans la plus grande discretion.Cette fois, j'y allais seul.Apres un mois de reportage en Afrique australe, je rêvais de me tremper dans les eaux tièdes des lagons et de me prélasser à l'ombre des filaos.sur les plus belles plages du monde protégées des grosses houles par les récifs coralliens appelés «brisants».Peine perdue, puisque la rumeur courait déjà que je venais «assumer la rédaction» du quotidien gouvernemental.Le jeu était transparent: miné par l'arrestation a Amsterdam de quatre deputes transportant de la drogue, la demission de quatre ministres «dissidents» et les attaques du refractaire croisé Harish lioodhoo.son allie de la veille, le Mouvement socialiste militant ( MSM ) du premier ministre Âne-rood lugnauth, noyau mou d'une coalition régnante comprenant les reliques du Parti travailliste l PT ) et du Parti mauricien social-démocrate ( PMSD ).cherchait désespérément a se stabiliser en vue d'élections générales anticipées.Pourquoi m'impliquer moi?Parce que je fus, après mes études au Canada, en 1968, l'un des fondateurs du Mouvement militant mauricien (MMM), et, malgré mes 17 années d'absence, mon nom reste utile à lu classe politique, surtout s'il s'agit de matraquer l'actuel MMM, devenu dans l'opposition, sous le leadership de Paul Berenger, le parti des divisions raciales au lieu de celui de l'intégration nationale, c'est-à-dire le contraire de ce qu'il voulait être.Un démenti La rumeur s'amplifiant, je fus contraint de la démentir.Ce fut la fin de mes rêves de vacances sur les bords de l'océan Indien.Dans la fébrilité pré-électorale gagnant ce pays ou la polémique et les revirements d'alliances tiennent lieu de sport national, alimentant un show politique permanent, demandes d'interviews et invitations à des causeries se multiplièrent.Comment je trouvais le pays après une si longue absence?Qu'est-ce que je pensais de la situation politique?Comment s'annonçait pour la région la lutte contre l'apartheid?Qu'est-ce que j'ai fait pendant ces 17 ans?Avec les exportations des produits textiles talonnant le sucre de canne \u2014 brisant le cercle vicieux de la monoculture \u2014 et avec le tourisme en plein essor, l'économie allait bien, comparée a la déprime que j'avais observée en 1982.Les jeunes étaient au travail et les consommateurs consommaient.Le pays semblait en outre connaître une renaissance écologique, avec des pluies abondantes et une nature luxuriante.Mais sur le plan politique, c'était l'incertitude, la gestion du quotidien, l'improvisation.Venant des pays de «première ligne» en butte aux agressions eco- Je révais de me tremper dans les eaux tiédes des lagons et de me prélasser a I ombre des filaos, sur les plus beiles plages du monde, mais les événements en ont decide autrement.Le premier ministre Jugnauth.nomiques et militaires de l'apartheid, je fus abasourdi par l'apparente inconscience de la classe politique face aux manoeuvres du régime afrikaaner de soumettre et de manipuler ses voisins.Ainsi, un Blanc mauricien du nom de Michel de Senneville fait publier dans les journaux les noms d'hommes d'affaires sud-africains cherchant partenaires locaux pour entreprises conjointes a Maurice.Détail : ces investisseur se spécialisent dans la reexportation.Pretoria ne se préparc-t-il pas ainsi a contourner les sanctions arti-apartheid et à exporter ses produits sous étiquette mauricienne?Le premier ministre lugnauth et le directeur du grand quotidien L'Express ont tous deux tenté de me convaincre que le danger était minime.Histoire Une explication s'impose: connue des Arabes et des Portugais, et brièvement occupée par les Hollandais (installés au Cap en 1052).l'île principale de Maurice (2 000 km carrés), inhabitée, fut occupée en 1710 par la France, qui autorisa des familles issues de la noblesse de l'ancien régime a y développer des plantations de canne a sucre à base de main d'oeuvre esclave charroyée d'Afrique, de Madagascar et d'Asie.A Maurice, aujourd'hui un Etat-archipel stratégique de l'océan Indien, le mot «Blanc» s'applique aux descendants de ces colons français, qui sont à peine 1 p.cent de la population de 1,1 million, mais dont le pouvoir économique a survécu à 1789, à la conquête britannique de 1810, à l'abolition de l'esclavage et l'introduction d'une main d'oeuvre contractuelle indienne après 1840, au suffrage universel, et à l'indépendance en 1968.Le comportement politique des Blancs mauriciens a rejoint historiquement celui des Afrikaaners, surtout avec la poussée démographique des Indiens au 20* siècle: le Ralliement mauricien (RM) de Iules Koenig, ancêtre du PMSD.fil campagne contre le suffrage universel en 1948, année où les Afrikaaners instituaient l'apartheid en Afrique du Sud, en affirmant que «donner le droit de vote au Noir, c'est mettre un rasoir entre les mains d'un singe».Dépassant sa faiblesse numérique par le rayonnement de la langue et de la culture françaises, et l'extension de la foi chrétienne chez les Métis et les Noirs, appelés à Maurice Mulâtres et Créoles, la puissante minorité blanche s'efforça de rassembler « une majorité de minorités» pour stopper la marche de Maurice vers la démocratie et la souveraineté.Les pogroms accompagnant le partage de l'Inde en 1947 offrirent à Koenig l'occasion de s'allier des musulmans en dénonçant «le péril hindou».Il tenta aussi de s'attirer la minorité tamoule.Apres les élections de 1958, le suffrage universel acquis, Koenig remit les rênes du PMSD à un Noir, Gaétan Duval, baptisé «le roi créole», qui mena aux élections de 1967 le combat contre l'indépendance, pour laquelle luttait la majorité hindoue (alors à peine 51 p.cent de la population ) rassemblée autour du PT de See-woosagur Ramgoolam, et épaulée par une poignée de créoles (27 p.cent) et de musulmans (16 p.cent ).Puissants dans l'industrie sucrière, le tourisme et la finance, les Blancs mauriciens, et les Mulâtres, entretiennent toujours des liens suivis avec les Blancs sud-africains.Héritiers du pouvoir politique et de l'État providence légués par le PT, les indo-mauriciens se cherchent entre-temps, comme les Québécois de la Révolution tranquille, un espace économique dans les sociétés d'Etat, les organismes para-étatiques, et les entreprises mixtes et conjointes, notamment dans la Zone franche.Sur cette toile de fond, la polarisation MSM-MMM n'est pas sans rappeller le clivage PT-PMSD d'avant l'indépendance.En 1982.le MMM, en alliance avec le Parti socialiste mauricien (PSM) du franc-tireur Boodhoo, était porté au pouvoir avec la totalité des 60 sièges par un électo-rat qui en avait marre des vieux partis.Jugnauth, ancien président du MMM.était premier ministre, et Berenger.son ministre des Fi- nances, mais un coup de force de ce dernier, véritable «patron » du MMM, devait entraîner la rupture en 1983 et de nouvelles élections.Le MSM de lugnauth remporta la victoire en alliance avec Boodhoo et les deux vieux partis, le PT et le PMSD, ressuscites in extremis pour les besoins de la cause.Le MMM se retrouva dans l'opposition, Berenger fut défait personnellement, mais il accepta un siège de «meilleur perdant», un artifice imaginé par Londres pour assurer «l'équilibre racial» au Parlement.Aujourd'hui, Berenger, le Blanc, s'efforce de forger une nouvelle « majorité de minorités» en jouant non seulement sur les différences ethniques, religieuses et linguistiques, mais aussi sur les distinctions de castes au sein même de la majorité hindoue.Quant au MSM de lugnauth, l'hindou, il se retrouve, maigre lui, dans le rôle de stabilisateur a la PT.En attente d une identité A bien des égards, Maurice rejoint les pays moins pauvres, avec 70 p.cent d'alphabétisation, la gratuite scolaire jusqu'à la fin du secondaire, un taux de croissance démographique de 1.6 p.cent et une espérance de vie de 69 ans a la naissance.Mais le pays, jeune et diversifiée, est en attente d'une identité.La Chine, l'Inde, l'Afrique, l'Europe et l'islam s'y côtoient et s'interpellent en créole, en français et en anglais ( la langue officielle), et les langues asiatiques, indiennes et chinoises, y sont bien vivantes.Il n'y a ni littérature ni presse qui exprime l'expérience mauricienne dans sa complexité.Une bourse des valeurs est promise pour l'an prochain.La conscience territoriale elle-même est floue, limitée a l'île ~~\"rZ iatre ^Bornei .Vatoas ^Tgrriarm Cure&ipe Gtande Rivièfp-S I.m-Route importante Q__km_ 3 (COMORES iOALBGA > S* f 0)1 MAURICE * ! $ I REUNION-' V «CCfliûi/tS principale ( l'ancienne Ile de France), comme en 1965.lorsque Londres détacha les Chagos de Maurice et céda l'atoll de Diego Garcia aux Etats-Unis pour 50 ans.«Si la France devait occuper Saint-Brandon, je suis sur que cela laisserait indifférents les Mauriciens», assure le directeur de L'Lxprcs*.Maurice conteste désormais l'occupation anglo-américaine des Chagos, et française de Tro-melin.et revendique la souveraineté sur ces deux archipels, bien qu'il soit a la fois membre du Commonwealth et de la Francophonie.A l'écoute de l'actualité sanglante venant du Punjab, du Sri Lanka et d'Afrique du Sud.les Mauriciens apprécient chaque jour un peu plus, cependant, leur destin unique de société pluraliste et multiraciale, «miracle de l'Histoire» dans ce coin de la planète, destin qui sera en jeu aux prochaines élections.En ce qui me concerne, je décollais de l'aéroport de Plaisance le 2b mars près avoir pris un véritable bain politico-culturel a Maurice.Mais pour ce qui est du repos bien mérite, je ne pus aller a lu mer que deux fois en 12 jours.La prochaine fois, je prendrai mes vacances en Floride.Puissants dans l'industrie sucrière, les Blancs mauriciens, et les Mulâtres, entretiennent toujours des liens suivis avec les Blancs sud-africains.La guerre des puces fait des pas de géant LILLIAN GINOZA eotlaborath >» spicialt TOKYO Avec ses sanctions contre l'électronique japonaise, Washington semble avoir gagné une bataille dans la guerre prolongée qui oppose l'industrie des semi-conducteurs U.S.à son homologue asiatique.Mais comme d'autres mesures protectionnistes, elles ne sauront a la longue enrayer l'assaut nippon du high tech, un des derniers bastions de la suprématie occidentale.Ce n'est pas que l'industrie reste indifférente aux tarifs douaniers qui auront pour effet de doubler le prix de certains de ses produits sur le marché américain.Les grands de l'électronique \u2014 également producteurs de semiconducteurs \u2014 souffrent d'une surcapacité de production de « puces» à la suite de plusieurs années folles d'investissement et la récession dans l'industrie informatique.Leurs produits électroniques grand public (téléviseurs, magnétoscope, ordinateurs personnels) sont déjà taxés par le yen fort à l'exportation.Avec les sanctions, «ces firmes, au lieu d'afficher de mauvais résultats dans le secteur semi-conducteurs et une performance moyenne côté électronique, .auront désormais à annoncer de mauvais ré- sultats partout», estime un analyste de la banque Morgan Stanley a Tokyo.11 y a 10 ans, la guerre des puces était encore impensable, telle l'avance des Américains était énorme.Ces petites tranches de silicium, le coeur et la tete de l'informatique, n'ont-elles pas été une invention U.S.V Mais les Japonais se sont jetés dans la course, et l'an dernier ont dépassé les Etats-Unis pour la part du marché mondial: 44 pour cent contre 43 pour cent.Dans le cas des puces de mémoire les Japonais dominent de loin, avec plus de 90 pour cent du marche.Semi-conducteurs «standard», les puces mémoire ne réfléchissent pas mais se contentent de stocker l'information.(On re-conuait encore aux Américains une suprématie dans les puces capables de traiter l'information.) Lorsqu'un ralentissement à partir de 1985 dans l'industrie informatique commence à comprimer la demande globale des semiconducteurs, les Juponais réagissent par le «dumping».Autrement dit, pour préserver leurs marchés et en gagner d'autres, ils n'hésitent pas à casser les prix.Leur filet de sauvetage: l'électronique, qui avant la hausse du yen, dégageait des profits spectaculaires.Résultat : un à un les fabricants de semi-conducteurs U.S.\u2014 la plupart des « venture capitalists* dont le succès tient des idées et non pas d'une trésorerie musclée \u2014 abandonnent la production des puces a mémoire pour se concentrer sur les micro-processeurs (puces de traitement de l'information).Erreur de stratégie, car le développement des micro-processeurs dépend des progrès faits chez leurs cousines moins sophisti quées, les puces de mémoire.Aujourd'hui, selon une source de l'industrie japonaise, «les Américains cherchent à y remettre les pieds».L'accord sur les semi-conducteurs du 31 juillet dernier aidera-t-il l'industrie U.S.à recouvrer le terrain perdu?Les résultats jusqu'à present semblent indiquer le contraire.Sous la pression du puissant ministère du Commerce international et de l'industrie, Fujitsu, NEC, Hitachi, Toshiba, et compagnie acceptent le pacte qui va relever de 30 pour cent les prix de leurs puces mémoire sur le marché américain, lis promettent également de cesser le dumping dans les pays tiers.En même temps, le Japon se doit d'ouvrir son propre marché de semi-conducteurs aux Américains qui n'en détiennent que 10 pour cent (contre un 43 pour cent mondial).Mais très vite cet accord, dont les plus cyniques annoncent d'emblée qu'il n'en tiendra jamais, va présenter des faiblesses inattendues.Les exportations de puces vers les Etats-Unis diminuent, conséquence inéluctable de leur hausse de prix.Mais cela engendre des surplus sur le marché japonais, surplus qui font baisser radicalement les prix, juste au moment où les Américains souhaitaient faire leur percée.Un des malheureux effets de l'accord de juillet sera de réduire leur part du marché encore davantage \u2014 celle-ci tombera de 10 à 7,9 pour cent aujourd'hui, un record.Autre résultat de l'accord: la floraison du «marché gris».A Hong Kong.Singapore ou Séoul, un commerce en marge des plus strictes règles va s'instaurer entre acheteurs de puces en quête des prix avantageux et vendeurs prêts à les leur fournir.Sur ce marche, les représentants des firmes américaines consommatrices de puces payeront les mêmes semi-conducteurs japonais moitié moins.cher que s'ils les achetaient aux États-Unis.Mais qui les leur procure, alors que l'accord de juillet interdit le dumping dans les pays tiers?Les grands fabricants nient formellement vendre leurs produits en deçà des prix fixés par le pacte.Mais rien ne les empêche de décharger leurs surplus sur de petites maisons de commerce ou autres intermédiaires qui, eux, se débrouillent pour les faire passer les frontières.Dans l'industrie, on les appelle les «brigades à valises».Et en effet, dans une valise on peut caser des milliers de puces.«Il s'agit d'une marchandise minuscule», rappelle un analyste de l'industrie.Le Miti.embarrasse, avoue qu'il y a dumping mais l'attribue aux petits mulins et épargne l'industrie propre.Néanmoins il demande aux producteurs japonais de réduire la production des semi-conducteurs de 10 pour cent pour les trois premiers mois de l'année et encore de 11 pour cent pour les trois suivants.«Aujourd'hui on peut faire des profits en achetant des puces au Japon et en vendant dans les pays tiers», dit un officiel du ministère.«Nous cherchons, avec la reduction de la production, à rendre le marche gris non rentable».Le gouvernement pense que ces mesures produiront bientôt des résultats, ce qui obligerait Washington à lever les sanctions.Des sources officielles ont même, en debut de semaine, suggéré que la punition « ne durerait pas long-temps» selon des assurances qu'avaient reçues du gouvernement U.S.Les négociateurs japonais.En attendant, l'industrie japonaise prend ses précautions.L'accord sur les semi-conducteurs, du protectionnisme qui n'a pas ose dire son nom, pousse les fabri- cants nippon a chercher des partnerships trans-Pacifique afin de circonvenir les barrières.Fujitsu, contraint par la pression américaine de renoncer a son projet d'aquisition de Fairchild, un géant de la «Silicon Valley», se garde disponible pour des projets éventuels de joint venture avec celui-ci.Toshiba et Motorola, selon un accord annonce en novembre dernier, comptent produire ensemble puces de mémoire et micro-processeurs dans une usine à l/uini, a 350 km au nord de Tokyo, dès le printemps 1988.Toshiba et Hitachi vont également entamer la production des semi-conducteurs aux Etats-Unis, alors que NEC.deja present sur le sol américain, en augmentera sa production.L'accord sur les semi-conducteurs ne couvrant que certains types de puces mémoire, les Japonais aujourd'hui foncent sur la nouvelle generation de puces, a plus grande capacité de stockage.La guerre des puces n'est décidément pas finie.Mais a en juger des résultats jusqu'ici, il ne serait pas difficile d'en prédire d'ores et déjà le gagnant.LILLIAN CINOZA cm une journaliste pigiste gui a ses bu-tv.iu\\ a I okyo. B8 LA PRESSE, MONTREAL, SAMED118 AVRIL 1987 Une Française et son fils tués par la lave de l'Etna AFP CATASE.¦ Une Française et son fils de 9 ans ont été tués hier après-midi sur les flancs de l'Etna à la suite d'une explosion d'origine volcanique qui a blessé son mari et ses deux autres enfants, a-t-on appris auprès de la Protection civile à Catane ( Sicile ).La famille Prévôt, qui réside à Rome, était en train de gravir les pentes du volcan à proximité du sommet avec une dizaine de touristes conduits par un guide lorsque une explosion près du cratère a fait sauter un bouchon de lave.Projetés en l'air, les blocs de lave sont retombés sur le groupe quelques centaines de metres plus bas.Danièlc Prcvot.41 ans.a été tucc sur le coup et son fils Pierre Henri.9 ans, a ete grièvement blessé.Il est décédé à l'hôpital Garibaldi de Catane.Le père.Marc Prevot, 42 ans, attaché à l'ambassade de France à Rome et ingénieur de l'armement, et ses deux autres fils, Hughes et Alexis, âgés de 12 et 15 ans, ont été légèrement blessés.Deux autres touristes ont également été blesses, une jeune femme italienne et un Allemand de l'ouest victime d'une fracture du péroné.Leurs identités ne sont pas encore connues.En I979, une explosion de même nature avait tue neuf touristes italiens et en avait blessé trente autres.La Caroline du Nord et la Louisiane refusent les déchets de New York AFP VENICE, Louisiane M Trois mille tonnes d'ordures transportées nsr Déniche depuis l'Etat de New York et que la Caroline du Nord a déjà refusé d'accueillir, étaient bloquées hier, à 2 200 km de leur point de départ, par les dirigeants de la Louisiane qui affirment ne pas davantage en vouloir.« 'aimerais bien aider les gens de New York, mais nous n'avons pas de place pour ces ordures » a déclaré le gouverneur de l'État, Edwin Edwards.« Nous devons prendre soin de nos propres ordures et New York devra en faire autant.» La péniche chargée d'ordures, en provenance de Long Island où les décharges sont archi-pleines, flotte maintenant dans le port de Venice, à l'embouchure du Mississipi.Un juge de Louisiane a interdit le déchargement jeudi soir et a demandé à la société propriétaire de lui indiquer dans les 24 heures ce qu'elle pensait faire de cet énorme tas de déchets.La péniche et sa barge d'ordures newyorkaises PHOTO AP À LA BAIE, C'EST LA VALSE DES RABAIS UN i Remarquez le prix.Chacun de ces modèles vous est offert à 34.99 «¦V DEUX Faites votre choix.Il y en a sûrement une paire qui vous ravira! TROIS Obtenez 30% de rabais! Faites vite et venez à la Baie.C'est MOINS CHER que vous pensiez à la Bû^ AVIS A NOTRE CLIENTELE MODIFICATION de nos heures d'ouverture durant la grève de la STCUM à notre magasin du centre-ville de Montréal.Les lundi, mardi, mercredi et samedi de 9 h à 17 h.Les jeudi et vendredi de 9 h à 21 h.NOTEZ QUE LES HEURES D'OUVERTURE DES SUCCURSALES DEMEURENT INCHANGÉES.L'ÉVÉNEMENT CHAUSSURES! A.Mocassin sport 'Bay Club'.Rose, blanc Pas exactement tel qu'illustré.6 a 9 avec 1.et 10.Ord.50S 34.99 LA PAIRE B.Ballerine 'Jeunesse' 2-tons.Beau modèle en cuir souple.Blanc/rose, blanc blanc.6 à 9 avec ' et 10.Ord.50$ 34.99 LA PAIRE C.Mocassin 'Jeunesse' en cuir.Blanc, vanille, rose et jaune.6 à 9 avec '/?et 10.*Prix après lancement 50$ 34.99 LA PAIRE D.Escarpin 'Bay Club' en cuir à talon moyen.Blanc, os, rose ou rouge.5'à 10.*Prix après lancement 50$ 34.99 LA PAIRE E.Escarpin 'Bay Club' en cuir à talon bas.Blanc, os.bleu moyen, rose.Pour dames 5'/2 à 10.Après solde 50$ 34.99 LA PAIRE F.Flâneur 'Jeunesse' à talon plat.En cuir du Brésil souple avec première coussinée.Blanc, canari, turquoise.6 à 9 avec V: et 10.Ord.50$ 34.99 LA PAIRE G.Escarpin 'Jeunesse' à talon moyen.Découpe sur les côtés, empeigne perforée avec bouton.Blanc, rose ou turquoise.6 à 9 avec '.et 10.Ord.50$ 34.99 LA PAIRE H.Escarpin 'Bay Club' à talon moyen, avec empeigne perforée en cuir de veau souple.Blanc, os, rose cendré ou noir.5'v à 10 Ord.50S 34.99 LA PAIRE 34 Chaussures pour la tamiile.division Ot 99 LA PAIRE 1/ la aie "]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.