La presse, 16 juin 1986, B. Informations nationales
[" \tbjFOHMtfriONS B NATIONALES LA PRESSE.MONTRÉAL, LUNDI 16 JUIN 1986 JOHN BOSLEY À LA PRESSE «Tout compte fait, c\u2019est un bon Parlement» aucun de ses collègues et se fait accuser d'impartialité des deux côtés de la chambre.« Je ne suis pas là pour faire pencher la balance d\u2019un côté ou d\u2019un autre, s\u2019excuse |ohn Bosley : c\u2019est au député a se servir des règlements.» Une réforme, introduite par le gouvernement conservateur l\u2019an dernier, donne cependant aux députés le pouvoir de se mettre en valeur.Les 28 comités qui ont été créés ont en effet beaucoup plus de liberté de manoeuvre et dans certains cas \u2014 comme le comité des Finances \u2014 cela s\u2019est avéré un succès ( ils ont par exemple posé, avec succès, des conditions à la fusion entre Imasco et Censtar ).Dans d\u2019autres, les députés ne profitent même pas de la chance qui leur est donnée de tester leurs pouvoirs contre des ministres ou de hauts fonctionnaires.Une nouvelle carrière.|ohn Bosley a en outre poursuivi les réformes administratives commencees sous Icanne Sauvé.Ainsi, les budgets des députes ont doublé depuis six ans, et les budgets de recherche des comités ont triplé.Mais des députés plus expérimentés et plus indépendants rendent aussi la vie plus difficile au président.En fait, beaucoup estiment que |ohn Bosley est sans doute le dernier des présidents des Communes à ne pas faire face à une véritable élection pour exercer ses fonctions ( il est actuellement « nommé » par le chef du gouvernement et « élu » sans opposition ).Quand il fut nommé a la présidence de la Chambre des Communes, |ohn Bosley a suscité l\u2019envie de plusieurs de ses collègues : avec l'emploi, viennent en effet toute une équipe d\u2019adjoints, un appartement et une résidence d'été dans le parc de la Gatineau, chauffeur et maître d'hôtel pour les réceptions officielles.Mais la tradition veut aussi que le président des Communes s\u2019abstienne de refaire de la politique active (ses prédécesseurs ont été nommés juges ou ambassadeurs).Jeune député de Toronto, bilingue, indépendant de fortune : tout destinait John Bosley à un portefeuille de ministre.Mais après deux ans à la présidence des Communes, et malgré ses 39 ans, il commence a parler d'une nouvelle carrière.en dehors de la politique.Des visites illégales?H QUÉBEC (PC) \u2014 L'organis-* me chargé de contrôler l\u2019application de l'aide juridique au Québec, la Commission des services juridiques, estime que les visites chez des assistés sociaux par des agents du gouvernement sont illégales et inconstitutionnelles.Dans un avis préparé par un de ses avocats, la Commission affirme que de telles visites d\u2019inspection des agents de l\u2019aide sociale sont contraires aux chartes canadienne et québécoise des droits de la personne.De plus, selon la Commission, la loi de l'aide sociale ne prévoit aucune vérification du genre directement dans la demeure des bénéficiaires d\u2019assistance sociale.Tribune de la presse: pas de fonds détournés OTTAWA \u2014 Celui qu'on appelle, à tort, « l'Orateur » de la Chambre des communes, |ohn Bosley, a droit aux honneurs de la télévision pratiquement tous les soirs.MICHEL VASTEL de notre bureau d'Ottawa Mais on ne le remarque plus, tant il fait partie du décor : tel un arbitre de hockey, il doit rester neutre sur la glace et s\u2019abstenir de faire des commentaires sur les joueurs après la partie.Il faut donc insister longuement avant qu'il se décide à livrer quelques commentaires personnels sur ses 281 collègues de la Chambre des Communes : ¦ « Vous me demandez de juger une classe, confie-t-il, dont la majorité des recrues sont nouvelles : tout compte fait, et malgré ses moments difficiles, c'est un bon Parlement » ; |ohn Bosley sympathise tout particulièrement avec ses collègues conser- vateurs : « député ministériel, c\u2019est frustrant ; il faut du temps pour changer quoi que ce soit au Parlement » ; ¦ sur l\u2019absentéisme, le .président des Communes rappelle qu\u2019on l\u2019a « élu pour siéger à Ottawa.Si je me promenais dans mon comte (de Don Valley Ouest a Toronto) un jour de semaine, mes électeurs me demanderaient ce que je fais ia.Les électeurs jugeront a la prochaine élection, si les absents ont tort ou non » ; ¦ quant aux turbulents membres du « rat pack » libéral, |ohn Bosley les juge avec indulgence : « c\u2019etait une période d'apprentissage, pour eux.et pour moi ».Le président des Communes rappelle cependant qu\u2019en politique « on vit avec la première impression qu\u2019on laisse dans l'opinion publique : cela affectera leur réélection, leur carrière, leurs chances d'accéder un jour au cabinet ».Depuis le 5 novembre 1984 qu\u2019il préside les débats aux Com- munes, John Bosley a eu plus que sa part de crises : démissions de minis.res, scandales ou grands débats politiques donnent lieu à des empoignades spectaculaires devant les caméras de télévision.Quand il sent venir une crise, le président s'isole pendant la demi-heure qui précède la période de questions et tente de faire provision de patience.« Comme dans un match de hockey, la première période est critique : c\u2019est dans les quinze premières minutes que je dois décider s\u2019il faut donner des punitions ou non.» Les nouveaux règlements des Communes donnent toutefois plus de pouvoirs au président, notamment celui d'expulser, sans appel, tout député qui manque aux règlements.Cela semble en avoir calmé plusieurs.Mais le président des Communes se fait peu d'amis, critiqué autant par les membres de l\u2019opposition que par les ministres, il ne peut plus fréquenter Les libéraux adoptent un code d\u2019éthique .sans sanctions ra QUÉBEC (PC)-Les mi-litants libéraux du Québec et les cadres du parti se sont donnes en fin de semaine un code d'éthique, mais ils n'ont pu s\u2019entendre sur les mesures de sanction qui y étaient prévues.Réunis à huis clos, samedi matin et dimanche matin, les 450 délégués au Conseil général du parti n\u2019ont pas réussi a s\u2019entendre sur l\u2019article 10 du projet de code d\u2019ethique qui leur avait été soumis par la Commission juridique du PLQ.On y lisait que « tout membre du Parti libéral du Québec accusé d\u2019un acte criminel est automatiquement suspendu de toute fonction qu\u2019il occupe dans le parti et doit s'abstenir de participer à toutes les activités dans le parti jusqu'à ce que le jugement final et sans appel intervienne.» Selon le président du parti, M.Robert Benoit, cet article faisait fi de la présomption d\u2019innocence et c\u2019est pouquoi son adoption a été reportée à plus tard.La commission juridique avisera des changements à y apporter s\u2019il y a lieu.En vertu de ces réglés de conduite, tout membre du parti doit être loyal envers son parti et envers son chef, doit éviter de compromettre la réputation et la dignité de son parti et doit respecter les lois et règlements existants.Des règles particulières sont prévues pour les membres du comité executif du parti et pour les employés permanents.Chacun d\u2019eux doit remettre au président du parti, à une date à être déterminée, une déclaration contenant ses intérêts dans les services ou les biens qui sont susceptibles de devenir l\u2019objet d\u2019un marché avec l'État.Il devra aussi déclarer le nom de toute société privée dans laquelle il détient des intérêts, ou de toute société publique dont il a le contrôle, et qui est susceptible de faire affaires avec le gouvernement ou d\u2019être partie a un marché avec l\u2019État.Le chef libéral Robert Bourassa est accueilli par les délégués au moment de prononcer son discours de clôture du Conseil général du PLQ, tenu ce week-end.¦| OTTAWA \u2014 Les vérifica-™ tions sur la gestion des fonds de la Tribune de la presse parlementaire à Ottawa ont été complétées en fin de semaine à la satisfaction des membres de la Tribune et de son ancien trésorier, M.Gilbert Bringué.Le comité éxécutif de la Tribune a en effet pris connaissance vendredi du rapport établi par la firme de vérification Arthur Andersen & Cy.Les vérificateurs concluent qu\u2019il n\u2019y a pas eu détournement de fonds, contrairement à ce qu'une lettre anonyme, ayant provoqué la démission de M.Bringué, laissait entendre.Lui-mème membre de la Tribune depuis 14 ans, M.Bringué en était le trésorier depuis 1980.Des élections seront tenues vendredi pour pourvoir à son remplacement.La Tribune de la presse parlementaire compte environ 350 membres et son budget annuel est de $17 000.LIBRE-ECHANGE Une « erreur » ¦| TORONTO \u2014 Les discus-™ sions sur le libre-échange avec les États-Unis sont une erreur et ceux qui les favorisent n\u2019en ont jamais étudié vraiment les conséquences.C\u2019est ce qu\u2019affirmait hier l'ex-ministre libéral Jean Chrétien qui espère que « ce pays qui est le nôtre ne sera pas détruit parce que des Canadiens n\u2019ont pas pensé à toutes les conséquences de ces discussions pour les prochaines générations ».Lors d\u2019une cérémonie à l\u2019Université de York, où il a reçu un doctorat honorifique, M.Chrétien a déploré l\u2019empressement avec lequel le premier ministre Brian Mulroney a accepté d'entamer ces discussions.Le PLC-Québec amorce un rapprochement indispensable avec les nationalistes québécois HI OTTAWA \u2014 En adoptant ™ une résolution qui reconnaît le caractère distinct du Québec dans la Confédération, qui redonne le droit de veto et refait de la province le foyer principal des francophones canadiens, les libéraux fédéraux du Québec ont amorcé un rapprochement indispensable pour leur formation avec les nationalistes québécois qui ne se retrouvaient plus dans le Parti libéral du Canada de John Turner.PIERRE APRIL de la Presse Canadienne Troir, cents membres du Conseil général élargi du PLC section Québec, réunis samedi a Saint-Hyacinthe, n\u2019ont pas hésité et c\u2019est 45 minutes après avoir entendu l'argumentation du candidat déclaré à la présidence du parti, Me Michel Robert, qu'ils acceptaient le texte intitulé « adhésion du Québec à la Loi constitutionnelle de 1982».Trois amendements proposés par le libéral Warren Allmand, ont été défaits et le texte intégral est devenu la résolution qui sera défendue !ors des assises de novembre.Des ex-membres de l'équipe ministérielle de Pierre Trudeau, responsables de l\u2019isolement des Québécois, en 1982, alors que le Québec était exclu de l\u2019accord constitutionnel, étaient là.Les André Ouellet et Serge loyal affichaient un air de soulagement et affirmaient que leur parti venait d'entrer dans une ère de réconciliation avec ses militants d'abord, et le gouvernement du Québec ensuite.Ils se sont aussi sentis forcés d\u2019admet- tre que c\u2019est l\u2019élection d'un gouvernement libéral fédéraliste au Québec en décembre qui a achevé de les convaincre de refaire l'unité au Canada.Il y a eu aussi le changement de cap de leur chef John Turner qui, au cours des derniers jours, a décidé de rompre avec le passé constitutionnel de son parti et d\u2019accorder au Québec ce que Pierrre Trudeau et Jean Chrétien lui ont refusé lors de la signature de l'Accord constitutionnel de 1982, soit la reconnaissance du caractère distinct de la société québécoise, une pleine compensation financière en cas de retrait d\u2019un programme fédéral et un droit de veto sur les modifications aux institutions fédérales.Samedi, les libéraux se disaient que si leur chef avait été capable d\u2019effectuer un virage aussi important, lui qui au moment de son retour en politique en 1984 affichait une vision unitaire et centralisatrice du pays et refusait de reconnaître des droits spécifiques au Québec, ils pouvaient eux aussi le faire.Lieutenant québécois?Ils se rangeaient aussi derière le nouvel homme fort du parti au Québec, Raymond Garneau, qui, contrairement à son chef John Turner en 1984, réclamait toujours la restitution du droit de veto au Québec.Les 45 minutes de débat durant ce Conseil général, qui n\u2019a eu lieu que pour faire passer cette résolution cruciale, n'ont pas soulevé les habituelles passions entre les groupes linguistiques.Après avoir défait les amendements du député Allmand, la centaine de délégués présents dans l'atelier a adopté la résolution.Le texte se réfère à la résolution unanime adoptée à l'Assemblée nationale du Québec en décembre 1981 qui fait état de la sécurité culturelle des francophones et du droit de veto sur le statut des institutions législatives et judiciaires fédérales.Les libéraux se sont aussi engagés à abroger la clause nonobstant (Article 33 de la Charte) ou, si l\u2019on veut, c^tte possibi-lité inscrite de déroger à l\u2019application des droits fondamentaux contenus dans la Charte ; une pleine compensation financière en cas de retrait d\u2019un programme fédéral par une province et une conférence fédéra-le-provinciale, une année après son élection, pour discuter avec les gouvernements provinciaux du pouvoir fédéral de dépenser dans les secteurs de juridiction provinciale.Soulagement Lors de la conférence de presse qui a suivi, l\u2019ex-secrétaire d'État dans le dernier cabinet Trudeau, Serge loyal, a exprimé son soulagement de voir que les libéraux venaient de se reprendre pour ramener le Québec dans la Constitution canadienne avec une proposition précise.« Ce geste, a-t-il dit, représente une étape importante puisque c\u2019est la première fois depuis le référendum de mai 1980 que le Parti libéral du Canada se prononce sur le statut du Québec ».Cette étape a été possible, selon lui, parce qu\u2019il y a maintenant un gouvernement fédéraliste au Québec décidé à avancer.Cette vision a aussi été partagée par le maître du caucus québécois à Ottawa, Raymoni.Garneau.«Tout cela s\u2019inscrit dans la continuité, a-t-il dit, celle du référendum de 1980 et de l'élection du 2 décembre alors que le Québec votait pour un parti fédéraliste ».M.loyal, qui agissait comme responsable de la pléniaire, a précisé les raisons de son soulagement.« Le parti s\u2019est purgé, a-t-il dit, d\u2019un malaise devant une position qui n\u2019arrivait pas à se matérialiser avec le Québec.« Tout à coup, a-t-il poursuivi, la reconnaissance d\u2019une société distincte au Québec, n\u2019est plus perçue comme une autre étape vers la séparation ».M.Garneau a promis de se battre à la tête de la délégation québécoise au congrès libéral national en novembre à Ottawa, pour faire adopter ce texte si possible sans amendement, même si certains doutent que le reste du Canada se laissera tenter par l\u2019idée.Actes de contrition Un autre ex-député libéral défait en 1984, M.Louis Duclos, a déclaré : « Je me sens maintenant plus à l\u2019aise à l\u2019intérieur de ce parti ».M.lacques Olivier, ancien député de Longueuil, laissait lui aussi échapper un soupir de soulagement.Par contre, parmi les 125 résolutions discutées à Saint-Hyacin-the, il y en a qui ont eu moins de chance.Ce fut le cas pour celle des jeunes libéraux réclamant une discussion sur la reconnaissance de l\u2019Organisation de la libération de la Palestine (OLP) comme porte-parole principal des Palestiniens et l\u2019abandon par les Israéliens de leur politi- que d\u2019implantation dans les territoires occupés.Cette résolution n\u2019a pas été discutée faute de temps, ont affirmé les organisateurs.Le député Marcel Prud'homme, un des tenants d une discussion franche sur cette question depuis de nombreuses années, n'a pas apprécié les explications, et la majorité des jeunes libéraux ont manifesté ouvertement leur déception.Pour la sérénité Pour Raymond Garneau, toutefois, il faudra d\u2019abord que les passions s\u2019amenuisent avant qu\u2019un débat serein puisse avoir lieu.« Bien sùr, a-t-il dit, que c\u2019est une question de procédure, qu'il y avait trop de résolutions, mais le débat va quand même se poursuivre.« Mais, a-t-il précisé, lorsque les mentalités auront évolué, on pourra peu-être tenir une discussion sereine.» Entre-temps, il admet sans hésiter que c\u2019est une question qui engendre la division.À la fin de la journée, les membres du Conseil général du Parti libéral du Canada, section Québec, ont accepté de faire suivre toutes les résolutions adoptées au cours des débats au Comité exécutif qui se chargera de choisir les trois sujets prioritaires qui seront présentés par le Québec au Congrès national de novembre.Pendant toute la journée de samedi, l'attention était centrée sur la résolution québécoise sur la constitution.Personne ne voulait discuter de la popularité de leur chef John Turner au Québec, comparativement à celle de Jean Chrétien.\u201cC\u2019est une fête en mouvement.C\u2019est une fête, le coeur au vent\u201d.SOYEZ 06 *-A FÊT£/.;_ B 2 \u2022 \u2022 LA PRESSE, MONTRÉ Al, LUNDI 16 JUIN 1986 ÉmrüRÎAL PAUL DCSMARAIS\tMICHEL ROY président du conseil d'administration\téditeur adjoint ROCS?D.LANDRY président et éditeur CIAUDC GHAVIl directeur de l'mfofmotion JCAN-GUT DUBUC editonolut» en
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