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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
B. Samedi plus
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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Références

La presse, 1986-05-17, Collections de BAnQ.

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[" SAMEDI PLUS LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 17 MAI 1986 LE BATIMENT NE VA PLUS Toujours les mêmes visages.Kg « Ç'u fail 15 ans que je suis \u2014 a l'Office de la construction du Québec (OCQ) ou à la Commission de l'industrie de la construction qui l'a précédée.Ce qui m'étonne dans les négociations actuelles, c'est quand je regarde la plupart des négociateurs syndicaux et patronaux et que je vois sensiblement les mêmes visages, vieillis.Sous le sceau de l'anonymat, un haut-fonctionnaire de l'OCQ.neutre dans cette lutte de titans que se livrent les représentants officiels de 105 0U0 travailleurs qualifiés cl de 15 746 entrepreneurs en construction « actifs et licenciés » explique ainsi le cul-de-sac dans lequel les deux parties se sont engagées : « Ces gars-la ont tellement pris l'habitude au cours des années de voir l'Etal intervenir pour régler leurs problèmes que, dans le fond, maigre leurs déclarations officielles en sens contraire, c'est encore ce qu'ils souhaitent.Kl surtout, ils rie comprennent pas son inaction à peu près totale.Il n'y a pas eu de négociation véritable dans la construction depuis 1979.Ces gars-la oui perdu l'habitude de négocier ».Ce serait pour celte raison, selon lui, que les chantiers ont été fermes hier, qu'ils le seront encore lundi.Les syndicats, extrêmement disciplinés, espèrent démontrer à l'État leur sérieux de façon a ce qu'il intervienne au plus toi, soit pour forcer d'une façon ou d'une autre le règlement des négocia-lions a leur satisfaction, soit pour imposer un décret supérieur aux offres patronales, comme ce fut le cas lors des décrets précédents.Bref, ce qu'on appelle en jargon du milieu, un « décret négocié ».I Du cote patronal, on clame bien haut également qu'on veut garder l'État loin des négociations.Mais les observateurs neutres de l'OCQ et certains permanents d'organisations patronales ne s'en cachent pas : on cherche à provoquer les syndicats, un peu comme au hockey quand on cherche à faire sortir l'adversaire de ses gonds.Une révolte des travailleurs de la base contre l'establishment syndical ou une flambée de violence sur les chantiers réveillerait le fantôme à peine endormi des jours sombres des années 70 et forcerait l'Ctat à intervenir pour, espère-t-on, :< casser » les syndicats.Comment on construit des monopoles Voulant corriger une situation chaotique, le gouvernement québécois créa, en 1968, un monstre qui, depuis, n'a fait que croitre.Après I960, en effet, la CSN, forte de l'adhésion de la grande majorité des employés du secteur public et para-public \u2014 ses effectifs avaient plus que doublé d'un coup \u2014 décida de partir à l'assaut des chantiers de construction où régnaient en maîtres les « syndicats de métiers», la plupart affiliés à la fois à des syndicats américains et à la !TQ.Cela donna lieu à des affrontements violents sur les chantiers entre travailleurs des centrales rivales, avec en toile de fond le contrôle du placement par les syndicats.C'est pour régler ce problème que le gouvernement de l'Union nationale imagina un système en vertu duquel tous les travailleurs de la construction seraient tenus d'être syn- l^r ¦ s T ' «il \"H.fi s.diqués et régis par une seule et même convention collective.La création d'un monopole syndical sur la main-d'oeuvre amena d'autres problèmes et.après le saccage, en 1974, du chantier de la Baie lames, le gouvernement Bourassa créa la Commission Cliche.Or, si elle a suggéré à l'État les moyens de débarrasser les syndicats du banditisme, la Commission a aussi provoqué la création de deux autres monopoles : l'Association des entrepreneurs en construction et l'OCQ.En plus d'organismes plus petits mais importants, comme la Régie des entreprises en construc- tion, qui accorde les licences aux entrepreneurs.La Commission Cliche concluait en effet que les abus syndicaux des années 70 avaient été créés en partie par l'absen- ce d'un organisme régulateur dans la construction \u2014 ce que se veut l'OCQ \u2014 et d'une association patronale-forte, nes'oc-cupant que de relations industrielles, et à laquelle tous les entrepreneurs seraient tenus d'adhérer \u2014 l'AECQ.Des données fausses Cette situation a amené une poignée de gens à décider pour l'ensemble.C'est ainsi que si l'OCQ recense 15746 «entrepreneurs » actifs au Québec, 85,5 p.cent d'entre eux n'ont que de un à cinq employés.De plus, selon un permanent de l'Association des entrepreneurs en construction du Que-bec, environ 16 p.cent de ces « entrepreneurs » n'embauchent personne.Il s'agit d'ouvriers spécialisés qui, pour obtenir plus facilement de l'emploi, se convertissent en « entrepreneurs ».N'étant plus regis par les articles du décret relatifs aux salaires, ils peuvent exiger moins et obtenir ainsi des sous-contrats en plus grand nombre Ce « trou dans la loi ».qui commence a constituer un véritable problème, a été confirmé ù LA PRESSE par l'OCQ.Il ne reste donc, dans les faits, que quelques centaines d'entrepreneurs importants qui décident des positions de l'ensemble du patronal.Du cote syndical, c'est la même chose.Ouelques permanents des quelques centrales impliquées prennent des décisions pour les 105 000 travailleurs détenant actuellement un certificat de l'OCQ les autorisant a oeuvrer dans la construction.Pour régir tous ces gens, l'OCQ emploie 618 personnes actuellement, l'AECQ environ 85.Un nombre sensiblement égal travaille pour les six associations « professionnelles » de.constructeurs.Et on calcule que les syndicats embauchent quant a eux quelque 500 perso-nes, agents d'affaires, permanents et secrétaires.Bref, environ 1 500 personnes dépendent directement, pour leur emploi, de « l'appareil » que l'État a créé au Québec pour régir les \u2022 conditions de travail de 50 000 à 100000 travailleurs, selon les saisons.Déréglementation Devant la lourdeur de cette machine, il n'est pas étonnant que certains cherchent à la déréglementer et cela explique sans aucun doute la décision \\ du ministre du Travail, Pierre-Paradis, de ne pas prolonger le décret.Le députe de Notre-Dame-de-Grâce, Reed Scowen.chargé de conseiller le premier ministre sur la déréglementation, l'a bien dit.Conférencier, il y a quelques jours devant un forum patronal de la construction, il a clairement indique aux entrepreneurs la volonté gouvernementale de déréglementer aussi la construction.M.Scowen ne voit absolument pas la nécessité d'un régime d'exception dans ce secteur.Mais en milieu patronal, le consensus n'est pas fait.Un porte-parole du Conseil du patronat a déclaré à LA PRESSE * qu'il juge prématuré de prendre position là-dessus, ne serait-ce que parce qu'il ne croit ^ pas opportun, en négociation, : de changer les règles du jeu.Sans compter que le patronat craint, presque maladivement, un retour au banditisme des ' années 70 et à la loi de la jungle sur les chantiers si jamais l'État se retirait complètement de la surveillance de l'industrie.Il fait valoir, par exemple, 3 que la négociation chantier par chantier et les dispositions de la loi anti-scab sont inapplicables dans ce secteur.Actuellement, le patronat profite du fait que la construction était devenue un « secteur économiquement essentiel », l'État né .peut tolérer longtemps une grève générale sur les chantiers.Tandis qu'un conflit isolé pourrait aisément pourrir au grand dam du promoteur concerné.Quant aux syndicats, que M.Scowen a également rencon- voir BÂTIMENT en B 6 B 2 \u2022 LA PRESSE, MONTREAL, SAMEDI 1 7 MAI 1986 EDITORIAL PAUL DESMARAiS MICHEL ROY président du conseil d'administration éditeur adjoint ROGER D.LANDRY président et éditeur CLAUDE GRAVEL directeur de l'information JEAN-GUY DUUUC éditorialiste en chef Le gouvernement prolonge l'agonie Apres ces deux semaines éprouvantes, autant pour lui-même que pour son gouvernement, le Premier ministre reste stoïque dans l'adversité.On l'a vu hier aux Communes, visiblement fatigue par son voyage en Asie, affronter l'Opposition avec assurance, convaincu d'avoir trouvé la solution à ses «problèmes domestiques».Ce n'est pas le courage qui manque à M.Mulroney.C'est plutôt la réponse juste et complète à une question complexe et difficile.Pour en finir avec l'affaire Sinclair Stevens, il croit avoir trouve la formule idéale en confiant à un juge de la Cour supérieure l'examen d'un dossier que seul le chef du gouvernement peut vraiment régler.Le Premier ministre semble convaincu que les choses vont maintenant s'arranger.Or elles ne s'arrangeront que le jour où il prendra une décision qui lui incombe en vertu du Code régissant la conduite des titulaires de charges publiques, celle de congédier son ministre de lExpansion industrielle régionale.Celui-ci aurait rendu un grand service à son gouvernement et à son parti s'il avait opté pour une démission définitive.Car la mission que M.Mulroney confie au juge William Parker est particulièrement ingrate.Il est demandé à un magistrat de statuer sur une affaire morale et politique.C'est un domaine dans lequel les juges ne devraient pas pénétrer parce qu'il ne relève pas de leur compétence.On se souvient que le juge en chef de la Cour suprême, M.Brian Dickson, a récemment mis les gouvernements en garde contre une fâcheuse tendance à s'en remettre aux juges pour trancher des controverses de nature politique.Aucune loi n'est en cause dans l'affaire Stevens: il s'agit de déterminer si le ministre, en situation au moins apparente de conflit d'intérêts, a enfreint les régies d'un code d'honneur.Or le juge Parker, dans la meilleure des hypothèses, pourrait conclure que M.Stevens a respecté la lettre du Code, mais qu'il a viole I esprit, les apparences jouant en effet contre lui.S'il se montre indulgent dans ses conclusions, le juge Parker s expose lui aussi au jugement public puisque, ancien militant conservateur, il a été nomme à la Cour supérieure de I Ontario par un gouvernement conservateur et récemment promu par le Premier ministre Mulroney.Son intégrité et sa compétence ne seront pas mises en doute mais, là encore, les apparences pourraient tourner contre lui.C'est une erreur de lui confier aujourd'hui une enquête de caractère politique.Il faut rappeler ici que.dans la vie publique, en particulier chez ceux qui nous gouvernent, les apparences et les perceptions sont aussi importantes que les réalités.C'est pourquoi le code d'éthique insiste tant sur les conflits d'intérêts «apparents ou potentiels».Or seul le Premier ministre, de qui relève l'application du Code, peut déterminer l'importance et la gravité de Taction réelle ou des apparences d'une action.Car c est lui qui veille au respect des normes de la moralité publique.Un juge peut (éclairer, le conseiller, lui indiquer des hypotheses.Mais il ne peut trancher.M.Mulroney doit se montrer rigoureux et sévère en matière de moralité publique parce qu'il a fait largement campagne sur ces themes au cours de l'été 1984.Il voulait nettoyer les écuries d Augias et faisait reproche au chef libéral d avoir désigné des amis politiques à des fonctions publiques.On peut bien faire appel a un honorable juge, a une commission d enquête dotée de tous les pouvoirs, ou encore au Comité des privileges de la Chambre des communes.Mais la décision appartient en dernière analyse a celui qui forme et préside le conseil des ministres.Il ne sert à rien de prolonger l'agonie.Le mal est fait.Les apparences de conflit d'intérêts sont évidentes.M.Mulroney devrait inviter M.Stevens à se retirer du Cabinet sans espoir de retour.Michel ROY Mourir pour l'Afrique du Sud?Le president Botha d'Afrique du Sud condamne ce qu il appelle 'les ingérences étrangères» dans les affaires de son pays.Ce qu'il appelle des « ingérences » sont en réalité des condamnations d'une politique reprouvée par la conscience universelle.Même les nuances, les distinguos, les considérations inspirées par l'examen du dossier historique de l'apartheid sont re-]etes comme l'expression d'une indulgence coupable à I endroit d un régime qui ne mérite aucune indulgence.On croit deviner que la dénonciation des «ingérences étrangères;) vise en particulier une délégation du Commonwealth qui enquête sur place sur les moyens d arriver à une solution raisonnable.Mission impossible?Le dilemme de l'Occident dans cette affaire est redoutable.D'une part, la libération des Noirs d'Afrique du Sud doit obligatoirement prendre appui sur l'étranger.C est ainsi que les choses se sont passées dans toutes les luttes de libération, et il est exclu que r Afrique du Sud fasse exception à la règle.Les ¦ingérences», dans cette perpective, équivalent à des appuis, au moins au niveau des opinions publiques.Mais jusqu où peut aller rengagement de l'étranger dans un conflit qui ne le concerne qu'indirectement?La question ne peut pas être escamotée, surtout si on considère que les solutions les plus radicales vont inévitablement conduire à l'expulsion des Blancs du territoire, entraîner leffondrement du pays et attiser les luttes intertribales.Oui, on peut soutenir le contraire et penser que I Afrique du Sud est parfaitement capable de s'assumer, sans le concours de sa minorité blanche.Mais I hypothèse la moins favorable, celle d un gâchis sans nom, est également plausible.Le discours du gouvernement Botha repose sur d'autres arguments.Il fait valoir que derrière la rébellion se profile «la tête hideuse de l'Ours soviétique» et qu'on tient, de ce fait, une indication du degré d'enveloppement et d infiltration du mouvement de liberation par les communistes.Cette dialectique sera mise au compte d'une propagande ha-'bile, soucieuse d'impressionner les démocraties libérales.Mais si le communisme n'a rien à voir dans la glorieuse lutte de libération de tout un peuple, il faut conclure, en bonne logique, que la Russie soviétique n'a nullement le désir ni les moyens de sauver économiquement l'Afrique australe.Autrement dit, la balle revient encore dans le camp occidental.Tout cela est bien loin.Sauf que Mgr Tutu, symbole vivant de la lutte pour la liberation de l'Afrique du Sud, sera à Montréal le 2 juin.Ceux qui vont l'accueillir ici lui préparent une réception telle, que si Maisonneuve et ses compagnons revenaient à Ville-Marie, ils ne seraient pas reçus avec plus d'égards.Quand ' on n'a plus de héros et de saints, il est naturel qu'on en importe.L'èvêque anglican de Johannesburg est une personnalité respectable, courageuse, dont les mérites ont été reconnus par le comité Nobel en 1984.Enclin à favoriser des solutions qui excluent la violence, Mgr Tutu n'en mène pas moins contre les autorités de son pays une guérilla psychologique.Le nesf de la guerre, même psychologique, exige de l'argent.Il arrivera la sébile à la main.Nous cracherons sans rechigner.Moyennant quoi nous acquerrons une bonne conscience antiraciste.Et aurons la délicieuse impression d'avoir participé à une glorieuse révolution.Sans coup férir, il va de soi.Ouy CORMIER wmWose&Porter ve loi QutABSoories iUÉGMK Droits réservés Marcel Adam dégradation du climat 'Assemblée nationale H faut être un fieffé partisan ou un nostalgique du vaudeville pour prendre plaisir à la télédiffusion de la période des questions de l'Assemblée nationale.Un citoyen qui prend au sérieux la politique ne peut que mépriser ce spectacle où s'affrontent dans le chahut deux groupes de parlementaires prétendument sérieux investis de la confiance du peuple.Par devoir professionnel je m'impose le pénible pensum d'observer le plus régulièrement possible cette triste caricature de la démocratie parlementaire.Mais je ne m'habitue pas: presque chaque fois je me surprends à m'indigner à haute voix de tant de frivolité, de partisanerie et de mauvaise foi.Après chaque élection je me mets à espérer qu'avec l'arrivée d'un fort contingent de recrues s'instaurera un nouvel esprit à l'Assemblée nationale.Hélas, les législatures se suivent et se ressemblent toutes.En certaines périodes la dégradation du climat en arrive même à dépasser le seuil de tolérance des citoyens les plus blasés.Ce qui est le cas actuellement.Depuis quelque temps la période des questions est devenue une foire d'empoigne presque quoditienne, où les élus projettent d'eux-mêmes une image qui les discrédite dans l'opinion publique et endommage gravement le prestige de l'institution parlementaire.Il est normal que dans un parlement les passions s'attisent occasionnellement dans le feu des échanges, et donnent lieu à des emportements verbaux parfois excessifs.Mais ces derniers temps les abus sont devenus la règle.Au mépris du règlement et des appels à l'ordre de la présidence, les députés (sauf exceptions) s'invectivent, s'accusent, se.portent des attaques personnelles.Certains jours on se croirait revenu aux assemblées contradictoires d'antan.Afin de reprendre la situation en main, le président a décidé jeudi dernier d'appliquer le règlement à la lettre, afin de ramener un minimum de civilité et de décorum durant la période des questions.Pierre Marc lohnson aime projeter une image de dignité.de sérieux, de responsabilité, celle, bref, d'un homme qui se veut un politique plutôt qu'un politicien.Pour sa part Robert Bourassa a tout fait, ces dernières années, pour faire oublier le politicien excessivement partisan qu'il avait été naguère, et afficher l'image d'un homme nouveau, transformé par les leçons du passé, l'étude, la réflexion et les ans.À ce jour, l'un et l'autre n'auront réussi qu'à décevoir ceux qui attendaient d'eux une influence positive sur l'Assemblée nationale.Ils auront au contraire exacerbé la fibre partisane de leurs caucus, et contribué de ce fait à créer le climat de dissipation et d'anarchie que nous connaissons.M.lohnson ne maitrise pas encore tout à fait son nouveau rôle de chef de l'opposition.Mais ce n'est pas une raison pour se montrer aussi provocant par son arrogance, ses airs hautains, ses sarcasmes blessants, son ton emporté et dramatique qui crée un climat de tension inutile chaque fois qu'il interroge le gouvernement.En tant que parlementaire M.Bourassa ne s'est pas révélé l'homme nouveau qu'il prétend être.S'il a réussi à chasser son naturel politicien durant sa traversée du désert, il est revenu au galop avec son retour aux affaires.Pourtant, M.Bourassa maîtrise si bien ses dossiers, il a si facilement le meilleur sur ses contradicteurs, qu'il pourrait se dispenser d'en remettre par sa morgue, son persiflage, sa partisanerie.Il donne l'impression d'avoir un vieux compte à régler avec ses adversaires.Particulièrement avec leur chef envers qui il utilise le ton condescendant et impatient du maitre fatigué de répéter le même enseignement au cancre de la classe.Comme s'il voulait se venger des humiliations subies et du mépris que lui vouent les péquistes et leur chef.Il arrive parfois, après que la présidence les ait priés de se conformer au règlement, que les deux hommes se ressaisissent et nous laissent entrevoir la grande qualité que pourraient avoir leurs échanges.Et l'influence que leur exemple pourrait exercer sur la conduite de leurs caucus durant la période des questions.LECTURES L'impossible syndicat des chômeurs «Le Syndicat des sans-emploi aura été, malgré ses tensions, divisions, maladresses et faiblesses, un lieu d'expression et de questionnement.Son existence aura permis de lever le voile sur ce mur qui sépare travailleuses et travailleurs syndiqués d'une part, et laissés pour compte du marché du travail d'autre part.» PIERRE VINNAT_ Marc Lesage, un conseiller syndical de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), qui poursuit actuellement des études de doctorat à l'université Concordia, a osé se questionner sur ce fameux «mur».Pourquoi, se deman-de-t-il, l'expérience du Syndicat des sans-emploi a-t-elle échouée?On se souviendra qu'en novembre 1979, le Conseil central des syndicats nationaux de Montréal forme un comité de travail sur la question du chômage et les types d'organisations possibles pour les sans-emploi.En mai suivant, c'est le congrès de la CSN tout entier qui propose d'élargir ses règles et modalités d'appartenance en invitant à la formation, sur une base régionale, de syndicats de sans-emploi pouvant être composés « de chômeurs, retraités, etc.».L'initiative reçoit une forte publicité et en octobre 1981, le Syndicat des sans-emploi de Montréal voit le jour et tient un premier congrès d'orientation en janvier 1983.Il regroupe alors 125 membres.Un deuxième congrès devait avoir lieu en février 1984, mais faute de quorum, il ne put se tenir de façon officielle.Le Syndicat ne comptait plus alors qu'une quarantaine de membres.Le syndicat se dissoudra d'ailleurs quelques mois après.Sociologue, Marc Lesage a voulu savoir pourquoi; il a donc réuni plusieurs anciens militants de ce syndicat, pour savoir ce qui n'allait pas.Parallèlement, et dans le même livre, il a tenté de s'interroger sur ce qu'il appelle les «vagabonds du rêve».Les vagabonds du rêve, ce sont ceux qui ne veulent plus faire du travail répétitif, monotone et abrutissant, qui désirent se réaliser par toute autre chose que ce qu'ils font vraiment.Ces nouveaux rêveurs entretiennent donc de multiples projets de voyages, retour aux études, travail alternatif.Us se voient hors des murs des usines, des bureaux, des commerces et des banques, rejettent les gens de l'engrenage, tout aussi complices à leurs yeux, du «système» que les patrons et les technocrates.Cette deuxième partie du projet de Lesage est la plus faible.Il y aurait sans doute eu là un objet intéressant pour une deuxième thèse ou un deuxième livre, mais en le mêlant à l'analyse sur l'échec du Syndicat des sans-emploi, Lesage embrouille quelque peu le lecteur.Ceci dit, son analyse, très scientifique, sous forme d'interviews, des raisons de l'échec de ce syndicat pas comme les autres est intéressante.« Mon premier but, raconte l'un des syndiqués, c'était de rencontrer du monde, briser mon isolement.Puis j'ai trouvé ça trop formel.Quand je suis venu à la soirée d'accueil, on aurait dit que c'était comme une propagande pour la CSN.» Un autre dit: «Un chômeur, à mon avis, quand il vient au syndicat des sans-emploi, c'est presque un bureau d'assurance-chômage pour lui.11 arrive avec un niveau de langage, et nous, nous en avons un tout autre.Nous lui demandons d'emblée d'accepter tout ce que fait la CSN en termes d'interventions sociales.» Un troisième dira qu'«il y a des gens qui viennent pour se trouver un job.Ils voient le syndicat comme une place pour en trouver un.Ils participent à une ou deux ou trois assemblées, se rendent compte que ce n'est pas ça, puis ne reviennent plus».Enfin, il y a ceux qui viennent parce qu'ils ont tout simplement besoin de rencontrer du monde.Dans le fond, ils ont plus besoin d'une relation d'aide que d'autre chose.Cela donne davantage un rapport d'enquête qu'un véritable bouquin facile à lire.Mats, pour ceux qui se questionnent sur le syndicalisme d'aujourd'hui et ses pratiques, le livre de Lesage mérite d'être lu.Les vagabonds du rêve, vers une société de marginaux, Marc Lesage, Boréal Express, 141 pages.\\ V I, V j i LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 17 MAI 1986 \u2022 B 3 SAMEDÎ PLtTS Les leçons de l'affaire Stevens influenceront le prochain remaniement g OTTAWA - L'affaire Stevens, et la démission presque simultanée du député Robert Toupin, n'ont pas seulement rappelé au pays que le premier ministre et ses adjoints immédiats continuent d'apprendre leur métier sur le tas.Il faut aussi tirer, des événements de cette semaine à Ottawa, quelques leçons tellement importantes qu'elles influenceront le prochain remaniement ministériel, au début de l'été.MICHEL VASTEL de notre ¦ bureau d'Ottawa La démission du ministre de l'Expansion industrielle régionale n'était pas seulement inévitable, ses déboires politiques étaient prévisibles.Dès le moment où l'ancien homme d'affaires a franchi les portes de l'édifice CD.Howe à Ottawa, il s'avançait sur une corde raide dont il ne pouvait que trébucher.Depuis 1960 qu'il fréquentait les milieux d'affaires (il prit le chemin de la fortune avec la British International Finance, enregistrée aux Bahamas), Sinclair Stevens s'était fait tellement de relations dans les institutions financières, le pétrole et l'immobilier qu'il risquait l'apparence de conflit d'intérêt presque chaque jour.Leçon No 1 : il est extrêmement risqué de nommer un ancien homme d'affaires, surtout s'il vient de Toronto ou de Montréal, à un ministère qui distribue plus d'un demi-milliard de subventions par année à d'anciennes relations d'affaires du ministre.Sinclair Stevens était aussi un solitaire tellement sur de lui que cela ressemblait à de l'arrogance.On se rappelle comment il décida, sans prévenir personne, d'annoncer la fermeture de Gulf en même temps que le sauvetage de Pétro-mont : le ministre québécois, Daniel lohnson, et les collègues fédéraux de M.Stevens n'ont pas du tout apprécié.Comme beaucoup d'hommes d'affaires d'ailleurs, M.Stevens n'est pas un homme de consultation : il préfère, sur le Québec encore, s'arranger tantôt avec Marcel Masse, tantôt avec Michel Côté, ignorant non seulement les députés de son parti mais la plupart de ses collègues ministres.(Ce fut d'ailleurs l'une des raisons de la démission de Mme Suzanne Biais-Grenier).Leçon No 2 : dans un ministère aussi proche des préoccupations régionales, on ne nomme pas quelqu'un qui a fait carrière au Heme étage de Commerce Court à Toronto.Le développement régional à Trinity Bay comme à Chandler, tient autant de l'animation communautaire que de l'entre-preneurship.L'affaire Stevens et la démission du député conservateur de Terrebonne, Robert Toupin, prouvent qu'en politique, il ne faut jamais laisser pourrir les situations.Si, comme le ministre des Forêts de Colombie-Britannique, Thomas Waterland, M.Sinclair Stevens avait démissionné au premier jour des accusations de conflit d'intérêt, il serait sans doute, comme lui, retourné au cabinet trois mois plus tard.(M.Waterland possédait des intérêts dans une compagnie de pâte à papier qui faisait des affaires avec son propre ministère!).Dans le cas de Robert Toupin, le divorce couvait depuis longtemps.Au lieu de tenter de calmer le jeune député, le chef conservateur et ses adjoints l'ont, comme toujours avec les gens qui les critiquent, rejeté comme un « mouton noir ».M.Toupin n'avait d'autre choix que de critiquer son gouvernement de l'extérieur d'un caucus dont il se sentait exclu avant même d'en avoir démissionné.Leçon No 3 : c'est tenter dangereusement sa chance que de lancer, face à chaque crise politique, « çà finira par s'arranger, regardez-moi bien aller ».Enfin le premier ministre a été absent du pays pendant deux semaines et n'a laissé derrière lui aucune personne de confiance qui puisse « garder le fort » à sa place.Tous ses conseillers principaux l'accompagnaient en Asie (la déléga- M.Sinclair Stevens, au moment où il informait la Chambre de sa démission.tion canadienne à Tokyo, plus de cinquante personnes, était plus importante que celle des pays européens), et le Bureau du premier ministre était laissé à la charge du sous-secrétaire principal, lan Anderson, l'un des responsables incidemment de l'affaire du thon.Leçon No 4 : même si le Canada n'est pas aussi instable que certaines jeunes républiques, le climat politique y est trop tendu pour qu'un chef de parti l'abandonne sans risquer une mutinerie dans son dos.Certains observateurs pensent que le premier ministre profitera du départ de M.Stevens pour placer un Québécois dans ce portefeuille stratégique.Rien n'est moins sûr puisque des Québécois eux-mêmes pensent qu'il s'agirait d'une position suicidaire : si le ministre de l'Expansion industrielle prend en effet une décision défavorable au Québec, il se fera accuser de haute trahison.Et dans le cas contraire, le Cana- da anglais lui reprochera d'être biaisé en faveur de sa province, un peu comme on le fit, souvent injustement, avec Sinclair Stevens.Incidemment.M.Trudeau n'a jamais fait appel à un homme de Toronto ou de Montréal pour diriger l'ancien ministère de l'Expansion économique et régionale.Il le confia ainsi à un Québécois (Jean Marchand), un Saguenéen (Marcel Lessard), un Gaspésicn (Pierre de Bané), un Terre-Neuvien (Don jamieson).Joe Clark en 1979 fit appel à un ministre de Nouvelle-Ecosse (Elmer MacKay).Et la composante « développement régional » reste tellement impprtante dans le nouveau ministère de l'Expansion industrielle qu'il serait sans doute bon de s'en tenir au même principe.Dans ces conditions, les noms qui circulent offrent les avantages ou représentent les désavantages suivants : ANDRÉ B1SSONNETTE : le premier ministre ne l'a même pas retenu pour assurer l'intérim, alors pourquoi lui confierait-on ce portefeuille?MARCEL MASSE : ses nombreuses relations d'affaires et son côté solitaire, comme dans le cas de Sinclair Stevens, constituent un sérieux handicap; MICHEL CÔTÉ : comptable agréé, il connaît bien le milieu des affaires sans en faire partie à proprement parler.Comme Jean Marchand de 1969 à 1972, il ne risquerait pas le conflit d'intérêt puisqu'il ne.se trouve pratiquement pas d'industrie dans sa région.Son handicap, comme Herb Gray en 1980 : il consulte trop avant de prendre une décision; BENOÎT BOUCHARD : le premier ministre semble l'utiliser beaucoup dans le dossier constitutionnel et celui des relations avec le Québec; il a l'avantage de venir d'une région périphérique; MONIQUE VÊZINA: vient de Gaspésie, une région « cliente » du ministère.Elle a l'habitude de travailler avec les milieux communautaires mais les milieux d'affaires auraient du mal à l'accepter.Le problème de ce ministère est qu'il a une vocation ambiguë, comme l'est d'ailleurs la politique conservatrice du développement industriel : en perpétuel conflit entre le libre-marché et les réalités géo-politiques de l'économie canadienne.Si toutefois le chef du gouvernement voit ce ministère comme un serviteur de la grande entreprise (le ministre est aussi responsable d'Investissement Canada), son meilleur choix viendrait sans doute de Terre-Neuve avec JOHN CROSBIE.M.Mulroney réussit à faire sourire le leader chinois Deng Xiaoping.Le premier ministre Mulroney et Mila admirent un fauteuil impérial de la dynastie Ming.Les problèmes internes ont dominé la fin du voyage de Mulroney en Asie ¦SÉOUL \u2014 « La responsabilité d'un premier minis-i tre est d'affronter les aléas de la vie politique et de remplir sa mission tant au niveau international que national.Tout en reconnaissant que j'aurais préféré de loin de ne pas avoir de problèmes au Canada lors de mon voyage, cela n'est pas inusité et M.Trudeau a dû lui-même rencontrer ce genre de choses.MAURICE JANNARD envoyé spécial de LA PRESSE « Notre responsabilité nous oblige à régler les difficultés à la maison, de continuer le mandat auprès des dirigeants du japon, de la Chine et de la Corée, puis de rentrer à la maison et de reprendre le collier ».Ces propos ont été tenus par le premier ministre Mulroney, jeudi matin dans la capitale de la Corée du Sud, à l'occasion de la dernière journée de son périple en Asie.Cette tournée de 15 jours à l'extérieur d'Ottawa l'a conduit au japon pour la tenue du Sommet économique suivi d'une visite officielle.Puis il a visité la Chine durant quatre jours et il a complété le voyage par un séjour en Corée.La déclaration à Séoul rend bien l'atmosphère controversée dans laquelle M.Mulroney a fini son voyage et elle traduit le malaise qu'il a éprouvé au cours de la dernière semaine.La démission de Sinclair Stevens et la défection du député Robert Toupin ont terni la fin de sa visite à l'étranger.Lundi matin, à son départ de Beijin (Pékin), le chef conservateur répondait pour la première fois à des .questions sur la conduite de M.Stevens, disant entre autres qu'il lui avait parlé la veille au téléphone.Cinq heures plus tard, le temps de l'envolée entre la Chine et la Corée, le bruit court que le ministre de l'Expansion industrielle régionale partira.La tension monte dans l'entourage du premier ministre, mais on ne veut donner aucun détail en soirée et on de- mande à la presse d'attendre le commentaire de M.Mulroney le lendemain matin.Mardi, une fois la démission connue, il fait une courte déclaration où il se dit convaincu du retour de M.Stevens au cabinet; il refuse toutefois de répondre aux questions des média, préférant attendre la rencontre avec la presse prévue jeudi.Comme il quitte la salle, un journaliste lui demande s'il a l'intention de rentrer au pays pour faire face à la musique.Choqué, M.Mulroney se tourne vers son conseiller Bill Fox et lance d'un ton sec : « Qui a dit ça?».Il reste trois jours de tournée en Corée, mais il est clair à ce moment-là que la fin du voyage sera dominée par les problèmes canadiens et les adjoints du premier ministre deviennent nerveux.L'attaché de presse Michel Graiton déclare au journaliste David Halton du réseau CBC que si les représentants des média se conduisent mal il n'y aura pas de conférence de presse.Celle-ci aura tout de même lieu et à part trois questions ve- nant de la presse coréenne, elle portera sur les problèmes au Parlement d'Ottawa.Sur le plan intérieur, la visite de M.Mulroney en Asie aura eu peu d'impact, noyée vrai-semblement dans le tumulte au sein du caucus conservateur.C'est la deuxième fois qu'un voyage de M.Mulroney passe au second plan à la suite d'incidents imprévus.En mars dernier, son meeting à Washington avec le président Reagan a été assombri par la gifle donnée en pleine figure par Son-dra Gotlieb à la secrétaire de son mari, l'ambassadeur canadien dans la capitale américaine.Sur le plan international, la tournée asiatique de M.Mulroney à donné quelques résultats mais il faudra attendre quelque temps avant de dire si elle rapporte des dividendes valables.En Corée, il a pu établir certains contacts commerciaux avec ce pays qui est considéré comme un exemple de « miracle économique ».Mais la visite fut trop brève pour permettre la conclusion de contrats importants et c'est ainsi que Séoul ne s'est pas engagée encore à acheter un second réacteur Candu.Les déclarations de Brian Mulroney sur les libertés civiles ont été totalement ignorées par les Coréens du Sud et la presse locale n'y a même pas fait allusion.En Chine, le dirigeant canadien a pu avoir des contacts personnels avec l'homme fort du régime communiste, Deng Xiaoping; de même il a rencontré les leaders plus jeunes qui assureront bientôt la relève.De leur côté, les Chinois savent maintenant que le gouvernement conservateur poursuivra à leur égard la politique libérale de Pierre Trudeau.Le Canada a conclu quelques accords industriels avec la Chine, ce qui représente un certain déblocage après plusieurs années de disette en cette matière.Mais Beijin n'aura jamais les moyens financiers voulus pour devenir ce nouvel eldorado commercial dont les Occidentaux ont rêvé à la fin des années 1970.À Tokyo, lors du Sommet, le Canada a réussi à faire valoir que le conflit entre les États-Unis et le Marché commun sur la question agricole risquait de perturber le reste du monde.Concernant le groupe des Cinq, ce comité informel composé des pays les plus influents du Fonds monétaire international, M.Mulroney a échoué dans sa tentative d'assurer âu Canada une participation à part entière.Ottawa sera invité à certaines occasions seulement.Quant à sa visite officielle au lapon, elle fut trop brève pour accomplir quelque chose de significatif, à l'exception d'une mission d'hommes d'affaires japonais qui viendra ici l'automne prochain; elle visait surtout à rendre la politesse à M.Nakasone qui est venu en.janvier dernier au Canada.Du 30 avril au 15 mai, M.Mulroney a parcouru 16 000 kilomètres.Durant cette absence d'Ottawa, il a subi deux coups durs dans son parti.Il y a fort à parier que le chef conservateur demeurera parti moins longtemps lors du prochain voyage à l'étranger. LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 17 MAI 1986 SAMHDÎPLUS Même si les chances d'un conflit armé restent minces, la tension monte entre Israël et la Syrie Les bruits d'une guerre im-^ ; minente entre Israel et la Syrie ont été ces derniers jours nueentre des préoccupations des iiitfdia d'information de tout le Moyen-Orient.|e m'en suis ren-
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