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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
B. Samedi plus
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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Références

La presse, 1986-05-10, Collections de BAnQ.

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[" SAMEDi PLUS LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 10 MAI 1986 LE CRIME ET LA Réal Poirier tente de cacher sa figure au photographe au moment de sa comparution devant le coroner, à Montréal.photo PC Plus de gens sont jugés inaptes à subir un procès ¦| Acquitté-pour cause d'alié-™ nation mentale.Un verdict qui soulève toujours l'inquiétude dans la population.L'assassinat de |ohn Lennon, le retentissant procès de Clifford Olson en Colombie britannique, ainsi que celui tout récent à Montréal de Réal Poirier qui, dans une crise d'hallucination, a tue l'agent de police lacinthe Fyfe, posent l'épineux problème de la criminalité liée à la maladie mentale.Au Québec, il y a eu plusieurs causes célèbres ces dernières année:.Qui ne se souvient pas de Thomas Brigham, 65 ans, ce petit homme au large sourire, ancien militaire américain, qui se disait investi d'une mission spéciale le jour où it â fait exploseï une bombe à la Gare centrale; de Michel Déry, ce pauvre débile qui, en 1983, tuait la petite Mélanie Decamps dans un bois, à Drummondville; de Claude Gariépy qui, par un froid sibérien, jetait du haut du pont Lacques-Cartier Yannick Geoffroy, 5 ans.Selon les statistiques, au \u2022 Québec, le nombre des personnes jugées inaptes à subir leur procès ou acquittées pour cause d'aliénation, a augmenté.Il est passé de 175 en 1972 à près de 500 en 1986.Ces patients sont gardés dans une quarantaine d'établissements hospitaliers de la province.La fermeture des asiles d'an-tan, la désinstitutionnalisation et la détérioration des conditions socio-économiques ont entraîné une augmentation de la criminalité chez les malades mentaux.Faute de ressources d'hébergement et de services adéquats dans la communauté, les tribunaux sont devenus un moyen de faire interner ces malades qui traînent les rues.« Si on ne les prend pas en charge, si on ne s'occupe pas d'eux, il y a de bonnes chances qu'ils commettent des délits », explique le psychiatre Frédéric Grunberg, coordonnateur du service de l'enseignement universitaire à l'Hôpital Louis-H.-Lafontaine.Le droit et la médecine Le droit et la médecine psychiatrique se rencontrent, et à l'occasion se confrontent devant nos tribunaux.On assiste parfois à des batailles d'avocats et de psychiatres experts.Au terme de ces procès houleux, il arrive qu'un jury rejette carrément la preuve d'aliénation MARTHA GAGNON mentale.C'est ce qui s'est produit dans les cas de jocelync Dcschambault, de Valleyfield, qui avait éventré une jeune femme enceinte de huit mois et du caporal Denis l.onie, auteur de la fusillade à l'Assemblée nationale, qui ont tous deux été condamnés à la prison à vie.« L'article 16 du Code pénal qui permet la défense d'aliénation mentale est une petite boite bien carrée dans laquelle n'entre pas qui veut », explique le Dr Jacques Talbot, psychiatre à l'Institut Philippe-Pinel, qui utilise cette image pour bien montrer qu'il n'est pas si facile d'invoquer la folie devant nos cours de justice.D'ailleurs, seulement 1 p.cent des accusés invoquent la folie.Le rôle du médecin expert est ingrat.C'est lui, en quelque sorte, qui décide du sort de l'accusé.Ce sujet est loin de faire l'unanimité.D'un côté, il y a ceux qui demandent qu'on enferme ces malades pour la vie, et de l'autre, ceux qui essaient de les aider.Somme toute, une lourde responsabilité pour les établissements hospitaliers qui accueillent ces marginaux.La tâche quotidienne est là, accablante pour les équipes médico-sociales, usante et désespérante pour les familles et les proches.Aussi convient-il d'explorer cette question de la défense d'aliénation mentale devant les tribunaux, du traitement et de la réinsertion sociale de ces photo Paul-Henri Talbot, LA PRESSE Dr Jacques Talbot, psychiatre à l'Institut Philippe-Pinel.grands malades.LA PRESSE a rencontré plusieurs spécialistes pour tenter de mieux comprendre ce phénomène.Même s'il évite la prison, le malade n'est pas libre pour autant.La loi l'oblige à demeurer sous la garde du lieutenant-gouverneur en conseil \u2014 c'est-à-dire le gouvernement \u2014 qui, par ordonnance, l'envoie dans un établissement hospitalier pour une durée indéterminée.Il peut toutefois refuser de suivre les traitements.Rien dans le Code pénal n'autorise la thérapie forcée.Dans la majorité des cas, les patients acceptent de se faire soigner.Des conditions Une commission itinérante, la Commission d'examen, dont l'administration relève du ministère de la Santé et des Services sociaux, visite régulièrement les institutions qui accueillent les malades référés par les tribunaux.Le groupe, formé de deux avocats et de quatre1 psychiatres, examine chaque cas et formule des recommandations au gouvernement qui les approuve à 99,9 p.cent.Ces recommandations vont de la garde stricte (internement) à la libération, en passant par la garde modifiée (sortie de quelques heures à quelques jours) et la libération conditionnelle (obligation de voir un médecin et de prendre ses médicaments, foyer de groupe ou autre milieu protégé, etc).Si le malade est jugé dangereux pour lui-même ou les autres, il est envoyé à Philippe-Pinel, hôpital universitaire possédant un équipement sécuritaire.Environ 40 p.cent des patients sous protection y sont référés.Les autres vont dans des centres spécialisés, comme l'hôpital Douglas, Louis-Hyppolite Lafontaine, Robert-Giffard.à Québec, ou dans les ailes psychiatriques de différents hôpitaux généraux de la province.Me Monique Perron, présidente de la commission d'examen, va jusqu'à dire que, d'une certaine façon, ces malades sont privilégiés puisqu'ils ont accès rapidement aux services des professionnels contrairement à d'autres.« On n'est jamais trop vigilants.Plusieurs patients, même après leur libération, continuent d'être surveillés sur le plan médical.» Selon le Dr Talbot, il faut effacer le mythe du gars qui préfère Philippe-Pinel à la prison.« Là aussi, le chemin de la ré- habilitation est douloureux.Le stage dure souvent plusieurs années.Ceci pour réduire, minimiser les craintes que l'on pourrait avoir que le malade se retrouve demain dehors prêt à recommencer.» Il n'y a pas de miracles La société, trop souvent, attend du psychiatre qu'il accomplisse des miracles ou, plus exactement, qu'il garantisse que le malade ne récidivera pas.Hélas! il y aura toujours quelques irrécupérables qui, malgré les meilleures thérapies, ne s'en sortiront jamais.En 1983, joseph Lavoie défrayait à nouveau les manchettes des journaux.Après avoir passé douze ans à Philippe-Pinel pour le meurtre d'une prostituée, l'homme de 49 ans commettait le même crime peu de temps après sa sortie.On le croyait pourtant réhabilité.Incapable d'assumer sa liber- té, quelques heures avant le drame, il avait même tenté d'obtenir de l'aide en téléphonant à l'institution.Il se sentait nerveux, au bord de la crise.Un malheureux concours de circonstances a fait que personne n'a pu intervenir à temps.« Nous sommes toujours sur la corde raide, explique Me Perron.Derrière les objectifs subsiste une inquiétude permanente.Qui peut vraiment prédire qu'un individu, une fois traité, ne récidivera pas.On n'a pas le droit de garder quelqu'un enfermé toute sa vie s'il présente des signes de guéri-son.» Qu'adviendra-t-il des Brigham, Déry et Gariépy?« Ils ne pourront sans doute jamais être laissés à eux-mêmes.».dit-il sur un ton qui montre à quel point la tâche est énorme.La société consacre des années à les soigner, mais personne ne peut prévoir le résultat.photo Réal St-Jean.LA PRESSE Dr Frédéric Grunberg, responsable de l'enseignement universitaire, à l'hôpital Louis-H.-Lafontaine. B 2© !LA PRESSE, MONTREAL, SAMEDI 10 MAI 1986 ÉBJTOBiAL PAUl DcSMARAIS MICHEL ROY présidant du conseil d'administration éditeur adjoint ROGER D.LANDRY président et éditeur CLAUDE GtAVH directeur de l'informorion JEAN-GUY DUBOC éditoria4iire en «.M Pour mettre fin à l'affaire Stevens , L'affaire Sinclair Stevens a trop duré.Il faut en finir au plus tôt.Parce que ce dossier périlleux n'intéresse pas seulement la réputation du ministre de l'Expansion industrielle régionale.H s'agit d'un problème beaucoup plus vaste qui met en cause le crédit moral du gouvernement, l'autorité du Parlement et, pour tout dire, la confiance que porte le peuple de ce pays à ses institutions démocratiques.Dès le 30 avril, 24 heures après les révélations du Qlobe and Mail sur un prêt très avantageux consenti à la femme du ministre, le Premier ministre a fait devant la presse une déclaration qu'il convient de rappeler maintenant.Aucun des règlements régissant la conduite des ministres en matière de conflits d'intérêts n'a été violé, a dit M.Mulroney qui s'en remettait à la conclusion formelle du sous-registraire général, le fonctionnaire qui a la mission de veiller à l'application du Code d'honneur auquel sont assujettis les titulaires d'une charge publique.Depuis lors, en l'absence du Premier ministre, le vice-premier ministre, M.Eric Nielsen, n'a pas dévié d'une virgule de la position du 30 avril malgré l'accumulation de faits troublants (hier encore dans le Toronto Star) sur les démarches accomplies par Mme Noreen Stevens et l'organisateur en chef du ministre pour le compte de York Centre Corporation, le holding appartenant au ministre (mais que celui-ci a dû confier à une fiducie sans droit de regard pour se conformer au code de déontologie).Tandis que le chef du gouvernement voyage en Orient, son bras droit répète jour après jour les mêmes réponses aux députés de l'Opposition qui multiplient les attaques: le ministre de l'Expansion industrielle n'a pas enfreint les règles du Code qui régit la conduite des ministres.Ce code est rigoureux.Plus rigoureux qu'il n'était sous les Libéraux, plus rigoureux que celui que vient de se donner le gouvernement Bourassa.Est-il vrai que M.Stevens en a respecté la lettre et l'esprit?Est-il possible, après les révélations des 13 derniers jours, qu'il n'ait jamais été en situation de conflit d'intérêt?En supposant qu'il ait observé toutes les dispositions du code, il faudrait encore qu'il en fasse la preuve de façon convaincante devant un Comité de la Chambre, devant le peuple.Car, pour l'instant, les apparences jouent contre lui.Si donc, il n'a vraiment rien à se reprocher, le ministre devrait offrir sa démission au Premier ministre dés que celui-ci sera rentré la semaine prochaine et demander qu'un Comité de la Chambre fasse une enquête approfondie.Une fois les conclusions connues et bien établie l'innocence du ministre, il reprendra dans l'honneur ses fonctions.La conduite irréprochable de Marcel Masse dans une affaire de présumée irrégularité électorale devrait lui servir d'exemple.Car il est dit dans le code, à l'article cinq: «Le respect du présent Code ne dispense en aucune manière les titulaires de charge publique de l'obligation de prendre les dispositions supplémentaires qui s'imposent pour éviter les conflits d intérêts réels, potentiels ou apparents.» ' Il est incontestable que nous sommes ici en présence tout au moins d'un conflit d'intérêt apparent.M.Stevens doit s'expliquer de manière complète et limpide au sujet de ses affaires personnelles, du rôle de sa femme et de la connaissance qu'il a des démarches faites par celie-ci.Lorsqu'il a présenté ce nouveau code, en septembre 1985, M.Mulroney a rappelé que les règles visant les ministres ne s'appliquent pas aux conjoints ni aux enfants à charge.Cette disposition est de nature à disculper M.Stevens.Mais le Premier ministre ajoutait une précision capitale: «Je tiens toutefois à ce que tous les ministres comprennent bien qu'il leur incombe personnellement de prévenir les conflits d'intérêts, y compris ceux qui pourraient découler des activités de leur conjoint ou des enfants à leur charge, ou des transactions immobilières ou opérations de placement auxquelles ceux-ci sont associés directement ou indirectement.» ¦Voilà qui devrait suffire à convaincre M.Stevens de démissionner pendant la durée de l'enquête parlementaire à laquelle doit consentir le gouvernement sans plus tarder.Michel ROY Une opposition en Alberta.Pour la première fois depuis dix ans, les conservateurs de l'Alberta ont dû faire face à une remontée de popularité du Nouveau Parti démocratique et des libéraux.Ces deux formations politiques sont maintenant en mesure de former une opposition structurée à l'Assemblée législative de cette province de l'Ouest.M.Don Getty, qui avait succédé au premier ministre démissionnaire Peter Lougheed en novembre dernier, a tout de même été reporté au pouvoir assez facilement avec une confortable majorité.Face à une situation économique difficile, les électeurs de l'Alberta, qui se sont rendus aux urnes jeudi, ont décidé de ne pas mettre tous leurs oeufs dans le même panier.Contrairement à une habitude qu'ils avaient prise depuis le «boom pétrolier» du milieu des années 70.' La victoire du nouveau premier ministre, M.Getty, a été assez éclatante compte tenu de la conjoncture.Il n'en demeure pas moins que les résultats de cette consultation populaire demeurent un sévère avertissement pour son gouvernement.En obtenant 51 pour cent des votes, les conservateurs ont fait une chute de 10 points par rapport aux dernières élections.Ce qui s'est traduit par la perte de 13 sièges pour les tories.Quatre ministres ont mordu la poussière.La performance la plus significative a été enregistrée par le NPD.Cette formation politique, dirigée par Ray Martin, n'avait que quatre représentants à la dissolution des chambres.Il en a maintenant seize.Ce qui est un score très remarquable qui permettra au NPD de faire sa marque comme opposition officielle au PC.Quant au parti libéral, il a effectué un retour inespéré sur la scène politique albertaine.Il avait été rayé de la carte électorale en 1971.Le leader libéral Nick Taylor, lui-même élu dans la circonscription de Westlock-Sturgeon, au nord d'Edmonton, aura maintenant quatre représentants à la législature.Un modeste retour, qui pourrait cependant avoir des incidences dans les autres provinces de ce coin de pays.Une situation réjouissante pour le chef national, John Turner, qui travaille d'arrache-pied depuis plusieurs mois pour redonner des assises à sa formation dans les provinces de l'Ouest.Une performance qui confirme dans les faits le dernier sondage Gallup démontrant que les libéraux devancent par trois points les troupes de Brian Mulroney au Canada.Un autre parti, d'obédience créditiste celui-là, le «Représentative Party», a pour sa part réussi à maintenir sa représentation de deux députés.La crise pétrolière et la chute de 25 pour cent des revenus tes fermiers o/t sans doute été des facteurs déterminants ans la remonte du NPD et des libéraux.' > Jacques BOUCHARD (Tous droit» réservés) Marcel Adam m Quand l'État subventionne Jk le lessivage de cerveaux Le gouvernement canadien est-il responsable des dommages subis par des Canadiens lors d'expériences psychiatriques imprudentes qu'il avait subventionnées en partie?On se rappellera qu'en 1977 le New York Times révélait qu'entre 1948 et 1964 le Dr Ewen Cameron, de l'Institut psychiatrique Allan Memorial de Montréal, avait reçu des fonds de l'agence américaine d'espionnage CIA pour poursuivre des expériences psychiatriques inusitées.Une cinquantaine de Canadiens traités par l'eminent psychiatre avaient servi de cobayes a des expériences de «lessivage du cerveau» similaires à celles que les Soviétiques font subir aux dissidents dans leurs hôpitaux psychiatriques (recours combiné ou isolé à des électrochocs massifs, des hallucinogènes, des narcotiques et des techniques de privation des sens).On a perdu trace de la plupart de ces patients qui étaient identifiés par un nom de code.Mais après les articles du NYT neuf de ces personnes sont sorties de l'anonymat pour intenter des poursuites, en 1980, contre le gouvernement américain.Ils réclament des dommages pour les traumatismes subis et les séquelles irréversibles de ces expériences.Selon elles ces expériences ont été faites sans leur consentement.Il y a deux ans, les autorités américaines s'étaient excusées auprès du gouvernement canadien.Mais le ministre de la |us-tice d'alors avait refusé de communiquer la teneur de la lettre aux requérants (faute d'une autorisation du département d'État) et les autres documents relatifs à cette affaire.L'an dernier Washington avait offert en dédommagement une somme jugée dérisoire par les victimes, mais sans pour autant reconnaître sa responsabilité.Or l'an dernier le gouvernement canadien était lui-même mis en cause.Le fait qu'il avait partiellement subventionné ces expériences par le biais du ministère de la Santé et du Bien-être social, du Conseil national de la Recherche, du Conseil de recherches pour la Défense n'engageait-il passa responsabilité?Le ministre de la lustice |ohn Crosbic confia donc à un avocat d'Halifax, Me George Cooper, le mandat de faire la lumière sur l'implication du gouvernement canadien dans cette affaire.Rendu public cette semaine, le rapport Cooper conclut que le gouvernement n'a aucune responsabilité dans ces expériences.Il invoque à sa décharge les raisons suivantes.Le Dr Cameron n'était ni un prépose ni un mandataire de la Couronne.Les subventions gouvernementales, qui procédaient d'un système d'examen bien conçu, quoique les critères étaient moins sévères à l'époque qu'aujourd'hui, ne l'obligeaient pas à surveiller les travaux du psychiatre.Même si celui-ci avait fait preuve d'imprudence, dit le rapport, il n'aurait pas dépassé les limites acceptables, compte tenu du climat et des usages qui avaient cours alors en matière psychiatrique.Enfin la signature d'une formule de consentement général par le patient était considérée dans le temps comme satisfaisante sur le plan moral.Pour le ministre Crosbie.il n'y a pas de raison de refuser les conclusions de ce rapport, à moins que d'autres preuves ne lui soient apportées.Il ajoute cependant que le gouvernement attendra la réaction des personnes impliquées avant de se prononcer officiellement, et qu'il continuera à assister les requérants dans leurs poursuites.Le gouvernement canadien se lave un peu trop facilement les mains de cette sale affaire.S'il est vrai, comme l'a dit le ministre Michel Côté, que la CIA a violé «un peu la souveraineté canadienne» en finançant ces travaux à notre insu, pourquoi Ottawa n'a-t-il pas protesté avec force contre cette ingérence étrangère dans un pays souverain, plutôi que de faire de timides representations, la casquette a la main, en faveur des requérants?Son manque d'échine s'explique peut-être par son embarras de se savoir impliqué dans des expériences psychiatriques secrètes perpétrées sur ses propres ressortissants par un apprenti sorcier sous les auspices de la CIA.Le gouvernement canadien n'est peut-être pas légalement responsable de la conduite du Dr Cameron et de ce que prétendent avoir souffert ses patients.Encore que le rapport Cooper n'est pas tout à fait concluant à cet égard.L'enquêteur n'avait mandat que de consulter des documents fédéraux et d'interviewer des fonctionnaires fédéraux; il n'a donc pas rencontré les victimes, ni examiné leurs dossiers médicaux, ni consulté les documents de la CIA.Mais le gouvernement est moralement responsable des dommages causés à des Canadiens lors d'expériences «imprudentes» et dangereuses subies en méconnaissance des risques qu'elles impliquaient.S'il est justifié de s'attribuer le mérite des effets bienfaisants des entreprises qu'il subventionne, il ne peut se décharger de sa responsabilité quand les résultats sont malfaisants.Le dub des vendeurs d'armes Il y a deux semaines, quelque 100000 pacifistes ont manifesté dans le centre-ville de Vancouver afin de protester contre ce qu'on appelle la Guerre des étoiles et pour réclamer un moratoire permanent sur les essais nucléaires.PlEgRl VINHAT_ Au Québec, on n'a jamais connu de manifestation pacifiste du genre.Au contraire, la municipalité de Saint-lean, i quelque 50 kilomètres au sud-ouest de Montréal, apprenait, à la mi-avril, qu'elle accueillera bientôt une usine de fabrication d'un système de défense à basse altitude pour les Forces canadiennes, propriété d'un consortium suisse.Le lendemain, le maire de l'endroit déclarait a LA PRESSE qu'une telle nouvelle était fort heureuse pour l'économie dé sa ville: 400 nouveaux emplois aèrent créés.Sheraton a même annoncé un hôtel pour les visiteurs de l'étranger qui viendront examiner les échantillons des missiles ainsi produits.C'est dans ce cadre qu'arrive la publication 6' 1 56 millions d'Italiens participent à une longue partie de roulette russe ROME \u2014 Les antinucléaires de toute l'Italie sont convoqués à Rome cet après-midi pour une manifestation nationale qui devrait réunir plusieurs dizaines de milliers de personnes dans les rues de la capitale.Trois mots, «Stop au nucléaire)», et une consigne de silence derrière les petits masques blancs: la manif, pour une fois, se passe de slogans.DANIELLE BLAIN collaboration spéciale Les Italiens ont peur.Une peur diffuse comme sa cause, transparente, comme le nuage qui, entre le 30 avril et le 5 mai, s'est étendu sur la péninsule, déposant ses scories radioactives avant de s'éloigner à nouveau, chassé par un sirocco africain providentiel.Derrière lui, il a laissé 56 millions d'habitants aux prises avec l'angoisse d'une répétition générale dont ils se seraient bien passés.Depuis deux semaines, les mil-lirems, les becquerels, les nano-curies, l'iode 131, le cesium, le strontium et autres toxiques ont envahi le vocabulaire quotidien, le plus souvent précédés ou suivis de point d'interrogation.L'inconnu Ce qu'on sait, c'est qu'on ne sait rien, même si ministres et experts, qui ont interdit la vente de légumes à feuilles et conseillent de ne pas donner de lait frais aux enfants de moins de dix ans et aux femmes enceintes, s'évertuent à répéter que «de toute façon » les niveaux de contamination de l'air et du sol sont «bien inférieurs» aux fameux seuils critiques.Ces seuils, définis à partir d'un modèle théorique jamais vérifié jusqu'à présent.L'Italie n'est ni la Pologne, pays d'Europe le plus touché par le nuage venu de Tchernobyl, ni l'Allemagne de l'Ouest, où les piscines publiques et les stades ont été fermés pour deux semaines, sur ordre du gouvernement.Mais la laitue, les épinards, les artichauts pourrissent dans les champs et les réservoirs des laiteries débordent.Dans les supermarchés, la razzia des premiers jours a dévasté le rayon des surgelés.Le lait longue conservation est presque introuvable, les conserves s'envolent.«Comme si on était en guerre», soupire un commerçant.Au marché, les clientes reniflent un panier de fraises, tâtent le fenouil avec circonspection, s'essuient discrètement les doigts sur le bord de la jupe après avoir frôlé une branche de céleri.«Allez, encourage le vendeur, de toute façon il va bien falloir mourir un jour, non?» Entre-temps, le prix des pommes de terre a doublé, celui des tomates, des courgettes, des haricots augmente jour après jour.Événement sans précédent, lundi soir dernier les deux premières chaînes de la télévision d'État (RAI) ont uni leurs efforts et, de 20 h 30 à minuit et demi ont offert une émission fleuve d'affaires publiques sur la catastrophe de Tchernobyl, la radioactivité, ses dangers.Un ministre (de l'Agriculture) en studio, deux autres (Santé et Protection civile) en direct depuis leurs bureaux, physiciens, Les employés d'un grand marché de fruits et légumes de Milan détruisent toute la marchandise fraîche de crainte qu'elle ne soit contaminée par la radioactivité à suite de l'accident nucléaire de Tchernobyl.cancérologues, ecolos, dirigeants de l'Organisation nationale pour l'énergie nucléaire \u2014 curieusement responsable de la cueillette et de la diffusion des données sur le taux de pollution nucléaire à travers le territoire: pour une fois, la logorrhée verbale tant décriée de ce pays a démontré ses avantages.Tous ceux qui ont suivi l'émission ont compris l'arbitraire des données-références abondamment citées par les experts, et appris par exemple que pour la Commission internationale de radioprotection il n'existe aucun seuil à partir duquel mesurer les dommages causés par la radioactivité.Les Italiens savent qu'ils participent bien malgré eux à une longue partie de roulette russe dont les résultats dans le meilleur des cas ne seront connus que d'ici dix à vingt ans.Les réactions de Monsieur Tout-le-monde varient au gré des caractères.Flavia continue imperturbable à donner du lait frais à sa fille Giordana, un an et demi : « Doses homéopathiques», dit-elle.Marco, lui, a ordonné à sa femme de ramener illico leur fils Giulio, 6 ans, d'une petite ville du nord du pays (la zone la plus contaminée) où ils passaient quelques jours de vacances: «|e ne veux pas qu'un jour il lui arrive quelque chose à cause de ma négligence.» Deux mots, un geste, beaucoup de gens, dans les bars, au bureau, dans l'autobus, préfèrent ne pas approfondir le sujet.«Est-ce qu'on pouvait souffler sur le nuage pour l'empêcher de descendre sur l'Italie?De toute façon, nous sommes impuissants, conclut Alberto, la 'quarantaine nerveuse.Je prends les précautions de base recommandées par le ministère, et puis?C'est sur que l'Italie a été contaminée, sur que la radioactivité est plus élevée qu'avant, Mais qu'est-ce que je peux y faire?» Enfin, au moment d'écrire ces lignes, on apprenait que les autorités de Turin ont décidé de fermer temporairement deux des trois pompes de l'aqueduc municipal qui approvisionnent la ville en eau potable à partir du Pô.Les pluies des derniers jours ont provoqué l'augmentation du taux de radioactivité dans les eaux du fleuve, qui fournissent à Turin 30 p.cent de ses réserves d'eau potable.Des animaux de ferme dont ont craint la mort sont tenus sous observation dans un wagon de chemin de fer à la frontière Italo-Australienne.On a relevé chez ces bêtes des traces de radioactivité d'un niveau supérieur à la normale.- RONALD REAGAN Quand s'essouffle le «vent de la liberté» JEAN-FRANÇOIS LISÉE à Washington collaboration /i »péciole ¦WASHINGTON \u2014 Le Département d'État ne mâche pas ses mots.On observe dans ce pays, dit-il «des morts inexpliquées, des disparitions, on rapporte des cas de torture et de traitement cruel des prisonniers, des restrictions de la liberté de parole et de la presse, de la liberté de mouvement et d'organisation des partis politiques et des syndicats de travailleurs.» Nicaragua?Pologne?URSS?Non, Indonésie, étape de la récente tournée asiatique du président Reagan.«Irrité par des reportages faisant état de corruption, l'autocrate Suharto, qui règne surle pays à l'aide des militaires depuis 20 ans, a refusé de laisser entrer des journalistes australiens et un reporter du New -*r- York Times.Pas étonnant qu'à la conférence de presse qu'il a donné mercredi dernier à Tokyo, le président Reagan ait été interrogé sur la vigueur des remontrances qu'il a servies à Suharto lors de sa rencontre de la semaine dernière.«Le président a après tout joué un rôle dans la chute des dictateurs haïtien Duvalier et philippin Marcos.À la mi-mars, il envoyait même au Congrès une nouvelle déclaration de politique étrangère dans laquelle il affirmait que «le peuple américain croit aux droits de l'homme et s'oppose à la tyrannie sous toutes ses formes, qu'elles soient de gauche ou de droite.» Fini, semblait-il dire, le «défavoritisme» réservé aux seuls dictateurs communistes.«Autre circonstance favorable à la croisade antidictatoriale du président, il avait choisi pour son voyage asiatique le thème du «vent de la liberté.» «Certains ont voulu faire croire au tiers-monde qu'il est nécessaire de renoncer à la liberté pour connaître la croissance», a dit le président avant de partir.«Rien n'est plus faux.La liberté et le progrès économique vont main dans la main.» \u2014 Vient donc la conférence de presse présidentielle, et une-première question : \u2014 «Lorsque vous étiez en Indonésie, qu'evez-{vous dit au président Suharte à propos des droits de l'homme et, je voudrais poseï une autre question, quel message le secrétaire d'État (George Shultz) va-t-il livrer au sujet des droits de l'homme lors de son séjour en Corée du sud (où un autre autocrate proaméricain résiste au «vent de la liberté» qui secoue son pays)?\u2014 Reagan ; Bien, je dois dire en ce qui concerne mes conversations \u2014 et c'est ce que j'ai toujours cru au sujet des droits de l'homme avec tous mes.interlocuteurs \u2014 je pense qu'il est plus productif d'employer une diplomatie discrète, alors je n'en parlerai pas.le voudrais attirer votre attention cependant sur le fait que, malgré toutes les critiques autour de l'interdiction de séjour des journalistes, beaucoup de progrès ont été réalisés par l'Indonésie, qui est devenu autosuffisante en alimentation.Il (Suharte) a de quoi être fier de la performance établie par son gouvernement.» \u2014 De toute évidence, il y a de la friture sur la ligne entre le journaliste et le président.On lui parle droits de l'homme, il répond progrès économique.C'est un non-sens puisque chacun sait que «la liberté et le progrès économique vont main dans la main.» Et puis, on sait qu'il aime la diplomatie discrète (secrète?) sur les droits de l'homme.Mais il peut quand même nous dire s'il a soulevé la question ou non.Beau joueur, le journaliste donne une seconde chance au leader du monde libre: \u2014 «Si vous ne pouvez nous parler du contenu de vos discussions (sur les droits de l'homme), pouvez-vous nous dire si vous avez soulevé la question et, encore une fois, sur la Corée su sud, où le secrétaire d'État ira, qu'est-ce qui sera discuté?\u2014 Reagan: Bien, je n'ai pas eu le temps de parler avec le secrétaire d'État sur les sujets qu'il abordera en Corée du sud.\u2014 Il passe immédiatement à une autre question.Pourquoi cet échange nous donne-t-il l'impression que le président se fout des droits de 1 homme comme de sa dernière paire de bottes?\u2014 Le président a beaucoup de difficulté à croire que ses alliés ne sont pas aussi propres qu'il voudrait qu'ils fussent.Avant de se rendre à Bali, il a affirmé que les pays de l'Asie du sud-est dont il allait rencontrer les représentants avaient «en grande partie choisi la liberté, politique et économique.» Bien sur, comme le gouvernement Thaïlandais qui vient de tomber dans un énorme scandale de corruption, celui de Singapore, qui flirte avec l'idée de parti unique, sans oublier le démocrate Suharte.«Le président fut le dernier à «lâcher» son,ami Ferdinand Marcos, alors même que le département d'État américain et celui de la Défense lui retiraient les moyens de se cramponner au pouvoir et donnaient a ses opposants un soutien logistique déterminant.Heureusement qu'il se trouve encore des gens dans T l'appareil diplomatique américain pour critiquer le régime chilien du général Pinochet, qui réprimait encore violerti-ment une manifestation le 'rifé-mier mai.Ce n'est pas de la Maison Blanche que viendra le signal de faire souffler le «verit.de la démocratie» jusqu'à Santiago.(Sait-on que les ultra-conservateurs du parti républicain réclament la démission de George Shultz, jugé trop à gauche ?) \u2022 «En fait, les analyses geopol i tiques du président sont souvent limitées à la chaleur de ses contacts personnels.Il s'entendait bien avec Marcos, a une bonne relation avec Suharte, ces gens-la ne peuvent donc pas être si mauvais.Pendant son premier mandat, ses rencontres en Chine populaire avaient été si chaleureuses qu'il avait échappé un commentaire révélateur au sujet de la «Chine soi-disant communiste.» On comprend pourquoi les ultra-conservateurs avaient des frissons, à Genève en novembre, en apprenant que le président multipliait les rencontres en tète-à-tête avec le chef de l'empire du mal.» / -4r\u2014 B 6 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 10 MAI 1986 SAMEDI PLUS LE CRIME ET LA FOLIE LES PSYCHIATRES DEVANT LES TRIBUNAUX : I Des experts aux opinions divergentes Les plus malades parmi les malades mentaux l» - Dans une salle d'audience J -fresque vide.Me Lise Côté Vem>nte les lunettes qui reposât sur le bout de son nez.Elle s'empare ensuite des livres de jurisprudence et des docu1-jncnls éparpillés sur la table et \u2022seHêve.Son client.Miche! Bos-'sér^D ans, chauffeur de taxi, >içât de prendre le chemin de VjnJ«itui Philippe-Pinel.Il a ïuë-$on bébé de 34 coups de tôuieau su.'a table de sa cuisi-Vieûpcu avant Noël 1985.! Ajirés avoir entendu les témoignages des psychiatres ïohrt Wolwertz et lacques Talbot,- le juge Perry Meyer, de la Cour supérieure, a acquitté Bossé pour cause d'aliénation ;mçntale.Les experts, l'un pour lé-ministère public et l'autre pduc la défense, semblaient dTaècord sur le diagnostic : Bôssé.en proie à un délire religieux, se sentait persécuté par des « méchants ».Tout cela n'était que fantasmes.Le procès a duré seulement quelques heures.Michel Bossé a donc été blanchi de l'accusation de meurtre.Il séjournera dans une institution psychiatrique, en'milieu carcéral, jusqu'à ce que.la Commission d'examen déclare qu'il peut reprendre sa liberté.L'es acquittements de ce genre créent chez certains le sentiment que justice n'a pas été rendue.D'autres, encore plus sceptiques, vont jusqu'à dire que l'accusé s'est moqué de la société.« Il passera quelque temps dans un établissement psychiatrique et il courra les rues dans peu de temps.», disent-ils.C'est peu fréquent Le Dr André Mauffette, conseiller du regroupement de médecins de l'Institut Philippe-Pinel, qui a souvent témoigné dans ce genre de causes, soutient que rares sont les accusés qui invoquent l'aliénation mentale; ils sont encore moins nombreux ceux qui se font passer pour fous.« À peine un pour cent des accusés invoquent la folie.De plus, ce genre de défense est souvent rejeté par le juge ou les jurés », préci-se-l-il.Me Lise Côté, de la défense, est du même avis : « Des causes d'aliénation mentale, on n'en fait pas à la tonne! Ce n'est pas dans l'intérêt d'un accusé sain d'esprit d'être enfermé durant des années parmi des malades mentaux.» L'aliénation mentale de Réal Poirier, acquitté il y a trois semaines du meurtre de l'agent lacynthe Fyfe de la police de la CUM, ne faisait pas de doute.Deux psychiatres, tant du côté de la défense que de la Couronne, ont convenu que l'accusé avait posé son geste dans un moment de délire.Le Dr Mauffette explique que le rôle du psychiatre devant le tribunal est « de séparer '.les fous des vrais criminels.» Le Code pénal fait la distinc-; tion entre celui qui commet un crime délibérément et un autre qui est incapable de juger du bien ou du mal au moment du crime.Tout accusé étant présumé sain d'esprit, c'est à lui que revient le fardeau de démontrer qu'il n'était pas sain d'esprit au moment du crime.C'est alors qu'interviennent les psychiatres et leurs diagnostics tant controversés.Les psychiatres sont indispensables « Les psychiatres sont absolument indispensables à l'ad-; ministration de la justice, d'expliquer le juge lacques Ducros, de la Cour supérieure.L'état d'esprit de l'accusé est à la base de tout litige de nature crimi-; nelle.Le problème, c'est que les experts doivent être objec-.' tifs par définition, mais les psychiatres, eux, ne l'ont jamais été.» Le psychiatre, comme le mé-; decin-légiste ou l'expert en ba-\u2022 listique, oeuvrent dans des do-; maines spécialisés.Si les pa-thologistes se contredisent rarement à la barre des témoins, les psychiatres, eux, selon qu'ils témoignent pour la défense ou le ministère public, avancent des hypothèses parfois divergentes, souvent contradictoires.C'est souvent ce qui pousse les juges et les procureurs de la Couronne à ne pas leur faire confiance.'< |*ai énormément de respect pour les psychiatres et leur ; science, affirme le juge Ducros.|c ne veux pas faire un procès d'intention aux psychiatres, mais ils sont, pour la plupart du temps, à la solde de leurs clients.» Le psychiatre intervient à plusieurs étapes dans la procédure devant les Assises criminelles.Son rôle est de déterminer, s'il y a lieu, si un accusé est apte à subir son procès, s'il est capable de comprendre ce qu'on lui reproche, et les procédures judiciaires qu'il doit affronter.Si l'accusé est jugé inapte, il sera envoyé dans une institution psychiatrique.Encore ici, il appartient à un comité de décider quand l'accusé sera en mesure de faire face aux procédures judiciaires.JOYCE NAPIER L'expertise du psychiatre est également indispensable lorsqu'on décide de faire une défense d'aliénation mentale, qui entraine automatiquement, si elle est retenue, un acquittement.Mais les médecins de l'esprit sont appelés également à faire des rapports avant que le juge n'impose sa sentence afin de permettre au tribunal de mettre le crime en prospective, d'expliquer le pourquoi et le comment, les possibilités de récidive et les chances de réhabilitation.Ces rapports, en somme, aident les juges à imposer des châtiments qui serviront les intérêts et de l'accusé et de la société.L'intervention des psychiatres dans le dossier de Bossé n'a pas été contestée.Dès son arrivée au centre de détention Parthenais, le 18 décembre dernier, le psychiatre )ohn Wolwertz l'a examiné.Bien qu'il ait été jugé apte à subir son procès, l'avocat de la défense.Me Côté, s'est vite rendue compte qu'elle ne défendait pas un homme qui avait agi de sang froid.La présence d'un psychiatre était nécessaire.« Tuer son propre enfant, c'est déjà contre nature, d'expliquer l'avocate.Le cas de Bossé était flagrant : 34 coups de couteau, dont 20 mortels.Ça démontre le côté dément de l'affaire.Les psychiatres n'ont fait que confirmer mes doutes.» Quelque chose « qui cloche » Les avocats font intervenir un psychiatre lorsqu'ils sentent qu'il y a quelque chose « qui cloche » chez un client : si le crime est particulièrement crapuleux ou encore s'il est, comme dans le cas de parents qui abattent leurs enfant, contre-nature.« On y va souvent au pif, selon notre intuition, pour mieux servir l'intérêt de notre client », de dire simplement Me Côté.Si la plupart des parents qui tuent leurs enfants font l'objet d'analyses psychiatriques, ils ne font pas tous une défense d'aliénation mentale.Ce fut le cas, cet hiver, de Charlotte Sel-by et Aldo Zurlo, le jeune ménage dont l'enfant de 29 jours est mort de faim.Les nombreuses expertises et contre-expertises psychiatriques qui ont été néanmoins faites à ce procès, si elles n'ont pas empêché un jury des Assises de les déclarer coupables de négligence criminelle, ont influencé le juge Claire Barrette-|oncas dans le choix de la sentence.Il en est de même pour un procès à Valleyfield qui avait fait couler beaucoup d'encre au cours de l'été 1983.Jocelyne Dupras-Dcschambault, 41 ans, avait été condamnée à 25 ans de prison par le juge lacques Ducros, après avoir été reconnue coupable de meurtre prémédité par un jury.Elle avait assassiné Suzanne Baumier-Lauzon de 48 coups de couteau le 11 mars.L'accusée avait éventré la victime, enceinte de huit mois, pour ensuite arracher l'enfant de ses entrailles.La défense d'aliénation mentale n'a pas été retenue, et après le verdict de culpabilité, une salle d'audience comble avait applaudi.Pourtant, malgré ce verdict, Mme Descham-bault séjourne dans un hôpital où elle est sous les soins d'un psychiatre.Il faut être fou pour paraître fou « On se demande si le systè- me est juste, de noter le Dr Mauffette.l'en suis certain, il y a très peu d'accusés faussement déclarés aliénés par les tribunaux et qui sont à Pinel.Il faut être fou pour paraitre fou et ceux qui ont essayé, ont échoué.Il y a par contre des gens qui sont malades et qui sont dans des pénitenciers.» Ce que l'on reproche aux psychiatres devant les tribunaux c'est de jouer parfois le jeu du client.Ainsi, même si beaucoup de psychiatres font honneur à leur profession, il s'en trouve d'autres qui diront ce que souhaite leur client.« C'est une défense comme une autre, d'expliquer le juge Bernard Grenier, de la Cour des sessions.On entend souvent des accusés qui disent j'étais chaud, saoul, gelé.Tout le monde essaie.» C'est au juge et aux jurés, selon les cas, de décider s'ils vont accueillir celte défense ou s'ils décideront finalement que l'accusé, en quête d'une circonstance atténuante, ne cherche qu'à brouiller les cartes.Le plus souvent, dit-on, ni les juges ni les jurés ne sont dupes.« On s'en sert parce qu'on n'a pas d'autres moyens de défense, d'expliquer le juge Jean-Guy Boilard, de la Cour supérieure.D'emblée, le système judiciaire subit les contrecoups d'une défense qui est, en soi, excessivement valable.» Le juge ne peut empêcher un avocat d'invoquer quelque défense que ce soit.Ainsi, l'un d'eux cherchera à l'occasion à faire croire aux jurés ou au juge que son client n'était pas tout à fait bien au moment du délit.« Il faut dire qu'un avocat peut tomber dans le ridicule, de continuer le juge Boilard.Un juge ne peut pas empêcher un avocat d'être stupide ou ridicule.» C'est à l'avocat de la Couronne de dévoiler le jeu de son adversaire et de faire comprendre aux jurés que ce n'est que de la poudre qu'on leur lance aux yeux.S'il y a des psychiatres qui n'ont pas de pudeur, il y en a beaucoup aussi qui ne vien-, dront pas raconter « n'importe quoi ».Les avocats et les juges les connaissent.« Il faut être rigoureux et il ne faut surtout pas aller raconter notre salade pour brouiller les cartes, dit le Dr |ohn Wol wertz.Si on n'a pas d'éléments pour invoquer l'aliénation mentale, on ne l'invoque pas.Il faut s'entendre, si un accusé est un peu toqué et impulsif, il n'est pas nécessairement aliéné.» Si l'omniprésence des psychiatres dans nos palais de justice crée un malaise, elle est indispensable.Me Christian Desrosiers, avocat de la défense, explique que pour éviter tout malentendu, les avocats devront commencer à étudier « la chose psychiatrique.» « Il nous faut comprendre le langage de la maladie mentale, de dire MefDesrosiers.Si un avocat ne peut comprendre cela, il n'est pas en mesure de défendre adéquatement son client.» Le tribunal n'est pas lié Le tribunal n'est pas lié par le témoignage d'un expert, qu'il soit psychiatre ou comptable agréé.« |e témoigne, je dis ce que je sais, puis je ferme ma serviette et je m'en vais chez moi », explique le Dr Mauffette.Ce sont les juges et les jurés qui doivent décider du sort de l'accusé.Moi, mon travail est fini ».Mais, celui du tribunal vient de commencer.L'accusé sera-t-il jugé inapte à subir son procès?Va-t-on retenir la défense d'aliénation mentale?C'est le tribunal qui décidera, et le tribunal, de dire des juges et des avocats, « n'est pas fou.» Si les psychiatres sont parfois appelés pour un oui ou pour un non, les juges ou les jurés qui rendront le verdict examinent en fin de compte l'ensemble de la preuve.Peut-on se tromper?« On joue avec des êtres humains, de dire le juge Grenier.Le psychiatre est humain, l'accusé est humain, le juge est humain.» Qui sont ces malades mentaux qui, un soir de pleine lune ou de délire, dans un accès maniaque ou mélancolique, une rechute dépressive, commettent un crime?Ce sont d'horribles boulets pour la société qui doit les accepter et surtout essayer de les traiter.Ils sont, en général, les plus malades parmi les malades mentaux.La cohorte se compose de schizophrènes, de paranoïaques, de di biles, de maniaques, de névrosés, etc.« Évidemment, ils emmerdent tout le monde : la famille, la police, les juges, les avocats et les médecins.Mais qu'on le veuille ou pas, ce sont des êtres humains dont il faut s'occuper », explique le Dr Frédéric Grunberg, psychiatre, ancien membre de la Commission d'examen du Québec.Parmi ces malades, il y en a qui ne guériront jamais, d'autres qui n'atteindront qu'une autonomie relative et précaire et une petite portion qui réussira à vivre presque normalement.Depuis quinze ans, le nombre des cas de violence impliquant des malades mentaux n'a cessé d'augmenter au Québec.En 1972.175 patients séjournaient dans des institutions après avoir été déclarés inaptes à subir leur procès ou acquittés pour cause d'aliénation mentale.On en compte aujourd'hui près de 500 répartis dans une quarantaine d'établissements hospitaliers de la province.Environ 10 p.cent sont des femmes.Le psychiatre consultant de l'Institut Pinel à Parthenais, le Dr |.Wolwertz, voit en évaluation ou en traitement une moyenne de 30 à 40 cas psychiatriques par semaine.Ne noircissons cependant pas un tableau déjà suffisamment sombre.Tous ne commettent pas des meurtres.Tous ne présentent pas le même degré de dangerosité.La situation est la suivante : un tiers sont accusés de meurtre et de tentative de meurtre; un autre tiers, d'incendie criminel, de vol, de viol, de séquestration, de port d'arme, etc; enfin, le dernier tiers, de délits mineurs, tels qu'avoir fraudé, troublé la paix, écrit des lettres de menaces ou autres méfaits du même genre.La plupart de ces malades étaient déjà sous traitement médical au moment de leur arrestation.Ces malheureux traînent en effet un long passé psychiatrique ponctué de nombreuses hospitalisations.Une grande majorité sont seuls, sans travail, peu instruits et de milieu défavorisé.En somme, comme le faisait remarquer le directeur d'un établissement lors d'un colloque sur le sujet, ce sont généralement des « patients tannants dont tout le monde a peur et essaie de se débarrasser ».La victime est souvent un proche Plusieurs de ces malades souffrent de psychose affective.Dans les cas de meurtre et de tentative de meurtre, ils ont habituellement un lien étroit avec la victime : père, mère, soeur, frèn; ou membre de l'entourage immédiat.Voici quelques exemples : Dans un accès de fureur incompréhensible, Gilles Plante, 31 ans, tue sa vieille mère de 16 coups de couteau, blesse gravement son frère, martyrise le chien et le chat, puis tente en vain de s'enlever la vie.Après cette véritable boucherie, il déclare aux policiers : « le voulais les délivrer des misères de la vie ».Le jury le déclare aliéné le 5 juin 1984.Une femme de 24 ans, dans une crise de désespoir, brûle et enterre son bébé de quatre mois dans un bois, en Gaspé-sie.Exaspéré par le bavardage nocturne de deux compagnons de dortoir, un patient de l'hôpital psychiatrique Robert-Gif-fard, un homme de 51 ans, schizophrène, frappe mortellement l'un d'eux avec une canne.Poussé par une folie incontrôlable, un camionneur de Lotbinière, atteint de sclérose en plaques, tue son fils de six ans, blesse sa femme et ses deux autres enfants et essaie sans succès de s'enlever la vie.Certains de ces malades, dont les shizophrènes chroniques, commettent des crimes au moment où ils traversent une phase psychotique.Ces sujets sont plus susceptibles que d'autres de récidiver.Il est intéressant de constater que plusieurs d'entre eux lancent des appels de détresse avant de sombrer.Ils se promènent dans les urgences des hôpitaux, téléphonent au médecin ou à des proches.Malheureusement, on ne les entend pas toujours.C'est ce qui est arrivé, par exemple, à un homme qui a tenté de tuer la psychologue qui s'occupait de lui.Peu de temps auparavant, il avait fait part de ses intentions à un médecin qui n'a pas pris ses menaces au séi ieux.La commission provinciale chargée d'examiner les cas a une double responsabilité.Elle veille aux intérêts du malade, mais aussi à la protection de la société.Des intérêts qui ne sont pas toujours compatibles.« On considère ces individus comme des malades et non comme des criminels », s'em-presse de préciser Me Monique Perron, présidente.La remise en liberté du patient \u2014 qui a été acquitté, rappelons-le \u2014 ne dépend pas de la gravité du délit, mais plutôt de son état de santé mentale, des risques de rechute et de récidive.Seul le psychiatre peut répondre à ces questions.Le Dr Frédéric Grunberg, ancien membre de la commission, pense que les considérations d'ordre thérapeutiques doivent primer sur les considérations légales.« |'ai été heureux de constater, surtout dans les services de psychiatrie des hôpitaux généraux, que les psychiatres tiennent peu compte du fait que le patient est sous la garde du « lieutenant-gouverneur en conseil ».Ce malade, surtout si le délit est mineur, est pris en charge comme tout autre malade.La balance penche souvent plus du côté du bien-être de l'individu que du côté de la protection de la société.» Me Monique Perron assure que la commission est libre de prendre les décisions qu'elle juge les plus appropriées.« Je ne tolérerais aucune ingérence politique ».M.G.Me Monique Perron, présidente de la Commission d'examen.Il est impossible d'éliminer la récidive nj Les échecs?« Bien sûr ™ qu'il y en a.L'assurance tous risques ça n'existe pas dans le domaine de la psychiatrie », affirme Sheilagh Hod-gins, docteur en philosophie, qui s'intéresse au comportement de ces malades depuis plusieurs années.Une étude sur la récidive démontre que 62 des 176 malades, tous des hommes, qui ont été suivis de sept à neuf ans après leur sortie de l'hôpital avaient fait une rechute.Un sur trois a commis des crimes violents : meurtre, attentat a la pudeur, vol qualifié, voies de fait avec lésions, etc.Plusieurs ont récidivé à au moins deux reprises.Quant aux 29 femmes, trois seulement ont récidivé : des offenses mineures, telles que fraude, tapage, méfait public.Le nombre total des délits s'élève à 256 pour les crimes non violents et à 52 pour les autres plus graves.Seulement 13 des récidivistes ont été jugés inaptes à subir leur procès ou acquittés pour cause d'aliénation mentale, tandis que les 49 autres ont été jugés comme des criminels ordinaires et condamnés à des peines d'emprisonnement.Le plus troublant, explique Mme Hodgins, c'est qu'on ne sait pas vraiment ce qui pousse ces malades à commettre de nouveaux délits.Tout est à faire dans le domaine de la recherche.L'insuffisance des programmes de traitement communautaires adaptés à cette clientèle est sûrement l'une des causes.La réinsertion sociale est un processus extrêmement long et douloureux.D'où les réactions de désarroi des parents et amis, d'où l'inquiétude des autorités médicales, d'où enfin l'irritation du public devant un cas de récidive qui fait la manchette des journaux.Il y aura toujours des Alain Lefebvre qui auront une rechute dépressive.En juin 1984, après six ans de traitements psychiatriques, cet homme de 33 ans assassinait Lucie Cosset-te, une pensionnaire qui habitait la même maison de transition que lut, à Shawinigan.Il faisait alors partie d'un programme de réinsertion sociale.En 1976, il avait été acquitté d'une accusation de voies de fait graves pour cause d'aliénation mentale.On l'avait alors envoyé à Pinel.Six ans plus tard, les psychiatres décidaient de le retourner dans sa ville natale.Là, il avait passé quelque temps à l'hôpital psychiatrique Sainte-Thérèse.Tout le monde le croyait sur la voie de la guéri son.Me Monique Perron, présidente de la Commission d'examen, ne croit pas qu'il faille chercher un coupable.« Ce genre de récidive est exceptionnel.J'ai connu deux ou trois coups durs depuis trois ans.Malheureusement, ils ont attiré l'attention des médias.Il y a pourtant des dizaines d'autres patients qui mènent une existence paisible dans leur famille ou dans un milieu protégé.Ceux-là, on n'en parle pas.» Le problème des hôpitaux Ce n'est un secret pour personne que les hôpitaux généraux hésitent et vont même jusqu'à refuser dans certains cas d'accepter ces malades.Ils invoquent habituellement le manque de ressources et de personnel spécialisé, le peu de lits disponibles et la dangerosité des individus.Le débat est actuellement devant les tribunaux.L'hôpital Notre-Dame, qui s'est déjà opposé à l'admission d'un de ces malades, a en effet demandé à la cour de préciser le rôle des établissements hospitaliers dans ce genre de situation.Pourtant, comme le mentionne Me Guy Parrot, membre de la Commission d'examen, l'hôpital général doit recevoir ces patients pour faciliter le processus de réinsertion sociale et familiale.Depuis des années, le Dr Talbot s'évertue à répéter que l'Institut Philippe-Pinel n'est pas une prison et encore moins une « poubelle » pour les cas dont on veut se débarrasser.L'établissement se spécialise dans le traitement des comportements violents ou criminels.Il y a maintenant une unité pour les femmes qui a accueilli depuis le début de 6 à 8 patientes.M.G.t LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 10 MAI 1986 SAMEDI PLUS B 7 ESPACE Après le camion orbital : le taxi ! Di-1 grec, Hermès évoque l'initiation céleste.Doté de multiples talents et messager des dieux, Hermès symbolise à merveille les moyens d'échange entre le Ciel et la Terre.BB Imagine/ un véhicule ayant à peu près la taille de l'avion ™ Challenger de Canadair, juché au sommet d'une fusée dont il aurait remplacé l'étage de charge utile.Cela vous donnerait une idée assez juste des dimensions plutôt réduites de la navette spatiale européenne qui sera deux fois plus petite que sa grande soeur américaine.OLIVIER ROBERT collaboration spécial» Cette modestie dans les dimensions reflète cependant une approche différente des Européens en ce qui a trait au rôle d'un véhicule orbital habité, rôle pensé en fonction de cet axiome : on dissocie les vols habités des lancements de satellites.Avec la même fusée au départ ( Ariane 5 ), on pourra soit mettre en orbite des charges inertes, soit l'avion spatial qui effectuera seulement des missions ( pas plus que deux par année ) nécessitant une présence humaine dans l'espace : le remplacement d'équipage à bord de la station orbitale, ou encore le ravitaillement en ergots ou la réparation de satellites.Et, de préciser le professeur Hubert Curien, jusqu'à tout récemment ministre français de la Recherche et de la Technologie : « Hermès.pourra rester beaucoup plus longtemps en orbite.Il pourra faire des missions que ne peut pas faire la navette américaine, aller plus haut sur d'autres trajectoires.Hermès aura une plus grande liberté de manoeuvre car il est plus léger.» La navette américaine, avec son orbiteur doté de moteurs puissants, présente l'inconvénient de grever lourdement le coût des vols commerciaux ( équipage obligatoire; 30 p.cent seulement des 90 tonnes mises sur orbite constituant la charge utile ; taux de rotation élevé des missions pour amortir les coûts fixes ).Avec sa petite taille, pas besoin d'équiper Hermès de moteurs de poussée: on élimine du même coup la nécessité de l'énorme réservoir extérieur.Hermès étant placé au-dessus de son lanceur, cette configuration est plus sécuritaire en permettant, en cas d'incident, une séparation efficace entre l'avion spatial et son étage propulsif.La navette européenne sera donc un véhicule aérospatial d'une capacité de charge utile de 4 à 5 tonnes, avec un équipage de deux à quatre astronautes ( mais pouvant accueillir six personnes en cas d'urgence ).Dans l'esprit de ses concepteurs français, ce sera aussi un engin complémentaire de la navette américaine.Lancé du pas de tir ELA-3 ( Ensemble de Lancement d'Ariane ), puis injecté sur une orbite basse ( entre 300 et 400 kilomètres ).l'avion spatial se séparera alors de son lanceur et se dirigera, par exemple, vers son point de rendez-vous avec le module Columbus.Ses moteurs de manoeuvre lui permettront de réaliser les opérations de rendez-vous et d'arrimage.A cet effet, on a prévu que le mécanisme d'arrimage sera compatible tant avec la station orbitale américaine qu'avec la soviétique.A son vol de retour, au terme d'une mission d'une durée moyenne de dix jours, Hermès, tout comme la navette américaine, dérivera pour quitter son orbite, puis rentrera dans l'atmosphère en vi- L'avion spatial européen « Hermès ».tesse hypersonique avant d'atterrir en planant en Guyane ou aux aéroports prévus en cas d'accident ( tel celui d'istres, en France ).19 ans d'efforts Lorsque, en 1996.l'avion spatial Hermès s'envolera dans le ciel de Kourou pour sa première mission opérationnelle, ce sera l'aboutissement de 19 ans d'efforts en vue de permettre à l'Europe d'accéder à sa station spatiale par ses propres moyens.C'est en 1977 qu'est né en France le projet Hermès.En mars 1984, le CNES ( Centre National d'Études Spatiales \u2014 la NASA française ).attribuait deux contrats aux sociétés Aérospatiale et Dassault-Bréguet, afin que ces firmes lui soumettent des propositions conformes au cahier de charges qu'il avait établi.Finalement, le 19 octobre dernier, le CNES.qui conserve la maîtrise d'oeuvre du système complet, confiait aux deux sociétés le développement de l'appareil.La compagnie aérospatiale, qui assu- Dessin Jeon Bruneou, IA PRESSÉ re la maitrise d'oeuvre industrielle du projet, est responsable de la configuration de la cabine et du cockpit d'Hermès, de l'avionique, de l'alimentation en énergie, des manoeuvres orbitales et de la gestion technique du programme.De son côté, Dassault-Bréguet' est chargé des aspects aérodynamiques et thermiques d'Hermès, incluant la forme extérieure du véhicule, en plus de développer les trajectoires de rentrée, les vols d'essais subsoniques et de concevoir la structure de l'appareil.Selon |ean Mutin, responsable de la politique industrielle au CNES, le Canada, en tant que puissance associée à l'ESA ( European Space Agency ).pourrait profiter des contrats qui seront accordés en sous-traitance.Lors d'une visite à Ottawa, en septembre dernier, le professeur lacques Louis Lions, président du CNES, évoquait le Canadarm.Les études des structure devraient également susciter l'intérêt de l'industrie aérospatiale canadienne.Pourquoi la NASA a-t-elle lancé Challenger?ns Selon les plus récentes ¦** conclusions de la commission d'enquête sur la tragédie de Challenger, la navette spatiale n'a pas explosé en vol, mais fut plutôt détruite lorsque le réservoir extérieur \u2014 qui est l'épine dorsale du véhicule \u2014 s'effrondra sur lui-même.CLAUDE LAFLEUR collaboration spéciale D'après le rapport d'enquête qui sera rendu public le mois prochain, le réservoir extérieur a été perforé à la 65e seconde de vol et Challenger a été détruite par la pression aérodynamique huit secondes plus tard.Après la désintégration du véhicule, l'oxygène et l'hydrogène ainsi libérés s'enflammèrent, créant l'immense nuage que nous avons observé à la télévision.Il apparait, de plus, que les sept astronautes auraient survécu à la destruction de la navette et que ce n'est que lors de l'impact de leur cabine dans l'océan \u2014 trois ou quatre minutes plus tard \u2014* qu'ils auraient perdu la vie.Des arguments peu convaincants Le grand mystère qui plane encore sur la tragédie consiste à expliquer pourquoi la NASA a lancé Challenger malgré l'avis contraire des ingénieurs responsables de la conception des fusées à poudre.L'accident s'est produit lorsqu'une flamme, deux fois plus chaude que le point de fusion de l'acier et s'échappant de l'accélérateur à poudre droit, est venue lécher le gros réservoir, pour finalement le perforer à sa base.Celte fusée est principalement constituée de quatre cylindres Juxtaposés les uns aux autres.Deux anneaux en caoutchouc ont pour fonction de sceller hermétiquement la jonction de chaque élément afin d'empêcher toute fuite des gaz de combustion par le côté.Or, ces anneaux auraient perdu toute leur souplesse par temps froid ( le 28 jan-| vier dernier, il ne faisait que +2 degrés Celsius lorsque la navette quitta Cap Canaveral ), laissant ainsi s'échapper les gaz chauds.Le sort de Challenger semble .s'être joué la voijSe du jour fati- dique lors d'une conférence téléphonique entre les représentants de la compagnie fabriquant les fusées à poudre ( Morton Thiokol Inc.)et ceux du centre de la NASA supervisant les systèmes moteurs ( Marshall Space Flight Center ).Au cours de cette conférence, le représentant de Morton Thiokol en poste à Cap Canaveral, Allan McDonald, ainsi que Roger Boisjoly, un ingénieur de la compagnie qui se préoccupe grandement des faiblesses des jointures des fusées à poudre, invoquèrent sans relâche auprès des officiels de la NASA le danger que le froid puisse causer la perte de la navette.A leur avis, insistèrent-ils, il serait hautement préférable de retarder le départ de celle-ci.Ils basèrent leur argumentation sur le fait que la navette lancée à la plus basse température ( à 12 degrés Celsius, en janvier 1985 ) avait failli être détruite parce que les joints des fusées a poudre avaient subi de graves dommages.Cependant, les responsables du centre Marshall rejetèrent cette conclusion en soulignant que d'importantes avaries avaient aussi été constatées à la suite d'un lancement réalisé par une température de 23 degrés.Ainsi, Lawrence Mulloy, le gérant de programme des fusées à poudre au Centre Marshall et Stanley Reinartz, le patron de Mulloy, décidèrent que ceux qui voulaient retarder le lancement en raison du froid n'avaient pas de preuves suffisantes pour appuyer leurs affirmations.La recommandation de lancer fut alors transmise aux responsables du vol, sans que ne leur soient communiquées les craintes des ingénieurs de Morton Thiokol.Selon la commission d'enquête, la NASA n'avait alors aucune idée des faiblesses de la navette par temps froid.Les responsables de l'agence américaine savaient pourtant que de nombreux problèmes étaient survenus aux joints des fusées à poudre lors de certains lancements précédents.Il semble que malgré ta gravité de la situation, la NASA ne jugea pas opportun de cesser les lancements tout en poursuivant l'évaluation en profondeur du problème.En fait, lors d'une rencontre qui s'était tenue au quartier général de la NASA, à Washington, le 19 août dernier, il avait alors été convenu que les.navettes s'envoleraient « telles quelles » pendant que les ingénieurs de Morton Thiokol procéderaient à d'autres analyses.Frustrations Cette surprenante décision pourrait peut-être s'expliquer par le fait qu'il paraissait impensable de suspendre les opérations de la navette, dès l'été dernier, étant donné le grand nombre d'engagements pris par la NASA pour les mois suivants.La hâte de lancer Challenger le 28 janvier pourrait, par ailleurs, avoir été le fruit d'une grande frustration accumulée â la NASA à la suite de la précédente envolée, réalisée deux semaines plus tôt.Le lancement de Columbia avait en effet été retardé à sept reprises \u2014 un record \u2014 et son retour sur Terre fut par trois fols reporté \u2014 un autre record.Quant à la mission de Challenger, son départ en était déjà à une quatrième tentative.et l'année 1986 était si chargée.Que se passe-t-il à la NASA ?» En moins de quatre mois, ™ les États-Unis se sont littéralement fait couper les ailes spatiales.Déjà traumatisés par la désintégration de la navette qui devait coûter la vie à sept des astronautes de la NASA, voilà que l'explosion, à quinze jours d'intervalle, de deux fusées classiques soulève désormais le doute au sein de la communauté aérospatiale.Comment expliquer une telle série noire?Samedi dernier, la 178e fusée Delta quittait Cap Canaveral avec, à son sommet, le satellite météo GOES-G.Ce lancement parait maintenant avoir été calqué sur celui de Challenger puisque, dans les deux cas.tout sembla se dérouler à la perfection jusqu'à la soixante-dixième seconde de vol.Alors, à la stupeur générale, le moteur du premier étage de la Delta stoppa soudainement et la fusée réalisa deux tétes-à-queue.Sous l'effet des forces aérodynamiques, la coiffe de la fusée et le satellite qu'elle abritait se volatilisèrent.C'est alors que les contrôleurs mirent fin Le 18 avril dernier, une fusée militaire Titan 34D avait explosé 8,5 secondes après son lancement et à seulement 200 mètres au-dessus de sa base militaire californienne de Vandenberg.a la mission en actionnant le système d'autodestruction.En temps normal, cet échec n'aurait été qu'un coûteux accident \u2014 de 87 millions de dollars ( US ) \u2014 puisque, en 26 ans de service et 178 tirs, ce type de fusée a jusqu'à présent failli dix fois.Au cours des cinq dernières années, les Delta avaient réussi une série de 27 lancements consécutifs.Cependant, cet accident fait suite à la perte, le 18 avril dernier, d'une fusée militaire Titan 34D.Celle-ci explosa 8,5 secondes après son lancement et à seulement 200 mètres au-dessus de sa base militaire californienne de Vandenberg, détruisant un satellite ultra-secret évalué à plusieurs centaines de millions de dollars et endommageant sérieusement les installations au sol.( Le précédent lancement d'une Titan 34D, en août dernier, s'était lui aussi soldé par la destruction de la fusée.) Seulement cinq Titan-3 ont échoué en 134 lancements durant vingt-deux ans de carrière.Doit-on remplacer la NASA?Cette série d'échecs engendre de nombreuses questions de fond.Ainsi Marc Vaucher, porte-parole du « Center for Space Policy » ( un organisme privé américain ), se demande s'il n'y aurait pas une déficience profonde dans les méthodes d'opération américaines.« Vous ne pouvez subir trois échecs consécutifs avec trois types de fusées totalement différentes et croire simplement à la malchance.Il doit y avoir un problème dans les procédures de contrôle de qualité.» Pour sa part, la NASA s'attend à découvrir que la perte des deux fusées puisse être due à des erreurs lors de l'assemblage ou de la fabrication, alors que celle de la navette pourrait avoir pour cause une erreur de conception.Ainsi, les ingénieurs soupçonnent qu'un problème électronique puisse être à l'origine de l'échec de la fusée Delta, puisque le moteur du premier étage s'est soudainement arrêté « comme si on avait actionné le commutateur », déclare William Russell, directeur du programme.Un court-circuit à l'intérieur de la fusée « pourrait avoir été causé par un fil électrique endommagé ou par une pièce métallique venant en contact avec certains éléments du système électrique », estime Russell.L'éventualité d'un sabotage a immédiatement été soulevée par de nombreux spécialistes.Cependant.Lawrence Ross, qui dirige l'enquête sur l'accident, rapporte que la possibilité que quelqu'un de l'extérieur .ait commandé à distance l'arrêt du moteur « n'est pas sérieusement considérée ».« Nous n'avons absolument aucune indication selon laquelle un signal radio aurait mis fin au fonctionnement du moteur », déclare-t-il.La NASA affirme, pour sa part, que « des mesures de sécurité spéciales sont prises afin de protéger les systèmes de contrôle à distance ».Devant tous ces échecs, d'aucuns songent à la possibilité de remplacer la NASA par un autre organisme \u2014 ou même faire appel à l'industrie privée pour réaliser le lancement des' satellites américains.John Pike, analyste de l'industrie aérospatiale, rappelle capendànt que la NASA a cumulé une impressionnante série de succès au cours de ses 26 années d'existence et que si elle éprouve tant de problèmes aujourd'hui, « il est peu probable qu'une autre équipe puisse faire mieux ».« Le problème réside quelque part dans la communauté aérospatiale améri-; caine, et c'est là qu'il faut chercher », conclut-il.Au sujet de la désuétude possible des fusées classiques américaines ( dont la conception remonte aux années cinquante ), Lawrence Ross concède que l'on « peut les considérer comme désuètes dans le sens où on ne concevrait plus dételles fusées de cette façon aujodt-, d'hui ».« Les systèmes électriques sont plutôt vieillots »,ye-marque-t-il.Prochain «test»: fin mai?La quatrième famille de fusées, la seule à n'avoir pas encore subi d'accident cette ah-' née, est celle des Atlas-Cen-' taur.L'une d'elles est d'ailleurs préparée pour le lancement' d'un satellite de communication pour l'US Navy.Normalement prévu pour le 22 mai, ce.départ sera très probablement' reporté puisque certains moteurs équipant cette fusée pré-' sentent des similarités avec celui de la Delta.Quant aux employés de l'agence spatiale américaine, ils se sentent accablés et incrédules face à cette série de drames.L'un d'eux déclarait samedi dernier : « Si ça continue, nous plierons bagages et nous irons travailler pour l'Office des Affaires Indiennes ! » B 8 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 10 MAI 1986 SAMEDI FLOS CHANGEMENT DE PION A KABOUL Moscou diversifie sa stratégie pour mieux avaler l'Afghanistan m «Un changement de pion ™ soviétique et rien d'autre.Aussi longtemps que l'Armée rouge est en Afghanistan, il importe peu qui entre et qui sort.» Les maquisards afghans ne s'y sont pas trompés: le remplacement à Kaboul du numéro un Babrak Karmal par le chef de la police secrète Mohammed Najibullah annonce un durcissement de la lutte sur le terrain.Et non un assouplissement comme voudrait le faire croire l'URSS en acceptant de discuter à Genève d'un retrait conditionnel de ses troupes.En fait, le Kremlin demeure toujours ausssi détermina à défendre ce quMt considère comme ses inté-rèts\"en Afghanistan.Mais il diversifie sa stratégie, qui se déploie simultanément sur plusieurs axes: offensive militaire, négociations sous l'égide de l'ONU et intégration socio-économique du pays à l'empire soviétique.Un délai étonnant , Ce qui étonne pourtant dans la démission «pour raisons de santé» de Babrak Karmal, c'est qu'elle ait tant tardé à venir.La loyauté de Karmal envers Moscou a certes toujours été totale mais son image d'homme arrivé dans les bagages de l'Armée rouge au moment de l'invasion du 27 décembre 1979 et associé aux échecs subséquents du régime, lui avait enlevé depuis longtemps toute crédibilité.En dépit de purges et de campagnes de recrutement forcé, Karmal n'avait pas réussi à élargir les bases sociales de son régime, dont la survie dépendait exclusivement de la politique de terreur menée par le contingent soviétique (120 000 hommes) et la police secrète, le Khad.Son autorité était même contestée jusque dans les rangs du PC afghan déchiré par une implacable guerre de factions.Enfin, GILBERT GRAND sur le terrain, la guérilla, si elle n'a pas remporté de succès encore décisif, n'a cessé de se renforcer depuis six ans.Et les désertions ont fait fondre les effectifs de l'armée afghane de 80 000 à quelque 30 000 hommes.L'étoile montante: Najibullah Le départ de Karmal marque l'échec de la soviétisation forcée de la société afghane, qui a suscité la révolte des masses musulmanes dès 1978.L'arrivée de Najibullah indique, elle, une volonté d'afghanisation du conflit, en jouant sur les rivalités inter-tribales pour affaiblir la résistance.' Etoile montante du régime depuis des années et homme de confiance des Soviétiques, Najibullah dirigeait la seule institution gouvernementale qui se soit révélée efficace, la police politique, le Khad créé à l'imitation du KGB.Bon connaisseur des tribus \u2014 il fait lui-même partie de l'ethnie pachtoune, traditionnellement prédominante en Afghanistan \u2014 Najibullah a recours au système traditionnel de pacification, que les Anglais ont déjà mené de main de maitre dans la région.Au lieu déjouer la subversion idéologique, il retourne les notables en utilisant les mécanismes de la société traditionnelle: émulation entre chefs de clans, corruption, distributions d'armes, exploitation de la volonté d'autonomie des tribus.Les tribus frontalières, et singulièrement le «pays pachtoune» (afghan et pakistanais), sont l'objectif stratégique prioritaire de l'heure: le but est d'établir «un cordon sanitaire» à la frontière pakistano-afgha-ne pour empêcher les infiltrations et le ravitaillement de la guérilla.Cette stratégie n'a pas connu encore de succès décisif mais, menée dans le prolongement de l'action militaire soviétique, elle commence à causer Babrak Karmal.de sérieux problèmes aux moudjahedine, ainsi qu'en témoigne la chute fin avril de l'importante base de lhawar.C'est là également un très clair avertissement lancé au Pakistan, qui ne peut voir sans inquiétude l'installation à Kaboul d'un homme pour qui les subtilités des tribus frontalières n'ont guère de secret.Une agitation qui gagnerait les Balout-ches, les Pachtounes, voire les Sindhis, menacerait le Pakistan de déstabilisation.Quelques raids aériens récents sur des villages frontaliers pakistanais ont encore renforcé la pression sur Islamabad.Voilà qui éclaire certaines déclarations pakistanaises faisant état de «progrès» à la reprise mardi des négociations indirectes de Genève sur le problème afghan.Pourtant, deux questions primordiales restent en suspens: l'établissement, d'abord, d'un calendrier d'évacuation des forces soviétiques en corrélation avec la cessation de l'aide militaire extérieure (américaine et pakistanaise) à la guérilla; la nature, ensuite, du futur régime afghan.Si les Soviétiques ont en tète la mise sur pied d'un régime dont les bases politiques seraient «élargies», c'est-à-dire dont les communistes ne seraient qu'une des composantes, il est essentiel, de leur point de vue, que le PC afghan se présente en position de force.Les tractations de Genève, où les guérilleros n'ont d'ailleurs pas voix au chapitre, pourraient bien n'être qu'un écran de fumée, permettant de gagner du temps pendant que s'intensifient les opérations militaires contre la résistance.Un contrôle à long terme Parallèlement, Moscou prépare le contrôle à long terme du pays en y formant, par l'éducation et l'endoctrinement, des cadres qui lui seront acquis.Le russe est enseigne dans les écoles afghanes qui sont de plus en plus intégrées au système scolaire soviétique.Des milliers de jeunes Afghans suivent en URSS un programme d'études d'une durée de dix ans.L'intégration économique est également en marche.Gorbatchev souhaiterait à terme, semble-t-il, donner à l'Afghanistan le statut de la Mongolie extérieure.Mais c'est là compter sans la guérilla qui, depuis plus de six ans, tient tête à l'Armée rouge avec des moyens militaires dérisoires.Affaiblie par ses clivages religieux et ethniques, elle n'a pu encore se mobiliser derrière un projet \u2014 national ou social \u2014 autre que celui du rejet de l'étranger et du régime «athée» de Karmal.Néanmoins, ces «combattants de la liberté» rendent assez coûteuse l'occupation soviétique (10 000 morts et 20 000 blessés, selon les estimations américaines).Ronald Reagan l'a compris; en plus de leur envoyer des missiles anti-aériens sophistiqués Stinger, il aurait porté l'aide US aux moudjahedine à quelque $600 millions.Le Pakistan, lui, recevra $4 milliards.Pour les années à venir, cette région stratégique sera en première ligne de l'affrontement américano-soviétique.VENEZ ADMIRER LE SPECTACLE FEERIQUE DES FEUX D'ARTIFICE sur le VILLE-MARIE II amarré en permanence au quai Victoria .$Q00 au prix de w » » * ou EN CROISIERE sur le St-Laurent les 23 et 26 mai et 2, 6 et 13 juin de 20 h à 23 h, au coût de $13 par personne Départ du quai Victoria, Vieux-Port de Montréal (au pied de la rue Berri) Pour renseignements: Croisières du Port de Montréal Inc.UNIQUE 842-3871 PORTES & FENETRES VERDUN * VERDUN \u2014 925, rue Hickson, 769-1725 VERDUN \u2014 4281, rue Verdun, 761-7895 MONTREAL \u2014 2260, St-Clément, 255-6868 LAVAL \u20144525, boul.Samson, 681-1547 ST-BASILE \u2014 139, boul.Laurier, 653-2265 LES PORTES GARAGE DE je* PORTE DE ORAGE SECTIONNE!!! 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