La presse, 14 avril 1986, B. Informations nationales
[" des autres Michel Vastel INFORMATIONS NATIONALES > \u20ac LA PRESSE, MONTRÉAL, LUNDI 14 AVRIL 1986 Une ville de pionniers I CALGARY \u2014 Lorsque l'économie de l'Est de ™ Montréal s'est soudain désintégrée, tout ce qui commande à l'économie et à la politique s'est tourne vers Ottawa: pour s'en plaindre d'abord, et pour en attendre des miracles ensuite.À Calgary, c'est le maire de l'endroit.Ralph Klein, et le président de Lavalin, Arthur Smith, qui ont décidé de prendre les choses en main, sans un sou ni même un mot d'encouragement du gouvernement fédéral.Les entrepreneurs et les élus locaux auraient pourtant eu de quoi se plaindre: dans cette métropole de 625 000 habitants dont 80 p.cent de la population dépend du pétrole et du gaz naturel, il se donnait $2,5 milliards de contrats de construction par année.Seule Houston ( Texas ) faisait mieux en Amer; que du Nord.Soudain, arriva une récession mondiale et le Programme énergétique national: « Plus vous volez haut, plus brutale est la chute », se rappelle Ralph Klein, qui venait juste d'entrer à l'hôtel de ville de Calgary.Prés de 5 000 personnes, surtout des professionnels, ont quitté la ville.Pour la première fois dans l'histoire de Calgary, on a mis plusieurs centaines d'employés municipaux à pied.Au lieu de s'apitoyer sur leur sort, les Calgariens ont décidé de prendre leur avenir en main.Ils créé un « Office du développement économique », co-preside par le maire et Arthur Smith, et la Chambre de commerce s'est mise de la partie, sur le thème de « Yes, we can ! ».« Cette ville ne se désespère pas vite et ne se décourage jamais, confie aujourd'hui son maire; c'est une ville de pionniers ».Pendant le boom du pétrole, la ville ne se souciait même pas de son développement économique.La preoccupation majeure était de réorganiser la circulation automobile, de semaine en semaine, autour de gigantesques chantiers de construction.« On se contentait d'accueillir de noire miejx ceux qui s'installaient chez nous », se rappelle Ralph Klein.En 1982 cependant, la récession frappait: sans attendre une subvention d'Ottawa pour créer un quelconque « comité de survie ».commerçants, entrepreneurs et.ingénieurs-conseils de Montréal se sont mis à penser a l'avenir de leur ville: ils ont identifié deux secteurs \u2014 l'agro-alimentaire et la technologie des communi» ations \u2014 pour réduire leur dépendance par rapport au pétrole et au gaz naturel.Ce qui prouve que les enlro|*rlses, Lavalin ou d'autres, se comportent différemment, selon l'environnement dans lequel elles opèrent.Ralph Klein Le principal architecte de celte « opération-survie » a été élu maire de Calgary en octobre 1980, à la surprise générale et contre le maire sortant, uni sorte de lean Drapeau local qui vivait depuis plusieurs années coupé de sa population.Ancien chroniqueur municipal pour une station de télévision locale, il avait alors moins de 38 ans.Il s'était lancé en politique avec $300 en banque et un emprunt de $600.Sa campagne électorale fut alimentée par un groupe de fonctionnaires déçus, sinon scandalisés, par la corruption et le manque d'imagination de l'administration sortante.Même si Ralph Klein hérita presque immédiatement d'une ville en crise, il fut réélu, trois ans plus tard, avec les deux tiers des voix.Ralph Klein eut son heure de gloire, au Québec, lorsqu'il dénonça l'invasion de sa ville par les « petits voyous du Québec », attires par les mégaprojets du pétrole.Beaucoup ont cru qu'au cours de ses visites subséquentes, Ralph Klein venait présenter ses excuses au Québec.Que non ! Le maire de Calgary rôdait autour de compagnies québécoises en quête de cieux plus cléments.Ralph Klein se vante ainsi d'avoir repéré, au cours de ses « expéditions de recrutement », une douzaine de compagnies québécoises prêtes à émigrer vers l'Alberta.Il raconte ainsi le cas d'un petit fabricant de vêtements à qui il rend régulièrement visite, envoie des cartes de Noel, et l'invite au « Stampede ».L'homme d'affaires est sur le point de se laisser séduire.« Je n'ai jamais entendu parler de lean Drapeau, raconte le chef d'entreprise.Et me voilà courtisé par le maire de Calgary ».Une stratégie terriblement efficace.Comme si cela ne suffisait pas, Ralph Klein soigne aussi les cadres des entreprises songeant à déménager, et même leurs familles.Lorsque les employés de Pacific Western ou de Shell sont arrivés à Calgary, ils ont eu droit, non seulement à une lettre personnelle du maire, mais à des billets gratuits pour le zoo et quelques musées locaux, et des invitations au Stampede! Bien sur, les habitués du Petroleum Club froncent un peu les sourcils devant les manières un peu rudes de cet élu municipal qui continue de fréquenter la taverne de l'hôtel Saint Louis ( l'équivalent de l'hôtel Nelson dans le Vieux-Montréal ) comme à la belle époque du journalisme.Mais Ralph Klein n'est pas seulement un homme du peuple, c'est le reflet vivant d'une culture différente.La Cité du cinéma Calgary aura peut-être par exemple sa Cité du Cinéma bien avant Montréal, et sans subventions du gouvernement fédéral: dans cette ville où l'argent se gagne si vite qu'il brûle les doigts, plusieurs hommes d'affaires ont décidé, au début des années 80, de construire un luxueux complexe immobilier autour d'un studio de cinéma et d'un parc splendide qui servirait de décor naturel à toutes sortes de films.Frappé par la première crise du pétrole en 1982, le groupe a fait une faillite retentissante.Mais il n'aura pas fallu trois ans pour qu'un promoteur de Winnipeg ne vienne ressusciter le projet, à ses frais bien sur et sans même penser un instant à demander l'aide de Marcel Masse ou du ministère fédéral des Communications.Ce n'est là qu'un exemple parmi une dizaine d'autres qui démontrent qu'à l'heure d'un régime conservateur à Ottawa, et en dépit de toutes sortes de rises mondiales, Calgary a sans doute plus de chances de s'en sortir que Montréal, élevée dans les chaudes serres de l'État-Providence.LANGUES OFFICIELLES La nouvelle politique ne sera connue qu'à l'automne r mm OTTAWA \u2014 Compte tenu du \u2014 calendrier parlementaire réduit qui reste d'ici l'été, il est fort probable que la nouvelle politique sur les langues officielles ne soit rendue publique qu'à l'automne prochain.MAURICE JANNARD de notre bureau d'Ottawa C'est ce qu'a déclaré à LA PRESSE le Secrétaire d'État, M.Benoit Bouchard.Le ministre Bouchard a précisé d'une part que le premier ministre Mulroney tiendra l'engagement annoncé dans le discours du Trône de revoir la politique sur le bilinguisme, mais que d'autre part il s'agit d'un dossier toujours susceptible de provoquer des explosions de passion à travers le pays et c'est pourquoi il faut prendre le temps nécessaire.Selon le ministre, l'administration fédérale précédente a donne un cadre juridique aux langues officielles et celui-ci doit maintenant être réévalué.Un groupe de travail inter-minis-tériel de hauts-fonctionnaires ( Secrétariat d'État, Conseil du Trésor et ministère de la justice ) dirigé par Gérard Veilleux a remis son rapport, a indique M.Bouchard, et « les décisions seront prises dans quelques semaines au niveau du gouvernement ».Mais comme il reste peu de temps à siéger au Parlement d'ici la fin de juin, il croit vraisemblablement que le projet de loi ne sera dévoilé qu'a l'automne prochain.Dans un premier temps, Ottawa cherchera à renforcer la loi dans les institutions fédérales afin d'améliorer les services offerts au public.Le ministre promet des élé- ments coercitifs, s'il le faut, pour les sociétés de la Couronne comme Air Canada, Via Rail et Canadien National.En second lieu, l'action du cabinet conservateur s'effectuera en collaboration avec les provinces dans le but de développer davantage l'enseignement des langues secondes.Le Secrétaire dit qu'il a constate beaucoup de progrès dans plusieurs provinces et il cite le Nouveau-Brunswick, l'Ontario et même la Saskatchewan.La déclaration du ministre Bouchard risque de déplaire au commissaire des langues officielles, M.D'Iberville Fortier, de même qu'aux organismes comme la Fédération des francophones hors-Québec et Alliance Quebec qui ont blâmé le federal la semaine dernière pour ses hesitations.Le Commissaire aux langues doit d'ailleurs rendre publie demain son ?rapport annuel pour 1985 et M.1 or-\" tier fera sûrement des recommandations concernant la nouvelle politique du gouvernement Mulroney.À ces critiques, le ministre Bouchard repond: « Une taxe sur les cigarettes ou un budget ça se règle en un mois.Une politique sur les langues, cela relève d'une philosophie qui demande un certain temps pour être élaborée si on veut faire du pro-gres ».>\u2022 j- > Ayant en main les propositions du groupe Veilleux.le minisire cherchera a obtenir un consensus auprès de ses collègues du cabinet et du caucus conservateur.Le Secretaire d'Etat dira qu'a chaque fois qu'il est question de langue au Canada, on est tout le temps a un cheveu d'un conflit.« l'aime mieux prendre six mois de plus cl impliquer les gens que d'aller vile ei risquer la guerre » SONDAGE GALLUP Budget Wilson: les Canadiens partagés mm Bien que la majorité des Canadiens informés croient que le budget présente au Parlement par Michael Wilson à la fin de février leur nuira sur le plan financier, l'opinion se divise à peu près également lorsqu'il s'agit d'évaluer l'impact du budget sur l'économie canadienne.la premiere question posée était la suivante: « Le ministre des Finances, Michael Wilson, a présente un budget au Parlement, le 2b février.Ave/.-vous vu ou entendu quelque chose au sujet de ce budget ?» Les réponses a celte question sont sensiblement les mêmes que celles obtenues lors d'un sondage seinblahle après la presentation du budget de mai 1985: Clark rencontre Chtcharansky Complétant hier sa visite de quatre jours en Israël, le secrétaire d'État canadien aux Affaires Extérieures, M.Joe Clark, a évoqué la possibilité d'une contribution canadienne au développement économique du Proche-Orient « afin de promouvoir les conditions favorables à un règlement dans la région ».Et après avoir rencontré samedi le maire palestinien de Bethlehem ( Cisjordanie occupée ), M.Elias Fredj, M.Clark s'est entretenu hier à Jérusalem avec l'informaticien juif soviétique Anatoly Chtcharansky, récemment libéré par l'Union soviétique, léléphoto AP PETITES SOCIETES PETROLIERES Pat Carney craint que la crise ne favorise le contrôle étranger | OTTAWA ( PC ) \u2014 Au nombre ^ des inquiétudes qui hantent l'industrie pétrolière, il faut considérer la possibilité que les petites sociétés canadiennes, les plus durement touchées par la crise pétrolière, deviennent vulnérables au contrôle étranger, a affirmé la ministre de l'Énergie, Mme Pat Carney.« Nous surveillons la situation de très près », a precise Mme Carney au cours de l'émission Oucsiion Period au réseau CTV.De plus, la ministre a révélé que le gouvernement envisageait actuellement la mise en oeuvre d'un plan d'urgence pour assister l'industrie au cas où les prix du pétrole resteraient faibles pour une période indéfinie.M.Carney a toutefois rejeté la possibilité d'établir immédiatement un prix minimum pour le pétrole.Les prix mondiaux ont chute dramatiquement depuis que l'Arabie Saoudite a littéralement inondé de brut un marché déjà saturé dans une tentative de reconquérir sa part du marche mondial.Depuis décembre, les prix « spot » des marchés internationaux ont recule sous la marque des $15 US le baril.Sur le marché a terme de New York, le brut se vendait $13,48 US.Les compagnies canadiennes parviennent à obtenir $16.70 le baril pour du brut qu'elles vendaient $39,70 il y a quelques mois.Au courant du budget de Oui .Non Février 1986 83% 17 Mai 1985 82% 18 On a alors pose une deuxième question aux personnes qui étaient au courant du budget: «Croyez-vous que les mesures annoncées dans le budget renforceront ou non l'économie CjB1 nadienne?» Comme le démontre le tableau suivant, la reaction au budge! de février est beaucoup plus optimiste qu'elle ne l'avail etc au budget precedent.Effet sur l'économie canadienne Budget 1986 Budget 1985 Renforcera l'économie.37- 28' Ne renforcera pas.40 47 Ne peuvent dire.24 25 La dernière question demandait: « Est-ce que les mesures du budget aideront ou nuiront a la situation financière de votre famille?» Les reactions personnelles sont a peu de choses pies les mêmes qu'en 1985.Effet sur les finances familiales Budget 1986 .8% Aidera.Nuira.Aucun changement Ne savent pas.Les Canadiens de moins de peu près les mêmes réponses 52 5b 5 Budget 1985 ')'.55 31 5 50 ans ont fourni cette année a que l'an dernier.Toutefois, les Canadiens âgés de 50 ans et plus ont réagi beaucoup plus favorablement au budget 86 qu'au budget 85 qui projetait de réduire les dépenses pour les pensions de vieillesse.GROUPES D'ÂGE 18-49 ans fév.86 mai 85 Effet sur l'économie canadienne: Renforcera.34; 31% Ne renforcera pas.42 44 Ne peuvent dire.23 25 Effet sur les finances familiales: Aidera.8 12 Nuira.55 52 Aucun changement.32 31 Ne savent pas.5 5 50 ons et plus fèv.86 mai 85 41 i 34 25 7 4b 42 5 221.53 25 i 62 28 5 Les résultats du sondage sont fondes sur des entrevues pervn-nelles à domicile, effectuées à la mi-mars, auprès de 1 048 adut» tes de 18 ans et plus.Un tel échantillonnage est précis a quatre points près, 19 fois sur 20.MALGRE LES RETICENCES DES SENATEURS SUR LE LIBRE-ECHANGE Mulroney demeure optimiste c.'t TORONTO ( d'après CP ) \u2014 Le premier ministre Mulroney a bonne confiance que les pourparlers sur le libre échange seront amorcés tel que prévu avec les États-Unis, en dépit des nouvelles peu encourageantes émanant du Sénat américain.M.Mulroney a déclaré en fin de semaine aux journalistes qu'il avait reçu du président Reagan l'assurance que les discussions débuteraient sous peu.« Nous avons l'engagement du président des États-Unis et du secrétaire d'État ( George Shultz ), et je demeure confiant.|e suis persuadé qu'une intensification des échanges commerciaux avec les Etats-Unis se traduira par un accroissement du nombre des emplois et par la prospérité économique pour le Canada.» À Washington, le sénateur républicain Robert Packwood, de l'Ore-gon, président de la puissante commission des Finances du Sénat, a prédit vendredi que le vote qui doit être pris cette semaine aboutirait au refus de donner au président Reagan l'aurorité nécessaire pour négocier une libéralisation des échanges commerciaux avec le Canada.Les sénateurs siégeant au sein de la commission des Finances se sont plaints de la position peu accommodante adoptée par le Canada sur la dispute qui sévit actuellement entre les deux pays à propos des exporta- Mulroney toujours aussi optimiste P^olo IA PRESSE tions de bois canadien, qui.selon , les Américains, sont subvention- -nées deloyalement par les gouvernements provinciaux.M M.Mulroney a soutenu que les» predictions de M.Packwood n'étaient que le fruit des préoccupa; tions d'un politicien représentant un Etat producteur de bois, et a émis l'espoir que des opinions « plus éclectiques » prévaudraient,, lors du vote.Le premier ministre a par ailleurs* promis de ne pas céder aux demandes de réduction des exportations-canadiennes de bois, qui représentent des recettes annuelles de plus; de $3 milliards.- > m ¦ B 2m LA PRESSE, MONTRÉAL, LUNDI 14 AVRIL 1986 EDITORIAL PAUL DESMARAIS président du conseil d'administration ROGER O.LANDRY président et éditeur MICHEL ROY éditeur adjoint CLAUDE GRAVEL directeur de l'information JEAN-GUY DUBUC éditorioliite en chef l'Alberto en crise appelle au secours Toute l'économie albertaine est en proie à la crise mondiale du pétrole.Déjà très sérieuse depuis que le prix du baril est tombé à moins de 13 dollars américains le mois dernier, la situation risque de s'aggraver encore avant l'été.La faillite menace quelques géants.Les mises à pied sont commencées: on en prévoit de 70 000 à 80 000 dans la seule industrie pétrolière.Envoyé spécial de LA PRESSE en Albena.Michel Vastel a publie samedi ses constatations: l'orgueilleuse province de l'Ouest n'est hélas qu'une géante aux pieds d'argile.Ce drame touche aussi, à des degrés divers, les autres provinces productrices de pétrole et de gaz naturel: Colombie-Britannique, Saskatchewan, Nouvelle-Ecosse et Terre-Neuve.Les institutions financières, qui procurent des fonds considérables aux entreprises d'exploitation et d'exploration, se ressentent des effets de la dégringolade et appréhendent l'effondrement.C'est pourquoi, comme l'annonçait LA PRESSE en manchette samedi, les autorités albert a me s ont engagé des négociations avec le gouvernement fédéral, en particulier les ministres de l'Énergie et des Finances.Edmonton a réussi à faire admettre par Ottawa que la crise du pétrole est une «question nationale» qui appelle des mesures d'urgence.En conférence de presse, vendredi, le Premier ministre, M.Mul-roney, a reconnu que la chose est préoccupante et que des discussions sont en cours.Il n'a pas dit davantage.Mais il devra aller plus loin ces jours-ci.Le gouvernement fédéral n'a plus le choix.Jusqu'où Ottawa doit-il aller?Dans quelle mesure les Canadiens sont-ils prêts à secourir l'industrie pétrolière?À ce jour, le Cabinet fédéral ne semblait pas trop se soucier de la chute des prix du pétrole qui, disaient les ministres avec optimiste, profiterait aux consommateurs et aux industries de l'Est.La situation s'étant rapidement détériorée dans l'Ouest, le ministre albertain de l'Énergie, M.John Zao-zirny, aurait réussi à convaincre Ottawa de renoncer à la taxe sur les revenus des sociétés pétrolières et gazières (environ $848 millions cette année et $2 milliards jusqu'en 1988.date à laquelle cet impôt doit être aboli).Pour combler le manque à gagner, Ottawa envisage d'instituer une nouvelle taxe de deux à trois cents le litre à la raffinerie ou à la pompe.En somme, il appartiendrait aux consommateurs d'essence et de mazout de se porter au secours de l'industrie pétrolière en plein désarroi.Les Québécois et les Ontariens reconnaîtront que cette action de solidarité nationale n'est pas excessive au regard des avantages qu'ils ont tirés de la vente du pétrole de l'Ouest à un prix inférieur au niveau mondial depuis 1973-74.«Jamais, disait M.Zaozirny à LA PRESSE, les Canadiens n'ont eu à payer le prix mondial depuis 1974, ce qui représente une économie estimée à $50 milliards en une dizaine d années.» Les conservateurs albertains, qui vont aux urnes le 8 mai, défendent bien leur cause à l'Est comme à l'Ouest.Il est vrai que ni Edmonton ni l'industrie pétrolière de l'Ouest ne portent la responsabilité de la stratégie des pays de l'OPEP, du cheik Yamani en particulier, qui ont réussi à provoquer une nouvelle crise en ramenant le prix du pétrole au niveau de 1973.Il faut donc aider PAlberta et l'industrie pétrolière.Mais les chefs d'entreprises et les hommes d'affaires de lOuest, farouchement opposés à toute intervention de l'État quand la conjoncture est favorable, partisans doctrinaires de la liberté des lois du marché, ne devront pas oublier qu'ils se tournent volontiers vers le gouvernement, fût-il conservateur, et vers les Canadiens de l'Est quand l'industrie est menacée.Quand remonteront les prix du pétrole, il ne faudra pas nous laisser geler.Michel ROY Un choix difficile pour nos voisins Avec la baisse du prix du pétrole, les gouverneurs des États de la Nouvelle-Angleterre montrent de moins en moins d empressement à acheter de l'électricité québécoise.Dans ces circonstances, M Robert Bourassa aura beaucoup de peine à réaliser son projet de construire la Baie James II.au moins pour le moment.Quand M.Bourassa qualifie, de façon plutôt nébuleuse, les réticences des gouverneurs voisins de «position stratégique de négociation», il a raison car la baisse du prix du pétrole ne résout les problèmes énergétiques de la Nouvelle-Angleterre qu'à court terme.N'ayant aucune ressource énergétique propre, cette région doit choisir entre le pétrole importé, le charbon de Pennsylvanie, le nucléaire et l'électricité québécoise.Les États de Nouvelle-Angleterre, ou plutôt les nombreuses compagnies d'utilité publique, n'ont pas le couteau sur la gorge.Ils ont tout leur temps pour trouver la solution qui leur convient le mieux.Forcément, le Québec n'a pas avantage à trop pousser sa marchandise alors que le marché est si favorable pour les acheteurs.Tôt ou tard, la situation pourrait changer.M.Bourassa adopte donc, lui aussi, une «position stratégique de négociation».Le Québec doit, en effet, diminuer les risques financiers que ce projet gigantesque entraînera.Selon les projections d'Hydro-Québec, la demande québécoise d'électricité jusqu'à la fin du siècle peut être satisfaite avec des investissements relativement modestes.L'erreur la plus funeste serait de dépenser des milliards pour développer des chutes d'eau à des milliers de kilomètres d'un marché qui n'a pas besoin de cette électricité.Le meilleur moyen de diminuer ce risque est de développer les nouvelles ressources en accord avec les consommateurs, c'est-à-dire avec les compagnies d'utilité publique de Nouvelle-Angleterre.Par le temps qui court, il est inutile de leur demander de signer des contrats qui fixeraient pendant des années le prix auquel elles achèteraient l'électricité.Le seul risque qu'on peut leur demander d'accepter est de participer au capital d'Hydro-Québec ou de lui prêter l'argent nécessaire.Elles financeraient ainsi le développement de l'énergie qu'elles achèteraient: elles gagneraient d'un côté ce qu elles perdraient de l autre.Hydro-Québec obtiendrait ainsi un marché stable tout en écartant des risques inacceptables; la société d'État ne pourrait pas toutefois s'attendre à d'éventuels gains extraordinaires.Cette perspective est alléchante pour le Québec qui n'a pour l'instant rien d'autre à faire avec ces ressources inexploitées.La Nouvelle-Angleterre doit, de son côté, se demander s'il n'y a pas d'autres moyens de se procurer l'électricité dont elle aura besoin.Pour l'instant, elle semble avoir le choix; à plus long terme, le Québec est peut-être la seule solution.Les crises pétrolières des années soixante-dix ont - freiné la croissance économique et la consommation d'énergie; la baisse du prix du pétrole renversera cette tendance et I électricité présentera de nouveau des avantages sans pareils.Le développement de la Baie James II dépendra moins d'un marché conclu entre le Québec et la Nouvelle-Angleterre que d'une collaboration étroite entre les deux régions.La prudence dont on fait preuve de part et d'autre est de bon augure pour des négociations qui seront longues et délica- tôS Frédéric WAGNIÉRE 00 Le ctrtmr Pes / C ESTFftÇ PovZ ) (Droits réservés) Marc Laurendeau s* Cet affichage anglais surgi de la confusion (Collaboration spéciale) «Une semaine, en politique, c'est une éternité.» Telle est la phrase, empreinte de sagesse, que M.Robert Bourassa aime adapter à diverses situations.Sauf, apparemment, à l'équilibre linguistique dans cette province, un cas où le premier mi-nistre semble oublier que quatre mois d'ambiguïté et d'inaction sont en train de créer un état de fait explosif.Avant l'élection du 2 décembre 1985, la position de M.Robert Bourassa paraissait éminemment raisonnable: le chef libéral prenait acte d'un progrès réel du fait français, grâce à la Loi 101, et ne tenait guère, par un démantèlement de celle-ci, à réouvrir la boite de Pandore en lançant tout le Québec dans un débat linguistique passionné.Seuls quelques «irritants» seraient éliminés.L'interdiction de l'affichage bilingue, en français et en anglais, surtout dans les quartiers à forte concentration anglophone, paraissait une aberration a M.Bourassa.Une solution plus réaliste, au moins dans les quartiers et municipalités à prédominance anglophone, aurait été de permettre l'affichage bilingue.On aurait ainsi consacré la culture majoritaire du Québec tout en reconnaissant à la minorité anglophone son droit à la visibilité.En peu de temps, les rapports linguistiques ont cependant pris une tournure moins heureuse.Plusieurs petits commerçants gardent l'impression confuse que la Loi 101 est appelée à disparaitre sous les libéraux.L'on voit donc surgir, comme si les calendriers et les horloges nous ramenaient dix ans en arrière, des affiches carrément unilingues anglaises, annonçant « Cantor's Bakery » ou dans une brochetterie de Nq-tre-Dame-de-Gràce, «A Festival of Frog Legs».Divers restaurants, pour éviter les frais d'une nouvelle affiche durant la mise en application de la Loi 101, avaient simplement masqué de ruban-cache les inscriptions illégales et unilingues comme «Light lunch».Ce fut un jeu d'enfant, au cours des dernières semaines, de simplement retirer les rubans adhésifs.Où se fonde cette conviction, partagée, semble-t-il, par plusieurs marchands néo-québécois, selon laquelle la Loi 101 n'existerait déjà plus?Dans diverses attitudes du gouvernement Bourassa.Dès son arrivée au pouvoir, il ne trouve rien de plus pressé que de laisser entrevoir la fusion des quatre organismes chargés de promouvoir la langue française.Réduction du déficit oblige mais la cible choisie est porteuse de symbole.Plus tard, le ministre Claude Ryan songeait à passer l'éponge sur la présence, à l'école anglaise, des fameux écoliers «illégaux».Quant à l'affichage bilingue, toujours prohibé par la loi, le gouvernement, malgré une avalanche de plaintes, n'intente aucune poursuite.Le ministre Herbert Marx attend que soit rendue une décision de la Cour d'appel sur l'affichage français unilingue obligatoire.Des commerçants le décrivent comme une atteinte à la liberté d'expression.Plutôt que de prendre courageusement la décision politique qui s'impose, le gouvernement Bourassa laisse trainer le problème, s'en lave les mains et remet le tout à une autorité judiciaire non élue, qui ne pourra trancher qu'en vertu de considérations techniques.Pourtant, la pression est forte sur le gouvernement Bourassa.À deux reprises récemment, la Gazeffe a dénoncé en éditorial le chaos actuel.Le quotidien anglophone a supplié le gouvernement Bourassa de faire preuve de leadership et recommandé aux commerçants de respecter la règle de droit.De son côté, le président du Conseil de la langue française.M.lean Martucci.dans un avis public, a somme la ministre Lise Bacon de clarifier la position gouvernementale sur la Loi 101.En optant pour cette mise en demeure officielle plutôt que pour un plaidoyer lors d'un entretien privé, le haut fonctionnaire plantait un clou dans son cercueil politique.Mais, sur le fond, il avait raison.Les récents sondages CROP (mars 1985) et SORECOM (avril 1985) indiquent qu'un consensus social existe en faveur de l'affichage bilingue, pourvu que le français soit toujours inclus.Les Québécois francophones sont majoritairement conscients de leurs droits mais tolérants.Il faudrait cristalliser cette entente dans un règlement provisoire et, ultimement, dans un texte de loi adapté aux régions du Québec, plutôt que de laisser, par le relâchement et la transgression systématique de la loi.s'intaller un fait sociologique nouveau: le recul du français.Robert Bourassa première manière avait perdu beaucoup de plumes avec une législation linguistique équivoque.On espérait que, fort de sa réflexion, Robert Bourassa II miserait sur la clarté.POÎNT DE VUE Chez les Anglais, il y a 900 ans Les Anglais férus d'histoire, et ils sont très nombreux, évoquent cette année les temps lointains où leur ile était sous domination française (ils disent plutôt: normande^_ Willi* CHEVALIER collaboration spéciale Fils naturel de Robert 1er, duc de Normandie, et de la fille d'un tanneur de Falaise, Guillaume le Conquérant ou le Bâtard (au choix) avait été reconnu par son père et lui avait succédé, lean Albert-Sorcl.petit-fils du grand historien Albert Sorel et lui-même auteur, notamment, d'une remarquable Histoire de France et d'Angleterre , écrit de Guillaume: «C'était un Normand au sens pratique, taillé en athlète, passionné de guerres et de chasses, redouté pour ses colères, mais un esprit très fin, doué d'une belle intelligence, profondément pieux et de moeurs exemplaires.» C'est à force de ténacité qu'il s'empara du trône d'Angleterre en 1066 après avoir fait de la Normandie une des régions les plus paisibles et les plus prospères de la France et fait reconnaître par l'Eglise son mariage avec sa cousine Mathildc, fille du comte Baudoin de Flandre.Le 27 septembre 1066, donc, sept â huit cents navires transportaient l'armée normande \u2014 6,000 hommes \u2014 de Saint-Valéry-en-Caux à Pevensey, sur la côte Sud de l'Angleterre.Le 14 octobre, â Hastings, Harold 11 était battu et, le 25 décembre, Guillaume était couronné dans l'abbaye de Westminster.Et c'est en 1086, soit un an avant sa mort (plus précisément, â partir de Noel 1085) qu'au nom de Guillaume on procédait au dénombrement de toutes les propriétés foncières de l'Angleterre, de leurs métayers et locataires, des charrues, des forets, des viviers, des animaux, bref, de tout ce qu'on pouvait trouver sur ces propriétés, jusqu'aux ruches, du moins à Mar-lesford au Suffolk où, encore aujourd'hui, si l'on en croit VEconomist, un propriétaire terrien reçoit chaque année 12 pots de miel en paiement partiel du loyer d'une terre.Les frontières du Suffolk furent immuables jusqu'en 1974, alors que l'on a effectué une réorganisation des gouvernements locaux de l'Angleterre.Le recueil cadastral établi par Guillaume le Conquérant porte le nom (que lui ont donné les Anglais de l'époque) de Domesday Book, qu'on peut traduire par Livre du jugement dernier ou Livre de la fin des temps, et qui compte deux tomes en latin, l'un traitant de 31 comtés jusqu'à la rivière Tees, au nord du pays, et l'autre du Norfolk, du Suffolk et de l'Es-sex.S'ils l'avaient pu, semble-t-il, les recenseurs auraient compté et consigné jusqu'au nombre des oiseaux, des poissons, des abeilles et des fourmis du royaume! Le seul nom du Domesday Book laisse croire que l'entreprise a rencontré de la résistance mais on ne sache pas que les récalcitrants aient eu un porte-parole comme Cam illion Houde qui, en 1940, mit ses compatriotes en garde contre la «Loi de mobilisation des ressources nationales» de Mackenzie King, ce qui lui valut (â Houde, pas â King) quelques années d'internement.Depuis le début de ce mois et jusqu'à la mi-juillet, l'Angleterre commémore le neuvième centenaire du Domesday Book par une exposition itinérante, des feux d'artifice, des conférences, des bals, des timbres, des éditions de fac-similés, des «souvenirs» de toute sorte, etc.Il n'est pas sans intérêt de souligner que si le Domesday Book est un des plus anciens documents officiels du Royaume-Uni, on déposait l'an dernier le cinq millionième de ces documents aux archives britanniques (London Public Record Office).Le Québec possède-t-il des renseignements équivalents sur son passé?Aussi anciens, relativement?Un an après son arrivée, \"'intendant lean Talon faisait procéder â un relevé assez semblable à celui de Guillaume le Conquérant en Angleterre.On avait choisi Talon, disait Louis XIV, «parce qu'il avait toutes les qualités nécessaires pour prendre une connaissance parfaite de l'état du pays et pour réformer les abus dans l'administration de la justice, de la police et des finances».Commencer par établir un bilan, n'est-ce pas ce que fait, de notre temps, quiconque prend en charge une administration? B LA PRESSE, MONTRÉAL, LUNDI 14 AVRIL 1986 B 3 TRIBUNE «Grin de Cel» provoque des réactions «J'étais entrée pour prier» De passage a Montreal, j'entre participer a la messe du dimanche Ib mars en la cathédrale Marie-Reine-du-Monde.boulevard Dorchester.À la porte, on me remet un feuillet qui m'est familier: le semainier paroissial.le suis tout de suite intriguée par le titre d'un article: Les évoques dans la fosse aux lionnes.signe Grin de Cel.Ce qui surprend d'abord, c'est de trouver dans un feuillet qui s'adresse à la communauté paroissiale, un écrit dont l'auteur se cache derrière un pseudonyme.Deuxième surprise.Grin de Cel fait l'autopsie d'une rencontre a laquelle il n'a pas.semble-t-il, assisté puisqu'il cite les journaux comme source de ses renseignements.Autre reaction: on est surpris de trouver un texte aussi agressif quand on entre pour prier dans la Maison de Dieu.(.) Les jours passent, les écrits restent.et font mal.D'autant plus qu'ici a Paris, dans les milieux catholiques que je fréquente depuis les trois ans que j'y suis, on ne rate pas une occasion de m'inter-roger sur cette présence dynamique de femmes catholiques, québécoises, celles qui dérangent le statu quo en reclamant leur juste place dans l'Église.Précisément, à propos de cet événement au Quebec alors que l'auteur chez nous écrit: Les évoques dans la fosse aux lionnes, la revue mensuelle française: Vie catholique, dans le dernier numéro mars-avril, titre cet événement: Femmes et évoques: partenaires.le me sens profondement solidaire de mes compatriotes, j'ai depuis longtemps la conviction que mon baptême me donne le droit d'être citoyenne a part entière dans cette Église a laquelle je suis resiée fidèle avec ferveur, le suis de cette majorité silencieuse dont parle l'auteur, mon son de cloche rejoint celui de la minorité des «lionnes»; une de plus! C'est, il me semble, peu respecter les evéques qui se sont mobilises pour amorcer ce dialogue que de résumer cet événement par de telles banalités revanchardes! C'eut été une bonne occasion pour rendre compte objectivement de cette rencontre, de cette experience d'Église vécue chez nous; libre â chacune, a chacun de l'évaluer.Huguette CHAMARD CHAGNON Tempête dans un verre d'eau C'est avec surprise que j'ai trouve, en premiere page de LA PRESSE, un article consacre a M.l'abbe Marc Roy que l'on présente comme étant le «macho» de la Cathédrale (3 avril).Voila un bel exemple de lempète dans un verre d'eau! Ce qui m'étonne le plus, c'est l'altitude de ces pieuses féministes qui sont a l'origine de cet article.Avant de faire la leçon aux autres, il y a une chose que ces grandes catholiques devant l'Eternel auraient du commmen-cer par faire: suivre les enseignements du Christ.I n effet, que disent les évangiles lorsque surgit un sujet d'irritu-tion entre chrétiens?Avant d'aller sangloter sur l'épaule amicale d'un journaliste compatissant et peut-être en mal de copie, elles auraient du relire les Leritures et.en particulier, des passages comme celui-ci: «Si ton frère vient a pécher, va le trouver et reprends-le.seul a seul.» (Saint-Matthieu, XVIII.15).Ce passage et d'autres semblables indiquent clairement que de vrais chrétiens, lorsqu'ils ont a régler un différend qui a surgi parmi eux, ne commencent pas par aller laver leur linge sale en premiere page des journaux.El puis, j'aime bien l'abbe Marc-Roy, même si je ne lui ai jamais parle de ma vie.Etrangère et anglophone, j'ai toujours trouve à la Cathédrale, en plus de beaux offices, une atmosphere sympathique et très québécoise, empreinte de simplicité, de cordialité et de chaleur humaine.L'abbe Marc Roy y est pour beaucoup: dans un style vigoureux, haut en couleurs, singulièrement bien adapte a son auditoire (n'en déplaise aux pieuses féministes), l'abbe Roy communique admirablement bien avec les fidèles que sa foi vigoureuse impressionne car ce n'est pas la, de nos jours, une denrée fort courante.De plus, quiconque a entendu ce prêtre parler sait qu'il n'y a pas pour un atome de méchanceté réelle en lui.Il m'arrive souvent de citer a mon mari des propos de l'abbe Roy.parce qu'ils sont souvent fort drôles niais aussi parce qu'ils donnent habituellement en plein dans le mille.Certes, il arrive qu'a l'occasion, les propos de l'abbe Roy soient quelque peu excessifs.C'est regrettable.L'abbe Roy n'est pas parfait: c'est bien regrettable.Mais il faut aussi souligner que-ces excès occasionnels ne représentent en fait que les inconvénients assez inevitables de ses qualités, et moi je trouve ses qualités assez exceptionnelles.Par ailleurs, a qui ces rares excès font-ils réellement du tort?Certainement pas a des gens équilibres, qui ont un quotient intellectuel supérieur a 25.Knfin.imaginons un peu qu'on réussisse a ressusciter Leon Bloy, Louis Veuillot et Bernanos, pour ne citer que ceux-la, et qu'ils se mettent a prendre la parole dans la Cathédrale parce que monseigneur Cimichella, dans un moment de faiblesse coupable, leur en aurait donné la permission.On devine sans peine ce qu'on pourrait alors lire, en premiere page de LA PRESSE, sous la plume de ces saintes femmes! Julie E.ASPELL Outremonl Des propos inadmissibles Mgr Andre-Marie Cimichella Cure de la Cathédrale de Montreal C'est avec beaucoup de regret que nous avons lu vos commentaires concernant les propos belliqueux de votre vicaire Marc Roy.Il semble que vous preniez «avec-un grain de sel» les écrits de ce triste sire.Même si vous vous défendez de partager la pensée de l'auteur, vous ne semblez.nullement dispose a faire taire ses propos.«M.Roy est comme ça, que voulez-vous?|e ne suis pas la pour le défendre.ni pour le blâmer non plus! Selon Grin de Sel.les hommes auraient peut-être cent fois plus de raisons de se plaindre du harcèlement sexuel («Ils sont continuellement agresses par la coquetterie de certaines femmes légères et courtes velues.!).Combien d'hommes en restent marques pour leur vie du harcèlement décrit?Combien d'hommes sont battus, violes, tues, par année, victimes de leurs harceleu-ses?Ne pas s'élever contre de tels propos du «Grin de Cel».c'est d'une certaine façon, être implicitement d'accord avec ses propos, c'est aussi être d'accord avec les consequences que cela implique Le harcèlement sexuel est la forme de violence la plus répandue et la violence, nous les femmes, sommes tannées d'en être les victimes.Nos propos féministes «sont déplaisants a souhait» aux oreilles de votre vicaire; les siens sont de-places a outrance pour les noires.De plus, le feuillet paroissial ne devrait pas servir de tribune a l'idéologie du machisme.Nous vous demandons de faire laire votre vicaire.En terminant, nous tenons a féliciter Mgr lean-Marie lortier pour la position ferme qu'il a adoptee dans les circonstances.Y.TOUCHETTE D.FORTIN J.HÈSERT L.BLEAU G.ALLAIRE Laval Tout n'est pas profitable MM.les responsables Semainier paroissial Cathédrale de Montreal La liberie de pensée et celle d'exprimer celle pensée \u2014 ou ce qui en lient lieu \u2014 par lu parole ou par l'écrit, sont des droits fondamentaux.|e ne vous les discute pas.Comme lous les droits cependant ceux-là comportent aussi des responsabilités, je nie permets de vous le rappeler Tout est permis, comme dirait saint Paul, mais tout n'est pas profitable.Répandre sa hargne et son mépris a l'égard des femmes.féministes ou pas, sur le public du semainier de la basilique-cathédrale de Montréal, me parait, au mieux, peu evangélique.Mais quand l'auteur, ajoutant l'opprobre a l'injure, s'abrile en plus sous un pseudonyme pour distiller à la petite semaine son venin, je dis qu'on pollue l'atmosphère.C'est malsain.Et puis.Grin de Cel, a ce que je vois, a le sexisme impenitent puisque, a ma connaissance, il a deja récidivé au moins trois fois depuis le debut de l'année 86.«|e n'aime pas les féministes».«Harcèlement sexuel», et «Les evéques dans la fosse aux lionnes» révèlent un pèche d'habitude.Si plutôt que de s'en prendre aux femmes ce collaborateur choisissait d'invectiver les |uifs ou les Noirs, lui permettriez-vous de continuer longtemps?Faut-il croire qu'il reçoit de vous un encouragement tacite ou explicite, là où une incitation a la retenue repondrait mieux à la situation?Cet homme nuit plus a l'Eglise qu'aux femmes qu'il vilipende, ne le comprenez-vous pas?(.) Morie GRATTON-BOUCHER Sherbrooke Où donc sont les «machos»?C'est vrai qu'il y a des choses qui vont sans dire.Mais c'est peut-être mieux d'en parler quand même pour faire contrepoids à certaines voix qui.depuis quelque temps, essaient d'influencer un peu tout le monde, même nos evéques, dans le sens d'un féminisme débride et agres- sif- \u2022 .A Personnellement, j avais lu des sa parution dans le semainier de la cathédrale (Ib mars) le papier de Grin de Cel intitulé: «Les evéques dans la fosse aux lionnes», le l'avais trouvé tout à fait de mon goût, ignorant pourtant que le pseudonyme couvrait la signature d'un prêtre de l'archevêché.Avec un humour de bon aloi, j'avais trouvé dans ce texte beaucoup de vérité et surtout une suggestion opportune concernant la majorité silencieuse qui n'a pas souvent l'occasion de s'exprimer et à qui l'on prèle facilement toutes sortes de convictions ou d'intentions.Quand, suite à l'article paru dans LA PRESSE du 3 avril, une de ces dames d'un collectif féministe a affirmé sur les ondes de CKAC \u2014 à l'émission L'Informa- la presse RENSEIGNEMENTS 285-7272 LA PRESSE es.publie* por LA PRESSE LTÉE 7 rue Saint-Jacques, Montreal H2Y 1K9.Seule la Presse Canadienne est autorisée à diffuser les informations de «LA PKESSt» .1 telles des services de la Presse Associée et de Reuter.Tous droits de reproduction des informations particulières à LA PRESSE sont également réservés.«Courrier de la deuxième classe \u2014 Enregistrement numéro 1400.Port de retour garanti.ABONNEMENT 285-*9U Le service des abonnement» est ouvert du lundi ou vendredi de 7h à 18h.ANNONCES CLASSEES Commandes ou corrections lundi ou vendredi de Sh à 17h 285-7111 RÉDACTION PROMOTION COMPTABILITÉ Grandes annonces Annonces classées 285-7070 285-7100 285-6892 285-4900 GRANDES ANNONCES Détaillants 285-7202 National, Tel»-Près se 285-7306 Vacances, Voyages 285-7265 Corrieres et profusion», nominations 285-7320 teur \u2014 que, par ses propos, l'abbe Marc Roy offensait un million de femmes du Québec, je me suis demandé si elle était sérieuse.Car je me suis souvenue qu'avant la visile du pape chez nous, quelques femmes avaient ainsi crié bien haut représenter beaucoup de femmes de notre milieu, lorsqu'elles menaçaient presque de quitter l'Église si le pape n'écoutait pas leurs revendications concernant, en particulier, le ministère des femmes dans l'Eglise.Or, quand le pape est venu et qu'il a béatifié une femme (pas un homme) au parc |arry .il y avail là, à ce que je sache, dans la foule qui l'entourait, au moins autant de femmes que d'hommes qui priaient de tout coeur avec lui et qui étaient prêles à reconnaître avec lui que, si la Sainte Vierge n'a pas été prêtre malgré son Immaculée-Conception, c'est parce que son Fils, qui l'aimait pourtant beaucoup, lui avait sans doute réservé un autre rôle au moins aussi important, bien que différent, dans son projet de Rédemption.D'autre part, je ne suis pas du (oui étonnée que Marie n'ait vraiment jamais pensé à se plaindre de sa situation et à.revendiquer.(.) FM a BOUSQUET Montréal Le coup de pied de l'âne lacques Parizcau avait jonglé avec l'idée d'un ticket modérateur dans les services de santé.Pierre Mare lohnson aussi.Mais l'un et l'autre avaient résiste à la tentation.Il ne fallait pas qu'on puisse dire que le Parti québécois cafouillait dans le dossier des services de sanle comme il l'avait fait dans le cas de son option constitutionnelle.Un certain honneur empêchait qu'on sabote les acquis d'une politique sociale intelligente et avant-gardiste.Madame Thérèse Lavoie-Roux va au-dela de la tentation.Elle va jusqu'à taxer les enfants qui ont besoin de soins de santé.Ils apprendront, gamins et gamines, que la carie dentaire est un délit qui se paie.C'est de la pédagogie musclée.On ne se brosse pas assez les dents, alors que les parents paient l'impôt.Un impôt sélectif, qui, parait-il, ne frappera que ceux et celles qui se sont accorde le luxe d'avoir des enfants.L'État continuera de payer pour les avortements, mais on (axera les enfants bel el bien vivants.Celte elrange politique familiale n'a sans doute aucun precedent dans les pays civilises.Dans le Ouebec dépeuple et vieillissant, la mesure pénale de la nouvelle ministre rappelle le coup de pied de l'ane dont il est question dans une fable de La Fontaine.Mais je demeure persuade qu'il faudra faire encore plus bete que ça pour en finir avec ce pays qui s'entete a ne pas mourir et où quelques irréductibles continuent de mijoter des projets d'avenir.Ce qui inquiète, c'est que dans le genre du plus bête possible ce gouvernement ne semble pas au bout de ses ressources.L'affaire est a suivre de pres.Louis O'Neill Université Laval Félicitations l'ai appris par la voix des journaux que la Commission scolaire des écoles catholiques de Montréal voulait attacher une importance accrue aux valeurs chrétiennes dans ses programmes d'étude.|e trouve l'initiative très valable car il faut bien réaliser que c'est une Commission des écoles catholiques.Or elle ne fait que-son devoir.Peut-on la blâmer?Elle mérite des felicitations pour le courage dont elle fait preuve.Espérons que le peuple catholique de cette ville l'appuiera dans cette démarche.Aimée LABELLE Montréal Une réflexion sur le suicide des jeunes L'auteur est enseignant à la Polyvalente Le Ber de Sherbrooke.Récemment, il recevait la bourse nationale pour mérite exceptionnel Hilroy pour le programme «Prévention du suicide en milieu scolaire» qu'il a mis au point.Voici des extraits de l'allocution qu'il a prononcée devant le Conseil général de la ŒO, au moment où le president de la federation canadienne des enseignants.M.Frank Carrity.lui remettait son prix.Une reflexion sur l'ensemble des causes du suicide me permet de croire qu'il s'agit, somme toute, d'un problème de société.Généralement, l'individu qui se suicide ne s'enlève pas «sa vie», mais bien la vie que son entourage, ou la société, ou les structures lui imposent.Claude THIBAULT La personne suicidaire n'est pas un mort en sursis; c'est quelqu'un qui n'en peut plus de souffrir, c'est quelqu'un qui ne veut pas nécessairement arrêter de vivre mais qui veut vivre autrement.Considère dans cette perspective, le suicide a un caractère plus dramatique que la mort elle-même puisqu'il porte un jugement sur la vie el la qualité de vie d'une société.Un jeune qui se suicide, c'est un mort qui parle.Connaître les causes du suicide, c'est deja devenir capable de s'engager dans un processus de changement.Or.aucun changement ne se produit de soi ou ne s'opérera en profondeur si l'action ne s'enracine pas tout d'abord dans la prevention.Prévenir, c'est aller au devant d'une realite et aller au-devant de la mort, c'est donner a la vie toute sa chance.Il me semble important d'annoncer la vie a nos jeunes tout en cherchant avec eux des lieux d'espérance capables de stimuler leui désir de vivre.Le milieu devenant alors plus signifiant, plus nourrissant, il va de soi qu'un changement de mentalité et d'attitude pourra, avec le temps bien sur.s'enraciner dans cette nouvelle dynamique de la vie.Les jeunes ont de plus en plus besoin de connaître et d'entendre des témoins leur dire que la vie a un sens et qu'elle vaut la peine d'etre vécue.Surtout est-il important de leur faire prendre conscience que cela est possible « maigre tout» el que finalement c'est un défi a leur portée.Mon experience passée avec eux m'a permis de découvrir au fil des jours et souvent même au coeur de leur détresse, qu'ils sont remplis d'une richesse d'être sou- vent insoupçonnée par eux-mêmes ainsi que par ceux qui les entourent.C'est en leur nom que j'ai conçu ce projet et plus particulièrement encore pour ceux qui sont les plus blesses par la vie.Quand je réalise que le suicide est devenu la deuxième cause de mortalité chez les jeunes du Québec, j'ai le goût d'être solidaire de leurs cris et aussi de continuer a crier encore avec eux en leur nom et j'ajouterai même au nom de ceux qui n'ont plus de voix.La vie doit reprendre ses droits.En tant qu'éducateurs, nous n'avons plus le choix ni le droit de garder le silence devant une telle réalité.L'originalité et la spécificité du programme «Prévention du suicide en milieu scolaire» c'est l'insistance qui est mise sur la vie et ses aspects positifs.Dans ce sens, il faut comprendre que toute la programmation s'inscrit dans une dynamique de prevention.Des ateliers d'une durée de trois heures offerts â tous les étudiants du secondaire V ainsi qu'à leurs parents, aux enseignants et a différents groupes dans le milieu sont des éléments de force du programme qui permettent de poursuivre deux objectifs majeurs: démystifier le suicide (qui est la personne suicidaire, les causes du suicide, comment aider une personne suicidaire.) et démystifier la vie (comprendre la vie et sa v ie, se donner la permission de connaître des échecs, être capable d'accepter des frustrations.).C'est dans celte perspective qu'a été organisée a notre école la semaine du « mieux vivre» en mai dernier, experience qui illustre bien comment un milieu peut devenir par lui-même agent de changement si les gens a la base décident de s'y engager.La communication, l'amitié, la solidarité, la fêle sont autant de valeurs qui ont ele vécues el qui ont permis aux jeunes de vibrer a la vie et de découvrir que maigre les difficultés, maigre un avenir qui leur parait sombre parfois, la vie a encore des défis passionnants a leur offrir.Terry Fox, ce grand passionne de la vie a dit un jour; «Avec un peu de bonne volonté nos rêves peuvent devenir realite, le crois au miracle, toute cette souffrance devra cesser un jour.» Nous n'empêcherons jamais autrui de mourir.Cependant, nous avons lous la responsabilité de l'aider a continuer a vivre en stimulant une meilleure qualité de vie dans nos milieux, le crois que c'est cela croire a la vie, dire «Oui à la vie!» el c'est dans toute cette dynamique que s'actualise le programme «Prévention du suicide en milieu scolaire».Ubbe opinion La notion de couleurs La théorie de Newton est fausse L'auteur.Montréalais d'origine haïtienne, a realise un film intitule «Où vas-tu Haïti?».\u2022 A la suite de l'article que j'ai publie dans LA PRISSE du 21 février dernier (p.B 3) concernant les préjuges anti-noirs en Occident, de nombreuses reactions se sont manifestées au Canada, tant dans la communauté noire que dans le milieu scientifique.La plupart de ces personnes qui ont pu me joindre, tout en m'approuvant totalement dans mon analyse expliquant les causes profondes des préjuges anti-noirs dans la civilisation occidentale, affirment rester sur leur appétit lorsque je parle de la nocivité de ces préjuges dans le domaine scientifique el que je cite, comme exemple de cette contagion, la théorie de Newton sur les couleurs.Lucien BONNET Qu'il me soit permis maintenant de démontrer, avec concision, pourquoi la théorie de Newton sur les couleurs est fausse.Tout d'abord qu'est-ce que cette théorie de Newton sur les couleurs?Rappelons que la notion de couleur issue d'expérimenta-tion à caractère scientifique découle, en Occident, de la fameuse démonstration à laquelle se livra, en 1665, le célèbre savant Issae Newton.Cette expérience consiste a faire passer un «rayon lumineux visible», appelé «lumière blanche», à travers un prisme dans une chambre noire, et provoquer la décomposition de cette lumière en un «spectre continu» de toutes les couleurs.Newton, ainsi, avait cru démontrer que la «lumière blanche» se décompose à travers le prisme en une série de sept rayons réfractés qui produisent sur l'écran où ils sont projetés des couleurs passant du rouge au violet.Il en concluait donc que la «lumière blanche» renferme différentes lumières dont chacune est plus sombre qu'elle, «la lumière blanche», en tant que partie de l'ensemble.Quant à la plus sombre de toutes, l'obscurité, elle ne sau- rait, selon lui, constituer qu'une absence de lumière Or, a mon avis, qui est aussi le point de vue de plusieurs grands savants, la chambre noire, qui étail véritablement noire, devient, une fois pénétrée par le «rayon lumineux visible», un lieu constitue d'un melange d'obscurité et de «lumière blanche», et n'est donc plus une chambre noire.C'est la l'origine même de «l'erreur de Newton», qui provient d'une mauvaise observation.En d'autres termes, les éléments de biise de son expérience ne sont pas ce qu'il croit qu'ils sont: au cours de l'expérience, nous avons affaire en réalite à une chambre quasi noire, ou encore, quasi blanche.En conséquence, le prisme qui se trouve a l'intérieur de celte chambre quasi noire reflète cette realité, c'est-a-dire qu'il est déjà soumis à ce melange de «lumière blanche» cl d'obscurité.Ce qui a échappe a l'observation de Newton.En effet, le prisme, dans la chambre noire de l'expérience, d'un angle il reçoit l'obscurité, de l'autre un faisceau de «lumière blanche».Il met ainsi en situation ces deux éléments.A son niveau le rayon lumineux «incident» se trouve transformé, adouci sous l'effet de l'ombre environnante, louant le rôle de mélangeur d'ondes, le prisme intègre à la fois la «lumière blanche» et l'obscurilé.Il en fait la synthèse «in vitro» selon un degré donné dans «l'échelle des gris» actuellement bien connue dans le domaine de la photographie cl de la télévision en couleurs.Sous l'effet du «rayon incident» qui agit comme un projecteur le «rayon réfracté», d'un gris très subtil, passe à travers le prisme.Issu à la fois de la «lumière blanche» et de l'obscurité se forme, dans une chambre quasi noire sur un écran quasi blanc, le «spectre continu» de toutes les couleurs.Ainsi donc, nous constatons que la «gamme continue» des couleurs, telle que nous la connaissons, constitue la décomposition non pas de la «lumière blanche» mais d'un mélange de «lumière blanche» et d'obscurité, c'est-a-dire d'un gris.«C'esl.écrivait deja le savan; allemand Wolfgang Goethe, la preuve de la lot scion laquelle la lumière n'est qu'un melange de lumière el de ténèbre, a des degrés divers».La théorie de Newton sur les couleurs s'avère ainsi totalement fausse Et pourtant, les techniques utilisées par les industries de photographie, et donc de cinematographic el de television, reposent toujours sur cette théorie erronnée.En photographie, les laboratoires sont les premiers a découvrir, dans leurs manipulations, que la somme des couleurs du spectre donne un gris et non un blanc.Si bien qu'ils se trouvent contraints d'introduire la couleur noire pour obtenir le blanc.C'est la une démonstration en sens inverse que le noir est partie intégrante du processus de la lumière et de la couleur.Chose qui a, faut-il le rappeler, totalement échappe a l'observation de Newton.Malheureusement, si dans leur application et leur usage de la gamme des couleurs, les laboratoires de photographie s'aperçoivent de l'erreur de Newton et la corrigent sur le plan pratique, ils ne s'en démarquent pas pour autant.Pourquoi?D'aucuns pourraient affirmer que les grandes industries utili sant le processus de la couleur (imprimerie, photographie, ci néma, télévision et même microprocesseur) maintiennent cette théorie erronnée pour des questions de gros intérêts finan ciers, notamment en ce qui a trait aux brevets d'invention et aux secrets de fabrication, quoi que, également, des préjugés anti-noirs profondément enracinés dans la culture occidentale ne seraient pas étrangers dans le domaine de l'optique, à «cette phase de repos cl presque de stagnation plutôt que de progrès théorique».Il revient donc aujourd'hui au monde scientifique (universitaires, chercheurs, etc.) de dé passer de tels handicaps et de corriger la théorie de Newton afin de laisser libre la voie au cheminement du progrès. B IA PRESSE, MONTRÉAL, IUNDI 14 AVRIL (986 B 4 INFORMATIONS C3SNERALES ÉTAT DE SIÈGE À ZAGREB Procès d'un criminel de guerre de 86 ans m ZAGRLB.Yougoslavie \u2014 ( AFP ) \u2014 La capitale de la Croatie, Zagreb, était en état de siège à l'occasion de l'ouverture aujourd'hui du procès d'un vieillard de 8b ans.Andreja Artuko-vic, un des plus importants criminels de guerre encore vivants.Des centaines de policiers ont ete mobilises pour interdire à la circulation non seulement les abords du Palais de lustice - où.ironie du sort, Artukovic a commencé sa carrière d'avocat il y a près de bO ans - mais encore une grande partie du centre historique de la ville.Par mesure de sécurité même les stylos métalliques seront interdits dans la salle où seulement 130 personnes, triées sur le volet, seront autorisées à assister au procès du boucher des Balkans, extradé des États-Unis le 12 février dernier après avoir passé pendant 37 ans une paisible vie de comptable sur la côte ouest, non loin de Los Angeles.Artukovic, que ses avocats disent partiellement senile, est accusé d'être moralement responsable de la mort de près de 700 000 personnes en tant qu'ancien ministre de l'Intérieur, puis de la justice, de l'éphémère État indépendant de Croatie mis en place en avril 1941 par les troupes d'occupation hitlériennes.L'acte d'accusation de 35 pages qui lui a été remis le 28 mars dernier, lui reproche surtout quatre faits précis : le massacre en 1941 de 400 à 500 personnes dont des femmes et des enfants, près de Kerestinac, le génocide en 1942 de la population de plusieurs villages, l'exécution en 1943 de plusieurs centaines de partisans titistes et l'assassinat d'un député croate, |eso Vidic.Peine capitale Artukovic risque la peine capitale.Toutefois aucun condamné à mort âgé de plus de 70 ans -la presse yougoslave a insisté sur ce point - n'a jusqu'à présent été exécuté en Yougoslavie.En raison de son âge et de son état de santé.Artukovic ne comparaîtra devant ses juges que deux ou trois heures par jour au cours de séances qui seront interrompues aussi souvent que nécessaire.Quatre neuropsychiatres et un cardiologue seront d'ailleurs constamment présents dans la salle et appelés à donner leur avis sur son état de santé à chaque debut de séance.Chacun dans la capitale croate s'interroge sur l'état réel de cet homme jugé apte par les autorités à comparaître devant ses juges et décrit par ses avocats comme partiellement senile.La télévision yougoslave jusqu'à présent n'a diffusé de lui que quelques images sans réelle signification, mais la presse dans des comptes rendus d'interrogatoires, a plutôt présenté l'aspect d'un homme qui ne semble pas toujours se rendre compte de ce qui est en train de lui arriver.Un de ses principaux avocats.Me Serje Popovic, connu pour avoir plaidé un grand nombre d'affaires politiques, aurait d'ailleurs l'intention dès l'ouverture du procès de réclamer un ajournement de séance et un nouvel examen médical complet de son client.Ardreja Artukovic à son retour des États-Unis où il a vécu 36 ans.Hansen avoue sa fatigue après 119 900 km en fauteuil roulant photo AP Un assistant fait fonction de frein pour empêcher Rick Hansen de glisser par derrière alors qu'il s'efforce de gravir les pentes de la Grande Muraille de Chine.¦| Apres avoir parcouru plus ™ de la moitié du globe en se propulsant à la force de ses poignets dans son fauteuil roulant, il n'y a pas à s'étonner que Rick Hansen, de Vancouver, se plaigne d'être fatigue.« Je le reconnais volontiers, je commence à ressentir de la fatigue », a avoué récemment Hansen, au cours d'une entrevue.« C'est une occupation a plein temps.Quand je ne me propulse pas en fauteuil roulant, je donne des interviews au téléphone.« Sans compter les nombreux déjeuners-causeries et réceptions dont il faut profiter pour faire la promotion de mon projet », confie le jeune homme âge de 28 ans.Hansen, un athlete en fauteuil roulant de calibre international, a maintenu un rythme plutôt rapide dans son périple autour du monde entrepris dans le but de prélever des fonds pour la recherche médicale sur les blessures et les ruptures de la moelle epiniere( colonne vertébrale )et pour susciter une plus grande- sympathie envers les victimes de ce mal.Autour du monde Depuis qu'il a quitté Vancouver, il y a maintenant 13 mois, Hansen a parcouru en fauteuil roulant une moyenne de 110 kilometres par jour, ne se réservant qu'une journée de repos pour chaque trois jours de route.À ce jour, son périple l'a conduit, lui et son équipe de soutien de six membres, à travers le sud des Étals-Unis, une bonne partie de IT.urope, le Moyen-Orient, la Nouvelle-Zélande et l'Australie.Il est arrive samedi a Pékin où il a été reçu par le premier ministre chinois Wan Li.A ce rythme, Hansen aura alors parcouru plus de 40 000 kilomètres lorsqu'il fera son entrée triomphale â Vancouver prévue pour l'automne.Il espère recueillir $10 millions pour un fonds destiné à la recherche et à la readaptation.Hansen a confie qu'il rêvait d'entreprendre ce périple autour du monde en fauteuil roulant depuis le jour où, a l'âge de 15 ans, un accident d'auto l'a prive de l'usage de ses deux jambes.C'est en 1980 qu'il a constaté que son rêve n'était pas impossible quand il a vu son ami Terry Fox, un coéquipier de Hansen au sein d'une l'équipe de basketball pour handicapes, entreprendre sa course épique à travers le Canada sur une seule jambe.« l'ai alors réalise tout l'impact que l'exploit de Terry avait sur le public sur le plan de la comprehension des handicapés physiques.» Plein de détermination Déterminé a réaliser son rêve de jeunesse, Hansen s'est employé dès 1984 à former une équipe qui le seconderait dans' son projet.Ses collaborateurs se mirent a leur tour à la tâche de solliciter des individus et des entreprises qui accepteraient de commanditer leur poulain.La reaction initiale de nombreuses personnes a été plus que tiède.« Ce n'est déjà pas facile pour certaines gens de réaliser que quelqu'un puisse seulement traverser une rue dans un fauteuil roulant ; alors n'allez pas leur parler de parcourir le monde en fauteuil roulant, car on vous prendra non seulement pour un handicapé, mais aussi pour un déséquilibre mental.» Le périple autour du monde de Hansen a débuté le 21 mars 1985 avec suffisamment d'argent pour se rendre au Texas.Mais une fois sur la route, les gens se sont mis à prendre son projet au sérieux au point où les dons et les appuis financiers ont commencé a affluer.Les déboires de toutes sortes n'ont pas manqué depuis son départ de Vancouver, le 21 mars 1985, mais il n'en a pas moins recueilli jusqu'à maintenant plus de $750 000.Il prévoit que l'appui du public s'accentuera au moment de se rapprocher du Canada, à l'automne.Ayant parcouru plus de la moitié de son périple \u2014 119 900 kilomètres \u2014 alors qu'il se trouvait à Melbourne, en février, Hansen a alors décidé de ralentir son rythme à seulement 80 kilomètres par jour de façon à être plus disponible pour transmettre son message d'espoir et pour recueillir des fonds.Presse Canadienne VISITE DE CHARLES ET DIANA Vienne est sur le pied de guerre m VIENNE, ( AFP ) - Plus de I 800 policiers sont sur le pied de guerre pour assurer la sécurité du prince Charles et delà princesse Diana attendus ujourd'hui avec impatience par les Viennois pour une visite de 48 heures dans la capitale autrichienne a l'occasion d'une semaine britannique.Rien n'a été laisse au hasard pour cette visite qui suscite un intérêt énorme a Vienne où près de mille journalistes et photographes sont accrédites tandis que la presse et la télévision autrichiennes consacrent des reportages quotidiens a la famille royale.« Bien qu'il ne s'agisse pas à proprement parler d'une visite officielle, les risques sont pour nous les mêmes que pour une visite d'Ltat », indique-ton au ministère de l'Intérieur où depuis plusieurs jours les responsables de la police et des experts du palais de Buckingham mettent au point un dispositif de sécurité exceptionnel.Pour l'arrivée du couple princier en Concorde, l'aéroport de Vienne, ou un attentat sanglant avait eu lieu le 27 décembre dernier, sera cet après midi en état de siege.Son accès sera étroitement surveille par les hommes de l'unité d'élite « Kranich » de la gendarmerie.Durant leur séjour a Vienne, le prince et son épouse, qui occuperont une suite a la résidence de l'ambassadeur de Grande-Bretagne, seront protégés en permanence par quatre « gorilles » britanniques et quatre agents de sécurité autrichiens.Alors que leur première journée sera consacrée a une visite à l'hôtel de ville et à une soiree théâtrale, le prince Charles et Diana auront leur premier et unique contact avec la population viennoise demain matin lors d'un bain de foule sur la Kaerntnerstrasse, la célèbre artère pietonniere de la capitale.Pour cette promenade à pied, au cours de laquelle le couple princier visitera notamment un grand magasin, les policiers ont même inspecté les égouts de Vienne.Le prince Charles et Diana se rendront ensuite pour déjeuner en fiacre, le moyen de transport le plus recherché des touristes a Vienne, chez le président de la République autrichienne M.Rudolf Kirchschlaeger.Depuis plusieurs jours, le journal Kuricr organise un concours pour les jeunes Autrichiennes.La gagnante sera celle désignée par le plus grand nombre de lecteurs comme ressemblant le plus a la princesse Diana.Armand Trortier, LA PRESSE Laotiens, Cambodgiens et Thaïlandais fêtent leur Nouvel An Diana et Charles font courir ies foules et cela est un cauchemar pour les services de sécurité.La communauté locale laotienne célébrait en fin de semaine à Montréal son Nouvel An.Les Cambodgiens et les Thaïlandais, avec qui ils partagent la tradition bou- dhiste, fêtaient en même temps le Nouvel An.La déesse Jang Sasang Khane, montée sur un tigre, fait ici une entrée spectaculaire à la fête.f LA PRESSE, MONTRÉAL, LUNDI 14 AVRIL 1986 B 5 photo PC « Oolcpik », le petit hibou de l'Arctique, a fait le bonheur de millions d'enfants depuis sa publication par Alfred Copland, en 1965.MAIGRIR SPÉCIAL DU PRINTEMPS sur les frais d'inscription et de réunions.Inscrivez-vous entre le 31 mars et le 3 mai pour ^ ^seulement Offre valable uniquement dans la province de Québec.Copland a immortalisé le hibou « Ookpik » jm OTTAWA (d'après CP) -™ Une énorme photo d'Ook-pik, le charmant hibou de l'Arctique qu'Alfred Copland a immortalisé dans un livre pour enfants, trône dans le bureau d'Ottawa du fameux auteur.Le livre, publié en 1965, est rapidement devenu un bestseller au Canada, et le jouet Oopkik qui lui fit suite remporta un grand succès tant ici qu'aux Etats-Unis.M.Copland, qui est âgé de 85 ans, a passé la plus grande partie de sa vie dans le Grand Nord.De 1923 à 1939, il a visité l'Arctique d'une extrémité à l'autre, travaillant d'abord comme apprenti trappeur pour la compagnie de la Baie d'Hudson, dont il devait plus tard devenir le représentant pour l'ouest de l'Arctique.Il vécut longtemps avec les Inuit, dont il parle parfaitement la langue, et de son expérience du Grand Nord naquirent trois livres, dont le premier, « Ookpik, le hibou lorgneur de l'Arctique », devait plus tard être adapté pour le réseau radiphonique de la CBC.Le second ouvrage, « Livingstone de l'Arctique », public en 1967.raconte l'histoire de Leslie David Lightstone, un médecin de l'Outaouais qui devint le premier médecin résident en pays inouk.Copland n'est pas retourné dans l'Arctique depuis le milieu des années 60, mais son fils lan, qui vit à Eskimo Point, dans les Territoires du Nord-Ouest, le tient au courant des événements.¦ Aucun contrat pian tfa«Wue PLUS pour ta PW\" r°*_p Amusex-vous oar* bon *\u2022 n« avec oes 0 s 8 au Frais d'inscription Classe
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