La presse, 21 décembre 1985, La Presse plus
[" taiiai B&'7Sfi \t\t \ttjy//r aussi lentement, deux agents lui 5 ont permis de se rendre à l'ar-\"~ rière d'un consulat pour pren-k dre cette photographie qui a été | publiée dans LA PRESSE du lendemain.u -uj û 5 z o s.3 Fiche technique Appareil: Nikon F2 Objectif: 180 mm Ouverture: 1 / 15e à f /2fi Pellicule: Tri X m m m-m m m si m 41» w 4 \u2022 i i a 11 IS c \u2022 \u2022 \u2022 i « ii m m m m m * m m m ut m m m m mm m m m m in m m m « * w 1___________________j -moO ul iuç 8teiflj»,jic iniAim irtfiWl lin Iniooi» uaifini uo .olqnnxs mq ,r»sq *-0 MgtliBlld ICI MU Jks\\,\\\\ t» -l.n.XJC VJ v-l LES RELATIONS PARENTS/ENFANTS En mars dernier, le célèbre Dr Spock rééditait comme il le fait à toutes les décennies son manuel sur le soin des enfants qui, avec 30 millions d'exemplaires en circulation, est devenu la bible des parents occidentaux.C'est là que la majorité des parents d'hier et d'aujourd'hui ont appris à respecter les désirs de leurs tout petits, à leur laisser plus de liberté, plus d'autonomie et de latitude, toutes valeurs qui se mariaient fort bien au vent de libéralisme qui a soufflé sur l'Occident durant les années 60.Il se pourrait cependant que le vent ait tourné et que ceux qui, il y a 20 ans, se sont vu prodiguer les bons soins du Dr Spock aient changé radicalement de direction.La carotte, mais le bâton surtout_ Les sondages récents dénotent chez les enfants du Dr Spock un penchant plus marqué pour la discipline et l'autorité.En décembre dernier, un sondage Gallup révélait que 37 p.cent des Américains identifiaient le manque de discipline, l'indulgence trop grande des parents et la facilité qu'ont les enfants à tout obtenir comme le principal défaut de l'éducation des enfants d'aujourd'hui ; 24 p.cent seulement considéraient les enfants trop négligés et pas suffisamment soutenus ; 8 p.cent des répondants trouvent que le problème majeur vient du fait que les parents représentent un pauvre exemple pour leurs enfants.Cette vague apparemment conservatrice a traversé l'Atlantique puisqu'une enquête semblable souligne que 55 p.cent des parents français pensent que les enfants bénéficient de trop de liberté, eux qui se sont toujours montrés par ailleurs moins permissifs que les parents nord-américains.C'est aussi contre les principes d'éducation libéraux que sont partis en guerre les centaines de groupes « Tough Love » d'Amérique du Nord qui ne seraient que la crête de la vague et dont quelques dizaines se sont établis ici-même au Canada.Les parents canadiens ne seraient donc pas à l'abri du virus.\u2022 Vt«f t)f \"SpbcR -à 'ïfo'tfrâîfisf- Où est passé le Dr Spock?Le célèbre Dr Benjamin Spock.dire sacrifié deux générations », affirme sans sourciller Moncef Guitouni, psychologue et directeur du Centre de psychologie préventive et de développement humain, organisme qui offre des services de consultation et des rencontres d'information à de nombreux parents en difficulté.Selon lui, « les théories du Dr Spock répondaient beaucoup plus aux désirs de l'adulte de l'époque accroché à ses souvenirs d'un autoritarisme frustrant.Elles rejetaient une situation sociale despotique qui n'est plus conforme à la réalité de la jeunesse actuelle qui n'a pas connu le dix-neuvième siècle ».Il constate avec déception « qu'on est rendu au niveau de l'absurde.Après l'autorité absolue et la liberté totale, certains réagissent à l'insécurité actuelle en revenant à une autorité aveugle ».Les parents actuels ne semblent plus trop savoir à quel saint se vouer.Mme Memnase-nay, psychologue au Centre d'orientation et de réadaptation de Montréal voit défiler .sous, ses yeux les .cas .les plus étranges.Ce père, par exemple.qui est venu la consulter parce que son adolescente de lb ans le battait régulièrement.De temps en temps, elle lui flanquait des volées.Lui ne voulait pas user de son autorité comme son propre père l'aurait fait, mais il ne pouvait évidemment tolérer la situation plus longtemps.Les nouveaux parents se cherchent et c'est pourquoi les mouvements comme « Tough Love » ont énormément de succès.Ils sont en quête, ajoute la psychologue, de nouveaux modèles.« Car, ils ne sont plus des parents autoritaires, ni ceux du Dr Spock.» La révolte des parents Il y a eu une époque où le parent était responsable de tout.Les « psy » de toutes sortes sont bien obligés de le reconnaître aujourd'hui.Richard Tremblay, chercheur à l'École de psycho-éducation de l'Université de Montréal constate que depuis le début du siècle les recherches dans le domaine ont surtout tenté de i comprendre les effets du parent ou du milieu social sur l'enfant photothèque LA PRESSE et rarement l'inverse.Il ajoute que l'idée implicite que les enfants sont les victimes de leurs parents ou de leur entourage peut être utile pour convaincre les adultes de faire de plus grands efforts, mais elle est en contradiction avec un nombre important d'études des interactions adultes-enfants.« Si les parents ont naturellement et légalement la responsabilité du développement de leurs enfants, il ne va pas de soi que les enfants sont des objets façonnés par leurs parents.Plusieurs théories du développement humain au cours du dernier siècle ont accentué le rôle des adultes dans le développement des enfants au détriment du rôle de l'enfant dans son propre développement.» Il ne s'agirait pas tant de culpabiliser l'enfant que de déculpabiliser le parent qui commençait à trouver le fardeau lourd à porter.Depuis dix ans, c'est d'ailleurs l'engouement généralisé pour les cours de formation des parents.En témoignent, les 40 à 50 000 personnes rejointes par les seuls cours Relation parent-enfant organisés par la Com- mission des écoles catholiques de Montréal, le succès des méthodes de toutes sortes, de « Parent efficace » a « Parent gagnant » et les tirages de tous les ouvrages de psychologie populaire portant sur l'éducation des enfants.Le super-enfant_ L'investissement que nécessite aujourd'hui l'arrivée d'un enfant est de plus en plus considérable constate Mme Memnasenay qui voit se présenter à son bureau un nombre grandissant de parents qui ne comprennent pas ce qui arrive à leur enfant puisqu'ils lui ont tout donné.C'est le cas de Julie, 9 ans, dont les parents sont tous deux professeurs au cégep et mènent une vie très active.Julie a presque tout ce qu'elle désire à la maison et, soucieux de son bon développement, les parents l'ont inscrite à de nombreuses activités parascolaires.Pourtant Julie rue dans les brancards.Selon la psychologue, les parents ne se font pas nécessairement une idée de leur fille qui est conforme à ce qu'elle est et à ses capacités propres.« Les parents d'aujourd'hui ont un lien privilégié avec leur enfant.L'enfant est le petit roi, mais il n'est pas nécessairement bien aimé pour autant.Les familles étant peu nombreuses, l'enfant est en quelque sorte investi d'une mission.Les parents attendent de lui qu'il réalise leurs propres rêves, leurs propres aspirations.» Cela entraîne de plus en plus de problèmes liés à la sous-estimation par l'enfant de ses propres capacités puisqu'il n'est pas dans la plupart des cas le « super-enfant » que papa et maman attendaient.En fait, précise Monique Morval, psychologue de l'Université de Montréal spécialisée en thérapies familiales, les problèmes rencontrés sont de moins en moins liés à un excès ou un manque de discipline de la part des parents, mais bien plus aux conditions nouvelles créées par les transformations qu'a subies la famille depuis quelques années.2 C y o z g O CHRISTIAN RIOUX est lourna-liste pigiste. PEUX APPROCHES: TOUGH LOVE.Les parents mal aimés Ils ont les traits tirés des parents fatigués et qui ne savent plus comment s'y prendre avec leur adolescent.Un peu désabusés, ils se demandent comment tout cela a bien pu commencer.C'est pourquoi ils se rencontrent tous les mercredis dans ce petit local de la bibliothèque de Lachine tout comme environ 5 000 couples canadiens et près de 60 000 personnes en Amérique du Nord qui assistent aux réunions de Tough Love.En réaction ouverte au libéralisme des années 60 et 70, le groupe, dont le nom est proprement intraduisible, préconise la ligne dure dans l'éducation des adolescents.Ce soir, ils sont une vingtaine tout au plus, prêts à étaler au grand jour, sans fausse pudeur, devant d'autres parents aussi mal pris qu'eux, leur échec, celui de leur adolescent, mais aussi d'une grande partie d'eux-même.Il faut dire que la vie ne les a pas gâtés: problèmes de de lin-quence, de drogue, de fugues ou parfois plus bénins, indiscipline, école buissonnière, gros mots.La méthode est simple et sans procédures.Un grand tour de table où chacun expose les problèmes de la semaine.Ensuite, chacun y va de son petit conseil, de sa petite solution, de sa recette.L'idée maîtresse étant de ne jamais perdre le contrôle de ce qui se passe à la maison, de répondre à toute infraction par une sanction équivalente pour que l'adolescent prenne conscience des conséquences de ses actes, de laisser au coupable juste assez de corde pour qu'il se pende, dira Marie B., l'animatrice dont le fils a réintégré l'école et retrouvé ses bonnes manières depuis qu'elle participe aux réunions de Tough Love.Certaines solutions reviennent régulièrement: une heure de retard et c'est trois dollars de moins sur la paye, un dollar pour un cendrier plein qui traîne sur la table du salon ou les clefs oubliées a une heure du matin.Il faut agir et sanctionner, car souvent les problèmes sont rendus à un point tel que la discussion n'apparait plus comme une solution.Le mouvement est d'ailleurs né en Pennsylvanie de parents pour qui le credo des années 60 dans l'éducation des enfants, amour et compassion, n'avait rien donné.Le jour où leur fille de 18 ans a été arrêtée pour vol à main armée, les York décident de changer d'attitude.Ils ne paieront pas le cautionnement, ils se feront représenter auprès d'elle par des amis et ne la reverront que sept mois plus tard, une fois les passions apaisées.Le groupe n'en est donc pas un de thérapie, mais d'entraide pour que ces parents «mal aimés» trouvent le soutien nécessaire afin de freiner leur inclinaison naturelle à toujours excuser leur enfant.Ce soir, les parents de Luc ont décidé de suivre les conseils de la petite assemblée en lui interdisant d'acheter sa première voiture à l'âge de 17 ans.Paulette explique sa situation.Mère d'un fils de 20 ans qui a passé plusieurs années en famille d'accueil, qui se drogue depuis l'âge de 12 ans et est détenu actuellement à Parthenais, elle a coupé les liens avec lui.Elle n'en peut plus.L'avis du groupe: ne rien faire tant qu'il n'appelle pas au secours.Le problème de Fernande et de Pierre est plus bénin.Leur fille de 14 ans, Catherine, est devenue subitement agressive à l'endroit de ses parents, elle De la solitude.au suicide n'accepte plus rien d'eux, échoue à l'école, ne fait plus de sport, traite régulièrement les membres de sa famille de «vieux cons».La réaction est de laisser passer la tempête, tout en allant fouiller dans la chambre de la jeune fille pour voir si elle ne se drogue pas.Un détail est presque passé inaperçu.Catherine vit son premier amour avec un jeune garçon dont l'air ne revient pas à sa mère.C'est ainsi que la soirée s'écoule, parsemée de petits et de gros drames de la vie quotidienne auxquels chacun tente d'apporter sa solution en s'ap-puyant, bien sûr, sur les principes de Tough Love.Les parents qui sont ici ce soir ne cachent pas leur découragement face à la jeunesse actuelle qu'ils trouvent manipulatrice, violente et paresseuse.Mais de quelle crise s'agit-il?De celle de l'adolescence ou des parents dans la quarantaine qui sentent la jeunesse leur échapper?Les deux certainement puisque, comme le dit une participante, Tough Love c'est aussi l'amour difficile à « toffer » en attendant qu'ils aient 18 ans.C.R.œ DU m LU U \u2022LU û < i Z o to ht La solitude des jeunes dans la famille et à l'école prend parfois des formes extrêmes.Parmi celles-ci, le suicide dont toutes les études ne cessent de signaler la recrudescence.Un cégepien sur douze aurait déjà tenté de se suicider et un sur cinq y aurait pensé sérieusement.Appel au secours, dernier signal d'alarme, bouteille à la mer, il arrive que le message soit entendu comme celui de Lynda, 16 ans, qui témoigne ici de ses nombreuses tentatives de suicide, alors qu'elle était en secondaire I, II et III.Elle avait alors à peine douze ans et c'est ainsi qu'elle décrit la solitude qui était alors la sienne : fe pourrais me décrire comme quelqu'un de sage et nerveuse, d'obéissante mais sauvage sur les bords.Autrement dit, quelqu'un qui n'est pas stable émotionnellement.le ne parle pas beaucoup, mais quand je parle je dis tout ce que j'ai sur le coeur, le me trouve moi-même difficile à décrire car, je croyais me connaître et je m'aperçois aujourd'hui qu'il me faudrait encore beaucoup de temps et d'expérience pour réussir à savoir comment j'agis.(.) l'ai déjà tenté de me suicider, surtout en secondaire I, Il et III.le me suis essayée avec un couteau aux poignets, mais comme j'ai peur de la douleur, je n'ai jamais été jusqu'au bout, je me suis essayée avec des médicaments, dont des aspirines (15 à la fois.Je passais des semaines sans maux de tête après i), des Valiums, etc.l'ai vidé des bouteilles de sirop (on dort bien après!).Mais le plus grave, c'est quand j'ai avalé quatre Haldol, des antipsychotiques, le crois que je suis restée une journée et demie la tête penchée par derrière, les muscler frontaux, du de j L* ¦ i ii 11 min \"\" - - - Los Angeles à la télévision sans penser que c'est un satellite qui sert d'intermédiaire.C'est aussi de l'espace que nous viennent ces images météo si importantes à la veille d'un week-end de ski.Les satellites dirigent également les secouristes vers les avions et les bateaux en détresse.À la Bourse de Chicago, c'est en regardant des images-satellites qu'on décide quel sera le cours du blé ou du mais.Dans l'immensité de la forêt canadienne, quoi de plus rapide qu'un satellite pour repérer un feu.« Nous estimons qu'au total, les satellites fournissent actuellement plus de I 000 services à la population mondiale », indique Isaac Gillam.Dans le domaine médical aussi nous sommes entourés par la technologie spatiale.Le scanner n'existerait pas si cette technologie n'avait tout d'abord été mise au point pour permettre au satellite HEAT de capter des rayons venus du cosmos.La sonde spatiale VIKING a donné naissance aux pompes à insuline et au sphincter artificiel pour les incontinents.Le stimulateur cardiaque, pas plus gros qu'un briquet est, avec beaucoup d'autres objets, également une retombée de la miniaturisation des composantes électriques des premiers satellites.Les appareils d'analyse des' gaz de Vénus servent aujourd'hui à faire, très rapidement et à un coût intéressant, des analyses de sang.Petites, légères et résistantes, les bonbonnes à oxygène des astronautes sont maintenant sur le dos des pompiers de New York.Avec le tissu mis au point pour les scaphandres des travailleurs de l'espace, on a couvert des stades et des aéroports.La combinaison des explorateurs du cosmos \u2014 avec ses 100 mètres de tubes de climatisation \u2014 sert maintenant à protéger contre la chaleur ceux qui souffrent de sclérose en plaques.Les matériaux composites développés pour le programme spatial se retrouvent, entre autres, dans les skis, les raquettes de tennis, les bateaux et les avions.L'aviation civile a d'ailleurs tout particulièrement profité de la technologie spatiale : électronique sophistiquée, simplification des commandes, entraînement des pilotes sur simulateur, réduction du bruit et de la consommation des moteurs, grande utilisation de matériaux composites (36 pour cent de la structure du Starship One), etc.50 OOO Inventions_ Au total, la NASA prétend' l J ^ iri'i'i'i'c iV'«'i'''il^ ,'\u2022 '/>' que ses programmes ont engendré plus de 30 000 inventions, innovations ou améliorations notoires.Les plus spectaculaires sont souvent les moins visibles, par exemple les extraordinaires logiciels d'organisation et de simulation qui ont permis « l'erreur zéro » lors du premier voyage lunaire.Ces logiciels sont aujourd'hui utilisés par les géants industriels, comme General Motors et Boeing, pour organiser leurs opérations.En fait, il n'y a pas un secteur d'activité qui ne profite pas des retombées de l'espace.De l'aile delta des amateurs de sensations fortes, des poêles en teflon des cuisiniers, des membres artificiels des handicapés en passant par les alcootests dont se servent les policiers, la technologie spatiale est présente, pour ne pas dire omniprésente tout autour de nous.Selon Leonard Ault, de la NASA, les retombées de l'espace sont si importantes, si répandues dans les sociétés développées « qu'on peut difficilement imaginer un individu passer une seule journée sans entrer en contact, sans utiliser ou être influencé, par ces innovations ».Autant que les communications et plus que le monde médical et hospitalier, l'armée est sans doute le principal bénéficiaire de la conquête spatiale.Sur dix satellites mis en orbite, huit sont militaires ! Pour l'espionnage, la surveillance, les vecteurs des ogives nucléaires, les communications, les carburants, la simulation de combat, etc.les militaires puisent abondamment dans la technologie spatiale.L'idée même de la « Guerre des étoiles » du président Ronald Reagan est, aujourd'hui, le symbole de l'utilisation de l'espace par les militaires.L'expérience de la NASA serf aussi à l'US Air Force dans iVjili /rloiA 'HOU la conception et l'expérimentation de ses nouveaux avions de chasse.Walter Sefic.l'ingénieur en charge du X-29 \u2014 le chasseur aux ailes inversées qui est le dernier cri de l'aviation militaire américaine \u2014 est catégorique : « Cet avion est une entreprise conjointe entre nous et l'armée ».Ce n'est pas hasard Si la conquête spatiale a engendré autant de retombées concrètes ce n'est pas par hasard.Dans le monde, l'équivalent de centaines de milliards de dollars ont déjà été investis pour la colonisation du cosmos.Américains et Soviétiques en téte.Européens, japonais.Chinois, Indiens et Canadiens ont tous délié leur bourse.À lui seul, le programme américain Apollo (homme sur la lune) a coûté 107 milliards de dollars ! Aux États-Unis, seuls le programme nucléaire civil et le projet Manhattan (fabrication de la bombe atomique) ont coûté aussi cher ! De toutes les retombées de la conquête spatiale, quelle est la plus importante?«Une moisson de données scientifiques sur la Terre, le système solaire et l'univers », répond sans hésitation le vice-président Isaac Gillam.Ancien conseiller scientifique dê la NASA, l'as-tro-physicien Hubert Reeves est d'accord avec ce choix.« Maintenant on fait de la planétologie comparée, un peu comme avant on faisait de l'anatomie comparée.Par exemple, les similitudes et des différences observées sur les sols de la Lune, de Mars et de Vénus nous ont énormément appris sur l'origine de nos océans et de notre atmosphère ».Le célèbre scientifique fait -,»V ( ' - tiVn'i'i À Moscou, en 1957, la foule était ébahie devant une réplique du Sputnik I.photothèque LA PRESSE tir d'une observation comme celle-là, la communauté scientifique en a donc déduit que la probabilité \u2014 non la certitude \u2014 que les planètes habitées sont très nombreuses, voire des millions, est excellente.un lien très intéressant : « 11 y a 10000 ans, l'homme est passé du paléolithique, stade où il subissait la nature en se contentant de chasser et de cueillir des fruits, au stade néolithique, c'est-à-dire à l'agriculture et à l'exploitation rationnelle de la nature.Ce phénomène se répète aujourd'hui puisque, vis-à-vis de l'espace, nous passons d'une phase passive à une phase active.On ne se contente pas de regarder le ciel, on y va, oh l'explore, on l'exploite ».Trente ans de conquête spatiale nous donnent-ils-plus d'indices sur la présence d'autres humains, d'autres vies, dans l'univers ?« On en a appris beaucoup sur les raisons indirectes de penser que la réponse est oui », commente Hubert Reeves.Il explique : « En allant dans l'espace, nous avons découvert des système» organisés que sont les molécules simples et complexes et cela nous conforte dans l'idée que l'organisa-tionde la matière se produit partout dans l'univers ».À par- Bombardement En envoyant une sonde sur Mars, les chercheurs se sont rendus compte que cette planète était littéralement bombardée par des rayons ultra-violets.Sur Vénus, une autre sonde a confirmé que l'atmosphère carbonique maintenait une température de 900 degrés au sol ! Le cas de Mars nous a démontré l'importance de l'ozone et celui de Vénus les dangers de la pollution de l'air.L'astronaute Charles Walker est d'accord avec ceux qui prétendent que l'aventure spatiale a sorti le mouvement écologique de la marginalité.« On a vu la Terre toute petite, toute seule, on a réalisé qu'il n'y avait PftWJ'jOfW.Ruite *\"«tn?.rtac«, pour vivre.Alors, inconscient- photothèque LA PRESSE Plus de 500 millions de téléspectateurs ont vu le premier homme poser le pied sur la Lune.ment, on s'est peut-être dit qu'il fallait la préserver notre planète, arrêter de la polluer et de la menacer du feu nucléaire.» Dans le même esprit, Charles Walker ajoute que « la Terre, c'est en fait notre vaisseau spatial et nous faisons tous partie de l'équipage.Il suffit d'aller là-haut pour réaliser à quel point les frontières sont artificielles sur notre planète ».En citant la Genèse sur un lever de Terre vue de la Lune, l'astronaute Frank Borman a été le premier, il y a déjà vingt ans, à réaliser qu'on ne peut partir à la conquête des étoiles sans remettre en question notre relation avec notre port d'attache.Il est bien sûr extrêmement difficile de mesurer tous les changements que l'odyssée spatiale a forgé dans nos esprits.« Puisqu'on a marché sur la Lune, pourquoi n'arrivons-nous P*£i k .nég le r, tel.oui te! problo-me », entend-on souvent.Après les changements de perception en ce qui concerne la hauteur, la distance et la vitesse soulignés par Isaac Gillam, voilà que notre notion du « possible » est en évolution rapide.Nos barrières intellectuelles éclatent.Pendant des millénaires, l'homme a regardé la Lune comme le symbole de l'inaccessible.Avec le « petit pas » de Neil Armstrong, on a spectaculairement pris conscience des nouvelles frontières que nous ouvre notre génie scientifico-technologique.Rton dm rassurant_ Mais notre conception de la fragilité de notre planète change aussi.On a tous eu l'occasion de voir cette petite boule bleue errant dans l'immensité noire de l'univers.Voilà rien de bien rassurant ! Le scientifique Hubert Reeves philosophiques provoqués par l'exploration du cosmos : « Le fait de découvrir que nous vivons dans un univers en évolution et que l'homme est le produit de cette évolution, c'est forcément important pour notre façon de voir et de mener notre vie.Ce n'est pas la même chose que de penser qu'on vit dans un univers qui n'a aucun rapport, avec nous, qui a toujours existé, qui existera toujours, et que nous ne sommes qu'un moment fugitif et sans importance.Tout au contraire, aujourd'hui, nos connaissances nous obligent à réaliser que l'être humain est le produit d'une évolution de 15 milliards d'années.Cela nous donne une sorte de responsabilité plus importante par rapport à cet univers».c y o ALAIN BORGOGNON est journaliste scientifique à Radlo-Ca- O 1 5 m mm* \u2022C A LA RECHERCHE DU FLEUVE PERDU Un rêve : faire disparaître l'interdiction : de baignade et de pêche Grand patron de l'eau propre, Michel Bordeleau caresse un rêve bleu : faire disparaître les panneaux d'interdiction de baignade et de pêche le long du fleuve Saint-Laurent et c'est sur lui que repose le mégaprojet du siècle en environnement au Québec.Celui d'orner les cours d'eaux d'un chapelet d'usines d'épuration.Un pari de sept milliards de dollars pour rattraper un retard criant en matière de dépollution.C'est le Programme d'assainissement des eaux du Québec.(PAEQ).CO o LU U LU û S LU I to i z o \u2022s.\u2022 ,\u2022* r; t Sans doute, dans leurs bunkers, çà et là, des écrivains explorent encore aux frontières de l'ineffable.Mais en fait de vie culturelle, dans le sens où nous entendions ce mot à propos de Paris encore avant la guerre: les clubs Med, les feuilletons télévisés, quelques acrobaties verbales prétendument savants \u2014 exercices stériles d'agrégés de philos \u2014 tout un Milan Kundera dans les hebdos, beaucoup de bruit pour rien.Plus de vraies revues littéraires.Plus de véritable critique.Exception faite du vieux Ionesco, plus de théâtre digne de ce nom.Le règne du trompe-l'oeil et ras des pâquerettes », avoue Kundera.Pourquoi Paris?Pourquoi pas, dans ce cast Londres, Rome, Vienne?«A vrai dire parce que le français est la seule langue étrangère que je manie pas trop mal.Mais rien ne me retient à Paris.Connaissez-vous un endroit à la montagne?l'ai toujours rêvé d'être invisible.Un coin perdu où je vivrais dans le parfait anonymat ».Mais ce n'est pas Paris qu'il met en cause, c'est l'Occident tout entier.« Il n'y a plus d'Europe.Il y a d'un côté la Russie, de l'autre l'Amérique.Progressivement, par des moyens différents, les deux moitiés de l'Europe sont intégrées dans les deux grands Empires dont elles deviennent des provinces.Ceux qui en Hongrie, en Tchécoslovaquie, en Pologne parviennent encore à réfléchir, à écrire, et qui pendant longtemps étaient branchés sur tout ce qui se faisait à ParisV à Londres, à Rome 'irfitt photo DMR depuis belle lurette compris qu'à l'Ouest aussi la culture, au sens où ils entendaient ce mot, était morte et que, par ailleurs, à l'Ouest les écrivains se souciaient d'eux comme d'une guigne et n'étaient leurs frères, leurs alliés qu'à l'heure des ralliements idéologiques utiles.Certes, il fait meilleur vivre à l'Ouest mais pour ce qui est de la culture européenne, elle a été gommée, ou est en train de l'être, des deux côtés du rideau de fer.Les écrivains d'Europe occidentale sont désormais aussi peu européens que ceux de l'Est.La «Nave» de Fellini a sombré.» Donc, russification ici, américanisation là, l'Europe est rognée aux deux bouts.Kundera veut faire preuve de prudence.Il faut tenter de déceler ce qui est à l'oeuvre.« Il faut se garder de schématiser.Ce qui est sûr, c'est qu'un monde arrive à sa fin et que nous sommes à l'orée d'une nouvelle barbarie.Qu'est-ce qui nous a mené là?la politique ne m'intéresse pas.Elle masque des processus plus fondamentaux.Le national-socialisme allemand, le bolchévisme russe, la démocratie américaine sont peut-être \u2014< je dis peut-être?1 trois revêtements d'une même réalité, trois projets convergents?Mais s'agit-il bien de l'Amérique, de la Russie, de l'Allemagne ou d'un choix fondamental que l'homme aurait fait au cours de la Renaissance: celui de la technique, de l'agression contre la nature, de la tentative de faire de cette dernière, non plus un habitat, mais un instrument, la matière première.D'une marche inexorable vers l'auto-destruction?» Goethe avait écrit, à la fin du 18e siècle: « L'homme devra être a nouveau ruiné».Il a dit: « zu-grundegehen ».« Être réduit à rien ».D'un autre côté, ne peut-on se demander si la tyrannie, la censure ne stimulent pas la créativité?La littérature française a-t-elle jamais été aussi créative que sous Louis XIV?Le théâtre brésilien sous la dictature militaire?Soljenitsinc, Pasternak n'ont-ils pas écrit sous le régime stalinien?Kundera hésite.«Il faut attendre, peut-être cinquante ans, pour répondre à cette question.L'Empire russe est vaste.La tyrannie comuniste s'étend dans le temps et dans l'espace.L'identité des peuples européens de l'Est et du centre résistera-t-elle?À long terme, le totalitarisme assèche les sources mêmes de la culture ».Qu'est-ce qui écoeure Kundera le plus?« Le sourire innocent des bourreaux ».À l'Est on assassine, on emprisonne mais on parle de l'amitié des peuples, d'humanité, de fraternité.À l'Ouest aussi, quelles sales besognes n'accomplit-on pas dans le tiers monde en parlant de progrès, de liberté, de démocratie.Toujours l'innocence aux mains ensanglantées.« La politique est un jeu d'ombres.Un cirque.Staline, Mao, Khome-nei, Hitler étaient-ils de droite ou de gauche?Sous l'oppression totalitaire il n'y a de place ni pour la gauche ni pour la droite.À Prague on pendait les catholiques, et les socialistes côte-à-côte.À l'Est on joue une tragédie, à l'Ouest, une farce stérile.Du nouveau roman qu'il écrit Kundera refuse de parler.Mais il avoue qu'il travaille à un scénario de film \u2014 une farce métaphysique \u2014 pour Alain Renaiô.Il s'avoue profondément pessimiste: « L'homme a joué les apprentis sorciers.Il a invoqué des forces qui vont le broyer.» Kundera pense à Cépée de Damoclès nucléaire suspendue sur nos têtes et à l'attentat généralisé commis contre les sources de vie, par le biais de la pollution à l'échelle planétaire.L'homme n'est plus maître de son destin.« nous avons brûlé nos vaisseaux.Goethe, Mozart, les entendons-nous encore.?» C F* O z o M F? DEMAIN L'AN 2000 Yves Leclerc Le 00 o 1 u lu Q CN Q L'ordinateur est-il intelligent?On se pose la question depuis des années sans y apporter de réponse vraiment convaincante.Un auteur britannique, Geoff Simons, aborde le problème sous un tout autre angle.Que l'ordinateur soit intelligent ou non, dit-il, n'a qu'une importance secondaire.Ce qui est plus important, et plus intriguant, c'est de savoir si l'ordinateur n'est pas autre chose qu'une simple machine, une véritable espèce vivante?Simons opte carrément en faveur de cette thèse, qu'il avait d'abord proposée il y a deux ou trois ans dans un livre intitulé «Are Computers Alive?» (Les ordinateurs sont-ils vivants?).Dans une suite au titre encore plus provocant, «The Biology of Computer Life: Survival, Emotion and Free Will » (Biologie de la vie informatique: instinct de survie, émotions et libre arbitre), il l'appuie sur une série d'arguments souvent impressionnants.Il commence par tenter de définir les critères essentiels permettant de déterminer ce qui est vivant ou pas.Toutes les formes vivantes que nous connaissons sont fondées sur le carbone, plus précisément sur les hydrocarbures; mais il y a déjà belle lurette que des auteurs de science-fiction d'abord, puis des biologistes fort sérieux, ont posé l'hypothèse que la vie pourrait bien exister sous d'autres formes, notamment à base de silicium.Il y a même un autre auteur anglais, R.Dawkins, pour prétendre que les concepts abstraits peuvent être considérés comme des êtres vivants qui croissent, se reproduisent, évoluent et «meurent» dans un milieu bien particulier qui est le cerveau humain ! Les critères de la vie Quoi qu'il en soit, Simons base sa démonstration sur les jour de la création?z o CO S travaux de |.G.Miller qui, dans « Living Systems», avait déterminé une vingtaine de «sous-systèmes» qui sont nécessaires à tout être vivant.Il groupe ces systèmes en trois catégories: ceux qui traitent la matière-énergie, ceux qui traitent l'information, et ceux qui traitent à la fois information et matière-énergie.Or, prétend Simons, tous ces systèmes existent sous une forme ou sous une autre dans l'ordinateur.ou directement autour de lui.Curieusement en effet, il n'est pas toujours nécessaire qu'un sous-système existe dans l'être vivant, pourvu qu'il soit disponible dans son environnement immédiat.Des exemples classiques sont certains parasites qui «empruntent » le système digestif de leur hôte, et les nombreuses plantes dont le système reproductif dépend du bon vouloir des insectes.Certaines des fonctions de la «biologie informatique» ne sont pas entièrement réalisées.C'est le cas notamment de la reproduction, pour laquelle l'ordinateur est toujours dépendant de l'homme.Mais d'une part, un tel régime de «symbiose» (on ne peut parler de parasitisme, puisque l'homme y trouve aussi son profit) est fréquent ailleurs dans la nature; et d'autre part, le jour où les ordinateurs pourront dessiner et construire d'autres ordinateurs, semblables à eux-mêmes ou améliorés, est clairement prévisible.Cette première partie de la démonstration de Simons est nettement la plus solide et la plus convaincante.Et elle pose une question fascinante: arrivons-nous au « huitième jour de la création», celui où l'homme commence à créer lui-même, de toutes pièces, des êtres vivants?Évidemment, nous créons de nouvelles espèces vivantes depuis longtemps, au moyen de croisements et de contrôle des mutations naturelles: bon nom- OUVREZ LA FENÊTRE DE VOTRE IMAGINATION! \u2022 PLUS DE 4000 COULEURS \u2022 256K RAM/512 K RAM \u2022 MÉMOIRE EXTENSIBLE A 8 MB \u2022 COMPATIBILITÉ IBM EN OPTION \u2022 SON STÉRÉO + SYNTHÉTISEUR \u2022 DISQUETTE 880K ffiif7Wi/fftr 271-2316 783, MISTRAL bre de nos animaux domestiques, et une bonne proportion de nos plantes comestibles, sont en bonne partie des créations humaines.mais elles possédaient déjà au départ le germe de la vie.Dans le cas de l'ordinateur, la situation est différente.S'il y a vie, elle n'est pas empruntée à la nature, mais carrément suscitée par I homme.Création et libre arbitre D'après Simons, cela va plus loin.Dans la deuxième partie de son ouvrage, il s'acharne à démontrer que non seulement l'ordinateur est vivant, mais encore qu'il possède certaines caractéristiques que nous avons toujours considérées comme typiquement humaines, notamment le libre arbitre, la créativité et (de façon encore bien limitée) la capacité d'émotion.Ici, sa démonstration est plus faible.Entre les tenants du libre arbitre absolu et ceux du déterminisme, il penche clairement vers les seconds, qui rendent sa tâche bien plus aisée.«Si le libre arbitre est seulement la possibilité de faire un choix basé sur une évaluation de conditions, l'ordinateur a clairement le libre arbitre», affirme-t-il.S'il s'en tenait à cela, son argument serait peu convaincant.Mais il ajoute, avec raison, que plus les systèmes informatiques sont complexes, plus il est impossible même à ceux qui les programment de déterminer d'avance le cheminement qu'adoptera l'ordinateur dans tel ou tel cas.En d'autres termes, non seulement l'ordinateur fait des choix, mais ce sont des choix qui sont en partie indépendants de la volonté de l'homme qui l'a créé et programmé.Pour ce qui est de la créativité, sa thèse s'appuie sur deux éléments: le premier est que la créativité humaine est due en bonne partie au hasard.ce qui peut être assez facilement simulé dans l'ordinateur; le second est que les systèmes experts et les méthodes heuristiques tendent déjà à inculquer à la machine les processus mentaux «créatifs» de l'homme.En combinant ces deux éléments, on arrive à une capacité de génération d'oeuvres nouvelles qui est certainement difficile à distinguer de celle des humains.Les arguments de Simons sont parfois un peu tirés par les cheveux, mais ils ont du moins le mérite de nous forcer à voir d'un oeil neuf les clichés et les lieux communs qui sont bien ancrés en nous sur la nature de l'informatique et de l'ordinateur.LE COURRIER M.Leclerc, J'ai lu avec beaucoup d'Intérêt votre réponse à la lettre sur MS-DOS et les systèmes d'exploitation.Mais II y a une chose que |e ne comprends pas bien.Comment un ordinateur peut-Il faire plusieurs choses en même temps?Et comment cela peut-il me servir à mol, l'utilisateur, puisque |e ne peux pas faire plus d'une chose en même temps?Je ne vois pas non plus comment un même ordinateur peut servir à plusieurs personnes en même temps, même si |e sais que ça existe en (timesharing).Je vous remercie d'éclairer ma lanterne, vos explications sont toujours claires.J.F.Richer, Saint-Hyacinthe RÉPONSE: En réalité les ordinateurs, du moins les ordinateurs classiques actuels, ne font pas plusieurs choses en même temps, ils font semblant.C'est-à-dire qu'ils ne font qu'une chose à la fois mais ils peuvent alterner entre plusieurs tâches si vite qu'on a l'impression de la simultanéité.Un peu comme un jongleur habile, qui arrive à nous convaincre qu'il a plus de deux mains! Techniquement, c'est assez compliqué.La mémoire de l'ordinateur est divisée en plusieurs «partitions», égales ou inégales, chacune servant à une des tâches parallèles.Un sous-programme du SED répartit le temps entre ces différentes tâches, soit de façon égale (par exemple à tous les x millièmes de seconde), soit inégalement selon un ordre de priorité fixé à l'avance.Évidemment, chaque fois qu'il change d'activité, l'ordinateur doit noter exactement où il en est dans chaque programme.ce qui alourdit considérablement son fonctionnement.Pour que cela soit pratique, il faut donc un ordinateur assez puissant et possédant une mémoire assez importante ; c'est ce qui explique que jusqu'à tout récemment, on ne parlait que rarement de ce phénomène d'exécution simultanée pour des micro-ordinateurs.Il existait bien des précurseurs dont certains, comme l'OS-9 de Micro ware, parvenaient même à fonctionner en multitâches sur des ordinateurs 8-bits avec seulement 64 Ko de mémoire, mais c'était des exceptions.Même le Concurrent CP /M de Digital Research, pourtant une maison fort respectée, n'a pas eu grand succès sur les IBM-PC et compatibles.C'est vraiment avec les plus récents super-micros comme l'IBM-AT et les machines à base de 68000 de Motorola comme On odronc le courrier à Yvm Leclerc La Pmu - MUS 7, rue Soint-Jacque» Montréal, Ou*.H2Y 1K9 I'Amiga ou le Stryde, que l'idée est revenue à la surface, et que les utilisateurs eux-mêmes-se sont mis à manifester un certain intérêt.Il faut cependant faire la distinction entre deux modes d'exécution simultanée: le mul-ti-usagers, qui permet à plusieurs personnes, chacune ayant son propre terminal, de profiter en même temps des ressources d'un seul ordinateur; et le multitâches, qui permet à un seul usager de commander à l'ordinateur d'effectuer plusieurs tâches en même temps.Dans le cas des micros, le mode multi-usagcrs est beaucoup moins intéressant que pour les grands ordinateurs: chaque machine coûte si peu cher qu'il est souvent plus rentable d'en fournir une à chaque utilisateur, évitant ainsi la complexité d'un programme de partage de la mémoire et du temps, et de la gestion des communications à distance.Les seuls cas où le multi-usa-gers peut être avantageux se présentent lorsque plusieurs personnes doivent travailler simultanément à divers aspects d'une même tâche, partageant un «espace commun» de mémoire et de données, comme par exemple dans un système de comptabilité intégré.Le mode multi-tàches, par contre, est d'un intérêt certain pour quiconque se sert beaucoup d'un ordinateur dans son travail.La plupart du temps, il répartit les tâches en «avant-plan » et « arrière-plan » : une tâche est affichée sur l'écran, sous le contrôle direct de l'usager, tandis que les autres sont exécutées de façon invisible et automatique, la plupart du temps à un niveau de priorité moindre.Dans les systèmes les plus élaborés, comme celui de l'Amiga et du Macintosh XL (ancien Lisa), on peut avoir accès aux tâches en arrière-plan et même modifier l'ordre de priorité eu ouvrant des «fenêtres» sur l'écran.À quoi peut servir un système multitâches?Par exemple, si vous voulez imprimer un long texte sur papier, vous n'avez pas à attendre que l'impression soit terminée pour entreprendre un autre travail.Vous pouvez aussi mettre en oeuvre un correcteur d'orthographe, ou effectuer un long tri sur disque, pendant que vous faites autre chose.À mon avis, les systèmes mul-ti-usagers demeureront une rareté en micro-informatique (ils seront à la longue supplantés par les réseaux locaux), alors que le multi-tâches deviendra monnaie courante, même sur les ordinateurs domestiques. t^OEL 85 L'E DES SENS Serge Grenier G Conte de Noël À part la guerre de Corée, la grande inondation de Winnipeg et l'incendie de Çabano, tout fonctionnait comme sur des roulettes en 1950, surtout à Montréal-Nord.En cette fin d'année sainte, il était fortement conseillé aux élèves de 6e année de l'école Sainte-Gertrude (garçons) de pouvoir décliner sans se tromper les noms de ceux par qui le pouvoir arrivait: Louis Saint-Laurent et Maurice Duplessis, le roi Georges VI et son représentant à Ottawa, le vicomte Alexander de Tunis, le lieutenant-gouverneur Gaspard Fauteux, le pape Pie XII, le délégué apostolique, Mgr Ildebrando Antoniotti, notre nouvel archevêque, Mgr Léger, le secrétaire du Département de l'Instruction publique, Omer-Jules Desaulniers, le cure Horace Chabot à l'église et le frère Albert à l'école.Nous connaissions même le nom du président de la Commission des écoles catholiques de Montréal.Il faut dire qu'il était facile à retenir puisqu'il était imprimé sur notre bulletin : Trefflé Boulanger.Et puis, ce nom nous faisait rire.Sans doute l'une des plaisanteries préférées de tous les élèves de la CECM du temps: «Aimerais-tu ça l'appeler Trefflé?» Deux semaines avant Noél.le curé Chabot s'était félicité en chaire de l'immense succès qu'avait connu dans la paroisse l'année sainte: hausse des confessions et des communions, hausse des vocations, hausse de la dime, haussé de la vente des bancs, hausse des dons à la Saint-Vincent-de-Paul et à la Goutte de lait.Emporté par l'enthousiasme \u2014 sa phrase préférée était: «Dieu est encore meilleur qu'on pense» \u2014, il promettait aux fidèles la plus belle messe de minuit de toute l'histoire de la paroisse Sainte-Gertrude, ainsi que tout un cadeau : le remplacement de l'unique cloche par un carillon électrique.On entendait bientôt, diffusé aux quatre vents par deux solides haut-parleurs, rien de moins que l'enregistrement sur disque des cloches de Saint-Pierre de Rome.Les largesses du curé Chabot rejoignaient même les enfants de choeur: deux soutanes rouges flambant neuves et nos surplis fraîchement empesés par les soeurs de l'école Sainte-Gertrude (filles).Et ce n'est qu'après s'être assuré du bonheur de tous que notre pasteur consentait enfin à s'occuper de lui-même: une splendidc chasuble brodée de fils d'or et une Chrysler de l'année.Bleu nuit, question de demeurer sobre.Responsable des enfants de choeur, le frère Vital s'apprêtait à distribuer les tâches de servants de la messe de minuit aux plus méritants.Nous étions plusieurs à convoiter les prestigieux emplois de cérémoniaire, thuriféraire et acolyte.Les moins brillants ou ceux dont la conduite leur avait mérité un «Bien» plutôt qu'un «Excellent», ne pouvaient espérer guère plus que la dévalorisante fonction de «quêteur», celle qui consistait à tenir le sac de velours dans lequel les préposes à la quête \u2014 marguilliers, échevins ou simples rongeux de balus-tre \u2014 versaient, en bout d'allée, le contenu de leur assiette.l'eus l'immense joie, à l'âge de 11 ans, d'être choisi thuriféraire.En plus de porter une soutane neuve, c'est moi qui encenserais l'hostie et le calice pendant l'Élévation, c'est moi qui encenserais les fidèles, dont ma famille et mes amis, c'est moi qui encenserais les enfants de choeur, le ne parlais plus que de ça, à tout le monde, ad nauseam.Et puisque l'année sainte avait si bien marché, j'en mettrais, de l'encens sur le charbon ardent! le la noierais, l'église Sainte-Gertrude dans un nuage de parfum! Oui, elle serait Hère de moi, ma petite blonde Monique Brochu! Le pouvoir rend-il arrogant?Avais-je trop parlé?Le frère Vital redoutait-il qu'en pleine messe de minuit je yole la vedette au curé Chabot?À 11 heures du soir, dans le local des enfants de choeur, alors que, trempant mon peigne dans le pot de Wave-Set, je donnais à mes cheveux une consistance qui durerait une semaine, le ciel me tomba sur la tête, j'étais muté.Thibault, mon ennemi juré, héritait d'une des deux soutanes neuves et était promu thuriféraire; j'étais rétrogradé à la quête.Noél eut subitement un goût de mercredi des Cendres, l'avais la certitude que, Monique Brochu en tête, toute l'église Sainte-Gertrude rigolait de me voir circuler dans les allées, j'entendais déjà les farces plates: «Tu tenais bien ça, la poche de velours.Elle te faisait bien, ta vieille soutane pleine de taches de cire.Joyeux Noël, le quêteux.» Au sermon, le curé Chabot disait : « Mes bien chers frères, souvenons-nous longtemps du merveilleux Noël de cette année sainte.» You bet! 3 c O z o 70 00 en PO LIRE Jean Basiîe PARLER D'ICI Philippe Barbaud En pariant de Simone et de Jean-Paul Qui s'excuse?u ¦UJ Q 5 NO Il se peut que la plus jeune génération ait oublié Sartre.La moins jeune ne peut pas ne pas se souvenir de lui.H fut, en quelque sorte le Picasso des intellectuels.D'ailleurs, ce fut Sartre qui créa, en amateur.Le Désir attrapé par la queue que l'on a repris dernièrement à Montréal a l'occasion de la grande exposition au Musée des Beaux-arts.L'influence de Sartre est inégalée et le restera sans doute.On se souvient peut-être qu'on lui doit l'existentialisme.Pas vraiment une philosophie mais un style de vie, juste après la guerre, qui envahit le monde occidental, y compris Montréal puisqu'Yvet-te Brind'Amour créa, très vite, sa pièce la plus célèbre de Sartre, Huis clos.La biographie, considérable, qu'Annie Cohen-Solal vient de consacrer à l'écrivain-philoso-phe, et sobrement intitulée Sartre , est remarquable.C'est d'abord et avant tout un livre de lecture merveilleusement écrit, très alerte.Il fallait le faire car Sartre, après tout, est un « auteur sérieux » et la partie la plus volumineuse de son oeuvre est consacrée à la philosophie.D'abord, l'auteur est éminemment sympathique à l'écrivain.On le sent.Alors, le récit purement biographique s'en trouve privilégié.On passe à travers le siècle.On va sur mer, en Indochine.On va dans les airs à New York.Tout cela est vivant.Mais, Annie Cohen-Solal s'intéresse surtout à l'homme.C'est l'homme qu'elle veut expliquer.Les oeuvres, elle les survole bien, puis passe outre.Quel Sartre découvre-t-ellc ?Narcissique et passionnée.Un enthousiaste.Un violent par moment.Et quelle puissance de travail ! Et quelle intelligence ! Entre temps, Sartre aimait beaucoup les femmes.Il a énormément travaillé.Il a beaucoup aimé.Il a aussi milité.L'engagement de l'intellectuel dans la bataille sociale ou politique était pour lui un devoir qui dépassait de loin l'image que l'on a inventé de lui: le pessimiste un peu sale qui transgressait les règles.C'est vrai, Sartre en a transgressées beaucoup et à une époque où il n'était pas si facile de le faire.Il a fait plus.Cet ouvrage est aussi un portrait du milieu.Le milieu littéraire parisien.Pas très propre.Des coups bas.Des traffics un peu louches chez les éditeurs.Sartre aussi a connu cela et s'y plaisait.Comme Camus, dont il devint l'ennemi et avec qui il partageait la fatuité et la susceptibilité, il y avait chez lui un côté homme du monde, un peu déplaisant vu de loin.- artre ¦ Mais Annie Cohen-Social ne fait pas dans l'hagiographie.Elle regarde son personnage, analyse ses actes, ses attitudes.II faut les dire sans détour et Srfois ce n'est pas facile car rire s'est trompé plus d'une fois.Il est vrai qu'il n'a pas hésité à le dire.Ainsi, d'abord anticommuniste, il a vanté sans frein l'Union soviétique.Il a suivi Mao, Castro.Sartre vira capot plus d'une fois et tout ceia dans un tourbillon de voyages, d'amphétamine, d'alcool et de tabac.Ces paradoxes qui sont, selon l'auteure, typiquement sartriens, elle essaie de les expliquer .sans les excuser.Il faut, nous dit-elle, prendre Sartre comme il était, avec ses cotés les plus désagréables Sa fin fut triste.Il est clair qu'il s'accrocha à la gloire dont parfois il abusa.Il eut un dernier grand succès, Les Mots, un dernier échec, son Flaubert.Entre temps, il avait fait la guerre à de Gaulle et il avait refusé le Prix Nobel.En bref, toute sa vie, il incarna ce dilemme : comment un intellectuel peut-il être aussi un homme d'action.Très bien.Les intellectuels, aujourd'hui font rire et on les place aux cabinets.Sartre ne fit jamais rire.Simone de Beauvoir Sartre sans Simone de Beauvoir, c'est comme Simone de Beauvoir sans Sartre : presque impossible.Aussi, il ne faudra pas s'étonner si une biographie de l'illustre auteure paraît aujourd'hui même (2) écrite par Claude Francis et Fernande Gontier.Le livre est un peu plus petit.D'ailleurs, ce n'est pas une « biographie autorisée », ce Îui veut dire que Simone de eauvoir n'a pas communiqué aux co-auteurs tous les documents dont ils auraient eu besoin.Mais quoi ! Simone de Simont-j de 'Beauvoir Beauvoir est encore vivante et c'est déjà un drôle d'enterrement que de se voir biographie avant la tombe.Naturellement, les deux biographies se recoupent sur de nombreux points, particulièrement les points historiques.Disons-le sans plus tarder.Cette biographie est un excellente livre de lecture et pour les mêmes raisons que celui de Annie Cohen-Solal.On y apprend les grandes lignes de la vie d'une femme en tout point exceptionnelle et qui a lutté pour l'être.Bien entendu, Claude Francis et Fernande Gontier savaient que l'on comparerait la vie de Simone de Beauvoir, comme ils la décrivent, avec celle de Sartre.Dès lors, on aurait souhaité que l'accent fut mis sur ce pourquoi Simone de Beauvoir est unique : son expérience comme femme et qui ne date pas d'hier.Sans doute, était-ce là la réduire à une dimension qu'elle dépassa.Pourtant, c'est Simone de Beauvoir elle-même qui voulait qu'on la considère sous cet angle et une grande partie, sinon toute la dernière partie de son oeuvre a été voulue comme un témoignage de ce qu'est la vie d'une femme en un instant de l'histoire occidentale qui continue à avoir du mal à se remettre en question.Cela est implicite, dira-t-on ?Pas vraiment.Il y a bien des politesses, des omissions.Ce qui caractérise la démarche de la célèbre auteure, c'est l'emphase qu'elle a mise sur « la nécessité de la franchise individuelle » quand on écrit.Cette franchise va naturellement jusqu'à l'exploration de la sexualité et plus loin encore.Un tel ouvrage reste à faire.(1) Sartre par Annie Cohen-Solal.724 pages, édition Gallimard.(2) Simone de Beauvoir par Claude Francis et Fernande Gontier, 424 pages, Perrin-Libre expression.J¦ T.IIKJ ak'JMHiU/l JlllU:'.Zi: 3U .«nuot con *jb obotn ul b jolsiai ^e qu'il va s'en dire des M choses, au cours des B prochains jours! Si le ^^¦^ langage était une valeur cotée en bourse, je n'hésiterais pas à risquer toutes mes économies en investissant sur un titre appelé à voir ses activités croître de façon vertigineuse à l'occasion de la période des Fêtes.Entre les réunions familiales autour de la dinde traditionnelle et le fameux « party » de bureau, que de mots se perdront parmi les bulles si chères à Bacchus ! Plusieurs se souviendront peut-être à temps que « la modération a bien meilleur goût ».Mais il ne semble pas que le slogan de la SAQ puisse aussi s'appliquer aux mots que nous devrons consommer.Dans toute rencontre sociale, il y a ceux et celles qui sont portés à la bouteille et ceux-là, on les a à l'oeil.Mais il y a aussi ceux et celles qui soni facilement portés aux jurons, aux sacres, aux blasphèmes, aux mots vulgaires et obscènes, aux trivialités langagières et autres expressions de leur médiocrité linguistique.Ceux-là nous ont à l'oreille, c'est le cas de le dire, car pour eux, la modération du langage est une atteinte à leur liberté d'expression.Leur viendrait-il seulement à l'idée qu'il existe aussi une liberté d'audition ?Mais le locuteur qui écoute est toujours l'otage du locuteur' qui prend la parole.Aussi le monde est-il infesté de ces terroristes du langage qui manipulent les mots provocateurs comme d'autres la grenade et la carabine.Par pure manifestation de leur ego frustré.Pour impressionner la galerie, pour scandaliser la belle-mère, pour s'exhiber devant l'auditoire familial, pour forcer la note de la médiocrité langagière, pour renchérir sur le cri « primai » bref pour, en définitive, se sentir HEROÏQUE.Mais quel héroïsme y a-t-il à incarner la créature de Cro-Magnon lorsqu'on parle ?Les Cro-Magnons et Cro-Magnonnes du langage sont pourtant légion au Québec et les plus Intellectuels d'entre eux n'en sont pas moins terroristes qiK les autres.Fort heureusement, on peut encore compter sur les descendants de Vaugelas qui attribuent1 au langage un certain pouvoir de civilité.Ceux-là n'ont pas la partie facile quand tournoie le gourdin du langage vulgaire (ne pas confondre avec populaire) parmi les locuteurs de la tribu.La haute opinion qu'ils se font du locuteur francophone les incite à constamment rechercher l'expression juste et appropriée, à cultiver la nuance des mots plutôt que la .« i x> >ls'l ab r\\\\'S\\ consistance des «uros mots» , pour tout dire, à améliorer lein-elocution.Il arrive cependant que leurs bonnes manières langagières souffrent, à leur insu, de quelques imperfections.Quoi de plus normal, après tout ?L'autre jour justement, à l'occasion d'une rencontre ma foi très « sociale ».on a pu entendre un président de conseil d'administration accueillir un de ses membres, retardé par un concours de circonstances, en lui disant : « Madame, on vous a manqué.» Et celle-ci de lui répondre : * Je m'excuse, monsieur le président.» Peut-on imaginer situation plus familière ou même banale?Et pourtant, le lecteur averti aura décelé les incorrections langagières de l'une et de l'autre.Elles sont courantes surtout dans le parler d'ici.Dans le bref échange qui précède, le président ne veut pas dire qu'il a « manqué » madame comme on peut « manquer » (rater) son avion.Il ne veut pas dire non plus que lui et les autres « ont manqué à » madame.C'est plutôt le contraire qu'il veut dire.C'est bien madame qui « leur a manqué » au sens où ils ont regretté son retard, son absence bref, qu'ils se sont ennuyés d'elle.L'anglicisme est évident dans la bouche du président.En français, la personne dont on s'ennuie doit être le sujet du .verbe «manquer» employé dans le même sens.De même, celui ou.celle qui s'ennuie de quelqu'un doit être le complément d'objet indirect du verbe « manquer » employé dans le même sens.La confusion provient de ce qu'il y a deux verbes « manquer » mais qu'une seule forme pronominale pour le complément (« vous »).Sous l'influence de l'anglais « to miss someone », nous avons tendance à ne pas respecter la valeur transitive de chacun de ces deux verbes qui n'est pas la même selon le sens utilisé.« Manquer quelqu'un », le «rater» en quelque sorte, est un verbe transitif direct tandis que * manquer à quelqu'un » est un verbe transitif indirect.Si ce « quelqu'un » est vous-même, c'est donc vous qui êtes l'objet indirect et l'autre personne qui est le sujet.Dans ces conditions, la madame commet une impropriété du même genre.Si «excuser» se comprend comme un équivalent de « pardonner », qui donc \u2022« excuse » l'autre ?Cette dame, en l'occurrence, désire être l'objet du pardon.Ainsi, la valeur transitive du verbe « s'excuser » aurait dû l'amener à dire : « Excusez-moi » ou, avec plus de déférence, « Veuillez m'excuser, monsieur le président.» ?\u2022\u2022< i ¦ \u2022' >\u2022\"'! èOtt tC CM'l /¦:( II! ij .x'i'v* 9)flsupirfa 'f-'j lioa SILHOUETTE LITTERAIRE PHILIPPE AUBERT DE GASPÉ Comme je vous disais en commençant cette chronique, la littérature québécoise fait par-tic de votre patrimoine et elle comprend, comme il se doit, un héritage.Alors puisque Noél approche et que vous n'avez peut-être pas beaucoup de temps pour lire, voici en guise de «cadeau» une histoire à raconter pendant les Fêtes, celle de Philippe Aubert de Gaspé, notable et prisonnier pour dettes, fantaisistes et illustre vieillard respecté à la fin de sa vie en tant que romancier de talent.Un shérif du siècle dernier_ Il est venu au monde en 1786, à l'époque où en France la révolte gronde et fait trembler la monarchie.Mais au manoir de Saint-Jean-Port-)oli, maison de son enfance, comme au Sémi-naire'de Québec où plus tard Philippe Aubert de Gaspé fait ses études, le calme règne.En principe, ce descendant d'une famille arrivée en Nouvelle-France en 1655, est déjà assuré d'une existence confortable.Il est riche, il devient avocat et à vingt-cinq ans, il épouse «une jeune fille à dot», Suzan Allison, avec laquelle il aura treize enfants.En 1816 il est nommé shérif de la ville de Québec, contrairement à son ancien condisciple du Séminaire, Louis-|oseph Pa-pineau, il ne se mêle pas de politique et en 1837, la Rébellion semble le préoccuper moins que les aventures de son fils âgé alors de 23 ans.Car Philippe-Ignace-François se permet d'écrire et comme il est seul de son espèce au Québec d'alors son Chercheur de trésors, premier roman canadien de langue française, fait du bruit.Aussitôt, les journaux le publient en extraits et on prétend que celui intitulé La légende de Rose Latu-llppe a été rédigé par le père et non pas par le fils.Mais n'a-t-on pas répandu les mêmes potins à Paris sur les oeuvres d'Alexandre Dumas, père et fils oui vers la même époque devenaient célèbres en France?N'empêche que ce qui faisait le charme d'un certain folklore très parisien n'était guère de mise dans la bonne vieille ville de Québec! « Le chercheur de trésors ou l'influence d'un livre » Pourtant Le chercheur de trésors est un roman sage qui se lit fort bien de nos jours encore, soit cent cinquante ans après, et que vous pouvez trouver dans les bibliothèques publiques.«Sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent, dans une plaine qui s'étend jusqu'à une chaîne de montagnes, dont nous ignorons le nom, se trouve une petite chaumière, qui n'a rien de remarquable par elle-même ; située au bas d'une colline, sa vue est dérobée aux voyageurs par un bosquet de pins qui la défend contre le vent du nord, si fréquent dans cette partie de la contrée.» C'est dans cette chaumière que vit un homme étrange qui cherche des trésors cachés.Le fantastique côtoie le réel, des réflexions philosophiques et poétiques se glissent dans les pages et l'ensemble est à l'image de certaines croyances populaires de l'époque ce qui déplait à la critique.Le Blanc de Mar-connay, surtout, qui supporte mal qu'on se permette d'écrire des romans ailleurs qu'à Paris, attaque son auteur dans le journal « Le Populaire ».Comment se défendre contre ce journaliste fort influent au Québec ?Désormais, on sait que le roman a survécu à l'usure du temps, tandis que son détracteur a disparu sans laisser de traces, mais en cette première moitié du XIXe siècle la blessure est profonde.Le romancier se met à boire, fait un esclandre, et malgré le statut de son père ne trouve pas de travail.Il part finalement à Halifax où, grâce à l'ami de la famille, Thomas Pyke, il devient reporter à la Chambre d'Assemblée de la Nouvelle-Ecosse.Quotre ons en prison Philippe Aubert de Gaspé, pour sa part, continue à être très populaire.Le shérif est membre actif de la première société littéraire de Québec, cofondateur de la Banque de Québec, capitaine du premier bataillon de la ville et en tant que brillant cavalier la véritable coqueluche de ces dames.En 1837, cependant, c'est le drame! Il a endossé des billets sans caution, il a rendu service à beaucoup de gens, il n'a pas les moyens d'honorer ses engagements et c'est la condamnation à quatre longues années de détention ! Monsieur de Gaspé perd tout, exception faite du manoir de Saint-Jean-Port-|oli qui « lui avait été légué à titre de bien inaliénable ».Quand il quittera sa cellule, quand il redeviendra enfin un homme libre, il apprendra qu'il n'a plus d'amis et que son fils préféré est mort à Halifax à l'âge de vingt-sept ans « des abus de l'alcool ».Philippe Aubert de Gaspé se retire dans son manoir « en compagnie des livres, de la nature et de ses souvenirs».puis renoue des contacts avec l'École Littéraire de Québec, dont le directeur Octave Crémazie est en exil.L'abbé Henri-Raymond Casgrain qui le remplace est un parent et ami.Monsieur de Gaspé s'occupe de ses enfants, monte beaucoup, passe son temps libre à traduire en français les romans de Walter Scott et à écrire.C'est ainsi qu'en 1863 paraît son livre intitulé Les Anciens Canadiens et ausssi-tôt, malgré ses 77 ans, c'est le début d'une nouvelle carrière.Son roman devient le «best-seller»! Deux mille exemplaires vendus en quelques mois, un deuxième tirage, un troisième, cinq mille exemplaires lancés sur le marché et la traduction anglaise de Georgiana Pennée, The Canadians of Old, qui connaît le même succès que la version française.Cette fois-ci la critique se tait, puis devient élogieu-se.À la fin du siècle, le roman sé vend bien à New York, comme à Boston, tandis qu'au début des années 1900 on le lit en traduction espagnole à Buenos Aires.« Les Anciens Canadiens »_ Mais Philippe Aubert de Gaspé se moque bien des traductions qui finiront par le faire connaître à l'étranger quand lui-même ne sera plus de ce monde.Ce qui importe c'est que du jour au lendemain il devient une célébrité et que les jeunes le réclament.Lui, qui a fait de la prison, lui qui n'est plus ni avocat, ni shérif, titre dont il était si fier autrefois, oublie son âge.C'est l'été, le mois de juillet.Nous sommes en 1865.Il fait très beau.Un homme de 79 ans voyage de Montréal à l'Assomption ; c'est l'écrivain Philippe Aubert de Gaspé que les gens saluent le long du chemin.Au collège de l'Assomption, les élèves lui font la fête.On présente sur scène des épisodes de son roman, tels qu'adaptés pour le théâtre par deux professeurs ; l'abbé Arcade Laporte et l'abbé Camille Caisse.On applaudit à tout rompre ! « Ce livre ne sera ni trop bête, ni trop spirituel », avait-il écrit dans sa retraite en guise d'une sorte de préface.« Cet ouvrage sera tout canadien par le style : il est malaisé à un septuagénaire d'en changer comme il ferait de sa vieille redingote pour un paletot à la mode de nos jours.l'entends bien avoir, aussi, mes coudées franches, et ne m'assu-jettir ;i aucune règle prescrite, \u2014 que ^je connais d'ailleurs \u2014 dans un ouvrage comme celui que je publie.Que les puristes, les littérateurs émérites choqués de ces défauts, l'appellent roman, mémoire, chronique, salmigondis, pot-pourri : peu m'importe ! » Déjà le père venge à sa manière son fils, mort trop jeune pour donner toute sa mesure et bien que Les Anciens Canadiens soit un roman qui se situe vers les années 1757, son héros «Jules d'Haberville, fils d'un seigneur, capitaine d'un détachement de marine », ressemble beaucoup à son auteur.Comme lui, il va tout perdre « pendant les sept longues années de guerre » et à son retour devra reconstruire.« Il n'y a que ceux qui ont éprouvé de grands revers de fortune », écrit Philippe Aubert de Gaspé, « qui ont été exposés à de longues et cruelles privations, qui puissent apprécier le contentement, la joie, le bonheur même de ceux qui ont en partie réparé leurs pertes ; qui commencent à renaître à l'espérance.» Et tout en racontant la bataille des Plaine; d'Abraham, ou encore le naufrage de « L'Auguste », il y mêle ses propres réactions face à la gentillesse de ceux qui lui sont venus en aide quand, ruiné, il n'attendait plus rien de personne.Au-delà des faits et des détails historiques, le romancier rend ainsi attachants ses personnages qui tout en usant parfois d'un style ampoulé n'en demeurent pas moins vivants à leur manière.Après Les Anciens Canadiens il aura encore le temps de publier les deux volumes de ses mémoires, mais déjà sa fin est proche.Il meurt en 1871, en janvier, dans la maison de sa fille, épouse du juge Andrew Stuart, qui habite Québec.Ses enfants et ses petits-enfants l'entourent, jusqu'à la dernière minute il s'efforce de leur sourire, puis c'est l'enterrement qui, comme il le voulait, a lieu à Saint-!ean-Port-|oli.« Les hommes sont comme les vagues de l'Océan », a-t-il écrit, «?comme les feuilles innombrables des bosquets de mon domaine : les tempêtes, les vents d'automne dépouillent mes bocages, mais d'autres feuilles aussi vertes couronnent leur sommet.» ?À LIRE OU À RELIRE Les Anciens Canadiens, Québec, Desbarats et Derbishire, 1863.(Édition scolaire préparée par Guy Boulizon) Montréal, Fides, 1961.Mémoires, Ottawa, G.E.Desbarats, 1866.Dern.édit.Montréal.Fides, 1971.Divers (textes) Montréal, Beauchemin et Fils.(1893).Phllippe-Ignace-Fronçols Aubert de Gaspé (fils) Le chercheur de trésors, ou l'Influence d'un livre Québec, G.et G.E.Desbarats, 1864.Dern.édit.Montréal, Rééditiou-Qué-»u BecV1966,:(prérac^«é Léôipdld Le Blanc).g o m- \u2022o oo In ECOUTER Mario Massof L'offrande musicale Comment résister! Noél.Cadeaux.Le temps qui passe.Le réveillon en vue.Manque encore un petit présent.C'est ici que j'interviens pour vous soumettre une liste, en vrac, de différents titres susceptibles de faire des cadeaux appréciés.Tous ces disques sont excellents, et illustrent avec éclat que les producteurs ont mis sur le marché quelques petits bijoux, pas trop commerciaux dans l'ensemble, dignes de l'oreille la plus difficile.Ils sont tous récents d'ailleurs.Eric Clapton.Behind The Sun.WB.92-51661.Un disque mal accueilli par la critique, dont la qualité est pourtant excellente.Avec quelques perles polies avec fougue par l'un des grands de la musique pop.The Cult.Love.Vertigo.VOG-1-3365.Une synthèse de la musique pop des 20 dernières années par de jeunes loups anglais.Un plat épicé qui se mange chaud ou froid, selon les humeurs.Karen Young-Michel Donafo.Justin Time.JTR-8403.Une contrebasse enjouée, épanouie, enivrante.Une voix chaude et fluide.Un duo ambitieux.De l'excellent jazz.Et c'est québécois.Mink de Ville.Sportin' Life.Polygram.PDS-1-6422.Du rock pur et dur, à l'ironie mordante et aux soubresauts aiders.De Ville écume les bas-fonds de New York depuis 20 ans.Il est temps qu'il en sorte.Ry Cooder.Alamo Bay.Slash Records.92-53111.Il nous avait donné la musique de film de Wim Menders, Paris-Texas.Il récidive avec Alamo Bay.11 s'agit de ce merveilleux Ry Cooder toujours à l'affût du vrai blues.The Music of Kurt Weill.A et M.SP-9-5104.La musique pop lui doit beaucoup.Plein de stars lui rendent hommage.La brochette comprend: Caria Bley, Charlie Haden, Marianne I aithfui 1, Lou Reed, Sting.Tom Waits.Rain Dogs.Island Records.ISL-1065.Une voix rauque à défaillir, des musiques acoustiques sidérantes, des textes hallucinants qui chantent l'Amérique profonde.Un disque remarquable.Suzanne Vega.A et M.SP-5072.Le Folk frappe encore.Avec Suzanne Vega, Des paroles lucides sur fonds de folk re-vampé 1985.Une découverte.John Cougar Mellencamp.Scarecrow.Polygram.RVLS-7505.Le minet du rock se muscle.Une belle musique nerveuse et dense.Efficace.Stevie Ray Vaughan.Soul to Soul.Epic Records.FE-40036.Du blues urbain démoniaque.Du Texas, un guitariste fou qui prend son pied à massacrer le blues avec une perversion géniale.Bryan Ferry.Boys and Girls.WA.9250821.L'ancien maître à penser glamour de Roxy Music.Des mélodies poignantes.Des textes clairs-obscurs.Une trajectoire personnelle, pour une mise en orbite assurée des auditeurs.Malopoets.EMI-Enigma.ST- 17155.A l.'heure où tout casse en Afrique du Sud, un groupe noir qui revendique.Rencontre-synthèse de l'Afrique profonde et de la modernité techno-pop.Orchestral Manoeuvres in The Dark.Crush.Virgin Records.VL-2333.Moins hermétiques, plus mélodieuses, les chansons d'OMT prouvent que la New-Wave se porte bien encore, merci.Massive.An Album of Reggae Music.Virgin Records.VL-2332.Une musique du sud, captivante, «trippante», qui chatouille l'âme.C'est une compilation regroupant de nombreux musiciens différents.The Desert Music.Steve Reich.Nonesuch.9-79101.Musique minimaliste et répétitive d'une qualité exceptionnelle, et au lyrisme étonnant.Une musique de mirages et de reflets enchantés.Transcendant.John Adams.Harmonlelehre.Nonesuch.9-7115-1.Dans la même veine que Reich, cette musique surprend par l'intensi- té et l'ampleur de sa fragmentation rythmique.À découvrir.Eric Satie.Intégrale des mélodies et des chansons.Calliope.CAL-1884.On connait davantage ses instrumentaux, genre Trois Gymnopédies.Satie a pourtant écrit des chansons.Elles sont ici interprétées par deux Québécois.Une curiosité.Vaughan Williams.Slnfonia Antartica.EMl-Angel.DS-38251.Lorsque la musique classique rencontre la musique de film.Un disque savoureux, aux allures de fin du monde parfois et que seule vient sauver la voix de l'homme.Et enfin, si vous ne l'avez pas écouté, le dernier album de Sting sur étiquette A et M.Son titre: The Dream of the Blue Turtles.Si tous ceux que vous connaissez le possèdent déjà, pourquoi ne pas vous l'offrir?Vous l'avez bien mérité, avec tous ces disques que vous donnerez aux autres.Après tout, charité bien ordonnée commence par soi-même.Non ! ?LES CHOIX DE GÉRARD LAMBERT on ta UJ Q 5 UJ < 1 Z o si AC/DC « Fly on the wall » Atlantic 78 12631 \u2022 \u2022 Voici un autre disque de ce légendaire groupe de hard rock, AC/DC ouais.ouais.bravo! Non, force est de constater que ce petit dernier n'est pas le mieux inspiré.Parmi les vieux singes qui font encore des grimaces AC/DC se posent un peu là.« Fly on the wall » peut faire office de énième nouvel hymne hard, de énième reprise du magique « Highway to hell».Ce qui n'arrive pas à s'imposer dans ce disque, c'est qu'il n'y a presque pas de force motrice, presque pas de puissance de feu, et où il n'y a pas beaucoup d'instants nécessaires et cruciaux.Alors, rien à aimer ?Peut-être deux morceaux « Shake your fondations » et « Danger».Alors on tire la chasse?Ben non, circonstance atténuante d'un album bien travaillé où tout est en place, mais il manque l'énergie, cette énergie féroce de grands garçons gâtés.A croire que leur boite de vitesses ne comporte que deux vitesses.PAT BENATAR « Seven tlte hard way» Chrysalis CHS 41507 * * C'est le moment de faire du rangement, de délaisser l'essentiel et de penser au futile, d'oublier les climats trop brumeux, les synthés trop sombres et les guitares lancinantes pour un sirop plus léger, plus chaleureux, pour des aquarelles couleurs toutes saisons.En ces premiers fours froids « Seven the hard way» qui arrive des États est un album avant tout \u2022aimable».C'est un disque gratuitement esthétique, pour la beauté du geste, pas de gonflette intellectuelle.C'est du genre rafraîchissant, acidulé, et pas trop nourrissant.Je vous avoue qu'une grosse lassitude pointe après l'écoute de ce nouveau microsillon.Un disque pressé ù l'inusable matrice Pat Benatar et de son compositeur, producteur, guitariste et mari Neil Geraldo: son soigné, tempos durs, voix typée, un peu nasillarde à la technique irréprochable, guitares et claviers limpides.Bref un rock tonique et sautillant un peu à toutes les sauces qui font le grain sonore du moment.Affaire classée, ou alors so sorry, on n'a pas les mêmes goûts, ni la même haute idée des possibilités de la danse.THE ARROWS « The lines are open » A & MSP9119 * \u2022 * Il y a un peu plus d'un an les Arrows (groupe de Toronto) venaient grossir les rangs du rock canadien avec un premier album étonnant.Depuis le groupe est retourné en studio pour enregistrer ce «Tlte Unes are open» dont il est ici question.On peut situer ce disque dans le courant de l'art brutal qui évoque des angles à vif, tranchants avec un bon révélateur d'énergie.Tout est soigneusement poli, on y trouve une grande richesse du détail dans l'harmonie d'ensemble.Les instruments ont des colorations traditionnellement rock voire jazzy: sections des cuivres subtilement pétaradantes, bon travail rythmique, saxe tonique, choeurs toujours inventifs, guitare trépidante et riff clair.Un disque qui est un exemple de bon goût.Cet album ne trompe pas.Il est honnête d'un bout à l'autre.Du bel ouvrage même si la surcharge dans la coloration doit peut-être accélérer le vieillissement du matériel.Ce microsillon est à prendre comme immédiatement fouissif, sans attendre.Il m'est idée que votre radio ne va pas tarder à vous en abreuver les oreilles.Vous concilierez.¦M Mi WÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊKM SLY AND ROBBIE « Language Barrier* Island ISL 1047 \u2022 \u2022 >/i* Ah! l'admirable, la merveilleuse paire que voila.Deux intelligences en pleine interraction, deux sensibilités qui se croisent et se multiplient l'une par l'autre pour nous offrir la plus impressionnante rythmique de l'heure que sont Sly Dunbar et Robbie Shakespeare.Un disque drôle, varié, costaud; qui se promène entre reggae, rap, rock, funk, tous ces rythmes impeccablement maîtrisés.Loufoqueries fouissi-ves qui font sauter toute barrière des langages musicaux.C'est qu'en sus ces deux percussion is-tes dirigent un groupe excellent, éclectique et sans complexe de musiciens comme h Urine Hancock aux synthés, Mann Diban-go au saxe plus Afrlka Bambaa-taa.Bob Dylan difficile à percevoir et un certain nombre de plus.On s'amuse, par hits potentiels et dérapants interposés.Bref, on pouvait craindre un bric à broc de stars et l'on découvre un album vraiment attirant.« Language Barrier* possède des mélodies émoustillantes et des arrangements accrocheurs.L'efficacité avant tout.Un bon moyen de matérialiser la différence entre les adjectifs «bon» et «excellent».j nia i Simone Piuze I Montréal démocratise le plein air hivernal (1) Noël sera là dans trois jours.L'euphorie s'installe.On est excité, ne sait où donner de la tête, emballe les derniers cadeaux, choisit le costume à porter pour cette nuit magique et oublie que la nature apaisante peut aider à bien se préparer à Noèl.Pas besoin d'aller à la campagne pour la rencontrer: Montréal offre à ses citoyens des sites magnifiques où l'on peut patiner, skier, faire de la raquette ou simplement se promener parmi les arbres enneigés.Je me souviens d'un soir de Noel où nous n'étions que six à patiner sur la glace du mon-! Royal.Il neigeait doucement et nous avions l'impression que la montagne nous appartenait.Une grande paix régnait sur les lieux.Pourtant, nous étions en ville.« Moi, dit Louise P., j'aime aller patiner avec mes invités le jour même de Noél ! Excellente façon, je crois, de se retrouver et décrire ensemble dans la nature avant d'aller, le coeur en fête et les joues rouges, déguster le repas que j'ai préparé; » La plupart des patinoires sont prêtes (sauf celle, immense, du bassin olympique de l'île Notre-Dame qui le sera sans doute, elle, entre le 25 décembre et le 1er janvier) de même que les pistes de ski de randonnée.Par ailleurs, on peut glisser maintenant, non seulement sur le mont Royal, mais aussi sur les pentes des parcs Lafontaine et des Hirondelles (rue Fleury est) et sur celles d'autres sites de plein air d'hiver de Montréal).89 sites de plein air d'hiver_ M.Yvon Lamarre, président du comité exécutif de Montréal, a raison de dire que « Montréal est une ville unique ».«Géogra-phiquement accidentée à souhait, la métropole c'est la plaine ou la montagne, ce sont les îles ou les lacs, expliquc-t-il.Nous voici rendus aux portes de l'hiver et tous nos parcs se sont transformés en pistes de ski et de luge.» En fait, ce sont 89 sites de plein air que nous offre Montréal.89 sites répartis en 9 régions administrées par son Service des sports et loisirs dont le premier mandat est de permettre aux Montréalais d'avoir accès à un loisir diversifié et de qualité, incluant celui du plein air.Tout est effectivement de qualité à ce niveau, sauf l'entretien de la glace de la plupart des patinoires qui se présentaient, du moins l'hiver dernier, en piteux état.Mais nous y reviendrons la fin de semaine Patinage au bassin olympique (île Notre-Dame).prochaine.Allons-y tout d'abord pour la nomenclature des sites de plein air hivernaux.Au sud-ouest de la ville, la région I (Peter McGill, Pointe Saint-Charles, Saint-Henri, Saint-Paul, Émard), privilégiée il va sans dire puisque regorgeant de grands espaces récréatifs tels les parcs Ignace-Bourget et Angrignon ainsi que les canaux de Lachine et de l'Aqueduc.La région I, cela veut dire : ski alpin avec remonte-pente et toboggan à Ignace-Bourget, patinage, raquette, toboggan et ski de randonnée à Angrignon, raquette et ski de randonnée au Canal de l'Aqueduc et patinage et hockey à 12 endroits différents.Pour de plus anples informations : bureau régional : (514) 872-3066.Située dans l'ouest de la ville, la région 2 (où se trouvent les quartiers de N.D.G., Snowdon et Côte-des-Neiges) s'enorgueillit, elle, du majestueux mont Royal, cadre idéal pour la pratique du patinage et du hockey, du ski alpin \u2014 avec remonte-pente \u2014, de la raquette, du toboggan et du ski de randonnée.On peut également patiner et jouer au hockey à 7 autres endroits.Bureau régional : (514) 739-1755.Englobant les quartiers d'Ahuntsic, de Cartierville, du Nouveau-Bordeaux et de Paraguay, la ré- gion 5 possède de nombreux parcs et sites de plein air, dont la merveilleuse forêt de Sara-guayh l'extrémité ouest, l'île de la Visitation où l'on pratique la raquette et le ski de randonnée, le parc des Hirondelles où le ski alpin, le hockey, le patinage et le toboggan sont rois, sans parler des 9 autres sites dédiés au patinage et au hockey.Bureau régional : (514) 332-1183.La région 4, regroupant les quartiers populaires d'Hochela-ga-Maisonneuve, de Préfontaine et de Sainte-Marie, est riche en industries mais hélas pauvre en sites de plein air hivernaux qui se limitent à Ovila -Pelletier, fos Muni ferrant, Lalançette, Saint-Aloysius et Saint-Êmile.On ne peut patiner qu'à ces deux derniers sites, les trois autres étant exclusivement réservés au hockey.Bureau régional : (514) 872-2273.Par contre, la région 5 (quartiers de Mercier, Tétreauville, Longue-Pointe, Rivière-des-Prairies et de Poin-te-aux-Trembles), peut se vanter, de son côté, de posséder l'immense bois du parc Tho-mas-Chapais, idéal pour la raquette et le ski de randonnée, ainsi que le bois de l'Héritage où l'on peut pratiquer le ski de randonnée.Sachez également que cette vaste région possède en outre 22 sites de plein air où les patineurs s'en donnent à coeur joie ! Bureau régional : (514) 254-6096.Située en plein coeur de Montréal, la région 6 est fière de son parc Maison-neuve où on peut s'adonner au patinage, au ski de randonnée et à la raquette.Sa vocation est familiale, dit-on.Huit autres sites reçoivent les patineurs, tandis qu'on peut glisser à loseph-Paré, La fond, Pélican et Père-Marquette sud.Bureau régional : (514) 727-3768.Séparée par des barrières physiques importantes, c'est-à-dire les carrières F rançon et Mi ron, les boulevards Saint-Michel, Pie-IX et Métropolitain, la région 7 ne possède actuellement aucune piste de ski de randonnée.Cependant, dès 1987, la carrière Miron \u2014 acquise par la Ville de Montréal \u2014 sera transformée en « havre de verdure » comprenant un sentier pédestre qui pourrait bien se travestir en piste de ski de randonnée, l'hiver.La région 7 possède néanmoins Il sites de plein air réservés au patinage et /ou au hockey.Bureau régional : (514) 722-3572.Située au centre-nord de Montréal, la région 8 est riche de 15 patinoires extérieures.Il parait que les citoyens de cette région sont très impliqués Hranc rtnmom» itpt loUîfs.L'immense parc Jarry est fort fréquenté, l'hiver, par les mordus de raquette, de patinage et de hockey.Bureau régional : (514) 725-5213.Quant à la région 9, longeant le fleuve et abritant le centre-ville (c'est là que se trouve le vivant plateau Mont-Royal!), elle est fière de son parc Lafontaine où l'on y patine, glisse, joue au hockey, pratique le ski randonnée et la raquette, et des îles Notre-Dame (patinage, toboggan, ski de randonnée, promenade en voiture à cheval, camping d'hiver) et Sainte-Hélène (raquette et ski de randonnée).Par ailleurs, elle offre 12 sites pour la pratique du patinage et du hockey.Bureau régional: (514) 872-2644.La semaine prochaine, nous verrons comment la Ville de Montréal entend améliorer le sort des patinoires, l'ai d'excellentes nouvelles pour vous à ce sujet.En attendant, (oyeux et paisible Noél à tous! N.B.Pour recevoir gratuitement le programme complet des activités d'hiver offertes par le Service des sports et loisirs de la Ville de Montréal, téléphonez a (514) 725-6451 ou à n'importe lequel des bureaux régionaux cités plus haut.c on o z ri m 03 TO CO en Vieilt de paraître aux Éditions La Presse Pour une cinquième année consécutive, Les Éditions La Presse vous présentent le Guide du vin de Michel Phaneuf, vinophile réputé, journaliste, éditeur de La Fine Goutte et président des Amitiés bachiques.#Mise à jour complète #1250 vins et leur appréciation #Les meilleurs achats qualité/prix ervir les vins Commenl L'accord des plats et des vins Ce guide comprend également une foule de conseils utiles.Les vins à boire en 1986 288 pages NOMBREUSES ILLUSTRATIONS Un guide complet pour tous les goûts et tous les budgets.COMMANDEZ PAR TELEPHONE du Guide du vin 1986 OFFRE SPÉCIALE AUX ABONNÉES DE LA PRESSE: 20% DE RÉDUCTION Service rapide et efficace 285-6984 Économisez temps et argent en commandant vos livres des Éditions La Presse par téléphone.Vous n'avez qu'à composer le numéro 285-6984, donner votre numéro de carte VISA ou MASTERCARD et le tour est joué.Ce service vous est offert du lundi au vendredi de 9h è 16h.Prière de noter que les échanges et les remboursements ne sont pas acceptés.Comptoir de vente: 44, rue Saint-Antoine ouest.BON DE COMMANDE 838 Veuillez me faire parvenir ( ) exemplaires) du t Guide du vin 1986», au prix de 9,95 $ chacun, plus 1 $ de frais de poste et manutention.( ) Je suis abonne(o) à LA PRESSE.Veuillez me faire parvenir ( ) exemplaire! s) du t Guide du vin 1986» au prix de 7,95 $ l'exemplaire, plus 1 $ de frais de poste et manutention.No d'abonne(e).IMPORTANT: Joignez à cette commande un chèque ou mandat payable aux Éditions La Presse Ltée.Vous pouvez également utiliser votre carte de crédit comme mode de paiement.MASTERCARD No.VISA No.À retourner aux: Éditions La Presse Ltée, 44, rue Saint-Antoine ouest Montréal (Québec) H2Y US NOM.:.ADRESSE.PROVINCE.CODE POSTAL.TEL:.TOTAL CI-JOINT.S (Plus 1$ pour Irais os poste et manutention) "]
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