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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
La Presse plus
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 1985-11-16, Collections de BAnQ.

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[" p \u2022 m * * \u2022 iiiivi -\\-, MONTRÉAL, LE SAMEDI 16 NOVEMBRE 1985 il GREICHEetSCAFF OPTOMETRIES 336-53301 Le spectre des tribunaux hante le monde médical poge3 RIO PARIS 349$.15 déc.449$.23 déc.549$ GALAPAGOS avec croisière 1 2 nuits.1899$ MARTINIQUE et circuit en Amazonia française 14 nuits.1749$ SENEGAL, circuit Sin* Saloum 7 nuit» + plooe au Fran tel 5 nuits.)699$ EGYPTE, circuit 13 jours.1999$ RIO, 12 nuits.1399$ \u2014 PRIX MINIMUM, BASE DOUBLE.TAXES EN SUS, HIVER 15-34 ?; 3 5 s ï ': i -w d H ::.r û s- : ¦¦.?ï :77 ï 5:*.7 5l£s -is- : il 5.s\\2 ! v LES PHOTOS DE Michel Gravel 00 > O z Q LUI En jouant du déclencheur à l'oreille.i z o Dimanche matin.Sur la plaza du World Trade Center, à New York, des jeunes en patins à roulettes sont fort occupés à tourner un commercial, l'observe la scène en compagnie de mon fils et je prends quelques photos.Soudain, le bruit ¦ \u2022 d'un avion attire mon attention.|e le vois venir vers nous et je me dis que cela ferait une photo fantastique s'il passait entre les deux édifices, l'ajuste mon appareil, je cadre en conséquence et j'attends.Ce que j'espérais se produit.|e n'ai le temps de prendre qu'une seule photo.|e poursuis ensuite mon voyage vers Washington en ne pensant plus à cet avion.Ce n'est qu'à mon retour de voyage, lorsque j'ai fait développer ma pellicule, que j'ai réalisé que j'avais réussi.|e reconnais qu'il s'agit d'une question de chance et non de technique.En fait, il fallait tout simplement être là au bon moment.Fiche technique Appareil: Nikon F2 Objectif: 50mm Ouverture: 1/125e à F/11 Pellicule: Ektachrome 64 jo »:> 90 t ifcu.fl fi«j!ix>to-it| tU wtÛnoSJÛâ De plus en plus de poursuites Et si c'était à refaire.?La réponse de Mme Micheline D.fuse, toute prête, sur un ton calme mais ferme : « Sachant ce que je sais aujourd'hui, je n'intenterais pas de poursuite.Je ne voudrais pas revivre cette expérience extrêmement pénible.» Avec le recul, cette femme de cinquante ans plutôt philosophe éprouve encore du dépit que le tribunal l'ait déboutée en 1983.« J'ai sans doute commis l'erreur de m'adresser à un avocat inexpérimenté en droit médical.Mais je demeure désabusée de la justice qui, en cour, m'est apparue un jeu de procédures et de courbettes étranger à vous-mêmes », dit-elle.Sa mésaventure est survenue dans les Cantons de l'Est.En mai 1975, une automobile frap- pe la piétonne.On hospitalise aussitôt Mme Micheline D.souffrant de nombreuses blessures, dont cinq fractures à la mâchoire.Une première opération pour souder les os cassés du visage tourne court.Sous les efforts de l'anesthé-siste qui procède à l'intubation par le nez, une dent se déchausse et tombe dans la trachée.Les chirurgiens tentent en vain d'extraire la dent du conduit respiratoire et doivent enlever l'un des lobes inférieurs du poumon droit, où la dent s'était enfoncée.« À ma sortie de l'hôpital, j'avais l'intime conviction qu'on m'avait fait tort.Pour moi, l'intégrité de la personne humaine revêt une grande importance.J'acceptais mal cette mutilation, certes invisible, qui avait cependant diminué ma capacité respiratoire, l'ai longuement réfléchi avant d'ester en justice.Je reprochais qu'on ait omis un examen préalable de ma bouche pour vérifier la présence de dents branlantes », relate telle.Prompts à dénoncer, en privé, une négligence impardonnable, ses amis médecins se COUVERTURE Les villes spatiales où vivront des milliers d'hommes, de femmes et d'enfants sont un rêve qui deviendra bientôt réalité.Ce dessin de Jean Bru neau donne une idée de ce qui s'en vient.Pages 9 à 13.sont tous dérobés à sa demande de témoigner à titre d'experts.Par le jeu de procédés dilatoires, sept ans se sont écoulés jusqu'à l'audition de la cause tranchée par un jugement défavorable.« Mes frais s'élevaient déjà à $6 000 et je ressentais trop de lassitude pour interjeter appel ou encore porter une plainte disciplinaire à la Corporation des médecins, comme mon entourage me le conseillait », a-joute Mme D.Chez elle, pas d'animosité envers les médecins.« J'avais déjà l'esprit critique face à la tendance des médecins à traiter les malades en pièces détachées comme des mécaniques.La difficulté de leur tâche les expose à des accidents.Mais le patient se trouve obligé de démontrer une faute professionnelle et par ricochet l'incompétence du mé- decin.Dans mon cas, je ne doute pas de la compétence de l'anesthésiste.Je favoriserais un régime de compensation sans égard à la faute.» Le rythme d'augmentation des poursuites s'accélère au Canada_ Ce témoignage illustre quelques-unes des multiples facettes du phénomène des poursuites en dommages et intérêts contre les médecins et les hôpitaux.Au Canada et au Québec, il prend de l'ampleur.Chaque année, un médecin canadien sur 63 encourt maintenant une poursuite en responsabilité professionnelle.Les données de l'Association canadienne de protection médi- cale (ACPM) montrent une nette tendance à l'augmentation du nombre de telles actions, combinée a une hausse des indemnités payées.Cette sorte de société mutuelle assure environ 90 p.cent des médecins au pays, soit près de 40 000.L'an dernier, elle a enregistré 679 nouvelles poursuites en comparaison de 595 en 1983.Le total des indemnités versées a grimpé de $10,9 millions à $13,8 millions, le montant moyen passant de $47.200 à $88500.Toutefois, l'A.C.P.M.se garde bien de dévoiler ses statistiques par province.Au Québec, des chercheurs du Centre de droit privé et comparé de l'Université McGill ont déjà brossé un tableau de la situation antérieure à la décennie actuelle.L'un deux, Me Pierre Deschamps, a réalisé une deuxième étude, circonscrite au district judiciaire de Montréal pour la période 1976-80.Son analyse révèle essentiellement que le rythme de croissance des poursuites s'accélère depuis 1979.Les trois quarts des médecins poursuivis sont des spécialistes.Les obstétriciens-gynécologues, les plasticiens, les orthopédistes et les chirurgiens généraux se classent aux premiers rangs.Du côté des hôpitaux du Québec, la fréquence des réclamations s'est accentuée entre 1976 et 1983, s'établissant à 7,7 par 1 000 lits, par rapport à 3,5 auparavant.La réalité, sans être dramatique, inquiète.Un vent de panique souffle dans les milieux concernés.Car, le phénomène pose des problèmes tangibles par son impact sur les primes d'assurance.Celles-ci ont explosé avec l'année 84.La hausse essuyée par les hôpitaux et les médecins frise en certains cas 300 p.cent.Cette flambée s'accompagne d'un resserrement du marché des assureurs et réassureurs, ce qui promet d'autres hausses.Bref, un mot affleure partout : crise.Le monde de la santé n'échappe pas en effet à une crise généralisée de l'assurance en responsabilité professionnelle, crise qui heurte autant les avocats, les architectes, les arpenteurs etc.Ici, on l'explique notamment par la conjugaison de la croissance des poursuites et de l'augmentation des sommes qu'accordent les tribunaux aux victimes d'erreurs ou de fautes.Le record québécois ?$2,4 mil lions contre i'Hotel-Dieu d'Amos.Le mythe californien dans la tourmente américaine_ Les Fédérations des médecins omnipraticiens et des médecins spécialistes du Québec (FMOQ et FMSQ) y voient se profiler le spectre américain nourri -o d'anecdotes californiennes, c Leurs dirigeants lorgnent les y symptômes semblables à ceux 5 de la « malpractice crisis » qui, O aux États-Unis, a culminé en 5 1975.Elle s'est à peine résorbée S pour resurgir autrement, de fa- > con inégale selon les régions, depuis deux ans.> Les rapports sur la question j£ (automne 84) d'un groupe de g travail spécial de l'Association ~ médicale américaine dépei- °\" gnent des problèmes d'une am- Z pleur sans commune mesure 5 avec les nôtres.Aux U.S.A., un cr médecin sur huit devient la ci- % ble d'une action en dommages- S intérêts.Le nombre de réclama- \u2014 tions en ce sens n'a cessé de 5 croître pour atteindre un peu *\" plus de 40000 en 1983. ¦ Les procédures sont ardues et onéreuses 2 < CO \u2014J* < LU g z o 3 Dans certains cercles médicaux, deux boutades trahissent ces temps-ci une humeur maussade.« Un patient qui survit à une erreur accidentelle coûte plus cher que s'il en meurt.» « Depuis le régime d'assurance-automobile, les avocats trop nombreux ont cherché un nouveau créneau et incitent à poursuivre même pour des folichonneries.» A tort ou à raison, toutes deux s'inspirent des règles du jeu dans l'arène et les coulisses juridiques, où « chaque cas est un cas d'espèce », répète-t-on.Mais entre l'étape de signifier une action et celle du procès, le parcours est parsemé d'obstacles.« Très peu de réclamations en Peut-on endiguer la vague américaine?La totalité des indemnités payées connait un taux de croissance annuelle de 30 p.cent.La fraction des montants dépassant le million de dollars grossit.Selon la gravité des préjudices, l'indemnité moyenne peut osciller entre 5200 000 et $1 million.Celle de la Californie s'établit à $650 000.Les primes d'assurance des médecins se boursouflent.Il est donc hasardeux de transposer \u2014 même toutes proportions gardées \u2014 la situation qui prévaut chez nos voisins du Sud.Ne serait-ce en raison de différences fondamentales.Celles-ci tiennent d'emblée au mode de pratique des avocats, aux lois et règles qui régissent le processus et l'appareil judiciaires.Distinctions suffisantes pour endiguer la vague américaine à nos frontières ?« Le contexte nord-américain.Quand on tousse aux États-Unis, on finit tôt ou tard par éternuer ici », pensent les docteurs Georges-Henri Gagnon et Paul Desjardins, respectivement de la FMOQ et de la FMSQ.Coups de crocs aux juges et aux avocats, évidemment ! Bien sûr, l'air du temps s'imprègne de l'ère des droits tous azimuts.Et l'on peut gloser longuement sur les facteurs socio-culturels qui contribuent plus ou moins à l'augmentation constante du nombre^ d^u^e^.bec.dommages versent dans la frivolité.La plupart, sans être nécessairement bien fondées, s'appuient sur des états de fait qui, demeurant inexplicables, ont poussé les gens à poursuivre », dit Me Raymond Duquette, chef du contentieux et vice-président aux sinistres chez Gestas Inc.Cette firme assure jusqu'au printemps prochain la grande majorité (160) des hôpitaux du Québec.D'après Me Duquette, une petite portion (5 p.cent) des 350 réclamations annuelles contre les hôpitaux se rendent en procès.Les désistements en éliminent la moitié.Le reste se solde par des règlements hors cour impliquant l'hôpital seulement ou se départageant entre l'hôpital et le médecin poursuivis conjointement.Une analyse des 665 actions intentées contre des médecins en Cour supérieure au Québec, durant une période de 10 ans (1968-1977), présente ainsi l'issue des litiges alors régies.Environ 10 p.cent des plaignants ont abandonné la partie.Les deux tiers des causes ont connu un règlement hors cour.Près du quart des litiges se sont dénoués devant le tribunal où deux fois sur cinq le patient a obtenu gain de cause.« Complexe, ce genre d'action exige beaucoup de temps et d'énergie pour bâtir une preuve technique solide.Il faut filtrer les dossiers \u2014 d'abord à l'aide d'une expertise médicale informelle \u2014 avant de prendre action.Nous soupesons les chances de succès de la cause.Nous examinons également si le préjudice subi par le patient est trop léger pour faire valoir ses droits ou encore, si les indemnités anticipées ne sont pas assez élevées par rapport aux frais à encourir », affirme Me Guy Taillefer, principal associé dans un cabinet de Montréal.Et puis, on vient encore de changer les modalités relatives à l'audition des causes.« L'avocat de la victime doit dorénavant abattre ses cartes \u2014 les éléments de sa preuves \u2014 dans une déclaration très étoffée qui précède celle de la partie adverse.Sur le plan stratégique, cela donne un atout de plus aux défenseurs des médecins et des hôpitaux », ajoute Me Alain Mongeau.du même cabinet d'avocats.Le médecin, pas obligé de guérir mais de soigner au mieux_ De quoi refroidie bien des ardeurs vindicatives.« Il faut être .WijspaiCTt.hwtUtait pour ¦ s'engager dans des procédures aussi ardues et onéreuses », déclare Me Pierre Deschamps du Centre de droit comparé et privé de McGill.À trop vanter ses exploits, la technologie médicale a exacerbé les Attentes.En même temps, les risques d'accidents ont grandi avec elle, a la fois dans les examens diagnostiques et dans les traitements.Ces accidents iatrogéniques, c'est-à-dire provoqués par le médecin, entraînent ou non des séquelles de diverse nature qui vont de la cicatrice inesthétique jusqu'au décès, en passant par photothèque LA PRESSE Les fautes médicales ne sont pas toujours aussi évidentes que cette radiographie d'un ciseau de six pouces oublié dans l'abdomen d'une patiente.la perte d'un membre, la paralysie etc.Ils se produisent le plus souvent en salle d'opération, en salle d'urgence et en salle d'accouchement.De là à les imputer automatiquement aux fautes professionnelles du médecin ou à du personnel de l'hôpital, c'est une autre histoire.Le médecin est en effet tenu a une obligation de moyens et non de résultats.En clair, il n'est pas obligé de guérir, mais de soigner au mieux, avec les moyens à sa disposition, « d'agir avec prudence et diligence ».Lui incombe aussi le devoir d'informer suffisamment le malade des risques inhérents aux interventions, afin d'obtenir son « consentement éclairé ».Que l'on allègue des erreurs de diagnostic, des fautes dans la commission des actes (ex.l'oubli d'une aiguille dans l'abdomen d'un opéré), des omissions ou manquements dans la prestation des soins etc., encore faut-il le démontrer.Le fardeau de la preuve ressemble à un casse-tête.Dans une poursuite pour négligence professionnelle, la victime doit ainsi prouver que le préjudice subi découle directement d'une faute, qu'il n'est pas attribuable à des complications dues aux réactions imprévisibles de l'organisme humain.Elle doit en outre prouver que la conduite du médecin s'écartait des standards attendus d'un praticien d'habileté moyenne, placé dans les mêmes circonstances.C'est pourquoi un procès se résume presque à une confrontation d'experts médicaux.Les défenseurs en trouvent à portée de main.Les avocats des victimes butent là sur un obstacle.« Il est assez facile de retenir les services d'un médecin spécialiste à titre de témoin-expert quand la poursuite touche un généraliste.S'il s'agit d'un médecin spécialiste, les réticences des confrères de sa discipline \u2014 ils invoquent toujours des liens personnels de tous ordres \u2014 nous forcent parfois à aller chercher ces témoins à l'extérieur du Québec », indique Me Taillefer.Le calcul des indemnités, un changement percutant_ L'enjeu tourne, bien sûr, autour de l'indemnité à obtenir en guise de réparation des torts.La jurisprudence a changé de façon percutante le mode de calcul des dommages et intérêts en matière de responsabilité civile.Les méthodes approximatives d'hier ont cédé le pas aux techniques des actuaires, nouveaux personnages dans le décor.Des jugements de la Cour suprême du Canada ont tracé en 1978 les critères d'évaluation des dommages.Grosso modo, on ne fixe pas une indemnité globale.On détermine les montants à allouer sous trois catégories : les soins futurs ; les pertes de revenus éventuels ; les pertes et dépenses non pécuniaires (souffrance, perte des agréments de la vie etc.), plafonnées à $100 000 en 1978, mais indexâmes au coût de la vie.Autrefois parcimonieuses, les indemnités se sont arrondies au gré des taux d'actualisation consentis, et fluctuent principalement en fonction de la sévérité des préjudices.Au Québec, trois jugements récents du juge René Letarte, qui a appliqué l'ensemble des critères précisés par la Cour suprême, ont marqué un point tournant.L'un d'eux (d'ailleurs en appel) a condamné l'hôpital Hôtel-Dieu, d'Amos, à payer $2 419 692 pour une enfant gravement et irrémédiablement handicapée à cause des incidents qui ont entouré l'accouchement de sa mère.Ces sommes mirobolantes s'avèrent exceptionnelles.« En raison du régime d'indemnisation, c'est-à-dire le paiement en un seul versement du capital, pareilles indemnités \u2014 même en faible nombre \u2014 suffisent à faire fondre les réserves des assureurs et à provoquer des hausses spectaculaires des primes d'assurance ».signalent les porte-parole des hôpitaux.« Moins impressionniste peut-être, le système actuel n'a pas encore atteint le réalisme », concluait lui-même le juge Letarte, lors d'une allocution prononcée l'automne dernier.N.B.Nos excuses La radio communautaire de Laval et du nord de Montréal, dont il était question dans notre édition de la semaine dernière, a pour indicatif CIGN FM et non CINQ MF.rmu Lier poursuites et qualité des soins prête à controverse « D ans notre système I de santé socialisé, la pratique médicale est beaucoup plus contrôlée, plus sécuritaire et plus standardisée qu'aux États-Unis.Les poursuites judiciaires ne mettent pas en cause la compétence des médecins et du personnel soignant », soutient le Dr Augustin Roy, président de la Corporation professionnelle des médecins du Québec.Lier le phénomène des poursuites à la qualité des soins ou a sa dégradation hérisse les médecins.Cela prête en effet à controverse, car les données sont éparses et parcellaires.Le nombre de poursuites ne correspond pas à celui des fautes ou des erreurs, d'ailleurs impossibles à mesurer.Ces dernières ne causent pas à tout coup des préjudices.Et on ignore l'incidence des préjudices par rapport à l'ensemble des accidents qui surviennent dans les hôpitaux.Toutefois, les poursuites pour des fautes médicales ou hospitalières peuvent servir de baromètre parmi d'autres quant aux lacunes dans les soins.Aux États-Unis, on utilise les informations fournies par ces actions afin de développer des programmes de « gestion de risque » (prévention des accidents, mesures correctrices) et de contrôler en aval la qualité des services.Ici, on commence à envisager d'imiter l'exemple américain.« Par le biais de plusieurs mécanismes visant à assurer la qualité des actes, on s'efforce au Québec de minimiser le plus possible les fautes et erreurs éventuelles.L'étude des poursuites apparaît comme un moyen supplémentaire, important, de contrôle a posteriori de la qualité des soins et services dispensés au Québec », signalait, l'automne dernier, un document interne du ministère des Affaires sociales.Les répercussions sur la pratique médicale_ « Face au problème des assurances, la gestion de risque s'impose.Il nous faudra identifier de façon très précise les causes d'accidents menant ou non à des poursuites, d'abord dans les secteurs les plus affectés, et cela à l'échelle de la province », affirme M.Michel Clé-roux de l'Association des hôpitaux du Québec (AHQ).Durant l'année 1983-84, la grande majorité des réclamations en responsabilité professionnelle impliquaient soit des hôpitaux à vocation régionale, soit des hôpitaux spécialisés et ultra-spécialisés de moyennes et TW xj'J\\') i.de grosses tailles, surtout situés dans les centres urbains comme Montréal, Québec, Sherbrooke.Le coût total des assurances du réseau hospitalier (160 hôpitaux publics sur 180 ) a bondi de $2,15 millions, en 1984-85, à $8,25 millions cette année.Dans l'immédiat, ce sont également les hausses des primes d'assurance et leurs répercussions qui préoccupent les médecins.Depuis deux ans, l'Association canadienne de protection médicale \u2014 sorte de société mutuelle vouée à la défense des médecins dont les modalités d'adhésion diffèrent des contrats des firmes privées \u2014 a supprimé la prime unique d'environ $350.Elle l'a fragmentée en six catégories selon les risques.Les tarifs annuels ont varié de l'une a l'autre.De 1984 à 1986, ils n'ont pas bougé dans les disciplines sans danger : $400 pour les pathologistes, les médecins en santé communautaire etc.Les primes des médecins de famille ou généralistes, qui limitent leur pratique au cabinet privé et aux cliniques externes, sont passées de $550 à $650.Elles se sont haussées à $1 200 pour les généralistes qui font des accouchements, de la chirurgie et de i'anesthésie, et travaillent dans les services d'urgence.Dans les disciplines à « hauts risques » \u2014 anesthésie, chirurgie cardio-vasculaire, neurochirurgie, chirurgie orthopédique et gynécologie-obstétrique \u2014 les primes montent au pas de course : $1 950 en 1984, puis $2 900 qui sauteront à $4 900 en 86.Les tarifs d'un assureur privé s'établissent à $10 588 pour les mêmes spécialités.Une concurrence se livre sur l'étendue de la protection offerte, assortie d'autres garanties.« Cette fragmentation va à rencontre d'une pratique polyvalente que nous avons toujours préconisée.Elle peut amener le délaissement de champs d'activités et peut alors créer des pénuries d'effectifs artificielles dans certaines spécialités », fait remarquer le Dr Georges-Henri Gagnon de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec.Mais d'autres facteurs, comme la féminisation du corps médical, peuvent jouer en ce sens.À défaut d'études approfondies, celles des Américains nous éclairent.En Floride par exemple, le quart des gynécologues-obstétriciens avaient cessé en 1983 de faire des accouchements et 30 p.cent y songeaient.« La principale répercussion réside dans la médecine défensive .Ou des médecins ne vou- -' 'V> 'JjiJ Jim tnireJ M* ! fldJtRilIsVâ'fa K»ïà1(TJ fj\\ gés et démunis Us sont ici près de nous Il faut les aider VUS m ¦ - I ï m Nous les visitons Nous les écoutons Nous les sortons Nous les fêtons Nous les appelons Nous les recevons 4624, rue Gamier Montréal (Québec) H2J3S7 les IXtitS OIU, /£ VUVOC FAIRE QUELQUE CHOSE frères ia maintenant iiCS l'envoie ma contribution Pauvres NOM\t\t ADRESSE\t\t no Oui 1 \u2014 VILLE PROVINCE\t\t CODE POSTAL TÉLÉPHONE ( )\t\t côôl Ci-joint ma contribution au montant de\t\t$ Je désire recevoir un reçu pour fins d'impôt (10 $ et plus seulement)\t?OUI\t?NON Je désire travailler bénévolement\t?ou;\t?NON Je désire recevoir votre documentation\t?OUI\t?NON Ntimcrv itnrrvistrrmrnt: 0ÏS7?57Ab-OS C O z I ci 4 « E! ffectivement, la facture va être partiellement refilée aux contribuables », constate M.Michel Cléroux, porte-parole de l'Association des hôpitaux du Québec (AHQ).Certaines conséquences économiques du phénomène des poursuites judiciaires se répercutent sur notre système de santé, financé par l'Etat percepteur d'impôts.À la fois les hôpitaux et les médecins ont saisi le gouvernement québécois de leurs problèmes.En mars dernier, l'AHQ a demandé au ministère de la Santé un ajustement des budgets 1985-86 de façon à éponger « l'augmentation globale des primes d'assurances ».Celles qui se rattachent à la responsabilité civile et professionnelle ont accusé la plus forte hausse (274 p.cent) pour grimper à $8,25 millions.Ce montant parait une goutte d'eau dans le fleuve de $4 milliards qui irrigue annuellement les hôpitaux.C'est sans compter les coûts indirects \u2014 si les poursuites en dommages-intérêts continuent de s'amplifier \u2014 de la « médecine défensive ».Nos voisins du Sud les estiment à au moins 10 p.cent du coût total des soins de santé.Pour l'instant, l'AHQ cherche une formule susceptible d'amortir les contrecoups anticipés des primes d'assurances sur un marché réduit d'assureurs.Le temps presse.La société Gestas Inc.qui assure presque tout le réseau hospitalier et quelque 1 800 médecins omni-praticiens, a annoncé son retrait du domaine de l'assurance en responsabilité professionnelle.Ses polices d'assurances expireront en avril prochain.« Nous sommes en train de compléter nos études sur les modalités concrètes d'un régime d'auto-assurance pour les hôpitaux.Nous assisterons de toute manière à des modifications profondes dans la couverture des programmes.Dans le contexte actuel, cette solution de rechange nous ferait assumer une partie des risques auparavant transférés aux assureurs et ces derniers seraient plus intéressés a y souscrire », explique M.Carol Kelly, con- La facture va être refilée aux Québécois 1 seiller de l'AHQ.La mise en place d'un tel régime s'accompagne d'au moins deux pré-requis : l'approbation de l'inspecteur général des Institutions financières du gouvernement et le développement accru de la « gestion de risque » empruntée au risk management des Américains.Ceux-ci font cependant appel à des consultants extérieurs.L'Association médicale américaine a évalué à $1 milliard le coût de cette gestion dans les hôpitaux en 1984.Une question de prix et une question d'équité D'autre part, la Fédération des médecins omnipraticiens a convenu d'une lettre d'entente avec le ministre de la Santé, Guy Chevrette, afin de discuter cet automne de moyens visant à alléger le « fardeau que le médecin doit supporter a la suite de la hausse vertigineuse des coûts d'assurances en responsabilité professionnelle ».La Fédération des médecins spécialistes se promet aussi d'aborder ce sujet dans ses négociations.L'argument majeur pour se retourner vers l'État ?Deux lois statutaires obligent les médecins à s'assurer, et même une troisième dans le cas des radiologistes.Toutefois, certains programmes d'assurances offerts aux médecins prévoient aussi leur défense dans le cas d'enquêtes de la régie de l'assuran-ce-maladie, ou de comparutions devant le comité de discipline de leur Corporation professionnelle.Outre une compensation financière pure et simple, deux autres propositions trottent notamment dans la tête des omnipraticiens : la création d'une sorte de compagnie mutuelle gouvernementale pour les hôpitaux et les médecins ; une modification législative similaire à celle apportée en Ontario pour permettre le paiement par versements échelonnés des indemnités accordées aux victimes de fautes professionnelles.Ce genre de remèdes s'adressent aux ministres de la Santé et de la (ustice.Il soulève des questions de prix et d'équité sociale sur lesquelles l'expérience américaine nous renseigne.Aux États-Unis, l'éclatement de la malpractice crisis en 1975 a engendré des réactions sur deux fronts.Pour obvier à la flambée des assurances sur un marché commercial restreint, les médecins se sont dotés d'une trentaine de companies mutuelles.Quelque 300 mesures législatives ont été prises à travers le pays.Tous ces moyens n'ont guère freiné la croissance des poursuites et des indemnités.Plusieurs compagnies médicales font face, en raison de la lenteur des tribunaux à régler les litiges, aux paiements de dommages qui dépassent les revenus des primes d'assurances.Celles-ci, dans les endroits et les disciplines les plus touchées, atteignent $20 000, $30 000 et même $70 000.« On a fait des réformes législatives sur le dos des patients », juge Me Pierre Deschamps du Centre de droit pri- photo Keal iaint-Jean, LA PRESSE Me Pierre Deschamps.vé et comparé de l'université McGill.À bon diagnostic, remèdes appropriés L'accès à la justice prend ici toute son importance.Tous les citoyens n'ont pas les moyens financiers de poursuivre un médecin ou un hôpital.Les avocats québécois peuvent s'arranger avec leurs clients pour retirer jusqu'à 30 p.cent des indemnités adjugées afin de se rembou-ser de leurs honoraires et leurs frais.D'où la possibilité qu'ils s'opposent à des formules de versements étalés du capital ou de rentes périodiques jusqu'au décès de la victime.Au Québec en comparaison des autres provinces, le délai permis pour intenter une poursuite en responsabilité médicale ou hospitalière est de trois ans à compter de la date de la faute présumée ou de la première manifestation des séquelles de cette faute.Cela force les médecins à se prémunir d'une assurance qui couvre leurs actes antérieurs à l'année où elle entre en vigueur.Réduire le délai de prescription atténuerait leur tracas mais restreindrait l'accès à la justice.Selon les groupes d'intérêts en présence, les solutions ponctuelles ou à long cours revêtent toutes des avantages et des inconvénients propres à déclencher des débats.L'idée d'instaurer un régime de responsabilité sans faute comme dans le cas des accident de la route flotte dans l'air.On en parle entre les branches.À la fin des années 70, une commission royale a, en Angleterre, rejette l'adoption de ce système, mais a recommandé de suivre l'évolution de ceux mis sur pied en Nouvelle-Zélande et en Suède.En avril 84, on a introduit aux États-Unis un projet de loi visant à instituer un système d'assurance sans faute, limité aux accidents thérapeutiques subis par les personnes soignées dans le cadre des programmes fédéraux Medicare et Medicaid.L'automne dernier, le ministre des Hôpitaux de l'Alberta reluquait un système semblable.Avant d'importer d'ailleurs des remèdes (pires que le mal ?), des etudes rigoureuses s'imposent au Québec afin de diagnostiquer les vraies carences.« L'analyse des informations tirées des poursuites, pour peu qu'on les exploite, peuvent nous apprendre une foule de choses.Nous préparons une banque de données informatisées », fait valoir Me Deschamps.Son équipe de recherches a reçu des octrois substantiels de la Corporation des médecins et attend ceux du ministre de la Santé.N.B.NICOLE BEAUCHAMP est reporter aux informations générales à LA PRESSE.CH.co tu > o Z Le système roule à une cadence qui bouscule tout le monde dront plus poser des actes comportant des risques.Ou ils multiplieront les examens, les tests de laboratoire, les consultations entre confrères, et consigneront leur moindre geste dans les dossiers médicaux pour se protéger.Regardez les statistiques de la régie d'assurance-maladie : l'augmentation des césariennes n'est sans doute pas étrangère a la peur des poursuites », affirme à son tour le Dr Paul Desjardins, président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec.Ces comportements évoqués reflètent-ils des réflexes conditionnés par la formation reçue ou par la hantise des poursuites ?Chose certaine, ces dernières rejaillissent d'une manière ou d'une autre sur la pratique des médecins mis en cause.Un psychiatre de l'Illinois en a étudié les effets en interrogeant 154 médecins de Chicago.Peu importe l'issue des procès, la plupart ont ressenti de la colère et la déprime a affecté plus du tiers d'entre eux.En outre, 25 p.cent ont retranché les interven- tions délicates de leur pratique et 42 p.cent ont cessé de traiter certains types de malades.« À partir du moment où la relation de confiance s'effrite entre le patient et le médecin, celui-ci doit mettre toutes les précautions de son côté », glisse le Dr Georges Boileau de la FMOQ.À vrai dire, les attitudes ont changé avec le contexte social.Les besoins et exigences d'informations des gens, davantage conscients que la décision d'accepter ou de refuser un traitement leur appartient, ont peu à peu délogé la confiance aveugle d'autrefois.Bon nombre de médecins s'accommodent plutôt mal de cette évolution vers une relation plus égalitaire.Celle-ci souffre d'autant d'un manque de communication.D'ailleurs, le reproche de n'avoir pas obtenu assez d'informations avant de consentir à une intervention devient plus fréquent dans les motifs de poursuites.« La médecine est à la fois un art et une science.Les techniques ont grandement progressé et amélioré le traite- ment des maladies, mais l'art, c'est-à-dire l'échange, la communication en a pris pour son rhume », admet le Dr Jean-Marie Albert de la FMSQ.Le président de la FMSQ, en instance de négociation avec l'État, ajoute pour sa part : « Le système roule à une cadence qui bouscule tout le monde.Les médecins doivent poser plus d'actes et raccourcir le temps accordé aux explications.Si leurs actes étaient payés à leur juste valeur, ils consacreraient plus de temps aux malades ».n.B. « NI ous, peuples des Nations Unies.».Ils furent, en ce 24 octobre 1945, à San Francisco.en pleine guerre mondiale, 51 États, dont le Canada, à prendre l'engagement solennel de «préserver les générations futures du fléau de la guerre» et de coopérer «pour faire triompher la paix, la justice et le progrès».Quarante ans après, le vent de l'Hudson ayant charrié son poids d'envolées oratoires, si l'enthousiasme n'est plus ce qu'il était, l'ONU.pourtant, \u2014 en dépit d'une indifférence ap- parente de l'opinion publique canadienne \u2014 demeure toujours l'un des leviers de la poli-tique étrangère du Canada.«Même si, suivant la formule de Stephen Lewis, l'actuel ambassadeur canadien aux Nations Unies, le rôle du Canada a beaucoup changé dans cette organisation internationale».En fait, qu'en est-il exactement de l'influence du Canada dans cette enceinte «de mots, de discours.», dans ce forum international, critiqué, brocardé, niais qui a eu le rare mérite de servir d'exutoire aux frustrations en évitant aux conflits régionaux de dégénérer en conflit mondial?Qu'en est-il surtout des illusions d'une opinion publique canadienne qui, en janvier 1945, d'après un sondage public, appuyait à 90 p.cent l'entrée du Canada à l'ONU?Qu'en est-il enfin de l'enthousiasme d'Ottawa en regard de sa collaboration aux activités de l'ONU, alors que la Chambre des Communes de 1945, par 200 voix contre cinq, donnait le feu vert pour la participation du Canada à la Conférence de San Francisco?«Inutile de se leurrer, les temps ont changé.Tout le monde sait où nous sommes, dans quel camp on se trouve, et forcément les axes de notre action s'en sont trouvés modifiés.L'époque de Lester B.Pearson, notre vocation de bons-offices, est définitivement révolue.On ne peut quand même être juge et partie.Pourtant, en dépit de multiples détails qui nous forcent à corriger notre tir.la voix du Canada, quoi qu'on dise, conserve tout son poids et, croyez-moi, le Canada est plus que respecté à l'ONU ».Décontracté, ouvert, tirant sur sa pipe, Stephen Lewis devise tranquillement.La journée a L'ONU demeure un des leviers de la politique étrangère canadienne Le nouvel ambassadeur du Canada aux Nations Unies, M.Stephens Lewis (à gauche), au moment ou il présentait ses lettres de créance au secrétaire général de l'organisme, M.Javier Perez de Cuellar, en 1984.été longue, avec le passage du premier ministre Mulroney à l'Assemblée générale, mais elle n'est pas terminée.Une longue séance de nuit s'annonce, pénible, où il faudra discuter, marchander.Pourtant, une espèce de lueur dans le regard confirme ce qu'il dit: Stephen Lewis est heureux.D'abord parce que l'ONU est revenue au centre des perspectives internationales du Canada.«C'est vrai, pour la première fois, depuis l'ère Trudeau, Ottawa a retrouvé une politique cohérente de son action internationale.Tout se discute, et j'ai accès autant que je veux au cabinet du premier ministre.En tant qu'ambassadeur, je ne suis pas seulement relais, je participe à l'élaboration de l'ensemble de la politique que je dois défendre à l'Assemblée générale.Le temps des one man show, même si plus brillant, plus spectaculaire, c'est du domaine du passé.On y perd, peut-être en éclat, mais en efficacité, on y gagne.».C'est vrai qu'aux yeux de l'opinion publique canadienne, la période de Lester B.Pearson a tendance à être considérée comme la période faste de la diplomatie canadienne.Elle fait partie d'ailleurs des grands moments de l'ONU.cette époque où Lester B.Pearson, uniquement par ses talents de négociateur, réussit à faire reculer, en 1956, la confrontation armée risquant de se généraliser et à juguler la crise de Suez.Dans la mouvance de cette époque, on retrouvera les démarches fulgurantes de Pierre Elliot Trudeau qui s'ensableront devant la réalité des antagonismes.Aujourd'hui, on serait tenté presque de dire que le Canada s'efforce de plonger dans l'anonymat pour mieux avoir prise sur les contradictions.Pour Stephen Lewis, dans le domaine du développement, dans l'avancement des causes humanitaires (réfugies, femmes, enfants, la faim dans le monde.), dans la poursuite d'une coopération internationale axée sur le développement, le Canada n'a de leçons à recevoir de personne.Et puis.il y a surtout l'apartheid.Sur ce point, M.Lewis est catégorique.«On peut toujours critiquer, dire que nous n'avons pas été aussi loin que certains le voudraient.Par contre, on pourra toujours prendre l'avis des délégués du tiers monde CHARLES DAVID est chroniqueur aux informations internationales à LA PRESSE.qui, dans les couloirs, ont entouré le premier ministre Mulroney après son discours.Cette année, à l'Onu, sera l'année de l'apartheid, et la voix du Canada est très clairement entendue».Elle risque d'être d'autant plus audible que, pour défendre ce dossier, Stephen Lewis a retrouvé toute sa sensibilité socialiste.Ce n'est pas l'un des moindres paradoxes de la politique canadienne \u2014 et sa chance notable \u2014 d'avoir pour porte-parole dans l'enceinte mondiale un homme qui croit toujours qu'il faut, malgré tout, apprendre à «dessiner une rose».?Editeur Roger D.Landry Coordination Paul Longpré Responsable des chroniques : Pierre-Paul Gagné Tél.: (514) 285-7070 Page couverture : Jean Bruneau Mise en page: Jacques Gagnon Fernand Marcotte Collaboration Philippe Barbaud Jean Basile Berth io Serge Grenier .Claude Lafleur Yves Leclerc Alice Parizeau Simone Piuze Toronto Michel Labrecque Vancouver Daniel Raunet Mexico Francis Pisani Managua Jacques Lemieux Paris Louis-B.Robitaille Londres C.Saint-Germain Costa Rica Gilles Paquin -San Salvador Edith Coron Bonn André Racicot Washington Jean-F.Lisée New York Edouard Jacob ONU Michéle de Rosset Vienne Claude Moniquet Tokyo Lillian Ginoza Taiwan Jules Nadeau Tel-Aviv Victor Cygielman Publicité Responsable des cahiers spéciaux Manon Chevalier Secrétariat Micheline Perron Tél.: (514) 285-7319 00 CK Où ta UJ > o z < UJ et h-Z O 5 i/> S La contribution financière canadienne ¦ Sur les 159 membres de l'Assemblée générale des Nations Unies, le Canada Tait partie du groupe des dix principaux pays qui contribuent majoritairement au budget ordinaire des Nations Unies.En 1984, le budget s'élevait à 778 millions de dollars (SUS) : \u2022 États-Unis \u2022 U.Soviétique \u2022 lapon \u2022 Allemagne de l'O \u2022 France \u2022 Angleterre \u2022 Italie \u2022 Canada \u2022 Espagne \u2022 Pays-Bas 190.520.000 80.323.000 78.647.000 65.082.000 49.612.000 35.589.000 28.502.000 23.472.000 14.708.000 13.565.000 X25 % 10.54 % 10.32 8.54 6.51 4.67 3.74 3.08 1.93 1.78 11.575.000 %3.02 9.344.000 6.524.000 4.846.000 % 3.72 X3.04 %3.05 Notons que les contributions des pays occidentaux equivalent a 74.99 p.cent du budget total alors que la quote-part des pays communistes et du tiers monde équivaut respectivement a 16.37 p.cent et a 8.64 p.cent du budget total.¦ En plus du budget ordinaire des Nations Unies, le Canada contribue aux budgets ordinaires (850 millions de dollars US en 1984) des institutions spécialisées des Nations Unies.En dollars canadiens, la participation canadienne a été de : \u2022 OMS (Organisation mondiale de la Santé) \u2022 FAO (Organisation pour l'alimentation et l'agriculture) \u2022 UNESCO \u2022 OIT (Organisation internationale du travail) \u2022 AIEA (Agence internationale de I énergie atomique) \u2022 OACI (Organisation internationale de l'aviation civile).Siège: Montréal \u2022 UIT (Union internationale des télécommunications) \u2022 G AIT (Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce) \u2022 UPU (Union postale universelle) \u2022 OMM (Organisation météorologique mondiale) \u2022 OMPI (Organisation mondiale de la propriété intellectuelle) \u2022 OMCI (Organisation gouvernementale consultative de la navigation maritime) 4.667.000 % 3.09 3.092.000 % 2.93 2.391.000 5.4.59 1.174.000 590.000 593.000 270.000 % 4.04 % 4.70 *2.72 % 2.41 129.000 X 0.97 ¦ Pour le maintien de la paix par les Nations Unies, le Canada a dépensé (Scanadiens) en 1983/1984, dans le cadre des opérations suivantes: \u2022 UNFICYP (Force des Nations Unies chargée du maintien de la paix à Chypre) 7.000.000 \u2022 F1NUL (Force intérimaire des Nations Unies au Liban) 5.471.000 \u2022 FNUOD (Force des Nations Unies chargée d'observer le désengagement au Moyen-Orient) 1.324.000 \u2022 ONUST (Organisme des Nations Unies chargé de la surveillance de la trêve en Palestine) 211.000 ¦ Les contributions volontaires à divers programmes et fonds des Nations Unies se sont élevées à environ 2.300 millions de dollars (USS).Sur cette somme, le Canada a contribué en 1983/1984 pour environ 275 millions de dollars canadiens.En 1984, pour l'ensemble du système onusien qui a coûté environ 3.928 millions de dollars (USS).la contribution globale du Canada à ce système est évaluée à 335 millions de dollars canadiens.Si l'on calcule (d'après les chiffres les plus récents disponibles) la contribution par habitant, le Canada dépense, par habitant, 9.2 dollars (USS) pour les activités de l'ONU.En comparaison: \u2022 Norvège \u2022 Suède \u2022 Danemark \u2022 Qatar \u2022 Pays-Bas \u2022 Suisse \u2022 Arabie Saoudite \u2022 Canada \u2022 Émirats Arabes Unis \u2022 Libye \u2022 Allemagne de l'Ouest \u2022 États-Unis \u2022 Angleterre \u2022 lapon \u2022 France \u2022 Union Soviétique USS 39.0 32.0 27.1 18.5 18.4 10.2 9.7 9.2 9.1 7.4 4.6 4.1 3.4 3.0 2.6 0.6 Variables onusiennes.\u2022 État le plus peuplé du monde, la Chine (1.800.000.000 habitants) dispose de.la même voix que le plus petit État de l'ONU, les Seychelles (66.000 habitants).\u2022 L'ONU a été fondée par 51 pays, dont le Canada, le 24 octobre 1945 à San Francisco.Aujourd'hui, l'Organisation regroupe 159 États (plus de 98 p.cent de la population mondiale).Plus de 70 membres actuels étaient, en 1945, des colonies soumises à une domination étrangère et ont accédé à l'indépendance avec l'aide de l'ONU.\u2022 Les plus anciens organismes des Nations Unies sont l'Union Internationale des Télécommu- nications (1865) et l'Union Postale Universelle (1874).\u2022 La force militaire la plus importante placée directement sous les ordres de l'ONU est celle de l'opération au Congo, dont les effectifs ont atteint 20.000 hommes.\u2022 En 1948, les crédits ouverts par l'ONU à titre d'assistance technique aux pays en développement se chiffraient à 350.000 dollars.Actuellement, le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD créé en 1965) dispose d'un budget de plus de 660 millions de dollars par an.\u2022 Au Proche-Orient, les réfugiés et les personnes déplacées reçoivent depuis 1949 l'aide de l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA).\u2022 En 1966, le Conseil de Sécurité a ordonné l'interruption des relations commerciales avec la Rhodésie du Sud.Cette mesure \u2014 la première de ce type \u2014 a pris fin en décembre 1979 avec l'indépendance du Zimbabwe.Un embargo obligatoire sur les armes, imposé en 1977 contre l'Afrique du Sud, est toujours en vigueur.\u2022 En 1980, l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a proclamé l'éradication complète de la variole dans le monde.CD.Objectifs des Nations Unies Selon la Charte des Nations Unies, les objectifs de l'organisation mondiale sont de: \u2022 Maintenir la paix et la sécurité internationales en prenant des mesures collectives efficaces et en assurant le règlement des différends par des moyens pacifiques.\u2022 Développer entre les nations des relations amicales fondées sur le respect de l'égalité des droits des peuples et de leur droit à disposer d'eux-mêmes.\u2022 Réaliser la coopération inter- nationale en résolvant les problèmes internationaux d'ordre économique, social, culturel et humanitaire et en encourageant le respect des droits de l'homme pour tous, sans aucune distinction.\u2022 Être un centre où s'harmonisent les efforts des nations à ces fins.L'Organisation des Nations Unies fonde sa démarche sur les principes suivants: \u2022 Les membres de l'Organisation sont égaux et souverains.\u2022 Ils doivent s'acquitter de bonne foi de leurs obligations en vertu de la Charte.\u2022 Ils s'engagent à régler leurs différends internationaux par des moyens pacifiques et à s'abstenir de recourir à la menace ou à l'emploi de la force contre tout État.\u2022 Les membres de l'Organisation apportent tous à celle-ci une assistance dans toute action entreprise par elle conformément à la Charte. D'ici 30 ans, nous coloniserons l'espace \"Al près plus de vingt-cinq ans d'exploration et d'utilisation .de l'espace, les États-Unis poursuivent toujours leurs rêves d'y vivre et d'y travailler en permanence ».C'est ce que déclarait le président Ronald Reagan, le 5 janvier 1984, alors qu'il annonçait que la NASA construirait une station orbitale d'ici dix ans.Les Américains voient aujourd'hui l'espace comme leur nouveau « Far West » et, tout comme au siècle dernier, ils ont bien l'intention de s'y installer.À partir de leur station placée sur orbite Terrestre, ils s'élanceront ensuite vers Recherche: OLIVIER ROBERT la Lune, puis bâtiront des cités spatiales pouvant loger, d'ici 30 ans, plusieurs milliers d'habitants.Voici comment \u2014 et pourquoi \u2014 se fera la colonisation de l'espace.S'installer sur le nouveau «continent» La station orbitale sera la pierre angulaire de l'infrastructure américaine baptisée « système de transport spatial» (STS).Ce concept rassemble toute une panoplie de véhicules spatiaux permettant d'accéder aisément et économiquement à « la nouvelle frontière » qu'est l'espace.Le véhicule à la base du STS, c'est la navette spatiale, version moderne du chariot couvert des caravanes de l'ouest.C'est le véritable camion qui permet d'acheminer \u2014 à raison d'un maximum de trente tonnes par voyage \u2014 tout le matériel nécessaire à l'exploitation de l'espace.D'autres éléments s'ajoutent progressivement au STS.Ainsi, par exemple, des étages-fusées PAM, 1US et Centaur expédient, à partir de la soute des Orbiters, des satellites sur orbi-\u2022 te.géostationnaire ou vers les planètes.Éventuellement ces étages-fusées, qui ne servent qu'une seule fois, seront remplacés par des véhicules de transport orbital (OTV).Ces engins de livraison demeureront en permanence sur orbite Terrestre ; les astronautes y fixeront les satellites à convoyer et les ravitailleront en combustible.Ils permettront également de ramener les satellites géostation naires aux abords de la navette, rendant ainsi possible leur entretien.Le système STS comprend aussi des plates-formes automatiques qui servent principalement aux recherches scientifi- ( projet Eurêka) et au lapon.L'infrastructure STS, principalement d'origine américaine, inclut déjà des segments réalisés par différents pays.Les bras télémanipulateurs qui équipent les quatre camions de la NASA sont de fabrication canadienne, alors que l'Europe conçut le Spacelab.De plus, l'Italie construit actuellement un système de treuil qui permettra à la navette de trainer littéralement des satellites \u2014 jusqu'à une distance de cent kilomètres \u2014 pour sonder l'atmosphère Terrestre.Ce type d'expériences originales débutera dans deux ans.neront en permanence (relève de l'équipage à tous les trois ou quatre mois).Construite conjointement par les États-Unis, l'Europe, le japon et le Canada, la station est, de fait, une combinaison d'installations habitées et automatiques, appelée à couvrir toute une gamme de fonctions.Ces différents éléments serviront de laboratoire pour la recherche scientifique et technologique, d'observatoire de la Terre et de l'univers, de port spatial où transiteront les satellites et les équipements de toute nature et de station-service où seront entretenus et ravitaillés les satellites.photo NASA /Johnson Space Center La station orbitale des années 90: de six à huit personnes vivront dans des modules aménagés spécifiquement pour certains usages.Voici à quoi pourrait ressembler le module pour les expériences scientifiques.ques et à l'exploitation commerciale de l'apesanteur durant de longue période.La première, appelée LDEF (Long Duration Exposure Facility), ressemble à une boite de conserve.de la mille d'un autobus.Elle gravite autour de la planète depuis avril 1983 et sera récupérée en septembre prochain par les astronautes de la mission bl-l.D'autres plates-formes plus sophistiquées sont en construction, notamment en Europe La faiblesse majeure du système demeure que tout ce dont on a besoin pour travailler et vivre sur orbite doit être amené là-haut à chaque mission, puis retourné sur Terre.Chaque fois, on doit ainsi transporter des tonnes de matériel qu'il serait bien plus logique de laisser sur place pour les opérations suivantes.C'est ce que l'on fera dans une dizaine d'années grâce à la station orbitale.Sur cet \u2022 Hot, six ii httit'peHonttes sêjotr- t'espace capitaliste_ Les États-Unis désirent s'assurer d'une présence humaine sur orbite pour favoriser l'expansion de leurs industries.D'ici la fin du siècle, toute une gamme de sociétés privées travailleront dans l'espace, principalement celles qui produisent des composantes électroniques, des alliages métalliques spécialisés et des produits pharmaceutiques.Nombreuses sont celles qui prévoient d'ailleurs détenir leur propre mini-usine à bord de la station orbitale.Il est vraisemblable que les firmes possédant de telles usines s'accapareront, par exemple, d'une partie importante du marché des semi-conducteurs, puisque de grands cristaux aux structures parfaites ne peuvent s'obtenir que dans un environnement d'apesanteur.L'électronique de l'espace produira aussi des pastilles de circuits intégrés, des relais magnétiques, des filtres optiques et des cristaux de mémoire holographique.L'industrie pharmaceutique y traitera d'abondante quantité d'urokinase, enzyme sécrétée par des cellules spécialisées des reins.La fonction de ('urokinase est de prévenir la coagulation sanguine, susceptible de provoquer la thrombose des artères coronaires, la phlébite, l'embolie pulmonaire, etc.Sur Terre, pour obtenir une seule dose d'urokinase, il faut raffiner plus de 1 500 litres d'urine.Or, des expériences réalisées lors de missions de la navette montrent qu'il est facile de faire des cultures rénales en gravité zéro avec une rentabilité bien plus élevée que dans un laboratoire Terrestre.De plus, grâce au procédé d'électrophorèse, de faibles courants électriques permettront d'obtenir de l'uroki-nase hautement purifiée.L'industrie fournissant des services spatiaux connaîtra également une croissance importante.En effet, ce type d'activités (télécommunication, météorologie, etc.), est caractérisé par un coût de production minime, comparé à celui du transport et de la mise en place des satellites.Les télécommunications spatiales totalisent déjà des revenus de plus de deux milliards de dollars annuellement.Le nombre de satellites sur orbite géostationnaire est appelé à croître substantiellement, passant de quelque 80 actuellement en service à près de 300 d'ici quinze ans.Cependant, une telle croissance sera freinée par l'encombrement de l'orbite géostationnaire.La solution à ce problème sera d'installer des plates-formes tout-usage qui, chacune, remplaceront de nombreux satellites.C'est ainsi qu'on planifie déjà, pour les années 1990, des installations baptisées « Antenna Farms » qui fourniront 230 000 canaux de transmission vocale desservant Suite à la page 12 c yi O z m-> o Ui ne ville cosmique abritant des milliers d'humains aura la forme d'une roue de bicyclette de six kilomètres de circonférence.L'intérieur de l'anneau aura un diamètre d'environ 130 mètres et c'est là que seront aménagées les principales installations de la colonie.Cette roue sera reliée à la structure centrale qui servira de port pour l'arrimage des navettes.L'ensemble tournera lentement sur lui-même pour créer le long de sa paroi externe une gravité artificielle qui permettra à ses occupants de vivre comme sur la Terre.Les citadins en auront plein la vue puisque, contrairement à leurs homologues terrestres, en regardant vers l'horizon de leur habitat, ils verront le paysage s'éloigner vers le haut.En effet, tout au loin, ils apercevront la toiture des immeubles d'habitation, les grands jardins publics, les centres communautaires, etc.Cette particularité fera sans doute oublier aux pionniers de l'espace qu'ils sont à des centaines de milliers de kilomètres de la Terre.De larges avenues, faisant le tour de l'anneau et où nulle automobile ne circulera jamais, ajouteront à l'apparente immensité de la cité-village.Une mer intérieure, bordée de plages de sable, permettra aux colons de venir s'ébattre lors de leurs heures de loisirs.La gravité v-, fera en sorte que l'eau de-§ meurera dans le bassin, mais \"~ la surface du lac sera conca-H ve ! Remarquez que les com-5 pétitions qui se tiendront > dans le stade sportif adja-O cent au lac seront gratuites ; ^ en effet, qui paierait pour - s'asseoir dans les gradins, 5 alors que le point de vue est 5 encore plus spectaculaire sur < le bord de la plage ! » Stimulées par l'abondance J des rayons solaires, des °t fleurs multicolores jailliront \u2022?de partout.Les immeubles £ qui apparaissent en plus * grand nombre seront des 2 maisons privées.Cela sera ^ possible puisque les principaux commerces et ateliers o seront situés sous la surface visible.Il est ainsi difficile Une cité spatiale de 10000 habitants de croire que nous contemplons une ville de dix milles habitants.Un système de métro pourrait même être aménagé autour de l'anneau mais, selon plusieurs ingénieurs, il sera beaucoup plus agréable de se déplacer à bicyclette.Les colons auront accès aux installations placées au centre de la roue grâce à des ascenseurs qui voyageront dans les tunnels que sont les rayons de la structure.Au centre, il y règne évidemment l'apesanteur \u2014 environnement merveilleux qui ne cessera de fasciner les humains.On imagine aisément qu'on y aménagera des salles permettant de faire des sports créés pour profiter des caractéristiques de la gravité zéro.Là, les colon is-tes ne joueront pas à des jeux pour terrain plat, mais pratiqueront des sports « à trois dimensions ».En quoi consisteront ceux-ci ?A vous de les imaginer.Le centre de la colonie sera également un site tout désigné pour l'observation de l'univers et de la Terre.Ce sera donc le rendez-vous des astronomes, des météorologues et des amoureux.Les chanceux, ils auront tant d'étoiles à compter et un foi -midable diamant bleu et blanc à contempler.Dans toute la colonie, le climat sera idéal ; la température étant contrôlée, plus de pluie ni de sécheresse et jamais de vent glacial.Les habitations seront donc construites en conséquence ; les murs ne serviront uniquement qu'à protéger l'intimité.Les habitations seront de conception modulaire afin d'en réduire le coût et de permettre certains arrangements originaux.En somme, des versions modernes d'Habitat 67.L'une des particularités de l'habitacle sera l'absence quasi totale d'objets faits de bois ou de plastique.Ces deux types de matériaux proviendront nécessairement de la Terre, de sorte qu'ils seront très chers.Par contre, l'aluminium et les céramiques portant l'inscription « Made on the Moon » seront les matériaux de base, (voir pages 12 et 13).c.L. V- photo NASA/Johnson Space Center La station orbitale est une combinaison d'installations habitées et automatiques appelée à couvrir toute une gamme de fonctions.Au premier pian, les hangars où les véhicules de transport orbital ° (OTV) seront ravitaillés en combustible.À l'arrière plan, les modules d'habitations.10 < LU OC t-Z O S. cellules solaires couvrant quel-j ques 90 kilomètres carrés, four-: niront une puissance de cinq > millions de kilowatts, soit '.l'équivalent de cinq centrales { nucléaires.L'énergie ainsi pro- duite sera transmise à la Terre sous forme d'un faisceau de micro-ondes, directement reconverties en électricité.L'investissement pour construire un Sunsat sera du même ordre que celui requis pour une centrale nucléaire classique.Mais, une fois en place, il fonctionne sans aucun apport de carburant, si ce n'est la radiation gratuite du Soleil.On pourra par la suite placer aux abords des Sunsats plusieurs usines consomrnat/i- .1,3 ces d'énergie solaire, d'où l'essor prévisible de véritables parcs industriels dans le cosmos! L'homme au rendez-vous de l'espace_ Pour toutes ces raisons, il est certain que, vers la fin de ce siècle, des hommes travailleront en permanence sur orbite.Toute l'infrastructure leur permettant d'y vivre en sécurité sera disponible.Ainsi, ils assembleront les immenses installations conçues pour répondre à de multiples fonctions.Ils en feront également l'entretien et les adapteront selon les besoins du moment.Déjà, les Américains planifient les nouveaux engins spatiaux qui serviront au début du prochain siècle.Le 25 février dernier, Ronald Reagan signait une directive amorçant l'étude d'une navette spatiale améliorée, ainsi que d'une super-fusée plus puissante que les Saturn-5 du programme Apollo.Cette fusée sera en mesure d'expédier sur orbite quelques 150 tonnes de charge utile, alors que les navettes actuelles en acheminent cinq fois moins.Quant à la seconde génération de navette, qui devrait ressembler à celle d'aujourd'hui, elle bénificiera des plus récents développements technologiques.Les deux systèmes seront mis au point pour répondre aux besoins des années 2000, parmi lesquels, tant l'administration Reagan que la NASA mentionnent le retour d'astronautes sur la Lune et des expéditions vers la planète Mars.D'ailleurs, en février 1984, devant le Congrès américain, le conseiller scientifique du Président, George Keyyvonh, clecla >.ira ra que « la caractéristique la plus importante de la station spatiale est le fait qu'elle sera le poste à partir duquel on ira de l'avant dans l'exploration de l'espace ».Une telle présence humaine autour de la planète se compare à l'installation de colons sur les rivages d'un nouveau continent.A partir de là, les possibilités sont infinies.On ne dira plus jamais « Sky is the limit », mais plutôt « Where's the limit ! ».La Lune, le Japon du 21e siècle?_ L'étape suivante sera sans aucun doute le retour d'hommes sur la Lune.En effet, maintenant que la station orbitale est en voie d'être construite, les responsables américains envisagent déjà des expéditions lunaires.Ainsi, en octobre 1984, une conférence parrainée par la NASA et l'Académie des sciences réunissait 300 spécialistes \u2014 ingénieurs, financiers et politiciens \u2014 pour discuter de la question.Il en est ressorti des projets de retour sur la Lune dès les années 2000-2010.Dans un premier temps, on installerait sur le sol sélène une base scientifique où vivraient une douzaine de personnes.Mais la Lune deviendra un site d'exploitation industrielle privilégiée puisqu'elle combine, à la fois, certaines des plus avantageuses propriétés de l'espace et de la Terre.Comme dans l'espace, règne à la surface lunaire un vide absolu alors que, comme sur la Terre, il y a pesanteur.Il en résulte donc que l'industrie lunaire profitera du vide pour certaines opérations chimiques et que le travail des astronautes sera grandement simplifié par le fait que les objets ne flotteront pas.De màiiai iVAi-v» ¦>;> t.» >iKijivefa Voici à quoi pourrait ressembler le quartier d'habitation : la cui-smotte serait à l'étage du bas; au seconde palier, la douche et le gymnase; ou troisième, le salon et le vivoir; et au quatrième niveau, les chambres à coucher.plus, le fait que la gravité n'équivaille qu'au sixième de celle que nous subissons sur Terre, la force des astronautes en est d'autant multipliée.D'autre part, l'industrie lunaire disposera de ressources minérales considérables ainsi que de conditions inégalées pour leur exploitation.Les échantillons récoltés lors des missions Apollo révèlent que la Lune recèle à peu près 40 p.cent d'hydrogène, 20 p.cent de silicone, 15 p.cent de fer, 8 p.cent de calcium et 6 p.cent d'aluminium.L'électricité est également une ressource abondante puisque les rayons solaires frappent directement le sol sélène.Cette source d'énergie alimentera d'immenses fournaises où seront raffinés l'aluminium, le titanium et le silicone.On produira également les silices pour la fabrication du verre et des céramiques ainsi que l'oxygène servant tant au maintien de la vie que de combustible pour les fusées.La Lune offre finalement un avantage suprême : lancer une fusée à partir de sa surface nécessite vingt-deux fois moins d'énergie que depuis la Terre.En effet, non seulement l'attraction lunaire est moindre et aucune atmosphère ne s'oppose à la fusée, mais la vitesse orbitale à atteindre n'est que de 2,2 kilomètres à la seconde (alors que pour orbiter autour de la Terre, il faut se déplacer à 8,6 km / sec.).Il est donc à parier que l'on y bâtira rapidement des colonies, principalement minières.Celles-ci seront construites sous le sol, afin de les protéger des radiations du Soleil et de les isoler des températures extrêmes qui régnent à la surface (durant la nuit sélène, qui dura deux semaines, il fait -150 degrés Celsius, alors que le jour \u2014 deux semaines également \u2014 le mercure monte à +130).Ces bases minières ne devraient abriter qu'environ 150 travailleurs (puisqu'il est probable que la matière première sera expédiée sur orbite pour son traitement).Mais, si on choisissait d'y installer de véritables usines, il se pourrait alors que la Lune devienne le lapon du 21e siècle ! Notons cependant l'absence, sur notre satellite naturel, de l'hydrogène, de l'azote et du carbone, mais ces trois éléments vitaux abondent dans les astéroïdes qui gravitent autour du Soleil.L'on pourra exploiter d'une façon rentable ces matériaux dès que des remorqueurs suffisamment puissants permettront d'extraire les astéroïdes, de leur orbite pour les rapprocher d'une « base minière » spatiale.Alors, tout sera en place pour la prochaine étape : la construction de véritables colonies dans l'espace.?CLAUDE LAFLEUR est journaliste pigiste.Depuis plusieurs années, il suit de près le secteur de l'aérospatiale. La colonie spatiale sera un business rentable Prédire est un art difficile, particulièrement lorsqu'il s'agit de l'avenir.\u2014 Mark Twain Quand construirons-nous des villes spatiales où vivront des milliers d'hommes, de femmes et d'enfants?Techniquement, nous en serons capables dans une trentaine d'années.Leur réalisation est d'autant plus probable que de telles installations justifieront amplement le coût de leur construction et celui de leur entretien.Nous en aurons besoin pour poursuivre l'exploitation des richesses de l'espace.Cette courte échéance peut sembler insensée.Trente ans.c'est vite passé ! Mais parfois, les choses évoluent très rapidement.Ainsi, il y a trois décennies, en 1955, non seulement aucun satellite n'avait encore été lancé, mais l'ère spatiale semblait relativement éloignée.Cependant, deux ans plus tard, Spoutnik-1 prit son envol et il ne s'ecoula alors même pas douze années avant que des hommes marchent sur la Lune.Aujourd'hui, l'espace est devenu essentiel aux activités humaines, nous entraînant irrémédiablement vers sa colonisation.Décrire en détail les colonies qui seront construites dans l'espace à partir de l'an 2015 est fort risqué.C'est un peu comme si on avait demandé aux ingénieurs des années cinquante de tracer les plans de la navette spatiale et des stations orbitales Saliout.Ils en auraient cependant montré les grandes lignes puisque, à la base de ces projets, il y a une logique à suivre.C'est d'ailleurs ce qui, depuis plus d'un siècle, motivent certains écrivains et hommes de science à songer sérieusement aux colonies du cosmos.Déjà, au début du siècle.Tsiolkovski nous les décrivait avec passablement de réalisme.Mais ce n'est qu'en 1969 que Gerald O'Neill (de l'Université Princeton) relança l'idée en se basant sur la technologie spatiale existante.Plus récemment, en 1975, un groupe de trente ingénieurs provenant de plusieurs universités et de la NASA posèrent toutes les bases nécessaires à la réalisation d'une cité spatiale abritant dix mille personnes.Une petite Terre en forme d'anneau_ Les conditions de vie à bord de cette colonie seraient aussi proches que possible de celles régnant sur la Terre.Les habitants seront soumis à une gravitation voisine de celle que nous connaissons (1 G).La seule solution praticable pour produire une telle force de gravité est un habitat rotatif.La rotation peut cependant avoir des effets secondaires gênants.En effet, si elle atteint quelques tours / minute, elle peut engendrer des perturbations sensorielles (illusions d'optique, troubles moteurs, altérations du mécanisme de l'oreille interne, etc.).La vitesse angulaire ne devrait donc pas dépasser le tour à la minute.La première cité du cosmos ressemblera donc à une chambre à air gonflée, de six kilomètres de circonférence et qui tourne lentement sur elle-même.La gravité artificielle, qui se fera sentir le long de sa paroi externe, permettra a ses occupants de marcher confortablement et aux objets de ne pas flotter au hasard.Cette roue renfermera une atmosphère \u2014 également artificielle \u2014 constituée d'une proportion d'oxygène équivalente à celle que nous retrouvons sur la Terre, mais contenant seulement la moitié de l'azote.En conséquence, la pression atmosphérique équivaudra à la demie de celle que nous supportons ici bas.Cet anneau contiendra les habitations, les hôpitaux, les écoles, les centres récréatifs et commerciaux, ainsi que les cultures nécessaires à l'épanouissement de ses habitants.La station sera conçue pour offrir un environnement agréable, même luxueux (voir illustration en pages 10 et 11).L'intérieur sera éclairé par la lumière du Soleil et l'on pourra régler la durée du jour à volonté.Paradoxalement, les citadins du cosmos vivront confiné dans un monde clos, entièrement artificiel.Cela pourrait poser de graves problèmes psychologiques, particulièrement si la population est dense.Ce sera l'une des principales considérations à tenir compte dans l'aménagement intérieur de la colonie.C'est pourquoi une architecture se rapprochant le plus possible de la campagne sera créée, d'où l'utilisation d'arbres et de cours d'eau.La structure circulaire offrira, de plus, le grand avantage de donner l'illusion d'immensité puisque ces habitants pourront voir plusieurs kilomètres à la fois.Quelques tunnels relieront cet anneau au centre du complexe.C'est là que sera aménagé le port spatial, où s'amarreront les navettes tout usage.Au cen- photo NASA/Johnson Space Center Au centre de la colonie, il règne évidemment l'apesanteur \u2014 environnement qui ne cessera de fasciner les humains.Sur la photo, le commandant de la mission STS-8, Richard Truly, et le premier astronaute de couleur, Guy Bluford, profitent de la gravité zéro pour se reposer, chacun à sa façon.tre, il règne l'apesanteur ; ce sera là que seront usinés les matériaux bénéficiant de la microgravité.L'alimentation des colons sera en tout point semblable à celle des terriens ; elle ne consistera pas de mets déshydratés ou de pâtes à base d'algue, mais plutôt de céréales, de legumes, de viande et de produits laitiers.En cultivant intensivement les plantes appropriées, on obtiendra en quantité suffisante tout ce qui est nécessaire à l'alimentation.Les récoltes seront abondantes grâce aux conditions climatiques idéales et au fait que le Soleil ne disparait jamais sous l'horizon.Les déchets produits par les animaux, les plantes et les hu- mains seront recyclés en engrais et en eau pure (ce qui se fait déjà à bord des stations soviétiques Saliout), de sorte que très peu d'eau proviendra de la Terre.Une telle colonie aurait une masse de cinq cent milles tonnes, approximativement celle d'un super-pétrolier.La structure serait constituée de matériaux conventionnels \u2014 principalement de l'aluminium et du verre \u2014 qui proviendront de la Lune.Le coût de construction de la colonie se chiffrera a environ $200 milliards (on envisage actuellement de dépenser une somme aussi colossale pour le bouclier spatial de la « guerre des étoiles » de Ronald Reagan).Un jour, les industries flotteront dans le ciel La colonie disposera de quantité d'énergie considérable (le Soleil) ainsi que des ressources minérales énormes que recèlent le sol de la Lune et les astéroïdes.En fait, ces conditions d'exploitation permettront de produire suffisamment de biens et de services pour commerce! avec la Terre ; la colonie sera un « business » rentable.Les principales usines seront adjacentes à l'anneau \u2014 dans des parcs industriels autonomes \u2014 afin de bénéficier du vide spatial et de l'absence de la gravité.Pour faciliter à la fois le transport des matières premières de la Lune vers les usines, et des produits finis vers la Terre, la colonie sera placée sur une orbite à distance égale de la Terre et de la Lune (i.e.385 000 km).Cet endroit particulier s'appelle le point Lagrange-5.Tout objet occupant ce site, se trouve nécessairement calé en un point où il demeure stable.Tout comme la Lune, la colonie fera le tour de la Terre en 28 jours.Les habitants ne seront plus des astronautes de passage, mais des colons désireux de vivre désormais dans une cité du cosmos.Au début, la population sera composée d'hommes et de femmes entre 18 et 40 ans qui viendront s'établir avec leurs jeunes enfants.Cette société ressemblera à celles qui peuplèrent les nouveaux territoires sur Terre.Mais, peu à peu, il y aura des naissances et la population vieillera, pour finalement s'assimiler à celle de la Terre.Et l'on parlera alors « du bon vieux temps où tout était si.».À quand la télésérie « Une petite maison dans l'espace » ?CL.z O < m TO 00 DEMAIN L'AN 2000 Yves Leclerc Le classeur électronique « Mi oi, je voudrais un ordinateur pour mettre dedans toutes mes notes et mes informations et pouvoir les consulter, les réorganiser et les réutiliser rapidement de la façon que je veux.» Combien de fois n'ai-je pas entendu ce souhait de la part de centaines d'interlocuteurs rencontrés ici et là à l'occasion de conférences, congrès ou activités professionnelles diverses.Quoi de plus naturel et normal que de considérer l'ordinateur, cette « machine a manipuler l'information », comme une sorte de classeur électronique ?Le hic, c'est que malgré tout ce qu'on a dit et écrit sur les possibilités de l'informatique individuelle, c'est là une chose qui est plus facile à dire qu'à faire : la plupart des outils actuellement disponibles pour transformer l'ordinateur en classeur sont plutôt élémentaires et sont loin d'offrir la souplesse espérée, ou encore sont d'un usage si technique que leur utilisation intelligente est au-delà de la portée de la plupart des usagers ordinaires.On pénètre là dans le monde quelque peu mystérieux des « bases de données ».Pourquoi mystérieux ?Le concept de base est pourtant simple : des fichiers électroniques remplacent les tiroirs et les dossiers de classeurs « papier » et tirent profit de leur rapidité de fonctionnement de l'ordinateur pour donner accès aux informations qui y sont contenues.C'est quand on passe à la pratique que cela se complique.Une mémoire et une disquette d'ordinateur sont bien différents d'une chemise et d'une feuille de papier, et jusqu'ici du moins, on n'est jamais parvenu à y placer l'information avec la même liberté.Il faut toujours définir de façon assez technique des « champs » et des « enregistrements » dont le type et la taille maximale soient décrits avec précision, et la mise au point de procédures de rappel même simples exige une gymnastique mentale voisine de celle requise par la programmation.Face à cette situation, les producteurs de logiciel de « bases de données » ont eu le choix entre deux attitudes ; ou bien ils créaient des systèmes simples mais relativement peu puissants et plutôt contraignants pour l'utilisateur (par exemple PFS : File ou DB Master) ; ou bien ils mettaient au point des systèmes plus souples et plus complexes, mais dont l'emploi et la programmation exigeaient un apprentissage et un effort beaucoup plus considérables (comme Dbase III ou R:5000), quand ils ne réclamaient pas l'intervention d'informaticiens professionnels.Une question d'entretien Ce n'est pas tellement au moment de la création des fichiers d'information que se produisent les difficultés.Évidemment, il est un peu ennuyeux d'avoir à définir chaque élément du fichier en mettant les points sur les «i», et encore plus d'avoir à taper des dizaines ou des centaines d'entrées pour inscrire le contenu sur une disquette ou une cassette, mais on peut toujours se dire que cela, on n'est obligé de le faire qu'une fois, et que les avantages qu'on en tirera par la suite valent bien l'effort.C'est plus tard que les vrais problèmes surgissent, au moment de l'inévitable entretien de la base de données et de sa consultation.On a souvent le tort d'imaginer qu'une base de données, une fois créée, est immuable.En réalité, notre façon d'employer l'information varie constamment, et la manière dont nous organisons cette information se modifie en conséquence.Par exemple, tout réeem- miiGA VOTRE PROCHAIN ORDINATEUR 271-2316 783 MISTRAL (COIN 8250 ST-HUBERT) ment, en France, on a changé tous les numéros de téléphone de six ou sept chiffres pour des numéros à huit chiffres.Cela veut dire une restructuration de toute base de données dans laquelle le champ « téléphone » est limité à sept chiffres.Aux États-Unis, on passe graduellement du code postal à cinq chiffres à un code plus élaboré à sept ou neuf chiffres : même problème.Allons un peu plus loin : vous avez mis sur ordinateur la liste des livres de votre bibliothèque, classée par catégorie.Le nombre de livres augmentant, vous décidez de diviser en deux la catégorie « policiers » : « détective » d'un côté, « suspense » de l'autre.Avec une base de données «simple», cela peut exiger de recopier et réinscrire une partie importante de votre liste.Pire encore, vous tenez à jour une liste des disques que vous prêtez à des amis, avec le numéro de téléphone de chaque ami (pour pouvoir réclamer vos disques au besoin) : une fois qu'un ami vous a remis tous les disques qu'il avait, son nom disparait de la liste, et son téléphone aussi.Si vous lui faites un autre prêt, il faut le retrouver et le réinscrire ! Ou encore, si le même ami a plusieurs de vos disques et qu'il change de numéro de téléphone, vous devrez faire le changement à chaque endroit où son nom apparaît sur la liste, avec le risque d'oubli et d'erreur que cela comporte.Le problème se complique encore quand vou6 venez pour consulter ou « interroger » votre base de données, sitôt que vous sortez des étroites limites des questions évidentes et que vous faites appel soit à des conditions complexes, soit à des informations qui ne se trouvent pas toutes dans le même « dossier » ou le même « classeur ».Ainsi, imginez que vous voulez la liste de vos romans policiers de type suspense publiés aux États-Uns entre 1970 et 1978.Toutes ces informations sont dans votre fichier « livres ».mais comment formulez-vous la question pour que l'ordinateur la comprenne ?Dans un système comme Dbase II, cela donnera a peu près ceci: USE B: LIST LIVRE INDEX ON TITRE DISPLAY TITRE, AUTEUR FOR TYPE - «SUSPENSE» AND PAYS = USA AND DATE 1979 Ça n'a rien de très sorcier, mais on ne peut pas dire non plus que ce soit très évident.Et c'est la une requête parmi les plus simples, qu'on puisse faite.LE COURRIER Mon cher Yves, J'aurais quelques questions pour toi.Comme plusieurs, je m'intéresse à l'informatique sans être un mordu ou un invétéré.Mais comme je suis propriétaire d'une petite entreprise, je pense à m'informatiser surtout pour faciliter la fabrication de listes d'envois, pour le traitement de texte (correspondance, promotion) et pour la comptabilité.Or, comme je ne suis pas du tout un génie en mécanique, en technique et encore moins en informatique, je trouve très attrayants les modèles comme le Macintosh d'Apple qui semble très facile d'accès.Aussi, on nous parle de plus en plus des nouveaux modèles \u2022automatisés- comme le AMIGA de Commodore et les nouveaux «o souris \u2022 d'Atari.Pourrais-tu nous parler du Macintosh pour les utilisations de petites entreprises telles que décrites ci-haut et commenter sur les mérites des autres machines du genre du Mac?Il serait peut-être aussi utile de comparer pour ces applications le sempiternel IBM-PC.Je sais que tu as déjà fait un parallèle entre les deux, mais il me semble que tu ne tirais pas une conclusion très nette.Un \u2022 iiono \u2022 de l'informatique, Yves LAPOINTE, Lachine R.\u2014 |'ai effectivement déjà fait une comparaison entre Macintosh et IBM-PC dont la conclusion était à peu près la suivante: si vous avez besoin de puissance de calcul brute et de beaucoup de données en mémoire, utili-\" sez un IBM.Si l'apparence du résultat compte, ou que vous devez utiliser plusieurs logiciels différents, prenez plutôt un Macintosh.En gros, ces suggestions demeurent valides, mais comme elles datent d'il y a près d'un an, elles méritent d'être précisées.Notons d'abord qu'entre les deux il y a une zone grise où vous pouvez choisir soit un modèle soit l'autre, au gré de votre préférence.De plus, remarquez que je n'attache pas une importance extrême à la sacro-sainte «compatibilité», pour plusieurs raisons.Pour la plupart des utilisateurs, elle joue un rôle minime, car ils n'ont que rarement à échanger des données avec d'autres machines, et tous les programmes les plus populaires (ou leur équivalent) existent pour la plupart des modèles d'ordinateurs de bureau.Même là où on échange des données, le problème de compatibilité entre programmes est souvent plus important que celui entre machines.Et il existe de plus en plus des formats communs qui permettent je -transfert- «ans difficulté, sens On adrets* le courrier à Yve» Laden La Prose - PLUS 7, rue Saint-Jacques Montreal, Que.H2Y 1K9 compter des logiciels comme « Adapt » de Destin, qui permet les transcriptions entre de nombreux formats.Qu'y a-t-il de changé?La question de mémoire d'abord: on peut «grimper» un IBM-PC à 4 méga-octets avec le circuit « Above Board* d'Intel ou ses concurrents.mais la plupart des programmes ne reconnaissent pas cette mémoire supplémentaire, qui ne peut alors servir que de disque virtuel.Le Macintosh, lui, ne peut pour l'instant accepter que 2 mégaoctets.mais son système d'exploitation et plusieurs de ses programmes font un usage normal d'au moins une partie de la nouvelle mémoire, ce qui constitue un avantage marqué.Pour ce qui est de la bibliothèque de logiciels, le Mac est encore loin derrière le PC, mais il tend à le rattraper rapidement, surtout en ce qui a trait aux programmes «commerciaux».Il lui est supérieur en traitement de texte, comparable en comptabilité et en chiffrier-s(Excel et |azz).Pour ce qui est des bases de données, MacLion me semble comparable à Dbase.mais guère plus facile à utiliser.De toute façon, la plupart des utilisateurs commerciaux se servent constamment des trois ou quatre mêmes logiciels, si bien que l'énorme bibliothèque du PC est moins un avantage qu'on pourrait le croire.Le Mac accepte moins de périphériques que l'IBM, mais là aussi il reprend son retard.Cependant, il existe encore un grand nombre d'applications spécialisées pour lesquelles il faut absolument utiliser un PC, aucune autre machine n'offrant la bonne combinaison matcriel-logiciel-périphériques.Enfin, quelques mots sur l'Amiga et le 520ST d'Atari.l'ai l'intention d'en parler plus longuement aussitôt que j'aurai eu l'occasion d'effectuer un essai sérieux.Pour l'instant, disons que ce sont des machines dont les caractéristiques sont supérieures ou comparables à celles du Mac et du PC.Certains critiques comparent même l'Amiga à l'IBM Al quant à la puissance, à la capacité de mémoire et à la souplesse d'utilisation.Mais, et c'est un très gros MAIS, ces deux nouveaux modèles n'ont pas encore de logiciel de qualité professionnelle disponible, et ils risquent d'être victimes des «bogues» et des défauts de fabrication des débuts de série pour n'importe quel type de nouveau produit.De plus, leurs fabricants ne sont pas reconnus pour leurs machines de bureau, et il faudra sans doute quelque temps pour qu'ils se fassent une réputation dans ce domaine.? ¦ PTÎTEViE A U ENVERS PARAÎT GOYA UNE /NV/\\5j ONJ ICÊ CoGuERELLESy UNE RARCG) blatte/ L'EMPIRE DES SENS Serge Grenier SW ^RESTAURANT 1«?L'Aquarium L'heure du lunch terminée et celle du dlncr pas encore entamée, où prendre un repas à Québec?Dans la vieille ville, bien sûr \u2014 on ne va tout de même pas à Québec pour manger à Sainte-Foy! Alors, pourquoi pas ce bon vieux Chalet Suisse de la rue Sainte-Anne, celui que ses vieux habitués continuent d'appeler L'Aquarium! Ceux qui «lancèrent» la fondue chinoise.Trois heures trente, il pleut, il vente, le fond de l'air est frais.Arrêt chez Darlington rue du Fort, angle rue Buade, pour acheter une échar-pe de mohair: $15, c'est donné.Autre arrêt à l'éternelle tabagie Giguère; l'EXPRESS me tiendra compagnie.Direction Aquarium via une rue du Trésor complètement évacuée de ses chefs-d'oeuvre pas chers.le longe les murs.L'Aquarium est ouvert mais désert.Une table au rez-de-chaussée, dans la fenêtre.Across the street, la silhouette grise de la cathédrale anglicane, entourée de pelouse jaunie et de grands arbres nus dont le vent se rit.En arrière-plan, la place d'Armes, un pan de château, un bout de terrasse et le monument de Champlain.Quelle vue, quand même! Fondue chinoise, donc, avec frites.Les fous des frites vous le diront: ce sont les meilleures en ville.Et un demi-château.En attendant, un peu .*Vvvr\\ >»s\\ ; l- r =i ¦ .flll.1.»M-V».-W*.& TEL: {ptm II pou Iran (M S poslt a! manulenhon "]
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