Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
La Presse plus
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (9)

Références

La presse, 1985-07-20, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" :URSALES 336-5330 1 MONTRÉAL, LE SAMEDI 20 JUILLET 1985 LA QUESTION ALLEMANDE LE LASER: AMI OU ENNEMI?Employé en médecine depuis 1960, ce n'est que récemment que le champ d'action du laser a été étendu.Aujourd'hui/ il est utilisé en neurochirurgie et en ophtalmologie et permet de couper une épaisseur 80 fois plus petite que le diamètre d'un cheveu.I I BAGARRE SUR LA RIVIÈRE ROUGE Soixante-douze chauffeurs de la Société de transport de Laval ont descendu la redoutable rivière Rouge en canot pneumatique.Francois Fournier les a suivis et a rapporté de saisissantes photographies de la bagarre qu'ils ont livrée sur une distance de 21 milles.DES TRANSSEXUELS SANS LEUR MASQUE Devant l'espoir d'en finir avec leur double identité, de plus en plus de transsexuels enlèvent leur masque.Ambition légitime ou fantasme contre-nature?Voilà le sujet que développe Madeleine Roy, dans le cadre de notre Concours de journalisme 85.VICTOR HUGO ET NOUVELLES FRONTIÈRES VOUS INVITENT À PARIS PENDANT SON CENTENAIRE.601$ C'EST PUIS SUE \"LES MISERABLES\".du 4 juillet au 4 septembre INCLUS AVION MONTRÉ AI-PARIS A/R VALIDITÉ MAX PERMISE 7-11 JOURS 6 NUITS/HÔTEL A PARIS.2 ÉTOILES.BASE DOUBLE UNE ENTREE A UNE EXPOSITION DE VIOOR HUGO ET LE T-SHIRT 'HUGO C'EST GÉANT\" fNSus wxe DAfooeoot sisx AJOUIIP SSO 00 SI» ICS OtMSKS oc OKKC LA NOUVELLF FAÇON .DE VOYAGER nouvelles frontières 1130.boul.de Matsonneuve a 288 4800 800, boul.de Maisonneuve a 8421450 sans trois de l'extérieur: 4400-361-2133 LES PHOTOS DE la presse Robert Mailloux 1 Sous le soleil, exactement., z o => Invariablement, lorsque les beaux jours reviennent, un photographe de presse est appelé à faire des « scènes de chaleur ».pour utiliser le jargon du métier.Dans ce domaine, comme dans celui des vins, les bonnes années alternent avec les médiocres.Le présent été, par exemple, serait plutôt propice aux photos genre « printemps éternel » ou \u2022 automne égaré >.Pour ceux qui l'auraient oublié, en 1975 ce fut très différent : beau et chaud presque tout le temps, surtout durant les deux semaines des vacances de la construction.On ne parlait plus de v,ague mais de raz-de-marée de chaleur.Il suffisait de circuler un peu partout à Montréal pour voir les citadins rivaliser d'ingéniosité pour combattre la canicule.C'est ainsi que je fis la rencontre de ma belle inconnue sur l'agora de la Place Ville-Marie.Accablée par la chaleur, elle formait avec les dalles un jeu de lignes et de formes très « design ».Je volai cette photo sans qu'elle sans aperçoive.Quelle dut être sa surprise de se retrouver le lendemain en première page de LA PRESSE! Fiche technique Appareil: Nikon F Objectif: 135 mm Exposition: l '500e à F il Pellicule: Trix-X (400 ASA) LA QUESTION ALLEMANDE t ; 'écrivain français François Mauriac a dit un ijour qu'il aimait telle-Tment l'Allemagne qu'il était très heureux qu'il y en ait deux.Pour le voyageur occidental, qui longe du côté de la République fédérale d'Allemagne l'infranchissable frontière fortifiée Ïui divise l'Allemagne en deux Itats, la phrase de Mauriac prend une toute autre coloration.Notre voyageur rencontre ici et là, au cours de son périple, des panneaux aux couleurs nationales sur lesquels une petite phrase lourde de conséquences est écrite : « De l'autre côté aussi ce sont des Allemands.» Ces panneaux, placés au vu et au su de tous par les autorités de la RFA, sont là pour rappeler aux Allemands qui pourraient oublier et aux jeunes généra- tions qui n'ont jamais connu ce qu'était le Vaterland («Père-patrie») d'avant 1945 que la question nationale, même si elle a été un peu perdue de vue par l'opinion mondiale, n'est pas encore résolue.Cette phrase rappelle aussi une réalité douloureuse, celle des points de vue présentement inconciliables de la République fédérale d'Allemagne (RFA) et de la République démocratique allemande (RDA) sur cette question nationale.Une seule nation_ La RFA maintient que les Allemands, à l'Est comme à l'Ouest, forment une seule et unique nation.Cette conception est fondée sur des raisons évidentes.Près de 40 p.cent des citoyens de la République fédérale ont des parents ou des amis en RDA; des dirigeants de la RDA sont nés sur le territoire de l'actuelle République fédérale.Un tel degré d'interpénétration sur le plan humain et personnel ne se rencontre pas entre nations étrangères.Mais plus encore, les habitants de la RFA et de la RDA ont toujours le sentiment d'appartenir à une seule nation, la nation allemande, unis par une langue et une histoire propres ainsi que par beaucoup de points communs qui ne se laissent pas effacer du jour au lendemain.Il n'est donc pas question pour la RFA de reconnaître la RDA comme pays étranger.D'après la Loi fondamentale RFA et RDA, deux points de vue inconciliables du 23 mai 1949 (la Constitution de la RFA), les habitants de la RDA possèdent la nationalité allemande au même titre que les habitants de la République fédérale.(Concrètement, cela signifie, par exemple, qu'un citoyen de la République démocratique en voyage en Tchécoslovaquie peut obtenir sans aucune difficulté dans un consulat de la RFA un passeport de la République fédérale.) Et d'après le préambule de cette même Loi fondamentale, préambule qui est partie intégrante de la constitution, «Le peuple allemand dans son ensemble disposant librement de lui-même, reste convié à parachever l'unité et la liberté de l'Allemagne».Évidemment, les autorités de la RDA ne l'entendent pas de cette oreille.Le chef de l'État Erich Honecker et les dirigeants du SED (Sozialistische Einheits-partei Deutschlands ou Parti socialiste unifié), ne veulent pas entendre parler de relations à caractère spécial entre les deux États allemands.D'après eux, rien ne distingue les rapports avec la République fédérale des rapports diplomatiques avec n'importe quel autre pays.La RDA s'est même distancée de l'idée d'une nation allemande commune.Alors que dans sa constitution de 1968 elle se dénomme encore «État socialiste de la nation allemande» et s'y assigne comme objectif «le rapprochement progressif des deux États allemands jusqu'à leur réunification», la constitution de 1974 ne fait plus référence au maintien de la nation allemande; selon la doctrine officielle, deux nations totalement distinctes se sont constituées dans les deux États allemands.Une question qui ne cesse de se poser_ C'est donc qu'encore aujourd'hui, en 1985, quarante ans après la défaite des armées d'Hitler, la question allemande ne cesse de se poser.Elle se pose pour nous non seulement en tant qu'élément de compréhension de la politique intérieure allemande mais aussi et surtout en tant qu'élément central des tensions Est-Ouest.L'histoire récente, notamment la question des euromissiles et la visite contreman-dée de M.Honecker en RFA, démontre que la qualité des relations intra-allemandes est proportionnelle à la qualité des relations entre les deux grands blocs.Bien plus qu'une question de puissance ou de territoire, la question allemande est pour les Allemands de l'Ouest une question de liberté et de libre circulation.Car il ne faut pas oublier, a dit récemment le ministre fédéral des Relations intra-allemandes, M.Heinrich Windelen, que la RFA vit, «grâce à la liberté, du bon côté du destin allemand de l'après-guerre».Au centre de cette séparation que l'Europe connaît depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, séparation perçue par ses habitants comme le théâtre privilégié d'un possible affrontement Est-Ouest, l'Allemagne de l'Ouest a toujours insisté sur l'exigence fondamentale de surmonter la division par la voix pacifique.Mais le dilemme est de taille puisque pour préserver cette paix, disent certains, il faut re- connaître la réalité actuelle de la division.Pour beaucoup d'Allemands de l'Ouest cependant, il n'est pas question de reconnaître la situation actuelle des peuples à l'Est car cette situation n'est pas choisie par ces hommes.Le ministre Windelen a encore une fois exposé clairement cette idée.Parlant de l'Allemagne de l'Est il dit: «Il est indiscutable que ce peuple n'a pas pu s'exprimer jusqu'à présent sur le choix de son futur type d'État.Il ne fait aucun doute que ce peuple refuse la forme actuelle de la division étatique et sociale, c'est-à-dire l'appartenance à deux systèmes mondiaux antagonistes.Il veut \u2014 en un mot \u2014 la liberté.Cette réalité est la base politique et morale du problème allemand franchement posé.Mais, au contraire de certains qui craignent que cette franchise ne rende précaires l'équilibre et la sécurité en Europe, nous affirmons que c'est le refus du droit à l'autodétermination qui menace la paix entre les peuples européens».Cette profession de foi en la liberté peut sembler creuser le fossé entre d'une part une Allemagne fondée sur les principes de la démocratie parlementaire et les droits de l'homme et, d'autre part, une Allemagne érigée sur une «démocratisation» concevable, selon le léninisme, que sous l'angle du collectivisme.Des aménagements_ Pourtant, bien des aménagements ont été possibles même sous cette contrainte des alliances respectives des deux États allemands avec des blocs diamétralement opposés.Prenons, par exemple, la question de la sécurité.Le déploiement des euromissiles américains en territoire de la RFA est du domaine de la question allemande.Le gouvernement fédéral, en optant clairement pour le déploiement des Pershing et des Cruise, optait pour la sécurité de la République fédérale allemande au sein de l'Alliance Atlantique au détriment des rapports interallemands.Mais en contrepartie, la République démocratique allemande demandait à l'été 1983 un crédit d'un milliard de marks que lui accordaient des banques allemandes de l'Ouest et que garantissait le gouvernement fédéral.La RFA, tout en sauvegardant systématiquement ses intérêts sur le plan de la sécurité et de l'Alliance, démontrait qu'elle était prête à coopérer avec la RDA.C'est que les relations entre les deux États se sont transformées considérablement depuis la guerre.Trois phases les caractérisent.¦ Jusqu'en 1961, le besoin d'unité s'est formulé sur le mode pacifique.Les Alliés espéraient installer la formation du nouvel État allemand dans l'orbite des démocraties occidentales.En 1952, Staline proposait la création d'un gouvernement panalle-mand sur la base de la neutralité armée (sous-entendre une Allemagne ouverte à l'extension de la zone d'influence soviétique).De leur côté, les Occidentaux exigeaient comme point de départ la tenue d'élections libres dans toute l'Allemagne.Les points de vue furent irréductibles et le 13 août 1961, le mur de Berlin fit entrer l'Allemagne en état de choc.¦ Il fallut des années à la RFA pour reconsolider et réorienter sa politique vis-à-vis de la RDA.De 1961 à 1970, la RFA chercha, en laissant de côté la RDA, à insérer la question allemande dans le dialogue Est-Ouest.Ce fut l'époque de la doctrine Hallstein qui refusait de reconnaître la RDA en tant qu'État.Sachant c y O z -1 Ta m-> Explication: 1 Tracé frontalier avec bornes-frontières 2 Panneau ou poteau-frontière immédiatement avant le trocé frontalier 3 Poteau-frontière de la RDA (noir, rouge, jaune portant l'emblème de la RDA, d'une hauteur de 1,80 m environ) 4 Bande de contrôle (déboisée et aplanie) d'une largeur pouvant aller jusqu'à 100 m 5 Double clôture de grillage métallique (environ 2,40 m) de part et d'autre d'un champ de mines 6 Passage dans la clôture de grillage métallique 7 Simple clôture de grillage métallique (environ 3,20 m) 8 Fossé barrant le passoge aux véhicules (garni de plaques de béton) 9 Bande de contrôle de 6 m, destinée à détecter toute trace de pas 10 Chemin carrossable 11 Mirador en béton 12 Mirador en béton (carré) 12a Mirador de commandement en béton (4 x 4 m) 13 Abri d'observation en béton 14 Lampadaires 15 Poteau de raccordement au réseau téléphonique enterré 16 Guide-laisse de chiens policiers 17 Barrière avec dispositifs de signaux électriques et acoustiques En partie double clôture de grillage métallique avec des chiens 18 Mur en béton / écran pare-vue (environ 3,30 m) 19 Passage dans la barrière 20 Point de contrôle fort bien que la clef de l'unité allemande était entre les mains de l'URSS et que cette dernière ^ n'était nullement disposée à l'ai co re cette unité selon le point de - vue occidental, la RFA a essayé {- de faire des partenaires de ^ l'URSS à l'Est ses interlocu-5 leurs.Mais l'emprise de l'URSS q sur les autres États membres du cn Pacte de Varsovie était telle que 5 la RFA minait tous ses leviers ^ politiques face a la RDA.< ¦ Les doctrines s'épuisent.Il fallait donc établir un dialogue jjj\" global entre l'Est et l'Ouest mais -uj non sur la base de la doctrine Hallstein.Et pour qu'une telle q normalisation soit possible, il 5 fallait que la RFA reconnaisse ^ l'existence de l'autre État alle-z> maud.Cette nouvelle politique, sL VOstpolitik du gouvernement Brandt, est traduite par des t rai-tés en bonne et due forme : trai-~ tés de Moscou le 12 août 1970 et traité de Varsovie le 7 décembre 1970, traité sur les fondements des relations entre les deux États allemands ie 21 décembre 1972 et traité de Prague le 11 décembre 1973; entre-temps, le 3 septembre 1971, les accords quadripartites sur Berlin sont signés.Le traité du 21 décembre 1972 avec la RDA («Traité sur les fondements des relations entre la République fédérale d'Allemagne et la République démocratique allemande») accepte l'existence de l'autre État allemand, donc la permanence de la division de l'Allemagne, même si la réunification demeure théoriquement le but ultime.Le prix des concessions_ Toutes ces concessions de la République fédérale d'Allemagne n'ont pas été sans contrepar- tie.L'Est a aussi payé son prix pour les obtenir.D'abord, les relations entre les deux États allemands demeurent différentes des relations habituelles entre pays étrangers l'un à l'autre.Ensuite, la situation créée après la guerre n'efface pas l'accord de Londres de 1944 ni les textes de 1945: le quadripartisme n'est pas aboli.La souveraineté de la nation allemande, dans son ensemble, continue à s'incarner dans les personnes du président des États-Unis, du premier ministre britannique, du président de la République française et du chef de l'État soviétique.À partir donc du milieu des années soixante, les gouvernements fédéraux et l'opinion publique se résignèrent à accepter les conséquences politiques des rapports de force militaires et de la situation générale en matière de sécurité, y compris les conséquences pour la solution de la question allemande, c'est-à-dire la relégation de cette dernière à un avenir politique lointain.En attendant, la RFA se contente d'exploiter un modus vivendi politique pour rendre au moins les conséquences de la division plus supportables sur le plan humain et donner ainsi aux compatriotes en RDA le sentiment qu'ils ne sont pas abandonnés.C'est ce qu'on appelle en RFA «la culture du lien de l'uni té».Ce «côte à côte organisé» a donné naissance pour la première fois non seulement a des conversations interallemandes au niveau gouvernemental mais aussi à l'amélioration de la circulation en transit entre les deux Allemagnes, à un traité (26 mai 1972) sur les questions de circulation qui prévoit surtout des allégements pratiques en faveur du trafic touristique dans les deux sens, à des relations de bon voisinage où l'emploi de la force est proscrit.Peu à peu, plusieurs accords sont passés entre les deux États dont, pour en mentionner quelques-uns, un accord médical, un arrangement concernant les transactions financières non-commerciales, un accord sur la poste et les télé-communications et un accord sur la construction d'une autoroute entre Hambourg et Berlin.En outre, des représentations permanentes (sortes de représentations diplomatiques) sont installées de part et d'autre.Toutes ces améliorations relativement récentes dans les rapports interallemands, ce «jardinet d'affinités» comme les nommait un haut responsable de RFA, n'ont pas pour autant ame- LA QUESTION ALLEMANDE La réunification éventuelle, on y croit en RFA nuise les fondements des divergences qui séparent les deux Al-lemagnes.Le chef de la RDA, M.Ho necker, maintient toujours, aujourd'hui en 1985, quatre grandes revendications: ¦ La transformation des représentations permanentes en ambassades.¦ La reconnaissance de la nationalité propre pour les ressortissants de RDA, c'est-à-dire que la RFA ne reconnaisse plus les habitants de RDA comme des nationaux.¦ La reconnaissance du tracé de la frontière de l'Elbe sur la base des critères internationaux (c'est-à-dire le milieu du fleuve et non la ligne fixée en 1945 par les Russes et les Américains au nord-est de la rivière).¦ La dissolution de l'organisme en RFA qui fait la comptabilité des crimes commis contre les droits de l'homme en RDA.Outre ces irritants interalle-mands, la question allemande suscite aussi des craintes européennes.L'idée que la RFA est soumise à la tentation de vouloir obtenir un certain rapprochement entre les deux États allemands en sacrifiant leur ancrage dans l'Alliance Atlantique et dans l'Europe est répandue chez certains alliés européens.De plus, une réunification nationale dans un seul État de quatre-vingt millions d'habitants susciterait dans les conditions actuelles un sentiment de peur et d'insécurité chez tous les partenaires européens à l'Ouest et chez tous les voisins à l'Est.Mais compte tenu des rapports de force actuels en Europe, l'espoir d'une réunification allemande, espoir qui est compris par la plupart des dirigeants allemands de l'Ouest comme l'espoir d'aboutir à une unité dans une Europe libre et unifiée, peut apparaître comme une illusion.Pourtant, à Bonn, les dirigeants actuels de la RFA croient dur comme fer que l'idée de la liberté triomphera à l'Est et que l'URSS ne pourra pas subsister de la façon dont elle se présente aujourd'hui.Pour eux, l'URSS déclinera de ses contradictions internes devant l'aspiration de ses peuples à un mieux-être.La question allemande, on le voit bien, ne saurait être autre chose pour les Occidentaux qui souhaitent la régler que la réalisation de l'autodétermination et de la démocratie non seulement en Allemagne mais dans toute l'Europe de l'Est.?Hemmut Kohi, chancelier de l'Allemagne de l'Ouest.« La délimitation la plus fortifiée, la plus hermétique, mais aussi la plus sanglante » Aquelques kilomètres de la ville hanséatique de Lubeck, l'Elbe suit son cours dans une campagne verdoyante et ensoleillée.Nous sommes à la fin mai.La Basse-Saxe est la région agricole la plus importante de la RFA avec ses cultures de céréales, de betteraves à sucre, de maïs et de pommes de terre.Les pâturages généreux y favorisent l'élevage.C'est une campagne idyllique et luxuriante que vient troubler par son étrange aspect une interminable clôture de fer qui court de l'autre côté de l'Elbe.C'est la frontière mise en place à partir de 1961 pour, affirmait la RDA à l'époque, empêcher les espions et agitateurs occidentaux de pénétrer dans l'Allemagne socialiste.Depuis lors, l'Allemagne de l'Est a dû reconnaître que le mur de Berlin a été construit pour empêcher les passages d'Est en Ouest.«Cette frontière, écrit le spécialiste français des questions allemandes Alfred Grosser, a ainsi une double originalité: elle ne constitue pas la ligne de séparation entre deux États pleinement étrangers l'un à l'autre, tout en étant sans doute la délimitation la plus fortifiée, la plus hermétique, la plus sanglante aussi à exister sur le continent européen, sinon dans le monde.» Le lieutenant-colonel de la Bundesgrenzschutz (le Service de protection des frontières de l'Allemagne de l'Ouest \u2014 BDS) qui accueille les journalistes sur les bords du fleuve, parle des quatre fuyards qui sont parvenus à franchir le fleuve à la nage la semaine dernière.«Deux d'entre eux étaient des soldats de la RDA, dit-il.Ils ont réussi à passer grâce à des échelles de corde et à une bonne condition physique.» Un nombre difficile à évaluer Beaucoup de ressortissants de la RDA tentent de passer en RFA chaque année.Il est cependant difficile d'évaluer leur nombre avec précision.Au cours des années 70, dans la seule région de la Basse-Saxe, on comptait en moyenne 180 fuites réussies par année.Depuis, la RFA a perfectionné son système de dissuasion à un point tel qu'on n'enregistre pas plus d'une vingtaine de fuites réussies chaque année.«Seulement depuis le début de l'année, de dire le lieutenant-colonel de la BDS, nous avons été témoins de six arrestations.Nous détectons environ 400 tentatives de fuite chaque année.Et nous comptons seulement celles que nous visualisons.» La frontière qui sépare les deux États allemands est longue de 1399 kilomètres.550 km passent en Basse-Saxe dont 95 km sur l'KIbo.C'est la zone fronta- lière la plus compliquée car en 1972 la Commission de la frontière, qui rassemble des représentants des deux États, a fixé physiquement cette frontière, sauf pour les 95 km de l'Elbe.La ligne frontalière est établie sur la ligne de l'ancienne province, soit sur la rive gauche de l'Elbe mais à certains endroits elle passe au milieu du fleuve.La RDA réclame la reconnaissance du droit international qui veut que la frontière s'établisse au milieu d'un fleuve sur toute la région frontalière.La RFA rétorque qu'elle ne considère pas la RDA comme un autre pays et que, dans ce contexte, le droit international ne s'applique pas.Surveillance étroite Sur le fleuve, à longueur de journée, les patrouilles des soldats de la RDA croisent la police frontalière de RFA.Les soldats de la RDA ne répondent jamais aux saluts de la BDS.Ils ont pour consigne de s'en tenir à un langage administratif préétabli et seulement pour des circonstances précises.Leur mission est claire: empêcher les fuites par tous les moyens.Ils ont reçu l'ordre de tirer sur les fuyards récalcitrants.Quitter la RDA sans autorisation est un délit qui est dénommé, au paragraphe 213 du code pénal de la RDA, «Fuite de la République».Ce délit petit deve- nir un crime si des circonstances aggravantes l'accompagnent; par exemple la possession d'armes ou la complicité de militaires.D'août 1961 à décembre 1983, environ 150 000 personnes ont passé clandestinement cette frontière électrifiée et archi-gar dée (de 1949 à la construction du mur, environ deux millions et demi d'habitants de la RDA s'étaient installés à l'Ouest).Il existe peu de cas où les habitants de la RDA peuvent visiter l'Ouest ou passer définitivement en RFA de façon légale.Dans ces catégories, il y a surtout les personnes ayant atteint l'âge de la retraite (65 ans pour les hommes et 60 ans pour les femmes) qui peuvent systématiquement quitter l'Est \u2014 ce que souhaite d'ailleurs la RDA qui est ainsi libérée de ses obligations sociales et financières vis-à-vis d'elles.Il y a aussi les échanges ou rachats de prisonniers politiques qui sont fort coûteux pour la RFA, encore que le montant total payé depuis 1961 pour une trentaine de milliers de libérations ne puisse être connu avec certitude.Cette «traite de personnes» varie, selon les cas et l'importance politique des individus, entre $10 000 et $20 000 par personne.La RFA, tous gouvernements successifs confondus, n'a cessé d'accepter de payer au nom de l'amélioration du sort des compatriotes de l'Est.Quant aux habitants frontaliers de l'Ouest, l'entrée en vigueur du traité du 26 mai 1972 sur les questions de circulation leur a permis de visiter leurs familles à l'Est à raison de trente visites de un jour par an.Ce sont les Cendrillons de l'Ouest.Ils doivent à chaque visite d'un jour revenir en RFA avant minuit.De plus, la bande en bordure de la RDA, un couloir de 30 à 50 km de large, jouit d'un traitement de faveur.De nombreuses mesures d'encouragement permettent ainsi de contrer les effets néfastes d'une ligne de démarcation qui a coupé en deux d'anciens ensembles économiques.Du côté de la RDA, la situation £ est moins rose.Les habitants de y la zone frontalière, ceux-là qui £ habitent la bande de 5 km de lar- O ge, ont sur leur passeport une Z mention spéciale.Les cafés et » les établissements doivent fer- > mer à 22 hres tous les soirs.\",r\" 30 000 hommes assurent la sur- j£ veillance contre 15 000 en RFA.s-Sans compter que les Soviéti- S ques ont en permanence vingt di- J3 visions de chars prêtes à interve- o nir en cas de conflit.^ Cette trontière, qui n'en est m pas une, est sans aucun doute, ^ depuis la fondation de la Répu- -c blique fédérale en 1949, ce qui S mine le plus l'interminable discussion sur l'identité allemande. De chaque côté, on voit le mur différemment LA QUESTION ALLEMANDE Kreuzberg, tôt le matin.Le quartier le plus défavorisé de Berlin-Ouest s'éveille lentement.Quarante p.cent de sa population est étrangère, principalement turque.C'est là, malgré un programme important de rénovation domiciliaire, que l'on trouve encore le plus grand nombre de façades lacérées et marquées par les éclats d'obus qui ont rasé la ville à 85 p.cent à la fin de la guerre.De l'autre côté de la Spree, minuscule cours d'eau qui traverse une partie de la ville, le mur et ses miradors s'élèvent dans la grisaille du petit matin.Sur le petit pont gardé, une lent cortège de vieillards s'avance.Ce sont les retraités de l'Est qui ont la permission de venir à l'Ouest quand bon leur semble et qui profitent de la fraîcheur matinale pour aller glaner dans les boutiques de l'Occident les denrées qu'ils ne trouvent pas chez eux.Pour les habitants de Berlin-Ouest, le mur est le symbole de la défaite du communisme.Pour ceux de Berlin-Est, il est bien souvent le rempart qui les coupe d'une société de consommation dont ils connaissent tous les attraits depuis que la télévision ouest-allemande a pénétré dans leurs foyers.Vivre à Berlin-Ouest, dans cette ville aux mains des puissances victorieuses, dans cette ville qui, selon le point de vue juridique inchangé des puissances occidentales, ne fait pas partie intégrante de la République fédérale et où les lois fédérales ne sont pas applicables mais reprises selon une procédure spé- ciale, c'est connaître le problème psychologique de l'enfermement.Un problème de viabilité Entourée par le monde communiste, cernée par 500 000 soldats est-allemands et soviétiques, défendue par quelque 12 000 militaires américains, anglais et français, le problème de la viabilité de Berlin est certes le plus représentatif et le plus épineux de tous les problèmes de la question allemande.La viabilité de la ville est l'un des soucis premiers de la RFA et de ses alliés occidentaux.Car Berlin-Ouest est une ville qui ne peut se soutenir elle-même.Et si Berlin était mourante, elle ne pourrait poursuivre le rôle qu'elle joue en tant qu'enclave capitaliste au coeur de l'univers communiste.Si Berlin-Ouest était une maison de pauvres, ses habitants la quitteraient.Berlin-Ouest est donc condamnée à être attrayante et brillante; elle doit attirer des hommes et des femmes intéressants et intéressés à l'essor économique et culturelle de la ville.Pourtant, depuis la construction du mur le 13 août 1961, la population de Berlin-Ouest diminue.On croit que les deux millions d'habitants actuels se stabiliseront à la fin du siècle à quelque 1,8 million.Présentement, la génération des vieux est sur-représentée alors que les 45-65 ans sont sous-représentés.Dans une quinzaine d'années, malgré une perte de quelque 150 000 habitants, Berlin-Ouest aura une population relativement stable et plus productive que celle d'aujourd'hui.Ce n'est plus un abcès Si Berlin-Ouest a été longtemps perçu à l'Est comme un abcès au sein de la chasse-gar-dée soviétique, il n'en est plus ainsi.Depuis l'accord quadripartite du 3 septembre 1971.qui est entré en vigueur le 3 juin 1972, l'Union soviétique ne conteste plus la légitimité de la présence des Occidentaux à Berlin et elle accepte les liens existant entre la partie occidentale de la ville et la République fédérale, notamment le droit de la Fédération à représenter Berlin (Ouest) à l'extérieur.Même que Taccord quadripartite et les ar-rancements entve 1' S d*|,v fil lt< routière, ferroviaire et fluviale entre Berlin et l'Allemagne de l'Ouest sur une base juridique solide.Mais il faut davantage pour assurer à Berlin-Ouest une certaine longévité.Avec un produit national brut (PNB) de 60 milliards de DM (environ $30 milliards), soit presque la moitié de celui de l'Autriche, l'équivalent de celui du Portugal et le double de celui de l'Irlande, Berlin-Ouest produit 4 p.cent du PNB ouest-allemand avec 3 p.cent de sa population.Ce tour de force économique ne serait évidemment pas possible sans une subvention fédérale annuelle de 15 milliards de DM.Incitations fiscales Il ne serait pas possible non plus sans un train d'incitations fiscales et sociales qui rendent la vie à Berlin-Ouest relativement agréable.Les Berlinois sont en majorité bavarois ou rhéna-niens.S'ils sont à Berlin, c'est que l'impôt sur le revenu est réduit de 30 p.cent et que la taxe d'achat pour le producteur berlinois et le client ouest-allemand est également réduite.Les salariés berlinois perçoivent une prime non-imposable de 8 p.cent de leurs émouluments bruts ainsi qu'un supplément d'allocations familiales.De plus, les jeunes qui s'établissent à Berlin et qui y demeurent jusqu'à l'âge de 27 ans sont exemptés du service militaire.Avec ses 100 000 étudiants et ses deux universités, Berlin-Ouest est une ville à la mode chez les jeunes.C'est à Berlin-Ouest que sont nés les grands changements sociaux qui ont façonné la société allemande d'après-guerre.Le coeur du mouvement estudiantin allemand de 1968 était à Berlin.C'est là également, encore à l'heure actuelle, que l'activité culturelle y est la plus innovatrice de RFA.Comment expliquer aujourd'hui cette survivance quasi miraculeuse de ce bastion occidental aux allures de vitrine capitaliste isolé en pleine zone soviétique?Considéré par le bloc occidental comme un symbole vital de son entité politique, toute intervention militaire soviétique pour déloger les puissances victorieuses occidentales de la partie ouest de la ville aurait pour conséquence un affrontement majeur.Mais plus encore, c'est la vulnérabilité de Berlin-Ouest qui la protège contre le bloc communiste.Talon d'Achille de l'Occident, Berlin-Ouest demeure aux yeux des Soviétiques un moyen de pression qu'ils gardent précieusement en réserve.G.T.Les grandes dates des relations entre les deux Allemagnes 8 mai 1945: reddition inconditionnelle de l'Allemagne.5 juin 1945 : le Conseil de contrôle allié composé de l'URSS, de la Grande-Bretagne, des États-Unis et de la France devient de facto gouvernement de l'Allemagne.7 juillet au 2 août 1945: signature des accords de Postdam par Truman, Staline et Attlee qui établissent les principes sur lesquels repose le Conseil de contrôle allié.L'Allemagne est divisée en quatre zones d'occupation nationales, chacune d'elle dirigée par un gouvernement militaire.20 mars 1948 : les Russes quittent le Conseil de contrôle allié.31 mai 1948 : les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne et le Bénélux se mettent d'accord pour créer un État allemand qui comprendrait les trois zones occidentales d'occupation.24 juin 1948: l'Administration militaire soviétique réagit en coupant les liaisons terrestres et fluviales entre Berlin et l'Allemagne de l'Ouest, isolant totalement les secteurs » occidentaux de Berlin.- 12 mai 1949 : levée du Blocus: £ 23 mai 1949 : proclamation de la République fédérale d'Al-r.lemagne.' Bonn est choisie comme capitale.3 24 mai 1949 : entrée en vigueur de la Loi fondamentale, o 7 octobre 1949 : proclamation de la République Démocrati-2| que Allemande.o 5 mai 1955 : les accords de Paris de 1954 entrent en vigueur 5 et l'Allemagne de l'Ouest recouvre sa souveraineté.Elle < devient membre de l'OTAN la même année.^ 13 août 1961 : les communistes érigent le mur de Berlin.3j 3 septembre 1971 : signature de l'accord quadripartite sur £ Berlin où les droits et les responsabilités des trois puissante ces occidentales à l'égard de leurs secteurs sont confir-q mes.:>; 17 décembre 1971 : signature par la RFA et la RDA de l'Accord de Transit sur les liaisons avec Berlin.21 décembre 1972 : signature à Berlin-Est du Traité fondamental des relations entre les deux Etats allemands.18 septembre 1973 : admission de ta RDA et de la RFA aux Nations-unies.' , ., , , Pour comprendre Berlin Statut : Berlin-Ouest est un Land de l'Allemagne de l'Ouest et Berlin-Est est la capitale de l'Allemagne de l'Est.Superficie : avec 883 kilomètres-carrés, Berlin est la plus grande ville allemande.Sci partie occidentale, avec 480 kilomètres-carrés, comprend environ 54,4 p.cent de la superficie totale.L'extension nord-sud de l'ensemble de Berlin est d'environ 38 kilomètres, pour à peu près 45 kilomètres d'est en ouest.Le territoire de la ville est constitué à 40 p.cent d'espaces verts ou de plans d'eau.Population : au début de la guerre, Berlin comptait 4,3 millions d'habitants.Jusqu'en 1945 sa population retombe à 2,8 millions.Berlin-Ouest compte aujourd'hui 1890 000 habitants alors que Berlin-Est a une population de 1146000.Berlin est un territoire complètement encastré dans l'Allemagne de l'Est.Après la guerre, la ville fut occupée par les forces britanniques, soviétiques, françaises et américaines.Les trois secteurs occidentaux, connus sous le nom de Berlin-Ouest, couvrent 55 p.cent de Berlin et contiennent les deux tiers de la population du grand Berlin.Berlin-Ouest est un Land de la République fédérale d'Allemagne et en même temps une ville.Mais l'autorité suprême demeure entre les mains des trois puissances occidentales.Le gouvernement municipal est formé du maire régnant ou bourgmestre, de 11 membres du Sénat (cabinet) et de la Chambre des députés élue par la population et qui a la responsabilité d'élire le maire et le Sénat.Berlin-Est est gouvernée par une Assemblée élue par le Parti communiste et par un Conseil de ville choisi par l'Assemblée et dirigé par le maire.En violation de l'entente quadripartite sur Berlin, le secteur soviétique a été indu dans la République démocratique allemande et choisi com-i i me capitale de id RDA.i Dans la salle d'attente de la clinique externe d'ophtalmologie de l'hôpital Notre Dame, une patiente attend pour subir un traitement au laser pour un glaucome.Finalement, elle s'installe derrière une machine qui ressemble à un microscope surdéveloppé, sa tête retenue par un bandeau.«Ne bougez pas et signalez-moi toute douleur que vous ressentez», lui annonce le Dr Gilles Marcil.Après quelques ajustements, le Dr MaVcil presse sur un bouton à des intervalles réguliers, une lumière s'allume et transperce les régions d'ombres.Vingt minutes plus tard, c'est termine, à peine si la patiente se plaint d'une sensation de chaleur.Le progrès s'est fait rapide- ment depuis 1917 alors qu'Albert Einstein spéculait sur la possibilité que dans certaines conditions, des atomes ou des molécules pourraient absorber la lumière ou d'autres sources de radiation et être ensuite stimulées afin de relâcher l'énergie qu'ils ont empruntée.La «Guerre des étoiles» du président Ronald Reagan pourrait jeter un voile de suspicion sur l'utilisation du laser pour le bienfait de l'humanité.Bien que les lasers ne soient qu'une source lumineuse, tout comme l'ampoule électrique, la différence est qu'ils produisent tous une lumière monochromatique dans un rayonnement unidirectionnel.C'est la pureté de la lumière qui permet la concentration des radiations pour arriver à une densité de puissance très élevée.«Si on comparait deux moyens de transport, le laser serait à la lumière «ordinaire» ce que la bicy-lette est au Concorde», explique le professeur A.Gundjian de l'Université McGill.Pourtant, on est loin encore d'en avoir épuisé les différentes méthodes d'applications possibles de cette source de lumière quand même assez spéciale.Médecine_ Employé en médecine depuis 1960, ce n'est que récemment que son champ d'action a été étendu.Récemment, des médecins de l'Hôtel-Dieu de Montréal se sont servis du laser pour soulager les personnes atteintes d'un cancer du poumon.On peut traiter le cancer grâce au nouveau rayon laser «yag néo-dy-nium», qui pulvérise la partie cancéreuse qui obstrue les voies respiratoires du patient.Il n'est pas encore question de parler de Le laser: ami ou ennemi?wêêêê m «Ne bougez pas et signalez-moi toute douleur que vous ressentez», annonce le Dr Gilles Marcil à une patiente.guérison mais surtout d'éviter l'étouffement.On a commencé également à utiliser le laser dans le domaine de la neurochirurgie.«Le principal avantage du laser en neurochirurgie, affirme le Dr Elie Ouaknine de l'Hôtel-Dieu, est qu'il peut réduire de beaucoup les hémorragies et qu'il peut coaguler les vaisseaux jusqu'à 2 mm de diamètre.» La faible perte de sang s'est avéré un facteur crucial lorsque le Dr Ouaknine a dû opérer un témoin de Jéhovah pour une tumeur au cerveau, déclarait-il dans une entrevue publiée dans le Courrier Médical.«Le patient était dans un état grave et souffrait d'anémie.L'opération fut faite au laser en très peu de temps et aucune transfusion sanguine ne fut nécessaire.» On peut également aujourd'hui, en utilisant la fibre optique, faire passer le laser dans les vaisseaux sanguins et vaporiser les plaques d'artério-sclérose qui les obstruent.«Voilà quelque chose de tout à fait nouveau qui montre bien e miment le laser peut être employé de façon originale», a-joute le Dr Ouaknine.Le laser est utilisé fréquemment en ophtalmologie pour le traitement du glaucome auquel les personnes âgées sont principalement sujettes et pour arrêter les hémorragies de la rétine dont les diabétiques sont souvent victimes.Dans le cas, le laser est surtout employé pour ses effets thermiques.Les visions d'apocalypse présentées dans les films de science-fiction semblent toutefois avoir laissé des traces chez les candidats à la chirurgie au laser.«Il y en a qui refusent le traitement parce qu'ils ont peur», mentionne le Dr Gilles Marcil, ophtalmologiste rattaché à l'hôpital Notre-Dame.Presque sans douleurs, le traitement évite pourtant bien des complications comparativement à la chirurgie au scalpel car on traite en clinique externe.Le laser permet aussi une plus grande précision.On peut couper une épaisseur 80 fois plus petite que le diamètre d'un cheveu.On rencontre parfois l'autre extrême, et le Dr Marcil admet que cela lui crée des problèmes.«Les gens pensent parfois que ça fait des miracles», soupire-t-il.Contrairement à ce que certains pensent on ne peut opérer les cataractes de cette façon avec succès.« On peut en couper une partie au laser mais cela ne les fait pas disparaître complètement», souligne-t-il.Images tri-dimensionnelles Au musée de l'holographie de New York, on reste surpris devant des pommes qui s'évaporent au toucher.Cette photographie ressemble plus à une sculpture qu'à une simple image.Il s'agit d'un hologramme, image tri-dimensionnelle que l'on obtient en exposant à une lumière de laser reflétée par un objet un film recouvert d'une emulsion.Si vous êtes détenteur d'une carte de crédit vous avez sans doute remarqué que le coin droit de votre carte s'orne maintenant d'un hologramme afin de décourager les faussaires en rendant la carte plus diffi- cile à copier.Les «scanners» des caisses enregistreuses des supermarchés qui servent à décoder les codes universels des produits fonctionnent également sur le principe de l'holographie.L'énergie au service des militaires_ C'est à Valcartier, au centre de recherche de l'Armée canadienne que le premier rayon laser à usage commercial a été utilisé.Bien que l'on en ait étudié les applications industrielles en général il est clair pour le Dr Gundjian, du département de génie électrique de McGill, que l'on étudie également les applications militaires du rayon.«Ce n'est plus de la science-fiction mais bien une réalité», dit-il.De quelle façon pense-ton utiliser le laser dans ce domaine?«On peut penser à des explosifs qui s'orientent à la chaleur émise par un laser au gaz carbonique (co2) dirigé sur la cible convoitée.Ou encore, on peut localiser des objets avec une précision inouie avec le laser d'où la possibilité d'équiper des tanks d'une tête chercheuse pour être certain de ne pas rater son coup.Chose certaine, selon Gundjian, on se porte bien au Québec au niveau de la recherche sur les applications du rayon laser, tant au niveau provincial que fédéral.Il faudra toutefois garder L'oeil ouvert pour ne pas déraper dans le virage technologique en continuant d'encourager concrètement les réalisations dans ce domaine, ajoute-t-U.Éditeur Roger D.Landry Coordination Paul Longpré Responsable des chroniques: Pierre-Paul Gagné Tél.: (514) 285-7070 Page couverture : Photothèque LA PRESSE * Mise en page: Jacques Gagnon Fernand Marcotte Collaboration Philippe Barbaud Jean Basile Berthio Jean-François Doré Claire Dutrisac François Fournier Serge Grenier Gérard Lambert Yves Leclerc Mario Masson Simone Piuze Carole Roy Madeleine Roy Toronto Michel Labrecque Vancouver Daniel Raunet Moncton Achille Michaud Mexico Francis Pisani Managua Jacques Lemieux San Salvador Edith Coron Washington Jean-F.Lisée Rome Jean Lapierre Bruxelles Claude Moniquet Chypre Robert Pouliot Tokyo Huguette Laprise Taiwan Jules Nadeau Publicité Responsable des cahiers spéciaux Manon Chevalier Secrétariat Micheline Perron Tél.: (514) 285-7319 Une bagarre de 21 milles sur la rivière Rouge Marc Desgroseillers donne ses instructions avant le départ.Ce n'était pas encore l'été.Pour changer, soixante-douze chauffeurs de la Société de transport de Laval (STL) avaient décidé de troquer leur instrument de travail, l'autobus, contre le canot pneumatique, le boulevard Saint-Martin contre la redoutable rivière Rouge, cet affluent tumultueux qui s'alimente dans la réserve faunique de Mat-tawin et qui commence à déborder à la fin d'avril.Une bagarre de 21 milles.Il est 8 h du matin quand les 72 hommes descendent d'autobus, à L'Ascension.Une trentaine de minutes plus tard, revêtus du costume protecteur \u2014 casque de sécurité, combinaison de plongée et gilet de sauvetage\u2014, ils gagnent le petit héliport, chacun armé de sa pagaie d'aluminium.Le transport en hélicoptère dure à peine plus de dix minutes.Des minutes durant lesquelles des rires nerveux trahissent l'angoisse, n'arrivent pas à dissimuler la peur qui s'est installée chez plusieurs des chauffeurs.Le pilote, Robert Masson, a fait décoller son appareil rapidement, pour redescendre aussi vite.Le coeur de plusieurs leur a remonté à la gorge.Juste ce qu'il faut pour observer que la majorité n'a même jamais monté en hélicoptère, ni n'a descendu un cours d'eau vive en canot, pneumatique ou autre.L'hélicoptère parvient enfin à la rivière Rouge.En bas, sur la lisière nord-ouest du parc du Mont-Tremblant, on aperçoit, au bord de l'eau, de nombreuses taches rouges qui révèlent les embarcations gonflées.Elles nous attendent.Avant de monter dans les canots, le chef des guides, Marc Desgroseillers, dispense conseils et directives : règles de sécurité à observer, comment attacher son gilet de sauvetage, ou comment repêcher un équipier tomber par-dessus bord.Pendant ce temps, on entend les premiers rapides, qui grondent, à quelque 1 500 pieds des hommes.Vient enfin le temps de monter dans les embarcations.Un premier écueil_' Le canot de tête franchit les premiers obstacles avec une apparente facilite.Des occupants ont le sourire, tandis que chez d'autres, les traits sont crispés.Un deuxième canot s'élance dans l'eau écumante.Un paquet d'eau se jette dans le canot, qui s'enfonce légèrement.Tout le monde se cramponne solidement, pour ne pas être projeté pardessus bord.Un autre pneumatique aborde trop par le flanc le premier rapide.L'embarcation devient vite incontrôlable.Un homme glisse à l'eau, dans un courant qui se déchaîne, l'entraîne loin, à une vitesse qui étonne.Le canotier réussit à faire flotter ses jambes, pour éviter qu'elles ne heurtent des roches cachées sous l'eau.Pendant ce temps, l'eau monte dans le canot, les hommes se cramponnent, évitent de chavirer.et réussissent à en reprendre le contrôle.L'équipier perdu est récupéré au bout d'un moment qui lui semblera une éternité.Les sept canots continuent à dévaler les rapides, les rameurs s'habituent à l'aventure.On entend de grands éclats de rire, des cris.Tout va déjà mieux, la peur s'efface.Tous ayant franchi les premiers rapides, les bateaux allourdis par l'eau doivent regagner la rive, pour être vidés.Et l'expédition repart.En haut, les pales du rotor de l'hélicoptère battent l'air avec fracas.Le bruit du moteur se mêle à celui des rapides.Robert Masson survole les canots.Il les accompagnera jusqu'à destination, vingt-et-un milles plus bas.Durant la descente, ces scènes se répéteront souvent.Quarante secondes pour des photos_ Deux maniaques de la photo, dont moi-même, ont longé la rive, en un certain endroit, pour capter des scènes de la bataille des canotiers et des embarcations contre la rivière.De retour dans l'hélicoptère, le pilote a décollé pour presque aussitôt nous aviser : « Préparez-vous! Nous allons descendre et passer rapidement à une quinzaine de pieds au-dessus des canots.Vous pourrez prendre des photos.» La descente a été rapide.Nous n'avons eu qu'une quarantaine de secondes pour photographier.Il fallait reprendre de l'altitude au plus tôt, et aborder un virage serré entre l'étroit corridor que formaient à cet endroit les arbres, chaque côté de la rivière.L'hélicoptère survolera encore plusieurs fois la rivière, dans un sens et dans l'autre, avant de récupérer tout le monde, au bout du périple, pour regagner l'héliport.Il est 16 h.On nous informe qu'un pilote et un appareil Bell 205.comme le nôtre, coûtent $1 200 l'heure.Dans les deux autobus qui ramènent les 72 chauffeurs de la STL à Laval, beaucoup dorment, épuisés par le grand air et l'exercice.D'autres racontent cent fois leur expérience à un voisin qui vient de vivre la même chose qu'eux.Quelques-uns jouent aux cartes.?OO o o CM 5 < _T < LU Of t\u2014 z o 3 C'est ce qu'on appelle des eaux tumultueuses.On récupère un équipier qui avait passé par-dessus bord.Un groupe d'aventuriers arrive à la rivière Rouge.C'est Chris Phelan, coprésident de Nouveau-Monde \u2014 une firme québécoise qui organise ces expéditions\u2014, qui a eu le premier l'idée d'exploiter la rivière Rouge pour y pratiquer la descente des rapides.Avant de descendre la rivière, il fallait d'abord la remonter; il fallait accéder à ce coin perdu situé à la limite nord-ouest du parc du Mont-Tremblant.On ne pouvait remonter l'affluent en canot, pas plus qu'on ne pouvait s'y rendre à pied, pour le simple plaisir de la chose.Il ne restait que la voie des airs.Chris Phelan utilisa, à ses débuts comme pourvoyeur, un petit hydravion pour transporter les pagayeurs jusqu'au lac Rouge.C'était sans compter avec la nature, souvent rébarbative.Il arrive que la glace du lac Rouge ne fond ni ne cale avant le début ou même la moitié de mai.Donc, impossible de se poser sur l'eau avant cette période, alors qu'avril et mai constituent la période idéale pour pratiquer la descente'des rapides, la rivière étant gonglée davantage qu'à l'approche de l'été.Les résultats n'étaient guère satisfaisants.On fit donc l'acquisition d'un hélicoptère à réaction, un Bell 205, pouvant transporter jusqu'à 14 canotiers.Tout dépendant de l'importance du groupe, on fait un ou plusieurs voyages.Comme l'héliport a été construit à quel- que 11 minutes, par air, du point où les canots pneumatiques s'élancent à l'assaut des rapides, le nombre d'allers retours.ne pose aucun problème.C'est l'appareil qu'utilise maintenant Nouveau-Monde, qui fournit des guides aux cano-liers ; ces experts les accompagnent dans les embarcations tout au long de la pratique de ce sport qu'on a baptisé du mot anglais ra [ting.Les conditions athmosphéri-ques ne gênent que très rarement le Bell 205, un appareil en mesure de voler en tout temps, sauf par verglas ou par un brouillard trop dense.C'est un type d'hélicoptère qui a fait ses preuves vers la fin des années (i0.lorsqu'il fut lancé dans la pénible guerre du Vietnam.On ne compte plus que deux appareils de ce type dans tout l'est du Canada, selon M.Phelan.Le Bell 205 mesure 57 pieds de long par 9 pieds de large, tandis que la hauteur de sa carlingue atteint 14 pieds.Il a une vitesse de croisière évaluée à 110 noeuds.Cet hélicoptère a une valeur marchande de $1 million et demi, selon son propriétaire.En toute sécurité_ Mais après l'hélicoptère, le canot pneumatique.Les organisateurs des descentes de rapides insistent avant tout sur la sécurité.Pour eux, le meilleur ami du rameur, c'est le gilet de sauvetage.Il peut vous garder en surface même dans les eaux les plus tumultueuses.Il est indispensable, si l'on considère la vitesse du torrent, l'abondance de rochers ou des écueils.Il suffit d'une simple collision pour se blesser ou même perdre conscience, de quelques gorgées d'eau pour agraver le cas, et on se retrouve en pleine tragédie.On insiste aussi sur le port du casque protecteur, qui permet d'éviter des fractures toujours possibles.La combinaison de plongée est également indispensable.Elle protège contre l'eau, le froid, et permet au corps de rester détendu.Les sportifs sont toujours accompagnés de spécialistes, qui connaissent les techniques de sauvetage en eau vive, et ils sont aptes à intervenir dans toute situation d'urgence Un de ces sauveteurs accompagne toujours en kayak une expédition de canots.Entre-temps, l'hélicoptère survole les lieux et le pilote surveille tous les déplacements du haut des airs.Des guides bien entraînés___ Les guides sont soumis à un entraînement sévère qui débute à chaque saison.Il y a beaucoup de ces recrues qui aspirent à devenir guides en descentes de rivière.Selon les responsables de Nouveau-Monde, plusieurs candidats ne dépassent même pas l'étape de la simple entrevue, d'autres abandonnent d'eux-mêmes, après quelque temps, et repartent tête basse.Rien n'est facile pour eux.Autrement dit, il faut la vocation.Faut a\\oir été façonné dans le roc.Ce sont des hommes qui ne craignent rien, surtout pas l'eau, mais qui sont conscients du danger.On les croirait insensibles aux intempéries, on les dit allergiques au travail rangé, dans les bureaux ou ailleurs.Ils préfèrent gonfler un radeau pneumatique, dans la rosée du matin, et plonger dans l'écume blanche de l'eau glacée des rapides.On enseigne d'abord à ces guides à dispenser les premiers soins lorsque nécessaire.On les fami- 5; liarise aux techniques de réani- * mation cardio-pulmonaires, q Après de longues sessions de z cours théoriques sur la prépara- tion des radeaux et la descente gT des rivières, on passe à l'action, r\" en eau vive.L'entraînement en en milieu est ardu.Le nouveau ^ guide, lorsqu'on le juge apte à en ™ trer dans la bagarre, participera \u2014 à sa première expédition accom- £ pagné d'un guide plus expérimen- v_ té.C'est ce dernier qui jugera si le \u2014 poulain est près à agir seul.^ \u2022H Bref, que l'on soit client ou \u2014 guide, il faut une sorte de feu s sacré pour se lancer à l'assaut des rapides, sur les rivières tumultueuses du nord Québécois. transsexuels enlèvent leur masque M arcelle.40 ans, mère adoptive d'un enfant de neuf ans, habite depuis 12 ans avec l'homme qu'elle aime.Grande blonde aux ongles vernis, à la voix grave et au geste affectueux, elle semble ne rien avoir d'exceptionnel.Pourtant, lorsqu'elle raconte sa vie, on reste cloué sur place.Il y a six ans.cette jolie femme était un homme.Depuis plusieurs années, à Montréal, les spécialistes de la chirurgie esthétique perfectionnent leurs méthodes d'intervention pour répondre à la demande de dizaines d'hommes et de femmes qui demandent un changement de sexe.Augmentation mammaire, ablation des seins, des ovaires, de l'utérus, des testicules ou de la pomme d'Adam, construction de néo-vagins et de néo-pénis, etc.Devant l'espoir d'en finir avec leur double identité, de plus en plus de transsexuels enlèvent leur masque.Ambition légitime ou fantasme contre-nature?Qui pourrait affirmer qu'il est moralement inadmissible de chercher à corriger la trajectoire que nous a imposée notre code génétique?En janvier 1981.deux ans après avoir subi la «grande opération» dans un hôpital de Toronto, Marcelle fondait l'ATQ (Aide aux Transsexuels(les) du Québec), une corporation sans but lucratif dont le principal objectif est de rompre la solitude immense dans laquelle les transsexuels doivent vivre leur différence.Accident de parcours_ Depuis le début des années 70, quelques psychologues, psychiatres et sexologues du Québec étudient le transsexualisme.Jusqu'ici, tous s'entendent pour le définir comme un accident de parcours survenu dans le processus d'identification sexuelle.Quand il s'agit d'en reconnaître la cause, par contre, on y va d'un pas moins assuré.Gilles Bureau, sexologue, travaille depuis 15 ans avec des transsexuels.«Bien sûr, l'identification sexuelle d'un enfant peut-être affectée par son entourage immédiat mais on commence à croire que la transsexualité pourrait aussi avoir une explication biologique puisque l'on sait maintenant que le cerveau est sexué.«Il est scientifiquement prouvé chez l'animal que si le processus de sexualisation cérébrale est perturbé, on risque de se retrouver avec un corps et un cerveau qui ne sont pas sexués du même genre.» En effet, des expériences effectuées aux États-Unis sur des rates et des guenons ont démon- CO o.o < CO < LU.OC h-Z O i CO 3 Vaginoplastie Tout d'abord, le pénis et le scrotum sont vidés de leur contenu.L urètre est coupe et transformé en méat urinaire.Ensuite, une cavité qui tiendra lieu de vagin est crée entre le rectum et la vessie et la peau du pénis y est envoyée à la manière d'un sac qu'on tourne à l'envers.En terminant/ le chirurgien fabrique les grandes lèvres de la vulve avec la peau du scrutum et introduit un moule semi-rigide à l'intérieur de la cavité pour éviter qu'elle ne se referme.Toutes ces opérations s'effectuent en moins de trois heures et les résultats en sont habituellement fort satisfaisants.Apre:, une dizaine de jours passés à l'hôpital, le transsexuel peut regagner son domicile mais pendant trois ou quatre mois, il doit se donner régulièrement des douches vaginales et porter un moule jour et nuit pour garder son vagin ouvert.Peu à peu, la peau du pénis invaginée se transforme en muqueuse et la cavité s'humidifie.En général, les transsexuels qui ont subi cette opération peuvent avoir des relations sexuelles normales en y trouvant tout le plaisir qu'il se doit.tré que l'injection d'hormones mâles pendant la période de gestation, inculquait des comportements masculins à la progéniture femelle et que la castration des jeunes maies leur faisait adopter des comportements féminins.Ces expériences ont aussi permis d'observer que le stress pouvait débalancer la production d'hormones responsables de la sexualisation du cerveau.Chez l'être humain, ce processus de sexualisation s'étend du septième mois de grossesse au dix-huitième mois après l'accouchement alors que le corps du foetus est déjà sexué.Si, au cours de cette période, la sécrétion hormonale du bébé est perturbée, l'enfant éprouvera, tôt ou tard, une faiblesse cérébrale de «féménité» ou de «masculinité».À condition, bien entendu, que l'homme réagisse comme l'animal.«Aucune expérience du genre n'a été tentée sur un humain, explique Pierre Assalian, psychiatre à l'Hôpital Général de Montréal, mais comme par hasard, plusieurs de mes patients transsexuels m'ont avoué que leur mère avait traversé une épreuve difficile au cours de la grossesse.Le nombre de transsexuels est presque impossible à évaluer.Certaines études parlent d'une personne sur 100000, d'autres, d'une sur 50000.À Montréal, depuis une dizaine d'années, quelque 200 opérations ont été effectuées officiellement mais combien se sont faites dans la clandestinité?Combien de trans-sexucls sont allés à l'étranger chercher ce qu'on leur refusait ici?Combien d'entre eux se cachent?Combien se procurent des hormones sur le marché noir?Selon Marcelle, présidente de l'ATQ, il n'y aurait pas moins de 300 transsexuels sur l'île de Montréal.En Angleterre d'abord L'intérêt du corps médical pour ce type d'intervention ne date pas d'hier.Les premières opérations ont été faites en Angleterre et dans les pays Scandinaves au début des années 40.Peu après, les spécialistes du Maroc et des Etats-Unis emboîtèrent le pas.Aujourd'hui, seule la France interdit l'ablation des organes reproducteurs dans les cas de transsexualisme.Au Québec et en Ontario, les chirurgiens et autres professionnels de la santé s'intéressent à la question depuis le début des années 70.En 1974, Harvey Brown, chirurgien à l'Hôpital Général de Montréal, faisait sa première opération et en 1977-78, l'Hôtel-Dieu de Montréal laissait tomber l'interdit concernant l'ablation des organes reproducteurs.«J'ai commencé à travailler avec des transsexuels en 1970, raconte le docteur Jacques Papillon, de l'Hôtel-Dieu.J'accomplissais du travail de finition en opérant des gens qui étaient allés se faire castrer à Vancouver ou aux États-Unis.Vers la fin, il m'est arrivé de pratiquer des castrations dans mon bureau sous Aujourd'hui, au terme de sa métamorphose, Nick semble tout à fait épanoui.C'est un beau bonhomme aux yeux rieurs qui rêve de posséder sa propre compagnie de prêt-à-porter ¦androgyne*. anesthésie locale quand j'étais convaincu que la nature avait commis une erreur.C'était illégal, mais je leur rendais service! » Aujourd'hui, les docteurs Papillon et Brown exécutent chacun de 10 à 15 opérations de transsexuels par année mais ne sont plus seuls à assumer la responsabilité de ces maquillages en profondeur.Désormais, un transsexuel qui veut être opéré doit obtenir l'accord d'un psychologue ou d'un psychiatre.En général, le processus de transformation comporte quatre étapes et s'étend sur plusieurs années.Tout d'abord, le transsexuel rencontre un psychologue ou un psychiatre une fois par semaine pour une période d'au moins six mois afin de déterminer s'il y a vraiment problème d'identité sexuelle.Ensuite, l'individu identifié comme transsexuel consulte un endocrinologue qui lui prescrit des hormones.Celles-ci ont pour effet de développer ou de diminuer les glandes mammaires et la pilosité, d'altérer la voix, d'adoucir ou de renforcer la silhouette, de changer sensiblement le grain de la peau et des cheveux, d'augmenter ou d'amoindrir les impulsions sexuelles.Chez le transsexuel femelle (femme à homme), habituellement le clitoris grossit et les menstruations cessent.Pendant cette période, on demande au patient d'assumer pleinement son nouveau sexe en l'affichant socialement.C'est l'étape de la conversion sociale; celle qui permet de voir si le fait de vivre «dans la peau» de son sexe cérébral rend le transsexuel plus heureux.Après un an ou deux d'hormo-nothérapie, on procède aux interventions réversibles: ablation ou pose des seins et ablation de la pomme d'Adam.Ensuite vient la grande opération qui fera des organes sexuels mâles, un néo-vagin, et des organes sexuels femelles, un néo-pénis.Ce genre d'opérations est-il couvert par 1 'Assurance maladie du Québec?Depuis le 1er juillet 1984 le ministère des Affaires sociales ne s'engage à rembourser les frais de ces opérations que lorsqu'elles sont demandées par un psychiatre ou un psychologue et effectuées dans «un centre médical reconnu par le ministère*.Or.la liste de ces centres «reconnus» n'a pas encore été faite.Aucune opération n'aurait donc dû être remboursée par le ministère.Pourtant, cette année, une vingtaine de transsexuels ont été opérés par les docteurs Brown et Papillon et les frais ont été assumés par la Régie.Il faut dire que ces interventions se font par étapes (ablation des seins, des ovaires, de l'utérus, vaginoplastie, fabrication de pénis, etc.).Pour chacune de ces étapes, l'hôpital n'a pas à mentionner si l'intervention est faite dans un cas de transsexualisme ou pour d'autres motifs, par exemple, accident ou cancer.Un choc_ La plupart des transsexuels mâles (homme à femme) se rendent au bout du processus mais beaucoup de transsexuels femelles choisissent de se faire enlever les ovaires et l'utérus mais de conserver leur sexe et d'apprendre à vivre ainsi.En fait, la du néo-pénis La construction du néo-pénis, moins bien réussie et plus compliquée que la vaginoplastie, se fait en deux temps.Premièrement, le chirurgien pratique deux incisions sur l'abdomen du patient afin de dégager un lambeau de peau partant de la base du pubis.Le haut de ce lambeau n'est pas coupé immédiatement afin de laisser la circulation s'habituer à emprunter d'autres vaisseaux.Lorsque le temps est venu, on dégage complètement le rectangle de peau et on en coud les bords de façon à former un tube qui, une fois rabattu, aura l'air d'un pénis.L'entrée du vagin est alors partiellement recousue et la peau des grandes lèvres est ramenée sous le pénis, par dessus le clitoris, pour fabriquer un scrotum dans lequel seront insérés deux testicules de silicone.Habituellement, on évite de prolonger le canal du méat urinaire jusqu'au bout du pénis parce que cette opération comporte de trop grands risques d'infection.Ainsi, notre-nouvel homme doit se contenter d'un pénis à jamais flasque et insensible, d'un clitoris recouvert, d'un vagin à demi refermé et d'un méat urinaire on ne peut plus féminin.Lors d'une relation sexuelle, il devra mettre une prothèse à l'intérieur de son sexe pour le maintenir en «o
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.