La presse, 8 juin 1985, La Presse plus
[" FESTIVAL ROCK A ATHENES nouvelles LES 26 ET 27 JUILLET TENU AU STADE DES PREMIERS JEUX OLYMPIQUES DANSLE CADRE DE L'ANNÉE INTERNATIONALE DE LA JEUNESSE PAR PERSONNE-AVION MONTRÉAL-ATHÈNES A/R 7 NUITS, HÔTEL CAT.B-BILLET DU FESTIVAL-DÉf» 7-14-21 JUILLET SÉANCE D'INFORMATION MARD11730 AU 800 DE MAISONNEUYE EST DANS LE CADRE I frontières 1130.boul.do Malsonneuve ouest 288-4800 aoo.boul.de Malsonneuve est 842-1450 Sans frais de I extérieur : 1-800-361 2133 a ET LES PHOTOS DE la presse Jean-Yves Letourneau 00 o CO 5 LU 1 I i z o to La tornade de Saint-Bonaventure Vendredi, le 31 mai dernier, des tornades causaient la mort de 12 personnes et semaient la destruction dans le centre et le sud de l'Ontario.Aux États-Unis, le même jour, les tornades faisaient au moins 87 morts.Le Québec a été épargné mais a déjà connu sa part de tornades.Une des plus mémorables est passée le 24 juillet 1975, vers 17 h 15, alors que les villageois de Saint-Bonaventure s'apprêtaient à manger.En l'espace d'une minute, la petite municipalité de 1 000 âmes, située à quelque 55 milles au nord-est de Montréal, était littéralement rayée do la carte.Emportant tout sur son passage, le vent fou a arraché le clocher de l'église, laissant un trou béant dans le toit et les murs du temple.Bilan de l'hécatombe : quatre morts et quelque 80 blessés, deux rues du village rasées, une multitude de sans-abri.- Fiche technique Appareil: Canon - Poil ix Objectif: 35mm Ouverture: 1 '250e à f/Il . Los Grands Lacs, source de nolro grand fleuve, envoient ils, vers Montréal et le Ciolfe Saint-Laurent, les résidus contaminés du gigantesque complexe industriel du centre continental ?Réponse : oui ! La pénible histoire de l'insecticide Mirex, parmi d'autres faits, le prouve maintenant hors de tout doute.Les chercheurs des laboratoires fédéraux canadiens viennent, tout récemment, et pour la première fois, de délecter des traces de ce produit organique de synthèse très près de chez nous, dans la chair des poissons du lac Saint-François.C'est, selon les chercheurs, un signal d'alarme à l'échelle du grand bassin versant des Grands Lacs dont le Saint-Laurent est géogra-phiquement partie intégrante.Ce fameux Mirex.dont l'usage est interdit depuis six ans, donne depuis assez longtemps la chair de poule aux riverains du lac Ontario.Les scientifiques estiment en effet que la moitié de la surface des sédiments du fond du lac Ontario \u2014 c'est lui qui se déverse directement dans le Saint-Laurent \u2014 en sont fortement contaminés.Or on ne connait qu'une seule source, les déversements faits il y a quelques années par la compagnie Armstrong Cork, dans un affluent du lac Ontario, la rivière new-yorkaise Oswego.Dans le système fluvial Les laboratoires fédéraux du Canada, dont ceux de Burlington, ont bien décrit le phénomène pour ce qui concerne le lac Ontario.Mais ils commencent, depuis peu, à constater que le Mirex déborde dans le système fluvial.C'est par le moyen de la spectrophotométrie de masse \u2014 le système de détection le plus perfectionné\u2014 que les laboratoires de Longueuil ont découvert le poison Mirex (3 p.p.milliard) dans les sédiments en suspension dans l'eau du fleuve, jusqu'à Montréal.Un peu comme ils l'avaient fait pour les BPC, un poison de pareille nocivité.On confirmait ainsi, en 1979, les soupçons formulés dans le cours de la grande étude sur la qualité de l'eau du fleuve qui s'est terminée en 1978.M.Harm Sloterdijk, du tabo- SIGNAL D'ALARME Les Grands Lacs contaminent le Saint-Laurent Les - eaux vertes > du système du Saint-Laurent, celles dont parle Jacques Cartier, dans ses relations, passent toujours par le « détroit ¦ devant Windsor ; les scientiques estiment que la désorganisation urbaine, la fuite en banlieue et les habitudes de consommation effrénée constituent un stress sur l'environnement des lacs.ratoire fédéral de Longueuil (direction générale des eaux intérieures), a déjà présenté ces faits aux autorités.Mais son équipe vient tout juste de déterminer, dans «des données brutes » qui n'ont pas encore été publiées, que le Mirex se trouve maintenant dans la chair des poissons du lac Saint-François (des traces de .1 p.p.milliard).Le chercheur doit traiter de ce sujet, à la fin de ce mois, à Niagara Falls, devant les membres de la Commission mixte internationale Canada-US (task force sur la surveillance des eaux).Le chercheur estime que la présence du Mirex, dans l'écosystème du lac Saint-François, « préoccupe > l'ensemble de la communauté scientifique nord-américaine.'Fait à signaler, la Commission conjointe Canada-US vient ré- cemment de décider d'inclure le lac Saint-François, dans le champ de ses recherches sur le bassin des Grands Lacs.Les récentes découvertes démontrent que les eaux du fleuve sont inséparables de celles du lac Ontario et des autres Grands Lacs.Le Dr Richard Thomas dirige actuellement le « bureau régional des Grands Lacs » de la Commissions mixte, à Windsor.Il ra- conte, devant les fenêtres de son bureau, où on voit couler la masse des eaux vertes du fleuve, dans ce «détroit» nommé par nos ancêtres, qu'il a lui-même découvert la source des déversements du Mirex.C'était en 1978.Il était remonté, lui et son équipe des laboratoires fédéraux canadiens (qualité de l'eau) de Bur lington, jusqu'aux sources d'Armstrong Cork, sur la rivière Oswego et de celles de la Hooker Chemical dans le complexe industriel du Niagara.Quantités considérables Cette équipe avait conclu, preuves à l'appui.qu'Armstrong Cork, principalement, avait déversé des quantités considérables \u2014 on avance parfois le chiffre d'un millier de kilogrammes\u2014 de l'insecticide dont la composition n'est pas plus rassurante que celle des BPC.Le Mirex servait, avant son interdiction, à combattre un type de fourmis (fire ant ) et à donner au plastique une certaine qualité ignifuge.Ce sont des « vagues » de ce Mirex américain, venant des sédiments lacustres déposés depuis une dizaine d'années, dont le Québec hérite actuellement.On savait que les BPC, autre produit toxique de synthèse, se trouvaient en quantités « préoccupantes \u2022 dans l'ensemble du système fluvial, jusqu'à la ville de Québec et plus loin encore, mais, en ce dernier cas, les sources pouvaient être locales et multiples.Le Mirex, lui, ne peut donc être qu'un héritage des Grands Lacs.Les citoyens ont l'impression que la pollution des Grands Lacs ne voyage pas vite.Ils ont raison, mais pour une part seulement.Il est vrai, reconnaît le Dr Thomas, qu'en principe, le temps d'écoulement d'une goutte d'eau, d'un Grand Lac à un autre, se mesure en termes d'années : d'un millénaire peut-être, même, pour ce qui concerne le lac Supérieur ; d'une dizaine d'années, par contre, pour le lac Ontario, mais cela ne tient pas compte de toute la réalité.En réalité, dit le scientifique, il existe des courants lacustres de surface, agités par les vents, qui peuvent transporter une part des contaminants d'un bout du lac Ontario à l'autre « en quelques jours ou en quelques semaines ».Le reste se dépose au fond en se greffant aux particules (on dit en s'adsorbant aux matières).Ainsi le Mirex que déversait la Armstrong Cork, à l'embouchure de l'Oswego.et dont on trouve les traces près de Montréal, est probablement le résultat d'un déplacement des sédiments de fond.Mais d'autres vagues de pollution, plus ponctuelles, ont pu se répandre dans c z -o oo 800 produits chimiques polluent les Grands Lacs < _T < LU OC Z o lo- le système fluvial pendant la décennie des déversements eux-mêmes.Dans le haut du Saint-Laurent_ Un autre rapport, celui des laboratoires des Eaux intérieures de Burlington (Canada Center for Inland Waters) \u2014c'est l'un des plus grands laboratoires sur l'eau du monde\u2014 et dont les résultats n'ont pas encore été communiqués non plus, établit que le Mirex se déverse effectivement dans le haut du Saint-Laurent.Cette recherche a été effectuée dans une dizaine de stations, à la tète du fleuve, dans les environs de Kingston.Le directeur de cette recherche, M.John Merriman, explique que les résultats notés « ne sont pas alarmants » pour ce qui est de l'eau à boire.Mais ils indiquent néanmoins, dit-il, que les contaminants voyagent effectivement et c'est cela même qui est « din-térêt \u2022.Le Mirex, établit ce rapport scientifique, se trouve dans les sédiments en suspension en faibles quantités.6 microgrammes par kg.Les quantités diminuent jusqu'à 2 microgrammes, à mesure qu'on descend le fleuve.Dans l'environnement du lac Saint-Louis, les recherches de M.Sloterdijk ont décelé des traces de l'ordre de 0,1 partie par million.La chair des éperlans et les oeufs des poissons étudiés aux deux extrémités du fleuve contiennent des traces de Mirex.Cela est-il inquiétant?Tout cela est-il inquiétant ?Les scientifiques répondent que les quantités de contaminants, tels le Mirex, n'ont qu'une valeur indicative.Les traces, à la hauteur de Montréal, se trouvent dans les sédiments en suspension ; pas dans l'eau elle-même proprement dite, ce qui est moins grave.Les particules sé-dimentaires sont en effet généralement éliminées par les systèmes d'épuration des eaux à boire.Montréal, qui prend son eau directement du fleuve contaminé, n'aurait ainsi rien à craindre pour le moment.Le danger, signalent-ils, toutefois, c'est que l'addition des contaminations en provenance de la tête du fleuve, aux sources ponctuelles, puisse un jour avoir un effet accumulateur, ou de synergie, qui entraîne une dégradation de l'eau, jusque dans le Golfe Saint-Laurent.La situation est en tout cas suffisamment « inquiétante », dans le lac Ontario lui-même, que Toronto\u2014 la métropole ontarienne puise actuellement l'eau à boire dans ce lac\u2014 se demande si elle n'ira pas, un jour, s'approvisionner dans la baie Géorgienne du lac Huron, plus au nord.La population de Toronto, comme celle de tout le pourtour du lac est inquiète.Ranimer le moribond_ Le Dr Thomas indique que cette peur a un certain fondement dans la réalité.Il n'est plus question de savoir, dit-il, si le lac Ontario est malade ou pas.Il s'agit plutôt de savoir si on pourra, un jour, ranimer le moribond.Des scientifiques estiment que les déversements chimiques de la péninsule du Niagara ont causé des dégâts irréparables.La source même du Saint-Laurent serait ainsi, selon certains, mortellement atteinte.Le directeur du laboratoire de recherches sur la biologie des poissons des Grands Lacs (Environment Protection Agency) du ministère de l'Intérieur des USA, à Ann Arbor, dans le Michigan, M.Wayne Willford, se fait à peine plus rassurant.A son avis, les contaminants organiques, comme les BPC et le Mirex ont la propriété de se déposer au fond des lacs et de se stabiliser au moins en grande partie.Mais il n'en va pas exactement de même au sujet des contaminants métalliques.Il a lui-même étudié le « transport » du mercure entre les lacs Huron et Érié, en passant par le « bassin > Saint-Clair.Dans ce dernier cas des métaux, indique-t-il, les passages, à travers les lacs, pourraient se faire plus facilement.Il ne se prononce pas sur l'impact des Grands Lacs sur la qualité des eaux du Saint-Laurent.Mais il dit que si les Montréalais devaient ces jours-ci détecter des masses polluantes importantes à leur propre niveau ils devraient chercher des causes « locales > plutôt que lointaines, c'est-à-dire surveiller les effluents de Bau-harnois, par exemple.M.Willford signale par contre que la « capacité d'assimilation > des Grands Lacs, c'est-à-dire leur pouvoir d'intégrer sainement les restes industriels, pourrait bientôt être dépassée.Il souligne que les complexes industriels de la chimie et du pétrole continuent de déverser les restes de leurs procédés sans vergogne et souvent sans traitement.L'enfer_ L'automobiliste qui se promène à l'est de Détroit, vers « Gros- se-Ile », par exemple, a l'impression de traverser l'enfer, l'enfer des cheminées.Si les magnats de l'industrie traitent l'eau comme ils traitent l'air, du reste, on ne peut voir comment la faune et la flore lacustres pourraient avoir de l'avenir.Le chercheur américain nous fait remarquer que la disparition des espèces telle la truite des lacs, par exemple, dans les Grands Lacs est un « symptôme » et que cette disparition ne peut être imputée à une seule cause.L'homme a contribué, bien sur, à la disparition de cette du lac Michigan, n'acceptent plus de manger de salmonidés de leurs propres lacs.I! faut leur dire, sur les menus, pour faire plus propre, plus « nordique », qu'il s'agit de poissons «canadiens ».Pêche commerciale_ L'industrie de la pèche commerciale ne rapporte plus que $20 millions sur les quais des Grands Lacs.L'industrie de la pèche sportive, par contre, est maintenant une affaire de $1,6 milliard.Les Nord-américains Le Dr Richard Thomas, directeur du Bureau régional sur la qualité de l'eau de la Commission mixte internationale, la Joint Commission, explique que la pollution industrielle des Grands Lacs doit nécessairement passer par le système du Saint-Laurent.ressource en la surexploitant, et maints rejets industriels peuvent l'avoir tuée.Il se fait fort, en tout cas, de nous montrer que, dans la chair des truites de lac qu'on ensemence bien inutilement, on peut, avec les procédés de détection modernes, la chromatographic de masse, dénombrer près de deux cents corps étrangers.Quoi qu'il en soit, la pèche commerciale, dans les Grands Lacs est pratiquement morte.Le lac Michigan, \u2014le plus pollué avec le lac Ontario\u2014 comptait au début du siècle 800 pécheurs commerciaux.Il en reste actuellement moins d'une centaine d'entreprises.Il s'en trouve seulement deux ou tiois au lac Ontario, dont une pèche d'anguilles pour le Japon.Les Américains s'intéressent donc moins à s'assurer des réserves de nourriture, qu'à s'amuser.Dans le secteur du lac Ontario, la peur du Mirex a fait baisser la recette de la pèche touristique de 70 p.cent ces dernières années.C'est le lobby de cette industrie touristique de la pêche, indique-t-on, qui pousse les gouvernements à ensemencer les Grands Lacs d'espèces étrangères, notamment de saumon.Le saumon survit assez bien dans certains secteurs, mais la truite, indigène, elle, n'arrive plus à se reproduire.Les pêcheurs sportifs, il faut le signaler, mangent le poisson des Grands Lacs à leurs risques et perils.Il est certain qu'ils en consomment beaucoup.Mais la province d'Ontario publie un li- vre de 250 pages pour les mettre en garde.Mangez du poisson si vous voulez, dit la brochure, en gros, mais n'en mangez pas de trop gras et de trop gros.« Small is edible ».en somme.Et si vous en mangez, faites le frire suffisamment.Car les polluants s'accumulent dans la graisse : il est prudent de la faire fondre ! On peut donc, dépendant des régions, se permettre, parfois, de déguster un petit doré ; mais pas un gros saumon.Tumeurs cancéreuses_ Le directeur du laboratoire américain de V Environment Protection Agency (EPA), de Grosse-Ile, à l'ouest de Détroit, quant à lui, note qu'on trouve, dans l'eau des Grands Lacs, quelque KOO produits chimiques.Il est impossible, explique i il.de les étudier tous et de connai Ire leurs effets sur la biologie.Il rappelle qu'on trouve, dans plu sieurs baies, maints animaux atteints de tumeurs cancéreuses et il n'évite pas de faire un lien entre ce fait et certaines défectuosités de la reproduction chez les humains.Tous les scientifiques qu'on interroge estiment que, s'ils veulent survivre, les humains devront changer d'attitude devant la vie.Ils établissent tous, notamment, une relation entre la dégradation du milieu et l'étalement des villes.Pour eux la dépendance absolue des citoyens envers l'automobile, par exemple, est une cause directe de stress environnemental.Les Drs Richard Thomas et Wayne Willford, quant à eux, regrettent que les citoyens d'Amérique, notamment les industriels, n'admettent pas encore que la ressource eau est un bien commun devant être maintenue intacte.L'eau que l'industrie rejette dans les cours d'eau devrait être d'un état au moins aussi bon que celle du lieu où elle a été puisée au départ, indiquent-ils.Le Dr Gilles LaRoche, le président canadien du Comité scientifique de la Joint Commission, souligne fortement la nécessité, pour le gouvernement du Québec, de participer à l'activité de toutes les instances administratives de réglementation des Grands Lacs.À titre de récep teur.conclut-il, le Québec a un intérêt direct en la matière, un intérêt qui concerne sa propre survie et la protection des ressources maritimes du Golfe, car c'est avec ces dernières qu'une part importante du monde occidental se nourrit. C'est surtout la rivière Niagara qui inquiète Lu contamination des Grands Lacs par les effluents industriels est u-niverselle.Mais c'est celle qui est rejetée dans le lac-Ontario par la voie de la rivière Niagara et ses chutes, ce grand lac situé à lu tête de notre système, qui fait craindre le désordre écologique.Et pour cause.Sur la rivière Niagara, d'où les « vagues » de poisons peuvent partir pour se jeter dans le fleuve, il existe un complexe indus triel qui n'a rien à voir avec le romantisme des cataractes.Dans ce qui reste d'eau des chutes \u2014 les deux tiers de la masse d'eau sont diverties dans les turbines électriques \u2014 62 complexes industriels déversent encore leurs restes non traités Soixante et-une de ces sources se trouvent du côté américain.On compte là-dedans les écoulements du fameux dépotoir industriel Love Canal qui a porté atteinte à la santé des citoyens de cette région.Ce décompte a été révélé ces jours derniers par les porte-parole du Comité sur les contaminants de la rivière Niagara de la Commission des Grands Lacs sur les pèches.Cette commission se rapporte à {'International Joint Commission.Le Canadien Don William, de l'/n/and Water Directorate du ministère fédéral canadien de l'Environnement, et l'Américain John McMahon, du département d'Env/ronmenta/ Conservation de l'État de New York, ont décrit les caractéristiques des sources de pollution.Leur rapport, rédigé conjointement, a donné une image de la situation.194 sites industriels Il se trouve, près de la rivière Niagara, 191 sites industriels.M.Wayne Willford Or, ont-ils dit, 62 de ces complexes, dont un Canadien, continuent de contaminer l'eau « en quantités notables» (in significant amounts).Occidental.Dupont, l'ancienne Bethlehem Steel, et le reste, dégagent 200 contaminants dont «SI, aux diverses stations de prélèvement, ont dépassé les critères admissibles au moins une fois ».Ce comité a formulé 24 recommandations à la Joint Commission.On les lit en se posant de difficiles questions au sujet de la volonté des autorités gouvernementales de remettre les pol lueurs à la raison.Les citoyens, disent d'abord les experts, ne sont pas assez informés.L'État de New York n'est pas assez sévère dans l'émission de permis pour exploitants de décharges industrielles.Certains systèmes d'épuration des eaux municipales n'ont pas de filtres suffisamment efficaces.Certains filtres au charbon ne fonctionnent plus.Lorsque les Le Dr Gilles LciRoche poisons s'écoulent les gouvernements ne procèdent pas immédiatement aux opérations de colmatage des brèches.Us s'en remettent au bon plaisir de l'industrie.Du coté américain, les États ne s'intéressent pas aux pollueurs qui se trouvent à plus de trois milles des berges de la Niagara.Et puis, encore, les gouvernements n'ont pas établi de programme binational de contrôle des déversements ( monitoring) pour protéger le lac-Ontario.Danger immédiat_ S'il existe un danger immédiat, pour le fleuve Saint-Laurent, ce sont bien ces déversements industriels de la région de Niagara.Même si l'extrémité de cette péninsule se trouve à la tète du lac, certains de ses déversements peuvent, par circulation de surface, atteindre la décharge en quelques semaines seulement et éventuellement Le Dr William Richardson descendre, par conséquent, jusqu'au Golfe.Le coprésident canadien du Conseil scientifique consultatif de la Joint Commission, le Dr Gilles LaRoche, se fait fort, quant a lui.de conseiller au gouvernement du Québec de surveiller la situation du lac Ontario de près.Il ne fait pas de doute, dit il, que le Saint-Laurent est « un entonnoir» par lequel toute la pollution industrielle des Grands Lacs doit passer.Même si les contaminants organochlorés, les pesticides s'agglomèrent aux particules pour former des sédiments, dit-il.ces mêmes sédiments finissent par se dégager et se trouver dans le fleuve.Il est possible, dit-il, que les contaminations provenant des Grands Lacs ne soient pas assez concentrées et d'une durée suffisante pour menacer les sources d'eau potables.Mais il est certain, ajoute-t-il, que les scientifiques ne connaissent pas les seuils au-delà desquels les poisons de toutes sortes peuvent être dangereux pour la faune et la santé des humains.C'est cela même qui devrait porter les citoyens à la prudence en matière de contamination industrielle.Le Dr Thomas va plus loin Le Dr Richard Thomas, quant à lui, va plus loin.Il soutient que les effluents industriels, dans les Grands Lacs, s'ils ne sont pas mieux contrôlés, pourraient déséquilibrer tout le système vital naturel aquatique et terrestre.Il explique que les contaminants s'attaquent au phytoplancton, donc au processus même de la production de l'oxygène.M.Wayne Willford.du Great Laies Fishery Laboratory, explique un fait qui donne un peu d'espoir.Lorsqu'un produit, comme le DDT est banni, expli-que-t-il, les traces, dans la chair des poissons, disparait rapidement.Ses chercheurs, dit-il, ont noté des changements radicaux dans l'année qui a suivi l'interdiction des DDT.Cela indiquerait, selon lui.que la nature a la capacité de se rétablir rapidement après les attaques qui lui sont portées.Parmi la centaine de partici pants, tous fonctionnaires et experts, aux récentes réunions de la Commission des Grands Lacs sur les pêches, et aux autres instances plus élevées de la Joint Commission, on ne trouve généralement pas de participant ou d'observateur du gouvernement du Québec.Et lorsque les rencontres se déroulent entre États, la participation du gouvernement du Québec ne s'effectue pas non plus toujours au niveau officiel le plus élevé possible.J.-P.B.Il faut peu de Mirex pour tuer les animaux Le Mirex est un produit syn- C'est une équipe du inland Les chercheurs avaient sou- du lac, c'est-à-dire à la sortie, contaminants ont la caracté-théfique, un poison dont l'effet Water Laboratory cie Burling- mis à lu joint Commission, en vers le Saint-Laurent, ristique de voyager.Le Mirex est un produit synthétique, un poison dont l'effet nocif sur les animaux a été démontré.On s'en sert pour tuer un type de fourmis féroces (la fire ant ) dans le sud des États-Unis et comme composante ignifuge dans le plastique.Il a été détecté, pour la première fois, en 1974, dans la partie nord du lac Ontario.On croyait alors qu'il provenait de l'atmosphère.C'est le pre mier poison industriel, dont l'usage et l'importation a été interdit par la réglementation sur la loi sur les contaminants.C'est une équipe du Inland Water Laboratory de Burlington, près de Toronto, dirigée par le Dr Richard Thomas, qui a découvert le pot aux roses.Le Dr Thomas, qui est actuellement directeur du bureau régional sur l'eau des Grands Lacs, l'International Joint Commission, bureau situé à Windsor, en Ontario, a retracé les sédiments contaminés dans le fond du lac, (usque dans l'estuaire de la rivière.Oswego, effluent situé dans l'État de New York, non loin de la tète du Saint-Laurent.Les chercheurs avaient soumis à la Joint Commission, en 1976, que les sédiments étaient contaminés jusqu'à la hauteur de la Armstrong Cork Co.Ils avaient établi que cette compagnie avait déversé des « quantités considérables » de Mirex dans l'estuaire plus d'une décennie avant que l'enquête ne débute.Les cartes, confectionnées par l'équipe du Dr Thomas, montrent que le Mirex s'est propagé en un cercle, dans le fond du lac Ontario, et qu'il s'est dirigé vers la décharge du lac, c'est-à-dire à la sortie, vers le Saint-Laurent.D'autres sources de Mirex avaient précédemment été révélées.Celles-ci originaient de la rivière Niagara, plus en amont et de la rivière Genes see qui arrose Rochester.Toutes ces révélations ont motivé l'État de New York a interdire la pèche.L'Ontario, quant à elle, a émis de clairs avertissements.Aujourd'hui, dix ans plus tard, les chercheurs découvrent le Mirex dans le système du Saint-Laurent.Cela démontre que les contaminants ont la caractéristique de voyager.Les scientifiques ne savent pas en quelles quantités et en quelles concentrations le Mirex pourrait avoir des effets sur la santé des humains.Ils se contentent d'affirmer qu'il en faut peu pour tuer les ani-naux.Aussi recommandent-ils aux autorités de veiller à ce que les industriels ne rejettent pas dans l'eau des contaminants de cette sorte.C'est pour eux une élémentaire prudence.J.-P.B.c y O z 3 on > m g 00 ç Z \u2022o 00 en LE CLUB MED De la société a but non lucratif à la multinationale du ciel bleu < UJ an \\-Z o s to\" => I'I ne siège pas à I'ONU.Il ne «figure sur aucune carte.Pourtant, il existe.Quelque .part sur le globe on trouve un pays qui compte plus de 800000 durons, habitants d'une centaine de villages.Son produit national brut est de $500 millions, ses fonctionnaires enthousiastes et dévoués sont près de 20000.Une monnaie nationale: le « collier-bar », dont l'unité de base est la «poule» noire, blanche ou orange.Dépourvu d'avions, ce pays est desservi par une trentaine de sociétés aériennes; sans chemin de fer, il affrète 94 trains spéciaux.Son ministère de la Défense peut compter sur une flotte de 1300 bateaux et une cavalerie de 400 chevaux.Son président à vie s'appelle Gilbert Trigano, 64 ans.Dangereux impérialiste, ses territoires d'abord limités à la Méditerranée se sont étendus aux Caraïbes, puis à l'Asie.Dernière^ for teresse attaquée: \\s Chine éternelle.Effrayés par les hordes de touristes qui attendent, tube de crème solaire entre les dents, de déferler sur l'empire du milieu, les dirigeants chinois ont craqué.D'ici un an, Trigano aura son village en terre postmaoïste.Un pays, le Club Méditerranée?Mieux: une planète, un univers parallèle.Y accéder, c'est changer d'identité.Ailleurs on est client, contribuable, là on est «membre», adhérent.Ailleurs on est dirigé, servi, là on est «gentiment organisé».(On y appelle les clients des «gentils membres» ou «G.M.», les salariés des «gentils organisateurs» ou «G.O.»).Cent esclaves_ Troisième organisation touristique européenne.Neuvième chaine d'hôtel au monde.Le Club Méditerranée fait sa fortune sur un concept unique.Mille fois copié, jamais égalé.«Le Club» dit avoir des villages de loisir sur les côtes, dans des prairies, sur les sommets.N'en croyez rien.11 n'a que des îles, des enclaves touristiques à perméabilité variable posées aux endroits stratégiques du loisir.C'est sa recette, des îles occidentales construites en terre marocaine, mexicaine ou brésilienne.Des iles qui ne sont pas nécessairement entourées d'eau, mais qui sont toutes des prolongements insulaires de Paris, Bruxelles ou New-York.La société qu'elles renferment n'a rien à voir avec celle qui les environne.Au-delà du mur d'en- ceinte, c'est en général le tiers monde.En deçà, c'est encore la banlieue occidentale.«Qu'est-ce qu'un village du Club?Une pratique fétichiste, un découpage métropolitain dans un pays étranger, ou encore le Maroc sans les Marocains, l'Arabie sans les Arabes, le Sénégal sans les Noirs ou alors des indigènes si humbles, riches, aseptisés qu'ils en sont «blanchis» et deviennent présentables.Il faut au bonheur des vacanciers que la lumière, la beauté, les charmes d'un climat soient donnés mais filtrés sans la résistance des autochtones, aucune présence humaine incongrue, malséante ne devant ternir le doux repos des gentils membres (.) On se déplace mais on n'a pas bougé, ce sont des séjours frileux dans des pays très chauds.1 Au demi-dépaysement s'ajoute un deuxième ingrédient: la création d'une mini-communauté, l'invitation à la communication, pour ces Français et ces plages qui forment encore la majorité des «G.M.», la généralisation du tutoiement qui est la marque du Club est une révolution.Les tables, où les «hôtesses-G.O.» vous placent à six ou à huit (en prenant soin de mettre les célibataires des deux sexes ensemble) sont autant de lieux de rencontre, propices aux nouveaux contacts.Les «jeux collectifs» les tournois sportifs entre débutants concourent à ce même objectif.Communautaire aussi le «village» de cases ou de bungalows, sans serrure (les objets de valeur sont déposés dans un coffre), l'absence d'argent, remplacé on l'a dit par les «colliers-bars» ou par des fiches qu'on signe et qu'on règle en fin de séjour.«Tout est compris au Club» répète sa publicité.Ef si l'on excepte le bar.la boutique et les excursions, elle ne ment pas.À Agadir, au Maroc, où le club nous a reçus, il fallait choisir sans supplément parmi tennis, tir à l'arc, equitation, yoga, in- Avant qu'un Club med s'installe sur l'île Providenciales, il n'y avait pas un arbre et pas de gazon.Ce qu'on voit sur cette photo a donc été importé! photos François Trépanier ajouter un déferlement d'animation.«L'équipe des G.O.» dirigée par le «chef de village», sorte de superstar locale, fait tout pour que les «G.M.» soient constamment «animés».Pendant les repas, autour de la piscine, à l'arrivée ou au départ, ils ont un micro à la main, un sourire aux lèvres.Avec le ton et la volubilité d'animateurs de centre-d'achats, ils organisent un bingo, une bataille d'oreillers ou une compétition de ski sur piscine.Compléments indispensables du moindre soupçon d'activité : musique et applaudissements.Avant, pendant et après quoi que ce soit on nous invite à battre des mains.Et si trois «G.O.» traversent la salle à manger pour nous montrer leurs costumes des années 30, un quatrième compère les suit de quelques pas pour «donner la claque» qui convient.Musique, mais pas n'importe laquelle.Répétitive, rythmée, propice justement à «la claque».Il y a un «son» Club Méditerranée.Un son cri, entraînant, sans complexe, sans profondeur.On dirait que la totalité de ce que l'industrie du disque a produit de plus bébète depuis vingt ans s'est donné rendez-vous sur les tables tournantes du Club.Vrai : nous n'avons entendu qu'une fois «Agadou» et «La danse des ca- voici l'heure des exercices, une activité parmi d'autres qui concourent à l'objectif de rencontre et de communication que se donne le Club med.formatique et quelques autres, sans compter la gymnastique quasi non-stop qui secoue quelques bronzeurs professionnels.Tout faire?Impossible, et cette impossibilité fait partie du luxe.Seulement 25 à 30 p.cent des vacanciers arrivent à toucher à tout.«Pour les autres, les vacan- ces c'est ne rien faire tout en ayant la possibilité de faire beaucoup de choses.2 Le « son » Club_ Le trop-plein de soleil et de sport forment la base du cocktail-Club.Mais il faut encore y nards».mais cette rareté a été mille fois compensée par le passage répété de «Lui qui voulait toucher la chatte à la voisine» et de «Haut-les-mains, donne-moi ton coeur».Cette dernière rengaine, reprise chaque soir après le spectacle (car il y a spectacle chaque soir, et surtout pas de télé), doit être entonnée par les «G.M.», et accompagnée d'une gestuelle que mon chef scout n'aurait pas osé nous imposer.Après 48 heures de ce traitement, ahuris devant une telle somme de « quétaineries » on voudrait partir.Encore 48 heures, et la surprise fait place à l'habitude.Finalement, on prend plaisir à faire l'idiot, on en redemande.A ce stade, ils nous ont eus.Ils nous ont complètement « gentil-membrisés ».Du groupe de copains à lo multinationale_ Aujourd'hui, le Club Méditerranée, c'est le richissime banquier Edmond de Rothschild, le Saoudien Ghait Pharaon, une banque allemande, un groupe italien, des actions en bourse et indirectement, l'Étal français.Pour faire rigoler ces propriétaires dont la compagnie a enregistré, en 83, plus de $:io millions de profits, il suffit de leur rappeler qu'à sa création, le «Club Méditerranée» était une «société a but non lucratif».Comme son nom l'indique, c'est un «club» avec cotisations annuelles et cartes de membres qui se forme en 1950 à l'initiative d'un nageur belge, Gérard Blitz, et quelques amis.Pour oublier la guerre, il est urgent d'inventer le tourisme, de se réapproprier les plages à peine désertées par les armées.En 1950, c'est avec des tentes en toile verte\u2014surplus de l'armée américaine \u2014 que les premiers vacanciers du Club campent à Aloudia, en Espagne.L'idée de vivre ensemble, de partager les taches (vaisselle en commun, etc.), et surtout de «faire de la plongée sous-marine et du ski nautique comme les milliardaires de Miami» assure le succès des premières expéditions.«Tous les problèmes sont solubles dans l'eau salée» affirment ces pionniers, qui cultivent «l'art de ne rien faire».Ces «membres» qui ne deviendront «gentils» que plus tard, se retrouvent aussi l'hiver à Paris pour s'amuser ensemble et préparer leurs prochaines aventures.Avec Blitz, ils ont un rêve: la Polynésie, ses colliers de fleurs, ses cases.En Grèce en 1955, ils construisent le premier de ces.villages de cases rudi-mentaires.(Il y a encore aujourd'hui 14 villages de cases.) Pour vêtement, autre emprunt polynésien, ils adoptent le «paréo» genre de drap replié dont la caractéristique \u2014 comme d'ailleurs celle des cases \u2014 est d'être extrêmement propice aux courants d'air.À l'hiver 56, pour s'occuper, ils créent un premier village de neige en Suisse.Plus de 800000 «citoyens» à l'assaut d'une centaine de villages Victime de son succès, le Club Méditerranée ne sait plus gérer son expansion.Pendant un temps, on pense freiner la course.Pour devenir membre, il faut avoir deux «parrains» déjà inscrits.On crée une nouvelle catégorie, les «très gentils membres» (T.G.M.) qui sont un peu les «militants» du Club.Mais la demande est trop forte, le Club répond à un besoin croissant et son infrastructure artisanale ne répond plus.Un créancier, Trigano (celui qui fournissait les tentes au tout début) se joint à la direction dès 1954.Il a le mérite de savoir compter.En 1957, le Club devient une compagnie privée, mais ses problèmes économiques de croissance ne seront vraiment réglés qu'avec l'entrée dans son capital, en 1961-H2, du banquier Rothschild, séduit lors d'une brève visite dans un village du Club en Israël.(Peu à peu, Blitz se retirera de ce Club qui n'est plus vraiment le sien.Il restera vice-président fondateur jusqu'en 1983).Rapidement, le Club devient une locomotive du tourisme à l'étranger.Là où il va, les autres suivent.En 1963, son village de cases était seul à l'île de Djerba, en Tunisie.En 15 ans, la moitié de l'île s'est couverte d'hôtels.A la même époque, les autorités marocaines demandeht au Club de s'installer à Agadir, qui vient d'être rasée par un tremblement de terre.Le Club y ouvre en 1965 son premier village «en dur», ouvert toute l'année.Ses concurrents viendront essaimer autour de lui, mais ne réussiront jamais cet exploit: avec sept villages marocains, le Club emmène à lui seul 12 p.cent de l'ensemble des touristes qui séjournent chaque année dans ce pays.Rien de surprenant, à partir de là, que les chefs d'Etat appellent Trigano pour lui offrir des plages où s'implanter.Objectif: la plonète_ Dans le calendrier du Club, les années sont jumelées avec des pays.1968, c'est la Guadeloupe, première installation proche du continent américain.1979, premier village en Amérique du Sud (Brésil) et en Asie (Nouvelle-Calédonie).1980, il s'installe aux États-Unis (Copper-Mountain) et en Asie du Sud-Est (Malaisie).Un coup d'oeil non exhaustif sur ses projets des trois prochaines années et on retrouve pêle-mêle Bermudes, Tahiti, Thaïlande, Chine, Indonésie, Japon, pour ne parler que des nouveaux pays.qui s'ajouteront aux 24 déjà occupés.(À quand la Sibérie?) La stratégie du Club est planétaire.Son siège historique est à Paris, mais il en a d'autres à New York (où il est coté en bourse), à Hong-Kong et à Rio de Janeiro.«Notre progression atteint 15 p.cent par an, c'est un score, par les temps qui courent! affirme Trigano, qui a sa petite idée sur la manière d'organiser le globe en fonction de son entreprise.Ne lui parlez pas d'océans, lorsqu'il regarde la planète, il ne voit que des lacs: «Notre stratégie est claire.Il y a trois grands lacs de vacances: la Méditerranée \u2014 notre lac d'origine \u2014 la mer des Caraïbes, la mer de Chine.Comme le monde est bien foutu \u2014 car il est bien foutu, le monde \u2014 la clientèle correspond au découpage: Europe occidentale pour la Méditerranée, Amérique et Canada pour les Caraïbes, Japon.et Australie pour l'Orient.Mais de plus en plus, et c'est merveilleux, les adhérents sont locaux: Marocains au Maroc, Brésiliens au Brésil, etc.Sur ce dernier point, le président Trigano pousse un peu puisque les statistiques du Club pour l'exercice 82-83 (les dernières disponibles) montrent que les Marocains comptent pour 0,2 p.cent des «G.M.».Mais c'est bien là son rêve: ancien communiste (pendant la guerre) Trigano veut remplacer le slogan «prolétaires de tous les pays, unissez-vous» par «touristes de tous les pays, clubez-vous».Et il est en train d'y arriver.Les Français qui, jusqu'en 1980, étaient plus de la moitié des ¦(; M.».sont en voie de mi-norisation avec 45 p.cent en 1983.Les Américains et les Canadiens tiennent, ensemble, la Sports et spectacles font partie de l'activité quotidienne des «G.M.¦ du Club méditerranée.deuxième place avec 20 p.cent, suivis des Italiens et des Belges (chacun 5 p.cent).Plus loin encore dans ce palmarès, les Australiens sont tout de même 18000 et les Japonais 12000 à avoir goûté, en un an, aux joies du Club.Bravo.Mais peut-on ne pas trembler quand on songe que cet homme et ses contingents de «G.O.» à l'apparence inoffensifs ont le pouvoir de réunir chaque jz année dans leurs villages plus de y> 800000 personnes, généralement j-instruites et bien payées (75 p.o cent de patrons, cadres et Z professions libérales), et qu'ils » arrivent chaque soir à mettre > tout ce beau monde debout, pour -r\" gesticuler avec entrain en chan- £ tant « Haut-les-mains donne moi $ ton coeur», «Agadou» ou «La g) danse des canards »?~ ).Dont InKfcn», H«hé|fc\u2014I >A« r\u2014 m g 03 ta.g 2 oo Ut La cat maire: 2 o Z> et cartographie a un JACQUES VIGER Les Montréalais connaissent la rue Viger, le parc Viger, l'ancienne gare Viger, l'édifice Viger, l'hôtel Viger.tous regroupés à la limite nord du Vieux-Montréal.Tous ces toponymes honorent la mémoire de Jacques Viger (1787-1858), premier maire de Montréal.HÉLÈNE CHARLEBOIS-DUMAIS DANIELLE PIOEON On connait le rôle de Viger en tant que maire, premier président de la société Saint-Jean-Baptiste et membre fondateur de la Société historique de Montréal.On le connait moins en tant que cartographe même si quelques historiens ont déjà reconnu ses qualités de cartographe en soulignant qu'il était l'auteur de la carte de Montréal publiée par Bouchette en 1815.Une occasion nous est offerte de redécouvrir ce maire de Montréal qui fut avant tous un grand Montréalais.Dans le cadre de l'exposition \u2022Montréal plaque tournante de la traite des fourrures des origines à 1820»*, on pourra découvrir cet été un beau plan de Montréal datant du début du XIXe siéle.Ce plan inédit provient des Archives du Séminaire de Québec.D'aucuns s'étonneront qu'un plan de Montréal puisse se retrouver à cet endroit.Cette situation s'explique facilement puisque depuis 1901, le Séminaire est dépositaire d'un riche fonds d'archives constitué principalement des manuscrits et des papiers de Jacques Viger et connu sous le nom de fonds Vi-ger-Verreau.Ce plan de l,54m sur 54cm, rehaussé à l'aquarelle ne porte malheureusement ni date, ni signature, ni titre.Il représente la ville de Montréal intra muros, la Pointe-à-Callières et un projet d'utilisation des terrains récupérés par l'abolition des fortifica-Jg tions.À première vue, il semble 2: contenir tous les bâtiments de la z ville nous rappelant en cela la ^ série de plans de Montréal dres-> ses par Chaussegros de Léry en-\u2022 tre 1717 et c.1733.On y trouve de g plus le tracé des fortifications, 5 l'identification des principaux < bâtiments, des rues et des places _j.et une liste des propriétaires ri- < verains.La particularité de ce plan tient non seulement au fait que tous les bâtiments de la ville y sont représentés mais qu'il nous fournit en plus des indications sur les matériaux dont ils sont construits, la couleur grise indiquant la pierre, le jaune indiquant le bois.Dés lors on constate que les constructions en pierre Hélène Charlebois Dumais et Danielle Pigeon sont respec tivement historienne et historienne de l'art.Elles ont publié récemment un conte historique pour enfants intitulé «Un serrurier en Nouvelle-France, Ambroise Casale dit l.alime - aux Éditions du Méridien à Montréal.prédominent dans le bâti de la ville.Un document anonyme pose deux problèmes majeurs aux historiens: d'abord celui de sa datation et ensuite celui de son auteur lequel sera en quelque sorte garant de la valeur des données qu'il nous fournit.Grâce à la présence des bâtiments, nous pouvons avancer la date approximative de la confection de ce plan.En effet, on peut y voir la Cour de justice construite en 1800, les terrains de la Place du nouveau marché créée après l'incendie qui a ravagé le châ- teau Vaudreuil en 1803, le Séminaire de la rue du Collège construit à partir de 1804.Par ailleurs, l'emplacement où sera érigée la première église Christ Church à partir de juin 1805 est vierge.Le recoupement de ces données nous permet donc de dater ce plan du début de l'année 1805.Pour ce qui est de l'auteur, on sait que l'inspecteur des chemins et arpenteur Louis Char land a produit plusieurs plans concernant Montréal au début du XIXe siècle.Lorsqu'on décide de démolir les fortifications.Charland dresse quelques plans prévoyant l'utilisation des terrains ainsi récupérés.Un de ces plans daté de 1803 nous fournit une liste des propriétaires des emplacements des faubourgs mais sur ce plan, on ne trouve que le tracé des rues et quelques édifices majeurs de la ville.Le plan trouvé au Séminaire semblait, de prime abord, compléter les travaux de Charland.Néanmoins rien ne vous prouvait que celui-ci en fut l'auteur.Étant donné la provenance du plan, nous avons cru bon de fouiller dans les papiers de Viger conservés à Québec puis qu'en 1813 celui-ci succédait à Charland comme inspecteur des chemins.La Sabcrdache bleue de Viger devait éclairer le mystère.Une note de Jacques Viger contenue à l'intérieur d'une abondante correspondance con- cernant un plan de Montréal qu'on refusa de lui payer à sa juste valeur allait répondre â nos questions.Viger affirme qu'il a effectué en 1805 un plan détaillé de la ville de Montreal pour Louis Charland.Celte mention renvoie à une note dans la quelle il écrit: «Fait par Moi pour le bureau de M.Charland.et où je traçai d'après un relevé exact fait sur les lieux, (et pour la première fois) tous les empla cements, maisons et bâtiments quelconques de la Ville (J.V.)»** Étant donné qu'on ne connait aucun plan officiel de Viger ou de Charland correspondant à cette description, on est en droit d'attribuer à Jacques Viger le plan exposé actuellement aux Archives nationales du Québec à Montréal.En 1805, Jacques Viger a 18 i ir I.\u2022\u2022V .Société du Séminaire de Quebec, Archives du Séminaire de Québec Ce plan de Montréal, réalisé au débat du XIXe sciécle et attribué à Jacques Viger, sera montré dans le cadre de l'exposition -Montréal plaque tournante de la traite des fourrures des origines à 1820-.* Viger était une véritable encyclopédie vivante ans.Ancien élève du Collège Saint-Raphael, il est a l'emploi de Charland depuis l'été 1801 et on connait peu de choses sur le travail qu'il y a effectué.Dans quel but ce plan a-t-il été tracé?S'agirait-il d'une commande donnée au bureau de Charland ou simplement d'un exercice de style imposé par le maitre à l'élève?Des recherches sont en cour en vue d'élucider cette question.La qualité et la précision de ce plan peuvent nous étonner chez un novice de la cartographie.Mais pour qui sera intéressé aux travaux de Viger.la minutie apparaît comme la qualité première du personnage.Les documents contenus dans la Sabcr-dache fourmillent de détails de tous ordres illustrant ce caractère.N'a-t-il pas lors du recensement de 1825 outrepassé son mandat en allant bien au-delà du questionnaire officiel?Si la technologie nous permet aujourd'hui d'arriver au même résultat, il n'en était pas de même au début du XIXe siècle.Il s'agissait alors d'un travail de bénédictin qui supposait un recensement et un mesurage de tous les bâtiments en façade et en fond de cour.La connaissance de ce plan est d'un apport très enrichissant tant pour les historiens que pour les urbanistes.C'est le seul instrument qui nous permet de visualiser l'état de la ville au moment de l'abolition des fortifications.De plus, il complète les connaissances que nous avions sur Montréal grâce aux travaux de Louis Charland.Nous poursuivons actuellement nos recherches sur l'interprétation de ce plan.Jacques Viger fut élu premier maire de Montréal en 1833.Très jeune il manifesta de l'intérêt pour sa ville comme le démontre ce plan.Les nombreux relevés et compilations retrouvés à travers ses écrits témoignant de sa rigueur «scientifique».Viger était conscient du rôle que Montréal avait joué dans le développement du pays et peut-être entrevoyait-il un avenir brillant pour cette ville alors en pleine expansion.On se prend à rêver à ce maire de Montréal arpentant la ville pour en connaître toutes les composantes: rues, maisons, bâtiments secondaires, population, activités, etc.et s'endormant le soir en ayant sous les yeux le plan détaillé de son royaume.* Cette exposition se tient à l'Édifice Ernest Cormier, 100 rue Notre-Dames est, Vieux-Montréal, du 2!) mai au 3 sep tembre 1985.** Les soulignés sont de la main de Viger.Al'âgede 71 ans, 7 mois, 5 jours, «ce 12 décembre 1858, à 1 heure de l'après-midi dans mon cabinet de travail et entouré de mes chers papiers, je rends mon dernier soupir.» Voilà bien les mots qu'on ne serait pas étonné de trouver pour peu qu'on se soit intéressé à l'oeuvre de Jacques Viger.Viger naquit le 7 mai 1787 à Montréal.Il était le quatorzième enfant de Jacques et de Clothilde Amarante Prévost.Dès sa naissance, Vjger est allié aux grandes familles de l'époque puisque son parrain fut nul autre que le notaire Joseph Papineau père de Louis Joseph et sa marraine Marianne Cherrier.Son mariage avec Marie-Marguerite de La-come viendra plus tard consolider son alliance avec la bourgeoisie.Mais ce n'est pas seulement par ses fréquentations avec la belle société montréalaise que Viger s'est illustré.À son époque, cet homme fut une véritable encyclopédie vivante.Curieux de tout, fin lettré, artiste et poète à ses heures, épistolier prolifique, ses archives constituent une véritable chronique de son temps.Archéologue, historien, nationaliste, archiviste, statisticien, démographe, linguiste, cartographe, urbaniste rien ne le laissait indifférent.Et pourtant, Viger dont tous les contemporains reconnaissaient l'érudition est photothèquç LA PRESSE Jacques Viger, maire de Montréal de 1833 à 1837.presque tombé dans l'oubli aujourd'hui.Néologie canadienne Jacques Viger fut notre premier «linguiste» québécois.En 1810, à l'âge de 23 ans, il entreprit de rédiger une «Néologie canadienne» qui fut publiée à partir de 1908 dans le Bulletin du Bon parier français.Nous y avons puisé quelques mots savoureux qui entaillent encore notre langue.Avisse.Subs, f.pour vis, que l'on prononce visse: pièce ronde de fer ou de bois, canelée en ligne spirale, et qui entre dans un verrou.Bardas, Berdas.Subs.m.On emploie ici pour remue-ménage, dont on se sert aussi: Quel berdas! On appelle faire le berdas, faire les gros ouvrages de l'intérieur de la maison Bourasser.V.a.S'emploie pour gourmander continuellement.Si je lui parle, il va me bourasser (.).Cadre.S.m.Mot dont on se sert assez inconsidérément au lieu de tableau ou peinture.Ex: voilà un beau cadre pour une belle peinture, un beau tableau.Le cadre d'un tableau c'est sa bordure.Démancher.V.a.(ôter la manche).Outre sa vraie signification, on l'emploie aussi ainsi: j'ai le bras ou le doigt démanché pour démis (.).Etriver.V.a.pour agacer, tourmenter: ne m'étrivez pas tant; il l'a fait étriver.Poudine et Poutine.S.f.pour Pouding (mot anglais).Les Français en adoptant le mot anglais, n'ont rien changé a son ortographe, mais ils le prononcent Poudingue, et le font masculin (.).Poudrerie.S.f.On dit qu'il a fait une grande poudrerie, une poudrerie affreuse, quand en hiver la neige, soulevée par un gros vent, est emportée en tourbillon impétueux; c'est, si on peut le dire, une bourrasque de neige., .Nous avons déjà souligné ses talents de cartographe alors qu'il n'avait que 18 ans.Trois ans plus tard, il tàte du journalisme lorsqu'il devient rédacteur au «Canadien» de Québec où il peut donner libre cours à son esprit nationaliste.En 1812, il s'engage avec les Voltigeurs, sous les ordres de Sa-laberry, dans le conflit opposant le Canada aux États-Unis.Il profite de son séjour dans le Haut-Canada pour tenir un journal dans lequel il note tout ce qu'il découvre, voit et entend concernant le pays et la vie militaire.Revenu à Montréal pour des affaires de famille, il supplie un de ses amis de continuer ce travail en insistant sur le fait que les informations recueillies enrichiront ses archives personnelles.On retrouve Viger en 1813, inspecteur des chemins, rues, ruelles et ponts de la cité de Mont real.A ce titre il dresse des plans d'aménagement de la ville en tenant compte non seulement de l'aspect esthétique mais aussi de la salubrité: il surveille aussi de près l'exécution des travaux.On lui doit entre autre le square DalKoÙsie à l'angle des rues Ber-¦WWNotré-Dame.: ;-¦ ' ' C'est lors du recensement de 1825 qu'apparaît avec le plus d'évidence son irtérét.pour tous les aspect de la vie touchant ses concitoyens.Après avoir remis son rapport officiel que les au-trorités citèrent en exemple, Viger passa des années à compiler ses notes et à dresser des statistiques qui nous permettent aujourd'hui de cerner avec assez d'exactitude la composition de la société montréalaise de l'époque.La première élection municipale en 1833 devait apporter une reconnaissance publique à ce travailleur infatigable en le por tant à mairie.La ville de Montréal comptait alors une population de 27000 habitants regroupés dans le territoire circonscrit par le fleuve et les rues Atwater.des Pins, et d'Iberville.Son passage à la mairie fut de courte durée puisque quatre ans plus tard il était emporté par la tourmente des troubles de 1837.Ses liens de parenté avec les Patriotes le rendaient suspect aux autorités qui nommèrent Peter McGill à la mairie.Durant son mandat, Viger donna à la ville les armoiries qu'un de ses plus illustres successeurs allait faire connaître au monde entier.Le ¦Concordia Salus» est de son cru.¦ ' Même s'il ne s'est pas prononcé officiellement lors de la crise de 1837-38, son titre de premier président de la Société Saint-Jean-Baptiste dénote ses allégeances patriotiques.Par ailleurs l'intérêt qu'il avait toujours manifesté pour l'histoire se cristallisa dans la fondation quelques mois avant sa mort en 1858 de la Société historique de Montréal.Au-delà de ses occupations professionnelles, Jacques Viger s'adonna tout au long de sa vie à sa passion pour l'histoire.Pendant plus de cinquante ans, il a collectionné, copié, consigné, compilé, annoté tout ce qui de près ou de loin se rapportait à la grande et à la petite histoire du pays et de Montréal dans une quarantaine de volumes qu'il _ nomma lui-même sa Saberda-che*.Viger cultivait un amour jaloux pour cette oeuvre qui n'a jamais été publiée.Il en faisait quelquefois des lectures publiques fort prisées des auditeurs.Outre ces travaux, il nous laissa une volumineuse correspondance dans laquelle la finesse d'esprit ne cède en rien à un humour remarquable.Jacques Viger demeure un personnage fascinant.S'il eût vécu de nos jours, nul doute qu'il se serait mérité le titre de «Grand Montréalais.» g Z o CD Saberdache: sac long ci plut qui pondait au ceinturon des cavaliers de (¦«\u2022rtatns*éKimi'nts susses.\" ' ¦\u2022> u DEMAIN L'AN 2000 Yves Lecterc I Microsoft, piratage et intégration Je parlais la semaine dernière de la venue de Microsoft sur la scène québécoise.Bien sur cela a été le thème principal de la rencontre de presse avec le président de la compagnie Jon Shirley; cela n'a pas été forcément le plus intéressant.Shirley est plus un homme de marketing et d'administration que de logiciel.Pourtant, il a eu des commentaires qui m'ont paru extrêmement intéressants (sans doute parce qu'ils correspondent d'assez près à mes idées sur la question!) sur le thème des logiciels intégres.«Microsoft ne croit pas à cette formule, et nous croyons que les événements sont en train de nous donner raison.Nous pensons que les logiciels intégres coûtent cher, et que plus ils comprennent de modules, moins ils satisfont de clients.Les besoins de tous les clients ne sont pas les mêmes; au contraire, ils varieni d'une personne à l'autre, et de s'imaginer qu'on peut répondre à tous ces besoins avec un même programme est une erreur.«Nous avons bien plus confiance dans une approche qui en pratique permet à chaque client de sa fabriquer son propre «logiciel intégré» à partir de programmes ou de modules disponibles.C'est la formule défendue par Apple avec le «switcher» (qui permet de faire cohabiter jusqu'à quatre programmes dans la mémoire d'un Macintosh 512 Ko), et c'est celle que nous adoptons dans notre système «Windows» qui sera lancé bientôt.» Le retour de Windows Il est assez significatif que Microsoft ramène dans le tableau ce Windows qu'on croyait depuis longtemps mort et enterré.II avait été annoncé a grand renfort de trompettes au début de l'automne 1983, et des versions préliminaires avaient même été montrées à la presse deux ou trois mois plus tard, ce qui avait donné lieu à un tas d'articles élogieux au sujet d'un logiciel qui ne s'est jamais montré par la suite.Microsoft a eu des problèmes de production et de mise au point, mais il est aussi probable que Windows a été laissé sur les tablettes pendant un certain temps parce que son concept intéressait peu le marché: tout le monde l'an dernier ne parlait que de «logiciels intégrés» et attendait avec impatience la sortie des «monstres» Symphony et Framework.Mais ce qui s'est produit, c'est que ces deux derniers sont loin d'avoir le succès escompté, et que les vendeurs aussi bien que les producteurs de logiciels cherchent désespérément une autre solution.Ils se sont rendu compte un peu tard d'une évidence: plus on ajoute d'éléments à un logiciel intégré, plus il risque d'être compliqué à apprendre et à utiliser, et surtout moins il satisfera entièrement de clients.Alors, le succès de Lotus 1-2-3?«Pour nous, 1-2-3 n'est pas un logiciel intégré, répond Shirley.Pas plus que notre propre Excel pour le Macintosh, qui vient de sortir.Ce sont des logiciels d'application qui regroupent quelques fonctions qui vont naturellement ensemble: un chiffrier pour manipuler des chiffres, une hase de données pour les stocker et les rappeler, et des graphiques pour les représenter visuellement.» Pas beaucoup de piratage Un autre thème que Shirley a abordé est celui du piratage: «D'abord, je ne crois pas que le piratage nuisible soit aussi important qu'on le dit.Des gens parlent du double ou du triple des programmes vendus étant reproduits et circulant illégalement; à notre avis, la proportion réelle est plus proche de 10 à 15 p.cent.L'éducation du public et COMMODORE6k' S \u2022CLAVIER ORDINATEUR | \u2022DISQUETTE 154-1 | \u2022 MONITEUR COULEUR 1702 ¦ PRIX SPÉCIAL EN MAGASIN I des entreprises est en bonne partie faite, et je pense qu'il ne faut pas exagérer ce problème.» Si Microsoft continue à «barrer» ses programmes, a-t-il expliqué, ce n'est pas dans l'espoir réel de faire obstacle au piratage.La méthode que la compagnie emploie est d'une simplicité enfantine, et le dernier des programmes de copie forcée peut la défoncer.C'est simplement pour rappeler aux usagers ce qu'ils font lorsqu'ils font des copies.«Nous savons très bien qu'une foule de gens «craquent» nos programmes pour les transcrire sur des disques durs ou s'en faire des copies de sauvegarde (backups).Au fond, cela nous dérange peu tant qu'ils les gardent pour eux.» Un dernier fait intéressant est ressorti de la conversation, même si aucun des dirigeants de Microsoft présents n'a voulu l'admettre officiellement.Il est clair que le producteur de logiciels s'éloigne peu à peu d'IBM, pour qui il avait produit avec énormément de succès le système d'exploitation MS-DOS (PC DOS chez IBM), et qu'il continue sa lune de miel avec le Macintosh d'Apple.Pourquoi?D'une part, il semble que les jours de MS-DOS sur IBM soient comptés; tous les efforts pour le rehausser au niveau d'un système multi-tàches et multi-utilisateurs ont jusqu'à maintenant échoué, et il est au mieux destiné à demeurer lié aux produits du bas de gamme d'IBM, supplanté par en haut par Unis d'une part, Topview de l'autre.D'autre part, Microsoft estime officieusement que le marché du PC a atteint son point de maturité, et va croitre beaucoup moins vite au cours des prochaines années.On parle déjà d'un stock important d'invendus chez la «grosse bleue», et d'une crise chez les fabricants de compatibles.Alors que l'avenir serait beaucoup plus du coté du Macintosh et des machines de ce type, qui commencent seulement à faire leur impact sur le marché.Reste à voir si ce pari est le bon.ffuntm Quelques notes en débutant: j'avais donné il y a quelques semaines les coordonnées du Club micro-ordinateur de Montréal-Nord comme étant le 1720, rue Charrette à Laval.Cette adresse est plutôt celle d'une boutique qui collabore avec le club qui, lui.niche au 11570, boul.Lacor-daire.suite 5, Montréal-Nord (j'aurais dû m'en douter) HlG 4K2.Le président est Claude De-saulnicrs.qui m'a fait parvenir ces précisions, et le groupe concentre ses activités autour du Color Computer de Radio Shack.Deuxièmement, Carole Drapeau de Katevale est rentrée du Népal (j'ai toujours voulu voir Katmandou).mais il n'est pas dit qu'elle ne repartira pas car elle m'écrit qu'elle est toujours intéressée à de l'information sur les ordinateurs et le tiers monde.Troisièmement, il existe un club d'amateurs de micros Timex-Sinclair à Montréal, et il tient sa réunion demain.Ça a lieu à la Vidéothèque de Lachi-ne; en principe, c'est réservé aux membres, mais je doute qu'on ferme la porte au nez d'autres gens intéressés, qui après tout seraient des membres en puissance.De toute façon, l'information me vient d'un M.Morgan, et on peut obtenir plus de détails en appelant au 272-6631.Je soupçonne que les activités du club se déroulent plus en anglais qu'en français, mais on ne peut tout avoir.Quatrièmement, François Guay m'informe que lui aussi offre des services divers à ceux qui font ou veulent faire de la musique sur ordinateur.Je n'ai pas encore pu lui parler pour préciser de quoi il s'agit, mais je prends le risque de vous transmettre son numéro de téléphone: 844-968-1.En passant, il peut se produire (les.journaux étant ce qu'ils sont) une faute de frappe qui me fasse publier un numéro de téléphone incorrect.Cela est même arrivé récemment.Dans un tel cas, j'aimerais que la victime dont j'ai écrit le numéro par erreur communique avec moi pour que je voie ce qu'il y a moyen de faire pour corriger la situation; dans la plupart des cas, cependant, il n'y a qu'à attendre, car l'effet de la publication ne dure guère plus d'une semaine.Un lecteur m'a écrit récemment pour me demander ce que je pensais de l'Atari 800 XL, qui est disponible ces jours-ci à prix d'aubaine avec son lecteur de disquettes.Je vous citerais la lettre plus en détail, mais je ne la retrouve pas dans mon fouillis de paperasse (qui a dit que l'ordinateur allait éliminer le papier?Je voudrais bien qu'il voie mon bureau).Quoi qu'il en soit, ce que je pense de l'Atari 800 comme machine, c'est: beaucoup de bien.Ce que j'en pense comme achat est autre chose, tout dé- LE COURRIER On adresse le courrier à Yves Lcclorc La Precis - PLUS 44 ouest, rue Saint-Antoine Montréal.Que.H2Y 1A2 pend de ce que vous voulez en faire.L'Atari est un appareil qui a cessé d'évoluer, ce qui n'est pas grave en soi, mais son logiciel aussi, ce qui est beaucoup plus grave.Ce que cela veut dire, c'est que la plupart des programmes commerciaux pour cette machine sont de la génération précédente, celle où l'expression «convivial» ou «user-friendly» avait peu cours.Ils sont souvent un peu rébarbatifs et simplistes, et il y en a moins que pour d'autres modèles plus récents.Pourtant, certains, en particulier dans le domaine de ^éducation, sont fort bons.si vous pouvez les trouver.Une bonne source de logiciel pour l'Atari, et pour d'autres machines domestiques aussi d'ailleurs, est le magazine Compute, dont j'ai déjà parlé ici.C'est un des seuls qui publient encore fréquemment des listages de programmes que vous pouvez retaper sur votre ordinateur et enregistrer sur cassette.En résumé, si vous achetez un ordinateur pour utiliser des programmes tout faits, je doute que l'Atari vous donne satisfaction.Si par contre vous avez envie d'expérimenter et de programmer vous-même, il ne fait pas de doute que l'Atari 800 XL est actuellement la meilleure valeur pour le prix qu'on puisse trouver, à $100 et moins pour l'unité centrale avec son lecteur de disques.Notez que si Jack.Tramiel lance effectivement ses nouveaux modèles compatibles avec le 800, la situation pourrait changer.pour le mieux! L'ennui, c'est qu'on est déjà en juin, et que M.Tramiel avait annoncé ses nouveaux produits pour avril! II LAFiN DES CLASSES L'EMPIRE DES SENS Serge Grenier (restaurant La Bocca d'Oro Depuis toutes ces années qu'il préside aux destinées de La Campagnola de la rue de la Montagne, Rocco aurait bien pu s'asseoir sur ses feuilles de laurier.Mais il a voulu être propriétaire, en plus du restaurant, de l'édifice qui l'abriterait.Il a donc déniché une maison victorienne de la rue Saint-Mathieu, sise en face d'une caserne de pompiers, numéro 1448; il l'a aménagée à son goût: espace, couleurs tendres et, sous le puits de lumière, un énorme bouquet garni de plantes tropicales; il a choisi avec un soin extrême linge de table, vaisselle et coutellerie: il a insisté pour que le personnel soit courtois, efficace et discret; lui-même a conservé ses excellentes habitudes: cravate noire, accueil chaleureux, cuisine exquise.Et il a appelé le tout La Bocca d'Oro; cette bouche d'or qu'il fait à sa clientèle.DISQUE Bonjour, Michel Rivard Il a beau chanter tendrement, Michel Rivard n'oublie jamais d'être un garçon amusant lorsqu'il monte en scène.Et voilà qu'il a eu l'excellente idée de nous prendre par le coeur et par la rate en gravant sur album double une brochette de magnifiques chansons entrelardées d'hilarants monologues.Un must pour toute discothèque.LOISIRS La Ronde en feu La nuit était profonde, Jocely-nc Blouin avait dit qu'il pleuvrait et Montréal inaugurait son premier festival international de feux d'artifice.Assis dans les gradins pour une vue imprenable ou agglutinés ici et là, dans l'île, sur le pont, des milliers de Montréalais voulaient savoir de quelles pièces pyrotechniques l'Italie s'éclairait.C'était déjà superbe.Ça devint grandiose lorsque, transportés par l'exubérance, les Italiens allumèrent l'orage, le tonnerre et les éclairs.Dans les gradins, l'oeil ouvert aussi grand que le parapluie, les spectateurs accueillirent avec ravissement ces splendeurs fugaces.OTTAWA) & -t.E.D.garde la forme Dimanche.Je célèbre cette semaine un magnifique anniversaire: il y a neuf mois, je naissais comme député.Mes électeurs ont raison d'être fiers car leur bébé (moi) est beau et fort.À l'approche des grandes vacances d'été, je dresse un bilan de mon administration et j'ai de multiples raisons d'être fier.Certes, je n'ai pas pu empêcher l'augmentation de taxes, mais ils n'ont encore rien vu.Je ne suis peut-être pas ministre mais en attendant, quel est le backbencher le plus dévoué, le plus actif, qui distribue toutes sortes de subventions plus incroyables les unes que les autres à des groupes de tout acabit?Qui se bâtit un solide réseau d'amitiés au pays et à l'étranger?Qui n'a à coeur que le mieux-être de ses commettants et le désir d'une longue et fructueuse carrière politique qui n'a pas fini de lui faire gravir des échelons?Votre humble serviteur.Telles sont les réflexions qui me passent à travers l'esprit en ce beau dimanche après-midi ensoleillé, pendant que je me fais des jambes en pédalo sur le canal Rideau.Enfoui dans mes pensées, je n'ai pas porté attention à une flotte de pédalos dont je m'avançais rapidement: le «Pédalo Party» que M.Turner avait organisé pour le caucus libéral.Ils étaient tous là.Turner, Axworthy et Garneau en grande forme.Jean Chrétien pas loin, Lucie Pépin qui ressemblait à Isadora Duncan avec son grand foulard qui flottait au vent, André Ouellet qui pompait la stime, Marcel Prud'homme qui suivait, et tous les autres.Le temps de modérer pour les saluer \u2014 c'est mon côté gentleman \u2014, un photographe du «Ottawa Citizen» me crie: «Front page tomorrow*.Lundi.II n'était pas encore neuf heures lorsque le whip est entré en trombe dans mon bureau, brandissant le «Citizen» et me questionnant sur l'opportunité d'être photographié en pédalo % sur le canal Rideau avec les libéraux.La première manche de notre échange fut virile mais constructive.La deuxième manche fut ponctuée de paroles et de menaces qu'il pourrait bien regretter un jour.Enfin, on ce qui concerne la manche gauche de mon veston en camel hair, elle aura besoin d'être recousue.5 m O Ç 2 in POUR LIRE .lean Basile Un livre d'amateur La Renaissance d'Aphrodite par Ginette Paris Boréal Express L'histoire des religions est si longue, si complexe, que nul ne peut prétendre se l'approprier dans son ensemble pour en résoudre, une fois pour toutes, la question.Oublions le mot de «religion», si ambigu, l'histoire même reste impossible à faire car il nous manque l'essentiel des maillons et nous en sommes réduits à des bribes.L'on peut, citant tel texte ou bien tel autre, plier dans le sens que l'on veut un fait que l'on tient aussitôt après pour objectif.Ainsi, toute prétention à l'histoire est vaine et quand, soudain, Ginette Paris découvre la mythologie grecque et, dans la mythologie grecque, Aphrodite qui était, en gros, en très gros, la déesse, de l'Amour, il ne faut pas comprendre qu'elle s'intéresse à l'histoire, et à l'histoire des religions, mais bien qu'elle exprime un désir, sans doute son désir.Le titre de son livre, préfacé par Marie Cardinal.La Renaissance d'Aphrodite, doit se lire comme «La Renaissance de Ginette Paris» et, en effet, elle nous en prévient dès le premier chapitre.Elle s'en excuse presque.Comment! Elle, universitaire sérieuse, psychologue, écologiste et féministe, s'intéresser à ces fantaisies?Adieu Freud, bonjour Jung.Une histoire donc, une belle histoire, lue et relue par une femme.Aphrodite parle d'Aphrodite.On consulte des textes et, ce faisant, on les découvre.Émerveillement justifié.De ces textes, où la beauté de la déesse apparaît, naissent une histoire inventée, je l'ai dit, un désir.L'interprétation commen-.ce mais non, comme nous en prévient Ginette Paris, selon le critère masculin mais selon' le critère féminin.2 Dans le monde d'Aphrodite, 2: outre la beauté du corps (quel z corps beau, disait ma concier-5 ge), il y a la beauté du vêtement, ~> de l'ornement.Des perles, des * écumes, des écharpes de voile g qui flottent au vent.11 y a aussi 5 la beauté des hommes qu'aima < la déesse car elle en aima quel-, ques-uns.Adonis en son Jardin.< Eros, bien sûr.si jeune, avec sa oç flèche qui allait transpercer § saint Sébastien.Après, le dieu de JD la guerre et fougueux quoiqu'un 5 peu bête.Sans compter le mari légitime, celui-là boiteux mais 3 habile artisan.Mais enfin, qui °- boite est diable! Sur ces sujets divers.Ginette so Paris a écrit de belles pages sur \"\"^l'amour, sur l'amour du point de \\jtrrtte l'ai is La renaissance d'Aphrodite Préf act de Marie Gmîinal vue de la femme, sur le désir de la femme pour l'amour.Cela, elle sait le faire avec une grande honnêteté, en liant son expérience personnelle au mythe car, selon elle, mythe et réalité coïncident.Dans ce sens, il y a une Société qui serait, qui pourrait être une Société selon Aphrodite.Une bonne Société.D'ailleurs, reconnaissons à Ginette Paris que son féminisme, pour être bon teint, ne passe pas par le radicalisme.Elle dit très liion que le Pouvoir de la femme est semblable au Pouvoir de l'homme.C'est le Pouvoir qui est mauvais.L'âge d'or, selon elle, c'est le moment où les deux principes s'équilibrent, s'unissent, se complètent, etc.Tout cela est un peu naïf mais gentil.Car, cela postule que toute femme est femme et que tout homme est homme.Ah! comme ce serait facile si nous n'avions pas en nous et la femme et l'homme et qu'ils ne s'aiment pas beaucoup l'un l'autre.J'ai dit, et je le répète, qu'il s'agit là d'un très joli livre où l'on sent beaucoup de générosité, non sans quelques ruades et une sortie assez étrange où, comparant lesbianisme et homosexali-té masculine, elle décide en quelques mots du sort de Soera-te-Platon.Sur ce sujet de la prétendue homosexualité masculine grecque, elle devrait lire Foucault.De même, elle décide que la Grèce est le berceau de la civilisation occidentale.Puis-je la référer à Jacques Ménétrier et à ses Origines de l'Occident, sans compter les commentaires de Bataille sur la peinture des grottes préhistoriques.Enfin.Pourtant, je ne crois pas que cela soit un livre très sérieux, ni bien clairvoyant.Je l'ai dit, un livre de désir et, aussi, un livre d'amateur.La proposition la plus gênante pour l'intellect et la sensibilité est cette affirmation, sans presque de nuances, qu'il faut opposer le monothéisme judéo-chrétien et le polythéisme grec.C'est, en effet, le monothéisme judéo-chrétien qui a relégué la femme dans l'image traditionnelle, parait-il.du Mal.Le polythéisme grec, au contraire, donne à la femme un rôle qui n'est ni Bien ni Mal mais intégré à l'aventure sociale de la personne.Dans ce qui est, pour elle, la recherche nécessaire et légitime du «sacré», et du «sacré» en tant que femme, le polythéisme grec lui apparaît comme plus approprié et, psychologiquement, plus juste car, bien entendu, Ginette Paris distingue le «sacré» de la «religion» telle que nous l'entendons sur notre territoire actuel.Hélas, le «polythéisme grec» n'est qu'une image, une classification qui s'est imposée, je crois, plutôt tardivement.La multiplication des dieux en Grèce antique est comme les Dix mille êtres du Tao-Te-King: une simple dilation et sans doute comprise comme telle par les anciens Grecs eux-mêmes.De même, le monothéisme n'est pas, comme semble le croire Ginette Paris, l'affirmation d'un Dieu unique mais bien, et la nuance est d'une importance extrême, celle d'un Dieu unique en trois personnes qui se dilatent, de fait, dans toute la Création de telle sorte que le monothéisme implique que toute créature est Dieu, serait Dieu si ce n'était de la Chute.L'opposition monothéisme-polythéisme n'est pas une hypothèse de travail sérieuse et il est dommage que Ginette Paris, traumatisée peut-être par une bonne soeur qui l'a giflée quand elle était enfant ou, plus généralement, dégoûtée avec raison par ce qu'était devenu le catholicisme au Québec durant la période duplessiste, ne se soit pas posé cette question avec un peu plus de liberté d'esprit.Tout cela reste bien fragile et plutôt faux que juste.PARLER D'ICI Philippe Barbaud Elle a ses règles ¦ ¦ ¦ Votre intuition sur ce titre ne vous trompe pas : c'est de femme dont il est question et non de grammaire française.Avbir ses règles est ce qu'on appelle une «locution figée», comme quoi les linguistes se servent d'un vocabulaire étrangement impermé able à la réalité qu'elle désigne.Expression exclusivement au pluriel d'ailleurs, dans laquelle la présence de l'adjectif possessif à la 3e personne s'avère cruciale.Aucune femme ne s'avisera en effet de dire; «J'ai les règles» ou encore «J'ai ma règle».Du seul fait que cette expression soit figée, n'importe quel locuteur français «initié» saura interpreter correctement le message dans le sens de \"Elle est menstruée».À ce propos, je me suis toujours demandé pourquoi cela n'a pas été l'expression «JE SUIS EN REGLE», qui s'était imposée à la place de l'autre en 1690 sur le modèle, par exemple, de «Je suis en peine», «Je suis en amour», «Je su/s en forme*.Damnée bureaucratie! Elle s'infiltre partout.au point qu'il faille trouver des subterfuges pour parler des choses les plus naturelles et les plus intimes.C'est ce qu'on appelle, en termes scientifiques, un euphémisme.Autrement dit, il s'agit habituellement d'une expression consacrée qui exprime d'une autre façon ce que l'on veut dire lorsqu'on trouve pénible de dire les choses comme elles sont.En général, nous n'aimons pas «parler cru» comme on dit par ici.L'euphémisme fait partie de ces moeurs policée que toute culture dite «raffinée» a patiemment mis au point par le biais du langage.Recourir à l'euphémisme peut relever, à de nombreuses occasions, d'une pratique langagière révélant une très grande subtilité d'esprit de la part de son locuteur-créateur car celui ou celle qui y a recours doit être assez adroit pour assurer la transparence requise entre les mots qu'il emploie et le sens qu'il convient de leur accorder au-delà de ce qu'ils signifient au premier abord.Le langage de Toutes sortes d'intentions peuvent être à l'origine d'un euphémisme de cette sorte.Mais elles dépendent toutes du choix entre «ami» ou «ennemi» que vous faites pour vous adresser à autrui selon les circonstances du moment.Vous ne direz pas tout de go à votre «ennemie» du moment \u2014 qui peut être votre meilleure copine \u2014 qu'elle a «engraissé pendant ses vacances au club Med».ce qui risque de déclencher des hostilités immédiates.Vous lui direz plutôt quelque chose comme: «M'a tout l'air qu'on mange bien au club Med».De cette manière vous vous protégez tout en demeurant sa.désobligée.Évidemment, il y a toujours des esprits obtus qui, pour masquer leur profonde inculture, leur ignorance et leur mépris des choses de l'esprit, s'évertuent à systématiqucmentparler «en contre-euphémismes» pour ainsi dire.Qu'y a-t-il de moins euphémique qu'une expression comme «se poigner l'cul- fort prisée par chez nous?C'est un euphémisme «à l'envers» en quelque sorte puisque ce que l'on veut dire \u2014 grosso modo, hésiter, tourner en rond, ne pas agir, atermoyer, etc.\u2014 va au-delà du sens littéral d'une telle expression.Recourir à l'euphémisme constitue dans de nombreux autres cas une pratique langagière motivée beaucoup plus par la crainte d'enfreindre un tabou social que par la volonté de vouloir dire quelque chose par des moyens détournés.La réalité sexuelle offre à cet égard un véritable bouillon de culture d'euphémismes de cette autre catégorie.L'euphémisme commence lorsqu'on substitue au mot jugé ou senti trop vrai, trop «direct», trop trivial, un autre mot habituellement d'origine argotique, d'un usage peu connu ou peu répandu ou même secret.Par exemple, au lieu de dire «elle a ses règles», les lycéens ou lycéennes de France ne disent plus maintenant que: «Elle a les (ou ses) doches» Construite sur le modèle de «elle a ses règles» (le pluriel en est la preuve), exclusive au vocabulaire des adolescents frauçais, cette expression tient lieu de signe «d'initié» grâce auquel on se reconnaît et on s'identifie à la «confrérie» des jeunes de cet âge.Quant à savoir d'où provient le mot «doches», j'avoue qu'il me faudrait consacrer quelques heures de travail pour lever le voile sur cette question.Au Québec, en cette matière, plutôt que «d'avoir», on «est».Vision endocentrique plutôt qu'exocentrique de la réalité sexuelle?Je ne saurais dire.Mais sans aucun doute, les Québécoises préfèrent dire sans nuance aucune: «Je suis malade», une expression concurrencée par cette autre: «Je suis indisposée».Il serait pour le moins risqué de soutenir que de telles expressions manquent de transparence.C'est pourquoi on ne peut les tenir pour des euphémismes très réussis.Leur banalité manque de secret, contrairement à d'autres que nous verrons la semaine prochaine. POUR ECOUTER Jean-François Doré Le couple parfait Il descend parait-il en ligne directe du Duc de Northumberland, le Henry Percy qui participa en 1369 à la campagne de France du duc de Lancastre.Il est donc né dans ce compté du même nom, confinant au nord de l'Ecosse.Elle est d'Aberdeen, petit port provincial mouillant dans la mer du Nord, en pleine Ecosse, célèbre pour son granit dont sont faits la majorité des pavés des rues londoniennes.Pas de princes ou de barons dans la famille, seulement un père quelque peu musicien qui jouait quoi d'autre.?de la cornemuse.La proximité de leur lieu de naissance n'a cependant été d'aucune utilité dans leur carriè re.Us se sont rencontrés à Lon-dre, lui musicien sans le sou, elle chanteuse sans argent.Malingre, souffreteux, souffrant presque de nanisme, il avait gardé de ses expériences psychotropes et hallucinogènes l'allure physique d'un Picasso période «cubisme».Grande, élancée, athlétique, elle respirait la santé et la confiance de son leitmotiv: Ma propre for- ce est la meilleure force que je puisse avoir.Le couple parfait quoi.D'autant plus que lui composait des musiques hors de l'ordinaire, qu'elle chantait de façon extraordinaire et qu'à eux deux, sous son inspiration à elle, ils écrivaient des textes auxquels nous n'avons pas droit d'ordinaire.Ils ont formé un premier groupe, avec d'autres gens bien entendu, qui s'est séparé à cause de plusieurs malentendus.Ils se sont donc retrouvés tels qu'ils sont aujourd'hui, en duo, paradigme de la contradiction ou du contradictoire, yin inversable et yan réversible, et si jamais on vous demande quel est le meilleur groupe de «rythm and blues» noir américain aujourd'hui vous répondrez que c'est un groupe blanc.d'Ecosse, qui a pour nom Eurythmies.Ça commence tout de suite, dès la première chanson, un «Would I lie to you» marteau-pi-queur aux cuivres acérés qui vous fouette dans les reins comme des éperons de colonel de la cavalerie américaine.Une gui- tare qui souffle comme un train à vapeur en partance de Memphis vers Motown.Une voix qui sort de partout et nulle part en même temps (chapeau à la réalisation) mais qui n'a cesse de vous coincer de toutes parts.Branchez-moi tout ça direct sur la Baie James et qu'on en finisse une bonne fois pour toutes.Annie Lennox a une des plus belle voix du R&B.Voix de contralto, elle est donc chaude, expressive, sensuelle et grave (les nerfs les sopranos vous aurez votre tour) mais n'arrive pas à s'exprimer parfaitement dans les registres plus aigus.Ce qui sauve la deuxième chanson du disque, «There must be an an-gel», écrite un peu haut pour elle, c'est lu maitri.se de composition de Dave Stewart qui lui imprime un mouvement de yo-yo irrésistible qui vous entraine d'autant plus dans le balancement et le sautillement qu'elle est accompagnée à l'harmonica par nul autre qu'un des maîtres de l'heure de l'instrument, et du R&B en général, Stevie Wonder.LES CHOIX DE GÉRARD LAMBERT LUCIEN FRANCOEUR «DERNIÈRE VISION» KEBEC DISQUE KD 628 Beaucoup de rock'n'roll conjugué sur le mode fun.Chaud devant! Le groupe joue bien, Lucien chante bien et dans l'ensemble offre un catalogue à peu près complet de tous les effets les plus jouissifs et immédiats du rock'n'roll.Poète inimitable, se gave d'images fortes et joue en virtuose avec les mots.Après toutes ces années, cette chère vieille chose parvient encore à me toucher droit au plexus et croyez-moi cette fois il n'a aucun mal à être solaire.Il ne se restreint pas à un genre particulier du rock mais rélève un brillant touche à tout, un peu sec, contrebalançant des lignes mélodiques irrésistibles.Aujourd'hui avec cette «Dernière vision », jë pourrais croiser Lucien au volant de sa Porsche rouge chromée et lui dire: «Va, je ne te hais point.» Il intrigue et attire.C'est exactement l'effet que produit ce disque.Amour de Paris, de Los Angeles et de Montréal.une vieille histoire.Tout le reste n'est que rock'n'roll avec un son.un truc, pourquoi je me fatiguerais sinon?THE POWER STATION EMI SJ 12380 Un disque malin où les musiciens ont su séduire et se faire plaisir.Ce n'est sûrement pas un hasard! que Robert Palmer, John Taylor, le batteur du groupe Chic, et les deux Taylors des Duran Duran se rencontrent, portés par un rock diaboliquement agencé, produit avec luxe et astuce.Perdons pas de temps, en selle! Mélodies sculptées dans le muscle.Interprétation fougueuse, se contentant d'être bonne, forte, bien ouvragée et suffisamment universelle.L'ensemble propose une musique soul variée et élégante.Travail soigné, horizons musicaux variés, arrangements peaufinés, énergie constante.Un groupe plein de jus pour donner sève et saveur à l'ensemble.Ils s'entendent si bien entre eux que, de notes en sons et de sons en notes, ils finissent par faire tourner la musique en commotion celebrate.On accoste les rives du mot plaisir, sensations physiques du rock R and B.DIRE STRAITS «BROTHER IN ARMS» VERTIGO VOG 1 3357 - Ce disque est parfait puisque tout le monde y trouve ce qu'il veut.Formules magiques sachant parfaitement épingler la tête.Des morceaux élaborés, aux climats parfois sophistiqués, aux structures inattendues où Mark Knopfler a fait s'exprimer son imagination, bien corsée et délirante.Knopfler laisse la part belle à l'originalité, aux recherches sonores très attrayantes et subtiles.Une musique fraîche et forte qui collectionne les ambiances romantiques et aériennes.Un disque confortable, ouateux, qui ondule comme un water bed, d'une perfection inouïe, on n'en attendait pas moins des Dire Straits.Merci monsieur Kopfler des albums de cette classe, de ce calibre et de cette utilité, on aimerait avoir l'honneur d'en acheter plus souvent.Chaque intervention est peaufinée; précise, efficace comme la balle d'un tireur d'élite.Mais le groupe n'abuse ni de sa puissance ni de sa force, c'est sa grande séduction.Un disque fièrement classique et incontestablement talentueux.Dave Stewart et Annie Lennox.Voulez-vous un breuvage avec ça?Puis c'est le «I love you like a ball and chain», le boulet de l'amour, le solo de guitare de Stewart qui enfonce et ancre dans le sol les envolées lyriques de Lennox, ou n'est-ce pas plutôt le con traire?Qui tient qui?Qui supporte qui?Qui est le boulet?Qui est la chaine?Chacun mon tour CHîNA CRISIS «FLAUNT THE IMPERFECTION « VIRGIN VL 2325 Le troisième disque de ce groupe de Liverpool.Un grand groupe est né.Rythmes sautillants, mélodies aguichantes, choeurs délicieux.Des chansons moulées dans la concision, la simplicité et la subtilité des arrangements: voix et saxophone viennent se lover au détour des chansons, des claviers imagina-tifs qui glissent partout ses insidieuses teintes satinées.Un groupe coloré, heureux, qui parle au sens en même temps qu'à l'esprit.Un album qui communique, qui transporte.De la musique qui vit et aide à vivre, à imaginer, à imager, à sentir.Le groupe «flèche» de tout bois, de l'extrême précision de son écriture, de la densité de son organisation.Les musiciens jouent sur les couleurs.Toujours c'est du mouvement.Voici le monde des soupirs et des caresses, pudiquement voilés par une virginité de surface.Rêvons.sans doute.D'autant plus que le coeur est composé de voix de mâles (une première) et que cette chanson précède la suivante (on s'en serait douté) laquelle est par ailleurs une des plus importantes des années quatre-vingt et même avant.C'est une chanson ir-ré-sis-ti-ble.Le genre «prise du grapin» qui était chère à certains lutteurs, exemples typiques d'un certain machisme auquel (malgré toute notre bonne volonté) aucun d'entre nous, les «mâles», ne peut vraiment échapper, et qui terrassait littéralement l'adversaire.Sauf que dans ce cas-ci il n'est pas question d'adversaire au sens conflictuel et «mâle» du terme.Il n'est pas question de «guerre», fût-elle des sexes.Il n'est question d'opposition si ce n'est d'une opposition déjà établie par la genl masculine et que l'on rectifie sans aggressivité, en affirmant tout .simplement sa réalité et sa féminité.Pour qu'un vieux macho comme moi, certes intellectuellement en accord avec la majorité des revendications dites «féministes» mais néanmoins vieux macho tout de même, se sente soudain presque l'âme d'un prosélyte démonstratif, battant des mains, tapant du pied, prêt à brandir son abonnement à «La vie en rose», il faut que le catalyseur soit puissant.Elle l'est.Elles le sont: Annie Lennox, la chanson, et Aretha Franklin (la plus grande voix de soul depuis mille neuf cent avant).Puis finalement il l'est.Puisque, s'il faut se fier aux conventions universellement reconnues, le nom de l'auteure apparaît avant le nom du compositeur dans les crédits de droits d'auteur et que pour cet hymne féministe d'une force joyeuse il se trouve que ce soit le nom de Stewart qui apparaisse le premier.N'allez surtout pas conclure que je veuille par là donner du mérite au mâle et donc dédire : les paragraphes' précédents.Nenni.Je suis subjugué et conquis par cette chanson peu importe qui l'a écrite.Mais dans un couple aussi «weird» que celui-là et dans une situation où les relations hommes/femmes à l'échelle planétaire sont à être remises en question sinon changées, j'aurais trouvé assez «progressiste» que les rôles soient inversés et qu'à cet égard-là, comme à d'autres, le meilleur band de «rythm and blues» noir et américain soit blanc et vienne d'Ecosse.D'autant plus qu'avec toutes ces ambiguïtés complètement limpides leur disque a pour titre: «Be yourself tonight», sur étiquette RCA, numéro AJL1-5129.?c y O z en > m D oo *\u2014 C 2 \u2022o 00 VfEILL Claire Dutrisac Nouveaux règlements à discuter MRégis Leduc, travailleur eommunautai-# ro oeuvrant auprès des personnes âgées, au CLSC Côte-des-Neiges.a levé un lièvre.En catimini, et sans s'en vanter, on le devine, le gouvernement a approuvé, par décret, deux modifications aux règlements de la Société d'habitation du Québec.Ce décret touche donc une partie des personnes habitant ces appartements »à loyer modique et celles qui désirent un HLM.Contresens ou hypocrisie?_ Je suis tentée de répondre: les deux! Voici le premier changement.«L'article 6 de ce règlement est modifié par l'addition, après le 1er alinéa, du suivant: «Il comprend aussi la fourniture d'une cuisinière et d'un réfrigérateur, dans le cas d'un bail en vigueur le 31 décembre 1984 ou dans le cas d'un bail en vigueur après cette date si l'espace prévu dans le logement ne permet pas d'installer une cuisinière et un réfrigérateur de 765 millimètres de largeur chacun.» Ces millimètres équivalent à environ 30 pouces.Et voici le second: «L'article 9 de ce règlement est remplacé par le suivant: «9.Du loyer de base se soustrait mensuellement, pour chaque cuisinière ou réfrigérateur non fournis par le locateur à un locataire en place le 31 décembre 1984.un montant de $1,50 par appareil.» Le nouvel alinéa de l'article 6 force de futurs résidents d'habitation a loyer modique à faire l'acquisition d'une cuisinière et d'un réfrigérateur afin d'obtenir le HLM convoité.Deux situations peuvent se présenter: le locataire a déjà ces appareils fournis; ils ne lui appartiennent donc pas.Ou encore, ceux qu'il a n'entrent pas dans l'espace que l'on allouera dans les HLM pour ces appareils.Les conséquences?M.Leduc les énu-mère:.d'abord, certains «élus» refusent de se voir attribuer un logement à prix modique, faute de pouvoir se payer une cuisinière et un réfrigérateur.Une seule alternative se pose donc: ou on achète.ou on renonce.Il est facile de concevoir que ce sont les gens les plus défavorisés qui vont se désister.Ceux qui peuvent se permettre ces achats habiteront les HLM.Donc, le maintien à domicile, ce n'est pas pour les pauvres.D'où mon affirmation: ce règlement est un contresens et va à rencontre d'une politique dont le gou- vernement se fait le héraut.D'où, également, le peu de publicité entourant ce décret hypocrite.Un déni de justice_ Pour la personne âgée qui ne peut s'offrir la cuisinière et le réfrigérateur exigés, c'est un déni de justice.En effet, l'Office municipal lui écrira (et j'ai lu une de ces réponses) que sa demande est annulée et que le dossier ne pourra être remis en vigueur avant qu'une année entière se soit écoulée.Elle devra, lui préçise-t-on, présenter une nouvelle demande avant le 1er avril 1986.(La lettre de l'Office était datée du 3 avril 1985.) Ce n'est pas tout! Cette personne perd son rang d'attente.Elle recommence à neuf, elle recommence à RIEN ! Deux poids, deux mesures L'article 9.lui, dit que l'Office soustraira du loyer de base mensuel $1,50 pour chaque appareil qu'il ne fournira pas.M.Leduc demande: -Dois-je comprendre qu'un remboursement dérisoire (de l'Office à son locataire) de $3 par mois suffit pour faire l'acquisition d'une cuisinière et d'un réfrigérateur?Parlons de leur valeur réelle lors de l'acquisition.Neufs, c'est au moins $1 000.Ce remboursement de $36 par année prendra 30 ans à être perçu.Comme la rentabilité d'un appareil neuf est d'environ 15 ans, on n'aura qu'à racheter deux autres appareils en cours de route.À quel prix?Si l'on parle d'appareils usagés, le montant est approximativement de $360.Donc.l'Office mettra dix ans à rembourser le locataire.Et quant à la durabili-té de ces appareils.le locataire peut s'attendre à devoir ou en racheter un autre dans un proche avenir, ou à payer beaucoup de réparations.Si le locataire doit emprunter pour acheter une cuisinière et un réfrigérateur, les $36 ne couvrent même pas les intérêts bancaires.à supposer que la personne réussisse à obtenir un prêt.On le sait: on ne prête qu'aux riches.Dans le cas où le propriétaire inclut dans le prix du loyer le service de ces deux appareils et décide, après coup, de les reprendre, quelle serait la réduction de loyer que la Régie du logement pourrait accorder?Elle a déjà alloué $5 par mois à un locataire qui a du s'acheter un lit ($200-300) que le propriétaire devait fournir.Si la somme de $36 suffit à rembourser un locataire, pour- quoi le propriétaire n'exige-t-il pas tout simplement $3 par mois pour fournir les appareils?Petitesses de la SHQ! Des questions pertinentes Dans une lettre adressée au Conseil des ministres, à l'Office municipal d'habitation de Mont réal, aux conseillers municipaux de Côte-des-Neiges, M.Leduc pose une série de questions fort pertinentes.J'en cite quelques-unes.\u2014 Peut-on demander à une personne âgée de plus de 75 ans de songer à l'acquisition d'une cuisinière et d'un réfrigérateur?«Moi.rajoute M.Leduc, je n'ai jamais su que dans un logement «à vocation sociale» il est obligatoire de se munir d'un réfrigérateur et d'un poêle.» Aux ministres, il demande: «Lorsque vous avez voté cette loi, en aviez-vous vraiment analysé l'impact?Et sur quoi vous êtes-vous basés pour en arriver à un chiffre aussi précis que $3 comme compensation?À l'Office, il déclare: pourquoi \u2022être aussi rigide dans le cas de la personne âgée qui est incapable de s'offrir une cuisinière et un réfrigérateur?Aux conseillers municipaux de Côte-des-Neiges (un quartier particulièrement victime de ces amendements à la loi), trois courtes questions: «Étiez-vous au courant de ces changements?Qu'en pensez-vous?Que songez-vous à faire pour apporter des correctifs ?Le rôle futur des travailleurs communautaires sera-t-il de «magasiner» des cuisinières et des réfrigérateurs pour les personnes bénéficiant à l'avenir de HLM ?Il plaide la cause des personnes âgées victimes de ces amendements aux règlements.À quoi bon payer ces appareils s'il ne reste pius d'argent pour manger?Ultérieurement, dans un proche avenir, j'aurai des renseignements peut-être plus précis à vous donner sur un sujet emberlificoté à souhait par le jargon juridique.Et qui sait, de bonnes nouvelles à vous transmettre.LE COURRIER Chère Madame, Quand j'entends dire que des jeunes se plaignent des impôts qu'ils paient pour les pensions des vieillards, ie pense à mon père qui a élevé douze enfants.Il n'a bénéficié des allocations familiales que pour un seul et durant une seule année.Ma mère accouchait à la maison.Le gouvernement ne pavait pas de garderie, ni de frais de dentistes, etc.Mais mon père, lui, en a payé des impôts pour des allocations familiales et toutes les facilités que le gouvernement donne aux dames qui aiment mieux faire leur vie, comme elles le crient aux quatre vents; plutôt que de s'occuper de leurs enfants, elles préfèrent les confier à n'importe qui.Je suis l'ainée des douze et i'ai aidé ma mère à traverser la crise.Mon père et elle, à force de sacrifices, ont passé à travers.Ils sont décédés, il y a trois ans, à l'âge de 94 et 95 ans.Je les ai gardés et soignés jusqu'à la fin.Je n'ai eu d'aide de personne (sauf un de mes frères; car lorsque mes parents ont eu besoin de certains services, la famille a disparu!).Quand ils ont eu besoin de chaises roulantes, dans certains bureaux d'aide sociale, on m'a ri au nez.Le médecin s'est fâché et les a finalement obtenues.Les deux hommes du service social qui sont venus tes livrer étaient contents.Ils ont dit avoir vu les deux vieux les mieux traites et les mieux compris malgré leurs maladies (ma mère, paralysée dix ans, sans parler; mon père, lucide jusqu'au dernier moment, a été trois ans aveugle et sourd.Malgré tout, c'était un bon vivant).Continuez votre travail; les vieillards méritent d'être compris et surtout aimés.E.S.R.\u2014 Nos parents ont eu la vie dure.Ils ont donné de beaux exemples de courage et d'abnégation, souvent.C'est pour n'avoir pas cette vie difficile que nous avons payé et payons encore des taxes.Et les plus jeunes doivent en faire autant pour la même raison.Évitons les généralisations qui nous rendent souvent injustes.Les jeunes ne sont pas tous des égoïstes.D'ailleurs, ils vivent des années difficiles dans un contexte .social bien différent de celui de notre jeunesse, malgré la crise des années 30.La qualité de la présence d'une mère est plus importante que la quantité d'heures qu'elle passe à la maison.Il existe un équilibre à maintenir.Certaines femmes arrivent à concilier parfaitement leur travail et l'amour de leurs enfants.D'autres, en- On adresse le courrier à Claire Dutrisac La Presse - PLUS 7, rue Saint-Jacques Montréal, Que.H2Y IK9 fermées à la maison, deviennent frustrées, incapables d'affection et de sérénité.Je suis évidemment d'accord avec votre conclusion.Je trouve qu'on y arrive, doucement, patiemment.\u2022 ~~~ ~~ ~~~ Une correspondante, la semai ne dernière, avait, dans sa lettre, abordé un second sujet que je n'ai pu traiter.Le voici: «Partie depuis 34 ans, je suis revenue à Montréal et je cherchais un généraliste.J'en ai vu un qui tenait bureau au coin de la rue, depuis plusieurs années.Je lui ai demandé un test sanguin et uri-naire.Il m'a répondu que c'était lui qui décidait.Je n'ai jamais vécu cela! Je lui ai demandé s'il connaissait un cardiologue dont j'avais l'adresse.Il m'a répondu: ¦Ici, Madame, ie guéris et soigne tout.» J'avais attendu une heure et les dames qui étaient dans la salle d'attente venaient régulièrement pour différentes maladies, en changeant de médicaments presque à tous les mois.Alors, je suis allée voir mon rhumatologue qui m'a donné l'adresse d'une très «bonne médecin».J'en suis fière et i'ai fait des pas de géant! Margot R.\u2014 Il est certain que les médecins ne confient pas à leurs clients le rôle de décider des ordonnances! Il y aurait beaucoup d'abus et d'erreurs.À première vue, le généraliste que vous avez vu parait bien suffisant, rempli de lui-même.En principe, les omnipraticiens peuvent tout soigner.à condition de connaître les limites de leur science et de savoir référer leur client à un ou à des spécialistes.Ces derniers, d'ailleurs, n'acceptent pas.ou très rarement, de nouveaux clients sans qu'ils leur soient référés par un confrère généraliste ou spécialiste.Leurs honoraires sont alors plus élevés.Quant au médecin qui envoie un client chez un spécialiste, il n'est rémunéré que pour la visite qu'on lui fait et l'examen auquel il procède avant d'adresser ce client à un confrère.11 reste que le supplément d'honoraires que reçoit le spécialiste dans les circonstances que je viens de décrire a un relent de dichotomie.Mais c'est parfaitement légal et cette politique peut se défendre à plusieurs points de vue. PLEIN AIR Simone Piuze LE BOIS BELLE-RIVIÈRE.À MIRABEL Pour une morale écologique collective On était entre chien et loup, à l'heure où l'on sent venir la nuit.Nous roulions sur la route 148, à Ste-Scholastique (non loin de l'aéroport de Mirabel), lorsque le panneau annonçant le «Bois de Belle-Rivière» apparut enfin.«Vite, dis-je à l'ami qui m'accompagne, hâtons-nous afin d'avoir au moins une heure et demie de randonnée dans les sentiers avant que la nuit tombe.» La barrière d'accès à ce merveilleux centre écologique était déjà close, mais nous sommes allés quand même, parant notre voiture devant la barrière.Je ne savais pas que le «Bois de Belle-Rivière» fermait à 16h30 sur semaine\u2014et à 17h le week-end\u2014pourquoi si tôt alors que la plupart des sens reviennent du travail à cette heure-là?Peut-être aimeraient-ils prendre une marche au bois et se pacifier l'esprit avant de s'enfermer à la maison.Il n'y a pas que le week-end qui soit un temps propice à la détente-plein-air! Laboratoire naturel Nous voilà donc sur le chemin tranquille qui mène au Centre d'accueil.Pas une feuille d'arbre ne bouge.L'air esLtrès doux et la pluie d'aujourd'hui a.dirait-on, lavé toute chose.Les oiseaux chantent avant d'aller dormir et nous prenons plaisir à tenter d'identifier leurs roucoulements, totalement différents les uns des autres si on écoute attentivement.Nous arrivons enfin à une magnifique maison de bois et de verre.Centre d'accueil et point de départ de toutes les activités du «Bois de Belle-Rivière».Elle comprend une salle d'exposition et de travail, une salle de projection et de réunion et des bureaux pour le dévoué personnel composé de naturalistes-interprètes de la nature qui, sept jours par semaine, en été, et cinq durant les autres saisons, aident les visiteurs à apprécier la végétation, la faune, la géologie ainsi que toutes les autres activités du domaine des sciences naturelles.«Pour conserver la beauté et la variété des espèces végétales et animales de ce milieu naturel, toute forme de cueillette est interdite, tant au niveau de la forêt que des différents aménagements du centre», peut-on lire sur un panneau.Pas question donc, de cueillir, comme nous en avions envie, ces trilles blancs Lise, Danielle et Sylvie examinent des plantes.du printemps aux pétales si délicats, «Pourquoi?» demande mon fils.Je lui dis que si tout le monde cueillait «ses petites fleurs sauvages», en peu de temps elles ne seraient plus là pour réjouir le regard des visiteurs.Et puis certaines personnes ne se contentent pas de cueillir, elles pillent carrément les sous-bois, arrachant, par exemple, l'ail des bois, cette espèce qui est maintenant menacée d'extinction.«L'ail des bois met 7 ans à se multiplier, m'a dit récemment une biologiste; si vous arrachez son bulle comestible, il ne reste- ra plus rien en terre après la récolte.» Nous sommes seuls dans ce lieu-sanctuaire où les bouleaux gris, les vinaigriers et les vioines cassinoïdes côtoient les pierres disposées harmonieusement ici et lu, les arbustes et les cabanes d'oiseaux, sans parler d'une basse-cour emplie d'animaux de la ferme\u2014les poules, coqs, canards et oies blanches y passent l'été en se dandinant joyeusement pour notre plaisir et celui des enfants.Nous sommes seuls, mais je sais que, depuis 1981, année de son ouverture officielle.le Bois de Belle-Rivière a accueilli environ 300 000 personnes.Malgré ses débuts plutôt modestes, sa popularité ne cesse de grandir auprès des clientèles scolaires et scientifiques, des clubs de l'âge d'or, des groupes pour personnes handicapées et de la clientèle de type familiale.Ses buts: «faire connaître, apprécier et aimer la nature, accroître la connaissance de l'individu sur la place qu'il y occupe et développer chez lui le désir de protéger, conserver et utiliser rationnellement les ressources naturelles du milieu».En fait, il s'agit pour ce centre\u2014unique en son genre au Québec\u2014de fournir un laboratoire naturel en plein air de façon à stimuler la curiosité scientifique, spécialement chez les jeunes.Voilà sans doute pourquoi tant d'écoles se font un devoir d'y amener leurs élevés\u2014il faut réserver cependant à l'avance.Le Bois de Belle-Rivière est en train, très doucement mais sûrement, de participer à l'édification d'une morale écologique collective.C'est beau et ça donne le frisson: un frisson de bonheur, bien sur.quand on songe qu'il y a encore quelques années, certains milieux naturels devenaient de véritables dépotoirs.On y prenait plaisir, semble-t-il, à détruire les coins sauvages du pays, ne respectant que la pelouse devant sa maison.Une petite grenouille vient me tirer de mes réflexions.Je la prends délicatement entre mes mains et lui caresse la tête pendant quelques instants, avant de la laisser vaquer à ses occupations.Je me souviens alors que.petit garçon, mon frère s'amu sait avec ses copains à faire «fumer» les grenouilles afin de les voir exploser.Quelle horreur! Aujourd'hui, les enfants écologistes ne font plus éclater les grenouilles, mais se contentent de les observer sous toutes leurs coutures avant de les dessiner.Aujourd'hui ce centre écologique situé en périphérie de l'aéroport de Mirabel veut nous rendre conscients que les ressources de la forêt ou de la faune ne sont pas inépuisables.Ni celles de l'eau d'ailleurs.À cet égard, une causerie sur la nécessité du trai tement de l'eau sera donnée le 9 juin, à 14h, au Centre d'accueil du Bois de Belle-Rivière par M.Pierre Boucher.Le public y est invité cordialement.Vous aurez par la même occasion la chance de découvrir le jardin forestier du centre \u2014 toutes les espèces d'arbres du Québec s'y trouvent \u2014 et le jardin ornemental.Offrez-vous aussi le doux plaisir d'observer les colibris (oiseaux-mouches) aspirer le nectar des fleurs ou s'abreuver toutes les quinze minutes aux abreuvoirs installés près du Centre d'accueil.INFORMATION: (514) 476-0476 (sans frais de Montréal) OU 258-3433, Le Bois de Belle-Rivière est situé au 9009 de la route 148 à Ste-Scholastique (sortie 35 de Tautoroute des Laurentides).? -.T-.\u2014\"\"V \u2022\u2022\u2022»«.mm .-,\u2022.«.f .\u2022 .\u2022 « ENT DE PARAÎTRE aux Editions La Presse COMMANDEZ PAR TÉLÉPHONE Service rapide et efficace 285-6984 Economisez temps et argent en commandant vos livres des Éditions La Presse par téléphone.Vous n'avez qu'à composer le numéro 285-6984, donner votre numéro de carte VISA ou MASTERCARD et le tour est joué.Ce service vous est offert du lundi au vendredi de 9 h à 16 h.Prière de noter que les échanges et remboursements ne sont pas acceptés.La vie au Québec et au Canada depuis cinquante ans vue par un observateur hors pair.I^esCoqs de village Les Coqs de village, tome I des Apostasies, titre général des mémoires de Jean-Louis Gagnon, s'arrête à l'entrée en guerre du Canada en 1939.La victoire de l'Union nationale en 1936 avait mis fin à quarante ans de régime libéral.La défaite de Maurice Duplessis, dès 1939, ramène Adélard Godbôut au pouvoir.Ces quelques années apparaissent à l'auteur comme une parenthèse de liberté qui se ferme en 1944 quand Duplessis reprend la barre.Retour à la Grande Noirceur.Pour Jean-Louis Gagnon, c'est le temps où les protestants qui deviennent catholiques se convertissent, tandis que les catholiques qui deviennent protestants apostasient; l'époque où les Canadiens de langue anglaise font figure de civilisés quand ils sont bilingues, mais les Canadiens français de traîtres lorsqu'ils parlent l'anglais sans trop d'accent.Mêlé à tous les combats qui, depuis cinquante ans, ont changé la vie au Quebec comme au Canada, Jean-Louis Gagnon, tour à tour humoriste et polémiste, multiplie les anecdotes qui font revivre les hommes politiques et les écrivains qu'on est en train d'oublier.296 pages OFFRE SPECIALE AUX ABONNE(E)S DE LA PRESSE: 20ft DE REDUCTION BON DE COMMANDE SI 1 Veuillez me Taire parvenir ( ) exemplaires) de \u2022 LES APOSTASIES» au prix de 12^5$ chacun, plus IS pour frais de poste et de manutention.( ) Je suis abonncXe) a LA PRESSE.Veuillez me Taire parvenir ( ) exemplaire^) de «LES APOSTASIES» au prix de 10,33$ l'exemplaire, plus IS pour frais de poste et de manutention.No d'abonné
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.