La presse, 13 avril 1985, La Presse plus
[" Bp GREICHE et SCAFF OPTOMÈTRISTES £9 Paris AVION+CITROËN LNA II, 3 semaines toutes taxes et assurances incluses livrée Paris centre-ville jusqu'au 28 juin, U 2SaooOI>P,*r,h' Çj||¥ ou 24 août au 20 juillet Box double \u2014 Tax** «l H» 288-4800 1190, boni.4s MqImmmuwc o.h3a1m» -H La photo impubliable?HMj ______ LES PHOTOS DE la presse Robert Mailloux ¦ < LU _ l- z o to 3 Non, le chef de pupitre ne me trouva pas drôle du tout quand je lui dis que cette photo était la seule que j'avais réussi à prendre lors de la clôture du Téléthon de la paralysie cérébrale 1985.Je crus même qu'il allait me passer par la fenêtre jusqu'à ce qu'il voie l'autre photo (en médaillon), plus respectueuse de la personne de l'animateur et qu'il s'empressa de mettre en page pour le journal du lendemain.Mais, savez-vous quel intervalle sépare ces deux clichés ?Trois négatifs sur la pellicule, donc environ deux secondes, juste le temps qu'il fallait à Serge Laprade pour se débarrasser de ce serpentin venu on ne sait d'où.Donc, la prochaine fois que vous verrez un photographe de presse flanqué de deux appareils motorisés, ne pensez pas qu'il s'agit de paresse de sa part.Dites-vous plutôt que cet Appareil: Nikon F3 motorisé Objectif: 24 mm Flash: Metz45 Ct4 Ouverture: F/5,6 Pellicule: Tri X (400 ASA) « J amais les nazis n'ont tué 6 millions de Juifs.Les chambres à gaz n'ont pas existé.Toute cette histoire n'est qu'une invention des .Juifs pour extorquer des indemnités et construire Israël.11 existe un complot juif international pour mener le monde.» Ce genre de discours a beaucoup été entendu, ces derniers temps, à propos du procès de Ernst Zundel, à Toronto.Us peuvent sembler anachroniques, tant ils ressemblent aux discours tenus par les nazis.Zundel a perdu son procès.Mais d'autres procès vont commencer bientôt, au Canada, contre des individus qui diffusent de semblables aberrations.«Car, explique Manuel Prut-chi, directeur national des relations communautaires du Congrès juif canadien, le racisme idéologique a conduit au génocide de G millions de Juifs et de plusieurs autres minorités.Pour que cette idéologie haineuse puisse continuer à se répandre et à plaire, il faut logiquement qu'elle nie l'holocauste de la Deuxième Guerre mondiale, qui a démontré à quelles extrémités elle pouvait conduire.» Peut-on parler d'existence de groupes néo-nazis au Canada?«Il n'y a pas de mouvement qui se réclame ouvertement du nazisme, du moins dans ses publications \u2014 explique le professeur Irving Cotler, spécialiste en droit international à l'université McGill \u2014 mais on peut voir percer l'idéologie nazie à plusieurs constantes de leur idéologie: la négation de l'holocauste, la fable d'un complot juif international, des concepts racistes envers les Juifs, les Noirs, les Jaunes, la Photo La photo de la première page fait voir des jeunes néo-nazis américains oui participent à une manifestation.White Power/ c'est le nom du journal du Parti nazi américain.NÉQ-MAZiSME y L'idéologie néo-nazie est présente au Canada Le professeur Irving Cotler voit percer l'idéologie nazie à plusieurs constantes de leur idéologie.notion de «pureté de la race», entre autres.» Aux États-Unis, pullulent des groupes ou des sectes qui cherchent à justifier la haine raciale par des propos plus délirants encore, et d'ordre «métaphysique», comme nous l'apprend un reportage du New York Times du 27 décembre 1984 : la création de l'État d'Israël est un des signes de l'Apocalypse.les Juifs sont les descendants de Satan.il faut défendre la chrétienté contre l'influence de l'antéchrist (le complot juif international).«The Silent Brotherhood; ou The Aryans Nations, ont démontré avoir des relations avec le Parti nazi américain et le Ku Klux Klan, particulièrement violents comme on le sait.Mais on connaît moins l'étendue de ces réseaux, aux fils tellement enchevêtres qu'on croirait un filet qui s'étend sur le monde, et jusqu'au Canada.C'est pourquoi le Congrès juif et le B'nai B'rith se tiennent au courant des activités de ces extrémistes.Arthur Hiess, directeur de la Ligue des droits du B'nai B'rith, est particulière- Gilles Gervais (photo) n'a pas répliqué à certaines accusations de Arthur Hiess.ment informé à ce sujet.C'est grâce aux recherches du B'nai B'rith que l'on peut débrouiller les écheveaux suivants.Le labyrinthe On ne sait trop par lequel commencer, mais comme ils finissent par se recouper tous.il suffit de bien s'accrocher et de ne pas se perdre dans le labyrinthe.Vous tenez le fil?Allons-y.Au Canada, prenons, par exemple.The Canadian League of .Rights, dirigée par Ron Gos-tick: elle ne se présente pas comme un organisme raciste, mais diffuse des publications niant l'holocauste et défend le droit des Canadiens-anglo-saxons-chrétiens-monarchistes contre tous ceux qui restent en dehors de cette définition (francophones inclus).La Canadian League of Rights (CLR) s'est portée à la défense de Jim Keeg-stra, lorsqu'il a été congédié, en janvier 1983, pour avoir enseigné à ses élèves du secondaire que l'holocauste n'avait jamais eu lieu et que les Juifs avaient tout inventé pour extorquer des in- Lvndon Larouche, chef du Parti ouvrier américain, tient le même discours que Zundel et Keegstra.demnités qui leur avaient permis d'obtenir Israël.L'affaire Keegstra,\u2014 dont le procès commencera en avril 1985 \u2014 est très caractéristique.Ce professeur d'histoire, maire d'Eckville (Alberta), a été sommé à plusieurs reprises de «cesser d'enseigner ses opinions biaisées», ce qui ne l'a pas empêché de continuer jusqu'à son congédiement.Et même après, au cours d'entrevues qu'il accorde à la presse et à la télévision, en mai 83.Membre du Crédit social, Keegstra obtient l'appui de deux vice-présidents du Parti national, aussitôt exclus par le président, Martin Hattersley.Lorsque 18 mois après, des pressions réussissent à réintégrer Keegsta et ses deux défenseurs, c'est le président qui présente sa démission, déclarant : « Nous ne voulons pas succéder au Parti nazi allemand».Pendant que la défense de Keegstra s'organise, on veille à ce que ses anciens élèves obtiennent une vision plus exacte de l'histoire: quelques-uns seront même envoyés visiter quelques camps de la mort hitlériens, dont Dachau.Ron Gostick, qui avait fourni une abondante «documentation» à Keegstra, et qui s'était même présenté devant ses étudiants pour leur parler de la nouvelle constitution canadienne comme «faisant partie du complot communiste de Trudeau», reste actif dans la défense de l'ancien professeur.Ce sont essentiellement des membres de la CLR qui composent la Christian Defence League, groupe qui se forme pour appuyer Keegstra et «défendre les fondements du christianisme menacé par le complot juif international.Négation de l'holocauste Ron Gostick avait déjà fondé, en 1950.un Canadian Intelligence Service, qui avait publié plusieurs livres et brochures, dont The International Jew et Know your ennemy (les Juifs, of course.) sur les thèmes du complot « sioniste-communiste-finan-cier» et de la négation de l'holocauste.Cetie «littérature de fiction » très spéciale est distribuée par des associations comme The Christian Action Vfovement et The Canadian anii-communist League, et celles dont nous avons déjà parlé, ontariennes.En mai 1983, les pare-brise de voitures de Saskatoon sont ornés de circulaires émanant de la Canadian League of Rights, aux propos si haineusement antisémites, que la Commission des droits de l'homme de Saskatchewan prend rapidement des mesures pour en condamner la violence.Elle sera publiée telle quelle, en août, dans un hebdo de Washington qui tire à 350000 exemplaires, The Spotlight.Hasard?Non: le directeur de recherche, de la CLR, Patrick Walsh, figure sur les listes du bureau canadien de Liberty Lobby, qui publie Spotlight, ainsi que dans celles de la section nord-américaine de la Ligue mondiale anticommuniste, deux organisations d'extrême droite.Vous me suivez toujours dans ces sombres dédales?Attention au tournant: le L/herty Lobby diffuse des idées antisémites et antinoires à travers une multitude d'autres revues et journaux américains et il est en contact avec un Institute of Historical Review, situé à Torrance, en Californie.C'est là le centre de diffusion le plus important des idéologies nazies en Amérique du Nord, sorte de plaque tournante avec les mouvements néonazis européens.Son directeur, David McCalden (dont le pseudonyme est Lewis Brandon) est un membre actif du Britain's Neo-fascist National Front.c en o z \u2014< > _r\u2014 en > o CO m Le danger n'est pas écarté à jamais C'est lui qui a assuré la distribution aux Etats-Unis et au Canada anglais d'un livre.The Rumor of Auschwitz, traduit du français, et dont l'auteur, Faurisson professeur à l'Université de Lyon, a déjà perdu trois procès en France, pour avoir nié la réalité historique des horreurs nazies et tenu des propos haineux et faux envers les Juifs.Faurisson a néanmoins été l'un des témoins à la défense les plus importants au procès d'Ernst Zundel, à Toronto.Point de départ_ Et puisque nous voici ramenés à notre point de départ \u2014 Zundel \u2014 rappelons que celui-ci, en 1977, était éditorialiste d'une revue néo-nazie aujourd'hui disparue, The White power report, à Liverpool (Virginie de l'ouest).Sous le pseudonyme de Cristof Friedreich, il a publié aux Éditions Samisdat, de Toronto, The Hitler we loved, and why.Son nom figure sur les listes informatisées du groupe Aryans Nations (Américain), ainsi que ceux de Jim Keegstra et de Don Andrews.Don Andrews?Un activiste du mouvement Western Guard, (ouest Canadien) dont l'idéologie néo-nazie et la formation paramilitaire sont incontestables: « Représenté au Congrès nazi mondial de la Nouvelle-Orléans, en septembre 1976 par le Dr Zapparoli et John Ross Taylor », rapporte Patrice Chairoff dans son Dossier Néo-nazisme '.Un autre procès imminent, d'après A.Hiess.Est-ce tout?Hélas non.Un autre réseau raciste qui inquiète profondément l'opinion.C'est celui de Lyndon Larouche, chef du Parti ouvrier américain (US La-.10 bord Party ou American L.P.)\" g dont le siège social est à New \u2014 York, et qui est en étroite rela-jg tion avec le Parti ouvrier euro-> péen et, plus près, avec le Parti pour la république du Canada.Ancien trotskyste_ Ancien trotskyste, Lyndon Larouche tient, comme ses «alliés», à peu près le même discours que Zundel et Keegstra, «mais avec des raisonnements beaucoup plus subtils, des mots codés et une argumentation financière étourdissante, qui le rend beaucoup plus dangereux que les autres», affirme Arthur Hiess, du B'nai B'rith de Montréal.«Il accuse le KGB, le FMI, le gouvernement britannique.û LU < CO < LU Cd h- z o lO 3 Henry Kissinger, Pierre Trudeau \u2014 alors 1er ministre \u2014 et le B'nai B'rith de diriger une conspiraton internationale communiste et sioniste.Mais il accuse aussi les grandes banques internationales \u2014 juives, américaines ou suisses \u2014 de conduire à une politique de génocide du tiers monde, comme il accuse les écologistes et le Club de Rome suprême de New York et sera effectivement jugé coupable, en 1980, d'avoir diffusé des idées antisémites incitant à la violence contre les communautés juives.La «façade» du Parti ouvrier \u2014 américain ou européen \u2014 est pourtant «respectable»: une idéologie (de droite, mais se défendant bien d'être «extrémis- «Larouchiennes» ont été distribuées ici à Montréal, aux sorties des métros Guy, Berri-de Monti-gny, Peel, et beaucoup d'autres \u2014 les points de vente changeaient tout le temps \u2014: New Solidary, Fusion, entre autres \u2014 explique Arthur Hiess, articles du Sunday Express (juin (1984) à l'appui \u2014.» Et j'ai moi-même accusé Gilles Gervais, candidat photothèque LA PRESSE Don Andrews, un activiste du mouvement Western Guard (ouest canadien), dont l'idéologie néo-nazie et la formation para-militaire sont incontestables.de vouloir paralyser l'économie mondiale avec la théorie de «la croissance zéro».Les idées antisémites de Lyndon Larouche, qu'il diffuse à partir de 1978, s'inspirent d'un document publié en 1903 en Russie tsariste pour justifier les pogroms juifs: Le Protocole des Sages de Sion, et qui est encore un des textes les plus utilisés par les antisémites.Lyndon Larouche possède son propre journal, New Solidarity (New York), dans lequel sont repris ces vieux thèmes.Accusé d'antisémitisme par la Ligue antidiffamation du B'nai B'rith américain, Larouche comparaîtra devant la Cour te») en faveur du développement industriel du tiers monde, des techniques de pointe, de la fusion nucléaire, de l'armement à tout prix, d'une politique nataliste pour multiplier le nombre de producteurs/consommateurs, d'une coalition antidrogue (la drogue étant un instrument d'asservissement et d'exploitation sciemment utilisé par les grandes puissances pour permettre aux pays pauvres de s'acquitter de leur dette internationale tout en abrutissant les populations pour qu'elles ne comprennent pas qu'elles sont victimes d'une conspiration mondiale) ; etc.«De nombreuses publications photothèque LA PRESSE Jim Keegstra, professeur d'histoire et maire d'Eckville (Alberta), qui est à l'origine de ce qu'on appelle maintenant l'affaire Keegstra.montréalais du Parti pour la république du Canada, d'être aussi antisémite que Lyndon Larouche aux États-Unis.Il s'en est bien défendu, mais il n'a pas encore traîné le B'nai B'rith en cour, pour diffamation, comme il avait menacé de le faire.En attendant, aux dernières élections fédérales, le Parti pour la république du Canada \u2014 dont Lyndon Larouche a rédigé la «Constitution» \u2014 a présenté 66 candidats.Quelques-uns ont été élus.» Enumeration de 40 page»_ Publié en 1977, le Dossier néo- nazisme de Patrice Chairoff précise que la simple enumeration de tous les groupes nazis américains nécessite 40 pages.Dans cet article, nous n'avons parlé que des groupes ayant une connexion au Canada.Mais il faut mentionner encore «une minuscule section de l'Union mondiale des nationaux socialistes (WUNS), le « Canadian Nazi par-ty», dirigé (en 1977) par John Beatty.C'est au CNP que l'on peut imputer une série d'attentats à la bombe contre des synagogues et des centres culturels juifs», d'après Patrice Chairoff, qui dénonce également les « relations régulières entretenues» par les mensuels québécois Vers demain et Michael Fighting (du Mouvement du crédit social) «avec la rédaction québécoise du journal néo-nazi français L'action européenne».Le racisme haineux, l'idéologie néo-nazie sont plus étendus qu'on ne le pense.«C'est pourquoi, déclare Irvig Coler.qui a beaucoup travaillé sur la poursuite des criminels de guerre nazis devant les tribunaux, il est très important qu'on puisse faire appliquer les articles 177 et 280 condamnant la publicité haineuse, comme on l'a fait dans le procès de Zundel, et ceux, à venir de Jim Keegstra et de Don Andrews : ils rappellent au grand public que le danger n'est pas écarté à jamais, et qu'il faut s'inquiéter de cette recrudescence du nazisme dans le monde.* Cette idéologie \u2014 faut-il le rappeler \u2014 ne menace pas «que» les Juifs, les Noirs, les Jaunes et autres minorités ethniques, mais aussi tous ceux qui «compromettent» la pureté de la race: handicapés physiques et mentaux, malades, homosexuels, etc., comme tous ceux que l'on soupçonne de «vouloir diriger le monde » : communistes pour les uns, capitalistes pour les autres, maçons, banquiers, gauchistes, écologistes, démocrates, féministes.fait finalement beaucoup de monde ! N'oublions pas les propos d'Adrien Arcand, fondateur du Parti de l'unité nationale du Canada (PUNC), dont se réclamait, dernièrement, Ernst Zundel: «La démocratie, ce système archi pourri, n'est conçu que pour la racaille.» À ceux qui veulent la préserver d'être vigilants.?1) Paliico Chalrotl, Dossier Néo-Nazisme.Paris.1977, Editions Ramsay.468 p Il n'y a pas de groupes ouvertement éo-nazis au Québec NÉO-NAZISME A» moment où la Commission du juge Dcs-c h en es on la me son enquête publique sur la présence des criminels de guerre nazis au Canada, après les procès d'Ernst Zundel, à Toronto, cl celui de James Keegstra, en Alberta, une question émerge de plus en plus d'elle-même: oxisto-t-il une filière néo-nazie active sur le territoire québécois'.' Question embêtante.11 existe relativement peu d'informations fiables sur le sujet.De plus, aucune manifestation importante de néo-nazisme n'est survenue au Québec dans les récentes années.Pourtant, dans son rapport annuel de 1982, un sous-comité des droits de la personne du Conseil consultatif canadien du multiculturalisme s'inquiétait «du spectre grandissant du racisme au Canada».Il s'attardait en particulier aux activités de groupes extrémistes comme le Ku Klux Klan, qui a tenté de s'implanter dans la région de Montréal, «apparemment sans grand succès», y indique-t-on.D'autres manifestations ont retenu l'attention, dans les semaines qui ont suivi le procès de Zundel à Toronto.À Montréal, une trentaine d'autos ont été peintes de la croix gammée, dans les quartiers de Hampstead et de Ville Mont-Royal.M.André Roussel, coordonnatcur général adjoint de l'opération Tandem (surveillance des quartiers), nous a confirmé qu'une enquête a été ouverte, en collaboration avec la police.Pour l'instant, «il n'y a pas d'indices sérieux sur les auteurs présumés de tels actes de vandalisme», selon lui.On a remarqué la publication de quelques lettres à saveur antisémite dans les journaux, sans appui ouvert à Zundel cependant.À Montréal, des étudiants, associés au Parti ouvrier nord-américain de Lyndon H.Larou-che (un groupe américain recon- nu pour ses idées très racistes mais qui ne se définit pas ouvertement comme pro-nazi), se sont activés à faire de la propagande sur les campus universitaires et à certaines bouches de métro.Pas de filière directe mais des liens douteux À la Commission des droits de la personne, au ministère de la Justice et chez les divers spécialistes consultés pour ce dossier, les points de vue convergent: il n'existerait pas de groupes ouvertement néo-nazis au Québec actuellement.Ce mouvement a commencé à décliner à partir de la fin des années GO, mouvement qui se poursuit.«Le membership global de ces groupes aux États-Unis (500) a diminué d'au moins 50 p.cent depuis 1978».précise un rapport récent de l'Anti-Dcfamation League of the B'Nai B'rith, pendant américain de la Ligue des droits de la personne (juive) B'Nai B'rith (I.DPBB) du Québec.Selon Manuel Prutchi, un des directeurs du Congrès juif canadien qui a étudié de près ces questions, la tendance serait similaire au Canada.«Le nombre de véritables groupes neo-nazis est très petit et relativement peu influent politiquement actuellement dans notre société.» En fait, les heures de gloire du nazisme au Québec ont atteint leur apogée dans les années -10 et 50, avec l'apparition du Parti national socialiste chrétien d'Adrien Arcan, a la fin des années 30.Le nom a été changé pour Parti de l'unité nationale du Canada dans les années 70.Le PUNC existerait encore légalement, mais il semble moribond politiquement.Personne n'a osé prendre la relève, après la mort du président fondateur en 1967.De son temps, Adrien Arcan fut un leader nazi très populaire, au Québec d'abord et plus tard au Canada.Son parti aurait compté jusqu'à 80000 membres à Montréal seulement, dans les années 30-10.Il a joui de l'appui de certains médias influents comme le Globe and Mail, Life Magazine, etc.«Cela allait de pair avec la prédominance du clergé et de l'éveil du nationalisme ambiant», estime Jacques Dofny, professeur en sociologie et histoire du nazisme à l'Université de Montréal.De son temps, Adrien Arcand fut un leader nazi très populaire, au Québec d'abord et plus tard au Canada.Zundel a bien connu Arcan, à son arrivée au pays en 1957.Ils ont étudié ensemble à l'ex-uni-versité Sir George Williams, aujourd'hui Concordia.Dans une entrevue accordée à une journaliste du McGill Daily, Zundel a révélé qu'en 1967, après la mort d'Arcan, il a hérité de «la plus grande collection de documents antisémites et pro-nazis au Canada».Ces documents lui auraient servi ultérieurement pour lancer sa maison d'édition, le Sa-misdat Publishers, reconnue comme une des principales sources de diffusion pour l'Europe, l'Amérique centrale et le Cana- da, distribuant son matériel dans pas moins de 54 pays et en 14 langues.Dans son livre «Dossier néonazi», publié en 1977, Patrice Chairoff soutient que le PUNC comptait encore quelques milliers de membres en 1976 et proclamait toujours son admiration pour le national-socialisme allemand et Adolf Hitler, dans son bulletin interne, Serviam.Selon Chairoff, le PUNC a collaboré un temps avec les catholiques intégristes de l'abbé Georges Nantes, et le Parti nationaliste de Jérôme Choquette.Il a été fermement opposé au Parti québécois, qui venait de prendre le pouvoir, et il a rivalisé sur sa droite avec les débris du Crédit social de Ileal Caouette et avec l'Institut d'action politique qui diffuse, notamment, Vers Demain.Repentir et recyclage_ D'autres groupes ont été associés de près à la diffusion des thèses eugénistes (purification de la race) dans les années 70: l'Institut des sciences psychosomatiques, biologiques et raciales (une création du Nouvel ordre européen d'obédience néo-nazie), dirigé alors par Jacques Beaujé-Prévost; et le Mouvement naturiste social de Jean-Marc Brunet.Selon un proche collaborateur de Beaujé-Prévost, M.Robert Bélanger, ces groupes n'existent plus ou n'interviennent plus de nos jours.Leurs leaders auraient changé d'idées, regrettant «leurs erreurs de jeunesse et certains excès».Bcaujé-Pré-vos-l préside aujourd'hui l'Ordre des naturothérapeutes du Québec, «mouvement écologique à vocation d'entraide et d'éducation», et Jean-Marc Brunet est propriétaire de la chaîne de produits naturels Le Naturiste.Inquiétudes et vigilance En fait, ce qui inquiète davantage plusieurs observateurs, c'est la recrudescence de l'idéologie néo-conservatrice et d'extrême-droite, plus ou moins fascinante mais pas nécessairement néo-nazie.Arthur Hiess, directeur de la Ligue B'nai Bright, parle même d'un curieux phénomène de «recyclage des ex-leaders nazis ou fascistes vers des organismes plus crédibles socialement et politiquement».De son côté, Mike Kropweld, responsable du projet culte au Centre éducatif Hillel (pour jeunes juifs), voit d'un mauvais oeil la prolifération de sectes à Montréal (plus de 300), qu'il associe au développement de divers groupes d'extrême-droite agissant souvent sous une couverture légale (enregistrement) religieuse.Ce qui leur donnerait une immunité quasi absolue, pour oeuvrer clandestinement.Néanmoins, tous s'entendent sur un point: il faut demeurer très vigilant, débusquer toute tentative de développer l'intolérance et le racisme, et empêcher la «bête immonde» (nazisme) de ressortir de sa tanière.?c y o z -H 70 m- > i\u2014 > en Les Américains craignent la violence j si ~WT e « décembre dernier, Robert Mathews, a^i de H j'A\\ ans.fondateur du m Agroupuscule l'Ordre, était tué lors d'un affrontement avec des agents du FBI près de Portland, en Oregon.Butler était recherché pour avoir ouvert le feu précédemment sur des agents du FBI qui, selon les journaux, enquêtent sur son organisation issue du mouvement néo-nazi «Aryan Nations».Des membres de l'Ordre auraient recueilli plus de I millions de dollars à la faveur de vols à main armée dans des banques et des fourgons de transport de fonds.Leur but présumé: financer un mouvement de guérilla contre le gouvernement fédéral, qui serait tombe sous la coupe des «Juifs».Il y a quelques jours a peine, au début de mars, une vingtaine de militants néo-nazis auraient été interpellés au cours d'une ra- fle effectuée dans sept Etals des États-Unis relativement à cette-affaire.M.Manuel Marquez, porte-parole du FBI à Washington, refuse toutefois de confirmer que cette opération a bel et bien eu lieu.M.Marquez tient à mettre les points sur les «i» en ce qui concerne l'altitude du FBI à l'égard des organisations racistes ou néo-nazies: le FBI, nous a-l-il dit, ne fait enquête que si des membres de ces organisations vont au-delà de la simple expression d'idées radicales et commettent des actions illégales.Selon M.Marquez, environ une vingtaine de membres d'organi-Uo sations néo-nazies ont été arrêtés 2: à la suite d'investigations du .j FBI au cours des douze derniers Sf mois.^- < < z o 374 millions d'heures de travail accomplies par 2,7 millions de personnes pour une valeur estimée de 1,9 milliard de dollars.Un nombre d'employés rémunérés (175000) supérieur à celui de l'Industrie forestière ou des services d'électricité, de gaz et d'eau.Une contribution totale qui atteint presque 2 p.cent du produit national brut.Non, il ne s'agit pas de l'industrie de l'automobile ou des pâtes et papiers, mais de l'industrie du bénévolat.Ces chiffres qui remontent à 1979-80, date de la plus récente étude de Statistique Canada sur le sujet, illustrent à souhait que le secteur bénévole a plus qu'un impact social, il représente une force économique non négligeable.Les gouvernements le savent d'ailleurs fort bien, eux qui font de plus en plus appel au bénévolat pour réaliser des économies, ce qui soulève l'opposition syndicale, dans la mesure où il permet d'économiser des salaires et des emplois.Dans son énoncé économique, Une nouvelle direction pour le Canada, le ministre des Finances, M.Michael Wilson, s'est déjà montré sensible à la question puisqu'il affirme que «le gouvernement ne peut négliger l'importance du secteur volontaire au Canada.La force de ce secteur est une des ressources ' inexploitées que tous les Canadiens devront développer, au cours des prochaines années».Aucun doute là-dessus, il faudra dorénavant apprendre à compter avec cette nouvelle race de travailleurs, les bénévoles.Le secteur volontaire se présente d'ailleurs de plus en plus lui-même \"comme un secteur de création d'emplois.Certains estiment qu'il faut moins de subventions gouvernementales pour créer un emploi permanent dans le domaine communautaire que dans l'entreprise privée.L'Association des médias écrits communautaires dont le travail s'appuie sur près de 1500 bénévoles avance les chiffres suivants.Il faudrait en moyenne $60000 pour créer un emploi dans l'entreprise privée et à peine $20000 dans le secteur des médias communautaires.Yvan Gauthier, secrétaire général de l'association, identifie même les entreprises communautaires à de petites en- treprisés sans capital qui s'appuient sur un capital humain pour fonctionner.La situation économique a appris à nombre d'organismes bénévoles à compter avec la rationalité économique.Alors que les organisations charitables font de plus en plus appel à l'entreprise privée et aux dons personnels pour se financer et éviter une trop grande dépendance face à l'État, plusieurs initiatives volontaires tentent de devenir des entreprises qui pourront possiblement un jour accéder à l'autonomie.C'est le cas notamment des groupes de récupéra-tion sans but lucratif qui se considèrent déjà comme de petites entreprises et exigent d'être considérés comme telles.Chantale Rouleau, directrice du groupe ÉnerVie qui rassemble une douzaine de récupérateurs communautaires de la région de Montréal, dont certains sont membres de leur chambre de commerce locale, ne craint pas d'affirmer «qu'il a fallu apprendre à jouer avec l'argent».Ce qui est relativement nouveau aussi, c'est que les organismes qui font appel au bénévolat commencent à se considérer comme une force économique.Réunies à Montréal, en janvier dernier, 59 organisations bénévoles membres de la Coalition des organisations volontaires nationales se sont rencontrées pour-discuter du programme de relance économique du gouvernement conservateur.3 LE BÉNÉVOLAT DES JEUNES L'oeuf ou le bacon.B « ¦ m énévolat ou nonovo-lat?» me lance Josée St-Hilairc, 22 ans, cheveux hirsutes, mèches colorées, qui a quitté un milieu familial qu'elle jugeait étouffant pour partir, il y a deux ans, rénover bénévolement une chapelie, à Saint-Julien, avec le Mouvement québécois des chantiers.Elle en est aujourd'hui à son sixième chantier dans un mouvement qui totalise déjà cette année plus de 50 000 heures de travail bénévole dans les coins les plus éloignés de la province.Les jeunes en ont beaucoup à reprocher au bénévolat.Us ont l'impression qu'il n'y en a que pour eux dès qu'il s'agit d'activités peu ou pas rémunérées.Trop souvent, aime raconter Jacques Grand'Maison (encore lui!), les jeunes se retrouvent dans la situation du cochon à qui l'on demande de donner du bacon pour combattre la famine dans le village voisin, alors que la poule se contente de donner des oeufs.Us y passent tout rond.Bénévole.rémunéré_ Ce qui vient immédiatement à l'idée de tous c'est évidemment le programme Jeunes volontaires du gouvernement québécois.D'abord conçu comme entièrement bénévole, le programme offre présentement aux jeunes de 16 à 24 ans qui ne sont ni à l'école, ni sur le marché du travail, de s'engager dans une activité de deux à douze mois qui doit nécessairement comporter un aspect de formation.Et cela, pour $150 par mois qui peuvent s'ajouter aux prestations de chômage ou d'aide sociale.Presque tous les groupes bénévoles ont critiqué l'utilisation in- Patrick Magny aide une victime de la sclérose en plaques du centre Jacques-Viger.due du mot «volontaire» pour s'adresser ainsi à une clientèle captive.Solange Richard qui s'occupe des projets de la région de Montréal reconnaîtra implicitement que le nom du programme est pour le moins «mal choisi».Pourtant, les jeunes, chômeurs ou pas, comptent pour une large part des bénévoles québécois.Claude Brunei, 28 ans, originaire de Québec, c'est cette voix chaude et alerte qui berce les auditeurs du poste de radio communautaire de l'est de Montréal.CIBL, dont 80 p.cent des émissions sont produites par presque une centaine de bénévoles.Claude ne se considère cependant pas comme un bénévole.Pourtant, il travaille gratuitement à la radio environ 35 heures par semaine.«Pour moi, c'est une façon de chercher du travail, de sonder les possibilités et de prendre de l'expérience, tout en prenant contact avec une ville que je ne connaissais pas.» Ils sont légion les jeunes qui profitent ainsi de leur période de chômage pour se payer « le luxe» d'une activité qui leur tient à coeur et leur permettra peut-être, un jour, de trouver du travail.Liliane Lebel se définit elle-même comme une chômeuse chronique.Après plusieurs périodes de chômage très difficiles, elle a décidé de faire bénéficier de son baccalauréat en économie les auditeurs de la radio où elle anime une chronique.«J'avais besoin de sortir de mon isolement, d'utiliser mes ressources et de ne pas perdre confiance dans mes compétences.» Au bureau de chômage, pas question évidemment de parler de tout cela puisque, précise Liliane, «le bénévolat n'y est pas reconnu comme formateur, ni comme un instrument de réinsertion sur le marché du travail».Ce bénévolat, plus ou moins illicite, est pourtant une des façons qu'utilisent très souvent les jeunes pour acquérir une forma-lion et une expérience de travail hors des canaux officiels de l'école et du marché du travail, jugés trop rigides et peu créateurs.Les jeunes qui travaillent ou qui étudient trouvent quand même parfois le temps d'accomplir une activité bénévole.Plus encore, on note actuellement une attirance marquée des jeunes vers des formes plus traditionnelles de bénévolat.Le grand copain de Martine Delislc, 18 ans, étudiante en psychologie au cégep est, croyez-le ou non.un homme de 50 ans atteint de la sclérose en plaque et hospitalisé au centre Jaeques-Viger où il s'est fait, l'an dernier, 23 000 heures de bénévolat.A chaque semaine, le sourire de Martine annonce pour M.Pelletier un peu de joie ainsi que les cassettes vidéo donl il fait une grande consommation.Après trois ans de bénévolat, Martine a décidé de s'orienter en gérontologie car, dit-elle, «ce sont les personnes âgées qui me donnent l'énergie pour faire le reste.Elles m'apprennent beaucoup et me font apprécier la vie quotidienne».Patrick Magny aime, de son côté, raconter l'affection qu'il voue à cette artiste peintre de 80 ans qui lui a l'ait don d'un tableau magnifique i'an dernier.Bruno Hurtubise avoue même qu'il est plus facile de parler aux personnes âgées qu'aux adultes de 10 ans.«Elles ont moins de préjugés a notre égard et nous acceptent comme on est.» Ce sont, au fil des jours, des centaines de petites histoires d'amour \u2014 Harold & Maude, version 1985 \u2014 qui se nouent ainsi derrière les murs pourtant froids des centres d'accueil pour personnes âgées.Les jeunes y sont pour quelque chose, puisque les organismes bénévoles font de plus en plus la tournée des écoles et que la crise a contribué à estomper bien des préjugés.Ils sont nombreux à en avoir ras le bol Si le bénévolat attire de plus en plus d'adhérents, certains, à leur heure, en ont fait une indigestion.Le «burn out» les a frappés au tournant de la trentaine ou de la quarantaine, après avoir investi une très large part de leurs énergies dans des activités bénévoles, volontaires, voire militantes.Ils sont donc nombreux les décrochés du bénévolat, les floués de l'action volontaire qui ont commencé, comme tout le monde, à compter leurs heures.C'est que le bénévolat n'a pas que ses bons côtés.Critiquée par les syndicats, utilisée par l'État, l'action bénévole n'a souvent plus de limite.Si on n'y prend garde, elle gruge non seulement les heures et les énergies, mais l'individu lui-même.Francine Pion a un peu vécu cette expérience lorsque, sitôt après la naissance de ses deux filles, elle s'est engagée dans la mise sur pied de garderies populaires.C'est lù qu'elle a acquis les compétences du métier, rela-tionnistc.qu'elle exerce aujourd'hui pour de jeunes artistes sans le sou.Combien de fois n'a-t-clle pas ragé de devoir assumer gratuitement des tâches qui auraient du revenir de fait à des fonctionnaires bien payés.«Je voulais que les capacités que j'ai développées dans le bénévolat soient reconnues quelque part.Car, dans l'action bénévole, la gratification ne va pas toujours de soi.C'est un peu comme quand tu restes à la maison pour élever les enfants.» En fait, les bénévoles d'au jourd'hui cherchent une reconnaissance.Ils oeuvrent gratuitement, mais au moins qu'on le sache et qu'on en tienne compte.Francine n'y est jamais allé par quatre chemins: «Dans un curriculum vitae, ce n'est pas considéré.Tout ce que ça peut l'offrir, c'est une autre job de bénévole.Pourtant cette expérience vaut bien des diplômes universitaires.» Et, comme une roche à l'eau, elle lance: «C'est comme un grand trou dans ma vie.» Michel Bourdeau qui n'a qu'un secondaire V en a fait l'expérience.Après trois ans de travail de gestion bénévole dans un groupe de récupération à Outre-mont, Michel tente d'invoquer cette expérience pour obtenir de l'avancement dans l'entrepôt d'expédition où il travaille.«On a presque ri de moi, c'est comme si je n'avais rien fait.» Ils sont rares les employeurs qui ont inscrit dans leur formulaire de demande d'emploi une section «travail bénévole».Cela commence à peine et demeure à peu près inexistant dans l'entreprise privée.Quelques institutions d'enseignement, comme le cégep de Levis, commencent à créditer l'expérience bénévole des étudiants, et pas seulement en travail social.Francine ne regrette pas son expérience de travail bénévole et avoue même en faire encore un peu à l'occasion.«D'ailleurs, je crois que j'en ferai toujours un peu.» N'est-ce pas justement une des forces de l'action volontaire que d'être «saisonnière» dispersée et de renouveler constamment ses effectifs?c en ?o z \u2022H Ta > i\u2014 en > 5 CO DEMAIN L'AN 2000 Yves Leclerc Une boîte à lettres dans votre PC?D'après beaucoup de gens dans l'industrie de la micro-informatique, c'est la prochaine étape, le prochain développement qui donnera un nouvel élan à un secteur qui, il faut l'avouer, a tendance à s'essouffler depuis auelaues mois.Cette prochaine étape, c'est l'avènement des réseaux de communication et du courrier électronique à usage professionnel.Déjà, une bonne proportion des IBM-PC ou autres ordinateurs de bureau qui pénètrent dans les entreprises sont équipés de MODEM, ces circuits qui permettent de transmettre des données numérisées par ligne téléphonique.Et les programmes capables de réaliser la communication à distance entre ordinateurs ou terminaux sont disponibles depuis un certain temps déjà.Pourtant, l'utilisation professionnelle et commerciale aussi bien des capacités de courrier électronique (entre individus) que de conférence par ordinateur (entre groupes) et de consultation de banques de données est loin de répondre aux prévisions optimistes qu'on faisait il y a un an ou deux.Tout indique même que la croissance de l'usage privé de ces fonctions est plus rapide que celle de l'usage commercial.Paradoxalement, il est sûr que les différentes formes de communication électronique offrent des avantages marqués sur les formules traditionnelles, qu'il s'agisse du courrier, des messageries ou du téléphone.Rapidité et souplesse_ Les méthodes de courrier électronique sont d'abord plus rapides: un message, un document qui prend plusieurs jours à se >o rendre à destination par courrier o?normal, ou au moins 24 heures par courrier express est acheminé en quelques minutes.Et ceci presque sans hausse de coût: à 120 caractères-seconde, ce qui est de plus en plus la norme des transmissions commerciales, même l'envoi par téléphone à travers le continent d'une lettre de deux pages (environ 3000 caractères) ne coûte qu'une minute ou moins de téléphone interurbain, soit à peine plus que la poste aérienne, et nettement moins que les messageries privées.D'autre part, un document reçu sous forme électronique peut être retravaillé ou réutilisé de diverses façons sans avoir à être retapé, ce qui économise et du temps et de l'argent, et réduit les possibilités d'erreur.¦ Comparé au téléphone, enfin, le courrier électronique a l'avantage qu'il fonctionne même si le destinataire n'est pas présent, et un même message peut être transmis à plusieurs personnes à la fois.Quant aux banques de données, elles offrent en théorie les mêmes avantages, et constituent des sources précieuses et abondantes de renseignements de toutes sortes: techniques, juridiques, financiers, fiscaux, etc.Elles sont plus répandues aux États-Unis et en anglais qu'au Québec et en français, et dans bien des cas leur contenu est spécifique au pays ou à la région; il n'en reste pas moins que les ressources disponibles sont partout sous-utilisées.Un problème humain_ Pourquoi ce retard, cette hésitation à tirer profit d'un mode de communication dont la quasi-totalité des experts s'entendent pour dire qu'il présente de nombreux avantages?Les raisons sont diverses, mais se résument en gros à trois: \u2014 Le manque de compatibilité entre les formats et les protocoles de communication.\u2014 La difficulté technique et l'aspect rébarbatif de la plupart des systèmes pour un non-initié.\u2014 La réticence à adopter de nouvelles méthodes de travail, et en particulier à se passer de la sécurité que procure le support papier.Les deux premiers problèmes sont principalement de nature technique.Non seulement chaque fabricant d'ordinateurs ou de terminaux, mais encore chaque créateur de banque de données, a eu tendance à créer son propre «protocole» ou mode d'accès et de consultation.Si bien qu'aujourd'hui, pour vraiment profiter des réseaux et des banques existantes, il faut avoir une connaissance minimale d'une demi-douzaine de systèmes fort différents entre eux.De plus, ces systèmes sont trop techniques, trop «informatiques».Ils exigent de l'utilisateur une connaissance exagérément détaillée des équipements et des méthodes de transmission employés.Un peu comme si pour téléphoner à quelqu'un à l'étranger il fallait savoir comment atteindre le réseau interurbain, et si la communication doit se faire par câble ou par satellite, et avec quelle vitesse, quelle densité les informations seront transmises.Ce type d'exigence tend à rebuter des profanes qui ne sont intéressés au fond qu'au résultat final.Mais il est probable que le principal obstacle à une montée rapide des communications électroniques est psychologique et social: l'utilisation des nouvelles techniques force ceux qui s'en servent à modifier leurs façons de travailler, à apprendre de nouvelles méthodes.Pour bien des activités de communication, les techniques traditionnelles non seulement suffisent, mais sont plus faciles et plus agréables que leurs équivalents électroniques: notes manuscrites, rencontres en tète-à-tête ou en petit groupe, démonstration au tableau noir (ou blanc), etc.Ce qui fait que souvent, même là où les nouveaux services sont implantés, on tend à les négliger pour les anciens.Dans un centre de recherches que je connais, où pratiquement chaque membre du personnel a un terminal ou un ordinateur relié au réseau sur son bureau, l'utilisation de la «boîte à lettres électronique» diminue à vue d'oeil au lieu d'augmenter: «C'est trop compliqué à apprendre et à employer, on aime mieux se téléphoner ou s'envoyer des bouts de papier écrits à la main», explique un chercheur.Il faudrait peut-être que les constructeurs et les programmeurs cessent de se préoccuper uniquement des aspects matériels et techniques de leurs produits, et commencent à se poser plus de questions sur leur fonction et leur utilisation.?Monsieur, Dans le journal du lundi 11 mars à la page B2, il y avait un article qui parlait d'une nouvelle méthode d'enregistrement des données.Il s'agit d'un périphérique appelé ¦Quick Data Drive».Pouvez-vous nous donner quelques informations supplémentaires sur ce nouveau produit?Bien à vous, Jean Dufresne, Montréal RÉPONSE: J'ai vraiment cherché à en savoir plus sur ce produit: moi aussi, la nouvelle m'avait intrigué, mais comme elle provenait d'une dépêche d'agence de presse, il ne m'a pas été possible d'en retracer la source, ni d'obtenir de renseignements supplémentaires là-dessus.Cependant, il me semble clair que ce produit n'est pas une unité de disquettes, comme le laisse entendre le titre, mais un lecteur de rubans ou de cassettes qui incorpore une nouvelle méthode plus rapide d'enregistrement des données.Cette méthode peut être soit physique, soit logicielle, soit un mélange des deux.Et je dois admettre que pour qu'elle connaisse un grand succès, il faudra qu'elle soit vraiment remarquable: il existe déjà un grand nombre de techniques d'enregistrement de données, et il se pourrait bien qu'on ait plus besoin de standardisation que de nouveautés dans ce domaine.Quelques tentatives en ce sens ont été faites par le passé, mais elles ont eu encore moins de succès que celles pour normaliser l'enregistrement sur disquettes.La seule véritable «norme» qui ait été établie s'appelait la norme «Kansas City»; elle a été assez populaire et fort utile à la fin des années 1970 chez les hobbyistes, mais sa lenteur aussi bien que les libertés qu'ont prises avec elle les principaux constructeurs l'ont vite condamnée.Disons simplement que l'enregistrement sur rubap répond à trois besoins bien distincts (et à trois catégories de prix en conséquence).Le premier est celui d'un système bon marché de stockage de données pour ordinateurs personnels, utilisant un magnétophone standard ou presque, et une technique traditionnelle (analogique) d'encodage.C'est celui des «Datasette» de Commodore, des lecteurs dédiés d'Atari, ou encore des interfaces cassette des ordinateurs bas de gamme de Radio-Shack ou de Sinclair.Le second est le successeur des grands «dérouleurs de bandes» de l'informatique classique, et tient la place du lecteur de disques chez certains fabricants.Il utilise en général une méthode numérique d'enregistrement^ et permet un accès sélectif aux divers éléments d'un fichier.C'est LE COURRIER > < < \u2014r < \u2022UJ a: t-Z o i ui \u2014 L ORDINATEUR À LA PORTÉE DE TOUS MBC 555-2 \u2022 MICROPROCESSEUR PUISSANT 16 BITS \u2022 SYSTÈME 0 EXPLOITATION MSOOS , \u2022 ORDINATEUR 256K \u2022 LECTEURS (2) 360K \u2022 LOGICIELS: WORDSTAR \u2022 CALCSTAR DATASTAR» BASIC \u2022 CARTE VIDÉO ÉMULATION IBM \u2022 MONITEUR COULEUR RGB CRT 50 SPÉCIAL D'AVRIL 2388» Aussi disponible: modèle de base MBC-550 à 998$ 271-2316 8184, St-Hubert (Nord de Jarry) On adresse le courrier à Yves Leclerc La Preste - PLUS 7, rue Saint-Jacques Montréal, Que.H2Y 1K9 le cas du «Microdrive» de Sinclair et des cassettes numériques de Coleco ou de Hewlett-Packard.Le troisième, enfin, a pour fonction de créer des copies de sécurité des fichiers stockés sur disque dur fixe Winchester.Il fonctionne de manière numérique, à très grande vitesse, mais ne permet pas l'accès sélectif, puisque son rôle est de recopier tout ou une partie importante d'un disque de 5 à 10 méga-octets dans le plus court laps de temps' possible.C'est ce qu'on appelle un «streamer», et on le retrouve de plus en plus souvent jumelé à un disque dur, surtout sur les systèmes commerciaux de haut de gamme.Des trois, c'est le plus récent et le plus cher.Ceci dit, il ne faut surtout pas prendre pour acquis que les logiciels (habituellement en ROM) fournis par les fabricants d'ordinateurs pour lire et écrire sur un disque ou un ruban sont idéaux et ne peuvent être améliorés.Au contraire, dans la plupart des cas, ils connaissent de multiples versions, dont certaines ont pour but de corriger des «bogues» ou erreurs qui s'y trouvent, d'autres d'augmenter leur souplesse et la variété des fonctions qu'ils peuvent accomplir, d'autres enfin d'accélérer leur fonctionnement.Ces programmes portent le nom de «disk drivers» (comme il y a des «screen drivers» pour l'écran et des «printer drivers» pour l'imprimante), et ils forment un des éléments de base du «système d'exploitation», le logiciel qui gère les échanges entre l'unité centrale d'un ordinateur et ses périphériques.Ils comportent des fonctions comme «abaisser la tète de lecture», «remonter la tête de lecture», «écrire sur une piste», «lire une piste», «chercher la piste N», etc.Par exemple, j'ai eu récemment l'occasion de mettre à l'essai un nouveau «disk driver» pour le Commodore 64.Jusque-là, il me fallait près d'une minute et demie pour charger le langage Logo.Avec ce nouveau «driver», cela se fait en moins de dix secondes.Et moi qui, comme tout le monde, croyait que c'était simplement l'unité de disquettes de Commodore qui était lente! De toute façon, il n'y a probablement aucun périphérique qui soit aussi intimement relié à l'unité centrale d'un ordinateur que le lecteur de disques ou de bandes, et donc aucun périphérique qui soit aussi peu «standard».Presque chaque modèle de chaque constructeur utilise une technique d'enregistrement différente, et dans la plupart des cas, même si une méthode révolutionnaire d'encodage apparaît sur le marché, vous n'y aurez accès que le jour où elle aura été adaptée à votre modèle précis d'ordinateur.n yr>anfen*t la liberté 90 esr-ce x/rbLi cjuf à Fairs dans Pcofn?Sa bossej .'EMPIRE Serge Grenier (cuisine Joyeuses pâtes Les pâtes cit: notre enfance se résumaient â peu de choses: spaghetti et macaroni.Les Italiens étaient fâchés, et avec raison : des siècles de gastronomie résumés à une seule sauce \u2014 à la viande \u2014, parfois agrémentée de boulettes.C'était un peu court.Qui, aujourd'hui, ne connaît pas les tortellini.les ravioli, les gnocchi, les rigatoni et autres fettucine?Toutes les sauces possibles et imaginables?Toutes les pâtes fraîches de toutes les couleurs?Rouges à la betterave, roses à la tomate, jaunes au safran, vertes à l'épinard, tachetées de vert au herbes.Le grand chic: fabriquer soi-même ses pâtes.Un chic qui n'a toutefois aucun mérite parce que les machines font tout d'elles-mêmes.Vous y mettez les ingrédients \u2014 semoule de blé dur, de préférence, oeufs légèrement battus \u2014, vous activez et, en quelques petites minutes, vous obtenez les pâtes les plus fraîches du monde: un jeu de bambino.Et si vous y tenez vraiment à vos boulettes, elles auront quand même plus fière allure sur des linguini que vous aurez vous-mêmes fabriqués.BOUTIQUE L'image au pouvoir 4257, rue Saint-Denis, une amusante boutique qui s'appelle L'Image.Imprimés de toutes formes.Posters, affiches et les ingénieuses cartes d'une PME appelée Trapèze, créée et dirigée par Luc Benoit.Cartes tridimensionnelles comme celle qui s'appelle « You're magie » : on l'ouvre et s'échappent d'un chapeau un lapin, une colombe et un as de pique.Ou ces cartes dont les messages \u2014 pourtant des plus banals: bonne fête, merci, bon voyage \u2014 se présentent en lettres détachées, aux vives couleurs, que le récipiendaire peut agencer comme 11 lui plait.En verlan, peut-être?Nebon tefé, cimer, bon agevoy.(MAGAZINE Le triomphe du noir et blanc II est publié à Paris et s'ap- pelle «City Magazine».Quand on connaît l'anglophilie galopante des Parisiens, il n'y a pas de quoi se surprendre.Quand même rédigé en français, in, branché, audacieux et d'un noir et blanc qui n'a rien à envier à la couleur, il se veut international et il l'est résolument.Sur une table à café, vraiment très très bien.animation) Le must de Stanley et Sherbrooke La Maison Alcan, la plus noble conquête du centve-ville, le plus bel édifice du Canada, le chef-d'oeuvre, le point de référence \u2014 ne dit-on pas «réussi comme la maison Alcan»?\u2014, demeure à voir et â revoir.Son extérieur pour l'intégration si réussie, son intérieur pour les oeuvres d'art qui y sont installées en permanence et pour son atrium.Atrium très animé où l'on présente des concerts à l'heure du lunch et où sont présentés actuellement les superbes objets volants et cerfs-volants de Claude Thibodeau.Qu'on se le dise! Quiconque fréquente les parages de Sherbrooke et Stanley sans mettre les pieds à la Maison Alcan n'est pas un vrai Montréalais.HAÏTI Le rapt d'E.D.Notre bien-aimé président à vie a réuni d'urgence son conseil des ministres afin d'examiner les mesures à prendre à la suite de l'enlèvement, hier soir, alors qu'il empruntait l'autoroute de terre battue menant à notre jolie capitale, du distingué parlementaire canadien E.D.Une organisation terroriste connue sous le nom de «Haïtiens associés pour un Haïti autonome » \u2014 les Haha \u2014 a revendiqué le rapt et réclame une rançon de huit millions de gourdes du Parlement canadien.À Ottawa, le ministre Joe Clark a promis de verser la rançon aux ravisseurs à la condition expresse que ceux-ci s'engagent à garder le député en captivité.c y o z -< m > en > m O > < 70 O 00 POUR LIRE Jean Basile Ces «lieux» qu'on ne nomme pas.Les Lieux (une histoire des commodités) par Roger-Henri Guerrand Éditions «La Découverte» Les «lieux»! Il faut un peu de génie de la langue française pour nommer par un mot si immense, si vague, les «lieux» les plus précis, les plus petits qui soient: les toilettes.Mais, peut-être en effet, faut-il bien et toujours les appeler «les lieux» car, tout modestes soient-ils.ils sont d'une importance extrême et j'imagine volontiers la panique qui nous saisirait tous si, d'un seul coup, une fée malicieuse nous les faisait disparaître.D'ailleurs (Victoria et sa fermeture-éclair) est passée par là.Les «lieux» ne se nomment pas et, dans les endroits publics où ils sont nécessaire, on les indique généralement par cette commodité de langage, «femmes» ou «hommes».Roger-Henri Guer-rand, lui, ne se gêne pas et non content de les nommer pour ce qu'ils sont ou prétendent être, il vient de leur consacrer un petit livre (Édition La Découverte) où il recense avec tout le sérieux requis pour un historien des mentalités et un architecte (ce qu'il est en effet) l'histoire de ces endroits qui n'en ont pas et qui, dans un sens, ne peuvent pas en avoir.Garnier lui-même, le constructeur de l'Opéra de Paris, cette salle immense à l'architecture très complexe, ne les mentionne pas dans la monographie pourtant détaillée qu'il publia sur le théâtre qu'il avait construit et, aujourd'hui encore, les trouver est encore plus difficile ^que d'écouter l'opéra que l'on chante sur scène! Dans notre Place des arts, beaucoup ! plus modeste, ils sont, en regard, superbes.I D'abord et avant tout, ce petit ¦ livre est extrêmement amusant.L'auteur connaît son sujet et a , soigné sa documentation qui ap-' parait comme toute nouvelle et I qu'il a choisie, un peu malicieusement, pour nous faire comprendre comment nous sommes devenus peu naturels quand il s'agit de besoins qui le sont, eux.Cela na date pas d'aileurs d'hier puisque Montaigne déjà se révolté: «Qu'a fait l'action génitale aux hommes, si naturelle, si nécessaire et si juste, pour n'en oser parler sans vergogne et pour l'exclure des propos sérieux et réglés?Nous prononçons hardiement tuer, dérober, trahir; et cela, nous n'oserions LES LIEUX UwToire Jcs cohithotiités rmmï t ?ill.) m .a m en parler qu'entre les dents?» En réalité, nous devons ces précautions oratoires, ces euphémismes riant à notre brave 19c siècle car, avant, on ne mettait pas tant de manière à parler de tout ce la et à le faire.Qui ne connaît le vocabulaire de Rabelais, pourtant clerc et médecin?Qui ne connaît les lettres salées de la princesse Palatine?Qui ne connaît les exclamations de Luther?Enfin, tout le monde tenait à cette petite mais importante liberté de faire comme on voulait ce qu'il fallait bien faire.Ainsi, au 17e siècle, des magistrats voulurent interdire cette libre latrine dans la rue et il s'ensuivit une émotion populaire.Une délégation, conduite par un maître tisserand, alla protester à l'Hôtel de ville de Paris: «Messieurs, dit le porte-parole, nos pères y ont chié, j'y chions et nos enfants y chierons».Mais ce n'est pas tout à fait de la faute du 19e siècle si tout changea alors.La populaion urbaine augmentait avec l'industrialisation.Le problème du résidu humain devint une obsession qui préoccupa aussi bien les hygiénistes que les moralistes et si les premiers avaient de l'invention, les seconds avaient de l'imagination de telle sorte qu'il n'était pas toujours facile d'harmoniser les intentions des uns aux caprices des autres qui, par exemple, voyaient dans les «lieux», retirés forcément, des occasions de masturbation, autre obsession de l'époque.Mais il ne faut pas oublier que la médecine n'avait pas encore ?les moyens radicaux qu'elle possède aujourd'hui pour tuer les virus divers et.notamment, le i liépomène de la syphilis qui fit S tant et tant de dégâts alors, que l'on craignait d'ail râper partout et.en particulier, sur le siège des toilettes d'où des invraisemblables traités sur ce simple sujet du siège de pierre ou de siège de bois verni.Le rencensement que fait Roger-Henri Guerrand des moyens et des propositions de l'homme on celte matière est à mourir de rire, tout bêtement parce qu'il nous semble aberrant aujourd'hui alors que le problème, malgré quelques obstructions de tuyauterie assez rares, est réglé définitivement.Quoique de temps en temps il nous faille reparler de la «purification des eaux «usées».Mais «usées» par quoi?On oublie de le dire.Il va de soi que c'est Montaigne qui a raison et qu'il faut comprendre la fonction génitale, «si juste», sous son double aspect erotique et excrémentiel.Toute la difficulté vient de là.Roger-Henri Guerrand ne manque pas de faire le point et il nous montre en effet, sans pédanterie, comment l'un régit l'autre.Tout le monde sait, d'ailleurs, que le premier acte social de l'enfant est de ne plus souiller ses couches mais d'aller sur le pot.Tout le monde sait combien gratifiante est cette victoire pour les parents, enfin débarrassés d'une corvée éprouvante.Tout le monde sait aussi comment cette défaite est traumatisante pour l'enfant.De cet exemple indivi duel, il est possible de tirer un enseignement social et collectif.Au fur et à mesure que se resserrait sur l'individu social l'interdit de la latrine, contre laquelle protestait le maître tisserand que l'on sait, se contractait aussi sa liberté sexuelle.Le génital erotique et excrémentiel se confondait et tout cela, qui est en bas de la ceinture, devenait sale et dangereux, si sale et si dango reux que certains ordres religieux, particulièrement maniaques, avaient inventé un petit baton pour glisser la chemise dans le pantalon sans risques.Tout cela est-il du passé?Pour une grande part, sans doute mais il n'en reste pas moins vrai que nous n'utilisons qu'avec réticence tous les mots qui président à l'appellation des fonctions résiduelles de l'homme.Même le mot «sueur» à quelque chose de vicieux que rectifient, heureusement, les désodorisants divers.Quant au papier de toilette, ne savons-nous pas qu'il doit être doux comme du coton et se nommer gracieusement «White Swan»?En fait, Roger-Henri Guerrand le dit, «Aucune discipline n'existe et ne subsiste sans système pour la sous-tendre et tel est bien le cas dans l'attitude de la bourgeoisie vis-à-vis de la saleté excrémentielle.La démocratie bourgeoise appelait fatalement l'invention des toilettes.Et il n'est pas facile à dire si c'est la bourgeoisie qui a créé les «lieux» ou les «lieux» qui ont créé la bourgeoisie.Sombre dilemme! ?PARLER D'ICI Philippe Barbaud Héritage normand De normand authentique, il n'y a guère dans noire parler que quelques dizaines de mots plus ou moins familiers, plus ou moins fréquents.C'est que le dialecte normand est tellement ancien qu'il est bien difficile aujourd'hui de dire avec certitude si tel mot ou tel autre appartient à ce dialecte plutôt qu'à un autre.Tout est devenu tellement entremêlé avec le temps.Il serait donc bien imprudent de ma part d'en dresser une liste.Tout au plus vais-je tenter d'intéresser le lecteur ou la lectrice à quelques spécimens que j'affectionne plus particulièrement.Prenons par exemple le mot «toeson» qui, chez nous, désigne habituellement un petit garçon plutôt costaud.Selon un sens plus ancien, ce mot désignait un homme (ou même une femme) grossier, lourdaud et rustre dans ses manières par analogie avec le boeuf car on disait alors «un boeuf toeson, un toeson».J'avais cru jusqu'à présent qu'il s'agissait d'un mot d'origine exclusivement normande que nous avions réussi à conserver dans son acception dialectale, ce qui est vrai.Or j'ai retrouvé le même mot dans le parler parisien du XVIIe siècle écrit sous la forme «TOXON» et qui voulait dire: «homme qui a des prétentions à la beauté et à l'esprit et qui est sot et laid».Dans ces conditions, le mot n'est peut-être pas d'origine vraiment normande quoique nous ayons conservé, en la modifiant quelque peu, l'acception qu'il avait dans le dialecte d'un grand nombre de nos ancêtres.Puisque nous sommes dans la ménagerie, restons-y! Qui ignore chez nous l'expression: «C'est un vrai taupin! » en parlant, là encore, d'un homme très fort, du genre armoire à glace.Héritage de nos ancêtres du sud-ouest de la France, pensezrvous?Détrompez-vous puisque la Normandie peut aussi revendiquer la même expression parce qu'un «boeuf taupin», là-bas, désigne un boeuf de robe noirâtre.Décidément, n'y en aurait-il que pour les hommes, dans le parler d'ici?Les femmes ne sont pas en reste, Dieu merci! C'est ainsi qu'un de mes amis s'est toqué quelques jours durant du mot «gribiche» dont il qualifiait sa femme de manière.fort affectueuse.«Ma gribiche» par-ci, «ma gribiche» par-là: je dois dire qu'il en avait détourné le sens à son insu car dans le dialecte normand de nos ancêtres, _ce mot voulait dire exactement le contraire: «une femme querelleuse, acariâtre et surtout méchante».Croyez-le ou non, ils ont divorcé depuis lors.Et cet autre mot de notre vocabulaire affectif: «gripette»?Normand .lui aussi.Je l'ai entendu dire récemment dans la bouche d'une locutrice montréalaise.Comme «mon p'tit v'limeux» \u2014 à l'origine, «venimeux» \u2014 ces produits s'adressent à des enfants, fille dans un cas, garçon dans l'autre, que l'on pourrait traiter de «p'Iits diables» à la normande.Il est à peu près certain que l'héritage le plus authentiquo-ment normand de nos ancêtres, c'est le suffixe «-eux» d'un grand nombre d'adjectifs et de noms que nous employons fréquemment tels: «un écureux», «un chevreux».«un siffleux», «un ro-bineux», «un rebouteux», etc.Ce suffixe est habituellement péjoratif et permet aux mots suivants d'être employés aussi bien comme adjectis que comme noms: «seineux», «tèteux», «pisseux», «senteux», «bretteux».«colleux», «ostineux».«raleux».et ainsi de suite.L'esprit normand, suis-je alors tenté de penser, est un esprit chagrin.Dans le même filon, je trouve le vocatif de «zarzais» absolument délicieux.Traiter quelqu'un de «zarzais», c'est lui dire à la normande qu'il est «uiaiseux» et innocent car ce mot provient de la déformation de «Jersiais», du nom des habitants anglo-normands des ties Jersey et Guerne-sey situées à quelques dizaines de kilomètres des côtes de Normandie.Par analogie à nos «newfies», c'est vous dire toute la considération que nos ancêtres avaient pour leurs compatriotes insulaires! Nous savons tous ce qu'est une «pinouche».Ce mot nous vient du normand «pignoche» qui, dans le pays de Caux, désigne une petite cheville de bois qui bloque une ouverture située très au-dessus de la «champleusc» d'une «tonne» de cidre, d'où justement notre expression «sentir la tonne» lorsque notre haleine trahit nos excès.Normand aussi «une mauve», qui s'emploie encore dans la région de Mont-Laurier, entre autres, pour désigner une mouette.11 en est de même du mot «miton», mie de pain en Normandie, que j'ai quant à moi «ntendu dans la région de Gran-by dans l'expression «faire, manger de la soupe aux mitons».Enfin, les puristes du français nous chicanent sur l'expression «banc de neige» parce que, disent-ils, c'est un affreux anglicisme.Savent-ils que dans le parler cauchois, «une banque de neige» désigne justement le talus que fait la neige lorsqu'elle est repoussée sur les bords du chemin?L'anglicisme en question ne serait-il pas plutôt un dla-lectalisme hérité \"de là parlure de nos ancêtres normands? WÊÊBÊBE&XÊÊtiÈ&ffîËËË POUR ÉCOUTER Jean-François Dor PARIS-TEXAS Comme la richesse cachée du désert Le point le plus élevé à des kilomètres et des kilomètres a la ronde c'est un cactus nain qui pousse par là.surgi qu'il ne sait trop où lui-même.Il aurait bien voulu grandir le cactus nain, mais la chaleur écrasante l'en a empêché, lui tapant continuellement sur la tête à grands coups de rayons de soleil.Encore heureux qu'il soit encore debout.Il aurait très bien pu avoir été emporté il y a longtemps par ce lance-flammes de vent qui mitraille de sable tout ce qu'il y a sur son passage, charriant avec lui des carcasses de boules de ronces.Vous vous attendez à ce que le train siffle quelques fois, qu'un «cow-boy» fasse voir la jambe droite de sa culotte frangée ornée d'un étui, lui-même garni d'un Colt -15, à gauche de l'écran, eu gros plan, pendant qu'en plan extrêmement éloigné on voit venir tranquillement, à travers une brouillance caniculaire, l'ennemi juré du propriétaire de la jambe droite en gros plan, à qui il en veut à mort, ce qui devrait être réglé d'un côté ou de l'autre d'ici quelques instants, ne perdez pas patience ça s'en vient.Lourde musique d'harmonica incisif et déchirant qui vous lacère les tympans: ça va éclater.Eh bien non! Vous vous êtes trompés de film, retournez à la case départ et rachetez votre billet.Ce qu'on voit c'est un homme qui marche, d'un pas décidé, vers un quelque part surgi d'il ne sait trop où lui-même et qui est très certainement ailleurs.Il était allé voir s'il n'y était pas et justement il venait d'en partir à l'instant.Il s'était raté d'une toute petite vie, à la bifurcation là-bas, celle marquée Paris-Texas.La «slide-guitar» de Ry Cooder laisse se prolonger une langueur plaintive qui arracherait des larmes à un coyote, le ton est posé, les bases sont jetées, l'envoûtement est créé.Rédemption de ses péchés_ Les envolées de notes lentes qui montent en volutes, variations diaphanes sur les thèmes de blues du Delta chers à Cooder, retracent les méandres du chemin parcouru par le héros dans la quête de son Saint-Graal intérieur, la paix du coeur et de l'esprit et la rédemption de ses péchés (lire erreurs) par la redécouverte de sa femme et de son fils, puis ultimement de lui-même et de ses racines dans une petite ville perdue du fin fond du Texas, Paris.Thème simple, développement riche, tout en affaire de climat et d'atmosphère, tout concourait à fournir à Ry Cooder un terrain propice à l'expression de ses talents.Il s'y emploie avec l'économie d'un thème de deux à cinq notes, carlographiant un voyage spirituel à travers un paysage psychologique sonore qui nous hante et nous imprègne, nous colle à la peau comme une sueur.Ses arabesques musicales ont une qualité universelle qui se trouve à sa place tant dans le désert texan du film que dans votre salon avec une tempête de neige à l'extérieur.C'est une musique qui peut à la fols servir de musique d'ambiance, pour accompagner la lecture ou la conversation, ou encore être écoutée pour elle-même.On peut y entrer comme on pénètre dans un univers particulier et découvrir, au fil des écoutes, des affluents nouveaux, des fourches nouvelles, pour de fois en fois en emprunter des différentes qui toujours nous emmènent ailleurs selon nos états d'âme du moment.Ry Cooder.il faut le dire, est dans une classe à part.Il est sans conteste le grand maître de son instrument.Expert du «bottleneck» et de la «slide» guitare, il a développé au cours des années un style qui lui est propre et qui réunit, en plus de ses influences «delta blues», le «folk», OfilW M« P»F S0M»-MC BY RY COODER LES CHOIX D Cri-H : GERARD BLANCHARD «Version pauvre du Lac des cygnes» BARCLAY 823161-1 *r -te Tfr Rien qu'avec un titre comme ça, il est à l'abri.Ça donne déjà une idée du bonhomme.Quant à sa trombine de farceur, elle est largement à la mesure des textes des chansons.Bref c'est drôle, remuant, plaisant et bien foutu.Tout cela fait un disque typique avec un cachet particulier, accordéon qui se pointe le nez entre deux séquences de synthétiseur, consommable et dansable sur l'instant.Le disque passe merveilleusement bien car Blanchard reste natu-' rel.Un humour dont il est seul capable (sauf Gainsbourg et Bashung) et qui fait de cette entreprise quelque chose de mouvant, de vivant.Reprenez-en tant que vous voudrez, c'est garanti 100% joyeux.RICHARD THOMPSON «A cross a crowded room» POLYDOR PDSI-6413 Son premier album solo, les six albums précédents étaient enregistrés avec sa femme Linda Thompson.Bien astiqué, ronflant et presque brillant.Disque concis, ramassé, efficient.Richard Thompson nous sert là le truc parfait: grandeur de ton, sensualité luxueuse des guitares, chaleur vocale veloutée.C'est effectivement cohérent, respire la construction et remue les tripes sans problème.Il marie la fougue, le charme, la spiritualité.La musique est le plus grand phénomène de communion de ce siècle; elle s'est substituée à la prière sans pour autant rompre avec l'essentiel, l'émotion et la sensation du corps.L'on a ici une musique et des textes qui possèdent les qualités de sève.Un album terriblement expressif.WHITE WOLF «Standing Alone» RCA KKL 1 0554 Du hasard canadien qui essaye de concilier rock dur et intelligence.Le groupe se montre sous un jour séduisant.Il se lancent à corps perdu dans un hard rock fier et combatif.Charges de guitares carillonnantes.Et un son de cloche finalement assez uniforme.On n'a pas vraiment le temps de souffler.En bref, ils délivrent d'innombrables solos avec ces incroyables piqûres suraigùes qui abiment les tympans.On l'écoute en souffrant, on l'absorbe comme une potion d'autant plus amère que les possibilités semblent énormes.C'est dire que tous les ingrédients sont là! Alors pourquoi la sauce n'a-t-elle pas pris?le «country» et le «rock».Grand érudit, musicologue d'une expertise notoire, sa connaissance des musiques folkloriques américaine et mexicaine ont fait de lui un «musicien des musiciens» recherché tant pour ses connaissances et son approche académique que pour ses qualités d'instrumentiste et de compositeur.Il a été demandé par les plus grands, allant des Rolling Stones à Randy Newman, mais THETEXTONES «Midnight Mission» GOLD MOUNTAIN GM 86010 à -te Vz Deux choses semblent avant tout créer la différence pour ce groupe; d'abord, d'avoir quelque chose à dire comme inspiration principale, ensuite de le dire avec cette conception globalement positive du son qui, faisant fi des gimmicks, des tendances modes, prend cette forme d'arme électrique unique.Comme dans 'Hands of the Working man», Textones démontrent qu'ils savent manier avec finesse cette tension inspirée.La flamme qui les anime est celle qui ne souffre pas la contrefaçon.Basse bien fouettée, riffs éclairs et vocaux rebondissants en strict parallèle à la trame rythmique.Il y a là dedans assez de munitions pour forcer le passage du divertissement.c'est son oeuvre de soliste qui est la plus remarquable.Pour en revenir au disque «Paris-Texas» il faut dire que, contrairement à la majorité de ces B.O.F.(bandes originales de films), celui-ci ne se veut pas être un simple memento, un souvenir, sonore pour ceux qui ont aimé le film.Le disque se tient en lui-même et par lui-même.Mais il y a un défaut.On y a inclus en plein milieu de la face «B» le long monologue de Harry Dean Stanton qu'il livre à Nasta-sia Kinski dans le cubicule de la maison de voyeurs, monologue qui est déjà d'une longueur effarante dans le film et qui devient, sur disque, carrément insupportable.Si le «I Knew These People* peut avoir sa place dans le film et éclairer le spectateur sur les motivations et les circonstances des gestes posés par le héros, sur disque cela devient une intrusion, une interruption presque impertinente du flot musical qui nous berce.Très très aga- ?çant.Outre donc ce défaut, qui peut être facilement corrigé si vous faites comme moi et enlevez ce huit minutes inutile en recopiant le disque sur cassette, Paris-Texas vous fera passer des moments sublimes, tout en musique, sauf pour cette très belle petite valse mexicaine (tex-mex en fait) chantée en espagnol par Stanton et qui donne un changement de ton très agréable.On dit des terres désertiques que ce sont les plus riches et qu'en s'asséchant elles ont gardé toute leur virtualité créatrice et féconde.Ry Cooder en fait la preuve avec toute la munificence de la simplicité musicale.?Co O z \u2014« m-> r\u2014 Co > VIEILLIR Claire Dutrisac «J'aime mieux mourir de faim que d'ennui.» Tout a commencé par une éviction.Le 3 janvier 1984, Mme Rose M., qui avait toujours habité le Centre-Sud de Montréal, reçoit une lettre de son propriétaire, refusant de renouveler le bail au 1er juillet 1984, à cause de travaux de rénovation.Mme M.doit donc avoir quitté son logement, dit l'avis qu'on lui a envoyé, pour le 1er juillet 1984.Nouvel avertissement le 3 juin de la même année, mais avec un sursis jusqu'au 1er octobre.C'est un nouveau propriétaire.L'OMHM entre en jeu._ Mme M.a en main plusieurs lettres émanant de l'OMHM (Office municipal d'habitation de Montréal).La première (le 25 juillet 1984) la réfère au chef de la Division des demandes.11 faut mentionner ici que depuis janvier 1984, Mme M.multipliait les téléphones, remuant ciel et terre pour trouver où loger.Elle affirme qu*à l'Office, on lui répondait qu'elle était eh tète de liste.Mais une lettre de l'Office (le 8 août 1984) dit substantiellement: «.nous sommes au regret de vous informer que nous ne prévoyons pas être en mesure de vous offrir un logement avant le 1er octobre 1984 ni tiêrne au cours des mois subséquents.(.) Malheureusement, la situation de votre dossier dans la liste d'attente ne nous permet pas d'espérer pouvoir vous aider à court terme.» Me rappelant mon entrevue avec M.N.Daoust, directeur général de l'Office, et son directeur du service de location, M.Robert Mainville, j'aurais cru qu'un cas d'éviction pour une raison comme celle-là devenait prioritaire et urgent.Jg Mme M.a alors fait appel au o député fédéral de Saint-Jacques ~ qui intervint en sa faveur auprès 5 de l'Office.Il précise: «Cette ^ dame qui ne possède qu'un très n faible revenu est âgée de 62 ans, \"2 et se voit dans l'alternative de û quitter le logement où elle habite ¦* présentement, soit le 1er octobre < 1984.Devant une situation sem-! JT : I longer en piscine, 'c'est du gâteau ! » m'avait-on dit.Derrière la fenêtre qui me donne accès au monde clos des plongeurs, je regarde, émerveillée et envieuse, chacun des mouvements gracieux des 14 jeunes gens qui, sous la direction de Richard Charron, apprennent à bien plonger en piscine.Ils ont fait un excellent choix d'école, puisque le Collège professionnel d'activités subaquatiques (CPAS) satisfait aux exigences des quatre associations internationales de plongée, dont la National Association Underwater Instructor, réputée au niveau de la qualité de ses cours théoriques et pratiques.Ces M élèves au corps souple font partie des 700 personnes qui, chaque année, reçoivent du CPAS un diplôme de plongeur, après examen en piscine.puis en lac! La plupart d'entre eux ne s'arrêtent pas la cependant.Ils s'inscrivent sans tarder aux différents cours \u2014 avancé, maitre en plongée, scuba-bronze (spécialité supérieure en sauvetage), plongée sous glace, formation de moniteurs, plongée souterraine, etc.Puis, de plus en plus passionnés par le monde sous-mà-rin, de plus en plus enivrés par la beauté et le calme des lieux subaquatiques, ils s'adonnent à la photographie sous-manne, descendent les folles rivières du Québec en apnée, suivent des stages de biologie sous-marine et de recherche.Rien ne les arrêtera plus.Mais commençons par le commencement.S'initier en piscine_ D'abord faisons taire la rumeur selon laquelle il serait ennuyant de plonger au Québec, ce «grand pays fret».Pas de coraux ou de poissons tropicaux ici, bien sur, mais «une merveilleuse sensation, un bonheur de vivre le phénomène de l'apesanteur» disent, enthousiastes, Michel Lus-sier et Louis-Philippe Tétreault, tous deux professeurs au CPAS de Montréal.Je les bombarde de questions, le nez collé à la fenêtre où apparaissent les deux jeunes filles et les garçons qui, en un style fluide, montent, descendent, s'assoient au fond de l'eau, font parfois des signes avec leurs mains.Partout, des petites bulles surgissent, «bulles d'air tranquilles» puisque les plongeurs respirent calmement, sans n'énerver.Voilà Lyne Pain-chaud qui s'exerce maintenant à installer son équipement.assi- Une seule bouteille d'air pour deux plongeurs, une bonne façon d'acquérir de la confiance.pho'° bcrnard Braul>'LA PRE8SE se au fond de l'eau.Ses gestes sont précis, ses membres détendus lorsqu'elle ajuste son masque, son tuba, sa ceinture de lest \u2014 ceinture de soie ou de nylon tressé à laquelle sont enfilées des pesées de plomb qui augmentent le poids du nageur\u2014, ses palmes et, évidemment, sa bouteille d'air compressé.Mais pourquoi les trois plongeurs que j'ai devant moi se tiennent-ils par les épaules?«Tu vois, dit Michel Lussier, un seul plongeur possède la source d'air (bouteille); à tour de rôle, les deux autres doivent aspirer de l'air à l'aide du détendeur, ce système de valves qui amène la pression d'air contenue dans la bouteille à la pression environnante et qui se termine par une sorte de gros champignon de caoutchouc.Il s'agit pour eux d'apprendre à contrôler leur aspiration sous l'eau, à acquérir de la confiance.» Et Lussier de me parler du «copinage» qui doit absolument exister entre plongeurs.Entraide sous l'eau__ «Les plongeurs doivent toujours plonger à deux pour obte- nir une surveillance mutuelle, dit de son côté Richard Charron, directeur du CPAS.Jamais les plongeurs ne se perdent de vue sous l'eau: si l'un remonte, l'autre doit le suivre! Et lorsque l'eau devient trouble, ils plongent reliés par une corde.Mais attention: il est important de s'assurer que son copain de plongée possède une carte de plongeur reconnue.» Bien sûr, il est tentant d'aller explorer seul, par une journée de vacances paradisiaques, les fonds marins de la Guadeloupe ou de la Floride.Ou encore les fonds du lac où est situé votre chalet d'été! Retenez-vous, il y va peut-être de votre vie.Par ailleurs, s'il est sage de commencer en piscine son apprentissage de plongeur durant la saison froide \u2014 afin d'être prêt à plonger en lac dès les beaux jours venus \u2014 il n'est pas impossible aux retardataires de suivre un cours accéléré en été, au lac Sacacomi, près de Louise-ville.En peu de temps, pourvu que vous y mettiez l'énergie nécessaire, vous obtiendrez votre diplôme du CPAS.Et vous pourrez fréquenter les épaves des Escoumins sur la Côte-Nord et celles du Richelieu où se plaisent à séjourner nos poissons d'eau douce.«Il ne faut pas oublier que nous avons beaucoup de voies navigables, ici, au Québec, dit Michel Lussier.Et des profondeurs acceptables.» Louis-Philippe Tétreault renchérit: «Chaque année, j'organise des plongées de groupe aux Escoumins et des descentes de rivière en apnée.C'est extraordinaire comme expérience: on se laisse porter comme un bouchon par le courant, dit-il, revêtu d'une combinaison isothermique en néo-pren extensible et portant palmes, tuba et masque.Le 28 avril, nous descendrons un bout du Richelieu.Le niveau de l'eau y sera très élevé.» Selon Michel Lussier du CPAS, les Québécois seraient de super plongeurs puisque la plupart de nos écoles de plongée sont exigeantes côté technique.«Lorsque nous arrivons dans les mers du sud, dit-il en souriant, nous n'avons plus le stress.ou très peu.Nous sommes préparés à tout! » Et de me raconter son expérience de plongée sous glace, ici, en plein mois de février.Est-il mort de froid ?Pas du tout.La température étant de 1 degrés C à un pied sous la glace, le corps peut la supporter pendant quelques minutes (le plongeur a revêtu évidemment une combinaison isothermique étanche avec cagoule), le temps de jouir de la visibilité exceptionnelle qui existe sous la glace, le temps de nager sous un toit de glace, s'éloi-gnant courageusement du trou qui le relie au monde extérieur.«On doit contrôler ses émotions pour vivre une telle expérience , dit-il.Mais ça n'est pas vraiment dangereux puisqu'un cordon de sécurité nous relie à la surface en tout temps.» «J'aime reculer les frontières de mes trottoirs!» a dit finalement Lussier, tandis que j'observais Normand Cyr nous signifier calmement par un geste de la main qu'il n'avait plus d'air et qu'il devait remonter à la surface de la piscine.Il existe une dizaine d'écoles de plongée en périphérie de Montréal.N'hésitez pas à téléphoner à la Fédération québécoise des activités subaquatiques qui se fera un plaisir de guider vos pas dans le monde enchanteur de la plongée.(514) 374-4700.?c y o z -i m-> r\u2014 > m O «ner*\u2014 1 - I, A PRESSE \\ MoriM»nnr I.«belle flammés'\"rXvàcknt Ue'11\"^ -.«USTACU.J VILLACT !>K SAINTS I.A PR33SBI5 I (k! t 1 8 0 l ix- \"Ptordae 1.»» «i ii t*,,,,,, tl,.) .^fc.^^^^ LA PRESSE, en voulant faire partager à ses lecteurs les immenses richesses documentaires accumulées au cours de son existence, a publié durant son Année centenaire, sous le titre « Cent ans d'actualités », une page quotidienne consacrée au rappel des événements qui, à la même date, avaient fait Vactualité au cours des cent années précédentes.Ce magnifique album de 25 cm x 38 cm rassemble les 307 pages qui ont été publiées entre le 21 octobre 1983 et le 20 octobre 1984, date officielle des cent ans de LA PRESSE, plus un index chronologique et un index thématique des événements.EN VENTE PARTOUT Également disponible: ÉDITION CARTONNÉE DE LUXE personnalisée en lettres d'or au prix de 49,95 Quantité limitée, commandes téléphoniques seulement.?Prix un/que Pas de réduction sur cette édition.,» * i I III 1 ! 501 COMMANDEZ PAR TÉLÉPHONE Service rapide et efficace Économisez temps et argent en commandant vos livres des Éditions La Presse par téléphone.Vous n'avez qu'à composer le numéro 265-6984, donner votre numéro de carte VISA ou MASTERCARD et le tour est loué.Ce service vous est offert du lundi au vendredi ce 9 h à 16 h.Prière de noter que les échanges cl les remboursements ne sont pas acceptés.Comptoir de vente: 44 ouest, Saint-Antoine BON DE COMMANDE Veuillez me faire parvenir ( ) exemplalre(s) de - Cent ans d'actualités», au prix de 24,95$ chacun, plus 1 $ de Irais de poste et de manutention.Je suis abonnri(c) à LA PRESSE.Veuillez me faire parvenir ( ) exemplaire^) de ¦Cent ans d'actualités» :>u prix de 19.95S l'exemplaire, plus IS de trais de poste et de manutention.N° d'abonnéte).ADRESSE À retourner aux: Éditions La Presse Ltée 44 ouest, Saint-Antoine Montréal, H2Y 1J5 NOM.IMPORTANT: Joignez à cette commando un chèque ou mandat payable aux Editions La Presse Ltée.Vous pouvez également utiliser votre carte do crédit comme mode de paiement.VILLE.PROVINCE.CODE MASTERCARD N°.exp.POSTAL.TÉL.:.TOTAL VISA N».exp.CI-JOINT.£ (Plus 1S pour Irais de p-fi- ot ao manutention) "]
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