La vie en rose, 1 janvier 1987, mars
nquète exclusive 391 QUÉBÉCOISES DISENT NON % LA MATERNITÉ E FISC A UN SEXE Devinez lequel?ESPAGNE La corrida des mentalités ^ 8 MARS 1987 " On avance beau temps, mauvais ternos L'actualité vue par.LOUISETTE DUSSAULT LE MAGAZINE FÉMINISTE D'ACTUALITÉ ROSA LUXEMBURG avec Barbara Sukowa / Daniel Olbrvchski — nosa LuxemDurg la femme vaillante qui fait passer dans le coeur du prolétariat la flamme de sa pensée.» — Jean Jaurès .elle faisait tout avec passion et intensité.» Margarethe Von Trotta remarquablement interprétée par Barbara Sukowa.» Serge Dussault - La Presse UN FILM DE MARGARETHE VON TROTTA GRAND PRIX D'INTERPRETATION FEMININE CANNES 19 8 6 OTTO SANDER / DORIS SCHADE / ADELHEID ARNDT / HANNES JAENICKE image: FRANZ RATH - BVK - / musique: NICOLAS EC0N0M0U / montage: DAGMAR HIRTZ / produit par EBERHARD JUNKERSDORF Le 8 mars et le 7e anniversaire de LA VIE EN ROSE, ça se célèbre en grand.À lOutremont.le 5 mars à 21 heures, venez assister avec l'équipe de LA VIE EN ROSE à l'avant-première de ROSA LUXEMBURG.Après la projection, nous vous offrons un verre et un brin de causette.C'est un rendez-vous7 Billet 7$ Dès le 6 mars au Cinéma Bern. ROSE SOMMAIRE MARS 1987 NO 44 EDITO Orageux en fin de journée?Françoise Guénette 7 COURRIER 8 L'ACTUALITÉ VUE PAR Wonder Woman et l'espérance Louisette Dussault CHRONIQUE DÉLINQUANTE Y a-t-il un hasard dans la salle?Hélène Pedneault 10 ACTUEL On avance, beau temps mauvais temps Intersyndicale des femmes 13 CONTROVERSÉ On n'a plus la victime qu'on avait Marthe Vaillancourt 14 BRÈVES Johanne Lessard ACTUALITÉ DAMNÉE FISCALITÉ! Mars, le mois des déclarations d'impôts.Le moment où l'on redécouvre, chaque année, que le fisc a un sexe.et que les femmes, surtout pauvres et monoparentales, ont intérêt à surveiller leur porte-monnaie.Alors que groupes de femmes et groupes populaires font de la fiscalité leur cheval de bataille, Martine D'Amours raconte quelques histoires exemplaires.Martine D'Amours 28 ENQUÊTE NON A LA MATERNITE! Leur non est.positif.Pour les 391 Québécoises interrogées par la psychologue Marlene Carmel, la «non-maternité volontaire» n'est pas automatiquement un refus de l'enfant: si elles ne veulent pas être mères, c'est pour mieux être elles-mêmes.Premier volet d'une série sur la maternité qui se poursuivra toute l'année, voici un gros plan de ces femmes «subversives» qui ne veulent pas d'enfant.et qui osent le dire.30 CELLES QUI NE VEULENT PAS D'ENFANT Louise Bessette 34 COUPABLES DE LÉSE-MATERNITÉ?Diane Poitras 37 INTERNATIONAL Espagne La corrida des mentalités Gloria Escomel 40 INTIME ET POLITIQUE Lettre à Félix Johanne Lessard 46 BEST-SELLER Le party de Marcel Liliane Rocray 47 LITTÉRATURE Lectures croisées Duras et Paley Nancy Huston 48 Chantai Chawaf Gloria Escomel 49 CINÉMA Les voyages de Sanders-Brahms Michka Saal 51 DANSE Le Corps politique Line Me Murray 53 THÉÂTRE La faim du fin Anne Dandurand 61 LES CASES DE TANTE LUCIE 66 COUP DE FOUDRE Minuit 1/4 Hélène Sarrasin COUP DE POING Rock et Belles Oreilles Micheline La France LA VIE K.\ ROSK / MARS 1987 Orageux en fin de journée?mon avis.Je sais, je sais: c'est une «phase d'enracinement, où les pratiques sont plus importantes que les mots», pour reprendre les termes d'un communiqué récent du CSF.Je sais, je l'ai lu et je le répète même en public, de bonne foi: les femmes ont réellement progressé sur plusieurs tableaux.La violence familiale, par exemple: grâce aux femmes on ne l'ignore plus, certains policiers se sont civilisés (hein, Jo-vette?) et des juges comme Jean Bienvenue à Baie-Comeau, dans l'affaire Ginette Desjardins — cette responsable du centre des femmes tuée par son exmari — , imposent de lourdes sentences «dissuasives» parce qu'ils reconnaissent enfin) le caractère criminel des violences «conjugales».Par ailleurs, le sexisme s'atténue dans les livres, sur les écrans et dans la langue publique; notre pouvoir économique s'affirme (avec 60 clubs d'épargne-femmes au Québec et 9 milliards $ de dépôts juste dans les caisses Pop.); il y a plus de femmes ingénieu FRANÇOISE GUEIMETTE res, monteuses de lignes, députées, petites et moyennes entrepreneures, met-teures en scène que jamais auparavant au Québec.Mais je n'y peux rien: mon naturel pessimiste reprend le dessus à la moindre statistique un peu sombre.Et ce numéro de La Vie en rose, hélas, n'en manque pas.Moi, lire en toutes lettres que les nouvelles mesures fiscales de 1986 coûteront plus cher aux mères qu'aux pères, ça me déprime — même si je ne suis pas monoparentale du Centre-Sud.Lire, dans le texte de l'Intersyndicale des femmes, On avance, beau temps mauvais temps, que la syndicalisation est toujours inaccessible aux vendeuses à commission et aux serveuses de snackbar, et que leur salaire très minimum n'a augmenté que de 35 cents en cinq ans, ça m'énerve.Comprendre que, la désinsti-tutionnalisation des soins de santé se poursuivant, les femmes devront se charger de plus en plus des tâches ménagères, éducatives, non comptabilisées et toujours non payées, ça m'irrite.Savoir, en plus, que l'élaboration de ce foutu texte a failli causer l'éclatement de ladite Intersyndicale ne me rassure pas sur l'avenir de nos coalitions: serions-nous déjà rendues aux limites de nos possibles solidarités, entre femmes de conditions et de tendances différentes?Je lis ailleurs, dans le portrait socio-économique chiffré qui sera lancé le 6 mars par la Fédération des femmes du Québec, que malgré une scolarisation accrue (51 % des diplômées universitaires de 1983) et une participation plus massive au marché du travail (49,9 % des Québécoises, 62 % des mères), les femmes, toujours confinées à leurs ghettos d'emploi, voient leur salaire s'écarter de celui des hommes et leur pauvreté relative s'accroître.En 1985, le revenu annuel moyen des Québécoises, à 11 758 $, équivalait à 55,6 % de celui d'un homme.À cette vitesse, l'égalité n'est pas pour avant 20101 Par ailleurs, même si le chômage frappe plus égale ment les femmes — fait nouveau! — , de toutes ces mères monoparentales dont le nombre a doublé en dix ans, six sur dix vivent sous le seuil de la pauvreté.Tout ça m'enrage.Ça m'enrage parce que «je les prends personnels», ces chiffres.Ils collent trop bien à mon propre cas, sans doute.Difficile ici de garder un recul .journalistique.Je suis bien obligée de me reconnaître dans cette nouvelle catégorie de femmes scolarisées (plus de 15 ans) mais ne gagnant guère plus de 20 000 $ pour leur 40 heures de travail.Et si je continue de faire le parallèle, je panique carrément.Supposons que je veuille un enfant (à 33 ans, c'est classique.): tout me déconseille de le faire.Ma situation économique (semblable à 30 % des Québécoises, je n'ai ni épargnes, ni maison, ni auto, ni fonds de pen sion.et je ne m'en vante pas).comme les probabilités de durée de mon «cou- ple».Si nous nous séparons dans trois ans, l'enfant fait, est-ce que je me retrouverai dans le 85 % des femmes qui ont la garde des marmots sans en avoir vraiment les moyens?Avec le même salaire approximatif de 20 000 $?Et toujours sans coussin financier à la banque ou ailleurs?A quêter aux portes de garderies .qui ne répondent qu'à 15 % de la demande actuelle des parents québécois?Quant à ma retraite, dans 32 ans à peine, j'aime autant ne pas y penser.Je me vois déjà — facilement, je vous jure — coincée dans cette majorité de vieilles femmes démunies et sans le sou.Avec énormément beaucoup de mes contemporaines baby-boomers.Ou même errant dans les rues comme ces clochardes dont La Vie en rose parlera en avril.Les chiffres ont sur moi cet effet, de me plonger dans l'absurdité, l'impuissance.et la mauvaise conscience.Je suis là à essayer de tout avoir: un travail passionnant et qui ait un impact social, des ami-e-s, une relation amoureuse vivante, un enfant, des vacances, et de l'argent, plus d'argent.alors qu'autour de moi tellement de femmes s'appauvrissent, perdent des plumes, gaspillent leur vie à gérer la pénurie, à essayer de survivre.Sans parler du bonheur.Comment sortir de cette impuissance?Comment se don ner les moyens de nos désirs, et gagner le respect de nos droits?Et comment le faire collectivement?Car la tentation est grande de se replier sur soi, de miser sur sa petite vie, son couple, son bébé ou sa carrière, de sauver sa peau.De réussir, au moins, son bonheur à soi.Surtout quand on se sent faite de l'étoffe des petites-bourgeoises plutôt que des héroïnes désintéressées de la mission sociale.Mais un sursaut du sens de l'honneur, peut être, me retient, et la peur de vivre dans le mensonge par omission dont nous menaçaient ces bonnes Ursulines, en faisant semblant de ne pas voir le malheur et la détresse qui encerclent ma bulle somme toute confortable.Alors j'essaie de garder les yeux ouverts, de ne pas céder au défaitisme facile, d'identifier aussi les victoires récentes des femmes, d'imaginer les nouvelles formules d'un féminisme pluraliste et efficace, de remettre mentalement à leur place les Real Women, de repousser le moment de la trêve, d'échapper à cet «entonnoir idéologique» évoqué par Diane Poitras dans l'enquête sur la non-maternité, qui me ferait enfanter pour de mauvaises raisons.et de résister aux autres multiples symptômes du complexe de Cendrillon — ou du post-féminisme?En me disant qu'après tout, j'aurai toute la mort pour tricoter (sic).Voilà où j'en suis, à la veille de ce huit mars 1987, et du septième anniversaire d'une belle aventure: La Vie en rose.Une féministe parmi bien d'autres.Un peu fa tiguée mais contente de ce qu'elle voit dans le rétroviseur collectif — et malgré tout facile à «remonter».5 LA VIE EN ROSE / MARS 1987 LA VIE EN ROSE vous Vous raffolerez de ces superbes chandails LA VIE EN ROSE, offerts à 30% de rabais avec tout abonnement.Et par la même occasion recevez chaque mois, à votre porte, les grands dossiers de l'actualité.voilà qui vous assurera de toujours garder le des- c°URRIER hères filleules .qui m'embrassiez en février, à la suite de votre demande spéc.il y a dans ce num .au moins cinq cases faciles à remplir.Suivez les ¦.Un cadeau, quoil Ma tante comprend que vous ayez lâché l'école trop tôt, mais essayez de devenir autod.s! Embrassez-moi encore! Tante Lucie Haro sur les poubelles J'ai un chum extraordinaire: il reste à la maison, s'occupe de notre fille, passe la balayeuse et lave la vaisselle pendant que je gagne notre pain quotidien.Pourtant, j'ai un problème.J'ai l'impression de reproduire le comportement que nous reprochions collectivement à nos hommes lors des années 70: carrière, affaires, aventures passagères! Pourriez-vous consacrer quelques chroniques délinquantes à ce sujet, car depuis que j'en ai pris conscience, je suis malheureuse et je cherche la solution idéale, en vain! Et dire que je n'aurai pas 30 ans avant quatre ans! Une fille tannée de sortir les poubelles, Sylvie B.Sept/les Dette personnelle Je vous envoie deux chèques.Le premier pour régler une vieille dette «personnelle»: quand j'ai su que vous étiez en difficultés financières, j'étais dans la même situation, mais je me suis promis que lorsque ça irait mieux.Alors voilà, ça va un peu mieux et c'est ma façon de vous dire que je crois en vous.Le deuxième chèque, c'est pour abonner la maison où je travaille: La Clé sur la porte est une maison d'hébergement pour femmes et enfants victimes de violence; j'y suis coordonnatrice depuis avril 1986.Et je trouve que vous manquez ici.Merci pour la bouffée d'air frais que vous me soufflez chaque mois.Comme je suis fière d'être femme, comme je m'aime quand je vous reçois! Marie Perreault Saint- Ours hasse aux sorciers?L'article «Les mères mal aimées» (LVR, déc.1987) traduirait-il le désir de madame Françoise David de se lancer à la chasse aux sorciers en s'appuyant sur le problème très grave des enfants maltraités?On y laisse sous-entendre que les hommes ont une tendance, appelons-la instinctive ou naturelle, à battre et à torturer «l'autre» alors que les femmes, elles, ne le font que si elles sont «débordées, dépressives, en perte de contrôle.», donc que si elles subissent «l'autre».Première remarque: madame David s'applique à faire ici des généralités qui sont propres à rendre sourds certains hommes; pour d'autres, c'est un peu trop facile et décevant.Deuxième remarque: il est vrai que des hommes battent leurs proches (au sens large ou au sens strict); mais, au contraire de madame David, je crois que ces personnes le font aussi parce qu'elles subissent certaines situations causant chez elles une détresse affective et émotive.Je n'invite personne à «accepter» une situation comme celle-là, ce serait le comble de la stupidité humaine! Par contre, je me permets de suggérer à madame David de rendre plus perméable sa compréhension à ce que l'autre moitié de la terre peut vivre.Pour ce faire, il aide de relire le texte de madame Marchessault «On n'a plus la police qu'on avait» (LVR, nov.1987), en particulier son dernier paragraphe où elle pose un regard clairvoyant sur un avenir finalement pas très lointain.Yves Côté Montréal olles?«Te prends-tu pour une folle, madame chose?», nous demandaient les Éditions de la Pleine Lune il y a quelques années.C'est un peu la question que je me pose en voyant, dans votre numéro de décembre, que 15 des 24 «femmes professionnelles» sont des psychologues, psychothérapeutes.(63%).Ou bien les féministes n'ont pas accès à une large gamme de professions, ou bien.?Marie-Michèle Montréal J'ai été bien heureuse, en écoutant les Beaux Dimanches («Et les hommes alors7») du 11 janvier, d'apprendre que tous ces hommes qui me passent sous le nez, seuls au volant de leur voiture lorsque j'attends l'autobus par -15° C, que tous ces hommes donc sont les vraies victimes du sexisme parce qu'ils «se sentent obligés de conduire», et que c'est moi et mes voisines de file qui sommes les véritables privilégiées d'un système où «les hommes sont plus nombreux à mourir d'accidents d'auto».Gageons ensemble, histoire de se tenir au chaud, qu'ils sont aussi plus susceptibles de s'étrangler d'une gorgée de Champagne, un peu comme les Blancs d'Afrique du Sud (les vraies victimes du racisme.).(Voir Flash p.60).Lise Lapierre Montréal CONSEIL D'ADMINISTRATION: Camille Ba chand, Camille Gagnon, Nathaly Gagnon.Françoise Guénette.Andrée Lafortune, Lise Moisan, Greta Ne-miroff, Francme Pelletier DIRECTION GENERALE: Lise Moisan RÉDACTION Sophie Gironnav.Françoise Guénette, Johanne Lessard COMITÉ DE RÉDACTION Anne Marie Alonzo.Lynda Baryl, Louise Bessette, Martine D'Amours, Anne Dandurand, Françoise David, Gloria Escomel, Hélène Lévesque, Line Me Murray, Hélène Ped neault, Francine Pelletier, Diane Poitras, Michka Saal, Hélène Sarrasin ADMINISTRATION: Johanne Isabelle SECRÉTARIAT: Chnstiane L'Heureux DIRECTION ARTISTIQUE: Diane Blain PAGE COUVERTURE: Tarn Tarn Inc.publicité COLLABORATION: Louisette Dussault, Louise Gareau-Des Bois, Lucte Godbout, Nancy Huston, Micheline La France, Liliane Rocray, Marthe Vaillan court ILLUSTRATION: Andrée Brochu, Mira Falardeau, Gail Gelther, Mireille Levert PHOTOGRAPHIE Suzanne Girard.Tilt CORRECTION Dominique Pasquin COMPOSITION ET MONTAGE Photocomposi tion Tréma Inc DISTRIBUTION: Les Messageries de presse Benja min Ltée: 645 8754 PUBLICITÉ Claude Krynski, Lisa Lamontagne: 843-7226 GRAPHISME PUBLICITAIRE: Marjolaine Beau doin ABONNEMENTS: 1 an, 11 numéros 24,95 S; 2 ans.22 numéros: 43,95 S; 3 ans, 33 numéros 63,95 S Tarif international pour un an, par voie de surface: 34 95 $, par avion: 37.95 $ Marie France-Poirier: 843-8366 LA VIE EN ROSE est subventionnée pai le Conseil des arts du Canada, par le ministère des Affaires cul turelles du Québec, par le ministère des Communica tions du Canada et par le Secrétariat d'Etat, Programme de la femme.LA VIE EN ROSE est publiée par Les Productions des années 80, corporation sans but lucratif.On peut nous |Oindre de 9 h.à 17 h., du lundi au vendredi, au 3963.rue Saint Denis, Montréal, H2W 2M4, ou en téléphonnant: (5141843-8366 ou 843-7226.COPYRIGHT 1986 LA VIE EN ROSE Tous droits de ceproduction et d'adaptation réservés Dépôt lè gai Bibliothèques nationales du Quebec et du Cana da ISSN 0228 5479 Indexée par Radar et membre de l'Association des périodiques culturels québécois.Courrier de 2e classe: 5188.Commission paritaire 4 067 CDN.LA VIE EN ROSE / MARS 1987 7 LoUISETTE Dl CTUALITE VUE PAR jLiOUISETTE UUSSAULT WONDER WOMAN ET L'ESPÉRANCE e meurs de trac! Demain, première lecture de mon spectacle Pandora ou mon petit papa devant mes collaboratrices et collaborateurs! Et ô hasard! Mais le hasard existe-t-il?La Vie en rose, cela me flatte, me demande le même jour de commenter l'actualité.Oh! honte! Moi, la studieuse au Devoir matinal, qui dîne avec La Presse et se couche avec ses magazines.avouerai-je que je ne lis plus rien?Avouerai-je que depuis quatre mois, j'ai abandonné toute la pagaille extérieure pour plonger dans le maelstrom intérieur des relations père-fille?(Après mon spectacle Môman, c'était couru!) Avouerai-je que je ne peux plus rien voir de la violence extérieure tant que je n'aurai pas trouvé la source de ma propre impuissance?Ça fait toujours mal un échec! J'ai pris sur mon dos des responsabilités qui ne m'appartenaient même pas! Je me suis transformée en Wonder Woman pour préserver l'image de chevalier de papa.— C'est moi qui donne, papa! C'est moi le pourvoyeur depuis que t'es parti! C 'est moi l'homme! Je suis un homme! — Pis un père! T'es aussi le père de tes enfants.T'es pas Jannée?Y en ont un, père! Fous-lui la paix, vinyenne! Laisse-le se débrouiller avec sa paternité à lui! Toi, être juste une femme, t'en as déjà assez! Sois une femme et occupe-toi de tes filles, en mère responsable! Être juste une femme! Je sais même pas ce que c'est! Et une mère responsable! Y est bon, lui! Être mère aujourd'hui et voir ce qu'on va laisser à nos enfants: la guerre, la planète polluée, le chômage, l'inflation! Pis encore! Si on laisse une planète! Brr.! J'aime autant pas y penser! Mais mes filles! Elles ne sont pas folles! Elles le sentent bien qu'on est assises sur une marmite! Comme Eric, leur petit ami à qui je demandais (innocente!) ce qu'il avait envie de faire plus tard: «Rien!!! Quand je vais être grand! Ça va être toute pété!» Honteuse, j'étais! Découragée! Nous les adultes, on fait semblant! Notre peur, ça fait longtemps qu'on vit avec, qu'on la refoule! Mais les enfants, eux, la sentent! Notre fuite de la réalité les laisse dans un état d'incertitude et d'inquiétude vis-à-vis de l'avenir! Ils peuvent bien se sentir démobilisés et dépressifs! Ça mène au suicide collectif, notre attitude! Ça continue d'engendrer la peur de l'autre, de l'ennemi éventuel! La fille d'un de mes meilleurs amis, 20 ans: pendant dix jours tous les symptômes du cancer.20 ans!!! Le drame.puis, non! Erreur! Les tests démontrent que c'est un virus! Un nouveau virus! Elle va peut-être s'en sortir! Ça dépend de son système immunitaire! Un nouveau virus! La pollution n'arrête pas, elle! Mes amis ont eu peur: «La culpabilité! Tu ne peux pas savoir! La peine! C'est pire que de mourir soi-même! Et là, tu te mets à penser aux millions de parents qui vivent ça quotidiennement! En Afrique, au Liban! En Amérique latine! Pis tu te dis: Maudit! Pendant qu'il se dépense neuf cents milliards par an pour l'armement, des millions d'enfants meurent de faim, dans des souffrances épouvantables, et des millions d'enfants pensent qu'ils n'auront pas d'avenir! La pollution continue d'engendrer de nouvelles maladies, de détruire l'environnement et notre potentiel génétique au nom du confort et de la sécurité de quelques-uns!» Ça serait peut-être ça, être une femme! Savoir que je peux me faire entendre.Parler pour mes filles.J'ai pus d'autre mission: ne pas détruire leur goût de la vie! Leur laisser le même espoir que j'ai reçu en partage en venant au monde.comme dans mon spectacle: l'espérance au fond de la boîte de Pandore.Je sens que je vais devenir tigresse! Bien sûr, j'aurai à lutter contre mon apathie naturelle: ça fait boy-scout, les mouvements pour la paix, la dénucléarisation.Moi qui commençais juste à me guérir de mes vieilles tendances «peace-love».Faut peut-être que je les revoie à la lueur de ma nouvelle conscience! Plus adulte! Moins délinquante! Un ami m'envoie un communiqué du Centre québécois pour le désarmement nucléaire et la santé communautaire1.Ils envoient 30 enfants en URSS rencontrer d'autres enfants: pour démystifier l'ennemi potentiel, échanger, jouer ensemble, voir ses vraies différences et surtout ses similitudes.Puis, témoigner de ce qu'on a vécu.Bravo!!! Je me demande s'ils n'ont pas besoin d'une recrue capable de parler fort? i 1.Le Centre québécois pour le désarmement nucléaire et la santé communautaire, ' 110, av.des Pins Ouest, Montréal, Québec H3A 1A3, tel: 843-8543.i H MARS I9S7 / LA VIE EN ROSE chronique J)élinquante a y est, la Scien- ce fornique.Les lits vont devenir une es- pèce en voie de disparition, comme les baleines bleues.Je le savais.Je les voyais venir, les scientifiques, avec leurs seringues et leurs éprouvettes en forme de phallus.Déjà.C'était donc de la préméditation.Et voilà que les vagins sont remplacés en douce par des bocaux de vitre: le réceptacle parfait, édenté d'avance, lisse, transparent, inodore, incolore, contrôlable, magnifique.Sigmund, le fameux continent noir vient de prendre la même débarque que l'Atlantide.Tu peux dormir sur ce qu'il te reste de tes deux oreilles, la Science a vaincu l'imaginaire et son cortège de maladies.Depuis qu'une seringue peut s'accoupler avec un bocal, il n'y a plus de complexes, plus de gène mais seulement des gènes, plus de cris de jouissance mal placés derrière les portes, ces cris dont on ne sait même pas d'où ils viennent tant ils sont profonds et sans aucun rapport avec le quotidien et le four micro-ondes.Mais HELENE PEDNEAULT ces cris, qui ne nous ressemblaient pas à cause de notre haut niveau de civilisation et de raffinement, donnaient parfois des bébés si les deux corps en présence n'étaient pas du même sexe.(Faisons ensemble un exercice de mémoire, c'est loin tout ça.) (Quel pattern d'hystérie quand on y pense.) Finies les MTS: les condoms ne sont plus bons qu'à faire des ballounes.Jean-Yves Desjardins peut aller se rhabiller et alimenter son feu de foyer avec ses caisses de livres.Plus de problèmes de sexe.Nous n'aurons plus qu'à aller faire nos dépôts régulièrement aux banques de sperme et d'ovules, puis à revenir se regarder dans les yeux et cultiver l'Amitié.La reproduction est assurée, nous pouvons enfin nous reposer de l'Amour, cette horrible maladie souffrante qui finit mal une fois et 3/4 sur 2 et qui brise systématiquement ce qui aurait pu être de si belles amitiés à cause du Sexe qui rend aveugle, sourde et folle, qui fait prendre des valiums ou des antibiotiques, et qui fait augmenter en flèche le taux de journaux intimes et de poèmes plates.Merci la Science, vive la Mère Machine! Ça y est, j'ai mal au coeur.Non ce n'était pas un discours de Gilberte Côté-Mercier ou de Réal Caouette.C'était encore mon imagination qui galopait comme si elle sprintait dans une fin de course.J'ai des montées d'imagination comme d'autres ont des montées de fièvre ou de lait.Et après j'ai mal au coeur.Tout ca parce que Nicole a fait une far Y A-T-IL UN HASARD DANS LA SALLE?ce.Elle a dit qu'elle craignait que les gens qui naissent après avoir été des embryons congelés soient tous frigides.C'est sûr que c'était drôle sur le coup.Mais après — je ne sais jamais quel bord va prendre mon imagination — j'ai eu peur pour le hasard.J'ai un faible pour lui.Et je me suis dit que si on continuait de vouloir le contrôler et de le traiter de chien sale comme les scientifiques le font à mots couverts, il allait se retourner contre nous.Déjà que les scientifiques n'étaient pas contents de la Terre et qu'ils ont essayé de la refaire à leur image et à leur ressemblance.Ca n'est pas joli, joli.Et la Terre a commencé à se venger, à craquer de partout.Voilà qu'ils s'en prennent maintenant aux humains qui naissent avec des tas de tares et qui ont le défaut majeur de ne pas être éternels.Les scientifiques ne peuvent pas laisser faire ça, chevaleresques comme ils sont.Alors ils volent à la rescousse des couples infertiles.disent-ils.Ils ont dit aussi, dans le temps, qu'ils avaient aidé à gagner la guerre, le 6 août 1945.Moi j'aurais préféré qu'ils laissent faire le hasard.Tout le monde a eu peur.Et on sait bien maintenant que tout le monde avait raison d'avoir peur.Saint-Testart1 priez pour nous.v^- 1.Jacques Testart, biologiste, est l'un des pères du premier bébé-éprouvette français En septembre 1986, il lâchait sa bombe: «Je n'irai pas plus loin», et proposait un moratoire international sur la recherche en reproduction humaine.LA VIL LN ROSE / MARS IW7 Actuel 8 MARS 1987 ON AVANCE, T ^^^H a mo- au Merveilleux Monde des Affaires, solidement appuyé par l'État dérè-glementeur et privatiseur.Que deviennent, dans ce contexte, les acquis des femmes?À ses membres, mais aussi à toutes les femmes intéressées, regroupées ou non, syndiquées ou non, l'Intersyndicale des BEAU TEMPS MAUVAIS TEMPS femmes propose, pour le 8 mars, un texte de réflexion pour alimenter le débat: On avance beau temps mauvais temps.L'Intersyndicale des femmes représente environ 275 000 travailleuses des secteurs privé, public et parapublic, regroupées dans huit organisations syndicales (CSN.CEQ, etc.1).Nous reproduisons ici des extraits de ce texte.Beau temps mauvais temps, déterminées, persistantes, les femmes continuent de se battre pour faire reconnaître leur égalité pleine et entière.Au fil des ans leurs revendications se sont transformées et visent maintenant tous les domaines.Les analyses et les revendications ne se limitent pas aux grandes questions spécifiques.On avance.beau temps.on avance.L'économie, la fiscalité, la qualité des emplois, la santé-sécurité au travail, les médias, la politique, le syndicalisme, l'écologie, la paix, la retraite, la culture, la publicité, la santé, l'éducation (.) etc., sont autant de domaines où les femmes aujourd'hui prennent leur place et proposent de nouvelles valeurs.Bien qu'encore grandement absentes de nombreux secteurs d'activités, on constate tout de même une augmentation du nombre de femmes dans plusieurs occupations traditionnellement réservées aux hommes.Les femmes veulent leur place partout et la revendiquent.Les mentalités changent; malgré la résistance de certains nostalgiques des services gratuits à la maison.Beau temps mauvais temps, les femmes ont appris qu'elles ne pouvaient compter que sur elles-mêmes, sur leur unique détermination, leurs propres organisations et leur propre vision de la société pour modifier le cours des choses, pour infléchir les décisions et améliorer ainsi leur quotidien.On avance.beau temps mauvais temps.Il y a eu des hauts et des bas, des gains et des reculs.Les poursuites entreprises devant les tribunaux contre les médecins pratiquant des avortements ont amené les femmes à entreprendre une fois de plus des moyens de pression pour obtenir leur droit au libre choix.Mauvais temps.l'orage nous guette.mauvais temps.l'orage.Au plan des relations de travail, là où le 1 baromètre est souvent au plus bas, rap- ; pelons seulement que le plus grand grou- ' pe de femmes syndiquées, celui du secteur public, n'a pas encore légalement le droit de négocier librement les salaires 10 MARS 1987 / LA VIE EN ROSE l'ensemble de leurs conditions de travail.Rappelons aussi que l'accès à la syndica-lisation est toujours aussi difficile et compliqué pour les travailleuses non syndiquées.Mauvais temps.le temps est surtout au beau fixe.Certes les mentalités changent.on avance! Au plan des rapports entre les femmes et les hommes, malgré le temps souvent orageux, les éclaircies semblent plus fréquentes qu'auparavant, les femmes sont de plus en plus conscientes de ce qu'elles sont, de ce qu'elles veulent comme relation.Certains hommes, confrontés au «féminisme», commencent à remettre en question leur propre condition, leur manière de vivre avec les femmes.Avec tout ce branle-bas, pour ne pas dire brasse-camarade, on en conclue que les femmes s'affirment, affichent et imposent plus clairement qu'auparavant leurs choix.On avance.beau temps.mauvais temps.Les mesures prises pour éliminer le harcèlement sexuel, la publicité et l'information sexistes dans les milieux de travail commencent maintenant à s'inscrire dans les conventions collectives.On avance.beau temps.mauvais temps.beau temps.La violence en milieu familial est plus connue et de plus en plus dénoncée.Des groupes de femmes ont fait des pressions politiques pour sensibiliser la population, les gouvernements et les divers intervenantes et intervenants sur cette question.Les femmes savent aujourd'hui plus qu'avant qu'elles n'ont pas à supporter cette violence.On avance! Beau temps mauvais temps.Beau temps mauvais temps, les femmes continuent de revendiquer sur des questions qui leur sont plus spécifiques, telles que l'accès à l'égalité, les garderies, les droits parentaux, la santé (.) Malgré tout, en 1987, les femmes n'ont guère plus de temps ni d'argent pour s'occuper d'elles.Toujours occupées, accomplissant gratuitement des tâches non comptabilisées, invisibles pour plusieurs, en 1987, l'égalité des femmes exige la reconnaissance économique de leur travail.Beau temps mauvais temps, les gouvernements passent mais l'infrastructure composée majoritairement de femmes, «sages bénévoles» que nous sommes, reste.Les femmes continuent de produire des services gratuits: nourrir, soigner, éduquer, garder, accompagner, bref, les femmes assurent la relève quand on réduit ou que les services collectifs sont insuffisants.Notre travail non rémunéré, celui effectué à la maison ou ailleurs bénévolement, n'est pas comptabilisé dans le produit national brut, mais on compte encore toujours sur nous pour le faire.L'arrivée au pouvoir des gouvernements Mulroney et Bourassa plus récemment n'augure rien de bon pour les femmes.Comme Reagan et Thatcher aux Etats-Unis et en Angleterre, le Québec a fait siens des grands courants politiques et économiques qui agitent le monde occidental.L'heure est au libre marché, à la privatisation, à la déréglementation: l'Etat est devenu une business.Au Conseil du Trésor, on gratte les fonds de tiroir et on vend les bijoux de famille pendant que notre électrifiant Premier ministre élabore son projet de Baie James2.La relance économique du Québec, nous fait-on savoir, passe par la diminution des services publics et la non-intervention de l'État dans l'économie.!!!?Or, l'esprit comptable dominant l'entreprise privée n'a jamais fait de cadeaux aux femmes ni aux organisations qui les représentent.Le salaire minimum a augmenté de 35 sous en 5 ans.«Des peanuts! », disent les femmes avec raison.L'autonomie financière des femmes, l'amélioration de leur qualité de vie dépendent inévitablement des choix politiques des gouvernements.La majorité des femmes âgées du Québec vivent sous le seuil de la pauvreté.Qu'ont fait les gouvernements ces dernières années pour tenter d'améliorer leur qualité de vie, leur autonomie financière?Chaque fois que les femmes font un gain spécifique, d'autres décisions politiques des gouvernements viennent constamment en diminuer ou annuler les ef- fets.Quels sont par exemple les impacts financiers et sociaux de la désinstitution-nalisation sur les femmes?À quoi ça sert d'avoir des congés de maternité si les femmes n'ont pas d'emploi?Oui, les femmes avancent beau temps mauvais temps, oui les mentalités changent, les législations nous accordent une certaine reconnaissance, une égalité de fait qui n'élimine pas pour autant les discriminations quotidiennes que vivent les femmes.Certes, les discriminations grossières ont presque disparu, mais les véritables causes de la discrimination faite aux femmes, de leurs difficultés à faire reconnaître la valeur de leur travail proviennent des structures mêmes de notre société.Une discrimination plus profonde, historique, engendrée par le système capitaliste, système qui repose sur la suprématie de la minorité sur la majorité, de la domination d'un sexe sur l'autre.Après plus d'une année avec le gouvernement Bourassa, les femmes constatent que l'idéologie néo-libérale qui inspire ses choix politiques est non seulement en opposition avec les besoins actuels et futurs des femmes et de l'ensemble de la population, mais est aussi en opposition avec un projet plus global d'une société plus égalitaire.Le gouvernement Bourassa version vidéo-clip a oublié que derrière la mystification des chiffres il y a une autre réalité, celle d'une majorité de femmes qui exigent des emplois de qualité, des salaires décents, des revenus leur permettant d'avoir une vie et une retraite plus ensoleillées;_ 1- Confédération des syndicats nationaux, Centrale de l'enseignement du Québec, Syndicat des fonctionnaires provinciaux du Québec, Fédération des syndicats des professionnelles/professionnels et infirmiers et infirmières du Québec, Fédération québécoise des infirmières et des infirmiers, Cartel des organismes professionnels de la santé.Centrale des syndicats démocratiques.Syndicat des professionnelles et des professionnels du Gouvernement du Québec.On peut se procurer le journal On avance beau temps mauvais temps en communiquant avec Denise Larochelle au (514) 598 2097.LA VIE EN ROSE / MARS 1W7 I I le théâtre d'un temps présente Les femmes ont partout leur place mais elles ont besoin de moyens.Le Théâtre d'un Temps en est un.Le Théâtre d'un Temps CP.657 succursale Desjardins Montréal, Québec H513 1B4 (514)767-9363 ' t'aime ben qu' trop de Jocelyne Beaulieu une pièce traitant de la violence faite aux femmes dans leur vie de couple I) I S P O N I B L E S S U R C O M M A N I) E à venir en mai 1987: une nouvelle pièce de Jocelyne Beaulieu sur le rapt d'enfants par leurs parents pixMuspar Manille fessier controversé «On n'a plus la police qu'on avait»?Longtemps intervenante sociale dans un bureau des enquêtes criminelles de la Sûreté du Québec, amenée à collaborer avec les Sûretés municipales, j'ai rencontré bon nombre de policiers.C'est vrai, plusieurs suivent des cours et s'efforcent d'être plus compréhen-sifs envers les femmes victimes de violence.D'autres demeurent ce qu'ils sont, ni meilleurs ni pires que la société dont ils sont issus.Mais vraiment, Jovette, ce policier était hors pair, et cette victime.hors série! Pas le temps de se retourner que l'agent Michel O.est sur les lieux, présent et disponible comme s'il n'avait que ce cas à suivre! Méfions-nous! Il est sûrement caféinomane au rythme où il engloutit vos cafés! Mais c'est son seul défaut puisqu'il est préoccupé par la condition masculine, qu'il se promène en vêtement arc-en-ciel et qu'il a une femme merveilleuse qui deviendra votre amie.La victime, elle, est moins chanceuse.Tout le monde agit correctement, y compris dans la salle d'urgence, sauf elle.Primo, vous la dites raciste: «Mon mari travaille chez les Arabes.Il a une maîtresse là-bas.Une Arabe! Il me préfère une Arabe!» Et quelle façon de décrire sa jaquette! «Une robe de nuit largement échan- MARTHE VAILLAIMCOURT ON N'A PLUS LA VICTIME TQU'ON AVAIT ! I y a déjà quelques mois, dans le numéro de novembre de La Vie en rose, l'écrivaine Jovette Marchessault signait un Journal intime et politique intitulé Qn n'a plus la police qu'on avait.Elle y racontait comment sa voisine, Lucienne, était venue se réfugier chez elle en pleine nuit pour fuir la violence de son mari, et toutes les péripéties qui s'en étaient suivies, y compris la rencontre d'un policier particulièrement compréhensif.Personnel, ce texte de Jovette ne prétendait évidemment pas à l'enquête approfondie sur la violence familiale, un problème dont nous connaissons, à La Vie en rose, la complexité et la gravité.Il a pourtant inquiété au moins deux lectrices, qui nous ont écrit.Nous reprenons ici les propos de Marthe Vaillancourt, elle-même intervenante en violence familiale depuis plus de 10 ans, actuellement au CLSC de Jonquière.crée par devant et par derrière, taillée dans un tissu cheap qui imite la peau du léopard1 Pourquoi portait-elle cette robe de séductrice si son mari a la syphilis?».Ce soupçon, au sujet de la robe de nuit et de la maladie du mari, laisse planer un doute.Les femmes battues, dès lors, perdent de la crédibilité.Ne seraient-elles pas.portées à l'exagération, menteuses?Pourquoi se préoccuper de leur désarroi, s'il peut être fictif?Votre texte laisse un message amer: si une amie battue se présente à votre porte, ne l'aidez surtout pas, sinon vous vous préparez toute une série d'embêtements et, comble de malheur, vous risquez de perdre cette amie.Je dirais plu- tôt: à ces femmes, ouvrez votre porte et votre coeur.Vous découvrirez alors des femmes formidables, généreuses à l'excès, à qui on n'a pas appris à ne pas aimer.Et vous éprouverez du ressentiment envers une société qui a transformé un être fier et plein de capacités (comme vous) en quelqu'un qui se croit responsable de ce qui lui arrive et, pire, en a honte.Car le problème des femmes battues est d'abord celui d'une société misogyne et sexiste qui n'arrive pas à respecter la moitié de sa population.Depuis dix ans, j'en ai rencontré des victimes, des milliers.J'ai vu toutes les formes de violence, toutes les situations imaginables ou non.J'ai partagé la vie de certaines pendant des mois, avant qu'elles décident de quitter un mari violent.J'en ai vu, plus rares, qui rouspétaient à la première claque.Chaque cas unique.(.) À la Cour, il arrive qu'elles craignent trop de sévérité envers leur mari; elles regrettent leur plainte, voudraient la retirer (la mansuétude des femmes est bien connue).D'où la nécessité de leur laisser du pouvoir sur la décision de porter plainte, une fois qu'elles ont appelé la police.D'où la nécessité surtout de bien leur expliquer le processus judiciaire et de ne pas les laisser se présenter seules à la Cour.J'aurais apprécié, chère Jovette, que vous évoquiez les pressions implicites ou explicites exercées sur Lucienne par son mari Charles, du chantage lié des enfants, de son insécurité économique, de sa peur et de sa solitude, bref, des contingences qui ont fait que Lucienne a paniqué à la Cour, jusqu'à accuser Michel O.d'y avoir traîné son mari.l.) Avant que Lucienne prenne conscience des stéréotypes sexistes qui limitent encore les femmes à des rôles contraignants, avant qu'elle s'inscrive dans un groupe de réflexion pour apprendre à développer l'estime de soi, s'affirmer devant son mari, oser dire ses désirs et ses besoins, penser acquérir son autonomie financière.elle risque de retourner en moyenne sept fois avec Charles.Elle sera violentée en moyenne 35 fois avant d'appeler la police et ses filles seront peut-être violentées par leurs amis dès leur adolescence.!.) Mais 10 années de travail sur le terrain ne m'ont pas encore désabusée.Quand ie vois une femme victime de violence se reprendre en main et abandonner dans un recoin de son passé un lourd manteau de culpabilité, de honte et de soumission, je suis encore ébahie de la transformation — même si cela a nécessité des heures d'entrevues étalées parfois sur plusieurs années.Moi aussi, je voudrais être «en marche vers le pardon et la lumière», mais tant qu'il y aura des hommes abuseurs et des pères incestueux, je pense que j'ai encore un long chemin à parcourir. LA VIE EN ROSE / MARS 1987 13 BrèveS DES MÉTIERS ÉLECTRISANTS vec la victoire juridique d'Action travail des femmes (ATF), en août 1984, les Chemins de fers nationaux (CN) se sont vu imposer par le Tribunal canadien du travail un programme d'accès à l'égalité de l'emploi pour les femmes.Le CN a cependant contesté cette décision et le litige s'est rendu jusqu'au plus haut tribunal du pays.La Cour suprême a entendu la cause en novembre dernier et ATF espère que le jugement sera rendu au cours de l'année.Dominique Leclerc, d'ATF, rappelle qu'au lendemain de la victoire de 1984, une autre grande entreprise d'état, Hydro-Québec, s'était empressée de régulariser sa situation et avait contacté ATF afin que le groupe l'aide à élargir son bassin de femmes désireuses d'occuper des emplois non traditionnels.Comme quoi les jugements exemplaires ont un certain impact.C'est ainsi que.deux ans plus tard, soit en avril prochain, Hydro-Québec en- 14 treprendra un projet-pilote qui permettra à 12 femmes d'êtres formées pour devenir monteuses de ligne.Durant cette expérience, dont la compagnie suivra autant les aspects techniques qu'humains, ces femmes seront regroupées (à six) plutôt qu'isolées dans des groupes d'hommes, mais leur formation se déroulera selon le cheminement normal.Louise Malo, coordonnatrice du programme d'égalité des chances à Hydro-Québec, croit que cette expérience permettra d'évaluer les obstacles réels et de corriger, s'il y a lieu, les méthodes de travail, les équipements et les modes de gestion.L'entreprise compte plus de 5 400 employé-e-s dans la catégorie «métiers», dont 26 femmes seulement.Dominique Leclerc nous apprend aussi qu'à la Société de transport de la communauté urbaine de Montréal (STCUM) — une autre compagnie «délinquante» — , le femmes discriminées pour les postes de chauffeures d'autobus commencent à être rappelées.Le dossier est suivi par ATF.JOHANNE LESSARD MARS 1987 / LA VIE EN ROSE LE TABAC TUE TOUJOURS En plus d'assécher la peau, de provoquer des rides précoces ou de causer l'apparition de «pattes *™ d'oie», la cigarette est le moyen le plus efficace pour abréger la vie du-de la fumeur-euse et celle de son entourage.Vous le saviez déjà.Mais saviez-vous aussi que, selon le Dr Gervais, pneu-monologue à l'Hôpital Notre-Dame de Montréal, le cancer du poumon a fait autant de victimes chez les femmes en 1986 que le cancer du sein, qui détenait jusque-là la palme des causes de décès chez les femmes?Chaque cigarette réduit l'espérance de vie de 5,5 minutes.Dès l'âge de 25 ans, la personne qui s'adonne à ce vice à raison d'un paquet de cigarettes par jour réduit sa vie de 4,6 années.Pour les femmes, la combinaison cigarettes et anovulants se révèle quasi mortelle: elle augmente de 1 000 % les risques de mortalité et multiplie par près de 20 % les risques d'accidents cardiovasculaires.En plus de devoir supporter les désagréments causés par la cigarette des autres, les non-fumeur-euse-s se voient exposé-e-saux mêmes dangers.En effet, la «cigarette des autres» est maintenant la première cause de cancers du poumon chez les non-fumeur-euse-s, prévalant sur les facteurs environnementaux et les conditions de travail.Enfin, le risque de cancer pour les enfants de fumeur-euse-s serait de 50 % plus élevé là où se fument dix cigarettes quotidiennes.(Source: Le Devoir 16/01/87) - J.L.ATTENTION AU POING FINAL! La finale annuelle du championnat professionnel de football américain, le Super Bowl, est l'événement le plus télévisé au monde après les Jeux Olympiques et la Coupe du monde de soccer.C'est aussi un cauchemar pour les femmes américaines.Après chaque match hebdomadaire, les centres d'accueil pour femmes battues notent une augmentation sensible des appels, mais après la finale, les demandes de secours grimpent en flèche.C'est bien connu: un homme prédisposé à l'agressivité va devenir plus agressif s'il regarde quelque chose de violent.Se- lon les experts, le football américain, habituellement très violent, exacerbe l'agressivité des hommes envers leur épouse.Ajoutez les effets combinés de l'alcool et de la déception lorsque l'équipe favorite est vaincue: le point final peut être meurtrier.Dans les centres d'accueil pour femmes battues, on conseille aux femmes de quitter la maison ou de se réfugier dans une autre pièce lors des matches.surtout lorsque le pointage n'est pas en faveur de l'équipe soutenue par le pôvre mari violent.Les finales de hockey sont-elles, au Québec et au Canada, aussi catastrophiques?(Source: La Presse 24/1/87) - J.L.Ya jouer dehors! Bien des parents ont sommé leurs enfants de délaisser la télé du samedi et d'aller jouer dehors.Moi, je n'avais pas besoin qu'on me le dise.Été comme hiver, j'étais la première à mettre le nez dehors à la première journée de congé.Alors quand j'ai reçu la brochure du Réseau plein air, intitulée Changez d'air, qui faisait la promotion des loisirs d'hiver en base de plein air, j'ai vraiment eu le goût de profiter d'un week-end de plein air à la campagne.J'associais les bases de plein air à des camps de vacances pour enfants.Je me trompais.Les bases de plein air s'adressent aux adultes, aux familles et aux groupes qui recherchent l'accessibilité à la nature, dans un encadrement souple.Les clientes des bases de plein air sont jeunes: 78% ont moins de 36 ans.Et la famille y a sa place: près de 32% de la clientèle est familiale (selon les chiffres du ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pêche)! Le forfait est unique: il comprend l'hébergement, la restauration, l'anima- UN DIMANCHE À LA CAMPAGNE tion et l'équipement, à un prix très abordable (164 $ pour 2 jours, 2 adultes et 1 enfant).J'ai opté pout un week-end à la base Plein Air Carrefour, située à L'Avenir, une petite municipalité à quelques kilomètres de Drummondville.C'est l'une des bases du Réseau qui accueille les tout-petits et met une garderie à leur disposition.Et, détail non négligeable, on y permet aux parents de prolonger leur soirée après 21 h en proposant un service de garde.Comme les autres, Carrefour offre plusieurs activités accessibles à tous et à toutes: ski de randonnée et excursions guidées, raquette et interprétation de la nature, randonnées en charrette et visite des sites avoisinants, patinage, glissade.Moi, j'ai passé une excellente fin de semaine.Mon chum et mon fils aussi.Sérieusement, j'ai pu constater que le produit plaît et répond bien aux besoins des gens qui désirent sortir de la ville, histoire de changer d'air.Alors, si vous voulez en savoir plus sur les bases du Réseau plein air, il suffit de composer le (514) 252-3007 ou le 1-800-361-4784 (sans frais) - J.L.LA VIE EN ROSE / MARS I9.X7 15 O BRèveS Ginette Busqué de la Fédération des Femmes du Québec LA BONNE VOIE Ine femme enceinte de cinq mois conduisait son véhicule sur une voie de l'autoroutede Santa Ana, Californie, réservée aux voitures transportant plus d'un passager.Arrêtée par la police, elle a reçu une amende de 52 $ US pour avoir contrevenu aux règlements.Elle a contesté cette amende, alléguant qu'elle n'était pas seule.et elle a gagné.La justice a en effet conclu que son foetus était un enfant au sens de la loi californienne! — J.L.La réforme de la loi de la famille, en 1981, a reconnu l'égalité des conjoints devant les responsabilités parentales et l'ensemble des charges de la famille.Cette réforme a également créé la prestation compensatoire dont le but était de compenser l'apport d'un conjoint à l'enrichissement de l'autre.A l'époque, des groupes de femmes avaient fait pression auprès du législateur pour que les articles de loi prévoient très explicitement que le travail au foyer puisse être considéré comme une contribution à l'enrichissement du conjoint travaillant à l'extérieur.Malheureusement, la rédaction des articles est restée déficiente et les tribunaux ont depuis confirmé les appréhensions des femmes: un jugement de la Cour d'appel vient de conclure que le travail au foyer ne peut en lui-même constituer un enrichissement au patrimoine de l'autre conjoint.Et paf ! Dans le but de corriger ces failles du Code civil, un groupe d'avocates, de pro-fesseures et de travailleuses sociales ont formé le Projet Partage.Elles réclament essentiellement le partage des biens familiaux lors du divorce, indépendamment du régime matrimonial.Le projet recommande entre autres: de créer des biens dits familiaux compre- OÙ EST LA DOUCE MOITIÉ?nant la(les) résidencelsl familiale(s) et se-condaire(s), la(les) voiture(s), les meubles, les objets d'art, tout autre bien servant à l'usage de la famille ainsi que les fonds de pension; de prévoir leur partage en parts égales entre les époux; de modifier les dispositions relatives à la résidence familiale pour qu'elle soit considérée comme un bien familial sous tous les régimes, sans possibilité de se soustraire à cette règle par voie de contrat de mariage; de reconnaître que tous les autres biens familiaux soient partagés en parts égales, à moins qu'on ne les exclue expressément par contrat de mariage s'ils ont été acquis avant le mariage ou qu'on les exclue expressément au moment de l'achat.En novembre, la Fédération des femmes du Québec ( FFQ) a appuyé les objectifs du Projet Partage et demandé au gouvernement d'apporter rapidement des amendements au Code civil.D'autant plus que la nouvelle loi sur le divorce, entrée en vigueur en juin 1986, permet à l'un des conjoints de demander le divorce sans motif accusatoire.Et que lorsqu'il y a contestation de la part de l'autre conjoint, elle porte sur les mesures accessoires (pension, garde des enfants, etc.), incluant les prestations compensatoires.(Source: FFQ, décembre 1986) - J.L.la presse LE COLLEGE MARIE-VICTORIN et LE MINISTÈRE DE L'ÉDUCATION (D.C.C.) vous invitent JECAblKSWE auiqmqmLe À SUIVRE LE COURS MÉCANIQUE AUTOMOBILE dans le lundi et le jeudi dès le 9 mars 1987 À ASSISTER À UNE CONFÉRENCE prononcée par Monsieur Claude Martin, directeur ad|Oint du Service de la protection du consommateur du C A A (Club automobile) au Collège Marie-Victorin le mercredi 1" avril 1987 - Coût: 3$ H SKI g>l ^ m.mmiii.h.iiiiiiiiiiiiiitiiiitiMiiiHiipiiiiHiimiiiiniiiiiiiiiiiMiiiiuiPii' Ulllllll.II0 ,l Q llll^'IIIIVIIIII.IIIIIIIIIIIW" 55SS - J IF ssss - v m_« »_-z:_ - .f-TT.A PARTICIPER A DES ATELIERS PRATIQUES 3 |l|u5^l|J|!S||il|| en petits groupes au Centre de vérification du C A A j I—_LSM!, a Montréal entre le 13 et le 24 avril 1987 à Montréal entre le 13 et le 24 avril 1987 RENSEIGNEMENTS, DÉPLIANTS, RÉSERVATIONS : Collège Marie-Victorin 325-0150 poste 2382 ou 2274 H.MARS I9X7 / LA VIE EN ROSE Jack Epp ou la Santé et le Bien-Étre social souriants LA FAMILLE ors de la conférence annuelle des premiers ministres provinciaux, en novembre, Brian Mul-roney déclarait que le dossier des services de garde était prioritaire et il s'engageait, pour 1987, à allouer des fonds supplémentaires dans les services de garde au Canada.En janvier, toujours à propos des services de garde, le ministre fédéral de Santé et Bien-Ëtre social, Jack Epp, déclarait que les parents sont les personnes les plus compétentes pour élever leurs enfants.Voulait-il dire que les services de garde constituent une menace pour la famille?Et qu'il ne fallait pas s'attendre à de nouveaux crédits dans le budget Wilson de 1987?La Fédération des femmes du Québec ( FFQ) a craint que oui.Elle s'est donc empressée de réagir par lettre aux propos du ministre: «Doit-on vous rappeler ici que vos arguments contre les services de garde — menace à la famille, noyau de la société, et coût prohibitif — sont exactement ceux dont on se servait au XIXe siècle contre la création des écoles publiques et l'enseignement universel?» La FFQ a de nouveau démontré que les conditions de travail des Québécoises ne SELON JACK EPP sont plus compatibles avec les changements survenus dans les familles: actuellement, 57 % des mères d'un enfant de moins de six ans travaillent et 11 % des familles n'ont qu'un seul parent.L'État et l'entreprise privée freinent le désir des femmes et des hommes qui veulent des enfants en refusant de considérer les responsabilités parentales de leurs employé-e-s.La FFQ a de plus rappelé l'urgence d'adopter, à tous les paliers gouvernementaux, des politiques de soutien à la famille — dont les services de garde.En conclusion, elle a souligné au ministre Epp, qui se préoccupe tant de la famille, que «c'est en la laissant à elle-même qu'elle s'éteindra et que le meilleur gage de son essor futur, c'est de la soutenir.» À la fin de janvier 87, il n'était toujours pas certain que des crédits supplémentaires seraient alloués aux services de garde dans le prochain budget Wilson, malgré les promesses de Mulroney.Or, selon la ministre manitobaine Muriel Smith, «s'engager à améliorer le système des garderies sans y allouer plus de fonds ne donne pas grand-chose».En 1984-85, le fédéral a dépensé 224 millions $ dans les services de garde au Canada; selon madame Smith, il en faudrait 300 millions cette année.Rappelons que le Québec ne reçoit du fédéral que 31 % des sommes investies dans ses services de garde contre 45 % pour l'Ontario.Le Québec a d'ailleurs mis sur pied un comité consultatif dont le mandat est de revoir le développement et le financement de ses services de garde, qui ne comblent actuellement que 15 % des besoins réels des parents.(Source: La Presse, 28/11/86, 23/1/87, 24 1 87) J.L.LA VIE EN ROSE / MARS I9N7 17 PréVi INVITATIONS LE COMITE QUÉBÉCOIS FEMMES ET DÉVELOPPEMENT organise du 3 au 24 mars sa deuxième tournée de solidarité internationale.Quatre invitées d'Haïti, de Colombie, d'Afrique du Sud et de la Palestine parcourront le Québec pour rencontrer des femmes d'ici, elles aussi impliquées dans des luttes et des projets pour défier l'appauvrissement.Soirée d'ouverture le 6 mars et colloque le 21 mars, à Montréal.Info.: Louise Bessette au (514)842-1024.LE CENTRE D'ÉTUDES ARABES POUR LE DÉVELOPPEMENT accueillera, du 10 au 26 mars, madame Rita Giacam, Palestinienne professeure au département de biologie et de biochimie et coordonnatrice de la santé communautaire à l'Université Bir Zeit, en Cisjordanie, pour une tournée de conférences au Québec et en Ontario.Elle parlera de santé, des femmes, des mouvements populaires et des récents développements en Cisjordanie et à Gaza.Elle donnera une conférence publique intitulée «Palestine: le mouvement populaire face à l'occupation» le 19 mars à 19 h au Centre Saint-Pierre, 1212, rue Panet, salle 100, Montréal.Info.: (514)288-3412.LA MAISON PRÉLUDE de Laval est présentement en campagne de financement en vue d'amasser des fonds pour les femmes et enfants victimes de violence familiale.Son objectif est de 40 000 $.Dans le cadre de cette campagne qui se poursuivra jusqu'à la mi-avril, elle invite les personnes et groupes intéressé-e-s à un souper-bénéfice, présidé par Lise Bacon, ministre des Affaires culturelles, le 2 mars, au Restaurant Casa Bella, marché 440 à Laval.Coût: 100 $ du couvert.Info.: Diane Beauchamp au (514) 682 3050.LE COLLECTIF DE RECHERCHE ET D'INTERVENTION COMMUNAUTAIRE DU BUREAU DE CONSULTATION JEUNESSE invite toutes les intervenant-e-s, parent-e-s et bénévoles impliqué-e-s dans une démarche d'accompagnement auprès des jeunes de 12 à 25 ans à différents séminaires.Les 12, 13 et 14 mars: «Pratiques d'intervention»; les 19, 20 et 21 mars: «Les Drogues et l'alcool», les 26, 27 et 28 mars: «Les Jeunes et la sexualité»; les 2, 3 et 4 avril: «Nouvelles Drogues et nouveaux comportements»; les 15, 16 et 17 mai; «Stratégies et action communautaire».Date limite d'inscription: 10 jours avant la tenue du séminaire.Info.: Alice Dionneau (514) 844-0010.PUBLICATIONS_ LE COMITÉ DE LA CONDITION FÉMININE DE LA CSN vient de produire une brochure qui porte sur le harcèlement sexuel au travail et qui s'intitule La Sainte Paix.Cet outil de réflexion, de discussion et d'intervention s'adresse aux femmes victimes ou témoins de harcèlement sexuel.On peut se la procurer en communiquant avec le Centre de documentation de la CSN au (514) 598-2151.Coût: 2 $.LE MINISTÈRE DE L'ÉDUCATION DU QUÉBEC a publié récemment une brochure visant à encourager les adolescentes à s'orienter vers des emplois non traditionnels.À chacune son métier raconte l'histoire d'une vingtaine de travailleuses qui occupent des postes non traditionnels et présente des modèles concrets de femmes qui innovent dans le secteur de la formation et de l'emploi.On peut en obtenir un exemplaire en composant le 1418) 643-3241.INFORMATION-RESSOURCES FEMMES ET LOGEMENT a produit un outil d'animation concernant les pro- blèmes de harcèlement et de discrimination que subissent les femmes locataires.Disponible aux bureaux d'information-ressources femmes et logement, 5675, rue Lafond, Montréal H1X 2X6.Coût: 2,50 $ plus 0,75 $ pour les frais postaux.Info.: (514)721-3693.L'ACEF-CENTRE, une association de consommateur-trice-s, met les femmes en garde contre le danger que peut représenter le Centre universel du Verseau, organisme de croissance personnelle.Dans sa revue S'EN SORTIR de décembre, sept femmes ex-bénévoles du Centre racontent comment elles ont été amenées à entrer dans les rouages du Centre, et comment cette expérience les a traumatisées.On peut se procurer gratuitement ce numéro en téléphonant au (418) 598-7288.LE BUREAU DE CONSULTATION JEUNESSE vient de produire une bande dessinée qui s'adresse aux jeunes et à ceux et celles qui évoluent auprès d'eux.Si boulot m'était conté.raconte ce que cinq jeunes adultes ont à dire sur les questions de chômage et propose des outils pour leur faciliter l'accès au marché du travail.On peut se la procurer à la Fondation Jeunesse 2000, 420, rue Saint-Paul Est, Montréal H2Y 1H4, ou en composant le (514) 844-1737.Coût: 5 $.Divers Le Centre cana- dien d'études et de coopération internationale (CECI) cherche: 1 — Une co-cheffe de la section Développement communautaire et animation féminine, pour un poste à Nioro, au Mali.Formation en sciences sociales ou économiques.Contrat de deux ans.2— Une coordonnatrice du volet organisation socio-économique.Formation socio-économique, agroéconomique ou en économie rurale et une expérience de coopération internationale.Contrat de 16 mois.Envoyer son curriculum vitae au CECI, Banque de candidats (LVR), 4824, Ch.de la Côte-des-Neiges, Montréal H3V 1G4.Info: (514)938-1999.FEMMES ET INFIRMIERS On a fait un bout de chemin ENSEMBLE.ENSEMBLE.on va CONTINUER! Federation Québécoise des Infirmières et infirmiers 1067.Sl-Oenis.Montréal H2X 3J3 - (5141 842-5255 IX LA VIE EN ROSE / MARS 1987 OÙ FÊTER LE HUIT MARS?JEUDI 5 MARS A MONTRÉAL 21 h — Rosa Luxemburg, le dernier film de Margarethe von Trotta, en avant-première au Cinéma Outremont.Présenté par La Vie en rose qui fête ses sept ans et offre, après la projection, vin et brin de causette.Entrée: 7$.VENDREDI 6 MARS A MONTRÉAL 14 h — Marie-Claire Séguin en spectacle au Cégep Maisonneuve, entrée gratuite, service de bus, garderie sur place.Organisé par La Marie Debout: (514) 255-1304.17 h — Voisines on fête, au Centre des femmes du Plateau Mont-Royal: souper communautaire suivi d'animation, théâtre, etc.Info.: (514) 526-4146.SAMEDI 7 MARS A MONTRÉAL 20 h — Suzanne Jacob en spectacle à la Maison de la culture Maisonneu- ve, 4120, rue Ontario Est.Info.: (514) 872-2200 Soirée — Fête au «Y» des femmes: spectacles féministes, danse, bar.Ouvert à toutes, entrée 3 $.Au YWCA, 1355, boul.Dorchester Ouest: (514) 866-9941, poste 43.A QUEBEC 14 h — Notre futur: ateliers de discussion et d'information ouverts à toutes, sur le thème de l'avenir des femmes.Tout l'après-midi au siège de la CSN, 155, boul.Charest Est.Info.: (418)647-5834.Soirée — Souper et activités culturelles.Entrée et garderie gratuites, toujours au siège de la CSN.DIMANCHE 8 MARS A MONTREAL 9henv.— Déjeuner rencontre avec Lise Payette ou Marie Cardinal (invitée à confirmer), à la Maison de la culture du Plateau Mont-Royal.Organisé par La Marie Debout: (514)255-1304.9 h 30 à 11 h 30 - Deux ateliers organisés par le Conseil central de la CSN, ouverts à toutes: «Les Revendications des groupes de femmes» et «Les Femmes et le pouvoir politique».À l'Hôtel Méridien.Info.: (514) 598-2007.10 h — Brunch au Centre des femmes de Montréal: invitées d'honneur, rencontres, films et autres activités sur le thème de «L'internationale des femmes».Info.: (514)842-1066.11 h 30 à 15 h — «On avance, beau temps, mauvais temps»: brunch monstre organisé par le Conseil central de la CSN.Buffet, animation, musique de chambre, interventions.Entrée 7 $.Info.: (514) 598-2007.11 h 30 — Grande Marche organisée par le Montreal's Women Coalition.Départ de la rue Jeanne-Mance devant la Place des Arts à midi, pour arriver au Carré Dominion vers 13 h 30.Info.: Francine Mayer, au «Y» des femmes, (514) 866-9941, poste 43.14 h à 18 h — Foire d'information au YWCA, 1355, boul.Dorchester Ouest: 40 groupes de femmes seront présents (action politique, développement, santé, ethnies, etc.).Entrée gratuite, garderie sur place.Info.: (514) 866-9941.A JULIETTE 10 h à 17 h 30 - Fête et activités au Cégep de Joliette: brunch à 11 h, ateliers, forums et kiosques d'information tout l'après-midi.Ouvert aux femmes, entrée gratuite.Organisé par la CSN: (514) 759-0762.Cette année, bien des activités autour du 8 mars se déroulent plutôt dans les quartiers et les régions, de façon locale et décentralisée.A surveiller, pour être sûre de ne rien manquer: les Centres de femmes, les Maisons de la culture, les annonces dans les journaux de quartier, etc.POUR CHANGER D'AIR UNE BASE DE PLEIN AIR OFFRANT LE PLEIN ÊTRE a cobpu/e LES FORFAITS COMPRENNENT : - HÉBERGEMENT - REPAS - ATELIERS CORPORELS SÉJOURS SPÉCIFIQUES : • EN MARS , DANSE CONTACT, HATHA-YOGA, POLARITÉ, TAÏ CHI - (1 JR) MASSAGE ORIENTAL - (2 JRS) • EN AVRIL ; LA SANTÉ PAR LES APPROCHES CORPORELLES (COLLOQUE 3 JRS) • EN MAI ; TECHNIQUES DE RELAXATION, GYMNASTIQUE DOUCE - (1 JR) INITIATION AUX RÊVES - (2 JRS) la cabou/c BASE DE PLEIN AIR ST-DONAT (819) 424-2552 C'est dans le processus de reproduction humaine dans sa totalité que s articule l'idéologie de la suprématie mâle En comprenant mieux ce processus de la reproduction, qui est à l'origine de leur oppression, les femmes pourront commencer à entrevoir leur potentiel et leur propre libération Un livre essentiel à la théorie féministe les éditions du remue-ménage LA VIE EN ROSE / MARS 1987 19 TOUT CE QUE VOUS N'AVEZ JAMAIS VOULU SAVOIR SUR VOTRE DÉCLARATION D'IMPÔT ET QUE VOUS AURIEZ EU INTÉRÊTÀ DEMANDER! ^^I^j ¦n/annc est de-^^^L lharqucc chez linoi en pleine L W Ht '< imprenez on ^4-^ Bsenaildelahold- _I_luper.Non.pas
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