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Titre :
La vie en rose
La Vie en rose jette un regard féministe sur l'actualité politique, sociale et culturelle, sur un ton critique et avec humour. [...]

Publiée à Montréal de 1980 à 1987, La Vie en rose est, pendant cette période, le principal magazine féministe québécois. Le premier numéro, sous-titré « magazine féministe d'actualité » et dirigé par un collectif de six femmes, paraît au printemps 1980, encarté dans la revue contestataire Le Temps fou. Autonome dès le cinquième numéro, La Vie en rose est publiée trois fois l'an jusqu'en 1984, puis huit fois l'an jusqu'en 1986, où elle devient une publication mensuelle.

S'éloignant du militantisme « pur et dur » des revues des années 1970, La Vie en rose propose, pour contrer le discours ambiant post-féministe et justifier sa pertinence et son combat, de repenser, de renouveler et de redéployer le féminisme. Pour ce faire, La Vie en rose donne au féminisme une image enjouée, évite le dogmatisme et favorise une variété de perspectives. Cette volonté de rassemblement des féministes permet une ouverture intergénérationnelle et encourage la réflexion.

Le magazine jette un regard féministe sur l'actualité politique, sociale et culturelle, sans s'aligner explicitement sur un parti ou une idéologie politique. Les thèmes abordés ne sont par ailleurs pas étrangers aux enjeux féministes : les articles traitent presque exclusivement de sujets intimement liés à la condition des femmes dans la société contemporaine. Revue indépendante, La Vie en rose tient mordicus à l'autonomie, qu'elle revendique aussi sous toutes ses formes pour les femmes québécoises.

Outre les rubriques récurrentes (l'éditorial, le courrier, les comptes rendus de films, de livres et de pièces de théâtre), le magazine propose des dossiers spéciaux qui abordent des sujets comme le travail, la langue, le pouvoir, le syndicalisme ou les lois. La Vie en rose explore parfois des questions difficiles, voire litigieuses, telles la religion, la prostitution, la pornographie et les maladies transmissibles sexuellement. Des entrevues de fond, avec des personnalités d'ici et d'ailleurs (Clémence DesRochers, Lise Payette, Diane Dufresne, Simone de Beauvoir, Christiane Rochefort et plusieurs autres), sont aussi publiées régulièrement.

Une des caractéristiques importantes du magazine est l'espace qu'il accorde à l'humour. Les caricatures et les textes ironiques en sont partie intégrante, de même que les célèbres « chroniques délinquantes » d'Hélène Pedneault (réunies ultérieurement en recueil), très appréciées du lectorat. La Vie en rose fait également une grande place à la littérature et encourage ouvertement la « relève »; elle publie le nombre impressionnant de 58 récits de fiction au fil de ses 50 parutions. Certains numéros contiennent des nouvelles portant sur un thème suggéré par la revue, alors que d'autres rassemblent des textes d'un même genre (le roman policier, par exemple), que l'équipe de La Vie en rose cherche à ouvrir à une redéfinition en vertu de paramètres féministes.

D'abord tiré sur papier journal et illustré de dessins et de photos en noir et blanc, le magazine adopte, dans son numéro de juillet 1983, un graphisme semblable à celui des revues à grand tirage et est imprimé sur papier glacé. De 10 000 exemplaires en 1981, son tirage moyen atteint ensuite près de 20 000 exemplaires par numéro.

Une combinaison de plusieurs facteurs, dont des difficultés financières dues aux abonnements insuffisants et un certain essoufflement de l'équipe d'origine, forcent La Vie en rose à tirer sa révérence au printemps 1987. Cette revue demeure encore aujourd'hui parmi les plus importantes de la presse alternative québécoise.

BERGERON, Marie-Andrée, « La Vie en rose (1980-1987) - Construction rhétorique d'un leadership », Globe - Revue internationale d'études québécoises, vol. 14, no

DES RIVIÈRES, Marie-José, « La Vie en rose (1980-1987) - Un magazine féministe haut en couleur », Recherches féministes, vol. 8 no

Éditeur :
  • Montréal :Productions des années 80,1980-1987
Contenu spécifique :
février
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
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Références

La vie en rose, 1987, Collections de BAnQ.

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La passion selon Galatée Suzanne Jacob Dans l'âme de Galatée, dite Gala, toute une panoplie de cicatrices.Comme des tatouages internes.Augustine, Cyrille, Titi, Pigue, Sylvie Nord, Baldwin.Mais la vie va trop vite trop lentement.Voici que se profilent Babey et, dans son sillage, Bottes Boulé et l'Araignée, le Bourru et Nathe, une sordide histoire de dollars.Plongée dans un western mythologique, Gala la chanteuse se débat afin d'assurer sa survie, la survie de l'espèce Gala.Rien d'étonnant à ce qu'il y ait deux Gala.Une qui discute de la question de Dieu avec la vitre du wagon du train qui roule vers Montréal et la deuxième qui se prend pour la réalité depuis le début de l'éternité.SEUIL SOMMAIRE FÉVRIER 1987 NO 43 5 ÉDITO L'imparfait du futur Françoise Guénette 8 L'ACTUALITÉ VUE PAR.Copulation beurre de peanut Ghislaine Rheault 9 CHRONIQUE DÉLINQUANTE Y a-t-il une passion dans la salle?Hélène Pedneault 10 ACTUEL De Blum à Chirac, les femmes ministres Carole Beauheu, Maryse Bensaid 12 CONTROVERSÉ Le bon usage.de l'excès Lyna Lepage 13 BRÈVES Paris, le 6 décembre 1 q SONDAGE Maladies transmises sexuellement MORTELLES POUR LA VIE AMOUREUSE Les MTS gâchent-elles voire vie sexuelle ei amoureuse7 C'était l'une des questions de notre sondage de novembre dernier: 499 d'entre vous avez répondu.Sentiments partagés, critiques du système médical, contradictions vous en aviez long sur le coeur Lise Moisan et le Bureau d'étude sociographiques 22 INTIME ET POLITIQUE Le sexe poubelle Francine Tougas 'ENQUÊTE La révolte étudiante «TOUCHE PAS À MON AVENIR!» Automne chaud dans les écoles: au Quebec comme en Europe, les étudiant es défendent leur accès à l'université Stratégies différentes, slogans comparables Et derrière, partout, le spectre d'un avenir bouche Québec: «NON À L'UNIVERSITÉ D'ÉLITE!» Sylviane Lanthier Isabelle Thomas: LA FILLE DE TROP Carole Beaulieu France: «68 C'EST VIEUX, 86 C'EST MIEUX!» Laurence Onllard 35 INTERNATIONAL Salvador Caroline Jarry 36 Philippines Marie Boti 38 BEST-SELLER Dames de coeur.ou Real Women?Danielle Fiset 39 CINÉMA Cinq Européennes à Cinémama France Lafuste 43 ARTS Francine Simonin: Les Chaises.ou la création debout Line Me Murray 44 THÉÂTRE Mais qui était Djuna Barnes?Hélène Pedneault 45 LITTÉRATURE Claire Leieune: Etre belge et écrire Line Me Murray 58 COUP DE FOUDRE Martina Navratilova Anne-Marie Alonzo COUP DE POING Les Fous de bassan Michka Saal Depuis qu'en 1760, Maria Anna Pertl Mozart inscrivit son petit Wolfgang Amadeus au cours de piano, la musique de chambre a bien changé.son on Centre d* haut* fidélité 7339, Saint-Zotique est Ville d'Aniou Province de Québec H1M 3A5 ^iCtronique HAUTE FIDÉLITÉ 9343, Laieunesse Montréal.Ouébec Canada H2M ISS (514) 389-1377 L'IMPARFAIT DU FUTUR On pourra toujours se dire que le Québec, pour une fois, a sonné l'alarme.Parce qu'il y a des points communs, c'est sûr, entre la grève des étudiantes québécoises et les millions de jeunes Françaises, Espagnoles ou même Chinoises qui ont déferlé dans les rues tout l'automne.Vous en doutez?Fin octobre, au Québec, une grève étudiante paralyse une vingtaine de cégeps.Aux portes de l'Université du Québec à Montréal, se bousculent un peu grévistes et non-grévistes, au milieu des pancartes «Non à l'élitisation de l'université!» Demandes étudiantes: que le ministre de l'Education Claude Ryan abandonne son projet de hausse des frais de scolarité, qu'on repense la gestion des universités, qu'on réforme le régime des prêts et bourses.Pour la plupart des gens — et des journalistes — les étudiant-e-s ne défendent pas une si bonne cause.Après tout, ces frais, d'environ 600 $ par an pour une étudiante de sciences humaines, sont parmi les plus bas d'Amérique! Pourtant, Bourassa lui-même cède et, désavouant son ministre, annonce le gel des frais jusqu'en 1989.Quant au régime prêts-bourses, les négociations entre le ministère de l'Education et l'Association nationale des étudiantes du Québec, l'ANEQ, seront toujours, mi-janvier, au point mort.Fin novembre, à Paris, éclate la fureur des étudiantes françaises: universitaires et lycéennes descendent dans la rue pour contrer le projet de loi Devaquet, qui, en augmentant l'autonomie des universités, leur faciliterait une sélection plus marquée de la clientèle et l'imposition de coûts d'entrée plus élevés (coûts actuellement bas: autour de 100 $).Pour les étudiant-e-s, c'est clair: avec cette réforme, on aboutira à «une ségrégation renforcée, fondée sur l'origine sociale et l'argent.» Et les jeunes, soudain, ne veulent plus rien savoir: non à l'élitisme, à la soumission des universités aux critères de la ren tabilité financière.« Car, en France comme au Québec, S?c'est pour des raisons d'abord économi oques que l'Etat agit: réformer, c'est ren-o flouer des institutions coûteuses dans g lesquelles la grande entreprise, acheteu-^ se pourtant de main d'oeuvre diplômée, J se montre peu pressée d'investir.FRANÇOISE GUÉIMETTE Le gouvernement de droite de Jacques Chirac commence par résister.Dix jours plus tard, d'autres manifs, les 4 et 5 décembre, ont mobilisé 1 million de jeunes à Paris, des centaines de milliers en province: comme Bourassa avant lui, Chirac cède et, tant pis pour le tiède Devaquet, retire le projet.Le 17 décembre, c'est en Espagne que 2 millions de lycéens boycottent leurs cours, marchent dans les rues.Du gouvernement socialiste de Felipe Gonzalez, ils et elles exigent un accès plus facile à l'université et des droits d'inscription moins élevés.Au même moment, et pour quelques semaines encore, des milliers d'étudiant-e-s envahissent illégalement les places des principales villes chinoises: ils et elles réclament que la réforme économique engagée par Deng Xiaoping s'accompagne d'une démocratie et d'une liberté d'opinion accrues.C'est du moins ce qu'en rapportent vite les observateurs étrangers.Mais, au départ, leurs revendications sont plus immédiates: le chauffage de leurs chambres universitaires, la fin du contrôle par le Parti communiste des assemblées locales et.plus de liberté académique.Ils et elles veulent pouvoir questionner leurs profs, exprimer leur désaccord, bref, infléchir l'enseignement qu'on leur donne.C'est là où les manifestantes chinoises rejoignent les autres: ils et elles contestent le rôle, là-bas tout-puissant, de l'Etat dans l'enseignement et la formation professionnelle.D'autant plus qu'en Chine aussi, le taux de chômage des jeunes, surtout dans les villes, prend dangereusement de l'expansion.Le spectre du chômage, la peur d'un avenir bouché, sans issue, la quasi certitude d'un futur très imparfait, voilà ce qui sous-tend la «révolte étudiante» occidentale.Que l'État, sous la pression même indirecte des entreprises et du marché de l'emploi, veuille dicter leurs choix, et «touche à leur avenir», semble inacceptable aux étudiant-e-s.Après tout, c'est de leur vie qu'il s'agit.Au Québec seulement, 55 % des élèves choisissent leurs cours en fonction de leur goûts et intérêts personnels, contre 6 % qui le font en fonction des perspectives d'emploi' Pourtant, la plupart admettent «objectivement» l'inadéquation de l'enseignement supérieur, sa mauvaise articulation à l'industrie, par exemple, et s'inquiètent de la déqualification de leurs diplômes.Alors pourquoi faire des études?Parce qu'un diplôme dévalué, c'est mieux que pas de diplôme du tout.De là leur volonté de maintenir l'accessibilité pour tous et toutes, aux coûts les plus bas.Faut-il chercher beaucoup plus loin que cette interprétation-là des événements de l'automne?En France, toute la faune journalistique s'est empressée de comparer les manifestations à Mai 68.Et de souligner les différences: cette fois, pas d'idéologie, pas de vedettes à la Cohn-Bendit, pas de récupération politique ou syndicale.Mais du pragmatisme, une utilisation hyper-efficace des médias, une organisation démocratique, pacifique, sérieuse.On a découvert tout à coup les valeurs de cette nouvelle.«clas-se étudiante» des 15-25 ans, préoccupée d'abord par l'emploi et l'insécurité, qui se mobilise contre le racisme ou la famine mais renâcle à l'action politique traditionnelle.Peut-on, au Québec, parler d'une «classe étudiante», aussi facilement identifiable?Il semble que non.Il suffit de se promener dans les couloirs de n'importe quel cégep ou université pour constater l'hétérogénéité de la population.La moitié des universitaires, ne l'oublions pas, sont des adultes inscrites à l'éducation permanente.Comment les leaders étudiants de l'automne auraient-ils pu, au fond, mobiliser complètement un ensemble de gens disparates, aux intérêts si différents?Le comptable de 35 ans complétant un certificat «par les soirs» n'a pas les mêmes angoisses qu'une future philosophe de 22 ans.«Classe ou non», idéalistes ou pragmatiques, les manifestantes de l'automne nous auront servi une leçon politique utile.Pas seulement parce qu'elles et ils ont lutté pour l'égalité des chances.Ce principe-là, les féministes ont peut-être été les premières à le défendre.Mais aussi en exprimant une conscience internationale: en se mobilisant par exemple contre le racisme, les jeunes Françaises vont plus loin que le mouvement féministe nord-américain, encore très partagé sur la question. LA VIE EN ROSE / FÉVRIER I987 Oc ourrier de Saskatoon Mes commentaires devant la nouvelle Vie en rose: la couverture «grand luxe» est de toute beauté (malheureusement elle m'arrive déchirée!).N'empêche que je lirais La Vie en rose même imprimée sur du papier de toilette (non déchiré), avec le même contenu! Ici, ma «survie féministe» en dépend.La présentation s'est dans l'ensemble améliorée de beaucoup (ex: le sommaire).Le contenu: angoisse s'il en était, et soulagement après la lecture de l'édito et du reste.Rien de sacrifié (sauf les dossiers) mais des ajouts très intéressants («Coup de foudre et de poing».) À l'avenir, les articles longs devraient porter, selon mes besoins, sur des ques tions qui demandent plus qu'un éclairage féministe, des pistes d'analyse et des réflexions parce que très complexes.Exemples encore litigieux: la porno versus la censure, la prostitution, le pouvoir politique et les femmes, etc.Dernier point: je refuse mordicus de voir mon nom figurer sur la liste d'abonnées que vous comptez louer, même si je comprends pourquoi vous le faites.On n'en est pas à une contradiction près, n'est-ce-pas?Vous au moins, vous avez l'honnêteté de le dire et le respect de nous consulter.Lucie Provencher, Saskatoon Trop chère VIE EN Je me réabonne mais avec mécontentement.A cause du prix.Je travaille à 5 $ de l'heure et je vis seule.Je n'ai pas les moyens de me payer des petits luxes à 25 $.J'avais décidé de ne pas me réabonner; une rentrée d'argent imprévue m'a fait réviser ma décision.De plus, l'ancienne couverture me convenait parfaitement.Je n'aime pas être dans le doute: est-ce que je paie une augmentation pour combler un déficit ou pour que la revue se paye des luxes, comme une étude de marché très coûteuse ou une couverture destinée aux yuppies aimant le clinquant?Isabelle Drolet, Verdun mts: inistere rès ensibilisé Permettez-moi d'abord de vous féliciter pour la publication de votre article sur les MTS (LVR, nov.86).(.) Je déplore cependant qu'il laisse croire que le ministère de la Santé et des Services sociaux n'assume pas ses responsabilités et n'exerce pas d'autorité sur le contrôle des maladies infectieuses.(.) Le Ministère s'acquitte de son mandat non pas en dispensant lui-même des services directs à la population, mais en s'assurant que les établissements du réseau de la santé et des services sociaux le fassent.(.) Par ailleurs, il me semble avoir été mal interprété en ce qui concerne l'ordre de priorité accordé par le Ministère au problème des MTS.Je précise que celles-ci constituent une sphère d'intervention prioritaire pour le MSSS.(.) À titre d'exemples, (.) nous complétons les démarches pour ajouter les infections à chlamydia à la liste des maladies à déclaration obligatoire (.), nous terminons un vidéo et un guide d'activités pour les intervenant-e-s auprès des adolescent-e-s, (.) nous soutenons financièrement et professionnellement le Comité Sida-Québec.Michel Y.Pelletier, Directeur, Prévention et protection de la santé publique, MSSS non, c'est non Le passage suivant, dans l'entrevue de Martine D'Amours sur Pro-Vie (LVR, nov.86), m'a fait répandre mon café.sur La Vie en rose: «.on dénonce la contraception dure qui rend les femmes sexuellement disponibles en tout temps.» Ou je n'ai pas bien saisi le sens de cette phrase ou vous me faites enrager.Cela me rappelle une conversation avec une jeune fille venue me consulter parce qu'elle avait des problèmes de contraception.Elle voulait cesser de prendre la pilule parce qu'elle voulait pouvoir dire non à son chum.Je lui ai fait comprendre qu'elle n'avait peut-être pas un problème de contraception, mais un problème de communication avec son chum.Quand on ne veut pas, on dit NON.Ce passage de LVR était-il dans le même sens?Si non, excusez-moi.Si oui, je trouve qu'on devrait être mieux articulées sur la sexualité.L'important, c'est de se sentir disponible quand on veut comme on veut, et cela inclut aussi d'être pénétrée n'importe quand, si on en a le goût.Le véritable problème de la contraception — j'exclus la terminologie dure ou douce qui porte un jugement — c'est que les femmes n'ont pas encore ce choix.Quand je vois défiler les femmes dans mon bureau pour la pilule du lendemain parce que leur diaphragme a été mal ajusté ou que le condom s'est déchiré, ce n'est plus tellement une contraception «douce».Monique Barrette, Service Sexualité-planning CL SC Seigneurie de Beauharnois, Valleyfield allo, Tante Lucie Oh! la la! Tes cases ne sont pas faciles à remplir.Alors, veux-tu être notre marraine en plus d'être notre tante?Ainsi, à chaque numéro, tu pourrais inclure trois mots de plus de cinq lettres, faciles à trouver.Trois mots sur 24, c'est quand même un bon «deal»! On aurait plus de chances de réussir le mot croisé et d'apprendre plein de nouvelles choses avant l'arrivée du prochain numéro.Tu comprends, hein, ma tante?Tes filleules qui t'embrassent, Montréal CONSEIL D'ADMINISTRATION: Camille Ba chand, Françoise Guénette, Andrée Lafortune, Lise Moisan.Greta Nemiroff, Francine Pelletier DIRECTION GÉNÉRALE: Lise Moisan RÉDACTION: Sophie Gironnay.Françoise Guénet te.Johanne Lessard COMITÉ DE RÉDACTION: Anne-Marie Alonzo Lynda Baril, Louise Bessette, Martine D'Amours Anne Dandurand, Françoise David, Gloria Escomel Hélène Lévesque, Line McMurray, Hélène Ped neault, Francine Pelletier, Diane Poitras, Hélène Sar rasin ADMINISTRATION: Johanne Isabelle SECRÉTARIAT: Christiane L'Heureux DIRECTION ARTISTIQUE: Diane Blain, Sylvie Laurendeau COLLABORATION: Carole Beaulieu, Maryse Ben-said, Marie Boti, Manon Cornellier, Danielle Fiset, Louise Gareau Des Bois, Lucie Godbout, Caroline Jarry, France Lafuste, Sylviane Lanthier, Lyna Lepa- ge, Lise Moisan, Laurence Orillard, Ghislaine Rheault, Nathalie Riel, Michka Saal, Francine Tou-gas, Diane Tremblay ILLUSTRATION Mira Falardeau, Diane O'Bomsa win, Danielle Poisson PHOTOGRAPHIE: Suzanne Girard CORRECTION: Dominique Pasquin COMPOSITION ET MONTAGE: Photocomposi tion Tréma Inc.PELLICULAGE ET IMPRESSION Imprimerie In-terweb Inc.DISTRIBUTION: Les Messageries de presse Benjamin Ltée: 645-8754 PUBLICITÉ: Claude Krynski, Lisa Lamontagne: 843 7226 GRAPHISME PUBLICITAIRE: Mar|olaine Beau doin ABONNEMENTS: tan.11 numéros: 24,95$: 2 ans, 22 numéros: 43,95$: 3 ans, 33 numéros: 63,95$ Tarif international pour un an, par voie de surface: 34,95$, par avion: 37,95$.Marie-France Poirier: 843-8366 La Vie en rose est subventionnée par le Conseil des arts du Canada, par le ministère des Affaires culturelles du Québec, par le ministère des Communications du Canada et par le Secrétariat d'Etat, Programme de la femme.La Vie en rose est publiée par Les Productions des années 80, corporation sans but lucratif.On peut nous joindre de 9 h à 17 h, du lundi au vendredi, au 3963.rue Saint-Denis, Montréal, H2W 2M4.ou en téléphonant: (5141 843-8366 ou 843 7226 Copyright 1986 La Vie en rose Tous droits de re production et d'adaptation réservés.Dépôt légal: Bibliothèques nationales du Québec et du Canada ISSN 0228-5479.Indexée par Radar et membre de l'Association des périodiques culturels québécois.Courrier de 2e classe: 5188.Commission paritaire 4 067CDN.t FÉVRIER 1987 / LA VIE EN ROSE 4 AIR CANADA Cécile a gagné! Madame Lilian Rayson d'Air Canada en présence de l'équipe de La Vie en rose, tire le billet chanceux du concours-voyage organisé en novembre dernier pour les nouvelles et nouveaux abonnées-és du magazine.En médaillon, madame Cécile Comtois-Marleau, la chanceuse que sa belle-fille a décidé d'envoyer promener.Vous vous rappelez notre promotion-abonnement de novembre 1986: ALLEZ VOUS PROMENER OU ENVOYEZ PROMENER QUELQU'UN?Eh bien, c'est à madame Comtois-Marleau que revient le bonheur d'aller se promener à Singapour.La prochaine fois, ça pourrait être VOUS. 87 1.1 brèves NICARAGUA: LA VICTOIRE ET APRÈS Le Nicaragua est en guerre.Rien de neuf là-dedans.La plupart des hommes sont donc au front.Pendant ce temps, comme l'explique Luz Beatrix Arellano de l'AMNLAE (Conseil national de l'Association des femmes nicaraguayennes Luiz Amanda Espinoza), les femmes, elles, deviennent propriétaires de terrains.Voilà qui est nouveau.Elles se battent pour leurs droits et la reconnaissance de leurs acquis.Pour elles aussi, c'est la révolution d'abord, la défense avant tout, mais gare à ceux qui tentent d'étouffer les luttes féministes sous le prétexte de consacrer toutes les énergies à la guerre.Depuis un an, la situation économique de ce petit pays d'Amérique centrale s'est gravement détériorée.L'aide de Ronald Reagan et de ses sbires aux contre- omment répondre à la commission Rochon?Du 6 au 8 février aura lieu à Montréal, au pavillon Leacock de l'Université McGill, un événement d'importance pour les milieux syndicaux et communautaires: le Forum national sur les services sociaux et de santé.Il était une fois.une militante du Syndicat canadien de la fonction publique (FTQ), Louise Valiquette, qui invita, en juin 1985, d'autres syndicats à préparer un colloque sur la santé et les services révolutionnaires et l'interception, cet automne, d'un hélicoptère piloté par un ancien agent de la CIA, ne font que rendre plus visible l'implication des Etats-Unis dans ce conflit.Comme si cela ne suffisait pas, les pays voisins du Nicaragua terminent des préparatifs de guerre qui n'augurent rien de bon.Par contre, depuis un an, aussi, soit plus précisément depuis la dernière assemblée d'AMNLAE, le sort des Nicaraguayennes s'est nettement amélioré.La nouvelle constitution a apporté plusieurs points positifs.Par exemple, le gouvernement a adopté une loi protégeant les couples vivant en union libre.Une autre exige la division des tâches familiales entre hommes et femmes.AMNLAE demande de plus au gouvernement de se montrer plus sévère envers les batteurs de femmes.Et surtout, les femmes s'organisent, se questionnent et prennent de plus en plus d'espace dans la société.Elles travaillent la terre, conduisent elles-mêmes les tracteurs et s'occupent de commercialiser les récoltes.«Et elles le font, soutient Luz Beatrix Arellano, de passage au Québec cet automne, d'une façon très différente de celle des hommes.Elles démontrent beaucoup d'imagination dans leur gestion.L'habitude qu'elles ont de se débrouiller avec de petits budgets leur donne un grand avantage.» Mais que se passera-t-il quand cette guerre sera enfin terminée et que les hommes rentreront?«AMNLAE fait tout, répond Luz Beatrix, pour éviter que ces changements ne soient que des effets de conjoncture.(.) Nous ne sommes pas là pour boucher les trous.Notre apport est très créatif et on sent chez les Nicaraguayennes une véritable volonté de participer aux choix de la société.» L'espoir qui anime ces femmes, c'est que la révolution de leur pays aille plus loin qu'ailleurs où, trop souvent après la victoire, on finit par reléguer les femmes au second plan.Et Lux Beatrix Arellano est convaincue que leur voeu se réalisera.NATHALIE RIEL sociaux.L'objectif était de taille: que les travailleur-euse-s du secteur public réfléchissent et se concertent pour intervenir publiquement dans le débat soulevé par la commission Rochon, chargée d'étudier le système québécois des services sociaux et de santé.Centrales syndicales, syndicats d'infirmières, organismes communautaires provinciaux formèrent donc le Regroupement pour la santé et les services sociaux, qui comprend maintenant des groupes comme l'AQDR, la Confédération des organismes provinciaux des personnes handicapées du Québec, le Front commun des assistées sociales et assistés sociaux, la Fédération des femmes du Québec, etc.Depuis plus d'un an, tous ces organismes ont préparé ensemble le Forum de février, après avoir gagné un premier pari: s'entendre sur des objectifs communs.Le deuxième pari, c'est que ce Forum suscite des stratégies communes pour influencer les choix politiques actuels et futurs en matière de santé et de services sociaux.Les quelque 600 participant-e-s, par secteurs d'intervention: santé mentale, personnes âgées, jeunes, services sociaux, etc., se pencheront sur cinq questions majeures: l'accessibilité des services publics, la privatisation, la qualité, la démocratisation et la prévention.Est-il besoin de rappeler que certains de ces enjeux sont au coeur des préoccupations des femmes, travailleuses et usa-gères?Ce sont elles qui, à 75%, dispensent ces services et, le plus souvent, les utilisent, pour elles mêmes ou pour leurs enfants.Et c'est surtout aux femmes que le gouvernement adresse son discours sur le bénévolat social.Pendant que papa anime le club de hockey de la paroisse, 14 FÉVRIER 1987 / LA VIE EN ROSE NOUVELLES DE BRUXELLES ruxelles, 27 novembre m 1986.Il pleut, évidem-U ment.Et me voilà au 29, —M__rue Blanche, à la permanence du GRIF (Groupe de recherche et d'information féministes), venue prendre le pouls du féminisme belge.« Alors, Véronique, quoi de neuf chez vous depuis un an?» Ensemble nous établissons, la permanente du GRIF et moi, le bilan de l'année: Mars — Le bureau féministe de l'Alliance verte alternative (groupe du Parlement européen) organise un colloque de trois jours sur les nouvelles technologies de reproduction où seules des féministes viennent donner leur opinion.Cela pour équilibrer la consultation faite par le Parlement auprès des scientifiques (des hommes pour la plupart).Juin — À la suite du Congrès international sur la prostitution, premier du genre, tenu en 85 à Bruxelles, le Parlement européen vote, à la majorité des deux tiers, une résolution visant à faire de la prostitution une profession parfaitement légale.Juillet — À l'Université d'été du GRIF, un colloque réunit une centaine de féministes (belges, françaises, brésiliennes surtout) autour de la question de la transmission de la culture féministe.À surveiller, le prochain numéro des Cahiers du GRIF: Les Petites Filles sans modèles (titre provisoire).Rappelons que les actes du colloque précédent de l'Université d'été sont parus en 1983 sous le titre D'amour et de raison.Novembre — Descente dans un collectif de planning familial, arrestation et procès de 60 personnes, femmes ayant subi des avortements et personnel médical.L'avortement n'est toujours pas dépénalisé en Belgique.Quant au viol, il ne fait même pas partie du code pénal bien qu'il y ait dans l'air un projet de loi.Le 11 novembre (l'équivalent de notre 8 mars) est consacré cette année à fêter les dix ans du collectif Femmes battues.À noter qu'en 1985, Marie-Victoire Louis a fondé l'Association européenne contre la violence faite aux femmes, pour ne pas dire contre le harcèlement sexuel.Contrairement au Québec, ce problème est touché depuis peu en Europe.Voici, voilà, en bref, des nouvelles fraîches de la Belgique.LINE McMURRAY CONSOLTEX, LA COMPAGNIE T HARCELÉE e Groupe d'aide et d'in-J formation sur le harcè-A lement sexuel a honoré —M-dernièrement la compagnie de textile Consoltex, de Montréal, pour son attitude dans un cas de harcèlement sexuel, impliquant l'une de ses employées.Les dirigeants de la compagnie ont toutefois refusé de se rendre à la conférence de presse pour recevoir leur prix afin d'éviter de mêler publiquement la compagnie à un cas de harcèlement sexuel! La distinction tabou a été acheminée.par messager.Pauvre Consoltex! Se remettra-t-elle de cette mauvaise publicité?(Source: La Presse, 18/11) - JL maman se voit confier des enfants en bas âge, ou d'ex-patients psychiatriques, ou une tante âgée qui ne trouve pas de place au centre d'accueil.Autrement dit, les femmes sont doublement concernées par la réforme du système de services sociaux et de santé à laquelle travaille activement la commission Rochon.Comme tous les contribuables, elles ont intérêt à participer à un débat qui met en cause tout un choix de société.Hériterons-nous d'une société où le chacun pour soi sera érigé en système et où l'État n'interviendra qu'en dernier recours auprès des plus démuni-e-s?Ou bien d'un système social où l'État garantira le droit de chacun-e à l'égalité des chances dans tous les secteurs de la vie?Mais les femmes doivent aussi choisir: pallieront-elles, bénévolement ou à peu près, toutes les carences du système en s'appuyant sur leur longue expérience de générosité «privée»?Ou exigeront-elles des emplois stables et des salaires décents, au sein des services publics comme dans le secteur communautaire, où elles sont fort nombreuses?Les travailleuses des centres de femmes et des maisons d'hébergement, par exemple, arriveront-elles à faire reconnaître par l'État la pertinence et l'originalité de leurs approches et de leurs propres réseaux autonomes?Ce Forum national vient à point.Ne revient-il pas aux producteur-trice-s et aux usagèr-e-s des services sociaux et de santé d'analyser le système actuel et de proposer des alternatives?Il faudra ensuite imposer nos vues aux tenants de l'État-Provigo.Et ça, c'est uneautre paire de manches! Pour plus de renseignements sur le Forum: Louise Valiquette, (514) 527-9681.FRANÇOISE DAVID DIX DES FILLES DES VUES 1987 Il y a dix ans.Vidéo Femmes créait le premier lieu de rencontres annuel des réalisatrices d'ici et d'ailleurs.À l'occasion de ce 10e anniversaire, venez profiter de l'accueil particulièrement chaleureux que vous réservent les filles des vues à Québec DU 11 AU t5tW$£ BIBLIOTHÈQUE ÇABRIEllE fiQY '350; rue âb-J-Q$sjiïrEsf.QUÉBEC (418)692-3090 LA VIE EN ROSE / FÉVRIER lû87 26 Le leadership perdu s jj «Au début du mouvement, les filles § étaient les leaders dans plusieurs universi-2 tés, confirme Nicole Gauthier, journaliste « du quotidien Libération (gauche indépen-o dant) qui a suivi le mouvement, surtout à Pa-£ ris.Elles étaient présentes à toutes les tnbu- En jeans à la manif du 27 novembre nés et prenaient la parole.Quand le mouvement est entré dans une phase de structuration, elles ont perdu le leadership de la parole, tout en gardant celui de l'organisation pratique.Elles sont demeurées très nombreuses dans les manifs, plus que les gars même, mais elles n'avaient plus le leadership de la parole.Je ne sais pas comment expliquer ça.» Membre du comité de grève de Villeta-neuse.Mohamed Chalik confirme que les filles étaient «plus mobilisées», «mieux organisées», plus nombreuses dans les manifs.«Elles bossaient mieux, quoi»,' lance-t-il.Les tracts, les affiches, les pancartes, c'étaient elles.Les motardes qui allaient d'une université à l'autre, d'un lycée à l'autre, pour faire débrayer, c'étaient encore elles.Chafik admet qu'elles tenaient mieux le coup que les gars.«J'ai des copains qui ont craqué au cours des premiers jours, raconte-t-il.Ils étaient dépassés par les événements.Isabelle, elle, tenait bon.Elle était toujours en avant.Elle milite depuis cinq ans sur la fac et a une expérience remarquable.» Entre eux, les gars de Villetaneusc ont essayé de comprendre pourquoi, à Villetaneu-se comme à Paris I, à Bordeaux ou à Tolbiac, ce sont les filles qui ont réagi les premières.«Entre copains, on riait, raconte-t-il.On disait que les filles étaient plus sensibles que les gars à toutes les causes justes-Pourquoi ne formaient-elles pas la majorité du leadership, alors' Sourire malaisé.•Vous savez, dit Mohamed, les filles, elles aiment mieux être au deuxième rang- «Isabelle Thomas a voulu montrer une nouvelle image de la militante: en jeans aux manifs mais quand même féminine.Ça s'est retourné contre elle.» Mais il y en avait au moins une qui.elle, ne cherchait pas à éviter le premier rang Isabelle Thomas n'en a pas moins été écartée de la delegation par une assemblée générale houleuse au cours de laquelle une jeune femme a brandi le numéro de Paris-Match, dénonçant la «prostitution militante» et les ¦ Isabelle Taylor».Des étudiants de Villetaneusc confirment que le -tapage médiatique» de Paris-Match a fait bien du tort à Isabelle Thomas, tout comme un article de Libération, intitule «Isabelle Thomas, la voix des étudiants, cuvée I986».«Isabelle a voulu montrer une nous elle image de la militante, précise Nicole Gauthier.En jeans aux manifs.mais aussi féminine.Ça s'est retourné contre elle » Depuis la victoire étudiante.Isabelle Thomas ne répond plus», aux médias du moins, même s'ils s'appellent La Vie en rose Christine Jouanneau et Sylvia Zampi.les deux seules femmes membres de la délégation de 14 étudiantes qui a rencontré les porte-parole gouvernementaux, sont tout jussi introuvables.La coordination dissoute, les filles sont retournées à leurs examens et à leurs taches militantes.Marie-France Roulens anime l'Association matière grise, un regroupement d'étudiants qui.en prévision des états généraux de mars, coordonne le travail des commissions de réflexion issues de la grève et fait le lien entre les différentes universités.«Les étudiants ne veulent pas que le mouvement soit noyauté, insiste Marie-France Ils cherchent des solutions à long terme au problème des universités.» Une nouvelle génération politique Dans cette société française où les mouvements étudiants servent aussi bien à compliquer la vie des gouvernements qu'à - former une génération politique», l'hiver I986aura certes vu émerger un nouveau type de militants et peut-être de militantes.Allergiques au militantisme rigide de leurs parents gauchistes, mais tout aussi bien du corporatisme individualiste, les étudiantes e-s de décembre 1986 ont montré qu'ils et elles vibraient à des valeurs «morales» d'égalité et de justice.Le refus de voir augmentés les droits d'inscription, et surtout de façon inégale d'une faculté à l'autre, les a largement mobilisé-e-s.Lors du retrait du projet de loi.le mouvement menaçait de s'élargir à d'autres secteurs.Déjà dans certaines facultés, des débats ont été organisés sur un autre projet de loi visant à modifier le code de la nationalité.Prévue pour l'automne, l'étude de ce pro|ct de loi a été reportée en mars par le gouvernement, par crainte qu'il ne déclenche une nouvelle vague de protestations de rue.Chose certaine, la décision du gouvernement de retirer le projet Devaquet a montré à des milliers de jeunes que les manifs de rue peuvent être utiles.Décembre 1986 aura-t-il formé les politiciennes françaises de demain' Les militantes en robe noire auront-elles un |our autant de place dans la vie publique de l'Hexagone que les émules de Cohn-Bendif Seules le savent au|ourd'hui Isabelle.Christiane.Sylvie et les autres.ss^> Carole Beaulieu.collaboratrice régulière à La Vie en rose, est actuellement en stage en Europe 1.300 000 selon la police.500 000 selon le quotidien de gauche Libération.un million selon les organisateurs FRANCE «68 C'EST VIEUX, 86 C'EST MIEUX!» Marchant par milliers de Saint-Michel à l'Assemblée nationale, le 27 novembre »n les avait baptisé-e-s la -bof génération».On les disait construit-e-s sur les modèles Tapie — Bouygues — Berlusconi1, les pdg nouvelle vague chic et choc.On les avait déjà étiqueté-e-s: individualistes, matérialistes et consommateur-trice-s for-cené-e-s, soumis-es aux impératifs du -réalisme économique» et donc partisan-e-sdu libéralisme tous azimuts.On les trouvait bien sages, ces jeunes, et bien gentil-le-s.mais tout compte fait foncièrement apathiques et égoïstes.On?Qui ça.on'7 Ceux de 1968.bien sûr.les parents, qui se souvenaient avec fierté mais aussi, parfois, un brin de complaisance qu'à leur âge, il y a vingt ans.ils et elles avaient participé au plus grand mouvement de contestation de l'histoire française contemporaine.Ces ancien-nes combattant-e-s, éternellement de retour du front, se refusaient à voir en eux-elles-mêmes ce qu'ils-elles disaient voir en leurs enfants, c'est-à-dire leurs propres illusions perdues, leurs aigreurs, leurs reniements.-Après nous, plus rien ne s'est fait», déploraient-ils-elles avec peut-être une certaine hypocrisie.Ne les flattait-elle pas, en effet, dans un certain sens, cette apparente docilité de leurs enfants qui leur préservait à eux-elles, les ainé-e-s.l'exclusivité d'une jeunesse mouvementée.Aujourd'hui, au lendemain de la manifestation déjeunes du 4 décembre 1986.la plus imposante jamais vue en France — on n'a pas fini de relever le symbolisme de ces deux chiffres inversés, 68 / 86 — , ce monopole de l'action est brisé.La génération de 68 vient de perdre son repoussoir.On disait aussi: -C'est normal, ce sont les enfants de la crise, ils sont né-e-s avec I ' idée LAURENCE ORILLARD 30 qu'il fallait se battre pour survivre, être toujours les premièr-e-s de classe, elles et ils ont l'esprit de compétition dans le sang.» On occultait ainsi ses propres tournants, ses propres compromis/sions, l'accession généralisée au statut de petit-bourgeois.Et soudain, on a découvert qu'on se trompait.Le démenti est venu comme une lame de fond, un ras-le-bol gigantesque.Une phrase revenait sans cesse hier, sur les lèvres des manifestant-e-s: «Cette loi, c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase.» Même si les centaines de milliers de lycéen-ne-s et d'étudiant-e-s qui défilaient n'avaient pas tou-te-s lu le projet de loi, les grandes lignes en avaient suffisamment été débattues lors des assemblées générales pour que chacun-e justifie son opposition: qu'ils et elles soient à l'université et se battent contre le projet Devaquet.ministre de la Recherche et de l'Enseignement supérieur, ou qu'ils et elles soient lycéen-ne-s et s'attaquent par conséquent au projet Monory, ministre de l'Éducation nationale, tou-te-s refusent l'instauration de nouvelles barrières de sélection — qu'elles se basent sur des examens ou sur l'argent — après le baccalauréat et à l'entrée des universités.Pour justifier leur rejet d'un ajustement de la production de diplômé-e-s à la demande économique.Pierre Bourdieu.professeur au Collège de France, rappelait hier, dans le journal Libération, les principaux arguments des manifestant-e-s: «Le décalage est inévitable entre le temps de la production scolaire et les changements de l'économie.(.) Parce que les hommes politiques de uj gauche avaient exalté l'entreprise, la droite
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