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Titre :
La vie en rose
La Vie en rose jette un regard féministe sur l'actualité politique, sociale et culturelle, sur un ton critique et avec humour. [...]

Publiée à Montréal de 1980 à 1987, La Vie en rose est, pendant cette période, le principal magazine féministe québécois. Le premier numéro, sous-titré « magazine féministe d'actualité » et dirigé par un collectif de six femmes, paraît au printemps 1980, encarté dans la revue contestataire Le Temps fou. Autonome dès le cinquième numéro, La Vie en rose est publiée trois fois l'an jusqu'en 1984, puis huit fois l'an jusqu'en 1986, où elle devient une publication mensuelle.

S'éloignant du militantisme « pur et dur » des revues des années 1970, La Vie en rose propose, pour contrer le discours ambiant post-féministe et justifier sa pertinence et son combat, de repenser, de renouveler et de redéployer le féminisme. Pour ce faire, La Vie en rose donne au féminisme une image enjouée, évite le dogmatisme et favorise une variété de perspectives. Cette volonté de rassemblement des féministes permet une ouverture intergénérationnelle et encourage la réflexion.

Le magazine jette un regard féministe sur l'actualité politique, sociale et culturelle, sans s'aligner explicitement sur un parti ou une idéologie politique. Les thèmes abordés ne sont par ailleurs pas étrangers aux enjeux féministes : les articles traitent presque exclusivement de sujets intimement liés à la condition des femmes dans la société contemporaine. Revue indépendante, La Vie en rose tient mordicus à l'autonomie, qu'elle revendique aussi sous toutes ses formes pour les femmes québécoises.

Outre les rubriques récurrentes (l'éditorial, le courrier, les comptes rendus de films, de livres et de pièces de théâtre), le magazine propose des dossiers spéciaux qui abordent des sujets comme le travail, la langue, le pouvoir, le syndicalisme ou les lois. La Vie en rose explore parfois des questions difficiles, voire litigieuses, telles la religion, la prostitution, la pornographie et les maladies transmissibles sexuellement. Des entrevues de fond, avec des personnalités d'ici et d'ailleurs (Clémence DesRochers, Lise Payette, Diane Dufresne, Simone de Beauvoir, Christiane Rochefort et plusieurs autres), sont aussi publiées régulièrement.

Une des caractéristiques importantes du magazine est l'espace qu'il accorde à l'humour. Les caricatures et les textes ironiques en sont partie intégrante, de même que les célèbres « chroniques délinquantes » d'Hélène Pedneault (réunies ultérieurement en recueil), très appréciées du lectorat. La Vie en rose fait également une grande place à la littérature et encourage ouvertement la « relève »; elle publie le nombre impressionnant de 58 récits de fiction au fil de ses 50 parutions. Certains numéros contiennent des nouvelles portant sur un thème suggéré par la revue, alors que d'autres rassemblent des textes d'un même genre (le roman policier, par exemple), que l'équipe de La Vie en rose cherche à ouvrir à une redéfinition en vertu de paramètres féministes.

D'abord tiré sur papier journal et illustré de dessins et de photos en noir et blanc, le magazine adopte, dans son numéro de juillet 1983, un graphisme semblable à celui des revues à grand tirage et est imprimé sur papier glacé. De 10 000 exemplaires en 1981, son tirage moyen atteint ensuite près de 20 000 exemplaires par numéro.

Une combinaison de plusieurs facteurs, dont des difficultés financières dues aux abonnements insuffisants et un certain essoufflement de l'équipe d'origine, forcent La Vie en rose à tirer sa révérence au printemps 1987. Cette revue demeure encore aujourd'hui parmi les plus importantes de la presse alternative québécoise.

BERGERON, Marie-Andrée, « La Vie en rose (1980-1987) - Construction rhétorique d'un leadership », Globe - Revue internationale d'études québécoises, vol. 14, no

DES RIVIÈRES, Marie-José, « La Vie en rose (1980-1987) - Un magazine féministe haut en couleur », Recherches féministes, vol. 8 no

Éditeur :
  • Montréal :Productions des années 80,1980-1987
Contenu spécifique :
octobre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
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Références

La vie en rose, 1986, Collections de BAnQ.

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Toxicomanes comme vous et moi Le cinéma, les arts visuels, la lecture, les métiers d'art, le patrimoine, les arts de la scène sont tous des manifestations de la vie culturelle.Par ses divers programmes, le ministère des Affaires culturelles, de concert avec ses partenaires des différents secteurs, soutient le dynamisme de notre culture.Gouvernement du Québec Ministère des Affaires culturelles SOMMAIRE éditorial 5 Avortement Une victoire juridique et politique Courrier_6 Commentaire 8 Pacifisme De la charité à la solidarité Hélène Sarrasin Chronique délinquante n Y a-t-il une manipulation dans la salle?Hélène Pedneault Actualité féministe Visibilité lesbienne Dire nos choses 12 Andrée Côté Une prostituée vaut-elle une statistique?14 Carole Beaulieu AFÉAS Les couleurs du pouvoir 17 Gloria Escomel L'Autre parole De l'oxygène pour les chrétiennes 19 Martine D Amours Communiqués 20 Actualité Santé Des toxicomanes comme vous et moi Marie-Claire Dumas 36 Le magazine féministe d'actualité n° 39 octobre 1986 COMBIEN SERONT ÉLUES?D'ici la fin de 1986, le 9 novembre a Montréal et dans la plupart des cas, des élections municipales auront lieu dans 201 municipalités du Québec.Parmi elles, de gros chefs-lieux administratifs comme Sherbrooke.Trois-Rivieres, Rimouski, Hull.Nombre de citoyennes et citoyens concerné-e-s: près de 2,5 millions, dont plus de 1 million 800 mille dans la région métropolitaine.Combien de femmes seront élues à tous ces postes de maires-esses, d'échevin-e-s.de conseillèr-e-s?Les Québécoises ont-elles réellement investi, depuis quelques années, la politique municipale, ce "pouvoir au quotidien» soi-disant plus accessible?On a déjà dit que les paliers politiques s'ouvraient aux femmes au fur et à mesure qu'ils perdaient du pouvoir dans la conjoncture générale.Est-ce le cas du municipal ou, au contraire, avec la municipalisation des services préconisée par le ministre Gobeil et cie, ce champ de pouvoir ira-t-il s'élargissant?Pour trouver les réponses, LA VIE EN ROSE a interrogé des femmes déjà ou bientôt élues, des chiffres, et des phénomènes urbains particuliers comme, à Montréal, la gentrification du centre-ville.22 Elections municipales LE POUVOIR AU QUOTIDIEN Hélène Sarrasin, Hélène Lévesqu 24______ Élections municipales: Montréal LA BELLE ET LA BÊTE Francine Pelletier, Louise Levac 29_ Montréal: logement et élitisation LES DANGERS DE LA CHAISE MUSICALE Louise Levrac, Suzanne LaFernèrdjnjjH 32_ Léa Cousineau D'ABORD CRITIQUE Hélène Sarrasin, Francine Pelle 34_.__ Elections municipales: Côte-Nord UNE VAGUE DE FOND?Monique Durand Journal intime et politique Le grand sommeil Sarah 42 Humour Festival Juste pour rire Celles qui font rire juste Danielle Dussault, France Boisvert Théâtre Go À la recherche de l'héroïne moderne Francine Pelletier 47 Cinéma Cinema libre québécois Diane Poitras 48 Louise Marleau Doute et séduction Claire Dé 49 Musique Coup de foudre Ma chère Marjo Hélène Pedneault 51 Arts «Corps et jouissances» Le sexe fait-il peur?Monique Durand 52 Flashes 54 Calendrier 62 \91 octobre 1986 LA VIE EN ROSE Le cinéma qui se fait, les films dont on parle, tous les mois dans Cinéma Canada Abonnements, 26 $(1 an, au Canada) C.P.398, Station Outremont, Montréal (Québec) H2V4N3(514) 272-5354 761430 editorial Avortement Une victoire juridique et politique amedi matin 13 septembre.Les 60 quinquagénaires réuni-e-s dans une résidence religieuse de Sillery ont la mine plutôt basse.Ce week-end de formation politique, organisé par la Coalition pour la vie - Québec, commence mal.Le ministre québécois de la Justice, M.Herbert Marx, a annoncé la veille qu'il mettait fin à la poursuite pour avortement illégal intentée contre le docteur Yvan Machabée par l'ex-boxeur «combattant pour la vie» Reggie Chartrand.Voilà qui porte un sale coup au bombardement d'automne prévu par Pro-Vie au Québec.Et dire que tout avait si bien commencé ! En juillet, presque un an après sa victoire au CLSC Sainte-Thérèse, Pro-Vie larguait sa première bombe en région.Le 25 juillet, le CLSC Saguenay-Nord, à Chicoutimi, qui offre un service d'interruption de grossesse depuis quatre ans, apprenait qu'un de ses médecins, Jean-Denis Bérubé, serait poursuivi.La plaignante, Hélène Harvey, 32 ans, l'accusait, au nom de la Coalition pour la vie, d'avoir pratiqué des avortements illégaux de 1982 à 1986.Son avocat, Gratien Duchesne, affirmait alors que «le but de la manoeuvre est ultimement de faire cesser les pratiques d'avortement dans tous les CLSC du Québec.» La riposte, au Saguenay, ne devait pas tarder.Depuis mars déjà, une Coalition régionale pour l'avortement libre et gratuit s'organisait.«Nous ne voulons pas de confrontation directe, mais chaque fois que Pro-Vie manifeste, nous réagissons dès le lendemain», expliquait Mme Réjeanne Lapointe, du comité de coordination, à notre collaboratrice Nathalie Riel.Assemblée d'urgence, pétition à Marx, sensibilisation des élu-e-s et du public de la région.Tout pour assurer la survie des services.Mais Pro-Vie ne s'arrêtait pas là.À Aima, l'organisation tente d'empêcher juridiquement l'implantation d'un service d'avortement au CLSC Le Norois.Les conseils d'administration des deux CLSC de Chicoutimi et d'Alma s'engagent à mener la lutte pour conserver les services.La grande majorité des employé-e-s donnent aussi leur appui.La bataille est à suivre.Pendant ce temps, à Montréal, le docteur Yvan Machabée répondait lui aussi, le 28 août, à l'accusation d'avoir pratiqué un avortement illégal sur une femme mineure, en 1982, dans sa clinique privée.L'enjeu de ces deux procès était de taille : si les poursuites étaient maintenues, tous les services d'avortement médicaux effectués sans l'aval de comités d'avortement thérapeutique pouvaient à leur tour être poursui- vis et fermés du jour au lendemain.Car même si depuis 1976 les magistrats québécois se montrent tolérants à l'égard des services dispensés par les CLSC, les cliniques privées et les centres de santé pour femmes, le droit des femmes à l'avortement n'a jamais été reconnu au Canada.En tant que procureur général du Québec, M.Herbert Marx avait le pouvoir de ne pas donner suite à ces deux plaintes privées.Il avait déclaré en mai dernier que le gouvernement libéral actuel n'intenterait aucune poursuite judiciaire contre les cliniques privées d'avortement.Depuis quelques semaines, les avocats des deux médecins, la Fédération des CLSC du Québec, le Centre de santé des femmes de Montréal ainsi que plusieurs groupes de femmes le pressaient de respecter son engagement.C'est ce qu'il a fait dans le cas du docteur Machabée (l'autre plainte devrait probablement tomber sous peu).Affirmant «qu'il était dans l'intérêt de la justice d'ordonner l'arrêt des procédures», M.Marx rappela que toutes les poursuites semblables intentées depuis 1970 s'étaient terminées par des verdicts d'acquittement, dont les trois successifs du docteur Morgentaler (1976).C'est donc par un argument proprement juridique que le ministre Marx justifia sa décision : il est impossible d'obtenir un verdict de culpabilité lorsqu'un médecin qualifié fait face à une telle accusation.Et, se ralliant à la position émise en 1976 par son prédécesseur péquiste Marc-André Bédard, le plus «progressiste» des ministres libéraux réitéra que «la seule solution possible à cette situation contradictoire paraît être une modification au Code criminel».Autrement dit, la loi fédérale sur l'avortement, telle quelle, est inapplicable et doit être changée - abolie, disent les groupes féministes.C'est la Cour suprême du Canada qui aura le dernier mot : elle statuera d'ici deux ans ( !) sur la constitutionnalité de la loi, à la suite d'un procès intenté en Ontario contre le docteur Morgentaler.Comment, d'ici là, réagira Pro-Vie ?Ses avocats prétendent que la voie juridique n'est pas bloquée, que les arguments de Marx sont discutables, que les poursuites au civil, comme à Aima, peuvent donner de bons résultats.On continuera d'infiltrer les conseils d'administration d'hôpitaux et de CLSC.Objectif, toujours : la fermeture des cliniques privées et des services dans les CLSC.Reggie Chartrand, lui, entend se battre jusqu'à la mort pour «empêcher l'extinction du peuple québécois».Mais on orientera aussi les stratégies vers la voie politique.On réunira un million de signatures de «petits Québécois» clamant au ministre Marx qu'ils désapprouvent l'avortement (on en aurait déjà 200 000).Car c'est la jeunesse qu'on vise : on diffusera dans les écoles, auprès des comités de parents, par la télévision communautaire le film Le Cri muet.pour sensibiliser au «génocide» qu'est l'avortement.N'empêche que la décision, d'une rapidité inattendue, du ministre Marx est un coup dur pour Pro-Vie.Et même l'Assemblée des évêques du Québec, contrairement à ce que l'on pouvait prévoir, s'est contentée cette fois d'une réaction.de Jésuites à l'annonce de Marx : contre l'avortement, bien sûr, mais pour la miséricorde.Est-ce un signe des temps ?Bizarre, l'évolution des choses, quand même.Il y a dix ans, le ministre libéral Jérôme Choquette pourchassait de cour en cour le docteur Morgentaler, et les Québécoises allaient se faire avorter à New York pour quelques centaines de dollars.Aujourd'hui, ce sont les Américaines qui dépensent jusqu'à 400$ pour venir à Montréal se faire poser des stérilets , et c'est le ministre d'un gouvernement libéral soi-disant conservateur qui concède enfin aux femmes québécoises une victoire politique incontestable.Car l'arrêt des poursuites, c'est ça.Encore plus qu'une victoire juridique, c'est la marque de la progression d'un mouvement des femmes agissant, efficace et en accord avec la société qui l'entoure : la majorité des Québécois-es et des Canadien-ne-s, on le sait depuis longtemps, approuvent la libéralisation de l'avortement.C'est un signe des temps.Évidemment, il ne faudrait pas oublier qu'au même moment d'autres politiques de ce gouvernement sont, envers les femmes, franchement décevantes : par exemple, la tournée de Mme Monique Gagnon-Trem-blay, et son optique de rentabilisation des groupes de femmes, ne soulèvent que des critiques.Il ne faudrait pas oublier non plus qu'il n'y a rien d'irrévocable et que, tant que les articles 251 et 252 du Code criminel canadien ne seront pas carrément abolis, nous ne serons pas vraiment tranquilles.La savoureuse victoire d'aujourd'hui ne doit pas nous donner trop d'illusions.Les temps et les mentalités changent, la politique, non.Louise Bessette, Françoise Guénette 1/ Poursuivis depuis quelques années pour des stérilets jugés «dangereux», comme le Dalcon Shields, les fabricants américains de stérilets ont diminué leur production : le stérilet est devenu un objet rare.octobre 1986 5 la vie en rose Courrier |n vrai dessert d'été Ce sont les textes de fiction qui m'ont fait acheter LVR pour la première fois, en juillet, particulièrement le nom de Jovette Marchessault, auteure de qualité et femme sympathique.J'y ai lu les actualités féministes; c'est intelligent, informé, ça vaut cher.La lettre de Mariette, femme fière, m'a vivement intéressé: elle a le ton et l'intelligence qui me plaisent chez des gens blessés.(.) L'entrevue avec Von Trotta m'a fait connaître une cinéaste et donné le goût d'aller voir Rosa Luxemburg.Et pour dessert, les fictions.Votre revue me plaît beaucoup.Je m'abonne.Guy Grenon Montréal Le numéro d'été était exquis! Les fictions, toutes palpitantes, en particulier celles de Jovette Marchessault et de Diane-Monique Daviau.La chronique délinquante «Real woman, real muffin» m'a tant fait rire que j'ai décidé de la faire laminer pour la mettre dans mon atelier.(.) J'aimerais correspondre avec des femmes de différentes nations.Où puis-je me procurer des noms et des adresses?Marie-Claude Dionne-Leduc Saint-Jérôme NDLR:À qui veut correspondre avec Marie-Claude Dionne-Leduc, écrire à LVR.Fàlefus global Dans l'édition de septembre, vous avez une publicité (p.20) du livre L'Acceptation globale, alors qu'il est fortement critiqué plus loin (pp.53-54).Si on y dénigre tant les femmes, s'abstenir d'une telle publicité serait préférable, bien que je comprenne que vous ayez besoin d'argent.Soyez plus exigeantes à l'égard des publicités de livres, films ou pièces de théâtre susceptibles de nous faire du tort.Denise Larivée Lac-des-Îles H|a» magazine.Le numéro de septembre est fort intéressant et il (ou elle?) m'a fait grand plaisir de lire le dossier «Parlez-vous française?», avec l'accent de La Vie en rose.Sylvie Laplante Montréal J'ai acheté La Vie en rose en septembre.J'ai été épatée par la tenue et la teneur du magazine.Je m'abonne.«Elle» constitue une mine d'informations à jour et pertinentes.Toutes les femmes devraient y avoir accès.Un petit commentaire: je n'aime pas le féminin en «eure».Je préfère dire que je suis une rédacteur-réviseur.et une écrivain en herbe, plutôt qu'une écrivaine.Question d'euphonie! Christine Viens fjtt la santé financière de LVR ?Comme c'est rafraîchissant de s'abreuver à votre source dans ce contexte d'information contrôlée et contrôlante.Notre santé morale et intellectuelle bénéficie de l'amélioration de votre santé financière.Voici un abonnement de soutien.Il n'y a jamais trop de place accordée à l'information intelligente, humaine et diversifiée.Le comité de coordination et les employé-e-s de la garderie «La Sourithèque» Montréal Par solidarité, notre syndicat vous envoie ce don.Notre comité de la condition des femmes est à l'origine de ce geste.Suzanne Germain Comité de la condition des femmes Syndicat des professionnelles et des professionnels des Commissions scolaires de l'Ouest de Montréal Un don modeste, mais qui se veut un soutien.Ici, à la station CKIA-FM, La Vie en rose est une source d'information dont nous nous servons régulièrement.D'ailleurs, nous tenons notre auditoire au courant de votre situation à travers nos émissions d'information.Alain Drolet Radio Basse-Ville Québec Est-il trop tard pour contribuer à votre opération-survie?Si oui, une campagne de levée de fonds permanente doit exister à LVR.J'aime votre franchise, votre courage dans vos prises de position et surtout votre honnêteté.J'aime un peu moins vos indécisions après coup, vos longues palabres-excuses lorsque vous avez tapé dans le mille en secouant les féministes «pures» et.moins pures (dossiers Marois, porno, spécial hommes, histoires erotiques).Ces contradictions sont saines.Louise Dandurand Saint-Lambert Memonce NDLR : Lynn Lapostolle, dans une lettre datée du 26 août 1986, nous somme de retirer son nom de l'article «Pas ridicules, ces précieuses» (LVR, septembre 86, p.33).«Sans me demander mon avis ni me prévenir, écrit-elle, vous avez refait le texte que je vous ai soumis en avril dernier d'une façon qui ne me convient absolument pas, mais que de plus je n'endosse pas.» Ce texte a fait l'objet d'une réécriture légère, comme dans 85 % des cas à LVR.Et c'est à la suite d'un malentendu - la rédaction croyant avoir reçu carte blanche de l'auteure - que madame Lapostolle n'a pas pu réagir avant la publication de la nouvelle version.La version intégrale de son texte, ainsi que sa lettre, sont disponibles à LVR.CONSEIL D'ADMINISTRATION: Camille Bachand, Françoise Guénette, Andrée Lafortune, Lise Moisan, Greta Nemiroff, Francine Pelletier • DIRECTION GÉNÉRALE: Lise Moisan • RÉDACTION: Louise Bessette, Françoise Guénette, Francine Pelletier • COMITÉ DE RÉDACTION: Anne-Marie Alonzo, Lynda Baril, Carole Beaulieu, Martine D'Amours, Gloria Escomel, Yolande Fontaine, Hélène Lévesque, Line McMurray, Hélène Pedneault, Diane Poitras, Hélène SarTasin, Marie-Claude Trépanier • ADMINISTRATION: Johanne Isabelle • SECRÉTARIAT: Johanne Lessard • DIRECTION ARTISTIQUE : Diane Blain • COLLABORATION: Anne-Marie Alonzo, Carole Beaulieu, France Boisvert, Andrée Côté, Martine D'Amours, Claire Dé, Marie-Claire Dumas, Monique Durand, Danielle Dussault, Gloria Escomel, Danielle Fiset, Suzanne LaFerrière, Louise Levac, Hélène Lévesque, Line McMurray, Laurence Orillard, Hélène Pedneault, Danielle Phaneuf, Diane Poitras, Nathalie Riel, Hélène Sarrasin • ILLUSTRATION: Bruneau, Suzanne Côté, Diane O'Bomsawin • PHOTOGRAPHIE: Marik Boudreau, Ginette Clément, Suzanne Girard, Suzanne LaFerrière, Suzanne Langevin, Louise Lemieux, Yves Tremblay • MAQUETTE: Diane Blain, Diane Goulet • CORRECTION: Dominique Pasquin • COMPOSITION: Concept Médiatexte inc.• PELLICULAGE: Graphiques H.I.ltée • IMPRESSION: Imprimerie Canadienne Gazette • DISTRIBUTION: Les Messageries de presse Benjamin ltée: 645-8754 • PUBLICITÉ: Claude Krynski: 843-7226 • ABONNEMENTS : 1 an, 10 numéros: 19 $; 2 ans, 20 numéros: 33 $; 3 ans, 30 numéros: 45 $.Tarif international par voie de surface.30 $, par avion: 44 $.Hélène Blondeau, Anne-Marie Cormier, Marie-France Poirier: 843-8366 • LA VIE EN ROSE est subventionnée par le Conseil des arts du Canada, par le ministère des Affaires culturelles du Québec, et par le Secrétariat d'État, Programme de la femme • LA VIE EN ROSE est publiée par les Productions des années 80, corporation sans but lucratif.On peut nous joindre de 9 h 30 à 17 h, au 3963, rue Saint-Denis, Montréal H2W 2M4, ou en téléphonant: (514) 843-8366 ou 843-7226.Copyright 1986 - LA VIE EN ROSE.Tous droits de reproduction et d'adaptation réservés.Dépôt légal: Bibliothèques nationales du Québec et du Canada ISSN-0228-5479.Indexée dans Radar et membre de l'Association des périodiques culturels québécois.Courrier de 2' classe: 5188.Commission paritaire 4 067 CDN.LA VIE EN ROSE 6 octobre 1986 Pi-US em AVEC DES TTXTESdE^^^^^^^^™^' - Action TravaW des femmes, Le Centre de santé des femmes de Montréal, Hélène Paré, Les Folles alliées, Le Regroupement Provincial des maisons d'hébergement et de transition pour les femmes victimes de violence, Action féministe, le «Y» des femmes DES ILLUSTRATIONS DE: - Suzanne Girard, Mar\e-b\é\ène Robert, Andrée Brochu, Marik Boudreau, Denyse Coutu, Suzanne Poirier, Hélène Bernler, \oan Tremblay, M\cbe\ Lemay Prix en librairie: 9,95 $ diffusion dimedia DES VICTOIRES POUR NOTRE MORAL.CHAMBRES LOUISE DUPRÉ «.je dirai entre nous il n'y aura jamais que nous, mortels, mais vivant, vivante malgré tous les doutes et l'amour dans l'amour.Le soir s'y profilera, recouvrira la chambre et les draps.Nous seuls saurons être là.» chambres, c'est une atmosphère, un climat, une intimité où les corps et les mots se lient, où la mémoire se tourne à la fois vers le passé et l'avenir.Un texte où le calme laisse transparaître le sentiment d'urgence face à la vie et à la mort.96 pages.Prix en librairie: 9,95 $ les éditions du remue-ménage < o lu O z g LO Pacifisme Commentaire De la charité à la solidarité C'est en octobre qu'ont lieu depuis quelques années, en Europe et en Amérique, les manifestations pacifistes les plus spectaculaires.Qu'en sera-t-il cette fois, alors que les Pershing sont déployés partout sur le sol européen et que Reagan refuse toujours de renoncer à sa «guerre des étoiles» ?Où en est rendu le pacifisme international, ce mouvement hétérogène?De passage à Montréal en avril dernier - elle y revient d'ailleurs ce mois-ci1 - la sociologue Zsuzsa Hegedus en livrait une interprétation intéressante, résumée ici par Hélène Sarrasin.Une société sans conflits, c'est le totalitarisme et la mort.Je sais ce dont je parle.Je viens d'un pays où les prisons se remplissent de gens qui n'ont pas les opinions qu'il faut.» Zsuzsa Hegedus est hongroise.Née dans une grande famille de lâ bourgeoisie juive, elle a fréquenté les plus grandes écoles de son pays avant de passer à l'Ouest.Aujourd'hui chargée de recherche au CNRS à Paris, elle enseigne à l'Ecole des hautes études en sciences sociales où loge le Centre d'analyse et d'intervention sociologiques.Fondé par Alain Touraine, ce centre étudie ce qu'on appelle les mouvements sociaux.Madame Hegedus y a déjà mené une recherche sur le mouvement anti-nucléaire.Aujourd'hui, elle travaille sur le mouvement pacifiste.La dissidence plus que sa culture de femme explique, selon elle, son intérêt pour le mouvement.La chercheure se dit touchée par la tolérance qu'elle y trouve.«Avez-vous déjà vu un mouvement qui réunit, côte à côte, féministes et catholiques, conservateurs et socialistes?» Elle se sent aussi concernée par la quête de la démocratie qui lui apparaît comme l'enjeu central de cette mobilisation.En effet, la lecture que Zsuzsa Hegedus fait du mouvement pour le désarmement et la paix remet en question cette désignation même.«Je ne pense pas que nous soyons devant un mouvement pour la paix, car aucun groupe ne réduit son action à un combat contre la guerre.Je vois plutôt un mouvement pour une nouvelle éthique de responsabilité civile et de solidarité.L'essentiel n'est pas le nucléaire, mais la prise en charge par les citoyens et les citoyennes des problèmes jusqu'alors réservés à l'Etat, soit les relations internationales.Il y a une prise en charge par la «partie civile» du problème de la sécurité, un refus que les questions relatives à la défense soient discutées en secret.Et là-dessus, on peut dire que le mouvement a fait des acquis.Les problèmes ne sont plus uniquement l'objet de discussion des stratèges.Des référendums sont tenus un peu partout sur ces questions.Vous me direz que cela n'a pas empêché l'installation des Pershing sur tout le territoire européen.Sans doute.Mais je crois qu'il serait plus juste de regarder le phénomèrfe dans une perspective plus globale et de voir ces gestes comme le début d'un processus d'apprentissage du débat démocratique.Par exemple, si les pacifistes espagnols ont perdu au référendum sur l'entrée de l'Espagne dans l'OTAN, Gonzales a néanmoins été obligé de modifier sa position sur les armes nucléaires.Il faut évaluer les résultats de ce débat sous forme d'influence à long terme plutôt que de victoire à court terme.«D'autre part, regardez les chansons pour venir en aide à l'Ethiopie, les images à la télévision.C'est un appel à la conscience et à la prise en charge.Ce n'est plus de la chanté mais de la solidarité qu'on veut construire.Les gens disent «C'est mon problème», et interviennent directement.Ils ne remettent plus seulement en cause les relations internationales, mais demandent un nouveau type de modèle basé sur l'interdépendance et la solidarité, et y participent, le créent.» Zsuzsa Hegedus est-elle trop optimiste quand elle voit se dessiner cette nouvelle éthique de responsabilité civile?«On n'a peut-être pas le choix d'être optimiste, se plaît-elle à dire.À travers cette éthique de responsabilité civile s'opère la mise en relation de trois problèmes et de trois mondes, de la course aux armements, de la famine et de l'absence de libertés, toutes saisies comme les conséquences du modèle militaire.D'autre part, la capacité d'inventer et d'imposer - dès maintenant - un modèle de sécurité, une démarche et des pratiques civiles, apparaît comme un impératif C'est le seul moyen de parvenir à la maîtrise collective du présent et d'assumer la responsabilité pour la gestion de l'avenir, pour l'ouverture de l'espace des choix dans les trois mondes.Mais si l'enjeu concerne tout autant - et surtout - les deux autres «mondes», la responsabilité en revient entièrement à notre monde et à tous ceux qui ont le privilège d'y vivre.Car c'est le premier de ces mondes qui détient la capacité et la force d'initiative dans le monde d'une part, et d'autre part, nous sommes les seul-e-s à détenir, tout un chacun, ce bien unique et absent partout ailleurs: les libertés indispensables pour agir.» Le défi est de taille.Hélène Sarrasin 1/ Elle sera l'une des invitées du 5e Colloque annuel international de l'Association d'économie politique du Québec.À l'UQAM, les 17 et 18 octobre, salle Marie Gérin-Lajoie.Pour plus d'information: Jean Pelletier: (514) 282-8377.LA VIE EN ROSE octobre 1986 SCOOP DE DERNIÈRE MINUTE dessins: Bruneau scénario : Orillard son or Centre de haute fidélité 7339, Saint-Zotique est Ville d Aniou Province de Québec Ht M 3A5 ^iCtronique HAUTE FIDÉLITÉ 9343, Laieunesse Montréal, Québec Canada.H2M 1S5 (514) 389-1377 "Là ou le dialogue remplace le traditionnel monologue du vendeur." DUAL- ELIPSON-GRADO- HARMAN/KARDON-JBL- KEF- NAKAMICHI-ORTOFON-REVOLVER-TEAC Chronique Délinquante Précieux Sang, 15 septembre 1986.À la fille qui ronne la revue (il y a tellement de noms de filles dans cette revue qu'on sait pas qui c'est qui ronne), Chère madame, Pendant que ma petite fille est allée à sa réunion contre les revues cochonnes, je vous écris en cachette.J'ai pris votre adresse dans son abonnement, qu'elle laisse traîner partout parce qu'elle pense que je la lis pas.Je fais voir de rien parce qu'elle serait déçue si elle apprenait que je pense souvent comme elle.Elle a l'air de tenir énormément au conflit des générations et au fossé qui vient avec.C'est de son âge.Moi ça fait longtemps que mes jambes sont plus assez bonnes pour descendre dans les fossés.En tout cas, j'ai décidé de vous écrire parce que je suis indignée.(C'est Roberte qui m'a montré ce beau mot, c'est la première fois que je me risque à le placer quelque part.Connaissez-vous ce mot-là aussi, jeunes comme vous êtes?En tout cas, ça veut dire que je suis en beau maudit.) J'ai écouté un programme de radio qui parlait de manipulation génitale.ou congénitale.?En tout cas, je sais pas si c'est le bon mot, mais je sais que c'est encore une affaire de sexe.Y paraît que c'est rendu qu'on peut faire des bébés dans des pots, qu'on peut faire naître deux jumeaux pareils à dix ans de distance, qu'on peut prendre le liquide de son mari et payer une femme qu'on connaît pas pour qu'elle essaye de faire un bébé avec sans faire l'acte, pis toutes sortes de cochonneries pareilles.(Moi je pense que mon défunt aurait jamais pu faire ça parce qu'il s'est plaint toute sa vie qu'il manquait de liquidités.J'en sais quelque chose.) Mais le pire de toute, c'est que le gars du programme a dit que les hommes allaient pouvoir avoir des bébés sans passer par la femme.Moi, mon cri du cœur c'est: NON! Ça doit être à Radio-Canada que j'ai entendu ça.Ça prend bien rien qu'eux-autres pour dire des affaires de fifis comme ça! Aye, des hommes avoir des bébés! J'ai bien agacé mes gendres avec leurs bedaines de bière.«Coudonc, es-tu enceinte?» Mais c'était une farce.Je les vois pas avec un octobre 1986 Y a-t-il manipulation dans la salle?OU: Non.pas de gosses dans les gosses ! par Hélène Pedneault bébé dans leur ventre, surtout pas ces deux-là.Imaginez qu'ils tomberaient sur le ventre quand ils sont paquetés.Pensez-vous qu'ils vont arrêter de boire pour ça?Voyons.Même les AA ont manqué leur coup avec ces deux snorauds-là.Ils ont la couenne dure.Pis à part de ça, il leur manque des parties.Où c'est que le bébé va grandir?Entre l'estomac pis les intestins?Pauvre enfant.Moi, être un fœtus dans ces conditions-là, je partirais une campagne pour l'avortement si ça se pouvait.Déjà qu'ils mettent les enfants dans le ventre des femmes pis qu'ils s'en occupent pas, imaginez s'il fallait qu'ils les portent eux-mêmes.Ça serait effrayant.Faudrait mettre Brigitte Bardot là-dedans, elle est bonne pour la protection de la jeunesse.En plus, ils sont tellement douillettes, les hommes, qu'il faudrait s'en occuper comme des bébés pendant neuf mois.On aurait plus le temps de rien faire.Non, non.Il faut pas que ça arrive.À part de ça, c'était à peu près tout ce qui nous restait de personnel à nous, la femme.Ils seraient assez prétentieux pour penser qu'ils pourraient être meilleurs que nous autres là-dedans aussi.Qu'est-ce qui va nous rester?Si les coqs Bendy se mettent à pondre, on n'a pas fini de les entendre crier pis de les voir se parader.Mais tu peux être sûre par exemple que les gynécologues vont se mettre à être meilleurs.Tu vas voir.Le gars du radio a dit que la meilleure place pour porter un bébé, pour un homme, c'est dans les testicules.J'ai failli faire une crise cardiaque.(J'ai le cœur faible depuis mon infarctus).Là, c'était trop: j'ai mis ma pilule en-dessous de ma langue pis j'ai fermé le radio.C'est là que j'ai décidé de vous écrire.Il faut pas laisser faire ça.Allez-vous partir une pétition?Je la signe tu suite.Allez-vous aller casser les pots de liquide d'homme qui sont congelés partout?J'y vas.Appelez-moi.J'ai une bonne canne solide.Moi, madame, j'ai 78 ans, j'en ai élevé onze à bout de bras sans manipulation ni rien, ça fait que je sais de quoi je parle.Pis je sais que mon mari aurait jamais pu faire ce que j'ai faite.Ça fait que je veux rien savoir de ces affaires-là, je veux même pas n'entendre parler! Et je signe la tête haute.Une mémée choquée noire \* LA VIE EN ROSE Actualité féministe lesbienne ¦ Octobre est le mois de la visibilité lesbienne1.De la quoi?Même dans un Québec au fond «libéral», les films et journaux porno demeurent la première source d'« information» sur le lesbianisme.Et même dans le mouvement des femmes, l'existence lesbienne et son pendant, l'hétérosexualité «obligatoire», n'ont pas été discutés à fond.En juin 1982, dans l'éditorial «Aimons-nous les hommes?», La Vie en rose affirmait une position pro-lesbienne, associant le lesbianisme aux autres rébellions des femmes devant l'exploitation et la contrainte.Cet appui politique, manifesté de différentes façons depuis quatre ans, est partagé plus «visiblement» ce mois-ci par l'ensemble des périodiques féministes canadiens, à la suite d'une proposition du colloque national de mai dernier .Pour La Vie en rose, c'est l'occasion de publier la réflexion d'une collaboratrice sur une question plus urgente que jamais: les lesbiennes doivent-elles - et peuvent-elles - se rendre visibles?Diana me dit que si le propos c'est la visibilité, il faut être visible, simplement.Quand personne n'en parle, personne n'en parle et ça ne se discute pas et ça ne se montre pas et on ne s'en vante pas.Et quand on n'en parle pas, on ne parle pas et on ne dit rien, on ne nomme pas, on n'évoque pas, on ne partage pas, on n'en dit pas un mot.Alors ilvaut mieux être visible que dire qu'il faut être visible.Tout comme il vaut mieux être libre que dire qu'on veut être libre, parce que quand on l'est, on l'est.On dit souvent autour de moi que la mémoire est une faculté qui oublie.Lorsque j'avais treize ans.Qui ne dit mot consent?Lorsqu'on a peur du mépris, et des autres choses dont on a peur lorsqu'on a peur que ces choses nous arrivent, parce qu'elles arrivent, nous le savons, à celles à qui elles arrivent, on a peur qu'elles nous arrivent aussi.la mère de ma meilleure amie.Et on pense parfois se protéger de ces choses en ne disant pas d'autres choses, on pense que si on se tient tranquille et pas dérangeantes, on ne va déranger personne et ces choses ne nous arriveront pas.m'a dit de ne pas porter une seule boucle d'oreille.Nombreuses sont les madames qui pensent ça aussi, certaines sont même des real madames, et pourtant on sait ce que les maris, les pères, les fils ou les frères leur font malgré tout.Elles ont beau jouer le jeu et respecter les règles les plus stupides, ils LA VIE EN ROSE 12 octobre 1986 leur font ces choses: ce ne sont pas les mêmes choses qu'à nous, mais ce ne sont pas de bonnes choses non plus.«le monde l'a penser que t'es une lesbienne.» Les femmes ont gagné une victoire symbolique, celle de faire maintenant parler de ces choses qu'ils font, dans les journaux, les universités et à l'Assemblée nationale - et même si parfois ils en rient encore en Chambre, ils ont accepté de dire que c'est grave.Mais ces choses continuent.Certaines disent même qu'il y a plus de ces choses-là depuis quelques années.Par la suite j'ai arboré avec audace.Et nous avons gagné la tolérance officielle pour ces choses qui sont les nôtres.Bien sûr ils ne veulent pas qu'on les étale partout, nos choses.Ils nous demandent d'être raisonnables: ils veulent dire d'accepter de se taire, d'avoir un peu honte.Doit-on les choquer?Doit-on raviver les braises de l'intransigeance?Ou au contraire doit-on les remercier du petit peu que l'on a?«C'est tellement mieux ici qu'ailleurs.» Et si on parvenait à se replier dans un carré si petit qu'on ne nous verrait même plus - on a l'habitude, nos bars sont si petits -, peut-être nous laisseraient-ils en paix?et espoir mon petit bijou solitaire.Mais on prend de l'espace, on occupe le terrain, on se couvre de signes, on se tient par la main, on s'embrasse dans la rue, on est un peu partout, on se reconnaît l'une à l'autre, on se voit l'une à l'autre, on est visible l'une à l'autre, on reconnaît les signes des autres, on se connaît un petit peu parce qu'on se reconnaît, et les autres, ils et elles, ne nous voient pas.«Dire qu'on est lesbienne c'est à coup sûr être mal comprise.» Mes attentes furent vaines.Mon amante m'appelle «mon amoure» chez Latina et je n'ai pas souvent le courage de lui en faire le reproche.Sauf lorsque ça va mal et que j'ai trop peur.J'embrasse mon amante au coin de l'avenue du P.et je sais que les autres n'ont pas la moindre idée de ce que je ressens et je le sais et je fais parfois des efforts pour que leur sens ne vienne pas donner le sens à mon expérience et que je sois alors sens dessus dessous.Reuter - Montréal, Canada (connu sous le nom de Québec avant le mois de mai 1980).Depuis quelques années, le Plateau Mont-Royal est devenu le quartier élu de deux ou trois centaines de lesbiennes.Ce serait l'équivalent féminin du «Village gai» du Centre-Sud de Montréal.On y voit assez souvent des femmes marcher main dans la main, ou s'embrasser à pleine bouche sous un arrêt d'autobus, ou encore à l'entrée du parc Lafontaine.C'est un quartier où il est plus facile qu'ailleurs d'être ouvertement lesbienne.C'est en quelque sorte un espace urbain qui a été apprivoisé et rééduqué.Mais c'est aussi dans ce quartier qu'on a vu apparaître l'année dernière des graffitis fascistes.Les murs sont encore marqués de slogans anti-femmes et anti-gais.Certaines observatrices croient détecter un lien entre les deux phénomènes.D'autres se disent que c'est juste un fou qui a reçu une bonbonne de peinture en cadeau de Noël l'an dernier.Allez donc savoir.Au sujet de la visibilité lesbienne, je voulais dire qu'il y a un bar, non, deux bars collés l'un à l'autre sur la rue Saint-Denis, tout juste au sud du cinéma porno près du Carré Saint-Louis.Que sur la rue Rachel, il y a L'Anecdote où l'on peut payer un prix assez élevé pour du fast-food mais où on a le plaisir d'être là où il y a beaucoup de lesbiennes et de gais.et mes désirs eurent le temps d'oublier leur nom.On s'est beaucoup chicané entre nous: on est-tu des femmes ou des lesbiennes, les deux en même temps, ou lesbiennes avant d'être femmes ou femmes avant d'être lesbiennes?Et même si parfois cela m'a fait rire, je sais que c'est sérieux et qu'on essaie de repenser le monde et que c'est difficile, repenser le monde, quand on n'a pas de matière sur laquelle expérimenter sauf notre propre corps.Nos espaces de liberté sont dans nos lits, dans nos réunions, à la campagne et dans nos têtes.Notre terrain de jeux n'est pas très social mais on le protège comme un château fort parce que ce sont nos lieux et qu'il s'y passe beaucoup de choses, des choses dont on ne veut pas parler parce qu'ils feraient des choses à nos choses.Nos choses à nous déconstruisent leurs choses, elles les évacuent, elles les éclipsent, nous oublions leurs images et leurs paroles pour découvrir des sens nouveaux, des images libérées et enivrantes.Lorsqu'on entend: «C'est plein de lesbiennes dans les groupes féministes».Lorsqu'on entend: «Ben non, voyons, c'est pas vrai», ou: «On n'a rien contre les hommes», ou: «C'est-tu effrayant de nous accuser de ça».On ne comprend pas vite le sens de ces mots parce qu'on ne désire pas entendre ces mots et qui ne veut pas ne peut pas, mais à un moment donné on finit toujours par comprendre qu'on ne pourra pas être entendue dans cette chanson-là et on sent tout à coup qu'on n'a pas de place.Lorsque j'avais treize ans, la mère de ma meilleure amie m'a dit de ne plus porter une seule boucle d'oreille: «Le monde va penser que t'es une lesbienne.» Par la suite, j'ai arboré avec audace et espoir mon petit bijou solitaire.Mes attentes furent vaines.J'avais dix-neuf ans lorsque pour la première fois j'ai rencontré une femme qui m'a dit: «Je suis lesbienne.» J'avais eu le temps d'oublier que je l'étais moi-même.Elle eut à peine le temps de terminer sa phrase que je lui ai demandé si elle connaissait un endroit où on pouvait rencontrer d'autres lesbiennes.Je ne suis jamais retournée en arrière.Contrairement à d'autres minorités, je ne suis pas visible à première vue, sauf aux yeux des autres lesbiennes.J'ai donc à choisir quand et à qui et dans quels termes je le serais.Dire «Je suis lesbienne» peut avoir plusieurs sens, et c'est certain qu'il s'agit toujours plus que de l'expression d'une simple «préférence».Aujourd'hui, c'est à la fois plus facile et plus difficile de le dire.Nous avons gagné un espace social mais le virage à droite a aussi gagné du terrain.Et entre ces deux pôles, il y a la vie quotidien- Andrée Côté 1/ Voir le communiqué sur la Journée d'interaction lesbienne, p 21 2/ Voir le dossier «Presse féministe» de LVR de mai 1986.octobre 1986 13 LA VIE EN ROSE Actualité Féministe Une prostituée vaut-elle une statistique?Trois prostituées ont été assassinées à Montréal cet été.Peut-être quatre.Le directeur de l'escouade de la moralité de la Communauté urbaine de Montréal (CUM), M.André Schmidt, ne sait plus trop.Il faudrait voir, dit-il, «avec les homicides».Chose certaine pour lui, l'entrée en vigueur de la nouvelle loi sur la prostitution (C-49) «n'a pas augmenté la violence» dont sont victimes les prostituées qui arpentent les trottoirs de la métropole.L'an dernier aussi, rappelle-t-il, trois d'entre elles étaient trouvées mortes.Impossible de savoir combien d'autres ont été battues, agressées ou violées.La police de la CUM ne tient pas ce genre de statistiques.«Les filles se tabassent entre elles pour quelques pieds de trottoir», affirme M.Schmidt.Les clients tabassent les filles et les filles poignardent les clients.Bref, «it's business as usual» au coin de Sainte-Catherine et de Saint-Laurent.Mais pour un nombre croissant de femmes, la violence que subissent les prosti- LA VIE EN ROSE tuées n'est plus «business as usual».D'un bout à l'autre du pays, prostituées ou non, elles ont entrepris de s'organiser pour venir en aide à celles qui, de Vancouver à Halifax, pratiquent «le plus vieux métier du monde».«Les femmes dont nous parlons n'ont pas de manteaux de fourrure.Ce ne sont pas les prostituées de luxe qu'on voit au cinéma», précise Connie, une militante de la section manitobaine de l'ASP, l'Alliance pour la sécurité des prostituées, un réseau de groupes créé en 1982 à Vancouver.Les femmes qui font la rue, soutient Connie, «le font pour des raisons économiques et n'arrivent souvent pas à joindre les deux bouts».Ce sont des adolescentes qui n'ont pas droit au bien-être social ou des femmes qui complètent ainsi leur salaire minimum ou leur BS.Violence La nouvelle loi, soutient l'ASP, a rendu leur travail encore plus difficile.«Pour leur 14 Les lendemains du C-49 Destinée à réduire la prostitution dite «de rue», la loi C-49 amende le Code criminel de façon à permettre l'arrestation et la condamnation à des amendes de 500 à 2 000 $ quiconque, dans un endroit public, arrête ou tente d'arrêter une personne dans le but de se livrer à la prostitution ou de retenir les services d'une personne qui se livre à la prostitution.Autrement dit, elle vise autant les clients que les prostitué-e-s.Depuis 1978, à la suite d'un jugement de la Cour suprême, les policiers devaient prouver que la sollicitation s'était faite pressante pour obtenir une condamnation.Ce n'est plus nécessaire.Plusieurs groupes de femmes ont dénoncé la loi C-49: en voulant éliminer la prostitution «visible», cet amendement au Code force les femmes à une plus grande clandestinité et à une violence croissante.Huit mois après l'entrée en vigueur de la loi, le nombre des prostituées travaillant sur la rue à Montréal a diminué de moitié, selon l'escouade de la moralité de la police de la Communauté urbaine.Où sont passées les autres?Difficile à dire Elles ont quitté le métier ou se sont recyclées, suppose le lieutenant Schmidt.Selon l'ASP, elles ont simplement été acculées à la clandestinité.Ni la police, ni l'ASP, ne peuvent estimer leur nombre.Elles sont 600, 700, peut-être 2 000, selon le sergent Legros, de l'escouade de la moralité.Chose certaine, soutient-il, la nouvelle loi a rendu la prostitution moins visible.Entre juillet 1985 et juillet 1986, les plaintes ont diminué de moitié.Fin mai 1986, la police de la Communauté urbaine de Montréal avait arrêté 652 personnes, 80 % de femmes, 20 % d'hommes.Outre PIMP (Projet d'intervention auprès des jeunes mineur-e-s prostitué-e-s), un autre groupe montréalais, Secours aux jeunes prostitué-e-s, travaille depuis trois mois à un projet de foyer de groupe.Selon l'ASP et ces deux groupes, les conditions économiques (chômage, insuffisance de l'aide sociale, etc.) qui ont poussé ces jeunes hommes et femmes à se prostituer demeurent toujours aussi cruciales.La loi C^9 n'y aura rien changé.ASP-Montréal: C.P.2, Succursale Place du Parc, Montréal H2W 2M9.POWER: P.B.83, Station L, Winnipeg R3L 0Z4.C.B.octobre 1986 maigre 50 $ par soir, elles s'exposent à des amendes de 500 $ ou 2 000 $ et à des clients de plus en plus violents», dénonce Connie, récemment de passage à Montréal avec deux autres membres du groupe ma-nitobain, qui porte maintenant le nom de POWER, Prostitutes and Other Women for Equal Rights.C'est pour contrer cette violence que l'ASP a créé les désormais célèbres bad tnck sheets, véritables listes de mauvais clients, distribuées aux travailleuses de la rue.À Vancouver, comme maintenant à Montréal, Calgary, Toronto et Edmonton, des sympathisantes de l'Alliance recueillent auprès des prostituées la description des clients qui les ont volées, agressées ou violentées.Ces descriptions, de plus en plus fidèles, sont compilées et distribuées aux femmes, qui peuvent ainsi, explique l'ASP, «demeurer plus vigilantes».Mais selon l'ASP, ces listes ne sont qu'un des moyens par lesquels les femmes peuvent s'informer des hommes «qui nous assassinent, nous volent, nous violent, nous agressent».Fondée en 1982 à Vancouver, l'ASP a pour but de parvenir à une société où personne ne soit contraint à la prostitution, indique un manifeste publié par le groupe de Calgary et disponible en français auprès d'ASP-Montréal.En attendant, les sympathisantes de l'Alliance veulent rendre les rues plus sécuritaires pour toutes les femmes, en commençant par les prostituées.Outre les bad trick sheets, chaque groupe de l'Alliance a développé ses propres méthodes d'intervention.À Winnipeg, l'ASP a récemment ouvert un drop-tn center en plein cœur du red light local, un quartier d'entrepôts où les travailleuses n'avaient lusque-là même pas accès à un téléphone public.Inauguré en juillet dernier, le centre est ouvert du lundi au jeudi de 18 h à 23 h.Ce serait inutile le samedi et le dimanche soir, parce que les femmes «travaillent pour vrai», explique Connie, c'est-à-dire ont beaucoup de clients et peu de moments de flottement.Les femmes trouvent au centre des provisions de condoms, une oreille attentive, du soutien technique, des renseignements médicaux et juridiques.Car «elles ne connaissent pas leurs droits», s'inquiète Gerry, une autre membre de POWER.Le loyer du drop-in de POWER est payé par un groupe religieux.La survie du centre est assurée jusqu'en octobre par un programme de création d'emplois.Si elles avaient des sous, Gerry, Connie et les autres voudraient offrir un programme d'alphabétisation inspiré de Beat the Street, un programme torontois qui a transformé en livres de classe aussi bien le métro que les menus de restaurants et les graffitis.«Il nous faudrait aussi une maison sécuritaire (safehouse), ajoute Gerry, et des programmes pour les jeunes prostituées.» Malheureusement, les sous sont rares.Depuis un an, tout le travail de rue a été fait de façon bénévole par des ex-prostituées ou des femmes sensibilisées à la question.Montréal Sur la question de la prostitution, le mouvement des femmes part de loin, a peu travaillé et réfléchi, constatent les femmes de l'ASP.Préjugés, silence, confusion, hésitations.«Chipotage, condescendance, pruderie», lance Connie, en tentant de décrire la réaction des groupes de femmes.Cette «confusion» est en partie à l'origine de la création de la section montréalaise de l'ASP.Militante d'un groupe opposé à la pornographie, Lyne St-Cyr en avait marre de la condamnation implicite des prostituées qui se retrouvait dans le mouvement.«Le meurtre d'une prostituée et le débat entourant la nouvelle loi ont fait déborder le vase», dit-elle.En compagnie de quelques femmes, certaines ayant «grandi dans la rue», d'autres sensibilisées à la question, Lyne a formé, en juillet 1985, ASP-Montréal.Dernier né de l'Alliance, le groupe compte aujourd'hui sur un noyau de six femmes.De son petit local de la rue Saint-Laurent, emprunté quelques heures par semaine au groupe Auto-défense pour femmes et enfants, ASP-Montréal a encore fait bien peu de bruit.Ses sympathisantes ne cherchent d'ailleurs pas à attirer l'attention des médias, précise la jeune femme de 24 ans.Elles prévoient cet automne faire de l'éducation et de la sensibilisation en offrant aux groupes de femmes des ateliers de quelques heures portant sur la prostitution.Les femmes d'ASP-Montréal ont créé des liens avec des travailleuses de la rue.Elles gardent les enfants de certaines, accompagnent d'autres femmes à la cour, leur donnent un coup de main pour chercher un appartement.«Nous ne tenons pas pour acquis qu'elles veulent changer de métier», insiste Barbara.«Il y a tellement d'incompréhension de part et d'autre, raconte Connie.À Winnipeg, les prostituées croyaient que la manifestation Women Take Back the Night était dirigée contre elles, visait à les empêcher de travailler!» De passage à Montréal en août dernier, les femmes de POWER (le nouveau nom d'ASP-Winnipeg) n'ont pas été tendres non plus avec les médias.Ces derniers, disent-elles, ne cherchent que le juteux de la vie des ex-prostituées et ne s'intéressent que bien peu «aux vraies questions».C'est-à-dire l'argent, la pauvreté, la violence, le chômage, ou le fait que les prostituées sont de plus en plus jeunes.«Maintenant, elles sont vieilles à 25 ans!, raconte Connie.Ce qui marche, c'est le look pubère.» Côté juridique, l'automne s'annonce chaud sur le front de la prostitution.Un peu partout au pays, des avocats ont plaidé l'inconstitutionnalité pour défendre leurs clientes contre la loi C-49.À Montréal, Mc Katherine Lippell attend un jugement le 25 septembre.La question va inévitablement, dit-elle, se rendre jusqu'en Cour suprême et relancer le débat sur une nécessaire dé-criminalisation de la prostitution, tion.^ Carole Beaulieu ne greve.classic - Serez- vous toujours une cliente des librairies Classic ?La grève des employé-e-s des librairies Classic perdure depuis près de dix mois.Ces femmes - elles comptent pour les deux tiers du syndicat de 35 membres - bataillent pour sauvegarder leur emploi et leur syndicat: le premier 11978) et l'un des rares en Amérique du Nord dans le secteur de la librairie, un secteur où les conditions de travail sont i ou jours minimales et le personnel majoritairement féminin.Elles affrontent la filiale canadienne du géant britannique de la librairie, W.H.Smith.Avec l'accord d'Investissement Canada, W.H.Smith a acheté les librairies Classic l'automne dernier et contrôle désormais 40 % du marché québécois de la librairie.Le nouveau propriétaire menace de fermer les huit succursales québécoises syndiquées de la chaîne Classic si les travailleuses n'acceptent pas une réduction de salaire et la perte de tous les avantages sociaux pour les employé-e-s à temps partiel: clause d'ancienneté, congé-mat ernité, etc.Les négociations sont rompues.Quatre succursales sont déjà fermées.En attendant l'intervention d'un médiateur et de la ministre fédérale des Communications, le syndicat des employé-e-s de Classic Bookshops et la Confédération des syndicats nationaux invitent la population à boycotter les librairies W.H.Smith, Classic Bookshops et Célébrations.UN trompe-l'oeil?- Proclamée à la mi-août, la loi sur l'équité en matière d'emploi accorde désormais aux femmes et aux minorités un recours légal relativement au droit d'embauché et d'avancement au sein des entreprises régies par le Code fédéral du travail.Cette législation oblige les compagnies de 100 employé-e-s ou plus à rendre compte chaque année au gouvernement fédéral des efforts accomplis en égalité d'emploi, sous peine d'une amende pouvant atteindre 50 000 $.Les regroupements de femmes, de personnes handicapées, de minorités visibles et autochtones se sont opposés depuis le début à l'adoption de cette loi, affirmant qu'il ne s'agissait là que d'un trompe-l'oeil invitant les employeurs à un geste volontaire sans grande pénalité.Pauvres capitalistes - Le quart des entreprises américaines appartiennent à des femmes, mais les recettes de ces compagnies, surtout des propriétés individuelles, associations et petites entreprises, ne représentent que 10% des revenus de l'ensemble des entreprises.La moitié de ces 2 884 450 entreprises ont un chiffre d'affaires brut inférieur à 5 000 $, et un pourcentage infime (0,3 %) d'entre elles rapportaient au moins 1 million $ US.octobre 1986 15 LA VIE EN ROSE THÉÂTRE EXPÉRIMENTAL DES FEMMES, PROGRAMMATION 1986-1987 Du 11 septembre au 11 octobre « SI TOI AUSSI TU M'ABANDONNES.» mardi au dimanche à 20 h 30 de PAULINE HARVEY et LISE VAILLANCOURT avec Markita Boies.Lynne Archambault.Suzanne Lemoine, Chantal Lamarre.Maryse pigeon * Mise en scene Lise Vaillancourt assistée de Emanuelle Beaugrand-Champagne Decors et costumes Ginette Noiseux Éclairages Dominique Gagnon Direction musicale Diane Labrosse Production Theatre Experimental des Femmes Du 14 octobre au 25 octobre MÈRES ET FILLES, du mardi au vendredi à 20 h 30 le samedi à 20 h et 22 h Spectacle de chansons de Chantal Beaupré Textes de MICHEL TREMBLAY et CHANTAL BEAUPRÉ.Co-production Theatre Experimental des Femmes et Chantal Beaupré Du 29 octobre au 16 novembre «CA CRÈVE LES YEUX, CA CRÈVE LE COEUR » du mercredi au dimanche à 20 h 30.Du 20 novembre au 13 décembre « LA CONDITION DES SOIES » du mardi au samedi à 20 h 30 « DE DJUNA BARNES » Du 22 janvier au 22 février 1987 Du 3 au 29 mars 87 LOOKY LUNE Un regard interieur sur la pornographie Production Théâtre Parminou (Victoriavillei de ANNIE ZADEK (France) Metteur en scène Patrick Bonté (Belgique) avec Christiane Deschénes.Louise Laprade et Julien Poulin Scénographie Andrei Ivanéanu (Belgique) Musique Marco Giannetti Production du Theatre de la Poursuite (Sherbrooke) 3 courtes pieces de théâtre de DJUNA BARNES La Colombe et Aux Abysses Traduction Michèle Causse Trois fils de la terre.Traduction Louise Ladouceur Mise en scène Louise Laprade assitée de Lise Vaillancourt Scénographie Ginette Noiseux avec : Markita Boies, Johanne Fontaine Sylvie Legault.Claude Poissant.Jacques Allard et 4 comédiens a confirmer.Production Theatre Experimental des Femmes Un spectacle conçu, réalisé et interprète par CHATOUILLE en collaboration avec France Marien Production Chatouille RESERVATIONS: 2 7 1 - 5 3 8 1 5066 RUE CLARK, COIN LAURIER, MTL. Les couleurs du pouvoir n avenir à nos couleurs».C'était le thème choisi par l'Association féminine d'éducation et d'action sociale (AFEAS) pOUI célébrer, en août dernier, 20 ans d'existence et de travail.Un millier de déléguées de 600 cercles (réunissant 30 000 membres) ont confié un second mandat d'un an à leur présidente, Louise Coulombe-Joly.Cette «vieille» militante -elle est membre du comité exécutif provincial depuis sept ans - présidera un organisme dont les structures ont été assouplies et actualisées, et veillera à la concrétisation de la priorité d'action retenue par les déléguées: la formation des femmes et des filles.Les dossiers «reconnaissance des acquis» et «formation des filles» feront l'objet d'une attention particulière au cours des prochains mois.Afin de sensibiliser les jeunes filles à la nécessité de conquérir leur autonomie financière, on les rejoindra là où elles se trouvent, c'est-à-dire dans les écoles secondaires et les cégeps, par le biais d'activités et de conférences.En 20 ans, les Québécoises ont changé.Les structures internes de l'AFEAS ont été révisées pour répondre plus adéquatement aux réalités et aux aspirations des femmes de maintenant.Dépoussiérées, assouplies, les nouvelles structures permettent plus d'autonomie aux cercles membres.On a également prévu une nouvelle formule d'adhésion qui permettra aux femmes qui le désirent d'appuyer le mouvement et d'être informées de ses actions sans devoir être membres d'un cercle.Certaines que cette AFEAS «rajeunie» séduirait un nombre grandissant de Québécoises, les déléguées au congrès ont confié à la comédienne Louisette Dussault la présidence d'une campagne intensive de recrutement prévue pour le mois de septembre.Réforme des structures, dossier formation.Le programme était déjà chargé.L'AFEAS aurait pu s'en tenir là.Elle va plus loin.Le 31 octobre, elle lancera un Carrefour sur l'accès des femmes au pouvoir politique.On connaissait surtout cet organisme comme le champion, depuis 1975, de la cause des femmes collaboratrices et des femmes au foyer.Nouveau, ce thème du pouvoir?«En réalité, explique Michelle Ouellet, une organisatrice du Carrefour, nous avons commencé à aborder ce sujet vers 1978-79.L'AFEAS s'est surtout fait connaître par les deux grands dossiers que vous mentionnez, mais ils ne sont pas les Louise Coulombe-Joly seuls que nous ayons abordés au cours de ces 20 ans.Nous avons notamment formulé des revendications concernant le monde du travail.Chaque mois, ou chaque deux mois, nous avons un sujet à l'étude, sur lequel se penchent nos 600 groupes.Et à chacun de nos congrès principaux, nous choisissons un thème de recherche-action sur lequel nous travaillons ensuite durant cinq ans.Nos sujets d'étude mensuels sont parfois reliés à ce thème principal, mais pas toujours.Par exemple, nous étudions actuellement des dossiers sur la reconnaissance des acquis, sur la fiscalité, sur la formation des filles, etc.De plus, chaque année, nous avons une priorité d'action reliée à l'un de nos sujets quinquennaux ou men- retour aux aiguilles à tricoter?- Depuis deux ans, la Régie de l'assurance-maladie du Québec (RAMQ) a réduit la tarification de l'acte d'avortement de près de 50%.C'est le seul acte médical qui n'ait pas droit au tarif supplémentaire accordé pour la pratique privée, obligeant les cliniques à exiger des femmes des montants variant de 200$ à 800$.De telles politiques découragent la mise sur pied de nouveaux services d'avortement hors réseau et mettent en péril ceux qui existent déjà dans les centres de santé des femmes.Le Regroupement des centres de santé des femmes du Québec demande donc à la RAMQ d'établir une tarification adéquate afin de rendre l'avortement accessible à toutes, gratuitement et sur demande.Discrète, la ministre - Quant au plan d'action gouvernemental en matière de condition féminine (86-87) dévoilé en mai dernier par la ministre déléguée à la Condition féminine, Monique Gagnon-Tremblay, il ne scuffle mot de l'avortement, ni de la fiscalité, d'ailleurs.La ministre poursuit en octobre sa tournée des groupes de femmes au Québec.pour y parler rentabilité! Condamnées à ltixégaijte - Les femmes de l'île-du-Prince Edouard ont perdu, en juin, leur dernière chance d'avoir accès à l'avortement légal, à la suite de la dissolution du dernier comité d'avortement thérapeutique de leur province.Le Conseil consultatif canadien de la situation de la femme s'inquiète de cette tendance alarmante vers une plus grande restriction de l'avortement thérapeutique au Canada.Dès 1973, le CCCSF réclamait que l'avortement soit retiré du Code criminel canadien.En 1983, il recommandait la création d'un réseau de cliniques d'hygiène de la reproduction subventionnées et indépendantes pour assurer le plein accès à l'avortement dans toutes les régions du pays.Divorce : yes, séparation des biens: ouf! - Au Québec, en 1986, 50% des femmes sont toujours mariées en séparation de biens.L'entrée en vigueur cet été de la nouvelle loi sur le divorce ayant fait tripler le nombre d'actions en divorce, le groupe Projet-partage réclame du ministre québécois de la Justice le dépôt, dès l'automne, d'un projet de loi modifiant le Code civil.La réforme exigée prévoierait automatiquement, à la dissolution du mariage, le partage à parts égales des biens familiaux (résidences principale et secondaire, voiture, meubles, fonds de pension, etc.) entre les conjoint-e-s marié-e-s, peu importe le régime matrimonial.Cinquante-cinq groupes de femmes, dont la Fédération des femmes du Québec, l'Association des octobre 1986 17 LA VIE EN ROSE suels.Ainsi, nous travaillons cette année sur des modalités d'intégration des travailleuses au foyer au Régime de rentes du Québec.» Pourquoi ajouter ce Carrefour à une liste déjà imposante de sujets d'étude?«Paroe qu'il répond à une demande, dit Michelle Ouellet.Non seulement de nos membres, mais de beaucoup de femmes de plus en plus intéressées à accéder aux rôles de pouvoir.Il faut donc donner des outils à celles qui veulent se lancer en politique, à n'importe quel niveau: commissions scolaires, municipalités, gouvernements.» Le Carrefour, dit «d'exploration», s'articule en deux journées autour de conférences-échanges données par des femmes politiques, dont Pauline Marois et Claire Kirk-land-Casgrain (qui fait le discours d'ouverture), et de toute une série d'ateliers.Ces derniers traitent de questions touchant spécialement les femmes: étapes préparatoires à l'implication politique, impact sur la vie familiale, sociale et professionnelle; comment vivre le pouvoir; l'échec politique; la solitude des femmes au pouvoir.Ils abordent des questions très pratiques comme le militantisme en vue du pouvoir, le jeu des appuis dans les partis politiques, le financement, la spécificité féminine versus la ligne des partis, l'avenir des femmes en politique.Le Carrefour s'adresse surtout à des femmes intéressées à s'impliquer à divers Actualité Féministe niveaux de pouvoir.«Nous voulons, explique Mme Ouellet, répondre aussi bien aux problèmes concrets pouvant se présenter dans leur cheminement qu'aux aspects les plus idéologiques ou sensibles.» Tous ces ateliers comptent donc sur la présence de femmes qui font ou ont fait l'expérience du pouvoir: Monique Bégin, Suzanne Biais-Grenier, Francine Lalonde, Louise Harel, Lucie Pépin, Céline Hervieux-Payette, Solange Chaput-Rolland, Marcelle Trépanier.«Elles sont là pour faire part de leur expérience, pour répondre aux questions que les femmes peuvent se poser.» Deux outils complémentaires au Carrefour ont été préparés par l'AFEAS: une brochure, parue dès avril, Le Pouvoir politique: une réalité quotidienne, et en octobre, une trousse d'information sur le cheminement des femmes dans les partis politiques.Depuis 20 ans, l'AFEAS a travaillé à mieux informer les femmes de leurs droits et les a incitées à revendiquer une meilleure reconnaissance sociale et économique de leur travail.Aujourd'hui, elle les invite à investir les lieux de pouvoir.Afin que les décisions politiques qui les concernent ne soient plus prises sans elles.Gloria Escomel femmes collaboratrices, la Fédération des associations des familles monoparentales et le Centre des femmes appuient cette démarche.Pour informations: Miriam Grassbv, 1010, rue Sainte-Catherine Ouest, bureau 921, Montréal H3B 3R7.Tél.: (514)879-1100.AU PAYS DE G.GRÉGOIRE - Fort de ses trois victoires à la Régie des permis d'alcool du Québec, qui n'a pas autorisé la tenue de spectacles à caractère «erotique» aux bars de Saint-Flavien, de Sainte-Croix et de Val-Alain, le Comité des femmes de Lotbinière poursuit cet automne ses actions contre la pornographie.Un dossier, incluant un projet de j réglementation sur les spectacles et la marchandise à caractère «erotique», sera présenté à toutes les municipalités de la | région.Un comité d'action permanent sera créé et une campagne publique de sensibilisation aux aspects socio-culturels de la pornographie sera organisée.Près du quart des répondantes à une enquête sur la situation des femmes de Lotbinière admettaient avoir déjà subi des gestes de violence, surtout en milieu familial.Et certaines d'entre elles voyaient des liens tre la pornographie et la violence.enti DIAGNOSTIC DES PETITS LIVRES OUI EN DISENT LONG, ClOlOgu* pnllosopne7 en moi*.\ emporte Laurent Laplante.¦¦», agit en lournailste il veut savoir si les cntHres du tuicide sont fiables SI tu suicmé voulait se tuer SI pa-rachutlstes.plongeurs, alcooli-ques et fumeurs ctterenent un suicide en différé surtout, Laurent Lapiante demande qui j le droit de se mêler du suicide de i autre des questions, un grand respect de la vie.un respect plus vk encore des vivants INDUSTRIE.- une revolution biologique est en train de s'opérer a partir des laboratoires de médecine vétérinaire il v a un peu plus d'un an.on fabriquait en laboratoire seize jumeaux véritables a partir d'un embryon de vache noistein on vient û atteindre le chiffre de cent pour rimptl'application dé ces nouvelles techniques de reproduc tien, de l'animal a \ nomme pose de manière tragique le problem* de l'avenir de l'humanité tu^Qu ou peut-on aller sur la voie de l'eugénisme?Jacques Oufrtsne estime qu'il faut t imposer une limite LES ÉCOLES » ÉCHA»*06 ce»"»»' if, m»'°"i„0%«r«** le débat sur le libre échange bat son plein depuis maintenant plusieurs mois Hommes politiques et spécialistes, qu'ils ujlerrt partisans ou adversaires du Uore échange se renvoient la balle, le plus souvent au-dessus de nos têtes de quoi ragtt-ii au lutte?Quels sont les verttabies enjeux 7 ouei est rm-té ret des états-unis du Canada, et plus particulièrement du Québec?jean piouln tente de dégager les lignes de fond de ce débat il veut nous alter i comprendre et a cerner un problème qui, d'une façon ou d'une autre, risque de nous affecter nans notre quotidien pour ne pas dire tens notre tettln individuel et collectif, pour longtemps 126 paaes 126 P3«*es *^^^ri0 P*ae5 126 P»aeS INSTITUT QUÉBÉCOIS DE RECHERCHE SUR LA CULTURE 14.RUE HALDIMAND, QUÉBEC.C1R 4N4 » (418) 643-4695 LA VIE EN ROSE 18 octobre 1986 L'Autre Parole De l'oxygène pour les chrétiennes ars 1986.Les évêques québécois ont invité quelque 80 femmes à vivre une «expérience de partenariat».Rencontre historique, de l'avis de certaines (voir Hélène Pelletier-Baillargeon dans LVR de mai).D'autres «convives» font un bilan plus modéré: l'assemblée a évité les sujets délicats et pris des votes indicatifs sur les autres; au total, une bien mince concession de la part d'une Église qui s'appuie sur un bassin pratiquant et militant composé à 80 % de femmes! Le collectif auteur de cette analyse a dix ans, la langue longue et la patience courte.Les féministes chrétiennes membres de L'Autre Parole voient certes la nécessité de conscienùser le milieu clérical et se solidarisent avec les femmes qui, de l'intérieur, ont entrepris de le faire.Cependant, elles-mêmes ne se sentent guère douées pour ce genre d'ascèse.Leur apport à la cause des femmes dans l'Église est ailleurs, dans la désexisation de la tradition et dans la recherche d'autres options.Remontons à la naissance.Rimouski, août 1976.Des femmes se rendent compte qu'il ne suffit pas d'être spécialisée en théologie pour se tailler une place dans une institution qui, de toute façon, reflète une tradition patriarcale millénaire.Le vent de Vatican II avait semé l'espoir d'une Église plus communautaire, largement ouverte aux laïcs et aux laïques, celui du féminisme balayait tout sur son passage: la conjonction des deux allait favoriser l'émergence d'un collectif féministe financièrement et «pasioralement» indépendant de l'institution.Avec l'audace que procure l'autonomie, l'Autre Parole allait entreprendre son travail de décapage.Décapage de la «history» chrétienne et recherche d'une «herstory», d'une tradition de femmes savamment occultée.Mise à nu de la mécanique du pouvoir: la chasse-gardée ultime, c'est la gestion du sacré, que les filles du collectif revendiquent à titre de baptisées.Création de symboliques et de liturgies qui célèbrent le féminin, et expérimentation de rapports d'Église non hiérarchiques.Outre cette exploration d'une spiritualité «de femmes», liée au vécu et aux luttes de femmes, l'Autre Parole a fait entendre publiquement une voix discordante, notamment par une pétition d'appui à la pièce Les Fées ont soif, par une réponse, avec d'autres groupes de femmes, à la déclaration des évêques sur l'avortement, par des lettres de soutien à Teresa Kane, la religieuse américaine qui milite en faveur du sacerdoce des femmes.«Surtout, ne nous lâchez pas!» Lancé sur le ton de la boutade, l'appel de cette répondante à la condition féminine d'un diocèse n'en vaut pas moins son pesant de sérieux.Elles sont de plus en plus nombreuses, dans les diocèses et dans les communautés religieuses, à sentir «le besoin que les femmes comptent».A l'étroit dans une institution qui ne leur laisse guère les coudées franches, elles aiment bien parfois sauter le mur et prendre l'air.Recevoir du soutien et faire un peu de théofolie.Le minuscule collectif de l'Autre Parole, 40 femmes à peine, et son journal publié quatre fois par année (voir dossier presse féministe, LVR de mai 86) leur servent de réservoir d'oxygène, ^jf Martine D'Amours PARLONS MUSIQUE LA QUALITÉ D'UNE CHAINE STÉRÉO SE JUGE A L'INTENSITÉ DE L'ÉMOTION MUSICALE QU'EUE PROCURE.ENQUÊTE «SON HI-FI MAGAZINE», numéro 29 : «.le magasin est très accueillant, la salle d'écoute est confortable.Vendeurs très professionnels.Pas de pression.» «.chaînes bien conçues avec de bons produits.Une excellente boutique, spécialiste avant tout des agencements LINN-NAIM.À noter, la qualité exceptionnelle des démonstrations.» CHAÎNE COMPLÈTE À PARTIR DE 899,00 * AUDIO CLUB Haute Fidélité 1675, St-Hubert, Montréal tel: 526-4496 Métro Berri-de-Montigny AUDIO-CLUB vous offre : Une sélection sérieuse des équipements proposés à la vente.Des démonstrations dans un contexte qui reproduit votre environnement domestique.Une optimisation des appareils par notre laboratoire.La livraison et l'installation à domicile.Un service après vente complet.octobre 1986 19 LA VIE EN ROSE COMVTÎKES LA ROMANCE VU ROCK TWO Communiqués G.I.V DISTRIBUTION • PRODUCTION • VIDEO 718 RUE GILFORD, MONTREAL, H2J1N6 TEL: C 5 1 *4) 52
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