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Titre :
VO
VO est une revue bimestrielle engagée portant sur le monde du travail, l'économie sociale et la coopération internationale. Publiée de 1990 à 1997, elle fait suite à Vie ouvrière. [...]

VO est une revue bimestrielle publiée à Montréal de 1990 à 1997. Résolument de gauche, la revue accueille des rédacteurs dont les préoccupations sont orientées vers la lutte aux inégalités sociales, la solidarité internationale et le développement de services publics de qualité. Pierre Vallières est rédacteur en chef de VO jusqu'au printemps 1991, où il laisse sa place à Jean Robitaille, collaborateur régulier de la revue depuis quelques années, qui travaillera étroitement avec Daniel S.-Legault. VO fait partie d'une longue série de publications incluant le Bulletin des aumôniers des mouvements spécialisés d'Action catholique (1942-1947), L'Action catholique ouvrière (1951-1957), Prêtre d'aujourd'hui (1958-1966), Prêtres et laïcs (1967-1973), Dossiers « Vie ouvrière » (1979-1990), Vie ouvrière (1979-1990) et VO (1990-1997), qui, en fusionnant avec Les Carnets de VO (1996-1997), devient Recto verso (1997-2004).

VO s'adresse à un public scolarisé et engagé : intervenants et militants des milieux communautaires et syndicaux, journalistes, étudiants, recherchistes et, plus généralement, les individus préoccupés par les changements sociaux.

La nouvelle formule magazine adoptée par VO vise toutefois à une diversification tant de la forme que du ton. Des textes d'analyse substantiels côtoient les chroniques plus courtes dans une facture graphique plus illustrée et colorée que celle de Recto verso.

Le tirage de VO se situe entre 2000 et 5000 exemplaires.

FONTAN, Jean-Marc, « Souvenirs de Recto verso », Possibles, vol. 30, no

Éditeur :
  • Montréal :Jeunesse ouvrière chrétienne :1990-1997
Contenu spécifique :
mai-juin
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeurs :
  • Recto verso (Montréal, Québec) ,
  • Carnets de VO
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Références

VO, 1997, Collections de BAnQ.

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Bashinq ANTI-QUEBEC: U t de la dr< 266-267 • 4,95$ G*AÏ1 545, boulevard Crémazie Est 17e étage Montréal (Québec) H2M 2V1 Téléphone: (514) 383-8000 Télécopieur: (514) 383-8001 HULL (819)777-5441 JONQUIÈRE (418)699-0199 MONTRÉAL (514)383-8000 QUÉBEC (418)623-8713 RIMOUSKI (418)722-8232 ROUYN (819)762-1354 SAINT-JÉRÔME (514)431-6659 SEPT-ÎLES (418)962-3551 SHERBROOKE (819)562-3922 TROIS-RIV1ÈRES (819)378-4049 P H T - R E P R T A G E PREPARE T IL SES VACANCES OU CELLES DES AUTRES?Dans le port de Sète, en France.PHOTO: BERNARD JEAY m ■Ul UJ U UJ a en CD cm CD CD C\J o > R A I Jacques Proulx LES SAISONS DE LA POLITIQUE OU FIGURE DE PROULX JACQUES COLLIN PHOTOS: CUNTHER CAMPER Jacques Proulx est un homme public qui a l'habileté du politicien et une CONNAISSANCE PROFONDE DU TERROIR.CHEZ LUI, l'un NE PEUT PAS VIVRE SANS l'autre.A Saint-Camille en Estrie, dans la paisibilité rurale, on entend le vrombissement d'un moteur.C'est le premier tracteur du village.On laisse même le petit Jacques, qui a à peine plus de quatre ans, manoeuvrer ce merveilleux outil de travail.À la campagne, tout le monde doit travailler.Conduire un attelage ou un tracteur, il n'y a pas de différence; c'est le besoin qui détermine l'âge de l'apprentissage.De ceux et celles qui assistaient a la scène, personne ne doutait qu'il s'agissait des premiers balbutiements d'un bouleversement du monde rural.Mais de là à croire que le jeune chauffeur serait un acteur important dans ces changements.Sa première expérience au volant d'un tracteur est le plus vieux souvenir de Jacques Proulx.Jacques Proulx est d'abord un paysan.Son cheminement d'homme public est le prolongement de sa vie d'agriculteur qu'il était et qu'il est toujours.À toutes les fins de semaine, il retrouve la ferme.Il considère que pour rester branché sur la réalité, il faut vivre près des problèmes et de ceux et celles qui les vivent.C'est parce qu'il garde un contact avec la terre et les éléments qu'il arrive à «vivre avec un agenda» et à tenir une vie publique.Le monde agricole a connu la révolution tranquille du Québec des années 60 et ses retombées.Les jeunes se scolarisent, apprennent de nouvelles techniques de production, développent une connaissance approfondie des sols; l'agriculture prend le virage technologique et s'ouvre au monde.On voit plus grand, on est capable de produire plus.La mécanisation devient un incontournable, la génétique fait son chemin.La ferme ancestrale laisse sa place à la ferme industrielle.DU CHEVAL AU SATELLITE Jacques Proulx est bien placé pour comprendre ce qui s'est passé.( est en i960 qu'il devient propriétaire d'une ferme laitière et ovine.Lui, qui était présent à l'arrivée du premier tracteur, assiste en direct au passage de l'époque du cheval à celle de l'industrialisation (.est dans les années 70 que Jacques Proulx commence sa vie publique, implique dans les commissions scolaires.À la même époque, il est élu président régio- nal de l'Union des producteurs agricoles (UPA) pour l'Estrie, puis en devient président national.Plusieurs parlent de l'UPA d'ou> CaspAatte, boudé, de.l'Mliloixe, ianoxé du jei-\et .il exiôte un aulne Montxéat méconnu et fascinant !!! CET ÉTÉ, DÉCOUVREZ LES DIMANCHE MATINS DE montreal collectif d'animation urbaine DU 3 AOUT AU 13 OCTOBRE, ç^ UN CIRCUIT EN AUTOBUS DIFFÉRENT A CHAQUE SEMAINE! * y .^ ^e Montréal des utopies des endroits inusités, des personnages à contre-courant, et trois siècles de projets de société" 9 Des villages à la métropole les hauts (édifiants') et les bas (saisissants !) de trois siècles de développement urbain.•* La courtepointe montréalaise la quartiers de l'Immigration, un circuit branché sur l'histoire et l'actualité de la planète ' •¥ Parcs, squares et places publiques I histoire souvent mouvementée d'espaces publics chers aux Montréalais nauueau I L'avenir du système financier QUAND TOUT LE MONDE VEUT FAIRE LA BANQUE La GRANDE DEREGLEMENTATION A AUSSI FRAPPE LE SYSTÈME FINANCIER.MAINTENANT, PLUSIEURS secteurs commerciaux demandent et obtiennent d'offrir des services autrefois réservés aux banques.comme d'habitude, ce n'est pas l'ensemble de la population qui les interesse, c'est la tranche supérieure des investisseurs-ses.Grosses les banques?On n'a pas encore vu les étrangères arriver.Les optimistes pensent que la concurrence |ouera davantage.les autres prévoient que les moins riches seront encore moins servis.Qu'ils soient excessifs ou non, il faut comprendre pourquoi et comment les profits des banques atteignent des records.Un dossier coordonné par JEAN ROBITAILLE 0) m •UJ U -UJ a CD (s CD CM CD CD CM O > m < a in aj (û OJ O > Les profits des banques D'UTILITÉ PUBLIQUE?JEAN-SEBASTIEN MARSAN Depuis le début de la décennie, les banques n'ont pas bonne presse.Le dévoilement des salaires des banquiers et des profits records encaissés année après année par le club des six creuse le fossé entre l'élite du secteur financier et les citoyens-nes qui se demandent s'il est normal, sinon moral, qu'une banque fasse fructifier son argent à ce point.LA VALSE DES MILLIARDS Chaque fin d'année, le dévoilement des profits des banques provoque une vague d'indignation nationale.Alors que le chômage et le travail précaire progressent inexorablement, les six grandes banques canadiennes ont empoché plus de 6 milliards $ de profits en 1996, contre 5,1 milliards $ en 1995 et 4,2 milliards $ en 1994; une croissance de 21,5% de 1994 à 1995 et de 20,8% de 1995 à 1996.Décidément, la richesse et l'opulence existent.«Qu'on les partage!», entend-on dans la rue et dans les médias.Le secteur bancaire réplique aux critiques.Compte tenu de l'actif des institutions, les bénéfices des banques sont •modestes»: en 1995-96, la Royale, avec un actif de 217 milliards $, a obtenu 1,4 milliard $ de bénéfices.La plus petite du club des six, la Nationale du Canada, a produit 318 millions $ en bénéfices en 1995-96, pour un actif de 53 milliards $.Néanmoins, avec un niveau de rentabilité de plus de 16% par année, les banques canadiennes demeurent en tête du peloton des banques les plus performantes des pays industrialisés.Jean-Paul Caron, vice-président des affaires générales de la Nationale, déplore qu'«au Canada, les gens ont toujours eu un pro- «Ça revient à privatiser les profits et à socialiser les pertes.» Jean-Paul Caron, vice-président des affaires générales de la Nationale, considère qu'une banque n'est pas une entreprise d'utilité publique.blême avec les banques», et considère qu'une banque n'est pas une entreprise d'utilité publique, "à moins que le gouvernement nous achète».Soutenant que «le meilleur moyen d'avoir un système efficace et d'avoir de la concurrence, c'est l'industrie privée-, Jean-Paul Caron se demande ce qu'on peut reprocher aux banques: -Si on gère correctement et si on diversifie nos activités, pourquoi n'aurait-on pas le droit de faire des profits?» Comme toute autre entreprise, les banques doivent respecter des normes comptables établies et payer leurs impôts.Lors d'une allocution prononcée le 21 janvier dernier devant l'assemblée annuelle des actionnaires, Matthew W.Barrett, Président du conseil et chef de la direction de la Banque de Montréal, déclarait que «pour le dernier exercice seulement, les banques auront payé au trésor public pas moins de 6 milliards $ en taxes et impôts divers, soit presque l'équivalent des transferts fédéraux aux provinces dans le domaine de la santé.» Matthew Barrett a toutefois déclaré à ses actionnaires «que la seule chose qui est pire que de payer des impôts, c'est de se faire accuser de ne pas en payer!» DESSIN RAMON VITESSE ALLERGIQUES AUX RISQUES Traditionnellement, les profits des banques émanent de la différence entre les intérêts sur les prêts et ceux des dépôts - le revenu net d'intérêt.Depuis les années 80, ils proviennent de plus en plus des frais bancaires, des placements, des produits dérivés, des opérations sur les marchés des obligations et des devises, etc.L'analyse de cette colonne des -autres revenus» devient aussi complexe que leur provenance.Même les comptables ne s'y retrouvent plus.L'indicateur clef des profits records des banques, selon tous les observateurs consultés, est le rendement sur l'avoir des actionnaires.-C'est évident que le propriétaire d'une petite PME de la Beauce doit rêver la nuit d'avoir 9% de rendement sur l'avoir des actionnaires.En bas de 16%, dans le domaine des banques, c'est pas assez», observe Bernard Élie, professeur d'économie à l'Université du Québec à Montréal (UQAM).Les banques ne s'imposent pas des rendements si élevés que pour satisfaire les actionnaires, poursuit le professeur «Au cours des dix dernières années, le rendement moyen de l'avoir des actionnaires le plus bas c'était 5%, le plus haut, 17%.» DESSIN P1AMON V1TÎSSE Élie.Leur véritable motivation serait de dégager d'énormes capitaux afin de se lancer dans un processus de concentration sur le plan national et international.«Si on accepte la concurrence capitaliste sauvage et le transfert de richesse du secteur productif au secteur financier, on n'a pas à se plaindre que les banques fassent 6 milliards S de profits.Au contraire, il faut même les applaudir, ils jouent bien les règles du jeu.Ceux qui sont à blâmer, ce sont les gouvernements qui laissent faire ça-, accuse Bernard Élie.Dans le secteur bancaire, -au cours des dix dernières années, le rendement moyen de l'avoir des actionnaires le plus bas, c'était 5%, le plus haut, 17%», précise Gino Lambert, chercheur à la Chaire d'Études socio-économiques de l'UQAM et coauteur du document La seule responsabilité sociale que se reconnaissent les banques: faire du profit.«Dans un secteur qui est vraiment risqué, une année on peut réaliser 20% ou 25"" de rendement, une autre année on peut réaliser -10% ou -20% de rendement, ça va fluctuer énormément parce que le rendement est directement relié au risque encouru-, explique Gino Lambert, pour qui les rendements systématiquement élevés des banques prouvent qu'elles ne prennent pas de risques.A moins que le risque soit assumé par quelqu'un d'autre?LA PROTECTION GOUVERNEMENTALE Le fédéral et les provinces pourraient renverser la vapeur en instaurant un impôt minimum sur les entreprises, par exemple 11 j a loin de la coupe aux lèvres, car en 1992 et 1993, la Banque Royak a déclaré 3,8 milliards $ en provisions pour pertes, qui lui ont valu des retours d'impôt de 70 millions J.Et ce, malgré des profits déclarés de plus de 400 millions S.Face à des transactions considérées risquées, les banques peuvent mettre de l'argent de côté en cas de non-remboursement.Les énormes provisions pour pertes des années 92-93 proviennent des pertes encourues dans les années 80 dans le secteur de l'immobilier et du financement des pays du Tiers Monde.Pour la seule faillite du géant canadien de l'immobilier Olympia & York, en 1992, la Banque Royale a du faire son deuil d'un prêt de plus de 500 millions S et ajouter 300 millions S à ses provisions pour pertes.Ces provisions pour pertes sont déductibles du revenu imposable et les banques peuvent les reporter d'une année à l'autre.Le problème, juge Gino Lambert, vient de l'État: pourquoi le gouvernement ac-cepte-t-il d'assumer les erreurs des banques en refilant la facture aux contribuables?«Ça revient à privatiser les profits et à socialiser les pertes-, déclare le chercheur de l'UQAM.Par ailleurs, des sociétés d'État garantissent nombre de prêts bancaires: des organismes comme la Société de développement industriel, la Banque de développement du Canada, la Société pour l'expansion des exportations, la Société de financement agricole, la Société canadienne d'hypothèques et de logement, etc.Cette dernière a garanti 39,5% des prêts immobiliers résidentiels au Québec en 1995.Profitant de l'appui des gouvernements - outre la fiscalité et les sociétés d'État, on ne compte plus les sauvetages d'entreprises en faillite, à coup de millions $ - et grâce à la diversification de leurs produits et services, les banques ne peuvent qu'engranger des profits.Le contraire serait étonnant.^ CD en < u o.■ ru CD 1 H Banque de Montréal LE BIG SIX Les six plus importantes banques à charte fédérale Tous les chiffres correspondent à l'exercice terminé le 30 octobre 1996, sauf mention contraire.Institution Actif total Revenu net % d'augm.Rémunération1 Employés Succursales Banque Royale 218 milliards J 1 430 millions! 13% 2,3 millions!2 54 728 1 493 Banque CIBC 199 milliards! 1 366 millions! 33% 1,8 million I2 41 606 1 400 Banque de Montréal 170 milliards! 1 168 millions! 18% 3,9 millions! 33 468 1 269 Banque Scotia 157 milliards! 1 069 millions! 22% 1,9 million!2 34 5923 1 464 3 Banque Toronto-Dominion 126 milliards! 914 millions! 15% 3,2 millions! 26 815 953 Banque Nationale du Canada 53 milliards! 318 millions! 30% 1,3 million!2 11 992 632 1 Salaire de base du Président du conseil et chef de la direction.2 Données de 1995.3 Au Canada et à l'étranger.Sources: rapports annuels des banques, journal Les Affaires, Chaire d'Études socio-économiques de l'UQAM.•.r1"»»», LA RENTABILITE DES BANQUES (résultats nets/capitaux des principales banques, moyenne 1992-1995, en %) 21.6 15.0 15,9 16.4 17,1 13.0 7,2 2,9 22.4 France Espagne Allemagne Canada Royaume-Uni Italie Pays-bas Belgique Etats-Unis Source: AFB, Alternatives économiques PHOTO D4WEL S -UîGftULT PHOTO BHINAHDJEAr OESSIM «AM»j La crise économique des années 30 A IMPOSÉ la nécessité de diviser le SECTEUR FINANCIER EN «QUATRE PILIERS» BIEN DISTINCTS (BANQUE, ASSURANCE, COURTAGE ET FIDUCIE).Il fallait prévenir les relations incestueuses qui avaient accéléré le Krach.Au nom de la déréglementation, CES TEMPS SONT DÉSORMAIS REVOLUS.Depuis les années 30, les activités financières étaient cloisonnées en "quatre piliers», quatre institutions étanches interdites de fusion sous un même toit: la banque, la compagnie d'assurance, le courtier (intermédiaire dans des transactions commerciales et financières) et la fiducie (prise en charge de l'organisation comptable, administrative et fiscale d'entreprises privées).Le cloisonnement des institutions financières s'est imposé après la Grande Dépression afin de rétablir la solvabilité des banques, d'éviter les conflits d'intérêts et d'empêcher que se reproduisent les exagérations à la source du krach boursier d'un jeudi soir d'octobre 1929.Depuis le milieu des années 80, les banques ont avalé deux de ces piliers1 et des entreprises non financières offrent désormais des services semblables à ceux des banques.C'est la loi de la jungle: les plus gros accaparent le marche et se battent à mort pour la mainmise des activités les plus lucratives.Au nom 1 Les banques à charte possèdent maintenant 69% de l'actif des sociétés de fiducie et 70% de l'actif des firmes de courtage.Le Devoir, 1" avril 1997.QMd ; LEGHU-1 Le décloisonnement des institutions LES BANQUES, C'EST CAPITAL j.-S.MARSAN de la compétitivité, des services moins rentables disparaissent.CHRONIQUE DU DÉCLOISONNEMENT Jusqu'à la revision de 1967 de la Loi sur les banques, le mandat des banques se limite aux activités de court terme: recueillir des dépôts et prêter aux entreprises.Le taux prêteur maximum ne s'éloigne pas d'un généreux o%; la Loi défend aux banques d'octroyer des prêts à la consommation et des prêts hypothécaires; elles doivent aussi maintenir des réserves à la Banque du Canada, réserves qui ne rapportent aucun intérêt.En 1964, le rapport de la Commission royale d'enquête sur le système bancaire et financier (Commission Porteri de-montre que les -quasi-banques -caisses et banques d'épargne, Crédit h- en en < U a.en CD OJ CD CD eu o > Des magasins devenus banques Dans une économie capitaliste, la banque est un intermédiaire financier imposant.«Seulement pour les prêts qu'elles accordent au Québec, cela totalise 14 milliards S en prêts à la consommation, 28 milliards S en prêts hypothécaires et 18 milliards S en prêts aux entreprises, dont 7 milliards S aux PME», affirme Claude Reid de l'ABC.Ces chiffres, si imposants soient-ils, doivent être mis en perspective.Les banques n'ont plus le monopole du crédit.Les grandes entreprises préfèrent maintenant les produits dérivés - comme la spéculation à court terme sur le marché monétaire - pour leurs besoins en capitaux.Il est aussi possible de «louer pour acheter», entre autres des meubles, dans les magasins du même nom.En louant un article avec option d'achat, le magasin accorde un crédit au-à la cltent-e, qui doit effectuer des versements mensuels; comme pour une hypothèque sur une maison, le-la client-e devient propriétaire du bien à la fin de la période de location.Et les consommateurs-rices font de plus en plus appel au crédit offert directement par les gros commerces - cartes La Baie, Zellers, etc.L'an dernier, des grands magasins comme Sears refusaient d'abaisser le taux d'intérêt de leurs cartes de crédit - qualifiés d'usuraires par un député bloquiste et dans le collimateur d'une coalition de 140 députés fédéraux -, cette activité financière leur rapportant plus que la vente de leurs produits! ^$j En 1929: la crise.Unions du Canada anglais, sociétés de fiducie et de prêts hypothécaires - effectuent des opérations semblables à celles des banques.La Commission argue que le concept des "quatre piliers» ne favorise pas la «saine concurrence» et que les règles internationales devraient s'appliquer au Canada.Historiquement très présentes à l'étranger, les banques made in Canada se livrent en effet à des pratiques interdites au pays en vertu du principe des Des idées, .Pas .- besoind'etre des analyses, pour faire sa théologie à Trois-Rivières Il suffit d'être préoccupé par la quête spirituelle, de vouloir comprendre son monde et de souhaiter se donner une pratique et un discours religieux signifiants.L'UQTR offre un baccalauréat et un certificat entièrement renouvelés en 1997 Faites-nous signe, nous vous ferons parvenir l'Information sur nos programmes.Module de théologie Université du Québec à Trols-RMires, Pavillon Rlnguct.local 1027-A (819) 376-5117 Courrier électronique : thcologlc@uqtruqucbcc.ca des débats.^.a m < ta ru m ■ ru c o m CENÎMLE ElCEQ hltp //ceq qc ca À la lumière du cœur.Planifiez vos dons Legs testamentaire Assurance-vie Rente viagère Pour un don ou plus d'informations, composez sans frais 1-888-234-8533 Région de Montréal 514-257-8711 « DÊ^LOPPE/WENF Ef R4IX CHROME INSOLENTE DE BIEN PEU D'INTÉRÊTS NICOLE BRAIS En février, je voulais prendre rendez-vous à la banque.Ben oui, je fais partie des gens qui ont quelques sous à mettre dans leur REÉR cette année et qui peuvent prendre rendez-vous avec leur conseillère.Ça me gène un peu: j'ai le sentiment qu'on ne me prendra pas au sérieux avec mes petites économies.J'ai toujours l'impression, je ne sais pas pourquoi, que ça prend des millions pour qu'on nous reçoive comme quelqu'un.Mais non! Elle a été très gentille, même devant mes questions niaiseuses, et a rempli un paquet de paperasses pour placer mes cennes.Elle m'a même demandé comment je valais.Ça m'a pris plus de temps pour comprendre sa question que pour faire le tour de mes avoirs.Je n'ai pas de misère à imaginer ce qu'on peut ressentir quand on fait la file pour changer son chèque de bien-être.Mais revenons au téléphone.Je cherche le numéro de ma succursale dans le bottin.Impossible de le trouver.Il n'existe qu'un numéro 800, où il faut d'abord jouer du clavier avant d'obtenir un être humain au bout du fil, un numéro central où on filtre les appels.J'ai dû tomber sur une journée où tous les enfants de la succursale étaient en forme parce que j'ai pris mon rendez-vous sans problème.Quel rapport, dites-vous?Entre deux formulaires, j'ai discuté du numéro 800 avec ma conseillère.Cette mesure fait partie de la rationalisation.Comme il y a de moins en moins de caissières au comptoir, on répond à toutes les demandes d'informations générales au central.Restent les questions d'intérêt local aux succursales.L'ennui, c'est que lorsqu'une caissière s'absente parce que ses enfants sont malades, le central ne débarque pas pour combler l'absence.Ça doit être dans ces moments que les succursales ne répondent plus au téléphone.LA RETRAITE À 75% Bref, il y va dans les banques et les caisses comme ailleurs dans le monde.Coupures et le reste.Sauf que les institutions financières font des profits records en ce moment.Oui, oui, je vais lire le dossier comme vous, et toute proportion gardée, ils ne sont pas plus voraces que n'importe quelle autre entreprise capitaliste.Qu'est-ce qui nous indigne tant?On trouve ça disgracieux parce que là, beaucoup plus qu'ailleurs, on a le sentiment que c'est avec notre argent Pi-CTO BBÏMfiRDXAT qu'ils font ÇA.Les institutions financières, on leur prête gentiment nos maigres épargnes, on reçoit presque rien en échange, de moins en moins de services personnalisés, c'est le cas de le dire, et elles, elles se tapent des milliards derrière la cravate et des millions pour les dirigeants.Et il faudrait ne rien y redire.Ce n'est pas ce qu'on dit à Yves Michaud ces temps-ci?Je le trouve bien courageux celui-là avec sa croisade, parce que moi, avec mon complexe des petites économies.Pas trop brillant comme attitude, me direz-vous.Mais que voulez-vous.On ne peut pas tout être, comme on ne peut pas tout avoir.Je sais bien que l'économie et les capitaux mènent le monde, que même des ex-«ml» peuvent discuter des rendements de leur REÉR avec autant d'urgence qu'ils discutaient du Grand Soir il y a 15 ans, qu'il y en a pour en faire leur pain et leur beurre.Mon dépliant sur les REÉR remis gracieusement par ma conseillère au mois de (évita finit de se désintégrer dans le fond de ma sacoche sans que je lui aie jeté un coup d'oeil.La littérature sur les fonds n'a pas de fond et la prose en signes de % et de $, ça ne me profite pas.Depuis que j'ai compris que ça prenait 18% de son revenu placé annuellement pendant 35 ans pour s'assurer d'une retraite à 75% de son revenu, j'ai perdu tout intérêt, je me sens de moins en moins concernée.D'abord, pourquoi vouloir se ménager une retraite à 75% de presque rien, quand de retraite il n'y aura pas.Mais ça.c'est l'histoire d'une autre chronique.^7, m n L'immigration en région au Québec LES MAILLES ÉCHAPPÉES DESSIN JAMES WAGNER YVES CHARTRAND IL Y A 30 ANS CET ÉTÉ, L'EXPO 67 A OUVERT LES YEUX DE MONTREAL SUR LE MONDE.Mais il y a longtemps que DES immicrants-es CHOISISSENT DE s'installer au Québec en région plutôt qu'à Montréal.Les «fros» ont bel et bien participé a notre révolution tranquille.Ces dernières années, ce sont surtout les réfugiés-es qui ont composé l'immigration en région.Le portrait des décennies précédentes était différent.Les quelque 12% de Québécoises d'origine immigrante qui se sont installés en région sont pour la plupart des immigrants-es indépendants venus combler des emplois vacants en région.Une pénurie de main-d'oeuvre spécialisée dans les domaines de l'éducation, de la santé et des services sociaux, de la construction de routes, de barrages, de grandes industries et dans le secteur des mines les avait attirés vers ces régions.Ceux qui y ont pris racine aiment leur région où ils apprécient la chaleur des gens, la sécurité et l'accès facile à la nature.Il faut faire 30 000 kilomètres de route à travers le Québec pour rencontrer ces Québécois-es.AUX PORTES DE LA GASPÉSIE: LA FAMILLE UY Réfugiés de la mer suite à la guerre au Cambodge, Ry et Mali Uy ont été accueillis avec leurs enfants par l'abbé Marius Lepage, il y a 14 ans.Dara Uy se rappelle qu'enfant, en route vers Ma-tane, ils se sont arrêtés pour manger des fraises chez «grand-maman Lepage» à Québec.Tout le monde connaît monsieur Uy aujourd'hui à Matane.On le rencontre souvent en train de pêcher sur le quai.Après avoir travaillé à Québec et habité à Terrebonne, Dara, le fils aîné, est revenu à Sainte-Félicité parce que la mer lui manquait.Il se dit maintenant «100% Québécois pure laine».«Les Uy ont fait le choix d'abandonner le bouddhisme pour le catholicisme», Mai 1996.Alexandra à 10 ans et demi.( mentionne avec fierté madame Léonie Savard du comité de parrainage.Monsieur Uy confirme qu'ils ont posé ce geste pour s'intégrer encore plus à la communauté de Sainte-Félicité.Les Uy demeurent toutefois l'exception parmi les «boat people» accueillis dans toutes les régions du Québec à s'être intégrés avec succès dans leur nouveau milieu.La plupart des autres familles sont retournées vers les grands centres, comme Montréal ou Toronto.Alexandra et Angéiica Muntian.Minai Muntian et Marie-Chantale.Le mariage.Mai 1994.Réginald Desrosiers, du comité de parrainage et professeur au village, souligne l'implacable déclin démographique.«S'il n'y a pas plus d'enfants au village d'ici quelques années, l'école va devoir fermer ses portes.» Pour plusieurs régions du Québec, l'immigration s'intègre dans un plan de développement et de survie.CHEN TI TUNE LE BEAUCERON Chen Ti Tune est propriétaire du dépanneur l'Escale sur la 90e Rue à Saint-Georges-de-Beauce.Chen habite en Beauce depuis une vingtaine d'années.Venu de Madagascar et d'origine chinoise, Chen a le commerce dans le sang.Il est donc comme un poisson dans l'eau dans cette région-royaume de l'entrepreneurship.D'abord vendeur de souliers, il a rapidement pris possession de son propre commerce.Mais il cherchait à faire plus que des sous.«Pour continuer ce travail pendant des années, il me fallait faire autre chose que de vendre de la liqueur et des cigarettes».Il voulait faire goûter sa culture d'origine.Chen a eu l'idée d'aménager dans son dépanneur un espace pour les produits natu- rels chinois, et un autre pour les produits Québécois de l'érable, le tout agrémenté, au milieu du magasin, par une fontaine qui accueille les clients-es au bruit de sa coulée.Chen publie également un petit journal pour sa clientèle, dans lequel il l'informe sur les produits naturels et la médecine chinoise.Rempli de reconnaissance et d'enthousiasme pour sa Beau-ce d'adoption, il est actif sur le plan social à Saint-Georges et aimerait également s'impliquer dans la venue d'im-migrants-es dans la région.PÂTURAGES DES BOIS-FRANCS: RENÉ LAESSER ET ALICE KELLER L'immigration rurale au Québec est évidemment la plus vieille immigration.Les premières vagues de colons ont été constituées de colons français, puis, plus tard, anglais, écossais, irlandais et ensuite loyalistes états-uniens.Ceux-cel-les qui ont suivi par la suite, attirés par les belles terres en friche du Québec, étaient des Allemands-es, des Suisses, des Belges, des Français-es et même des Scandinaves dont on peut retrouver encore aujourd'hui des descendants-es dans le bottin téléphonique du Lac- Saint-Jean.René Laesser d'origine suisse-allemande, est tout d'abord venu s'installer avec ses parents sur une ferme à Gentilly sur la rive sud du Saint-Laurent, entre Montréal et Québec, comme l'ont fait de nombreux Suisses dans différentes régions du Québec.René a rencontré sa future épouse, Alice, dans une soirée suisse.Elle était en visite chez un oncle à Montréal.Il l'a persuadée de demeurer au Québec, et c'est ainsi qu'ils se sont installés sur une ferme à Princeville dans les Bois-Francs, où ils ont trouvé des vaches et de la bonne terre.René est actif depuis plusieurs années au sein de l'L'nion des producteurs agricoles.Alice, qui demeurait à la maison avec les enfants, ne parlait pas le français en arrivant.Elle l appris notre langue au contact des voisines et en allant à l'école de ses enfants.Aujourd'hui, elle est impliquée au comité d'école.René et Alice parlent couramment l'allemand suisse avec leurs enfants, et conservent précieusement leurs traditions à la maison.Chaque année, René participe à l'organisation d'une fête pour ses ex-compatriotes à Notre-Dame-du-Bon-Conseil, et il semble que les m u 0.■ r» co M CD 10 M O > Joseph Marino.Québécois-es de souche participent de plus en plus à cette fête qui regroupe plus de 600 personnes au son du jo-dler, des cors alpins et de l'accordéon suisse.LE FOLKLORE DE DRUMMONDVILLE ET M I II \ I MUNTIAN L'amour pave souvent la voie à l'immigration.Il en a été ainsi pour Mihaï Muntian, d'origine roumaine, venu jouer de la musique au Festival mondial de folklore de Drummondville, où il a fait la connaissance de Marie-Chantale Labrecque, une fille de Drummond.Le temps de le dire, Mihaï était installé chez les parents de Marie-Chantale, qui allait devenir sa femme, et entreprenait ses démarches pour obtenir sa résidence permanente au Canada.Mihaï a appris le français dans la famille de Marie-Chantale et par la télévision.Après de longs mois de recherche d'emploi où il n'a pas toujours été accueilli à bras ouverts par les employeurs, il a finalement été mis à l'essai dans une entreprise de fibre de verre.Très satisfait de son travail, son patron l'a gardé à son service depuis.Mihaï, après seulement quelques années au Québec, se considère comme un Québécois à part entière, souverainiste de surcroît.11 se trouve ainsi très différent de ses ex-compatriotes qui habitent Montréal et avec lesquels il joue occasionnellement de la musique.Marie-Chantale a pour sa part perdu des amis qui ne comprenaient pas pourquoi elle était en couple avec un «étran- ger» plutôt qu'avec un gars de Drummondville.Elle a gagné un mari, avec lequel elle a eu deux enfants.Son rêve, c'est que Mihaï l'emmène visiter sa Roumanie natale.LA 138 ENTRE L'ITALIE ET LA CÔTE NORD •J'ai été accueilli en triomphe à Port-Cartier», m'a raconté Anthony De-troio, le maire de Port-Cartier, un Italien originaire de Montréal qui a marié une femme de la place.«Les gens de Port-Cartier se rappellent encore des Italiens qui ont pavé la route 138 jusqu'à Sept-îles et ont habité dans les familles de la région auxquelles ils ont notamment laissé des recettes de cuisine italienne.» Johnny Stea qui a été pour sa part boucher dans les chantiers de chemin de fer et foreur à Schefferville, est aujourd'hui propriétaire d'une boucherie dans le vieux Sept-îles, tout près de la baie dont il parle avec ravissement, étant né près de la mer en Italie.Arrivé adolescent dans la région, il trouve aujourd'hui plus difficile de supporter les hivers de la Côte-Nord.Comme bien des Québécois-es, il prend la direction du Sud pour couper l'hiver en deux.Il parle des premiers jours de sa boucherie et de sa fidèle clientèle à qui il offre maintenant ses propres produits maison qui sont également distribués à l'extérieur de son commerce.Monsieur Stea se dit plus fier d'avoir réussi à Sept-îles qu'à Montréal.La communauté italienne de Sept-îles a déjà compté 100 familles mais la majorité ont quitté pour assurer l'avenir de leurs enfants en déménageant dans une grande ville.Johnny Stea pense finir ses jours à Sept-îles et aller rejoindre sa mère au cimetière de la ville, sur la Côte-Nord, à des milliers de kilomètres de son Italie natale.Plus bas sur la côte, on trouve un autre résidant d'origine italienne, et tout un numéro celui-là.Il se nomme Jos Marino.Il est propriétaire du Danube Bleu, un restaurant avec motel à Fores-tville.Monsieur Marino, aujourd'hui très âgé, me raconte la belle époque des chantiers de barrage dans les années 50.Des milliers d'ouvriers travaillaient en haut de Forestville au barrage Bersimis, et quand tout ce beau monde venu de partout, dont un certain nombre d'étrangers, se retrouvaient dans les hôtels de Forestville, ça brassait en grande.L'alcool coulait à flot, les bagarres étaient nombreuses, et les quelques femmes, très recherchées.Jos a lui-même eu maille à partir avec le curé et avec la justice à cause de ses activités pas toujours catholiques, comme le commerce de l'alcool de contrebande et les courses de chevaux.Toujours très alerte, c'est avec un sourire en coin qu'il parle de cette époque en disant que «Forestville, c'était le far-west".Secundo Lazarri habite maintenant Québec.Mais il a connu la Côte-Nord au moment du boom économique des années 60 et raconte qu'à l'hôtel Sept-îles, les gars de différentes origines ethniques faisaient des concours de danse en prenant un coup ensemble.On retrouve encore aujourd'hui sur la Côte-Nord cette ouverture aux gens venant d'ailleurs, car tous les habitants-es de la Côte-Nord ont émigré un jour de quelque part pour monter construire de toutes pièces la région.DE L'EUROPE DE L'EST À L'ABITIBI: DE L'ÉGLISE AU MCDO Régine Gabriz m'a parlé des routes de poussière à son arrivée en Abitibi dans les années 50 et des gens qui les promenaient, elle et son mari, en voiture, pour leur faire faire un p'tit tour de l'Abitibi.Elle m'a raconté leurs débuts à Val d'Or, des bords de pantalons qu'elle et son mari tailleur faisaient pour 25 cents, des économies faites avec les allocations familiales des enfants pour s'acheter plus tard une première maison, sans jamais demander un chèque d'assurance-chômage ou de bien- être social.«Les immigrants ont fait l'Abitibi», m'a-t-elle dit fièrement.À l'entrée de Val d'Or trône un monument de mineur.Ronald Tétreault, le maire, parle avec reconnaissance de la présence de familles de mineurs polonais et ukrainiens dans les années 30.Près de 40% des habitants-es de Rou-yn-Noranda étaient Polonais et Ukrainiens à cette époque, selon l'historien Mgr Lev Chayka.Benoit Beaudry-Gourd.Le maire Tétreault raconte que c'est «la mentalité européenne transmise par les Polonais et les Ukrainiens qui explique l'habitude des résidants de Val d'Or de souper tard et de commencer leurs partys vers 10h-llhlesoir.» On retrouve encore aujourd'hui un monseigneur orthodoxe en Abitibi.Lev Chayka s'occupe des ses ouailles abi-tibiennes depuis les années 50, prenant ainsi la relève du père Jean, un prêtre canadien-français qui a accompagné les colons ukrainiens installés au lac Cas-tagnier près d'Amos dans les années 20.Mgr Chayka m'a conduit à l'église ukrainienne de Val d'Or, où au son de la musique religieuse orthodoxe il m'a raconté l'aventure des Ukrainiens-nes en Abitibi.Cette histoire se poursuit encore aujourd'hui avec une petite communauté dont il dirige la pastorale tant à Val d'Or qu'à Rouyn-Noranda.Mr Chaika animait une émission de radio en ukrainien, le dimanche matin, sur les ondes d'une station locale.«Jusqu'au référendum-, précise-t-il, car Radio-Nord a retiré l'émission hebdomadaire de la grille horaire.Certains-es immigrés-es affirment s'être fait -regar- CONTRIBUTION A LA NAISSANCE D'INSTITUTIONS (Y.C.) Qui est au courant qua l'Universite du Québec à Chicoutimi doit sa naissance, à la fin des années 60, à la présence dans son corps professoral initial da 25% de professeurs-es d'origine étrangers?Qui sait qua la naissance du centra hospitalier universitaire da Sherbrooke a au lieu dans les mêmes circonstances?Las diplômés-as québécois choisissaient an premier lieu las postes dans les grandes villes tout comme aujourd'hui.Las étrangers-ères sont donc venus i la rescousse des régions pour contribuer à la naissance d'écoles secondaires polyvalentes, de cégeps, de constituantes de l'Université du Québec i Rimouski, Hull et Rouyn-Noranda, da CLSC et de centras hospitaliers.Certains-as immigrés-as da cette première heure apportent encore aujourd'hui une contribution significative à leur région d'adoption grice à leur compétence et à leur profond attachement i leur région où ils ont pu «laisser libre cours à leur créativité et relever da beaux défis an terrain vierge», comme certains d'entre eux as plaisent à le dire.Lucien Lessard, directeur-général du CLSC da Forestville, vient encore régulièrement aujourd'hui recruter à Montréal des médecins d'origine vietnamienne qui doivent aller travailler an région quelques années pour obtenir leur droit da pratiqua.Il réussit grâce i aux à garder son CLSC ouvert.£5 der de travers» par leurs concitoyens-nes au lendemain du 15 octobre 1995.La situation est d'autant paradoxale que les individus d'origine immigrante avec lesquels j'ai vraiment abordé la question, dans différentes régions, sont des nationalistes, sinon des souverainistes convaincus.Les enfants nés de Québécois-es d'origine immigrante installés en région, comme ceux des autres Québécois-es des mêmes régions, ont pour la plupart quitté leur région pour aller étudier ou travailler dans les grands centres.Michael et Randy Charchuk, dignes descendants de mineurs ukrainiens et propriétaires du McDonald's de Rouyn-Noranda, sont une exception.Michael parle français avec un mélange d'accents ukrainien et anglais.11 ne faut pas oublier que l'Abitibi a été longtemps liée par route avec le nord de l'Ontario et non avec le reste du Québec.Michael croit au développement de l'Abitibi et prolonge avec son frère l'aventure des mineurs abitibiens venus des pays de l'Est.LES REMPARTS ANGLOPHONES DE QUÉBEC On présente toujours Québec comme le fleuron de la présence française en Amérique.Mais on oublie que Québec était encore au 19e siècle une ville dont la majorité de la population était anglophone.Encore aujourd'hui plusieurs noms de rues, des églises, la citadelle ou le journal Chronicle Telegroph, nous rappellent le passé anglophone de Québec.Québec a également accueilli au 18e siècle des dizaines de milliers d'immi-grants-es irlandais fuyant la famine de leur pays, en route pour une nouvelle vie en Amérique.Des milliers d'entre eux-elles sont d'ailleurs décédés de maladie pendant la traversée et quelques milliers d'autres sont morts pendant leur quarantaine à Grosse-Île en face de Montmagny.Des enfants orphelins ont été recueillis par des familles de la région.Plusieurs familles irlandaises ont également pris racine à Québec.On retrouve encore aujourd'hui à Québec une communauté irlandaise vieillissante mais fort vivante.■J'aime ma ville de Québec», me dit en français avec son accent anglais l'historienne Marianna O'Gallagher, dont le grand-père a déjà travaillé à l'hôtel de ville de Québec.Mme O'Gallagher est bien triste que l'on ait effacé de la mémoire collective la portion anglophone de Québec, mais elle se console un peu à l'idée que l'on commence peu à peu dans l'information que l'on donne aux touristes à parler de la présence anglophone à Québec.VtÀ Michael et Randy Charchuk.LE QUEBEC TRICOTE SERRE, UNE ILLUSION?(Y.C.) Le métissage culturel en région a débuté il y a longtemps et non seulement à Montréal, contrairement à ce l'on pense souvent.Il s'accélère lentement et sûrement, répondant ainsi à une tendance mondiale de mélange des peuples.Selon un sondage réalisé récemment par le ministère des Relations avec les citoyens et de l'Immigration, 50% des Québécois-es en région sont en contact personnel avec des gens d'autres cultures.Et on ne pense même pas au nombre de Québécois-es qui sont issus de relations officielles ou officieuses entre Blancs-hes et Autochtones et ce, à la grandeur du Québec.Plus on écoute les historiens-nes régionaux, les bénévoles des sociétés de généalogie, et plus on se rend compte que le Québec a été bâti depuis longtemps et dans la majorité des régions par des Français-es, des Anglais-es, des Écos-sais-es, des Irlandais-es, des Loyalistes états-uniens entre lesquels il y a eu par la suite bien des mariages et des unions libres.Se sont ajoutés à eux en plus petit nombre selon les époques et les régions des Italiens-nes, des Alle-mands-es, des Scandinaves, des Suisses, des Chinois-es, des Belges, des Portugais-es, des Juifs-ves, des Arabes, des Vietnamiens-nes, des gens des pays de l'Europe de l'est, etc.On se rend alors compte que les mélanges interethniques ne datent pas du Montréal de la fin du XXe siècle.On pense alors aux Libanais-es qui se sont arrêtés dans la vallée de la Matapédia, à la famille Setlakew d'origine syrienne qui possède le plus grand magasin à rayons de Victoriaville, aux mineurs du village ^ukrainien» de Black Lake près de Thedford-Mines, aux Scandinaves du Lac St-Jean, aux Portugais-es de Hull et de Sainte-Thérèse-de-Blainville, aux Roumains-es de Val-David, aux Loyalistes de New-Richmond en Gaspésie, aux Russes, Polonais-es et Ukrainiens-nes de Rawdon, aux Ukrainiens-nes et Polonais-es de l'Abitibi, aux Italiens-nes de la Côte-Nord, aux Libanais-es de Gatineau, à la petite communauté chinoise de Québec vieille de 100 ans.^7, is lu W il 1a 1l1aInIè1t1e PKJTD DNA UPI BETIMM^g La sécurité des réacteurs nucléaires Candu LE BATEAU PREND L'EAU LOURDE STEPHANE GAGNE La centrale nucléaire de Pointe-Lepreau, au Nouveau-Brunswick, est très mal en point.Les conduites d'alimentation qui servent à refroidir le combustible nucléaire, afin de prévenir la surchauffe du réacteur, sont grugées par la corrosion.Les réacteurs CANDU Gentilly II au Québec et Wol-sung en Corée sont aussi affectés par ce problème.Deux options s'offrent aux gestionnaires de ces centrales: les fermer d'ici cinq ans pour des raisons de sécurité, ou entreprendre d'importantes réparations qui nécessiteront du temps et beaucoup, beaucoup d'argent.Les réparations doivent-elles être faites à ces réacteurs?À la centrale Pickering A en Ontario, des réparations similaires ont coûté 935 millions $ pour les quatre réacteurs après seulement 12 ans d'opération; un coût astronomique qui dépasse de 219 millions $ le coût d'origine des 4 réacteurs.Et on envisage aujourd'hui la possibilité de les fermer.Les réacteurs CANDU sont-ils vraiment conçus pour une durée de vie de 40 ans, comme on le dit généralement1 Gentilly II et Pointe-Lepreau ont tout juste 14 ans d'usure et ont déjà besoin de réparations majeures.UN DOSSIER DE 35 ANS Les réacteurs CANDU sont-ils fiables et sécuritaires?Selon une évaluation de la firme Price Waterhouse, aucun doute: «la technologie CANDU est la plus sécuritaire des technologies nucléaires au monde.»1 Rien de moins.Pour affirmer cela, on se base sur le fait que «le Canada n'a jamais connu d'accident grave en 35 ans d'exploitation commerciale de l'énergie nucléaire-.Le qualificatif d'«accident grave» est bien arbitraire.Le groupe environnemental Energy Probe de Toronto a relevé au moins sept graves accidents survenus dans les centrales canadiennes2.Le premier de cette série s'est produit au réacteur NXR de Chalk River, en Ontario, en 1952.Ce réacteur servait à fournir du plutonium à l'industrie militaire états-unien-ne.Une explosion détruisit alors le coeur du réacteur, libérant près de 4 500 000 litres d'eau radioactive dans le bâtiment.Bilan: une personne tuée et cinq autres gravement contaminées.Il s'agissait du premier accident nucléaire majeur à survenir dans le monde.Six ans plus tard, un deuxième accident survient dans un autre réacteur de Chalk River.Une barre de combustible se rompt à l'intérieur du coeur du réacteur.Il y a contamination et 600 hommes sont chargés du nettoyage.1 Le nucléaire et l'environnement, Price Waterhouse, mai 1994.2 CANDU reaetors.hivers heware, t ampatgn (ii stt>p ( cmtuthat I anêu Reacton exports to China.Energy Probe, l^Q^ r cj ■UJ a en rv CD C\J CD C0 CM O > La vente de réacteurs nucléaires CANDU à la Chine COURT CIRCUITER LES ETATS-UNIS S.GAGNÉ Bon coup pour l'industrie nucléaire canadienne.En novembre dernier, après deux ans de négociations, le Canada a réussi à vendre deux réacteurs nucléaires CANDU à la Chine.Ce contrat d'une valeur de 4 milliards $ est toutefois très controversé.Le fait que la Chine encourage la prolifération nucléaire et qu'elle ne respecte pas les droits de l'homme sur son territoire ne semble pas déranger le gouvernement canadien.Par exemple, le Canada ne craint pas que la Chine utilise le plutonium produit par les réacteurs (les CANDU produisent de grandes quantités de plutonium) à des fins de production d'armements.«La Chine est signataire du Traité de non-prolifération nucléaire et accepte les contrôles exercés par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIÉA)», constate laconiquement Énergie atomique du Canada (EACL).Pourtant, la Chine aide le Pakistan à développer la bombe atomique.Pour cette raison, les États-Unis interdisent à l'industrie nucléaire privée états-unien-ne de vendre leurs réacteurs à la Chine.«Le Canada n'en a cure et profite même de l'absence de ses concurrents américains», dénonce David Martin, auteur de diverses études sur les réacteurs CANDU.L'ENVIRONNEMENT CHINOIS L'ÉACL croit aussi que la vente de réacteurs CANDU évitera une détérioration encore plus grande de l'environnement en Chine.Dans ce pays où l'énergie provient surtout de centrales thermiques très polluantes, alimentées au charbon, le nucléaire est une bonne solution (selon l'ÉACL).Sur 30 ans, un seul réacteur CANDU remplace 58 millions de tonnes de charbon et évite le rejet de 128 millions de tonnes de gaz carbonique (principal gaz à effet de serre).Toutefois, les réacteurs CANDU relâchent régulièrement des formes radioactives de plusieurs éléments dans l'atmosphère (tritium ou hydrogène, carbone, césium, iode, xénon, argon et cobalt).Ces éléments pénètrent la chaîne alimentaire et augmentent la dose collective de radiations reçues par les populations des environs1.De plus, tout réacteur nucléaire entraîne la production de déchets.À aucun endroit dans les documents de l'ÉACL, on mentionne de quelle façon seront disposés les déchets nucléaires produits par les futurs réacteurs.On se contente de dire qu'ils seront produits en faible quantité, qu'ils sont contrôlés (au Canada, car en Chine, on ne le sait pas) et ne posent aucun danger pour la population et l'environnement.1 Le nucléaire et la pollution, Campagne contre l'expansion du nucléaire, 1990.*S Pourtant, cette question pose un énorme problème.Même au Canada, on n'a pas encore trouvé de solution définitive à la disposition de ces déchets qui demeurent radioactifs pour des milliers d'années.HORS LA LOI Quelques jours avant la signature du contrat de vente avec la Chine, le cabinet de |ean Chrétien a aboli l'obligation de faire une étude d'impact et de tenir une consultation publique sur les projets du gouvernement canadien à l'étranger.«Ces règles, incluses dans la Loi canadienne sur la protection de l'environnement, ont été retirées en catimini le 6 novembre dernier, sans respecter le délai de 60 jours exigé par la loi», déplore Kristen Ostling, de la Campagne contre l'expansion du nucléaire.«Elles offraient une certaine protection aux pays comme la Chine où de telles études sont inexistantes et où les droits humains ne sont pas respectés.» Cette abolition touche tous les projets futurs du gouvernement canadien en sol étranger.Le groupe écologiste Sierra Club (soutenu par Energy Probe, Science for peace et Les Amis de la terre) a déjà annoncé qu'il poursuivrait le gouvernement canadien s'il ne procédait pas à l'étude d'impact comme prévu dans ce dossier.Le Sierra Club a découvert une faille dans la façon de faire du gouvernement.«Le gouvernement a accordé le prêt de 1,5 milliard $ avant que les règles de la loi ne soient modifiées», affirme Mme Ostling.Mme Ostling ajoute que la vente de réacteurs nucléaires à la Chine est très néfaste pour l'image du Canada.«Elle donne le message au monde que notre pays veut encourager la Chine à la prolifération nucléaire.» Le dossier est à suivre puisque l'ÉACL espère vendre deux autres réacteurs en Chine.y»À Pour Jean-Pierre Viger, un des pères de I énergie atomique en France, il est clair qu'il y aura d'autres Tchernobyl.Plus récemment, plusieurs fuites d'eau lourde radioactive sont survenues dans les centrales nucléaires ontariennes.La plus grave d'entre elles s'est produite à Pickering en 1992.3 000 litres d'eau lourde contaminée ont alors été déversés accidentellement dans le lac Ontario, mettant en péril la qualité de l'eau potable.À cela s'ajoutent plusieurs centaines d'incidents, autant d'épines au pied de l'industrie nucléaire canadienne.Ainsi, entre 1989 et 1993, plus de 900 incidents ont été rapportés dans les centrales nucléaires ontariennes (défectuosités des systèmes de sécurité, tra-vailleurs-ses exposés à des radiations excessives, rejet de radiations au-delà des normes permises, etc).LES ERREURS HUMAINES Pour Jean-Pierre Viger, un des pères de l'énergie atomique en France, il est clair qu'il y aura d'autres Tchernobyl.Car -plus vous produisez de l'énergie avec les méthodes actuelles de production nucléaire, plus les neutrons rapides fissurent les parois métalliques, le béton bien entendu, et tout ce qui entoure le coeur des réacteurs modernes.D'où la multiplication terrifiante des pannes, des accidents, l'arrêt multiplié des centrales.» Au problème d'une technologie non maîtrisée s'ajoute celui de l'erreur humaine.Malgré la mise en place de systèmes de sécurité sophistiqués, l'homme qui est derrière n'est pas infaillible.Or, les accidents graves résultent d'un mélange de défaillances techniques et d'erreurs humaines.Selon les comptes rendus des événements rapportés dans les centrales canadiennes, l'erreur humaine est responsable des incidents dans plus de la moitié des cas.Dernier problème: les gouvernements provinciaux n'ont plus d'argent pour maintenir en opération leurs installations nucléaires tout en respectant à la lettre les normes de sécurité.•Hydro-Québec et Energy New-Brunswick tentent de solutionner des vices de conception ou des bris d'équipements dans leurs centrales en appliquant des me- sures moins coûteuses mais aussi moins sécuritaires-, affirme Marc Chénier du Regroupement pour la surveillance du nucléaire.Ainsi, à Gentilly II, tous les tubes de force devraient être remplacés.Au départ, Hydro-Québec songeait à le faire mais, pour épargner de l'argent, les ingénieurs ont plutôt choisi une mesure temporaire qui consiste à réajuster les «ressorts de soutien- qui entourent les tubes de force dans le coeur du réacteur pour les empêcher de bomber.EN ATTENDANT A la centrale de Pointe-Lepreau, on ••éteint les feux .En attendant l'application d'une solution définitive, on colmate les fuites qui surviennent dans les conduites d'alimentation.Selon les données du ministre de l'Environnement du Nouveau-Brunswick, chaque journée d'arrêt de la centrale coûte 350 000 $ à Energy NB en énergie de remplacement.Mais les plus importantes dépenses sont à venir si on choisit de procéder à la réparation des conduites d'alimentation.Dans la province la plus nucléarisée du Canada, l'Ontario, Hydro Ontario songe déjà à la mise au rancart de certains de ses réacteurs les plus âgés plutôt que de procéder à de coûteuses réparations.La centrale Pickering A, qui a 26 ans, est la première visée par cette mesure.Depuis peu, les Canadiens-nes sont aux prises avec un autre problème: l'importation de plutonium issu d'anciennes ogives nucléaires états-uniennes.Ce plutonium fait l'objet d'expériences, à Chalk River, en vue de déterminer s'il peut être utilisé comme combustible dans les centrales nucléaires canadiennes.«C'est un moyen simple et peu coûteux pour les États-Unis de se débarrasser de ce matériel extrêmement toxique dont ils ne savent que faire», souligne Marc Chénier.Le transport de ce matériel, extrêmement toxique et convoité par les terroristes pour sa puissance de destruction, pose toutefois d'énormes problèmes de sécurité.^t r-.01 ■ 10 Cu B m c > QUE DE O U E N 0 Gouvernement du Québec^ ^ Secrétariat au développaient des régions v
de

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