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Titre :
VO
VO est une revue bimestrielle engagée portant sur le monde du travail, l'économie sociale et la coopération internationale. Publiée de 1990 à 1997, elle fait suite à Vie ouvrière. [...]

VO est une revue bimestrielle publiée à Montréal de 1990 à 1997. Résolument de gauche, la revue accueille des rédacteurs dont les préoccupations sont orientées vers la lutte aux inégalités sociales, la solidarité internationale et le développement de services publics de qualité. Pierre Vallières est rédacteur en chef de VO jusqu'au printemps 1991, où il laisse sa place à Jean Robitaille, collaborateur régulier de la revue depuis quelques années, qui travaillera étroitement avec Daniel S.-Legault. VO fait partie d'une longue série de publications incluant le Bulletin des aumôniers des mouvements spécialisés d'Action catholique (1942-1947), L'Action catholique ouvrière (1951-1957), Prêtre d'aujourd'hui (1958-1966), Prêtres et laïcs (1967-1973), Dossiers « Vie ouvrière » (1979-1990), Vie ouvrière (1979-1990) et VO (1990-1997), qui, en fusionnant avec Les Carnets de VO (1996-1997), devient Recto verso (1997-2004).

VO s'adresse à un public scolarisé et engagé : intervenants et militants des milieux communautaires et syndicaux, journalistes, étudiants, recherchistes et, plus généralement, les individus préoccupés par les changements sociaux.

La nouvelle formule magazine adoptée par VO vise toutefois à une diversification tant de la forme que du ton. Des textes d'analyse substantiels côtoient les chroniques plus courtes dans une facture graphique plus illustrée et colorée que celle de Recto verso.

Le tirage de VO se situe entre 2000 et 5000 exemplaires.

FONTAN, Jean-Marc, « Souvenirs de Recto verso », Possibles, vol. 30, no

Éditeur :
  • Montréal :Jeunesse ouvrière chrétienne :1990-1997
Contenu spécifique :
novembre-décembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeurs :
  • Recto verso (Montréal, Québec) ,
  • Carnets de VO
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Références

VO, 1996, Collections de BAnQ.

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ENTREVUE ^MBBE-DÉŒMBBE 0fi3 • 3,955 1996 2W ' PORTRAIT .Thérèse Gagnon à ST-LÉONARD-DE-PORNEUF Agir oar Dlaisir JACQUES GRAND MAISON » et r«empowerment> u^ .Pour le prixTd'un abonnement pour unran et Karen Young pour la vie ■ 0 fc» ** Une offre à choix multiples .- □ J'offre l'abonnement à VO et le disque de Karen Young à une personne qui m'est très chère.et vous lui souhaitez Joyeux Noël pour moi ! □ Je me fais un cadeau et désire profiter personnellement de cette offre ! Vous m'envoyez le tout chez moi.□ Je sépare le cadeau en deux.J'abonne un-e ami-e a VO, mais vous m'envoyez le disque de Karen Young chez moi (promis, j'inviterai mon ami-e à l'écouter chez moi.) Joindre un chèque au montant de 23$ a l'ordre de VOe\ postez au 1215, rue de là Visitation, bur.101, Montréal (Québec) H2L 3B5 Si vous désire; plus de détails sur cette offre, communiquez avec nous au (514) 523-5998 19 ou par fax au (514) 527-3403.Prévoir trois semaines pour les délais de manutention.Abonnement à VO pour Noël Nom: i,*V 'w^i\ Adresse: Code postal: Coordonnées du destinataire du disque si différentes Nom: Adresse: Code postal: Si nécessaire, nom de la personne qui offre l'abonnement: VO joindra un joli carton « Joyeux Noël » identifiant la personne qui offre ce cadeau. r^ 0mma'bE fVOTO OANEL S -IBGMJLT PHOTO BSBNAFID JEAV PORTRAIT 6 Thérèse Gagnon Agir par plaisir Conseillère municipale, Thérèse Gagnon pense globalement et agit à St-Léonard-de-Portneuf, dans un petit village où être nouvelle venue a des avantages comme des inconvénients.À l'ordre du jour, elle met toujours l'environnement.De la danse à la «militance».cette leader modeste et silencieuse s'engage avec son plaisir et son innocence.ENTREVUE La genèse de \'«empowerment» selon Jacques Grand'Maison 12 L'uempowerment», c'est donner du pouvoir aux gens.Ce concept moderne existait déjà dans l'engagement de Jacques Grand'Maison auprès des jeunes chômeurs-ses de Saint-Jèrôme, dans les années 50.Grand'Maison a partagé sa vie entre un «empowerment» qui peut mener à l'autogestion, et des rapprochements génèrationnels qui urgent.DOSSIER 22 Jeunes et syndicats Ce n'était qu'un début.L'image du syndicalisme vieillit, ses membres aussi.Certains-es jeunes sont à des lieues de ces institutions; certams-es autres veulent transformer les façons de faire; d'autres encore, minoritaires, s'engagent et découvrent structures et traditions.Que peuvent faire les syndicats pour les jeunes qu'ils rejoignent encore9 Peut-on rajeunir le syndicalisme en rejoignant les précaires?EDITORIAL: Créateurs d'emplois7 4 PHOTO-REPORTAGE: Noir et blanc 17 VIE ET CULTURE: Le patrimoine vivant 18 VIE ET CULTURE: Recel de livres 20 LIRE: L'histoire sur papier couché(e] 21 TOUR DU QUÉBEC: La route de Waskaganish 37 SUR LA PLANÈTE: L'esclavage contemporain 38 EN MOUVEMENTS: Le métro inhumain 40 COURTES ET SUCREES 42 £5 VOest un magazine d'intérêt général et un magazine alternatif d'information, de réflexion et d'enquête qui traite des conditions de vie et de travail, des luttes, de la culture et des aspirations du monde populaire.VO s'adresse aux militants-es, aux interve-nants-es des milieux populaires et à tous ceux et celles qui aspirent à des changements sociaux.Fondé en 1951 à titre de revue de l'Action catholique ouvrière, VO a évolué au fil des ans pour devenir un magazine indépendant, qui s'inspire des différents courants émancipateurs.Les articles publiés dans VO n'engagent que leur-s auteur-e-s.Conseil d'administration : Guy Biron, Anne-Marie Brunelle, Marianik Gagnon, Raymond Langevin, Daniel S.-Legault, Clotilde Lemay, Monique Tremblay Comité de rédaction : Louis Brillant, Diane Brulotte, Jacques Collin, Chantai Desjardins, Guillaume Dostaler, Abdelhamid Gmati, Françoise Guay, Stéphane Mongrain, Julie Perreault, Karen Ricard Collaborations régulières: Nicole Brais, Pierre Viau.Rédacteurs en chef: Jean Robitaille et Daniel S.-Legault.Coordination, promotion, publicité : Jean Robitaille Direction artistique, secrétariat de rédaction, montage des couvertures: Daniel S -Legault.Gestion des abonnements et traitement de textes: Ginette Gaudreault.Mise en pages: André Leclerc Représentation publicitaire: Réseau international (514) 722-7708.Édition: Revue Vie ouvrière inc.Impression: Imprimerie d'Arthabaska inc.Distribution : Messageries de presse Benjamin.Fréquence de parution : 6 numéros par an Photos couverture : T.Gagnon, par D.S.-Legault.J.Grand'Maison, par B.Jeay.Jeunes et syndicats, par Y.Provencher.Grille de tarifs d'abonnement: Individu ou groupe populaire: 23$/an ou 40$/2ans.Institutionnel : 32$/an.Soutien : 35$/an.Étudiant ou sans emploi : 15$/an.À l'étranger (par avion), individuel : 30$/an.À l'étranger (par avion), institutionnel: 40$/an.Un numéro seulement: 5,35$ (incl.frais de poste).La distribution de VO est certifiée par l'Agence de vérification de la distribution par assermentation (AVDA).VOest membre de la Société de développement des périodiques culturels québécois (SODEP).Ses articles sont indexés dans le répertoire analytique de presse Repère.Dépôt légal à Ottawa et à la Bibliothèque nationale du Québec.ISSN 0849-035X.Envoi de publication, enregistrement n°0220.Parution: n°263, 1"' novembre 1996.VO 1215 Visitation, bureau 101, Montréal (Québec), H2L 3B5 Téléphone: (514) 523-5998, télécopieur: (514) 527-3403 r^oiToBi*1- Dix hommes d'affaires prospères composent la majeure partie du croupe sélect des «invités particuliers» de Lucien Bouchard au Sommet socio-économique.Leur prospérité tient à une chose: ils engrangent les profits plus vite que donovan bailey brûle le cent mètres.Mais leur bilan «emploi» est pitoyable.V A eux seuls, ces dix fleurons de l'industrie et de la finance au Québec ont réalisé huit milliards S de bénéfices au cours des deux dernières années, soit bien plus que les déficits annuels du Gouvernement du Québec.Et ces somptueux pdg n'ont pas créé un seul emploi.En fait, ils sont responsables de la perte directe de mille emplois.Dans la "nouvelle économie., les emplois se font rares.La croissance est là, lente mais stable.Et pourtant les emplois disparaissent.Les grandes entreprises, engagées dans de grandes opérations de rationalisation, procèdent à des licenciements massifs et concentrent leurs investissements sur le marché financier.Les profits sont au rendez-vous.Mais ils servent à acquérir de nouvelles entreprises plus qu'à créer des emplois.La bourse réagit d'ailleurs favorablement à chaque annonce de licenciement massif! UNE PRESCRIPTION COLLECTIVE L'appât du gain a toujours mu les décisions d'affaires.Pendant longtemps, la grande entreprise fut pourtant le moteur de l'emploi.Cela venait par voie de conséquences.Chaque nouvel investissement se traduisait par de nouveaux emplois.Mais le monde a changé, comme se plaisent à nous le dire les chantres de la «nouvelle économie».Si ces grandes entreprises ne sont plus créatrices d'emplois, pourquoi alors devrait-on leur accorder un statut particulier dans la définition des stratégies de relance de l'emploi?Au Sommet du printemps, Jean Coutu s'est vu confier par Lucien Bouchard le «Chantier sur l'emploi».Ses performances en matière d'emploi justifiaient-elles une telle reconnaissance?Malgré des profits de plus de 69 millions $ depuis deux ans, le Groupe Jean Coutu a réduit son personnel de 12%.Son leadership, ou sa vision, lui valait-il un tel honneur?La Presse du 20 septembre dernier rapportait l'inquiétude gouvernementale devant le cheminement brinquebalant des travaux du comité présidé par le pharmacien-homme d'affaires1.Il ne s'agit pas de nier au monde des affaires son droit de participer activement au débat public.Encore moins de le conforter dans une attitude de déresponsabilisation face au défi de l'emploi.Mais prenons bonne note que croissance soutenue et bénéfices importants ne riment plus avec emplois.La possible compassion de ces dirigeants pour le dra- Création d'emplois?QUAND LES CHIFFRES PORTENT CONSEIL.JEAN ROBITAILLE me des sans-emploi se bute aux nouvelles règles du marché.Le même Jean Couru, celui qui nous assure "qu'on trouve de tout dans ses pharmacies, même un ami», a confié à une Françoise David incrédule que son coeur était avec elle mais qu'il ne pouvait endosser publiquement sa campagne pour faire retirer les coupures dans l'aide sociale.DES IDÉES CONTRE LE FATALISME 30% de la population active du Québec n'a pas accès à un emploi.Des mesures concrètes portant sur le partage du travail peuvent influer favorablement sur l'inventaire d'emplois disponibles.L'entreprise responsable» est un modèle qui, en échange d'avantages fiscaux, s'engage à investir dans le personnel et la collectivité, au lieu de se restructurer sans cesse en vue d'augmenter la marge de profits à court terme.Bien encadrée pour éviter d'être un simple fourre-tout de programmes d'employabilité, l'économie sociale pourrait ouvrir de nouveaux débouchés.Toutes ces initiatives requièrent une intervention directe de l'État.Par ailleurs, et si nécessaires soient-elles, ces diverses mesures n'arriveront à résoudre que bien partiellement la -crise de l'emploi».Plus de 500 000 personnes sont en quête d'un emploi au Québec.Les plus récents scénarios gouvernementaux quant à la réduction du temps de travail évoquent la création de 17 000 à 20 000 emplois dans le secteur prive.m.'"^« dont 1 500 seulement risqueraient d'être occupés par des prestataires de la sécurité du revenu2.Ajoutons les quelques milliers d'emplois que l'économie sociale pourrait générer.On demeure bien loin du compte.POUR UNE PONCTION FISCALE Le débat de la redistribution de la richesse est inévitablement posé.Si dans la "nouvelle économie» les milliards de profits des grandes entreprises n'arrivent plus à créer d'emplois, l'État doit s'en charger.Ce n'est pas une hérésie que de prétendre que la ponction fiscale sur ces profits doit être plus élevée qu'elle ne l'est actuellement: c'est un choix de société.Rendons disponible une partie de ces sommes à des fins d'investissement régional pour les entrepreneurs pleins de projets mais en mal de capital.Consacrons en une autre à l'allégement du déficit.Et assurons-nous qu'il en reste assez pour retisser un filet social dont les mailles s'étirent à un rythme affolant.^7, 1 -Avec un sentiment d'urgence, l'entourage de Lucien Bouchard décida récemment d'encadrer plus étroitement les réflexions du comité du pharmacien Jean Couru, chargé de faire des suggestions pour favoriser la création d'emplois.Homme d'affaires prestigieux, M.Coutu n'était guère familier avec le cheminement d'un comité qui avait à dresser l'agenda du gouvernement -Denis Lessard, La Presse, 20 septembre 1996.2 Aménagement et rfiturtim du temps de tra\ail.Sommant des recommandations du conseil executif et ilu comité interministériel Analyse d impact sur le secteur prive.4 septembre 1996.Dix invités particuliers de Lucien Bouchard au Sommet socio-économique Nom du pdg et de l'entreprise Salaire et primes (annuel) Bénéfices nets de l'entreprise (94-96) Bilan création d'emplois (94-96) Laurent Beaudoin, Bombardier.19 100 317$ .549 millions $.2 000* Pierre Péladeau, Québécor.1 097 300$ .274 millions $.300* Charles Sirois, Téléglobe.532 500$ .187 millions $.(621) Jacques Bougie, Alcan.2 626 719$ .879 millions $.(1 545) Jean Coutu, Groupe leon Coutu.378 000$ .69 millions $.(98) André Bérard, Banque Nationale.970 466$ .462 millions $.453 Brian M.Levitt, Imasco.1 839 015$ .1 052 millions $.(681) Ronald Y.Oberlander, Abitibi-Price.non disponible.217 millions $.(56) |ohn Cleghorn, Banque Royale.1 867 692$ .2 431 millions $.(516) Matthew W.Barrett, Banque de Montréal.2 511 953$ .1 811 millions $.(291) Total.30 923 962$ .7 931 millions S.(1 055) * Selon les estimations fournies par la direction des ressources humaines de ces entreprises Tableau produit par |ean Robltallle Sources: Rapports annuels des entreprises, Les Affaires/Les SOO, édition 1995, Les Aftaires/Les 500, édition 1996, Commerce, août 1996 x en r rx m LU U UJ a tu Œ m LU > o z m eu o > R 10 0) en oc m LU u Œ D S LU > O z CD eu o > THERESE GAGNON Agir par plaisir à St-Léonard-de-Portneuf «Recardez ce qu'on a à St-Léonard» lance, de façon machiste, l'ancien MAIRE DU VILLAGE EN PARLANT DE THÉRÈSE GaCNON.PREMIÈRE FEMME À SIÉGER AU CONSEIL MUNICIPAL, DEPUIS LA CONSTITUTION DU VILLAGE EN 1 899, ELLE AURAIT PU S'OFFUSQUER, DÉMISSIONNER, FAIRE SCANDALE.Au CONTRAIRE, ELLE A RENVERSÉ LE MIROIR.«QuAND LES CONSEILLERS FONT CE GENRE DE FARCE, |E LEUR EN REMETS UNE TOUT DE SUITE», LANCE-T-ELLE RIEUSE.«MON PLUS GRAND PLAISIR, C'EST DE MONTRER AUX CONSEILLERS QUE LES FEMMES N'ONT PAS |USTE UN BODY.» JULIE PERREAULT PHOTOS: DANIEL S.-LEGAULT A 36 ans, Thérèse Gagnon a déjà cinq années d'expérience en politique municipale.Elle n'a rien d'une jeune politicienne carriériste.Femme de convictions, d'enracinement, Thérèse a fait ses classes dans des groupes de pression.Son profil ressemble à bien des femmes actives dans les municipalités québécoises.Engagée avec les jeunes, intéressée par la pédagogie et l'environnement, professeure de biologie, ce n'est pas une volontariste.Femme d'équilibre, l'implication sociale a toujours été partenaire de la danse, de la joie de vivre.«Comme il faut militer, il faut s'occuper de son corps», me dira-elle.L'AUTRE POUVOIR En 1990, des femmes de St-Léonard lui ont demandé de se présenter comme conseillère.«Elles sont venues le dernier jour de la mise en candidature.Je les avais rencontrées lors d'un atelier sur les femmes et l'environnement, donné par Recyclage Portneuf où je travaillais.Elles voulaient que les préoccupations environnementales et féminines soient plus présentes au conseil.» Thérèse accepte alors sur-le-champ.Son engagement à St-Léonard-de-Portneuf, près de Québec, ne se limite pas aux réunions du conseil.Responsable du comité d'urbanisme, elle s'implique dans le comité Villes et villages en santé.Récemment, un préau a été réalisé, sorte d'immense kiosque en plein air.Primé par le gouvernement du Québec, on imagine déjà les rassemblements estivaux du village.«Je ne m'implique pas parce que c'est important», me lance-t-elle, «je le fais parce que c'est Yfun- Bénévole pour l'organisation du Festival du lin, on la retrouve toutes les semaines au comptoir du prêt de la bibliothèque.«Ça me permet d'apprendre les noms du monde du village.C'est un lieu de rendez-vous où le monde vient placoter.» PLAISIRS DU POUVOIR Il est rare qu'une femme accepte de parler du pouvoir en lui associant la notion de plaisir.Thérèse le fait simplement.«J'ai beaucoup de plaisir à être conseillère.J'apprends beaucoup en urbanisme, le deuxième dossier en importance après la voirie.» Habituée des lieux de «contre-pouvoir», elle avoue que «c'est plaisant d'être du côté du pouvoir.Tu vois l'autre facette.Il faut faire des priorités avec l'argent du monde.On se doit d'être transparent- Mairesse?Elle n'y pense pas pour l'instant, ses deux filles sont encore jeunes.n r z z LU _" ■LU Q LU Œ X s LU > O n ■ H > 10 en n LU m LU U -LU Q LU Lt m LU > o z CD eu o > QUEBECOISES ET POLITIQUE MUNICIPALE «Les femmes élues dans la présente décennie sont plus jeunes que leurs consoeurs des années 80 et ont de plus jeunes enfants», soutient Evelyne Tardy, spécialiste de la question et professeure à l'UQAM.En 1995, les mairesses dirigeaient 9,3% des mairies, soit 6 fois plus qu'en 1980 (1,5%).Les conseillères occupent maintenant 19,9% de tous les sièges des conseils municipaux du Québec, une hausse de 16% en 15 ans1.La région de la Côte-Nord a le niveau de représentation féminine le plus élevé du Québec, avec 30% de femmes conseillères.C'est dans le Bas-St-Laurent qu'on compte le plus grand nombre de mairesses: elles sont 20 femmes, à la tête de 15% des mairies.Ces deux régions possèdent un Club politique féminin qui informe et démystifie la vie politique.Dans la MRC de Portneuf, la proportion de conseillères est même inférieure à la moyenne québécoise atteignant 17%.AU SERVICE DU MILIEU Rappelons que ce n'est que depuis 1974 que toutes les femmes du Québec ont le droit de voter dans les municipalités.À partir de 1941, les femmes propriétaires ou mariées à un propriétaire peuvent briguer des postes au niveau municipal.Ces restrictions tomberont aussi en 1974.Dans diverses études2 portant sur la vie politique municipale, on remarque une plus grande participation des femmes dans les milieux ruraux et les petites municipalités.On explique cette situation par la meilleure connaissance des contenus et des gens du conseil, la possibilité de joindre vie familiale et politique et la moins forte concurrence entre les candidats-es.On constate que la plupart des mairesses sont entrées en politique à la demande de leurs con-citoyens-nes.Elles s'en servent rarement comme tremplin politique mais le voient surtout comme un enracinement dans leur milieu, J^ 1 Ministère des Affaires municipales, décembre 1995.2 TARDY, Evelyne et al., femmes et Pouvoir, 1995; La politique: un monde d'hommes?Une étude sur les mairesses au Québec, 1982.Pas le goût non plus de compromettre ses principes.«Être maire, c'est un échelon de plus dans le pouvoir.Il y a beaucoup de lobbying.Faut que tu ailles à des soupers chers.Ça sent la prostitution pas loin.» Thérèse Gagnon affirme être restée fidèle à sa motivation environnementale.Pas toujours évident dans une localité de 1 050 habi-tants-es.«Au-delà des idéaux, y'a le vécu du monde.T'es proche du monde au niveau municipal.» Cela ne l'a pas empêchée de promouvoir un projet d'assainissement des eaux.Plus dispendieux mais plus efficace que le service de la coopérative d'égoûts.La coopérative, vieille d'une vingtaine d'années, était formée par une cinquantaine de Léonardois-es.Grâce à un emprunt à la municipalité, la coop a installé un réseau d'égoûts se déversant dans la rivière.Les membres, ayant remboursé la dette, payaient seulement pour les réparations, environ 50 dollars par année.EN EAUX TROUBLES Pour le conseil municipal, assainir les eaux usées devenait prioritaire.Thérèse aurait aimé que St-Léonard développe un projet pilote comme à Stoke, dans l'Estrie, où les eaux d'égoûts sont filtrées par un marécage artificiel.Au ministère, on a refusé: St-Léonard est dans une région trop «nordique» pour la survie des plantes marécageuses.Le conseil a donc choisi de se relier au système d'assainissement de St-Ray-mond.La facture sera de 400$ à 500$ par propriété.Certains-es citoyens-nes ont interpellé leur conseillère: «Fais-nous pas chier avec l'environnement!» Mais Thérèse, tout en louant les efforts de la coopérative, a démontré la pertinence de leur projet.«Le plus étonnant, c'est que les réticences sont venues des 40-50 ans et non des personnes âgées.» L'intérêt de Thérèse Gagnon pour l'écologie remonte à ses études collégiales, à Chicoutimi sa région natale.Inscrite en biologie à l'université, son parcours est dévié.Elle danse alors avec les Fa- randoles, une troupe régionale.Certaines danses «osées», dont le french cancan, choquent sa mère qui lui lance un ultimatum: «Tu danses et tu t'en vas, ou t'arrêtes de danser, pis tu restes à la maison.» Elle quitte la maison et est embauchée comme animatrice auprès de jeunes.Trois ans plus tard, elle part à Montréal poursuivre ce travail.Ce n'est qu'une fois installée à St-Léonard, en 1984, qu'elle renouera avec la cause environnementale.Après la naissance de sa fille Marion, elle prend sa carte de membre de Recyclage Portneuf. Le groupe était essoufflé.«Le comité faisait surtout de la sensibilisation au recyclage.Mais si tu sensibilises, faut que les gens aient un endroit pour recycler le papier.» Pragmatique, son arrivée permet de relancer le groupe.«Le comité était "timide".Moi, je croyais à l'appui des municipalités, mais il fallait créer une structure régionale où elles auraient leur mot à dire.» C'est son premier contact direct avec le monde municipal.LOIN DU TERROIR Pour cette Léonardoise d'adoption, c'est un avantage et un obstacle de ne pas être née dans la région.Même si elle y vit depuis 12 ans, pour plusieurs citoyens-nes, elle «ne connaît pas la place».D'autres le voient comme un avantage, la «distance» facilitant les décisions dans les conflits du village.C'est peut-être cet éloignement géographique qui lui a permis de faire face à la vérité, et à un conflit personnel.«On s'implique toujours pour nous-mème: pour obtenir de la reconnaissance ou pour fuir des problèmes personnels.» Et, simplement, elle me confie: «Moi aussi je fuyais.Je pensais que j'avais réglé mon problème d'inceste.» Une psychothérapie plus tard, elle en parle avec une certaine sérénité: celle du secret délié.Thérèse Gagnon, dans toutes les facettes de sa vie, a voulu être partie prenante des décisions qui la concernent.Ne pas avoir à subir.«J'ai toujours cherché à avoir une prise sur ma réalité.Si je peux changer quelque chose, j'essaie de le faire.» Qu'elle s'occupe d'urbanisme ne surprend pas.C'est l'évolution du milieu de vie qui est en cause et Thérèse tente d'y mettre sa pierre.De la construction des maisons à l'aménagement des lieux publics, on s'intéresse même à la conservation des ressources.Thérèse Gagnon en a fait une de ses priorités, lors de sa campagne électorale de 1995.Le défi est intéressant surtout dans une région d'agriculture et d'exploitations forestières comme St-Léonard.Lors de cette réélection, des amis-es lui ont conseillé d'écrire aux citoyens-nes du village.Une occasion pour dresser un bilan des réalisations et annoncer ses priorités.Le message est concis, à l'image de Thérèse Gagnon.Elle mérite ce commentaire d'un collègue conseiller: «Ce que j'aime chez toi, c'est ta franchise.Tu es directe: il n'y a pas de cachette.» LEADER SILENCIEUSE Femme de patience, Thérèse Gagnon s'investit sur du long terme.«Je m'engage à mettre une petite pierre pour faire un monde plus civilisé.C'est tellement vaste, je me disais "ça va prendre du temps".Même si mon action n'aboutit pas à un changement total, mon action fait grandir l'âme de l'humanité.11 y a une énergie qui reste, un peu comme c'est le cas avec la mémoire qu'on garde des morts.Ce qui a permis à Thérèse Gagnon de garder le cap, c'est une équipe de gens qui lui ressemblent et se voient régulièrement.«C'est essentiel de faire le point.N'importe quel engagement arrive à un cul-de-sac.L'équipe permet de garder l'humilité, de trouver le souffle pour continuer.» Thérèse Gagnon ne s'est jamais prise pour une leader.«J'en connaissais du monde qui avaient plus de verve que moi.J'étais différente.J'écoutais beaucoup, j'observais, puis j'intervenais.Je faisais mes commentaires dans le sens d'enrichir ceux des autres.» On pourrait la décrire comme une leader positive.Créative, nuancée, cette approche la sert dans sa petite localité rurale.^7, CD r en m 5 ■ UJ > o 2 n ru O > Ronald Corey surveille de près son alimentation.Ronald Corey, président du club de hockey Canadien Le président du Canadien s'est intéressé de très près à l'alimentation du nouveau temple du hockey qu'est le Centre Molson.D'autant plus près que de subvenir aux besoins énergétiques d'un édifice de 90 000 m?n'est pas une mince affaire.Le Centre Molson, électrique à plus de 80%, fait ainsi appel à un ensemble de technologies performantes permettant d'optimiser les systèmes énergétiques.Climatisation variable selon l'assistance, récupérateurs de chaleur, informatisation des contrôles d'éclairage, réglage de l'air frais, utilisation de génératrices d'urgence, tout a été minutieusement considéré dans les études de rentabilité.Cette nouvelle approche de la consommation d'énergie, développée de concert avec une équipe de spécialistes, constitue un exemple éloquent de gestion intégrée de l'énergie.La conception exceptionnelle de l'éclairage supprimant les effets d'éblouissement confirme avec brio la vocation de salle de spectacles du Centre Molson.Outre le rapport efficacité/consommation inédit dont il bénéficie, le domicile du Canadien est en mesure d'offrir à ses visiteurs des niveaux de confort et de sécurité remarquables.De toute évidence, Ronald Corey et son équipe ont tout en main pour bien gérer leur énergie et électriser les foules.Parce que, chaque jour, l'électricité fait marcher les affaires.a* Hydro Québec Ne manquez pas dans le prochain numéro.Janvier-février 1997 u ™ PORTRAIT André Laurin LEPÈREDESACEFS ENTREVUE: Renée Houde Le MENTORAT.pour la suite du monde DOSSIER: Le passé, le présent, et le futur de L'ALÉNA VO vous sonde! Depuis plusieurs années, et suite à de nombreux commentaires, le conseil d'administration s'interroge sur le nom du magazine et souhaite vous associer à ce questionnement.VO et Vie ouvrière sont des noms qui ont vieilli et ne correspondent plus à la diversité des sujets abordés dans le magazine et qui font même obstacle pour intéresser/rejoindre de nouveaux lectorats.Quel nom refléterait le mieux notre identité actuelle?Quel nom nous suggéreriez-vous?Faites-nous connaître vos suggestions d'ici le 10 décembre par téléphone: (514) 523-5998, par télécopieur: (514) 527-3403, ou par courrier à l'adresse suivante: 1215 Visitation, bureau 101 Montréal, Québec H2L 3B5 I LE MAGAZINE DE VIE OUVRIERE V O z m m m o > E V U LA GENÈSE DE V«EMPOWERMENT» selon Jacques Grand'Maison HAMID LAÏDAOUI PHOTOS: BERNARD |EAY Le concept moderne d'-empower-ment» existait déjà dans l'engagement de Jacques Grand'Maison auprès des jeunes chômeurs-ses de Saint-Jérôme, dans les années 50.Il se rappelle que, jeune universitaire, issu d'une famille modeste, il a commencé sa pédagogie de ]'em-powerment" dans les tavernes et les salles de billard, expérience qui va lui servir pour développer une expertise de recherche sociologique aujourd'hui enseignée à l'université.Dans le contexte de l'après-guerre, dans la ville industrielle de Saint-Jérôme, sévissaient le chômage et le désoeuvrement à cause des mises à pied dans les deux principales manufactures.11 fallait insuffler un mouvement de solidarité et de dignité à des gens mis en chômage par les manufactures de textile et de chaussure, tombées en désuétude.Lorsque la Chambre de Commerce demanda à notre sociologue de terrain de donner des cours de personnalité à ces chômeurs-ses, il a trouvé l'idée un peu farfelue.11 n'avait pas compris tout de suite que c'était pour donner un lieu d'expression à ces chômeurs-ses.Jacques Grand'Maison nous dit: «"Expression" veut dire "sortir la pression".» Et ce qui l'a surtout motivé, c'est toute l'humiliation subie par son père auparavant, victime lui aussi des mises à pied de ces mêmes manufactures.L'INITIATION De ces expériences, il a tiré une grande leçon: les gens concernés individuellement et collectivement n'ont plus besoin de vous comme guide ou éducateur.Ils deviennent à leur tour des agents de V-cmpowrnnait- dans leur propre milieu.Un chômeur ne lui a-t-il pas dit, après le cours de -personnalité": Jacques, tu nous a aidés à sortir la tête d'entre les jambes; là on est debout.Laisse-nous aller.» Le souvenir le plus marquant est celui de ce jeune chômeur, rencontré dans une taverne, qui bégayait, avait des problèmes d'alcool et possédait à peine une 6e année.Bientôt, il a réussi à surmonter ses handicaps, à régler son problème d'alcoolisme, à reprendre sa scolarité, à se recycler dans un métier.Il s'était épanoui grâce à \' o z n B CVJ D > IS ft^XoûûcDm Revue mensuelle, 35,00$ par an Fondée en 1917 !M/\rriorMAi_E • Sociale économione culturelle inrlencnrlantiste 1259, rue Berri.bureau 320, Montréal H2L 4C7 Tél.: 845-8533 • Des faits, des idées et des solutions • 1 600 pages par année • Plus de 200 collaborateurs • Indépendante des partis politiques On pourra financer adéauatement l'éducation Quand les entreprises contribueront éouitablement au régime fiscal.A Alliance des professeurea et professeurs de Montréal (CEO) L0 a en S m u LU Q LU cr m LU > o z CD ai O > FTQ Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec ,AH"£ 545, boulevard Crémazie Est 17e étage Montréal (Québec) H2M 2V1 Téléphone: (514) 383-8000 Télécopieur: (514) 383-8001 HULL (819)777-5441 JONQUIÈRE (418)699-0199 MONTRÉAL (514)383-8000 QUÉBEC (418)623-8713 RIMOUSK1 (418)722-8232 ROUYN (819)762-1354 SAINT-JÉRÔME (514)431-6659 SEPT-ÎLES (418)962-3551 SHERBROOKE (819)562-3922 TROIS-RTVIÈRES (819)378-4049 P H-*T^- REPORTAGE Noir et blanc PHOTO: GUNTHER GAMPER co a r ■ u i_ o m cr r UJ > z n ■ H > IV I lu II \t \U \R « Le patrimoine vivant LA VIE DES TRÉSORS entrevue avec Gilles Garand STÉPHANE TARDIF En ce temps de l'année où le folklore est plus volontiers sollicité, Cilles Garand, qui le défend à l'année longue, nous parle du concept de patrimoine vivant.tC cri en UJ tr m ai u a CD LU > a z OJ o > Le mot folklore nous vient de l'anglais et signifie science du peuple (folk-peuple et /ore-science).Si le premier sens du mot désigne l'ensemble des productions culturelles, il peut également signifier la manifestation d'un pittoresque superficiel.Pour Gilles Garand, le mot folklore tend aujourd'hui à se colorer négativement du second sens, celui de folklorisé avec tout ce qu'il comporte de «cheap» et de «quétaine».Il lui préfère donc le terme de musique traditionnelle et, de façon plus large, de patrimoine vivant.Patrimoine: pour l'héritage et ce qui nous vient de l'histoire et de la culture populaire.Vivant: afin de souligner qu'il s'agit de personnes, et marquer qu'il n'est nullement question d'attendre leur mort avant d'en tirer les enseignements! La fondation du Conseil québécois du patrimoine vivant date d'octobre 1993.Le souci de l'organe d'information du Conseil, le bulletin Paroles Gestes et Mémoire, est d'assurer un certain équilibre entre les différents champs: facteurs d'instrument, oralité (conte, légende, devinette), expression (danse, musique et chanson), arts populaires et agréables (patenteux, cuisine), arts textiles, métiers du bâtiment et métiers d'art.Conseil québécois du patrimoine vivant Direction générale C.P.1442, Québec (Québec) C1K7C7 IDENTIFIER Concrètement, la tâche première du Conseil québécois du patrimoine vivant tourne autour de l'effort identitaire: trouver qui fait quoi.En d'autres mots, il s'agit, à partir d'un savoir-faire donné, héritage de nos ancêtres, d'identifier les porteurs-ses actuels de la tradition.À Montmagny, par exemple, on peut penser aux facteurs d'accordéon que sont Marcel Messervier et Raynald Ouellet.Le rêve ultime de Gilles Garand est de faire reconnaître et mettre en valeur des trésors vivants à l'instar de ce qui se fait au Japon.Au Japon, précurseur en la matière, les gens reconnus trésors vivants bénéficient d'une bourse à vie afin qu'ils reçoivent des apprentis dans leur atelier.Ainsi, il existe un atelier où se perpétue le savoir-faire de la teinture indigo.Depuis deux ans, la France emboîte le pas au Japon en reconnaissant des artisans transmetteurs de manière à ce que le culturel ait des retombés économiques.L'idée part des travaux de l'UNESCO, et d'une recommandation de 1993, avançant que le patrimoine ne comporte pas seulement des pierres et des édifices, mais également des personnes.Suite à ce travail favorisant l'identi- À La grande rencontre, un public de tous les âges.fication des porteurs-ses, des cher-cheurs-es et des diffuseurs-ses, il est enfin possible d'élaborer des structures maîtres-apprentis-es prometteuses.DE L'ITN À L'AUTRE Gilles Garand prend le soin d'affirmer que le travail identitaire réalisé au sein du Conseil québécois du patrimoine vivant n'est pas unique: • Nous ne sommes pas les seuls à effectuer le travail.En raison de la mondialisation, d'autres le font sur leur territoire.Par exemple, Robert Bou-thillier, qui est un ethnologue québécois, procède en Bretagne à l'identification et à l'inventaire du patrimoine breton pour DATSUM, un organisme communautaire.Le centre d'archives populaires de Resnes, partie intégrante du DATSUM, offre la possibilité de reproduire des enregistrements sur cassettes et de photocopier des partitions.» Le but avoué de cet accès dé- PHOTU GUNTVER GAK*>EB mocratique est de favoriser une mémoire multiplicative.«Le patrimoine vivant, ultimement, est contre une définition étroite et intangible de la culture en dévoilant la vie derrière l'image.Il faut faire ressortir l'apport du coeur qui est l'essentiel du quotidien», nous explique encore Gilles Garand qui renchérit en narrant comment, dans un atelier sur la turlute lors du festival Mémoire et racines, la tradition de l'oralité opère sa magie.«C'est en écoutant, dans l'oralité donc, qu'est découvert l'autre.Le passage, de l'un à l'autre, comporte une bonne part de création et d'amalgame qui ravivent la tradition, la font renaître!» La quatrième édition de La grande rencontre avait lieu sur quatre jours en juin dernier, à Montréal.Le choix des dates de ce festival de musiques et de danses traditionnelles québécoises s'est fait en prévoyant de clôturer par un feu de la Saint-Jean.Gilles Garand se dit très à l'aise avec les différents temps forts qui ponctuent l'année en lien avec les saisons et les fêtes qui les célèbrent.Mais Suggestions pour s'aventurer en folklore-fusion récent Raoul, Coolklez (Mosaïque, distribution Analekta).Ce quatuor québécois joue le klezmer, mélange de musiques d'Europe de l'Est que l'immigration a emportées dès les années 20, lors de fêtes et mariages pour la communauté juive québécoise.Croovy Aardvark, Vacuum (MPV, distribution Sélect).Ce groupe d'origine longueuilloise a développé depuis une dizaine d'années un son devant autant au hardcore qu'au métal.Question folklore, ils ont deux pièces sur cet album: Boisson d'avril, avec des invités de La Bottine Souriante, et Le p'tit bonheur de Félix Le-clerc, version piment fort.Michel Faubert, Carême et Mardi Cras (Mille Pattes, distribution Sélect).Un conteur à qui l'on doit de sauver de l'oubli les complaintes.Ce disque a également le mérite de donner à entendre des noms à connaître pour leur projets propres: Les Charbonniers de l'enfer (quatre voix a capella, dont Faubert), La Bottine Souriante et Alain Lamontagne.Henri Band, // (MPV, distribution Sélect).Ce jeune quintette mêle avec beaucoup d'habileté le rock'n'roll et les différents courants du patrimoine québécois pour faire lever les partys.Ajoutons que les textes ne manquent pas d'imagination et de références historiques.Danielle Martlneau Ci Rockabayou, Bal canaille (Mille Pattes, distribution Sélect).Troisième album d'une force féminine passée par le milieu de la danse folklorique.Accordéonniste et compositrice, elle donne autant qu'elle prend au patrimoine.avec un faible pour la culture cajun.WD-40, Né pour être sauvage (démo autoproduit, disponible à L'Oblique, à Montréal (514) 499-1 323).Influencé par le western et la chanson française à texte, ce groupe punk vient de Chicoutimi.La culture populaire québécoise y est célébrée avec un humour dangereusement corrosif.Jlmmy George, Hôtel Motel (Cargo, distribution Cargo).Cet octette d'Ottawa, un peu à la manière des Pogues (Irlande), balance un roc* aux racines celtiques avec banjo, mandoline, accordéon et instrumentation rock habituelle.Garçons Bouchers, Écoute, petit frère! (Boucherie, distribution Cargo).Actif en France depuis plus de dix ans, ce groupe continue de bousculer la scène alternative.Un vrai cocktail moiotov mêlant hardcore et.musique traditionnelle, voire même médiévale! Vielle à roue, mélodéon, cornemuse etc.il mentionne l'importance de ne pas s'en tenir qu'à cela pour laisser mourir le patrimoine le reste de l'année.L'expérience du festival de la Nouvelle-Orléans, générant une méga affluen-ce venue des quatre coins du monde, fait figure de modèle de fidélité à ses racines.Gilles Garand a visité plusieurs fois le pays cajun.LES INTER INFLUENCES Les origines celtiques de la musique et des danses sont étroitement liées à l'ar- PHOTO NICOLAS BOY rivée massive d'irlandais-es chassés-es par la famine.Les maillages et les mariages entre les gens d'ici et les Irlandaises étaient chose aisée puisque la religion catholique leur était commune.La prochaine édition de La grande rencontre, en juin 97 à Montréal, rendra hommage à cet apport irlandais.Les retombées du patrimoine vivant prennent toutes sortes de chemins et ramifications à la manière d'une source d'eau vive.Une des voies qui émeut le plus Gilles Garand est liée au suite en page 21 CD CD LU CL m 5 LU a Ail Q LU LX m > o z m CD C\J o > lu i * U IB E CO en œ S U a m LU > o z CD CD OJ O > Une librairie d'occasion renferme des milliers de petits trésors cachés.De vieilles éditions épuisées, de beaux livres à prix plus qu'abordables et plus ou moins en excellent état.En bref, on y retrouve des bouquins et des disques compacts dits.d'occasion! Comment se fait-il qu'on y retrouve parfois des éditions qui semblent neuves, des disques tout frais sortis des studios ou même des livres récents.Parfois, on retrouve plusieurs fois le même titre de la même collection de la même année de publication.Un jour, dans une de ces librairies d'occasion, un jeune homme vient vendre des disques compacts et des livres.On regarde, on évalue et on lui dit d'attendre quelques minutes, le temps de faire le compte.Bref, une rencontre habituelle de vente d'occasion par un particulier.Une guerre de librairies LE RECEL DE LIVRES PATRICK GIGUÈRE PHOTOS YVES PROVENCHER, SARI leur qui "pique" pour lui, le kleptomane ou le cassé, me fait moins de tort que le receleur, parce que celui-ci vole mon marché.» UNE RÉGLEMENTATION «Nous sommes dans une économie de marché et de libre concurrence, je ne peux empêcher un libraire d'occasion qui vend des livies achetés honnêtement, mais je ne peux souffrir celui qui achète des produits de recel, il fait du tort à l'industrie du livre dans son ensemble-, nous dit Louise Rochon, directrice de l'Association des libraires du Québec.Alors, y a-t-il une solution au recel?Louise Rochon pense qu'une bonne réglementation, un genre de code d'éthique, serait une solution satisfaisante.«Il faut que les libraires demandent des preuves d'identification rigoureuses.» On rappelle le jeune homme un peu plus tard et une personne lui demande alors d'où viennent tous ces disques de promotion et ces livres non encore vendus en librairie.Cette personne se présente comme un responsable des promotions d'une compagnie de disques et exige des explications.Le jeune homme reste silencieux, puis il bafouille une vague histoire d'ami qui lui a demandé de vendre ces livres et disques, mais que lui ne sait pas d'où ils viennent.L'histoire n'est pas banale.Elle n'est pas courante, mais malheureusement, on l'entend parfois.Livres et disques volés chez le distributeur?Peut-être.De vendre ou d'essayer de vendre le produit du vol, on nomme ça le recel.Une place où on achète du matériel d'occasion, c'est un paradis des receleurs professionnels.«Je perds chaque année environ 100 000$ en vol de livres et disques», me dit sans enthousiasme Raymond Talbot, de la Librairie Champi-gny.«Il est prouvé qu'il se vole plus de livres et de disques, en proportion, que n'importe quel autre produit manufacturé, mais le vo- «Mais nous demandons déjà le nom et le numéro de téléphone des gens qui viennent vendre leurs livres, pour les retrouver», déclare Yves Charbonneau de l'Échange.«Oui, et les gens peuvent dire ce qu'ils veulent, n'importe quel nom, n'importe quel numéro de téléphone», réplique Raymond Talbot.Il faudrait que les vérifications soient plus rigoureuses, demander deux cartes d'identité par exemple, le permis de conduire et la carte d'assurance-maladie.Il faudrait que les libraires de livres d'occasion tiennent un registre de leurs achats de manière sérieuse.Les libraires sont d'accord ■mIHAA'J """ avec ce prin- I f I" '., cipe, il s'agit ^^ | WM de s'entendre pour établir des normes, mais il ne faut pas sombrer dans la vérification à outrance et voir des agents-es de vérification venir dans notre magasin à toutes les semaines, répliquent les libraires d'occa- i!3 LA VIE DES TRESORS suite de la page 19 dialogue intergénération, à la transmission et à l'évolution du leg.Lui-même père de famille, Gilles Garand avoue ne pas connaître plus grande intimité parentale que celle qu'il a en jouant de la musique avec son fils Alexandre: «C'est une complicité extraordinaire que d'exprimer, ensemble, nos révoltes respectives en langage musical.» Alexandre illustre à merveille la dialectique tradition/évolution, puisqu'il joue dans deux types de groupes: «Perdu l'nord», plus versé en musique traditionnelle (Gilles Garand n'a rien du fa- natique croyant en une musique traditionnelle -pure-), et -Orange étrange» qui réalise un cocktail contemporain mêlant funk, jazz et rap.Plus largement, Gilles Garand s'emballe des solidarités, de la chaleur humaine (dont le simple fait de se prendre les mains en dansant) et même, des complicités intergénérationnelles qui sont le coeur des fêtes populaires traditionnelles.Ces fêtes sont des occasions de partage et de découvertes, quand ce n'est pas de maillages nouveaux avec d'autres traditions.«Finalement, dans notre folklore, qui a influencé qui?11 y a probablement la chanson française pour les paroles, les Irlandais pour la musique et même les Autochtones autant pour les pas de danse que pour la musique! Et il y a sûrement des in-ter-influences.» De façon similaire, les courants de fusion des musiques traditionnelles avec le rock, le rap, ou le hardcore contribuent à garder le patrimoine en éveil, et vivant le coeur d'un monde capable de mémoire et d'évolu- tion.' Wj CAP A UX-DIAMANTS, la revue d'histoire du Québec et CONTINUITÉ, le patrimoine en perspective Au Québec, le débat se poursuit sur l'enseignement de l'histoire dans les écoles et les institutions de haut savoir.Par contre, un public, déjà féru d'histoire, trouve son compte dans les revues Continuité et Cap-aux-Diamants, méconnues.L'économique, le culturel, la politique, le religieux, l'artistique: les champs d'intérêts sont larges.La revue aborde plusieurs disciplines, comme l'archéologie, l'architecture, la généalogie, voire même la philatélie, afin de faire revivre la trame historique de notre collectivité.Cap-aux-Diamants s'inscrit ainsi dans la production d'une littérature historique, de celle pouvant constituer un «ouvrage décrivant des Évé-nements passés, une évolution» (Petit Larousse illustré, 1993).Dans Cap-aux-Diamants, on présente un thème spécifique à chaque numéro et des chroniques.S'adressant au grand public, les textes sont très abordables, intéressants et courts.Cette production soignée, sur papier glacé, abondamment illustrée, paraît à chaque saison.Continuité, pour sa part, se voue à l'étude et à la connaissance du patrimoine.Ce dernier désigne un «bien, héritage commun d'une collectivité».Le patri- moine forme un concept global qui inclut tant l'histoire, la culture, la langue d'un peuple que sa géographie naturelle, ses sites archéologiques et son bâti architectural.Ce dernier aspect, d'ailleurs vu en tant qu'élément dynamique, est mis en relief.Ce qui nous vaut une véritable défense et illustration des différents quartiers et types d'habitat humain.De belle présentation, sur papier glacé et abondamment illustrées, notamment de photos d'époque, tant Cap-aux-Diamants que Continuité s'avèrent être des instruments de qualité au service de la collectivité et de l'histoire l'ayant façonnée.Si les vieilles pierres vous rebutent, allez-y voir quand même; le patrimoine peut aussi être contemporain et les thématiques très variées.Cette revue paraît aussi quatre fois par année.V»j Cap-aux-Diamants L'HISTOIRE SUR PAPIER COUCHÉ(E) PIERRE HAMEL ET DIANE BRULOTTE CONTINUITE SA*** r r OC m LU U a.m LU > Q Z n ■ n o > I E JEUNES ET SYNDICATS Ce n'était qu'un début, continuera-t-on le combat?!?L'image du syndicalisme vieillit, ses membres aussi.Ils devront pourtant trouver la FORCE D'ASSURER UNE RELÈVE.L'ADVERSITÉ EST DE TAILLE.L.E PLEIN EMPLOI N'EXISTE PLUS.Et C'EST DANS LE SECTEUR TERTIAIRE, DU COMMERCE, DU TRAVAIL AUTONOME, DES MICROENTREPRISES, QU'ON RETROUVE LE PLUS DE )EUNES, DANS DES EMPLOIS PEU «SYNDICABLES», AUX CONDITIONS SOUVENT DIFFICILES.PLUS SCOLARISÉS-ES, PLUS AMBITIEUX-SES, LES |EUNES NE S'IMAGINENT PLUS PASSER 40 ANS DANS L'EMPLOI DE SUBSISTANCE QU'ILS ONT DÉNICHÉ, ILS NE PRENNENT DONC PLUS LE TEMPS DE s'y ORGANISER.MAIS CERTAINS-ES PARLENT, CRITIQUENT, s'offusquent! de nouvelles formules d'accréditation syndicale sont débattues.certains-es ieunes, minoritaires, s'engagent et découvrent structures et traditions.Que peuvent faire les syndicats pour ces ieunes qu'ils reioignent encore?Peut-on rajeunir le syndicalisme en rejoignant les precaires?la présence des jeunes dans les syndicats a historiquement été cyclique, au gré des fluctuations du marché du travail et de l'embauche.mais depuis 20 ans, la ressource s'épuise.Allergiques à l'arbitraire patronal et à l'iniustice, des ieunes des années 90 osent se syndiquer.moins nombreux-ses, moins «activistes» que leurs ajnés-es, les syndiqués-es de moins de 30 ans ont opté pour le même outil d'organisation.mais pas facile de faire sa place quand on ne represente que 20% des effectifs syndicaux.plus on grimpe dans les instances décisionnelles, plus la moyenne d'âge s'élève.laisse-t-on aux ieunes une voix et du pouvoir pour renouveler les pratiques syndicales?UN DOSSIER COORDONNE PAR JULIE PERREAULT photos couRTcnse csn co en 01 ce m LU o UJ D LU a.m LU > O z m CD O > dan M Ya-t-il encore place pour les jeunes dans nos syndicats?», titrait un article de la revue Travail.en novembre 1963! 33 ans plus tard, la question est toujours d'actualité.Fêtant ses dix ans cette année, le Comité des jeunes de la CSN a voulu retracer le rôle des jeunes au sein du syndicat.Première découverte: la documentation sur les jeunes dans le syndicalisme est rarissime.La seconde: dans les années 50, un comité similaire se préoccupait du peu de place réservée aux jeunes.Il tissait des liens avec d'autres organisations catholiques2, dont la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC).Au début de la révolution tranquille, la JOC va offrir des cours d'éducation syndicale.Plusieurs préjugés circulent parmi les jeunes: «les syndicats, ça fait plus de tort que de bien», «ce sont toujours 1 La revue Travail est devenue l'actuel Nouvelles CSN.2 L'ancêtre de la Confédération des syndicats nationaux (CSN) était la Confédération des travailleurs catholiques du Canada (CTCC), de 1921 à 1960.Au Colloque du Comité des jeunes de la CSN, 1985.des histoires de grève», ou encore «un employé est plus surveillé dès qu'il fait du syndicalisme».Les cours visent donc à démystifier contrat de travail, grève et tribunal d'arbitrage.La pertinence du syndicalisme est débattue.LE BOOM DES JEUNES La fin des années 60 et le début des années 70 marquent un tournant.La modernisation de l'État fait en sorte qu'une multitude de nouveaux emplois s'ouvre aux jeunes, nombreux et plus scolarisés.En 1964, la réforme du Code du travail facilite la syndicalisation, instaure la formule Rand — retenue syndicale obligatoire à la source — et reconnaît le droit de grève dans le secteur public3.«Le critère "jeune" dans les années 70 n'a pas de sens parce que tous les officiers avaient moins de 30 ans», souligne Patrice Savignac-Dufour, actuel responsable du Comité national des jeunes de la CSN.À preuve, en 1976, 6 des 9 membres de l'exécutif du Conseil central de Montréal (CSN) sont âgés de 22 3 Bernard DIONNE, Le syndicalisme au Québec, Boréal, 1991.PHOTO JEANCL4U0E CHAMPAGNE.COURTOISIE ( âll-! IHllIaUnd aiflUHALIDr IflT SOLIDARITE p' "Ç o z m CD eu fil Jeunes syndicats SYNDIQUÉS ES D'UN TROISIÈME TYPE ISABELLE BURGUN Au MILIEU DE L'INSTABILITÉ D'EMPLOI, DE JEUNES SYNDICATS APPARAISSENT.s A la sortie de l'université, tous les finissants en communication rêvent de se retrouver dans un grand quotidien», note Stéphan Dussault, un journaliste pigiste de 27 ans.Pour les débutants-es, la pige est plutôt une obligation avant de devenir, pour certains-es, un mode de vie.Pour Danny Lemieux, recherchiste contractuel à Radio-Canada, la stabilité d'un contrat n'est qu'illusoire.Un «petit répit», avant de retourner à la pige.Loin de la stabilité d'emploi, ces jeunes travailleurs-ses précaires sont pourtant aujourd'hui de nouveaux syndiqués avec l'affiliation récente de l'Association des journalistes indépendants du Québec (AJIQ) à la CSN.De manière pratique, il est plus difficile de se regrouper lorsqu'on travaille chez soi, à contrat ou avec des horaires variables.La dispersion des travailleurs-ses est le premier handicap à surmonter.«Les assemblées générales se déroulent souvent la nuit, après le travail», déclare Sylvain Bi-saillon, président du jeune syndicat du cinéma Atwater.Participer à une assemblée syndicale, de minuit à trois heures du matin, exige une forte mobilisation.Mais la participation des jeunes est égale à celle des plus vieux, de 15-20% aux assemblées et de 10% aux manifestations.UN SYNDICAT «PARTENAIRE» Le second défi à contourner tient à la nature de l'emploi.Pour les travailleurs-ses autonomes, se réunir est loin d'être assimilé.Michel Charles Major, de l'Association professionnelle de la vidéo du Québec (APVQ), note que «l'intérêt du travailleur autonome va diminuer lorsque les problèmes immédiats sont réglés».Perçu comme un «partenaire», le syndicat peut offrir une représentation politique, des services et un lieu de regroupement.Mais il faut aussi former les jeunes et leur transmettre les valeurs collectives en conservant les idéaux du mouvement.Ces nouveaux syndiqués-es demandent avant tout des résultats.Les acupuncteurs-rices se sont re-groupés-es en premier, il y a huit ans, avec la volonté d'une reconnaissance professionnelle.Selon les Michel Charles Major, conseiller syndical.n «■ Lyne Fréchet, présidente de l'AJIQ Catherine Loumede, du STCV.délégués syndicaux, la principale difficulté est d'établir un groupe représentatif de la profession.Oubliez l'ancienneté, la définition des taches, les horaires fixes.«Même pour un syndiqué, c'est difficile de faire valoir ses droits dans ce milieu plus précaire», note Catherine Loumède du Syndicat des techniciens du cinéma et de la vidéo (STCVQ).Les syndiqués-es de l'Union des artistes, de l'Association professionnelle des arts de la scène, de APVQ et du STCVQ sont protégés par la Loi du statut de l'artiste.C'est plus compliqué pour l'AJIQ, affiliée à la CSN.Pas de loi, pas de protection?«Nous partons de plus loin, nous ne sommes même pas reconnus», note Lyne Fréchet, la présidente de l'AJIQ.Lors de leur dernier congrès, les journalistes pigistes ont décidé de rendre officielles leurs fiançailles avec la centrale syndicale.Depuis quatre ans, la CSN conseillait l'association.En avril dernier, les pigistes ont donc sauté le pas.Ils se sont syndiqués moyennant des cotisations plus élevées, 300$ au lieu des 50$ de l'an passé.Une grosse mise et le fruit de longues discussions.^t PHOTO YVES PROVENU Jeunes syndicalistes à Montréal LA MILITANTE DES SALLES OBSCURES ISABELLE BURGUN La benjamine a 21 ans.Véronique Coulombe, étudiante, est la vice-présidente du jeune Syndicat des travailleurs et des travailleuses du cinéma Parisien (STTCP), affilié à la CSN.Alliant travail et études, cette jeune maman s'est impliquée syndicalement pour «ne plus se laisser marcher sur les pieds-, Véronique avoue: «Le syndicat, c'est l'idée de Charles Gagnon.» Au cinéma, ils avaient le «minimum".Pas de plancher d'emploi, un salaire minimal et des horaires susceptibles de changer du jour au lendemain.De bonnes raisons pour se syndiquer.Loin d'être découragée par les tentatives antérieures avortées, l'équipe a ramassé 30 signatures de carte sur les 37 employés-es, en trois jours.«Comme Charles, le président, a 31 ans et travaille au Parisien depuis 8 ans, cela a été plus facile», note Véronique.Quelques réticents-es avaient pourtant peur de perdre leur emploi ou de se faire «réprimander» par l'employeur.D'après elle, le syndicat permet d'apprendre à défendre ses droits de travailleur-se.Véronique suit des cours de «Syndicali-sation 101» offerts par la CSN: trois jours sur les griefs, deux autres sur la mobilisation, un sur l'exécutif.Ce sont d'autres bancs d'école pour cette étudiante en sociologie.«J'ai tellement appris: à mieux m'exprimer, à analyser et à foncer.» Pourtant, cette fille de facteur n'est pas tombée dans la marmite syndicale lorsqu'elle était petite.Il est vrai que lorsqu'elle travaillait à l'Hôpital St-Luc, elle avait déjà sa carte.«Je n'étais pas militante», insiste-t-elle.Du moins pas encore.En septembre dernier, la rentrée s'est faite dans la grogne.L'employeur a présenté un nouveau projet suppri- mant les avantages acquis en un an de négociations, du plancher d'emploi jusqu'à enlever le vestiaire.• C'est en-dessous des normes du travail et nous n'allons pas nous laisser faire», déclare la vice-présidente.Des tracts ont été distribués, les uniformes ôtés, les pauses prises aux heures les plus achalandées.jusqu'à la grève.De quoi mettre en pratique les cours de la CSN! ,' ».LA CAUSE DU PERE ET DU FILS A 30 ans, Serge Pételle est conseiller syndical délégué à la santé et à la sécurité d'une section locale de débardeurs.Si le titre paraît ennuyeux, Serge adore ce qu'il fait et le crierait presque sur tous les ports.Sa copine trouve ça un peu dur! Et ses amis disent qu'il est fou.C'est vrai qu'il travaille fort: «Je ne fais pas ça pour le salaire.Je travaille près de 12 heures par jour sans compter les soirs et les fins de semaine», soutient Serge dans I.BURGUN un sourire.Il avoue même sacrifier sa vie sociale au syndicat, sans beaucoup de regret dans la voix.Devant les abus constatés dans certains ports, le jeune homme s'est mis à militer activement.Il marche dans les pas de son père même s'il s'en défend.Cette famille de débardeurs est une famille de syndiqués-es! Ce jeune conseiller syndical affirme qu'être jeune dans un syndicat n'est pas un handicap.Pourtant l'ancienneté s'impose à tous comme un véritable pivot.Serge rétorque: «Moi, je suis pour, car un jour ou l'autre, c'est notre tour», avant de rajouter: «Comme l'embauche dépend des retraites, il est vrai que les jeunes peuvent trouver ça PHOTO PAUL-HENRI TALBOT long.' .'.Grève des débardeurs de Montréal, en octobre 1963.CD CD Lt m o UJ D UJ Lt m LU > O z m CD (M Jeunes syndicalistes à Montréal n B ru o > m LE PORTE-PAROLE DES PLACIERS I.BURGUN La moyenne d'âge des placiers-ères du cinéma Atwater est de 23 ans.Sylvain Bisaillon est le délégué de ce jeune syndicat affilié à l'Alliance internationale des employés de scène, de théâtre et de cinéma (AIEST).Cet étudiant à l'UQAM est également conseiller au Conseil du travail de Montréal de la FTQ depuis le 8 mai dernier.Un jeune délégué dans un jeune milieu.Sylvain milite depuis l'âge de 16 ans, de l'association étudiante au syndicat.Après un premier échec de regroupement en 1987, Sylvain n'a pas baissé les bras.Désirant toujours voir naître un syndicat au cinéma, il noue des contacts à l'AIEST.À sa seconde tentative en 1994, il lui suffit de trois jours pour syndiquer son lieu de travail.Aujourd'hui, 9 des 20 cinémas de la compagnie Odéon sont syndiqués, grâce à lui.«La connaissance du milieu de l'industrie du cinéma de ce syndicat était importante pour nous», note-t-il.Tout comme l'obtention des mêmes grilles de salaires que les autres et d'un bon plancher d'emploi pour les placiers-ères.J7, ACCOMPAGNEE NATHALIE LABONTE Geneviève Perreault enseigne depuis six ans à la polyvalente Jeanne-Mance de Montréal.Voilà déjà quatre ans qu'elle milite activement au sein de l'Alliance des professeures et professeurs de Montréal.Cette jeune enseignante d'histoire de Secondaire IV avoue avoir eu la voie facile pour accéder à sa permanence.Son militantisme ne l'a jamais désavantagée auprès de la direction de l'école.-Le militantisme, c'est une affaire de famille chez nous, explique Geneviève.J'ai beaucoup été influencée par mon père, qui est toujours délégué syndical chez Provigo.» Toute petite, elle est initiée aux débats syndicaux et aux valeurs véhiculées par la gauche.Idéaliste, elle admire particulèrement les grands leaders syndicaux, dont Michel Chartrand, et les artistes engagés politiquement, comme Paul Piché.C'est en militant au sein du Parti québécois qu'elle se familiarise au jargon des assemblées délibérantes.Geneviève compte parmi les sept dé-légués-es de son école.Elle y anime les assemblées syndicales, conseillée depuis le tout début par Pierre Lemai-re, professeur de français et syndicaliste d'expérience.«C'est Pierre qui m'a encouragée à m'engager, car la relève se faisait discrète au syndicat, et lui devait se retirer bientôt.J'ai trouvé cela difficile de remplacer un ancien président de l'Alliance, toujours très influent à la Centrale des enseignants du Québec.Toutefois, Pierre m'a toujours respectée dans mon apprentissage.Quand on commence, c'est indispensable d'avoir une personne d'expérience à ses côtés; la convention collective ne dit pas tout.» En général, Geneviève observe une certaine démobilisation et une fatigue chez les professeurs-es plus âgés-es, tandis qu'elle considère les plus jeunes individualistes, matérialistes et apolitiques: «Souvent la seule façon de les faire réagir, c'est de leur parler de coupures de salaire.» À 28 ans, Geneviève continue son propre perfectionnement à l'intérieur du syn- dicat et à l'Université.i!3 Jeunes syndicalistes en régions LES RÉGIONS EN MAL DE JEUNESSE ISABELLE BURGUN Le manque de travail, de formation, de loisirs dans les régions poussent les jeunes à réagir et à partir.pour la métropole.••Derniers rentrés dans le marché du travail, ils sont les premiers sortis», note Michel Cliché, le délégué abitibien de la FTQ.Les régions ne possèdent pas les mêmes structures économiques ni les grosses infrastructures de la métropole.Les industries du secteur primaire embauchent des jeunes hautement qualifiés, les autres postes pour les cadets sont plus saisonniers.-Le jeune ingénieur se trouve bien isolé au sein de l'entreprise», dit Michel Cliché.Et les conditions sociales et culturelles varient elles aussi d'une région à l'autre.C'est pourquoi les syndicats s'associent à des programmes régionaux d'insertion pour retenir «la matière grise qui se perd».Prenant leur bâton de pèlerin, les délégués-es syndicaux vont sur les routes rencontrer les moins de 30 ans, contactant les maisons de jeunes et les associations étudiantes.Mais il faut composer avec des budgets plus petits qu'en métropole.Pour Pierre Har-vey, délégué CSN, tout reste encore à faire: "Nous avons, depuis peu, un jeune rattaché à la cause des moins de 30 ans de la région.Son premier travail va être de faire le portrait de la situation.Ensuite, il faudra voir si les budgets seront suffisants pour passer à l'action.» CURE DE VIEILLESSE Formés-es dans les grands centres, les jeunes reviennent peu en région.Étrangement, certains-es jeunes de la métropole prennent le relais pour 2 ou 3 ans.«Les jeunes contractuels s'expatrient où il y a des contrats, comme dans l'éducation», souligne Nicole de Sève de la CEQ, ajoutant qu'il y a certains avantages financiers à faire le choix de «s'expatrier».Mobiles et avides de travail, ces jeunes pourtant ne s'enracinent guère en région.L'isolement reste la plus grande difficulté à surmonter.L'équilibre social des villes locales se modifie lorsque les jeunes s'en vont.Les régions comme les structures syndicales changent de visage et vieillissent! «Il faut profiter de la combativité et de l'engagement des jeunes», affirme René Lachapelle, président du Conseil central de la Montérégie.Dans cette région proche de la métropole, la situation ressemble pourtant beaucoup à celle de Montréal.«Le vrai problème est la crise de l'emploi.Serons-nous capables de régler ce problème de l'exclusion des jeunes?», ajoute René Lachapelle.Pour lui, face à la précarité du travail, les jeunes et les plus vieux doivent ensemble faire front commun.^7, PKJTO OAfœ.S-LH3AULT L'AGRICULTRICE DE L EST I.BURGUN Les jeunes agriculteurs-rices trouvent à la Fédération de la relève agricole de l'Union des producteurs agricoles une oreille syndicale.À 25 ans, Nadine Groulx est présidente du Cercle de relève régional de l'Estrie et vice-présidente de la fédération provinciale.Le territoire de l'Estrie est vaste et le budget du Cercle ne l'est pas.Communiquer avec ses membres les plus lointains demande à la jeune femme de l'imagination : «j'ai souvent recours au bouche à oreille».Ce comité accueille des jeunes agriculteurs-rices de 16 à 35 ans.Selon Nadine, ses 65 membres représentent un tiers du potentiel syndical de la région.La participation des jeunes est importante: 2 5-30% au niveau de la province et 50% en Estrie.La «clientèle» cible a 18-30 ans.Le cercle est également un lieu d'échange où chacun-e vient faire partager son expérience.Au niveau provincial, son rôle est de représenter et de défendre les revendications de ses membres.-En cela, le syndicat a un rôle plus traditionnel», note sa vice-présidente.—} en r S ce 5 UJ O UJ > O n CD eu o > Jeunes syndicalistes en régions Patrice Page.PHOTO ALAIN CHAGNON COURTOISE CSM (0 01 GO CL CD O LU D LU CE m LU > O z co CD O > I.BURCUN LE JURISTE DU NORD Patrice Page est le plus jeune conseiller syndical de la CSN.En charge de 25 syndicats dans la région de la Côte-Nord (métallurgie, santé, garderies, etc), ce juriste de 24 ans couvre au sein de son équipe un territoire de Tadoussac à Sept-Iles.Pour lui, «la jeunesse est le poumon du syndicat».Pour ce jeune homme, le syndicalisme en région est différent de celui de Montréal où il y a un gros syndicat structuré.Après avoir fait ses «classes» à la métropole, Patrice note plus de flexibilité et plus de mobilité dans ses syndicats régionaux.Et une forte participation des plus jeunes dans les exécutifs.«En région, un jeune peut prendre tou- En agriculture, le transfert de fermes des parents aux enfants est un moment délicat.À 25 ans, un-e jeune n'a ni le capital, ni l'expérience d'un-e entrepreneur-e.Il doit pourtant être crédible auprès des institutions financières, et même auprès de ses parents.«Surtout que ces derniers ne sont pas toujours prêts à sacrifier leur retraite et à vendre en dessous de la valeur», rappelle Nadine.Le cercle essaie également de rendre la formation accessible aux jeunes.Les parents bénéficient souvent des programmes de l'Union des producteurs agricoles.Et il y a parfois un problème de transmission des connaissances.J^T, PHOTO COLLECTION YVES BEAUREGARO te la place qu'il veut.Et avoir la chance de participer à la vie syndicale», lan-ce-t-il.Ce jeune conseiller est passé de ses études d'avocat au travail de syndicaliste, et de Montréal à Baie-Comeau.Un parcours singulier construit sur la passion: «J'ai milité à gauche avant d'entreprendre des études de droit.Mon métier de juriste est au service de mes convictions.» C'est comme ça qu'il voit son rôle dans la société.Patrice se trouve plus pragmatique que lorsqu'il était étudiant.Pourtant il conserve toujours l'espoir d'améliorer le monde.Ce socialiste de coeur voit sa profession comme un choix politique.Tandis que la société se pose des questions sur l'avenir des syndicats, Patrice s'interroge sur celui des jeunes.«Pour eux, revendiquer parait être dépassé.On leur dit: "contentez-vous de ce que vous avez!"» Les plus jeunes, selon lui, n'ont pas appris à militer et à prendre conscience de l'existence du groupe.Et ce sont des valeurs importantes que doivent transmettre les anciens-nes syndicalistes aux nouveaux-Iles.Pour lui, le syndicat doit se réajuster plus rapidement aux nouvelles réalités sociales: petites unités de travail, le lien d'emploi court et plus précaire, etc.«Cette adaptation est en train de se faire, pourtant je la trouve parfois un peu lente face à l'urgence.» Et la présence des jeunes syndicalistes va rendre cette évolution plus facile.^7, Les jeunes enseignants-es et la CEQ CHANGEMENT DE CARDE NATHALIE LABONTÉ Très peu de jeunes enseignants-es militent au sein des structures SYNDICALES, OÙ LA MOYENNE D'ÂGE DES MEMBRES FRÔLE LA CINQUANTAINE.PLUS ÂGÉS ET ENDETTÉS QUE LEURS PRÉDÉCESSEURS EN DÉBUT DE CARRIÈRE, CES |EUNES PROFESSEURS-ES N'ONT PLUS DE PLAN DE CARRIÈRE DEVANT EUX ET VIVENT SOUVENT DE FAÇON PRÉCAIRE.Les ieunes ont de la difficulté à reconnaître l'utilité du syndicat et à s'y retrouver.Dans le lobby de l'auberge Universel, rue Sherbrooke Est à Montréal, Gracia Triunfo, une jeune militante, accueille les nouvelles délégations de l'Alliance des professeures et professeurs de Montréal pour la première assemblée de l'année.Parmi les 200 enseignants-es présents, une vingtaine environ ont moins de 30 ans.On est loin d'un renouveau syndical.Pour Gracia, déléguée de l'école Marguerite-de-Lajem-merais, c'est clair: «les jeunes ne prennent pas assez leur place et, par conséquent, on n'entend pas la voix des statuts précaires-.Plusieurs ont de la difficulté à situer le rôle de leur syndicat et ne voient pas la nécessité de militer.«Pour les jeunes, juste le fait d'avoir un emploi est incroyable, affirme André Patry, délégué de l'école Irénée-Lussier.Ils n'ont pas une conscience historique des luttes syndicales et prennent leurs droits pour de l'acquis.Dans le courant néolibéral, ces jeunes vont acquiescer aux coupures, parce qu'on leur a dit et redit qu'ils sont privilégiés d'avoir un emploi.» De plus, on exige énormément des nouveaux profes-seurs-es.«Leur tâche est souvent très lourde, estime Gracia, alors ils ont très peu de temps pour militer.» Au sein des commissions scolaires, on tend de plus en plus vers les valeurs et la culture du secteur privé, où régnent la performance et la compétitivité.«C'est très fréquent de voir des jeunes, avec cinq ans d'ancienneté, victimes d'un burn out-.observe Christiane Trottier, présidente du Syndicat des enseignants des Bois-Francs.LE FOSSE DES GÉNÉRATIONS Au sein des différents syndicats, toutes sortes de comités sont mis sur pied et sollicitent la participation des jeunes.Plusieurs d'entre eux-elles vont militer dans le but d'avoir une vision plus globale de leur milieu.De plus, les congrès nationaux de la CEQ représentent une grande source de motivation pour les jeunes syndicalistes.Ces grands rassemblements de délégués sont toujours impressionnants», dénote Érica Saby-Geoffroy, déléguée de l'école Félix-Leclerc.Pour Geneviève Perreault, «c'est une bonne occasion d'échanger avec d'autres délégués qui vivent des expériences similaires».-^ oc m LU U ■Ui Q LU Lt m LU > O z n ni PHOTO V^S PHOVENCHEU SA» Les jeunes n'ont pas l'impression de vivre un conflit de générations avec leurs aînés-es.Ils ont surtout peur de se retrouver dans un vide.«Les professeurs engagés au début des années 70 et ceux qui les remplaceront au tournant du millénaire n'auront pas le temps de cohabiter et I d'échanger tant aux plans syndical que pédagogique-, note Geneviève.40% de l'effectif enseignant va se retirer en l'espace de cinq ans.Certains jeunes sont conscients qu'ils vont devoir se priver de l'expérience de leurs collègues en route vers la retraite.«Ce sont des mines d'histoires importantes que les jeunes militants vont perdre, pense Erica.Imaginez l'expérience des femmes qui ont vécu la lutte pour l'obtention du congé de maternité-André Patry, à 37 ans, y voit plutôt deux mentalités o, différentes, coïncidant a la m période où les professeurs-•" es ont été engagés-es.m «Aujourd'hui, il n'y a pas Jj beaucoup de profs de mon ^ âge, car les débouchés dans m l'enseignement étaient rares ° en 1980.Très peu de gens Q arrivaient à se placer.» Généralement, quand les jeu-cr nés choisissent un moyen ■ de pression, ils sont prêts à ^ aller jusqu'au bout, parce > qu'ils n'ont rien à perdre, o contrairement aux plus z vieux.Au dire de Gracia, «il .n'y a pas seulement les _ lourdes structures du syn-U3 dicat qui démotivent les eu plus jeunes, mais aussi plusieurs professeurs, encore frustrés et désillusionnés ° des événements de 1982, qui ont lutté sans rien ré- SI PHOTO OENE VAUOHBJIL colter auprès du gouvernement SUR LA DÉMOBILISATION DES JEUNES En général, les militants-es d'expérience sont déçus-es du manque de participation des jeunes aux assemblées syndicales.«Trop souvent, les jeunes n'ont aucun réflexe syndical et pratiquent la délation envers leurs compères, déplore Christiane Trottier.Certains jeunes enseignants à statut précaire vont se plaindre de leur problème de discipline au directeur, au lieu de consulter leurs collègues plus expérimentés.- En se plaignant, ces jeunes se discréditent eux-mêmes devant leur employeuse, qui a bien d'autres chats à fouetter.Les jeunes enseignants-es ayant obtenu leur permanence ne sont pas plus militants-es que ceux à statut précaire.«Quand on leur parle des grandes luttes des années 70, c'est comme si on leur parlait du 17e siècle, constate Christiane Trottier.Plusieurs ne sont même pas conscients qu'ils ont une convention collective 14 carats que les générations précédentes ont défendue page par page.» Christiane Trottier qualifie les jeunes de «demandeurs de services» vis-à-vis leur syndicat, parce qu'ils participent rarement à défendre leurs droits collectifs, mais sont là pour les faire valoir.Gracia Triunfo n'est pas du même avis: «Ce n'est pas le cas de tous les jeunes, y'a aussi des vieux qui agissent de la sorte.» ^îÀ PHOTO DENIS VAUOHEm Julie Labonté, Nancy Lafond, Christiane Trottier (présidente du syndicat), Caroline Michel-Gariépy et Korinne Laurendeau.Le coin des précaires N.L.Dans la région des Bois-Francs, chaque enseignant-e en quête de contrats doit faire sa tournée auprès des différentes petites commissions scolaires, qui n'observent pas les mêmes procédures d'embauché.«À chaque rentrée, il existe beaucoup de rivalité entre les jeunes professeurs, indique Christiane Trottier, présidente du Syndicat de l'enseignement des Bois-Francs.Tous veulent survivre et se bataillent les contrats.Au lieu de s'unir pour se défendre auprès des commissions scolaires, on se divise pour ramasser toutes sortes de compléments de tâche » La liste de priorités d'emploi pour l'octroi de contrats et la suppléance sont négociées localement.À chacun ses procédures.«C'est un peu comme le repêchage au hockey, explique Julie Labonté, suppléante au primaire depuis trois ans.Si un directeur a été impressionné, il va aller te chercher.Le physique et les performances comptent pour beaucoup.» Fatiguées de se faire damer le pion par des enseignants-es moins expérimentés, quatre jeunes professeures de la région de Victoriaville ont mis sur pied un comité de statuts précaires.«Nous avons voulu effectuer le lien entre le syndicat et tous les enseignants à statut précaire, qui n'ont pas vraiment de port d'attache dans une école», relate Nancy Lafond.Parmi les 310 suppléants-es, professeurs-es à la leçon et à temps partiel, une centaine font partie d'une chaîne téléphonique.«Ce moyen de communication permet à tous ces professeurs-es itinérants d'être informés sur les réunions syndicales et les sessions de formation à venir (assurance-chômage, chèque de paie, etc.).» Cet automne, ce comité des statuts précaires s'est donné pour mandat de se rapprocher des dirigeants-es des commissions scolaires de la région, afin de connaître leurs procédures d'embauché.La précarité en emploi dans l'enseignement constitue une préoccupation majeure pour la CEQ et la Fédération des enseignants et enseignantes des commissions scolaires (FECS).Ces derniers ont déjà élaboré un plan d'action pour les comités de statut précaire de la province.JJT, L'ACCUEIL DE LA RELEVE JULIE PERREAULT Dans plusieurs milieux de travail, c'est le patron qui présente la convention collective et fait signer la carte syndicale aux jeunes syndiqués», raconte Marlyne Harpin, du Comité des jeunes de la CEQ.Ailleurs, ce n'est qu'après la période probatoire de trois mois, pendant laquelle on paye sa cotisation syndicale, qu'on rencontre un-e membre du syndicat local et qu'on est pleinement protégé par ce dernier.Un contact plutôt étrange avec le syndicalisme.Souvent trop occupées par leur poutine interne, les structures syndicales oublient d'accueillir leurs recrues.Pas surprenant que plusieurs jeunes syndiqués-es ne connaissent pas le nom de leur syndicat local.Il est urgent pour le syndicalisme de se recentrer sur ses membres.C'est une des conclusions à laquelle est arrivée la FTQ, au terme d'une vaste enquête en 19931.On incitait alors les délégués-es locaux à rencontrer les nouveaux-Iles, à prévoir des soirées d'information et même à organiser du parrainage «syndical».Le b-a-ba, quoi! Le comité des jeunes de la CEQ croit aussi qu'il faut simplifier le discours pour faciliter l'intégration des jeunes à la vie syndicale.«C'est souvent compliqué.On se perd dans les abréviations», lance Marlyne Harpin, de la Fédération des intervenantes en garderie.«Il faudrait aussi que les instances soient moins structurées.Les jeunes sont souvent apeurés par les codes de procédures.» ^ 1 Mona-Josée GAGNON et Dominique SAVOIE (dir.), Face aux changements: de nouvelles solidarités, Colloque de la FTQ, mars 1993.Il faut que les instances syndicales ouvrent leurs portes aux jeunes, en leur permettant une représentation et une participation aux débats.«Ce qui est négocié reflète la préférence dp la majorité vieillissante.Pour que ça change, il faut que les jeunes en prennent le contrôle», souligne le sociologue Bernard Brody.Syndicalisme de demain REDÉPLOYER LE PARAPLUIE ).PERREAULT Pt-CTO S&BELLE BURGUN Les syndicats doivent renouveler leur approche pour rejoindre la main-d'œuvre plus jeune et plus isolée.Le syndicalisme industriel, syndiquant toute une usine avec le même syndicat, correspond de moins en moins à l'organisation du travail.Des jeunes osent ouvrir le débat de l'accréditation syndicale.Pour Patrice Savignac-Dufour, vice-président du syndicat de l'Hôpital Fleury, «il faut développer un syndicalisme sur une base professionnelle.Ainsi, pour un milieu donné, on pourra avoir différents syndicats selon les secteurs d'activité professionnelle.Dans les petites unités syndicales, comme les garderies, on pourra les regrouper régionalement.» Patrice Savignac-Dufour.Le Conseil permanent de la jeunesse parle d'associations sectorielles de travail.Elles seraient complémentaires aux syndicats d'emplois et aux associations de sans-emploi.Elles regrouperaient «ceux qui ont accès à du travail sans protection et sans garantie de travail.(.) et se financeraient à partir d'une légère cotisation de tous les travailleurs d'un secteur non-svndiqué (selon la formule Rand actuelle).» Nathalie Desrosiers, de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC), travaille surtout avec des jeunes en chômage, précaires ou inscrits à des programmes d'employabilité.Pour ces jeunes, être syndiqué représente une étape bien lointaine.Elle pense qu'on pourrait faciliter leur syn-dicalisation par des accréditations multipatronales.«Par exemple, dans les centres d'achat, on trouve CD - cr m S LU u Œ m LU > o z CD CM o > PHOTO DANEL S -LEGAULT 'X' CD LU Œ m S LU O LU Q LU Lt m S LU > Q 2 CD 10 C\J O > souvent plusieurs petits comptoirs de bouffe.On pourrait les syndiquer ensemble.» LE SYNDICALISME INDIVIDUEL Mais qu'on se le dise.Syndiquer de petites unités de travail est moins rentable pour l'appareil syndical.Il y a moins de cotisations qui rentrent et les services offerts sont équivalents.La logique bureaucratique en vient donc à refuser des demandes de syndicalisation.Selon l'Union des employées et employés de service (FTQ), c'est rarement leur cas.«Le fait d'être amalgamé, c'est-à-dire de ne pas être tributaire d'un seul secteur, tout en regroupant des secteurs rentables, nous permet de dégager des énergies vers de petits milieux-, explique Paul Béland, représentant syndical.«Le défi c'est d'inventer des modes de négociation pour que les gens découvrent leur rapport de forces.» Pour Nathalie Thibault, de la JOC, -ce serait plus facile si les membres pouvaient adhérer individuellement aux syndicats», comme c'est le cas en France.Ainsi, même une employée, seule dans une petite boutique, pourrait profiter des gains de son syndicat et se sentir moins isolée.C'est la sacro-sainte formule Rand, une forme de protection syndicale, qui est ici remise en cause.On questionne le fait que l'adhésion soit liée aux milieux de travail accrédités.«Lorsque tu rentres dans une boîte, t'as pas le choix de l'organisation, même si le syndicat de la place ne te revient pas!», lance Josée Desrosiers.À l'interne, on ne veut pas discuter de cette question.Sans doute par crainte de perdre un excellent outil d'autofinancement.Patrice Savignac-Dufour pense que c'est aussi «par peur d'accélérer la désyndicalisation.Moi, je crois à ce système.Les jeunes ne le com- prennent pas parce qu'il va à rencontre des droits individuels.» Autre fondement du syndicalisme québécois, les clauses d'ancienneté sont perçues par les jeunes précaires comme des mesures anti-jeunes.Richard Lavallière, conseiller à la mobilisation de la CSN, ramène les pendules à l'heure: «Le blocage que ressentent les jeunes n'est pas une conséquence du syndicalisme, mais du marché du travail.» Une fois en poste, même les moins de 30 ans font l'unanimité quant au respect de l'ancienneté.Pour les personnes syndiquées, le respect de l'ancienneté représente la moins pire des solutions face à l'arbitraire patronal.«Mais cette clause rencontre ses limites dans les milieux très spécialisés», fait remarquer Patrice Savignac-Dufour.«Il va falloir trouver une solution, négociée entre les patrons et les syndicats, pour respecter le critère d'ancienneté, tout en tenant davantage compte des compétences professionnelles.» NOUVELLE FOURNÉE La plupart des intervenants-es du milieu syndical que nous avons rencontrés s'entendent sur la nécessité d'offrir de nouveaux services.À la CSN, on songe à des services juridiques, de gestion ou de fiscalité pour les travailleurs-ses autonomes.À la FTQ, on a mis sur pied la formule des délégués-es sociaux.Selon Paul Béland, la plupart des 1 200 délégués-es «sont jeunes et répondent à des problématiques vécues principalement par d'autres jeunes syndiqués.» Il s'agit d'une ressource en milieu de travail, pour aider des collègues à régler des problèmes d'endettement, de toxicomanie ou d'alcoolisme.Une réforme récente des structures du Syndicat des fonctionnaires provinciaux du Québec (SFPQ) permet aux précaires, occasionnels-les et saisonniers-ères de se faire élire sur les instances syndicales.«On veut faire moins d'exceptions pour les précaires-, soutient la vice-présidente, Nicole Boudreault.«Dorénavant, ils pourront se prévaloir de congés d'étude selon les mêmes normes que les permanents.» Dans le milieu syndical, on commence à comprendre tout le tort qu'ont causé les clauses «orphelines»1 et la différenciation des statuts entre syndiqués-es.Pour Marlyne Harpin, -la meilleure façon de promouvoir le syndicalisme auprès des jeunes, c'est en rejoignant et protégeant davantage les précaires.^7, 1 Acceptation dans les conventions d'une double échelle de salaire: plus élevée pour les anciens-nes, plus basse pour le nouveau personnel, qui sont souvent des jeunes.Uk* ImU&C ^J\ TOUR La communauté crie de Waskaga-nish, aux abords de la rivière Ru-pert, à proximité de la Baie-James, est la seule de cette région à ne pas être dotée d'une route permanente qui la relierait aux autres villages.Pour une courte période durant l'hiver, de la mi-janvier à la mi-mars, les camions peuvent rouler sur la rivière Rupert gelée.Le reste de l'année, l'approvisionnement de Waskaganish en matières premières ou en denrées alimentaires se fait donc par voie aérienne ou par barge.Les frais associés à ces deux modes de transport, plus élevés que ceux par camion, sont directement refilés aux con-sommateurs-rices.On pourrait croire que ce sont ces frais qui expliquent un coût de la vie terriblement élevé.Bien que cela soit vrai en partie, il ne s'agit pas du principal facteur.Une récente étude démontre que la situation de quasi-monopole exercé par les commerçants-es de l'endroit y est pour beaucoup dans cette pratique de prix élevé.L'absence de concurrence les incite à se réserver une marge de profit démentielle.Comparons les prix de plusieurs produits vendus à Waskaganish avec ceux vendus dans un commerce du village de Radisson, lequel doit également défrayer une somme importante en frais de transport pour s'approvisionner.Ainsi, un kilo de riz blanc se vend 4$ à Radisson, comparativement à 7,38$ là-bas.Les frais de transport sont pourtant les mêmes dans les deux cas, soit 1$.Un pot de confiture de 500 ml qui se vend 3,20$ à Radisson se détaille 5$ à Waskaganish.Le coût du panier d'épicerie à Waskaganish est supérieur de 55% à celui de Montréal.Et on ne parlera pas ici du prix des appareils électroménagers ou des vêtements.UN BOUT DE ROUTE Cette pratique de prix élevé risque toutefois de changer si le projet de construction de route permanente à Waskaganish, dont les dirigeants-es de la communauté discutent depuis plus d'une décennie, aboutit.Il a été obser- DU QUÉBEC Projet de route à Waskaganish L'ISOLEMENT TERRITORIAL A UN PRIX.PIERRE LACHARITE vé lors de l'ouverture des routes permanentes à Wemindji et à Eastmain, autres villages de la Baie-James, que les habitants-es, après avoir découvert les avantages financiers de faire l'épicerie ou leurs achats à l'extérieur de la communauté, n'achètent désormais que le strict nécessaire chez l'épicier du coin.Or, si la Diamond Enterprise et la Northern Store de Waskaganish ne diminuent pas radicalement leurs prix lors de la construction de la route permanente, ils subiront probablement le même sort que les épiciers des villages avoisinants.Ce sort est peu enviable.Selon Guy Roy, vice-président d'une entreprise de distribution de produits alimentaires pour le Grand-Nord, l'épicerie de Eastmain aurait subi une diminution de son volume d'affaires d'environ 30% à 50% depuis l'avènement de la route permanente.Scénario similaire à Nemaska, tandis qu'une des deux épiceries à Wemindji vient de faire faillite.-C'est uniquement le refus du propriétaire de baisser ses prix, maigre une diminution importante de ses frais de transport, qui explique cette fermeture.Ces Cris savent aussi compter.Us ne sont pas fous», précise Guy Roy.«En revanche, mes ventes auprès des hôteliers de ces villages ont considérablement augmenté puisque le développement touristique s'est fait parallèlement à la construction des routes.» PWTOS Y\«S WCVENOB?S4» Le projet de construction de la route aboutira-t-il?Billy Diamond, chef de la communauté, s'y oppose par crainte de voir la culture non-autochtone et tous ses à-côtés peu réjouissants (alcool, drogue, etc.) envahir le village.Son frère Georges, responsable du développement économique, est pour sa part très favorable à ce projet, parce que, dit-il, il faut que le village s'adapte à la réalite du monde moderne.Comme les deux sont liés de près à la Diamond Enterprise de leur frère Stan, seront-ils prêts à sacrifier les intérêts financiers de ce dernier pour le bénéfice de l'en- semble de la population?CD LU CI m LU a •LU Q LU LT m LU > o z n CD o > CD en DD ce m 2 UJ U S CD 1 LU > O Z m CD eu D > \s lu m Deux cent millions de personnes sont encore aujourd'hui des esclaves1, sous des formes très différentes selon les pays.l'esclavage n'épargne pas MÊME LES ENFANTS.Le COMMERCE EST BIEN ORGANISÉ ET BÉNÉFICIE DE LA COMPLICITÉ DISCRÈTE DE L'OCCIDENT.L'esclavage à travers le monde HUMAINS ES À VENDRE PHOTO JEAI\W>€RPf LAFOWT 1 | LUDOVIC HIRTZMANN 1/ t esclavage est l'état ou la JJ I condition d'un individu ^ -M~i sur lequel s'exercent les attributs du droit de propriété ou certains d'entre eux.» Cette définition fut retenue en 1926 par la Société des Nations, le prédécesseur de l'ONU.La servitude a depuis lors pris trois visages.Le premier est la prise de guerre.Le second est l'esclavage pratiqué de génération en génération.La troisième forme est la servitude pour dettes.L'ESCLAVAGE DES SABLES Le Koweït est le paradis de l'esclavage.Des petites bonnes philippines corvéables à merci sont les bêtes de somme des familles locales.Les filles travaillent 16 à 18 heures par jour et terminent leurs journées dans le lit de leur patron arabe.Le scénario est le même dans tous les États du Golfe.La péninsule arabique sous-traite la totalité de son travail; la tentation est grande pour les habitants-es du Tiers Monde.Les proies viennent se jeter dans la gueule du loup après avoir lu une promesse d'emploi alléchante dans un journal philippin ou sri-lankais.Dès leur arrivée à Koweït 1 D'après les sources de l'ONU, 1995.City ou à Bahrein, la machine négrière se met en marche.Les passeports des «travailleurs-ses» sont confisqués par les employeurs.Sans passeport, plus besoin de chaînes, l'individu est lié à son maître.Le passeport devient le sésame pour la liberté.Bien peu d'esclaves cherchent d'ailleurs à s'évader, le prix à payer est trop lourd: condamnation à mort, coups de fouet.Sarah Balabagan, jeune bonne philippine aux Émirats Arabes Unis, avait été condamnée à mort l'an dernier pour avoir tué son patron violeur.La pres- PHOTO BENOtT GYSEMBERGH sion de l'opinion mondiale a conduit à sa libération en juillet dernier.La mansuétude dont a fait preuve le gouvernement local relève presque du miracle.L'ASSERVISSEMENT TRADITION L'Afrique est le continent de l'esclavage.On y trouve les derniers grands marchés de «captifs-ves».À Kharthoum, la capitale du Soudan, un marché aux esclaves avait lieu tous les samedis matin il y a encore cinq ans.Au siècle dernier, un chef de tribu ougandais entretenait une armée de 6 000 soldats pour trouver des esclaves.Aujourd'hui encore, de nombreux roitelets perpétuent la tradition.En Afrique, appartenir à l'ethnie «faible» du pays est bien souvent un synonyme de condamnation à la captivité.En Mauritanie, l'ethnie haratine courbe le dos depuis des siècles.Les Harati-nes qui représentent 40% de la population mauritanienne sont par tradition les esclaves des Beydanes, les Maures blancs.L'ESCLAVAGE DES ENFANTS 100 millions.C'est le nombre des enfants esclaves dans le monde.Les petits Pakistanais-es tissent des tapis 12 PKJTO JUAf*IAB Pf*EO heures par jour pour 50 sous par semaine et sont attachés avec des chaînes à leur poste de travail.Les petits Thaïs, Indiens-nes ou Philippins-es sont enfermés-es dans des bordels.Pour le plaisir des touristes mais aussi majoritairement de la clientèle locale.PHOTD MARKPÉTÏRS Les gamins-es indonésiens fabriquent nos souliers de jogging.Une paire de souliers de tennis vendue 100 dollars au Canada rapporte 17 sous à l'enfant qui les fabrique.Domestiques au Maroc, mineurs au Pérou, employés-es au défrichage au Brésil.Les exemples sont légion et plus macabres les uns que les autres.Les enfants servent souvent de monnaie d'échange pour obtenir un contrat de travail pour un-e adulte.Les victimes sont issues de familles pauvres, analphabètes, généralement indigènes.Les rabatteurs viennent des villes.Ils n'ont aucun mal à convaincre les parents de vendre leur progéniture.L'enfant est une sorte d'assurance-vie dont on se sépare comme d'un objet.LES FILIÈRES DE L'ESCLAVAGE Le marché de l'esclavage est prospère et obéit aux lois de l'offre et de la demande.Selon le lieu, selon le moment, les dividendes de la servitude ne sont pas les mêmes.Ceux qui sont allés au Moyen Orient avec une compagne se sont vu proposer des chameaux en échange de leur amie.En Afrique, une femme vaut 20 chameaux (deux fois plus qu'un homme, soit dit en passanti.Pourtant, dans certains marchés aux es- claves du Soudan, le prix tombe à 30 dollars.En Mauritanie, il est de 150 dollars.Si les traditionnels marchés aux esclaves ont tendance à disparaître, c'est au profit d'un commerce humain plus organisé.Les Airbus ont succédé aux bateaux négriers.L'ambassade des Philippines au Koweït joue le rôle d'agence de placement.Les Philippins-es sont ainsi dirigés vers leurs maîtres par leurs propres compatriotes.Le réseau est efficace et crée des milliers d'esclaves chaque année.'7, POUR QUE LE MONDE TOURNE PLUSJUSTC s «s m DËkÉLOPPE/MENr Er R4IX (514)257-8711 5633, rue Sherbrooke Est Montréal (Québec) H1N1A3 CE m LU o ■LU O LU Œ m LU > O z CD m ai o > mIo lu NlkWWls PHOTO PANEL S -UJGAULT Œ m LU o UJ Q LU Œ B LU > O z r> CD OJ D > La technologie dans le métro de Montréal UNE DÉPENSE INHUMAINE CD ■ LUDOVIC HIRTZMANN La Société de transport de la Communauté urbaine de Montréal (STCUM) DÉCIDE DE SUIVRE L'EXEMPLE FRANÇAIS: DEPUIS LE MOIS DE MAI, DES PORTILLONS AUTOMATIQUES REMPLACENT LES CUICHETIERS-ÉRES À CERTAINES DES SORTIES DES STATIONS DE MÉTRO.La DISPARITION DE L'HUMAIN-E DOIT FAIRE ÉCONOMISER 600 000$ PAR ANNÉE À LA SOCIÉTÉ DE TRANSPORT.En PRINCIPE.CAR LA FINE TECHNOLOGIE A DÉ|À DES RATÉS ET LES EXPÉRIENCES SIMILAIRES EN EUROPE NE SONT PAS VRAIMENT CONCLUANTES.Pour ne pas manquer le train du progrès, la STCUM vient d'installer un système de perception électronique muni de lecteurs optiques dernier cri, aux stations Laurier, Jean-Talon.Le modèle est utilisé à Milan, Paris et dans plusieurs villes européennes.Pour Michel Lebœuf, responsable des relations de presse de la STCUM, les expériences outre-atlantique «ont permis de voir que c'était faisable techniquement, que c'était relativement bien perçu par les clients et qu'il n'y avait pas de problème d'exploitation avec la clientèle.» Dès 1976, l'usage des portillons et péages automatiques se généralise dans le métro parisien.Les «poinçonneurs-ses» disparaissent et vont rejoindre le lot des chômeurs-ses.Le taux de fraude ou d'impayés, d'environ 2%, passe 15 ans plus tard à plus de 7% de la facture1.Acheter son ticket de métro devient démodé.On rit du-de la bon-ne payeur-se.300 000 voyages ne sont pas payés chaque jour, soit une perte d'une centaine de millions de dollars par an.De quoi financer 2 500 emplois!2 Vingt ans après son installation, le pendant français du système québécois a fait les preuves de son inefficacité.Malheureusement, le processus est irréversible.ON EST GRATUITS SI VOUS LE VOULEZ! À Montréal, la fraude n'inquiète guère les dirigeants-es du métro.La technologie est là.Les portillons sont équipés d'«une série de lecteurs optiques- et la porte se referme automatiquement sur l'usager-ère.Comme à Paris.soit dit en passant.Pour le confort des voya-geurs-ses, la société de transport n'a pas trouvé le compromis miracle.Si les portillons se referment trop rapidement, les gens qui ont des colis, des poussettes, ou leur chien, ne peuvent pas passer.Les cyclistes et les parents accompagnés d'enfants de moins de six ans font partie du lot des atypiques qui ne plaisent pas aux portillons automatiques.Si le système d'ouverture est plus lent, plusieurs personnes réussissent à entrer avec une seule carte.Actuellement, seuls les porteurs-ses de cartes à tarif régulier peuvent utiliser les nouveaux guichets; les étudiants-es et les personnes âgées sont exclus du manège.À la station Laurier, l'Âge d'or doit effectuer un long détour pour prendre le métro: les personnes âgées de l'avenue Laurier courbent l'échiné jusqu'au boulevard Saint-Joseph' pour voir 1 Estimation officielle inférieure à la réalité.2 Sur la base du salaire d'un-e ouvrier-ère spécialisé-e de la Régie des transports parisiens, plus charges sociales, année 1992.3 À Montréal, on a accès à la station de métro Laurier, comme plusieurs autres stations, par deux édicules différents, 300 mètres l'un de l'autre, avec deux rues passantes à traverser. PKJTO DUFEU leur carte à tarif réduit acceptée.Michel Leboeuf rappelle que «les personnes âgées sont plus réfractaires à changer leurs habitudes de déplacement».Elles sont un grain de sable bien désagréable dans la belle machine de la STCUM.Les étudiants-es en revanche • maîtrisent bien les nouvelles technologies.» LA STCUM VOUS SOUHAITE LA BIENVENUE En Europe, la suppression des guichetiers-ères, outre la fraude, a provoqué une dégradation de la sécurité dans le métro.Les actes de vandalisme et les agressions se sont multipliés et ont encore alourdi la facture.La direction des métros montréalais ne cache pas ses craintes dans ces deux domaines, et promet de maintenir force caméras et microphones pour que sa clientèle puisse communiquer avec un-e agent-e en cas de problème.Du côté des préposés-es au guichet, le sourire est encore moins large que d'habitude.La douzaine de préposés-es aux quatre guichets nouvellement automatisés ont été affectés-es à d'autres tâches à la STCUM.La Société ne cache pas que ces personnes sont sur le point PKJTD PATPJO JAPJOJX de prendre leur retraite.Une façon comme une autre de supprimer des emplois sans licencier.L'opération «portillons» est, selon la STCUM, une action ponctuelle.Rien de plus.Pourtant, il y a quelques mois, on parlait de trois stations supplémentaires automatisées d'ici la fin de l'année.Rien ne s'oppose techniquement à un métro totalement automatisé comme à Vancouver.La STCLIM semble miser sur le pacifisme quasi légendaire des Québécois-es pour vouloir nous faire croire que le métro montréalais ne deviendra jamais le «coupe-gorge» qu'est devenu le métro parisien.En ces temps de réductions budgétaires, où les rames de métro commencent à ressembler à de vastes panneaux publicitaires, douter des bons mots de la STCUM n'est pas vain, ffij GESTION Fédération des professionnelles et professionnels de l'éducation du Québec (CEQ) Au service des jeunes et des adultes dans les commissions scolaires.9405, eue Sherbrooke Est - Montréal H1L 6P3 Tél.: (514) 356-0505 Téléc : (514) 356-1324 CO OH SERVICES DE GESTION POUR.COOP ET OSBL 1415 RUE |ARRY EST.BUREAU 420 MONTRÉAL (QUÉBEC) H2E 1A7 TÉLÉPHONE: (5141376-4090 TÉLÉCOPIEUR i514i 376-4099 1 out ce qui est en bas est comme tout ce qui est en haut.«Tout ce qui est en bas est comme tout ce qui est en haut» Encre de chine sur papier î °85 27.5 x 37 5 cm Cette oeuvre de More Lincourt est identifiée au programme des dons planifiés de La Fondation Centraide Gosselin+Associés COMPTABLES AGREES 1415.RUEJARRY EST.BUREA1 OB MONTREAL EQUÉBBO H:F IA7 TELEPHONE (514) 376-4090 TELECOPIEUR : (514) 376-4099 C0URTE8 e t LOUIS BRILLANT Un travail de moine.On connaît l'importance du travail de copiste des moines depuis les premiers siècles de l'ère chrétienne.De nos jours, les moines se mettent à l'Internet: leur travail consiste plutôt à établir les index et itinéraires d'accès aux sources d'information connues.Les moines compilent aussi des banques d'archives.Ils se sont coordonnés grâce à The Electronic Scriptorium, une compagnie qui a su agencer les besoins commerciaux des institutions et les horaires et styles de vie des moines.Wired, août 96 L'avenir de l'argent?D'ici cinq ans, les cartes-monnaie qui ont fait leur début cette année seront largement répandues; d'ici huit ans, on assistera à la fin du papier-monnaie, mais les pièces de monnaie, elles, survivront.Finalement, il faudra attendre 2010 pour être témoin de la naissance de LA monnaie planétaire.Wired, août 96 Le président Clinton à propos de la nouvelle loi réduisant l'aide sociale: «Le public dit dans les sondages que tu es un aigle»; la petite voix: «C'est le moment de le pousser hors du nid pour voir».Moins cher de s'endormir.La mise en application de la nouvelle loi sur les médicaments cause des problèmes d'éthique aux pharmaciensms: quels médicaments recommander aux patients-es qui ne peuvent payer pour l'ensemble de ceux qui leur sont prescrits?En bout de ligne, c'est le-la patient-e qui a le dernier mot.Or, on sait que les médicaments pour endormir et les anti-dépresseurs coûtent moins cher que les médicaments qui aident vraiment.Le choix se fait assez rapidement quand on n'a plus d'argent.Radio-Canada, 16 août 1996 CD m a.O S LU u ■w D LU S m > O z co co CM o > Nouveaux manuscrits de la Mer Morte?Grâce à un travail journalistique dans les archives secrètes du Vatican, nous savons maintenant que Jésus renaîtra en 1998 d'une vierge de l'Idaho (É-U).L'année suivante, les scientifiques vaincront toutes les maladies grâce à un élixir à base de noyaux d'olives.Finalement, en l'an 2000, le deuxième déluge durera 100 jours cette fois.Le tabloïd explique que les représentants de l'Église s'opposaient à la publication de ces manuscrits, les considérant trop dangereux pour les masses.Sun, 11 juin 1996 Une autre façon de voir les taux d'intérêt Jean-Paul Fitoussi, Qu'est-ce qu'on ne sait pas?: «Le taux d'intérêt est, techniquement, le taux auquel on escompte le temps, c'est-à-dire le baromètre de la valeur que l'on accorde au futur.Ainsi le taux d'intérêt est-il la mesure exacte.que nous apporte le savoir économique de la dépréciation de no- tre avenir.C'est donc un étalon de la valeur du futur.S'il est faible, le futur aura beaucoup d'importance et l'on raisonnera à long terme.On peut imaginer une société, d'ailleurs, qui accorde tellement d'importance au futur et à ses enfants que le taux d'intérêt serait négatif.» Quoi faire avec 10 000$?Malgré le fait qu'il n'y ait plus que 1 200 pandas géants survivants en Chine, on peut se procurer à Hong Kong, à Taïwan ou au Japon, moyennant 10 000$, une peau de l'animal.C'est à peu près la valeur d'un kilo de corne de rhinocéros noir lorsque transformée en produits médicinaux.Mais la corne est aussi utilisée telle quelle au Yémen pour fabriquer les «Jambiya», des poignards rituels.Ce pays est responsable de la chute, en 20 ans, de 95% de la population de rhinocéros noirs.Le Monde Diplomatique, septembre 1996 our n avenir romette* t.».*.» « v*>* Une prese active *« mm ^ I » -, rten LE *> FTQ) ntréal : (514) 383-8383 Sans frais : 1 8 il.
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