Vie ouvrière., 1 janvier 1989, mars
OUVRIERE k\ i •j ( SOUS LE COUP.DES MATRAQUES Pour préserver nos acquis gagnés par des générations d'hommes et de femmes dont les espoirs, le combat, les victoires sont racontés dans l'histoire du En vente dans les librairies et au CTM 2100, Papineau, 2e étage 527.3666 CorutalL l«a tTtvnllltiu» • t tr*vkin«ara OUVRIERE I Ne manquez pas en avril-mai: • Le français a-t-il un avenir au Québec?• Les dix ans de la révolution au Nicaragua Des actions au coeur de la vie Les différentes équipes du Centre St-Pierre interviennent dans les domaines suivants: ■ la famille 1 la pastorale ■ les communications sociales 1 l'action communautaire 1 et les services audiovisuels * **t ' 1 1212, rue Panet ^ Centre Montréal, H2L 2Y7 st-pierre (514)524-3561 .■OUBNMJ'1 •■"°2ïSs :S5^coLOB,EB Pour estimation gratuite: JACQUES GIRARD Service a la clientèle TÉL.: (514) 672-6380 < PAYETTE & SIMMS INC.Imprimeur spécialise en édition Prmters speciah/mg m publications 300 Arran Sa.nt-Lamben Que J4R 1K5 (514) 672 6380 - (514) 875-0327 - Fa» 672 1481 Extérieur de Montréal 1 800 361 6628 SOMMAIRE ICI ET AILLEURS.Sous le coup des matraques par François Saillant et Jean Robitaille 24 Un oasis dans un bidonville par François Gervais 28 Seconde Révolution en Algérie par Jean-Hugues Roy 30 Reconstruire le mouvement social par Pierre Vallières 32 Tribune libre 4 Editorial par Gilles Dugal 5 Québec en couleurs par Pierre Viau 13 En bref 14 Chronique insolente par Nicole Brais 23 Bande dessinée par Vivian Labrie 23 Le tour du Québec par Jean Forest 27 À l'oeil par Henri Lamoureux 38 Dossier L'équité salariale ou sortir du ghetto 15 par Josée Gauthier, Isabelle Laflamme et Nathaly Gagnon.Pourquoi un peintre en bâtiment est-il mieux payé qu'une secrétaire?Le salaire aurait-il un sexe?Le Québec gagnerait-il à imiter l'Ontario en matière d'équité salariale?Des interrogations dignes d'un 8 mars! Entrevue L'insoutenable obligation de la performance 6 par Jean Robitaille Sociologue et féministe, Marie-Andrée Roy est membre du Collectif L'Autre Parole.Ses propos dérangent les uns.et les autres! Le choc des idées L'indépendance du Québec: pour ou contre?10 par Claire Brassard et Andrée Ferretti Le projet indépendantiste du Québec a animé plusieurs générations.A-t-il le souffle nécessaire pour reprendre vie aujourd'hui?La question est ici posée et le sera à nouveau lors d'un débat à ne pas manquer le 29 mars prochain jj à19h30! VIE OUVRIÈRE/MARS 1989/3 TRIBUNE LIBRE Pour la diffusion de la vérité Vie Ouvrière est facile à lire et à comprendre La recherche et la diffusion de la vérité doivent demeurer la priorité pour la revue.La profondeur des analyses est éloquente.Les reportages en provenance d'autres pays m'intéressentparticulièrement.Donc, je continue mon abonnement.Jean-Joseph Renous Mots d'entant Allô, Josée! Comment ça va?Moi, très bien.Je me nomme Mélanie Perron.J'ai les cheveux bruns foncés courts, je suis grande J'ai participé à la conférence de presse à l'école De Salaberry sur "La guerre n'est pas un jeu".Je vous remercie d'être venue à notre conférence de presse Parce que pour les gens, la guerre c'est comme de la neige au printemps, cas 'efface vite de leur mémoire.Moi j'aime pas ça! Mélanie Perron Chambly Contre une chronique insolente Monsieur le Directeur, Il y a deux ans, j'ai pris un abonnement à votre revue "Vie Ouvrière" et, au départ, j'ai été très impressionnée par le choix et la qualité des publications.J'ai maintenant le regret de vous dire que j'ai été horrifiée par le ton d'un article de la page 23, de décembre dernier, au point de prévoir ne pas renouveler mon abonnement à votre revue Je trouve inconcevable qu'on parle aussi cavalièrement de notre Saint Père le Pape Jean-Paul II, que tous les "vrais" catholiques vénèrent, comme on a pu le constater lors de sa visite au Canada.Votre revue doit-elle contribuer à détruire ce que nous avons de plus fondamental comme nation: notre langue et "notre foi"?En rapport avec l'article mentionné, il ne faudrait surtout pas croire que toutes les femmes sont des féministes exacerbées.Je suis une femme - et heureuse de l'être -comme sans doute une grande majorité silencieuse - trouvant notre situation moins dure, moins exigeante que celle des hommes, en général.En ce qui concerne les aspirations au sacerdoce proclamées avec véhémence par certaines femmes, ne croyez-vous pas que cette vocation a demandé beaucoup de sacrifices à nos missionnaires, à nos religieux, à nos prêtres?Ce n'est pas l'ambition personnelle qui est le vrai chemin conduisant à ces vocations.Une Mère Teresa, avec son humilité et ses convictions chrétiennes a accompli un sacerdoce efficace et universel que le monde entier sait reconnaître.Nous avons d'ores et déjà une tâche immense à accomplir pour redonner à nos jeunes un sens profond de la vie: ils n 'ont plus de "boussole" ni d'"étoile" et ne sont pas heureux comme nous avons eu le privilège de l'être.Jeanne Guilbert-Chaput, Ph.D.Université d'Ottawa St-Sauveur-des-Monts Que nous réserve 1989?À chaque année, quelque part entre Noël et le Jour de l'an, tout un chacun s'improvise médium et futurologue.(.) Le Mouvement Action-chômage de Montréal s'est lui aussi prêté au jeu cette année.(.)Quese passera-t-il dans le ciel de l'assurance-chômage en mars prochain lors de la rencontre de Vénus-Wilson et de Saturne- Vézina au moment de la livraison du budget?(.) ce qui est clair pour 1989, c'est la poursuite de la stratégie visant à laisser le marché régler la croissance et régulariser l'emploi avec l'insuccès qui la caractérise depuis près de vingt ans.Cela signifie concrètement la quasi-éternelle emphase sur le maintien au niveau actuel de l'inflation quitte à déplorer des taux élevés de chômage et la réduction du déficit garant de la confiance des investisseurs en notre économie.Fort de ces arguments auxquels s'ajoutent ceux favorables au libre-échange, le gouvernement conservateur nouvellement élu prépare peut-être des changements importants au régime.Le MAC de Montréal se prépare donc à une grosse année et à revenir sur ces questions dans les prochains mois.Claude Girard, Mouvement Action-chômage Montréal VOLUME XXXVIII - numéro 216 Vie Ouvrière.Revue fondée en 1951.publiée en collaboration avec la Jeunesse Ouvrière Chrétienne (JOC), le Mouvement des Travailleurs Chrétiens (MTC) et le Centre de Pastorale en Milieu Ouvrier (CPMO) Ses prises de positions éditoriales n'engagent cependant pas ces organisations.Les articles n'engagent que leur auteur-e Directeur: Gilles Dugal Conseil de direction: Guy Desmarais.Reynald Labelle.Louise Lafortune, Monique Pellenn.Roger Poirier Rédactrice en chef: Josée Gauthier Rédacteur en chel adjoint: Jean Robitaille Comptabilité, abonnements ettraitement de texte: Yolande Héberl-Azar et Josée Beaudry Graphisme: Folio et Garetti Bande dessinée: Vivian Labne Comité de rédaction: Nicole Brunet, Jean-Guy Casaubon, Isabelle Drolet, Guy Etienne, Lorraine Guay.Claude Hardy, Raymond Levac, Johanne Léveillée.Monique Tremblay.Pierre Valhères Membres des sous-comités.Vivre en 89, En mouvements, Église, International et collaborations régulières: Luce Bédard, Nicole Brais, Laurier Caron.Jacinthe Chicome.Martine D'Amours.Josée Desrosiers, Danielle Forest, Louise Garmer, Kenneth George, François Gervais.Jocelyn Guillemette, Claude Hardy, Jean-Guy Lacoursière.Diane Lalancette, Henri Lamoureux.Fabien Leboeuf, Lucie Lépine, Michel Marceau, Jean Ménard, Jean-Hugues Roy, François Saillant, Pierre Viau Imprimerie Payette et Simms Composition llnotronique: Typo Express Distribution: Diffusion Parallèle, tel'(514) 525-2513.Parution: (8 numéros) Abonnement régulier: l8$/an ou 32S/2ans.de S' itien: 25S/an.à l'étranger: 23$, par avion à l'étranger: 30$ Parution: n-216 au mois de mars Références: Les articles de la revue Vie Ouvrière sont répertoriés dans le répertoire analytique d'articles de revues (Points de repère) Dépôt légal à Ottawa et à la Bibliothèque nationale du Québec ISSN 0229-3803 Courrier de deuxième classe, enregistrement n' 0220 Revue Vie Ouvrière, 1212 Panel.Montréal, Qc H2L 2Y7.Tel: (514) 523-5998 4/VIE OUVRIÈRE/MARS 1989 EDITORIAL LA VRAIE DEMOCRATIE N'EST PAS AU POUVOIR Si une démocratie favorise des débats ouverts et publics qui permettent à tous les acteurs sociaux de s'exprimer dans toute la force de leurs différences.Si le projet d'une société démocratique est de permettre aux citoyens et citoyennes de participer aux décisions majeures qui les concernent.Si la démocratie est le système politique qui a permis jusqu'à ce jour une responsabilisation majeure des êtres humains.La société d'ici est très malade.Ni le Parlement, ni les élections ne sont des lieux de réflexion collective où nos députés font connaître leurs analyses et proposent les vraies solutions débattues en caucus ou dans les instances executives de leur parti.Le pouvoir est concentré dans les mains de quelques personnes qui "savent" ce qui est bon pour "leur" peuple.Cette prétention s'accentue chez les chefs dans leur second mandat.C'est le cas de Messieurs Mulroney et Bourassa.ABSENCE DE DÉBAT Les dernières élections fédérales ne nous ont pas permis de réfléchir sur des enjeux collectifs et de prendre des décisions éclairées.Comme aux États-Unis, nous avons eu droit à une campagne d'image.Le débat de fond sur le libre-échange n'aurait pas été à l'agenda si les milieux syndicaux et populaires ne l'y avait inscrit.Les revendications syndicales en faveur de mesures d'adaptation de la main d'oeuvre touchée par le libre-échange n'ont pas été entendues.Place à la libre concurrence, à la fusion d'entreprises, peu importe les travailleurs et les travailleuses.Les débats ne sont pas plus chauds sur la scène québécoise.L'opposition officielle diverge si peu d'opinion avec le gouvernement sur les grands dossiers! Je pense à la langue, au libre-échange et à la loi 37.Même une opposition populaire large et diversifiée n'a pas fait fléchir le gouvernement Bourassa sur cette dernière.Qu'est-ce que la démocratie si la démocratie de la rue n'infléchit pas les votes de nos élus au Parlement?L'année 1989 est celle du renouvellement des conventions collectives dans les secteurs public et parapublic.Ces négociations constituent un temps privilégié de débat social.Le gouvernement québécois saura-t-il débattre publiquement des enjeux mis sur la table par les syndicats (les effets du libre-échange sur la main-d'oeuvre québécoise et l'équité salariale, par exemple)?Ou abordera-t-il cette négociation en technocrate pressé de régler les clauses salariales?DES RÉFORMES À ENTREPRENDRE La démocratie doit permettre aux citoyens et aux citoyennes de participer aux décisions majeures qui les concernent.Voter aux quatre ans n'est pas suffisant pour exercer son droit de regard.D'autant plus que les vraies intentions des partis ne sont pas exprimées au grand jour.Pensons seulement à l'urgence de combler le déficit national et au libre-échange à l'occasion des dernières élections fédérales.Même si des correctifs étaient apportés, les citoyens et citoyennes n'auraient peut-être pas plus de contrôle sur les grandes décisions économiques, nos gouvernements renonçant à leurs responsabilités d'encadrer ce secteur.L'instauration du vote proportionnel permettrait une représentation plus équitable au Parlement des courants sociaux et des tendances minoritaires.Il serait judicieux de créer un moment, durant le mandat des députés, où ces derniers auraient à rendre compte à la population de leur travail Les gens de leur comté entendraient leur rapport, poseraient des questions, débattraient des enjeux du pays, évalueraient et décideraient si le mandat est reconduit ou révoqué.Ainsi les citoyens et citoyennes vérifieraient la fidélité du député à les représenter, à parler en leur nom.La vigueur des mouvements sociaux garantit pour une large part la santé démocratique d'un pays.Encore faut-il que l'État cesse de développer ses rapports avec des individus pour en proposer d'autres plus démocratiques avec les organisations démocratiques.Si le vote exprime la volonté des citoyens et des citoyennes, la coalition contre la réforme de la loi sur l'aide sociale et contre le libre-échange exprimaient aussi la volonté d'un très grand nombre de citoyens et citoyennes ESPOIRS Heureusement il y a toujours eu des résistants et des résistantes pour contrer, éclairer ou infléchir les décisions gouvernementales.Cette longue persévérance des organisations populaires permet, par exemple, au Front d'action populaire en réaménagement urbain de fêter ses dix ans d'existence et à la clinique populaire de Pointe St-Charles ses vingt-cinq ans.Persévérer dans la résistance exige d'être des hommes et des femmes "à la couenne dure".C'est la lutte de David contre Goliath limité dans un amour profond de l'être humain.D'autres puisent aussi leur inspiration dans la mort et la résurrection du Galiléen Lui qui, en libérant la Vie, permet que toute chose, toute personne deviennent totalement nouvelles La lumière de Pâques permet de déceler l'éclair de vie dans les yeux de notre société malade et de raffiner la résistance ■ VIE OUVRIÉRE/MARS 1989/5 6/VIE OUVRIERE/MARS 1989 ENTREVUE Une entrevue avec Marie-Andrée Roy, féministe et chrétienne L'INSOUTENABLE OBLIGATION DE LA PERFORMANCE Etre chrétienne et féministe quand on se dit aussi membre de l'Église catholique, ce n'est pas toujours facile à vivre.Aux discours réactionnaires de Jean-Paul II à l'égard des femmes, un collectif de théologiennes féministes propose pourtant une autre parole! Membre du Collectif l'Autre Parole, Marie-Andrée Roy sociologue et féministe, commente ainsi la "double identité" du groupe: "Nous tenons à rappeler notre appartenance ecclesiale mais aussi très nettement, notre appartenance au mouvement social des femmes".Et lorsque les points de vue de ces deux groupes entrent en contradiction, l'Autre Parole n'hésite pas à faire entendre sa voix."Notre féminisme est un féminisme à part entière.On a adopté les grandes revendications du mouvement des femmes, ce qui nous amène parfois à parler en opposition avec la direction de l'Église.Nos analyses en tant que chrétiennes et féministes nous portent à voir davantage les choses en solidarité avec le mouvement social des femmes".À l'aube du cinquantième anniversaire québécois de l'octroi du droit de vote aux femmes, où en est le mouvement des femmes?Quels sont les acquis mais aussi les pièges qui agrémentent les relations hommes/ femmes?Y a-t-il un avenir rose pour les femmes dans l'Église?À ces questions et à d'autres, Marie-Andrée Roy répond de manière simple et lucide.Par ces prises de position radicale, elle provoque aussi.Propos recueillis par Jean ROBITAILLE Vie Ouvrière: Pour commémorer le cinquantième anniversaire du droit de vote des femmes au Québec, les groupes de femmes préparent des États généraux.L'étape des bilans est arrivée.Aujourd'hui au Québec, où en est le mouvement des femmes?Marie-Andrée Roy: Je pense qu'une des pertes importantes, c'est la fin de l'aventure de La Vie en Rose Depuis, on n'a plus de presse féministe qui aborde la réalité quotidienne, l'ensemble du réel et l'interprète dans une perspective féministe Les points de vue féministes n'occupent maintenant plus que les sections "femmes" des revues Le mouvement des femmes dans la société n'est plus un mouvement social en croissance.C'est néanmoins un mouvement qui a atteint une certaine stabilité malgré la précarité financière dans laquelle les organismes subventionnés par l'État se retrouvent A l'heure actuelle, on essaie de conserver les acquis et ie constate qu'il y a peu de batailles nouvelles.Récemment, je rencontrais des militantes et théoriciennes féministes impliquées depuis le début des années 70.On se rappelait qu'au début notre désir était immense.qu'on voulait tout changer! À l'heure actuelle, t'ai l'impression que les femmes sont beaucoup plus modestes Elles s'aperçoivent de la fragilité de leurs acquis et de leur réversibilité.On assiste aussi à un redéploiement des stratégies patriarcales, par exemple dans le cas des nouvelles technologies de reproduction où l'on gruge à nouveau le pouvoir des femmes sur leur corps.On avait cru avec la contraception que les femmes avaient acquis un certain contrôle sur leur désir d'enfanter.Le "possible" technologique s'ajoute main- VIE OUVRIÈRE/MARS 1989/7 tenant à la pression mise sur les femmes pour qu'elles aient des enfants.LA NÉCESSITÉ DUNE CONJONCTURE EN ÉBULUTION M.A.R.: Pour croire à une possibilité de changement social, il faut que l'ensemble des forces sociales soient en ébullition, ce qui n'est pas le cas présentement.Les forces de changements qu'on a connues - mouvement des femmes, mouvement syndical, alternatives politiques - sont à une traversée du désert.Le P.Q.n'est pas une alternative intéressante au gouvernement Bourassa.Tout ce qu'il trouve actuellement pour regrouper des gens c'est la question linguistique.Mais est-ce qu'il a une plateforme politique de changement social?Non, le P.Q.n'a rien, rien à proposer! Louise Harel est vraiment toute seule.V.O.: En quoi l'octroi du droit de vote aux femmes du Québec a-t-il modifié la situation des femmes dans notre société?M.A.R.: C'est certainement un acquis.D'abord parce qu'il a changé la perception que les femmes se font d'elles-mêmes.On leur reconnaît maintenant par ce droit de vote la responsabilité de penser le social et le politique.À un autre niveau cependant, on constate que l'entrée des femmes en politique est très lente.Le nombre de femmes ministres est toujours faible.Elles ne sont pas assez nombreuses pour modifier l'organisation.Pour tenter de faire leur place en politique ou dans le monde des affaires, elles doivent entrer dans un monde bien particulier et y per-former selon les règles du jeu en place.Il était évidemment nécessaire d'avoir accès au droit de vote.En premier lieu, par simple mesure d'équité.Mais il ne faut pas croire que cet accès-là soit capable de modifier ou de bouleverser l'ensemble de l'organisation sociale.Le pouvoir politique est important mais il ne faut pas oublier le pouvoir économique.L'actuel mouvement de concentration des capitaux nous rappelle combien absentes sont les femmes de ces hautes institutions financières malgré leur présence plus significative dans le monde des PME L'organisation du travail est soumise aux exigences de la rentabilité.On n'y parle que de rationalité et de productivité.Bien des femmes qui tentent de combiner vie professionnelle et vie familiale 8/VIE OUVRIERE/MARS 1989 font des "burn-out" parce que l'organisation du travail refuse de s'adapter et qu'elles portent encore la responsabilité de la vie familiale.On n'a pas soulagé les femmes des tâches ménagères.On exige d'elles qu'elles aient des enfants, et pas n'importe lesquels: des enfants performants, intelligents qui sont bien dans leur corps, qui s'expriment correctement.Elle doivent aussi être des compagnes performantes sexuellement comme dans la gestion de la maison.Et finalement, on demande que toutes ces réalités de la vie quotidienne n'interfèrent pas dans la performance au travail.V.O.: Au sujet justement de la vie familiale, des relations de couple, où est-ce qu'on en est rendu selon vous?M.A.R.: Commejeledisais,lagestionde la vie familiale au quotidien demeure sous la responsabilité des femmes.Il y a maintenant des gars qui s'impliquent dans l'exécution, font de la soupe, s'occupent des enfants.Mais les gars qui partagent pleinement les responsabilités sont très minoritaires.Concernant la vie de couple, je trouve qu'on a beaucoup augmenté le niveau d'exigence de qualité des relations.On a transposé la logique de performance qu'on retrouve sur le marché du travail dans la vie de couple et la relation amoureuse.On demande par exemple qu'il y ait une bonne communication, une croissance personnelle continue, des rapports sexuels pleinement comblants.On veut beaucoup de choses.Et finalement, parce qu'on n'est pas à la hauteur de nos désirs, on se retrouve dans des culs-de-sac.Je pense que ça ne simplifie pas les rapports homme/femme.L'UTOPIE FEMINISTE EN AMOUR M.A.R.: Je trouve aussi que l'utopie féministe, c'est une chose pas mal fatigante à maintenir au quotidien dans les rapports de couple parce qu'on passe toujours pour des "maudites chiâleu-ses"! Après un certain temps, tu deviens tannée d'être toujours la "maudite chiâleuse", alors tu laisses du lousse.Bon, il faut reconnaître aussi qu'il y a une amélioration, qu'il y a une plus grande implication des gars.Mais il nous faudrait un nouveau souffle pour aller jusqu'au bout du véritable rapport d'égalité.Actuellement, je nous sens en panne de souffle.L'EXTASE TOTALE SUR LE CHOP SUEY DES GARS M.A.R.: Il faudrait vraiment parvenir à poursuivre sur le chemin de la pleine implication des gars dans la gestion de la vie au quotidien.Ce qui me frappe et ce qui m'enrage particulièrement, c'est que j'ai l'impression que les hommes sont parvenus à tirer un certain nombre de bénéfices marginaux de leur nouvelle implication sans avoir à en payer le coût total qui serait une implication régulière et systématique au quotidien.Les gars seraient devenus merveilleux parce qu'ils savent faire de la soupe et l'extase est totale si un gars a fait un chop suey! Mais si toi, comme femme, tu as fait le chop suey, bien là, tu as juste fait le minimum de ce que tu avais à faire.V.O.: Beaucoup de couples sont aussi désunis.Pour les femmes de milieu populaire, qu'est-ce que ça signifie aujourd'hui?M.A.R.: Partout, l'État gère de plus en plus la vie des gens Mais plus particulièrement la vie des femmes.Dans le cas de l'aide sociale c'est flagrant.Une fois que les femmes ne sont plus en rapport avec leur mari, c'est l'État qui vient s'ingérer dans leur vie privée.Quand tu es face à ton partenaire, tu peux négocier, établir un rapport de force.Mais face à l'État, tu n'as pas de prise.L'État des années '60 était un État libéral, sensible à certaines préoccupations _ sociales.L'État des années '80 est un État technicien qui n'a pas de morale et qui reste imperméable aux revendications de qualité de vie.Ce qui me choque aussi dans la situation des cheffes de famille mono-parentales, c'est qu'on a d'abord demandé aux femmes d'avoir des enfants.Elles en ont eus.Et puis après, on leur redemande de s'intégrer au marché du travail à des conditions qui ne sont pas du tout avantageuses.V.O.: Vous réfléchissez aussi sur les rapports de pouvoir dans l'Église.Le visage de l'Église pourrait passablement changer au cours des prochaines décennies.Qu'est-ce qu'on peut attendre de ces changements?M.A.R.: Il y aura effectivement une baisse importante du clergé (ce ne sont pas des gens qui se reproduisent très vite!).On évalue aussi que les communautés religieuses féminines traditionnelles devraient disparaître au cours de la période 2025-2050.Mais en même temps, il y a de nouvelles communautés qui se créent.Revenant au costume, elles sont formées de jeunes.La liturgie est renouvelée mais l'idéologie est traditionnelle.Ces communautés ne contestent pas l'organisation sociale de l'Église ni le pouvoir clérical.On se retrouve aussi actuellement avec un bassin de main-d'oeuvre laïque bien formée, extrêmement compétente, extrêmement dévouée, extrêmement généreuse et pas trop revendicatrice.Mais je ne crois pas que ce contexte va modifier l'organisation du travail ni les rapports de pouvoir clercs/laïques dans l'Eglise.Ultimement le pouvoir va rester entre les mains des clercs.Il y a moins de curés, c'est vrai.On va donc embaucher des laïques mais ça va demeurer un petit nombre de clercs qui vont avoir pour tâche de gérer, de superviser, de contrôler le travail des laïques.Pour les femmes, ça n'augure donc rien de bon.Parce que tu vois, dans l'Église actuellement, on ne reconnaît pas la valeur du travail des femmes parce qu'on ne les paient pas selon la quantité de travail fourni"1 Les femmes oeuvrant dans l'Église sont aussi plus souvent confinées dans les espaces de services du corps ecclésial.V.O.: Est-ce que l'accès des femmes au sacerdoce changerait quelque chose à cela?M.A.R.: Je crois que c'est une question fondamentale de justice et d'équité.Je ne pense pas que les femmes seront meilleures.Je ne crois pas non plus à un prétendu sacerdoce féminin; au contraire j'y vois un danger de ghettoïsation.Mais je pense que les femmes ont une contribution importante à faire au sacerdoce.Mais jusqu'à date, les femmes dans l'Église sont très sages.Elles ont peur d'indisposer les autorités ecclésiastiques même si elles sont de plus en plus nombreuses à vouloir que les femmes aient accès au sacerdoce V.O.: Ce problème est aussi bien lié à celui de la démocratie dans l'Église.M.A.R.: Oui, il est clair que les quelques expériences démocratiques qui se vivent dans l'Église relèvent de la volonté de quelques individus et qu'elles ne sont pas du tout inscrites dans la tradition ecclésiale qui est plutôt de type monarchique où chaque évêque veille et décide dans son petit royaume.Quand à moi, je rêve d'une Église où la dichotomie clerc/laïque n'existe plus Une Église démocratique, communautaire, audacieuse, qui fête.Mais en même temps, quand j'analyse le terrain ecclésial ce n'est pas ça que je découvre et ça m'étonnerait bien gros que ça le devienne dans un proche avenir Ce qui est assez étonnant, c'est que dans l'Eglise actuellement, il y a de plus en plus de femmes qui souhaitent des changements.Cette montée du mouvement des femmes dans l'Église croise un mouvement social des femmes qui, en général, a atteint une période de plateau dans son évolution Pour que ça change dans l'Église, il serait souhaitable que le mouvement des femmes dans la société exerce une poussée très forte sur le mouvement des femmes dans l'Église Ce n'est malheureusement pas ce qui se produit.■ (1 ) Voir les résultats de l'étude publiée dans le livre Les soutanes roses pour bien saisir l'ampleur de ce phénomène (Les soutanes roses, portrait du personnel pastoral féminin au Québec, Sarah Bélanger, Éditions Bellarmin.Montréal 1988) UNE PAROLE AUTONOME Marie-Andrée Roy n'accepte pas que les groupes PRO-VIE se présentent comme les seuls défenseurs du respect de la vie."Comme collectif à l'Autre Parole, nous avons tenté d'apporter au mouvement des femmes une réflexion qui justifie d'un point de vue moral le recours à l'avortement.Face à des choix aussi déchirants, il arrive qu'il soit préférable de se faire avorter plutôt que de donner la vie dans des conditions absolument abominables.Le respect de la vie pose aussi l'exigence d'une qualité de vie".Marie-Andrée Roy ne s'étonne guère que l'Église catholique institutionnelle défende une position aussi rigide à l'égard de l'avortement."Il faut bien voir que c'est l'Église la plus patriarcale et la plus masculine Son discours ressemble donc à son organisation".UN BILAN DE L'AUTRE PAROLE Depuis treize ans, I Autre Parole intervient dans la société et dans l'Église."Même si on n'a pas d'instrument scientifique pour mesurer et apprécier l'impact de nos interventions.ie pense qu'on a démontré qu'il était possible d'être chrétienne et féministe et d'élaborer et de promouvoir une parole autonome de femmes dans cette Église".Marie-Andrée Roy considère aussi que par sa revue, les réflexions de l'Autre Parole réussissent à pénétrer la plupart des milieux religieux."On pense qu'on exerce une certaine influence auprès des personnes qui travaillent dans l'Église.Il y a de plus en plus de femmes dans l'Église qui se permettent d'exprimer des revendications et qui n'apparaissent pas extrémistes parce qu'il y a d'autres femmes qui en demandent encore plus "Nous avons donc pu contribuer à une meilleure conscientisation des femmes dans l'Église.On ne croit cependant pas - et ce n'était pas là notre intention - avoir contribué à modifier la structure de l'Église.Pour l'essentiel, elle est demeurée la même" VIE OUVRIÈRE/MARS 1989/9 LE CHOC DES IDÉES L'INDÉPENDANCE DU QUÉBEC: POUR OU CONTRE?Ayant passé les dernières années au purgatoire du politique, le débat sur la question nationale revient au galop.La pertinence ou non de l'indépendance du Québec doit toutefois être évaluée selon un certain nombre de nouvelles données.Les contributions présentées ici par Mesdames Claire Brassard et Andrée Ferretti, toutes deux militantes de longue date sur cette question, illustrent fort bien la "modernité" dans laquelle nous devons réaborder ce débat.Comme vous le constaterez en lisant la lettre de Mme Ferretti, nous poursuivrons la réflexion dans le prochain numéro.Robert Lemieux et Pierre Bourgault: patriotes de l'indépendance (Montréal, 1980) LE PROJET D'INDEPENDANCE EST-IL TOUJOURS REALISABLE.ET SOUHAITABLE?par Claire BRASSARD En revenant rapidement sur le passé, on se rappellera que l'affirmation culturelle, politique et économique de la nation a été essentielle à sa survivance.Et parce qu'il faut remettre à César ce qui appartient à César, nous devons attribuer l'affirmation nationale tant au clergé dans sa lutte pour la sauvegarde de "la langue française gardienne de notre foi" qu'au gouvernement Lesage pour son "maîtres chez-nous" Plus récemment, le gouvernement Lévesque continuait cette oeuvre en soutenant l'épanouissement de la petite et moyenne entreprise et en adoptant la Charte de langue française Ce nationalisme n'est pas mauvais par définition Au contraire, il fait ce que nous sommes aujourd'hui C'est le nationalisme politique qui doit être rejeté.Comment la question du nationalisme politique, incarnée dans la thèse de l'indépendance, se pose-t-elle aujourd'hui en 1989?Du sentimentalisme chauvin du chanoine Lionel Groulx, véritable germe de xénophobie et de racisme, le nationalisme culturel s'est peu à peu transformé en un nationalisme politique devenu le cheval de bataille du R.I.N., du P.Q., du PI.et d'autres mouvements indépendantistes.Le projet d'indépendance des années '60 apparaît comme une option moderne, pragmatique et économiste rompant avec le nationalisme larmoyant et revanchard d'antan.Dans sa formulation des années 70 et '80, l'indépen- dance se présente comme le moyen de développer une économie dont nous serions les maîtres.Cette maîtrise nous permettrait de prémunir notre culture de la constante menace anglophone nord-américaine.Il n'y a rien de plus légitime.Je ne questionne pas cela, je prends cette volonté naturelle pour acquise.Ce que je mets en doute, c'est la nécessité de faire l'indépendance pour réaliser cela.Prenons l'exemple du récent accord commercial intervenu entre le Canada et les États-Unis sur le libre-échange.Le gouvernement d'un Québec indépendant se serait entendu directement avec les États-Unis, sans l'intermédiaire de l'État fédéral, pour soi-disant éliminertous les irritants propres à une entente pan-ca- 10/VIE OUVRIÉRE/MARS 1989 nadienne et ne conserver que les avantages - fort nombreux - que le Québec en retirerait.C'est la thèse de Jacques Pari-zeau.Tropfacile.Magique.Pascrédible.Pourquoi le Québec aurait-t-il pu négocier autrement?Parce qu'il aurait eu en main une constitution indépendante?Je ne le crois pas.Économiquement, le Québec est partie intégrante de l'ensemble canadien.et bientôt d'un seul ensemble nord-américain.Je crois plutôt que la structure juridique d'un Etat est moins déterminante que la volonté politique du gouvernement qui le dirige et des gens qui y vivent.Ainsi, l'indépendance du Québec n'est pas la condition sine qua non de l'amélioration du sort du peuple.Il n'y a pas là de rapport mécanique de cause à effet.De la même façon, la loi constitutionnelle canadienne qui partage les juridictions législatives entre les parlements provinciaux et le parlement fédéral, ne constitue pas en elle-même un empêchement à l'avenir du Québec comme entité politique distincte.Ce sont d'abord des questions de volonté, d'attitudes et d'occasions politiques qui façonnent la position et la vie des pays et des peuples bien davantage que les cadres juridiques - sans nier l'importance de ces derniers.Revenons au nationalisme politique incarné par l'indépendance comme thèse politique.Il ne constitue pas autre chose "qu'une pente savonnée" comme le suggérait si justement Gérard Pelletier, l'ex-politicien fédéral.Une pente savon- née parce que le nationalisme politique appuie trop souvent sa légitimité sur le nationalisme culturel le plus étroit.Quand on pense qu'il s'est trouvé des gens au Québec pour suggérer au gouvernement Lévesque que seul le peuple fondateur, i.e.les Québécoises et les Québécois francophones d'origine, puissent voter lors du référendum en 1980.Quel mépris pour la démocratie! C'est ça la pente savonnée.Ne faut-il pas éviter de glisser si bas et envisager l'avenir à travers d'autres lunettes que celles braquées sur le passé?Les démographes prévoient qu'en l'an 2030, les francophones-catholiques-blancs-d'origine seront minoritaires au Québec, notamment à cause de leur faible taux de natalité.Dans ce contexte, la légitimité politique du "peuple fondateur" est sérieusement effritée.Nous sommes en crise existentielle, depuis longtemps, et pour longtemps.C'est normal.C'est l'histoire, celle qui se fait en grande partie en dehors de nous.C'est celle des mouvements de migration du Sud vers le Nord.L'immigration, surtout celle des quinze dernières années, a transformé très péniblement le tissu social du Québec (particulièrement à Montréal).La société québécoise n'est plus ce qu'elle était et elle ne sera plus jamais la même.C'est irréversible.Ce qui peut apparaître une triste perspective au premier abord peut constituer un formidable défi humain pour un peuple menacé en constante quête de pérennité et maintenant précipité au coeur d'un mouvement accéléré de l'Histoire moderne, celle des sociétés planétaires.C'est dans cette perspective réaliste qu'il faut envisager notre avenir.Ce que j'envisage, c'est un "peuple fondateur" accueillant et en mutation, dirigeant avec ses congénères de toutes origines, les destinées de ce nouveau peuple vivant déjà au Québec, parlant français et évoluant inévitablement vers une forme de cohabitation différente de celle du bicul-turalisme que nous avons connu jusqu'à aujourd'hui au Canada.J'envisage une forme de cohabitation profondément humaine, s'adressant à l'essentiel par la force des choses, dépouillée de tout étendard racial et de toute thèse politique passéiste, résolument tournée vers l'avenir.nous permettant enfin d'aller au-delà de ces arbres qui nous cachant la forêt.Je souhaite que nous persistions dans notre nationalisme culturel, que nous abandonnions le nationalisme politique et que nous nous attaquions aux véritables enjeux, soit: l'assainissement de l'environnement, la création d'emplois, la diminution des écarts entre les riches et les pauvres, le développement de nos institutions démocratiques et la paix internationale.C'est ce que je souhaite, avec confiance.■ Claira Brassard avocate spécialisée en droit du travail, a été |usqu'à tout récemment coprésidents du NPD-Québec IMPORTANT • A NE PAS MANQUER • IMPORTANT • A NE PAS MANQUER • IMPORTANT ! MERCREDI 29 MARS 1989 À 19H30 \ l LE DÉBAT sur L'INDÉPENDANCE DU QUÉBEC! Est-ce un projet souhaitable et réalisable dans le contexte actuel?c \ Organisé en collaboration avec la Revue Vie Ouvrière, le Centre de Pastorale ; en Milieu Ouvrier et le Centre St-Pierre.* } Au 1205 de la Visitation (Métro Beaudry) Pane listes: ! Bernard Landry, économiste.Parti Québécois : ; Francine Pelletier, journaliste à La Presse t ; Pierre Vallières, écrivain et journaliste J î aussi: un Théâtre-Forum sur la question linguistique ; : C'est donc un rendez-vous! Bienvenue à tous et à toutes.• IMPORTANT • A NE PAS MANQUER • IMPORTANT • A NE PAS MANQUER • IMPORTANT VIE OUVRIÈRE/MARS 1989/11 LES TEMPS SONT MÛRS, MAIS.Mesdames, Messieurs les responsables, Un contretemps incontrôlable m'empêche de partir pour Montréal, avant ce soir, je ne pourrai donc pas vous rendre visite.Je vous annonce néanmoins que je ne vous aurais pas apporté l'article promis, car )e n'amve vraiment pas à l'écrire dans les limites de temps et d'espace allouées.La question posée, particulièrement celle relative à la possibilité de l'indépendance est d'une difficulté infiniment plus grande qu'elle n'apparaît de prime abord.Elle soulève des problèmes auxquels, pour ma part, je n'avais jusqu'ici pas suffisamment pensé, n'y réfléchissant que superficiellement.Or, je ne saurais traiter une question de cette importance avec légèreté J'aurais pu, évidemment, ne serait-ce que pour respecter mon engagement envers vous, vous remettre un article militant, volontariste où j'aurais affirmé que les temps sont plus mûrs que jamais, la nation québécoise ayant désormais acquis le sens de son identité, la conscience de la précarité de son existence dans le processus sans cesse accéléré de sa minonsation, non seulement au Canada mais au Québec même, j'aurais pu insister sur notre développement culturel remarquable, depuis la lin des années '50 et de notre prise en main graduelle des affaires industrielles, commerciales et financières, depuis le milieu des années '60; j'aurais pu invoquer l'existence et l'expérience du PO.qui a sensibilisé des générations encore vivantes auxquelles s'allient aujourd'hui des jeunes de plus en plus nombreux, mobilisés par la défense de la langue, etc Je n'aurais alors abordé qu'un aspect certes important, mais loin d'être déterminant des conditions actuelles de possibilité de l'Indépendance dans un monde où l'État-nation est en voie de profonde transformation, où la démocratie libérale n'est plus qu'un mythe, où les rapports de force à linténeur des États et entre les États reposent désormais sur le développement scientifique et technologique, où la production (et non la création) culturelle et les communications sont devenues le moteur de l'économie et la base de la domination, rindustnalisation n'y jouant plus qu'un rôle secondaire, etc Pour répondre à votre question, il faudrait préalablement se pencher séneusement sur le rôle de la nation et sur la nature des futures institutions politiques susceptibles d'intégrer les nouveaux rapports qui sont déjà en gestation, à l'échelle mondiale, entre société, culture et langue Le projet indépendantiste a animé plusieurs générations.A-t-il le souffle nécessaire pour reprendre vie dans le Québec d'aujourd'hui?Ouand à la première partie de la question, je trouve humiliant d'être encore tenue d'y répondre.Je crois qu'il a été suffisamment démontré depuis trente ans qu'un peuple conquis, soumis à un processus croissant de rninorisation, à la dépendance politique, à la domination économique et à l'aliénation culturelle, a intérêt à accéder à l'indépendance.Les raisons d'ordre existentiel qui militent en faveur de cette solution et qui découlent toutes de notre situation historique ont été mille fois exposées et quiconque veut se les remémorer n'a qu'à entrer dans une bibliothèque.Néanmoins, je vous informe que votre demande m'a profondément engagée dans la réflexion sur le comment lutter dans l'avenir pour assurer au peuple québécois les moyens d'affirmer son existence et sa culture face à la menace du nouvel ordre mondial, et qu'à partir de jeudi le 16 février je disposerai de tout le temps nécessaire pour écrire un article de fond sur le sujet.Je vous le ferai parvenir sitôt terminé et si vous le jugez publiable dans votre revue, je vous en donnerai l'exclusivité.J'ose espérer que vous me pardonnerez ma défaillance et que j'aurai bientôt le plaisir de vous rencontrer Andrée Ferretti, écrivaine et militante indépendantiste 12/VIE OUVRIÈRE/MARS 1989 QUEBEC EN COULEURS EN CIRCULANT DANS SHERBROOKE par Pierre VIAU À deux pas d'un centre-ville quelque peu délaissé par une clientèle plutôt attirée vers un immense centre d'achats de la périphérie, en face de deux usines dont l'une est fermée et à quelques coins de rue d'un quartier aux résidences cossues de style victorien, Teresa, d'origine chilienne, partage la joie de Madame Gisèle, fière d'avoir trouvé un modeste local pour la communauté haïtienne de l'Estrie."Enfin, on a pignon sur rue et avec le Centre pour femmes immigrantes comme voisin de palier.c'est formidable!" PORTRAIT RÉGIONAL La région métropolitaine de la capitale de l'Estrie compte 150 000 personnes.On évalue entre 5 000 à 6 000 le nombre d'entre elles nées à l'étranger.La liste des organismes des communautés actuelles de l'Estrie est impressionnante: allemande, arabe, cambodgienne, chinoise, espagnole, grecque, haïtienne, indienne, italienne, laotienne, polonaise, syrienne, vietnamienne, salvado-rienne, latino-américaine.On se surprend encore en apprenant que le Centre pour femmes immigrantes s'apprête à publier un livre de recettes de 40 pays différents et toutes élaborées par des femmes de Sherbrooke et de la région.SHERBROOKE, PORTE D'ENTRÉE?Le SANC (Service d'accueil aux Néo-Canadiens) accueille et cherche à favoriser l'adaptation des Néo-Sherbrookois.En 1986, il accueillait 45 personnes.Deux ans plus tard, le nombre atteignait 332.La majorité de ces personnes sont des réfugiés parrainés par le gouvernement fédéral qui les dirige vers Sherbrooke.La plupart viennent du Sud-Est asiatique (158), de l'Europe de l'Est (94) et de l'Amérique centrale (43).De plus, l'AFI (Action-Fraternité Internationale) prévoit, en 1989, appuyer le parrainage de cinquante réfugiés dans le cadre de la politique de réunification des familles.Elle rappelle qu'un vendredi, dix personnes sont arrivées des camps de réfugiés du Sud-Est asiatique.Le mardi suivant, six d'entre elles é-taient déjà à Toronto.On constate que, depuis un certain temps, dans les camps de réfugiés du Sud-Est asiatique, on y apprend l'anglais.Alors, quand on veut travailler au plus vite et qu'on s'imagine mal comment se taper trente semaines de français sur les bancs d'un COFI de Sherbrooke, Toronto est bien attirant! "C'est triste pour nous ici, ATELIER SUR LA CULTURE QUEBECOISE POUR IMMIGRANTS ET RÉFUGIÉS Lieu: Centre interculturel Monchanin Date: les mercredis soirs du 22 mars au 19 avril 1989 Heure: 19hà22h Coût: 40$/25$ étudiants, sans emploi, 3e âge Date limite d'inscription: vendredi le 17 mars 1989 Le CIM est situé au 4917 rue St-Urbain (coin St-Joseph.métro Laurier, autobus 51).Information: 288-7229 L'un des rares COFI (Centre d'orientation et de formation des immigrants) situés en dehors de la région de Montréal est à Sherbrooke.Il compte six classes de quinze élèves chacune.Des responsables de divers organismes se désolent de constater que Sherbrooke ne soit qu'une porte d'entrée pour plusieurs personnes immigrantes ou réfugiées Car seulement la moitié des personnes accueillies s'installent dans la région."Un grand nombre d'entre-eux, affirme une bénévole du SANC, partent en Ontario".soupire un autre bénévole, mais peut-on leur reprocher de vouloir se rapprocher de leurs communautés culturelles mieux organisées, là où les réseaux d'entraide et de support mutuel sont élaborés?" De plus, il est vrai que les possibilités d'emploi sont moins nombreuses dans une ville plus petite ALLER AU-DELÀ DE L'EXOTISME Depuis plus de quinze ans.un événement annuel important sensibilise la population de Sherbrooke à la présence des personnes immigrantes dans la région: le Buffet des Nations célébré au mois de mai.L'an passé, trente-six pays y ont présenté leurs traditions culinaires et leur culture, et plus de 700 personnes y ont participé.Cette fête, essentielle au développement de la solidarité et de la compréhension mutuelle, ne fait pas oublier des défis quotidiens plus profonds.Un Sherbrookois à la retraite, très actif auprès de familles de réfugiés, s'indigne "Que de talents perdus, c'est épouvantable Je connais un ingénieur, un infirmier, un technicien en réfrigération qui lavent la vaisselle dans les restaurants!" Un Sherbrookois, d'origine maghrébine, affirme qu'il lui a été relativement facile de s'intégrer à la vie communautaire.Teresa insiste sur le difficile accès des femmes immigrantes au marché du travail.Avec de modestes moyens, le Centre pour femmes immigrantes rejoint 350 personnes de la région de Sherbrooke et met actuellement sur pied un programme d'intégration professionnelle pour femmes immigrantes En somme, pour tout le monde, y compris pour les Néo-Sherbrookois et Sher-brookoises, le chemin d'une réelle participation au développement de la communauté passe par l'accès au marché de l'emploi et par des conditions de travail justes.À ce moment-là.les mets exotiques des restaurants des rues King et Wellington n'en seront que plus savoureux VIE OUVRIÈRE/MARS 1989/13 EN BREF ACCESSIBILITÉ À LA JUSTICE La Commission des services juridiques et le Comité des avocats de la pratique privée (C.P.P.) revendiquent une révision des tarifs payés aux avocats qui acceptent des mandats de l'aide juridique.Selon ces organismes, les tarifs actuels conduisent de plus en plus d'avocats à refuser de tels mandats, ce qui a pour conséquence de rendre caduc un des principes fondamentaux de l'aide juridique, à savoir le libre choix de l'avocat par le bénéficiaire.De plus, comme les critères d'admissibilité à l'aide juridique n'ont pas été modifiés (depuis 1981 pour une personne seule et 1985 pour les familles), la Commission des services juridiques établit à environ 350000 le nombre de Québécois et Québécoises qui avaient droit à l'aide juridique en 1974 et qui se verraient refuser ce droit aujourd'hui.RASSEMBLEMENT DE LA JOC Dans le cadre de la Semaine internationale de la jeunesse travailleuse, 500 jeunes travailleurs sont attendus le 29 avril prochain, à la polyvalente Pierre Dupuis de Montréal D'une dizaine de villes à travers le Québec, les leunes travailleurs se rassembleront afin qu'ensemble ils puissent prendre la parole pour y dénoncer leurs conditions de vie.de travail et y faire connaître leurs revendications, leurs aspirations et les actions qu'ils mènent.Une enquête circule au Québec depuis septembre '88 et veut faire le point sur ce qu'on appelle à la JOC la'précarité" de l'emploi: le travail temporaire ou à contrat, à temps partiel.au noir, les bas salaires, les emplois non-syndiqués, les projets gouvernementaux.Le contenu de cette enquête ainsi que la réalité et l'action de la jeunesse travailleuse du Québec seront livrés lors d'un "gala de la jeunesse travailleuse" au cours duquel différents prix seront décernés.D'autres activités sont prévues au cours de cette journée: participation des JOC locales, théâtre-forum, spectacle, fête de solidarité.et des invités-surprise sont attendus! Bienvenue à tous et à toutes, en particulier à la jeunesse travailleuse avec ou sans-emploi.Pour plus d'information: JOC du Québec au 256-7374.ROMÉRO 89 C'est sous le thème du passage d'un silence complice vers une parole libératrice qu'aura lieu la marche-célébration Roméro '89.Cette célébration commémo-rative marquera le neuvième anniversaire de l'assassinat de Mgr Oscar Roméro le 24 mars 1980 alors qu'il était archevêque de San Salvador.Mgr Roméro avait reçu de nombreuses menaces pour avoir pris la parole ouvertement contre la tyrannie de l'armée salvadonenne et l'exploitation de son peuple.Le thème de la parole libératrice nous rappelle les menaces qui pèsent encore aujourd'hui contre les leaders chrétiens qui mettent leur voix au service des luttes des pauvres.À Montréal, la marche-célébration commencera à 19h Vendredi Saint, le 24 mars, dans l'église St-Louis-de-France.On soulignera aussi cette année cet événement dans plusieurs autres villes du Québec.RÉCEMMENT PUBLIES • L'amour.dans de beaux draps!, rapport d'une recherche-action sur le vécu amoureux des jeunes de 18 à 30 ans.Ce document a été réalisé par Guylaine Poirier et Monique Tremblay, intervenantes au secteur familial du Centre St-Pierre.Disponible au Centre St-Pierre, 1212 Panet, Montréal, H2L 2Y7.• Les CLSC à la croisée des chemins, un dossier bien fouillé qui paraît dans le premier numéro d'une revue théorique qui se nomme Nouvelles pratiques sociales.Pour informations, contactez le département de travail social de l'UQAM au (514)282-4171.• On reste ici, un document historique qui célèbre les dix ans du Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) et les 25 ans de lutte des comités-logement pour sauver nos logements et nos quartiers.Disponible au Centre St-Pierre, 1212 Panet, local 318, Montréal, H2L 2Y7.BOYCOTT DU CONSEIL PERMANENT DE LA JEUNESSE?Le secrétariat national de la Jeunesse étudiante catholique (JEC) et du Mouvement d'étudiant-e-s chrétien-ne-s du Québec (MECQ) se montrent inquiets à l'égard d'une nouvelle tentative gouvernementale visant à récupérer les groupes de jeunes.Le Conseil permanent de la jeunesse, récemment créé par le gouvernement Bouras-sa, amorce une tournée des régions du Québec pour entendre les doléances des jeunes et de leurs organismes.Ni voyant là qu'une entreprise de relations publiques pré-électorale, la JEC et le MECQ sont bien déçus de voir autant d'argent ainsi englouti alors que les groupes et les maisons de jeunes crient famine.La JEC et le MECQ ne comprennent pas non plus le besoin du gouvernement de procéder à une telle consultation alors que les organismes jeunesses n'ont pas cessé au cours des dernières années de répéter à l'unisson les préoccupations et les revendications des jeunes.La JEC et le MECQ entendent donc se concerter avec d'autres groupes de jeunes pour réagir à cette offensive de marketing du Conseil permanent de la jeunesse.Suite page 37 14/VIE OUVRIÈRE/MARS 1989 SORTIR DU GHETTO Cesser une fois pour toutes de sous-estimer le travail des femmes.Voilà l'équité salariale résumée en peu de mots.Le concept de "salaire égal pour un travail équivalent" dérange car il remet en question les ghettos d'emploi féminins nettement moins rémunérés que les secteurs à forte concentration masculine.Pourquoi, par exemple, un peintre en bâtiment est-il mieux payé qu'une secrétaire?Le premier gagne au minimum 12.94$ l'heure alors que la seconde en reçoit au plus 11.69$ l'heure.(Source: La Gazette des femmes, mai-juin 1988) "Le salaire aurait-il un sexe?" demande justement un document récemment produit par le Conseil du statut de la femme.À l'approche des négociations dans les secteurs public et parapublic, il est bon de s'attarder à l'équité salariale.Placée en haut de liste des priorités syndicales, elle risque de faire parler d'elle.en bien et en mal! La bataille est à gagner.Rendez-vous: hors du ghetto.Un dossier préparé par Josée Gauthier avec la participation de Nathaly Gagnon et Isabelle Latlamme.Nous tenons à remercier Louise Boivin, conseillère syndicale au service de recherche de la CSN, pour sa précieuse collaboration au présent document.VIE OUVRIERE/MARS 1989/15 L'ÉQUITÉ SALARIALE, QU'EN PENSEZ-VOUS?par Isabelle LAFLAMME Ce vox populi ou enquête maison a été réalisé samedi le 28 janvier 89, sur la rue Mont-Royal, à la sortie du métro.Sauf indications contraires, les personnes interrogées habitaient le Plateau, un quartier populaire, aujourd'hui victime de spéculation immobilière où plus de 22 000 locataires ont été évincés de leur logement depuis cinq ans.Johanne Dandurand 25 ans, femme au foyer: "Ce n'est pas parce que c'est des hommes qu'ils doivent être plus payés" (.) "Pour bien des femmes, le salaire n 'est pas assez élevé pour ce qu'elles font".Richard Lavergne, 39 ans, fonctionnaire: "Pour moi, c'est le salaire qui va avec le travail peu importe la personne, son origine, son sexe.(.) "Ce sont surtout les femmes qui sont pénalisées là-dedans".(.) "C'est un principe qui devrait être appliqué au niveau légal".Dominique Robelin de Pans (France), 22 ans, photographe: "L'équité salariale, pour moi, c'est l'égalité salaire féminin.salaire masculin." (.) "Cela ne devrait pas être appliqué sous forme de loi, mais être un principe moral, social".Shannon Mullin, de Caroline du Nord, 19 ans, étudiante: "Aux Etats-Unis, il y a une inégalité au niveau des salaires mais je crois que la situation s'améliore.(.) Tranquillement, on s'en va vers du mieux; du moins, je l'espère!".Micheline Baril, 42 ans, conseillère en santé au travail: "C'est une revendication majeure des mouvements syndicaux, mais je pense que c'est aussi une question de justice sociale.(.) Malheureusement, ce n 'est pas une chose acquise dans plusieurs secteurs et c'est souvent les femmes qui sont victimes de cette inégalité salariale.C'est une victoire que l'on devrait obtenir".Manuel Garcia et Ana Lereu 23 ans, étudiants: "Nous avons entendu dire que les femmes gagnaient généralement moins cher que les hommes.Cela devrait être égal, mais sans être appliqué sous forme de loi.(.) Les femmes font des études plus poussées maintenant; le processus devrait donc se faire automatiquement".Huguette Roy, 38 ans, commis culturelle: "Peut-être que cela devrait être appliqué sous forme de loi.C 'est une chose à laquelle je ne me suis pas vraiment arrêtée.(.) On se soucie beaucoup plus de son sort que de celui des autres.Si j'étais confrontée à un salaire moindre peut-être que je lèverais les bras et que je crierais plus fort.(.) Travail égal salaire égal, oui, mais aussi compétence égale." Il ressort que dans l'ensemble, les personnes interrogées saisissent bien la notion de "salaire égal pourun travail égal".Il en va cependant autrement de "salaire égal pour un travail équivalent".Bien que toutes et tous s'entendent sur le fait que ce sont les femmes qui écopent le plus de l'inégalité des salaires, les avis sont très partagés sur la nécessité dune loi sur l'équité salariale.Plusieurs personnes croient que "cela devrait aller de soi".■ Récemment diplômée du cégep de Jonquiere Isabelle Lallamme est pigiste en journalisme Photos Martin Bouchard 16A/IE OUVRIÈRE/MARS 1989 SAVIEZ-VOUS QUE."Les femmes travaillent pour la même raison que les hommes: subvenir à leurs besoins et à ceux des personnes à leur charge.Pourtant celles qui travaillent à temps plein toute l'année gagnent en moyenne moins des deux tiers du salaire de leurs équivalents masculins." (R.G.L.Fairweather, alors président de la Commission canadienne des droits de la personne, février 1986).Au Québec, le Conseil du Trésor, qui est considéré comme l'employeur, ne reconnaît pas qu'il existe actuellement de la discrimination salariale dans le secteur public.C'est à l'unanimité que le Parlement fédéral adoptait, en 1977, la Loi canadienne sur les droits de la personne qui renferme des dispositions relatives à l'égalité de rénumération pour des fonctions équivalentes.L'équité salariale est un droit stipulé par l'article 19 de la Charte québécoise des droits et libertés de la personne.LA LOI NOUS INFORME QUE.Constitue un acte discriminatoire le fait pour l'employeur d'instaurer ou de pratiquer la disparité salariale entre les hommes et les femmes qui exécutent, dans le même établissement, des fonctions équivalentes.(Article 11 de la Loi canadienne sur les droits de la personne) Tout employeur doit, sans discrimination, accorder un traitement ou un salaire égal aux membres de son personnel qui accomplissent un travail équivalent au même endroit.Il n'y a pas de discrimination si une différence de traitement ou de salaire est fondée sur l'expérience, l'ancienneté, la durée du service, l'évaluation au mérite, la quantité de production ou le temps supplémentaire, si ces critères sont communs à tous les membres du personnel.(Article 19 de la Charte québécoise des droits et libertés de la personne).EQUITE = EGALITE?w" ourquoi parler d'équité et non pas d'égalité?Sauf si l'on joue au scrabble et ■ qu'on veut ainsi compter treize points au lieu de neuf, la raison n'est pas évidente.Elle le devient pourtant dans une perspective historique.L'opinion publique a généralement rattaché - et rattache encore - le principe d'égalité salariale à la notion de "à travail égal (ou identique), salaire égal" La lutte à la discrimination évoluant, est apparu "à travail équivalent (ou comparable), salaire égal".Il a alors fallu trouver une expression pour qualifier sans équivoque la réalité: l'équité salariale venait de naître.s)QnytA0r Xf- root fftmforfli U
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