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Titre :
Vie ouvrière.
Vie ouvrière est une revue catholique mensuelle d'animation sociale engagée pour la cause ouvrière qui a été publiée à Montréal de 1979 à 1990. [...]
La revue mensuelle Vie ouvrière est publiée à Montréal de 1979 à 1990. Elle fait suite à Dossiers « Vie ouvrière » (1974-1978), revue catholique d'animation sociale engagée dans le monde ouvrier, élargissant ses préoccupations aux laissés pour compte des luttes syndicales : travailleurs non syndiqués, pauvres, chômeurs, assistés sociaux et marginaux. Vie ouvrière montre aussi une sensibilité à l'égard d'un large éventail de problématiques sociales plus larges. La montée du féminisme a des répercussions sur les orientations de la revue. La question autochtone fait aussi l'objet d'une certaine attention; le dossier d'avril 1979 y est consacré. Vie ouvrière fait une place plus grande aux militants chrétiens impliqués dans le missionnariat et la coopération internationale, et on y trouve de nombreux dossiers et articles à saveur altermondialiste sur la solidarité internationale. La première livraison de 1981 marque une rupture dans la facture visuelle de Vie ouvrière. La page couverture monochrome habituelle fait place à une page illustrée et colorée et des photographies et des illustrations parsèment maintenant les textes, donnant une allure de magazine à la revue. Celle-ci procède toutefois toujours par enquêtes, reportages et articles de fond. Vie ouvrière fait partie d'une longue série de publications incluant aussi le Bulletin des aumôniers des mouvements spécialisés d'Action catholique (1942-1947), L'Action catholique ouvrière (1951-1957), Prêtre d'aujourd'hui (1958-1966), Prêtres et laïcs (1967-1973), Dossiers « Vie ouvrière » (1979-1990) et VO (1990-1997), qui, en fusionnant avec Les Carnets de VO (1996-1997), devient Recto verso (1997-2004). La publication de Vie ouvrière résulte d'une collaboration entre le Centre de pastorale en milieu ouvrier, la Jeunesse ouvrière catholique et le Mouvement des travailleurs chrétiens. VALLIÈRES, Pierre, « Le magazine de Vie ouvrière - 40e anniversaire. Troisième partie : les années 70 - L'utopie et l'institution », VO, no 232, septembre-octobre 1991, p. 12-14.
Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1979-1990
Contenu spécifique :
juin-juillet
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Dossiers "Vie ouvrière",
  • Successeur :
  • VO
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Références

Vie ouvrière., 1986, Collections de BAnQ.

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CSN PARTOUT AU QUÉBEC CHICOUTIMI JULIETTE SHERBROOKE THETFORD-MINES (Saguenay Lac St-Jean (Lanaudiere) 180, rue Acadie 908.ne Labbé 73.rue Arthur Hamel sud 190.rue Montcalm Sherbrooke J1H2T3 Thetford G6G 2A8 Chicoutimi G7H 3M9 Joliette J6E 5G4 (819)563-6515 (418)338-3159 (418)549-9320 (514)769-0762 SOREL VAL 0 OR CHANDLER MONTRÉAL 900.ne de l'Église (Nord-Ouest québécois) (Gaspésie-ilede laMadl ) 1601 rue Delonmier Tracy J3R 3R9 400.rue des Distributeurs 165.rue Commerciale ouest Montréal.H2K4M5 (514)743-5502 CP 1390 ChanrJlerGOC 1KO (514)598-2021 Val d'Or J9P4P8 (418)689-2294 ST-HYACINTHE (819)825-6137 QUEBEC (Richelieu-Yamaska) DRUMMONDVILLE 155, boul Charest est 2425, rue Dessaulles VALLEYFIELD 451, rue Notre-Dame Québec G1K3G6 St-Hyacinthe J2S 2V2 (Sud-Ouest québécois) DrummondvilleJ2B2K9 (418)647-5700 (514)438-4196 412.boul du Havre (819)478-8158 Valleylield J6S 1T2 RIMOUSKI ST-JERÔME (514)371-555 GRANBY (BasSt-Laurent) (Laurentides) 371.rueSt-Jacques 124.rue Ste-Mane 289, rue de Villemure 2e étage VICTORIAVILLE GranbyJ2G3N5 RimouSkiG5L4E3 St-Jérôme J7Z 5J5 100.boul Jutrasest (514)372-6830 (418)723-7811 (514)438-4196 Victoraville G6P 4L5 (819) 758-6241 HAUTERIVE SEPT-ILES ST-JEAN (Cote Nord) 619.rueBrochu (Haut-Richelieu) LANORAIE 999.rue Comtois Sept-lles G4R 2X7 180.rue Notre-Dame 38.rue Notre-Dame Hautenve G5C 2A5 (418)962-5571 St-Je?n sur Richelieu LanoraieJOKlEO (418)589-2069 589-2608 J3B 6N2 (514)887-2336 SHAWINIGAN (514)348-4965 HULL 442, rue Willow (Outaouais) Shawinigan G9N 6T8 TROIS-RIVIÈRES 258.boul St-Joseph (819)536-4433 550.rue St-Georges HullJ8Y 3X8 Trois-Rivières G9A 2K8 (819) 771-7447 (819)378-5419 771-7450 771-7453 Ne manquez pas en août • Un dossier sur les pluies acides • La Libye et le terrorisme • Conduire une calèche relations UN MAGAZINE CHRÉTIEN ENGAGÉ un regard critique sur l'actualité politique, sociale et culturelle ABONNEMENT: 1 an (10 nos) : 16.00S a l'étranger: 20.00S NOM ADRESSE code postal RELATIONS 8100.Dlvd SI Laurent Montréal H2P 2L9 — (S14) 387 25 41 4/ Boîte aux lettres O/Editorial — Raymond Levac — Un message pertinent des évoques/ — Soutenir la Vie en Rose 6A Un oiseau rare, du type échassier — Céline Cossette.Échassier au cirque du soleil, l'an dernier, Gilles Ste-Croix est de la lignée des patenteux et des inventeurs.C'est aussi un homme ordinaire à la recherche de lui-même.Iv/Emballement.Écoeure-ment, Déménagement — Luce Bédard, Marie-Hélène Deshaies."Elles étaient si heureuses d'avoir trouvé un logement à leur goût!" 12/.Une tournée des femmes au Québec — Nicole Brais, Sylvie Desautels.Isabel du Pérou, Fatma de Tunisie, Sara de République Dominicaine et Mona de Palestine nous ont fait réaliser jusqu'à quel point le féminisme parcourt et transforme la face du monde.23A Vie quotidienne: La graduation — Aline Gendron.Bande dessinée: Le monde vu d'en bas — Vivian Labrie 24/.Nicaragua: d'un sectarisme à l'autre?— Raymond Levac.Les tensions s'accentuent non seulement entre la hiérarchie catholique et le gouvernement, mais aussi à l'intérieur de l'Église.26/.Un jour nouveau — Peter Geremia.La chute du dictateur Marcos, l'explosion soudaine du pouvoir populaire.Des défis sérieux.28A Des F-18 dans un champ de bleuets — Pierrette Bouliane-Ouellet, Céline Cossette.Malgré la pression du gouvernement fédéral pour installer ce champ de tir, la population continue à manifester son refus.30/.L'appui des évêques aux syndicats — Jean Ménard.Une prise de position percutante.31A A regarder absolument - Céline Cossette.Des outils à connaître et à utiliser: Le film d'Ariane: On ne voulait pas de miracles; Des vies et des mots du Centre-Sud; Discrimination, harcèlement et harcèlement sexuel.15/DOSSIER/ RÉCITS DE VACANCES! Quatre écrivaines nous font entrer dans leur imaginaire pour nous faire vibrer à la vie de leurs personnages.Un cadeau qu'on se fait en cette période de vacances.VIE OUVRIERE/JUIN-JUILLET 1986/3 de Vie Ouvrière, 1212 Panet.Montréal.Qc, H2L 2Y7 Plus d explications S.V.P.Je vais renouveler quand même mon abonnement pour une autre année Votre revue est intéressante et originale mais si c 'était possible, j aimerais un peu plus d'articles théoriques Pas une théorie ennuyante et plate style m-l mais un peu plus d'explications sur les phénomènes sociaux auxquels vous vous intéressez, et qui m'intéressent aussi Bon courage Jean-Pierre Deslauriers Chicoutimi Rien ne marche, ces temps-ci, Nous répondons à votre lettre nous demandant de nous réabonner à votre revue.Cependant c 'est avec regret que nous ne pouvons le faire pour le moment.Rien ne marche ces temps-ci Loyer très cher Vente de linge, bien tranquille.Si dans quelques temps ça marche un peu plus, nous pourrons nous abonner de nouveau Nous trouvons votre revue très intéressante Nous vous remercions sincèrement de votre compréhension Sincèrement vôtre Hélène Quinn, pour le Groupe Solidarité Sociale de Rawdon Un service d'entraide Suite à l'étude en comité, du rapport La-belle du diocèse Gatmeau-Hull publié en mai 1984.«Bienheureux les pauvres», nous avons mis sur pied un «service d'entraide" Un service qui se veut du dépannage à l'occasion, mais aussi une présence avec les moins favorisés: café-rencontres iciàMasson, avec femmes mono-parentales assitées sociales; supporter concrètement (financement et transport) ces mêmes femmes à suivre des activités de leur goût: cours tricot, cours affirmation de soi.etc Café-rencontres du Centre Actu-Elle (centre de jour pour femmes) de Bucking-ham; pour leurs jeunes, faire une entente avec le service des loisirs de la ville, pour inscription gratuite au patinage artistique, achat de patins, etc.Je ne connaissais pas tellement Vie Ouvrière, mais c 'est un outil précieux pour se sensibiliser davantage aux luttes des classes populaires; très bien présenté.Marie-Paule McNamara Masson, Qc Bonne année, madame la marquise, J'ai bien aimé l'avant dernier éditorial de Raymond Levac.Bonne année madame la marquise C 'était très bien Suggestion de thèmes: la famille, la maternité.Linda Denis St-Hyacinthe Aborder des pistes d'action possible La JOC de St-Hyacmthe est très heureuse de la nouvelle formule de Vie Ouvrière.Vous avez touché des sujets d'actualité importants.Nous vous encourageons à poursuivre votre travail car il est plus qu important, il est essentiel.Il faut continuer à démontrer la réalité vécue par des gens de la classe ouvrière et pour eux.la revue Vie Ouvrière est une tribune importante Il serait souhaitable, pour l'avenir, d'aborder davantage sur des pistes d'action possible II est certain que les actions ne sont pas toujours évidentes, mais je crois quand même qu 'il faut mettre un accent sur cet aspect.Nous de la JOC de St-Hyacinthe sommes prêts à collaborer dans ce sens Bravo à l'équipe du journal et bonne chance pour les années futures.Mario Bousquet pour la JOC St-Hyacinthe Je désire m impliquer Je viens tout juste de finir de lire le numéro de mars etj 'apprécie vraiment comment vous me mettez au courant des problèmes qui existent au sujet des logis sociaux, du rôle de la femme dans l'Église.Je désire m impliquer davantage pour combattre l'injustice dans notre société mais j'avoue que je ne sais par où commencer.Votre revue est un outil précieux FélicitationsI Fernande Vermette Hull Volume XXXV numéro 194 Vie Ouvrière.Revue fondée en 1951.publiée en collaboration avec la Jeunesse Ouvrière Chrétienne (JOC), le Mouvement des Travailleurs Chrétiens (MTC) et le Centre de Pastorale en Milieu Ouvrier (CPMO) Directeur: Raymond Levac • Conseil de direction: Gilles Comeau.Luc Dion.Gilles Dubois.Diane Garlépy.Hélène Parenteau • Secrétaire à la rédaction: Céline Cossette • Comité de rédaction: Luce Bédard, Hélène Charbonneau, Aline Gendron, Diane Levasseur, Monique Tremblay, Claude Hardy.Jean-Marc Lebeau.Jean Ménard • Membres des sous-comités Jeunes, Femmes, Eglise, International: Louise Bessette.Sylvie Bonin.Madeleine Bousquet.Nicole Brais.Suzanne Charbonneau.Dominique Cyr.Marie-Hélène Deshaies.Isabelle Drolet, Ginette Duquette, Sylvie Gervais/Molly Kane.Diane Lalancette.Sylvie Lavallée.Jacques Lauzon.Luce Pelletier, Lucie Raiche • Abonnement: Raymond Levac • Maquette, montage, comptabilité: Yolande Hébert-Azar • Couverture et graphisme: Anne Bnssette • Bande Dessinée: Vivian Labrie • Imprimerie: Payette et Simms • Photocomposition: Photocomposition Tréma Inc • Distribution: Diffusion Parallèle, tel (514) 525-2513 • Abonnement régulier: 15S/an, de soutien: 20S/an, 28S/2 ans.à l'étranger: 18$/an.commande de 6 abonnements et plus: 12$ chaque Références: Les articles de la revue Vie Ouvrière sont répertoriés dans le Répertoire analytique d'articles de revues du Québec (RADAR), de la Bibliothèque nationale du Québec • Dépôt légal â Ottawa et à la Bibliothèque nationale du Québec ISSN 0229-3803 Courrier de deuxième classe, enregistrement no 0220 Revue Vie Ouvrière, 1212.rue Panet.Montréal.Que H2L 2Y7 Tel (514) 523-5998 4/VIE OUVRIERE/JUIN-JUILLET 1986 Une position pertinente des évêques Au moment où le syndicalisme est très largement décrié, l'épiscopat incite les chrétiens et les chrétiennes à contribuer activement à renforcer et revigorer l'action du mouvement syndical.Le message des évéques canadiens, le 1er mai, à l'occasion du centième anniversaire de la journée internationale des travailleuses et travailleurs est particulièrement pertinent.Il se situe dans la même lignée que «Jalons d'éthique et réflexion sur la crise économique» qu'ils avaient publié en 1983, de même que leur appui aux grévistes du magasin Eaton à Toronto, l'an dernier.Ces messages se situent à contre-courant des discours dominants de notre société.Il est, en effet, de bon ton aujourd'hui de valoriser les forces «aveugles» du marché, de compter sur la seule entreprise privée, de critiquer l'État dit providence avec ses programmes sociaux, sans s'interroger sur les effets de ces perspectives sur les classes populaires et les familles Dans l'histoire récente des tentatives de bâtir une presse progressiste au Québec, le magazine La Vie en Rose est apparu comme un phénomène stimulant et étonnant.En relativement peu de temps, cette revue s'est acquise une qualité et une crédibilité remarquable.Le succès de ce magazine féministe est, sans doute, grandement dû au mouvement social profond sur lequel il s'appuie.La solidarité grandissante des femmes au Québec et l'enracinement de plus en plus important des perspectives féministes dans toutes les couches de la société ont permis à ce périodique d'atteindre un tirage, certe modeste, mais respectable.La Vie en Rose a cependant été un apport non négligeable dans la popularisation du pays II va de soi de faire des syndicats les boucs émissaires de tous nos problèmes, de ne les considérer que comme des «irritants» nuisant à la bonne marche de l'économie et de la société.Les évêques rappellent avec pertinence le rôle historique des organisations syndicales dans la mise sur pied des législations sociales les plus progressistes de ce pays Ils réaffirment, à la suite de la lettre de Jean-Paul II sur le travail jusqu'à quel point l'appui aux syndicats fait partie de la pensée sociale de l'Église.Ils expriment aussi, bien sur, leur perplexité face à certaines stratégies syndicales dans des domaines touchant les services essentiels aux malades et aux personnes âgées.Ils constatent cependant que l'affaiblissement marqué du syndicalisme est d'abord causé par les changements structurels de l'économie, les stratégies patronales favorisant les emplois précaires et les faibles salaires de même que par les politiques économi- de ces perspectives féministes.Son rôle s'avère plus qu'important à une époque où les acquis des femmes dans notre société sont menacés par le néo-libéralisme envahissant.Peu de moyens La Vie en Rose n'a pu survivre et prendre de l'expansion, cependant, que parce qu'elle a été soutenue à bout de bras pendant toutes ces années L'équipe de filles qui l'a portée a travaillé, sous-payée, avec des conditions de travail difficiles Cela ne peut pas continuer ainsi indéfiniment.Une étude de marché semble démontrer que la revue pourrait vendre jusqu'à 50.000 copies par numéro si elle avait les moyens lui permettant d'élargir ques et sociales conversatrices des gouvernements Les évêques s'élèvent donc, à juste titre, contre les préjugés anti-syndicaux largement répandus par les médias.Ils invitent les chrétiennes et les chrétiens à s'engager activement dans les syndicats et à appuyer les organisations syndicales de leur région Ils invitent les institutions chrétiennes à réexaminer leurs politiques d'emplois Ils considèrent que le mouvement syndical doit jouer un rôle important dans la mise sur pied d'un large mouvement social en faveur d'une société nouvelle basée sur la lustice économique et sociale.Pour jouer ce rôle les syndicats doivent être revigorés et renforcés Cette position des évêques va encore leur attirer critiques et railleries de la part des ténors de l'idéologie conservatrice Mais c'est une question pour eux de fidélité au message évangéh-que au coeur même de l'histoire A son contenu, d'améliorer sa forme et lancer une vaste campagne promotionnelle C'est pourquoi, en mai dernier, l'équipe lançait un appel pour recueillir 75.000$ avant le 2 juin et 200.000$ au cours de l'automne Avec ce montant, la relance du périodique serait possible.Nous croyons important de soutenir La Vie en Rose quelles que soient, par ailleurs, les divergences qu'on pourrait entretenir sur l'un ou l'autre aspect de cette revue La fin de La Vie en Rose constituerait un sérieux recul non seulement pour les femmes du Québec, mais aussi pour tous ceux et celles qui luttent pour une société d'égalité et de justice A RAYMOND LEVAC Soutenir La Vie en Rose VIE OUVRIERE/JUIN JUILLET 1986/5 Un oiseau rare, du type échassier Entrevue avec Gilles Ste-Croix Il faisait l'année dernière, au Cirque du Soleil, un double saut périlleux.en échasses.Gilles Ste-Croix est pourtant un Québécois pure laine, un Abitibien de 36 ans.Rien dans sa famille ne le prédestinait à ça.Mais il est de la lignée des patenteux, des inventeurs, de ceux qui harnachent la créativité à un potentiel débridé.Il vient d'accrocher ses échasses mais il vise encore haut: être concepteur scéno-graphique à 40 ans.Toujours en mouvement, toujours un ailleurs à explorer avec une énergie inépuisable.Et pourtant, c'est aussi un homme ordinaire à la recherche de lui-même.ENTREVUE ET TEXTE CELINE COSSETTE 6/VIE OUVRIERE/JUIN-JUILLET 1986 Céline: Comment devient-on échas-sier?Gilles: Un brin par paresse, beaucoup par ingéniosité et par le croisement des événements.Dans les années 70, j'ai découvert au Vermont, le Bread and Puppet, un groupe de théâtre visuel.Leur message était à la fois clair et ambigu et tout était basé sur la récupération pour fabriquer les costumes et les décors.De plus, ils utilisaient des échasses.À cette époque, je vivais dans une commune dans les Cantons de l'Est.À l'automne, je ramassais mes pommes.Monte et redescends des pommiers.Je me suis dit que ce serait bien plus simple si.Alors je me suis fabriqué une paire d'échasses, je les ai attachées à mes jambes et j'a ramassé mes pommes.C'est comme ça que Ste-Croix l'échassier a commencé Céline: Faisais-tu partie du monde du spectacle à ce moment-là?Gilles: Non.Toute mon adolescence il est vrai, j'ai voulu être un artiste et j'avais même parti, à l'école, une troupe de théâtre.Ensuite j'ai toujours entretenu ce côté-là mais sans jamais réussir à me convaincre que je le deviendrais un jour.C'était plus un besoin pour équilibrer le côté «straight» que je vivais.Quand je travaillais à Vancouver dans un bureau d'architecte comme dessinateur, j'étais rangé.J'avais beau avoir une queue jusqu'aux fesses, je travaillais en chemise blanche et en cravate Après deux ans, je n'étais plus capable: un néon, une feuille de papier, ça me donnait des boutons.Je n'arrivais pas à n'être qu'un exécutant.J'avais besoin de communiquer.Revenu au Québec, j'ai suivi un atelier que le Bread and Puppet était venu donner à Montréal.Ils m'ont trouvé bon échassier et m'ont invité à faire le spectacle d'été avec eux au Vermont.Je me disais: «Moi, moi, jouer dans un spectacle?Certain que je ne peux manquer ça».Je suis parti et j'ai fait une découverte.Il fallait que je revive ça.Je touchais en moi quelque chose que je n'avais jamais laissé vivre.Peu de temps après, j * ai déménagé avec mes trois gars et la mère de mes enfants à Baie St-Paul ou l'été j'ai tra- C'est beau les cascades, mais il n'y a rien qui vaille que Je risque ma vie.vaille comme animateur.À l'hiver j'ai présenté un projet au Conseil des Arts pour monter une troupe d'échassiers avec un peu l'esprit du Bread en utilisant beaucoup la récupération.Ça n'existait pas au Québec.Puis j'avais une idée sur Alexis le Trotteur qui me trottait dans la tête.Souvent mon père m'avait conté ce personnage qu'il avait connu quand il vivait au lac St-Jean.Au printemps, le projet a été accepté.Je suis carrément allé chercher des gens dans le milieu des amuseurs publics.Je ne voulais pas qu'ils aient une formation théâtrale classique.Pour ne pas me sentir handicapé, je les voulais un peu comme moi, avec une formation autodidacte ramassée sur le tas Dès la première année, on a fait un hit.Les gens ont été séduits par l'effet échassier.Jusqu'à maintenant au théâtre on avait joué les profondeurs et les largeurs.Mais cette fois on jouait en plus les hauteurs.Ça amenait un effet magique.Les gens ne savaient plus qui de la personne à pied ou de celle en échasse était la plus réelle.Ils retournaient un peu à l'enfance en se disant que ça ne se pouvait pas.Et en même temps, ils essayaient d'en comprendre la logique: comment ça marche?comment font-ils pour tenir là-dessus7 Les Échassiers de Baie-St-Paul sont nés de là Céline: Ce furent des années folles, de tournées, d'essais.Je pense que tu as tout fait en échasses.Gilles: C'est vrai.Peu d'échassiers ont fait ce que j'ai fait.Avec la troupe, on a exploré le champ du théâtre et de la danse Mais on n'a jamais été reconnu comme tel culturellement On a toujours été considéré comme amuseurs publics et dans les demandes de subventions, on ne «fittait» pas: ni le théâtre conventionnel, ni expérimental.Il a donc fallu fonctionner par autofinancement.Ce n'était pas l'idéal mais c'était correct aussi.Alors au début des Échassiers, j'ai marché de Baie St-Paul à Québec en échasses, 55 milles Les gens me donnaient tant du mille J'ai ramassé 6 000$.À un moment donné nous avons eu une offre d'aller jouer à Pans En France, il cherchait un produit typiquement québécois et ils nous ont demandés C'est quelque chose de savoir que tu es reconnu à l'étranger Ça prouve en quelque sorte que tu existes Mais pour quitter le Québec on a fait des dansethons, du dancing en échasses dans les discothèques de Montréal.Tu inventes par nécessité ou par défi Un jour, j'ai fait une gageure avec un bonhomme sur une brosse II me dit «Serais-tu capable de patiner là-dessus toé9* Je lui réponds «Ben VIE OUVRIERE/JUIN-JUILLET1986/7 voyons donc, en échasses chu capable de faire n'importe quoi» Alors le lendemain, dégrisant chez moi, je me suis fait un petit plan J'ai carrément «boité» des patins de hockey sur des échasses en métal et |e suis monté là-dessus.C'était pas évident Après maints essais et maintes modifications, |'ai réussi à faire le tour de la patinoire sur des échasses de 4 pi Là on a essayé de rentrer le théâtre dans la Mecque des sports, les arenas Cet hiver-là, je me suis dévié la colonne vertébrale et je me suis cassé deux côtes Tout ça pour l'amour du théâtre et des échasses Céline: Comment es-tu passé à des numéros de cirque?Gilles: Quand Guy Laliberté.qui était membre des Echassiers, a mis sur pied la Fête itinérante du 450ième, il m'a demandé de préparer des numéros Il voulait des enfants J'ai demandé à mes jumeaux de participer.Vincent voulait être dompteur de lions et Olivier, dompteur d'éléphants.Quand ils ont su qu'il n'y aurait pas d'animaux, ils m'ont dit: «C'est pas un vrai cirque, on n'est pas intéressés» Puis en revenant de l'école, ils m'ont suggéré d'être les animaux J'ai alors créé le spectacle des enfants-dompteurs Parallèlement à ça.Guy voulait quel- On voulait une fête avec des amuseurs publics.À cette époque, Ils n'avaient pas de Heu pour travailler, pas même le métro ni le Vieux-Montréal.que chose qui «flashe», qui soit cirque.Ce qui me tentait, ce que je n'avais jamais fait, que personne n'avait fait au Québec, ce sont des sauts périlleux en échasses.Je ne connaissais ni acrobatie, ni planche-sautoir.Là-dessus, quand tu claques, tu pars à 60 milles à l'heure.Dans les airs il faut que tu contrôles ce que tu fais, comme si tu volais.Si tu changes d'idée, tu figes et par gravité tu redescends.Ça m'est arrivé une fois.J'ai essayé d'abord sur mes deux pieds.J'ai claqué, je suis parti.Et là dans les airs, je me suis dit: «Ah mon Dieu, ça en échasse!!» J'ai travaillé, j'ai travaillé.En deux mois, je l'ai fait.L'année d'après je me suis engagé à faire un double-saut Céline: Ce double saut, tu l'as fait pour le Cirque du Soleil.Quel lien as-tu avec le Cirque?Gilles: Le Cirque du Soleil origine en quelque sorte de la Fête foraine que Guy et moi avons montée à Baie St-Paul.On voulait une fête avec des amuseurs publics.À cette époque, ils n'avaient pas de lieu pour travailler, pas même le métro ni le Vieux-Montréal Après la fête, moi j'ai continué avec les Echassiers et Guy a poursuivi dans le sens de la fête jusqu'au Cirque du Soleil.C'est le plus jeune cirque du monde, le dernier-né Non conventionnel car sans animaux, il se démarque par son approche théâtrale.Alors que beaucoup de cirques plaquent cinq grosses lumières pour éclairer la piste, au Cirque du Soleil, il y a 80 spots qui permettent des jeux, des intensités En ajoutant les effets spéciaux, la mise en scène, ça lui donne un cachet très spécial Ce cirque a déjà une très bonne réputation en Europe.Moi j'y ai participé comme échas-sier On fait la tournée: 80 à vivre dans nos valises, 80 à livrer deux shows par jour.C'est épuisant.Mes numéros sont dangereux, mais j'ai été chan- ceux: le matériel a lâché mais pas mes jambes.Mais à la fin de l'été, j'étais crevé: mal aux jambes et aux rotules En tournée on a croisé un autre cirque où avant, il y avait un sauteur comme moi.Après 3 ans, il avait dû abandonner; ses rotules étaient effritées.J'ai fait: Hein! C'est beau les cascades.Mais il n'y a rien qui vaille que je risque ma vie.Après cinq étés de tournée, j'ai décidé de prendre ma retraite.Fini pour moi, le cirque, mais je garde des liens, les amis.Quand j'ai accroché mes échasses, Guy a tenu à souligner: «C'est vrai que j'ai parti le Cirque du Soleil, mais si Gilles n'était pas venu me chercher en '80 sur un chantier de la Baie James, pour faire partie du Théâtre des Echassiers, tout ça n'existerait pas.» Les Echassiers n'existent plus.Maintenant je suis en coulisse.C'est l'aspect visuel de la scène plus que la performance que je développe.Tout en produisant, j'ai pris des cours de scénographie.Céline: Tu n'arrêtes jamais.Après un projet, c'est un autre.Et tu te défonces à l'ouvrage.Pourquoi?Gilles: C'est comme.En quelque part.J'ai toujours voulu me dépasser, j'ai touiours voulu me pousser à la limite du possible.J'ai fait tout ce qui pouvait se faire en échasses Je sais que c'est mon père qui m'a mis ça dans la tête II m'a toujours mis des «goals» trop hauts pour moi et je me suis toujours battu pour les atteindre.J'ai reçu en quelque sorte une formation à vouloir me dépasser Ce qui fait que j'ai toujours été très exigeant par rapport à ce que je pouvais donner de moi-même J'ai voulu être le premier dans un tas d'affaires parce que mon père voulait que ie sois le premier C'en était presque maladif.Autant c'est motivant, autant ça joue contre moi.J'ai réalisé qu'en ayant une valeur très surélevée de moi-même, je n'arrivais plus à être en contact avec le monde.Toujours vouloir être le premier, c'était comme si je voulais me placer au-dessus des autres Dans le fond, en me dégageant des autres, ie cherchais surtout à ne pas être challenger.Ça m'a créé une solitude où tu es vraiment mal.8/VIE OUVRIERE/JUIN-JUILLET 1986 95 J'ai toujours voulu me dépasser, j'ai toujours voulu me pousser à la limite du possible.Puis après ma séparation, je m'étais dit: je sais c'est quoi l'amour, je sais c'est quoi avoir une femme et des enfants, c'est fini.Ensuite je suis passé par les méandres des relations cul-de-sac.Finalement j'ai décidé de laisser aller ça et j'ai rencontré une femme avec qui s'est développée une relation d'amitié que maintenant je prends plaisir à approfondir.Ça m'a permis de reprendre contact avec mon affectivité et ça a changé beaucoup de choses, dont ma relation avec les enfants et avec moi-même.J'ai aussi moins le désir d'être le premier.En échasses, j'aurais pu aller pour un triple saut, et être le premier au monde à le faire.Mais je n'en avais plus le goût.Je pourrais encore me défoncer, suivre des cours à l'université, m'occuper des enfants, et en même temps avoir une troupe.Pourquoi?Tu n'accomplis pas plus parce que tu fais ça.J'ai le goût d'approfondir mes connaissances, me contenter d'être moi-même.■*.Céline: Mais être toi-même, c'est aussi toujours continuer à apprendre.Gilles: Au départ, je n'ai pas une scolarité très élevée.J'ai été mis à la porte de l'école avant la fin de mon secondaire V.Mais un des mes profs avait écrit à mon père: «Ce n'est pas que Gilles ne soit pas intelligent.On pense qu'il va bien s'arranger dans la vie, Gilles est un autodidacte.Mais nous on n'est plus capable de le supporter.» Mon père m'avait dit: «Tu ne veux plus aller à l'école.0 K.Débrouille-toi.» Je me suis retrouvé avec rien devant moi et je suis parti à la découverte.J'ai fouillé à gauche et à droite, traîné ici et là.Je n'ai jamais fini les cours que j'ai commencés ni comme dessinateur en architecture, ni comme scénographe à l'université.Ce que j'apprends je l'applique tout de suite et je vais chercher directement sur le terrain ce que le ne sais pas r J'ai travaillé en scénographie à la Place des Arts dans les décors d'opéra.J'ai collaboré avec un accessonste qui m'a offert d'être son assistant sur un contrat à Banff Comment refuser?Je lui ai dit: «Je sais que je suis capable de faire l'affaire, j'ai la connaissance en quelque part mais je ne l'ai pas encore découverte.» Ce fut une très bonne association Nous venons d'entrer en compagnie pour faire des accessoires spécialisés pour les décors de film, de cinéma et de théâtre En même temps je vise à être concepteur scénographique à quarante ans Déjà, grâce à une bonne conjonc- Je sais aussi que dans une job, il y a un quota de créativité.Quand tu l'as dépassé, quand tu as donné le maximum, il faut que tu passes à autre chose.ture, je suis rendu assistant-scénographe à l'Opéra de Montréal Encore là ma formation va être autodidacte.J'ai fait beaucoup de choses différentes, rencontrer des gens de toutes sortes Ça me donne un bagage dans lequel puiser Je connais ce que ie peux faire, ce que je ne peux pas faire mais que je peux quand même réaliser si je m'en donne le défi Je sais aussi que dans une job.il y a un quota de créativité Quand tu l'as dépassé, quand tu as donné le maximum, il faut que tu passes à autre chose Céline: Il n'y a donc pas d'avenir tout tracé pour toi.Gilles: Quand je serai vieux, je me vois dans une petite maison dans le bois Déjà dans les Cantons de l'Est, l'avais construit une maison dans le bois.J'avais décidé alors d'avoir des enfants, de penser au futur, de vivre les notions que j'avais le goût de leur transmettre Elle était très «flyée», avec 5 pointes et 25 fenêtres, pas d'électricité, pas d'eau, chauffée au bois que je coupais et transportais à cheval Je disais à mon père: «Viens voir comme c'est beau » Il me disait: «T'es fou Toute la misère que j'ai voulu t'éviter pour que tu réussisses, toi tu me craches au visage et tu t'en retournes la vivre » C'est bizarre de te retrouver au bout d'une démarche à l'inverse de ce que tes parents aspiraient pour toi.C'était une vie dure mais très franche, près de la nature avec ses exigences.Je pense que |e reviendrai à cette vie sage, quand j'aurai satisfait et épuisé toutes mes aspirations Comme dans «Siddartha», écrit par Her-mann Hesse, où un homme riche demande à un passeur comment arriver à la sagesse Celui-ci lui dit de tout faire, de tout explorer Quand il a fait ça.il revient II ne lui reste alors plus qu'une chose à faire prendre la place du passeur C'est en quelque sorte ce que j'essaie de vivre A VIE OUVRIERE/JUINJUILLET1986/9 Emballement, écoeurement, déménagement Luce Bédard, Marie-Hélène Deshaies Après avoir paqueté, dépaqueté, se préparant à peinturer, puis à réparer, six jeunes un peu essoufflés s'arrêtent autour d'un café.André dépose la dernière caisse.— «J'espère qu'il n'y aura pas eu trop de mélange dans nos affaires.» — «Si tu veux pas de mélange, tu peux toujours déménager tout seul et le faire en autobus de la ville, comme j'ai déjà fait.J'te jure que j'avais pas le choix!» C'est LA journée de déménagement.Ensemble, ils ont loué un camion pour transborder quatre logements.C'est déjà fait chez André et Marie-Claude.Ça achève chez Marie-Hélène et Danielle.Il faut se refaire un peu de force avant d'attaquer le déménagement de Daniel et ensuite celui de Claude.Chacun et chacune sont un peu fébriles de découvrir leur logement dans sa réalité.Ils étaient tous si heureux d'avoir enfin trouvé quelque chose passablement à leur goût.Marie-Hélène et Danielle jettent un regard circulaire sur leur logement.Elles ont un peu l'air déçu.— «Aie, les filles, qu'est-ce qui vous a pris de louer ça?» — «Quand il y avait des meubles dedans, c'était loin d'être de même.» Tout nu, le logement dévoile sa pénurie de prises de courant, la grandeur réelle de ses garde-robes, l'essentiel est réduit à l'essentiel.Mais quand on visite des logements, on n'a pas le temps de voir tous ces détails à travers le proprio qui nous inspecte, les locataires en place qui sont impatients et la file qui attend.Les logements peu chers sont rares, il faut sauter dessus rapidement — «Des fois je me demande si c'est moi qui choisit le logement ou si c'est le propriétaire qui m'choisit comme locataire.» — «Vous pensez pas qu'on a été chanceuses d'avoir été acceptées après tous ceux qu'on a visités?Le proprio ne nous a pas demandé de T.P.4, ni d'acompte.» Marie-Claude regarde ses deux copines d'un air sceptique.— «Je vous trouve courageuses d'habiter toutes les deux ici.Quand je restais toute seule, mon proprio m'a déjà accusée d'entretenir une maison de débauche parce que des amis/es venaient chez moi.Il a fait le même coup à ma voisine.Dans le fond, il voulait se débarrasser des jeunes qui habitaient son bloc.» — «Quand c'est pas ça, il te dit que ta radio ou ta TV.joue trop fort.» — «Nous on retape les logements à nos frais, puis ensuite on se fait harceler et écoeurer pour qu'on parte.» Ils ne sont pas aussitôt rentrés qu'ils commencent à déchanter.Les vieilles peurs refont surface: peur du feu, du vol sans assurance, peur de chauffer autant l'intérieur que l'extérieur en hiver, peur de ne pas s'en sortir.— «Je sais pas si je vais arriver à payer mon logement tout seul ou s'il va falloir que je vive avec d'autres pour y arriver.» Les six se regardent, l'air débiné.Encore une fois, ils nont pas trouvé le «jack pot».Ils s'en rendent compte — «Ça pas d'allure, il faut réagir et faire quelque chose.» — «Et si on le disait aux propriétaires du Québec.» 10/VIE OUVRIÉRE/JUIN-JUILLET1986 .ai>- vl Yz , G a « de bain, 950$/mois .o-ux saiies 2V2, 265$/mois, pas chauffé, pas éclairé, références demandées.______________ 4V%, pas d'eau chaude, toilette installée dans une garde-robe, bain dans une cha t xfU)u*?a.bre, dépotoir municipal dans votre cour ; £* '»"/""***'."jrr te* fitoèUème* *« 'ét*e tnattoqèl ,^/ne/ie, ^Uatie- fraude, Muée.,4taue-J€é4éne, Claude, !J,i•>«//, .Çhaniel 9.Sf.: €>n ne te fait/ta* d'illusion, e 'est/tas de veitte Aotdqu il va y attoit de t'action ! ■'HBon, ce que nou*/ten*on* comme de mùchc e*tqu une association, une met lieu te teqtementatie.it ou une coo/t d hattita/ion setttiemt de* solution*, faites alten/ion! Toute ressemblance avec des faits vécus et des personnes réelles est totalement voulue.Cette fiction réalité a été produite à partir d'une table-ronde que réunissaient les sept signataires de la lettre aux proprios.VIE OUVRIERE/JUIN-JUILLET1986/11 Une tournée des femmes au Québec NICOLE BRAIS.SYLVIE OESAULTELS Quatre femmes de pays du Tiers-Monde, impliquées dans le mouvement des femmes, étaient en tournée au Québec au mois de mars.Réunies autour du thème de la santé, elles ont échangé avec les femmes d'ici sur leur vécu, leurs luttes et leurs groupes.Isabel du Pérou, Fatma de Tunisie, Sara de République Dominicaine et Mona de Palestine nous ont fait réaliser à quel point le féminisme parcourt et transforme la face du monde.Et en traçant des parallèles entre les luttes et les pratiques des femmes en santé, ici et dans le Tiers-Monde, on peut ainsi inscrire la solidarité dans le concret.Prendre le pouls Quand femmes des pays du Tiers-Monde et femmes du Québec se rencontrent pour parler santé, elles parlent de réalités différentes, c'est le moins qu'on puisse dire D'un côté, on vit dans des camps de réfugiés, des bidonvilles, des quartiers populaires où les conditions de vie entraînent des problèmes de santé qu'on connaît peu ici.Malnutrition, anémie, maladies infectieuses chez les enfants Nombreux décès ou mala- dies des femmes à la suite d'accouchements ou d'avortements pratiqués dans des conditions d'hygiène déficientes.Maladies mentales provoquées par le climat d'insécurité politique et économique.Des logements insalubres construits à proximité de dépotoirs, l'absence de système d'égouts, les pénuries d'eau.Dans tout ça, bien sûr, se trouvent des services de santé.Mais dans la plupart de ces pays, ce sont des cliniques et des services privés auxquels les gens des classes populaires n'ont de la Palestine et Isabel du Pérou pas accès en raison des coûts exorbitants.Les services publics, quand ils existent, sont en nombre insuffisant et ne répondent pas à l'ampleur de la tâche.En général, ils parent au plus pressé et ne s'attaquent pas aux causes réelles des maladies: la situation économique et politique.De l'autre côté, au Québec, tous et toutes ont un toit sur la tète et quelque chose à mettre dans leur assiette.Les installations sanitaires, les mesures d'hygiène ont enrayé la majorité des épidémies et des maladies responsables de la mortalité infantile.Les services collectifs sont nombreux: CLSC, maisons d'hébergement, centres de santé, garderies.Enfin, un régime d'assurance-maladie garantit à tous et toutes l'accès aux soins de santé.Regard peu critique, répondront certainement les militantes des centres de santé, et avec raison.En marge du niveau de vie élevé et de la batterie de services, se vivent des problèmes qui ne sont pas si différents de ceux des femmes du Tiers-Monde.Qu'on pense aux jeunes assistées sociales et leur problème de malnutrition.Aux femmes âgées qui vivent sous le seuil de pauvreté (66%).Aux femmes chefs de famille qui coupent sur l'essentiel pour rejoindre les deux bouts.Il ne faut pas oublier les problèmes engendrés par les sociétés industrialisées: stress, angoisse, pollution.Enfin, les services si nombreux dans les centres urbains.le sont beaucoup moins en région Il n'en demeure pas moins, que du côté santé, les luttes ne se font pas au même niveau.Au Québec, les femmes veulent l'amélioration du système de santé pour qu'il réponde aux besoins 12/VIE OUVRIERE/JUIN-JUILLET 1986 8180 i République Dominicaine et Fatma de Tunisie des femmes plutôt qu'aux intérêts des médecins et des trusts pharmaceutiques Tandis que dans les pays en voie de développement, la lutte se fait essentiellement pour l'amélioration des conditions de vie et la mise sur pied de services de santé adéquats.L'autonomie, c'est une question de santé Au Pérou, pour Isabel, la santé des femmes est liée à leur capacité d autonomie collective.Les femmes des quartiers populaires de Lima s'organisent pour améliorer leur santé.Elles se sont regroupées en comités de quartier et ont formé avec l'aide de médecins et d'infirmières allié-e-s des «promotrices de santé».Ces dernières font de l'éducation à la prévention en réunissant les femmes dans leur milieu Elles donnent des informations en santé de base: l'hygière, connaissance du corps, contraception, maladies infantiles, remèdes traditionnels peu coûteux.Elles détectent les gens gravement malades qui ont besoin de services spécialisés.Ces agentes de santé travaillent illégalement et ont très peu de ressources Le gouvernement du président Garcia, pour avoir la faveur de la population, avait proposé d'envoyer des médecins du ministère de la santé dans les bidonvilles.Les comités de femmes s'y sont opposés vivement pour garder leur autonomie.Ils préféreraient que le gouvernement paie directement les agentes de santé formées par les comités et qu'il développe des soins spécialisés accessibles à tous.Par ce refus, les Péruviennes veulent s'assurer de contrôler par la base des services de santé adaptés à leurs besoins.Sur la question de l'autonomie et de la prévention, le mouvement des femmes péruviennes nous rejoint.Au Québec, les groupes de femmes ont réitéré devant la Commission Rochon leur demande pour un financement adéquat des ressources alternatives en santé des femmes.Ces ressources féministes ont une approche collective qui privilégie la prévention, l'humanisation des soins et la prise en charge de leur santé par les femmes elles-mêmes.Elles dénoncent les abus du pouvoir médical qui a sur-médicalisé la vie des femmes de l'adolescence à la ménopause et, en plus, a encouragé la sur-consommation de médicaments (pilules pour les nerfs, antidépresseurs, hormones, etc.).Scalpel! La survie des centres de santé pour femmes est menacée par les coupures budgétaires imposées par nos gouvernements Les services de santé publics seront aussi réduits en quantité Déjà qu'une visite chez le médecin ne dure que 10 à 15 minutes, qu'est-ce qui nous attend?En République Dominicaine, les femmes connaissent aussi les listes d'attente et les visites-éclairs chez le médecin Lorsqu'une femme réussit à consulter un médecin, il est souvent trop tard pour un traitement efficace et elles n'ont pas d'argent pour acheter les médicaments Elles doivent aussi payer le matériel médical tel les seringues, les pansements.Le gouvernement dominicain a lui aussi pratiqué des coupures dans les budgets sociaux et de santé, ce qui est catastrophique Les dirigeants se sont plies aux politiques d'austérité imposées par le Fonds monétaire international (FMI) pour que les pays du Tiers-Monde remboursent leur dette extérieure.En janvier et en mars '84, des milliers de femmes dominicaines ont manifesté contre ces accords avec le FMI connaissant les répercussions inévitables sur leurs conditions de vie et de santé.Pour elles comme pour nous, contrôler notre santé, c'est mener des luttes politiques contre les gouvernements au service des classes dominantes.L'État et ses tranquilisants Partout le mouvement des femmes se heurte à la récupération de l'État Au Québec, les maisons d'hébergement pour femmes en difficulté appréhendent leur intégration graduelle au réseau public En échange de financement, on leur demande de respecter de plus en plus de règles administratives et de gestion.En Tunisie, les femmes vivent ce problème de façon aiguë Les groupes populaires et de femmes ont peine à émerger car tout mouvement trop critique face au gouvernement Bourguiba est illégal et réprimé Le gouvernement a mis sur pied l'Union des Femmes Tunisiennes mais les femmes l'ont désertée n'y reconnaissant pas leurs intérêts Seules, les syndicats ont résisté à la récupération Les femmes ont créé en '82, une Commission Femmes à l'Union Générale des Travailleurs Tunisiens Elles luttent contre la vague de renvoi des femmes à la maison, liée aux mauvaises conditions économiques et à la montée de l'intégrisme musulman En '85, les femmes ont bloqué un projet de loi qui leur imposait des emplois à demi-temps payés à demi-salaire Les problèmes de santé des Tunisiennes sont très reliés aux conditions de stress et d'angoisse causés par le chô- VIE OUVRIERE/JUIN JUILLET 1986/13 Au Pérou, la marche des femmes pour obtenir de l'eau mage forcé, la double-tâche, le manque de garderies, le retour aux valeurs traditionnelles, etc.L'espoir des femmes, c'est de réussir à s'organiser malgré la censure politique.Quel diagnostic?Une tournée?Trois semaines d'examen pour le mouvement féministe québécois.Examen superficiel, peut-on dire, puisqu'on ne peut tout voir en si peu de temps, surtout quand les contraintes budgétaires limitent les déplacement en région Mais le diagnostic posé par Mona, au terme de la tournée, reflète notre réalité.Le mouvement est riche des multiples groupes et expériences développées par les femmes au niveau de la santé et à d'autres niveaux.Par contre, elle a perçu les femmes de la base davantage comme des consommatrices de services que des participantes actives aux groupes Et plus que tout, elle s'étonne du manque d'analyse politique chez ces femmes, et déplore, chez les groupes, l'absence d'une plate-forme politique commune qui leur donnerait un réel pouvoir.Pour ces militantes, le mouvement des femmes doit s'inscrire dans un projet de société et il doit être une composante active au sein des luttes politiques.Ainsi en Palestine, Mona milite à l'Union des Femmes Travailleuses Palestiniennes qui regroupe les comités établis dans les villages et villes des territoires occupés Même si l'Union n'est pas représentée au sein de l'OLP (l'Organisation de Libération de la Palestine), elle la reconnaît comme le seul représentant des Palesti-niens(nes) et l'appuie ouvertement dans la lutte nationale.Le travail de l'Union consiste à mettre sur pied dans chaque village et chaque ville un comité de femmes Ses activités sont nombreuses: santé, syndicalisation, production, aide aux prisonniers(ères), activités culturelles, alphabétisation.Par leur participation à la lutte politique, les femmes s'exposent aux mesures répressives En territoires occupés, nombreuses sont celles qui sont arrêtées, emprisonnées, assignées à résidence, quand elles ne sont pas torturées.Mona pourrait être victime de mesures répressives à son retour de tournée, pour avoir dénoncé la répression et la politique d'extermination exercées par Israël sur les Palestinien(ne)s des territoires occupés.Pour elle, le jeu en vaut la chandelle.Pour les femmes de Palestine et d'ailleurs, la lutte pour la santé est avant tout une lutte pour de meilleures conditions de vie.Celle-ci ne peut se mener que dans son contexte plus large, la lutte nationale pour le droit d.peuples à leur auto-détermination Et la participation d'un mouvement féministe fort et unifié y est essentielle! Des remèdes pour l'avenir: des gestes de solidarité Cette tournée a permis d'établir des solidarités multiples.Les femmes du Tiers-Monde ont rarement l'occasion et les moyens de se rencontrer.Ici, elles ont apprécié pouvoir échanger entre elles sur leur situation d'exploitation commune et se parler des luttes de libération de leur peuple.En plus, elles se sentent enrichies de l'expérience des groupes féministes d'ici.Elles repartent avec, dans leur bagage, des exemples de prise en charge de la santé, qu'elles essaieront de transposer dans leur réalité.De leur côté, les femmes d'ici, en solidarité avec les femmes de là-bas, proposent les actions suivantes: — prendre position politiquement pour appuyer les luttes de libération des femmes et des peuples opprimés; — être critiques face aux politiques d'aide de nos gouvernements à l'égard du Tiers-Monde, qui établissent trop souvent des liens de dépendance; — faire des pressions pour que les organismes de coopération financent davantage les projets de groupes de femmes; — favoriser encore plus les contacts entre les groupes de femmes d'ici et du Tiers-Monde: jumeler des groupes similaires, organiser des échanges.Inventer à chaque jour la solidarité! A 14A/IE OUVRIÉRE/JUIN-JUILLET1986 Aline St-Pierre Dorothy Leigh-Lizotte Nicole Bariteau-Belleau Ri ta Dargy RÉCITS DE VACANCES En janvier, nous avions lancé l'idée folle d'un dossier f>articif>atif Eh bien, la folie a fleuri.Voici quatre textes, choisis parmi une dizaine, écrits par des femmes, eh oui, qui nous ont tissé des mondes bien différents, ne soyez pas tristes-messieurs, deux écrivaines ont endossé vos peaux pour créer leur récit.Les deux autres ont dépeint l'univers, le petit et le grand, avec l'oeil observateur des femmes.VIE OUVRIÈRE VIE OUVRIÉRE/JUIN-JUILLET1986/15 La petite vie,.sur le balcon uais! Je passe toutes mes vacances d'été à O Montréal.Alors, j'ai décidé d'occuper mon balcon! Eh oui! Pour tout vous dire , j'ai pas une cenne pour bouger d'ici.C'est une bonne raison, non?Bah! autant se faire une idée: Montréal, c'est le balcon! D'ailleurs, cette ville n'est-elle pas devenue célèbre par un cri lancé du haut d'un balcon?C'était en juillet '67, je crois! J'habite au Centre-ville dans un deuxième étage.Bon! mon balcon avant est grand comme ça! Disons, assez grand pour moi et mon chien épagneul, Ti-Noir, puis mes plants de tomates, puis mes boîtes à fleurs et mes plantes suspendues.Il est quand même assez grand — une vraie jungle! m'a dit la voisine d'en bas.C'est peut-être vrai! Comme le soleil est là tout l'après-midi, j'en profite pour me créer un environnement viable pour mes vacances.En tout cas, j'aime mon balcon! C'est comme une fenêtre sur la vie.ben disons, sur la petite vie.! J'ai pas besoin de me déplacer de mon balcon, j'ai tous les services de livraison: la pharmacie, l'épicerie et le dépanneur.Puis la pizza jusqu'à trois heures du matin.Qui dit mieux?Côté musical, je suis très gâtée par les voisins et par le fait même d'être au balcon! Tôt le matin, j'ai droit à un récital d'orgue.C'est toujours la même rengaine.Mais, je remarque un certain progrès à chaque jour.Vraiment! La musique western berce tous mes après-midi de grand soleil.Cela ajoute une note d'exotisme au centre-ville! Dans son coin Ti-Noir secoue ses grandes oreilles d'épagneul et baille d'ennui.En tout cas, li la musique aide à faire pousser les plantes, je vais avoir des maudites belles tomates, cet été.Tous les soirs, mon voisin d'en face sort sa T.V.sur son balcon.Pour ses émissions sportives et ses films préférés, il augmente le volume.Alors, j'écoute la T.V.avec lui.Quand il me voit, il me crie: — C'est bon, à soir! — Pas mal que je lui réponds.Bof! L'image est claire! Alors, je remets toujours à plus tard l'achat d'une T.V.en couleurs! Comme mon balcon avant donne sur la rue.c'est très animé: les sirènes, les klaxons, les autos et les motos.Puis le truck de vidanges! C'est loin du monde à bicyclette! Des fois, pour apprécier l'aménagement de mon balcon, j'écoute mon walkman.Cela m'isole, momentanément, du monde extérieur! Les soirs de grande chaleur, c'est \e party dans la rue! Les gens prennentd'assaut les balcons,les trottoirs et la rue.Ils sortent leurs chaises de cuisine.S'installent pour jaser et s'amuser jusque tard dans la nuit.Les enfants en pyjama courent et crient sous l'oeil désapprobateur de la mère.Fatiguée de les avoir à la journée longue sur le dos, elle charge le père de s'en occuper.Alors, il les engueule pour régler cela vite.Preuve d'autorité! Au beau milieu de ce branle-bas vient s'installer Jos.Toujours en camisole blanche, il s'amène avec sa caisse de bière.Il s'asseoit sur le bord du trottoir et flatte sa bedaine de bière et crie aux enfants: — Venez icitte, les jeunes.On va faire peur au Capitaine Bonhomme! Tous les enfants de la rue accourent auprès de lui.Jos leur raconte des histoires drôles.Les enfants se roulent iiwmiHinuiiiminHmfliHini»mnuuHimniiHu 16/VIE OUVRIERE/JUIN-JUILLET1986 par terre, morts de rire! — Une vraie plaie, ce Jos! disent les commères du coin.Oui, mais combien vivante et amusante! Jos réussit, à tous les soirs, à faire oublier les petites misères du quartier aux enfants! Soudain, le téléphone sonne.Chacun cherche de quel endroit cela provient.Chacun rentre, sort, rentre à nouveau, revient, prête l'oreille.et le téléphone sonne toujours.De mon balcon, je crie à Jos: — Jos! c'est ton téléphone.Jos se lève d'un bond, se fraye un chemin tant bien que mal et accourt chez lui pour répondre.Revient.! — Trop tard! qu'il me crie, en haussant les épaules.Et retourne auprès des enfants.Si la grande chaleur persiste, on recommencera le party demain! Durant la journée, je vais prendre des marches avec Ti-Noir.Nous marchons sous un soleil c?e plomb.Rares sont les espaces verts et les arbres.Coupés les arbres! Raison: la ville! Mais, on a de beaux lampadaires.C'est bien pratique pour Ti-Noir! — Wouf! Wouf! fait-il sur le chemin du retour.Parfois, je vais m'asseoir sur le balcon arrière.Il donne sur la ruelle.Seulement des fonds de cour, des hangars et des garages.Tout est peinturé en gris.Et les jours de pluie, c'est encore plus gris! Il y a deux semaines, je fus réveillée, au milieu de la nuit, par les pompiers.Juste en biais de chez moi, à l'arrière, brûlait un taudis.Une vieille dame, seule, habitait ce taudis.Pour seuls amis, elle avait des chats.Une trentaine! Ils partageaient sa grande solitude et les secrets les plus tendres de sa vie! Pauvre vieille dame! Elle est morte en tentant de sauver tous ses amis, les chats.Ils sont morts, eux aussi.Quelle tragique histoire! J'en suis, encore, toute bouleversée! Je dois vous dire que j'étais attachée à cette vieille dame.Et j'aime les chats.La nuit dernière, je fus réveillée par un bruit de scie mécanique.Rien de moins! Je me précipite à l'arrière croyant que mon balcon allait y passer! Ouf! Mais non! Imaginez, c'était mon voisin d'en bas, à droite, Paul.Celui qui passe la journée, la tête dans le capot de son char.Il perçait un trou grand comme une fenêtre dans la tôle du hangar avec sa scie mécanique! Tous les voisins étaient sortis et le regardaient.Ahuris! — Ben, je dors dans le hangar.Il fait trop chaud.J'ai décidé de me faire de l'air! qu'il nous a dit.Ouais! À deux heures du matin! Avec une scie mécanique! Il est retourné se coucher dans son hangar.Et nous, dans nos lits douillets.Mon voisin à gauche, lui.il bat sa femme la nuit.Je l'entends pleurer! La seule chose que je vois de chez eux, c'est la cuisine.Leur fenêtre fait angle de quatre-vingt-dix degrés avec mon balcon arrière.À tous les matins, je vois un crâne chauve et deux yeux au-dessus d'une boîte de Corn Flakes.À tous les matins, je vois une ombre de femme passer pour le servir et le desservir.À tous les matins! Un homme qui la bat, une boîte de Corn Flakes et un journal! Il y a des matins, où je ne peux pas tolérer la vue de Corn Flakes! La vie sur mon balcon arrière est parfois chaotique! Remplie de drames ignorés et cachés.Heureusement qu'il y a Peter! C'est mon voisin d'en face.Comme le soleil se lève à l'arrière, le matin.Peter a placé une vingtaine de plants de tomates sur le toit de son garage.Dès six heures, il est là! Il arrose ses plants.Les regarde, attentivement.Ensuite, il sas seoit sur sa chaise berçante.Vêtu d'un complet foncé et d'une chemise blanche, il porte un chapeau mou.Peter se berce et siffle pendant un bon trois-quarts d'heure.Je me suis habituée à cette présence inusitée.Je m'amuse, maintenant à l'observer.Une certaine corn plicité s'est installée entre nous.Il me salue, toujours, d'un geste timide en soulevant son chapeau mou.Une voix de femme lui crie, constamment: — Hurry up! Peter.You'll be late at the office.You and your damn tomatoes! You're so crazy! Quelle voix nasillarde et assommante! En guise de réponse, Peter hausse les épaules et rabat son chapeau mou sur ses yeux.Il continue de siffler.Il semble s'être créé un univers inaccessible: ses tomates! C'est comme s'il prenait contact avec la nature avant d'affronter le bordel de la vie trépidante d'une journée de travail Je le vois quitter, à regret, son oasis! Il me salue ;i non veau.Chapeau mou! Il reviendra, ce soir, mais pour beaucoup moins longtemps.Peter me rappelle mon père.À tous les matins, avant de se rendre à la shop comme il disait, il s'assoyait dans son jardin.Enfant, j'épiais ses gestes et je binais ses paroles qui n'allaient pas plus loin que son jardin .Il m'apprenait le secret de la vie: l'importance des peines choses.Les gestes attentifs et routiniers, les gestes lents et patients comme en attente de la vie.Les regards amoureux et les paroles d'admiration devant l'éclosion, au matin, du jardin potager! Maintenant, seulement, je peux saisir toute l'importance des seercts de la vie de mon père: son jardin, ma complicité ci nui présence constante auprès de lui.Tout cela, l'aidai! a supporter le difficile de la vie.et de la \hop\ Eh! bien! Mes vacances s'achèvent.C'est le dernier soir J'occupe, toujours, mon balcon! Je suis assise.seule, au milieu de ma jungle.Mes tomates cl mes plantes sont en pleine floraison.C'est beau! C'est tendre! Ti-Noir vient s'allonger près de moi, pour dormir.Je le caresse, doucement.J'attends la nuit' Tous les voisins sont rentrés et dorment.Le calme s'installe peu à peu.J'écoute la vie qui monte en moi.celle qui donne le vertige' Il suffirait de si peu.juste d'un peu de tendresse pour comprendre et basculer dans la vie., des êires.des animaux ci des plantes! Oui, juste un peu de tendresse' Je re\e.c'est bien sûr' La fraîcheur de la nuit aidant, je m'endors sur le bal con.Je m'endors au creux de la petite vie.celle de tOUS les jours! La petite vie' La.ou il valant de vie qui tOltl meille! Mystère de la petite vie.! Que personne ne comprend! Vraiment personne.' Aline St-Pierre depuis de nombreuses .innées écrit île l.i poésie, des nouvelles I.écriture est en voie île ilevenir un métier VIE OUVRIERE/JUIN-JUILLET1986/17 Le cheval Comme nous l'avons tous remarqué.» Je devrais peut-être dire «tous et toutes».Tous et toutes?.Des plans pour qu'y panent à tousser toutes! Non, non.après toutes.C'est pas si important.« Comme nous I'avons tous remarqué au cours des dernières décennies, l'homme a évolué.» Non.non, je peux pas dire ça.Faut faire attention avec ces mots-là.Y'en a toujours des pointilleuses qui critiquent la langue et qui veulent pas être confondues avec les hommes.Pis à part ça, c'est les femmes qui ont évolué ces derniers temps, qui se sont libérées.Les hommes les ont juste «aidées» à atteindre l'égalité.Bon.je reprends.•• Comme nous avons pu le remarquer au cours des dernières décennies, notre société a évolué à un train d enfer.» Non.non, non! Pas d'affaires de ciel et d'enfer! Ça fait kitsch de nos jours! Sauf en de rares exceptions, mais les messes au Parc Jarry.c'est pas tous les jours.Dieu merci! Oups! Non, pas Dieu, mais en tous cas, merci pareil' Jç continue.notre société a évolué à toute vapeur.» Ouais.La vapeur à l'ère du supersonique, c'est pas riche comme trouvaille.«.notre société a évolué à un rythme foudroyant et nous avons assisté à
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