VO, 1 janvier 1992, janvier-février
«Terre, terre» 500 ans après dans les Amériques LE SEUL REER QUI VOUS PERMET D'ÉCONOMISER 2 FOIS PLUS D'IMPÔT en plus de créer et maintenir des milliers d'emplois au Québec.DONNEZ UN COUP DE TELEPHONE 1800 567-FOND LE F NDS .DE SOLIDARITÉ ;#4* DES TRAVAILLEURS '|Lf/ DU QUÉBEC (FTQ) " PROFITE A TOUT LE MONDE ^4 ONlNlM*6 EDITORIAL ENTREVUE 8 • Fredy Kunz La vieille idée du renoncement Ce sont des pauvres qui vont nous évangéliser La culture de la pauvreté, Fredy Kunz y tient, et dénonce les maté-nalismes pratique ou idéologique Mais cet homme sympathique affirme aussi «il n'y a pas d'opposition entre une expérience mystique et un engagement dans le social et le politique».VIE ET CULTURE 16 • Imaginaire et religieux au Québec • Les journaux d'écoles secondaires DOSSIER 22 • «Terre, terre» 500 ANS PLUS TARD DANS LES 3 AMÉRIQUES 1992 ne se fêtera pas de la même façon partout En fait, plusieurs ne fêteront pas du tout ce que plusieurs anthropologues ont appelé le «terrible poing de rencontre entre civilisations» De la Terre de Feu à l'Alaska, le contrôle ou l'utilisation des terres est maintenant au coeur des luttes autochtones Ici elles s'inspirent du projet indépendantiste québécois pour réclamer des pouvoirs, à Ottawa autant qu a uueoec.tt les trois parues se regaraent ce chiens de faïence mme SUR LA PLANÈTE 39 • Le rejet des Tziganes • Les intégristes du Maghreb BILLET 7 TOUR DU QUEBEC 14 QUEBEC EN COULEURS 15 LIRE 21 AUX ETATS 36 CHRONIQUE INSOLENTE 37 BANDE DESSINEE 37 VO : LE MAGAZINE DE VIE OUVRIÈRE Fondé en 1951 Magazine d'information alternatif, au service des classes populaires, il traite de leurs conditions de vie et de travail, de leurs organisations, de leur culture et de leurs débats VO s'inspire principalement du courant chrétien libérateur.Il est publié en collaboration avec la Jeunesse Ouvrière Chrétienne (JOC), le Mouvement des Travailleurs Chrétiens (MTC) et le Centre de Pastorale en Milieu Ouvrier (CPMO) Ses prises de positions éditoriales n'impliquent cependant pas ces organisations.Les articles publiés dans VO n'engagent que leur-s auteur-e-s-es.Conseil d'administration: Daniel Beaulieu.Esther Champagne, Paul-Émile Charland, Daniel Legault, Réjean Mathieu, Monique Tremblay.Comité de rédaction: André Bélanger, Nicolas Calvé, Jean-Guy Casaubon, Martine d'Amours, Mark Fortier, Myname El Yamani, Anselmo Léonelli Collaborations régulières et membres des comités de chroniques: Nicole Brais.Jacynthe Chicome.Guillaume Dostaler, Myname El-Yamani.Danielle Forest.Jean Forest.François Gervais, René Gour, Claude Hardy, Jean-Guy Lacoursière, Diane Lalancette, Henri Lamoureux.Daniel Lapres.Fabien Leboeuf.Lucie Lépine.Jean Ménard, Maryse Robert, Jean-Hughes Roy.Pierre Viau Rédaction en chef, coordination, promotion et publicité: Jean Robitaille Pupitre et secrétariat de rédaction, montage, visuel, comptabilité, et rédaction: Daniel Legault Direction de projet et promotion: Jocelyn Page.Représentation publicitaire: Jean Guy Renaud.Rédaction et documentation: Abdelhamid Gmati.Gestion des abonnements et traitement de textes: Ginette Gaudreault.Photographie: René Beaulieu Bande dessinée: Vivian Labrie Impression: Imprimerie d'Arthabaska inc.Distribution: Diffusion Parallèle - Tél.(514) 525-2513 Fréquence de parution: 6 numéros par an Photo couverture: René Fumoleau.Martine D'Amours (médaillon) Grille de tarifs: Abonnement pour individu ou groupe populaire: 18$/an ou 32$/2ans Abonnement pour institution: 25$/an Abonnement de soutien: 25$/an Étudiant ou sans emploi: 13$/an À l'étranger (par avion), individuel: 23$/an À l'étranger (par avion), institutionnel: 30$/an Un numéro seulement: 4,75$ (incl.frais de poste) Les articles de la revue VO sont inscrits dans le répertoire analytique de presse Points de repère.Dépôt légal à Ottawa et a la Bibliothèque nationale du Québec.ISSN 0849-035X Courrier de deuxième classe, enregistrement no.0220.Parution: no.234.1er janvier 1992 VO, 1212 Panet, Montréal (Québec), H2L 2Y7 Téléphone: (514) 523-5998, télécopieur: 527-3403 OJTOR»^ Le gouvernement québécois prépare une Politique culturelle pour, au plus tard, juin 19921.Qui gagnera?Québec?Ottawa?Les artistes?La bureaucratie?POLITIQUE CULTURELLE QUÉBÉCOISE: EST-CE MALRAUX QU'IL NOUS FAUT!?P DANIEL LEGAULT lusieurs s'attendaient, à l'occasion de la Commission parlementaire pour une politique culturelle, à une vibrante et unanime plaidoirie nationaliste qui servirait à demander plus de pouvoirs au fédéral.Cela ne s'est pas passé ainsi.Un secret de polichinelle, dans le milieu des créateurs-trices, véritable secret pour l'opinion publique, vient d'être ev< nte C'est que les gensdu milieu culturel, qui porte le projet indépendantiste depuis quelques décennies, ont de la misère avec Québec, se sentent plus libres et plus respectés par les argentiers d'Ottawa.Ils ont reçu le rapport Arpin, très porté sur le rapatriement de la constitution culturelle, comme la menace d'une soviétisation bureaucratique encore plus prononcée.Ras-le-bol, peurs et tnistrations, dont la sortie de René-Daniel Du bois fut le point le plus spectaculaire.:Les créateurs-trices veulent plus de sous et moins de contrôle, fut-il fleurdelysé.Il faut néanmoins comprendre qu'a l'heure actuelle, le Ministère des Affaires Culturelles (MAC) du Québec hérite surtout de la culture-conservation, quand le Conseil des arts du Canada s'occupe de la culture-création, donc de l'aide directe aux artistes, d'où l'attrait évident du parent-gâteau.LES AFFA1RISMES L'Étude sur le financement des arts prônait scandaleusement l'adoption des créateurs-trices par le milieu des affaires.Le comité Arpin l'a DESSIN 8SMAPCK VH.L4CRE5 oublié.Mais la compagnie Du Maurier, commanditaire d'événements artistiques d'envergure, demande encore que les artistes soignent leur image et deviennent des partenaires sérieux.(Proposons une ligne téléphonique sans frais pourapprendre le noeud de cravates aux artistes, ces éternels anarchistes!) Le comité Arpin, lui, semble avoir remis les choses à leur place.Les entreprises ne commanditent pas pour rien les manifestations culturelles.Lnplasd'alléchantesréductionsd'impôts, l'industrie joue son image publique.La rentabilité est moins directe, plus à long terme, et pas seulement financière.Quand on veut s associera la beauté, à la pureté, à l'éternel, et à la qualité de %ie, on s'associe à la culture.Ça pennet, en privé, avec l'emironnement et les employés-es, des comportements moins beaux, moins purs, moins éternels, moins qualifiés.Mais les «bons citoyens corporatifs- risquent fort d'être conservateurs, et de favoriser l'ordre établi, esthétique ou social.11 n'y a qu'à voir des contrats de commandites pour comprendre l'angoisse qu'elles ont de voir leur image possiblement ternie par un ersatz de scandale RISQUER AU PLURIEL Si de grosses organisations se sont présentées lors des consultations du gouvernement, d'autres intérêts ne se manifestent jamais là.La création est essentiellement Individuelle, minoritaire.Si des artistes ont fait écoles, et eu plus d'impact sur la société, ils ont commence seuls, dans la différence de leur créativité non-embrigadée.L'indhldu créateur peut être le réactionnaire le plus gélatineux, il peut aussi être le réacteur le plus puissant.Il faut prendre des risques.Oui au -saupoudrage» intelligent de l'aide à la création.Favorisons les alternatives.On peut se tromper et ne pas faire éclore un Borduas à tout coup.L'Orchestre Symphonique de Montréal, qui a demandé à devenir institution nationale, n'a pas à mourir parce que l'État sème sur plus de terres.Si l'État y perd un peu en prestige international, il gagnera tôt ou tard en dsnamique sociale.UNE CULTURE COUPÉE EN 2 CLASSES OU EN 16 RÉGIONS?Le groupe Arpin a beaucoup parlé de l'accessibilité à la culture.Il donne au MAC le contrat de favoriser la création, l'accès à la vie culturelle, et une meilleure éducation culturelle, ce qui est fort louable, mais ne tient aucunement compte des disparités socio-économiques, et de l'inégalité des chances.Femand Dumont rappelle que l'activité culturelle dépend beaucoup de la qualité de l'éducation.Il faut travailler à contrer le décrochage scolaire et la précarité des conditions de vie, avant de penser que le culturel suivra chacun-e équitablement dans son quotidien.En temps de crise économique, lorsque culture égale consommation, elle égale un luxe, et une dépense à couper.Qu'il y ait dans 1'- industrie culturelle" une élite d'elus-es et une masse d'exclus-es peut s'expliquer les vocations ne sont pas toutes aussi fortes.Mais personne ne devrait être •discarté- en partant, de par sa race, son patrimoine familial, ou son sexe.Si tous-tes ne sont pas élus-es, tous-tes doivent être appelés-es.le rapport est aussi très ■■ montrealiste-.L'Etat, dans le secteur culturel comme ailleurs, doit assumer l'existence des régions habitéesdont elle a naguère encourage la fondation, souvent pour les intérêts de grosses entreprises.Les régions du Québec se videraient moins si l'activité culturelle y était plus stimulée, et les établissements culturels et éducatifs mieux soutenus.UN PEU DE COHÉRENCE Tous-tes les intervenants-es souhaitent un-e ministre i panache, de la trempede Malraux, assis-c prix hedu premier ministre.Mais Bourassa n'a pas ete élu pour la Culture; il n'a promis qu'un montant: 1% du budget global pour le MAC.Il semble acquis que, si ce chiffre magique n'a jamais été atteint, l'argent provincial dévolu à la culture sera au moins maintenu.Mais Bourassa pourrait bien faire un tour de magie.budgétaire en récupérant de petites dépenses • -culturelles d'autres ministères, par exemple l'Education, pour remplir une autre de ses promesses chromées.eu m m rr > > z < n evi O > En créant en 1961 un ministère pour les Affaires culturelles, on a déjà différencié et isolé la culture de l'éducation ou des communications, et du reste des responsabilités de l'État.On s'est exposé, alors, aux maladies de l'organigramme.Il faudra d'abord êtrecohérent, dans le transport, les communications, l'éducation, etc.Il faudra respecter la géographie humaine du Québec et les véritables intérêts supérieurs du pays ( même si chaque opération n'est pas en soi rentable pour l'État-Provigo).En régions, on devra permettre aux médias électroniques de garder une salle de nouvelles efficace, la SOGIC devra y reprendre sa production cinématographique, etc.Il faudra être cohérent.Et cesser d'assécher les bibliothèques à coups de TPS, de TVQ, et de baisses de crédits.Il faudra être cohérent et, si on récupère des pouvoirs d'Ottawa, il faudra en récupérer l'argent, la «pleine compensation».Et cet argent, il faudra tout l'investir dans les arts et la culture.Le Québec en a besoin.Par ailleurs, le milieu artistique, qui demande plus d'argent, serait plus crédible s'il était moins incestueux.Lorsque les attributions de jurys font jouer les chicanes de chapelles, les amitiés de confréries, les renvois d'ascenseurs, et les académismes obligés (sans compter les inévitables canons de la mode et des snobismes), le peuple y perd.Les créateurs-trices ne doivent pas servir la cause de réseaux de pouvoir.Si l'État-Père-Noel a un rôle, il ne se limite pas à distribuer des billets verts; il doit intervenir avec des mécanismes de probité et de contrôle.On devrait retrouver cela aussi dans une politique culturelle.^7, 1 Suite à la publication d'une étude sur le financement des arts, le groupe-conseil de Arpin a été mis sur pied en janvier '91 par la ministre Liza Frulla-Hébert.En juin il rendait public son rapport.En octobre et novembre, à la demande du groupe Arpin, une commission parlementaire a accueilli 445 réactions de toutes parts.2 Le dramaturge a hurlé fort, devant une Frulla-Hébert un peu déconfite: -au Québec, c'est un Malraux qu'il nous faudrait!» 3 Société générale des industries culturelles QUI SONT-ELLES, CES FEMMES QUI GARDENT A DOMICILE UN PARENT AGE ATTEINT D'UNE MALADIE CHRONIQUE ?9 Office national du film du Canada National Film Board ot Canada vous offre quatre témoignages empreints de lucidité et de sensibilité sur les charges de l'amour et de l'assistance.Une vue pénétrante sur une porlie importante du travail non reconnu et non rémunéré des femmes dans notre société.MAINTENANT OFFERT EN VIDEOCASSETTE AU PRIX DE 26,95 $ (TAXES EN SUS).POUR INFORMATIONS, VEUILLEZ COMPOSER SANS FRAIS LE 1-800-363-0328.Z Vfîl Un film de Sharon Ann McGowon produit par le Progromme federol ï~wi i' des femmes de l'Office national du film du Canada s > ■a- ru > ADULTES-MILIEU TION-ENFANTS -ACCUEIL DE ADOLESCE PROFESSIO DES IMMIG ADOLESCE PRIMAIRE -ÉLÈVES END ÉLÈVES HA ÉCONOMI FRANCISAT PÉS- ALPH FAIBLES -S MILIEUX PL ENFANTS DES IMMIG ADOLESCE PROFESSIO DES IMMIG ADOLESCE PRIMAIRE-ÉLÈVES END ÉLÈVES HA ÉCONOMIQUl XPLURIETHNIQUES-ADOLESCENTES ET ADOLESCENTS - PRESCOLAIRE - ELEVES HANDICAPES FORMATION PROFESSIONNELLE - PRIMAIRE - MILIEUX SOCIO-ÉCONOMIQUEMENT FAIBLES L'école c'est LA SOLUTION A pour tout le monde Alliance des professeures et professeurs de Montréal (ceq) -ALPHABETISA-SECONDAIRE-THNIQUES-RMATION JANTES ET ENTES ET NNELLE -GRANTS -COLAIRE-X SOCIO-FICULTÉ -tANDICA-3UEMENT .DULTES-SATION -ACCUEIL NIQUES -RMATION ÎANTES ET ENTES ET NNELLE -GRANTS -COLAIRE-X SOCIO-FICULTÉ - FRANCISATION - ADULTES - MILIEUX PLURIETHNIQUES - ADOLESCENTES ET ADOLESCENTS - PRESCOLAIRE - ELEVES HANDICA-PÉS- ALPHABÉTISATION - ENFANTS - FORMATION PROFESSIONNELLE - PRIMAIRE - MILIEUX SOCIO-ÉCONOMIQUEMENT » hLLET L| ONU s'est choisi, en la personne f de l'Égyptien Boutros Boutros Ghali, un secrétaire général peu commun.De par ses origines et sa personnalité d'abord: africain, arabe, chrétien-orthodoxe, arabophone, anglophone, francophone; universitaire, politicien, diplomate.Il a été ministre égyptien des Affaires Étrangères et a participé aux négociations de paix entre l'Egypte et Israël.Mais aussi riche soit-elle, ce n'est pas pour sa personnalité que l'on choisit un secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies.Là, plus qu'ailleurs, les intérêts des uns et des autres - particulièrement des grandes puissances - sont déterminants.Alors, pourquoi lui, et pourquoi faire?Les exigences d'un nouvel ordre mondial qui se dessine sous la domination des États-Unis ne sont pas étrangères au choix du vice-premier ministre égyptien.Aujourd'hui que la confrontation Est-Ouest s'est estompée, la PaxAmeriama va être imposée au reste du monde et en particulier au Proche-Orient, région en turbulence mais vitale pour les intérêts occidentaux: pétrole oblige! Après la guerre du Golfe, qui a suscité des problèmes plus qu'elle n'en a résolus, il fallait un geste pour apaiser et réconforter certains régimes et une partie de la population de la région.UN ARABE A L'ONU: POURQUOI LUI?ABDELHAMID CMATI secrétaire général onusien n'a jamais eu beaucoup de succès.Cependant l'avantage objectif d'avoir un secrétaire général originaire de la région peut s'avérer être un inconvénient.L'implication de l'Egypte auprès de Washington lui a fait perdre son crédit auprès d'une grande partie des pays arabes.Il serait difficile à un Égyptien de pouvoir jouer le médiateur dans des conflits régionaux, impliquant des régimes comme en S\tic.en Libye, en Irak, voire au Liban.Sans parler des relations arabe-israéliennes où le Reste que pour l'Afrique, autre continent en soubresauts, M.Ghali peut être d'un apport appréciable, à cause de sa bonne connaissance dans les affaires africaines et de son implication.Mais cela reste limite par les prérogatives allouées aux fonctions d'un secrétaire général d'une organisation maintenant dominée par une seule superpuissance.M.Ghali en est lui-même conscient, déclarant, juste après sa nomination, qu'il devait être plus gestionnaire que décideur.Son succès sera celui que lui permettront les grands du Conseil de sécurité.^T, 40 ANS D'INFORMATION! Liste des principaux POINTS DE VENTE du magazine VO • CHICOI I1MI l es Bouquimttca, J92 Racine E.Tabagie Plate du Rmjumc •JULIETTE Librairie René Martin 598 Sl-Viateur -JONQUIERES Nelson, 37b7 du Ro\aume • MONTRI W .du livre, 1710 $t tx-ms 1575 Si-Laurent.V H< iîi.iii.i (1 ibi.-i Plaa \ il le-Marie .,,,■ liai 44^(i Si-Denis, 2e Centre cin d'architecture, 1920 Beik Ctumpign) il ibraïrie), 4388 St-LX-ms Coopl QAM IWOBerri < DopMbÙXHUWUVC 'iKMt Sherbrooke E.Coop Rosemoni.h40O Uv \\eniK Deman.(lira drii P Desjvdnn Demare tLibraine), 1691 Fleun I De Sevignc* il ibrairie] 200 ReneVI e\esqueO.Du Square (Librairie), 5453 St-Denis I ncrier (Librairie), 12001 auner E.Rumnariao Place Montréal Trust llanimaiiou C.iiilIimh Xnpienon Flammarton I eméat !"i 1 aunerO.< .ah il, Michel rétreeuti 1192 Beeudrç ( iallimard 11 ibrairie ».'"«5** el»^,s .qn a ' &!»*" «Il 1 ?,;> m* ris* £T* ***l0*>*0' 1er RENSEIGNEMENTS : 2715.chemin de la Côte Sainte-Catherine Montréal (Québec! H3T1B6 —1514} 739-3223 edit/se ssio" eu en > > z < &L"U" °U °UEBEC eu O) 01 Œ > > z < n ru > LA COMMISSION ITINÉRANTE DE SOLIDARITÉ POPULAIRE QUÉBEC: UNE BELLE VIRÉE SOCIALE Cette fois, ça y est! Un thème qui fait vraiment le -tour du Québec».Au moment d'écrire ces lignes, la 2e Commission populaire itinérante, mise sur pied par Solidarité Populaire Québec, a fait ses valises et file sur Québec où a lieu la première rencontre régionale prévue à son agenda 91-92.Pour avoir parlé avec Mario Germain, un des organisateurs locaux, je sais que ce ne sera pas un rendez-vous manqué: une journée complète de cogitation et d'échange au Patro Roch-Amadour où sont attendues plus de 100 personnes provenant aussi bien d'organismes populaires que syndicaux.Quinze ateliers qui aborderont les douze thèmes souhaités par la Commission.Les commissaires sont assurés de repartir avec un tas d'idées pour rédiger la Charte d'un Québec populaire.Celle du Québec que l'on - c'est-à-dire la population - veut bâtir.Voilà! Vous savez presque tout déjà.En 1987, la première commission populaire avait rencontré plus de 1 200 personnes et dressé un bilan des effets déjà désastreux du désengagement de l'État.Hélas, les choses n'ont cessé de se gâter depuis avec les réformes de l'aide sociale et du chômage, et l'imposition de la TPS et de la TVQ.Tout cela dans un décor «meechéen de constitution en déroute.Tout ce qu'il faut pour générer beaucoup de bla bla de la part des élites politiques et économiques mais bien peu de place pour la population et les groupes démocratiques qui la représentent.D'où la 2e Commission populaire itinérante dont il est ici question.DES VOEUX, EN PRINCIPE ET EN PRATIQUE Pas du tout guindée et armée d'un excellent outil d'animation, cette commission, )EAN FOREST Coimiifeioii populaire itinérante En 1987, la Commission populaire itinérante portait sur Le désengagement de l'État.Celle de 91-92 dira «le Québec qu'on veut bâtir».-,,L,I ,,,i !■,,.,„|.,„, Ou.!.composée de personnes reconnues pour leur engagement social, recueille les réponses de chacun-e à la question suivante: «Si nous avions le pouvoir de décider, voici ce que nous mettrions de l'avant, en prin-cipeeten pratique, sur la question de.• la démocratie, le rôle de l'État, l'environnement, l'économie, la fiscalité, l'équité pour les femmes, les droits des Autochtones, la pluriethnicité, les handicapés, l'information, la culture, les jeunes.A partir de quoi la Commission rédigera une Charte sociale, un projet de société quoi, qui servira de base de discussion et de cadre de référence pour «le Québec que l'on veut bâtir».Une belle virée dans au moins quinze régions du Québec pour finir avec Mon-tréalen janvier.Pourn'en nommerqu'une autre, je sais que la région de Victoriaville a préparé avec soin et enthousiasme la venue de la commission début décembre.«Les groupes et organismes locaux se sen- tent tout à fait rejoints par cette démarche, me dit Marie-Hélène Méthé.Ils consacreront une journée entière aux questions posées par la commission et en soirée des centrales syndicales, le clergé et des partenaires du milieu se joindront à eux pour rapporter tout cela aux commissaires Une initiative qui tombe à point car, comme le dit Ruth Rose, commissaire nationale et professeure en sciences économiques à l'UQAM: .Il y a eu énormément de débats sur l'indépendance du Québec au sens politique mais pratiquement aucun sur le genre de société qu'on voudrait former dans ce contexte, que ce soit au niveau du développement économique ou social, autant dans les grands centres que dans les régions».Voilà.C'est parti.Et surtout n'hésitez pas à y ajouter votre grain de sel si vous en avez l'occasion.^7, i .QUÉBEC E N COULEURS LES COULEURS SLAVES DE RAWDON PIERRE VIAU -li) minutes au nord de Mon- A tréal, le canton et le village de Am Rawdon respirent autrement y^^ après la fébrilité de l'été.™ ^^ L'automne a forcé le retour en ville de la population estivale (19 OCX) personnes).Déjà, la population résidante (6 200 personnes) s'accorde au rythme de l'hiver.Mais peu importe la saison, Rawdon présente un caractère multiethnique particulier.UNE PETITE RUSSIE Dans un coin retiré du centre du village, à l'ombre d'élégants bouleaux et de conifères bien campés, des centaines de pierres tombales révèlent des noms qui n'ont rien d'anglophone ou de francophone.Tout à côté, une petite église et un monastère rustique sont coiffés de bulbes byzantines.C'est le coeur de la communauté russe orthodoxe de Rawdon.Monsieur et Madame Levtchouk rappellent que, dès 1929, Madame Kaghinski tenait, à Ravvdon, une maison de pension russe.Après les première et seconde guerres mondiales, des immigrants russes se sont établis dans la région de Rawdon.\u|ourd'hui, plus de 50 familles y vivent.En 1950, les Levtchouk louaient un chalet d'une vieille dame russe.Plus tard, ils l'ont acheté et transformé pour y vivre en toute saison.Depuis 1980, ils ont quitte Montréal pour s'établir à Rawdon.1 es bouleaux, les chênes, les conifères, les oiseaux, les champignons: Rawdon est semblable aux pays slaves- décrit Monsieur Levtchouk.Son épouse s'empresse d'ajouter: «D'ailleurs, il n'y a pas que des gens d'origine russe ici.Les deux églises et le cimetière nous rendent plus visibles.Maisilx a des Polonais, des lchèques,d*S Suédois, des Hongrois, des Roumains, des Allemands.Et j'en oublie ■ TERRE D'ACCUEIL Depuis 1988, une coquette maison, sise au 3588 Metcalfe, loge le Centredlntapré- tatkm multiethnique de Rawdon.Une di-zainede bénévoles, originaires de six pa\ s, font du CIM un carrefour unique de la vie artistique et culturelle de la région de Rawdon.Sous la présidence de Madame Levtchouk et la vice-présidence de Monsieur Siemenski, d'origine polonaise, le Centre permet aux communautés ethniques de ta ire connaître leur patrimoine culturel et leurs traditions.On y organise aussi des soirées musicales et des expositions de peintures d'artistes de la région.Récemment, le CIM invitait la population à une journée et un repas amical sur le thème: Noël autour du momie.Tout d'abord endroit de campement des Ugonqulns sur les rives des rivières Rouge et Ouareau, ensuite lieu d'établissement de colons irlandais, puis écossais et enfin canadiens français, Rawdon est des enue aussi terre d'accueil des peuples de l'Europe centrale.^7, eu m ce > > z < n CM O > « TRADITIONNEL, IMAGINAIRE, ET RELIGIEUX AU QUÉBEC: COMME S'IL N'Y AVAIT JAMAIS EU D'ÉGLISES! ENTREVUE AVEC MICHEL FAUBERT » Les arts traditionnels sont-ils morts en 1980?La gauche peut-elle se réconcilier avec la culture traditionnelle?que font les quebecois-es de leurs fantasmes religieux?y a-t-il des légendes modernes?mlchel faubert n'est pas ethnologue; c'est un artiste, et il a son idée la-dessus.DANIEL LECAULT a en Œ > > Z 4 n nj En 70 tout était beau, on trouvait sympathique que les jeunes déroulent des jupes longues sur des bottes de construction, ou fument la pipe en chemises à carreaux en contemplant leur terre nouvellement achetée, en écoutant des réels et des chansons à répondre dans des partys, version moderne des soirées d'antan.Le backlash a suivi, et la réaction nauséeuse! Le revival de la musique traditionnelle des 70s, l'analyse l'a classé rapidement, sous l'étiquette -juste et suffisante interrogation de racines nationales».La musique classique, même paysanne, a des lettres de noblesse.Le folklore ethnique international et le world beat sont chics et incontournables.Pourquoi la musique traditionnelle du Québec a-t-elle des lettres de «quétaine» et de vieillerie, malgré sa diversité de styles instrumentaux ou l'originalité de son matériel mélodique?D'après Michel Faubert, le folklore québécois, lorsqu'il a été médiatisé, dans le temps de la crise, de la radiophonie, et du spectacle citadin, a servi pour la propagation de messages et d'archétypes, notamment pour le -retour à la terre» hospitalière des joyeux habitants.Ces reconsti tu tionspseudo-historiquesont formé toute une image de l'habitant québécois.Cette théâtralisation nous achale beaucoup aujourd'hui.» LA GAUCHE ET LA PAROLE IMMORALE en public.Peu de complaintes ou de contes, pas de chansons à thème religieux.Perpétues en privé, le soir après l'ouvrage, ou en berçant le demier-né, on y dit des choses différentes, surprenantes.Faubert rappelle que dans le revival des 70s, la gauche aimait célébrer la fierté d'appartenir à la classe ouvrière: les chansons à boire étaient chansons de fraternité.Mais les chansons religieuses étaient écartées (l'opium du peuple?), autant que les chansons de femmes (qui disaient rarement ce qu'elles voulaient entendre).La censure était importante.La gauche avait de la misère avec la parole populaire! Car dans la parole populaire, il y en a de la violence, faite auxenfants et faiteaux femmes, et de l'exploitation.Michel Faubert ne s'en offusque pas.-Ije répertoire d'Alphonse Momeau, par exemple, beaucoup d'enfants québécois ont entendu ça pour s'endormir.C'est très sanglant et tragi- que.Les chanteurs le rendent froidement; il y a un recul, le moins d'émotion possible.Ce style correspond peut-être à la psychologie de nos grands-parents, qui vivaient des choses dures, mais gardaient une espèce de prestance.» Quand Faubert a commencé à chanter, il était militant étudiant, proche de syndicalistes.Dans une complainte de concubine assassinée, on lui aurait volontiers demandé de rajouter un couplet pour dénoncer la violence conjugale.ou de ne pas chanter cette ° Les années 70 ont fait connaître un seul côté * de la musique traditionnelle: les réels et les chansons à répondre, qui s'étaient transmises «On rit bien des scapulaires et des reliques que frottaient nos grands-parents; j'ai hâte de voir, dans l'avenir, ce qu'on dira de ceux et celles qui s'énergisent avec les cristaux et les pyramides qui sont vendus sur la rue Saint-Denis.» complainte.-Je trouve ça ridicule.Si d'autres veulent mettre ces complaintes en contexte ou en tirer du matériel pédagogique complémentaire, je n 'ai rien contre, mais ce n 'est pas mon travail! La censure de la violence, je n'y crois pas, au contraire.J'aurais très peur d'une société qui n'accepterait aucune illustration de manifestation violente dans sa culture.J'ai l'impression que cette société deviendrait.très violente.» LES HISTOIRES INCRÉDULES « Des histoires aite pour exalter le patrimoine, ça ne m'intéresse pas.L'histoire des loups-garous que je raconte sur scène, je la mets en parallèle avec le fait que j'ai connu, enfant, un homme qui travaillait chez mes parents agriculteurs.C'est la crèche qui l'avait placé Aujourd'hui, ce sont ces rumeurs, très répandues, qui touchent le sida, la peur de certaines races.C'est délicat de raconter ça.Mais ce n'est pas si différent d'avant.Tu ne peux pas raconter des légendes sans que ça touche tes propres attitudes.Les •• légendes- qui ne nous touchent plus mériteraient juste d'être imprimées et de faire partie du "patrimoine"!» ••Mon travail s'attaque à l'idée qu'on est plus intelligents plus smattes plus fins que nos grands-parents qui étaient bien nonos.Je pense qu'on est aussi intelligents et aussi nonos.On rit bien des scapulaires et des reliques que frottaient nos grands-parents; j'ai hâte de voir, dans l'avenir, ce qu'on dira de ceux et celles qui s'énergisent avec les cristaux et les pyramides qui sont vendus sur la rue Saint-Denis.- «Des histoires cute pour exalter le patrimoine, ça ne m'intéresse pas.» L'IMAGINAIRE ET LES FANTASMES RELIGIEUX 11 v a une grosse coupure au Québec avec notre imaginaire traditionnel.On fait du documentaire, du quotidien, du social.Mais pas de science-fiction ou de fantastique.À travers l'art fantastique, on laisserait le subconscient déferler, il faudrait aborder des thèmes religieux, et les gens ne sont pas capables de le faire, ça.On fait du documentaire.» •Les reconstitutions historiques, comme les Filles de Caleb, c'est une vision, à une époque donnée, à Montréal, par une classe sociale et par une génération particulières.Les Québécois s'y livTent à des rites religieux sans conviction.Jamais tu les verras faire une prière qui les pogiie par en-dedans! Je n'y crois pas.C'est la vision et le discours des l\ûn-boomers, ça.Celui de la religion obligée.La réalité était bien plus complexe.Il faut que les gens sachent que ce n'était pas de même! Je pense que la psychologie des Belles histoires èa pins dai luutt, en comparaison, est beaucoup plus proche de la réalité (même si —c a .-AucsE-! dia nous.Une fois par mois, il perdait la boule, envoyait chier tout le monde autant que mon père et ma mère.Autrement, c'était le meilleur travailleur du monde.Plus tard j'ai su qu'il s'était pendu en prison, le loup-garou, c'est la personne, en face de toi, que tu penses connaître mais que tu connais mal, qui est menace et qui lance des appels à l'aide plus ou moins clairs «Est-ce qu'il y a des légendes modernes ?Michel Faubert travaille la musique et la complainte traditionnelles depuis une quinzaine d'années.Le spectacle qu'il promène témoigne de cette recherche et d'un beau travail de créativité artistique: les arrangements musicaux et scéniques donnent un éclairage neuf à des textes et mélodies saisissants.Mais ce n'est pas un exotisme innocent.Il s'intéresse à l'évolution québécoise, à la transformation de matériel français ancien, qui en a gardé une franche odeur de Moyen-Âge.H pourrait parler longtemps, par exemple, du «prince de Galles» qui, de version en version, évolue judicieusement pour devenir ici le «prince galeux».Ou du château devenu un gros magasin général.En reprenant ces textes, les Québécois-es les ont visualisés différemment, d'après leur culture.Le mélange est très intéressant.Faubert a diffusé, depuis 1990, une cassette intitulée MauoVte Mémoire, bien accueillie par la critique branchée.Le matin de notre rencontre, il venait de recevoir la nouvelle d'une subvention à consacrer a la production d'un disque digital, qui portera le même titre, mais quelques chansons de plus.En "91, il a fait plusieurs spectacles, notamment à Montréal, aux Foufounes Electriques et au Café Campus, avec un groupe musical électrique.Il est aussi régulièrement invité en Bretagne, où on reconnaît l'originalité de son travail.en - ce > a > Claude-Henri Grignon était un bonhomme de droite) que les personnages des Filles de Caleb, qui sont des espèces de têtes de Lance et compte vissées sur des costumes d'époque.» PHOTO GEORGE KRAUSE Faubert a été étonné par la réticence de plusieurs de ses collaborateurs ou auditeurs devant les chansons à thématique religieuse.Quand ils entendent parler de l'Église, bien des Québécois-es ont des crampes d'estomac, le religieux, en 1992, ressemble beaucoup à ce qu'étaient la sexualité et ses fantasmes en 1940.Un tabou, généralisé.» ••La pratique religieuse était stricte, bien encadrée, mais les gens se sont quand même toujours réapproprié le matériel à thème religieux.On a peu de recul là-dessus: on a Je pense que la psychologie des Belles histoires des pays d'en haut est beaucoup plus proche de la réalité que les personnages des Filles de Caleb, qui sont des espèces de têtes de Lance et compte vissées sur des costumes d'époque.provoqué, récemment, un changement de valeurs dans la société.On a tendance maintenant a institutionnaliser les souvenirs religieux qu'on a dans notre culture au Québec, à les mettre en musée.On devrait davantage les utiliser, les exprimer: on est tissés de ça, dans nos comportements et dans notre sensibilité, pas toujours négative.On est peut-être mûrs pourune réinterprétation de l'imaginaire religieux populaire.sans du tout réinstaurer des pratiques sociales qu'on ne veut plus vivre; ça n'a pas de rapport.J/T, PHOTO DANEl LEGAULT LA PRESSE ETUDIANTE DANS LES ECOLES SECONDAIRES: UN PRIVILÈGE CONTRÔLÉ eu en œ > > z 4 m ai o > Les journaux étudiants au secondaire reflètent-ils la culture des ieunes ou celle des directions d'école?Les chroniqueurs abondent surtout en humour, et les analystes, rares, découvrent rapidement que la censure n'est pas une farce.FRANÇOIS CERVAIS Dans une polyvalente de 2 000 élèves au nord de Montréal, une petite équipe décide de créer un petit journal.«Pour le premier numéro, m'explique Nathalie du 4e secondaire, nous avons voulu sensibiliser l'école à la non-violence suite à plusieurs menaces verbales, quelquefois armées, et à un tas d'autres comportements agressiiv Voyant à la une du journal notre thème, PHOTO 0EN6ROUX le directeur a exigé qu'on cache notre titre à l'intérieur et qu'aucun lien ne soit fait avec des faits d'ici pour ne pas nuire à la réputation de l'école.•■ Après quelques opérations «censure», tous les élèves ont abandonné le journal.Dans plusieurs autres écoles, des élèves m'ont raconté des histoires semblables.Mais parfois, après une douteuse métamorphose, le journal continue.Martin évoque ainsi son expérience: « U n de nos profs manipulait les notes à la hausse après chacun de ses examens (.).Nous avons voulu soulever un débat là-dessus parce que les conséquences pouvaient être très négatives a moyen terme.Le prof ne sera pas à côté de nous à l'examen du Ministre; c'est une drôle de façon de nous enseigner à prendre au sérieux nos résultats (.).Sous le titre Ya-t-Uda stéroïda anabolisants dans notre ccole?, nous avons questionné cette pratique.Le lendemain de la publication, le directeur nous recevait dans son bureau avec une liste de plaintes de profs et même de parents.- Un mois plus tard, l'équipe du journal était chambardée, le journal devenait un bulletin de la pastorale.LES CROCS JOURNALISTIQUES Les élèves journalistes ne prétendent pas tous connaître des problêmes de censure.De Montréal à la Gaspésie, j'ai rencontré des jeunes fiers de leur journal, surtout dans les petites écoles où règne un sentiment d'appartenance.En parcourant des journaux étudiants puisés ici et là au PHOTO CENS ROUX Québec, j'ai remarque des articles d'une belle qualité, nuis aucun ne portait un regard critique sur l'école.On Informe sur les activités passées ou à venir; on divertit avec un humour hélas trop souvent emprunté! la revue ( 7v'( >( ou plein de clichés; on transmet les communiques du conseil étudiant, de la pastorale et de la direction; on écrit des chroniques culturelles: musique, spectacle, cinéma; il semble manquer d'encre pour aborder des questions éthiques et politiques qui concernent directement les élèves.Je n'ai vu dans aucun journal étudiant un papier d'information ou d'analyse sur les articles de la Loi 1071 touchant les droits des élèves.On ne trouve sur aucune page une présentation du nouveau -conseil d'orientation» dans lequel la loi prévoit la représentation de deux élèves au deuxième cycle.Entre 90 et 95% des élèves interrogés ignorent l'existence de ce conseil qui a pourtant de grandes responsabilités pour le projet éducatif, la vie étudiante et la nomination du directeur.De plus la loi recommande que les deux représentants d'élèves soient élus démocratiquement Comment expliquer un tel silence des jour-n.iux étudiants à l'égard d'enjeux si importants sur les conditions de vie à l'école?I ai demandé à des jeunes journalistes d'où venait ce mutisme: «Il n'y a rien à faire pour changer quelque chose à l'école, on n'a rien à dire car la direction n'a jamais le temps de nous écouter.» «On ne sait pas vraiment ce qui se passe dans l'école, les décisions se prennent en haut et on se sent loin de tout ça.» «Le journal a surtout pour but d'occuper les gens; on ne décide rien, alors on passe le temps!.' Ce manquement généralisé indique à quel point la réalité écrase la personnalité des jeunes.Pas étonnant alors de constater pourquoi la presse étudiante nous paraît si superficielle.L'originalité qu'on y retrouve est proportionnelle au droit à l'expression qu'on lui accorde.LA BONNE IMAGE, DRÔLE Selon plusieurs évaluations d'élèves, la popularité d'un journal étudiant réside surtout dans son pouvoir de divertir et non d'informer ou de donner la parole.L'humour occupe une place de choLx.Par contre certains sujets sérieux attirent sporadiquement l'attention.Les plus appréciés sont amenés sous forme de témoignages, mais il restent rares.Ainsi dans les journaux on aborde parfois les questions de drogue, d'alcool, de violence parentale.On touche aussi à la sexualité, surtout dans son volet santé, et même au suicide.Mais on présente ces thèmes de manière générale sans réel rapprochement avec le vécu scolaire.> z < de réaliser.11 faut être réaliste: certains jeunes prennent plus d'un mois pour rédi- , ger un simple compte rendu d'activité.Parler d'un problème c'est prendre cons- ^ cience qu'il existe, et on craint alors de n contribuer à une ambiance négative dans le milieu.Les directions apprécient les c publications de bonnes nouvelles; ça soigne l'image et tout va pour le mieux dans ° le meilleur des mondes.» CHOC La violence! Pourquoi?Le «CHOC», quand une couverture de journal devient un petit supplément de journal.non pas en février, ni en mars, mais en avril! •Est-ce que les directions d'école permettent souvent un grand choix de sujets mais ne tolèrent qu'un seul type de traitement1 •.ai-je demandé à quelques adultes qui accompagnent des équipes de journalistes.J'ai reçu des approbations nuancées du type: «Il faut éviter de provoquer.On cherche d'abord à informer.Les analyses exigent des recherches que les élèves n'ont pas le temps, ni probablement la capacité.«Le journal a surtout pour but d'occuper les gens; on ne décide rien, alors on passe le temps!.» Le «CHOC», quand une couverture de journal devient un petit supplément de journal.non pas en février, ni en mars, mais en avril! ai-je demandé à quelques adultes qui ac- en compagnent des équipes de journalistes.en J'ai reçu des approbations nuancées du *-type: «Il faut éviter de provoquer.On cherche d'abord à informer.Les analyses exigent des recherches que les élèves n'ont - pas le temps, ni probablement la capacité, œ > na CVJ œ en a.> rt m ai o > DES CHOSES A ECRIRE L'image de l'école étouffe non seulement l'expression de la culture des jeunes; leur prise de parole est aussi exclue des débats concernant leurs droits les plus fondamentaux sur le plan pédagogique.Certaines directions d'école interdisent à leurs élèves plus faibles l'accès aux examens du ministère de l'Education (MEQ) pour ne pas les graffitis sur les casiers, les affiches et les murs que dans la presse étudiante.Il faut vraiment aller au-delà des journaux étudiants pour apprendre, en raison des coupures de l'État, que plusieurs écoles ont fermé cette année leur service de cafétéria, alors que d'autres imposent une taxe entre 4$ et 9$ par semaine aux parents pour payer le salaire des surveillants de leurs Est-ce que les directions d'école permettent souvent un grand choix de sujets mais ne tolèrent qu'un seul type de traitement?risquer de faire baisser leur moyenne dans le classement final et devenir ainsi moins -concurrentielles".Aucun élève journaliste n'a réussi ou osé rappeler dans un éditorial que la participation aux examens du MEQ est un droit, selon la loi, et non un privilège.Pourtant de nombreux jeunes depuis deux ans dénoncent en coulisse cette politique administrative.-Jamais je vais écrire un papier contre ça; je sais ce qui m'attend!», me dit Eric.«De toute façon, ils (la direction) ont toutes sortes de trucs pour nous cacher la réalité alors que nous connaissons à peu près tous quelqu'un qui sera privé de ses examens en juin.De plus il y a beaucoup d'élèves en faveur de ça; la compétition est forte, alors plus on élimine, plus il y a de la place!».«C'est vrai, des élèves pensent qu'avec cette règle d'exclusion on force tout le monde à travailler dès septembre et non seulement en mai», réplique la gang près d'Éric.Dommage de ne point retrouver dans la presse étudiante ce genre de débat si important pour un grand nombre de personnes.Chercher la culture des jeunes élèves par cette source d'information revient à considérer la culture d'un peuple par les cartes postales du pays: juste un peu de folklore pour une belle image.J'ai vu davantage ce que pensent les élèves d'après CENSURE ET DECROCHAGE La presse étudiante n'est pas le seul instrument de la "Culture» des jeunes à être victime de la censure d'une dictature déguisée.Lors de la promotion de sa pièce L'effet secondaire, en octobre, le théâtre Parminou a expérimenté la chirurgie des coupures de l'expression culturelle de la part de certaines directions d'école.On n'a pas besoin du théâtre Parminou pour nous faire la leçon», dit un directeur.«Ça ne fait que brasser de la merde», réplique un autre.Cette réaction illustre le faible espace dans les écoles pour une expression culturelle qui questionne le milieu.L'effet secondaire nous parle d'un virus qui affecte tout le système dont le syndrome généralisé est le décrochage des profs, des parents, des directions, des élèves.Comme tout journal étudiant qui dépasse le divertissement et remet en cause le vécu scolaire, cette pièce de théâtre s'est retrouvée sur la liste noire.Toutes les équipes de journalistes consultées pour ce reportage prétendent vouloir ■ informer la population étudiante sur ce qui se passe dans l'école».Un rôle qui n'exclut pas les questions éthiques et politiques.Ord'importan-tes réalités dénoncées Chercher la culture des jeunes élèves par cette source d'information revient à considérer la culture d'un peuple par les cartes postales du pays: juste un peu de folklore pour une belle image.enfants qui n'ont aucun transport pour se rendre à la maison; que des directions enregistrent, certains vendredis, un taux d'absentéisme plus élevé chez les professeurs que chez les élèves, etc.Ce sont là tous des faits parmi tant d'autres rapportés par une centaine de jeunes consultés dans presque toutes les régions du Québec, et qu'on ne retrouve dans aucun journal.par un nombre considérable d'élèves ne se retrouvent pas dans les pages des journaux étudiants.Je cherche encore une place dans l'école où les jeunes peuvent prendre la parole sur les réalités qui les concernent.^7, 1 Loi sur l'instruction publique en application depuis l'année scolaire 90-91. I A TRAVAIL EGAL.SENS INEGAL GinetteLEGAULT, Repenser le travail-Quand les femmes accèdent à l'égalité, éd.Liber, Montréal, 1991,190 pages Il faut le lire ne serait-ce que pour comprendre ce que sont les programmes d'accès à l'égalité, ce qu'ils devraient ou pourraient être.Il faut le lire aussi pour connaître ou se rappeler les luttes des femmes pour arriver aux fragiles acquis d'aujourd'hui.Pour constater également que les alliés nous font quelquefois défaut.Dans ce cas il faut voir la résistance des syndicats aux programmes d'accès à l'égalité.Il faut aussi lire le livre de Mme Legault pour voir les programmes sous un éclairage féministe et prendre conscience qu'ils contiennent un grand potentiel de changement pour toute l'organisation du travail.Force nous sera également de constater que nous sommes bien loin d'être rendues là et partager avec l'auteure la conclusion que la mobilisation et la \igi- LouisFOURNIER , Solidarité inc., éd.Québec-Amérique, 1991, 287 pages L'histoire de la décennie du Fonds de wttdariH des tmvailkun du Québec (FTQ) dont nous vous parlions dans le dernier VO.Louis Fournier en a été un témoin privilégié, en navette entre le conseil d'administration et les cours de formation donnés à la base.Le Fonds est l'incarnation des changements de mentalité syndicaliste des années '80; ce livre paraît, alors que l'organisation a pris un certain rythme de croisière.La structure du livre est très linéaire, la chronologie est classique.Le style, truffé d'anecdotes et de bons qualificatifs, est parfois bien complaisant.Mais ce n'est pas surprenant de celui qui a géré longtemps les relations publiques pour ce projet.IJ.ROBITAILLE, D.LEGAULT] Marcel PEPIN et Michel RIOUX, La CSN au coeur du Québec, CSN, 1991,87 pages À l'occasion de son 70e anniversaire, la CSN rappelle ses actions les plus glorieuses, et les effets produits sur la société québécoise.Respectant les partis-pris de la Centrale, le dernier chapitre s'intitule Québec comme pays.11 ressemble a un manuel scolaire, sur beau papier blanc glacé, avec mise en pages aérée, et bonnes photographies.Un joli album commémoratif.[D.LEGAULT] DenisCARRIER, Le travail insignifiant, éd.Guérin, 1991, 183 pages À l'ère de la productivité, de la compétition et de l'individualisme, Denis Carrier propose une approche globale du monde dans lequel on vit.L'être humain n'est pas un tournevis sur une chaîne de montage! Produire à tout prix n'est plus justifiable.Il démontre que ce qui est néfaste pour l'environnement l'est aussi pour chacun d'entre nous.Chiffres à l'appui, il met en perspective des faits souvent méconnus concernant la précarité de l'emploi, la formation de la main-d'oeuvre, l'incidence des maladies professionnelles, etc.Peut-on se permettre de toujours penser à court terme?La principale richesse de l'entreprise c'est les gens qui y travaillent.Hélas ce ne sont souvent que des mots.Valoriser l'individu c'est favoriser son implication, stimuler sa créativité.Il doit y avoir un sens à ce qu'on accomplit chaque jour.Denis Carrier se fait l'ardent défenseur d'une éventuelle charte des droits de la personne au travail.[DANIEL BEAULIEU] Bernard DIONNE, LesjTtdicahsme au Québec, coll.Boréal Express, éd.Boréal, 1991,126 pages Bourré d'informations, d'une histoire organique et statistique, il tient plus de l'ou\Tage de référence que de celui d'introduction.C'est le genre que Boréal donnera sûrement à sa toute nouvelle collection de livres, vraiment compacts, à petites dimensions et à petit prix.11 est bon de prendre ce recul, et de ressortir les effets des crises économiques et sociales (1873, 1929) sur les effectifs et l'organisation syndicale, et de constater avec l'auteur que le slogan «Nous, le monde ordinaire» est plus difficile à utiliser maintenant qu'en 1972, qu'«on assiste à une hétérogénéisation croissante de la main-d'œuvre» et à «un marché du travail dualiste où travailleurs à temps plein et syndiqués font figure de bien nantis» [pp 118-119].L'ne récapitulation à l'heure où le syndicalisme prend de nouveaux tournants.[D.LEGAULT] 9t^5 ^ fNA DE AAff^ „ =+F \r, \ eu m et > PHOTOS (DE HAUT EN BAS.DE GAUCHE A DROITE) MIGUEL RIO BRANCO.PEDRO MEYER PAMELA HARRG OANEL GINGRAS SERGE JAUVIN OANCL GINGRAS O > @a Malgré 500 ans de colonisation, les autochtones ont survécu, et la résistance couve.l.es célébrations de 1992 ne se fêteront pas de LA MÊME FAÇON PARTOUT.En FAIT, PLUSIEURS NE FÊTERONT PAS DU TOUT CE QUE PLUSIEURS ANTHROPOLOGUES ONT APPELÉ LE TERRIBLE POINC DE RENCONTRE ENTRE CIVILISATIONS.«TERRE, TERRE»: 500 ANS PLUS TARD LE CONTRÔLE DE LA TERRE, À TOUT LE MOINS SON UTILISATION, EST AU COEUR DES LUTTES AUTOCHTONES.Et L'ORGANISATION DE CES LUTTES DÉPEND DE L'UNITÉ AUTOCHTONE ET DE LEUR COMPLICITÉ, DIFFICILE, AVEC LES MOUVEMENTS POPULAIRES.Ici, les luttes autochtones profitent et s'inspirent du projet indépendantiste québécois pour réclamer des pouvoirs, à ottawa autant qu'à Québec.Et les trois parties se regardent comme des chiens de faïence.UN DOSSIER PRODUIT PAR PIERRE HAMEL, BURN PURDON ET JEAN ROBITAILLE À l'aube du 12 octobre 1492, les cris euphoriques du matelot Rodrigo de Triana reveillent Christophe Colomb et son équipage.70 iours après leur départ d'espagne, ces cris de «Terre, Terre» marquaient la fin de la detresse de colomb et son equipage.et le début de l'angoisse des Indiens.«TERRE, TERRE»: UN CRI HISTORIQUE FÉLIX ATENCIO-GONZALES La fête espagnole: mantilles andalouses et fleurs PHOTO PERRE 80ULAT Le 12 octobre 1991, 499 ans après l'arrivée de Colomb en Amérique, les cris de "Terre, Terre- résonnaient à nouveau simultanément en Equateur, Bolivie, Guatemala.Cette fois, ce sont les Indiens qui réclament leurs terres.Les racines des Amériques réapparaissent le long des Andes, dans l'Amazonie, dans la toundra, dans les villes.COLOMB VU DU RIVAGE Le cri historique de 'Terre, Terre- qui a écrit le nom de Triana dans les livres d'histoire espagnols a coûté la vie à des millions d'Indiens.Selon l'anthropologueespagnolGinés Serran, •avant l'arrivée de Colomb, la population indigène était de 110 millions».Un siècle plus tard, complètement décimée par les massacres meurtriers et les ravages des maladies en provenanced'Europe, elle atteignait tout juste 10 millions.Aujourd'hui, elle est estimée à 70 millions, dont environ 500 000 qui habitent le Canada.Le prix de la conquête a été très cher pour les Autochtones et pour leur environnement.Engagés dans une lutte centenaire, ils ont les yeux fixés sur la récupération et la protection de leurs terres contre les barrages hydroélectriques, la militarisation, le développement incontrôlé, l'exploitation, l'envahissement.L'Amérique contemporaine commence à sentir les pas fermes des Autochtones.À l'aube de 1992, l'Espagne, le Portugal, l'Angleterre, les États-Unis, les pays latino-américains préparent fébrilement les célébrations des 500iins tic Ici ilaoïniTtc des Ank-riijiics.M.Roberto Carpio Nicolle, vice-président du Guatemala, déclarait en 1989: -1492 signala le début d'un grand et profond processus de Derniers coups de pinceau au logo de la 2e Rencontre Continentale «500 ans de résistance indigène et populaire» PHOTO REGAP.DS INOENS Aux cris de «Nous voulons la terre, nous voulons la paix», 15 000 indiens Maya défilent dans les rues de Quetzaltenango, au Guatemala, le 12 octobre 1991 PHOTO HEGAflOS nnim-. rencontreshumaines-.Réaffirmant l'enthousiasme de son pays pour les événements, il ajouta: • L'Amérique a offert au monde européen sa conscience, son passé, son histoire, sa culture sans oublier les nombreux produits agricoles.Les célébrations du cinquième centenaire de cette rencontre de deux mondes doivent être envisagées avec optimisme L'optimisme de M.Carpio pour les célébrations n'est pas partagé par les communautés autochtones.Avec ses 7 millions d'Indiens (75% de la population), le Guatemala est, avec le Pérou, la Bolivie et l'Equateur, un des pays où les Autochtones constituent la majorité.■ 500 ans de colonialisme, d'exploitation et de misère ne peuvent pas être célébrés-, lance Ricardo Cajas Mejia du Conseil d'or^am-utiora RMpui du Guatemala.-Nous luttons actuellement dans la pauvreté et le sous-développement contre une situation où les programmes politiques, économiques, religieux et culturels sont programmes d'extermination de nos peuples.Voilà ce que veulent dire pour nous les 500ansd'histoire-.Pour sa part, José Poyo, Indien du Venezuela, ajoute: «Nous travaillons pour expulser et faire sortir de nos tenes l'esprit du colonisateur Cortez et dePizarTO-'.En effet, depuis le début de la conquête, les peuples de MM.Cajas et Poyo, et les Indiens des Amériques en général vivent dramatiquement l'affaiblissement de leurs systèmes sociaux.Privés du pouvoir politique, victimes du racisme subtil ou violent, leur culture méprisée, leur spiritualité constamment défiée, leurs territoires expropriés, leurs fils et leurs filles aliénés-es.telles sont les vagues provoquées par le choc des deux mondes qui résonnent encoreaujourd'hui.Relégués dans Avec l'arrivée de Colomb, il a été imposé en Amérique une culture, une langue, une religion et des valeurs propres à l'Europe.l'ombre, plusieurs Autochtones en quête de respect renient leur famille et leur peuple, changent de religion, s'habillent différemment, enterrent leur origine et, traumatisés, errent dans les villes à la recherche d'une identité plus valorisante.FESTIVAL ESPAGNOL Dans ce contexte, les initiatives de l'Espagne et des pays latino-américains pour célébrer l'arrivée de Colomb feront coïncider ces fêtes avec des événements prestigieux tels que les Jeux Olympiques de Barcelone et l'Exposition Universelle de Séville dont le thème sera L'Ere des Decowertes.D'ailleurs les répliques des trois caravelles de Colomb sont en chemin vers Puerto Rico, pour continuer son itinéraire dans les pays américains.Pour danser au rythme espagnol et bénéficier des programmes culturels et économiques offerts également par l'Espagne, les pays latino-américains se mettent aussi à la tâche et attendent la visite du Roi d'Espagne, organisent des championnats de soccer.Le 12 octobre dernier, le gouvernement guatémaltèque, dans un acte officiel, a rendu hom-mageet a déposé des offrandes florales, comme à tous les ans, devant les statues de la Reine Isabelle La Catholique et de Christophe Colomb.LA FIESTA OFF Mais la fiesta espagnole ouvTe la plaie des Autochtones qui prévoient faire de 1992 une date de réflexion et d'avancement de leur cause.Décidés à raconter l'histoire vue à partir de la plage, les Autochtones ont lance diverses activités à travers les Amériques pour présen- ter des activités alternatives aux célébrations et démasquer les campagnes officielles.Ils ont commencé à donner le ton de leur voix pour 1992.En Equateur, le 12 octobre dernier, des Indiens Quechua ont assiégé la ville de Riobamba pour réclamer leurs terres.Le même jour, des Indiens ont manifesté en Bolivie.Simultanément près de 15 000 Indiens Mayas, criant •• On veut la terre.On veut la paLx-, marchaient pacifiquement dans les rues de la ville de Quetzaltenango, à quatre heures de Guatemala City, lors de la clôture de la 2e Rencontre continentale de la Campagne de résistance iniiigène et populaire.275 délégués de 27 pav's et environ 100 observateurs internationaux qui participaient à la 2e Rencontre accompagnaient la marche.Iwandil, une déléguée Kuna du Panama, déclarait lors de la marche: ■ Nos mères et nos grands-mères ont été violées et assassinées.La femme Kuna lutte à côté de l'homme pour que la lutte de nos ancêtres ne reste pas seulement dans l'histoire mais qu'elle soit présente aujourd'hui».Dans une lettre présentée au Pape lors de sa dernière visite au Pérou, des Indiens lui écrivaient: Nous, les Indiens des Andes et des .Amériques, avons décidé de profiter de la visite de Jean-Paul II pour lui remettre sa Bible car en cinq siècles elle ne nous a pas donné 1 amour, ni la paLx, ni la justice.S'il vous plait, reprenez votre Bible et remettez-la à nos oppresseurs car ils ont beaucoup plus besoin que nous de ses préceptes moraux.Une culture, une langue, une religion et des valeurs propres à l'Europe ont été imposées en .Amérique depuis l'arrivée de Colomb.Maintenant qui venez-vousvisiten l'oppresseur étran- PHOTO 0AN6LGMGRAS en en ce > > Z < n eu o > 500 ANS, PUIS DES TÉMOIGNAGES: LE SENS DE LA «FÊTE» DOMINGO COLICOY , Mapuche, de Temuco, Chili «Las 500 ans représentent toute la lutte historique et contemporaine.Ils révèlent que nous sommes vivants et que notre civilisation est encore plus actuelle que jamais car la crise du socialisme et des sociétés capitalistes démontre leur incapacité à régler les conflits sociaux.Les civilisations d'origines offrent une alternative de société dans laquelle tous ont leur place et où chacun se développe sans piétiner les autres.» ED BURNSTICK , Cree-Stoney, de l'Alberta, Canada «Il n'y a rien à célébrer.Les nouveaux arrivants ont créé beaucoup de problèmes pour les peuples autochtones et cela continue encore.Les initiatives de célébration sont dirigées par l'Espagne et c'est une manière de justifier l'invasion, de faire de 1992 une date grandiose et des événements spectaculaires.Nous devons rechercher des alternatives pour cette date.Alternatives dans la façon de regarder notre histoire, ramener la vérité, sensibiliser les gens, voir comment échanger avec les non-Indiens et vivre une forme plus respectueuse, non seulement entre nous, mais aussi avec notre Mère-Terre.» MARIA ELENA PÉREZ GARCIA, YAQUI, de Sonora, Mexique «Si nous avons résisté à la conquête de façon désorganisée, maintenant nous nous rencontrons, nous forgeons l'unité et nous nous organisons pour défendre et récupérer ce qui nous a été enlevé.Tout cela représente beaucoup de travail car l'Occident continue de nous envahir.La résistance indienne a mené une grande lutte et continuera sa lutte pour les droits humains, droit à l'eau, à la terre et aux ressources naturelles.Pour 1992, nous sommes en train de préparer des activités alternatives et non pas folkloriques.» ger qui profite de la souffrance des autres ou plutôt celui qui souffre, le peuple originaire, opprimé?» DES ALLIES ENVAHISSANTE Conscients qu'ils ne peuvent travailler isolés pour sortir de l'ombre, les Indiens actuellement forgent des alliances.Mais le processus est long.Lors de la 1ère Rencontre en Equateur, Indiens et groupes populaires considères comme -alliés naturels» ont dialogué d'égal à égal.La 2e Rencontre de la campagne de 500 ans de résistance indigène et populaire, tenue au Guatemala en octobre dernier, a opéré un virage spectaculaire.Des 275 délégués présents au Guatemala seulement environ 75 étaient des Indiens.Indiens et observateurs pointaient les groupes populaires de gauchede vouloir récupérer la Campagnedes 500 ans.•la gauche a une vieille attitude d'hégémonie qu'elle n'a pas dépassée: celle de vouloir être l'avocat des pauvres, faibles, indigènes.la manipulation de la gauche dans la 2e Rencontre continentale est une caractéristique de leur incapacité de comprendre que les peuples indiens veulent être leurs propres avocats.Les prétentions de vouloir représenter les absents, quand ils n'ont pas travaillé pour les faire venir, est une limite douloureuse.Pas de tous, mais de plusieurs groupes populaires», se lamente Alberto Tridente, ex-membre du Parlement européen et critique des Affaires internationales du Parti démocratique de gauche de l'Italie, qui était observateur à la 2e Rencontre.Selon Moises Arco, d'Equateur, -lesgroupes syndicalistes essaient d'être à l'avant-garde du mouvement social.Ils revendiquent les améliorations salariales mais ignorent la spécificité de la lutte indienne».A la clôture de la 2e Rencontre continentale du Guatemala, Luis Maldonado, Indien Quechua de l'Equateur, disait aux délégués: «Nous ne sommes pas unis.Nous sommes en train de nous connaître mais nous ne sommes pas encore unis».Les nouveaux fronts de la lutte autochtone s'amplifient: idéologique, territoriale, sociale, culturelle, économique, politique, spirituelle.DE LA TERRE DE FEU À L'ALASKA Mais le renouveau de leur vigueur se fait entendre.Pour 1992, les Indiens du Mexique, du Chili, du Panama, et en Arizona prévoient organiser des Réunions de Chefs spirituels, exemple de leur détermination pour que leur propre spiritualité reprenne sa place.Pour leur part les Indiens de l'Equateur, de la Colombie, du Pérou et de la Bolivie ont annoncé qu'en 1992 va commencer une récupération massive de leurs terres et le Conseil des organisations mayas travaille pour créer un parlement maya et recommencer à exercer leur autonomie, avec ou sans consentement du gouvernement.Des activités d'éducation publique telle que la Course sacrée, qui unira la Terre de Feu à l'Alaska, symbolisant la rencontre de l'Aigle et du Condor, signalent que l'intensification de rencontres entre peuples autochtones fait partie de la réponse à l'initiative espagnole de célébrer la Découverte da Amériques.?7" 1 Cortez et Pizarro, conquistadors espagnols, détruisirent les civilisations aztèques et incas.Les Indigènes de l'Equateur ont célébré l'été dernier LE PREMIER ANNIVERSAIRE d'un GIGANTESQUE SOULÈVEMENT NATIONAL QUI n'a PAS ENCORE PORTÉ TOUS SES FRUITS.L'ÉTÉ INDIEN EN EQUATEUR: UN AN APRÈS LE SOULÈVEMENT MARTINE D'AMOURS PKTTD HSGDP GOUOSOUZWN En juin 1990, en effet, c'est par dizaines de milliers qu'ils sont descendus vers les chefs-lieux locaux et les capitales des provinces.Ils ont bloqué les routes, empêché le fonctionnement des marchés locaux et occupé certaines haciendas, ces grandes propriétés terriennes qui symbolisent leur exclusion.Campesinos de la Sierra, chasseurs-cueilleurs de l'Amazonie, vendeurs ambulants dans les rues de Quito ou de Guavaquil, les Indiens forment 40""de la population equatorienne, 70% si on ne considère que la population rurale.À l'origine de leur soulèvement pacifique, qui dans certaines régions a duré deux semaines et regroupé 35 000 personnes, existe une double exaspération: celle d'être des paysans pauvres et celle d'être des citoyens de seconde zone.70 CONFLITS DE TERRE «Il ne faut pas penser la terre seulement pour soi, mais pour les enfants.Maintenant, ces terres ne sont pas suffisantes pour nous, et encore moins pour les enfants.» Quelques acres d'une terre pauvre, habitées par une trentaine de familles encore plus pauvres: nous voici dans la petite communauté de San Francisco del Cajas, à la limite de la province d'imbabura.Depuis plusieurs années, les Indigènes de Cajas demandent au propriétaire de Vhacierida de leurvendre 195 hectares supplémentaires.Ce dernier refuse mais les rassure: s'il vend un jour, ce sera à eux.En dépit des promesses, en dépit du fait que les terres contestées fassent l'objet d'un processus judiciaire devant une instance gouvernementale, il \ cndra pourtant, non pas aux Indiens de Cajas, mais à un autre grand propriétaire.Pour la communauté de Cajas, dont les membres ont travaillé à Vhmàenda pendant plusieurs années, échangeant leur labeur contre une partie de la récolte ou contre l'accès au bois et au pâturage.c'eS un dur coup.Trois fois, ils occupent ['hacienda.Ils préparent la terre, y sèment du blé et du mais, pour bien signifier qu'elle est essentielle à leur survie.Ils laissent leurs animaux au pâturage.I rois toiv la police, accompagnée du propriétaire et d'hommes à son service, les délogl Brutalement: on les bat, on brûle leurs maisons et dévaste leurs champs.Une femme succombe à ses blessures.Deux leaders indigènes sont emprisonnés.Des conflits de terre comme celui de Ca jas, il en existe environ 70 en Equateur.Certains traînent depuis dix, douze, quatorze ans.C'est pour obtenir un règlement que, le 28 mai, quelque 200 Indigènes ont occupé l'Église Santo Domingo, au centre-ville de Quito, donnant sans le savoir le coup d'envoi au soulèvement.CRISE À LA VILLE, CRISE À LA CAMPAGNE Même là où il n'y a pas de conflit de terre, la situation des Indiens à la campagne n'est guère enviable.La réforme agraire des années 1964-1973 a forcé les grands propriétaires terriens à fournir de petits lopins aux Indigènes qui travaillaient à plein temps dans les haciendas.Mais le plus souvent, elles sont situées tout en haut, dans la montagne, dans un pays où, pour chaque 500 mètres supplémentaires d'altitude, le mais prend trois mois de plus pour pousser.Selon le sociologue équatorien Jorge Léon, ces parcelles ont peut-être suffi aux premières générations mais ce n'est plus le cas maintenant.Pour joindre les deux bouts, les paysans ont dû choisir entre continuer à travailler sur Vhacienda, s'en aller comme colons en Amazonie ou migrer vers les villes.Plusieurs Indiens ont opté pour cette dernière solution.Il y en a plein les rues de Quito, qui vendent des aliments, des vêtements ou de l'artisanat, alors que d'autres occupent un emploi plus formel, le plus souvent mal payé.Mais voici que, suite à la chute des prix du pétrole, à l'endettement et à la récession, la ville aussi est en crise.Avec 16% de chômage et 55% de sous-emploi, on n'a plus besoin de la main-d'oeuvre indienne.Que lui reste-t-il?Retourner à la campagne, où le problème de terres est déjà criant.Avec la sécheresse qui frappe le pays depuis cinq ou six ans, avec l'inflation qui gonfle le prix des intrants agricoles (semences, fertilisants), la situation est intenable.L'EXCLUSION DES INDIENS Mercredi le 5 juin, en plein soulèvement indien, le mouvement indigène de Cotopaxi a convié les autorités de cette province au dialogue.Sur l'estrade, place El Salto, il y a la gouverneure, l'intendant de police, le préfet, la directrice du registre civil et d'autres.Face à eux, une foule de quelques milliers d'Indiens.• La Constitution, disent-ils, stipule que les policiers sont là pour protéger les citoyens.Mais quand les policiers attrapent un Indien, ils le battent à coups de pied.Pourtant jamais ils ne donneraient de coups de pied à M.le Préfet! Également, dans l'administration locale, des fonctionnaires demandent aux Indiens de payer pour des formalités supposément gratuites.Quand arrive un Métis avec une cravate, les fonctionnaires lui répondent rapidement.Mais si c'est un Indien, ils le font attendre et continuent de converser entre eux À Cotopaxi comme ailleurs, le soulèvement a été l'occasion pour les Indiens de dénoncer les mauvais traitements, le mépris et la discrimination séculaire dont ils PH0TD THEPflY DELVGNE-JEAN ~z3 i- - '* .fc £ 9w *.t > sont victimes.Jorge Léon rappelle à ce propos que la société et le pouvoir en Equateur se sont construits sur l'exclusion des Indiens, forcés de payer le tribut aux colonisateurs et soumis à des lois et des autorités politiques étrangères.Aujourd'hui, en principe, il n'existe pas de différence entre Indiens et non-Indiens.Mais dans les faits, les Indiens sont les plus mal payés, les moins éduqués, les moins bien soignés, les moins consultés.La République n'a pas réussi a en faire des citoyens égaux, et voilà que maintenant ils réclament la reconnaissance de cette différence.«Nous proposons, précise la Confédération des nations indigàies de l'Equateur ( CONAIE ), qu'on nous reconnaisse le statut de nationalités à l'intérieur d'un Equateur plurinational, statut qui doit nécessairement être accompagné de nos droits sur les ressources qui soutiennent notre vie sociale et culturelle.» Concrètement, cela signifie l'accès à des terres et des territoires et le pouvoir de les administrer, l'attribution de fonds permanents pour l'éducation bilingue (espagnol-quechua), la légalisation et le financement par l'État de la médecine indienne et la réforme de la Constitution pour faire de l'Equateur un État plurinational.SURPRISE ET RÉPRESSION Le soulèvement de juin 1990 prend la population équatorienne, y compris les Indigènes eux-mêmes, par surprise.Pour la première fois, les Indiens font la «une» des médias.Pour la première fois aussi, ils bénéficient de la tolérance, voire de l'ap- pui, d'une partie de la population non-autochtone: paysans, étudiants, secteurs populaires, partie de l'Église.De leur côté, les grands propriétaires terriens pressent le gouvernement de réprimer le mouvement, y compris par le recours à une Loi de sécurité nationale.Suite à la médiation de l'Église catholique, le gouvernement social-démocrate de Rodrigo Borja accepte de négocier avec les organisations indiennes.Mais pas pour très longtemps.Pendant que les pourparlers traînent, la répression s'accentue.Pour la première fois en Equateur, des groupes de civils armés, à la solde des grands propriétaires terriens, délogent les paysans sous l'oeil complice de la police.Au moment de notre passage, en décembre '90, quatre zones étaient militarisées, les leaders indigènes poursuivis et emprisonnés.En mars '91, un leader-clé de l'organisation indigène ECUARLTSAR1 était assassiné.Depuis, le dialogue entre les Autochtones et le gouvernement a repris et s'est interrompu à quelques reprises, sans que ne survienne le moindre règlement des conflits de terres.Par ailleurs, le capital de sympathie populaire suscitée par le soulèvement s'est effrité après que Y Organisation des peuples indigènes du Pastaza (OPIP), qui regroupe des nations indigènes de l'Amazonie équatorienne, eut proposé la création d'un territoire indien indépendant en Amazonie.Leur but: freiner l'avancée des colons et des compagnies minières et pétrolières dont les activités menacent l'écosystème et le mode de vie indigène.\ II oc > > z < CD OJ a > PHOTO MAflCGABANGEH Les lopins de terre tout en haut de la montagne sont ceux qui ont été concédés aux Indiens.■«fe I! PHOTO MARTINE 0 AMOURS Mais legouvernement Borja, qui compte sur les revenus du pétrole pour payer sa dette de 11 milliards S ( 113% du Produit National Brut), lui a opposé une fin de non-recevoir.La population, dont une partie avait appuyé les Indiens de la Sierra, s'est rangée cette fois-ci en bloc derrière le gouvernement.Il faut croire qu'on trouve les Indiens beaucoup moins sympathiques quand ils revendiquent des droits sur des territoires riches en ressources, comme le sont l'Amazonie équatorienne.et le Grand Nord québécois.Soeur Laura Glynn, de la Commission oecuméniqueda droits humains, fait pourtant remarquer l'injustice des conditions dans lesquelles vivent les Indiens de l'Amazonie."Les richesses viennent de là, mais sur place, c'est un désastre.Il n'y a pas de routes.La rue principale de Lago Agrio c'est de l'eau et de la boue.Il n'y a pas d'électricité pour les gens.L'idée, ce n'est pas que les Indiens prennent tout le pétrole, mais il doit y avoir un moyen pour qu'une partie de la richesse retourne là d'où elle vient.Je ne crois p.is qu'ils veuillent toute l'Amazonie, mais ils veulent certainement leur juste part de ce qui existe la- '7, PHJTD 9 BASTO ■.au .Ain Ovide Mercredi découvre à ses dépens la grande sensibilité des Québécois-es pour leur question nationale.En visite au Québec l'automne dernier, ses premières déclarations suggérant que les Autochtones feraient tout en leur pouvoir pour bloquer l'accession du Québec à la souveraineté tant que la question autochtone ne serait pas réglée, ont soulevé l'ire d'une bonne partie de la population et le grondement des médias.Le lendemain de cette déclaration impétueuse, il s'adressait à un groupe de Québécois-es à l'invitation de la Ligue des droite et libertés, et tentait de réparer les pots Avec humilité, il reconnaissait avoir appris de cette première visite au Québec.-Vous êtes un peuple très sensible,.comme nous-, avouait-il! Le chef de l'Assemblée des Premières Nations n'appuiera pas le projet souverainiste québécois même s'il va jusqu'à affirmer que nous sommes au fond des .il lu -s naturels».Et il précise sa pensée: «Nous avons vécu une expérience commune face au Canada anglais, faite de rejet et d'exclusion.La différence entre nous, c'est qu'en 1867, on vous a reconnu un territoire.Vous avez obtenu, par le contrôle d'un gouvernement provincial, la protection de votre langue, de votre culture et de votre propre système judiciaire.» Après de nombreuses tentatives de réformes constitutionnelles, c'est ce que les nations autochtones attendent toujours.LA RÉVOLUTION TRANQUILLE AUTOCHTONE Pour les premières nations, l'heure est à l'affirmation des droits collectifs.Raymond I.aliberté, membre du Comité d'appui aux Premières Nations, nous renvoie à notre propre histoire.«Les Autochtones arrivent aujourd'hui à leur propre Révolution tran-qullle.Droits nationaux inhérents, reconnaissance de territoires, autodétermination culturelle, économique, politique et judiciaire sont le langage qu'ils nous servent à leur tour.» «De même, n'ayant jamais participé aux grandes négociations et législations constitutionnelles de 1791, 1840, 1867, 1432.1941, 1971, 1982, 1987 ou 1991, peut-on décemment les blâmer de ne pas se sentir partie prenante des aménagements qui y ont été déterminés?Peut-on leur reprocher de ne pas automatiquement se reconnaître dans les frontières politiques de nos provinces, ni dans les découpages effectifs QUEBECOIS, CANADIENS ET AUTOCHTONES: TROIS SOLITUDES JEAN ROBITAILLE de territoires d'occupation interne que nous repoussons constamment de plus en plus vers le nord?Est-il inconcevable qu'ils mènent leurs luttes à la grandeur du territoire canadien sans opter, à priori, pour un découpage qui mettrait les Autochtones du Québec face au Québec seulement et les autres face au Canada seulement.' LA CHANCE DU CANADA I >\ ide Mercredi est prêt à donner une dernière chance au Canada.Il ne souhaite pas le démembrement du Canada mais sa transformation dans un État multinational fortement décentralise, qui garantirait les droits aborigènes1.Il parle d'une politique d'inclusion qui ferait des Aut* u humes des citoyens de nations distinctes à l'intérieur du Canada."Le succès des tentatives de réformes constitutionnelles canadiennes dépend de comment nous serons traités.Le Canada n'est pas parfait mais il est perfectible 11 s'il ne l'est pas, il va mourir Le plaidoyer d'Ovide Mercredi en faveur de leurs droits collectifs n'est pas sans nous rappeler de proches souvenirs.«Les droits individuels sont importants.Maislesdroits collectifs sont vitaux.Sans reconnaissance et protection de nos droits collectifs, nous serons assimiles 14% POUR LE OUI I 'indépendance du Québec poserait aux différentes nations autochtones d'ici un dilemme sérieux.Leur adhésion a un tel projet est loin d'être gagnée Au référendum de '80, seulement 14".d'entre eux avaient appuyé le Oui.En 1985, r assemblée nationale a reconnu Texlstence de dix nations autochtones sui le territoire du Québec et s'engageait 1 reconnaître leurs droits Mais depuis, les progrès sont lents et la méfiance est grande.-Advenant la souveraineté du Québec, les nations autochtones d'ici seraient confrontées à un choix difficile», reconnaît Ovide Mercredi.Trois scénarios seront envisagés selon lui: 1- rester dans un Canada restructuré; 2- embarquer dans le projet québécois; 3- assumer leur propre souveraineté.LES MOTS DES BLANCS Les Autochtones jonglent avec plusieurs scénarios quand ils évoquent leur désir d'autodétermination.Les différentes nations ont d'ailleurs des points de vue assez divergents sur cette question.Les Moha wks se promènent déjà à travers le monde avec leur propre passeport, alors que les Inuits réclament plus de pouvoirs sur le développement de leurs communautés locales.Andrew Delisle Jr., porte-parole du Bureau de lu nation mohawk, commente cette divergence de points de vue: -Droits antxs-truux, droit', inhérents et auto-gouvaitanaU sont des termes du gouvernement canadien pi nu parler de la souveraineté autochtone.La position de la Confédération iroquoise est différente.Ce que nous avons en tète, c'est un Ftat souverain.Le mouvement nationaliste autochtone lutte pour la re- connaissance de notre droit à la souveraineté comme nation.Le concept des droits indiens vient du mouvement pour les droits autochtones qui recherche plus d'autonomie à l'intérieur de la Constitution canadienne.En ce qui nous concerne, nous voulons plutôt établir des relations comme nous en avions à l'époque avec les Britanniques, relations qui étaient basées sur le wampum a deux rangs2- des rapports entre États souverains fondés sur le droit international- Les Mohawks sont, parmi les nations autochtones, ceux qui réfèrent à la question de la souveraineté dans des termes qui se rapprochent le plus des conceptions généralement connues.C'est facilement compréhensible.La Confédération iroquoise existe depuis le quinzième siècle.Sa Constitution et son organisation politique, fort développées, ont inspiré les pères de la constitution états-unienne.Rien d'étonnant à ce que leurs notions d'fMf m ni enrin ressemblent aux nôtres.Les Inuits ou les Montagnais parlent un autre langage quand ils abordent la question de leur autodétermination.1 es représentantes des femmes autochtones insistent, quant à elles, pour que les pkjto ne* rjmoleau PI-OT0 BENÉFUMOLEAU Droit a l'autodétermination : Droit pour une collectivité, ou un peuple de choisir librement les institutions politiques et la forme de gouvernement qui lui conviennent.Droit d'opter pour la souveraineté totale ou pour l'intégration, à certaines conditions, à un ensemble plus vaste.Droit inhérent : Expression nouvelle dans le discours amérindien.Qualifie le droit à l'autodétermination.Les Amérindiens ne veulent pas de quelque chose qu'on leur reconnaîtrait de l'extérieur.Ils exigent que leur droit inhérent à l'autodétermination soit reconnu dans la constitution.Autonomie gouvernementale : Concept ayant une portée beaucoup plus limitée que celui d'autodétermination.L'autonomie gouvernementale suppose l'exercice de pouvoirs délégués, un cadre juridique limité, des domaines de juridiction définis par un autre gouvernement.Elle se situe aux antipodes du concept de droit inhérent.Définitions PIERRE HAMEL Droits ancestraux : Terme relevant du vocabulaire juridique canadien, utilisé dans la version française des textes officiels pour rendre l'expression Aboriginal rights.L'expression remonte à l'époque des premières colonies britanniques et renvoie au désir de la Couronne de maintenir la paix dans les colonies.Établis dans la Common Law, la portée de ces droits n'a jamais été définie, bien que la Cour suprême du Canada en ait reconnu la validité.Droits territoriaux : Se rattachent aux droits ancestraux bien que la portée en soit plus limitée.Les Amérindiens disent: «C'est vous qui limitez nos droits ancestraux à des droits territoriaux».Ces droits sont reconnus depuis toujours, mais on n'a jamais pu en définir la nature exacte: droit de propriété, d'usage, d'usufruit.Cogestion du territoire et des ressources : Rien d'autre qu'une technique d'administration.Formule parmi d'autres pour gérer, dans le respect mutuel, les relations entre peuples partageant un même territoire.Formule qui pourrait prendre diverses formes selon l'aire géographique: territoires sur lesquels s'exerceraient des juridictions soit exclusives, dans certains cas, soit partagées dans certains ou dans tous les domaines de juridiction.Grande Loi de la paix (Kaianerakowa ): Expression qui désigne la constitution de la Confédération iroquoise fondée entre 1400 et 1600 (des dates plus anciennes encore sont avancées).À l'origine, tradition orale qui se récitait à l'aide du wampum.Au XIXe siècle, elle a été transcrite en au moins trois versions qui sont encore en usage aujourd'hui1.Wampum: Ceinture fabriquée à partir de conques, dont des perles blanches et d'autres bleues sont enfilées sur des fils d'écorce d'orme rouge.Le wampum est à la base de tout l'art décoratif.Il servait lors de cérémonies religieuses et diplomatiques.Il comportait des motifs chargés de rappeler aux orateurs les principes d'attachement et de loyauté.2 Wampum a deux rangs: Prototype des revendications autochtones.L'expression remonte à un traité signé entre la Confédération iroquoise et les Hollandais puis, par la suite, ratifié par les Anglais.La tradition retient l'image de deux canots remontant côte à côte le cours de la rivière de la vie: symbole de nations voisines et exerçant chacune pour son compte les attributs de la pleine souveraineté3. l^o 2 printemps 1991, p, 29 et suivantes. concepts d'égalité des droits que leur reconnaissent les chartes québécoises et canadiennes soient préservés advenant la réalisation de l'autonomie politique des nations autochtones.Pour elles, pas question d'appuyer l'autonomie politique si leurs droits ne sont pas garantis.SOUVERAINETÉ DISTINCTE En fait, selon Denis Tougas, responsable du dossier autochtone à l'Entraide missionnaire, «-les Autochtones, à cause de leur diversité et de leur histoire, n'ont pas d'idée précise de ce que serait leur souveraineté.C'est pourquoi ils revendiquent d'abord le droit et l'espace pour la définir à leur façon.Les Autochtones et les Québécois ne sont donc pas au même fil de départ dans ce nouvel épisode de redéfinition du Canada "État-nation", et leur alliance, comme la souhaite l'Assemblée des Premières Nations, semble plus qu'improbable.«Le système politique actuel peut s'accommoder de la souveraineté du Québec parce que les règles du jeu ne seront pas modifiées, uniquement les acteurs.Mais l'histoire autochtone, en marge de la société ik \ eloppee" du Canada, ou du Québec, a gardé vivante une portion importante de leur tradition et risque d'apporter des éléments nouveaux dans la définition de leur souveraineté.Notre système politique actuel pourrait en être ébranlé si les Autochtones trouvent assez de pouvoir pour faire valoir leurs droits Alain Bissonnette, qui était jusqu'à récemment avocat au Conseil Attikamek-Montagnais, croit lui aussi que le concept de souveraineté chez les Autochtones est bien différent du nôtre."Lorsqu'ils utilisent ce terme de souveraineté, les Autochtones ne font pas référence à la notion étatique et autoritaire développée en Europe au 18e siècle.Ils pensent plutôt, comme l'anthropologue Rémi Savard l'a souvent souligne, que la souveraineté d'un peuple ne passe pas nécessairement par l'appropriation exclusive des ressources mais par le droit Inaliénable d'être convié à leur partage.» C'est donc notre conception même de la souveraineté qui est appelée à évoluer, i ommele souligne Pierre Vallières, .il faut mettre de l'avant le concept de somcriiincft' îles peuples.I es peuples préexistent à l'État.Celui-ci n'est qu'un outil de gouvernement.Il ne saurait se substituei .1 la souve- raineté des peuples.Aucun Etat ne peut effacer la souveraineté d'un peuple, si petit soit-il.■ GESTION DU TERRITOIRE Diverses nations cohabitent sur le territoire du Québec.Est-ce possible d'en partager la gestion et la souveraineté?Les déclarations de plusieurs leaders autochtones concernant leurs revendications sur plus des 2/3 du territoire actuel du Québec ont semé l'émoi chez un grand nombre de Québécois-es.François Saillant, du Regroupement de solidarité avec Us Autochtones, veut désamorcer ces inquiétudes.-Il faut arrêter de craindre pour ce qu'on appelle "l'intégrité territoriale du Québec".C'est seulement à ce prix qu'un réel dialogue sera possible et que nous pourrons parvenir à concilier nos projets nationaux respectifs.En affirmant et en exerçant leur souveraineté, les nations autochtones nous obligent à sortir des vieilles conceptions de l'État-nation et de la propriété exclusive du territoire.Le défi posé par les Autochtones, c'est celui de la possibilité pour des nations souveraines de partager un territoire commun, dans le respect de chacune d'entre elles.» PROPRIETE VS RESPONSABILITE Alain Bissonnette est un spécialiste de la question des revendications territoriales.Selon lui, le partage de souverainetés sur un même territoire n'est pas une aberration puisque les divers concepts de souveraineté ne réfèrent pas nécessairement a la notion d'État.Juridiquement, ça pourrait donc être possible.Il cite en exemple le cas des Montagnais.••José Mailhot et Sylvie Vincent ont réalisé des études très intéressantes sur la langue montagnaise.Leur analyse a démontre qu'on ne pouvait pas retrouver d'équivalent dans le montagnais pour désigner un droit de propriété privée sur la terre.Ce qui pouvait s'en rapprocher le plus, c'est une notion de responsabilité, un certain contrôle sur la gestion du territoire.C'est probablement ainsi qu'on pourrait envisager la compatibilité de nos souverainetés.Le gouvernement du Québec pourrait, par exemple, conserver son droit de propriété (tel que compris dans le monde occidental) sur les terres où vivent les Montagnais mais ceux-ci assumeraient leurs droits en étant seuls responsables de la gestion de ce territoire.» Droits de chasse et de pèche.On ne peut pas retrouver d'équivalent dans la langue montagnaise pour désigner un droit de propriété privée sur la terre.Ce qui peut s'en rapprocher le plus, c'est une notion de responsabilité. LA HURONIE: L'ESPRIT DU DON PIERRE HAMEL De temps immémorial, les sociétés amérindiennes, et notamment la nation Ouendate (Huronne), s'adonnaient a la pratique du don réciproque.Voici la description qu'en font Les Relations des Jésuites: «Vous y remarquez en premier lieu un grand amour et union, qu'ils sont soigneux de cultiver par le moyen de leurs mariages, de leurs présents, de leurs festins et de leurs fréquentes visites.Au retour de leur pèche, de leur chasse et de leur traite, ils s'entredonnent beaucoup; s'ils y ont pris quelque chose d'exquis, ou même s'ils l'ont acheté, ou si on le leur a donné, ils en font festin à tout le village.L'hospitalité envers toutes sortes d'étrangers est remarquable»1.En Huronie, l'éthique sociale qui fonde l'échange s'inscrit dans la vision amérindienne du monde représentée par le Grand Cercle de la vie.Ce dernier réunit, en des rapports étroits d'interdépendance mutuelle, tous les éléments de la Création, selon l'ordonnancement cyclique de toutes choses.Cette notion de cycle est capitale pour bien saisir le caractère obligatoire de la réciprocité du don.Donner, recevoir, rendre, ne sont que les trois phases indissociables d'un même processus, par lequel s'effectue le circuit complet de l'échange.Ainsi, toute dérogation à l'obligation de rendre introduit une distorsion donnant prise à la sorcellerie.La personne lésée peut tomber au pouvoir de celle-ci.De graves méfaits risquent de perturber la vie de la collectivité.Le flux ininterrompu du don et de l'échange fait office de régulateur des rapports sociaux.Grâce à cette philosophie fondée sur le don, il n'existe aucune hiérarchie ni pouvoir coercitif.Le mouvement continu de l'échange assure la production, la répartition et la consommation des biens.L'harmonie est maintenue et la cohésion de la communauté affermie.1 Éditions du.Jour, Relations des Jésuites, Vol.1, 1635, p.36, cité par Denys DELAGE in Le pays renversé, p.64.exploitation minière et forestière, développement industriel, aménagement du territoire, tout cela, il reviendrait aux Autochtones de le gérer.La Convention de la Baie James signée en 1975 entre les Cris et le Gouvernement du Québec introduisait d'ailleurs ces concepts de partage de gestion du territoire.Responsabilité exclusive dans certains cas, responsabilité mixte ou partagée dans d'autres.C'est aussi un peu ce qui vient d'être négocié entre le gouvernement du Québec et les Algonquins du Lac Barrière à la suite de longues pressions autochtones.L'entente signée en août dernier accorde en effet aux Amérindiens un droit de regard sur l'exploitation forestière sur une superficie de 10 000 kilomètres carrés dans la réserve faunique La Vérendrye et ses environs.PHOTO PRINGER G&MMMJAEON Autre anniversaire.En 1991, les amérindiens des États-Unis se rappelaient le massacre de Wounded Knee.Alain Bissonnette tient toutefois à préciser que le partage des souverainetés sur un même territoire, s'il est possible techniquement, risque fort de se heurter aux intérêts économiques en jeu.Les propriétaires de compagnies minières comme les ardents promoteurs du développement hydro-électrique ne seront sûrement pas sympathiques à l'idée d'une telle redéfinition des juridictions.Mais selon lui, on ne peut plus passer à côté du débat et on va devoir négocier sérieusement.«Que des compagnies aillent sur leur territoire sansqu'aucun traité n'ait jamais été signé, c'est carrément du vol!- s'insurge Me Bissonnette.«L'État va devoir accepter qu'il y aura des secteurs ou des portions du territoire où ce n'est pas lui qui va décider.» À défaut d'ententes négociées de nation à nation, Alain Bissonnette craint fort que «les Québécois ne se préparent une jolie Palestine!» ifT 1 Entrevue accordée au magazine Canadien ln-nim, octobre 1991.2 L'encadré ci-contre donne une bonne définition de ce terme et de certains autres qui foisonnent dans ce débat et méritent d'être définis. Cité universitaire Sainte-foy.Québec Canada G1K7P4 Tel (418)6565106 Téléc (418)656 3476 UN LIVRE À DÉCOUVRIR.Georges E Sioui Pour une autohistoire amérindienne Essais sur les fondements d'une morale sociale Préface de Bruce G.Trigger Pour la première fois, un Amérindien esquisse les règles qui devraient s'appliquer à rétudedel'histoiredesautochtones.L'auteur nous emmène dans le vif de l'histoire telle que l'ont perçue et, en réalité, subie les Amérindiens II nous montre pourquoi l'histoire conventionnelle doit, et comment elle peut, transformer son discours sur les Amérindiens Un livre révélateur, tant sur l'image que les Amérindiens ont d'eux-mêmes que sur l'importance de leur rôle dans la société actuelle 180 pages, 19$.En rente chez votre libnire ou chez I éditeur LES PRESSES DE L'UNIVERSITÉ LAVAL Le lieu de rencontre des gens d'action Icentre st • pierre Service courtois et efficace de location de salles Pour réservation: (514) 524-3561 1212 rue Panet, Montréal (Québec) H2L2Y7 BATI UN NOUVEAU MondE "Moi, je souscris à un organisme qui travaille ici et au Tiers-Monde pour le développement et la paix." J'envoie mes dons à : Secrétariat National 1Q,, 9C ion-1 5633.rue Sherbrooke est lM___=LO=____122 Montréal, Qc DEIrîlOPP&MENr HiN 1 A3 cr pj|¥ Tel: (514) 257-8711 eu 01 en Œ > > Z < eu a > AUX ÉTATS a m ce > > z ■7 ru O > LA CREME GLACEE POUTKALLY CORRECT DU CARINC CAPITALISAI: BENETJERRY MARYSE ROBERT ^ une heure de Montréal, on fran-A chit la frontière et l'on arrive au /» Vermont, un tout petit État de y^^ moins d'un million d'habitants.Aux États-Unis, le Vermont fait la manchette pour plusieurs raisons.On vient d'y célébrer en 1991 le bicentenaire.On y trouve l'université ayant les frais de scolarité les plus élevés au pays (Benning-ton Collège).Les touristes viennent y visiter la résidence de la célèbre famille «von Trapp-, bien connue des cinéphiles grâce au film La mélodie du bonheur, et celle d'Alexandre Soljénitsyne.Enfin, l'Hydro-Québec et l'opposition au projet Grande Baleine font aussi partiedu décor, comme ailleurs sur la côte est.Or, voilà, ce qui retient vraiment l'attention de nos voisins du sud, c'est une petite usine de fabrication de crème glacée située à Waterbury, à 25 milles à l'est de Burlington.L'été dernier, plus de 1 500 personnes s'y donnaient rendez-vous quotidiennement.En 1978, Ben Cohen et Jerry Greenfield ont transformé une vieille station d'essence en usine de crème glacée, mais pas n'importe quelle usine.Leur philosophie estcéileducaringcapitalism.7,5%de leurs profits avant impôts sont versés à des groupes communautaires.Ils encouragent aussi les fermiers de la région en achetant leur lait à un prix un peu plus élevé que celui du marché.Ils s'approvisionnent en bleuets chez les Autochtones Passama-quoddy du Maine et en fruits chez les Autochtones de la forêt amazonienne.Ils encouragent le recyclage.Ils portent des jeans et t-shirts et chaussent des «espadrilles».Enfin, le président du conseil d'administration, Ben Cohen, «ne gagne que sept fois le salaire de l'employé le moins bien payé": 83 000$ par année.Eh bien! Vous l'aurez compris.Ben et Jerry ont conquis le coeur et le portefeuille de nos voisins de la côte est.Chez les «branchés», les «intellos» el les militants», Ben et Jerry sont devenus de véri- tables héros.Ils sont vus comme étant politically correct.Du bon bord, quoi.Pourtant, tout est loin d'être parfait.Les cinq mille résidents de Waterbury pourraient vous en dire quelque chose.Bien que nos deux compères se targuent de protéger l'environnement, ilsontdûpaya plusieurs amendes pour avoir déversé trop de déchets dans le système d'égouts de la ville.La VermontEnvironmental \gency\es a semonces à plusieurs reprises.Récemment, Waterbury a dû investir plus de 200 000$ pour améliorer son système d'égouts, et de nombreux .•»» »j sr'- D > il' ^ CAMPAGNE D'ABONNEMENT • j 40* ANNIVERSAIRE Leur appui nous est acquis.Nous comptons sur le vôtre! Michel Chartrand et Simone Monet-Chartrand "Abonnes à Vie Ouvrière au tout début de sa bublication.nous avons buise dans ses ëditoriaux et articles des raisons de continuer a nous informer et a nous imbiiquer dans la vie socio-politique du Québec, le tout dans un esprit chrétien de partage pour améliorer la ^ condition de vie des nôtres " Francine Pelletier "La presse alternative n'est jamais riche, ni très visible.Par conséquent, on l'oublie.C'est une erreur La presse alternative a toujours ète, et sera toujours, la mesure la plus sûre de notre liberté d'expression s Aoura Bizzarri Vans sa façon de traiter les sujets, VO vise a la connaissance, la compréhension et le respect des différentes composantes de notre société ' V" -m YVC 9i Yvon Deschamps La revue VO : si les classes aisées la lisaient.on ne serait plus oblige de la publier.Le Ouebec sans la revue vo, c'est le Ouebec de qui?' Pour fêter son 40e anniversaire de publication, le magazine VO offre un livre pour les 700 premiers abonnements et réabonnements.ru cri 09 > Cochez au choix de 1 à 3 par ordre de préférence décroissant.Éditions de la Pleine Lune Agir contre la violence, Ginette larouche Féminisme Sans danger immédiat?.Rosalie Berteii Écologie Estampe d'une révolution, Anna Deiso Politique ça fait pas partie de lajopi.Croupe d'aide et d'information Féminisme Editions Saint-Martin Si vous avez des dettes, Yves Nantel Économie te développement international des banques canadiennes, François Moreau Économie politique les corps investis.Michel Dostie Sociologie Éditions sagamie/Ouebec Turbulences.Maurice Cadet Civilisation des cnirurgiennes.Andrée L'Espérance Masques er contrastes.Collectif Saguenav en 1850.Jacques Cremazie Poésie Arts et féminisme Photographie actuelle Histoire et colonisation Editions Paulines de Jésus.André Beauchamps vple crucifie témoin de sa foi.Collectif Virginia Ramey Molienkott Éditions CPMO et Pauline Six orocnures engagement social Religion et société Éditions Cens Paul P/cn ar Jocelyn Page ntretlens par Jocelyn Page Religion et société Religion et société Religion et société Culture Culture □ m D > individus et groupes populaires Étudiants et sans-emploi institutions et syndicats_____ Frais d'expédition du livre, ajouter 18$ 13$ 25$ 2.40$ Ci-inclus Nom : Adresse : Code postal : $ pour Tel.Poster à l'ordre de : VO, le magazine de Vie Ouvrière 1212, rue Panet, Montréal (Québec) H2L 2Y7 Tél.: (514) 523-5998 s lu w -LUWIUrli L'HISTOIRE DES TZIGANES: LES «GENS DU VOYAGE» ATTAQUÉS Partis des Indes vers le 1 Oe siècle, ils sont arrivés en Europe à la fin du Moyen Âge.Ce sont les «Gens du voyage», ils sont d'excellents artisans ET DES ARTISTES HORS PAIRS.En ESPAGNE ON LES APPELLE LES GlTANS, ET DANS LE reste de l'Europe on les connajt sous le nom de Tziganes.Leur mode de vie nomade leur a souvent valu le rejet des populations sedentaires, et ils ont ete victimes plus qu'à leur tour de persecutions et de massacres.yves claude Au 15e siècle, alors qu'ils arrivent dans les pays européens, ils se convertissent au christianisme et ils passent pour des -Égyptiens- condamnés à errer de par le monde, une légende voulant que leurs ancêtres aient forgé les clous qui ont servi à crucifier le Christ.Leur foi religieuse leur amène à l'occasion une certaine protection des autorités, mais ils sont bien vite accusés partout de toutes sortes de méfaits, réels ou imaginaires: vols divers, rapts d'enfants, sorcellerie, etc.Dans la plupart des pays, ils sont sommés d'abandonner leur mode de vie nomade.Les récalcitrants sont pourchassés, massacrés, et dans certains pays tels que la Hongrie, ils sont réduits en esclavage.À la fin du siècle dernier, leur sort s'améliore quelque peu, mais leur nomadisme est, au mieux, toléré.Ils sont fréquemment expulsés d'un pays à l'autre, parfois bloqués entre deux frontières.Alors que le nazisme prend le pouvoir en Allemagne, les Tziganes sont massivement arrêtés dans ce pays ainsi que dans les pays PW3TO MOÊLE8RA80 sous occupation allemande.Ils sont internes dans des camps de concentration, où plus de 500 000 d'entre eux vont trouver la mort.Dans l'après-guerre, alors que leur mode de vie est de plus en plus menacé par l'industrialisation et les changements urbains, ils subissent un contrôle social croissant, et ceux qui abandonnent la route se retrouvent généralement parmi le quart-monde des bidonvilles.Dans les pays socialistes, ils sont victimes de politiques de sédentarisation et d'assimilation forcées, mais leur sécurité physique est néanmoins garantie par les États.UNE PERESTROÏKA SANGLANTE Cependant, les récents développements politiques en Europe de l'Est, et l'effondrement des systèmes socialistes, placent maintenant les minorités tziganes de ces pays dans une situation d'extrême %-ulné-rabilité.Dans un contexte de désastre économique, de crise des valeurs et de conflits des nationalités, les Tziganes servent de boucs émissaires.En 1991, plusieurs dizaines d'entre eux ont été assassinés dans les ex-pays socialistes, tandis que bien d'autres ont été agresses par des milices d'extrême droite, ou simplement par des populations qui défoulent leurs frustrations surcette minorité.Lesautori-tes ferment les yeux devant les manifesta- is œ oc > oc LU > z < ~3 ru PHOTO OSCAR PBIMEAU tions de ce racisme virulent, et les agressions contre les Tziganes sont généralement impunies.En Hongrie, où un sondage de 1990 indiquait que 40% des gens approuveraient l'élimination physique des Tziganes, nombre de ceux-ci ont été attaqués et leurs maisons incendiées.En Tchécoslovaquie, un Ku Klux Klan local regroupant des skinheads d'extrême droite fait de la chasse aux Tziganes sa spécialité.À Prague, en mai 1990, un Québécois d'origine arabe a été roué de coups par des jeunes nazis, devant des policiers impassibles: ses agresseurs l'avaient pris pour un Tzigane.En Roumanie, depuis la chute de Ceaucescu, les Tziganes ont été victimes de menaces et d'agressions, certains d'entre eux ont fui vers l'Ouest, en France et en Allemagne notamment, où ils sont à nouveau désignés comme des indésirables.marginalisation les conduit quelquefois à une survie aux aspects «délinquants», ce qui renforce leur exclusion sociale.Au Québec, s'ils sont bien accueillisen tantquemu-siciens, ou en tant que pèlerins à Sainte-Anne-de-Beaupré, les Tziganes sont cependant stigmatisés collectivement dans les médias.Ainsi le fmir-nalde Montréal décrit -les bandes de gitans .qui sont devenues de véritables plaies- et La Presse fait un portrait des -criminels gitans, folkloriques mais tenaces.Les tziganes tels qu'on les accepte le mieux: en musiciens exotiques.UN PORTRAIT MANQUE Comme d'autres nomades, tels les Touaregs africains, les Tziganes voient leur mode d'existence traditionnelle menacé.Leur nomadisme est nié et leur Dans le contexte actuel de redéfinition des identités et des espaces nationaux, il importe de défendre les droits des peuples nomades; dans l'immédiat les États de l'Europe de l'Est doivent neutraliser la violence qui sévit contre les Tziganes.il?iL«j OJ CD en cr > > z En Algérie, En Tunisie, la démocratisation passait par la mort du système de parti unique.certains en ont profite pour s'organiser et forcer le mariage entre la religion de l'islam et la politique.les intégristes sont-ils en montée libre?LE MAGHREB: MALADE DE SES INTÉGRISTES ABDELHAMIDGMATI es intégristes sont passés à l'action en Tunisie et en Algérie.Juste après la guerre du Golfe, ces deux pays du Maghreb se trouvent confrontés à une crise interne, faisant craindre une dangereuse déstabilisation de la région, et la prise du pouvoir par des éléments islamistes, obscurantistes, souhaitant un État régi par la «chariia"'; l'exemple de l'Iran khomeiniste accrédite cette crainte.La réaction des pouvoirs en place dans les deux pays a été répressive, violente, semblant avoir démantelé les mouve- PHOTO htNNING CHRSTOPH ments intégristes.La question est-elle réglée ou est-ce un épisode dans cette lutte maintenant déclarée?COMPLOTS SIMULTANÉS Au début du mois d'octobre, les autorités tunisiennes révélaient avoir découvert des caches d'armes et un plan d'action visant à éliminer physiquement le président de la Tunisie et certains de ses ministres; le but étant de créer des troubles et de prendre le pouvoir.Il s'agirait là de la 5e phase du complot découvert en mai dernier, fomenté par Ennahdha, mouvement politique non reconnu, se proclamant de l'Islamisme, visant la prise du pouvoir par la force et l'instauration d'une république islamique.On avait procédé à plus de 300 arrestations dont une centaine d'officiers de hauts rangs; les principaux dirigeante du mouvement, dont leur leader Rached Ghannouchi, étaient à l'étranger.Fin juin, de sévères condamnations étaient prononcées contre les auteurs des troubles perpétrés aux mois de février et de mars.En Algérie, pour les premières élections législatives pluralistes prévues pour le 27 juin, le Front Islamique du Salut (FIS), conduit par son leader Abassi Madani, lançait une campagne d'agitations, de manifestations et de grèves, exigeant la démission du président Chadli Ben Djedid et la proclamation immédiate d'une république islamique.De nombreux actes de violence furent déplorés jusqu à la proclamation de l'état de siège et l'intervention de l'armée.Début juillet, les leaders du FIS, Madani et son bras droit Belhadj, furent arrêtés et accusés de -conspiration armée contre la sûreté de l'État .LES PRISONNIERS S'ÉVADENT! Le pouvoir, en Tunisie comme en Algérie, a fait preuve de beaucoup de compréhension et d'indulgence à l'égard des mouvements islamistes.Il faut spécifier que les deux pays, longtemps sous le joug du régime de parti unique, se sont résolument engagés vers la Démocratie.La Tunisie, en novembre 1987, sous la direction du président Ben Ali, s'est ouverte au pluralisme et s'est dotée de mesures de libéralisation politique et économique, de Ce n'est pas le cycle violence-répression qui résoudra le problème.Au contraire, l'histoire récente a montré que cela ne faisait qu'aviver les tensions.L'élection du 22 décembre 1988, Chadli Bendjedid était réélu à la présidence pour un troisième mandat.multipartisme et de respect des droits de l'Homme.Les islamistes du Mouvement de la Tendance IilamiqueiMTl), dont les leaders purgeaient de lourdes peines de prison, bénéficièrent, au même titre que les autres détenus politiques, des mesures de clémence et d'amnistie décidées par le nouveau régime.La légalisation de leur mouvement politique fut liée à l'abandon de toute référence à la religion, la nouvelle loi sur les partis interdisant à tout mouvement politique de faire référence dans son programme ou dans son statut à l'appartenance religieuse, ethnique, régionale ou linguistique.Ils adoptèrent un nouveau nom Ennahdha.mais n'abandonnèrent ni leur statut ni leur programme islamique.Contournant la loi, ils se présentèrent aux élections municipales sous l'appellation -indépendants-, et furent crédités de quelque 20% des voix, ce qui leur permit d'avoir des représentants dans certains conseils municipaux.Cependant, le code électoral et la faiblesse relative de l'opposition -laïque» ne permettent pas de traduire dans les faits le pluralisme de la société tunisienne: la vie politique se résume en un affrontement entre le RCD (parti au pouvoir) et les islamistes qui profitent du -ras-le-bol» populaire du monolithisme.Impatients et sans illusion sur leurs chances de prendre le pouvoir par les élections, ils ont choisi l'action violente pour accélérer le processus.Dès le début de l'année, et profitant de la guerre du Golfe, ils multiplièrent les manifestations et l'agitation à l'université.Leur but: créer un climat d'insécurité pour passer à l'action armée, grâce notamment à leurs hommes infiltres dans l'armée et les forces policières.ALGÉRIE DES INTOLÉRANCES ET DES INTERDITS L'Algérie s'ouvrit à la démocratie après les événements sanglants de 1988, qui virent l'armée ouvrir le feu sur les émeutiers manifestant contre la cherté de la vie.L'ouverture politique profita aux islamistes qui, à côté d'une soixantaine de nouveaux partis légalises, créèrent plusieurs mouvements dont le plus puissant est le FIS.Celui-ci remporta la majorité aux élections municipales de 1990 et prit la direction de plusieurs municipalités importantes dont celle de la capitale Alger.Eux aussi bénéficièrent du -ras-le-bol» de l'opinion publi- ai ai oc n ai o > m m a > > z < ci OJ que excédée par le parti unique.Confrontés à la gestion municipale quotidienne, les islamistes montrèrent alors leurs limites, s'aliénant la population par leur programme d'intolérance et d'interdits (fermeture d'hôtels, de bars, de restaurants, de cinémas, de théâtres, de maisons de culture, interdiction de l'alcool, de la mixité à l'école et dans les lieux publics, saisie de livres et d'oeuvres d'artistes.).Leur crédibilité à la baisse, ils appréhendaient les élections du 27 juin qu'ils auraient certainement perdues (on leur accordait de 20 à 25% des voix).D'où la campagne déclenchée par Madani - mis en minorité par ses compagnons du FIS -visant à éviter les élections.La suite fut l'intervention de l'armée et la répression, avec près de 3 000 arrestations et de probables sévères sanctions.CONTRE LES ATHÉES Même si la majorité de la population dans les deux pays a été satisfaite par les actions menées contre les islamistes, la menace n'est pas éliminée et ce n'est pas le cycle violence-répression qui résoudra le problème.Au contraire, l'histoire récente a montré que cela ne faisait qu'aviver les tensions.Que faire alors?Les régimes s'interrogent.Pour le moment les «durs» semblent avoir eu gain de cause.Les modérés, adeptes de la société civile, préconisent un autre traitement: extirper le mal par la racine.Ils rappellent ce qui s'était passé dans les années 60-70, lorsque le mal avait alors pour noms la «gauche», le «socialisme», «le communisme».Les régimes avaient pratiqué la répression, puis agi en apprentis-sorciers, encourageant le retour à la religion, considérée comme le meilleur rempart contre les «athées».Aujourd'hui, l'islamisme, qui est un mouvement politique n'utilisant la religion que pour son pouvoir rassembleur et una-nimiste, base son discours sur les difficultés économiques et l'interrogation culturelle de la population.La masse est désenchantée par les expériences socio-économiques et l'accaparement du pouvoir par une poignée d'hommes.Elle est déçue par le comportement des puissances occidentales, ce que la guerre du Golfe a exacerbé et se méfie des ambitions dominatrices des anciennes puissances coloniales fortement opposées au développement des peuples arabes détenteurs d'une ressource stratégique: le pétrole.Le phénomène agite toute la société arabo- I musulmane, avide de prospérité et de renouveau, et qui se refuse à adopter des modèles socio-économiques étrangers. travers une montée générale de l'intégrisme, une soirée de rai et de rap à Alger.LA TRADITION OU L'OCCIDENT Le phénomène agite toute la société arabo-musulmane, avide de prospérité et de renouveau, et qui se refuse à adopter des modèles socio-économiques étrangers.Dès la fin de la 2e guerre mondiale, et l'intensification des luttes pour l'indépendance, le monde arabe se trouve confronté à un choix de société: copier l'occident ou retourner aux sources arabo-m usulmanes?La première alternative s'est imposée: il urgeait de créer un État moderne, capable de faire face aux anciens colonisateurs.Pour la majorité des pays arabes (Egypte, Syrie, Irak, Soudan, Jordanie, Tunisie, Maroc, Algérie, Mauritanie), les options vont vers le socialisme et la laïcisation de la vie sociale.Faute de démocratie, les problèmes de développement ne sont pas résolus, d'où les premières crises, à la fin des années soixante et tout au long des deux décennies suivantes, qui débouchent sur le libéralisme-capitalisme comme nouvelle orientation socio-politique.Le retrait de l'État de certains secteurs-clés de la vie publique, l'abandon de certains choix sociaux créent des trau-matismes dans le tissu social, favorisant l'émergence de l'affairisme, de la corruption, du népotisme, détruisant des valeurs traditionnelles.Tout cela conduit à un PHOTO FRANC06 PEHP.1 second échec assimilé à celui de la laïcité.D'où une crise d'identité accentuée par l'échec du panarabisme et les nombreux revers militaires.AMER MATÉRIALISME L'importation de h^.iologie occi- dentale, accompagnée de schèmes culturels souvent mal assimilés, a débouché sur une résistance et un refus.Le désarroi d'unegrande partie de la jeunesse (la majeure partie de la population dans les pays de la région) résulte de l'incapacité des pouvoirs en place de proposer un idéal autre que matérialiste et de résoudre les problèmes de chômage et de pauvreté.Les islamistes ont trouvé là un terrain de prédilection pour faire du recrutement.Avec la complicité objective de l'État, lui aussi soucieux d'utiliser ce puissant moyen de rassemblement, ils s'activèrent à l'endoctrinement des jeunes et des moins jeunes dans les écoles, les lycées et les mosquées.Au Maghreb, seule la démocratie peut faire un obstacle efficace et durable à tout extrémisme.Mais la démocratie ne peut s'accommoder de sous-développement et de problèmes économiques graves.La crise du Golfe a révélé, si besoin en était, les dangers qui découlent de l'injustice et d'un développement déséquilibré.Les Européens, en particulier la France et l'Italie, ont tiré la leçon et sont ouverts à l'idée d'une sorte de «plan Marshall»\ et d'une nouvelle forme de coopération internationale.C'est à suivre.J 7, 1 La Loi islamique.2 Le plan d'aide financière états-unien, aux lendemains de la Seconde Guerre Mondiale, pour reconstruire l'Europe de l'Ouest. Réussir le cégep de l'an 2000 Partant du principe que le milieu éducatif n'est pas que le produit d'une influence et refusant de considérer comme inéluctable certains problèmes sociaux liés à un modèle de développement économique, cette étude de la Centrale de l'enseignement du Québec invite à la réflexion prospective.Précisant les grandes questions liées à l'accessibilité, à la réussite et à la formation professionnelle, le document examine les principales données disponibles.fournit des éléments de problématique et signale quelques grandes tendances récentes gui marqueront l'avenir des cégeps guébécois._____________________________ Une édition CEO.disponible au coût de 5,00 $ Centre de documentation de la CEQ 7 7 70, bout Lebourgneut, bureau 300 Québec, QUEBEC G2K 2G7 Tel (418) 627-8888 Télec.(418) 627-9999 E CEQ Un guide d'animation accompagne cette vidéo Pour en savoir plus long sur cette video et sur les autres titres disponibles commandez des maintenant et sans frais notre répertoire auprès du Centre audiovisuel.Centrale de renseignement du Québec.1170 boul Lebourgneut.bureau 300 Québec (Québec) G2K2G1.tél.(418) 627-8888 telec (4181 627-9999 VIDE0-CEQ C'est une autre manière pour la CEQ de mieux servir ses membres et de contribuer à la vie démocratique de notre société El CEQ Le mythe de la croissance infinie est aujourd'hui remis en question par l'accumulation des catastrophes écologiques et l'expansion de la pauvreté dans le monde.Voila ou nous a conduit l'intérêt a court terme des employeurs, entraînant le gaspillage des ressources et de l'énergie, la piètre qualité des produits et des services, la precansation d'une partie importante des emplois, et la concentration de plus en plus grande de la richesse S'impliquer dans l'organisation du travail, c'est travailler à relancer le progrès social Pour relancer le développement dans le sens du progrès social, il faut changer l'organisation du travail de façon a permettre aux travailleurs et travailleuses d'utiliser leur savoir-faire, leurs connaissances, leur créativité.C'est ainsi qu'on pourra le mieux i ejoindre l'intérêt de la majorité pour un meilleur partage des emplois et de la richesse, pour des produits de qualité, des services de qualité, et des emplois socialement utiles.CSN La Confédération des syndicats nationaux 1601 rue de Lorimier, Montréal, H2K 4M5
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