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Titre :
VO
VO est une revue bimestrielle engagée portant sur le monde du travail, l'économie sociale et la coopération internationale. Publiée de 1990 à 1997, elle fait suite à Vie ouvrière. [...]

VO est une revue bimestrielle publiée à Montréal de 1990 à 1997. Résolument de gauche, la revue accueille des rédacteurs dont les préoccupations sont orientées vers la lutte aux inégalités sociales, la solidarité internationale et le développement de services publics de qualité. Pierre Vallières est rédacteur en chef de VO jusqu'au printemps 1991, où il laisse sa place à Jean Robitaille, collaborateur régulier de la revue depuis quelques années, qui travaillera étroitement avec Daniel S.-Legault. VO fait partie d'une longue série de publications incluant le Bulletin des aumôniers des mouvements spécialisés d'Action catholique (1942-1947), L'Action catholique ouvrière (1951-1957), Prêtre d'aujourd'hui (1958-1966), Prêtres et laïcs (1967-1973), Dossiers « Vie ouvrière » (1979-1990), Vie ouvrière (1979-1990) et VO (1990-1997), qui, en fusionnant avec Les Carnets de VO (1996-1997), devient Recto verso (1997-2004).

VO s'adresse à un public scolarisé et engagé : intervenants et militants des milieux communautaires et syndicaux, journalistes, étudiants, recherchistes et, plus généralement, les individus préoccupés par les changements sociaux.

La nouvelle formule magazine adoptée par VO vise toutefois à une diversification tant de la forme que du ton. Des textes d'analyse substantiels côtoient les chroniques plus courtes dans une facture graphique plus illustrée et colorée que celle de Recto verso.

Le tirage de VO se situe entre 2000 et 5000 exemplaires.

FONTAN, Jean-Marc, « Souvenirs de Recto verso », Possibles, vol. 30, no

Éditeur :
  • Montréal :Jeunesse ouvrière chrétienne :1990-1997
Contenu spécifique :
mai-juin
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeurs :
  • Recto verso (Montréal, Québec) ,
  • Carnets de VO
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Références

VO, 1990, Collections de BAnQ.

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LE MAGAZINE DE VIE OUVRIÈRE ARIE-AIMDREE RTRAIMD LE COÛT SOCIAL ^ DU SEXISME MOONLIGHTING» PIERF Ci TE DES URGENCE l_ ■ i I OSSIER M ^^H ^r^ «^ *% HÊ auvre OSEZ LA RADIO t Communiquez avec un média communautaire de votre région.Une façon originale et enrichissante de contribuer au dynamisme de son milieu.Traversez le mur du son ro FM 96,1 RADIO BASSE-VILLE, CKIA-FM 96,1 à Québec, offre aux femmes des sessions de formation radiophonique.Informez-vous au 418-529-9026.Pour les personnes intéressées aux problèmes de l'Église.et du monde actuel.COURS DE DROIT CANONIQUE donnés par l'Institut de Droit canonique de Strasbourg (France).SESSION à MONTREAL: du 2 au 6 juillet 1990 au Collège Jean-de-Brébeuf Renseignements: APDC- CANADA 1185 Lallemant Drummondville J2B 5B6 Tel: 1 - 819 - 478-0728 (soir) CJ(MIVT(Î7.|- t &ou"tJ|our'ria I ™ Marcherons'-nous su^Westmount'.r4 Sur la route de Tindépendance Marcherons-nous sur Westmount?Au fil des editoriaux de l'auf journal, ici regroupés par grands thèmes, vous découvrirez une vision globale de la situation et du devenir collectif québécois.Veuillez me faire parvenir_____exemplaires à 10 $ l'unité.Nom:_________________________________________ Adresse:______________________________________ Ville:_____________________Code postal:__________ A l'ordre de: l'auf journal, C.P.5223 Suce.B, Montréal, H3B 3L3 Montréal: 849-0637 Extérieur: 1-800-363-4691 A OMMAïBE PKJTO BEN* BEAULEU PI-CTO MARYSE FWAHO TRIBUNE LIBRE 4 ÉDITORIAL 5 BILLET 7 POINT DE VUE Les pratiques «vertes» du capitalisme 12 ENTREVUE 8 Marie-Andrée Bertrand Il est temps de prendre conscience du coût social énorme des résistances institutionnelles aux revendications féministes DOSSIER 14 Femmes et pauvreté L'appauvrissement de nombreuses femmes les conduit à une marginalisation et une exclusion sociale quasi définitives Comment sortir du cercle vicieux de la pauvreté?SUR LA PLANÈTE 26 Amérique centrale: la faillite des É.-U.EN MOUVEMENTS 30 Médias et luttes sociales CULTURE 34 Pierre Falardeau, cinéaste des urgences COURANTS D'ESPOIR 37 La spiritualité autochtone QUESTIONS D'AMERIQUE 23 LE DOSSIER DES FEMMES BATTUES 24 QUEBEC EN COULEURS 25 CHRONIQUE INSOLENTE 29 BANDE DESSINEE 32 LE TOUR DU QUEBEC 33 LIRE 36 EN BREF 41 VO : LE MAGAZINE DE VIE OUVRIÈRE Fondé en 1951 Magazine d'information alternatif, au service des classes populaires, il traite de leurs conditions de vie et de travail, de leurs organisations, de leur culture et de leurs débats VO s'inspire principalement du courant chrétien libérateur.Il est publie en collaboration avec la Jeunesse Ouvrière Chrétienne (JOC).le Mouvement des Travailleurs Chrétiens (MTC) et le Centre de Pastorale en Milieu Ouvrier (CPMO) Ses prises de positions èditonales n'impliquent cependant pas ces organisations Les articles publiés dans VO n'engagent que leur auteurs-es.Conseil d'administration: Jean-François Aubin, Esther Champagne, Guy Desmarais, François Gervais.Louise Lafortune.Directeur: Gilles Dugal Rédacteurs en chef: Pierre Vallières et Jean Robitaille Comité de rédaction: Danielle Beaulieu, Nancy Burrows, Nicolas Calvé.Jean-Guy Casaubon, Josée Desrosiers, Mark Fortier, Claude Hardy, Monique Tremblay, Myriame El Yamani Membres des sous-comités et collaborations régulières: Judith Archambault, Martin Boisvert.Richard Bonnette, Nicole Brais, Minam Charbonneau, Jacinthe Chicome.Martine D'Amours, Louise Desmarais, David Foncier, Danielle Forest, Kenneth George, François Gervais, Claude Hardy.Jean-Guy Lacoursière, Daniel Laprès, Diane Lalancette, Henri Lamoureux.Karlène Lauzon, Fabien Leboeuf.Lucie Lépine, Jean Mènard, Stéphane Pommmville, Jean-Hughes Roy, François Saillant.Élyse Tremblay.Pierre Viau Comité de financement: Gisèle Begin.Jean-Guy Casaubon.Reiean Mathieu, Jean Robitaille.Comptabilité, abonnements, traitement de texte, recherche visuelle, et montage: Daniel Legault.Photographe: René Beaulieu Bande dessinée: Vivian Labne Impression: Payette et Simms Distribution: Diffusion Parallèle - Tel (514) 525-2513 Fréquence de parution: 6 numéros par an Photo page couverture: René Beaulieu Grille de tarifs (au 1er mars 1990): Abonnement individuel 18$/an ou 32$/2ans Abonnement institutionnel: 25$/an Abonnement de soutien: 25$/an Étudiant ou sans emploi: 13$/an A l'étranger (par avion), individuel: 23$/an À l'étranger (par avion), institutionnel: 30$/an Un numéro seul : 3 50$ + 1.17$ en frais de poste Les articles de la revue VO sont répertoriés dans le répertoire analytique d'articles de revues Points de repère.Dépôt légal â Ottawa et â la Bibliothèque nationale du Québec ISSN 0229-3803 Courrier de deuxième classe, enregistrement no 0220 Parution no 224.1er mai 1990 Revue VO, 1212 rue Panet, Montréal (Québec), H2L 2Y7 Tel: (514) 523-5998 ribune libre l'ai trouvé l'annonce de votre revue dans L'aut'fournal de février 1990.le suis grandement intéressé à y être abonné.le voudrais souligner que malgré le fait que j'habite la bourgeoise municipalité de Mont-St-Hilaire, je n'ai, contrairement à mes parents, aucun attrait pour l'opulence et que je suis viscéralement révolté contre l'attitude fasciste des pays industrialisés envers leurs travailleurs et envers les milliards de citoyens du Tiers-Monde.Mais, que voulez-vous, à quinze ans, on fait ce qu 'on peut.et j'entends bien renier cette condition de favorisé pour enfin devenir solidaire de la majorité des humains et dire merde aux exploiteurs, aux «fourreurs de peuple» et aux requins de la finance.Enfin, tout ça pour vous dire que je ne cadre pas, mais vraiment pas, avec les cabanes de riches hilairmontaises.David Forcier Mont-St-Hilaire Au revoir et merci Mme Yolande Hébert-Azar a quitté le magazine à la fin de janvier '90 Depuis 1982, elle fut de toutes les équipes et de toutes les transformations.Travailleuse infatigable, elle a rendu de précieux services à la revue, faisant toujours preuve d'une remarquable adaptabilité.Je regrette son départ et lui souhaite la meilleure des chances dans ses projets.Gilles Dugal, directeur ^OITORIAL MOBILISATIONS RECHERCHEES Ouf! Avec quelle envie admirions-nous l'an dernier ces gigantesques manifestations populaires sur la Place Tien An Men, devant le Mur de Berlin ou à Soweto?Nous sommes les derniers nostalgiques des parades tumultueuses de la St-Jean-Baptiste, d'une révolution.«même trop tranquille-, des fronts communs qui conduisaient les chefs syndicaux à la prison, du rêve auto-gestionnaire, des féministes aux pratiques et aux paroles qui écorchaient vif, du RAJ qui tourmentait à droite comme à gauche.Dans le Québec d'aujourd'hui, la misère des riches se vend mieux que celle des pauvres.-La communication victime des marchands-, expression consacrée par Claude Julien du Monde diplomatique, n'a que faire des causes de la misère humaine, de l'exploitation structurelle, de l'oppression systématique, de la répression institutionalisée.Ces mots sont bien trop longs, semble-t-il, pour occuper l'espace dévolu aux titres dans le Journal de Montréal.L'OFFENSIVE ANTISOCIALE DES RICHES ET DE L'ÉTAT Nous sommes assaillis jour après jour par de nouvelles politiques anti-sociales qui viennent grignoter ce que des années de luttes avaient réussi à conquérir.Quelles bonnes nom elles J t-t-il eu pour les appauvris-es ces dernières années?Le libre-échange, les privatisations, les hausses de taux d'intérêts, les licenciements massifs, les reformes anti-populaires de l'aide JEAN ROBITAILLE sociale et de l'assurance-chômage, la désindexation des allocations familiales, la T.P.S., la violence faite aux femmes et aux enfants, l'éviction des locataires les plus démunis pour construire des condos, les coupures de budgets aux maisons d'hébergement de femmes violentées et aux groupes populaires, l'importante hausse annoncée des frais de scolarité, la diminution de l'aide canadienne aux pays les plus pauvres de la planète, etc.En dépit de tout cela, où sont les masses?Toutes ces personnes qui font les frais de ces politiques visant uniquement à rentabiliser un système conçu pour et par les riches?Elles sont rarement dans les rues.Elles n'envahissent pas les parlements.Trop assommées peut-être par l'offensive dirigée contre les appauvris, elles n'occupent en fait que leur salon, regardant cette télévision qui cherche à leur soutirer une larme à même la •misère» des riches.Mais pourquoi les appauvris préfèrent-ils la télé à nos manifestations?Est-ce que l'imposition de la loi 37 sur l'aide sociale, malgré l'opposition populaire descendue dans la photo docbip rue, aurait eu pour effet de convaincre les gensque l'Etat était incurablement sourd?DES SOLIDARITES EN MIETTES L'actuelle absence de mobilisations populaires significatives ne s'explique pas seulement par -l'aliénation des masses-.Certes, les appauvris doivent mettre la plupart de leurs énergies à tenter de survivre.Marginalisés, exclus, écrasés, gravement atteints dans leur dignité et leur estime d'eux-mêmes, les appauvris ne sont pas très enclins à aller exposer publiquement leur humiliation.Mais cela n'explique pas tout.Des facteurs internes à nos mouvements sociaux sont aussi en cause.Le mouvement social au Québec, qui pourrait se montrer capable de révolutions aussi importantes que celles qui s'opèrent actuellement ailleurs dans le monde, se trouve présentement décomposé.La plupart des groupes populaires, eux-mêmes acculés à survivre, cloisonnent leurs interventions dans des secteurs bien précis d'activités.La solidarité avec la lutte d'un groupe oeuvrant ailleurs, dans un secteur différent, pourra aller jusqu'à la signature d'une pétition, l'émission d'un communiqué de presse.peut-être même, une certaine aide financière.Mais rarement davantage.L'appui demeure ponctuel et passager.Dans un tel contexte, comment espérer réinventer et proposer une alternative sociale globale, sur la base d'une large solidarité?A gauche, les organisations politiques issues du bouillonnement social des années '70, qui proposaient un projet de société ° radicalement différent, nous ont terriblement déçus.Dogmati- > ques, trop intellectuelles ou plus simplement amorphes, ces o ai - organisations se sont éteintes sans laisser derrière elles autre chose qu'une amère désillusion.Même si, sur le terrain, des militants et des militantes, engagés dans les luttres populaires, empêchent toujours la passion socialiste de s'éteindre.L'arrivée au pouvoir du PQ en 1976, puis le contexte de crise économique du début des années '80, ont poussé bon nombre de syndicats et de groupes populaires à succomber au mirage de la concertation.On n'aurait plus besoin de se battre.Il suffirait désormais de s'asseoir ensemble, riches et pauvres, dominants et dominés confondus, puis de se parler pour s'entendre sur des questions .pragmatiques»! Tout serait effectivement si simple si les classes sociales et la culture patriarcale n'avaient jamais existé.Épris soudain de réformisme tranquille, plusieurs groupes sont tombés dans le piège et ont aujourd'hui beaucoup de peine à s'en déprendre même s'ils en connaissent maintenant la nature.«Faut-il brûler les pancartes?», s'était demandé Jean-François René après avoir analysé certaines luttes sociales du début des années 80.Les reculs importants enregistrés au chapitre des politiques sociales, ces dernières années, indiquent bien que cette vente de feu ne nous a rien rapporté de bon.CONDITIONS DE RELANCE DU MOUVEMENT SOCIAL démobilisation actuelle, les erreurs bêtement stratégiques d'organisation commises par certaines associations plus impatientes de "diriger» le mouvement que de le susciter.Le mouvement étudiant vient d'en faire la démonstration.Les étudiants-es étaient prêts-es en mars à se mobiliser massivement et radicalement contre le dégel des frais de scolarité.Mais la seule perspective de réduire leur lutte au déclenchement -instantané» d'une grève générale illimitée ne les a pas satisfaits-es.L'obstination d'une partie des dirigeants-es de l'ANEEQ à ne pas dévier de l'orthodoxie militante traditionnelle a coûté cher au mouvement étudiant une fois de plus.La lutte a été retardée d'un mois et, fin de session et emplois d'été obligent, pourrait bien s'essouffler très vite.PHOTO OAIHE B£AUGRAMOCHAMPAO\E Par ailleurs, la reprise des luttes sociales populaires (dans les deux sens du terme ) ne pourrait plus désormais souffrir aucun sectarisme.La compétition farouche entre les centrales syndicales, la provocation et le mépris qu'ont déjà manifesté certains groupes de lutte les uns envers les autres, le purisme et l'avant-gardisme de mauvais aloi ne pourraient que nous plonger encore plus bas dans notre profonde difficulté à mobiliser les appauvris.et plusieurs autres groupes sociaux.On ne saurait non plus ignorer, comme l'une des causes de la Il n'y a probablement pas de recettes magiques pour recomposer au Québec un mouvement social véritablement porteur d'un changement profond.Mais l'examen honnête et rigoureux de nos pratiques et de nos idéologies est certes le premier pas à franchir dans ce processus.Espérons qu'ensuite soufflera aussi sur la société québécoise ce vent de liberté et de révolution qui balaie, entre autres, l'Europe de l'Est.Espérons aussi qu'alors le vent ne soufflera pas d'abord et surtout pour les milieux d'affaires en mal de marchés concurrentiels plus dynamiques.o CD œ o > LE MAGAZINE DE VIE OUVRIERE ABONNEMENT 1990 G 1 an (6 nos) 18.00} J institutionnel 2S O0S J 2 ans 32.00$ J à l'étranger -23.00$ _J soutien -25.00$ -J par avion 30.00$ _l au numéro • PLUS PEUT M EUT • PLUS PERCUTAKT • TOUT EU COULEURS J étudiant ,, «-fa sans emploi ,,ou» 350$ Ci-inclus Nom ___ $ pour Adresse AUSSI AGREABLE Code postal Poster a l'ordre de : VO, le magasine de Vie Ouvrière 1212.rue Panel .Montréal, Qc, H2L 2Y7.( 514 523-5998 VOIR QU'A LIRE MISOGYNIE ET MAGISTRATURE FONT ENCORE BON MENAGE! PKJTOS OANtL LH3&ULT MYRIAMEELYAMANI 11 est temps de faire le grand ménage du printemps dans notre Cour.Non seulement la poussière est collante, mais encore elle est trop abondante.Du coup, la balance penche du mauvais côté et finit par être sérieusement déséquilibrée, à force d'entendre des propos démodés, sexistes et injurieux à l'égard des femmes.«Toute règle est faite, comme une femme, pour être violée», s'écriait récemment le juge Denys Dionne.«Pourquoi un homme ne réprimanderait-il pas une femme qui sort, qui boit, qui rentre tard alors qu'elle aurait dû être à la maison à s'occuper des enfants ou du ménage?Parfois une gifle est exactement ce qu'il lui faut», renchérissait le juge Kenneth Peters du Manito-ba.Francine Pelletier1, a déjà relevé une bonne dizaine de ces propos au cours de la dernière année.11 serait trop facile de n'y voir que des exceptions ou de simples bévues.En fait, de telles attitudes sont symptomatiques du manque de respect de notre justice à l'égard des femmes.DÉPOUSSIÉRER LE SYSTÈME Récemment encore, lejuge Léveillé, qu'on avait surpris «la robe retroussée» dans une maison close de Longueuil, a été absous inconditionnellement, bien que reconnu coupable.Solidarité oblige! Pourtant, lors de notre entrevue avec la juge Andrée Ruffo, nous avions eu l'impression que la justice devenait un peu plus accessible, qu'elle se mettait réellement au service de la société et de tous ses membres, femmes et enfants compris.C'est sans doute là que réside l'exception.Des femmes de la trempe d'Andrée Ruffo ou de Bertha VVilson.de la Cour Suprême, qui réclament qu'on modifie notre système judiciaire «sexiste», se font rares et sont même l'objet d'un véritable harcèlement judiciaire (pensons aux plaintes contre Mme Ruffo).11 est grand temps de faire le ménage, de dépoussiérer un système judiciaire qui, loin d'être neutre et impartial, reflète les valeurs de notre société.«La loi est empreinte d'un point de vue masculin, avec comme conséquence, l'élaboration de principes légaux qui ne sont pas toujours sains.Certains aspects de la loi criminelle se basent sur des suppositions quant à la nature et à la sexualité des femmes, qui, aujourd'hui, sont tout simplement ridicules», affirme la juge Bertha VVilson.Et lorsqu'on voit comment cette loi est appliquée, par ces vieux «croûtons», blancs, d'une certaine classe sociale, on s'imagine facilement comment sont traités les minoritaires, autochtones, minorités culturelles et femmes comprises.LES JUGES: DES INTOUCHABLES?Le pouvoir des juges a toujours été important dans n'importe quelle société, car il représente, en principe, un garde-fou contre les absurdités et la détérioration de notre idéal de vie.Mais ici, les juges sont intouchables.Juchés sur leur piédestal, ils se croient tout permis, ils se veulent invulnérables, au-dessus de tout soupçon, alors qu'au fond ce ne sont que des êtres humains, avec leur faiblesse et leur fatigue, leurs stéréotypes et leurs systèmes de valeurs.Si l'on commençait par admettre cela, il serait possible de démocratiser la justice, de permettre à plus de femmes et de jeunes personnes d'avoir accès à la profession de magistrat.Car c'est bien d'une profession qu'il s'agit, et non pas d'un passe-droit, sous patronage politique.En France, les juges sortent d'une Ecole nationale de la Magistrature et peuvent commencer à exercer leur «job» à partir de l'âge de 25 ans.Bien sûr, semblable démocratisation ne peut à elle seule supprimer le sexisme de notre société, mais elle permet au moins de démystifier l'aura qui entoure la magistrature et ses soi-disant «serviteurs».Ce n'est pas parce qu'ils sont enrubannés dans leur toge que les juges n'ont aucun compte à rendre publiquement.Bien au contraire.Ils doivent nous servir, et non pas nous humilier.jS o 1 Francine PELLETIER: -La magistrature et les femmes», La Presse, samedi 1/ février 1990.p.B-3. .I E V u E Madame Marie-Andrée Bertrand, féministe et criminologue de réputation internationale, travaille depuis de nombreuses années pour favoriser l'avancement des femmes dans tous les domaines de l'activité humaine.En plus d'enseigner à l'Université de Montréal depuis 1963, en criminologie, Madame Bertrand a été membre de la Commission d'enquête Le Dain sur l'usage des drogues à des fins non-médicales (1970-1973) et a effectué plusieurs travaux de recherche, notamment sur la criminalité et la déviance féminines, la condition des lesbiennes, l'analyse féministe du droit pénal au canada, l'accessibilité des femmes dans l'enseignement supérieur, etc.Dans le cadre de l'entrevue qui suit, elle rappelle les grandes étapes du mouvement contemporain des femmes et souligne les trop nombreuses résistances institutionnelles que rencontre encore l'émancipation des femmes, des résistances qui se manifestent notamment dans l'église, dans le droit, dans l'université et dans le monde des sciences.PIERRE VALLIÈRES pho-os henebeaulEu LE COÛT SOCIAL DU En écoutant Madame Marie-Andrée Bertrand parler des défis actuels du féminisme, deux choses retiennent particulièrement l'attention.D'abord, un optimisme à toute épreuve, qui lui fait dire que les acquis du féminisme en Occident sont irréversibles et qu'il n'y aura pas de reculs concernant la levée des obstacles jui idiques ou formels à l'émancipation des femmes.Deuxièmement, ce qui frappe aussi, c'est l'insistance qu'elle met à souligner le coût social énorme des résistances institutionnelles aux revendications féministes.À ce chapitre, elle rappelle avec pertinence le rôle joué historiquement par la chrétienté (le catholicisme romain surtout) dans la formation et le maintien des résistances institutionnelles.Parmi les principales institutions visées, elle mentionne, outre l'Église catholique: le droit, l'université, le système général des sciences et, bien sûr, l'État.En somme, même si plusieurs obstacles juridiques à leur émancipation ont été formellement levés (du moins en Occident), -les femmes rencontrent encore beaucoup de difficultés sur le chemin de leur accession effective à l'autonomie, à l'autorité et aux pouvoirs réels.Mais quand même: quel chemin parcouru depuis deux siècles!-.LES QUATRE ÂGES DU FÉMINISME Pour Marie-Andrée Bertrand, l'âge UN du féminisme a été celui de la lente et difficile quête des droits politiques.L'avènement des libertés républicaines, lors de l'Indépendance américaine et de la Révolution française, n'a pas spontanément profité aux femmes.Loin de là.Liberté, fraternité, égalité, oui, mais pour les hommes d'abord.-11 a fallu aux femmes un siècle et demi de luttes pour seulement conquérir le droit de vote! C'était le temps des suffragettes, des premières femmes à descendre dans la rue.» L'âge DEUX du féminisme («qui pour moi constitue le véritable âge UN», précise Madame Bertrand) commence dans les années '60 avec l'organisation du mouvement des femmes contemporaines, mouvement qui démarre avec Betty Friedman et les autres.«Ce mouvement profite d'une nouvelle situation de droit, SEXISME de la possibilité désormais acquise pour les femmes d'accéder aux études de leur choix, d'entrer sur le marché du travail, d'y exercer les emplois qui leur étaient inaccessibles jusque là, de développer ^m leur autonomie financière, intellectuelle et sociale, de rompre avec les rôles traditionnels, etc.M Même si l'égalité reste encore plus for- H melle que réelle, les conquêtes juridiques des femmes, dans la majorité des sociétés démocratiques, «ne sont pas, et de loin, les dernières.11 faut aussi parler des au- H très.- Q LE FÉMINISME COMME CRITIQUE ET SCIENCE en -Progressivement, les mouvements des m femmes ont donné naissance à des ana- "" lyses, des écrits, des débats et, dans les c annêes '60, aux études de la femme.C'est ce que j'appelle l'âge TROIS du féminisme.Des groupes de recherches sont nés, presque toujours pluridisciplinaires, ~ s'intéressant par exemple à l'histoire des g femmes et découvrant, bien sur.la nécessité d'une autre histoire capable de rendre compte du passe plus obfecttve- 0 ment, de dévoiler des habitudes de vie, > des hauts faits d'un groupe - les femmes, 0 la moitié de 1 humanité - occulte par les historiens.» «La sociologie aussi s'est mise de la partie, plus volontiers que l'histoire, il me semble; elle a ré-écrit ses traités des classes sociales, car jusque là on avait assimilé mécaniquement les femmes mariées à leur époux, leur imputant la même scolarité et le même statut socio-économique.Et puis d'autres disciplines ont suivi: anthropologie, criminologie, philosophie, biologie, théologie, etc.On a pu ainsi démontrer à quelle pauvreté ces disciplines s'étaient condamnées elles-mêmes - sans compter les erreurs de fait - en étant, depuis l'origine, des sciences au masculin.Voilà bien un acquis majeur du féminisme contemporain.- «L'âge QUATRE, quant à lui, est celui de la critique féministe.Ayant découvert que les rapports sociaux de sexe déterminent en profondeur le comportement des personnes, des institutions, des groupes, des États., les féministes ont édifié des théories, nombreuses et originales, pour rendre compte de cette réalité.Ces théories se sont fondées sur des pratiques et des prises de conscience qui, à leur tour, ont engendré de nouvelles pratiques et de nouvelles propositions théoriques.Le féminisme s'est ainsi peu à peu développé comme méthode critique.Une méthode d'une grande puissance, me sem-ble-t-il, au plan à la fois de la connaissance et de l'action.On en trouve d'ailleurs un exemple remarquable dans le recueil colligé par les soins de Seyla Benhabib, une philosophe de l'Université Cornell, Feminism as criticism.» «Ainsi, des féministes, bien outillées, passent au crible d'une critique décapante les théories de leurs vis-à-vis masculins ou encore d'autres féministes (Simone de Beauvoir, par exemple).On est loin des manifestes des années '60.En ce début des années '90, l'ensemble des analyses féministes contemporaines méritent une attention au moins égale à celle qui fut déjà accordée au marxisme ou au socialisme.» S'INSCRIRE DANS L'AVENIR PLUTÔT QUE DANS LE STATU QUO «Les phénomènes provoqués par le féminisme contemporain sont sans doute les plus importants de cette dernière moitié de siècle».Aussi, Marie-Andrée Bertrand insiste-t-elle pour dire que «les institu- tions et les personnes qui négligeraient de prendre en compte des changements aussi importants et aussi réels que ceux qui marquent présentement la condition des femmes, ou pire, qui les nieraient ou s'emploieraient à y faire obstacle, éprouveraient - ou éprouvent déjà de fait - des difficultés considérables à s'inscrire dans le présent et plus encore dans l'avenir.» En d'autres termes, ces personnes et ces institutions se condamneraient à être très vite déclassées par l'histoire (si cela n'est • l'une des rares institutions occidentales qui n'ait pas encore levé les obstacles juridiques à l'accession intégrale des femmes à l'autorité et au pouvoir «Cela, pour moi-qui suis athée-et pour tant d'autres, constitue un scandale majeur.Partout ailleurs, en Occident, les constitutions nationales ont fait disparaître les obstacles juridiques à l'accession des femmes à tous les postes de la vie économique, politique et sociale, en plus de leur assurer le plein droit à la «L'Église catholique romaine demeure, malgré son discours officiel sur I égalité des personnes, l'une des rares institutions occidentales qui n'ait pas encore levé les obstacles juridiques à l'accession intégrale des femmes à l'autorité et au pouvoir.» pas déjà fait).Cet avertissement, Marie-Andrée Bertrand l'a entre autres servi à la hiérarchie exclusivement masculine de l'Église catholique romaine dont le comportement anti-féministe la choque énormément.Madame Bertrand avait d'ailleurs fait sensation en octobre 1989, lors du colloque Jacques Grand'Maison, à l'Université de Montréal, en rappelant avec une profonde indignation que l'Église catholique romaine demeure, malgré son discours officiel sur l'égalité des personnes, propriété, à l'autorité parentale, à l'autonomie dans le couple, au droit de disposer librement de leur propre corps, etc.» Cette égalité juridique ou formelle, première conquête du féminisme après deux siècles de luttes et qui n'est que le début de la libération effective des femmes, pourquoi l'Église catholique s'obstine-t-elle si farouchement à la nier, se demande Marie-Andrée Bertrand comme plusieurs théologiennes catholiques avec lesquelles elle collabore dans un groupe de recherche interdisciplinaire sur l'avancement de la femme. L'ETAT INFANTILISE LES FEMMES AVEC DES RAISONS D'ÉGLISE Madame Bertrand a souvent eu l'occasion de travailler avec des femmes engagées dans l'Église, comme Lise Baroni, Olivette Genest, Elisabeth Lacelle, Monique Dumais, Marie-Andrée Roy, Gisèle Turcot et plusieurs autres.À leur contact, elle a pu vérifier les très dures résistances juridiques et structurelles qui font obstacle à l'émancipation des femmes dans l'Église."J'ai un grand respect pour les femmes d'Église qu'il m'a été donné de connaître de près, et j'éprouve une consi- dent protéger, les hommes d'une classe sociale bien précise et, bien sûr, du groupe ethnique dominant.Ici encore, le coût social de l'hégémonie masculine est considérable: discrimination, infantilisa-tion, psychiatrisation, irresponsabilisation.Appropriation du corps des femmes, laquelle, il faut bien le dire, s'appuie sur la morale de l'Église.En fait, l'État gère ou entend gérer le corps et le vécu des femmes avec des raisons d'Église».On peut dire la même chose de la médecine, de l'économie, du génie, et de la très «En ce début des années '90, l'ensemble des analyses féministes contemporaines méritent une attention au moins égale à celle qui fut déjà accordée au marxisme ou au socialisme.» dération réelle pour leurs fonctions dans une institution qui, pour avoir perdu à mes yeux sa pertinence, n'en est pas pour autant dépourvue d'influence et de pouvoirs réels dans la société.La preuve de cette influence encore forte se trouve, entre autres, dans cette autre institution, laïque celle-là: le droit.» «Le droit pénal, civil, familial, administratif, constitutionnel, qui énonce les normes de comportements en société, est profondément masculin.De plus il énonce les valeurs, c'est-à-dire très souvent les intérêts que des hommes enten- grande majorité des sciences où la structure de pensée est restée terriblement patriarcale.Pour Marie-Andrée Bertrand, il est urgent pour les femmes autant que pour les hommes de faire la critique en profondeur du système général des sciences.Selon elle, la liberté de la société toute entière, donc des femmes, passe par la libération du savoir, de l'université.Cette libération-là ne peut être escamotée.Elle constitue le pré-requis des nombreux changements sociaux et culturels exigés par le féminisme.L'UNIVERSITE CAPTIVE DES CLERCS • En effet, souligne Marie-Andrée Bertrand, intarissable sur le sujet, les femmes, à l'université, dérangent terriblement les hommes, leurs habitudes, leurs certitudes, voire même leurs connaissances, leurs expertises.C'est sans doute parce que, vous le savez bien, l'université est née de l'Église et fut pendant très longtemps l'affaire exclusive des clercs.Cela, c'est sûr, n'a pas aidé la cause des femmes qui sont entrées à l'université 700 ans après qu'elle eût ouvert ses portes aux hommes, et encore par la porte arrière ■.Que dire donc de l'accession aux postes de professeures d'université, un fait des années '70 seulement?Madame Bertrand tient à rappeler que la population étudiante actuelle, féminine à près de 60% dans l'ensemble du Canada, reçoit ses enseignements d'un corps professoral masculin à 80%! D'autre part, chose plus grave encore dit-elle, les étudiants masculins ne voient que très peu de femmes en fonction d'autorité intellectuelle.La plupart des chercheurs renommés, des experts et des doyens sont des hommes.■ Chose grave entre toutes à mes yeux: la science et les connaissances se sont édifiées sans les femmes.C'est un processus qu'il faut à tout prix stopper.Il est anormal que les connaissances, voire les «vérités», soient toutes profondément masculines! Il est donc capital que l'université, comme d'autres institutions, fasse désormais largement appel à des femmes.L'éducation des hommes, entre autres, ne doit plus être la chasse-gardée des hommes!» Malgré tout, Marie-Andrée Bertrand se réjouit du chemin accompli, depuis les années '60, par le mouvement féministe.«Tout spécialement au Québec, dit-elle, où le mouvement est nettement en avance.» Elle tient aussi à souligner l'importance qu'ont pris les études des femmes dans au moins trois universités québécoises, l'UQAM, Laval et Concordia.Bien sûr, s'empresse-t-elle de noter, «le féminisme n'a pas fait disparaître magiquement la violence des hommes.11 n'a pas non plus libéré de nombreuses femmes de la pauvreté.Mais, tout compte fait, le mouvement progresse.Les femmes, j'en suis certaine, ne retourneront plus jamais en arrière». INT DE VUE ECOLOGIE ET CONSOMMATION LES PRATIQUES «VERTES» DU CAPITALISME o 01 en Après plus d'un siècle de pillage, les compagnies se retrouvent sur le banc des accusés.pour redorer leur image, elles se lancent, en odeur de verdure, dans les produits «écolo».entretemps, on évite de questionner l'un des en]eux majeurs de la crise écologique: la surconsommation.NANCY BURROWS et NICOLAS CALVÉ o > Qui aurait dit, il y a dix ans, que la question environnementale serait considérée comme l'enjeu majeur des années 90?Peu de gens aujourd'hui n'ont pas entendu parler de questions comme l'accumulation des déchets, les pluies acides, l'effet de serre ou la déforestation.Devant la gravité de la situation, des groupes se sont formés pour sensibiliser la population aux dégâts causés par la société de consommation.Certains sont porteurs de projets révolutionnaires, mais la majorité se limitent à faire pression sur les gouvernements et les entreprises, pour qu'ils adoptent des politiques de protection de l'environnement.Ainsi, parexem-ple, certaines villes et/ou régions nord-américaines ont déjà adopté des programmes de récupération du verre et du papier, des politiques d'incitation au co-voiturage et d'amélioration du transport en commun.Ces politiques environnementalistes soulignent les liens qui unissent consommation et crise écologique.Cette crise ayant atteint des proportions apocalyptiques depuis l'avènement de la société de consommation, on s'est dit que le changement de certaines habitudes pourrait être un élément de solution au gâchis planétaire en cours.Aussi, des individus et des groupes ont développé des habitudes de consommation écologique au quotidien, tandis que le recyclage et le réemploi s'institutionnalisaient et que des compagnies commercialisaient des gammes de produits dits .écologiques».Au quotidien, l'adoption de comportements écologiques se traduit par une foule de petits trucs à faire ou à ne pas faire.On peut, par exemple, utiliser du vinaigre pour nettoyer ses vitres au lieu du très polluant Windex, choisir de ne pas manger de bœuf puisque cet animal a un rendement énergétique très bas1, acheter des biens usagés et des produits en vrac, traîner sa tasse à café dans les lieux publics ou de travail, ne pas avoir d'auto et se déplacer à pied, en vélo ou en métro-autobus, prendre une douche au lieu d'un bain, etc.Adopter de telles habitudes demande un certain effort et une grande conviction.Mais celles-ci, même si elles constituent un des multiples pas vers une société plus écologique, ne font pas en elles-mêmes une «.révolution».Si l'on considère l'ampleur et la globalité de la crise actuelle, il faut beaucoup plus que de nouvelles attitudes de consommation.LA CONSOMMATION EST ELLE BIO DÉGRADABLE?Par ailleurs, certaines entreprises ont décidé de se lancer dans un marketing «vert» plutôt douteux.Procter & Gamble a mis sur le marché les fameux ijfâr : «enviro-paks», afin de permettre "aux consommateurs de contribuer à la limitation des déchets solides en réduisant la quantité de plastique qu 'ils jettent à la poubelle2.» Ce petit geste ne veut pas vraiment -dire gros», puisqu'il ne réduit pas la pollution de l'eau par les phosphates et les autres agents nocifs pour l'environnement contenus dans ces produits domestiques.De plus, jeter moins de plastique, c'est en jeter quand même! Ainsi nous sommes toujours dépendants-es de l'industrie pétrochimique qui produit ce plastique en contribuant à l'effet de serre et à d'autres problèmes comme la pollution des sols et les pluies acides.Les contenants en «styromousse» produits sans l'aide de chloro-fluorocarbo-nes (CFC) ne contribuent plus à la destruction de la couche d'ozone, mais produisent toujours une montagne de déchets dont on ne sait que faire.On a aussi inventé des sacs dits «bio-dégradables» composés d'un mélange de plastique et d'amidon, et qui une fois au dépotoir sont sensés se décomposer dans la nature.Mais ces sacs ne sont en fait que bio-dés-intégrables: ils se dissolvent certes, mais les molécules de plastique dispersées restent en place, contaminant les sols.Alors mieux vaut apporter son propre sac à l'épicerie! DE L'ESSENCE SANS PLOMB À LA CAKTE VISA-OXFAM Les compagnies pétrolières se vantent de faire leur part pour l'environnement en ne vendant plus que de l'essence sans plomb.Une telle pratique enraye les problèmes de santé dus au plomb dans l'air.Mais qu'en est-il de l'effet de serre, des pluies acides et de l'étalement urbain?C 'Êif UNE ^uEfTÏON OC MODE p/»nj on Siicie ou t>eox ON n'en ftR(.Ê"RA ftW* La crème des aberrations: les cartes de crédit Visa-Oxfam et Visa-Steinberg-En-vironnement.Un quart de un pour cent des ventes réalisées à partir de ces cartes vont, dans le premier cas, à l'aide au Tiers-Monde, et dans le second, à la Fondation québécoise en environnement (FQE)3.L'achat à crédit est pourtant un des éléments-clés de toute société de consommation digne de ce nom, puisqu'il incite les gens à se lancer dans des dépenses superflues.On peut donc acheter un tas de bananes du Honduras ou une pile d'assiettes d'aluminium québécois fait de bauxite jamaïquain avec la conscience tranquille, en étant convaincu d'avoir contribué à la protection de l'environnement et à l'aide au Tiers-Monde.Et la déforestation?Et les politiques d'austérité du FMI?Et le harnachement des rivières du Québec1?Et l'épuisement des ressources naturelles non-renouvelables?Ce ne sont sans doute pas des cartes de crédit «vertes» qui empêcheront 26% de la population mondiale de consommer 80% des richesses du globe5 ! PLUS ÇA CHANGE-PLUS C'EST PAREIL Ces pratiques -vertes» du capitalisme contemporain viennent en réponse à la préoccupation grandissante de la population face à la destruction de l'environnement.Les entreprises désirent continuer à augmenter leurs parts de marché, et la croissance économique ne doit pas être remise en question.Les liens entre les mass médias et le monde des affaires sont bien connus.Ceux-ci deviennent en conséquence le véhicule par excellence de la récupération du discours écologiste par les élites politico-financières.Ainsi les compagnies peuvent soigner leur image corporative en se donnant un look «écolo».Leur publicité essaye de faire croire aux gens qu'ils font leur part pour l'environnement en consommant ces produits «verts», alors que mot «écologie» est vidé de tout son sens.Les élites économiques et politiques tirent leur légitimité du productivisme et de la société de consommation.Elles n'ont donc aucun intérêt à ce qu'ils soient remis en question.L'obsession économiste, le matraquage publicitaire et l'idéologie véhiculée par les mass médias font que dans nos sociétés tout devient marchandise.S'il importe de changer notre manière de consommer au quotidien, il faut aussi comprendre que des choix collectifs s'imposent pour non seulement changer les produits que nous consommons mais aussi la manière dont ils sont produits.Le changement doit être global.££ 1 «Il faut au moins dix calories d'aliments végétaux pour produire une seule calorie assimilable de viande-.Claude Villeneuve: L Énergie au quotidien, Environnement Jeunesse, Montréal 1989.2 Procter & Gamble: Emiro-pak: Un petit geste qui veut dire gros; dépliant publicitaire 1989.Les «enviro-paks» sont des enveloppes de plastique servant à remplir les bouteilles vides de Tide.Ivory, Downy et M.Net.Elles sont composées dé 70% moins de plastique que les bouteilles conventionnelles.3 La FQE est un regroupement environne-mentaliste de représentants-es d'entreprises privées et publiques.Nous avons des doutes quant à la destination des fonds qui lui sont alloués et quant à la teneur (très modérée et conservatrice) de son discours, mais ce n'est pas l'objet de cet article que d'analyser les dessous de la FQE.4 Sachons que le tiers de l'hydro-électricité produite au Québec sert à alimenter les alumi-neries.5 Les ami-e-s de la terre de Montréal: Pour un développement durable au Québec: Montréal, 1989.PKJTTB OLEGMJIT twCe ou jouhmn.u m»ode o en en O > o en ai o > I E «la misere des riches», cette série télévisée oi l'on sapitoie sur les malheurs des cens qui possèdent tout, vous a-telle fait verser quelques larmes?si oui, la misère des femmes pauvres risque fort de provoquer de terribles inondations.L'appauvrissement des femmes au Québec les conduit à une marginalisation ET UNE EXCLUSION SOCIALE QUASI DÉFINITIVES.Il SEMBLE EN EFFET QU'lL SOIT PLUS FACILE D'ENTRER DANS LE CERCLE VICIEUX DE LA PAUVRETÉ QUE D'EN SORTIR.LES POLITIQUES SOCIALES ÀPREMENT FEMMES ET PAUVRETÉ CONQUISES DEPUIS LES DEBUTS DE LA REVOLUTION TRANQUILLE s'EFFRI-TENT DE IOUR EN JOUR, AU GRE DES BESOINS D'UN SYSTÈME QUI N A POUR LOGIQUE QUE l'ACCUMULATION INEQUITABLE DES RICHESSES.LES MAILLES DES FILETS DE SÉCURITÉ SOCIALE, TISSÉES BIEN GROSSIÈREMENT, LAISSENT TOMBER DE PLUS EN PLUS DE GENS.LES FEMMES, TOUT PARTICULIÈREMENT, écopent.Pour elles, vivre au Québec en 1990, c'est tenter de survivre! Ont collaboré à la production de ce dossier: Mireille Audet, Suzanne Barbeau, Ginette Boyer, Lucie Bélanger, Louise Gar-nier, Pierrette Lafleur, Jean Robitaille et Monique Tremblay. o O) PAUVRES, DE NOMBREUSES FEMMES LE SONT, À CHAQUE HEURE D'UNE EXISTENCE dettes au BES, sans savoir quelles sont ces r^,- r^™~.„„ „ k a ■ dettes!Depuisdeuxans,ellesn'ontpasde DE DEBROUILLARDISE.MAIS LES LIEUX PUBLICS, LES INSTITUTIONS SOCIALES, ET A .crédit d'impôt pour enfants., puisque le PLUS FORTE RAISON LES MINISTÈRES, NE SONT PAS FAIT POUR ELLES.NOUS AVONS RENCONTRÉ NlCOLE, SYLVIE, DlANE, MARGUERITE, ChRISTIANE ET Lise, au Carrefour familial Hochelaca-Maisonneuve, la veille du 8 mars.Elles nous ont révélé divers aspects de leur vécu.PAUVRETE FEMININE «ALL DRESSED »: LA PAUVRETÉ AVEC UN «E» MUET A L'EPICERIE, SANS ARGENT À l'épicerie ou dans n'importe quel lieu de consommation, comment on se débrouille?Et bien, on se promène avec notre «barouette», nos petits, pis on fait la chasse aux spéciaux.Les petits sont là.Ils ont faim, ils ont aussi des désirs.On n'a pas d'argent pour les faire garder, alors on les amène.Ils ont le tour de réclamer et puis, de nous tordre le coeur; mais c'est NON, on a pas d'argent.Aller à l'épicerie ou ailleurs, c'est l'arène de combat.Pleins feux sur mon portefeuille vide.Les six femmes interviewées disent à l'unisson qu'en arrivant à la caisse, elles doivent souvent rapporter sur les tablettes plusieurs articles.Le budget a été dépassé: humiliation, rage, trépignement des enfants.Sylvie nous raconte qu'un jour, à la pharmacie, sa fille pleure pour avoir une poupée, elle crie, elle fait tous les temps.Une cliente assiste à la scène et décide, ce jour-là, de faire une bonne action.Elle achète la poupée et écrit une petite carte: «Pour une enfant dont la mère est pauvre.«J'ai été insultée ben raide, c'est comme si elle avait dit à ma fille, ta mère est un trou-de-cul.> Il y a une LOUISE GARNIER ET PIERRETTE LAFLEUR manière d'offrir quelque chose à quelqu'un sans écorcher sa dignité.Pour la bouffe, on va quêter à la St-Vin-cent-de-Paul.Il y a aussi le Resto-Pop.C'est un moyen de manger à peu de frais.Ou bien on va à la Cuisine collective pour se nourrir jusqu'à la fin du mois et aussi s'entraider.À LA CAISSE, SANS CRÉDIT La caisse populaire est le lieu d'identification sociale par excellence.On y entend des sarcasmes, on essuie des attitudes méprisantes de la part de certaines caissières.On y entend les réflexions de gens qui manifestent leur profond rejet des assistées sociales.Christiane, au temps où elle percevait son assurance-chômage, s'était fait un plaisir de ne jamais aller à la caisse le 1er du mois et, surtout, la fierté suprême de dire à voix haute pour qu'on l'entende: «je viens payer mon compte de téléphone».Deux des femmes présentes paient des BES se rembourse à même ces revenus.Toutes les six ont beau faire tous les calculs possibles.«Tu as beau gratter, cacher des sous dans tes culottes, te priver, recycler.au bout du compte, c'est toujours moins zéro.» Le chèque du mois suivant étant toujours entamé, à qui vais-je emprunter ce mois-ci?Les besoins sont toujours là, mais l'argent qui va avec n'est jamais là.«À un moment donné, dit Christiane, tu risques! Tu achètes des bottes à ton gars, pour qu'il soit comme tout le monde, puis tu te dis « j'sais qu'j'ai pas les moyens, mais y'arrivera ce qui arrivera, j'en peux plus».» AU BAZAR.AU HASARD DE L'HABILLEMENT «Je ne me souviens pas quand j'ai eu un morceau de linge neuf», dit Nicole.«Moi non plus», reprennent les autres.Les enfants non plus, d'ailleurs.Échange de linge, don de linge, saga des sacs verts: on connaît ça.Marguerite: «Moi j'ai été des années à travailler bénévolement dans des magasins de linge usagé, des bazars; c'est comme ça que je me suis habillée et meublée».«Là je suis enceinte, je ne trouve rien dans les magasins, mon budget est crevé à cause du linge de maternité.» Ce qui est dur, c'est que les enfants grandissent, deviennent adolescents-es, et qu'on ne peut plus leur faire porter ce qu'on veut.Voilà l'occasion d'utiliser nos méninges pour trouver d'autres alternatives.En allant jusqu'à faire des compromis avec l'ex-conjoint pour obtenir le montant d'argent nécessaire à l'habillement de «leur» fille.LOGIS TROP PETITS, TROP FROIDS Le problème du logement est central dans la vie familiale.Les femmes sont les premières à composer avec cet environnement souvent inadéquat et indécent.Sauf Ce qui ressort aussi, c'est le froid, le gel, les comptes de l'Hydro si hauts qu'on n'arrive jamais à les faire baisser à zéro comme la température.Les enfants sont malades.m pour les «chanceuses» qui ont réussi à prendre à temps le train des coopératives subventionnées, la situation du logement rend la vie quotidienne excessivement difficile.Être confinée dans un logement froid, insalubre, exigu, ça gruge l'énergie par en dedans, jour après jour.Et le fait d'y vivre nombreux, ça produit toutes sortes de malaises au niveau de la santé physique, psychologique et morale.Même les HLM ne correspondent pas nécessairement aux besoins.Diane: «J'étais la 3 500e sur la liste d'attente, et puis, quand j'ai fait ma demande, j'ai dû passer au peigne fin sous les interrogatoires.C'est juste si on m'a pas demandé la couleur de mes p'tites culottes!» Diane: «Si tu viens chez nous, tu vas voir que mon corridor, c'est un vrai hangar.Les chambres sont tellement petites qu'il faut que je mette les bureaux dans le passage, sans compter le coffre à bébelles, pis la bibliothèque.Il y a une barrière entre le salon et la cuisine pour pas que la petite aille partout.» •Va pas moyen de faire le ménage là-dedans, c'est trop tassé, tu peux rien ciale, si on fait ça, on perd, chacune, 85$ sur notre chèque.On ne va plus s'entrai-der de cette manière-là.» «Certains HLM sont de véritables ghettos.Pas d'intimité, des murs en carton, des chicanes chez le voisin, du bruit, la police à tout bout de champ sur les lieux.Et si tu as le malheur de travailler, on t'augmente ton loyer en conséquence.Ce que tu essaies de gagner sur un bord, tu le perds de l'autre.» PAS LES MOYENS D'ÊTRE EN SANTÉ Toutes les femmes présentes ont une longue expérience avec les hôpitaux.Bébés prématurés, otites à répétitions, asthme, nécessitent des visites fréquentes à l'hôpital, un suivi régulier, ou encore des voyages d'urgence.Pas étonnant avec des logements insalubres, des aliments de base inaccessibles, des privations, et le stress occasionné par le souci constant de survivre.Deux des six femmes réunies ont raconté que leur enfant a été examiné par des médecins qui ont posé des diagnostics erronés.Conséquence, ces enfants ont \ «Il y a quelque chose que je ne comprends pas», dit Nicole.«Il parajt que les familles d'accueil reçoivent de l'aide des psychologues, du support, une pension, et nous autres, les vraies familles, on n'a pas d'aide! C'est le monde à l'envers!» absorbé des médicaments qui les ont rendus plus malades.Il s'agissait d'ailleurs de médicaments non remboursables et qui coûtaient très chers.Sur ce chapitre, elles sont intarissables.Révoltées de l'accueil, ou plutôt de l'absence d'accueil dans les hôpitaux: du mépris ressenti à chaque visite; épuisées par le manque de sommeil: inquiétudes, réveils en pleine nuit par des quintes de toux, la fièvre, ou autre; minées par les transports en taxi ou en ambulance; indignées des traitements •cheaps» auxquels ont droit les personnes assistées sociales: dentiers en plastique qui brisent ou qui s'usent à une vitesse folle, les lunettes pour lesquelles seule la prescription est remboursée (donc pour les montures, peu de choix, et c'est «cheap», ça aussi).Quand tu es pauvre, t'as pas les moyens d'être malade, même pas les moyens d'être en santé.Sylvie: «Je dois aller deux fois par mois à l'hôpital avec mon enfant, et cela depuis sa naissance.Les hôpitaux, je les connais.Je suis rendue que je suis devenue mauvaise parce que j'ai pas le choix si je veux me faire respecter.Je n'accepte plus d'attendre des heures et des heures quand mon enfant est en crise.Je vais droit aux médecins, et si le médecin qui soigne mon enfant n'est pas là, je pogne le micro pis je l'appelle.Dans l'autobus, ils me connaissent: quand je n'ai pas d'argent, je ne paye pas.Je leur ai dit une fois: "mon p'tit est malade, je n'ai pas d'argent, il faut que j'aille à l'hôpital".- ranger, c'est le vrai bordel.» Les autres renchérissent.Marguerite: «Moi, dans mon ancien logement, j'étais pleine de bleus, tellement j'me cognais partout».Diane: «Pour ouvrir mon tiroir de bureau, je m'asseois sur le bord du lit, je m'écartille les jambes».Christiane: «Quand on a eu le bébé, on l'a couché dans le salon.Il n'y avait pas d'autre place, ça fait qu'on passait notre vie dans la cuisine du matin au soir.J't'ais-tu assez tannée!» Ce qui ressort aussi, c'est le froid, le gel, les comptes de l'Hydro si hauts qu'on n'arrive jamais à les faire baisser à zéro comme la température.Les enfants sont malades.«Avant, déplore Diane, on pouvait se mettre à deux familles dans un grand logement.Avec la réforme de l'aide so- PH0T0 ROBERT FREOCTTE, AGENCE STOCK LES ENFANTS, BRIS DE SOLITUDE «Oui, les enfants, ça nous donne le courage de nous battre, de survivre, de vivre» dit Diane.Et les autres d'acquiescer avec conviction.«C'est presque inhumain d'avoir des enfants dans des conditions de même», dit l'une.«C'est pas vrai qu'on fait des enfants pour augmenter le chèque.Ce n'est plus vrai, car à partir du deuxième enfant, c'est le même montant que tu reçois, que tu en aies trois ou quatre.» «Il y a quelque chose que je ne comprends pas», dit Nicole.«Il paraît que les familles d'accueil reçoivent de l'aide des psychologues, du support, une pension, et nous autres, les vraies familles, on n'a pas d'aide! C'est le monde à l'envers!» «Avec les enfants, on ne peut pas se laisser aller: si on capote, ils capotent aussi.» Les enfants, c'est le rapport affectif le plus important.Plusieurs femmes les retrouvent dans leur lit la nuit; ça brise la solitude, mais ça rapetisse le territoire aussi! DES LOISIRS?«Pour les loisirs, on se contente de peu, on est habituées à cela», remarque Chris-tiane.«Pour se faire plaisir, ajoute-t-elle, on se grafigne les joues aux vitrines, on se paye un hot-dog chez Valentine, et puis on marche, on marche, ça coûte rien.» Être pauvre, c'est aussi laisser entrer chez soi toute une gamme d'intervenants Quand tu es pauvre, t'as pas les moyens d'être malade, même pas les moyens d'être en santé.J sociaux afin qu'ils règlent nos problèmes.Cela entraîne des inconvénients.comme celui par exemple de se sentir jugée et incapable.À l'opinion générale, il faut compter sur ses propres forces, s'enligner sur la réalité, se battre, faire connaître nos besoins, nos droits, comme par exemple celui au transport gratuit pour les appauvries.«À l'hôpital, ils devraient nous servir à manger, dit Sylvie, quand on a à rester sur place.J'ai été deux semaines avec un fils à l'hôpital, j'ai bu de l'eau pendant deux semaines, j'avais pas d'argent.Ou bien je finissais les restes de mon petit.» Avoir des loisirs peu coûteux pour s'évader et se distraire.Des haltes-répits pour préparer les enfants à aller à l'école, à se détacher de nous.Avez-vous remarqué qu'aucune d'entre elles n'a parlé de la 6/49, de la mini-loto.ni de l'homme riche qui la comblerait.LOUISE GARNIER travaille aux Cuisines Collectives dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve a Montréal, et PIERRETTE LAFLEUR est coordonnatrice du Carrefour familial du même quartier.photo PoeenT fhéchette agence stock O CD œ o > FEMMES DE 90: SUR LES ROUTES DE LITINÉRANCE Depuis les années '80, l'itinérance et la pauvreté féminine ont plusieurs visages.Survie, lutte psychologique constante, attaquent les femmes, et spécialement les plus âgées.JEAN ROBITAILLE ET MONIQUE TREMBLAY Vous connaissez la pauvreté «ail dressed»?Celle qui s'insinue dans toutes les pores de votre vie, qui déborde les problèmes budgétaires pour englober tout votre univers.Celle qui vous habite nuit et jour, vous traque et vous détraque.Examiner l'impact de la pauvreté vécue par les femmes, c'est se livrer encore une fois à une très sévère critique du Québec «cassé en deux».C'est se demander ce que cela veut dire d'être pauvre dans la culture néo-libérale du Québec d'aujourd'hui.m Ce que cela signifie d'être pauvre dans une société où ça coûte très cher pour vivre?où les biens essentiels coûtent proportionnellement plus que les biens accessoires?où l'appartenance sociale est déterminée par le fric que tu gagnes?où le monde yuppie définit les règles de participation sociale?où le marché du travail est caractérisé par la précarité institutionnalisée?PKJTO JEANJTRANC06 LEBLANC AGENCE STOCK Pour saisir la réalité de la pauvreté et de la misère des femmes, il faut affronter une situation et ses défis spécifiques: survie, marginalisation, exclusion et exploitation.LES EXIGENCES PSYCHOLOGIQUES DE LA PRÉCARITÉ On peut faire des projets dans la vie dans la mesure où on possède l'assurance d'un minimum de stabilité.Au contraire, la recherche constante de ce plancher et la lutte quotidienne d'une personne pour sa survie créeront à la longue une usure et une vulnérabilité qui conduiront généralement à une misère chronique.Pour survivre constamment dans la précarité, il faut savoir développer un certain nombre d'habiletés.Par exemple: ne jamais faire de projets, 'profiter» de la vie au jour le jour, et vivre de la débrouille.Coincées dans un mode de vie sans futur, les femmes appauvries n'ont plus d'énergie pour explorer du neuf ni pour faire de nouveaux apprentissages.Paradoxalement, les habiletés nécessaires à la survie sont souvent incompatibles avec celles qu'on demande pour fonctionner dans la société actuelle.Ainsi, vivre essentiellement au jour le jour ne prépare pas quelqu'un à payer mensuellement son loyer ou son compte d'électricité.Acculée à la survie, tu ne fais plus de projets.Tout essai de planification budgétaire devient insensé.Les femmes pauvres sont d'ailleurs bien conscientes qu'on ne peut pas gérer la pénurie.La survie est aussi rendue bien difficile dans le contexte actuel par le discours social et politique dominant qui prétend que le bien-être de tout le monde est assuré dans notre société.L'effort même de survie est ainsi nié.Ce qui constitue l'essentiel de tes luttes et de tes angoisses quotidiennes est tout simplement occulté.Le processus de marginalisation et d'exclusion des femmes pauvres se développe au coeur de cette expérience de négation et s'accompagne inévitablement d'une dévalorisation personnelle, d'une perte de sens: -tu n'es plus personne».Socialement, on ne reconnaît même plus à ces femmes la légitimité de souffrir de leur pauvreté.La pauvreté des femmes est d'abord, bien sûr, économique.80% des femmes vivent avec moins de 20 000$ par année, comparativement à 52% des hommes.Le revenu moyen des femmes est de 12 766$, alors que celui des hommes est de 22 211$.Une femme sur quatre est faiblement scolarisée (moins de neuf ans d'études) et seulement 22% d'entre elles travaillent, contre 54% des hommes ayant le même niveau de scolarité.Statistiques tirées de La situation socio-économique des femmes, faits et chiffres, Louise Paquette, Secrétariat à la condit ion féminine, Gouvernement du Québec, 1989 LA DOULEUR ANESTHÉSIÉE Isolées, désespérées, plusieurs chercheront à anesthésier leur peine.Louise Nadeau, dans son livre Va te faire soigner, t'es malade!, décrivait avec justesse ce processus: -Il est désespérant de ne jamais pouvoir devenir ce qu'il faudrait être.Aussi est-il presque normal d'observer que, pour survivre, certaines femmes aient besoin de se protéger face à leur incapacité de maîtriser leur environnement; qu'elles aient besoin aussi de s'insensibiliser face à la culpabilité que cette incompétence engendre; enfin qu'elles aient besoin de se procurer des satisfactions substitutives devant la «résignation acquise» qui est la leur.C'est par l'usage de drogues que certaines tenteront d'anesthésier leur peine.»1 Ces femmes assimilent qu'elles sont en dehors de la «track», bien qu'elles refusent de l'accepter.Confrontées brutalement à l'exclusion, elles cherchent dans différentes avenues un sens à leur existence maudite.Ainsi, certaines investissent tout dans l'affectif en essayant d'être quelqu'un.pour un autre; d'autres tentent tout ce qui est à leur portée pour redonner un véritable sens à leur vie, en ayant un enfant par exemple.D'autres encore se bâtissent des rêves (comme celui de gagner à la loto) ou s'inventent un avenir professionnel inaccessible.Et il y a celles qui, en bout de ligne, sombrent dans la dépression et engourdissent leur mal dans la drogue, l'alcool et les médicaments.On parlera souvent dans ce dernier cas de -médicalisation des problèmes sociaux des femmes».La seule relation qui s'établit alors avec un médecin s'apparente à celle du «pusher».L'ITINERANCE INVISIBLE L'itinerance est définie comme l'aboutissement d'un processus de désengagement social.De plus en plus mises à l'écart dans une société faite pour et par les yuppies, l'itinéraire des femmes pauvres les conduit trop facilement à cette forme ultime de désengagement social, de marginalisation -volontaire».La conjoncture des années 80, caractérisée notamment par la féminisation de la pauvreté et la marginalisation de la jeunesse, a suscité une augmentation impressionnante du nombre de femmes dans le monde de l'itinerance.Pourtant, la majorité d'entre elles n'échouent pas littéralement à la rue.Françoise-Romaine Ouellette explique dans un ouvrage récent, Femmes sans toit ni voix, comment l'itinérance des femmes se manifeste différemment de celle des hommes.••Elles se maintiennent dans les zones floues entre l'itinérance et la prostitution, la folie, l'extrême pauvreté, la dépendance (vis-à-vis d'un homme, de l'État, de l'alcool, de la drogue ou des médicaments), etc.Pour être moins spectaculaire, leur situation n'en est pas moins dramatiquement marginale et extrêmement précaire.(.) Bien souvent, elles ne trouvent un toit que grâce aux stratégies de subsistance qui sont propres aux femmes, c'est-à-dire celles qui se fondent sur l'offre de services sexuels ou domestiques, services dont la demande ne connaît pas de fluctuation.»3 L'ÂGE EN PLUS Les femmes plus âgées ne sont plus dans les conditions morales et physiques pour miser efficacement sur cette «alternative».«Elles ont plutôt tendance à ne subsister que par l'aide sociale ou la charité publique et par l'aide d'organismes communautaires ou religieux.Elles vivent très isolées, repliées sur elles-mêmes et s'efforçant de rester invisibles aux yeux des autres.»4 Ces femmes sont confinées dans un univers réduit de violence, d'exploitation et de mépris, d'où elles ne peuvent exprimer que désarroi, rage ou résignation.Françoise-Romaine Ouellette pose bien les contradictions qui peuvent nous habiter face à cette effroyable problématique: «On peut certes déplorer cette absence de relations de soutien, dénoncer cette violence, s'apitoyer, s'étonner que des femmes puissent vivre ainsi dans notre société.Mais, quand on essaye de remonter dans leur histoire personnelle pour mieux comprendre ce qui a pu les amener à vivre dans des conditions si précaires, on constate que leur histoire en est une de rupture de tous les liens importants qu'elles ont eus; que la violence a toujours fait partie de leur univers; qu'il s'agit d'une violence vécue dans cette famille qu'on voudrait bien leur voir réintégrer, d'où on voudrait bien qu'elles ne se soient jamais enfuies.»s £§} 1»Féminité et drogues: l'impossible réconciliation?», Va te faire soigner, t'es malade!, Louise Guyon, Roxanne Simard, Louise Nadeau, M/ontréal: Standé, 1981.2 Ouellette, Françoise-Romaine, Femmes sans toit ni voix, Conseil du Statut de la femme et Secrétariat à la condition féminine, Gouvernement du Québec, 1989 3 Op.cit.4 Op.cit.5 Op.cit.tique sournoisement nourrie par le patriarcat entre «les femmes au foyer» et les «féministes» ont hypothéqué ce débat d'une lourde censure.Familles monoparentales, baisse de la natalité et présence de plus en plus répandue (plus de 50%) des mères de jeunes enfants sur le marché du travail, voilà autant de réalités nouvelles qui posent l'urgence de la reconnaissance économique et sociale du travail de maternage pour toutes les femmes (au foyer, en emploi, bénévoles)1.UNE INFÉRIORISATION QUI RAPPORTE GROS Un constat s'impose: les femmes demeurent tributaires d'une culture de la reproduction que l'on décrirait ainsi: en retour de sa totale disponibilité aux membres de sa famille, l'épouse accepte d'être prise en charge par l'époux.Il se scelle ainsi un traité de non-réciprocité, clef de voûte de l'édifice patriarcal dans nos sociétés industrialisées.2 Cette infériorisation vaut son pesant d'or! L'asservissement des femmes assure au Capital environ 85 milliards $ au Canada, en 1982.Ces milliards de dollars, ce sont des milliards d'heures de travail non payé et des quantités folles d'énergies volées aux femmes, qui se chargent des interstices du temps que ne peut assumer le salariat.Espaces de la vie hors du temps productif mais qui garantissent sa productivité même: temps non productif de la vie (jeunesse, maladie, vieillesse), temps non productif journalier (repas, loisir, entretien personnel, soin des membres de la famille)3.Un temps morcelé, discontinu, scandé au double rythme des impératifs familiaux et de ceux du salariat: horaires de travail, horaires d'écoles, horaires de loisirs, horaires des imprévus! De sorte qu'à «faire l'ordinaire», comme disaient nos mères, les femmes québécoises assurent le roulement d'une économie de consommation de masse sans argent à elles, sans savoir reconnu, sans pouvoir.C'est dans le prolongement de cette réflexion, issue de la tradition des féministes matérialistes chez nous et hors frontières, que se profilent les enjeux de conscription des femmes aux soins de la famille encore aujourd'hui.La vigilance des femmes, face à ce lourd héritage du système patriarcal, est déjà à l'oeuvre! LA RECONNAISSANCE DU MATERNAGE: UN ENJEU POUR TOUTES LES FEMMES Les femmes cesseront-elles un jour d'être pauvres?Elles ont rêvé d'un marché du travail qui leur garantirait l'autonomie financière, mais la précarité et le cheap labour n'assurent QUE LA PERPÉTUATION DE LEUR DÉPENDANCE.C'EST LA RECONNAISSANCE SOCIALE DE LEUR TRAVAIL DE MATERNAGE, ÉVALUÉ À ENVIRON 85 MILLIARDS PAR ANNÉE, QUI PEUT LES SORTIR DE LA MISÈRE.LUCIE BELANGER ET GINETTE BOYER La revendication pour un salaire au travail ménager n'est pas arrivée à s'imposer comme revendication importante dans le mouvement des femmes au Québec.La peur d'y voir consacré l'enfermement des femmes dans le ghetto familial, la puissance presque magique accordée à l'accès au salariat en faveur de l'autonomie financière des femmes, une tension idéologique et poli- Elle prend la forme de recherches-action, de revendications, de luttes, de pratiques novatrices.Les conclusions de l'étude de l'AFEAS sur la situation des ménagères, à temps plein, au foyer, sont sans équivoque: "Contrairement à l'idée généralement reçue, la sécurité financière des femmes au foyer est loin d'être réglée une fois pour toutes, d'autant plus que peu prévoient leur avenir.Et lorsque le revenu familial actuel est suffisant, la sécurité a pour contrepartie un état de dépendance financière très marquée.Si la présence d'un conjoint ne prémunit pas nécessairement contre la pauvreté, son absence en est presque le gage.Et c'est à ce moment que se font sentir les effets de la dépendance: beaucoup de veuves, de femmes séparées ou divorcées sombrent dans la pauvreté lorsqu'elles n'ont plus de conjoint qui contribue aux frais du ménage.» L'AFEAS s'engage sur le terrain politique avec ce dossier: ses membres réclament La maternité en travail, nous l'appelons maternage lorsqu'il s'agit de l'exercice de la maternité dans son strict rapport aux enfants: -la procréation et l'enfantement, -les soins aux enfants (matériels et affectifs) -l'éducation des enfants; -l'ensemble des travaux domestiques afférents à ce travail; .et maternage élargi lorsqu'il est question du soin des dépendants: -le mari, -les enfants handicapés, -les parents âgés, -les adultes malades, -le bénévolat officiel (dans les organismes et institutions) et officieux (entre voisines, entre amies).PHOTC ranjg .F* _:.: PKTTD EUJOTT EflWTT À «faire l'ordinaire», les femmes québécoises assurent le roulement d'une économie de consommation de masse, sans argent à elles, sans savoir reconnu, sans pouvoir.un statut légal de travailleuses pour les femmes au foyer ainsi que les droits rattachés à ce statut, dont l'accès au Régime des rentes.Elles exigent de plus que le travail ménager soit comptabilisé dans le revenu national brut.La promesse de leur accorder l'accès au Régime des rentes est soumise à l'amnésie chronique qui frappe les promesses électorales.Mais les mères au foyer demeurerit des «sans-statut».La promesse de leur accorder l'accès au Régime des rentes est soumise à l'amnésie chronique qui frappe les promesses électorales.SE BATTRE POUR 6 insurrection au Guatemala ne peut masquer l'échec de la stratégie principale de la décennie, qui visait à ramener la région dans le giron américain.Sans compter que de nouveaux problèmes se sont ajoutés aux anciens, dans l'intervalle.Ainsi, le Honduras, pivot de l'intervention armée, est devenu dépendant économiquement d'une «aide» qui se chiffre dans les centaines de millions de dollars, en même temps qu'une contra de plus en plus encombrante constitue un facteur d'instabilité dans le sud du pays.Quant au Costa Rica, qui avait accepté de collaborer avec la contra moyennant une aide financière importante, il a décidé sous Arias (1986-1990) de mener une politique indépendante de pacification et d'expulser les forces irrégulières.Pour leur part, les grands pays d'Amérique latine, Mexique, Brésil et Argentine, sont aussi menacés de déstabilisation, mais d'une autre manière: ils croulent littéralement sous le poids de la dette imprudemment contractée (et octroyée!) dans les années 70.Quant aux pays andins, de la Colombie à la Bolivie, la société civile et l'État y sont progressivement envahis par les mille ramifications du trafic des stupéfiants, seule alternative économique devant la faillite des exportations traditionnelles (café, sucre, métaux).PHOTO J PAUL MACDONALD Mais le problème le plus brûlant reste celui du Panama.En 1982, dans le cadre de la même stratégie globale d'intervention, la CIA y avait placé un «homme de confiance», Manuel Noriega, pour remplacer le général Torrijos, jugé trop nationaliste et co-responsable, avec Carter, du traité stipulant la restitution du Canal aux Panaméens pour 1999.Mais Noriega a fait faux bond, s'est impliqué à son compte dans le narco-trafic et s'est rapproché de Cuba, menaçant ainsi les intérêts américains: le Canal, bien sûr, mais aussi le Southern Command, la super-base américaine d'où sont orchestrées toutes les opérations en direction de l'Amérique centrale et des Caraïbes.Voilà pourquoi le Pentagone a décidé d'envahir et d'occuper directement le pays.LES PIÈGES PANAMÉEN ET NICARAGUAYEN Il a été plus facile aux Américains d'entrer au Panama que d'en sortir.Guillermo Endara, pourtant vainqueur aux élections de mai dernier, a perdu beaucoup de crédibilité en prêtant son serment d'office dans une base de l'armée d'occupation qui détient le pouvoir réel dans le pays.Le milliard de dollars promis pour la reconstruction a déjà fondu de moitié et l'argent n'arrive qu'au compte-gouttes.Et alors qu'ils souhaitent visiblement se désengager de l'Amérique centrale pour porter leurs énergies vers l'Europe de l'Est, les États-Unis semblent bien s'être empêtrés dans une occupation militaire indéfinie qui, à la longue, pourrait s'avérer aussi coûteuse économiquement qu'intenable politiquement.Le voisin immédiat du Panama est, ne l'oublions pas, la Colombie, pays déchiré par les conflits sociaux et la guerre de la cocaïne, et où la lutte armée semble devenir la seule voie qui apparaisse encore ouverte pour l'opposition politique.Après l'intervention américaine au Panama, ce sont sans doute les élections du 25 février 1990 au Nicaragua qui ont le plus retenu l'attention de l'opinion publique internationale.Dès l'annonce des résultats, le président Bush se félicitait - et félicitait son prédécesseur Reagan - de ce que «les efforts américains avaient été couronnés de succès» par la victoire de l'Union Nationale d'Opposition (UNO) dirigée par Violeta Chamorro.C'est oublier beaucoup de choses.Entre autres, que la victoire électorale n'a jamais été l'objectif de la politique américaine face au Nicaragua: les centaines de millions de dollars engloutis dans l'aventure de la contra visaient d'abord le renversement par les armes des Sandinistes et l'établissement d'une dictature militaire d'ex-trème-droite.En fait, les Américains ont été contraints de participer aux élections et s'y retrouvent aujourd'hui largement piégés.En effet, ce sont les Sandinistes, qui, dès 1984, c'est-à-dire à un moment où la guerre de la contra battait son plein, ont organisé le premier scrutin général et affirmé la nécessité de construire une société pluraliste dotée d'une démocratie S «Au Panama, les États-Unis semblent bien s'être empêtrés dans une occupation militaire de longue durée.» représentative.Et ce n'est qu'a l'été 1989, lorsque le gouvernement de Managua réussit à obtenir l'accord des 21 partis politiques présents dans le pays, que l'administration américaine abandonna la solution militaire et se résolut en catastrophe a octroyer une aide financière à l'opposition de droite.Là encore, leur intervention fut marquée par le cafouillage et l'improvisation.La campagne électorale elle-même, telle que j'ai pu l'observer avec les autres membres de la Délégation canadienne et plus d'un millier d'observateurs internationaux, a été extrêmement calme, après les quelques accrochages du début.C'est avec un sérieux extrême que la population nicaraguayenne s'est impliquée dans le processus électoral.Lors de nos entrevues avec des citoyens ordinaires, il est apparu clairement que les gens, qu'ils soient pro-gouvernementaux ou pro-UNO, croyaient en la validité du scrutin qui allait se dérouler (et ce, à la différence de leurs voisins salvadoriens, guatémaltèques et même mexicains qui vous confient volontiers que les élections sont truquées depuis toujours ).Sur ce plan, les deux grands candidats, Chamorro et Ortega, étaient sur la même longueur d'onde: les deux menaient une campagne extrêmement ouverte, avec bains de foule et manifestations monstres, chacun montrant, par la quasi-inexistence de dispositifs de sécurité, qu'il acceptait la bonne foi de l'autre.Cette même connivence implicite, par delà les divergences politiques profondes, est apparue après l'annonce des résultats du scrutin.L'UNO s'est abstenue de pavoiser, ne voulant pas provoquer le ressentiment de centaines de milliers de Sandinistes encore abasourdis par une défaite que personne n'attendait.De même, après avoir fait le point au plan interne, le FSLN, par la voix de Daniel Ortega, a reconnu le verdict populaire et a indiqué que les causes en étaient les difficultés économiques entraînées par la guerre et le blocus américain et une certaine incapacité du Front à percevoir plus clairement les aspirations populaires.Depuis, on le sait, les négociations concernant le passage des pouvoirs sont en cours entre les représentants des deux formations politiques.Les points chauds de ces négociations, au cours desquelles un dérapage est toujours possible, sont le sort de l'Armée Populaire Sandiniste et le désarmement effectif de la contra.La défaite électorale ne marque pas la fin du sandinisme cependant.Avec 43% des voix, le FSLN demeure, et de loin, le parti le plus important du pays.ET LA PAIX?À deux reprises déjà, au cours de la décennie passée, les chances ont paru bonnes pour que cessent les hostilités en Amérique PHOTO PIERRE BEAUCAGE URÉE OU JOURNAL LE MONDE sir .XMD14MK lLlj7 1 LA IWtMat Df J*S"t> Al N^W?0 ^JS^^E^/O "5I222 centrale.En 1983, d'abord, lorsque le Groupe de Contadora a présenté son Plan de Paix, qui prévoyait entre autres l'expulsion de la région des militaires et des conseillers militaires étrangers.Mais les pays de la région n'étaient pas directement impliqués dans ce premier processus de paix.Et puis, quatre ans plus tard, ce fut le moment du Plan Arias.Bien que le contenu ressemblât o en 01 o > S'engager pour \'s\/eri\r N otre société est à l'heure des choix déterminants rela-tivement aux relations éducation/monde du travail La de demain et de l'avenir du travail 1 Bon de commande , Ç V P m» faire parvenir rnpiel'il Hr> S'engager pour l'ave-1 nlran rnilt Ho 1?00 $ l'unit* Ti-joint S I Nom ! AHrPAse Code no L I R E Max GALLO, Manifeste pour une fin de siècle obscure, Odile Jacob, Paris, 1989.Jean-Paul JOUARY, et Arnaud SPIRE, Penser les révolutions, Messidor, Éditions sociales, Paris, 1989.Au moment où les enjeux de l'Accord du Lac Meech font les manchettes et où au Québec se multiplient les professions de foi souverainistes, il n'est pas sans intérêt de lire le journal tenu par André Laurendeau, de 1964 à 1967, en marge des audiences de la Commission d'enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme.En lisant Laurendeau, on se rend compte qu'en matière constitutionnelle, le Québec fait du «sur place» depuis un quart de siècle, le Canada anglais refusant absolument de bouger.Le temps de rompre serait-il enfin venu?N'a-t-on pas déjà trop tardé?Depuis 25 ans, Québec n'a rien obtenu d'Ottawa, même pas un signe d'ouverture.Alors?«En tant que Canadien français, écrit André Lauren- deau dans son journal, le 18 août 1965, je me sens refusé dans neuf provinces sur dix.» De 1965 à 1990, l'impasse reste entière.Qu'arrivera-t-il après Meech?La rupture?-£3- s D'ici à la fin du siècle, le Québec projette d'accueillir une s population immigrante plus importante.Il faudra savoir 1 tirer profit collectivement de l'immense richesse que recèle s la diversité ethno-culturelle des nouveaux arrivants.L'édu-t cation aura un rôle déterminant à jouer dans ce processus de e transformation où nous sommes contraints de développer r des attitudes nouvelles d'ouverture, d'adaptation et d'inno-t vation sociale.Le livre de Jocelyn Berthelot retrace l'histoire i de l'immigration québécoise, dépeint les conditions de vie c de la population immigrante, s'attarde aux nombreux défis que la pluri-ethnicité croissante de la société pose, entre autres, au système scolaire québécois.77, En politique, l'heure est au capitalisme triomphant.Et on attend des gouvernants qu'ils s'en tiennent à une «saine gestion» des fonds publics.On veut tout rentabiliser: l'éducation, les soins de santé, l'information, voire même -pourquoi pas?- la misère.Tout ce qui ne rapporte pas des profits à ses promoteurs devrait être abandonné, ou laissé au bénévolat peu coûteux des bonnes âmes.Si vous croyez que la révolution reste à faire parce que, entre autres, le cynisme néo-libéral est inacceptable, voilà deux livres qui portent à réflexion.Le manifeste de Max Gallo réaffirme que la pensée de la transformation sociale est plus nécessaire que jamais aujourd'hui.Quant à l'ouvrage de Jouary et Spire, il aide à repenser non seulement la pensée marxiste mais aussi la pensée politique tout court, en cette période de profonds bouleversements.Penser l'avenir, voilà bien l'une des urgences du moment.LE QUEBEC MILITAIRE Ijts dessous de l'industrie militaire québécoise o z ->!LU >CÛ CO Yves BÉLANGER et Pierre FOURNIER, Le Québec mi Ittaire, Québec/Amérique, Montréal, 1989.L'industrie militaire au Québec représente 50 000 emplois.Plus de 300 entreprises spécialisées vendent chaque année plus de 2 milliards de dollars en armements de toute sorte.Le Québec, un pays pacifiste?On peut en douter, lorsqu'on sait qu'autant d'emplois et d'entreprises dépendent directement du commerce des armes, donc de la guerre.Si demain la fin de la guerre froide entre l'Est et l'Ouest menace la survie de l'industrie militaire au Québec et, par conséquent, provoque une augmentation brutale du chômage, existera-t-il une stratégie pour venir en aide à la fois aux entreprises et aux travailleurs et travailleuses?Ou bien l'industrie, pour ne pas mourir, déversera-t-elle de plus en plus d'armes dans les pays du Tiers-Monde?Qu'en pensent les syndicats concernés?CkH OC û_u_ u«- André LAURENDEAU, Journal.tenu pendant la Commission Royale d'enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme, VLB Editeur / Le Septentrion, Montréal, 1990.Jocelyn BERTHELOT, Apprendre à vivre ensemble, Immigration, société et éducation, CEQ, Montréal, 1990. lElslP 0\\ 1B POUR FRANCHIR LE SEUIL La pensée et le langage autochtones sont visuels et symboliques.Les valeurs et les croyances spirituelles sont difficiles a traduire, surtout parce qu'il s'AGrr d'une façon différente de sentir le monde naturel, d'établir des relations avec lui et d'y adhérer.Il est important de comprendre que les sociétés anciennes ont préservé les enseignements, les légendes, les cérémonies qui avaient iadis pour but d'indiquer LES INSTRUCTIONS A SUIVRE POUR PRENDRE SOIN DE LA TERRE, INSTRUCTIONS FONDÉES SUR UN PROFOND RESPECT DE LA VIE.Ce N'EST QUE TOUT RÉCEMMENT QUE LES AUTRES RELIGIONS DU MONDE ONT RECONNU LA SPÉCIFICITÉ ET L'IMPORTANCE DE LA SPIRITUALITÉ AUTOCHTONE AMÉRICAINE.NOUS CROYONS QU'AUJOURD'HUI TOUS LES PEUPLES DE LA TERRE DOIVENT, AVEC LES AUTOCHTONES, RANIMER ET RÉVEILLER LEUR SENS DES RESPONSABILITÉS, AFIN DE METTRE FIN À LA VIOLENCE DES UNS CONTRE LES AUTRES ET CONTRE NOTRE MÈRE A TOUS ET TOUTES: LA TERRE.' JEANNE MCDONALD traduit par ANTONIO ARTUSO pkjtd coumose BMTRAOE l»eat»*lftnE Toute nation autochtone de la terre a épousé, à un moment de son histoire, un système de croyances basées sur la magie.Au cours de l'histoire des déplacements humains, les peuples autochtones ont vécu quotidiennement en contact avec un profond mystère marqué de surnaturel.Cette très nette évolution culturelle a cependant été interrompue par l'invasion blanche et par l'oubli du passé consécutif à la conquête.Pour savoir où nous en sommes aujourd'hui, nous devons retrouver les vérités de notre histoire et les liens qui soudent les différentes cultures.Avant que des frontières ne divisent la terre, les nations ont immigré d'une autre île.Cela a duré pendant des siècles au cours desquels de nombreux changements ont façonné la nature de l'île de la Tortue telle que nous la connaissons aujourd'hui2.Si nous nous penchons sur les problèmes contemporains et sur la difficile alliance existant entre les peuples qui habitent le continent, nous nous rendons compte, à mesure que nous approchons de l'an 2000, qu'il incombe à l'humanité toute entière de régler la crise actuelle.Nous devons mettre fin aux pratiques destructrices du progrès à tout prix, à l'épuisement des ressources du monde naturel et à une façon de penser incapable de saisir les conséquences néfastes d'une vision insensible et limitée de l'environnement.C'est une question de vie ou de mort.Si la terre est polluée au point d'en être méconnaissable, si les endroits sacrés sont détruits, si l'eau est noire d'huile et si la vie animale bat en retraite ou est menacée d'extinction immédiate, nous, les êtres humains, ne pourrons pas survivre.Nous partageons avec d'autres ce point de vue, malgré la disparition de la philosophie propre aux peuples autochtones qui ont une vision métaphysique du monde, une façon à eux de vivre en contact direct avec le monde spirituel, qui lui-même interagit avec la terre.Cette philosophie a toujours reposé sur la croyance largement répandue que la terre est un être vivant.L'UNITÉ DU SPIRITUEL ET DU MATÉRIEL Le-la chaman' est celui qui, dans la société autochtone, interprète les événements en se fondant sur une approche spirituelle qui affirme l'existence de mondes vivants (animais ou humains), en relation avec un ordre surnaturel.Les-instructions» reçues de l'ordre surnaturel sont révélées au chaman à la fois par les rêves-visions, les psalmodies du tambour, les plantes sacrées, les danses et les entretiens directs avec les esprits.Les symboles, qu'on retrouve sur les boucliers, les vêtements, les pierres, constituent des moyens de dévoiler la maladie/ guérison, de voyager .hors» de la conscience humaine, et enfin d'amener la personne autochtone à affronter le mystère de la vie et de la mort.Les lieux symboliques sont considérés comme réels, qu'ils soient perçus en rêve ou dans le monde réel.Dans les autres dimensions du réel, comme le temps et l'espace, il existe des entités ou des être vivants qui coexistent avec les humains.Un inuit Igulukik a décrit ce concept de la façon suivante: «Le plus grand danger de la vie vient du fait que toute la nourriture consommée par les humains est constituée d'-âmes» ou d'-esprits».Toutes les créatures que nous devons tuer pour manger, toutes celles que nous devons abattre pour nous vêtir, ont des âmes, des âmes qui ne périssent pas avec le corps de l'animal tué et qui doivent par conséquent être pacifiées si nous ne voulons pas qu'elles se vengent de nous, parce que nous leur avons pris leur corps.»4 o en en O > a en en O > Le tambour manifeste le rythme, et la chanson ou la psalmodie le lien interne avec l'âme.Le tambour est en peau de bète, en bois, en nerf; sa forme et les peintures qui le recouvrent sont des symboles qui lient la musique au voyage.Les régions cosmiques, tracées dans l'esprit comme sur une carte, sont explorées par le son du tambour et la voix de la chanson du chaman.LA VISION, LA TRANSE, LA QUÊTE DE MARCHE À SUIVRE La rencontre avec d'autres mondes exige un changement de la conscience.Cela signifie que pour atteindre l'état spirituel, il faut se mouvoir à l'intérieur de la ••personnalité» des tambours et des chansons, à un niveau où l'on est capable de communiquer directement avec les autres plans de l'existence.C'est en faisant cette expérience que le chaman interprète le rève-vision.Le son du tambour, constant et répétitif, constitue le véhicule de transport, de transformation vers la transe.s Selon certains, le chaman, comme d'ailleurs la plupart des gens, peut ainsi se révéler comme un «être double».C'est-à-dire qu'il peut quitter son corps physique et voyager avec son «corps de rêve» vers des mondes autres, où il cherche puis rencontre les gardiens du savoir médical s'il doit par exemple opérer la guérison d'un malade.11 a aussi la capacité de rester conscient durant ce processus.Il atteint cet état par un effort de concentration soutenu.On peut décrire la transe comme le lieu, à l'intérieur de la personne, où le temps et l'espace sont suspendus, selon le sens commun.Il s'agit d'un état double d'éveil et de sommeil simultanés.Les autochtones sont habitués à parcourir le territoire familier du rêve.L'interprétation visuelle d'un rêve, pendant le sommeil, relève d'une partie mystérieuse de soi; le rêve devient insaisissable et vague; il s'évanouit lorsque la personne est éveillée.Dans les cultures autochtones, une vision est une quête qui initie l'être humain aux enseignements communs à la nation, ainsi qu'au sens personnel de l'existence du soi et à une relation plus étroite avec le monde des esprits.Cela exige des sacrifices et de la solitude de la part des individus qui cherchent à comprendre et à atteindre cette vision, cette • direction spirituelle», ou encore cette marche à suivre.On peut accéder à ces «états altérés de la conscience» en empruntant différents chemins, et il serait dangeureux de s'y hasarder tout seul, sans l'aide d'un guide, soit-il un esprit ou un humain.LE RÔLE-CLÉ DU CHAMAN Au sein d'une communauté, le chaman occupe une place tout à fait spéciale, ayant été choisi pour suivre un chemin particulier d'accès à la connaissance.Mis en contact avec le monde extérieur, il doit supporter des initiations terrifiantes qui équivalent à ce qu'il se fasse tuer dessin klmut mrnschau.par les esprits, mettre en pièce ou couper connaissances précises.Les remèdes peu-en morceaux, afin d'être reconstruit pour vent être des plantes, mais peuvent aussi renaître spirituellement.être obtenus par des rituels.Le chaman a donc été blessé et guéri, tué et remis au monde, dans le but de devenir responsable du bien-être physique, mental et spirituel de la communauté toute entière.Quand II s'agit de traiter la maladie, les instructions sont spécifiques et les Le savoir-faire du chaman est évident, compte tenu de la complexité des nombreux éléments en cause et des échanges continus entre matière et esprit.Il est difficile, quand il s'agit de ces réalités, d'établir ou même d'imaginer la part du \7 possible, du réel et du concret, ou l'équilibre qui doit exister et être activement assuré dans les domaines unissant les êtres humains et la nature.Le caractère extraordinaire et la logique pratique du travail accompli par lechaman se manifestent dans le courage qu'il doit avoir pour affronter les terreurs et les émerveillements de l'univers stratifié.Dans la géographie de l'esprit qu'on trouve partout sur la terre, les gens ont anciennement maitrisé et exprimé ces arts spirituels qui nous paraissent ••magiques».C'est à ce niveau élevé que se rejoignent les structures et les croyances issues de la spiritualité de l'être humain.La Danse de l'Esprit constituait un phénomène extrême dans lequel le monde de l'Amérindien semblait proche de disparaître au cours d'un bouleversement dévastateur; les danseurs rappelaient alors les morts, le bison, le passé, pour faire retrouver au monde menacé son harmonie originelle.REVENIR À L'ESSENTIEL Lorsque les chefs chaman ont commencé à perdre leur influence et une partie de leur crédibilité auprès de leur communauté, il en résulta un immense «vide» spirituel.Les peuples indigènes ont été forcés de s'adapter, de voir qualifiées de païennes leurs croyances spirituelles, d'illégales leurs cérémonies religieuses comme la Danse du Soleil et le Potlatch de la Côte Ouest.Ils furent privés de leurs chefs jetés en prison.tion de leurs terres, de leur identité et de leur spiritualité.À mesure que chaque nation évolue, la réalité des temps modernes nous montre à quel point nous nous sommes transformés; à quel point nous nous sommes écartés de nos racines et des façons de vivre de nos ancêtres.Les villes peuvent nous encercler, les climats changer de façon radicale, on entend encore le tambour, et son message d'action de grâce nous accompagne au moment où nous découvrons le chemin de la rivière pour chanter nos mélopées à l'esprit de l'eau.Quand la pleine lune monte dans le ciel, les femmes autochtones offrent leurs prières à la puissance femelle et demandent la protection de Grand-Mère la Lune.La femme est la première enseignante.Nous marcherons dans la beauté avec un but et un esprit éclairés.Notre don en a été un de vision et de voyance du monde spirituel.Nous devons nous en servir pour assurer aux générations futures une bonne vie sur une bonne terre.• Pour Tonnerre Roulant6 {Rolling Thun-der], savoir c'est être.Sa compréhension simple de l'ordre universel implique qu'il y a une place et un moment précis pour chaque chose.Cela ne peut se comprendre seulement par le processus de la parole ou de la pensée: c'est facile d'en parler, mais difficile de le comprendre.Vous devez vivre pour le comprendre.» 1 Vision partagée par l'ensemble des Autochtones des deux amériques.2 L'île de la tortue, pour les autochtones, est un symbole de la genèse du monde.3 Le-la chaman peut être un homme ou une femme.4 The Wounded Shaman (Le shaman blessé), Joan HALIFAX, Ph.D.éd.5 Le terme transe désigne un état de double conscience ou à'oubli de soi.6 Tonnerre Roulant (Rolling Thunder) est un des grands chefs traditionnels 7 Rolling Thunder.Doug BOVD MmeJEANNEMACDONALDestal-Çonquine et travaille présentement a l'Alliance des femmes autochtones du Québec, coordonnant un dossier sur la violence conjuguait Suite aux développements récen au Nicaragua,il devient plus urgent que jamais de connaître l'histoire de ce peuple.NICARAGUA ISDE [ION « \ Ces événements, aggravés par de terribles problèmes sociaux et économiques, ont bouleversé profondément les peuples autochtones et ont semé le désordre et le désarroi dans leurs communautés.Mais aujourd'hui, devant l'urgence des préoccupations politiques sur la propriété des terres, l'autonomie de gestion à conquérir, et la prévention de désastres écologiques, nous devons à nouveau être guidés par une force spirituelle.La route a été ténébreuse et pénible, au cours de ces cinq cents ans de lutte des peuples autochtones pour la préserva- Vous pouvez vous procurer ce livre, au coût de 10$ plus les frais d'envoi (de SS + frais d'envoi pour étudiants et sans emploi), Vie Ouvrière 1212 Panet Montréal H2L 2Y7 523-5998 Développement et Paix 5633 Sherbrooke Est Montréal H1N 1A3 257-8711 o en m 01 DE SOLIDARITÉ SKÉ DES TRAVAILLEURS '%Jpj DU QUEBEC (FTOr8^ LE FONDS QlZAUwt, D'EMPLOIS Montréal (514) 285-6400 / Québec (418) 622-3258 / Sans frais 1-800-361-7111 o en cri UN INVESTISSEMENT - UN ACQUIS - UNE NÉCESSITÉ L'ECOLE PUBLIQUE : UNE RESSOURCE COLLECTIVE À SAUVEGARDER A Alliance des professeures et professeurs de Montréal (CEQ) o \!»jen BB6F LE 10 ANS DE L'OPDS L'OPDS, l'Organisation populaire pour la défense des droits sociaux, a dix ans cette année.C'est tout un exploit pour un organisme populaire formé principalement de personnes assistées sociales qui, bénévolement, accomplissent un travail indispensable de conscientisa-tion et de mobilisation auprès des plus démunis-es.Et cela, avec très peu de moyens.L'OPDS s'est surtout fait remarquer par ses luttes acharnées contre la taxe d'eau à Montréal, la réforme de l'aide sociale (loi 37) et les enquêtes vexatoires des boubou-macoutes.Et ce n'est pas fini.Comme le faisait remarquer Mme Aline Gendron, coordonnatrice de l'OPDS, lors de la fête du 10e anniversaire (14 mars '90): -il reste encore beaucoup à faire pour construire une société juste-.-»r- L'AUTONOMIE, C'EST LA VIE Voilà un slogan qui répond parfaitement au désir d'accomplissement qui anime les personnes handicapées.Cette formule révélatrice coiffe un événement pan-canadien qui se déroulera du 10 au 16 juin 1990.Il s'agit de la Semaine nationale pour l'intégration des personnes handicapées.Depuis trois ans, la Confédération des organismes provinciaux de personnes handicapées du Québec (COPHAN) favorise la promotion de cette semaine au Québec et, d'année en année, la participation se développe dans des milieux de plus en plus diversifiés.Ne manquez pas dans le prochain numéro Juillet-août '90 LEMAGAZ1NE DE VIE OUVREE NOTRE DOSSIER: L'ART ENGAGÉ Une entrevue avec: VIVIAN LABRIE animatrice sociale et bédéiste 4 i Cet événement ne consiste ni en une levée de fonds, ni en la formulation de revendications.Il s'agit plutôt d'évaluer ce qui existe présentement comme outils pour faciliter l'accessibilité aux services et aux installations pour les personnes vivant avec une limitation fonctionnelle.La Semaine nationale désire aussi que tous les milieux se fixent des objectifs qui permettront de mesurer les améliorations qui s'effectuent d'une année à l'autre.La Semaine nationale aborde ainsi cinq thèmes spécifiques soit: le transport, le logement, le travail, les loisirs et l'éducation.Pour informations, téléphoner au (514) 251-1383.-Lk- SOUTIEN AUX ALGONQUINS En solidarité avec les Algonquins du Lac Barrière, les groupes membres de l'Alliance pour l'action non-violente de Montréal ont mis sur pied une campagne locale pour empêcher de nouvelles coupes à blanc à l'intérieur de la réserve faunique de La Vé-rendrye.50% des arbres de la réserve ont déjà été coupés à blanc durant les 20 dernières années.Le Québec entend accorder des contrats à diverses sociétés d'exploitation forestière (dont Rexfor et la Compagnie de produits forestiers Canadien Pacifique) qui permettront la coupe de 95% du territoire durant les 25 prochaines années.La signature finale de ces contrats, d'abord prévue pour le 2 janvier 1990, a été reportée de quelques mois.Cette situation laisse peu de temps en vue de sensibiliser le public et d'entreprendre des pressions politiques suffisantes pour forcer le gouvernement à négocier avec les Algonquins du Lac Barrière, afin d'élaborer et d'implanter une stratégie de conservation du territoire.Pour participer à cette campagne, ou encore à celle du Nistassi-nan contre les vols militaires à basse altitude dans la Labrador, on contacte: l'Alliance pour l'Action non-violente, C.P.381, Succursale -E-, Montréal (Québec) H2T 3A7.Tel: (514) 525-0765.Cher-ère abonné-e.VO est vraiment un projet collectif.Notre mode de production est collectif, notre financement aussi.J'apprécie grandement votre réponse empressée et continue (pour une 2e année) à mon appel pour la campagne de financement-éclair du magazine (novembre 1989).Cette année, votre support a été plus généreux encore: 5,367 $ Merci de tout coeur.Soyons fiers de ce que nous en faisons ensemble.L Gilles Dugal o 01 O) o > AUSSI AGREABLE A VOIR QU'A LIRE! Liste des PRINCIPAUX POINTS DE VENTE du MAGAZINE VO AYLMER Librairie au point, 200 Principale CHICOUTIMI Le Bouquiniste, 392 Racine E.Tabagie Place du Royaume GRANBY Presse Boutique, 98 Principale JULIETTE Librairie René Martin.598 St-Viateur MONTRÉAL City Mag, 370 Ste-Cathenne 0 Coop UQAM Le stand, 4040 St-Laurent Librairie Champigny.4474 St-Denis Librairie du Square.3453 St-Denis Flammarion.Place Montréal Trust Flammarion Leméac.371 Laurier 0.Hermès, 1120 Laurier O Renaud-Bray (Lettre & Sons) 1005 Laurier O Ohvieri, 3527 Lacombe Renaud-Bray, 5219 Côte-des-Neiges Librairie Université de Montréal Maison de la Presse Intern , 550 Ste-Cathenne E Maison de la Presse Intern , 1393 Ste-Cathenne 0 Maison de la Presse Intern , 1645 Ste-Cathenne O Maison de la Presse Intern , 360 Mont-Royal E Maison de la Presse Intern .1371 Van Horne Maison de la Presse Intern , 5149 Côte-des-Neiges Multimags.1570 Maisonneuve O Multimags.2175 Ste-Cathenne O Multimags.5265 Ch Queen Mary Tabagie Le Tabassoir, 425 Mont-Royal E Tabagie St-Charles, Longueuil Tabagie Vardon.40 rue Greene.St-Lambert Variétés Lux, 5220 St-Laurent Presse Boutique, 826 Ste-Cathenne E Presse Boutique, 920 Mont-Royal E Presse Boutique.3556 St-Laurent Presse Boutique.1226 Greene.Westmount Librairie Gallimard.3700 St-Laurent Librairie Zone libre.262 Ste-Cathenne E Le Drug, 400 Laurier O Librairie Oemarc, Place Desiardms Librairie Raflin.6799 St-Hubert Coop CÉGEP Maisonneuve Coop CEGEP Rosemont OTTAWA Librairie de la Capitale, 75 rue Elgm Globe Mags.57 William Maison de la Presse Internationale.100 Bank Librairie Universitaire.85 Hastey QUÉBEC Ciné Vidéo Club International.1019 Cartier Librairie Générale Française, 10 Côte-de-la-Fabnque Librairie Laliberté.3020 ch Ste-Foy Librairie Pantoute.1100 St-Jean Maison de la Presse Internationale, 1150 St-Jean Tabagie Giguère.59 rue Buade Tabagie St-Sacrement, 1360 ch Ste-Foy Les Magazines Lecto, 893 Grand Jean Coop CEGEP FX Garneau RIMOUSKI Tabagie Hôtel-de-Ville, 214 de la Cathédrale Librairie Biais, 212 de la Cathédrale RIVIERE DU LOUP Coop CEGEP Rivière-du-Loup ROUYN Coop CÉGEP Abitibi SHERBROOKE Presse Boutique.76 King O Les Biblaines GGC ST-JÉRÔME Librairie Communautaire des Laurentides.435 Fournie TROIS-RIVIÈRES Lib-Fac, 3351 boul des Forges Presse Boutique.3760 boul des Forges VALLEYFIELD Librairie Boyer.10 Nicholson VILLE LORRAINE Librairie Belles-lettres, 95 de Gaulle o en en Le lieu de rencontre des gens d'action rtre st ■ pierre Un centre de formation j au service des groupes ! 12 12, rue Panet, Montréal, H2L 2Y7 524-3561 un bulletin féministe de solidarité internationale UNIVERS^LLES DES FEMMES PARTOUT DANS LE MONDE CHANGENT, BOUGENT, S'ORGANISENT.Pour obtenir une information franche et directe i actuels des femmes Poster vos chèques à l'ordre du: COLLECTIF LE 5« MONDE 454, rue Coron, Québec, Qc G1K8K8, c 418 647»5855 c es CHANGERLATÉLÉ médium SCIENCES HUMAINES Revue trimestrielle de vulgarisation scientifique et d'éducation permanente en sciences-humaines.Présente des dossiers exclusifs sur les grands enjeux de l'heure.no 32, été 1989, L'immigration al lavanir du Ouébac (3.503) □ no 3134, automne hiver 1989, Sciences humain»», horizon 2000 (5.003) | | no 35, printemps 1990, 50 après Freud (3.S0S) no 36, «té 90, Droit» at Ibartéa da la patronna (3.503) Veuillez m'envoyer les numéros cochés ci-dessus: Villa/Provence: Code postal:.Prière de libeller votre chèque à l'ordre de Corporation Axes et adresser à: médium sciences humâmes, 3226 ave Lacomb», Montréal, (Que) H3T 1L7.Tél.: 366-7608 FONDS DE SOLIDARITE DES GROUPES POPULAIRES 8 » 16e campagne de financement du Fonds de solidarité des groupes populaires du Québec métropolitain S'unir pour s'en sortir! Maintenant 9 groupes membres: Les amis de la terre • Association de défense des droits sociaux du Québec • Auto-psy • BAIL • Comité populaire St-Jean-Baptiste • Droit de parole • Radio Basse-Ville • Comité des citoyens et citoyennes du quartier St-Sauveur • Collectif les accompagnantes Retournez au plus tôt au: Fonds de solidarité des groupes populaires 301 rue Carillon Québec, Québec G1K 5B3 (418) 529-4407 -c^ Je donne _______________________________________ et ce, Den un seul versement D par chèques postdatés D Je désire recevoir un reçu pour fin d'impôt.* Nom: __________________________________________ Adresse: ________________________________________ Ville: _____________Code postal: ________________ Téléphone: ______________________________________ * Les reçus seront émis au cours du mois de février 1991 Quelle que soit la nature de votre travail?!?qu'il soit stable ou précaire?!?manuel ou intellectuel?!?physique ou informatisé?!?répétitif ou changeant?!?traditionnel ou nouveau ?!?rare ou courant ?!?reconnu ou méconnue vous trouverez dans la CSN des gens comme vous ?!?qui viennent y chercher la même expertise et le même soutien pour les mêmes raisons que vous^des gens qui se regroupent pour améliorer leur sort et se faire respecter dans leur travail?!?CSN
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