Recto verso, 1 janvier 1999, juillet
PORTRAIT RICHARD SÉGUIN double vitesse juillet- août 1999 n° 279 a "^tejfta.-»-— .-* r *"~*^r v! marnais: « i i a.■ « « ■ ■ i« i ii'i' i i • - • c ■■:- 'J- A_LJ Ê£2Ê ;pm'i*505 Le; FoKu/-»; de la CfQ VTT Four j'i^for^er, éckamger, four «léka-H-re «lej 9ra*d< emjeu* er co^eil, four faire circuler Témor^e e*fer+ije le volant du camion.Marcel, lui.file^crs le resto, boit un café et télécoMË ses papiers de dédouanement àjp compagnie.«La partie administrée est de plus en plus importante>^fonstate-t-il.23h30 - Au loin, à une vingtaine de kilomètres, les tours de New York scintillent «On va vérifier les pneus, soulager notre vessie et surtout avancer les roues de la remorque pour pouvoir circuler plus facilement dans la ville.» En fart ce ne sont pas les roues qui bougent mais la remorque.Marcel fart glis- PHOTO: LU00VIC HIRTZMANN ser cette dernière sur un rail situé au niveau des roues amènes, ce qui diminue l'empattement L'opératon prend une dizaine de minutes.Les camion-neurs-ses n'aiment guère la ville phare de Frank Smatra «New York, Big Apple, est en fart 8/gTroub/e.Conduire dans les rues de New York avec un truck, c'est l'enfer En outre, il n'y a aucune commodité pour nous», ajoute Marcel.Et pourtant il connaît la ville comme sa poche.Sans carte, il passe d'une autoroute à l'autre, enjambe le pont Washington, traverse le Bronx déjà endormi, avale le pont Whrtestone et arrive devant le collège du Queens.Il est alors minuit trente.Quelques grands noirs déambulent encore, la démarche chaloupée, le fond du pantalon sur les mollets, la casquette vissée sur le crâne.On est bien à New York Marcel a localisé l'endroit où il devra laisser sa résulte en page 36 Etude de l'Université Stanford sur les troubles du sommeil chez les camionneurs - 1995 - États-Unis Conditions de travail La santé par la route .■••■, Ludovic Hirtzmann Marcel Jacqum se rappelle l'époque où «les suspensions à air n'existaient pas et la tête touchait le tort lors des secousses».Pire, les chaufferettes des couchettes ne fonctionnaient pas toujours.Aujourd'hui, les camions sont équipés de tout le confort moderne: frigo, chauffage, climatisation et mobilier.Dans certaines cabines, il est même possible de se tenir debout «La santé, c'est le silence des organes», disait Paul Valéry.Un silence que peu de camionneurs-ses connaissent.Pierre est trucker depuis quatre ans.La quarantaine, fatigué, Pierre connaît les excès du camionnage.Pendant de nombreux mois, il a essayé de rouler plus qu'il ne pouvait «C'est un métier où on veut gagner de la piastre.Malheureusement, on ambrtionne trop quand on est payé au forfait» Epuisé, Pierre a dû s'arrêter pendant six mois.«Depuis, j'ai pris le temps de manger et de dormir», ajoute-t-il.L'exemple de Pierre est courant dans le milieu.Le métier de camionneur-se est dangereux.Au Québec, les conducteurs-nces de camions se classent au deuxième rang (58 décès par 100 000 conducteurs-nces) parmi les professions à risque, derrière les ouvriers travaillant.dans les mines.La moyenne pour l'ensemble des travailleurs-ses dans la province est d'environ I I décès pour 100 000 personnes.John Duncan, porte-parole du SNTR-CSN.s'emporte contre la «vie de fou des camionneurs.Ce sont des gens à qui on va demander de rouler 24 heures.Et lorsque leur camion aura des problèmes mécaniques, comme par exemple une défaillance au niveau des freins, leur patron leur dira:"Freme pas trop si les freins ne marchent pas!".» 34 PHOTO: GHISLAIN PEPIN ET NATHALIE VIENS juillet-août 1999 PHOTO: GHYSLAIN PÉPIN ET NATHALIE VIENS Les paupières lourdes Le facteur le plus mcapacrtant chez les camionneurs-ses est le manque de sommeil.Les chauffeurs-ses qui font de longues distances n'ont pas vraiment d'horaires fixes.Un jour ils se couchent à 20 heures et repartent à une heure du matin ou se couchent à une heure et repartent à cinq heures.Non seulement, ils ne dorment pas assez, mais ils dorment dans de mauvaises conditions.La plupart s'assoupissent dans leur camion, dans un truck stop où 400 autres mastodontes font rugir leurs moteurs.Pire, ils prennent parfois leur temps de sommeil entre deux chargements.juillet-août 1999 Selon une étude de l'Université Stanford, 20 % des chauffeurs-ses des États-Unis présentent des symptômes indiquant des dérèglements du sommeil.Une autre étude de l'Universrté de Kas-sel en Allemagne, révèle que 30 % des conducteurs-nces interrogés reconnaissent s'être déjà endormis au volant L'enquête a été menée en Allemagne, en Autnche, en France et en Italie.Si les études sur les problèmes de santé des camionneurs-ses pullulent dans les universités étrangères (on en trouve même à l'Universrté de Belgrade), autant à la CSST qu'au ministère des Transports ou à la SAAQ, on ne peut mettre la main sur une étude québécoise.L'Institut de recherche en santé et en sécurité du travail du Québec a publié en 1995 les résultats d'une recherche montrant des troubles majeurs dans la santé des camionneurs-ses: diabète, insuffisance coronarienne, hypertension.Il arrive que les chauffeurs-ses disposent bien de huit heures pour se reposer.Mais cela ne signifie pas que ce temps sera utilisé pour le sommeil.Les ùvckers profitent de ces arrêts pour se laver appeler leur famille, parler avec les autres collègues.Bien souvent les camionneurs-ses mangent mal.Par paresse ou par facilité, ils gngnotent parfois sur leur volant Quant aux restaurants des truck stop, la vanété des menus va souvent du burger nature au burger fromage.Peu de chauffeurs-ses longue distance ont une vie familiale.Et il est rare de croiser des couples dans les camions.On estime à 1,5 % le nombre de fem- Somnolence le jour 7,9% Absences dans la journée 11% Sommeil trop court 15,3% Difficultés de concentration 7,8% Anxiété 12,4% Maux de tête 2,6% Fatigue matinale 14,2% Insomnies 9,6% mes camionneuses.Le chiffre est toutefois difficile à vérifier Claire Denis, chargée de communication à la SAAQ, avoue que l'organisme ne détient pas ce genre de statistique! La durée du travail, le nombre de nurts passées hors du domicile ne faciirtent pas la vie de couple.Il est impossible de planifier les congés.Et lorsqu'il y en a.ils ne sont pas bien longs.«La vie familiale pour les camionneurs, c'est zéro», s'indigne John Duncan.Certaines compagnies québécoises dépendent d'une charte fédérale du transport beaucoup moins avantageuse que la charte provinciale en matière de congés.Évidemment les employeurs pourraient demander une charte provinciale mais dès qu'ils font du transport entre provinces ou aux États-Unis, ils choisissent la charte fédérale, plus avantageuse pour eux.«S HtTirj: O.rtt-nN an 35 morque.«Le client doit nous rencontrer à 7h, mais on ne peut pas rester ici, contrairement à ce que l'on nous a indiqué» Pendant une heure, Marcel va désespérément chercher une place pour son mastodonte.Dans des petites rues, U faut l'équivalent de huit places de voitures pour se garer Itl30 - Le chauffeur de la 5GT rend son tablier et choisit un gigantesque stationnement d'entrepôt désert Pendant plusieurs minutes, il va manœuvrer son camion pour coincer la porte amène de la remorque contre une clôture.«Ici, les vols sont fréquents.Demain matin, nos cuisinières pourraient avoir disparu.Si on entend brasser dans la remorque, on descendra.» Mounr pour un poêle, enfin 96 poêles, Marcel ne manque pas d'humour.5hl 5-Mardi 27 avril 1999 Le Queens dort à poings fermés.Marcel, lui, cherche son tog book, attrape son peigne, ngole et lance un joyeux «Debout là-dedans.» A 5h30, le camion vrombit à la recherche de cette fameuse place de stationnement introuvable hier encore.À 5h45, le mastodonte est stationné sur Parson Avenue.Doucement le Queens s'éveille.Un gros noir fouille une poubelle, une grand-mère famélique tire un petit chanot Le Queens est noir misère.Vers 6h30, malgré la température encore fraîche, un États-Unien survrtaminé.en t-shirt, vient nous accueillir La grosse brute à l'œil torve sait tout et réussit à rallonger le parcours jusqu'au lieu de déchargement une ruelle entourée de logements pour étu-diants-es pauvres.Trois heures après son réveil, Marcel déjeune enfin au Dunkin Donuts du Queens.Pour une fois, il ne prend pas son repas dans un truck stop.Mais le café est injèct.I Oh - La moitié des poêles sq^Fdans la rue.Les chariots élévateurs^nt des grands noirs payés 4 $ de , I I h - Au coin de Kjpna boulevard et 71 th.Marcel gare son camion dans l'attente d'un nouveau chargement II fart chaud.«C'est l'attente, le plus dur, on ne gagne rien.» Vers I 3h, un message du répartiteur: «Embrasse la Statue de la Liberté pour moi.Je te cherche un chargement.» Vers I4h, un grand sourire éclaire le visage de Marcel.Le terminal annonce l'heure du départ pour Connth, près d'Albany.Depuis que ses enfants ont quitté la maison, Marcel emmène parfois sa PHOTOiOANIELS.LEGAULT PHOTO: LUDOVIC HIRTZMANN femme lors de ses périples.Il y a peu, le couple est parti trois semaines pour un voyage de 16 000 km.«J'ai vu tous les États des États-Unis.Le métier est dur mais passionnant et on vort tant de choses.J'adore les routes duTexas, de l'Ala-bama.» Marcel aime parler de géographie et d'histoire.Il srtue aussi facilement le Lesotho sur une carte qu'il parle de l'histoire de l'Iran sous le Shah.En revanche, il est bien difficile de lui faire dire comment il a acquis cette culture générale.19h - Arrivée à l'International Paper Connth - État de New York, une vieille usine de pâte à papier au bord d'une petite rivière.Marcel se présente au chef de la sécurité de l'entnepnse.Le vigile, les cheveux gras, la chemise douteuse et la bedaine MacDo montre où se trouve la remorque de papier que Marcel devra récupérer II faudra être demain en milieu de matinée à London, en Ontario.Il reste 600 km.21 h - Arrêt au Travel Port truck stop de Furtonville.Marcel est crevé, lessivé.Il n'a roulé que sept heures aujourd'hui mais l'attente et le stress si particulier de New York l'ont miné.Extinction des feux 4h30 - Mercredi 28 avril 1999 Marcel sirote déjà son café.Il fart nuit L'odeur de gazole se mélange à la fraîcheur du matin.Pendant quatre heures, Marcel va avaler les kilomètres jusqu'à Buffalo, «An ail American Crty», dit la pancarte d'accueil.Là.arrêt au Flymg J, la Rolls Royce des truck stop.L'ambiance est familiale.Tout , est étudié pour les gens de la J route: photocopieurs, téléphones privés, nourriture, journaux.En achetant 50 gallons de fuel, les camionneurs ont droit à une douche.Ces dernières coûtent 5 $ pour les autres.Mais elles sont impeccables.Le petit déjeuner pour obèses est servi par des midinettes robotisées.La douche a régénéré Marcel qui est prêt à repartir sur London.Il allume la radio et se branche sur Radio-Canada.Un expert canadien, bureaucrate à ses heures de travail, exige une intervention terrestre au Kosovo.«Facile! On voit bien qu'il est planqué», commente Marcel.La guerre, Marcel la connaît sur le bout des doigts.Il n'aime pas en parler.Pendant 38 mois, il a passé sa jeunesse dans les commandos d'intervention spéciale en Algéne.Des unités d'élites.10h40 - Juste avant la frontière canadienne, un message sur le terminal du Mack.Le répartiteur annule le voyage vers London.Il faut se rendre à Bramp-ton.dans la banlieue de Toronto pour y 36 v338 juillet-août 1999 rOUTtSPt».DCUUZ5 lu wûôrTKM _ £>'« HfMKS M PHOTO; FRANÇOIS BOUCHER déposer la remorque qui sera prise lundi par un autre camion.I I hOO - Frontière canadienne.La douanière a un anglais impeccable et le sourire de la reine Victoria Marcel laisse passer un camion chargé de pneus.«Avec la charge qu'il transporte, c'est lui qui sera arrêté.»Vers midi, le camion s'arrête à Stoney Creek Marcel remplit un demi-réservoir sort 420 litres.Une heure plus tard, le mastodonte déboule dans la cour de la SGT 2000 à Brampton.Marcel attend de recevoir le numéro de sa nouvelle remorque.Le répartiteur parle de l'envoyer à Ottawa.Ce sera finalement Ville Lasalle avec un chargement de papier pour l'usine Unisources.I 5 h 30 Marcel traverse successivement Toronto puis Kingston pour s'arrêter au truck stop de Cardinal.Le cadre est bucolique.Les camions sont entourés par de grands sapins.Marcel croise un ancien collègue de SGT parti travailler chez Climan.«On gagne 25 sous du mille au lieu de 30, mais l'attente est moins longue et les chargements plus fréquents.» Le jeune homme était hier en Alabama et il repart dans quelques minutes vers le Sud.Pour Marcel le voyage est terminé.Demain, il livrera sa remorque à Lasalle et rentrera chez lui à Drummondville.«S PHOTO FRANÇOIS BOUCHER juillet-août 1999 Vivre dans un camion Noces d'asphalte Nathalie Labonté athalie Viens a débuté sa carrière de camionneuse entre Montréal et la Nouvelle-Angleterre, sur les routes accidentées des Appa-laches.Dans les nombreuses descentes, lorsque son camion-remorque atteignait sa vitesse maximale, le moteur, barré à 98 km par heure, arrêtait d'envoyer du carburant aux injecteurs.Soudainement le turbo faisait silence en plein coeur de l'hiver Le moteur aussi se taisait laissant à la conductrice une douce impression d'entrer dans les nuages, de marcher sur eux.Voilà comment un camionneur qui s'entretenait avec elle au CB, la baptisa Nuage.Sa vie s'est transformée tout récemment en un véritable road movie.Environ deux fois par mois, elle et Ghislain Pépin, son ami de coeur, traversent le continent à bord d'un camion 18 roues.En quête de liberté et d'aventures, mais aussi dans le but de gagner leur vie, ce couple de «nomades sédentaires» se relaie au volant jusqu'à Los Angeles.Le tandem met 60 heures pour approvisionner la côte ouest en papier à journaux, tissu ou bois, alors qu'un seul chauffeur prend le double du temps.Le compagnonnage est à la mode chez les compagnies de transport de longue distance.De plus en plus de couples s'y intéressent Cependant les femmes demeurent une espèce rare dans la jungle routière, où régnent les mastodontes.«Parmi les femmes camionneuses au Québec, il y a celles qui, une fois les enfants élevés, décident d'obtenir leur permis de classe I et de suivre leur mari», fart remarquer Nathalie Viens du haut de ses 29 ans.Par contre, les couples au volant sont beaucoup plus fréquents en Californie.«Ici, les filles conduisent pas mal toutes seules.Pas question d'embarquer avec son chum, même s'il est dans la même compagnie.C'est chacun son camion.Cer- su/te en page 38 37 tains vont aimer aller à la même place pour se parler sur le CB et manger ensemble», poursuit-elle.Le trip en team Diplômée en théologie et en action communautaire, Nathalie a oeuvré au sein de différents organismes communautaires pour finalement en «avoir son truck».Epuisée, près du burn out, elle se cherche un nouveau métier pour se reposer, voyager et ouvrir son esprit.Le camionnage est tout désigné, pense-t-elle.Depuis deux ans, elle découvre une nouvelle école de la vie.sur la route.Pour Ghislain Pépin, son coéquipier, il s'agit également d'une deuxième carrière.Incapable de supporter de grandes doses de stress, il opte pour le long PHOTOS: N.VIENS ET G.PÉPIN cours vers la Floride.«J'ai bien aimé le trip en team, avoue-t-il.Cela permet d'aller beaucoup plus loin.» Aujourd'hui, les deux aventuriers se partagent non seulement le volant mais aussi un lit superposé.En couple depuis décembre, ils ont décidé de former une équipe de travail.«Nathalie se plaignait de ne pas assez dormir; se rappelle Ghislain.Pour les camionneurs, 8 heures de sommeil par jour, c'est rare.En tandem, cela devient possible.» Quant aux relations homme-femme à l'extérieur de la cabine, en général, elles sont cordiales et empreintes de respect.Mais, au dire de Nathalie, «on entend encore des remarques du genre: "qu'est-ce qu'elle fart là! C'est une butch, ou elle n'a pas de chum pour s'occuper d'elle!" Parfois, on doute de notre capacité à conduire.Un jour un gars m'a vue arriver avec ma remorque de 53 pieds; il m'a tout de suite assigné la porte la plus compliquée pour décharger.Après 20 minutes de gossage, stressée, je me suis fait dire par les autres chauffeurs qui attendaient derrière moi:"mais pourquoi as-tu pris cette porte-là?"» Dès les premiers kilomètres, la division du travail s'effectue tout naturellement.Ghislain s'affaire à réparer les lumières, à tracer les itinéraires, alors que Nathalie prend sous sa plume le carnet de route et la paperasse.Matinal, Ghislain conduit jusqu'à I2h30.Sa blonde prend la relève jusqu'au souper En soirée, le couple se relaie aux quatres heures.«C'est difficile de ne jamais être sur le même beat.Quand un se lève, l'autre se couche, deplore-t-elle.Si on ne conduit pas, on met de l'essence ou on est sur une balance.Le principe du camionneur est d'avancer.Donc, impossible de dormir ensemble.» Un critère indéniable de leur bonne entente: la communication.Du TOURISME?Voilà plus d'une fois qu'ils longent le Grand Canyon, mais ils n'ont pas encore eu le temps d'y faire un saut.Généralement, ils disposent de 24 heures à eux après avoir livré leur cargaison.Le temps qu'on recharge leur remorque de fruits et de légumes californiens.«Parfois la compagnie nous paie un motel, précise Ghislain.Alors, il faut mettre le camion en sécurité.On a déjà perdu 5 heures pour se trouver un truck stop à côté de la beach.Pas évident! Y'a tout de suite quelqu'un qui est venu me demander si mon camion était plein.Un autre m'a signalé de ne pas rester ici j.jj #«,■"*£***. parce que des prostituées viennent cogner aux portes et qu'on ne fart pas cela à sa blonde.Finalement un gars m'a abordé pour me dire: "ils sont beaux tes mogs."» Cette vie de nomade est farte de petits bonheurs et de grands contrastes.Un jour, ils peuvent vivre l'opulence en Arizona, se prélasser dans une chambre de motel, et le lendemain, déjeuner sur le bord d'une route enneigée avec des bumtos, à la bonne franquette.Aux yeux de Ghislam, le camionnage demeure un métier dangereux.Eprouvé par les routes sinueuses et abruptes des Rocheuses, il a déjà eu peur «Dans de telles conditions, il faut vraiment avoir le contrôle de son véhicule.Là, je ne savais plus comment réagir.Les côtes ne finissaient plus.Et je sentais ma blonde s'inquiéter Elle m'a alors conseillé de ralentir en gardant une petite pression constante sur les freins à air» Parallèlement Nathalie plus téméraire et ambitieuse réalise davantage les dangers inhérents au métier grâce à Ghislam: «J'aime la vitesse, l'ivresse de la conduite, les montagnes, mais j'apprends à être plus prudente.Lorsque l'on dort poser des chaînes à nos roues pour continuer dans la neige et sur la glace, c'est pas compliqué, on se tasse et on attend que ça fonde.» Contrairement à plusieurs couples états-uniens qui, d'une livraison à l'autre, reviennent rarement au bercail.Nathalie et Ghislam aiment bien renouer avec le Québec.«C'est moins payant d'ajouter Ghislam.mais on aime mieux rentrer plus souvent voir nos amis, prendre de bons petits repas à la maison.» Difficile d'être toujours en camping, de manger sur le pouce ou de planifier ses repas à l'avance pour une semaine, dans le but d'épargner quelques dollars EU et kilos superflus.Difficile de prendre sa douche dans les truck stop, de retenir son envie.Tranquillement, le cou- ple s'équipe d'appareils ménagers conçus pour une cabine exiguë.«On ramasse les coupons à chaque plein d'essence dans les truck stop.On va bientôt pouvoir s'acheter un petit four», signale Nathalie.Pour l'instant, le couple carbure aux paysages époustouflants et aux découvertes quotidiennes.Ils n'ont pas l'intention de faire ce métier toute leur vie, parce que selon eux, ce n'est pas une vie.Ils voient plutôt l'expérience comme une thérapie personnelle, une aventure enrichissante.De plus, ils songent à avoir des enfants, «j'ai déjà vu des camionneurs avec des chiens ou leur marmaille, s'exclame Nathalie.Pour nous, c'est hors de question!» «Nuage» et «monsieur.chose» -Ghislam n'a pas vraiment de nom de CB.car ce n'est pas un placoteux - se préparent à regagner la route.vS Bonne fête Québec ! VA |*9»*PI Notre Fête nationale est avant tout la célébration d'une volonté de vivre ensemble, de partager un territoire et une histoire, quelles que soient notre origine, notre couleur ou t M nos convictions.En m'adressant de façon particulière aux jeunes qui sont 1 le visage du Québec de demain, je veux exprimer notre IMj^ vLU) confiance en notre avenir.À toutes et à tous, mes meilleurs vœux à l'occasion de la Fête nationale.Lucien Bouchard Premier ministre du Québec Québec ss H Gouvernement du Québec Ol làhor aa Ministère des Régions V^UtTUvTiw an car pages J socio ur poli _ tiques POU Anne-Marie Brunelle Emile Boudreau, Michel Chartrand, Louis Laberge et Marcel Pépin Des hommmes d'influence L'histoire du syndicalisme, c'est plus que celle des conventions collectives.Les unions, qu'ossà donné?!?Une forêt de pancartes au son de slogans inspirés ou un verre de scotch à la main dans une salle enfumée, voilà pour l'atmosphère.Des séjours en prison pour des posrtions politiques.Des négociations prenant la forme de parties de poker des bagarres - au propre comme au figuré - entre les différentes centrales.L'histoire d'artisans du mouvement syndical peut se lire comme un roman.Si vous n'êtes pas du genre à vous précipiter sur la dernière bnque à la mode, pourquoi ne pas profiter de l'été pour visiter ou revisrter l'Histoire?Voici quatre livres, différents comme les hommes qu'ils présentent Emile Boudreau, Michel Chartrand, Louis Laberge et Marcel Pepm.Des syndicalistes, des contemporains qui se connaissent mais ne s'apprécient pas nécessairement Des frères de cause qui ne s'entendaient pas toujours sur les moyens.Le rouge et le noir On ne peut évidemment pas dégager l'histoire du syndicalisme de l'histoire tout court Ces quatre hommes ont en commun d'être nés dans un milieu relativement modeste et d'avoir vécu leur jeunesse lors de la grande cnse économique des années 30.Une école redoutablement efficace pour apprendre le sens de la collectivité.Fart frappant ils choisissent très tôt la défense des droits des travailleurs-ses.Emile Boudreau, mineur à l'époque, avoue qu'il ne connaissait rien du syndicalisme, mais que «ça sonnait la cloche de la solidarité».En réponse au maire de Nomnétal, qui exhortait les travailleurs à la prudence au nom de leurs enfants, il déclarera: «Moi, j'ai cinq enfants.Quatre garçons.Vous autres aussi.Si on se tient debout ils auront peut-être un peu plus de protection qu'on en a eu.» Plusieurs facteurs ont influencé le développement du syndicalisme québécois.Bien sûr les sévères conditions de travail de l'époque.Mais aussi le souten d'une portion de l'Église catholique avec, par exemple, ses aumôniers ouvriers, l'influence des théones communistes et des «unions» états-uniennes et pourquoi pas, la forte position antisyndicale du Cheuf Duplessis.La contestation douloureuse rassemble.Le Québec des années 50 connaît des événements qui le mèneront à sortir de la Grande Noirceur Cette cnse de croissance ne se fait pas sans douleur Le mouvement syndical n'est pas absout de cette tourmente.La tension est vive entre les syndicats catholiques et les syndicats-filiales des unions états-uniennes.De véritables chasses aux communistes sont organisées.Louis Laberge, en entrant chez Canadair commence sans le savoir dans un syndicat «rouge»: «Un vrai de vrai, et non pas un de ces syndicats qualifié de communiste par des syndi- Loberge, Charbonneau, Chartrand et Pépin, à une manifestation de 1975.Juillet-août 1999 VBâs 41 pages ■ soôo ur cats catholiques sous prétexte qu'il s'agit d'une union internationale comme les Machinistes.» Il sera un des plus farouches adversaires des communistes.Les grèves célèbres (dont j celle de l'Amiante 1949 ' ou encore la grève chez Dupuis Frères en 1952) dépassent leurs résultats Pépin et Loberge.immédiats.Elles auront des effets sur le respect du code du travail, la reconnaissance et le financement des syndicats.L'adoption de la formule Rand, notamment, assure la perception automatique des cotisations et du fart même la stabilité des finances des organisations syndicales.Avec les maudits de la terre Les premières luttes se feront sur le terrain du monde du travail.Mais bien vite, les syndicalistes s'attaqueront plus largement aux questions de pauvreté et de redistribution de la richesse, investiront l'arène politique.En 1967, Louis Laberge déclare: «Nous sommes en tram de créer un syndicalisme de la classe moyenne, plus près de la classe possédante que de la masse des maudits de la terre.La mission qui s'impose maintenant à nous c'est de relever le niveau de vie des déshé-Vbte de grève n^s e* ^es économiquement faibles.» Un dis- commun, cours qui serait d'une étonnante actualité 9 mars 1972.aujourd'hui! Au Front commun de 1972.La cause des plus démunis-es dépasse les seules conditions de travail des syndiqués-es.Cette conviction se reflète dans les actions entrepnses par les différentes centrales.«À peu près toutes les mesures sociales importantes ont leur origine dans le mouvement syndical.Qu'on pense à l'assurance automobile.C'est André l'Heureux, permanent à la CSN, qui en est à l'ongine! Et c'est André Launn, aussi de la CSN, qui a mis au monde les ACEF», explique Marcel Pépin à son biographe Jacques Keable.À cela, peuvent s'ajouter le développement des caisses d'économie et l'importante contribution des syndicalistes à l'émergence du mouvement coopératif.Cette conscience d'une responsabilité collective explique par exemple le Front commun CEQ-CSN-FTQ qui, en 1972-1973.réussira à obtenir un salaire minimum de 100 $ par semaine.Le pouvoir syndical, les rapports de force qu'il établit avec les gouvernements bénéficient à l'ensemble de la population.Dix ans plus tard, alors qu'une nouvelle crise économique fait rage, Marcel Pépin proposera de faire le contraire de 1972: «On va fixer un minimum, bien sûr, mais on va fixer un maximum aussi.Par exemple, si la base est de 15 000 $, le maximum va être de 60 000 $.Ça veut dire que tous ceux dont la salaire est payé par l'Etat et qui gagnent plus de 60 000 $ vont voir leur salaire baisser à 60 000 $.Mais les négociateurs syndicaux n'ont pas acheté ça!», déclare le syndicaliste.L'influence collectiviste, voire socialiste, avait déjà perdu des plumes.Une attitude qui se traduira, plus tard, par la tiédeur des centrales sur la clause d'appauvrissement zéro au Sommet socio-économique de 1996 ou encore par leur position alambiquée à propos des clauses «orphelin».En rappels Moult crises ont secoué le monde syndical, comme l'ensemble de la société québécoise, au fil des cin- 42 V588 juillet-août 1999 quante dernières années.En trame de fond: les effets de la montée du nationalisme québécois, la crise d'Octobre et les accointances entre les dm-geants syndicaux et les différents partis politiques.La lecture de ces bouquins en apprend aussi beaucoup sur les liens tissés alors.On découvre, par exemple, un Pierre ElliotTrudeau d'abord en «avocat bourgeois qui travaillait de temps en temps avec les syndicats» pour devenir le premier ministre canadien responsable de l'imposition des mesures de guerre en 1970.«Trudeau souffre d'un complexe d'infénonté envers les Québécois.Mais attention: il est dangereux parce que très intelligent», dira Michel Chartrand en 1971.Les dirigeants actuels se sont formés au contact des Michel Chartrand, Emile Boudreau, Louis Laberge et Marcel Pepm.Leurs luttes, leurs excès et leurs dérapages ont marqué la société québécoise.Ces testaments sont source d'enseignement tant pour le syndicalisme que pour l'avenir de l'ensemble de la société.Car comme l'a dit Michel Chartrand: «Pour rendre les gens libres, indépendants et conscients, il n'y a pas de solution autre que collective: la conscience ouvrière.» Il ne faut pas se leurrer; si les mots ont vieilli, la réalrté n'a pas changé pour autant.t£ Louis Laberge et I Marcel Pépin £ en 1971.Emile BOUDREAU, Un enfant de la grande dépression, autobiographie, Lanctot Éditeur, Montréal, 1998, 389 PAGES Militant syndical de longue date au service des Métallos, affiliés à la FTQ, Emile Boudreau propose une autobiographie, qui va se poursuivre sur deux tomes.Le premier se termine en 1951, à l'aube de son grand saut dans le monde syndical.Né en 19 15 au Nouveau-Brunswick, Emile Boudreau raconte avec force anecdotes son enfance, ses mille métiers dans les chantiers et sa découverte du syndicalisme et de la solidarité par son implication dans Normétal.Jacques KEABLE, Le monde selon Marcel Pépin, Lanctot Éditeur, Montréal, 1998, 340 pages Rédigé à partir d'extraits d'entrevues, l'auteur donne véritablement la parole à Marcel Pepm.Ce n'est donc pas à proprement parler une biographie.Loin d'être un exercice nostalgique du «dans mon temps.», les points de vue de Marcel Pepm sur l'histoire de la CSN et sur les enjeux actuels provoquent la réflexion.À lire, ses commentaires sur le syndicalisme d'aujourd'hui et sur la nécessaire solidarité avec les moins nantis.Louis FOURNIER, Louis Laberge: Le syndicalisme, c'est ma vie, éd.québec/ Amérique, Montréal, 1992,418 pages «Ti-Louis» fut probablement le plus populiste des dirigeants syndicaux de son époque.«Un bon gars, une couenne dure mais un grand cœur», sa biographie est à l'image de l'homme.Le ton un peu «relations publiques», avec une sur-utilisation d epithètes.peut agacer parfois, mais il reste toutefois que le bouquin nous apprend beaucoup sur l'histoire grâce aux nombreux témoignages qu'il contient À lire, en conser- vant à l'esprit l'évidente complicité entre l'auteur et son sujet Fernand FOISY, Michel Chartrand: Les dires d'un homme de parole, Lanctot Éditeur, Montréal, 1997, 341 PAGES Michel Chartrand a parlé, parle et parlera.C'est pratiquement un pléonasme.Tout l'intérêt du livre réside justement dans l'impressionnante recherche documentaire farte par son ami Fernand Foisy.Un abécédaire établi sur trente ans, lié par différents thèmes: politique, société, syndicalisme, etc.À lire à petites doses, question de prendre le temps de réfléchir.Un extrait pour se donner le goût: «La somme des intérêts individuels n'est pas l'intérêt commun.L'État ne peut comme il le prétend, être un simple arbrtre entre les individus.Il dort être le promoteur actif responsable du bien commun.» (1991).juillet-août 1999 43 ersonne ne sort combien le Brésil compte de travailleurs en esclavage.Des milliers de chômeurs sont amenés à accepter des contrats verbaux fondés sur de fausses promesses de rémunération satisfaisante.On les fait monter à bord de camions et on les transporte à des milliers de kilomètres pour Yi m les faire travailler dans des domaines reculés de l'État de Para et d'autres régions de l'Amazonie.Les travailleurs s'endettent pour payer tous les frais de déplacement; le coût des outils est déduit de leur salaire et on les force à acheter la nourriture et l'alcool à prix fort dans des magasins tenus par les propriétaires fonciers.Des gardes armés entourent les lieux de travail et les zones d'habitation; les papiers d'identité et autres documents officiels des travailleurs sont confisqués.Avec le temps, les dettes des travailleurs augmentent et ils se rendent compte qu'ils sont prisonniers dans une région éloignée et hostile.interk nationale^ dan monde Brésil des travailleurs esclaves disparus /V _ _ Le gouverne- ment du Brésil s'est efforcé de limiter le recours aux travailleurs en esclavage en créant une équipe mobile chargée d'enquêter sur les plaintes.Des descentes ont été effectuées dans certains domaines exploitant des esclaves, les victimes ont été libérées et quelques domaines ont été mis en vente forcée.Il s'agit d'un processus lent et bureaucratique qui ne punit pas les propriétaires terriens qui exploitent des esclaves.Selon le gouvernement, le problème sera résolu par des amendements au Code pénal pour les infractions aux lois du travail, mais la législation ne définit pas le recours aux travailleurs en esclavage.Elle n'offre pas non plus de protection aux témoins qui craignent pour leur vie s'ils acceptent de témoigner devant les tribunaux.Des organisations brésiliennes luttent pour que cesse cette situation.La Commission pastorale de la terre est l'une des principales organisations qui enquêtent et dénoncent l'esclavage rural.servitude pour dette: être esclave à cause de ses dettes _ Au siècle dernier, les travailleurs asservis à leur employeur par des dettes n'étaient pas considérés comme des esclaves.Mais de récentes enquêtes indiquent que la servitude pour dette sert encore à contraindre les gens au travail.Même si on échange des dettes, en réalité ce sont des personnes qui sont achetées et vendues comme des objets.C'est bien de l'esclavage et ces gens sont bien des esclaves.Après que les Nations Unies aient banni toutes les formes d'esclavage et de servitude dans la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948, une étude de l'ONU s'est conclue par un traité international interdisant les «institutions et pratiques analogues à l'esclavage», à commencer par la servitude pour dette.En dépit de ce traité de 1956 ratifié par la plupart des pays, des millions de gens sont encore victimes de la servitude pour dette.Certains d'entre eux sont retenus prisonniers et ceux qui peuvent physiquement quitter leur travail sont privés du droit fondamental de choisir leur employeur. L'esclavage La pauvreté est certes l'une des causes de la servitude pour dette, et il va de soi que le développement humain durable ne laisserait pas de place à cette forme d'esclavage, mais l'actuelle absence de «développement» ne devrait pas servir à justifier l'inaction.L'exploitation des travailleurs asservis fait l'affaire de beaucoup de gens dans le monde, surtout les bien nantis et ceux qui exercent le pouvoir.À moins d'être soumis à d'intenses pressions, les gouvernements et les personnes qui ont le pouvoir d'imposer des changements préfèrent habituellement «ne pas réveiller le chat qui dort».Les pays riches importateurs répugnent à jeter la première pierre et les pays pauvres exportateurs ne veulent rien faire qui pourrait nuire à leur compétitivité.Selon Anti-Slavery International, un organisme non gouvernemental actif depuis 1839, des mesures énergiques doivent être prises à l'échelle mondiale, par l'ONU et l'Organisation internationale du travail (OIT), par les gouvernements nationaux et par les organismes communautaires, pour déceler tous les cas de servitude pour dette et faire pression en vue d'y mettre fin.En Haïti les Restavek, des enfants esclaves domestiques Armelle est née à la campagne dans une famille très pauvre.À l'âge de quatre ans, ses parents l'ont envoyée dans une famille de Port-au-Prince où elle est de-venue ce qu'on appelle en créole une restavek, une esclave domestique.Elle a maintenant 13 ans, elle n'a jamais fréquente l'école, ne reçoit aucun salaire pour les tâches domestiques qu'elle accomplit et elle subit toutes sortes de violences.Il y a plus de 200 000 enfants haïtiens dans cette situation; les trois quart sont des filles.Le phénomène des restavek remonte à la colonisation.Les inégalités sociales et la pauvreté ont amené les familles les plus démunies à offrir leurs enfants à des familles urbaines la plupart des gens pensent à la traite des esclaves entre l'Afrique et les Amériques au 18* siècle.Des législations et des traités internationaux interdisent aujourd'hui cette pratique, notamment Déclaration universelle des droits de l'homme, ourtant, l'esclavage existe toujours; a simplement emprunté d'autres formes.s esclaves contemporains travaillent dans les champs, mais d'autres fournissent un labeur manuel dans de nombreux secteurs industriels, à la ville comme â la campagne.Ces formes contemporaines d'esclavage sont en réalité aussi anciennes que l'esclavage traditionnel et les tentatives de les éliminer ont eu jusqu'à maintenant beaucoup moins de succès que les campagnes contre l'esclavage traditionnel du siècle dernier Mike Dottridge, Directeur, Anti-Slavery International (Londres) » censées plus aisées.Les parents espéraient une vie meilleure pour leur enfant.Aux yeux des familles d'accueil, les restavek sont des moins que rien.Ils sont battus et exclus de la vie familiale.Ils ne mangent pas la même nourriture que les autres et portent des habits déchirés.L'injustice vécue par ces centaines de milliers d'enfants n'inquiète pas le gouvernement.Il y a pourtant des articles dans le Code du travail haïtien qui stipulent qu'aucun enfant de moins de 12 ans ne peut être confié à une famille pour être employé domestique.Un autre article dit que toute personne, avant de prendre un enfant à son service, devra obtenir un permis délivré par l'Institut du Bien-Étre Social et énonce les obligations envers ces enfants (entre autres un logement décent, des vêtements convenables et une nourriture suffisante).Des organisations haïtiennes vouées à l'éducation populaire et à la défense des droits humains, dont l'Institut culturel Karl Levèque (ICKL) et la Société d'animation et de communication sociale (SAKS), mènent présentement des actions pour attirer l'attention sur cette situation intolérable et pour amener le gouvernement à agir.Photo en page de gauche; enfants esclaves libérés au Pakistan.Pfcoio jacquet tertrmd OenhppemeM et Pou Cet article provient d'un rapport intitulé: La servitude pour dette.L'esclavage sur tous les continents publié par Développement et Paix et Anti-Siavery International (Londres) en juin 1999.Conception graphique: Philippe Langlois Cet espace est retenu et payé par: AQOCI DÉVELOPPEMENT ET PAIX INTER PARES OXFAM-QUEBEC SUCO ïk DÉkELOPPE/MENr Wetmix slavery pag-x ■ au) U r Maricarmen Merino-Beaudoin Les droits humains dans l'urbanisation du Brésil Arrive en ville! mm lk| ous sommes les exclus de la ville.Des W l^B paysans qui ont dû abandonner leurs terres parce qu'ils n'avaient pas d'avenir.Des jeunes issus de familles pauvres qui seront encore plus pauvres.Des personnes qui doivent se disputer avec les charognards, les ordures que jette la ville.» Wendel Alves da Silva, coordonnateur du Mouvement des travailleurs sans toit (MTST), dans l'État de Sào Paulo au Brésil, illustre la misère dans laquelle vit un tiers de la population brésilienne.Bien que le Brésil soit un pays riche, seulement I % de la population détient plus de la moitié (650 milliards $ÉU) de la richesse du pays.Le tiers des habrtants-es sont pauvres, sans écoles, sans services publics et parfois même, sans logement.D'après Wendel Alves da Silva, il existe plus de 50 millions de personnes sans tort au Brésil, sur une population totale de quelque 170 millions.L'exode rural grossit les villes, lentement mais inexorablement Selon les chiffres officiels, en 2025 plus de 80 % de la population vivront dans les zones urbaines.En 1980 le pourcentage était de 69 %.Cette croissance a aussi aggravé les tensions sociales.Le taux de chômage dans les principales villes dépasse 20 %, comme c'est le cas à Recife et à Salvador Un taux de chômage aux effets dramatiques en l'absence de filet social.20 MILLIONS DE FAMILLES Lui-même sorti des rangs du Mouvement des paysans sans terre (MST), M.da Silva affirme que le mouvement urbain au Brésil prend rapidement de l'ampleur.Quelque 20 millions de familles brésiliennes sont actuellement liées au MTST «Grâce à l'ex-pénence du Mouvement des paysans sans terre, nous avons réussi à étendre l'organisation urbaine un peu partout au pays», explique M.da Silva.«Cependant pour le gouvernement nous ne sommes que des bandits et des marginaux.La seule façon qu'il trouve pour répondre à nos demandes est de nous mettre en pnson ou de nous tuer», dénonce-t-il.Le MTST exige du gouvernement du président Fernando Hennque Cardoso la création d'un fonds national d'habitation, d'un projet d'habitation et de développement urbain, ainsi que l'instauration d'une réforme urbaine qui garantirait le droit à un système de santé, d'éducation, d'activité culturelle, de transport, etc.Bref, le droit de vivre correctement dans les villes.Aux dires de son coordonnateur, le MTST est maintenant capable, malgré la répression, de faire pression sur le gouvernement Cardoso et de l'amener à respecter le droit constitutionnel au logement social.Les divers mouvements qui luttent pour le droit au logement commencent à s'unifier.D'abord à Campmas et dans d'autres villes de l'État de Sào Paulo, ensuite dans les états voisins comme Rio de Janeiro, Minas Gérais, Amazones, Espinto Santo, etc.«Le gouvernement dit que c'est nous qui provoquons la pauvreté et le chômage, mais en fart la cause première est sa politique néolibérale et de privatisation», ajoute M.da Silva.Il donne comme exemple la vente aux enchères, en juillet dernier, de l'entreprise d'État Telebras, le plus grand opérateur téléphonique d'Amérique latine.Le président Cardoso avait d'abord promis d'investir les recettes de la vente de Telebras dans 46 juillet-août 1999 le développement social, soit quelque 19 milliards $ÉU.Deux jours après la transaction, et cela malgré sa promesse, Cardoso décide alors d'utiliser l'argent pour réduire la dette publique, «parce que c'est la façon la plus efficace et la plus rapide pour augmenter le niveau de croissance».Le pelletage «Au Brésil le gouvernement fédéral démantèle peu à peu le réseau social de l'Etat et transfère aux municipalités la charge dans des secteurs comme la santé et l'habitation.Une charge que les municipalités ne peuvent pas supporter car elles n'ont pas d'argent», affirme M.Alves da Silva Face aux coupures des lignes de crédit pour la construction de logements sociaux (HLM), aux changements dans la politique d'habitation et à l'inaction du ministère fédéral de Planification ainsi que des Compagnies pour le développement d'habitations urbaines (CDHU), les travailleurs sans toit ont pris eux-mêmes les choses en main.Depuis deux ans, hommes et femmes s'organisent dans le but de se donner un logement décent et de changer les choses au Brésil.Regroupés dans des «multiraos», des coopératives ou des associations de locataires, les membres de ces organisations travaillent de façon conjointe pour construire leurs logements, leurs écoles, leurs centres communautaires, etc.En suivant l'exemple du Mouvement des paysans sans terre, le MTST crée aussi des «asentamentos», des campements où vivent jusqu'à 70 000 personnes.Les membres discutent en assemblée de drvers sujets comme l'organisation, les lois internes, l'éducation pour les enfants, les mesures de résistance et la construction des infrastructures nécessaires.Isabel Grey une jeune Québécoise qui a fart du bénévolat au campement «Parque Oziel» de la ville de Campmas l'année dernière, raconte son expérience: «J'ai commencé à organiser avec d'autres bénévoles une école pour les enfants du Parque Oziel.On donnait des cours aux enfants de deuxième, troisième et quatrième années, mais c'était très bnc-à-brac.On a réussi à avoir du pain, du beurre et du lart, ainsi que des crayons pour dessiner Comme le maire de Campmas avait promis une école pour les enfants du campement on l'a beaucoup harcelé afin qu'il remplisse sa promesse.Finalement le maire a envoyé quatre «containers» - servant de classes - et des professeurs payés par la mairie et les enfants ont pu aller à l'école tous les jours.» D'après Isabel Grey, ce gain a permis aux leaders du campement de mieux se positionner pour négocier avec les propriétaires du terrain envahi.Les journaux brésiliens d'avril 1998 mentionnent qu'après l'arrivée de ces «écoles», les occupations du MTST ont gagné en reconnaissance et en bénéfices avec l'installation de l'électncrté et de l'eau, la construction d'écoles, de garderies et de centres de santé et, dans certains cas extraordinaires, l'installation même du téléphone.Selon M.Alves da Silva, l'unité entre la ville et la campagne est en train de faire avancer la lutte sociale au Brésil, les réformes agraire et urbaine ne pouvant qu'aller de pair \f$ PHOTO: IOHN MAIER |R.juillet-août 1999 ^88 47 Nicole Brais Ces jeunes que nous ne saurions tolérer L9 année scolaire terminée, les vacances s'annoncent Les ados vont réinvestir la rue et les parcs sur des roulettes aux formes multiples.Tenez-vous-le pour dit ils vont être visibles, ils vont faire du bruit Eh oui!, on va redécouvrir qu'ils existent après les avoir confinés pendant neuf mois entre les quatre murs de leurs écoles.Bien des services municipaux s'arrachent les cheveux pour essayer de trouver une petite place, en quelque part au fond d'un parc, le plus loin possible de toute civilisation, pour installer des équipements à l'intention des ados.Un parc pour bambins, pas trop de problèmes.Ces petites choses ne vivent que de jour et sortent accompagnées.Mais les grands, les grands.Ça ne veut plus fréquenter les terrains de jeu, pas même pour y travailler C'est attnqué pour défier les lois de l'esthétisme le plus élémentaire.Ça sort à l'heure où l'on songe à dormir Ça mène un train d'enfer sur des engins diaboliques.Ce n'est pas mê- lant ils font peur aux braves gens.Si on pouvait les congeler entre l'âge de 12 et 18 ans, je suis convaincue que plusieurs le feraient Au même trtre que les dépotoirs, les méga-porche-nes, les centres de désintoxication, les foyers de réinsertion pour ex-détenus, les ados sont visés par le syndrome «pas dans ma cour».Même les ex-parents d'ados, soudainement amnésiques, font preuve d'ostracisme.À force de leur demander de nous rappeler le moins possible leur existence, on finit peut-être par susciter la réaction contraire chez tout ado qui se respecte.Si on leur demandait moins de se cacher on saurait davantage ce qu'ils font Ne vaut-il pas mieux un peu de bruit dans le parc l'été que de voir les murs de la polyvalente exploser?Il y a bien des façons d'exister quand on nous refuse les plus banales.Vous cherchez encore des coupables?Regardez donc côté cour \»J -if».PUBUCA1 DU QUI e Plus que jamais, un guide essentiel! NOUVELLE ÉDITION entièrement revue et augmentée Nouveaux chapitres • le système de freinage pneumatique • la conduite d'un train double et d'un train routier Nouveaux textes • l'inspection du véhicule • la ronde de sécurité Conduire m véhicule lourd Société de I assurance automobile du Québec 1999, 267 pages 2-551-18030-9 17,95,?Also svailable in Engtish Onvinç a Heavy Vehicle 2-551-18031-7 Vente et information Internet: http7/docgouv qc ca Chez votre libraire Télécopieur: Commande postale: Les Publications du Québec C.P 1005 Québec (Québec) G1K7B5 (418)643-6177 1 800 561-3479 Téléphone: (418)643-5150 1 800 463-2100 Québec COLLABORATEURS RECHERCHÉS Les défis vous intéressent?L'Association des aides familiales du Québec a deux dossiers prioritaires - le traflic des domestiques au Québec et les revendications pour des changements aux lois du travail.Nous recherchons des collaborateurs-rices avec expérience pour des tâches de traduction, rédaction, recherche, classification.Contactez: 937-6873 Pour être lu dans Vous désirez faire connaître les coordonnées d'un futur événement ou d'une offre d'emploi ou toute autre nouvelle d'intérêt public?Sur quatre colonnes, les petites annonces de Recto Verso sont réservées aux groupes communautaires et seront facturées au coût de 12$ la ligne du magazine.Date limite de réception: le 9 août pour la parution de septembre-octobre 1999.Envoyez-nous vos messages par télécopieur au (514) 523-5812.Recto Verso est ta seule publication à re/omdre prioritairement et directement les militants et travailleurs de la très grande majorité des organisations communautaires, sociales, syndicales, institutions d'enseignement, bureaux politiques et autres lieux d'mtluence.Recto Verso est maintenant lu par plus de 115 000 personnes dont plus des deux tiers sont impliquées socialement ou syndicalement 48 ^S8 juillet-août 1999 Pour une école «catho» J • aimerais réagir à vos propos tenus dans l'édrtonal de Recto Verso du mois de mai-juin 1999 intitulé: Le petit Jésus perdu.Il est vrai qu'on ne peut enseigner la foi de la même manière qu'on enseigne les mathématiques ou le français.Heureusement d'ailleurs! Par contre, la foi se suscite et il semble que ce ne sort pas l'école laïque qui puisse la susciter.Vous semblez prendre pour acquis que l'école publique est libre de dogmes et qu'elle ne professe aucune religion.Belle naïveté! Il n'y a nen de plus dogmatique qu'un commissaire d'école «formé» aux valeurs «libérales», «démocratiques», «républicaines» ou autres panacées que nous offre le monde contemporain.L'école publique, laïque, «déconfessionnalisée» a ses présupposés, ses valeurs, elle professe sa propre profession de foi même si non «religieuse» au sens strict Vous réduisez la foi au phénomène religieux II y a une différence entre «croyance» et façon de la vivre.La communication de la foi (ou sa «suscrtation» comme |e l'ai dit) n'a nen à voir avec l'histoire des religions.Cest plutôt le contraire à mon sens.On s'intéresse aux religions quand on a la foi ou quand on est dans une démarche qui va dans ce sens Sinon, quel intérêt cela peut-il avoir' Même chose pour la théologie Qui ferait des études de théologie (ou des études bibliques) s'il ne croyait pas en Dieu?Ce serait comme étudier l'ingénierie en ne croyant pas en l'application possible d'une discipline abstraite comme les mathématiques.Ou la médecine en ne pensant pas que la biologie énonce des lois naturelles vénfiables et applicables au corps humain.Ça n'aurait aucun sens1 Sauf si on a du temps à perdre [ ] Je préférerais, et de loin, une école «catho» avec des dirigeants «éveillés» quant à leurs responsabilités sociales ou ouverts aux réels besoins des |eunes qu'une école tout ce qu'il y a de plus laïque et soi-disant démocratique en train de vendre le système scolaire aux intérêts mercantiles du marché.N'est-ce pas ce qui se passe à l'heure actuelle, ou ce qui va se passer éventuellement7 Je pense surtout aux universités-Pepsi, Coke, etc.Mais n'est-ce pas qu'un début?Bref, s'il faut une idéologie à la base du système scolaire, autant qu'elle sort la plus humaniste possible et qu'elle prenne ses distances avec les soi-disant nécessités économiques et concur- rentielles de notre monde moderne.Les tenants de la confessionnalisation ont au moins, enfin je crois et je l'espère, cet avantage de proposer autre chose que des encadres publicitaires dans les «chiottes» et des caméras vidéo postés aux quatre coins de la cour de récréation.Ils ont sûrement des points de vue valables dont il faut au moins tenir compte dans nos décisions politiques.Le style de système scolaire que l'on privilégie est une décision hautement politique tout comme les valeurs qu'on entend y défendre.La formation de «croyants» n'est pas une si mauvaise valeur que ça, même s'il ne faut pas la poser dans l'absolu- Mario Charland Trois-Rivières iÇ Nous avons soulevé la question de l'inefficacité de l'enseignement religieux à l'égard de jeunes qui n'ont pour la très grande majorité, aucune expérience de foi significative.Votre réaction n'y répond pas.La foi ne peut s'enseigner à des gens qui ne choisissent pas de vivre comme croyants-es et nous croyons que l'école publique n'a pas à la susciter Ce droit revient en exclusivité aux Eglises et aux familles.et non à une institution d'État Cest par ailleurs bien mal nous connaître que de nous prétendre promoteur d'une école inféodée aux intérêts mercantiles du marché.L'école est un lieu de découvertes et d'apprentissages à vivre dans la plus entière liberté.[}K] La maison buissonnière fait fausse route JA étudie en enseignement du français et de la morale au secondaire.Lorsque j'ai lu votre article «La maison buissonnière».|'ai perdu quelques cheveux Premièrement, même la mère la plus attentionnée n'arrivera pas à être compétente dans toutes les matières.Maintenant avec les nouveaux baccalauréats, on nous oblige à être polyvalent dans deux matières, pas dans dix matières' Nous avons tous nos forces et nos faiblesses et ce serait regrettable qu'un parent transmette ses faiblesses à l'enfant De plus, l'enfant qui atteint un certain âge dort se détacher un peu du nid familial pour développer ses propres conceptions; sortir des idées imposées par les parents.Finalement l'école offre bien plus que l'enseignement C'est toute une vie sociale qui s'organise au fil des années Une des rares personnes qui a réussi avec ce genre d'éducaton, c'est Agatha Chnstie.Sa mère l'a retirée de l'école dès six ans.Mais n'allez pas lui demander qu'est-ce que le dénominateur commun pour les fractions ou l'albédo en géographie1 MélanieGuay Étudiante à f UQAH, Hull Prolétaire?! Suite à la parution de l'article intitulé «Restauration populaire - manger en ville» dans le no de mai-juin 1999 et à notre conversation téléphonique concernant la part que mon restaurant prend dans cet article, je vous saurais gré de bien vouloir corriger certains petits détails qui, je crois, rendraient au restaurant une apparence plus charmante.Texte corrigé Il y a des rideaux verts ou dorés qui nous ramènent à songer au «passé» du Restaurant Barbe.(_) Son succès est probablement obtenu par la conservation de lïnté-neur simple d'une bâtisse centenaire (_).Quand on parte de tradition et de resto familial presqu'aussi vieux que la ville.Texte original Aux fenêtres, il y a des ndeaux verts ou dorés de style vieux résidentiel.Victime de son succès.Chez Barbe s'est agrandi par les pièces d'une typique maison résidentielle.Quand on vous parle de tradition et de resto prolétaire.C'est de cette façon que j'aurais préféré lire (certains extraits de) l'article paru dans votre revue.J'ai à coeur que tous les gens qui viennent nous voir soient satisfaits et il est bien évident que le mot «prolétaire» employé dans votre article ne convient pas tout à fait et n'est pas sans blesser certaines gens Hélène Courchesne Hull yg En vous retournant votre appel téléphonique, nous vous avons invité.Madame Hélène, à nous faire parvenir votre réaction à I article sur votre restaurant mais nous ne nous attendions pas à «manger» des «corrections».Vous n'avez pas aime le ton de cet article: c'est une chose.Mais c'est la différence entre de la promotion et du journalisme Les restaurants ont tout le loisir de se payer une promotion, superlative et avantageuse.Puisqu'il ne s'agissait pas de publicité, nous voulions parler librement de façon neutre, dans ce qui était un essai de petite sociologie de la restauration.Quant au terme «prolétaire» pour qualifier votre style de clientèle, nous sommes désolés que quiconque en art été offusqué: il n'y avait là nen de pépratif.nous considérant nous mêmes comme prolétaires, et c'est ce genre de clientèle et de restaurant que nous recherchons.D'en faire indirectement la publicité était une façon de leur rendre hommage.On peut se questionner fortement sur les conceptions sociales de gens, comme ce «journaliste» qui vous a mis.la puce dans l'oreille, qui considèrent que «prolétaire» donne dans le péjoratif.Nous voulons croire que le lectorat est assez intelligent pour ne pas être toujours dupe de la rhetonque publicitaire, et apprécie les nuances d'un discours franc.[D.S.-L] juillet-août 1999 V^8 49 Richard Bousquet et Ludovic Hirtzmann Trou noir .admîhTCW^pn de l'État de l'Ohio passera lëT^uvel an dans .un bunker installé 8k sous-sol.leur de l'E|t a pris fetrange mesuie de tion au cas oùVles îmberaient vicLmes tdéclaré une pfrte-lergency 1 fctiH) ILLUSTRATION: DENIS RIOUX ■■■■■■ Circule * Super Bowl, l'Agence fédérale de l'aviation civile états-unienne a installé une tour de contrôle temporaire pour gérer les allées et venues des 475 hélicoptères, dirigeables, ou avions présents pour l'événement.The Seattle Times (LH) Chargez!! BÉGAIEMENT DE L'HISTOIRE William Roddha est l'un des 11 000 contrôleurs aériens licenciés par Ronald Reagan en 1981 lorsque ces derniers avaient fait grève.Monsieur Roddha sera gardien de prison, policier, à des salaires bien inférieurs à celui d'aiguilleur du ciel.En 1993, Bill Clinton permet aux ex-contrôleurs de postuler à Agence fédérale de l'aviation civile.18 ans plus tard, William Roddha est de nouveau contrôleur The Wall Street Journal (LH) La GRANDE muraille Lors d'un voyage au Canada, en avril 1999, le Premier ministre chinois a été questionné dès sa descente d'avion par son homologue canadien sur la question des droits de la personne en Chine.Le dirigeant chinois ne s'est pas démonté et a indiqué que le milliard trois cents millions de Chinois saluait les trente millions de Canadiens.Une façon comme une autre de remettre les choses à leur place.(LH) Les cours dispensés à l'Université du Québec à Montréal génèrent une subvention de base de 135 millions $.Se répartissant la tâche d'enseignement à peu près moitié-moitié, les professeurs-es permanents ont une masse salariale de près de 63 millions $ et les chargés-es de cours se partagent environ 16 millions $.La bonne affaire (RB) S'AMUSER sur Internet Après plusieurs années de résistance au Web, l'un des régimes les plus durs de la planète l'accepte.I 000 mosquées sur les 3 000,que compte l'Iran, seront bientôt reliées a l'Internet A.F.P.(LH) NAVIGATION ALITÉE Un Italien vient d'être hospitalisé après avoir navigué pendant trois jours sans interruption sur Internet.Le malheureux souffrait de «confusion mentale, hallucinations et délires».LaRepublica (LH) Les armes vieillissent bien Les universités britanniques ont investi une partie des fonds de pension de leurs employés-es dans des entreprises fabriquant des armes, tels que B.A.E.,Vickers, Rolls Royce ou G.E.C.Cette affaire touche également Oxford et Cambridge qui ont investi environ 23 millions $ dans ces sociétés.El Pais (LH) Les yeux et les oreilles de RECTO VERSO 50 V6®8 juillet-août 1999 Imagine^ ce qu'une plus grande économie d'impôt peut faire pour votre retraite.Avec les crédits d'impôt additionnels que vous procure Le Fonds de solidarité (FTQ), vous économisez beaucoup plus d'impôt qu'avec les REER ordinaires.Vous pourrez réinvestir ces économies et planifier la retraite dont vous rêvez.ŒSOLïDARrTE .DES TRAVAILLEURS I DU QUEBEC TTC" I La force du travail 1 800 567-FONDs notre tr Cil romp Jour après jour, la population compte sur nous pour repondre à ses besoins.Loin de reconnaître notre apport et l'importance des senices publics dans notre société.le gouvernement du Québec demeure insensible aux besoins grandissants de la population.Il ne montre pas de considération pour celles et ceux qui soignent.éduquent, appuient, soutiennent, donnent les senices.Les services publics ont maintenant besoin d'un nouveau souffle.L'amélioration des services au public, ça passe aussi par l'amélioration de nos conditions de travail et de nos salaires.Secteur] ublic CSN
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