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Titre :
Recto verso
Recto verso est une revue bimestrielle engagée portant sur le monde du travail, l'économie sociale et la coopération internationale. Publiée de 1997 à 2004, elle fait suite à Vie ouvrière. [...]

Recto verso est une revue bimestrielle publiée à Montréal de 1997 à 2004. Résolument de gauche, la revue accueille des rédacteurs dont les préoccupations sont orientées vers la lutte aux inégalités sociales, la solidarité internationale et le développement de services publics de qualité.

Recto verso fait partie d'une longue série de publications incluant le Bulletin des aumôniers des mouvements spécialisés d'Action catholique (1942-1947), L'Action catholique ouvrière (1951-1957), Prêtre d'aujourd'hui (1958-1966), Prêtres et laïcs (1967-1973), Dossiers « Vie ouvrière » (1979-1990), Vie ouvrière (1979-1990), et VO (1990-1997), qui, en fusionnant avec Les Carnets de VO (1996-1997), devient Recto verso (1997-2004).

Recto verso s'adresse à un public scolarisé et engagé : intervenants et militants des milieux communautaires et syndicaux, journalistes, étudiants, recherchistes et, plus généralement, les individus préoccupés par les changements sociaux.

Le magazine est distribué gratuitement à 100 000 exemplaires.

« L'information dans une sacoche », Recto verso - Numéro spécial 50e anniversaire, no 293, novembre-décembre 2001, p. 28-29.

Éditeur :
  • Montréal :Revue vie ouvrière,1997-2004
Contenu spécifique :
novembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • VO ,
  • Carnets de VO
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Références

Recto verso, 1997, Collections de BAnQ.

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n°269 novembre décembre 1997 ENTREVUE accéder à Marcelle % .^B» rir RECTO VERSO est un magazine socio-politique indépendant pan-québécois d'intérêt général, un magazine alternatif d'information, de réflexion et d'enquête qui traite des conditions de vie et de travail, des luttes, de la culture et des aspirations du monde populaire.RECTO VERSO s'adresse aux militants-es, aux intervenants-es des milieux populaires et à ceux et celles qui aspirent à des changements sociaux.RECTO VERSO contribue à ce que le rapport de forces sociales profite à toute la population humaine d'ici comme d'ailleurs dans le monde.Publiée depuis 1951, la publication a évolué au fil des ans pour devenir un magazine indépendant, qui s'inspire des différents courants émanci-pateurs.Les articles publiés dans RECTO VERSO n'engagent que leur-s auteur-e-s.Conseil d'administration: Daniel Beaulieu.Guy Binon, Anne-Marie Brunelle, Marianik Gagnon, Clotilde Lemay, Daniel S.-Legault, Monique Tremblay.Comité de lecture: Louis Bonneville, Louis Brillant, Iacques Collin, Cmantal Desiardins, Guillaume Dostaler, Françoise Guay, Chantal Havaro, Ludovic Hirtzmann, Jean-Sébastien Marsan, Julie Perreault.Rédacteurs en chef: |ean Robitaille et Daniel S.-Legault.Coordination, promotion, publicité: Jean Robitaille.Direction artistique, secrétariat de rédaction, couverture: Daniel S-Legault.Gestion des abonnements, comptabilité et traitement de textes: Ginette Gaudreault.Distribution: Nathalie Labonté.Mise en pages et graphisme: James Wagner.Représentation publicitaire: René Harvey, (514) 523-5998, poste 22, et le Réseau Placement Média, (514) 722-0785.Édition: Revue Vie ouvrière inc.Impression: Imprimerie o'Arthabaskainc.Fréquence de parution: 6 numéros par an.Photos couverture: M.Ferron par Guillermo Jareda; médaillon: concept D.S.Legault, réalisation Denis Rioux.TARIFS D'ABONNEMENT: INDIVIDU OU GROUPE POPULAIRE: 20S/AN OU 32S/2ANS.INSTITUTIONNEL: 255/an.Soutien: 32S/an.Étudiant ou sans emploi: 15S/an.à l'étranger (par avion), individuel: 30s/an.à l'étranger (par avion), institutionnel: 40s/an.un numéro seulement: 4,00$ ttc.Tirage de 100 000 copies: 7 000 encartés en iournaux locaux, 29 000 en points oe dépôt, 1 000 en abonnements, à travers le Québec.La distribution de RECTO VERSO est certifiée par l'Agence de VÉRIFICATION DE LA DISTRIBUTION PAR ASSERMENTATION (AVDA).RECTO VERSO EST MEMBRE DE LA SOCIÉTÉ OE DEVELOPPEMENT DES PÉRIODIQUES CULTURELS QUÉBÉCOIS, ET DE L'ASSOCIATION DES MÉDIAS ÉCRITS COMMUNAUTAIRES DU QUÉBEC.SES ARTICLES SONT INOEXÉS DANS LE RÉPERTOIRE ANALYTIQUE de presse Repère.Dépôt légal à Ottawa et à la Bibliothèque nationale du Québec ISSN 0849-035X.Envoi de publication, enregistrement n 0220.Parution: n°269, 1" novembre 1997.4 1215, rue Visitation, bureau 101, Montréal (Québec) H2L 3B5 "ZWZX'r" Téléphone: (514) 523-5998.'—"•■" TÉLÉCOPIEUR: (514) 527-3403 Adresse électronique: vo@mlink.net Site: www.rectoverso.qc.ca Numéro 269 Novembre- décembre 199/ PAGE Entrevue Accéder à MARCELLE FERRON Sa renommée n'est plus à faire; avec les Lemieux, Riopelle, Borduas, Betty Goodwyn, ses oeuvres sont des valeurs sûres recherchées.Mais Marcelle Ferron a tenu à ce que son art reste accessible à tous-tes.Pionnière d'un art public, elle n'en est pas moins une femme pudique.Dossier bien Médias L'info mise en boîte En 1997, sommes-nous bien informés-es?Concentration de la propriété de presse, uniformisation, fabrication de l'information, conditions de travail, relationnistes et corporatisme, publicitaires: autant d'influences sur la qualité de l'info.Anges et démons, les médias servent les meilleures et les pires des causes.Qui tire son épingle du jeu?Comment les médias s'acquittent-ils d'une responsabilité sociale unique?Sont-ils désormais condamnes, par souci de survie financière (ou de profits), à ne faire que de la promotion?novembre-décembre 1997 Éditorial Des conflits de travail.populaires.4 Carrefour de savoirs Le cancer, le fric, et moi (témoignage).16 On apprend 83% par la vue Contrôle des armes.23 Chronique insolente Exit la retraite.25 Carrefour de pouvoirs _ Services de garde: entrevue avec Carole Lavallée.40 V ETA: manifs en Espagne.43 ^V » Kébékoskope Filles-mères en milieu rural.47 Immigration: les femmes-relais.48 Courtes et sucrées.50 VBS8 3 k Ludovic HlRTZMANN QUAND DES CONFLITS DE TRAVAIL se transforment en appels démocratiques PHOTO l£E ISIPA) Habituellement impopulaires, des grèves peuvent à la faveur d'une combinaison de facteurs divers devenir le catalyseur d'un nouvel ordre des choses Trois grands conflits sociaux ont agité récemment l'Europe.l'Asie et l'Amérique.Ils révèlent que le libéralisme n'est pas une fatalité et qu'une redistribution des richesses n'est pas anti-économique.SORTIR OE LA SOUMISSION Séoul.Corée du Sud.Le 26 décembre 1996.à 6h du matin, le gouvernement convoque ses députés sans prévenir l'opposition.La majorité vote une loi facilitant le licenciement reporte la liberté syndicale et renforce les pouvoirs des services de renseignement.Le Kctu.syndicat interdit, riposte et paralyse les principales industries.Le Fktu, seul syndicat autorisé, se joint aux grévistes.Les heurts avec les forces de l'ordre sont violents.Matraques et grenades lacrymogènes s'opposent aux barres de fer Un ouvrier de chez Hyundai s'immole par le feu.Le président Kim Young-Sam, soutenu par 80% de la population en 1993, voit son capital de sympathie fondre à 18%.Les Coréens-nes veulent toucher les dividendes de la croissance.Le pays est la II' puissance mondiale.Son peuple n'est que le 44' en terme de richesse par habrtant-e Daewo.groupe phare de l'industrie nationale, a pour devise «Défi, sacrifices, créativité».La Corée du Sud a grandi très vite.Mais la démocratie n'est pas au rendez-vous.Si les généraux ont disparu, 2 000 mihtants-es syndicaux ont été arrêtés ces 10 dernières années.Les autorités n'ont qu'une vision laborieuse pour l'avenir du pays Les temps ont changé, la Corée est moins compétitive, sa croissance n'est plus que de 5% par an.Les entreprises ne garantissent plus l'emploi à vie.Daewo délocalise ses usines en Grande-Bretagne où la mam-d'oeuvre est si bon marché.Le tigre coréen réclame une barre d'énergie appelée démocratie avant de pouvoir nous dévorer.LA MAUVAISE GRAISSE Décembre 1995.Après un voyage aux États-Unis, le président français Chirac explique à ses compatriotes qu'ils sont «conservateurs», incapables de la moindre initiative.Jacques Chirac veut réformer l'éducation.Mais aussi l'assurance-maladie et la SNCF, les chemins de fer, deux secteurs «endettés».Chirac veut en fait donner un visage libéral à la France.Le gouvernement agit en ignorant les partenaires sociaux.Cette arrogance met le feu aux poudres.Toute réforme de l'éducation, bonne ou mauvaise, rencontre la contestation étudiante.Énorme compagnie semblable à Hydro-Québec, les chemins de fer sont aux mains du syndicat CGT le bras gauche du Parti communiste.Et l'assurance-maladie est un monument au même titre que la tour Eiffel.novembre-décembre 1997 •- ' .Lorsque la France est mécontente, elle descend dans la rue le dire à ses dingeants-es.Les Français-es n'aiment pas négocier Chirac, élu sur des promesses de baisse du chômage et de maintien des acquis sociaux, renie ses engagements.Il demande des sacrifices dans un pays où la principale richesse demeure l'Etat-providence.En décembre 1995, les grèves paralysent le pays.La France ne compte que 8% de travailleurs-ses syndiqués.63% des Françaises soutiennent le mouvement.Le gouvernement reculera Les disciples de Descartes pensent qu'ils ne sont plus le «peuple élu» mais croient que leur système reste le meilleur au monde.Et de dire: «La loi c'est le marché; le service public est hors du marché; donc le service public est hors-la-loi.»1 UNE GRÈVE POUR SORTIR DES MAC-IOBS Le 3 août 1981.12 000 aiguilleurs-ses du ciel se mettent en grève aux États-Unis.Le 5 août, le président Reagan licencie les grévistes.16 ans plus tard, presque |Our pour |Our, le syndicat des Teamsters mobilise 185 000 salanés-es d'UPS.le numéro un de la messagerie Le 24 août, lesTeamsters crient victoire.Entre ces deux grèves symboles, les syndicats ont vécu une descente aux enfers L'année 1976 comptait 231 conflits sociaux contre 37 en 1996.PHOTOS LUDOVK HIBT2MANN Au début des années 90, les entreprises licencient, renégocient les conventions collectives à la baisse et recourent au temps partiel.L'économie repart, les compagnies engrangent les profits.Depuis, les salaires stagnent alors que les PDG de sociétés déficitaires reçoivent des millions pour quitter leur entreprise en récompense.de leur échec.Au début 1996, la bourse a flambé à l'annonce du licenciement de 40 000 salanés-es d'AT&T, On a dansé sur la dépouille des chômeurs-ses.UPS est le symbole de la réussite des États-Unis.1,5 milliard $ de profits.337 000 salanés-es.130 000 véhicules 523 avions.Depuis 1993 , UPS a engagé 46 000 personnes dont 38 000 à temps partiel à 9$ de l'heure contre 19$ pour les travailleurs-ses à temps plein.LesTeamsters ont agi contre cette miustice et contre un changement des régimes de pension.novembre-décembre 1997 Ron Corey.le président des Teamsters.a d'ailleurs choisi straté-giquement l'entreprise et le moment.UPS contrôle le marché des messageries.Les livreurs-ses ont la sympathie du public.La grève touche un secteur en plein essor et pas les traditionnels manufacturiers.Les sondages Gallup-CNN de la mi-août, en plein conflit, ont montré que 55% de nos voisms-es du sud soutenaient les grévistes.La population des États-Unis n'a pas déposé un nouveau proiet de société.Elle a seulement demandé moins de Mac-pbs et une plus juste redistribution des richesses tout en respectant le modèle états-unien ^£ Le Monde Diplomatique.Manière de von.Septembre 1997 V»B PUBLIREPORTAGE La mondialisation : une planète.plusieurs mondes D e passage au Chili il y a quelques années, un membre de l'équipe d'Inter Pares effectuait une visite à des partenaires dans la province de San Felipe de Aconcagua, à deux heures au nord-est de Santiago.Du haut d'un escarpement, il contemplait la vallée desséchée menant aux collines jetées au pied des Andes qui se profilaient à l'horizon.Les agriculteurs d'une coopérative qui l'accompagnaient lui signalaient la topographie de la vallée, désignaient l'emplacement des puits qu'ils rêvaient de creuser : tout un système d'irrigation pour reverdir la vallée.Portant leur regard dans une autre direction, ils découvraient une grande, riche et verdoyante hacienda, surprenante oasis dans le désert de la vallée.Cette terre, expliqua-t-on, appartenait à un officier de l'armée à la retraite, mais elle avait naguère appartenu à la coopérative ; ses produits avaient nourri les membres de la coopérative qui réussissaient aussi à les vendre dans les marchés avoisinants et jusqu'à ceux de la capitale.Or, quand les cultivateurs n'ont plus été capables de rembourser les prêts en raison de la crise résultant des politiques d'ajustement économique du régime Pinochet, leur terre a été saisie par la banque.Le militaire l'a alors achetée pour une bouchée de pain, il l'a modernisée à l'aide des prêts à long terme obtenus aux fins d'irrigation et d'achat d'équipements.Il a prospéré et guettait maintenant l'occasion d'acheter d'autres terres.Entre temps, les paysans n'ont plus été capables de trouver du crédit.Beaucoup de familles ont dû quitter leur terre et y renoncer.Plus de la moitié des deux mille familles qui avaient un jour cultivé la vallée étaient déjà parties et tentaient péniblement de gagner leur vie dans un pauvre bidonville, à la capitale ou ailleurs en province — invisibles migrants économiques passés d'un désert rural à un désert urbain.Dans un article publié en 1990 au retour de ce voyage, notre collègue écrivait : « A moins d'un important changement dans l'économie, ces paysans n'ont d'autre avenir que la pauvreté, et la vallée deviendra le vaste domaine d'un riche propriétaire terrien habitant ailleurs, produisant des cultures vouées à l'exportation vers les capitales étrangères et plus jamais pour les marchés locaux.Une fois la transition achevée, des spécialistes de la Banque mondiale iront voir la vallée, ils parleront de miracle économique.Mais il n'y a là aucun miracle.En fait c'est un crime, un crime qui se répète de manière systématique partout dans le monde.» Évidemment, aujourd'hui, le Chili est vanté comme un véritable miracle économique, même si le prévisible démembrement du milieu rural se poursuit et si un nombre grandissant de pauvres continuent de s'enfoncer dans la pauvreté urbaine.Ce scénario est en train de se répéter dans tous les pays du monde, au Nord comme au Sud, y compris au Canada.Les économistes ont beau affirmer qu'il y a une seule planète et un seul marché — le marché mondial —, en réalité cette planète unique est composée d'une multitude de petits mondes clos peuplés par les pauvres et les sans pouvoir, et d'un autre monde plus vaste fait par et pour les riches.Car seule une poignée de riches habitent vraiment la planète entière, libres de voyager et de travailler sans frontières, profitant de tous les endroits sur terre comme s'ils étaient à eux.Les autres habitent un petit coin, vivotant sans grand espoir et sans aucun horizon.Pour cette majorité, le monde n'est pas une planète, mais une prison.L'écart entre ces mondes ne cesse de grandir, et l'idée d'une planète pour tous se révèle une cruelle déception.Les gouvernements du Xord et leur légion d'économistes néolibéraux présentent cette pauvreté et le démembrement des communautés comme un effet secondaire inéviatable de l'incontournable mondialisation de l'économie.Or, ni la mondialisation déréglementée de l'économie ni ses désastreux effets sur les majorités appauvries ne sont inévitables.La mondialisation résulte de politiques, de valeurs et d'une idéologie, non de forces économiques soi-disant naturelles ou irrésistibles.L'influence démesurée des milieux financiers et commerciaux internationaux est le résultat direct des politiques qui sont établies par des politiciens et des bureaucrates bien vivants.Ces politiques ne sont pas inévitables et toutes sont réversibles.Elles ont déjà changé et changeront encore.Le commerce et les investissements internationaux peuvent être réglementés et contrôlés.Les sociétés transnationales peuvent être tenues responsables des conséquences sociales et économiques de leurs pratiques.On peut — et l'on doit — rétablir le pouvoir et la responsabilité des gouvernements dans la définition de politiques économiques et sociales nationales visant à protéger et à promouvoir les meilleurs intérêts de tous les citoyens, et non uniquement des riches.^ INTER PARES 58, rue Arthur Ottawa (Ontario) K1R7B9 tél.: (613) 563-4801 télec.: (613) 594-4704 Inter Pares, une organisation de justice sociale, œuvre depuis 1975 à créer des liens avec des groupes du tiers monde et à appuyer des programmes de développement communautaire.Inter Pares travaille aussi à sensibiliser le public canadien et I taire des pressions politiques pour favoriser la compréhension des causes, des effets et des solutions au problème de pauvreté.Ce bulletin il'intnnn m.m : .I.ins le magazine Rt\~to Icryv est publié conjointement par les nrganisatinns suivantes VCK H 1.IV\ clappement et paix.Inter Pares «SUCO Avec un A.M.L pareil, qui a besoin d'ennemi! -Trontant du désintéressement politique qui accompagne la saison estivale, le gouvernement fédéral exprimait son intention de souscrire à l'Accord multilatéral sur l'investissement (A.M.L).Compte tenu des enjeux entourant cet accord, on doit critiquer le choix qu'a fait le gouvernement de procéder dans cette voie en l'absence de tout débat public.L'Accord multilatéral sur l'investissement (A.M.I.), qualifié de « charte des droits et libertés des corporations » par le journaliste Jean Pichette (Le Devoir, 2 octobre 1997) a été rédigé dans sa version préliminaire par 29 pays membres de l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE).Selon un autre journaliste, Robert Everert-Green (Globe and Mail, 29 mai 1997), l'Accord « interdirait la limitation de la propriété étrangère, l'obligation de créer un minimum d'emplois dans le pays et d'assurer un contenu domestique aux produits, et la jouissance d'un quelconque traitement préférentiel pour les sociétés appartenant à des Canadiens ».Le Conseil des Canadiens a critiqué l'Accord, qui lui parait être une « charte des droits et libertés qui accorderait aux sociétés transnationales le droit d'acheter, de vendre ou de déplacer leurs activités partout dans le monde, au moment où elles le voudraient, en l'absence de toute réglementation gouvernementale ».L'Accord n'est donc que la dernière d'une série de politiques que les pays les plus puissants se sont données ces dix dernières années en vue de donner forme à ce qu'ils appellent la mondialisation.Et si la finance et le commerce internationaux exercent une influence aussi démesurée sur les politiques de ces pays, c'est parce que des politiciens et des bureaucrates ont établi des politiques dans ce sens, des politiques tel que l'A.Ml.qui a été négocié à huis clos durant deux ans, mais sans tenir compte de l'opinion publique. i t Mélanie Couture PHOTOS: GUILLERMO JAREDA POUR ACCEDER À MARCELLE FERRON Femme gratte-ciel Ne lui dites pas qu'elle fait de la peinture abstraite, même pas de l'«abstraction lyrique», comme on a dit.«Je ne peins pas de l'abstraction, puisque le terme abstraction veut dire abstraire.Je n'abstrais rien.Je peins des paysages vus d'en haut.Des paysages qui proviennent de mon imaginaire, vus à 3 000 pieds de hauteur» Sa renommée n'est plus à faire; ses oeuvres sont prisées des collectionneurs: les critiques s'exclament encore à chacune de ses expositions; avec les Lemieux, Riopelle, Borduas, Betty Goodwyn, ses oeuvres, des valeurs sûres pour les collection-neurs-ses, sont recherchées des galeries d'art et des musées, se vendent des dizaines de milliers de dollars à quelques richissimes collectionneurs-ses.mais Marcelle Ferron a tenu à ce que son art reste accessible à tous-tes.Marcelle Ferron a toujours voulu être proche des personnages qui, individuellement, ne passent pas à l'Histoire, mais qui.collectivement, jalonnent la petite histoire du Québec.L'artiste aime le monde ordinaire, qui le lui rend bien.Elle a beaucoup d'admirateurs-nces dans le grand public.Modeste, elle tempère le compliment.«Le public québécois a une grande qualité: il aime les artistes, dit-elle.Et ce ne sont pas nécessairement les gens les plus avertis (lire, les connaisseurs-ses) qui sont les plus sensibles à l'art.» DANS LA RUE En 1966.de retour au Québec après un exil volontaire de 13 ans en France, Marcelle Ferron a mis une croix sur sa carrière internationale et est revenue au Québec, en pleine Révolution tranquille.«On ne peut pas être universel si on n'a pas les pieds quelque part.» Question aussi de se mettre à l'air du temps et de se lancer dans une aventure d'un autre type: l'art public.Elle en devient une pionnière.Le milieu des galeries et des collec-tionneurs-ses ne lui suffit plus.«Une oeuvre d'art devrait être accessible à chacun, riche ou pauvre, et devrait constituer son environnement quotidien en se rendant ou en revenant de son travail», disait-elle encore.1 Descendre l'art dans la rue.c'était le dogme de la fin des années 60.Dans une révolution pas si tranquille, des artistes voulaient rendre leur art accessible au plus grand nombre.Il fallait sortir l'artiste de son atelier et ses oeuvres des salons privés.L'art devenait public.Marcelle Ferron a délaissé complètement la peinture («un art qui se retrouve trop souvent dans les voûtes des banques», dit-elle), pendant sept ans.pour se mettre aux verrières.Ça tombait pile.On multipliait la construction d'édifices publics dans les années 50 et 60 et on intégrait l'art à l'architecture Par ces grands vitraux qui se déploient dans des lieux publics, l'artiste voulait mettre un peu de lumière dans la vie du monde ordinaire.Les verrières de Marcelle Ferron illuminent des stations de métro, des palais de justice, des mairies, des hôpitaux.Le monde «ordinaire» semble avoir compris.Une passante, habituée de la station de métro Champ-de-Mars.aurait commenté lors d'un sondage: «Qu'il fasse gris, qu'il fasse soleil, ces couleurs qui dansent me font chaud au coeur» Pour Marcelle Ferron, c'est le plus beau compliment reçu, «Ce qu'il y a d'extraordinaire, c'est que cette 8 Ve88 novembre-décembre 1997 femme a vu l'essentiel: le mouvement et la couleur Le reste, c'est du placotage», s'étonne-t-elle encore La conception des verrières a aussi permis à Marcelle Ferron de rapprocher l'art de l'industrie.Avec cet art monumental, l'artiste devenait un maillon dans la chaîne de montage et de construction, une spécialiste de l'aspect artistique, simplement Elle devait travailler en équipe.Tout le monde prenait part à l'oeuvre.Les ingénieurs et les architectes concevaient.L'artiste définissait les formes et les couleurs des pièces à y intégrer.Les coupeurs de verre coupaient.En s'associant avec les travailleurs-ses d'une usine de verre de Saint-Hyacinthe, sans qui elle ne pouvait réaliser les immenses panneaux transparents du métro Champ-de-Mars.l'artiste a créé une véritable petite révolution à la fin des années 60.Les employés-es de Superseal l'ont aidée à peaufiner une technique qui n'était pas au point.Elle a de son côté appuyé ces travailleurs-ses dans leurs luttes syndicales, même si la grève retardait son propre travail et l'empêchait de respecter les délais de remise de ses panneaux Le voyage inverse, de la rue au musée, est moins accepté, encore aujourd'hui, Marcelle Ferron ne se gêne toujours pas pour remettre l'establishment culturel et philanthropique à sa place.Il y a quelques années, l'artiste a tenté un rapprochement entre les grands musées et des artistes amateurs-es du quartier Pomte-St-Charles-St-Henn.Ces artistes réalisaient des toiles et des dessins, un art dit «naïf», sans prétention.Les directeurs-nces de musée ne lui ont même pas accordé une petite salle pour exposer ces oeuvres, rapporte-t-elle: «Les grandes institutions se ferment à l'art du peuple on oublie l'art des gens d'ici et les novembre-décembre 1997 artistes des régions, dit-elle.Mais on expose les oeuvres des peintres naïfs haïtiens, des inconnus!.C'est leur faute si personne ne va au musée: ils ne font pas d'efforts pour développer des nouvelles clientèles.» LES DICTONS DE MARCELLE FERRON Enfant, Marcelle Ferron a vu de près la Grande Faucheuse en survivant à une tuberculose osseuse qui avait emporté sa mère et qui l'a elle-même laissée handicapée de la jambe gauche.La maladie éveille les sensibilités.La dame de 73 ans gesticule avec grâce, mime et relate ses aventures dans un français châtié, d'une voix claire, mais étonnamment grave et puissante pour une personne aussi délicate.Elle s'exclame, se retranche dans son divan, se lève avant de prendre une bouffée de cigarette et reprendre.La séduction et le charme un peu excentriques de la grande dame opèrent et frappent les auditeurs-rices de plein fouet.Elle nous regarde dans les yeux, s'exclame, change de sujet.Sa verve intimide.Ses yeux pétillent.Un halo de fumée de cigarette entoure ses gestes, rendant la scène encore plus théâtrale.Mais Marcelle Ferron est une femme sensible, bien sûr.Fragile.Emotive.En réalisant les verrières du Palais de Justice de Granby.elle a eu une pensée pour les con-damnés-es: «Tout homme a le droit de voir une fleur avant de mourir», justifiait-elle quand on lui demandait pourquoi LEGENDAIRE REFUS "Qu'on m'apporte un morceau de Dieu et j'y croirai.» Marcelle Ferron était athée alors que c'était encore un «crime» au Québec.Son parcours d'artiste engagée a commencé de manière fracassante.En 1948, la jeune recrue des peintres automatistes signait le Refus Global avec 15 autres artistes.On a souvent dit que ce manifeste, rédigé par Paul-Émile Borduas, marque les premiers pas du Québec dans la modernité.En ces temps de fin de règne duplessiste, le pamphlet condamnait l'écrasante présence du clergé et l'immobilisme social de l'époque.Il réclamait à grand cri la nécessité d'un nouvel ordre social au Québec et un «sauvage besoin de libération».Marcelle Ferron avait 24 ans.«On ne pouvait pas se douter que le Refus Global aurait un si gros impact.Ce qu'on écrivait, c'était juste le gros bon sens.L'enfance de l'art.Ça allait de soi.On ne se croyait pas excentriques.Mais les artistes sont des êtres libres par définition.C'est ce qui explique pourquoi les gens se méfient d'eux.On voyait bien que c'étaient nos idées qu'ils n'aimaient pas, pas notre peinture.On s'est dit que ça prendrait 10 ans et qu'après, tout le monde penserait comme nous!» 10 V&8 novembre-décembre 1997 mettre là une verrière si belle.Marcelle Ferron a elle-même été à l'intérieur des murs de la prison: elle a donné des conseils de peintre dans des ateliers, ouvrant aux prisonniers des horizons nouveaux, des espaces de liberté.«Une très belle expérience», se souvient-elle.Mais après quelques visites, elle a laissé tomber, bouleversée par l'environnement du monde carcéral «Des gardiens partout! Avec des mitraillettes presque aussi hautes que moi!», dit-elle.Marcelle Ferron a aussi visité régulièrement un hôpital psychiatri- que de Québec ou.cette fois, c'est auprès des malades qu'elle s'activait.L'artiste y a ressenti beaucoup de tristesse, et un besoin de liberté aussi fortement réprimé qu'à la prison.ART PUBLIC, FEMME PUDIQUE Marcelle Ferron est une femme pudique.Marcelle Ferron parle peu d'elle.Sinon par anecdotes Elle raconte les autres, ces gens qu'elle admire, ceux qu'elle n'aime pas.Des politiciens-nes, des artistes, des gens de la haute finance qu'elle fréquente, malgré elle, dit-elle, dans les salons mondains Lorsqu'on tente de l'amener sur un chemin plus personnel, l'artiste relance de but en blanc le photographe qui m'accompagne: «Parlez-moi encore du Mexique», lui demande-t-elle.C'est après deux heures trente d'entrevue, quelques tours du monde et le départ du photographe que le voile commence à tomber Les réponses se font plus intimistes.La voix de l'interviewée devient plus grave, le ton plus posé.Elle se met alors à nuan- ] Le Refus Global a pris avec le temps l'aura d'une légende.«Un petit groupe est quelquefois le moteur d'un mouvement qui s'étend, qui a une influence parfois sournoise et non dite.Aujourd'hui, il y a des modes.Le Refus Global, c'était un phénomène, pas une mode.» «Les artistes ont une mission sociale.Ils ne doivent pas laisser faire des horreurs dans une société qui les fait vivre en admirant et en achetant leurs tableaux.» À 73 ans, Marcelle Ferron sait encore mettre son poing sur la table.Devant l'actualité, elle proteste.«Il n'existe pas de justice dans la misère.» Ce besoin de justice sociale, c'est l'héritage de son père, expli-que-t-elle.Le notaire idéaliste aux idées de gauche qui accueillait les quêteux à la maison de Louiseville l'a sensibilisée à la misère humaine.Comme son frère lacques Ferron, l'eclaireur et grand écrivain.«J'ai été élevée en apprenant que chaque humain est digne d'attention.» FEMME GRATTE-CIEL Marcelle Ferron n'a pas non plus voulu être prisonnière des rôles qu'on attribuait aux femmes de sa génération.Elle a donc prêché par l'exemple.«Je suis féministe comme on dit humaniste», annonce-t-elle tout de go quand on lui pose la question.Elle a eu droit à une éducation égalitaire par un père avant-gardiste qui permettait aux filles, autant qu'aux garçons, de s'exprimer.Mais il y avait la vraie vie, celle des années 40.Jeune fille, Marcelle Ferron rêvait d'architecture.Elle a changé d'idée: «Être femme architecte, c'était se condamner à être gratte-papier dans un bureau.C'était pas mon genre.» Elle a donc choisi d'étudier à l'École des beaux-arts.«J'ai sûrement été traitée différemment parce que j'étais une femme.La carrière de peintre, elle, a un sexe.Quand ils considèrent l'art des jeunes femmes, les collectionneurs et les critiques d'art se demandent toujours si elles vont se marier, avoir des enfants et.adieu la peinture! C'est moins comme ça aujourd'hui, mais il reste toujours cet arrière-fond de patriarcat.Les collectionneurs aiment bien qu'on court pendant 100 ans, ça donne de la valeur aux tableaux! (Rires)».Elle affirme avoir été mieux traitée par les galeristes homosexuels, qui ont peut-être moins de préjugés sur les risques de la marginalité.V^ novembre-décembre 1997 \£88 11 cer ses propos.Et commence à parler de ce qui l'a touchée, blessée, marquée.Mais elle garde une aura de mystère sur les grandes douleurs de sa vie et les moments de désespoir Elle parle, un peu, des trois grands amours de sa vie.Elle passe très rapidement sur les grandes douleurs causées par les morts, violentes, de ses très proches.Sa mère, morte très jeune.Tous ces suicides dans son entourage: son père, son deuxième mari, des amis-es très proches.Elle raconte à peine plus un autre de ces moments douloureux: «l'enlèvement» de ses enfants par leur père qui ne les avait pas connus, pour une question d'héritage et de belle-mère, après un procès exemplaire qu'on a fait a cette féministe, contestataire, athée, et paysagiste.V^ I Citée dans Rose-Marie ARBOUR, in Les ans visuels ou Québec dons les années soixante, sous la dir.de Francine Couture.VLB éditeur.1983, p.248.a recueilli les propos du personnage, dans L'esquisse d'une mémoire, publié il y a un an.12 novembre-décembre 1997 «%*«£^ dfelTJfrgKSfl] W)QL1S BOïïÛfolTLÏÏÏÏKSooo L'avis de cessation d'emploi L'employeur doit donner un avis écrit au salarié avant de mettre fin à son emploi ou de le mettre a pied pour six mois ou plus.La durée de l'avis varie en fonction de la durée du service continu du salarié dans l'entreprise: • de 3 mois à I an: I semaine d'avis; • de I an à 5 ans: 2 semaines d'avis; • de S ans à 10 ans: 4 semaines d'avis; • 10 ans ou plus: 8 semaines d'avis.L'employeur qui ne donne pas l'avis écrit prévu par la Loi sur les normes du travail doit verser au salarié une indemnité compensatrice équivalent au salaire habituel de l'employé pour une période égale à celle de l'avis auquel il a droit sans tenir compte des heures supplémentaires.L'avis de cessation d'emploi n'est cependant pas requis dans le cas d'un contrat a durée déterminée qui expire, dans le cas d'une faute grave de la part d'un salarié ou lors d'une situation fortuite (ex: un incendie).Pour plus d'information sur ravis de cessation Remploi ou sur toute autre norme du travail contactez les Services i la clientèle de la Commission des rwmes du travail.Grande région de Montréal : 87 3-700 I Ailleurs au Québec (tant frais).I 800 ï A5-1414 Internet h«tp:ifwww.cnt.gouv.qc.ta V :- -f-~-' • SuttMC Commission des normes du travail novembre-décembre 1997 PUBLIREPORTAGE Un appel pour vous .à frais virés Cet automne, les compagnies de téléphone veulent que VOUS payiez encore plus pour votre service téléphonique local &> J3& Voici pourquoi nous devrions les arrêter .Les tarifs téléphoniques locaux montent .montent.et montent encore! Au Canada, le service téléphonique local était une bonne affaire.Cependant au cours des deux dernières années, les compagnies de téléphone ont pu augmenter les prix trois fois plus rapidement que le taux d'inflation mesuré selon l'Indice des Prix à la Consommation (IPC).Si les augmentations demandées sont approuvées,par le CRTC, le prix du service de téléphone pourrait encore une fois croître trois fois plus vite que l'augmentation prévue de l'inflation Ces hausses, si elles sont accordées, totaliseront approximativement $3,4 milliards d'énormes profits additionnels pour les actionnaires des compagnies de téléphone sur une période de 4 ans Les compagnies de téléphone veulent plus de profits Même si les consommateurs ont payé des hausses qui dépassent largement le coût de la vie, les compagnies disent que ce n'est pas encore assez Elles veulent augmenter le profit de leurs actionnaires jusqu'à un incroyable taux de rendement de 12,75%, ceci même si les taux d'intérêt sont à la baisse.En fait, Bell peut remercier le CRTC pour les augmentations déjà accordées cor ses propres chiffres montrent que le bénéfice projeté pour les actionnaires sera de plus de 14% même sans nouvelles augmentations des tarifs locaux Et le même genre de profit est attendu pour toutes les compagnies de téléphone à travers le Canada.Il n'est pas étonnant que le prix des actions des compagnies de téléphone soit à la hausse.Lorsque la concurrence a débuté en 1992, on a dit aux consommateurs qu'il n'y aurait pas de hausses significatives des tarifs locaux.Qu'en pensez-vous ?Hausses mensuelles du tarif téléphoniq je local, Dar ville (S) 1992 1997 (actuel) 1998 (proposé] 2002* (potentiel) Bell Conodo Montréal Chicoutimi Toronto $13.70 $9 85 $1370 $21.30 $16 15 $21 30 $22.00 $20 25 $2200 $27.14 $2499 $27 14 BCTEL Vancouver Victoria $14.90 $11 65 $21.25 $1600 $24.30 $19 25 $31.43 $2499 TELUS Calgary Lethbndge $12 18 $11 27 $20 90 $20.90 $23 90 $2390 $30.61 $30 61 MTS Winnipeg $13.70 $17.30 $20 30 $25.95 NBTEL Fredencton $12.85 $20.00 $20.00 $2456 MT&T Halifax $15.15 $23.00 $25.00 $34.80 ISIAND TEL Charlottetown $13 60 $20.20 $23 20 $29.18 NEWTEL St-Johns $12.75 $17.45 $2385 $25.81 Note Les tarifs de TeJus sont sous-estimés, puisqu'ils n'incluent pas les zones d'appel élargies qui sont obligatoires, qui sont différentes pour chaque communoute mais qui sont en moyenne de 1 50$ (tous les taifs incluent le service Touchtone) incluant un taux annuel de 2% d'inflation Contes et Légendes du Téléphone Les tarifs locaux ne couvrent pas les coûts du service local Les tarifs locaux couvrent plus que les coûts du service local.Ce qu'ils ne couvrent pas ce sont les coûts combinés du local et des réseaux d'accès.Les "réseaux d'accès" sont constitués des lignes (et des équipements reliés) qui connectent chaque abonné au réseau local C'est la canalisation à travers laquelle vos appels - locaux et interurbains - sont faits et aussi à travers laquelle d'autres sévices de télécommunications optionnels sont livrés Le réseau d'accès est nécessaire tant pour les appels interurbains que pour le service local.C'est pour cette raison qu'historiquement les appels interubains ont contribué aux coûts des réseaux de la même manière que le service local le fait Cette manière est utilisée par la majorité des entreprises qui utilisent les revenus de tous leurs produits, pas seulement d'un seul item, pour payer l'ensemble de leurs coûts de production.La concurrence dans l'interurbain a apporté aux Canadiens des factures de téléphone plus basses.La majorité des consommateurs paient des factures de téléphone plus élevées Bell Canada a déclaré au CRTC en 1995, que la facture moyenne d'interurbain pour 65% de ses abonnés était de 11.00$ Mais, si les abonnés veulent compenser pour les augmentations du service local des dernières années soit au moins 4.$, ils devraient faire deux fois plus d'appels interurbains.Et, en plus, le prix interurbain de base (qui est payé par la plupart des abonnés des compagnies de téléphone) n'a à peu près pas bougé depuis que la concurrence a débute en 1992.Qu'est-ce que le gouvernement fédéral fait pour nous protéger?En 1995, le CRTC a décidé que des augmentations du tarif local de base devaient être utilisées pour réduire les tarifs interurbains Le lobbying des compagnies de téléphone auprès du gouvernement fédéral libéral a si bien réussi que le Cabinet a renversé la décision du CRTC et a permis aux compagnies de conserver tout l'argent des hausses du local sans réductions de l'interurbain.La décision du Cabinet a pris des millions et des millions de dollars de la poche des consommateurs et les a donnés aux actionnaires des compagnies de téléphone.En 1997, les compagnies de téléphone veulent piger encore plus profondément dans les poches des consommateurs canadiens.Est-ce que le gouvernment leur permettra encore de le faire même si le CRTC dit non ?Ensemble, nous pouvons garder le prix du téléphone abordable pour tous les Canadiens.Votre opinion est importante Le Conseil de la Radiodiffusion et des Télécommunications Canadiennes (CRTC) décidera cet automne si il y aura encore des augmentations du téléphone Assurez-vous qu'il connaisse votre avis ! Qui se bat pour vous ?Fédération Nationale des Associations de consommateurs du Québec (FNACQ) 1215 de la Visitation, bureau 103 Montréal (Québec) H2L 3B5 Tel : (514)521-6820 Fax .: (514) 521-0736 Courrier électronique: fnacq@accent.net Envoyez votre message dès aujourd'hui Ecrivez (sans frais) ou téléphonez à.L'Honorable John Manley, Ministre de l'Industrie 235 rue Queen, lie, étage, Ottawa (Ontario), Kl A 0H5 Tél.: (613) 995-9001, Fax: (613) 992-0302 3 S'il vous plaît.Monsieur Manley, ne sortez plus d'argent de mes poches pour le donner oux compagnies de téléphone ! Nom «y N° de tel Écrivez ou téléphonez à .Mme Laura Talbot-Ajlan, Secrétaire générale, CRTC Ottawa (Ontario) Kl A 0N2 Tél.: (819) 997-1027 Fax.(819) 994-0218 3 S'il vous plaît, n'accordez pas d'augmentaHon du tarif téléphonique local oux compagnies de téléphone.Nom: Adresse N° de tel X Ce bulletin d'information de deux poges à été retenu et paye par la Fédératon nationale des associations de consommateurs du Québec Jocelyn Page TEMOIGNAGE LE CANCER, LE FRIC ET MOI Guéri des traitements Le premier mai 1996, l'auteur entrait dans le coma.Diagnostic: cancer au cerveau, un «oligodendriogliome» de la grosseur d'un citron.Huit mois de traitements, deux opérations, une chimiothérapie, une radiothérapie.Les traitements terminés, après un interminable mois et demi ■ d'attente, on m'a annoncé que j'étais considéré en rémission.Un quiproquo de 37 secondes, dû à ma nervosité, a cédé la place à plusieurs heures, sinon quelques jours d'hébétude où je ne réussissais pas à prendre vraiment conscience de ma nouvelle réalité de survivant.Huit mois plus tard, j'étais donc «guéri».Mais de quoi au juste?Du cancer que je ne ressentais plus depuis des mois7 Ou plutôt «guéri» de tous ces traitements, issus d'une énorme machine scientifique à la fine pointe de la technologie médicale, qui envahissaient mon corps et en faisaient un violent territoire de combat Tuer le cancer sans tuer le patient, voilà l'idée, et ce sont précisément des traitements dont j'ai souffert Rémission, mais sans aucun revenu, dans la rue.Comme tout bon-ne travailleur-se, je m'oriente vers l'assurance-emploi du gouvernement fédéral.On m'y apprend que j'ai droit à un gros I 5 semaines de prestations.J'imagine que le gouvernement a dû faire des études très sérieuses pour conclure que I 5 semaines étaient amplement suffisantes pour guérir du cancer! Qui connaît un traitement contre le cancer qui dure moins de I 5 semaines?Que cette personne se lève! Peut-être pour un traitement de soins palliatifs menant à la mort, mais sûrement pas menant à la rémission.Vous sortez littéralement de l'enfer de la maladie et de l'angoisse pour vous retrouver face à un gouvernement qui vous dit de «guérir en I 5 semaines» LA CURÉE Pourquoi suis-je entré dans le coma à l'hôpital?Parce que suivi par un ommpraticien se disant mini-spécialiste des maux de têtes, recommandé par ma médecin de famille.Pendant cinq mois, celui-ci n'a diagnostiqué que du stress, et m'a recommandé d'aller voir un massothérapeute ou un ostéopathe.Lorsque j'ai demandé de passer un scon, tenez-vous bien, le chat sort du sac.Voilà ce qu'il m'a déclaré: «On ne passe pas un scan à n'importe qui.Vous ne savez pas que ça coûte cher au gouvernement?» Nous étions, rappelez-vous, en 1996, dans le tourbillon anes-thésiant de la folie des coupures.Coupures par-ci, coupures par là.Le journaliste Claude Picher vantait à tour de bras les mérites de la cure néo-zélandaise (je préfère l'expression La Curée néo-zélandaise, vu les résultats sociaux négatifs que l'on connaît aujourd'hui).Mon ommpraticien a voulu aider Rochon et Picher dans leurs objectifs.Il a donc décidé, tout seul dans son bureau, de participer au festin.Récemment, j'ai porté plainte au Syndic du Collège des Médecins.Je ne désire pas être complice, par inaction, de souffrances indues ou, pire, de mort par mauvais traitements du même médecin, comptable adjoint de l'ogre ministre.Pourquoi fait-on confiance aux médecins?Parce que, comme l'homme préhistorique, la douleur et la hantise de la mort dans la souffrance nous portent vers le chaman Bercé-e dans ses bras de mère-guénsseuse.nous nous abandonnons à son pouvoir Nous nous convainquons qu'il est compétent.Il le faut! Nous n'avons pas le choix.En quoi d'autre les coupures ont eu une influence sur ma maladie?Ma deuxième opération a été retardée jusqu'à ce que l'on trouve un lit avant de m'opérer.Mais ce que j'ai vu en me promenant dans l'hôpital, ce sont des ailes vides.UNE PERSONNE SUR TROIS AURA LE CANCER1 Mon revenu ayant chuté de plus de 50%.je n'avais plus d'argent pour payer mes médicaments.J'ai contacté la travailleuse sociale de l'Hôpital Notre-Dame, celle qui m'avait affirmé qu'on m'aiderait, même financièrement s'il le fallait.Confrontées à la réalité, les promesses ne tenaient plus.16 ^fS8 novembre-décembre 1997 Elle m'a conseillé de me mettre sur le «Bien-Être» social, parce que là on y payait les médicaments.La situation s'est un peu modifiée depuis l'avènement cette année de l'assurance-médicaments.en mieux, pour des cas comme le mien, mais trop tard pour moi D'un travailleur normal qui a toujours subvenu à tous ses besoins financiers, on fera de moi un cancéreux assisté social.Peut-être s'est-on dit que de toute façon, c'est là que j'aboutirais un jour ou l'autre.Les études démontrent que la majonté des cancéreux ne retrouvent plus d'emploi.«Sept patients sur dix se plaignent de problèmes financiers, du plus simple comme le transport pour les traitements quotidiens à l'hôpital, au plus grave telle l'incapacité de payer ses médicaments ou son loyer», me confie Mme St-Pierre, bénévole éménte de la Fondation québécoise du cancer.Je l'ai constaté, tout le monde est prêt à vous aider, en autant que ça ne coûte nen, ou presque.On vous proposera par exemple une aide sur le plan psychologique, moral, pour vous aider à gérer votre stress.Vous constatez bientôt qu'il y a toute une industrie florissante autour du cancer cette maladie en forte croissance On vous offre des thérapies dont le prix varie de 7$ à 150$ de l'heure.Le cancer est un terrain propice à l'arnaque alternative! On m'a offert une écorce péruvienne miracle Mon médecin m'a dit que |e pouvais en prendre, mais il m'a bien averti qu'on ne connaissait pas cette plante et ses effets.Est-elle ►- novembre-décembre 1997 PHOTO: MAIN CHAG NON VB§8 17 LA SOLITUDE HUMAINE Lettre expédiée à un ami sculpteur-performeur voulant se servir de mes boîtes vides de médicaments pour une oeuvre sur la souffrance et la condition humaine.Mon cher Guy, je t'envoie des boîtes de pilules.Vides.)e les ai toutes avalées.Chimiothérapie, et d'autres pilules pour contrer les effets négatifs de la chimio.Pilules: ça fait mal, et ça guérit.Des vraies pilules catholiques, des pilules pour sado-maso.Tu sais que ça guérit, devrait guérir, mais tu dois nécessairement passer par la douleur, les malaises, des centaines de petites morts.Je ne perds pas mon mordant, «la vie est un songe» et le songe nous aspire vers un tourbillon de beauté.Éponge-moi vie, arbres, amis, amante, ma fille, épongez-moi.À l'hôpital, on te dit: «T'es pas obligé de souffrir, n'acceptez pas de souffrir, on a ce qu'il vous faut.» Morphine, co- déine.Mais l'odeur pénétrante de la maladie cherche à t'empêcher de penser.On devient étourdi, on ne sent plus rien, ni le mauvais certes, mais ni le bon non plus.Loin de moi la conscience catho de la vie: «il faut souffrir pour être, il faut souffrir pour bien mourir».Même dans la souffrance, il faut se prendre en main et imposer sa façon de voir.)'ai demandé rapidement que l'on cesse la codéine.Ma réflexion sur la mort, ma mort.La majorité des morts vues à la télévision sont violentes.Mais à chaque jour les mourants-es font ce qu'ils ont à faire tout seuls à l'hôpital.Dans la réalité, réelle et non virtuelle, la majorité des humains nous quittent sur la pointe des pieds, sans bruit, ni fureur.Comme des petits oiseaux tombés du nid.La télévision a tort.Rares sont les gens qui meurent dépecés ou d'une balle dans le front.Avec la maladie, on devient un «objet» de traitement.On soigne la maladie.C'est d'ailleurs la raison d'être de la médecine.Toi là-dedans, tu cherches à connaître cet objet que tu es devenu, et petit à petit tu te perds comme sujet, tu deviens une maladie, un porteur de maladie.Tu te dis «je suis devenu un objet».Tu y réfléchis, tu te dis: dans l'fond c'est ce que nous sommes tous-tes, les uns-es pour les autres, des objets étrangers venus du fin fond du big bang original.[J.P.] PHOTO- «ALf-flNN HESTOFF (SMM) bonne?Il m'a prévenu du danger: comment réagirai-je?Aurai-je une gastro-enténte?Les résultats des prises de sang seraient faussés, ça c'est certain.Je travaille à mettre sur pied le Fonds d'aide aux personnes atteintes de cancer du Québec (FAPACQ).Obiectif aider les victimes du cancer à payer la franchise d'achat de leurs médicaments, les aider à défrayer les frais de gardiennage afin de pouvoir se relaxer et diminuer le stress, même chose pour un petit voyage ou une bonne petite bouffe, des frais de ménage: faire pression sur le gouvernement fédéral pour qu'il y ait un nombre de semaines convenables sur l'as-surance-emploi, légiférer et sensibiliser les milieux de travail sur le retour à l'emploi des personnes remises de maladies graves.En fait, recentrer l'aide non seulement sur la maladie et son environnement médical, mais bien sur la victime, la personne, celle qui souffre, celle sans qui rien de tout cela n'existerait v£ Selon les chiffres officiels, il y a 15 ans, on parlait d'une personne sur quatre Sources: Mme St-Pierre, bénévole depuis 14 ans à la Fondation québécoise du cancer et le Dr, Karl Bélanger, directeur du Service oncologie de l'Hôpital Notre-Dame.18 v»s novembre-décembre 1997 POUR RESERVER UN ESPACE PUBLICITAIRE DANS LE PROCHAIN NUMÉRO DE RECTO VERSO, CONTACTEZ RENÉ HARVEY AU 523-5998, POSTE 22 Gosselin-hA ssocies COMPTABLES AGREES Depuis 30 ans au service des OSBL 7930.20' Avenue Montréal (Québec) H1Z 3S7 Téléphone : (514) 376-4090 Télécopieur : (514) 376-4099 C.élec.: goss@cam.org mp FÉDÉRATION gA AUTONOME C DU COLLÉGIAL d^4 10 OR 14fiéaoùynwa er I 259.me Bcm.bureau 400.Montrtal (Québec) • H2L 4C7 Tel : (514)848-977-Téléc.: (514)848-0166 Inlemei hnp .'w*w laUc qc 13____________ DEPUIS LE 1E« OCTOBRE 1997 pïogïamme ALLOCATION-LOGEMENT Une aide financière qui vous ouvre de nouvelles portes ! • Vous avez au moins un enfant à votre charge ?ou Vous avez 56 ans ou plus ?• Le coût de votre logement dépasse 30 % de votre revenu familial ?• Votre revenu familial ne dépasse pas 16 480 $z22 000 $, selon la composition de votre ménage ?Vous pourriez avoir droit à l'ALLOCATION-LOGEMENT, un nouveau programme du gouvernement du Québec pouvant vous accorder jusqu'à 80 $ par mois.Renseignez-vous au bureau du ministère du Revenu du Québec de votre région.0 Société d'habitation H du Québec Gouvernement du Québec Ministère du Revenu Québec novembre-décembre 1997 «Entre autres, notre avenir émergera de notre capacité à fouiller notre patrimoine.Le patrimoine pour la beauté de notre environnement, le patrimoine pour la quête d'authenticité, le patrimoine pour le tourisme, le patrimoine à table.(.) le patrimoine pour tout ce qu'il recèle de moderne.» Jacques Proulx \ov\ v* pat rinuwe Septième cOflféfQflCQ flatitfflalc Date 2 et 1 février \ffî Lieu: Rin\0U5ki i sert5e!cj,rtcn\eirtt5 et inscription: Solidarité rurale du Québec SOLIDARITE RURALE DU QUÉBEC £3 En collaboration avec: Gouvernement du Québec Secrétariat au développement des régions En collaboration avec: H Gouvernement du Québec Secrétariat au développement des régions Proposition de démarches de ressourcement, de débats et de réflexions INSTITUT DE FORMATION EN DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE COMMUNAUTAIRE (IFDÉC) UN CARREFC L'Institut de formation en développement économique communautaire (IFDECj vous propose cette année une programmation originale basée sur l'aato-formation, la co-formation, la trans-formation ou chacun et chacune sera appelé à jouer un rôle pour comprendre et apprendre à débattre sur les principaux enjeux de développement.La formation se traduira plutôt sous forme de débats, de réflexions qui refléteront vos préoccupations face aux enjeux actuels et qui vous permettront de développer des stratégies et ou des positionnements.Nous organiserons également des temps de ressourcement pour que les intervenant-e-s puissent requestionner leurs pratiques et échanger avec d'autres.Voici les formes de formation que nous vous suggérons: Les Thématiques: Les formations thématiques s'inscrivent dans le cadre de la conjoncture actuelle.A titre d'exemple, l'IFDÉC peut organiser des rencontres sur l'économie sociale, le développement local et régional, le développement économique communautaire Ces rencontres seront organisées en fonction de vos besoins, de vos préoccuations et de vos intérêts- D est donc nécessaire de communiquer avec l'IFDEC pour définir préalablement vos besoins et ainsi adapter le contenu de ces rencontres.i L'Animation de processus: L'implantation par le gouvernement québécois d'une Politique de soutien au développement local et régional passe par la mise sur pied d'une nouvelle structure de concertation dans les milieux locaux: les Centres locaux de développement (CLDi.Afin de permettre aux communautés locales de s'approprier et de comprendre cette nouvelle structure, l'IFDÉC vous propose une démarche d'animation où les acteurs de développement sont amenés à se reconnaître, à développer leur vision de développement, à prioriser les dossiers de développement et à identifier le type de représentation qu'ils souhaitent se donner au sein de cette nouvelle structure.Les Visites-terrain: Pour continuer à alimenter un reseau d'échanges et d'expertises en Développement économique communautaire tDÉC), l'IFDÉC organise des visites-terrain ailleurs qu'au Québec.Cej vîntes de deux jours favorisent la découverte de nouvelles ressources, de nouvelles approches tout en permettant aux intervenant-e-s québécois de se requestionner sur leurs pratiques et d'échanger avec d'autres participant-e-s L'IFDÉC propose trois (3) \isites-terrain selon l'horaire suivant : cet horaire pourra être sujet à modification): -Fin novembre 97 à Toronto: Les entreprises alternatives en santé mentale ou • 1 Insertion par l'économique à la Torontoise •Mais 98 à New-York: L'insertion et le logement social •Mai 98 à Boston: La revitalisation sociale et économique de quartier La rencontre préparatoire à la visite de Toronto aura lieu Mardi, le 4 novembre 97, de 9 heures à midi à l'IFDÉC.es Séminaires et colloques: Les séminaires et les colloques sont des moments privilégiés pour pousser plus loin la réflexion entre intervenant-e-s.A ce jour, deux événements sont prévus.Séminaire sur l'insertion par l'économique: Le 4 décembre 97.de 9 heures à midi, l'IFDÉC organise un séminaire sur l'insertion où chercheurs, praticiens et représentants gouvernementaux échangeront sur les différents modèles d'insertion développées au Québec et à Toronto.A partir d'une recherche-comparative .L'QAM/Mc GLU), les participant-e-s discuteront des approches d'insertion, des facteurs de réussite ainsi que de l'évaluation.Les places sont limitées.Colloque sur le Développement local et mondialisation: L'IFDEC travaille présentement a la préparation d'un colloque qui aura lieu en octobre 1998 sur le Développement local et la mondialisation.Ce travail s'inscrit dans le cadre d'un processus de réflexions et de débats \isant à positionner le développement local au Québec et à dégager des pistes de discussion en vue de la tenue du colloque L'Animation théâtrale En collaboration avec Mise au jeu ^un collectif d'éducation populaire1.l'IFDEC vous propose une création collective intitulée «La participation enjeu» pour aborder les difficultés qui découlent de notre participation comme acteurs de développement à des partenariats multisectoriels.Cette production sera jouée en avant-première, le Mercredi 26 novembre 97, à Montréal, à compter de 19 heures 30.Par la suite, cet outil pourra être utilisé dans vos réseaux.Vous pourrez commander cette production à l'IFDÉC.Cet espace publicitaire de deux pages dans le magazine Recto Verso a été mis à la disposition de riFDEC et de Soudante Rurale par le Secrétariat au développement des régions du Gouvernement du Québec.Le Secrétanai ta développement des régions désire ainsi faire connaître le travail des organismes qui oeuvrent au développement local du Québec.420 rue St-Paul Est, 2e étage.Montréal (Québec) H2Y 1H4 • tél.: (514) 281 2081 • Fax : (514) 281 5010 • idec@sim.ea FOSSECOMMUNE, ckusï.cornue Une session d'éducation populaire qui propose d'ouvrir les yeux sur le mal-développement au Québec.Une session où tout le monde peut commencer à regarder de près les causes de la pauvreté.Une rencontre d'une journée, sur demande, partout au Québec: 1.Pour «ajuster nos lunettes» dans le but de mieux voir ce qui se passe dans la société, apprendre à nommer les valeurs qui nous tiennent à coeur et analyser l'impact de nos actions.2.Pour nommerdes solidarités qui amènent des changements positifs dans notre milieu et dans la société.Afin de mieux connaître les conditions, appeler au numéro ci-bas.Offert par le CPMO (Centre de pastorale en milieu ouvrier), une ressource reconnue en éducation populaire.Autres thématiques disponibles: Le Québec qu'on veut bâtir; défis de l'immigration; le travail, entre économie mondiale et économie sociale; Politique, si on s'en mêlait; analyse de l'économie de marché; analyse de la fiscalité etdeladette publique.514-527-8291 De l'eau pour tous i J^£,MCX CECI Organisme sans but lucratif d'aide au développement, le CECI appuie des projets en Afrique, en Amérique latine et en Asie.CEC1180, rue Sainte-Catherine Est Montréal (Québec) H2X 1K9 Tel (514)875-9911 Teléc (514)875-6469 C élec mfo@ceci.ca Site Web http //www ceci ca/ceci/ P™GM» onde Semaine québécoise de la citoyenneté □ «Participera la Semaine québécoise de la citoyenneté c'est prendre le temps de tracer la suite de notre histoire commune » lilrê Iikuii Itiistii ln Itiitigirc ntc ib itt%m il II i iimniiilu REH5eJ6HEMEinS (SU) 873244S 1800 4E5-244S hrrp //uuaiuu mici gouv qc ca ou au bureau de Communication (Mm.de votre région G0w*m*m#nl du Quarte MniUit da* ftsialKma m •1 a* 1 h"T,ij7«fcwi ©Desjardïns QuébCC V3S8 novembre-décembre 1997 Photo: GuntherGamper À un bout de la ruelle, les chasseurs, et les red-necks du far-ouest canadien pour qui «se défendre» est un droit fondamental.À l'autre bout, les pacifistes, et plusieurs féministes, particulièrement depuis «Polytechnique», il y aura huit ans ce 6 décembre.[D.S.-L] novembre-décembre 1997 VBS8 23 • LE MICRO-CRÉDIT • Fertilité et milieu de travail • Survivants-es du downsizing économique ••• à lire dans la prochaine édition JANVIER-FÉVRIER 1998 [SERVICESD'ÉDITIONÎ CONNOLLY Ne cherchez plus vos mots.Rédaction Traduction Révision Correction d ép reu l'es Mise en pages Coordination de projets 24 .AVE NUE DU MONT-ROYAL OUEST BUREAU 1000 MONTREAL I Q U É • E C I M2T 2S2 TÉLÉPHONE (514) 140-1771 TÉLÉCOPIEUR (514) 140-1770 MODEM (514} 140-177 1 COURRIER ÉLECTRONIQUE lnfo@ïef*tceid«dition corn le Tour d'y Voir ♦ Le seul bulletin quotidien d'information qui s'adresse au mouvement communautaire; ♦ Diffusé par télécopieur ou par internet à travers tout le Québec; ♦ Du lundi au vendredi, recevez tous les matins les dernières nouvelles du communautaire! Cela vous intéresse?Nous vous offrons 10 jours d'essai sans aucun frais: (819) 373-1473, demandez Sonia.www.astus.com/tourdyvoir V»8 novembre-décembre 1997 Nicole Brais Exit la retraite On parle beaucoup de retraite ces temps-ci, avec tous-tes ces fonctionnaires qui ont pris la clé des champs avec des perspectives de retraite dorée.L'appel a été entendu au delà des prévisions gouvernementales Ce qu'on n'avait pas mesuré, c'est l'écœurement de bien du monde dans l'enseignement comme dans la santé.On a beau aimer son travail, on peut haïr son emploi, enfin ce qu'il est devenu sous l'empire du ciseau.Ces gens vivent l'âge d'or de la retraite.Puisque la retraite, c'est un concept en voie de désuétude.Pour être à la retraite, il faut avoir travaillé suffisamment, ou avoir travaillé tout court.Qui.parmi les moins de 40 ans.peut en dire autant' Quand on a la chance de trouver un emploi (comme le dit si suavement M.Chrétien lui-même), c'est souvent après des études plus longues qu'avant, du travail à la pige plus ou moins reconnu, des petits contrats ici et là.bref c'est souvent sur le tard.On commence à travailler (vous savez, travailler pour le vrai, avec fonds de pension et tout, une autre chose en voie d'extinction) à l'âge où d'autres s'achètent leur première bicyclette pour sillonner leur liberté 55 sur les pistes du Québec et suivent leur premier cours d'introduction à l'informatique.Additionnez les éléments suivants: les fonds de pension qui fondent + les Reer qui rient de nous (il faut épargner 17% de son salaire brut pendant 35 ans pour s'assurer 75% de son salaire à la retraite, si ma mémoire est bonne) + de plus en plus de jeunes vieux et de vieux vieux à la retraite pour de moins en moins de vieux jeunes et de jeunes jeunes au travail = la dernière retraite à 85 ans.six pieds sous terre v£ Des visites guidées pourquoi iaire?*: Visites guidées en autobus, pour groupes.Découvrez les réalités de l'immigration, du développement urbain, les enjeux écologiques, etc.En tout, 15 circuits offerts.IL autre Liontréal Pour information : (514) 521 7802 scruter la ville pour s'ouvrir au monde! L/ffP-V Vous ne payerez que les frais de poste et de manutention Uoutes taxes incluses): Abonnement individuel 20$ Étudiant ou sans emploi 15$ Abonnement institutionnel 25S Extérieur du Canada 30$ Abonnez-vous! Nom Adresse ÉMd 'I-^bI Vous ne voulez pas prendre le risque de rater un numéro de Recto Verso?Code postal Paiement inclus: Revue vie Ouvrière Inc.1215 rue Visitation, bur.101 Montréal, (Québec) H2L 3B5 Tél.(514) 5235998 Faire parvenir votre chèque ou mandat-poste à: novembre-décembre 1997 \£88 PHOTO: CONCEPT D.5.LEGAULT; RÉALISATION DENIS RIOUX 26 y» novembre-décembre 1997 L'info mise en boîte La fabrication de l'information Avons-nous, en 1997, les moyens d'être bien informés-es sur les enjeux publics?La concentration de la presse, dont l'idée fait moins scandale qu'avant, a plus d'inconvénients que d'avantages.Et elle contribue à la tendance actuelle des médias à l'uniformisation.Dans notre société, le problème est moins souvent de savoir si l'info existe que de la trouver; nos médias traitent à peu près les mêmes choses de la même façon! La fabrication de l'information publique et les conditions dans lesquelles l'information est produite sont méconnues du grand public, et ont beaucoup évolué depuis le début du siècle, pour le meilleur et pour le pire.Les conditions de travail des journalistes ont autant changé que le milieu du travail lui-même.Parallèlement, toute une série d'influences façonnent l'information: les relationnistes et le corporatisme des corps sociaux les plus riches, les commanditaires ou publicitaires qui supportent un média, les méga-propriétaires qui font d'un média un investissement financier, les gouvernements qui profitent de leur droit de parole.Comme le crime, l'information peut s'organiser.Et les sources s'amenuisent.Des retours historiques s'imposent donc.Pas par nostalgie.Mais pour se rappeler que des situations différentes peuvent exister, et que l'expérience a invalidé bien des arguments.Anges et démons, les médias servent les meilleures et les pires des causes.Qui tire son épingle du jeu?Comment les médias s'acquittent-ils d'une responsabilité sociale unique?Sont-ils désormais condamnés, par souci de survie financière (ou de profits), à ne faire que de la promotion?Un dossier coordonné par Daniel S.-Legault novembre-décembre 1997 V88 L'UNIFORMISATION r DESSIN: DENIS Rit Le bon Pasteur fe Daniel S.-Legault L'appel au troupeau La lutte pour le scoop et l'«mcon-lournable» amènent parfois des erreurs, très souvent un dédoublement.Sur la première photojruman exhibe l'erreur du journal qui l'avait trop tôt déclaré perdant.Sur les autres, quand deux concurrents changent leur «cover» de minute en minute jusqu'à l'impression finale.I acques Guay, à la fin de sa vie de jour-I naliste, disait que les sujets de médias commençaient à l'ennuyer autant que les médias eux-mêmes.Et quand il parlait d'ennui, il ne pensait pas à des textes trop longs, ou à des analyses profondes, ou à des sujets d'intérêt universitaire.Il pensait à l'uniformisation des médias, à la même mouture archi-connue.Avec l'annonce d'un réseau d'infos continues, cer-tams-es ont cru à un immense bulletin d'informations à tiroirs.Il s'est vite avéré surtout un espace plus rapide et plus efficace pour couvrir lui aussi le mariage de Céline Dion! La psychologie peut expliquer qu'on veuille écouter l'émission de télévision que «tout le monde regarde» pour en parler le lendemain avec l'entourage.Qu'on lise les journaux pour rester le plus possible au fait d'un événement public, une campagne référendaire, le dernier match du Canadien, la mort accidentelle de Diana.A chaque rebondissement, le média n'a plus à redonner le contexte, c'est comme s'il s'adressait précisément à nous.Mais cette poursuite de l'actualité officielle, ce diktat de l'actualité, amène tous les médias sur le même terrain, dans le même créneau, pour relayer les mêmes informations.Dans le film The paper (Le journaliste), un rédacteur en chef perd toute sa crédibilité et passe pour un crétin pour n'avoir pas fait sa «une», comme les autres quotidiens, avec un meurtre en ville la veille: il a «manqué le bateau».C'est malheureusement très proche de la réalité.Les médias et leurs faiseurs de manchettes angoissent beaucoup de manquer l'agenda des «must» de l'actualité.Le manque de temps et de ressources humaines oblige de plus en plus les journalistes à s'en tenir à des sources plus faciles: communiqués de presse et d'agences, porte-parole officiels, autres médias déjà diffusés, etc.Quand on donne à un journaliste deux fois plus d'assignations, il ne faut pas s'attendre au même résultat.Ce que la technologie a permis de gagner depuis 30 ans.les exigences de productivité l'ont perdu et bien davantage.On n'investit plus dans les enquêtes, les scoops se font le plus souvent sur des détails d'affaires connues.De bonnes conditions de travail impliqueraient autre chose que les salaires, confortables, qu'on trouve dans cette profession.Un travail de qualité suppose des ressources humaines adéquates.On peut toujours «remplir» les pages avec deux fois moins de personnel, mais à quel prix?Corporatisme, professionnahsation, conditions de travail: tout nourrit un phénomène d'uniformisation des médias, qui doivent se copier les uns les autres Les sources s'amenuisent.Dans notre société, chaque corporation, chaque organisation, chaque groupe (commercial, gouvernemental ou para-gouvernemental, syndical, communautaire) organise ses communications, désigne son porte-parole, planifie son discours officiel.Les ressources monétaires différent beaucoup, mais chacun en fait une préoccupation majeure.Partout, une expertise en communication s'est répandue et permet de contrôler beaucoup les informations qui aboutiront aux médias.En cas de problème, un groupe (assez riche) peut faire appel à de nouveaux réparateurs, des spécialistes du «damage control».Jusqu'à récemment, on arrivait au journalisme par toutes sortes de chemins.On trouvait des finissants en droit, en sciences, en lettres, et des transfuges d'autres professions et métiers.C'était même un sujet de moquerie pendant longtemps, quand on y retrouvait ceux qui avaient «raté» leurs études supérieures, devenant par défaut journalistes plutôt qu'avocats ou notaires ou médecins: le salaire était maigre Avec la scolarisation depuis la Révolution tranquille, on assiste à une «professionnahsation» du journalisme.Les universités forment des journalistes, enseignent les techniques, sans pouvoir s'assurer de la culture générale ou des autres intérêts des postulants-es.Le journalisme est devenu une spécialité.v£ 28 v338 novembre-décembre 1997 Ludovic HlRTZMANN Les journalistes utilisent souvent les mêmes sources pour informer le public.Boire aux mêmes sources P) our se tenir au courant de l'actualité et de la concurrence, les journaliste lisent les «essentiels» de la presse écrite.Ils sont donc fortement influencés par leurs collègues dont le discours devient une source d'information.Mais surtout, les médias s'alimentent au même abreuvoir.Très facilement, puisque beaucoup d'information vient à eux.t Journal / deGuerre Pendant la guerre du Colfe.les médias du monde occidental n'ont eu que /es imoges de CNN (parfois mises en scène de toutes pièces) à relayer.PHOTO MIKENElSON/AFP PHOTO STEVE MGAN Les médias font moins appel à ces sources qu'il faut débusquer et avec qui il faut établir un lien de confiance.Les sources anonymes sont aussi quantitativement plus rares.Ce sont ces informateurs-nces que l'on retrouve lorsque le journaliste parle «des milieux politiques» ou de «l'entourage de», sans citer de véritable nom.La presse recherche ou fabrique également des vedettes, «indispensables».À la Fédération des femmes du Québec, la présidente.Françoise David, est devenue la porte-parole coqueluche des médias.Sur certains sujets, les journalistes ne veulent pas d'autre interlocutrice JE TE COPIE, TU LE COPIES, IL.La première source est l'agence de presse.La Presse canadienne.l'Agence France-Presse ou encore Reuters inondent chaque jour les salles de rédaction de leurs abonnés médias de milliers de dépêches et de photographies.Les relationnistes.porte-parole d'institutions ou d'entreprises publiques ou privées, envoient des dossiers prêts à publier dans les salles de presse.Les ministères, les syndicats ou encore les partis politiques font parvenir leurs orientations.Les sources plus modestes, comme les groupes communautaires, sont sans véritables moyens.Ils font souvent parvenir une télécopie qui a bien du mal à se frayer une place au milieu des dossiers clinquants des plus grands.Certaines couvertures traditionnelles sont en outre inévitables.Chaque jour, les médias font le tour des casernes de pompiers, des stades, des postes de police et surveillent le parlement.Les agences de presse des trois quotidiens francophones montréalais font l'actualité internationale.Ainsi, dans Le Devoir, sur 68 textes traitant de l'international.64 proviennent des agences de presse.À La Presse, le ratio est de 51 dépêches d'agences pour 7 articles de journalistes-maison.Le Journal de Montréal ne publie que des dépêches d'agences.Ce qui explique que les informations internationales que l'on retrouve dans Le Devoir.La Presse ou Le Journal de Montréal soient les mêmes mot pour mot.On notera au passage que ce sont des agences de presse étrangères qui déterminent l'actualité internationale à publier au Québec.La Presse canadienne étant trop petite pour jouer un rôle.Tous les journalistes entassent quotidiennement des coupures de presse.Et bien souvent, celles-ci servent à rédiger leurs propres articles et à.reproduire les erreurs de leurs confrères.En juillet 1988.La Presse.Le Devoir et Le Journal de Montréal publient tour à tour une information montée de toute pièce par un manipulateur hors pair qui propose de résoudre la sécheresse du Midwest états-unien par le pompage de l'eau des Grands Lacs! Le phénomène est encore plus accentué chez les médias de langue anglaise qui couvrent le Québec La plupart des correspondants-es ne comprennent pas le français et en sont réduits à recopier les analyses des journalistes qui.eux.le peuvent H novembre-décembre 1997 V188 29 m INFLUENCES D.S.-Legault L'«objectivité» L'argent pour le dire Quand on demande à des gens «quelle est selon vous la qualité la plus essentielle d'un média d'information?», on se fait répondre: «l'objectivité».C'est méconnaître la réalité de la production d'informations, qui demande mille et une décisions, mille et un choix qui, avec les meilleures ou les pires intentions, entament l'impartialité, pratiquement.Arbitraires, les décisions les plus déterminantes sont prises par le propriétaire et ses cadres.Combien de journalistes seront affectés-es aux affaires économiques, combien aux affaires communautaires ou aux questions syndicales' Quels budgets seront alloués, pour quelle enquête, pour combien de temps?La nouvelle sera-t-elle publiée en «une» ou en page G-22?Sur combien d'espace' Quelle photo utilisera-t-on, une favorable ou défavorable au personnage?Le titre, à lui seul, peut finalement dévier ou contredire un article.Les médias électroniques ont des potentiels techniques guère plus neutres.Étant donné la passivité culturelle des gens face aux images, les choix passent encore plus inaperçus.v£ La France attise le feu dans cette sale g Uiierre.■P Très anu-étatique, La Presse critique /es gouvernements beoucoup plus systématiquement et durement qu'elle critique les entreprises.photo: watthew naythons Deux versions d'une photo En 1982, le magazine de droite le figoro publie cette photo recadrée et retouchée, avec la mention «Massacre des Indiens Mosquitos, farouchement anti-castristes, par les Barbudos socialo-marxis-tes du Nicaragua » L'originale montrait des employés de la Croix Rouge qui brûlaient, pour l'hygiène, des cadavres des deux factions.30 v3® novembre-décembre 1997 Ludovic HlRTZMANN HOTO- LUDOVIC HIRT2MANN Ce sont souvent /es relationnistes qui «font» la nouvelle, prête à diffuser.Information vs relations publiques Relationnistes ou révisionnistes?« ^\n vous aidera à rédiger votre article», me répond-on.En con-^J tactant la Société des relationnistes du Québec (SRQ), je ne pensais pas vivre en direct le malentendu qui existe entre la presse et les relationnistes.Souvent anciens journalistes devenus mercenaires publicitaires pour une compagnie, les relationnistes aiment contrôler l'information A la SRQ, pour obtenir des renseignements sur la profession, il faut faire parvenir un fax sur lequel sont écrites les questions.Le tout est visé par la présidente de la Société qui décide de la suite à donner1.Le système est digne de l'ère soviétique mais efficace Les professionnels-les des relations publiques sont partout et extrêmement puissants.Ils soignent les journalistes.Ils offrent des dossiers de presse, des invitations tous frais payés, invitent les médias au restaurant.Les 5 000 JL \ commumcateurs-rices et autres PR: ont même infiltré l'excellent magazme de La k^ Fédération des journalistes du Québec: HMH Le 30.En 1996.sur les 250 publicités parues dans le magazine, près de 90% proviennent des services de relations publiques des grandes compagnies.Les relationnistes sont une composante si importante dans le processus journalistique que certains d'entre eux-elles veulent remplacer les médias.L'information organisée devient alors une information à part entière 'x 160 000$ POUR UN CONSEIL Jacques Mounquaud3 rappelle: «Ils (les relationnistes) sont payés pour que l'image de la structure qui les emploie soit la plus positive possible après toute rencontre avec les journalistes.Leurs informations peuvent être bonnes mais peuvent tromper.» Les cabinets de relations publiques disposent de moyens financiers souvent bien supérieurs à ceux de la presse.Le risque est donc que l'information diffusée dans les médias se fasse sur des critères financiers au détriment des sources plus pauvres.Au début de l'année, Allan Rock, ministre fédéral de la Justice, fait appel à Earnschffe Research, une firme de relationnistes, pour le conseiller à propos de l'affaire Airbus.La GRC enquête alors sur la présumée implication de l'ancien premier ministre Bnan Mulro-ney dans un système de pots de vin pour l'achat d'appareils Airbus.Les honoraires versés aux consultants-es sont de 160 000$ pour des «conseils de communication stratégique»'' Le montant est le salaire moyen d'un-e journaliste pigiste pendant huit ans.Le risque, on l'a compris, est que les journalistes ne soient plus que de simples relais de leurs sources sans pouvoir vérifier le bien-fondé et la pertinence de celles-ci.l'information «organisée» Les exemples d'information organisée ne manquent pas.En juin 1995.le monde a les yeux tournés vers Halifax pour le sommet du G7 Plus de 2 000 médias du monde entier sont présents.Le gouvernement de la Nouvelle-Ecosse engage la compagnie de relations publiques Bristol Communications quatre mois avant le début du sommet pour élaborer un plan d'actions stratégiques.Bristol forme tous les porte-parole locaux à la communication avec les médias.En clair, on répète le même message.Halifax est un bel endroit pour passer ses vacances, faire des affaires et élever une famille.Bristol entraîne Janice Manders.directrice de la Commission des affaires de Halifax, à «communiquer» avec les médias.Mme Manders apprend à ne pas être intimidée mais également à détourner les yeux des journalistes des problèmes de pollution du port de Halifax et des protestations contre les essais nucléaires français.Deux jours avant le début du sommet la France avait repris ses essais nucléaires dans le Pacifique Sud.L'information était explosive, si l'on peut dire, et risquait de gâcher le sommet.Bristol et Janice Manders vont donc organiser des entrevues pour les médias internationaux en coopération avec les principaux ministères des pays participants.Sans oublier de distribuer les traditionnels dossiers de presse qui noient les journalistes sous un déluge d'information.En juin 1993.Molson apprend qu'un consommateur a trouvé une substance étrange dans une cannette de bière.Deux mois plus tard, le géant de la bière prévient les médias et annonce qu'il va examiner les 80 millions de bouteilles mises en vente sur le marché.Les conséquences peuvent être dramatiques pour la compagnie.L'entreprise met en place un numéro 800.publie des communiqués quotidiennement et achète des pages entières dans les journaux.On y ht que l'entreprise est pemée par cet «incident isolé» et que Molson s'engage à «offrir des produits de la plus haute qualité».L'information à diffuser aux médias est préparée par le plus gros cabinet de relations publiques montréalais: National.Le porte-parole de Molson.Alban Asselin.suit des séances de communication Le président de Molson O'Keefe.André Tranchemontagne, concède à La Presse du 13 août 1993 que «le coût est certainement très important.Ça se chiffre en millions de dollars» \^ 1 Aucune réponse plus d'un mois après 2 courriers et 3 appels téléphoniques.2 PR., Public Relations comme disent les anglophones.On compte 5 000 relationnistes au Québec 3 J MOURIQUAUD, L'enquête.Centre de formation et de perfectionnement des journalistes.1995.4 D'après la Presse canadienne.18 février 1997.novembre-décembre 1997 VBS8 31 INFLUENCES Mario Grenier Information et Dublicité Quand toute vérité n'est pas bonne à dire., PI as de publicité, pas de médias d'information de masse.Le jugement est aussi simple que cela.La publicité, c'est l'oxygène des médias privés.En 1995, la publicité représentait, à la radio et à la télévision privées, 463 millions $.Les frais d'exploitation étaient de l'ordre de 475 millions $, soit 97%' En 1995.les investissements en publicité représentaient plus de I milliard $2.La télévision reçoit 52% des achats nationaux de publicité, les quotidiens 29%, les magazines 10%, l'affichage 5% et la radio 4%.Dans les médias écrits, la publicité vendue détermine souvent la place faite aux articles.De plus en plus, lorsqu'on fait le montage d'un |ournal.on place la publicité en premier et on remplit ensuite les trous avec les articles.Si l'article est trop long, on le coupe.Pas question de toucher à la publicité.Le-la client-e a payé et rapporte des revenus, tandis qu'on dépense pour payer le-la journaliste.Le choix est clair.LE POING QUI NOURRIT Un petit éditeur local qui ne peut compter sur un solide compte en banque est plus sujet à se plier aux «demandes» d'un-e client-e qu'une grande entreprise de presse.Une salle de nouvelles, dont les syndiqués-es n'ont pas de clauses fermes sur les assignations qu'ils peuvent refuser, est aussi plus vulnérable.Même les syndiqués-es ne sont pas à l'abri des pressions.Un sondage mené en 1992 aux États-Unis auprès de rédacteurs en chef de quotidien révélait que 93% d'entre eux avaient subi des pressions de la part d'annonceurs pour modifier le contenu d'articles.37% des rédacteurs ont avoué franchement avoir déjà cédé aux pressions.Le géant états-unien de l'automobile Chrysler demande maintenant à lire avant parution les magazines dans lesquels il annonce.Provigo n'achète plus de publicité dans les quotidiens, il lance sa revue publicitaire.D'autres ont choisi une voie relativement récente, un croisement entre l'information et la publicité.L'Association canadienne de marketing direct croit d'ailleurs qu'il s'agit de la forme de publicité qui connaîtra la plus forte crois- sance dans les années à venir L'infopublicité ne représentait que 11 1000 des revenus des stations de tévision au Québec en 1995, mais avec la déréglementation du CRTC3 et l'arrivée de joueurs d'importance comme Bell (Cantel) et le Mouvement Desjardins (les REÉR), les choses vont changer.L'mfopublicité et le publireportage.quand ils sont clairement identifiés, laissent moins de place à l'ambiguïté, il s'agit de publicité.On retrouve par contre des articles promotionnels, écrits par de vrais-es journalistes.Des pressions de la part de journalistes ont emmené certains médias à identifier clairement qu'il s'agissait d'un espace payé par le-la client-e.où on indique «publireportage», mais la frontière est parfois plus floue.«On présentait mon article au client pour qu'il le corrige» (!), lance Philippe Gauthier, un pigiste qui travaille maintenant avec les magazines Commerce et PME, mais qui a aussi fait des contrats pour d'autres revues d'affaires aux pratiques journalistiques plus discutables.LES ÉCHANGES DE SERVICES La relation entre information et publicité s'amenuise.La dépendance d'un média fera en sorte qu'on fera une couverture favorable à un-e client-e.L'inverse est aussi vrai.Des entreprises culturelles se plaignent qu'on ne parlent pas d'elles parce qu'elles n'achètent pas de publicité.On se retrouve donc avec une information 32 y088 novembre-décembre 1997 photo- Christian csos institutionnalisée où on ne parle que des compagnies qui investissent en publicité Tant pis pour la diversité, La spécialité de Québec Entreprise, une de ces nombreuses publications d'affaires qui ont poussé comme des champignons, est le «dossier» On débarque dans une région du Québec avec une équipe des ventes.Souvent le magazine s'installe dans des bureaux de la Corporation de développement économique du coin ou des bureaux prêtés par la ville On demande à la Corporation d'écrire une lettre aux entreprises de la région les invitant à être ouvertes aux demandes de la publication.En échange de l'achat d'une publicité, on fait un court article sur l'entreprise ou ses dingeants-es.On retrouve normalement le reportage non loin de la publicité pour laquelle la compagnie a payé.Pour les plus grosses boîtes, on demande la liste des fournisseurs: les vendeurs-ses vont cogner à leurs portes.Difficile pour un sous-traitant de ne pas embarquer dans le |eu quand sa survie dépend souvent du géant local.Ce sont donc les clients-es qui paient pour l'article qu'on fera sur les grandes entreprises de la région.Une fois la publicité vendue, on passe la commande au-à la journaliste.La longueur de l'article, toujours flatteur, sera fonction de la somme versée en publicité.Puis on passe à une autre région, ou un autre secteur économique.La manoeuvre se fait toujours sous le couvert de donner un coup de pouce au développement économique local.L'initiative est donc noble, puisqu'elle ne vise pas l'appât du gain, mais le mieux-être économique de la région.CHIENS DE GARDE SANS DANGER Des médias mieux établis sont aussi aux prises avec l'autocensure ou la pression de la part de clients-es.À Rimouski dans le Bas-du-Fleuve.en octobre 1995, Alexandre Gagné, journaliste à la station de radio CFLR se trouve au Palais de Justice lorsque tombe un jugement pour collusion entre trois boutiquiers de jeans pour casser les prix afin de nuire à un compétiteur Alexandre téléphone à la radio.La nouvelle mérite un reportage, mais comme il s'agit d'annonceurs importants pour la station, le directeur de l'information préfère attendre pour en parler au grand patron.«Dans l'après-midi, je rencontre le directeur de la station et tout de suite c'est un non catégorique.Il m'a dit: "c'est avec cet argent-là qu'on te paye."» On n'a donc pas publié la nouvelle.Quand l'histoire s'est rendue aux oreilles du propriétaire de CFLR le géant de Lo Presse et de Power Corporation, le directeur de la station a dû faire son mea culpa.«Après qu'il se sort fait tomber sur la tête par la direction de Power le directeur a convenu qu'il aurait dû mettre ses culottes et nous endosser», dit Alexandre Gagné, maintenant surnuméraire pour F
de

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