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L'oiseau bleu /
Première revue destinée à la jeunesse canadienne-française, L'Oiseau bleu a marqué les débuts de la littérature enfantine au Québec. [...]

Le premier numéro de la revue L'Oiseau bleu, sous-titré « revue mensuelle illustrée pour la jeunesse », paraît à Montréal en janvier 1921. Créée par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, sous la direction d'Arthur Saint-Pierre, fondateur de la publication, L'Oiseau bleu est la première revue destinée exclusivement à la jeunesse canadienne-française. Sa création a marqué les débuts de la littérature enfantine au Québec.

La revue est diffusée dans les écoles et, selon la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, elle s'adresse aux enfants canadiens de 3 à 18 ans. Certains ouvrages soulignent toutefois que la revue s'adresse davantage aux écoliers de la fin du primaire et du début du secondaire, soit aux jeunes de 10 à 15 ans, car la publication contient beaucoup plus de textes que d'illustrations. La revue est également diffusée auprès des jeunes franco-américains, franco-ontariens et acadiens.

L'Oiseau bleu poursuit le double objectif d'instruire et de divertir les jeunes. La revue a pour mission de renforcer leur sentiment d'appartenance nationale et leurs croyances religieuses. L'enseignement de l'histoire et de la géographie y occupe une place importante; on y trouve des rubriques telles que « Nos plaques historiques », « À travers l'histoire », de même que des récits de voyage comme « Mon voyage autour du monde ».

L'instruction religieuse et morale est présente dans les contes, les fables, les poèmes, les feuilletons et les biographies de saints. La publication comprend également des articles sur les sciences. Pour divertir les jeunes, la revue leur propose des feuilletons, des chansons, des jeux, des illustrations et des concours.

Plusieurs collaborateurs sont invités à participer à la rédaction de la revue, notamment Marie-Claire Daveluy, qui y publie en feuilletons son premier roman, Les aventures de Perrine et de Charlot. Celui-ci est considéré comme une oeuvre fondatrice qui a donné le ton aux oeuvres subséquentes de la littérature québécoise pour la jeunesse.

L'Oiseau bleu, qui a cessé de paraître en juillet 1940, a véritablement été un catalyseur pour la littérature enfantine québécoise.

LEPAGE, Françoise, Histoire de la littérature pour la jeunesse (Québec et francophonies du Canada) - Suivie d'un dictionnaire des auteurs et des illustrateurs, Orléans [Ontario], Éditions David, 2000, p. 113-118.

Éditeur :
  • Montréal :la Société,1921-1940
Contenu spécifique :
octobre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
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Références

L'oiseau bleu /, 1939, Collections de BAnQ.

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REVUE MENSUELLE ILLUSTRÉE POUR LA JEUNESSE PUBLIÉE PAR LA SOCIÉTÉ SAINT-JEAN-BAPTISTE DE MONTRÉAL 34 L'OISEAU BLEU Gracieuseté de l'A.CJ.C.SON EXCELLENCE Mgr PAUL BRUCHESI 4e cvcquc et 2e archevêque de Montréal, décédé le 20 septembre 1939: il allait bientôt toucher sa 84e année.ST)ENDANT son èpiscopat, le diocèse de Montréal fit de grands et réels pro-JL grès.Le Congrès eucharistique international de 1910 qu'il organisa avec tant de splendeur donna un regain de vie à l'Eglise canadienne et à toutes les oeuvres de religion.Très bien doué pour l'exercice de ses hautes fonctions, d'une vaste culture, d'un esprit vif et pénétrant, d'une distinction rare, servi à souhait p«r une mémoire très fidèle, l'illustre archevêque sut mettre toutes ses qualités tt toutes ses ressources au service du diocèse que le Souverain Pontife lui avait confié.Monseigneur Bruchési avait le verbe clair, net et précis.Brillant orateur, il savait émouvoir et convaincre les foules qui l'écoutaienl.Un grand charme, fait de bonté et de délicatesse se dégageait de toute sa personne et rendait les relations avec lui faciles et agréables.Un jour, l'épreuve, une épreuve qui s'est prolongée pendant vingt uns, s'abattit sur l'archevêque de Montréal.Dans le recueillement et la prière.Monseigneur Bruchési mil sa confiance dans le Seigneur et lui offrit ses peines et ses souffrances pour le triomphe de la religion et le bien de son cher diocèse.R.I.P. L'OISEAU BLEU 35 LEGENDE DU SAINT-LAURENT LA CHASSE GALERIE Adaptation de François CRUSSON ALLER dans les chantiers?Pierrot, mon enfant, tu es bien jeune, attends encore un an.— Voyons, maman, je ne suis tout de même plus un enfant, je vais avoir dix-sept ans l'été prochain.Et puis je suis grand et fort.— C'est vrai, mon Pierrot, que tu pousses comme ton défunt père.Tu vas faire un bel homme bien planté, va! Mais je t'assure que si ton père vivait, il ne te laisserait pas aller dans les chantiers.— Bien sûr, maman.Aussi ce n'est pas pour mon plaisir que je veux y aller, mais c'est pour l'argent qu'on y gagne.N'oublie pas qu'après moi, il te reste encore quatorze enfants à élever, et ça coûte cher toute cette marmaille.— Oui, ça coûte bien cher, et l'argent que tu pourrais gagner dans les chantiers, m'aiderait certainement beaucoup.Mais tout de même, Pierrot, j'aimerais mieux que tu attendes à l'an prochain, tu es si jeune et les hommes de chantiers sont si méchants.— Mais non, pas autant que le prétendent les mauvaises langues.D'ailleurs, maman, je te promets — et je tiendrai parole — de dire mon chapelet tous les jours et de ne pas prendre une goutte de boisson alcoolique.— Brave enfant, comme ton père serait content s'il t'entendait.Mais ce n'est pas tout Pierrot, promets-moi aussi de porter toujours tes scapulaires et la médaille de la Sainte Vierge.— C'est promis, maman.— Alors, viens m'embrasser, mon grand.En évoquant cette scène de la veille de son départ pour les chantiers, Pierrot sentit ses yeux s'humecter de larmes, tant le souvenir de sa mère le touchait.Tout de même, il était content de lui: il avait tenu ses promesses, il avait continuellement porté médaille et scapulaires, n'avait pas bu une goutte de boisson, et tous les jours il avait dit son chapelet.Oh, ça n'avait pas toujours été facile, surtout certains jours où il avait travaillé plus longtemps et plus fort que d'habitude, mais qu'importe, il avait tenu bon et au retour, il pourrait embrasser sa maman sans rougir.Comme elle serait fière! Mais là, si elle était près de lui, que lui conseillerait-elle?Pierrot avait un gros problème à résoudre.Pour y songer tout à son aise, il était sorti seul, en raquettes, pour se promener dans les bois, par ce beau dimanche après-midi, pendant que ses camarades jouaient aux cartes en fumant leur pipe et en prenant un petit coup de temps en temps.Il faisait froid, mais le soleil brillait, et la neige étincelait de blancheur sous la calotte bleue du ciel.Quel plaisir que respirer à pleins poumons cet air vivifiant, mille fois plus sain que la chaleur enfumée du camp! Malgré la difficulté qui l'obsédait, Pierrot se sentait heureux; heureux d'être jeune, fort et sain; heureux d'être libre, seul, et d'avoir la conscience en paix dans la splendeur de ce beau jour d'hiver, où tout était blancheur et pureté! — Mais non, pensait Pierrot, il ne faut tout de même pas que je m'abandonne à la joie de vivre que je goûte si intensément aujourd'hui, sans arriver à une décision.Jusqu'ici on m'a laissé bien tranquille; pourquoi donc Lucien, ce sale vaurien, est-il venu me demander l'autre jour: — Dis donc Pierrot, aimerais-tu venir veiller avec nous, le jour de l'An au soir, à La No-raie?— A La Noraie, mais c'est à 350 milles d'ici, tu sais bien qu'on ne peut pas y aller.— A pied, bien certain qu'on ne peut pas s'y rendre, mais avec la chasse-galerie on peut y aller, danser toute la nuit, et revenir ici avant le iour.L'OISEAU BLEU Revue mensuelle illustrée pour la jeunnesse Rédaction et administration, 1182, rue Saint-Laurent, Montréal, Canada.Abonnement: Canada et Etats-Unis: $1 Conditions exceptionnelles aux collèges, couvents et écoles.Téléphone: PLateau 1131 36 L'OISEAU BLEU — Non, merci, je ne veux pas perdre mon âme, moi.— Personne ne veut te la faire perdre, Pierrot.Tout ce que je te demande, c'est de n'avoir sur toi ni chapelet, ni scapulaires, ni médailles et, en route, de ne pas prononcer le nom du bon Dieu.Quant aux clochers d'église, moi je m'occuperai de les éviter.— J'ai promis à ma mère de dire mon chapelet tous les jours.— Tu le diras avant de partir.— Je lui ai aussi promis de porter mes scapulaires et la médaille de la Sainte Vierge.— Tu les laisseras ici pour une fois.Tu n'en seras pas plus mal.Vois donc, moi, puis aussi Ephrem, Toussaint, Simon, Julien et Arthur, nous y sommes allés l'an passé: nous avons dansé toute la nuit avec nos blondes et noua sommes revenus ici sans accident.Pense à ta mère que tu pourras embrasser et à la Louise au père Guillaume, avec qui tu pourras danser! — J'aimerais bien embrasser ma mère, mais j'aime encore mieux tenir les promesses que je lui ai faites.Je n'irai pas.Pierrot frissonna quand il se souvint de ce qui s'était passé ensuite.Lucien, subitement, avait perdu patience: il avait juré, blasphémé, puis saisissant Pierrot par le bras, il lui avait dit: — Tu vas venir, mon petit sacripant, et aux conditions que je t'ai faites, sans quoi je casse si bien ta figure d'Enfant-Jésus, que ta mère elle-même ne te reconnaîtra plus.Et surtout pas un mot à personne car tu es mort.Après l'avoir menacé de son poing énorme, il lui avait brusquement tourné le dos.Et Pier rot, tout en marchant à travers les bois, au blanc tapis de neige, reprenait le fil de ses pensées: — Pourquoi donc Lucien veut-il m'amener malgré moi?Tiens, je crois que je devine.Ce doit-être parce que Toussaint est malade, bien malade et ne pourra pas y aller avec eux, et il faut qu'ils soient en nombre pair: 2, 4, 6 ou 8.D'ailleurs, si je me souviens bien, c'est lui-même, Toussaint, qui a rempli la bouteille de rhum le Jour des morts.Quand j'y pense! J'en frémis encore.A neuf heures, quand je me couchai, tout était paisible dans le camp.Au milieu de la nuit un bruit de voix me réveille.Lucien disait à Toussaint: — Es-tu prêt, Toussaint?As-tu tout ce qu'il faut?— J'ai du rhum et une bouteille, que faut-il de plus.— Rien.Mais n'oublie pas, il faut que tu aies la tête en bas et que tu remplisses la bouteille de la main gauche.— Oui.Il est minuit moins deux minutes: aidez-moi à me mettre la tête en bas.Sur un banc, Arthur plaça un oreiller, puis, lui et Ephrem empoignèrent Toussaint, lui posèrent la tête sur le banc et lui tinrent les pieds en l'air.Comme minuit sonnait, Lucien lui présenta un pot de rhum que Toussaint prit de la main gauche, puis en remplit une bouteille qu'il tenait de l'autre main.Quand il fut sur ses pieds, il but une gorgée de rhum, passa la bouteille à Arthur, qui fit de même.Ephrem, Simon, Julien et Lucien en burent aussi, puis celui-ci versa quelques gouttes de rhum sur le plancher.Une vapeur rougeâtre s'en dégagea, monta, grandit, grossit, prit une forme semblable à celle d'un être humain, mais avec une longue queue traînant sur le plancher, des griffes au lieu des ongles, et deux cornes sur la tête.Satan venait passer un pacte avec les voyageurs de la chasse-galerie.Pierrot se souvint qu'il tremblait sous ses couvertures, et cependant, il ne pouvait détacher ses yeux de cette horrible apparition.Pour que votre canot d'écorce monte dans les airs et file cent cinquante milles en un clin d'oeil. L'OI SEAU BLEU 37 Satan ricana, d'un rire qui semblait un bruit de chaînes, puis levant en l'air un long doigt rouge terminé par une griffe de feu, il dit: "N'oubliez pas! Pour que votre canot d'écor-ce monte dans les airs et file cent cinquante milles en un clin d'oeil, il faut que vous n'ayez ni chapelets, ni scapulaires, ni médailles, et surtout, durant tout le trajet, que vous ne prononciez pas le nom de mon ennemi.— Un long sifflement souligna ce dernier mot.Veillez aussi à ne pas accrocher, en route, les croix surmontant les clochers d'église.Si vous manquez à ces conventions, vos âmes seront miennes.Entendu?— Entendu ! répétèrent Lucien et ses chenapans d'amis.Dans un ricanement horrible, Satan disparut.Pierrot, au souvenir de cette nuit atroce, trembla de nouveau, comme il avait tremblé alors, si fort que Lucien s'en était aperçu et s'appro-chant de son lit, lui avait demandé: — Tu as vu?Puis, sans attendre de réponse, il avait ajouté: — Malheur à toi, si tu parles! Pour chasser tous ces mauvais souvenirs, Pierrot fit un grand signe de croix et, se penchant, il traça une belle croix sur la surface de la neige et écrivit J.H.S.Continuant sa promenade, il se dit en lui-même: — Oui, c'est probablement parce que Toussaint est malade que Lucien veut m'emmener, et aussi parce que j'ai vu.Il ne veut pas que d'autres apprennent ses projets.— Eh bien non, je n'irai pas, car je ne veux pas perdre mon âme et je ne veux non plus manquer aux promesses faites à maman; mais d'un autre côté, je n'aimerais pas me faire casser la figure, ma figure d'Enfant-Jésus, comme m'a dit Lucien.Et c'est vrai que Pierrot avait une figure d'Enfant-Jésus, d'un Enfant-Jésus qui aurait grandi subitement.L'air vif de ce beau jour d'hiver mettait du rose à ses joues et ses grands yeux bleus, limpides comme l'eau de source, étaient pleins de soleil.Toute sa figure respirait la bonté, la candeur et la joie de vivre.Mais comment faire, pensa Pierrot, comment faire pour ne pas y aller et ne pas me faire casser la figure non plus?D'abord je dirai mon chapelet, comme d'habitude; ensuite je le laisserai sous mon oreiller, au lieu de le porter dans ma poche.Mes scapulaires, ma foi, je ne vois pas d'autre chose à faire que les mettre dans mes pieds de bas, jamais Lucien ne pensera à me faire déchausser pour voir si j'ai mes scapulaires.Quant à ma médaille de la Sainte Vierge, je vais jouer un bon tour à Lucien, je vais la cacher dans la pince de son canot d'écorce.Il sera bien malin si, malgré tout, il réussit à monter dans les airs.Content d'avoir trouvé un plan pour déjouer les desseins pervers de Lucien, Pierrot se dirigea vers le camp.Le soleil baissait rapidement à l'horizon, donnant à la neige une légère teinte rosée.Entre les arbres dépouillés de la forêt, Pierrot vit le soleil, immense disque d'or étinoelant, s'enfoncer lentement dans la neige rose.Le jour de l'An venu, Pierrot exécuta le plan qu'il s'était tracé.Le soir, vers neuf heures, Lucien lui saisit le bras et l'emmena à l'écart.Sans dire un mot il ouvrit le col de la chemise de Pierrot, pour voir s'il portait scapulaires et médaille comme d'habitude.Il n'en vit point.— Bien, grommela-t-il, et ton chapelet?— Sous mon oreiller! — Alors habille-toi vite et rencontre-moi derrière la remise.Pierrot tremblait bien ùn peu en s'habillant pour le voyage, mais il y alla bravement, plein de confiance en la Sainte Vierge, dont il avait placé la médaille dans la pince du canot.Derrière la remise, il rencontra Lucien et ses chenapans d'amis.Le ciel, sans étoile, plus noir encore que l'aile du corbeau, semblait bas et menaçant.Hon.Albint Paquett» M iniatre Ministère du Secrétariat de la Province de Québec Jean Bruchesi Sout-Miniitrt Les Écoles d'Arts et Métiers Enseignement gratuit Cours du Jour et du Soir dans les principales villes de la province COURS; Dessin industriel.Menuiserie, Électricité, Physique industrielle, Mathématiques, Ajustage, Dessin à main levée, Modelage, Architecture, Lettrage d'enseignes, Peinture, Solfège.Pour renseignements s'adresser à GABRIEL ROUSSEAU, Directeur, 59 rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, TEL.: BElair 2374 Abonnement: $1 par année m TECHNIQUE Revue de vulgarisation scientifique 38 L'OISEAU BLEU Pierrot prit place, dans le grand canot d'écor-ce, entre Ephrem et Arthur.Lucien s'assit en arrière, l'aviron à la main.Tous retenaient leur souffle dans l'attente du moment où un pouvoir infernal les enlèverait dans les airs, pour les transporter, à une vitesse vertigineuse, jusqu'à La Noraie.Quand ils furent prêts, d'une voix caverneuse, que l'émotion étranglait, Lucien prononça les mots cabalistiques: Acabri! Acabra! Acabram! Satan, roi des enfers, Enlève-nous dans les airs! Par la vertu de Belzébuth, Mène-nous droit au but! A la grande surprise de tous, excepté Pierrot, qui, lui, en poussa un soupir d'aise, le canot ne s'éleva pas dans les airs.Lucien releva sa tuque de laine et se gratta la tête, puis croyant qu'il avait tout simplement oublié un mot de la formule, il répéta son in fernale incantation: Acabri! Acabra! Acabram! Satan, roi des enfers, Enlève-nous dans les airs! Par la vertu de Belzébuth, Mène-nous droit au but! mais pas plus que la première fois le canot ne bougea.Pris de rage infernale, jurant et blasphémant, Lucien sauta hors du canot, saisit sa hache et dans une fureur satanique, il se rua sur l'innocente embarcation.Au moment où le tranchant allait toucher la pince du canot, la hache s'échappa des mains de Lucien, et le blessa grièvement au poignet.* * * Trois ans et demi plus tard, comme Pierrot sortait de l'église de La Noraie, rayonnant de bonheur, accompagnée de la belle Louise au père Guillaume, qu'il venait de prendre pour femme, que les cloches sonnaient à toute volée et que le soleil inondait de sa lumière les jeunes époux, beaux comme le Prince charmant et la Belle au bois dormant, Pierrot aperçut, sur le perron de l'église, un misérable quêteux, qui avait le poignet tout croche et tendait une main aux doigts pitoyablement crispés.Il reconnut Lucien et, instinctivement, il serra le bras de sa belle épouse, comme pour la protéger des maléfices de ce chenapan.Mais Lucien n'était plus que l'ombre de lui-même, et de mine si piteuse qu'il ne semblait plus pouvoir nuire à qui que ce fût, et surtout pas à ces beaux mariés, auréolés de soleil et débordants de force, de jeunesse et de bonheur.François CRUSSON Octobre: le mois des belles parties de ballon.Riens un peu Le petit Pierre aperçoit pour la première fois une automobile dans le village.Oh! s'exclame-t-il tout ébahi., une voiture qui a oublié son cheval! *fc 4* 4* Le professeur.— Dites-moi ce que vous savez sur la famille des orchidées?Le jeune élève.— Je ne peux pas, monsieur; maman me défend toujours de raconter ce que je sais sur la famille des autres.* * * Un misanthrope atteint d'une maladie grave disait à son ami: — Pourquoi tout ce monde dans ma chambre?Il ne devrait y avoir que toi, puisque mon mal est contagieux.A la place de ce garçonnet, que diriez-vous au gendarme? L'OISEAUBLEU 39 GRAND'M AM AN est bien âgée.Les ans ont blanchi ses cheveux; des rides profondes sillonnent son front pensif, mais ses yeux sont si bons que tout le monde Vaime.Elle s'oublie toujours pour ne penser qu'à plaire à son entourage.Elle sait donner des bons conseils à propos et prodiguer sa tendresse à tous.L'âge a diminué son activité d'autrefois, aussi se borne-t-elle à raccommoder et repriser, et, comme elle déteste Voisivetè, elle sait encore confectionner de jolis travaux de broderie ou de dentelle qu'elle conserve précieusement pour en faire des cadeaux de fête.Elle adore les réunions de famille et n'admet pas de places libres autour de la table, surtout les jours de grande fête, comme à Noël ou à Pâques.Plus on est nombreux plus on rit, dit-elle, et, quand la maison est remplie, elle se croit revenue à ses vingt ans et trottine de Fun à l'autre avec joie.Lorsque la fatigue se fait sentir, elle se réfugie dans sa berceuse, prend son long rosaire et Végrêne lentement.Elle a tant de faveurs à demander à la Sainte Vierge qui ne sait rien refuser aux bonnes vieilles grand'mères! Les avé se succèdent sous ses doigts tandis quelle s'abandonne à une reposante somnolence.Roseline, la plus jeune de ses petites-filles, qui est sa préférée, la trouve un soir dans cet état.Ses grands yeux intelligents suivent les mouvements des doigts de grand'mère et elle est tout intriguée.Elle reste quelques instants immobile, sa poupée bien serrée sous son bras, son regard allant successivement des doigts qui s'agitent aux lèvres qui remuent pendant que grand'mère semble dormir; puis elle s'approche du fauteuil et demande timidement: — Tu dors, granà"maman?Grand'mère se redresse et répond doucement: — Non, ma chérie.— Alors, qu'est-ce que tu fais, les yeux fermés?— Je me repose, mignonne, en priant la bonne Sainte Vierge pour toi et pour tous ceux que j'aime.— Attends, les jambes doivent être fatiguées, je vais mettre un tabouret sous tes pieds, ça te reposera.Joignant, le geste à la parole, elle a placé le tabouret devant sa grand'mère, qui y pose ses pieds.Il reste une petite place libre, Roseline s'y installe, pose ses coudes sur les genoux de grand'mère, et la regardant marmotter ses prières, elle lui demande: — Pourquoi as-tu toujours ce gros chapelet dans ta main et pourquoi t'arrêtes-tu à cliaque grain?Ce n'est pas un beau jeu cela, et ça ne fait pas rire comme quand on joue à "Pigeon vole." L'aïeule, tout à fait éveillée maintenant, écoute ce verbiage avec bonté et sourit comme savent sourire les vieillards: — Ce n'est pas un jeu, mon amour.Ce clia pelet est une longue prière pour ma petite Rose-line, pour quelle soit toujours sage et heureuse, et à tous ces grains sur lesquels je m'arrête, je demande à la Sainte Vierge qu'elle donne du bonJieur et de la santé à ceux que j'aime.— C'est joli cela, grand'maman-; mais que dis-tu, à chaque grain?.salue.salue.priez pour nous.C'est toujours la même chose que tu répètes, ça doit te fatiguer à la fin.Tu vas peut-être te rendre malade! — Mais non, petite, la prière ne rend pas malade, elle donne des forces, au contraire.L'enfant veut se rendre compte par elle-même, elle prend le rosaire et l'égrène avec ses doigts potelés, mais le remet bientôt à sa grand'mère en lui disant découragée: — Je ne peux pas faire comme toi, je ne sais pas ce qu'il faut dire.Comprenant qu'elle doit éclairer cette jeune intelligence inquiète, grand'maman entoure de son bras la petite qui se presse câlinement sur elle: — Crois-moi, ma petite Roseline, même les fillettes de ton âge peuvent réciter leur rosaire et la Sainte Vierge les écoute avec bonté.C'est en apprenant à le réciter quand on est petit qu'on se prépare à le comprendre mieux et â savoir combien il est précieux, quand on devient grand.Tiens, répète après moi, tu vas voir comme c'est facile.La fillette prend le rosaire et écoute, attentive, la prière quelle redit après sa grand'maman.Bientôt les phrases se gravent dans son cerveau et elle répond toute seule aux avé.Dans la grande salle silencieuse, la voix chevrotante et la voix cristalline se mêlent en un murmure harmonieux qui va charmer les oreilles de la Sainte Vierge dans le ciel.La divine Mère ouvre ses mains remplies de grâces et les répand sur les têtes de l'aïeule et de Venfant.J,M.NERIS I Le Rosaire de Grand9maman 40 L'OISEAU BLEU Frère Âne et.POUR grandir, vous développer, vous fortifier, tous les jours, il vous faut absorber une certaine quantité d'alimenU et faire les exercices physiques qui conviennent à vos forces et à votre taille.Voilà pour votre corps, ou mieux, comme dirait saint François d'Assise, cet incomparable poète, voilà pour Frère Ane.Mais allez-vous prendre soin de Frère Ane, mes petits amis, sans vous occuper de Frère Ange, c'est-à-dire de votre âme, de votre intelligence?Voulez-vous devenir des beaux ânes au poil bien luisant, mais aux yeux vides d'intelligence?Non, j'en suis certain, vos aspirations s'élèvent plus haut, mais alors soyez conséquents avec vous-mêmes, prenez bien soin de Frère Ange, procurez-lui tous les jours ce dont il a besoin pour se développer et se former.' L'intelligence, comme le corps, se nourrit et je dirais même qu'il est beaucoup plus facile de nourrir Frère Ange que Frère Ane.Celui-ci, en effet, trouve sa pâture dans les livres, et ces livres conservent longtemps une nourriture saine, fraîche et variée.Pourquoi alors ne pas en profiter?Ne tondez pas dans ce pré seulement la largeur de votre langue, comme l'âne du bonhomme La Fontaine, non, allez-y généreusement, ne craignez rien, pourvu toutefois que vous tondiez dans un pré mis à votre usage par vos parents ou vos professeurs.Il faut lire, et il faut lire beaucoup pour que chez vous Frère Ange conduise toujours Frère Ane et ne se fasse pas conduire par lui, mais il faut aussi lire d'une façon intelligente et des livres qui vous feront du bien.Lire, c'est d'abord conserver ce que vous avez déjà appris à l'école, c'est aussi augmenter la somme des connaissances acquises par l'étude et surtout, c'est le complément indispensable de vos années scolaires.Lire, c'est se cultiver.A ce point de vue, n'ayez crainte, vous ne lirez jamais trop.V 01 SE AU BLEU Viiiiim m-iH m Peuh! tu souffres des dents, si c'étaient les miennes il y a longtemps que je les aurais fait arracher.— Moi aussi.si c'étaient les tiennes! * * * Au cours d'histoire sainte, la maîtresse demande à une élève: — Voyons, mademoiselle Jeanne, que firent les Hébreux à leur sortie de la mer Rouge?— Ils se séchèrent.* * * Une dame, plus riche que belle, venait de faire faire son portrait et le regardait sans beaucoup de complaisance.— Eh bien! madame, êtes-vous satisfaite?lui demande l'artiste.— Oui et non.A vrai dire, je n'aime pas ce nez-là.— Moi non plus, madame; mais c'est le vôtre.Jeannoi Lapin aime deux sortes dje chasseurs: les timides et les distraits. L'OISEAU BLEU 41 l£2tëig^L^ieaux cheveux féminins, d'avoir mis de tels rayons de douceur dans les yeux bleus immenses d'une jeune fille.Puis, quelle allure de jeune reine avait Josephte, alors qu'elle déambulait sous ce ciel du printemps, pur de tout nuage.Oh! il voulait en avoir le coeur net, il revenait de près cette apparition gracieuse.Il jugerait si elle gardait vraiment les traits de la Josephte d'autrefois, de sa Josephte à lui.Puis, et Michel sentit son coeur battre avec violence, il voulait savoir qui était ce jeune homme qui l'accompagnait et semblait chercher sans cesse son sourire.C'est étrange, mais d'un coup d'oeil, Michel avait deviné que la belle Josephte Précourt comptait un prétendant fervent en ce mondain élégant qui buvait les moindres paroles qu'elle prononçait.Mais elle, Josephte, que pensait-elle de ce jeune homme?.Comment accueillait-elle ses prévenances?. 60 L'OISEAU BLEU Josephte Précourt leva soudain de grands yeux pensifs dans la direction où se tenait Michel.S'il les revoyait un moment ensemble, il apprendrait vite de quel côté le coeur parlait davantage."Mais, criait bien haut sa raison, à quoi te servira cette connaissance?N'as-tu pas pris la résolution de t'éloigner des sentiers fleuris que suit Josephte Précourt?— Sans doute, murmurait doucement de son côté le coeur de Michel, sans doute, je dois fuir la route que suit cet enfant que j'aimais et qui m'aimait jadis, mais si elle ne chemine plus seule, est-ce que ce n'est pas user d'un droit de grand frère que de m'assurer de la valeur de l'audacieux qui convoite cette adorable jeune fille?S'il en est indigne, qu'il prenne garde!.S'il en est digne.Mon Dieu, mon Dieu, que deviendrai-je, moi, que deviendrai-je?— Tu vois, Michel, concluait sa raison, ton coeur t'entraîne vers quelque péril aussi certain que mystérieux.Tout en devisant intérieurement, Michel avançait du même pas résolu qu'au départ.Une clôture en fer forgé apparut tout à coup, sur le haut d'une petite pente.Michel tressaillit.Peu de distance le séparait maintenant du jardin des Précourt.Il lui faudrait se dissimuler derrière les arbres qui clôturaient, à l'intérieur, le fond du spacieux jardin.Bientôt, il se glissait avec dextérité au milieu des arbres.Il les connaissait tous si bien.Leur bruissement lui semblait un murmure amical et réconfortant.Un éclat de rire fusa tout à coup non loin de lui.Michel pencha la tête.A peu de distance, on se promenait dan.- une des allées de droite du jardin.Les yeux de Michel se posèrent tout d'abord sur Josephte qui marchait silencieuse, un peu indifférente même, entre ses deux amis.Elle leva soudain de grands yeux pensifs dans la direction où se tenait Michel.Devinait-elle, au fond de son être sensible, qu'un coeur battait pour elle fortement derrière les grands arbres pro- tecteurs?Peut-être, car une grande douceui remplit un moment les prunelles d'azur.Puis, lentement, le regard de la jeune fille se tourna vers son compagnon, qui lui parlait avec animation.Michel, tout bas, se mit à gémir."Josephte ne me semble plus indifférente comme ce matin.Elle s'émeut peut-être des paroles que lui murmure cet habile petit monsieur de salon." Un appel retentit tout à coup.Avec satisfaction, Michel vit Mme Précourt rappeler Josephte à la maison."Pour un moment, un court moment", expliquait-elle.En attendant son retour, on pouvait demeurer au jardin.Le thé ne serait servi que dans une demi-heure.Josephte s'éloigna donc, souple, gracieuse en sa démarche, et cueillant au passage, tout en baissant sa tête aux cheveux d'or, quelques tulipes fraîchement écloses.Restés seuls, les amis de Josephte reprirent leur lente promenade.Ils se rapprochèrent du fond du jardin, et si bien, que Michel, sans peine, put suivre leur conversation.Il se reprochait bien un peu cette indiscrétion, mais la fièvre d'apprendre quelque chose sur le compte du prétendant de Josephte l'emporta sur les protestations de sa conscience.— Jules, disait la jeune fille brune et vive, en se penchant vers son compagnon, Jules, écoute-moi bien.Elle semblait, en effet, être la soeur du jeune homme qui marchait à ses côtés.Si la taille était différente, les traits du visage étaient les mêmes.— Quelles sombres conjectures veux-tu encore me présenter, Hélène?Tu as beau être ma soeur et me vouloir du bien, tu commences à m'ennuyer, je te le déclare franchement.— Evidemment, tu te crois irrésistible auprès des femmes.Les précautions que je te conseille de prendre en faisant la cour à Josephte Précourt te semblent vaines, presque ridicules.— A dire vrai, oui, ma soeur, et je te prierais de me laisser agir à ma guise sans plus t'en inquiéter.— Tu ne connais pas Josephte aussi bien que je la connais.— Peut-être! — Tu n'as pas été habile, tout à l'heure, en riant de sa mine préoccupée.Elle a des raisons pour être ainsi.— Tiens! tiens! — Combien t'ai-je répété de fois que Josephte Précourt n'avait jamais oublié un certain petit jeune homme pauvre, qui n'est pas de notre monde, c'est vrai, mais qui a gardé quand même une place dans un coin secret de son coeur.Elle ne me l'a pas dit.remarque bien.Les confidences de Josephte Préeourt sont rares.Mais un jour, je l'ai surprise lisant, les larmes aux yeux, une lettre de ce monsieur. L'OISEAU BLEU 61 — Un jour, dis-tu?Bah! durant ses années de couvent.Elle s'est ravisée depuis.Quand l'entendons-nous rappeler quelques épisodes de cet autrefois que tu déclares lui tenir tant au coeur?— J'aimerais mieux, pour ma part, lui en entendre causer.Puis, as-tu deviné pourquoi elle est aussi songeuse depuis le matin?— Je n'ai pas ton admirable clairvoyance.Parle, parle, puisqu'aussi bien la belle Josephte prolonge sa station auprès de sa belle-soeur.— Eh bien, c'est que le dévoué serviteur de la maison, Jean, lui a servi ce matin un conte à dormir debout, à la vérité, au sujet d'un beau jeune homme qui serait descendu du bateau hier soir, lui aurait aidé à réunir les ballots adressés à Mlle Josephte ou à Mme Précourt et, chose curieuse, se serait informé avec intérêt de Josephte et de sa famille.— Où as-tu appris cette nouvelle?Justes cieux! Quelle curiosité te dévore sans cesse, ma pauvre enfant! Tu ramasses tout.— J'étais avec Josephte.Je n'ai pas eu d'enquête à mener, rassure-toi.— Et ce mystérieux jeune homme, où s'est-il retiré?— Nous l'ignorons tous."Personne ne l'a vu au village", assurait Jean, tout à l'heure, à Josephte, qui l'interrogeait d'un air d'indifférence assumée avec un art parfait.Seul le capitaine et ses marins en uniforme ont assisté à la première messe.— Je ferai une petite enquête, moi aussi, de mon côté.Ne crains rien.Tiens, tiens, que peut vouloir ce revenant, au moyen de telles allures mystérieuses?En tout cas, le rustique ami d'autrefois de notre belle Josephte n'a qu'à continuer la conduite qu'il a tenue jusqu'ici et respecter les distances qui le sépareront toujours, au point de vue social, de sa compagne de jadis.— Tu as raison.La distinction innée de Josephte, d'ailleurs, viendra à son secours.Elle regardera de haut, maintenant, cet orphelin pauvre, né de parents fort communs, sans doute.— Si jamais, j'ai un rival de ce genre, j'abandonne la partie.— Quel air dépité, mon frère, et quel illogisme d'amoureux.Au contraire, tu te rueras alors à la conquête, je te connais.—Tu as voulu m'effrayer, dis-le, avec toute cette histoire d'un jeune homme qui paraît et disparaît avec une rapidité mystérieuse?— Pas du tout.Mais que cela te serve de leçon.Tu as l'air trop sûr de plaire à Josephte.L'Oiseau bleu est publié par la Société Salnt-.Iean-Baptlste de Montréal.1182.rue Saint-Laurent, à Montréal.Directeur: Alphonse de la Rochelle.La revue ne parait pas en juillet et en août.— Tu as atteint ton but, ma soeur.Je vais veiller.Ah ! ce laborieux petit rustre veut quitter les Etats-Unis et me ravir le coeur d'une belle héritière, eh bien, qu'il le tente! Je lui apprendrai à sortir de la sphère où il est né, et où il s'était sagement tenu jusqu'ici.L'impudent! — Chut! Jules.Ne t'enflamme pas ainsi Voici Josephte.Mais quel air sombre! Quelle nouvelle a-t-elle donc apprise?(A suivre) Marie-Claire DAVELUY Peur rire — Grand-papa, c'est donc vrai que tu as été une fois aussi petit que moi?— Bien sûr, mon petit.— Tu devais être drôle avec ta barbe longue et tes lunettes.s|c 3|b 2$c Jean hume sa soupe en faisant du bruit avec ses lèvres.Sa mère le gronde: — Il ne faut pas faire de bruit comme cela; dit-elle, c'est vilain.Alors, Jean se hausse sur sa chaise et déposant un baiser sonore sur la joue de sa maman: — Et ce bruit-là, peut-on le faire?* * * Madame vient de recevoir une bourriche du bord de la mer; elle appelle sa petite fille: — Claudette, écris à ta tante qu'elle vienne dîner avec nous parce que nous avons reçu du poisson frais.— Oui, maman.Claudette obéit et la tante reçut une lettre ainsi conçue: "Ma chaire tante, Vient dîner avec nous demain; nous avon ressu du poison frais et tu en aura pour ta fin." Dans sa famille, de père en fils, depuis Adam, on a toujours aimé les pommes! 62 L'OISEAU BLEU Concours d'octobre 1939 GENS ET CHOSES DE CHEZ NOUS Par COUSINE FAUVETTE MOTS CROISÉS 123456789 1 — Célèbre recluse canadienne, née à Montréal, en 1662; elle donna tous ses biens à la Congrégation de Notre-Dame et se renferma dans une cellule où elle mourut en odeur de sainteté en 1714.— Enduit tenace dont on se sert pour fermer les vases qu'on met sur le feu.2 — Accabler de dettes.3 — Ville de Chaldée, patrie d'Abraham.— Mot latin, première personne du singulier du futur de l'indicatif ou du présent du subjonctif du verbe : savoir.4 — Genre d'insectes hémiptères, parasites, qui vit sur le corps de l'homme et de plusieurs animaux.— Oblat de Marie-Immaculée, premier archevêque d'Edmonton, Alberta, né en France, en 1849.5 — (Ici, au singulier) Religieuse d'un ordre fondé en 1506 par sainte Angèle de Mérici; ordre établi à Québec en 1639 par les soins de Madame de la Peltrie.6 — Golfe, vers a partie nord-ouest de l'Italie.— Abréviation de Société Canadienne des Philatélistes.7 — Abbé, fondateur de l'institution des sourds- muets auxquels il apprit à se faire comprendre au moyens de signes conventionnels.8 — Abréviation de Louis.— Connu,.appris.9 — Jeune dame de condition qui fonda à Québec, avec la vénérable Mère de l'Incarnation, un couvent d'Ursulines dont les premières arrivèrent en ce pays le 1er août 1639.HORIZONTALEMENT 1 — Rivière de la province de Québec, prend sa source dans le comté de Kamouraska et se jette dans le Saint-Laurent.— Peintre et poète canadien, né à Sorel; durant vingt ans professeur de dessin à l'École normale Jacques-Cartier, à Montréal.2 — Je passe à l'eau.— Adjectif possessif féminin.3 — Syllabe qu'épellent les débutants à l'école.— Vase où les anciens renfermaient les cendres des morts.4 — Genre de légumineuses, voisin des vesces, et dont le type est la lentille.— Pièce de bois dans laquelle le soc de la charrue est emboîté.5 — Enfermée étroitement (Jeanne Le Ber).6 — Né à Saint-Boniface, en 1844, président de la république du Manitoba, chef d'un soulèvement en 1885, exécuté à Régina en 1885.— Un des points cardinaux.7 — Tu fais quelque chose, produis effet.— Ville de Chaldée, patrie d'Abraham.8 — Fondatrice de l'Hôtel-Dieu de Montréal, avec Madame de Bullion en 1642.9 — Pronom personnel.— Adjudant général de Louis Riel, lors de la rébellion du Nord-Ouest en 1870.Mort en 1923 à Saint-Boniface.Faire tenir ses solutions, au plus tard, le 26 octobre à VOiseau bleu, 1182, rue Saint-Laurent, Montréal, P.Qy * * * Solution du problème d'août septembre 1939 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 1 E V A N G E L I N E 2 V A L I A M 0 ¦ I G 3 E ¦ E L G I N » C A 4 I L S ¦ E R G ¦ 0 D 5 L m ¦ G ¦ ¦ F E L E 6 ¦ V E R C H E R E S 7 V i G E R ¦ L U T ¦ 8 m E G E E ¦ L C N 9 I L ¦ N D ¦ 0 T E E 10 F ¦ A ¦ 0 S W'E G 0 Gagnantes du concours 1.— Mlle Lucile Duval, 106, rue Beaudoin, Saint-Henri, Montréal.2.— Mlle Jeannette MacDonald, Rigaud, comté de Vaudreuil, Pensionnat de Sainte-Anne.3.— Mlle Madeleine Deguire, 5706, Neuvième Avenue, Rosemont, Montréal, Académie de Sainle-Philomène.4.— Mlle Marie-Anne Sureau, 298, Cinquième Avenue, Lachine, Québec.5.— Mlle Gilberte Cantin, 6725, rue de Normanville, Montréal, Académie de Saint-Arsène.6.— Mlle Lucile Paquette, 307, parc Georges-Etienne-Cartier, Montréal.* * * Chacune des gagnantes a reçu en prime de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal la somme de cinquante sous. L OISEAU BLEU 63 Une page d'histoire IbJV riudioffstritfllomrfDl HOI AN D MIUlIlD CMAUIBOIS Monseigneur JEAN-JACQUES LARTIGUE Premier évêque de Montréal 1777 - 1840 Comme chez vous le sang canadien coule dans nos veines.ET pour achever de convaincre ses ouailles de son ardent patriotisme, Mgr Lartigue ajoutait: Nous vous avons souvent donné des preuves de l'amour que nous avons pour notre chère et commune patrie.Elle fut difficile et traversée d'épreuves la vie du premier évêque de Montréal.Après dix ans de mariage, le Dr Jean-Jacques Lartigue et son épouse Maria-Charlotte-Marguerite Cherrier déploraient de voir leur foyer vide d'enfant.Madame Cherrier fit un voeu.Aussi le bonheur de ces parents chrétiens fut-il à son comble, quand naquit, le 30 juin 1777, un fils auquel ils donnèrent au baptême les prénoms de Jean-Jacques.Cet héritier tant attendu commença très jeune ses études au petit séminaire de Montréal.Une amitié très vive l'unissait à son père qu'il perdit alors qu'il n'avait que quatorze ans.La mort de cet être si cher l'affecta profondément.De rieur qu'il était, il devint grave et sérieux pour son âge.Il se prolongea alors dans l'étude avec beaucoup d'ardeur.A vingt ans, renonçant à la carrière riche de promesses qui s'ouvrait devant lui, il préféra se consacrer au service de Dieu.Monseigneur Pierre Denaut, dixième évêque de Québec, l'admit à la tonsure le 23 septembre 1797.L'abbé Lartigue voulut entrer dans la Compagnie de Saint-Sulpice, mais son évêque se l'attacha plutôt comme secrétaire particulier.En 1806, Mgr Octave Plessis, successeur de Mgr Denaut, lui accorda la permission depuis si longtemps attendue.Pendant la guerre de 1812, les milices canadiennes menaçaient de se débander.Sir George Prévost, gouverneur du Canada, fit appel à M.Roux, supérieur du Séminaire de Saint-Sulpice, qui envoya M.Lartigue pour rétablir l'ordre.Menacé de voir tous ses biens confisqués en 1819, le Séminaire députa M.Lartigue à Londres afin de faire valoir et de défendre les droits de Saint-Sulpice.Il fut écouté avec faveur à cause des services rendus à la Couronne sept ans auparavant.C'est au cours de ce voyage que le Saint-Siège le nomma évêque de Telmesse et le préposa au gouvernement spirituel de la région de Montréal comme suffragant et auxiliaire de Québec.Sacré évêque le 21 janvier 1821, Mgr Lartigue fut pendant quinze ans évêque à Montréal sans être l'évêque de Montréal.Cette situation le paralysa dans l'organisation de son diocèse.De plus, il sentait bien que l'opinion civile était contre lui et il manquait d'argent pour toutes les oeuvres qu'il voulait fonder.Cet état de choses se régularisa en 1836 quand Mgr Lartigue devint enfin évêque de Montréal.Mais déjà c'était à la veille des Troubles de 1837 où les Patriotes allaient prendre les armes pour la défense de leurs droits et de la liberté.Le coeur navré, Mgr Lartigue se vit dans l'obligation de les rappeler au devoir, mais non sans protester auparavant de l'ardeur de son patriotisme.Mgr Lartigue, en dépit des épreuves et des difficultés de sa vie, ne se laissa jamais distraire» de ses exercices de piété.Il demeura très attaché à l'étude, malgré sa faible santé et les événements troublants qui marquèrent son époque.Il fut un patriote fier et sincère.M.l'abbé Lionel Croulx a écrit de lui et de Mgr Ignace Bourget, son successeur: Peu d'hommes, en leur temps, ont su, comme eux, se tenir debout devant le pouvoir.« tu « Les Canadiens français ne doivent pas hésiter un instant à mêler du patriotisme aux affaires.Ils ont trop négligé ce devoir jusqu'ici.Qu'ils se ressaisissent et apportent leur appui à leurs institutions nationales.La Sauvegarde, société canadienne-française d'assurance sur la vie, leur offre les mêmes avantages, la même écurité que toutes les compagnies concurrentes.Qu'ils réservent donc leur appui à la Sauvegarde. Nouvelle Carte Géographique de la Province de Québec • 1939 ; (En 6 couleurs) INDISPENSABLE A L'ENSEIGNEMENT PRATIQUE DE LA GEOGRAPHIE MODERNE.Géographie physique, politique et économique Dimensions: 61 x 40 pouces.Montée sur toile avec baguettes en bois et oeillets.Prix : $3.50 chacune — $36.00 la douzaine.54 ouest, rue Notre-Dame GRANGER FRÈRE5 LAncaster 2171 * Le barrage du placement en viager a permis à nos 100,000 sociétaires de capter $13,000,000 et de distribuer, cette année, à 45,396 d'entre eux $752,016.67 de rentes, soit un total de $6,477,226.53 depuis 21 ans.* CAISSE * NATIONALE D'ÉCONOMIE 41 ouest, rue S.-JACQUES Montréal — HArbour 3291 1 Imi'himkhik Lb Devoir, Montreal
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