L'oiseau bleu /, 1 janvier 1932, avril
riSTK DE lfONTOKAL Rédaction, Administration et Publicité 1182, rue Saint-Laurent MONTRÉAL Téléphone: PLatcau 1131 Abonnement annuel: Canada et Etats-Unis: 50 sous (Payable au pair à Montréal) CONDITIONS SPÉCIALES aux écoles, collèges et couvents VOL.XII — No 4 MONTREAL, AVRIL 1932 Le numéro 5 ¦«*» LE DOUX PRINTEMPS. M L'OISEAU BLEU UNE VIRTUOSE CANADIENNE DE TREIZE ANS Petits Canadiens, lecteurs de VOiseau bleu, vous vous êtes bien souvent sentis gonflés d'orgueil aux récits glorieux que public votre gentille revue.Ces chroniques de nos grands héros du passé font rô/cr il la gloire.On veut aussi soi-même être utile aux siens, à sa patrie, à sa religion.mais comment faire?"La gloire cela ne passe qu'avec les ré; intents, on ne peut être des héros qu'en temps de guerre", vous disiez-vous! Erreur! Erreur! Petits Canadiens qui me lise/, apprenez que la gloire est possible à ravir même en temps de paix, et cette gloire est telle que l'on n'y risque pas de disparaître ou de s'immoler.Si l'on ne réussit pas, on s'est encore couvert de lauriers: je veux vous parler d'une petite Canadienne française qui, par son travail acharné, vient 1 13 ans- lisez bien, à 18 ans — d'être consacrée grande artiste virtuose, et encore sur les grandes orgues qui grondent le dimanehc dans les églises.Marguerite Lcsagc est née à Laohine le 14 octobre 11118.Dès ses premières années d'école, chez les SS.de la Congrégation, elle suit son goût pour la musique, au lieu de croire tous ceux qui lui disent "La musique, ea vaut rien dans la vie"'.Pour elle la musique ça vaut quelque chose, puisque ça la retient près de ses parents au lieu que d'autres courent les rues.Et puis elle sent si bien comme il y a du bonheur là dedans, et comme c'est beau les ehefs-d'u'uvre de Mozart, de Hccthoven, de Rach.Enfin! elle se moque de tout ce qu'on dit autour d'elle et elle suit son goût, elle fait profiter le talent que le Bon Dieu lui a donné sans s'inquiéter de la nature de ce talent.Grande leçon pour d'autres! Et qui va profiter à toute une race.Oui! I toute une race: car Marguerite Lesage que vous voyez ci-contre à l'orgue du Conservatoire National de Musique oil elle a décroché son Lauréat d'orgue et de piano, partira bientôt pour une tournée de récitals sur les grandes orgues du pays; puis elle s'en ira en Europe se perfectionner et illustrer le nom de son pays dans le reste du monde pour revenir enfin se fixer à Montréal.N'est-ce pas très beau, très touchant, une petite tille de 18 ans qui donne de la gloire à son pays?Aviez-vous déjà pensé, chers petits lecteurs, que les artistes, en particulier les musiciens, sont si utiles que cela à la réputation de leur patrie?Songez un peu que le nom de Mozart est au moins aussi grand que celui de Napoléon, surtout qu'il n'a pas eu à faire couler de sang pour parvenir à la gloire.Eh! bien! ce que Marguerite Lesage vient de faire pour les siens, vous pouvez l'imiter et très facilement.Il y a sept ou huit petits Canadiens sur dix qui ont du talent pour la musique; ccln a été établi après enquête.Vous l'ignorez peut-être ce talent, parce qu'il n'y a pas de solfège à l'école où vous allez, et parce que vous n'y avez jamais pensé qu'on peut faire "rien que de la musique" avec profit même si vous avez cru le contraire sur la foi du grand frère qui croit à rien.D'ailleurs il y a un moyen de savoir s'il y a de l'avenir en vous à ce point de vue.C'est d'écrire sans gêne au Conservatoire.Vous y serez invité à un petit examen de 15 minutes et ce sera oui ou non! Sans doute ce pourra être: Non! Mais si par hasard c'était oui! Ne sericz-vous pas heureux de concourir au bon renom de votre pays même en temps de paix comme nos héros nationaux l'ont couvert de gloire dans nos grandes guerres historiques?Pensez-y! Et en attendant si vous voulez entendre Marguerite Lesage, écrivez nu Con-Hirnilnirc National, 441, rue Lagauchctièrc est, et demandez à Marguerite Lesage qu'elle donne un concert gratuit pour ses petits compatriotes, une après-midi de congé.Les autorités du Conservatoire le lui permettront.Lê Comité pour l'avancement de la musique L'OISEAU BLEU 99 Ll COIN DU PHILATÉLISTE Pour le centenaire de Montréal Montréal féte cette année le centenaire de son accession au rang des cités.Administrée sous le Régime français par un syndic; au début du Régime anglais par un officier de la Couronne: de 1774 à 1796 par le Conseil de Québec, puis par des juges de Paix, l'ancienne Ville-Marie •— nom qu'elle ne porte plus depuis 1725 — voit la lin de Ba minorité, après 100 ans d'existence.Le 12 avril 1832, la Chambre de Québec au nom de S.M.Guillaume IV fait droit à sa requête et le 12 juin l'établissement de la "Corporation de la Cité de Montréal" est officiellement proclamé.En cette année où le ciel politique est chargé de nuages annonciateurs des jours troublés de 1837-38, l'événement prend une importance toute particulière.La Société St-Jean-Baptiste — éditrice de votre Oiseau bleu tant aimé — se prépare à le célébrer avec tout l'éclat possible, de concert avec la Société Historique et les autorités municipales.La province et tout le pays voudront sans doute rendre hommage à la métropole, devenue par sa situation et son importance le cœur même du Canada.Le peu de temps qui reste et surtout la crise actuelle interdisent cependant un grand déploiement.Il est heureusement un moyen facile d'associer il cette manifestation non seulement le Dominion, mais même le monde entier.Ce moyen, nos lecteurs philatélistes l'auront deviné, se trouve dans l'émission d'un timbre oommémoratif.La vignette ci-contre soumise à titre de projet — nous tenons moins au dessin qu'il l'idée qu'il représente — pourrait remplir ce rôle immense à bien peu de frais.Les timbres historiques, très recherchés des collectionneurs — ils se comptent par millions — sont une source de revenus intéressante pour les postes.Mille exemples le prouvent.Toua droit.Nous avons signalé l'initiative de Bangkok: nous venons d'apprendre que l'émission de la capitale du Siam est presque entièrement vendue avant d'avoir vu le jour.Par ailleurs on mande que les Etats-Unis préparent une série de plusieurs timbres en l'honneur du centenaire de l'incorporation de Chicago, en 1933 — (exactement notre cas) en vue de contribuer aux frais énormes de l'exposition organisée par cette ville pour la circonstance.Serions-nous moins pratiques et moins soucieux de nous faire connaître il l'étranger que ne le sont les Siamois et les Américains?* * * Dans son esquisse, l'auteur après avoir marqué le centenaire par les millésimes 1832-1932, fait ressortir, en se servant des lettres du nom de Montréal, le caractère de foi imprimé à notre ville dès son berceau.Le M, d'un dessin inusité, rappelle le monogramme de la Vierge protectrice de Ville-Marie, et le T, facilement transformé en un signe cruciforme, vient évoquer le geste de pieuse econnaissanec de M.•f*™*» de Maisonneuve que la Société Sl-Jean-Baptiste a perpétué par une croix flamboyante qui, comme sur notre timbre, domine le Mont-Réal.Quatre motifs symboliques rappellent l'origine des principaux groupes ethniques de notre population — trois sont empruntés aux armes de Montréal: la Rose fait songer à l'Anglais, le Chardon, a l'Ecossais et le Trèfle, à l'Irlandais.Pour honorer l'élément dont les ancêtres furent les pionniers de cette même ville, on sait au prix de quels sacrifices, l'artiste a tracé la Fleur de Lys de France, réparant ainsi l'étrange omission des auteurs de l'écusson montréalais qui n'ont rien su trouver pour marquer la trace indélébile de la race fondatrice; omission que personne ne semble avoir tenté de corriger, ce qui est encore plus étrange.Mêlant flore et faune, les armes de Montréal 100 L'OISEAU BLEU portent aussi un castor, mais c'est là, comme la feuille d'érable, un emblème non pas particulier à un proupe, mais propre à tous les Canadiens: l'élément français, comme tel, n'y trouve pas son compte.Le portrait, nul autre ne saurait mieux convenir, est celui du premier maire de Montréal, le laborieux Jacques Viger, journaliste et archiviste réputé par ses travaux de recherches et de compilation dont "Ma Saberdache" recueil de 44 volumes, lui valurent le titre de "Bénédictin du Canada".Montréalais de naissance (7 mai 1787), ce citoyen modèle était le quatorzième enfant de Jacques Vigor, député de Kent, neveu du célèbre Denis-Benjamin Viger et filleul du notaire Joseph Papineau, père du grand patriote.En 1812, on le vit courir à la défense de la patrie menacée par les Américains.Il était oapitainc dans le fameux corps des Voltigeurs Canadiens, commandés par de Salabcrry, et prit part, notamment, au combat de Saokett's Harbour, dans le Haut-Canada.Il fut chargé avec l'hon.L.Guy, eu 1825, en qualité d'inspecteur des ponts et chaussées "de la ville et de la paroisse", du recensement de TIMBRES A PRIX MODIQUES (NouveUe list* — l.cs annonces précédentes restent valables) AUBAINES — Paquet! de timbres différent! — Excellents pour débutants ou pour combler les 1 /*» vides des plus avinecs, chaque paquet.»*V 12 Aériens 20 Dantzig 25 Portugal 20 Afrique 25 Espagne 30 " colonies 15 Argentine 20 Etats-Unis 25 Russie 30 Asie 25 Finlande 20 Turquie 15 Brésil 20 Lich'stein 30 T-Slovaqule 20 Bulgarie 10 Mexique 10 U.-S.Afr.15 Chili 20 Norvège 25 Wtemberg 15 Cuba 25 Roumanie 25 Y.-Slavie MELANGES NON TRIES — Surtout Europe, peu d'E.-U., pas de Canada: Paquet de 500.15 — 1,000 .25 VARIETES GENERALES — Tous les timbres différents dans chaque paquet:— 100.10 200 100 sans Allemagne 300.ni Canada.15 CHARNIERES COMMEES — .20 .30 500 1000 2000 .45 1.00 3.00 Papier pelure pour coller les timbres promprement: 1,000.10 — 2,000.25 ODONTOMETRE — Sur carte bristol, pour mesurer dentelures et surcharges.03 — 2 pour .05 PINCETTES — En métal, pour manipuler les timbres sans les salir.10 SAINT-SIEGE — Timbres du Pape, réimpression de 1867, 7 variétés, valeur des originaux, $14 .12 Ajouter 3c pour le port de toute commande de moins de 50c.lu» Postal - Boite Poste 4020 - Montréal (Vente par poste exclusivement) l'île de Montréal.Des notes recueillie»; en dehors de celles exigées par la loi surgit un intéressant travail: Les Tablettes Statistiques du Comté de Montréal.A la première réunion de la nouvelle corporation, le 5 juin 1833, Viger, élu échevin, fut appelé par ses collègues, ainsi que le voulait notre charte d'alors, à la première magistrature de la Cité, poste auquel il fut réélu jusqu'en 1834.Le ville avec une population de 27,000 âmes était divisée en huit quartiers: Est, Ouest, Ste-Anne, St-Joseph, St-Antoine, St-Laurcnt, St-Louis et Ste-Marie, qui nommaient chacun deux échevins; elle s'étendait depuis le faubourg Québec jusqu'à la Pointe-St-Charles sans remonter plus haut qu'à la colline dont la rue Dorchester d'aujourd'hui forme le premier gradin.Comme on peut en juger le "grain de sénevé" n'a pas tardé à réaliser la prédiction et devenir un grand arbre.De 1830 à 1840, en raison des troubles, la charte est abolie et la ville tombe sous l'administration des juges des Sessions de la Paix.Rétablie dans ses droits qu'elle ne devait plus perdre, Montréal choisit alors son premier maire anglais.Peter MeOill.Entre temps, Jacques Viger, poursuivant sa carrière féconde, était nommé en 1834 premier président de la Société St-Jean-Baptùle que Ludgcr Duvernay venait de fonder.Il y fut réélu en 1850 et peu de temps avant de mourir (12 décembre 1858) il fondait la Société Historique de Montréal.Pour ce qui est de son couvre comme homme de lettres, M.Viger n'a pas fait imprimer un seul livre-d'archéologie ou de critique historique, qui ne fût connu au-delà de nos frontières; dos savants d'Amérique et d'Europe le consultaient sur les faits les plus anciens et les plus obscurs de notre histoire.A sa "Saberdache" s'ajoute une correspondance de quarante ans, pétillante d'esprit et de gaieté, dans laquelle se reflète tout le mouvement de notre société contemporaine.Ami aussi distingué des arts que des lettres, M.Jacques Viger leur a rendu un magnifique tribut dans un "Album" dont chaque feuillet est illustré par un souvenir, un paysage ou une figure chers au pays.La place et la gare Viger ont été nommés en son honneur.En cette anniversaire nous lui devions l'expression publique do notre vive reconnaissance: Jacques Vigor, nous venons de le voir, a bien mérité de la Cité, dans les deux sens du mot.Mais il faut se hàtcr: juin est proche.Le mot est à notre sympathique Ministre des Postes et à son excellent ami lo Maire de Montréal, 34ôme successeur do Viger.Soucieux tous deux de la gloire de la Métropole, ils voudront, espérons-nous, unir leur influence pour que L'OISEAU BLEU 101 «e centenaire reçoive une consécration universelle et méritée.Et sans préjudice — évidemment — à rémission d'une série de timbres commômoratifs que les postes canadiennes devront lancer i.l'occasion du quatrième centenaire de la découverte du Canada en 1934.Noua reviendrons sur ce sujet historique de première importance, le plus tût possible.Le Congrès de Dublin — Le manque d'espace ne nous permet pas, à notre grand regret, de signaler les récentes et nombreuses nouveautés.Nous tenons cependant il annoncer sans retard l'émission prochaine par l'État Libre d'Irlande de deux timbres à l'occasion du Congrès International Eucharistique qui aura lieu il Dublin en juin 1932.M.O.Alkinson.R.H.A., en est l'auteur; il s'est inspiré de l'insigne officiel du Congrès et porte la croix celte de Cong avec, au centre, un calice entouré de l'inscription latine: "Intcrnationalis Congrcssus Eucharisticus MCMXXXII".Ces timbres seront de 2 et 3 pence.Nous en reparlerons.Phil.Athely La Grande Amie Trous aimerez son histoire.y Elle tient salon ouvert il tous les gens de bonne compagnie.Elle reçoit des personnages distingués, illustres dans leur conduite: pionniers d'une idée et d'une civilisation.EvGques, missionnaires, gouverneurs, chevaliers de la légion d'honneur sont bien accueillis par elle.Elle vous invite à l'idéal, aux gestes courageux, aux leçons de vertu, aux actes de désintéressement.Elle n'ennuie jamais par ses récits, récits variés et s'inspirant de la même source d'idéal, récits vécus au milieu des épreuves et de la tourmente.Pressée de tout rappeler, le moindre acte de valeur, elle groupe dans une synthèse puissante et harmonieuse ses héros de conditions diverses: moines apportant les paroles de vérité, militaires portant le fer et le feu pour la cause du roi des Francs, ambassadeurs souples aux efforts virils et aux défenses éclatantes, diplomates avertis et patriotes.Elle les réunit tous dans un même amour sans cependant les confondre, ces prêtres, ces marquis, ces nobles, ces roturiers qui ont servi sa cause par une parole ou par une action digne d'elle.La grande amie qui, pour nous, veut être la confidente de nos résolutions et l'inspiratrice de nos énergies, parle au cœur dans un langage vibrant d'émotions.Elle confond les faibles par la conduite des chevaliers; elle stimule les forts par les faits militaires; elle secoue les endormis par de» traits qui portent au courage et à l'imitation.Toutes les raisons de vivre sa vie pleinement d'éclat et de mérite, la grande amie vous les expose, dans un style sincère et convaincu qui lui vient de la splendeur de ses peintures et de la noblesse de ses personnages.Tous les motifs d'avoir confiance dans sa race, dans l'avenir de son pays et des siens, la grande amie vous les présente, dans une union de preuves méthodiques, belles et ordonnées dans leur diversité, droites et stables comme les érables de son pays.Etes-vous porté il la lenteur ?La grande amie vous demande plus de promptitude à l'action.Etes-vous enclin à courir comme d'un bond sur l'obstacle?La grande amie, vous ouvrant les pages de son histoire qui font voir la sûreté du coup d'œil et la profondeur d'une décision mûrie, vous invite à lire et à réfléchir.Pensez-vous que les pages de son histoire soient assemblées dans un heureux désordre?Quelle erreur! Aucun geste ne fut écrit sans une relation intime avec le précédent; nulle histoire ne révèle plus de symétrie, plus de concordance.Elle a vécu avec les Français: elle se montre initiatrice, aventurière môme, susceptible à l'honneur et ne dédaignant pas de croiser l'épée.Elle a une manière de pratiquer le progrès, en favorisant la colonisation, la culture et l'instruction.Elle a vécu avec les Anglais; elle se montre prudente, forte stratégiste, tournant les difficultés, refusant un avantage qui la compromettrait, cherchant dans la longueur du temps des armes qu'un traité lui avait enlevées.Jamais, ah! non, jamais, la grande amie n'a menti à ses principes d'honneur et de fierté.Dieu sait quel mauvais parti elle a fait aux traîtres, aux minus habens, aux partisans d'une concession exagérée.Ils voisinent dans son histoire pour la honte de leur faute et un avertissement aux descendants.Toute belle dans sa sincérité, tout heureuse dans son originalité, toute glorieuse dans sa splendeur, la grande amie personnifie aveo exactitude ceux qui ont mieux servi son pays.La grande Amie à, nous tous, Canadiens, aux heures de joie comme aux heures d'épreuves, elle se nomme: mon HISTOIRE DU CANADA.Mais le poète l'a dit: "0 mon histoire, écrin de perles ignorées!" Elzébert Pouliot, n.p. 102 L'OISEAU BLEU LETTRE A MARTHE Impressions de Semaine Sainte {"\N a retrouvé un portrait du Christ esquissé par un contemporain:— "II a paru de nos jours un homme d'une "grande vertu, nommé Jésus-Christ.Le peu-"ple l'appelle un Prophète, et ses disciples di-"sent qu'il est le Fils de Dieu.Il guérit toutes "sortes de maladies et ressuscite même les "morts.C'est un homme de haute taille, ou 'plutôt au-dessus de la moyenne.Ses formes "gracieuses, son air vénérable font que tous ceux "qui le voient le craignent et l'aiment.Sa "figure est sans rides et sans tache; elle est "belle, et une teinte rouge lui prête une nouvelle grâce.Son visage est d'une forme irré-"prochable; ses yeux sont clairs et vifs; ses "oheveux sont de la couleur d'une aveline "dans sa maturité; ils sont unis jusqu'aux "oreilles mais de là, ils descendent en boucles "sur ses épaules.Us sont partagés au milieu 'de la tête, à la manière des Nazaréens.Sa "barbe épaisse et touffue est de la couleur "de ses cheveux.Quand il réprimande, il est "sévère, quand il donne un conseil, il est affable."Sa conversation est aimable et grave.Personne ne l'a jamais vu rire, mais plusieurs "l'ont souvent vu pleurer.Quand il parle, il "est modeste et très sage.Enfin, cet homme, "par sa beauté singulière, est de beaucoup "supérieur à tous les autres hommes." Quel charme puissant se dégageait d'une telle personnalité, si l'on songe qu'à cette beauté, le Christ unissait les plus hautes fa-oultés du génie, qu'il était profond psychologue, orateur incomparable et qu'il joignait & ces qualités transcendantes une suavité infinie qui attendrissait toutes les âmes et pénétrait tous les cœurs.Et quelle originalité pour un esprit de cette envergure, de choisir ces hommes grossiers et ignorants qu'étaient les apôtres pour ôtre les mandataires d'une doctrine aussi élevée que la sienne.L'on conçoit le magnétisme qui devait b'échapper de cet Homme préchant une morale si contraire aux penchants de la nature et si différente des idées.de son temps, rappelez-vous le sermon sur la montagne, et qui, en dépit de tout, avait le don d'attirer après lui, les villes entières.EbHI étonnant qu'un Etre bï supérieur ait déchaîné tant de haines, causé tant de jalousies et soulevé tant de calomnies?N'est-ce pas là d'ailleurs le tribut que rend ordinairement la médiocrité au génie?.Cependant, si cette foule qui suivait le Prophète de Nazareth était éblouie par les rayons de divinité s'échappant de sa personne bien peu saisissaient le sens de sa doctrine Il s'en trouvait toutefois dont l'âme s'illuminait au son de cette parole de Vérité, et ce sont ceux-là que le Seigneur chérissait d'un amour de prédilection.Lacordaire dit que les sentiments dont le Christ honorait ses amis, ont été le sommet des affections humaines et divines."Rien n'y avait préparé le monde, et le monde n'en verra jamais qu'une image obscure dans les plus profondes et les plus célestes amitiés".Y a-t-il rien de plus touchant que ces traits de l'Évangile qui parlent du disciple que "Jésus aimait".Quoi de plus charmant que ces visites du Christ à Béthanie où demeuraient Marie et Marthe, avec leur frère Lazare.On ne peut penser aux amitiés de Jésus, sans évoquer le souvenir de cette famille bénie.Ce fut la résurrection de Lazare qui amena le triomphe de Jérusalem."Sur nos chemins les rameaux et les fleurs Sont répandus dans ce grand jour de fôte; Jésus s'avance; il vient sécher nos pleurs, Déjà la foule à l'acclamer s'apprête.Peuples, chantez, chantez en chœur.Que votre voix à notre voix réponde, Hosanna! Gloire au Seigneur! Béni Celui qui vient sauver le monde." Cette romance de Faure est magnifique et illustre si bien cette scène de l'Évangile.Tout naturellement, on songe à la magie d'un printemps oriental; dans les rues de Jérusalem, toutes pavoisôes et ruisselantes de soleil, on voit passer le grand l'rophôte que le peuple exaltait, dans des effusions délirantes.Quel exemple plus frappant de l'instabilité du cœur humoin et du caprice des multitudes que la volte-face de cette môme foule, qui cinq jours après, demandait à grands cris, la mort de son divin Bienfaiteur.A cette époque de l'année, j'envie ceux qui se trouvent à Jérusalem et peuvent suivre la Voie Douloureuse, en méditant le plus grand drame qui se soit accompli au monde, sur les lieux mômes où il s'est consommé.Depuis la mort du Sauveur, que de prières, de supplications, de sanglots ont retenti à Gethsémani, sur la montagne du Calvaire et au Saint Sépulcre!!! Depuis dix-neuf siècles, en dépit des sectaires et des persécuteurs, la doctrine de Jésus se maintient toujours.Pour nous, catholiques, nous savons que les enseignements de l'Évangile ont fait ôclore oette floraison de martyrs et de L'OISEAU BLEU 103 saints, vraie gloire du monde, que la doctrine du Christ demeure la grande ouvrière de la eivilisation, et que c'est elle qui, toujours, empfioho le monde de retomber dans les ténèbres.Les impics même, et les plus illustres, ont aimé les pèlerinages aux Lieux Saints.La vie du Prophète de Nazareth est le Grand Souvenir qui a plané, à travers les siècles, au-dessus de l'Humanité.Cette figure, qui exprime le plus haut degré de l'idéal, a hanté tous les penseurs, tous ceux qui cherchent la Vérité.Tous les artistes, croyants ou incroyants ont subi sa fascination et ce sont les différentes phases de cette vie surhumaine qui ont inspiré les plus hautes envolées de l'art classique.Citons en terminant les paroles d un homme qui, loin d'être un dévot, compte plutôt parmi les écrivains les plus païens de notre temps, je veux dire Pierre Loti: "Le Christ! Oh! oui, quoi que les hommes "fassent et disent.Il demeure bien l'inexplicable et l'Unique.Dès que sa croix paraît, dès "que son nom est prononcé, tout s'apaise et "change; les rancunes se fondent et on entre-"voit les renoncements qui purifient.Devant "lo moindre crucifix de bois, les cœurs hau-"tains et durs se souviennent, s'humilient et "conçoivent la pitié.Il est l'Invocateur des "incomparables rêves, le MaRicicn des éter-"nels devoirs, le Maître des consolations inespérées et le Prince des pardons infinis."Je voudrais dire à ceux de mes frères inconnus qui m'ont suivi au Saint-Sépulcre: "cherchez-le, vous aussi; essayez.puisqu'en "dehors de Lui, il n'y a rien." MinKIM.F.Saint François et ses frère».les oiseaux.Petite enquête -As-tu toujours aimé à lire?—J'ai toujours aimé à lire, toujours.—Depuis quel âge?As-tu des souvenirs précis?- Depuis l'Age de sept ou huit ans, je suppose.Je me souviens d'abord de contes, iï il y avait un tas d'impossibilités merveilleuses, et des mots que je ne comprenais pas.C'était en hiver.Quand j'allais trouver maman pour me faire expliquer une phrase, elle m'enlevait le livre et lisait pour moi, et je comprenais tout.—Elle devait supprimer les grands mots, les remplacer par ceux que tu connaissais.—Probablement.Les contes finis, je me souviens que j'y pensais longtemps, je les allongeais, j'en devenais un des personnages.Et dès lors il y eut en moi le désir d'un bonheur autre que celui que j'avais, d'un bonheur grandiose et intense.Et je commençai & attendre.J'attends encore! —Et ensuite, tes autres souvenirs ?—Pourquoi cette enquête?—Ça m'amuse.Ensuite donc ?—Ensuite je me revois l'été dans le hamac, ou sur un petit banc de la galerie.Les autres ne jouaient pas a cause de la chaleur, et moi j'avais entrepris de lire toute la bibliothèque rose que possédait ma petite amie Blanche "Les petites filles modestes, un bon petit diable, des saynètes, les contes de Perrault, les malheurs de Sophie".Ces livres existent, sans doute toujours.Je ne sais plus ce qu'ils contenaient.J'ai oublié, mais je n'ai pas oublié qu'ils me transportaient dans un autre monde.Je n'écoutais plus rien, je ne voyais plus la réalité; la rivière, les arbres, le soleil, le ciel bleu autour de moi.Quand j'étais fatiguée du petit banc, j'allais dans le hamac, et du hamac je me jetais â plat ventre dans l'herbe.Et je prenais conscience de l'existence de pays qui n'étaient pas le mien, et en moi naissait un second désir très intense: celui de voyager, de traverser les mers.—Ensuite?Après cette époque ?—Ce désir s'est accentué en lisant La fie des Grives, de Pierre Mael! Et il s'est précisé; j'irais au Mont Saint-Michel un jour.Puis je me retrouve vers mes onze ans, ayant fui ma famille pour finir en paix et en pleurant: "Louis XVII", en deux volumes.Je l'achevai un samedi, assise sur une pile de planches brutes, dans le sous-sol de la maison que papa faisait finir.Ce pauvre petit "Louis XVII", je l'ai aimé de toute mon Unie.A ce raonient-là je ressentis le regret de n'avoir pas connu en personno les gens que j'aimais dans les livres.Je le ressens encore.Pas plus tard que l'an dernier, je regrettais de n'avoir pas connu 104 •L'OISEAU BLEU l'6tr&nge et jolie Marie Bashkirtseff, et une petite Anglaise tuberculeuse, Katherine Mansfield, qui a écrit des choses exquises sur les enfants, et un journal qui a fini de me l'atta-oher.Je suis sûre que si nous avions vécu à la môme époque, elles auraient été mes amies.—Tu t'éloignes de tes lectures d'enfants.Après Louis XVII, quoi?—A douze ans, Gabricllc d'Rthampcs, Ma-ryan.Je me pâme pour de vieux châteaux bretons.Je souffre le martyre parce que je suis née dans une maison ordinaire, que je n'ai ni ancêtre extraordinaire, ni vieux manoir, ni landes pour m'encadrer.La main de velours & fiévreusement occupé toute une journée de congé.Je trépignais d'émotion.Après ça il y a eu Marlitt qui acheva de me rendre romanesque, Roger Dombrc, l'inimitable et unique Mon oncle et mon curé, puis La neuvaine de Colette, et bientôt Guy de Chantcpleure.Je n'étais plus une enfant.Je commençais à rêverque j'étais une pupille ravissante qui épouserait un jour le tuteur qu'elle aurait; tuteur incomparablement bon, quarante-deux ans oheveux poivre et sel, excessivement élégant.Rien de cela n'est encore arrivé.Et j'ai vingt-cinq ans, et maintenant, si un homme survient qui doit être mon prince charmant, j'aimerais mieux qu'il eût mon Age.—Ce qui prouve que les années nous changent.—Et que je suis délivrée de l'influence des romans romanesques.Kt si j'avais une enfant à élever, je ne saurais tout de môme pas quoi lui indiquer en fait de lecture.Toi?—Jusqu'après Gabricllc d'Ethampes, tes propres lectures ne sont pas mal.Nous aurions Les liseuses quelques bons petits livres canadiens à y ajouter.Ensuite je suis perplexe.Il y a Madame Julie Lavergne que tu semblés ne pas avoir connue.Il faudrait, pour une liste sérieuse, laire une enquête complète.—En somme, ce fatras de lectures ne m'a pas trop mal servie.Aujourd'hui, je distingue quand même le bien écrit du mal écrit.J'ai cessé de lire uniquement pour l'histoire, l'intrigue.Après une lecture, mon imagination ne bouillonne plus autour d'arrangements romanesques dont je serais l'héroïne, mais elle bouillonne d'idées tumultueuses sur la vie.—Et en définitive?—En définitive, je trouve que le goût de lire est une'des plus grandes sources de joies, en ce bas monde.Cette vieille sentence, que l'on nous faisait développer en longue et ennuyeuse composition au couvent; Les livre» sont tins meilleurs amis, est encore vraie.On vit avec une telle intensité dans le monde des idées.Une belle page est une musique, qui suscite en nous tant de réflexions, qui nous enseigne parfois à être sage, qui nous aide à comprendre tant de choses.Un bon livre fait oublier les chinoiseries des gens médiocres ou ennuyeux, et c'est l'ennemi de l'ennui.Et encore la lecture empêche de n'avoir l'esprit occupé qu'à la plus ou moins grande beautô de son visage, aux chiffons, aux fanfreluches.Tiens, on me dirait de choisir entre être millionnaire et ne pas aimer la lecture, et aimer la lecture et rester pauvre comme je le suis, je n'hésiterais pas; j'aimerais mieux rester pauvre.—Alors la lecture te rend contente de ton sort.—Entendons-nous.Je ne détesterais pas ft être millionnaire.Mais les millions au prix de mon amour des livres, non, non.—Conclusion ?—On n'est jamais pauvre, si l'on a les richesses de l'esprit! Michelle Le Normand Rions un peu CONSULTATION SÉRIEUSE —Puis-je, docteur, moi qui ai la goutte, prendre des bains de mer?—Je n'y vois pas d'inconvénients.Que voulez-vous (lue fasse dans l'océan une goutte de plus?ARTISTE ET.ARTISTE Le peintre.— D'un coup de pinceau, je faia rire ou pleurer un visage.Le gamin — Pas malin, maman en fait autant avec un coup de balai. L'OISEAU BLEU 105 ÉLAINE ET PERRINE CONTE DE FÉE TL y avait vers le milieu du XVIIe siècle • dans le paj'fl de Saintonge un manoir habité par un seigneur nommé Thibaut.Ce seigneur était fort riche: il possédait de grandes terres et des forêts.Ses terres étaient cultivées mais ses forêts n'étaient pas exploitées; notamment la forêt de la Chauvigncrie était à l'état sauvage remplie de bêtes tels que cerfs, ours, sangliers Elle passait même pour infestée de toutes sortes d'êtres fantastiques et méchants parmi lesquels il y avait, au dire des gens du pays des nains, îles lutins et des loups-garous.Il y avait à cette époque beaucoup de jeunes gentilshommes intrépides et aimant les aven-turcs.La Saintonge fournissait à la marine quantité de gars.Il venait à La Rochelle des cadets de toute la France: d'Amiens, de Toulouse, de Bordeaux.Ces cadets s'engageaient dans les compagnies des troupes de la marine.Ils n'étaient pas riches, mais hardis, courageux et assez tapageurs.Ils rêvaient d'aller en Nouvelle-France combattre les Iroquois.La Rochelle était le port d'embarquement habituel pour les voyages du Canada.Aussi est-ce de cette ville que sont partis il cette époque les régiments de Béarn, de Carignan-Salièrcs, de Languedoc et certaines compagnies de Poitou.Le manoir de la Chauvignerie était célèbre parmi tous ces jeunes gens à cause des jolies filles du seigneur Thibaut.Ces demoiselles étaient renommées pour leur beauté et leurs talents.Malheureusement elles étaient flores et la jeunesse dli pays ne fréquentait pas cher, elles.Elles avaient noms Elaine et Pcrrinc.Elaine jouait savamment du clavecin et Per-rine cultivait la poésie.Le seigneur Thibaut dit un jour & sa femme, Mademoiselle Jaquette Bonncval: —Il faut Bonger a marier Elaine: voici qu'elle a dix-huit ans.On décida de l'envoyer A Poitiers où vivait une sœur de Thibaut qui recevait beaucoup de monde.Bikini y fut bien reçue et toute la bonne société de Poitiers fit le meilleur accueil à la demoiselle de la Chauvigncrie, la complimenta sur sa belle apparence et sur ses talents! Elaine fut priée de jouer du clavecin.Sa tante était heureuse de pouvoir montrer une jeune personne aussi accomplie.De jeunes chevaliers, barons, vicomtes vinrent & la maison.On parlait musique, accords, harmonie et con- certs.Mais d'amour, point! et partant, pas de mariage.Au bout de trois mois, il fallut retourner & la Chauvignerie car la cadette, Perrine, s'ennuyait et manifestait le désir de connaître Poitiers et la société polie de l'endroit dont Elaine lui avait parlé dans ses lettres.Mcssiro Thibaut voulut êtro équitable: il envoya Pcrrinc & son tour passer trois mois & Poitiers.La renommée de Perrine était déjà faite.On parlait d'elle sans la connaître.Klaine avait dit merveilles de sa sœur, vanté sa beauté et son génie poétique.De sorte que, dès son arrivée, on s'empressa autour de cette demoiselle si gracieuse, précieuse et bien disante.Mais on ne parla que de livres et de chansons.Perrine avait lu les romans à la mode, connaissait les poésies de Marot, de Ronsard, de Corneille.Elle rencontra des gens de lettres chez sa tante, qui tous avaient des poésies à lui faire lire et qui désiraient connaître les siennes.Ce fut donc une fête continuelle de beaux esprits.Rondeaux, madrigals, sonnets, élégies.on en composait des soirées entières.Mais d'amour positif, il n'en fut pas question; et partant, point de mariage.Bref, Perrine revint il la Chauvigncrie au bout de trois mois avec un bagage accru de cahiers et d'albums remplis de beaux vers.• La vieille chambrière du manoir de la Chauvigncrie, Josette, eut connaissance, un soir, des propos qu'échangeaient les châtelains au sujet de leurs filles: on se lamentait de ce que ni Klaine ni Perrine ne fussent encore recherohées en mariage.Josette y pensa toute la nuit et.le lendemain, elle demanda la permission d'aller rendre visite à.une de ses parentes.C'était un prétexte pour aller dans la forêt où elle savait trouver une vieille sorcière qui consentirait peut-être à se rendre scrviable aux demoiselles Elaine et Perrine.Après avoir marché une bonne heure dans la forêt, comme elle arrivait à un croisement des sentiers, elle entendit à sa droite un merveilleux chant d'oiseau.Elle s'arrêta pour écouter les modulations étranges, puis se remit en route.Aussitôt l'oiseau inconnu changea son chant en des cris épouvantables: il sifflait, piaillait, glapissait et gruinait, tout en se rapprochant de Josette mais sans se faire voir.La chambrière fit encore quelques pas en avant.Mais le sinistre volatile cria encore 106 l.'OISKATT RT.FÎl plus fort.Ses accents devenaient plus effrayants que les cris de dix chouettes huant à la fois.Josette eut peur.Kilo rebroussa chemin et arriva au croisement des deux sentiers qu'elle n'avait pas remarqué en venant.Elle s'engagea dans une autre direction et suivit le petit sentier du côté gauche, moins battu que celui qu'elle avait suivi jusque-là.Au môme instant la voix de l'oiseau redevint douce et harmonieuse.Josette pensa que ce devait être une fée qui la guidait de cette manière.La voix devenait de plus en plus agréable.La chambrière s'arrêta encore pour la mieux entendre.La séduction était tellement forte qu'elle résolut de s'asseoir quelques instants pour jouir de Ce chant angélique.Chaque note semblait exprimer des mots.Elle fut bientôt comme ravie et dans une délicieuse extase.Bientôt l'oiseau cessa de chanter et Josette vit venir vers elle une dame âgée, grande et belle, vêtue de noir avec, sur sa tête, une légère écharpe de soie.—Que veux-tu bonne Josette ?dit la dame.La chambrière hésita à dire ce qu'elle cherchait, car elle commençait à craindre de s'être trop aventurée.Mais, voyant que la dame en noir paraissait avenante et sympathique, elle lui avoua qu'elle allait à la recherche d'une sorcière pour lui demander conseil.—Ne va pas plus loin Josette, dit la dame; ear si tu te rends chez la sorcière de céans, tu en rapporteras trois malheurs; un pour toi, un pour Elaine et un pour Pcrrinc.Josette fut effrayée.Elle se dit qu'elle n'aurait pas dû s'occuper du mariage des demoiselles de la Chauvignerie et qu'il aurait mieux valu rester au manoir.La dame reprit: —Tu voudrais que les filles de tes maîtres trouvassent des maris?Je le sais.—Oui, dit Josette.—Que fait Elaine?—Elle fait de la musique.—Que fait l'crrine?—Elle est savante en l'art de poésie.—Eh! bien, écoute-moi Josette.Elaine se mariera; l'crrine se mariera.—Oh! comment cela arrivcra-t-il ?dit Josette qui était bien contente.La dame ne répondit pas à cette question mais ajouta: —Toi, tu pleureras.—Je le veux bien, dit la bonne chambrière.—Voiei, dit la dame, une fleur de simplicité pour Elaine; et voici une fleur d'ignorance pour Pcrrine.Mets chacune de ces vertus dans le lit de ces filles.Adieu Josette?Dès que la chambrière eut tourné le dos et se fut remise en route, la dame disparut et un beau grand oiseau, au riche plumage, vola avec grâce au-de8sus de Josette, alla se percher un peu en avant et recommença de chanter mélodieusement.Josette le regarda avec admiration et reconnaissance, pensant que c'était certainement une manifestation de féerie.Elle considéra l'oiseau quelques instants, puis s'en alla chez ses maîtres.A peine sortie du bois elle vit une troupe d'hommes d'armes qui arrivait dans le pays.* * * Aussitôt rentrée à la Chauvignerie Josette alla placer la fleur de simplicité dans le lit d'Elaine et la fleur d'ignorance dans celui de Perrine.Le soir, iV table, Messire Thibaut apprit à sa famille qu'un capitaine de compagnie avait demandé un logement pour la nuit.On mangea la soupe.Au moment de servir le rôt, Josette annonça l'arrivée du capitaine Oejordy de Cabanac.Messire Thibaut alla le recevoir fort honnêtement et l'invita à sa table.L'officiel s'excusa poliment et déclara qu'il avait soupe.Néanmoins il accepta de bonne grâce l'invitation du seigneur.On le fit asseoir entre madame Thibaut et sa fille Elaine; bien qu'il eût soupe, il mangea de fort bon appétit.Il venait du Béarn.Comme tous les militaires, il avait sou franc-parler.(larçon de bonne famille, ses manières étaient gracieuses et son discours enjoué.Il raconta comment il avait sollicité d'aller avec sa compagnie en Nouvelle-France pour protéger la colonie contre les attaques des sauvages.Il se rendait à La Rochelle pour y attendre d'autres compagnies et s'embarquer sur un navire de guerre tout neuf.Messire Thibaut s'intéressait beaucoup aux choses d'outre-mer, ayant quelques intérêts dans une compagnie de commerce.La conversation du capitaine plut à tout le monde et Blaine, qu'on avait priée de faire de la musique, avoua qu'elle ne se sentait pas la moindre inclination au clavecin.Elle était comme devenue subitement incapable de jouer n'ayant, pour tout agrément qu'une heureuse simplicité et un goût prononcé pour la conversation.La veillée se prolongea tard.Elaine et le capitaine s'entretinrent avec un plaisir égal car ils éprouvaient déjà l'un pour l'autre une sympathie sincère.Le lendemain, de Cabanac fit ses compliments à Messire Thibaut et le remercia de ses honnêtetés.Le seigneur lui dit que, comme La Rochelle n'était qu'à quelques lieues, s'il avait à y séjourner quelque temps, qu'il aurait toujours le loisir de tromper son ennui en revenant au manoir de la Chauvignerie, ne fût-ce que pour tirer au papegai.A quelques jours de là, une autre compagnie qui s'était formée en Poitou, vint à passer à la Chauvignerie et le capitaine Charticr de L'OISEAU BLEU 107 Lotbiniêre fit demander un logement au manoir.Mossiro Thibaut le reçut avec autant d'empressement que l'autre et il invita memo le capitaine à sa table.Cbartier était le Ills d'un seigneur de Mou-tierneuf, de l'évêché de Poitiers.Dès qu'il aperçut Perrine, il la reconnut pour l'avoir rencontrée l'hiver précédent chez sa tante: ils avaient déjà échangé leurs idées sur Ronsard et Scarron entre autres bons écrivains.Naturellement, après souper, on parla de la Nouvelle-France, sujet d'un grand intérêt pour Thibaut.Puis on passa dans la grande salle et le capitaine demanda à Perrine si elle n'avait pas quelques nouvelles poésies à lui lire.La jeune fille rougit et s'avança désintéressée et comme ignorante en l'art do rhéro-rique.N'ayant plus guère d'attrait aux belles lettres, elle faisait tourner la conversation à autre chose avec une facilité étonnante.Alors n'ayant plus de goût à ce thème favori de la saison dernière, on était bien obligé de recourir à d'autres sujets de conversation.C'est ainsi que Chartier et Perrine devinrent plus familiers et qu'ils glissèrent rapidement au chapitre des sentiments.Le lendemain le capitaine quitta le manoir comme a regret.Le tendre entretien qu'il avait eu avec Perrine et la perspective de s'en aller outre-mer pour n'en plus revenir jamais, peut-être le rendaient pensif.Messirc Thibaut invita son hôte a revenir le voir avant do s'embarquer, s'il lui convenait.Le soir, il souper et les jours suivants.Elaine et Perrine s'entretinrent des deux officiers.Et Josette remarqua qu'on avait trouvé ces gentilshommes fort honnêtes.De leur côté, les officiers qui avaient leurs quartiers à La Rochelle ainsi que quantité d'autres, avaient de fréquentes occasions de se voir.On attendait les ordres de Versailles pour s'embarquer.Le capitaine Chartier proposa, un samedi matiu, à son collègue de Cabanae, d'aller passer le dimanche à la Chauvignerie.Cabanac accepta avec joie et le lendemain ils partirent de bonne heure nfin d'être à la Chauvignerie pour la grand'mcssc.Quand ils furent arrivés devant l'église, ils entendirent tinter la cloche pour le dernier appel.Justement la famille du seigneur Thibaut arrivait.On se complimenta mutuellement et Messirc Thibaut, qui avait de l'estime pour les deux gentilshommes, les invita à prendre place à son banc.Elaine et Perrine devinrent toutes rouges d'émotion.Thibaut envoya dire à Josette de préparer un repas abondant afin de régaler ses hôteB.En effet il y eut ce jour-là grande fête au manoir.Le dîner se prolongea jusqu'à quatre heures, après quoi on alla faire une promenade dans le parc où Ton tira au papegai.Avant souper on fit une partie de boules.Les officiers furent retenus à coucher et la soirée se passa en conversation bien amicale.IJref les jeunes gens durent s'entretenir de choses fort sérieuses car Elaine, ne voulant pas faire de musique et Perrine ne semblant plus se complaire à la lecture des poètes, on sentait qu'une mystérieuse atmosphère de confidence et de tendresse planait dans la grande salle dans les intervalles où Messire Thibaut et sa femme s'éclipsaient adroitement, qui pour donner des ordres à ses gens, qui pour préparer des chambres aux hôtes.Josette, curieuse et intriguée, mettait indiscrètement le nez à la porte pour espionner lea deux couples.Elle les regardait un instant, poussait un soupir et s'éloignait.Le dimanche suivant, les deux officiers revinrent au manoir.Mais dans la semaine Josette avait beaucoup pleuré à la pensée que les filles de ses maîtres pourraient être demandées en mariage et s'en aller outre-mer chez les sauvages.Elle les avait vues naître et grandir; elle les aimait trop pour se séparer d'elles.Aussi avait-elle retiré les fleurs fatidiques de leurs lits respectifs afin d'en suspendre l'influence et les avait-elle placées en une armoire.C'est pourquoi Elaine et Perrine s'étaient remises l'une à faire de la musique et l'autre des poésies.Et quand les officiers furent dans la salle, elles s'occupèrent à les amuser de leur art et laissèrent de parler d'autre chose, en sorte que les deux amoureux comprirent qu'elles étaient devenues indifférentes et qu'elles n'avaient plus d'amitié pour eux.Et ils en furent attristés.• * I le se comportèrent le plus galamment qu'ils purent sans témoigner de mécontentement ni de fâcherie et le lendemain ils prirent congé de 108 L'OISEAU BLEU leurs hôtes avec civilité, remercièrent mesBire Thibaut de ses bontés et donnèrent a entendre que c'était avec regret qu'ils lui faisaient ainsi qu'aux dames leurs derniers adieux, car on comptait s'embarquer vers la fin de la semaine pour Québec Quand Josette apprit que les deux officiers avaient fait leurs derniers adieux, elle se sentit soulagée d'une grande appréhension et elle alla replacer les (leurs de vertu dans les lits des jeunes filles, dans l'espoir qu'elles en subiraient l'influence le jour où d'autres prétendants moins aventuriers se présenteraient.Aussitôt, Elaine et Perrine comprirent qu'elles avaient été sottes de ne pas faire meilleur accueil aux deux courtisans.Et elles se mirent & les regretter et à craindre pour leurs jours.Elles allèrent se promener sur la grand' route qui va d'Aigrcfcuille à La Rochelle.•—Quel malheur, dit Klaine, si M.de Cabanac mourait dans un naufrage! —J'ai de la peine, dit Perrine, à la pensée que M.Chartier pourrait périr aux mains des Iroquois.Elles s'assirent au bord de la route et restèrent longtemps silencieuses et pensives.Soudain un cavalier arriva, venant apparemment de La Rochelle.Quand il fut près des jeunes filles il s'arrêta.—Voulez-vous me dire le chemin de la Chau-vignerie Mesdames?—Bien volontiers, Monsieur; nous sommes de la Chauvigneric.—Oh! alors, voici: je suis envoyé par mon capitaine de Cabanac pour demander a Messirc Thibaut de.la Chauvignerie s'il aurait la bonté de me remettre le baudrier que mon capitaine a oublié dans sa chambre hier.—En effet, dit Klaine, en s'adressant à sa saîur.Josette a dit ce matin qu'un des officiers avait oublié son baudrier.Puis, parlant au cavalier: —Notre père a envoyé un de ses hommes à La Rochelle porter au capitaine de Cabanac le baudrier qu'il a en effet, oublié dans sa chambre.Il doit l'avoir reçu maintenant.Elle ajouta: —Dites-moi, Monsieur, les troupes du Roi sont-elles prêtes a s'embarquer?—On s'embarque dans deux jours, mademoiselle, à moins qu'il ne survienne un empêchement.Elaine et Perrine se regardèrent avec de* yeux consternés.Le cavalier dit: il faut que j'aille à la Chauvignerie tout de môme, car j'ai un message à porter à mademoiselle Elaine de la Chauvignerie.—C'est moi! dit Elaine en se levant, toute joyeuse.Elle prit le billet des mains du cavalier et lut: "Mademoiselle, j'ai l'honneur de vous présenter mes respects.Avant de m'embarquer je "prends la liberté de vous remercier de vos "bontés et de vous dire que les sentiments que "vous m'avez inspirés sont ceux d'une très "parfaite amitié et que je ne peux me décider "à m'éloigner de vous sans vous répéter que "rien ne me tient tant à cœur que de vous "assurer de la passion avec laquelle je voudrais avoir l'honneur d'être digne de votre "estime et de demeurer votre humble «t "obéissant serviteur." Dejordy ok Cabanac "Mon ami Chartier se joint à moi pour vous "assurer ainsi qu'à Mademoiselle votre sœur "du regret qu'il a de s'en aller par delà sans "espoir de vous revoir".Les deux jeunes filles se concertèrent rapidement.Elles décidèrent d'inviter leurs prétendants à leur donner do leurs nouvelles quand ils seront rendus en Nouvelle-France et elles joignirent à leur billet, comme gage de leur fidèle souvenir et bonne amour deux petits bouquets de fleurs des champs qu'elles cueillirent alentour. ¦L'OISEAU BLEU 109 Le jour fixé pour l'embarquement les vents étaient contraires et les navires ne purent mettre à la voile.A la Chauvignerie ce soir-là, on s'entretenait du Canada et du départ des bateaux.Josette avait rapporté que trois religieuses de La Rochelle étaient du nombre des passagers, que l'une d'elles était née pros de la Chauvignerie, qu'elle allait se consacrer à l'éducation des sauvagesses.Soudain la cloche sonna à la grille du parc.C'étaient les deux officiers qui firent dire qu'ils avaient quelque affaire d'importance à traiter avec Messire Thibaut.Aussitôt introduits dans un cabinet du seigneur, ils expliquèrent longuement que devant s'embarquer au premier bon vent, ils avaient reçu des gages d'amitié des demoiselles de la Chauvignerie qui les enhardissaient à demander pour l'année prochaine la main des demoiselles Elaine pour de Cabanac et Perrinc pour Chartier.Messire Thibaut demanda conseil à sa femme, puis à ses filles.Voyant que la chose agréait à tous il donna son consentement.Josette qui était aux aguets comprit ce qui se passait.Elle courut aussitôt dans les chambres des jeunes filles et retira de leurs lits les.fleurs de la fée.Quand elle revint les capitaines étaient pa r tis car ils étaient tenus de coucher à bord du navire qui pouvait lever l'ancre d'un instant à l'autre.Les fiancées avaient reconduit leurs amants jusqu'à la route et leur avaient donné le baiser d'adieu.Elaine se remit à faire de la musique et Perrinc de la poésie; mais c'était pour chanter leur bonheur.Josette se remit à pleurer.C'est que le bonheur des uns.Edmond Buitoi* BONS MOTS DEUIL —Je désirerais un livre très amusant, mais je le voudrais relié en chagrin.c'est à cause des convenances: je suis en grand deuil.A LA CUISINE Madame surprend sa cuisinière en train do goûter la sauce avec son doigt.—Ce n'est pas propre, ma fille, ce que vous faites là.—Madame ne voudrait cependant pas que je 8AI.IS8E une cuillère pour ça! TESTAMENT "Je prie mes héritiers de faire procéder à mon autopsie, car je tiens absolument à connaître la cause de ma mort." RÉPONSE INATTENDUE —Pourquoi avez-vous engagé au Mont-dc-Piété la montre que votre concierge vous avait prêtée ?—Pour lui montrer ma reconnaissance, monsieur le juge.DIALOGUE CONJUGAL —Vous baillez, disait une femme à son mari, vous vous ennuyez donc?—Ma chère amie, lui dit celui-ci, le mari et la femme ne font qu'un et, quand je suis seul, je m'ennuie.DERNIÈRE TOILETTE —Aie!.Aie!., à l'assassin! —Allons, ne criez pas pour une petite écor-chure.Que direz-vous tout à l'heure quand on vous aura coupé le cou! DEVINETTE -Quelles sont les dents qui nous viennent les dernières?—Les fausses.PRECISION —-Dis.papa, c'est-y vrai que nous avons été faits avec de la poussière ?—Oui.—Et les nègres ?- Les nègres aussi.—Mais alors, dis, avec, de la poussière de charbon! EXPLICATIONS —T'as entendu comme il parle sur un ton tranchant ?—C'est pas étonnant!.C'est un avaleur de sabre! En sourdine, pendant qu'il» luttent pour le.ver. 110 L'OISEAU BLEU LE QUESTIONNAIRE DE LA JEUNESSE LES LÉGUMES 1.Que penser de l'emploi des légumes dans l'alimentation ?— Les légumes sont une richesse alimentaire et nous avons grand tort dans notre pays de ne pas les utiliser davantage.Nous mangeons trop de viande, les médecins l'aflirment, et si nous savions mieux doser les deux régimes, le végétarien et le carné, notre santé y gagnernit.Q.De quelle famille est la courge?— La courge est de la même famille que lu citrouille.Celle que nous voyons ici est la longue courge blanche il moelle.Bien sucrée, elle sert à faire de la bonne compote.2.Comment pousse Vasperge?— Sur une sorte de souche horizontale.Cette plante contient du phosphore et est favorable aux reins.La figure 2 représente une botte d'asperges.3.Comment se mange la lietterave?— Dans les plats de légumes, les salades, et.comme les cornichons, en guise de condiment.En 1745, un chimiste prussien, Margrnff, découvrit la présence du sucre dans les betteraves.11 fallut un siècle et demi avant que l'on songeât à utiliser cette découverte.Aujourd'hui, elle fournit un tiers de la consommation du sucre.4.Quelle part tient la fève dans nos repas?-— C'est un mets populaire.Elle est très nourrissante, mais un peu indigeste.On la rencontre surtout sur la table des humbles.Les riches mangent les fèves dans leur primeur, quand elles sont tendres et avec leurs gousses.Dans ce cas, ils apprécient surtout les fèves sans fil qu'on désigne aussi sous le mon de "mangetout".5.Quelle particularité a le chou-rave?— Sa tige, charnue et tendre, est démesurément renflée au-dessus du sol.C'est un bon comestible.6.Le pois, sous forme de soupe, cst-il populaire ici?— On pourrait dire que c'est le mets national.C'est même le sobriquet par lequel les étrangers désignent le Canadien français.Le pois contient de la potasse, du phosphore et du soufre.Comme les fèves, il y a aussi les pois "mange-tout" dont la graine peut être mangée en même temps que la gousse.7.Sous quelle forme la carotte est-elle excellente ?— Cuite dans le beurre.Avec son jus, on colore artificiellement le beurre.Ses feuilles, de même que celles des pommes de terre, des betteraves, etc, s'appellent fanes.La "carotte à moreau" est le nom vulgaire de la ciguë.On nomme aussi "carottes" des feuilles de tabac tordues et roulées en corde.8.Qu'est-ce que l'ai'/?— C'est une plante bulbeuse, d'une odeur caractéristique.Ses bulbes portent le nom de gousses.C'est un stimulant, un fébrifuge et un vermifuge.B.Quel est le role alimentaire de Voignon ?— Cette plante entre dans la fabrication de plusieurs Alimenta.L'oignon, étant beaucoup plus doux dans les pays du sud que dans les contrées du nord, peut y être mangé cru.C'est ce qui explique pourquoi les Hébreux regrettaient les oignons d'Egypte.10.Dans quoi la saveur piquante des radis invite-t-clle à les faire entrer?— Dans les hors-d'œuvre.11.Que fait-on des pousses des navets?— Dans certains pays (en Angleterre), on les mange après qu'on les a fait blanchir dans l'eau bouillante ou les avoir traitées à la lumière.12.Dans quelle catégorie de plante entre le panais?— Dans les plantes pivotantes.On l'emploie dans les potages auxquels il donne bon goût.13.D'où viennent les épinards?- Itnpor-tâs par les Arabes en Espagne, ils se sont de là répandus dans toute l'Europe et ont traversé l'Amérique.Les épinards contiennent du fer et purifient le sang.14.Qu'est-ce qui caractérise la feuille du persil?— Quand elle est froissée, elle laisse échapper une forte odeur aromatique.En médecine, on en considère la racine comme aperitive.15.Qu'est-ce que la rabiote?— C'est une variété du chou-rave et du chou-navet.16.Comment appelle-t-on cette curieuse espèce de concombre ?— Lo corteombre serpent.Il pousse enroulé comme un serpent, atteint plusieurs pieds de longueur et est d'assez bonne qualité.17.D'où la pomme de terre est-elle originaire ?D'Amérique; elle fut popularisée en France par l'armentier, patronné par I-ouis XIV.En industrie elle fournit la fécule.18.Quel usage fait-on du topinambour?— En Amérique, on ne l'emploie que comme plante fourragère; en Europe, on s'en sert aussi comme plante alimentaire.19.Dites-nous quelque chose du céleri?— C'est une plante saine qui calme les nerfs et purifie le sang.On mange le céleri à la croque-au-sel ou en salade.On le fait aussi entrer dans les potages et les ragoûts.L'abbé Etienne Blanchard L'OISEAU BLEU HOS CHAHSOTiS POPULAIRES CaOMtton E-Z Muiiconi Tou» droilj ihmfc nhom' bonhomme sais-tu jouer, Bon hom bon homme sais- ^ffrltr" ^>fuer' 5»i*ltijouwd«ee lojnbourlà?5ais lu jouer de ce lambour-lâ?Boum,boum,boum de ce tambour-lâ?Bon ¦ homme Tu n'rs pas rruilre dans ta mai son quand nous y som • mes.Arrange par J.B.-A.Tuod Bonhom', bonhomme, sais-tu jouer ?(bis) .Sais-tu jouer de ce violon-là?(bis) Zing et zing de ce violon-là f (Parlé) Bonhomme, Tu n'es pas matlre dans la maison.Quand nous y sommes ! — S — lionhom' .Sais-tu jouer de cett' flûte-là f (bis) Flûte et f lût', de cett' flûlc-làf (Parlé) Bonhomme, Tu n'es pas maHre dans la maison, Quand nous y sommes ! —4 — Bonhom' .Sais-tu jouer de ce cornet-là î (bis) Cor, et, cor, de ce cornet-là î On peut ajouter à la suite : piano, trompette, etc.NOTE — Ce ebant populaire est bien différent de celui que feu Ernest Gag non a inséré dans son volume paru en 1865.Nous avons entendu l'air et les paroles que nous reproduisons ici, dans la région de Montréal, maintes fois depuis 1883, date de notre premier recueil.On peut interpréter le morceau en chanson cumulative ou en ronde simple.E.-Z.Massicotte L'OISEAU BLEU 113 AVANT-CARDE DE LA.C.J.C.Il fait plaisir au Directeur de souhaiter la bienvenue aux trois avant-cardes dont nous publions aujourd'hui les rapports.Nous les en remercions.Nos lecteurs trouveront intérêt à lire ces chroniques de la vie acéjiste chez nos jeunes.Il y a même tel ou tel système d'émulation qui pourrait facilement et avantageusement être imité ailleurs.Bienvenue et merci à ces trois groupes distingués et vaillants.RAPPORT DE LAVANT-CARDE ROULEAU, DE QUEBEC Comme l'Oiseau bleu de novembre demandait la collaboration de ses lecteurs avant-gardistes, c'est avec grande joie que je ferai tout mon possible pour lui venir en aide en narrant la Km.- séance de notre avant-garde.Cette séance, pour la première fois, était présidée par le R.P.Labonté, O.P.Klle débuta par la prière, l.e président souhaita la bienvenue au R.P.Aumftnier.Celui-ci remercia aimablement et expliqua en termes clairs et précis la devise de notre avant-garde.Piété, Elude, Aelion."La PIÉTÉ, dit-il, ne consiste pas pour vous en pratiques routinières, mais dans l'énergique conservation de l'état do grûce, de la vie divine en vous.C'est là le fondement de la piété.Arrive-t-il une faiblesse, vite on se relève."Voyons maintenant ce qu'est l'ÉTUDE au point de vue avant-gardiste.N'ayez pas peur.C'est tout d'abord le travail de classe bien fait: leçons étudiées et sues, devoirs soignés.On ajoute à cela des travaux littéraires: biographies, débats, chroniques.Ces travaux en même temps qu'ils développent le goût pour la littérature et les connaissances scientifiques servent à cultiver le talent oratoire."L'ACTION.Etre actif dans l'avant-garde c'est tout simplement être apotre.Ne croyez pas qu'il faudra reprendre celui-ci, gronder celui-là.Non! Non! L'action, pour vous, c'est l'apostolat discret; un petit conseil donné au moment psychologique, une bonne parole qui encourage, un regard réprobateur et surtout l'exemple.Voilà l'action pour les avant-' gardistes." M.R.Labelle lut la chronique de la semaine.Il a su glaner parmi les faits les plus intéressants.Nos félicitations.Notre toujours souriant compagnon O.Descarries présenta ensuite une biographie de Jacques Cartier.I,e R.F.Autoniii.modérateur donna entière satisfaction en répondant aux questions posées la semaine précédente.M.l.abelle égaya l'assemblée de quelques chants.Tous répondaient avec entrain.Yves Tiif:HiACi.T-BB088AnD AVANT-GARDE DE SAINT-ALPHONSE DE LICUORI Saintc-Anne-dc-Beaupré, 2 févaier 1932 Monsieur, C'est pour me rendre à l'un de vos plus chers désirs quo je vous fais parvenir le résultat des activités de l'avant-garde durant le dernier semestre de l'année 1931.Le 9 du mois d'août tous les membres se réunirent pour se choisir un conseil qui dirigera l'avant-garde durant tout le semestre.Les heureux candidats furent MM.A.Laçasse, président, O.Lcmirc, vice-président, A.La-montagne, secrétaire, O.Bollemarc, admoni-teur, M.A.-A.Homier, trésorier.A une réunion du conseil on nommait MM.C.Hioux et J.-M.Labonté conseillers. 114 L'OISEAU BLEU PIÉTÉ Fidèles à leur règlement, tous les membres récitèrent quotidiennement aux intentions de l'A.C.J.C.les trois Ave.Ils firent aussi une communion mensuelle aux mêmes intentions.Une intention spéciale fixée par le R.P.Modérateur à la fin de chaque séance est aussi l'objet de leurs prières pour la semaine.A tour de role les membres du conseil prient à chaque semaine aux intentions de l'avant-garde et de l'A.C.J.C.ÉTUDE Notre semestre compte quinze séances d'étude bien remplies.Voici en détail notre travail: dix-sept improvisations, dix-neuf lectures, dix déclamations, deux analyses littéraires.deux travaux littéraires, une discussion publique, une discussion de fables, la séance du débat.Durant ce semestre, la vie du saint modèle de l'avant-garde, Saint I^ouis, fut le thème de nos improvisations.Nos lectures ont porté sur des sujets variés.Le sujet de notre grand débat fut celui-ci: "Dans une maison d'éducation, lequel est le plus utile à tous points de vue, ou du jeu ou du travail?Voilà un bref résumé du champ d'étude parcouru par notre jeune troupe d'élite.ACTION Vu notre condition, notre action il l'avant-garde est plutôt restée dans l'ombre.Cependant les membres de l'avant-garde ont fait beaucoup auprès de leurs confrères par le bon exemple et la correction fraternelle.La ligue du bon langage, habilement dirigée par M.le vice-président, a exercé une grande influence, surtout auprès des jeunes.I)c plus, tous les membres se sont sérieusement appliqués à observer avec plus d'attention le point du règlement désigné il la fin de chaque séance par le R.P.Modérateur.Votre tout dévoué en l'A.C.J.C, A.Lamontaone, secrétaire AVANT-CARDE MONTFORT DE MONTREAL MA JOURNÉK DU BON PARLER C'est jeudi matin."Pourquoi portes-tu cette feuille d'érable multicolore sur la poitrine?" me demande un garçon qui n'est pas de l'Avant-garde Montfort."Tu ne sais pas, l'ami", lui dis-je, "que c'est l'insigne du Bon Parler pour les Avant-gardistes ?Le jeudi de chaque semaine est consacré spécialement à surveiller notre langage et celui des camarades.Qu'est-ce qu'une feuille d'érable peut bien avoir à faire avec le langage ?— C'est le symbole du patriotisme qui nous enflamme d'amour et de respect pour notre langue.Dès que l'un de nous est repris d'une faute de français, il doit, la première fois, passer son insigne à droite, et la deuxième, le glisser dans sa poche.Tu comprends que chacun tient à honneur de le conserver.— Ah! je voudrais bien être Avant-gardiste pour porter un si bel insgine.— Patience, l'an prochain, lorsque tu seras en septième année, tu pourras demander ton admission dans l'Avant-garde." Me voilà en classe à rédiger un exercice de style.De temps à autre, mes yeux se .portent avec complaisance sur ma décoration aux teintes d'automne et je me répète: "Attention, mon vieux, il la récréation tu pourrais bien la perdre et tu dois aussi reprendre poliment ceux qui s'oublient.Cette distinction honorifique n'appartient qu'à ceux qui luttent et font des efforts." Bon, la cloche de dix heures a sonné.Nous descendons dans la cour.Le ballon est mis au jeu et les rires fusent avec les bons coups.Soudain, près de moi, j'entends: "Envoôye icitte".Avant que le criminel ait eu le tempB de se reprendre, je m'écrie: "Victoire! On dit: Envoie ici." Surpris de s'être oublié, il remercie néanmoins.Et ainsi, plusieurs fois pendant le quart d'heure, le mot Victoire résonne ici ou là.Notre professeur s'apprêtait à balancer la cloche, quand je crie à Marcel: "Attention aux goals" Un voisin charitable me corrige aussitôt.Hélas, mon insigne doit passer du côté opposé au cœur.Le midi, en revenant, je replace ma "feuille" du bon côté car nous recommençons à neuf, comme le matin.Avant la sortie du soir, chacun comptera ses victoires de la manière suivante: deux victoires s'il n'a pas été repris, aucune s'il s'est oublié deux fois ou plus; à part cela, il a droit à deux victoires s'il a corrigé des camarades; mêmes conditions pour chacune des deux parties de la journée.Le moment venu de faire mes comptes, à combien, pensez-vous, s'élève mon bilan ?Sept victoires, puisque la soirée s'est bien passée.Malgré mon grand désir d'atteindre au maximum, je n'ai pu le faire.Kn conséquence, je ne serai pas du nombre des privilégiés qui garderont leur feuille d'érable pour le congé du samedi et du dimanche.Tout de même, ne suis-jc point fier d'avoir pris l'habitude de défendre, non pas une seule journée mais toujours, "Sa Majesté, la Langue française" ?Et la semaine prochaine, je tâcherai de faire mieux encore.Maurice Berop.ron, Avant-Garde Montfort L'OISEAU BLEU 115 -4L CCIN DU rCIJ /"V soir, dans la maison grise, sise à l'orée d'une pi nôde(/) aux liais élancés, serrés, touffus, aux larges branches formant parasol, cinq petits minois sont tristes et suivent pas a pas.maman et papa dans le va-et-vient au foyer.C'est que.chose étrange, ce soir, père en habit de dimanche et maman en toilette soignée, élégante, modeste, se préparent il sortir.On a sollicité leur généreux concours pour une œuvre de charité dans la paroisse de X.La carriole est à la porte et le fougueux cheval hennit d'impatience et secoue nerveusement son harnois aux joyeux grelots.Orand'mère, encore jeune, est bien lit, les petits le savent, aussi se tournent-ils vers elle avec confiance et dans un élan spontané, à peine le dernier baiser donné aux chers parents partis sans inquiétude, les bambins font cercle autour de l'aïeule; les petits bancs, les petites chaises se heurtent pour s'approcher le plus près do mère-grand.Le dernier, Lulu, trois ans, aura le giron de bonne maman pour fauteuil; cette place lui est concédée de bonne grâce, à titre de benjamin.•La lampe est basse, c'est presque l'obscurité dans la grande cuisine; le pofile ronfle et montre deux gros yeux rouges jetant du mystérieux sur les murs de la pièce.—Une histoire! un conte! clament quatre petites voix flûtécs.Orand'mère en sait tant de belles histoires! puis nous avons été très sages aujourd'hui." On sait qu'un récit de mère-grand est une belle récompense.Lulu o bien cassé une dent au piano, en frappant avec son hochet(2) les vieilles touches jaunies, mais cela n'a pas été "exprès".Il voulait jouer comme le grand monsieur venu l'autre jour.Orand'mère est silencieuse; elle songe.Va-t-elle répéter un conte mille fois redit?Non.Il arrive souvent que les détails ne sont pas toujours les mêmes dans ses histoires et les petits diablotins, aux mémoires fidèles, se les rappellent, relèvent les faits et alors, grnnd'-mère, pour s'excuser, allègue une distraction.Solennellement, elle commence.Il était une fois, une maman il qui le bon Dieu avait donné trois petites filles, bien jolies, bien intelligentes, mais, par contre, elles avaient chacune de vilains défauts.L'une étoit très désobéissante, l'autre colère, puis la troisième, vaniteuse.Ces grands travers de caractère désolaient leur chère maman, qui, avec grande douceur, faisait force remontrances & ses petites enfants.Hélas! rien ne réusissait.Toujours les mêmes défauts! Un jour, triste, désolée, ne sachant plus que faire, elle résolut de les égarer dans une forêt où vivait leur marraine, une très vieille fée.Cette dernière y possédait une grotte; tous les sentiers conduisaient H sa demeure et portaient des noms différents.Vil -i.il y avait ceux de l'Amabilité, de \'Obéi*sanee, de la Générosité, de la lionne Volonté et quantité d'autres.La grotte, sise au cœur de la forêt, se dénommait Drroir-lionheur.Un jour, la maman, bien décidée, partit avec ses trois fillettes pour le bois enchanté.C'était une promenade depuis longtemps rêvée.Nos amies ne se doutaient nullement que l'issue de cette course serait celle de la séparation.La mère qui ne désirait que leur amendement, (S) 116 L'OJSEAU BLEU savait que fée-marraine lui prêterait appui dans l'éducation de ses enfants.Confiées à elle, les bambines lui reviendraient corrigées, souples de caractère, douées de plus de gentillesse et d'amabilité.Donc, tout en s'amusant à cueillir fleurettes et baies sauvages, elles prirent chacune, sans s'en apercevoir, une allée différente, tandis que la mère, prestement, s'esquiva par celle du Retour, le coeur bien triste, mai» plein de courage.De prime abord, les trois enfants se crurent perdues; elles pleurèrent, crièrent, s'appelèrent, mais, pas de réponse! Jugez de leur désespoir, mes petits chéris! Après avoir marché longuement, toutes trois arrivèrent à la fois au rond-point où vit leur vieille marraine-fée.Celle-ci, au courant de l'aventure et ne voulant que l'amélioration personnelle de ses filleules, les accueillit avec bonté, les consola et leur servit bon repas.Puis chacune d'elles alla se reposer.Kilos s'endormirent sans savoir ce dont demain serait tissé.Leur sommeil fut entrecoupé de gros soupirs qui soulevaient leur poitrine.Bien des jours s'écoulèrent, Chez l'aînée, la désobéissance fut supplantée par la condescendance et par une facilité remarquable à obéir avec bonne humeur, aux ordres de Fée-Marraine.La cadette apprit a vaincre ses caprices.Plus de colères! Plus de brusqueries! Quelle métamorphose (4) en ces enfants! Quant à la troisième.Grand'mère ne put continuer.Déjà de grandes ombres fantasmagoriques (S) semblaient se jouer sur les murs et les petits enfants groupés autour de l'aïeule luttaient qui contre le sommeil, qui contre l'engourdissement.La vieille horloge sonna neuf coups rythmés et nos petits, blottis sous de chauds édredons, finirent en un rêve charmant l'histoire de mère-grand.L'aïeule, doucement, attisa le feu et baissant la lampe, elle reprit place dans son fauteuil à clic et continua à égrener son rosaire qui ne devait se terminer qu'au retour des parents.Chères vieilles de chez nous, bonnes aïeules, gardiennes fidèles, soyez bénies toujours.Que de fois dans votre vie bien remplie vous avez fasciné, par vos récits cent fois redits, nos bambins canadiens.Nous vous aimons, chères et vénérables aïeuleB de chez nous! C.Fauvette Explication* — 1 - bois de pins.2 - jouet de matière dure pour les jeunes enfants.3 - progrès, amélioration.4 - Changement complet.5 - qui rappellent des fantômes.CF.Correspondance Abeille de Marie — Me direz-vous si toujours vous demeurez sur la rue Guy, VOiseau bleu vous parvient-il fidèlement?A qui pour-rais-je l'adrcBser au nid de Sainte-Agathe-dcs-Monts que vous avez quitté ?Bonjour affectueux.Jeannine — Meilleurs vœux de bonheur à l'amie mienne que vous êtes.Bons succès toujours et bonne santé.Amitiés.l'apillon — Les visites de Papillon se font rares au nid de Fauvette.Je vous sais malade, maiB il nous' ferait plaisir de savoir ce que devient le petit ami que nous aimons.Bonnes amitiés.Câline — Merci de la revue canadienne.Vraiment, notre littérature offro la de quoi satisfaire les intelligences désireuses de perfectionnement.Plusieurs amis que vous connaissez feront connaissance avec cette récente publication.Merci et bonjour.Mlle Y.P., Québec — Amitiés profondes de la part de vos amis de Montréal.Merci de vos intéressantes missives.Votre plume est finement taillée, allez! Ayez l'heureuse idée de nous écrire de nouveau.En ce point, donnez sans crainte dans la récidive.Bonjour.E.M.— Bons succès à vous et à vos bambines éveillées! Nicole — Vous faites lect.ure sérieuse et riche en lisant la "Prière de toutes les heures".Souhaitons que les livres du P.Charles atteignent tous ceux qui se soucient de tout progrès surnaturel.Je vous bonjoure bien affectueusement.C.F.Soeur Jeanne me prie de vous diro que les graphologies demandées ont été expédiées par le courrier postal — Pierrette en bleu; Klianc Petit; Jeannette f^marche, comté de l'Assomption; Jeanne Durocher, Lachine; Simone Harel, Nicolct; Marie-Jeanne Germain, Portneuf; O.Pilon, Vaudreuil; Lise Gilbert, Québec; Célestinc d'Entremont, Halifax; Juliette Ixiporte, Saint-Ambroisc; Marg.Mélanger; A.liobilaille, Québec; Béatrice Godin, Woon-socket; Marie Duval, L'Assomption; Eliane lieaudoin, L'Assomption; M.Gaulin, Woon-socket.Nombre d'autres esquisses graphologiques ont été expédiées, mais il est impossible de les mentionner ici, vu la longueur de la liste déjà donnée.Bonjour à tous.CF.LA GRAPHOLOGIE Telle écriture, tel caractère! C'est ce que vous dira Sœur Jeanne, notre graphologue, pourvu que vous envoyiez, eherg amis, dix lignes de votre écriture sur papier non rayé et de votre composition accompagnées de la modique somme de vingt-cinq sous. L'OISEAU BLEU 117 LA PETITE HISTOIRE Un miracle chez les cclcns n faut smvolr douter où II faut, assurer où 11 faut, «e soumettre où 11 faut.PASCAL A ux environ» de 1850.•"Une matinée de juin, fraîche, claire et Raie.A pied, une poche sur le dos, deux jeunes cens s'engagent dans la forêt que coupe la Ouareau, principal affluent de la rivière l'Assomption; le chemin est raboteux, planchéié rempli d'ornières, mais plein de soleil, de parfums et d'oiseaux.Ce sont deux Aeadiens de Saint-Jacques-de-l'Achigan où les parents, revenus de Boston vers 17?0, se sont définitivement enracinés avec nombre de leurs infortunés compatriotes.Déjà resserrées sur leur terre, leurs familles les forcent ft essaimer.Voila six ans que leur paroisse ne dessert plus le canton de Hawdon; comme nombre d'Irlandais s'y sont établis, ils veulent aller les rejoindre.Il y a bien des Orangistos parmi eux, mais bah! ils sont fils de race aguerrie.—Dis donc! Qui est-ce qui s'en vient porter le Bon-Dieu, la-bas ?.Est-ce le curé ?—C'est pourtant vrai!.Attends donc!.Non, je crois que c'est le vicaire.Le coup d'cei! est juste: c'est bien le jeune abbé Nazaire Pichô que l'on distingue, en charrette, avec un jeune homme.Pendant que le son égrené de la clochette civilise les bois, Monsieur le vicaire de Saint-Patrice-dc-Rawdon semble concentré dans une ardente prière.Dieu passe.Les deux jeunes colons se sont arrêtés et chapeau bas, inclinés comme au sanctus, se sont agenouillés sur la levée du fossé.Dieu s'éloigne.Mais nos deux voyageurs sont à peine relevés que, derrière eux: des jurons, une voix qui commande un cheval, un bruit de charrettes qui se heurtent.• Un colon do langue anglaise, debout, rouge de colère, se dlrcssc, menaçant, le poing dirigé vers la custode que protège le prêtre.Le malheureux a voulu renverser la charrette qu'il a rencontrée et, maintenant, le voici qui prétexte que le jeune cocher n'a pas voulu lui cérler assez de chemin.Les deux voyageurs, d'un simple regard, ont tout compris.—Viens-tu ?—Courons! Et, tournant sur leurs talons, ils se portent en hâte vers Monsieur le vicaire qui, mainte- nant, a toutes les misères du monde ft empêcher son jeune cocher de cingler de son fouet l'insul-teur du Viatique.—Laisse faire, mon ami, oonseillc-t-il, Dieu saura bien faire éclater sa puissance en temps et lieu.Lnisse faire!.Pendant que le lâche, en maugréant, fuit avec un train d'enfer, le prêtre, escorté cette fois par les deux voyageurs, a repris sa route.Le cortège, silencieux, semble abîmé en demandes de pardon pour l'outrage dont il vient d'être témoin.On dirait le saint temps d'autrefois, quand le prêtre portait solennellement le Viatique aux malades.L'atmosphère tout irisée de soleil qui vague au-dessus de cette route taillée en pleine forôt devient comme un immense dais couvrant la sainte Eucharistie.Les voyageurs évoquent les clercs psalmodiant des chants divins.Pourquoi faut-il que l'indifférence, voire l'impiété, aient contraint l'Église à supprimer cet usage ?Il honorait tant notre Seigneur, édifiait tant les fidèles! Au son de la clochette, lc« voisins du malade se sont mis à marcher: par les éclaircies.on les voit, au loin, gravissant, entre les souches, le petit coteau que domine sa cabane de bois rond.En bas, par groupes, les troupeaux paissent près de la Chute-à-Magnan.Jolie scène champêtre, reposante pour la vue fatiguée par les taillis.Le grand acte qui va s'accomplir approche.Et l'on se prend à vivre ft son tour cette vérité: Dieu ne se laisse point vaincre en générosité! Comme c'est vrai! Ces braves colons, dans les premiers temps, en taisaient donc des milles et des milles, à pied très souvent, pour aller ft l'église: ce matin, c'est le divin Prisonnier lui-même qui, se dérangeant ft son tour, rend ses visites ft l'une de ces belles âmes ancrées de foi.Naturellement, l'humble foyer a dû être approprié par la maîtresse de céans: le lit, garni de linges blancs, la table, recouverte d'une belle nappe de lin, où voisinent crucifix, bougies, vase d'eau bénite, rameau bénit, vase d'eau fraîche pour purifier les doigts du prêtre après la sainte Communion.Soudain, fl merveille!.Voisins et voyageurs croient rêver.Vraiment, ça doit être de ces ineffables visions qui font sourire parfois, bébé, quand il dort, les points fermés.Sans berger, obéissant tout de même ft une houlette invisible, les petits agneaux, que l'on L'OISEAU BLEU voyait tout à l'heure comme autant de pointa blancs sur le vert du pré, se sont docilement mis en cercle autour de Monsieur le vicaire et, tête basse sous le ciel plus prochain des Lau-rentides, sont tombés à genoux devant Dieu.Monsieur le vicaire avait raison: tôt ou tard, la puissance de Dieu éclate, et c'est enlevant de beauté (quand ce n'est pas écrasant d'cITroi comme aujourd'hui).Quelle scène d'Evangile que le miracle des petits moutons de Rawdon! Quel renouvellement surtout de celle de la première Noël, annoncée par le prophète: Israël ne reconnut point le Dieu qui l'avait fait, mais le boeuf connut son Seigneur et l'âne, la crèche de son maître.Et n'allez pas croire, petits enfants, à une légende! "Un miracle chez les colons" est un fait, et des plus authentiques.C'est Monsieur l'abbé I'iché, de sainte mémoire, qui le raconta lui-même, un jour, au H.I'.Napoléon Paré, 8.J.Quant il moi, j'en ai lu le fidèle récit sous la signature de ce religieux.Où?Je ne me le rappelle plus du tout.Voila pourquoi j'ai tenu a vous le narrer à mou tour.Robert, DoMifcnK Chroniqun documentaire.IE VINAIGRE "Et sur la neuvième heure, Jésus jeta un grand cri en disant: "Eli, Kli.lamma sabac-thani!." Et aussitôt, l'un de ceux qui étaient présents courut emplir une éponge de vinaigre et l'ayant mise au bout d'un roseau, il lui donna à boire".(8.Matthieu, chap.XXVII).Cette parole d'Évangile nous prouve bien que l'emploi du vinaigre n'est pa» chose nouvelle.D'ailleurs, si nous voulions remonter plus loin, nous sommes persuadé que Noé lui-même, ancêtre des vendangeurs, dut le connaître.En effet, le vin peut facilement se transformer en un liquide à saveur brûlante et piquante, Le premier vinaigrier fut certainement le premier viticulteur qui laissa piquer son vin, et ses successeurs subirent, plus qu'ils ne la provoquèrent, la formation du vinaigre au dépens de leurs vins pendant de longs siècles.Les alchimistes le taisaient entrer fréquemment dans leurs machiavéliques combinaisons, mais ce n'est guère qu'à partir de Olauber qu'il fut appliqué aux arts et à l'industrie.En France, il servait déjà de condiment au moyen Age, mais son obtention tenait alors de l'empi- risme le plus grossier et de tours de mains que gardaient jalousement quelques familles de vinaigriers héréditaires.Chimistes et biologistes discutèrent longtemps sur la cause réelle de la transformation des liquides alcooliques en vinaigre, et il fallut attendre les immortels travaux de Pasteur pour mettre enfin cette question au point.Il démontra d'une façon définitive que le ferment acétique, le "mycodcrnia aceti", vulgairement connu sous le nom de "mère du vinaigre" ne pouvait transformer l'alcool en en acide acétique sans la présence de l'air et qu'il devait aussi trouver dans le liquide alcoolique les autres éléments nécessaires à son développement.C'est ainsi que l'eau pure, alcoolisée, ensemencée du mycoderme, ne s'altère pas à l'air, tandis que le vin s'y aigrit parfaitement, parce que ce dernier contient les phosphates et les albuminoïdes qui lui sont indispensables.Le cidre, la bière, l'hydromel peuvent aussi donner du vinaigre, mais rien ne détrône le produit issu du vin, qui fait la renommée de l'ancienne méthode d'Orléans.Dans ce procédé, la fermentation est réalisée dans des futailles de 250 litres, dont le fond est percé d'un large trou pour le renouvellement de l'air.Ces fûts sont placés dans des celliers maintenus & une température de 25 & 30°; on les remplit au tiers de vinaigre, puis on ajoute, tous les huit jours, dix litres de vin, jusqu'à addition totale de 40 litres.On soutire alors 40 litres de vinaigre et on ajoute de nouveau le vin comme précédemment.Ce vieux système donne un produit supérieur mais l'opération est longue.Nous conseillons aux ménagères qui désirent confectionner une salade supérieurement aromatisée de fabriquer de cette façon leur vinaigre, mais en employant un petit tonnel et et en réduisant les proportions en rapport.1> .¦>- l'industrie, il faut des procédés plus rapides.On prend des fûts dont les fonds sont percés chacun en leur milieu d'un trou en évasement, reliés entre eux par des tubes d'osier, et qu'on emplit de copeaux de hêtre.On aeétille les copeaux avec du vinaigre il 8°, puis on remplit les futs avec le liquide destiné il être acétifié, dilué à 8° et contenant le ferment: on maintient une température do 25 A 30°, et l'acétification a lieu au bout de douze jours pour le vin et de quinze jours pour l'alcool.On soutire et on remplace par du nouveau liquide alcoolique.On produit ainsi du vinaigre commercial de bonne qualité, mais qui n'a pas la valeur de la méthode d'Orléans.N'oublions pas, d'ailleurs, le vieux proverbe: "Le bon vin fait le bon vinaigre".Scientia (Reproduction interdite) L'OISEAU BLEU 11!) AFFILIÉS A LA SOCIÉTÉ CANADIENNE D'HISTOIRE NATURELLE Directeur général: H.K.Adrien, C.S.C., Ecole Beaudet, Saint-Laurent.Sous-directrice: Rév.Sr Suiute-Alplionsinc, C.N.D., Collège Marguerite-Bourgeoys.Secrétaire général: M.Jules Brunei, Institut Botanique, Université de Montréal.Trésorier: M.Jacques Rousseau, Institut botanique, Université de Montréal.CHEFS DE SERVICE Botanique: R.F.Maric-Victorin, F.E.C., Institut Botanique, Université de Montréal.Zoologie: Dr Georges Préfontaine, département de Zoologie, Université de Montréal.Entomologie: M.Gustave Chagnon, département de Zoologie, Université de Montréal.Minéralogie-géologie: R.P.Léo Morin, C.S.C., Collège de Saint-Laurent, Publicité: R.F.Narcisse-Denis, F.E.C., Académie Saint-Léon, Westmount.LA CHANSON DES ORMES (EXTRAIT) Par Fr Marie-Victorin, des K.G.A VRIL! Avril! Victoire! La neige disparaît, marmottant effrontément un air gamin ! Les corneilles reviennent "du fond du gouffre noir saluer le pays" ! Les premiers merles promènent à pas rapides sur les gazons fanes, leur plastron roux! Les ormes, alors, tout d'un coup, se mettent à fleurir par toutes les cicatrices de leurs milliers de ramuseules: par millions éclatent les petites fleurs à qui le soleil suffit et qui n'ont pas besoin des bons offices du vent pour accomplir leur rite hymenal.Fleurs invisibles d'en bas, faites pour d'autres yeux que les nôtres, pour les petits yeux vifs des orioles et des pinsons, des fauvettes et des jaseurs, pour toute la troupe follette qui vole en éclaireur en avant du printemps.Viens, mon ami ! Allons ensemble voir fleurir les ormes Quelques jours passent.Voyez maintenant la fine mousseline jetée sur les royales épaules; les ormes s'habillent pour la saison.Chaque ramille porte, telle une goutte d'or, un gros bourgeon en amande qui se déplisse à mesure que le soleil devient plus pressant et l'air plus chargé de rumeurs de vie.Kt voilà l'arbre superbe bientôt paré pour l'été.Lo noir titan dont les bras ployaient cet hiver sous un faix invisible, est devenu, sous la baguette du printemps, une énorme corbeille débordante de feuillages neufs, une puissante fontaine de verdure qui.semble-t-il, vient de jaillir du sol, tout d'une pièce! Viens, mon ami ¦' Allons ensemble voir feuiller les ormes A L'HIRONDELLE Toi qui peux monter solitaire Au ciel, sans gravir les sommets, Et dans les vallons de la terre Descendre sans tomber jamais; Toi qui, sans te pencher au fleuve Où nous ne puisons qu'à genoux, Peux aller boire avant qu'il pleuve Au nuage trop haut pour nous; 120 L'OISEAU BLEU Toi qui pars au déclin des roses Kt reviens au nid printanier, Fidèle aux deux meilleures choses, L'indépendance et le foyer; Comme toi mon âme s'élève Et tout à coup rase le sol, Et suit avec l'aile du rêve Les beaux méandrcB de ton vol.S'il lui faut aussi des voyages, Il lui faut son nid chaque jour; Elle a tes deux besoins sauvages: Libre vie, immuable amour.Sully Prudiiommk LA SANGUINAIRE DU CANADA (Sanguinnria canadensis L.Vulgairt m- nt: Sang-dragon i a) Plante épanouie b) Bourgeon floral muni de deux sépales c) Coupe de l'ovaire d) Fruit tHEUmine f) Pistil montrant Im deux lobes du sti|{iii»te La Sanguinaire du Canada présente un des éléments les plus originaux et les plus intéressants de notre flore printanière.Sa constitution et sa manière de vivre offrent un ensemble de caractères qui n'a pas d'équivalent dans le monde végétal.Son étude doit donc intéresser au plus haut point les Jeunes Naturalistes.A peine la neige de nos bois est-elle disparue, que déjà les bourgeons blancs de la Sanguinaire percent le sol; lentement, une à une.les écailles du bourgeon s'écartent, et, un beau matin, elles auront livré passage à une feuille, qui cache encore dans les replis de son limbe la fleur en bouton.Il suffira ensuite de quelques heures au soleil d'avril pour faire épanouir cette première-née du printemps.On no voit de la Sanguinaire que l'unique feuille et l'unique fleur.Mais la plante n'est pas sans tige.Si on enlève la terre qui entoure la hase de la feuille et de la fleur, on trouve à quelques pouces de profondeur un corps horizontal, brun foncé, de la grosseur et de la longueur du doigt.C'est là la tige souterraine, le rhizome.Les racines y sont dispersées sans ordre sur toute sa longueur.A l'une de ses extrémités sont fixés le pédoncule de la fleur et le pétiole de la feuille; l'autre présente des signes évidents de décomposition: comme tous les rhizomes/des plantes vivaecs, celui de la Sanguinaire s'allonge par une extrémité et se détruit par l'autre.Brisez cette tige, vous allez voir apparaître, à la surface de la section, des gouttelettes d'un liquide rouge comme du sang.Ce liquide n'est pas la sève, mais un de ces produits de désassi-milation qui porte le nom de latex.C'est ce caractère, exceptionnel dans le monde végétal, qui a suggéré aux savants l'idée de donner à la plante le nom que vous savez.La feuille de la Sanguinaire est un petit chef-d'œuvre capable de défier les artistes les plus habiles.Presque ronde dans son ensemble, elle présente un contour à sept lobes peu profonds, de dimensions inégales, au sommet élargi et sinueux.Du pétiole partent sept nervures qui se ramifient ensuite en tout sens dans le limbe, comme les veines dans la chair des animaux.La face inférieure, aux nervures saillantes, offre une surface glauque, beaucoup plus pfllo que la face supérieure.Observez cette feuille à différentes époques de l'année.D'abord petite, mesurant à peine deux pouces de longueur, elle est repliée but elle-même et semble envelopper la fleur comme d'un manteau.Mais, après quelques semaines, quand la fleur s'est transformée en fruit, elle a déjà atteint le triple de ses dimensions primitives, et elle s'étale toute grande au soleil.8on contour même s'est quelque peu modifié au point de devenir presque méconnaissable.L'intérêt de la Sanguinaire réside pour une bonne part dans ses organes de reproduction.Sa fleur est complète.Mais bî vous voulez voir en place les deux sépales verdâtres du calice, il ne faut pas attendre que la fleur soit ouverte; celle-ci, en effet, s'est à peine épanouie que déjà les sépales jonchent le sol.La corolle, avec ses pétales blancs, au nombre de huit à douze, sera donc seule à exercer à l'égard des organes reproducteurs son rôle de protection, et elle s'en acquittera avec un soin d'autant plus minutieux: tous les soirs, vers quatre ou cinq heures, vous la verrez déjà presque complètement fermée. L'OISEAU BLEU 121 L'organe femelle, perdu au milieu d'étamincs nombreuses, offre un exemple classique d'un pistil à deux carpelles soudés et ouverts.Les deux lobes du stigmate et les deux lignes longitudinales du pistil nous laissent déjà entrevoir une architecture de ce genre.Mais pour en 6trc certain, il faut une coupe transversale de l'ovaire, nous montrant une seule loge et deux rangs d'ovules placés sur la paroi.Dans une même fleur, le pistil arrive à maturité plus tôt que les étamines, d'où l'impossibilité d'autofécondation.Ici, comme en bien d'autres cas, c'est l'abeille qui, inconsciemment, va se charger du transport du pollen.Observez-la; voyez comme elle fouille la fleur, frôlant les étamines et se chargeant de pollen; un instant après, elle sera sur une autre fleur, éclose un jour plus tôt, semant sur le stigmate la semence de vie Jeunes Naturalistes, allez voir fleurir la Sanguinaire du Canada! La Providence a permis que seuls les habitants du Nord-Kst de l'Amérique puissent jouir do ce spectacle vraiment inoubliable.Il n'est donc pas permis à un jeune Naturaliste canadien d'ignorer cette petite merveille végétale qu'est la Sanguinaire du Canada.Antonio Danserkau, p.s.s.Collège de Montreal "MAIS LA NATURE EST LA QUI T'INVITE ET QUI T'AIME.Lamartine C'est le grand réveil! Les arbres secouent leur torpeur et sentent bouillonner dans leurs veines la sève tumultueuse; les papillons, qui ont hiverné sous les écorecs, vont sortir de leur cachette en déployant leurs jolies ailes, afin de présider à l'éclosion des premières fleurs; les écureuils des bois, dans une course folle, montent plus haut sur les branches comme pour appeler le soleil; et les petits oiseaux partout reviennent; ils savent bien qu'il leur faut être là pour chanter à tous: "Voyez, voyez si la nature est belle!" Toi qui passes, entends cette musique incomparable de la nature: musique des arbres, quand un vent léger flotte entre les aiguilles frissonnantes des Pins, ou musique plus claire et moins rêveuse du Peuplier pyramidal; musique sourde de la pluie qui tombe; musique tranquille et douce du ruisseau qui coule; musique discrète de la source plaintive; musique grondante des cataractes; musique étourdissante des cloches carillonnant I'Alleluia, accompagnée de la musique tendre et mélodieuse des oisillons, du bourdonnement rythmé de centaines d'in-ectea.Mais il est encore une autre musique, silencieuse celle-là, et qui peut-être parle davantage à l'Ame: celle des multiples (leurs, de ces petits êtres gracieux et faibles, débordants de vie, qui, dans un accord admirablement nuancé, remercient tout bas le Créateur pour toutes ces beautés qui les entourent, et qui crient sa bonté et sa gloire.De cette musique fraîche et lumineuse, on peut dire avec Shakespeare "qu'elle arrive il l'oreille comme un souffle du Midi passant par-dessus un parterre de Violettes dont elle prend et conserve le parfum".Les fleurs, puisque leur sort est de mourir tôt, demandent il être conservées en herbier: Il semble qu'ainsi elles n'auront pas tout à fait cessé de vivre, puisque toujours, à travers le calme froid des longs hivers, elles resteront le gage assuré d'une harmonie qui demeure.OBSERVEZ .LA PREFOLIATION Vous vous rappelez ?La préfoliulion, c'est la manière suivant laquelle se dispose chaque feuille, dans le bourgeon.11 faut voir: rien n'est plus artistique.On prend un beau petit bourgeon nouvellement né, on l'ouvre, et l'on se rend facilement compte des divers modes de préfoliation que voici: Erable, Bouleau, Vigne: Feuilles disposées en éventail.Prêfoliation plissie.Chêne, Tilleul, llètre.Prunier de Virginie (Cerisier à grappes): Chaque feuille est pliée en deux, dans le sens de la longueur.Préfoliation condupliquée.Peuplier, Sureau: Feuilles à bords enroulés supérieurement.Préfoliation intolutie.Prunier, (louel: Feuilles enroulées en cornet.Préfoliation convolulée.Fougères: Feuilles en forme de erosse.Préfoliation circinée.Frfne, Lilas: Les feuilles extérieures recouvrent les intérieures, il la façon du bardeau sur un toit.Préfoliation imbriquée.Ne manquons pas d'examiner de près ce phénomène, et tout de suite, car les bourgeons sont anxieux d'éclore.Quelques jours avant la Sanguinaire, VHépatique à loties aigus (Hepatica acutiloba D.C.) s'épanouit dans les bois.Sa fleur est blanche, légèrement teintée de bleu ou de pourpre.Lee feuilles ont trois lobes entiers (sans dents), velus, grossièrement triangulaires; elles apparaissent seulement quand les fleurs sont déjà flétries.Cette jolie plante, de la famille des Renon-culacées, annonce l'arrivée du printemps.M.G. 122 L'OISEAU BLEU HEPATIQUE A LOBES AIGUS illepalicn acutiloba DC.) "Au tmrcrs des feuilles morte», l'hépatique, partout, passe la tete.Les autres fleurs sauvages, celles de l'été et celles de l'automne, n'ont qu'une parure: l'hépatique prend toutes les teintes du ciel depuis le blanc troublant des midis lumineux jusqu'à l'azur des avant-nuits, en passant par le ruse changeant des crépuscules.I .u nature gate cette première née qui va disparaître si vite, avec les vents plus chauds! (Fr.M.-Victorin) ERRATA l'ni- le dernier numéro du mois de mars 1932, page 90, le dernier alinéa de l'article intitulé "MON HERBIER", par Marcelle (ïauvreau, devait se lire comme suit: La Marguerite présente peut-être le sujet d'étude le plus facile chez les Composées, dont peuvent faire également certains arbres ou arbustes, (.'liez cette plante, ce qu'on appelle communément la fleur est en réalité une inflorescence composée, c'est-à-dire un groupe de fleurs.L'inflorescence des Composées, le capitule, est constituée par un plateau ou réceptacle qui porte des fleurs do deux sortes: les fleurs tubulcuses, d'un jaune d'or, situées au centre; puis, autour de celles-ci, les fleurs ligulées, qui se terminent par de grands rayons d'un blanc pur, les ligules.En outre, deux rangs d'écaillcs vertes, qui constituent ['involucre, soutiennent le capitule.Ces caractères ont permis de situer la Marguerite, ainsi que le Soleil, dans la tribu des Radiées.A L'HOTEL DBS VENTKS Entre amis: —Que viens-tu faire ici ?—Acheter une cage à serin.Ce oo'il faut savoir La chaussure c'est l'homme La chaussure o'est l'homme.On peut, sans se tromper, deviner la situation sociale d'une personne quelle qu'elle soit, d'après ses chaussures.Vous allez vous écrier et me dire: "La situation de fortune, soit, mais pas sa situation sociale!" Erreur, grave erreur.N'avez-vous jamais remarqué la façon dont sont chaussés de vieux retraités obligés de couper parfois un sou en quatre pour arriver à la fin du mois ?Cette mère obligée a des économies strictes?Cette gentille, vendeuse aux maigres appointements?.Toutes ces personnes ont pour leurs chaussures un véritable culte; elles les soignent comme des instruments de travail , les cirent avec circonspection, les font recoudre & tomp8, ressemeler quand il faut.Par contre voyons certains autres: Leurs chaussures ont pu coûter cher, mais elles ne sont cirées qu'une fois par semaine, et encore.Elles n'ont pas été décrottées convenablement depuis des semaines: le cuir n'est pas entretenu, elles sont coupées sur plusieurs points de l'empeigne, les talons sont tournés.Pourquoi les uns sont-ils toujours bien chaussés alors que les autres ne le sont pas?C'est fort simple: les premiers sont des gens d'ordre, soigneux, économes, soucieux de leur dignité, alors que les seconds sont des insouoiants.On se les représente, rentrant chez eux après la journée, jetant négligemment leurs chaussures dans un coin de la chambre et les remettant le lendemain sans même leur donner un coup de brosse.Du reste, où pourraient-ils trouver une brosse à chaussures dans le désordre de leur chambre ?Existe-t-il une impression plus agréable que celle qui consiste à mettre sur le sol, quand vous sortez de chez vous, le matin par exemple, un pied bien chaussé dans une chaussure bien cirée.Vous vous sentez propre, léger, fort.Il vous semble que vous pouvez abattre allègrement des kilomètres et votre moral s'en ressent fortement.Mais comment faire pour être bien chaussé?Voici quelques principes indispensables pour obtenir ce résultat: 1° Il ne faut acheter que de la chaussure de bonne qualité.Une bonne paire de chaussures fait plus d'usage que deux mauvaises paires.2° Pour être bien chaussé, on doit laisser reposer de temps on temps ses chaussures: dono, il est indispensable pour cela d'en avoir plusieurs paires.3° Pour donner une bonne opinion de son ordre et de sa situation, on doit avoir la chaus- L'OISEAU BLEU 123 sure adaptée à chaque usage et même à chaque saison.L'hiver on portera du noir et particulièrement du crêpe pour garder toujours les pieds bien chauds et se préserver de l'humidité.Pour les invitations, le bal, les soirées, on portera des souliers vernis.La femme, elle, a encore beaucoup plus de choix; elle peut assortir ses chaussures à la teinte de ses robes, elle a des souliers spéciaux pour le bal, les cérémonies, etc.4° Poux garder en bon état les différentes chaussures que vous possédez, il est indispensable de les entretenir parfaitement .de les brosser chaque fois que vous les avez portées ou de les essuyer avec un linge, de les détacher s'il y a lieu et de les frotter avec une brosse douce contenant un peu de bonne crame à chaussures.En suivant ces principes, vous aurez toujours une belle chaussure, la chaussure adaptée il la situation.et vous ne serez jamais pris au dépourvu quoi qu'il arrive.Que vous soyez invité â une partie de campagne, à une soirée, à un dîner, vous n'aurez qu'à, ouvrir votre garde-robe et à prendre la paire de chaussures ou de souliers qui conviennent pour la circonstance.O.de L.{Reproduction interdite) POUR RIRE PRÉSENCE D'ESPRIT Napoléon 1er aimait à poser des questions déconcertantes.Visitant un jour la maison d'éducation de Saint-Deni9, il demanda à l'une des élèves: —Combien faudrait-il d'aiguillées de 01 pour coudre une chemise?—Sire, répondit la jeune fille, il n'en faudrait qu'une.si l'on pouvait la couper assez longue L'ESPRIT D'AUTREFOIS Des courtisans disaient au favori d'un prince: —Qu'y a-t-il de nouveau et que vous a dit le roi aujourd'hui?car il ne se fie qu'a vous et vous livre ce qu'il ne dit à personne.—Pourquoi donc me demandez-vous ses secrets ?L'énergie est la vertu la plus nécessaire pour faire son chemin dans le monde.EMERSON Un gramme de pratique vaut une tonne de théorie.BARDOUX Chronique scientifique Télévision Quel mystère autour de ce mot encore neuf! Quel empire n'excrcc-t-il pas sur le» jeunes imaginations! De fait, la télévision est une science plutôt récente, â l'état de chrysalide, et dont les arcanes obscurs, même aux initiés, sont, pour les profanes, un sujet fort intrigant.Le but de la télévision, chacun le sait, est de transmettre à distance une image fixe ou mobile.Ce problème — qui est de taille — exige deux solutions: ainsi que pour la télégraphie et la téléphonie, il s'agit d'émettre une image et il faut la capter.Le principe de l'émission et de la réception qui, jusqu'alors, a défini le champ d'action dos expérimentateurs peut se résumer à ceci: A l'émission, on dirige sur une cellule photoélectrique une succession rapide de rayons lumineux provenant des différents points de l'image à transmettre.A la réception, on procède de façon inverse, c'est-à-dire, qu'on refait la synthèse des signaux reçus.C'est tout.Voyons maintenant si la réalisation de ces principes est aussi simple qu'elle le semble.Le sujet dont on se propose de radiodiffuser les traits doit être bien éclairé: ceci est la condition tine qua non du succès.En conséquence, ce dernier est soumis à l'éclairage intense d'un groupe de projecteurs placés vis-à-vis de lui ou latéralement, selon l'effet recherché.Ces foyers lumineux sont disposés sur un châssis au centre duquel une ouverture symétrique est ménagée, ouverture dont le rôle est de limiter le plan de l'appareil enregistreur.La lumière violente projetée sur le visage du "télévisé" en fait ressortir la physionomie d'une façon très nette.Telles sont, au résumé, les prémices de toute irradiation.L'appareil enregistreur proprement dit se trouve de l'autre côté du châssis, faisant l'effet au conférencier ou à l'artiste d'un banal caméra de photographe.L'image est dirigée sur un système de lentilles plan-convcxcs d'où elle ressort considérablement diminuée afin de pouvoir être captée par la cellule photoélectrique.Le rayon atteint, par la suite, un disque en mouvement dont la plus grande circonférence est percée de 60 trous.Ces trous — munis de lentilles bi-convexes — se trouvent ainsi à 6° les uns des autres; leur répartition, & la périphérie du disque, n'affecte pas la forme circulaire car le 1er et le 60e trous ne sont pas situés sur un même plan.On se trouve donc on présence d'une spirale très développée dont les extrémités ne seraient point superposées.Le disque, monté sur l'arbre d'un moteur tournant & quelque 1200 tours & la 124 L'OISEAU BLEU minute, prÉsente successivement ses trous devant un orifice de forme quadrangulairc ne permettant l'action du rayon lumineux que sur un seul trou à la fois.A la vitesse mentionnée plus haut, le rayon lumineux se voit tronçonné en une multitude d'autres rayons dont la course s'achève lorsqu'ils rencontrent la cellule photo-électrique.Dès lors, c'est cet organe qui, remplissant les mômes fonctions pour la lumière que le microphone pour le son, va convertir ces multiples éclairs en signaux propres, après une amplification adéquate, il être irradiés.Tel est le rôle que joue ce merveilleux agent qu'on appelle, à juste titre, "l'œil électrique".A la réception, on opère de façon inverse.Comme dans le cas d'un radio ordinaire, les signaux sont d'abord amplifiés par plusieurs étages de H.F.puis, dirigés sur une lampe au néon; celle-ci est placée après le dernier amplificateur ainsi que le haut-parleur dont elle remplit le même but en télévision.Grâce il ses deux électrodes soumises à un potentiel de 200 à 300 volts, elle transforme les vibrations électriques dont elle est le siège en vibrations lumineuses.Toutefois, on ne saurait projeter sur un écran l'image telle qu'elle apparaît il la cathode.A l'émission, le rayon porteur do cette image fut, comme il a été dit plus haut, fractionné un grand nombre de fois, suivant en cela le procédé des appareils de prises de vues.Aussi, faut-il procéder à la réception, de façon analogue.Pour cela, la lumière émise par la lampe au néon traverse un disque semblable il celui dont il fut déjà question.Egalement pourvu de lentilles, ce disque doit être en parfait synchronisme avec celui de la station émettricc, c'est-à-dire, qu'il doit tourner à une vitesse rigoureusement semblable et uniforme, faute de quoi, l'image ne présente qu'un aspect confus et déformé.Enfin, notre rayon vagabond arrête sa course sur un écran de verre dépoli ou — à la rigueur — sur une toile blanche.En raison des nombreux avatars que subit l'onde lumineuse, depuis son point de départ & l'écran récepteur, celle-ci se trouve exposée & maintes déformations dont les causes, quoique généralement connues, ne sont point faciles à maîtriser.Cependant, la télévision a fait ses premiers pas hors du laboratoire où, comme ses compagnes, la télégraphie et la téléphonie, elle vit le jour.Légion sont les enthousiastes de la nouvelle venue et la multiplication des recherches, le perfectionnement des procédés permettent d'augurer les plus belles réalisations.Toutefois, il serait vain de croire à des applications rapides, foudroyantes.Dernièrement, une revue de T.S.F.française remarquait qu'on en était, en télévision.au même point qu'en radiophonie en 1922 ou 1923.Or, si la télévision procède à une ascension aussi rapide que la téléphonie, on peut s'attendre, dans un avenir rapproché, à des révélations sensationnelles.Rappelons, pour terminer, que plusieurs émetteurs pour télévisions sont déjà érigés aux Etats-Unis.Au Canada, le poste CKAC est équipé aussi d'une installation de télévision.Dh Morcles Le rayon lumineux venant de A traverse le jeu do lentillea B.le masque C.puis le disque de Nipkow I > d'où il ressort fractionné à raison de 1200 fois par minute.La multitude de tronçons qui en résulte atteint successivement les lentilles 10 qui en régularisent lo cours; une dernière lentille plan-convexe F reçoit ces rayons et lea concentre sur la partie sensible do la cellule photo-électrique (j.laquelle convertit les vibrations lumineuses en vibrations électriques susceptibles, après avoir été amplifiées, d'être envoyées a, l'émetteur proprement dit.MAUVAIS RAISONNEMENT —Moi, je ne fais jamais l'aumône.—Ah! pourquoi! —Parce que je ne veux pas faire aux autres ce que je ne voudrais pas qu'on me fit.COMME DESSERTS Pour les enfants, rien n'égalera les Il I I I I S DE SUCRE "/UeacIcn'-SM'eet** A L'ERABLE, COCO, ETC.Pur—Appétissant—Economique L'OISEAU BLEU 125 Concours Mensuels CONCOURS D'AVRIL 1932 1—Pourquoi l'Acte d'Union des deux Cana-das en 1841 fut-il une injustice pour les Bas-Canadiens ?2 — Corrigez: a) La dame que je parle est venue.b) Mettre un timbre sur une enveloppe.c) Monter et descendre du tramway.3 — Reconstituez le proverbe suivant: Airr nibe iqu airr el rrneedi.Observez bien, en envoyant vos réponses, les conditions suivantes: Faire parvenir ses solutions, sans coupon, le plus tard pour le IS mars à CONCOURS M KXSl' KL 1182, rue Saint-Laurent, Montréal.P.Que.Avril 1932.Résultat du concours de mars 1—Métagranime: Bac—lac—sac—tac.2 — Donnez-moi une tablette de chocolat — ne pas dire: une barre — b) Mon service à thé coûte cher.- c) Il a presque entièrement fini ses devoirs— (La voyelle e ne s'élide que dans presqu'île).3 — a) La Tenure seigneuriale fut abolie au Canada en 1854.b) L'Alliance de Famille (Family Compact) comprenait un groupe d'Anglais qui profitaient de leur influence auprès du gouvernement pour accaparer les terres et les emplois publics.Trois cent quatre-vingt-quinze solutions nous sont parvenues.Nous félicitons tous les concurrents de se montrer si fidèles à revenir à la joute mensuelle du "Coin".Cordial bonjour à tous.Nombre do copies portaient réponses inexactes, à cause de certains anglicismes employés.Le sort a favorisé: Mlle Clémence Collet 4642, rue Sainte-Catherine ouest, Montréal Kcole normale Jacques-Cartier Mlle Ghislaine Charland Académie Saint-Arsène 0818.rue Christophe-Colomb, Montréal M.Gérard G ingras Ecole Sarsfield, 2715, rue du Grand Trunk M.Gérard Joyal Avant-gardistc Sainte-Agathe Sainte-Agathe, Manitoba Mlle Irène Richard 9 North Pleasant St., West Warwick, R.I.Mile Constance Deslauricrs 108, rue Queen West, Ottawa, Ontario Une prime de cinquante sous a été expédiée à chacun des gagnants de ce concours.ROMANS EN IMAGES de la Maison de la Bonne Presse:— Vrai spectacle de cinématographie Nombreuses illustrations en noir et en couleur Chaque volume environ 100 pages Cartonnage fort, format 7x11 Au comptoir .50s., par la poste .60s.l'unité UNE TETE BLONDE par Myriam Catalany LILIANE AVIATRICE par Max Colomban APRES L'EPOUVANTE par Myriam Catalany CALAOR ET CELYSETTE par Max Colomban Service de Librairie du "Devoir" 430, rue Notre-Dame est, Montréal L'OISEAU BLEU GARNEAU.HISTORIEN NATIONAL Un jour en l'étude de Me Archibald Campbell, notaire du roi à Québec, clercs canadiens-français et anglais discutaient la situation politique du Canada.I-KANCOIS XAVIER GARNEAU Le débat était animé.Pour couper court l'un des jeunes Anglais osa affirmer avec hauteur: "A quoi bon toutes ces querelles dans ce pays conquis par nos armes et qui n'a même pas d'histoire"?I« mot était à peine lancé qu'un jeune homme de 19 ans se levait pour riposter d'une voix blanche d'émotion: "Celte histoire que vous ne connaissez pas, je l'écrirai.Vous verrez que nos ancêtres n'ont succombé que sous le nombre.Qu'importe la perte du champ de bal aille, tout n'est pas perdu.Il y a des défaites qui sont plus glo-rieuses que des victoires .François-Xavier Garneau devait tenir parole et écrire l'histoire du Canada français.1# premier volume do l'Histoire du Canada parut en 1845, le deuxième en 1846 et le troisième en 1848.Cette œuvre a valu à Garneau le beau titre d'historien national.François-Xavier Garneau naquit à Québec le 15 juin 1809.Son père s'appelait François-Xavier et sa mere Gertrude Amyol-Villeneuve.Ltt fondateurs de la Sauvegarde ont été dans le domaine économique des précurseurs, à l'instar de Garneau, dans le champ de l'histoire.Par la réalisation de leur rêve hardi, ils ont contribué en mettant sur pied une œuvre financière solide, a donner plus de fierté et une confiance plus grande en eux-mêmes a leurs compatriotes.Ceux-ci se doivent de fortifier cette institution canadienne-française, la seule du genre au Canada.Pour tous renseignements, s'adresser à LA ASSURANCE VIS 15Z, rue Notre-Dame Est MONTRÉAL L'OISEAU BLEU LIVRES DE PRIX RÉCOMPENSES SCOLAIRES La Maison Granger Frères.I Imitée, offre en vente ret le année le choix le plus varié et le plus considérable de livres de prix jamais offert par aucune maison au Canada.Livres importés de France et de Belgique, Ouvrages Canadiens, Livres de Prières, Arlirlrs religieux, Médailles or et urgent, Statuellrs, Couronnes.Objets divers susceptibles d'être distribués comme récompenses.Messieurs les membres du clergé, les directeurs et directrices de maisons d'éducation, les commissaires d'écoles sont invités & visiter notre étalage.Ceux de nos clients qui ne |>ourraient pas se rendre ù notre magasin voudront bien nous écrire.Ils sont 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COURS SPÉCIAUX — Cours variés répondant à un besoin particulier.(Mécaniciens en véhicules-moteurs et autres).Pour les ouvriers qui n'ont pas eu l'avantage de suivre un cours industriel COURS DU SOIR complet.AUGUSTIN l-'RIGON Directeur Général de l'Enseignement Technique 1430.rue Saint-Denis MONTRÉAL ÉCOLE TECHNIQUE DE MONTRÉAL ÉCOLE TECHNIQUE DE QUÉBEC ÉCOLE TECHNIQUE DE HULL ÉCOLE POLYTECHNIQUE DE MONTRÉAL FONDÉE EN 1873 Travaux publics — Industrie 1430, rue Saint-Denis, Montréal TÉLÉPHONES:— Administration :— LAncaster 9207 Laboratoire Provincial des Mines :— LAncaster 7880 PROSPECTUS SUR DEMANDE < t L'ÉCLAIREUR Imprimeurs-Éditeurs JOURNAUX — REVUES — PERIOIHOUM DEUX ÉTABLISSEMENTS ! Braucevllle — Montréal 1723-1725, rue Saint-Denis Tel: H Arbour 8216-7 La Photogravure Nationale, Lté* 59, rue Sainte-Catherine 0ue*t Montréal Téléphone: MArquette 4549 Dessins - Vignettes - Photographiai «• Pourquoi allez-vous k l'école, petits lecteurs de l'Oiseau bleu?Pour apprendre à lire, A écrire et à compter, n'est-ce pas?Vous préparez, aujourd'hui, l'homme instruit que vous devrai être demain.^ l'réparcz-vous aussi l'homme économe t C'est ^nécessaire d'être un homme instruit pour bien gagner sa vie plus tard, mais ce n'est pas suffisant; un homme instruit est un homme incomplet s'il n'est pas aussi un homme économe, car o'esl l'homme économe qui., avec ce que gagnera l'homme instruit, fera des épargnes et le rendra riche.4 Et ces deux hommes se préparent en même ?tempe.Que penscriez-vous de l'écolier qui dirait: "Je n'étudie pas n l'école; j'apprendrai iV lire, a écrire et t\ compter quand je serai grnnd T Kh! bien, vous raisonnez comme lui, si vous n'économisez pas dés l'école et, plus tard, vous serez aussi dépensiers qu'il sern ignorant.CAISSE NATIONALE D'ECONOMIE 55, ST-JACQUES O., MONTRÊAA Imprimt par "Le Drrab" i*0, raa Kgn-DuH «at.MnÉlil lHM-i
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