La lyre, 1 janvier 1931, no 77
Per L-70 LA LYRE If *' M.Georges-Emile Tanguay Organiste et compositeur Professeur d'harmonie au Conservatoire National de Musique.Vol.VIII — No 77 Montréal, janvier 1931 SOMMAIRE Le solfège Par Léo-Pol Morin Leçons d'histoire de la Musique * Delacroix et la musique * Jean SibeJius.* Beethoven improvisateur * Le trio Trudel-Chamherland-Belland L'orgue Par l'abbé P.Chassang Rédaction et Administration : 987 Boulevard Saint-Laurent Montréal.Tél.LAncEister 1907 ABONNEMENT : Six ffios.î1-56 Un an .?2.5fl Deux mis.54.50 L'unité.• • -25 Numéros des mois écoulés -35 Directrice : Alice Duchesnay Secrétaire de Rédaction : Pierre Saint-Loup Administrateurs-délégués : Madame H.3Iiro Marcel Prévost Toute communication doit être adressée à la Rédaction; de la "Lyre".— Les manuscrits non publiés ne sont pas retournés.IXe année — No 77 Janvier 1931 LE SOLFEGE Par Léo-Pol MORIN On en parle depuis assez longtemps, mais beaucoup plus depuis un an et c'est comme si on venait de découvrir un nouveau monde.On découvre enfin que le solfège est à la base de l'enseignement musical et que celui qui n'en possède pas ne saurait se réclamer d'une éducation sérieuse ni complète.Enfin, il semble que l'on veuille instituer l'enseignement de la musique sur des méthodes un peu plus rationnelles.Il semble que l'on ait enfin compris les avantages qu'il y a à commencer une éducation par le commencement, qu'il s'agisse d'art ou de grammaire.Je n'ai jamais douté que la pleine lumière nous inonderait un jour et il ne faut pas trop accuser notre pays d'avoir attendu la venue du vingtième siècle et quelque trente ans de plus pour concevoir une chose aussi simple.Nous savons bien qu'en certaines matières l'expérience des autres ne saurait pour nous prévaloir.Il fallait donc que nous fissions à notre tour, et au pays même, certaines expériences négatives.Eh bien ! nous avons fait fausse route dans le domaine de l'éducation musicale.On a mis la charrue avant les boeufs.Changer les boeufs de place ne sera pas si simple au'on l'imagine.Cela va nécessiter toute une éducation.Car une énorme partie de la population continuera à croire mordicus, que l'ancienne méthode empirique était la bonne, la meilleure, et qu'il n'est pas nécessaire de changer, que nos pères ont fait de même et qu'ils ont été heureux, etc.Vaincre un tel entêtement et une telle ignorance sera le plus dur.Pour le plus grand nombre, il faudra toujours que les enfants, d'abord jouent du piano, du violon, ou chantent.Point n'est besoin qu'ils sachent exactement ce qu'ils font et que leur intelligence participe à la fête.On ne voudra pas admettre qu'il en soit pour la musique comme pour les sciences, comme pour la grammaire, et que les méthodes qui paraissent bonnes et rationnelles au collège, au couvent ou à l'université, peuvent l'être également au Conservatoire.Certes, on y viendra; nous sommes si jeunes et si- pleins d'avenir.Mais, si peu que cela y paraisse, l'enseignement du solfège existe dans la province de Québec, officiellement.Rien n'empêcherait même un étranger de croire- que cette branche de la musique fait partie de l'enseignement primaire.Car, enfin, l'existence d'un Inspecteur provincial de l'enseignement du solfège doit avoir un sens.Or, le solfège, officiellement, n'est dans notre province enseigné que dans de très rares écoles, dans les Ecoles Normales et quelques autres maisons de fondation assez récente, sauf peut-être pour les cours du Monument National, qui remontent au temps de notre enfance.On l'enseigne d'une façon sérieuse à Beauce-ville, à Sherbrooke et à Saint-Jérôme, ainsi oue dans certains collèges; on en parle dans certains couvents ; mais on n'en trouve pas trace dans les écoles primaires, où il serait cependant à sa place.Il faut, pour l'instant, se contenter de ce qui est et nous devons avoir confiance qu'on installera bientôt le solfège là où il doit l'être : auprès des enfants, Il est même à souhaiter que ce soit une matière obligatoire comme le catéchisme, comme la grammaire, comme la géographie, la gymnastique, le dessin, comme certains travaux manuels.Pour la plupart des gens, le solfège et le chant sont deux choses identiques.Or, l'enseignement du solfège n'est pas l'enseignement du chant.Evitons toute équivoque.Le chant, dans le solfège, dans la musique en général, est un moyen d'expression, comme le piano.La musique est le résultat.Seriner des airs pendant des heures et les apprendre par coeur par le seul moyen de la répétition, ce n'est pas apprendre à chanter, non plus apprendre la musique : c'est faire du perroquet mécanique.Ce n'est pas davantage savoir la musique que répéter un tel air appris après mille répétitions.Cette manière de faire est d'ailleurs d'un exercice dangereux, comme tout acte machinal qui n'est pas compris par l'intelligence.Si on admet la part de l'intelligence dans ce domaine, on concevra qu'un enfant ne pourra chanter ou solfier musicalement oue s'il a commas les éléments ordinaires de la langue musicale, que si les signes musicaux représentent pour lui des sons et non seulement des mots, que, si enfin son éducation a été basée sur la culture musicale de l'oreille.La musique doit être pour lui le langage des sons musicaux, et ce langage doit être mis à la base de son éducation musicale.Ainsi donc, de même que l'on_ 4 ne songerait pas à apprendre la lecture à un enfant qui ne connaîtrait aucun mot de la langue et qui ne saurait pas parler, on ne doit rien lui apprendre de la musique si son oreille n'est pas musicalement éduquée et si sa mémoire musicale est nulle.D'abord la formation de l'oreille, la musique étant attachée au son.Les mots ne sont là que pour désigner ces sons.Ils ne sont pas une fin en soi.Il ne suffit donc pas que l'enfant puisse reconnaître la figuration des sons sur le tableau.Ces sons, il faut qu'il les entende.On me dira qu'il n'est pas souhaitable qu'on fasse des musiciens de tous les enfants.Il s'agit bien de cela ! Tous les enfants apprennent à écrire et pour cela étudient la grammaire, etc.Tous ne sont cependant pas des écrivains ou des poètes.Ils apprennent à calculer et ne sont pas tous des mathématiciens.Plus tard, au collège, ils font un peu de chimie et de la philosophie et ne sont pas davantage tous des chimistes ou des philosophes.La musique n'est-elle pas une discipline comme une autre ?De toutes, et de l'avis de plusieurs savants, elle paraît être "la plus simple et la plus assimilable par les enfants".Si donc, en certains, cas, l'exercice d'une telle discipline n'a donné que des échecs, c'est que les méthodes étaient mauvaises ou qu'elles ont été mal appli-ouées.Il n'est certes pas méprisable de comprendre les choses les plus élémentaires de cet art qui nous accompagne sans cesse dans la vie et qui demeure pour la plupart le mystère des mystères.Les gens de métier ont déjà reconnu dans ces propos la méthode d'André Gédalge, le savant pédagogue qui fut inspecteur de l'enseignement musical en France et qui a exposé dans des livres le résultat de ses recherches et de ses expériences.Son livre L'Enseignement de la musique par Véducation méthodique de l'oreille, est plein de doctrines intelligentes, rationnelles, facilement assimilables et qui ont déjà donné de merveilleux résultats.Jusqu'à de nouvelles et meilleures preuves, il faut considérer cette méthode comme la seule bonne à imposer au Canada, où, précisément, il n'y a pas toujours à vaincre, dans l'enseignement musical, d'anciens préjugés et d'anciennes routines, en un mot, où le terrain est vierge.J'estime même que le maintien et la propagation de certaines méthodes empiriques toujours en cours en notre province seront néfastes au développement du solfège et que ce sera le plus sûr moyen d'en décourager l'installation officielle et définitive à l'école primaire.Tandis qu'une méthode attrayante, musicale, rationnelle et raisonnable, ne traitant pas les enfants comme des machines à répéter, mais comme des êtres pensants et sensibles, capables de réfléchir, convaincrait les plus incrédules.L'installation du solfège à l'école n'est pas une chose qui se fera en une année.Outre qu'il faudra y préparer non seulement l'opinion générale, mais nos dirigeants, on devra aussi créer un personnel enseignant.Les instituteurs des écoles primaires devraient d'ailleurs déjà être en mesure de donner aux enfants les notions élémentaires qui les prépareront à recevoir des professeurs spécialisés un enseignement plus complet.Car cet enseignement sera d'autant plus efficace que l'élève aura été préalablement préparé au langage des sons.Ce n'est pas du tout extraordinaire, ni bien difficile.Mais tout cela doit être excellement fait.Les résultats dépendent des méthodes que l'on appliquera autant que de la façon dont elles seront appliquées.Il ne s'agit pas là de vague rêverie.Des enfants d'une intelligence même moyenne, dressés selon une méthode intelligente, seraient capables d'étonner bien des musiciens de notre pays.Profitons donc, encore une fois, de l'exempile qui nous est donné par l'étranger.Ne nous entêtons pas à 'vouloir toujours tout découvrir par nous-mêmes.Il existe une certaine expérience du monde qu'il n'est pas besoin de refaire sur nos rives.Prenons-la toute faite.S'y refuser est un peu bête et on perd à ce jeu beaucoup de temps.(Extrait de "Papiers de Musique") Montréal, Janvier 1931 I OSCAR O'BRIEN *:• Cours d'harmonie X Traité Rimsky-Korsakoff X 1405, rue Mackay VIOLONISTE Ecole de Corelli et de Paganini Spécialité : Bach.Tél.UPtown 0446 ALFRED LALIBERTÉ (PIANISTE-COMPOSITEUR) Snseiçneir.ent des éléments à la plus haute virtuosité artistique, air.ci que Chant en français, en anglais, en allemand.M.Lalibertc est hautement recommandé par le grand compositeur pianiste russe NICOLAS MEDNER.MArquette 7974 1231, rue STE-CATHERINE OUEST M.Paul Lafrance, assistant-professeur.MM.Trudel, Chamberland et Belland Devant un auditoire distingué qui remplissait la salle du Ladies' Ordinary, à l'hôtel Windsor, le trio Trudel-Chamberland-Belland a donné le 22 janvier un concert qui a remporté le plus franc succès.Le public n'a pas ménagé ses applaudissements aux artistes et il a paru s'écouler à regrets vers la sortie après avoir demandé en vain un rappel.C'est une bonne note, surtout quand les auditeurs se recrutent parmi ce que Montréal compte de plus difficile.Trois pièces étaient au programme: un trio de Brahms opus 8, trio de Schubert opus 99, et le trio d'Edouard Lalo, opus 26.Le trio de Brahms a été bien rendu, si l'on tient compte de ce qu'au début d'un concert, les artistes sont souvent nerveux.Le premier mouvement, l'Allégro con brio, s'est ressenti un peu de cet état.Un peu plus de douceur en certains endroits aurait paru mieux convenir, sauf erreur.Mais le délicieux Scherzo qui suivit fut mieux rendu et mieux détaillé.L'Adagio lent, triste et volontiers méditatif, et le mouvement final, plutôt aride, ont donné pleine justice aux instrumentistes.C'est le trio de Schubert, opus 99, qui devait devenir le clou de la soirée.La gaieté juvénile, la vivacité, l'enjouement de Schubert se retrouvent facilement dans l'Allégro moderato.Le second mouvement, plus connu, et qui a obtenu une vulgarisation considérable, est plus tendre, mystique, religieux et quelque peu naïf.Le Scherzo, ou troisième mouvement, a offert un contraste avec l'Andante du deuxième mouvement.11 est gai, rapide, et cette gaieté emporte et réconforte.Le Ronde, par lequel_.se termine cette oeuvre, en fait l'une des plus caractéristiques du compositeur, et c'est l'une de ces pièces qui contribuent à assurer l'immortalité clu compositeur.Le trio Trudel-Chamber-land-Beiland a donné à la pièce entière une interprétation parfaite, dont nous lui savons gré et le remercions.Quant à la troisième et dernière pièce, le trio opus 26 d'Edouard Lalo, en La mineur, c'est une composition puissante, élégante et d'une texture toujours nouvelle.Elle comporte quatre mouvements: l'Allégro appassionato, Presto, Très lent et Allegro molto.C'est une pièce qui n'est pas souvent entendue à Montréal en concert.Les artistes s'en sont tirés à la satisfaction de tous. Montréal, Janvier 1931 5 Le coffret aux souvenirs Fantaisie à Alfred Des Rochers.Souvenirs attendris des vingt ans disparus, Je vous retrouve, en souriant, dans ma mémoire, Tels les jouets d'enfants, dédorés et perclus, Conservés avec soin au fond de mon armoire.J'ouvre, ce soir, l'ancien coffret des billets doux.— (0 romantisme, il ne faut pas que tu m égares, Ce coffret n'étant pas de nacre ou d'acajou, Mais une simple botte, une boite à cigares !) — 0 mouchoirs, ô rubans, ô mèches de cheveux, Programmes et-carnets, portraits que le temps fane, Je vous retrouve donc, ô billets pleins d'aveux, A jamais imprégnés d'une odeur.de havane !.Tiens ! ces huit vers tracés sur un feuillet jauni Me valurent de Jeanne un baiser sur la bouche ! C'était.— (mais oui', je me souviens du soir bénit,) — Aux "Nouveautés"; la Dorgeval jouait "Nitouche" ! —.Puis, encore un poème ?.Oh ! trahison de l'art ! J'y chante les vertus d'un nouveau dentifrice ! ¦ Il me fut commandé moyennant trois dollars.Et ce soir-là, quel réveillon avec Alice !.Emile COD ERRE.De la Société des Poètes C.F.1930 Le Bonheur Le bonheur, mon ami, c'est chose si subtile Que tu ne dois jamais vouloir l'analyser, il est fait bien souvent de mille riens fragiles; Au moindre choc, tu risquerais de le briser.Le bonheur, mon ami, c'est chose passagère, Hâte-toi d'en jouir.Car.peut-être, demain, Rien ne restera plus de ta joie éphémère : La vie aura broyé ton cœur entre ses mains.Le bonheur, mon ami, c'est chose dangereuse; Il attire sur toi les vengeances du sort.Quand ton âme se sent parfaitement heureuse.Tu dois tout redouter de lui, même la mort.Emile CODERRE.De la Société des Poètes C.F.Montréal, 1930. 6 Montréal, Décembre 193Ô L'ORGUE L'orgue, dans l'Office liturgique, n'est qu'un accessoire.N'ayez pas l'air de vous récriez contre cette affirmation.L'auteur n'en est pas celui qui tient la plume en ce moment ; elle appartient au Commentateur le plus remarquable du Motu propria de Pie X.Vous vous en étonnez, vu l'état actuel des choses.Mais .observez les intentions de l'Eglise.Elle veut que la voix humaine ait la plus large part dans les cérémonies sacrées.Les fidèles ne doivent pas être dans l'église des spectateurs muets.Le chant grégorien, modèle idéal, incomparable de chant populaire, est là, avec ses mélopées faciles, se suffisant à elles-mêmes, sans autre concours ; il est le chant officiel de tout Office liturgique, et ne demande qu'une chose, pour atteindre son but, la participation unanime de la masse des assistants.Pourquoi encore l'Eglise accorde-t-elle ses préférences et ses faveurs aux oeuvres polyphoniques et en particulier celles émanant de l'école palestinienne?C'est que ces oeuvres sont essentiellement vocales et écrites pour être chantées a capélla, c'est à dire sans le secours de quelque autre instrument que l'appoint des voix humaines pour lesquelles elles furent exclusivement composées.De plus, ces oeuvres ont, pour motiver les préférences de l'Eglise, l'élément grégorien qui entre pour une large part dans leur composition et les pénètre de la plus pure essence ecclésiastique, comme l'encens dans l'air sacré du Sanctuaire.Il ne faut pas oublier que jadis toutes les pièces de l'Office étaient intégralement chantées.L'Introït avait sa reprise faite par tout le Choeur ; — les Kyrie et les Gloria ne souffraient point de psalmodies intercalées ; — on chantait l'Offertoire, ainsi que la Communion.Le Sanc-tus et V'Agnus ne confiaient pas à l'orgue et à un récitant leurs alternances dépouillées.Les voix, les voix du choeur et même du peuple, au lieu de pâles psalmodies, donnaient le chant intégral.Et voilà comment, si l'on s'en tient strictement an point de vue liturgique, "l'orgue n'est qu'un accessoire".— Il ne lui revient que des préludes et des intermèdes.(Motu proprio, VI, 18).— .Or, les temps marchaient et l'orgue se développait.— Ce n'était plus l'assemblage assez primitif de quelques timbres.C'était une merveille de mécanisme qui manoeuvrait la masse sonore ; c'était tout une orchestre qui parlait.Et là haut, c'était sous les mains habiles d'un artiste inspiré que vibraient les claviers sonores.On ne pouvait tout de même laisser dans l'ombre toutes ces choses géniales.De là, la naissance des concessions.On soumit la loi aux convenances, et l'orgue reçut ainsi une part plus large dans l'Office.Tandis qu'on psalmodiait le texte à claire et intelligible voix, il put se faire entendre à la reprise de l'Introït, alterner avec le choeur pendant le Kyrie et le Gloria, jouer à l'Offertoire, ainsi qu'à la Communion, alterner au Sanctus et à VAgnus.Toutefois la loi demeurait quand même; le jeu de l'origine sur ces points n'étant que toléré.Le Motu Proprio Mais une condition est posée.Elle est contenue dans une phrase du Motu proprio (VI, 18) : "L'orgue doit non seulement être conduit selon la nature propre de cet instrument, mais il doit prendre sa part de toutes les qualités qu'a la vraie Musique Sacrée et qu'on a précédemment remises en vigueur." C'est ce que rappelle Pie XI dans la Constitution Apostolique: Diviyii Cultus : "Qu'on entende dans les égli-ces les accents de l'orgue, mais qu'ils expriment la majesté du lieu et respirent la sainteté des rites." (Xe) — Rien de profane ne doit transpirer dans le jeu de l'organiste.Pénétré de sa haute mission, il doit être l'artiste propre par excellence.La plupart d'entre eux ne l'ignorent, mais que de fois tel ou tel, d'esprit plus léger, se sent tenté d'abattre les limites imposées par les lois liturgiques! Cet orchestre qu'il a sous la mains, toutes ces sonorités si prenantes, toute cette palette de jeux aux couleurs si variées, le jettent dans un éblouissement irrésistible.Tel passage de symphonie, tel fragment de sonate, telle pièce de concert ferait sur son orgue un si splendide effet! Il en rêve, il en parle, et, un beau dimanche, fort de l'approbation de quelques, auditeurs aussi légers que lui, il succombe à l'âpre désir de paraître et de faire sensation.Il devrait rester décorateur et pré- dicateur; il ne pense qu'à la parade.Au lieu de se mettre en harmonie avec la majesté du lieu et la sainteté des rites, il jette la note profane au sein du recueillement, et y sème le trouble, au lieu d'y provoquer l'adoration et la prière.Il devrait dialoguer de façon adéquate avec le chant grégorien.Il y répond, comme distrait, négligemment, disparate, et pressé de s'en dé-, bararser, comme d'un gêneur.Non, ce n'est point là ce que doit être un organiste sérieux.Il doit être, avant tout, liturgique.La décoration qu'il est tenu d'apporter au Service divin, ne doit point jurer avec lui.Chaque temps a son caractère, chaque fête, ses particularités.Il doit ne rien ignorer de tout cela, et en impressionner son jeu.Celui-ci doit être un enseignement.Viser le bien des âmes, "effet salutaire à produce sur tous ces auditeurs qui le suivent dans son harmonieux langage et ses hautes pensées, telle doit être la dignité de sa préoccupation.Il doit, tout en honorant par son jeu la majesté du Temple saint, les porter à prier et à s'élever jusqu'à Dieu.Ce n'est pas en les amusant, ou en attirant toute l'attention sur lui-même par une parade désordonnée qu'il y arrivera.J'ai dit: Rien de profane, aucune réminiscence de théâtre ne doit descendre de la tribune.Un brillant organiste qui avait fait l'admiration de tout un cercle d'amis qui suivaient régulièrement ses auditions du dimanche, se vit, un jour accosté par son curé, qui le pria de venir dîner au presbytère.Très flatté, il s'y rendit, pensant avoir bien mérité l'honneur qui lui était fait.On causa musique.Au dessert, d'un ton évasif, le curé lui demanda: —Que nous avez-vous joué dimanche à l'Offertoire?—C'est du Saint-Saëns, Monsieur le Curé.—Ah! C'est une pièce d'orgue?—Non! c'est une page de "Samson et Dalila".—Ah !.un opéra ?—Oui.—Pourriez-vous me citez les paroles de ce passage ?L'organiste rougit.—Vous rougissez !.Et vous n'avez pas eu honte de nous lancer Montréal, Janvier 1931 ça sous les voûtes du Sanctuaire, en plein Offertoire?"Ah! verse-moi l'ivresse!." Cette ivresse, on la laisse à la rue, mon cher organiste.Qu'elle ne paraisse plus dans votre tribune, d'où elle fait sourire plus d'un malin, et m'a profondément scandalisé.Vous avez assez ce belles pièces d'orgue écrites pour l'église et pour l'instrument, sans aller vous pourvoir dans le répertoire profane du théâtre.Vous avez du talent, un magnifique talent.Tout le monde le reconnaît.Mettez-le au service de Dieu et non d'une sotte vanité.Le dramatisme L'organiste se le tint pour dit.La leçon fut bonne.Pour se mettre en parfaite harmonie avec "la sainteté des rites", l'organiste consciencieux se fera un répertoire choisi, non pas celui qui le mettra le plus en vedette, mais celui qui sera le plus pénétré de l'esprit ecclésiastique, — un répertoire assez varié pour répondre aux divers sens des cérémonies, aux différentes circonstances qui peuvent se présenter.Il ne faudrait pas tout de même, pour être mieux à la page, aller trop loin.C'est ce qui arriva, un jour, à un brave organiste de province.C'était au soir d'une grande solennité en l'honneur de Jeanne d'Arc.La basilique était pavoisée magnifiquement : tentures, guirlandes, drapeaux, oriflammes, girandoles lumineuses, rien n'avait été épargné pour glorifier la grande Héroïne.Pour que rien ne manquât à la fête, on avait mis la musique à contribution.D'importants extraits de mon Oratorio de Jeanne d'Arc avaient été préparés et bien mis au point par un Vicaire de la paroisse, excellent musicien, et on m'avait demandé d'en venir diriger l'exécution.L'église était bondée, insuffisante à contenir la foule qui pressait aux portes, de plus en plus avide.Un prédicateur de renom était en chaire.Le panégyrique fut la scène du jugement et celle du bûcher surtout furent si pathétiques, et la péroraison si éloquente; que tout l'auditoire en fut profondément remué.On est facile à émouvoir dans le midi et on sait le manifester.Il s'en suivit une certaine houle, des échanges de vues qui avaient l'air de vouloir se prolonger.L'évêque, qui présidait, en passant près de moi, me glissa à l'oreille : "Commencez vite, çà les fera taire." A peine levai-je ma baguette, que de la tribune descendit, triomphal, entonné par toutes les anches de l'orgue, le fameux choeur de Charles VI.r "Guerre aux tyrans ! Jamais, jamais [en France, Jamais ! Anglais ne régnera !" i L'organiste croyait avoir eu l'idée la plus ingénieuse du monde, en lançant sur la foule, qu'elle ne calma point, l'inspiration assez vulgaire de Fromental Halévy.Un coup de clochette mit fin à cette malencontreuse intervention.L'orchestre préluda, et les remous de la foule agitée se calmèrent.L'organiste, pénétré de sa mission dans l'Office divin, doit s'efforcer d'éviter tout dramatisme."De cette absence de dramatisme aussi bien dans l'expression de la joie que dans l'expression de la tristesse, nait la-sérénité, et en même temps la grandeur de nos offices.Or l'orgue, par la continuité rigoureuse, par une sorte d'inertie du son, je dirais presque d'impassibilité, possède cette sérénité incomparable." Et c'est ce qui l'a "rendu digne d'être associé aux rites liturgiques, soit pour l'accompagnement du chant, soit durant îe silence du choeur."—(Const.Divi-ni Cultus.) L'organiste doit toujours rester en -Je tiens TOUT ce que je promets - communion intime avec l'esprit de l'Eglise et les cérémonies auxquelles il prend part.Donc, je le répète, pas d'effet cherché pour attirer l'attention, qui le tienne en dehors de son devoir."Sobriété des timbres, sobriété des nuances, sobriété de la pensée; de là viendront la majesté et la noblesse que nous attendons de .l'orgue d'église."i Mais l'orgue, qui était jadis l'instrument exclusif d'église, a été sorti de sa destinée par l'ambition de.certains facteurs.On a créé d'abord l'orgue de salon,' l'orgue de "concert; et maintenant voici l'orgue de cinéma, avec ses jeux de piano, de harpe,' de guitare, de timbres, de trompes,, de cloches, de castagnettes et de tambours.Une certaine infiltration de toutes ces frivolités est à craindre.Voilà pourquoi Pie XI met en garde contre l'introduction dans le Sanctuaire de ces orgues trop favorables aux productions ultra - modernes, capables "de faire dévier le magnifique instrument de la fin à laquelle il est destiné." L'organiste doit choisir de la bonne et vraie musique d'orgue, et la soigneusement préparer, pour la bien interpréter.Pas de ces transcriptions, on ne saurait trop le redire, qui rappellent leur origine profane.Les souvenirs qu'elles suggèrent, font infailliblement naître des impressions peu favorables au recueillement dû au saint lieu.Pas de ces musiques à la mode du jour, d'un modernisme outré, qui, sous le couvert de l'orgue, cherchent à s'introduire dans le temple.Au fond, ce n'est pas à elles, ni au bel innocent qui leur prêtera ses merveilleuses sonorités, qu'il faut s'en prendre, mais à l'organiste, épris de nouveautés et de vaine gloire, qui les passe en fraude.1.—H.Potiron.ACHETEZ la Collection du MUSICIEN, qui offre, sons le format fin livre ordinaire relié, des Sélections et un résumé de la vie de l'Auteur.Soigneusement relié, chaque voinme avec portrait du musicien, franco, 50 ets.Une heure de Musique avec : Beetlioven Bach Berlioz Botrel Chopin Chansons de la guerre Chansons de France Chansons du music hall Chants de marins Debussy Daniderff Franck Gabaroche Gounod Gluck Haydn Yvette Guilbert Franz Lehar Lecocq - Mendelssohn Mozart Montmartre d'hier Mistinguett Marinier Mayol Montmartre d'aujourd'hui Offenbach Planquette Xavier Privas Rossini Schubert St-Saëns Schumann Oscar Strauss Les Tsyganes Weber Wagner Vieux Noëls Cette nouvelle collection étant une veritable révolution dans l'Edition musicale actuelle, nous pourrons être hors de stock quelquefois, mais sous 4 semaines, on est toujours certain d'etre servi Pour être au courant de la nouveauté, ïl faut s'abonner à notre Journal mensuel tfe Brodente et MUSIQUE Toujours en moins tons les morceaux annoncés dans "la lyre" Par an: 25 cts R A.OU L VENNcVT -Assortiment — Compétence — Courtoisie — Prix raisonnables — Service 3770-3772 RUE SAINT-DENIS (anciens 642) Tél.Harbour 6515-5310 MONTRE Al 8 Que si, pendant le cortège et la sortie, il se permet d'exposer des pièces de grand apparat, ce qui est son droit, il rentre ensuite, humble •et soumis, dans le caractère religieux et liturgique qu'exige la cérémonie sacrée dont il va être un des acteurs.En résumé, l'organiste doit toujours rester dans l'église "homme d'église".Il ne doit voir, dans sa mission, que ce qu'il faut, et pas plus qu'il ne faut, l'accepter sans conditions, et la remplir avec le plus de fidélité possible.Il doit ne voir rien de blessant dans le mot "accessoire" dont le Motu proprio taxe l'orgue, être honoré des faveurs faites à son talent, et y répondre par une application constante qui lui permette d'être à la hauteur de son rôle.Qu'il pense au grand croyant qu'était César Franck, et "à l'acte de foi • accompli très simplement chaque dimanche par le maître, alors qu'au moment de-la Consécration, il interrompait l'improvisation commencée, et que, descendant de l'orgue, il allait au coin de la tribune, s'incliner en une ¦ fervente " adoration • devant le Dieu de l'autel." Qu'il garde enfin pour norme de .sa conduite ce que dit de lui son biographe le plus autorisé : "Confiant en l'autre vie, il ne rabaissa point son art à tâcher d'obtenir en celle-ci une vaine gloire." 2 P.CHASSANG.Montréal, Janvier 1931 2.—Vincent d'Incly, César Franck.-O ¦- M.EMILE CODERRE Les lecteurs de "La Lyre" liront avec intérêt les quelques vers inédits que nous publions dans la présente publication et qui sont signés par Emile Coderre, délicat poète canadien.Depuis 1922, où il a publié "Les signes sur le sable", Emile Coderre n'a rien donné au public qui aimerait à le relire plus souvent.D'après les informations que nous avons obtenues de ses amis, il serait à travailler actuellement à deux nouvelles : "La première jupe" et "Jeanne Maury", qui sont des épisodes de la vie montréalaise.Il a aussi.clans ses cartons, quelques pièces de vers qui formeront quelque jour un recueil qui s'intitulera "La plume au vent".Ceux qui portent intérêt aux oeuvres de nos poètes canadiens, devront se procurer celles de M.Emile Coderre.Ce sont des choses charmantes qui méritent bien notre attention.— (E.D.).JEAN SIBELIUS Il est plus qu'un compositeur, c'est pour sa patrie une figure nationale dont s'enorgueillit à juste titre la phalange intellectuelle et artistique finlandaise.Jean Sibelius naquit à Loaïser, le 8 décembre 1865.Il étudia le droit avant de passer à l'Institut musical d'Helsingfors.Sibelius séjourna à Berlin et à Vienne où il compléta ses études musicales.Dès 1889, après son séjour dans la capitale allemande, il affirme sa personnalité par ses "variations pour piano" en si moll.Sa première oeuvre d'orchestre et le cycle de ses remarquables mélodies datent de 1890 après son séjour en Autriche.Il vint à Paris en 1900 et la France sut honorer en lui une des plus remarquables personnalités finlandaises en lui décernant la Légion d'Honneur.Nous allons parler de quelques-unes de ses oeuvres qui se classent en bonne place parmi sa production musicale qui est considérable à l'heure actuelle.— Opéras, symphonies, musiques de chambre — vocale et instrumentale — complètent l'une par l'autre sa personnalité musicale.L'impression d'ensemble qui se dégage de la lecture des différentes oeuvres éditées chez Breitkopf et BJartël, éveille en nous 1' "ewigkeit" de "Wagner, avec quelque chose de plus fin apporté par la mélancolie nordique d'un Chopin et un sentiment du folklore semblable à celui de Grieg.L'élément thématique par son allure autochtone le caractérise comme génie national.C'est à cause de lui que l'harmonisation s'éloigne du majeur - mineur classico - romantique pour se rapprocher des modes antiques.C'est lui qui transforme de manière intéressante et curieuse la conception architecturale.Parti des formes musicales de Brahms, il se simplifie peu à peu pour arriver à une forme qui s'apparenterait, avec toute la conception symphonique en plus, aux formes mélodiques du folklore.C'est d'ailleurs une évolution logique: Brahms ne s'apparente-t-il pas quelquefois à ces formes ?Son théâtre subit cette même influence.La ligne musicale y est simple et serre de près l'action psychologique, dégageant de l'ensemble une grande musicalité scénique expressive.Son orchestre se meut aisément, offrant, avec toute la limpidité d'atmosphère du Nord, une synthèse de Jean Sibelius la chanson populaire et de notre musique moderne dans tout ce qu'elle a de délicatement raffiné et sensible par ses précieuses dissonnances.Née du folklore, sa musique en a conservé l'esprit et le sentiment.Elle est pour lui et ses compatriotes une doctrine de beauté, expression totale d'une époque et de l'originalité nationale.De ses quatre symphonies, la dernière est considérée chez lui comme la plus belle.Elle est composée de iquatre parties.La première peut être considérée comme une introduction-adagio.Un thème chantant aux basses alterne dans ses retours et ses développements avec un thème rythmique de la réunion desquels se dégage une sorte de danse paysane, hésitante dans son début.Le second mouvement (allegro vivace) est d'une simplicité d'écriture charmante.Le rythme y est alerte et souple et la ligne mélodique dégage une impression de naïveté populaire.Sur un fond réalisé par ces tenues de vents, et des trémolos de cordes, courte, alerte la phrase exposée par le hautbois.Un élément rythmique tiré de deuxième idée du premier mouvement sert de réponse et d'alternance à cette deuxième idée.Dans le troisième mouvement ('largo), le développement s'apparente à la construction du lied men-delsohnien qu'aurait simplifié un trouvère.Des termes ponctuent les différents membres de la phrase qui Montréal, Janvier 1931 se développe en fugato.Le dernier mouvement (allegro) est construit sur la forme du final classique.Le thème qu'exposent les violons s'étire longuement, offrant ainsi toutes les cellules génératrices de ce final dont le milieu est formé par un "plateau" de termes, voisin de celui de la cinquième beethove-nienne (1er mouvement).Nous ne quitterons pas l'analyse orchestrale des oeuvres de Sibelius sans noter avec quelle netteté il sait accompagner la voix qu'il n'étouffe jamais par une surabondance instrumentale.Son Hostkvâll (Soir d'Automne) en est une preuve, avec ses tenues pianissimo et ses frémissements des cordes au travers desquels se meut aisément la ligne vocale.Dans toutes ces oeuvres vocales le compositeur note avec justesse une déclamation riche en inflexions pathétiques ou délicates.Nous ne pouvons en ces pages analyser toutes ses oeuvres vocales.Nous connaissons tous les Roses funèbres (Svarta Rosor) d'allure si tragique.Soixante mélodies affirment la variété de sa sensibilité.Quelques unes s'apparentent à Schubert pour la forme, mais toutes ont une réelle personnalité de ligne et d'harmonie.Parmi les plus belles nous citerons : "Sur le balcon devant la mer"—un souffle d'une réelle ampleur la traverse et l'ascension vocale y est remarquable.Tout cela avec une extrême simplicité de moyens.Jean Sibelius a composé une suite sur Pelléas et Mélisande.Il est curieux de voir comment il a compris ce sujet: simplement, très simplement, avec cette intensité que peut réaliser l'âme populaire.Passant à d'autres oeuvres, nous citerons les six impromptus, la barcarole, un rondino, une canzonette, Sibeliana, une romance en C, sa Valse triste, voisines par le sentiment et l'écriture des oeuvres de Chopin.—Viennent ensuite, dans cette nomenclature, des oeuvres d'un caractère plus national par les sujets qui les inspirent et par Ja manière dont elles sont écrites.Ce sont: la suite du Roi Christian, le retour ce Lemnin Kaïnen.le Swanchvit, la Dryade, En Sage.Toutes ces oeuvres sont écrites pour orchestre.Enfin un choeur avec orchestre: "Gesang der Athener" d'un grand caractère rythmique et mélodique.Notre enumeration, obligatoirement incomplète, ne peut passer sous silence un aspect tout différent de ce musicien : son orientalisme.Il est précisé dans un recueil intitulé "Bel-zar".Pour terminer ce médaillon d'un musicien qu'il serait nécessaire de mieux connaître en France, nous pouvons définir Jean Sibelius ainsi : un tempérament romantique, comme on l'est dans le Nord, qui puise son émotion aux sources de la mythologie finnoise, dans cette magnifique épopée nationale du Kalevala et qui sait atteindre notre sensibilité moderne par la nature de primitif affiné qui le caractérise.Georges MIGOT.-o- "Le Théâtre des Petits" Les élèves de Mlle Camille Bernard ont donné une représentation des plus gentilles à la salle Querbes le 5 janv.dernier.Mlle Camille Bernard est une pédagogue admirable.Si tous nos enfants recevaient une telle formation de langage, la génération de demain parlerait fort bien le français et gagnerait beaucoup en distinction.Mlle Bernard n'enseigne pas seulement le bon langage, mais encore elle apprend, l'aisance et l'harmonie des gestes et du maintien.Son école est appréciable à beaucoup de bon points de vue.Nous offrons à Mlle Bernard sincères félicitations et meilleurs souhaits.Quelques élèves de Mlle Françoise D'Amour ont joué du piano d'une façon très intéressante pour des gosses de leur âge.Ces enfants ont montré qu'ils étaient bien doués et sagement formés.-o- LE CHEF-D'OEUVRE DE MARCEL PAGNOL "Topaze" au His Majesty's, devrait être le grand événement théâtral de l'année.Il n'y a plus qu'à Montréal que l'oeuvre de Pagnol n'ait pas eu son triomphe.Chacun devrait aller entendre cette oeuvre splendide, interprétée par des artistes de choix.Mlle Suzanne Rissler, qui tient le rôle féminin vedette, est la grâce même.Elle joue avec beaucoup de charme, de finesse et d'intelligence.Ar-naudy est l'interprète idéal de "Topaze".D'ailleurs toute la distribution est excellente.Ajoutons que la troupe apporte ses propres décors, et que "Topaze" sera donné au His Majesty's dans les mêmes conditions qu'à Paris et les autres grandes villes d'Europe.C'est à l'imprésario J.-A.Gauvin que nous' devrons cette bonne fortune.9 Tél.YOrk 1816 Docteur PAUL TREPANIER CHIRURGIEN-DENTISTE Heures de bureau: 9-12 a.m.— 2-5 p.m.152 Régina, VERDUN Georges-Emile TANGUAY Leçons de Piano, Orgue, Harmonie et Contrepoint.1599, rue Marie-Anne Est Tél.CHerrier 5798 Lunettes Elégantes Prompte Livraison Prix modérés A.L.PHANEUF OPTOMÉTRISTE 1767 ST-DENIS, près Ontario Tél.HArbour 5544 PIANISTE Gradué de l'Institut de l'Art musical de New-York.PIANO — ORGUE — HARMONIE FUGUE — CONTREPOINT Coaching: Opéra et Répertoire anglais, russe, italien, espagnol, allemand.5212 ST-DENIS Tél.DOllard 9894 A tous ceux qui nous enverrons 3 abonnements à "La Lyr
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