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Titre :
La lyre
La vie musicale au Québec entre 1922 et 1931. [...]

Le premier numéro de la revue La Lyre, dont le sous-titre changera plusieurs fois (« Revue musicale et théâtrale », « Publication mensuelle », « Revue musicale mensuelle », « Revue mensuelle illustrée »), paraît en octobre 1922. Le mensuel est édité à Montréal par la Compagnie de publication « La Lyre », propriété de J.-E. Turcot, marchand de musique, qui a pignon sur rue au 3, rue Sainte-Catherine Est, et des compositeurs Henri Miro et Léo Lesieur. La Lyre annexe en 1927 la revue Le Carillon, consacrée à la « bonne chanson » et dirigée par Charles Marchand. Parmi les nombreux directeurs qui se succéderont à la tête de la publication, citons Raoul Vennat, Jean-Sébastien Lambert et Alice Duchesnay.

Jusqu'en 1924, la revue se consacre à la publication de pièces musicales ainsi qu'à la promotion de la musique et des arts de la scène québécois et canadiens. Par la suite, son rôle principal sera de diffuser et de mettre en valeur la musique du Québec et, plus rarement, celle de la Nouvelle-Angleterre. L'opérette, la chanson populaire et le jazz ont toutes leur place dans la revue. On y met aussi particulièrement de l'avant le piano et l'orgue, deux instruments fort appréciés au Québec.

Outre l'édition mensuelle de partitions de musique vocale et instrumentale, La Lyre propose à ses lecteurs un panorama de l'actualité musicale (au pays et à l'étranger), des profils d'artistes locaux et d'artistes internationaux de passage au Québec, des critiques de spectacles (théâtre, danse, mais surtout musique), la présentation des activités des orchestres québécois, des notices biographiques d'artistes, des leçons d'harmonie, des renseignements sur les instruments de musique et des conseils pour leur entretien.

En plus d'un calendrier des concerts à venir et d'un aperçu des nouveaux enregistrements disponibles sur le marché, La Lyre offre une couverture de l'activité scénique des artistes lyriques canadiens-français au Québec et à l'étranger. Parmi les compositeurs québécois publiés dans la revue figurent Henri Miro, Léo Lesieur, Conrad Bernier et Alfred Mignault. La revue présente aussi une revue du théâtre amateur de langue française aux quatre coins du Québec, ailleurs dans le Canada francophone et en Nouvelle-Angleterre.

La Lyre fait paraître à l'occasion des textes littéraires (nouvelles, contes, poésie, théâtre) d'auteurs comme Robert Choquette, Jean-Charles Harvey et Émile Coderre. Elle offre également une tribune à ses lecteurs, qui livrent par moments des articles très critiques à l'égard du gouvernement provincial, entre autres dans le sillage des débats entourant la fondation du Conservatoire national de musique.

De nombreux articles de fond paraissent dans La Lyre. Par exemple, dans le premier numéro, on s'interroge sur l'avenir du phonographe, compte tenu de l'arrivée de la radio. Au nombre des collaborateurs de la revue, on compte Jean Riddez, Charles Marchand, Maurice Morrisset, l'abbé Pierre Chassang, Jean-Sébastien Lambert, Alice Duchesnay, Roger Champoux, Léo-Pol Morin et Jean Dufresne.

La Lyre a cessé de paraître à l'été 1931. Malgré sa courte existence, elle a joué un rôle majeur dans la promotion de la culture musicale de l'Amérique du Nord francophone. Elle est une précieuse source d'information sur la vie artistique et sur les mouvements musicaux de son époque.

En 1924, le tirage de La Lyre avait atteint 4750 exemplaires.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1984, vol. VI, p. 52.

Éditeur :
  • Montréal :Cie de publication "La Lyre",1922-1931
Contenu spécifique :
no 73
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
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Références

La lyre, 1930, Collections de BAnQ.

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EOSL Rédaction et Administration : ABONNEMENT : 987 Boulevard Saint-Laurent gjx mo-s .$1.56 Montréal.Un an .|2.50 Deux ans.?*-50 Tél.LAncaster 1907 L'unité.• .-25 Numéros des mois écoulés -35 Directrice : Secrétaire de Rédaction Pierre Saint-Lonp Administrateur-délégué : Marcel Provost.Toute communication doit être adressée à la Rédaction de la "Lyre".— Les manuscrits non publiés ne sont pas retournés.Ville année No 73 Août-Septembre 1930 UNE ANNEE NOUVELLE.Et voici septembre.Septembre ! le mois le plus beau.Septembre au visage ardent couronné de fruits lourds, et d'épis murs.Septembre, amant généreux qui remplit la corbeille et l'amphore.L'été se meurt, léguant d'opulents trésors, tandis qu'à travers la chevelure grise des saules, paiement sourit une aube d'automne.Si c'est la saison où la nature livre sa moisson, au contraire, dans la vie artistique et studieuse c'est le temps où l'on s'apprête à faire les semences.C'est le début de l'année scolaire.C'est aussi le commencement de l'année urbaine.Les gens des villes ont eu des vacances, comme les écoliers et ils reviennent à l'automne, tout regaillardis.Aussi partout, la vie reprend avec plus d'intensité.— Industrie, commerce, étude, travail intellectuel et artistique, — accélère sa propre activité.Les journaux et les revues trouvent aussi plus de variété de substance pour s'alimenter.Alors, comme chacun, faisons donc, nous aussi notre programme pour l'année qui s'ouvre.Nous ne voulons pas être des snobs, malgré que l'on fasse aujourd'hui, une qualité de cet "état d'être".Non, nous suivrons tout bonnement les sentiers battus.Je viens de lire le numéro de "l'Art musical" du mois de janvier 1897, et je constate que le but que se proposait alors la direction de cette revue, peut très bien être le nôtre, encore.Nous nous proposons d'être avant tout sincères et vrais; de ne rien déguiser de notre pensée, de nos appréciations, et de donner, en toute loyauté, notre opinion sur tout ce qui intéresse l'art.Nous voulons encourager tous efforts dont le but nous paraîtra servir les intérêts de l'art, et se trouvera par cela même en concordance avec celui auquel tend cette publication.Nous essaierons de donner une critique vraie, documentée, impartiale surtout et pas trop pédantesque, mais brave et dégagée de toutes compromissions quelles qu'elles soient.Nous nous ferons un devoir de renseigner nos lecteurs aussi exactement que possible, sur la valeur de telle ou telle oeuvre, de tel ou tel artiste.Nous les tiendrons aussi "au courant" de ce qui se passe dans les principaux foyers artistiques de l'Europe, clés Etats-Unis.Bref, nous voulons avant tout, dans toute la mesure de notre possible aider, servir le mouvement artistique de notre pays.Pour cela, nous faisons appel à toutes les bonnes volontés sans distinction d'opinion ou de théorie, car nous reconnaissons que l'une des qualités nécessaires à un journal comme le nôtre, c'est d'être aussi éclectique que possible.Oui, encore une fois, nous demandons aux musiciens, de nous accorder un peu de leur dévouement.Hélas, nous n'en sommes pas encore, ici, à Montréal, au moment où, une revue comme celle-ci puisse donner des revenus bien considérables.Ceux qui la font vivre et ceux qui la dirigent sont des gens nullement venais, qui ont la bonne volonté' de se dévouer à la cause de la "bonne musique" par pure dilettantisme.Serait-ce trop de présomption de croire que nous avons droit à l'aide désintéressée de ceux des nôtres qui, par leur compétence et leur expérience ont acquis le titre de "maîtres"."Aidons-nous les uns, les autres".Sans cela, nous mourrons tous.A.D.No 73 MONTREAL, AOUT-SEPTEMBRE 1930 SOMMAIRE MUSIQUE Prière, orgue.CONRAD BERNIER Valse, piano.FREDERIC CHOPIN Cupid in Smile and Tears, piano .A.WELLESLEY La Tentation d'un Ange, piano .L E CL AI R-A U ST IN TEXTE Une année nouvelle, par A.D Les concerts de Radio à Montréal, par Henri Miro.Jacques Ibert — Biographie.Les débuts de la Société Canadienne d'Opérette."Papiers de Musique", par Léo-Pol Morin.Claude Champagne — Biographie.Le Festival de la Chanson du Terroir.Les disques.Eric Satie — Biographie.L'histoire triste de Marguerite (conte).Madame Argentina.Catalogue des oeuvres de César Franck.Quelques figures du "music hall" parisien.Le cinéma dans la vie future. LETTRE OUVERTE LES CONCERTS DE RADIO A MONTREAL Par Henri MIRO En cette époque de musique mécanique il est presque impossible pour les montréalais d'entendre un concert ou d'assister à une représentation lyrique avec la satisfaction de jouir des beautés réelles de l'art musical.Tous les établissements sont équipés avec des machines parlantes et le public est obligé de prendre et écouter malgré lui ce qu'on lui offre.C'est ainsi qu'à la porte du théâtre Princess on peut apprendre par coeur la marche ''Stein Song" que les direct teurs de ce théâtre font jouer chaque semaine; au coin de la Rue St-Lau-rent et Ste-Catherine on fait entendre depuis trois mois la même rengaine.Vous pouvez faire le tour des établissements dans les quartiers des affaires et vous vous covnaincrez de la véracité de mes avancés.La situation artistique et musicale de Montréall est tellement compliquée que l'on se demande de quellle manière on pourra y remédier.Les théâtres, à part rare exception, ont tous supprimé leurs orchestres, les seules ressources disponibles! pous nos musiciens sont les cabarets de danse et les postes de radiophonie.Les premiers emploient des sujets relativement jeunes, la majorité de ces musiciens nous sont venus des Etats-Unis afin de nous implanter le "jazz".Il faut dire qu'ils y ont réussi.La nouvelle génération est imbibée de cette mauvaise musique considérée comme une plaie des temps modernes.Les postes de radiophonie pourraient, nous donner des bons concerts, at-> tendu le grand nombre de musiciens qui sont sans travail à l'heure présente.Malheureusement il n'en est pas ainsi, les directeurs de nos postes ne semblent pas avoir d'ambition artistique, leur seul souci est de passer le temps à faire tourner des disques et les faire avaler de force aux radio-philes.Il est très rare d'entendre un bon chanteur ou un bon instrumentiste.Ceux qui chargent un salaire minime auront la préférence, les bons devront demeurer chez-eux et attendre une meilleure occasion.Et c'est pour cela que nous pensons que Montréal ne possède pas d'artistes.Il faut faire exception pour les concerts offerts par la Cie des Che-! mins de Fer Nationaux du Canada, nous devons féliciter les administrateurs de cette Compagnie des efforts qu'elle fait pour donner de la variété et surtout de l'encouragement à nos artistes et musiciens.La Cie des Chemins de Fer Nationaux du Canada continue depuis plusieurs années à faire connaître aux radio-philes, les oeuvres des grands maîtresi par les concerts-symphoniques transmis directement de Toronto, en plusi cette Cie.nous offre plusieurs concerts hebdomadaires transmis par sa chaîne continentale.Je ne veux pas dans le présent article faire des personnalités, non plus faire croire à mes lecteurs que j'en connais plus que d'autres, mais, qu'il me soit permis de dire et de démontrer que nos postes de radio ne font pas ce qu'il faut pour nous donner des bons concerts, que leurs programmes sont inférieurs à tout ce qui nous vient de Toronto, pour ne citer qu'une ville canadienne.Nous avons encore présent à notre mémoire les très beaux concerts de la Symphonie de Toronto dirigée >par L.von Kunitz et Reginald Stuart.Qui est responsable de cet état de choses ?Pourquoi Montréal ne donnerait-il pas des concerts aussi parfaits que Toronto?Avons-nous des artistes et chanteurs dans notre bonne ville de Montréal ?Je répondrais : oui, mais on ne veut pas les payer.Je sais par expérience ce qu'il en coûte de se faire payer et de faire apprécier son talent, mais n'insistons pas1, j'ai dit que je ne ferait pas de personnalité, souvent les innocents paient pour les coupables."La Lyre" publie dans ce numéro une reproduction du poste de radiodiffusion "Radio Paris".Nous voyons d'abord la grande salle de concert avec un groupe de 50 musiciens sous la direction de M.Koderic, chef Montréal, Août-Septembre 1930 d'orchestre distingué, à noter, la disposition des microphones et la position du chef d'orchestre qui reste debout afin que ses artistes puissent observer ses moindres mouvements pour la bonne exécution du programme.C'est une erreur que de vouloir diriger une Symphonie assis.En second lieu nous assistons à l'exécution d'un programme de musique de chambre dans une salle de proportions réduites.Cette salle est utilisée pour des solis, duos, quatuors, conférences, publicité, etc.A noter : l'annonceur se retire après avoir indiqué le morceau qu'on va jouer.Nous voyons en suite la salle d'amplification dont l'opérateur est un électricien-musicien.Celui-ci doit suivre attentivement le programme musical avec la partition, et il est chargé d'en surveiller toutes les nuances dans ses plus petits détails.Peut-on se procurer à Montréal un chef d'orchestre, une symphonie de 60 artistes, un électricien-musicien pour régler l'intensité des ondes sonores et un orchestrateur expérimenté pour arranger lia musique convenablement' pour le nombre des musiciens engagés ?Cette réponse aux.directeurs des postes radiophoniques, ce sont eux qui doivent se les procurer afin que Montréal puisse aller de l'avant et suivre de près la ville de Toronto, mais pour cela il faut récompenser à sa juste valeur le talent de nos artistes.Henri MIRO.M»e FLEURETTE BEAUCHAMP PIANISTE ' Récitals et Concerta 7730 ST- HUBERT Tél.: Col.0004 Tél.: Fnlkirk 2015 PROF.JEAN GOULET Violon—Théorie—Solfège 4239 SAINT-irUBEÏtT, MONTREAL Tél.Harbour 9387 A.BLANCHETTE LUTHIER Spécialité.ARCHET ET VIOLON FAIT SUR COMMANDE 2006 BLEUltY, coin Ontario, MONTREAL Mackay Conservatory of Music OSCAR O'BRIEN Cours d'harmonie Traité Rimsky-Korsakoff 1405, rue Mackay EDGAR BRAIDI VIOLONISTE Ecole de Corelli et de Paganirii Spécialité : Bach.Tél.UPtown 0446 ALFRED LALIBERTÉ (PIANISTE-COMPOSITEUR) (De retour définitif à Montréali) ouvrira son studio au No 1231 rue Ste-Calherine ouest, ch.214, le 8 septembre 1930 pour y enseigner le piano (des éléments à la plus haute virtuosité-artistique) ainsi que le chant, en français, en anglais et allemand.M.Laliberté est hautement recommandé par le grand compositeur-pianiste russe Nicolas Medlner.MAvquette 7974 M.Paul Lafrance, assistant-professeur.t t ± Montréal, Aoùt-Septembrc 1930 SOLO* La grande Mllt de concert pendant uni' répétition.A côté île l'catraile du chef d'orchestre (M.Koderic).lestrade des deux microphones, disposés dans des plans perpendiculaires et que deux matelas de coton protègent contre les reflexions sonores.La mnslqne île chambre, Cette salle, de dimensions réduites, est utilisée pour In musique de chambre: quatuors, duos, soli; pour les conférences et pour In publicité.Un opérateur, électricien-musicien, écoute en suivant lu partition et.la main droite sur un bouton, régie l'intensité de l'amplification. 6 A Paris, en juin dernier, on jouait àTopéra-Comique, "Angélique" de M.Jacques Ibert et Nino.— Depuis la guerre, le dessein de faire rire en musique est celui qu'on s'est le plus proposé.Mais dans un genre ou tout le monde s'est cru appelé, seuls Ibert et Nino furent élus.(André-Georges) .M.Jacques Ibert ne serait-il pas un romantique dont la sensibilité à la pudeur delle-même et qui cache son lyrisme sous sa fantaisie ?Son ironie est toute baignée ce tendresse; et peut-être sa désinvolture donne-t-elle le change sur son ingénuité.Il est riche de musique et il administre cette richesse avec un art consommé.Né à Paris le 15 août 1890, il a, de très bonne heure, manifesté ses aptitudes musicales.On en eut peur dans sa famille et son père, surtout, dut bien souvent lui répéter qu'être musicien ce n'était pas un métier.Mais la vocation se fortifie contre les obstacles qu'on élève devant elle; et .rien n'empêcha M.Jacques Ibert d'entrer en 1910 au Conservatoire où il eut pour maître Pessard, Gédalge et Vidal.La guerre éclata qu'il n'avait pas fini ses études.Il partit, fit son devoir, eut la chance de revenir pour se remettre à la musique et obtenir en 1919 le Grand Prix de Rome.Mais il ne se contenta pas ce rêver sur le spectacle de la Ville Eternelle, du haut des jardins de la Villa Médicis.Son humeur voyageuse le poussa vers la Sicile, vers Palerme, Nefta et Valence.Ses yeux habitués aux nuances spiritualisées des ciels de l'Ile de France s'enchantèrent de la grande lumière méditerranéenne; et il devait en transposer tous les chatoiements dans l'orchestration si colorée de ses Escales.— La production musicale de M.Jacques Ibert est déjà très importante.Elle comprend ces oeuvres pour clavier, de la musique d'orchestre et de la musique de théâtre.Parmi les oeuvres pour clavier (piano, orgue ou harpe), il faut retenir les pièces romantiques, les dix pièces qui composent le receuil intitulé : Histoires, cinq pièces pour harpe, un choral et trois pièces pour orgue; une Toccata sur le nom d'Albert Roussel et les Rencontres.Comme musique de chambre, M.Jacques Ibert nous offre déjà un quatuor, et surtout un concerto pour violoncelle et dix instruments à vent, dont les sonorités et surtout les modulations sont un enchantement.Des mélodies sur des poèmes de Mendès, cle Maeterlinck, de Vildrac de Tristan Derème sont d'une fantaisie poétique et d'un humour gracieux qui rappellent par endroits la fantaisie et l'humour de Laforgue.C'est d'ailleurs à Laforgue que M.Jacques Ibert a demandé le sujet de son Versée et Andromède que nous avons applaudi à l'Opéra.Cet humour qui donne si facilement dans l'émotion, cette ironie attendrie nous les trouvons dans deux autres de ses oeuvres théâtrales: Angélique et Le roi d'Yvetot.Il y a par contre du romantisme, — un romantisme discipliné — clans : La ballade de la Geôle de Reading, poème symphonique inspiré de l'oeuvre d'Oscar Wilde et dans Le ciiant de Folie, interprétation orchestrale d'une oeuvre cle Valéry Radot.Esprit et sensibilité, couleurs et mouvement, libre et riche modulation imprègnent toute la musique de M.Jacques Ibert et lui donnent une irrésistible séduction.L'Européen.-o- Les pittoresques "Escales" de M.Jacques Ibert ont été enregistré - dernièrement {Columbia).OSCAR O'BRIEN COURS D'HARMONIE Traité RIMSK.Y-KORSAKOFF Studio: 1405 McKay — Chambre 8 Tels.Up.4564-J — Cal.8103 MONTREAL Montréal, Août-Septembre 1930 îles débuts de la saison àla| I Société Canadienne d'Opérette j A la Société Canadienne d'opérette, on est plus optimiste que jamais et pourquoi pas ?.Cette société qui atteint sa huitième année d'existence, a toujours été en progrès incessants et elle est en droit de croire que, pour elle, c'est aujourd'hui, la période d'épanouissement.Elle a vaincu les malaises de sa croissance et la voilà en beauté.U y a des gens qui ont acquis beaucoup de mérites dans l'édification de cette oeuvre artistique, et voilà une belle grande couronne qui descend tranquillement sur leur tête.Vous les connaissez ces gens! Pas n'est besoin de les nommer.?tout le monde sait bien.puis c'est toujours un peu délicat.car on oublie parfois des gens qui ont travaillé sans bruit.e tdont les noms se perdent toujours dans l'éclat tapageur d'autres noms qui résonnent fort.Mais tout de même, je ne résiste pas au plaisir de déposer, en passant, quelques fleurs aux pieds de la si sympathique et digne artiste qu'est Madame Jeanne Maubourg-Roberval.Son zèle, sa bonté et surtout sa belle valeur artistique veulent qu'on lui décerne un salut d'admiration.Dans le moment, au studio de la Société, rue St-Denis, on prépare "Mireille" oeuvre délicieuse de Mistral et Gounod.C'est très à propos.Ce sera notre contribution à la grande fusée d'hommages lancée en l'honneur du centenaire du grand poète de la Provence.La Société a décidé, cette année, de consacrer environ deux mois à la préparation de chacune des oeuvres devant paraître en spectacle.Ceci dit un peu le soin consciencieux que les artistes apporteront à la mise au point de leur rôle.Les spectacles programmés à date font les suivants : "Mireille" opéra de Gounod, les 15, 16 et 18 septembre; "La Châtelaine de Shenstone", comédie, les 30 septembre et 1er octobre; soirée de folklore constituée par les scènes principales du Festival que donnera île Pacifique Canadien à Québec au milieu d'octobre, soirée qui est fixée au 7 et aura lieu au Monument National ; " Paillasse ", opéra de Cavaillo, et "Jean-Marie", mélodrame en un acte, le 16 octobre, en célébration du septième anniversaire de fondation de la Société; "L'As -.de Coeur", opérette de H.Maurice Jacquet, les 27, 28 et 30 octobre. Montréal, Août-Septembre 1930 7 Le personnel Jamais à l'Opérette, distributions ne furent plus variées ni plus fortes.La Société possède d'ailleurs pour la saison un personnel bien complet pour tous les genres et toutes les voix.En voici la liste complète : Mmes Alida Bilodeau, Germaine Bruyère (début), Berthe Cabana, Madeleine Davis (rentrée), Alice De-mers, Gaby Desautels, Anne-Marie Ducharme, Fabiola Hade, Rolande Labelle, Jeanne Lavigne (début), Armande LeBrun, Jeanne Radakir, Miarka Riddez (début), Marguerite Tremblay (début).Irène Trudeau, Lucile Turner, Marie-Rose Descarries, Caro Lamoureux et Jeanne Maubourg-Roberval ; MM.Lorenzo Bariteau, Avila Bertrand, Arcade Bouchard, Armand 'Bouchard, C.-E.Brodeur, Alfred Brunet, Emile Cartier, André Celmar, P.-Eugène Char-bonneau, Louis Chartier, Paul-Emile Corbeil, Lionel Daunais (début à la Société), Jean Dufort, Georges Du-fresne, Leopold Fortin, Emile Fillon-Payoux, Armand Gauthier, Tony Labelle (rentrée), Emile Lamarre, Paul-Emile Leblanc, Octave Le-febvre, Roméo Mousseau, Ernest Palascio-Morin, Ulysse Paquin, Lucien Quintal, Charles Rioux (début à la Société), Gaston S.-Jacques, Claude Sutton, Lucien Tourangeau, Emile Thibodeau, Paul Trottier et Henri Poitras.La Société ne compte que deux démissionnaires : Mme Flore Blanchard et le Dr Paul Trépanier.Avec un tel personnel, la Société peut être confiante en l'avenir.M.Albert Roberval, Mme Jeanne Mau-bourg, MM.Henri Poitras et Honoré Vaillancourt, qui en dirigent les destinées artistiques, savent qu'ils trouveront chez tous des collaborateurs empressés.Reste au public à se prononcer ! I "L'Ecran des Musiciens" *j- Par M.José Bruyr Nos musiciens auront sans doute beaucoup de plaisir à lire "L'Ecran des musiciens" de M.José Bruyr.Ce livre est écrit sur le ton de l'ironie et avec combien d'esprit et de piquante finesse.Le livre de M.José Bruyr pourrait s'appeler : la "musique" devant ses nouveaux juges ! Chaque réquisitoire dévoile non seulement le caractère de son auteur, mais encore son désir de juger d'abord et avant tout ses pairs ! Certaines déclarations immodestes, parfois plaisantes, font sourire, d'autres surprennent.Les victimes, comme à guignot, supportent héroïquement les coups, autant en emporte le vent ! "L'Ecran des Musiciens" nous présente en un saisissant raccourci, tel un film de un mètre composé d'images essentielles, l'état d'esprit de quelques jeunes compositeurs modernes.Cette vision amusante plaira par sa vie, par sa concision, par sa manière d'esquisses tracées d'une main sûre, guidée par un esprit d'une rare impartialité.Le livre de M.José Bruyr servira pour l'histoire, il appelle une suite! Mme Jane Marnac du théâtre Apollo On est d'opinion à Paris qu'il n'est pas possible d'être plus douée pour le théâtre que cette belle et ardente comédienne."Elle a tout, une poignante puissance d'expression, une étincelante verve, un rire qui est le rire lui-même et une émotion qui serre le coeur.Ainsi aucun domaine de l'art dramatique ne lui demeure étranger.Il faut la voir diriger une répétition ! Elle est partout, elle fait tout.Le chef machiniste reconnaît qu'elle en sait plus que lui dans son domaine.Le chef d'orchestre s'incline devant elle qui lui indique ses rythmes' et ses mesures.Elle danse, elle chante.Elle est la joie constante d'une scène.Il y a ainsi sa vie ardente du théâtre.Il y a aussi sa vie à elle et tout" ce qu'elle réserve d'agrément et de bonté pour ses amis.Cette "infatigable activité c'est la marque généreuse d'un destin placé sous le signe de la grâce, de la beauté et du talent." Un fait Une dame de ma connaissance, une dame de province, a donné à son curé, pour jouer des Ave Maria, dans l'ombre de la chapelle, un gramophone, dont les cantiques sont chantés — inutile de vous le dire — par les plus grands artistes du monde.Un jour du mois de mai dernier, des parents de l'abbé étaient venus déjeuner au presbytère, on parle de la pluie, du beau temps; au dessert, on envoie chercher le gramophone à l'église, on emprunte quelques disques au château.Le soir, pour le salut, le brave curé rapporta le gramophone derrière l'autel.Déjà, jeunes filles et bonnes soeurs, rangées pieusement le long des bancs, attendaient, dans un bruit de chapelets, que commençât l'O Salutaris, lorsque, sur un air de marche de régiment en manoeuvre, éclata un refrain profane !.Une main pieuse, mais distraite, avait oublié de changer le disque, qui, tout aussitôt, fut escamoté, «jj.J (Raconté par André Rivollet).-Je tiens TOUT ce que je promets- NOUS AVONS TOUT CE QUI EST NOUVEAU ET JOLI EN MUSIQUE : Toutes les Pièces demandées dans les Examens de TOUS les C ollèges et Académies de musique.— Les Chants Patriotiques Canadiens-français.— Les Chants Populaires Canadiens-fran çais.— Les Chants Populaires Français.— Tous ce qui se chante et se joue au Radio.— Comédies et Drames, Saynète s.— Opérettes, Opéras.— Libretti, Littérature musicale.¦— Toutes les Chansons-Thèmes des vues parlantes qui ont des traductions françaises.Pour être au courant de la nouveauté, il faut s'abonner à notre Journal mensuel de Brodcnie et MUSIQUE Toujours on moins tons les morceaux annoncés dans "La Lyre" Par an: 25 cts R A.O U L V E N N 4 T -Assortiment — Compétence — Courtoisie — Prix raisonnables 3770-3772 RUE SAINT-DENIS (anoiens 642) Tél.Harbour 6615-6310 MONTREAL Service- 0C6I ajquis)dss>noV '|e?'JuoW Léo-Pol Morin a i.p.e: un dessin au lusain de Henri Hébert.Papiers de musique de M.Léo-Pol Morin sont maintenant en librairie.Wu'on s» les procure.C'est un bel ouvrage qui sera utile et agréable à tous ceux que les choses de la musique intéressent.Morin nous est emin revenu.Qu'il soit le très bienvenu parmi nous.Je reproduis quelques passages j'une lettre charmante qu2 Léo-Pol Morin nous adressait après la parution de notre numéro de juillet."Je n'ai pas besoin de vous dire quo je suis sensible à ce que vous dites de mes "Papiers de Musique".Il me semble qu'on se rendra bien compte, à la fin.que je suis loin d'être ennemi de l'art et des artistes canadiens.On ne saurait, en tout cas.prendre pour de l'indifférence l'acharnement que je mets à condamner ta que je crois être la laideur et la médiocrité, et celui avec lequel j'admire et je défends les artistes canadiens qui ont de la valeur."La "Lettre" de Philippe Panneton t t amusante et juste sous son air paradoxal et sceptique.Je souhaite di.uiis déjà longtemps que les snobs 82 groupent et coordonnent leurs ef-f irts.J'imagine aussi, le cas échéant, que leurs directeurs de conscience les empêcheraient de prôner des nullités 11 i.p flagrant s et de négliger, au pro-f t da celles-ci, de belles oeuvres."En premier lieu, nos snobs devraient s'instruire des choses ordinaires de la musique.C'est le devoir d'une revue musicale comme la vôtre, laquelle est en notre province émi- nemment nécessaire, de leur fournir une alimentation saine, variée, aussi complète que possible.Un tel objectif n'est ni médiocre, ni vulgaire, ni négligeable, et il fait certainement partie de votre programme.Mais pourquoi préché-je une convertie?"Ma convalescence est depuis plusieurs mois terminée et je suis anxieux de reprendre mon travail à Montréal, ce que je ferai dès les premiers jours de septembre.J'ai trouvé à Bizy, non loin de Vernon, sur les beaux coteaux de la Seine, une villa admirablement située dans un parc, où je travaille tout en me reposant.Mais, sachez-le bien, mills souvenirs canadiens me hantent." FESTIVAL DE QUEBEC Les 16.17, et 18 octobre, aura lieu au chât?au Frontenac de Québec, le troisième grand Festival de la Chanson, des danses et des Mttit rs eu Terroir.Organisé par le Pacifique Canadien.Afin de permettre aux visiteurs de langue anglaise de se bien rendre compte des thèmes mélodiques qui servent de base aux chansons du Canada français, le Festival qui aura lieu en octobre 1930, produira deux groupes de ces thèmes mélodiques avec chansons et costumes appropriés.L'un de ces groupes aura pour personnages un berger et une bergère, dont la rencontre fournira l'occasion ci'exécuter les mélodies et danses pastorales.Ce groupe évoquera plutôt la vieille France où la vie pastorale fut plus en honneur que dans les forêts du Canada et présentera de très belles chansons.Le second groupe illustrera le thème des chansons de la mer; l'incident central sear l'arrivé d'un vaisseau au port et la rencontre des filles avec les matolots ou les marchands.La légende moyenâgeuse du jeune homme qui plongea dans la mer à la recherche d'un anneau perdu et se noya, a de nombreuses variantes; on reconnaîtra le thème dans ce groupe.L'arrangement musical pour les ("eux groupes a été fait par Oscar O'Brien de Montréal et les principaux rôles reront chantés par Emile Boucher et Germaine Le Belle.Char'.es Marchand, le merveilleux artiste du terroir, n'est hélas plus de re monde! Mais les trois autres troubadours de Bytown, qui firent tant sous st direction pour populasiser et faire goûter le charme de nos vieilles mélodies, seront encore au Festival prochain.Ils se sont assuré la coopération d'un brillant baryton canadien- fiançais, Lionel Daunais, qui a fait une étude spéciale des chansons du terroir.Ces chanteurs, avec leurs chemises à carreaux et leurs ceintures fléchées, possèdent le don d'évoquer et de faire revivre la glaie-té et l'esprit ci'aventure des chantiers.Deux opéras-ballades seront chantés.Chacun des deux incorpoera de nombreuses chansons du terroir.Le premier, intitulé: "Noces Canadiennes-Française," a été écrit par A.Bourgeois et mettra en haut relief les mélodies et les danses qui marquent l'occasion joyeuse des épousailles.Le deuxième sera une version de l'opéra: "l'Ordre de Bon Temps," écrit par Louvigny.Cet opéra fut si bien accueilli lors de sa première présentation en anglais et qu'on le produisit de nouveau aux "Sea Music Festivals" de Vancouver et ce Victoria.La version française revisée est l'oeuvre du jeune poète canadien-français.Robert ("hoquette.Elle sera interprétée par un groupe d'artistes de la Société Canadienne d'Opérette, sous la direction de M.H.Vaillan- court "L'Ordre de Bon Temps." (c'est le nom de l'association de joyeux compères, fondée par Champlain à Port-Royal en 1606), est un opéra ballade qui a pour sujet la vie de la garnison de Champlain ciurant ces premiers rigoureux hivers, alors que l'Ordre put maintenir les traditions françaises de vie joyeuse et bonne chère.Ce fut durant cette période que la table de poutrincourt ne cessa de gémir sous le fardeau des pièces de résistance gargantuesques que rapportaient les nemrods: orignal, caribou, chevreuil, castor, loutre, lièvre, ours et chat sauvage.Quant aux canards, oier, coqs de bruyère, pluviers ou même éturgeons, truites et autres de la baie voisine, c'étaient là les poissons, péchés au dard sous la glace entrées plus délicates qui ne servaient qu'à aiguiser l'appétit de ces "bon vivants." Comme l'a dit Les-carbot : "Quoi qu'en pensent nos gourmets de Paris, nous pûmes faire aussi bonne chère à Port-Royal qu'Us le purent eux-mêmes dans les grands restaurants de la Capitale, et cela à bien meilleur compte." Ces repas plantureux étaient accompagnés de riks appropriés et suivis de chansons.Souvent les invités d'honneur étaient des chefs et guerriers indiens.Depuis la première production de cet opéra-ballade, on a découvert la musique de quelques danses indiennes, enregistrées par Lescarbot, et l'au-teur8, le Dr.Healey Willan.a reconstruit l'opéra de façon à incorporer cette musique. .' J) ' /viz ftl «* .l.-flf Montréal, Août-Septembre 1930 Les vieilles danses en vogue autrefois dans cinq-provinces de France, seront aussi représentées au Festival de Québec — celles originaires de Normandie, de Bretagne et d'Auvergne, par trois groupes d'enfants de Québec, dirigés par Madame Duquet, et celles du Limousin et du Poitou, par un groupe de danseurs de Saint-Henri, à Montréal, sous la direction de Charles Goulet.Les voyageurs qui, les premiers, se lancèrent dans les solitudes de l'Ouest, apportèrent avec eux les danses du terroir qui leur venaient de France.Leurs descendants ont conservé ces danses jusqu'à aujourd'hui, bien qu'elles aient été modifiées au contact des Indiens et des traiteurs Ecossais.Pour illustrer ces dnnses encore en vogue clans l'Ouest, plusieurs Métis originaires de St-Paul des Métis, près d'Ecmonton, viendront au Festival de Québec répéter les danses qu'ils ont déjà exécutées avec beaucoup de succès au Fes-tivel de Calgray, en mars dernier.Certains des airs joués par leurs violoneux seront reconnus par ceux qui sont familiers avec les "reels" et rigodons écossais, mais les danses elles-mêmes sont essentiellement françaises, avec des variations et caractéristique nouvelles apportées à la suite de la transition des forêts de l'Est canadien aux pairies de l'Ouest.-o- Mlle Gilberte Martin pianiste, élève de M.Arthur Letondal et de M.Geo.E.Tanguay; prix de Paris 1930; sem-barquera à bord de 1'"Empress de France", le 16 courant en route pour Paris.Mlle Martin va compléter ses études de piano sous la direction du professeur Lazare Lévy.Elle étudiera l'harmonie avec M.George Caussade.Nous lui souhaitons bon voyage et beaucoup de succès dans ses étuces.M.Eugène Lapierre n'a pas pris de vacances.Il a travaillé ferme tout l'été au projet d'extention du Conservatoire National ce Musique dont il est le directeur.M.Lapierre est un grand travailleur.Il est organiste, directeur de Conservatoire, professeur et il trouve les moyens de donner des Conférences, d'écrire des articles de journaux et de revues, d'organiser des Concerts, etc.* * * Bonjour le "Canada Musical".Votre soeur ainée vous souhaite la "bienvenue".CLAUDE CHAMPAGNE Amis lecteurs, C'est avec un plaisir partagé d'orgueil, que "La Lyre" vous présente aujourd'hui l'un de nos musiciens Canadiens les plus distingués: Mr.Claude Champagne.Vous le présenter est vraiment une façon de dire.car enfin, qui de nous ici, ne connaît pas encore ce charmant artiste.Mr.Claude Champagne est bien un des nôtres puisqu'il est né à Montréal et qu'il s'y est fixé dans l'exercise de sa profession.Claude Champagne a fait ses premières études musicales à Montréal, avec M.Oct.Pelletier, pour le piano, et Mr Cham-berland, pour le violon.En 1924, il fut "boursier de la Province" et en 1928, il obtint le "Prix Beatty", étant sorti victorieux avec sa "Suite Canadienne" pour orchestre, dans un grand concours jugé par un jury international.Champagne se perfectionna alors dans la technique de "l'écriture musicale" sous la direction d'André Gêdalge du Conservatoire de musique de Paris et Raoul Laparra Y a u t e u r du "Joueur de Viole".Parmi les oeuvres de M.Claude Champagne, citons: "Hercule et Omphale", poème sym-phonique, pour orchestre; "Suite Canadienne", pour choeur et orchestre; "Suite Espagnole", pour orchestre; "Prélude et Siligranes", pour piano; "Danse Villageoise", sur un rithme d'Abanera, pour violon.Plusieurs des oeuvres pour orchestre ont été exécutées avec grand succès à Paris successivement par les artistes des Concerts du Conservatoire, direction Jean Manen; des Concerts Pasdeloup, direction .Rhené Bâton ; La symphonie de Toronto, direction Von a conné le "Poème Symphonique" au cours de l'hiver dernier.On se rappelle d'avoir entendu ici à Montréal, Mr Adaskin, violoniste du quartuor "Hart House" de Toronto, jouer la "Danse Villageoise" et Mlle Annette Lasalle."Sur un rithme d'Abanera".Mlle René d'Amour a aussi exécuté des oeuvres de Mr Claude Champagne.La "Suite Canadienne" pour orchestre a surtout valu à l'auteur beaucouu d'éloges et d'encouragements.J'ai recueilli ici l'opinion de queques critiques distingués des journaux de Paris: 9 Journal Excelsior Paris, 22 octobre 1928: "Oeuvre fine et légère orchestrée avec adresse".— EmileVuiller-moz.Journal Comoedia, Paris, 22 oct.1928: "Elle comporte des choaur^ sonnant fort agréablement et soutenus par un orchestre sans lourdeur, cette' suite a beaucoup plu.— (Paul Le Fie m) Courier Musical 1er novembre, Paris, 1928 : - "Délicatement et délicieusement ouvrée.L'Harmonie est fine, la couleur orchestrale très juste.Rien d'étonnant a ce que cette oeuvre ait valu à son auteur le premier prix dans un concours de composition musicale Claude Champagne est un musicien intéressant.Remercions M.Rhené Bâton de nous L'avoir fait connaître.— Paul Piemé.Claude Champagne a épousé à Paris Mlle Jeanne Marchai, liégeoise, le 12 août, 1922, et il habite avec elle à Montréal, depuis bientôt un an et demi.Mr Champagne est professeur à la Maison Mère des Soeurs de Jésus Marie, ainsi qu'au Conservatoire National, et à la Schola Cantorum c'e Montréal.-o- Mlle Germaine Malépart se rétablit d'une maladie assez grave qu'elle a subie dernièrement.Elle reprendra son travail après un repos de quinze jours.* * * M et Madame Edmond Trudel sont arrivés ces jours-ci à Montréal, après avoir fait un séjour de deux mois en France.* * * Mr Léo-Pol Morin est à Montréal depuis quelques jours.Sa santé est meilleure et il va se remettre ardemment au travail.* * * M.Geo.-Emile Tanguay, après avoir passé les mois de vacances à Trois-Pistoîes avec sa famille est maintenant revenue en ville.Il a repris ses cours d'harmonie au Conservatoire.Souhaitons que M.Tanguay et le père Fontaine aient l'idée de préparer un concert auquel tous les musiciens et amateurs de bonne musique auraient l'heur d'entendre une chorale très distinguée, par la qualité de ses éléments et de son répertoire.* * * Au cours de l'été Madame Adrienne Roy-Vilandré chanteuse-diseuse, a donné quelques récitals de Chants Canadiens dans divers endroits de la région de Québec. A GEORGES-EMILE TANGUAY Exécutée pour la première fois, à Paris, le 16 Mai 1926 en l'Eglise St-Eustache 9 PRIERE Registration; Récit: Gambe.8 Voix Célestes Grand-Orgue: Gemshorn (et Bourdon 8) Péd.: Bourdons 16, 8.-Récit à la Pédale.-Récit au Grand-Orgue CONRAD BERNIER 10 Montréal, Août-Septembre 1930 A ceux qui veulent des disques nouveaux Rosel, Airs chantés de Ponlenc, Chansons espagnoles de Manuel de Falla par Mme Bathori, Suzanne Pei-gnot et Dolores de Silvera.Comme disques de grand orchestre, Gramophone nous présente le Concerto Brande-bourgeois no 2 de Back, par l'orchestre américain de M.Stokotvski; ainsi que la symphonie l'Horloge de Hayden par la Philar-monique de New-York dirigée par M.To.scanini.Que l'on sache aussi que M.Alfred Cortot a enregistré avec M.Jacques \Ch'ibault la Sonate pour violon et piano de Franck.Les fervents de l'harmonie moderne aimeraient sans doute à se procurer Pacific et Rugby de M.Arthur Honegger, dirigé par lui-même (Odeon).LES DANGERS DE L'INDUSTRIE PHONOGRAPHIQUE Voici quelques excellents morceaux d'orchestre que je signale ici, pêle-mêle: L'orchestre symphonique de Paris dirigé par M.Pierre Monteux, a donné la Fête Polonaise d'Emmanuel Chabrier (Gramophone).Les interprètes se sont montrés, comme on peut le croire, dignes de l'oeuvre, et les ingénieurs leur ont assuré une reproduction parfaite.L'orchestre symphonique de Madrid a donné Goyescas et Ronde Ara-gonaise de Granados (Columbia).Mais voici, en un genre supérieur, un chef d'oeuvre: La Symphonie en sol mineur de Mozart, joué par la Berliner Stats Kapelle que Bruno Walter a dirigé.L'Andante, en particulier, est un prodige de délicatesse.Aux amateurs de musique de chambre, Columbia offre, pieusement traduit par M.Robert Krettly et ses collègues, le quatuor pour instruments à cordes qui est comme le chant du cygne mélancolique et tendre du génie de Gabriel Fauré puis la pittoresque suite des Plaisirs Champêtres, de Monteclair, propice aux timbres subtJls.de la Société des Instruments anciens de M.Henri Casadesus.Les enregistrements de piano fort nombreux,.accusent de réels progrès à Columbia en ce qui a trait à la "metallisation" des sonorités.Pour en avoir la preuve qu'on entende la Partita en si bémol de Back, par Mlle Blanche Selva, La plus que lente, et le Jardin sous la pluie de Debussy par Mme Marguerite Long, La Danse Russe de Petronchka, de Mons-sorgski, par Yves Nat.Les amateurs de chants devraient se procurer Histoires naturelles de On s'alarme chez les habitants de Lutetia des dangers que l'industrie phonographique fait courir au peuple français dans son sens esthétique et dans sa sensibilité.Grand Dieu ! et nous.qui sommes submergés par les disques américains pour la plupart d'une valeur musicale plus que douteuse .?Personne ne s'avisera-t-il de s'apercevoir que nous nous empoisonnons .et qu'il serait bon de préparer un antidote.?Dans les journaux français sur tous les tons, l'on clame les dangers du grand changement qui s'opère, sous nos yeux dans "l'antique industrie du Beau"."Ce ne sont pas les progrès et les conquêtes de la mécanique qui sont à redouter.Ce n'est pas le machinisme musical en lui-même.C'est la dictature progressive, du technicien et du commerçant sur le patrimoine esthétique et spirituel de l'humanité.* * * A défaut d'action directe sur les évéements, une tâche moins ambitieuse, mais aussi utile et aussi urgente s'offre aux représentants de la culture et du goût.Elle consiste à occuper en nombre les points d'observation, les tribunes d'où l'on peut agir sur l'opinion; elle consiste à suivre dans un esprit de compréhen- sion et de sympathie l'évolution de ces techniques nouvelles, riches de possibilités merveilleuses.L'influence qu'on peut exercer du haut de ces postes de surveillance et de contrôle reste considérable et le mot que nous allons citer tout à l'heure suffirait à le prouver.Voilà une ligne de résistance sur laquelle la petite armée qui défend le sort de la civilisation peut se battre encore, et avec succès.Mais ce retranchement tombera à son tour si ses occupants naturels se dérobent à l'honneur de paraître au créneau.C'est le moment de rapeler aux musiciens et aux guides qualifiés de l'opinion musicale la lourde faute que commettent ceux d'entre eux qui, systématiquement, ignorent ou.dédaignent le phonographe.Le cinéma est un art créateur.La machine parlante et le disque étant des moyens de reproduction, on pourrait croire à première vue qu'ils peuvent sans inconvénients être abandonnés à de consciencieux industriels, simples intermédiaires entre l'oeuvre d'art et l'auditeur.Mais il suffit de réfléchir un instant pour mesurer les périls que l'infirmité de la mécanique, les sollicitations de l'intérêt commercial, ou seulement l'igno- rance peuvent faire courir à l'édition enregistrée.Véhicule de la bonne musique, le disque peut l'être aussi de la bonne musique interprétée à contre-sens.Il peut l'être des mauvais interprètes et de la plus basse musique, celle qui se vend le plus facilement et coûte le moins cher.S'il leur en prenait fantaisie, les dirigeants de l'industrie phonographique empoigneraient en quelques années la sensibilité de tout un peuple.On admire qu'ils aient résisté jusqu'ici à la pression sournoise du suffrage niversel, qu'ils aient constitué et qu'ils continuent à enrichir ces magnifiques archives de musique classique et moderne dont l'abondance et la tenue, presque contraires à la pente naturelle des choses, sont un sujet d'émerveillement pour tout être pensant.Mais combien de temps ce beau zèle va-t-il durer?Le directeur commercial d'une grande maison d'édition disait l'autre jour à l'un de nos amis, en lui montrant ses statistiques: "Si on osait, on ne ferait plus que du disque populaire".Un constructeur de machines parlantes électriques nous confiait de son côté : "Nous allons sortir bientôt un type d'appareil adapté aux goûts de la clientèle".Entendez par (suite à la page 16) 10 Montréal, Août-Septembre 1930 11 M.ERIC SPT\E On l'appelle le "Soerate" de nos auteurs contemporains — Voici la liste de ses oeuvres : Affnlt nuut s i) ru n it ii/lies.Airs à faire fuir.Descriptions automntiqm s.Embryons desséché s.Fils des Etoiles.Mercure.M n ri eaux en forme de poire.Parade.Preludes Flasques.Relâche.Sarabandes.Sonatine bureaucratique Sport et divertissements.Sa musique blague, sourit, raille, c'est une moquerie sarcastique et pleine d'humour envers les écoles nouvelles — envers le romantisme et le symbolisme en musique.Il ridiculise tout — aussi, si on a bien voulu le laisser mourir de sa belle mort, on administre maintenant le cigiie à sa mémoire.Enfin voici l'opinion de Mr André Coeuroy: Eric Sat.'e a été souvent considéré comme l'homme qui marqua la rupture avec la vieille antienne.Sans toute arriva-t-il à ridiculiser aisément des titres poétiques comme "Et la lune descend sur le temple qui fut, mais peut être n'a-t-on pas suffisamment pris garde qu'il substituait, tout compte fait, un symbolisme à un autre, le pseudo humour au pseu-do symbole.Quand il oppose aux douceurs préraphaélites ses "Préludes flasques ou sa Sonatine bureaucratique, il use malgré lui et à rebours, du même symbolisme qu'il entend détruire; c'est le symbolisme du sourire qui vient remplacer celui des yeux clos.Qu'on l'approuve ou qu'on le dénigre, on n'y peut trouver aucune mo-défication fondamentale.Et encore l'auteur tiui décrète que la musique publiée en France au cours de ces dernières années si l'on en isolé avec celles de Debussy, les oeuvres d'Albert Roussel et de Maurice Ravel montrent assez une corruption de la force et une perversion du sentiment peut-être sans précédent.cet auteur écrit : voici Satie qui semblait prendre pour devise un mot célèbre de Chabrier : "Je n'aime pas aller dans les maisons ou on ne peut pas dire m.' La musique de Satie est beaucoup allée dans les maisons où on pou-irrévérence a orienté la musique française vers de nouvelles destinées.Le vait le dire, et il se trouve que son mot.il l'a dit au wagnérisme du temps qu'il écrivait le Fils des Etoiles.Le mot, il l'a dit au debussysme du temps que pour faire aux titres poétiques de l'impressionnisme — Terrasse des Audiences du Claire de Lune, Cathé-diale englcutie, ou Jardins sous la pluie, — i7 écrivait des Affolements f/ruiiitiques, des Descriptions automu tii/uis, des Embryons desséchés, des Airs à faire fuir et des Morceaux < u forme de poire Le mot, il l'a dit à toute la musique "que l'on écoute la tête dans les mains" quand il lança, après la guerre, comme un produit de pharmacie, la musique d'ameublement et la "musique à l'emporte-pièce".De Satie il ne survivra pas grand'chose.mais l'histoire gardera son nom d'abord parce que le moindre grimaud sait aujourd'hui que les résolutions exceptionnelles de neuvièmes ont été "lancées" par lui dans les Sarabandes de 1887.quatorze ans avant Debussy (et.donc il fut un précurseur) — ensuite parce qu'autour de ses cocasseries, de ses singularités charmantes et de son masque socratique, il sut grouper, après la guerre, les forces vives de la jeunesse (et, donc, il fut un animateur;.Mais Satie aura toujours rendu un service à la musique française, celui de lui avoir annexé un nouveau domaine, celui du Music-Hall.A sa suite, des auteurs, comme Gustave Charpentier.Claude Debussy, Florent Schmitt, Delibes, Bantock.et surtout Georges Auric mirent de leur inspiration au service de l'esthétique du Music-Hall.Chacun employa sa verve et son humour à exprimer cette franchise dans le rire et cette ingénuité dans la joie qui caractérise l'esthétique du Music-Hall.Maintenant, voyez un Arthur Honegger qui dit: "Ne me parlez donc pas de Soerate et de sa technique dépouillée! je prenc's ça pour de l'indigence".Et encore le vieux maître d'Arceuil.un jour en sortant du Chatelet disait: "A quoi bon glisser tant de choses entre la mélodie et la basse, puisqu'on ne les entend pas ?" Par contre M.Darius Milhaud qui veut être bien avec tout le monde, déclare: "Satie! Il nous faudra peut-être cinquante ans ou plus pour savoir à quel point Satie est notre grand bienfaiteur à tous.C'est loin des déclarations d'Honeg-ger.Lunettes Elégantes Prompte Livraison Prix modérés A.L.PHANEUF OPTOMÉTRISTE 1767 ST-DENIS, près Ontario Tél.HArbour 5544 CAMILLE BERNARD PROFESSEUR DE CHANT ET DICTION "Théâtre des Petits" ECOLE l>E DICTION c'iu'ks I.KNSKMHI.E l.r Jrtllll rl «nmrill LEÇI ins C( ii.i.KeriVEs l.Eei.NS l'ARTH-ll.lKKES BJUU limite 'l'Aie- i II -.¦ ¦ i.n - il iMtrlir ilu :t «r|>trnilir*- 3983.rue SAINT-DENIS.Tél.HArb.9993 13 L'Histoire triste de Marguerite (Conts) Pierre d'Arcy fumait des cigarettes, faisait les cent pas en face d'un théâtre de cinéma, où sa femme jouait le violoncelle dans l'orchestre en matinée et le soir.Pierre, toujours, avait hâte de revoir Marguerite, car il était amoureux de sa femme.Chaque soir c'était une minute de bonheur que l'instant où Marguerite lui apparaissait à la porte de sortie des artistes.— Mais malgré cela, Pierre parfois était triste.Il était inquiet, parce qu'il ne savait pas tout de la vie de sa femme.Tout le jour leurs occupations individuelles les séparaient.Pierre n'avait sa femme auprès de lui que la nuit.— de la sortie du théâtre, à onze heures, jusqu'au lendemain matin à neuf heures, alors qu'il la quittait pour se rendre à son bureau.Marguerite alors se levait, faisait sa toilette, partait pour la ville où elle allait magasiner, déjeunait dans un restaurant, puis rentrait au théâtre.Ce soir-là, donc, Pierre avait encore un peu plus de mélancolie dans son âme.C'était peut-être parce qu'on touchait au printemps, parce que toute la journée le soleil avait trop brillé et que des oiseaux étaient arrivés en chantant.Il ne savait pas, mon Dieu; mais il se sentait tout de même le coeur gonflé et lourd.Un moment,,,}], éprouvait de la joie; il verrait tantôt Marguerite.mais aussitôt, ' une sorte d'angoisse inexplicable l'envahissait.Une figure le hantait.une figure inconnue qu'il apercevait toujours après ou avant celle de sa femme, lorsqu'elle surgissait à la porte de sortie du théâtre.Pierre avait demandé un soir à Marguerite qui était cet homme, et il avait cru voir qu'elle rougissait un peu en répondant : "Mais tu dois le connaître, c'est Marc Stephen, le violoniste, un grand artiste, je t'assure".— Pierre n'avait pas insisté, mais ce soir là il voulait à tout prix savoir.Il désirait mettre fin à l'imprécision, de son malaise en le déterminant, s'il ne pouvait pas le faire disparaître.Enfin, les'portes du théâtre s'ouvrirent; quelques spectateurs descendirent les escaliers., puis la foule.Pierre se dirigea vers la porte de droite et, aussitôt, la figure rieuse et charmante de Marguerite lui apparut.Alors, il eut un élan aussitôt réprimé, car il avait encore aperçu audcssus de celle de sa femme, la figure pâle et tourmentée du violoniste, qui souriait mystérieusement.Cela n'était jamais sans causer au mari une impression de colère.—Bonsoir, petit mari, dit Marguerite enjouée, mais dis-moi donc bonsoir, voyons ! Qu'as-tu donc, ce soir, à regarder ainsi audessus de ma tête avec un air maussade ?Tu n'es pas mala.de, dis ?—Mais non, tu es folle, et il l'embrassa en la serrant sur lui.Tu es jolie, Margot.Tes yeux brillent, ce petit tailleur brun te va à ravir.Tu.la suite se perdit dans le bruit du tramway qui stoppait.Ils y montèrent avec beaucoup de monde.Pen-dant le trajet ils ne furent plus,que des inconnus parmi des inconnus, et chacun suivit sa pensée, sans presque causer.Mais quand ils furent seuls tous les deux dans l'intimité de leur boudoir, où chaque chose était à l'unisson de leur caractère de leurs goûts et de leur culture personnelle, Pierre se dit qu'il était décidé.— Ce serait ce soir-là qu'il interrogerait Marguerite.Sa femme, inconsciemment, lui facilita la tâche.¦ — Pierre tu me caches un ennui.Qu'y a-t-il '! Depuis quelque temps, tu n'es plus tout-à-fait le même.Pourquoi avais-tu cet air soucieux lorsque tu me rencontras ce soir au théâtre ?Dis.Pierre la regardait.Marguerite avait enlevé sa jaquette; elle portait un petit corsage beige, dont la teinte très douce exagérait la blancheur de sa gorge délicate, ressortant de l'é-chancrure prononcée du col.Toute sa personne était menue mais bien formée, gracieuse.Elle avait des yeux gris, larges, et expressifs entourés d'un cercle légèrement bistré.Une petite bouche aux lèvres minces, dont l'expression était facilement ironique.Un nez qui badinait toujours et elle avait le teint doré.Lui, Pierre d'Arcy, était un grand diable très brun.Peut-être type d'ita- lien, mais plus grand et moins fort.Il prit sa femme sur ses genoux et lui dit : "Ma chérie, c'est vrai, je souffre.J'ai peur que tu ne m'aimes pas comme je t'aime.— Quelle folie ! — 11 me semble que tu es heureuse pour des raisons qui me sont inconnues.Je me figure qu'il y a beaucoup de pensées dans cette jolie tête qui ne sont pas pour moi, et j'ai l'impression que nos coeurs ne battent pas toujours à l'unisson.— Mais Pierre, serais-tu jaloux, maintenant ?— Non pas précisément, ma chérie, mais je voudrais tant posséder toutes tes pensées.et j'ai peur.Ah! dis-mqii ma petite femme aimée que je ms trompe.que tu es bien à moi .toute ! dis ?— Mais Pierre, t'ai-je donné lieu de croire à mon indifférence ?Qu'ai-je fait ?lorsque tu-as été malade ne t'ai-je pas soigné avec tout mon dévouement.— Ce n'est pas cela, Marguerite.Je voudrais,.Oh ! jure-moi que tu n'aimes personne d'autre que moi.Tout en parlant, il serrait sa femme contre sa poitrine et il interrogeait son visage qui tremblait sous le sien.— Vraiment, Pierre, tu dois avoir la fièvre.Je te trouve étrange ce soir.— Ah ! tu ne me réponds pas.— Tu me fais de la piene, Pierre.Pourquoi es-tu jaloux ?Tes soupçons m'offensent et puisque tu ne peux fonder ta ialousie sur aucun fait, renonce à me faire de tels reproches.Donne-moi la promesse de ne plus avoir de ces vilaines penséess.— Le puis-je ?.— Je t'en supplie.— C'est audessus de mes forces.— Voyons mon chérie, — Vite, fais moi le serment de n'être plus jaloux.— Alors amoureusement, passionnément, il étreignit sa femme avec force et la portant clans ses bras, il se dirigea vers leur chambre, lui murmurant la bouche dans ses cheveux; Viens.là peut-être pour-rai-je sincèrement te faire le serment de ne plus jamais douter. 14 — Les jours se succédèrent sans que rien ne fut changé, entre Pierre et Marguerite.— Lui, bien qu'il n'en dit plus rien, ne parvenait pas à être délivré de ses soupçons.— Bile était joyeuse et frivole, rieuse et légère, mais parfois, son beau regard gris devenait rêveur, et elle souriait à son invisible rêve.Or un soir, Pierre rentrant chez lui, après le diner, trouva sa femme à la maison.— Elle lui apprit qu'elle avait démissionné à l'orchestre et qu'elle voulait partir en province pour une tournée de concerts avec trois de ses compagnons.On ferait du quatuor à cordes.— La nouvelle fut un véritable coup de foudre qui laissa le pauvre mari anéanti, et brisé d'angoisse.Il n'eut pas un mot, pas une plainte, pas une objection, non plus.il la laissa partir.Elle ne revint plus.Il souffrit.Sa vie intérieure fut un calvaire, mais rien ne parut changé dans les actes de sa vie extérieure.Les jours qui suivirent le départ de Marguerite furent semblables aux précédents.Seulement, la nuit.souvent il pleurait.Puis dans ce coeur d'homme mûr, le temps finit par adoucir l'âpreté de la douleur, lui laissant seulement une grande lassitude.Plus d'avenir, maintenant; il vieillirait, n'attendant plus rien.Chaque jour ne lui apporterait qu'un peu d'ombre, un peu plus de paix.L'expérience avait été si dure qu'elle avait à jamais détruit la jeunesse de Pierre.II apprit un jour que Marguerite vivait auprès de Marc Stephen le violoniste et qu'elle avait eu des succès assez remarquables à tous les concerts auxquels elle avait pris part.Maintenant on disait qu'elle était malade, et pour cette raison ne se faisait plus entendre nulle part.Puis un matin, en ouvrant son journal, Pierre apprit la mort de Marguerite.Une insidieuse maladie de poitrine l'avait facilement fauché, fatalement, comme une petite fleur trop fragile.Il n'eut pas de larmes, mais, réfléchissant un moment, il sembla vite prendre une décision.Au téléphone, il s'informa de l'heure des trains — arrangea qulques affaires pressantes, — rangea quelques objets dans son sac de voyage et se mit en chemin de fer.Il arriva à l'hôpital, où sa femme était morte la veille.II s'informa.— On lui dit que madame d'Arcy était morte seule.Personne n'était venue auprès d'elle et dans ses derniers mo- ments, elle avait murmuré deux fois: .un nom.Pierre, Pierre.Pierre d'Arcy n'avait jamais demandé le divorce.Alors il n'avait qu'une chose à faire, ramener sa femme et s'occuper de l'enterrement.Il voulut revoir Marguerite une dernière fois.Il vit qu'elle avait beaucoup souffert.Son petit visage triste et froid semblait implorer et elle lui parut si frêle, si menue—pauvre petite chose qu'il aurait fallu mieux protéger.-! Jalousie, colère, amour même, qu'êtes-vous à côté d'un cercueil ?Pierre baissa la tête et deux larmes coulèrent de ses yeux sur les mains pâles de la morte.Louise DUCLOS.-o- i Le chômage des musiciens t | professionnels à Montréal f *** *I* *»* **¦*****•* *I* *** *»4 **+*t**î* »T* •î*.ï* *ï* *I* •»**!* *»**'I**'t**»**I**I**«**** La situation des musiciens professionnels devient de jour en jour plus précaire à cause de l'attitude des gérants de théâtre qui avec l'avantage des vues sonores peuvent tenir leurs établissements ouverts et refusent de discuter la situation présente pour éviter de réengager les musiciens.Ceci ne veut pas dire que tout est perdu pour nos artistes.Nous espérons que les intéressés pourront trouver le moyen de s'entendre, d'après les derniers rapports nous avons presque la conviction certaine que bientôt le public qui fréquente les salles d'amusements pourra de nouveau entendre de la musique vivante.Ceci nous fait penser à certain confrère qui vient de publier un article accusant V "Association Protectrice des Musiciens" d'avoir agi de façon brutale avec les directeurs et gérants de théâtre en dmeandant tous les ans des augmentations de salaires, fournissant des musiciens incompétents; enfin, il nous dit que nos mécènes étaient plus que mécontents, et qu'ils n'en avaient pas eu pour leur argent, lorsqu'ils avaient délié les cordons de leur bourse pour la cause de l'art musical.Nous répondrons à ceci en disant que les salaires des musiciens ont toujours été proportionnés au coût de la vie, à mesure que les journaux publiaient les statistiques fournies par le gouvernement Fédéral, les salaires des musiciens et autres métiers syndiqués augmentaient proportionnellement, mais les directeurs de théâtre augmentaient aussi le prix des places dans leurs établissements.Nous Montréal, Août-Septembre 1930 ferons remarquer à notre confrère que lorsqu'il y a eu des musiciens incompétents employés dans les théâtres, ceux-ci n'appartenaient pas à l'Union, nous citerons seulement un exemple: le théâtre St-Denis employait des musiciens non-unionistes à un prix dérisoire qui ne pouvait pas se comparer à celui d'un journalier travaillant "dans-nos rues.Nous ajouterons que l'argent que nos mécènes ont fourni pour la musique, le plus magot n'allait pas dans la poche des musiciens,^es-directeurs, les chanteurs et la publicité engouffraient la plus grande partie de la subvention.Pour ce qui concerne l'argent fourni pour l'organisation de concerts symphoniques, l'Union des Musiciens a fait des concessions très appréciables, mais nous ne devons pas entrer dans des détails, ceci est déjà chode du passé.Dans le présent article, nous nous efforçons de présenter à nos lecteurs la vraie situation sans aucun parti pris, et nous demandons à notre confrère d'en faire autant.Ce qui arrive en ce moment est dû seulement à l'évolution de l'industrie cinématographique et non à la mauvaise foi des musiciens.Comme nous le disons plus haut, si les gérants de théâtre n'avaient pas les vues parlantes dans leurs établissements, les musiciens garderaient encore leurs positions et le public pourrait comme jadis écouter et admirer le talent de nos artistes au lieu d'encaisser les platitudes des acteurs américains.PROF.J.J.GOULET Lauréat du Conservatoire Royal de Musique de Liège, Belgique Professeur au Mont-Salnt-Louls et à l'Académie St-Fatrlce — Chef de Musique "Leà Carabinier» Mont-Royal" — Directeur des cours de solfège au Monument National, Conseil des ArtB et Manufactures.Tel.ItArhour S888 B.r.No 310, Station It 0025 ESPLANADE, Montreal.T61.CR.8020 Tél.York 1416 Docteur PAUL TREPANIER CHIRURGIEN-DENTISTE Heures de bureau: 9-12 a.m.— 2-5 p.m.152 Régina, VERDUN Successions Assurances Tn corporation* Expertises Liquidations 1-E BTTRKAU COMPTA BT.F, LADISLAS JOUBERT CQ.A.-C.P.A.COMPTABLE PUBt/IC LICENCIE 34 HUE ST-JACQUES OUEST, MONTREAL Tel.IIArbour 1300 Mademoiselle IRENE LAPOINTE PIANO — THEORIE — SOLFEGE Préparation aux tïiplômea Leçonw il domicile Studio; 4418 'iWrlmlcr.Tél.AM.3238 14 Valse.(Posthumous) Montréal, Août-Septembre 1930 13 j Madame Argentina Est-ce donc que voub nous reparlez de Mme Argentina ?— Certes, oui, car rien n'est plus rare qu'une personnalité* qui résume et rénove les caractères d'un art: quand J'aurai, en fait de -l.u,.- cité Pavlova.Argentina, la llBte sera bientôt close.— Mais n'y aurait-il pas un certain snobisme dans cet indescriptible engouement pour l'étoile espagnole.dont fait preuve le public ?— Snobisme opportun et engouement lucide ! Quand, pour une fois, la faveur des foules échoit (après quelles épreuves sévères!) au génie-pourquoi bouderions-nous cette tardive réparation ?— Que voilà de grands mots! Dans un art si limité que la danse espagnole, collant au sol, réduite à des figures peu nombreuses, à des cambrures et des déhanchements toujours les mêmes, où voulezrvous que le génie aille se nicher ?- Dans l'impondérable nuance qui Argenl.n.d.n.an.accompagnée p.Alfred Cor.o.I aubame cLH rare.que d,,-,e ï un.que I On M| l'.ppréc.er.L.Unie monté* d.U ,céne pe.mil d.voir paraître pelit « petit la belle .•Inouell* de I.grande arli.le, dont l'admirable lalenl vienl d'être con.acré par la choix de chevalier de la Leg.on d honnuer.altère ces formes et déplace ces lignes, les exalte, les sublime.les brise au gré de l'émotion, dans le degré d'intensité ou dans l'articulation rythmique du mouvement, dans les correspondances qui relient le geste à la mélodie et les relient à leur tour à l'impulsion première, à ce miracle intérieur, dont nait la danse.J'ai publié naguère un livre sur Argentina; et pourtant je n'ai fait qu'entamer ce sujet inépuisable: l'esprit de la danse, tel qu'il se manifeste chez une nature privilégiée, prédestinée.— Trêve d'arguments généraux et de termes abstraits ! — A la bonne heure, si vous êtes vraiment quelqu'un pour qui, comme dit l'autre, le monde visible existe.Tenons-nous-en au particulier, voire au détail infime ou même à certains appoints qui se placent en dehors, en marge de l'exécution proprement dite, mais dont vous aurez éprouvé l'effet vivace ou le charme insinuant ! Non.je ne dresserai pas.pour cette fois, le catalogue raisonné des sourires d'Argentina.ni ne m'arrêterai à décrire et à classer ses oeillades, dont nulle, pourtant, n'est fortuite ou pareille aux autres.Voyons plutôt les dix manières dont elle salue pour nous remercier de nos applaudissements après ses dix danses, en se retirant à reculons vers la coulisse; étudions cette pantomine de la courtoisie, cette chorégraphie de la révérence : chaque fois, c'est un autre personnage qui s'incline ou s'efface devant nous, venant d'un autre milieu, datant d'un autre époque.Après Goyescas.où elle parait en Merveilleuse espagnole — perruque poudrée, jupe de dentelle — dans un espèce d'allegrias francisées, "afrancesca-das", elle salue avec une préciosité un peu guindée, les mains croisées, réticente et mystérieuse: après La-garterana, charge populaire, elle se casse en un salut tout d'une pièce, les bras ballants, les paumes niaisement ouvertes, avec un large sourire de béatitude : et comme l'espièglerie de la "Meunière" de Falla.autre idylle rustique, diffère de cette candeur! Ou encore, c'est ce grand geste élégiaque d'adieu lentement arrondi par quoi elle épilogue à la fameuse "Cordoba" cependant que la tige du tronc plie et s'incurve au-dessus de la vaste corolle renversée de la cri noline blanche garnie de guipure noire.— Holà, vous vous mettez à parler chiffons ! — 11 le faut bien, puisque le plus infinitésimal détail vestimentaire prend chez Mme Argentina une por- (uutte à la page 21) 6476 16 Montréal, Août-Septembre 1930 Catalogues des oeuvres de César Franck Première époque 1S41—Trois trios concertaux pour piano, violon et violoncelle.1842—Quatrième trio concertant pour piano, violon et violoncelle.1S42—Eglogue pour piano.1S42—Duo à quatre mains sur le "God Save the King" (piano).1S43—Grand Caprice, pour piano.1S43—"Andante quietoso", piano et violon.1843—"Souvenir d'Aix-la-Chapelle", pi^no.1S44—Quatre mélodies de Shubert, tràiîs'c.pour piano: "La jeune religieuse.La fuite, Les plaintes de la jeune tille, La cloche des agonisants." 1S44—Ballade pour piano.1S44—Solo de piano avec acc.de quatuor à cordes.i .1S44—Première fantaisie sur Gulestan, pour piano.1844—Deuxième fantaisie sur "Le point du jour"'de Gulestan, pour piano.1844—Fantaisie pour piano.1S44—Duo pour piano et violon concertants.1S45—Fantaisie pour piano sur deux airs polonais.-S45—Trois petits riens pour piano : Duettino, Valse, Le Songe.1846—Duo à quatre mains pour piano.1S4G—"Le sermon sur la montagne", Symphonie ("Les Béatitudes").1S43-1S46—"Ruth".Eglogue biblique en 3 parties pour soli (réduction pour piano par l'auteur), choeur, orchestre.1842—"Souvenance, mélodie; "Ninon", mélodie; "L'émir de Bengador" (Méry) mélodie.1S43—"La Sylphe", mélodie avec acc.de violoncelle.1S43—"Robin Grayy", mélodie.1846—"L'Ange et l'Enfant", mélodie.1S51—"Le valet de ferme",^péra comique on 3 actes, inédit.¦ 1S52—"Les 3 exilés^chant national pour baryton et basse.¦ ¦¦ \ Deuxième époque 185S—Messe solennelle.1853'—Andantino (orgue).1858—Ace.d'orgue et arr.pour les voix des offices en chants grégoriens.185S—"O.Salutoris", duo pour soprano et ténor.1858—Trois motets : "O Salutoris", sopr.et choeur; "Ave Ma'i'ia", duo pour soprano et basse; "Tantum Ergo" pour basse.1859—Trois antiennes pour orgue.1S59—"Le Garde 'd'Honneur", cantique.1S60—Messe à trois voix avec acc.orgue, harpe, violoncelle et contrebasse.1S60-1S62—Six pièces pour grand orgue : Fantaisie en ut, Grande pièce symphonique, César Franck Prélude,' : fugue et variation, Pastorale, Prière, Final.1862—"Quasi marcia", pour harmonium.1S63—Cinq pièces pour harmonium.1863—"Ave Maria", pour sop., ténor et basse.1SG3—Quarante-quatre petites pièces pour orgue ou harmonium.1SG5—"La Tour de Babel", petit oratorio.1865—"Les plaintes d'une poupée", pour piano.1S70—Chant patriotique; "Paris".lS71^Trois offertoires.1S71—"Le mariage des roses" (mélodie).1S71—"Domine non secundum" (offertoire).¦ 1S71—"Quasi fremuerunt gentes" (offer- : toire).¦¦¦ 1871—Orfertoiréï 1S72—"Panis' Angelicus", pour ténor, orgue, harpe, violoncelle et contrebasse.1871-1872—"Rédemption" poème symphonique en 3 parties pour sop.solo, choeur et orchestre.(Réduction de piano par l'auteur).1872—"Passez, passez toujours" (V.Hugo) mélodie.1S72—"Veni Creator, (duo) ténor et basse.1873—"Lied", mélodie.1S73—Prélude, fugue et variation pour harm, et piano.1874—"Rédemption" (2ème édition).Nouveau morceau symphonique et choeur d'hommes ajouté.1876—-"Los Eolides", poème symphonique pour orchestre.1S78—Trois pièces pour grand orgue.Fantaisie en la cantabile.Pièce héroïque.1S7S à 1S79—Quintette en fa mineur pour piano, 2 violons: alto et violoncelle.1879—-"Lo Vase brisé", mélodie.1SG9 à 1879—"Les Béatitudes", oratorio en huit parties et un prologue.Réduction pour piano par l'auteur.1SS1—"Rebecca", scène biblique pour soli, choeur et orchestre.Réduction pour piano par l'auteur.1S82—"Le Chasseur maudit", orchestre.Ait.pour piano à quatre mains par l'auteur.1SS4—"Nocturne", mélodie.ISS J—"Les Djinns", pour piano et orchestré; arr.à 2 pianos par lauteur.1881—Prélude, choral et fugue pour piano.1SS2-1SS5—"Heilda", opéra en 4 actes et un épilogue.1S85—Variations symphoniques pour piano et orchestre; arr.à 2 pianos par l'auteur.1SS5—Danse lente pour piano.ISSU—Sonate pour piano et violon.1S86-1SS7—Prélude, Aria et Final pour piano.18S7-1SS3—"Psyché" pour orchestre et choeur.1SSS—"Hymne" pour 4 voix d'hommes.1SSS—Cantique (avec cor).1SS8—"La Procession" (Brizcux), mélodie; arr.original pour orchestre.ioSS—"Les cloches du Soir" (Daudet) mélodie.1SS3—Six duos pour choeur à voix égales.1) "L'Ange Gardien"; 2) "Aux petits entants" (A.Daudet) ; 3) "La Vierge à la Crèche" (A.Daudet); 4) "Les danses de Lormont" (Mme Desbordes-Valmore) ; 5) "Soleil".(Guy Ropartz) ; G) "La chanson du Vannier" (A.Theuriet).13SG-1S3S—Symphonie en ré mineur pour orchestre.ISS—"Lé "premier.sourire de mai" (.choeur pour 3 voix de femmes).1SS9—Andantino pour grand orgue.1SS9—"Prélude et prières" de Chs V.Al-kan ; arr.pour orgtfe.1SS9—Quatuor en'ré majeur pour 2 violons, alto et violoncelle.1SSS-1S90—"Ghisële".drame' lyrique en 4 actes.1SS9-1S90—L'organiste (59 pièces pour harmonium).1S90—Trois chorals, pour grand orgue : 1) En mi; 2) en si mineur; 3) en la mineur.LES DANGERS DE L'INDUSTRIE PHONOGRAPHIQUE (suite de la page 10) là: un engin bruyant, aux sonorités de limonaire et, aux basses hypertro-phiques.Car telles sont paraît-il les préférences musicales du Français moyen.On voit combien il est urgent que l'élite civilisée surveille de près l'évolution d'un art sur lequel pèsent encore tant de menaces.Dans l'intérêt même de Vulcain et de : Mercure, ceux-ci doivent être défendus contre la tentation de s'emparer des attributions d'Apollon.\ Conservatoire R AC ICO T **?fondé on 1 !i] i) V jn.st i tu lion niu.^calc dos plus modernes.enseignement généra I de lu *ï musique piano, chant, vit-ion, violonr-elîf.-.instruments i\ vent (boi:i *{* et cuivres».cours d'ensemble tie solfège, de théorie, d'hurmon e et de diction.c1 a sscs e n fa n t i n es ( ('-lèves de g à 15 a.n s ) d e so I f êge e t d e diction.le conservatoire est af f il é aux cours particuliers de m lie ' ,% fr'rijnt-cïerma;"n.«cul établissement d'édurat on patronné par mlle l:inc-J, tôt, fondât rire des cours particuliers el direct r ce des hirondelles, en J, retraite.pour renscigncmcnl.n.s'adresser à .Mlle K A PICOT *> «8-1 J, nu- ST-IMSNIS Tél.: CAlumet 111)1 M Sanadian institute of Music " les quar-mellleurs théorie, musique, montreal enseignement général de la musique.stud ins dans tous tiers i\t- la ville.cours complets.méthodes nouvelles.los processeurs montréalais, des deux langues.p.ano, violon, v'oloneellc, alto, chant, etc., solfège, dictée, analyse, harmonie, contrepoint.composition, histoire de la lixamens.concours tic virtuosité.prix de pédagog'e.cours d'en-rejiiulo, ou leçons ind vlduolles.prix spéciaux pour les enfants.bureau rie recommandations et d engagements pour les membres, exéeut ;ï nts' " chanteurs, professeurs et compositeurs.Directeur: KODOLPIIK MAT1UKIT pour informations'appeler : - -MArtiuette IHIiîï — V*GR Stanley.WAlntit 5811 — 3-U« Décurie. Montréal, Août-Septembre 1930 A Paris et à Berlin les musiciens sent consciencieux.Ils se sont avisés qu'il existe une technique radio-phonique et qu'il faut l'apprendre.Ici >on s'en f.Lisons ces quelques "Réflexions sur le Conservatoire" de Paris écrites par M.Emile Vuillermoz et réfléchissons !.Le Conservatoire ne cesse pas d'être une admirable pépinière d'instrumentistes d'orchestre.Nos "bois" et nos "cuivres" jouissent d'un renom international dont on constate le bien fondé lorsqu'on assiste chaque année aux concours de flûte, de hautbois, de clarinette et de basson et aux épreuves de trompette, de cornet, de cor et de trombone.Vraiment, notre école française bat, dans ce domaine, tous les records de qualité.Nous avons entendu cet hiver quelques-uns ces plus grands orchestres du monde; eh bien ! pas un d'entre eux ne possédait des instrumentistes d'harmonie ayant cette finesse de métier et cette extraordinaire couleur de timbre.A ce propos, exprimons le regret de voir que l'on tarde tant à ouvrir au Conservatoire une classe de saxophone.Les beaux instruments de.Sax sont, on le sait, nés à Paris.Les Français ne les connaissent que parce que depuis quelques années : les jazz nègres venus d'Amérique nous ont révélé toutes les ressources cie ces splen-dides violoncelles cle métal.Il est d'ailleurs paradoxal de voir qu'une ressource musicale de cette importance soit uniquement utilisée par les orchestres de dancing alors que ces pathétiques instruments devraient trouver place dans tous nos grands orchestres symphoniques.Cette place, ils l'auront bientôt.Déjà on ne peut plus jouer l'admirable Boléro de Ravel sans aller chercher dans nos music-halls ou dans nos restaurants de nuit des spécialistes du saxophone-sopranino en fa, ciu saxophone soprano en si bémol et du saxophone ténor.Pourquoi, dans ces conditions, ne pas se préparer méthodiquement à cette évolution de notre matériel orchestoral en formant des instrumentistes capables de réaliser la pensée de nos compositeurs qui, de plus en plus, feront appel à ces timbres émouvants dont nous n'avons" pas besoin de vanter la valeur expressive.L'ouverture d'une classe de saxophone au Conservatoire est une création qui s'impose.Une autre chaire devrait également être créée sans retard; c'est celle de la technique radiophonique.Cet enseignement existe au Conservatoire de Berlin.Il y a là une classe ou l'on apprend aux élèves, et tout particulièrement aux élèves chanteurs, l'art de se servir du microphone.Cela n'a l'air de rien, mais c'est tout de même une initiative d'une importance capitale.Le microphone, c'est l'embouchure mystérieuse de cette trompette féerique dont les sons se gravent dans la cire ou font le tour du monde-sur l'aile invisible des ondes.S'initier à la pratique de ce délicat instrument électrique présente autant d'intérêt artistique que de cultiver l'anche du hautbois ou ce la clarinette.Chez nous nos plus grands artistes éprouvent un certain embarras lorsqu'on les place devant cet étfang.aspirateur du son qui les vide de leurs pensées.Ils ignorent en effet quelle est la bonne technique de l'émission et de l'articulation dans un studio.On est un peu effrayé de l'empirisme qui règne dans ces laboratoires musicaux alors que la captation du son devrait être organisée avec une précision scientifique.Pendant ce temps, nos voisins s'organisent et s'efforcent cle résoudre ces problèmes dont nous nous désintéressons.Et, dans quelques années, si nous persistons dans notre indifférence, on ne trouvera plus pour se servir convenablement d'un de ces miraculeux porte-voix, qui font entendre leur commandement dans tout l'univers, que des artistes allemands dont la supériorité éclatera sur tous leurs collègues français.Au moment où le cinéma sonore et parlant exige tout un personnel nouveau, au moment où cette carrière prodigieuse s'ouvre à nos jeunes artistes, nous réclamons la création immédiate d'une "classe de micro" au Conservatoire.Elle rendrait, non seulement aux élèves, mais à toute l'influence artistique française dans le monce les plus précieux services.Nous avons la chance en ce moment de posséder aux Beaux-Arts un sous-secrétaire d'Etat qui comprend admirablement et aime profondément la musique.N'avons-nous pas le devoir de profiter de cette situation un peu paradoxale pour adjurer respectueusement M.Eugène Lautier de prendre en considération ces deux voeux dont l'importance ne saurait lui échapper ?Il faut créer sans retard au Conservatoire de Paris une classe de saxophone et une classe de radiophonie.C'est un geste qui s'impose dans notre intérêt national.Et si un ministre 17 de l'Instruction publique hésitait à s'engager dans cette voie, c'est le ministre du Travail qui, soucieux des crises que prépare le développement formidable de la musique mécanique, devrait exiger cette double création appelée à rendre, dans quelques années, à notre pays des services inappréciables.Auprès de cette question qui semble accessoire, le résultat des concours de la rue de Madrid paraît relativement peu important.Il faut se-voir regarder les choses en face.Nous avons eu, cette année par exemple, une floraison magnifique de violonistes et tout particulièrement de violonistes femmes.Voilà le résultat de l'engouement créé depuis quelques années chez les humbles autour d*une carrière qui assurait une rémunération facile grâce aux innombrables orchestres de cinémas.Or, les orchestres de cinéma sont chassés l'un après l'autre de nos salles obscures par le poste d'émission sonore.Que vont devenir tous ces jeunes violonistes dont la plupart n'avaient pas autre espoir ?Cette question économique ne domine-t-elle pas toutes les autres ?Actuellement, notre enseignement musical officiel n'a pas encore pu se soustraire à la force terrible de la vitesse acquise.Mais le moment n'est-il pas venu, en présence de la révolution qui se prépare, d'enrayer cette impulsion et de songer à sauvegarder, par une organisation meilleure et plus adaptée aux besoins actuels de la civilisation, les intérêts vitaux de notre art et de nos artistes ?Emile VUILLERMOZ.BAYEUR FRERES "LUTHIERS Violon primé au concours de Parla.1921 Hautement recommandé par le célèbre violoniste Alfred DeSève,3 1853 AJUTETtST — Tél.FRontênnc 4282 — MontTéJ»! J.G.YON L.J.Doucel.prop.'.ÏJ'iS St-Denis, Montréal.Tél.HArb.280*2 Endroit par excellence où l'on peut se procurer le plus beau choix de musique classique, piano solo, chant, violon, violoncelle, musique relitreuse, chants canadiens, traités d'harmonie, littérature musicnle, et toute la musique demandée par les différents Conservatoires, y compris les éditions Durand.Schirmer, Wood, â.des prix défiant toute compétition.Nouveau rayon de phonographes et disques Starr-Gennett.Remises spéciales aux Communautés Religieuses et aux Professeurs.Service courtois.Une visite a notre magasin vous convaincra du choix de musique varié que nous sommes en mesure de voua offrir- Ireflexions sur le I i CONSERVATOIRE DE PARIS! 18 Montréal, Août-Septembre 1930 MISTINGUETT Ellle n'est pas qu'une artiste; elle est aussi directrice générale et administratrice déléguée de la firme "Mistinguett".C'est un rude labeur et une lourde responsabilité.A neuf heures, le courrier est apporté au lit, sitôt après le petit déjeuner, par deux secrétaires.— Combien de lettres?— Ce matin deux cent soixante-trois.Demandes d'emplois, demandes de secours à examiner.le "courrier piqué" (lettres de fous) à détruire.— Une proposition de Y Admirai Palaz de Berlin : trente mille francs par jour.— Le Quinquina Grenu sollicite une signature à reproduire.La maison Moulinier propose un contrat pour une ligne : "Les pâtes Moulinier m'épatent".Il y a des tarifs : cinq mille francs par an pour la signature simple et vingt mille pour l'attestation.— Et dire, soupire Mistinguett, que je me nourrirais uniquement de cuisses de grenouilles poulette et de queues de cochon grillées ! On offre encore une limousine gratuite avec chauffeur, essence, pneusr réparation et entretien à la charge de la maison, mais l'exclusiveté est déjà accordée à une autre marque.Lettres d'auteurs, de directeurs, de metteurs en scène, de dessinateurs, de fournisseurs.Mistinguett dicte ou indique les réponses.Il faut se presser! Après le bain, une demi-heure d'équitation.une demi-heure de gymnastique; il y a, ce matin, la visite du photographe et l'on doit déjeuner chez le producer pour discuter de la prochaine revue.Après le déjeuner, l'avocat, l'agréé pour le règlement de quelques procès.Enregistrement de disques de studio.Essais d'air nouveaux chez un compositeur.Répétition d'une scène inédite sur le plateau.Enfin, sept heures! La journée a été bien remplie.La nuit commence.Miss s'installe dans sa loge du Moulin.Le repas est servi.Le directeur, le régisseur, le chef d'orchestre profitent de cette pose pour discuter un projet, mettre au point un détail, supprimer un rôle, modifier un défilé.Elle est la grande patronne.Elle a réglé la revue.Cela a commencé il y a plusieurs mois par le conseil de revision des petites femmes.On dit: "Je suis femme nue!" Encore faut-il le prouver ! — Déshabille-toi ! — Eh bien, mon petit, tu n'es pas du tout femme nue! donne toujours ton adresse à Monsieur, on te convoquera peut-être pour les mannequins.Miss a fait déshabiller cent femmes avant d'en choisir vingt.Elle a choisi les étoffes, réformé les dessins, présidé aux essayages.Les rideaux et les costumes sont les dernières oeuvres d'un jeune peintre qu'elle a découvert.Elle a ordonné l'alternance des tableaux, des sketches et des attractions.Elle a veillé à tout, et elle continue : — Passe-moi les épingles ! Le jour de la première, elle habillait elle-même les girls.Elle interpelle une figurante : — Tu n'as plus de savon chez toi?trotte te laver les bras et îles épaules ! A la centième, elle passe la revue des godillots.— Toutes les chaussures sur les planches.Les "godillots" de lamé et de satin sont défraîchis, troués.Elle note «eux qui restent présentables et ordonne au régisseur de renouveler les autres.Miss m'explique: — On prétend que je suis sévère, mais je veux qu'on respecte le public.Minuit.Le Moulin éteint ses ailes rouges.Miss qui vient de faire douze "changements" pour ses douze rôles a enfin revêtu une robe de ville.Le chauffeur attend.Elle a signé avec le "Rossignol"; ellle doit souper par contrat ! A trois heures, elle se couche et s'endort.ET LUI !.Il est dix heures.On regarde sa montre, on consulte le programme et l'on dit: — Eh bien ! Chevalier.où est-il?— D'abord un pot-pourri à l'orchestre des chansons populaires de Maurice, ensuite les chansons elles-mêmes mises en scène en images vivantes mimées ou chantées par des artistes anonymes.Une petite angoisse saisit le spectateur.l'heure est venue.Maurice va sûrement paraître !.Il paraît.Entre deux rideaux, rien que la tête d'abord, coiffée du célèbre chapeau canotier.Puis le corps.Le voici en entier.Maintenant toutes les scènes où il ne paraît pas ressemblent à des trous.Le spectateur est vorace.Il a payé cher, il veut manger son Chevalier jusqu'au dernier os.'*L2:i% Maurice Cheval ier Montréal, Août-Septembre 1930 JOSEPHINE BAKER Allelujah! Mon frère noir, pour bien comprendre l'étendue et la portée de ta revanche, il convient de méditer sur le miraculeux destin d'une pauvre petite négresse fille du jazz et par le jazz divinisée.Joséphine — elle s'appelle Joséphine — dans ses mémoires a proclamé: "Je fais tourner mon épaule comme une roue de machine dans la chair.Je joue aux billes avec mes yeux.J'allonge mes lèvres quand cela me plaît.Je marche sur les talons quand cela me plaît.Je cours à quatre pattes quand cela me plaît.Je secoue tous les regards.Je ne suis pas une pelote à épingles après tout! Je vous raconte qui je suis avec mes mains, mes bras.Je rame dans l'air, je nage dans l'air.Je sue, je saute.et voilà !" Il n'y a pas quinze ans de cela, elle courait en ballons dans Benard Street, une des plus laides rues de Saint-Louis.Nul messager n'avait annoncé à sa mère qu'elle donnerait le jour à une reine.La petite Baker se hâtait en sortant de l'école pour n'être pas battue par les enfants blancs, car elle était méprisée, elle et toute sa race.Ne pouvant s'acheter des bas quand le gel piqua ses jambes nues, elle dansa, d'abord pour ne plus avoir froid.Puis elle dansa pour ne plus avoir faim.Elle était partie pour Broadway.Le directeur du music-hall lui dit : — Revenez demain ! Elle dormit, sans dîner, sur la pelouse d'un parc et le lendemain fut engagée à dix dollars par semaine.C'était le temps où le nègre Buddy commençait d'enthousiasmer les foules en jonglant avec tous les instruments de sa batterie.Le temps où, dans la Caroline du Sud, la modeste ville de Charleston devenait, pour avoir inventé une danse, plus célèbre que New-York et Chicago.La petite Africaine avait compris.Elle allait, à la tête d'une armée noire, coloniser l'Amérique! Pas d'autres soldats que des musiciens et des danseurs! Ainsi, les saxophones du "Syncopated Orchestra" ont abattu de plus hautes murailles que les trompettes de Josué; les jambes des soldats de Napoléon ont gagné moins de batailles que lès jambes de Joséphine Baker.Le fier Anglo-Saxon était conquis par sa conquête, il se courba sous le joug du jazz.Au Plantation Music-hall, Joséphine fut payée cent vingt-cinq dol- JEANNE MARNAC, du théâtre "Apollo" lars par semaine.Madame Reagon lui en donna deux cent cinquante pour venir en Europe.Avec l'offre du double, Madame Dudlay ne put la retenir à Paris.A Berlin, pour l'engager au Deutsches Theater, Max Reinhardt lui proposa vainement une fortune.A Vienne, on lui a dit : — Mille dollars par cachet! Elle a répondu non.Et l'Embrosy Club, de Londres, a télégraphié : — Venez quand vous voudrez.Demandez la somme qu'il vous plaira.En découpant les timbres-postes de tous pays sur les enveloppes des lettres d'amour qu'elle reçoit, elle aurait une collection par courrier.Car il n'y a plus de nation sur la terre où le jazz n'ait étendu son empire ni Joséphine sa séduction.* * * RAQUEL MELLER Je l'ai vue à midi, à Bougival, sur une chaise-balançoire dans les herbes folles de son jardin.Elle paraissait n'avoir rien fait ni rien à faire.Ernest, un âne inculte et paresseux, au poil long, tout humide de s'être roulé dans le pré, avait posé sa grosse tête sur la tabMe et lampait d'une langue monstrueuse les miettes du déjeuner.Le perroquet Jacquot, qui joua jadis une pièce de M.Maurice Rostand aux Bouffes-Parisiens, s'égosilllait sur son perchoir à chanter Valencia.A la Gran Pena, une pauvre maison de danses de la banlieue madrilène, sur une scène étroite, mal éclairée par une rampe aux lampes brûlées, les filles assises, drapées chacune dans son châle de soie.L'une, au premier plan, emportée par le maigre orchestre et s'aidant de castagnettes provoque des yeux, du torse et de la voix un public clairsemé.Les autres, indifférentes, attendent leur tour de "cession".Chaque fille doit faire huit "cessions" l'après-midi, de quatre à sept, et de neuf heures du soir à une heure 19 du matin.On ne connaît même pas leurs noms, elle sont danseuses et chanteuses anonymes.Un spectateur dont les vêtements corrects contrastent avec la tenue négligée des habitués, revient depuis plusieurs jours tout seul, et, lorsque la fille qui occupe au fond de la scène la quatrième chaise se lève, il est déjà près d'applaudir.Par son regard, par son accent, par son rythme, cette femme éclaire soudain d'une lueur d'art la sombre salle.Personne ne s'en aperçoit-/ sauf le fidèle inconnu.Un jour, le spectateur et la fille disparaissent en même temps.Ils sont partis pour Paris, où le spectateur est en relations avec un directeur de music-hall.— Faites-moi l'amitié de la voir et de l'entendre, supplie le manager improvisé.On prend rendez-vous pour déjeuner dans un restaurant où la petite chanteuse espagnole attendait son son protecteur.Elle était timide, ne comprenait pas un mot de français.Elle apparaissait banale, jolie surtout par sa jeunesse, et son exotisme, amusante et gênante par sa sauvagerie, par une sorte de naïveté de femme-enfant un peu affectée.Le directeur sourit, sceptique, mais il accepte de conduire ses hôtes dans le studio pour une audition.L'homme se met au piano.La femme chante El Relicario, puis Le Pendu.Le visage de l'artiste est devenu grave, douleureux, désespéré.On ne peut dire si elle a une voix de tête ou de poitrine :.elle a une voix d'âme.Elle mime et chante l'horrible aventure d'une femme qui assiste à l'exécution de son amant.Elle joue avec sa chair et son sang, elle est l'amour et la révolte.L'audition achevée, la tragédienne reprend sa figure de petite fille grondée, un peu inquiète de l'effet produit.Le directeur lui dit : — Vous êtes une grande artiste ! La chanteuse anonyme de la Gran Pena porte aujourd'hui un des noms les plus notoires du music-hall.Je peux fournir mes références.Le directeur s'appelle M.Paul Franck; le spectateur perspicace était le romancier Gomez Carillo et l'artiste révélée Mademoiselle Raquel Meller.Studio île rOui>st : Studio tic VEst : 1205 STANLEY, Av>l>t.5 801 OHEKRTER pros Ste-Cathcrlne près St'-Hubert M™ M.B.LIPPENS- RICARD Membre du Can.Inst, of Music PROFESSEUR DE PIANO—THEORIE, SOLFEGE HARMONIE Enseignement en Anglais et Français Préparation aux examens ;\ tous les degrés Lundi et Jeudi: 1 tl 10 p.m.Mercredi: 2 i\ 8 p.m.Tél.MArquette 4832 Tél.FAlkirk 20-19 20 I LE CINEMA DANS LA I ! VÏE FUTURE t Les fauteuils sont assez bons.Le confort américain.Le confort des fesses.Un confort purement musculaire et tactile.Si je quitte les images une seconde, si je lève les yeux au plafond, j'aperçois un ciel où clignotent des étoiles et que parcourent des nuées légères.Bien entendu, c'est un faux ciel, avec de fausses étoiles, de faux nuages.Il nous verse une fausse impression de fraîcheur.Car, ici, tout est faux.Fausse, la vie des ombres sur l'écran, fausse, l'espèce de musique répandue sur nous par je ne sais quels appareils torrentueux et mécaniques.Et qui sait ?fausse, aussi, cette multitude humaine qui semble rêver ce qu'elle voit et s'agite parfois, sourdement, avec des gestes de dormeur.Tout est faux.Le monde est faux.Je ne suis peut-être plus, moi-même, qu'un simulacre d'homme, une imitation de Duhamel."Evidemment, que l'officier de la garde ait souffleté ce libre paysan, voilà qui n'est pas tolerable." Je sens encore toutes les parties de mon corps, mais je commence à ne plus très bien sentir mon âme.Tout à fait comme chez le dentiste.La place de mon âme devient dure, étrangère, douloureusement étrangère.Est-ce qu'on va me l'arracher, mon âme, comme chez le dent."Que le jeune paysan se révolte! Il a bien raison.Et qu'il fuie son indigne patrie, qu'il imite ses frères aînés et s'embarque à son tour pour la libre Amérique." Je ne peux déjà plus penser ce que je veux.Les images' mouvantes se substituent à mes propres pensées.La musique.C'est vrai! La musique! Qu'est-ce donc cette musique ?On l'entend sans l'écouter.Elle coule comme le vent, elle passe comme un invisible vent.Allons ! un effort de protestation.Que j'écoute cette musique et non pas seulement l'entendre.Je le sais bien : c'est, de la fausse musique.De la musique de conserve.Cela~ sort de l'abattoir à musique comme les saucisses du déjeuner sortaient de l'abattoir à cochons.Oui ! Il doit y avoir, là-bas, quelque part, dans le centre du pays, une immense bâtisse de brique noire, enjambée, pourfendue par les arches d'un elevated.C'est là qu'on tue la musique.Elle est égorgée par des nègres, comme les gorets du middlewest.Elle est assommée par des brutes lasses, à moitié endormies.On la dépèce, on la sale, on la poivre, on la cuit.Cela s'appelle "les disques".C'est de la musique en boîtes de conserve.Attention ! Attention ! Je viens de reconnaître.Quoi donc, grands Dieux ! Ce torrent bourbeux charrie tant de choses ! Du recueillement ! Du calme ! Je ferme les yeux pour éloigner les images, pour écouter avec force et sévirité.Ah ! je ne suis pas encore un ilote.Je ne suis pas d'ici.Je suis un homme libre.Je fais encore ce que je veux.Je sais encore ce que je sais.Voilà : c'est une sorte ce pâte musicale anonyme et insipide.Elle passe, efle coule.Elle est truffée de morceaux connus, choisis probablement pour leurs rapports momentanés au "texte" cinématographique.Les fiancés doivent traverser l'écran, car, de cette mélasse musicale, surgit tout à coup la marche nuptiale de Lohengrin.Dix mesures, pas plus.Par quel miracle s'enchaîne-t-elle soudain à la Symphonie militaire de Haydn ?C'est, sans doute, que l'écran vient de vomir un défilé d'infanterie.Ouvrons l'oeil et vérifions.De la cavalerie, maintenant ! J'aurais dû m'en douter : voici le premier allegro de la symphonie en la de Beethoven.Puis, de nouveau, la fi- Montréal, Août-Septembre 1930 landreuse pâte intermédiaire.Et pourtant.Ma parole ! Nulle erreur possible.Est-ce parce qu'on s'embrasse, là-haut, que ces charcutiers ont osé glisser quatre mesures de Tristan ?Puis la mé'asse, encore.Et quoi ! Ah ! misère ! La Symphonie inachevée ! Trésor et victime des cinémas.Pauvre Symphonie ! Elle n'a jamais été plus gravement inachevée qu'ici.Et quoi ?Déjà le jazz ?Et il n'y a personne pour crier à l'assassin?Cette foule somnole, mâche de la gomme, rote, soupire, lâche parfois un rire intestinal, digère clans l'ombre en contemplant les images hystériques.Et nul ne crie à l'assassin ! Car, ici, on assassine les grands hommes.Toutes ces oeuvres que nos avons, dès l'adolescence, balbutiées avec notre coeur plus encore qu'avec nos lèvres, tous ces chants sublimes qui furent, à l'âge des grands amours, notre pain, notre étude et notre gloire, toutes ces pensées qui représentaient la chair est le hachées,1 mutilées.Elles passent, sang de rios maîtres, on les a dépecées, maintenant, comme de honteuses épaves, sur ce flot de saindoux tiède.Et il n'y a personne pour crier au meurtre.Moi-même, je ne crie pas, COUPON D'ABONNEMENT "LA LYRE", 987, boulevard St-Laurerit.Montréal.Date.Ci-inclus la somme de $.pour bonnemenl de.à "La Lyre" un a commençant avec le mois de.Indiquez îe mois s.v.p.Nom.Adresse.Ville.Prix d'abonnement Six mois: $1.50 — Un an: $2.50 — Deux ans: $4.50 Le numéro : 25c — Anciens numéros : 35c Montréal, Août-Septembre 1930 je ne souffle pas mot.Tout ce que j'aimais.Le robinet de musique est ouvert.Le robinet d'images aussi.Cela continue, là-haut.Ou plutôt, cela se termine.Deux visages dont le grossissement montre le maquillage, la vaseline, la laideur, les saletés, deux visages s'approchent, lentement et se joignent, bouche à bouche.Parker P.Pitkin se penche vers mon oreille et murmure : — Il y a une nouvelle loi.Cela ne peut exéder sept pieds.— Quoi ?— Le baiser sur la bouche.Autrefois, ces baisers duraient si longtemps qu'on a fait une loi.Pas plus de sept pieds.— Je ne comprends pas.— Eh bien, pas plus de deux mètres vingt, environ, sur la bande, sur le film.C'est déjà considérable.Réfléchissez.Je ne peux pas réfléchir : trop de bruit, trop de mouvement.Les gens entrent et sortent sans cesse.Nulle songerie n'est possible.Ce n'est pas une salle de spectacle, c'est un vestibule, un courant d'air, une place publique, une salle des pas perdus, des heures perdues, de toutes les espérances et de toutes les illusions perdues.C'est un divertissement d'ilote, un passe-temps d'illettrés, de créatures misérables, ahuries par leur besogne et leurs soucis.C'est savamment empoisonnée, la nourriture d'une multitude que les puissances de Moloch ont jugée, condamnée et qu'elles achèvent d'avilir.Un spectacle qui ne demande aucun effort, qui ne suppose aucune suite dans les idées, ne soulève aucune question, n'aborde sérieusement aucun problème, n'allume aucune passion, n'éveille au fond des coeurs aucune lumière, n'excite aucune espérance, sinon celle, ridicule, d'être un jour star à Los Angeles.Le dynanisme même du cinéma nous arrache les images sur lesquelles notre songerie aimerait à s'arrêter.Comme les pires caresses mercenaires, les plaisirs sont offerts au public sans qu'il soit besoin d'y participer autrement que par une molle et vague adhésion.Ces plaisirs se succèdent avec une rapidité fébrile, si fébrile même que le public n'a presque jamais le temps, de comprendre ce qu'on lui glisse sous le nez.Tout est disposé pour que l'homme n'ait pas lieu de s'ennuyer, surtout ! pas lieu de faire acte d'intelligence, pas lieu de discuter, de réagir, de participer d'une manière quelconque.Et cette imachine terrible, compliquée d'é-blouissements, de luxe, de musique, de voix humaines, cette machine d'abêtissement et de dissolution compte aujourd'hui parmi les plus étonnantes forces du monde.J'affirme qu'un peuple soumis pendant un demi-siècle au régime actuel des cinémas américains s'achemine vers la pire décadence.J'affirme qu'un peuple hébété par des plaisirs fugitifs, épidermiques, obtenus sans le moindre effort intellectuel, j'affirme qu'un tel peuple se trouvera, quelque jour incapable de mener à bien une oeuvre de longue haleine et de s'élever, si peu que ce soit, par l'énergie de la pensée.J'entends bien que l'on m'objectera les grandes entreprises de l'Amérique, les gros bateaux, les grands buildings.Non ! Un building s'élève de deux ou trois étages par semaine.Il a fallu vingt ans à Wagner pour construire la Tétralogie, une vie à Littré pour édifier son dictionnaire.En France, les intellectuels, et notamment les écrivains et les artistes, ont une grande part dans les tâtonnements et les mésaventures de cette manière d'art mort-né.Le cinéma, chez nous, a fait ses débuts dans un temps où la mora'le romantique gouvernait encore cette société des lettres et des arts qu'il serait bien abusif d'appeler en toutes circonstances le monde de la pensée.Quels que fussent ses ridicules, cette morale romantique avait de la noblesse.L'artiste s'estimait chai-gé de grands devoirs et de hautes responsabilités.Il s'attribuait le privilège d'arbitrer les plaisirs de la foule, de les désavouer parfois, d'en faire, toujours, au nom de l'esprit, une sévère critique.Un tel artiste avait son ciel, ses joies, ses délices.Il était fier et se voulait pur.On a beaucoup ri de cette attitude et c'est tant pis.Un moment venu, nombre d'intellectuels, las de se raidir et de s'ennuyer dans la tour d'ivoire, ont goûté sans vergogne aux plaisirs ordinaires de ce peuple et de cette bourgeoisie qu'ils avaient si rigoureusement censurés.Ils ont découvert que, somme toute, pour des âmes vacantes, le café-concert et le cinéma n'était pas 21 dépourvus de ressources.Us ont, quelque temps, boudé contre leur ventre.Puis ils se sont enhardis, assurés.Ils ont résolument abandonné leurs loisirs à des divertissements non pas honteux, sans doute, mais infructueux, mais vulgaires.Comme il fallait sauver la part de l'orgueil, ils ont bientôt publié que le cinéma était un art, puisque de grands artites, puisque des artistes illustres s'y plaisaient.D'où cette littérature de sottise et de flagornerie qui tient tant de place dans les revues et clans la presse.Du même coup, c'était tranquiliser le foisonnant public demi-cultivé qui n'attend qu'un mot, qu'un geste, qu'une excuse pour se livrer sans remords à ses appétits.-— o- Madame ARGENTINA (suite de la page 15) tée subtilement calculée ou devinée;* chaque franfreluche est, chez elle, du théâtre; elle est choisie en fonction de la donnée.Tenez : ce pas typique, inévitable, qu'est le "dégagé rond de jambe" la jambe se portant à la demi-hauteur cependant que le genou lui imprime un mouvement de rotation, il a un sens quand il soulève et gonfle cette longue crinoline et il en a un autre quand il fait bouillonner follement les festons déchiquetés du cotillon dans la danse ibé-rienne de Nin; les manches flottantes de ce costume déterminent des ports de bras tout différents de ceux que prévoient les manches ajustées et brèves de la meunière.Et ces espadrilles blanches que nouent des cordons noirs croisés sur la cheville, tout comme le sont les pas mêmes de la "jota" ?Et cette surprise de la robe blanche qui annoblit la "corrida" et la soustrait soudain à la bigarrure du folklore '?Décidément, parlons chiffons ! Mais déjà la place me manque; et je n'ai fait qu'effleurer quelques à côté d'un sujet qui m'enchante par la variété indéfinie de ses aspects et métamorphoses.André LEYLNSOiV.Tél.Ijincoster.3453 fj.E.LEMIEUX t Reparations de tout instrument 'Jjl de musiQus ^ftr .1554 ST-DENIS.MONTKÈAt AVOCAT Chambre «02.EDIFICE VERSAILLES 60 RUE S.VTNT-JACQUES Tél.HARBOUR 0151 MONTREAL DEMETRIUS BARIL -:- Avocat -:-OLIVIER BEAUDRY PROFESSEUR DE VIOLON du Conservatoire de Booton Stuilio: 350 SHERBROOKE Est, Montréal Tél.: LAncaster 5S13 22 Montréal, Août-Septembre 1930 | Une femme chef d'orchestre | Mme Jane Evrard fit, salle d'Iéna, ses débuts de chef d'orchestre, au profit d'une oeuvre de bienfaisance.Une femme chef d'orchestre! Vous imaginez avec quel scepticisme les hommes présents attendaient de voir une faible femme exercer son autorité sur des instrumentistes, avec quelle férocité les spectatrices s'apprêtaient à éplucher la robe de "la" chef d'orchestre! Se montrer de dos au publlic, pour une femme, quel problème.Ellle parut, et tout le monde fut désarmé.Si toutes les femmes chef d'orchestre doivent être aussi jolies, aussi minces, aussi blondes, avec quels transports d"enthousiasme ne seront-elles pas accueillies! Il est presque déloyal d'avoir tant de grâce.Les hommes applaudirent Mme Evrard pour son charme, les femmes pour avoir su trouver cette juvénile toilette noire, ravissante et chaste, qui ne laissait à nu que deux bras/ minces et musclés de jeune sportive.Lorsque ces bras se levèrent avec décision pour attaquer le Concerto Grosso de Haendel, les musiciens à leur tour furent étonnés de trouver chez Mme Evrard une autorité persuasive et un goût musical aussi sûr.Elle recherche les accents nets, rythmés, dédaigne toute mièvrerie, et craint presque trop de se montrer féminine.Si ellle persévère dans sa vocation, nous pouvons beaucoup attendre d'elle.Tous les vendredis midi, la maison Archambault nous fait entendre des disques dont le choix est très distingué.Ecoutez-les ! Mlle Camille Bernard est revenue en ville après s'être bien reposée dans la grande paix des bois.On dit que nous aurons le plaisir de l'entendre bientôt dans un concert.En attendant, l'artiste continue à se dévouer à l'oeuvre du "Théâtre des petits".Elle a maintenant deux classes assez nombreuses à diriger.Les maîtres Arthur Letondal et Frédéric Pelletier ont dû prendre un repos complet durant l'été.Pas de grands concerts annoncés encore pour la saison qui vient, si ce n'est celui de M.Paul-Emile Corbeil.Une oeuvre qui constituera certainement une date dans l'évolution du théâtre musical est "Christophe Colomb" de Darius Milhaud et Paul Claudel.Elle a été créée à Berlin et sera peut-être exécutée à New-York Îu cours de la saison prochaine.C'est ne oeuvre étonnante, d'une envergure puissante.Nous en reparlerons.M.Arthur Letondal reprendra ses cours lundi, le 1er septembre 193C, à son nouvetu domicile No 1477, rue Chomedey, app.3.A tous ceux qui nous enverront trois abonnements à "La Lyre", nous promettons un album contenant 10 pièces des meilleurs auteurs.Docteur en Musique Organiste de la Cathédrale ENSEIGNEMENT 1477, rue CHOMEDEY.Tél.WI.8835 LA "REVUE POPULAIRE" est réellement la plus grande revue canadienne.Elle est d'une très belle terme et fort intéressante à lire en entier.f Mme EDMOND TRUDEL f •t* Enseignement du Chant ?:• Y Concert Y M.EDMOND TRUDEL Enseignement du Piano Concert, Musique de chambre, Accompagnement * 1551, rue St-JIarc Tél.Uptown 5820 * MUSIQUE A.J.BOUCHER Enrg.20 est, rue Notre-Dame, MONTREAL Noua avons toujours en mains des méthodes de piano, de chant, de musique Instrumentale, des exercices, des traités de solfège et d'harmonie, etc., hautement recommandés par nos meilleurs conservatoire^, nos Ecoles de Musique et nos Maison d'Education.: La Maison est connue pour remplir les commandes avec une promptitude qui vous donnera entière satisfaction.Téléphone: Lancaster 3001 UNE A U B A i NE ! Chaque numéro de l'Album Musical contient un beau choix que nous expédierons sur réception de 35 sous par album.Adressez vos commandes à "La Lyre", 987 boulevard Saint-Laurent, Montréal.No 37 Un mot d'amour, piano.L.-J.OSCAR FONTAINE Elévation, orgue ou harmonium.P.CHASSANG Valse Caprice, piano.NORMAN TELLIER Rêves d'enfant, chant.BOTREL-LETOURNEAU At Sunset, piano.PAOLO CONTE No 38 Chant sans paroles, piano .GEORGIA CARPENTER Alla Tarantella, piano.ALFRED J.THOMPSON Chanson de Magali (extrait de "Mireille") .GOUNOD Prélude, orgue.A.CUSCO No 40 Fifth Nocturne, piano.J.LEYBACH Idylle, violon et piano .CECIL BURLEIGH C'est le Printemps, chant, PAULINE FRECHETTE et CHAS P.RICE Couplets du mousse ("Cloches de Corneville"), PLANQUETTE No 41 Sarabande, piano.J- S.BACH Message d'amour, duo pour piano .JULES DEVAUX Le Roman de Suzon, piano et chant.HENRI MIRO Gavotte in G Major, piano .J.S.BACH No 42 Solfeggietto, piano .PHIL.EM.BACH Spinning Song, piano.MENDELSSOHN Je ne veux pas autre chose, chant .GEO.M.BREWER Aveu fleuri, chant.LOZEAU-LATOURELLE No 43 Ecoutez bien, chant .ANT.BORDET et A.DESSANE A l'Etoile, piano.S.B.PENNINGTON Un Canadien Errant, chant.A.GER1N-LAJOIE No 44 Ave Maria, violon ou mandoline.SCHUBERT Si j'étais l'oiseau, chant.WILDER-CHOPIN Luxor ou la Vallée des Rois—No 1, Profanation, piano, HENRI MIRO Andante in F, piano.L.VAN BEETHOVEN Les CATALOGUES de G.SCHIRMER, NEW-YORK INC.répondent à tous les besoins de l'enseignement musical, depuis le début au jardin de l'enfance jusqti'au Professorat.LIBRAIRIE DE MUSIQUE CLASSIQUE des chefs-d'oeuvre de la musique, renommée danB le monde entier.Lei 1616 volumes déjà parus couvrent complètement l'Enseignement de la musique Vocale et Instrumentale.SERIE "SCHOLASTIC" Nouvelle série d'Etudes nouvelles copyriphtées pour Chant et Musique Instrumentale, du grade le plus facile à la plus grande difficulté- Bile est composée par les Professeurs les plus renommés.OEUVRES CHORALES POUR LES ECOLES Série nouvelle de 200 Choeurs pour Etudiants, exactement ce qui corvient dans les diverses Fêtes scolaires et les Clubs, depuis les écoles enfantines Jusque dans les Ecoles avancées et les Universités.Choisis, r*vmée et éditée par RALPH U.BALDWIN.CHANT SOLOS POUR TOUS LES INSTRUMENTS METHODES LIVRES DE THEORIE ANNONCEZ DANS "LA LYRE" Vous serez émerveillés des résultats obtenus.MATERIEL D'ORCHESTRE de la Classe enfantine aux Sociétés Sympnoniques L'Edition Schirmer se trouve che\ les principaux marchands de musique.Nous donnerom volontiers leurs noms.G.SCHIRMER, INC.3 East 43rd St„ New York Ondulation Permanente L'ondulation a entièrement éliminé tous les produits chimiques violents, préjudiciables.Soyez parfaitement ondulée grâce à notre Méthode perfectionnée.Punde & Boehm 1459 rue Metcalfe, Montréal Tél.Lancaster 8383 —
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