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Titre :
La lyre
La vie musicale au Québec entre 1922 et 1931. [...]

Le premier numéro de la revue La Lyre, dont le sous-titre changera plusieurs fois (« Revue musicale et théâtrale », « Publication mensuelle », « Revue musicale mensuelle », « Revue mensuelle illustrée »), paraît en octobre 1922. Le mensuel est édité à Montréal par la Compagnie de publication « La Lyre », propriété de J.-E. Turcot, marchand de musique, qui a pignon sur rue au 3, rue Sainte-Catherine Est, et des compositeurs Henri Miro et Léo Lesieur. La Lyre annexe en 1927 la revue Le Carillon, consacrée à la « bonne chanson » et dirigée par Charles Marchand. Parmi les nombreux directeurs qui se succéderont à la tête de la publication, citons Raoul Vennat, Jean-Sébastien Lambert et Alice Duchesnay.

Jusqu'en 1924, la revue se consacre à la publication de pièces musicales ainsi qu'à la promotion de la musique et des arts de la scène québécois et canadiens. Par la suite, son rôle principal sera de diffuser et de mettre en valeur la musique du Québec et, plus rarement, celle de la Nouvelle-Angleterre. L'opérette, la chanson populaire et le jazz ont toutes leur place dans la revue. On y met aussi particulièrement de l'avant le piano et l'orgue, deux instruments fort appréciés au Québec.

Outre l'édition mensuelle de partitions de musique vocale et instrumentale, La Lyre propose à ses lecteurs un panorama de l'actualité musicale (au pays et à l'étranger), des profils d'artistes locaux et d'artistes internationaux de passage au Québec, des critiques de spectacles (théâtre, danse, mais surtout musique), la présentation des activités des orchestres québécois, des notices biographiques d'artistes, des leçons d'harmonie, des renseignements sur les instruments de musique et des conseils pour leur entretien.

En plus d'un calendrier des concerts à venir et d'un aperçu des nouveaux enregistrements disponibles sur le marché, La Lyre offre une couverture de l'activité scénique des artistes lyriques canadiens-français au Québec et à l'étranger. Parmi les compositeurs québécois publiés dans la revue figurent Henri Miro, Léo Lesieur, Conrad Bernier et Alfred Mignault. La revue présente aussi une revue du théâtre amateur de langue française aux quatre coins du Québec, ailleurs dans le Canada francophone et en Nouvelle-Angleterre.

La Lyre fait paraître à l'occasion des textes littéraires (nouvelles, contes, poésie, théâtre) d'auteurs comme Robert Choquette, Jean-Charles Harvey et Émile Coderre. Elle offre également une tribune à ses lecteurs, qui livrent par moments des articles très critiques à l'égard du gouvernement provincial, entre autres dans le sillage des débats entourant la fondation du Conservatoire national de musique.

De nombreux articles de fond paraissent dans La Lyre. Par exemple, dans le premier numéro, on s'interroge sur l'avenir du phonographe, compte tenu de l'arrivée de la radio. Au nombre des collaborateurs de la revue, on compte Jean Riddez, Charles Marchand, Maurice Morrisset, l'abbé Pierre Chassang, Jean-Sébastien Lambert, Alice Duchesnay, Roger Champoux, Léo-Pol Morin et Jean Dufresne.

La Lyre a cessé de paraître à l'été 1931. Malgré sa courte existence, elle a joué un rôle majeur dans la promotion de la culture musicale de l'Amérique du Nord francophone. Elle est une précieuse source d'information sur la vie artistique et sur les mouvements musicaux de son époque.

En 1924, le tirage de La Lyre avait atteint 4750 exemplaires.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1984, vol. VI, p. 52.

Éditeur :
  • Montréal :Cie de publication "La Lyre",1922-1931
Contenu spécifique :
no 59
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
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Références

La lyre, 1928, Collections de BAnQ.

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PER LslO CON Mademoiselle Germaine ROUER oui, av'c M.Joubé et M.Joffre, sera l'une des vedettes des représentations du Théâtre de la Porte Saint-Martin en octobre au Majesty's.Mlle Rouer débutera à Montréal 'undi soir le 8 octobre dans le role de la Faisane de "Chantecler".texte Notre enquête, pu H.ins Our-dinc A propos de l'Orchestre à l'Opéra ti à l'Opérette — Tribune libre — Le Solfège, par l'abbé P.Chassang Le Mois musical — "Vox Populi" et "Les Chanteurs de Montréal" — Franz Schubert, par Jeanne Theffry Gabriel Fauré, critique mu- 1 'Un 3 Kl 11.9 Album ilttstcal be Ha Hpre No 59 Contient : Dans tout les cantons (folklore du Canada), chant.Nouvelle harmonisation de HENRI MIRO Caressante, morceau de salon pour piano, L.J.OSCAR FONTAINE La France est belle, chant.MOZART L'Adieu, mëlod.e.chant.FRANZ SCHUBERT mm Je tiens TOUT ce que je promets OUVERTURE DES CLASSES GROS MUSICIENS, n'hésitez pas, allez au magasin où vous trouverez TOUTES les pièces demandées GROS dans les Syllabus de tous les Collèges de Musique: Académie de Québec — Conservatoires National, Racicot et Royal — Dominion College — Schola, etc., etc."l Toute l'Edition Américaine: Ditson — Fischer — Schirmer — "Wood, et Ouvrages d'Enseignement: Méthodes, Exercices, Théories, Solfèges, Traités d'Harmonie.DETAIL L'Enseignement du Piano de Blanche Selva au complet.DETAIL Prix spéciaux aux Institutions Religieuses et aux Professeurs de musique.Musique adressée EN APPROBATION dans TOUT le Canada Pow être au courant de la nouveauté, il faut s'abonner à notre Journal mensuel de Broderie et MUSIQUE .Par an: 25 cts Toujours.en mains tous les morceaux annoncés dans "La Lyre" T> A {~\ TT fi ~\T "TV" TV A.ftp 3770-3772 RTE SAINT-DENIS (anciens 642) AV- ^ ^ V JCJ ±>l ±>l A.A Tél.Harbour 6515-5310 MONTREAL -Assortiment — Compétence — Courtoisie — Prix raisonnables — Service- CHANTS DE NOEL Noëi, choeur à deux voix égales, avec accompagnement d'orgue ou de piano.Abbé P.CHASSANG Prix, 35c Commandes à "La Lyre", 987 blvd Saint-Laurent, Montréal.Les Eriges dans nos campagnes.Jésus de Nczareth.CHS GOUNOD Jour de l'An.FRED.WACHS Les trois réunis en un volume, 50c la premiere maison d'edition americaine Pour la diversité et l'excellence l'EDITION WOOD est suprême.€di//bnWbod Employée exclusivement par un grand nombre de professeurs éminents.AU DELA DE 1,000 VOLUMES DE CLASSIQUES, D'ETUDES ET DE RECREATIONS Choisis pour l'enseignement musical par les plus importantes maisons d'éducation de l'univers.En plus des œuvres classiques les volumes ci-dessous indiqués sont toujours en demande.METHODE DE PIANO SARTORIO En quatre volumes Chacun $1.00 Pièces arrangées de façon systématique et progressive, désignées pour poser des bases solides aux études musicales.LES ETUDES PROGRESSIVES DE LA COMPAGNIE WOOD Cinq Volumes Chacun .75 Primaires, Elémentaires, Supérieures, Avancées.La meilleure série d'études variées que 1 on p-.iisse désirer.OPERA GEM Trois volumes Chacun .75 Arrangements faciles d'extraits d'opéras les plus connus.Appropriés pour l'étude et comme pièces de genre.D'exécution facile et agréable.88, RUE ST.STEPHEN TkeB.F.Wood MUSIC CO.BOSTON, Massachusetts folklore du canada Collection de "La Lyre" Dans tous les Cantons Paroles recueillies par M.].A.MALOUIN Nouvelle harmonisation et arrangement de HENRI MIRO 1 Dans tous les cantons Ya des fill's et des garçons Qui veul'nt se marier, C'est la pure vérité.Les garçons vont les voir Les fill's se réjouissent Le plus souvent le soir; Quand ell's voient leurs amis; Ell's se dis'nt en souriant: Le voilà mon amant ! S'il est complaisant, Vous aurez de l'agrément; Mais s'il est jaloux, Vous n'en aurez pas beaucoup.Combien y en a-t-il De ces méchants maris, Que tout leur intérêt C'est d'aller au cabaret, Pour y passer leur temps à boiï' tout leur argent ! Mais comme cela Tous les hommes ne sont pas: Car tous ces défauts, Pour un seul ce serait trop ! Y en a, assurément, Qui sont plus complaisants : Ils aiment leurs compagnées Puisqu'ils les ont épousées, Ils veulent les soulager: C'est pour se faire aimer.Jeunes fill's, écoutez, Qui voulez vous marier : Votre engagement Vous causera du tourment.Vous prenez un état De pein's et d'embarras; Bien souvent du chagrin, Sans en connaîtr' la fin.Qui vous fia regretter La maison qu'vous quittez.Le soir arrivé, Ils reviennent à leur logis Tout en furibonds En menant le carillon; Disant d'un air fâché : "Donne-moi à souper ! "Promptement fais mon lit, "Car j'ai besoin d'dormir".Comment pouvoir chérir Un si brutal mari ?Mais si les maris Ne sont pas tous garantis, C'est qu'il y en a trop De ces femm's qu'ont des défauts.De ces humeurs marabouts.Que rien n'est à leur goût; Quand on veut leur parler Dans un coin s'en vont bouder.Comment n'pas fair' courroux Avec un tel hibou ?Etant mariée, Il faut tout abandonner, Tous les agréments D'être avec les jeunes gens.Faut rester au logis Pour plaire à son mari; Vous êtes mariée Par votr' propr' volonté; Vous avez pris mari, C'est pour lui obéir.Vous, à la maison, Ni pain, ni lard, ni poisson, N'ayant pas le sou Et souvent manquant de tout.Et vos petits enfants Qui vous diront: "Maman, "Donnez-nous donc du pain, "Car nous mourons de faim !" Hélas, quel crève-cœur Vous f'ra verser des pleurs ! 10 Qu'en a composé la chanson C'est un vieillard de ce canton Qui n'a point regretté Le jour qu'il s'est marié.Il a pris un gibier Qu'il a su conserver; Elle a des qualités Qu'il n'a point publiées: Que chacun fass' comm' moi, Qu'il chante ce qu'il sait ! La semaine, au logis, Ell's ont l'air tout étourdies; Mal peignées, mal chaussées, Et souvent mal arrangées.Le dimanche arrivé, Vous les voyez frisées, Que toutes leurs qualités N'est qu'pour la vanité.Elis n'ont aucun souci Pour l'affair,' du logis. mois com PRIX D'ARONNKMENT Six: mois.S1.5P Un an .,.$2.50 Deux uns.$4.5U L'unité.25 Numéros des mois écoulés .35 Primes ot récompenses .sont données pour 5 abonnements ou plus.La manière la plus sûre de recevoir régulièrement "La Lyre", c'est d'être inscrit sur nos listes d'abonnée.Pour cela.'1 vous faut nous envoyer votre om et votre adresse, avi'c le montant de l'abonnement en timbres, choquo au pair ou mandat poste.Adressez toute communication â.: "LA LYÏŒ" 987 BLVD ST-LAUKENT Téléphone : LANCASTER 1307 EXPIRATION : — Etant donné le caractère éducationnel de "La Lyre", ?n bon nombre de nos lecteurs désirent avoir tous les numéros.En conséquence l'envoi est continué après expimtiun de la période payée, à.moins d'avis contraire.CriANGEMTSNTS D'ADRESSE Tout avis de «.hanfrement d'adresse doit nous parvenir avant le 15 du mois.accompagné de l'ancienne adresse.6e année No 59 Montreal, octobre 192S NOTRE ENQUETE Ce n'est pas La Lyre qui a entamé la discussion sur la nécessité d'un Conservatoire National et la création d'une Symphonie.Notre revue n'était pas née que, depuis nombre d'années, il en était question dans tous les milieux ministériels et musicaux.Tout le monde a pu voir, il y a 6 ans je crois, dans les journaux de Montréal, une note tendancieuse parlant d'une visite faite à Paris, par notre Ministre des Beaux-Arts, Monsieur David.On y lisait, tout au long-, que l'Honorable Ministre avait demandé au Maître Widor s'il ne serait pas possible de trouver, parmi les Prix de Rome de musique, des artistes avec une dizaine d'années d'expérience, pour venir à Montréal enseigner à notre futur Conservatoire.Et Widor avait dit que ce serait très aisé à trouver, et que nombreux seraient les candidats désireux de faire aimer la culture française en Amérique.A la première distribution de prix de l'Ecole des Beaux-Arts, le directeur, dans son discours, a rappelé à l'Honorable M.David que ce dernier lui avait fait la promesse formelle qu'une symphonie serait formée très prochainement à Montréal, et qu'elle serait digne de notre grande métropole.Et combien d'articles publiés chaque année sur les mêmes sujets ?Alors nous avons droit d'être étonnés, à La Lyre, que l'on ne veuille pas nous aider à grouper en faisceau tous les arguments disséminés partout sur ces deux points si importants pour l'avenir musical de l'élément français d'Amérique, et particulièrement de notre belle province de Québec.Il existe un Conservatoire National, entreprise privée, qui vient de faire un pas en avant en demandant au grand artiste Marcel Dupré d'être son Président-Conseil.Mais cela n'est pas suffisant.Depuis quand le directeur n'est-il pas à son poste durant l'année scolaire ?Un programme ne vaut que par l'homme qui l'applique.Et pour nous, nous souhaitons à la direction du futur Conservatoire un compositeur chef d'orchestre qui aura charge de la Symphonie qui nous est nécessaire, si nous voulons apprendre à la nouvelle génération les chefs-d'œuvre de la musique au moment où le jazz resserre son emprise.Si l'on ne veut pas d'un Dupré, d'un Paul Paray, qu'on nous donne un Glazounow.L'Art avec un grand A n'a pas de patrie.Nous préférons un Conservatoire avec un grand artiste allemand que pas de Conservatoire du tout.Cela ne nous empêche pas de souhaiter qu'à côté de notre Université qui échange ses professeurs avec les Facultés de France, nous ayions aussi un Conservatoire de musique affilié au Conservatoire de Paris poulie plus grand bien de tous.Notre intérêt en musique comme dans les autres arts et les sciences est de con-, server notre mentalité française.Les divers orateurs que Pro America nous a fait entendre cet hiver au Windsor nous ont affirmé que la musique française tenait aujourd'hui le premier rang.Cependant les exposants de cette doctrine était l'un Anglais, l'autre Italien.Nous pouvons donc, sans crainte d'être taxés d'exagération, suivre le conseil de ces grands musiciens et demander l'enseignement de la musique dans notre langue maternelle.Voici que l'Ecole des Beaux-Arts va s'ouvrir.On va y continuer l'enseignement de la Peinture et de la Sculpture.A la prochaine distribution de prix, avec les parents et amis des élèves et professeurs, nous verrons pour examiner les œuvres exposées, nous verrons, dis-je, quelques centaines de personnes.En regard, combien de milliers de personnes iront entendre l'Opéra, l'Opérette, la Comédie, la Symphonie et tous les virtuoses que nos impresarios commencent à nous amener ?Or, logique de la politique: Il y a de l'argent pour des arts, très beaux sans doute, mais goûtés par une petite minorité.Mais pour cet art populaire entre tous, la musique, il n'y a pas d'argent pour un Conservatoire, pas d'argent pour une Symphonie.Pas d'argent pour loger l'un et l'autre, pas d'argent pour un théâtre.Par contre pour les garages et les cinémas, il n'y aura plus bientôt assez de rues.Allons, amis musiciens, pas de découragement.Donnez-nous vos idées et nous enverrons à nos ministres, à nos députés, le résultat de cette consultation.Nous l'enverrons aussi aux échevins, au cas où il y aurait de l'argent pour faire de la bonne musique dans les parcs publics en attendant d'entendre aussi des chorales et des orchestres.Le cinéma, même avec les vitaphones, les movitones et autres inventions n'est pas le commencement et la fin de tout.Il y a place pour de la bonne musique.Si nous le voulons, et surtout si nous le disons bien haut, nous en aurons.Hans OUPvDINE. L'ALBUM MUSICAL DE "LA LYRE" Nous offrons dans cet album un programme musical très choisi.Le Folklore du Canada, collection de "La Lyre" sera, nous n'en doutons pas, apprécié de tous ceux qui tiennent à coeur^le développement artistique de la musique canadienne."Dans tous les cantons" est la première du genre publiée par "La Lyre".Les pianistes trouveront dans "Caressante" un morceau brillant dû au talent du compositeur franco-américain M.Oscar Fontaine, de New-Biddeford."La Lyre" a déjà édité plusieurs compositions de ce professeur distingué."La France est belle" plaira assurément à tous les amateurs de chant."L'Adieu" de Schubert complète le programme de notre numéro d'octobre.Les numéros subséquents contiendront, en plus des chansons du folklore canadien avec des harmonisations nouvelles, des morceaux de violon, violoncelle, piano à deux et à quatre mains; romances, airs d'opérette et opéra, chansons comiques; gigues, reels et quadrilles de chez-nous pour piano et violon.La musique religieuse ne sera pas négligée: la direction possède plusieurs manuscrits pour orgue et chant d'église.En feuilletant la correspondance de nos lecteurs, nous avons constaté que tous n'ont pas le même tempérament artistique.D'aucuns demandent des compositions classiques et religieuses et d'autres écrivent en sens inverse.Comme il est impossible de satisfaire tout Je monde, "La Lyre" s'est tracé une ligne de conduite, qui, nous 5'espérons, conviendra à la majorité de nos abonnés.LA DIRECTION.Les CATALOGUES de G.SGI FIRMER, INC.NEW-YORK répondent à tous les besoins de l'enseignement musical, depuis le début au Jardin de l'enfance jusqu'au Professorat.LIBRAIRIE DE MUSIQUE CLASSIQUE des chefs-d'oeuvre de la musique, renommée dans le monde entier.Les 1F/15 volumes déjà parus couvrent complètement l'Enseignement de la musique Vocale et InsLrumenlale.SERIE "SCHOLASTIC" Nouvelle série d'Etudes nouvelles copyrlghiées pour Chant et Musique Instrumentale, du grade le plus facile à la plus grande difficulté.Elle est' composée par les Professeurs les plus renommés.OEUVRES CHORALES POUR LES ECOLES Série nouvelle de -00 Choeurs pnur Etudiants, exactement ce qui convient dans les diverses Fêles scolaires et les Clubs, depuis lea écoles enfantines jusuue dans les Ecoles avancées et les Universités.Choisis, révisés et édités par RAT-PH L.BALDWIN.CHANT SOLOS POUR TOUS LES INSTRUMENTS METHODES LIVRES DE THEORIE MATERIEL D'ORCHESTRE de la Classe enfantine aux Sociétés Symphoniques L'Edition Schirmer se trouve chei les principaux marchands de musique.Nous donnerons volontiers leurs noms.G.SCHIRMER, INC.3 East 43rd St„ New York UNE AUBAINE! Chaque numéro de l'Album Musical contient un beau choix que nous expédierons sur réception de 35 sous par album.Adressez vos commandes à "La Lyre", 987 boulevard Saint-Laurent, Montréal.No 1 Valse Sybil (2ème grade).• • H- F FOGG Bravo-Marche (2èmc grade) .L N GUILBAULT Douce Pensée—Barcarolle Impromptu (difficulté), H.M1KU Dona Rita (La Charmeuse), chant.LEO LeSlEUR Pois de Senteur, gavotte (2ème grade) .LT^,^rL^E; La Rose du Boulevard, chant.SncS L'Oiseau Bleu du Bonheur, chant.^PSid Valse, Valse, Valse toujours, chant.LEO LeSILUK No 2 Valse Sybil (2èm'e grade).• F- ^OGG Bravo-Marche (2ème grade).L.N.GU LBAUL1 Silhouette, valse caprice (3ème grade) .HENRI M KU Tota Pukhra es Maria (choeur à 4 voix égales) .H.M1Kres Si-Denis Tél.Lancaster 4393 M™ M.B.LIPPENS-RICARD Elève du Ma tre Paul Gilson, Inspecteur général de l'enseignement musical de Belgique PROFESSEUR DE PIANO.THEORIE.SOLFEGE, HARMONIE.CONTREPOINT Préparation aux examens il tous les degrés Résidence: 202 Ropery Lundi soir et les samedis Pointe St-Charles Tel.York 6746 MUSIQUE A.J.BOUCHER Enrg.20 est, rue Notre-Dame, MONTREAL Nous avons toujours en mains des méthodes de piano, de chant, de musique Instrumentale, des exercices, des irai tés de solfège et d'harmonie, etc., hautement recommandés par nos meilleurs conservatoire)?, nos Ecoles de Musique et nos Maison.d'Education.La Maison est connue pour remplir les commandes avec une promptitude qui voua donnera entière satisfaction.Téléphone: Lancaster 3001 A Mademoiselle Aurore La Marche CARESSANTE ROMANCE L.J.OSCAR FONTAINE Op.ISS.No2 Copyrig-ht MCMXXVI by La Cie.de Publication La Lyre Ltée., Montréal Que.,Canada International Copyright Secured Tous droits rese Octobre 1928 Mr.le Rédacteur.La fondation d'un Conservatoire national et l'institution d'un orchestre symphonique, sont deux questions très épineuses.Seuls les professeurs qui pourraient avoir des chances d'être nommés pour ces positions sont en faveur de la création d'un Conservatoire national, les professeurs de second et de troisième ordre qui ont la majorité des élèves dans cette province sont tous contre une telle institution.Quand h la fondation d'un orchestre symphonique, toutes les tentatives faites en ce sens depuis quelques années ont échoué.A qui faut-il s'en prendre, au public ou aux organisateurs ?J'accuserai plutôt ces derniers.Montréal ne possédera pas un orchestre symphonique convenable jusqu'à tant que les organisateurs n'engageront pas un gérant qui saura choisir son personnel, évitant tout parti pris et qu'il disposera des fonds suffisant pour le payer.Les musiciens d'aujourd'hui se font payer cher pour leurs services, mais du moment qu'ils donnent satisfaction, on ne doit pas marchander leur salaire.En suivant cette tactique il est certain que dans peu de temps nous aurions à Montréal un orchestre symphonique aussi bon qu'ailleurs.Bien à vous, Alphonse VERVILLE.M.le Rédacteur, En feuilletant les articles si intéressants de "La Lyre", je me suis arrêté à celui de la Rédaction, certes très bien rédigé et on ne peut plus d'actualité.La fondation d'un Conservatoire national fait certainement défaut Faut-il en déduire que la faute en est à Thon.Secrétaire Provincial ?Je ne pense pas.L'hon.M.A.David est au courant du mouvement artistique et musical de notre province, il sait aussi que tous les professeurs un peu en vue aspirent à l'honneur d'être directeurs du projeté Conservatoire national.C'est une tâche très ingrate que celle de fonder un Conservatoire national et l'hon.M, A.David le sait parfaitement.Imitons les Universités McGill et Laval pour le choix de leurs Professeurs, engageons un musicien de réputation mondiale comme directeur de ce conservatoire et tout marchera à souhait.Plus de jalousies de profession, plus de comparaisons malveillantes entre les différents professeurs locaux.Tout malentendu disparaîtra devant l'autorité d'un Maître de l'art musical.Je suis votre Jos.À.BOUCHARD.M.le Rédacteur, Je vois enfin que "La Lyre" va s'occuper des questions musicales d'actualité, la nouvelle direction a su s'orienter du bon côté; je me réjouis de voir ce changement.Les lecteurs de "La Lyre" pourront lire des articles intéressants et s'instruire dans l'art musical.Ce qui m'a frappé d'abord, c'est votre article, "NOS PROJETS".Ce que vous nous demandez est très raisonnable, le monde musical devrait répondre à vos désirs afin d'éclairer, dans ses destinées, la nouvelle direction de "La Lyre".Ce qui m'intéresse personnellement c'est l'institution d'un orchestre symphonique de premier ordre.L'année dernière, on nous a donné quelques concerts symphoniques au théâtre Princess.Il serait injuste de critiquer les organisateurs de ces concerts, qui se sont imposés do grands sacrifices d'argent Mais pourquoi n'ont-ils pas imité le système de nos voisins, gens avertis et d'affaire; toutes les villes possédant des orchestres symphoniques sont dirigés par des chefs d'orchestre de renom.Le public montréalais aime autant la bonne musique que celui de Boston et Philadelphie.Le meilleur moyen de le satisfaire c'est de lui donner ce que ces villes américaines offrent à leurs auditeurs.A Boston, pour 25 cents, on peut entendre tous les vendredis après-midi, des concerts sous la direction de Serge Koussevitzky, n'est-ce pas merveilleux ?Voilà ce que les organisateurs devraient comprendre avant de commencer une autre saison de concerts; l'importation d'un chef d'orchestre et des chefs de pupitre que Montréal ne pourrait pas fournir.A ces conditions nous aurions un orchestre symphonique parfait.Ne pensez-vous pas que ma suggestion est juste et raisonnable ?Bien à vous, Alfred BOUTHILLIER.en particulier.Il n'y a pas de doute que la fondation d'un Conservatoire national de musique aiderait énormément à développer nos talents.A mon point de vue, ce qui empêche l'hon.M.A.David de subventionner un Conservatoire national, est le système de l'enseignement musical en vogue dans celte province.Nul n'ignore que la majorité de la jeunesse apprend la musique dans les pensionnats et communautés religieuses.La fondation d'un Conservatoire national jetterait le désarroi dans ces maisons d'éducation, et l'hon.Secrétaire Provincial passerait certainement un mauvais quart d'heure^ Votre dévoué, Antoine ROBILLARD.M.le Rédacteur, Je vois avec plaisir que la direction de "La Lyre" est tombée entre bonnes mains, et que la "Tribune Libre" est ouverte sans exception à tous ceux qui s'intéressent à la musique.C'est une grande amélioration qui sera certainement appréciée de tous les lecteurs de votre très intéressante revue.Pour ce que vous dites dans votre article "NOS PROJETS" à propos de la fondation d'un Conservatoire national, je pense qu'il serait très difficile de se prononcer en ce moment!.D'un autre côté, pourquoi Montréal ne ferait-il pas comme Toronto ?La Ville-Reine possède un Conservatoire de tout premier ordre sous la direction d'un musicien eminent, le Dr Ernest McMillan.Je me demande si Montréal pourrait trouver dans ses murs un homme de talent comparable à celui-ci, si oui, la création d'un Conservatoire national est une affaire très facile, il n'y a qu'à se mettre à l'œuvre, et l'hon.M.A.David déliera aisément les cordons de sa bourse.Votre tout dévoué, Urbain LETOURNEAUX, M.le Rédacteur, Dans votre article de Rédaction de "La Lyre" du mois de septembre, vous parlez de la fondation d'un Conservatoire national: ceci est très bien; mais, qu'adviendrat-il de tous les petits conservatoires disséminés un peu partout dans notre bonne ville de Montréal ?On sait que dans tous les conservatoires de musique nationaux les prix des matricules sont relativement à bon marché; naturellement, ceux qui cherchent l'économie sont nombreux, et assurément rempliraient le Conservatoire en un clin d'œil.Mon opinion personnelle est qu'avant de fonder un Conservatoire national il faudrait purger notre province de tous ces soi-disant conservatoires qui distribuent des médailles et des diplômes à tant la douzaine.Espérant que ma suggestion plaira à tous ceux qui s'occupent de l'enseignement musical sérieux, je suis votre A.RUDOLF.M.le Rédacteur, J'ai lu avec attention vos.suggestions pour l'avancement de l'art musical dans la province de Québec et de la ville de Montréal TOURNEE GAUVIN On nous écrit à propos de la tournée de la Porte Saint-Martin une lettre dont le contenu mérite réflexion.A chaque saison, au lieu de faire état, de faire le bilan des efforts de M.Gauvin à nous amener toujours des troupes de premier ordre qui auraient eu sur n'importe quelle scène française le plus grand succès, chaque saison, dis-je, des reporters en mal de copie ont daubé sur notre impresario.Jamais son programme n'était ce qu'il fallait.C'était surtout trop leste.Et ces matamores ne disaient pas que, lorsque nous avons eu ces merveilleuses soirées avec de Féraudy, où nos classiques étaient à l'honneur, jamais, disons-nous, nous n'avons eu de belles salles.Au contraire, quand on donnait des pièces plus scabreuses, la foule affluait au guichet.Alors, messieurs les amateurs de bon théâtre, que désirez-vous ?Si vous êtes sincère, quand "Chanteclerc" "Le Cid", "Primerose" vont être au répertoire, faites remplir la salle et nous vous croirons.Pourquoi nos institutions qui mettent dans leurs programmes littéraires: "Le Cid", "Tartufe", "Les Femmes Savantes" et autres ne demandent-elles pas des exécutions spéciales, tout comme Cortot a été invité à jouer dans la salle du Gesù, devant les révérendes religieuses et leurs élèves ?Je comprends que la venue de nos religieuses dans notre théâtre troublerait certains esprits timorés, mais n'y a-t-il pas dans cha-'cune de nos institutions religieuses des associations d'anciens et d'anciennes élèves qui seraient heureux pour quelques matinées, même quelques soirées, de chaperonner leurs jeunes camarades.N'est-ce pas là de la bonne propagande?Si nous voulons du bon théâtre ce n'est pas de le crier et de l'écrire, mais d'y assister en foule quand nous avons la bonne fortune d'en avoir.Et le résultat sera que les impresarios seront enchantes de nous amener des acteurs capables de nous faire prendre goût au théâtre moral, donnant satisfaction à tous.Au contraire, si après avoir dit à M.Gauvin et à ses collègues qu'ils faisaient mal en nous amenant le théâtre actuel du boulevard, les amateurs du bon théâtre ne font pas l'effort auprès dos étudiants et de toute la jeunesse pour suivre des représentations d'un goût et d'une valeur irréprochables, eh bien ! M, Gauvin n'aura plus qu'à consulter son carnet de banque, et il aura raison de nous donner ce que nous allons voir, c'est-à-dire ce qu'en somme nous voulons. Octobre 1928 7 M.Albert Chamberland.le distingué violoniste montréalais, qu< arrive d'un long voyage en Europe, où il a visite?les grands centres artistiques dans l'intérêt de sa profession."La Lyre" souhaite au talentueux musicien un heureuv retour.LA MUSIQUE A L'EXPOSITION DE TORONTO On a c-léliié rrttc année le cinositcur québécois, autrui de la competition pour deux pianos.Croquis "Pelils-Capiens ' que l'Edition Belgo-Canad enne de Montréal vient de publier."La Lyre" se (era un plaisir d'expédier loute commande qui lui sera laile des "Petits-Capiens . 8 Octobre 1928 Montréal présentera au public montréalais la troupe de première grandeur rassemblée à son intention.C'est en effet le meilleur groupemeut d'artistes français qui soit jamais venu chez nous qu'il_ lui sera donné d'applaudir dans les chefs-d'oeuvre de l'opérette et de l'opéra.Les directeurs de cette 'société sont M.A.J.Brassard, président général de la Société, Mme Constance de Potter, directrice générale, et M G.Montcourtois-Deva-lières, secrétaire.M.Fernand de Potter est l'imprésario de la Société en France.Désireux de permettre aux talents locaux de se développer librement par l'exemple théorique et pratique, le bureau de direction de la Société a eu l'idée de préparer ses prochaines représentations en joignant aux vedettes qui nous viendront d'outre-Atlantique des artistes formés ici et des choeurs qui profiteront de l'exemple immédiat de leurs aînés.i L'ECOLE PREPARATOIRE A cette intention, ils ont institué une école, l'Ecole préparatoire à l'Opéra Français.Tous les jours depuis le début de l'été, une centaine d'élèves y apprennent, sous la direction de professeurs de métier, non seulement l'art du chant et de la diction lyrique, mais aussi l'art de la mise en scène, la routine essentielle à celui qui veut débuter sur les planches.Cette innovation comporte deux avantages apparents, le premier pour l'élève et le second pour le public.L'élève ne se compte plus satisfait de connaître l'art du chant.Il veut débuter sur la scène.On lui apprend comment un artiste doit se comporter au théâtre.' L'Ecole préparatoire a fait dresser un plateau de dimension moyenne, mais à l'échelle, dans une de ses salles de cours.On y apprend comment évoluer au cours des oeuvres que l'on répète.Tout se passe comme au théâtre.Il en résulte que, lorsque les élèves quitteront ce plateau d'essai pour monter, en octobre, sur la scène du Saint-Denis, ils ne feront que chanter de milieu sans être pour le moins du monde dépaysés, retrouvant dans un cadre plus vaste un arrangement identique.Il est clair que le public tirera un bénéfice encore plus grand de cet entraînement méthodique.Au lieu de voir, aux côtés des grandes étoiles, européennes qu'on lui présentera des choeurs improvisés à la diable et au (dernier moment, comme cela s'est vu trop souvent, il pourra se reposer en toute confiance sur un ensemble parfaitement entraîné, stylé comme il convient pour ne pas retarder l'action et donner aux vedettes le point d'appui nécessaire.Dans les emplois de second plan, il sera, de plus, souvent donné au public d'applaudir des artistes locaux qui sauront se montrer égaux sinon supérieurs à ceux que l'on a parfois fait venir de loin pour jouer de tels rôles qui nécessitent avant tout de la conscience, de la tenue et de la jeunesse.LES VEDETTES Les artistes qui nous viendront de France ont été choisis sur les plus grandes scènes lyriques de Paris et d'ailleurs.Il suffit d'en énumérer les principaux pour donner une preuve certaine de leur valeur et de la sympathie chaleureuse de l'accueil qui leur sera réservé par le public.Pami les artistes d'opéra, on peut citer les noms suivants : Mlle Maryse Dietz, première chanteuse d'opéra-comique du ' Covent Garden de Londres ; .M.Paul Payan, première basse de l'Opéra de Paris; M.Delzara, premier ténor d'opéra-comique de la Monnaie, de Bruxelles; M.Guéneau, premier baryton de l'Opéra de Paris; Dans la troupe d'opérette, citons, entre autres : Mlle Maud Lamber, première chanteuse d'opéra de l'Opéra-Comique et de la Gaîté-Lyrique; Mme Maxence, Desclauzas, du Trianon-Lyrique de Paris; M.Victor du Pond, premier baryton d'opérette de la Gaîté-Lyrique et de l'Apol-lo; M.Delauney, grand premier comique des Casinos de Vichy, Deauville et Cannes; M.Léon Marcel, premier ténor d'opérette, de l'Opéra-Comique et de la Gaîté-Lyrique; M.Roland Trial de l'Apollo.LE REPERTOIRE On alternera toutes les semaines un spectacle d'opérette avec quelques représentations d'opéra.On entendra la première semaine, avec Autorisation spéciale pour l'Amérique, la célèbre "Veuve Joyeuse" représentée intégralement avec une troupe, des décors et une mise en scène incomparables.Alternativement, la même semaine, Massenet triomphera sur la scène du Saint-Denis dans cette immortelle "Manon" qu'on verra dans toute sa fraîche splendeur, avec ses ballets, ses choeurs, tout l'éclat provocant et tendre de la vibrante héroïne ranimée en un fastueux décor digne de son inspirateur et de la musique qu'il a conçue.Viendront ensuite "La Périchole" et "Faust", le "Prince de Pilsen" et "Le Barbier de Seville", "Surcoût" et "Mireille", "Ni Veuve, ni joyeuse" et "Werther".A ces oeuvres maîtresses de la scène lyrique succéderont, entre autres, dans le domaine de l'opéra."Lakmé" et "Mignon", "Héro-diade", "Carmen", et "La Traviata"! et, dans les parterres fleuris de l'opérette, on verra encore "La Cieale et la Fourmi", "Hans, le Joueur de Flûte"."La Reine de New-York" et "Le Voyage de Suzette".Il va sans dire que ce répertoire pourra varier suivant les exigences de l'heure et suivant les reprises occasionnées par le succès de certaines oeuvres.PRIX POPULAIRES Bien que les spectacles offerts soient de tout premier ordre et se comparent fort avantageusement avec ce qui a été donné jusqu'ici.l'Opéra Français a décidé de ne faire aucune augmentation dans les prix et d'offrir ses représentations dans des conditions telles que tous soient en mesure d'y assister.Dans cette intention, elle a fixé les prix d'orchestre réservés en soirée à un dollar et demi, taxe non comprise, et, en matinée, les mêmes fauteuils à un dollar, taxe non comprise, les autres prix étant proportionnels.ABONNEMENTS Toutefois, malgré le niveau déjà peu élevé de ces prix, elle a établi un système d'abonnement qui permettra à ceux qui en sont les bénéficiaires de profiter d'une nouvelle réduction.Une série de vingt billets détachables peut être acauise au prix de vingt dollars au guichet du Saint-Denis.Cette série donne droit à vingt fauteuils d'orchestre valant un dollar et demi.On obtient donc une réduction de $10 par vingt billets.Ces billets peuvent être employés à la volonté de l'acquéreur, c'est-à-dire n'importe quel jour et en n'importe quelle quantité à la fois.De plus, les a.bonnés pourront réserver leurs sièges une journée avant la représentation qu'ils auront choisie.Tout sera aménagé, dans la salle et sur la scène, pour la Saison de l'Opéra Français, de telle sorte que tous, ceux qui assisteront pour la première fois à ses spectacles deviendront aussitôt des habitués de la maison.L'Opéra Français ne veut pas faire de vaines promesses.Ses directeurs demandent seulement qu'on aille voir au moins une fois la qualité de ses représentations : ils savent qu'une telle expérience en entraînera d'autres pour toute la saison.LE SOLFEGE ET LE CONSEIL DES ARTS ET MANUFACTURES Septembre nous ramène l'entrée des classes, la réouverture des cours, la reprise des études interrompues.Les vacances sont un heureux temps et elles sont utiles aux étudiants comme aux autres.Amis, tout ce temps est fini et il faut maintenant se remettre à l'étude.Parmi toutes les sollicitudes de notre gouvernement provincial dans les différentes sphères de l'instruction publique, quoi de plus populaire, de plus apprécié, de plus agréable, en même temps que de plus utile que ces cours de solfège sous la surveillance du Conseil des Arts et Manufactures.Il est passé le temps où l'on croyait chez-nous que la musique était affaire de luxe et de superflu.Chacun comprend aujourd'hui que l'étude de cet art doit faire partie de l'éducation générale et qu'il est pres-qu'aussi utile de savoir solfier que de savoir lire.Loin de moi la pensée que l'étude du solfège confère un titre d'instruction musicale; celui qui sait solfier n'est pas plus un artiste que celui qui sait lire n'est un savant.Seulement il faut d'abord savoir lire pour s'instruire ensuite, de même le solfège est la base de toute étude musicale.Cette vérité est maintenant comprise non seulement des éducateurs mais aussi du public qui a apprécié comme il convenait les cours du Conseil des Arts et Manufactures.L'enthousiasme pous ces cours est facile à constater par les nombreuses demandes d'informations qui m'arrivent et arrivent à d'autres de toutes parts et chaque jour.Des centaines d'élèves s'informent de la date du premier cours et.si ces cours reprendront cette année.Oui, chers lecteurs, vous avez bien lu, "si ces cours reprendront"; car la joie Ressentie à l'approche des cours est assombrie par une mauvaise nouvelle; il y a une tache au tableau.Est-ce une nouvelle?Est-ce une fausse rumeur ?on entend chuchoter que le Conseil des Arts est aboli.Si c'est une fausse rumeur, réjouissons-nous de conserver une institution' déjà vieille de plusieurs années, qui a rendu service à un très grand nombre et contre qui aucune critique ne s'est élevée.On se demande quelle serait la raison d'un tel chau-gement administratif.Si c'est une nouvelle authentique à laquelle il ne manque que d'être confirmée officiellement, on se demande ce qu'il adviendra des cours de solfège.Le gouvernement continuera-t-il de soutenir ces écoles par un autre moyen ou verrons-nous une marche rétograde au progrès réalisé ?Que feront les autorités législatives on faveur des cinq milles élèves du Conseil des Arts et Manufactures ?Il est impossible de nous mettre dans la.pensée que ces cours seront abandonnés et nous donnons notre confiance aux nouvelles futures.Un joiir, parait-il, un député de l'opposition appela l'honorable David : "ministre des Beaux-Arts", celui-ci loin de le prendre dans le sens ironique s'en trouva flatté.Iï il vu H rniHon, c'eut un titre qui lui fail honneur et qu'il tiendra ft conserver longtemps J'en buI» srtr.("eat vers lui que le.i étudiants en musique Me noire province ont les yeux tourné*.Et en ntlendanl l'Idéal qui Derail "le solfège obligatoire dans les programmes scolaires", ainsi que cela se fait dans plusieurs pays, espérons que nous conserverons ce que nous avons.Ce n'est pas aux ministres actuels qu'il est besoin de dire: le progrès est une marche en avant et non un recul.Tous ont déjà prouvé leur initiative et je ne crois pas que des hommes qui créent des .vantage* nouveaux en faveur des beaux aits.retranchent des choses déjà existantes.A vous, lecteurs et citoyens de notre province, de profiter encore de ces cours gratuits; inscrivez-vous encore plus nombreux que par le passé Rolland ?XI HE» où rèsne la hideur sans espoir des malsons de briques, et celle plus grande encore, des terrains vagins, voir s'ouvrir une calme allée d'oi ir.es.et respirer l'apaisant parfum îles Cougères humides de la dernière pluie.Schubert, c'ist le bleu émouvant d'un ciel de printemps, c'est un parterre de lys éclatants balançant leurs tiges par delà les rosiers en fleur < Thèmes Ingénus flottants sur la candeur dei lents arpègts ! Jeune danse des rythmes sur les pelouses des consonances' Sève vigoureuse de l'accord parfait gonflant la lige des mélodies! Schubert ! ô transparence, o liuivhrur ! .liouquet de pâquerettes) lié d'une herbe verte ! Enfance retrouvée, allégement, lumière ! Chanson qui rit.derrière une haie d'aubépine ! V.il soy.'iix des ramiers en des douceurs d'azur ! l'âques fleuries ! Cloches du dimanche sonnant dans l'air imitinal ! .Musique blonde, marchant au soleil, en role de mousseline blanche ! Calme, parfois, d'après midi mélancolique, i.ù soudain, le majeur se fail crépusculaire, approfondi! un ciel vespéral! (11.Franche galle, aussi, des marches Joyeuseï mit la grand'route dont le long ruban se dé-toiile et qui.devant les pas du voyageur, descend les côtes, serpente dans la vallée, ensuite, remonte et court, éternellement fuyante, vers les pays inconnus.(•allé naive et saine, empreinte, souvent, de Kinl de gràc;\ les danses paysannes, suivies d'un oeil amusé, un jour de féte.sans doute, auprès d'une treille ombreuse, par Schubcrl viciant une bouteille ave les .unis qu'il chérissait.Charme tournoyant, encore, d'un court motif qui lui aura rôdé dans la tète, à un instant de paresseuse rêverie, tandis que.lient être, le coude appuyé au dossier d'une chaise et les mains croisées I geste qui semble lui avoir été familier i il se balançait doucement sans songer à rien, suivant vaguement un chant intérieur.(S), Egreueiuents de cristal, musique qui joue, ou eau qui court ! Sautillement d'un motif allègre qui caillette, et semble danser à pas menus, fleuri de délicieux sourires.Motif qui semble.( I ) Trio du Menuel de l,i Fnnlaisie pour piano op.78.(2) Pasiage en ré b du preilo de la Fanlaisie op.15.tantôt, frapper du pied et tantôt faire la révérence (tout cela, en mesure exacte) et cai inler encore, et s'en aller, comme il reculons, disparaissant.où donc ?.dans une brume, ou dans une coulisse?.(31.Ainsi les "moments" de la musique se suivent sans se ressembler, et cela est, toujours, direct et simple, sorti tel quel sous la dictée de l'inconscient, contrôlé au passage par l'intelligence, mais n peine.Les douaniers apportés à cette frontière sont bons enfants.Quelquefois, une période encombrante étonne, musique de contrebande, et on se demande comment un aussi gros colis a pu tromper la vigilance du s?ns critique, de qui l'on attendait une visite plus sévère.Mais bah!.il faisait soleil, la danse des mouches était si vive devant la te nêtre, et il y avait tant de musique à examiner !.et d'autre encore qui demandait passage, et d'autre qui arrivait à grand train, qui serait là tout à l'heure, et dont, en tendant l'oreille, on percevait, déjà, la sonore galopade!.et les Schubertiudes i.ui attendaient!.car Schubert réservait toujours une part de son temps à ses amis.Tous étaient musiciens ou poètC3, Intellectuels en tous cas Ils se réunissaient, organisant de petilis fêtes intimes où Ils se com-miinir liaient leurs oeuvres, leurs idées, leurs rêves, leurs fantaisies.Schubert était le grand animateur de ces réunions.Son nom même servait à les désigner.Le reflet en subsiste en son oeuvre.C'est là, vraiment, l'oeuvre d'un être affectueux.El 11 est certain que cette teinte affective était entretenue par le contact étroit gardé avec des compagnons aimés, dont son frère, le plus chéri île inns; contact permanent, qui ne laissait pas aux sentiments, aux souvenirs, à la verve même, le temps de se refroidir, et devait faire, de chacun, un être plus vivant qu'il n'eût été, isolé.Au regard des idées, d'abord: "Ceux qui • n ont vous en font naître", disait Delacroix.Et puis, ne sentons nous point, dans la hâte et la fièvre de notre vie moderne, les sensibilités — la nôtre autant que celle d'au-trui —'s'atrophier peu à peu et se faner dans Irop de solitude ou dans une vie trop dispersée, où 11 n'y a plus de place pour l'Intimité vraie, pour l'épunchement avec les êtres de notre race, los frères de nos rêves.Tel dit "mon ami" d'un homme auquel il necorde une heure, chaque année bissextile.L'amitié qui consent à des semaines, à des mois d'absence n'est pas celle que comprenait Schubert, et.dont nous perdons l'habitude.Passant trop d'heures a travailler cl à nous dé-fendre, nous ae savons presque plus ce que c'est qu'niiner.Cela doit venir d'une vieille histoire d'or ravi, pur un nain, aux profondeurs d'un fleuve, el sur qui pèse une malédiction.Mais revenons à Schubert.Nous savons qu'il avail, surtout en sa jeunesse, beaucoup aimé la musique de Mozart II "entendait chanter les Anges" dans la Symphonie en m.I mineur.A l'iiiliiieuce de Mozart succéda celle île Haydn, et si Schubert avail vécu, nous aurions probablement assisté a un enrl-chissemenl considérable de son art, car.vers la fin de sa courte vie.le génie de Beethoven hantait sa pensée.Il en ressentait une Influence presque magnétique.Et aussi, il avait résolu de retravailler l'harmonie et le (i) Moment .I en la mineur. Octobre 1928 contrepoint, éprouvant, sans doute qu'un vocabulaire plus riche était nécessaire à celui qui voulait alors, dans la direction indiqués par Beethoven, marcher plus avant.La personnalité de Schubert était alors si marquée, et son imagination musicale si richement développée que de nouvelles études techniques eussent revigoré son art sans risquer d'en dessécher la fleur.Mais jusquedà, Schubert, regorgeant d'idées, avait attaché peu d'importance à un renouvellement possible des formes, à une révolution imminente dans la présentation des idées.Les cadres simples qu'il avait trouvés lui suffisaient à enclore sa pensée dont la nature si particulière excellait à les rajeunir.Ce romantique de coeur taillait son jardin à la mode classique, b:en que, négligent jardinier, il y tolérât, çà et là, l'intrusion d'herbes folles, et que laissant s'enterrer la greffe des rosiers, il put les voir, parfois, redevenir sauvageons.Son amour pour la grâce, la facilité, l'aisance de Mozart ne peut nous surprendre.Cet art devait lui plaire, qui apparaît, lui aussi, frais et jeune.Mais il existe, entre Mozart et Schubert, une différence fondamentale : Mozart n'a, pour ainsi dire, jamais été naïf.Tout jeune, il était déjà un musicien habile, Il possède une plume adroite, à laquelle on n'en remontre pas pour galber élégamment des lignes mélodiques, pour faire filer, à l'endroit voulu, des gammes ornementales, et bien placer l'êtincellement d'un trilld II n'a pas son pareil pour souder deux passages au moyen d'une cadence qui n'a pas l'air d'en être une, ni pour annoncer la rentrée d'un motif de manière à faire naître sur le visage des auditeurs un petit sourire entendu.Cet art de paraître vous faire deviner au moment même où on vous donne la réponse, nul ne l'a pratiqué comme lui.Schubert, parfois aussi, nous invitera à cette complicité artificielle, mais, chez lui, la "ficelle" se voit.Nous sourions aussi, mais sans être dupes.Du vieil Haydn non plus il n'a pas la malice, ni cette science du bavardage, intéressant, par le mouvement et la répartie spirituelle.Sa musique n'a pas, comme celle du "bonhomme" cet air de vous regarder du coin de l'oeil qui n'est pas ce qui nous plaît le moins en elle, ni, non plus, cette attitude pompeuseï que prennent quelquefois, chez Haydn, certaines mesures d'introduction.Elle est sincère, innocente.Elle va tout droit, et vous la suivez, séduit, irrésistiblement, par sa vérité simple.C'est comme une main tendue, que vous sentez si franche, si loyale, que vous lui donnez la vôtre, sans hésitation, sans réflexion.Pour l'esprit romantique, il se fait, chez Schubert, tout différent de ce qu'il est chez Weber, par exemple.Pourtant, autant que lui, il possède le sens du mystère et du fantastique.Le Roi des Aulnes ("qui est en réalité le Roi des Elfes débaptisé par un hasard) suffirait à en témoigner.Ce n'est pas le même fantastique.Jamais celui de Schubert ne rappelle ces lithographies qu'on trouve encore parfois sur les quais, et qui nous obligent à sourire.On n'y découvre pas cette note "un peu mélo" (pour parler l'argot des théâtres,) qu'il n'est pas rare de rencontrer chez Weber, et qui fane un peu son oeuvre, si sympathique qu'elle soit par ailleurs-, et même, dirons-nous, malgré cela.Un clair de lune sur le Rhin, avec un vieux bourg dans un coin", disait, du début de la sonate en la b, Cortot, qui se mettait un trémolo dans la voix, sans songer à mal.On ne peut rien exprimer de plus exact.Le clair de lune s'y trouve, et aussi le vieux bourg, et aussi le trémolo.Schubert, lui, ne fait jamais "croque-mitaine".Quand l'orage gronde dans la forêt et que la tempête fait craquer les arbres, presque arrachés du sol, par une nuit qui pourrait bien être sans lune, nous sentons que "ce n'est pas de la comédie"; que la robe du Roi des Elfes frôle les flancs du cheval apeuré, nous n'en doutons pas un seul instant; et s'il est, lorsque l'inquiétante caresse de sa voix murmure à leur oreille, des gens qui restent froids, ce sont des bivalves bien à plaindre.En y regardant de près, on constate que, tout compte fait, c'est encore Beethoven dont Schubert s'approche le plus.Et, que vers la trentaine, celui-ci ait senti une attirance déjà instinctive pour le génial auteur des neuf symphonies se fortifier par l'étude plus approfondie de ses oeuvres, on ne peut s'en étonner.Comme Beethoven, il possède, même au piano, l'accent symphoniqii'S.Qelui-ci se marque en beaucoup de ses oeuvres (Sonates, Impromptus, etc., et dans les accompagnements de nombreux "lieder").Nous ne prendrons texte ici, que de la Fantaisie en ut, qu'on devrait jouer plus souvent, car c'est, véritablement une pièce de premier ordre, au point de vue du sentiment, généré par celui qui se dégage du thème de l'Adagio; et aussi, du prodigieux mouvement rythmique qui anime l'ensemble de ses quatre parties, l'une à l'autre soudées, dépendantes les unes des autres; et encore par la sensation de dynamogénie quelle éveille, de la volonté à laquelle elle oblige, et de la force contagieuse qui en émane.II n'y a pas à reculer, c'est encore et toujours Cortot qu'il faut citer dès qu'on veut faire toucher le point idéal auquel une interprétation pianistique peut atteindre.Il faut donc dire que, lorsqu'on entend Cortot jouer cette oeuvre, il devient plus que jamais évident que ce qui manque, presque toujours aux pianistes qui abordent, de Schubert, les oeuvres de caractère si véritablement symphonique dont nous parlions (ainsi d'ailleurs que celles de Beethoven qui possèdent les mêmes qualités) c'est le sens de la couleur et du- isolés orchestral.Leur faute est de ne pas imposer la magnifique lourdeur des contre-basses lorsqu'elles rentrent, avec leurs seize piedçi profonds donnant sa pleine assise à la masse, et, à celui qui écoute, la sensation physique de la musculature musicale; de ne pas sentir quelle somme de chaleur peut se dégager d'un trémolo de quatuor préparant l'explosion, en martèlements d'accords, d'un tutti, da ne pas savoir opposer le charme instable et un peu grêle des bois à la rondeur, au velours épais des cordes, quand leur ensemble sonne au grave; de ne pas reconnaître, en de brefs accords forte coupant net, de place en place, des motifs rythmiques présentés piano, l'équivalent de cette barre orchestrale, typique exemple de la parenté de Schubert avec Beethoven, et qui évoque des accords larges, arrachés, à la fois, à tous les étages du quatuor, par des archets violents.Ces accords ne doivent pas sonner sèchement, durement, s'enlevant des cordes du piano comme des copeaux de métal.Quelque chose en eux, doit rouler, sans que l'attaque perde pourtant de sa brièveté II ne faut pas réellement les arpéger.Cependant il faut sentir que, si prompt que soit l'archet, les quatre cordes d'un violon ne peuvent être attaquées ensemble.Comnien s'expliquer davantage ?Il y a là un "coup de patte" à donner, qu'il faut sentir, au moment même.Dans le même ordre d'idées, on peut faire remarquer que, lors d'un vigoureux unisson de contre-basse, s'il est des accents, des attaques vigoureuses du talon de l'archet, jama'.s les huit ou dix contre-basses de l'orchestre le mieux discipliné, n'attaqueront la note avec un synchronisme absolu.Idem dans les passages en octaves entre contre-basses et violoncelles.Tout le monde sait cela, et même, personne ne désire qu'il en soit autrement.Cela est prévu, et fait partie de la couleur orchestrale.Pourquoi ne pas s'en 15 souvenir, dans le début du Final de cette Fantaisie ?Mais aussi, il importe d'agir avec tact, et de se rappeler que Schubert lui-même écri vait : "Il n'y a qu'un pas de l'inspiration la plus haute au ridicule le plus complet, de la sagesse la plus parfaite à la sottise la plus honteuse".Schubert ne fut pas seul à exprimer ces choses.Péladan, qui ne l'a sans doute jamais lu ne s'en prend-il pas aux maladroits en ces termes : "Ridicule devient la pensée subtile si un accent de terroir la déforme, si un défaut de la langue la bredouille, comme si un contrefait prenait une pose d'antique".Si Schubert entend souvent, dans ses oeuvres, la voix de l'orchestre, 11 entend plus souvent encore, peut-être, la voix humaine.Il est l'auteur, à jamais glorieux, de 603 "lieder" et son oeuvre instrumentale n'est pas sans se ressentir de cette prédilection pour la voix.D'ineffables mélodies s'élèvent du clavier, dont le caractère vocal est nettement sensible, et qu'il faut absolument traiter comme si, à la main qui chante c'était substitué le timbre chaud d'une voix souple et nuancée, filant les sons, les portant, les faisant doucement expirer, colorant par l'intonation autant que par l'intensité, et drapant à grand plis, largement, l'étoffe musicale.Peut-être ce qui manque quelquefois à Schubert est-ce une cohésion plus grande entre le symphoniste qu'il est, et le maître du lied qu'il est aussi.Ces personnages, souvent sons distincts.L'un entre en i cène quand l'autre en sort, à la manière des figurines mues par le mécanisme das antiques horloges.Si la fusion des deux styles s'était, dans sa musique, constamment opérée, et si encore l'art des sacrifices y avait été pratiqué davantage, bien des pages, contestées, de Schubert, auraient pris rang parmi les chefs-d'oeuvre des meilleurs époques.S'il avait survécu, sans doute les deux tendances du maître se furent amalgamées.S'il avait donné suite à ses projets d'étude, sans doute des harmonies parfois plus recherchées eussent enveloppé les idéales mélodies.Sans doute, l'esprit du contre-point eut contribué à enrichir le dessin de ses accompagnements, à accroître l'intérêt de certains développements.Tel quel, pourtant, Schubert est admirable, et , dans son genre unique.Le don (que personne sauf Schumann n'a possédé au même degré), de ramasser, de concentrer une impression intense en quelques lignes de musique saisissante, lui conférerait à lui seul, le droit de répondre à tous les noircisseurs de papier qui lui reprochent aujourd'hui une foule de choses, sans même tenir compte de la chronologie, ce que répondait ( à quelques mots près) le peintre David, à ceux qui l'agaçaient en l'entretenant de "procédés" : "Oui.on peut savoir tout cela quand on ne sait encore rien".Ce n'est déjà pas un si mince honneur, pour un musicien, que de motiver des rapprochements entre l'oeuvre de titan de Bonn et la sienne.On trouve, chez Schubert, ces mêmes t »i -pressions d'attente, ces sortes de suspensions angoissées qui nous saisissent tant chez Beethoven, creusant, devant nous, des immensités.Il y a une nuance entr'eux, pourtant.Beethoven joue, en ces sortes de transitions, d'un élément allant à la dérive, et flottant, avec sa pauvre petite personnalité de motif ou d'harmonie errante, sur les abîmes mouvants de la musique, dont un des hasards puissants, une des forces innombrables vont saisir le motif épave et le lancer vers un destin encore inconnu.C'est cette passivité du motif d'attente, qui est particulière à Beethoven, si "philosophe".Nous sommes "LA LYRE", revue musicale, numéro d'octobre, contient des articles et morceaux de musique qui devraient intéresser tous ceux qui s'occupent du progrès musical dans notre province.La toilette artistique de "LA LYRE" attire l'attention dans toutes les vitrines où elle est exposée.Le portrait de Mlle Germaine Rouer, l'étoile de la troupe du théâtre de la Porte Saint-Martin, paraît en première page.L'enquête sur la formation d'un Conservatoire National de Musique commence à porter ses fruits; "LA LYRE" a reçu un grand nombre de lettres à ce propos dont quelques-unes publiées dans la Tribune Libre de la revue.MM.les impresarios d'opérette et d'opéra pourront consulter "LA LYRE" pour savoir comment balancer leurs orchestres.Il est à remarquer que nos orchestres souffrent du manque de connaissances de la part de ceux qui sont chargés de les former."Le Solfège" est le premier article d'une série que l'abbé P.Chassang a écrit pour "LA LYRE".La nouvelle administration a reçu de nombreuses demandes réclamant ces écrits de M.Chassang.L'article de Jeanne Theffry sur Franz Schubert est tout à fait d'actualité, vu qu'on célèbre cette année le centenaire de ce grand compositeur viennois.Beaucoup de musiciens connaissent Gabriel Fauré compositeur et organiste, mais en lisant "LA LYRE" ils s'apercevront que Gabriel Fauré était un fin critique musical; c'est ainsi que tous les grands compositeurs modernes ont subi la critique de ce musicien français.L'Album musical de "LA LYRE" contient: "Dans tous les cantons", avec une nouvelle harmonisation de M.Henri Miro."Caressante", morceau de salon pour piano de M.L.J.Fontaine."La France est belle" de Mozart, et le fameux "Adieu'' de Schubert."LA LYRE" est en vente dans tous les magasins de musique et dépôts de journaux au prix de 25 centins le numéro.Abonnement, $2.50 par année."La Lyre", revue musicale, 987 Boulevard St-Laurent, Montréal, Que. 16 Octobre 1928 tous étreints alors.Nous reconnaissons le symbole de l'Etre en proie aux destinées.Les transitions de Schubert, elles, restent, la plupart du temps, cictii'es.Elles recèlent, à cause de cela, moins d'inquiétude.L'har-moni-e s'y nuance, la mélodie y rôde; et en tous cas elles vont quelque part, et on pressent, souvent, leur direction.* Autre rapprochement.Schubert, qui sait se faire si doux, si printanier, possède, malgré cela, en commun avec Beethoven, la vigueur.Il ne faudrait pas croire, d'après la suavité de quelques-unes de ses compositions, et sur la foi de ce charme d'adolescence tantôt heureuse, tantôt mélancolique, que la force manque à son âme restée si jeune, et que cette plume n'est pas capable de zébrer de traits énergiques l'horizontalité des portées.Mais ici encore subsiste, entre Schubert et Beethoven, une différence notable.Schubert, disons-nous, est puissant.Il a de magnifiques élans, des martèlements de rythmes, des accentuations énergiques.Sa voix prend, à certaines heures un ton de commandement qui n'autorise aucune méprise.Il vous a des façons d'empoigner un thème et de vous l'enraciner pour toujours dans la mémoire, qui forcent le respect.Dès les premières mesures, la Fantaisie en ut, que nous citions tantôt, dégage une puissance formidable, implante, à grands coups d'accords répétés, un rythme solide, élance un arpège vers deux accords éclatants qui accentuent la fonction suspensive de la dominante et auxquels un silence succède Puis le rythme se carre de nouveau, au grave, sur cette dominante, et le même élan, et le même double martèlement nous portent vers la stabilité de la tonique.Schubert peut repartir, à présent, comme il voudra.Il a fixé un caractère, déterminé un sentiment, assuré un équilibre.Et ces quelques mesures ont propagé en nous la vertu bienfaisante de la force.Elle nous a envahi.Un sang plus riche semble couler dans nos veines.Nous vivons mieux.Et cette force, cette plénitude, nous les retrouvons dans les quatre parties.Le thème du fugato final, gigantesque, inébranlable sur sa large base, est peut être l'élément qui nous impressionnera le plus.Il recèle en lui un monde de possibilités.C'est un des mitifs le3 plus denses, les plus gorgîs de sève musicale qu'il soit donné à un musicien de rencontreo.Nous le trouvons devant nous, au seuil de la dernière partie, comme un immense monolithe, une effroyable "pierre levée".Et je me souviens d'avoir, la première l'ois que je le lus.vite tourné la page, les pages suivantes, avec la curiosité anxieuse (c'était celle de l'exécutant; et passiounée (celle du compositeur) de ce que ce thème avait pu enfanter de babylonien dans ses développements.Que serait devenue une telle idée clans l'esprit du Beethoven dej dernières années ?.Schubert est puissant.Il atteint, quand il veut à la majesté d'une force souveraine.Il est fie Roi (les Aulnes en témoigne à lui seul) dramatique, effrayant, terrible, lorsque, épousant l'imagination fantastique d'un poète, il l'intensifie de toute la fièvre de sa personnelle inspiration.Mais nous ne trouvons pas en lui la révolte individuelle, la colère, et ces violences avec lesquelles Beethoven nous jette à la face, parfois, un motif rageur, ou nous laboure l'âme si profondément du sentiment de sa propre douleur que nous nous redressons, l'oeuvre finie, nous mêmes saignants et déchirés.Schubert, pourtant mort jeune, avait souffert aussi.Dirons-nous autant que Beethoven?.Non, cela est impossiblev Mais il avait souffert.Les cinq dernières années surtout, la maladie lui rendit l'existence pénible, et nous savons que, dès 1S23, il avait dû se faire soigner à l'hôpital.Mais il ne ss révoltait pas.Nous lisons, de lui, ces vers, dans une page poétique qu'il avait intitulée : "Ma prière" : Père suprême, comble ton fils De maux sans mesure, pour un jour, En signe de délivrance L'entourer des rayons de ton d.vin amour.et il termine par ces nobles lignes : El permets, ô Seigneur, qu'un être puissant et pur, SorCe, radieux et vivant, de ces ruines.Sa foi était à la fois, chrétienne' et panthéiste.Il écrit d'un homme qui craignait beaucoup la mort : "S'il pouvait voir ces montagnes et ces lacs divins qui semblent vouloir nous engloutir ou nous écraser, il n'aimerait pas si fort la pauvre vie humaine ou'il ne considérât comme un bien d'être confié a l'incompréhensible force de la Terre pour y retrouver une nouvelle existence" (1).(1) Thème qui réincarne dans cette oeuvre l'esprit et la forme de la mélodie intitulée: Le Voyageur.( 1 ) Comparer avec Mme de Noailles : "Mourir, pour êlre encor plus proche de la terre !" Le profond amour de Schubert pour la nar ture (autre point de ressemblance avec Beethoven) s'éclaira à la lueur de telles paroles.Elle était, vraiment pour lui, la Grande Mère.Et c'est, certainement, dans cette tendresse qu'il lui gardait qu'il faut reconnaître la cause de cette simplicité divine dont son art est empreint, et où il ne faudrait pas voir la conséquence de l'ignorance.Schubert regardait la nature et la vie avec un coeur resté frais, malgré la grande culture de son intelligence.Il était très lettre.Il avait "écrémé", selon l'expression de M.H.de Curzon, tous les grands poètes.Et Schumann, parlant de lui, disait : "Il aurait vraiment mis peu à peu en musique la littérature allemande tout entière".Schubert mérite à la fois toute notre estime et toute notre tendresse.Ce fut une âme exquise et nuancée, une âme comme irisée, dont il ne tient qu'à nous d'éveiller les reflets changeants et les lueurs fui-tivas, en jouant cette musique adorable en laquelle, souvent le majeur au mineur se fiance, et qui prend, au passage, en ces éclairages alternatifs, un charme émouvant, qui n'éveille le souvenir d'aucun autre.Jeanne THEFFRY.(Monde Musical, avril 1928).FHONO MAGAZINE Phonographe et Radio Les deux sœurs ennemies sont-elles réconciliées ?Lorsque la radio fit son apparition, elle fut regardée d'un mauvais oeil par lea membres de l'industrie phonographique, qui craignaient de voir la nouvelle venue détourner à son profit les derniers amateurs d'une invention merveilleuse, dont les pro- grès n'avaient pas été suffisants en cinquante années pour la faire entrer dans le domaine de l'art.Les pessimistes eurent tort.Certaines personnes plus avisées comprirent que le meilleur moyen de lutter contre la ruine consistait à concentrer ses forces non pas pour lutter contre la nouvelle industrie concurrente, mais pour travailler avec elle à la prospérité commune.C'est à cette collaboration que nous devons d'avoir vu, en quelques années, l'industrie phonographiffue progresser à pas de géant, et la machine grinçante et nasillarde se transformer en un véritable instrument musical.Le grave défaut du phonographe était, jusqu'à ces derniers temps, d'être resté mécanique, tant dans l'enregistrement des disques que dans la reproduction.Or, la transformation directe d'ondes sonores en vibrations électriques ne peut s'accomplir qu'imparfaitement.Quel qxie soit le perfectionnement des appareils, il y a toujours des pertes d'ondes et des adjonctions de parasites qu'il est matériellement impossible d'éliminer complètement.Les découvertes de la radio firent réfléchir les industriels du phonographe.Pourquoi, se dirent ils, ne pas essayer d'ajouter, entre l'onde mécanique et l'onde sonore, un ou deux chaînons : l'onde électrique et, parfois, l'onde lumineuse ?Les premiers essais portèrent sur l'enregistrement des disques.Les progrès réalisés furent tels que, peu après, toutes les maisons mirent au rebut leurs vieux appareils mécaniques et les remplacèrent par des modèles électriques, Depuis ce jour, les nouveaux disques portent gravés en une ligne ondulée, la reproduction fidèle du morceau enregistré.L'emploi de l'électricité permit de résoudre une autre difficulté.On n'était jusqu'alors arrivé qu'à des résultats défectueux pour l'enregistrement de certains instruments, et surtout d'ensembles d'instruments aux timbres divers qui agissaient différemment sur la membrane vibrante.La disposition judicieuse de microphones dans les salles d'enregistrement fit capter séparément les ondes particulières à chaque instrument, les amalgama sans interférences et réalisa ainsi la reproduction parfaitement exacte de l'orchestre.Mais, à l'enregistrement électrique, devait correspondre la reproduction électrique.Le "Pick-Ùp", appareil électromagnétique, transforma les ondes cueillies par l'aiguille sur les sillons du disque en oscillations électriques transmises à un haut-parleur.C'est là que se manifeste plus particulièrement l'étroite liaison des industries du phonographe et de la radio, la réconciliation définitive des deux soeurs ennemies.Pour passer du "pick-up" au haut-parleur, et en sortir purifiées et renforcées, les ondes utilisent les voies habituelles de la T-SFl, ses filtres et ses amplificateurs.Les deux industries trouvent à cette combinaison un égal profit.Le phonographe emprunte à la radio ses appareils pour apporter à la reproduction toute la perfection réalisable.La radio trouve, clans le phonographe, un nouveau mode d'application de ses appareils.Et le plus favorisé est; sans doute encore l'amateur qui possède un phonographe et.un appareil récepteur de T.S.F.Car, grâce au "pick-up", il écoute directement les morceaux exécutés dans les stations d'émission, et il se donne à loisir, et de façon parfaite, l'audition des morceaux de son choix, DEMETRIUS BARIL -:- Avocat -:- ~™!EiP M"* •' MONTREAL, Octobre 1928 17 4* (On sait que Gabriel Fauré a donné au Figaro, de 1903 aux dernières annéei de sa vie, de nombreux articles de critique.Le premier que nous ayons retrouvé date du lundi 2 mars 1903.Dès iuillet 1902 d'excellents rapports étaient déjà noués entre Gabriel Fauré et la direction du Fic.aro.à l'occasion du concours musical organisé par ce journal, avec un jury composé de Saint-Saëns, Fauré et Louis Diémev (parmi les lauréats, Roger Ducasse.A Casella, Florent Schmitt).Le 28 février 1903, le no VII des Pièces brèves pour piano paraissait comme "page musicale", et le mois suivant Gabriel Fauré consacrait à Cézar Frank sa première chronique.Nous la reproduisons, avec de larges extraits de celles qui suivirent, sans les classer autrement, soucieux seulement de mettre en lumière une fois de plus — et de la façon la plus directe, les qualités d'esprit et de cœur du grand disparu : netteté de jugement, bienveillance pour ceux même dont il ne pouvait partager les tendances esthétiques, et qui donne à sa critique d'autant plus de poids, lorsqu'il se résout à être sévère; admiration pleine d'élan, sans reticence aucune, pour les musiques qu'il aime.) César Franck (Les Béatitudes) 2 mars 1903."L'Association artistique du Châtelet nous a donné hier une audition intégrale des Béatitudes, l'œuvre capitale de César Franck, l'une des oeuvres les plus hautement classées de la musique contemporaine: l'oeuvre qu'il préféra, sans doute, et qu'il n'eut pas le bonheur d'entendro On vous a déjà dit combien la destinée de Franck le tint éloigné de la faveur publique et comment il remplit sa belle vie d'artiste au milieu d'une indifférence à pen près totale.En souffrit-il réellement?Son âme sereine et son cœur chaleureux ne lui firent-ils pas goûter plus profondément les joies qu'il puisait dans ses œuvres mêmes ou que lui causait le culte fervent d'un groupe d'admirateurs fidèles ou de disciples ?Ceux qui eurent l'honneur de le connaître pourraient dire quelle clarté heureuse mettait sur son bon visage la moindre approbation, vint-elle du plus humble ! D'ailleurs, on chercherait vainement dans sa musique, comme on eût vainement attendu de ses propos, la moindre expression de révolte ou d'amertune.H travaillait et patientait ! Et voici que maintenant qu'il n'est plus sa gloire s'est, solidement établie.Voici que ses oeuvres sont maintenant acclame es et voici que le culte des premiers fidèles a gagné enfin la majorité du pnblici Pour lente qu'elle ait été, cette réparation doit réjouir profondément tous ceux qui furent témoins de l'injustice passée.C'est en 1S93, je crois, que M.Colonne donna pour la première fois et dans leur intégralité les Béatitudes.C'est intégralement encore qu'il nous les a fait, entendre hier.De telles pages méritent à coup sûr d'occuper tout un programme.Pourtant, comme elles sont absolument indépendantes les unes des autres, je crois fermement que des auditions des Béatitudes par groupe de deux ou tro's, réparties dans une suite de concerts, constitueraient une fête infiniment plus dé-licicue et qua les éclatantes beautés qu'elles renferment presque toutes nous apparaîtraient alors dans un p'.us libre épanouissement Il est incontestable que d'inévitables similitudes d'effet, imposées, il est vrai par le plan et le texte de l'oeuvre poétique, que le retour fréquent de la même expression musicale si ineffablenient belle soit-elle, que certaines défaillances dans l'orchestration, que la fatigante continuité des basses, véritables pédales d'orgue, font traîner sur l'ensemble de l'oeuvre une pesante monotonie.Et je ne jurerais pas qu'hier, les plus convaincus et les plus robustes, parmi les audi-teur.'i.aient atteint la huitième et dernière Béatitude, si amplement belle, d'ailleurs, sans avoir eu à réprimer déjà quelque irrévérencieuse marque de lassitude." Reyer (La Statue) 7 mars 1903."La direction de l'Opéra s'est honorée en décidant qu'elle consacrerait cette présente semaine.à la glorification de l'un de nos plus illustres musiciens, M.Ernest Reyer.M.Reyer peut, très légitimement, s'enorgueillir.de se voir compté parmi ceux, si rares, dont le haut et bon labeur justifie de semblables apothéoses.Il y aura en même temps réalisé son rêve de voir la Statue, l'opéra de 1S61, représentée, enfin, sur la scène de notre Académie Nationale de musique, clans la forme d'opéra-féerie, qu'il lui avait de tout temps destinée, paraît-il.Sous ce titre d'opéra-féerie une seconde version de la partition vient d'être publiée.Si on la compare à la première, on s'aperçoit bien vite que les modifications qui les séparent consistent moins en un élément nouveau qu'en une dénomination nouvelle et qu'elle est simplement augmentée de récitatifs et, conformément à un usage qui a pris à l'Opéra force de loi, d'un divertissement assez long et oiseux.Malgré des déploiements de mise en scène, malgré le tallet, réglé avec une ingéniosité un peu dénuée d'imprévu, malgré les temples souterrains aux proportions chimériques, malgré le chameau de la caravane, qu'on voit passer et repasser devant la toile de fond, nos préférences vont encore vers la primitive Statue, vers l'oeuvre charmante de la jeunesse de M.Reyer.Je n'ai pas dit "oeuvre de jeunesse" .n'ignorant pas que ces trois mots sont enveloppés d'un fâcheux discrédit ! Pour moi cependant, je reste convaincu que les oeuvres de jeunesse révèlent presque toujours le meilleur de l'individualité, des dons, des facultés d'un artiste; qu'elles le révèlent et l'expriment directement, sincèrement, généreusement, avec cette conviction, cette ardeur juvénile, cette heureuse insouciance que trop souvent, hélas, la vie prend soin de modifier.Les oeuvres de jeunesse ont le charme et la fraîcheur des sources." Saint-Saëns (Concerto pour violoncelle) 9 mars 1903."Sans comparer cette oeuvre à tant d'autres, capitales, suprêmes, définitives, qui dès longtemps placèrent M.Saint Saëns au sommet de la Musique française, on peut le ranger au nombre des heureux divertissements où se complurent si souvent sa fantaisie et son ingéniosité merveilleuse".(Symphonie avec orgue) 20 avril 1903."Très belle exécution de la Symphonie en ut mineur, de M.Camille Saint-Saëns, l'oeuvre de pure musique îa plus considérable, la plus hautement pensée, la plus prodigieusement construite, et la plus admirablement réalisée qui soit dans la musique française." (200e de Samson et Dalila) 20 juin 1903-".Je tiens pour un des grands honneurs et une des grandes émotions de ma vie d'avoir pu assister à cette prem-ière représentation (au sujet de la Ire à ~\Yeimar).Ibid.Saint-Saëns : "le plus grand de nos musiciens vivants," Tschaikowsky (Symphonie pathétique) 9 mars 1903."Quant à la Symphonie pathétique, de Tschaikowsky, oeuvre toute d'extériorité, du inoins russe ds tous les musiciens russes, oeuvre trop louée par les uns.trop décriée par les autres, fort divertissante en tout cas par ton orchestration, elle serait charmante à entendre, un beau soir d'été, dans le parc du Kursaal d'une ville d'eau allemande.".Brahms (Concerto de violon) 16 mars 1903."Le choix de ces deux pièces, également grises et monotones (Concerto de Brahms et Sérénade de Tschaikowsky) ne me semble pas très heureux.Dans tous les cas, l'effet négatif que produisit le Concerto peut faire craindre qu'entre le public parisien et la musique de Brahms l'occasion de rompre la glace soit encore retardée !" Sur la Prosodie (à propos de 3[\iguettc.d'Emond Missa: : 19 mars 1903-"Un reproche que je ne puis m'empècher d'adresser à M.Missa, c'est de ne pas assez respecter la prosodie, c'est d'oublier trop que la musique, dans le drame, doit s'unir étroitement au mot.en faire saillir la valeur et l'accent, et non les détruire." Mendelssohn (Rr'foriiiaf ioii-Sj/Hip7io)iie) 23 mars 1903."Je sais gré, cependant, à M.Chevillard, de nous l'avoir fait entendre.Pour l'hon- Octobre 1928 neur de la musique et pour l'éducation du public, je lui sais gré de ne pas négliger con> plètement le grand musicien qu'on ne cesse pas d'admirer en Allemagne, en Angleterre, en Belgique, c'est-à-dire partout où un plus sincère amour de la musique sait retenir, autour des noms justement illustres, une faveur qui, chez nous, s'épuise,, trop rapidement! Indépendamment de leur nombre, de leur surprenante variété et de leur incontestable agrément, les oeuvres de Mendelssohn consr tituent de tels modèles de structure, d'écriture musicale et d'ingéniosité orchestrale, qu'on ne saurait sans réel dommage et sans injustice, les laisser oublier." Richard Strauss {Vie d'un Héros) 30 mars 1903."Pour moi qui, jusqu'ici, n'avais su goûter la musique à programme que brève et claire comme le voulurent Liszt et Saint-Saëns; pour moi qui fus, plus d'une fois, déconcerté par les excessives dimensions des poèmes symphoniques de M.Richard Strauss, par la nature et la quantité des phénomènes extérieurs et psychiques qu'il tenta d'y exprimer; pour moi, qui, plus d'une fois aussi, fus surpris qu'une si prodigieuse technique s'y alliât, souvent, à des idées peu originales, je me sens aujourd'hui, absolument gagné par sa Vie d'un Héros, absolument séduit par cette oeuvre où s'épanouit une fabuleuse floraison orchestrale, par ces pages de vigueur, de luxe éblouissant et de charme exquis, marquées des signes d'un talent égal aux plus rares talents." Sur son propre Requiem 11 avril 1903.' Quant à ceux qu'altérait véritablement la soif de souffrir pour expier, ils recoururent probablement aux mortifications que ne leur refusa pas le programme du Conservatoire : la 2e Symphonie de Brahms, et un Requiem de ma composition.J'ai dit qu'un Requiem de ma composition figurait également au programme d'hier soir et c'est, du reste, tout ce que j'en puis dire.On ne me refusera pas, cependant, le très légitime plaisir de remercier M.Georges Marty, qui comprit si bien cette petite oeuvre et en prépara avec le concours du chef des choeurs M.Schwartz, la plus parfaite exécution ; et de remercier aussi Mlle Jeanne Leclerc et M.Dufranne, de l'Opéra-Comique, qui voulurent bien y participer et y firent preuvent d'une pureté de style et d'une sérénité d'expression bien rares et précieuses." Massenet {Reprise de Werther) 25 avril 1903, ."Je veux cependant vous rappeler que cette œuvre date d'une époque où l'influence L'ONDULATION INDEFRISABLE La Célèbre Méthode Permanente CIRCULINE NESTLE ne connaît pas d'insuccès.Si vous désirez la meilleure, allez chez PUNDE & BOEHM 1459 Metcalf, MONTREAL Lancaster 8383-8393 dominatrice des principes nouveaux se dé-pandait sur notre musique; que cette influence, M.Massenet la subit, sinon au même degré que certains, du moins, autant que la plupart de ses confrères, et qu'il semble bien qu'avec Werther, après Esclamonde.il ait payé une fois encore son tribut à la divinité du jour.Que M.Massenet ait accompli cette évolution tout naturellement, par la seule loi du progrès qui s'impose à tout artiste de valeur, ou qu'à défaut d'une inévitable vocation il soit devenu wagnérien parce que le wagné-risme était alors à la mode, peu importe.Ce qui importe autrement, c'est qu'il sut donner à Werther une unité rare; c'est qu'il y répartit l'intérêt musical plus largement et plus également entre le chant et l'orchestre; et c'est ainsi qu'il ne cessa pas de s'y montrer "lui-même" par l'émotion sincère de certaines pages, et peut être même par l'émotion plus artificielle de certaines autres.apparition de Charlotte et de Werther au rayon de la lune (lorsque) "la musique, s'emplissant alors, de caresses, monte et s'élève jusqu'au charme le plus intense, le plus pénétrant, le plus aigu." Vincent d'Indy (Symphonie sur un air montagnard français) 10 mai 1903."De la belle Symphonie de M.d'Indy, sur un air Montagnard français, j'admire particulièrement la première partie;, ample, colorée, expressive, et développée avec un art consommé: et le finale, débordant de vie et de joie, éblouissant d'orchestre.Dans l'énigmatique partie de piano que comporte cette symphonie, Mlle Blanche Selva avait le devoir de ne se point trop faire remarquer, et n'y manqua pas, sauf dans le finale où le piano prend tout à coup, une importance d'ailleurs tout à fait inattendue !" ("Précédemment, Fauré a fait de VEtranger un éloge chaleureux ) Ch.-V.Alkan (A propos des concours du Conservatoire; 24 juillet 1903."le très musical et très humoristique Festin d'Esope, de Charles Valentin Alkan, une gloire du piano déjà oublée des uns, tout à fait ignorée des autres, et que nos virtuoses, bien inspirés, devraient prendre à coeur de faire revivre." Puccini (Première de la Tosca) 14 octobre 1903."Une musique ardente, passionnée, impérieuse jusque dans certaines déconcertantes vulgarités.il semble bien que la volonté de resserrer dans le plus étroit et le plus constant accord le drame et la musique ait dominé l'oeuvre du musicien et qu'elle lui ait très heureusement inspiré ses meilleures pages, c'est-à-dire les scènes véhémentes et si violemment colorées qui remplissent la presque totalité du second acte." (Suit une critique détaillée, et remarquablement objective, des qualités et des défauts.) Berlioz (Symp h o n i e fan tasl i que ) 19 octobre 1903."Avouerai-je que la faculté -— que certains possèdent impertubablement — de tout comprendre, de tout admirer, de tout louer dans l'oeuvre de Berlioz, me fait particulièrement défaut pour ce qui concerne la Symphonie fantastique, exception faite, cependant, de la dernière partie dont la couleur et le mouvement défient tout ennui ?.Le même, sur l'ouverture des Francs-Juges (9 novembre 03) : "l'ouverture des Francs-Juges, d'un éclat, hélas, bien vulgaire." Par contre, 10 mai 1903 et à des nombreuses autres reprises, éloge enthousiaste de la Damnation de Faust.Liszt (Les Préludes) 2 novembre 1903."Où le programme" se déroule — parfaitement saisissable — avec un ordre, une clarté, une intensité d'expansion et une maîtrise suprême, par le développement et les transformations de deux thèmes principaux, noblement éloquents dans leur expression première, dramatisés ensuite et mouvementés jusqu'au tumulte, puis ramenés au charme paisible de l'églogue, et enfin emportés de nouveau jusqu'à l'éclat d'une vaste péroraison héroïque et triomphale.Et dans ce poèm;e symphonique — comme dans la majorité des poèmes de Liszt, si extraordinaire qu'y puissent apparaître la science technique et l'invention orchestrale — c'est toujours, la musique, la plus expressive musique, qui parle en souveraine)" ("Monde Musical.) Studio: Tôl.Harliour 7375 Rés.Tel.Am.0004 L.GUILLAUME DUPUIS Maître de chapelle il Notre-Dame PROFESSEUR DE CHANT Studio: Maison Lnnpolier 3G6 STE-CATHERINE EST, MONTREAL, BAYEUR FRERES LUTHIERS Violon primé au concours de Paris, 1921 Hautement recommandé par le célèbre violoniste Alfred DeSèves 1853 AMHERST — Tél.Est 7412 — MONTREAL Tél.Lancaster.3452 fj.E.LEMIEUX t Réparations de tout Instrument jft de musique 1554 ST-DENIS, MONTREAL J.G.YON L.J.Douce t, prop.41G8, rue St-Denîs, Montréal.T61.Belnlr 7570 Endroit par excellence où l'on peut se procurer le plus beau choix de musique classique, pin no solo, chant, violon, violoncelle, musique religieuse, chants canadiens, traités d'harmonie, littérature musicale, et touto la musique demandée par les différents Conservatoires, y compris les éditions Durand, Schirmer, Wood, il des prix défiant toute com pétition.Nouveau rayon de phonographes et disques Starr-Cennett.Remises spéciales aux Communautés Religieuses et :iux Professeurs, Service, courtois.Une visite à notre magasin voua convaincra du choix de musique varié que nous sommes en mesure de vous offrir. Octobre 1928 19 REVUE DES REVUES LA VANITE DE LA CLOIRS Les récente» exhiblt'on* ptigillstlque < (le Chicago onl provoqué malnl commentaire malveillant dans la presse du inonde entier.Nos confrère» sportifs eux-m^mes.peu suspects île partialité, puisqu'il s'agit de leur "rayon", s,- «mil tins d'uciord pour trouver exagérés les fabuleux hi ni' ira 11 • - wi-è.:i il - Tunneys el autre.» Dempsey» Le mal provient, nous a I mi dit.«le la Jobarderie d'un public moutonnier qui s'engoue de boxeurs quelconque», pourvu qu'une réclame suffisante ail été organisée par des entrepreneurs débrouillards.Pauvre publie ' Il nous est permis de rapporter ces paroles, si peu aimable, pour lui.puisqu'aussi bien nous en faisons partie dans su plus humble catégorie, celle qui paie.Et ceci nous rappelle une anecdote sympto-nia tique C'était aux environs de 1912.Caruso, le fameux ténor, alors à l'apogée de sa formidable renommée, assistait un Jour dans un théâtre de Paris à une représentation d'opéra Au premier entracte, l'illustre artiste se présenta au foyer pour complimenter ses ni nui rade, et peut-être aussi pour respirer cet encens de gloire dont II était avide A sa vue.toute la troupe accourut faire sa cour au grand homme.Le directeur confia même à Caruso l'embarras où le mettait l'indisposition subite d'un Jeune chanteur, charge d'interpréter une mélodie dans les nui-liases, au deuxième acte de la pièce.Caruso était de bonne humeur.Avec beaucoup de condescendance, il proposa au directeur ébloui de remplacer l'"utllité" qui manquait." — Et vous verrez quel triomphe sera le mien ! assurât II à son obligé qui se confondait en remerciements.Je n'ai jamais été en voix comme aujourd'hui.Votre public vu jouir gratis d'une audition qu'il aurait lien payé 25 louis!" Le directeur transi porté de baiser les mains de son sauveur, pendant que le rideau se lève pour le deuxième acte, au milieu de l'empressement admlrutif de tout le personnel de la scène, embusqué derrière les portants, chacun, Jusqu'au pompier do service, retenant sa respi-i al Ion.pour mieux entendre la glorieuse vedette.Le moment venu.Caruso chante de façon sublime la mélodie qui constitue son role improvisé Sur uu "ut" final claironné à miracle.Il s'incline machinalement pour les ovulions délirantes qu'il prévoit.0 stupeur ' l'n silence de mort règne dans la salle Im claque, qui ne sait rien de la substitution, ne daigne pas s'ébranler pour celui qu'elle croit un artiste de second plan.Par-tageaut la même erreur, les spectateurs ne bronchent point Et Caruso furieux part en claquant les portes, malgré les excuses du directeur navré Caruso avait bien fait de s'enfuir.A peine WâlWl dans la tue que les lustres tretn-1 huent aux applaudissements qui accueillaient l'entrée en scène du premier rôle, ar-Hsle probe, mais combien Inférieur a la gloire dédaignée ' Quelle sera la morale de noire histoire?Kal ce à dire que le public est incapable de discerner le vrai talent, toutes les fois que la presse ne lui a pas soufflé il l'oreille : "Celui-là est un bon.Applaudis-le !" ?L'aventure de Caruso et la vogue exagérée d'un Demp ey pourraient le laisser croire.Consolons nous en disant qu'il ne s'agit là rue de quelques cas exceptionnels.Et n'oublions pas qu'en musique tout au moins, c'est le public, ce grand jobard de public, qui a su leionnaitre la valeur d'un Rossini, d'un Do nizetll et île bltn d'autre» en se dressant ¦ ontre une presse malveillante et maladroite.André PAl'L I.a ('hi'iinii/ur M us.i til* Trimestrielle.L'ESTHETIQUE DE RICHARD STRAUSS FORMULEE PAR LUI-MEME il.Richard Strauss a aecnrdi rm-mmint n l'un de no* confrères étrangers une inter-tien lions nous reproduisons les passages i-Hsinticl* : "Mozart — affirme M.Richard Strauss — est la source de toute ma culture musicale, l'opéra classique ne dispose, pour son dialogue, que de deux moyens : la prose pure Mme Jeritia, une des meilleure» interprètes de Richard Slr»u»s.qui a créé à Vienne (Autriche) le nouvel opera "Hélène" de ce célèbre musicien.et simple ou le récitatif sec du XVIIIe siècle, avec accompagnement de clavecin.Seuls lleethoven et Marsehner se sont servis, dans d'Importants passages de leurs opéras, du "mélologue" qui est si suggestif Au contraire, dans les oeuvres allemandes de Mu- xart, l'action véritable se déroule presq.x cluslvement en prose parlée, alternant avec des morceaux chantés en forme de lu il.avec de grands finales à structure symphonique.avec des nlrs parfois précédés de récitatifs ai i niupagnés par l'orchestre.Puis, duns ses oeuvres Italiennes.Mozart adopte le réci- tatif ter qui appartient en propre à l'opéra-comique italien "Pour ma part J'ai toujours prêté la plus grande attention à la déclamation rationnelle et à la vivacité du dialogue Si.dans mu première oeuvre dramatique.— t.'Mnfrum.— j'ai presque complètement négligé la séparation entre les parties slmplements récitées et les passages purement ly-riçues.plus tard.lorsque j'ai composé SalOUU et Elrktru.j'ai tenu à ce que le dialogue ne fiit pas complètement submergé par l'orchestre Pourtant, ce dialogue était encore mêlé à une telle polyphonie instrumentale que sans la plus scrupuleuse observation des signes dynamique; indiqué» par moi, l'orchestre ne peut atteindre h cette transparence que J'imaginai» en composant ma partition.Mais ayant observé qu'il ne fallait guère compter sur des exécutions parfaites.Je me suis toujours efforcé depuis à établir de plus en plus l'équilibre entre les chanteurs et l'orchestre, afin que l'action reste bien claire et bien compréhensible pour le public, au moins dans ses lignes essentielles.C'est dans cet esprit que j'ai écrit l.u femme sans umbrr et Ariane à Xaros." En ce qui concerne les exécutions orchestrales et les chefs d'orchestre.M.Richard Strauss renouvelle les blâmes que Wagner adressait aux Kapi minister au tempi du TurinnuH.n r.Et les anecdotes ne lut manquent pas "Lorsque je dirige une oeuvre tiè» complexe, comme Kbktra — dit M.Richard Strauss — je suis htureux que les auditeurs aient pu saisir les moindres syllabes du texte ! Dans le cas contraire, Je suis certain r;ue lu partition n'a pas été exécutée selon me» indications Le caractère essentiel de ma dynamique orchestrale est d'indiquer à chaque famille d'instruments, et à chaque instrument, même, son intensité.son expression juste.L'observation précise des signes porté.» par moi sur la partition e-t la condition principale d'une parfaite interprétation "styl'stlque" de l'orchestre; mats cela sup pose une discipline instrumentale qu un ne connaît plus beaucoup aujourd'hui, l'n type de polyphonie aussi finement articulée que la mienne peut se rendre clairement par le seul respect des signes, l'ne seule voix de l'orchestre, plus indiscrète que les autres, peut détruire d'importants filaments harmoniques subsidiaires."Au cours d'une répétition d'orchestre, à Mein'gen.Huns von Biilow cria tout à coup au corniste: "Forte!".Le corniste joua plus fort.BiiIdw arrêta l'orchestre et dit avec un reproche discret : "Je vous ai dit : forte".Le corniste joua encore plus fort.Bù'.ow arrêta de nouveau l'orchestre et cria : Premier cor.forte!" Le corniste répondit avec un accent désespéré : "Mais, monsieur de Bulow, je ne peux pas jouer plus fort!" Alors, BUlow.avec un sourire narquois et de sa voix la plus aimable, lui répliqua : "Mais c'est justement ce que je vous dis.mon cher : Je vous demande depuis une heure de jouer "forte" et vous vous obstinez à jouer "fortissimo !" "Le résultat de cette orchestration est qu» je fatigue moins mes chanteurs et Je ne cesse.:'i l'avant .scène de leur répètei i .• con-sell : SI vous voulez être aussi bons acteurs "que chanteurs, chantez a mean «toi i et pro-"noueez clairement ; l'orchestre vous aecotu- 20 Octobre 1928 "pagnera avec une plus grande finesse et le "public vous écoutera avec un plus vif plai-"sir.Dans une lutte inégale avec un en-"nemi plus fort que vous, vous vous fatigueriez inutilement la gorge; et cela d'autant "plus que, dans mes opéras, il n'y a jamais "de place pour des applaudissements en cours "d'acte et qu'avec moi la pauvre claque ne "sait comment gagner sa maigre pitance." Auprès de l'importance du texte, M-,.Richard Strauss place la mélodie qu'il considère comme un élément essentiel.Il n'aime pas seulement Mozart, mais aussi Pergolèse et Rossini dont il rappella souvent le mot : Beethoven est grand, mais Mozart est unique !" Et pardessus tout, M.Richard Strauss abhorre le modernisme atonal.STAMPA.(Monde Musical, janvier 192S.) -o- LES DROITS D'AUTEUR ET LA MUSIQUE D'EGLISE (Suite) Voici donc maintenant les explications et considérants donnés par M.V.Dupin, vicaire général de Paris dans la Vie catholique du 14 avril.Nous donnerons ensuite les passages essentiels de l'ordonnance cardinalice."Les auteurs, compositeurs et éditeurs de musique forment une Société, qui a pour objet de défendre les droits et les intérêts de ses membres — ce qui est presque la définition du «syndicat."S'agit-il simplement ici du droit de propriété artistique ou littéraire, analogue à celui d'un romancier d'un peintre ou d'un sculpteur ?Le droit revendiqué en la -circonstance s'étend plus loin.La loi française reconnaît, en effet, dans certains cas, à l'auteur d'une composition musicale, un droit sur l'exécution de son oeuvre : l'autorisation préalable de l'auteur est requise en pareille occurence, et celui-ci est maître de la donner ou de la refuser."A-t-on voulu par là restreindre la publi-' cité des compositions musicales ?Assurément non ! On a voulu permettre à l'auteur de réclamer une rétribution de ceux qui jouissent de l'audition de son oeuvre, et ne pas laisser, une fois encore, qu'on nous pardonne cette comparaison !, le commerçant — c'est-à-dire l'entrepreneur de concerts — s'enrichir aux dépens du producteur."Nous disons bien : l'entrepreneur de concerts, car c'est lui que vise la loi.Les textes, pour être vieux de plus d'un siècle, n'en sont pas moins clairs."La loi ¦ du 13-19 janvier 1791 s'exprime ainsi : "Les ouvrages des auteurs vivants ne "pourront être représentés sur aucun théâtre "public, sans le consentement formel et par "écrit des auteurs, sous peine de confiscation "du produit total des représentations au pro-"fit des auteurs." "L'article 42S du Code pénal précise, et il menace des sanctions de la loi "tout directeur, tout entrepreneur de spectacles, toute "association d'artistes, qui aura t'ait repré-"senter sur son théâtre des ouvrages dramatiques au mépris des lois et règlements." Et la Cour de Cassation explique et justifie les prescriptions de la loi, dans un arrêt du 23 janvier 1S69, où on lit : "Attendu que les "mots : entrepreneurs de spectacles, dont se "sert l'article 42S.s'appliquent également "à tous ceux qui entreprennent de faire jouir "le public de l'audition d'oeuvres musi-"cales"."La Société des Auteurs appuie sa réclamation sur l'acceptation que donne le langage courant aux mots "droits d'auteur".Elle élude ainsi la grosse difficulté, d'origine légale, que le Cardinal Dubois a vue et soulevée, qnand on a voulu appliquer le principe aux cérémonies religieuses, et qui l'a empêché d'accueillir favorablement la démarche de la Société.Pour appliquer la loi aux églises, il faut, en effet, les considérer comme des lieux de spectacles, et pour faire signer un contrat aux curés, il faut, qu'on le veuille ou non, les faire rentrer dans la catégorie des entrepreneurs de spectacles1.Aussi l'Archevêque de Paris a-t-il défendu à ses curés de passer aucun contrat avec la Société, et, pour couper court à toute difficulté, a til interdit d'exécuter, désormais, dans les églises de son diocèse, les morceaux de musique qui ne sont pas dans le domaine public."Est-ce là une sorte de boycottage de la musique moderne ?Non ! car plusieurs compositeurs et non des moindres, Mgr Perru-chot par exemple, ne font pas partie de la Société, ou ne lui ont pas déposé leurs comr positions religieuses (1).En outre, la tentation serait forte, le jour où l'intérêt personnel serait en cause, pour le plus petit joueur d'harmonium, de faire exécuter des motets, ou même des messes de sa composition, au détriment de la belle musique classique (1)."Les éditeurs qui entendent (2) — on ne voit pas trop pourquoi d'ailleurs — être des tiers dans les avantages concédés aux auteurs (des narok.s) et aux compositeurs (de
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