La lyre, 1 janvier 1927, no 53
REVUE mETlSUEllE IIIOSICALE ET LITTÉRAIRE ILLUSTRÉE MIRAGE .NOVELETTE PITTORESQUE MARCHE SAINT-GEORGES MONTREAL.QUE.- - - No 53 TÎ1US1QUE Pièces pour Piano Chansons Hans Spialek Raoul La Roche Georges Panneton BERGERE LEGERE.DE MON AMIE.FLEUR ENDORMIE (Extrait de "Les Pécheurs de Perles") Wekerlin Bizet TEXTE Charles-Marie de Weber Nicolas Méhul -Ia's avatars des professeurs Le violon et les poètes La fanfare I* "Ange Gardien" l données de la critique musicale A propos du Piano-Canto Jean (hantavoine P.Chassang Jean Kiddez M.Pincherle F.A.Mayer M.D.Calvocaressi Marcel Tournier Avis à nos abonnés .L'administration La puissance d'un mot d'encouragement.Nouvelles, Comptes-rendus Page Féminine Petit Carnet A propos du métronome.Le bâton du chef d'orchestre.Hérédité musicale."La Marseillaise".J 25 c - .x - - MARCHANDS ET EDITEURS DE MUSIQUE Demandez les GRANDS SUCCES de la bonne chanson canadienne LA GRAND' D'MANDE Maurice Morisset et Oscar O'Brien LES CHaUV'S.SOURIENT Maurice Morisset et Hector Latour LA RADIOMANIE Maurice Morisset et Hector Latour LE PONT D'LONGUEUIL Albéric Bourgeois En dépôt au 35 sous la copie-3 pour $1.00 franco.ENVOYONS.' D'L'AVANT.GAIEMENT.P.Dufargue LE LABOUREUR Maurice Morisset et Oscar O'Brien LA VALSE DES BELL'S MERES Maurice Morisset et Oscar O'Brien COMM' ÇA Lucien Sirois "CARILLON CANADIEN", 3, Ste-Catherine Est ENVOYONS D'L'AVANT! Harmonisée par Amédée Tremblay YOUPPE! YOUPPE! ou Dans la Concession du p'tit bois dTail - Harmonisée par Oscar O'Brien DANS TOUS LES CANTONS Harmonisée par Oscar O'Brien AU BOIS DU ROSSIGNOLET Harmonisée par R.C.Larivière t .4 -—— Je tiens TOUT ce que je promets O'SJ MUSICIENS, gui aime; ce oui est joli, mettez à votre répertoire: ^ Prière de Bossuet, magnifique morceau religieux.-.S0.40 w-«orr* Cantiques de mariajre de SSMP, avec parties de choeur.0.75 YT" HP 1 Benedicat Vobis Dontinum, motet à 3 voix du célèbre H.Duparc.0.55 £j I Penteeosten, 24 cantiques de Vincent d'Indy.1.35 D_-, a -b- s Belle Epousée, jolie mélodie nouvelle.0.50 p« A T Y I* E i\ II.La Lettre, Extrait de Mozart, succès mondial de Yvonne Printemps, 11 r, I r\ I I.u M.itau a Boston, Londres, Montréal.Paris, New-York.0.G0 " | ABONNEZ-VOUS à notre Journal mensuel de Broderie et Musique.Par an: 25 cents | ] Toujours en mains tous les morceaux annoncés dans LA LYRE | X> A ATTT • "X T TXT TXX A rT^ 3770-3772, RUE ST-DENIS, (ancien 642) IV KJ I J V JOj X>l _±±_ X Tels.Est 0822-3065 - - - MONTREAL _ Assortiment — Compétence — Courtoisie — Prix raisonnables — Service LA PREMIERE MAISON D'EDITION AMERICAINE Pour la diversité et l'excellence l'EDITION WOOD est suprême.êd/f/on Wood Employée exclusivement par un grand nombre de professeurs éminents.AU DELA DE 1,000 VOLUMES DE CLASSIQUES, D'ETUDES ET DE RECREATIONS Choisis pour l'enseignement musical par les plus importantes maisons d'éducation de l'univers.En plus des oeuvres classiques les volumes ci-dessous indiqués sont toujours en demande.METHODE DE PIANO SARTORIO En quatre volumes Chacun $1.00 Pièces arrangées de façon systématique et progressive, désignées pour poser des bases solides aux études musicales.LES ETUDES PROGRESSIVES DE LA COMPAGNIE WOOD Cinq Volumes Chacun .75 Primaires, Elémentaires, Intermédiaires, Supérieures, Avancées.La meilleure série d'études variées que l'on puisse désirer.OPERA GEM Trois volumes Chacun .75 Arrangements faciles d'extraits d'opéras les plus connus.Appropriés pour l'étude et comme pièces de genre.D'exécution facile et agréable.88., RUE ST.STEPHEN The B.F.Wood MUSW Co.BOSTON, Massachusetts LA LYRE — JUIN-JUILLET 1927 3 Le bâton du chef d'orchestre L'usage' du bâton pour conduire les orchestres est-il ancien ?Un érudit musicographe américain, le Dr Henry T.Fleck, nous apprend que non.Au temps de Bach et de Haendel, les chefs d'orchestre conduisaient au clevecin ou à l'orgue, donc sans bâton.Ils conduisaient sans bâton, également à l'époque de Mozart et de Haydn, et se chargeaient de préférence de la partie du violon.Dans les passages vétilleux, ils s'interrompaient pour battre la mesure avec leur archet: de là, est sans doute venue l'idée première du bâton de mesure.Idée qui a été longue à s'implanter.En Allemagne, vers 1800, l'usage du bâton était encore inconnu.Godefroid Weber en recommandait sans succès l'emploi vers 1807.Le premier, Mosel, s'en servit en 1812 à Vienne.Charles-Marie de Weber l'employa à Dresde en 1817 et Spohr à Londres en 1820.Ajoutons, toujours d'après le même auteur, que le bâton de chef d'orchestre de Weber a fait partie de la collection de Svend-sen, le compositeur norvégien.Ce bâton est beaucoup plus gros et plus long que les baguettes employées par nos chefs d'orchestre.Il ressemble à s'y méprendre, paraît-il, aux gourdins dont sonx armés les policemen new-yorkais.Hérédité musicale Le génie musical est-il la résultante pure et simple de l'hérédité ?Il faut croire que non, si l'on prend par exemple Tschaïkow-ski.Les parents du grand compositeur, l'un des plus remarquables qu'ait produit la Russie, ne pouvaient prévoir d'après leurs propres aptitudes la vocation de leur fils.Sa mère chantait des romances, sans parvenir à s'accompagner elle-même.Quant à son père, il n'avait aucun goût pour la musique et n'aurait pas distingué un do d'un fa., Dans l'ascendance du compositeur, on trouve des grands seigneurs, des officiers, des ingénieurs, mais pas un musicien.Prochain cours SALLE TURCOT, MONTREAL.Le Maître Jean Riddez donnera l'automne prochain un cours d'histoire de -la Musique.Ce cours comprendra six leçons qui seront illustrées par des pièces que chanteront le professeur et ses élèves.Ces leçons seront données à la salle Turcot, 3, rue Sainte-Catherine est; les abonnés de "La Lyre" jouiront d'un prix de faveur pour l'admission à ces cours.Lancaster 4525 "LA PHOTOGRAPHIE DE DISTINCTION" 3430 Saint-Denis (près Sherbrooke) Montréal m^^^^rrz- JEAN RIDDEZ de l'Opéra de Paris et des Maîtres du chant Français, Professeur Intérimaire et Membre du Jury au Conservatoire de Paris et au Conservatoire Américain de Fontainebleau, Professeur à l'Institut Pédagogique de Montréal.Seul professeur au Canada pouvant référer de ses titres officiels de France.Premiers Prix du Conservatoire de Paris.CHANT - DECLAMATION LYRIQUE MISE EN SCENE - - OPERA , OPERA - COMIQUE OPERETTE 3738, ST-DENIS - - Tél.EST 2350 = J.E.TURCOT Musique et Instruments de Musique 3 Ste-Catherine Est, Montréal, Que.Musique pour Fanfare 25c ch.Prix Spéciaux 5 pour $ 1.00 25c ch.Advance Guard, Marche.Laurendeau Aurora, Valse.Rosas Bay State Cadets, Marche.B.Sargent Cavatina for Baritone, Cavatine.Demersseman Class Day, Marche.Whiting Col.Goddard's, Marche.Reeves Col.Logan's, Marche.B.Sargent Col.Tillson's, Marche.Schon Concentration, Marche.Rollinson Cradle Song, Berceuse.Norris Flag March, Marche.W.Reeves Forward, Marche.G.Menzel Front Section, Marche.W.Reeves Golden Gate Convention, Marche.B.Sargent Greetings, Marche.K.Knutsen Hunters, Marche.E.B.Holmes Keep on the Target, Marche.A.Cotten King B., Marche.A.L.Boutelle L.B.B., Marche.R- B.Hall Lilian, Valse.B.Sargent On the Step, Marche.F.Charles Portland Cadets, Marche.W.Reeves Rock of Ages, Marche.Newton Sunday (Stabat Mater), Marche.Hare Voices of Spring, Gavotte.K.Komsak Venezia Serenade, Serenade.M.Missud Return from France, Marche.H.J.Crosby A summers Day in Norway, Fantaisie.Willmers Extasia, Valse.H.Maquet Maiden's Prayer.Badarzewska Secret, Intermezzo.Gauthier Grand March, Suite.J.B.Claus Over the Top, Marche.J.Crosby A Hunt in the Ardennes, Ouverture.Marie Souvenir des Bains de Baden, Valse.Bousquet Kuyawiak, Polish Dance.Wieniawski Visions of the Past.Rollmson American Ideal, Marche.P- Swift Brownie Ballet, Ballet.H.Cosby Ma belle Adorée, Valse.D.Roy Anvil Polka, Polka.A.Parlow Breeze of the Night, Valse.Lamothe For the Freedom of the World, Marche.J.Crossby Cradle Song, Berceuse.Reyloft Autumn Smiles, Valse.Bagley British Patrol.G- Asch Credo Mozart's 12th Mass.Eva, Valse.J- R°sas Austrian Hymn, Solo Cornet.Godfrey Téléphone: PLateau 6347 Dr J.M.E.PROVOST Directeur Médical de L'Institut de Prophylaxie Où toutes les maladies nerveuses et chroniques sont traitées avec succès.34, RUE HUTCHISON (près Sherbrooke) MONTREAL Oiiiiililiniiil "!ll!l!!iiîiliï.; 4 LA LYRE — JUIN-JUILLET 1927 Mettez fin aux ennuis que vous cause votre clarinette ! Suivez l'exemple de la fanfare 1' "Ange Gardien", gagnante des premiers prix au Festival de mai, à Boston.NE subissez pas ces désagréments que tolèrent par habitude un grand nombre de clarinettistes parce qu'ils achètent toujours la même sorte de clarinette depuis des années.La clarinette SilvWUct en métal est l'instrument le plus perfectionné du genre.La différence entre elle et la clarinette en bois est comparable à celle existant entre la flûte moderne construite en métal et la plus antique flûte en bois.Plus d'arrêt, d'éclatement on de fissure! La Silva'tiet durera votre vie entière! Le corps de la clarinette Silva'tiet est fait d'un seul morceau de métal cylindrique dont la pe-ce est de mêmes dimensions que celle des.clarinettes en bois de haute qualité.Le timoré de la clarinette Silva~iiet est chaud, riche et éclatant dans toute l'étendue de son volume.La Sil va-He t atteint un degré de perfection musicale et de précision mécanique auquel aucune clarinette en bois ne peut prétendre.Imitez les clarinettistes professionnels qui connaissent la SiJvcFBet — aucun d'eux ne peut résister à la tentation de se procurer cette merveilleuse clarinette, Silva'Het > la plus parfaite qui se puisse acheter CHOIX DE 39 MODELES Essnycz-en une chez votre marchand d'instruments de musique ou écrivez-nous, nous vous fournirons tous les détails que vous désirez.The Cundy-Bettaney COMPANY Ceux qui firent un succès de la première y*-Denis le 6 juin "Cette soirée marquera nuf date très importante dans notre histoire musicale.Nous ne saurions trop féliciter M.LeMyre pour son magnifique succès moral et artistique.Une grande partie des éloges doit aussi retomber sur les directeurs que M.LeMyre avait choisis pour l'organisation de la représentation: Madame C.de Potter, de l'Opéra de Paris et M.G.Moncourtois-Davalières".(La Presse)."Les rôles étaient tenus par des chanteurs professionnels et amateurs, mais deux nouveaux venus méritent une mention particulière: Mme Robichaud dont le beau contralto et le maintien scénique ont fait merveille dans le trop court rôle de dame Marthe, et M.Brodeur dans celui de Valentin".(Fred.Pelletier "Le Devoir")."Un succès presque inattendu couronne cette tentative de deux professeurs.Faust a été joué par une troupe composée à la hâte, mieux que par la plupart des organisations d'opéra qui nous visitent chaque année".(La Patrie)."Il y avait vraiment longtemps que nous n'avions entendu un Faust aussi en voix que M.Gour.Le grand rôle de l'opéra qui est certainement celui de Méphisto a permis à M.Ulysse Paquin d'en faire une composition magistrale.Quant au Valentin de M.Brodeur il fut joué et chanté avec une véritable chaleur.La voix de Mme Thibodeau est une des plus belles que nous possédions à Montréal".(Gustave Comte "Le Canada").-:o:- Soirée Gaston Saint-Jacques, au Monument National, le 9 juin."Jamais spectacle de ce genre n'a remporté succès pareil à celui de la soirée Gaston Saint-Jacques donnée par les artistes de la Société Canadienne d'Opérette.La salle était remplie à crouler.Le succès artistique n'a pas été moins grand que l'autre succès." (La Presse)."La faveur dans laquelle le public tient Gaston Saint-Jacques n'est pas injustement fondée.M.Saint-Jacques possède un incontestable don comique.Il sait faire rire sans user de moyens vulgaires.Ce qui n'est pas sans mérite".(Jean Nolin "La Patrie")."Belle et attrayante soirée dont le plein succès est de longtemps mérité".(Le Canada).-:o:- Concert Doyon à Notre-Dame de Grâce "La chorale Notre-Dame de Grâce improvisait, dimanche le 12 juin, un concert sacré en l'honneur du retour d'Europe de M.Paul Doyon et de sa soeur Mlle Gertrude Doyon.M.Doyon ne nous a pas déçus.Il a dépassé toutes les espérances qu'avaient fondées sur lui et l'Institut de Nazareth et son professeur M.Arthur Letondal.Il est revenu au pays après un stage des plus profitables en France, et en sa soeur il nous ramène une jeune chanteuse qui nous étonnera et nous ravira sous peu." (Gustave Comte, "Le Canada"). LA LYRE — JUIN-JUILLET 1927 III Ce serait temps perdu que de se demander, comme le font certains auteurs, ce qui se produirait si une oeuvre était jugée abstraction faite de toute expérience antérieure.Inévitablement, le critique a eu de ces expériences, et celles-ci ne peuvent qu'exercer sur lui une certaine influence.Ce qui nous intéresse, ce sont les différentes manières dont leurs expériences antérieures affectent chaque individu.D'une part elles peuvent développer la sensibilité et le discernement, d'autre part elles peuvent engendrer des habitudes affectant.la sensibilité autant que l'intelligence.Au premier point de vue, leur influence est entièrement bonne; au second, elle l'est autant qu'elle abrège la mise en ordre des impressions et de?idées, mais elle devient mauvaise sitôt qu'elle engendre une routine.Maine de Biran (dans son "Mémoire sur l'Habitude") a montré que l'habitude fortifie tout ce qui est actif et affaiblit tout ce qui est passif.Les émotions étant essentiellement passives, l'habitude risque d'en stéréotyper le jeu : elles ne naîtront qu'automatiquement, dans des conditions déterminables d'avance (d'où il arrive que certaines gens ne peuvent goûter que la musique d'un certain type) ou bien la sensibilité sera blasée au- point que l'extraordinaire seul l'affectera (d'où la passion de la nouveauté à tout prix, si fréquente au moment actuel).L'entendement et l'imagination, pour essentiellement actifs qu'ils soient, peuvent sous l'influence de l'habitude perdre ce caractère et tendre à fonctionner aussi automatiquement que la sensibilité sous la même influence.Lorsqu'il en est ainsi, le fait que leur opération reste consciente empêche certaines personnes d'en reconnaître l'automatisme.Parmi les formes que cet automatisme peut revêtir, une consiste à obéir, en jugeant la musique, au principe du moindre effort, à rejeter comme futile tout ce que l'on ne comprend point aisément; une autre, à croire que tout ce qui est simple et évident est futile.IV J.M.Robertson, dans ses "New Essays towards a Critical Method", définit la bonne critique "un travail d'argumentation prudent, visant à persuader et à convaincre qui conduit d'un terrain commun à un terrain nouveau de manière à constituer les bases d'un certain degré d'assentiment".En matière de musique, ce que nous avons appelé les données forment le seul terrain commun à tous.On peut en discuter la valeur logique et l'intérêt esthétique; mais une quinte restera toujours-une quinte, une imitation une imitation, une forme ternaire ternaire.Demandons-nous si l'étude des données de la musique peut conduire à des résultats critiques valables.Dans toute oeuvre", nous pouvons trouver quelque trait matériel qui paraîtra justifier notre verdict sur cette oeuvre.L'ayant qualifiée de monotone, nous montrerons peut-être que le vocabulaire, la couleur, les procé- dés de développement manquent de variété; d'originale, nous signalerons l'emploi nouveau de moyens connus, ou bien l'emploi de moyens nouveaux ; ayant trouvé la forme cohérente, nous confirmerons nos vues par des considérations sur l'équilibre tonal et structural, sur la qualité des développements.Il est difficile de concevoir un cas où nulle justification de ce genre ne soit possible.Les moyens par lesquels les compositeurs assurent l'eurythmie, la logique et l'intérêt de leurs oeuvres ne sont pas plus difficiles à déterminer en eux-mêmes que les moyens par lesquels ils arrivent à tel ou tel effet particulier.A mesure que ces moyens sont connus, ils se prêtent à un travail de codification dont le résultat est soit de déterminer des lois, soit d'établir des règles, soit de formuler de simples recettes.Nous devons nous demander s'il est possible de déterminer la différence entre les lois, les règles et les recettes, s'il existe réellement des lois infrangibles et invariables, et enfin si l'entendement peut déterminer ces lois et leurs conséquences pratiques.V Notons que des règles ou prétendues lois peuvent provenir d'une opération logique comme d'observations purement expérimentales.Ainsi, il est évident qu'aucune variété de rythme ne peut exister là où le compositeur n'emploie qu'un seul ordre de mètre.Il serait malaisé de trouver une belle mélodie de quelque longueur écrite toute en valeurs égales.Mais si nous disons, avec Rimsky-Korsakof ("Principes d'Orchestration", p.148) qu' "une bopne mélodie vocale doit comprendre au moins des notes de trois valeurs différentes", sans ajouter "sauf dans des cas particuliers" (une restriction qui dans cet ouvrage n'est formulée qu'au sujet des mélodies instrumentales), notre règle est à la merci de tout compositeur qui écrira une bonne mélodie qui ne comportera point trois valeurs de notes.Elle n'est pas plus utile qu'une règle décrétant, par exemple, qu'une bonne mélodie ne doit pas comporter plus de douze, dix-huit ou trente-six valeurs différentes.Il n'est point de règle de ce genre qui, à l'analyse, n'apparaisse également arbitraire et inadéquate.L'évolution des lois et règles comprend quatre phases : 1° Les artistes créateurs, visant à l'unité et à l'intérêt artistiques, ont recours à de certaines méthodes qui, à mesure qu'elles sont reconnues efficaces, deviennent plus courantes et plus nettement définies.Un travail de sélection et d'organisation ai lieu.2° L'organisation est devenue assez bien définie pour permettre aux théoriciens d'en distinguer les lois et de tirer de ces lois des règles.La plupart de ces règles sont conformes à la pratique courante des artistes.Le fait que les moyens ainsi codifiés sont de nature à produire les résultats artistiques désirés est désormais connu de tous.3° Les théoriciens et leurs satellites acquièrent la Les données de la critiaue musicale et la fonction de F entendement (voir le commencement de cet article dans "La Lyre" de mai, suite et fin.) LA LYRE — JUIN-JUILLET 1927 9 conviction que les artistes sont tenus de suivre lesdites règles.De leur côté les artistes créateurs découvrent de nouveaux moyens.Ces moyens n'infirment pas nécessairement les règles, mais la seule raison possible de croire à l'existence de lois, qui était la pratique des compositeurs, a cessé d'être satisfaisante.Les règles ne peuvent plus être considérées que comme des parties d'un tout modifiable, ou bien, ne sont applicables qu'à de certains types particuliers de compositeurs.4° Les règles deviennent de simples recettes pour composer ou juger, des règles dont la vanité est évidente à tous, sauf aux esclaves de quelque coutume ou système.Autrement dit.l'entendement ne peut connaitre de la musique que la lettre.Le désir de ramener la critique musicale à une série d'opérations de l'entendement ist compréhensible.Le vague, l'incertitude qui au delà d'un certain point restent inséparables de toute autre méthode seraient par là éliminés.Nous aurions d'une part les données musicales, faits indiscutables, et d'autre part l'entendement dont toute opération peut être suivie pas à pas.Hadow ("Studies in Modem Music", tome II) a écrit: "D'importance essentielle est l'élément rationnel ou logique, qui nous permet d'évaluer une oeuvre d'art par rapport à un système défini et intelligible de lois esthétiques." Mais il établit une distinction entre "l'entendement discursif, qui infère et raisonne" et "cette faculté purement intuitive, impossible à définir ou à décrire, dont la fonction est d'appréhender directement ce qui constitue la vitalité des belles oeuvres".Grouper deux facultés aussi distinctes est une simple erreur de nomenclature, mais une erreur qui peut créer une équivoque des plus dangereuses.La critique même de Hadow, qui est de tout premier ordre, est fondée non point sur l'entendement discursif, mais bien SUT la faculté qu'il appelle intuition et qu'il est plus usuel de dénommer imagination.Par exemple, parlant des "médiocres qui confondent le métier et l'inspiration", il écrit: "Des compositeurs tels que Czerny et Hummel nous donnent le dessin, mais non la poésie, de la Sonate." Ceci n'est guère démontrable au point de vue rationnel: il faut pour l'établir faire appel à l'imagination.La valeur esthétique d'un procédé harmonique, structural ou autre ne dépend jamais que des rapports intimes qui existeront entre le résultat de ce procédé et les autres parties de l'oeuvre, indépendamment des rapports matériels.Par exemple, supposons qu'un compositeur ait décidé de traiter un motif polyphoniquement.Toutes les méthodes possibles — imitations, inversions, augmentations et autres — sont également satisfaisantes au point de vue purement rationnel.Cependant il en adoptera certaines et en négligera d'autres qu'il sentira inappropriées au point de vue du résultat, ("est là que l'entendement s'avère impuissant à discerner, et que le dernier mot appartient à i'imagination esthétique.Ce qui est vrai du compositeur est également vrai du critique.Si bien que la conclusion suivante s'impose: il est impossible de trouver dans les seules données de la musique de quoi parvenir à des résultats critiques valables; l'entendement seul est impuissant à établir des bases pour le jugement des oeuvres musicales.M.D.CALVOCORESSI.La Revue Musicale A propos du métronome Les innombrables musiciens du monde entier qui font usage du métronome ne se doutent pas souvent de l'erreur qu'ils commettent en attribuant à Maelzel le mérite d'un invention qui leur rend tant de services.S'en douteraient-ils qu'ils ne pourraient rien contre l'usage qui a prévalu.Les indications métronomiques que portent toutes les parties sent uniformément précédées de deux initiales M.M.(Métronome Maelzel).D'où vient donc une injustice qui laisse dans l'oubli le nom du véritable inventeur du métronome au bénéfice d'un plagiaire ?On trouve en cette matière un exemple frappant de ce que peut faire un homme débrouillard et sans scrupules au détriment d'un génie dépourvu du sens des réalités pratiques.Le dispositif général du métronome, tel qu'on l'emploie encore aujourd'hui, fut établi en 1815 à Amsterdam par un habile mécanicien.Thierry Winckler.Artisan émérite.mais commerçant aux vues courtes, Winckler eut le tort de divulguer le secret de son invention au bavarois Maelzel.Celui-ci comprit de suite les profits qu'il pourrait tirer de l'exploitation industrielle du métronome.S'appropriant sans vergogne les trouvailles de Winckler, il se horna â ajouter à l'instrument une échelle appropriée aux divers mouvements usités en musique et il lança sur le marché le métronome, en le baptisant de son nom.Le succès vint immédiatement, énorme et foudroyant.Dès 1816.l'Institut de France approuva un rapport, présenté effrontément par Maelzel, sous le titre de "Notice sur le Métronome de J.Maelzel".Tout cela n'alla pas sans quelque bruit.En 1818, Winckler protesta contre le vol de son inventioi.dans les colonnes de la "Gazette Musicale de Leipzig".L'Institut des Pays-Bas fut chargé de juger le différend, au point de vue scientifique, lors d'un voyage que Maelzel fit à Amsterdam.La Société savante donna gain de cause â Winckler.Maelzel fut obligé de reconnaître que sa part d'invention, fort maigre en vérité, se bornait à l'idée d'une graduation musicale de la tige du métronome.Tout cela fit l'objet d'un procès verbal, dépose aux archives de l'Institut hollandais.La décision ainsi rendue n'empêcha pas Maelzel de s'enrichir en vendant des métronomes, tandis que Winckler se voyait dépossédé du fruit de son travail.La postérité elle-même s'est instituée complice du plagiaire Maelzel.Nous réclamons ici pour les droits de l'inventeur méconnu."La Marseillaise" C'est à Rouget de Lisle, officier d'artillerie de la garnison de Strasbourg, en 1792, que l'on attribue tout le mérite d'avoir composé l'hymne national dont la France est justement fière.En ce faisant, on exagère un peu.Sans doute, Rouget de Lisle a bien écrit la "Marseillaise", mais il faut dire, ce que l'on ne sait pas toujours, que la version musicale de l'Hymne, qui est officielle aujourd'hui, est loin de correspondre avec exactitude à l'oeuvre de l'officier de la Ire République.La "Marseillaise" a subi, pendant près d'un siècle, de nombreuses retouches.Ce n'est qu'en 1887 qu'une Commission spéciale, nommée par le Gouvernement français, établit d'une façon définitive la musique de cet air national.Reconnaissons que la "Marseillaise" officielle est bien supérieure â la "Marseillaise" de Rouget de Lisle.La villa de Verdi à Sutt'Agmta 10 LA LYRE — JUIN-JUILLET 1927 La Fanfare de la Itlaison de l'Ange Qardien est victorieuse Ces jeunes garçons de Boston remportent les premiers prix au Festival de la cerveau d'artiste n'a jamais rien accompli du meilleur de sa conception.En quoi mes empreintes digitales pourraient-elles avoir une influence quelconque sur la faculté d'agir de mes doigts d'exécuter des gestes normaux que je puis leur commander.Quelqu'un est-il privé d'aucun des muscles que peut posséder son voisin (je parle des normaux).Quelqu'un en pos-sède-t-il plus qu'un autre.Non! Si je sais commander à ces muscles sachant bien ce que je leur demande l'ayant appris de ceux qui peuvent m'en instruire j'arriverai à faire le même geste que l'apparemment doué, s'il ne prend soin lui, de s'instruire, et de s'entraîner comme moi, peut-être ar-riverais-je à le faire mieux que lui.Les cas sont assez fréquents de constater que des doués ont fait de moins brillante carrière que ceux dont ils pouvaient primitivement mépriser les moyens.Qu'aurait donc pu faire un Maudru à son origine trouvé digne de devenir un rival de Franz.Chanteur protée ayant toutes les voix.Instruit il aurait pu un jour à son tour instruire les autres: au lieu de consacrer la science infuse pour chacun.Et s'il considère la perte que fit l'Art de son pays d'avoir fait si peu de chose avec tant de dons.Depuis Garcia il n'y a plus de mystère de la voix pour ceux qui cherchent à s'instruire.Le Chanteur est le père de la larynogo-logie.C'est lui qui a inventé le premier des outils des praticiens de cette science.Mais qui a lu Garcia parmi tant de chanteurs qui s'instruisent.Il n'y a pas de par le monde deux esprits de méthode dans le chant.La production des phénomènes vocaux vibrants, mélodiques porteurs d'émotion est la même pour tous ceux qui font aujourd'hui autorité en la matière: Garcia, Faure, Lily Lehmann et Petit, d'autres ont écrit des méthodes prêchant la même foi.Il ne manque à la pratique, à 28 LA LYRE — JUIN-JUILLET 1927 la diffusion de leurs principes que des prêtres croyants, instruits à les commenter, doués d'aptitudes pédagogiques pour les insuffler et convaincre par l'autorité de leurs exemples de la vertu des principes de leur science à mettre au service de la foi en leur art.Pour combattre, aimer et chanter, il faut croire d'abord.Ce n'est pas en pratiquant toutes les religions y compris la sienne qu'on devient un croyant.Il y a aussi des chanteurs qui pensent en se plaçant dans les courants d'air artistiques attraper le virus ou le microbe de l'art soit par contagion, soit par inoculation ou par végétation spontanée tellement ils se croient ten-ain de culture.Ce seront: autant de "Génie à tout Vent, où de "Je sais tout".JEAN RIDDEZ.En vous remerciant, Monsieur le Directeur, au nom des Associations intéressées, croyez aux sentiments reconnaissants et tout dévoués, de JEAN RIDDEZ de l'Opéra, Premier Prix du Conservatoire de Paris, Du Comité des Maîtres du Chant français.Lettre ouverte Montreal, juillet 1927.A Monsieur le Directeur du Journal "La Lyre".Le Bulletin des Associations des Anciens Elèves du Conservatoire National de Paris et l'Union des Artistes (section lyrique) ont dernièrement renouvelé leurs actions contre les "Geais", si judicieusement qualifiés ainsi par André Bloch.Prix de Rome et professeur au Conservatoire Américain de Fontainebleau, secrétaire de notre Association.Soucieux de défendre avec nos titres et leur considération universellement acquise comme nos prérogatives, fermement résolus à arracher à ces volatiles, les plumes chatoyantes dont ils se parent, notre procédure est fort simple.En cas de récidive en France nous les déférons aux Tribunaux qui ont établi sur ce point une jurisprudence dont ils éprouvent aujourd'hui toutes les justes rigueurs.Sans croire que le code de justice canadienne soit prêt à souscrire à ces sanctions, nous venons en vertu du premier principe d'équité vous prier de répondre aux voeux de nos associations pour la défense de lios imprescriptibles droits à la propriété de nos titres nous permettre de voïts signaler les abus qu'actuellement se signalent effrontément tant à i Québec qu'à Montréal, par des usurpateurs que nous nous contentons de prévenir sous cete forme d'avis, à ne pas récidiver, à seule fin de ne point "voir votre public dupé par ces "Geais" parés des plus-mes du paon."STATUTS ET DECLARATIONS" Il est interdit de porter le titre de Premier Prix du Conservatoire de Paris, même à un lauréat, sous peine des sanctions, qui édictent que toute infraction sera passible de 200 francs d'amende pour chaque affiche, programme ou cartes professionnelles usurpant ce titre.On peut lire aujourd'hui dans les couloirs des Administrations de l'Opéra et de l'Opéra Comique des affiches ainsi libellées: Il est interdit de porter le titre de l'Opéra ou de l'Opéra Comique à tout artiste qui n'aurait pas dans ce théâtre une présence effective d'au moins une année et qui pendant ce temps n'aurait pas fait au moins 20 représentations.Pour ceux des artistes d'autres catégories que celle de "Premier Sujet", obligation de faire suivre leur nom de l'emploi tenu, car ne l'oublions pas le Concierge est aussi de l'Opéra ou de l'Opéra Comique.Il est toujours facile de prouver de la véracité de l'octroi qui a pu nous être fait des dits titres, représenté par des diplômes, des engagements et des médailles frappées à notre nom par le Cabinet des Médailles de la monnaie de Paris.A PROPOS DU PIANO-CANTO Depuis plusieurs siècles, les instruments à cordes multiples et à clavier, luths, clavecins, épinettes, pianos, sont en usage.Les musiciens leur ont toujours reproché de ne pas tenir les sons.La corde, au moment de la percussion rend un son intense qui diminue vite et s'éteint.Une ligne mélodique traduite par ces instruments apparaît pour ainsi dire en pointillé.Les facteurs d'instruments de musique ont cherché à pallier à ce défaut en augmentant autant qu'il est possible la durée du son, par le soin apporté à la fixation des extrémités des cordes, par le choix des bois de la table d'harmonie, de la qualité des aciers des cordes et surtout l'augmentation de la longueur et de la tension de celles-ci.C'est là l'élément essentiel d'amélioration du piano.Le piano de concert est supérieur aux autres par sa puissance, mais surtout parce qu'il donne des sons moins amortis et conserve à la ligne mélodique sa continuité.La question que je m'étais posée, il y a de longues années déjà, était la suivante: Est-il possible, par des procédés électriques, de diminuer l'amortissement des cordes courtes ?On aurait ainsi, avec un petit piano, un instrument économique possédant la qualité essentielle des pianos de concert: la tenue des sons.Tout de suite apparut un obstacle.Ge problème s'était déjà posé aux chercheurs depuis fort longtemps et depuis près d'un siècle le3 ressources de l'électricité avaient permis de réaliser l'entretien d'une corde ou d'un diapason.Pourquoi n'avait-on pas pu généraliser et créer un instrument de musique complet ?C'est que probablement, en raison de la complexité des organes vibrants d'un piano, les dispositifs électriques surannés 'étaient en échec.La solution simple ne me semblait devoir être trouvée qu'en utilisant des moyens modernes, en particulier les lampes à 3 électrodes dites hétérodynes, couramment employées en T.S.F.et que nous étions peu nombreux à connaître en France au début de mes recherches.En effet, grâce à leur usage, un modèle de piano à son continu put être mis au point très rapidement.A ce moment M.Gabriel Gaveau, l'esprit toujours curieux de nouveauté, avide d'améliorer sans cesse l'instrument qu'il a déjà rendu si parfait, s'intéressa à mes recherches et me fournit le précieux appui de sa compétence musicale et technique et de sa longue expérience des réalisations.Il avait lui-même, depuis trente ans, poursuivi cette réalisation.En même temps, l'Office National des Recherches et Inventions subventionnait mon travail; son directeur M.J.-L.Breton m'aidait de l'appui précieux de sa haute science, de son inépuisable bonté et des multiples ressources de son administration.En 1923, nous pûmes exposer au Salon de Physique notre premier appareil.Nous n'eûmes plus, dès lors, dans notre collaboration, qu'un but: simplifier à l'extrême les mécanismes électriques avant de présenter au grand public le résultat de no3 efforts, diminuer autant que possible le nombre des organes indépendants afin de réduire les difficultés de réglage et le3 risques de pannes.' Nous arrivâmes ainsi à produire un dispositif très simple qui peut en quelques minutes transformer un piano quelconque, sans changer cependant aucun de ses organes.Quelles ressources donnent au musicien le nouvel appareil ?D'abord, chose essentielle, il permet de garder intact le mécanisme et le jeu ordinaire du piano.Si on n'appuie pas sur la pédale du canto, le piano reste inchangé.Qu'on vienne maintenant à appuyer sur cette pédale spéciale et à attaquer un accord, le son initial garde son caractère, grâce au frapper du marteau, mais l'accord persiste aussi longtemps qu'on appuie sur les touches.Non seulement, comme je le voulais d'abord l'amortissement est diminué, mais il est même complètement supprimé.L'accord, s'il a été attaqué pianissimo, peut même être renforcé par un crescendo progressif, jusqu'au fortissimo, simplement en agissant sur la pédale.Enfin l'exécutant peut à son gré supprimer le martelage ' des cordes.Par une attaque particulière des touches, le marteau ne percute pas la corde, mais le contact électrique est pourtant fermé, l'étouffoir levé; la corde vibre, sans choc initial, à la manière de l'air d'un tuyau sonore: le piano a ainsi acquis le caractère de l'orgue.Il est devenu l'instrument à souffle .puissant de "ténor" qui file les sons.Mais il conserve la caractéristique de pouvoir, grâce au marteau, articuler les sons au départ.L'orgue chante sur des voyelles, le piano sur des consonnes, le Piano-Canto peut allier les deux et bénéficie de ce fait d'un double pouvoir expressif.Dans quels cas les exécutants emploieront-ils le Canto ?L'usage nous le montrera; mais nous voudrions, vis-à-vis des musiciens, nous disculper de l'intention d'avoir voulu changer le caractère du piano.Dans la littérature pianistique de l'époque classique, romantique ou moderne, les compositeurs ont dissimulé le défaut du piano en maintenant la persistance des harmonies au moyen des traits, ou de répétitions, dans les dessins d'.accompagnement, des notes caractéristiques des accords.Dans l'exécution de ces œuvres, le Canto enrichira la sonorité du piano, augmentera sa puissance, pourvu qu'il soit employé par touches discontinues, comme fait le pianiste avec la pédale forte.Il ne sei'ait pas de meilleur goût de l'employer sans arrêt dans le 1er mouvement de la Sonate Clair de lune, par exemple, ou dans le Prélude en ]a de Chopin, que de jouer ces œuvre3 sur l'harmonium, ou de les réduire pour trio.Le compositeur qui avait à sa disposition les ressources de l'orchestre avec sa couleur et son éclat, a préféré exprimer son idée musicale avec le piano dont il connaissait les imperfections.Pouvant peindre un tableau il a préféré faire un dessin.Nous ne devons pas ajouter à celui-ci des couleurs indiscrètes.Mais le piano sert à bien d'autres usage3 qu'à l'exécution des œuvres purement pia-wstiques.Toutes les partitions d'orchestre ont été réduites pour piano.Ces réductions sont comparables à la gravure destinée à suggérer à notre imagination ou à notre mémoire l'impression du grand tableau qu'est l'orchestre.Nous aurons tout à gagner à colorer cette gravure en utilisant le Canto qui va fournir à notre sens auditif une impression plus fidèle de la pensée du compositeur.Dans l'accompagnement des mélodies, de chant ou d'instrument, le Piano-Canto nous donnera de précieuses ressources.Combien de mélodies n'ont été écrites par le compositeur avec accompagnement de piano que pour faciliter leur diffusion.Dans ce cas l'écriture de l'accompagnement n'est pas spécialement adaptée à l'instrument et garde la trace d'effets désirés par le compositeur, irréalisables au piano et facilités par le Piauo-Canto.MARCEL TOURNIER. LA LYRE — JUIN-JUILLET 1927 29 Charles-Marie de Weber C'est une grande tueuse d'hommes que la musique du romantisme: Schubert n'atteint même pas l'âge de Mozart.Weber, Chopin, Mendelssohn meurent tous trois au seuil de la quarantième année.Schumann ne vit guère davantage et d'une existence depuis longtemps plus qu'à demi plongée dans le néant.Tous se consument, plus vite que les autres humains, à leur flamme intérieure.Carl-Maria von Weber est la première en date de ces victimes.Lorsqu'on le trouva mort dans son lit, à Londres, au matin du 6 juin 1826, il n'avait pas encore quarante ans.Chétif, un peu boiteux, miné de bonne heure par la phtisie, son œuvre déborde au contraire d'énergie, d'éclat, de vigueur allègre.On peut dire d'un Mozart ou d'un Beethoven qu'ils définissent véritablement leur époque et semblent l'avoir créée.Weber, comme Schubert en un autre sens, doit beaucoup plus à la sienne.En Tenant au monde dans une famille partagée entre les traditions ou les prétentions de la.petite noblesse £t l'esprit d'aventure dont le Wilhelm Meister de Gœthe nous a laissé un portrait incomparable, il devait à son origine une sorte de complaisance instinctive pour les goûts de la société ambiante.Il adoptera donc tout naturellement la prédilection de ses contemporains pour la pompe, le clinquant, l'éclat, le brio, bref pour le casque panaché >~ui coiffe les héros des ballades.Il y a du Walter Scott en lui.Mais, après la contrainte de la sujétion napoléonienne, les années décisives de sa formation artistique co.ncident avec les guerres de l'indépendance allemande, avec le sursaut et le relèvement de sa patrie.Ce grand souffle traverse sa poitrine ravagée et respire dans ses poumons meurtris.Il y a donc en lui, outre Walter Scott, quelque chose de Th.Korner.Cet accent d'héroïsme, non pas guerrier, mais simplement humain, sauve de l'emphase ses pages instrumentales les plus marquées par le sceau très décoratif de l'époque.Leur caractère extérieur, leur coupe, nom-Ire de leurs formules peuvent évoquer tel ou tel des musiciens contemporains: Dusselî, Steibelt, Clementi; mais c'e'st pour s'en dis-tir, guer aussitôt par je ne sais quelle souveraineté d'allure, par l'ampleur chaleureuse de la mélodie, par la robustesse élégante du rythme.Cette révélation s'impose dans les œuvres mêmes de Weber, qui sacrifient le plus largement à des modes éphémères et à une esthétique aujourd'hui oubliée, répudiée, voire même raillée: le Rondo brillant, la Polonaise en mi majeur, la célèbre Invitation â la Taise et le Concertstiick.auquel une affabulation qui prête à sourire donnait naguère le sons titre du "Croisé".La qualité est chose qui ne s'analyse point, mais se révèle seulement et, de préférence, par comparaison.Devant les œuvres de Weber que je viens de rappeler, mettez la Dicton abandonnée de Clementi ou la Bella polacca de Hummel, avec quel relief surgit Weber '.Avec queile force s'impose sa noblesse ! Les atours les plus périmés, l'accoutrement le plus désuet laissent de même, au milieu de la foule, briller le prestige de la grandeur naturelle: incessu patuit dea (1).Si la moindre phrase de Weber, par la spontanéité de l'accent, par l'ampleur de la ligne, par la souple vigueur de son rythme, décèle le grand musicien, il en est — comme l'admirable début de la Sonate en la bémol— qui trahissent du même coup le grand poète.Car des phrases comme celles-là s'ouvrent en vérité sur l'infini.Peut-être faudra-t-il aller jusqu'à certains vers de Lamartine, contemporain lui aussi de Weber, pour en trouver l'équivalent dans les arts de l'esprit.Mais c'est ici l'infini de l'âme et Weber nous ouvre aussi celui de la Nature.II nous y transporte, non plus par les charmes de ses mélodies ou le pouvoir de ses harmonies, mais par la magie de ses timbres.Jamais, avant lui, un orchestre n'avait su, avec deux notes de cor, une phrase de clarinette, un trémolo de cordes, nous donner une impression aussi puissante et aussi nette de la forêt, de la mer, de la nuit et surtout de la perspective où s'échelonnent les plans de ¦ leurs mouvantes images.Que Weber ait emprunté quelques détails au Haydn de la Création ou des Saisons, que Wagner et d'autres aient ensuite poussé plus avant que lui les conquêtes du pittoresque musical, on n'en disconvient pas.Sntre ce précurseur et ces successeurs, les voix de Freychiitz et rVObëron demeurent sans pareilles et sans égales.Der Beherrsçher der Geister "le dominateur des esprits", Weber a donné ce titre à l'une de ses ouvertures.Il aurait pu lui-même le prendre pour devise.Car il n'est pas un descriptif: sa musique n'empiète ni sur la peinture, ni sur la littérature.Mais il est un merveilleux évocateur, ce qui vaut mieux.Il ne reproduit pas: il crée.Quel pauvre sorcier, auprès de lui, que Klingsor, avec son château de carton croulant et sa théorie de choristes fleuries ! Ce n'est pas tant sur le théâtre, au moyen de machineries compliquées, que Weber fait surgir la forêt légendaire du Freychiitz et les fantasmagories variées à'Obéron: c'est dans notre imagination surtout qu'il les suscite.Cela revient à dire que, si sa musique n'est pas descriptive, au sens étroit du terme, elle est, plus qu'aucune autre, caractéristique.Elle suggère des sensations plutôt que des images, mais avec une telle force, avec une telle précision et une telle largeur tout ensemble, que l'image naît alors d'elle-même, comme sous l'effet d'une hallucination.L'ouverture du Freyschûtz et celle d'Ooe'ron, par exemple, ne sont nullement narratives et beaucoup moins symboliques que ne seront celles du Vaisseau- Fantôme ou de Tann-hauser.Elles ne sont pas moins suggestives et ne nous en disent pas moins long sur la pièce qui va suivre.Peut-être n'y a-t-il pas dans toute l'histoire de la musique une page qui soit comparable, de ce point de vue, au début de l'ouverture, dans Obèron.L'appel mystérieux du cor, la réponse frémissante des Elfes, l'écho discret d'une fanfare héroïque, puis l'attente incertaine de ce qui va (1) Un des traits les plus particuliers de Weber est la longueur de la mélodie et l'ampleur, — souvent superficielle dans ses pièces instrumentales — du développement.Il y faut chercher sans doute la raison profonde de sa sévérité pour l'art do Beethoven, beaucoup trop analytique et trop concentré pour ne pas contrarier cette facilita d'épanchement.se passer, avant l'explosion de l'allégro, tous les éléments du drame se groupent et se concentrent là en quelques mesures dignes d'Ariel, et où il y a autant de poésie, d'imagination, de couleur et de variété que dans toute la Tempête.On ne s'étonnera pas, dès lors, que ce grand "dominateur des esprits" ait exercé une véritable fascination sur tout le romantisme, non seulement celui des musiciens, mais également celui des poètes.Aux musiciens, il livrait un domaine immense: celui du théâtre héroïque ou légendaire.Meyerbeer et Wagner s'en sont emparés et l'on n'a pas besoin de rappeler une fois de plus ce que Robert le Diable, d'une part, et presque tous les drames wagnériens (jusques et y compris Parsifal) de l'autre, doivent à Freyschûtz et Obcron Quant aux poètes, l'art de Weber, par sa puissance d'évocation, leur révèle dans la musique un pouvoir peut-être supérieur à celui de la poésie elle-même.De là leur admiration où se joint un pt-u d'inquiétude et peut-être de jalousie, devant un si merveilleux mystère: témoin ie célèbre article de Théophile Gautier sur le Freyschûtz: "Webèr a toujours produit sur nous une impression étrange, extra-musicale, pour ainsi dire, et surnaturelle." Si l'a'ction de Weber s'est exercée de la sorte, non seulement sur les musiciens mais sur les poètes, on s'explique aussi qu'elle se soit propagée si vite hors de son pays.Il est peut-être — avec Schubert — le plus spécifiquement germanique des musiciens allemands.Il mérite à cet égard l'hommage enthousiaste et ému de Wagner remerciant la "patrie allemande" d'avoir donné naissance à un tel fils.On décèle pourtant, dans l'œuvre de Weber, la trace d'influences étrangères.Son goût pour l'opéra-comique français et pour Méhul, sa familiarité avec nos vieux maîtres, ne 6ont pas restés sans effets sur sa formation artistique ni sur ses opéras.Peut-être Freyschûtz leur doit-il quelque chose de son merveilleux équilibre entre les naïvetés innocentes du "Singspiel" et les sauvageries, non moins innocentes au fond, de la "Ballade", entre Hiller et Zumsteeg.L'exemple ou la vogue de Rossini marquent d'une façon tout aussi manifeste, encore que moins heureuse, certaines parties û'Eury-anthe, soit par la surabondance de l'ornementation vocale, soit par la contexture mélodique de pages telles que le duo Hin nimm die Seele mein.On ne diminue pas le génie de Weber en signalant quelques éléments, autres que la sève allemande, dont il a bien pu se nourrir.Il n'y a pas, en art, de création sans assimilation.Weber, son art et son oeuvre appartiennent à l'Allemagne, dont ils représentent un des plus purs et précieux joyaux: mais son influence, par la vertu de son prestige "surnaturel" — pour reprendre l'expression de Théophile Gautier — appartient à l'histoire du romantisme tout entier et constitue, dans celle même de la civilisation, un des exemples les plus frappants du transfert qui peut s'opérer de l'art à la pensée et d'un pays à l'autre.Jean CHANTAVOINE."Le Ménestrel." 30 LA LYRE — JUIN-JUILLET 1927 Lè violon et les poètes Nicholas Méhul Dans une récente série d'études sur le3 Poèmes consacrés à la Musique, on était, arrivé à cette conclusion toute logique, que leur réussite était en raison inverse de leurs prétentions à l'exactitude descriptive ou didactique.Au moins autant que la théorie musicale, la peinture des instruments a tenté les poètes; parmi les instruments, la flûte, à cause de Pan, la lyre, à cause d'Orphée sont le plus souvent exploités.Mais le violon ne les suit pas de très loin: il a même, en France, au début du XVIIIe siècle, toutes les complaisances de la gent littéraire, qui fait de lui le champion de la lutte engagée entre la France et l'Italie à grands coups de sonates et de concertos.On trouvera, ci-après, deux fragments qui confirment assez bien les conclusions déjà exposées.Le premier est tiré d'un poème que je ne trouve mentionné nulle part, et qui s'intitule : La Musique ode.à M.le Comte de Pontchartrain, Secrétaire d'Etat, ¦par M.Roy, Conseiller au Chatelet, et de l'Académie Royale des Inscriptions et Médailles.A Paris, chez Pierre Cot.1708.J'en donne seulement deux strophes, rimées sans effort, et qui n'insistent guère.Au contraire, l'extrait suivant, du poème beaucoup plus connu de Serré de Rieux, La Musique (paru à Amsterdam en 1714, réédité plusieurs fois par la suite, entre autres en 1734, dans les Dons des Enfants de Latone), prétend à l'exactitude rigoureuse, d'où un comique involontaire parfois savoureux.Pour l'Intelligence du début, c'est à la flûte, selon lui faible et sombre, qu'il oppose "le laurier qu'un nouvel art façonne" et que nous nous obstinons à appeler violon.M.PINCHERLE.Que vois-je ?Erato figure Un tronc d'arbre en cent façons ; Et la coupe et la mesure Sçait en varier les sons.Un bois parle I Un bois résonne I Dans les forêts de Dodonne Sa main l'a-t-elle arraché ?Ou dans les voûtes, qu'y creuse La Déesse industrieuse, L'Echo n'est-il point caché ?L'airain, l'argent, qu'elle file, Nerfs mobiles de ce corps, L'animent : le bois stérile Enfante d'heureux accords.Sous les doigts ces nerfs s'agitent, S'adpucissent, ou s'irritent, Interprètes de nos coeurs: Ils soupirent la tendresse, Ils font sentir l'allégresse, Ils exhalent les fureurs.Mais tandis qu'élevé dans son char lumineux Phoebus sur l'Univers va répandre ses feux, 11 porte ses regards sur la troupe brillante, Qui livrée aux transports d'une joie éclatante, De Pau qu'elle environne adore les concerts.Il en rit, son dédain éclate dans les airs * Par ce discours piquant que le mépris inspire.Chef-d'oeuvre incomparable et digne qu'on l'admire ! De s'énerver le sein, pour n'avoir que le fruit Ce tirer dos roseaux un sombre et foible, bruit ; DoRnons la voix aux Nerfs, et que le bois résonne.II dit.Et le laurier qu'un nouvel art façonne, D'un instrument nouveau 1 prendre la forme soudain.Deux tables de ce bois qu'a refendu sa main, Répondent l'une à l'autre; et leur mesure égale A la vue offriroit l'image d'un ovale.Si le Irait transversal de deux ceintres rentrants De son juste milieu ne recourboit les flancs.Un support à l'entour règne et suit leur figure, Les lie étroilement d'une forle soudure, Et de trois corps distincts ne forme plus qu'un corps.On va élever sur une place de Givet, dans les Ardennes, une statue à un enfant du pays, Etienne Nicolas Méhul, l'illustre auteur du pays.Ce n'est que justice.• Il y naquit le 22 juin ,1763.Il fut, comme Mozart, un enfant précoce.A.dix ans, il tenait déjà l'orgue en l'église des Franciscains.Ce fut d'abord à un organiste aveugle qu'il dut son éducation musicale; pui3 à Wilhelm Hauser, qui, de So-nabe, avait été attiré à La Val-Dieu.Mais, à Givet, son horizon était trop restreint.Il voulut l'agrandir.Paris l'attirait.De3 maîtres, Gluck surtout, jetaient l'enthousiasme dans la grande capitale française.C'était là qu'il voulait aller, s'approcher de ce foyer de lumières, se mettre en contact avec les génies qui y brillaient Il avait lu quelques pages de l'auteur d'Or-phéc.Il voulait pouvoir s'approcher de lui, 11 voulait le voir, il voulait l'entendre.Il partit.Sa bourse était loin d'être bien garnie.Mais il avait la fol; il avait "ses seize ans, sa vielle et l'espérance".Malgré les quelques recommandations qu'il possédait, il eut vite épuisé ses faibles ressources.Il aurait bien voulu entrer à l'Opéra, mais comment se payer une place ?.Un soir qu'il rôdait autour du monument, à l'heure d'une répétition générale, il trouva ouverte une porte latérale au service des musiciens et des artistes, y pénétra furtivement, et parvint, sans être vu, à se blottir dans une loge.Il comptait sur un premier régal, en attendant celui du lendemain.Il ne remue pas; il attend, il espère.Hélas ! C'était en vain: la répétition n'a pas lieu: Rosalie Levasseur, la principale artiste est tombée subitement malade et se trouve dans l'impossibilité de jouer.On sortait.Méhul, décidé à rester jusqu'au lendemain pour ne pas manquer la représentation, ne bouge pas.Il préfère jeûner vingt-quatre heures, plutôt que de se priver d'une aussi captivante audition.Il se dissimule de son mieux, croyant qu'il passera inaperçu.Le parterre se vide.Il respire-Mais voici des pas.C'est un inspecteur qui fait sa ronde.Il voudrait se dissimuler, mais impossible.Le préposé à la garde du monument le découvre blotti dans un coin;, pâle, décontenancé, il le conduit chez le Directeur.Celui-ci vit ulen vite qu'il n'avait pas affaire à un dangereux personnage.Méhul avoua tout avec une enfantine ingénuité: le manque de ressources, l'amour de la musique, le désir ardent de s'instruire lui avaient fait commettre ce crime.Il adorait surtout la musique de Gluck et il avait voulu s'en pénétrer à la source même.Il en parla avec tant d'éloquence que Pierce Gardel en fut tout ému et voulut aussitôt le présenter au maître qui n'était pas encore sorti du théâtre et réglait quelques détails pour le lendemain.Le chevalier rit beaucoup de l'audacieuse tentative du jeune homme, qui ne lui cacha .pas l'admiration qu'il avait pour ses oeuvres et lui montra une lettre où on le lui recommandait.Très touché de ses sentiments à son égard Gluck lui remit un billet d'entrée pour le lendemain et l'engagea à venir le voir, en lui promettant sa protection.Quand Méhul, fidèle à l'invite qu'il en avait reçue, se présenta chez le Maître, Mme Gluck lui dit que son mari était au travail et qu'elle ne pouvait pas le déranger.Méhul se montra si contrarié, il supplia de façon si touchante, il eut des éloges et des paroles d'admiration si irrésistibles, que Mme Gluck se laissa fléchir.Loin de le congédier, elle lui proposa de le laisser voir son mari au travail, mais sans lui parler, sans faire de bruit, sans le déranger.La faveur fut acceptée avec joie.Elle l'introduisit alors dans le cabinet du Maître et le plaça derrière un paravent troué par places, d'où il pouvait l'apercevoir dans le feu de la composition.Et voici ce qu'il aperçut.Je lui laisse la parole: "Devant lui était un clavecin sur lequel il tapait de toutes ses forces.Sa tête était couverte d'un bonnet de velours noir, à la mode allemande.Il était en pantoufles; ses bas étaient négligemment tirés par un caleçon, et pour tout autre vêtement il avait une sorte de camisole d'indienne à grands ramages qui descendait à peine à la ceinture.Tout à coup il bondit de son siège, saisit des chaises, des fauteuils, les range autour de la chambre, en guise de coulisses, retourne à son clavecin pour prendre le ton, et voilà mon homme, tenant de chaque main un coin de sa camisole, fredonnant un air de ballet, faisant la révérence comme une jeune danseuse, des glissades autour de sa chaise, des tricotets et des.entrechats, et figurant enfin les poses, les passes et toutes les allures d'une nymphe de l'Opéra.Ensuite il lui prit sans doute envie de faire manœuvrer le corps de ballet, car, l'espace lui manquant, il voulut agrandir son théâtre, et à cet effet il donna un grand coup de poing à la première feuille du paravent qui brusquement se déplia et me découvrit." Et Gluck ahuri resta, muet en face du jeune Méhul, quelque peu effrayé et qui lui souriait tout penaud.Et c'est ainsi quo le futur auteur de Cora et de Joseph fit sa première entrée chez l'auteur d'Iphigénie.P.CHASSANG.Par un double sentier l'air s'échappe au dehors ; Sur la.superficie il se fait une route, Et chaque table exprès en arcade se voûte Pour lui servir d'hospice, et du sonore accent Etablir dans son sein le principe naissant.De ce corps il s'élève un long col.Dont le faîte D'une Divinité représente la tête, Par un docte cyseau réparée 2 avec soin.Son collier de rubis jette des feux au loin, Et les Clefs d'or massif des deux côtés placées, Y brillent par l'éclat des pierres enchâssées.Quatre Nerfs que Latone elle-même a filés Inégaux en grosseur, par degré redoublés, Se roulent sur leurs Clefs, dociles à s'étendre, Et prompts à se prêter aux sons qu'ils doivent rendre Ils sont sur un Copeau 3 légèrement portés, Et plus bas par un noeud sur la queue arrêtés.Pour embellir encore ce merveilleux ouvras*.D'olive et de parfums y mêlant l'assemblage, Il prend soin d'y verser un baume précieux * Qui prête un nouveau lustre à l'éclat radieux De ce Dieu bienfaisant, source de la rivière.Un Archet manque encor, dont une main altière Puisse émouvoir les Nerfs : Qu'il naisse du laurier, Dit Phoebus ; que Pégase accoure y déployer De son col argenté l'étincelante soie, Rien ne l'arrête plus.Le Dieu comblé de joie.Porte sur ce chef-d'oeuvre une légère main.Aux premiers mouvements de son Archet divin, Les coeurs sont enchantés, les neuf Soeurs [s'attendriBseni.La nature s'émeut, et les forêts frémissent.Ces sons passent déjà jusqu'aux Béotiens; Volent de la Phocidc aux bords Corinthiens ; Percent l'immensité des demeures suprêmes, Et vont dans l'Empirée étonner les Dieux mêmes.Tout-à-coup le ciel s'ouvre, un nuage doré Porte le Dieu tonnant de sa Gloire entoure ; Toute sa Cour le suit dans les Airs suspendue, Et prête à ce prodige une oreille assidue.Quel ouvrage, dit-il, fut plus ingénieux 1 La matière se meurt et s'anime à nos yeux I Un insensible nerf dont la douceur enchante, Imite sous les doigts la voix la plus touchante.L'attitude du Dieu le ravit, le surprend; Tous admirent son air majestueux et grand j Et comment d'une main l'audace foudroyante Ebranle sous l'Archet la Corde résonnante.Tandis que répondant à ses heureux efforts, L'autre presse, modère, enfante les accords.-{Le Monde Musical) (1) Un violon (noto de Serré de Kleux).(2) Terme do iculptur*.(3) Le chovalet.(4) Lo vernis.- LA LYRE — JUIN-JUILLET 1927 31 II** ¦111 ¦" II Nouvelles Mondiales.Alex.L.Steinert de Boston a gagné le prix Frederic A.Juillard pour la composition musicale, ce qui lui donne droit à trois années d'étude à l'Académie Américaine de Rome.Le professeur Fernando Luizzi,.musicien, écrivain et critique, vient d'inaugurer à Rome le cours d'Histoire de la Musique que l'université de cette ville a établi récemment.Mengelberg et son orchestre ont obtenu un succès remarquable à Cologne.Richard Mayr, basse-baryton viennois, chanterait au Metropolitan, New-York, pendant la prochaine saison.-:o:- Le cimetière Hundstrum à Vienne où reposent les restes de Haydn a été transformé en un parc portant le nom de ce grand compositeur.Les pierres tombales des personnages enterrés à cet endroit n'ont pas été enlevées, et le monument de Haydn est entouré d'arbres magnifiques et de fleurs.-:o:- M.Paul Kerby, jeune compositeur anglais né en Australie et demeurant depuis peu aux Etats-Unis, a été élu cinquième membre du comité de contrôle du festival de Salzburg.Ce choix est significatif, étant le résultat du vote unanime des quatre autres membres de ce comité, lesquels sont Richard Strauss, Herr Reinhardt, Herr Hoffmansthal et Herr Schalk, reconnus respectivement comme le plus grand compositeur, interprète, auteur dramatique et critique musical de Vienne.-:o:- Un prix de mille dollars offert par William A.Clark de Los Angeles, par l'entremise de la Fédération Nationale de Musique, a été remporté par Carl Hugo Grimm pour son poème symphonique "Erotic".-:o:- Les bénéfices de la soirée de gala dos-née le 15 mars au théâtre Metropolitan par l'Orchestre Philarmonique de New York et l'Orchestre Symphonique de New York, «n l'honneur de Walter Damrosch à l'occasion de sa retraite, se sont élevés à plus de dix mille dollars.Ce montant, selon le voeu de M.Damrosch, sera consacré à un fonds destiné à venir en aide aux jeunes musiciens.M.Damrosch a terminé sa carrière musicale comme chef de l'Orchestre Symphonique de New York à la soirée du 10 avril en dirigeant la "Neuvième Symphonie" de Beethoven.-:o:- "Fidelio" serait représenté cet été à Covent Garden, Londres.A.J.BOUCHER -ENRG.- 16 est, rue Notre-Dame Montréal Téléphone: Main 1850 La saison d'été est le temps par excellence pour faire votre choix de musique vocale et instrumentale, pour piano, violon, etc.Nous avons en magasin toutes les plus jolies nouveautés des meilleures maisons d'édition européennes et américaines.Notre assortiment est des plus complets et des plus variés.Un piano est toujouri h la disposition de l'acheteur pour essayer la musique."La Fête des Vignerons" qui doit avoir lieu pendant la première semaine d'août à Vevey, lac Léman, Suisse, est la septième célébration de ce festival sous cette forme depui» 1791.Dix-huit cents personnes prennent part au programme comprenant ballets, solistes, choeurs, grand orchestre et cinq fanfares.Les représentations commencent à 8 heures du matin.Elles sont données en plein air à l'aréna de la Place du Marché, où 13,500 sièges sont à la disposition des spectateurs.Directeur musical: M.Gustave Doret; auteur du poème, M.Pierre Girard; metteur en scène, M.Georges Mariadec.Le Collège de Musique de Chicago vient d'instituer un fonds de $100,000, destiné à venir en aide aux étudiants dont les ressources sont limitées.La compagnie de radio Atwater Kent vient d'établir aux Etats-Unis un grand concours dont le but est de découvrir chez les jeunes Américains les plus belles voix.Dix prix sont offerts aux gagnants.Ils comprennent un montant de §17,500 qui sera divisé aux vainqueurs, ainsi qu'un cours de chant de deux années dans les meilleures universités américaines.Les concurrents doivent posséder les qualifications suivantes: ne pas être âgé de plus de 25 ans, ne pas avoir appartenu déjà à une compagnie d'opéra ou à une association théâtrale, avoir l'intention de se faire une carrière musicale.Voici en quoi consistent les activité; musicales de nos voisins pendant la saison d'été: du 19 juin au 20 août, grand opéra à Cincinnati, par la Cincinnati Zoo Opera, avec changement de programme deux fois par semaine; du 6 juin au 13 août, concerts de la fanfare Goldman à New York, tous les soirs, dimanches compris; du 5 juillet au 27 août, concerts à Hollywood par la Bowl Symphony Concerts; du 25 juin au 25 septembre inclusivement, grand opéra et concerts Ravinia, à Highland Park, 111.; à St.Louis, Mo., douze semaines de grand opéra à partir du 6 juin; la San Francisco Summer Symphony Concerts a commencé à donner, le 14 juin, une série de dix concerts qui ont lieu tous les mercredis soirs à l'Auditorium de l'Exposition; la fanfare Sousa jouera pendant quatre semaines à Atlantic City, à partir du 17 juillet; concerts en plein air tous les dimanches après-midi pendant huit semaines, du 5 juin au 17 juillet, à San Mateo, Cal., par l'Orchestre Symphonique San Francisco; à New York, dix semaines de grand opéra en plein air, commençant le 6 juillet, avec entrée libre, au parc Starlight, et concerts tous les soirs pendant huit semaines, à partir du 6 juillet, par l'Orchestre Philarmonique de New York, au Stadium Lewisohn.Gomme on peut le constater par ce tableau, la musique ne chôme pas aux Etats-Unis pendant la saison d'été, et musiciens et amateurs n'ont pas à souffrir des vacances.C'est à Stockholm, Suède, qu'a été célébré cette année, pendant la semaine du 1er au 8 mai, le quatrième "Festival des Pays du Nord".Le premier de ces festivals a eu lieu il y a trente ans, et à cause de dissensions politiques et de la guerre, n'avait pas été célébré de nouveau avant 1919, date du deuxième Festival, qui fut suivi deux ans plus tard du troisième.—:—:o:- Arthur Ledocq, de Namur, Belgique, a conservé son titre de champion du monde pour l'accordéon dans un concours récent où il se trouvait aux prises avec les joueurs d'accordéon les mieux réputés.Ce concoure a eu lieu à l'occasion de la célébration du centenaire de cet instrument de musique populaire.-:o:- Ernestine Shumann-Heink, qui a chanté pour la première fois à Ann Harbor, Mich., il y a vingt-six ans, a chanté cette année au concert d'inauguration du trente-quatrième Festival de cette ville, le 18 mai dernier."L'Appel de la Mer", d'Henri Rabaud, et "L'Enfant et les Sortilèges", de Maurice Ravel, ont eu leur première allemande dernièrement à l'opéra de Leipsic.-:o:- La copie manuscrite de "La Passion selon Saint-Jean", de Heinrich Schutz, a" été trouvée il y a quelque temps parmi de vieux livres de musique appartenant à la Chorale de Dresden.Schutz, le plus grand compositeur allemand de son temps, naquit en 1585 et mourut en 1672.Le premier carillon de Londres possédant une série de cloches à 2 octaves chromatiques a été installé dernièrement dans la tour de l'édifice de MM.J.& E.Atkinson, rue Bond.Londres qui possède plusieurs cloches et séries de cloches n'en avait pas d'aussi complètes, ce qui peut paraître étrange, car les séries de huit et dix cloches sont très communes en Angleterre et pas moins de quarante mille carillonneurs sont occupés à leurs postes tous les dimanches.——:o:- Le maire de Francfort a choisi, il y a quelques semaines, Thomas A.Edison comme président honoraire du Festival International de Musique tenu en sa ville du 11 au 2S juin.M.Edison a accepté.J.G.YON L.J.Doucet, prop.41GS\ rue St-Denis, Montréal.Tél.Belair 7570 Endroit par excellence où l'on peut se procurer le plus beau choix de musique classique, piano solo, chant, violon, violoncelle, musique religieuse, chants canadiens, traités d'harmonie, littérature musicale, et toute la musique demandée par les différents Conservatoires, y compris les éditions Durand, Schirmer.Wood, à des prix défiant toute compétition.Nouveau rayon de phonographes et disques Starr-Gennett.Remises spéciales aux Communautés Religieuses et aux Professeurs.Service courtois.Une visite u notre magasin vous convaincra du choix de musique varié que nous sommes en mesure de vous offrir. I .A LYRE — JUIN-JUILLET 1927 Le premier juillet fut un jour de véritable triomphe pour le radio, alors que vingt-trois postes d'émission renvoyaient aux quatre coins de l'Amérique, les airs patriotiques joués sur le magnifique carillon de cinquante-trois cloches de la tour de la Victoire, à Ottawa, à l'occasion de la célébration du soixantenaire de la Confédération Canadienne.D'un océan à 4'autre et même jusqu'en Europe, ces émissions furent parfaitement entendues.Un facteur américain a entrepris de construire pour la cathédrale Saint-Patrice, de New-York, un orgue gigantesque qui aura dix mille tuyaux, soixante-quinze jeux, deux consoles et un jeu imitant un orchestre à cordes.-:o:- Après une longue absence, Godowsky et Mischa Elman ont été acclamés à Paris.-:o:- L'Opéra-Comique de Paris viendrait à New York et y donnerait une série de représentations pendant la prochaine saison.-:o:- De magnifiques débuts ont été ceux de l'Opéra Metropolitan à Cleveland, Ohio.Cette compagnie, qui sous les auspices du conseil municipal de Cleveland a signé un contrat de 5 ans, a donné du 2 au 7 mai sa première semaine de représentations: l'assistance à ces représentations a été de 61,-584 personnes et les recettes se sont élevées à 3186.298.Un nouvel opéra-comique de Max d'Ol-lone sera joué l'automne prochain à Monte Carlo sous la direction de Mason et Ricou.-:o:- Le gérant de l'un des plus grands cinémas de New York aurait offert la somme de $6.000 â Kreisler pour toucher l'orgue à son théâtre pendant une semaine.Kreisler a refusé.IMKKUi: (i U TIER qui a fait de magnifiques arrangements de nos chensons canadiennes pour 4 voix égales, est né à Argcnton-iur-Creu?e, dans le Berry, le 29 octobre 1883.Ses études de piano, d'orgue et d'harmonie, commencées dans sa ville natale, avec M.Picardeau, se continuèrent et se terminèrent à Paris sous la direction de M.Héry, à l'Institution nationale des jeunes aveugles.Il poursuit une brillante carrière durant plusieurs années comme professeur de piano et d'harmonie dans la ville du Mans, (France), et en li'20 il vient prendre résidence à Ottawa avec son fils Charles, rédacteur actuel du journal "Le Droit".En novembre 1920, il succède à Amédée Tremblay comme organiste à la Basilique d'Ottawa, et occupe ce poste jusqu'en 1922, alors que son mauvais état de santé l'oblige à se retirer.Travailleur infatigable et, avec cela, rempli de talent, Pierre Gautier a collaboré à plusieurs revues françaises de musique religieuse.Comme compositeur, ses oeuvres ont été couronnées à deux concours internationaux de musique religieuse en 1912 et 1922, organisés à la Procure Générale de musique religieuse de Paris.Le développement du Conservatoire de la Nouvelle Angleterre, fondé en 1867 par Eben Tourjee, est vraiment merveilleux.Cette institution qui comptait au moment de sa fondation un petit groupe de membres seulement, réunissait 1,733 élèves en 1903, lors du déménagement du Conservatoire de l'ancien Music Hall de Boston dans l'édifice du "nouveau" Conservatoire construit à cette époque.Ce nombre s'élève aujourd'hui à 3,500, et une souscription publique est ouverte dans le but de construire une annexe, étant donnés les besoins d'un local plus spacieux; le montant fixé pour cette souscription est de $400,000.-:o:- "Naila".nouvel opéra de Philippe Gau-bert, a été joué récemment à Paris.Sophie Braslau a donné un superbe récital â l'occasion de l'ouverture du 46èmo festival annuel de Lindsborg, Kansas."Turandot", oeuvre posthume de Puccini a eu sept représentations au Metropolitan de New York, lesquelles ont rapporté la jolie somme de plus de cent mille dollars.Et l'on dira ensuite que l'opéra italien est vieux jeu! -:o:- Un festival de chorales aurait lieu à Vienne l'an prochain.Invitation est déjà faite à plus de cent mille chanteurs de toutes les parties de l'univers.ALBERT LE FORT SSURANCES De toutes sortes 190 ST-JACQUES.Main 0937 Succès d'une cantatrice Montréalaise Mme Cédia Brault, qui à l'occasion des fêtes de la Confédération a fait, au printemps, une tournée de concerts dans l'ouest canadien, sous le patronage de son Excellence Lord Willingdon, a remporté de brillant succès partout où elle s'est fait entendre.Nous reproduisons quelques appréciations des journaux locaux de langue anglaise qui en font les plus grands éloges."La voix de mezzo-soprano de Mme Brault est riche et claire.Mme Brault est une chanteuse qui connaît les rapports existant entre le texte et la musique, elle possède une vive compréhension du style musical".(Victoria Daily Times)."Un timbre de mezzo-soprano très pur.frais et sympathique, uni à des gestes gracieux, fait du chant do Mme Brault un chant toujours artistique et agréable à entendre".(The Daily Colonist, Victoria, B.C.) "Mme Brault, cantatrice de langue française, gagna son auditoire par la souplesse et la mobilité de son talent, à son concert donné au théâtre Orpheum".(The Morning Star, Port of Vancouver, B.C.) "La qualité et la beauté de la voix de-cette cantatrice prodigieusement douée ont été démontrées avec avantage dans un programme bien choisi, à son récital à la Metropolitan United Church".(The Regina Daily Post)."Cette prima-donna montréalaise possède une voix d'un registre très large, joint â toutes les qualités que l'on retrouve chez les étoiles de grand opéra".(The Leader, Régina, Sask.) "Mme Brault chante délicieusement.La grâce et la facilité de son style indiquent la vraie musicienne".(Manitoba Free Press).Courrier de Josette STELLA.— Affectueux merci pour vos bons souhaits.Votre suggestion à propos des dessins de nos artistes en herbe, m'a vivement intéressée, malheureusement nous ne pouvons, pour le moment du moins, publier des choses de ce genre, l'espace qui nous est réservé étant plutôt restreint.Je publie votre recette de gâteau.Elle est excellente, j'en ai fait l'essai et conseille à toutes les lectrices de cette page d'en faire autant.Revenez souvent, j'ai hâte de vous lire.FANCHON — Mes félicitations et mes souhaits de bonheur, petite mariée.Malgré le grand amour qui le remplit, Fan-chon gardera bien, n'est-ce pas, une toute petite place dans son coeur pour Josette?YVETTE — La lecture est un des passe-temps les plus agréables que l'on puisse désirer, et je conseille toujours aux jeunes filles de lire, et de lire beaucoup, si leurs occupations le leur permettent.Les bons romans, et il en existent, reposent et égayent, mais il ne faut tout de même pas leur consacrer tous ses loisirs; il faut également lire quelque chose de sérieux, publications, revues, articles, qui puissent instruire et renseigner sur ce qui se passe autour de soi et à l'étranger.LISE — Les robes tricotées au crochet font de charmantes toilettes pour les bébés et les toute-petites filles.Il se vend dans les magasins à rayons et dans les magasins de travaux féminins des cahiers de jolis modèles faciles à exécuter.JOSETTE.L'Art Culinaire Gâteau (marsmallow-cocoanut ) Vt tasse de beurre—l?i tasse de farine.K tasse de sucre—2 euillèrées à thé de poudre à pâte.Les jaunes de trois oeufs, les blancs de trois oeufs.*4 tasse de lait—1 cuillerée vanille.Mettez le beurre en crème et ajoutez le sucre et les jaunes d'oeufs bien battus, mettez le lait, mélangez graduellement la farine dans laquelle vous avez mis la poudre à pâte.Versez-y les blancs d'oeufs bien battus avec vanille.Cuisez dans des casse-rolles de ferblanc pendant 20 minutes dans une chaleur modérée, couvrez ensuite de marsmallow et eocoanut.NOTE.—Le coco haché se vend tout préparé ainsi que le marsmallow.Tél.I.AruasliT !I7!MI Le meilleur repas à 50 rte A c dUille de Paris HOTEL-RESTAURANT 1 l.'îl) !\lc
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