La bonne parole /, 1 janvier 1956, 1956 à 1958
Montréal, Canada 1956 à 1958 La Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste célèbre le cinquantenaire de sa fondation 1907-1957 Son action sociale, éducative et charitable 853 est, rue Sherbrooke as* La Bonne Parole Revue mensuelle fondée en 1913 Organe de la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste Directrice : Madame Eustache Letellier de Saint-Just LA FÉDÉRATION NATIONALE SAINT-JEAN-BAPTISTE est un LIEN qui sort à unir d'esprit et de cœur les Canadiennes-Françaises ; un FOYER d'où rayonnent, sur tous les domaines de l'activité feminine, lumière et chaleur ; un CENTRE où st rencontrent les bonnes volontés, désireuses de se dévouer avec plus d'efficacité aux œuvres sociales et nationales.La Bonne Parole est un MOYEN de propagande pour la diffusion des principes catholiques d'action sociale ; un ORGANE indispensable à l'œuvre de la Fédération nationale SainUJcan-Baptistc, d'abord auprès des diverses associations qui la composent et des comités par lesquels elle agit ; puis, auprès des œuvres nationale* étrangères qui font, comme nous, partie de l'Union mondiale des organisations féminines catholiques.CONDITIONS DE L'ABONNEMENT À LA BONNE PAROLE Canada et Etats-Unis.$1.00 par an Union postale .$1.80 par an Le prix de l'abonnement doit être envoyé au Secrétariat de la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste, 853 est, rue Sherbrooke, Montréal.Les abonnés de la € Bonne Parole » jouissent des privilèges de la Fédération nationale Snint-Jcan-BnpHstc et ont droit d'assister aux séances publiques, dont avis est donné dans les journaux.Toute personne peut aider la c Bonne Parole » : 1) en s'y abonnant ; 2) en lui procurant de nouveaux abonnés ; 3) en la faisant lire ; 4) en lui procurant une collaboration littéraire : 6) en sollicitant des annonces à son intention.La Federation nationale Saint-Jean-Baptiste Fondée en 1907 Fondatrices : Madame Henri Gérin-Lnjoie et Madame F.-L.Béique.Aumônier : Son Excellence Monseigneur Laurent Morin, évèque auxiliaire à Montréal.Comité d'honneur : Mme Alfred Thibaudeau, Mlle Marie-Claire Davcluy, l'honorable Sénatrice Marianna B.-Jodoin, Mme J.-J.-E.L'Espérance, Mme Henri Vautelet.Conseil d'administration : Mlle Georgette Le Moyne, présidente générale ; Mme Albert Dupuis, Mme Eustache Letellier de Saint-Just, Mme Arthur Bcrthinume, vice-présidentes ; Mlle Marie-Ange Madore, secrétaire-générale ; Mlle Jeanne Lnpointe, secrétaire-archiviste ; Mme J.-B.-A.Michaud, trésorière.Conseillères : M mes J.-A.Molleur, P.-A.Rohichaud ; Mlles Emma Douesnard, Emérentienne Chagnon, Yvette Vanier, Gabriellc Labbé, Madeleine Thibaudeau.Mireille Ethier, Patricia Lavallée ; M mes Juliette Mac-Laren, Régina McCutcheon, Roméo Guy, J.-A.Saint-Aubin ; Mlles Gisèle Thiboutôt, Anne-Marie Gaulin, Laura Auclair, Antoinette Caron.Associations professionnelles : Employées de magasin, Employées de bureau, Femmes d'affaires.Aides maternelles, Société des Ouvrières catholiques.Sections paroissiales : S.-Stanislas-de-Kostka, S.-Lambert, S.-Ambrotse, S.-Vincent-Fcrrlcr, S.-Laurent, Très-Saint-Nom-de-Jésus, S.-Bernardin, S.-Edouard, S.-Nazaire, Notrc-Dame-du-Rosairc, Centre de couture, Pointe-Claire, Cœur-Immaculé-de-Marie, S.-Herménégilde, Snints-Martyr8-Canadiens, S.-Antoinc-Marle-Claret, La Présentation, à Dorval ; S.Philippe, Notre-Dame de Grâce.Comités : des Oeuvres économiques, de l'Economie domestique, des Questions nationales, de la Moralité, de Publicité, des Questions internationales, de l'Assistance aux Néo-Canadiens ; Comité de la Ligue canadienne de Santé, de l'Association canadienne des Consommateurs, du Denier national, de la « Bonne Parole », de la Section des Jeunes, de la Réforme du Code civil en faveur de la femme, de l'Affiliation à l'Union mondiale des organisations féminines catholiques.Les dames auxiliaires des Œuvres affiliées à la Fédération : L'Hôpital Sainte-Justine, L'Assistance Maternelle, la Fédération des Cercles d'étude, les Cercles de Fermières, L'Ecole d'Education familiale de l'Institut de Notre-Dame du Bon-Conseil, La Guilde de la Familiale.AUTOIMHE COMMIS BN'VOI l'OSTAI.DE DEUXIÈME CLAHHE, MINISTERS DEB POSTES, OTTAWA Il y a maintenant cinquante ans, Y-nn,' Letellier de Saint-Just.> Madame F.-L.Béique .4 Madame Henri Gérîn-Lajoie.5 Hommage, .SVw Eminence le Cardinal Paul-Emile Légei .6 Bienvenue et remerciements, Georgette LeMoyne.9 Décoration remise à Mlle Georgette LeMoyne.13 Messe d'action de grâces, Anne-Marie Gaulin.14 Protéger la foi et servir la Patrie, Son Excellence Monseigneur Laurent Morin 15 Trois anniversaires, M.-A.M.16 Le sillon reste ouvert., Yvonne Letellier de S ai rit-Just.17 lii autre cinquantenaire, .1.1.2 S Souvenirs, Mire Marie Gérin-Lajoie.24 Honneur universitaire à Mme Alfred Thibaudcau .27 Dernier hommage à Mlle Bcrthc LeMoyne, Claire Fanteux.ÎO Remise d'un doctorat à Mme Tlitbaudeau .il La femme doit voter judicieusement, Yvonne Letellier de Saint-Just .^2 Contre les publications obscènes.55 Exposition d'arts domestiques tenue par vingt-deux sections paroissiales, ./.X.-.-l.54 Présentation.J5 La Fédération reçoit des visiteuses d'Europe, M.-A.M.56 Un beau livre.Georgette LeMoyne.58 La Société Historique de Montréal honore Mlle Marie-Claire Daveluy .30 Représentation et Collaboration, M.-A.M.41 Félicitations, M,-A.M.44 Kn marge du congrès de l'UMOFG A.-M, Gaulin.46 Le Testament (poème), Edmond Haraucourt.47 Condoléances, M.-A.M.48 Congrès international de ri'MOl'C.Marie-Ange M adore.49 Année mariale, Emma Douesnard.54 Discours de Sa Sainteté Pie XII.55 Le livre du Souvenir.66 A la source de l'éducation, Marguerite Lapohite-Gu\.70 But de la Fédération «La Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste a pour objet «le grouper les Canadiennes-Françaises catholiques en vue «le fortifier par l'union leur action dans la famille et dans la société >.La Fédération peut entreprendre tonte œuvre d'utilité publique dans le domaine de la charité, de l'éducation, de la vie économique et sociale ».La Fédération a pour devise : «VERS LA JUSTICE PAR LA CHARITÉ! / Extrait» des Statuts de lu /'.V.S.J.li.i Principales œuvres accomplies par la Fédération et ses filiales Fondation des Associations professionnelles, des Sections paroissiales, des (iouttes de lait, de la Bonne Parole a : Etablissement ménager, Législation en faveur des Institutrices et des Employées de bureau : Participation aux expositions pour le bien-être de l'enfance, aux Congrès internationaux de FUMOFC, à lu Lutte «outre l'alcoolisme, la mortalité infantile.Comités : «le la Croix-l»ou»c, du Fonds patrio tique, «le l'Assistance par le travail, «lu Service social, des Questions civiques, de la Visite des Hôpitaux. LA BONNE PAROLE Vol.XLVI 195(5 à 1958 Il y a, maintenant, cinquante ans ElitIX h présent Ct le passe de la Fédération nationale Saint J< au Hapiistc, il if a maintenant la celebration de son cinquantième anni rersaire de fondation.Elle t ut lieu, h 1er juin 1957, au Cercle universitaire de Montréal où quelque trois cents invités s'étaient joints au Conseil d'administration pour rendre hommage au.r fondatrices et commémorer un événement qui tient de l'> 11raordinaire.si l'on considère les ((nidifions d( Vépoque et les panrves ressources qu'offrait a Vu une naissante la formule de l'action sociale.Son Eminence le cardinal urchcvcqtti de Montréal a présidé la réunion et remis à la présidente générale.Mlle Georgette Le Moijne, la décoration papale « Pro Eeclesia et l'ont!five » et, en qualité de Chancelier de l'Université de Montréal, annoncé à Mme Alfred Thibau (hau qu'un doctorat «honoraire* lui strait bientôt officiellement con 1ère.m Son Honneur le Main, M.Jean lira pian, était venu apporter h témoignage d( la cité à une œuvre qui a été consacrée à l'amélioration des conditions d< rit et de travail des femmes, particulièrement celles de M (nit ré al.Signalons aussi la présence des représentants des familles- des fondatrices, Mme Frédéric-Liguori Héique et Mme Henri GériU'Lajoic.La fetc, car c'en fut une.comportait le discour* de Son Eminence le cardinal Léger, les allocutions de Mlle Le Moijne, de la R.Mère Marie CérinLa joie, de M.Pierre liéique.La célébration d'un anniversaire aussi important fut l'occasion d'étaler en vitrine, en les rappelant, des souvenirs qui constituent l'histoire même de.la fédération.Ce fut le rôle de Mme EustacllC Letcllicr de Saint-Just (h relater comment et pourquoi fut fondée la Cédé ration nationale Suint-.l cun-llaptislc et ce qu'elle a accompli au (durs de ses cinquante années d'existence.Avons-nous rendu justice a la Fédéral khi pour huit ce qu'elle a coûté d'effort, d'abnéf/ution.de soumission à des directives (/ni nous paraissent aujourd'hui trop sévères ?NOUS reconnaissons être demeurées bien en deçèi de tout ce qui aurait pu être dit.Chaque lendemain apporte un jour différent mais le passé, comme le présent, enseigne qu'il faut accomplir le devoir sans h questionner.La leçon est là.Pc rant des horizons agrandis la Federation d'aujourd'hui, ét l'exemple de ses fondatrices, demeurera confiante ([u'au delà se lève toujours une bonne étoile.Yvonne LrTELUER DE SaINT-Jl'BT Madame FrédkrioLiguori Bkique (Carolina-Angelina Dessaules), Lady of Grace de l'Hôpital Saint-Jean de Jérusalem, en Angleterre, fut l'une des deux fondatrices de la Federation nationale Saint-Jean-Baptiste dont elle assuma la présidence de 1907 à 191} Madame Henri G£jlix*Lajoii (Mûrie Lacoste) reçut les Pelmes Acëdèuiii/urs.dë Gouvernement Je lé République Française ; ta méJaille « Bene Mercnti ».Ju Samt-Si,tae .la décoration « Bene Mcrcnti tl«- Patrta», Je la Société SaintJenn»Bnptiste Je Montréal, pour son dévouement à ta cause canaJienne-française.L'une des Jeux jonJatriccs Je la Fédération nationale Saint-J ean-Haptntc, MaJame Cérin-I.ajoie en fut présiJer.te Jurant vinat ans.Je 1913 à 1933. HOMMAGE Allocution prononcée par Son Eminence le cardinal Paul-Emile Léocr, archevêque de Montréal, au banquet du Jubile de la Fédération nationale Saint-JeatfBaptiste, au Cercle Universitaire, le 1er juin 1957 Mesdames.En m'ndrcssant à vous, en ce moment, Cl en songeant aux bienfaits de votre œuvre qui se poursuit à Montréal depuis cinquante ans, je sens jaillir de mon âme un hommage de reconnaissance.Je le dédie : I.à votre Fédération nationale saint-Jean -Baptiste ; II.à la personnalité féminine canadienne-française qui s'épanouit dans vos rangs ; III.à la nationalité valeureuse dont, par vos principes, votre influence, vos activités, vous assurez si bien la survivance et la pérennité.I Que dès le début de notre vingtième siècle des femmes de chez nous se soient groupées en vue d'une action concertée, éclairée à la doctrine catholique, en faveur d'une aide efficiente à la famille et à la société canadienne-française, voilà qui retient justement l'admiration.Cette œuvre dont, six ans après sa fondation, l'une des vôtres pouvait déjà souligner, dans des lignes lumineuses de fierté, de modes tie et de ferme espoir, le but et les bienfaits, nous voyons quelle n'a pas dévié de ses plans, qu'elle vit encore de l'idéal des premiers jours et qu'elle s'est fortifiée de sa fidélité même au dévouement dans la justice et dans la charité.Cette formule n'a pas vieilli chez vous.Mesdames.Aussi peut-on reconnaître à ses fruits, la sincérité du programme de liguer pour plus de «bien, plus de bonté», les œuvres de charité féminines nées des besoins sociaux, familiaux et individuels du milieu.Votre association, elle répondait à une nécessité, elle s'est établie sur des principes solides.Elles ont toutes leur histoire glorieuse et bienfaisante, les (envies accomplies depuis cinquante ans dans notre ville, par la Fédération et ses filiales.C'est avec émotion que j'en lis la nomenclature.C'est que chaque œuvre signifie pour mon cœur de Pasteur, un effort pour la cause du Christ et de son Eglise, une accumulation de sacrifices, de dévouement et d'amour.«Vers la .Justice par la Charité», votre devise répond si bien en effet aux directives de l'Eglise.La fidélité à l'Eglise, à sa doctrine, à sa hiérarchie, n'est-elle pas inscrite dans votre constitution dans l'histoire de votre demi-siècle ?«La condition de la femme a changé davantage depuis un demi siècle que pendant tout le cours de la civilisation chrétienne», écrit Marcel Clément (La Femme dans la Société, p.13).Votre fédération a su suivre cette transformation, en éclairer les étapes pour les groupes qu'elle a atteints.Cercles d'étude, conférences, articles d'une Montréal LA BONNE PAROLE 7 revue sérieuse et pratique ont agi en éclaireurs pour les intelligences, en stimulants pour les volontés.«Cette participation directe, cette collaboration effective à l'activité sociale et politique n'altère en rien, dit le Saint Père, le caractère propre de l'action ordinaire de la femme.Associée à l'homme dans le domaine des institutions civiques, elle s'appliquera principalement aux questions qui exigent du tact, de la délicatesse et de l'instinct maternel, plutôt que de la rigidité administrative.Qui mieux qu'elle peut comprendre ce que requiert la dignité de la femme, l'intégrité et l'honneur de la jeune fille, la protection et la rééducation de l'enfant?E( sur tous ces sujets, combien de problèmes réclament l'attention et.l'action des gouvernements et des législateurs ?Seule la femme saura, par exemple, tempérer par sa bonté, sans préjudice pour son efficacité, la répression du libertinage.Seule elle pourra trouver le chemin qui libère de l'abjection, seule elle pourra élever dans l'honnêteté et les vertus religieuses et civiles l'enfance moralement abandonnée.Seule, elle parviendra à faire fructifier l'œuvre du patronage et de la réhabilitation de ceux qui sont sortis de prison et des jeunes filles tombées.» (Ibid., p.112 et ss.).Ces lignes du Souverain l'ontife figurent comme un compte rendu de l'activité de votre Fédération, Mesdames, et vous comprendrez la satisfaction, la fierté et l'admiration qui motivent mon hommage à la Fédération nationale SaintJean-Kaptistc.II Il m'est agréable de souligner aussi la valeur de la personnalité féminine canadienne française qui s'épanouit dans vos rangs.Parmi vous se rencontre en effet l'élément laïque féminin le plus représentatif, le plus distingué et des plus franchement catholiques de Montréal.Il suffit sans doute de nommer ^Mesdames F.-L.lîéique et Henri Gérin-Lajoie, instigatrices et fondatrices de la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste, pour évoquer du même coup la valeur de votre œuvre.Vous avez compris le legs des vertus chrétiennes, sociales et civiques que vous avaient fait vos devancières.Avec elles, vous êtes entrées dans l'association pour y travailler à l'œuvre entreprise.Et nous retrouvons en vos membres la dignité féminine et française dans le goût du beau, de la culture intellectuelle, de la valeur inorale, de la fierté catholique.Dans vos rangs, l'on trouve les premières Canadiennes-Françaises qui ont réclamé le baccalauréat classique.Ces études poussées, vous les avez désirées au nom de la société et de la religion.Vous sentiez (pie les connaissances et surtout la formation intellectuelle s'imposaient à votre génération.11 ne s'agissait pas pour vous d'une course au papier, à la renommée ou au snobisme.Vous aviez le souci d'être, plus que de paraître.Bien des articles de votre revue Jai lionne Parole transmettent a l'histoire des noms dont le pays peut être fier.Ces pages de littérature sérieuse, d'aiguillage et de documentation révèlent, dans un style simple, familier et direct, une sincérité non équivoque.11 nous semble y faire la rencontre de dames tout affables, fortes de leurs convictions, désireuses de propager leur amour pour leurs sœurs de toutes conditions.Les sujets traités dans votre revue, comme les comptes rendus LA BOXXE PAROLE Montréal de conférences on les rapports de vos activités attestent toujours que nous sommes eu présence de personnalités qui s'affirment dans une action efficace.Il ne peut être question ici de mentionner des noms.Jl faudrait une liste trop longue et encore, risque rai s-je de la presenter très incomplète.Je relève dans ].n Bonne Parole de janvier 1054-1955 (p.2) le témoigna£e suivant : - Les destinées de la Fédération nationale Saint Jean-Baptiste sont entre bonnes mains.Le nom de Mademoiselle Georgette Le .Mon ne s'est déjà inscrit parmi les noms des Canadiennes Françaises d'élite de notre province : c'est un honneur pour la Fédération que de pouvoir le lire également dans son livre d'or, à la suite de celui des femmes eminent es qui l'ont précédée au poste de commande qu'elle occupe aujourd'hui ».Ce témoignage de votre Fédération à l'iionnettr de votre Présidente actuelle et de celles qui l'ont précédée dans sa charge, rejaillit en gloire sur chacune «le vous.Vous avez toujours désiré marcher sous un chef vaillant et valeureux.(Vest que vous saviez VOUS mettre au pas de l'idéal et du dévouement.JII Connue l'une de vous l'affirmait de Ueligieuscs méritantes qu'elle admire, de vous aussi, Mesdames, nous pouvons dire : «Vous préparez des lendemains sublimes.» (.Mme Blanche Lamontagnc-Bcaurcgard).«J'écoute ce qui chante en moi.je le rechante», écrit quelque pari .Marie Noël.Vous êtes de cette école des semeuses de lumière et d'amour.Dans le même esprit vous pouvez dire : «J'ai filé «le la joie en mon cœur tout le jour».Kl cette joie, vous l'avez apportée dans vos réunions, dans vos travaux, dans vos organisations et vos œuvres.Vous avez compris les besoins de notre peuple et vous avez assuré chez lui le progrès de la culture, du patriotisme, de la foi.Combien il est éloquent le mémoire que présentait votre Fédération à la Commission Trcmblav ! Tout ce qui fait une nation forte dans l'intégrité «le sun caractère ethnique retient votre intérêt, stimule votre action.La famille, l'école, l'enfance font l'objet public in crtcutiO restera le guide de toutes les femmes catholiques.Soixante pays et territoires des cinq continents étaient représentés par sept cents déléguées.La Fédération national»' Saint-Jean-Baptiste étant affiliée à l'UMOFC avait droit a trois déléguées, dont une seule avec droit de vote.Sa secrétaire générale l'a officiellement représentée.A la demande des autorités de l'Action catholique la Fédération a accepté volontiers de compléter sa délégation par Mlle Monique Cloutier, dirigeante nationale de la Ligue Ouvrière catholique féminine ; .Mlle Madeleine» (ïuay, dirigeante nationale de la Jeunesse indépendante catholique féminine, La délégation canadienne-française comprenait en outre Mlle Laurette Dorval.membre d'un comité de censure de bibliothèque: Mme Yvonne c.Martin, régente d'Etat des Filles d'Isabelle et Mlle Jacqueline Marsolais.présidente' nationale de la .Jeunesse Agricole catholique féminine : le R.Père Irénéc, O.f.m, Cap., directeur fondateur de l'œuvre «Les Messagères de Notre-Dame», et M.l'abbé Hozaol A gauler.Son Eminence le Cardinal Piz/.ardo, protecteur de ÎTMOKC.célébra la sainte messe pour les congressistes dans l'abside de la basilique de Saint-Pierre : Son Eminence présida aussi les séances d'ouverture et de clôture du congrès.312698 50 LA BONNE PAROLE Montreal Pendant quatre jours, des orateurs définirent le rôle de la femme catholique au travail dans le monde moderne, sa personnalité et sa mission.La cinquième journée eut lieu au siège mondial de l'Organisation des Nations-Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture près des thermes de Caracalla : elle fut consacrée à l'étude du problème de la faim dans le monde M, Sen.directeur général de la PAO, présida la séance d'ouverture.Un des conférenciers.Monseigneur .Iules Lamoot, professeur de sociologie à l'Université catholique de Lille et aumônier général de l'UMOFC, avait choisi (le traiter de «la faim dans le monde et la conscience chrétienne».En voici un résumé: La faim existe dans le monde surtout dans les légions surpeuplées, comme la Chine et les Indes et en général chez tous les peuples du sud et du sud-est asiatique, en Afrique noire, en Amérique du Sud et ailleurs.Bien que les taux de natalité et de mortalité y soient t rès élevés, que la durée moyenne de la vie soit plus courte que chez les peuples d'Occident, la densité de la population m* diminue pas.En 150 ans de 1800 à 1057 la population du monde a doublé et chaque année elle augmente d'une trentaine de millions.La terre ne nourrit pas tous ses habitants puree que le partage des richesses accuse des différences considérables.85^ du revenu mondial est entre les mains d'un tiers du monde tandis que 15Ç{ est le partage des deux autres tiers qui meurent de faim ou sont SOUS* alimentés.Maintes fois Tie XIT.des évéques, des organisations internationales et en particulier l'UMOFC ont fait appel à la conscience chrétienne en faveur de ces malheureux.Bien des solutions pour réduira ces bouches à nourrir ont été proposées.11 y en a de fausses que l'Eglise réprouve comme la guerre et le birth con t roi.11 y en a de vraies comme la restauration de la famille dans un idéal chrétien, l'émigration vers des terres capables de faire vivre ces nouveaux arrivés ; l'aide charitable que des groupes plus favorisés doivent apporter aux plus déshérités, l'aide technique et financière qui en fertilisant le sol de ces régions accroîtra leurs ressources, enfin la collaboration que les catholiques doivent apporter aux organismes créés pour venir en aide aux pays sous développés en particulier la PAO et l'UNICEF.L'exposé que Mgr Lamoot fit traitait uniquement de la faim physiologique, mais il y a aussi les analphabètes qui souffrent de faim intellectuelle et ceux qui ignorent ou méprisent le message du Christ.Pendant le congrès les congressistes se réunirent par continent.La délégation canadienne-française se dispersa entre les commissions européennes, rurales, ouvrières et de milieux indépendants, lorsqu'elle apprit que la discussion se ferait en anglais à celles de l'Amérique du Nord et de l'Océanio.La formule employée au Congrès de Fribourg, en 1950, était plus souple car elle permettait aux congressistes de participer aux discussions de la Commission qui les intéressait plus particulièrement.Favoriser la compréhension entre les peuples est un des buts de ces congrès internationaux.L'heure des repus est Tune des plus pro- Montréal LA BONNE PAROLE 51 pices pour établir ces contacts.Le pain et le vin que Ton trouve sur toutes les tables italiennes nous rappellent cet autre Banquet où sont conviés les peuples de toutes races et de toutes couleurs.Nous gardons des rencontres que nous limes à table avec les délégués du Japon, de la Corée, de la Hollande, de l'Afrique du Sud, du Pérou, d'enrichissants souvenirs.Ce fut pour nous une réelle déception lorsqu'on nous assigna des places permanentes.Un des soirs du congrès la délégation canadienne a eu l'honneur et la joie de recevoir, à Donuis Maria?, Son Excellence 3Igr Laurent Morin, auxiliaire à Montréal et aumônier de la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste.Son Excellence daigna présider le frugal repas des déléguées.Si le dîner manqua d'apparat, la gaieté n'en fut nullement bannie, c'est un peu le Canada lointain que l'on retrouvait momentanément sans nous en rendre compte, au milieu de ces représentants de septante patries et dans cette ville où se rencontre l'Orient et l'Occident.Un fait à signaler ce fut la présence nombreuse de déléguées asiatiques et africaines.Voici quelques-uns des vœux émis à la fin de ce congrès : L'UMOFC de par sa nature même groupant des femmes de tous les continents encourage les organisations membres à faire connaître et à utiliser la précieuse documentation de l'Organisation des Nations-Unis pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO) ; l'Organisation des Nations-Unies pour l'Education, la Science et la Culture (UNESCO) et le Fonds des Nations Unis pour l'Enfance (UNICEF).Les déléguées « font un appel pressant à la conscience mondiale et demandent que soient flétries les persécutions religieuses directes et la violation du droit des consciences.Elles demandent d'intensifier leurs campagnes de prières et d'opinion à cette intention».Beaucoup de vœux répondaient à des besoins particuliers à certaines contrées mais il est à noter que tous les pays du monde songent à la protection OU à la restauration de la famille.L'Amérique du Nord apprécie les services rendus aux parents, là où des cours de préparation au mariage et des services de consultations matrimoniales ont fonctionnes.L'Europe souhaite la diffusion de ces mêmes cours, complétés par d'autres de morale conjugale, dans tous les pays de ce continent.L'Asie réclame ces cours en ajoutant «que des mouvements familiaux chrétiens soient organisés dans les paroisses».L'Afrique et l'Amérique latine demandent que soient créés des cours (l'Economie domestique «pour aider la femme à devenir une meilleure maîtresse de maison, une meilleure éducatrice et une chrétienne soucieuse de ses devoirs civiques ».Trois continents.Afrique.Amérique du Nord et Asie, demandent que des mesures efficaces soient prises «contre les films anti-éducatifs ou amoraux, contre la presse immorale», etc.L'Europe propose «la réalisation de la pensée chrétienne dans toutes les structures sociales, économiques et politiques de tous les pays ». 52 LA BONNE PAROLE Montréal Rapport ûc / (Eph.,r>.25).«Que les femmes soient soumises à leurs maris, comme au Seigneur.De même que l'Eglise est soumise au Christ, (pie les femmes le soient aussi en tout à leur mari» (IbUL.5, -1l.En élevant à la dignité de sacrement le mariage des baptisés, le Christ conférait aux époux une dignité incomparable et assignait une fonction rédemptrice à leur union.Quand il affirme (pie les femmes doivent être soumises à leur mari comme l'Eglise au Christ, saint Paul établit entre les époux une différence bien nette, mais, par là même, il illustre la force, qui les associe l'un à l'autre et maintient l'indissolubilité du lien qui les unit.Les Etats modernes et les peuples jeunes, qui, depuis la dernière guerre sont arrivés à l'indépendance ou y aspirent, tendent de plus en plus, dans leur législation et leurs mœurs, à mettre sur un pied d'égalité l'homme et la femme dans la famille, comme sur le plan social, politique, professionnel.Cette évolution présente des aspects légitimes, et d'antres qui le sont moins, surtout quand elle s'inspire de principes matérialistes ; Nous ne voulons pas ici discuter cette question trop vaste, mais seulement vous rappeler (pie votre apostolat doit maintenir fermement la conception eh rétienne de l'épouse et du rôle de la femme dans la famille : cette conception settle inspire, entre les conjoints, le vrai respect, l'estime mutuelle, le dévouement sans réserves, la fidélité totale et, par-dessus tout, l'amour prêt à tous les sacrifices et à tous les pardons.L'union du Chris! et de la femme a trouvé son plus grand éclat et son parfait accomplissement dans la Vierge .Marie.
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.