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La bonne parole /
Publiée de 1913 à 1958, La Bonne Parole est un important organe de diffusion des idées du féminisme social catholique au Québec. [...]

Créée en 1913 par Marie Gérin-Lajoie, en collaboration avec Caroline Béique, la revue mensuelle montréalaise La Bonne Parole est, jusqu'en 1958, l'organe officiel de la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste (FNSJB). La Fédération chapeaute de nombreuses organisations féminines et catholiques canadiennes-françaises.

LA FNSJB a d'abord été précédée dès 1902 par les Dames patronnesses de la Société Saint-Jean-Baptiste, association créée pour accueillir les francophones de la Montreal Local Council of Women (MLCW) et leur permettre d'appuyer la Société Saint-Jean-Baptiste, à laquelle elles sont souvent affiliées par leurs maris.

Des préoccupations liées à l'éducation catholique et à la survivance nationale du Canada français ont amené Mmes Gérin-Lajoie et Béique à créer ces rassemblements francophones.

Mue par les idées de progrès social incarnées au début du siècle par les mouvements de réforme urbaine et de santé publique, La Bonne Parole, en plus de faire écho aux activités de la FNSJB et de les alimenter, endosse tôt certains combats comme les luttes contre l'alcoolisme et la mortalité infantile.

Soucieuses de conserver la bienveillance des élites cléricales, les collaboratrices de la revue choisissent tôt de se conformer à la doctrine sociale de l'Église et de tempérer leurs revendications féministes en relayant l'idéologie de la femme au foyer.

La Bonne Parole met tout de même de l'avant les questions de la défense des intérêts professionnels traditionnels, de l'émancipation juridique et du droit de vote des femmes. À cet effet, Marie Gérin-Lajoie donne rapidement le ton, en 1913 et en 1914, avec une suite d'articles sur la condition légale de la femme, question sur laquelle elle revient au cours des années.

L'accomplissement social de la femme tel que prôné par La Bonne Parole, bien qu'il se cantonne au foyer et aux activités des congrégations religieuses, sera orienté vers de nombreuses initiatives philanthropiques relayées par la revue.

Entourée de collaboratrices appréciées comme Anne-Marie Gleason, Blanche Lamontagne-Beauregard et Marie-Claire Daveluy, Marie Gérin-Lajoie a doté la FNSJB d'une revue dont le tirage atteint 2000 exemplaires dès ses premières années de publication.

Cette volonté d'offrir aux Canadiennes françaises un média intellectuel engagé de grande qualité a permis à La Bonne Parole de devenir un important organe de diffusion des idées du féminisme social catholique au Québec.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1982, vol. V, p. 75-76.

LAVIGNE, Marie, Yolande PINARD et Jennifer STODDART, « La Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste et les revendications féministes au début du XXe siècle », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 29, n° 3, 1975, p. 353-373.

SAVOIE, Chantal, « Des salons aux annales - Les réseaux et associations des femmes de lettres à Montréal au tournant du XXe siècle », Voix et Images, vol. 27, n° 2 (80), 2002, p. 238-253.

Éditeur :
  • Montréal :la Fédération,1913-
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juillet - septembre
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  • Revues
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Références

La bonne parole /, 1953, Collections de BAnQ.

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T2/V01/ Montréal, Canada J uillet- Août-Septembre 1953 PAROLE Organe de la Fédération Nationale Saint'Jeau-Baptiste SOMMAIRE L'Œuvre de Marguerite Bourgeoys la Bienheureuse, Georgette Le Moyne.1 Canadiennes-Françaises aux mains expertes, Emérencienne Chagnon.3 L'Action féminine catholique en Ouganda, Solange.Hone .4 Condoléances, Y.L.de S.-J.S Protestation de 1TJ.M.O.F.C.S Notre vice-présidente à l'honneur, Georgette Le Moyne.6 Félicitations, Aurore Chagnon% Marie'Ange M adore et Georgette Le Moyne.6 Un beau voyage, Annette M.-Baudouin.7 Assemblée annuelle de la Fédération, G, L.15 853 est, rue Sherbrooke La Bonne Parole Revue mensuelle fondée en 1913 Organe de la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste Directrice : Madame Eustache Letellier de Saint-J ust LA FEDERATION NATIONALE SAINT-JEAN-BAPTISTE est un LIEN qui sert à unir d'esprit et de cœur les Canadiennes-Françaises ; un FOYER d'où rayonnent, sur tous les domaines de l'activité féminine, lumière et chaleur ; un CENTRE où se rencontrent les bonnes volontés, désireuses de se dévouer avec plus d'efficacité aux oeuvres sociales et nationales.La Bonne Parole est un MOYEN de propagande poui la diffusion des principes catholiques d'action sociale ; un ORGANE indispensable à l'œuvre de la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste, d'abord auprès des diverses associations qui la composent et des comités par les-iucls elle agit ; puis, auprès des œuvres nationales étrangères qui font, comme nous, partie de l'Union mondiale des orRaniBations féminines catholiques.CONDITIONS DE L'ABONNEMENT A LA BONNE PAROLE Canada et Etats-Unis .$1.00 par an Union postale .•••• •••• •••• •••• •••• SI.30 par an Le prix de l'abonnement doit être envoyé, au Secrétariat de la Fédération nationale Saint-Jcan-Baptiste, 853 est, rue Sherbrooke, Montréal.Les abonnés de la c Bonne Parole » jouissent des privilèges de la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste et ont droit d'assister aux séances publiques, dont avis est donné dans les journaux.Toute personne peut aider la « Bonne Parole » : 1) en s'y abonnant ; 2) en lui procurant de nouveaux abonnés ; 8) en la faisant lire ; 4) en lui procurant une collaboration littéraire ; 6) en sollicitant des annonces à son intention.La Fédération nationale Saint-Jean Baptiste fondée en 1906 Fondatrices : Madame Henri Gérin-Lajoic et Madame F.-L.Béiquc.Aumônier : Mgr Laurent Morin, P.A., V.G.Conseil d'administration : Mme Alfred Thl-haudeuu, présidente générale ; Mme Edmond Brossard, vice-présidente ; Mme Albert Dupuis, vice-présidente et présidente du Comité d'Economie domestique ; Mlle Georgette Le Moyne, secrétaire générale ; Mme Henri Vautelet, trésorière ; Mlle Jeanne Lapointc, secrétaire-archiviste ; Mme Eustache Letellier de Saint-Jus t.présidente du Comité des Œuvres économiques, et directrice de la « Bonne Parole s ; Mme R.-A.Bouthillicr, Mme Arthur Ber-thiaume, Mlle Hcdwigc Lcfebvrc, Mme J.-A.Mollcur ; Mlle Marie-Ange Madore, présidente du Comité des Questions nationales ; Mme Tancrède Jodoin ; Mme P.-A.Robichaud, pa-tronnessc des Aides maternelles : Mlle Aima Chsmpoux.des Cercles de Fermières de la Province de Québec ; Mlle Emma Douesnard, Mme J.-J.-E.L'Espérance, Mlle Aima Bouthillicr, Mlle Marie Girard.Mlle Emérentienne Chagnon, Mlle Yvette Vanier, Mlle Gabrielle Labbé, Mlle Madeleine Thibaudcau, Mlle Marie-Claire Davcluy, Mlle Mireille Ethicr, Mme J.-B.-A.Michaud, Mlle Patricia Lavalléc, Mme François Hone ; Mme Juliette McLaren, présidente de la section de Saint-Lambert ; Mlle Aurore Chagnon, Mme Basile Bernard!.Les dames patronnesses des Œuvres suivantes : L'Hôpital Sainte-Justine, l'Hôpital Notre-Dame, l'Assistance Maternelle, les Ecoles Ménagères Provinciales, la Fédération des Cercles d'étude des Canadiennes-Françaises, les Cercles des Fermières de la Province de Québec, la Cour Villa-Marla des Forestières indépendantes, l'Ecole d'Education familiale et sociale.Fédérations et sections paroissiales : Saint-Stanislas, Saint-Lambert, Salnt-Ambroise, Saint-Laurent et Saint-Vincent-Ferrier.Associations professionnelles t Employées de magasin.Employées de bureau.Femmes d'affaire», Aides maternelles, la Société des Ouvrières Catholiques (8.O.C.) et ses sections.Comités : Comité des Œuvres Economiques.Comité de la Visite des Hôpitaux.Comité de l'Economie Domestique, Comité des Questions Nationales, Comité de la Protection de la Jeune Fille, Comité consultatif d'études sociales.Principales œuvres accomplies par la Federation et ses filiales : Fondation des Associations professionnelles Fondation des Fédérations paroissiales Etablissement de Caisses de Secours # Etablissement de Cours d'Enseignement Ménager Comité de lutte contre l'alcoolisme Comité permanent de la Survivance françaUe en Amérique Amendements à la Loi des licences Législation en faveur des Institutrices et de* Employées de bureau Comité des questions domestiques Comité de lutte contre la Mortalité Infantile Fondation de « Gouttes de lait » Participation aux expositions pour le bien-être de l'enfance Comité de lingerie d'autel et décoration d'égllne du Congrès Eucharistique Pèlerinage à Lourdes et à Rome Affiliation à l'Union mondiale des organisations féminines catholiques Fondation de la « Bonne Parois » Comité du « Denier National » Comité des questions civiques Comité de la Croix-Rougs Comité du Fonds Patriotique Comité de l'Assistance par le travail Comité central d'étude et d'action sociale Comité des Œuvres économiques Comité de rédaction de la « Bonne Parole » Comité d'administration de la c Bonne Parole » Comité permanent de la Survivance française en Amérique Comité de la construction Comité du service social Comité de la Visite des Hôpitaux Fichier central de renseignements Comité de l'apostolat de la paix La réforme du Code civil en faveur de la femme Œuvre Auxiliaire d'Action catholique La Section des Jeunes de la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste N.B.— On peut devenir membre de la Fédération nationale Saint-J can-Baptiste en s'inscrivant à son secrétariat : 858 est, rue Sherbrooke AUTORISÉ COMME BWVOI POSTAL DE LA DEUXIEME CLASSE, MIKISTÉRB DES POSTES.OTTAWA LA BONNE PAROLE Vol.XLIII Juillet-Août-Septembre Nos 7, 8 et 9 L'Oeuvre de Marguerite Bourgeoys, la Bienheureuse Ces lignes pourraient s'intituler : « Des qualités de cœur et d'esprit qui ont présidé à rétablissement de l'Œuvre de Marguerite Bourgeoys à Ville-Marie ».Nous essaierons de faire voir comment Dieu a su se servir des ardentes aspirations, de la force de caractère, de l'activité débordante, de la claire vision d'une Marguerite Bourgeoys, pour établir son Règne dans Ville-Marie.Il est difficile de raconter en quelques lignes cette vie chargée de l'amour de Dieu et du prochain, aussi devons-nous nous limiter à un seul aspect de l'héroïque vertu de cette femme : sa droit nie de vue et sa droiture de caractère, tant dans la conception (pie dans Fcxécution de ses projets inspirés par Dieu même, ce qui lui permit de collaborer étroitement à l'œuvre de la fondation et de la colonisation de l'Ile de Montréal, par Messieurs de la Dauversière, Olier et de Maisonneuvc.Marguerite Bourgeoys naquit au début de ce brillant XVTIe siècle qui vit la femme se pencher en soupirant sur la carte du Tendre, ne réalisant pas toujours que son cœur cherchait dans ce sentimentalisme une compensation aux plaisirs que lui refusait souvent sa belle honnêteté.Il est vrai que Marguerite Bourgeoys m» faisait pas partie de la fine société de l'Hôtel de Rambouillet.Klle était la fille d'une vieille et honorable famille de la Champagne, qui n'avait d'autres quartiers de noblesse que sa piété, sa probité et son attachement au devoir.Toute l'enfance de Marguerite est imprégnée de ces forces, rendues fécondes par une grande rectitude d'esprit, et aimables par une grande délicatesse de sentiments.Marguerite vécut ainsi d'une vie toute simple, ne sortant de l'ordinaire que par ses vertus, jusque vers sa trente-troisième année.Aussi, lorsqu'appelée par Dieu elle décida, en 1653, de quitter son pays pour s'embarquer seule avec un rude équipage de marins et de soldats, pour aller se donner aux soins et à l'instruction des sauvages et d'une poignée de ses compatriotes, un joli tumulte s'éleva dans l'esprit de son entourage.On jugea sa décision téméraire, voire même inconvenante.D'aucuns même la crurent démente ou cherchant des aventures.1011e ne s'en soucia pas, agissant pour la gloire de Dieu et le plus grand bien du prochain, dans la clarté de sa droite conscience.Tout de suite, avant même que d'être rendue sur les lieux de son apostolat, elle se mit à la besogne s'employant auprès de l'équipage à verser dans les Ames, tout en soignant les malades qui s'y trouvaient. 2 LA BONNE PAROLE Montréal les trésors de sa charité, ce qui eut pour effet d'opérer plus d'une conversion.Marguerite Bourgcoys narre dans ses «Ecrits Auto* graphes»: «Ils étaient doux comme de vrais religieux, ce qui me donnait de la joie d'aller avec eux à Ville-Marie, et peu de temps après leur arrivée dans ce lieu, ces cent homines étaient changés comme le linge qu'on a mis à la lessive ».(Test dans le même esprit d'apostolat que Marguerite Bourgeovs exerça auprès de Monsieur de Maisonneuve — chez qui elle demeura les quatre premières années, car le moment d'ouvrir une école n'avait pas encore été jugé propice — le rôle de conseiller spirituel.C'est en effet par ses conseils et par l'exemple quotidien de ses hautes vertus que Monsieur de Maisonneuve put pratiquer, dans toute leur pureté, la pauvreté et la charité évangéliques.La grande loyauté qui écarta toujours de l'esprit de Marguerite Bourgcoys tout compromis, toute restriction, toute finesse ou ruse diplomatique, se dresse surtout comme une belle fleur des champs dans les épreuves qu'elle eut à subir toute sa vie.Il ne sera pas ici question des causes ordinaires de souffrances dans une telle situation : maladies, mort d'êtres affectionnés, accidents et pertes matériels, les mille contrariétés de chaque jour, surtout les incessantes attaques des Iroquois qui disséminaient la petite colonie et jetaient l'épouvante dans tous les esprits, mais bien d'une épreuve particulière et particulièrement douloureuse : les tentatives nombreuses exercées, à son insu souvent, pour taire disparaître SOU «envie par excellence, la Congrégation de Notre Dame, en la fusionnant avec celle des Ursulines de Québec.Dès son arrivée à Québec en septembre IG53, Marguerite Bourgcoys eut l'intuition du danger (pli devait si longtemps planer sur sa fondation.Ce fut le même danger qui menaça l'établissement, à Ville-Marie, de la colonie de Maisonneuve et de sa recrue en Hîll.«A Québec, dit l'historien Faillon, ils avaient éprouvé et ils éprouvaient encore de grandes oppositions de la part de ceux qui gouvernaient dans ce lieu et qui, sachant (pie la colonie de Montréal serait un établissement indépendant de leur autorité, voulaient mettre obstacle à sa fondation et retenir les colons à Québec».Ces essais d'absorption, tentés par les plus hautes autorités religieuses et civiles de Québec, parfois même de Montréal ¦— pour le plus grand bien de Ville-Marie, croyait-on, sans doute, en toute bonne foi — ne furent pas sans causer de vives inquiétudes à la fondatrice.Cou naissant les desseins de Dieu sur elle, elle résista vaillamment, apportant toujours dans ses procédés une parfaite ouverture d'esprit et de cœur, un grand respect pour l'autorité, et une aimable charité.Une autre grande épreuve à laquelle Marguerite Bourgcoys fut particulièrement sensible, ce furent les difficultés qu'elle eut à surmonter, presque jusqu'à sa mort, avant d'obtenir la sanction royale et l'approbation canonique de la Congrégation de Notre-Dame, lesquelles pouvaient, seules, donner une stabilité matérielle à son œuvre et assurer la vie spirituelle de la communauté.Arrivée à Ville-Marie en 1G53, Marguerite Bourgcoys ne vit en effet sa fondation autorisée par Montréal LA BONNE PAROLE 3 lettres patentes du roi qu'en LG71, et approuvée solennellement par Monseigneur de Québec qu'en KJÎIS, deux années seulement avant sa mort, survenue dans la quatre-vingtième année de son âge et la quarante-septième de son dévouement à Ville-Marie.Ici encore dans cette longue et pénible attente, se révélèrent dans toute leur plénitude les admirables qualités de cœur et d'esprit qui ont marqué tout l'apostolat de notre Bienheureuse Marguerite Hour-geoys.(2nd bel exemple de droiture et de sérénité elle donna dans sa (•(nuageuse et patiente fermeté, mais surtout quelle belle leçon de charité et de confiance en Dieu.Ces hautes vertus, de grandes cérémonies religieuses et civiques les proclameront prochainement lorsqu'on fêtera l'anniversaire du troisième centenaire de l'arrivée à Montréal — 10 novembre 10îj.» — de M a rguerite Bourgcoys.Avec quel chaleureux empressement nous nous joindrons alors aux religieuses et anciennes élèves de la Congrégation de Notre-Dame, qui nous invitent à la Maison-Mère le M novembre prochain afin d'honorer, comme elle le mérite, celle que l'Eglise a justement mise, en 1950, au rang des Bienheureuses Vierges.Au calendrier du diocèse de Montréal, la fête liturgique de Marguerite Bourgcoys se marque, au rite double, le lîl janvier.GEORGETTE LE MOYNE Ancienne élève du Mont Sainte-Marie et du Collège Margueritc-Bourgeoys Canadiennes-françaises aux mains expertes Félicitations à Mme Pauline Lalondc-Lamothe, qui a remporté un premier prix de $100.dans la catégorie des «créations originales», au concours national de couture à domicile, organisé par la Canadian Xcedlecraft Association Ltd.en mai dernier.Le vêtement primé était une robe de crêpe de laine jaune-or, garnie de plis-nervures.Mlles Monique Cantin et Louise Légaré, élèves des Ecoles Ménagères Provinciales et âgées de IS et 1!) ans, ont aussi gagné les prix des catégories « jeune fille » et « chic ».Une autre élève de la même institution, Mlle Ghislaine Jolicœur, s'est classée première au concours régional qui avait précédé le concours national.A Ottawa, à l'occasion de l'exposition du mois d'août, dans la division Artisanat, l'une des nôtres, élève en île année des cours du Centre de Couture de la Fédération nationale Saint-Jcan-Baptistc, M nu» A n net te-V.Sabourin fut l'heureuse gagnante de trois premiers prix et d'un second prix.Les articles primés furent une chemise de nuit en crêpe de soie, une robe d'intérieur, un coussin brodé et des poignées de fantaisie.ÉMÉUEXTIEXX E CI I A( i XOX 4 LA BOXXE PAROLE Montréal JL'Action féminine Catholique K< î F/ITF LE MOYXK Félicitations Félicitations à Mme II.-H.Vautelet.qui a été élue présidente nationale de l'Association canadienne des Consommateurs, lors du Ce congrès annuel de cette société, tenu à Toronto, à la fin de septembre.Cette association féminine, dont la section française du Québec est affiliée à la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste, se fait l'intermédiaire entre le consommateur et le producteur, pour obtenir une amélioration dans la qualité des denrées et autres marchandises présentées sur nos marchés canadiens, l'n bulletin périodique renseigne les membres sur les réalisations obtenues.Preuve de son efficacité, cette société ;i pris beaucoup d'expansion à travers tout le Canada ces derniers mois et, dans le Québec, h* nombre des adhérentes s'est accru de 50%.AUROTCE CIIACXOX # * * Félicitations également à .Mme Reine Malouin.qui a pris une part si large à l'organisa ton du .'Je Congrès (h* la Langue française de juin 1052 et qui vient d'être nommée membre du Conseil de Vie française, en reconnaissance de ses services à la cause de la survivance française.MARIE-ANGE MADOKE * * * A l'occasion d'un concours intercollégial, organisé par la Société des Femmes Universitaires de Montréal, la bourse « Marianna Jodoin » fut gagnée par .Mlle Suzanne Parent eau, du collège Sainte-Anne de La chine.Cette bourse fut remise lors* d'un dîner qui eut lieu h» S septembre, au (Vide Cnivcrsitairc, sous la présidence de Mlle Lucie Robi taille, en l'absence de la présidente de la Société.Mme Rose Du Tilly.L'honorable sénatricc Jodoill fut.à ce diner, la conférencière invitée.GEORGETTE LE MOYXK n trail LA BONNE PAROLE 1 UN BEAU VOYAGE Quand vous voyagez, il vous arrive, sans don le, de penser tout liant : «Ali ! si nia famille voyait cela, si mes amis étaient ici».En un mot, vous associez les absents à vos joies, à vos enthousiasmes.l'ai éprouvé ce réflexe et.pour satisfaire ce besoin d'échange, je vous propose, ce soir, une randonnée rétrospective à travers certaines régions de France.Randonnée qui réveillera chez les unes d'agréables souvenirs, qui augmentera chez d'autres le goûl d'évasion, la soif d'horizons nouveaux qui nous reposent de la vie de tous les jours.l'n beau mutin de septembre 1950, mais quittons Paris, mon fils et moi, dans une minuscule voiture décapotable, en route pour le Mont-Saint-Michel, où.depuis vingt-cinq ans.je rêve d'aller.Avant d'y arriver, nous traversons la Ton mine, le jardin de la France, «jardin, écrit Taine, cultivé un peu à l'aventure, avec quelques négligences et des trouvailles de génie».Le long du parcours, les célèbres châteaux de la Loire et de l'Anjou gardent, avec une majesté hautaine et élégante, l'histoire héroïque, amoureuse el politique de la France.Vu ma hâte de vous conduire au .Mont Saint-Michel, je passerai à I ravers la Kretagne sans m'y arrêter.Saluons, au passage, Nantes.La Baule, Concarneau si gaie les jours de foire.Qui m per et ses grandes faïenceries.Diuan aux vieilles maisons à encorbellements, la Côte d'Eincraudc, les falaises couleur rouille du Cap Prébcl, les sables blancs du Val-André et, faisant face à Dinan.Saint-Malo, qui n'est plus « beau pori de mer» car la ville a été complètement rasée par les bombardements de la dernière guerre.ICI tout là-bas.dans la baie, au milieu des dunes de sables, se dresse la merveille, « lin tas de pierres jetées vers le ciel» : le Mont-Saint-Michel.LE MONT SAINT-MICHEL D'où vient ce « tas de pierres» ?Au Ville siècle, l'archange saint Michel apparut à saint Aubert, évêque d'Avranclies, et lui ordonna de construire une chapelle sur le mont.L'évêijue obéit.Au Xe siècle, cette» première chapelle fut remplacée par une chapelle carolingienne, dont la crypte Notre-Dame, sous terre, existe encore.La construction de ces chapelles, plus tard de l'Abbaye, présenta des difficultés inouïes : la pierre et le granit qui venaient des Iles Chaussé, à trente milles au large du mont, étaient transportés sur des radeaux.Une autre difficulté, ce fut la rareté de l'eau : «On a du bon cidre à gogo, disaient les .M oui ois.mais on se bat pour avoir de l'eau ».L'abbaye fut «l'abord administrée par les moines bénédictins.La discipline s'étant fortement relâchée, ils quittèrent le Mont pour Saint-Wnildrillc el les religieux de Le .Mans les remplacèrent.Sous l'une et l'autre administrations, des milliers de pèlerins affluèrent.Louis XT arrêta ce flot en transformant l'abbaye en prison d'Etal et elle resta telle jusqu'à la Révolution.De prison d'Etat, l'abbaye» devint prison politique: le savant Haspail y fut détenu.Depuis 1874, l'abbaye appartient à l'Etat, an Service des Monuments historiques. 8 LA BONNE PAROLE M outre ni Au pied de FAbbaye, par la porte du Boy, nous atteignons Punique petite rue, étroite, tortueuse, bordée de vieilles maisons et de boutiques agrémentées de faïences.La belle Téphaine, épouse de Duguesclin, habita rune de ces maisons.Nous suivons les remparts, en montant toujours, un escalier ici, un antre près de la tour, sans parler de l'escalier d'honneur qui conduit à l'Abbaye ; aux salles des gardes, des manuscrits, des réceptions ; à la chapelle, au cloître suspendu entre ciel et terre, profondément émouvant avec ses colonnettes disposées en quinconces, ses arcades aux sculptures fouillées.Les moines savaient construire au XIle siècle î Une dernière ascension nous conduit à l'escalier de dentelle, joyau de pierre, qui ondule parmi les gargouilles et aboutit aux pieds de l'archange saint Michel, de Frémict.Nous avons gravi près de 2 000 marches mais le panorama qui s'offre à nos yeux nous récompense de notre fatigue.Si près du ciel, à peine distraits par une mouette, nous ne songeons plus qu'à l'extraordinaire sérénité qui nous entoure et à la puissance infinie du Créateur.Après cette ascension, l'Auberge de la Mère Poulard nous semble doublement sympathique : on y mange l'omelette traditionnelle qu'un chef bat devant nous et fait cuire dans l'fttrc, sur un grand feu de bois.Le sommelier nous sert les meilleurs vins avec une dignité qui nous amuse.D'habitude, les voyageurs ne passent qu'une journée au Mont ; nous y avons séjourné pendant toute la durée des grandes marées dequinoxe, c'est-à-dire cinq jours.Au dire des Montois, ce sont les plus fortes marées du monde : la mer a un recul de 20 kilomètres, soit 14 milles, et atteint une hauteur de 00 pieds.Du haut des remparts, on voit la mer s'avancer en mugissant, avec la rapidité d'un cheval au galop ; elle enfle, elle élargit le Coucsnon, petite rivière qui sépare la Bretagne de la Normandie, dont le jeu des marées changea le lit de place, ce qui fit dire aux Bretons fort marris : « Couesnon, dans sa folie, mit le Mont en Normandie ! » La mer lèche les dunes, les couvre peu à peu, entoure l'île de Tourbelaine.monte, monte, isole la forteresse de la terre ferme, coupe la passerelle qui conduit à la digue.Les pêcheurs montois transportent sur leur dos les voyageurs qui se sont attardés.Spectacle peu banal : cris de frayeur (simulés) des vieilles dames, mines effarouchées et timides des religieuses, jovialité ou dignité des prêtres, pose alanguie des jeunes filles.Tout ici est à la joie ; chnque « sauvetage » est accueilli par des commentaires et des exclamations amusantes.Quand il dépose son fardeau, le pêcheur ne manque pas de dire», d'une voix chantante : «N'oubliez pas le passeur.» Après quoi, nous faisons le tour de l'île en barque, ce qui nous permet d'admirer l'abbaye sous toutes ses faces, au soleil couchant.* * * Nous quittons ces lieux fascinants pour un décor beaucoup plus frivole : Deauville et Trouville.Malgré la saison avancée, la plage était fort animée et, comme dit la chanson, les mamans avançaient leur tricot tout en surveillant les ébats des jeunes baigneurs ; l'eau était si belle que je m'y suis baignée. Montréal LA BOXXE PAROLE 9 Une pluie torrentielle nous empêcha de visiter Rouen comme nous aurions désiré le faire.Néanmoins, c'est avec une vive émotion que nous avons contemplé l'admirable cathédrale, sérieusement endommagée par les obus.Aussi le Palais de Justice, d'un gothique pur, où les juges condamnèrent Jeanne d'Arc ; la Place du Marché où elle fut brûlée vive ; la Tour de l'Horloge, une auberge qui date du Xlle siècle, les vieilles maisons à pignons pointus.Rouen a été considérablement endommagée pendant la guerre, moins cependant que Bcauvais dont quatre-vingt pour cent des maisons ont été détruites par les bombardements.La cathédrale de Reauvais, si vaste qu'elle n'a jamais été terminée, est à ciel ouvert ; cependant, les admirables tapisseries sont de nouveau tendues sur les murs.Mutilée également est la ville d'Amiens, mais le beau Dieu est toujours debout ainsi que les innombrables statues qui ornent le porche de la cathédrale, une des plus belles du monde.Après tant de ruines et de tristesses, le retour par les Forêts de Compiègne et de Chantilly, dont les chateaux sont entourés par des jardins et des parcs d'une rare beauté, termine, sur une note harmonieuse, cette partie de voyage qui nous l'amène a Paris.PARIS Vous connaissez ce vers de Verlaine : « Comme est toujours joli le paysage.Paris au loin, triste et gai.Fol ou sage » ?D'où vient cette séduction, cet envoûtement, ce charme de Paris, auquel personne n'échappe ?Les amoureux du passé trouveront facilement la réponse : depuis des siècles, les plus grands esprits, romanciers, poètes, musiciens, artistes, savants ont habité Paris, y ont vécu, y sont morts.N'est-ce pas l'accumulation de leurs souffrances, de leurs amours, de leurs espoirs, de leurs luttes, de leur gloire, qui a fait de Paris la ville la plus humaine du monde ?Pour peu que vous ayez le goût des lettres, de la musique, des beaux-arts, chaque promenade vous offrira cent occasions de rêverie : un nom, deux dates, quelques vers.et l'enchantement se produit : d'illustres fantômes errent le long des rues, se cachent au fond des jardins, s'installent dans un vieux fauteuil.Ainsi, Place des Vosges, Victor TTugo voisine avec la belle Ninon : à Montmartre, Berlioz compose, Murillo peint, Baudelaire souffre: la bohème chante «Au Lapin Agile » : ici l'imprimerie de Balzac, ailleurs le « meublé » où mourut Oscar Wilde : ou encore, Carnavalet, « Aux Deux Magots», les Ecoles, le Louvre, les quais, Notre-Dame, les fontaines de la Concorde, et l'incomparable perspective des Champs-Elysées, de l'Etoile au Rois ! De sa fenêtre qui donne sur les jardins du Palais Royal, Colette sourit aux grands disparus et à l'âme des pierres.Si le Paris d'hier palpite de vie et d'intérêt, que dire de celui d'aujourd'hui ?C'est simple : notre cœur bat plus fort, nos yeux s'ouvrent plus grands, et nos souliers s'usent davantage ! Permettez-moi de vous lire certains passages d'une lettre que j'adressai a des amis, et qui vous éclaireront sur la variété des amusements, le piquant des contrastes de la vie parisienne, en un seul soir. to LA BONNE PAROLE Montreal «Ma correspondance terminée, je sors : il est dix heures, le soleil brille, la ville s'agite.Un car de VAmcrican Express met en fuite les pigeons de la Madeleine ; ils volent, capricieusement, sans savoir où se poser.Je fais comme eux, je pars à l'aventure et, Longtemps après, je me trouve sur L'avenue des Champs-Elysées, près du Itond-Point : de jolis enfants montent à dos dîme, tandis que les tout pet its s'entassent dans des voiturettes traînées par des chèvres.Après un agréable déjeuner chez une amie, à Passy, je marche de nouveau jusqu'au Petit-Palais, où se tient l'exposition de «la Vierge dans l'Art Français» : ensemble admirable de madones sculptées dans la pierre, le marbre, le bois ; ciselées dans l'argent, Tor, l'ivoire : peintes sur porcelaine, toile, parchemin : gravées sur cuivre ; des Vierges de tous les Ages et dans toutes les attitudes, depuis la frêle .Marie de l'Annonciation jusqu'à la douloureuse Pieta et la resplendissante .Mère de Dieu.«Dîner avec mon fils, puis soirée à l'Athénée: on y jouait «le Tartuffe».L'interprétation trop personnelle de .Jouvet (plus Jouvct que Molière) suscite de nombreuses critiques.Jouvel est brillamment secondé par I).Blanchard, P.Uenoir, (ïabrielle Dorziat.A l'eutr'acte, Marc rencontre une jeune étudiante canadienne dont le père était de passage à Paris et qui nous invita à boira le champagne au Café de la Paix ; de là.mon fils nous conduisit dans une cave existentialiste au Vieux-Colombiei*, rendez-vous des jeunes de Saint-Germain des-Prés.c'est-à-dire des étudiants.Véritable méli-mélo de costumes et de nationalités.Dans une atmosphère enfumée, devant un pernod ou une blonde, on s'entasse, on chante, on discute (du moins on essaie, car le bruit couvre la voix) et l'on danse.quelle danse î Des contorsions échevelées, sur un rythme sauvage, frénétique, aux accents du jazz criard et hoquetcux.Dure épreuve pour le cœur et les nerfs, mais les jeunes semblent heureux.Ils s'étourdissent en attendant la guerre.«Je tenais à assiste!" au réveil des halles; en attendant l'heure, nous allâmes manger une soupe à l'oignon et boire un philtre «Au pied de cochon ».Nous rôdâmes, Marc et moi, autour des amoncellements de fruits, légumes, poissons, volailles, fleurs, graines, et de cent autres choses; nous écoutions le bourdonnement sourd, sans cesse grandissant, de ces milliers d'êtres qui, chaque nuit, attendent l'aube pour mettre en activité la ruche monstre qui ravitaille tout Paris.Les cloches sonnaient cinq heures quand mon fils me quitta à la porte de mon hôtel : le reste de la nuit se confondirent dans mon sommeil les Madones et les Dorine, les Halles et la cave sombre.Les jours suivants, je recommencerai.7e savoure tout en gourmande et j'ai fort à faire, car la saison bat son plein ! LA SAISON ARTISTIQUE À PAKIS «Le théâtre, à Taris, comble d'aise les plus exigeants.A la Comédie-Française, les classiques tiennent l'affiche : Phèdre.Andro-maque, Othello, Un Tonte d'Hiver, du Musset, du Marivaux, du Molière : aussi «La Kobe Rouge» dont un critique disait : «Si Rricux vieillit, le public du Luxembourg n rajeuni : ils sont faits pour s'entendre ». Montréal LA BONNE PAROLE 11 «L'Otage» et « VAnnonce faite à Marie» occupent les fidèles de Claudel, tandis que « Dcburcau », pièce de Guitry, jouée par Guitry, nous permet d'admirer son épouse, la dernière de la série : Lana Marconi, bonne comédienne peut-être, mais ailleurs que sur la scène.Les trois pièces hilarantes de Roussin : « La Petite Hutte », « Bobosse » et «Nina» avec Kl vire Popesco ; « ( 'lérnmbart ».de .Marcel Aymé: comédie fort spirituelle, originale, pas pour cercles paroissiaux ; «La Chapelle Ardente», de Gabriel Marcel : ce dernier est meilleur philosophe que dramaturge.A l'Atelier : « Henri IV », du Pirandello, admirablement joué par Jean Vila s.« Le Feu sur la Terre», de Mauriac : c'est l'affection immodérée d'une sœur pour son frère : le feu dévore toute une famille bourgeoise où chacun s'épie, se déchire, tandis que M.le Curé semble souffler sur les tisons.Pièce ft pre, dialogues serrés.Jany Holte joue son personnage avec une belle sensibilité.Deux auteurs fort discutés en ce moment, et dont les pièces causent scandale, sont Michel de Gheldcrodc et Adailiov.Sartre et Camus sont des agneaux à côté de ces réalistes déchaînés.Ceux qui aiment vraiment le théâtre ne manquent pas ces pièces d'avant-garde, mais le «grand public» hésite, est gêné dans son confort intellectuel et moral.J'ai lu dernièrement (pie Jean-Louis P»nrraiilt et Madeleine Renaud voulaient jouer Gheldcrodc, mais la lecture de la pièce les a découragés : de son côté, JouveI est tout heureux d'interpréter le rôle principal dans la dernière pièce de Sartre: « Le Diable et le bon Dieu».Nous respirons d'aise au Marigny.rendez-vous du tout Paris.J.-L.Pnrrault et .M.Renaud dans «La Répétition ou L'Amour Puni » d'Anouilh remportent un vif succès.L'auteur a recours à un procédé fort élégant : ses personnages répètent Marivaux, le commentent, raiment, le vivent : le brin des répliques, la qualité des interprètes, enchantent les spectateurs.Grande déception ;'i la première des «Caves du Vatican», à la Comédie-Française : l'œuvre littéraire de Gide ne se prête pas à la scène : un roman découpé en dix-sept tableaux ne peut donner une bonne comédie.La fameuse thèse de l'acte gratuit se perd dans des détails, des longueurs qui agacent le public.Par contre, au Marigny.la pièce de .Montherlant : « Malatesta », plait infiniment (juste revanche sur «Celles qu'on prend dans ses bras», pièce fort médiocre).« Malatesta >, c'est la Renaissance italienne dans tout son éclat.Pièce intéressante par sa force, sa documentation, sa belle tenue.Deux grandes figures s'affrontent : le Pape Paul II Farnèse (Pierre Blanchard s'y révèle habile et vigoureux) et Malatesta, prince de Rimini, condottiere, aventurier, jouisseur, mais capable d'héroïsme, qui tente en vain de tuer le pape, et qui sera à son tour empoisonné par son poète de cour.CJn événement artistique, digne d'être mentionné, fut la représentation de la Tétralogie Waglîéricnnc, à l'Opéra : L'Or du Rhin, Siegfried, le Crépuscule des Dieux.Une troupe allemande de premier ordre : Max Lorentz, dans le rôle de Siegfried, et Mme Braum, dans celui de Bruncllildc.Artistes splendides.mise en scène tifnnesque comme l'exigent les opéras du maître allemand : orchestre, sous la direction de Sebastian, digne d'être classé parmi les meilleurs du monde.A l'Opéra également, «Jeanne d'Arc au Bûcher», mystère lyrique de Claudel, musique d'Honeggcr, animé de ballets, de mouvements de 12 LA BONNE PAROLE Montréal foule.Le ballet des cartes à jouer — rois, reines, valets, dans des costumes aux couleurs chatoyantes — est vraiment un très beau spectacle.La pathétique figure de Claude Xollier (Jeanne) le complète.On s'occupe beaucoup de Jeanne d'Arc à Paris.Bu plus de l'Opéra, à l'Université des Annales, Mme Pitoëf et son fils, Sacha, jouèrent un acte de la « Jeanne d'Arc » de Bernard Shaw et le critique Ambrieu commenta la pièce.D'autres grands noms figuraient au programme de l'Université des Annales : Edouard Herriot, qui rendit un hommage émouvant à son amie, la regrettée Yvonne Sarcey ; Paul Baynauld, Lavoty, le brillant critique du «Figaro»; Marcel Achard, enfin Daniel-Rops qui se fit l'apologiste de saint Paul.La saison musicale à Taris satisfait les plus exigeants : ainsi, chaque dimanche, à 5 h.45, nous avons le choix de trois concerts d'orchestre : concerts Pasdcloup au Palais de Chaillot, l'orchestre du Conservatoire au Théâtre des Champs-Elysées, et les Concerts Lamoureux à la salle Pleyel.Dans cette dernière salle ainsi qu'à la salle Gaveau, récitals, concerts de musique de chambre, petites symphonies se succèdent à un rythme affolant, c'est difficile de faire son choix.Entre plusieurs, la Symphonie de Stuttgart se distingue par éclectisme et sa perfection.* * * Pour ce qui est des expositions, les artistes du passé ont été i\ l'honneur cette année : au Musée du Carnavalet, les chefs-d'œuvre des collections parisiennes (dont les portraitistes des XVIIc et XVUIe siècles) attirèrent des foules considérables ; à deux reprises, j'ai dû rebrousser chemin.Une autre exposition fort importante fut celle des paysagistes hollandais du XVIle siècle tenue dans le cadre de l'Orangerie des Tuileries.J'ai mieux aimé et compris les maîtres de cette école : Breughel, Jean Steen, Potter, Vermcer, Rembrandt, chez eux, aux Musées d'Amsterdam et de La ITaye, lors de mon séjour en Hollande.La visite de la maison de Rembrandt, à Amsterdam, nous met dans l'esprit voulu pour admirer la géniale « Ronde de Nuit » et les autres chefs-d'œuvre du maître flamand.Ici, je rends hommage à madame Pierre Dupuy, notre ambassadrice, qui n'oublie pas la Société d'étude, dont elle fut la présidente, et qui accueille toujours chaleureusement les Canadiennes qui visitent la Hollande.La Galerie Charpentier offrait au public les 300 œuvres du Fauve Othon Frietz, de VI am inch, de Braque et de Matisse, tandis que Paul Ambroise exposait l'extraordinaire œuvre de Goya, qui se divise en quatre séries : Songes, Caprices, Tauromachie, Désastres de la Guerre.La dernière, non pas la moindre, fut l'exposition Balzac à la Bibliothèque Nationale.«Cinquante années de vie française», sous toutes ses formes, et les deux mille personnages de la Comédie Humaine qui vous apparaissent, avec leur physionomie propre ; voilà ce que représente cette exposition où tout vit, tout parle : l'encrier, le feuillet couvert de ratures, la tasse de café, le gilet, le portrait d'une amie, la fameuse collection de cannes.Exposition unique, digne de l'œuvre géniale, surhumaine, que Balzac a léguée à l'univers. Montréal LA BONNE PAROLE 13 Au sortir de cette exposition, je voulus déjeuner chez Drouant, niais nenni, la salle était réservée, selon la coutume, aux juges du Prix Goncourt, l'événement littéraire de Tannée.Le Prix Goncourt de cette année « Les Jeux Sauvages », de Paul Colin, souleva l'indignation des critiques.Pierre Lowell, de l'Œuvre, donne le ton : « Je croyais avoir lu, écrit-il, à peu près tous les livres sur lesquels le choix des Goncourt pouvait se poser, et j'en avais lu beaucoup qui étaient médiocres ou indifférents, parce qu'il est toujours sage de prévoir le pire, mais j'avoue qu'il ne m'était jamais venu à l'esprit que des écrivains de goût, et de sens rassis, pussent pousser la plaisanterie ou l'aberration jusqu'à déterrer, parmi les mauvais romans, le plus exécrable de tous, pour le couronner ».Et les jeux de mots de pleuvoir ! Ainsi, tout près de chez Drouant, le patron d'un restaurant a mis l'affiche suivante : « Ici, on mange du Colin.mais du bon ! » Ceci me rappelle d'autres enseignes de cafés, de boutiques, non moins amusantes : sur la rue des Martyrs, nous lisons : «A l'Alimentation des Martyrs» ; plus loin : «Les Martyrs sont bien chaussés».La coquette boutique «S'il pleut.bergère» attend la pluie et les clients.; et de l'autre côté du cimetière du Père-Lachaise, la bon-hommie du patron nous gagne.11 a écrit en grosses lettres : « On est mieux ici qu'en face» ! Je ne puis passer sous silence un des grands attraits, essentiellement féminins, de Paris, les vitrines de magasins ! Elles sont inégalables ! Dans le quartier du luxe et de l'élégance : rue de la Paix, rue Royale, boulevard de la Madeleine et, par-dessus tout, la rue du faubourg Saint-llonoré, la présentation est faite avec un goût, un art éblouissant.Tout y est tentation, c'est le paradis des femmes.et l'enfer.non des maris.mais des bourses ! NOËL ET « LES BAUX» Chaque année, à l'époque des Fêtes, Paris choisit un thème de décoration pour les vitrines, souvent la province adopte le même thème.Cette année, ce fut la «crèche de Noël».11 y avait des crèches de toutes sortes, importantes, minuscules, originales, fort belles, mais je les trouvais moins touchantes, moins naïves que celles de Provence, où la nuit de Noël est la fête de la Crèche, surtout de la «Crèche animée», selon la tradition.Cet usage existe encore dans certains endroits dont « Les Baux en Provence ».« Les Baux », dont l'histoire remonte à l'âge de pierre, sont les ruines de la cité féodale et du château-forteresse construits à même le roc, au sommet de la montagne, et gardés sauvagement par une agglomération de rochers, de crêtes, aux formes fantastiques, entrecoupées de gorges, dont l'une «le Val d'Enfer» a inspiré Dante.Je vous fais grâce des invasions sarrazincs, des querelles des guerriers les plus puissants du Midi, dont l'origine remontait, paraît-il.jusqu'au mage Balthazar, et je reviens â la nuit de Noël.De nos jours, une vingtaine de familles seulement habitent les Baux, mais des milliers de fidèles accourent de partout pour assister 14 LA liOXXE PAROLE Menti êal à la messe de minuit, dans l'humble église Saint-Vincent d'un pur style roman du XIle siècle.Durant la messe, des joueurs de fifre et de tambourins font les irais de la musique et un groupe de femmes, en eoslunies du pays, chantent les vieux noëls provençaux auxquels répondent les bergers.A l'offertoire, c'est l'offrande d'agneaux vivants par les bergers.Un bébé couvert de fleurs et de rubans multicolores, guidé par un pâtre, tire une cliarctte d'osier également fleurie, enrubannée, couverte de» cierges allumés, qui contient le plus jeune agneau du troupeau.Les bergers suivent, enveloppés dans une houppelande brune et portant leur chapeau à larges bords ; les pastourelles portent la coiffe amidonnée et le mantelet de velours.Tous tiennent un cierge allumé.Le doyen des bergers, le Père Griffe, prend l'agneau, s'incline devant l'officiant et baise son étole, puis il se retourne, salue profondément la première des pastourelles et lui remet l'agneau qu'elle reçoit en faisant la révérence.Après ce couple, vient le suivant, et l'agneau passe ainsi de main en main, avec force révérences jusqu'au plus jeune pâtre, qui le dépose dans la crèche, toujours au son des fifres, des galoubets, des tambourins et aussi.des bêlements de l'agneau î Autrefois, un nouveau-né mêlait ses vagissements à tout ce bruit : de nos jours, on le remplace par un poupon de cire, mais tous les autres personnages de la crèche sont vivants, selon la coutume, d'où le nom de « crèche animée ».Cette cérémonie, fort émouvante, est simple, si on la compare à celles de jadis, où la plus haute fantaisie, l'extravagance même enlevait tout caractère religieux à la cérémonie.Ainsi, dans certaines églises, on faisait voler des oiseaux, des pigeons.Mieux encore, à une messe de minuit en plein air, pour plaire aux marins (ceci devait se passer à Marseille) un bateau, toutes voiles déployées, traversait le décor et lançait une salve devant l'Knfant-Dicu et le Jésus, articulé, mécanisé, remuait bras et jambes et vagissait pour manifester son contentement ! Au sortir de la messe, un vent de mistral soufflait, la lune jetait ses reflets sur les pics déchiquetés, ces ruines, ces pierres chaotiques prenaient une teinte livide, un aspect presque terrifiant.Une bonne chaleur nous attendait à « l'Oustan de Baunianière » vieille maison provençale, aménagée avec goût et intelligence.Les bûclies crépitaient dans Pâtre, tout près un énorme chien berger réchauffait sa toison grise.Chacun fit honneur au menu du réveillon : porcelets bourrés de foie gras, croustades de langoustes, dindonneaux aux marrons, les treize desserts traditionnels dont les célèbres calissons d'Aix, tandis qu'un groupe d'Arlésiennes, en costume du pays, dansaient les rondes de Provence, au son des fifres et des tambourins.Le lendemain de cette nuit inoubliable et les jours qui suivirent, je les passai à rêver et à me souvenir.A l'ombre d'un bananier, face à la mer (nous sommes à Menton), légèrement engourdie par le parfum des mimosas, je ferme les yeux.Dans ma tête, tout danse et je revois le moulin de Daudet à Fonte vielle, Mistral à Maillanc, Pétrarque à Vaucluse, Laure à Xoves ; à Salon, Nostradamus, assis à sa table mortuaire, qui écrit durant toute l'éternité.Voici la touchante abbaye Montréal LA BOXXE PAROLE 15 de Mont-Mnjour, Aix et ses fontaines, les Alyseamps d'Arles, le château pontifical d'Avignon et son fameux pont sur lequel personne n'a jamais dansé (on dansait dessous, dans l'île parmi les bocages, pas dessus).Je frissonne en traversant les gorges de Coire, les glaciers du Volbcrg, puis je redescends vers la côte méditerranéenne, la Kiviera, la Côte d'Azur ! La Côte d'Azur, c'est à dire un ensemble prodigieux de fleurs, de fruits, de verdure ; violettes de Nice, œillets de Cannes, roses de -Menton, jardins de mimosas, champs d'oliviers ou d'amandiers, jacinthes, clématites, hougainvilliers, pins parasols, palmiers, mandarines, citrons (le flanc de la montagne ressemble à un grand tapis vert piqué de boules d'or), les maisons roses, la mer bleue et, comme disent les gens du pays, le ciel qui « s'emparadisc » ! La Côte d'Azur, c'est tout cela et davantage.Il fait si bon y vivre, surtout après la longue randonnée que nous venons de faire ensemble, (pie j'hésite à vous conduire plus loin.Et c'est ici, à Menton, ville des fleurs, aux hivers doux, «qui ne connaît pas l'adieu de l'hirondelle», que se termine» le voyage.ANNETTE M.-BAUDOUIN Assemblée annuelle de la Fédération .Monseigneur Laurent Morin, P.A.,V.G., aumônier de la Fédération nationale Snint-Jcnil-Bnptiste, présidera l'assemblée générale annuelle qui aura lieu à la maison d'œuvrcs, le dimanche 15 octobre» à huit heures trente de la matinée.Après la messe, on servira le petit déjeuner et à la réunion, qui suivra, les présidentes des associations professionnelles, des sections paroissiales, des comités, de toutes les œuvres affiliées, présenteront leurs rapports, La présidente, madame Alfred Thibaudeau.présidera l'assemblée.0.L.STUDIO LOUISE COUPE 1ÏE.7S70 COUTURK MADAME CHARLES PLOURDE GRavkm.k 875!) DOi.i.ahi» 3520 RIVOLI FLEURISTE Ouvert la nuit et le dimanche — Fleurs pour toutes occasions OnOfl RUK ST.IIUBERT PAUL-ÉMILE MIRON RENÉ HAMEL RÉS : FALKIRK 2273 lATMONO DUPUIl.pftudin' MONTRÉAL G.J.Papillon Enrg.FOURRURES DE LUXE Storage — Voûte Moderne 257 ouest.AV.LAURIER CR.3223 ARTISTES STATUAIRES AMherst 0616 Bernard! & NEeri 1289 rue MAISONNEUVE PRÈS STE-CATHERINE MONTRÉAL J.-B.Baillargeon EXPRESS LIMITED CAMIONNAGE La plus grande organisation de transport 423 est.Ontario — Montréal HArbour 6271 Philippe-D.Clerk COURTIER EN ASSURANCES PLATEAU 6750 507.Place d'Armes — Suite 202 MONTRÉAL Dr C.-G.Chagnon CHIRURGIEN .DENTISTE 4455.RUE ST.DENIS PL.2850 en bas de la rue Mont-Royal tél.falkirk 2848 Wilfrid Pageau Fondée en 1912 Poseur d'appareils à gaz el à eau chaude Spécialité : RÉPARATION Travail fait soigneusement «t i prix modéré BUREAU ET ATELIER l 984 est.rachel Tél.AMherst 2131 MONCEAU ROBERT & CIE LIMITÉE CHARBON • • • HUILE A CHAUFFAGE 1600 est, rue Marie-Anne Montréal La BANQUE CANADIENNE NATIONALE est à vos ordres pour toutes vos opérations de banque Actif : plus de $490 000 000 554 bureaux au Canada Broderie Raoul Vennat Musique 3770, Saint-Denis HArbour 5310 Vive la Canadienne PARMI les qualités qui ont distingué nos mères canadiennes, nous devons remarquer, entre autres, celle d'avoir été économes et leur en rendre hommage.JEUNES FILLES, JEUNES MÈRES, tenez à honneur de con-tinuer ce bel exemple.Pour pratiquer l'économie il n'y a pas de moyen plus efficace que d'ouvrir un compte à LA BANQUE D'EPARGNE Nous vous réservons toujours le meilleur accueil, quelque petites que soient les économies que vous voudrez bien nous confier.Nous vous donnons la sécurité la plus certaine.Bureau principal et 25 succursales à Montréal Le directeur-général T.-TAGGART SMYTH
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