La bonne parole /, 1 janvier 1948, mars - mai
ontVéal, Canada Mars Avril Mai 1948 BONNE PAROLE Organe de la Fédération Nationale Saint-Jean-Baptiste SOMMAIRE La F.C.E.C.F., La Direction___________1 Présentation de la Journée d'Etude, Maria Voukirakis___1 « L'Eglise, contemporaine de toutes les générations > : «Unique royaume de Dieu dans l'unique Eglise», Louise Renaud-— —____ »••••• .—¦¦«¦ m .——« .¦ mé « Royaume de Dieu toujours jeune dans une humanité toujours renouvelée », Laurette Letellier______8 « Voici quer l'Eglise, comme le monde lui-même, prend une nouvelle dimension à la mesure de cette humanité en laquelle elle s'incarne», Marguerite-Marie Léveillé___12 Allocution de Monseigneur Laurent Morin, v.g,______16 Paroles à méditer .M—M •••••• •••••• .•••••• 18 La chansonnette, séance du soir___________18 Rapport général des Cercles, Emilienne Pépin — 19 Rapport duComité central, Emilienne Pépin_— — _21 Nos écoles laïques, M.-A.M.-____22 Concours-__23 853 est, rue Sherbrooke La Bonne Parole Revue mensuelle CE QU'ELLE EST un LIEN qui sert à unir d'esprit et de cœur les Canadiennes-Françaises ; un FOYER d'où rayonnent, sur tous les domaines do l'activité féminine, lumière et chaleur ; un CENTRE où se rencontrent les bonnes volontés, désireuses de se dévouer avec plus d'efficacité aux œuvres nationales ,* un MOYEN de propagande pour la diffusion des principes catholiques d'action sociale ; un ORGANE indispensable à l'œuvre de la Fédération Nationale Saint-Jean-Baptiste, d'abord auprès des diverses associations qui la composent et des comités par lesquels elle agit ; puis auprès des œuvres nationales étrangères qui font, comme nous, partie de l'Union Internationale des Ligues Catholiques féminines.fondée en 1913 CONDITIONS DE L'ABONNEMENT î Canada et Etats-Unis .$1.00 par Union postale.H«30 par i Le prix de l'abonnement doit être envoyé f Secrétariat de la Fédération Nationale Sal Jean-Bnptiste, 853 est, rue Sherbrooke, Mon réaL Les abonnés de la « Bonne Parole » jouisse des privilèges de la Fédération Nationale Sain Jean-Baptiste et ont droit d'assister a\ séances publiques, dont avis est donné da les journaux.Les abonnés qui désirent d invitations personnelles et voudraient deven membres actifs de la Fédération Nations n'ont qu'à s'inscrire, en tout temps, au secr tariat de la Fédération Nationale, 853 est, ri Sherbrooke, où les heures de bureau sont, dimanche excepté : de 10 heures à midi et 2 heures à 5 heures p.m.— Téléphone FRontcnac 2666.Toute personne peut concourir à l'Œuvre la « Bonne Parole » : 1) en s'y abonnan 2) en lui procurant de nouveaux abonnés 3) en la faisant lire ; A) en lui procurant ur collaboration littéraire ; 6) en sollicitant d annonces à son intention.La Fédération Nationale Saint-Jean-Bapliste Œuvre auxiliaire d'Action catholique fondée en 1906 fondatrices : Madame Henri Gérin-Lajoie et Madame F.-L.Béique.Aumônier : M.le Chanoine Jacques Papincau Bureau de direction : Mme Alfred Thibau-deau, présidente générale ; Madame Edmond Brassard, vice-présidente ; Mme Théodule Bru-neau, vice-présidente ; Mlle Georgette Le-Moyne, secrétaire générale ; Mlle Maria Au-clair, tresorierc ; Mlle Jeanne Lapointe, secré-taire-arch.; Mme Eustache Letcllicr de Saint-Just, prés, du Comité des Œuvres Economiques ; Mme H.-A.Bouthillicr, Mme Arthur Berth inu me, Mlle Hcdwige Lefcbvrc, Mme J.-A.Molleur ; Mme Albert Dupuis, présidente du Comité d'Economie domestique ; Mlle Marie-Ange Madore.Mme Tancrèdc Jodoin, Mme P.-A.Robichaud ; Mlle Aima Champoux, des Cercles de Fermières de la Province de Québec ; Mme F.-X.Dupuy, présidente de la section de Saint-Lambert ; Mlle Emma Doucsnard, Mme J.-J.-E.L'Espérance.Mlle Marie Girard, Mlle Emérentienne Chagnon.Mme Henri Vautelet, Mlle Yvette Vanier.Mlle Maria Voukirakis, Mlle Gabrielle Labbé.Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste, Conseil de Québec.Les dames patronnesses des Œuvres suivantes : l'Hôpital Notre-Dame ; le Comité d'Administration de l'Hôpital Sainte-Justine ; l'Assistance Maternelle, les Ecoles Ménagères Provinciales, la Fédération des Cercles d'étude des Canadiennes-Françaises ; les Cercles des Fermières de la Province de Québec ; la Cour Villa-Maria des Forestières Indépendantes ; J Ecole d'Education familiale et sociale.PWe'ratlons et sections paroissiales : La Na- c i 6 xre la Saint«-Vierge, d'Hochelaga ; Très-Saint-Nom de J'ésus, de Maisonneuve ; Saint-Stanislas.Saint-Lambert, Saint-Ambroise, Côte Saint-Paul, SainUJoseph ; Notre-Dame du Perpétuel-Secours (Villc-Emard) ; Saint-Bernardin de Sienne, (Ville de Saint-Michel).Associations professionnelles : Employées de magasin.Employées de bureau, Femmes d'affaires.Aides maternelles, la Société des Ou- rJH^ft£0JIqueiJ?- °: C-> et Be» actions : La Nativité de la Sainte-Vierge.d'Hochelaga ; SnSL-m^JfS?1, J?cWne- Saint-Alphonse d Youvllle, Sault-au-RécolIct Comités : Comité des Œuvres Economies Comité de la Visite des Hôpitaux.Comité l'Economie Domestique, Comité des Questlr Nationales.Comité de la Protection de Jeune Fille, Comité féminin du IIIc centena! de Montréal, Comité de la Croix-Rouge, Co consultatif d'études sociales.Principales œuvres accomplies par la Fé ration et ses filiales : Fondation des Associations professionnelles Fondation des Fédérations paroissiales Etablissement de Caisses de Secours Etablissement de Cours d'Enseignement ?nager Comité de lutte contre l'alcoolisme Amendements à la Loi des licences Législation en faveur des Institutrices et employées de bureau Comité des questions domestiques Comité de lutte contre la mortalité infantile Fondation de « Gouttes de lait » Participation aux expositions pour le blei être de l'enfance Comité de lingerie d'autel et décoration d'égli du Congrès Eucharistique Pèlerinage à Lourdes et à Roms Affiliation à l'Union Internationale des Ligu* catholiques féminines Fondation de la ¦ Bonne Parole » Comité du « Denier National » Comité des questions civiques Comité de la Croix-Rouge Comité du Fonds Patriotique .Comité de l'Assistanco par le travail Comité central d'étude et d'action sociale Comité des Œuvres économiques Comité de Rédaction de la « Bonne Parole » Comité d'Administration de la « Bonne Parois » Comité de la construction Comité du service social Comité de la Visite des hôpitaux Fichier Central de renseignements Comité de l'apostolat de la paix • La réforme du Code civil en faveur de femme.La Section des Jeunes de la Fédération nat ; nnlc Saint-Jean-Baptiste J N.B.— On peut devenir membre de l Fédération Nationale Saint-Jean-BaptiaU j s'inscrivant à son secrétariat : 868 est, î Sherbrooke.AUTORISÉ COMM.WrVOI POSTAL DK LA DEUIIÈMK CLASSE, MISISTÈB* DBS roini, OTTAWA LA BONNE PAROLE XXXVIII Mars Avril Mai 1948 Nos 3, 4 et 5 Journée d'étude de la F.CE.CF.Le comité de la Bonne Parole a le plaisir de présenter à ses lectrices les travaux et les rapports île la journée d'étude de la Fédération des Cercles d'Etude des Canadiennes françaises.Ce numéro leur est entièrement consacré.Que tous nos cercles veuillent bien trouver ici, l'expression de nos vœux les meilleurs, pour un travail fructueux et un apostolat fécond.La Direction PRÉSENTATION Hommage filial d'attachement à l'Eglise et à sa hiérarchie ecclésiastique, tel fut le thème de la 34e Journée d'Etude annuelle tenue par la Fédération des Cercles d'Etude des Canadiennes-françaises, dimanche, le 2 mai dernier.Monseigneur Laurent Morin, vicaire général du diocèse de Montréal et aumônier diocésain de la F.C.E.C.F., avait accepté la présidence d'honneur de la première séance.Une aimable bienvenue à l'auditoire fut adressée par mademoiselle Sylvette Richard, présidente du Collège Marguerite-Bourgeoys.L'Eglise, corps mystique du Christ, est la seule puissance capable de redonner la paix au monde, dans une solution parfaite de tous les problèmes actuels.Elle est la « seule dépositaire de tout ce trésor de spiritualité, de surnaturel, dont l'humanité a tellement besoin ».Cette vérité, S.S.Pie XI en complétait l'affirmation en ajoutant : « C'est l'Eglise qui connaît et qui maintient dans le monde l'esprit du Christ, le véritable esprit du christianisme.Et cette Eglise qui vit en nous et dans laquelle nous vivons est la même qui.en ses prémices, vivait dans les Apôtres et en la personne de Jésus-Christ lui-même.C'est toujours la même qui ne fait que se développer, se répandre, dans l'unité de son être surnaturel, dans l'unité de l'œuvre indestructible, de la main et du Cœur du bon Dieu» (27-8-35).La F.C.E.C.F.inspirée de cette pensée du Vicaire de Jésus-Christ, a voulu faire de cette Journée d'Etude, une journée d'Eglise.L'hommage à Marie offert spontanément l'an dernier à l'aube des glorieuses apothéoses du Congrès Mariai canadien, appelait ce tribut de reconnaissance envers l'Eglise, notre Mère aussi.L'Eglise et le Christ, l'Eglise et Marie, 2 LA BONNE PAROLE Montréal l'Eglise et le Pape, incomparable trilogie qui, dans une providentielle et profonde unité, consacre la foi catholique, l'enluminant sans aucune distinction au cours de sa magnifique histoire, depuis le Cénacle jusqu'à la la consommation des siècles.« L'Eglise, contemporaine de lotîtes les générations », tel fut le thème exploité, et dont un texte éloquent du R.P.Chenu, o.p., a servi de base au développement des trois conférences.Texte thème : « Or voici qu'une Chrétienté nouvelle se lève, retrouvant la liberté de ses initiatives, affrontant les problèmes les plus actuels, sortant de son état de siège, présente partout en pleine effervescence créatrice.Chrétienté nouvelle, non pas autre, mais la même, Vunique royaume de Dieu dans l'unique Eglise, s'incarnant au cours de l'Histoire dans les divers régimes temporels de la société humaine.Chrétienté nouvelle parce que le ferment qui fait lever la pâte est toujours neuf et frais ; nouvelle parce que la vraie conservation est une création continue ; nouvelle parce que, par et dans l'esprit, elle est « CONTEMPORAINE » DE TOUTES LES GENERATIONS, royaume de Dieu toujours jeune dans une humanité toujours renouvelée.Comme le monde lui-même, la voici qui prend une nouvelle dimension à la mesure de cette humanité en laquelle elle s incarne ».— R.P.Chenu, o.p.(« Dimension nouvelle de la Chrétienté ».Ed.du Cerf).L'ÉGLISE CONTEMPORAINE DE TOUTES LES GÉNÉRATIONS I — «UNIQUE ROYAUME Dl£ 1)11:1! DANS L'UNIQUE EGLISE» « Pierre, tu es Pierre, sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise el les portes de l'enfer ne prévaudront point contre Elle» (Matth.XVI, 10).Par cette parole, lourde d'une promesse dont toute son histoire est la réalisation, Jésus-Christ institua I Eglise pour continuer son œuvre afin d'assurer à travers les siècles, renseignement de sa doctrine de vérité comme pour transmettre le bienfait de la grâce à toutes les générations.Il donna à ses apôtres la mission de répandre l'Evangile, de baptiser les païens.Son œuvre, ils devront la poursuivre.Ce fut -l'ultime message que |ésus laissa à ses disciples en les quittant le jour de l'Ascension : « Allez, enseignez toutes les nations, baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, leur apprenant à garder tout ce que je vous ai commandé ».N'est-ce pas une tâche bien lourde pour ces onze pécheurs ignorants, qui avaient entendu la parole de Dieu, il est vrai, mais dont l'esprit n'avait pas saisi les divines révélations cachées dans les paraboles, les sermons et les conseils de l'Evangile ?Tâche surhumaine mais que rendait possible cette promesse qui assurait l'indé-fectibilité de l'Eglise : « Et voici que je suis toujours avec vous jusqu'à la fin des siècles ».Par ses disciples et leurs successeurs, Jésus convie tous les hommes Mlle Louise Renaud Cercle Mudclcinc-dc-Vcrchères Montréal LA BONNE PAROLE 3 à entrer clans cet unique bercail dont II est h jamais l'Unique Pasteur.Son autorité suprême, il la remet à Pierre pour qu'il l'exerce dans l'Eglise : « Paix mes agneaux, paix mes brebis ».Pour que les fidèles puissent avoir une foi sans limite en tout dogme ou tout principe de morale enseigné par Pierre ou ses successeurs, le Divin Fondateur lui fait une promesse spéciale : « Je te donnerai les clefs du royaume des cieux ; tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux» (Matth.XVI, 20).Voilà les trois grands attributs du Pape : autorité, indéfectibilité et infaillibilité, attributs octroyés par Jésus lui-même.Enfin Jésus marqua les caractères de son Eglise.Il la voulut « une », en exigeant des fidèles la croyance et la soumission au même Pasteur ; il la fit « sainte » et sanctifiante par la transmission de la vérité et de la grâce ; « catholique », par l'universalité de la prédication sur toute la terre et à travers les siècles ; elle est « apostolique » par le maintien de renseignement et du ministère dont les apôtres étaient les dépositaires.Dans une de ses Epîtres, saint Paul a des paroles magnifiques sur l'Eglise : « Vous avez été édifiés sur le fondement des apôtres et des prophètes, Jésus-Christ lui-même étant la pierre angulaire de l'édifice.C'est en lui que tout édifice bien ordonné s'élève, pour former un temple saint dans le Seigneur ; c'est en lui que, vous aussi, vous êtes édifiés, pour être, par l'Esprit Saint, une maison où Dieu habite » (Eph.2, 20-22).Au lendemain de l'Ascension, les apôtres ne devraient-ils pas commencer les prédications, baptiser au nom du Christ, convertir les foules ?.Ils savaient bien, ces apôtres, qu'ils ne pourraient seuls, accomplir leur mission ; c'est pourquoi ils se retirent au Cénacle avec les premiers disciples et Marie, qui était comme rame de cette assemblée, et priant, ils attendent la venue du Saint-Esprit promis par le Sauveur.A la Pentecôte, vers la troisième heure du jour, on entendit comme un grand vent dans la maison et l'on vit en même temps des langues de feu suspendues sur chacun des apôtres.Aussitôt ils furent remplis du Saint-Esprit et commencèrent à parler diverses langues.Cette faveur extraordinaire signalait au dehors les grâces intérieures dont ils venaient d'être inondées.Eux dont l'esprit était obtus, ils furent illuminés des plus vives lumières de la foi et de la science.Ils étaient faibles et timides, ils devinrent subitement forts et courageux.Immédiatement commencèrent les grandes prédications.Pierre fit ce jour-là un discours qui amena trois mille conversions.Un autre jour, Pierre guérit un boiteux et dit à la foule témoin de ce miracle : « C'est à cause de notre foi au Christ que vous avez crucifié, que cette puissance nous a été donnée.Faites donc pénitence et convertissez-vous ».A la suite de ce sermon, il y eut cinq mille baptêmes.Ainsi se propagea l'Eglise dans la Judée.Cependant la haine des Juifs'poursuivait les disciples de la foi nouvelle.Pour échapper à la persécution, ils durent aller sous d'autres cieux porter leur message d'espoir.Saint Pierre transporta le siège de l'Eglise, de Jérusalem à* Antioche, métropole de l'Asie, d'où il présidait au progrès de la foi et au gouvernement de l'Eglise.On dit qu'il fonda lui-même les églises d'Asie-Mineure.Après un séjour de sept ans à Antioche, le prince des apôtres vint à Rome pour y établir son siège episcopal.Ce fut en Tan 42, que Pierre fit son entrée dans cette ville, LA BONNE PAROLE Montréal reine du monde, centre de l'idolâtrie.Au bout de quelques années, la foi chrétienne comptait dans la cité des milliers de convertis.Saint Pierre évangélisa l'Italie et porta ses prédications jusque dans la Grande-Bretagne en passant par les Gaules.L'Espagne le vit et il est probable qu'il visita les côtes d'Afrique.Pendant vingt-cinq ans, Pierre occupa le siège tie Rome où il fonda l'empire spirituel de l'Eglise sur tous les peuples connus.On ne peut faire l'histoire de la diffusion de l'Eglise sans parler de saint Paul qui fut, sans contredit, le plus puissant auxiliaire du chef dis apôtres dans la prédication de l'Evangile.Il serait beaucoup trop long de donner tous les détails de ses courses apostoliques dont le récit se trouve dans les « Actes des Apôtres » écrits par saint Luc, son compagnon.Voici les principaux faits de son histoire.Il était venu à Antioche avec Barnabe ; c'est là que les deux nouveaux apôtres reçurent avec l'imposition des mains, la consécration sacerdotale et épiscopale.De cette ville qui fut comme le centre de son apostolat, Paul accomplit trois principaux voyages marqués par des fruits abondants.Le premier voyage se fil tie l'an 45 à 48 ; saint Paul évangélisa plusieurs villes de l'Asie ; de retour ;i Antioche, il put raconter aux fidèles les résultats merveilleux de son apostolat parmi les Gentils.Le grand apôtre se dirigea ensuite vers le Nord de l'Asie.De là, il vint en Grèce évangéliser Athènes, la savante, et opposer la folie de la croix à la sagesse ties philosophes.Puis il su rendit à Corinthe, ville voluptueuse qu'il transforma en une cité vraiment chrétienne.Il revient à Antioche et repart pour la Haute Asie.La ville d'Ephèse appela surtout la sollicitude du grand apôtre.Célèbre par son temple tie Diane et par son zèle pour le culte de la grande déesse, cette ville était un centre d'idolâtrie qu'il importait de détruire.Eclairés pai la parole tie Dieu, les Ephésiens se convertirent en grand nombre.Toutefois, une émeute oblige Paul à quitter la ville.Revenu à Jérusalem, il tombe au pouvoir de ses ennemis et demeure deux ans, captif en |udée.En Lan 60, il s'embarque pour Rome où il passa encore deux années avec la seule liberté d'aller et de venir, la main enchaînée à celle d'un soldat.Ce qui d'ailleurs ne l'empêcha pas de prêcher la foi jusque dans le palais tie Néron où il compta des disciples.Il recouvre enfin sa liberté et en profite pour visiter le Midi de la Gaule, l'Espagne et la Grèce.Il revint à Rome au moment de la première persécution sous Néron et le martyre couronna son admirable et fécond apostolat.Les autres apôtres parcoururent tous les pays alors connus, faisant partout de nombreuses conversions.Ils moururent tous martyrs, à l'exception de saint Jean qui fut préservé miraculeusement et mourill centenaire.Il est île tradition et il n'est pas douteux d'ailleurs que le Christianisme ait pénétré dans les Gaules dès les premiers siècles.Nous avons déjà mentionné que saint Pierre et saint Paul avaient parcouru diverses provinces de ce pays.Plusieurs des églises des Gaules eurent pour fondateurs, ties envoyés tie ces grands apôtres.L'un des plus connu est saint Denis, premier évêque d'Athènes qui fonda le siège episcopal de Paris, alors ville tie Lutèce.C'est donc un fait historique solidement établi que le Christianisme se répandit avec une étonnante rapidité dans tout l'univers connu.Dès lors le Christianisme eut à dissiper différentes ténèbres chez Montréal LA BONNE PAROLE 5 les Juifs autant que chez les Gentils.De la part des païens, on remarquait une opposition marquée aux enseignements de la foi et une opposition rationaliste aux mystères et aux devoirs surnaturels.Chez les Juifs, renseignement chrétien pénétrait difficilement, car même converti, ce peuple restait attaché à la loi de ses pères et ne pouvait se décider à abandonner les pratiques extérieures de la loi de Moïse.L'Eglise devait donc régler la conscience et la conduite des individus, organiser la famille, tracer les droits et les devoirs de tous.Dès les premiers temps, les apôtres le faisaient de vive voix, mais bientôt, ils livrèrent par écrit les lumières que leur dicta le Saint-Esprit et que les premiers fidèles révéraient comme la « parole de Dieu ».Ce sont ces écrits qui forment le Nouveau Testament, composé des Evangiles, des Actes des Apôtres, des Epîtres et de l'Apocalypse.Les Evangiles sont le divin mémorial destiné à fixer dans la mémoire des fidèles les œuvres, discours et miracles de Jésus.Les Actes des Apôtres, journal de bord de l'Eglise naissante, raconte les premières conquêtes de la foi.Les Epîtres de saint Paul sont des longues lettres envoyées aux divers peuples convertis que l'Apôtre avait dû quitter.Ces epîtres tiennent une grande place dans le commentaire écrit par les apôtres de la doctrine chrétienne.Les autres epîtres sont appelées « catholiques », car elles ne sont pas adressées à des Eglises particulières ni à des personnes, mais à toutes les églises répandues dans le monde d'alors.L'Apocalypse de saint Jean complète le Nouveau Testament.C'est le récit d'une suite de visions mystérieuses et prophétiques, symbole des destinées de l'Eglise sur la terre depuis ses premiers combats jusqu'à sa victoire finale.L'Ecrivain sacré a SU y mêler des leçons de morale adressées aux évêques des principaux sièges ; on y entrevoit l'action de la Providence, on assiste au triomphe définitif du bien contre le mal au seuil de l'éternité bienheureuse, récompense des âmes pures.Ce livre, saint Jean Ta écrit sous l'inspiration du Saint-Esprit.Les faits et principes énoncés sont donc de révélation divine.* * * Jusqu'à ce moment l'Eglise avait magnifiquement accompli l'œuvre voulue par le Sauveur.Moins de quarante ans après la mort de |ésus-Christ.elle comptait des milliers de disciples, partout des églises étaient puissamment constituées.Par la seule force de la vérité, la parole des apôtres avait accompli ce miracle.Dès son berceau, l'Eglise a connu la persécution des Juifs ; elle avait dû lutter pour obtenir la victoire ; mais voici venir la persécution furieuse, sanglante, implacable et universelle.Durant trois siècles, elle sera aux prises avec le colosse romain et aura à lutter dans un autre domaine contre l'hérésie et le philosophisme païen.Dieu voulait que son Eglise passa par le creuset de la douleur afin que le monde ne puisse douter que l'œuvre fut divine, car aux yeux des profanes, elle aurait pu passer pour un progrès humain.La persécution devait être utile à l'Eglise elle-même ; née au milieu du vieux monde, elle portait en son sein des éléments de dépravation qui auraient pu la corrompre.La lutte sanglante allait opérer une épuration nécessaire et imprimer dans les âmes le sceau de l'Evangile.Le monde païen réclamait aussi cette leçon.Plongé dans un abject 6 LA BONNE PAROLE Montréal matérialisme, ne cherchant que la jouissance et les plaisirs, il serait plus frappé par l'héroïsme et la sainteté des martyrs que par les enseignements et les prédications.A cette cause divine s'ajoutaient des causes humaines.La raison toute naturelle du mépris et de la haine qui entouraient les chrétiens, c'était surtout le contraste de leurs vertus avec les vices des païens.Et de plus, les proconsuls et gouverneurs croyaient, en poursuivant les chrétiens, servir la cause de la religion et de la patrie.Le césarisme avait envahi la république, il avait remplacé le droit par la force, il entendait asservir le corps et l'âme, la famille et la société.Le Christianisme au contraire, voulait l'affranchissement dus âmes, il revendiquait les droits de l'honneur et de la vertu, il prêchait la vraie liberté.On essaya donc de l'anéantir par l'oppression, les supplices et la mort.Pour la haine, tous les prétextes étaient bons.Arrivait-il une catastrophe : famine, inondation, invasion des barbares ?Les chrétiens en répondaient de leur tête.Quand il fut prouvé que ces mêmes chrétiens étaient les sujets les plus fidèles de l'empire, que leur vie s'écoulait paisible et résignée, on trouva d'autres accusations.N'étaient-ils pas en effet des athées, puisqu'ils fuyaient les assemblées païennes, refusaient de prendre part aux sacrifices des idoles ?On inventa les pires calomnies sur les mœurs chrétiennes.On supposa que leurs réunions secrètes devaient donner lieu à d'abominables orgies quand, en réalité, la cause de In loi du secret était de mettre à l'abri, les dogmes et les mystères chrétiens.Avait-on entendu parler d'agapes eucharistiques ?.Alors les commentaires allèrent bon train.On répandit partout que les chrétiens se livraient h des festins de cannibales.Pourtant l'évidence se fit jour et l'on sut que l'innocence des mœurs chrétiennes défiait toutes les attaques.On en vint alors à une troisième accusation qui depuis, a été souvent reproduite par les Etats persécuteurs : c'est celle d'être en opposition avec les lois île l'empire.Dès l'époque de Trajan, interrogatoires, procédures et sentences, ne s'appuient que sur ce chef d'accusation.Ce n'est plus pour motif de religion, mais pour raison d'Etat que les chrétiens sont poursuivis et condamnés.Toutes les persécutions se ressemblent et la seule différence qui soit à mentionner est celle du plus ou moins d'étendue de la région tourmentée, du plus ou moins de fureur des magistrats.Pendant une période de deux cent cinquante ans, soit de Néron à Constantin, la persécution est permanente.Sans doute, elle ne sévit pas partout et toujours avec la même rigueur, mais même sous les meilleurs empereurs, il y eut des provinces ensanglantées par le supplice des chrétiens.Dans la période aiguë, il y eut des foules immenses conduites au martyre.Le plus souvent les magistrats faisaient un choix des victimes.Presque tous les papes de ces trois siècles périrent par le martyre.Il en fut de même des évêques et des prêtres.Après eux les fidèles que signalaient leur influence, leur noblesse, leur charité.Ils étaient torturés pour servir d'épouvantails aux autres.Souvent la sentence porte : « Un tel.condamné aux flammes ou au glaive vengeur, afin que les autres soient effrayés ».Leur martyre était précédé de longs mois d'emprisonnement ; mais leurs cachots se transformaient en églises ; on y priait, on y chantait même les louanges de Dieu, on s'y préparait à mourir.Les chrétiens du dehors trouvaient moyen d'y faire pénétrer leurs secours et surtout le pain eucharistique qui devait forti- Montréal LA BONNE PAROLE fier leur courage.L'interrogatoire était sommaire, des menaces en faisaient les frais : « Sacrifie ou meurs ».— « C'est de la sorte, réplique l'un d'eux, qu'agissent les voleurs qui demandent la bourse ou la vie ».— « Je n'ai pas reçu l'ordre de juger, reprend le tyran, mais de condamner ».C'était toute la procédure usitée.Les tortures exercées contre les chrétiens étaient innombrables et affreuses : l'eau, le feu, le glaive, les chevalets, les ongles de fer, les roues hérissées de pointes, tout ce que la cruauté la plus impérieuse peut inventer de douloureux et d'insupportable.Au milieu de ces supplices, la force d'âme des martyrs est prodigieuse.Une douce sérénité se reflète sur leurs figures, saisissant d'étonnement les païens et les bourreaux, et les faisant souvent passer du rang de persécuteurs à celui de victimes.On compte douze millions de martyrs et parmi eux de tendres enfants, des vieillards, des femmes délicates.Toutes les conditions humaines se sont rencontrées : savants, ignorants, riches et pauvres.On eut beau multiplier les supplices et les victimes, le mot de Tertullien demeure toujours vrai : « Le sang des martyrs est une semence de chrétiens ».# * * Durant ces trois siècles de persécutions, à différentes reprises, des prêtres indignes, frustrés dans leurs ambitions, essayèrent de propager des hérésies.Le premier, Simon le Magicien, prétendit éclairer tous les problèmes de religion mieux que ne l'avait fait le Christianisme.Cette secte dura deux siècles sous le nom de gnostisme.Vers la fin du 2e siècle, saint 1 renée, éveque de Lyon, publia son « Traité contre les hérésies ».Il exposa les erreurs de ces sectaires, les réfuta en montrant qu'elles ne « sont pas moins opposées à la raison qu'à la foi ».Il faut aussi mentionner les montanistes et les novatiens qui voulaient réformer l'organisation de l'Eglise.Tertullien, Origène et saint Cyprien les combattirent par des écrits sur la doctrine de l'Eglise.Plusieurs apologistes livrèrent une lutte victorieuse au philosophisme païen.On a distingué trois phases bien distinctes dans les attaques de cette philosophie païenne.Tout d'abord, elle se moque et rit ; puis en présence de la vérité catholique qui n'en marque pas moins ses progrès, elle dissimule ses hontes et se pare de certains dehors empruntés au christianisme ; enfin en face de la religion chrétienne, elle aspire à créer une religion nouvelle et unique dont le rationalisme fera tout le fond : elle invente le néoplatonisme.L'Eglise sort victorieuse de ces attaques perfides, car parmi ses membres, des défenseurs se sont levés.Saint Justin et Tatien ont montré la fausseté des superstitions païennes.Théophile d'Antioche réfute les absurdités du paganisme.Saint Clément d'Alexandrie flétrit les infamies et les cruautés du paganisme, leur oppose les magnifiques leçons de l'Evangile et montre dans son vrai jour l'Eglise du Christ établie pour le salut des hommes.On voit donc l'Eglise des premiers siècles triomphant des persécutions sanglantes et intellectuelles par le courage et la force de ses martyrs, par l'intelligence et la science de ses apologistes.Nous sommes maintenant rendus au début du moyen âge.Les* invasions ont accompli leur oeuvre dévastatrice et les peuples conquérants s'établissent sur le sol de LA BONNE PAROLE Montréal l'ancien empire romain.Dieu va se servir de tous ces barbares pour régénérer le vieux sang gallo-romain et lui infuser une sève jeune et vigoureuse.Mais il faut que l'Eglise travaille ces éléments et les prépare pour en faire les assises d'une nouvelle société européenne.C'est l'œuvre de la fin du 5e siècle et de tout le siècle suivant.A peine l'Europe est-elle constituée qu'un nouveau péril tiendra la chrétienté en alerte durant huit siècles : c'est le mahométisme.Cette religion fondée par Mahomet est un mélange de christianisme, de judaïsme et de paganisme dont le Coran est le livre sacré, dépositaire du dogme, de la morale et du culte musulmans.Nous ne parlons des conquêtes de l'Islam que pour souligner le péril extrême qu'il a fait courir à la civilisation chrétienne.Les armées envahirent toute l'Asie occidentale, puis elles pénétrèrent en Perse et en Egypte.Au 8e siècle, l'islamisme franchit le détroit de Gibraltar, occupa l'Espagne, et menaça toute la Gaule.Cet immense empire fondé sur l'erreur et le glaive ne tarda pas à se diviser.La Providence suscita alors un défenseur puissant dans la personne de l'empereur Charlemagne qui soumit les peuples à ses lois pour les soumettre ensuite à l'Eglise.Charlemagne fut, après Pépin le Bref, le vrai défenseur de la souveraineté pontificale ; il établit les vrais rapports de l'Eglise et de l'Etat et employa toute sa puissance au profit de la Religion.* * * Et voici toute l'histoire du début de l'Eglise, de son expansion, tic ses luttes, de ses victoires.L'action de la Providence divine, les grâces continuelles reçues par l'Eglise et les fidèles ne prouvent-elles pas que Jésus a toujours été avec Elle ?Ne pouvons-nous pas maintenant avoir confiance en l'avenir, croire fermement que malgré les luttes et même les défaites, l'Eglise continuera l'œuvre de la Rédemption, appuyée sur la promesse de Jésus : « Les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre Elle ».II —«ROYAUME DE DIEU TOUJOURS |EUNE DANS UNE HUMANITÉ TOUJOURS RENOUVELÉE » Mlle Laurctte Lctcllier Cercle Jeanne Mance Pourquoi la parole qui a promulgué la loi nouvelle domine-t-elle toujours le développement de notre civilisation ?La foi chrétienne nous répond que cette parole est une parole divine, et que les paroles de Jésus-Christ, selon sa promesse, ne passeront point.Si le christianisme a été plus qu'une sublime doctrine philosophique, s'il a été un principe de vie et d'action qui a pénétré, remué et transformé le monde, c'est qu'il a été mis d'emblée dans les conditions nécessaires pour vivre et se perpétuer sur cette terre.Il a été incarné, c'est-à-dire revêtu d'un corps qui lui a été uni substantiellement comme à son âme, et qui est l'agent de son action transcendante : c'est l'Eglise.L'Eglise, voilà l'organisme puissant et incorruptible qui a été créé pour constituer, au sein de l'humanité, le réservoir de la vie divine du Montréal LA BONNE PAROLE 9 christianisme, pour la distribuer et pour la renouveler à sa source.L'Eglise a reçu charge d'enseigner toutes les nations.Elle est responsable vis-à-vis de Dieu, du salut de l'humanité.Comment a-t-elle rempli sa mission ?Au cours des dix-neuf siècles qui viennent de s'écouler, a-t-elle toujours possédé l'intelligence des multiples et changeants problèmes qui se posaient devant elle ?A-t-elle su parler leur langue à tous les siècles qu'elle a traversés, et se familiariser avec le génie de tous les peuples qu'elle a rencontrés en chemin ?A-t-elle été, est-elle restée vraiment la société universelle et éternelle qui contient dans ses flancs toute la civilisation, ou ne serait-elle qu'une des formes éphémères dans lesquelles, à un moment donné, le genre humain aurait incarné ses aspirations éternellement changeantes ?Telle est la question à laquelle nous tenterons de répondre en interrogeant les grands faits de l'histoire.^ ^ ^ Depuis trois siècles, l'Eglise subissait des persécutions sanglantes quand, en l'an 312, l'empereur Constantin le Grand proclama par l'édit de Milan, que chacun pourrait désormais adorer Dieu comme il le voulait.C'était implicitement, reconnaître au christianisme le droit d'exister.Or, c'est là le glorieux privilège de l'Eglise catholique de n'avoir besoin que du droit commun pour conquérir l'univers.Dès que la liberté fut rendue aux consciences, le monde romain tout entier se fit recevoir dans la communion des fidèles, et le IVe siècle n'était pas encore écoulé que déjà les païens se voyaient réduits à l'état de minorité découragée.Le christianisme était devenu la religion des empereurs, la religion des provinces, et ses confins s'étendaient aussi loin que ceux de l'Empire.Il y avait des chrétientés sur les bords du Rhin et du Danube, comme sur ceux de l'Eu-phrate et du Nil, il y en avait en Colchide comme dans l'île de Bretagne, et la religion chrétienne était suffisamment désignée quand on l'avait appelée la religion romaine.Mais bientôt les barbares viendront troubler la sérénité du monde.Gigantesques, puissamment membrus, malpropres, les cheveux roux, la barbe en désordre, les jambes enveloppées de loques, et de plus, grossiers, brutaux, ignorants, ne parlant qu'un jargon rauque et inintelligible, ils se répandaient partout, traitant les provinces comme leur bien, ne se souciant nullement de la vie romaine, n'en prenant que les jouissances, gardant pour le reste leur genre de vie et n'entendant pas en changer.Etrangers au christianisme et à la civilisation, ils rôdent comme des loups autour du domaine radieux de l'Empire.Rome, qui a essayé de les soumettre, a fini par s'apercevoir que l'heure était passée pour elle de nouvelles conquêtes et qu'elle ne triompherait jamais d'eux par les armes.Que ferait l'Empire de ces hommes qu'il ne pouvait plus soumettre ?Il se dit qu'il fallait les rallier à sa cause, en les assimilant d'une manière graduelle, en faisant d'eux de vrais Romains et en les passant à l'Eglise pour en faire des chrétiens.La civilisation romaine n'était pas un monde fermé d'une manière jalouse ; elle s'ouvrait toute grande devant le barbare qui voulait la servir et elle avait assez d'attraits pour qu'il s'empressât d'échanger sa barbarie contre la vie romaine.Et ainsi s'opéra la transfusion du monde germanique clans le monde romain; celui-là prenant peu à peu possession de celui-ci, mais ceJui-ci assimilant celui-là. 10 LA BONNE PAROLE Montréal Si à ce moment de l'histoire, l'Eglise catholique n'eût pas compris son rôle, si elle eût entretenu les ressentiments que lui inspiraient les barbares par leur sauvagerie révoltante, c'en eût été fait de l'avenir du christianisme : il sombrait dans l'abîme où allait s'abîmer l'Empire romain.Mais l'Eglise ne désespéra pas de l'humanité, elle ne crut pas que tout était perdu parce que Rome était condamnée.Elle envisagea dans son ensemble le gigantesque mouvement dont elle était témoin, et elle y découvrit l'enfantement d'un monde encore inconnu.Elle pressentit la nouveauté sublime qui n'eût pu être exprimée alors que par un accouplement monstrueux de mots, la civilisation barbare, c'est-à-dire une civilisation qui pourrait se passer de Rome et qui devait aller plus loin que Rome.Et avec la conscience de sa mission éternelle, elle alla à ceux qui étaient alors les hérauts de la destinée, et, la main dans la leur, elle prit le chemin de l'avenir.Partout, l'Eglise catholique ouvre sans conditions aux peuples nouveaux, les portes de ses sanctuaires et le chemin du salut.Ainsi s'expliquent les prodigieux succès qu'elle eut pendant le Vie siècle auprès de tous les peuples barbares, tant ariens que païens.Joyeusement, le monde barbare arriva tout entier à l'Eglise.En moins de trois siècles, toutes les nations germaniques étaient gagnées au catholicisme.Ainsi au lieu de pleurer sur le tombeau îles civilisations éteintes.l'Eglise s'était préoccupée de conquérir à la foi du Christ les sociétés qui naissaient.Elle avait indiqué ainsi, d'une manière nette et expressive, et pour tous les siècles à venir que, instituée pour faire régner sur la terre le royaume de Dieu, elle ne peut se rendre solidaire d'aucune de ces choses éphémères qui s'appellent une dynastie, une nation, une classe sociale, une civilisation.* * * L'Eglise catholique établie au milieu des barbares s'est mise à l'œuvre et a préludé à la création d'un monde nouveau.Il faut voir ce qu'étaient ces peuples nouveaux dans les premiers siècles du moyen âge : s'ils étaient baptisés, ils étaient loin d'être civilisés ! Ils aimaient la religion chrétienne, mais leur amour pour elle était souvent grossier et intéressé.Pour eux, il existait deux manières de témoigner sa foi : porter de vigoureux coups aux ennemis de la religion et faire de grandes largesses aux pauvres.Et comme l'Eglise était la mère nourricière des pauvres, les chrétiens du moyen Age lui faisaient de princiers cadeaux.Les institutions religieuses, les monastères, les églises jouirent de «grandes libéralités.Plus d'un de ces établissements devint ainsi une véritable puissance, surtout à partir du jour où les rois, renchérissant sur la générosité des grands, se mirent à partager leur autorité avec l'Eglise, lui accordèrent en fief des comtés entiers, avec tous les droits politiques et civils.Mais tant de richesses et d'éclat, loin d'être pour l'Eglise une force véritable, devint pour elle un suprême danger.Les nobles ne donnaient pas sans exiger de retour et, au Xc siècle, les rois d'Allemagne s'attribuèrent la nomination des souverains.Pendant une centaine d'années (963 à 1073), aucun pape ne put monter sur le siège de saint Pierre qui ne fût ou désigné ou du moins agréé par eux.L'Eglise n'est plus qu'une annexe de l'Etat.La féodalité l'a enrichie, mais elle l'a asservie. Montréal LA BONNE PAROLE îl Le progrès de l'Eglise est arrête et avec le progrès de l'Eglise, est arrêté le progrès social.Le monde chrétien retourne même en arrière et l'hérésie règne partout.Mille sectes extravagantes et scandaleuses se développent, les hérésiarques les plus fantaisistes, les charlatans les plus vils trouvent accueil et crédit.Il eût pu sembler que le christianisme et la civilisation couraient à la faillite.Mais l'intarissable vitalité religieuse de l'Eglise, sous le débordement de l'hérésie, se retirait et se concentrait vers son cœur.Pendant ces jours d'épreuves, elle vivait réfugiée dans les cloîtres.Dès le début du Xe siècle, un actif mouvement de reforme s'était produit et les rangs de l'Eglise militante se reformaient autour des monastères ; le clergé séculier, à son tour, fournissait à la cause de la réforme d'illustres docteurs.Ces hommes conquirent peu à peu la sympathie publique ; on peut dire qu'ils formèrent l'opinion dans les milieux où l'on se préoccupait des problèmes religieux et sociaux.Leur action ne reste pas confinée dans les rangs du clergé ; ils recrutèrent des adhérents dans toutes les classes de la société, ils en eurent même parmi les princes et les têtes couronnées.De ce nombre, fut le puissant empereur d'Allemagne Henri III, l'impitoyable adversaire de la simonie.Par le concordat de Worms, en 1122, l'Eglise réussissait à faire reconnaître par l'Etat le droit pour lequel elle avait tant combattu.On lui rendait la liberté de ses élections canoniques, depuis celle du pape jusqu'à celle de tous les dignitaires inférieurs.L'Eglise connaîtra alors une nouvelle ère de rayonnement.En moins d'un siècle, elle éteignait le manichéisme, elle ei.voyait l'Europe entière aux Croisades, elle s'enrichissait de trois ordres nouveaux, l'un pour le ministère des Ames, l'autre pour la prédication de la doctrine, le troisième pour la pratique de la pauvreté.A cette époque, l'Eglise connaît également l'apogée de la méthode scolastique.grace à de grands théologiens comme saint Thomas d'Aquin, saint Bonaventure, saint Dominique, saint Albert le Grand.Elle encourage la création d'universités et favorise la floraison des arts.L'Eglise, victorieuse des abus qui la déshonoraient, est entourée d'un prestige sans précédent.* * # Après cette nouvelle période d'apaisement et île rayonnement, l'Eglise devra faire face à de nouvelles tempêtes.La révolution religieuse, dont les premiers sentiers avaient été battus par l'Anglais Wycliffe et le Bohémien Jean Huss, sera répandue par Luther (1483-1546).Originaire d'Allemagne, le luthéranisme ravagera aussi les pays Scandinaves.Calvin enseigne ses doctrines aux populations de langue française et Henri VIII institue la religion nationale d'Angleterre, qu'établit définitivement Elisabeth.Aux XVIe et XVIle siècles, la persécution des catholiques irlandais et anglais fait de nombreux martyrs.Mais la véritable réforme de l'Eglise vient d'elle-même par l'œuvre dogmatique et disciplinaire du plus long et du plus important des conciles, celui de Trente qui dura de 1545 à 1563.Les questions fondamentales soulevées par la réforme protestante furent étudiées.Les thèses de Luther furent condamnées et la doctrine traditionnelle reçut son expression générale.Au cours de la XIIle session fut rédigé le décret De sanctissima eiicharistia, qui pousse l'explication de l'auguste mystère jusqu'aux limites du connaissable. 12 LA BONNE PAROLE Montréal C'est là que fut consacre le terme de « transsubstantiation », et que furent prononcés les anathèmes contre les différentes formes d'hérésies protestantes touchant cette matière.Enfin, au cours de la XXVe et dernière session, le concile porta la cognée à la racine du mal, en interdisant sous peine d'excommunication aux princes séculiers, de s'ingérer dans les affaires ecclésiastiques.Les principaux artisans du renouveau catholique sont de grands papes, comme saint Pic V, le savant Grégoire XIII et l'organisateur qu'est Sixte-Quint ; de saints évoques comme Charles Borromée et François de Sales ; des ordres religieux nouveaux, tels la Compagnie de Jésus, les Capucins, les Ursulines ; des congrégations nouvelles, comme les Oratoriens, les Filles de la Charité de Saint-Vincent-de-Paul, et d'anciens ordres réformés, tels les Bénédictins, les Cisterciens et le Carmel.L'Espagne, qui a échappé au protestantisme, s'illustre au XVIe siècle par de grands théologiens et donne à l'Eglise un saint Jean de la Croix.En France, Lazaristes, Sulpiciens et Eudistes travaillent à la formation du clergé.Saint Vincent de Paul inaugure la bienfaisance moderne, et la Compagnie du Saint-Sacrement, l'apostolat laïque.A travers les siècles, l'Eglise catholique continue d'être la plus haute autorité.Dans l'universel écroulement des troncs, des écoles, des doctrines, elle est la force morale qui reste debout et le flambeau qui éclaire le monde.III — « VOICI QUE L'ÉGLISE COAAME LE MONDE LUI-MÊME, PREND UNE NOUVELLE DIMENSION À LA MESURE DE CETTE HUMANITÉ EN LAQUELLE ELLE S'INCARNE» Mlle Marguerite-Marie Léveillé Institut Pie XI L'Eglise d'aujourd'hui, toujours la même depuis Pierre.« catholique clans le temps et dans l'espace », doit encore, de tous côtés, affronter les assauts du royaume de Satan.Etablie sur le roc, elle ne croulera pas : « Tu es Pierre, a dit son Fondateur au Chef visible qu'il lui destinait, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise et les portes de l'enfer ne prévaudront jamais contre elle ».Toutefois avec ce gage d'immortalité, le Christ ne lui a jamais donné de garantie contre les persécutions.Aussi les portes de l'enfer, enragées sans doute par tant d'invincibilité semblent-elles redoubler d'effort et de violence et vouloir, de nos temps, lui porter un coup décisif.L'Eglise contemporaine se voit en effet, en face d'un péril unique dans son histoire : l'infiltration d'idées païennes dans tous les domaines, l'apostasie des masses sur le plan mondial et le nivellement universel dans l'ordre de la conception du monde.Une situation aussi tragique est l'aboutissement de maux terribles qu'elle a dû subir depuis environ deux siècles, et dont les principaux se nomment : laïcisme, libéralisme, socialisme et communisme.Au déclin du 17e siècle, apparut un homme tristement célèbre, «le porte-étendard de l'incrédulité en France », le père du rationalisme, Voltaire.Une haine satanique contre le Christ devint la passion dominante de sa vie : « écraser l'infâme », c'est-à-dire |ésus-Christ et sa religion, qu'il considérait comme une entrave au progrès et à la liberté.11 Montréal LA BONNEPAROLE 13 employa donc tout son génie littéraire à jeter du ridicule sur l'Eglise et sa doctrine, et à tenter de prouver que l'homme a le droit de vivre à sa guise selon sa propre raison qui est infaillible.Grande fut l'influence de cet impie auprès des philosophes du 18e siècle qui, à l'aide de ses concepts, élaborèrent à leur tour une morale dite indépendante, indépendante de Dieu et de la Révélation, toute basée sur l'utilitarisme : « Une action est bonne, proclamèrent-ils, lorsqu'elle procure du bonheur temporel, de la satisfaction sensible ».Cette théorie s'alliant aux principes protestants déjà bien répandus, principes qui soutenaient expressément le droit du libre examen, engendra une nouvelle erreur : le laïcisme.Avec lui, cloison étanche entre la vie profane et la vie religieuse, et comme conséquence, porte ouverte à l'athéisme pratique.Son arme principale est l'école laïque ou neutre, d'où est bannie toute instruction religieuse, au moins confessionnelle.Simultanément, les faux systèmes philosophiques sur la liberté et l'autonomie de la personne humaine, enrichis des odieuses prétentions de J.J.Rousseau touchant la nature de la société et de l'autorité civiles, aboutirent à une licence sans bornes et firent déclencher à l'occasion de la Révolution de 1789, la déclaration des droits de l'homme, premier jalon du libéralisme qui devait régner en maître au siècle dernier, et qui malheureusement encore de nos jours, jouit d'une trop grande vitalité.Cette doctrine en faveur de l'indépendance absolue, de la liberté vis-à-vis de tout ce qui en limite l'exercice même arbitraire, s'est introduite dans tous les domaines : arts, lettre, politique, économie, religion, et a donné naissance à ce que l'on appelle les libertés modernes : liberté de parole, liberté de presse, liberté d'enseignement, liberté de culte.Elle a eu des conséquences désastreuses dans toutes les sphères de la vie humaine et particulièrement dans la vie économique.Une science économique étayée sur son concept devait en supprimer tout le caractère social et moral.C'est le « chacun pour soi », la libre concurrence absolue aucunement gênée par les associations ou par l'Etat.L'argent, c'est le bonheur ; car le bonheur se trouve dans le bien matériel et la richesse.Les affaires sont les affaires et la religion est une affaire privée.L'Eglise avec sa Morale n'a pas le droit d'intervenir dans les questions économico-sociales.Les abus que n'a pas manqué de produire un tel régime ont désaxé le monde au point de lui rendre la vie économique « dure, cruelle, implacable », et de provoquer le socialisme et le communisme, grand péril actuel.C'est Karl Marx, un Juif allemand qui, il y a cent ans, érigea, en rassemblant des idées en cours, tout le système philosophique révolutionnaire sur lequel s'appuient le socialisme et le communisme dont seuls les moyens d'action diffèrent.Le communisme, avec ses tactiques extrêmement violentes, déchaîne la guerre la plus ouverte et la plus universelle contre Dieu, le Christ et la religion catholique en particulier.Il n'y a pas de Dieu, pas d'âme immortelle.La religion est une illusion et un instrument d'exploitation du peuple ; c'est l'opium du peuple.L'homme n'est plus qu'un vil instrument de production et la société humaine n'a pour mission que la production des biens par le travail collectif et pour unique fin, la jouissance de ces biens terrestres.Toutes ces doctrines lancées par les philosophes et qui se conju- 14 LA BONNE PAROLE Montréal guaient pour vicier l'esprit humain de toute idée surnaturelle, et pour chasser le Christ de toutes les institutions, ont trouvé des propagateurs nombreux, aussi zélés que fanatiques, tels que les Francs-AAaçons, les Russes de f U.R.S.S., couramment appelés les communistes, et les Témoins de Jéhovah.Ce qui caractérise ces ennemis en les rendant sérieux et redoutables, c'est leur puissante organisation.Les forces du mal sont merveilleusement coordonnées, suivant une technique et une mystique bien définies, de sorte qu'ils peuvent présenter un front commun.La Franc-Maçonnerie, société secrète née vers 1700, compte dans tous les pays du monde, des loges et des sociétés affiliées, également conçues sur le plan international.Son siège principal est à Genève.Ses membres sont initiés graduellement à réaliser l'idéal contenu dans le Code Maçonnique.Le Communisme est aussi parfaitement organisé.Les multiples événements qui se déroulent depuis quelques années sur la scène du monde en fournissent une preuve irréfutable.Implanté dans tous les pays de l'univers, ses activités relèvent complètement de Moscou.Les directives en sortent expresses et indiscutables.Le militant est entraîné avec soin, de sorte qu'il sait le but à atteindre et connaît les moyens nécessaires pour y arriver.Le vrai sens du Communisme se trouve dans la compréhension, par tout membre du Parti, de l'idéal pratique de la conquête du monde.Enfin les Témoins de Jéhovah constituent également une association internationale dont la principale installation est à Brooklyn, N.-V.Ses adeptes médusés, convaincus de leur théorie jusqu'à faire preuve d'un fanatisme outrancier semblent au service de forces occultes déjà archi-puissantes.Les agents du mal savent en effet s'unir dans leur œuvre de haine et de déchristianisation ; et pour l'accomplir, ils s'insinuent dans tous les postes de commande, empoisonnent tous les médiums de propagande et recourent sans pitié aux procédés les plus horribles : les guerres et les révolutions sanglantes.* * * Mais l'Eglise ne désespère pas.« Comme le monde lui-même, la voici qui prend une dimension à la mesure de cette humanité en laquelle elle s'incarne.» Gardienne toujours vigilante de l'éternelle Vérité dont elle est en possession, l'Eglise dénonce et condamne tout système qui.niant la dépendance de l'homme vis-à-vis de Dieu et de ceux qui participent à son autorité, fait de la liberté le bien essentiel île l'homme et par suite, donne comme programme à toute organisation religieuse, politique, économique et sociale, de travailler à assurer au maximum, l'usage de cette liberté inaliénable qui est à elle-même sa fin.Successivement, sa voix s'élève avec « Mirari vos», « Singulari Qtiadam ».«Quanta Cura accompagné du Syllabus », et « Libertas » qui confirme toutes les condamnations précédentes et les justifie par un exposé de la doctrine catholique en cette matière épineuse.La liberté réside dans la volonté éclairée par la raison ; elle ne consiste pas dans la faculté de choisir le mal ; ceci n'est qu'une conséquence de l'imperfection de la volonté.Elle a pour objet le choix du bien con- Montréal LA BONNE PAROLE 15 forme à la raison.A cette fin, la loi, loin d'être exclue, est nécessaire pour guider la volonté dans son choix.C'est d'abord la loi naturelle qui n'est autre que la loi éternelle, imprimée par Dieu dans les êtres doués de raison et qui a son fondement dans l'essence divine.C'est ensuite la loi humaine qui sanctionne la loi naturelle, l'applique et la détermine ; elle est l'expression concrète de la loi éternelle qui reste la règle des gouvernants et des gouvernés, des sociétés et des individus.Cette règle doit être précisée par l'Eglise elle-même, qui seule sur terre en est* l'interprète dûment autorisée.Avec elle, il faut reconnaître que la véritable liberté consiste à servir Dieu sans entrave et sans obstacle et que l'intérêt social comme l'intérêt individuel s'opposent à ce que Dieu ne soit pas servi comme il le demande et à ce que l'erreur puisse se répandre sans retenue.Seule la Vérité doit être enseignée.Puis à l'humanité souffrante, désemparée, séduite par des conceptions de vie économique capables seulement de la mener à sa ruine, l'Eglise propose une doctrine sociale lumineuse, parfaitement adaptée à tous ses besoins, à toutes ses aspirations les plus légitimes.En l'enseignant, elle n'a d'autre but que de réaliser l'heureux message chanté par les anges à la naissance du Sauveur : « Gloire à Dieu.et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté».« Cette doctrine se tient à égale distance des erreurs extrêmes ; basée sur la justice et la vérité, elle en garde toujours l'équilibre ; elle réclame la juste mesure dans la théorie et en assure la réalisation progressive dans la pratique, s'efforçant de concilier les droits et les devoirs de tous, l'autorité avec la liberté, la dignité de l'individu avec celle de l'Etat, la personnalité humaine du subordonné avec l'origine du pouvoir, la juste soumission, l'amour ordonné de soi-même, de sa famille et de sa propre patrie avec l'amour des autres familles, des autres peuples, sentiment fondé sur l'amour de Dieu, père, premier principe et fin dernière de tous les hommes.Elle ne sépare pas le souci modéré des biens temporels de la sollicitude pour les biens éternels.Si elle subordonne les premiers aux seconds, elle est très loin toutefois de se désintéresser des choses humaines et d'entraver le progrès et les avantages matériels ; au contraire, elle les aide et les favorise de la manière la plus raisonnable et la plus efficace » (S.S.Pie XI dans Divini Redemptoris).« La sagesse, la valeur de cette doctrine, continue Pie XI dans le même document, est admise par tous ceux qui la connaissent véritablement.Avec raison des hommes d'Etat éminents ont pu affirmer qu'après avoir étudié les divers systèmes sociaux, ils n'avaient rien trouvé de plus sage que les principes exposés dans les encycliques Rcrum Novarum et Quadragesima Anno.Jusque dans les pays non-catholiques, et même non-chrétiens, on reconnaît la grande valeur sociale des doctrines de l'Eglise ».A renoncé de la Vérité dont elle veut la plus ample diffusion, l'Eglise joint l'action, l'action concertée.Aux forces organisées du mal, elle oppose les forces organisées du bien Elle suscite un mouvement considérable d'expansion missionnaire.Et pour en assurer le succès, la Sacrée Congrégation de la Propagande s'applique et réussit à coordonner tous les efforts et à unifier selon un plan d'ensemble bien déterminé, le travail des ouvriers apostoliques. 16 LA BOSSE PAROLE Montreal Enfin elle lance, « non sans une inspiration divine », sa grande croisade d'Action catholique.C'est un appel à toutes les forces ; c'est une levée en masse de tous les éléments catholiques pour les coordonner ensemble et les subordonner à l'autorité de la Hiérarchie qui seule a pleine compétence en matière d'apostolat surnaturel ou de christianisation.Cette organisation empêchant la dispersion des forces, les concentre toutes vers la fin unique de l'Eglise, le règne social du Christ-Jésus.Pie XI a même osé dire que l'Action catholique est la suprême ressource de l'Eglise en face des graves problèmes qui semblent vouloir Tebranler.Mettons donc nous aussi tout notre espoir dans cette grande armée d'apôtres qui, soutenue par une forte mystique puisée dans le dogme sublime du Corps Mystique du Christ, soumise aux exigences d'une technique bien précise, parviendra sûrement avec l'aide de Dieu, à la conquête de tous les milieux et de toutes les institutions sociales.Mettons-le en même temps dans cette ère mariale qui s'annonce de toute part, et redisons à tous, les encourageantes paroles que prononçait notre saint vénéré Pontife, le 10 mars dernier à l'audience des curés et des prédicateurs du carême : « Courage donc et confiance ! Le pessimisme serait hors de saison.Ne voyez-vous pas que la force d'attraction des biens terrestres et matériels ne peut empêcher le peuple de se sentir porté, comme d'instinct, vers les réalités spirituelles et religieuses ?Mais le signe le plus encourageant de nos temps est la manifestation, croissant sans cesse jusqu'à atteindre des spectacles d'une grandeur merveilleuse, de la confiance et de l'amour filial qui conduit les âmes à la très pure et immaculée Vierge Marie.Dans la nuit obscure qui pèse sur le monde, la tempête en furie chasse avec violence les nuages qui encombrent le ciel noir, mais laissent entrevoir à l'horizon le rose-pâle de l'aurore, prélude de jours sereins dans la marche triomphale du soleil de vérité, de justice et d'amour, Jésus-Christ, notre Sauveur et Seigneur ».ALLOCUTION Mgr Laurent Mori ru Y.G.Président d'honneur « .Il est difficile de faire une synthèse des magnifiques travaux présentés.Mon premier mot sera donc de remercier celles qui ont préparé ces travaux et qui ont su certainement vous intéresser beaucoup.Elles ont vu à travers l'histoire de l'Eglise tellement de choses que ma difficulté c'est d'essayer de ramasser tout cela en trois mots.Le plus simple, je crois, c'est de m'en tenir à une parole de N.-S.: «Je suis la Voie, la Vérité, la Vie ».Ces trois mots résument toute l'histoire de l'Eglise, ses joies, ses peines et ses luttes depuis deux mille ans.Il semble que toute l'histoire de l'Eglise, militante, souffrante, triomphante se soit déroulée devant nos yeux.Nous avons assisté au sacrifice des martyrs, pris part aux luttes des confesseurs contre les erreurs surtout le jansénisme ; nous avons vu h chaque génération la phalange îles saints triompher au combat pour entrer dans'la gloire.Je crois que ces trois mots résument vraiment toute la vie de l'Eglise et les richesses extraordinaires qu'elle recèle pour nous. Montréal LA BOXXE PAROLE 17 Un journaliste écrivait récemment : « Si nous pouvions nous libérer le cerveau de la propagande massive qui empoisonne les esprits aujourd'hui, comme nous aurions facilement la paix dans le monde ! ».Et c'est juste.Regardez toutes ces erreurs et difficultés qu'on a soulignées très rapidement tout à l'heure, surtout vers les onzième et douzième siècles.Elles viennent presque toutes de gens ignorant notre belle doctrine catholique, et les nombreuses richesses surnaturelles de l'Eglise du Christ.Nous rencontrons aujourd'hui encore la même ignorance.Voilà pourquoi c'est le désir intense de l'Eglise de la voir disparaître pour faire place à la Vérité et à la Vie.On a souligné les plus importantes erreurs modernes.L'une, entre autres, qui se manifeste assez peu encore au Canada, mais se développe considérablement dans d'autres pays : « séparer la vie de l'Eglise de la hiérarchie qui représente le Christ et le Pape dans le monde ; et cela sous le couvert d'une objection qui a été relevée tout à l'heure : « L'Eglise hiérarchique est lente dans le progrès ; laissons celle-ci et suivons l'esprit du Christ seul dans l'Evangile ».Théorie qui se répand de plus en plus.Erreur qui vient précisément de l'ignorance de la doctrine de l'Eglise, de ce qu'elle est, de ce qu'elle a fait.Je tiens à vous féliciter, mesdemoiselles, de l'enthousiasme que vous manifestez pour l'étude des problèmes de l'Eglise.Ce besoin est venu tout à fait opportunément dans la vie des Cercles d'Etudes.Je crois que l'étude de l'histoire de l'Eglise est un moyen très facile et en même temps très riche et très puissant de connaître la doctrine de l'Eglise.II en est qui croit en voyant surgir certaines erreurs que celle-là certainement ébranlera l'Eglise, la démolira peut-être.Si l'on savait pourtant un tant soit peu l'histoire, Ton se rendrait compte que ces erreurs-là se sont répétées dix à vingt fois ; et chaque fois, des saints et des théologiens ont été suscités par la Providence, pour replacer l'Eglise clans sa vraie situation à travers les Ages et la faire triompher de tous ces périls.Elle est éternelle, « les portes de l'enfer ne prévaudront point contre Elle ».Il y a donc un grand intérêt pour vous, mesdemoiselles, à vous instruire le plus possible de la doctrine de l'Eglise ; ce qui nous manque aujourd'hui ce sont des théologiens et des théologiennes laïques dans l'Eglise.Savoir toujours exercer le rôle qui nous est providentiellement confié pour aider l'Eglise, voilà la réponse à tous les problèmes et à tous les conflits apparents de l'apostolat et de la collaboration.L'Eglise a des vues larges : il y a place pour tout le monde et pour tout apostolat.De même qu'« il y a sur terre beaucoup d'occupations charitables, de services apostoliques dans l'Eglise.Les membres des Cercles d'Etudes s'efforçant de faire connaître, dans le milieu où Dieu les a placés, toute la doctrine de l'Eglise comme elle doit être connue, accompliront un apostolat magnifique puisqu'ils répondront précisément au malaise le plus urgent aujourd'hui.Le Saint-Père, depuis septembre dernier, rappelle dans presque toutes ses allocutions la nécessité de l'instruction religieuse, connaître et aimer les vérités de la foi afin d'avoir le courage personnel de témoigner de ces vérités.Ces avis du Pape nous sont donnés à tous aussi bien qu'à ceux et à celles qui assistent aux audiences papales.Profitez donc de ces conférences si belles en travaillant à faire connaître ces richesses inépuisables de This- 18 LA BONNE PAROLE Montréal toire de l'Eglise autour de vous, à rayonner partout la confiance et l'optimisme chrétiens.C'est le souhait que je vous transmets aujourd'hui et pour toutes les réunions de vos Cercles d'Etudes ».PAROLES A MÉDITER « .Nous voyons briller dans vos regards.Nous sentons vibrer dans vos voix l'enthousiasme qui déborde de vos cœurs, pour le Christ, pour l'Eglise, pour la Papauté.Mais instable est l'enthousiasme du sentiment seul, qui s'exalte au souvenir des gloires de la Rome chrétienne ; superflue et éphémère est la ferveur, fruit de l'habitude seule.Si l'on ne veut pas que ce bel enthousiasme se gonfle un jour comme un ballon dans les mains d'un enfant, il faut qu'il provienne d'une conviction claire et forte.Il faut que vous ayez une connaissance raisonnée et profonde de l'objet de votre foi.Il faut que cet objet vous apparaisse dans la splendeur de la vérité, dans la plénitude de ses exigences.Il faut que vous sachiez pourquoi la doctrine catholique a la raison de son côté.» (S.S.Pie XII, le 8 décembre 1947) « .C'est ensuite à vous, chers fils, d'aider l'Eglise dans cette œuvre (de culture religieuse).Nourrissez-vous vous-mêmes avant tout, esprit et cœur, de la nourriture substantielle de la foi catholique telle qu'elle se présente à vous dans tout l'enseignement vivant de l'Eglise, dans les Saintes Ecritures dont le Saint-Esprit lui-même est l'auteur, dans la liturgie sacrée, dans les pieuses dévotions approuvées et dans toute la saine littérature religieuse.Ensuite apportez et répandez la vérité de cette foi, largement, clans chaque ville, dans chaque village, dans chaque coin, même le plus retiré, de votre beau pays, comme l'air vital qui est diffusé et pénètre partout, enveloppe et embrasse tout ; répandez-la particulièrement parmi ceux que des circonstances malheureuses ont entraînés dans l'incrédulité »./C c rv VI1 ._ .(S.S.Pie XII, le 7 décembre 194/) LA CHANSONNETTE La séance du soir, sous la présidence distinguée de Madame Franchie Major, présidente du Comité diocésain d'Action catholique, fut consacrée à un intéressant forum autour de la Chansonnette.Les membres eurent l'agréable privilège d'échanger leurs opinions sous la direction compétente de M.l'abbé Charles-Emile Oadbois, directeur de « La Bonne Chanson ».Une franche et amicale gaieté anima cette étude en collaboration à laquelle M.l'abbé intercala harmonieusement quelques très jolies pièces de chant, de violon même et les suggestions les plus pratiques et opportunes.Mademoiselle Marcelle Bélanger, du cercle La Vierge-au-Fuseau, avait accepté de présenter un bref exposé du sujet afin de faciliter le travail d'enquête.^ «La chansonnette est l'Ame du peuple, elle dépeint le mieux son optimisme, sa gaieté ou ses tracas, ses histoires journalières ; c'est pour cela que nous l'aimons.Hélas ! des influences étrangères et nocives ont fait de la chansonnette actuelle, un problème qu'il faut discuter.Nombre de ces refrains sont une attaque directe à la pudeur, flattant les instincts Montréal LA BONNE PAROLE 19 mauvais, louant l'amour libre.L'audition fréquente de ces chansons lascives, déjà néfaste aux adultes dont elles excitent les sens, sème chez la jeunesse le goût et le désir d'aventures identiques, et déprave le sens moral, le bon goût, l'éducation ».Il est temps de réagir d'une manière pratique : faire connaître de saines et jolies chansonnettes.11 y en a dans le répertoire français, américain et canadien.Il nous appartient de les découvrir, de choisir les mélodies attrayantes, et de les répandre.Posant le premier témoignage, monsieur l'abbé Gadbois chante pour nous, « Le sourire », « Le soir sur l'eau », les quatre saisons : « le temps des sucres, des lilas, des pommes, des cerises », etc.Puis il distribue à chacune des auditrices, le charmant exemplaire des « 100 plus belles chansons».C'est donc à un travail d'éducation par l'exemple et la parole, que s'emploieront tous les membres des cercles, en vue d'assainir ce domaine de la chansonnette.Il y aura aussi les protestations auprès des commanditaires des programmes radio-phoniques, afin de faire connaître le véritable désir du public bien pensant.Madame la Présidente eut, à l'adresse de la F.C.E.C.F.les mots les plus bienveillants de satisfaction et de confiance dans la collaboration du groupe avec le Comité diocésain d'Action catholique.A l'issue des rapports des cercles et du comité central, un nouveau cercle sous le nom de Notre-Dame-du-Bon-Conseil, de Granby, s'est affilié à la F.C.E.C.F.à la demande de AAHe Jeanne Lapointe, présidente, qui présenta elle-même un rapport des activités de son groupe.Le comité central lui assura la plus cordiale bienvenue ! Le comité central fut particulièrement sensible à la présence de Madame Alfred Thibaudeau, présidente de la Fédération Nationale Saint-Jcan-Baptiste, de Mlles Georgette Lemoyne et Maria Auclair, secrétaire générale et trésorière, et de Mlle Madeleine Thibaudeau, présidente de la Section des Jeunes.A tous ses distingués invités d'honneur, la F.C.E.C.F.adresse le plus respectueux merci.Merci sincère à la direction de La Bonne Parole pour la généreuse hospitalité de ces pages entièrement dédiées à la F.C.E.C.F.à l'occasion de sa Journée d'Etude annuelle.La présidente : Maria VOUKIRAKIS Rapport général des Cercles 1947-1948 La F.C.E.C.F.compte dix-huit cercles en activité et six temporairement suspendus ; tous ont fait rapport de leurs activités de l'année.Douze d'entre eux ont bénéficié des services d'un aumônier.Sur 535 membres inscrits, 345 membres prirent part à 173 réunions régulières et h 4f) réunions différentes, dites « extraordinaires », soit à l'occasion d'amicales de quelques cercles, du jubilé d'argent de l'Institut Notre-Damc-du-Bon-Conseil, soit un voyage pour le mariage de deux membres d'un cercle, la visite de mademoiselle la Présidente au cercle Marguerite-Bourgeoys de Sherbrooke, la fête patronale de ce cercle, et des réunions récréatives en faveur de différentes œuvres. p 20 LA BONNE PAROLE Montréal Le sujet d'étude proposé aux cercles cette année, « Les Problèmes de la femme de chez nous » a été étudié dans onze cercles, sous les aspects : Instruction religieuse, Famille, Travail, Action sociale.Cette étude s'est faite sous forme de causerie, discussion ouverte, forum, questionnaire, enquête, sketch, lecture commentée d'articles de revue sur le sujet.L'étude religieuse a porté sur d'intéressants sujets, tels : « le dynamisme de la personnalité du Christ ; les lectures et l'Index ; pourquoi lire l'Evangile ?; le devoir du bon exemple ; Elle (volume), le Christianisme dans le monde ; commentaires d'Evangile ; la Vie de Jésus ; étude sur l'existentialisme et sur le communisme ; les Commandements ; revision du petit catéchisme ; la grâce et ses différents attributs ; l'esprit chrétien dans les oeuvres ; la croisade de pureté ; le problème de l'amitié et de l'amour vu dans l'Evangile et la loi morale ; le Petit office de la Sainte Vierge ».Parmi les autres sujets traités, soulignons : « En marge d'un voyage dans l'Ouest canadien ; étude de caractère ; quelques questions débattues en forum : athéisme, euthanasie, salaire familial, parité du salaire et doctrine sociale de l'Eglise ; la femme en face du célibat voulu ou consenti, son action sociale et religieuse ; orientation professionnelle ; drapeau des Canadiens-Français ; sorcellerie dans l'art moderne ; peur de vivre ; la joie au travail ; pour ou contre l'internat durant les études ; lu réarmement moral (MRA) ; qui conduit le monde : l'homme ou la femme », etc.La plupart des travaux sont préparés par les membres, en alternant quelquefois avec l'aumônier.Les autres sont donnés par des conférenciers invités.Sept cercles rapportent d'intéressantes activités apostoliques en dehors de leurs réunions d'étude : service social, œuvres de patronage, oeuvres missionnaires, formation de dirigeantes de cercles récréatifs, camps d'été, campagnes de charité, journal propre au cercle, œuvres de loisirs, etc.Plusieurs membres sont aussi membres actifs de la Fédération Nationale Saint-Jean-Baptiste, de la S.0.C ou auxiliaires de la Fédération des Œuvres de Charité ; d'autres participent à des groupes comme le Noël, le Guidisme, les mouvements spécialisés d'Action catholique, les comités paroissiaux d'A.C.Les membres d'un cercle sont délégués à tour de rôle au Conseil des Œuvres paroissiales.D'autres enfin collaborent aux organisations de retraite fermée, parties de cartes ou bibliothèques paroissiales, artisanat, orchestre symphonique, art intime, chorale d'Enfants de Marie, etc.Six cercles ont leur retraite fermée annuelle et un autre a tenu une Journée d'Etude.Quatre cercles s'intéressent à l'Achat chez nous ; l'un d'eux en diffuse les feuillets-propagande.Les questions d'intérêt national sont étudiées dans six cercles.Les cercles ont offert les suggestions suivantes relativement au sujet d'étude de la F.C.E.C.F.pour l'an prochain : Montréal LA BONNE PAROLE Cercle Sainte-Marie : Les saintes qui ont pratiqué l'A.C.avant la lettre comme sainte Hélène, sainte Catherine de Sienne, etc.La Vierge-au-Fuseau : Histoire de l'Eglise ou Apologétique ; Les Grandes Sœurs : Questions d'Apologétique ou sujets propres à fortifier la foi chez les jeunes en augmentant leurs connaissances religieuses ; Ecole d'Education Familiale et Sociale : Le Sacré-Cœur ou Formation du chef ; Sainte-Brigide : Divertissements de la jeunesse ; Notre-Dame-de-Lourdes : Histoire de l'Eglise — Préparation éloignée au Mariage ; Jeanne-Mance : Les femmes, dans l'histoire de l'Eglise ; Notre-Dame : Les encycliques, surtout celles de Pie XI et de Pie XII.Quant aux activités de la F.CE.CF., quelques cercles proposent : des films commentés, la visite d'une représentante du Comité central dans lus cercles, un journal périodique pour faire connaître le travail des cercles.Le Comité central se réjouit du travail sérieux accompli dans les cercles au cours de cette année.Il remercie sincèrement toutes les présidentes pour leur collaboration.Il forme le vœu cher à toutes : que les cercles soient de plus en plus nombreux et appréciés, afin de réaliser de mieux en mieux la devise de notre Fédération : « S'unir pour que le Christ règne » sur notre société actuelle.Fortes de l'union étroite qui nous lie à l'Église notre mère, nous nous donnerons généreusement dans le sens des directives de la Hiérarchie diocésaine pour un travail apostolique fructueux.La secretaire : E mi lien ne PÉPIN Rapport du Comité central 1947-1948 Le Pèlerinage annuel de la Fédération des Cercles d'Etude des Canadiennes-Françaises au Gésu, en mai dernier, avait eu comme intention bien précise : solliciter de Notre-Dame de Liesse un aumônier de son choix pour la Fédération.Et la première séance du Comité Central en septembre 1947 présentait Mgr Laurent Morin, vicaire général du diocèse, comme aumônier de la F.C.E.C.F.Notre gratitude profonde veut exprimer publiquement pour cette faveur, le plus respectueux merci à Notre-Dame de Liesse et à Monseigneur.Les membres du Comité Central ont tenu quatre séances régulières et les présidentes formant le Conseil Fédéral se sont rencontrées en trois réunions ; celles-ci offrent un intérêt particulier à cause des nouvelles îles cercles qu'elles apportent au Comité Central.Le sujet à l'étude eut pour thème : « Les problèmes de la femme de chez nous à l'heure actuelle », sous quatre aspects principaux : instruction religieuse, famille, travail et action sociale.Les membres du Comité 22 LA BONNE PAROLE Montréal Central ont fourni aux présidentes des cercles une bibliographie sur chacun des aspects, en vue d'aider les travaux des membres.La fete du Patronage de la Sainte Vierge fixée au deuxième dimanche de novembre est maintenant la date choisie annuellement par la F.C.E.C.F.pour sa recollection générale.Le Révérend Père Albert Brossard, s.j., en fut le directeur cette année.Il prit comme sujet de méditation : « La personnalité attachante de Jésus, surtout dans sa charité ».Le 12 janvier, les membres du Comité Central furent invités à présenter de nouveau le forum sur l'alcoolisme aux membres du cercle Marie-Médiatrice ( Pensionnat Saint-Louis-de-Oonzague).Le 30 janvier, le Comité Central avait le plaisir de recevoir tous les membres des cercles affiliés à la plus charmante soirée récréative dans les salons de la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste.Mme Louis Coderre, présidente de la Fédération des Canadiennes-Françaises de Sherbooke, et le Service jiciste des loisirs avaient accepté de diriger des chants, jeux, rondes, mimes, charades.Leur habileté et leur entrain des plus gracieux furent vite communieatil's, et l'heure du départ sonna trop vite pour toutes.La Réunion intercercles de mars offrit un caractère nouveau.Les membres eurent la présentation d'un film, après quoi ils furent invités à commenter et à critiquer les principaux points île la thèse et l'influence morale de la présentation.Cette initiative, nouvelle pour les membres, suscita un vif intérêt.La Campagne de moralité dirigée par le C.P.A.C.a fait l'objet de discussions et d'études à toutes les séances du Comité Central ; tantôt eu ce qui concerne le cinéma, tantôt en regard des diverses activités et invitations du C.D.A.C.Mlles Vanier et Chagnon ont été les déléguées officielles de la Fédération au Congrès diocésain île la fête du Christ-Roi.Mlles Voukirakis et Vanier ont été invitées à faire partie du bureau de direction de la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste au nom de la « Section des feunes ».A la dernière réunion le Comité Central, en fonction pour l'année 1947-1948, préparera le programme d'étude tie Tan prochain.La secrétaire : Emilienne PFPIN Nos écoles laïques Un siècle d'apostolat Parmi les heureuses initiatives prises à l'occasion du centenaire de la Commission des Ecoles catholiques de Montréal, celle de M.Gustave Belief leur mérite une mention spéciale.Si l'œuvre des communautés religieuses enseignantes est connue du public, par contre, la collaboration apportée à la cause scolaire par les professeurs laïques l'est peu ou presque pas.Cette lacune, M.Bellefleur Montréal LA BONNE PAROLE 23 a voulu la combler, en réunissant clans un volume intitulé : « Nos écoles laïques » de courtes études faites par les directeurs et les directrices des 78 écoles confiées à leur soin.Imprimé sur papier glacé, abondamment illustré ce livre devrait se trouver clans les bibliothèques de tous ceux qui s'intéressent à l'enseignement primaire et à l'histoire de Montréal.M.-A.M.—== Participons tous à ce concours = $150 DISTRIBUÉS EN PRIX 2>ed nanti jjlanqoii à H&l kàtell Prix offerts : 17 aux gagnants — 2 à leur association ou école Clôture du concours le 1er juillet 1948 Chaque année, les touristes américains dépensent dans le Québec environ 90 millions de dollars.Ce sont leur frais de voyage, d'hôtels, de repas, d'achats de toutes sortes chez nos marchands.$90 millions, c'est 1 '9 de la somme totale des achats du groupe canadien-français.Quelle que soit notre occupation, nous profitons tous de cette industrie du tourisme.Chacun doit donc faire sa part pour la maintenir, même pour l'augmenter.Comment V En fout premier lieu en maintenant notre caractère français.Nous avons l'avantage de posséder des endroits magnifiques, c'est entendu.Mais il n'en manque pas d'aussi beaux aux Etats-Unis.Aussi le touriste vient-il ici chercher du français d'abord, tout comme il va chercher de l'espagnol au Mexique ou à Cuba.A tel point que le directeur de l'Office fédéral du tourisme pouvait déclarer récemment : « Dans le Québec, entre deux hôtels le visiteur choisit de préférence celui qui porte un nom français ».Il aurait pu ajouter avec raison qu'entre deux noms français, le visiteur choisira celui qui est le plus typique, celui qui est inédit, nouveau et qui fait image.D'où le concours des noms d'hôtels, parce que le premier contact de l'étranger avec nous se fait d'abord par nos hôtels.Chacun doit faire des suggestions.Chacun doit participer à concours.Prix offerts : 1er prix : $50 ; 2e prix : $25 ; 10 prix de $2 chacun ; 5 prix de SI chacun.Aux associations locales ou écoles, 1er prix : S30 ; 2e prix : $20.Comment participer à ce concours ?Les détails du concours sont exposés dans «Où acheter clans le Québec 1948 ».Cette publication est distribuée gratuitement à la Fédération nationale Saint-[ean-Baptiste.Les réponses doivent nous parvenir avant le 1er juillet 1948 à La Ligue de l'Achat Chez Nous, 477, rue François-Xavier, Montréal-!. 865 est rue Ste Catherine, Montréal crescent 3223 G.-J.PAPILLON manufacturier de fourrures Notre assortiment est le plus complet que vous puissiez trouver m 257 ouest.Avenue Laurier PRÉS AVENUE DU PARC J.-B.Baillargeon EXPRESS LIMITED CAMIONNAGE La plus grande organisation de transport 423 est.Ontario — Montréal HArbour 6271 Tél.FAlklrk 2848 Fondée en 1912 Wilfrid Pageau PLOMBIER-COUVREUR Poseur d'appareils à gas et à eau chaude Spécialité i RÉPARATIONS Travail fait soigneusement et à prix modéré Bureau et atelier : 984 est, RACHEL plateau 6750 Philippe-D.Clerk courtier en assurances édifice aldred 507.Place d'Armes — suite 202 MONTRÉAL Bureau de Placement gratuit L'Association professionnelle des Employées de bureau prie Messieurs les professionnels, courtiers, marchands, gérants de maison d'affaires, etc., de vouloir bien s'adresser à son Bureau de Placement, 858 est, rue Sherbrooke, Tél.FR.2665, de 10 h.a.m.à midi et de 2 h.à 5 h.p.m.pour les services de sténo-dactylographes anglaises et françaises, caissières, comptables, télé-phonistes, etc., compétentes et très re-commandables.Raoul Vennat Lises notre journal mensuel de Broderie et Musique et vous ne pourrez plus vous en passer.Chaque mois, il vous apporte la dernière nouveauté pour Vous, vos Bébés, votre Eglise, votro Maison.Et les dernières nouveautés musicales.- 12 SOUS PAR AN • 3770.ST-DENIS — HA.5310 AlYlherst 2131 MONGEAU & ROBERT CIE LIMITÉE CHARBON Huile à chauffage • • • 1600 EST, RUE MARIE-ANNE MONTRÉAL L'ÉCONOMIE est nécessaire à qui veut réussir.L'ouverture d'un compte d'épargne est donc un acte indispensable que vous devez accomplir sans aucun retard.La Banque Provinciale du Canada SIÈGE SOCIAL : 221, RUE SAINT-JACQUES OUEST, MONTRÉAL 318 succursales et bureaux « Où l'épargnant dépose ses économies » LA SAUVEGARDE DE LA FAMILLE L'économie est l'art d'ordonner ses dépenses.Sans la pratique de cette vertu sociale, la famille ne connaît aucune sécurité, elle est vouée, tôt ou tard, à la ruine.Protégez votre foyer, préparez l'avenir des vôtres, assurez-vous une vieillesse heureuse et digne en vous constituant petit à petit les réserves nécessaires.Prenez dès aujourd'hui l'habitude de l'épargne Banque Canadienne Nationale 60 succursales à Montréal — 531 bureaux au Canada Actif, environ $380 000 000 Vive la Canadienne PARMI les qualités qui ont distingué nos mères canadiennes, nous devons remarquer, entre autres, celle d'avoir été économes et leur en rendre hommage.JEUNES FILLES, JEUNES MÈRES, tenez à honneur de continuer ce bel exemple.Pour pratiquer Ycconomie il n'y a pas de moyen plus efficace que d'ouvrir un compte à LA BANQUE D'EPARGNE De la Cité et du District de Montréal Nous vous réservons toujours le meilleur accueil, quelque petites que soient les économies que vous voudrez bien nous confier.Nous vous donnons la sécurité la plus certaine.Le directeur-général T.-TAGGART SMYTH Bureau principal et 25 succursales à Montréal IMPRIMERIE EXCELSIOR PRINTING
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