La bonne parole /, 1 janvier 1947, avril 1947
Montréal, Canada Avril 1947 h BONNE pm\L Organe de la Fédération Nationale Saint-Jean-Bapliste SOMMAIRE Un congrès international sur « La Mère », Georgette Le Moyne 1 La Femme mariée devant le Code civil, par M.Maximilien Coron_______ Ma Carrière (suite et fin), Marie-Claire Daveluy Une exposition d'artisanat, Flore Deschamps .Vol printanier (poème), Blanche Lamontagnc-Bcaurégard « Du crime à la sainteté », Madeleine Thibaudeau .Journal des oeuvres: Chez les Ouvrières catholiques, Marcelle Bélanger — L'Association des Femmes d'affaires, Berthe Lefebvre — Chez les Employées de magasin, Léa Sauvant — Centre de couture, Hedwigc Lefebvre___12- .2 6 9 10 10 853 est, rue Sherbrooke La Bonne Parole Revue mensuelle (ondée en 1913 Directrice : Madame Eustache Lctellier de Saint-Just CE QU'ELLE EST on LIEN qui sert à unir d'esprit et de coeur les Canadiennes-Frmetises ; un FOYER d'où rayonnent, sur tous les domaines de l'activité féminine, lumière et chaleur ; un CENTRE où se rencontrent les bonnes volontés, désireuses de se dévouer avec plus d'efficacité aux oeuvres nationales ; un MOYEN de propagande pour la diffusion des principes catholiques d'action sociale; ORGANE indispensable à l'oeuvre de la Fédération Nationale Saint-Jean-Baptiste, d'abord auprès des diverses associations qui la composent et des comités par lesquels elle agit; puis auprès des oeuvres nationales étrangères qui font, comme nous, partie de l'Union Internationale des Ligues Catholiques féminines.CONDITIONS DE L'ABONNEMENT: an Canada et Etats-Unis $1.00 par an Union postale.$1.30 par an Un escompte de 30% est accordé aux membres des associations professionnelles, des Fédérations paroissiales et des communautés religieuses.Le prix de l'abonnement doit être envoyé au Secrétariat de la Fédération Nationale Saint-Jean-Baptiste.853 Est, rue Sherbrooke, Montréal.Les abonnés de la "Bonne Parole" jouissent des privilèges de la Fédération Nationale Saint-Jean-Baptiste et ont droit d'assister aux séances publiques, dont avis est donné dans les journaux.Les abonnés qui désirent des invitations personnelles et voudraient devenir membres actifs de la Fédération Nationale n'ont qu'à s'inscrire, en tout temps, au secrétariat de la Fédération Nationale, 833 Eft.rue Sherbrooke, où les heures de bureau sont, le dimanche excepté: de 10 heures à midi et de 2 heures à 3 heures p.m.— Téléphone: FRon-tenac 2663.Toute personne peut concourir à l'oeuvre de la "Bonne Parole": lo en s'y abonnant; 2o en lui firocurant de nouveaux abonnés; 3o en la faisant ire; 4o en lui procurant une collaboration littéraire; 3o en sollicitant des annonces à son intention.La Fédération Nationale Saint-Jean-Baptistc Œuvre auxiliaire d'Action catholique fondée en 1906 Fondatrices : Madame Henri et Madame F.-L.Bélque.Gérin-Lajoîe Aumônier: Monseigneur Philippe Perrier.Bureau de direction: Mme Alfred Thibaudeau, présidente générale: Mme Edmond Brassard, vice-présidente : Mme Théodule Bruneau, vice-présidente; Mlle Georgette LeMoyne, secrétaire générale ; Mlle Maria Auclair.¦ trésorière ; Mlle Jeanne Lapointe, secrétaire-archiviste; Mme Eustache Letellier de Saint-Juat, directrice de "La Bonnb Parole"; Mme R.-A.Bouthillier, Mme Arthur Berthiaume, Mlle Hedwige Lefebvrc, Mme J.-A.Mol leur, Mme Albert Du pu is, Mlle Marie-Ange Mndore.Mme Tancrède Jodoln, Mme P.-A.Kobichnud : Mlle Aima Champoux, des Cercles de Fermières de la Province de Québec ; Mme H.Végiard, présidente de la section de Saint-Lambert; Mlle Emma Douesnard, Mme J.-J.-E.L'Espérance.Mlle Marie Girard.Mlle Emércntienne Chagnon, Mme Henri Vautclet.* Fédération nationale Saint-JeanBaptiite, Conseil de Québec Les damn patronntttet des Oeuvres suivantes: l'Hôpital Notre-Dame; le Comité d'Administration de l'Hôpital Sainte-Justine; l'Assistance Maternelle, les Ecoles Ménagères Provinciales, la Fédération des Cercles d'étude des Canadiennes-Françaises, les Cercles des Fermières de la Province de Québec; la Cour Villa-Maria des Forestières Indépendantes: l'Ecole d'Education familiale et sociale.Fédérations et sections paroissiales: La Nativité de la Sainte-Vierge, d'Hochelaga; Très-Saint-Nom de Jésus, de Maisonneuve; Saint-Stanislas, Saint-Lambert, Saint-Ambroise, Côte Saint-Paul, Saint-Joseph; Notre-Dame du Perpétuel-Secours (Ville-Emard) ; Saint-Bernardin de Sienne, (Ville de Saint-Michel).Associations Professionnelles: Employées de magasin.Employées de bureau, Femmes d'affaires, Aides maternelles,la Société des Ouvrières Catholiques (S.O.C.) et ses sections: La Nativité de la Sainte-Vierge, d'Hochelaga; Côte Saint-Paul, La-«hine.Saint-Alphonse d'Yourllie.Saule-au-Récollet.Comités: Comité des Oeuvres Economiques.Comité de la Visite des Hôpitaux, Comité de l'Economie Domestique.Comité des Questions Nationales, Comité de la Protection de la Jeune Fille, Comité féminin du Ille centenaire de Montréal.Comité do la Croix-Rouge.Comité consultatif d études sociales.Principales oeuvres accomplie* par la Fédération et ses filiales Fondation des Associations Professionnelles Fondation des Fédérations paroissiales Etablissement de Caisses de Secours Etablissement de Cours f Enseignement Ménager Comité de lutte contre l'alcoolisme Amendements à la loi des licences Législation en faveur des Institutrices et des employées de bureau Comité des questions domestiques Comité de lutte contre la mortalité infantile Fondation de "Gouttes de last" Participation aux expositions pour le bien-être de l'enfance Comité de lingerie d'autel et décoration d'église du Congrès Eucharistique Pèlerinage à Lourdes et à Rome Affiliation à l'Union Internationale des Ligues catholiques féminines Fondation de la Bonne Parole Comité du "Denier National" Comité des questions civiques Comité de la Croix Rouge Comité du Fonds Patriotique Comité de F Assistance par le travail Comité central f étude et faction tociale Comité des Oeuvres économiques Comité de Rédaction de la Bonne Pauoli Comité d'Administration de la BoNNg Paioli Comité de la construction Comité du service social Comité de la Visite des hôpitaux Fichier Central de renseignements Comité de l'apostolat de la paix La réforme du Code civil en faveur de la femme.N.B.— On peut devenir membre de la Fédération Nationale Saint-Jean-Baptiste en s'inscri-vsnt à son secrétariat: roe Sherbrooke Bat AUTORISÉ COMME ENVOI POSTAL DE LA DEUXIÈME CLASSE, MINISTERE DBS rosTES, OTTAWA LA BONNE PAROLE Vol.XXXVII Montréal, Avril 1947 No 4 UN CONGRÈS INTERNATIONAL SUR « LA MÈRE » « La Femme sert le Pays en servant la Famille » Il y a maintenant plus d'une décade, — en 1933 — , tics Congrès Internationaux ayant pour thème « La Mère », furent institués par l'Union Féminine Civique et Sociale, il fut alors décidé de créer un Centre international de Documentation, ayant pour objet tous les problèmes se rapportant à « La Mère, Ouvrière de Progrès Humain ».Une revue « Les Notes Documentaires », vient avantageusement compléter cet organisme.Après une interruption tie près de dix ans due à la guerre, le Centre de Documentation reprenait ses activités et nous recevions en novembre dernier de MJIe A.Butillard, la secrétaire générale, un communiqué nous annonçant pour la fin d'avril le lllième Congrès International.Rappelons ici que le 1er Congrès eut lieu en 1933.avec pour thème « Le Travail Industriel de la Mère», et le llième en 1937, traitant tie «La Mère au Foyer ».Afin tie donner au Congrès actuel toute sa valeur internationale, des formules d'enquêtes ont été envoyées en divers pays sur les questions au programme.Ces questionnaires s'adressaient aux mères de différentes catégories : aux éducatrices, aux rurales, aux professionnelles, aux femmes médecins, aux intellectuelles et artistes, aux conseillères municipales, à celles qui se consacrent à leur foyer.Un questionnaire spécial s'adressait aux Jeunes.Sur la demande expresse du Congrès, nous avons répandu ces questionnaires dans différents groupes répondant à différents milieux.Si nous n'avons pas reçu toutes les réponses que nous avions espéré recevoir, celles qui nous sont parvenues étaient très bien faites.La Fédération qui avait été chaleureusement invitée à se faire représenter à ce Congrès qui promet d'être si intéressant, a tliï malheureusement décliner l'invitation.Mais nous savons que plusieurs ties nôtres actuellement là-bas, notamment notre ambassadrice Mme Georges Vanier, Mme Paul Baulieu, dont le mari est notre attaché culturel à Paris, Mme Yvonne Àuclette-Prieur tie Cacouna, et d'autres peut-être, assisteront à ces séances d'Etude et y représenteront dignement le Canada.' la.secrétaire fénêralô : Georgette LE MOYNE 2 LA BONNE PAROLE Montréal La femme mariée devant le Code civil par M.Maximilicn Coron, vice-doyen de la Facilita de droit de l'Université de Montréal La condition juridique tie la femme mariée dans la province de Québec a déjà fait, ici, l'objet de plusieurs causeries.Les juristes, qui m'ont précédé à ce microphone, ont attiré votre attention sur l'importance du problème.Ce soir, il m'est agréable de joindre ma voix à la leur pour réclamer la revision de certaines dispositions du Code civil qui s'y rapportent.Notre Code s'occupe de la femme mariée, en sa double qualité de mère et d'épouse.Dans les articles qu'il contient à son sujet, à travers beaucoup de bon, se discerne nettement l'influence d'un masculinisme inélégant.i A la mère, il impose les mêmes obligations qu'au père.Elle est tenue de nourrir, entretenir et élever, comme lui, leur enfant.Ce dernier lui doit, comme à son père, honneur et respect.« Il reste, déclare un autre texte, sous leur autorité jusqu'à sa majorité ou son émancipation ».lin tout cela, rien que de très louable.Mais voici que le législateur ajoute : « C'est le père qui exerce seul cette autorité durant le mariage ».A rencontre de cette règle ainsi formulée, l'on a le droit de s'insurger.Elle me paraît, sans motif, brutale pour la mère.Interprétée à la lettre, elle signifie que la mère n'a pas la liberté de veiller à l'éducation de ses fils et de ses filles, du moins sans délégation du père.Il faut bien, au juriste, repousser cette appréciation littérale.S'il l'admettait, il commettrait une injustice.Puisque la mère a le devoir d'élever ses enfants, nous devons lui reconnaître la faculté de l'accomplir.Or, précisément, l'autorité paternelle existe pour permettre à ses titulaires de mieux remplir leur charge d'éducateurs.Au surplus, le droit naturel et la doctrine catholique nous affirment que cette puissance appartient, et quant au titre et quant à sa mise en mouvement, aussi bien à la mère qu'au père.J'entends l'objection que l'on me fait.Au cas de divergence de vues entre les deux, sur l'exercice de l'autorité paternelle, comment résoudrn-l-on la difficulté ?En pratique, elle se règle, presque toujours, au foyer, la suite de franches discussions au cours desquelles, les parents trouvent ensemble le parti qui convient au bien tie leurs enfants.Néanmoins, la législation doit prévoir l'hypothèse où ils ne peuvent s'entendre.Il importe qu'elle fournisse le moyen de mettre fin à l'impasse où ils s'entêtent.Serait-il déplacé de suggérer qu'alors le sentiment du père remportera ?C'est ainsi que les* droits étrangers les plus progressifs ont tranché le débat.Vous me présentez, sans doute, une seconde objection.Mais si le père prend sa décision pendant qu'il se montre indigne de la manifester ?Vous me donnez l'occasion de signaler une autre lacune tie notre Code civil.Il n'édicte pas que l'autorité paternelle a été instituée dans l'intérêt (I) Causerie prononcée à Radio-Canada.le jeudi I3fft*rt, à {allemande du Comii conjoint du Statut légal de la Ktmvie 'mariée dans la provnice de"Québec. Montréal LA BONNE PAROLE 3 des enfants.Au contraire, il laisse croire qu'il s'agit d'un pouvoir inamovible.Sauf un tempérament que renferme le chapitre de la séparation de corps, le mari le conserve et l'exerce jusqu'à sa mort, digne ou indigne.La mère qui ne veut pas recourir à des mesures extremes, supporte, impuissante, la conduite scandaleuse et préjudiciable de son époux.Vraiment, le moment est arrivé de corriger cette situation.Ne craignons pas d'organiser, dans notre Code, la déchéance de l'autorité du père dont le comportement révèle qu'il ne comprend plus rien à sa responsabilité de chef de famille.La mère, la plupart du temps, pourra la recueillir et s'en prévaloir pour le plus grand avantage des siens.II C'est de l'épouse, cependant, que Ton discute surtout.Avant de montrer le sort que la loi lui réserve et devrait lui réserver, il n'est peut-être pas inutile de rappeler certains principes.Car nous entrons sur un domaine où se rencontrent les juristes et les sociologues.Le mariage, pour nous, constitue un contrat religieux indissoluble.Il établit, entre les parties contractantes, une véritable société.Il suit de là, que les époux sont des associés, donc, par définition, des égaux.L'un et l'autre poursuivent, dans leur association, un bien commun auquel ils participent.La société conjugale, à l'instar de la société politique, requiert toutefois une hiérarchie des fonctions.L'Eglise reconnaît à l'homme la primauté de gouvernement, à la femme, la primauté d'amour.Elle prescrit à l'un et à l'autre d'accepter leur condition respective, non comme des serviteurs, mais comme des associés.Retrouvons-nous cet enseignement, conforme au droit naturel, dans notre loi civile ?En partie seulement et très mal énoncé souventes fois.L'on y voit bien, à l'article 1259, que le mariage donne naissance à l'association conjugale — à l'article 185, qu'il ne se dissout que par la mort de l'un des conjoints.L'on n'y décèle évidemment, nulle part, la primauté d'amour revenant à l'épouse.L'on y remarque, par contre, longuement réglementée, la primauté de gouvernement de l'homme, quoique, malgré tout, d'une façon incomplète.C'est là contre que nous devons en avoir.Dans ce champ de nos lois, il y a plus d'ivraie que de bon grain.Ce dernier lui-même me paraît de qualité inférieure.L'ivraie le recouvre.Il faut les séparer, détruire l'ivraie et améliorer le bon gain.Pour se convaincre de cette nécessité, il me semble opportun de retracer l'origine historique de la conception que le législateur a traduit dans les dispositions du Code civil que je viens de synthétiser.Je crois qu'elle ne se rattache pas directement aux institutions romaines qui, vues de loin, présentent quelqu'analogie avec la nôtre.Pendant de nombreuses années, à Rome, la femme subissait un pouvoir masculin dénommé : manus.Créé au bénéfice du pater familias — qui était souvent le père ou le grand-père du mari — il accordait à son détenteur, tous les droits sur la personne et les biens de l'épouse.Au contraire, notre puissance n'asservit pas aussi littéralement la femme.Elle lui laisse notamment la propriété entière de son patrimoine, si elle limite sa faculté de le gérer et d'en aliéner les éléments.L'autorité maritale ne peut, non plus, raisonnablement, se comparer à la tutelle des femmes, nonobstant que l'article 986 C.C.classe les LA BONNE PAROLE Montréal épouses clans la même catégorie que les mineurs.Car.à Rome, cette institution n'existait que pour les femmes célibataires, divorcées ou veuves.Ici, par contre, Dieu en soit loué, toutes les femmes non mariées jouissent des mêmes droits, de la même aptitude juridique, de la même considération que leurs frères.L'autorité du mari, telle que la révèle la loi actuelle de la province de Québec, me semble résulter d'une interprétation erronée île certains passages tie la Bible.Elle apparaît, du reste, en France, vers l'époque où le libre-examen commence à pénétrer les opinions des légistes, au moment où ils perdent la claire vue de la doctrine traditionnelle du mariage.Ne soutiennent-ils pas que l'union matrimoniale est certes un sacrement, ressortissant à la juridiction de l'Eglise, mais aussi un contrat civil sur lequel peut légiférer l'Etat et auquel se trouve subordonne le sacrement ?Les textes bibliques qu'ils lisent sans guide abondent qui h j amènent, de cette façon, à se détourner de l'inspiration qui les a fait écrire.Au lieu d'en replacer les phrases dans le contexte de la grande et large pensée catholique, ils ne voient qu'elles, les montent en épingle, en tirent des conclusions fantaisistes.Ils vont plus outre.Ils transforment, en règles générales de droit positif, certaines directives spirituelles que donnent, dans des cas particuliers, les confesseurs à leurs pénitentes La coutume obligea d'abord les femmes à tenir leur conjoint au courant de leurs intérêts pécuniaires.Si elles négligeaient ce devoir, les contrats qu'elles concluaient, les procès qu'elles engageaient valaient, moins que l'homme ne les désavouât.Nul autre que lui ne pouvait s'en plaindre.Son assentiment, il lui était loisible de l'exprimer tacitement.Son associée n'avait jamais besoin de demander une habilitation étrangère.Puis, l'on tint ce régime pour trop libéral.Lorsque s'affaiblit encore davantage l'idéal chrétien, les légistes masculinisèrent à fond le droit îles gens mariés.Ils tendirent et réussirent à établir l'hégémonie théorique de l'homme dans la société conjugale.Sans oser l'avouer, ils la basèrent sur la notion païenne et aristotélicienne de l'intelligence et île la volonté féminines.Ils proclamèrent la femme incapable d'agir seule, comme si le sacrement de mariage avait la vertu d'obnubiler ses facultés.Non seulement ils l'assimilèrent jusqu'à un certain degré, aux mineurs, mais ils rendirent son incapacité plus radicale que celle des enfants — parvenus à l'âge île raison.Alors que ces derniers n'accomplissaient que des actes annulables, pour cause lésion, l'épouse non autorisée voyait les siens réputés absolument nuls.Si son mari ne voulait pas l'habiliter a contracter, elle devait subir l'humiliation d'aller solliciter la permissi du magistrat.C'est dans cet arsenal de normes absurdes que le législateur, en 1866, a puisé les diverses dispositions du Code civil qui ont tant prêté flanc à la critique.Ainsi s'expliquent: l'énormité en quoi consiste, à l'article 986 C.C, la mention de l'épouse, parmi les incapables, au même étiage que les mineurs et les interdits — la nécessité de l'autorisation judiciaire, à l'article 17S — la nullité que rien ne peut couvrir des actes de la femme non autorisée, à l'article 183.Pareilles anomalies, inutilement injurieuses pour nos mères et nos épouses, méritent qu'on les supprime.Si elles nom pas lait tout le mal qu'elles auraient pu produire, Montréal LA BONNE PAROLE 5 il faut en bénir le ciel et l'imputer au robuste bon sens — au sens profondément chrétien de notre population.Jusqu'où, cependant, doit aller la modification de notre Code que cet aperçu appelle ?Je la conçois sur deux plans distincts.Sur celui de la phraséologie ou de la rédaction des articles qui doivent demeurer, éliminons les expressions malheureuses ou qui, aujourd'hui, rendent, dans une loi, un son faux : puissance maritale, par exemple.On devrait aussi pouvoir substituer au mot « obéissance » de l'article 174, une courte phrase qui, tout en maintenant le principe qu'il évoque, ajouterait le but et les conditions de son application.Sur le plan principal, sur celui du fonds des institutions juridiques, il convient de garder tout ce qui assure la primauté de gouvernement bien comprise, et d'élaguer tout ce qui ne lui importe pas.A mon avis, il lui importe que le mari se voit concéder la qualité de chef de la famille, avec les incidences qu'elle implique.Mais il faudra faire clairement ressortir qu'elle lui appartient non pas, dans son intérêt exclusif, pour la satisfaction de son orgueil ou de son goût de domination, mais parce que la nature l'a choisi pour être la tête d'une société ordonnée, dont les deux membres sont égaux devant Dieu et devant le monde.|e crois donc qu'il y aurait lieu, non seulement de retenir le deuxième paragraphe de l'article 179 C.C, mais île le généraliser, suivant les tendances de la doctrine, dans la province.Ordinairement, c'est l'homme qui s'extériorise, hors de la maison, dans l'exercice d'une profession ou d'un métier.Que si la femme désire en faire autant, il me paraît normal et, au surplus, conforme à la justice du contrat de mariage, qu'elle s'accorde, sur ce point, avec son associé.Quant au reste, affirmons, bien entendu, la parfaite capacité de ['épouse qu'en droit naturel, elle a toujours eue.Doit-elle toutefois, encore, juridiquement, consulter son mari et obtenir son consentement avant d'administrer, d'aliéner ses biens, de contracter ties obligations qui l'engagent, elle seule, envers autrui ?Rappelons, à ce propos, que, sous le présent régime du Code, on ne requiert plus cette autorisation dans un grand nombre de circonstances.Une certaine généralisation de ces exceptions n'entraînerait aucun inconvénient et offrirait parfois, des avantages pratiques certains.Souhaitons, mesdames, messieurs, que le législateur apporte, à la condition juridique tie la femme mariée, les réformes qui.à la fois, consolident les caches tie notre famille chrétienne et fassent disparaître tie nos lois, les normes qui ont toujours été étrangères aux vraies traditions françaises et catholiques.MESURE DE PRUDENCE « En avril, ne te découvre pas d'un fil ».Que tie rhumes on éviterait si l'on écoutait toujours le conseil tie ce vieux proverbe.On est souvent trop pressé d'enlever flanelles et lainages, et quand on est petit tie remplacer les bas par îles chaussettes.« Mais en mai.fais ce qu'il te plaît ».C'est-à-dire que le moment est tout tie même venu à présent de remettre dans les armoires les gros manteaux, les cols tie fourrure, les lainages et autres vêtements d'hiver. 6 LA BONNE PAROLE Montréal /,- | HA CACCI ÈRE par Marie-Claire Davcluy {suite et fin) Ma carrière, que lut-elle dans son ensemble ?Ni prématurée, ni trop longue, ni éclatante, ni trop sombre, une sorte de grisaille.Un labeur aimé entre tous occupait le plan de couleur claire.Le gris enveloppait les incidents sans gaieté, les travaux sans facilité, entravé par quel pauvre outillage.Celui d'une époque d'organisation qui se cherche, qui tâtonne, autour des moyens d'action propres aux belles carrières.Mais la bibliothèque connut de grandes heures précisément aux jours où j'y entrais.Chronologiquement, ma carrière débutait avec la plus brillante de ces heures.Elle me couvrit d'une extraordinaire rumeur de fierté ! Rappelons-la.D'abord, que possédait la bibliothèque au moment où l'on parla de la transporter dans son immeuble ?Seize mille volumes environ.C'était peu.Mais quand même on jugea le moment venu de loger cette collection avec une certaine somptuosité.Un palais de beau marbre canadien avait été construit.On v transporta fin d'avril 1917 ces (envies choisies.On doubla le personnel, dont je devins l'une des nouvelles élues.Puis, une autre magnificence fut résolue : la cérémonie d'inauguration, en mai 1917.Ce fut un spectacle comme peu de bibliothécaires osent en rêver, dans leur paisible carrière.Le vainqueur de la Marne.Joseph-Jacques-Césaire [offre.Maréchal de France, en fut le personnage central.Par un bel après-midi de verdure et de brise, le grand soldat descendait en face du palais, qui nous abrite ce soir.Ses hautes portes de cuivre étincelaient, mais elles étaient closes.A la voiture, au devant du visiteur, s'empressait le bibliothécaire, chapeau bas comme à Versailles, et mots lapidaires aux lèvres.Historien lettré, et petit-fils de notre historien national, Hector Garneau prononça en frémissant : «Maréchal, le Canada vous salue».Avec ces mots, il présentait à s.»n hôte la clef d'or massif qui ouvrirait la cité des livres.Le Maréchal fit jouer les gonds.Le premier, il entra dans cette maison où se ranimeraient sans fin les grands esprits de l'humanité.La première heure de la bibliothèque — qui fut la première heure de ma carrière ¦— fut de taille, vu< pouvez en juger.La France victorieuse de 1914-1917 y résonnait avec la voix de Césaire [offre.Elle éveillait d'autres échos, jamais endormis dans ce Montréal fondé par des fils de France et dont le sang fut aussi prodigue à se répandre que celui des héros de la Marne.La France, avec Césaire Joffre, pouvait évoquer ici, quelles gloires bien françaises, qui ouvraient par le fer et l'acier tout un pays à la civilisation.Une autre des grandes heures que je désire mentionner, car il faut bien me limiter, eut moins d'apparat et de résonnance.Une fierté plus modeste fit battre les cœurs.Ce fut une joie i^rave et recherchée tout de même.Les historiens, les bibliothécaires, les amis des vénérables ancêtres du livre canadien, regardaient enfin, palpaient, scrutaient, la riche collection du prince de nos bibliographes : Philéas Gagnon.Ma carrière connut ce beau dimanche de l'an 1924.Ce fut un de ses sommets.Ne souriez pas de ce Montréal LA BONNE PAROLE 7 mot, toujours intimidant à prononcer.Les collines n'ont-elles pas leurs sommets, tout comme les plus hautes montagnes ?Je m'explique d'ailleurs tout de suite, entrant au cœur même de ma carrière, en vous parlant de la plus importante collection privée jamais connue au Canada.La Ville de Montréal en fit l'acquisition en 1910.Puis, tous ces trésors, ces Canadiana rarissimes, furent ensevelis dans des caisses, protégés par des bandelettes de plomb, puis déposés dans la crypte, — ou le sous-sol de ce palais.Elles attendirent longtemps leur réveil, ces soixante caisses-sarcophages, alignées comme des tombes royales dans quelque vieille abbaye.On frissonnait un peu en les frôlant à l'occasion du moins les personnes d'imagination vive.On se dépitait aussi.Qui n'accepte de chercher et de désirer longtemps un trésor introuvé ?On gronde devant tout trésor dont on retarde l'heure de la possession.Ce pénible sommeil dura douze ans.Il fallut que la Ville désespérât de ses finances et des sommes à offrir pour des acquisitions nouvelles — cela lui arrivait souvent hélas ! — pour qu'enfin elle se décidât à exhumer, des richesses bibliographiques sans exemple.En février 1922 exactement, la première caisse livrait ses in-folios.Grand émoi ! Heure inoubliable, où il me fut donné de plonger dans l'écrin, pardon, dans la modeste et solide boîte en bois, débarrassée* de son plomb funèbre.Avais-je mérité cet honneur ?Je ne le nrois pas.Mais depuis cinq ans, je m'appliquais à connaître, à saisir, chaque secret de mon métier.Je méditais depuis si longtemps le reproche pénible d'Olivar Asselin à ses compatriotes : « Les Canadiens n'aiment et ne cultivent que l'a peu près».Je me renseignais.J'étudiais.Un stage à l'Université McGill, puisque l'Université tie Montréal n'avait pas d'Ecole de bibliothécaires, ouvrit bien grands mes yeux.J'y acquis la certitude que ma carrière non seulement ne s'improvisait point, mais ne s'achevait jamais.Course magnifique vers un humanisme presque inaccessible ; tentative ardue, sans aide adéquate ou rare, et difficile à se procurer, voilà ce qui m'empêcha de jamais connaître le repos, ou cette béate satisfaction devant des efforts accomplis en vitesse.A côté du travail culturel se dressait donc sans cesse, l'art du technicien à acquérir.Je sentis souvent cette pointe de mélancolie que connaissent ceux qui œuvrent dans le vide, qui prennent des décisions, assument (.les responsabilités, que l'avenir ne ratifiera point.Tâche de pionniers qui s'attaquent à la forêt, puis à son essouçhement, non travail de jardinier-artiste, qui sème pour la floraison prochaine des lis et des roses.Qu'on ne m'accuse point d'amertume ! |e n'en eus jamais.Comment ne pas admettre que dans tout domaine, ce sont les pionniers qui apparaissent d'abord.Avec eux, c'est un appel constant à l'énergie, h la patience, à la résignation.Les résultats-heureux, ils les auront voulus de toutes leurs forces, mais ils ne les verront point.Cette terre promise ne sera entrevue qu'en rêve.Cette vision réconfortante ne constituera qu'un mirage qui dura.La foi en son métier, l'amour de sou métier feront seuls renaître, chaque jour, les forces et cet espoir qu'on ne se dépense jamais en vain, que nul effort n'est perdu, comme a dit un sage.Vaste culture, technique parfaite, possession d'un outillage qui soit s LA BONNE PAROLE Montréal le dernier mot du progrès, voilà ce qui fait la grandeur, ou la misère, de la carrière de bibliothécaire.J'en convenais d'ailleurs avec les esprits distingués qui m'entouraient ; femmes erudites, hommes de lettres, et autres bibliothécaires soucieux de belles lectures.Plusieurs vivent encore, portent des cheveux blancs, éclat d'argent, près des yeux bleus ou noirs comme jais.Leur amitié me reste et m'honore.Si le temps ne m'était mesuré que de tableaux graves ou gais à rappeler, de mots spirituels à citer.L'une d'entre elles — elle est peut-être ici, ce soir, — donnait la réplique avec une rare maîtrise.Entre le classement de deux vénérables in-folios, cela nous mettait l'âme en joie.Mais quelques-uns de ces fraternels ne sont plus, ont vu passer l'ombre de ce monde.Le dernier en date, c'est le bon et l'original Marcel Dugas.Il y fut de brèves années, sept ou huit ans.II y promenait un ennui élégant, son «goût de cendres» comme il disait.Il y égarait aussi, certains jours d'inspiration, de précieux petits bouts de papier.Cet écrivain, fin créateur d'images, ce « voyant » de l'état d'âme d'un Verlaine, ou de Mlle Reid, ce peintre des minuscules chapeaux, et des petites dames frisées de la rue Fullum, fut le sourire ailé, un charme pour le personnel de son époque.Il nous consola durant combien d'heures sombres, où de si minimes résultats étaient obtenus.Les livres ne.circulaient qu'avec une méthode encore loin tie sa perfection.On tentait d'en sauvegarder l'existence, sachant qu'ils ne seraient point remplacés.La < Bookless Library », comme on appelait alors ce palais, accomplissait journellement, avec conscience, une œuvre pourtant méprisée.Heures sombres, oui, heures désolées, à côté îles grandes heures trop rares, soucis humiliants, pénible incompréhension ! En vrais amis des livres, nous ne songeâmes jamais, cependant, à quitter la barque.Elle navigue, donc elle est.Elle dure, donc elle arrivera quelque part.En ces temps, c'est le lettré, l'historien, le passionné des beaux livres, que fut Hector Gameau, qui gouvernait la bibliothèque.Puis vint Félix Desrochers, organisateur habile, qui aurait donné de l'espoir aux pires désespérés et pour lequel on acceptait de créer à la fois l'outil et le clou afin que l'un puisse enfoncer l'autre.Ah ! l'animateur rare que Félix Desrochers, qui aurait chante et agi sur le bord d'un abîme ! A preuve, ce premier inventaire général des livres accompli en cinq semaines, durant l'été de 1930.Tour de force vraiment, pour qui est du métier, puisque le personnel peu nombreux, peu préparé en vint quand même â faire tie la clarté autour des trente mille volumes de la bibliothèque en ne comptant point les Canacliana de la Collection Cjagnon.Puis vint .-ligidius Fauteux.Personnalité riche en possibilités île toutes sortes, symbole, modèle â cette date du bibliothécaire à la carrière féconde.Ce terrible petit Napoléon, dans l'empire des livres, était « omniscient » aurait-on dit, doué du ilon d'ubiquité, d'une mémoire infaillible, d'une curiosité intellectuelle qui ne connaissait jamais le repos.Son esprit, satirique, parfois un peu cruel, n'épargnait personne.Il demandait, quand c'était l'heure ce qu'un bibliothécaire de sa trempe doit demander, mais i1 ne renouvelait jamais ses demandes.Il se retirait dans sa tour d'ivoire, toutes griffes dehors cependant.Son attitude, son silence armé, impressionnaient, exerçaient son influence indue.Il parvenait souvent à ses fins. Montréal LA BONNE PAROLE 9 Il imprimait ainsi, à la Cité des livres, une impulsion dont on se ressent encore.Sa mort assez soudaine fut un départ inattendu, rapidement exécuté, un bond stoïquc de chrétien dans la mort.Il laisse le souvenir d'un grand bibliothécaire.Ma carrière se termina alors que ce sillage funèbre commençait à s'évanouir.Un peu plus d'un quart de siècle s'était écoulé, à l'ombre de ce palais, dont les murs reflétaient chaque jour ma silhouette de bonne volonté.La Bibliothèque accueillait alors à sa tète un écrivain de talent, d'une belle dignité silencieuse.Il avait signé un de ses romans historiques : les Opiniâtres.Son esprit y laissait échapper le secret de son caractère résolu.La Bibliothèque allait bénéficier, dans ses destinées futures, de ce vouloir intelligent qui s'imposait sans l'intransigeance des mots et des gestes.Pré-carrière, carrière, sous-carrière ou violon d'Ingres, tout cela constitue la chaîne de l'activité personnelle.Activité plus ou moins intense selon que les contingences humaines entravent ou facilitent la vie de chacun.Mais l'activité la plus intense n'est possible qu'en suscitant quelque beau dévouement intelligent qui en permette le libre jeu.Celui d'une sœur, d'une femme aimée, d'une mère, qui auront veillé, sans souci de gloire propre, autour du tâcheron intellectuel, chercheur de silence, oublieux de ce pain quotidien qui renouvelle l'énergie, et, par répercussion, les forces vives de l'âme.Marie-Claire DAVELUY La fête des mire: Une exposition d'artisanat L'Association des Femmes d'affaires de Montréal, à la suggestion de Mme Françoise Gaudet-Smet, a, depuis quelques mois, centré ses études sociales sur l'artisanat, facteur de bien personnel, familial et national.On a travaillé d'abord à la découverte des ai tisanes du milieu particulier à chaque membre de cette association, puis on s'est assuré les services et avis d'une technicienne, professeur de qualité, en la personne de Mme J.-A.Charbonneau.Les résultats su sont avoués si concluants sur des possibilités d'expansion qu'une exposition d'artisanal sera tenue, dans les salons de la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste, 853 est, rue Sherbrooke, sous les auspices de l'Association des Femmes d'affaires de Montréal, les 9, l() et 11 mai 1947.Révéler ce que font les artisanes de chez nous, c'est déjà un beau geste à la gloire du beau travail de création, d'adresse et d'attention que sont les œuvres de main.Et offrir l'occasion d'acquérir des articles d'artisanat, à la veille même de la fête des mères, c'est d'un grand sens pratique, établissant entre la production et la consommation une coopération tie bon aloi.Pour la fête des mères 1947.pensez tout de suite à un cadeau d'artisanat canadien, à une visite à l'Exposition de mai à 853 est, rue Sherbrooke.La présidente de l'Association des Femmes d'affaires : Flore DESCHAMPS 10 LA BONNE PAROLE Montréal I VOL) PRIWTAMIERd (Vers inédits) Bénissons Dieu! Voici que Iété va renaître, Que les petits ruisseaux vont chanter sous les bois, Que tous les prés seront pleins de chants et de voix.Et que la feuille neuve ornera la fenêtre ! Lorsque l'hiver s'enfuit du bosquet rajeuni.Et que tout est sauvé de son rude esclavage.Au large on voit passer l'oie ardente et sauvage Qu'attire notre ciel et qui refait son nid.Le cou dressé, les ailes brillantes et fortes.Elle file, elle court sur la route des airs.Elle passe les monts et les grands caps déserts.Et combat de la nuit les sinistres escortes.Messagère d'espoir, messagère d'amour, Elle apparaît, soudain, par un soir gris et vague, Avant que les pluviers s'abattent sur la vague lit que les goélands annoncent leur retour.Son dos noir et luisant, sa tête mordorée Se tendent vers les flots, dans un rythme puissant.Son corps ferme frémit, son œil vif est perçant, Et sa cravate blanche en la brise est moirée.Toujours lever la tête, et lutter et monter.Toujours fuir les marais où l'aile s'anLylose : Pour nous cette leçon en ta vie est enclose, 0 chercheuse d'azur, d'espace et de beauté ! Belle oie, ô conquérante intrépide et fidèle, Qui, tous les ans, reviens vers les rives du nord.Sers-moi d'exemple et que mon cœur, ardent et fort, S'envole èperduement vers la rive éternelle !.Blanche LAMONTAGNE-BEAUREGARD «Du crime à la sainteté» Le lundi soir 31 mars, le Père |ean Courtois nous a donné, sous ce titre, une conférence très émouvante.Mme Alfred Thibaudeau souhaita la bienvenue au R.P.Gatidrauit et a l'auditoire.Le conférencier fut présenté par le R.P.Provincial et remercié par Mme Pierre Casgrain. Montréal LA BONNE PAROLE II Organisée par Mme Pierre Casgrain, avec la collaboration de la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste, du Secrétariat et de ses groupes, présidée par le R.Père P.-M.Oaudrault, Provincial des Dominicains, cette soirée a laissé un souvenir inoubliable aux liés nombreux auditeurs : leligieux, religieuses, prêtres, hommes, femmes et jeunes tilles.Le conférencier nous a parlé de son apostolat au bagne des femmes, en France.Le Père Courtois nous a dit l'enfer qu'est ce bagne de femmes, sans aumônier durant 40 ans, donc sans retraites ; sans compassion, mal nourries, vivant dans une terrible promiscuité, souvent condamnées à l'oisiveté complète, faute de matière première pour organiser le travail et condamnées au silence total.Le Père Courtois a donné sa démission comme Prieur du Couvent Dominicain de Paris, pour s'occuper des femmes criminelles, de « ses enfants », tant dans les prisons, qu'à l'heure de leur libération.Il a trouvé la formule idéale pour les réhabiliter : le village de Béthanie, où elles redeviennent des créatures humaines, gagnant leur vie, traitées avec bonté avec l'aide spirituelle à laquelle les âmes ont droit.Elles sont sauvées par le prêtre, et le travail quotidien, justement rétribué, dans un décor de vie familiale, sous le soleil de Dieu.Dans certains cas, le P.Courtois obtient que ces femmes ou jeunes filles retournent dans leur famille.Celles qui vont à Béthanie reprennent leurs enfants à l'Assistance publique.Il y a pour eux une école spéciale, car un enfant ne doit jamais entendre mal parler de sa mère, même si elle sort île prison.Le P.Courtois prêche, quête et parle partout pour recueillir les tonds nécessaires à Béthanie dont le directeur est un ami, entouré de femmes dévouées qui donnent généreusement leur temps à cette œuvre nouvelle et si nécessaire.A part l'argent indispensable, il faut nourrir et habiller les prisonnières libérées, construire, se procurer l'outillage des ateliers, etc.Les filles de la campagne travaillent dans les fermes, les ouvrières, à leur métier.On leur demande de payer une pension minimum, à cause des temps très durs, mais elles peuvent économiser une large partie de leur salaire.Parmi ces femmes, le P.Courtois a obtenu de magnifiques conversions qui sont sa récompense et sa joie.L'une d'elles, entrée chez les Religieuses de Béthanie, est déjà très loin dans l'étroit chemin de la sainteté.Cette œuvre de Béthanie représente une ties formes les plus parfaites de la charité, puisqu'à l'exemple de Notre-Seignur qui se penchait avec tant de sollicitude sur les pécheurs, elle les attend, les accueille et les conduit, avec amour, vers une vie normale et utile.Le conférencier nous a laissé cette phrase à méditer : « Ne condamnez pas, ne méprisez pas, ne jugez pas ceux qui près de vous semblent tombés très bas ; vous ne pouvez savoir où leur repentir, leur générosité les conduira ».Souvenons-nous toujours de l'infinie miséricorde de Jésus envers AAarie-Madeleine, la femme adultère, la Samaritaine.Ces femmes des prisons qui ont péché, ont payé, ont expié ; et si Dieu leur a pardonné nous ne pouvons faire moins, nous qui avons tant reçu du ciel et qui avons vécu clans l'éblouissante lumière chrétienne.Madeleine TH1BAUDEAU 12 LA BONNE PAROLE Montréal JOURNAL DES OEUVRES CHEZ LES OUVRIÈRES CATHOLIQUES 16 février — A l'occasion dus « jours gras » la Société des Ouvrières catholiques a tenu une réunion-surprise.Mlle la Présidente nous entretint pendant quelques instants des obligations du carême et nous rappela un autre événement : la campagne de la Fédération des Œuvres de Charité Canadiennes-Françaises qui.cette année encore, demande notre aide généreuse pour remplir sa mission auprès des malheureux et des pauvres.Mlle Emma Douesnarcl renouvela aussi son invitation à l'assistance pour la partie de cartes de Lachine, qui aura lieu le 27 février.Toutes se rendirent dans la salle du sous-sol où l'on organisa des jeux variés pour lesquels les gagnantes reçurent île jolis prix.Le goûtei fut servi.# # * 16 mars — Mlle la Présidente fit un accueil chaleureux à l'assistance ainsi qu'à notre conférencière.Mme Rose Létourneau-Lasalle.qui n'est certes plus une inconnue à la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste, en particulier à la S.O.C.File annonça ensuite que l'exposition annuelle des travaux manuels, exécutés par les membres des différents cours donnés h la Société, aurait lieu le troisième dimanche d'avril.11 y aura distribution de prix.Au mois de mai une exposition de travaux d'artisanat sera tenue dans les salles du sous-sol, et l'on demande aux personnes ayant exposé de bien vouloir rapporter leurs travaux pour lins du décoration.Mlle Emma Douesnarcl invita ensuite les membres et les amies île la Société des Ouvrières catholiques à une réunion intercercles qui sera tenue à l'Institut de Notre-Dame-du-Bon-Conseil.Le sujet à l'étude sera l'intempérance et l'alcoolisme et leurs effets néfastes.Le Dr Adrien Plouffe traitera îles maladies vénériennes causées par l'abus de l'alcool.Aille la Présidente parla ensuite du 40e anniversaire de la S.0.C.qu'on a l'intention de célébrer à la fin de mai.Ainsi tous ceux qui désireraient assister à ces fêtes sont priés de faire parvenir leurs noms au Secrétariat de la Fédération.De toutes les sociétés affiliées à la Fédération, ajouta-t-elle.la S.( ).C.est à peu près la seule qui ait conservé ses pionnières.C'est un devoir de reconnaissance de ne pas laisser passer inaperçu cet événement.Elle transmit l'appel de la Chambre cie Commerce des Jeunes pour obtenir des livres français pour l'Ouest canadien.Mme Létourneau-Lasalle.qui avait intitulé sa causerie : « Souvenirs >>, fut longuement applaudie pour son travail.Mlle la Présidente la remercia au nom de toutes.Le programme musical fut exécuté par Mlles Sylvctte et Danielle Boucher, Mlle Georgette-Hélène Dagenais et Mlle Monique Audet.Durant le Salut du Très Saint-Sacrement, célébré par notre aumônier.M.l'abbé Lucien Lefebvre.Mlle Claire Qendron chanta un Ave Maria. Montréal LA BONNE PAROLE 13 Les gagnantes au tirage organisé par la chorale de la S.O.C.furent : AAIlê R.Leduc, Mme R.Robichaud et Mme Gérard Mardi.Le prix de présence fut gagné par Mlle Monique Audet.La secrétaire : Marcelle BÉLANGER # L'ASSOCIATION DES FEMMES D'AFFAIRES 19 février — Un film sonore, en couleur, très instructif, a été représenté à cette assemblée, grâce à la courtoisie de M.Duchesneaux, représentant de la « Bruck Silk Mills Limited », de Cowansville.Ce film est divisé en deux parties : la première fait voir les diverses transformations subies, à l'aide de produits chimiques, dans la fabrication tie la rayonne, et la seconde fait honneur aux femmes canadiennes.On voit, dans ce film, la transformation que subit la pulpe de bois et les fibres de coton en filé à brin unique.Quand ce filé parvient au moulin sous forme d'écheveaux.on le fait d'abord tremper puis on le teint ensuite au moyen d'un colorant dissolvant, afin de pouvoir distinguer et identifier, lors du tissage.Le fonctionnement de toutes ces machines requiert une certaine manipulation manuelle, mais on trouve maintenant de nouveaux modèles où cette opération même est devenue presque entièrement automatique.Les métiers sont munis d'appareils électriques à interruption.Dès qu'un fil de chaîne est rompu, un contact électrique s'établit.La manière île préparer les imprimés a attiré particulièrement notre attention.Avant tie quitter le moulin, le tissu est soumis à maints procédés additionnels désignés sous le ternie général « finissage », après quoi il est prêt à être expédié dans toutes les villes du Dominion.Mlle la Présidente, qui avait présenté le conférencier, l'a aussi remercié, et plusieurs ont manifesté le désir de visiter cette intéressante filature.Avant tie clore l'assemblée.Mlle Flore Desehamps.présidente, dit quelques mots tie l'exposition artisanale qui se tiendra à la Fédération même, au début île mai : « A vous, mesdames, d'en faire un succès, en exposant vous-mêmes ties travaux que vous avez confectionnés ou en y incitant ties dames qui pourraient le faire ».La secretaire : Bert he LEFEBVRE • CHEZ LES EMPLOYÉES DE MAGASIN 2 mars — Vu l'absence île notre aumônier, le R.I\ André Bilodeau, o.m.i., l'assemblée de ce jour, sous la présidence île Mme Albert Dupuis, commença par la prière, au lieu de la Bénédiction du Très Saint-Sacrement.La présidente, ayant félicité les membres présents d'être venus si nombreux malgré la forte tempête de neige, dit ses regrets de ne pouvoir présenter la conférencière invitée, retenue à Ottawa.Mais avec Mme Albert Dupuis au fauteuil, l'assemblée sera un succès, même si la conférencière invitée fait défaut.Les vastes connaissances île Mme Dupuis lui permettent de traiter bien des sujets intéressants pour les membres.En ijuelques mots elle nous montre la grande loi du travail, non pas faire juste ce qui nous est commandé, mais toujours un peu plus. 14 LA BONNE PAROLE Montréal En ayant le sens de la responsabilité individuelle nous y arriverons facilement.Mme Dupuis déplore le peu de préparation reçue pour jouer, dans un monde moderne, un rôle vraiment efficace.C'est donc à chacune de nous à développer ses talents, nous souvenant que nous sommes sur la terre pour travailler et essayer de faire parfaitement notre tâche quotidienne.« Ainsi jamais blasées parce que heureuses dans votre travail, vous gravirez les échelons qui mènent à la perfection ».Tous les cours de l'Association se termineront en mars.Le premier dimanche de mai, il y aura défilé de modes et distribution de prix.L'Association des Employées de magasin prendra part à l'exposition d'artisanat que préparent les Femmes d'affaires.Mlle Flore Deschamps en donne les grandes lignes.Le but de cette exposition est de faire connaître l'artisanat, de fournir un débouché aux travaux manuels faits à domicile, et de mettre en rapport l'artisanat urbain avec l'artisanat rural.Le programme récréatif fut exécuté par Mlle Marthe Decelle, Mme Gilberte Duchesneau, Mlles Denise Bernard et Yvette Oareau.Le prix de présence, offert par Mlle Denise Bernard, est gagné par Mme E.Vallée.La présidente conjointe : Léa SAUVANT # CENTRE DE COUTURE 8 avril — Une exposition de couture avait lieu à la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste.Cette exposition était le résultat des cours de couture donnés le mercredi à un groupe de dames et jeunes filles qui depuis longtemps en faisaient la demande.L'inscription à ces vingt leçons a été de 63 élèves ; la présence totale 878, c'est-à-dire une moyenne de 44 par cours.Dix élèves ont suivi toutes ces leçons.Ce sont : Mmes A.Lépine, |.Ouérin, P.Beaulieu.P.Dupuis, A.Joly et E.Souchereau ; Mlles P.Vaillancourt, H.Villeneuve.E.Chartrand, R.-A.Boucher.A chacune a été remis un souvenir comme prix d'assiduité.Au cours de ces leçons, nous avons suggéré aussi d'utiliser les vêtements usagés.Ce qui fut fait par Mmes Clovis Martin, |.-L.Denis, A.Lépine, N.Collin, E.Souchereau et A.Joly ; Mlles P.Vaillancourt.D.Audet et R.Nadeau.Un prix, offert pour ce genre de travail, fut mérité par Mme Clovis Martin.La salle des Comités présentait un coup d'œil intéressant avec cette exposition de 96 morceaux comprenant lingerie de dames et d'enfants, robes d'intérieur et d'après-midi, manteaux, costumes, et même un magnifique costume de ski beige et admirablement bien fait.Les personnes dont les noms suivent ont exposé leurs travaux : Mmes N.Collin, L.Dubé, A.|oly, E.Souchereau, H.Pelletier, M.Chaumont, C.Martin, E.Chartrand, P.Dupuis, B.Borduas, L.Boucher.J.Roux, A.Lépine, M.Sainte-Marie, G.Laplante, L.Côté, A.Boyer.P.Beaulieu ; Mlles P.Vaillancourt, D.Audet, T.Maillé, |.Guérin, R.Nadeau et J.-L.Denis.Nous sommes convaincues qu'un bon nombre d'autres personnes ont eu des raisons sérieuses pour ne pas exposer leurs ouvrages.Nous félicitons et remercions toutes celles qui nous ont donné une preuve tangible des travaux exécutés au cours de la saison 1946-1947. Montréal LA BONNE PAROLE 15 Nous ne pourrions terminer ce compte-rendu sans féliciter et remercier nos professeurs de couture : Mmes A.Potllin, R.Dufresne et Mlle Estelle Grenier pour leur dévouement auprès de leurs élèves.Pour égayer cette fête du Comité d'Economie Domestique, nous avons eu le plaisir d'entendre un programme musical par Mlle G.-H.Daigle-Dagenais, M.Florian Poulin, Mlle Monique Audet.Pour terminer, un magnifique goûter fut servi par les directrices de la maison.Mme Albert Dupuis, présidente du Comité, avait bien voulu présider cette réunion et nous avions aussi l'honneur de recevoir quelques membres du Bureau de Direction, particulièrement Mlles Madeleine Thi-baudeau, Maria Auclair, Georgette Le Moyne, Mme P.-A.Robichaud, Mme E.Letellier de Saint-Just, et autres.La secrétaire du Comité d'Economie Domestique : Hedwige LEFEBVRE LA SAUVEGARDE DE LA FAMILLE L'économie est l'art d'ordonner ses dépenses.Sans la pratique de cette vertu sociale, la famille ne connaît aucune sécurité, elle est vouée, tôt ou tard, à la ruine.Protégez votre foyer, préparez l'avenir des vôtres, assurez-vous une vieillesse heureuse et digne en vous constituant petit à petit les réserves nécessaires.Prenez dès aujourd'hui l'habitude de l'épargne Banque Canadienne Nationale 60 succursales à Montréal — 525 bureaux au Canada Actif, environ $350 000 000 AMherst 2131 M0NGEAU & ROBERT CIE LIMITÉE CHARBON Huile à chauffage 1600 EST, RUE MARIE-ANNE .MONTRÉAL 865 est.rue Ste Catherine, Montréal AU SERVICE DU PUBLIC DEPUIS 1868 i • • • CRESCENT 3223 G.-J.PAPILLON MANUFACTURIER DE FOURRURES Notre assortiment est le plus complet que vous puissiez trouver • 257 ouest.AVENUE Laurier puis avenue du parc ENCOURAGEZ NOS ANNONCEURS et mentionnez la « BONNE PAROLE » quand vous faites affaires avee eux.J.-B.Baillargeon EXPRESS LIMITED CAMIONNAGE La plus gi-ande organisation transport 423 EST.ONTARIO - MONTRÉAL HARBOUR 6271 Tél.FAIklrk 2848 Fondée en if 12 Wilfrid Pageau PLOMBIER-COUVREUR Poseur d'appareils à sas et à eau chaude SPÉCIALITÉ! 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