La bonne parole /, 1 janvier 1945, janvier 1945
Montréal, Canada Janvier 1945 môle Organe de la Fédération Nationale Saint Jean-Baptiste SOMMAIRE L'application des lois de la protection de l'enfance, Yvonne Letellier de Saint-Just_______— —.___ 1 Nouvelle année, nouveau programme, £.R.-T,______4 Témoignage d'estime à Mademoiselle Georgette Le Moyne, Marie-Ange M adore.Lettre ouverte de Mme Alfred Thi* baudeau ; Allocutions de R.Mère Marie Gérin-Lajoie et de Mlle Georgette Le Moyne___~~____S Le Comité de secours aux enfants, Y.L.de S.-J._ ____9 Noël à la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste, Madeleine Thi baudeau___-_ _ 10 La famille en péril (rapport), M.Daigneault-_ 11 Journal des œuvres : Chez les Employées de magasin, Léa Sauvant — A l'Association des Femmes d'affaires, Berthe Lefebvre — Chez les Ouvrières catholiques, Marcelle Bélanger _ 13 853 est, rue Sherbrooke au* La Bonne Parole REVUE MENSUELLE fondée en 1913 CE QU'ELLE EST un LIEN qui sert & unir d'esprit et de coeur les Canadiennes-Françaises ; un FOYER d'où rayonnent, sur tous les domaines de l'activité féminine» lumière et chaleur ; un CENTRE où se rencontrent les bonnes volontés, désireuses de se dévouer avec plus d'efficacité aux oeuvres nationales ; un MOYEN de propagande pour la diffusion des principes catholiques d'action sociale; an ORGANE indispensable à l'oeuvre de la Fédération Nationale Saint-Jean-Baptiste, d'abord auprès des diverses associations qui la composent et des comités par lesquels elle agit; puis auprès des oeuvres nationales étrangères qui font, comme nous, partie de l'Union Internationale des Ligues Catholiques féminines.CONDITIONS DE L'ABONNEMENT: Canada et Etats-Unis.M.$1.00 par an Union postale .$1.30 par an Un escompte de 30% est accordé aux membres des associations professionnelles, des Fédérations paroissiales et des communautés religieuses.Le prix de l'abonnement doit être envoyé au Secrétariat de la Fédération Nationale Saint-Jean-Baptiste.853 Est, rue Sherbrooke, Montréal.Les abonnés de la "Bonne Parole" jouissent des privilèges de la Fédération Nationale Saint-Jean-Baptiste et ont droit d'assister aux séances publiques, dont avis est donné dans les journaux.Les abonnés qui désirent des invitations personnelles et voudraient devenir membres actifs de la Fédération Nationale n'ont qu'à s'inscrire, en tout temps, au secrétariat de la Fédération Nationale, 853 Est.rue Sherbrooke, où les heures de bureau sont, le dimanche excepté: de 10 heures à midi et de 2 heures à 5 heures p.m.— Téléphone: FRon-tenac 2665.Toute personne peut concourir à 1 oeuvre de la "Bonne Parole": lo en s'y abonnant; 2o en lui procurant de nouveaux abonnés; 3o en la faisant lire; 4o en lui procurant une collaboration littéraire; 5o en sollicitant des annonces à son intention.La Fédération Nationale Sainl-Jean-Baptisle Œuvre auxiliaire d'Action catholique fondée en 1906 Aumônier'.Monseigneur Philippe Perrier.Présidentes-fondatrices: Madame F.-L.Béique et Madame Henri Gérin-Lajoie.Présidente d'honneur: Madame Henri Gérin-Lajoie.Bureau de direction: Mme Alfred Thibaudeau, présidente générale: Mme Edmond Brossard, vice-présidente ; Mme Théodule Bruneau, vice-présidente; Mlle Georgette LeMoyne, secrétaire générale; Mlle Maria Auclair, trésorière; Mlle Jeanne Lapointe, secrétaire-archiviste; Mme Eusta-ehe Le tel lier de Saint-Just, directrice de "La Bonnb Paiolb"; Mme R.-A.Bouthillier, Mme Arthur Berthiaume, Mlle Hedwige Lefebvre, Mlle Florine Phaneuf, Mme J.-A.Molleur.Mme Albert Dupuis, Mlle Marie-Ange Madore, Mme Tancrède Jodoin, Mme P.-A.Robichaud, Mlle Alma Cham-poux, des Cercles de Fermières de la Province de Québec; Mme H.Végiard.présidente de la section •de Saint-Lambert; Mlle Emma Douesnard, Mme J.-J.-E.L'Espérance.Mlle Marie Girard, présidente de la Fédération des Cercles d'étude des Canadiennes-Françaises; Mlle Emérentienne Chagnon.Fédération nationale Saint-Jtan-Baptiste, Conseil de Québec.t,M'.*ami' PaUonnesses des Oeuvres suivantes: LHÔJ?ife! ?SÏ0.tr^I?amV ,e &>mte d'Administration de 1 Hôpital Sainte-Justine; l'Assistance Maternelle, les Ecoles Ménagères Provinciales, la Fédération des Cercles d'étude des Canadiennes-Fran- Staises, les Cercles des Fermières de la Province de luébcç; la Cour Villa-Maria des Forestières In-épendantes: l'Ecole d'Education familiale et sociale.Fédérations et sections paroissiales: La Nativité de la Samte-Vierge, d'Hochelaga; Très-Saint-Nom de Jésus, de Maisonneuve ; Saint-Stanislas, Saint-Lambert, Saint-Ambroisc.Côte Saint-Paul, Saint-Joseph ; Notre-Dame du Perpétuel-Secours (Ville-ÏWHQj Sapt-Bcrnardm de Sienne, (Ville de Saint-Michel).Associations Professionnelles: Employées de magasin.Employées de bureau, Femmes d'affaires Aides maternelles,la Société des Ouvrières Catholiques (S.O.C.) et ses sections: La Nativité de la Sainte-Vierge, d'Hochelaga; Côte Saint-Paul, La-chine, Saint-Alphonse d'YowrMe, Sault-tu-Récollet.Comités: Comité des Oeuvres Economiques, Comité de la Visite des Hôpitaux, Comité de l'Economie Domestique.Comité des Questions Nationales, Comité de la Protection de la Jeune Fille, Comité féminin du IIIc centenaire de Montréal.Comité de la Croix-Rouge, Comité consultatif d'études sociales.Principales oeuvres accomplies par la Fédération et ses filiales Fondation des Associations professionnelles Fondation des Fédérations paroissiales Etablissement de Caisses de Secours Etablissement de Cours d'Enseignement Ménager Comité de lutte contre l'alcoolisme Amendements à la loi des licences Législation en faveur des Institutrices et des employées de bureau Comité des questions domestiques Comité de lutte contre la mortalité infantile Fondation de "Gouttes de lait" Participation aux expositions pour le bien-être de l'enfance Comité de lingerie d'autel et décoration d'église du Congrès Eucharistique Pèlerinage à Lourdes et à Rome Affiliation à l'Union Internationale des Ligues catholiques féminines Fondation de la Bonne Parole Comité du "Denier National" Comité des questions civiques Comité de la Croix Rouge Comité du Ponds Patriotique Comité de l'Assistance par le travail Comité central d'étude et d'action sociale Comité des Oeuvres économiques Comité de Rédaction de la Bonnb Parole Comité d'Administration de la Bonne Parole Comité de la construction * Comité du service social Comité de la Visite des hôpitaux Fichier Central de renseignements Comité de l'apostolat de la paix La réforme du Code civil en faveur de la femme.N.B.— On peut devenir membre de la Fédération Nationale Saint-Jean-Baptitte en «'inscrivant à son secrétariat: 833, me Sherbrooke Est \ LA BONNE PAROLE Vol.XXXV Montréal, Janvier 1945 No 1 L'application des lois de la protection de l'enfance A pareille époque, Tan dernier, une grande agitation se produisit dans le public à la suite de la mort de bébés mal soignés dans quelques garderies.Une enquête révéla, sans en déterminer clairement les causes, l'insuffisance de la surveillance dans les établissements de ce genre.Sur ces entrefaites, le gouvernement provincial créa la Commission d*assurance-maladie, composée de Me Antoine Garneau, président, et de MM.Roméo Blanche! et P.E.Dunford, qui entreprit une vaste enquête sur «le problème des garderies et de la protection de l'enfance».Pendant plusieurs semaines, tous ceux dont les témoignages pouvaient être utiles à la Commission furent invités à se faire entendre.La tâche consistait à préparer un rapport des conditions actuelles tie l'enfance abandonnée ou négligée et, subséquemment, un projet de loi de la protection de l'enfance.Au mois d'avril 1944, la Commission d'assurance-maladie produisit son rapport qui contient des «observations générales sur le problème de la protection de l'enfance, des recommandations d'ordre administratif, un avant-projet de la Loi de la protection de l'enfance et une étude de la situation actuelle dans les garderies et dans quelques établissements où séjournent les enfants».L'Assemblée législative adopta le mois suivant, en mai.les quatre lois que nous mentionnons ici en y ajoutant les notes explicatives qui accompagnent le projet de loi : 1) Loi instituant le département du bien-être social (Loi 8 George VI, ch.32).«Ce projet a pour but de former un département du bien-être social distinct du département de la santé, suivant la recommandation formulée par la Commission d'assurance-maladie tie Québec dans son rapport sur le problème des garderies et de la protection de l'enfance.Le nouveau département se voit confier, comme ce rapport le suggère, l'administration des lois de pension de vieillesse et d'assistance aux mères nécessiteuses et aux aveugles qui relèvent actuellement du département du travail.La loi lui confie également l'administration de la nouvelle loi de la protection île l'enfance, ainsi que de la loi de la préservation de l'enfance contre la tuberculose (Œuvre du placement familial).Quant à la Loi d'assistance publique, l'administration en est partagée entre jes deux départements de la santé et du bien-être social.Le premier garde le soin de l'assistance médicale ou hospitalière ; le second 113279 2 'LA BONNE PAROLE Monti cal est chargé de voir à l'assistance aux institutions de charité autres que celles qui ont pour objet le soin des malades, ce qui comprend notamment les crèches, orphelinats et hospices ».2) Loi relative aux écoles de protection de l'enfance (Loi 8 Georges VI, ch.10).« Ce projet a pour but île prévoir l'établissement d'écoles de protection de l'enfance, selon la recommandation de la Commission d'assurance-maladie de Québec dans son rapport sur le problème des garderies et de la protection de l'enfance.Ces écoles remplaceront les écoles d'industrie qui sont supprimées.Le projet ne contient pas de dispositions concernant le placement îles enfants parce qu'il y est pourvu clans la Loi de la protection de l'enfance.C'est dans cette loi également que l'on trouve des dispositions relatives au paiement des frais d'entretien des enfants dans ces écoles ».3) Loi concernant la protection de l'enfance (Loi 8 Georges VI, ch.33) : «Ce projet a reproduit, avec de légères modifications, le texte proposé par le rapport de la Commission d'assurance-maladie de Québec sur le problème des garderies et de la protection de l'enfance.On y a ajouté les dispositions transitoires contenues aux articles 93 et suivants, ainsi qu'un article ayant pour objet d'abroger la Loi des écoles d'industrie à compter île la date d'entrée en vigueur de la nouvelle loi.Toutes les dispositions de la Loi des écoles d'industrie ayant pour objet de permettre de recueillir et placer les enfants négligés deviennent inutiles, vu les dispositions beaucoup plus complètes contenues, à cet égard, dans la loi proposée.Quant au paiement des frais d'entretien et de transport des entants, le projet reproduit, sans autres changements que les modifications de phraséologie nécessaires, les dispositions actuelles de la Loi des écoles d'industrie.Quant aux dispositions ayant trait à l'établissement et à l'inspection de ces écoles et aux contrats avec les institutions, on les trouve dans le projet relatif à rétablissement des écoles de protection de l'enfance qui doivent, suivant les recommandations de la Commission, remplacer les écoles d'industrie et demeurer sous le contrôle administratif du secrétaire de la province, le département du bien-être social n'étant chargé que du placement des enfants dans ces écoles, soit par l'intermédiaire des sociétés, soit, à défaut de sociétés, par le directeur ».4) Loi instituant des cours familiales (Loi S Georges VI, ch.10) : « Ce projet autorise l'établissement de cours familiales suivant les recommandations formulées par la Commission d'assurance-maladie de Québec dans son premier rapport sur le problème des garderies et de fa protection de l'enfance.Ces cours familiales exerceront les pouvoirs que leur attribue la Loi de la protection de l'enfance et seront, en même temps, Montréal LA BONNE PAROLE 3 des cours pour jeunes délinquants au sens de la loi fédérale des jeunes délinquants.La loi prévoit l'abolition des cours actuelles de jeunes délinquants à Montréal et à Québec à compter de la date à laquelle des cours familiales seront établies pour les remplacer.Les juges des cours abolies auront droit à une pension s'ils ne sont pas nommés juges d'une cour familiale.La loi prévoit un traitement fixe et une pension pour les juges des cours familiales, ainsi que la nomination des fonctionnaires requis».En votant ces lois, le parlement a admis leur nécessité et sanctionné les mesures à prendre pour protéger l'enfance.Les groupements féminins et masculins qui avaient aidé à l'enquête eurent alors l'espoir que leurs recommandations — réitérées pendant plusieurs années — seraient enfin mises à exécution, au bénéfice île l'enfance malheureuse.Les enthousiastes escomptaient des résultats immédiats ; les plus expérimentés étaient résignés à des délais inévitables, se rendant compte que, probablement, les lois nouvelles devraient être revues et amendées.Ces derniers avaient vu juste.La législation ainsi adoptée ne fut pas immédiatement mise en vigueur.Lntre temps ont eu lieu les élections et le changement de gouvernement.La Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste fut au nombre des associations qui avaient fait parvenir au gouvernement provincial un mémoire pour demander une loi complète tie la protection de l'enfance ; elle adressa aux associations féminines canadiennes-françaises de Montréal et de la province quelques milliers de dépliants pour faire connaître ses réclamations et pour demander leur appui à ce mouvement.La Fédération possède une expérience de près de quarante années dans l'action sociale ei elle sait que les réformes, dans ce domaine, ne peuvent s'accomplir du jour au lendemain : c'est donc sans animosité qu'elle rappelle aux autorités compétentes l'urgence de poursuivre la tâche entreprise.Aujourd'hui, à la veille de la session provinciale, elle insiste encore pour qu'on ne laisse pas inachevé le travail commencé.Avec tout le public, la Fédération recommande maintenant l'application des lois adoptées.La déplorable condition ties enfants qui a motivé cette législation existe toujours.Si la loi de la protection de l'enfance doit subir des modifications, que celles-ci ne retardent pas indéfiniment l'application des mesures jugées urgentes il y a déjà un an.La Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste, une des plus importantes sociétés féminines canadiennes-françaises de la province, exprime ici l'opinion concertée de nombre d'autres associations qui se rattachent à ses vues : elle souhaite que notre province connaisse, sans tarder, les heureux effets de la vigilance avertie des autorités qui ont entre leurs mains le sort ties enfants dépourvus.Yvonne LETELLIER de SAINT-JUST présidente du Comité consultatif d'études socinles de In F.N.S.-J.-B.et vice-présidente du Burenu de In Jeunesse 4 LA BONNE PAROLE Montréal Nouvelle année, nouveau programme Au cours de Tan dernier, le travail de la Fédération nationale Saint-lean-Baptiste fill considérable.Pour s'en convaincre il suffirait de parcourir notre revue, la « Bonne Parole ».qui a célébré, en octobre dernier, son trente et unième anniversaire, ceci non sans légitime fierté de notre part.Et voilà 1945 qui s'annonce avec un programme chargé.Nous citerons ici brièvement quelques articles tie ce programme.Un comité a été formé pour taire observer la Loi du couvre-feu : l"i passée à la demande de Mme Bruneau, conseillère.Le comité de secours aux enfants de France, donl Mme J.-E.Perrault est la présidente, aura notre concours, t'n comité d'Aide aux entants de France existe déjà à la Fédération.Nous supporterons aussi Y Aide à la Colonisation et le Cercle du Terroir.Un centre de service social sera organisé à notre maison d'œuvres avec des bureaux sous la direction d'une religieuse ayant des titres en science sociale et en psychologie, et des années d'expérience pratique; elle sera assistée tie quelques auxiliaires diplômées.Ce service social est établi pour le relèvement île la famille et de l'individu, en vue < d'une normale organisation de l'ordre économique • et se rattache au comité général du R.Père Mailloux.Notre Comité consultatif d'études sociales aura à étudier un important mémoire sur Y Orientation du travail féminin d'après-guerre au point île vue économique, social et psychologique, au double point de vue rural et urbain.Voilà donc une bonne année de travail qui se prépare.Pendant que toute l'humanité souffre, que des êtres humains blessent et tuent d'autres hommes, pouvons-nous penser à autre chose, à l'aube de cette nouvelle année, qu'à prier et à mériter pour faire violence au ciel afin que la paix descende sur la terre ?A toutes uns amies et associées p.otis demandons une étroite collaboration dans nos œuvres afin qu'elles soient fructueuses et atteignent tous ceux qui ont besoin île nous.Ainsi s'accomplira aussi parfaitement que possible notre programme de l'année dix-neui cent quarante-cinq./:.R.-T.CATÉCHISME DE CIVISME CHRÉTIEN par le /?.I\ Bonaventure Péloquin, ()./•'.\J.Le civisme, est-il vertu plus ignorée, moins pratiquée ?Plusieurs n'en connaissent pas même le nom et encore inoins le sens.Elle est cependant nécessaire au bon fonctionnement de la société.I£t tous ceux qui s'intéressent au bien commun ne peuvent y être indifférents.Aussi, ce qui s'impose avant tout, c'est de faire connaître cette vertu, d'exposer sa nature, d'indiquer ses avantages et sa pratique.Tel est le service que vient de rendre à ses concitoyens le R.P.Bonaventure Péloquin, 0.F.Al, dans une brochure de 32 pages que publie l'Ecole Sociale Populaire. Montréal LA BOXXE PAROLE 5 TÉMOIGNAGE D'ESTIME À MADEMOISELLE GEORGETTE LE MOYNE Vingt-cinquième anniversaire de sa fonction comme Secrétaire générale de la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste.Le 12 janvier dernier, la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste recevait dans ses salons en l'honneur de Mlle Georgette Le Moyne à l'occasion de sa vingt-cinquième année comme secrétaire de notre œuvre.Le fête réunit les membres du Bureau de Direction actuel, des amies de la jubilaire et les pensionnaires tie la maison.Un cadeau collectif consistant en une bourse et un sac de voyage fut présenté à Mlle Le Moyne en témoignage d'estime et de reconnaissance.Des allocutions charmantes que je ne résumerai pas, parce qu'elles seront insérées dans le présent numéro, ont été prononcées par la présidente de la Fédération, Mme Thibaudeau, par R.Mère Gérin-Lajoie, au nom de sa mère et à son titre d'amie de la jubilaire ; et par l'héroïne de la tète.Un excellent goûter préparé par Mlle Hélène Lefebvre fut servi par Mlles Gisèle Du Tilly, Georgette-Hélène Dagenais, Jacqueline Poulin, Claire et Mariette Gendron, Anita et Suzette Arcancl.Vraiment ce bel anniversaire de dévouement à la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste donna lieu à une charmante démonstration de reconnaissance et d'amitié.Marie-Ange MADORE # * # LETTRE OUVERTE À Mlle GEORGETTE LE MOYNE Chère amie, permettez-moi de vous dire ici ce que j'ai à peine effleuré à notre réunion anniversaire de vendredi, craignant votre déplaisir a vous entendre louer en public.Vus vingt-cinq années de secrétaire générale à la Fédération sont un modèle de dévouement sans limite, de tact et d'intelligence, de douceur, d'un total désintéressement, de la persévérance dans l'effort.De cette longue carrière je ne rappellerai qu'un souvenir : celui de votre voyage à Rome avec notre incomparable Mme Gérin-Lajoie.Vous aviez lu le rapport de la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste à l'Union internationale des Ligues féminines catholiques.Ce rapport fut si apprécié que, seul, il eut l'honneur d'être lu en entier.Tout le mérite vous en revient et, dès lors, la Fédération fut en évidence à la Ligue.D'autres succès et d'autres événements heureux vous sourirent le long de la route, grâce au travail quotidien qui fut toujours en tête de votre programme.Cette généreuse contribution à l'essor de la Fédération vous mérite donc notre gratitude et cette fête qui nous réunissait autour de vous était un témoignage unanime de sympathie et de reconnaissance.Agréez-en l'hommage, chère amie, et que votre parfaite humilité y trouve la douceur 6 LA BOSSE PAROLE Montréal de compréhensives amitiés.Aux vœux répétés que nous formulons ensemble si souvent, chère amie, pour le grand avenir de la Fédération, ajoutons l'espoir d'immédiates réalisations.En toute cordiale collaboration, /;.R.-THIBAUDEAU * * * Je tiens à remercier vivement Mlles Hélène et Hedwige Lefebvre de l'organisation pratique de cette fête, ainsi que Mlles Marie-An^e M adore et Àlarie Girard qui en ont assuré le succès.£.A\-7\ *î* "i* 'I* ALLOCUTION DE R.MÈRE MARIE GÊRIN-LAJOIE Mesdames, C'est au nom de nia mère que je remercie mademoiselle Georgette Le Moync du grand dévouement qu'elle a exercé à la Fédération depuis vingt-cinq ans.Nous savons toutes combien mademoiselle Le Moyne a été désintéressée dans l'exercice de sa fonction et avec quelle persévérance, quelle inlassable générosité, avec quelle ferveur toujours renouvelée elle s'y est vouée en dépit d'occupations par ailleurs nombreuses et parfois pressantes.Ma mère aurait tant aimé l'en remercier.et elle Leût fait avec un accent si touchant ! Au nom de toutes celles qui sont ici et au nom des absentes qui.avec vous, ont «œuvré» pour édifier ce foyer de notre âme féminine et canadienne-française, je vous dis un simple merci ! Vous avez eu conscience de travailler pour une grande cause, ma chère amie ; c'est ce qui a soutenu votre courage ! Vous avez compris à certaines heures que bien des femmes viendraient se réconforter à ce foyer ; que des mères y apprendraient à réchauffer leur propre foyer ; que des apôtres y [miseraient une ardeur nouvelle ! El vous avez trouvé que cet objectif valait bien la peine qu'on y consacre le meilleur de sa vie.Vous l'avez fait.Soyez-en félicitée ! En mon nom personnel et en celui île notre Institut religieux j'ajouterai trois mots : « Je me souviens».Oui, nous nous souvenons îles années où, en prévision des fonctions futures que vous espériez nous voir remplir dans votre secrétariat et pour aider matériellement notre œuvre naissante, vous avez voulu cumuler la fonction de secrétaire générale et celle de directrice de bureau.Un tel geste se passe de commentaire.Notre Fédération a été entreprise avec un grand esprit de foi.Elle continue à se faire sous une direction toute de zèle et de charité délicate.Mais, comme le soulignait si bien ma mère en toutes circonstances, elle n'aurait pu durer et porter tant de fruits sans le don de soi, le désintéressement et disons-le l'esprit surnaturel des membres de son Exécutif, de ses chefs de file et des nombreuses collaboratrices, dont plusieurs, ici même, sont de la première heure ! Vous Otes, ma chère amie, au tout premier rang de ces phalanges d'élite, avec des états de service incomparables ! * * * Montréal LA BONNE PAROLE 7 ALLOCUTION DE Mlle GEORGETTE LE MOYNE Chère présidente, Mesdames, Mesdemoiselles, Chères compagnes, Je suis profondément touchée de vous voir réunies ici, ce soir, pour prendre part à une fête qui a pour objet les vingt-cinq années que j'ai passées à servir « une cause », en la beauté de laquelle j'ai toujours eu foi : c'est là tout le secret de mon travail, de ma persévérance, de ce que vous voulez bien appeler mon dévouement.Je veux aussi reconnaître ici la généreuse complicité de ma famille, qui n'a jamais contrarié mon action extérieure.Vous avouerai-je quelques moments de défaillance ?La tâche me semblait parfois lourde et au-dessus de mes capacités mais, toujours, je me ressaisissais en regardant autour de moi.Je regardais et je voyais toute une pléiade de femmes d'élite — dont vous êtes — se dépenser sans mesure, avec conviction, avec ardeur, dans le plus parfait désintéressement, et je me disais alors qu'une bien grande vertu devait inspirer toutes ces femmes pour qu'elles aillent ainsi dans la vie, oublieuse de leurs peines comme de leurs plaisirs et parfois même de leurs plus légitimes ambitions, afin de remplir leur apostolat de vraies chrétiennes : cette vertu animatrice c'était l'amour du prochain pour l'amour de Dieu, qui a si bien influencé les fondatrices de la Fédération et toutes les autres qui ont marché dans leurs pas.A cette évocation que de souvenirs planent sur cette fin de jour, et que nous accueillons avec un émoi attendri, quand nous songeons à toutes ces femmes admirables dont je ne veux mentionner qu'une seule parce qu'elle domine toutes les autres, notre chère madame Oérin-Lajoie — si dignement représentée, ce soir, par Sœur Marie Oérin-Lajoie — qui a, entre autres grands mérites, celui d'avoir désigné elle-même, avant île se retirer, notre présidente actuelle : choix que tout le Bureau de Direction s'est alors empressé de ratifier, connaissant bien les précieuses qualités d'esprit et île cœur de notre chère madame Thibaudeau.Ces dévouements, qui ont fait la force de la Fédération, se retrouvent dans bien d'autres œuvres magnifiques dont nous voyons autour de cette table de dignes représentantes : patronages, cercles d'étude, amicales ; soins des pauvres, des malades, des infirmes ; aide morale, éducation- LA SAUVEGARDE DE LA FAMILLE L'économie est l'art d'ordonner ses dépenses.Sans la pratique de cette vertu sociale, la famille ne connaît aucune sécurité, elle est vouée, tôt ou tard, à la ruine.Protégez votre foyer, préparez l'avenir des vôtres, assurez-vous une vieillesse heureuse et digne en vous constituant petit à petit les réserves nécessaires.Prenez dès aujourd'hui l'habitude de l'épargne Banque Canadienne Nationale 60 succursales à Montréal — 514 bureaux au Canada Actif total : plus de $250 000 000 LA BONNE PAROLE Montréal nelle, économique, aux travailleuses, aux mères tie famille, à l'enfance ; action catholique ; œuvres accomplies par la plume, par renseignement, par l'action, par toutes les manifestations de l'art ; et je pense ici aux écrivains, institutrices, infirmières, techniciennes, sociologues, artistes, qui peuvent et veulent faire tant de bien autour d'elles.Que d'autres œuvres encore, œuvres de guerre et œuvres de paix, ont sollicité votre attention, votre zèle, votre âme de missionnaires, et auxquelles vous vous êtes données sans compter.Ah ! le beau portrait de femmes d'œuvres, de chrétiennes, esquisserait une synthèse de tous les dévouements féminins de chez nous ! Si je vous dis ces choses c'est afin que nous ne voyons, dans la fête ijui nous réunit, aujourd'hui, qu'un symbole : le symbole de tout le bien qui s'est accompli à la Fédération durant les trente-huit années de son existence.Si encore, j'accepte comme étant dus vos témoignages d'estime, c'est afin de les partager avec vous toutes qui êtes ici ce soir, avec les absentes qui n'ont pu se joindre à nous, avec nos chères disparues dont nous garderons toujours un doux souvenir.Que ces vingt-cinq années passées parmi vous, à travailler avec vous, et que nous fêtons ensemble, soient aujourd'hui l'occasion de rappeler de si beaux dévouements, j'en suis très heureuse.Que vous ave/ voulu me rendre bénéficiaire îles vœux et des récompenses qui habituellement s'y rattachent et.plus personnellement, me prouver ainsi voire affectueuse amitié, je vous remercie de tout cœur.* * * Ont assisté à la fête en l'honneur de Mlle Le Moyne : les membres du Bureau de direction : Aimes Alfred Thibaudcau.Edmond Brossard, Théodule Bruneau, Eustache Letellier de Saint-Just, Arthur Berthiaume, J.-A.Molleur, Albert Dupuis, Tancrède Jodoin, M.Végiard, P.-A.Robi-chaud, J.-I:.Lespérance, Henri Vautelet, Léandre Lippens ; Mlles Maria Auclair, Florine Phancuf, Hedwige Lefebvre, Marie-Ange Madore, .Marie Girard, Emérentienne Chagnon, Jeanne Lapointe, Emma Douesnard, Iluberte Paquin, Madeleine Thibaudeau, Marie-Claire Daveluy.Mentionnons aussi : Mme Louis tie (}.Beaubien.R.Wère Alaric ( iéi in-Lajoie.A\mes Albert Le Moyne, Llzéar Beauregard, Gilbert La Rue, Louis Le Moyne ; Ailles Aline Senécal.Eugénie Le Moyne, Corinne et Berthc Le Moyne ; Aimes Paul Martel, Arthur Lévcillée, Maurice Cormier, L.-R.Rivard, Henri Riopel, ll.-J.Pilon, Pierre Dupuy, Rose Du Tilly; Ailles Yvonne Genest, Gabrielle L'Abbé.|eanne Baril, Françoise Bélanger, Irma Francœur, Alberta Wilhelmy, Gilbertc Gervais, Hélène Lefebvre, Cora Bernier, Madeleine Deland, Irène Lesage, Augustine Morin, Ama-bilis Morin, Claire Fauteux, Elise Begin, Flore Deschamps, Berthc Lefebvre.Léa Sauvant, Alice Turcotte ; Aime Rose Létoumeau-La Salle.Sr Irène Legendre, Aime et Aille Bouthillier.Ailles Gisèle Du Tilly, Georgette-Hélène Dagenais, |acqueline Poulin, Claire Geiulron, Mariette Gendron, Anita Arcand, Suzette Arcand, toutes élèves de Aille Hélène Lefebvre, ont servi le goûter.Les personnes, dont les noms suivent, s'étaient excusées de ne pouvoir être présentes mais n'ont pas tout de même manqué cette occasion de témoigner leur estime Montréal LA DOXXE PAROLE 9 à Mlle Le Moyne : Mines Elzéar Poirier, Blanche Lamontagne-Beaure-gard, Louis Coclère, Arthur Saint-Pierre, Albertine Ferland-Angers, Raoul Sylvain.A.Brosseau, R.Tessier, Maurice Huclon ; Mlles Eveline Le Blanc, Alice et Lola Théberge, Laura Giguère, Régina Daveluy, Germaine Bernier, (iilberte Roby, Juliette Bélanger, Evelyne Gauvin, Yvette Vanier, Camillia Gauvin, Marie-Louise d'Auteuil, V.Thibault, B.Mar-chilclon ; Mme Rupert Dérome, Mlle klola Saint-Jean, Mme V.-P.Deschenaux.Le Comité de secours aux enfants La fondation du Comité de secours aux enfants remonte h 1918.Depuis 1923, les Canadiens contribuent à son œuvre, en fournissant de l'argent pour secourir les enfants des pays où la guerre a causé la famine et la ruine.Le comité de la Province de Québec, sous la présidence conjointe de Mme Joseph-Edouard Perrault et de M.W.L.G.Williams, recueille actuellement des secours destinés aux enfants d'Europe et en particulier à ceux de France.Sollicités de contribuer à cette œuvre, certains se demanderont pourquoi il en est ainsi, pourquoi ces secours ne sont pas assurés par les gouvernements plutôt que par l'initiative de la charité privée.La réponse à cette question, ainsi que la démonstration de l'utilité de cette œuvre de secours, se trouve dans des imprimés que l'on peut se procurer au Comité tie la Province île Québec, 266 ouest, rue Saint-Jacques, Montréal.Il faut que ces enfants éprouvés par la guerre soient rapidement secourus.Nous devons traduire en actes notre sympathie, les serrements de cœur que nous cause la lecture des journaux où sont relatés les misères des enfants des pays d'Europe.Nous pouvons le faire-en versant au fonds tie secours tout l'argent qu'il nous est possible de consacrer au soulagement de la misère des enfants.Il ne s'agit pas de discuter des races : l'enfant qui souffre a droit h tous les secours de tous.11 est sans défense devant la vie ; à plus forte raison le trouve-t-on dépourvu par la misère, la maladie, la faim, le froid.Rappelons-nous l'expression de souffrance que nous avons vue sur les traits tie certains enfants affligés que nous avons connus.Figurons-nous ces enfants dans un complet dénuement.Ne voudrions-nous pas de nos deux mains les aider, les secourir, leur procurer des vêtements, ties aliments, des médicaments ?Les souscriptions doivent être adressées aux Trésoriers, M.L.-S.-René Morin et M.T.Taggart Smyth, au Comité provincial, 266 ouest, rue Saint-Jacques, Montréal.Y.L.de S.-J. 10 LA BOX SE PAROLE M ont t t'ai Noël à la Fédération nationale S.-Jean-Baptiste Cette année encore le Père Ledit nous a fait l'amitié de dire la messe de minuit dans la pieuse chapelle de la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste.C'est un grand privilège dont nous lui sommes reconnaissants.Ces trois messes de Noël sont une bénédiction qui demeure, une inspiration pour tous, et nous voudrions apporter à l'Enfant Jésus toute notre humble adoration avec celle des bergers et, en cadeaux avec ceux des mages, beaucoup de bonnes (envies accomplies.Mme Engleberl Dolfuss était avec nous.Elle porte un des noms impérissables de l'histoire.Son mari, chancelier d'Autriche, fut un grand chrétien qui protégea l'Eglise, servit les siens et donna sa vie pour sa patrie.M.et Mme Eustache Letellier de Saint-Just nous ont fait le plaisir d'assister à la messe avec les membres de la Fédération, ainsi que Mlle Claire Fautcux, revenue depuis peu tie France où elle a passé les années si dures de l'occupation allemande.Nous avons été heureuses de revoir Mme Bouthillier, fondatrice de l'Association des Femmes d'affaires, après une longue absence.On servit l'excellent réveillon traditionnel.Cette fête de famille était pleine île cordialité, d'affection.Plus on se connaît, plus on travaille ensemble, plus on s'apprécie.Que Dieu bénisse notre grande famille, dévouée à son service- * * '* Durant ces trois messes, en priant, en écoutant la musique grégorienne suivie des chants joyeux de Noël, nous pensions à cette fête universelle île la joie et de la lumière.Les crèches enchantent nos églises, et les yeux des enfants, et le cœur de tous les chrétiens, depuis celte nuit sainte du 25 décembre.En Europe, dans les pays libérés, en France, en Italie, en Belgique peut-être, pour la première fois depuis la guerre, on a pu célébrer la messe de minuit.Mais dans les pays tragiques, martyrisés par l'ennemi et les puissances des ténèbres, les églises sont demeurées closes et les cierges éteints.Marie et Joseph n'ont pas trouvé d'abri pour l'Enfant, qui apporte au monde ravagé le salut et la bénédiction de l'amour.Son seul refuge était dans les cœurs en deuil, qui lui disaient : « Seigneur, nous sommes errants, sans foyers, sans églises pour prier, sans lumière, sans feu.Comme Vous, nous avons froid, comme Vous, nous n'avons pas une pierre où reposer notre tète.La nature, plus hospitalière que l'homme déchaîné, nous offre, à nous aussi, la protection des grottes, ou des arbres de la forêt.Nos familles sont dispersées, nos enfants disparus.« Seigneur, ayez pitié de nous ! et en ce temps de Noël recevez dans votre Paradis les petits enfants de Pologne, tous les enfants d'Europe, morts de faim, de froid, ou sous les balles.Remplissez leurs souliers de jouets divins, réchauffez-les à Votre lumière, conduisez-les à Votre Mère, eux qui n'ont plus de maman.Ouvrez toutes grandes Vos petites mains, Jésus, pour donner la Paix au monde qui souffre et aux hommes de bonne volonté qui restent fidèles, et que Votre protection demeure sur nous toujours »., , .____ J Madeleine THIBAUDEAU Montréal LA BOXXE PAROLE 11 LA FAMILLE EN PÉRIL A l'occasion de la clôture de la Semaine de la famille, la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste invitait, le samedi après-midi 13 janvier, le R.Père Joseph-H, Ledit, S.|., à donner une conférence sur la famille.Ayant rappelé brièvement les saintes lois du mariage, le conférencier signala les dangers qui les menacent, en raison des fausses doctrines et des événements actuels qui mettent le monde en péril.Dans notre monde moderne, la famille est l'institution la plus attaquée.Il se dit tant de choses au sujet de la législation de la famille particulièrement en U.R.S.S.qu'il est opportun d'y voir juste et de tirer les choses au clair.Bien des discussions se font entendre au sujet du mariage bourgeois et du mariage religieux.La critique est en partie méritée, mais les bourgeois qui ne vivent pas leur idéal de mariage chrétien n'ont pas le droit d'accuser les communistes.Pour les Russes, l'idée du mariage est celle de la camaraderie.Une ambassadrice russe à Mexico proclame que le mariage est l'esclavage de la femme aux enfants, à la cuisine, à la maison, c'est une camaraderie que nous voulons.Dans le mariage bourgeois, l'un veut que l'âme de l'autre lui soit livrée, qu'il n'y ait plus de vie individuelle.C'est qu'on n'a pas compris la beauté de la fusion de deux âmes.Lorsqu'une société s'écroule, toutes sortes de désordres éclatent.Il y a énormément de cris, de bagarres, de misères, de déchéances, de tragédies, ainsi en fut-il à l'avènement du bolchévisme et du communisme et ia famille fut une de ses victimes.Au point de vue légal, il y eut le mariage enregistré et le mariage non enregistré ou le concubinage qui est la même chose.Plus de différence juridique.Ce fut un gros changement avec le régime patriarcal d'alors, où on se servait encore du fouet.le mari évidemment.Mesures sur l'indication de la paternité par la femme.Lui, le mari avait le droit tie faire la preuve en cours de justice.Le divorce s'obtenait avec la plus grande facilité à la demande d'un conjoint.Ce fut le règne du divorce par «carte postale» où l'autre était avisé que son divorce était consommé.L'avortement était légal et l'usage s'en propagea.En 1935, à Moscou, il y eut 54 000 cas.Bergeron, en tournée d'enquête pour le journal : «Le Document» en 1934, dit qu'aux hôpitaux on lui donna le chiffre effarant tie 100 000 cas par an.Un seul médecin déclare en avoir fait 2 000 à lui seul.Mais l'ensemble de la masse du peuple ne fut pas atteinte dans les premières années du communisme.Le peuple ne voulait pas de cela, gardait sa pudeur et sa fécondité.La Russie a toujours été une race très féconde et les résultats ne furent guère visibles les dix premières années.Mais la doctrine officielle peu à peu pénétra les esprits.Au premier plan quinquennal : la liquidation des propriétés individuelles, les déportations en Sibérie.A toutes ses conséquences, le flux et le reflux des paysans en prison et aux camps de concentration.Dans toutes ces mesures tragiques, on n'eut jamais aucun souci de la famille dont les membres étaient séparés sans pitié.Aussi les enfants 12 LA BOSSE PAROLE Montréal abandonnes, héritage de la guerre et de la famille, furent-ils aussi celui de la collectivité.Au deuxième plan quinquennal : il y eut construction de nombre de logements.Ce qui comptait c'était la chambre, autour tie laquelle se groupaient la cuisine, la salle à manger, etc., et c'est ce qui a brisé la famille.Le père était à l'usine, la mère aussi, les enfants allaient à l'école, le soir, chacun était à son «< meeting » particulier et ils ne se réunissaient qu'à l'heure du coucher, lin 1932-33-34, la femme voulut garder son indépendance, refusa tie retourner au foyer et une vague d'immoralité épouvantable s'ensuivit.La majorité des enfants fut abaissée à \'l ans et pour les vols et les délits ils eurent les mêmes peines que les adultes.Le 20 septembre 1935, une loi nouvelle mit les causes de mariage sous la compétence du vieux Guépéou qui imposait le passeport intérieur ties gens, ee qui était comme un état civil, lin 1936, autre législation qui marque un nouveau point tie départ pour la Russie.Mlle comporte trois points principaux : 1 ) Pavortement est défendu, déclaré illégal ; 2) l'aide «à donner aux femmes, aux futures mères ; 3) le divorce dont le premier est obtenu assez facilement, le second assez difficilement et le troisième impossible.Pour donner une nouvelle conception du mariage au peuple la propagande se servit tie la littérature et du théâtre.Notons deux pièces où Anna, la mère, prouve que l'amour maternel doit être subordonné «'» l'amour du parti, lit Olga, l'épouse, prêche à s
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