La bonne parole /, 1 janvier 1923, janvier 1923
m J'1 5»1 I ai Ë van «3 > I I —A / v.tu Vf ¦ h f V, v m m.7 1 J A X V I E R 1923 Jintre nous Un cours d'instruction civique ù l'Université.G.R,-des 'les.Rapport de la Limite des Femmes Chrétiennes.7.de !.Brossard.J'our le Foyer Causerie médicale.Dr L.Gérhi-Lajoic.Le retour des Mages (Légende).Justine Hardct.Chanson des Raqucttcuscs.Albert Fefhnd, Les entretiens d'une bibliophile.V.-C\ Daveluy, Rapports du congres d'avril 1921 Condition légale de la femme.René Sarwait.Pour lf\ Cercles d'lit tides L'Enseignement professionnel.A.Sénécal, La petite vie quotidienne, A.-l).Sertillange s.m s m.' 1 'A m /y; 'A Mi L- / /y B*5 mimJmû EL HÉ hA ÇONNE PAROLE revue: mensu Ce qu'elle est: un LIEN qui sert à unir d'esprit et de cœur les Canadiennes-françaises ; un FOYER d'où rayonne sur tous les domaines de l'activité féminine lumière et chaleur; un CENTRE où se rencontrent les bonnes volontés désireuses de se dévouer avec plus d'efficacité aux œuvres nationales; un MOYEN de propagande pour la diffusion des principes catholiques d'action sociale ; un ORGANE indispensable à l'œuvre de la Fédération Nationale Saint-Jean-Baptiste, d'abord auprès des diverses associations qui la composent et des comités par lesquels elle agit ; puis auprès des œuvres nationales étrangères qui font comme nous partie de l'Union Internationale des Ligues Catholiques féminines.CONDITIONS DE L'ABONNEMENT: Canada et Etats-Unis.$1.00 par an Union postale.$1.30 par an.Un escompte de 50% est accordé aux membres des associations professionnelles, des Fédérations paroissiales et des communautés religieuses.Tous les abonnements sont payables à l'avance en janvier et doivent être envoyés au Secrétariat de la F.N.St-J.-B.Chambre 3, Monument National.Boni.St-Laurent, Montréal Meures de Bureau: 2 h.p.m.à 6 h.p.m.Tél.Plateau 3303 TOUTE PERSONNE peut concourir à l'œuvre de la "Bonne Parole:" 1.En s'y abonnant ; 2.En lui procurant de nouveaux abonnés ; 3.En la faisant lire ; 4.En lui apportant une collaboration littéraire; 5.lui sollicitant des annonces à son intention.La Fédération Nationale St-Jean-Baptiste Fut fondée en 1907 et incorporée en 1012 pour groupe?toutes les associations féminines canadiennes-françaises catholiques en vue d'une action commune dans les questions d'intérêt général.Aumônier: Sa Grandeur Monseigneur Bruchési Présidentes d'honneur: Lady Gouin M»« L.-F.Béîque Bureau de direction: prés.: Mme H.Gérin-Lajoic; vicc-pjiés.: Mme T.Bruncau; Sec: Mcllcs G.LeMoyne, J Baril; Trésorières: Mlles M.-R.Boulais, S.Renauld; Membres : Mines Ed.Brossard, D.-N.Germain.A.Audet, J.Angers, Mlles M.-J.Gérin-Lajoic, M.Auclair, G.Boissonnault, G.R.des Isles.11.Lc/ebyrc.SOCIÉTÉS FÉDÉRÉES Les dames patronnesses des œuvres suivantes: Inst.des Sourdes-Muettes Crèche de la Miséricorde Hôpital Notre-Dame Hôpital Ste-Justine Fédérations paroissiales de* Ste-Philomènc de Rosemont St-.T.-Baptiste de la Salle Saint-Arsène Immaculée Conception T.S.Nom de Jésus, Saint-Vinccnt-de-Paul Saint-Henri La Nativité d'Hochelaga Maisonneuve Saint-Pierre L'Enfant-Jésus.Sacré-Cœur Sainte-Hélène Saintc-Clotilde N.-î).du Perpétuel Secours, Ville Emard.Saint-Stanislas de Kostka Le Foyer Les écoles ménagères Cercle d'études N.-Dame des Fermières de la province de Québec La Fédération des Cercles d'E-tudes des Canadiennes françaises.La Fédération des Femmes canadiennes-françaises, Ottawa.Cercle Marie-Louise.Woonsoc-ket.R.-L, Etats-Unis.Association des: Institutrices catholiques emp.de manufacture emp.de magasins emp.de bureau femmes d'affaires L'Assistance maternelle Chaque œuvre par son affiliation à la Fédération, fortifie ft étend son influence particulière.PRINCIPALES ŒUVRES ACCOMPLIES PAR LA FÉDÉRATION ET SES FILIALES.Fondation des Associations professionnelles Fondation des Fédérations paroissiales Etablissement de Caisse de Secours Etablissement de Cours d'Enseignement Ménager Comité de îuttre contre l'alcoolisme Amendements à la loi des licences Législation en faveur des Institutrices et des employées de bureau Comité des questions domestique Comité de Iuttre contre la mortalité infantile Fondation de "Gouttes de Lait" Participation aux expositions pour le bien-être de l'enfance Comité de lingerie d'autel et décoration d'église lors du Congrès Eucharistique Pèlerinage à Lourdes et à Rome Affiliation à VUnion Internationale des Ligues catholiques féminines Fondation de la Bonne Parole Comité du "Denier National" Comité des questions civiques Comité de la Croix Rouge Comité du Fonds Pariotique Comité de Y Assistance par le travail Comité permanent d'étude.N.B.— On peut devenir membre de la Fédération Nationale Saint-Jean-Baptiste en s'inscrivant à son secretariat: Ch.3, Monument National. VOL XI NO 1 Monntréal — LA BONNE PAROLE — Janvier 1923 ENTRE NOUS Un cours d'instruction civique à l'Université L'Université de Montréal, dans son intérêt pour la culture morale et intellectuelle de toutes les classes de la société est sur le point de reprendre les cours d'Instruction civique pour les femmes, inaugures l'an dernier.Cette initiative de la pan des autorités universitaires est une réponse immédiate et pratique aux voeux émis à la lin du Congrès féminin catholique, tenu à Rome, sous les auspices du Souverain Pontife, en mai dernier.La Commission du Congrès de l'Union Internationale des Ligues Catholiques féminines chargée de la question de 'Téducalion civique de la femme" a émis les conclusions et voeux suivants: "1.Considérant (pie le droit et "l'exercice du suffrage électoral de la femme ne sunt pas "exclus par le droit divin ou par une loi positive générale "de droit ecclésiastique, comme au contraire est le cas "en ce*qui regarde les ordres sacrés et le gouvernement "de l'Eglise.2."Considérant (pie la vie morale d'un pays dépend de "sa législation, et (pie par conséquent la responsabilité "directe de chaque électeur est engagée dans le choix des "législateurs.3."Considérant (pie ces responsabilités impliquent cel-"les d'une préparation religieuse, morale et civique: 4."Considérant (pie la femme peut apporter une com-"pétence spéciale en ce qui concerne les lois familiales, "scolaires et d'hygiène."Le Conseil émet les voeux suivants: 1.Que les fem-"mes de tous les pays comprennent leur responsabilité "morale en face du suffrage électoral, quel qu'en soit le "mode.2."Que les femmes se préparent à leur rôle par une "formation morale, religieuse et civique, qui les rende "aptes, le cas échéant, à cet apostolat.3."Que tonte nouvelle initiative, sur le terrain du suffrage féminin, soit soumise d'avance dans chaque pays "à l'approbation de PEpiscopat." .Dans tous les pays les organisations féminines catholicities s'étaient déjà appliquées à cette formation générale de la femme, en vue de son rôle social actuel.Le rapport fait à ce sujet au Congrès de la Fédération Nationale St-Jean-Baptiste, tenu en avril 1921, a passé en revue ce (pie faisaient les femmes à l'étranger.En Es-pagne, en Italie, en France, en Suisse, en Belgique, en Angleterre et aux Etats-Unis, un travail intense se faisait déjà pour préparer la femme à remplir son rôle social.Les paroles prononcées par Benoit XV dans son encyclique du 28 mai 1()20.disant aux femmes "d'être "prêtes à faire face à toute éventualité" avaient donné l'élan à un travail sérieux et méthodique.En juin 1920.une des résolutions adoptées au Congrès International de Genève, montrait l'intérêt (pie les femmes sont tenues de prendre dans les questions d'intérêt public.cette clause se lit comme suit: "Qu'une conférence de femmes "soit réunie annuellement dans l'intention d'étudier les "questions, relatives au bien-être et au statuts des femmes." Depuis le Congrès du mois de mai dont les résolutions citées plus haut précisent si bien le rôle de plus en plus important, (pie les femmes sont appelées à jouer dans la société moderne, il y a eu un regain d'activité partout; notamment en I lollande.De sincères félicitations sont dues à l'Université de Montréal, qui a su répondre si promptement aux besoins du moment.Lors des dernières élections fédérales, les femmes n'étaient-elles pas déjà appelées à déposer leur vote?Le même devoir les attendra dans peu d'années et il leur incombe d'etre au courant des questions du jour.Au Canada, comme ailleurs, peuvent surgir des problèmes d'ordre moral.N'avons-nous pas déjà entrevu une loi facilitant le divorce?L'expérience de chaque jour ne vient-elle pas prouver (pie les anciens cadres de la condition légale de la femme mariée réclament d'être retouchés?La vie moderne ne donnc-t-clle pas toute une autre conception des questions ouvrières?A Montréal, depuis nombre d'années, le vote municipal appartient aux femmes propriétaires, ainsi qu'à celles qui, étant ou veuves ou célibataires, détiennent certaines responsabilités, comme locataires.Une action éclairée de la part des femmes électrices municipales aidera à la bonne administration de la Cité.Ce cours d'instruction civique s'adresse, comme nous le voyons, aux femmes en général, mais il semble présenter un iniérèt particulier à celles qui s'occupent d'oeuvres sociales.La formation nécessaire aux femmes et aux jeunes filles qui sont amenées ainsi, en contact avec leurs soeurs de divers milieux, doit nécessairement répondre aux exigences de situations, quelquefois bien complexes.La charité pratique et éclairée qui, aujourd'hui se nomme action sociale, ne peut se contenter d'alléger les misères, elle doit en étudier les causes, afin d'y porter remède, pour ceci, l'étude des questions sociales trouve son complément dans celle des devoirs civiques.Le mot d'une femme belge qui s'intéressait surtout à la formation des directrices d'oeuvres peut être rappelé avec profit.Elle disait à un récent Congrès de l'Action Sociale de Paris, (pie ces femmes d'étude et d'action "iront se mêler au "peuple avec tout le dévouement, mais également avec "toutes les lumières, avec toute l'intelligence qu'attend "en ce moment l'Eglise catholique, des femmes chrétiennes." Il est important de noter que le cours d'instruction civique qui nous intéresse, se tiendra en dehors et au-dessus de tout esprit de parti.Il visera à donner un idéal élevé de la vie publique — idéal qui se répandra, qui s'infiltrera, grâce à l'influence de mères et de soeurs qui auront compris la hauteur de leur rôle social.L'inspiration catholique du cours en fera une force au service de la religion.La direction immédiate de l'Université est une garantie de la bonne orientation de ces leçons d'instruction civique.Loin de détourner la femme canadienne du rôle familial qu'elle affectionne, et du rôle social qu'elle a si bien joué au cours de notre histoire, ces leçons la mettront à même de perpétuer ces traditions dans une société qui évolue, et qui exige, à cause des besoins nouveaux, pour les femmes surtout, une formation nouvelle.Cabricllc Riballicr-dcs-IIes. Monntréal — LA BONNE PAROLE — Janvier 1923 VOL NI NO 1 CONGRES INTERNATIONAL DES LIGUES CATHOLIQUES FEMININES — Commission des modes indécentes.Rapport par M me Alice de Loriniicr Brassard, sec.de la Ligue des Femmes Chrétiennes de Montréal.Le Comité de la Ligne des Femmes Chrétiennes de Montréal n'ayant pas reçu le questionnaire de l'enquête que l'Union Internationale des Ligues Catholiques féminines propose aux ligues affiliées de l'univers au sujet de l'immoralité des modes et des danses actuelles, je me permets de vous adresser tout simplement un rapport du travail accompli au Canada â cet effet.Pour répondre à l'appel que Sa Sainteté le Pape Benoît XV faisait aux femmes catholiques d'Italie et du monde entier dans sa lettre du 21 octobre 1919, un groupe de dames et de jeunes filles ( anciennes élèves de la Congrégation de la Bienheureuse Marguerite Bour-geoys) se liguait au mois de novembre 1919 dans le hut, de réagir contre l'indécence des modes actuelles si désastreuses pour la morale et la jeunesse chrétienne.Durant une année environ, le travail se fit silencieusement, chacune se faisant apôtre dans son milieu.Au bout de l'année, sur un nouvel appel de l'Archevêque de Montréal.Monseigneur Paul Bruçhési, un comité de dames de l'élite sociale, sous la direction spirituelle du révérend Père Apollinaire de Saint Réni.O.F.M., forma la Ligue des femmes chrétiennes, laquelle a son centre de propagande chez les Religieuses de Marie-Réparatrice, 1023.rue Mont-Royal O.Les Ligueuses rallièrent sous l'étendard de la Vierge Immaculée, toutes les énergies et toutes les volontés des femmes catholiques du diocèse de Montréal.Une lettre circulaire dont je vous envoie une copie.Madame, fut adressée à tous les curés, directeurs et présidentes des oeuvres paroissiales, (irâce à leur zèle généreux et à leur intermédiaire auprès des fidèles, la Ligue se propageant de jour en jour lit un travail effectif.En mai 1921.lors du congrès de la Fédération Nationale Saint-Jean-liaptiste, madame Edmond Brossard, la présidente organisatrice de l'Oeuvre, s'adressa alors aux déléguées des différentes parties du Canada et leur demanda de s'unir toutes dans un grand mouvement de protestation contre les abus des modes actuelles.Le congrès eut une grande portée par tout le Canada.La plupart des diocèses répondirent à l'appel de la Ligue des Femmes Chrétiennes.Aujourd'hui la Ligne continue son travail modestement sous le regard de Dieu; le petit grain de sénevé est devenu un grand arbre.Espérons qu'il fleurira bientôt et que ses fruits salutaires seront le partage de la génération de demain.Je me permets.Madame, de vous adresser le texte de l'organisatrice de la Ligue des Femmes Chrétiennes.Il s'y glisse peut-être quelques idées, quelques pensées qu'il tait Ikjii d'étudier ou du moins de regarder dans un Congrès International; la vérité étant une, la même pour toutes les femmes catholiques: "Je suis la dernière voix féminine appelée à être entendue dans ce congrès de femmes catholiques.Je voudrais que cette dernière parole fut "à la plus grande gloire de Dieu" qui doit être le mot du commencement et de la fin de toute belle action.Cet honneur de prendre la parole devant l'élite intellectuelle des femmes canadiennes, je le dois, moi, très hum- ble mère de famille, à l'initiative que j'ai prise de former une ligue de femmes chrétiennes s'engageant sur leur honneur à lutter contre l'indécence des modes actuelles, si désastreuses pour la jeunesse d'aujourd'hui, si menaçantes pour la nation de demain.Plus de dix mille femmes canadiennes-françaises ont déjà répondu à l'appel.Ce chiffre est joli, mais il n'est pas suffisant pour établir la barrière énergique capable d'endiguer le Ilot sans cesse grandissant de l'impudeur qui prend et perd nos enfants et plus particulièrement nos filles.Tous les jours nous entendons les plaintes ou, plutôt les appels presque désespérés dess mères chrétiennes soucieuses de l'avenir moral de leurs enfants: Qu'allons-nous devenir?qu'adviendrà-t-il de la génération présente avec les idées ultra-modernes qui s'infiltrent partout et malgré nous?La réponse est catégorique: Les enfants seront ce que nous les ferons.A nous de vouloir nous donner la peine de prendre les moyens fermes mais victorieux que les grands psychologues nous indiquent et que l'Eglise catholique, gardienne du droit et de la vérité, nous commande.Seulement, il faut savoir vouloir, tout est là.Aux grands maux les grands remèdes.La Ligue des Femmes Chrétiennes a pour but d'enrayer une des causes du grand relâchement dans les moeurs contemporaines.J'ai nommé les abus des modes féminines.Oui, Mesdames, la mode.Le mot mode a un sens beaucoup plus extensif et beaucoup plus profond que celui que nous lui accordons généralement.Les modes ne sont-elles pas l'expression fidèle des moeurs et de l'état d'âme des époques où elles paraissent?Ne personnifient-elles pas l'idéal moral des temps?Sont-elles païennes dans la littérature, dans les arts, dans le vêtement, c'est que la société est retournée au paganisme; sont-elles chrétiennes, c'est-à-dire morales, c'est que la société demeure fidèle aux plus belles traditions du christianisme.Les modes personnifient-elles l'idéal moral des temps, quel est donc celui d'aujourd'hui?C'est celui que veulent nous imposer les matérialistes modernes de la libre pensée en restaurant avec tous les raffinements de la luxure, le paganisme antique.Le mot est fort peut-être, mais il est juste.Femmes chrétienne-, ne nous illusionnons pas.c'est la déchéance morale de la femme que cet idéal diabolique recherche.Comme au premier jour du monde, le démon tentateur semble vouloir s'adresser de nouveau à la femme.Il veut essayer de dominer le monde en détruisant la base solide qu'est la morale chrétienne, laquelle seule assurera le triomphe du bien sur le mal dans la grande oeuvre de régénération sociale qui captive tous les grands esprits de l'heure présente et qui apportera vraiment sur la terre la vraie paix.Et pour parfaire sou oeuvre.Satan, par l'intermédiaire de ses adeptes, les matérialistes modernes de la libre pensée, commence par détruire la pierre fondamentale du foyer qui est l'acceptation, par la femme, du décret divin de la souffrance; Tu enfanteras dans la douleur.Non, non.on ne doit plus souffrir.L'ordre formel de Dieu ne compte plus, et aujourd'hui c'est de mères à demi mortes sous l'empire des narcotiques que les enfants naissent.Ah! quelles générations d'hommes prépare-t-oti ainsi pour l'avenir.L'on s'étonne que la génération actuelle n'a plus la même force de vitalité que les races antiques.Inutile d'en chercher davantage les raisons.C'est à la source même qu'il faut aller en trouver les vraies causes. VOL XI NO 1 Monntréal — LA BONNE PAROLE — Janvier 1923 5 La mort engendre la mort.A nous, femmes canadiennes catholiques qui connaissons bien toute la puissance rédemptrice, pacificatrice et réparatrice de la douleur généreusement acceptée, de réagir contre cette mode néfaste, mode anti-chrétienne qui commence à se faire paraître chez nous et qui ferait de nous une nation faible, sans énergie et sans foi.( )n ne doit plus prier, clament toujours les matérialistes modernes, c'est vieux jeu cela, on ne doit même plus donner la vie, c'était la mode du passé.Plus de sacrifice dans l'amour, plus de joug alïirme-t-on.Les femmes de demain, si elles acceptent ces théories de la libre pensée d'aujourd'hui, ne connaîtront plus la si noble servitude du devoir qui assurait la conservation des foyers et faisait les nations fortes et prospères.Sous prétexte du désir très légitime du savoir, les jeunes filles d'aujourd'hui s'empoisonnent l'esprit et le coeur par la lecture de tous les livres immoraux et perdent la vertu de pudeur cpii a toujours été le plus bel ornement de la femme chrétienne à travers les âges et lui a valu la place qu'elle occupe aujourd'hui dans le monde.Ce (pie les féministes modernes de la libre pensée croient aujourd'hui audacieux dans leurs rêves, dit quelque part M.Etienne Lamy.elles pourraient, mieux renseignées, le voir en souvenir.Seulement, elles oublient ce qui a favorisé dans l'histoire la conquête progressive et constante des droits publics de la femme.Elles oublient que ce cpie les grandes femmes de l'histoire du monde, les Clotilde, les Blanche de Castille, les Elizabeth de Hongrie, les Catherine de Sienne et les Jeanne d'Arc, ont fait pour sauver l'humanité et l'Eglise, c'était le fruit de l'existence grave, de la morale austère, des vertus obscures ou éclatantes mais fortes, que l'Eglise catholique leur avait enseignées.Ce (pie l'Eglise a fait pour ces saintes dans le passé, elle continue de le faire pour les femmes d'aujourd'hui.Et c'est vers elle, flambeau divin et lumineux, (pie doivent s'orienter nus regards et nos espoirs.Sa Sainteté le Pape Benoît XV, alarmé du déchaînement des passions du siècle, dont l'une des causes est celle de l'immoralité des modes, demande aux femmes de l'univers de réagir.Femmes du Canada tout entier, levons-nous donc pour répondre à la voix du Père qui veut nous sauver.Sachons être généreuses à la façon de nos mères.Imitons celles qui ont fait éclore les grandes vertus qui ont fait de la femme canadienne-française, la gardienne de l'idéal chrétien, national et familial du Canada.Inspirons-nous des motifs d'action de nos glorieuses Canadiennes: les Vénérables Marguerite Bourgeoys, Jeanne Le Hcr, la .Mère d'Vouville, la Mère (iamelin et de nos mamans, animées d'une foi si vive.Devenons, nous aussi, des saintes.l'Efflise en réclame et nous garderons nos enfants, nous sauverons nos foyers et l'avenir sera à nous et à Dieu, à qui nous nous donnons avec nos enfants.Que la femme n'oublie pas que c'est depuis l'avènement du Christ sur la terre qu'elle a vu sa condition voisine de l'esclavage, s'améliorer au point de devenir, elle à qui on semblait refuser une âme, l'âme même de la société nouvelle.Le respect, l'admiration, l'affection dont on l'entoure au foyer, lui confère une souveraineté qu'on semble vouloir lui concéder dans le domaine social, même dans le domaine politique.Mais que la femme prenne garde: La roche tarpéienne n'est pas loin du Capitol.Qu'elle prenne garde.Tous ces privilèges, elle peut les perdre en un jour si elle perd ce qui fait sa force, le respect dû à so moralité issue des enseignements de l'Eglise véritable du Christ.Que la femme chrétienne prenne bien garde de ne pas tomber dans les pièges (pie lui tend le féminisme anti-chrétien, le plus grand fléau des temps modernes.Né de l'orgueil et de la libre pensée, ce féminisme est destiné à être l'agent destructeur du monde entier.Rien ne peut lui être comparé, si ce n'est l'affreuse guerre qui vient d'ensanglanter l'Europe et dont la répercussion se lait sentir par tout l'univers.La guerre a broyé et brisé les foyers en prenant les pères, les frères, les fils.Le féminisme anéantit le foyer, base de la société entière, en enlevant la femme â sa vraie mission qui est celle d'être mère avant tout.L'heure est grave, très grave pour l'humanité entière, Mesdames, arrêtons-nous un instant, réfléchissons sérieusement avant de continuer notre vie.Quoiqu'on disent et qu'en pensent les féministes modernes, la femme, la vraie femme ne sera jamais que ce qu'elle a été dans l'intention du Créateur à son origine, c'est-à-dire la glorieuse coopéra trice de Dieu dans la création des êtres et dans la sanctification des âmes.La vraie femme, les hommes ont raison, ne sera jamais l'égale de l'homme, elle restera sa supérieure parce que c'est elle qui fut sa mère et qui sera celle de ses enfants de demain.Canadiennes-françaises, gardons-nous des modes qui passent, conservons nos foyers intacts, gardons bien haut, toujours, notre moralité qui seule assurera le triomphe de notre cher Canada, dans l'oeuvre de la reconstruction sociale.ERRATA • Dans l'article de rédaction paru en décembre dernier, sur renseignement du Droit Usuel dans la province de Québec, c'est par erreur qu'on a signale l'introduction de cette matière au programme de l'Ecole Normale de Chicoutimi en 1903./.(/;* le Dr Léon Gcrin-Lajoic.Pour ceux qui ont suivi le mouvement médico-social de ces derniers temps, le mot que comporte l'entête de cet exposé sera familier.Four les autres, au contraire, le terme impliquera une énormité que l'imagination aidera à grossir démesurément et servira à créer des cauchemars fantastiques.Il importe de bien connaître ce qu'est le cancer: c'est un fléau qu'il faut combattre et il faut savoir qu'il est tout comme la tuberculose, une maladie grave, le plus .-ouvent mortelle, mais dont on peut guérir (car on en guérit), s'il est pris à temps.Or, précisément, la difficulté surgit du lait que le début de la maladie est lent, insidieux, silencieux, ne causant aucune douleur: c'est une maladie qui détruit tout sur son passage et qui ne laisse rien de sain là où elle a frappé.La science médicale est encore impuissante à la traiter efficacement dans tous les cas.Cette maladie existait il y a plus de trois mille ans et il est rapporté qu'ilippocratc essayait à détruire la lésion avec le cautère, en la brûlant ; il était reconnu, même à cette période lointaine, que le- cas pris très au début seuls offraient une chance «le imérison.Une théorie qui |>osscdc une certaine valeur a été avancée pour expliquer la fréquence «lu cancer dans l'estomac, tandis que dans le duodénum, cette première par-tic du petit intestin qui se trouve immédiatement voisine de l'estomac, la maladie est plutôt exceptionnelle.L'ulcère est fréquent dans ces deux organes, mais il paraîtrait que l'acide «le l'estomac est favorable au développement du cancer, tandis que les alcalins du petit intestin sont défavorables à la production de la maladie.Les échanges chimiques uni lieu là où la vie existe, mais ils sont plus act if- dans le- organes en voie de régies.^» »n physiologique que dans ceux qui fonctionnent normalement.Ceci peut expliquer la raison du développement du cancer organique à l'âge moyen ou avancé.Un fait curieux a été constaté: les souris qui sont susceptibles de pouvoir contracter le cancer, peuvent être imtfuinisées contre la maladie, niais elles peuvent à nouveau redevenir cancéreuses si elles sont soumises aux rayons X.Ceci a donné lieu à la théorie que nous sommes tous immunisés pour quelque temps, et la rareté de la maladie dans le jeune âge, a rendu le fait certain que nous naissons tous immunisés.Différentes personnes perdent cette immunité à des âges variés, généralement de 40 ans et au-dessus.• Quant à la cause du cancer, la théorie de l'irritation est un fait établi et il est reconnu que la lésion se développe là où il y a un facteur irritatif.La question de l'augmentation du cancer est discutable.Nos connaissances actuelles «le l'évolution de la maladie permettent de porter plus fréquemment le diagnostic tie cancer et en conséquence un plus grand nombre de personnes sont dirigées vers les hôpitaux étiquetées cancéreuses, ce qui peut faire croire à une augmentation «le la maladie.Mais il ne faut pas oublier qu'aujourd'hui nos moyens de laboratoire pour la confirmation du diagnostic sont plus exacts qu'ils ne l'étaient autrefois.Il doit évidemment y avoir une augmentation, mais celle-ci ne s'explique pas très bien.La grande question qui intéresse tout le monde est de savoir comment on peut prévenir le cancer.Présentement, la prudence exige que l'on fasse poser par le médecin, un diagnostic précoce sur toute bosse, tumeur ou bobo qui ne guérit pas par les traitements habituels.Certaines personnes s'observent énormément et viennent consulter le médecin pour le moindre mal sur lequel elles posent elle-mêmes le diagnostic de cancer.S'il y a erreur, il est aisé de rassurer les malades.Par contre, il y a des gens qui sont extraordinairement lents à venir consulter ou demander un conseil.Une femme souffrant d'un cancer à une période très avancée n'avait jamais vu un médecin avant le veille de son entrée à l'hôpital bien que cette personne vécût voisine d'un médecin.Lue tumeur simple au début, était devenue une tumeur maligne de très grande envergure.Un homme qui souffrait d'indigestions fréquentes depuis nombre d'années n'avait jamais subi un examen sérieux jusqu'au jour où il se décida d'aller à l'hôpital.Un cancer qui eut pu être facilement enlevable six mois auparavant avait ensemencé des glandes par tout le corps.Dans les cas de début, quels signes peuvent guider les malades?Il faut des années d'études et d'entraînement pour reconnaître un ulcère simple, bénin, d'un ulcère nia-lin; il est donc prudent d'aller voir un médecin pour toute tumeur, érosion ou quelque malaise (pie ce s«»it qui n'a pas tendance à guérir rapidement.Si c'est une question «l'argent qui retient les malades, les dispensaires des hôpitaux sont ouverts journellement pour ceux qui veulent se donner la peine d'y aller consulter.Dans un stade avancé, il y a trois grands symptômes qui peuvent faire croire à un cancer: perte de poids, perte «le force et perte de teint.Ces trois signes sont apparents assez, rapidement cependant dans les cas «le cancer de l'estomac.Tout individu qui après l'âge de quarante ans ou vers cet âge, voit disparaître une «lige-tion qui a toujours été normale et un appétit habituellement b le rêve trop humain fait place à une vision inattendue: Pangc du Seigneur parait.Il porte une épée llamboyante qu'il brandit en signe d'appel.Ses yeux de lumière sunt tristes et terribles à la fois.— Fuvez.dit-il.fuyez par un autre chemin! ITérodc cherche l'enfant pour le faire mourir! Tous trois entendent la même voix trop réelle, et se lèvent.Le jour n'a pas encore paru, l'aube blanchit à peine.Rien ne bouge sous les lourdes tentes.Rien ne passe sur la route.Rien ne paraît à l'horizon.Les étoiles s'éteignent.Les rois mages se concertent.— Puisque l'ambition des rois les rend indignes du doux mystère, nous irons vers les peuples de la terre.— Oui, allons vers les cités splcndidcs, leur gloire glorifiera le Christ ! Du doigt ils indiquent par delà les sommets bleuâtres des montagnes, tel fameux port dont les vaisseaux sillonnent les mers.A peine ont-ils franchi l'enceinte de la cité que les marchands avides entourent la caravane.C'est à qui offrira les étoffes les plus soyeuses, les plus éclatants tissus, les plus lines dentelles et l'ivoire le plus pur, les bijoux les plus riches et les vases les plus gracieux.On l'escorte jusqu'à l'hôtellerie.7 Les grands envoient leurs délégués saluer ces nobles étrangers et leur offrir des présents dignes de leur puissance.Les rois mages font venir les meilleurs musiciens.Ils dépensent sans compter pour faire tendre d'or le lieu où ils réservent d'annoncer la venue du .Messie.Ils convoquent une grande assemblée.Les patriarches y viennent entourés de leurs bis et de leurs gendres.La trompette sonne, le hautbois joue, l'encens monte dans l'air et ternit l'éclat du soleil.Les rois mages parlent.On les acclame.Chacun veut aller adorer ce Messie enfin venu.Mais où est-il ?— Loin de votre pays, dans une contrée inconnue.Quelques uns de s'éloigner parce qu'ils entrevoient les périls du voyage.— Comment le reconnaître?— ("est un enfant couché sur la paille.Kt tous de retourner «à leurs richesses et à leur bien-êt re.— Oui sait, dit un grand, cet étranger veut peut-être la ruine de notre pays ! — Il va tarir la source de notre commerce dit un riche marchand.— Il va éloigner tous les voyageurs de cette contrée pour les diriger vers Bethléem, dit l'hôtelier.Et le soir même les trois rois mages doivent (putter la ville.La caravane suit triste et morne.La route du retour est longue.Les rois ont tant fait de largesses qu'il n'y a bientôt plus d'or sur le dos des chameaux, plus de myrrhe précieuse et plus d'encens.Les trésors un à un s'échangent contre le pain et le vin nécessaires.Les rois mêmes ont dépouillé les riches tuniques de leur royauté.A chaque nouvelle rencontre dans le désert, à chaque nouvelle halte dans les cités, des esclaves s'échappent et ne reviennent plus.Les trois sont bientôt seuls avec leurs chameaux.L'amertume de la déception n'a pas atteint cependant le fond serein de leur âme: quand ils auront atteint le seuil de leur maison, la vérité sainte trouvera enfin un asile ! Au coucher du soleil, ils aperçoivent tout à coup le long mur blanc de leur patrie, sillonnant la colline sombre.Ils quittent leurs montures épuisées et se hâtent d'un pas allègre vers les portes qu'ils discernent maintenant.Les sentinelles accoutumées v sont les mêmess.Ils les abordent : — Ouvre-nous mon ami et qu'on annonce à nos femmes, d'abord, notre arrivée! — Qui ètes-vous.dit la sentinelle en les toisant d'un oeil dur.Ils 11e se mi donc plus même reconnaissables ! LTn signe pourtant leur reste de leur noblesse: l'un d'eux tend sa main calleuse ou brille l'anneau de sa haute lignée.Le soldat, d'un geste incertain, ouvre les portes mais il retient le salut qu'il fait toujours aux grands personnages.Les trois rois mages entrent seuls et silencieux dans la cité où ils ont régné.Ce n'est pas l'accueil qu'ils ont rêvé pour les hérauts du Christ! Enfin, voici la tourelle ajourée, le large escalier de marbre blanc, leur palais.Mais où sont donc les femmes et les enfants et les ouvriers alertes et les servantes empressées?La terrasse est déserte.Monntrcal — LA BONNE PAROLE — Janvier 1923 2 s Ils frappent.Une femme parait vêtue de deuil.— ( )ui etes-vous?— Femme!.A l'accent si douloureux du voyageur, éclatent les sanglots.— Kt inté ! I ,es r< >is s'approchent : - Knfants, «l'on tenez-vous ces paroles angéliques! Kl dans leur simplicité, les bergers racontent la merveilleuse histoire qu'ils tiennent d'autres bergers comme eux.('liez les simples et les purs, la bonne nouvelle s'est répandue de montagne en montagne, de vallée en vallée.Les trois sages de l'Orient, cette nuit-là, rendent gloire à Dieu qui a caché ces choses aux grands et aux puissants, pour 1rs révéler aux petits! Leurs yeux de chair avaient vu Dieu.Leur âme de sage l'adore aujourd'hui en esprit et en vérité! Justine HARD EL.CONSEIL PRATIQUE Les trois elements du succès sont : h volonté, le travail et l'économie Ne négligez aucun.LA BANQUE D'HOCHELAGA Fondée en 1874.j Trois jours ches-nous il a neigé.L'Hiver enfui blanchit la terre! Voyez déjà Ions la "Frenière" Courir Odile au pied léger, La brune Adèle et Nicolette.Le teints est beau Sur le coteau l'oie, raquette! La belle Odile a tricot blanc.Lins mocassins, mitaines grises; La brune Adèle est la mieux mise lit sa ceinture 7'ole au vent; Celle qui rit, c'est Nicolette.Le temps est beau Sur le coteau l'tde.raquette! L'une est la fille du grand Renaud, Qui sur la route a trois gros saules.L'autre est l'orgueil du vieux Dessaules; Celle qui :a d'un air faraud C'est la jeunette l'aliquette.Le temps est beau Sur le coteau Vole, raquette! Ah! ces frais filles du pays Feront un jour sainte promesse A l'amoureux de leur jeunesse! S,-n/:'t-ce à Lierre ou Jean-Denis, A Claude Auge, Paul-â-Duqucttc?.Le temps est beau Sur le coteau l'oie, raquette! .-III! vole, vole, au blanc pays.Rire clair de la roquetfeusc.Qui.jupe au vent, mine joyeuse.S'en l'ont au loin vers les bois (/ris, Adèle, Odile ou Nicolette! Le temps est beau Sur le coteau Vole, raquette! Albert Lerland. VOL XI NO 1 Monntréal — LA BONNE PAROLE — Janvier 1923 LE GOUT DUS LITRES Je reviens sur le sujet.Aussi bien vous me le pardonnerez, sachant que vous êtes en cause.De façon un peu humiliante, j'en ai peur, mais veridique, parait-il.Cous en jugerez, Mesdames.Tous protesterez, s'il y a lieu.Là, e'est un démenti presque sans ménagement que vient d'infliger à mes assertions du mois dernier, un écrivain français connu.Rappelez-vous avec quel plàistir je louais la femme bibliophile, avec quelle satisfaction je voyais son cas se généraliser.Eh bien, il parait que j'ai eu tort, qu'elle ne forme qu'une élite, une toute petite et Je.Ce qui est plus grave, il parait que j'ai confondu beaucoup de choses.La femme bibliophile, de nos jours, ce n'est que "la professionnelle de l'intelligence, celle qui lit par état." Quant aux autres, à toutes les autres, à la majorité des femmes, on conteste son goût pour les livres, partant pour une fine culture générale.On assure pertinemment que "la femme contemporaine lit peu." On en cite la raison : "les divertissements agites dévorent à peu prés tout le loisir et de celles qui travaillent comme de celles qui ne travaillent pas." Dites, voit-il clair, l'austère censeur qui s'exprime alnélf Sous ces paroles sans fard, baissez-vous la tête arec confusion.' Petites femmes modernes, parées et jolies, à l'esprit nerveux, au rire un peu bruyant, qui posez votre regard sans peur sur ce qui vous entoure, serait-il vrai que "vous ne vous plaisiez pas au contact de la pensée sérieuse/ Serait-il vrai que vous vous amusiez trop! Cela serait désolant'.Que faire pour que se ravive en i tais le plaisir délicat de la lecture/ Que faire pour apaiser la tourmente mondaine, guérir le vertige de la jouissance, être sans trop de sévérité ou de candeur, un peu empêcheur de danser en rond/ J'offre aujourd'hui-, aux méditations de celles qui demeurent susceptible de conversoin, quelques mots pittoresques de mon opposant distingué.Ils saisissent un peu ces mots par une certaine liberté de ton, mais qu'on les sent justes et opportuns! "Toute femme moderne, dit le littérateur averti, qui porte fréquemment des bas de soie et qui s'offre habituellement des gâteaux a les moyens pécuniaires de cultiver son esprit et de lire." Ce reproche vise fort adroitement, n'est-ce pas, votre recherche de l'élégance, votre souci d'une vie d'enfant gâté, capricieuse, charmante et puérile/ Tous admettez avec moi la grâce originale et verte de ce propos.Mais sa vérité vous émeut-elle/ Voilà.Au début de la nouvelle année, il serait .A" louable de remédier à de légers excès.Douze mois se dressent devant nous, enveloppés de leurs longs voiles mystérieux.A la plupart d'entre nous.Dieu les donnera tout entier.Qu'en ferons-nous/ Pourquoi, chacun des jours de ces douze mois, ne trouverez-vous pas une heure, une frêle et vive petite heure ù consacrer â la lecture, au soin de la culture générale/ "Cette culture, dit-on encore avec regret, qiti risque de n'être plus, bientôt, qu'un apanage de professionnelles.9' Je vous supplie de bien réfléchir â ces choses, et de ne pas hocher trop vite vos jolies têtes volontaires.Si rous le permet tes, je marcherai près de vous, sur la route ardente, menant à la conquête spirituelle.Un volume, un auteur dignes de votre amitié intellectuelle, je vous les signalerai.0 les douces et fortes amitiés que celles-là, 7'oiis verrez! ! Dites que vous le -roulez/ Dites que je n'ai pas faitX Oi livre i leurs coeurs ^"iit liés, s'ils pensent, veulent et évoluent connue un seul.Pareillement, quand nous sommes avec Dieu dans le privé, au milieu de circonstances minuscules, mai- qui durent, nous sommes au naturel avec lui.et si son amour est dans notre coeur, cela se voit; Dieu lui-même et son ciel le voient.L'âme est alors connue un puits silencieux entre des murs calmes, avec son eau don! la cascade bruyante ignore le secret, mais qui luit furtivement dans l'ombre, et Dieu y vient boire.Que je me lève le matin vertueusement, sans paresse, sans caprice, «à l'heure de Mien, tous les jours, et sans autre motif (pie de plaire à mon Seigneur qui m'appelle ii vivre; que je vaque à mes affaires sous son regard; que je l'aie pour compagnon de travail; que je sorte pour son service et rentre à son appel; que je sois aimable à cause de lui.patient parce qu'il le demande, humble devant un reproche, juste dans une appréciation, prudent dans nies paroles, délicat dans mes procédés, intègre à propos de tout, sinon même à propos de rien, cela prouve autrement mon union avec lui que d'envoyer mille francs à une souscription charitable ou de résister en grommelant à une grave tentation.I .'humilité des actes est la matière préférée de l'amour; il s'y complaît comme en ce qui prouve le mieux sa capacité de tout grandir; il y met plus purement de lui-même; plus ces actes seront petits, plus il aura licence de se montrer grand.C'est pour cela, je pense, que Verlaine a dit : La vie humble, aux travaux ennuyeux et faciles.Est une oeuvre de choix qui veut beaucoup d'amour.D'ailleurs, n'est-ce pas de ce fond que*jailliront en son temps, ainsi (pie d'un réservoir empli goutte à goutte, les actes plus notables?La vie publique vient de la vie cachée, le Calvaire de la Crèche et l'obéissance tragique de la modeste sujétion soulignée par PEvailgélistc en disant ; "/:/ il leur était soumis." Comme dans les monuments, l'éclatant est ici porté par de l'invisible.Les fondations, ce sont des masses informes, sans recherche de beauté, sans ligne, sans prétention, de simples masses liées et noyées ensemble, une coulée indistincte de matériaux sans prix individuel.I )e même, les fondations de la vie morale sont les actions ordinaires et quotidiennes, sur lesquelles les actes marquant trouvent appui, sans lesquelles ils ne seraient que ruine.Lis grandes vertus.>i l'on entend par là celles qui se voient, celles qui ont des effets glorieux, sont fille-, des petites, celles qui ne se voient pas; elles en naissent et elles s'y retrempent.Celui-là donc, celui-là seul est catholique vraiment qui entreprend de rendre catholiques ses actions courantes.A ce prix seulement, il a le droit de se rassurer et Dieu peut se rassurer sur son cas.C'est un grand piont de doctrine el c'est un fait d'expérience que "celui qui est infidèle dans les petites choses tombera peu à peu dans les grandes" et (pie.inversement, l'humble fidélité à la grâce hausse la grâce: (pie tonte la vie étant à Dieu, en toute, si nous le voulons, il établit son règne, le fait croître, le rend stable, l'assure définitif.De telle façon que, par cette succession de petits recommencements qui parait tourner sur place, montant peu à peu.en spirale, chaque jour plus proche du ciel, à chaque tournant découvrant un horizon un peu plus large, à chaque voyage du même point au même point ayant accru n< is richesses de grâce, nous arriverons à ce qui est le but de la vie catholique en tous > + a 0» ** #* ** Spécialité: Tributs flora un C.-J.GRENIER & Cie fabricants et Importateurs de Corsets — Grand 5 choix île Rants pour dames.2 101-403 est.ste-catherjne montreai 2 TEL.UP 2187.TEL.Res.: Up 1329 f JOSEPH SAWYER 2 \rchitect:-:.MKsruKi'K et évaluateur \ 407.rue GUY.Montréal MAPPIN & WEBBLIMITED BIJOUTIERS ET ORFEVRES ?353.O.Ste-CATHERINE.Montréal Catalogue en français sur demande.! 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