La bonne parole /, 1 janvier 1922, janvier 1922
hh SONNE PAROLE REVUE MENSUELLE Ce quelle est: un LIEN qui sert à unir d'esprit et de cœur les Canadiennes-françaises ; lin FOYER d'où ravonne sur tous les domaines de Tac-tivité féminine lumière et chaleur ; un CENTRE où se rencontrent les bonnes volontés désireuses de se dévouer avec plus'd'efficacité aux œuvres nationales ; tni MOYEN de propagande pour la diffusion des principes catholiques d'action sociale; un ORGANE indisj ensable à l'œuvre de la Fédération Nationale Saint-Jean-Baptistc, d'abord auprès des diverses associations qui la composent et des comités par lesquels elle agit ; puis auprès des œuvres nationales étrangères qui font comme nous partie de l'Union Internationale des Ligues Catholiques féminines.CONDITIONS DE L'ABONNEMENT : Canada et Etats-Unis.$1.00 par an.Union postale.'.$1.30 par an.Un escompte de 50% est accordé aux membres des associations professionnelles, des Fédérations paroissiales et des communautés religieuses.Tous les abonnements sont payables à l'avance en janvier et doivent être envoyés au Secrétariat de la F.N.St-J.-B.Chambre 3, Monument National.Boni.St-Laurent, Montréal.Heures dé Bureau: 9 a.m., à 1 p.m.Tél.Plateau 3303 TOUTE PERSONNE peut concourir à l'œuvre de la "Bonne Parole:" En s'y abonnant ; En lui procurant de nouveaux abonnés ; Kn la faisant lire ; En lui apportant une collaboration littéraire; En sollicitant des annonces à son intention.1.3.4.La Fédération Nationale St-Jean-Baptiste Fui fondée en 1(,07 et incorporée en 1°12 pour grouper toutes les associations féminines canadiennes-françaises catholiques en vue d'une action commune dans les questions d'intérêt général.Aumônier: Sa Grai fleur Monseigneur Bruchési Présidentes d'honneur: Lady Gouin MWi L.-F.Béîqtie bureau de direction: Prés.: Mme H.Gérin-Lnjoie: vice-orés.: Mme T.P.nuuau: Sec: Mlle G.Le Moync; Trésorièrcs: Mlles M.-R.Boulais, S.Renauld; Membres: Mmes A.Tcrroux, Ed.Brassard, D.-N.Germain, .!.Angers; Mlles M.-J.fiérin-Lajie.Bibaud.M.Auclair, G.Boissonnault, G.R.des Isles, J.Baril.SOCIÉTÉS FÉDÉRÉES Les dames patronnesscs des œuvres suivantes: Tnst.des Sourdes-Muettes Crèche de la Miséricorde Hôpital Notre-Dame Montai Rte-Justinè T Tonnai St-Joseph Fédérations paroissiales de* Ste-Philomtae de Rosemont St-J.-Baptiste de la Salle Saint-Arsène Immaculée Conception T.S.Nom de Jésus, Saint-Vincent-de-Pau] Saint-Henri La Nativité d'Hochelaga Maisonncuve Saint-Pierre L'Enfant-Jésus.Les Incurables Sacré-Cœur Sainte-Hélène Sainte-ClotiMe N.-D.du Perpétuel Secours.Ville Emard.Saint-Stanislas de Kostka T.** Foyer T p$ écoles ménagères Cercle d'études N.-Dame des Fermières de la province de Québec La Fédération des Cercles d'Etudes des Canadiennes françaises.Association des: Institutrice?catholiques cmp.de manufacture emp.de magasins cmp.de bureau femmes d'affaires L'Assistance maternelle Chaque œuvre par son affiliation à la Fédération, fortifie ft étend son influence particulière.PRINCIPALES ŒUVRES ACCOMPLIES PAR LA FÉDÉRATION HT SES FILIALES.Fondation des Associations professionnelles Fondation des Fédérations paroissiales Etablissement de Caisse de Secours Etablissement de Cours d'Enseignement Ménager Comité de luttre contre Valcoolisme Amendements à la loi des licences Législation en faveur des Institutrices et des employées de bureau Comité des questions domestique Comité de luttre contre la mortalité infantile Fondation ûfi "Gouttes de Lait" Participation aux expositions pour le bien-être de l'enfance Comité de lingerie d'autel et décoration d'église lors du Congrès Eucharistique Pèlerinage à Lourdes et à Rome Affiliation à Y Union Internationale des Ligues catholiques féminines Fondation de la Bonne Parole Comité du "Denier Sational" Comité des questions civiques Comité de la Croix Rouge Comité du Fonds Pariotique Comité de Y Assistance par le travail Comité permanent d'étude.N.B.— On peut devenir membre de la Fédération Nationale Saint-Jean-Baptiste en s'inscrivant à son secrétariat: Ch.3.Monument National. Vol.X No 1._ Montréal — LA BONNE l'A ROLE — Janvier 1922 3 ENTRE NOUS Le suffrage féminin La grande date csl passée, les élections ont eu lieu le 6 décembre dernier et les canadiennes-françaises, appelées à voter pour la première fois, ont pris le chemin des urnes, et ont rempli leur bulletin avec courage et intelligence.La majorité des femmes ont ainsi accompli leur devoir civique nous dit un grand quotidien et 90 pour cent de celles qui s'étaient inscrites sur les listes électorales se sont prévalues de leurs droits.Ceci donne à réfléchir quand (»n constate que SO pour cent seulement des hommes inscrits se sont présentés aux bureaux de votât ion.Le mouvement se démontre en marchant a-t-on dit et la prétendue apathie des femmes pour l'exercice des droits politiques est battue en brèche.Les femmes ont figuré en grand nombre dans les assemblées politiques et ont à certains moments lait salle comble.Le ton des réunions en a été relevé, on a eu pour les daines les égards (pie réclame leur sexe, on leur a même présenté des Heurs et la rudesse des moeurs politiques a reculé devant l'entrée en scène d'éléments nouveaux qui incarnent la délicatesse, la réserve et la bonté.On redoutait que la femme ne se dénaturât et ne perdit de sa grâce dans l'arène politique; mais voilà que son influence répand autour d'elle une atmosphère apaisante et permet à la pensée de s'affirmer dans des milieux où trop souvent elle restait étouffée sous des clameurs grossières et des cris turbulents.D'ailleurs, n'est-ce pas le propre de la femme de policer et d'embellir les moeurs?Ces cadres faits d'ordre et de dignité, qui sont précisément ceux qu'elle entretient au foyer, sont nécessaires à son tempérament, elle n'opère qu'au milieu du calme, voilà pourquoi la liberté (pie l'on accorde aux femmes donne vraiment la mesure d'une civilisai ion.La femme a done pu user de son voie librement, sans être intimidée, sans être nu «lestée et la nomination de femmes comme greffiers et officiers rapporteurs a contribue, n'en doutons pas, «à communiquer aux bureaux de Notation un caractère particulièrement accueillant.Les préventions qu'avaient un trop grand nombre de femmes contre le suffrage sont tombée-.Elles savent maintenant que voter est chose facile et qui ne diffère en rien dans la pratique de l'exécution de devoirs extérieurs qu'elles remplissent journellement pour l'entretien du foyer et de la famille.Mais, audessus de tontes ces considérations d'un caractère secondaire après tout, quelles perspectives les femmes n'ont-cllcs pas entrevues! Elles ont fixé leurs regards sur les grandes lignes de nos destinées nationales: elles ont scruté le présent et ont interrogé l'avenir et elles ont imprimé quelque chose d'elles-mêmes à la physionomie de la patrie.Qu'on ne dise pas que la réalité a été plus prosaïque et (pie les femmes n'ont pas encore haussé leur esprit aux sphères de la vie publique.Nous avons été témoins de leurs nobles efforts pour s'éclairer, pour pénétrer le sens (les choses.Au cours provisoire d'instruction civique institué par la Fédération et patronné par l'université, un millier de personnes ont certainement fait acte de présence, et, à certains moments, les salles trop petites ont dû être remplacées par des locaux plus va-les.Les finîmes (pu* ont fréquenté ces cours appartenaient à toutes les classes de la société, les plus humbles comme les plus opulentes; chez chacune d'entre elles on relevait une même préoccupation: donner à leur vote la valeur d'un acte de conscience.De divers centres de la province de Québec, ont s'est adressé à la Fédération pour obtenir une documentation sûre.De renseignement qui lût donné avec beaucoup de talent par des hommes éminents.choisis dans les rangs du clergé, des idées fondamentales se dégagèrent qu'il faut leur savoir gré de nous avoir données avec la competence théologique qui les distingue.La première fut de libérer les consciences de Unite ambiguïté doctrinale au sujet du vote des femmes.Monsieur l'abbe Perrin, sans rien méconnaître de l'ordre hiérarchique et traditionnel qui doit régner dans la famille, s'est appliqué cependant à mettre en lumière une vérité non moins importante: la personnalité de la femme qui doit continuer de subsister durant le mariage dans ses caractères essentiels et qui doit commander le respect.Il a fait voir l'inviolabilité de sa pensée et donne une fois de plus une réponse victorieuse à ceux qui croient (pie la femme n'a pas d'âme et (pie le catholicisme ne lui permettra jamais de s'élever aux sommets de la dignité humaine.Monsieur l'abbé Henri Gauthier a abordé la question de la nature de la société, sa raison d'être et les formes légitimes du gouvernement, y compris la démocratie.Lutin le l'ère Ludovic, de l'ordre des Franciscains, a mis en lumière le grand problème du développement féminin et ses relations avec les destinées humaines.Son étude très nourrie de données historiques était savante et couronnait admirablement cette série de leçons en lui donnant une conclusion extrêmement pratique.Va maintenant (pie le- femmes savent (pie le suffrage n'est pas une question religieuse, mais qu'elle appartient au domaine de ces problèmes laissés à la libre discussion des hommes: à présent qu'elles ont compris que l'organisation publique est un moyen humain, d'ordre universel, commun à tous sans distinction de sexe : & présent qu'elle • ont approfondi les caractères distiuctifs de leur fonction sociale et savent dans quelle mesure l'effort collectif aidera à son parfait accomplissement: resteront-elles indifférentes à l'obtention du suffrage provincial?Parmi les problèmes qui relèvent du gouvernement provincial, notons la santé publique, la lutte contre la mortalité infantile, l'alcoolisme, la tuberculose, l'éducation des enfants, la préparation de la jeune fille à son rôle familial, l'épuration des moeurs, le relèvement du peuple, l'assistance publique, la législation sociale, la réglementation du travail des femmes, l'état civil des personnes, les conventions matrimoniales, la répartition des biens entre époux, etc., etc.La femme croirait-elle par hasard qu'elle peut défendre ses intérêts, collaborer aux graves problèmes dont la solution lui échoit, en vivant dans l'isolement et sans user de la plénitude de ses moyens d'action, sans une combinaison géniale de ses forces organi- (à suivre au bas de la page 6) 9112 77 Montreal — LA BONNE PAROLE — Janvier 1922 Vol X.No 1.Rapports du Congrès d'avril 1921 Ha pension aux.jNereg La Fédération Nationale Saint-Jean-Baptiste a bien voulu me charger de faire un rapport public, du travail accompli parmi nous au sujet de la loi projetée de l'assistance aux mères, et d'exposer les motifs sur lesquels nous nous basons pour agir de la sorte.Sans entrer immédiatement dans le détail de ces motifs, nous pouvons cependant affirmer que la loi désirée est née d'une pensée de charité et d'un sentiment de solidarité entre nous toutes.Nous demandons au gouvernement de Québec d'établir dans cette province ce qui, dans l'< hitario, dans I'Alberta, dans la Saskatchewan, produit tant de bien et maintient intact, le lien de tant de familii : Nous ne souhaitons pas une copie de ces lois extérieures, parce que, si nous avons les mêmes besoins généraux, nous ne pouvons avoir la même mentalité que nos voisins.Ce que nous désirons, c'est que le gouvernement de Québec fasse acte public, qu'il fournisse les subsides nécessaires à l'entretien de familles en péril, qu'il supplée, par suite, à l'incapacité individuelle.Toute femme canadienne, résidant dan- la province de Québec, ayant à ses charges, soit par la mort, la disparition ou la maladie du mari, l'entretien de ses enfants figés de moins de quatorze ;ui\ pourrait de la sorte rester chez elle, et se consacrer à leur éducation.Quant à la manière d'appliquer ces subsides, naturellement, le gouvernement demeure libre de le faire à son gré, mais la plupart des personnes consultées désirent que la distribution de ces subsides soit confiée aux institutions de charité telles cpie la Saint-Vincent-de-Paul, etc., d'autres moins nombreuses désirent la formation de comités spéciaux tels qu'établis dans les provinces ou la loi fonctionne de cette façon.La Fédération Nationale tient à honneur de faire connaître à ceux qui s'intéressent à elle, non pas seulement le résultat définitif de son travail, mais toute la marche de ses labeurs obscurs et préliminaires.Il y a déjà plusieurs mois que cette question est débattue parmi nous, qu'à l'invite d'un groupe féminin de Hull, les dames fédérées de Montréal se sont réunies en comités spéciaux pour étudier l'opportunité et les chances de succès d'une telle loi.Vite convaincues de son importance, les déléguées des deux villes rencontraient, en février dernier, à Montréal, le premier ministre de Québec, l'honorable Alexandre Taschereau, et le priaient de prendre l'initiative de la loi de l'Assistance.En attendant le bon vouloir du gouvernement, les dames établirent des enquêtes auprès de chaque groupe français et anglais pour connaître les opinions et se rendre compte davantage des difficultés que l'application de la loi pouvait soulever.Lès journaux parlèrent et approuvèrent unanimement le principe de l'assistance aux mères.Une requête se fit et nons pouvons aujourd'hui déposer dans les mains du premier ministre, ce qui nous a semblé l'approbation publique, des milliers de signatures.Mais toujours durant ce temps, le travail d'enquête se poursuivait, on recueillait les objections, on les pesait et franchement, sans parti pris, nous nous formions une opinion a ce sujet.1 Nous avons cru bien faire en résumant ces objections et en vous en faisant part aujourd'hui, pour qu'à côté de l'opinion adverse, nous puissions poser nos motifs d'agir.Ces objections se classent sous trois chefs principaux: Cette loi serait anticatholique, antisociale, antiéconomique.Anticatholique, dit-on parce que si la religion enseigne le grand respect de l'autorité, elle est jalouse des libertés individuelles, et jamais elle ne permet à l'Etat de s'ingérer dans la famille.Antisociale, parce que dans cette loi.il semblerait que e droit des parents sur leurs enfants soit amoindri à proportion de la protection accordée par l'Etat, et que, par suite, la mère dont le rôle est si beau dans la famille, s.dt réduite à la fonction d'une salariée de l'Etat, dans l'éducation de ses enfant-.Antrâcoiiomiquc, parce que ce serait une porte ouverte aux dépenses folles, exagérée- des parents, certains qu'ils seraient, que le gouvernement -e chargera de l'avenir de leurs enfants.Voila résumé le plus succinctement possible, ce que non- avons recueilli ici et là.contre le projet de lui.Tout d'abord, qu'on me permette de déclarer que si la Fédération croyait à la réalité de ces objections, elle modifierait immédiatement son attitude.Nous sommes trop respectueuses de l'ordre social chrétien, et trop désireuses de semer les bons principes, pour venir de la sorte soutenir en public, une thèse que nous penserions fausse.Nous nous appuyons au contraire sur les motifs suivant : "L'unité cl le bon ordre de la famille nécessaires au bon fonctionnement de la société seront fortifiés.C'est justement pour empêcher l'éparpillcmcnt des* forces familiales que nous voulons tirer la mère des usines et des travaux extérieurs pour la mettre à sa place à la tête de ses enfants.C'est pour que le foyer ne devienne pas solitaire pour que l'enfance puisse se nourrir de traditions intimes pour que des liens forts et nombreux enveloppent l'âme des enfant- que nous voulons la mère attachée à ce travail supérieur de l'éducation des siens et que nous voulons la voir libérée d'un labeur quotidien qui l'arrache à son foyer.Nous sommes convaincues que le gouvernement n'entend pas meure les enfants en tutelle, et la mère «à salaire, que si l'intervention de l'Etat pour subvenir à un besoin particulier comporte un danger, ce danger sera grandement diminué par le choix judicieux des intermédiaires qui le représenteront, surtout si ce sont les institutions de charité.Nous croyons à l'honneur et à l'honnêteté de l'ouvrier chrétien, qui rougirait de forcer sa famille à recevoir l'aumône, par ses folles dépenses.Lù s'il se produit des exceptions, du moins ne seront-elles pas plus onéreuses au public que les nombreuses familles qui, actuellement, vivent de nos institutions de charité.Réflexions faites, nous pensons pouvoir profiter de ce congrès p< ur réitérer notre demande au gouvernement.La charité individuelle n'est pas suffisante, et nous avons toujours sous les yeux l'appel de ces petits enfants qui ont besoin de leur mère, et l'angoisse de celle qui, chaque matin, doit oublier son rôle de femme, pour se soumettre aux duretés du travail extérieur, qui s'expose de plus aux séductions réitérées du dehors.Qu'on nous donne cette loi, et nous aurons plus de vraies familles, moins d'existences gâtées, plus de ressourça sociales.Graziclla B01SS0XXAULT. Vol.X No 1.Montreal — LA BONNE PAROLE — Janvier 1922 5 %tè Cercle^ be Jfermières; be la $frobmce be Quebec par Mile Eveline Lc Blanc, du Ministère provincial de l'Agriculture.Au nom de nos- cercles de Fermières, permettez-moi de vous exprimer notre reconnaissance pour l'honneur et le plaisir que vous nous avez faits en nous invitant à prendre part à cet important congrès.L'oeuvre de la Fédération Nationale Saint-Jean-Baptiste et celle des cercles de Fermières, quoique différentes dans leur organisation et leur programme, travaillent cependant à une cause commune.Les deux oeuvres se sont heureusement rapprochées à notre première conven tion, en octobre 1919.Alors, madame Gérin-Lajoie exposa le travail accompli par l'association qu'elle préside d'une manière si distinguée et tendit la main à la nôtre encore naissante.Par ce fait elle donna un appui notable à nos énergies désireuses d'atteindre le bien soical convoité.Ce fut un honneur et un encouragement; que la Fédération Nationale en reçoive notre reconnaissance.Nous sommes ici pour nous renseigner mutuellement.Je vous exposerai donc le but et l'organisation de l'oeuvre des cercles de Fermières dans la province, ainsi que les résultats obtenus.Monsieur Paul de Vuyst, sociologue et économiste belge, écrivait en 1906, dans la "Revue Agronomique" de Paris: "Les progrès agricoles d'ordre économique ont été réalisés, en grande partie, grâce à l'intervention des cultivateurs.Mais c'est à la fermière surtout qu'il appartient de contribuer eflicacement au relèvement de la condition sociale de l'homme des champs, en veillant à la bonne éducation des enfants, en améliorant l'alimentation, en rendant l'habitation plus hygiénique et en s'em-ployant à la faire apprécier davantage."Ce rôle de la femme, continue-t-il, a certes été compris par les agronomes et les économistes éclairés: mais il est vraiment singulier qu'on ait tardé si longtemps à comprendre aussi la nécessité de préparer efficacement la future fermière à le remplir," Ces sages considérations avaient été à l'honneur dans les pays les plus avancés et les plus soucieux de leur propérité.Or, pour activer la diffusion de ces principes nécessaires, on créa, comme pendants aux écoles ménagères, des groupements féminins dans les centres ruraux, sous le nom de cercles de Fermières.Au Canada, c'est en 1898, dans la province d'Ontario, que furent tentés les premiers essais.En 1905, il existait chez nos voisins 69 cercles, groupant 7.018 membres.En 1917-18, Ontario comptait au-delà de 800 cercles avec plus de 30,000 membres.Notre province de Québec, grandissant dans des conditions économiques presque analogues, avait besoin elle-même de cet organisme social.C'est avec l'assentiment de l'honorable Ministre de l'Agriculture que se fondèrent ici, il y a dix ans, les premiers groupes de Fermières sous le vocable de "Momemakers' Clubs", auxquels vinrent s'ajouter les cercles de Fermières canadiens-français, en 1915.Le premier cercle canadien-français fut fondé à Chi-coutimi, en février 1915, par M.Alphonse Désilets, directeur général de l'oeuvre.On vit naître la même an- née, les cercles de Roberval et de Champlain, et, l'année suivante, ceux de Beauceville, Plessisville et Saintc-Aga-pit de Lotbinière.Nous comptons aujourd'hui, 50 cercles dans la section française et 41, dans la section anglaise: notre effectif global s'élève à plus de 6,000 membres.C'est donc pour utiliser les notions d'économie domestique acquises aux Feole Ménagères et dans nos couvents d'enseignement supérieur que des groupes de jeunes filles et de jeunes dames se sont formés en cette province sous le nom de cercles de Fermières.A peu d'exception près, les cercles se sont fondés dans des centres ruraux groupant la femme des champs avec la ménagère des villes, épouse ou mère d'ouvriers, de commerçants ou de professionnels; et tous les membres de ces groupes s'assujettissent au même règlement et procèdent selon le même programme dans leur action pratique.La base de cette action est l'accomplissement de devoirs spéciaux, naturels et normaux qui reviennent à la femme comme mère, éducatrice de ses enfants, épouse et collaboratrice de son mari.Comme telle, la femme des champs et celle des villes participent aux mêmes obligations.Le cercle des Fermières est un foyer d'éducation sçciale où ces obligations sont étudiées et clairement proclamées.11 y a plus, non seulement l'action des cercles attache la femme à son foyer en appliquant les saines méthodes d'éducation et d'art ménager, mais cette, action vise et réussit à garder nos /ils sur la terre en empêchant nos filles de déserter la paroisse rurale.Mues par le seul désir d'accomplir du bien aui mr d'elles et douées, par ailleurs, des qualités de coeur et d'esprit capables de rendre leur vie attrayante et facile, les jeunes fermiers ont saisi la grande importance de leur oeuvre et s'y sont dévouées avec tout l'enthousiasme et toute la générosité de leur âge et de leur sexe.Aussi, elles ont déjà réussi à faire aimer la vie tranquille du foyer en y mettant la note exquise de leur goût, de le talent, de leur vertu tie femmes averties: là est le secret de la prospérité.Dç plus, ells ont étudié les petites industries agricoles pratiquâmes partout et elles ont voulu faire aimer l'agriculture en la faisant connaître.L'oeuvre à laquelle se livre la jeune fermière est à la fois utile, facile et belle.UTILE: L'oeuvre pratique des jeunes fermières consiste à introduire un peu partout les petites industries de l'aviculture, du jardin potager, de la culture ornementale et du soin (les abeilles.Le Ministère provincial de l'Agriculture confie aux cercles les valeurs nécessaires pour développer leur propagande par la création de jardins coopératifs et de jardins et parterres privés: le service d'aviculture fournit gratuitement des oeufs d'incubation de race et favorise la construction de poulaillers modèles: deux ruches, garnies de fortes colonies d'abeilles, sont données à chaque cercle avec l'outillage complet nécessaire à l'apiculture.Les instructeurs apicoles du Ministère sont envoyés aussi souvent que possible à la demande de cercles.Certains groupe- se livrent en outre, aux travaux de filage, tissage, et, font du fromage domestique et du pain de ménage et plusieurs jeunes fermières savent s'inspirer de la nature champêtre pour créer des oeuvres qui font honneur à leur talent personnel.FACILE: car les visites des instructeurs officiels, les conférences mensuelles et la bibliothèque de chaque cercle fournissent toutes les connaissances théoriqusc nécessaires au travail des membres qui s'y attachent, parce qu'on y trouve un agréable passe-temps pour ses loisiers.BELLE: aussi, l'oeuvre des cercles de Fermières qui 6 répand chez notre peuple l'amour du sol natal en gardant à la terre ses enfants privilégiés: les membres des cercles donnent l'exemple de la noblesse de coeur et de l'élévation d'esprit en s'a'donnant aux humbles tâches de la culture, en fêtant par des concerts-causeries, la poésie profonde de IV >tre vie champêtre.Cette action et celte direction mènent à des résultats positifs.Des habitudes «l'activité et d'économie s'implantent dans les paroisses qui ont leur cercle.Les réunions réglementaires entretiennent l'émulation et les cours annuels développent les idées en apportant des moyens nouveaux qui rendent plus facile l'accomplissement de devoirs devenus agréables parce que mieux compris et mieux appréciés.Je vais maintenant vous soumettre les rapports sur le travail fait chaque année, par les cercles de iïermièrcs de la pn ivince, depuis 1915.Année : Ni » de cer.Membres.G »n i".( "» mrs et dém< MSt.191 / — 1917 10 530 54 70 1918 15 861 84 74 1919 23 1047 85 1K> 1920 39 2162 345 15 1921 50 4010 -loi 1 111 Les cercles canadiens-français de cette province sont au nombre de 50, ils enregistrent un total de plus de 4,000 membres, dont 3,200 femmes ou filles de cultivateurs.Les cercles anglais I Nomcmakers' Clubs l sont au nombre de 41 avec plus de 2,000 membres .Mais il est à remarquer que ce n'est pas d'après ces chififres seulement qu'on doive apprécier les résultats obtenus.In progrés général est constaté dans la tenue des foyers, rattachement de> jeunes à la vie champêtre.la pratique modèle du jardinage, de l'aviculture, de l'apiculture et de l'embellissement des demeures.Aussi est-il à propos de constater «pie l'œuvre des cercles de Fermières est la base la plus solide de l'enracinement profond au s« »1 ni 'urrieir.Cet apostolat actif que poursuivent les cercles de Fermières dans n«»tre province est, selon ce qu'écrit Yolande dans "la lionne Fermière", une semence qui ne meurt pa> mais dout les fruits croissent et se multiplient potfr alimenter le coeur et l'esprit des générations nouvelles.Et nos fils et nos filles grandissant atiprès de ces fovers d'action pratique, remettront en honenur les vertus qui firent la force des ancêtres et leur paix bienheureuse dan-la vie simple mais utile dont nos champs agités semblent trop méconnaître le mérite." Nous savons que l'Kglise ne réprouve pas les associations féminine-.Comme toutes les oeuvres de bien, elle les encourage, les contient, les dirige, quand vraiment elles sont oeuvres de bien.File encourage «loue, par ce fait, les cercle- «le Fermières, parce qu'ils ont le sens catholique, parce que leur but est noble et légitime: contribuer au relèvement ou au maintien de la valeur morale de la femme.Le sexe féminin constitue, par le nombre, la moitié du genre humain, il faut qu'il en soit aussi la moitié par la venu, le dévoûment, l'intelligence, la dignité, les s< rviecs rendus.Ce but, on l'atteindra par les secours mutuel- et les a- iciations de mutualité.Plus spécialement, nos cercles contribuent à attacher la fermière à son noble état.Cette force dans l'union rend Vol X No 1.plus éloquent l'appel de la terre et fait comprendre de mieux en mieux que l'on participe à la plus noble, à la plus indépendante, à la plus saine, à la plus morale des vocations, celle ou se marient harmonieusement, travail et poésie.Nos associations ont encore le privilège d'offrir un remède à l'isolement.La solitude, le monotone ennui, voilà certes un mal qui s'abat parfois sur la campagne déserte.Par l'intermédiaire des cercle- on multiplie les relations sociales, on poursuit son instruction agricole et cela remplit les jours: de plus, on a ses petites fêtes qui apportent sainement la distraction et la joie.Knlin.notre organisation, en réagissant contre le fléau terrible de l'exode vers les villes, oppose une digue à ce mal déplorable: on aime la terre et on la fait aimer, on contribue à lui faire donner davantage, on cive du bonheur autour de soi cl l'influence est ravonnante; le mari trouve la charrue moins pesante, les enfants se disputent les petit- travaux de la ferme.On recommence à façonner CCS vieille- familles de nos anciennes paroisses, CCS famille- ance-trale- qui furent notre noblesse terrienne.On rappelle ainsi l'action de la femme dan- l'histoire du Canada, comment al >rs l'élément féminin destiné à la colonie fut choisi avec un soin délicat, de sortes qu'aucune race ne peut se vanter d'un sang plus pur.Dans son rôle, dan- sa sphère, avec la modestie qui convient à son sexe, la femme peut satisfaire sa soif d'apostolat et vivre utilement son existence pour Dieu et |wur la patrie.La Fédération Nationale Saint-Jcan-lîaptistc p >sscdc "La Bonne l'an-le" comme organe spécial à son oeuvre.Vu l'efficacité de la presse et les avantages d'une revue d'économie domestique, les cercle- (Je Fermières ont aussi leur publication officielles, "l.a Bonne Fermière", qui relie les activité- respectives de leurs groupements ré-gii maux.De quoi traitc-t-on dan- cette revue?De tenue de maison, de cuisine, de coquetterie féminine, d'aviculture et d'apiculture, de culture des légumes et des petits fruits, de filage et tissage, enfin de tout ce qui peut intéresser la ménagère et la fermière.Notre revue \ii depuis un an el nous avons plus de ^,000 abonnes.Nos fermières apprécient hautement ce porte-parole qui établit entre les cercles des relations inti-mes et suivie- et permet aux une- île connaître ce qui *c lait chez, le- autres.Nous formons de- voeux pour que "l.a Bonne Fermière" jouisse d'une diffusion toujours plus considérable.Mesdames, j'ai fini .IVrmettez-moi de vous remercier de votre accueil si courtois et -i sympathique.Ma reconnaissance n'a d'égal que l'intérêt sincère que ie porte \\ la connaissance de vos oeuvre- admirables.("Le suffrage féminin" suite de la |Kigc I secs et devenue compulsoire sous l'autorité de la loi.Non, il y a un aspeci de la vie nationale, celui qui représente les activité- féminines qui attend l'impulsion de la vie publique pour prendre tout son essor, croître et se per-' tectionner Qu'on ne se méprenne pas sur le sens du suffrage leminin, c'est la levée en masse des femmes, leur mobilisation en vue du service de la patrie.Marie CER1N - LAJOlli.Montréal — LA BOXNK PAROLE — Janvier 1922 79 Vol."K.No 1.Montreal — LA IJONXK PAROLE — Tanvier 1922 Pour le Foyer Cbucatton be la bolonte Qui me contredira si je dis que l'enfant sait vouloir et vouloir très fortement ce qu'il désire et qu'il emploiera tous les moyens pour arriver à son but, moyens que nous n'aurions jamais imaginés, auxquels nous n'aurions même pas pensé.Je préfère infiniment une nature d'enfant un peu volontaire, décidée, sachant ce qu'elle veut, a une nature molle, indolente qui ne recherche en tout que le moindre effort, que rien ne passionne, que rien n'émeut.La volonté est le contraire de l'irrésolution; c'est elle qui conduit l'homme, lui assure la maîtrise de soi, lui donne l'autorité qui fait les chefs, le conduit au but qu'il veut atteindre.L'éducation de la volonté est la plus nécessaire, celle que rien ne remplace.Lorsqu'elle est absente, l'enfant devenu homme sera mouton de Panurge, jouet de son milieu, bon avec les bon-, mauvais avec les mauvais; il aura un caractère hésitant, irrésolu et se classera parmi les lâches, qui aiment mieux se plier à toutes les concessions plutôt que d'avoir à lutter! Les manifestations de la volonté sont très précoces chez l'en faut et c'est de très bonne heure qu'il faut la former, la diriger, la façonner et ne pas lui permettre de se montrer uniquement lorsqu'il s'agit de satisfaire un désir d'amusement ou de gourmandise, voire de paresse, apprendre à vouloir ce qui est bien, ce qui est mieux, ce qui est le devoir, quelque austère qu'il puisse paraître.La vie n'est pas.hélas! un perpétuel sourire épanoui dans un rayon de soleil et elle se charge, souvent trop tôt, de prouver le contraire.Notre coeur de mère, c'est évident, n'a qu'un désir, envelopper l'enfant du plus tendre bonheur, ne lui donner que des joie-, garder pour nous toutes les peines, mais l'heure arrivera fatalement où la souffrance apparaîtra, physique ou morale, et si la volonté de l'enfant n'a pas été préparée à cette inéluctable visite, elle le trouvera non seulement désemparé et désarmé, mais aussi révolté.11 est done excellent d'apprendre à l'enfant à accepter une petite souffrance physique, à faire quelque chose qui l'ennuie, à surmonter une légère difficulté sans récrimination ni plainte, parce que la chose est inévitable, et surtout parce que c'est le-devoir et qu'étant un être intelligent, il doit savoir surmonter une souffrance légère, ou, une petite difficulté tout aussi bien qu'il sait organiser un jeu et arriver alors à ce qu'il veut.Comment s'y prendre pour éduquer cette volonté, problème délicat entre tous; on ne peut le résoudre que si on est sérieusement chrétien et si on a compris qu'être croyant, c'est lutter contre soi, avoir des convictions fermes, se gêner pour conquérir la maîtrise de soi et la connaissance profonde de la religion et de la morale, suprêmes guides de la vie.N'élevons pas nos enfants dans du coton, laissons-les un peu se débrouiller eux-mêmes.Quand les difficultés se présentent ne soyons pas toujours là pour les résoudre et même empêcher nos fils de les apercevoir, c'est un détestable service à leur rendre.Mettons-les en face de l'obstacle, faisons-leur bien comprendre qu'il doit être vaincu, qu'on n'est homme qu'à ce prix seulement et qu'ils ne doivent pas toujours compter sur l'aide des parents pour balayer de leur route la moindre petite épine qui pourrait les blesser.Que l'enfant plus précisément sache se servir lui-même, prendre une initiative, qu'il sente sa responsabilité et en soit lier.Il ne s'agit pas d'apprendre à vouloir, pour vouloir, car alors l'énergie acquise pourrait servir au mal, mais vouloir parce que c'est bien, parce que c'est mieux, en un mot pour servir Dieu et se conformer à sa loi de justice et d'amour.Done il est indispensable de joindre à l'habitude physique de la volonté, l'habitude morale d'aimer Dieu et pour Lui à ne pas redouter la difficulté.La volonté devient alors la bonne volonté dans son sens le plus complet et le plus surnaturel comme le plus humain.Il y a peu de jours, je voyais une jeune fille de famille chrétienne et perchée très haut près du ciel, soit dit en passant.La pauvre petite fort anémique et fort gâtée, quoique dans une situation plus que modeste, n'a plus aucune volonté, ni aucune force pour réagir, de sorte que son anémie morale l'emporte encore sur l'autre.Si l'on n'arrive pas à la faire sortir de cet état d'atonie, en la séparant de sa famille, elle s'en ira, tout doucement, faute d'avoir voulu lutter et de par la responsabilité de ceux qui, sous prétexte de faire son bonheur, auront certes satisfait tous ses caprices mais l'auront aussi en revanche conduit à la triste situation qui est la sienne aujourd'hui.Comtesse Guy de La ROCHEFOUCAULD.» Dans le "Petit Echo'*.» La vie srisiiésieure Par les beaux jours d'été je m'en fus à la mer.à la mer qui attire les âme-.Assise sur la falaise, je regardais la vague s'abattre à mes pieds et je pensais: où serait la puissance de la mer si elle possédait l'étendue sans la profondeur?Où serait le charme des âmes si elles n'étaient que superficielles?Poussés par une force mystérieuse, les Ilots qui déferlent sur les grèves nous parient le langage des profondeurs.Les vies qui se brisent connue les vagues nous disent les mêmes par* «les.Quand la mer se fait calme et sereine, sur son apaisement, nous nous penchons parfois.Alors, près des rivages ou lean est peu profonde, c'est la terre qui fait le tain du miroir; mais au large, par les doux clairs de lune, tout un ciel s'y réfléchit.Transparente comme l'eau, profonde comme un abîme, l'âme humaine ne révèle jamais tous ses secrets.Mais tour à tour elle reflète le ciel ou la terre.J'ai fermé les yeux, j'ai écouté la mer et la mer m'a dit : Ecoute! Comprends-tu le sens de ma voix grave et solennelle?Je me retire pour mieux monter.(Te qui fait la sûreté de ma marche c'est que je n'agis point au hasard; j'avance toujours dans le chemin qu'on m'a tracé.J'obéis à la force qui me pousse et me commande de prendre d'assaut les rivages lointains.Tout le long de ma route je rencontre des obstacles qui me déchirent, des récifs qui me brisent.Et ma voix gronde et ma nature se révolte, mais j'obéis toujours, toujours. s Ce n'est plus moi les déposent ensuite, ces l>eaux échevaux de lin ou de chanvre, sur l'autel de la Vierge.Et c'est ainsi que sont offertes à "Madame Sainte-Marie", comme on disait au vieux temps, les prémices du chanvre nouveau, qui fut, au préalable, roué, broyé, et taillé.Ce -era la part des pauvres.11 n'est donc point révolu le temps où la "Femme forte" dont nos saints livre- ont trace le portrait mettait elle-même la main au fuseau, où filaient la reine Berthc et le- châtelaines, en chantant "Belle Boette" et autres chansons de toile, où notre Jeanne d'Arc pouvait dire à ses pages, ' Pour coudre et fiier, je ne crains aucune femme à Rouen." Au noble pays de Bretagne, les quenouilles ne sont point encore délaissées, lès fuseaux tournent toujours aux doigts de la jeunesse, les muet- et les dévidoirs font encore entendre leur ronron laborieux.Vol X No 1."Et tourne, tourne, mon rouet!" 11 tourne donc toujours en ces contrées de tradition, le rouet de nos grand'-mères, pour une charmante besogne de piété et de charité.Abbé SERAS nom.( dans /'".tlmanach Calholiijitc.) &u fonb beô bots La maison veille: elle semble en prière: Mais le soir naît : au fond de la bruyère Des bruits divins s'élèvent toiir à tour.La nuit répand grand frisson d'amour.Le rossignol reprend sa chansonnette, Oui dan- les air- monte, sereine et nette; Resterons-nous enfermés sous nos toits ( hiand les oiseaux chaînent au fond des bois?Les Ikms touffus semblent avoir une âme Tant leur murmure a de souffle et de (lamine, Et tant leur voix est douce dans le soir.:.Les champs fleuris - ml comme un encensoir.Viens: dans la nuit pleine de paix profonde, Nos coeurs seront larges comme le monde, Et non- aurons notre âme d'autrefois Car les oiseaux chantent au tond des bois.Viens: allons voir resplendir et renaître La nuit : l'autel, et les arbres: le prêtre; Les arbres verts tendent leurs bras de feu Et font un dais «à la gloire de Dieu; .Avec un coeur plus profond et plus chaste Je veux aller marcher dans la nuit vast* : Laisse mes doigts s'enlacer à tes doigts: Je veux aller rêver au fond des 1 >./;* le cercle "Jeanne M mice".) Mademoiselle Lcfebvrc vient «le répondre aux premières questions de l'enquête sur la situation .le la jeune fille travaillant hors du foyer domestique.Cette fille qui travaille d'où vient-elle?OÙ vit-elle?Quelle est sa formation intellectuelle?On vous l'a dit.On a signalé aussi lev raisons qui l'on! portée à chercher un emploi en dehors; vous ave/, vu enfin quelles sont les conditions m diverses de travail et de salaire où elle se débat.liaisons un pas de plus, étendons notre champ d'observation — non pas certes, comme quelques-unes le craignent, par simple curiosité morbide, mais par esprit d'affectueuse charité.Car >i nous cherchons à mieux nous connaître, c'est pour mieux nous aimer et nous aider plus efficacement.Nous avons à résoudre une triple question: comment la jeune fille ouvrière emploie-t-cllc son salaire?Comment nceupe-t-elle ses loisirs?Quels dangers moraux raccompagnent hors de son travail — ear nous laissons à la conférencière qui va suivre de signaler, en même temps que les remède-, les dangers moraux qui s'attachent au travail lui-même.Avant constaté «pu* les réponses personnelles sont, volontairement ou non, incomplètes.Nous avons cru bon «le faire appel aux lumière- de personnes très renseignées, et nous tenons à «lire que c'est sur leurs données que nous nous sommes basées, en grande partie du moins, pour formuler nos constatations, celles surtout qui ont trait aux dangers muraux.Emploi du salaire Le salaire doit naturellement défrayer d'abord les dépenses de la pension.Or.remarquons-le, la majorité des jeunes lilies qui ont répondu à l'enquête demeurent chez leurs parents.Une soixantaine ne paient aucune pension; par contre, le même nombre à peu près abandonnent tout leur salaire et soutiennent ainsi leur famille.Une jeune fille paie $15 par semaine pour sa pension, chambre et nourriture: c'est le chiffre maximum; le chiffre minimum est de trois piastres et demie, et la moyenne pour quatre-vingt-neuf filles est de six piastres par semaine.Une qui pourtant paie $8.25 trouve epic c'est bon marché.S'il nous est facile d'indiquer un prix moyen pour la pension et de donner un chiffre qui parait approximativement exact, nous nous heurtons à des variations infinies dès qu'il s'agit de toilette.On sent de suite le vague, l'imprécision des réponses et nous frisons l'invraisemblable.Il est vrai «pie Lloilcau l'a déjà dit "le vrai peut quelquefois n'être pas vraisemblable".Telle jeune fille dépende $700 par année pour ses habits; une autre $600, une troisième, $446; huit, $300; quinze, $200; dix.$150; onze, $100; huit, $50; et les montants continuent à décroître jusqu'à $25.Plusieurs répondent: "Je dépense tout ce (pu1 je gagne'1 ou ''presque tout" et des expressions comme celles-ci reviennent souvent: "somme bien modique" "juste le nécessaire" "ce que me permet mon salaire." Ajoutons en passant que plusieurs auraient pu dire : "Je dépense plus «pie mon salaire, grâce ait système tvrannique d'achats, payables a la semaine", système très en vogue dans le voisinage des Juifs et qui séduit plus d'une cliente.(Via permet de meubler, de s'habiller à crédit en escomptant les salaires de demain, mais on oublie qu'oïl se met sur les épaules un fardeau qui paraîtra peut-être bien lourd à porter, >i on finit par se tirer d'affaire.Mais revenons à nos témoignages et disons pour achever le chapitre des toilettes, (pu* quinze filles avouent ne pas calculer ce qu'elles leur ont conté.Qui oserait leur jeter la pierre?Qui de nous, nous ne parlons (pie des demoiselles, peut se vanter de tenir sur ce point une comptabilité quelque peu sérieuse?Non-; nous permettons donc d'exprimer un doute légitime sur l'exactitude des chiffres alignés dans l'enquête.Il< .-ut pour nous cependant une grande valeur; — car ils établissent à n'en pas douter — non pas que nos soeurs dépensent lieaucoup pour le vêtement, ce qui est peut-être vrai de plusieurs — mais qu'elles ignorent totalement ce qu'elles dépensent de ce chef, ce en quoi elles ressemblent à bien flu monde.( >r.comment remédier au vide de la bourse.sinon en constatant d'abord qu'elle CSt percée et en recherchant les malheureux trou-: Pour cela, une comptabilité s'impose, et cette comptabilité la plupart de nos jeunes filles semblent l'avoir en horreur : elles prélèvent sur leur salaire, tantôt pour faire plaisir, car elle- « •.11 l)oii coeur, tantôt par vanité, gourmandise, caprice, légèreté.Puis, quand la bourse est vide, elle- sont sages.Ce manque de contrôle sérieux dans l'emploi du salaire est regrettable; et -i.comme résultat de cette empiète, nous réussissions à faire comprendre à un bon nombre de jeunes filles, sinon à toute-, la nécessité qu'il y a pour elles de tenir une petite comptabilité, simple et facile, où elles inscriraient, jour par jour, en le classant ensuite sous quelques chapitres généraux, tout l'argent qui entre ou sort de leur bourse, notre travail n'aurait pas été vain.Cette nécessité «l'une comptabilité qui, en faisant toucher du doigt le* fuite- du revenu, favorise l'économie et la morale, appâtait encore plu- dans la réponse aux questions suivantes, toutes ayant trait à l'emploi du salaire: combien, en dehors «lu loyer et du vêtement, dépensez vous pour choses néces aire-?Une répond de $900 à $1,00*3.C'est le plus fort montant et il est employé à l'entretien de toute la famille.Avouons, Mesdemoiselles, (pie nous n'avons ici qu'à applaudir.Une autre dépense $250; neuf atteignent SI on; sept évoluent autour de $50; quatre ne dépassent guère $20; et le- dépenses diminuent graduellement jusqu'à $1.50— il est vrai qu'on ne dit pas -i c'est pour l'année ou pour la semaine.Cinq ne dé|)cnsent rien, trois ne calculent pas.Les amusements prélèvent aussi leur part sur le salaire.Dan- quelle proportion?< est encore difficile à entrevoir.D'après le- réponses faites à l'enquête, quelques fille- dépensent beaucoup, les autre- peu.quelques-unes rien, t es dernières sont au nombre de quarante-huit.Mais toutes les jeunes filles ne .-ont pas tout à fait au; ncul montent jusqu'à $50; six atteignent $100: une se permet $150.Plusieurs s'amusent sans faire aucun déboursé, -race à la galanterie de leur ami.Après ces dépenses, les unes nécessaires, d'autres légitimes, plusieurs inutiles, vous vous demande/: ce que, à la lm de J'année.il peut bien rester d'écu* sonnants dan* la Vol.X No 1.Montreal — LA BONNE PAROLE — Janvier 1922 11 tire-lire de nos jeunes filles?Ne soyez pas trop pessimistes dans vos prévisions.Si soixante-cinq ouvrières n'ont pas un sou vaillant d'économie, après un an de travail, d'autres par contre ont le plaisir, — c'en est un gros, il nous semble — de compter dans sa caisse $870, $600, $400, plusieurs $300, gagnées souvent bien péniblement, ce qui rend cette petite fortune doublement précieuse.Sept autres mettent de côté $200; cinq, plus de $135; treize, près de $100; une dizaine, $75; soixante-deux restent les mains vides.L'ne douzaine ont une assurance.De plus, si nous consultons les feuilles spéciales d'enquête, nous voyons que sur 54-1- jeunes filles, dispersées dans toutes les catégories d'emplois, 291, c'est-à-dire plus de la moitié, mettent de côté.Les statistiques concernant les employées de la compagnie du téléphone sont particulièrement intéressantes: sur un total de 250 que nous avons pu atteindre, 200 au moins économisent.Loin de nous la pensée que toutes celles dont la bourse est vide au bout (le l'année sont par le fait même des gaspilleuses.Plusieurs ont juste de quoi vivre misérablement, d'autres n'ont même pas assez.Quelques-unes, et nous en avons la preuve sous les yeux, avec un salaire très minime parfois, parviennent à vivre honorablement et trouvent encore le secret d'aider leurs vieux parents, quand ce n'est pas la famille entière.Si belle, si appréciable que soit l'économie, combien plus admirables et plus méritoires surtout sont les sacrifices et le dévouement que suppose une telle vie.Oui, si parmi les filles il y a des têtes légères il y a aussi de grands coeurs; on voit plus celles-là parce qu'elles tournent, s'affichent et sonnent creux, mais ceux-ci sont connus de Dieu et parfois de ceux qui vivent dans leur rayonnement.Emploi des loisirs Voyons maintenant comment les jeunes filles qui travaillent disposent de leurs loisirs.Ici, comme d'ailleurs dans toute cette enquête, une observation générale s'impose, qui s'est sans doute présentée à votre esprit et que voici: la réponse aux questions d'enquête comporte un examen de conscience et qui plus est, une confession qui, bien qu'anonyme, n'en reste pas moins quelque peu humiliante.Aussi plusieurs ont préféré s'y soustraire, ce ne sunt pas les cas les moins intéressants ni le moins suggestifs, car on ne se confesse volontiers que quand on n'a rien à dire: Celles qui se confessent dans les feuillets d'enquête sont donc d'ordinaire les tonnes âmes, il est peut-être utile de le rappeler.Or, d'après l'enquête, les trois-quarts de celles qui ont répondu disposent de leurs loisirs à ht maison et les emploient à des ouvrages de fantaisie, à la musique, à la lecture, au dessin, à des réunions de famille ou d'amis.Soixante-cinq disent les employer partie en famille, partie en dehors: aux divertissements énumérés plus haut elles ajoutent les concerts, les conférences, les soirées pa-roisiales, voire même les patronages, l'ne quarantaine avouent le cinéma, la danse, le théâtre, quinze environ passent leurs loisirs en dehors.S'il faut en croire l'enquête, toutes les jeunes filles, sauf une quarantaine, consacrent aux travaux domestiques une partie de leurs loisirs: la plupart leur réservent en moyenne une heure par jour, quelques-unes davantage.Plusieurs se gardent le samedi p.m., pour leur travaux de couture, et quelques-unes, retenues à l'ouvrage jusqu'au samedi soir, déplorent que les patrons soient si durs et les privent des heures indispensables à leurs travaux per- sonnels.Elles ont raison et nous pourrions citer quelques maisons qui trouvent dans le clergé leurs meilleurs clients et qui se distinguent dans cette exploitation du travail féminin; le mot est dur mais il nous parait exact, car nous connaissons et l'échelle des salaires et le nombre d'heures de travail.Dangers Parler des loisirs c'est trop souvent toucher aux dangers que rencontre la jeune fille en dehors du travail, car, s'il y a des distractions honnêtes, il en est aussi de dangereuses : les deux voisinent souvent.Un danger sérieux et malheureusement trop général nous semble naître de cette idée ancrée chez la fillette (pie parce qu'elle travaille maintenant elle a droit à sa pleine liberté.Aussi est-ce dans la catégorie de ces fillettes fraîchement émancipées qu'on trouve le plus de têtes folles.Fières de leur 14 ou 16 ans, elles prennent pour argent comptant les attentions qu'elles provoquent par leurs minauderies et leur folle vanité.lilies sont d'autant plus exposées qu'elles papillonnent autour du feu : au coin des rues, sur les parcs, dans les cinémas.Ce n'est pas malice chez elles, mais désir d'être remarquées; innocentes et prodigieusement naïves, elles sont moins protégées contre le danger.La vie de famille serait leur sauvegarde, mais plusieurs ont trop soif de voir et d'être vues pour s'y résigner.Aussi est-ce parmi elles que l'on enregistre le plus de sottises.S'il faut noter chez la jeune fille ouvrière une seconde lacune nous signalerons un manque regrettable de sérieux qui se trahit par le vide de la tête et la légèreté du coeur.On cause chiffons, garçons, flirt et vues sans s'élever plus haut.Les conversations recueillies au travail ne sont guère faites pour atténuer cette légèreté: on esquisse le petit roman de la voisine, on analyse les démarches d'une compagne, et, la jalousie aidant, on y trouve bien des dessous; tel scandale vrai ou calomnieux, telle maxime ultra-moderne qui prêche la vie facile, tel propos grivois ne manquent pas à la longue de faire impression et de servir d'excuse personnelle: "après tout on fait comme tout le monde." On nous répliquera peut-être: le monde féminin n'est pas pire qu'autrefois!.Nous admettons qu'il est probablement meilleur par son élite, mais c'est encore une minorité qu'il faut accroître en embriguadant la masse qui est bonne en majorité, mais manque trop de ressort et subit l'influence.Or, l'air ambiant est généralement mauvais.N'y a-t-il rien à faire de ce côté et dans les couvents et dans les congrégations ?Ce n'est pas à nous de le dire, mais il nous est bien permis de poser la question : elle est grave.On ajoute: nos filles lisent beaucoup — c'est vrai, mais que lisent-elles?Un bon nombre d'entre elles semblent jouir d'une liberté absolue quant au choix de leurs lectures.Nous savons qu'il y a de toutes jeunes filles qui lisent des pages à coup sûr trop avancées pour leur âge sans être toujours foncièrement mauvaises.Cela provient sans doute de la coutume régnant parmi les jeunes filles de se prêter des livres achetés à très bas prix et qui sont loin de valoir ce qu'ils coûtent.Nous avons connaissance également que des hommes peu scrupuleux prêtent des ouvrages à des jeunes filles qui n'ont pas le courage de les refuser: livres qu'elles lisent en cachette et dont elles s'appliquent à cacher la couverture et le nom de l'auteur, ce qui prouve déjà que ce n'est ni l'Evangile 12 Montréal - LA lîONNÉ PAROLE — Janvier 1922 Vol X No 1.ni la vie des Saints.Nous nous étendons peut-être un peu trop sur ce sujet, mais il nous semble important.Nos bibliothèques paroissiales peuvent fournir amplement des lectures saines, littéraires, récréatives et instructives: c'est tin devoir, nous semble-t-il, de les faire connaître, de les encourager, d'en faciliter l'accès.C'est un devoir aussi pour les directeurs d'âmes de diriger les lectures, car le danger s'étale à maintes vitrines et dans beaucoup de magasinets.De plus, il y a maintes et maintes revues de tout genre et très intéressantes auxquelles on peut s'abonner pour une somme modique.Quelques tilles frivoles, cédant à une curiosité morbide, iront sans cloute puiser ailleurs et trouveront dans les magasins américains ou dans des romans épicés un aliment à leurs goûts dépravés: nous pourrions cependant, par un apostolat de bonne presse .s'e\ei\ant autour de nous, réduire le nombre de ces filles légères qui s'exposent au danger et les orienter vers une nourriture saine et bie.ifaisante.L'enquête démontre aussi que bon nombre de jeunes filles ouvrières ont un faible trop marqué pour le cinéma qui semble être leur principal sinon leur seul divertissement.Une soixantaine avouent qu'elles vont aux vues habituellement; et nous connaissons telle jeune fille qui a passé l'après-midi et la soirée du dimanche dans une .salle de cinéma.Quant on connaît les dangers physiques et moraux que comporte cet amusement, on ne peut que s'attrister en voyant tant de jeunes lilies aller dans ces salles y perdre leur temps, y fausser leur mentalité et s'exposer à des contacts malsains.Qu'elles s'amusent, c'est très bien, c'est même nécessaire et nous ne pouvons qu'encourager les réunions qui ménagent à la jeunesse des distractions saines et variées.Mais nous invitons les jeunes lilies à regarder autour d'elles: (pie d'oeuvres paroissiales, sociales ou autres sollicitent leur concours, leurs énergies! Très peu parmi elles connaissent l'oeuvre admirable des patronages, des ouvroirs, et pourtant beaucoup pourraient s'y dévouer.ILncore moins ont-elles une idées juste des cercles d'études.On s'imagine que c'est un petit cénacle où ne pénètre pas qui veut et où l'an discute sur de très graves sujets, puisant — naturellement — les renseignements dans de très gros livres, très lourds à porter: quand ces cercles d'études sont tout simplement des réunions de jeunes filles désireuses de s'instruire et donc, pas savantes du tout.Finissons par une suggestion.Il est un autre passe-temps qu'on nous permtetra de recommander, parce qu'il fournit, avec d'agréables distractions, des connaissances pratiques, indispensables à toute jeune fille qui songe tant soit peu au présent et à l'avenir: nous voulons parler des cours d'économie domestique.Sans se croire nécessairement dispensée des travaux domestiques, parce qu'elle travaille en dehors, la jeune fille, de fait, en est dispensée: car.quand elle revient la table est mise et, quand elle pourrait prendre la poêle en main, elle trouve plus prudent de la passer à d'autres plus au courant.Elle s'en tient donc à quelques notions apprises en passant et, au lieu d'accroître ses connaissances culinaires, de se perfectionner dans l'art si précieux de la coupe et de la couture, elle reste stationnaire jusqu'à la veille du mariage: et si l'amour vient alors en coup de vent nous plaignons le mari, l'épouse et les enfants.Vous comprenez pourquoi; car vous savez quelle dot inappréciable constitue l'art de tenir maison.Les écoles ménagères, avec leurs cours réguliers de coupe, de couture, etc., viennent donc à point combler les lacunes et permettre de constituer un capital dont le mari saura apprécier la valeur et qui assurera au foyer que la jeune fille rêve de fonder un jour, plus de bien-être et de chaleur.C'est sous l'impression de ce nid à créer, à défendre et à rendre heureux, que nous vous laissons, en souhaitant voir toutes les bonnes volontés coopérer harmonieusement à écarter les dangers surtout ceux qui atteignent celle qui en sera demain le cetnre, — la jeune fille d'aujourd'hui.$lan be causerie pour les Cercles b'€tu&eg Faut-il commencer au couvent l'initiation des jeunes filles aux études et aux oeuvres sociales?1.—Les objections: (/) surcharge des programmes; b) inexpérience et jeunesse des enfants.2.—Les avantages: cs cils blonds.Apercevant ces larmes dont il n'avait jamais pu supporter la vue.le père céda tout de suite.— Heure pas, ma mignonne chérie, mon lapin blanc, mon joli trésor! Heure pas.on t'emmènera.C'est promis, es-tu contente?La petite, calmée, reprit aussitôt sa belle humeur.* :!« * 11 arriva, ce dimanche, avec l'énervante lenteur des choses ardemment désirées.Le diner, avancé d'une demi-heure, fut vite expédié, et la boutique fermée, l'on partit dans la nuit fraîche "ù brillaient les premières étoiles.Sur la place, devant I'"J lôtel de la Poste", le bon public attendait l'ouverture des portes, et, au dernier coup de huit heure>.la foule impatiente — tel un troupeau de moutons — se précipita dans l'immense salle des banquets transformée en théâtre.Ferdinand Rochard avait pri> des premières, s'il vous plait!.de^ premières â deux francs, pour être bien tranquilles et avoir L'avantage des chaises rembourrées.et jusqu'au lever du rideau, ce fut une attente fébrile, un murmure de 400 voix qui grondait comme une vague.Enfin, la pièce commença: une pièce filandreuse, compliquée, où les héros pleuraient, riaient, se poignardaient avec la même désinvolture.un mélodrame du Wlle siècle, d'un goût déplorable, et d'une morale douteuse.Cependant le public s'était emballé â fond, depuis l'apparition de la "la jolie comtesse blonde": une comtesse pmuquée.fardée, grimée à souhait, qui, d'une voix emphatique et trainante, disait des choses tellement belles .que le public ne comprenait même pas.Mais qu'est-ce que cela peut faire?On applaudissait â tout rompre.El c'est tout ce qu'il faut, n'est-ce pas?.1 >è^ les premières scènes.I lortense avait tiré son mouchoir, et.aux passages les plus émouvants, elle s'en tamponnai! les yeux en poussant de profonds soupirs.Raynionde ne pleurait pas.seulement elle ouvrait tout grands ses yeux bleus pour ne pas perdre un geste et.comme sou cerveau de douze ans se refusait â comprendre ces choses diffuses et nouvelles, elle lui faisait subir une eltrayante tension pour le forcer â >ai>ir le langage de la fascinante "comtesse blonde".Au troisième acte.Ilortense eut une subite inquiétude, et.se penchant vers son mari .elle balbutia: — Dis doue.Ferdinand.voilà tout de même que ça se corse un peu.Tu ne croi> pas que pour Raynionde.Mais il l'interrompit : — Bah!.C'est une enfant ! Douze ans! Kllc ne comprend rien, va! Kt puis, regarde autour de nous: il y en a plus d'une de son âge! Tranquillisée, la mère se replongea dan- les délices du mélodrame jusqu'au moment où la "jolie comte-e blonde" s était tait enlever par un marquis chamarré de bijoux, le rideau tomba sous le tonnerre délirant des applaudissements.57 3951 Vol.X No 1.Montreal —.LA BONNE PAROLE — Tanvjer 192?15 Ils rentrèrent tous les trois, un peu avant minuit.Ray-monde, silencieuse, mais n'ayant pas sommeil, et les yeux grands ouverts, comme tout à l'heure, au spectacle.Quand elle fut montée dans sa petite chambre, elle commença lentement de se dévêtir, el avant de tresser pour la nuit ses longs cheveux dorés, elle resta longtemps, (levant son armoire* de pitchpin, à se mirer.Puis, connue' -a mère la pressait de se coucher, elle souilla sa bougie.Par la porte cntre-bâillée, Hortense Rochard demanda: — Tu es malade, ma petite fille?— Non, inaman.— Alors, pourquoi ne dors-tu pas?Kt comme sa mère s'approchait, la petite avoua très bas : — Maman, je pense à la comtesse blonde.Tu sais quand elle arrive avec sa grande robe Mené ci qu'elle dit au monsieur très riche: "Emmène-moi !" Maman, tu ne sais pas.eli bien.quand je serai grande, je ferai comme ça! ]-a mère ét!•• lorgnons lu-1» ¦ $jys^_, luttrs, yeux artificiels, lunettes marine 2 ct d'opéra.Aussi un grand choix de 2 Thermomètre?.Baromètres de toutes sortes, Hygro-£ mètres et Doussolcs.Salons privés pour rajustement des yeux artificiels.2 CONSULTATIONS: A l'Hôtel Dieu, par Rod.2 ("arrière «le 9?0 à 11 heures, excepté le mer-£ rredi rt Jr samedi.Aux cn1r>"c rl*On»î«n* £ o a m.à 8 p.m.par Rod.Carrière de 1 p.m.à £ ; t.m.Tri.Bell Est 2J57.£ Rendez-vous pris par téléphone 2 ———————— Nous lirnrlonc.Nous Etampons Xous Perlons Demandez toujours le meilleur colon Français: M.F.A.Raoul Vennat \ 642.S.-nenis.— Tél.Bell Est 3065 Nous vendons toute la Musique Française C.-J.GRENIER & Cie Fabricants et Importateurs de Corsets.— Grand choix «le gants pour «lames.401-403 est.STE-CATHERINE MONTREAL I TEL.UP 2187.TEL.Rés.: Up 1329 I JOSEPH SAWYER $ ARCHITECTE, MESUREUR et EVALUATEUR.$ 407, rue GUY, Montréal.MAPPIN & WEBB UM|TED BIJOUTIERS ET ORFEVRES l 353.O.Ste-CATHERINE.Montréal Catalogue en français sur demande.J.-A.TEASDALE & CIE Lits de plume, inatclats neufs et réparés La Banque Provinciale DU CANADA.Sieur social, 7 et 9, Place d'Armes.MONTRÉAL Capital a ut cris.*.$5.000.000,00 Capital pay*' rt surnlus .$' ">0,000.00 Actif total: au-delà d« .$40.00 '.000.00 ^ir Alexandre Lacoste, président «lu bureau «le control".Monsieur Tancrèdc Bienvenu, vice-président rt I a seule Banque en Canada ayant nu Bureau rntifrôto t»n«ir son département d'Epargne.L'Honorable Sir Hormisdas Lsportc, C.P., pré aident «le la l»an«pie.':rrc»i nr général.Succursales à Montréal.3°2 est, rue S.Catherine, près S.-lIulirrt.1022 — — — ancle Dorion.550 -— — — n MaisnjiiHMive.B48 ouest, me .\ et le> enfants.La Marantic qu'elle offre à ses assurés et à ses rentiers viagers est hors de pair.\ r Edmond Archambeault PIANOS et PHONOGRAPHES Musique religieuse et musique profane Tel Est 1842.312, Ste-Catherine est J.A.D.GODBOUT PHARMACIEN Prescriptions remplies avec soin.Angle des rues Craig et St-Dci Tél., 5884 GARAGE LALONDE Automobile à louer jour et nuit Prix très modérés ** * Montréal £ 1590, boni.St-Laurent, Tél.St-l.ouis 899, 7S21__( POULIN & C1E Volailles, Gibiers, Œurs.39, marché Bonsecours.— Tél.Mail 7107 ^\\\%\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\>\\\xx>\xx>\\>\\\>\\\\\\\\n\^w
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