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La bonne parole /
Publiée de 1913 à 1958, La Bonne Parole est un important organe de diffusion des idées du féminisme social catholique au Québec. [...]

Créée en 1913 par Marie Gérin-Lajoie, en collaboration avec Caroline Béique, la revue mensuelle montréalaise La Bonne Parole est, jusqu'en 1958, l'organe officiel de la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste (FNSJB). La Fédération chapeaute de nombreuses organisations féminines et catholiques canadiennes-françaises.

LA FNSJB a d'abord été précédée dès 1902 par les Dames patronnesses de la Société Saint-Jean-Baptiste, association créée pour accueillir les francophones de la Montreal Local Council of Women (MLCW) et leur permettre d'appuyer la Société Saint-Jean-Baptiste, à laquelle elles sont souvent affiliées par leurs maris.

Des préoccupations liées à l'éducation catholique et à la survivance nationale du Canada français ont amené Mmes Gérin-Lajoie et Béique à créer ces rassemblements francophones.

Mue par les idées de progrès social incarnées au début du siècle par les mouvements de réforme urbaine et de santé publique, La Bonne Parole, en plus de faire écho aux activités de la FNSJB et de les alimenter, endosse tôt certains combats comme les luttes contre l'alcoolisme et la mortalité infantile.

Soucieuses de conserver la bienveillance des élites cléricales, les collaboratrices de la revue choisissent tôt de se conformer à la doctrine sociale de l'Église et de tempérer leurs revendications féministes en relayant l'idéologie de la femme au foyer.

La Bonne Parole met tout de même de l'avant les questions de la défense des intérêts professionnels traditionnels, de l'émancipation juridique et du droit de vote des femmes. À cet effet, Marie Gérin-Lajoie donne rapidement le ton, en 1913 et en 1914, avec une suite d'articles sur la condition légale de la femme, question sur laquelle elle revient au cours des années.

L'accomplissement social de la femme tel que prôné par La Bonne Parole, bien qu'il se cantonne au foyer et aux activités des congrégations religieuses, sera orienté vers de nombreuses initiatives philanthropiques relayées par la revue.

Entourée de collaboratrices appréciées comme Anne-Marie Gleason, Blanche Lamontagne-Beauregard et Marie-Claire Daveluy, Marie Gérin-Lajoie a doté la FNSJB d'une revue dont le tirage atteint 2000 exemplaires dès ses premières années de publication.

Cette volonté d'offrir aux Canadiennes françaises un média intellectuel engagé de grande qualité a permis à La Bonne Parole de devenir un important organe de diffusion des idées du féminisme social catholique au Québec.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1982, vol. V, p. 75-76.

LAVIGNE, Marie, Yolande PINARD et Jennifer STODDART, « La Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste et les revendications féministes au début du XXe siècle », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 29, n° 3, 1975, p. 353-373.

SAVOIE, Chantal, « Des salons aux annales - Les réseaux et associations des femmes de lettres à Montréal au tournant du XXe siècle », Voix et Images, vol. 27, n° 2 (80), 2002, p. 238-253.

Éditeur :
  • Montréal :la Fédération,1913-
Contenu spécifique :
novembre 1918
Genre spécifique :
  • Revues
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La bonne parole /, 1918, Collections de BAnQ.

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LA BONNE PAROLE ABONNEMENT (payable en Janvier) Canada et Etats-Unis, SO cts ElranKcr, .80 cts ORGANE DE LA FEDERATION NATIONALE SAINT-JEAN-BAPTISTE.Vol.VI.Novembre 1918 No 9 ABONNEMENT ET REDACTION : Chambra 3, Monument National Boul.Saint-Unreal, Montréal.Tél.M-.in 71Z2.Heures de Bureau de 9 h.a.m., à 1 h.p.m.SOCIÉTÉS FÉDÉRÉES Mensuellb Lea dames patronneases de» oeuvres suivantes: Inst.des Sourdes-Muettes Crèche de la Miséricorde .Nazareth Hôpital Notre-Dame Hôpital Ste-Justinc Hôpital Saint-Joseph La Providence et Les Incurables Fédération paroissiale de: l'Enfant-Jésus T.S.Nom de Jésus, [Maisonneuve Saint-Henri Saint-Jcan-Haptiste Saint-Vincent de Paul La Nativité d'Hochclaga '^aint-Arsène Iimuuctilée Conception Suint Pierre Saint-Anselme Stc-Philoraène de Rose-Sacré-Cœur [mont Sainte-Hélène Saint-Kusèbe Ste-Clotild N.-D.du Perpétuel Secours, Ville Emard Snint-Stnnislns de [Kostka Le Foyer Les Ecoles menaecres Cercle d'études N.-Dame Association des: Institutrices catholiques cinp.de manufacture cmp.de magasins cmp.de bureau femmes d'affaires L'Assistance maternelle SOMMAIRE Entre Nous.Georgette Le Moync Chronique des œuvres.La condition légale de la femme, dans la province de Quebec.Marie Gérin-Lajoie L'accueil aux berceaux.Marin Girard'Lagacé Le Foyer Canadien.Hervé Trudcl Xotre doux parler— L'Automne .•/.de Lamartine En Avant .Louis Blanchard Mgr Provencher ./.Boitillât (suite et fin) Pauvre Martyre .ibbé Ch.Grimaud Les cercles d'études— L'Action Sociale, forme de patriotisme There se F err on Xotre Courrier.Les livres qu'il faut lire.N L'Aube d'une ère nouvelle monte lumineuse et sereine, vers notre pauvre humanité.Après de longs jours de deuil et de plaintes, mais aussi d'admirables actes-de foi et d'héroïsme, une radieuse perspective de paix s'ouvre à nos regards éblouis.Hier à peine c'était la conscription de nos plus vives forces nationales; c'était toute l'industrie occupée à créer des engins de mort ; c'était, ironie des choses, le lourd problème de l'alimentation de ceux qui allaient mourir; c'était la mobilisation de toutes nos énergies au service de la guerre.Aujourd'hui c'est déjà le désarmement, le rappel de nos hommes, le chômage des usines de munitions, le retour de ceux que nous aimons et que nous attendons.De cette marche rapide, précipitée, incroyable des derniers événements qui ont amené si vite la victoire magnifique, nous restons comme sans pensées, ne sachant encore nous réjouir que dans le bruit et dans l'éclat.Pourtant le moment est grave et il est décisif.11 ne faut rien perdre durant ces heures de joie, de tout ce que ces années d'épreuve providentielle ont mis dans nos cevurs de bonté, dans nos volontés de fermeté et de généreuse activité.C'est le moment aujourd'hui autant qu'hier de nous ressaisir, de vouloir, d'agir; après quatre années de destruction et de mort, songeons ardemment à la reconstruction et à la vie.Comment la femme, puisque c'est à elle que nous nous adressons ici, peut-elle apporter une collaboration efficace à cette belle et gigantesque œuvre de régénération?Une part bien large lui en revient.A elle tout d'abord incombe le plus sublime des devoirs: celui de reconstruire l'humanité par la "revanche des bercail*" ; celui de consolider sur de saines bases de moralité, d'économie et d'éducation la famille, ébranlée par ces luttes fratricides.Ce rôle de la femme, s'il reste le preniier, n'est plus le seul.La guerre a malheureusement arraché un trop grand nombre de nos femmes et de nos jeunes filles à la quiétude de la vie familiale, pour les jeter dans les usines, dans les emplois publics, presque dans les tranchées: c'était le devoir de la lutte contre l'ennemi.NOUS L'après-guerre les retiendra longtemps encore en dehors du foyer, à cause de la production à reprendre, des millions d'ouvriers qui manquent .à l'appel, peut-être aussi de certaines habitudes de travail prises, mais à cause surtout de la nécessité de gagner le pain à la place du chef qui n'est plus : c'est le devoir de la lutte pour la la vie.Puisque nous sommes entrées par la force des choses, un peu dans toutes les branches de l'activité humaine, il ne peut être outré de dire que le développement économique, intellectuel et m'pral des nations, se continuera un peu suivant notre cœur, notre mentalité, notre idéal.C'est tout un apostolat, grandiose et effrayant, qui se dessine à nos yeux.Nous le comprenons, mais nous sentons-nous la force et la préparation voulues pour l'exercer pleinement?.Comme nous éprouvons ici le besoin de nous unir, de discipliner nos esprits, nos cœurs, nos volontés, de canaliser notre action en une voie commune!— C'est cette force par l'union, que nous apporte la Fédération S- J.]$., en nous fournissant les moyens de nous rencontrer et de nous unir; c'est cette préparation à l'apostolat qu'elle nous offre, par ses règlements et ses réunions d'études, par son journal rédigé en vue de l'action sociale; c'est cette unité d'action qu'elle nous propose, par la voie de ses œuvres.Les œuvres de la Fédération sont vraiment les auxi-liatrices de notre vie de famille, et, par extension, de notre vie nationale.Ses comités d'enseignement ménager et d'hygiène ; son syndicat des ménagères; ses associations professionnelles, qui veillent à la fois aux intérêts matériels, moraux et intellectuels de la travailleuse; ses fédérations paroissiales, vaste réseau qui lie entre elles la plupart de nos teuvres féminines et de nos femmes d'œuvres canadiennes-françaises; toute son action enfin, présente des caractères éminemment patriotiques.Le patriotisme est un mot qui passe souvent sur nos lèvres.Prouvons qu'il a sa source dans nos cœurs, par une collaboration généreuse et éclairée à l'œuvre de la Fédération, qui est au plus haut point celle de nos familles et de notre race.Georgette Le Moync. Montréal — LA BONNE PAROLE — Novembre 1918 Vol.VI.No 9 3 Chronidue des OEuvres Associations professionnelles.—A la dernière assemblée de l'association des employées de manufacture une fenchante ovation a été faite à Mlle Aucfair présidente et fondatrice de l'œuvre.Ses compagnes ont tenu à lui exprimer leur reconnaissance pour le dévouement qu'elle leur a si généreusement-prodigué, pour les sacrifices qu'elle s'est imposés afin d'asseoir solidement l'association et assurer son avenir.Le chapelain et la présidente générale de la fédération, présents en cette circonstance, ont uns leurs témoignages de sympathie et de gratitude à ceux de l'assemblée.Des fleurs ont été offertes à Mlle Aiwlair avec une offrande généreuse.Denier national.—Le partage du denier national retardé à cause de l'épidémie qui interdisait toute assemblée a enfin eu lieu ces jours derniers.La recette brute de la quête a été de $2139.47 et les dépenses de $218.67.Un tiers des bénéfices, ont éét offerts au Chez-Nous du Soldat et la balance a été divisée entre les œuvres fédérées.La fédération adresse des remerciements bien sincères aux dames qui ont collaboré à cette œuvre.Les circonstances difficiles dans lesquelles elles ont travaillé et le courage qu'elles ont déployé méritent notre plus profonde gratitude.L'assistance par le travail.— Ce comité qui au commencement de la guerre a rendu de si grands services aux femmes atteintes par le chômage et qui a cessé de fonctionner avec la reprise du travail, avait encore quelques centaines de piastres en caisse quand l'épidémie de grippe s'est déclarée.Les dames ont cru légitime alors d'enVployer l'argent qu'elles avaient en main au soulagement des pauvres malades.Les Fédérations paroissiales ont été les dispensatrices des secours et se sont entendues avec la S.Vincent de Paul et les religieuses pont; la distribution de ces aumônes.Elles se sont appliquées surtout à aider la convalescence des malades en leur fournissant des toniques et en soutenant la famille dans l'indigence, en attendant la reprise de son emploi par le père de famille.Bureau de direction.—A la dernière assemblée générale, madame Art.Lamarche a été élue au Bureau de Direction de la Fédération avec la charge de trésorière.Nous nous réjouissons de cette nomination.Il a été aussi décidé à cette séance que l'assemblée des déléguées ne se réunirait que deux fois par année à l'avenir et que les élections annuelles auraient lieu à la fin de l'année.Réunions mensuelles et conférences.— Les réunions mensuelles auront lieu désormais le dernier mercredi du mois.Elles ont été suspendues à cause de l'épidémie.Comme nous l'annoncions au commencement de la saison, M.Albert Chevalier directeur de l'Assistance munici-ple y donnera une série de conférences sur le problème de l'assistance à Montréal.Cours ménagers.— Les cours ménagers reprendront partout dans les paroisses fédérées au mois de janvier et recevront un grand développement.Les cours des associations professionnelles sont commencés.Un retard est toutefois apporté à ceux d'enseignement ménager et de français.La condition légale de la femme dans la province de Québec (i) Mesdames, Permettez-moi de vous dire tout le plaisir que j'éprouve à me trouver parmi vous, et laissez-moi vous offrir le tribut d'admiration des femmes de Montréal qui se sont réjouies de votre fondation et ont vu dans la Ligue des Ménagères de Québec une association sœur de la Fédération Nationale Saint Jean-Baptiste.^ Sous un tître nouveau, modeste même, c'est le problême de la vie féminine sur lequel vous allez vous pencher, et en proclamant, dès le début, que votre point d'appui est au sein de la famille et que toute votre œuvre convergera vers la vie domestique, vous rassurez les esprits qu'inquiètent d'ordinaire les initiatives féminines.Votre programme d'action sous une apparence restreinte et circonscrite à un seul ordre d'idée, vous ouvre cependant des perspectives infinies.Si un penseur a pu dire avec vérité : je crains l'homme d'un seul livre, c'est-à-dire l'homme d'une seule pensée, qui la scrute, l'approfondit, et qui pour la comprendre dans toute son extension interroge la loi universelle et fouille l'univers, quels horizons immenses'se dévoileront à vos regards en soulevant le problême de la vie familiale.La famille, voyez-vous, elle est à la société ce que le cœur est à l'organisme humain: c'est le foyer d'où s'épand sur le monde la vie et à ses pulsations se mesure la vitalité des nations, mesdames, vous avez pris conscience d'une façon plus lumineuse encore que dans le passé de vos responsabilités sociales et en face de la tâche à accomplir, vous avez compris l'insuffisance de l'effort isolé; vous avez aperçu la nécessité d'une action collective et vous vous êtes associées; oh combien je vous en félicite, à cette heure surtout où notre survivance nationale dépendra de l'intelligente coordination de nos forces vitales et de l'économie que nous pratiquerons dans la distributions de nos énergies.Pardonnez-moi mesdames au début de cette conférence de vous déverser le trop plein de mon cœur.Ces quelques instants d'ailleurs que je distrais à mon sujet sont utiles pour faire la mise au point de la question que je vais aborder, et peuvent parfaitement servir d'introduction aux questions légales dont vous m'avez demandé de vous entretenir ce soir.Fénélon affirmait déjà au 17»èmc siècle dans son traité de l'éducation des filles : que toute personne doit avoir des notions de droit pour la conduite de ses affaires.Aussi ne doit-on pas s'étonner que le droit soit devenu de nos jours une des matières inscrite au programme de l'enseignement ménager puisque cet enseignement ménager a essentiellement pour objet de donner à la femme l'intelligence de sa vie quotidienne; on peut donc dire sans hésitation que des notions de droit, loin d'arracher la femme à ses devoirs domestiques, lui aident plutôt à les accomplir avec perfection et corrigent la légèreté que l'ignorance pourrait lui faire apporter, dans l'exécution d'actes graves et d'une portée extrêmement sérieuse pour elle-même et ses enfants.Je n'ai l'intention de vous parler ici que de droit privé c'est évident, c'est-à-dire de cette partie de notre légis- (1) Conférence faite à la Ligue des Ménagères de Québec.1762 Vol.VI, No 9 lation qui affecte votre vie privée et la régit, vous atteint dans vos relations domestiques et met son empreinte sur vos actes journaliers.Le droit pris dans son ensemble est beaucoup plus vaste, car il règle, non seulement les rapports des particuliers entre eux, mais encore les rapports des individus envers Pétât et les relations que les nations doivent avoir entre elles.Nous nous enfermerons donc pour notre part dans le droit civil et encore n'en entamerons-nous qu'une faible partie, mais une partie très saillante, très caractéristique et capable à elle seule de vous donner une idée fort juste de la physionomie de nos lois.J'éviterai avec soin de surcharger votre mémoire de nomenclatures arides, croyant plus fructueux de nous attarder à pénétrer l'esprit de quelques lois seulement, mais d'en mesurer la valeur dans le cvcle de la pensée humaine.Vous comprendrez alors que le le droit est une chose vivante qui se nourrit des données et des exigences d'une époque, qui évolue et se transforme avec les progrès de la civilisation et surtout qui .s'épure sous l'inspiration chrétienne.La condition juridique de la femme se prête admirablement à cette démonstration.La condition légale de la femme pour être bien comprise doit être étudiée à un double point de vue: à un point de vue humain et au point de vue spécial de la mission providentielle qui est réservée à la femme dans la famille.La femme considérée comme être humain, comme individu, comme personne enfin est mise sur un pied d'égalité avec l'homme et elle jouit des droits civils au même titre que celui-ci, tandis qu'en tant que femme mariée, sa condition se modifie profondément et l'égalité de droits disparaît Que faut-il entendre par les droits civils?Si je recours pour vous donner des explications à la définition aride des auteurs, je crois que vous n'en aurez qu'une idée peu coloriée, peu imaginée.Mourlon par exemple, dit: "Les droits civils sont les facultés que les personnes sont appelées à exercer dans leurs rapports privés avec les autres personnes." Au risque de tomber aux yeux d'esprits trop subtils dans quelque hérésie, je vous dirai qu'il faut entendre par droits civils, la reconnaissance légale de cette somme de libertés et d'attributs moraux dont l'exercice est indispensable à tout être humain pour maintenir son existence ici-bas et remplir les fins immédiates de sa nature: droit de disposer de sa personne, de se choisir un domicile, de fonder un foyer, d'embrasser un état, d'acquérir des biens, de les faire fructifier, d'en disposer à son gré, d'entrer en relation avec ses semblables, de faire avec eux des contrats etc.Le droit civil, c'est indubitable, plonge ses racines dans les profondeurs de la loi naturelle pour s'élever avec elle jusqu'aux hauteurs de la vie morale dans les régions sereines de la justice.Or, ces droits si chers à l'individu et qu'il considère indispensables à sa vie, à sa croissance, à son développement physique et moral, nos lois interviennent pour les protéger, les faire respecter, leur donner une sanction et régler les relations extérieures des hommes entre eux; de telle sorte, qu'un juste équilibre s'établisse entre les attributs de chacun.Cette protection de l'individu est la fonction essentielle*de l'état.Or toute cette législation, privée a aujourd'hui pour fondement un principe d'équité et repose sur l'égalité reconnue de tous les citoyens: en voici la formule dans l'article 324 du 8 code civil: "'La majorité est fixée à 21 ans accomplis.A cet âge on est capable de tous les actes de la vie civile." A notre époque mesdames cette donnée semble très naturelle et elle répond parfaitement à notre mentalité; mais, si vous saviez le long travail qu'il a fallu pour en arriver à émettre cette vérité en droit : l'égalité native de tous les hommes; et c'est peut être par cette affirmation hardie que le christianisme a le plus bouleversé le monde ancien : l'esclave lui doit son affranchissement, l'enfant son émancipation, la femme, sa liberté.Un coup d'oeil sur le passé nous fera mieux comprendre le présent, le droit se prête bien à ces regards rétrospectifs, car les codes comme les couches terrestres renferment des gisements de tous les âges et portent l'empreinte des civilisations éteintes : en les ouvrant on y voit superposées et quelques confondues ensemble d'une façon inattendue, les fragments disparates de la pensée humaine à tous les siècles.Ainsi dans la Rome antique, dont les lois ont laissé une si .forte empreinte sur la législation des pays latins et sur le nôtre en particulier, la femme était vouée à une tutelle perpétuelle, elle appartenait à un sexe dont il fallait comprimer l'initiative et l'essor, qu'il était prudent de tenir perpétuellement enchaîné sous la domination des mâles: aussi la femme ne devait jamais s'appartenir: à la mort de son père, elle passait en la puissance de ses oncles, à la mort de son mari, elle tombait en celle de ses fils.Je sais que des raisons politiques avaient imaginé cette assujettissement des femmes; mais, à coté de calculs ambitieux, transpirait cette idée toute païenne de l'inférirorité de la femme, de l'im-bécilité du sexe, comme disent les juristes, pardonnez-moi cette expression.Or, l'empereur Justinien qui avait embrassé la doctrine nouvelle et qui était chrétien, avait particulièrement à cœur la thèse de la réhabilitation sociale de la femme, aussi quand il rédigea le code fameux qui porte son nom, il raya des lois toute phrase qui pût même de loin perpétuer le souvenir de la tutelle des femmes.Ces faits se passèrent au 6ième siècle et 700 ans avaient été nécessaires pour déraciner l'iniquité de la loi et y faire fleurir la justice à l'égard de la femme.N'est-ce pas mesdames que le texte aride que je vous citais il y a un instant s'illumine et prend un aspect nouveau; ainsi la pierre brune et terne que l'on foule aux pieds revêt parfois entre les mains de l'artisan averti un éclat insoupçonné.Il me semble mesdames qu'une réflexion s'impose ici.De grâce, ne laissons pas subsister dans les faits, l'opprobre qu'une main généreuse a effacé des lois, et, puis-qu'à 21 ans nous acquérons le libre exercice de nos droits, soyons à la hauteur de nos responsabilités.Sachons que l'ignorance n'est pas une excuse en droit pour faire résilier un contrat qui lèse son auteur, et que plus d'un droit, légitimement acquis, peut se perdre, faute de savoir le protéger.Une personne peut être ruinée par défaut d'enregistrement d'un titre ou parce qu'elle a laissé courir une prescription.Constamment dans la vie la femme a besoin de prendre des décisions éclairées, de posséder au moins les éléments du droit et cela, même, quand s'engageant dans les liens du mariage, elle perd toute capacité juridique.C'est maintenant ce que nous allons étudier, nous allons considérer la condition légale de la femme mariée/ • * * * La femme en se mariant tombe" en puissance de mari et la loi à cause de cela la range parmi les incapables, Montréal — LA BONNE PAROLE — Novembre 1918 Il II' 1.11.llllll'BII lllHIfgl il ¦ ¦ -»— Montreal — LA BONNE PAROLE — Novembre 1918 Vol.VI.No 9 parmi ceux qui sont privés de l'exercice de leurs droits civils tels que les mineurs, les interdits, ceux qui souffrent d'aliénation mentale ou qui sont dans un tel état de faiblesse morale ou intellectuelle qu'on les assimile aux déments : les ivrognes d'habitude, les prodigues qui se montrent incapables de la gouverne de leur personne ou de l'administration de leurs biens.Vous sentez mesdames que nous abordons un sujet complexe et que les mots deviennent troublants.Au moment ou la femme, accomplissant les vues divines de la création, s'élève à la dignité d'épouse et prend le titre auguste de mère ; à ce moment où elle assume d'im- ; menses responsabilités; quand elle s'engage à devenir la compagne, l'associée de l'homme auquel elle devra secours et assistance; quand, solidairement avec lui, elle | prend l'engagement formel d'élever, de nourrir et d'entretenir des enfants; la loi la prive de toute capacité juridique, lui fait une situation similaire à celle de l'enfant qui n'est pas arrivé à maturité, à celle de personnes qui souffrent de tares' et de déchéance; qu'est-ce à dire?Je sens que j'ai besoin de me mettre sous l'autorité d'auteurs accrédités pour vous exposer les motifs de cette incapacité de la femme mariée.Mourlon, commentateur accrédité en droit français et qui sert de guide à plus d'un de nos juristes au Canada, s'exprime ainsi : "Quelle est la cause de cette incapacité?Est-ce la légreté, l'inexpérience et la faiblesse de la femme?Faut-il dire qu'elle est incapable à cause de la faiblesse de son sexe?Non, peut-on répondre: Les filles et les veuves sont jugées avoir assez d'expérience et de maturité d'esprit pour gérer sagement leur personne et leur fortune; la loi leur reconnaît une pleine et entière capacité; or le mariage n'altère en aucune façon cette capacité naturelle." Et plus loin : ^ "Faut-il conclure par ces motifs (il en a énuméré plusieurs que je passe) que l'incapacité de la femme n'a d'autre fondement que la puissance maritale?"Cela ne se peut pas dira-t-on encore (et il en explique les raisons puis conclut) .Que décider en présence de ces arguments pour et contre?Je crois quant à moi que les rédacteurs du code ont entendu établir un système mixte.Voici si je ne me trompe qu'elle a été leur pensée.L'incapacité de la femme a pour fondement : 1° L'obligation d'obéissance dont elle est tenue envers son mari" (et il développe sa thèse)."2° La faiblesse et l'inexpérience naturelle de la femme." (Je ne saurais résister au malin plaisir de faire connaître à nos lectrices comment Mourlon soutient sa seconde assertion)."La femme majeure dit-il qui ne se marie pas estime elle-même qu'elle est assez forte, assez expérimentée, pouf se passer d'un protecteur; de là, la liberté dont elle jouit de gérer sa fortune comme elle l'entend" (c'est plaisant)."Celle au contraire qui se marie, cherche une protection dans le mariage, un guide dans l'époux qu'elle se donne.Elle marque par cela qu'elle ne se sent ni assez forte, ni assez expérimentée pour se charger seule du maniement de ses affaires ; de là l'incapacité qui la protège contre elle-même.Les travaux préparatoires du code me donnent la confirmation de ce système.Il est constant disait monsieur Favard au tribunal que la loi a déclare la femme incapable de s'engager afin de la garantir de sa faiblesse." "Pothier disait encore M.Mouricault soutient que l'in- capacité de la femme a été établie, non point dans son intérêt, mais comme une déférence due à son mari." Mesdames l'autorité étant un des éléments constitutifs de toute société, loin de moi l'idée d'en nier l'urgence dans le mariage et il n'y a pas lieu de s'étonner que le code l'ait posée en principe pour maintenir l'union et l'unité d'action dans la société domestique; mais l'excellence d'un principe étant reconnue, il est permis d'en discuter l'application et de signaler même les abus auxquels une fausse interprétation des circonstances peut conduire; ainsi quand on voit qu'une femme entre les mains d'un mari indigne et même quand une séparation judiciaire a été prononcée, est incapable de faire de son chef les actes indispensables à la vie et au soutien de ses enfants, quand on constate qu'il lui est défendu de recevoir même à titre gratuit une donation venant de ses proches, tandis que le mari a le pouvoir de disposer à son gré des biens communs, de les donner à l'insu de sa femme fut-ce à une maîtresse : que dans le régime de la communauté, il peut aller collecter le salaire que sa femme est obligée de gaçner parce qu'il lui refuse des aliments; vous avouerez qu'une législation imparfaite peut plonger la femme dans une misère imméritée et motiver des réformes qu'appelle l'esprit de justice et de charité.Comment expliquer à certains moments la dureté de nos lois à l'égard de la femme, sinon en nous remémorant que bon nombre d'entre elles se perdent dans la nuit des temps et remontent à une époque ou le concept de l'autorité maritale était complètement différent du nôtre, où les paroles suivantes n'avaient pas encore été entendues : "Les rois des nations dominent sur leurs sujets et ceux qui ont puissance sur autrui se font appeler bienfaiteurs.Qu'il n'en soit, pas ainsi parmi vous, mais que celui de vous qui est le plus grand soit comme celui qui sert." Aussi les prières liturgiques qui se lisent dans la messe du mariage préviennent-elles toute domination égoïste, oppressive et intéressée chez celui qui détient le pouvoir dans l'union conjugale en disant: "Et vous maris, aimez vos femmes comme le Christ a aimé l'Eglise et s'est livré à la mort pour elle." La dualité de concept de la puissance maritale: Egoïs-me et sacrifice existant dans nos lois, est-il étonnant que les auteurs soient dans l'embarras, pour nous offrir au sujet de la condition légale de la femme mariée un corps de doctrine serré, concluant, découlant d'un principe nettement posé.Vous avez dû remarquer dans ceux que je vous ai cités, et ils sont tous comme cela, une oscillation constante entre des théories opposées.Quels sont les effets de l'incapacité de la femme mariée ?Ils rendent tous les actes qu'elle pourrait accomplir de son chef et de sa seule volonté nuls d'une nullité absolu.C'est-à-dire qu'aux yeux de la loi, ces actes, sans égard à ce qu'ils peuvent avoir d'avantageux, de légitime, sont comme s'ils n'avaient jamais été posés; personne ne peut les invoquer et s'en prévaloir; ni la femme, ni les enfants, ni le mari, ni les tiers, l'épouse même n'a pas le pouvoir de les ratifier dans son veuvage, le mari ne saurait leur donner une efficacité en apportant un consentement ultérieur à leur accomplissement, car on ne confirme pas ce qui n'existe pas, on ne ratifie pas le néant.Voilà dans toute sa crudité le caractère de l'incapacité légale de la femme mariée, et, par cet absolutisme, il diffère essentiellement de l'incapacité qui frappe le mineur.Les actes faits par le mmeur à l'insu de son tuteur sont maintenus s'ils lui Vol.VI, No 9 Montréal — LA BONNE PAROLE — Novembre 1918 sont avantageux et ne sont résiliés que s'ils lui sont nuisibles.Faut-il conclure de tout ceci que la femme est condamnée durant le mariage à jouer un rôle purement passif?et que c'est son mari qui la remplace dans les actes de la vie civile?Non, mesdames ne faites pas cette erreur.La femme mariée n'est pas dans la situation d'une pupille qui laisse agir en son nom son tuteur.Le mari ne remplace pas de plein droit sa femme dans les actes de la vie civile; c'est elle qui doit nécessairement penser et agir, le mari n'apparaît que pour l'autoriser, mais nullement pour la remplacer.C'est à elle de prendre toute initiative pour la défense et pour la conservation de ses intérêts, la femme redevient donc apte à exercer ses droits civils pourvu qu'elle soit autorisée maritalement et nous voilà en présence d'une formalité à remplir et de l'accomplissement de cette formalité dépend la valeur légale des actes de la femme durant le mariage.Une femme pourrait-elle dans la pratique éluder la loi en se faisant donner au jour de son mariage une autorisation générale.Le cas a été prévu et la loi défend absolument au mari de donner une autorisation générale: l'autorisation maritale doit être spéciale, c'est-à-dire s'appliquer à des cas définis ou à une série d'actes de même nature qui sont autorisés une fois pour toutes.C'est ainsi qu'une femme autorisée à devenir marchande publique, à exercer un négoce peut accomplir sans renouvellement de l'autorisation maritale tous les actes relatifs à son état : une femme peut être auorisée par contrat de mariage à faire seule les actes strictement administratifs de ses biens.Est-il nécessaire que l'autorisation maritale soit écrite?Nullement elle peut n'être que tacite, c'est-à-dire se présumer, par exemple si les choses se passent sous les yeux du mari et qu'il laisse faire.Si le mari ne peut donner l'autorisation maritale, par exemple s'il est absent ou s'il est frappé d'infirmité et ne peut manifester son consentement, la femme est-elle libérée de plein droit et reconquiert-elle sa liberté?Non, mesdames, seul le décès du mari rend à la femme le libre exercice de ses droits et c'est du tribunal qu'elle doit recevoir l'autorisation que son mari ne peut lui donner ou qu'il lui refuse injustement.On se plait à le redire : ~ il n'y a pas de règle sans exception : rien n'est si vrai qu'en droit où on est presque toujours inexact quand on veut formuler une règle absolue.Nonobstant donc ce que nous avons dit, par exception, il y a des actes que la femme mariée peut accomplir seule et de son chef, notamment le testamnt, où l'ingérence du mari ne serait pas tolérée ; elle peut faire un testament devant notaire, sous seing privé ou autre forme.La femme mariée comme le mineur d'ailleurs peut faire seule un dépôt aux banques d'épargnes, jusqu'au montant de $2 000 et le retirer sur ses seules quittances ; dans les autres banques ce montant s'élève à $500 ; elle peut prendre une assurance sur sa vie au bénifice de ses enfants, des statuts spéciaux la relèvent encore de toute incapacité, par exemple dans certaines expropriations par des compagnies; récemment des chartes ont été octroyées à de grandes sociétés nationales ou de bienfaisances dans lesquelles il est spécifié que les femmes mariées pourront agir sans autorisation maritale dans l'administration de ces œuvres et pourront lier légalement ces corporations.Québec conserve les échos des débats fameux qui ont retenti dans l'enceinte parlementaire à ce sujet.Mesdames puisque le temps file rapidement et que nous ne pouvons voir les choses qu'à vol d'oiseau, je veux abandonner la théorie pure pour vous faire faire une incursion dans le domaine pratique; précisons le sens de l'incapacité de la femme mariée dans la vie quotidienne.(a suivre) Marie Gcrin-Lajoic.L'accueil aux berceaux Le choix de cette ineffable expression pour désigner la tombola organisée au bénéfice de la crèche de l'Hôpital Général des Sœurs Grises, ne pouvait jaillir que de cœurs épris de la plus pure et de la plus ardente chanté."L'accueil aux berceaux! " Une femme pourrait-elle réserver autre chose qu'un cordial accueil aux berceaux, quels qu'ils soient, et ne pas se sentir émue à l'évocation de cette frôle nacelle qui reçoit chacun de nous au début du grand voyage et dans laquelle nous affrontons les premières vagues du terrible océan de la vie.A ce seul mot de berceau, la grand'mère revoit, dans un sourire mouillé de larmes, ce lointain passé où elle déposait doucement, dans un joli fouillis de dentelle et de ruban, -les chers poupons roses sitôt et depuis si longtemps échappés à leurs langes! La jeune maman rêve, et son ambition maternelle s'aiguise : le berceau de son petit sera le plus beau, le plus moelleux de tous ; et, activement elle le capitonne de toute sa fervente tendresse.La jeune fille qui a conservé de son heureuse enfance la prérogative des gâteries familiales, ne peut concevoir sans un frisson d'horreur, que do petits êtres soient cruellement repoussés dès leur naissance, et que, déshérités entre tous les déshérités, ils n'aient pas memo pour les recevoir, une crèche comme celle du Christ le plus pauvre des enfants des hommes.Mais Jésus qui proteste suavement de son amour poulies petits enfants, a prévu le dénûment et l'abandon d'un grand nombre, et II a créé pour eux ce prodige perpétuel, ce miracle toujours vivant des vierges-mères.Répondant à son pressant appel, d'innombrable jeunes filles comblées des biens de la naissance et de la fortune, se sentent un jour saisies d'une dmmenee pitié à la soudaine révélation de toute la tristesse répandue sur la terre par le péché; et, le regard fixé sur le Divin Consolateur qui veut se survivre et se continuer en elles, elles écartent généreusement les liens forts et serrés de l'amour filial pour s'en aller vers ceux qu'étreint le mal, vers ces petits sur qui n'a pas coulé ni l'eau baptismale, ni les pleurs de joie d'une mère, vers ces petits accueillis par les malédictions de ceuvx-là mêmes qui les vouent au malheur et qui devraient plutôt bénir l'innocence impuissante s'offrant à eux comme une cause de dévouement réparateur et de réhabilitation.Avec les années et suivant le mouvement progressif de la puériculture moderne, les filles de Marguerite d'You-ville, avaient savamment aménagé dans leur maison-mère, un de ces vastes nids tout blancs, tout baignée de lumière, pieusement appelés :"la crèche." Dans cette atmosphère d'exquise charité, les petits, volés à la misère, se blotissaient en toute confiance dans les plis de la robe grise et faisaient entendre un constant gazouillis dé nichée heureuse.De délicieuse scènes s'y dérou- 6 Montréal — LA BONNE PAROLE — Novembre 1918 Vol.VI, No 9 laient dans le secret et apportaient quotidiennement de nouvelles preuves à l'appui de cette vérité chère aux sainte : "On ne fait du bien que dans la mesure où Ton aime." Ceux qui ont eu le- rare avantage de surprendre une de ces admirables femmes embrassant l'enfant-trou-.vé, dans un large geste de sollicitude, et lui donnant l'illusion des caresses de la mère absente, savent jusqu'à quel point je dis vrai.Un soir de Tannée dernière , il vous en souvient, un effroyable bûcher s'alluma- rue Dorchester : cinquante petites victimes y furent consumées, la crèche fut réduite en cendres! Le pourquoi de l'holocauste de ces innocents n'est pas .insolubles: nos fautes, nos lâchetés et notre recherche effrénée de la jouissance ne sont peut_ être pas étrangères à cette immolation à la Justice divine! L'éternelle béatitude qui récompense quelques moments de souffrance ne nous dégage pas cependant vis-à-vis de ces petits bienheureux d'une juste glorification terrestre; et nous ne saurions honorer plus dignement leur mémoire qu'en accourant à la gracieuse invitation des Révérendes Sœurs Grises.L'édifice do pierre est rebâtie.Il faut maintenant procéder à la vraie nidification.Faisons nôtre, Mesdames, cette œuvre de'capitonnage: que chacune de nous, suivant ses moyens, mais de tout son cœur, apporte qui sa brassée, qui sa pincée de duvet.Tapissons de toutes nos tendresse féminiv.nes, le nouveau nid des petits abandonnés.Et surtout, donnons avec amour: le don ainsi fait, serait-il le plus modeste, se transforme en trésor.Donnons avec amour: à aimer, le cœur et la bourse s'a-grandis^nt et deviennent .inépuisables.Donnons par amour: par amour pour les petits qui en furent sevrés en naissant ; par amour pour les nôtres à qui reviendront les prodigieux intérêts d'une somme non confiée aux hasards de la victoire, mais portée au débit de Dieu.Maria Girard- La gacé.NOTRE DOUX PARLER L'AUTOMNE A.de Lamartine Salut, bois couronne d'un reste de verdure! Feuillages jaunissants sur les gazons épars! Salut, derniers beaux jours ! Le deuil de la nature Convient à la douleur et plaît à mes regards.Je suis d'un pas rêveur le sentier solitaire; J'aime à revoir encore pour la dernière fois, Ce soleil pâlissant, dont la faible lumière Perce à peine à mes pieds l'obscurité des bois.Oui dans ces jours d'automne où la nature expire.A se7s regards voilés je trouve plus d'attraits; .C'est l'adieu d'un ami, c'est le dernier sourire Des lèvres que la mort va fermer pour jamais.Ainsi, près de quitter l'horizon de la vie, Pleurant de mes longs jours l'espoir évanoui, Je me retourne encore et d'un regard d'envie Je contemple ces biens dont je n'ai pas joui.Terre, soleil, vallons, belle et douce nature, Je vous dois une larme au bord de mon tombeau! L'air est si parfumé! la lumière est si pure! Aux regards d'un mourant le soleil est si beau! Je voudrais maintenant vider jusqu'à la lie Ce calice mêlé de nectar et de fiel : Au fond de cette coupe où je buvais la vie, Peut-être restait-il une goutte de miel! Peut-être l'avenir me gardait-il encore Un retour de bonheur dont l'espoir est perdu! Peut-être, dans la foule, une âme que j'ignore Aurait compris mon âme et m'aurait répondu !.La fleur tombe en livrant ses parfums au zéphyre; A la vie, au soleil, ce sont là ses adieux: Moi je meurs; et mon âme, au moment qu'elle expire, S'exhale comme un son triste et mélodieux.* Commentaire sur l'Automne En lisant ce morceau, harmonieux entre tous, l'oreille se croit bercée aux sons d'une harpe éolienne.Nous y voyons la description de la nature en parfait accord avec la mélancolie du poète.La nature se dépouille de sa paresse d'été et lui, se dépouille des illusions de la jeunesse.Comme le soleil automnal es pâlissant, de même son bonheur à lui va s'atténuant.prêt à disparaître.Et d'amers regrets viennent au mourant; quitter une nature qui lui semble si belle, dont il savoure tous les charmes et dont il n'a pas assez joui! Je voudrais maintenant vider jusqu'à la lie Ce calice mêlé de nectar et de fiel.C'est-à-dire mêlé de joie et de douleur, ce dont se compose l'existence — et ou restait peut être une goutte de miel.Ah! que la vie apparaît précieuse a celui qui la perd ! Aux regards d'un mourant le soleil est si beau ! Ces accents si doux si tristes laissent dans l'âme une impression ineffaçable.-— + > ».- EN AVANT! Honneur a qui lutte et travaille! Car pour tous même pour l'enfant, La vie est un champ de bataille.En avant! Riche ou pauvre, dès le jeune âge, Il faut comgattre à chaque instant Et déployer force et courage.En avant! Oh! parfois la lutte est suprême, Et l'homme hélas! tremble souvent.Qu'importe!.Il doit marcher quand même En avant! Lutteur rempli de confiance, Soldat, calme autant que vaillant, Tout droit vers son but il s'avance En avant! * En avant! marchons, l'âme fière, Marchons toujours en combattant Jusqu'au bout de notre carrière.En avant! Louis Blanehard.Ces vers on pourrait les traduire ainsi : Dans le chemin de la vie, il faut toujours marcher vers un but, un idéal : qui n'avance pas, recule.» » » - On calcule qu'environ 270,000 femmes travaillent en ce moment sur des fermée en Angleterre.En France, les femmes que travaillent sur les fermes sont encore en plus grand nombre qu'en Angleterre. Vol.VI, No 9 '_Montréal — LA BONNE PAROLE — Novembre 1918 1 LE COIN DU TRAVAIL LE FOYER CANADIEN 11 y a incontestablement de l'inquiétude en l'âme de nos patriotes au sujet du foyer canadien-français.L'on se demande si les grandes vertus domestiques qui font les foyers forts, rayonnants et heureux ; les belles traditions chrétiennes qui assurent la survivance des familles et des peuples; tout ce qui, dans le passé, couronnait d'une si brillante auréole la famille canadienne, n'aurait pas notablement perdu de l'éclat d'autrefois?En d'autres termes, le niveau moral du foyer canadien n'a-t-il pas baissé d'une façon alarmante?"Hélas ! oui, répondent bien des voix que nous n'avons pas le-droit de dédaigner: il existe ce fléchissement! Constatons donc franchement le péril, mesurons-en la gravité et réagissons!" Premier indice de fléchissement moral.En pénétrant dans le foyer modernisé de chez nous, on y cherche d'abord vainement, ou à peu près, la bonne amie d'autrefois: utile modératrice aux jours de succès consolatrice à l'heure de l'épreuve, sage conseillère en tout temps : la traditionnelle prière du soir, d'après le souper.Hélas! les familles comme corp6 ne savent plus guère prier.Y réfléchit-on?C'est un ange tutélaire qui s'en va tristement de la demeure où n'est plus reconnu son droit de cité.Elle était pourtant si touchante, si expressive, si divine cette oraison en commun, en face delà vieille croix brunie, autour de l'âtre pétillant, on eût dit qu'à cette heure bénie, les âme6 béatifiées des chers disparus venaient se réunir aux vivants pour seconder leurs généreux efforts, pour favoriser l'ascension de leurs cœurs vers le Très-Haut.Et les hommages de la fervente maisonnée montaient.montaient vers Dieu parallèlement, semblait-il, aux envolées des étincelles brillantes.La prière ainsi faite détournait les fléaux, calmait les petites tempêtes intéreures, imprimait le repentir à l'âme oublieuse, redonnai à tous force, courage et paix.La pr.ère du soir en famille, qu'en avons-nous fait?Pères et mères de famille, pour l'amour de vas enfant6 du moins, priez mieux: 4 sentiments de la plus tendre piété, necpmmandant de bien observer tout ce que le rituel prescrit."Ces pauvres évêques, disait-il, il ne faut pji6 les laisser mourir moins chrétiennement que les autres." Après avoir reçu le corps de son Sauveur, il leva ses yeux défaillants vers le ciel et sa main affaiblie sur son peuple pour lui donner une dernière bénédiction.Tous ceux qui étaient présents fondaient en larmes.Le 7 juin 1853, il remit tranquillement son âme à Dieu; Les habitants de la Rivière-Rouge firent de pompeuses obsèques à leur premier évêque, qui fut enseveli dans la cathédrale de Saint-Boniface; J.Bouillat.bibliographie.G.Dugas, Mgr Provcnchcr et les missions de la Ri-vicrc-Uouqc.In-8°, Montréal, 1889.— Dom Benoit, ï'tci de Mgr Tache.2 vol., Montréal.1904.— R, P.jonqubt, M(jr Grandni.In-8°, Montréal, 1904.— Démange, Au Canada.Un mouvement, qui a pris son origine à Montréal vient de se continuer à Chatham, Ontario.Il s'agit de la formation de syndicats de citoyens de villes qui s'occuperont de la culture de terres laissées jusque-là inactives.Chaque syndicat achètera, un tracteur mécaiw-que afin de labourer les terres et de faire des travaux nécessaires pendant qu'un entrepreneur se chargera du soin d'administration des terres qui seront ainsi mises «on culture.Si ce mouvement se communique aux différentes parties du Canada, on pourra compter utilisés des milliers d'acres de terre, jusqu'ici improductives.BANQUE DHOCHELAGA Capital autorisé: $10,000,000 — Capital versé et Total de l'actif, $42,500,000 Fonds de réserve : $7,700,000 CONSEIL DE DIRECTION: J.-A.Vaillancourt, Président; Hon.F.-L.Béïquc, Vice-Président; A.Turcotte; E.-H.Lcmay ; Hon.J.-M.Wilson ; A.-A.Larocque ; A.-W.Bonner.— Bcaudry Léman, Gérant général; F.-G.Leduc, Gérant du bureau principal; Yvon Lamarre, Inspecteur; J.-C.Thivicrgc, Contrôleur.Toute personne peut ouvrir un compte à notre département d'épargne, avec un dépôt de $ 1.Nous accordons l'intérêt au plus haut taux courant à tous les dépôt* d'épargne.PAUVRE MARTYRE (i) Et je lui dis : , —Nh ! Madame, que vous devez être mal à l'aise avec votre chapeau à larges bords.—Ne m'en parlez pas, Monsieur! me répondit-elle.Qeulle mode ennuyeuse et fatigante! L'autre jour, j'avais à facre un voyage, je heurtais de tous côtes les bord* de mon chapeau.Les messieurs se courbaient pour passer dessous.Je me suis assise sur la banquette; il m'a faJlu rester piquée, raâlie, incapable de facre un mouvement.A droite, j'avais un appui-tête»—ah! j'ai horreur de ces appuis-tête—dans lequel je frappais; à gauche, un voisin qui me regardait, terrifié, il avait peur qu'avec mon rebord proéminent ou ma longue épingle, je ne lui crevasse un œil !.Et le voyage a duré trois heures ! Trois heures de supplice et d'immobilité! Emu de tant de souffrances, je ne pus m'empêcher de soupirer : —Pauvre martyre ! * * * Et je lui dis : —Que tous devez avoir de la peine à marcher arec vob talons surélevés ! —Que dites-vous là, Monsieur, de la peine?Mais c'est un danger perpétuel.Il faut faiire des efforts constants pour ne pas se tourner le pied, une entorse est si vite venue.Je ne sais vraiment pas pourquoi on a inventé cette mode ridicule.C'est peut-être pour exhausser notre taille.N'étais-je pas assez grande comme cela?L'autre jour, je suis aller voir une amie ; en descendant son escalier, mon talon a manqué, j'ai cru que j'allais me briser les jambes.Voyez, je ne suis pas exagérée pourtant, moi, mes talons n'ont guère que cinq centimètres, mais il y en a de huit, de neuf centimètres.Les femmes auront l'air bientôt d'être montée sur des échasses.Pauvres malheureuses que nous sommes! Douloureusement touché moi-même, j'unis ma plainte a la sienne et murmurai : —Pauvre martyre ! * * * Et je lui dis : —Madame, vous avez l'anr très gênée dans les mouvements.—Gênée?dites ankylosée.Toujours cette diablesse de mode.Maintenant nous sommes réduites à porter, soi-disant au nom de l'hygiène, une espèce de carcan, prôné par le docteur X ou la doctoresse Y., de la Faculté de Paris ou de Montpellier.Si bien que, quand une épingle tombe à terre, je suis contrainte d'appeler ma femme de chambre, ou mon mari, ou mes fils pour la ramasser.On parle quelques fois des supplices orientaux, de la can-gue, dans lesquels les patiente, raconte-on ,restent des heures odieusement torturés.mais la cangue, nous la subissons ! Tant de douleur ne pouvant me laisser insensible, je m'exclamai : —Pauvre martyre ! * * * Et je lui dis : —Madame, ne vous enrhumez-vous jamais?(1) Il n'y a qu'à modifier un peu le thème et cette fine satire reste toujours vraie. Vol.VI, No 9 Montréal — LA BONNE PAROLE — Novembre 191?.11 —Ah ! parce qu'en cette arrière-saison vous voyez que j'u6e encore de dentelles?.Mais si, je m'enrhume, j'a.i froid, je tousse; encore une mode, celle-là! Est-ce qu'il ne serait pas plus convenable que nous fussions bien vêtues?.En plein été il m'a fallu subir une bronchite.Ça n'a rien été, bien entendu, mais j'aii souffert quand même.Constatant que la somme des maux de cette malheureuse devenait intolérable, je levai les bras au ciel en poussant cette lamentation : —Pauvre martyre ! * * * Et je lui dis: —Toutes ces nécessité* de la mode doivent beaucoup vous préoccuper?Et je lui dis : —Me préoccuper?.Non, pas beaucoup, mais m'occuper.Calculez les heures qu'une malheureuse femme emploie à réfléchir à la robe qu'elle portera pour être comme tout le monde.Au ridicule chapeau qu'elle, por-.tera pour ne pas être ridicule.Calculez le temps passé en façons, défaçons, refaçons et contrefaçons chez la modiste ou chez la couturière.Les moments qu'il faut gaspiller pour ajuster chaque jour toutes ces .inventions peu commodes, pour revêtir sa robe de visite, puis celle de dîner, puis celle de soirée pour peu qu'on aille avec les enfants chez les amis.Et vous jugerez ce que notre pauvre existence est tiraillée, morcelé, harcelée, broyée.Ce n'est plus une vie, c'est une poussière de vie.Un homme d'esprit méchant a dit : "La femme est un être qui s'habille et se déshabille." Je voudrais, pour me venger de lui, qu'.il échangeât pendant vingt-quatre heures notre situation pour la sienne, il verrait.Elle avait raison.et comme les grandes douleurs sont muettes, d'émotion je ne soufflai mot, mais je sentais du fond de moi-même jaillir cette exclamation! —Pauvre martyre ! * * * Et je lui dis : —Madame, je vois que vous êtes habituée à souffrir et (pie vous supportez vaillamment la douleur.Jje monde est exigeant et vous impose des sacrifices sans profit et sans récompense.Le bon Dieu, pour être content de vous, serait moins sévère; il vous demanderait une petite demi-heure au plus chaque jour pour assister à la messe et communier, ou seulement pour penser à lui.; chaque semaine ou chaque quinzaine à peu près un quart d'heure pour aller à confesse; chaque jour deux ou trois légers sacrifices de paroles contre la charité ou de petits plaisirs qu'il défend.Une âme comme la vôtre, broyée au creuset- de la souffrance, ne pourrait-elle pas?Elle me regarda-:t, ébahie.Elle demeura quelques instants pensive.Puis, avec un charmant sourire : —Mais Monsieur, me répondit-elle, vous voyez bien que je n'ai pas le temps ! Abbé Charles GRIMA UD.(extrait de "Défendons-nous," Vol., chczTégni.) Depuis le commencement de la guerre environ cinq millions de personnes sont mortes de la faim.Ces chiffres représentent plus de la moitié de la population totale du Canada.LES CERCLES D'ÉTUDES L'Action Sociale, forme du patriotisme.I.— Définition, de l'Action Sociale Notre journée d'étude touche à sa fin.Tous les travaux que nous avons entendus depuis ce matin et les discussions intéressantes qui ont suivi ont tendu à nous prouver qu'à une époque tourmentée comme la nôtre, où l'Eglise, la Société, la Patrie réclament le concours de toutes les énergies, ce serait presqu'un crime pour la femme de rester indifférente; que les qualités de son esprit et surtout celles de son cœur la destinent à une double mission d'apôtre et de patriote et qu'enfin le cercle d'étude est par excellence l'école où elle doit venir souvent s'asseoir durant la période difficle de sa formation.Cependant le programme de la journée ne serait pas complet si nous ne recherchions, avant de nous séparer, la manière dont nous devons extérioriser notre patriotisme par.ce qui en est sans contredit, à l'heure actuelle une des formes les plus accessibles et les plus nécessaires: l'Action Sociale."Fils de France, disait M.Adjutor Rivard au Congrès de l'A.C.J.C.Nous sommes au Canada parce que l'Amérique du Nord devait elle aussi avoir sa France.Et pourquoi donc continuons-nous de travailler, de peiner, de lutter?Pour une seule chose, pour que la mission de la race Canadienne-Française s'accomplisse, pour que nous puissions jeter sans cesse dans le concert Américain une note catholique qui demeure et une note française qui se prolonge.Le devoir National, celui que la conscience nous impose c'est de ne point dégénérer comme peuple des mâles vertus de nos ancêtre.Le patriotisme qui se contente du claquement des drapeaux et du bruit des paroles est un patriotisme mort.Le vrai patriotisme consiste dans la volonté ferme de contribuer pour sa part et dans sa sphère à parfaire la mission de la race à laquelle on appartient.Et c'est par le devoir social surtout qu'on peut y réussir." L'Action Sociale est une de ces choses dont on n'a trop souvent qu'une notion vague et imprécise; on s'imagine que pour faire de l'Action Sociale il faut être doué d'une façon extraordinaire, monter à une tribune et débiter devant la foule des théories utopiques enveloppées dans des périodes oratoires brillantes et applaudies.Ou bien on se figure encore qu'il est absolument nécessaire d'abandonner les soins domestiques et de se jeter dans les œuvres ouvrières proprement dites qui s'occupent de résoudre la question du Capital et alors on se dit : Non, cela n'est pas bon pour moi, qu'est-ce qu'une femme peut bien comprendre dans les problèmes sociaux et quelles solutions pourais-je leur apporter?Ce raisonnement là est une erreur profonde; on peut bien ne pas avoir les loisir ni la situation financière, ni le goût, ni enfin les aptitudes nécessaires à la collaboration aux œuvres sociales dont je parlerai tout à l'heure; mais tout être humain étant essentiellement un être social, c'est-à-dire que toutes ses actions ayant une répercussion sur ses semblables, nous avons tous un devoir social à accomplir quand ce ne serait que travailler à notre amélioration personnelle et donner à toutes occasions l'exemple du sens social.D'ailleurs on nous l'a dit à l'instant "la société vaut ce que valent les individus." Mais pour comprendre parfaitement toute la porté de 12 Montréal — LA BONNE PAROLE — Novembre 1918 Vol.VI, No 9 ce devoir purement personnel et obligatoire pour tous, il faut se rendre compte du milieu où l'on vit, en connaître les dangers et les ressources.Or à l'heure actuelle trois dangers surtout menacent notre société.En premier lieu, l'esprit maçonnique et l'esprit socialiste s'infiltrent insensiblement chez nous et tendent à saper par leur base nos institutions les plus sacrées ; parmi notre peuple autrefois si profonlément religieux, les principes chrétiens vont s affaiblissant et selon l'expression de M.Arthur Saint-Pierre, il se manifeste chez les Canadiens une "disposition à restreindre à la sacristie le domaine où peut s'exercer l'influence de l'Eglise." D'autre part, un désir effréné de richesse et de luxe s'empare de toutes les classes, de la société: pour augmenter sa fortune ou satisfaire quelque nouveau caprice, on n'hésite plus devant aucune action fut-elle malhonnête ; si les lois gênent on les viole, si les principes d'équité et de justice retiennent on s'étourdit et l'on tâche de les oublier ; si les faibles enfin forment un obstacle, on les renverse on les écrase, on les dépouille.Et l'individualisme grandit, grandit toujours; et les germes de discorde et de haine grandissent avec lui tandis qu'à travers les siècles, elle nous arrive presque comme une plainte la voix du Christ suppliant : "Aimez-vous les uns les autres." En face d'une telle situation personne ne peut rester insensible et inactif : peut-être sans nous en douter avons-nous subi l'influence de cet esprit du siècle et avons-nous été emportées à notre insu dans le vertige universel ?Connaissant les causes du mal c'est à elles que nous nous attaquerons et c'est dans ce sens que nous travaillerons à notre amélioration personnelle.On a dit que la femme, religieuse d'instinct et de cœur, trouve, dans la révélation, des preuves plus certaines que l'évidence, que, pour elle, "l'Eglise a toujours été la grande maîtresse et la grande éducatrice" et qu'elle ne s'inquiète pas de trouver des preuves inutiles pour combattre des doutes que sa piété confiante n'admet pas.Cependant, si les systèmes socialistes et antireligieux émis dans notre entourage sont venus sommer notre raison d accepter leur doctrine comme étant la vérité certaine, nous nous devons d'étudier avec ardeur, de consulter, d'interroger les sociologues de tous les figes pour conclure avec Léon XIII "qu'il n'est pas douteux que la société civile des hommes a été foncièrement renouvelée par les institutions chrétiennes, que cette rénovation a eu pour effet de relever le niveau du genre humain ou pour mieux dire de le ramener de la mort à la vie et de le porter à un si haut degré de pefection qu'on n'en vit de semblable ni avant ni après." C'est encore faire de l'Action Sociale et de la meilleure que nous habituer à penser aux autres, aux plus petits, à ceux qui luttent et à ceux qui souffrent.Coilibien de sourdes révoltes nous éviterions dans le cœur de nos subalternes de nos bonnes, de nos couturières, si nous les traitions avec une bonté sympathique et si nous savions nous intéresser aux petits détails de leur vie.On est trop porté à considérer ces personnes là comme obligées de nous servir et à oublier qu'elles ont aussi souvent une vie intérieure intense et une sensibilité étonnante.Ah! combattre en nous l'individualisme et l'esprit d'indépendance, fait la part des autres dans chacun de nos actes, nous rappeler toujours que la société "vit par un échange de sentieçs', que le droit et le devoir y sont insé-paràblcs «/J 3 o - u « •O g o.o ex N U u 3 te ce rt .3 « J2 3 Madame ASSELIN 175 ouest, Av.Laurier, angle Mance Tél.: St-Louis 4085 POULIN & CIE VOLAILLIB, GlBJBtS, ŒUFS.39, marché Bonaccours.— Tél.Main 7107 MADAME CABANA Assortiment dc plumes de toutes sortes.PLUMES TEINTES, NETTOYÉES, ET FRISÉE* 683 ouest, NOTRE - DAME, Tél.8257.Tél.Bell.Est 6400.J.-B.BAILLARGEON (Camionnages) La plus grande organisation dc transport 329 est.rue ONTARIO-Montréal.Rod.Carrière.Henri Senécal Opticiens et Optométristes 207 Est, Rue STE-CATHERINE Entre les rues Su-Elisabeth et Sanguinet .MONTREAL 1^ Assortiment complet dc lorgnons lu* ^ nettes, yeux artificiels, lunettes marine et «l'opéra.Aussi un grand choix de Thermomètres, Baromètres dc toutes sortes, Hygromètres et Boussoles.Salons privés pour l'ajustement des yeux artificiels.CONSULTATIONS: A l'Hôtel-Dieu, par Rod.Carrière dc 9.30 à 11 heures, excepte le mercredi et le samedi.Aux salons d'Optique, dc 9 a.m.à 8 p.m., par Rod.Carrière dc 1 p.m.n 5 p.m.Tel.Bell Est 2257.Rendez-vous pris par téléphone HUDON HÉBERT & GIE Liée Importation en gros Alimentation, vins, liqueurs 18, rue DeBresoles MONTRÉAL CANADA C.-J.GRENIER & Cie Fabricants et Importateurs dc Corsets.— Grand choix dc gants pour dames.401-403 est, STE-CATHERINE MONTREAL La Banque Provinciale DU CANADA Siège social, 7 et 9, Place d'Armes, MONTRÉAL Capital autorisé.$2,000,000.Capital payé et surplus .1,750,000.Actif total: au-delà dc.21,600,000.La seule Banque en Canada ayant un Bureau de Contrôle pour son département d'Epargne.L'Hon.Sir H.Laporte,CP.président de la banque.Sir Alexandre Lacoste, président du bureau de contrôle.Monsieur Tancrcdc Bienvenu, vice-président et gérant général.Succursales à Montréal.392 est, rue S.-Cathcrinc, près S.-Hubert.1022 — — — angle Dorion.550 — — — à Maisnnncuve.848 ouest, rue Notre-Dame, angle Richmond.1333 — — — — Vinct.2021 — — — S.-Hcnri.346, rue'Bcaubicn, angle S.-Valicr.742 est, rue Ontario, — Panel.408 est, rue Rachel, — S.-Hubert.103, rue Roy, (S.-Louis-de-Prancc).493, rue Bélanger, (S.-Arscnc).Boulevard Gouin, quartier AHUNTSIC.HENRY B1RKS & SON Ltd.PHILIPS SQUARE Fabrication, réparation d'articles d'églises, Insignes de société, Croix, etc.Une spécialité de dorure et placage.Commandes respectueusement sollicitées.TEL.UP 2187.TEL.Rés.: Up 1329 JOSEPH SAWYER ARCHITECTE, MESUREUR et EVALUA TEUR.407, rue GUY, Montréal.d'hier, mais de demain ; contes blancs, bleus 011 roses, contes candides, tels qu'en peut créer une imagination vive, secondée par une mémoire assimilatrice et des sens prompts, mais que la vie n'a pas 'instruite, documentée et non plus pas déflorée.Ce sont des contes rêvés : les personnages en sont vivement conçus; on ne sent pas leurs attaches au réel ; ou plutôt on les sent qui n'ont point d'attaches au réel.Ces récite ne donnent point l'impression d'histoires vécues.Comme on dit en argot de métier, ils sont faits d-c chic.Et c'est fort bien ainsi.Andrée Jarret serait bien à plaindre, si les vingt-cinq prntemps qu'elle peut compter étaient déjà lourds de l'expérience de quarante automnes.Ce qu'elle ne sait pas la Vie le lui apprendra chaque jour.Elle a des sens très ouverts, elle sait voir, elle sait entendre elle sait deviner.Sa connaissance du monde extérieur sera—est déjà—directe ; je veux dire vue en soi et non dans les livres.Tant de jeunes gens ne sentent, qu'à travers leurs lectures et ne se croient la vocation d'écrire que parce que leur mémoire déborde de réminiscences ! Enrichie de notations, d'impressions, de documents, l'imagination d'Andrée—qui semble la maîtresse pièce de son talent—ne manquera pa6 de communiquer à ses con-cept:ons cette apparence du vrai, ce goût du réel,qui est la marque inimitable des écrivains de race.Mais sur ces contes bleus, j'ai une bien plus grossse réserve à faire ! Plus grosse que celle de vétilles grammaticales ou syntaxiques! Si grosse que j'ose à peine l'énoncer: Ces jolis contes ne 6ont pas chrétiens.Ne vous ré'orieï pas.Ecoutez-moi : le décor est ohré- tien et même catholique.On y voit des couvents, des chapelles, quelques religieuses, un prêtre, deux ou trois messes de minut suivies de réveillon.Cela suffit-il?Une église dans un paysage, est-ce tout l'art chrétien?Mais les âmes qui se meuvent dans ce décor, sont-elles chrétiennes?Très autheritiqûëment baptisées, sans nul doute; je demande, sont-elles chrétiennes?.Est-ce la morale de l'Evangile qui arrache les larmes à la maman de la page 4?qui inspire le blâme jeté sur Lowsc% page 15?Est-ce le Dieu de l'Evangile qui soutient Robcrtc, p.122 ; et sa jumelle Bcrthc, p.137?Je me borne à ce6 exemples.J'interroge, j'indique, je n'insiste pas.Insister serait cruel, peut-être 'injuste, aux bonnes intentions d'Andrée.Andrée pourrait me dire : En quoi suis-je plus coupable que.telle ou telle?Oh ! pas de noms! la faute rejallirait sur vos éducatrices ! Je l'avoue; le mal d'Andrée est commun parmi nos "jeunes filles de lettres," du moins dans leurs œuvres d'«imagination.A quelque endroit du gentil livre blanc (c'est à la page 116.ne cherchez pas), la Vénus de Milo fait pendant à sainte Cécile.C'est un symbole.Je forme le vœu que dans ses Contes d'aujourd'hui ou de Demain, Andrée Jarret s'inspire plus dc la vierge chrétienne et de l'idéal qui la ravit que de l'antique statue, belle de formes, j'en suis d'accord (bien que très embourgeoisée), mais vide de sentiment, vide de pensée, vide surtout d'avenir.Ce sera, après celle que j'ai dite, car je consens que l'art devance -ici la morale, l'acquisition qui poussera jusqu'à la Beauté son fin et joli talent.V.-M.B. 377 St Christophe 16 Montréal — LA BONNE PAROLE — Octobre 19 (Kit l'itul Mères de famille, ouvrières, commis, jeunes filles | Tél.Est 6778 Costumes d'Automne Offrant des effets nouveaux et attrayants, démontrant de la façon lia plus frappante que "It pays to pay for Quality" Fairweathers LIMITED Corner St.Catherine St.and Peel MONTREAL Toronto Winnipeg Maison FILIATRAULT Nouveautés, Tapis, Prélarts, Jouets, Poupées.429-433, Boul.S.-Laurent.Montréal, P.Q.yOUS trouverez tout ce qu'il vous faut pour l'automne chez w MONTREAL J.-A.TEASDALE & CIE Lits de plume et matelats réparés DESINFECTION de la PLUME par la VAPEUR après les maladies contagieuses 157, VISITATION, Montréal — Tél.Est 1916 Faitei vos achats à noi magasins et épargnez de l'argent."Le Magasin du Peuple".Rue S.-CATHERJNE, angle 8.-ANDRE J.-A.-D.GODBOUT PHARMACIEN Angle CraiR et Bonsecours, Main 3379.— Cmig et côte tic la place d'Armes, Main 1853.— S.-Cathcrinc et Darling, La salle 1667.LAIT CLARIFIÉ ET PASTEURISE CREME, BEURRE OEUFS CRÈME À LA GLACE OïBERT LIMITÉE 975, rue SAINT-ANDRÉ CM OUVSMT Lu seule bamju.coauuiucs en vertu de la "loi des Banques d'Epargnes" faisant affaires dans la cité de Montréal.Sa charte (différente de celle de toutes les autres banques) donne toute la protection possible aux déposants.Elle a pour but spécial de recevoir les épargnes quelque» petites qu'elles soient, des veuves, commis, des apprentis et des classes ouvrières, industrielles et agricoles et d'en faire un placement sûr.Nous vous réservons le meilleur accueil.Le gérant général, A.-P.LESPERANCE, ALBUM VENNAT Contenant superbes desseins d'ouvrages de broderie, dentelles, pyrogravures, peintures, broderies religieuses, etc., pour la modique somme de 25 cents.Raoul Vennat 642, S.-Denis.— Tél.Bell Est 3065 f.i.•• ••••• HARNAIS, VALISES, SACS DE VOYAGE, SELLES.LAMONTAGNE LIMITEE Bloc Balmoral, N.-Dame ouest The Queen's Jubilee Laundry CREVIER & FRERES.Props.-53-55.57-59 ouest.Av LAURIER angle St-Uubain TELEPHONE EST 2220 si'iiciAinis : TmiputM et.Il-mm.foi -m il t UlllH.1 ONDn.ATlONS "MARCKL." 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