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La bonne parole /
Publiée de 1913 à 1958, La Bonne Parole est un important organe de diffusion des idées du féminisme social catholique au Québec. [...]

Créée en 1913 par Marie Gérin-Lajoie, en collaboration avec Caroline Béique, la revue mensuelle montréalaise La Bonne Parole est, jusqu'en 1958, l'organe officiel de la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste (FNSJB). La Fédération chapeaute de nombreuses organisations féminines et catholiques canadiennes-françaises.

LA FNSJB a d'abord été précédée dès 1902 par les Dames patronnesses de la Société Saint-Jean-Baptiste, association créée pour accueillir les francophones de la Montreal Local Council of Women (MLCW) et leur permettre d'appuyer la Société Saint-Jean-Baptiste, à laquelle elles sont souvent affiliées par leurs maris.

Des préoccupations liées à l'éducation catholique et à la survivance nationale du Canada français ont amené Mmes Gérin-Lajoie et Béique à créer ces rassemblements francophones.

Mue par les idées de progrès social incarnées au début du siècle par les mouvements de réforme urbaine et de santé publique, La Bonne Parole, en plus de faire écho aux activités de la FNSJB et de les alimenter, endosse tôt certains combats comme les luttes contre l'alcoolisme et la mortalité infantile.

Soucieuses de conserver la bienveillance des élites cléricales, les collaboratrices de la revue choisissent tôt de se conformer à la doctrine sociale de l'Église et de tempérer leurs revendications féministes en relayant l'idéologie de la femme au foyer.

La Bonne Parole met tout de même de l'avant les questions de la défense des intérêts professionnels traditionnels, de l'émancipation juridique et du droit de vote des femmes. À cet effet, Marie Gérin-Lajoie donne rapidement le ton, en 1913 et en 1914, avec une suite d'articles sur la condition légale de la femme, question sur laquelle elle revient au cours des années.

L'accomplissement social de la femme tel que prôné par La Bonne Parole, bien qu'il se cantonne au foyer et aux activités des congrégations religieuses, sera orienté vers de nombreuses initiatives philanthropiques relayées par la revue.

Entourée de collaboratrices appréciées comme Anne-Marie Gleason, Blanche Lamontagne-Beauregard et Marie-Claire Daveluy, Marie Gérin-Lajoie a doté la FNSJB d'une revue dont le tirage atteint 2000 exemplaires dès ses premières années de publication.

Cette volonté d'offrir aux Canadiennes françaises un média intellectuel engagé de grande qualité a permis à La Bonne Parole de devenir un important organe de diffusion des idées du féminisme social catholique au Québec.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1982, vol. V, p. 75-76.

LAVIGNE, Marie, Yolande PINARD et Jennifer STODDART, « La Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste et les revendications féministes au début du XXe siècle », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 29, n° 3, 1975, p. 353-373.

SAVOIE, Chantal, « Des salons aux annales - Les réseaux et associations des femmes de lettres à Montréal au tournant du XXe siècle », Voix et Images, vol. 27, n° 2 (80), 2002, p. 238-253.

Éditeur :
  • Montréal :la Fédération,1913-
Contenu spécifique :
avril 1917
Genre spécifique :
  • Revues
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La bonne parole /, 1917, Collections de BAnQ.

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LA BONNE PAROLE ABONNEMENT (payable en Janvier ) Canada et Etats-Unis, SO cts Elrangcr.- 80 cts ORGANE DE LA FEDERATION NATIONALE SAINT-JEAN-BAPTISTE.Vol.Y AVRIL 1917 Nos 2 et 3 ABONNEMENT El REDACTION : Chambre 3, Monument National Boul.Sâint-Uurent, Montréal.Tél.Main 7122.Hf nrcs de Bureau it 9 h.a.m., i 1 h.p.m.SOCIÉTÉS FÉDÉRÉES RB1ZUE 7UÏBNSU Lea dames patroooeuei de» oeuvres suivante» '.Insi.des Sourdes-Muettes Crèche de la Miséricorde Nazareth Hôpital Notre-Dame Hospice Saint-Vinccnt-dc-Hôpitnl Kte-Jiistine [Paul Hôpital Saint-Joseph I„i Viovidence et Les Incurables Fédération paroissiale de : ri£nfnnt Jésus T.S.Nom de Jésus.[Maison neuve Saint-Henri Saint-Jeaii-Bapttste Saiut-Vincent-de-Paul I.a Nativité d'Hochelnga Saint-Arsène Immaculée Conception Saint-Anselme Suintc-Cntbcriuc Ste-Philomènc de Rosc- Sninte-Hélène [mont Sacré-Cœur Saint-Kusèbc N.-I).du Perpétue! oc-cours, Ville Kniurd Cercle des demoiselles de Saint-Pierre l,c Foyer Les Kcoles ménagères Cercle d'études N.-Dame Association des Institutrices catholiques Association des employées de manufacture Association des employées de ma ça si n Association des employées de bureau Association des femmes d'affaires 1/Assistance maternelle SOMMAIRE Entre Nous .M.-J.Girin-Lajèic Chronique des couvres.Séances d'étude tenues sous les auspices de la F.Ni.S.J.-B.^.Discours d'ouverture .Marie Gértn-Lajoie Le journalisme .Madeleine Les béatitudes du travail chrétien.Valcntin-M.Breton, o./.mi.La Fédération paroissiale .• Georgette LeMoyne Les organisations nationales féminines, G.-R.des Islcs Les maîtresses d'enseignement ménager, Jeanne A netil La formation des femmes d'oeuvres, Y.Charcttc L'enseignement supérieur .S.S.Anne-Marie Caractère des associations professionnelles, M.-C.Dave lu y L'enseignement technique pour les femmes, A.Mâcheras Néant .Léon Le Touroûvram Le Vieux Montréal .Luetic Boisster A lire .V.M.II.Notre Courrier.Bridgeur* .Miguel Zamacoît ENTRE Nos lectrices seront heureuses sans cloute de retrouver dans un numéro-souvenir plusieurs des travaux lus au Congrès de la Fédération.L'empressement avec lequel on a suivi les séances d'étude montre assez l'intérêt qu'elles ont éveillé.Nous sommes donc assurées de répondre h votre désir, Mesdames, en vous offrant sans retard quelques-uns des sujets les plus représentatifs de l'esprit de notre œuvre.Nous n'avons qu'un regret, celui de ne poiïvor tous les insérer dans ce premier numéro.Espérons que le prolongement de notre attente fera aussi durer notre enthousiasme pour la cause si.pressante de l'action sociale.C'est beaucoup, sans doute, d'avoir pu en des rqunions solennelles ou intimes attirer les auditoires brillants qui ont fait le succès de notre congrès.Mais ce n'est pas tout.11 faut que le mouvement initial soit entretenu, qu'aux généreuses velléités succèdent les décisions précises et pratiques; il faut aux exposés lumineux et entraînants le complément indispensable de la réflexion personnelle.La tâche d'aider à ce travail en profondeur incombe à notre journal.Toutes celles qui ont compris aux réunions de Saint-Sulp G9 et du Monument National l'importance d'envisager la question sociale, le devo'r social, les œuvres sociales, resteront plus que jamais attachées à notre bien modeste mais fort utile pet te feuille.Car on a pu, à la fête brillante du Windsor, le dire sans prétention exagérée, elle est l'œuvre des œuvres.Qu'on me permette donc de répéter ici en quelques mots l'esquisse rapide de son histoire et de son objet: Vers 1912, les dirigeantes de la Fédération Nationale Saint-Jean-Baptiste ont senti bien vivement le besoin d'une vox indépendante pour lancer les mots d'ordre de l'action sociale fémnine, d'un lien plus fort entre les associations affiliées et les fédérations paroissiales, d'un foyer pour échauffer le zèle des apôtres, pour éclairer leur dévouement.C'était, l'heure propice à la fondation d'une revue mensuelle.Le premier numéro de "La Bonne Parole" parut en mars 1913.Mme Huguenin accepta dès le début la présidence du comité de rédaction et Mlle Renaud celle de l'administration.Les concours les plus variés se mirent gracieusement ftfl ?ÏY*ce NOUS de ce nouvel organe d'action sociale et la variété des questions mises à son programme montre assez de quelle largeur d'esprit il s'inspire.Une propagande active y a été faite en maintes occasions soit pour la défense des intérêts profess'onnels féminins, soit contre l'inconvenance de certaines modes, soit pour la diffusion d'un enseignement supérieur indispensable aux classes dirigeantes, sot pour l'enraiement de la mortalité infantile ou pour l'amélioration des conditions sociales de la femme.Voilà comment s'est exercée notre liberté de parole et certes elle ne va pas à l'encontre de l'intégrité de nos principes."La Bonne Parole" est non seulement une voix, c'est un lien, avons-nous dit, entre les œuvres et les personnes d'œuvres.Ce lien se trouve établi d'abord par l'Entre-Nous, cet éditorial toujours signé de la plume d'un membre du bureau de direction, ce point précis où l'on peut prendre la pulsation du cœur de notre association.Il est resserré par la chronique des œuvres qui nous tient au courant de l'activité déployée par les différents comités de là Fédération par ses sections paroissiales et par ses œuvres affiliées.Notre Courrier nous donne des renseignements sociaux et féminins de provenance diverses.La Chronique internationale nous indique l'activité des ligues étrangères affiliées à la Fédération Internationale des Ligues féminines catholiques, dont nous faisons partie., Enfin, l'aliment au foyer intellectuel que nous voulons entretenir est fourni par des articles variés qui, tantôt d'allure légère, tantôt graves traitent de science, d'histoire, d'art, de pédagogie, de questions religieuses mais surtout de questions sociales.Foyer intellectuel, notre journal l'est non seulement par la lecture qu'il procure mais encore par le travail qu'il stimule.Grâce à son comité de rédaction, il peut fournir l'encouragement discret nécessaire aux bonnes volontés timides et inexpérimentées ; il constitue le centre où les activités se rencontrent et sont décuplées.Par la lecture et par le travail, former des élites et les grouper, pour la protection du foyer, pour la défense des intérêts professionnels, pour la sauvegarde de notre foi religieuse, qui ne verrait, à l'heure qu'il est dans cet effort 2 vers le complet épanouissement de la personnalité féminine, le plus sûr acheminement vers la supériorité nationale?' Mais la supériorité elle-même peut être mise en danger par une puissance b'en redoutable: l'opinion.A ceux qui auprès de nous ne partagent ni nos croyances, ni nos traditions, nous voulons manifester la Fécondité de nos principes.Les catholiques n'ont-ils pas toujours une lourde responsabilité de bon exemple?Notre exemple ainsi agrandi, trouve sa répercuss'on auprès des associations sœurs d'Europe.Notre journal, le savez-vous, Mesdames., est expédié à Paris, ù Londres, à Rome, à Madrid, à Barcelone.11 l'était a Berlin et à Vienne.Et grâce à notre feuille, l'écho de l'activité des Montréalaises parvient, aux régions les plus reculées de l'Amérique.Au Canada seulement, "La Bonne Parole" est envoyée en plus de cent localités différentes.En mettant les cœurs au même diapason elle prépare une invisible unité qui permet de croire qu'un jour notre Fédération, tout comme la société Saint-Jean-Bapt ste, aura ses ramifications par toute l'Amérique canadienne française.Et n'est-il pas naturel d'entendre cet appel venir de Ville-Marie, ce poste autrefois à l'avant garde de la colonie contre les attaques sournoises de l'indien et aujourd'hui, nous osons le croire, l'instigatrice d'œuvres de prévoyance qui sont Une barrière à l'envahissement de maux non moins pernicieux.Pour atteindre son but, notre journal, répétons-le a besoin de votre encouragement.Mesdames.11 doit pénétrer à tous les foyers.N'a-t-il pas une variété littéraire capable de satisfaire à tous les goûts?Sans doute, il a toujours eu parmi nos femmes d'œuvre un public sympathique.Mais combien d'autres à qui il convient d'annoncer la bonne parole, la parole qui leur dévoile le sens de la vie et l'appel du prochain ; la parole douce et pénétrante qui ne se contente pas d'énoncer la vérité, mais qui la rend accessible et attrayante, parole telle qu'on doit l'attendre d'une revue féminine, ayant toutes les délicatesse maternelles d'sons mieux, toute la délicatesse chrétienne qu'un auteur exprimait en ces mots: "Aimer de tout son esprit, c'est deviner là oi'i elles sont la faim et la soif de l'esprit, et aller au devant d'elles.Aimer de tout son esprit, c'est aller au secours de l'esprit, partout où il vit, partout où il souffre." "La Bonne Parole" s'excuse.Mesdames, d'avoir si longtemps retenu votre attention en sa faveur.Dans les pages suivantes elle se fera l'écho de toutes les œuvre-bienfaisantes et des justes causes qui vous sont chères.1 /a riC'J.6' é rin - La joic.I Comme la rédaction de la Bonne Parole a I I décidé que tous les abonnements seront dé- \ ! sonnais payables en janvier, la secrétaire î | enverra tous les comptes pour les mettre à \ J date.Les abonnés obligeraient infiniment î ! la rédaction en ^acquittant sans délai de ce | I petit montant.| I Pour autres renseignements.s'adresser à f I Mlle Simoneau au Monument national, cham- | I bre 3, de g h.du matin à i h.de l'après-midi, l i téléphone Main 7122.f Vol.V, Nos 2 et 3 Chronique des Oeuvres Le congrès, cet événement tant attendu n'e t plus qu'une chose du passé et cependant le souvenir qu'il a laissé dans les esprits et l'action pénétrante qu'il a exercée demeurent et produisent ces lentes et profondes germinations qu: l'ont espérer la saison des riches moissons.Le congrès pour plusieurs a été une révélation: il a mis dans une lumière particulièrement vive toute l'étendue de l'action b'enfaisante de nos femmes d'oeuvre à Montréal : il a lait connaître des talents qu'on ne soupçonnait pas et provoqué partout un sentiment de légitime fierté et de confiance dans notre national'té.Les ressources de notre race, sa vitalité ont été rendues sens'bles par cette manifestation de vie intense dont nous avons eu le spectacle durant ces assises solennelles.Cinq à six cents personnes suivirent assidûment les séances.Parmi elles figuraient un grand nombre de religieuses: leur présence fa'sait sentir les solides liens qui unissent dans des aspirations communes toutes les âmes de bonne volonté: il était touchant ce spectacle de laïques et de religieuses s'unissant dans des séances d'étude pour se perfectionner dans la scene?de la charité et augmenter au sein de notre soc'été.la fécondité de leur apostolat.Sans se lasser jamais, malgré quelquefois l'inclémence de la température, dès deux heures et demie elles prenaient place sur les banquettes et suiva'ent jusqu'au soir, avec une attention inlassable, les travaux qui étaient donnés.Mais aussi quelle atmospphère sympathique régnait dans cette bihlothèque de Saiht-Sulpice, au milieu des décors coquets de fleurs printannières, avec cet auditoire d'élite (jui réunisssail toute la société montréalaise, et comme on se la:ss*iit prendre à la grâce et au charme de ces exquises conférencières, au talent de ces conférenciers de choix qu:, les uns et les autres, nous servaient des études lumineuses sur les questions les plus palpitantes d'intérêt et d'actualité."Vers la Justice par la charité" telle est la haute pensée, la pensée sereine, qui a dom'né toutes les séances, pensée évocatricc de désirs généreux et d'action courageuse.Afin de répondre au désir des congressistes et pour porter au-delà même de l'enceinte de notre cité les admirables enseignements qui se sont dégagés du congrès."La Bonne Parole" reproduira les études qui ont été données, mais, il est des paroles qui se sont envolées comme des oiseaux de passage et que nous voudrons ressaissir et fixer ici.Le lundi, 4 mars, à l'heure dite, Mgr Burchési fa'sait l'ouverture du congres.La présidente lui souhaita la bienvenue et le pria de bien voulo'r ouvrir la séance par la prière.Sa Cirandeur dit ensuite: Je vous bén:s, je bénis vos travaux, et je félicite la Fédération du programme qu elle a rédigé pour ce congrès.Toujours.Mesdames, vous resterez dans les voies que Dieu vous a tracées, vous remplirez votre miss'on de femme.Mgr exprima ic: ses vues sur le véritable rôle de la femme dans la société.Il félicita la Fédération d'avoir formé des chrétiennes qui ont cherché par l'union, à rendre leur vie plus fructueuse; qui se sont données de tout cœur aux œuvres nat'onales et sociales.Si malgré les obstacles et les difficultés du début, la Fédération a Montréal — LA BONNE PAROLE —Avril 1917 -——-1 ————— Vol.V, Nos 2 et 3 Montréal — LA BONNE PAROLE —Avril 1917 se== pu donner sa pleine valeur, c'est, dit-il, qu'elle est toujours restée sous la direction de l'Eglise, qui en retour l'a protégée et bén'e.1 Monseigneur, appelé ailleurs, pour affaires urgentes, nous quitta en nous réitérant ses vœux de succès.Sur invitation de la présidente, Monsieur l'abbé Terrier fut appelé à occuper le fauteuil présidentiel.Cette prenvère séance fut marquée d'un nouvel intérêt par l'apparition trop courte de Monsieur l'abbé Thellier de Pon-cbcville.Son entrée fut vivement applaudie.Après les compl inents d'usage, notre distingué visiteur redevint l'apôtre ardent qu'il esj toujours et il trouva des mots persuasifs pour nous montrer la nécessité qui existe pour nous, femmes, de nous préparer aux devoirs nouveaux qui surgiront après la guerre.La Fédération est appelée dit-il.à faire la mobilisation de toutes les énergies féminines, af n d'entraîner celles-ci à une grande œuvre de Paix.Puis faisant allusion au discours du Dr Bouclier, il s'écria dans un superbe geste oratoire: on meurt donc partout î Tandis (pie la mitra'lle tue là-bas dans les tranchées, ici on meurt dans les berceaux.Si les enfants naissent nombreux dans votre beau pays, vous avez le devoir de les conserver tous, et vous ne devez en perdre aucun.Le Canada a besoin de toutes ses ressources, de celles-là surtout et c'est à la femme qu'il appartient de conserver l'enfant.Ne vous lassez pas de faire le bien, car Mesdames, les services (pie vous rendrez feront comprendre à tous l'impérieuse nécessité de votre action et c'est ce qui forcera au respect de vos droits.Les rapports que les Fédérations paroissiales donnèrent ensuite sur leurs œuvres locales impressionnèrent vivement Tauditore.Pour la première fois peut-être, le récit de ces admirables dévouements qui s'exercent silencieusement à l'ombre du clocher, s'étalait au grand jour, -et nous faisait découvrir toute la portée de cette vie paroissiale qui sert vraiment de base à notre vie nationale.La séance du mardi, (5 mars, fut labor eu se.Les nombreux rapports qui furent présentés et les clairs exposés faits par M.l'abbé Perrier et M.Chevalier, sur l'organisation de la charte, firent nettement ressortir le besoin que nous avons en ce pays d'un comité central et permanent dès œuvres de charité.Madame la présidente fit remarquer que la Fédération s'est engagée dans cette voie en fédérant les œuvres de charte féminines et que c'est son intention de développer un véritable comité central de la charité.Monsieur l'abbé Gauthier, curé de Saint-Jacques et président de cette séance, prononça une allocut on qui souleva l'enthousiasme de la salle.A cause de l'heure avancée, il emprunta au stylo du message télégraphique, une brièveté et une précision qui lui firent rendre en quelque mots les pensées les plus profondes et les plus justes et firent de son discours un petit chef-d'œuvre d'entrain et d'esprit.La séance fermée de la Fédération avait lieu, le mercredi, 7 mars.On procéda d'abord à la réélection des officières sortant de charge et plusieurs comités nouveau furent formées à cette séance.On décida de participer au mouvement de culture entrepris à Montréal par le service national et plusieurs fédérations paroissiales se déclarèrent prêtes à faire leur part de travail.Afin de grouper une élite de femmes qui se prépareront par l'étude à remplir des fonctions dans la Fédération, on fonda un comité central d'étude et d'action sociale.Le comité travaillera d'après un plan qui sera fourni par la Fédération et ouvrira des sous-comtés qui fonctionneront comme ceux de la Croix-Rouge dans nos salons.Ces sous-comités d'étude pourront même exister simultanément avec des comités de couture.Ils s'ouvriront à l'automne.Pluseurs personnes s'inscrivirent aussitôt pour en faire partie.Ia?jeudi.S mars devait être une date depuis longtemps attendue si on en juge par l'ardeur avec laquelle les tro's cent vingt-cinq convives du déjeuner de la "Bonne Parole" vinrent prendre place dans la jolie salle verte d • l'Hôtel Windsor.A la table d'honneur se trouvaient à côté des officières du Bureau de drection, Madame Bo-nin.femme du Consul de France, Madame Docteur Ritchie England, présidente du Local Council of Women, .Madame Stuart, présidente de la Croix-Rouge, Lady Hingston .*t Mademoiselle (îuerin, représentantes des catholiques de langue anglaise.Madame Terroux.représentante du Fonds-Patriotique, Lady Lacoste.Mesdames Rot tot, Léman, membres du comité d'honneur, Mesdames Rosaire Thibaudcau.Alfred Thibaudeau, R.Dandu-rand.'Fout concourut à faire du déjeuner de "La Bonne Parole," un événement mondan, sans précédent en même temps qu'une réunion d'un haute portée intellectuelle.Les discours s'harmonisèrent admirablement avec le milieu pour lequel ils étaient faits et participèrent au caractère de cordiale hospitalité qui fit le charme de cette réunion.L'ntérêt que l'on portera maintenant à."La Bonne Parole" est assuré.Madame Ritchie England, fui invitée par Madame Huguénin à prendre la parole.Elle se fit l'interprète des associations féminines de langue anglaise pour offrr de sincères félicitations à la Fédération qui a su gagner toutes les sympathies et qui s'est inspirée du plus haut idéal patriotique.Discutant ensuite les intérêts financiers de la "Bonne Parole".Madams Rosaire Thibaudeau propose que l'abonnement en soit élevé après la guerre.Pes applaudissement accueillirent cette propos'tion.Le samedi, 10 mars, les œuvres d'éducation qui ont toujours été l'objet d'une attention spéciale de la part de la Fédération eurent leur séance, à Saint-Sulpice sous !a prescience de Monseigneur Roy qui fit une allocution très pratique à l'adresse des institutrices.Après des éloges adressés à la Fédération pour la place très large qu'elle donne aux œuvres d'éducation.Monseigneur fit ressortir toute l'importance que nous devons prêter à l'établissement et à la prospérité de nos maisons d'éducation, comme garantie de notre foi et de notre nationalité: suivant en ceci l'exemple de nos pères qui se sont appliqués à couvrir notre pays d'écoles."Dignes et vénérées institutrices s'écrie-t-il, donnez à la cause de l'éducat'on le meilleur de votre cœur et de votre esprit.Etudiez vous-mêmes, pour posséder à fond les matières que vous allez enseigner.Pénétrez-vous des meilleures méthodes pédagogiques.Toutes vous avez un trésor à votre portée; le programme d'études; approfondissez-le, sa'sissez-en l'esprit, appliquez-le ensuite avec intelligence.Un autre élément de succès, c'est de rendre la class?intéressante et attrayante, ce qui ne sera pas difficile car toutes vous possédez des trésors de charme et de tendresse qui- captivent.Cultivez l'esprit de vos élèves, mais veillez surtout à la formation de leur cœur, la base de toute science divine et humaine.Fortifiez en eux la vie surnaturelle, seule capable de produire les plus Montréal — LA BONNE PAROLE —Avril 1917 Vol.V, Nos 2 et 3 belles fleurs de vertu.Travaillez surtout' à leur inculquer la fidélité au devoir, l'esprit de sacrifice et la franchise qui ne sont pas innés chez l'enfant.L'on vous demande beaucoup c'est vrai, mais noblesse oblige; puis, a votre tour, vous avez le droit d'etre exi-gentes auprès des autorités scolaires et de leur demander ce qu'il vous faut.Vous avez le droit d'exiger des écoles attrayantes, hygiéniques; vous avez droit à une rémunération généreuse, raisonnable, répondant à tous vos besoins ; vous avez droit de compter sur une administration honnête, vigilante, mais nullement tracassière, vous laissant toute la liberté voulue de mettre en pleine valeur vos apt:tudes; vous avez droit encore au concours des parents et du public puisque vous travaillez pour le bien de la société.Nous vous devons surtout de vous entourer de tous les témoignages d'estime et de respect que vous méritez.Un:ssons-nous donc pour promouvoir la grande cause de l'éducation, et par cela nous contribuerons à la véritable grandeur et prospérité de notre pays !" Le travail si vivant de Mademoselle Antoinette C4érin-Lajoie donne occasion à Madame Hamilton de payer un tribut d'éloge aux maîtresses d'enseignement ménager.Cet hommage appuyé sur des faits touchants, prouve bien tous les bienfaits que peuvent procurer à leur famille des fillettes, à peine âgées de six et sept ans.niais formées à la bonne école.Après la lecture du travail de Mère Sainte-Anne sur l'enseignement supérieur et la formation des élites, Mademoiselle Bibaud spontanément, proposa la création de quelques bourses qui permettraient aux jeunes filles de talent dont les parents ne sont pas riches, de suivre ces cours universitaires.L'assemblée applaudit à la proposition qui devient le vœu important de la journée.Madame la présidente répondant à un sentiment'géné-ral, exprima le regret de voir arriver la fin du congrès, où nous avions appris à nous connaître et à nous a:mer.Elle remerca les conférenciers, les auditrices, et parmi celles-ci, surtout les religeuses qui ont honoré l'assemblée de leur présence.Le matin du dimanche, les congressistes se pressaient dans la pieuse chapelle de Notre-Dame de Lourdes.La messe fut célébrée par Monsieur l'abbé Guibert.Madame Desmarais avait préparé avec art de beaux chants religieux.Le Révérend Père Valentin Breton fit le sermon, que nous serons heureuses de retrouver dans ces pages, pour en pénétrer mieux la solide doctrine.Le soir, ce fut avec la grande séance des associations professionnelles, la clôture solennelle du congrès.Madame la présidente fit un exposé clair et précis, tout empreint d'éloquence, de tous les travaux présentés au congrès, pus rappela les résolutions prises à chaque, séance.Elle insista surtout sur le développement des œuvres paroissiales qui recevront une attention toute particulière au programme de l'année à venir.•Monseigneur Gauthier prés'dent de la séance, s'arrê-tant particulièrement au beau travail de Mademoiselle Robert, proclame hautement l'importance des Cercles d'Etudes dans les œuvres sociales.Ce sont les cercles d'études qui créeront dans la classe ouvrière une élite capable de défendre les droits de l'association professionnelle, ses légitimes revendications et qui la développeront pbtir le pltas gi'nnd bien des associées.Mgr encouragea la Fédération à poursuivre son œuvre et termina en d'sant comme autrefois Jésus-Christ: " Jetez vos filets, je vous le dis, votre pêche sera abondante," l'Eglise vous bénira, parce que vous aurez procuré le bien et la paix sociale en votre pays." Et sur ces fortifiantes paroles nous nous sommes dispersées, toutes confiantes de nous retrouver aussi nombreuses et bien d'sposées au prochain Congrès de la Fédération.4 ¦ » SÉANCES D'ÉTUDE tenues sous les auspices de la federation nationale $aint=3ean=Bapti$te du 5 au 11 mars 1917 Discours d'ouverture prononce par Mme Gérin-Lajoie.Monseigneur, Je suis heureuse de venir vous souhaiter au nom de nos membres la plus cordiale bienvenue et vous dire la reconnaissance que nous éprouvons pour votre paternelle bienveillance à notre égard.]1 v a dix ans.lors de la fondation de la Fédération, vous vouliez bien comme aujourd'hui présider la séance d'ouverture de notre premier congrès.— Nous vous soumettions alors notre programme; qui n'était qu'une ébauche ; vous daigniez accorder votre confiance à la droiture de nos intentions et bénir nos bonnes volontés.Mais sachant les voies difficiles, où nous nous engagions et les écueils qui borderaient notre route, pour nous protéger, vous nous donniez cette belle prière à la Vierge que nous récitons au commencemene de chacune de nos assemblées.N'est-ce pas le momont, Mgr en cette circonstance de la répéter avec ferveur et d'attirer sur nos travaux la bénédiction du ciel.(Toute l'assemblée s'agenouille).Mesdames, Je ne saurais vous dissimuler avec quel bonheur je vous vois ici.Votre présence atteste la conviction que vous avez, que les canadiennes-françaises doivent plus que jamais serrer leurs rangs, se rapprocher les unes des autres et trouver dans l'union le secret d'une action forte et puissante.A cette heure grave et inquiétante de notre histoire où tant d'esprit doutent de nos lendemains, combien il importe.que nous harmonisions nos efforts, que nous coordonnions nos énergies, que nous recueillions jalousement comme des lingots d'or, chaque parcelle de nos ressources éparses.afin que notre race s'affirme et tienne en ce pays la place de choix à laquelle lui donnent droit la noblesse de ses origines et ses destinées religieuses.Opérer ce rapprochement des canadiennes-françaises, lui donner de la cohésion, le rendre durable, n'est-ce pas là, ce qui résume les aspirations de la Fédération depuis .l'époque de sa fondation.Quelles que soient d'ailleurs les •éclosions auxquelles notre association ait donné lieu, quelque variées qu'aient été les manifestations
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