L'Action française., 1 avril 1921, À travers la vie courante
[" A TRAVERS LA VIE COURANTE La Maison Les journaux nous annonçaient dernièrement une MaxtincaU importante transaction commerciale : la fabrique de sucreries Martineau venait de passer en de nouvelles mains.Ce fait ne retiendrait pas notre attention si cette maison n'était liée aux débuts de notre mouvement d'action française.C'est elle en effet qui la première subit les feux de notre critique, et c'est elle aussi qui la première voulut en tenir compte.OppOttunC La maison Martineau a toujours porté haut tyansfOTTnat ion son nom franÃ\u2021a's- H n'en était pas ainsi cependant pour un bon nombre de ses produits.Ils s'appelaient Buttercups, Horehound, Marshmallow, Carraway Seed, etc., etc.Ses propriétaires déploraient cette anglicisation.Mais ils ne croyaient pas pouvoir y porter facilement remède.La mentalité publique ne semblait guère favoriser un changement.Si nos remarques leur parurent sévères, elles leur apportèrent toutefois un stimulant.Ils comprirent qu'une partie de l'opinion saurait apprécier et appuyer la transformation qu'on leur demandait.Ils s'y décidèrent.Peu à peu les étiquettes françaises s'étalèrent sur leurs boîtes et leurs flacons.Leur nouveau catalogue resplendit de noms français.La correspondance de la maison se fit exclusivement en français.Votre commerce soufîre-t-il de cette attitude?demandais-je un jour à M.Martineau.â\u20ac\u201d « Aucunement, me répondit-il.Oh ! il se peut bien que j'aie perdu par ci par là quelques clients, mais il y a eu d'amples compensations.Notre chiffre d'affaires n'a cessé d'augmenter, et actuellement nous ne pouvons répondre à toutes les commandes ».â\u20ac\u201d Le résultat matériel était donc bon.Quant au résultat moral, il fut non moins remarquable.La plupart des autres fabricants de sucreries entrèrent dans la même voie.Presque tous ont maintenant des produits étiquetés en français.Exemple La maison Martineau a donné un exemple fructueux.fructueux ^e ^e ^°^ au patriotisme des deux associés qui la diri-geaient alors, MM.Martineau et Chartiez.Nous n'avons aucun doute que les nouveaux propriétaires â\u20ac\u201d M.J.-A.Vail-lancourt et ses fils â\u20ac\u201d ne continuent fidèlement les traditions de la maison l'action FRANÃ\u2021AISE 247 Française elle est, non seulement de nom, mais encore de fait.Qu'elle le demeure ! Que les nouveaux développements auxquels elle semble appelée accentuent encore ce caractère.Ah ! si toutes nos maisons agissaient ainsi, quel danger nous aurions écarté de notre race ! Et de quel prestige cette germination d'industries florissantes, arborant fièrement leur origine, auréolerait son front ! Mines Malheureusement tel n'est pas le cas.La WUteTT(litlCS majorité des grosses compagnies canadiennes-françaises porte, je crois, un nom anglais.Ce sont, comme les appelait récemment l'Action catholique, des mines souierraines.Grâce à leur nom, elles passent en effet pour être anglaises.Et ainsi elles sapent le crédit canadien-français, elles consolident la légende de notre faiblesse commerciale, elles fortifient à nos dépens la réputation de l'autre race.Ne serait-il pas important de faire un relevé de ces mines souterraines ?Nos lecteurs peuvent nous y aider.Qu'ils nous signalent les différentes maisons ou compagnies industrielles, commerciales, financières, etc.,de notre pays, appartenant en tout ou en majeure partie à des Canadiens français et faisant affaires sous un nom anglais.Encore un coup, nous ne saurions exagérer la gravité d'un tel état de choses.Il faut voir â\u20ac\u201d comme les circonstances nous le permettent à nous-même â\u20ac\u201d le nombre sans cesse croissant de lettres, de circulaires, de documents, adressés d'Europe, de France et d'Italie surtout, en anglais, à nos compatriotes.Pourquoi en agit-on ainsi?Parce que là -bas on est de plus en plus persuadé que nous sommes devenus Anglais.Et à quoi attribuer cette opinion ?A ce vernis anglo-saxon qui s'étale sur nos timbres, nos monnaies, nos journaux, nos entreprises commerciales, industrielles, financières, etc.Un grand quotidien de Paris énumérait dernièrement les titres d'un des nôtres de passage dans la capitale : président de ceci, directeur de cela, membre de cette autre chose___ Et les noms anglais s'alignaient à la suite.Comment veut-on après cela qu'on nous juge encore français ?Quelques Et c'est ainsi que l'une de nos Universités reçoit fait?d'une maison parisienne une carte adressée To the Hon.President, où on lit ce texte imprimé : Voudriez-vous m'envoyer, puis, écrits à la main, ces mots : next catalogues, when ready; c'est ainsi qu'un éditeur français adresse à l'un de nos collèges sa liste de publications, traduite en anglais; c'est ainsi que de Rome, d'un monastère italien de Clarisses, aux prises avec une extrême pauvreté, 248 l'action française arrivent à bon nombre de nos communautés religieuses des appels déchirants.en italien?non; en latin?pas davantage; en français?encore moins;.en anglais, toujours ! Cette manière d'agir nous surprend, nous indigne?Remontons à sa source, à ses vraies origines, et battons notre propre coulpe.DcUX Mais je vais terminer par un trait plus consolant.La TïientClliteS so^ne ses* Passée à la Rivière Beaudette, petit village du comté de Soulanges.Il y avait donc là un marchand, un marchand canadien-français, qui ne devait pas savoir, je crois bien, d'autre langue que la sienne.Or, quelques citadins anglais, attirés par les charmes de l'endroit, vinrent y villégiaturer.Notre marchand les eut comme Clients.Cela le grisa sans doute.Il oublia leur petit nombre.Il oublia surtout le grand nombre de ses compatriotes qui l'encourageaient.Et un beau matin, les factures anglaises remplacèrent au magasin les factures françaises.Les bonnes gens du pays laissèrent faire.Les touristes, même ceux de notre nationalité, ne bronchèrent pas davantage.Une fois de plus, en pleine province de Québec, l'idée française baissait honteusement pavillon.Cette triste situation durait, durait, durait, quand un jeune, un de l'A.C.J.C, et qui a de qui tenir, s'aperçut de l'affront.Blessé dans sa fierté, il résolut de relever le drapeau tombé.Son ardeur sut attendre l'occasion propice.L'heure venue il se rend, ses armes bien fourbies, au bastion conquis, et là , autour du comptoir désert, un duel verbal s'engagea où s'affrontèrent deux mentalités, j'allais dire, deux générations, celle d'hier, insouciante des détails, craintive, utilitaire, et celle d'aujourd'hui, attentive, vaillante, idéaliste.Long combat, aux étreintes parfois rudes, mais que vint clore la victoire du jeune paladin.Aux créneaux de la forteresse le drapeau est maintenant remonté.Il y flotte.des factures bilingues.C'est pour vous les jeunes, pour vous surtout que j'ai raconté ce trait d'un de vos frères d'armes.Il mérite plus qu'une platonique admiration.Imitez-le.Pierre Homier.P.S.â\u20ac\u201d Un ami nous fait remarquer que la rue Common dont nous avons parlé dans une précédente chronique s'appelle de son vrai nom la rue de la Commune.Ainsi est-elle inscrite sur les vieux pans de Montréal.Une rectification s'impose donc.Elie relève l'abord du Conseil municipal de notre ville.Ne pourrait-il pas faire mettre sans tarder des plaques portant ctte appellation?Nous l'en sollicitons respectueusement."]
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