Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Droit d'auteur non évalué

Consulter cette déclaration

Titre :
L'Action catholique ouvrière.
L'Action catholique ouvrière est l'organe mensuel de la Ligue ouvrière catholique publié à Montréal de 1951 à 1957. [...]

L'Action catholique ouvrière est l'organe mensuel de la Ligue ouvrière catholique publié à Montréal de 1951 à 1957. Il fait suite au Bulletin des aumôniers des mouvements spécialisés d'Action catholique (1942-1947) et est suivi de Prêtre d'aujourd'hui (1958-1966), de Prêtres et laïcs (1967-1973), de Dossiers « Vie ouvrière » (1974-1978), de Vie ouvrière (1979-1990), puis de VO (1990-1997) qui, en fusionnant avec Carnets de VO (1996-1997), devient Recto verso (1997-2004).

L'Action catholique ouvrière, dirigée par Égide Sénécal, prêtre oblat, est destinée aux militants du mouvement de L'Action catholique ouvrière (ACO), qui peuvent être prêtres ou laïcs. Cette organisation a été créée par l'Église pour favoriser et alimenter un encadrement pastoral actif du monde ouvrier. La revue est rédigée par les aumôniers nationaux et diocésains de la Jeunesse ouvrière catholique (JOC).

Ces rédacteurs ont manifesté un souci constant d'adaptation à l'évolution de la société québécoise, d'où une certaine ambivalence qui prend source dans leur attachement à la doctrine sociale de l'Église.

L'Action catholique ouvrière s'intéresse à tous les aspects de la condition ouvrière : salaire, syndicalisme, instruction, famille, etc. Elle publie enquêtes, reportages et articles de fond.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1987, vol. VIII, p.182-183.

COLLIN, Jean-Pierre, La Ligue ouvrière catholique canadienne, 1938-1954, Montréal, Boréal, 1996, p. 29-31.

Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1951-1957.
Contenu spécifique :
août-septembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Bulletin des aumôniers des mouvements spécialisés d'Action catholique.
  • Successeur :
  • Prètre d'aujourd'hui.
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (10)

Références

L'Action catholique ouvrière., 1956, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
L'ACTION CATHOLIQUE OUVRIERE VOLUME VI, No 7 AOUT - SEPTEMBRE 1956 SOMMAIRE En marge du 25e de la J.O.C.Canadienne Un militant des premières heures .R.P.Leopold Godbout, o.m.i.246 Programme de la L.O.C.pour l'anrtée 1956-1957 I — Programme religieux : Un royaume à bâtir — Exposé .Roger Aube 253 Un royaume à bâtir - Plénière Monique Cloutier 255 II — Enquête Sociale : Le civisme — Exposé .Thérèse Vigeant 260 Le civisme — Plénière .261 III — Thème : Comité Fédéral : Prise des responsabilités — Exposé .Madame Aurore Nicholas 268 Comité Fédéral : Prise des responsabilités — Plénière .Leopold Séguin 270 IV — Mot de l'Aumônier national : « Mystique de l'Action » .R.P.Clément Rousseau, o.m.i.279 V — Visite de Son Excellence Mgr Arthur Douville 282 Vie des mouvements — L.O.C.285 Vie des mouvements — JO.C.290 "L'Action Catholique Ouvrière" est publiée sous a responsabilité des Aumôniers nationaux et diocésains de la J.O.C.et de a L.O.C.Avec autorisation de l'Ord naire Rédaction et Administration : 1001, rue St-Denis , Montréal 18, P.Ç.C anada c Dnditions d'abonnement (de anvîer à d écembre Abonnement régulier : $2.00 — Pour les Séminaristes $1.50 Le numéro : 0.25 En marge du 25e de la J.O.C.Canadienne UN MILITANT DES PREMIERES HEURES1 par le R P.Leopold GODBOUT, o.m.l.Il avait vingt ans quand l'abbé Jean Belleau, vicaire à St-Roch, de Québec, lui parla de J.O.C.L'abbé avait-il découvert dans ce regard franc, cette allure décidée, le chef que serait plus tard Amé-dée.?Le jeune homme hésita.Son passé ne l'avait pas précisément préparé à collaborer avec les prêtres, il n'avait rien du rongeur de balustre, mais puisqu'il s'agissait de quelque chose qui prétendait sauver la jeunesse ouvrière, c'était très bien, il irait voir ce que cela avait l'air.La vie ne l'avait pas gâté.Orphelin de mère à 14 ans, son père ne s'était plus occupé de lui.Il s'était débrouillé seul.La recherche du travail, son goût de l'aventure lui avaient fait traverser le continent.Ses rencontres comme ses lectures l'avaient mené au bord du doute.Il avait flirté avec le communisme.Seul le souvenir de sa mère avait réussi à le retenir dans l'Eglise.Il cherchait la vérité, et pour lui la vérité ce ne pouvait être que ce qui sortirait la classe ouvrière d" la misère où la crise économique venait de la plonger.Il vint donc à cette réunion comme il l'avait promis.Us étaient huit jeunes gens dans la vingtaine, qui semblaient pour la plupart étrangers les uns aux autres.L'abbé était accompagné d'un Père Oblat qu'il leur présenta comme étant l'aumônier diocésain du nouveau mouvement.Le Père, comme l'abbé, semblait aimer les jeunes.I leur expliqua de son mieux de quoi il s'agissait, et à la fin il leur remit un petit livre en leur demandant d'en lire un chapitre avant la prochaine réunion, dans huit jours."Un problème et une solution" Il sortit de là pas très convaincu que les prêtres avaient trouvé quelque chose qui sauverait la jeunesse ou la casse ouvrière.Les jours suivants le virent comme à l'habitude tailler des talons de souliers dans une manufacture.Il avait oublié sa rencontre quand, un soir, le journal, que lui passait habituellement un voisin, faisant défaut, il avisa cette brochure que lui avait remise 'e Père Pomerleau et, faute de 1.Extrait d'une brochure en préparation sur les premiers temps de la J.O.C.— 246 — mieux, il commença à lire.C'était intitulé : « Un problème et une solution », et signé : Henri Roy, o.m.i.Il ne la quitta que tard dans la nuit, quand il l'eut finie.Il était profondément remué.Se pourrait-il que les jeunes soient leurs propres sauveurs ?« Entre eux, par eux, pour eux », ces mots lui martelaient le cerveau et l'empêchaient de dormir.Il y pensa toute la journée, le lendemain en travaillant.« Entre eux, par eux, pour eux ».C'était la première fois qu'il entendait parler de ça.un mouvement de jeunes, uniquement de jeunes, .où l'on faisait confiance aux jeunes au point de les laisser diriger eux-mêmes leur mouvement.Mais ça ne devait pas être vrai, c'était une affaire de prêtres, fondée par des prêtres.En tout cas, on verrait bien, il y retournerait, il en aurait le cœur net.Et le soir, en arrivant du travail, dans sa petite chambre pauvre de jeune travailleur à $2.par jour, son premier geste fut de reprendre le petit livre.— « Qui a lu un chapitre de la brochure que je vous ai passée la semaine dernière ?demanda le Père, au début de la réunion suivante.Amédée regarda autour de lui.Personne ne parlait.Il regarda le Père.— Toi ?interrogea l'aumônier.— Oui.Je l'ai lu trois fois.— Tu as lu ce chapi're trois fois ?— J'ai lu tout le livre trois fois.— Alors, dis-nous ce qui t'a intéressé là-dedans.Et pendant une heure Amédée expliqua aux gars intéressés ce que c'était la J.O.C.Il inséra le petit livre dans la vie ouvrière.Il dit ses .expériences douloureuses.Il dit l'espoir que ce nouveau mouvement faisait naître en lui.Oui, si les prêtres étaient capables de faire confiance aux jeunes, il croyait vraiment, lui, que les jeunes étaient capables de travailler sérieusement à leur propre salut.Ce que les jeunes avaient besoin c'était qu'on leur fasse confiance, c'était ça qui leur manquait, jamais encore on ne leur avait fait confiance.Et c'était le grand temps, si on ne voulait pas qu'ils se jettent du côté des communistes.Les deux prêtres comprirent qu'ils avaient dans cet inconnu d'hier une recrue de valeur.Quelques jours plus tard il était nommé premier président de la section naissante."Une fédération en marche" Jusque-là la J.O.C.masculine n'avait vraiment pas encore démarré dans le diocèse de Québec.Il y avait bien depuis un an deux sections, mais c'était des fantômes.A Saint-Sauveur, les quelques gars recrutés au sein de l'Oeuvre de Jeunesse ne savaient pas faire beaucoup plus en J.O.C.que chanter : « Un pied dans l'eau et l'eau dans la — 247 — rivière.».A Notre-Dame de Grâce, c'était encore plus ridicule.Le saint curé était tombé en amour avec le mouvement et avait décidé de le perfectionner en le transformant en une sorte de Garde Paroissiale.Il avait revêtu ses gars d'une vaste collerette rouge et bleu descendant jusqu'au jarret, ce qui leur donnait des airs de Chevaliers de Cape et d'Epée.sans épée, sortis du sein du Moyen-Age.C'est la section de Saint-Roch qui donna le ton de la vraie J.O.C.Un peu rudement.Leurs premières sorties en béret ayant provoqué des moqueries, ils décidèrent de régler ça tout de suite.Ils sortaient en groupe le soir sur la rue St-Joseph aux heures d'affluence, et cassaient la g.aux premiers gars rencontrés qui osaient dire un mot ou esquisser un sourire.Après deux ou trois escarmouches du genre les bérets jocistes furent tout à fait respectés.Dans quelques mois la section dépassait 50 gars, dont plusieurs des paroisses voisines.Le champ était libre pour la conquête alors, on n'en était pas encore aux règlements ridicules qui interdisaient de se recruter en dehors des cadres de la paroisse, on prenait les gars de n'importe où, pourvu qu'il n'y eût pas encore de section jociste chez eux.Cela permettait de former dans une section donnée des jeunes d'autres paroisses qui allaient ensuite fonder chez eux.C'est ce qui arriva à St-Roch et Amédée se trouva au bout de quelques mois à la tête d'une fédération de trois ou quatre sections.Quand les gars entendaient Amédée dans un meeting, une Journée d'étude, ou simplement une visite de section, ils comprenaient tout de suite qu'il ne s'agissait pas d'enfantillage ni de réunion de « placotage ».Il s'agissait d'action.Il s'agissait de conquête, il s'agissait de don de soi.Il s'agissait de « Garder au Christ la Jeunesse Ouvrière ».Il faut dire toutefois que le surnaturel et la pleine compréhension du mouvement ne lui vinrent pas tout d'un coup à 100%.— A quel moment peux-tu dire que tu as bien compris le mouvement ?lui demandions-nous.— Ah, cela faisait bien un an que j'étais dedans.A dire le vrai, c'est quand j'ai entendu le Père Roy en Journée d'étude.C'est là que j'ai été pris pour tout de bon.Pour vous montrer qu'avant ça, c'était pas bien bien fameux : le Père Pomerleau se cherchait une présidente fédérale.Il me demanda ce que je pensais d'une telle.Je lui répondis que c'était justement l'article.Pas parce qu'elle avait un bel ensemble de qualités, mais simplement parce qu'elle était belle fille.Et le Père, qui ne savait pas sur quoi je me basais pour porter mon jugement, la nomma présidente.» Et les mois passaient, les sections se multiplaient, et, franchement Amédée n'était pas mécontent de son travail.Il ne savait pas encore, le pauvre, ce que le Christ allait lui demander.— 248 — "L'extrémisme" C'est pendant une session intensive que le Père Roy lança sa bombe.Déjà, dans les jours précédents il avait fait accepter l'idée par ses dirigeants généraux.Comme dans toutes les réunions de ce genre, il harangua longuement et à plusieurs reprises les dirigeants fédéraux et les dirigeantes fédérales venus de tous les coins du pays.C'est pendant sa dernière harangue, quand il les sentit assez mûris, qu'il leur exposa la théorie de l'extrémisme.Cela consistait en ce que nul jociste ne pourrait à l'avenir remplir la fonction de dirigeant fédéral ou national et se permettre en même temps des fréquentations assidues.Même les fiancés devaient avoir le courage de cesser de se voir et remettre leur mariage à une date indéterminée, ou bien céder leur place à un autre dans la hiérarchie du mouvement.Ce fut vraiment un moment pathétique dans l'histoire de la J.O.C.On imagine facilement l'émoi de ces jeunes dont la plupart étaient en amour.Le Père leur donnait quelques heures pour y penser et prendre leur décision Us étaient libres.Ils n'étaient pas exclus du mouvement, ils pourraient servir dans un rang inférieur.Mais le Père voulait des gens complètement détachés, complètement donnés pour ^archer à la tête de ses troupes.Il fallait du caractère pour résister au Père Roy.Amédée était fiancé depuis peu avec la trcsorière fédérale de Québec, Madeleine.Il remit séance tenante sa démission comme président de sa fédération.Le Père Roy et le Père Pomerleau eurent beau s'unir pour le supplier de rester à son poste, de faire ce grand sacrifice à son mouvement, rien n'y fit.Il prit le train pour Québec le oœur gros, mécontent de lui-même et des autres, mais bien résolu à ne pas revenir sur sa décision.Sur le train, le Père Pomerleau vint causer un bon moment avec Amédée et Madeleine, puis brusquement : « Je vais aller dire mon bréviaire, leur dit-il, pour que le bon Dieu me fasse trouver un autre président capable d'accepter les nouvelles consignes du mouvement ».Les deux fiancés causèrent seul à seul longuement.Et voici qu'Amédée se lève et se dirige vers le banc où l'aumônier dit ses prières.« Vous pouvez cesser de prier, Père, j'ai décidé de rester.» — « Tu acceptes l'extrémisme ?» — « Oui.Nous avons compris tous les deux que ce n'est pas un caprice du Père Roy.La J.O.C.a besoin de ça.Nous sommes capables de faire ça pour elle.» Et ce ne furent pas paroles en l'air.A l'encontre de plusieurs qui acceptèrent le sacrifice sans discuter ce jour-là, Amédée demeura fidèle à sa promesse jusqu'au bout, pendant toutes les trois années qu'il resta encore à la tête de sa fédération.« Nous étions parfois trois ou quatre mois sans passer une soirée ensemble, me disait-il récem- — 249 — ment, et chaque fois que nous nous voyions c'était toujours avec une permission spéciale de Vaumônier.» Après 20 ans — Et aujourd'hui, qu'est-ce que vous pensez de tout ça ?Qu'est-ce que vous pensez de l'extrémisme qui a tant fait critiquer son auteur, le Père Roy ?— Ce que nous en pensons ?Quand nous remuons nos plus beaux souvenirs jocistes, c'est à cette période-là que nous pensons.Ce fut la période du don total.C'est pendant ces années-là aussi que la J.O.C.s'est développée pour de bon.Nous n'avions qu'une douzaine de sections quand l'extrémisme a commencé.Trois ans après nous avions des sections chez les gars et chez les filles dans toutes les paroisses du diocèse.— Cela faisait combien de sections ?— Au moins soixante.Et longtemps Amédée et Madeleine me parlèrent de ce temps-là.Un temps de miracles.Des gars qui avaient mené jusque-là une vie désordonnée, une vie de débauchés, étaient retournés, bouleversés par une simple rencontre, une conversation avec un de ces jeunes qui avaient tout donné, qui avaient renoncé à tout, qui vivaient dans une atmosphère de sacrifice continuel, et dont la parole avait la vertu du fer rougi au feu.— Avez-vous connu un tel, Père ?me demanda Amédée.— Oui, il était, je crois, dirigeant de section dans la Bcauce.— C'est ça.J'étais allé rencontrer les gars de sa paroisse.Apre-: la veillée au local de la section, je leur proposai de nous rendre à l'église, je m'approchai avec eux jusqu'à la balustrade, et là je rnn laissai aller à une méditation de mon cru.Je parlai à Notre-Seigneur nu Tabernacle de la jeunese qui se perdait à Saint-Georges.Au sortir de l'église c'est justement ce type-là qui m'amena coucher chez-lui.Quelques autres types de sa trempe nous accompagnaient.Mon gars voulait me recevoir comme il faut : il avait fait venir une douzaine de bière.Nous nous sommes couchés à quatre heures du matin.Et les bouteilles de bière ne furent pas débouchées, et je pense que personne n'y a même pensé.Nous avons parlé toute la nuit, savez-vous de quoi ?— Des problèmes de la jeunesse ouvrière, je suppose ?— Oui, d'une certaine façon.Nous avons surtout parlé de la méditation que je venais de faire à l'église.On aurait dit que ces gars-là entendaient parler de l'Evangile pour la première fois.En tout cas, c'était la première fois bien sûr qu'ils en entendaient parler par un laïque.— 250 — — Les sacrifices ne devaient plus peser bien fort, n'est-ce pas, après des moments comme ceux-là ?— Non.Après ça on était prêt à tout.Je pouvais ensuite, sans broncher, me faire dire par un curé de me mêler de mes affaires, quand j'arrivais dans une paroisse nouvelle pour fonder une section.L'ultime sacrifice Qu'est-ce qui le poussa à ce geste ?Quel événement précis le fit .descendre ce jour-là dans le sous-bassement de l'église Saint-Roch et le fit s'agenouiller devant le tabernacle ?Ce fut bien plutôt toute une suite d'événements et de constatations douloureuses.Il en avait tant vu de toutes sortes.Des lâchages surtout.Des gars qui promettaient, qui semblaient avoir toutes les qualités pour devenir des chefs de premier plan, et qui cou)aien: tout à coup sans que rien ne pût les ramener à la surface.Des aumôniers aussi, qui s'étaient donnés corps et âme au mouvement, et qui maintenant laissaient s'éteindre leur section doucement, comme un bûcher qu'on cesse d'alimenter.De grands prédicateurs populaires ém'ement.qui s'obstinaient à parler en chaire contre le mouvement parce qu'il n'admettait pas rien que des saint-Louis de Gonzague dans ses rangs.Toujours est-il que ce iour-là, seul en face du Christ qui l'avait saisi quelques années plus tôt au bord de l'abime, Amédée s'offrit en victime pour le salut de la jeunesse et de la classe ouvrière.Parce qu'il avait compris que la rédemption ne se fait que par la souffrance, i1 s'offrit à Dieu pour souffrir d'une façon spéciale nour les militants, les dirigeants, les aumôniers, pour tous ceux qui lâchaient, pour la masse des jeunes travailleurs pas encore touchés par la grâce.Il accepta tous les genres de souffrances, les humiliations, les trahisons, tout.« Je sentis dans mon cœur et dans ma chair que Jésus acceptait mon sacrifice, me confiait-il un jour.Et je l'ai senti par la suite tout le long de ma vie.J'ai toujours été heureux, mon Père, j'ai une bonne femme et j'ai des bons enfants.Mais je vous garantis que les épreuves n'ont pas manqué.Vous savez comment je suis sorti de la J.O.C.Vous savez ce qu'il m'est arrivé plus tard., j'ai été sans travail.Personne ne m'a jamais offert de m'aider à m'en trouver.Maintenant j'ai une bonne position, je me sens dans ma ligne 2.Mais cela n'a pas toujours été comme ça.Les premières années de notre ménage, nous n'avons pas toujours eu de quoi manger à notre faim.Nous sommes passés bien près du découragement tous les deux, chacun notre tour.Mais jamais en même temps.Le bon Dieu n'a pas permis ça.Toujours il y 2.Amédée est depuis quelques années organisateur de la C.T.C.C.__ o- 1 __ en avait un des deux qui se sentait fort quand l'autre se décourageait, et nous nous remontions le moral chacun notre tour.« Très souvent nous regardons en arrière tous les deux, nous ressassons le passé, nos belles années de vie jociste, les plus belles de notre jeunesse.Et nous nous disons que nous ne regrettons rien des sacrifices ^d'autrefois.Si c'était à recommencer, nous nous donnerions avec le même enthousiasme, encore plus qu'avant si possible.Et, je vous dis ça à vous tout seul, si c'était possible, j'aimerais parfois me retrouver jociste pour quelques mois, juste pour montrer aux jeunes d'aujourd'hui que la J.O.C.ça ne se fait pas sans se donner complètement, totalement, en fous, en extrémistes.» ********-r*r*** Nouvelle adresse de la Centrale Nationale de la L.O.C.LA LIGUE OUVRIERE CATHOLIQUE 6723 St-Denis Montréal, P.Q.Tél.: CR.4-2667 CR.4-3S56 — 252 — PROGRAMME DE LA L.O.C.pour Tannée 1956 -1957 I - PROGRAMME RELIGIEUX UN ROYAUME A BATIR ■ EXPOSE par Roger AUBE Trésorier national de la L.O.C.Pourquoi Dieu a-t-il fondé son Eglise ?Dieu a fondé son Eglise pour éclairer, sanctifier, gouverner et sauver tous les hommes.L'œuvre de l'Eglise commencée par les Apôtres en réponse au commandement du Maître « Allez, enseignez toutes les nations » est loin d'être achevée et se continuera jusqu'à la fin des temps.L'Eglise est depuis son commencement et sera jusqu'à la fin un peuple en marche vers le royaume de Dieu.Sa mission sera d'annoncer ce royaume aux hommes, de l'ériger et de le construire.La construction d'un édifice n'est pas l'affaire d'un ou de quelques hommes mais demande au contraire le concours d'une foule de techniciens, d'ingénieurs, d'ouvriers spécialisés et de manœuvres devant travailler en étroite et con;inuelle collaboration.Avant de tracer les plans, les architectes, les ingénieurs et l'entrepreneur devront savoir à quelles fins servira cet édifice, en établir les dimensions et en diviser la surface en pièces qui répondront à ces fins.Avant de faire les fondations, il leur faudra connaître la pesanteur de l'édifice, la composition et la solidité du sol.Une fois ces détails connus, pourra se faire le tracé des plans et devis.Mais l'entrepreneur aura beau faire de grands projets, les architectes et les ingénieurs auront beau tracer de beaux plans, s'ils ne parviennent pas à embaucher les ouvriers et les manœuvres dont ils ont besoin la construction ne se fera pas.Si d'un autre côté ces ouvriers et manœuvres sont incompétents et travaillent sans tenir compte des plans tracés et des directives de l'autorité, l'édifice ne répondra pas aux besoins pour lesquels il a été construit et de plus risquera de s'écrouler à la première tempête.— 253 — Cette comparaison peut se transposer sur le sujet qui nous intéresse.L'Eglise est le chantier de construction et l'édifice à bâtir est le royaume de Dieu.Tous les rachetés quel que soit leur état de vie ou leur situation en sont les ouvriers.Par notre vocation nous sommes tous appelés à participer d'une façon précise et active à l'exécution de tous les travaux pouvant contribuer à la construction du royaume.Au Pape, aux évêques et aux prêtres a été confié la mission d'orienter et de diriger le travail des fidèles et de maintenir par Jeur enseignement et leur participation à ces travaux l'unité de la doctrine dans l'action.Tous les fidèles célibataires ou mariés ont à exécuter des tâches très importantes.Nous tenterons au cours des commissions qui vont suivre de préciser ces tâches.Voici le résumé des rapports des secrétaires de commissions.Il aidera à voir le sens de l'étude faite par les participants.1 — Quel* sont les obstacles actuel» à l'expansion de l'Eglise ?En largeur — Manque de prêtres, de missionnaires, de vocations religieuses.— Doctrines anti-religieuses : franc-maçonnerie, Témoins de Jéhova — communisme, paganisme, littérature malsaine, lois favorisant le travail du dimanche.— Religion mal vécue par les catholiques et mauvais exemple donné par eux.— Empêchement de famille — vague d'immodestie.En profondeur — Ecoles neutres — lois anti-familiales.— Insuffisance des mouvements d'A.C.— Mauvais exemples — ignorance, indifférence religieuse.— Critique des prêtres.— Négligence dans la fréquentation des sacrements.— Trop de respect humain - manque de soumission envers l'autorité.2 — t}ui de l'Eglise doit se charger de vaincre les obstacles ?— Le prêtre sera l'intermédiaire entre Dieu et nous.— Les fidèles ont leur part à faire pour vaincre les obstacles selon leur vocation, leur état de vie : religieux, gens mariés ou célibataires.— L'important est d'être à la place que Dieu laisse à chacun.— Chacun doit faire sa part parce que l'Eglise c'est la société des fidèles.— 254 — — Chacun peut vaincre les obstacles selon ses talents et ses aptitudes.— Les célibataires peuvent donner davantage de leur temps ; parce qu'ils sont déchargés de charges de famille.— Aux gens mariés sont surtout réservées les tâches de l'éducation des enfants d'abord, ensuite du milieu social et de la relève des membres de l'Eglise.— Les militants d'A.C.sont encore ceux sur qui l'Eglise compte le plus pour sa défense.3 — Peut-on déprécier Fim ou l'autre den trois états de vie ?Dans quel état de vie, peut-on mieux servir l'Eglise ?— C'est dans notre propre état de vie qu'on peut le mieux servir l'Eglise.— On entend souvent dire : "On aurait plus de chane« de se sauver dans un autre état".— C'est faux, dans l'état où l'on est on peut se sauver, parce que chacun reçoit les grâces d'état.On peut servir aussi bien l'Eglise dans un état de vie que dans un autre.— Il faudrait aider chacun de nos enfants à s'orienter vers l'état de vie qui convient à ses aptitudes, ses goûts, ses talents.— Parmi les états de vie le sacerdoce a une place de choix.— Tout le monde est sur le même pied d'égalité devant Dieu.Chaeun doit faire son devoir, nous serons jugés selon nos travaux.— Tous les états de vie sont utiles et indispensables, ils sont solidaires les uns des autres comme tous les travailleurs à la construction d'un édifice : de l'architecte au plus petit manoeuvre.— Le célibat n'est pas compris comme il le devrait.UN ROYAUME A BATIR • PLENIERE par Mlle Menique CLOUTIER Nous parlons d'un royaume à bâtir ! Le temps est à la construction.Notre Dieu est un Dieu vivant, un Dieu qui bâtit.Nous devons être ouvriers avec Lui !.Où est donc le grand chantier de Dieu ?Quelle est cette entreprise à laquelle chacun doit me tre la main.sinon l'Eglise.D'abord comment voit-on très souvent l'Eglise ?N'apparaît-elle pas à beaucoup comme une prison avec une discipline très sévère ?Ses loi, ne semblent-elles pas des défenses pour contrarier les individus ?N'a-t-el e pas des exigences obligeant continuellement à des sacrifices de la part des fidèles ?De l'Eglise on voudrait retirer tous les avantages possibles, mais on oublie qu'il faudrait payer de retour.L'Eglise n'est pas un train qui passe et à bord duquel le voyageur, pour se rendre à destination, n'a qu'à payer le montant exigé pour le billet.On pourrait plutôt comparer l'Eglise à une barque dans — 255 — laquelle le catholique monte par le baptême, paie son billet par l'acceptation des commandements, et doit en plus ramer, c'est-à-dire, apporter sa collaboration à la marche en avant de l'embarcation.et non pas se contenter de se laisser traîner par les autres.La pensée de Dieu en fondant son Eglise : histoire En créant le monde, Dieu pensait déjà à son Eglise : Il en fait le plan ; en détermine les étapes ; choisit les entrepreneurs : Noé, Abraham, Moïse, David ; marque chaque homme pour un but précis.Toute la Bible ne nous parle que de cela.Dès les premiers chapitres, elle nous montre les premiers pas de la réalisation de ce dessein mystérieux et admirable : Dieu se choisit d'abord un peuple particulier ; il en désigne !e père en Abraham ; ensuite, il contracte alliance avec les Hébreux par Moïse qui avait mission de les diriger.Ce peuple.soutenu par l'espérance de la terre promise, erra pendant quarante ans dans le désert.Pendant ce temps son nombre se multiplia, ses guerriers s'entraînèrent, le Seigneur l'instruisit de ses commandements, et, grâce à sa discipline, à ses efforts individuels, à sa persévérance, ils réussirent à triompher des ennemis et à pénétrer dans le pays merveilleux « où coulaient des ruisseaux de lait et de miel ».L'histoire est accomplie en Jésus-Christ L'Ancien Testament préparait les voies au Nouveau.Les temps étant arrivés, pour l'avènement du Sauveur des hommes, Dieu envoya son Fils.Alors tout ce que les prophètes avaient dit et écrit s'accomplit.De même que la terre promise était pour le peuple juif la fin de la longue marche de quarante ans à travers le désert, ainsi la venue du Sauveur marquait la fin d'une longue épreuve et annonçait le triomphe final de l'Eglise, Corps mystique du Christ.Avec la venue de Notre-Seigneur, finit l'histoire de l'Ancien Testament.Maintenant, c'est le Christ, c'est la Vie, l'éternelle Vie, toujours aussi d'actualité qu'au premier jour.L'Eglise, qui est le Christ vivant en nous, membres de son corps mystique vivra jusqu'à la fin des temps ; elle vivra éternellement dans la gloire du ciel.Le jour de l'Ascension, l'Eglise était bien vivante, elle possédait ses qualités fondamentales : unité, sainteté, catholicité, apostolicité.Elle avait des sources de vie : les sacrements.Son autorité était établie.Peut-être pourrions-nous penser : « Alors, il n'y a plus rien à faire; l'œuvre du Christ est achevée.» Détrompons-nous : l'Eglise était née.mais il lui restait le besoin de grandir.L'enfant, par exemple, à sa naissance, a tout son corps parfaitement constitué ; il entre dans la vie avec son intelligence, sa volonté, ses qualités et ses défauts.Que dirions-nous si son développement en — 256 — restait là ?Ce serait un pauvre rachitique.Il a besoin, pour grandir et devenir fort et puissant, de soins, de sollicitude.De même, l'Eglise doit encore grandir et s'épanouir pour mettre vraiment le salut annoncé par le Christ à la portée de tous les hommes.Qu'est-ce que l'Eglise ?Sa Sainteté le Pape Pie XII a défini l'Eglise, le Corps mystique du Christ.Saint Augustin parlait aussi du Christ total, c'est-à-dire de l'Eglise dont Jésus est la lête et nous les membres.L'Eglise, c'est aussi l'Epouse du Christ.Par son alliance avec elle, c'est-à-dire avec chacun de nous, le Christ a formé ce corps merveilleux qu'est l'Eglise.Le Christ seul ne peut être l'Eglise ; le peuple seul ne peut être l'Eglise.Vouloir s'attacher à Jésus et rejeter l'Eglise est impossible.Autant vouloir garder vivante une tête séparée du corps, ou vice-versa.Le Christ et son Eglise ne font qu'un, comme le sont l'époux et l'épouse, qui sont deux dans une seule chair et un seul oceur.Nous devons construire avec Dieu Ce Corps Mystique du Christ doit grandir et se fortifier.Nous disions dans l'exposé du programme religieux que notre Dieu est un Dieu ouvrifer ; notre Dieu est un Dieu qui construit son Eglise.Le chrétien, uni au Christ par sa vie divine, doit être nécessairement quelqu'un qui construit avec Lui.Construire, voilà donc la vocation commune à chaque chrétien, dans quelqu'état de vie qu'il puisse être.Comment travaillerons-nous à la construction du Royaume Le champ est vaste, les tâches sont immenses, toutes les énergies peuvent être utilisées.Il faut des ouvriers pour porter au monde païen les lumières de la foi.Aux pays pauvres ou peu développés, il faut apporter les découvertes, les progrès et le bien-être des peuples plus riches.Il faut des hommes qui sachent manifester la grande pitié de l'Eglise pour ces enfants délaissés.Les communistes, les témoins de Jéhovah, les révoltés font une lutte acharnée à l'Eglise : celle-ci a besoin de défenseurs.Les étrangers à notre foi dans nos villes devraient être amenés à faire partie du royaume par l'influence et l'exemple de catholiques fervents.Un royaume est fort de la force même de chacun de ses membres.Surveiller et améliorer la santé spirituelle de chacun pour garder au royaume toute sa vigueur ; préparer des jeunes catholiques formés et éclairés pour assurer la relève, voilà autant de tâches nécessaires dans l'Eglise.— 257 — Tous ont entendu parler de deux conversions récentes au catholicisme : celle d'un acteur anglais Alec Guiness et de la célèbre jeune nageuse ontarienne Marilyn Bell.Les deux ont été amenés à l'Eglise par des facteurs diffférents.Le premier fut influencé d'abord par deux rôles qu'il eût à jouer : celui d'un prêtre dans « Father Brown » et d'un Cardinal dans « The Prisoner ».Il fut surtout impressionné par la personnalité du Pape qu'il avait vu un jour à Rome.La jeune Marilyn, dans son enfance, a subi l'influence discrète et bienfaisante de ses institutrices religieuses.Son père disait : « Elle a été extrêmement heureuse à cette école ; il se peut que cela explique la première considération qui a poussé Marilyn à demander l'entrée dans l'Eglise Catholique.» Ces faits démontrent comment, par l'exemple d'une vie chrétienne, on travaille à édifier le Royaume.Par contre, on pourrait citer, entre autres, le triste exemple d'un jeune homme qui, au sortir du collège, abandonna sa re'igion.Il se disait ahuri de huit années de pratiques religieuses obligatoires.Pourquoi n'avait-il pas goûté à l'amour véritable de Dieu qui donne leur sens à ces pratiques extérieures ?Pourquoi surtout n'avait-il pas réussi à comprendre son premier devoir de chrétien, qui est de travailler à l'avènement du Christ ?Ces quelques faits démontrent que sur le chantier de l'Eglise, personne n'est oisif ; s'il ne construit pas, il démolit.Tâches différentes Pour nous, le problème est de savoir comment nous construisons avec Dieu.Ou plus précisément, quelle sera notre tâche dans la construction de ce Corps Mystique du Christ qui s'opère par la parole, par les sacrements et par la charité.Sans chef, un peuple se disperse.Abraham fut choisi pour être le Père du peuple de Dieu ; à Moïse fut confié la tâche de conduire les Hébreux dans la terre promise.Parmi les disciples qui le suivaient, Jésus en choisit douze qu'il forma à la direction de l'oeuvre si importante de l'établissement de son Royaume.L'Eglise a toujours besoin de chefs, de pères, d'autorité ; aussi ces responsabilités sont-elles confiées à un groupe consacré à cette fin : c'est le sacerdoce.Comme autrefois les apôtres et leurs disciples, les Evêques et les prêtres sont chargés de voir à la direction de l'ensemble ; ils enseignent au nom du Christ ; ils distribuent les sacrements qui soutiennent le peuple de Dieu dans sa marche.De leur côté, les fidèles se retrouvent dans deux états de vie : le célibat et le mariage.Chacun a son rôle particulier au chantier de construction, les deux sont indispensables.— 258 — a) Que d'oeuvres, les célibataires religieux et laïcs peuvent seuls mener à bien, parce que, libérés de tout attache matérielle, ils peuvent y donner tout leur temps, tout leur cœur.b) Les parents chrétiens sont les premiers responsables de la relève de l'Eglise.On dit et répète que l'éducation première, tant religieuse que sociale, est cel'e qui demeure.Des éducateurs peuvent bien combler quelques lacunes, corriger quelques déficiences ou arrondir quelques angles.mais ils ne pourront jamais reprendre à neuf l'influence familiale.Quelles sont grandes alors leurs responsabilités et qu'il est beau leur rôle dans l'œuvre de la construction du Royaume ! On s'est habitué à croire que la défense des droits divins est confiée uniquement à ceux qui ont reçu le Sacerdoce.Si une mère est attaquée, est-ce à l'aîné seul de la défendre ?Chacun des membres de la famille n'a-t-il pas 1^ devoir de voler à son secours ?Le laïc célibataire ou marié peut-il se désintéresser des droits de l'Eglise et ne pas les défendre partout où ils sont contestés, que ce soit dans le domaine social, familial ou politique ?Jésus aurait pu tout sauver sans nous.Sans la collaboration des hommes il aurait pu se faire connaître, établir son Royaume sur toute !a terre.Il ne l'a pas fait.Ou^l honneur voulait-il nous réserver en nous laissant une part à accompir ?« Allez, vous aussi, travailler à ma vigne, je vous donnerai un juste salaire.» (Matth.XX.4.) En même temps, quelle responsabilité est la nôtre ! Si par notre négligence, les travaux étaient ralentis ou interrompus, Dieu aurait raison de dire : « Mauvais serviteur ».Au cours de cette -irorhaine année lociste, nous aurons l'occasion de définir les tâches réservées à chaque état de vie dans la grande construction du Royaume Si chacun nous étions conscients de bâtir le Royaume avec Dieu, nous souffririons davantage de voir tant de gens privés encore du don de 'a foi, de l'insouciance de certains de nos catholiques.Si nous étion= conscients de bâtir le Royaume, nous parlerions de l'Eglise comme on parle d'une mère bien-aimée et non pas comme d'une étrangère.Devant l'exemple de nos frères, qui derrière le rideau de fer ou de bambou, résistent aux persécutions, acceptent même la mort pour rester attachés au Christ et à son Eglise, nous devrions rougir de mesquiner nos efforts, de compter nos fatigues, notre temps pour travailler à l'expansion du Royaume de Dieu.Il faut s'entr'aider dans le travail d'édification.Ces frères comptent sur nous, nous comptons sur eux, car tous ensemble, nous sommes l'Eglise.— 259 — Il - ENQUETE SOCIALE LE CIVISME ■ EXPOSE par Mlle Thérèse VIGEANT dirigeante nationale de la L.O.C.F.Au Conseil National de mars, nous avons essayé de nous faire une idée assez précise sur le civisme.D'un peu partout, on a signalé que ce qui avait aidé à mieux comprendre le civisme, c'était l'explication de la différence entre sens civique et sens social.Nous avons cru bon de nous répéter afin de rendre plus facile l'étude du programme en commission.Sans négliger le sens social que nous avons l'occasion de pratiquer plusieurs fois par jour, il faut nous convaincre que le civisme a une portée beaucoup plus vaste, une répercussion beaucoup plus grande dans la société.Nous disions qu'un individu porté à travailler aux biens des personnes ferait preuve de sens social.Ex.: une femme qui donne un coup de main à la voisine, soit dans la couture.a du sens social.Un homme qui, à son travail, initie ou donne un conseil à l'apprenti a du sens social.Tandis qu'un individu qui travaille au bon fonctionnement d'un organisme fait preuve de sens civique.Ex.: Un homme qui participe aux unions dans son milieu de travail y jouant un rôle actif pour défendre les intérêts de l'ensemble, en vue du bien commun, est un individu qui fait nreuve de sens civique.Une femme qui encourage ou favorise l'adhésion de ses enfants à la J.O.C., J.E.C.j Croisés, Scouts, Guides fait l'éducation du sens civique de ses enfants Une famille qui participe au bon fonctionnement des coopératives d'habitation fait preuve de sens civique.Une telle coopérative d'habitation a en effet une portée très grande dans la société ; supposons, par exemple, que 25 familles qui ont eu leur maison par les coopératives d'habitation, seraient restées dans des taudis ; que dans ces familles, dix enfants auraient abouti à la délin-quence juvénile.Qui aurait subventionné pour les tribunaux et l'emprisonnement de ces ieunes ?.le gouvernement avec nos taxes et impôts.Evaluons les dépenses occasionnées par ces 10 enfants ! On peut supposer encore que, à cause de l'insalubrité de ces taudis, au moins 15 pères de famille ne pourraient subvenir aux besoins de leur famille, qui tomberaient à la charge du bien-être social : pensons-nous — 260 — * aux montants d'argent versés ?Sans oublier l'éducation des enfants rendue plus difficile, et très peu de bonheur terrestre.Voilà en résumé les problèmes créés par les taudis et les bienfaits résultant d'une coopérative d'habitation.Cependant devant ces belles réalisations, si des individus participent à des organisations par intérêt personnel — ou encore affaire de vouloir paraître ou gouverner — ils n'ont pas le vrai sens civique.Ce sont donc sur les attitudes des gens dans les corps intermédiaires qu'il faut arrêter notre étude et pousser notre action.Devant les devoirs de la femme dans la vie sociale et politique, j'en réfère à Pie XII dans son allocution du 21 août 1945 : « La femme doit collaborer avec l'homme au bien commun de l'Etat, aux yeux duquel, elle partage la même dignité que l'homme.Chacun des deux sexes doit assumer la part qui lui revient en égard à ses aptitudes physiques, intellectuelles et morales.L'un et l'autre ont le droit et le devoir de contribuer au bien intégral de la société et de leur pays.Mais si, d'une part, il est clair que l'homme, par son tempérament est plus porté vers 1rs choses de l'extérieur et de la vie publique, d'autre part, la femme, de façon générale, a plus de perspicacité et de finesse pour aborder et résoudre les délicats problèmes de la vie domestique et familiale qui est la base de toute la vie sociale.Mais cela n'exclut pas la possibilité que quelques femmes donnent des preuves évidentes de grands talents dans tous les domaines de la vie publique.» Devant ce programme, nous avons un devoir de chrétiens à accomplir, un devoir d'influence à exercer dans bien des domaines, et je sais que chacun et chacune voudra y jouer son rô.e.LE CIVISME - PLENEERE Résumé des rapport* des secrétaires de commissions 1—Quelles sont les organisations (Mouvements — associations) les plus populaires dans votre milieu ?Parmi les associations les plus populaires on a signalé : Chambre de Commerce — Chevaliers de Colomb — Ligue du Sacré-Coeur — Kingsmen — Richelieu — Lacordaire — Jeanne-d'Arc — Caisses Populaires — Amicales — Coopératives d'habitation et de consommation — Syndicats — Tiers-Ordre — Oeuvre des Terrains de Jeux — Ligue des Propriétaires — Dames de Ste-Anne — Légion de Marie — Rotary — Scouts — Guides — J.O.C.— J.EC.— St-Vincent-de-Paul — Commissions scolaires — Les Francs — St-Jean-Baptiste — 261 — — Kiwanis — Artisans — L'Alliance Nationale — L'Alliance Française — Les Zouaves — Club de Golf — Filles d'Isabelle — Dames fermières.D'après l'opinion générale des commissions les organismes dont les noms sont écrits en italique sont les plus populaires.Pourquoi les gens adhôrent-ils à ces organisations ?Les gens adhèrent à ces organismes par : intérêt personnel — soif des honneurs — popularité — désir d'évasion du foyer (on cherche des compensations) — goût de gouverner — snobisme.On a même signalé que 80% des gens adhèrent à des organismes pour ces raisons.I.i'm nii-inbros de *■ On remarque que plusieurs chefs d'équipes négligent d'assister à certaines réunions, parce qu'il leur semble qu'on répète à l'assemblée de membres ce qu'on avait discuté au 1er cercle d'étude.Pour corriger cet inconvénient, les sujets de chaque réunion seront sensiblement différents.Chaque mois, on examinera la même question sous des angles différents afin de l'approfondir davantage, sans se répéter.Ainsi en avril, au 1er cercle d'étude, l'enquête porte sur la coopération à apporter aux professeurs ; tandis que l'assemblée de membres sera centrée sur les critiques et le sabotage de l'autorité des professeurs par les parents.En pratique, cela suppose qu'à la suite du 1er cercle d'étude, on adoptera plutôt un mot d'ordre d'observation.Ce mot d'ordre préparera l'assemblée de membres.A l'assemblée de membres, on discutera un sujet nouveau tout en ayant des faits concrets comme point de départ.En conclusion de cette discussion de l'assemblée de mem- — 267 — bres, on cherchera à prendre un mot d'ordre d'action.Normalement le contrôle de ce mot d'ordre pour les chefs d'équipe devrait se faire au 1er cercle d'étude et pour les membres, plus brièvement, à l'assemblée des membres.Conclusion L'enquête 1956-1957 éveillera les adultes ouvriers à leurs responsabilités dans les corps intermédiaires.Pour développer cette prise de responsabilités il leur faudra prendre confiance en eux-mêmes et de l'obligation qu'ils ont de servir la société dans la mesure de leurs talents.Ill - THEME COMITE FEDERAL: PRISE DES RESPONSABILITES - EXPOSE par Madame Aurore NICOLAS présidente nationale de la L.O.C.F.Le thème de cette Session va peut-être vous sembler un peu vague et général.En premier lieu il ne porte pas sur un sujet particulier c'est plutôt un rappel de PENSEMBLE des responsabilités d'un comité fédéral.En conséquence, l'exposé va d'abord vous rappeler le but poursuivi par la L.O.C., et la grave responsabilité des comités fédéraux, responsabilité découlant de notre engagement et de notre mandat.Il vous suggère ensuite quelques points sur lesquels un comité fédéral est susceptible de s'interroger.En commission, vous vous demanderez quelles sont les plus grandes difficultés que vous avez rencontrées cette année dans votre comité.Ceci étant dit : — Voici l'exposé.Le grand objectif de la L.O.C.est de rendre possible et désirable la pratique de la vie chrétienne à tous les foyers.C'est d'aider chacun à « mettre » la religion dans tous les actes de sa vie.La méthode de travail de la L.O.C.et sa technique ont déjà prouvé à maintes reprises leur efficacité, mais ça n'empêche pas le mouvement de s'adapter aux diverses circonstances, car il faut quand même évoluer.Il ne faut cependant pas oublier que les meilleures techniques, les meilleures méthodes demeureront inefficaces si elles — 268 — sont mal comprises, mal utilisées, ou si en les utilisant on ne les aime pas de l'esprit qui les rendra vraiment efficaces.Exemple : La méthode : Voir, Juger, Agir, si elle est mal comprise dans les sections, si on s'en sert pour manquer à la charité, si on ne l'utilise pas en vue de rendre plus chrétiens les foyers, elle n'atteindrait pas son but véritable.Un autre exemple : La réunion du comité sera efficace, si l'on ne voit dans les réunions que le plaisir de se rencontrer et d'organiser l'action des autres, oub iant ses devoirs envers les sections.Responsabilité et engagement Notre L.O.C.sera vivante dans la mesure qu'elle atteindra les foyers ouvriers et les mettra en position de prendre leurs responsabilités.Cette vie, cette efficacité de la L.O.C.repose sur les épaules de tous les militants, à quelque plan qu'ils appartiennent, local, fédéral ou diocésain et national.C'est le comité de chacun de ces plans qui devient le grand responsable du territoire qui lui est confié.On oublie peut-être à certains moments le sens profond et réel de cette responsabilité.On se dit responsable, on se sent responsable, mais jusqu'à quel point.Il ne faudrait pas oublier que notre engagement n'est pas une simple formule prononcée sous le coup de l'enthousiasme d'une session ou d'une journée d'étude.Cet engagement comporte des obligations graves si l'on considère que l'Eglise, en acceptant notre engagement, nous confie par le mandat d'A.C.une partie de ses ouailles, avec une responsabilité bien déterminée et une charge très précise à remplir.L'Eg!ise est en droit d'a'.tendre de nous un rendement.On parle souvent de conscience professionnelle au travail ou ailleurs.Cet engagement et cette acceptation de notre charge de dirigeant fédéral nous pose également un problème de conscience professionnelle envers l'Eglise et envers les foyers qu'elle nous confie.Regards sur nos fédérations C'est avec ce sens des responsabilités qu'il convient aujourd'hui de regarder nos fédéralions qui nous sont confiées et que nous avons pour mission d'aider et d'orienter.Peut-on dire que la fédération dont nous sommes responsables est vraiment vivante, que grâce à elle tous les foyers ouvriers qu'elle contient sont vraiment atteints et en mesure de surmonter les problèmes qui les empêchent de vivre en chrétiens véritables et convaincus.C'est là l'idéal poursuivi.— 269 — Qu'il ne soit pas encore atteint, il ne faudrait pas s'en surprendre outre-mesure.Mais d'un côté pouvons-nous dire qu'à date rien n'a flanché, rien n'a été mis de côté rien n'a manqué, qu'il était impossible de faire mieux, que nous avons vraiment donné tout le rendement possible, que toutes les initiatives ont été tentées, que le maximum de rendement a été recueilli.N'y a-t-il pas lieu de faire davantage et surtout de faire mieux ce que nous faisons.Enfin, il y a plusieurs questions que nous pourrions nous poser, nous le ferons en commissions.Ceci toujours dans le but de travailler à l'expansion du mouvement, car il faut prendre en mains ses responsabilités, et pour cela il faut être réalistes.COMITE FEDERAL: PRISE DES RESPONSABILITES - PLENIERE par Leopold SEGUIN dirigeant national de la L.O.C.introduction Le thème de cette Session ne comporte rien de nouveau, si l'on considère que depuis que la L.O.C.est L.O.C, on parle du sens des responsabilités.Il est cependant indispensable d'y revenir sans cesse si l'on veut que dans la pratique l'expression « prise des responsabilités » corresponde à quelque chose de concret.Il est facile d'être responsable de quelque chose qui marche bien, qui ne comporte à peu près pas de difficultés.Le mot « responsabilité » prend un tout autre aspect en face d'une tâche lourde de conséquences et difficile à accomplir.But de la L.O.C.: Conquête de la masse, par une technique propre La L.O.C, en tant que mouvement d'action catholique spécialisée, a une tâche propre, précise, bien caractéristique à accomplir, qui la distingue des nombreuses œuvres ou associations.Certains grands principes de base propres à l'Action cathoiique spécialisée doivent sans cesse inspirer sa méthode de travail, son organisation, sa technique, etc.Mentionnons-en trois particulièrement importants que nous sommes parfois tentés d'oublier dans la solution de certains problèmes ou difficultés que nous rencontrons dans l'accomplissement de notre travail : « Voir, Juger, Agir » « Formation par l'action » « Entre eux, par eux, pour eux » — 270 — Pour bien saisir l'importance et le poids des responsabilités qui nous incombent, il est important de rappeler que la L.O.C.n'existe pas pour une éiite seulement ou un groupe restreint de foyers ouvriers.La L.O.C.vise, et c'est sa mission, à la transformation chrétienne de tous les foyers ouvriers sans distinction.L'objectif que nous devons avoir sans cesse devant les yeux, c'est de conquérir la masse des foyers ouvriers, d'influencer, de transformer non seulement ses membres, mais par eux, tous ceux qui resteront en dehors de »es rangs.Un dirigeant à quelque échelon qu'il soit, ou un comité qui perd de vue cette perspective apostolique de la masse, dévie de sa mission ; c'est pour cette masse ouvrière que la L O.C.existe.Ne pas saisir ce point capital, c'est ignorer le sens profond des responsabilités qui nous sont confiées.L'action catholique, tout comme l'Eglise, doit, pour nester elle-même vouloir meitre la Rédemption à la portée de tous.C'est sa mission même, sa responsabilité.Chaque comité diocésain ou fédéral, s'il est conscient de cette responsabilité, doit donc veiller minutieusement à ce que les sections qui relèvent de lui ne deviennent pas des petits groupes fermés, repliés sur eux-mêmes, uniquement préoccupés d'un souci de perfection personnelle.Dans le concret ceci veut dire qu'il doit veiller à ce que toute la vie d'une section (activités, services, réunions, etc.) soit .« Conçue, voulue, organisée en fonction de la masse » de tous les foyers ouvriers de son territoire.Pie XI le disait clairement : « Vous devez avoir l'ambition de conquérir la masse ».C'est de cette masse des foyers ouvriers que nous sommes responsables, c'est là notre raison d'être.L'oublier serait dénaturer l'action catholique et ne présenter qu'une caricature de la L.O.C.Notre responsabilité fédérale : Une action, dans la masse Il ne fait pas de doute que tous sont d'accord sur la grandeur et la beauté de notre mission et de nos responsabilités à l'intérieur du mouvement.Mais cette mission doit s'accomplir dans le milieu ouvrier, selon des principes bien déterminés, à travers des obstacles et des difficultés bien concrètes.L'élaboration de certains plans est relativement facile, la réalisation en est beaucoup plus compliquée.Encore une enquête : Pour solutionner les problèmes, dans la ligne du mouvement Une enquête sérieuse, commencée à l'occasion du Conseil National de mars 1956 et continuée jusqu'à ce jour, révèle qu'à peu près tous les points de technique ou de mystique du mouvement sont en — 271 — souffrance dans un endroit ou dans un autre.Ceci est assez normal et signifie que les difficultés et les problèmes varient selon les coins, les circonstances, les milieux.On remarque cependant que partout on est préoccupé de faire face à ces difficultés et de les solutionner le mieux possible.Le point important est de les solutionner conformément aux principes qui doivent animer le mouvement.Ce n'est pas la première fois dans l'histoire de la L.O.C.que des dirigeants s'inquiètent de la marche du mouvement et de l'efficacité du travail de ses militants.C'est déjà un signe éloquent que le sens des responsabilités existent chez nos dirigeants.Très souvent des questionnaires plus ou moins variés sont envoyés dans les fédérations ou les sections.Presque toujours, ces questionnaires tentent de savoir ce qui va et ce qui ne va pas.Et l'on est facilement porté à se dire : « Encore une enquête pour savoir ce que tout le monde sait.» A première vue on a raison de réagir ainsi.a) L'Enquête do In L.O.C Mais si l'on y réfléchit un peu on s'aperçoit qu'on oublie peut-être que la L.O.C.est née de quelque chose qui fait mal, c'est-à-dire de problèmes très sérieusement étudiés, sous tous leurs aspects, dans les moindres détails.Et ce sont ces constatations qui ont permis au mouvement d'être réaliste et d'apporter des remèdes à des problèmes concrets.C'est cette enquête incessante qui permet de demeurer proche des gens, de les comprendre, de les aider à solutionner leurs problèmes selon des principes chrétiens.b) L'Enquête au plan fédéral Et pourquoi en serait-il autrement pour des dirigeants du mouvement ?Pourquoi la méthode d'enquête que nous préconisons, que nous proposons comme indispensable pour réaliser un travail concret et vraiment constructif ne s'appliquerait-elle pas lorsqu'il s'agit de notre travail apostolique lui-même, des problèmes que nous rencontrons dans son exécution.Si nous voulons vraiment servir nos sections, et par elles les foyers ouvriers, nous devons sans cesse être à l'affût des difficultés, des problèmes de nos sections.Connaissons-nous vraiment leurs difficultés précises ?Leurs suggestions et leurs façons de régler les problèmes qu'elles rencontrent sont-elles conformes au but et à l'esprit du mouvement ?Comment les orienter efficacement si nous sommes loin de ces problèmes ?Presque infailliblement, on se rabat sur les sections et les militants de base.Et la cho;e est très normale quand on se rappelle qu'il n'y a pas de L.O.C.possible sans militants actifs dans les milieux de vie.Là où nous manquons peut-être, c'est quand nous oublions la part de — 272 — responsabilité qui nous revient dans la marche de nos sections.C'est quand notre travail s'arrête à des constatations tout simplement.Les problèmes : Solutions relevant de notre initiative, et les autres.Il est à propos de distinguer dans ces problèmes : 1 — Ceux qui relèvent plutôt de l'initiative des dirigeants et qui n'impliquent pas les principes d'Action Catholique.On pourrait donner ici comme exemple la question des locaux, des distances, ou tout autre problème d'aspect plutôt matériel ou purement d'organisation courante ; 2 — Ceux qui ont une portée beaucoup plus grande et dont les conséquences peuvent à la longue faire dévier une section ou une fédération de sa fin propre.Ainsi : il est difficile d'atteindre les ouvriers travaillant sur « shifts » ou travaillant de nuit.A cause de cet obstacle réel, les ignorer et refuser de s'organiser en conséquences serait sacrifier toute une catégorie de travailleurs et de foyers ouvriers pour lesquels nous existons.Tous les problèmes ne doivent donc pas être envisagés sous un même angle.Il est évident qu'on doit apporter une attention toute particulière à cette seconde catégorie.1ère l'Alliai LES DIFFICULTES COIIIAIVTES AU PLAN FEDERAL ET LOCAL C'es,t en face des difficultés et des problèmes rencontrés que notre responsabilité doit prendre corps et se manifester.C'est en tâchant de solutionner ces problèmes avec les sections qui en souffrent que les dirigeants ou les comités fédéraux doivent voir à ce que les principes vitaux de l'Action catholique soient respectés.C'est dans de telles occasions qu'il faut surveiller ce que nous appellerons des solutions de facilité.Il est impossible d'analyser ici toutes les difficultés mentionnées dans les rapports reçus.Voici cependant un tableau des principaux points sur lesquels l'une ou l'autre de nos fédés ou de nos sections rencontre des difficultés : Influence — Equipe d'influence mal comprise ou inexistante.— Rovue d'influence mal faite.— Action peu efficace dr:n; le milieu.— 273 — — Peu de réalisations découlant de l'enquête sociale ou de la revue d'influence.Cercles «Tétude — Absences au premier et au deuxième Cercle d'Etude.— Préparation des Cercles d'Etude insuffisante.— Cercles d'Etude peu intéressants, cause de démissions.— On ne se préoccupe pas de contacter les absents entre les Cercles d'Etude.Comités — Incomplets, pas assez nombreux ; tout le travail retombe sur les épaules des mêmes.— Charges non conformes aux aptitudes et aux possibilités de chacun.— Pas assez de visites des dirigeants fédéraux.— Manque de confiance mutuelle, d'amitié franche, amène mésentente et peu de collaboration.Manque d'esprit d'équipe.— Incompréhension des problèmes des militants : conditions de travail, gardiennes, etc.— Difficultés à l'occasion des comités conjoints.Responsabilités — Il faudrait une meilleure répartition des charges.— Refus d'en accepter.— Certains accaparent tout, les autres se désintéressent, l'esprit d'initiative en souffre.— On ne s'applique pas suffisamment à confier des responsabilités à tous les chefs d'équipe.Activités ■— Nombreuses absences aux Conseils fédéraux, aux journées d'étude.— Soirées populaires.— Soirées de membres.— Trop d'organisation en dehors du mouvement.— Tenue irrégulière des comités et des Cercles d'Etude.— Retraites, récollections trop rares.Finances — Cotisations en retard.— Rapports de trésoriers incompris.— Commandes en retard.Services — Pas assez de services pour intéresser nos gens, selon les uns.— Services mal organisés.— Trop de services, selon les autres.Recrutement — Pas de responsable du recrutement (Est-ce que tous ne sont pas responsables du recrutement ?) — Noyaux : pas de noyaux — mal préparés — absence de meneur — on ne comprend pas la nécessité, surtout pour les membres.— 274 — — Relève des dirigeants non préparée.— Démissions et adhésions.— On ne va pas chercher les chefs.— On recrute trop parmi les gens qui s'occupent d'autres organisations.— Pas suffisamment préoccupés de recruter des membres.— Cet échelon membre n'est pas compris.— La soirée de membres représente trop d'organisation.— On n'atteint pas le vrai milieu.— Tendance à devenir association.Formation — Manque d'esprit apostolique, d'initiation au départ.— Chefs d'équipe qui n'ont pas le sens des responsabilités.Ennuie sociale — Interprétés comme étant du "placotage".— Pas de mots d'ordre précis.— La revision d'action ne se fait pratiquement pas.— Pas de faits rapportés.— Ne mène pas à une act on concrète.Divers — Retard dans les livraisons du journal et des publications.— Publications compliquées.— Aumôniers pas suffisamment libérés.— Manque de locaux.— Sorties trop nombreuses ; problème de gardiennes.— Ventes : magazines, journaux, etc.Ces item pourraient avantageusement servir de points de repère à l'occasion d'une rencontre avec le comité local ou le président.C'est encore au cours de ces contacts plus intimes et plus familiers que l'on pout vra ment voir la situation et orienter efficacement.2cisn- PARTIE TROIS PRINCIPES FONDAMENTAUX a ( Vi»3r — .Sii|fi«'r — Afiir b) Formation par l'ai'tion c) EiitrVsax, par eux.pour eux En discutant chacun de ces points avec les comités locaux, il serait facile de voir ce qui est le plus en souffrance dans les sections.C'est à cette seule condition qu'un Comité fédéral sera en mesure d'aider efficacement chacune d'ehe dans la solution de ses problèmes parce qu'il les aura compris d'abord puis jugés à la lumière des principes de l'Action catholique.— 275 — a » Au plan local Comprennent-ils l'enquête (Voir, Juger, Agir) en A.C.?Voici maintenant quelques suggestions (?) recueillies et qui montrent clairement que l'une ou l'autre de nos sections oublient ou ignorent certains des principes que nous avons comme responsabilité de sauvegarder.On voudrait, par exemple : — Que les mots d'ordre soient inscrits dans le B.M.— Qu'il n'y ait pas d'enquête dans le programme social.— Que des personnes spécialisées viennent développer les sujets traités.— Que notre étude de l'année comporte deux programmes sociaux, un par six mois.— Que la revue d'influence soit incluse dans le programme social.Ces quelques suggestions prises au hasard n'indiquent-elles pas qu'en certains endroits on ignore ce qu'est l'enquête en L.O.C., son but, la façon de la conduire, etc.La méthode « voir, juger, agir » n'est-elle pas en souffrance dans certaines sections ?Croient-ils à la formation par l'action ?Des sections voudraient : — Que tous ceux qui auront assisté à trois réunions de membres ne passent pas par le noyau ; que l'aumônier xur fasse une réunion au cours de laquelle il leur donnera l'esprit apostolique voulu pour devenir chef d'équipe.— Que les noyaux soient faits au cours des Cercles d'Etude.— Qu'on le remplace par des contacts personnels.Et l'on se plaint que la formation de base fait défaut.On semb'e oublier que la formation par l'action est un facteur important dans le mouvement.Il ne s'agit pas de déprécier ou de minimiser toutes les initiatives pouvant aider à cette formation, mais nous nous exposons à dévier de la ligne du mouvement si nous oublions que ce n'est pas par des livres ou des conférences que nos ouvriers apprendront à devenir agissants dans leurs milieux de vie.Ont-ils une L.O.C.vraiment ouvrière ?Si l'on examine sérieusement la situation, on constatera que le principe « Entre eux, par eux, pour eux » est un de ceux qui sont le plus en souffrance actuellement.Tout le problème du recrutement en relève très directement.Il serait bon que chaque Comité fédéral, en étudiant la marche et la situation de chacune de ses sections, en profite pour constater si oui ou non ses sections représentent vraiment le milieu ouvrier avec ses problèmes et ses difficultés.Oublier ces principes serait s'exposer gravement à se réveiller un jour avec une L.O.C.bourgeoise, composée de directeurs et de fonctionnaires beaucoup plus que de mi itants actifs.— 276 — i>) Au plan l'«-#s4 — 284 — Vie des mouvements — L.O.C.SON EXCELLENCE MGR LAURENT MORIN La récente nomination de Son Excellence Mgr Laurent Morin réjouit grandement la L.O.C.Nous nous sommes depuis longtemps familiarisés avec son accueillante personne, à l'occasion de nos Sessions, journées d'études et organisations de toutes sortes.Comme Son Ex.Mgr Gérard-Marie Coderre, il sera pour nous le père et le guide dont nous suivrons fidèlement toutes les directives.NOUVEAUX AUMONIERS Nicolet Par décision de Son Ex.Mgr A.Martin, Evêque de Nicolet, M.l'abbé Emile Lemaire succède à M.l'abbé P.-E.Gill comme aumônier diocésain de L.O.C.M.l'abbé P.-E.Gill a accompli une belle tâche à la L.O.C, dans des conditions parfois difficiles.Son zèle éclairé et ses sages directives lui méritent notre très sincère reconnaissance.La L.O.C.nicolé-taine compte sur l'amitié durable de ses aumôniers, anciens et nouveaux, pour marcher vers de belles conquêtes.M.l'abbé Lemaire est le plus jeune de nos aumôniers diocésains de L.O.C.Il apporte à sa nouvelle charge un entrain, une confiance, une énergie qui ne laissent aucun doute sur l'avenir de la L.O.C.Sincères félicitations, et puisse la L OC.répondre ardemment à son zèle.COMMIS HON DES SERVICES La Commission Nationale des Services mise sur pied par une décision du Conseil National de novembre dernier a tenu sa deuxième réunion à la Centrale Nationale, les 19 et 20 mai 1956.Ses études s'orientèrent sur la place des services dans un mouvement d'Action Catholique et principalement dans la L.O.C.« Les services sont nécessaires s'ils sont des moyens indispensables au mouvement pour solutionner les besoins réels découverts à travers notre méthode d'enquête et notre revue d'influence.» C'est dans cette perspective et en tenant compte des caractères de notre mouvement, que la Commission examina l'importance relative de nos services existants.— 285 — JOURNEES D'ETUDES DES RESPONSABLES DE NOYAUX et des RESPONSABLES DU SERVICE D'ORIENTATION DES FOYERS Le point culminant de ces Journées d'Etudes du 2 et 3 juin fut sans contredit la réunion conjointe des responsables des Noyaux et du Service d'Orientation des Foyers.Bien préparés par les efforts des heures précédentes, les 90 délégués se groupèrent en commissions très vivantes pour prendre connaissance de ce que la L.O.C.leur avait donné, soit par ses services, soit par son organisation centrale de comités, de cercles d'études, de noyau, etc.On ne peut douter des heureux résultats de cette rencontre ; la L.O.C.tout entière en retirera un grand profit.Et il ne reste qu'à souhaiter que chacune des sections soit animée de l'esprit de collaboration de leurs dirigeants fédéraux.En effet, la L.O.C.est organisée en vue des foyers ouvriers ; ses services, sa propagande, le travail de ses militants, tout est conçu en fonction de la charité à organiser dans le milieu.Et c'est à travers toute cette organisation que le mouvement découvre les chefs dont il a besoin pour travailler plus efficacement à la conquête des foyers ouvriers.Le mouvement atteindra son but dans la mesure ou chacun s'acquittera de la charge particulière qui lui est confiée et en même temps découvrira des chefs capables de prendre des responsabilités.Les responsables de noyaux, dans la soirée du 2 et la journée du 3, avaient repris, dans des réunions conjointes ou séparées les idées fondamentales sur la nature et le but des noyaux de formation ; ils ont estimé le travail de l'année écoulée et constaté une baisse dans le nombre de sections qui ont organisé un noyau.Ils discutèrent du recrutement, du meneur de noyau, de la place que l'on devrait réserver au novau dans les publications, etc.De leur côté, les responsables fédéraux du S.O.F.échangèrent leurs points de vue sur le recrutement des couples meneurs et participants, sur la nécessité d'une formation apostolique intense et d'un réel travail d'équipe entre les conjoints responsables, basé sur une heureuse répartition des tâches.L'expérience du 13e cours récemment composé a donné de bons résultats, tous en sont enchantés ; il sera donc inséré tel que1, après de légères retouches de style.L'opinion est également unanime sur les avantages réels de travailler en commissions séparées, durant les réunions du Service.Hommes et femmes ont une meilleure opportunité d'exprimer leur opinion profonde.La responsabilité plus immédiate de ces journées avait été confiée à Monique Cloutier et Leopold Séguin pour le Noyau de Formation ; — 286 — pour le Service d'Orientation des Foyers, M.et Mme Roger Bélanger, responsables nationaux, avaient eu l'aide très appréciée d'une Commission nationale du S.O.F., dont Thérèse Vigeant, responsable nationale des Services est la secrétaire effective et dévouée.Mme Aurore Nicolas, M.Dave Bosset, présidents, et Roger Aube, secrétaire, participèrent également d'une façon active à ces fructueuses journées.Outre les aumôniers nationaux, les RR.PP.C.Rousseau, o.m.i.et J.Champagne, o.m.i.qui firent les méditations et récollections, cinq aumôniers diocésains ou de fédérations étaient présents.SESSION INTENSIVE Dans une atmosphère intense de fraternité, 220 dirigeants et aumôniers fédéraux consacrèrent le 30 juin et le 1er juillet à une étude sérieuse des programmes religieux et social et du thème de l'année 1956-1957.Ils étaient les invités de la fédération de St-Hyacinthe ; le Séminaire de cette ville accueillante les logeait très confortablement.Mgr Arthur Douville, évêque de St-Hyacinthe et président de la Commission épiscopale de l'Action Catholique a bien daigné célébrer une messe pour les délégués et leur adresser la parole.Dès le vendredi soir, 29 juin, le R.P.Clément Rousseau, o.m.i., aumônier national, offrit le Sa;nt Sacrifice de la messe pour mettre les importantes assises qui s'ojvraient sous la protection de la divine Providence.Le samedi matin une messe dialoguée mettant en relief à la fois la beauté, la grandeur du travail et les besoins, les aspirations des travailleurs, rallia dans une fervente prière collective tous les participants de la Session.Les principaux travau- de la Session, ainsi que l'allocution de Son Excellence Mgr Do îvil'e et le mot de la fin du P.Rousseau se trouvent dans ce numéro de la revue.Aumôniers Les aumôniers présents eurent l'occasion d'échanger leurs expériences et leurs idées sur les méthodes les plus efficaces de promouvoir une collaboration sacerdotale dont ils éprouvent l'urgent besoin.Dans bon nombre de diocèses, des initiatives heureuses montrent déjà que tout travail apostolique durable repose sur une amitié humaine et surnaturelle vraiment profonde et cordiale.— 287 — Statistiques Les rapports des activités de l'année furent présentés dans des réunions séparées.Voici des chiffres intéressants sur l'âge de nos militants.2.3% des militantes sont âgées de moins de 25 ans 10.4% .25-30 ans 16.8% .30-35 ans 18.9% .35-40 ans 18.7% .40-45 ans 14.0% .45-50 ans 8.8% .50-55 ans 8.05% .55 ans et plus 10.0% .âge inaonnu L.O.C.La L.O.C.a rajeuni en 1955-56, le nombre des jeunes ayant augmenté d'une façon sensible (70% des nouveaux ont moins de 40 ans).On peut dire actuellement que 55% des effectifs ont moins de 40 ans et la moyenne d'âge est d'environ 36 ans.Les dirigeants fédéraux et nationaux sont légèrement plus âgés : l'âge moyen de ces derniers approche 40 ans.Conseil National Un Conseil National d'urgence avait été convoqué pour le samedi soir.Les présidents et présidentes de fédérations ainsi que les délégués prévus avaient à décider de l'achat ou de la location d'une nouvelle centrale nationale.Sans longues discussions, les participants votèrent l'achat d'une maison.La L.O.C.F.avait auparavant consenti un prêt sans intérêt à l'administration.C'est maintenant affaire bâclée : la L.O.C.ira demeurer à 6723, rue St-Denis, et y sera installée dès le 1er septembre.La tenue du Conseil National a remplacé les deux réunions prévues pour ce soir-là, à savoir : celle de la Commission des Services et celle des Trésoriers.Elles seront reprises plus tard.La L.O.C.a contracté une dette de reconnaissance envers Mgr Douville pour son accueil si paternel et pour les encouragements qu'il nous a si clairement prodigués.Notre merci le plus sincère à M.l'abbé Gaston Hains, aumônier diocésain de St-Hyacinthe, qui s'est dépensé sans compter pour assurer un franc succès à la Session.La L.O.C.diocésaine de Montréal habite présentement le Centre diocésain de l'Action Catholique, avec tous les autres mouvements — 288 — diocésains.Les locaux de la L.O.C., furent officiellement inaugures le 4 mai, par la tenue d'un Conseil diocésain de la L.O.C.F.Les participantes en profitèrent pour visiter la maison nouvellement aménagée.Mme Aurore Nicolas, présidente nationale, Mlle Thérèse Vigeant, responsable nationale des services et les RR.PP.Rousseau et Champagne assistèrent à cette rencontre des dirigeantes de sections et districts.QUELQUES NOUVELLES Montréal La L.O.C.diocésaine de Montréal a présenté au Comité diocésain de l'Action Catholique un rapport de l'année.A côté de points strictement diocésains, signalons dans ce rapport volumineux, l'effort fait par la L.O.C.pour s'orienter davantage vers le monde du travail; à la suite d'une enquête minutieuse menée par les deux branches du mouvement, les dirigeants se sont rendus compte du danger qui guette la L.O.C.de perdre contact avec les travailleurs.Le Service d'Orientation des Foyers de la L.O.C.de Montréal a connu cette année encore de beaux succès.Et c'est à juste titre que l'aumônier M.l'abbé Jean Désorcy et ses dirigeants lui apportent une attention avisée et soutenue.La revision de vie joue dans un mouvement d'A.C.spécialisée un rôle irremplaçable.Les comités diocésains l'ont bien compris ; ils lui ont consacré une place importante dans leurs études de l'année.Fêtes du Mariage Chretien La L.O.C.a institué la fête du mariage chrétien pour revaloriser la grandeur chrétienne du mariage.Le mois de mai a donc vu fleurir un peu partout dans nos sections, cette journée aimable de grâces et de joie.Au hasard, soulignons celles de Granby, du Cap-de-la-Madeleine, de LaTuque, etc.#*N#Nr*s*v#N#srv#vr*M — 289 — Vie des mouvements — J.O.C.21e SESSION INTENSIVE A ST-JEROME Cette année, c'est à St-Jérôme que s'est tenue la session intensive, cette grande réunion plénière des comités fédéraux de J.O.C.et de J.O.C.F.de tout le mouvement au Canada-français.Environ cent cinquante participants représentaient trente-deux fédérations venant des quinze diocèses du Québec et du Nouveau-Brunswick.La session dura quatre jours et s'ouvrit le 22 juin au matin pour se terminer le 25 au soir.Elle devait prendre un cachet tout particulier puisqu'elle était la première manifestation de l'année jubilaire, l'année du 25e anniversaire de la J.O.C.canadienne.La session était sous la présidence conjointe de M.Jacques Champagne, le président national et de Mlle Germaine Lachance, la présidente nationale de la J.O.C.F.Tous deux portèrent la parole à l'ouverture ainsi que le R.P.Paul-Emile Pelletier, o.m.i., l'aumônier national du mouvement insistant sur le caractère extraordinaire de l'année qui débute par cette session.Pour que ça paye plus ! La session est une occasion toute indiquée pour déterminer le programme de la grande semaine annuelle de propagande qui aura lieu du 23 au 30 septembre prochain et qui diffusera dans le public les observations du mouvement touchant un problème de base pour la jeunesse travailleuse : le travail.Cette semaine porte le nom de semaine nationale des jeunes travailleurs.Pourquoi travailler ?tel sera le thème de la semaine.Les enquêtes nombreuses de la J.O.C.ont révélé comment les jeunes ne pensent souvent qu'à l'argent quand ils travaillent.Bien des causes peuvent expliquer cette mentalité matérialiste.Et ces causes ne retombent pas sur la responsabilité des jeunes la plupart du temps.Ils sont trop souvent les victimes d'un entourage, d'une ambiance.Mais une chose demeure, c'est qu'ils sont les principaux artisans de leur rééducation de leur relèvement.« Pour que ça paye plus », ce sera le slogan qui illustrera le thème de la semaine.Il faut que le travail paye plus non seulement au point de vue matériel mais au point de vue moral et spirituel.La J.O.C.veut s'emparer du mobi'e qui anime les jeunes travailleurs et les jeunes travailleuses pour le hausser sur le plan moral et donner au travail un rendement autrement supérieur.— 290 — Les programmes 1956-57 On étudia également les programmes de l'année 1956-57.Le programme social portera sur le civisme.Un magnifique exposé fut donné par M.l'abbé H.Aganier, assistant aumônier national de l'Action Catholique Canadienne.Puis chacune des branches s'arrêta à regarder les aspects plus précis que l'on adopterait.Chez les garçons on choisit de considérer le premier groupement intermédiaire qui se présente à eux et qui a toute leur faveur : la gang.Se basant sur une enquête fait en milieu américain, on cita les chiffres qui suivront.Parmi les jeunes travailleurs questionnés 71% font partie d'une gang, 21% d'un syndicat, 15% de mouvements d'Eglise.Ces chiffres pourraient se rapprocher sensiblement de notre situation.Ils indiquent la mentalité du jeune travailleur qui subit fortement l'influence des jeunes de son âge.D'autres associations seront abordées au cours de l'année tels que organismes de loisirs, syndicats, etc.C'est M.Jean-Marc Lebeau, trésorier national qui fit la plénière de ce programme.Du côté de la J.O.C.F.le civisme sera abordé en partant de problèmes très concrets que rencontre la jeune travailleuse dans son milieu de loisir, de famille, de travail.En regard de ces problèmes, le programme social fera saisir la nécessité de corps intermédiaires dans la société.Au cours de l'année les jeunes travailleuses seront amenées à prendre leurs responsabilités personnelles et collectives à l'intérieur des corps intcrrr,'diaires dont elles sont membres afin que ces organisations atteignent mieux leur but civique dans la société.Le programme religieux a comme titre : L'Eglise, peuple de Dieu en marche.On y discutera des diverses fonctions sociales au vocation dans l'Eglise.Il semb'e que ce programme provoquera un intérêt marqué.C'est le R.P.Paul-Emile Pelletier, o.m.i.qui fit l'exposé doctrinal sur ce programme.La J.O.C.des garçons Une bonne partie de la session intensive servit à faire une stricte revision du travail accompli, une étude des difficultés rencontrées et des solutions à envisager.De belles réalisations furent soulignées dont la fondation à Ville Jacques-Cartier d'une section fort intéressante qui servit de base pour la rédaction d'un nouveau tract de fondation.C'est M.Jean-Paul Hétu ex-dirigeant national qui a fondé cette section avec le secours précieux de M.l'abbé Joseph Beauvais, l'aumônier de la J.O.C.de Ville Jacques-Cartier.On souligna également les heureux résultats obtenus ici et là par le S.P.A.des garçons qui en est à ses premiers pas.Les fédérations du Lac St-Jean, Joliette, Shawinigan et Montréal furent citées à l'ordre du jour.Mais la grande - Cu 1 - partie des délibérations fut occupée à faire l'étude des fondations de sections et du nouveau tract que vient de bâtir le comité national avec l'aide de M.Jean-Paul Hétu, président fédéral de St-Jean et fondateur de la J.O.C.de Jacques-Cartier.La J.O.C.des filles Du côté de la J.O.C.F.la majeure partie des réunions d'études a été consacrée à la préparation immédiate de l'année jubilaire.On s'est surtout appliqué à déterminer des objectifs très précis qui engageront toute la J.O.C.F.Canadienne dans une grande année apostolique.Voici les quatre grands points de ce programme : 1 — Pénétrer davantage la masse des jeunes travailleuses de nos quartiers, de nos villes.2 — Mettre beaucoup d'application à recruter et former des jocistes en grand nombre.3 — Multiplier les sections vivantes et dynamiques, fonder dans de nouveaux centres.4 — Créer un esprit de charité d'unité très intense sur tous les plans.Pour réaliser chacun de ses objectifs l'équipe nationale avait à fournir plusieurs nouveaux instruments de travail.Entre autres un tract « L'appel jociste » qui pourra être mis entre les mains de toutes nouvelles jocistes avec grand avantage.Pour reviser ces objectifs de façon réaliste on fera au cours de l'année un recensement de tous les effectifs du mouvement.Pour que la J.O.C.F.soit plus apostolique et missionnaire on a aussi décidé de faire au cours de l'année un retour aux sources très riches de la J.O.C.en invitant tous les chefs jocistes à une étude de la pensée de Cardijn et des papes sur la technique et la mystique jocistes.Le 25e anniversaire Samedi soir, le 23 juin, avait lieu au pensionnat des Sts-Anges un grand souper officiel qui voulait marquer le lancement des fêtes du 25e.Son Excellence Mgr Emilien Frénette avait daigné accepter de présider ce banquet et de prononcer l'allocution de circonstance.A côté de lui avaient pris place M.le Maire de la Cité de St-Jérôme, le Dr Alfred Cherrier ainsi que plusieurs invités de marque.A l'issue du souper, le président national M.Jacques Champagne donna un bref historique du mouvement tant au pays que dans le monde, et Mlle Germaine Lachance parla des fêtes jubilaires que la J.O.C.veut organiser au cours de l'année.Puis le Maître de cérémonie, M.Louis — 292 — Mangelschots, présenta Son Excellence à l'auditoire.Il souligna la grande bonté de Mgr Frénette qui avait accepté de célébrer la messe pour les Congressistes et qui a toujours manifesté un intérêt tout particulier pour les jeunes travailleurs et le mouvement qui leur est tout spécialement dévoué.Son Excellence Mgr Frénette Le discours de Son Excellence Mgr Frénette fut vraiment une pièce maîtresse et pour tout dire le sommet de la session intensive.« La J.O.C., dit-il, n'est pas quelque chose de surérogatoire ; son action est plus que jamais nécessaire.La J.O.C.est irremplaçable et sa formule est celle qui convient le mieux aux jeunes ouvriers.Vous êtes les missionnaires de l'intérieur ; c'est vous qui devez apporter à votre milieu la transformation qui s'impose et la rechristianisation des milieux de travail.Ne connaissez de trêve que lorsque votre milieu sera entièrement rechristianisé.» Le discours de Son Excellence sera reproduit en entier dans le prochain numéro de la revue.C'est le R.P.Pelletier, l'aumônier national du mouvement, qui remercia Son Excellence.Il souligna cet aspect missionnaire de la J.O.C.que Son Excellence a bien voulu développer et qui doit devenir le mot d'ordre de l'année jubilaire.M.le Dr Alfred CherrW fit également une allocution fort goûtée ainsi que M.Gaston Jolicoeur.le président diocésain de la J.O.C.de St-Jérôme.Tous deux exprimèrent des mots de bienvenue à tous les participants de la s"ss:on et des vœux oour l'année du jubilé d'argent.Au cours de la session intensive, Mgr Laurent Presseault, directeur diocésain de l'Action Catholique et membre du comité national de l'Action Catholique vint rencontrer les congressistes et leur adressa ses consignes et ses encouragements.Le dimanche 24 juin avant-midi, un groupe de délégués des diverses régions se rendirent au poste CKJJ pour un interview sur les principaux aspects de la session.Pour une J.O.C.Missionnaire Les conclusions furent tirées par les deux présidents nationaux et l'aumônier national.Le R.P.Pelletier reprenant le mot d'ordre d'une J.O.C.Missionnaire donna les dix façons d'être jociste missionnaire et demanda que l'année jubilaire donne l'occasion à toutes les fédérations de produire un nombre considérable de fleurs missionnaires que l'on rassemblera pour en faire un bouquet que la J.O.C.canadienne présentera au Saint-Père lors du rassemblement mondial de la J.O.C.à Rome, lors de la grande journée internationale le 25 août 1957.— 293 — La J.O.C.Nationale exprima sa gratitude à Son Excellence Mgr Frenette, à Mgr Prcsseault, au R.P.Jules Bélanger, aumônier diocésain de la J.O.C.de St-Jérôme, aux comités fédéraux de la J.O.C.et de la J.O.C.F., aux Révérendes Soeurs de Ste-Anne et aux Frères des Ecoles Chrétiennes qui, ces derniers, eurent la grande bonté d'héberger les garçons.Les séances se tinrent tantôt au Pensionnat des Sts-Anges, tantôt au Centre de loisirs de St-Jérôme mis gracieusement à la disposition de la J.O.C.par Son Excellence Mgr Frenette.LES CENTRES D'ENTRAINEMENT L'une des initiatives les plus heureuses et les plus fécondes de Ja J.O.C.est certainement l'organisation de ses centres d'entraînement.Cette année les trois centres se tinrent à Duchesnay, à la station forestière provinciale et cela grâce à la bienveillance du Ministère provincial des Terres et Forêts et du directeur de la station, M.Paul-Emile Pleau.Le Centre des filles eut lieu du 15 au 22 juillet.42 filles participèrent à cette semaine de formation jociste sous la direction du Comité National de la J.O.C.F.et de quelques dirigeants fédérales qui se sont prêtées admirablement à seconder le travail du Comité National.A la J.O.C.F.42 filles provenant de 13 diocèses, participèrent au centre d'entraînement de cette année.La plupart étaient des dirigeantes locales et des chefs d'équipe.Le centre fut dirigé par 5 dirigeantes nationales aidées d'une dirigeante fédérale, Denyse Gauthier de Sherbrooke.Tous les points fondamentaux de la technique jociste passèrent à l'étude au cours de la semaine.On insista surtout sur les premiers pas du travail apostolique de conquête : le contact, l'amitié, les équipes, les services, etc.La méthode pédagogique de la jociste : faire — faire avec — faire faire — étudiée à fond.Les réflexions des participantes firent voir qu'elles furent pleinement heureuses de leur semaine d'entraînement.Voici quelques témoignages.« J'ai réalisé combien le travail en équipe était formateur ».« J'ai appris comment mieux tenir un comité, un cercle d'étude, une réunion d'équipe.» « J'ai aimé énormément cela parce qu'il y avait encore tellement de petites choses que je ne savais pas.» « Le centre d'entraînement m'a demandé beaucoup mais combien il a été formateur pour moi.J'ai pris de bonnes résolutions.J'ai appris — 294 — beaucoup de choses que je vais transmettre à mes jocistes.» « Au centre j'ai décidé d'atteindre les filles de manufacture, et si je ne réussis pas, après quelques mois je laisserai mon emploi de sténographe pour aller travailler dans une manufacture.» Les centres des garçons et des aumôniers eurent lieu parallèlement du 22 au 28 juillet.Les garçons étaient au nombre de trente répartis entre les diocèses suivants : 6 de Québec, 5 de St-Jean, 5 de Trois-Rivières, 3 de Sha-winigan, 3 de Chicoutimi, 2 de Sherbrooke, 1 de Joliette, 3 du Lac St-Jean, 2 de St-Jérôme, 1 de Montréal, 4 du National.Parmi ceux-là, il y avait 2 dirigeants fédéraux, 16 dirigeants locaux, 5 chefs d'équipe locaux et 3 membres.Les participants venaient de 15 sections locales différentes.Le programme comportait les points fondamentaux de la J.O.C.Mais tout le travail d'étude se fit d'une façon active.Après avoir discuté un problème en forum, chacune des quatre équipes constituées au début de la semaine se voyait confier un travail le soir en assemblée plénière.Les aumôniers n'assistaient qu'à cette assemblée du soir.Le centre d'entraînement des aumôniers comptait 31 participants venus de 13 diocèses différents dont un de San Salvador d'Amérique Centrale, le R.P.Victor Guevara, oratorien, venu au Canada pour étudier la J.O.C.Voici la répartition des aumôniers présents : 6 de Nicolet, 3 de Joliette, 3 de Québec, 3 de St-Jérôme.2 de St-Tean, 2 de Sherbrooke, 2 de Ste-Anne, 2 de Trois Rivières, 2 d'Ottawa, 1 de Chicoutimi, 1 de St-Hyacinthe, 1 de Montréal, 1 de San Salvador.2 Aumôniers nationaux.Le programme des aunôniers débutait par une conférence d'un grand sens pratique de M.le curé Joseph Poitevin, de St-Joseph de Granby ex-aumônier diocésain et national de la J.O.C.F.D'autres conférenciers se succédèrent dont le R P.Lou's de Gonzague Raby, om.i.aumônier nationa' adjoint de la J.O.C.F., M.l'abbé Aurélien Breault, aumônier diocéstin de la TO C, M.l'abbé Joseph Beauvais, aumônier local de Ville Jacques-Cartier, M.l'abbé Gilles d'Auteuil, aumônier local de Québec-Ouest, Je R.P.Jules Bélanger, om.i.aumônier diocésain de St-Jérôme, 'e R.P Paul-Ëmile Pelletier, o.mi., aumônier national et M.Jacques Champagne le président national.Au cours de la semaine, Son Excellence Mgr Chs Orner Garant, auxiliaire et directeur diocésain de Québec vint rendre visite aux participants des deux groupes.Il insista sur l'importance des mouvements d'Action Catholique Ouvrière.« Sans vouloir déprécier les autres, il est sûr que la J.O.C.et la L.O.C.sont les mouvements d'Action Catholique les plus importants de l'heure.» Et il encouragea tout le monde à travailler ferme pour donner à ces mouvements l'ampleur et la force — 295 — qu'il leur faudrait.Deux autres visiteurs vinrent rencontrer les aumôniers et les garçons.Il s'agit de M.le Chanoine Pichette, aumônier général de la C.T.C.C.et M.l'abbé Philippe Laberge aumônier diocésain des syndicats catholiques de Québec.On avait également invité l'un des anciens dirigeants jocistes de Québec, M.Amédée Daigle.Il vint exposer le travail qui se faisait dans les premières années de la J.O.C.et l'esprit qui animait les premiers militants.M.Daigle sut donner à tous un témoignage de haute valeur apostolique.Comme le disait un aumônier qui assistait au centre : « Les centres d'entraînement doivent être considérés comme la prunelle de notre J.O.C.» Comme citoyens loyaux et actifs, vous visez à créer chez tous une conscience civique droite, qui incite chacun de vous à regarder comme siens les besoins de toute la collectivité, et à s'employer afin que seuls des hommes d'une probité sans tache et d'une compétence éprouvée soient mis en condition de poser sagement et de résoudre efficacement les problèmes qui concernent la communauté nationale.Aussi vous appliquez-vous en même temps à tenir éveillée l'opinion publique, afin que ceux qui, au nom du peuple, font les lois et veillent à leur exécution, soient assistés et soutenus ; et à ce que ne leur manque point — si s'en présentait la nécessité — la contribution d'une critique saine et constructive.i En tant que militants chrétiens, vous considérez comme votre devoir de veiller à ce que rien ne vienne léser les intérêts légitimes de la vraie religion, de votre religion.Vous ne formez pas un parti politique ; mais personne ne pourra vous dénier le droit de vous unir, de vous organiser et d'intervenir, par tous les moyens licites, afin que la législation sur la famille, les normes sur la plus juste distribution de la richesse et sur l'éducation de la jeunesse, et toutes dispositions qui touchent le domaine de la foi et de la morale, soient appliquées selon les postulats de la pensée chrétienne et de l'enseignement de l'Eglise.PIE XII Allocution à un groupe de membres des Comités civiques italiens, 12 avril 1953.296
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.