L'abeille /, 1 janvier 1928, octobre 1928
IV Volume — N" 2 — LAl'liAIKIE.P.Q.— Octobre 1928 ?DDDOC U a ?G n ?n n n ?a ?D ?D D D ?n ?L'ABEILLE REVUE MENSUELLE ILLUSTRÉE POUR LA JEUNESSE Jésus de Nazareth 11 n ?n ?s; ?D ?D ?Q ?^?DDl L'ABEILLE Cette revue approuvée par l'autorité ecclésiastique parait tous les mois, juillet et août exceptés.Tous les articles non signés ont été écrits spécialement pour la revue.Procube des Frères de l'Instruction Chrétienne Laprairie, P.Q.Tableau d'honneur ab.ab.F Victor .7 5 7 .2 .2 .9 F.Florien .1 F.Patrice ., ,.6 39 1 1 S.St-Alcide .2 2 2 5 3 6 14 M.J.-C.Houde.7 M.Fernand Gaumond .1 M.Gérard Croteau.1 .39 2 10 4 S.Ste-Zénaïde, C.N.D.14 3 8 V.Damase.F.8.C.6 M.François Lévesque .____ 6 Voix Reconnaissante Montréal, 10 Août 1928.11 y a dix mois, j'ai commencé a prier le Vénérable Jean-Marie de La Mennais pour obtenir une faveur avec promesse de faire publier dans L'Abeille.Je suis heureuse et reconnaissante de remplir aujourd'hui cette promesse.Mme A.Hi -.i m SAINTE THÉRÈSE DE L'ENFANT-JÉSUS MOT D'ORDRE La Croisade de Présbavatiom »f.l'Enfance par l'Enfance Aux ZiUlturs de l* Croiudt : Mes chers Amis, N'avcz-vous pas remarqué combien peu de nos camarades se montrent chrétiens dans leur vie totale ?.(Juétiens, ils le sont dans la famille, à l'église, éi l'école, dans leurs rapports avec les préires et les religieux.La maman, qui ne voit son enfant qu'à la maison, le croit et le dit excellent.Monsieur le Curé, qui le rencontre, à la sacristie toujours respectueux et souriant, et qui ne.le juge peut-être que d'après ses pieux parents, lui rend le meilleur témoignage.Le professeur, témoin de son assiduité, son application, sa fidélité aux exercices de dévotion, le classe sans hésiter dans la catégorie des bons.Mais vous qui êtes témoins de sa conduite peu édifiante alors qu'il est loin des yeux de ses parents et de ses maîtres, vous qui avez surpris sur ses lèvres des propos indécents et qui le voyez frayer avec de mauvais camarades, vous le jugez bien différemment l.Ce garçon est-il donc méchant '.' Oh, pas du tout ! mais il est faible et le milieu où il s'amuse est rempli de pièges pour son innocence.Il faudrait pour le soutenir, non seulement un bon conseil, une main amie, mais cette, puissance conquérante qu'on appelle /'Association. tu i,'a ueii.i.e L'homme tout seul n'est qu'un /il que rompt le moindre effort; uni à d'autres hommes, il peut acquérir une force redoutable.Dans la famille, le père, la mère, les voix des aïeux, tout lui trace la roule à suivre, lout l'y engage et l'y entraine.A l'école, lu force collective des maîtres et du règlement le domine et le maintient sur la route du devoir.Mais si chez nous la famille et l'école sont généralement salutaires pour l'enfanl, il est un troisième groupement qui, trop souvent, lui est funeste : c'est le monde de la jeunesse qui s'amuse, et avec lequel il se trouve forcément en contact.Celte, jeunesse a ses conversations, ses idées courantes, sa mode, ses amusements qu'elle impose par la fascination, la hardiesse, le rire, le sarcasme ou même la violence.Quelle sera l'attitude de l'enfant, même bon.mais seul, aux prises avec celle toute-puissante collectivité ?.La plupart du temps il cédera à Ventraînement, au respect humain, et, malgré les remords de sa conscience, il fera comme toit m: monde.// ;/ a cependant un moyen efficace de le prémunir contre celle houleuse capitulation, c'est d'opposer l'organisation à l'organisation, la masse à la masse, l'effort chrétien courageux ù l'audace du laisser-aller païen, c'est, par le groupement, d'assainir, en le christianisant, son cadre récréatif et sportif.Voilà, cher Zélateurs, la tâche noble et glorieuse qui vous est confiée.Considérez fermement l'idéal à poursuivre : se montrer chrétien, non seulement dans lu famille, ci l'église, en classe, mais encore et particulièrement dans les jeux, les conversations, les divertissements; se montrer chrétien, non seulement un cours de l'année scolaire, muis encore et surtout pendant les vacances, chrétien durant les années d'études, après la sortie du collège, en un mol, chrétien dans i.a vie totale.// s'agit pour vous de.déclarer votre indépendance, de secouer le joug du monde lyrunnique en brisant les liens du respect humain, et de vous habituer désormais à penser, à juger, à agir, non d'après ce que pensent, disent ou font les attires, mais en conformité avec les i.'abeille 49 enseignements de Notre-Seigneur Jésus-Christ.Relisez le mot d'ordre de /'Abeille de juin dernier; vous g trouverez le secret de vous armer pour la lutte en vous remplissant de la force du bon Dieu.Le point le plus important pour vous est de ne pas vous appuyer, pour le succès de vos démarches, sur vos propres forces, sur votre propre habileté, mais sur le secours divin.Dans la communion, vous supplierez Jésus de vous faire trouver un camarade qui veuille, comme vous, être chrétien dans sa vie totale.Quel bonheur le jour où vous pourrez offrir à Notre-Seigneur cette première conquête !.A deux désormais, vous serez plus confiants, plus courageux; vous vous soutiendrez mutuellement, vous mettrez en commun vos efforts, vos prières, vos pénitences, et bientôt vous aurez fait votre seconde conquête.Heureux le jour où, après bien des déceptions, des souffrances, des moments de pénible découragement, vous aurez enfin réussi à former un groupe de cinq____ Songez-y donc, cinq enfants qui ne supportent pas les mauvaises paroles, les jeux déshon-nèles, et qui protègent l'innocence de leurs jeunes camarades, cinq soldats du Christ qui ne baissent plus pavillon devant l'impudence et la raillerie ; n'est-ce pas là une grande victoire, un résultat magnifique ?.Mais vous ne vous endormirez pas sur ce premier triomphe.Aussitôt, vous travaillerez à établir un second, puis un troisième groupe de cinq, ayant soin, à mesure que vous gagnez des camarades à votre cause, de continuer à les affermir dans leurs bonnes résolutions.F.CÉLESTIN-AUOUSTE LA GUÉRISON DE L'AVEUGLE-NÉ (Suite) |es pharisiens, pour arriver à leur fin : nier la guérison de l'aveugle-né, convoquèrent le père et la mère du mendiant ; et ils les soumirent à un interrogatoire où tout fut mis en œuvre pour les intimider.— Ce jeune homme, questionnèrent-ils, est bien votre fils, n'est-ce pas T et vous assurez qu'il est né aveugle t Alors, veuillez donc nous expliquer comment il se fait qu'il voit maintenant ?Les parents étaient des gens timides, mais en même temps très rusés : pour ne pas s'attirer la vengeance des pharisiens qui avaient porté une sentence d'excommunication contre tous ceux qui reconnaîtraient Jésus comme le Messie, ils répondirent de manière à se tirer d'affaire : — Oui, c'est bien là notre fils, et il est né aveugle.De vous dire comment il se fait qu'il voit maintenant, nous ne le pouvons; nous ne savons pas davantage qui a bien pu lui ouvrir les yeux.Mais notre fils a de l'âge; veuillez l'interroger : il est capable de parler pour lui-même.Les pharisiens virent bien qu'ils n'obtiendraient rien d'utile de ces gens-là.Appelant à la barre le jeune homme, les conseillers prirent un air rigide et solennel; et comme pour le mettre en garde contre le crime de faux témoignage, ils l'adjurèrent en ces termes : — Rends gloire à Dieu ! Nous savons que cet homme que tu dis t'avoir guéri est un pécheur.— S'il est pécheur, je l'ignore, répondit avec calme le jeune homme; tout ce que je puis affirmer, c'est que j'étais aveugle et que maintenant, grâce à lui, je vois.— Que t'a-t-il fait 1 comment t'a-t-il ouvert les yeux ?demandèrent les juges.Ils cherchaient à amener quelque contradiction dans les réponses de ce jeune homme qu'ils croyaient sans défense.Mais si ébloui que pût être celui-ci par tout cet appareil de justice, il ne manquait ni d'assurance ni de finesse.Parmi ceux qui le pressaient de questions, il reconnut quelques-uns des pharisiens qui l'avaient déjà interrogé la veille; i.'ami:ii.i.k 61 s'adressant à eux, il observa avec malice : — Je vous ai déjà dit tout cela : vous n'avez donc pas écouté t Pourquoi voulez-vous l'entendre de nouveau t Est-ce que vous aussi vous voudriez comme tant d'autres devenir ses disciples ?Il feignait de croire que leur insistance à le questionner provenait d'une curiosité louable.Cette ironie mit en fureur tous les membres du Sanhédrin; ils injurièrent copieusement le jeune homme et perdant le contrôle de leurs paroles, ils lui dirent : — Toi, sois son disciple; mais nous, c'est de Moïse que nous sommes disciples.Nous savons que Dieu a parlé à Moïse sur le Sinaï ; mais cet aventurier, nous ne savons d'où il vient ! Les raillant toujours, le jeune homme répliqua : — Et vraiment c'est bien étonnant que, en dépit de votre grande science, vous ne sachiez pas d'où vient cet homme, et que cependant il ait pu ouvrir mes yeux.Nous savons tous que Dieu n'exauce pas les pécheurs; mais il exauce celui qui l'honore et accomplit sa volonté.A-t-on jamais ouï dire que dans le passé quelqu'un ait ouvert les yeux d'un aveugle de naissance t C'est un fait absolument certain que si cet homme n'était envoyé de Dieu, il ne pourrait rien faire de pareil.Ainsi tournés en ridicule par ce mendiant illettré, les juges suffoquaient de rage : "Tu es né tout entier dans le péché, vociféraient-ils, et tu oses nous faire la leçon !" Et se jetant sur lui avec violence, ils le poussèrent hors de la salle du conseil et le déclarèrent excommunié.Ce jeune homme souffrait persécution pour la justice, le divin Maître ne put l'oublier.L'ayant cherché et trouvé, il lui dit : — Crois-tu au Pils de Dieu î — Qui est-il, Seigneur, afin que je croie en lui I — Tu le vois, et c'est lui-même qui te parle ici.— Je crois, Seigneur I s'écria le mendiant, et se prosternant il l'adora .Jésus voyant l'effet contraire de son pouvoir surnaturel, éclairant les humbles et aveuglant les orgueilleux, fit à haute voix la remarque suivante : — Je suis venu en ce monde pour porter cette sentence : ceux qui ne voient, verront; et ceux qui voient deviendront aveugles.Mêlés à la foule quelques pharisiens se tenaient là, et se sentant visés par cette parole, ils répliquèrent avec aigreur : — Serions-nous des aveugles, nous î —Si vous étiez aveugles, leur répondit Jésus, vous ne seriez pas coupables.Mais puisque vous dites avec assurance : "Nous voyons", votre péché demeure.Et Jésus, les laissant là, s'en alla.D'après Edmund Bapst Galerie Canadienne LE PÈRE EMMANUEL CRESPEL, o.m.|ne histoire, s'il vous plaît ! — .Oui une histoire ! — Mais de quel sujet voulez-vous que je vous entretienne ; je n'aime pas les contes, et vous connaissez tous la vie et les glorieux exploits des découvreurs et des premiers missionnaires du Canada.Cependant à côté de ces héros dont nous conservons la mémoire, il existe un grand nombre de personnes dont les actions d'éclat et le sublime dévouement sont restés dans l'oubli ; peut-être pourrai-je vous intéresser en vous racontant la vie de quelqu'un d'entre eux- D'ailleurs, vous êtes si gentils, si attentifs, et il me fait tant plaisir de vous voir groupés en famille au lieu d'errer à l'aventure, sans surveillance, qu'il m'est impossible de vous refuser.Avez-vous quelquefois entendu parler du Pore Emmanuel Crespel t — Non, jamais; notre petite "Histoire du Canada" ne mentionne pas ce nom.— Je n'en suis pas surpris, car voyez-vous, le vrai mérite est toujours humble ; mais le bon Dieu permet tôt ou tard que les âmes vertueuses soient connues et glorifiées.Le bon P.Crespel naquit à Douai, en Flandre, vers 1703.Encore tout jeune il résolut d'embrasser la vie religieuse.Ses parents étaient bien trop bons chrétiens pour hésiter en face du sacrifice que Dieu leur demandait, Ils lui permirent donc de faire ses études dans un couvent de Récollets en France.Encore novice, à peine âgé de dix-neuf ans, il obtenait de son supérieur le privilège de venir au Canada.— Le chanceux !.faire un si beau voyage ! — Si vous connaissiez toutes les peines et les mille misères qu'il eut à endurer, peut-être seriez-vous effrayés; mais il fut tout de même bien chanceux d'avoir reçu du Ciel une si belle occasion de prouver sa générosité.Avez-vous songé au grand sacrifice qu'il lit en quittant sa patrie, son père, sa mère, peut-être pour toujours ! Si Dieu vous demandait le même sacrifice, i.'abeille seriez-vous assez généreux pour le faire t Si vous vous sentez ce courage, je ne puis m'empêcher aussi de dire de vous : "Le chanceux ! Le Père Crespel débarquait à Québec en 1724.Tin an et demi plus tard, il était ordonné prêtre par Mgr de St-Valier.Dès 1727, le P.Crespel âgé de 24 ans quittait Québec pour commencer sa vie de missionnaire.Il se fixa d'abord à Sorel.De ce point comme centre il se dirigea tour à tour vers Berthier.la Visitation de l'île Dupas et vingt autres endroits où le réclamaient les malades, les intérêts des colons et la conversion des sauvages.Dans toutes ces excursions il gouvernait seul son canot d'écorcc, le jour comme la nuit, sans craindre les tempêtes et les bêtes féroces qui rôdaient sur les rives du Saint-Laurent.Il n'emportait aucune provision, comptant sur la Providence qui nourrit les oiseaux du ciel.Un jour, partant pour une mission éloignée, il apporta cependant quelques provisions de voyage.Mais il s'en repentit et prit la résolution de tout donner aux premières familles indigentes qu'il rencontrerait, ce qu'il accomplit en effet.Tout le monde le voyant distribuer son pain, crut qu'il avait pris son repas; on n'offrit rien à l'austère religieux.Il ne s'en plaignit point, resta tout ce jour sans rien prendre, et n'usa d'aliments que le lendemain à l'issue du service divin.En le retirant de sa desserte de Sorel, où le bon missionnaire s'était initié aux travaux et aux fatigues de la vie apostolique, ses supérieurs le jugèrent qualifié pour affronter les hasards d'une expédition lointaine.Il fut donc adjoint en qualité d'aumônier à l'expédition que le gouverneur.M.de Beauharnois, organisait contre les Outagamis, habitant la rive ouest du lac Michigan.Vous savez tous ce allé fit M.de Callières en 1701.Le grand traité de paix avait réuni une ambassade des délégués d'à peu près toutes les nations de l'Amérique du Nord.Seuls les Outagamis avaient refusé d'enterrer la hache de guerre.En 1712, M.Dubui8son, gouverneur de Détroit, leur avait infligé une sanglante défaite, cependant, poussés par les Iroquois qui n'osaient violer ouvertement leurs promesses de 1701, les Renards ne tardèrent pas à inquiéter de nouveau les postes français situés sur le littoral des Grands Lacs.Ce fut pour nirltrc un terme à leurs incessantes menaces que M.de Bean-hamois organisa l'expédition de juin 1728.L'ennemi informé à temps de l'arrivée des Français s'était hâté de fuir.On ne fit que quatre prisonniers.Les Durons et les Algonquins les réclamèrent afin d'assouvir sur eux leur vengeance.Le P.Crespel aurait bien voulu plaider la cause 54 L'ABEILLE des victimes, mais à cette époque il ne pouvait que difficilement faire usage de la langue huronne.Après s'être bien amusés, les Hurons tuèrent leurs prisonniers à coups de flèches.Les villages outagamis furent incendiés, et les récoltes de maïs détruites.Le fort de la Baie, situé trop près du territoire ennemi pour qu'on pût sans danger y maintenir une garnison, fut brûlé, puis on se remit en marche pour Montréal.A Michillimakinac, M.de Ligneris donna carte blanche à tout le monde car il craignait que les provisions ne vinssent à manquer.Les neuf cents sauvages qui faisaient partie de l'expédition prirent immédiatement congé des Français et se dirigèrent chacun vers sa bourgade respective.Le P.Crespel, en compagnie de quelques Canadiens, revint à Montréal le 28 septembre 1728, après une course de quatre mois dans des pays ennemis.Il n'était pas plus tôt arrivé de ce grand voyage qu'il reprenait la route du fort Niagara.Il se rendit ensuite au fort "Cataracoui".En 1735, nous le retrouvons au fort St-Prédéric.Comme ce poste était exposé à des privations et à un état de gêne continuel, au milieu des dangers de la guerre, le bon Père ne put, à son grand regret, donner que peu de temps à l'œuvre de la conversion des Sauvages.En 1736, il reçut de son provincial l'ordre de retourner en France.Sans aucune hésitation, cet homme de Dieu quitta le poste où il goûtait tant de consolations en retour de ses sacrifices.Il se rendit à Québec, et le 3 novembre de la même année, il s'embarquait sur le vaisseau "La Renommée" ! Après dix jours de tempête, le navire fit naufrage sur les côtes d'Anticosti.Les survivants de ce désastre, après mille péripéties, arrivèrent à Québec au mois de juin, exténués par les fatigues et les privations de toute sorte qu'ils avaient endurées.Mais le P.Crespel n'était pas de ces hommes sans énergie qui reculent devant les premières difficultés.Il était réellement cligne de figurer sur la liste des héros dont s'honore notre histoire.Aussi, le 21 octobre 1738, après s'être un peu remis de ses longues souffrances, il s'embarquait de nouveau pour la France sur le vaisseau du roi "Le Rubis".La traversée, cette fois, fut plus heureuse; le 22 décembre, il prit terre à Port-Louis, en Bretagne.Mais les âmes d'apôtres ne sont pas faites pour la vie tranquille.A peine de retour en Europe, le P.Crespel s'engagea comme aumônier dans les armées de Louis XV.Cependant au milieu des dangers et des mille soucis de la vie des camps, il n'oubliait pas son cher Canada, sa patrie d'adoption.Il son- i.'aukii.i.ic 55 geait au grand fleuve, aux forêts sombres et silencieuses, aux amis qu'il avait quittés et surtout aux nombreux indigènes qu'il aurait voulu convertir.La Providence vint mettre le comble à ses vœux et en 1752, il revenait au Canada.Deux ans plus tard il était élu supérieur «lu couvent de Québec.Après la cession du Canada à l'Angleterre, les humbles Récollets ne furent pas chassés du pays comme les Jésuites, mais ils eurent souvent à souffrir des injustices qui leur furent faites par certains colons anglais.Loin de s'en plaindre le bon Père se contentait de répondre à leurs tracasseries par des mots aimables.Enfin, après une vie entière consacrée au service de Dieu, cet apôtre, âgé de soixante-douze ans, s'éteignit à Québec, le samedi, 28 avril 1775.Il fut inhumé dans la chapelle de Sainte-Anne de la Hasilique.A la vue de tout ce qu'a fait ce grand missionnaire pour étendre le règne du Christ sur notre sol, vous devez, chers petits amis, prendre une ferme résolution : celle de toujours conserver à Dieu le royaume de votre cœur.— Racontez-nous le naufrage du Père Crespel près d'Anti-costi I.s'il vous plaît ! — J'aimerais bien vous faire plaisir, et vous trouveriez ce récit si touchant que vous en pleureriez, mais il est déjà tard Je vous raconterai cela une autre fois.— C'est bien ! à bientôt, et merci ! ! (A suivre.) F.Donat-Alphonsk L'AURORE D'UNE VOCATION était à l'époque malheureuse de la Révolution française, il y a de cela plus d'un siècle.Les ennemis de la religion s'étant emparés du pouvoir, ils en profitaient pour fermer les églises, massacrer les prêtres et les fidèles, tout comme les francs-maçons le font aujourd'hui au Mexique.Monseigneur de Pressigny, évéque de Saint-Malo, ne pouvant plus exercer son ministère, menacé dans sa liberté et même dans sa vie, avait, songé à se rendre en Angleterre en attendant des temps meilleurs.Il ne voulut pas partir, peut-être pour bien des années, sans revoir une famille toute dévouée et qui lui avait toujours témoigné une affectueuse vénération.L'évêque se rendit donc à la Chesnaie, chez M.de la Mennais.poor honorer de sa présence une réunion de famille.On lui présenta le jeune Jean-Marie, qui nvait alors neuf ans.La figure de l'enfant rayonnait de la double auréolé de la candeur et de l'intelligence.Questionné sur le catéchisme, l'enfant répondit sans hésitation.Comme autrefois Jésus avec le jeune homme de l'Evangile, le suint évéque arrêta les yeux sur Jean-Marie et l'aima.Quelle n'aurait pas été sa joie s'il avait su que cet enfant avait été marqué par le Ciel pour relever les ruines de l'Eglise en Bretagne I Jean-Marie fit sa première communion et reçut le sacrement de confirmation.On devine sa joie, son bonheur.Les natures généreuses, ardentes, ne se donnent pas à moitié : c'est bien ee jour-là — comme il aimait plus tard à le raconter — que se sentant appelé au sacerdoce, il se donna tout entier au Bon Maître dans la fraîcheur printanière de ses neuf ans.Cette détermination n'était pas un rêve d'enfant, à réaliser plus tard : la suite de ce récit va le montrer.Cette nuit-là même, après la touchante cérémonie, Mgr de Pressigny devait gagner l'Angleterre sur un navire que M.de la Mennais mettait à sa disposition.Toute la famille se réunit pour les adieux et pour recevoir la bénédiction suprême du pasteur. 58 l'adeille Bien tranquillement assis sur sa chaise, en enfant raisonnable et bien élevé, le petit Jean-Marie attache ses yeux sur le saint évêque; il ne perd pas une parole de ce qui se dit, et bien des idées roulent dans sa petite tête.Quand il a compris, vous l'eussiez vu sortir sans bruit et monter à sa chambre en tapinois.Puis la conversation continue au salon.L'heure du départ ayant sonné, l'évêque se disposait à donner la bénédiction suprême; on s'aperçut alors de la disparition de l'enfant.Tout à coup la porte s'ouvre, et qu'est-ce qu'on voit, sinon Jean-Marie, un bâton à la main, et, sur l'épaule, un petit baluchon où il a entassé à la hâte quelques hardes et ses livres.Tous, surpris, ont les yeux fixés sur lui, cherchant à comprendre.— Où vas-tu donc, mon fils ?demande le père.L'évêque, de son côté, regarde avec étonnement le jeune communiant.— Monseigneur, dit Jean-Marie, vous allez chez les protestants, vous n'aurez donc personne pour vous répondre la messe : je serai votre enfant de chœur.Et puis vous m'apprendrez le latin, car je veux être prêtre ! Attendri jusqu'aux larmes, le prélat remercia Dieu et bénit l'enfant, lui promettant de l'ordonner un jour, s'il persistait dans sa belle vocation.L'enfant dut avoir le cœur bien gros quand il vit Mgr de Pressigny s'éloigner sans qu'il lui fût permis de le suivre.Mais, du fond de son exil, le confesseur de la foi n'oublia jamais son cher petit servant de messe.Il lui écrivait souvent, et réussit sans peine à lui faire partager son ardent amour pour le Pape et pour l'Eglise.D'après le P.Laveille iiviliitt te!Ml%ïI V Numéro Comme nous descendions les degrés de neige devant la porte, Qudmund s'y trouvait déjà, prêt pour le voyage.Il semblait un Goliath à contempler.Dans sa main droite, il tenait un puissant bâton de six pieds de long terminé par une forte pointe de fer.Comme nous, il portait de longs bas de laine blanche.Il les avait tirés jusqu'au-dessus des genoux.Le reste de ses habits étaient noirs, de même son casque.Il portait autour du corps un large ceinturon en cuir brun.Comme une souris auprès d'un éléphant, ainsi je vins me placer devant l'homme géant.Oui,' certes, Qudmund semblait un héros normand des temps jadis.— Petit Nonni, m'interpella-t-il de sa grosse voix, je vais t'asseoir tout de suite sur mes épaules, je crois.Tu seras perché pour le mieux, n'est-ce pas f — Je ne sais trop, Qudmund, donnai-je pour réponse.Au moins je puis aller à pied.J'essayerai de marcher rapidement «levant vous.— Bon, petit, me dit-il, tu peux sûrement essayer.Maintenant je relevai un peu mon casque afin de pouvoir donner le baiser d'adieu à ma mère, à Bogga et à Manni.— Je te désire un beau Noël, cria Bogga derrière moi.Je lui fis signe de la main que je la remerciais.Puis je marchai aussi vite que je pus entre Qudmund et Baldur vers Skipalon.Il ne m'était pas facile de maintenir mon pas entre les deux skieurs.Pour les suivre je devais beaucoup me presser.En peu de temps je fus fatigué.Qudmund le remarqua et revint à la charge pour m'asseoir sur ses épaules.— Nonni, dit-il, tu es déjà très fatigué et nous devons avancer longtemps encore. (il) i,'abeille — Ucltt vient de ce qu'il a de si petites jambes, dit pour me taquiner mon ami Baldur.— Oui, c'est cela, dit Gudmund.C'est donc maintenant pour toi le temps de te reposer.Ne veux-tu pas, mon petit t — Oui Gudmund, répond is-je.Maintenant, je peux volontiers m'asseoir sur vos épaules; là, je pourrai sûrement me reposer.A peine avais-je formulé ce désir, que Gudmund se pencha, me saisit de ses grandes et fortes mains, et avant que je pusse me raviser, j'étais assis sur les épaules du géant.— Ainsi, Nonni, dit-il de sa grosse voix, maintenant tu verras comme nous allons avancer.Et de fait, les deux habiles skieurs, le petit Baldur et le grand Gudmund volaient sur la neige durcie du chemin.Je devais faire attention pour ne pas tomber de mon siège élevé, surtout quand les skis, à cause de la neige fortement durcie, glissaient de côté.— Tiens-toi bien solidement il ma tête, petit ! me criait Gudmund.Certes, je le faisais.J'entourais la grosse tête de mes deux bras.De temps à autre, je saisissais fermement le casque de laine de Gudmund.Malgré tout, je n'étais pas encore très solide sur mon siège mouvant, car les épaules et le buste de mon porteur tanguaient et roulaient souvent violemment de tous côtés.J'étais jeté à droite, à gauche, comme si je me fusse trouvé au sommet d'un arbre secoué par un ouragan.— Tiens-toi bien, Nonni, criait Gudmund de temps en temps m'encourageant de la voix.— Oui, oui, Gudmund, répliquai-je chaque fois et je me cramponnais à sa solide tête.Une fois cependant, par suite d'un mouvement brusque de Gudmund, je perdis ma position et tombai à la renverse.Toutefois, prompt comme l'éclair, il me saisit par le pied droit et m'empêcha de piquer une tête sur la neige durcie.— Nonni ! Nonni ! disait Gudmund pendant qu'il me tenait à bout de bras, par le pied, la tête en bas, tu ne dois plus faire cela, autrement tu te briserais le cou, mon petit ami.Aussitôt Baldur se dépêcha, me prit par le bras et me posa sur la neige.Nous nous reposâmes un peu.— Es-tu blessé, Nonni î demanda Baldur.— Pas le moins du monde, répondis-je vivement.Mais c'est si difficile de me tenir ferme, ear Gudmund se balance fortement. ISLANDE — Cette vue donne une idée de l'île, en grande partie inhabitable; au premier plan, la carcasse d'un navire naufragé. B2 i.'abeii.lr ("Via ne se renouvellera pas, petit, répartit Gudniund.Nous avancerons plus lentement afin que tu puisses plus facilement te tenir.— Oui, oui, ce sera pour le mieux, répliqua Baldur.—¦ Néanmoins, tu devras te bien tenir, observa Gudmund.— Je le ferai sûrement, dis-je ; cela irait mieux si mes jambes savaient où se fixer.— Mais, mettez ses pieds dans les poches de votre habit, rétorqua Baldur riant.Nous nous mimes tous les trois à rire de cette boutade de Baldur.— Ton idée n'est point si mauvaise, dit Gudmund.Alors il examina les poches extérieures de son habit.Elles étaient si larges et si profondes que mes deux pieds pouvaient commodément y trouver place.—Mais cela ira très bien, dit-il.Nous al.'ons essayer immédiatement.Il me souleva de ses bras puissants et m'assit à ma première place.Ensuite, il prit mes pieds et les poussa dans les poches de son habit.Ils s'enfoncèrent jusqu'à la cheville dans ces profondes et chaudes ouvertures.— Comment cela va-t-il maintenant, Nonni t questionna Gudmund en riant.— A merveille ! répondis-je plein de joie, car je sentais que désormais j'étais solidement assis sur ma "selle".— Maintenant vous pouvez avancer en courant comme vous l'entendrez, criai-je à mes deux amis; je ne tomberai plus.Ils se remirent en mouvement et maintenant nous avancions au milieu de la demi-obscurité hivernale dans le montueux paysage de neige.Cette fois je n'avais pas grande difficulté à me tenir ferme en place.Gudmund fit également attention à ne plus me secouer.Pendant un certain temps la course alla bien et je ressentais une grande joie de ce singulier voyage en plein cœur d'hiver.Bientôt nous atteignîmes un grand monticule.Les deux habiles skieurs ôtèrent leurs skis car ils devaient grimper à pied le coteau.Aussi, je priai Gudmund de me descendre de ses épaules; ce qu'il fit immédiatement.Mes petites jambes se dégourdirent un peu car je dus, moi aussi, gravir à pied la colline.Baldur et Gudmund lièrent fortement leurs skis avec une mince courroie et commencèrent l'escalade du coteau.Arrivés au sommet nous prîmes un peu de repos.Devant nous, dans la vallée, était le large et rapide fleuve Horga, entièrement couvert de neige et de glace.Du côté de l'ouest nous aperçûmes à peu de distance l'océan Atlantique. l'abeille sa Entre le fleuve et le rivage se voyaient dans l'immense plaine de neige quelques petites élévations.C'étaient les bâtiments de Skipalon.— Vois-tu, Nonni, me eria Gudmund, en montrant de la main les petites élévations, voilà le but de notre voyage.Je n'avais .jamais encore vu la belle métairie sous un tel aspect.De la hauteur où nous étions, nous n'avions plus qu'à glisser en bas sur les skis dans une course folle, puis à traverser une petite plaine jusqu'au fleuve.Ensuite venait le fleuve lui-même et, au delà, les prairies couvertes de neige de Skipalon.— Dans un bon quart d'heure, nous devrons être à Skipalon, remarqua Baldur.Gudmund ne disait rien.Il considérait d'un air songeur la mer immense au delà de la métairie.De même, Baldur jeta un regard attentif vers l'Océan.Tout à coup, il s'écria : — Mais c'est merveilleux, les icebergs sont là ! — Alors, tu les vois, toi aussi, Baldur î questionna Gudmund.— Mais, certainement.Ne les vois-tu pas aussi, Nonni T Je m'efforçai de voir et bientôt j'aperçus à travers le brouillard gris cendre de la mer quelque chose comme une éblouissante montagne blanche entourée d'eau.Elle donnait au-dessus du niveau de la mer une lueur bizarre à travers le brouillard.— Jusqu'ici nous n'avions rien entendu à Modruvellir de l'arrivée des banquises, remarqua Gudmund.— Ce n'est pas étonnant, répliqua Baldur.quand je suis parti ce matin de Skipalon, elles n'étaient pas encore là.— Alors, elles ne font qu'arriver T Demain le golfe Eyjaf-jordur en sera rempli, répondit Gudmund.— Cela me réjouit beaucoup, m'écriai-je ravi, que les banquises soient arrivées à Skipalon ! J'irai chaque jour au rivage et je grimperai sur les plus belles et les plus élevées.— On ne te laissera pas faire, m'avertit Gudmund.— Mais alors, pourquoi î questionnai-je inquiet.— A cause des dangers qui s'y trouvent, répondit-il.— Mais je ne suis plus un petit enfant, Gudmund.Je vais maintenant sur mes huit ans.Gudmund et Baldur me considérèrent en souriant, puis tous deux éclatèrent de rire.Tin peu piqué, je m'écriai : "Je n'ai point peur des icebergs.— Je te crois, volontiers, petit héros de sept ans, rétorqua Gudmund.Les banquises ne te font pas peur.Mais les animaux qui vivent sur les icebergs, ne les crains-tu pas t — Quels sont ces animaux î — Il y a les phoques, les morses et les ours blancs.Que ferais-tu, si tu rencontrais sur la glace un ours blanc ?1— Je courrais alors très vite à la maison. l'abeille — Les ours blancs courent aussi très vite, Nonni.Voici mon avis, aie grand soin de ne pas aller près d'eux.Ces mots significatifs de Gudmund me rappelèrent à la mémoire quelques histoires de ces redoutables bêtes féroces que j'avais entendues à la maison ; comment, parfois elles viennent sur terre et déchirent ceux qu'elles rencontrent, soit hommes, soit bêtes.—Je me ressouvins aussi d'avoir entendu dire que de temps à autre elles avaient été vues nageant, vers la terre bien avant que l'iceberg ait paru, si loin elles pouvaient nager en pleine mer.Là-dessus, je perdis mon aplomb, et demandai : — Croyez-vous, Gudmund, que maintenant les ours blancs se trouvent sur la glace f — Certainement, Nonni, il y en a presque toujours quelques-uns.— Alors, je devrai prendre garde à moi 1 — Tu feras bien, mon petit ami.Avec les ours blancs il n'y a pas à badiner.Pendant quelques instants encore nous restâmes là, nous reposant tout en discourant sur les ours blancs.Pourquoi parlions-nous si volontiers entre nous des ours blancs ?je ne le sais; mais je sais avec certitude que pas un de nous en ce moment ne pensait que nous pouvions alors, dans la petite distance qui nous séparait de Skipalon, rencontrer de ces redoutables carnassiers.Et nous eût-on prévenus contre ces bêtes terribles que nous eussions certainement ri d'un tel avertissement.Au bout de quelques minutes, Gudmund mettait fin à notre conversation par ces mots : "Maintenant nous devons aller de l'avant.Je dois aujourd'hui même retourner à Modruvellir." Il prit son bâton qu'il avait planté dans la neige et monta de nouveau ses skis.Baldur fit de même.Puis l'homme fort m'empoigna comme si je fusse devenu une plume légère et me rassit sur ses épaules.J'enfouis de nouveau mes pieds dans les poches de son habit et me tins fermement à sa tête avec les deux mains.— Maintenant nous irons vite, me cria Baldur.Tenant prudemment le long bâton dans leurs mains, les skieurs se remirent en mouvement.Bientôt, prompts comme l'éclair, les skis glissèrent vers le fleuve.Le courant d'air était si fort qu'il me fallut fermer les yeux.En outre j'eus bien vite la sensation de suffoquer.Ainsi nous avions rapidement descendu le coteau et nous étions arrivés sur la plaine unie près du fleuve.Nous, conservâmes cette vitesse quelque temps encore et.nous approchâmes à quelque dix ou vingt mètres du fleuve — quand tout à coup, Gudmund poussa de sa voix de tonnerre un cri terrible : L'ABEILLE 65 — Halte ! Baldur ! Halte ! En même temps il s'arrêtait net avec son bâton et faisait un tel effort pour rester sur place que je faillis tomber à la renverse.Baldur, qui sur notre droite avançait sur ses skis légers ne pouvait s'arrêter si brusquement.11 passa dans une course rapide jusqu'au bord du fleuve et glissa aussitôt dans le lit gelé.Là, il réussit enfin à faire halte.— Qu'y a-t-il 1 demanda Baldur d'un ton élevé.Sans faire attention à sa demande, Gudmund cria de sa grosse voix : — En avant, Baldur, le plus vite que tu peux à l'autre rive.— Tiens-toi bien, Nonni ! Pour l'amour de Dieu, tiens-toi bien ! Il y va de la vie, continua-t-il, hurlant plus qu'il ne criait.Aussi Baldur secoua stupidement la tête, mais suivit empressé le dernier commandement de Gudmund et fit un effort suprême pour avancer.Tous deux volaient pour ainsi dire sur leurs légers skis vers l'autre rive.Les mouvements de Gudmund étaient si rapides que je devais, pour ne point tomber, entourer sa grosse tête avec les deux bras et l'ôtreindre de toute ma force.Par deux fois, il tourna la tête et regarda derrière lui, sur quoi je faillis chaque fois perdre l'équilibre.Quand il eut atteint l'autre bord, il enleva en une seconde les skis de ses pieds et les lança sur la côte.— Fais comme moi ! Fais comme moi ! cria-t-il en même temps à Baldur qui dans la plus grande hâte possible, imitait son compagnon.Deux secondes plus tard, tous deux atteignaient le sommet.— Vite les skis de nouveau, hurla Gudmund.En un clin d'oeil l'ordre était exécuté.Mais avant que nous ayons repris notre mouvement, nous entendîmes soudainement au-dessous de nous dans le lit du fleuve un double rugissement, horrible, terrifiant, Plus vite que je ne puis le raconter, nous nous retournâmes, Baldur et moi, et jetâmes un regard plein d'angoisse vers l'endroit d'où venait l'épouvantable rugissement.Ce que nous vîmes nous glaça de terreur : au milieu du fleuve, nous aperçûmes deux monstres blancs comme la neige qui, dans une course précipitée, venaient sur nous.Je les reconnus très bien : c'étaient deux vrais ours blancs islandais.Nous comprîmes alors clairement la conduite extraordinaire de Gudmund.Pendant que sur nos skis nous traversions d'une course rapide te fleuve, son œil perçant et exercé avait vite reconnu les deux bêtes sauvages sur la rive opposée.Alors qu'il nous était très difficile de nous arrêter, nous aurions, un peu plus à droite, atteint la rive juste devant eux.(A tuivre.) JESUS RESSUSCITE LA FILLE DE JAIRE Un des premiers actes de la vie publique de Jésus fut la résurrection de la fille de Jaïre, racontée par les évangclistes saint Matthieu (IX, 18-2C) et saint Marc (V, 22-43).La scène se passe à Capharnaiim, centre important de négoce 1 situé non loin du lac de Génésareth, ou mer dé Galilée.I.'apôtre Lévi, l'ancien publicain, avait habité cette ville.Peu de temps après sa conversion, il offrait au Seigneur un grand festin.La présence de Jésus à cette fête ne tarda pas à être connue.Vers la fin du repas, un grand de Capharnaiim entra dans la salle du festin.C'était Jaïre, le chef de la synagogue.Se prosternant aux pieds du Maître, il lui adressait cette prière où nous retrouvons le désordre et l'égarement de la douleur : "Seigneur, ma jeune enfant, nia fille unique, se meurt, .elle est morte.Mais venez, imposez-lui les mains et elle vivra." Jésus se leva aussitôt et suivit Jaïre.Les apôtres l'accompagnèrent; derrière eux se pressait la foule, avide de voir ce qui allait se passer.En cours de route, survinrent des gens de la maison de Jaïre : "Ne tourmentez pas davantage le Maître, dirent-ils: votre fille est morte." Jaïre était abîmé dans la douleur.Le Maître se tournant alors vers lui : "Ne craignez rien, lui dit-il.ayez confiance, elle sera sauvée." Et, suivi de la foule, il continua de mnrchcr.Dans la maison, Jésus trouva les pleureuses habituelles, accourues déjà avec les voisins à la nouvelle que l'enfant venait de mourir.Les femmes poussaient des cris déchirants."Ne pleurez pas, leur dit-il, l'enfant n'est pas morte, elle dort." Les pleureuses accueillirent ces paroles par des railleries.Mais Jésus les fit sortir de la salle, ne gardant auprès de lui que le père et la mère de l'enfant (on les voit à genoux dans la gravure) avec les plus intimes de ses apôtres, Pierre, Jacques et Jean 2.Puis il prit la main de la jeune fille et lui dit à voix forte : "Talitha, coumi ! Ma fille, lève-toi !" 1.— C'est peut-être des marchés hétéroclites de cette ville que le nom de Capharnaiim a pris le sens vulgairo de "lieu où sont entassés mille objets".2.— L'artiste, pour concentrer davantage l'intérêt sur la scène de famille, a négligé la présence des apôtres. I ' M I : i I ! .1 .17 C'est ce moment décisif et pathétique que l'artiste a fixé sur lu toile.L'attente est émouvante.Les parents, agenouillés, tendent des regards avides vers leur bien-aimée.Et voici qu'ils surprennent, émerveillés, les premiers tressaillements de la vie sur le visage de la chère défunte.Leurs attitudes, leurs gestes, le mouvement de leurs corps et de leurs visages, traduisent le mouvement même de leurs âmes où se disputent un reste de douleur, une joie qui n'ose en croire la réalité, et l'adoration muette de l'action de Dieu qui passe.Au dehors, des curieux ont entr'ouvert la porte, et, bien entendu, regardent.Que se pussa-t-il ensuite ?La jeune fille se leva, nous dit l'Evangile, et, dans sa joie, elle se mit à courir dans la maison, car elle n'avait que douze ans.Les parents étaient hors d'eux-mêmes; mais le Seigneur, simplement, les rappelant aux soins qu'ils devaient à l'enfant, commanda qu'on lui donnât à manger.GH-RONIQUE Au Mexique, — l m uni- marljrs.Le jeune ¦'• Sanchez del Rio esl un cnfnnt de douze ans.Il fut arrêté le 5 février 1928, emprisonné, conduit au cimetière où on pend sous ses yeux un enfant du même âge, après qu'avec UD grand signe de croix, il a dit à ses bourreaux : — Je suis prêt ! On fixe alors la rançon du petit Sanchez, ainsi averti de ce qui l'attend, à 5000 pesos; mais lui, de mander à son père : — Ne verse pns un seul centavo.Puis à 7 heures du soir, il écrit à sa tante : "Je suis condamné a mort; bientôt viendra le moment tant désiré.Je n'ai pas le courage d'écrire à maman, tu le feras pour moi.Vive le Christ ! Qu'il règne ! qu'il commande ! Vive le Christ-Roi, et Notre-Dame de Guadeloupe ! José Sanchez del Rio, qui meurt pour sa foi____ Adieu." Et l'enfant tombe fusillé cette nuit même, en criant : "Viua Crtslo Hey !" Thomas de la Mora, seize ans, étudiant au séminaire de Colima; arrêté le 5 août 1927, comme il joue avec ses petits frères.Voyant sa mère se lamenter : "Ne pleure pas, dit-il : donne-moi ta bénédiction; si nous ne nous revoyons pas, ici-bas, nous nous 68 1/ABEILLE reverrons au ciel." A genoux, il reçoit la benediction de sa mère, suit le général qui commence par le souffleter, réclamant des renseignements sur les "libertadorcs", puis le fait fusiller.A Arandas, un enfant de treize ans est arrêté par des soldats.Sur sa bonne mine, le capitaine lui dit : — Tu m'as l'air d'un brave.Viens avec nous.Tu feras ton chemin.Le jeune garçon qui en effet, est un brave, montre son chapelet, en baise le Crucifix : — Vous autres, dit-il, vous combattez pour un homme, moi pour Dieu : "Viua Cristo Key !" A l'inslant même, il est criblé de balles.• • • St-François-Xavier, 7 sept.1928.Cher Frère Procureur, Combien il m'est agréable de vous annoncer l'abonnement à l'Abeille de tous mes élèves.Cela suffit je crois pour prouver que cette revue a plu à tous par ses nombreuses gravures illustrant d'intéressants récits."C'est la revue des enfants intelligents" aiment-ils à dire avec un sourire de légitime fierté.Plusieurs affirment que c'est le plus beau numéro paru jusqu'à date.Se trompent-ils ?.Quoi qu'il en soit de leurs appréciations, elles ne peuvent augmenter mon estime pour notre revue, et mon religieux dévouement envers vous.Hespectueusemcnt vôtre, Frère Pierre-Henri.6* année.• • • La race des héros n'est pas éteinte.Le 5 avril dernier après six ans de réclusion parmi les lépreux de Makogaï, lies Fidji, s'éteignait le H.P.F.-X.Nicouleau, Maristc, français.Missionnaire depuis 36 ans, il en avait passé 30 à se dévouer pour les lépreux.Il y a six ans.il découvrit sur son corps les symptômes de la terrible maladie et se prépara tranquillement à la mort, donnant à tous ses compagnons (l'infortune le plus bel exemple de patience et de courage.Il disait la messe quand ses forces le lui permettaient.Un lépreux amputé de ses deux jambes la répondait.Pendant ses moments libres, il fabriquait des membres artificiels en bois pour ceux de ses compagnons a qui la maladie enlevait soit un bras, soit une jambe.La nouvelle de sa maladie ne fut pas plutôt connue de ses confrères qu'un autre héros, le P.Marcel, un Français lui aussi, s'offrait à ses supérieurs pour le remplacer.Vraiment la race des héros chez nos missionnaires est loin d'être éteinte. i.'aueii.i.e li'l Le futur président des Ktats.t 11k se ra-t-ll un catholique 1 Depuis des mois la lutte politique bat son plein chez nos voisins.L'intérêt se concentre sur réminent candidat du parti démocrate, le gouverneur Alfred Smith, de l'Etat de New York, catholique convaincu et remarquable administrateur.Les délégations d'Etals se tournent nombreuses vers lui; le sud américain, château-fort du Ku Klux Klan, lui sourit.Au 6 mai dernier, sur 760 délégués choisis jusqu'à date, 557 se sont engagés à lui donner leur vote.Son plus fort concurrent n'a eu que 30 voix.Les pronostics sont bons.Gagnvra-t-il l'élection du tl novembre ?On n'oserait l'allirmer; car si son prestige est considérable, le parti qu'il représente est relativement faible.A tout événement, la victoire sera chaudement contestée.• • • m olden paroles.Depuis quelque temps un vent terrible de persécution religieuse souffle sur la Chine.Le gouvernement français, désirant protéger ses nationaux, fit savoir par son consul aux missionnaires français qu'ils devaient évacuer, au moins temporairement, la zone dangereuse.Voici une réponse héroïque faite à son évèque par un missionnaire : "Veuillez me mettre.Monseigneur, sur la liste de ceux qui restent.Pas n'est besoin de beaucoup de mots en ces circonstances.Mourir par l'épée ou être blessé par un gourdin, me semble plus poétique et plus apostolique que de mourir de pneumonie dans un lit bien confortable ! Abandonner mes lldéles à l'heure du danger serait trahir la cause de Dieu.Mon devoir est de rester et je reste.On ne meurt qu'Une, fois, l'important est de bien mourir.Adieu, Monseigneur!." Et la lettre est signée : "Un missionnaire de 80 ans." Fières .•t nobles paroles ! • • • M«x Charles Lamarrhe.Notre Saint Pére le Pape vient de nommer M.l'abbé C.La-marche nu siège episcopal de Chicoutimi.Cette élévation de monsieur le curé de Saint-Stanislas honore le clergé paroissial de Montréal et assure au diocèse de Chicoutimi un chef remarquable, tant par sa vertu que par sa haute culture intellectuelle.Nos Frères de Saint-Stanislas perdent un Pasteur bien-aimé dont ils conserveront un souvenir reconnaissant.Les treize anciens élèves de Saint-Stanislas actuellement au Noviciat de La-prairle sauront se souvenir devant le bon Dieu du prêtre eminent qui a contribué à l'éclosion de leur vie religieuse.Que Mgr Lamarche veuille bien agréer ici les souhaits sincères d'un long et fructueux ministère que forment pour son episcopal L'Abeille et ses dix mille lecteurs. 7(1 i.'abkim.k Journée da Père.Le 26 octobre doit être, dans toutes nos écoles, le jour consacré a la mémoire de notre Vénérable Fondateur.Pourquoi une journée consacrée a notre Vénérable Père ?Notre Riveretid Frère Supérieur (iénéral, dans une circulaire adressée a tous les Frères, le 4 niai 1927, nous donne le motif de cette journée : "11 est convenable que tous les élèves des Frères de l'Instruction chrétienne sachent quelque chose de la vie du Serviteur de Dieu a qui ils doivent les maîtres qui les instruisent.Il est juste, d'ailleurs, qu'ils s'intéressent à la Cause de sa Béatification, puisqu'ils doivent reconnaître en lui un bienfaiteur." Nos élèves sont enfants de la grande famille du Vénérable de la Mennais, et comme fils bien nés, ils doivent aimer le Père qui leur procure la vie intellectuelle par l'entremise des maîtres de leur jeune âge, et ils doivent tenir A connaître la vie et les grandes œuvres du prêtre eminent que fut le Vénérable Jean-Marie-Robert de la Mennais.La journée du Père, préparée par une neuvaine ou un triduum, donnera ù nos élèves l'occasion de connaître le fondateur de la communauté qui les dirige dans les sentiers du savoir et des habitudes de vie chrétienne.La chronique donnera cette année quelques détails sur les œuvres du Vénérable de la Mennais pour mieux faire connaître et aimer ce grand Serviteur de Dieu.Voici quelques dates importantes de la vie du Vénérable et de sa Congrégation : 1780.Naissance de Jean-Marie de la Mennais, le 8 septembre à Suint-Malo.1804.Son ordination à la prêtrise, le 25 février.1811.Vicaire capitulaire du diocèse de Saint-Brieuc.1817.Arrivée des trois premiers postulants chez le vicaire ca- pitulaire.1818.Fondation de l'Institut des Filles de la Providence.1819.Vicaire général de Saint-Urieue.1822.Vicaire général de la Grande Aumônerie de France; l'abbé de la Mennais refuse dix-sept fois l'épiscopat qu'on lui offre.18.'t7.Premier envoi de Frères à la Guadeloupe.1839.Envoi de Frères A la Martinique.18*1.Fondation d'écoles au Sénégal.1842.Envoi de Frères aux îles Saint-Pierre et Miquelon.1843.Envoi de Frères à la Guyane Française.1849.Envoi de Frères a Tahiti.Ils y arrivent après treize mois de navigation.1800.Mort de Monsieur de la Mennais, le 26 décembre.• • • Ouganda.La mission de l'Ouganda qui a déjà fourni trente-six prêtres au clergé indigène, veut aussi faire sa part pour l'enseignement b 'abeille 71 primaire.Mgr Slreicher a fondé, il y a quelques mois une congrégation de Frères indigènes sous le nom de Fils du Bienheureux Charles l.wanga.Ces religieux vivront en communauté avec les prêtres noirs.Au mois de décembre prochain, les Frères de l'Instruction chrétienne comptent ouvrir un postulat pour former de futurs instituteurs religieux, fils du Vénérable de la Mcnnais.Les personnes charitables qui voudraient s'intéresser à cette belle œuvre d'apostolat et avoir part aux mérites des Frères missionnaires et de leurs juvénistes pourraient envoyer leurs aumônes u Laprairic où l'on se chargerait de les faire parvenir aux intéressés.• • • Watervllle (Maine).Les Frères de l'Instruction chrétienne ont ouvert une école, cette année, dans la paroisse Saint-François-de-Sales.Mgr l'E-véquo de Portland a présidé en personne A l'installation des Frères dans son diocèse, le 26 août.M.le curé Martin voulut cette fete solennelle : il donna aux Frères une place d'honneur dans le sanctuaire et les présenta à ses paroissiens dans les termes les plus élogieux pour notre Congrégation et avec un cœur plein de joie.Mgr Murray félicita les paroissiens d'avoir si bien secondé leur curé dans son désir d'avoir des Frères pour instruire leurs garçons et d'avoir réussi dans leur entreprise.Il insista fortement sur In nécessité de l'esprit de sacrifice pour les succès des œuvres."C'est par cet esprit, dit-il, que vous mènerez à bonne fin l'œuvre que vous entreprenez aujourd'hui.Vous recevez les Frères de l'Instruction chrétienne; vous entendez, mes frères, de l'Instruction chrétienne, de cette science divine qui développe Jésus dans les âmes et grandit son règne sur la terre.Ces hommes, comme les premiers missionnaires de cette vaste contrée, possèdent éminemment l'esprit de sacrifice; ce sont des hommes vraiment apostoliques qui donneront à vos garçons une formation plus virile, développeront non seulement leur corps par des exercices physiques et leur intelligence par la culture des lettres profanes, mais aussi et surtout leur cœur et leur aine en y faisant régner Jésus." "C'est un jour heureux pour votre curé, njoutn Monseigneur, c'est un grand jour pour votre paroisse, mais c'est surtout un jour de bonheur intime pour moi, car je vois dans cette fondation une source d'influence précieuse pour vaincre les difficultés que l'on rencontre toujours quand on travaille à faire régner le Sacré Cœur dans un immense diocèse comme celui de Portlnnd.Je vous félicite du plus profond de mon cœur d'avoir fait venir ces Frères parmi vous; votre paroisse déjà si chrétienne deviendra encore plus religieuse et restera plus que jamais un centre de vocations sacerdotales et religieuses.Je reviendrai souvent dans votre paroisse pour trouver ici les consolations qu'un évéqiic aime à goûter dans les rudes labeurs de son ad- 72 l 'abeille ministration, et pour voir de plus près le développement de vos œuvres." Une fondation commencée sous de si beaux auspices ne peut manquer de porter les fruits abondants attendus par un clergé zélé et par une population sympathique.Que saint François de Sales veuille bien protéger notre première école du Maine, et nous envoyer île ferventes recrues qui continueront le bien commencé, et permettront ù nos supérieurs de répondre aux désirs des nombreuses paroisses qui demandent des Frères.i iiH'i 1 : Tr'ii.iiiriiiu-l-.il-! .ii.i; i- ill m ll"ii'll|-|H -lli-ll-.-:i.il il -i :i| ;u -inMini-M m ¦m un.ECHOS DES NOVICIATS Laprairie juvênat La irrare l'a emporté.J'espère, mon Lomer, que tu persévéreras dans tes lionnes idées, car je vois maintenant que tu as choisi la meilleure part.Que tu es heureux A l'abri de tant de dangers et comme je suis contente de te voir au juvénat ! Ça été pour moi un grand sacrifice de te laisser partir; mais aujourd'hui le bon Dieu me fait comprendre que c'est une grande grâce qu'il m'a accordée en appelant un de mes enfants à la vie religieuse.Mme Th., Montréal.• • • Le juvénlste peint par lui-même.Bien chers Parents, .Je remercie le .bon Dieu de m'avoir accordé de si belles vacances, aussi bien du côté de mon âme que du côté de mon corps.J'étais préservé du péché, je communiais et j'entendais la messe tons les matins; je me confessais toutes les semaines, et je faisais Ii M:1.11 1.1.73 plusieurs autres exercices de piété, .l'ai apprécié surtout cette faveur de vivre au milieu de très bons compagnons.Je me suis si bien amusé que je n'ai pas eu le temps de penser aux plaisirs du monde.1'.1)., juvénistc.Chers Parents.Que les vacances passent vite au juvénat ! "Chez nous", je les trouvais longues ct ennuyantes, mais ici elles passent comme du beurre dans la poêle !.F.C, postulant.Chère Maman, Si vous étiez abonnée à L'Abeille, vous pourriez y lire des nouvelles du juvénat tous les mois.On trouve aussi dans cette belle revue plusieurs histoires pieuses et amusantes ct des articles très sérieux.Cette année, L'Abeille est encore plus belle que les années dernières.• F.M., postulant Chère Mère, Durant les vacances comme pendant l'année scolaire, j'ai reçu tous les matins avec joie et amour Celui qui ine fait goûter tant de bonheur au juvénat.C'est la première année que je prie tant pour ma bonne maman.Je n'ai pas oublié non plus mon cher Roland.Quand donc le verrai-je arriver au parloir pour rester ?.F.F., juvéniate.Chère Maman, C'est avec joie que j'ai repris mes livres de classe.Je suis en septième année.J'espère bien remporter de beaux succès; mais, comme je vous l'ai déjà dit, chère maman, ce n'est pas par vanité et pour me faire admirer que je veux développer mon instruction.Loin de moi ces pensées de vainc gloriole ! Je travaillerai avant tout pour me rendre utile au cher Institut qui m'a adopté pour son enfant.F.V., juvéniste.Chère Maman, Je viens de faire la meilleure retraite de ma vie.Bile a duré trois jours ct a été prêchéc par le R.P.Haniclin, C.S.V.Le bon Père nous a bien intéressés.J'ai aussi passé de très bonnes vacances; mais je suis content de les voir finir, afin de me remettre a mes classes ct de commencer ma seconde année avec les chers Frères de l'Instruction Chrétienne.F.J., juvéniste. 74 li 'abeille Him cher Papa, ma burine Maman, Je n'ai pas encore eu le temps «le m'ennuyer.Ne soyez pas inquiets à mon sujet : on est trop bien ici.Quand je suis arrivé, on m'a fait une réception comme à un Monseigneur et tout le monde a parlé au dîner, en mon honneur.F.B., juvéniste.Mes chers Parents, Tous les jours je prie le bon Dieu de vous récompenser des sacrifices que vous vous êtes imposés pour me permettre de suivre ma vocation.Ici, nous vivons à l'abri des dangers qui menacent les âmes dans le monde, et nous goûtons par avance les délices du ciel.Comme vous seriez heureux, chers Parents, si l'un de vos enfants devenait gouverneur d'un grand pays ! Hé ! Réjouissez-vous, car, dans deux ans, je serai nommé général des âmes, avec Jésus pour Roi, Marie pour Reine et ma chère Congrégation pour Mère et Protectrice !.F.C, juvéniste.• • • Une surprise an C.F.Directeur de L'MAbeIUe".Pour une surprise, c'en fut une, et une grosse ! Lui qui ne comptait recevoir du juvénat qu'une centaine d'abonnements, c'est deux cent vingt-cinq que nous lui avons présentés !.Nous sommes heureux de lui avoir causé cette agréable surprise qu'il mérite si bien.Mais nous nous en voudrions de déguster en égoïstes l'excellent miel que h'Abeille nous distille chaque mois.Aussi, est-ce avec bonheur que nous continuerons à chercher de nouveaux abonnés qui puissent partager avec nous le succulent nectar.Le délai jusqu'au 20 octobre, que le C.F.Directeur de l'Abeille accorde à ceux qui prennent part au concours, nous fournira peut-être l'occasion de lui ménager une nouvelle surprise.En effet, ce fut une bonne «I agréable surpris* ! On aimerait pourtant qua caa bona juvénisfes, lancée a l'aasaut par un chef expert, ne t'arrêtent paa en ai bonne voie : 223 cat un nombre respectable, mai, ce n eat paa un nombre rond, c'eat 300 qu'il nous faut, paa un d* moine.Lea juvénistes de la Pointeau-Lac aont auaai à l'oeuvre, qui va remporter ?(Note de le Rédaction.) Li ABEILLE 76 La Pointe-du-Lac NOVICIAT Qu'il porte M croit .et qu'il me suive ! Le cœur était bien serré au moment des adieux à nos vénérés Supérieurs, aux dévoués professeurs, aux charitables confrères.Un dernier mot, un dernier souhait, et ces physionomies aimées, on ne les reverrait pas pour un an, deux ans, plus peut-être .Pour la première fois, il fallait "obéir en grand".Seule la soumission religieuse pouvait adoucir cette blessure.Elle le lit.L'auto filait.Encore un long regard attendri comme pour photographier à jamais dans le souvenir ces lieux bénis, cet odorant bouquet d'arbres qui fuyait derrière nous.Puis, le silence.Je n'aurais pas osé demander, mais j'ai deviné qu'autour de moi chacun "repassait toutes ces choses en son cœur".L'aimable photo du "groupe qui restait" parlait seule pour tous.Chaque figure amenait un monde de si tendres souvenances.Une "prière de l'heure" pieusement récitée nous remit un peu des émotions du départ.Bientôt, le pont Victoria.Et, ce fut Montréal : grand vacarme, du ciment partout, partout de la chaleur.mais aussi de pieux clochers : une oraison jaculatoire, un salut à Jésus qui passe.Et, de nouveau, apparaissent la verdure, la campagne, le fleuve.La vitesse augmente .Saint Patron des voyageurs, priez pour nous ! On roule une heure, deux heures le long du Saint-Laurent.Vers dix heures, le moteur ralentit : on va s'arrêter.Tous descendent un peu engourdis.Mais l'appétit ne dort pas au grand air : les fruits et les friandises s'étalent sur le gazon verdoyant.Le soleil commence à chauffer.D'en haut, il nous dit de "servir le Seigneur dans la joie".11 ne faut pus trop s'attarder.Bien dispos, vite on va reprendre le chemin.Les villages passent, les conversations changent.Loui-seville ?— Oui.on salue de loin le pensionnat.Yama-chiche.on sonde l'horizon.Le terrain devient sablonneux."Le lac ! le lac St-Pierre !" Et, là-bas, à un détour de la route un cri de joie, un instant, couvre le ronflement du moteur : "La l'ointc-du-Lac ! C'est là ! C'est là !" 76 l'abeille Au milieu des grands pins, s'élançant comme d'une forêt, la flèche argentée de l'église paroissiale."Bonjour, cher Frère Visiteur ! cher Frère Directeur ! cher Frère Maître des novices !" — "Enfin les voilà, nos chers sco-lastiqucs ! Combien êtes-vous ?" — "Dix-huit !" — Ah ! que de connaissances au beau pays d'autrefois, le Juvénat St-Joseph ! Splcndidc édifice : "Que c'est grand !" : "Château St-Joseph," dit quelqu'un.On le visitera après dîner.Les cœurs s'ouvrent tous an bonheur de retrouver ici l'esprit de charité des charmants confrères que nous donne la Providence.Comme à cent milles d'ici, à I.nprairic — chère Maison que nous n'oublierons jamais — nous nous exercerons à porter dignement le beau crucifix qui depuis un mois décore notre saint habit religieux.Ici comme là-bas, nous ne cherchons que Dieu seul et nous le trouvons partout : "Jésus leur apparut de nouveau sur les bords du lac .St-Pierrc." Jl'vénat La Mère Marie-Puni.Les anciens abonnés de l'Abeille savent tous qu'à I.a Pointe-du-Lac, nous avons l'avantage d'avoir des religieuses pour nous préparer la nourriture et réparer nos vêtements.Ces religieuses sont non seulement dévouées, mais aussi réservées, discrètes et très pieuses; et leur costume de Dominicaines, n'est-il pas joli !.Eh bien ! il nous est vpnu du chagrin de la part de ces bonnes Mamans, c'est que celle qui était bonne entre les bonnes, la douce Mère Marie-Paul, nous a quittés, appelée ailleurs par la sainte obéissance.La Mère Maric-Mannès est venue la remplacer comme Supérieure, c'est une ancienne de la Pointc-du-I.ac qu'aucun juvéniste n'a connu évidemment, puisqu'elle était ici il y a une quinzaine d'années.Nos salutations sincères A celle qui a tant fait pour nous ainsi qu'à sa dévouée remplaçante.• • • "Les petites fêtes"."Ce n'est pas Pâques tous les jours !" dit-on quelquefois lorsque la vie est monotone.— C'est vrai, mais les petites fêtes, celles que chacun interprète à sa manière, n'ont-elles pas un cachet spécial ?— Au début de septembre nous avons eu une jolie série de solennités qui sont comme des étapes sur le chemin du bonheur.Le trois, fête du travail, nous étudions d'arrachc-pied pour ne pas faire mentir son nom !.Le cinq, premier mercredi de septembre, très souligné au Juvénat par un autel illuminé et décoré, 77 un cantique soigné et dés prières incessantes à la chapelle pour demander de bonnes vocations à saint Joseph.— Le lendemain, jeudi, fête fameuse encore mais d'un autre genre .Imaginez donc : déménager !!!.Nous avons quitté nos anciens dortoirs exigus, branlants, prosaïques, pour transporter solennellement nos pénates dans un dortoir flambant neuf, superbe, immense, et à l'épreuve du feu !.Nous nous sommes mis à la mode du jour, quoi !.Puis, vint le premier vendredi du mois, et les chauds colloques et les adorations profondes qui se succèdent sans cesse aux pieds de Jésus !.Enfin, pour clore la série, samedi le huit, c'est double fête, triple fête même ! — D'abord la Nativité de notre bonne Mère du ciel; personne ne me contredira si j'affirme que c'est une grande solennité celle-là.— Puis l'anniversaire de la naissance du vénérable J.-M.-R.de la Mennais, notre Fondateur, fête de famille qui a son charme et enfin, troisième raison de jubiler : arrivée d'un nouveau confrère de Grand'Mère; un petit bonhomme pas plus grand que ça !.• • • Le pèlerinage.Nous ne quittons jamais le juvénat car nous avons dit adieu au monde, et non pas au revoir.La seule sortie que nous faisons dans l'année, c'est le pèlerinage à Notrc-Damc-du-Cap.Cette année encore nous avons eu un temps magnifique et nous avons accompli un voyage parfait.Au retour nous nous sommes arrêtés aux Trois-Rivièrcs, chez nos Frères de la paroisse Sainte-Cécile : maison superbe, réception cordiale, collation rafraîchissante et délicieuse.En attendant les camions nous nous rendons sur le port : spectacle nouveau et intéressant.Nous revenons au Juvénat joyeux comme des pinsons qui retrouvent leur nid.Merci à Notre-Dame-du-Cap, du beau temps, de l'heureux voyage et des grâces obtenues.• • • U retraite.Un saint religieux a présidé à notre retraite du 26 au 29 août.— C'est le Père 11.uni lin.des Clercs de St-Viateur.— Des grands sermons, il n'en a cure.Ce qu'il veut, c'est instruire, toucher les cœurs, faire un bien durable.Les idées se multiplient, se pressent, se poussent et se devinent sur la figure et dans les gestes du prédicateur, plus encore qu'elles ne sont exprimées.— Nous croyons que c'est ainsi que le Curé d'Ars devait parler à son monde.—¦ Que le démon 78 Ij'ADEia.E devait rager d'entendre le Père s'exprimer si simplement, se faisant comprendre de tous et descendant ainsi jusque dans le fond de l'âme pour la convertir et la jeter pour de bon dans les bras de Dieu !.• • • Le Cher Frère Odon-Joseph.Nous avons reçu la visite d'un bon vieux frère qui célébrait cette année ses cinquante ans de vie religieuse.Malgré, son âge respectable, le Cher Frère Odon-Joscph paraît encore solide comme un pilier de cathédrale.Les Chers Frères disent que c'est un cœur d'or, le meilleur homme du monde; pour nous, nous avons trouvé qu'il avait une mine terrible, du moins lorsqu'il ne rit ni ne sourit ! ! ! Tant mieux que nous nous soyons trompés !.Le Cher Frère Odon est un ancien missionnaire ; il a vécu de longues années dans les pays les plus chauds et les plus malsains qui soient, mais Dieu le protège toujours et nous espérons qu'il veillera longtemps encore sur son serviteur."Ad multos annos 1" nu Cher Frère Odon-Joseph.t • • "Ne pleure pas, mon elion." Septembre, c'est l'époque où les "petits nouveaux" nous arrivent plus nombreux.Pauvres "petits nouveaux" l'acclimatation n'est pas toujours facile !.Si quelques-uns sont de vrais petits hommes, positifs, réfléchis et maîtres d'eux-mêmes, d'autres y vont plus rondement : la tempête éclate comme un orage électrique et les cataractes de larmes amères s'échappent de leurs yeux rougis, au premier souffle de l'ennui.Voulez-vous les consoler et leur répéter tendrement à l'oreille cette phrase de la maman à son bébé qui tombe : "Ne pleure pas, mon chou." Le but est raté !.Toutes les cataractes sont ouvertes ! Laissez passer l'orage, sous peu ces braves petits nouveaux reprendront leur aplomb, la gaieté de leur âge; à les voir courir, sauter, danser et jaser avec effusion vous ne manquerez pas de vous exclamer comme dans le cantique : "Qu'ils moissonnent dans l'allégresse ce qu'ils ont semé dans les pleurs !" LANGUE FRANÇAISE LE RUISSEAU C'était un heureux ruisseau; il n'avait absolument rien à faire que couler, rouler, être limpide, murmurer entre des fleurs et des parfums.Mais les cieux et la terre sont envieux du bonheur et de la douce paresse.Mon cher frère Eugène, un jour, et l'habile ingénieur Sauvage, l'inventeur des hélices, causaient sur les bords de ce pauvre ruisseau et parlaient assez mal de lui."Ne voilà-t-il pas, disait mon frère, un beau fainéant de ruisseau qui se promène, qui flâne sans honte, qui coule au soleil, qui se vautre dans l'herbe, au lieu de travailler et de payer le terrain qu'il occupe, comme le doit tout honnête ruisseau t Ne pourrait-il pas moudre le café et le poivre t — Et aiguiser les outils t ajouta Sauvage.— Et scier le bois t" dit mon frère.Et je tremblais pour le ruisseau, et je rompis l'entretien en criant très fort, sous prétexte que ses envieux, ses tyrans bientôt peut-être, marchaient sur mes vergissmeinnicht.Hélas ! je ne pus le protéger que contre eux.11 ne tarda .pas à venir dans le pays un brave homme, que je vis plusieurs fois rôder sur ses rives vertes, du côté où il se jette dans la mer.Cet homme ne me fit point l'effet d'y rêver, ou d'y chercher des rimes ou des souvenirs, ou d'y endormir ses pensées au murmure de l'eau : "Mon ami, disait-il au ruisseau, tu es là que tu te promènes, que tu te prélasses, que tu chantes à faire envie; mais moi je travaille, je m'éreinte.Il me semble que tu pourrais bien 7379 i.'ahkii.i.k m'aider un briii: c'est pour un ouvrage que tu ne connais pas.niais je t'apprendrai: tu seras bien vile feu courant de la besogne; du dois t'ennuyer d'être comme cela à ne rien faire t Ça te distraira de faire des limes et de repasser des couteaux." Bientôt une roue, «les engrenages, une meule furent apportés au ruisseau.Depuis longtemps il travaille, il fait tourner une grande roue, qui en fait tourner une petite, qui fait tourner la meule ; il chante encore, mais ce n'est plus cette même chanson monotone et heureusement mélancolique.II y a des cris et de la colère dans la chanson d'aujourd'hui; il bondit, il écume, il travaille, il repasse «les couteaux.Il traverse toujours la prairie et mon jardin, puis l'autre prairie; mais, au bout, l'homme est là qui l'attend et le fait travailler.Je n'ai pu faire qu'une chose pour lui : je lui ai creusé un nouveau lit dans mon jardin, «le sorte qu'il y serpente plus longtemps et en sort plus tard; mais il n'en faut pas moins qu'il finisse par aller repasser ses couteaux.Pauvre ruisseau ! tu n'as pas assez caché ton bonheur sous l'herbe ! tu auras murmuré trop haut ta douce chanson ! Alphonse Kaiir Explication Ce morceau est intéressant à étudier; on y voit que les choses ne sont pas toujours ce qu'elles paraissent : autant de spectateurs, autant de points de vue différents.Pour le jardinier-poète, ce ruisseau est un fortuné du sort : il n'a qu'à rouler, rouler, être limpide, murmurer entre des lleurs et des parfums.Son frère, l'industriel, plus pratique, volt le côté des choses a son point «le vue utilitaire.Il note les actions du ruisseau, mais de manière à exprimer le blâme : ce n'est pas un heureux ruisseau mais un beau fainéant de ruisseau, qui se promène (cf.cou-fer), qui flâne sans honte (cf.rouler, âlre limpide), qui se vautre dans l'herbe (cf.murmurer entre des fleurs).Pour mieux accentuer le contraste, l'auteur détaille le verbe travailler, par des mots qui semblent dénués «le poésie : moudre le café et le poivre, aiguiser les outils, scier le bois, faire «les limes, repasser des couteaux.Repasser îles couteaux ! le bon jardinier voit là son ruisseau arrivé au dernier degré de l'infortune, et l'expression revient comme un refrain.Si.à table, on donnait h ce poète un couteau qui ne put couper ni pain ni viande, on peut croire qu'il ne serait pas content, car enfin un couteau doit pouvoir couper.Et puisqu'il faut l'aiguiser, c'est mieux de voir un ruisseau tourner la meule, qu'un pauvre malheureux suer sang et eau.L'inventeur des moulins à eau est un bienfaiteur de l'humanité. l'abeille 81 Qui a raison, le poêle ou l'industriel ?Mois tous les deux : ici le ruisseau offrira un spectacle plein de charmes, là il prendra sur lui la grosse part du travail pénible de l'homme.Ainsi en est-il de la vie : six jours pour gagner son pain à la sueur de son front, puis un jour de repos et de bonheur tranquille après avoir rendu ses devoirs au l'ère de lu grande famille humaine.I.; ¦¦' " !'¦'::':¦ i ; s ¦¦!: : p p p.::: s pi s ï p; p p-pi pimp in is pi in ai « m i: 1 n ; 's 11 CLASSE «EXCELLENTE» 1927-28 ECOLE M FALL RIVEH, Mass.Sixième Grade — Professeur : Frère Hyacinthe Première rangée : M.D'Amour, II.Lapointe, R.Ouellctte, D.Rioux, R.Michaud, L.Raymond, M.Lachance.Deuxième rangée : F.Desrosiers, G.Lussier, A.Chouinard, G.Lévesque, H.Thibault, N.Picard, R.Bérubé.Troisième rangée : h.Paquette, E.Madore, R.Lévesque, E.Lapierre, R.Brûlé.A.Chabot, R.Castonguay.Quatrième rangée : M.Dugal, G.Lapierre, J.Boutin, A.Rioux, R.Lévesque, N.Maynard, P.-E.St-Amant, R.Caron, L.Lévesque. Rires et Sourires Cnlino est garçon épicier.Son patron chercho partout le poidB d'une livre.— Qu 'en av©7.-Tous fait t dcmandc-t-il à son auxiliaire.— Je ne l'ai plus.Tout à l'heure, il est venu un client qui l'a emporté.Il m'a dit, quand j'eus pesé ses pruneaux : "Surtout, donnoz-moi le poids." Je le lui ai donné! • • • Etymologie.—¦ Eh bien! Monsieur le Docteur, qu'est-ce qu'il n notro homme f demande une bonne ménagère.— La dyspepsie ! — D'où ça peut-il venir f — La dyspepsie, ça vient du grec I • • • Entre vagabonds.— Pigure-toi, j'ai trouvé un portefeuille ce matin.— Et l'as-tu rendu T — Oh! non.le monsieur se serait cru obligé de me donner une récompense; cela aurait pu le gêner et cela aurait blessé ma délicatesse ! • • • Entre fumeurs.— Il est bien difficile, n'est-ce pas, de tomber sur une bonne pipe.— Oh ! oui, surtout sans In ensser.• • • Une curieuse annonce.On lit dans un journal de province, feuille de la préfecture, l'avis suivant : "Le nommé X., que l'on croit mort depuis deux ans, est invité à passer a la mairie de la ville de B." • • • Gymnastique.Un maitro do gymnastique vante les avantages des exercices : — Mais, nos ancêtres n 'en faisaient pas ! lui fait observer quelqu 'un.— Oui, réplique-t-il, mais aussi ils sont morts ! • • • Dans un hôtel.— Impossible de rester.La chambre est infestée de punaises.Le propriétaire ne fait donc rien pour les détruire I — Oh ! mais non, répond le garçon.Monsieur est membre de la société protectrice des animaux. Gravure à expliquer American Book Co.Unk farce qui finit mai.(Le meilleur travail situ récompensé el publié.) CLASSES "MODÈLES" 1.— Classe du P.David, école Saint-Stanislas.2.— " P.Cléonique-Josepii, Hawkesbury.3.— " P.Berchmans-Eugène, " 4.— " P.Célestin-Louis, " CLASSES "EXCELLENTES" Ont tous leurs élèves abonnés à la revue : 1.— P.Elzéak-Marie, Pointe-du-Lac.2.— P.Gabriel-Joseph, école Saint-Stanislas.3.— P.Samuel, Shawinigan Palis.4.— PP.Anselme et Héraclas, Shawinigan Palis.5.— P.Adolphe de Jésus, Laprairic.6.— P.Jude, Donnacona.7.— P.Maurice-Joseph, Buckingham.8.— F.Médéric, '* 9.— F.Patrice, école Saint-Stanislas.10.— P.Julien-Marie.Pointe-Gatineau.' 11.— P.Gratien-René, 12.— P.Pierre-Henri, école St-François-Xavier.13.— p.Anselme-Jean, Sainte-Croix.14.— F.Simplicius-Joseph, " 15.— F.Robert, " 16.— F.Alexandre-Victok, Fall River, Mass.17.— F.Hyacinthe-Marie, " 18.— F.Cyprien-Joseph, " 19.— F.Léon-Marie, 20.— p.Henri-Victor, Hawkesbury.t 21.— p.Noel, Shawinigan Palis.(Sauf erreur ou omission)
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