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Titre :
L'abeille /
Diffusée durant l'année scolaire à partir de 1925 par les Frères de l'instruction chrétienne, L'Abeille se consacre principalement à l'éducation religieuse des élèves du cours primaire, de la 1re à la 7e année. [...]

La revue L'Abeille (1925-1947), sous-titrée « revue mensuelle pour la jeunesse », puis « revue mensuelle illustrée pour la jeunesse », est publiée à Québec par les Frères de l'instruction chrétienne et paraît pour la première fois en septembre 1925. Diffusée durant l'année scolaire, de septembre à juin, L'Abeille se consacre principalement à l'éducation religieuse des élèves du cours primaire, de la 1re à la 7e année.

Par l'accent mis sur la formation à la morale chrétienne et sur l'encouragement à la vocation religieuse, L'Abeille est d'esprit similaire au Bulletin du Très-Saint-Enfant-Jésus, une publication pédagogique des Frères des écoles chrétiennes.

La publication offre à ses jeunes lecteurs des chroniques, des contes, des reportages, des biographies de personnages historiques, des récits hagiographiques, des romans à épisodes, des causeries scientifiques, des chants, des activités de bricolage, des jeux et des devinettes.

En 1935, la revue atteint un tirage de 10 000 exemplaires; et celui-ci s'élève, au milieu des années 1940, à 17 000 exemplaires.

En 1947, L'Abeille fusionne avec Hérauts, périodique pour enfants publié par les Éditions Fides, et devient Abeille - Hérauts, qui sera diffusée jusqu'en 1964. La série Hérauts contient aussi les revues Ave Maria, Jeunesse, Stella Maris et L'Éclair.

La revue L'Abeille a contribué au développement de la littérature jeunesse canadienne d'expression française.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1984, vol. VI, p. 102.

POULIOT, Suzanne et Nathalie ROUSSEL, « L'adolescence vue par les Frères de l'Instruction chrétienne », Cahiers de la recherche en éducation, vol. 7, no1, 2000, p. 37-61.

Éditeur :
  • Laprairie :les Frères,1925-1947
Contenu spécifique :
mars 1926
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeurs :
  • Hérauts ,
  • Abeille et hérauts
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Références

L'abeille /, 1926, Collections de BAnQ.

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MOT D'ORDRE Vive le Chbist, notre Roil Dans le Iruin, je rencontre un de mes anciens rieurs, un excellent jeune homme, comme sont, du reste, "tous les anciens élèves".Après les premiers épanchements.je lui arrache familièrement des mains son journal."Voyons, Paul-Emile, votre quotidien nous a-t-il appris que te l'ape nient d'instituer une nouvelle fêle?lue fête?laquelle?Je n'en ai pas entendu parler.' Vraiment, l'uul-limilc.vous faites pitié; un jeune chrétien de votre trempe devrait se.tenir au courant des affaires de l'Eglise.Le.11 décembre dernier, repondant aux instantes prières d'un grand nombre de cardinaux, d'évêqiies et de fidèles S.S.Pie XI a solennellement institué une fête spéciale en l'honneur de Sotre-Sciqneur Jésus-Christ, Roi.Cette fête sera célébrée dans toute l'Eglise le dimanche qui précède la Toussaint: on tj renouvellera, chaque année, la consécration du genre humain au Sacré Caur de Jésus.Achetez donc, pour dix sons, à "L'Action paroissiale," 4 260.rue Bordeaux, Montréal, le tract n' 7!(, intitulé le Christ-Roi.Vous g trouverez, sur la question qui nous occupe, tous 1rs renseignements désirables." l'n moment interloqué, mon jeune ami ne tarde pas à reprendre son aplomb."Je ne puis comprendre, dit-il.les raisons qui portent l'Eglise à instituer ainsi de non "elles fêtes." 210 i.'abeille — "Très bien! assoyons-nous ici; je nais résoudre de mon mieux la di/jiculté qui nous embarrasse : cela nous /¦appellera le temps où je.vous faisais le catéchisme.Quand Jésus vint sur la terre, vous n'étiez pas là, ni moi non plus.Nous n'uvons donc pas pu écouter su parole, noir ses exemples, loucher le bord de son manteau.Or ta sagesse et son amour lui on! inspiré le plan de repasser parmi les hommes Ions les uns.d'une manière invisible, il est vrai, mais de repasser réellement "iliins les solennités de l'Kglise" en versant à flots, sur les aines bien disposées, sa lumière et sa grâce.Une fêle liturgique, c'est le passaqe de Jésus parmi nous."Voyez les avantage» qui résultent de la solennité de Noël, par exemple.La lecture de l'Evangile et des autres parties de la messe, l'instruction, les cantique», lu crèche, tout nous remet à l'esprit les circonstances de Ce louchant myêlère.Les exemples de Jésus, de Mûrie et de Joseph, des bergers et des muges, nous excitent à la vertu, en même temps que le Sauveur communique à nos âme» lu grâce spéciale qu'il a méritée pour nous lors de su nuis-sauce à Bethléem.Ceci nous explique pourquoi les chrétiens qui célèbrent pieusement les fêles sont si instruits de leur religion et si courageux dans la pratique de leurs devoirs d'étal".Paul-Emile, qui jusqu'alors avait appuyé presque tontes mes phrases d'un invariable "c'est bien vrai", rompit en ce moment la monotonie de ses approbation» en disant : "Je comprends la nécessité des fêles, mais nous ne m'avez point encore expliqué pourquoi l'Eglise en établit de nouvelles." — "J'y arrive.Par ce long préambule, j'ai voulu vous montrer que les fêtes de l'Eglise sont le moyen le plus efficace qu'elle ait pour instruire îles vérités de la foi la masse des fidèles.Voilà pourquoi, quand une vérité de foi lend à s'obscurcir, l'Eglise la remet en lumière par l'institution d'une fêle.Aussi la Eêle-Dieu fui établie pour raviver la charité qui.au XIII' siècle, s'était refroidie, dans les cœurs des fidèles, à l'égard de Jésus-lloslie.La solennité du C.wur de Jésus fut instituée en 17(i.r), pour dire aux pauvres ùmes, desséchées par le jansénisme, que Jésus les dîme cl qu'elles doivent uller à lui pour avoir la vie en elles. l'aiikille 211 "Notre société actuelle a voulu se passer du Christ.Des luttions entières l'ont rejeté: on ne veut plus de lut dans les écoles, dans les armées, dans les lois, ttans lonle.la vie sociale: on l'ignore dans les réunions internationales: mente doits nos familles chrétiennes, n'est-il pas vrai que le "dicu-inoiule" lient trop souvent la place d'honneur que seul devrait occuper Jésus?Et (pie dire des individus, de tant de jeunes gens île votre âge en particulier, qui laissent le démon régner dans leur ctrnr des semaines cl des mois."Pour remédier à ce mal, l'ils prit-Saint a soufflé à des milliers d'âmes, dans l'Eglise entière, l'idée tie remplacer, à loul prix, le Christ sur le trente royal qui lui esl dû comme Dieu cl comme Rédempteur.Prédicateurs an cœur de feu.livres, brochures et revues, ont à l'envi proclamé la royauté de Jésus.S'esl-ce pas le même souffle divin qui nous faisait dire ensemble à nos réunions de la Ligue : "Sacré Cœur de Jésus, nous vous reconnaissons pour notre Moi !" Vous connaissez le résultat de ce mouvement : consécration tics familles, des Italians et du genre humain au Sacré Cœur, monuments magnifiques élevés en son honneur sur les places publiques, congrès eucharistiques où on le mène en triomphe à travers les rues des villes, enfin, supjdiques nombreuses demandant au Sainl-Père l'institution d'une fête en l'honneur du Christ-Hoi.Cette solennité finira d'inculquer aux chrétiens la doctrine de la royauté de Jésus el les parlera à le servir comme ses fidèles sujets." J'avais été contraint de précipiter el d'abréger mes explications, car Paul-Emile devait descendre à la gare suivante.Il m'avait écouté avec tant d'intérêt, en me quittant il me serra la main avec lanl de cœur, que je cru» lui avoir fail du bien.El vous, chers lecteurs, n'oubliez pas la fête du Christ-Roi! Trop de jeunes gens chrétiens ont passé en lâches sous l'étendard du démon parce qu'il leur en coûtait trop de lutter pour garder les commandements.Il faut que se lève une élite vaillante, dont la devise sera : "Un vrai chrétien garde Dieu dans son cceurl" Vive i.k Cm hist, NOTRE Roi! MIETTES D'EVANGILES LA FUITE EN EGYPTE ET I.K MASSACRE l'ES SAINTS INNOCENTS.Wi ami les Mages si- furent retirés, Joseph fui.lui aussi, visile par un songe, dans lequel un ange ilu Seigneur lui iippiirui et lui «lit : "Lève-toi, prends l'enfanl et su mère, filin on Egypte Bi restes-y jusqu'à ce que je vienne te parler île nouveau, car llérode va rechercher l'enfant pour le faire mourir".De tout temps.l'Egypte avail été un lieu de refuge pour les malheureux (pie la famine ou la persécution chassait de la Palestine.Deux ou trois journées de marche suffisaient pour friin «¦hit- la frontière, et trouver en Egypte un asile assuré, car nombreuses y étaient 1rs colonies juives.Une luis déjà, à Nazareth, Joseph avail reçu en songe le message d'un ange lui traçant su conduite.Il comprit que de nouveau il n'avait qu'à obéir au plus vile.Sans perdre un instant.Joseph s'affaira aux préparatifs du voyage; Marie prit son fils entre ses bras et le serra contre son eivur avec une tendresse mêlée d'effroi; puis tous deux, tout tremblants, à la faveur (le la nuit et se cachant comme des malfaiteurs qui emportent leur butin, ils quittèrent leur humble logis et prirent vers le sud la direction de la terre étrangère.Il était temps : la saillie Famille laissait à peine le territoire dfl Bethléem, qu'un délachenienl de soldats, chargés d'une sinistre hesoenc.s'approchait de lu petite ville endormie, ("est qU'Herode leur maître, au lieu du renseignement promis par les .Muges, avait appris par des émissaires secrets leur retour précipité en Orient.Humilié d'avoir été joué et voyant ses desseins traversés, le (yran, était entré dans une grande colère, et avait donné l'ordre de tuer au plus tôt, à Uethléem et aux environs, tous les enfants l.'.MItll.IJi 213 mâles au-dessous de deux uns.Il pensait bien englober ainsi dans ee massacre général renfant qu'il craignait comme un rival possible, Que pouvait bien importer à cet homme sanguinaire, qui avait fuit périr presque tous les membres de sa famille, le meurtre de vingt à trente enfants encore en bas âge! L'ordre barbare fut exécuté ponctuellement par les suidais ivres de sang, et bientôt la ville et les hameaux voisins retentirent des gémissements des mères pleurant leurs pauvres enfants égorgé* dans leurs bras.Seul fut sauvé, l'enfant qu'Hérode voulait perdre à tout prix.Alors fut accompli ce qui avait été préilit par le prophète Jérémie : "l'ne voix est entendue sur b-s hauteurs : une voix de lamentation, de deuil et de plainte: c'est Kachcl qui pleure ses (ils et qui ne veut pas de consolation, car ils ne sont plus!" Ici l'on ne peut se défendre d'une réflexion : quand deux ou Unis mois auparavant.Joseph cl.Marie cherchèrent le gîte d'une nuit par une froide soirée d'hiver, toutes les portes se fermèrent impitoyablement sur la détresse des deux pauvres voyageurs.Mais aujourd'hui, ce sont des sicaircs qui demandent à grands cris qu'on leur ouvre : il ne sera pas facile de les éconduire.Malheureux Helhléemites d'avoir méconnu les lois les plus élémentaires de l'hospitalité! Et c'est l'histoire de tous ceux qui disent à .Jésus : "Passez, vous serve qui voudra : quant à moi, il n'y a pas de place pour vous dans mon cœur!" Ces enfants, que l'Eglise a nommés les Saints Innocents, furent les prémices des millions de fidèles qui versèrent leur sang pour le Christ.A ces petits martyrs.In cruauté d'Ilérode ouvrit le ciel, OÙ ils furent sans doute les protecteurs et les sauveurs de leurs parents.Quel sujet de consolation pour les mères éplo-rées si elles avaient connu ce mystère! Le châtiment du tyran llérode ne s., lit guère attendre.Il fut frappé d'un mal effroyable dont rien ne put arrêter les progrès : son corps était rongé vif par la vermine En proie à d'intolérables souffrances, il tenta plusieurs fois d'abréger ses jours.Enfin la mort vint terminer cette vie qui n'avait été qu'une longue série de crimes: et le nom d'Ilérode.synonyme de cruauté, est resté dans l'histoire accolé à celui de Néron, le premier persécuteur de l'église.Mais revenons à nos saints voyageurs.Les Evangélistes so luisent sur les circonstances du voyage et du séjour en Egypte.Les routes du désert virent passer lu suinte Famille: quelques toits hospitaliers durent suns doute abriter ces pauvres emigrants, dont aucun signe extérieur ne trahissait la noblesse.Des peintres et des poètes ont immortalisé «les U'-gendes : bêtes féroces du désert se prosternant pour adorer l'Enfant-Dieu; 214 t.'a m: 11.1.1' sable du di'serl fleurissant sous ses pas, palmiers s'inclinant pour oiïrir leurs fruits aux fugitifs.Tout ecla n'est que fantaisie; car le dessein de Dieu était de nous faire aimer l'obscurité de notre vie en nous donnant un parfait modèle d'humilité dans Celui qui venait sauver un monde, que l'orgueil avait perdu.Combien de temps la sainte Famille resta-t-elle en Egypte t On ne le sait au juste : peut-être trois ou quatre ans, peut-être quelques mois seulement.Toujours est-il que lorsque survint la mort d'IIérode, l'ange du Seigneur, apparaissant de nouveau à Joseph pendant son sommeil, lui dit en se servant des mêmes termes : "Lève-toi, prends l'enfant et sa mère, et retourne en la terre d'Israël, car ceux qui en voulaient à l'âme de l'enfant sont morts".Sans penser à discuter le commandement qui lui était signifié, Joseph mit à quitter le sol d'Egypte le même empressement qu'il avait eu naguère à s'éloigner de Bethléem, Au lever du jour, il replaça Jésus et Marie sur son âne, et la petite caravane reprit la route de la Palestine.Toutefois, arrivé à la frontière, le chef de la sainte Famille était fort perplexe, ne sachant s'il devait retourner à Bethléem.C'est que la Judée, d'après ce qu'il entendait dire, n'avait fait que changer de tyran : Archélaiis, digne fils et successeur d'Hérode, venait de faire massacrer trois mille de ses sujets.Comment exposer à de nouveaux périls le trésor confié à ses soins! Ayant imploré les lumières du Ciel, Joseph reçut pour la quatrième fois un avertissement miraculeux : il devait se retirer en Galilée.Il revint donc habiter Nazareth, la ville natale de l'abeille 215 Marie où lui-même avait vécu quelque temps; et ainsi s'accomplit ce qui avait été «lit par les prophètes : "Il sera appelé Nazaréen".Avec sa maîtrise ordinaire, Hossuet fait sur ce mystère des réflexions d'une justesse admirable, et bien propres à consoler dans les tracas auxquels sont exposés ions ceux qui veulent vivre d'après leur foi : "Partout où entre Jésus, il y entre avec ses croix et toutes les contradictions qui doivent l'accompagner.Etrange état d'un pauvre artisan, qui se voit banni tout à coup : et pourquoi 1 Parce qu'il est chargé de Jésus, et qu'il l'a en sa compagnie.Avant qu'il fût né à sa sainte épouse, ils vivaient pauvrement, mais tranquillement dans leur ménage, gagnant doucement leur vie par le travail de leurs mains; mais aussitôt que Jésus leur est donné, il n'y a point de repos pour eux.Cependant Joseph demeure soumis et ne se plaint pas de cet enfant incommode, qui ne leur apporte, que persécution : il part, il va en Kgypte, terre étrangère, sans savoir quand il reviendra à sa patrie, à sa boutique et à sa pauvre maison.L'on n'a pas JÉsrs l'orit rien : il faut prendre pari à ses croix." Heureux l'enfant, qui, devenu comme un prince royal par son saint baptême, veut conserver intacts ses droits au céleste héritage: et peut être encore, ambitionne de travailler au salut des âmes par le sacerdoce ou dans la vie religieuse! Une si grande destinée ne peut qu'enflammer la rage de l'IIérodc internai.L'ange révolté banni du ciel.El voici que partout rôdent ses émissaires pour de lamentables hécatombes ., Cependant le bon Dieu dépêche les anges gardiens qui donnent à tous l'avertissement salutaire : "Levez-vous, fuyez! Fuyez ce compagnon, dont Satan inspire les actes et les paroles: fuyez tout ce qui peut entrer par les yeux et les oreilles, dans le cœur et la pensée, et donner la mort à l'âme.Prenez Jésus (dans la sainte communion) et sa Mère (par une vraie dévotion comme celle d'un fils) : c'est avec de tels compagnons de route que s'effectuera sûrement le voyage de la vie vers le port de la bienheureuse éternité." M histoire m m NONNI et MANNI VI.— Le vœu.Exténués, pilles, recroquevillés et trempés, nous devions tout h fait avoir l'air de deux naufragés.Moi, de plus, en bras de chemise, avec une manche tant bien que mal ficelée à l'épaule.Nous étions arrivés à un degré extrême d'épuisement.Si le secours ne venait pas bientôt, c'en était l'ait de nous.Manni interrompit le lugubre silence : "Comment te sens-tu, Nonni?— .A bout de forces, et toi de même sans douteî — Oui; il me semble que je vais m'évanouir.Pourtant, Nonni, il me vient, une pensée : les marins, quand ils se trouvent comme nous sur la mer, font, dit-on.un vomi au bon Dieu pour être sauvés.Si nous en faisions un aussi! Peut-être qu'alors le bon Dieu nous sauverait plus vite.— C'est une excellente idée.Mais quid vœu faudrait-il faire?— Tu te rappelles l'histoire que mère nous racontait sur les missionnaires dans les pays païens?— Oui, Manni, fort bien." Notre mère avait la biographie de saint François Xavier, et parfois elle nous parlait de ses missions aux Indes et au Japon.Ces récits nous avaient fortement impressionnés, et dans ce moment critique la pensée de Manni y revenait.Il continua : "Tu te souviens quel saint homme c'était, ce missionnaire des Indes et du Japon ?— Je me rappelle très bien.— Eh bien ! Nonni, faisons au bon Dieu le vœu que, lorsque nous serons grands, nous travaillerons pour convertir les païens tout comme ce grand missionnaire." Je restai interdit il cette proposition.Il me semblait que ce vœu était un peu téméraire.Je consentis cependant en disant : "C'est un grand vœu, mais je veux bien le faire avec toi.— Alors, faisons-le tout de suite, Nonni, pour que ce ne soit pas trop tard!" l'abeille 217 El mais recueillant un moment, nous finies à Dieu la promesse, s'il nous tirait de ce danger, de devenir missionnaires elle/ lea païens.Cela fait, nous regardâmes autour de nous, dans l'espoir de voir arriver le si-cours si ardemment imploré.Hélas! rien ne s'annonçait.Nous revînmes à notre place sur le liane.Je m'aperçus (pie l'étal île Manni empirait.11 me semblait près de mourir.Je le serrai contre moi en l'entourant de mes liras.Il ferma les yeux, appuya sa tête sur ma poitrine et ne bougea plus.Cela dura un temps.I'll frisson courut dans mes veines.Mon petit frère était-il évanoui?Dormait-il?Ou bien.se mourait-il?"Mon Dieu! mon Dieu! Venez à notre secours!" répélai-je plusieurs fois.Soudain, à ma grande joie, Manni remua dans mes bras, mais sans ouvrir les yeux.Plusieurs fois, il étendit les mains en murmurant : "Jésus! mou Jésus!" pendant qu'un sourire de bonheur passait sur son paie visage.Je compris aussitôt que Manni rêvait, car il lui arrivait souvent de parler pendant son sommeil.Aussi me gardai-je de le réveiller.Peu après, il ouvrit les yeux, se frotta les paupières et regarda autour de lui.On eût dit qu'il revenait de bien loin et ne savait plus où il était.Je lui caressai lu joue et il reprit le sens de la triste réalité."Cher petit Manni.dis-je, tu as dormi si tranquillement.Cela t'aura fait du bien.— Oui, Nonni.Et je ne regrette qu'une chose, de m'être réveillé.— Je le crois, et même j'en devine la raison.— Comment î — Parce que tu as dit "Jésus" plusieurs fois.Tu as fait quelque beau rêve.Il me regarda, surpris et grave, pendant que son visage se colorait légèrement : "Ai-je vraiment dit cela?— Oui, Manni.Et même tu souriais en étendant les bras, OOmmc si tu parlais à quelqu'un.Kuconte-moi ton rêve, veux-tu?" 218 li'abeille Il parut un peu embarrassé, puis il dit : "Je veux bien, f'e sera d'ailleurs vite raconté, car ce fut très court." Et il commença : "Dès (pie nous eûmes fait notre VŒU, je m'endormis.Il me sembla alors «pie le grand missionnaire «les Indes descendait «lu ciel.II me prit la main et je volai avec lui à.travers les airs, loin, bien loin d'ici."Nous arrivâmes à une grande ville où il y avait une très belle église.Il m'y conduisit.Là.je vis Jésus.Il était à l'autel."Et vite je courus vers lui.Il vint à ma rencontre en étendant les bras, et me regarda si iloueement."J'arrivai à lui au milieu de l'église.Il m'embrassa.Ht je m'éveillai." Le récit de XI mi ni m'avait ému.' ' Quel beau rêve ! dis-je.— Oui, répéta mon petit frire, c'était très beau et je ne puis te dire combien je me sentais heureux dans les bras de Jésus.J'étais transporté de bonheur.— Cela se comprend sans peine, Manni.Jésus semble t'aimer beaucoup.— Je le crois aussi, répondit-il dans sa simplicité, et maintenant je suis sûr «pi'il viendra vite à notre secours." VII.— Sauvés! Nous finissions de parler, quand il nous sembla percevoir, dans le lointain, un son voilé et plaintif."Tu entends, .Manni?— Oui.Qu'est-ci' «pie e,i peut être?— Je me le demande." Sans plus bouger, immobiles comme des statues, nous tendions l'oreille.L'instant après, le même son M fit entendre.Nous nous regarilions en silence, ne sachant que penser.Nous (''«Militions toujours.Et voila (pie le son se répétait, traînant, plaintif, encore et encore, toujours plus près.Subitement, comme frappé d'un éclair, je m'écriai : "C'est un vaisseau.Manni, qui vient vers nous à travers le brouillard I — Un vaisseau?Mais ce cri étrange! — C'est une sirène. l'abeille — Oh! alors, nous sommes sauvés, s'écria Manni, plein de joie.Vite, remercions le bon Dieu, car c'est lui qui nous envoie ce secours." Kt nous joignîmes les mains pendant qu'un "merci" vibrant jaillissait de notre cœur."Un dernier effort.Manni.dis-je ensuite.Je vais ramer vers le vaisseau pour que, dans ce brouillard, il ne passe pas sans nous voir." Notant avec soin de quel côté nous venaient les sons, je rainai, autant que me le permettaient mes forces affaiblies, à la rencontre du vaisseau sauveur.Rientôt nous vîmes une masse noire émerger lentement du brouillard."On dirait une montagne", murmura Manni.Le corps du navire apparaissait, grandi de beaucoup par l'effet du brouillard.Il s'agissait maintenant d'attirer l'attention des gens du bord, en particulier de l'homme de quart M'approchant le plus possible du navire, je dis à mon frère : "Prends vite ma flûte, elle est derrière loi.et souille tant que lu pourras!" Pendant ce temps, je criai «le toutes mes forces : ' ' Au secours !.Au secours !." L'homme de quart demeurait invisible."C'est étrange, pensais-je, sa place est pourtant au beaupré." Enfin, je l'aperçus, l'espace d'une seconde.Hélas! il regardait du côté opposé.Puis les hauts bastingages me le cachèrent, notre canot étant tout près du vaisseau.A si peu de distance du navire, nous le reconnûmes : c'était.la Pandore, le vaisseau de guerre français auquel nous avions rendu visite la veille.! Il avait dû quitter la rade d'Akureyri de grand matin et se trouvait maintenant en route pour la France."Quelle étrange rencontre!" remarqua Manni.Nous n'étions plus qu'à deux mètres du croiseur."Est-ce que personne ne nous a vus! s'enquit-il anxieux.— Je crains que non.Je ne vois personne." Et c'était notre vie qui dépendait d.s quelques instants!.Le bruit de la machine couvrait complètement mes cris et la flûte de Manni.J'éprouvai une angoisse mortelle.Si le vapeur allait passer sans qu'on nous eût aperçus!.Tout à l'heure, nous nous trouvions à l'avant, et déjà la grande masse glissait plus loin; elle allait nous dépasser sans que personne eût répondu à nos appels!. 220 i.'aukii.i.i: J'aper{}llS alors, à l'endroit où l'on abaisse l'escalier d'abordage, une corde qui pendait îles bastingages et qui traînait dans l'eau.Aussitôt je donnai quelques coups de raine et me trouvai assez près pour la saisir.Prestement, je l'enroulai autour de mon poignet et pour ne pas être arraché de In barque et jeté à la mer.je me glissai sous le premier banc de rameur qui était cloué.La corde se déroula pendant quelques instants.Puis d'un coup sec elle se tendit.Je poussai un cri de douleur! Il nie semblait qu'on m'arrachait la main.Notre canot se dressa île l'avant, puis fila avec le navire.Manni.malgré sa faiblesse, vint à mou aide.Qrftce à nos efforts réunis nous parvînmes à enrouler plusieurs fois la corde autour du bane et à l'y fixer.Par bonheur, le vaisseau, à cause du brouillard, s'avançait très lentement, sans quoi il m'eût été impossible de saisir In corde et de l'attacher."Nonni, me cria tout à coup mon frère, nous venons de perdre une rame! regarde, la voilà qui flotte sur l'eau!" C'était malheiiEeusement vrai.Pendant nos efforts désespérés pour saisir la corde, la rame était tombée pur-dessus boni et disparaissait maintenant dans le sillage du navire.Inutile de songer à la repêcher.Ayant achevé de nouer la corde, nous recommençâmes à appeler.Peine perdue.Le bruit de l'eau autour de l'hélice couvrit nos voix.— Epuisés, nous cessâmes nos appels."Que faire maintenant?" dis-je à mou frère.Il regarda la longue paroi du vaisseau et réfléchit."Regarde donc, Nonni, s'éeria-t-il tout à coup, juste au-dessus de nous il y a un hublot.Si tu pouvais le toucher avec la rame qui nous reste! — Quelle bonne idée! Comment n'y ai-je pas songé?" J'essayai et je réussis à atteindre la petite fenêtre.Aussitôt je me mis à frapper contre l'épaisse vitre."Ça vaudra mieux que tous nos appels", dis-je à mon frère.En effet, linéiques minutes après, .Manni me criait : "Regarde! 11 y a quelqu'un!" Ce quelqu'un ouvrit le châssis.l'n visage bronzé, aux yeux noirs, au regard vif et perçant, apparut."Alio! criai-jc, venez à notre secours!" Sans répondre, l'homme nous regarda d'un regard étonné.Il n'avait évidemment rien compris. l'abeille 221 Au bout d'un moment) il referma le châssis.Nous attendîmes la suite dans une inquiétude facile à comprendre.Quelques minutes après, une tête s'avança par-dessus les bastingages : celle-là même (pie nous avions vue tout à l'heure à la fenêtre.Bientôt d'autres la rejoignirent et finalement il y en eut tin bon nombre.'l'ont ce monde nous regardait, étonné.On gesticulait, on parlait vivement, niais à cause du bruit de la machine nous n'entendions rien."S'ils voulaient au moins nous secourir! soupira Manni.Je suis atrocement gelé.- Patience, petit frère, lui dis-je pour l'encourager.Ils vont venir tout de suite, et quand une fois nous serons là-haut, tu verras comme ils nous soigneront bien.Rappelle-toi comme ils étaient aimables hier.— Est-ce (pie tu erois qu'ils nous donneront des vêtements secs! - Sans nul doute.Kl mieux encore, ils nous feront coucher dans des lits bien chauds et nous donneront à manger.Et cela nous remettra vite.— Pourvu que je puisse me réchauffer, gémit le pauvret.Alors je serai bien." l'n grand bruit au-dessus de nous nous fit lever la tête.On écartait une partie des bastingages."On va descendre l'escalier d'abordage", murmura Manni réconforté.Quelques instants plus tard, l'escalier se déroulait sur le liane sombre du navire.L'n officier et deux solides matelots descendirent vers nous.Les marins attirèrent notre barque et l'attachèrent au bas de l'escalier.Ils avaient sur les bras de grandes couvertures de laine.L'un d'eux sauta dans notre canot, saisit Manni et le tint debout sur le banc pendant (pie l'autre l'enveloppait d'une couverture; il le souleva ensuite dans ses liras et remonta.Le second matelot voulait procéder de même avec moi, mais j'avais honte d'être traité comme un enfant devant tout ce monde; je l'esquivai et sautai, au prix d'un grand effort, mais sans son aide, au bas de l'escalier.Je devais avoir un air pitoyable, là, en bras de chemise, tout pille et trempé, grelottant de froid.Aussi fus-je vite saisi, roulé dans la couverture, et monté à bord. 222 i.'ahf.ii.i.e On nous entoura aussitôt : officiers, matelots et aspirants se pressaient autour de nous.Au lieu de la gaieté de la veille, on ne voyait que visages inquiets, voire même consternés.L'officier emmena les hommes qui nous portaient, à l'arrière du vaisseau.Un large escalier à rampe dé cuivre brillant nous conduisit à une petite chambre autrement meublée que celle où nous avions été reçus la première fois, et dans laquelle se trouvaient deux lits superposés.L'officier en écarta les rideaux pourpres.Les lits avaient des draps frais, très blancs, et des couvertures de laine bleues.Au milieu de la chambre, il y avait une table en acajou brillant et le long des parois, de chaque côté, un sofa recouvert de velours bleu.Sur un signe de l'officier, les matelots nous étendirent, toujours enveloppés de nos couvertures, chacun sur un des deux sofas.Mais je me levai immédiatement pour aller m'asseoir auprès de .Manni.L'officier donna quelques ordres auxquels nous ne comprîmes rien, si ce n'est qu'il s'agissait de nous, car son doigt indiquait tantôt mon frère, tantôt moi.Les matelots nous firent un petit, signe d'amitié et se retirèrent pendant que l'officier nous tâtail le pouls."'Ce doit être un médecin, me souffla Manni.— Tu vois, dis-je, nous pouvons être tranquilles : nous sommes en bonnes mains.— Oui, et comme le bon Dieu s'y est.bien pris pour nous sauver ! — En effet, c'est merveilleux.Mais aussi, nous lui avons fait un bien grand vœu.Je me demande si nous pourrons jamais l'accomplir.— Dieu nous aidera, Nonni." In petit coup frappé à la porte l'empêcha de continuer."Entrez!" cria le médecin.— Deux jeunes Français, à peu près de mon âge, se présentèrent.Leurs mouvements discrets me surprirent.Apparemment, ils nous jugeaient bien malades, car ils avaient un air très grave et marchaient sur la pointe des pieds.L'un portait de l'eau chaude dans une cuvette, l'autre des vêtements de dessous neufs.De mon sofa, je leur tendis la main en leur faisant un signe de tète amical.Ils me répondirent de même, et ils parurent heureux de voir que nous n'étions pas aussi malades qu'on l'avait craint.Ils nous aidèrent à enlever nos chaussures et nos bas mouillés, puis à nous laver les mains et les pieds.Après nous avoir passé une l'abeille 223 chemise sèche, on nous mit vite an lit : moi dans la couchette tic dessus.Manni dans celle de dessous.Pendant qu'on nous couvrait avec soin, mon petit, frère me cria du fond de son lit : "Comme ça.nous allons quand même en France! — C'est vrai, mais qu'y faire! Ce n'est pas le moment de nous tracasser", répondis-je.Après s'être assuré que nous étions au chaud dans nos couchettes, le docteur nous donna à chacun un verre d'une excellente boisson qui nous réconforta et nous réchauffa comme un rayon de soleil.l'nc douce chaleur, une exquise sensation de bien-être envahit nos membres, et presque aussitôt un sommeil réparateur vint clore nos paupières.(A suivre.) (.lolm Svf.nsson : Kïcits Islandais, Edition» Spea — Paris).EN ATTENDANT LA MESSE. SAINT MICHKI.TERRASSANT LE DÉMON.Les anges sont chargés, entre autres fonctions, d'exécuter les ordres de Dieu.On sait que parmi eux, il en est trois, appelés archanges, à qui furent confiées des missions plus importantes : Gabriel, Raphael.Michel.Ce dernier est.pour ainsi dire, le soldat de Dieu.Ce fut lui qui.à la tête des anges fidèh s.préei pita du ciel les anges révoltés dont le chef était Lucifer, appelé depuis Satan."Et il y eut un grand combat dans le ciel, nous dit \'Apocalypse (qui est le livre des révélation» de saint .lean).Michel et ses anges combattaient contre le dragon .Et ce grand dragon, l'ancien serpent, appelé le Démon et Satan, qui séduit tout l'u-nivers, fut précipité du ciel ." (;tpoc.XII, 7-9.) L'artiste nous représente ci-contre le dénouement de cette lutte, à savoir le duel final entre l'archange et le dragon.Sainl Michel est figuré sous K- traits d'un guerrier resplen dissant de force, de jeunesse, et de beauté.Il porte la cuirasse du légionnaire romain, et brandit le glaive.Ses ailes rappellent sa nature angélique.Tout dans son attitude, dans ses ailes étendues, duns sa chevelure flottante, dans le mouvement de tout le corps, exprime l'élan irrésistible, la force tranquille et sûre d'elle-même.Son beau visage reflète la résolution de vaincre, et la sérénité de combattre pour une juste cause.Son nom signifie : f^ni» ut Deus'f mmi: jo suis heureux île vous retrouver si nombreux au Foyerl 11 faut admettre aussi que ee doit être un bonheur pour vous d'entendre parler d'histoire du Canada, de l'histoire de la Patrie.Dans vos beaux grands yeux d'enfants, je crois voir briller vos Ames, ces âmes qui demain aideront notre cher pays 1 devenir grand, glorieux.Mais l'un d'entre vous m'a demandé ces jours derniers de vous dire où se trouvaient, au temps des sauvages, les villages de Stadaconé et d'IIoehelag».Avant d'aller plus loin, je réponds à cette question.Stadaconé était à peu près à l'endroit où l'on voit Québec aujourd'hui, et Montréal a remplacé Hoehe-laga.Ces choses étant dites, continuons notre exclusion.L'histoire de notre peuple, c'est comme on dirait celle de l'enfant gàlé du bon Dieu.Soins tendres et incessants, sollicitudes tontes paternelles, miracles même, la Providence a tout prodigué à notre peuple au berceau.Remarquez principalement connue le Père infiniment lion a voulu que nos origines fussent sans taches.Knmçois 1er et Henri IV.rois de France, avaient essayé de jeter les bases d'une colonie chez nous avec des repris de justice, mais leurs tentatives échouèrent.Ce fut heureux.Quelle honte pour nous si l'on pouvait dire que les Canadiens français sont des descendants de malfaiteurs! Et puis, quel peuple serions nous devenus! Nous devions être un peuple urttnt tout catholique, et il fallait ici des pionniers honorables.Ces pionniers se tirent attendre soixante ans après les tentatives malheureuses de François 1er; mais, Dieu merci, à l'heure marquée par la Providence, ils vinrent implanter ici la civilisation française et catholique; ils vinrent continuer l'œuvre de Jacques Cartier.Alors, mes chers petits amis, parut un homme dont, le génie, la vertu et l'influence devaient laisser dans la Nouvelle-France l'amkti.i.i: 227 \in souvenir immortel.Cet homme, ce fut Samuel de Champlain.le fondateur de Québec.Vous savez que Québec fut fondé en 1608! De notre temps beaucoup de pens s'imaginent qu'un homme du monde, à la fois intelligent, instruit et excellent chrétien, est un "oiseau rare", si rare qu'il est presque impossible de le trouver.Quelle erreur! Les bons chrétiens intelligents et instruits ne sont pas aussi rares qu'on le pense: il n'est pas nécessaire d'aller au bout du monde, ni dans les siècles (tassés, pour en trouver, croyez-moi.Vous connaissez de ces gens-là comme moi-même j'en vois tous les jours.Toutefois avouons que les lâchetés et les défaillances abondent en notre sièele de progrès; que les bons chrétiens sont souvent enclins à mettre en poche leur drapeau; qu'ils sont peut-être trop empressés de sacrifier leur place et leurs droits.Ça pourra donc vous être utile, nies chers petits amis, tout en tenant compte des bons exemples que vous avez sous les yeux, de contempler, à l'aurore de votre vie.les belles silhouettes de nos héros et de nos héroïnes.Nous ne saurions nous arrêter trop souvent ni trop longtemps devant les gloires de la Patrie.Quel chrétien que Champlain! l'n seul mot échappé de sa grande aine et gravé dans l'histoire le montre bien tel qu'il fut : "La conversion d'un infidèle vaut mieux que la conquête d'un royaume.' ' Champlain se montra l'apôtre de Dieu à l'égal des missionnaires qu'il avait amenés avec lui."Le Port, où il faisait sa résidence, dit l'abbé Paillon, semblait être une école de religion et de vertu." Comme saint Augustin et les moines de notre temps, il faisait lire à sa table : le matin c'était quelque bon historien, et le soir la Vie des Saints.A la tin du jour, rapporte le Père Le Jeune, il y avait l'examen de conscience, et puis récitation des prières à genoux.Par ordre de Champlain, on sonnait la salutation angélique, au commencement, au milieu et a la fin de la journée. 228 i/ABEIU.E De tels exemples devaient produire des effets merveilleux dans la colonie.Aussi bien le Père Vimont écrivait : "On vit ici dans une grande innocence, la verlu y règne comme dans son empire.".Plusieurs, après s'être négligés en France, changeaient de vie au Canada.C'est dans l'esprit chrétien qu'on trouve la vraie sagesse; et c'est l'Eglise qui possède et.inspire les meilleures méthodes d'organisation sociale.L'histoire de Champlain, de nos héros, de nos héroïnes le prouve bien.On parle aujourd'hui, plus que jamais, de la nécessité du retour à la terre.Champlain lui, il y a trois siècles, savait toute l'importance de l'agriculture pour un pays; et ce fut sur ses instances que Louis Hébert, dont nous parlerons bientôt, se détermina à passer au Canada avec sa famille.Ah! si ces hommes eussent été mieux compris en France et au Canada, la colonisation clic/, nous eût marché plus rapidement ! La vraie sagesse ne peut se trouver dans l'égoïsme de la vie purement matérielle.L'égoïste ne voit en tout que son avantage du moment, et ne cherche le plus souvent qu'un gain méprisable, cela sans songer au bien commun.Champlain eut à lutter contre les égoïstes île sou temps.Kn ce temps-là.mes chers petits amis, il y avait déjà des gens qui, pour un peu d'argent, semaient la ruine et la mort, autour d'eux.En homme clairvoyant, le fondateur de Québec défendait de vendre de la boisson aux sauvages.Est-ce que vous ne pensez pas qu'il y a une grande ressemblance entre les sauvages ivrognes du temps de Champlain et les gens qui aujourd'hui sortent ivres de nos buvettes ! Hélas! les plus sauvages sont peut-être les buvetiers qui font boire ces pauvres misérables.la honte de notre civilisation.Il faudrait causer jusqu'au malin si nous voulions repasser toute l'histoire de Champlain.Ce fut le jour de -Noël.25 décembre 1(i:i.">.que retourna vers Dieu Samuel de Champlain.dans les sentiments de la plus tendre piété.Il y avait vingt-sept ans que Québec était fondé, et la civilisation française et catholique avait déjà pénétré au loin, à travers les forêts du nouveau inonde.Cette nuit de Noël dut remplir les âmes d'émotions indicibles.Champlain, le conseiller, le protecteur, le fondateur de la petite colonie s'en allait pour toujours.Mais dans le silence solennel de la nuit, nos pères durent entendre, avec une joie ineffable, ces paroles pleines de mystère et d'espérance : "Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté!" Abbé J.-G.GÉUKAS. £ £ £ ¦£ £ £ ¦£ ¦£ £ £ ¦£ £ £ ¦£ ¦£ L £ NOTES DE VOYAGE 3.— I.es iiei'x iwtiiiks ni: Jksls.Notre premier SlagO en Terre Sainte est au sommet d'une cul line, en Galilée, aux HOUrecs du .lourdain.I.e soleil est chaud, l'air est pur; sur eetle colline ont dû s'asseoir jadis Notrc-Sci-gneur et ses disciples.Le Jourdain coule à nos pieds et va porter ses eaux au lae de (iénésarelh.Nous prenons gaiement un déjeuner champêtre a la manière des excursions de chez nous.Tout chante dans nos âmes; une prière en commun pour bien Commencer notre pèlerinage, un Chant de reconnaissance : nous tommes au pays de Jésus.Deux heures plus lard, nous foulons le sol de Cnpharnaiiin.seconde patrie de Jésus.Caphnrnaiim est un nom qui évoque de nombreux souvenirs.Celle ville fut jadis un des plus beaux endroits de villégiature, au bord du lac de (iénésarelh, une terre privilégiée qui fut le Ihéûlrc des principales prédications et des plus beaux miracles de Jésus.Ce fut aussi une terre Ingrate qui fut l'objet de l'une des plus terribles malédictions du divin Maille : l', H, 7 donnent 20 comme total; la retenue ajouté*' aux chiffres restants mis aux dimincs donnent justement un total de 10; nous avons donc une première série : 12, 35, 48, 07, dont la somme est 100. 240 ]/aiii:ii.i.i: On comprend fncilcment que.les chiffres pinces mix dizaines (1, .1, 4, 0) peuvent changer de place entre eux sans que le total en soit affecté.Combien peut-il y avoir «le permutationsf 13 Deux chiffres peuvent occuper seulement deux pinces .Avec trois 3 1 chiffres, chacun d'eux peut occuper la premiere place, les deux autres ont deux permutations, comme on vient de le voir; il y mirait donc en tout 3 X 2 ou 0 permutations.Alors, nvee quatre chiffres, on mirait 4X0 ou 24 permutntions.De ce fait, nous avons donc déjà 24 séries de nombres dont le totnl est 100.En mettant nux dizaines 2 et .", et 3 et 4 aux unités, nous avons toujours 100 comme totnl.Les chiffres des dizaines sont maintenant 1, 2.1, 0, qui donnent lieu aussi A 24 permutations, d'où 24 nouvelles séries de quatre nombres dont le total est 1011.Il y a donc en tout 4S séries possibles, qu'il est facile d'écrire.Ont résolu In problème : (IS scries) Auguste Hraun.— (4li séries) Gérard Abel.— (S! séries) Arthur Vallée, Charles Edouard Villeneuve, Pnul Brossoit, Jacques Corbeil, Gilles Parrot, .lenn llernard Emond, Alice Vermette, Vianney Mailloux, Laurent Jolivette, Almanznr Lulierge, Léo-Pnul Saint-Yves, l'nul Perreanlt, Eugène Moqiiiu, .lenn Charles Brunei, Raymond Itennud, Maurice Page, Marcel Lord, Paul-Emile Doré.La prime offerte, tirée nu sort, a été gngnée par Laurent .lolivette (Shawiniya n Fallu).2 0 4 5.— 47 pommes.4.— Carré magique 7 5 3 7 OIS ' — 5"9- (Le tiers et demi = 1 prendre lo double de In moitié ou la uioitié du double, c'est prendre le nombre tout entier.) Un henu problème (Voir le N" 8, jingo.17).Ce problème tel que présenté ici ndmet huit solutions : B 1" Découper suivant deux lignes droites AB, AC; avec les deux triangles semh'ables et fgaux obtenus il est facile de constituer le carré demandé.— Cotte solution, la plus élégante des huit, n été trouvée par Gérard Poirier, élève finissant de Hhawinigan Falls.2* Découper suivant deux ligne/ droites et obtenir en tout quatre morceaux; i.' y a deux solutions dont l'une a paru nu N' 6 de "L'Abeille".¦ ¦¦2po.^ 3" Découper suivant trois lignes droi- tes ot obtenir en tout quatre morceniix : il y a trois solutions.4° Découper suivant quatre lignes droites et obtenir cinq morceaux : une solution.5' Découper suivant quatre lignes droites et obtenir six morceaux : une solution.Le problème, ninsi élargi, est laissé au concours nvee promesse de prime. S UNT-PtBMHS OB H»ME.Le iilu» u(u(< ci /.pliu ricin- ilt* temple* chrétien*.
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