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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2001-10-07, Collections de BAnQ.

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[" 7LP0101A1007 Psgre A1/7octobre 7LP0101A1007 ZALLCALL 67 01:23:56 10/07/01 B MONTRÉAL DIMANCHE 7 OCTOBRE 2001 LE PLUS GRAND QUOTIDIEN FRANÇAIS D'AMÉRIQUE 1 1 7e A N N É E > N O 3 4 4 > 6 0 P A G E S > 4 C A H I E R S 60 ¢ TAXES EN SUS EST ET NORD-OUEST D U QUÉBEC > HU LL-OTTAWA > 70¢ Comment sécuriser les É.-U.?Le rude défi de Tom Ridge LE SABLIER EST PRESQUE VIDE Les islamistes se préparent au djihad JERRY SCHWARTZ de l'Associated Press NEW YORK \u2014 Vous vous appelez Tom Ridge.Votre travail est de vous assurer que les États-Unis se protègent du terrorisme.Voici ce que vous devez surveiller : près de 600 000 ponts, 170 000 réseaux d'eau potable, plus de 2800 centrales (dont 104 nucléaires), 305 710 kilomètres de gazoducs, 463 gratte-ciel, plus de 32 000 km de frontières, des aéroports, des stades, des voies ferrées, des écoles, des usines et plus de 285 millions de personnes disséminées sur 9 372 615 km2.Tom Ridge Ex-gouverneur républicain de Pennsylvanie, Tom Ridge, ancien sergent décoré pour brav o u r e a u Vietnam, deviendra demain le directeur du Bur e a u d e l a sécurité intérieure (OHS), un nouvel organisme créé le 20 septembre dernier par le président George W.Bush après les attentats de New York et Washington.Sa principale tâche sera de coordonner les activités d'une quarantaine d'agences fédérales chargées de la sécurité publique et qui se sont souvent opposées par le passé.« Il faut qu'il y ait un arbitre, quelqu'un qui soit un médiateur, un entraîneur », résume Michael Greenberger, professeur de droit à l'Université du Maryland et ancien haut fonctionnaire au ministère de la Justice de 1999 à 2001.Il compare le poste de M.Ridge à celui de Condoleezza Rice, la principale conseillère de M.Bush en matière de sécurité.Ridge jouit d'un avantage certain : il a l'oreille du président, selon M.Greenberger.Il s'agira donc d'un rôle de coordination où il ne faudra pas essayer d'être omniprésent.« Si vous vous dites que vous allez défendre le pays en protégeant chaque cible sensible et vulnérable, vous échouerez », pense Donald Hamilton, directeur adjoint de l'Institut pour la prévention du terrorisme à Oklahoma City et ancien conseiller de la Commission nationale du terrorisme.Tom Ridge pourra notamment être celui qui se battra pour obtenir les moyens humains et financiers pour faire face aux menaces.Michael Greenberger estime qu'il Voir SÉCURISER en A2 Le plus extrémiste des partis religieux pakistanais, Sipah-e- Sahaba, se prépare à la guerre depuis longtemps, il n'attend plus que la première attaque anglo-américaine contre l'Afghanistan pour « exterminer » les ressortissants de ces deux pays et se porter à la défense des talibans.« Si l'attaque se produit, nous passerons à l'action partout, il ne restera plus un homme blanc vivant dans notre pays et nous irons ensuite nous battre aux côtés de nos frères talibans », dit Ahmed Naseer, 50 ans, secrétaire général du parti à Islamabad et commandant pour la province du Pundjab.La menace peut sembler excessive mais venant d'un des dirigeants du mouvement intégriste le plus radical du Pakistan, elle est prise très au sérieux par le gouvernement du général Musharraf.Deux formations islamistes moins importantes ont d'ailleurs été interdites par l'État.Le chef fondateur de Sipah-e-Sahaba (Soldats des disciples du prophète), Mohammad Azam Tariq, a été emprisonné pendant cinq ans pour ses discours incitant à la violence ethnique et religieuse.Des centaines de ses militants sont encore incarcérés pour répondre de divers actes de terrorisme perpétrés au nom d'Allah.Grand et mince dans son shalwar- kafmeez (costume traditionnel), Naseer explique d'une voix peu convaincante qu'il aurait mieux aimé trouver une solution pacifique à l'affaire Oussama ben Laden.Hélas, les Américains et les Britanniques ne veulent rien entendre, ils ne profèrent que des menaces depuis le 11 septembre, dit-il.Selon lui, personne ici ne croit que les accusations américaines contre ben Laden sont fondées et même si elles l'étaient, les talibans refuseront toujours de le livrer aux Occidentaux.S'ils obtiennent des preuves irréfutables, ils le jugeront eux-mêmes ou le livreront à un tribunal musulman, affirme Naseer.Peu importe aux islamistes si le président du pays, le général Pervez Musharraf, soutient que ben Laden est lié aux attentats de New- York et Washington.« C'est un menteur et un dictateur acheté par les Américains », tranche Naseer.« Vous devriez diffuser la vérité Voir ISLAMISTES en A2 Photo REUTERS Deux talibans, à l'allure peu guerrière, montent la garde devant une base militaire à Kaboul, tandis que leur chef spirituel, le mollah Mohammad Omar, continue de soutenir que le mouvement intégriste afghan est prêt à affronter la plus moderne armée du monde plutôt que de livrer Oussama ben Laden aux Américains.Bush renouvelle son avertissement auxtalibans TED ANTHONY de l'Associated Press ISLAMABAD \u2014 Le président américain George W.Bush a averti hier les talibans au pouvoir en Afghanistan, qui refusent toujours de livrer Oussama ben Laden, qu'il « ne reste plus beaucoup de temps ».Un nouvel avertissement formulé alors qu'un millier de soldats américains sont attendus en Ouzbékistan et qu'un appareil inconnu a survolé Kaboul, renforçant la nervosité dans la capitale afghane.Face aux bruits de botte, les talibans ont pourtant fait quelques gestes de bonne volonté en annonçant la libération prochaine de la journaliste britannique Yvonne Ridley, arrêtée le 28 septembre dernier et accusée d'espionnage.Le régime du mollah Mohammed Omar s'est par ailleurs dit prêt à libérer les huit membres occidentaux d'une ONG chrétienne poursuivis pour prosélytisme à condition que les États-Unis cessent de « lancer des menaces » militaires et « mettent un terme à leur campagne massive de propagande.» Mais cette proposition a été sèchement rejetée hier par la Maison- Blanche.« Le président a clairement indiqué depuis le début que les talibans doivent libérer les travailleurs humanitaires et que l'heure est aux actes, pas aux négociations », a souligné la porte-parole Claire Buchan.Un peu plus tôt, M.Bush avait souligné dans son allocution radio hebdomadaire que son pays avait « donné aux talibans l'opportunité de livrer tous les terroristes en Afghanistan et de fermer leurs camps ».Pour lui, « un avertissement a été donné et il ne reste plus beaucoup de temps.» Le président américain a par ailleurs tenu à réaffirmer que la campagne en cours de préparation contre le terrorisme ne visait pas le peuple afghan.« Nous offrons notre aide et notre amitié au peuple afghan.Ce sont leurs dirigeants et les terroristes que ces derniers protègent qui ont tout à craindre », a-t-il dit.Après avoir débloqué jeudi une aide humanitaire d'urgence de 320 millions de dollars pour l'Afghanistan, M.Bush a exhorté hier le Congrès à voter la création d'un fonds pour, à terme, « la « reconstruction et le développement de ce pays en difficulté ».Et d'enfoncer le clou en disant : « De même que nous combattons les régimes malfaisants, nous nous montrons généreux envers les peuples qu'ils oppriment ».Outre les États-Unis, ce sont 600 millions $US) qui ont été promis hier par l'ONU aux organisations humanitaires internationales pour venir en aide aux Afghans, à l'issue du Forum international pour les réfugiés afghans et les populations déplacées qui s'est tenu pendant deux jours à Genève.Enfin, achevant une tournée qui l'a conduit en Russie et au Pakistan, considéré comme un pays-clé dans la campagne contre le terrorisme, le premier ministre britannique Tony Blair s'est rendu hier en Inde qui compte également une importante communauté musulmane.Expliquant le besoin de rallier les pays de la région, il a estimé que le but de sa visite « est de s'assurer que nous avons dressé un piège autour de l'Afghanistan et que tout le monde soutienne ce que nous avons besoin de faire.» Arts et spectacles B6-B11 -lec tures B1-B5 -ho raire spectacles B10 -ho raire télévision B6, B7 À tire-d'aile B12 Bandes dessinées C7 Décès C11 Éditorial A18 Êtes-vous observateur C8 Génies en herbe B11 Grille thématique B11 Feuilleton C7 Forum A17, A19 Horoscope C10 Laporte Stéphane A5 La presse d'ailleurs A16 Le bridge C9 Le monde A15 Loteries A2, A4 Mots croisés B11, C7 Mot mystère C11 Petites annonces -im mobilier C8 -ma rchandises C8, C9 -em plois C9 -au tomobile C9-C11 Santé C1 à C5 Sciences C12 Têtes d'affiche C6 M É T É O Voir page S16 Ciel variable Maximum 7, Minimum 4 Un point pour les Glorieux Le Tricolore a réussi à arracher un point hier pour son match d'ouverture au Centre Molson grâce à un verdict nul de 2 à 2 contre les Maple Leafs de Toronto.Mike Ribeiro a compté son premier but de la saison, suivi par Yanic Perreault.Avant le match, le capitaine du Canadien, Saku Koivu, est venu saluer les spectateurs qui lui ont réservé une longue ovation chargée d'émotions.Un des plus beaux moments de la courte histoire du Centre Molson.Voir nos informations en S3 Québec New York 2001 La coïncidence est quand même extraordinaire : juste au moment où le Québec s'apprêtait à envahir le quartier de la finance de New York pour lancer une campagne de charme sans précédent aux États-Unis, le World Trade Center s'écroulait.Il peut sembler futile de revenir sur l'annulation du volet principal de l'événement Québec New York 2001, qui devait se dérouler au World Financial Center, à deux pas des tours jumelles, du 13 septembre à aujourd'hui même.Mais ce rendez-vous manqué est peut-être symbolique.Qu'allions nous faire à New York ?Pendant plus de trois semaines, le Québec d'aujourd'hui \u2014 artistique, culturel, entrepreneurial, scientifique, technologique, touristique et gastronomique \u2014 allait annoncer à la capitale du monde son appartenance aux valeurs qu'elle incarne, l'ouverture, la modernité, le capitalisme.« C'est clair », disait la ministre Louise Beaudoin en juin dernier, en faisant référence à l'objectif de Québec New York 2001, pour lequel le gouvernement québécois avait dégagé un budget de 15 millions.« C'est de montrer que le Québec a changé, que le Québec est vraiment en mouvement, que le Québec est devenu partie prenante de cette mondialisation dont on parle tant.» À 5 h 30 du matin, le 10 septembre, le styliste Bernard White mettait la dernière touche à l'installation de « L'Espace Québec », le nom du site où devaient avoir lieu 75 % des activités de l'événement.Sous sa verrière grandiose, le Winter Garden, l'agora du World Financial Center, n'avait jamais été aussi beau, avec ses mannequins et ses bannières géantes aux couleurs du Québec.En rentrant au bureau, ce jour-là, plusieurs travailleurs du complexe s'étaient émerveillés devant le nouveau décor créé par White et son équipe.New York semblait vraiment prête à réserver un accueil exceptionnel au Québec.Bien avant les attentats, le New York Times avait décidé de consacrer à la « saison » québécoise toute la première page de sa section culturelle du dimanche 16 septembre.Le quotidien avait demandé à Jacques Godbout Voir QUÉBEC en A2 RICHARD HÉTU 7LP0201A1007 Psgre A2/7octobre 7LP0201A1007 ZALLCALL 67 01:24:09 10/07/01 B A 2 L A P R E S S E MONT R É A L D IMANCHE 7 O C T O B R E 2 0 0 1 1 > DEMAIN DANS LA PRESSE Les débuts du TNM vus par Jean Dalmain À l'occasion du 50e anniversaire du Théâtre du Nouveau Monde, mardi, notre journaliste Ève Dumas a rencontré le comédien, metteur en scène et enseignant français Jean Dalmain, débarqué au Québec peu après la fondation du TNM dont il fut aussi un joueur très actif.Aussi, la directrice artistique Lorraine Pintal nous fait part de sa vision du TNM.A lire demain dans le cahier Arts et Spectacles 2 > AUJOURD'HUI SUR CYBERPRESSE > Toutes nos critiques de livres cyberpresse.ca/livres > Répondez aux lettres de lecteurs cyberpresse.ca/lecteurs > Les capsules linguistiques de Paul Roux cyberpresse.ca/paulroux 3 > À VENIR CETTE SEMAINE > Frank Gehry Une entrevue avec le célèbre architecte à Toronto, mardi dans le cahier Arts et Spectacles.> Figures Le retour des cubes, mardi dans le cahier Actuel.> Cinéma maison Le Journal de Bridget Jones et autres sorties vidéo de la semaine, mardi dans le cahier Arts et Spectacles.LOTERIES LA QUOTIDIENNE > À trois chiffres : 4-6-3 > À quatre chiffres : 2-3-6-6 LOTO 6/49 > 01-18-27-28-43-47 Compl.: 11 > Extra : 405560 SUITES DE LA UNE Soccer: le match historique France-Algérie gâché parles spectateurs ISLAMISTES Suite de la page A1 et dire que les États-Unis utilisent ce prétexte pour étendre leur emprise dans la région.Notre cible est l'Amérique ! Je dis les Blancs, mais ce sont les Américains et leurs alliés britanniques que nous visons.Les autres n'ont rien à craindre », poursuit-il.Naseer prétend que son mouvement est implanté dans toutes les grandes villes du pays et peut compter sur plus de trois millions de membres ou sympathisants.L'organisation s'étend même dans 17 pays où il y a des communautés pakistanaises, dont la Grande Bretagne, et les États-Unis.Elle songe à s'installer à Ottawa l'an prochain.Son objectif ultime est d'instaurer au Pakistan un régime islamique intégriste comme celui qui existe en Afghanistan.On dit de son chef qu'il est l'Oussama pakistanais parce qu'il rejette le processus électoral et prône une révolution dans la violence pour changer le système politique du pays.Dangereux fanatiques Pour le professeur Riffat Hussain, directeur du Département d'études stratégiques et militaires de l'Université Quaid-e-Azam d'Islamabad , ce parti religieux et les douzaines d'autres comme lui au pays sont de « dangereux fanatiques ».« Ces groupes sectaires sont des fascistes violents qui prêchent la haine, je les compare au Ku Klux Klan des États-Unis.Ils n'hésitent pas à tuer et ils ont des liens directs avec les talibans qu'ils admirent », affirme M.Hussain.Selon lui, le Sipah-e-Sahaba exagère quand il se vante d'avoir trois millions de membres.Il estime néanmoins que les partis religieux, dans leur ensemble, peuvent compter sur l'appui d'environ 15 % de la population, soit plus de deux millions de personnes.« C'est vrai que leurs militants sont souvent emprisonnés en raison de leur violence et de leurs discours haineux.Ils le seraient cependant plus souvent si la loi était aussi sévère ici qu'en Occident et le gouvernement moins laxiste à leur endroit », souligne le professeur Hussain.Ils descendront dans la rue et feront beaucoup de bruit si l'Afghanistan est attaquée, ils sont organisés, armés et prêts à affronter l'État même au péril de leur vie, dit-il.La situation peut devenir très difficile et le pouvoir militaire devra peutêtre imposer le couvre-feu et la loi martiale pour en venir à bout.L'emprise de ces groupes sectaires repose sur l'ignorance, dit M.Hussain.Ces gens-là trouvent facilement des partisans dans un pays où plus de la moitié de la population est analphabète et 70 % des femmes n'ont pas eu accès à l'école.Le gouvernement Musharraf a hérité de ce problème parce que les dirigeants antérieurs du Pakistan n'ont jamais vraiment fait d'efforts pour améliorer le système d'éducation.L'école n'est ni valorisée ni obligatoire.Une forte proportion des enfants abandonnent avant même d'avoir terminé l'école primaire.À long terme, la meilleure façon de combattre le fanatisme des partis religieux est de favoriser l'éducation, juge M.Hussain.En attendant, l'État devra enlever les gants blancs et leur dire sans ménagement que la récréation est terminée.Agence France-Presse SAINT-DENIS \u2014 La première rencontre France-Algérie de l'histoire du football a été interrompue hier à la 76e minute, vers 22 h 00, après l'envahissement pacifique de la pelouse du Stade de France où 80 000 personnes avaient pris place, en majorité des supporteurs algériens.« Je suis Marie-George Buffet, ministre de la Jeunesse et des Sports.Il faut respecter ce match, respecter la joie ».Malgré l'intervention au haut-parleur de la ministre, visiblement émue, la rencontre n'a pas pu reprendre après que plusieurs dizaines de supporteurs arborant des drapeaux algériens eurent pénétré sur la pelouse, visiblement emportés par leur enthousiasme.« Gardons le bon souvenir de ce qui s'est passé, rentrez chez vous dans le calme et l'amitié », a hurlé au haut-parleur le président de la Fédération française de football (FFF), Claude Simonet, après avoir tenté une première fois en vain de calmer les esprits.Les deux équipes ont immédiatement été évacuées, de même que la tribune officielle où avaient pris place outre Mme Buffet, le premier ministre, Lionel Jospin, et le ministre des Affaires Sociales, Elisabeth Guigou.Des jets de canettes ou de bouteilles de plastiques ont visé la tribune officielle, a reconnu à la télévision Mme Buffet, qui a elle-même reçu un projectile à la joue droite.Les stadiers étant débordés, les forces de l'ordre se sont déployées autour du terrain, particulièrement devant la tribune sud où avaient se trouvaient les supporteurs les plus exubérants.L'équipe de France championne du monde et d'Europe menait alors 4 à 1.L'issue de la rencontre ne faisait aucun doute.« La réconciliation à travers le sport est en marche.Il faut prendre les 76 premières minutes de bonheur.Je ne retiens que cela », a déclaré le sélectionneur français Roger Lemerre.« La fête avait bien commencé sur le terrain et dans les tribunes.C'est désolant de finir comme cela », a ajouté son homologue algérien Rabah Madjer.Une majorité d'Algériens de France ou de Français d'origine algérienne avaient pris place pacifiquement dans le Stade de France de Saint-Denis, dont le coeur pour une fois ne battait pas pour les Bleus.Dès le début de la rencontre, quelques supporteurs algériens avaient pénétré sur la pelouse pour déployer des drapeaux algériens ou approcher les joueurs, mais ils avaient été rapidement ceinturés par les stadiers.Avant la rencontre, l'hymne algérien, interprété par la fanfare de la Préfecture de Paris, avait été repris en choeur par le public alors que la Marseillaise avait été sifflée.Les noms des Bleus avaient également été hués, à l'exception de celui de Zinédine Zidane, le meneur de jeu français d'origine kabyle qui a été remplacé à la mitemps par Youri Djorkaeff.Les supporteurs s'étaient rendus dans le calme au Stade de France, où d'importantes mesures de sécurité avait été prise dans le cadre du plan Vigipirate renforcé pour cette rencontre classée à risque.« SOS racisme condamne les imbéciles qui ont gâché la fin du match France-Algérie.Des millions d'Algériens, de Français ont eu leur fête gâchée alors que l'ensemble des supporteurs ont eu un comportement exemplaire », a déclaré le président de SOS Malek Boutih, en souhaitant la tenue d'un autre match.SÉCURISER Suite de la page A1 pourra recruter les cerveaux qui permettront de mieux sécuriser le pays, se tournant \u2014 pourquoi pas \u2014 vers une industrie technologique aujourd'hui frappée par la récession.William Martel, un spécialiste de sécurité nationale au Naval War College de Newport (Rhode Island), estime qu'après une première posture sécuritaire défensive bien naturelle après les attentats, Tom Ridge devra animer une seconde phase plus offensive consistant à réunir tous les outils disponibles \u2014 juridiques, financiers, diplomatiques, militaires, et bien sûr le renseignement \u2014 pour neutraliser les terroristes avant qu'ils ne frappent.Une nouvelle mentalité va donc devoir apparaître dans un pays qui pensait être à l'abri des tumultes du monde et où la liberté de se déplacer et de s'exprimer est érigée en principe intangible.Car ce renforcement de la sécurité et de la lutte antiterroriste risque aussi de remettre en cause certaines libertés publiques.« On ne pourra pas couper à un débat national et les gens devront dire » s'ils veulent que ces mesures soient prises, estime Donald Hamilton, persuadé qu'une partie du travail de M.Ridge consistera aussi à encadrer et nourrir ce débat.Le fait de doter les Américains d'une carte d'identité nationale, un document inconnu jusqu'ici aux États- Unis, fait partie de ce débat.QUÉBEC Suite de la page A1 d'écrire l'article principal, dont le thème choisi était l'évolution culturelle du Québec, ce « pays symbolique », pour reprendre l'expression de l'écrivain.Le texte a été publié à la date prévue, mais, ce jour-là, « L'Espace Québec » était enseveli sous les gravats et la poussière du World Trade Center.Qu'allaient faire les kamikazes à New York ?En s'attaquant à la capitale du monde, ne signifiaient-ils pas leur refus des valeurs qu'elle incarne, l'ouverture, la modernité, le capitalisme ?Dans son article pour le New York Times, Godbout souhaitait que la saison « québécoise » à New York enterre pour de bon les préjugés des Américains à propos du Québec.Ce ne sont pas les seuls préjugés qui mériteraient aujourd'hui d'être réduits en cendres.Le 11 septembre, les tours jumelles n'étaient même pas encore tombées qu'un expert de l'Université Laval établissait à la radio québécoise un lien direct entre les attentats et l'indifférence de l'administration Bush à l'égard du problème palestinien.Ce point de vue est représentatif de ce que pense une bonne partie du Québec à propos des attentats contre le World Trade Center et le Pentagone, qui ont fait plus de 5000 morts.Selon un sondage publié dans La Presse, 40 % des Québécois estiment que la politique des États-Unis au Proche-Orient est la cause principale des attaques suicidaires, un taux plus élevé que dans le reste du Canada, où 31 % de la population est de cet avis.Il est intéressant de noter que l'an dernier, à Camp David, le président Bill Clinton avait proposé à Yasser Arafat un État palestinien incluant 95 % de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est.Le premier ministre israélien, Ehoud Barak, était prêt à accepter cette proposition historique qui l'aurait forcé à démanteler plusieurs colonies juives.Mais Arafat avait tourné le dos à la paix, contribuant ainsi à l'élection d'Ariel Sharon, un faucon.Ne doit-il pas lui aussi porter une part du blâme pour les attentats du 11 septembre ?Et que dire des autres leaders arabes de la région, dont les régimes corrompus et autoritaires ont joué un rôle certain dans la radicalisation de leur population ?Plusieurs Québécois ont imputé au fanatisme et à la haine des États- Unis les attentats du 11 septembre (44 %, selon le sondage de La Presse).Ils ont peut-être été moins prompts que d'autres à monter sur leurs grands chevaux et à réclamer des Américains un examen de conscience quelques jours seulement après l'attaque terroriste la plus meurtrière de l'histoire.Certes, cet examen de conscience est nécessaire.Même George W.Bush, bête noire des bien-pensants, l'a admis jeudi lors d'un discours devant les employés du département d'État.« Je vois, à travers la tristesse et la douleur, une occasion pour les États-Unis de réexaminer notre culture, de réexaminer ce que nous pouvons faire pour les gens dans le besoin, que ce soit dans notre pays ou autour du monde », a-t-il déclaré.Il va sans dire que cet examen de conscience ne devrait épargner personne, pas même les citoyens d'un « pays symbolique » comme le Québec. 7LP0301A1007 A3DIMANCHE 7LP0301A1007 ZALLCALL 67 01:23:31 10/07/01 B L A P R E S S E MONT R É A L D IMANCHE 7 O C T O B R E 2 0 0 1 A 3 2967632A LUTTE CONTRE LE TERRORISME Ottawa soutiendra l'armée Américains et Britanniques mobilisent des forces massives JOHN WARD Presse Canadienne OTTAWA \u2014 Le gouvernement fédéral accordera aux Forces armées canadiennes les moyens financiers de lutter contre le terrorisme, a fait savoir hier le général Raymond Henault, chef d'état-major de la Défense.« Le gouvernement a indiqué que les fonds nécessaires (.) seraient versés », a déclaré le général Henault, à Ottawa, lors de l'assemblée parlementaire de l'OTAN.Le haut responsable militaire n'a toutefois pas précisé l'importance des sommes en question, pas plus qu'il n'a révélé ce à quoi elles seraient précisément consacrées.« Il serait prématuré pour moi de procéder à quelque estimation que ce soit à ce sujet », s'est-il borné à dire, ajoutant tout de même que les Forces armées se trouvaient en plein processus de renouvellement de leurs ressources et besoins.« Le gouvernement devra prendre une décision en fonction de ce qu'il souhaite nous voir accomplir », a affirmé le général Henault.Toujours dans le cadre de cette rencontre parlementaire, le ministre fédéral des Transports, David Collenette, a quant à lui assuré aux législateurs de l'alliance atlantique que le Canada imiterait ou compléterait les mesures adoptées par les États-Unis afin d'accroître la sécurité dans l'espace aérien ainsi que dans les aéroports.Le Canada compte agir afin que les cockpits des appareils soient désormais interdits à tout intrus, a précisé M.Collenette, ajoutant que le personnel aéroporturaire sera aussi l'objet d'une surveillance accrue et que des inspections plus rigoureuses seront menées dans les aéroports.De telles mesures pouvant s'avérer extrêmement coûteuses, il est nécessaire qu'elles soient ciblées, a estimé le ministre.« Nous devons dépenser de l'argent, mais de toute évidence, si vous le faites en fonction de chaque éventualité, cela aura un effet déstabilisateur sur l'économie », a-t-il déclaré.Par ailleurs, M.Collenette a reconnu ne pas être très chaud face à la perspective de dépêcher un policier armé dans chaque appareil.« J'ai indiqué que c'était quelque chose que nous préférerions éviter, parce que nous avons le sentiment que la façon de faire face aux questions de sécurité à bord est de s'assurer que la sécurité au sol soit très stricte », a expliqué le ministre à des journalistes.Le Canada est prêt à contribuer de façon significative aux efforts menés par l'OTAN contre le terrorisme, a enfin affirmé le général Henault aux délégués présents dans la capitale fédérale.Il a évoqué les multiples ressources militaires canadiennes, de la cueillette des renseignements aux avions de chasse CF- 18, déjà impliqués dans la lutte actuelle au terrorisme.En cas de besoin, d'autres moyens existent, parmi lesquels on compte troupes et frégates, a-t-il ajouté.Agence France-Presse WASHINGTON \u2014 Les États-Unis et la Grande- Bretagne ont déjà massé plus de 50 000 hommes, des centaines d'avions de combat et des dizaines de navires de guerre à proximité de l'Afghanistan, en vue de représailles militaires aux attentats du 11 septembre à New York et Washington.Sur la base des informations disponibles, voici le décompte des forces qui pourraient être utilisées pour d'éventuelles frappes contre l'Afghanistan.États-Unis: opération Liberté immuable» >Forces aéronavales : Deux porte-avions sont déjà dans l'océan Indien.Armés par des équipages de 4000 à 5000 hommes, ils comptent chacun quelque 75 avions de guerre.Ils sont accompagnés chacun d'une escadre de soutien et de protection comprenant notamment des croiseurs, des destroyers et des sous-marins capables de tirer des missiles de croisière Tomahawk.Deux autres porte-avions font route vers l'océan Indien, dont l'un avec 80 avions de combat et un groupe aéronaval de 14 navires.Il s'y ajoute cinq autres navires de guerre.>Forces aériennes et terrestres : Un millier d'hommes de la 10e Division de montagne ont commencé à arriver le 6 octobre en Ouzbékistan, dans la région de Termez frontalière de l'Afghanistan.Un contingent de 2200 Marines a quitté le sol américain le 20 septembre, de même qu'un renfort d'une centaine d'avions militaires.>Outre ces forces spécifiquement déployées pour l'opération « Liberté immuable », les États- Unis entretiennent dans la région une force de quelque 20 000 hommes et 175 avions de combat.Cela inclut des avions d'attaque F-15 et F-16 ainsi que des chasseurs-bombardiers F-117.Les États-Unis disposent également, en temps normal, d'une quarantaine d'avions de combat sur la base turque d'Incirlik.Grande-Bretagne: manoeuvres Swift Sword 2 Quelque 23 000 hommes doivent prendre part du 18 au 29 octobre à Oman aux manoeuvres Saif Sareea (ou Swift Sword 2), le plus spectaculaire déploiement de forces britanniques depuis la guerre du Golfe.Voici ces forces, d'après Londres >Forces navales et aéronavales : Le bâtiment-amiral de la Royal Navy dans le Golfe est le porte-avions Illustrious, à bord duquel se trouvent notamment 15 chasseurs-bombardiers Harrier et Sea Harrier à décollage/ atterrissage vertical.La flotte britannique compte également deux navires d'assaut avec leurs hélicoptères, deux frégates, quatre corvettes, cinq dragueurs de mines, ainsi qu'une dizaine de navires de soutien logistique.Trois sous-marins à propulsion nucléaire (dont deux armés de missiles de croisière Tomahawk) complètent cette armada.>Les forces aériennes : Outre les Harrier et Sea Harrier de l' Illustrious, les Britanniques disposent de huit chasseursbombardiers Tornado GR4 au Koweït, six intercepteurs Tornado F3 en Arabie Saoudite et quatre chasseurs-bombardiers Jaguar en Turquie.Une douzaine de Tornado se trouvent également à Oman tandis que deux avions de patrouille maritime et un ravitailleur sont stationnés à Bahreïn.>Les forces terrestres : Une dizaine de milliers de troupes d'élite sont déployées à Oman, avec des chars lourds Challenger 2.Des membres des SAS (Special Air Services) et SBS (Special Boat Squadron) sont également présents, de même qu'environ 3000 commandos de marine.Des commandos SAS (Special Air Service) et des membres du MI6 seraient déjà dans le nord de l'Afghanistan.Au total, plusieurs centaines de commandos du SAS et du SBS sont en état d'alerte, prêts à être rapidement déployés.Londres peut enfin utiliser ses deux bases militaires d'Akrotiri et Dekhelia à Chypre, où sont stationnés 3300 hommes dont deux bataillons d'infanterie forts de 600 hommes, et de nombreux hélicoptères.Autres pays L'Australie a annoncé le 30 septembre qu'elle avait envoyé dans le Golfe un navire de guerre et qu'elle apportait déjà une contribution en matière de renseignement.En outre, 150 hommes des SAS (Services spéciaux, troupes d'élite australiennes) pourraient participer à des opérations secrètes en Afghanistan.L'opposition afghane, regroupée au sein de l'Alliance du Nord, a proposé les services de ses 15 000 hommes.La France, avec ses forces spéciales et la Légion étrangère, et l'Allemagne, avec ses commandos KVK, pourraient prendre part aux opérations.Ces informations n'ont pas été confirmées officiellement.L'Italie a également fait savoir qu'elle était prête à participer à des opérations militaires.La Russie a offert aux États-Unis des corridors aériens, en limitant toutefois officiellement cette offre aux opérations « humanitaires ».Moscou dispose par ailleurs au Tadjikistan de la 201e division russe, forte théoriquement de 7000 hommes déployés à Douchanbé et près de la frontière tadjiko-afghane longue de plus de 1200 km.L'envoi de 1700 hommes supplémentaires a été annoncé par Moscou le 25 septembre.Tous les pays ex-communistes d'Asie centrale ont proposé d'ouvrir leur espace aérien aux appareils militaires américains, limitant généralement comme Moscou leur offre aux opérations de sauvetage.Plusieurs autres pays moins proches de l'Afghanistan, comme Israël, la Turquie, la Grèce ou l'Ukraine, ont fait la même proposition.Les forces d'autodéfense (FAD) nippones, qui comptent 236 000 hommes, prévoieraient d'envoyer jeudi trois navires d'escorte et un autre de ravitaillement.La Corée du Sud est prête à fournir uniquement un soutien médical et logistique.Photo CP Le général Raymond Henault.Peut-on aller à Ground Zero, monsieur le guide?HUGO DUMAS NEW YORK \u2014 Le guide touristique Ed Ginsberg a eu beau montrer le somptueux appartement de la star Julia Roberts, raconter ses meilleures blagues ou pointer un boui-boui asiatique où a été tourné un épisode de la populaire comédie de situation Seinfeld, il n'y avait rien à faire.La trentaine de touristes, en majorité des Américains, qui ont payé pour monter dans son bus rouge à impériale, hier matin, n'avaient qu'une seule idée en tête : descendre à Ground Zero pour voir la plaie béante qui s'est ouverte le 11 septembre, en plein coeur du quartier financier de New York, et qui n'est pas encore guérie.« Est-ce qu'on peut y aller ?» demande une touriste de l'Oregon.« Va-t-on pouvoir s'approcher pour prendre des photos des débris », s'interroge son voisin, un Texan.Ed Ginsberg, qui cache ses longs cheveux gris sous un chapeau d'explorateur, le sait très bien : l'attraction principale de New York, en ce long congé férié, n'est plus la statue de la Liberté ou l'Empire State Building, mais bien une affreuse pile de débris et de métal tordu qui rappelle l'horreur des attaques terroristes.Ed Ginsberg fait stopper l'autocar à l'angle des rues Grand et Centre, dans la Petite-Italie.C'est le plus près que les militaires et les policiers lui permettent d'approcher, dit-il.Sharon Deschenes et sa fille Jessica, d'Orange County, en Californie, en descendent.À l'extérieur, il tombe des cordes et le vent claque dans les parapluies.Direction : les ruines du World Trade Center.« Nous avions prévu ce voyage depuis longtemps, car ma fille fête ses 16 ans aujourd'hui.C'était son cadeau.Nous aurions pu tout annuler, mais c'était plus fort que moi, il fallait que je vienne voir de mes propres yeux », confie Sharon Deschenes, qui travaille dans une agence de voyages.À peine débarqués de l'avion, Isabelle Duval et son frère Jean-Robin, respectivement de Chambly et Laval, se sont eux aussi précipités aux abords du grand périmètre de sécurité, dans la pointe sud de Manhattan.« C'est désolant, il n'y a pas de mots pour le décrire », constate Isabelle.« Et dans le métro, c'est vide.Nous étions deux dans notre wagon, alors que d'habitude, c'est plein de monde.La ville est déserte », ajoute Jean-Robin.Il n'y avait que 18 personnes à bord de l'appareil qui les a transportés à New York, hier matin.Une bonne partie des commerces près des lieux de la catastrophe sont placardés.Il règne un silence inhabituel dans le quartier, pas de klaxons, pas d'engueulades entre deux chauffeurs de taxi au coin d'une rue, seulement des vrombissements de grues qui déblaient et des sirènes de camions qui reculent.Et cette odeur persistante de brûlé qui pique les narines.« C'est dégueulasse, c'est morbide, l'ambiance est bizarre ici, remarque Olivier Choquette, de Saint-Bruno, rencontré près du périmètre de sécurité.Les gens sont très silencieux.Au moins, tout le monde se respecte.» Collés à leur téléphone portable, plusieurs touristes décrivent à leurs proches ce qu'ils voient : des morceaux de tours noircis qui tiennent encore debout.» C'est affreux.C'est vraiment pire que ce qu'on a vu à la télé », indique André Beauregard, qui assistera aujourd'hui à un match de football entre les Giants de New York et les Redskins de Washington.Martha Uribe, de Ville-Émard, qui a de la famille à New York, est venue au pied du World Trade Center pour se convaincre que les attentats ont bel et bien été perpétrés.» Même si j'ai vu les images à la télévision, je n'y croyais pas.Mais maintenant que je suis ici, je ne peux plus arrêter de regarder », dit-elle, postée à l'angle de Broadway et de Maiden Lane.« C'est comme un mauvais film », précise son mari, Luis Santacoloma.Le Chinatown, collé sur le quartier des affaires, en arrache lui-aussi.Les lignes téléphoniques n'y sont pas toutes rétablies.Et plusieurs de ses commerces flirtent avec la faillite, précise le guide touristique Ed Ginsberg.Dans Canal Street, l'endroit parfait pour négocier une fausse Rolex ou une copie d'un sac Louis Vuitton, les commerçants chinois semblaient trouver la journée bien longue et les trottoirs, peu achalandés.Le congé de l'Action de grâces (ou du Columbus Day pour les Américains) est pourtant censé être une bonne période pour le tourisme new-yorkais.Pas cette année.Plusieurs touristes, dont de nombreux Québécois, ont décidé de rester à la maison.Contrairement à une majorité de touristes, Jacqueline et Yvan Lavoie, d'Ottawa, ont choisi de visiter New York uniquement pour constater les dégâts.« S'il n'y avait pas eu d'attentats, nous ne serions pas venus.Nous connaissons déjà la ville.Nous voulions être témoins d'un événement historique, souligne Yvan Lavoie.La seule chose qui nous faisait peur, c'était de prendre l'autobus après ce qui s'est passé au Tennessee.» La psychose aurait-elle gagné les compagnies d'autobus ?À la Station centrale de Montréal, tard vendredi soir, tous les passagers ont dû montrer leur passeport avant d'embarquer dans le dernier autocar de Greyhound pour New York.« Le permis de conduire n'est pas suffisant », criait une employée du transporteur Greyhound, tout en rédigeant la liste complète des passagers.Au poste de Lacolle, une douanière a fait sortir, vers 1 h, tous les occupants, ainsi que leurs bagages, le temps de bien fouiller l'autocar.Valises et sacs ont été déposés sur une grande table en métal.Ensuite, les passagers ont dû montrer leur passeport à un douanier et lui indiquer le but et la durée de leur excursion en sol américain.Après plus d'une heure d'immobilité, l'autocar a pu repartir avec tous ses occupants, sauf un.Une gentille Pakistanaise, qui disait vivre à Charlesbourg avec son mari.Son visa, semble-t-il, était expiré.Photo AP Un arc-en-ciel (en bas à droite) se formait hier au-dessus des restes du World Trade Center à New York, alors que les pompiers arrosaient les débris.Pour les touristes, aller voir ce lieu de leurs propres yeux est mainteant une priorité incontournable. 7LP0402A1007 A4 DIMANCHE 7LP0402A1007 ZALLCALL 67 13:17:24 10/10/01 B A4 LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 7 OCTOBRE 2001 Providentielle « association de malfaiteurs» ! Il y a deux façons de voir cette affaire.Ou bien on considère que la France, contrairement à d'autres pays occidentaux pourtant très pro-américains, a le mérite de mener, sans tambour ni trompette, une vraie guerre aux réseaux islamistes.Ou bien, comme disent certaines associations de défense des droits de l'homme, la France est un pays qui en prend à son aise avec la justice et la présomption d'innocence, en « persécutant » des islamistes pour leurs opinions et leurs fréquentations.Les deux points de vue se défendent.Le fait principal demeure : pour s'en tenir aux dernières années, les magistrats de la section antiterroriste de Paris ont envoyé devant les tribunaux pas loin de deux cents militants intégristes , parfois par fournées entières.En 1998, le fameux « procès Chalabi », du nom du chef présumé du réseau, a battu tous les records avec 134 accusés.En avril dernier, le procès où le « Canadien » Fateh Kamel a écopé de huit ans de prison comptait 24 accusés.Un nouveau procès d'intégristes arrêtés à Nice, Marseille ou en région parisienne, commencé il y a neuf jours à Paris, compte lui aussi 24 accusés.En même temps on juge à Douai, dans le nord de la France, trois rescapés du « gang de Roubaix », démantelé en 1996.Résumons : ni la police, ni les magistrats, ni les tribunaux français ne chôment sur le front « islamiste ».Avec les risques que cela comporte d'attirer de nouveaux attentats sur le sol français \u2014 qui a connu énormément de terrorisme « procheoriental » ou islamiste depuis quinze ans.Avec l'autre risque, celui d'expédier en prison, à la faveur de ces grands procès, des gens dont le seul crime est de connaître tel ou tel accusé.ou de fréquenter des mosquées considérées comme extrémistes.Le procès « Chalabi » de 1998 constitue la meilleure illustration du dilemme puisque, sur 134 mis en examen, 51 ont obtenu l'acquittement faute de preuves.Ce qui ne les avait pas empêchés de faire de longs mois de détention préventive.Il faut dire que l'arme pénale que les magistrats de l'antiterrorisme utilisent dans la quasi-totalité des cas est de celles qui visent large et peuvent mener à tous les dérapages.Il s'agit du délit dit d' « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ».Une disposition légale analogue à celle qu'on veut utiliser au Québec à l'encontre des bandes criminelles de motards.Mais qu'on utilise en France sur une grande échelle.Illustration, à l'occasion de l'actuel procès des « 24 » de Paris, procès au cours duquel on vient d'évoquer à la fois des menaces d'attentats contre le métro de Montréal et un Front islamique mondial (basé à Montréal) qui aurait signé des déclarations incendiaires et des menaces de mort envoyées aux agences de presse.Cela se passe mercredi dans la matinée.À la barre, comparaissant libre (après plus de 24 mois de détention), un certain Nacer Mamache, électrotechnicien de 40 ans, considéré par l'accusation comme un « gros poisson » dans ce dossier.Les faits qu'on lui impute : trafic de faux papiers et de voitures volées à destination de l'Algérie.On dit que c'est un « collecteur de fonds » pour les Groupes islamiques armées, qui font régner la terreur en Algérie.Plus concrètement, que lui reprochet- on ?Des faits datés de 1996 en gros.Un : il a souvent téléphoné de la cabine téléphonique située en bas de son immeuble, et cette cabine a beaucoup servi à joindre à Londres Mohammed Kerrouche, considéré comme un « chef » des réseaux GIA en Europe.Deux : un faisceau d'indices (écoutes téléphoniques) prouve qu'il avait le projet de prendre livraison d'un important stock d'armes au Luxembourg.Trois : au cours de la perquisition de son appartement, la police a trouvé un « croquis » de la main de Mamache (il le reconnaît) concernant.la fabrication d'un lance-roquettes ! « C'est juste un dessin, une fantaisie, ça ne veut rien dire », explique Mamache.L'un des éléments importants pour l'accusation, ce sont ces contacts téléphoniques fréquents avec Kerrouche à Londres.Condamné à huit ans en 98 dans le procès Chalabii, Kerrouche, toujours emprisonné, est de nouveau accusé dans ce procès.Depuis le box des accusés, l'Algérien de 41 ans, tenue élégante, sûr de lui et souvent sarcastique, nie totalement connaître Mamache.Kerrouche lui-même se dit victime « du terrorisme policier » de la France.L'une des pièces à conviction le concernant est une lettre manuscrite envoyée au numéro deux des GIA en Algérie.Une lettre fort compromettante, pour ne pas dire accablante, à propos de trafics d'armes et des projets d'attentats.Le hic, c'est que Kerrouche nie tout bonnement en être l'auteur et prétend que c'est un faux.À ce chapitre, la charge de la preuve reste à l'accusation.Mais bon : déjà condamné à huit ans, rejugé cette fois pour des faits similaires \u2014 « les mêmes faits ! » proteste son avocat Me Fouad Deffous \u2014 Kerrouche arrive au procès avec l'étiquette de chef de réseau terroriste.Ceux qui étaient en contact avec lui faisaient donc partie de cette association de malfaiteurs.En avril dernier, disons-le simplement, les faits matériels reprochés à Fateh Kamel \u2014 par ailleurs colocataire de Ressam à Montréal \u2014 étaient minces.Ce qui n'empêchait pas les magistrats de le tenir pour un « gros bonnet » du terrorisme islamiste, voyageant beaucoup, tenant des propos « explosifs » au téléphone, tirant des ficelles.Avec quoi l'a-ton finalement attrapé ?avec le fait qu'il était en contact avec des seconds couteaux de Roubaix, eux-mêmes simplement coupables de fabrication de faux papiers.L'association existait, les malfaiteurs étaient sous les verrous, et le projet terroriste était établi de longue date : à strictement parler, Kamel fut condamné pour avoir fréquenté des faussaires de banlieue.Providentielle disposition légale que cette « association de malfaiteurs » ! Ou plus exactement : « Une belle saloperie sur le plan juridique, mais c'est bien pratique ! » concluait un avocat de la défense.Et si c'était le prix à payer pour lutter contre les réseaux terroristes T V A, LE RÉSEAU DES TIRAGES DE LOTO-QUÉBEC Les modalités d'encaissement des billets gagnants paraissent au verso des billets.En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de L-Q, cette dernière a priorité.Le jeu doit rester un jeu Seules les sélections participant au Lotto 6/49 et au Québec 49 sur le même billet sont admissibles à la promotion.Ventes totales: 11 258 826 $ Prochain gros lot (approx.): 7 500 000 $ Tirage du 2001-10-06 Tirage du 2001-10-06 Tirage du 2001-10-06 Tirage du 01 08 10 18 20 2001-10-06 Tirage du 2001-10-06 Tirage du 2001-10-05 Tirage du 2001-10-06 Tirage du 2001-10-05 GAGNANTS LOTS 7/7 0 5 000 000,00 $ 6/7+ 5 41 469,00 $ 6/7 73 2 485,30 $ 5/7 4 326 149,80 $ 4/7 93 422 10,00 $ 3/7+ 84 377 10,00 $ 3/7 774 072 participation gratuite Numéro complémentaire: 11 Numéro complémentaire: 10 Numéro complémentaire: 31 NUMÉRO: 405560 NUMÉRO: 739118 NP1021401 Copyright 2001.Sears Canada Inc.PRIX EN VIGUEUR JUSQU'AU 21 OCTOBRE OU DANS LA LIMITE DES STOCKS moitié prix Les plus bas prix de la saison pour notre pneu ayant la plus longue garantie! 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P a r a p a p a m .pam.pam ! Pam.pam.pam.pam.pam.pam.pam.pam.pam ! » C'est le thème de La Soirée du hockey.La plus belle musique au monde.Oubliez les Beatles, Beethoven et Mozart.Aucune autre musique ne va plus me chercher que le thème de La Soirée du hockey.Toute mon enfance est là.Tout mon bonheur.Tous mes rêves.« Parapapam.pam.pam.pam ! » Le rythme est entraînant.Décidé.Joyeux.Gagnant.Il n'y a pas de paroles sur cet air-là, pourtant aucune mélodie ne me parle autant.Elle me parle de ma famille.Toute rassemblée le samedi soir dans le salon.Mon frère et moi, collés à trois pouces de l'écran.Mon père allongé sur le divan vert.Ma mère qui nous apportait des bonbons et des boissons gazeuses.Et ma soeur qui s'ennuyait à mourir, mais qui était quand même là ! Elle me parle de mes héros.Béliveau, Cournoyer, Lafleur.De toutes les fois où j'ai crié de joie.Où j'ai réveillé mon père qui était en train de ronfler, parce que mes héros venaient de compter.Elle me parle de mes autres héros.Lecavalier, Duval, Garneau.À cause de mes jambes, je ne pouvais rêver de devenir Béliveau, Cournoyer, Lafleur.Alors je rêvais de devenir Lecavalier, Duval, Garneau.Raconter l'histoire.Décrire les exploits.Avec leur noblesse.Avec leur passion.Et leur veston bleu marial.Elle me parle de mes voisins.Avec qui je jouais au hockey dans la ruelle à 20 sous zéro.En grosses bottes avec une balle de tennis.Avant de faire la mise au jeu, on chantait tous ensemble : « Parapapam.pam.pam.pam ! ».La fumée sortait de nos bouches.Tellement il faisait froid.Mais cette musique nous réchauffait.Nous donnait le goût de jouer.Comme les vrais.Elle me parle de mes amis, André- Philippe, Éric, Stéphane.De nos soirées à se raconter des souvenirs de parties de hockey : « Te souviens-tu de la fois où Larry Robinson a plaqué Gary Dornhoefer dans la bande ?! Pis la fois où Dave Schultz a couché John Van Boxmeer ?! Pis la fois où le monde huait Terry Harper, pis y'a traversé la glace et il a compté un but ?! Pis l'arrêt de Dryden contre Pappin.» Ça dure des heures.Vers la fin, on fait juste se nommer des vieux noms de joueurs de hockey et on rit.Gary Sabourin.Syl Apps.Les Binkley.Gilles Villemure.Andy Brown.Chuck Lefley.Gary Bergman.Rod Seiling.Et on termine toujours en chantant La Soirée du hockey.À tue-tête ! Elle me parle de mes blondes.Toutes découragées, les unes après les autres, d'être avec le seul gars qui aime encore regarder le hockey.Mais qui me pardonnent quand elles voient mon visage s'illuminer aux premières notes du thème de La Soirée du hockey.Cette musique m'a appris très jeune, que le bonheur c'est pas pendant.Que le bonheur, c'est juste avant.Quand tu sais que tu vas être heureux.Quand tu es tout excité à l'idée de l'être.Quand tu espères.J'ai vu plein de matchs, des grands matchs, des matchs ordinaires, et plein de matchs plates.Mais au moment où j'entendais le thème, j'étais certain en dedans que j'allais voir le plus beau match de ma vie.Quand rien n'est joué, tout est permis.« Parapapam.pam.pam.pam ! » Il y a aussi l'autre partie de la ritournelle.Celle du générique de la fin.Quand défilent les crédits.Elle est plus douce.Plus nostalgique.Ça fait : « Toutoutoutou.toutoutoutoutoutou.Ce bout-là, il me fout le blues.Il me rappelle qu'il fallait que j'aille me coucher.Que le bonheur était fini.Ma mère me disait : « Allez Stéphane, au lit ! » Et moi, je lui demandais au moins de me laisser jusqu'à la fin de la musique avant de me reconduire dans ma chambre.Ma mère me disait oui.Et j'écoutais la toune, en espérant qu'elle dure toujours.Que je n'aie pas à aller me coucher.Au fond de la maison.Dans le noir.Seul.Que je puisse rester avec toute la famille dans le salon.Entouré d'amour.Pour toujours.Le Canadien n'est plus ce qu'il était.Le hockey non plus.Les Béliveau, Cournoyer, Lafleur ne jouent plus.Les voix de Lecavalier, Duval, Garneau se sont tues.Je ne pourrai jamais plus regarder le hockey avec papa.La vie passe trop vite.Mais il reste le thème de La Soirée du hockey pour me rappeler que je suis toujours un enfant.Heureusement.« Parapapam.pam.pam.pam ! » Joyeuse cinquantième saison à La Soirée du hockey ! Et surtout ne changez pas le thème ! \u0001 \u0001 \u0001 Après avoir cherché pendant une semaine, le ministre Gilles Baril est finalement capable de répondre à la journaliste qui lui demandait ce qu'est une récession : « Une récession c'est simple, c'est quand Bernard Landry dit qu'on est en récession ! » \u0001 \u0001 \u0001 Pauvre PQ ! Comme l'a à peu près dit un créditiste : « Vaut mieux perdre son dentier que perdre ses partielles ! » \u0001 \u0001 \u0001 Pour remédier à son problème de cheveux, Jean Charest songeait à porter le turban.Il a changé d'idée.\u0001 \u0001 \u0001 Le maire Bourque a tellement bien manoeuvré pour déloger les squatteurs du centre Préfontaine, sans aucune violence, que le président Bush devrait faire appel à lui pour qu'il déloge ben Laden de l'Afghanistan.\u0001 \u0001 \u0001 Qui est le gardien numéro un du Canadien ?Hackett ou Théodore ?Hé que ça fait du bien de reparler de choses importantes après avoir perdu un mois à parler de terrorisme et d'ordre mondial ! \u0001 \u0001 \u0001 Bientôt à l'écran : Survivor 3.En Afghanistan.Ottawa veut donnerplus de pouvoiraux policiers JENNIFER DITCHBURN Presse Canadienne OTTAWA \u2014 Les responsables fédéraux viennent de faire savoir qu'ils entendaient accorder davantage de pouvoirs d'enquête et de surveillance aux policiers, dans le cadre de leur lutte contre le terrorisme.Cela suscite l'inquiétude de certains Canadiens, qui y voient une atteinte aux libertés civiles.La ministre fédérale de la Justice, Anne Mc Lellan, doit déposer une série de mesures antiterrorisme, le 15 octobre.Une source au sein du gouvernement, qui s'est exprimée sous le couvert de l'anonymat, a indiqué que les responsables se penchaient sur les façons d'accorder aux policiers des pouvoirs d'enquête accrus qui leur permettraient, notamment, d'obtenir plus facilement un mandat d'écoute téléphonique.« Si cela veut dire élargir les autorisations afin que la police puisse avoir recours à un certain type de surveillance, c'est à ce genre de choses que nous pensons », a déclaré la source.Ce qui est clair, c'est que le personnel du ministère de la Justice examine de près la nouvelle législation antiterroriste mise de l'avant aux États-Unis, laquelle prévoit des changements radicaux aux moyens dont dispose la police.Par exemple, un article clé de cette législation accorderait à la police ou au FBI le droit de mener des recherches en secret, une démarche actuellement rare.Face aux multiples interventions législatives provoquées par les attentats du 11 septembre, les défenseurs de la vie privée, tant au Canada qu'aux États-Unis, pressent les gouvernements de marquer une pause.Jeudi, le commissaire à la protection de la vie privée du Canada, George Radwanski, a lancé une mise en garde contre le recours aux caméras de surveillance destinées à garder un oeil sur les activités quotidiennes des Canadiens.M.Radwanski a ainsi jugé que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) avait contrevenu à la Loi sur la protection des renseignements personnels en installant des caméras de surveillance dans le centreville de Kelowna, en Colombie- Britannique.« Le mandat large de prévention de la criminalité ne donne manifestement pas aux autorités policières un pouvoir illimité de violer les droits des Canadiens », a-t-il déclaré par voie de communiqué.« Les autorités ne peuvent, par exemple, compiler des dossiers détaillés sur les citoyens « au cas où ».Elles ne peuvent forcer aléatoirement des personnes dans la rue à s'identifier.Elles ne peuvent pénétrer dans les foyers et y faire des perquisitions à leur gré sans obtenir l'autorisation préalable appropriée », a ajouté le commissaire.Les agents canadiens d'application de la loi sont en ce moment autorisés à mener des recherches secrètes, à installer des dispositifs d'écoute clandestine ou à surveiller les communications électroniques, en autant qu'ils obtiennent au préalable un mandat à cet effet.L'étendue et la portée de ces pouvoirs déjà existants font dire à la commissaire ontarienne à la protection de la vie privée, Mme Ann Cavoukian, que les changements proposés ne sont pas forcément souhaitables.« Tout le monde accueille favorablement des mesures plus radicales en présupposant que les dispositions actuelles sont insuffisantes.Je pense que c'est là que l'on commet une erreur, prévient-elle.Il y a bien des questions que l'on doit se poser avant d'aller de l'avant avec de nouvelles mesures de surveillance.(514) 748-7777 3333, ch.Côte-de-Liesse, Saint-Laurent Au coeur de la v i l l e www.gabriel.ca SOLDE DE L'ACTION DE GRÂCES Chasseurs d'aubaines\u2026 Voici l'occasion que vous attendiez! 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services secrets canadiens, un haut responsable d'une faction du groupe égyptien al-Jihad « engagé dans le terrorisme », a estimé le juge Marc Nadon en rendant sa décision devant la Cour fédérale du Canada.Un document du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) présenté au tribunal l'identifie comme un haut responsable de « l'avant-garde de la conquête », la branche la plus active du Jihad, conduite par Ayman al-Zawahri bras droit de ben Laden, premier suspect des attentats du 11 septembre aux États-Unis.Mahjoub était arrivé au Canada en décembre 1995, muni d'un faux passeport saoudien, et y avait obtenu en 1996 le statut de réfugié.Il était détenu depuis son arrestation l'an dernier en Ontario.Auparavant, le SCRS avait jugé qu'il constituait une « menace à la sécurité nationale » du Canada.Lors d'une audience judiciaire en mars dernier, M.Mahjoub avait affirmé qu'il s'était réfugié en Arabie saoudite, puis au Soudan pour fuir les persécutions dans son pays.Il avait admis avoir travaillé dans une ferme au Soudan, soupçonnée par les Etats- Unis d'avoir servi à financer le réseau Al Qaida de ben Laden, .Cependant, il avait affirmé ne pas savoir qui était ben Laden ni que d'autres personnes travaillant sur cette exploitation agricole appartenaient à Al Qaida.« Les informations classées confidentielles expliquent de façon concluante pourquoi (Mahjoub) a toujours refusé de dire la vérité concernant un certain nombre de choses », a écrit le juge Marc Nadon.« Dans sa plaidoirie, (Mahjoub) a tenté de faire croire qu'il avait été victime (d'un concours) de circonstances.Je n'ai pas été convaincu par cet argument et je ne suis donc pas prêt à l'accepter », a ajouté le juge.Le journal National Post a indiqué hier que Mahjoub aurait reconnu « qu'il avait été recruté par ben Laden pour diriger (l'exploitation agricole) al-Thimar al-Moubaraka, un projet d'irrigation de 400 000 hectares qui, selon les États-Unis, a servi à financer » Al Qaida.Il aurait démissionné de ses fonctions en 1993 à la suite d'un différend salarial.Le journal, citant le juge, a affirmé qu'au moment de son arrestation, Mahjoub avait sur lui les numéros de téléphone d'un Irakien, Moubarak al-Douri, qui lui aurait fait rencontrer ben Laden.Son avocat, Me Rocco Galati, a indiqué qu'il tenterait de faire appel à la Cour suprême du Canada pour éviter l'expulsion de son client vers l'Égypte, où il a été condamné par contumace à 15 ans de prison en 1999 pour terrorisme.Kandahar se vide de ses habitants Présence de policiers armés dans les avions au Canada?Associated Press CHAMAN, Pakistan \u2014 Dans la crainte de représailles américaines après les attentats terroristes du 11 septembre aux États-Unis, de nombreux Afghans ont quitté Kandahar, bastion des talibans dans le sud de l'Afghanistan, pour tenter de trouver refuge au Pakistan.« Kandahar est presque vide, et tous ceux qui y sont encore ont peur », a affirmé Bashir Ahmed, 27 ans, un commerçant qui s'est rasé la barbe \u2014 de rigueur dans le régime taliban \u2014 dès qu'il est arrivé au poste-frontière pakistanais de Chaman.« Personne ne sait ce qui va se passer demain », a-t-il ajouté.D'autres personnes, affichant leur satisfaction d'être libérées de l'emprise du régime taliban, ont fait une description similaire de la ville de Kandahar : magasins fermés, confusion alimentée par la peur et sévérité accrue de la part des autorités.Mais Yar Mohammed, un ouvrier de 27 ans, a une opinion différente.Les gens sont fatigués, a-t-il dit, mais le moral est bon.« Tout le monde souffre de la pauvreté parce que le Pakistan a fermé la frontière, mais nous sommes prêts à tout.Nous sommes contents car les Américains vont perdre ce combat.Leurs jours sont comptés ».Selon lui, les talibans ne livreront jamais ben Laden : « nous ferons tout pour la sécurité de notre hôte ».Pendant qu'il parlait, les premiers camions transportant 5000 tonnes de céréales envoyés par le Programme alimentaire mondial, en provenance de Quetta (Pakistan), sont arrivés à Kandahar.Une grande partie de ces vivres ont été donnés par l'administration américaine.Pour Yar Mohammed, méfiant, cette aide alimentaire est le fruit des « politiques de l'Amérique ».En théorie, la frontière est fermée.Mais des camions et des voitures continuent à la franchir, grâce à quelques billets glissés aux bonnes personnes par leurs conducteurs, ou parce qu'ils bénéficient d'une permission spéciale.Le no man's land entre l'Afghanistan et le Pakistan est une zone en proie à toutes sortes de commerces et de trafics.Des marchands pakistanais fournissent des produits de première nécessité aux Afghans qui leur donnent, en contrepartie, des produits de luxe passés en contrebande à travers d'autres frontières.Presse Canadienne OTTAWA \u2014 Le ministre fédéral des Transports, David Collenette, se dit prêt à envisager la possibilité d'autoriser la présence de policiers armés dans les avions.M.Collenette a dit à des journalistes que des fonctionnaires de son ministère discutaient avc leurs homologues américains de la possibilité que les avions de lignes commerciales canadiennes puissent se poser de nouveau à l'aéroport Ronald Reagan, à Washington, où la présence de policiers armés est désormais requise à bord.« Nous sommes prêts à discuter avec l'un ou l'autre de nos partenaires étrangers de quelque sujet de sécurité que ce soit et de la manière de répondre à ce type de problèmes », a dit M.Collenette.Le ministre a tout de même précisé que la présence de policiers armés à bord des avions canadiens n'était pas « la direction » que le gouvernement Chrétien entendait prendre pour accroître la sécurité aérienne.« Nous préférons privilégier les mesures de sécurité au sol, dans les aéroports », a-t-il dit.La direction d'Air Canada a cependant demandé à M.Collenette de reconsidérer sa décision, puisque le transporteur canadien effectuait 58 envolées par semaine en direction de l'aéroport national de Washington avant la tragédie du 11 septembre.Air Canada continue quand même de desservir la région de la capitale américaine, où existent deux autres aéroports.Les autorités américaines considèrent que l'aéroport Ronald Reagan présente un risque élevé en termes de sécurité, du fait que les avions doivent survoler la Maison- Blanche, le Pentagone et le Capitole avant de s'y poser.L'Accent GS À partir de 179$ par mois/48 mois PDSF 12 395 $ 2002! 2001 UNE ANNÉE RECORD CHEZ HYUNDAI.L'Elantra berline GL À partir de 199$ par mois/48 mois PDSF 15 295 $ GARANTIE 5 ANS La nouvelle Elantra GT L'UNE DES MEILLEURES GARANTIES DE L'INDUSTRIE : 5 ANS / 100 000 km (éléments importants) ASSISTANCE ROUTIÈRE 24 HEURES (3 ans / 60 000 km standard) Incluant : livraison d'essence changement de roue en cas de crevaison déverrouillage remorquage ATTENDEZ DE VOIR 0$ COMPTANT 0$ DÉPÔT DE SÉCURITÉ TRANSPORT ET PRÉPARATION INCLUS 0$ DÉPÔT DE SÉCURITÉ TRANSPORT ET PRÉPARATION INCLUS SEULEMENT 995$ COMPTANT 2,8% DISPONIBLE JUSQU'À 48 MOIS 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libérer la journaliste britannique Yvonne Ridley, arrêtée le 28 septembre après être entrée illégalement en Afghanistan depuis la frontière pakistanaise.Par ailleurs, les talibans ont conditionné la libération de huit autres étrangers \u2014 des humanitaires en procès à Kaboul pour « propagation du christianisme » à l'arrêt des menaces militaires américaines.L'ambassadeur des talibans au Pakist a n , A b d u l Salam Zaeef, a d é c l a r é à l'agence Afghan Islamic Press ( A I P ) qu'Yvonne Ridley, 43 ans, du Sunday Express de Londres, ser « soit aujourd'hui, soit demain ».Le chef suprême des talibans, le mollah Mohammad Omar, « a donné l'ordre (de libération) à la suite d'une requête du gouvernement britannique », a dit M.Zaeef, selon l'AIP, agence proche du régime de Kaboul et basée au Pakistan.Cette annonce est intervenue au lendemain d'une visite de quelques heures du premier ministre britannique Tony Blair au Pakistan.Vendredi, une source des services de renseignements talibans avait déclaré que « rien ne nous permet de penser » qu'Yvonne Ridley soit « une espionne ».Auparavant, des responsables du régime des talibans avaient laissé entendre que la journaliste pourrait être jugée pour « espionnage » et encourir ainsi la peine de mort.Yvonne Ridley avait été arrêtée en compagnie de deux guides afghans, entre la frontière pakistanaise et la ville de Jalalabad (est de l'Afghanistan), alors qu'elle était revêtue d'une burqah, vêtement qui recouvre les femmes de la tête aux pieds.Elle n'était porteuse ni d'un passeport ni d'un visa délivré par les taliban.La déclaration de M.Zaeef n'a fait aucune mention du sort des deux guides afghans qui accompagnaient Mme Ridley.La journaliste aurait présenté des excuses pour être entrée illégalement en Afghanistan.Le Pakistan a annoncé hier qu'il exerçait une pression diplomatique sur le régime des talibans pour qu'il libère immédiatement Yvonne Ridley.« Le Pakistan a fait savoir aux talibans que cette journaliste devait être libérée sans délai », a déclaré à la presse le porte- parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères, Riaz Muhammad Khan.Il a toutefois indiqué que le ministère n'avait reçu des talibans aucune confirmation que la journaliste allait être relâchée.« Nous espérons que cette journaliste sera expulsée et se trouvera bientôt au Pakistan, mais il nous reste à voir ce qui se passera », a déclaré le porte-parole pakistanais.À Londres, le Foreign Office a confirmé que les talibans avaient promis de libérer prochainement Yvonne Ridley, mais sans précision de date.« Notre ambassadeur à Islamabad a parlé au représentant des talibans cet après-midi à Islamabad qui lui a dit que Kaboul avait confirmé qu'elle allait être libérée », a déclaré une porte-parole du Foreign office.« Mais nous n'avons pas encore d'heure ou de date » pour sa libération, a-t-elle ajouté.Interviewée hier par la télévision britannique Sky News, la mère de la journaliste, Joyce Ridley, a déclaré avoir appris que la libération de sa fille n'interviendrait pas avant demain, sans préciser d'où lui venait l'information.« Je ne sais pas pourquoi cela a été repoussé à lundi », a dit Mme Ridley.Par ailleurs, le ministre des Affaires étrangères du gouvernement des talibans, Wakil Ahmed Mutawakel, a déclaré hier que les huit humanitaires étrangers, en procès à Kaboul pour « propagation du christianisme », seraient libérés « si les États-Unis arrêtent leur propagande de masse sur une action militaire ».Ces humanitaires de l'organisation Shelter Now International sont quatre Allemands, deux Américaines et deux Australiens.Ils avaient été arrêtés début août avec seize collègues afghans travaillant pour la même organisation.40, boul.Don Quichotte, Île-Perrot Téléphone : (514) 453-8416 / 1 800 453-8416 www.hondaileperrot.com 700, boul.Curé-Labelle, Blainville Téléphone : (450) 435-1122 / (514) 875-1920 www.hondablainville.com Honda Honda Honda Honda Accord Édition Spéciale 2002 CR-V 4 X 4 2001 Accord LX 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d'exemple, il en coûte 858,74 $ par mois pour financer 20 000 $ à 2,9 % pendant 24 mois.Le coût total de l'emprunt est de 609,76 $.Taxes, immatriculation et assurance en sus.L'offre de financement est valable pour les Volvo d'occasion Select 2000 et 2001 en inventaire et achetées chez un concessionnaire Volvo participant pour une durée limitée et tant qu'il y en aura.Certaines conditions s'appliquent.Tous les détails chez votre concessionnaire Volvo.©2001 Automobiles Volvo du Canada Ltée.\u201cVolvo.pour la vie\u201d est une marque de commerce de Automobiles Volvo du Canada Ltée.Bouclez toujours votre ceinture de sécurité.Visitez notre site www.volvocanada.com.VOLVO S70 Les Volvo d'occasion Select sont très différentes des autres voitures d'occasion.Tout d'abord parce qu'une Volvo possède des caractéristiques sécuritaires que peu de nouvelles voitures peuvent offrir.De plus, puisque chaque Volvo d'occasion a subi une inspection et un programme de remise en état fort rigoureux, votre 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mondial » par George Bush père, le président américain qui piégea l'Irak de Saddam Hussein au Koweït, et en orchestra le lynchage par une coalition de 33 pays, dont tous les membres de l'OTAN.Pour « équilibrer » ce contrôle renforcé sur le pétrole du Golfe, Bush imposa la « Paix de Taëf » au Liban, et institua fin 1991 le « processus de Madrid » en vue d'amener Israéliens et Palestiniens à s'entendre.L'histoire se répète : pour rallier les Arabes à sa coalition contre l'Afghanistan, George Bush fils a exprimé cette semaine son appui à la création d'un État palestinien.Appui bien accueilli par les Palestiniens et par les Arabes en général, qui restent toutefois sceptiques à la lumière de la nette dégradation des conditions de vie des Palestiniens ces 10 dernières années sous occupation militaire israélienne \u2014 et des terribles souffrances que leur impose la résistance nationale.« Une manoeuvre », a lancé mercredi le FPLP (Front populaire de libération de la Palestine).« De telles promesses, les Arabes en ont reçu en 1991, et le vent les a emportées », opinait jeudi le magazine égyptien Al Musawwar.Six autres Palestiniens étaient tués mercredi, et Bagdad signalait le même jour la mort de deux Irakiens dans un raid aérien américano-britannique.La Ligue arabe, elle, recherchait l'assurance qu'« aucun pays arabe ne serait bombardé » dans la guerre antiterroriste qui s'annonce \u2014 l'Irak et le Yémen étant deux cibles évoquées.À Beyrouth, des nationalistes arabes et musulmans réunis en congrès disaient craindre mercredi l'extension éventuelle de la campagne antiterroriste par les États-Unis à « d'autres pays ».Mais la poussée de la superpuissance américaine vers l'Asie ne s'est guère limitée au Proche-Orient durant la décennie écoulée.À partir de l'Afghanistan, « libéré » de l'occupation soviétique en 1989 par les moudjahidines formés au Pakistan avec l'argent des pétro-émirats et que Ronald Reagan appelait « combattants de la liberté », Washington a cherché à « exporter » l'agitation islamiste au coeur du continent eurasien, depuis le Caucase (Tchétchénie et Daguestan) jusqu'en Chine (Xinjiang, que les Ouïgours, musulmans turcophones, appellent « Turkestan de l'Est »).Le Pakistan, « avant-poste du monde libre » laissé à lui-même après la défaite soviétique en Afghanistan, s'employait entretemps à remplacer les moudjahidines par les talibans à Kaboul, à injecter l'islamisme armé au Cachemire indien face à un pouvoir de plus en plus hindouisé à New Delhi, et à maîtriser l'arme atomique.L'Inde a elle aussi développé son arsenal nucléaire, mais c'est la Chine, à l'autre extrémité de l'Asie, qui préoccupe le plus la superpuissance américaine depuis 10 ans : la rétrocession à « l'Empire du milieu » de Hong-Kong en 1997 et de Macao en 1999 a vu le paradoxal spectacle de la mainmise du communisme sur deux supercomptoirs du capitalisme mondial \u2014 alors que la fin de la guerre froide était censée signaler le triomphe du capitalisme sur le communisme.Sans oublier le rapprochement sino-vietnamien au Cambodge, pacifié à l'occidentale mais demeuré communiste.Dans la foulée, Pékin a fait du retour de Taiwan l'objectif no 1 de sa stratégie.Et George W.Bush, plus que Bill Clinton avant lui, a fait de la Chine son grand souci stratégique.« Tout en engageant » Pékin bien sûr.Mais l'affaire de l'ambassade de Chine bombardée par l'OTAN à Belgrade, celle de l'avion espion américain saisi par la Chine en avril, la volonté exprimée de Bush de « défendre Taiwan par la force si nécessaire », et celle de lui accorder la protection d'un éventuel « bouclier antimissile », illustrent la tension persistante dans les relations américanochinoises.En vue d'« encercler » la Chine, Bush, qui voit le monde à partir de la « position de force » de l'unique superpuissance du jour, travaille l'axe Afrique du Sud-Australie- Nouvelle Zélande, ménage les intérêts américains aux Philippines (à la faveur des actions du groupe islamo-terroriste Abou Sayyaf) et en Indonésie (où la présidente Megawati est à la merci de l'armée), courtise l'Inde et le dalaï- lama, et se méfie du rapprochement des deux Corées.La Chine, elle, noue des liens avec la Russie et l'Inde, qui partagent sa propre vision d'un monde « multipolaire ».La guerre à la filière ben Laden, déclarée tardivement par Washington, flatte l'Inde, rapproche la Russie de l'OTAN, et satisfait la Chine.Il est improbable toutefois que ces trois puissances asiatiques, qui exigent un combat sous l'égide de l'ONU avec critères clairs, se rallient soudain au « Nouvel Ordre mondial » unipolaire de Bush.D'autant que, ces 10 dernières années, les États-Unis (et l'OTAN) se sont présentés comme protecteurs de musulmans, en Irak (les Kurdes au nord et les chiites au sud), dans les Balkans (Bosnie et Kosovo), au Caucase du Nord et au Xinjiang.Cette politique s'est révélée ambiguë : Kurdes et chiites ont été vite lâchés au profit de « zones d'exclusion aérienne », l'ONU est restée paralysée en Bosnie devant l'offensive serbe contre les « zones de protection » de musulmans établies par elle, de Kosovo en Macédoine les Albanais conservent des armes, et Washington presse désormais les Tchétchènes de lâcher ben Laden.Le Pakistan, qui pensait plaire aux États- Unis en militarisant le combat d'autodétermination de la majorité musulmane au Cachemire indien avec des talibans formés en Afghanistan, a vite appris que Washington désirait se rapprocher de New Delhi \u2014 et a dû se retirer l'an dernier des hauteurs de Kargil et mettre en laisse ses moudjahidines.Mais il n'y a pas que la filière ben Laden.Depuis le « Pacte du Quincy » conclu entre le président américain Franklin Roosevelt et le roi Ibn Saoud, qui se rencontrèrent sur ce navire mouillant dans le canal de Suez en février 1945, Ryad finance la variante wahhabite de l'intégrisme sunnite pour le compte de l'Occident à travers le monde musulman.Cet exercice visait d'abord à contrer le communisme.La guerre froide finie, il a contribué à faire éclater l'ex-Yougoslavie en attisant l'identité musulmane dans les Balkans.Il joue le même rôle désormais en Russie et en Chine.Dans les républiques ex-soviétiques d'Asie centrale, ces filières wahhabites cherchent à renverser les régimes post-communistes pour ouvrir leurs immenses ressources de gaz et de pétrole aux multinationales.Et dans le monde arabe, elles font résolument obstacle à la démocratisation.Ces filières sont donc multiples, compliquées depuis la guerre d'Afghanistan (1979-1989) par l'irruption d'une Internationale islamiste sur les théâtres des Balkans et du Caucase, et où l'on retrouve pêle-mêle Blancs, Arabes, Africains et Sud-Asiatiques.À l'heure où les États-Unis entraînent l'OTAN en Asie, et ciblent les talibans afghans, les régimes arabes « amis » comme l'Égypte et l'Arabie Saoudite refusent de participer aux opérations.C'est que le Soudan était bombardé avec l'Afghanistan en 1998, l'Irak continue de périr sous les bombes et les sanctions, et la crise s'exacerbe sans cesse en Palestine.Moscou a demandé aux pays de la Confédération des États indépendants de ne pas y participer.L'Iran refuse également.Les régimes arabes sont fragiles face à la rue, mais tous ces pays, qui veulent bien « faciliter » l'action américaine, appellent à une approche onusienne du problème et insistent pour distinguer « terrorisme » et « résistance ».Surtout, ils refusent d'endosser une opération des États-Unis, unilatéraliste sous couvert d'« alliances » et de « coalitions », qui vise à étendre les frontières du « Nouvel Ordre mondial » inauguré il y a 10 ans par la « guerre » du Golfe.Ce que le China Daily de Pékin nomme « la volonté d'hégémonie ».Photo AP Le chef du Pentagone Donald H.Rumsfeld.Le plus grand rassemblement consacré à l´éducation et à l´emploi PLACE BONAVENTURE MONTRÉAL 11 12 13 14 octobre 2001 En collaboration avec : Tél.: (514) 272-8885 UN ÉVÉNEMENT Plus de 450 exposants Partenaires : Horaire du salon: Jeudi 11 octobre 9h à 20h Vendredi 12 octobre 9h à 20h Samedi 13 octobre 10h à 19h Dimanche 14 octobre 10h à 18h Prix d'entrée: Adultes: 7$ Étudiants: 5$ (sur présentation d'une carte d'étudiant) Gratuit pour les enfants de 10 ans et moins METRO Bonaventure À ne pas manquer au La France à l'honneur! Plus de 40 institutions d'enseignement! Venez rencontrer Édu France et ses adhérents de même que les représentants de quatre régions importantes: Île de France, Rhône-Alpes, Poitou-Charentes et Pays de la Loire.Renseignez-vous auprès des autres délégations sur les études à l'étranger et les programmes de formation à l'international.Conférence sur le système éducatif supérieur français le samedi 13 octobre à 14 h FILL103 2993156A La Presse 7 octobre 2001 Page A9 manquante 7LP1002A1007 A10 DIMANCHE 7LP1002A1007 ZALLCALL 67 01:25:01 10/07/01 B A10 LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 7 OCTOBRE 2001 La SGF est devenue experte des investissements controversés SAM 1 > Confusion dans l'air DIM 2 > Des projets controversés MAR 3 > Une Caisse dérangeante HÉLÈNE BARIL L'ÉTAT INVESTISSEUR Depuis que le gouvernement a décidé de lui donner une nouveau départ en 1997, la Société générale de financement a plongé plus souvent qu'à son tour dans la controverse et ses principaux projets ont suscité beaucoup d'opposition et de scepticisme.La plus controversée des initiatives de la SGF a été son association avec les rois déchus de l'immobilier de Toronto, les Reichman, pour construire dans le Vieux-Port de Montréal un centre d'attractions nouveau genre, le Technodôme.La SGF voulait être partenaire jusqu'à hauteur de 49 % dans ce projet d'un milliard de dollars, dont la condition essentielle de réalisation était que la Société du port de Montréal cède un quai situé au coeur des activités du Vieux-Port.Malgré la campagne orchestrée par la SGF pour convaincre la direction du port de vendre son terrain, à laquelle même le premier ministre Bernard Landry a participé activement, la direction du port a refusé de se départir du quai Bickerdike.Comme les promoteurs du Technodôme ont refusé d'envisager d'autres endroits, le projet a été enterré, ce qui renforce l'idée que les Reichman étaient plus intéressés à mettre la main sur un terrain de choix et que le centre d'attractions leur servait de prétexte.La SGF a dépensé 5 millions pour faire la promotion du Technodôme, en pure perte.Toujours dans le domaine du divertissement, la SGF a englouti 12 millions de dollars US dans Metaforia (on peut se demander pourquoi la SGF investit en dollars américains dans une compagnie contrôlée par des entrepreneurs québécois), un projet à l'avenir incertain.Après de nombreux retards et dépassements budgétaires, le Centre Metaforia a ouvert ses portes au centre-ville de Montréal au début de l'année.Mais dès avant son inauguration, on apprenait que cet investissement ne serait jamais rentable à Montréal, et qu'il faudrait plutôt exporter le concept dans des villes plus populeuses pour en tirer quelque profit.Aujourd'hui, la SGF veut sortir de Metaforia et une entente avait été conclue avec le promoteur Fun Key Studios, intéressé par l'acquisition.Or, la transaction est devenue très incertaine et le centre de divertissement est menacé de faillite.Les semi-conducteurs La SGF a aussi dépensé beaucoup d'argent et d'énergie à tenter d'attirer dans la région de Montréal le fabricant de semi-conducteurs Mosel Vitelic, de Taïwan.Grâce à ses coffres bien garnis, la SGF a pu dérouler le tapis rouge devant les dirigeants de l'entreprise, et le gouvernement québécois est prêt lui aussi à allonger beaucoup d'argent pour que le projet se réalise.Le hic, c'est que le gouvernement fédéral trouve trop élevée la contribution de plusieurs centaines de millions que la SGF et Mosel attendent de lui.Bloqué dans ce qui a dégénéré en querelle fédérale-provinciale, le projet de Mosel Vitelic est également compromis par la surcapacité qui sévit actuellement dans l'industrie.Si certaines entreprises courent après les fonds publics, d'autres les fuient.C'est le cas de Noranda, qui aurait bien voulu investir un milliard toute seule dans la production de magnésium à partir des résidus d'amiante à Thetford Mines.La SGF, qui avait participé aux études préliminaires du projet Magnola à hauteur de 20 %, a refusé toutes les offres de Noranda qui voulait racheter sa part.Selon une source chez Noranda, l'attitude de la SGF n'a rien d'étonnant compte tenu que la société a beaucoup d'argent à sa disposition et que les projet de l'importance de Magnolia ne sont pas nombreux au Québec.Côté rendement, la SGF ne fait pas de miracles.En fait, son rendement a chuté depuis qu'elle ratisse plus large : de 8 % qu'il était en 1999 à 3 % l'an dernier.Et le ralentissement économique actuel laisse craindre le pire pour l'année en cours.Les attaques du 11 septembre aux États-Unis contribuent à faire culbuter l'économie.Au Québec, la récession qui s'annonce incite le gouvernement Landry à réaffirmer haut et fort sa politique interventionniste.Mais déjà, l'État québécois est très présent dans les affaires.Trop, aux yeux de certains.Claude Blanchet, président de la Société générale de financement.Quand le Québec est la moitié du Canada Les fonds publics et les déductions fiscales ont créé une ribambelle de sociétés d'investissement HÉLÈNE BARIL Des acteurs dont la mission est de faire du développement économique, il n'en manque pas au Québec.La moitié du capital disponible à l'investissement au Canada est ici, au Québec, où vit moins du quart de la population du pays.Cette abondance est due soit aux fonds publics, soit aux déductions fiscales accordées aux investisseurs.C'est à cause de la Caisse de dépôt, qui ne reçoit pas un sou du gouvernement mais qui gère l'épargne captive des employés du secteur public et d'une douzaine d'autres caisses de retraite, dont le Régime des rentes du Québec, la Commission de la santé et de la sécurité au travail et la Société d'assurance automobile du Québec.C'est aussi grâce à la Société générale de financement, dont les fonds proviennent entièrement du gouvernement, comme d'ailleurs ceux d'Investissement-Québec.Le Fonds de solidarité des travailleurs de la FTQ n'est pas à proprement parler une société d'État, mais s'il a pu accumuler un actif de 4,1 milliards de dollars depuis sa création en 1992, c'est grâce aux avantages fiscaux très généreux octroyés par le gouvernement du Québec et le gouvernement fédéral.Le Fondaction de la CSN, qui est plus modeste, bénéfice des mêmes avantages fiscaux.La Banque fédérale de développement, pour sa part, est financée par le gouvernement fédéral.Les quatre Sociétés Innovatech \u2014 à Montréal, Québec, Sud du Québec et Régions ressources \u2014 sont financées entièrement par le gouvernement québécois.Le mouvement Desjardins est entré dans la danse récemment avec Investissement-Desjardins, un nouveau fonds d'investissement de un milliard de dollars créé grâce à des avantages fiscaux intéressants, qui se spécialisera dans les régions.Desjardins y débarque dans des plates-bandes déjà bien piétinées par tous les autres.La liste peut encore s'allonger de toutes les filiales et les sociétés en commandite qui investissent dans des secteurs spécialisés comme les biotechnologies, l'aéronautique ou les technologies de l'information.Ce sont Novacap, Sofinov, T2C2 et autres Biocapital.C'est vrai qu'on est plus nombreux qu'avant, reconnaît Michel Ré, premier vice-président à la Banque fédérale de développement.C'est un avantage, selon lui, parce que ça permet aux investisseurs de se spécialiser.(Ni la Caisse ni la SGF ne se sont spécialisées dans des niches particulières ; au contraire, elles ont étendu leur rayon d'action.) Selon Michel Ré, les chevauchements sont une réalité dans l'industrie.« C'est arrivé et ça continuera d'arriver » que deux investisseurs convoitent le même projet, dit-il.Souvent, c'est une bonne chose, ça permet de partager le risque.Le président de la Société générale de financement, Claude Blanchet, estime pour sa part que la SGF fait un métier que la Caisse ne fait pas.« La SGF investit dans les projets à partir de zéro alors que la Caisse investit dans des entreprises existantes », dit-il.Et les investissements dans Rona ?Et dans l'usine d'éthanol de Varennes ?Ça peut arriver que nous soyons là ensemble, reconnaît-il, mais c'est rare.« Plus il y a de monde, mieux c'est » Jean-Claude Scraire, pour sa part, fait une distinction entre la Caisse et les autres organsimes.« L'argent qu'on gère n'appartient pas à l'État », dit-il.(Ce qui n'est pas tout à fait vrai.La presque totalité de l'épargne géré par la Caisse constitue des fonds publics au sens de la loi, parce que les déposants n'ont pas choisi la Caisse mais sont contraints par la loi à y déposer leurs contributions.) Le président de la Caisse ne voit aucun mal à se retrouver dans les mêmes plates-bandes que la SGF, la BFD ou d'autres.Ce n'est pas grave de faire le même métier, ditil.« Plus il y a de monde, et mieux c'est pour les entreprises.» La Caisse est de plus en plus présente dans les entreprises québécoises, reconnaît-il, mais c'est parce qu'elle y trouve son compte.« On fait plus de participations parce qu'on veut faire plus d'argent », explique-t-il, en précisant que les placements privés sont généralement plus rentables que les investissements sur les marchés financiers.En 1965, lors de la création de la Caisse de dépôt et placement, le premier ministre Jean Lesage se préoccupait déjà du possible chevauchement de ses activités avec celles de la SGF.« Le rôle de la caisse n'est pas de lancer de nouvelles entreprises mais d'aider à leur développement et à leur croissance, disait-il dans le discours qui sert encore de bible aux dirigeants de la Caisse.(.) la SGF est un entrepreneur conformément à la définition qu'on en donnait au XIXe siècle.Elle doit prendre des initiatives, courir des risques, préparer des projets et faire en sorte qu'ils se réalisent.Au contraire, la Caisse de dépôt et placement n'a pas à remplir ce rôle.Elle n'est pas un entrepreneur, mais un réservoir de capitaux.Ce n'est pas sa fonction de créer des entreprises.» Investissement-Québec, pour sa part, est de tous de la projets de la SGF, et vice-versa.C'est tout à fait normal, selon son président Louis Roquet.« On n'est le concurrent de personne, on est complémentaire », dit-il.Investissement-Québec, selon lui, a un rôle unique à jouer dans le développement économique du Québec.L'organisme offre des garanties de prêts pour sécuriser les banquiers et gère les programmes fiscaux du gouvernement, ce que ne pourrait pas faire le ministère de l'Industrie et du Commerce, soutient- il.« Un ministère, ça existe pour légiférer et élaborer des politiques.Le temps des questions Y a-t-il trop d'argent et trop d'acteurs dans le secteur de l'investissement au Québec ?Le temps est venu de se poser la question, dit Gabriel Savard, l'ancien dirigeant d'Investissement-Québec et du Fonds de solidarité.Dans une société, les idées les meilleures doivent être remises en question de temps en temps, croitil.Même le Fonds de solidarité, qui est selon lui une des plus grandes réalisations de la société québécoise, ne devrait pas échapper à cette réflexion.Le Fonds de solidarité franchira bientôt le cap des cinq milliards de dollars d'actif, explique Gabriel Savard.Il aura de plus en plus de mal à respecter son obligation d'investir 60 % de son actif dans les entreprises québécoises.À sa taille actuelle, le Fonds sert bien le créneau des PME qui est le sien, selon lui.« Doit-on le laisser grossir encore ?Si on dit oui, il ne faut pas oublier qu'il y a un coût à cette disponibilité du capital et que cet argent pourrait être dépensé autrement.Seulement pour le Fonds de solidarité, la note s'élève à presque 100 millions de dollars en manque à gagner pour le gouvernement du Québec.La SGF, les sociétés Innovatech, Investissement-Québec.toutes ces interventions ont un coût qu'il faut remettre en perspective, rappelle-t-il.Photo PIERRE McCANN, La Presse © La SGF a fait campagne aux côtés des frères Albert et Abraham Reichmann pour promouvoir le projet de Technodôme, dans le port de Montréal.Ce fut un échec.Jean-Claude Scraire, président de la Caisse de dépôt et placement : « L'argent que l'on gère n'appartient pas à l'État.» Michel Ré, de la Banque fédérale de développement : les chevauchements sont une réalité dans l'industrie. La Presse 7 octobre 2001 Page A11 manquante 7LP1201A1007 A12 DIMANCHE 7LP1201A1007 ZALLCALL 67 01:20:40 10/07/01 B A12 LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 7 OCTOBRE 2001 La dictée du premier ministre Le troisième volume de la biographie de René Lévesque, par Pierre Godin et publié aux Éditions du Boréal, sera en librairie mercredi prochain.En exclusivité, La Presse vous propose aujourd'hui un premier extrait de cet ouvrage attendu, qui couvre la période 1976-1980.Dans ce premier volet, l'auteur explique comment la question du référendum de 1980 a été rédigée.Dans notre numéro de mardi, un second passage traitera des liens entre Claude Morin et la GRC.Avant l'ajournement des Fêtes, René Lévesque s'enferme avec ses ministres pour adopter le texte définitif de la question référendaire.Il est 9 h 15, ce 19 décembre 1979.La journée sera longue.Une semaine plus tôt, en l'absence de Jacques Parizeau, indisposé, et de Claude Morin, parti en Afrique avec son brouillon de la question, il a sondé ses ministres.Il avait en main sa propre version de la question, griffonnée sur un bout de papier.Après avoir interrogé les uns et les autres, au parti et dans son entourage, il avait conclu que le mandat de négocier que solliciterait le gouvernement devait « s'articuler autour de l'idée de la souveraineté-association, de l'égalité des peuples, d'une nouvelle entente.Il hésitait toutefois à mentionner dans la question la tenue d'un deuxième référendum, comme cela était inscrit au programme adopté au congrès de juin, dans le but de faire approuver par la population le résultat des négociations avec Ottawa.Idée sacrilège aux yeux de Jacques Parizeau, qui ne parvient pas à l'intégrer à sa stratégie référendaire, laquelle contredit celle de Claude Morin.Mais comme l'article 4 du programme prévoyait une seconde consultation, il fallait absolument « que le deuxième référendum soit évoqué quelque part », avait annoncé René Lévesque à ses ministres.Aujourd'hui, alors qu'au dehors s'échappent les derniers râles d'un front commun moribond \u2014 coupures d'électricité provoquées par les syndiqués d'Hydro indifférents au froid sibérien \u2014, le Cabinet prend donc connaissance de deux projets de question déposés par le premier ministre.Il les a luimême peaufinés à partir des travaux du trio Morin, Bernard et Latouche.Connaissant trop bien ses militants, qui se déchireraient sur la place publique si on leur soumettait la question à l'avance, René Lévesque a ordonné à Claude Morin : « Motus et bouche cousue ! » Mais ce dernier n'a pu s'empêcher de montrer son brouillon à Claude Charron, au café du Parlement, ce qui lui a valu de se faire rabrouer par son chef, déterminé à ne dévoiler la question à ses ministres qu'à la veille de son dépôt à l'Assemblée nationale.« On va les enfermer dans une salle à la dernière minute, ils vont bien être obligés de s'entendre », avait-il dit à Louis Bernard.D'emblée, la formule 1, une question sans préambule, apparaît insatisfaisante : « Acceptez- vous de confier au gouvernement du Québec, étant donné que je serai consulté (sic) à nouveau sur le résultat des pourparlers, le mandat de négocier avec le reste du Canada une nouvelle entente basée sur l'égalité fondamentale des partenaires, afin d'assurer au peuple québécois sa souveraineté politique tout en maintenant entre les parties une association économique et monétaire ?» La formule 2 comporte une question : « Acceptez-vous de confier au gouvernement du Québec le mandat de négocier (réaliser par voie de négociations) une nouvelle entente Québec-Canada ?» précédée d'un préambule explicatif qui intègre les trois idées auxquelles tient René Lévesque.Le premier paragraphe évoque le mandat de négocier une nouvelle entente fondée sur l'égalité, le second définit la souveraineté-association et le troisième prévoit un deuxième référendum.« Beaucoup trop long », protestent Camille Laurin et Bernard Landry, partisans d'une question simple.Vieux routier de la politique, René Lévesque accorde une importance secondaire à la question.« Nous jouons notre avenir, dit-il.Ce qui primera, ce n'est pas tellement la formulation de la question, que nos erreurs et nos gaucheries durant la campagne.» Avant le tour de table rituel, il ouvre son jeu : il préfère la question avec un préambule et insiste pour qu'elle évoque la tenue d'un deuxième référendum.« C'est une assurance pour la population que le gouvernement va agir avec elle », ditil, en soulignant que les sondages indiquent que 65 pour cent des électeurs aimeraient être consultés à nouveau, si Québec en arrivait à une entente avec le reste du Canada.Les superphénix Au Conseil des ministres de Grand-Mère, où on a mis la touche finale au livre blanc référendaire, Camille Laurin avait insisté sur la nécessité d'une deuxième consultation.Aujourd'hui, il a changé d'avis : « Annoncer un second référendum indiquerait que le gouvernement a peur et que le premier n'est pas le vrai référendum.» Jacques Parizeau s'introduit dans la brèche ouverte par le docteur pour faire repousser la question du deuxième référendum.Il a sa stratégie.Il veut d'abord préciser le contenu du nouveau régime, c'est-à-dire la souveraineté politique, évoquée au second paragraphe du préambule.« Pour une meilleure compréhension », minaude-t-il, il serait préférable de parler de souveraineté tout court, sans qualificatif.Sans l'association, donc.Claude Morin le voit venir et, ferme, réplique : « Il faut garder le trait d'union entre souveraineté et association.» René Lévesque ne relève pas ce début d'escarmouche.Il s'applique à réécrire le paragraphe pour exaucer les voeux de Jacques Parizeau.La souveraineté, dit-il (en oubliant l'association et le trait d'union), c'est « le pouvoir de faire les lois, d'utiliser les impôts et d'établir les relations extérieures ».Tous sont d'accord, y compris Jacques Parizeau et Claude Morin.Divisés depuis toujours sur la façon d'arriver à l'indépendance, les deux protagonistes poursuivent néanmoins leur dispute sur l'expression « usage de la même monnaie », que Claude Morin veut insérer dans le paragraphe, pour sécuriser les Québécois devant qui les fédéralistes brandissent un dollar québécois à.50 cents, après l'indépendance.« Il n'est pas certain que cette notion rassurera la population », avance le trésorier.Claude Morin se contente de mordiller sa pipe.Dans la salle du Conseil, la tension monte, tandis que les poids lourds du cabinet s'affrontent.Frustrés, les juniors assistent, murés dans leur silence, au débat des superphénix, comme dit Denis Vaugeois.Une idée «dangereuse» Avec l'aide du premier ministre, toujours à son stylo, Jacques Parizeau calme le jeu.Il suggère un compromis qui réjouit Claude Morin : la souveraineté se fera « tout en maintenant avec le Canada une association économique comportant l'usage de la même monnaie ».Il met de l'eau dans son vin.Ce ne sera pas la dernière fois.Ce Conseil des ministres est éprouvant pour lui.Son objectif consiste à rayer de la question cette idée saugrenue d'un second référendum.Déjà, au congrès de 1974, il avait dû avaler le premier, après l'avoir combattu face à un Claude Morin qui multipliait les étapes pour repousser le plus loin possible l'indépendance.Et maintenant, il faudrait en organiser un autre avant d'entrer dans la terre promise « Serait-il opportun de tenir un second référendum ?» s'interroge-t-il en échafaudant une série de scénarios, qu'il écarte l'un après l'autre comme peu probables.Une seule situation pourrait le justifier : si Ottawa refusait de négocier.Alors s'appliquerait l'article 4 du programme, qui prévoit une « consultation », sans préciser s'il s'agit d'un référendum ou d'une élection.Dès lors, quel besoin a-t-on de claironner qu'on en tiendra un autre ?En ce qui le concerne, cette consultation devrait être une élection, pas un référendum.Il le dit clairement : « Il suffirait de mentionner dans la question que la population sera consultée de nouveau, sans préciser si ce sera par voie de référendum ou autrement, pour laisser au gouvernement la latitude de déclencher au besoin une élection générale plutôt qu'un référendum.Claude Morin fait un pas dans sa direction : il préfère le mot référendum, mais accepterait celui de consultation.Jacques Parizeau a des alliés autour de la table du Conseil des ministres, alors qu'il se mesure aux bonzes, comme Claude Morin et Marc-André Bédard, et aux ministres juniors Yves Duhaime, Denis Vaugeois, Denis de Belleval et Bernard Landry.D'abord opposé à un second référendum, le dernier s'en accommode maintenant « pour montrer à la population que le gouvernement lui permettra de l'accompagner tout au long du chemin ».Le trésorier peut compter sur Camille Laurin, Pierre Marc Johnson, François Gendron, Lucien Lessard, Marcel Léger, Lise Payette et surtout Claude Charron.À la séance du 12 décembre, ce dernier a rejeté le deuxième référendum, qui « enlèverait toute valeur au premier ».Une idée « dangereuse » risquant d'aboutir à une sorte de fédéralisme renouvelé qui diviserait le PQ en deux.Ce qui le trouble aussi, c'est l'évolution du vocabulaire.Le livre blanc référendaire parle de réaliser la souveraineté, et le texte de la question de la négocier.« Un glissement que l'opposition attribuera à l'échec du PQ aux partielles », dit-il.Jusqu'ici, René Lévesque a surtout présidé, écouté, sténographié.Il est 18 h 30.Avant d'ajourner jusqu'à 21 h, il lit le texte du troisième paragraphe, qu'il a modifié ainsi : « Le gouvernement s'engage à consulter à nouveau la population par voie de référendum sur les résultats des pourparlers concernant la nouvelle entente.» Le mot référendum fait encore tiquer Jacques Parizeau.Il interrompt la « dictée » du premier ministre, comme il dira par la suite avec ironie au sujet de la manière dont René Lévesque s'y était pris pour bâtir la question : « L'utiliser dans la question, c'est ouvrir la porte à Ottawa, qui pourrait exiger du gouvernement québécois un référendum sur le fédéralisme plus ou moins renouvelé.« Si Ottawa fait des concessions constitutionnelles, tranche René Lévesque, nous les accepterons comme gouvernement provincial sans avoir à consulter la population.Mais pour ce qui est du résultat des pourparlers sur la souveraineté-association et des suites à y donner, il faudra une nouvelle consultation, par référendum.» La séance s'ajourne sur ce bref échange.Tous ont compris que le premier ministre tient au deuxième référendum.Une nuit des longs couteaux, version péquiste À la reprise, à 21 h, Louis Bernard, qui assiste aux débats avec Jean-Roch Boivin, remet au premier ministre un nouveau texte, qu'il a rédigé en tenant compte des discussions de la journée.Le deuxième référendum y figure toujours.Tous sentent que le dénouement approche, que Jacques Parizeau devra plier ou se démettre.Il manque des ministres.« Écoeuré » des palabres de la journée et convaincu qu'il parlerait pour rien s'il s'opposait à la question, Denis Lazure est rentré chez lui.Lise Payette est partie manger un bon spaghetti italien chez Pauline Marois, poussée elle aussi par le sentiment de son inutilité.Avec ou sans elle, le premier ministre aurait ce qu'il voulait.Plus tôt, quand la superministre a lu la question, elle s'est écriée : « Ridicule ! » avant de demander à son voisin, Claude Morin, s'il l'avait déjà vue, lui.Non, comme elle, il venait d'en prendre connaissance, lui avait-il répondu.Or, c'est lui qui l'avait rédigée avec le premier ministre ! Lise Payette s'est sentie trompée, insultée aussi de n'avoir pu la lire que in extremis.Tout cela sentait l'improvisation et la manipulation ! « Vous, l'ancien prof, a-t-elle lancé à François Gendron avant de se retirer, vous endurez ça, cette façon de travailler ?» Le jeune ministre pensait comme elle : tout était arrangé, on les avait convoqués pour la forme.Lise Payette s'est sentie trompée, insultée aussi de n'avoir pu lire la question référendaire que in extremis.Le mot référendum faisait tiquer Jacques Parizeau.L'utiliser dans la question, c'était ouvrir la porte à Ottawa, qui pourrait exiger du gouvernement québécois un référendum sur le fédéralisme plus ou moins renouvelé.Claude Morin n'a pu s'empêcher de montrer le brouillon de la question à Claude Charron, au café du Parlement.Camille Laurin était partisan d'une question simple.René Lévesque, lui, accordait une importance secondaire à la question.« Ce qui primera-t-il dit, ce n'est pas tellement la formulation de la question, que nos erreurs et nos gaucheries durant la campagne.» René Lévesque hésitait à mentionner dans la question la tenue d'un deuxième référendum.Idée sacrilège aux yeux de Jacques Parizeau, qui ne parvient pas à l'intégrer à sa stratégie référendaire, laquelle contredisait celle de Claude Morin. 7LP1301A1007 A13 DIMANCHE 7LP1301A1007 ZALLCALL 67 01:23:09 10/07/01 B L A P R E S S E MONT R É A L D IMANCHE 7 O C T O B R E 2 0 0 1 A 1 3 Les liens se précisent entre les pirates de l'air et ben Laden Associated Press WASHINGTON \u2014 Les enquêteurs américains ont rassemblé des informations montrant que Mohamed Atta, l'un des pirates de l'air dans les attentats du 11 septembre, s'est entraîné avec certains de ses comparses dans des camps en Afghanistan dirigés par des proches d'Oussama ben Laden.Des responsables des services de sécurité et de renseignement ont précisé sous couvert d'anonymat à l'Associated Press que l'enquête se concentrait sur un certain nombre de lieutenants de ben Laden, dont Ayman al-Zawahri, Mohamed Atef et Abou Zoubeidah.Ces derniers jours, Interpol a émis un mandat d'arrêt international contre l'Égyptien Al-Zawahri.Considéré comme le bras droit de ben Laden, ce dirigeant du Djihad égyptien a fusionné son organisation avec le réseau ben Laden en 1998.Le Caire soupçonne ce chirurgien de formation d'avoir été le cerveau de nombreuses opérations terroristes en Égypte.On sait par ailleurs que lors de son audition fin septembre à Dubaï devant le juge d'instruction français Jean-Louis Bruguière, le Franco-Algérien Djamel Beghal a déclaré, avant de se rétracter, avoir discuté en mars 2001 en Afghanistan avec Abou Zoubeida, un lieutenant de ben Laden, d'un projet d'attentat visant l'ambassade des États-Unis à Paris.Palestinien, Zoubeida serait chargé du recrutement pour le réseau Al- Kaida.Concernant Atta et ses comparses, un responsable américain assure qu'ils se sont rendus dans des camps d'entraînement afghans en 1999 ou 2000 et ont fait « beaucoup d'efforts » pour dissimuler leurs déplacements.« Certains indices semblent montrer que le chemin d'Atta a croisé à cette époque celui des lieutenants de ben Laden », précisait-on.Le magazine Time a même affirmé vendredi que la CIA avait les preuves qu'Atta avait rencontré Al-Zawahri en personne.Lors de son discours aux Communes jeudi, le premier ministre britannique Tony Blair avait annoncé sans en dire plus qu'un proche collaborateur de ben Laden était responsable de la préparation minutieuse des attentats visant le World Trade Center et le Pentagone.Outre Al-Zawahri et Zoubeida, les enquêteurs cherchent à en savoir plus sur l'Égyptien Mohammed Atef, le chef de l'Armée islamique pour la libération des lieux saints.Considérée comme la branche militaire du Front islamique international de ben Laden, cette organisation a revendiqué les attentats contre les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie en août 1998.Sur le plan financier, les enquêteurs s'intéressent aussi à un certain Cheikh Said, alias Mustapha Mohammed Ahmed, qui géra autrefois les affaires financières de ben Laden au Soudan, avant de le suivre en Arabie saoudite.On le soupçonne d'avoir échangé des virements bancaires avec Mohammed Atta.Tant le FBI que les autorités européennes ont demandé aux établissements bancaires de vérifier les comptes de 370 personnes et organisations dans le cadre de l'enquête sur les attentats, selon une liste diffusée \u2014 sans doute par erreur \u2014 par le gouvernement finlandais.Les noms des 19 pirates de l'air, des principaux lieutenants de ben Laden y figurent, ainsi que ceux de suspects interpellés depuis, dont Djamel Beghal ou Lofti Raissi.Photo AP Des partisans de Jamiat Ulema Islam, un parti politique et religieux pakistanais allié aux talibans au pouvoir en Afghanistan, brandissent un portrait de ben Laden durant une manifestation à Peshawar hier, au Pakistan.Ces offres sont exclues des rabais Aubaines mystère.Tant qu'il y en aura.Sur nos prix ordinaires, sauf avis contraire.Exceptions : articles Market Square®, Outline®, « Aubaine la Baie » et ceux de la Solderie la Baie.2 heures d'aubaines lève-tôt\u2026 vous en voulez plus?plusd'occasions d'économiser plusgrand choix d'articles plusde chances de Certaines exceptions s'appliquent, précisions en magasin.Achat d'une valeur maximale de 1 000 $.Le lundi 8 octobre, jour de fête il y en a dans presque tous nos rayons! 40 % de rabais toute la mode d'extérieur pour toute la famille sauf les articles Hilary Radley, Rainforest, Far West, Australian Outback et ceux de la boutique Le Président présente à la Baie, rue Sainte-Catherine O.40 % de rabais tous les chapeaux, gants, foulards, cache-nez et mitaines pour elle et lui 40 % de rabais tous les pulls Mantlesmc, To Gomc, Global Mind®, Tag et Extreme Gear pour elle et lui 40 % de rabais tous les pulls To Gomc pour enfant tailles 7 à 16 40 % de rabais tous les draps To Gomc en finette 30 % de rabais toutes les bottes d'hiver pour toute la famille 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invoque un ralentissement dans l'industrie aérienne.La direction et les cadres de l'usine ont indiqué aux employés, vendredi, que 96 d'entre eux perdraient leur emploi d'ici la fin de l'année, tandis que 127 autres seront mis à pied au cours de 2002.Errol Weaver, un porte-parole de Boeing Canada, a affirmé que les transporteurs aériens internationaux sont confrontés à une chute dramatique du volume de passagers et font actuellement ce qu'ils peuvent pour survivre.Cela les oblige notamment à clouer des avions au sol, parce qu'il n'y a pas de clientèle pour les remplir, mais aussi à retarder la livraison d'appareils déjà commandés \u2014 ce qui a un impact sur toute la ligne de production de Boeing.« C'est un jour difficile pour Arnprior », a déclaré Sean Conway, un député provincial de la région.Boeing projette de licencier entre 20 000 et 30 000 employés, partout dans le monde, en 2002.On retranchera notamment quelque 1900 emplois dans la division de fabrication nord-américaine, qui en compte 10 000.Deux morts, dont un Américain, dans une explosion en Arabie Saoudite DEUX RESSORTISSANTS étrangers, dont un Américain, ont été tués hier soir dans une explosion à Khobar, dans l'est de l'Arabie Saoudite, présentée à Washington comme un « incident isolé » sans rapport avec les attentats du 11 septembre.« Un Américain a été tué et un autre grièvement blessé, tous deux civils, dans l'explosion à Khobar », dans la province orientale, a déclaré à l'AFP un fonctionnaire de l'ambassade des États- Unis à Ryad qui a requis l'anonymat.L'agence officielle SPA, citant le chef de la police de la province orientale, a indiqué qu'une explosion s'est produite à 20 h devant un magasin d'électronique au centre de Khobar « tuant deux personnes et blessant quatre autres ».« Toutes les victimes sont des résidents (étrangers) de diverses nationalités », a ajouté le chef de la police sans préciser dans l'immédiat leur identité ou leur nationalité.Associated Press BALE, Suisse \u2014 Il pourrait y avoir jusqu'à 8000 licenciements chez Swissair et ses filiales, estime Jean-Luc Nordmann, directeur au Secrétariat d'État suisse à l'économie sur un effectif total d'environ 70 000 employés en Suisse et dans le reste du monde.Dans un entretien publié hier par le journal Basler Zeitung, ce haut fonctionnaire précise qu'environ 4000 licenciements devraient toucher directement Swissair et 4000 autres dans les filiales ainsi que dans le secteur du fret.Berne s'attend à une première vague de licenciements à la fin octobre et à une seconde en novembre.Pour sa part, le patron de l'Union de banques suisses (UBS), Marcel Ospel, admet avoir fait des erreurs lors de la débâcle de Swissair.Il rejette cependant toute responsabilité en ce qui concerne l'immobilisation de la flotte de la compagnie aérienne suisse mardi dernier.« J'ai aussi fait des fautes », a déclaré vendredi soir Marcel Ospel à la télévision publique alémanique DRS.Il a notamment reconnu qu'il n'aurait pas dû partir pour New York mardi dernier.Il a en revanche rejeté une nouvelle fois toute responsabilité dans le fait que les avions de la compagnie aient été cloués au sol mardi.Swissair avait alors assez de liquidités pour poursuivre l'exploitation.Compte tenu de la situation sans espoir, les banques ont fait de leur mieux et n'avaient pas d'autre choix.« Nous avons tenté de sauver ce qui pouvait encore l'être », affirme-t-il.La justice helvétique a accordé un sursis de deux mois à Swissair vendredi.Un administrateur provisoire a été nommé et les vols ont repris.Durant le week-end, le trafic devrait s'élever à près de la moitié du programme normal en raison notamment de fonds limités.Lancement d'un puissant satellite espion américain Associated Press BASE AÉRIENNE DE VANDENBERG, Californie \u2014 Un satellite espion américain à la capacité d'observation extrêmement précise a été placé en orbite vendredi par un gros lanceur Titan 4B, ont annoncé les forces aériennes américaines.Le décollage avait était retardé et reporté depuis lundi en raison de problèmes techniques.Les autorités n'ont pas précisé si ce lancement était lié à la situation internationale.Avant 1996, elles n'annonçaient même pas les lancements de satellites espions.Selon des experts extérieurs au Pentagone, ce satellite militaire de reconnaissance est probablement équipé de caméras numériques capables de repérer des objets de dix centimètres au sol.La crise en Afghanistan et dans les pays voisins menace la vie de millions de femmes et d'enfants.Ils ont désespérément besoin d'abris, de nourriture, d'eau potable et de médicaments.Nous devons agir maintenant! Donnez au fonds d'urgence de l'UNICEF 1,5 million d'enfants risquent de ne pas survivre à l'hiver.Oui, je viens en aide aux enfants en danger dans la région d'Afghanistan.Voici mon don de : 50 $ 100 $ 200 $ 1 000 $ ou Chèque à l'ordre de : Fonds d'urgence de l'UNICEF Je préfère contribuer par : VISA Master Card American Express No de carte de crédit : Date d'expiration : / Adresse : Ville : Prov.: Code postal : Téléphone : Retournez à : UNICEF Québec 4474, rue Saint-Denis, Montréal, QC H2J 2L1 No d'enregistrement: 122 680572 RR0001 Nom : Communiquez avec nous maintenant : 1 877 955-3111 www.unicef.ca LP-oct 7 2995300A Écrivains allemands contre la guerre LES ÉCRIVAINS ALLEMANDS Guenter Grass et Botho Strauss, ainsi que l'Indo-Britannique Salman Rushdie, ont estimé dans la presse allemande que les moyens militaires n'étaient pas et ne devaient pas être les seuls moyens de lutter contre le terrorisme.L'auteur dramatique Botho Strauss a dénoncé « la bataille du mal contre le mal » et « la cécité métaphysique de l'intelligence occidentale », dans l'hebdomadaire allemand Der Spiegel à paraître aujourd'hui, prédisant « de nombreuses nouvelles attaques » des terroristes si la lutte contre le terrorisme doit se traduire par des ripostes militaires.Salman Rushdie a plaidé de son côté pour un « renforcement » du mode de vie occidental « libre » dans la lutte contre le terrorisme.« Ce n'est pas à travers la guerre, mais par notre façon de vivre sans peur que nous vaincrons les terroristes », a-t-il dit. 7LP1501A1007 A15, dimanche, MONDE 7LP1501A1007 ZALLCALL 67 01:22:54 10/07/01 B LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 7 OCTOBRE 2001 A15 MONDE Les pays du G7 comptent s'attaquer aux sources de financement des terroristes ROBERT RUSSO Presse Canadienne WASHINGTON \u2014 Le Canada et les autres grandes puissances industrielles ont convenu de soutenir l'économie mondiale, fortement secouée par les attentats du 11 septembre, mais également de s'attaquer aux sources de financement des terroristes.« Le sentiment de solidarité avec le peuple américain, l'incroyable sensation que nous ne formons qu'un seul monde et que nous allons travailler ensemble, je n'ai jamais rien vu d'aussi fort », a déclaré le ministre fédéral des Finances, Paul Martin, hier, à Washington.« Ce fut vraiment une partie très importante de cette réunion », a-t-il ajouté.La réponse économique aux attaques terroristes du mois dernier a largement dominé les entretiens auxquels ont pris part M.Martin, ses homologues ainsi que les dirigeants des banques centrales des sept nations les plus riches.« Nous sommes unis dans notre engagement à retracer avec vigueur et intercepter les actifs des terroristes, et à poursuivre les individus et les pays soupçonnés de financer les terroristes », ont fait savoir les membres du Groupe des Sept (G7) par voie de communiqué.Les nations du G7 \u2014 États-Unis, Japon, Allemagne, France, Grande- Bretagne, Italie et Canada \u2014 se sont dites encouragées par le nombre des autres pays ayant accepté de participer aux efforts visant à priver les terroristes de leurs moyens financiers.« Nous sommes en bonne voie de former une coalition internationale afin de perturber le financement terroriste », a déclaré le secrétaire au Trésor des États-Unis, Paul O'Neill.L'activité économique nord-américaine a presque été paralysée, lors des journées subséquentes au 11 septembre, alors que les consommateurs, horrifiés par l'ampleur de la tragédie, ont déserté les commerces, tandis que les dirigeants des entreprises réévaluaient à la baisse leurs projections de dépenses, a pour sa part rappelé David Dodge, gouverneur de la Banque du Canada.M.Dodge a toutefois fait remarquer que le coup porté à l'économie canadienne s'était révélé bref.« Lorsque l'on regarde les ventes des deux dernières semaines de septembre, il ne semble pas y avoir eu de choc vraiment important », at- il déclaré.« Les consommateurs sont quelque peu réservés, mais ils n'ont certainement pas cessé de dépenser », a ajouté le dirigeant de la banque centrale canadienne.La croissance économique du Canada devrait s'accélérer au milieu de l'année prochaine, ont affirmé des économistes au ministre Martin.L'activité économique nord-américaine avait perdu de son rythme avant même les attentats du mois dernier.Par ailleurs, les échanges commerciaux entre le Canada et les États-Unis ont constitué une part importante des entretiens entre MM.Martin et O'Neill.« J'ai dit au secrétaire que la capacité de nos frontières à faire face au commerce était absolument cruciale à la croissance économique, a déclaré M.Martin.Il était tout à fait d'accord.Photo AFP Le ministre des Finances du Canada, Paul Martin, attire l'attention du secrétaire au Trésor des États-Unis, Paul O'Neill, lors d'une conversation faisant suite à la première rencontre, hier matin, des ministres des Finances et des gouverneurs des banques centrales des pays du G7, à Washington.EXPRESS INTERNATIONAL Russie Kiev se défend LE PRÉSIDENT ukrainien Leonid Koutchma a jugé hier impossible qu'un tir de missile ukrainien soit à l'origine de l'accident du Tupolev 154 reliant Tel Aviv à Novosssibirsk qui a explosé en vol et s'est abîmé dans la mer Noire jeudi avec 78 personnes à son bord.« Tous nos experts, à la fois russes et ukrainiens, excluent d'un point de vue technique la possibilité d'une telle situation.Les cibles que visaient les missiles se situaient à une altitude d'un kilomètre et elles se trouvaient à 34 km de l'endroit d'où étaient tirés les missiles », a déclaré le président ukrainien lors d'une conférence de presse à Lublin en Pologne.« La trajectoire des missiles était totalement différente de celle de l'avion », a assuré M.Koutchma.\u2014 d'après AFP Italie Référendum aujourd'hui PRÈS DE 50 MILLIONS d'Italiens doivent se prononcer aujourd'hui pour ou contre une loi renforçant le pouvoir des 20 régions de la péninsule mais la campagne pour cette consultation est si atone que la presse parlait samedi de « référendum invisible ».La loi accroît les pouvoirs des régions en leur transférant plus de compétences en matière d'éducation, d'environnement et de nomination des juges de paix, ainsi qu'un plus grand pouvoir législatif et fiscal.\u2014 d'après AFP Soudan Droits de l'homme UN GROUPE soudanais de défense des droits de l'homme a souligné hier l'absence de progrès dans ce domaine au Soudan et indiqué en avoir alerté l'émissaire de la Commission des droits de l'homme de l'ONU, Gerhard Baum, en visite à Khartoum.Le Groupe soudanais pour les droits de l'homme (GSDH) a souligné « l'absence de développements positifs » dans le domaine de ces droits, a déclaré son président l'avocat Ghazi Souleimane.« M.Baum est d'accord avec nous qu'il n'y a pas de développements positifs concernant la situation des droits de l'homme, depuis sa dernière visite au Soudan en mars », a déclaré Me Souleimane à la presse.\u2014 d'après AFP Deux Palestiniens tués à Hébron La Syrie veut reprendre les négociations sur le processus de paix JACQUES PINTO Agence France-Presse JÉRUSALEM \u2014 Deux Palestiniens ont été tués hier par des tirs israéliens à Hébron, en Cisjordanie, alors que sur le plan diplomatique la Syrie appelait à relancer le processus de paix avec Israël.Hamzeh al-Kawasmi, 24 ans, et Amjad al-Kawasmi, 22 ans, membres d'une même famille, ont été tués dans le quartier d'Al-Cheikh, situé en zone autonome palestinienne, où des affrontements entre Palestiniens armés et soldats israéliens avaient lieu.Ces décès portent à 864 le nombre de personnes tuées depuis le début de l'Intifada, le 28 septembre 2000, dont 666 Palestiniens et 175 Israéliens.Selon l'armée israélienne, des échanges de tirs ont eu lieu dans les quartiers d'Al- Cheikh et d'Abou Sneineh « à la suite de tirs palestiniens en direction de positions israéliennes ».« Nous avons riposté en direction des sources de tirs et un garde-frontière (israélien) a été légèrement blessé par un jet de pierre.Nous savons que nous avons touché un des tireurs armés dans le quartier d'Al-Cheikh », a précisé la même source.L'armée, qui avait mené une incursion à Hébron vendredi matin dans ces deux quartiers surplombant une enclave où vivent 400 colons juifs, maintenait hier ses positions.Cinq Palestiniens avaient été tués et 15 blessés lors de l'incursion menée après des tirs palestiniens, mercredi, qui avaient blessé deux Israéliennes.L'armée occupait également une bande de territoire en zone autonome dans le nord de la bande de Gaza, où elle avait mené une incursion mercredi à l'aube.Alors que la violence continuait dans les territoires palestiniens, la Syrie a appelé à reprendre les négociations de paix avec Israël.Un haut responsable du parti Baas, au pouvoir à Damas, Souleimane Kaddah, a affirmé que « la Syrie appelle à parvenir à des solutions justes aux conflits internationaux, à bâtir un ordre mondial basé sur la justice et le droit, et à reprendre le processus de paix dans la région ».Mais M.Kaddah a réitéré les exigences de Damas, à savoir le retrait d'Israël des territoires arabes occupés, « jusqu'à la ligne du 4 juin 1967 », et la reconnaissance des droits du peuple palestinien, dont celui à établir un État indépendant.Israël avait occupé pendant la guerre de 1967 le plateau syrien du Golan, la bande de Gaza et la Cisjordanie, dont le secteur oriental de Jérusalem.Les négociations syro-israéliennes sont gelées depuis janvier 2000.Damas exige pour les reprendre qu'Israël reconnaisse son droit à recouvrer l'ensemble du Golan.Dans une première réaction, Israël a estimé que l'appel syrien était insuffisant et demandé à Damas de « cesser de soutenir des activités terroristes ».« Cette déclaration est charmante, mais la Syrie a quelque chose de plus à faire.Elle doit cesser de soutenir les activités terroristes et évincer les groupes terroristes qu'elle abrite », a indiqué à l'AFP sous le couvert de l'anonymat un haut responsable israélien.Sur le plan israélo-palestinien, le chef de la diplomatie israélienne, Shimon Peres, a indiqué qu'une rencontre sécuritaire au niveau des commandants sur le terrain s'était tenue vendredi.M.Peres a réaffirmé hier l'exigence d'Israël de voir l'Autorité palestinienne arrêter des activistes des mouvements intégristes accusés de terrorisme et qui ont rejeté le cessez-le-feu, mais a noté que rien n'avait été fait à ce jour.La direction palestinienne, soumise aux pressions d'Israël et de Washington, a mis en garde vendredi les Palestiniens contre toute violation de la trêve conclue le 26 septembre entre le président palestinien Yasser Arafat et M.Peres, ce qui n'a pas empêché le Hamas d'appeler le même jour à la poursuite de l'Intifada.Hier, le chef du Fatah, le mouvement de M.Arafat, pour la Cisjordanie, Marwan Barghouthi a rejeté à son tour cet appel.« Le peuple palestinien a pris la décision de déclencher l'Intifada et de la poursuivre jusqu'à obtenir liberté et indépendance », a-t-il déclaré à l'AFP.Peres croit en un État palestinien d'après AFP HAMBOURG \u2014 Le chef de la diplomatie israélienne, le travailliste Shimon Peres, s'est déclaré convaincu « qu'un État palestinien sera créé », Israël devant aboutir à « un compromis historique avec les Palestiniens ».Dans une interview au journal dominical allemand Bild am Sonntag, Shimon Peres a déclaré : « Nous devons arriver à un compromis historique avec les Palestiniens.Un État palestinien sera créé.» S'il a reconnu Yasser Arafat comme le dirigeant incontesté du peuple palestinien, Shimon Peres l'a exhorté à mettre fin à la violence : si Arafat laisse tranquilles « les membres du Hamas et du Jihad, de nouveaux attentats auront lieu, ce sera l'escalade et la guerre », a-t-il estimé.Selon M.Peres, Israël a transmis au Président de l'Autorité civile palestinienne une liste des 108 terroristes les plus dangereux : « Nous avons exigé qu'au moins les dix plus terribles soient arrêtés.Arafat n'a rien fait », a affirmé le ministre israélien des Affaires étrangères.Washington veut promouvoir la paix malgré l'incident avec Sharon MATTHEW LEE Agence France-Presse WASHINGTON \u2014 Les États-Unis ont cherché hier à faire progresser la paix au Proche-Orient et à renforcer la coalition antiterroriste malgré les tensions entraînées par les remarques du premier ministre israélien Ariel Sharon, incident que Washington considère comme clos.Au lendemain d'une vive mais rare réaction américaine aux propos de M.Sharon, jugés « inacceptables », les responsables américains ont préféré tenter de sauver une trêve déjà fort mise à mal entre Palestiniens et Israéliens.« Nous considérons l'affaire comme passée.L'eau a coulé sous les ponts », a indiqué un haut responsable du département d'État sous couvert de l'anonymat.Ariel Sharon avait accusé les États-Unis de courtiser les pays arabes aux dépens de l'État juif pour s'assurer leur soutien à une coalition antiterroriste.Ces remarques ont toutefois été jugées déroutantes par certains responsables, au moment même où Washington s'efforce de rallier pays arabes et musulmans à sa coalition antiterroriste.Les États-Unis estiment que le fondamentaliste Oussama ben Laden, réfugié en Afghanistan, est le principal suspect des attentats du 11 septembre, et ils cherchent à convaincre ces pays que leur campagne n'est pas dirigée contre l'islam.L'ouverture américaine vis-à-vis des dirigeants arabes et musulmans s'est faite encore plus franche cette semaine lorsque le président George W.Bush a réaffirmé son soutien à un État palestinien et lorsque son secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, a effectué une tournée dans cinq pays musulmans.Si ces démarches ont fait beaucoup pour rallier les nations arabes et musulmanes, elles ont aussi entraîné l'inquiétude d'Israël, qui craint que sa sécurité ne soit plus la principale priorité de son allié américain.Le secrétaire d'État Colin Powell a tenté de dissiper ces craintes, appelant à plusieurs reprises le premier ministre israélien et, dans différents communiqués, la Maison- Blanche en a fait autant.« Israël n'a pas de meilleur et de plus solide ami que les États-Unis et que le président Bush », a martelé le porte-parole présidentiel, Ari Fleischer, vendredi.M.Powell a parlé par trois fois vendredi avec le chef du gouvernement israélien, une première fois pour lui faire part du mécontentement américain après ses remarques, ensuite pour l'apaiser et indiquer que Washington considérait l'incident comme clos, tout en demandant à Israël de poursuivre ses initiatives pour limiter la violence.« Le secrétaire d'État a évoqué les commentaires du premier ministre Sharon (.) mais il s'est aussi concentré sur la nécessité de prendre des initiatives pour faire cesser la violence ou éviter les provocations », a indiqué le porte-parole du département d'État Richard Boucher.Après s'être entretenu avec M.Powell, M.Sharon a publié un communiqué faisant l'éloge de « la profonde amitié et des relations particulières unissant les États- Unis à Israël et spécialement le président George W.Bush ».Les deux parties estimant désormais l'incident clos, certains pensent même qu'il a, de façon inattendue, bénéficié à la coalition.Interrogé sur le fait de savoir si une querelle avec Israël pouvait « tomber à point nommé », M.Boucher a lâché platement « non », vendredi.Mais d'autres responsables ont laissé entendre le contraire.Le monde arabe et musulman a pu constater que la tolérance de Washington vis-à-vis d'Israël avait ses limites, ont noté ces responsables sous couvert de l'anonymat. 7LP1601A1007 A16, dimanche, AILLEURS 7LP1601A1007 ZALLCALL 67 01:20:56 10/07/01 B Êtes-vous « patriote économique»?Une singulière cohésion anime les grands élus d'Occident : « Consommez s'il vous plaît ! » qu'ils disent Allez, achetez, prenez l'avion, Disney vous attend, a dit le président Bush au Congrès.Le premier ministre britannique Tony Blair a évidemment emboîté le pas.Et le premier ministre du Canada de renchérir : allez, voyagez à travers le Canada, achetez-vous une voiture, contractez une hypothèque.Et même le socialiste premier ministre de France, Lionel Jospin, fut très explicite : il a invité les Français à faire preuve de « patriotisme économique » en soutenant la consommation pour éviter une récession.Le mot d'ordre a fait boule de neige en Occident, dans la foulée du 11 septembre.Ça partait d'un bon sentiment politique : faut faire tourner la machine, comme preuve qu'Oussama ben Laden et ses fans ne vont pas nous avoir.Le problème, c'est que le client citoyen, lui, n'a pas nécessairement le goût de consommer à ce moment- ci.Y'a l'automne qui déverse ses pluies, le p'tit qui souffre d'une dent, bobonne qui file un mauvais coton, son joggeur de mari qui s'est fait une entorse, ou quoi encore ?Il y a probablement surtout une indiscible perte du goût de la vie, une morosité ambiante née des événements du 11 septembre qui fait damner les décideurs économiques, qui à leur tour éperonnent les politiciens, qui passent le message.Le client d'ailleurs est un peu surpris de cette sollicitation venue de l'autorité politique.Il a certes l'habitude quotidienne du harcèlement de la pub, qui le convie à des biens et services très spécifiques, mais cette fois on lui demande de consommer pour consommer.Le mandat vient de haut et c'est pas banal.Consommer quoi au fait ?« Consommez !» donc.Or jusqu'ici ça ne marche pas très bien, constate Robert Reich, qui fut secrétaire au Travail des États-Unis, de 1993 à 1997.En temps de guerre normalement, écrit-il dans un article reproduit par le Washington Post, le pouvoir politique invite plutôt les consommateurs à modérer leurs appétits.Il en veut pour preuve la dernière Guerre mondiale, qui a commandé des privations exceptionnelles chez les consommateurs.Il évoque le cas des États-Unis, mais les septuagénaires d'ici ont connu l'équivalent : une demi-livre de sucre par semaine par ménage, trois gallons d'essence, rationnement de la viande, de l'huile à chauffage, du café et des cigarettes.À compter de 1942, il ne fut même plus possible d'acheter une voiture neuve, parce que les usines avaient été recyclées pour produire de la quincaillerie militaire.Pas de bas pour madame, et monsieur manquait de whisky, les alambics étant conscrits à la fabrication d'alcools industriels.Les gens acceptaient la fatalité : c'était la guerre ! Arrive en 2001 la « guerre », l'État tient un langage tout à fait contraire : « Consommez au plus sacrant ! » Bon : les technocrates modernes voient les choses différemment de leurs aînés.Consommer avec quoi ?Le problème, note M.Reich, c'est que même avant le 11 septembre, les économies des Américains avaient fondu, atteignant leur niveau le plus bas en 70 ans.Et le niveau d'endettement des Américains était le plus élevé de tous les temps.Ce qui fait que malgré la « guerre » actuelle, celle-ci sollicitant finalement assez peu de ressources militaires, la capacité de produire des biens et services reste vivace, mais \u2014 hélas \u2014 la demande du consommateur n'est pas au rendez-vous.Le 11 septembre n'eût-il pas eu lieu, peut-être le marasme en cours se fût-il produit quand même.Mais le 11 septembre fut un déclencheur dans toutes les directions.Facteur de morosité, il fut aussi instrument de resaisissement.Le USA Today fait état d'un phénomène absolument inédit : l'avènement du « militant shopper », ce consommateur qui estime que le fait d'acheter va sauver l'Amérique.Allez consommateurs ! Aux États-Unis pays phare, le meneur de claque s'appelle George W.Bush, suivi par le maire de New York Rudy Giuliani.et même par l'ex-président Clinton, qui a acheté sous l'oeil des caméras pour 342,79 $ de cadeaux destinés aux enfants des victimes de Manhattan.Le week-end dernier, diverses élites \u2014 gouverneurs, maires venus de plusieurs États \u2014 ont envahi les Macy's et autres Carnegie Deli de New York pour faire la preuve que les terroristes ne leur tiendront pas la dragée haute, ajoute le USA Today.La mode du « consommateur patriotique » est lancée.Mais est-ce patriotique de ce vautrer les yeux fermés dans la consommation tout en exposant sa famille à des lendemains précaires, demande l'ex-secrétaire au Travail Robert Reich ?La notion de « patriotisme de consommation » fait des sceptiques, et pas seulement aux États- Unis.Chez les Britanniques notamment, qui, tout en accord qu'ils soient avec leur premier ministre dans sa mission de débusquer Oussama ben Laden, n'en expriment pas moins des réserves à l'idée de se tirer en l'air chez Mark & Spencer ou autre Sainsbury.C'est que la Grande-Bretagne, avant même les événements du 11 septembre, avait connu une série de déboires peu susceptibles de mettre le consommateur en appétit, comme l'interminable épisode de la vache folle et des inondations, note le chroniqueur Steve Richards, dans le quotidien The Independent.En l'occurrence, le patriotisme britannique, intimement lié à sa fierté militaire rafraîchie par l'épisode de la chasse de ben Laden, ne donne aucun signe de déclencher une frénésie de consommation nationale, si on en croit la lecture des grands journaux britanniques, quelles que soient les manoeuvres du premier ministre.C'est à croire que ces foutus consommateurs sont vaches, mais pas fous, quand même ! Patriotisme version US Aux États-Unis, le patriotisme économique n'est guère plus rentable dans les faits, mais il tient lieu de leitmotiv officiel, qui dépasse d'ailleurs le strict champ de la consommation.Deux jours après la tragédie simultanée de New York et Washington, Boeing a annoncé sa décision de mettre à pied 30 000 employés, geste que certains, note le Wall Street Journal, ont considéré publiquement comme « antipatriotique ».Les actionnaires en général ont dû bénir cette mesure, assez conforme aux règles ordinaires du monde des investisseurs.Mais voilà que des coqs du patriotisme, issus pourtant de la plus pure tradition entrepreneuriale, ont eu un haut-le-coeur, vu les circonstances actuelles, devant pareille initiative.« Ils aident les terroristes à gagner la guerre », estime un cadre retraité de Du Pont.« Ils mettent le dollar au-dessus du patriotisme.» Dans les semaines précédant le 11 septembre pourtant, semblable geste était considéré comme tout à fait acceptable, note le WSJ, le profit se présentant comme la norme indiscutable.Mais le 11 septembre lui a donné un sens nouveau : une capitulation.Des voix s'élèvent dans le milieu pour appeler les décideurs à plus de hauteur.Nenni : Boeing a fait savoir que.« ce serait antipatriotique que de faire faillite ».GM est patriote.aux État-Unis Quand même.Des chefs d'entreprises, dit le journal, estiment que « la meilleure façon de contrer le terrorisme, c'est de maintenir une économie forte, de garder les employés au travail, de faire fonctionner les usines, de perpétuer la nation ».La citation est du directeur général de General Motors Corp., Richard Wagoner (qui ne fait pas allusion à la fermeture de l'usine de Boisbriand, annoncée après le 11 septembre ; mais il est vrai qu'en l'occurrence, ce n'est pas « la nation » qui est en cause.) « Nous faisons partie de l'économie et ce que nous faisons influence l'économie », dit M.Wagoner.Et les reporters du Wall Street Journal d'ajouter que jusqu'ici, en dépit d'une chute de 30 % de ses ventes cette année, General Motors n'a pas modifié le programme de production prévu avant le 11 septembre.La fermeture de Boisbriand fut donc décidée avant le 11 seetembre, bien qu'elle fut annoncée dans la foulée du 11 septembre, ce qui donne à penser qu'une attaque terroriste crée un terreau formidable pour faire avaler une pilule.Si GM entre-temps n'annonce pas de mises à pied aux États-Unis, elle se conforme en cela à un voeu de la Chambre de commerce du pays, qui juge « malvenues à ce moment-ci » les mises à pied massives.On croit rêver en lisant ce message, quand on le compare aux chiffres de licenciements dans d'autres colonnes de tous les cahiers financiers d'Amérique, mais c'est comme ça.C'est à croire finalement que dans la vraie vie, consommateurs et producteurs partagent le même sentiment : « Allez, on se serre la ceinture ! » A16 LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 7 OCTOBRE 2001 Photomontage JEAN-SÉBASTIEN MERCIER, La Presse Tentations Construction Précautions Des millions COLIN POWELL, le ministre des Affaires étrangères des États-Unis, paraît avoir convaincu ses collègues de ne pas attaquer l'Irak dans les grandes manoeuvres qui se préparent autour de ben Laden, mais rien n'est moins sûr.Un magazine comme The Economist insistait pesamment la semaine dernière sur cette perspective.Le secrétaire d'État a déjà dit que les populations du Moyen-Orient sont trop sensibles aux souffrances vécues par les civils irakiens pour que les États-Unis tirent avantage d'une attaque militaire massive contre l'Irak.Qu'à cela ne tienne, les durs n'auraient pas dit leur dernier mot.Leur argument de fond : les talibans sont plutôt mal équipés en armements antiaériens et voudront compter sur l'arsenal de plus en plus perfectionné que l'Irak a développé ces dernières années.Les forces combinées des États-Unis et de la Grande-Bretagne pourraient en tirer prétexte pour attaquer aussi l'Irak, un pays qui à long terme menace pas mal plus les intérêts américains que l'Afghanistan, fait remarquer une maison de consultants du Texas, Stratfor.Et que les États-Unis aient choisi d'assumer toute l'initiative dans la chasse à ben Laden, ça leur donne pleine latitude, n'ayant pas dans les jambes un pays comme la France qui s'est rapprochée de l'Irak.TOUTE L'INDUSTRIE planétaire engagée dans la construction de gratte-ciel a subi le 11 septembre un électrochoc dont l'effet ne cesse de se manifester, tant au niveau des coûts des constructions en cours (ajouts de sécurité) qu'au plan des perspectives de croissance.Dans le seul quartier des Docklands à Londres une demi- douzaine de tours à bureaux sont en construction et une ville comme Londres ne pourra pas se passer de construire en hauteur, vu la rareté de l'espace.Cela dit, les coûts des primes d'assurance pourraient doubler sous l'effet du 11 septembre et se répercuter lourdement sur les coûts de location.Les locataires eux, pourraient aussi avoir tendance à disperser le personnel, de manière à éviter une disparition totale en cas d'attentat.La note que devront assumer les assureurs dans le cas de l'effondrement du World Trade Center jouera entre 20 et 100 milliards de dollars US, estime le International Herald Tribune, qui cite une porte-parole de Munich Re, importantte maison de réassurance.Dans certains cas, les primes devraient beaucoup plus que doubler pour les gratte- ciel, estime un spécialiste de Moody's.Et les assureurs tiendront compte du type d'entreprise : des bureaux militaires par exemple coûteront plus cher en primes que ceux d'un négociant en vaisselle.LES CAMPUS des universités américaines, demeurés assez sages depuis la guerre du Vietnam, commencent à s'agiter, les pacifistes n'appréciant pas outremesure les éclats de voix vengeurs émanant de Washington.On estime que la contestation va s'accroître.Mais pour l'instant, c'est plutôt le repérage d'éléments terroristes sur les campus qui intéresse les polices en priorité, signale le Boston Globe, cette ville étant particulièrement riche en institutions de haut savoir.Déjà les diverses polices américaines engagées dans la lutte contre le terrorisme font pression auprès des autorités universitaires pour obtenir davantage de renseignements sur les clientèles.La démarche vise principalement à débusquer d'éventuels éléments terroristes chez les étudiants étrangers.Les polices à cet effet attendent impatiemment du Congrès les lois mijotées par la Maison-Blanche qui leur faciliteront la tâche d'accéder aux dossiers personnels de ces étudiants.La sénatrice démocrate de Californie, Dianne Feinstein, pour sa part exigera un moratoire de six mois avant l'inscription d'un étudiant étranger, le temps d'étudier son dossier à fond.Avis donc aux nombreux finissants universitaires d'ici qui iront se perfectionner aux États-Unis.TIRAGES EN HAUSSE dans la presse écrite, cotes d'écoute qui grimpent pour les émissions d'information télé, c'est le beau côté d'un événement comme celui du 11 septembre.En revanche, la couverture des événements entraîne des coûts faramineux pour les médias, rappelle le New York Times.Après New York et Washington, des hordes de reporters ont envahi le Pakistan à la frontière de l'Afghanistan, certains poussant l'audace jusqu'à pénétrer dans l'espace taliban.Le seul appareil pour transmettre des photos par satellite coûte 8000 $ US et il peut facilement devenir inutilisable sous l'effet des tempêtes de sable.Dans l'intervalle, l'industrie de l'accueil fait des affaires d'or.Le billet d'avion New York-Islamabad par Pakistan International Airways coûte 3133 $ US et une chambre au Islamabad Marriott, 235 $.Chaque installation de communication par satellite pour la télé peut coûter entre 50 000 et 70 000 $, et les frais d'utilisation, 2000 $ les 15 minutes.On estime à 25 millions $ le coût hebdomadaire engendré par les diverses équipes de reportage étrangères déjà dépêchées dans la région, en Afghanistan, au Pakistan, au Tajikistan, au Yémen et à Bahrein.Et, frustration suprême, rien ne garantira la véracité des reportages lorsque se fera la guerre, les généraux demeurant maîtres de ce qui doit ou ne doit pas être dit au bon peuple. 7LP1701A1007 a17 dimanche 7LP1701A1007 ZALLCALL 67 01:16:09 10/07/01 B LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 7 OCTOBRE 2001 A17 Les bouleversements post-afghans ALBERT LEGAULT L'auteur est directeur du Forum sécurité et défense de l'Institut québécois des hautes études internationales à l'Université Laval.Les grandes puissances devront sortir de leur profonde léthargie pour faire avancer les pourparlers de paix au Proche-Orient.Deux fois et demi plus petit que le Québec, mais de la taille approximative de l'Alberta, l'Afghanistan se situe à la jonction des anciens empires tsariste et indien, au centre de l'Asie centrale.Son histoire est jalonnée de conquêtes extérieures.Tous les envahisseurs s'y sont cassé les dents, y inclus l'ex-URSS qui a tenté durant dix ans d'y imposer sa loi.En réalité, depuis son indépendance en 1919, le royaume afghan n'a connu que soulèvements et coups d'État.La prise de Kaboul en 1992 par les talibans, aidés par le Pakistan, marqua le début d'une nouvelle guerre civile.Celle-ci connaît aujourd'hui son aboutissement ultime.L'Alliance du Nord entre Tadjiks (le général Rashid Dostom) et Ouzbeks (le peu charismatique Mohammed Fahim qui a succédé à feu général Ahmed Shah Massoud, assassiné par les talibans peu avant les attentats de New York), qui ne contrôle plus qu'une faible portion des territoires du Nord, tentera sans doute de reprendre Kaboul, tandis que le régime taliban sortira affaibli des frappes aériennes contre les installations et les fortifications dont elle dispose un peu partout dans le pays.Le Front uni du Nord comprend aussi des Hazaras chiites et Ismail Kahn, anticommuniste légendaire, qui souhaite reprendre Herat.L'Afghanistan sous haute surveillance Que sortira-t-il de cette nouvelle mainmise sur ce territoire ingouvernable qui n'a jamais accepté de régime politique centralisé fort, qui n'a plus de gouvernement depuis bientôt dix ans et où les clivages politiques correspondent aux clans, à la tribu ou aux ethnies ?Sans aller aussi loin que de parler du partage de l'Afghanistan entre la Russie et les voisins de l'Afghanistan, c'est-à-dire l'Iran et le Pakistan, il est clair que le monde s'achemine peu à peu vers des zones d'influence respectives pour ces trois grands États de la région (Russie, Iran et Pakistan).Ils devront s'entendre sur l'institutionnalisation d'un minimum d'organes de gouverne communs à Kaboul, sans doute sous l'égide de l'ex-roi en exil Mohammad Zahir Chah et peut-être de son petit- fils Mustapha, qui devront tenter de trouver un délicat équilibre entre « tous les Afghans », c'est-à-dire essentiellement entre les ethnies du Nord et les Pachtounes majoritaires, dont plusieurs ont aussi servi dans les rangs des talibans.Ici comme ailleurs, il faudra sans doute faire preuve de beaucoup de compromis pour satisfaire les uns et les autres.Il n'est pas sûr que la formule préconisée par le roi, la « loya jirga » ou la Grande Assemblée, sera de beaucoup d'effet pour assainir la situation en Afghanistan.D'autant que Fahim et Abdullah Abdullah, ce dernier étant le représentant des affaires extérieures de feu Massoud, sont en rivalité, sans parler des revirements de situation dans le passé entre les généraux Dostom et Massoud.En réalité, les pressions externes (Iran, Russie, États-Unis, Pakistan) seront sans doute plus fortes que les effets positifs qui pourraient découler du charisme symbolique attribué au roi, même si les États-Unis se déclarent officiellement neutres par rapport au régime qui pourrait succéder aux talibans ! Coalition d'intérêts La menace d'un islamisme agressif et perverti est sans doute l'élément central qui réunit tous les membres de la coalition antiterroriste.Cette coalition n'est pas sans faille, car les conflits en Asie centrale ont et continuent d'avoir des dimensions interethniques prononcées.C'est notamment le cas au Tadjikistan où le gouvernement du président Rahmonov ne peut gouverner que grâce à l'appui des troupes russes.Les cinq ans de guerre civile au sein de ce pays (1992-1997) ont donné lieu à un accord général entre le gouvernement et l'opposition tadjike unie (OTU), mais le quota des postes gouvernementaux accordé à l'opposition n'a jamais été rempli.En outre, le président Rahmonov doit faire face à un mouvement violent désormais interdit, le Hezb-ut-Tahrir.En Ouzbékistan, le président Karamov a échappé de justesse à un attentat islamique en février 1999.Il doit aussi faire face à une opposition islamique diversifiée (le mouvement Adolat « Justice », le Parti de la Renaissance islamique (PRI), ainsi que le Parti libération issu du mouvement Adolat \u2014 le Hezb-ut-Tahrir).L'Ouzbékistan et la Kirghizie s'opposent depuis plusieurs années déjà dans la fameuse vallée de Fergana qui demeure centrale pour la richesse économique de chacun de ces pays.De plus, si l'Ouzbékistan et la Russie sont intervenues dans la guerre civile au Tadjikistan, ces deux pays restent en rivalité constante pour faire valoir leur influence dans la région.Par ailleurs, depuis plusieurs années déjà, les républiques d'Asie centrale ainsi que la Russie et la Chine coopèrent étroitement à l'intérieur du processus dit de Shanghai (Groupe des cinq de Shanghai créé en 1996 qui comprend, outre la Chine et la Russie, le Kazakhstan, la Kirghizie et le Tadjikistan et auquel s'est récemment joint l'Ouzbékistan).Ce groupe est devenu, depuis juin 2001, l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), dont le siège social est établi à Bichkek, capitale du Kazakhstan.L'étendard est clair : contrer le terrorisme islamique radical sous toutes ses formes.La géopolitique du pétrole Si le plus petit dénominateur commun reste la survie de ces régimes face à la montée des mouvements islamiques radicaux, il faudra néanmoins que l'Iran et le Pakistan s'entendent pour mettre en sourdine leurs querelles économiques.La plupart des spécialistes jugent bel et bien enterré le vieux projet d'UNOCAL visant à construire un oléoduc depuis le Turkménistan jusqu'à la mer d'Oman ou encore vers Multan au Pakistan.Il est mort dans la foulée des attentats de 1998 contre les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie.L'Iran voit d'un mauvais oeil que le Turkménistan exploite le pétrole ou le gaz de la mer Caspienne pour les faire passer sur un territoire autre que le sien, ce qui le priverait de substantiels droits de passage.Inversement, le Pakistan souhaiterait évidemment que ces droits de passage lui reviennent de plein droit, si les hydrocarbures du Turkménistan empruntaient son territoire.Des discussions ont aussi eu lieu relativement à la construction d'un oléoduc Turkménistan- Turquie qui passerait par l'Iran, mais il faudrait, pour cela, que le conflit entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan soit réglé.Par ailleurs, les réserves de gaz et de pétrole dans le Baloutchistan pakistanais diminuent rapidement, mais pas au point d'y tarir les investissements, car la Chine y a investi beaucoup.En outre, l'Iran n'a aucun intérêt à voir le Pakistan éclater, de crainte d'encourager le nationalisme baloutche que Téhéran s'est employé à détruire sans vergogne, tandis qu'Islamabad a appris à composer avec les revendications de ses propres baloutches.En réalité, sur un plan purement économique et pour mieux remercier l'Iran pour sa coopération éventuelle dans le conflit actuel, il est probable que Russes et Américains se mettront d'accord pour être parties prenantes dans le développement de nouveaux oléoducs passant désormais sur le territoire iranien, ce qui pourrait retarder la mise en oeuvre du projet Bakou- Ceyhan dont les travaux devaient commencer en 2002.Ces projets ont déjà fait l'objet de discussions lors du premier entretien en juin dernier en Slovénie, entre les présidents Poutine et Bush.Une telle coopération aurait aussi comme effet de renforcer la tendance conservatrice en Iran qui, depuis quelques années déjà, a cessé de vouloir exporter sa révolution à l'étranger.La trahison des clercs radicaux Pour sa part, le Pakistan devra diminuer son soutien au régime des talibans et à ses organisations paramilitaires soutenues par le tristement célèbre Oussama ben Laden.Déjà durant les années 90, le Pakistan aurait sévèrement réprimandé son directeur général du ISI (Inter-Services Intelligence) d'alors, Javid Nasir, pour avoir appuyé des mouvements radicaux au Tadjikistan, au Sri Lanka, en Inde ainsi que dans la région du Xinjiang où les ouïghours mènent depuis plusieurs années déjà une lutte armée contre le pouvoir central chinois.Le Pakistan devra donc, comme les États-Unis le lui demandent, choisir son camp ou en tout cas cesser de soutenir ouvertement les mouvements islamiques les plus radicaux, quitte à perdre un peu de lustre dans le conflit qui l'oppose à l'Inde, au Cachemire.Il risque autrement de sombrer dans ce que plusieurs appellent la « talibanisation » du Pakistan.Il est sans doute raisonnable de penser que les États-Unis et la Russie pèseront désormais de tout leur poids pour faire avancer sinon la cause d'une réconciliation pakistano- indienne du moins celle de l'élaboration d'un simulacre d'accord de paix entre ces deux pays.Les avancées de la coalition internationale La remarquable coopération des services du renseignement et des polices du monde entier, la lutte menée contre le blanchiment de l'argent, en particulier celui servant au financement de mouvements terroristes, les résolutions des Nations unies condamnant le terrorisme, ainsi que les pourparlers récents à l'Assemblée générale réunie en session extraordinaire sont autant de facteurs qui semblent indiquer que l'on s'achemine vers l'élaboration d'une convention visant à lutter contre le terrorisme sous toutes ses formes.Or, une douzaine de conventions existent déjà en la matière, que le Canada a d'ailleurs toutes signées, mais plusieurs ne sont pas en vigueur et de multiples pays refusent d'adhérer à celles qui pourraient les plonger dans l'embarras.L'élaboration par le Conseil européen extraordinaire d'un « mandat d'arrêt européen » contre les personnes soupçonnées d'attentats, est aussi un instrument important qui vient s'ajouter à l'édifice de l'État de droit désormais recherché par tous les membres de la coalition internationale forgée par les États-Unis.Assistera-t-on un jour à la création d'un tribunal pénal international habilité à juger les actes terroristes ?On en est loin, car les États défendent toujours jalousement leurs prérogatives.Et que dire des coups exécutés en sous-main par des forces spéciales ?Chose certaine, une telle initiative viendrait ajouter à la crédibilité et à l'indépendance d'une fonction publique juridique internationale, ce qui aurait l'avantage, autant que faire se peut, de mettre la justice à l'abri du politique.Mais au-delà de cette tâche gigantesque, que peut-on légitimement penser des opérations qui devront être entreprises dans l'après- Afghanistan ?Autrement dit, où va et que dire des opérations à venir dans le cadre de l'initiative Enduring Freedom ?En la matière, trois choses méritent d'être soulignées.Le terrorisme est d'abord et avant tout une affaire relevant de la police et des services de renseignement.Ce n'est donc qu'accessoirement que des forces militaires devraient être utilisées pour exfiltrer les organisations terroristes partout dans le monde.Les États-Unis et les pays européens sont parfaitement conscients des risques de déstabilisation qui pourraient résulter de frappes militaires aveugles à l'intérieur d'États qui ont tous pour la plupart promis leur collaboration.C'est donc dire que l'accent sera sans doute mis sur l'élaboration de vastes programmes destinés à aider les pays à éradiquer le terrorisme.Il est tout aussi légitime de penser que les États-Unis vont vouloir continuer à frapper tous les réseaux intimement liés à l'organisation Al Qaida, préférablement avec l'aide des pays impliqués que contre leur gré.Dans tout cela, il y aura un prix à payer, mais il sera sans doute beaucoup moins élevé que celui lié à l'entretien des moyens militaires actuellement déployés.En deuxième lieu, les grandes puissances devront sortir de leur profonde léthargie pour faire avancer les pourparlers de paix au Proche- Orient.L'UE, la Russie, les États-Unis, voire même l'Iran, devraient être intimement associés au processus de paix dans la région.Il en va de la crédibilité de la lutte antiterroriste : couper l'herbe sous les pied de ceux qui préconisent la violence en leur démontrant qu'il existe d'autres moyens de faire avancer la paix.Le processus impliquera sans doute que les accords d'Oslo soient revus de A à Z, que les conclusions de la commission Mitchell connaissent un début de mise en oeuvre, que la carte en peau de léopard actuelle soit redessinée selon des lignes de partage différentes, bref, que l'ensemble du processus soit revu.Et que les États susmentionnés dépêchent une force d'urgence dans la région pour faire respecter des accords qui restent à négocier mais dont il est permis d'espérer la conclusion.Israël s'y opposera sans doute, mais c'est le prix qu'il devra aussi payer avant de commencer à espérer des lendemains meilleurs.Enfin, deux États, ou un État et une organisation, puisque l'État palestinien n'existe toujours pas, devront sans doute renoncer à la violence pour réaliser leurs buts politiques.Il s'agit de la Tchétchénie qui devra renoncer à son nationalisme exacerbé, et de l'OLP qui devra se contenter de ce que la communauté internationale pourra lui offrir.Cela peut paraître peu, mais ce peu risque d'être infiniment plus rassurant, sur le plan du développement d'un État palestinien, que l'isolement total qu'Israël a imposé à l'OLP dans le passé.L'accent sera mis sur l'élaboration de vastes programmes destinés à aider les pays à éradiquer le terrorisme.Ilest clair qu'on s'achemine peu à peu vers des zones d'influence pour les trois grands États de la région, la Russie, l'Iran et le Pakistan.Mohammad Zahir Chah, l'ex-roi afghan en exil. 7LP1801A1007 a18 dimanche 7LP1801A1007 ZALLCALL 67 01:15:45 10/07/01 B A18 LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 7 OCTOBRE 2001 Le laboratoire k g a g n o n @ l a p r e s s e .c a Plus qu'un simple hôpital, le nouveau CHUM sera un laboratoire de la réforme du réseau de la santé.Car pour qu'il devienne un véritable hôpital universitaire, il faudra bien davantage qu'un édifice flambant neuf ou des équipements de pointe : le CHUM devra surtout pouvoir opérer dans un réseau de la santé totalement redessiné.D'ici 2007, année où le nouveau CHUM ouvrira ses portes, le travail sera titanesque.Les architectes érigeront le nouvel établissement, mais surtout, Québec devra lui assurer un environnement qui lui permette d'être un vrai hôpital universitaire, ce que le CHUM actuel, dispersé sur trois emplacements, n'a jamais pu devenir.Le CHUM détient depuis 1996 le mandat de former de nouveaux acteurs du réseau de la santé et d'être un centre nerveux de recherche.Mais ses trois composantes, Notre- Dame, Saint-Luc et l'Hôtel-Dieu, portent également le lourd fardeau d'être des établissements généralistes : leurs urgences accueillent annuellement plus de 100 000 personnes.Cette situation n'a pas de sens.Un hôpital universitaire devrait se consacrer à l'enseignement, à la recherche et aux soins très spécialisés.C'est ce que devra devenir le nouveau CHUM.Mais pour cela, il faut que les soins de première ligne subissent une petite révolution.Les CLSC et les nouveaux groupes de médecine familiale devront pouvoir accueillir des patients qui se rendent inutilement aux urgences.D'autres hôpitaux devront être confinés à une mission généraliste pour compléter le CHUM.Bref, le nouvel hôpital ne sera pas le fruit d'un simple transfert de trois hôpitaux sur un seul lieu : sa mise en place constitue le déclencheur d'une vaste transformation du réseau de la santé montréalais.\u0001 \u0001 \u0001 On le voit, le CHUM est un immense paquebot qui traîne toute une flottille dans son sillage.Et les écueils sur lesquels il peut se briser sont nombreux.Le premier écueil est politique.Le CHUM était le projet de l'ancien premier ministre Lucien Bouchard.Depuis que la décision de construire cet hôpital a été prise, le premier ministre et le ministre de la Santé ont changé.Dans les prochaines années, le parti au pouvoir pourrait, lui aussi, changer.Nous espérons que le gouvernement, quel qu'en soient les acteurs, continue de soutenir le nouveau CHUM.Un arrêt du projet enverrait un message désastreux à tout les acteurs du réseau.Le second écueil est financier.La construction du nouveau CHUM, couplée à celle du mégahôpital anglophone, représente un investissement colossal, qui dépasse les deux milliards de dollars.D'éventuels dépassements de coûts ont déjà commencé à faire la manchette.C'est sans parler des frais de reconversion des hôpitaux formant l'actuel CHUM.La facture s'alourdira aussi des coûts de la transformation du réseau.À la veille d'une récession, la tentation sera grande pour le gouvernement de mettre le pied sur le frein.Bien sûr, si le Québec était une société différente, Montréal n'aurait pas besoin de deux hôpitaux universitaires.Sur papier, nous n'avons pas la masse critique pour alimenter deux établissements aussi spécialisés.Mais la réalité politique et historique est telle que le gouvernement n'a d'autre choix que de financer deux établissements, puisque les milieux médicaux francophones et anglophones ont tous deux leur culture propre.On peut cependant espérer que les deux établissements collaboreront pour éviter de se dédoubler dans des hyper-spécialités.Comment éviter que le CHUM ne s'échoue sur ce récif financier ?En n'ayant pas peur, là aussi, d'innover.Le projet de mégahôpital forcera non seulement Québec à repenser l'organisation des soins, mais aussi à expérimenter de nouvelles façons de financer le réseau de la santé.En effet, on pourrait peut-être faire appel à de nouvelles sources de fonds pour la construction du CHUM.Une contribution populaire serait-elle pensable ?Pourrait-on faire appel à la générosité des patrons du Québec inc.?Serait-il pensable d'établir des partenariats avec l'entreprise privée à certaines étapes de la construction ou pour l'exploitation de certains départements du nouvel hôpital ?Les réponses à ces questions ne sont pas simples, mais elles font partie des défis qui se poseront au réseau de la santé et que symbolise désormais le nouveau CHUM.Pascal Élie, collaboration spéciale Droitsrés ervés DANS LA PRESSE ANGLOPHONE La signification de l'art (Toronto Star, 1er octobre) ÉTANT DONNÉ QUE l'art est la forme d'expression la plus civilisée, que ce soit en politique ou dans un autre domaine, les Canadiens n'ont pas de crainte à nourrir à son sujet.Et c'est pourquoi le Musée canadien des civilisations a eu « tort » (selon l'expression du premier ministre Jean Chrétien) la semaine dernière d'avoir voulu reporter l'exposition Ces pays qui m'habitent : expressions d'artistes canadiens d'origine arabe, qui devait commencer ce mois-ci.Il faut louer tous les députés d'avoir fourni leur appui au premier ministre lorsque celui-ci a déclaré : « Si cela est bon pour mars 2002, cela est bon pour octobre 2001.» Le musée a saisi le message l'incitant à ne pas faire de politique avec l'art, et l'exposition ouvrira donc à la date prévue.Cependant, l'image du musée (une institution censée exprimer les expériences de différents groupes culturels qui composent la grande collectivité canadienne) s'en trouve ternie.Pour justifier le report, le musée a expliqué qu'à la lumière des attaques terroristes du 11 septembre aux États-Unis, il lui fallait « davantage de temps pour préparer un contexte plus ample et plus instructif à fournir avec l'exposition.Mais comme l'a souligné un artiste, cette excuse « est une insulte à l'intégrité des artistes et une insulte à l'intelligence du public.» Selon un expert qui a pu examiner tous les objets exposés, l'exposition « n'a rien de bien choquant ».En réalité, ce n'est pas ce qui importe vraiment.Ce qui a passé aux yeux exercés du conservateur du musée pour une oeuvre d'art avant le 11 septembre demeure une oeuvre d'art, que la question soit controversée ou pas.Il est malheureux que le premier ministre ait eu à expliquer cette notion aux dirigeants et au personnel du musée.Nous vous présentons chaque semaine une sélection d'éditoriaux parus dans la presse anglophone du pays.La traduction est de La Presse.Assez tergiversé! Les étudiants doivent reprendre les rênes de leur Union p g r a v e l @ l a p r e s s e .c a Il y a, comme ça, de ces hasards malheureux ! Il faut reconnaître que le contexte actuel n'est pas particulièrement propice à des augmentations de salaire de 43 000 $ et plus par année pour le porter à 180 000 $.Un bond de 31 % ! Rétroactif au 1er juillet.C'est pourtant la perspective à laquelle est confronté le gouvernement du Québec à la suite des recommandations du comité indépendant chargé de le conseiller sur ce qu'il conviendrait d'apporter comme amélioration de la rémunération des magistrats relevant de sa juridiction.Cette procédure émane d'un jugement de la Cour suprême prononcé en 1997.Elle vise à sauvegarder l'indépendance du pouvoir judiciaire en mettant le salaire des juges à l'abri des impératifs politiques ou des interventions partisanes ; à montrer que ces derniers ne sont pas des fonctionnaires dont les conditions de travail doivent nécessairement tenir compte des échelles salariales en vigueur dans la fonction publique ; à définir les critères objectifs à partir desquels les modifications de traitement devraient s'articuler.Il est stipulé que le ministre de la Justice doit déposer les conclusions du rapport à l'Assemblée nationale et qu'il dispose ensuite de trente jours de session pour informer les élus de sa décision de s'y conformer.Ou, au contraire, pour leur faire valoir « les motifs légitimes et raisonnables » qu'il estime avoir pour ne pas s'exécuter.On comprend aisément l'embarras du gouvernement où on imagine sans doute les remarques sarcastiques ou les protestations indignées que provoquerait certainement une telle augmentation.Déjà, on a entendu le chef de l'ADQ, Mario Dumont, s'exclamer que les conclusions de cette étude « n'y vont pas avec le dos de la cuillère » et se dire certain qu'elles ne seraient « pas bien reçues par les citoyens ».Surtout dans une conjoncture où les démagogues auraient la partie belle auprès de travailleurs récemment mis à pied par Bombardier, Nortel, GM, Pratt &Whitney, Air Transat ou Air Canada en comparant leur sort avec celui d'un magistrat venant tout juste de profiter de cette nouvelle manne.! Ces considérations bien normales ne devraient cependant pas faire oublier le fond de la question qui porte essentiellement sur l'importance pour le Québec de maintenir une institution judiciaire crédible et de première qualité.Et, pour y arriver, d'être capable de recruter et de garder en poste des juges compétents prêts, le cas échéant, à renoncer aux divers avantages, parfois considérables, de la pratique privée pour exercer cette fonction essentielle.Opter pour un refus obstiné par peur de la démagogie ou pour des considérations électoralistes équivaudrait, au minimum, à ne pas enfin régler un problème malsain qui traîne depuis longtemps et dont la solution est à portée de la main.Ou, au pire, à relancer un débat dont aucune institution, ni le gouvernement, ni la magistrature, ni la justice ne pourra, en bout de ligne, sortir gagnant.On a déjà beaucoup trop tardé.Maintenant qu'on a en main toutes les données nécessaires, il n'y a plus de raison valable de tergiverser.(The Gazette, 2 octobre) LE GUIDE DE l'Union des étudiants de Concordia est un affreux torchon potentiellement dangereux.Il démontre à quel point l'Union des étudiants est infectée jusqu'à la moelle par le venin anticapitaliste et les préjugés anti-Israéliens.Le ton est donné à la toute première page dans un soi-disant poème de la rédactrice du guide, Mia Brooks : « soulèvement.ça (sic) appelle.soulèvement.murmures dans les ruelles sombres.shhh.soulèvement.voix de graffiti, trains se faufilant par-dessus les collines, vallées transmettant les mots sacrés - shhh - intifada.« intifada.hors de chez vous et dans la rue.intifada.c'est (sic) les appels, les cris, les voix qui hurlent.roulements de tambour, battements de votre coeur.corps dansant \u2014 intifada.aux armes pour la révolution.« révolution, soulevez-vous.qu'on ne vous dise plus quoi faire \u2014 qu'on vous entende.racines du soutien populaire poussant dans l'âme, s'enroulant, serrant comme un poing.anéantis l'état.pilonne les portes d'or du patriarcat.consume les feux du racisme.écrase le capitalisme.lance-les dans les fleuves pour les expédier dans les océans et les laisser s'atrophier sur le rivage tels un grain de sable.Bien sûr, c'est « juste » un poème, comme l'a souligné l'Union des étudiants.Mais c'est également une incitation à la violence qui n'a pas sa place dans une publication étudiante.(.) Les directeurs de Concordia, recrutés en partie dans le milieu des entreprises, sont décrits comme des « massacreurs ».Pas étonnant que les compagnies se soient retirés des salons de recrutement de l'université.Il vaut la peine de se demander si la police de la CUM ne devrait pas consacrer quelques heures à l'étude du « poème » pour vérifier si les passages les plus provocateurs ne constituent pas une invitation à commettre des actes criminels.(.) L'administration fait ce qu'elle peut pour stopper cette activité, mais ses mains sont en partie liées.L'Union des étudiants est une entité autonome qui finance ses activités à même les cotisations étudiantes.Les étudiants eux-mêmes doivent intervenir.L'Union des étudiants est depuis trop longtemps le terrain de jeu personnel d'une bande d'activistes radicaux, professionnels.Les étudiants de Concordia doivent comprendre que leur Union doit défendre les intérêts de toutes les 21 000 personnes inscrites à l'université.Après tout, l'Union prétend s'exprimer en leur nom.Il est temps que des candidats raisonnables et modérés reprennent cette organisation en mains.Et la campagne pour la destitution du comité exécutif actuel doit commencer aujourd'hui de même que pour la tenue de nouvelles élections.PHOTO PIERRE McCANN, La Presse « L'agenda (des étudiants de Concordia) n'est rien d'autre qu'un appel aux armes, un document incendiaire pour inciter les gens à la violence », a dénoncé, cette semaine, Frank Dimant, vice-président de l'organisme juif de défense des droits de la personne. 7LP1901A1007 a19 dimanche 7LP1901A1007 ZALLCALL 67 01:15:57 10/07/01 B LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 7 OCTOBRE 2001 A19 Un monde d'hommes (suite) Le deuil éphémère PIERRE-MARC BOYER L'auteur est un résidant de Montréal.SIDÉRANT.IL EST sidérant de voir à quel point certains hommes sentent le besoin de s'auto-flageller et de dénigrer leur propre sexe lorsque d'autres hommes commettent des bêtises.Dans La Presse du 25 septembre dernier, Dominic Beaudoin nous raconte qu'il hait son propre sexe depuis la tragédie (de New York) parce que « de tous temps ceux qui détruisent l'Humanité sont toujours des hommes ».N'en déplaise à M.Beaudoin, ceci constitue une fausseté, un mensonge qui relève de la rhétorique démagogique et sexiste.Bien sûr, la majorité des gens de pouvoir sont des hommes, mais les Margaret Tahtcher, Madeleine Albright et les Cléopâtre ontelles agi différemment ?L'histoire nous apprend que non.Et rien ne laisse croire que si les femmes dominaient le monde cela serait différent.D'autre part, pour chaque boucher de l'Histoire je pourrais vous nommer des Martin Luther King et des Gandhi.Ceux-là aussi sont-ils coupables On assiste actuellement, dans une moindre mesure, au même discours outrancièrement sexiste qui a suivi la tragédie de Polytechnique, en 1989.Je n'avais que 9 ans, mais je saisissais déjà l'ampleur de l'accusation que l'on portait vers mon père, mon frère, mon oncle à ce moment, « tous coupables », disait-t-on.Dans son livre Manifeste d'un salaud, Roch Côté dresse un portrait de ces hommes repentants qui ont honte de leur sexe : « Toute bonne cause a ses compagnons de route.(.) Il s'agit d'un animal vraiment particulier.Une sorte de chien repenti.Le compagnon de route est une conscience malheureuse.Il est né du mauvais bord, celui des salauds.Sa vie consistera à racheter cette faute originelle.La culpabilité existentielle du compagnon de route en fait un imprécateur redoutable.Ce qui est inquiétant, ce n'est pas que le doigt accusateur de M.Beaudoin nourrisse une haine et une honte d'être homme.Après tout, toute société compte son lot de sexistes et de racistes.Ce qui est beaucoup plus grave, c'est qu'un tel commentaire ne suscitera presque aucune réaction, puisqu'il est normal d'entendre des énormités semblables être proférées au sujet des hommes.Pourtant, inversez le sens des mots et dites qu'il s'agit de la femme dont M.Beaudoin parle.Notre homme signerait son arrêt de mort.Où sont les Françoise David de ce monde quand il est temps de condamner ces formes de sexisme ?CÉLINE TESSIER L'auteure est une Trifluvienne.AUTREFOIS, « dans ce bon vieux temps », expression fort utilisée par nos aînés, on prenait bien soin de nos morts.Les endeuillés préparaient avec amour cette ultime étape de la vie de l'être cher qui les quittait.Les gestes posés relevaient du rituel consacré à l'événement.On lavait nos morts, on les revêtait de leurs plus beaux atours, on priait, on pleurait surtout ; tout s'arrêtait brutalement et le quotidien retirait son habit de joie, laissant place à la peine.On prenait conscience de l'inéluctable absence.La maison revêtait la sombre apparence de la douleur et de l'immense peine ressentie par ses occupants.Cela durait trois jours et trois nuits.Il n'était surtout pas question de poursuivre quelque travail que ce soit durant cette période.Tout s'arrêtait durant ces trois malheureux jours.L'atonie avait préséance sur la vitalité et le plaisir.Selon le statut social de la famille, la messe était célébrée avec simplicité, beauté ou déploiement.Venaient ensuite, les étapes vestimentaires, symbole du temps écoulé depuis le décès du parent concerné.Les femmes portaient le noir les premiers six mois, les six autres mois de l'année prenaient la couleur du lilas.Les veuvages bien respectés ne prenaient pas fin avant une année complète, exception faite de certains « délinquants » avant-gardistes, qui selon les « vieux » avaient déjà depuis longtemps goûté aux plaisirs défendus de l'infidélité.Toute la famille, tous les voisins et tous les amis participaient aux étapes du deuil et faisaient preuve de compassion, de sollicitude et de charité.On apportait les repas à la famille durant les premières journées pour aider les gens et les soutenir dans leur épreuve.La vie reprenait son cours normal, la peine s'étant adoucie aux couleurs des quatre saisons.C'était il y bien longtemps.C'était la démesure.C'était le siècle dernier, et les temps ont bien changé.Nous sommes à l'ère de l'hédonisme et l'être humain est en urgence de vivre.L'instant présent, la constante recherche du plaisir.Je vois des hommes, des femmes, traverser les étapes sans les vivre, trop pressés d'atteindre leurs buts, visionnaires, performants, arrivistes et surtout pas centrés sur leurs peines.Aujourd'hui, on enterre nos morts, rapidement, souvent sur le parvis de l'Église, les parents et amis se bousculent pour le dernier au revoir, et vlan.la vie repart.Une heure, deux heures ou encore moins.C'est aussi la démesure.La fulgurante consommation du plaisir refait surface pour enterrer la peine, l'enfouir au plus profond de son âme.Le temps précieux ne peut se permettre de faire relâche pour laisser place à la léthargie.Mais au fil des jours, des mois, des années, elle les rattrape, et les deuils non résolus peuvent resurgir au moment où l'incontournable vérité les déjoue.Une grippe bien installée est souvent plus difficile à déloger qu'un simple rhume, comparaison bien simpliste me direz- vous ?Les blessures de l'âme tout comme celles du corps peuvent aussi bien être traitées de manière préventive.Je ne veux aucunement faire le procès de quiconque puisque je n'en ai pas la latitude et le pouvoir.Cependant, oeuvrant en soins palliatifs depuis de nombreuses années, mon expérience de vie soulève en moi des interrogations face à cette « banalisation » de l'étape du deuil.De retour au bureau, après quelques jours, on ne vous demande plus « comment ça va ?», depuis le décès de votre mère, de votre père ou de tout autre membre de votre famille.Bien sûr que non, c'est normal après tout, on ne veut plus s'arrêter, laisser libre cours à sa peine de peur d'être mal interprété et considéré comme mélodramatique.Tout va trop vite, tout doit être statué dans le temps.Mais, la véritable vie, ce n'est pas cela et l'émergence de la peine vous rattrapera peu importe votre statut social ou votre tolérance à la douleur.Il n'existe pas de temps précis pour adoucir la peine pas plus qu'il n'y a de solution miracle pour y arriver.Il faut y arriver seulement à son rythme.Il est essentiel et primordial de relativiser la douloureuse épreuve du deuil par un équilibre qui n'efface en rien les étapes à vivre pour y parvenir.À titre d'auteur de la lettre primée de la semaine, Mme Tessier recevra un exemplaire de l'édition reliée de luxe de notre volume Les meilleures photos des photographes de La Presse et The Gazette.Céline Tessier Dans notre monde de vitesse, nous ne prenons plus le temps de vivre nos deuils.Le parcours du combattant! Des cochons et des hommes Grand 7 1/2 à louer! JACQUES CÔTÉ L'auteur est professeur au cégep de Sainte-Foy.AU LENDEMAIN du lancement du film Babe, j'ai pris la décision de ne plus manger de viande porcine.Le charisme du sympatique cochonnet avait conquis mes tripes.Après la projection de Bacon, d'Hugo Latulippe, c'est comme si j'avais avalé du lion.Je ressens une profonde aversion pour ceux qu'un ministre péquiste, dans un moment de lucidité, a qualifié de barons du cochon.Cette clique de pollueurs profitent de l'omerta du PQ pour s'engraisser et épandre toujours un peu plus loin leur soue à cochons.Toujours plus sales, toujours plus gros, toujours plus polluants.Ici les cochons ne sont plus qui l'on croyait.Le film de Latulippe met bien en évidence cette oligarchie agricole protégée par des lois faites sur mesure pour elle.Je parle ici de la Loi 23, fortement critiquée par le Barreau, amendée depuis, et qui décourage les recours juridiques.Quand un État ferme les portes de ses tribunaux à sa population, la démocratie recule.Le cas des habitants de Sainte-Croix-de- Lotbinière constitue un flagrant déni des droits fondamentaux.La dévaluation de leurs propriétés et la perte de jouissance encourues n'ébranlent même pas leur député.Arrogance Le gouvernement de Bernard Landry et les gros producteurs de porcs parlent le même langage : la langue de bois et aussi celle du bacon, des gros dollars.Blottis derrière des normes, les élus font la sourde oreille aux signaux d'alarme lancés par des scientifiques engagés par ce même gouvernement.Les puits et les rivières se remplissent de nitrate et de phosphore et nous devrions boire cette eau et nous taire.Respirer cet air et applaudir à la multiplication des cochons.Plus de cochons que de Québécois selon les statistiques ! À quoi bon offrir un produit de qualité aux Japonais et aux Américains \u2014 50 % de la production \u2014 alors que pour chaque kilo de viande exportée il nous reste des kilos d'excréments toxiques.De toute façon, comme le dit le sous-ministre adjoint de l'Agriculture, Jacques Landry, dans un lapsus révélateur, c'est le contribuable qui paie pour la dépollution, ce qui n'apparaît pas dans le prix de la côtelette.L'arrogance de ces producteurs qui rêvent aux mégaporcheries du Midwest n'a d'égale que celle d'un gouvernement qui a perdu le sens des responsabilités et des réalités.Small is beautiful, disait-on il y a vingt ans.Always bigger est le mot d'ordre aujourd'hui.Les barons du cochon veulent se faire rois.Gouvernant à court terme, surfant sur les sondages, ce gouvernement se drape du prêt-à-porter de la mondialisation quand bon lui semble.Les scandales de Walkerton et de la vache folle n'ébranlent même pas les élus qui font fi de leurs responsabilités au nom du profit.La cruauté envers les animaux est une autre des réalités troublantes que nous montre le film Bacon.Des images insoutenables tournées dans une mégaporcherie témoignent du mépris envers la nature : des truies enfermées dans des cages de contention juste assez grandes pour les recevoir ; des animaux aux gencives saignantes à force de mordre leurs barreaux, des porcs stressés qui s'agressent et s'infligent de sévères blessures.Certains producteurs émasculent à froid des porcelets, une mutilation extrêmement douloureuse et inutile.Le cochonnet est ensuite déposé sur le plancher, tous les membres saisis de tremblements.C'est avilissant, dégradant et j'en rage.On ne laisse plus agir la nature mais on la contraint à produire ad nauseam.Les truies sont inséminées artificiellement.Elles accouchent « d'unités animales » directement sur une dalle sale et froide.La litière de paille coûterait un peu trop cher.La loi sur la protection sanitaire des animaux s'applique-t-elle aux producteurs de porcs ?Si en Angleterre les bovidés sont devenus fous, ici ce sont les producteurs de porcs et les politiciens qui les subventionnent.Mais il semble que ce gouvernement puisse se permettre la désertion de son aile gauche.Dans La Ferme des animaux de Georges Orwell, deux cochons, Napoléon et Snowball, prennent le pouvoir et affichent un nouveau décret : « Tout ce qui est sur deux jambes est un ennemi ».Après avoir vu Bacon, vous les comprendrez.ROBERT PROULX L'auteur est un Longueuillois.Monsieur Pierre Beaudoin, Société des ponts Jacques-Cartier et Champlain, VOICI COMMENT ce matin, j'ai dû traverser le pont Jacques-Cartier pour me rendre de Longueuil à mon travail à Montréal : > le seul accès sur la Rive-Sud est un escalier de bois très abrupte (60 marches) avec un madrier pour le vélo, style 2x8, mais sans un autre morceau de bois qui est nécessaire pour empêcher le vélo de glisser à l'extérieur de ce madrier (2X4 cloué sur le côté du madrier, comme c'est fait dans les Tours au centre du pont) ; > j'ai circulé sur le trottoir côté ouest du pont ; > rendu à l'île Ste-Hélène, j'ai emprunté la tour sud-ouest et descendu 45 marches et pris la passerelle direction est ; > j'ai monté les 45 marches de la tour sud-est et traversé le chemin ; > j'ai emprunté la tour nord-est et descendu les 25 marches et pris la passerelle direction ouest ; > j'ai monté les 25 marches de la tour nord-ouest et pris à nouveau le trottoir côté ouest jusqu'à Montréal.En fait, ce qui est le plus difficile ce n'est pas de traverser le pont, mais bien de gravir les marches.L'autre solution serait d'utiliser la passerelle du pont Victoria, mais celle- ci sera fermée vers la mi-octobre.Le pont Jacques-Cartier est normalement fermé le 1er décembre.Beaucoup d'organisations (entreprises, gouvernement, etc.) font la promotion du vélo comme moyen de transport, mais encore faudrait-il se donner les moyens raisonnables d'y parvenir.Enfin, je me doute bien que le contrat d'entretien du pont doit prévoir l'accès aux cyclistes en tout temps le jour, MAIS après la randonnée d'aujourd'hui, je crois que cet accès nous est fourni de force et que les gens se foutent carrément de nous.J'espère que vous pourrez remédier à cette situation et nous donner un accès convenable, comme en général, ce fut le cas depuis le début des travaux.PETER ZIBERG L'auteur réside à Montréal.LES FAMILLES montréalaises ont de plus en plus de difficultés à se loger et doivent souvent s'entasser dans des logements trop petits.C'est une source de désespoir grandissant.Comme menuisier, je constate jusqu'à quel point les familles, surtout les familles à faible et moyen revenu, ont de moins en moins accès à des logements adéquats et qu'elles doivent se rabattre sur des logements souvent trop petits pour elles ou encore sur des sous-sols sombres.J'ai travaillé chez madame Henriette, une mère monoparentale avec de grands enfants aux études, un grand garçon gentil comme tout et une fille brillante, belle comme un coeur.Après avoir survécue à des dégâts d'eau et des problèmes de toutes sortes, voilà qu'elle a reçu un avis du nouveau proprio lui disant qu'elle doit déménager, puisqu'il compte emménager le plus tôt possible dans son logement.Ça presse d'autant qu'il faudra effectuer des travaux majeurs et que le nouveau proprio se retrouve lui-même coincé dans un petit logement avec ses deux enfants.Elle ne trouve pas, malgré ses recherches intenses qui durent depuis des mois.Toujours trop cher, trop petit ou insalubre.On sait que l'espace et la lumière sont des besoins vitaux au bien-être de l'individu.Cela est d'autant plus évident pour une famille.Priver un ou l'autre des membres de la famille de son coin bien à lui c'est courir à la catastrophe.Célibataire, jeune et fortuné.Pourtant, comme menuisier je suis en mesure de constater qu'il y a encore beaucoup de grands logements à Montréal mais voilà : ils sont généralement habités par des célibataires, jeunes fortunés ou retraités en moyens.Le classique c'est une personne, un chat et un joli paquet de plantes vertes dans un décor de magazine.Pour toutes ces raisons ils sont aussi des locataires idéals pour les proprios.On retrouve la même chose dans les coop d'habitation, largement subventionnées, faut-il le rappeler.Bien sûr, je serais le premier à dénoncer une loi qui empêcherait les célibataires à habiter un grand logement.Je voudrais plutôt suggérer à des individus qui n'ont pas vraiment besoin d'autant d'espace de les laisser à la disposition des familles.Peut-être que l'Internet trouverait une application utile pour toutes ces familles. 7LP2001A1007 B 1 livres 7LP2001A1007 ZALLCALL 67 01:17:32 10/07/01 B A20 LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 7 OCTOBRE 2001 2990191A "]
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