La presse, 12 août 2001, Cahier A
[" 7LP0101A0812 A 1 dimanche 12 7LP0101A0812 ZALLCALL 67 00:45:39 08/12/01 B MONTRÉAL DIMANCHE 12 AOÛT 2001 LE PLUS GRAND QUOTIDIEN FRANÇAIS D'AMÉRIQUE 60 ¢ TAXES EN 1 1 7e A N N É E > N O 2 8 8 > 4 8 P A G E S > 4 C A H I E R S SUS EST ET NORD-OUEST D U QUÉBEC > HU LL-OTTAWA > 70¢ FLORI DE 1,75 $ U.S .Les manifs font reculer la Banque mondiale et le FMI LES JEUX SONT FINIS! INFRASTRUCTURES Québec bloque les fonds pour les élections, selon Charest JEAN-LOUIS DOUBLET Agence France-Presse WASHINGTON \u2014 Effrayés par les menaces de manifestations antimondialisation lors de leur assemblée annuelle à Washington, fin septembre, le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale (BM) ont décidé de réduire cette réunion des sept jours prévus à deux jours seulement.Des milliers d'opposants à la mondialisation ont manifesté l'intention de se rassembler à Washington, comme ils l'avaient déjà fait en avril 2000 dans la capitale fédérale américaine et en septembre/octobre l'année dernière à Prague, où des incidents violents les avaient opposés à la police tchèque.L'assemblée annuelle va désormais officiellement s'ouvrir le 29 septembre et se clore le lendemain.Initialement, elle devait durer du 28 septembre au 4 octobre.La présentation du rapport semestriel sur l'économie mondiale du FMI, généralement considérée comme marquant le début non officiel des réunions, aura lieu comme prévu le 27 septembre.Le FMI et la BM avaient déjà pris il y a un mois la décision de se réunir à l'intérieur de leurs bâtiments officiels à Washington, en lieu et place d'un hôtel de la capitale fédérale américaine où les délégués des pays membres se réunissent habituellement.« La BM et le FMI partagent entièrement la volonté des autorités américaines, hôtes de l'assemblée, d'assurer la continuité des services essentiels avec le moins de dérangement possible pour ceux qui vivent et travaillent à Washington », ont souligné les deux institutions.Le FMI et la BM organisent deux réunions par an.Les « réunions de printemps » qui se tiennent en avril/mai à Washington et l' »assemblée annuelle » qui a lieu deux années sur trois à Washington.Tenue l'année dernière à Prague, cette dernière aura lieu de nouveau dans la capitale américaine en 2002 et, en 2003, à Dubai, dans les Émirats arabes unis.Voir MANIFS en A2 ALEXANDRE S I R O I S SAINT-AUGUSTIN-DE-DESMAURES \u2014 Le plus récent programme d'infrastructures Canada-Québec-municipalités est « à peu près paralysé » par le gouvernement du Parti québécois, a soutenu hier le chef libéral Jean Charest, qui estime que les péquistes attendent le début de la prochaine campagne électorale pour allouer les fonds disponibles.« Je soupçonne que le gouvernement veuille mettre de l'argent de côté pour une future campagne électorale », a déclaré M.Charest, qui a vertement critiqué Jean Charest les péquistes à ce sujet au cours d'un point de presse.Pour lui, le programme d'infrastructures, d'une valeur de 1,5 milliard, « ne va nulle part ».« En attendant, les infrastructures attendent.Les routes, les aqueducs et les égouts vont continuer à dépérir parce que le gouvernement de Bernard Landry aimerait ça faire des annonces pendant la campagne électorale », a dit M.Charest, qui s'adressait aux journalistes en matinée, quelques minutes après avoir prononcé l'allocution d'ouverture du congrès de la Commission jeunesse du Parti libéral.Il y a actuellement deux programmes d'infrastructures en vigueur au Québec, a expliqué M.Charest.L'un, d'une valeur de 175 millions , est financé uniquement par Québec.Ce montant aurait déjà été octroyé.L'autre est issu d'une entente tripartite signée en octobre 2000 par Québec, Ottawa et les municipalités.« Et depuis ce temps-là, il n'y a rien qui bouge », a déploré le chef libéral.Toujours selon les libéraux, les demandes reçues dans le cadre de ce programme d'infrastructures, qui s'échelonne sur cinq ans, s'élèvent à 3 milliards .Or, jusqu'ici, un seul projet aurait été financé, à hauteur de 6 millions, dans la région de Val d'Or.« Les critères sont flous.La répartition des fonds dans les régions n'est pas connue.Il y a trois ministres qui se partagent le programme et qui n'ont pas l'air de connaître leurs responsabilités respectives », a dit M.Charest, qui a invité le premier ministre Bernard Landry à faire preuve de plus de transparence.Il a été impossible, hier, de joindre les porte-parole de M.Landry et de la ministre Louise Harel pour obtenir une réaction à ces allégations.Parallèlement, Jean Charest a exhorté M.Landry à créer un fonds distinct, supplémentaire, pour aider les municipalités du Québec à se conformer à la nouvelle réglementation sur l'eau potable.Il estime qu'il en coûtera 600 à 800 millions et que Québec devrait payer la moitié de ces dépenses.Voir FONDS en A2 photo: BERNARD BRAULT, La Presse © L'ambiance était à la fête hier à Lachine avec la présentation des cérémonies de clôture des 37es Jeux du Québec.Pour les jeunes athlètes, c'est le moment des adieux, mais aussi le temps de savourer les succès après des journées d'efforts.Comme plusieurs, cette athlète du Lac-Saint-Louis était tout sourires, d'autant plus que sa délégation a fini bonne première au classement des médailles.Plus de détails en page S 8 Arts et spectacles cahier B - livres B3 à B5 - horaire spectacles B8 - horaire télévision B2 Bandes dessinées C4 Décès C7 Éditorial A12 Êtes-vous observateur C5 Grille thématique B9 Feuilleton C4 Forum A13 Horoscope B9 Laporte Stéphane A5 La presse d'ailleurs A11 Le bridge B9 Le monde A10 Loteries A5 Mots croisés C4 Mot mystère C4 Petites annonces - immobilier C5 - marchandises C5, C6 - emplois C6 - automobile C6, C7 - affaires C7 Santé C1 à C3 Sciences C8 Têtes d'affiche A8 M É T É O Voir page S16 Ciel variable Maximum 24, Minimum 14 De Salomon à.Bush RICHARD HÉTU En avril dernier, l'administration Bush II devait annoncer par voie de communiqué sa décision sur le financement fédéral de la recherche sur les cellules souches.Ça ne devait pas être plus compliqué que ça.Après tout, pendant la campagne présidentielle, W.avait promis d'y mettre fin.Qui plus est, il n'existait pas, aux États-Unis, un sujet plus obscur.Les cellules quoi ?Jeudi soir dernier, George W.Bush a rendu son jugement sur la question lors d'une allocution télévisée en direct de son ranch de Crawford, au Texas.C'était sérieux.D'habitude, les présidents américains utilisent ce genre d'adresse à la nation pour expliquer le pourquoi d'une intervention militaire ou encore pour défendre leur réputation au milieu d'un scandale (I am not a crook, avait fameusement dit Richard Nixon pendant l'affaire du Watergate.) Que s'est-il passé, au cours des derniers mois, pour que la question de la recherche sur les cellules souches embryonnaires en vienne à prendre une place aussi importante dans l'actualité américaine ?Il s'est notamment passé que Bush a réfléchi avant de prendre une décision.Et quand le président des États-Unis se met à réfléchir, forcément, ça intéresse le monde.En juin, les cellules souches se retrouvaient sur la couverture du magazine Time, qui présentait un dossier complet sur la recherche thérapeutique.Demain, la médecine parviendra peut-être à guérir l'Alzheimer, le Parkinson, le diabète, etc.Mais à quel prix ?« Notre nation doit bien penser avant d'agir », déclarait le président, en juillet dernier, au sortir de sa rencontre avec le pape Jean-Paul II.« Aussi, mon administration prend-elle son temps, ce qui n'est pas son habitude, franchement.» En effet, l'administration Bush II ne niaise pas avec le puck, comme on dit.Elle sait ce qu'elle veut.Réduction des impôts, feu vert au bouclier antimissiles, abandon du protocole de Kyoto sur le réchauffement climatique.Les décisions et les programmes déboulent de façon péremptoire, comme si aucun débat n'était vraiment nécessaire.Mais Bush a longuement réfléchi aux questions reliées à la recherche thérapeutique.Et il s'est assuré que tout le monde le sache.Voir SALOMON en A2 PHOTOTHÈQUE, La Presse © George W.Bush Valide jusqu'au 26 août 2001 Photos peuvent différer fait un retour en classe BEAUBIEN Appareil photo 35 mm compact Zoom Nikon 38-120 mm Lentille verre ED Smart flash intégré Incluant étui, film, courroie et pile F 65 Appareil photo réflex 35 mm Objectif Zoom Nikkor 28-80 mm F 3.5-5.6 5 zones de mise-au-point Visualisation profondeur de champ Flash intégré Incluant sac photo, 3 films, courroie et pile Super aubaines du grand chef du 16 au 19 août 2001 Plusieurs spéciaux 52999$ en magasin LITE TOUCH ZOOM120 ED 27999$ noir ou gris Ch. 7LP0201A0812 A2 sameDI 7LP0201A0812 ZALLCALL 67 00:45:55 08/12/01 B A2 LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 1 2 AOÛT 2001 DEMAIN DANS LA PRESSE Acura RSX : l'héritière Rares sont les modèles qui ont connu une longévité aussi grande que l'Integra.Elle qui, au cours des sept dernières années, a su vaincre - c'est du moins ce que prétendent ses disciples- l'usure du temps et les caprices de la mode.Il n'en fallait pas plus pour qu'elle obtienne un statut de valeur de référence.On comprend alors mieux pourquoi les inconditionnels attendaient d'un pied ferme (et pesant) sa remplaçante, la RSX, une sportive de poche qui, tout comme sa devancière, accepte de recevoir et d'embrasser tous les délires des ingénieurs et des accessoiristes.Notre collaborateur Éric Le François nous livre ses impressions sur ce coupé chargé d'assurer la succession d'un modèle très populaire.À lire demain dans le cahier Auto.POUR NOUS J O I N D R E 7, rue Saint-Jacques, Montréal H2Y 1K9 www.cyberpresse.ca RÉDACTION (514) 285-7070 Nouvelles générales general@lapresse.ca Télécopieur: (514)285-6808 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paraître demain en kiosque.Mais déjà, médecins et gouvernements réfutent ces allégations.Pour arriver à cet « horrible tableau », le magazine hebdomadaire anglophone s'inspire d'études américaines, britanniques, néo-zélandaises et australiennes sur la question, citant des exemples canadiens de prescriptions illisibles, mauvais médicaments (mortels) administrés, surdoses de médications, et dossiers mal suivis.« Il n'y a aucune raison convaincante pour croire que la situation serait meilleure au Canada, précise à Macleans le docteur John Millar, vice-président de l'Institut canadien d'information sur la santé.Il y a des gens qui pensent que la situation pourrait même être pire.Mais le fait est que nous n'en avons pas la moindre idée ».Il n'y a aucune étude sérieuse sur la question au pays.L'Institut canadien d'information sur la santé tente de compiler des données.De son côté, le ministère de la Santé et des Services Sociaux du Québec doit déposer un plan d'action à l'automne, en vue d'évaluer l'état de la situation et d'outiller les hôpitaux sur le plan de la prévention.En attendant, le chiffre de 10 000 décès est loin de faire l'unanimité.« Je conteste ce chiffre de 10 000.Les erreurs médicales sont extrêmement rares et heureusement, a commenté hier le docteur Pavel Hamed, directeur de recherche du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM).Le docteur a jadis siégé au sein du Comité de mortalité de l'Hôtel-Dieu.« Oui, on voyait des erreurs comme ça, mais pas plus d'une par an ».Pavel Hamed rajoute qu'il est important de distinguer les décès causés par des erreurs proprement médicales, des décès survenus des suites de l'impact de la médecine.« Les morts dues à des erreurs médicales, on en compte sur les doigts de la main à l'hôpital.Mais si on considère l'acte de la médecine, c'est différent ».Un jeune souffrant de leucémie que l'on soumettrait à un traitement de chimiothérapie pourrait décéder des suites du traitement, par exemple.« Les décès à la suite de chimiothérapie sont élevés.Mais cela, ce n'est pas une erreur médicale, a-t-il précisé.Vous donnez à quelqu'un six mois de plus, mais il finit par mourir ».Et comment le magazine Macleans est-il arrivé à ces chiffres ?C'est la question que se pose le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec.« Je ne suis pas du tout à l'aise avec la règle de trois : de dire qu'il y a tant de décès aux États-Unis, donc 10 000 au Canada, donc x au Québec, a commenté le porte-parole Alain Vézina.Ce n'est pas si simple que cela.» Hôpital général de Montréal Dans son dossier, Macleans relate le cas d'une femme de 78 ans, décédée à l'Hôpital général de Montréal en 1998, après avoir été frappée par une camionnette en traversant la rue.Le rapport du coroner, sans affirmer que le décès aurait pu être évité, souligne néanmoins que le dossier était « loin d'être exemplaire » : notes illisibles, heures et traitements gardés sous silence, etc.La femme serait restée seule une heure entière dans la salle d'urgence, on aurait mal diagnostiqué l'importance de son hémorragie, et on lui aurait administré trop de soluté, précise Macleans.L'Hôpital général ne commente pas de cas précis, nous a-t-on affirmé hier aux services des communications.Mais le docteur Pavel Hamed a tenu à souligner : « L'erreur est humaine, les gens se trompent, ils sont fatigués et ils ne font pas attention.L'erreur existe et il faut qu'elle soit surveillée.Mais il y a une grande différence entre l'erreur et la négligence.Et quoi penser des notes illisibles ?« C'est regrettable, mais nous n'investissons pas, comme société, dans des dossiers électroniques, a-t-il répondu.Tous les dossiers devraient être électroniques.» Il faudrait aussi davantage de médecins dans les urgences, des urgences moins surchargées, réservées aux cas « urgents » et non aux « banalités », bref, un système « repensé », a-t-il conclu.10 000 morts à cause d'erreurs médicales Au Canada, médecins et gouvernements réfutent l'allégation SUITES DE LA UNE MANIF Suite de la page A1 FONDS Suite de la page A1 Les violents incidents qui se sont traduits par la mort d'un manifestant en juillet lors de la réunion du Groupe des Huit (G8), les sept pays les plus industrialisés plus la Russie, ont incité le Fonds et la Banque mondiale à limiter les risques.« Nous ne faisons qu'adopter pour les assemblées annuelles un calendrier similaire à celui des réunions de printemps », a indiqué hier à l'AFP un porte-parole du FMI, Francisco Baker.À Prague déjà, en septembre dernier, le FMI et la Banque mondiale avaient terminé leur assemblée annuelle avec un jour d'avance alors que la capitale tchèque était la proie des manifestants antimondialisation.Retranchés dans un bâtiment de béton construit spécialement pour les réunions de l'ex-Parti communiste tchécoslovaque, les participants avaient assisté aux affrontements violents opposant les manifestants aux forces de l'ordre.Cernés, ils avaient été contraints de quitter les lieux dans des métros spécialement affrétés s'arrêtant sous le bâtiment.À Washington, les sièges de la BM et du FMI sont voisins, à quelques encablures de la Maison- Blanche où réside le président des États-Unis.En avril 2000, les manifestants anti-mondialisation avaient réussi à empêcher les délégués de rejoindre l'hôtel où ils devaient se réunir.Comme lors des dernières réunions de printemps, la police américaine prévoit de transformer les environs immédiats des sièges de la BM et du FMI en camp retranché où seuls les délégués et les journalistes dûment accrédités seront admis.M.Charest a jugé qu'un fonds distinct était nécessaire puisque la réglementation a été adoptée après l'entrée en vigueur des deux plus récents programmes d'infrastructures.« Et quand ces programmes-là ont été formulés initialement, ils l'ont été en tenant compte des besoins qui existaient à ce momentlà, a-t-il dit.La réglementation sur l'eau potable s'ajoute à ça.» Pour M.Charest, l'imminence de ces nouveaux projets dans le dossier de l'eau potable rend encore plus nécessaire une action rapide pour ce qui est du programme d'infrastructures.« Si (les gens) refont des travaux d'aqueducs et d'égouts, ça entraîne des conséquences sur les routes aussi.Alors il faudrait éviter une espèce de confusion où on refait des routes pour ensuite les défaire pour refaire des travaux d'aqueducs et d'égouts », a-t-il affirmé.« Et il faudrait le faire rapidement au lieu d'attendre des élections générales où Bernard Landry, ses ministres et ses députés vont aller cyniquement annoncer des projets alors que les besoins sont là aujourd'hui », a poursuivi M.Charest.Le chef libéral a aussi profité de l'occasion pour répéter que le gouvernement du Québec doit pouvoir être présent sur la scène internationale, dans ses domaines de compétence, entre autres lorsqu'il s'agit de discussions au sujet de traités internationaux comme les accords de libre-échange ou le Protocole de Kyoto.« Si on veut assurer le succès de ces ententes-là, ça nous paraît relever du bon sens que de s'assurer d'une participation formelle du gouvernement du Québec », a-t-il dit.M.Charest a même exhorté le gouvernement fédéral de Jean Chrétien, qui a eu plusieurs litiges avec Québec à ce sujet ces dernières années, à faire preuve de plus d'ouverture : « C'est à lui d'ouvrir les portes.Il le fait de façon ad hoc, je voudrais qu'il le formalise davantage.POUR LE BON FONCTIONNEMENT DE VOTRE ROLEX, NOUS VOUS CONSEILLONS D'EFFECTUER UNE RÉVISION COMPLÈTE TOUS LES CINQ ANS S E R V I C E PHOTO PC Jean Charest, au milieu des jeunes libéraux.SALOMON Suite de la page A1 Pendant des semaines, ses conseillers ont raconté aux journalistes que le président prenait vraiment le sujet au sérieux, qu'il le retournait de tous les côtés, invitant à la Maison-Blanche chercheurs, éthiciens, patients, religieux.La visite de Bush chez le pape n'a fait qu'élever le sujet aux yeux des journalistes et du public.Jean- Paul II a d'ailleurs profité de l'occasion pour dénoncer la création des embryons humains dans le seul but de récupérer leurs cellules souches.Quelques semaines plus tôt, une clinique de la Virginie avait admis s'être livrée à un tel exercice.Mais quelle décision Bush allait-il donc annoncer ?La Maison-Blanche n'a permis aucune fuite sur le sujet.Et le président a nourri le suspense jusqu'à la toute fin de son allocution télévisée.Dans les premières minutes, il a joué le rôle d'un professeur compétent, présentant tous les points de vue, ou presque, sur l'utilisation scientifique des embryons humains.Le seul point de vue que Bush a choisi d'obscurcir, c'est celui des purs et durs parmi les militants pro-vie, ceux qui ne font aucune différence entre un enfant, un foetus et un embryon de cinq jours.« La recherche sur les cellules souches embryonnaires soulève de profondes questions d'éthique, car l'extraction des cellules souches détruit l'embryon, et donc détruit son potentiel de vie », a déclaré Bush.Le mot « potentiel » est clé.À la fin, le président a donné le feu vert à un financement public pour les recherches sur 60 colonies de cellules souches déjà existantes, un compromis qui lui permet de rester fidèle à sa promesse électorale tout en ne fermant pas la porte aux promesses de la science.Au lendemain de l'adresse à la nation, Bush et ses conseillers ont répété sur tous les tons qu'aucune considération politique n'était intervenue dans la décision.Disons qu'un certain scepticisme est de mise.Depuis plusieurs semaines, Bush sait qu'il souffre d'un problème d'image.Selon les sondages, les femmes de la banlieue, un électorat clé, le considèrent beaucoup trop conservateur.Elles se demandent où se trouve la compassion dont il parlait pendant la campagne présidentielle.Pour contrer cette impression, la Maison-Blanche ne pouvait imaginer un meilleur scénario que celui entourant la décision du président sur la recherche thérapeutique.Bush en réflexion.Bush en consultation.Bush en visite chez le pape.Bush en communication avec la nation sur un sujet complexe.« Ce n'est pas différent de ce que le roi Salomon a dû affronter », a dit William Janklow, gouverneur républicain du Dakota du Sud.« Il parle de couper le bébé en deux, c'est vraiment ce dont il parle.» L'allusion biblique est un peu forte, mais Bush l'a bien cherchée.Reste à voir s'il parviendra à sauver son bébé.Déjà, certains militants pro-vie l'accusent d'infanticide. 7LP0302A0812 a3 actus dim 12 août 7LP0302A0812 ZALLCALL 67 00:47:43 08/12/01 B L A P R E S S E MONT R É A L D IMANCHE 1 2 A O Û T 2 0 0 1 A 3 ACTUALITÉS CADEAUX www.stylo.ca NOUVEAU SITE TRANSACTIONNEL Québec Montréal Laval Saint-Bruno Le pot divise les jeunes libéraux ALEXANDRE S I R O I S SAINT-AUGUSTIN-DE-DESMAURES \u2014 Avec sa casquette à la Bob Marley vissée sur la tête et son costume couleur jus d'orange, Jonathan Duguay ne passe pas inaperçu au congrès de la Commission jeunesse du Parti libéral du Québec qui se déroule ce weekend.D'emblée, on serait aussi tenté de croire que le médaillon qu'arbore fièrement le jeune homme, qui représente une feuille de pot, est également un signe distinctif.Ce n'est cependant pas tout à fait vrai.Car si les délégués libéraux réunis en banlieue de Québec ne se parent généralement pas de bijoux de ce type, ils seront plusieurs, aujourd'hui, à se prononcer pour la décriminalisation de la marijuana.Délégué de la circonscription de Sauvé, Jonathan Duguay sera bien sûr du nombre.« Je suis tout à fait d'accord pour décriminaliser ça.Pour légaliser ça, a-t-il dit.Parce qu'on a tellement légalisé d'autres affaires qui n'ont pas de sens, qui sont vraiment plus dangereuses.Et on dirait qu'on est fier de ça ! » Ce n'est pas seulement parce qu'il trouve injuste que des jeunes risquent de se retrouver avec un casier judiciaire pour avoir fumé de la marijuana qu'il incitera les jeunes libéraux à se prononcer pour la décriminalisation.Jonathan Duguay estime aussi que le commerce du cannabis pourrait contribuer à renflouer les caisses de l'État.La mesure ferait « rouler l'économie à mort », a-t-il soutenu, ajoutant qu'elle permettrait aussi un meilleur contrôle de la qualité du cannabis sur le marché.« Maintenant, on retrouve de la marijuana qui a presque la capacité de la cocaïne.C'est pas bon ça.C'est rendu trop fort », a précisé le jeune homme.Les tenants de la décriminalisation auront cependant fort à faire pour faire entériner la proposition sur la décriminalisation, qui sera examinée par l'ensemble des participants.Hier encore, Jean Charest a répété qu'il s'y oppose.Il croit cependant qu'il faut « éviter de donner des casiers judiciaires » à des personnes « qui n'en méritent pas ».« Les tribunaux ont beaucoup de marge de manoeuvre et on peut leur en donner encore plus pour qu'il puissent refléter les valeurs de la société lorsqu'il s'agit de situations où une personne qui utilise des drogues dites douces fait face aux tribunaux », a dit le chef libéral au cours d'un point de presse.Une position qui a déçu Jonathan Duguay, mais qui ne l'a pas découragé.« Ça me coupe l'herbe (sous le pied), mais ça ne m'empêche pas d'avancer », a-t-il dit.Même son de cloche du côté d'Antoine Aylwin, délégué de Pointe-aux-Trembles, qui a lui-même concocté la proposition sur la décriminalisation du cannabis.« Je pense qu'on est assez fort pour se distinguer des propos du chef.Ce ne sera pas la première fois que la Commission jeunesse va amener des nouvelles idées sur le terrain », a-t-il affirmé.Il a cité en exemple la proposition adoptée l'an dernier en faveur de l'enseignement de l'anglais dès le primaire.S'il n'a jamais fumé de cannabis, Antoine Aylwin estime « qu'il faut regarder ce qui se fait ailleurs et il faut être conséquent avec nos actes.(.) On veut faire baisser la criminalité, il faut prendre des actions », a-t-il souligné.La députée du comté de Mercier, Nathalie Rochefort, a publiquement endossé, hier, la proposition du jeune homme de 21 ans.Les jeunes délégués interrogés semblaient cependant, en général, moins nombreux à vouloir faire de même.« Si on légalise la marijuana, à un moment donné, on va accepter que plein de monde commence à en consommer », a déclaré Christian Ortega, d'Anjou, qui votera contre la proposition.« Il y a d'autres problèmes à régler avant de discuter de ce sujet.Je trouve ça un peu secondaire », a renchéri Sydney Elbaz, de Jacques-Cartier, qui s'opposera également à la décriminalisation.D'autres participants, sans condamner l'initiative, se montraient on ne peut plus perplexes.« J'ai beaucoup de questions à poser aux gens qui ont amené cette proposition- là, a dit Karine Cousineau, de Groulx.Entre autres sur la conduite automobile.Car présentement, les tests pour savoir si quelqu'un a fumé ou non ne sont pas aussi développés que dans le cas de l'alcool.Ça me préoccupe.» Délégué de la circonscription de Sauvé, Jonathan Duguay (ci-dessus) prône la décriminalisation du pot.Toujours magiques et.sécuritaires! Le Festival de montgolfières de Saint-Jean-sur-Richelieu prend son envol Riches immigrants: Ottawa surenchérit sur Québec S I L V I A GALIPEAU Qu'on se le dise : la montgolfière est sécuritaire.Elle ne pourrait d'ailleurs pas être plus sécuritaire.C'est sur ce ton que nous a accueilli hier le président du Festival de montgolfières de Saint-Jean-sur- Richelieu, Yves Denis, à l'ouverture de sa 18e édition, manifestement irrité par toutes les questions sur le sujet.Et sa réponse ne pouvait que nous réjouir, nous qui entreprenions une première lancée dans les airs.« C'est très sécuritaire.Les pilotes doivent être certifiés annuellement, et les équipements sont vérifiés de manière périodique », a-t-il réitéré.Non, aucune mesure de sécurité particulière n'a été prise cette année.Transports Canada a bel et bien vérifié les montgolfières, comme à son habitude avant chaque festival.« Cela a toujours été comme ça.» S'il y a tant d'interrogations sur le sujet, c'est qu'il y a à peine un mois, une jeune fille de Gatineau est morte tragiquement en accident de montgolfière.L'appareil avait heurté des fils électriques à haute tension.C'est le premier accident mortel du genre jamais vu au Québec.Le père de la jeune fille, Jean Boileau, aussi directeur du Festival de montgolfières de Gatineau, a tenu à envoyer un message à tous les pilotes à l'ouverture du festival hier, leur demandant de donner un coup de brûleur en pensant à sa fille quand ils seraient dans le ciel.« C'est bien de voir qu'il s'intéresse toujours aux montgolfières.Juste cela, ça nous a rassurés », nous a avoué celui qui allait être notre capitaine, Martin Durocher.L'incident ne semble pas avoir refroidi les spectateurs.La foule était importante hier, et les organisateurs s'attendent à voir 300 000 personnes pendant les neuf jours du festival, 50 000 de plus que l'an dernier.C'est que les montgolfières ont quelque chose de magique.Elles semblent rendre les gens heureux.Dès qu'une s'envole, tous s'émerveillent.Vers 18 heures, avant qu'elles ne soient gonflées, on sentait déjà la foule piaffer d'impatience.Puis, petit à petit, les ballons ont commencé à prendre leurs formes et à décoller.Les « oh » et les « ah » n'ont pas tardé.Et nous ?À quand notre tour ?Patience.On commence à remplir d'air notre ballon bleu, étendu au sol comme un gigantesque tapis.Il se transforme et hop, il faut embarquer.Nous suivons le pilote, et attendons, un brin anxieuse, avouons-le.Ça vole vraiment cette grosse boule ?L'ascension se fait pourtant sans heurt.Ou presque : un des coéquipiers n'arrive pas à accrocher la corde de la couronne, et nous nous élevons, la corde à l'air.Rien d'important.N'empêche que pendant un quart de seconde, nous avons cru y passer.Rapidement, la réalité nous rattrape.Le sol est en dessous de nous, et nous volons bel et bien.Il s'éloigne peu à peu, le lieu du festival rapetisse.Au loin, on aperçoit des gens, juchés sur leurs toits, à nous faire signe de la main.D'autres s'arrêtent sur le bord des routes, pour nous voir passer.Les champs de maïs, aviezvous déjà remarqué qu'ils étaient aussi alignés ?« Que c'est beau », s'entend-on répéter.Trop vite, toutefois, il nous faut atterrir.C'est le champ de maïs fraîchement coupé de Jacques Lamoureux qui nous accueille.Et comme le veut la tradition, nous lui offrons un petit verre de champagne, du mousseux de cidre de la région.À quelle heure le décollage demain matin ?Six heures ?Le festival se poursuit jusqu'au 19 août.d'après PC TORONTO \u2014 Le gouvernement fédéral permet depuis peu aux banques de recevoir une commission de 28 000 $ pour chaque étranger qu'elles auront persuadé de venir s'installer au Canada dans le cadre de son Programme d'immigration des investisseurs, rapportait vendredi le Globe and Mail.Selon le quotidien torontois, Ottawa compte ainsi contrer la domination presque totale du Québec dans ce secteur.À l'instar des maisons de courtage jouant le rôle d'intermédiaire dans le cadre du programme québécois d'accueil des immigrants investisseurs, les banques d'ailleurs au pays pourront désormais verser d'importants cachets aux consultants, habituellement à l'étranger, en contact avec des particuliers à l'aise souhaitant s'installer au Canada, a précisé le Globe and Mail.En vertu du programme fédéral, tout demandeur du statut d'immigrant reçu peut voir sa requête exaucée s'il est prêt à investir 400 000 $ au Canada pendant une période de cinq ans.Certaines personnes travaillant dans ce secteur se demandent si l'initiative prise par Ottawa, en vigueur depuis le 1er juillet, lui permettra de damer le pion à la province québécoise.Au Québec, les commissions versées sont en effet plus substantielles.Les courtiers profitent également d'une industrie bien établie.Le Québec administre son propre programme d'accueil des immigrants investisseurs en vertu de l'Accord Canada-Québec de 1991.Les personnes qui investissent dans le programme québécois doivent avoir l'intention de s'installer au Québec même.Selon des statistiques compilées par le ministère fédéral de la Citoyenneté et de l'Immigration, le Québec a mis la main sur pas moins de 623 des 673 millions $ \u2014 soit 93 % \u2014 recueillis au pays, en l'an 2000, dans le cadre des programmes d'accueil des immigrants investisseurs.Julie Samson, porte-parole du ministère fédéral de la Citoyenneté et de l'Immigration, a indiqué que les nouvelles commissions prévues par Ottawa étaient offertes « afin de maximiser les bénéfices des provinces et territoires et afin d'encourager davantage les provinces et territoires à participer (au programme) ».Photo ROBERT SKINNER, La Presse © On dirait qu'elles rendent les gens heureux.Les montgolfières attirent chaque année un nombre grandissant de spectateurs à Saint-Jean-sur-Richelieu.En ce 18e festival, on attend 300 000 personnes, entre le 11 et le 19 août.L'aéroport de Dorval, champion des vols de voitures L'AÉROPORT DE Dorval est une véritable passoire qui profite aux voleurs de véhicules, pire encore que Miami, New York et Los Angeles.L'an dernier, 222 véhicules ont été volés dans ses stationnements, soit deux fois plus qu'à Toronto.Le quotidien The Gazette rapportait hier que l'aéroport international de Dorval remportait haut la main le triste championnat des vols de voiture dans les aéroports d'Amérique du Nord.La situation à Dorval est la même qu'à Montréal où il se vole plus de véhicules que nulle part ailleurs au Canada.Avec ses 10 millions de voyageurs qui transitent chaque année chez lui, l'aéroport devance les aéroports de Chicago (151) et Los Angeles (65) qui voient pourtant passer sept fois plus de voyageurs annuellement.Au Canada, l'aéroport de Toronto voit 115 véhicules disparaître chaque année, tandis que Vancouver en compte 75.Les voitures les plus prisées par les voleurs sur le territoire de la Communauté urbaine de Montréal sont de loin les Honda Civic (1189 vols l'an dernier), suivies par les Honda Accord (463), les Toyota Camry (439), les Volkswagen Jetta (434) et les Chevrolet Cavalier (420).« Je n'inventerai pas d'excuses pour protéger la ville ou la province », a déclaré Jacqueline Richard, la porte-parole de Aéroports de Montréal au quotidien anglophone.« Nous reflétons la situation qui prévaut à Montréal et dans le reste du Québec.» Mais Dorval n'est vraisemblablement pas la cible préférée des voleurs de bolides puisque les 222 vols ne représente pas 1 % de tous les véhicules qui sont volés dans la région.Selon le SPCUM, des organisations criminelles sont derrière la majorité des vols de véhicules, elles s'en servent généralement pour les revendre à l'étranger.Les services de sécurité à l'aéroport de Dorval, suggère le SPCUM, devrait peut-être s'inspirer de ce qui se fait aux États-Unis, où on utilise des caméras de surveillance et des policiers spécialement affectés aux parcs de stationnement. 7LP0402A0812 A4 DIMANCHE 7LP0402A0812 ZALLCALL 67 14:06:37 08/13/01 B Les enfants blonds étaient au rendez-vous à Terrebonne Les maîtres nageurs lavallois ont chaud JUDITH LACHAPELLE ILS PASSENT tout l'été au soleil, sur le bord de la piscine, à dominer du haut de leur chaise les banlieusards venus se rafraîchir.Leur autorité est indiscutable, leur teint hâlé fait des envieux, leur allure a inspiré d'affriolantes séries américaines dans un décor de plage californienne.Alors, de quoi les maîtres nageurs lavallois se plaignent-ils ?Du soleil, justement.Ou plus exactement, des outils dont ils ne disposent pas pour s'en protéger.Jeudi, en pleine canicule, une maître nageuse a été victime d'un coup de chaleur et on a dû évacuer la piscine le temps qu'elle reprenne ses esprits.Le syndicat estime qu'au moins un cas du genre survient chaque été.Vendredi, deux maîtres nageurs ont exercé leur droit de refus de travailler en vertu de la loi sur la santé et sécurité au travail : ils jugeaient avoir des motifs raisonnables de croire que l'exécution de leur travail les exposait à un danger pour leur santé.« J'ai lu des brochures de la CSN et de Santé Canada », raconte Marc-André Frégeau, l'un des deux maîtres nageurs qui ont cessé de travailler pendant une heure et demie vendredi après-midi.« Le soleil, c'est vraiment cancérigène.Je pense à ma santé dans 20 ans.» Les syndiqués disent réclamer depuis trois ans à leur employeur qu'il installe des parasols sur leurs chaises et qu'il fournisse la crème solaire.L'employeur ne fournit que la casquette et les maîtres nageurs \u2014 pour la plupart des étudiants qui gagnent 9,50 $ l'heure \u2014 paient eux-mêmes la crème solaire.À Montréal, les surveillants de piscine ont droit au chapeau et au parasol, a confirmé hier Lise Laperrière de la Ville de Montréal.Mais Montréal ne fournit pas la crème solaire.Une plainte a donc été déposée à la CSST vendredi par les deux maîtres nageurs.L'inspecteur de la Commission a demandé à la Ville de Laval de prendre les mesures nécessaires pour que ses employés soient protégés dans leur travail.Si la Ville décide que les casquettes sont suffisantes, le syndicat devra décider s'il entame d'autres moyens de pression, dit Stéphane Goyette, président du Syndicat des travailleurs et travailleuses en loisir de Laval, affilié à la CSN.Mais ce dernier ne prévoit pas pour l'instant perturber la dernière semaine d'activités dans les 21 piscines lavalloises.La convention collective des 150 maîtres nageurs et des 500 autres employés des loisirs à Laval se termine cette année.MATHIEU PERREAULT L'INTERNATIONALE des enfants blonds avait rendez-vous hier à l'île des Moulins, dans le Vieux-Terrebonne.En poussette, couchés dans l'herbe à se faire chatouiller par leur papa, accrochés à la jupe de leur maman, gambadant en riant, des dizaines de petits blondinets tournaient devant un kiosque de matriochkas russes installé sur une table de pique-nique, au son de l'accordéon.Au moment de la photo de groupe, une petite à la robe turquoise et une autre, haute comme trois pommes, à la robe vert pâle tachetée de fleurs, vérifiaient mutuellement que les cartons rectangulaires sous leurs mentons étaient bien droits.Les lettres cyrilliques indiquaient où leurs parents avaient été les chercher pour les adopter.D'une voix rauque aux accents lourds, la directrice de l'agence Le Nid familial au Québec, Elena Tesloiuk, resserrait les rangs pour que tous ses pupilles entrent dans la photo.Mme Tesloiuk rassemble depuis 1997 les clients du Nid familial au mois d'août, à Terrebonne.Au départ, elle avait profité d'une exposition d'art russe organisée par la Ville.Puis, elle y est retournée parce que les familles avaient aimé les chênes, la rivière tranquille.Parmi les quelques dizaines de familles, certains venaient parfois de loin.Jacques Doyon et sa femme ont traîné, depuis Saint-Joseph-de- Beauce, Dascha, huit ans, Olga, quatre ans, et Ivan, six ans.Les trois étaient tout petits (8 à 22 mois) quand ils sont arrivés au Québec, mais leurs parents ont décidé de conserver leurs noms.Ils ont à peine hésité pour Ivan.D'autres couples se montraient les photos des enfants qu'ils iront bientôt chercher.Comme Denis Pinard et Solange Côté de Wotton, qui iront en octobre chercher Sveta, une petite fille de cinq ans et demi, dans une région voisine de la Mongolie.Contrairement à ses frères Alex, 10 ans, et Serguei, sept ans, Sveta changera de nom.« Qu'est-ce que c'est en français, Sveta ?» demande Mme Côté.« Ça veut dire lumière », répond Mme Tesloiuk.Les conversations portent aussi sur les changements dans les procédures.Jacques Doyon se souvient par exemple de son énervement quand il a su qu'il devrait aller en cour pour adopter Ivan ; il n'en avait pas été question pour Dascha.« Finalement, le juge a été bien gentil.Pour Olga, il nous a demandé comment on s'arrangerait pour élever trois enfants.On avait apporté des photos des autres, ça lui a plu.» Elena Tesloiuk relève que seulement deux des 14 agences canadiennes qui permettent l'adoption en Russie sont accréditées par le gouvernement canadien, une condition exigée depuis plus d'un an par Moscou.La sienne a reçu l'accréditation en mai.Née à Moscou, Mme Tesloiuk a commencé à s'intéresser aux orphelins en travaillant comme interprète de mère Teresa en Arménie en 1986, après un tremblement de terre.Sa fréquentation du Québec a commencé en 1984, quand elle a été envoyée par son gouvernement au festival de folklore de Drummondville.En 1991, des amis canadiens d'origine russe lui ont demandé de les aider à adopter en Russie.L'année suivante, elle a fondé une première agence d'adoption, Une Grande Famille, qu'elle a laissé à son ex-mari pour fonder Le Nid familial en 1994.Photo ROBERT SKINNER, La Presse © Raffaella Lasorsa avec sa petite fille Anissa Lonardo, 2 ans, à l'occasion de la fête organisée pour commémorer le 10e anniversaire des adoptions réalisées en Russie par des parents québécois.Venez voir pourquoi! Chomedey Hyundai est numéro un au Canada Hyundai Auto Canada a créé en 1994 le Prix d'excellence du président afin de rendre hommage aux concessionnaires Hyundai qui ont réalisé des performances exceptionnelles.Ainsi, chaque année, Hyundai honore entre 12 et 15 concessionnaires canadiens.Pour 2000, le prix du premier concessionnaire au pays revient à Chomedey Hyundai de Laval.UNE ÉVALUATION CONTINUE \u201c Nous avons la part du lion dans les chiffres de ventes au Canada pour 2000 et nous avons aussi le meilleur concessionnaire au pays; difficile de faire mieux, \u201d lance, en riant, le directeur pour le Québec de Hyundai Canada, Michel Mérette.C'est un prix convoité, car les critères de sélection sont rigoureux.\u201c Les concessionnaires sont évalués tout au long de l'année sur tous les aspects de leurs opérations, soit les ventes, les pièces, le service technique et le degré de satisfaction de la clientèle.Il ne s'agit pas d'un simple concours de popularité ou de récompenses pour des ventes exceptionnelles, c'est un \u201c tout \u201d et c'est ce qui lui donne sa valeur.\u201d S'OCCUPER DE SON ENTREPRISE Pour le propriétaire de Chomedey Hyundai, André Leclair, le succès est le fruit de plusieurs petites attentions qui font que l'on s'occupe bien de sa clientèle.\u201c Chaque fois qu'une voiture est louée ou vendue, j'appelle le client personnellement dans les 3 à 4 jours qui suivent pour obtenir ses commentaires sur son expérience avec nous et m'assurer que tout va bien.Les gens sont agréablement surpris que le propriétaire de la concession leur téléphone et cela permet souvent de régler les petits \u201c bobos \u201d à temps.Il y a aussi l'équipe qui est importante, poursuit M.Leclair.Ça prend un bon coach, mais il faut aussi de bons joueurs.On doit également prêcher par l'exemple et bien superviser son commerce.Je suis un partisan de la concession unique; les propriétaires de multiples concessions perdent parfois le lien avec leur clientèle.Mon bureau est à un seul endroit et je m'assure que tous les départements de ma concession fonctionnent selon les règles de l'art et que le client est toujours satisfait.Pour moi, cette méthode a donné des résultats.Depuis notre ouverture en 1985, certains clients en sont à leur 12e voiture.Même dans les moments difficiles qu'a traversés Hyundai, ces personnes sont toujours revenues, pas toujours pour le produit, mais pour le service.C'est ce qui a fait le succès de Chomedey Hyundai, \u201d rappelle avec fierté M.Leclair.André Leclair, propriétaire de Chomedey Hyundai, en compagnie de M.James Lee, président de Hyundai Auto Canada, qui lui remet le Prix d'excellence du président, cuvée 2000.Spécial d'été À ladécouverte de Hyundai Un essai vous convaincra L'une des meilleures garanties de l'industrie : 5 ans/100 000 km Assistance routière Incluant : livraison d'essence, changement de roue en cas de crevaison, déverrouillage, remorquage.www.chomedeyhyundai.com 2480, boul.Curé-Labelle (450) 682-6000 Chomedey, Laval L'Accent GS 3 portes 2001 Sante FE 2001 Tiburon 2001 La toute nouvelle Élantra 2001 Sonata GL 2001 XG3000 2001 49 $ de l'heure pour mécanique par mois Aucun crédit refusé avec léger comptant Louez à partir de 179$ /48 mois Louez à partir de 199$ /48 mois Louez à partir de 189$ /48 mois Louez à partir de 299$ /48 mois 225$ /mois + taxes Louez à partir de 365$ /48 mois Louez à partir de 229$ /48 mois 0% Financement à l'achat Sur tous les modèles Accent.Jusqu'à 36 mois.0% Financement à l'achat Sur tous les modèles Tiburon.Jusqu'à 36 mois.ou 3,8% Financement à l'achat Sur tous les modèles Santa Jusqu'à 48 mois.ou 2,8% Financement à l'achat Sur tous les modèles XG3000 Jusqu'à 48 mois.0% Financement à l'achat Sur tous les modèles Élantra.Jusqu'à 36 mois.0% Financement à l'achat Sur tous les modèles Sonata.Jusqu'à 48 mois.Transport et préparation inclus, aucun dépôt de sécurité PDSF de 12 195 $ Comptant de 1 995 $ Transport et préparation en sus PDSF de 20 495 $ 0$ de comptant Comptant de 1 895 $ / PDSF de 19 195 $ Comptant de 2 995 $ / PDSF de 25 250 $ Comptant de 4 495 $ / PDSF de 31 995 $ Voir détails chez le concessionnaire Comptant de 1 495 $ / PDSF de 14 895 $ automatique climatiseur Aucune cachette 0 $ comptant 1er paiement septembre 2001 Spécial légèrement utilisé Accent GL Accent 95 à 99 à partir de 3 995$ Sonata 97 à 2000 à partir de 7 995$ Élantra 96 à 2000 à partir de 5 995$ Le vélo du métro à Cuba MATHIEU PERREAULT EN 1978, CLAIRE Morissette a descendu son vélo dans la station de métro Laurier et a été arrêtée devant les guichets.Elle a été condamnée à trois jours de prison.Mais elle avait appris sa leçon : avec des collègues de l'organisme Le Monde à bicyclette, elle est retournée au métro et s'est dépêchée de franchir les tourniquets.Elle a encore été arrêtée, mais comme elle avait déjà payé son passage, le juge a statué que la STCUM était obligée de la mener à destination.Les cyclistes venaient de forcer les portes du métro.Mme Morissette s'est tournée vers d'autres obstacles au cyclisme.Elle a peint des pistes cyclables là où il devait y en avoir, traversé les ponts illégalement, tenté de vider le fleuve à la chaudière pour démontrer sa frustration, et « volé comme Icare par-dessus les clôtures ».Ces dernières années, la Montréalaise de 51 ans a tourné ses efforts vers l'étranger.Avec son ami Bob Silverman, qui a fait de la prison en 1982 pour avoir peint une piste cyclable sur la rue Drolet, elle a fondé en 1998 Cyclo Nord Sud, qui a depuis deux ans envoyé plus de 2100 vélos à Cuba, au Mexique et en Afrique du Sud.Hier, le groupe chargeait le cinquième conteneur, à destination de Cuba, dans le stationnement d'une église de la rue de Bordeaux.L'idée trotte dans la tête de Mme Morissette depuis 1985.Au retour d'un voyage marquant en Jamaïque, elle avait entendu parler d'un groupe de Boston, Bikes not Bombs, qui envoyait des vélos au Nicaragua pour protester contre l'intervention militaire américaine.« Ils voulaient envoyer quelque chose de plus amical au Nicaragua.» En 1998, elle a entendu parler qu'un groupe du New Jersey, Pedals for Progress, réussissait à envoyer des milliers de bicyclettes vers le tiers-monde (8900 dans 19 pays l'an dernier).L'exemple de Pedals for Progress l'a convaincue que l'idée était viable.« Quand on aura atteint notre vitesse de croisière, 5000 vélos par an, ça coûtera 35 $ par vélo : 12 $ dans le Sud, 23 $ dans le Nord.Les vélos sont vendus 14 $ en moyenne au Mexique et en Afrique du Sud, et défrayés par l'État à Cuba.» Le budget de 150 000 $ est assumé par trois programmes provinciaux : les fonds de l'économie sociale et de lutte contre la pauvreté, et Action environnement.Hier, le consul intérimaire de Cuba, Marcelino Fajardo, mettait la main à la pâte.Torse nu, en shorts, le diplomate de 57 ans suait comme un bon dans le conteneur, mal rafraîchi par un ventilateur industriel et un jet d'eau coulant sur le toit.Se sert-il aussi du vélo à La Havane ?« J'habite trop près du ministère », a-t-il répondu, après la tirade anti-américaine de service.« Mais je m'en sers plus que de ma Lada 1990, parce que l'essence est trop chère : près d'un dollar américain, contre 30 cents voilà 15 ans.» 7LP0501A0812 A5 DIMANCHE 7LP0501A0812 ZALLCALL 67 00:44:37 08/12/01 B LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 1 2 AOÛT 2001 A5 Ah! comme la neige a fondu! collaboration spéciale stephane@stephanelaporte.com Mamadou est un jeune Africain de la Côte-d'Ivoire.Toute sa vie, il a rêvé de venir au Québec.Il a passé son enfance à écouter des vieux disques de Gilles Vigneault : « Mon pays, ce n'est pas mon pays, c'est l'hiver ! » À lire des poèmes de Nelligan : « Ah ! comme la neige a neigé ! ».À regarder le film Kamouraska en pleurant lorsque Geneviève Bujold court dans la tempête de neige.À jouer avec son porte-clefs du Bonhomme Carnaval.Et à ranger précieusement ses cartes de joueurs de hockey.Les yeux toujours grands.Émerveillés.Pour lui, le Québec c'était tout ce qu'il n'avait jamais vu.Tout ce qu'il ne connaissait pas.Le froid.La neige.La glace.L'hiver.Une autre planète.Une autre vie.Mamadou est arrivé à Montréal, il y a 10 jours ! Mamadou n'est pas content.Mamadou a l'impression de s'être fait tromper.Montréal est exactement pareil à Abidjan.Même climat.Peut-être même un peu plus chaud.Dans les rues, on n'entend pas du Gilles Vigneault.Non, on entend du Luck Merville.Allô dépaysement ! Pas de froid.Pas de neige.Pas de glace.Pas d'hiver.Pas de rêve.Juste du monde qui ne cesse de se plaindre qu'il fait trop chaud.Juste des gens qui lui disent : « Toi, t'es bien, t'es habitué.» Non, Mamadou n'est pas bien.Mamadou est triste.Il n'a pas fait des milliers de kilomètres pour voir des Blancs jouer mal du tamtam sur le mont Royal.Il n'a pas dépensé toutes ses économies pour ne rien vivre de différent.Mamadou va rentrer en Côte-d'Ivoire demain.Et il n'aura rien à raconter.Ses amis vont lui demander : « Puis, comment ils sont, les Québécois ?» Mamadou va leur répondre : « Collants.».Vous me direz que Mamadou avait juste à venir ici en février.Les touristes ne voyagent pas en février.En février, Mamadou travaillait.Il ramassait son argent pour ses vacances d'été.Pour son grand voyage.Et même s'il était venu en février, il aurait pu tomber sur un de ces hivers où il n'y a pas un grain de neige en février.Où il fait 12 degrés.Où il pleut tout le temps.Il n'aurait pas été plus content.Nous sommes tous responsables de la déception de Mamadou.Il faut cesser de colporter notre image de pays froid.Au Internationaux de Tennis, on a donné au gagnant une paire de raquettes.Il n'avait pas l'air de comprendre.Ça faisait une semaine que le petit Pavel suait comme il n'avait jamais sué de sa vie, et on lui donnait des gougounes pour marcher sur la neige.Connaissez-vous beaucoup de Québécois qui se rendent au bureau en raquettes ?Y'en a pas mal plus qui s'y rendent en rollerblades.Mon pays, c'est l'hiver, ce n'est plus ça le Québec.Ça, c'était avant.Dans le temps des colons et du Curé Labelle.Avant l'effet de serre et George W.Bush.Maintenant, mon pays, c'est n'importe quoi.On ne sait jamais quel temps il va faire ici.En Afrique, il fait chaud.À Londres, il mouille.À Tahiti, il fait beau.En Islande, il neige.Au Québec, on ne le sait pas.Est-ce l'incertitude politique qui a causé l'incertitude climatique ?Peut-être.Peutêtre que c'est la faute du PQ.En tout cas, il faut complètement revoir le marketing touristique de notre province.On ne peut pas dire : « Venez chez nous, il va faire froid.».On ne peut pas dire non plus : « Venez chez nous, il va faire beau.».On ne le sait pas.Tout ce que l'on peut dire c'est : « Venez chez nous, il va faire TROP ! » C'est la seule chose dont on est sûr.S'il fait chaud, il va faire trop chaud.S'il fait froid, il va faire trop froid.S'il pleut, il va trop pleuvoir.On est la capitale des excès du temps.Mon pays, ce n'est pas un pays, c'est Survivor ! On ne brise aucun record aux Jeux olympiques ou aux Championnats d'athlétisme, mais des records météorologiques, on en brise, tous les jours.Pas besoin de drogue.Juste besoin du facteur humidex ou du facteur vent, et ça pète de partout.Plus 45 degrés hier.Moins 60 degrés demain ! Un record n'attend pas l'autre.C'est ça qu'il faut vendre à l'étranger.Venez au Québec, vous ne savez pas ce qui vous attend.Nous, non plus ! Une canicule infernale.La tempête de neige du siècle.Le déluge du Saguenay.Ou, s'ils sont chanceux, la crise du verglas.Nous sommes un Disneyworld naturel.Tout au même endroit.Ça devrait faire rêver les gens.Un pays où tout est possible.Excuses-nous, Mamadou.On aurait dû te prévenir que le Québec inspire autant le poète Nelligan : Ah comme la neige a neigé.Que le poète Zabé : Senor Météo, ah la la qu'il fait chaud ! \u0001 \u0001 \u0001 Il a fait tellement chaud à Montréal, cette semaine, que la pluie séchait avant d'arriver au sol ! Il a fait tellement chaud à Montréal, cette semaine, que même les fonctionnaires suaient au travail ! Il a fait tellement chaud à Montréal, cette semaine, qu'on pouvait faire des frites dans sa piscine ! Il a fait tellement chaud à Montréal, cette semaine, que les gens allaient se rafraîchir dans les saunas ! (Surtout après la parade.) Il a fait tellement chaud à Montréal, cette semaine, que même Stéphane Dion était chaleureux ! Il a fait tellement chaud à Montréal, cette semaine, que Jean Leloup n'était pas gelé.Il a fait tellement chaud à Montréal, cette semaine, que les Expos étaient contents qu'il n'y ait pas trop de monde au stade.Il a fait tellement chaud à Montréal, cette semaine, qu'il n'y avait plus de froid entre Yves Michaud et Lucien Bouchard Il a fait tellement chaud à Montréal, cette semaine, que le maire Bourque a songé à changer son look (comprenne qui peut !).\u0001 \u0001 \u0001 On a tiré des balles de golf sur le premier ministre Bernard Landry.Il paraîtrait que ce sont des balles du club de golf de Grand-Mère.\u0001 \u0001 \u0001 Jean Charest.C'est tout.Je n'ai pas de farce.Je voulais juste écrire son nom, il me semble que ça fait longtemps qu'on ne l'a pas vu dans le journal ! JOURNAL DE BORD Les cinq « invités » de la Transat 6,50 Charente-Maritime Bahia À 22 ans, Damien De Pas vit une aventure unique : participer, sur le voilier qu'il a construit de ses mains, à une course océanique de longue durée en solitaire, la Mini- Transat, dont le départ sera donné en France en septembre.Entre-temps, les lecteurs de La Presse peuvent suivre sa participation aux épreuves d'entraînement et de qualification en Europe grâce à des extraits de son journal de bord publiés tous les dimanches dans nos pages.collaboration spéciale Congé de travaux pour deux jours.Je suis allé faire un tour à Port Bourgenay, par la route, histoire d'aller dire bonjour aux copains qui ont fait la Transgascogne et recueillir de l'information sur des points techniques, comme les panneaux solaires.Je n'avais pas eu la chance de suivre le déroulement de la course.Seulement quelques échos, ici et là, sur les conditions auxquelles les 65 bateaux ont dû faire face.En gros, des vents portants pour les deux étapes.Des allures rêvées pour ce type de voiliers.Le vent est monté parfois jusqu'à 30 noeuds alors que la majorité des concurrents n'osaient plus lâcher la barre pour réduire.Plusieurs ont poussé leurs minis au maximum.Certains bateaux en ont souffert : deux démâtages, trois bômes cassées et quelques spis explosés.Une Québécoise, Magali, participait à cette course avec son copain Éric Defert, skipper de Poch'Trot.Je vous avais déjà parlé d'Éric, qui avait abandonné le Mini-Pavois suite à une collision avec un bateau de pêche.Ce retard dans ses qualifications l'a empêché de s'inscrire à la Transat 6,50 entre La Rochelle et le Brésil, mais il a quand même pu participer à la dernière épreuve de la saison.Magali a déjà navigué sur des 60' Open, monocoques et multicoques, mais c'était sa première course en 6,50.La puissance du bateau l'a impressionnée.Et l'ambiance à bord pour un couple ?Selon elle, il faut avoir du caractère et de l'humilité pour tenter l'expérience.Le courant passait bien.Tout s'est déroulé sans prises de bec, malgré les difficultés de la course.« Ce fut parfois très dur, nerveusement et physiquement.Jamais le temps de souffler une seconde.Passer deux heures à la barre et en y mettant toute sa concentration et sa force pour garder le contrôle sur le bateau, c'est crevant.Je me suis souvent demandé ce que je faisais là.» Je l'ai rassurée en lui disant qu'on se pose tous la même question, par mauvais temps ou quand ça va mal.Elle s'est pourtant sentie en sécurité tout au long de la course.Une forte mer s'était levée mais au portant, comme les minis vont plus vite que les vagues, elle n'a jamais éprouvé le sentiment d'être sur une petite coque de noix secouée dans tous les sens.Sous spi, à des vitesses pareilles, on a davantage l'impression de faire corps avec les vagues.À la fin de notre discussion, Magali m'a regardé avec un grand sourire : « Vous êtes fous ou masos de vouloir vivre comme ça ! » J'ai discuté ensuite avec Jean Rheault, mon compatriote, qui s'est amusé comme un fou durant la Transgascogne.Comme ils étaient en double, ils ont mis la gomme.Il me décrivait quelques-unes de leurs « figures de style » lors de pertes de contrôle du bateau.Jean s'est même retrouvé la moitié du corps dans l'eau, accroché à bout de bras après la barre alors que le bateau était couché sur le côté.Il est content d'avoir poussé aussi loin sa monture.Par contre, cette course lui aura coûté cher : la perte de son gennaker incluant le système enrouleur.Il avait mâtossé sa voile dehors sur le pont et les sangles qui le tenaient en place ont cédé sous la pression de l'eau.Pour la première fois, les « invités » de la Transat 6,50 Charente- Maritime - Bahia sont réunis à Port Bourgenay et Évangéline en profite pour nous photographier ensemble.Comme je vous l'avais déjà expliqué, en plus des 50 participants divisés également en 25 « prototypes » et 25 « séries », les organisateurs se réservaient cinq places supplémentaires pour des invités.Ils ont choisi d'accorder ces cartes aux étrangers « venus de loin », soit Gale Browning, l'Américaine dont je vous parlais la semaine dernière, Antonio Pedro Da Cruz, des îles du Cap-Vert, le Brésilien Roberto Holzhacker et deux Canadiens, Jean Rheault et moi-même.Je n'ai pas réussi à parler beaucoup avec Roberto Holzhacker.Pas très causeur.Je sais de lui ce que j'en ai appris sur Internet.Il a 41 ans et rêve de la Mini-Transat depuis une dizaine d'années : « C'est un esprit que j'aime : un bateau simple, de petite taille, un budget raisonnable ».Lorsqu'il apprend que la course, pour la première fois de son histoire, arrivera dans son pays, il est le premier à s'inscrire.Cet architecte naval a fait ses études en France, à Nantes, et a ensuite travaillé dans le cabinet du Groupe Finot.En 1993, il construit lui-même son prototype au Brésil, un plan Finot-Conq, bien sûr.Depuis, il navigue beaucoup là-bas et veut créer une Classe Mini.Ce sera le premier Brésilien, de toute l'histoire de la Mini-Transat, à participer à cette course.Il n'a pas été chanceux durant la Transgascogne puisqu'un concurrent lui est rentré dedans au départ de la seconde étape.Son proto Or a été un peu amoché, mais il a quand même fini la course.Antonio a déjà fait la Mini-Transat en 1999.Il recommence par amour pour les 6,50, des « bateaux bandants », pour employer son expression.Il adore l'ambiance de cette course : « Sur l'eau, tous les skippers poussent leurs bateaux à leur façon et ils gèrent leur propre truc, mais au ponton on est tous là pour s'aider.» Ce skipper professionnel de 35 ans, très sympathique, a plus de 28 traversées de l'Atlantique à son actif et 15 ans de régates côtières, surtout en Angleterre.Lors de la dernière édition de la Mini-Transat, il avait démâté et terminé sous gréement de fortune.Il ne voulait pas déclencher sa balise de détresse pour si peu.Arrivé 22e prototype, il se promet cette fois de faire une bonne place avec le même bateau, Femme Jazz Magazine, un Bouvet-Petit 1989.Je serai donc le plus jeune des « invités », mais comme dirait ma grand-mère de 93 ans, la valeur n'attend pas le nombre des années.On peut lire les chroniques de Damien De Pas à l'adresse cyberpresse.ca, et on peut joindre l'auteur à damiendepas@hotmail.com Photo ÉVANGÉLINE DE PAS, collaboration spéciale Les cinq « invités » de gauche à droite : Jean Rheault, Roberto Holzhacker, Antonio Pedro Da Cruz, Gale Browning et Damien De Pas.T V A, LE RÉSEAU DES TIRAGES DE LOTO-QUÉBEC Les modalités d'encaissement des billets gagnants paraissent au verso des billets.En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de L-Q, cette dernière a priorité.Le jeu doit rester un jeu Seules les sélections participant au Lotto 6/49 et au Québec 49 sur le même billet sont admissibles à la promotion.Ventes totales: 11 189 160 $ Prochain gros lot (approx.): 7 500 000 $ Tirage du 2001-08-11 Tirage du 2001-08-11 Tirage du 2001-08-11 Tirage du 11 14 17 22 37 2001-08-11 Tirage du 2001-08-11 Tirage du 2001-08-10 Tirage du 2001-08-11 Tirage du 2001-08-10 GAGNANTS LOTS 7/7 0 5 000 000,00 $ 6/7+ 5 41 789,80 $ 6/7 84 2 176,50 $ 5/7 4 196 155,60 $ 4/7 90 549 10,00 $ 3/7+ 83 851 10,00 $ 3/7 754 728 participation gratuite Numéro complémentaire: 11 Numéro complémentaire: 15 Numéro complémentaire: 41 NUMÉRO: 454561 NUMÉRO: 891824 Célébrités.Célébrités.Pour plus de renseignements 285-6999 ou 285-7274 Appels interurbains sans frais : 1 (800) 361-5013 50e ANNIVERSAIRE DE MARIAGE À Ste-Croix, Mme Louise Néron et M.Paul-Émile Ratthé unissaient leur destinée il y a 50 ans, le 11 août 1951.Félicitations et beaucoup de bonheur futur! De la part des enfants et petis-enfants. 7LP0601A0812 a6 actus dim 12 août 7LP0601A0812 ZALLCALL 67 00:40:58 08/12/01 B A6 LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 1 2 AOÛT 2001 ACTUALITÉS Alcool, drogues et aide sociale LOUISE LEDUC EKUANITSHIT \u2014 On le sait bien : 60 % d'aide sociale, c'est 60 % de problèmes », résume Antoine Ishpatao, chef depuis trois ans de la communauté innue de Nutashquan.Dans cette communauté, on ne fait pas dans le faux-fuyant et une pancarte vous saute aux yeux dès votre arrivée.« L'alcoolique est une personne qui boit beaucoup et qui crée des problèmes médicaux, financiers, sociaux et juridiques.Demandons à Dieu de nous enlever ce désir de boire.(.).À Ekuanitshit, communauté innue installée à une trentaine de kilomètres de Havre-Saint-Pierre, on ne s'inquiète pas davantage du qu'en-dira-t-on.« Vente interdite de drogues sur le territoire de Ekuanitshit sous peine de poursuite ou d'expulsion.\u2014 Le Conseil des Innus », peut-on lire sur une autre affiche bien en vue.De plus en plus revendicateurs et forts d'un taux de natalité sans pareil, les Innus semblent en apparence marcher lentement mais sûrement vers l'autonomie.Reste pourtant cette grande inconnue : leurs jeunes sauront-ils venir à bout de leurs problèmes d'alcoolisme et de toxicomanie ?« Si, pour les adultes, les thérapies ne sont le plus souvent que des échappatoires à la justice, les jeunes, eux, semblent véritablement vouloir s'en sortir », explique l'agent de prévention de la toxicomanie à Ekuanitshit.Lui-même ex-alcoolique et père de deux fils qui ont chacun fait une tentative de suicide, cet homme dit avoir beaucoup appris de son expérience personnelle.« Il faut écouter les jeunes et leur laisser le soin de planifier leur propre thérapie.Les jeunes me demandent sans cesse : quand part-on dans le bois ?» C'est que c'est là, loin de toute tentation, que se font ces thérapies maison.« Je fais des excursions de pêche sur la rivière Romaine trois ou quatre jours ici et là, et l'automne dernier, nous sommes partis trois semaines sur le territoire de chasse de nos ancêtres en hydravion.C'est à coup de bingos que ces activités traditionnelles se financent en bonne partie.« Dans le bois, nos jeunes repartent à la recherche de leur identité innue.L'Indien se ressource dans et avec la nature », insiste le thérapeute qui dit s'en être lui-même ainsi sorti, avec l'aide de son chef.Bien qu'assez mal en point ellesmêmes, ces communautés tentent tant bien que mal de venir en aide à plus misérables qu'elles.Ainsi, dans la communauté innue de Saint-Augustin, il n'est pas rare que l'on adopte des bébés de Goose Bay nés de parents aux prises avec des problèmes de consommation d'alcool.C'est précisément ce que compte faire Nina Malleck, une femme de 30 ans déjà mère de cinq enfants.« J'aimerais bien avoir un autre petit garçon.» Photos LOUISE LEDUC, La Presse © Ces enfants innus s'amusent dans la rivière Mingan.« Notre communauté voit chaque année naître environ 25 petits », annonce fièrement le chef Antoine Ishpatao, non sans un sourire en coin à l'évocation des problèmes de Natashquan sa voisine.Nutashquan grandit, Natashquan dépérit De moins en moins Natashquan, de plus en plus Nutashquan.Nutashquan, c'est « l'endroit où l'on va chasser l'ours ».Natashquan, « l'endroit où l'on chasse l'ours ».Plus concrètement se trouve à Nutashquan la communauté innue \u2014 il ne faut plus parler ni de réserve, ni de Montagnais, nous dit-on \u2014 située à cinq petits kilomètres de Natashquan.Aussi appelée Pointe-Parent, la communauté a nettement le gros bout du bâton, ne serait-ce que par la force du nombre.Population de Natashquan : 350 âmes, les bons jours.Celle de Nutashquan : 900, aux dernières nouvelles.« Notre communauté voit chaque année naître environ 25 petits », annonce fièrement le chef Antoine Ishpatao, non sans un sourire en coin à l'évocation des problèmes de Natashquan sa voisine.Le taux de natalité de cette communauté innue, lovée derrière de hautes dunes de sable à mi-chemin entre la mer et la rivière Natashquan qui s'y jette, n'est pas sans créer cependant de sérieux problèmes de surpopulation.« On construit quatre ou cinq maisons par année, mais ce n'est pas suffisant, note le chef Ishpatao.Il n'est pas rare de voir sept ou huit personnes partager une même maison.Les mères monoparentales en attente d'une maison vivent chez leurs parents, ce qui n'est pas sans provoquer maints conflits familiaux.Cette année, trois Innus de la communauté fréquenteront l'université et de plus en plus nombreux sont ceux à finir leur cégep.Nutashquan ne risque-t-elle pas, à terme, de connaître les mêmes problèmes que les villages éloignés ?Quand ses jeunes convergeront plus nombreux encore vers les grands centres, ne seront-ils pas tentés d'y rester ?« Ils reviendront », répond calmement le chef Ishpatao.Et pourquoi reviendraient-ils davantage que les Blancs travailler chez eux ?« Parce qu'ici, ils ne paient pas d'impôt.Ça fait toute une différence, sur un chèque de paie.» Encore faut-il cependant qu'il y ait du travail pour eux, et c'est bien ce à quoi s'emploie le conseil de bande, fort d'un contrôle grandissant sur la région.Les Blancs veulent- ils pêcher le saumon dans la rivière Natashquan qu'ils doivent d'abord obtenir un permis auprès du conseil de bande.Quant à ce projet de scierie, c'est par les Innus qu'il se fera, ou ne se fera pas, puisqu'aucune entreprise forestière n'oserait aller de l'avant sans eux.De concert avec la Coop Laterrière de Chicoutimi et le gouvernement québécois, les Innus travaillent à leur projet depuis cinq ans.« Le potentiel est là, énorme : pas moins de 440 000 mètres cubes de bois par année à couper », note le chef Ishpatao.Pour les Blancs de Natashquan, qui ont hâte de voir le projet aboutir et les emplois promis être partagés à parts égales entre les deux communautés, le projet de scierie avance trop lentement.Le chef Ishpatao ne leur donne pas tort.« Oui, c'est long.Pour le seul chemin de pénétration en forêt, il nous faut 10 millions.Québec est prêt à verser 2,5 millions, tout comme Ottawa, mais cela demeure insuffisant.Je rencontre le ministre Chevrette dans deux semaines, le ministre Brassard ensuite et on essaie d'avoir le ministre Baril.» Avant même de convaincre les politiciens, le conseil de bande doit surtout convaincre ses propres gens du bien-fondé de ce projet, « démontrer que la scierie ne détruira pas l'habitat des animaux à fourrure.Pour ce faire, nous avons mis à contribution les aînés qui nous conseillent de près.Reste cependant qu'on ne pourra pas faire d'omelettes sans casser d'oeufs ».La Romaine À la Romaine, le portrait démographique est très semblable à celui de Nutashquan.En moins de 50 ans, la population est passée de 183 à 970 habitants.« Nous avons obtenu quatre maisons du ministère des Affaires indiennes cette année, mais nous avions 60 demandes », déplore le chef Léo Mark.Là comme dans les autres communautés innues de la région, on a surtout besoin d'emplois.« Le taux de chômage sur nos réserves varie entre 60 % et 80 % », se désole le chef Mark.Le conseil de bande rêve de construire une mini-centrale sur la rivière Olamen, mais sait bien qu'on est bien loin de son inauguration.Il espère davantage de l'exploitation prochaine d'une pourvoirie sur la rivière Etamiou, qui appartenait jusque-là à la Donohue.Contrairement à Nutashquan, La Romaine, tout comme Saint-Augustin et Ekuanitshit (autre communauté innue située à une trentaine de kilomètres de Havre-Saint- Pierre), ne compte pas donner dans la pêche commerciale, refusant les balises fédérales.« En échange d'un permis de pêche au homard, Pêches et Océans nous demande de renoncer à nos droits ancestraux pour la pêche de subsistance.Jamais nous n'accepterons, parce que ce serait hypothéquer les générations futures, insiste le chef Mark.Ekuanitshit Cette volonté de prise en main et cette explosion démographique sont tout autant caractéristiques de Ekuanitshit, cette autre communauté innue établie à une trentaine de kilomètres de Havre-Saint- Pierre.Là aussi, la pyramide des âges a de quoi faire pâlir ses voisins : pas moins de 43 % des Innus ont moins de 35 ans.Avec Québec, la négociation est tout aussi serrée qu'ailleurs.En s'appuyant sur l'expertise des anciens et des chasseurs, les Innus de Ekuanitshit ont dessiné le tracé de ce que devrait être leur territoire.« Et ce tracé inclut la mine de Havre- Saint-Pierre, note le vice-chef Vincent Lapish.Le gouvernement veut nous y faire renoncer, en nous promettant en échange plus d'emplois.D'un côté, Québec, qui tient à son intégrité territoriale ; de l'autre, les Innus d'Ekuanitshit, qui espèrent toujours un gouvernement innu régional.Autre enjeu de taille dans la région : le barrage envisagé sur la Romaine.« Nous ne refusons pas le développement, insiste M.Lapish.Seulement, nous voulons nous assurer qu'Hydro-Québec ne tiendra pas seul le volant, mais que nous serons avec elle aux commandes.» M.Lapish n'en dira pas plus sur le sujet, soutenant devoir d'abord prendre le pouls de sa communauté avant de se prononcer.Pendant ce temps, les offensives publicitaires pour attirer toujours plus de pêcheurs sportifs blancs sur la rivière Mingan vont bon train.La question se pose cependant : la rivière a-t-elle atteint son seuil de conservation ?Après avoir chassé de la région au début des années 80 les propriétaires américains de pourvoiries dans le cadre de ce qu'on appelle aujourd'hui la guerre du saumon, les Innus d'Ekuanitshit aimeraient bien maintenant que Québec fasse à son tour de l'air.« Pendant cinq ans, on n'a fait aucune pêche sur la rivière pour lui permettre de se régénérer.Pendant ce temps, on s'est formé des guides et nous avons adhéré à la Fédération du saumon atlantique.Et aujourd'hui, on vient nous dire que nous n'avons pas atteint le seuil de conservation, même si tout nous prouve le contraire », se plaint M.Lapish.On l'aura compris, les Innus et le gouvernement québécois doivent se préparer à de longues, très longues années de discussions.La Basse-Côte Nord se vide donc de ses forces vives ?Dans les villages blancs, assurément.Dans les communautés innues situées entre Saint- Augustin et Havre-Saint- Pierre, c'est tout le contraire.Parallèlement à une prise de contrôle de ressources et de territoires, la revanche des berceaux bat son plein.Cette vieille dame et sa pipe est une citoyenne de la communauté innue de Saint-Augustin.Un bilinguisme tout autre.Quelle langue?C'est à en perdre son latin.À Blanc-Sablon, on parle anglais.À Lourdes-de-Blanc- Sablon, à quelques kilomètres de là, on est francophone, mais on parle avec l'accent d'anglophones parlant le français.Dans les familles innues de Saint- Augustin, de la Romaine et de Nutashquan, on parle le montagnais, entremêlé de français.ou d'anglais.Et de Brador à Kegaska, on parle essentiellement anglais, sauf à Tête- à-La-Baleine, où la vie se déroule en français.À Harrington Harbour, petit port de pêche aux trottoirs de bois où ne circule aucune voiture, on est tout autant branché sur les nouvelles de Terre-Neuve que sur celles du Québec.Toute une tour de Babel ! La Presse 12 août 2001 Page A7 manquante 7LP0801A0812 A8 DIMANCHE 7LP0801A0812 ZALLCALL 67 00:40:02 08/12/01 B A 8 L A P R E S S E MONT R É A L D IMANCHE 1 2 A O Û T 2 0 0 1 TÊTES D' A F F I C H E Les grands donateurs pour l'Université de Montréal L'Association des MBA du Québec vient de se choisir un nouveau conseil d'administration qui sera présidé par Louis Roquet (Investissement Québec), la présidence de l'association revenant à Nathalie Bourque (National).Les autres administrateurs sont : François Beaudoin, André Bolduc, Yvon Bolduc, Éric Brassard, Stéphane Breault, Yves Breton, Jean Luc Geha, Nicole Gendron, Jean Genest, Jonathan Goldbloom, Guy Hébert, Jean- François Lebrun, Normand Lessard, Louis Martel, Benoit Martin, Patrick Ouellet, Bruno Péloquin, Luc Sicotte et Stéphane Vaillancourt.\u0001 \u0001 \u0001 C'est sous la présidence d'honneur de Jean-Pierre Léger, président et chef de la direction des rôtisseries Saint-Hubert, que se tiendra le premier gala reconnaissance de l'industrie des services alimentaires, le 27 octobre prochain, au Windsor.On rendra alors hommage à deux acteurs de l'industrie pour leurs réalisations professionnelles ou leur engagement social.Tous les profits du gala seront remis au comité Nous Aidons, de la Société des Timbres de Pâques, qui vient en aide aux enfants handicapés.Renseignements : (514) 866-1969.\u0001 \u0001 \u0001 Appel de candidatures pour l'attribution des prix Technologie de l'Association de la recherche industrielle du Québec (réseau québécois des entreprises innovantes).Le gala des prix Technologie de l'ADRIQ aura lieu le 22 novembre.Le processus de mise en candidature pour des réalisations en recherche industrielle ou des innovat entièrement électronique.Renseignements : (www.adriq.com).Tél.(514) 337-3001, poste 24.\u0001 \u0001 \u0001 Le souper-bénéfice de la Fondation CHSLD Les Havres (centre d'hébergement et de soins de longue durée), du 7400, boulevard Saint-Michel, qui s'est tenu sous la présidence d'honneur d'Isabelle Péladeau, a permis d'amasser plus de 30 000 $.L'Université de Montréal et ses écoles affiliées (Polytechnique et Hautes Études Commerciales) sont particulièrement fières de l'appui fourni par les grandes entreprises à leur campagne de financement.Parmi les grands donateurs de plus de 500 000 $, on retrouve ainsi : Alcan, la Banque CIBC, la Banque de Montréal, la Banque Nationale, la Banque Royale, la Banque Scotia, BCE, Bombardier, CAE, Canadien National, Ericsson, Fondation J-Louis Lévesque, Hydro-Québec, Merck Frosst, Mouvement Desjardins, Power Corporation, Pratt & Whitney, Quebecor, Saputo, SNC-Lavalin, Standard Life, Succession J.-A.De Sève.Mc Carthy Tétrault donne 400 000 $ Dans le cadre de la grande campagne de souscription de l'Université de Montréal, le cabinet d'avocats Mc Carthy Tétrault vient de faire un don de 400 000 $ à la faculté de droit de l'Université de Montréal.Ont participé à la remise du don : Me André Prévost, associé directeur ; Me Jacques Frémont, doyen de la faculté de droit ; Me Michel Deschamps et Me Michel Racicot, associés chez Mc Carthy Tétrault.Recherche en mycologie La société pharmaceutique Merck Frosst a fait un don de 50 000 $ au Fonds de recherche en mycologie médicale de l'Université de Montréal (étude de la génétique fongique).Étaient de la présentation du chèque symbolique : les Dr Serge Montplaisir et Patrick Vinay, ainsi que le vice-recteur Patrick Robert, et le Dr Louis De Repentigny, de l'Université de Montréal, et André Marcheterre, président de Merck Frosst.2,5 millions du Mouvement Desjardins Le Mouvement Desjardins a contribué pour 2,5 millions à la campagne de financement de l'Université de Montréal et ses écoles affiliées (Polytechnique et HEC), 1,5 million provenant de la Fédération de Montréal et de l'Ouest-du-Québec.Participaient à la remise du don (devant d'abord) le recteur Robert Lacroix ; Alban D'Amours, président du Mouvement Desjardins ; et Michel Patry, de l'École des hautes études commerciales ; (et derrière) Patrick Robert, vicerecteur de l'Université de Montréal ; et Jocelyn Proteau, président et chef de la direction de la Fédération des caisses populaires Desjardins de Montréal et de l'Ouest-du-Québec. 7LP0901A0812 A09, dimanche, ACTUAL 7LP0901A0812 ZALLCALL 67 00:45:22 08/12/01 B Une santé économique précaire aux É.-U.Pas de reprise en perspective Ottawa préparerait l'avènement d'un système de santé à deux vitesses Presse Canadienne TORONTO \u2014 Le ministère fédéral de la Santé ouvrirait la voie à un système de santé à deux vitesses en permettant à une entreprise de Vancouver de proposer, à la grandeur du pays, une toute nouvelle méthode de diagnostic aux patients en mesure de payer, rapportait hier le Globe and Mail.International PET Diagnostics Inc.a obtenu l'autorisation de poursuivre ses essais cliniques du FDG, un médicament injecté aux personnes se soumettant à une tomographie par émission de positons, souvent afin de détecter un éventuel cancer, a indiqué le viceprésident directeur de la compagnie, John Smith, au quotidien torontois.« Le ministère de la Santé nous a fait savoir qu'il ne voyait aucun inconvénient à ce que nous établissions à travers le pays d'autres installations comportant une caméra à positons », a déclaré M.Smith, vendredi.L'entreprise, qui opère une caméra à positons à Vancouver, compte étendre ses activités à Montréal, Toronto et Calgary, où les patients pourraient se soumettre à un balayage électronique moyennant paiement.International PET Diagnostics compte également vérifier, au moyen des nouveaux appareils, la « sécurité et l'efficacité du FDG », a affirmé M.Smith.La compagnie n'a toutefois pas encore décidé si elle exigerait une contribution financière des patients qui prendront part à ces essais.Les personnes souhaitant profiter de l'unique caméra à positons privée au Canada, à Vancouver, doivent payer une facture de 2500 $ de leur propre poche.Quelques heureux élus peuvent avoir accès gratuitement à un appareil du genre dans des hôpitaux de Sherbrooke, Hamilton, en Ontario, et Edmonton, en Alberta.Certains observateurs se demandent comment le ministre fédéral de la Santé, Allan Rock, peut soupçonner les opérateurs d'appareils privés d'imagerie par résonance magnétique de violer la Loi canadienne sur la santé tout en autorisant le développement d'un réseau privé de caméras à positons.Néanmoins, Roslyn Tremblay, porte-parole du ministère, a rappelé que les diagnostics par caméra à positons n'étaient pas couverts par la plupart des régimes de santé provinciaux.JEAN-LOUIS S A N T I N I Agence France-Presse WASHINGTON \u2014 La santé de l'économie américaine reste fragile et la reprise tant attendue pour cet été n'est toujours pas en vue, ce qui rend les conjoncturistes nerveux au moment où l'activité s'essouffle en Europe et se détériore au Japon, les deux autres moteurs de la croissance mondiale.« Nous persistons à penser que la situation reste très précaire », a estimé David Orr, le principal économiste de First Union, tout en continuant à espérer une amélioration de l'activité dans les prochaines semaines.Selon lui, « si les remboursements d'impôts fédéraux de 38 milliards de dollars versés entre juillet et septembre ne sont pas dépensés dans une proportion suffisante par les Américains, les États-Unis sombreront dans une récession ».Pour John Lonski, le principal économiste de Moody's, la firme de notation financière, un affaiblissement de la consommation forcerait les entreprises à réduire leur production et leurs effectifs, entraînant en retour une montée du chômage et une contraction plus grande des dépenses des ménages.« Ce serait alors le cycle récessionniste classique », a-t-il dit, en chiffrant à 40 % les risques actuels de récession.Seule la vigueur de la consommation, qui engendre près des trois quarts du Produit intérieur brut (PIB), a permis jusqu'à présent de maintenir à flot l'activité américaine.Le marasme du secteur manufacturier, dont les exportations sont pénalisées par la force du dollar, et l'hécatombe des sociétés Internet ainsi que celles de la haute technologie ont porté un coup sévère à l'économie après presque dix ans d'expansion continue.Le PIB n'a progressé que de 0,7 % en rythme annuel au 2e trimestre, la plus faible performance depuis 1993.Un an plus tôt, la croissance dépassait les 4 %.Cette inquiétude quant à la reprise a été renforcée par le dernier rapport de conjoncture de la Réserve fédérale, dit « livre beige », selon lequel la croissance est restée anémique voire nulle en juin et juillet.Plus troublant, la Fed a relevé « une mollesse des ventes de détail (.) ainsi qu'une nouvelle contraction de l'activité manufacturière qui s'est étendue à d'autres secteurs ».Cette détérioration de la situation a conduit le président de la Banque de Réserve fédérale de Chicago, Michael Moskow, à estimer que les signes de reprise économique étaient « entourés d'incertitude ».Les 53 principaux économistes privés américains, interrogés par la revue spécialisée Blue Chip Economics Indicators, ont dans leur grande majorité révisé à la baisse leurs prévisions de croissance.L'économiste Joel Naroff, longtemps optimiste sur une vigoureuse reprise au deuxième semestre, concède maintenant que « le rebond de l'activité pourrait prendre davantage de temps ».Cette incertitude est d'autant plus grande que les trois grands moteurs de l'économie mondiale sont en décélération, simultanément, ont relevé plusieurs économistes.Au Japon, la croissance faible ou stagnante pendant dix ans pourrait ralentir devantage et provoquer ainsi une augmentation des faillites et une détérioration de la situation des banques avec des conséquences néfastes pour l'économie mondiale, selon la dernière analyse du Fonds monétaire international.Bien qu'en meilleure forme, l'économie européenne s'essouffle et connaîtra une croissance d'à peine 2 % à la fin de l'année sous l'effet du ralentissement des exportations et de la demande intérieure.Enfin, cette déprime économique des grands pays industrialisés est encore assombrie par l'éclatement de crises financières dans plusieurs économies émergentes comme l'Argentine et la Turquie, avec la possibilité que d'autres en Asie connaissent le même sort.L'Union européenne cherche une solution négociée aux sanctions douanières américaines d'après AFP PARIS \u2014 L'Union Européenne cherche activement une solution négociée pour faire lever les sanctions douanières prises en 1999 par les États-Unis en réponse à l'interdiction du boeuf aux hormones en Europe, a déclaré hier à l'AFP le commissaire européen au Commerce Pascal Lamy.« Depuis sa condamnation par l'Organisation mondiale du commerce (OMC) en 1999, l'Europe n'est pas restée inactive loin de là (.) Nous négocions avec les Américains une suspension de ces sanctions en contrepartie d'une augmentation de contingent d'importation de boeuf américain élevé sans hormones », a-t-il expliqué.« Cela a pris du retard en raison de la maladie de la Vache Folle qui a considérablement déprimé le marché de la viande bovine en Europe, et nous avons estimé que des importations de boeuf sans hormone n'était pas approprié pour les cours du marché.Nous travaillons désormais pour obtenir les assurances techniques vétérinaires qui nous permettrons d'être certains que ce boeuf est sans hormones, ce qui suppose des dispositifs techniques dont nous voulons absolument nous assurer de la validité et de la fiabilité », a-t-il ajouté.M.Lamy a également rappelé que l'Union européenne « n'a pas été condamnée pour avoir interdit l'importation de boeuf aux hormones en Europe, mais parce que nous n'avions pas expliqué de quelles hormones il s'agissait ».© 2001 SOCIETE TELE-MOBILE.MCTELUS Mobilité, le logo TELUS Mobilité et telusmobilite.com sont des marques de commerce utilisées avec l'autorisation de TELUS Holdings Inc.Le futur est simple est une marque de commerce utilisée avec l'autorisation de Clearnet Communications Inc.Redevances d'utilisation mensuelles de 6,95$.Taxes et frais d'interurbain en sus.MC Le futur est simple.L'offre dira au revoir le 30 septembre 2001.L'OFFRE INCONTOURNABLE Pour 25 $ par mois, vous obtenez : 150 minutes en tout temps Appels locaux illimités la fin de semaine, du vendredi 18 h au lundi 8 h 100 minutes d'appels interurbains la fin de semaine au Canada Messagerie vocale, appel en attente et appel conférence Impossible de passer à côté de cette offre.Magasinez en ligne à telusmobilite.com ou appelez-nous au 1 888 810-5555 Les Galeries d'Anjou, Montréal Carrefour Laval, Laval 950, rue Ste-Catherine Ouest, Montréal Centre Rockland, Mont-Royal Fairview Pointe-Claire, Pointe-Claire Carrefour Angrignon, La Salle Les Promenades St-Bruno, St-Bruno Place Versailles, Montréal Mail Champlain, Brossard Place Vertu, St-Laurent RÉGION MÉTROPOLITAINE LAVAL Digital Radiocommunications Inc.(450) 973-3443 SRAD Communications Inc.(450) 622-1748 MONTRÉAL Action Télécom (514) 989-9952 Direct.Com (514) 381-3490 Satellico Com Inc.(514) 387-4848 DOLLARD-DES-ORMEAUX La Zone SCP (514) 421-9889 REPENTIGNY Technicomm (450) 582-0085 LASALLE La maison du cellulaire (514) 366-6665 LONGUEUIL Cell-Bo Communications Inc.(450) 468-0993 ST-LAURENT PC Page Communications Inc.(514) 339-1130 CANDIAC D2 Technologie (450) 635-5480 ST-TITE DH Électronique (418) 365-7131 VAUDREUIL-DORION Services Technologiques D.A.T.T.(450) 424-7158 GRANBY Télécomm.Experts (450) 777-3077 MONTRÉAL Proxi Télécom Inc.(514) 843-0355 DRUMMONDVILLE Télécommunications D.G.(819) 475-3928 MONTRÉAL Radio Service LCT Inc.(514) 953-4864 Communication Métropolitaine (514) 259-1988 Globe Mobilité (514) 272-0099 Instant Page (514) 527-2550 2976889A 7LP1001A0812 A10, dimanche, MONDE 7LP1001A0812 ZALLCALL 67 00:43:26 08/12/01 B A10 LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 1 2 AOÛT 2001 MONDE Les Palestiniens renforcent la riposte à la fermeture de la Maison d'Orient Appel à une grève générale pour demain et manoeuvres diplomatiques JACQUES PINTO Agence France-Presse JÉRUSALEM \u2014 Les Palestiniens ont accentué hier leur riposte à la fermeture par Israël de la Maison d'Orient, symbole de leurs aspirations à un État avec Jérusalem- Est pour capitale, et appelé à une grève générale demain.Une centaine de manifestants palestiniens ont protesté hier contre la fermeture de la Maison d'Orient, siège officieux de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) à Jérusalem-Est, et tenté de franchir les barrières établies par la police israélienne qui les a brutalement repoussés et en a arrêté une dizaine.Une coalition des principales organisations palestiniennes dont le Fatah, le mouvement du président Yasser Arafat, a appelé à une grève générale demain dans les territoires et, par solidarité, dans l'ensemble du monde arabo-musulman, pour dénoncer l'occupation du quartier général de l'OLP dans le secteur oriental de la ville, occupé et annexé par l'État juif.Dans un communiqué, les « Forces nationales et islamiques » ont appelé « les peuples arabe et musulman à décréter demain une grève générale, pour défendre Al- Qods (Jérusalem) et empêcher la judaïsation de la Ville sainte ».M.Arafat a écrit à plusieurs dirigeants, les exhortant à « intervenir rapidement pour mettre fin à l'occupation de la Maison d'Orient et des institutions palestiniennes qui ont été fermées » par Israël à la suite de l'attentat de Jérusalem- Ouest jeudi.La porte-parole de la Ligue arabe et membre du Conseil législatif (Parlement) palestinien Hanane Achraoui, accompagnée d'une dizaine de personnalités, a également été refoulée aux barrages israéliens.« Ils font usage de la force, nous menons des actions civilisées.Nous ne sommes pas armés, nous sommes des civils, c'est notre droit d'aller à la Maison d'Orient.C'est notre droit d'aller dans n'importe quel endroit de Palestine, y compris à Jérusalem-Est », a déclaré Mme Achraoui après cet incident.« Israël se conduit comme un État hors-la-loi dont la signature et les engagements n'ont aucune valeur », avait-elle auparavant accusé lors d'un conférence de presse.Israël a occupé dans la nuit de jeudi à vendredi la Maison d'Orient, cible régulière des attaques de la droite israélienne, au pouvoir, ainsi qu'une dizaine de bureaux palestiniens à Jérusalem- Est et à sa périphérie.Le gouvernement israélien a présenté cette action, très critiquée dans le monde, comme une riposte à l'attentat suicide de Jérusalem- Ouest, revendiqué par le mouvement radical islamiste palestinien Hamas, qui a fait 16 morts, dont son auteur, et plus de 80 blessés.Washington, parrain du processus de paix, qui a condamné la fermeture des institutions palestiniennes, s'est dit « frustré » de voir la situation au Proche-Orient dégénérer et a estimé que les deux parties, en particulier le président palestinien, pouvaient « faire mieux » pour réduire la violence.« M.Arafat peut faire mieux.Je suis profondément inquiet que des groupes plus radicaux commencent à affecter ses capacités et provoquent de toute évidence massivement les Israéliens », a déclaré vendredi le président George W.Bush, qui l'avait appelé à arrêter les responsables de l'attentat.Dans un entretien téléphonique avec le secrétaire d'État américain Colin Powell, le premier ministre israélien Ariel Sharon a justifié l'occupation de la Maison d'Orient, assurant qu'elle avait « fait comprendre à Arafat ce qu'il risquait de perdre ».Selon les médias publics israéliens, M.Sharon a affirmé que « pour la première fois », M.Arafat, qui « avait récemment accru les attaques palestiniennes à Jérusalem », avait « procédé hier (vendredi) à l'arrestation de deux terroristes en route pour commettre un attentat à Jérusalem ».Le Hamas a révélé hier l'arrestation par les forces de sécurité palestiniennes dans les dernières 48 heures en Cisjordanie d'un de ses activistes recherchés par Israël.Dans la bande de Gaza, deux enfants palestiniens ont été légèrement atteints par des balles de soldats israéliens.Photo AFP Le secrétaire à la Défense des États-Unis, Donald Rumsfeld Rumsfeld à Moscou pour parler nucléaire JIMM ANNIO Agence France-Presse WASHINGTON\u2014Le secrétaire à la Défense américain Donald Rumsfeld va exposer demain à Moscou sa vision de la non-prolifération nucléaire et d'une coopération de défense antimissile afin d'arriver à un accord avec la Russie pour sortir du traité ABM de 1972, selon un haut responsable du Pentagone.Aucun accord ne devrait émerger de la longue journée de négociations prévue entre M.Rumsfeld et son homologue russe Serguei Ivanov à Moscou, lesquelles préfigurent surtout un nouveau cadre de dialogue bilatéral, a indiqué le haut responsable sous couvert d'anonymat.« Ce n'est pas exclusivement concentré sur les affaires militaires, et encore moins sur la défense antimissile.Nous parlons ici de nouvelles relations au sens large », a-til souligné.« Et les discussions à Moscou, nous l'espérons, porteront aussi sur des réductions des forces d'attaque stratégiques, dont la défense antimissile, le traité ABM et d'autres domaines de coopération qui peuvent être développés entre les États-Unis et la Russie », a précisé ce responsable.Selon lui, une coopération en matière de défense antimissile pourrait inclure les propositions existantes de coopération sur les missiles d'alerte rapide et l'observation satellitaire américano-russe, ainsi que de nouveaux domaines non précisés.La visite de M.Rumsfeld a été écourtée d'un jour par rapport au programme initial en raison de difficultés d'agenda, a encore indiqué le haut responsable.La préparation de ces négociations s'est déroulée à Washington mardi et mercredi entre responsables de la défense américains et russes au Pentagone.Les Russes ont ainsi reçu un exposé détaillé sur les plans américains en ce qui concerne la recherche et le programme de tests de défense antimissile, dont le développement prévu au début de l'année prochaine marquera la sortie du cadre du traité ABM.Le Pentagone, en plein réexamen de sa structure de frappe nucléaire, n'a pas répondu aux appels du président russe Vladimir Poutine en faveur d'une réduction de l'arsenal nucléaire à 1500 ogives de part et d'autre.« Nous offrirons tous les éléments en notre possession le moment venu », a estimé le haut responsable.Des réductions réciproques permettraient à la Russie de préserver un équilibre nucléaire avec les États-Unis, aujourd'hui de plus en plus difficile à maintenir pour l'armée russe qui n'a plus les moyens de financer la maintenance de son arsenal nucléaire.Cependant, selon le responsable du Pentagone, « nous entreprenons ce dialogue avec un certain nombre d'idées en tête.L'une d'elles c'est que le meilleur fondement d'une stabilité stratégique demeure une bonne relation, et cela ne vaut pas seulement en terme d'équilibre mécanique ou en nombre de systèmes d'armement », a-t-il souligné.Selon lui, il est « dans l'intérêt des États-Unis et de la Russie que nous nous retirions ensemble du traité ABM dans le cadre de notre nouvelle relation ».L'objectif de M.Rumsfeld, a-t-il encore souligné, est d'explorer de « meilleures façons d'envisager la stabilité stratégique ».Photo AP Un Palestinien menaçait hier de faire un mauvais parti à un juif orthodoxe, dans la foulée de la manifestation qui a conduit des Palestiniens aux abords de la Maison d'Orient, siège officieux de l'autorité politique palestienne situé à Jérusalem-Est et dont les forces israéliennes ont pris le contrôle.MACÉDOINE EXPRESS INTERNATIONAL Ulster Le Parlement revit L'ASSEMBLÉE semi-autonome nord-irlandaise a été rétablie dans ses fonctions hier à minuit après 24 heures de suspension.L'ordre de « restauration de la décentralisation » en ce sens avait été signé plus tôt dans la journée par le ministre britannique à l'Irlande du Nord John Reid.Cette décision faisait suite à des discussions entre M.Reid et le ministre irlandais des Affaires étrangères Brian Cowen.La suspension de l'assemblée semi-autonome pour une durée de 24 heures constitue une pirouette institutionnelle permettant à Londres de donner un nouveau délai de six semaines aux partis nord-irlandais.\u2014 d'après AFP Tunisie Journaliste libérée LA JOURNALISTE et militante tunisienne des droits de l'Homme Sihem Bensédrine a affirmé hier à Tunis que sa libération avait été « une surprise » et qu'elle était « contente d'avoir retrouvé sa liberté ».Dans une déclaration à l'AFP, quelques minutes après sa libération, elle a indiqué être en « parfaite santé » malgré le mois et demi passé en prison.« Ma libération est le fruit d'une très large mobilisation qui a pesé sur la décision du pouvoir », a-t-elle poursuivi.\u2014 d'après AFP Argentine Kissinger en cour ?UN JUGE argentin souhaite interroger l'ancien secrétaire d'État américain Henry Kissinger sur le Plan Condor, un pacte qui liait six régimes sud-américains dictatoriaux afin d'éliminer leurs opposants politiques dans les années 1970 et 1980.Le juge Rodolfo Corral a préparé des questions pour déterminer ce que Henry Kissinger savait de ce pacte entre l'Argentine, le Brésil, la Bolivie, le Chili, l'Uruguay et le Paraguay, a rapporté l'agence Noticias Argentinas.Les associations de défense des droits de l'Homme accusent les régimes militaires de ces pays d'avoir, grâce au Plan Condor, conduit des opérations conjointes et échangé des informations leur permettant d'enlever, d'arrêter, de torturer et d'assassiner des militants de gauche et des dissidents dans ces six pays.\u2014 d'après AP Sénégal Le président se fâche LE PRÉSIDENT sénégalais Abdoulaye Wade a jugé « absurde et même insultant » le fait de demander des réparations pour cause d'esclavagisme lors de la conférence de l'ONU sur le racisme, prévue du 31 août au 7 septembre à Durban, en Afrique du sud.« Personnellement, je suis opposé à une demande de réparation pécuniaire parce que l'esclavage, un phénomène d'asservissement d'un peuple pendant trois siècles, ne peut pas être évalué en milliards de dollars », a-t-il déclaré à la presse.« Au demeurant, c'est absurde et même insultant », a-t-il ajouté.\u2014 d'après AFP Nouveaux combats, sur fond de deuil pour les soldats tués JANET McEVOY Agence France-Presse SKOPJE \u2014 Des combats se sont poursuivis hier dans le nord de la Macédoine entre les rebelles albanais et les forces gouvernementales, alors que le pays observait le deuil de huit soldats tués par des mines, deux jours seulement avant la signature prévue d'un accord censé ramener la paix.Bien que la journée ait été dans l'ensemble « relativement calme » sur le terrain, elle a été marquée par des combats dans le secteur du village de Radusa entre des rebelles albanais venus du Kosovo à travers la montagne et les forces macédoniennes, a déclaré à l'AFP un porte-parole du ministère de la Défense.Radusa se trouve à environ 20 kilomètres au nord-ouest de Skopje, non loin de la frontière du Kosovo.Les forces gouvernementales, utilisant notamment des hélicoptères de combat, ripostaient « énergiquement » hier aux attaques lancées dans ce secteur par la guérilla depuis vendredi soir, a déclaré le porte-parole, Marjan Gjurovski.En revanche, le ministère des Situations d'urgence a déclaré que la situation était calme dans la région de Tetovo, principale ville albanaise du pays, à l'ouest de Skopje.Cette région est l'un des principaux foyers de la guérilla de l'Armée de libération nationale (UCK), entrée en action en février.Les combats de Radusa avaient lieu alors que la Macédoine observait un deuil national d'une journée pour les soldats tués vendredi lorsque le camion de ravitaillement dans lequel ils se trouvaient a sauté sur deux mines antichars près du village de Ljubanci, à environ 15 kilomètres au nord de Skopje.Le bilan de cette attaque est passé hier de sept morts à huit après le décès de l'un des blessés, a-t-on appris de source militaire.C'était le deuxième enterrement de militaires en deux jours, après les obsèques la veille de dix soldats macédoniens tués vendredi dans une embuscade des rebelles, la plus meurtrière depuis le début du conflit.La poursuite d'affrontements suscite des doutes sur la possibilité que l'accord politique paraphé par quatre partis parlementaires macédoniens et albanais soit signé demain comme prévu.L'accord, qui prévoit une amélioration du statut de la communauté albanaise de Macédoine dans plusieurs domaines, a été conclu mercredi à l'issue de difficiles négociations sous médiation internationale, mais depuis la situation sur le terrain s'est rapidement détériorée.Signe supplémentaire de la montée de la tension, plusieurs centaines de manifestants macédoniens ont tenté de prendre d'assaut vendredi l'ambassade des États-Unis à Skopje, exprimant une nouvelle fois le ressentiment d'une grande partie de la population envers les puissances occidentales.Les autorités de Skopje ont régulièrement accusé les Occidentaux de soutenir indirectement la guérilla albanaise.Le ministre macédonien des Affaires étrangères, Ilinka Mitreva, a demandé à la communauté internationale de faire preuve de plus de fermeté envers la guérilla, dans une lettre adressée au secrétaire général de l'OTAN, George Robertson, et au représentant de l'Union européenne pour la politique extérieure, Javier Solana.« La patience et la tolérance des citoyens de la République de Macédoine ont atteint leurs limites », a averti Mme Mitreva.Le Conseil national de sécurité macédonien, réuni dans la nuit, a décidé « la poursuite d'actions résolues dans le but d'écarter les menaces contre les forces de sécurité et les citoyens de Macédoine ».Les rebelles de l'UCK affirment se battre pour les droits de la minorité albanaise de Macédoine, qui constitue entre un quart et un tiers de la population.L'organisation Human Rights Watch (HRW), qui a son siège aux États-Unis, a critiqué les rebelles, déclarant que les enlèvements et détentions illégales de Macédoniens par l'UCK se multipliaient dans le nord-ouest de la Macédoine.Dans un communiqué, HRW indique avoir la confirmation qu'au moins 14 Macédoniens ont été enlevés fin juillet par l'UCK à Tetovo et n'ont plus été revus, et exprime « sa profonde inquiétude quant au sort de ces hommes ». 7LP1101A0812 7LP1101A0812 ZALLCALL 67 00:41:53 08/12/01 B Et votre café ce matin, il est comment ?L'énigmatique voyage (à grands frais) du café, du producteur dans le tiers monde à votre table C'est beau la vie le dimanche.Le café du dimanche matin est souvent le meilleur café de la semaine.Tout à l'heure, on prendra la voiture pour une balade à la campagne.Ou chez des amis.Ce faisant, on consommera le produit naturel le plus vendu dans le monde : du pétrole.Mais au préalable, après un coup de débarbouillette ou une douche au lever, on aura consommé le deuxième produit naturel le plus vendu dans le monde : du café.Une industrie considérable Le café, c'est, comme qui dirait, la tasse de thé de pas mal de monde sur cette planète.Les données à ce propos sont fabuleuses : l'industrie du café dans le monde, c'est un chiffre d'affaires de 55 milliards de dollars US, indique le Boston Globe, dans un solide documentaire publié fin juillet.Le café que l'on boit est susceptible de provenir de 50 pays différents, qui ont la caractéristique commune de tous se trouver dans le tiers monde.Autre caractéristique : l'industrie est dominée au sommet par une poignée de multinationales.À la base, les petits producteurs n'arrivent à peu près jamais à s'imposer dans le jeu du marché.Et quand l'offre excède la demande comme c'est actuellement le cas sur la planète, leur situation économique, déjà chroniquement précaire, devient catastrophique.Un cas : le Guatemala Le dossier du Globe veut retracer le cheminement parcouru par le café que boit un consommateur bostonnais, à partir d'un petit producteur installé au Guatemala.Le choix du Guatemala n'est pas aléatoire.Dès 1915, un concours tenu à l'Exposition universelle de San Francisco consacrait, dans l'esprit des Américains, la qualité supérieure du café guatémaltèque.Ce qui explique en partie pourquoi le Guatemala est devenu un important producteur (de 25 à 35% des revenus d'exportations du pays, suivant les aléas du marché mondial et du climat local) et pourquoi 45 % de sa production prend le chemin des États-Unis.Le cheminement du café, depuis le fond des campagnes du Guatemala jusqu'à nos tables se révèle une intéressante illustration, à l'heure de la mondialisation à tout crin, du chaînon informationnel manquant entre les consommateurs que NOUS sommes et les producteurs qu'ILS sont.Ce que l'on connaît le mieux de ce cheminement du café, ce sont les extrémités de la chaîne.On sait que le café que l'on boit nous est offert en bonne partie par l'une des quatre grandes multinationales suivantes : Procter & Gamble Co., Philip- Morris Companies, Sara Lee Corp.et Nestlé.Ces multinationales contrôlent 60 % du marché américain et 40 % du marché mondial.Elles rejoignent directement le consommateur, pendant que des chaînes de restauration rapide comme Dunkin' Donuts, pour le café ordinaire, et Starbucks, pour les cafés de qualité, étendent rapidement leurs tentacules.Dunkin' Donuts est le plus grand vendeur de café aux États- Unis avec deux millions de tasses par jour.On sait un peu aussi, grâce à ce reportage du Boston Globe, comment ça se passe à l'autre extrémité de la chaîne, chez le petit producteur guatémaltèque Santiago de la Rosa par exemple, dont le journal décrit les conditions de vie exécrables.Le rôle des « coyotes » Ce qu'on arrive moins bien à établir, c'est le chemin qu'emprunte le café entre le petit producteur de la Rosa et la multinationale qui nous le vendra.Le Globe estime que la denrée peut passer dans les mains d'une quinzaine d'intermédiaires avant d'aboutir dans notre tasse.On parle ici d'un monde plutôt mystérieux de « coyotes », de divers niveaux.Un monde suffisamment refermé sur lui-même pour que les multinationales ne soient pas toujours en mesure d'identifier avec précision le producteur, voire même le pays d'origine du produit.Les grands « coyotes » exercent un pouvoir considérable dans la chaîne, celui par exemple de stocker la denrée ou de la libérer en fonction de ce que disent les cours mondiaux, fournis par la Bourse de Londres.Au besoin, ils n'hésiteront pas à détruire des stocks de qualité inférieure, si le geste est de nature à raréfier l'offre, de manière à faire grimper les prix.Les petits « coyotes » entretemps fonctionnent sur le terrain, directement avec les petits producteurs, leur rôle consistant à acheter leurs récoltes au plus bas prix possible.Et ils trichent à l'occasion à la pesée, faisant affaire souvent avec des paysans illettrés.Et comme les paysans ont besoin de crédits pour s'approvisionner en semences, en engrais ou en équipement, le petit « coyote » est parfois l'homme tout indiqué pour leur venir en aide.à taux usuraire.Chiffres renversants Les chiffres, d'une extrémité de la chaîne à l'autre, sont renversants : quand le consommateur bostonnais paie 2,89 $ US pour un pot de café ordinaire de 13 onces de Folgers, ou 8,49 $ la livre de grains de café de qualité chez Starbucks, une fois que tous les intermédiaires ont mis la main dans le pot, il ne reste plus de cette somme que 35 cents pour le petit producteur et 14 cents pour le préposé à la cueillette.Ce qui veut dire, pour un petit producteur guatémaltèque comme Santiago de la Rosa, que ses revenus bruts qui ont atteint l'an dernier (avant tous les coûts de production) la somme de 8496$ US, représentaient en bout de chaîne une valeur de 750 000 $ déboursés par les consommateurs que nous sommes pour cette production.Le ménage de cinq personnes du petit producteur Santiago de la Rosa a vécu l'an dernier sur 2 $ de revenu net par tête par jour.Cette année, aucun profit, plutôt des pertes en perspective.On n'obtient que 45 $ pour 100 livres de café, qui auront coûté 90$ à produire.Des prix très bas C'est qu'on constate que le Vietnam accroît sensiblement ses exportations et constitue un facteur dominant dans la baisse des cours mondiaux, ce qu'a confirmé la semaine dernière l'agence Bloomberg, reprise par le International Herald Tribune.(Le Vietnam de fait vient de remplacer la Colombie comme deuxième producteur mondial de café, après le Brésil.) Il y a dix jours, les cours du café étaient à leur plus bas niveau en 36 ans.À ce propos, le Globe cite une phrase de Celcius Lodder, de l'Organisation internationale du Café, installée à Londres, qui en dit froidement long sur l'horreur du système : « Même quand les prix sont élevés, le fermier survit.Il ne devient pas riche, mais il ne crève pas de faim.Son niveau de pauvreté devient acceptable.» Au Guatemala, ils sont 61 500 producteurs de café regroupés dans l'Association nationale des producteurs de café.Cette année, plusieurs seront contraints de payer les préposés à la cueillette.en grains de café.Qui ne se vendent pas ou mal.Mais ces producteurs ne sont pas tous petits entrepreneurs comme Santiago de la Rosa.Les propriétaires de grandes plantations roulent en Mercedes bon an mal an, envoyent leurs enfants s'instruire aux États-Unis et frayent avec la classe politique nationale.La loi les contraint à certaines obligations envers leurs personnels \u2014 logement, services scolaires et de santé, approvisionnement en eau et en électricité, et un salaire minimum de 2,48 $ US par jour.Mais certains passent outre à ces obligations.Et quand les travailleurs du café revendiquent leurs droits, ils s'exposent au renvoi, à se voir barrer l'accès à d'autres plantations ou carrément à se voir, eux et leurs familles, privés d'eau ou d'électricité.Le bureau guatémaltèque de l'Organisation internationale du travail a déjà décelé de nombreuses anomalies dans la production du café.Des quelque 800 000 enfants ouvriers dans le pays, 320 000 travaillent au café.Parmi les solutions envisagées pour améliorer le sort des travailleurs du café, la plus efficace paraît être la formule dite du « café équitable » (fair trade dans sa désignation anglaise).Comme son parent montréalais, le groupe OXFAM de Boston fait la promotion de cette formule qui consiste essentiellement à assurer un prix minimum décent au producteur participant à la formule, à l'autre bout de la chaîne.Dans mon quartier, les fruiteries Valmont, avenue du Mont- Royal, et le Café Rico, rue Rachel se font un point d'honneur d'offrir le « café équitable ».Aux États-Unis, la chaîne Starbucks offre maintenant le « café équitable » en vrac, mais Dunkin' Donuts s'y oppose jusqu'ici.Photomontage PIERRE LALUMIÈRE, La Presse LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 1 2 AOÛT 2001 A 1 1 Quoi faire ?La bonne affaire Sale affaire Ça va faire ! IL Y A UN ANCIEN premier ministre du Québec qui doit se bidonner dans sa tombe.Voici qu'un René Levêque, maire de la petite commune de Chail, près de Poitiers, en France, a entrepris de stopper l'invasion de son village par les Anglais.Le bourg compte moins d'une centaine de maisons et déjà 24 sont devenues propriétés de Britanniques.C'est que ça change beaucoup de choses dans le rituel du village : le bridge conteste la pétanque ; l'heure du thé en impose à l'heure du pastis.Le maire René Levêque (notre photo) a vu rouge, dit-il lui-même, le jour où un proprio anglais s'est présenté dans son bureau en exigeant que la conversation se fasse en anglais.« Il ne parlait pas un mot de français et faisait valoir que l'anglais est devenu la langue internationale : pas ici, à Chail, a répliqué le maire ; ici on parle français.L'individu plus tard s'est présenté à la préfecture de Niort et y a répété son cirque, typiquement britannique : arrogant et bousculant.» Mais des Britanniques installés à Chail partagent le point de vue du maire.L'une d'entre eux, Pauline Johnson-Smith, élue au conseil municipal en mars, juge que l'attitude du maire est justifiée.Acheter une propriété en France chez les Anglais est une mode, note le Times, de Londres.Un demimillion de maisons en France sont passées en mains britanniques ; en juillet 2001, ça a augmenté de 50 %.FAIT CHAUD, HÉ ?Le signataire de cette page a passé les trois premières semaines de juillet à Paris où, pendant cette période, la pluviométrie s'est révélée la plus élevée depuis qu'on tient des stats là-dessus.c'est-à-dire depuis 1873.Retour à Montréal.où il se pense à Conakry.Paraît qu'on n'a pas fini de vivre des situations climatiques extrêmes, où qu'on soit sur cette planète.On commence à peine à chiffrer tout ça, économiquement.Ainsi le Programme des Nations unies pour l'environnement juge que les désastres climatiques consécutifs au réchauffement de la planète coûtent déjà 300 milliards de dollars US par année.Pour les seuls pays en développement, ces calamités devraient coûter au bas mot 9300 milliards dans les 20 prochaines années, soit plus que l'aide internationale anticipée.Des spécialistes du droit international commencent à réfléchir à la possibilité, pour les pays en développement, de poursuivre en justice les grands pays pollueurs : le Bangladesh, par exemple, réclamant dommages et intérêts des États-Unis, champion dans le domaine.Il existe un précédent, note le spécialiste Andrew Simms dans le International Herald Tribune : la cause d'une fonderie canadienne trouvée coupable d'avoir pollué l'État voisin de Washington.Ça s'appelle un précédent international.PARTICULIÈREMENT TOLÉRANTS au chapitre des émissions de gaz à effet de serre, les États-Unis de George W.Bush paraissent l'être aussi en matière de contrôles internationaux de l'industrie du tabac.Thomas Novotny, chef de la mission américaine au forum de l'Organisation mondiale de la santé, qui doit accoucher d'un projet de traité international sur l'usage du tabac, vient de démissionner.Officiellement pour des raisons personnelles.Mais le Washington Post a consulté l'entourage de M.Novotny et tout indique qu'il part en raison de divergences récentes, avec ses supérieurs à Washington, sur des questions comme les effets de la fumée du tabac sur les non-fumeurs, ainsi que la publicité et le marketing du tabac.Ces divergences sont apparues au meeting de l'OMC du printemps dernier à Genève, où plusieurs participants ont noté un changement de cap dans la position des États-Unis, un pays qui jusque-là pourtant se faisait le champion de la lutte contre le tabagisme dans le circuit international.Des observateurs ont noté que M.Novotny était devenu mal à l'aise dans la promotion de nouvelles normes édictées par Washington.Le représentant démocrate Henry Waxman, de Californie, affirme que l'administration Bush a fait une volte-face en la matière.POUR LA PREMIÈRE FOIS, les Montréalais ont pris au sérieux cette année le cri d'alarme annuel des militants du logement social, quelques dizaines de ménages n'ayant pas effectivement réussi à se trouver un nid à coût acceptable, à la date fatidique du premier juillet.La situation du logement social dans les grandes villes américaines entre-temps est autrement plus sérieuse, qu'il s'agisse de Chicago, Washington, Oakland ou New York.La métropole des États-Unis vit une crise sans précédent : 6252 ménages comptant 11 594 enfants (20 655 personnes au bilan) couchent chaque soir dans le réseau municipal de lits d'accueil.C'est plus de mille ménages de plus qu'en juillet 2000, note le New York Times.La situation est plus grave que lors des pointes vécues fin des années quatre-vingt et au milieu des années quatre-vingt-dix.Le boom économique des dernières années a fait grimper les prix du logement, puis la baisse des affaires a mis des pauvres à pied, pendant que les prestations de bien-être diminuent.Le réseau d'accueil new-yorkais n'est pas le fruit d'une générosité politique : il procède d'une décision judiciaire imposant à la municipalité de procurer un toit temporaire aux gens qui n'ont vraiment pas les moyens de se loger quelque part. 7LP1201A0812 Page a-12 dimanche 7LP1201A0812 ZALLCALL 67 00:40:32 08/12/01 B A12 LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 1 2 AOÛT 2001 FORUM Un incident révélateur p g r a v e l @ l a p r e s s e .c a L'incident n'a pas eu beaucoup d'écho ici.Mais ce qu'il dénote fournit un élément additionnel de réflexion voire d'inquiétude à bien des catholiques qui s'intéressent à l'évolution des mentalités au sein de l'Église.Plus spécialement à l'attitude du Vatican quand il est question de reconnaître des erreurs passées.Ou de traduire dans des gestes concrets de grandes déclarations de principe sur sa volonté de réconciliation avec le peuple juif.Dans la foulée de toute une série de gestes publics tendant à bien démontrer la réelle détermination de l'Église à rétablir les ponts avec cette communauté, les autorités vaticanes avaient pris l'initiative, il y a deux ans, de proposer la constitution d'une commission internationale d'historiens juifs et catholiques afin de faire la lumière sur le rôle de l'Église pendant la guerre.Plus particulièrement sur l'attitude du pape Pie XII face à l'extermination massive des juifs.Il s'agissait essentiellement de tirer au clair les faits évoqués dans un texte sur l'Église et la Shoah, publié par le Vatican en 1998, qui avait alors suscité un vif débat.Les données contenues dans cette étude provenaient, avait-on expliqué, d'une documentation constituée de onze volumes publiés par Rome, entre 1965 et 1981, à partir du travail de quatre jésuites qui avaient été choisis par le pape Paul VI, en 1964.C'est l'ensemble de ces informations que les membres de la commission étaient invités à examiner de près, quitte à les critiquer, pour en démontrer la crédibilité.Un travail colossal, certes, mais qui, espérait-on, allait enfin permettre de clore une fois pour toutes ce dossier délicat.Mais c'était trop beau.À la fin de juillet, les historiens informaient les autorités vaticanes qu'ils devaient suspendre leur travaux.Motif : l'impossibilité pour eux de consulter toutes les archives à partir desquelles il leur serait possible d'évaluer la valeur réelle du volumineux document soumis à leur examen.En réalité, en invoquant des contraintes techniques (manque de personnel, de ressources, éparpillement du matériel, etc.) le Vatican se déclare incapable de permettre l'examen de ses archives pour toute la période postérieure à la mort du pape Benoît XV.en 1922 ! D'où cette obligation, pour ceux que ça intéresse, de faire confiance à l'unique matériau historique actuellement disponible pour voir si les conclusions qu'on en a tirées correspondent bien à ce qui s'est effectivement passé.Dans ce contexte, il va de soi que des historiens rigoureux et soucieux de leur crédibilité n'ont pas le choix.Faute de pouvoir examiner l'ensemble des données d'un dossier aussi complexe, ils ne peuvent évidemment pas endosser une étude dont trop d'éléments de départ leur demeurent inaccessibles.Comment ensuite s'étonner devant l'indifférence, le scepticisme, la frustration ou même l'agressivité que suscitent de plus en plus fréquemment les actes de « contrition » et les appels à la réconciliation lancés par le pape ?Pascal Élie, collaboration spéciale Droits réservés Pas un modèle à suivre DANS LA PRESSE ANGLOPHONE Les leçons de l'APEC ont servi à Québec Nous vous présentons chaque semaine une sélection d'éditoriaux parus dans la presse anglophone du pays.La traduction est de La Presse .(National Post , 8 août) LORSQUE Ted Hughes fut nommé président de la commission d'enquête sur les pratiques policières lors du sommet de l'APEC en 1997, à Vancouver, il était loin de se douter que ses conclusions allaient servir de munitions à des partisans défendant des options diamétralement opposées.Le juge à la retraite, qui avait été actif en Colombie-Britannique, a commencé son travail en 1998.Depuis lors, de violentes confrontations entre policiers et manifestants ont eu lieu à Seattle, Washington, Gênes et à Québec.L'an dernier, la Coalition ontarienne contre la pauvreté a organisé une véritable émeute à l'assemblée législative ontarienne ; et cette année, elle a saccagé le bureau de circonscription du ministre des Finances de l'Ontario.Étant donné que les manifestants de gauche ont adopté ce qu'ils appellent, par euphémisme, « une diversité de tactiques », d'autres confrontations semblent inévitables dans l'avenir.(.) En règle générale, deux principaux objectifs doivent guider l'action de la brigade anti- émeute : (1) Protéger les personnalités publics, les manifestants non-violents, les spectateurs et eux-mêmes des blessures ; et (2) garantir les droits d'expression de ceux qui ont opté pour des manifestations nonviolentes.Comme l'a souligné avec justesse le rapport Hughes, la GRC s'est attachée trop vigoureusement au premier objectif à Vancouver et a plus ou moins ignoré le second.Lors de certains incidents, le recours au gaz poivré n'était pas nécessaire et il n'y avait pas de raison valable pour arracher des banderoles des mains des manifestants.Le rapport conclut que de nombreuses erreurs étaient la conséquence d'une planification qui laissait à désirer.(.) L'une des conclusions les plus troublantes du rapport concerne l'absence de véritable cloison entre le bureau du premier ministre et l'appareil de sécurité.En une occasion, Jean Carle, qui était alors directeur des opérations pour le premier ministre Jean Chrétien, a exercé des pressions sur la police pour que celle-ci déloge des étudiants qui campaient à proximité du lieu du sommet.Voilà de l'eau au moulin pour ceux qui allèguent que le bureau du premier ministre a porté atteinte au droit à la libre expression des manifestants de manière à ne pas embarrasser des dictateurs en visite.(.) À Vancouver, la GRC a réagi de manière incorrecte parce que les événements ont pris les officiers par surprise : les manifestants avaient bloqué les sorties du campus de l'université et les policiers ne disposaient que de quelques minutes pour dégager la voie.Mais à Québec, la planification fut minutieuse.Et les policiers, d'après un rapport d'observateurs civils, ont fait montre, en règle générale, de « patience et de stoïcisme » sous une pluie de briques et de bouteilles.Les gens ont pu s'exprimer librement et on pouvait voir des banderoles partout, bien en évidence.(.) Le rapport Hughes présente une analyse équilibrée de la conduite policière lors du sommet de l'APEC en 1997.Et si les auteurs du rapport ont bien raison de prendre la GRC à partie pour sa planification déficiente lors de cet événement, le comportement digne de mention des policiers qui ont contenu la foule au sommet de Québec démontre que les forces policières au pays ont déjà appris des erreurs commises à Vancouver.(Toronto Star, 6 août ) CHAQUE JOUR, on peut lire dans nos journaux des reportages sur les problèmes que connaît notre système de soins de santé.Ou bien il est question de fonds supplémentaires pour payer les infirmières, ou bien on indique qu'il faut plus d'argent pour l'équipement et les médicaments.Remettons-nous-en au secteur privé, lancent certaines gens.Le savoir-faire des entreprises nous permettra certainement d'économiser.Mais avant d'adhérer à un autre mouvement généralisé d'enthousiasme, les Canadiens devraient examiner le sort des soins de santé dans d'autres pays.La semaine dernière, le Wall Street Journal publiait un reportage sur le coût des régimes de santé d'employeurs aux États-Unis.« Les compagnies s'attendaient à une hausse des coûts de la santé, écrivait le Journal, mais jusqu'à présent, les résultats donnent à penser que les augmentations sont encore plus considérables que ce que de nombreuses sociétés avaient prévu.» (.) Bien sûr, les entreprises refilent une partie des coûts aux travailleurs.Selon la société d'experts-conseils William M.Mercer Inc., « nous pourrions voir des employés subir des hausses de 50 % ou plus dans le coût de leur régime de santé.» Les Canadiens auraient peut-être intérêt à examiner différents aspects de la question.Le premier tient à ceci : si le coût du régime de santé n'était pas prélevé sur le chèque de paye sous forme d'impôts, il le serait à titre d'avantage consenti aux employés.(.) En deuxième lieu, notre régime de santé à payeur unique semble se tirer beaucoup mieux d'affaire dans le contrôle des coûts que les compagnies d'assurance et leurs organisations de soins de santé intégrés aux États.Troisièmement, notre système assure une protection à tous.Manque de pot pour les Américains qui n'ont pas les moyens d'adhérer à des régimes de santé privés et coûteux.En quatrième lieu, nos politiciens doivent accepter le fait que les coûts des soins de santé sont en hausse partout, et ils ne doivent pas prétendre que l'on peut faire des gains toujours et toujours au chapitre de l'efficacité.(.) Enfin, quiconque croit que le secteur privé possède toutes les solutions au problème de la hausse des coûts des soins de santé devrait se faire examiner la tête - dans une organisation de soins intégrés de santé aux États- Unis.Photo PC Le juge Ted Hughes.Convergence et complications (Globe and Mail , 4 août) VOICI UNE crainte maintes fois soulevée : la convergence des grandes entreprises du secteur des médias va se traduire par une homogénéisation de la couverture des événements, par une diminution des voix et des perspectives exprimées.Ainsi, la récente acquisition de ce journal (le Globe and Mail ) par BCE, qui possède également le réseau de télévision CTV, et celle de la chaîne de journaux Southam (y compris la moitié du National Post) par le diffuseur Can West Global Communications donnent un relief accru à cette problématique.Les personnes qui avaient nourri l'espoir de voir le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) trouver réponse à de telles préoccupations seront déçues d'apprendre que l'organisme a consenti à ce que les deux chaînes fusionnent les salles de presse, à la condition de conserver des structures de direction séparées.Comme on s'y attendait, le CRTC a accepté pour une large part les paramètres que les diffuseurs avaient établis eux-mêmes.Le CTRC a pris sa décision sous une menace clairement exprimée par les diffuseurs : ceux-ci allaient traîner le CRTC devant les tribunaux s'il imposait des conditions défavorables au renouvellement de leurs licences.On fit également savoir que le CRTC n'a (heureusement) aucun mandat pour se mêler des affaires de l'industrie de la presse écrite.Le feu vert accordé pour que les diffuseurs puissent fusionner leurs salles de presse de la télé et des journaux ne fait rien pour apaiser les craintes de voir bientôt une réduction du nombre de journalistes interpréter les nouvelles pour les Canadiens.Si cela ne constitue pas pour l'instant une préoccupation dans des villes telles Toronto ou Ottawa, où l'on trouve une pléthore de médias, l'inquiétude est plus vive à Vancouver (où Global aura la mainmise en tout ou en partie sur trois des quatre grands quotidiens de la ville, sans compter les deux stations de télé).Même sujet d'inquiétude à Winnipeg, où Bell Globemedia, la division média de BCE, jouira d'une domination comparable, à moins que le propriétaire minoritaire, Thomson Corp., ne mette à exécution son souhait de vendre le Free Press , et même souci aussi dans une foule de petits centres.Mais cela ne veut pas dire que la convergence soit nécessairement mauvaise.Les journaux canadiens, acteurs dans un petit marché (selon les normes de la mondialisation), se battent depuis des années pour offrir des reportages de grande qualité sur l'actualité internationale à des lecteurs avertis.Les alliances conclues avec des réseaux de télé ouvrent la perspective de création de bureaux additionnels à l'étranger, et les coûts seraient alors partagés entre les journaux et les réseaux.Tant que les compagnies au sommet de ces nouvelles pyramides médias s'engageront à fournir du journalisme de qualité, il n'y a pas lieu de s'attendre à ce que les normes de reportage soient en chute libre. 7LP1301A0812 A-13 dimanche 7LP1301A0812 ZALLCALL 67 00:40:11 08/12/01 B LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 1 2 AOÛT 2001 A13 À VOTRE TOUR Holà! cocher LETTRE DE LA SEMAINE JOHANNE BEAUDOIN L'auteure est une résidante de Sainte-Sophie.Montréal, août 2001.Smog californien, 35 degrés.En cette fin d'après-midi, une accumulation de chaleur palpable s'échappe de l'asphalte et les émanations d'oxyde de carbone sont à leur maximum.Des chevaux à moitié morts vacillent Johanne Beaudoin sur leurs sabots mal ferrés, les pattes meurtries et dans certains cas sérieusement endommagées.On expose sans vergogne ces animaux part sensibles et peureux au stress du trafic.Un stress que beaucoup d'automobilistes, assis confortablement dans leurs chars climatisés, ne sont même pas capables de gérer ! Deux touristes corpulents embarquent de peine et de misère dans la calèche hispano-québécoise à pompons.Mon ami à crinière ne dit pas un mot, mais il en bave un coup ; je lis dans son oeil le désespoir du supplicié.Dans un ultime effort, le cortège s'ébranle devant la basilique Notre-Dame.C'est une horreur, de la cruauté pure et simple.J'observe ce cirque grotesque et ça me donne carrément envie de vomir.Je ne sais pas si je vais pleurer ou faire une crise pour faire descendre ces deux monstres sans compassion.Je touche à mon impuissance.Je souhaite au propriétaire un sort équivalent à celui de son cheval ; faute de lois civiques, je compte sur la loi du retour.Le cheval va-t-il mourir ?« C'pas grave, c'est pour mon plaisir, j'ai le droit ! » Une liste sans fin de « plaisirs » apparemment sans conséquences coûtent pourtant la vie de milliards d'êtres humains et d'animaux et menacent la survie de la planète elle- même : > les containers d'enfants vendus à gros prix au marché du « tourisme sexuel » pour le plaisir de la chair (aucune objection à ce qu'on remplace ces enfants par des clones sans âmes) ; > les containers d'animaux destinés à la boucherie pour le plaisir de la bonne chère (décidément, le clone a de l'avenir, car on pourra très bientôt cultiver en laboratoire des tonnes de chair informe pour cannibales irréductibles) ; > les containers de babioles inutiles made in Japan-Taiwan-China pour le plaisir de consommer (la terre est devenue une immense poubelle > pensez à tout ce que vous avez jeté de non biodégradable depuis votre tendre enfance et multipliez par les milliards d'humains que nous sommes ! On pourrait toujours faire visiter nos dépotoirs aux touristes asiatiques en tant que valeur ajoutée \u2014 c'est leur musée après tout) ; > les containers de résidus hautement toxiques qu'on va soi-disant enfouir dans des sites, notamment, près des cours d'eau, pour le plaisir de quoi, donc ?« C'pas grave, on a le droit ! » C'est comme ça que ça se passe sur la planète la plus dysfonctionnelle de notre système solaire : un gros container d'humains si inconscients qu'ils ne se rendent même pas compte qu'ils tuent pour satisfaire leurs pulsions irréfléchies et leurs faux besoins que propose la publicité.« Ça fait peur », comme dit l'annonce de Bell.J'avoue franchement qu'il y a des jours où j'ai vraiment honte de faire partie d'une race \u2014 soi-disant humaine \u2014 aussi égoïste dont le complexe de supériorité n'a d'égal que sa barbarie.Soyez sans crainte, je reconnais, j'assume et j'essaie de rentabiliser mes propres inconsciences \u2014 celles que je parviens à identifier.Dans ces moments- là, c'est toujours la même réflexion qui me monte à l'esprit : c'est pas la sagesse qui va tuer l'humanité À titre d'auteur de la lettre primée de la semaine, Madame Beaudoin recevra un exemplaire de l'édition reliée de luxe de notre volume Les meilleures photos des photographes de La Presse et The Gazette.Photo ROBERT SKINNER, La Presse© La vie n'est pas toujours rose pour les chevaux qui tirent les calèches dans le Vieux-Montréal.Lavra ie question de Gênes A-t-on peur des mots?PAUL LAROSE L'auteur réside à Saint-Laurent.Le sommet de Gênes a laissé un malaise important.Les chefs d'État sont gênés par les manifestations et n'ont pas trouvé mieux que la stratégie du « nid d'aigle » pour le prochain sommet.Ils ne peuvent remettre en doute la légitimité et la nécessité de tels sommets.Ils ont donc accepté la proposition du Canada de tenir leur réunion dans les Rocheuses, accessibles pratiquement qu'aux aigles qui y viendront en hélicoptère.Comment expliquer le nombre croissant de manifestants de sommet en sommet ?Évidemment, il y a de nombreuses raisons.Je voudrais en soumettre une qui n'a pas été évoquée jusqu'à présent.Les opposants à la mondialisation sont victimes de leur succès dans les médias.Ils ne croyaient sans doute jamais recevoir autant d'écho de la presse du monde entier.Ce qui produit un effet d'entraînement de sommet en sommet.Même si on sait qu'il y a un noyau dur qui se déplace, on sait aussi qu'à Gênes, il y avait beaucoup d'Italiens, comme à Québec, il y avait un nombre important de Canadiens.Conséquence, dans plusieurs pays, il y a maintenant des militants antimondialisation bien organisés.Plus ils crient fort, plus ils retiennent l'attention et plus leur groupe grossit.M.Chrétien, à juste titre, a reproché aux médias d'attacher plus d'importance aux affrontements avec les forces de l'ordre qu'au contenu des discussions des chefs d'État.C'est plutôt humiliant quand on représente les huit plus riches pays du monde, donc en principe un pouvoir énorme ! Ils ne pouvaient s'imaginer que l'opposition à leurs rencontres prendrait une telle ampleur.Pourquoi en est-on arrivé là ?De toute évidence, les hommes politiques ont mal mesuré l'ampleur du mécontentement et de l'inquiétude de millions de gens dans tous les pays industrialisés.Il faudrait d'abord qu'ils le reconnaissent de façon plus convaincante qu'à Gênes.De leur côté, les opposants doivent trouver comment canaliser leurs discours, les articuler, pour les amener à une table démocratique où tous les points de vue légitimes pourront s'exprimer.Jusqu'à présent, les cris des militants ressemblent plutôt à une cacophonie.Et bien sûr, chacun est convaincu d'avoir raison.La difficulté du chemin à parcourir paraît tellement long, à la mesure des enjeux, qu'il est difficile de prévoir l'avenir à court terme.Le premier obstacle est de relativiser les certitudes de chacun, souvent très globalisantes et non fondées dans les faits.Le deuxième problème avec les opposants à la mondialisation, comme souvent avec tout autre groupe d'opposition, est de penser qu'il y a quelqu'un quelque part qui est responsable et quelqu'un ailleurs qui peut décider.C'est de la pensée magique.Dans ce domaine, il n'existe pas de Dieu le Père qui a tous les pouvoirs.Comme pour le Protocole de Kyoto, il y a des millions de gens impliqués de façons diverses qu'il faut convaincre de travailler ensemble dans le même sens.Pour y parvenir, chacun doit écouter le point de vue des autres et faire des compromis.La règle s'applique à tous, aussi bien aux chefs d'État qu'aux opposants à la mondialisation.Dans cette voie, il a fallu des siècles aux pays pour apprendre à vivre en démocratie.Combien faudra-t-il de temps pour trouver un modèle de gouvernement mondial ?C'est là la vraie question soulevée par le Sommet de Gênes.ODETTE e t DANIEL DE L ' É T O I L E Les auteurs habitent à Sainte-Foy et sont parents de trois jeunes adultes.Il y a des mots ou expressions utilisés de plus en plus et qui reflètent malheureusement les valeurs de la société québécoise actuelle, (distincte du monde anglophone ou de la France à ce sujet, et encore une fois, pas à notre avantage !).Pour le bénéfice des lecteurs plus jeunes, précisons que les mots « chum » et « blonde » étaient utilisés autrefois pour désigner la personne de l'autre sexe que l'on fréquentait, plus ou moins sérieusement bien avant le mariage.Ces mots avaient une connotation de « temporaire » ou « pour le moment ».Certaines filles ou garçons disaient aussi qu'elles (ils) avaient un « petit ami » ou une « petite amie ».N'est-ce pas à partir des années 75-80 qu'on a entendu les gens des médias électroniques commencer à utiliser les mots « chum » et « blonde » pour tenter de déculpabiliser publiquement d'être divorcé ou séparé.(C'était le début du « No-Fault »).Les journaux à potins ont eu un rôle à jouer eux aussi.Les gens du spectacle, de la radio, de la télévision, et leurs employés ont voulu eux aussi paraître « in », « cool », « à la mode », pour accroître leur clientèle, augmenter leurs cotes d'écoute, donc les revenus des commanditaires.Même les gens de Radio- Canada, la très respectueuse société qui s'était tellement offusquée de voir du Michel Tremblay, ou Olivier Guimond ou le « joual » devenir en vogue dans les années 60, n'y a pas échappé depuis plusieurs années.Dans cette sphère d'activité aussi, on a voulu niveler par la base.Le mot « conjoint » est aussi nivelant parce qu'englobant.Systématiquement, on force la majorité des gens à utiliser ces mots.Je partage très bien les sentiments de bien des gens d'être mal à l'aise avec ces mots « chum » et « blonde » utilisés pour désigner tout le monde et le sentiment de culpabilité et le ridicule qu'on nous impose lorsqu'on ose dire qu'on est « marié » et que la personne qui partage notre vie est notre « femme » ou notre « mari »).On aura beau dire que ce ne sont que des mots et que seuls les sentiments sont vraiment importants.Mais alors, précisément, si on a vraiment de tels sentiments honorables, si on a pris un engagement officiel, reconnu et public, avec quelqu'un, pourquoi en avoir honte ?Que notre langage reflète nos sentiments ! Soyons sincères et honnêtes.Je le dis clairement et je sais que beaucoup d'autres gens partagent mon idée : on ne doit pas avoir honte ! Pas être orgueilleux d'être mariés, mais en être fiers ! Non seulement on est en majorité, mais c'est une preuve qu'on est toujours sérieux dans nos engagements et leurs conséquences.Un repère.Non pas de le dire de façon méprisante ou hautaine à notre interlocuteur, mais bien pour faire comprendre tout le respect et tout l'amour que l'on a pour l'autre personne de notre vie.On a un devoir d'enseignement, voire de témoignage au besoin.Cette mise au point est tout à l'honneur de notre mari ou de notre femme et montre sur quelle marche, on (la) le place : en haut ou en bas.Cette marque de respect et ces liens durables fondés sur un engagement sérieux font cruellement défaut actuellement parmi les jeunes et au sujet duquel, là aussi, ils cherchent des modèles.Faible durée de vie des conjoints de fait, record d'infécondité, enfants déboussolés de familles reconstituées, taux record de suicides, etc., cette société très malade a besoin de petits pas positifs pour redresser ses valeurs.En voilà un qu'on peut suggérer.Commençons d'abord par faire la distinction verbale dans nos conversations quotidiennes parmi les nôtres.N'ayons pas peur de reprendre poliment, diplomatiquement, humoristiquement même, ceux qui nous affublent du « chum » ou « blonde ».Bien mal avisé est celui qui vous reprochera d'avoir fait cette distinction.Gens mariés, n'ayons pas peur des mots ! Utilisons les vrais ! Contraventions et taxation ANDRÉ DAOUST L'auteur est un Montréalais.Un fait divers.Vous circulez normalement sur une route urbaine à quatre voies, vous êtes attentif à la circulation environnante, vous veillez à ce que personne \u2014 surtout pas les enfants \u2014 ne s'approche de la voie publique et vous suivez le mouvement des autres véhicules.Vous arrêtez à un feu rouge.Vous apercevez dans votre rétroviseur une fourgonnette de la police, gyrophares allumés.Votre premier réflexe : il court vers une urgence, il veut que je lui laisse le passage.Finalement, vous comprenez qu'il veut vous dire quelque chose.Vous vous tassez à droite et vous attendez.Vous voyez arriver derrière vous deux policiers, l'arme sous la main : une attaque armée, rien de moins ! Vous vous demandez si vous n'êtes pas atterri par mégarde dans une république de bananes.Un faux geste \u2014 par exemple, étirer le bras pour aller chercher des papiers dans la boîte à gants \u2014 et vous êtes cuit.Ça s'est déjà vu ! (on appelle ça une bavure policière).À ce bref moment de panique succède la colère : on vous traite comme si vous veniez de braquer une banque ! Puis le monsieur vous annonce que vous avez omis de ralentir dans une zone scolaire (mais y a-t-il des élèves, en cette fin de juillet, dans l'école en question ?\u2014 par ailleurs distante d'une bonne centaine de mètres de la route).Puis il vous prend vos papiers et vous laisse poireauter pendant 15 minutes \u2014 vous voyez dans le rétroviseur que monsieur et madame sont de bonne humeur et devisent joyeusement dans leur « truck » \u2014 avant de vous rapporter un bout de papier en vous informant que vous pouvez contester.Bien sûr que je vais contester ! J'en ai évidemment les moyens : je fais la moitié du salaire du gentil monsieur qui m'a remis ce billet doux.En fait, j'étais au mauvais endroit au mauvais moment.Une contravention, dans bien des cas, c'est fortuit \u2014 comme une crevaison \u2014, mais ce n'est surtout pas gratuit.C'est même très payant.Les contraventions ont officiellement pour but de sanctionner les comportements délinquants : vitesse excessive, conduite dangereuse, ivresse au volant, etc.Donc, protéger les conducteurs contre euxmêmes et protéger les non-conducteurs.Apparemment, une bonne partie de la gent policière ne croit pas vraiment à ce noble principe.On l'a vu l'an dernier quand la SQ a fait la grève des contraventions.Combien de conducteurs négligents ont perdu la vie ou sont restés invalides en raison de la cécité temporaire des policiers ?Belle question, n'est-ce pas ?Il y a donc une autre logique derrière les contraventions, une logique que personne \u2014 surtout pas les policiers \u2014 ne va admettre.C'est celle de « collecter » des sous : une taxe déguisée, en fait.Les policiers l'ont bien compris, eux qui ont pris l'habitude de cesser d'émettre des contraventions quand ils veulent forcer les gouvernements \u2014 en fait, les contribuables \u2014 à leur consentir de généreuses augmentations de salaire.On a vu cet été à Montréal au moins un incident où les policiers ont joué du « gun » au mépris de la sécurité des citoyens innocents.J'ai vu de mes yeux vu un policier l'arme au poing (rue Jeanne- Mance), arraisonner un véhicule.qu'il a laissé ensuite partir, comme si de rien n'était (les amis belges qui m'accompagnaient en sont restés pantois).Je pense qu'il est grand temps qu'on revoie les méthodes d'intervention policière \u2014 qui ont une fâcheuse tendance à se radicaliser, comme si on était en plein coeur des quartiers les plus durs de New York \u2014 et je pense qu'il y a un débat à faire sur la raison d'être et les modalités d'application des amendes : à partir du moment où les amendes deviennent un outil de taxation, elles perdent leur effet dissuasif et apparaissent comme un moyen de chantage laissé à la discrétion d'une gent policière qui pense avant tout à ses petits intérêts corporatifs et à ses gros sous.Elles contribuent ainsi à discréditer les forces de l'ordre aux yeux d'une population captive, sans réel moyen de défense face à la grosse machine policière et judiciaire, et qui \u2014 faut-il le rappeler \u2014 en assume les coûts.C'est mauvais pour moi, c'est mauvais pour la police et c'est mauvais pour la société.Photo BERNARD BRAULT, La Presse© Certains se demandent si les policiers qui distribuent les contraventions ne jouent pas le rôle de percepteurs d'impôts. 7LP1401A0812 A14 Dimanche 7LP1401A0812 ZALLCALL 67 00:45:15 08/12/01 B A14 LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 1 2 AOÛT 2001 "]
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