La presse, 20 juillet 2001, B. Actuel
[" 5LP0101B0720 B1 vendr.5LP0101B0720 ZALLCALL 67 01:16:49 07/20/01 B FILL03 FILL03 5LP0201B0720 b-2 vendredi 5LP0201B0720 ZALLCALL 67 01:12:08 07/20/01 B B 2 L A P R E S S E MONT R É A L V END R E D I 2 0 J U I L L E T 2 0 0 1 BANDE À PART CORNEMUSE Suite de la page B1 Le règlement municipal interdisant aux jeunes de moins de 14 ans d'obtenir un permis existe pour la protection même des enfants, indique Sylvie Lebeuf, du Service de développement économique et urbain de la Ville de Montréal.« La norme acceptable au Québec, c'est qu'on ne laisse pas travailler de jeunes enfants », explique-t-elle.Un argument qui ne tient pas la route, selon la mère de Melissa.« Et les enfants acteurs ?Et les jeunes musiciens ?Qu'est-ce qu'on en fait ?demande-t-elle.Si un petit Mozart venait jouer sur la place d'Armes, est-ce qu'on le lui interdirait ?» L'avocat montréalais Julius Grey considère que le règlement municipal manque de souplesse et se révèle même « discriminatoire » envers les enfants.Évidemment, il faut des balises pour prévenir les abus.Mais la prohibition de tout travail accompli par un enfant n'a pas de sens, dit-il.« On oublie que l'enfant est un être humain qui a des droits fondamentaux.» Selon Monique Richard, présidente de la Centrale des syndicats du Québec, la loi 50 adoptée en 1999 pour justement protéger les enfants sur le marché du travail ne permet pas de prévenir tous les abus.Cette loi prévoit que, pour faire travailler un enfant de moins de 14 ans, un employeur doit obtenir le consentement écrit des parents.« Pour une famille qui est dans une situation de pauvreté ou pour qui l'éducation est plus ou moins importante et qui veut mettre le plus rapidement possible les jeunes au travail, la loi n'impose pas assez de contraintes », dit-elle.La présidente de la CSQ s'inquiète du fait que les enfants commencent à travailler de plus en plus jeunes et qu'ils sont très souvent exploités.« De plus en plus, on se rend compte que des enfants du deuxième cycle du primaire qui n'ont que 10, 11 ou 12 ans travaillent », déplore-t-elle.Selon la CSQ, les jeunes ne devraient pas travailler avant 13 ans.« On n'est pas absolument contre le fait que les enfants fassent des efforts et puissent travailler un peu, précise Mme Richard.Mais quand ça gruge trop d'heures, ça crée des problèmes sur le plan scolaire.Un jeune qui a toujours manqué de beaucoup de choses et qui se retrouve dans un travail qui lui procure 50, 75 ou 100 $ par semaine, il trouve ça pas mal plus intéressant que de faire ses devoirs, surtout s'il a déjà des difficultés.» Melissa est loin d'avoir ce genre de problèmes.Si elle joue en public, c'est qu'elle aime ça, assure-telle.Et l'argent qu'elle gagne servira, dit-elle, à payer sa cornemuse et à acheter un traîneau pour son chien Molly.L'été de ses 14 ans, elle se promet d'enfiler à nouveau son kilt et un chemisier blanc et de revenir sur la place d'Armes.Histoire de célébrer, au son de la cornemuse, l'obtention de son permis.Un des participants au rassemblement des Old Timers.FAR-WEST Suite de la page B1 Les week-ends ne sont pas de tout repos.Avec camionnette ou remorque, chacun se rend sur le lieu du rassemblement pour décharger son matériel et monter son propre camp.Tranche-Montagne consacre environ trois heures à l'installation de sa loge-trappeur.L'amateur d'objets anciens, qui court les videgreniers (équivalent français des ventes de garage) quand il ne court pas les bois, monte la toile de son campement dans les règles de l'art, comme dans les temps anciens.Puis il y installe sa couche, ses lampes tempête, ses gamelles, ses peaux, ses armes, ses perles de « trade ».et revêt sa tenue d'époque.Le souci d'authenticité prime tout le reste chez ceux qui aiment parfois se nommer « reconstitueurs historiques ».À défaut d'avoir des objets de leur temps, on veut des copies parfaites de tipi, de tenue, de coutelas, de fusil ou de couvrechef, quitte à les fabriquer soimême « Le week-end, souligne Antoine, c'est l'occasion de rencontrer les copains, de montrer nos dernières trouvailles, de s'échanger des plans, de « trader » toutes sortes d'objets et de s'amuser.Activité familiale par excellence (pour deux mois à 75 ans au moins), le camp des Old Timers laisse les enfants « très libres », comme le confirme la jeune Julie.Sa soeur Marion s'habille comme elle en tenue indienne.« Ce n'est ni un déguisement, ni un costume, c'est une tenue », affirme la plus grande.La différence est de taille, on le sent : il faut « se tenir » comme une Indienne ou un trappeur.Les enfants vont chercher l'eau à la rivière, le bois dans la forêt, ils entretiennent le feu et font du troc, quand ils ne jouent pas entre eux.Julie n'est pas peu fière quand elle se souvient d'avoir un jour « tradé un piège à loup contre une toque ».Les grands aussi ont leurs activités ludiques, comme le tir à l'arc, le lancer de couteau, le lasso, les épreuves de coatch gun (tir au fusil à canon scié) ou de fast draw revolver (duel au revolver).Au lancer de hache, prenez garde à Tranche- Montagne, qui s'est particulièrement illustré dans cette épreuve lors d'un récent séjour au Petit-Canada, une ferme équestre de Corrèze, domaine de Bertrand le coureur des bois et de sa femme Hélène ! On apprend à allumer un feu sans allumette ni briquet, avec silex ou boîte à feu, on pratique les techniques de montage d'un tipi ou on déguste au coin du feu un « Tranche-Montagne », mélange percutant de rhum et sirop d'érable devenu LA « boisson des trappeurs ».et de tous leurs amis français.Dans ce groupe, on a aussi, semble-t-il, le coup de fourchette au moins aussi rapide qu'on a la gâchette facile (à blanc, évidemment) ! Si la purée de glands de chêne est authentique (« très longue à préparer et pas très bonne », d'après le chef cuisinier Jean-Louis Faucon, dit « Le Louis »), on lui préfère de loin le saumon à l'argile, accompagné de pain cuit à la cendre, du pourpier en salade et d'une fondue de bleuets.Ce plat n'a rien à voir, précise son ami Tranche-Montagne, avec le fruit du Québec.« C'est une fleur dont on mange les feuilles, cuites dans un chaudron, un peu comme des épinards.On cuisine aussi du gibier, mais même au Petit- Canada, où les gros sapins rappellent tellement vos grands espaces, on n'arrive pas à chasser l'orignal ou l'ours ! » Tranche-Montagne participe à sept ou huit rassemblements de Old Timers par an.Le reste du temps, ses amis et lui affûtent leurs armes.Ils ont leur magazine national, Big Bear, tout en textes et photos des derniers grands « Rendezvous », conçu par Yves Gustin.Ils fouinent à droite à gauche à la recherche de la perle rare.Ils se rencontrent dans leur coin de pays, échangent leurs « trucs » pour se procurer du matériel ou en fabriquer.Car ils ont aussi leurs commerces préférés, des magasins de cuir et sellerie aux facteurs d'arcs, en passant par des forgerons et fabricants de couteaux.Quand ils ne trouvent pas ce qu'ils veulent localement, il reste les catalogues de « magasins généraux » américains (qui proposent armes indiennes, pointes de flèches, perles, peaux et autres matériels pour indianistes, trappeurs et passionnés du 18e siècle).Même plus près, en Allemagne, on a virtuellement déménagé la Compagnie de la Baie d'Hudson.sous forme d'un catalogue pour Old Timers qui a pour nom « Hudson's Bay Indian Trading Post ».On y trouve un peu de tout \u2014 livres, objets, accessoires \u2014 mais pas de ces griffes d'ours, dents d'élan, peaux de castor ou autres « produits naturels » de la Nouvelle- France que Tranche-Montagne voudrait tant pour parfaire sa collection.Avis lancé à ses « vieux » amis du Québec.Décès de la « grande dame » de l'érotisme allemand Associated Press BERLIN \u2014 La « grande dame » du commerce érotique allemand, Beate Uhse, fondatrice et présidente d'une célèbre chaîne de sex-shops, est décédée d'une pneumonie à l'âge de 81 ans dans un hôpital suisse, a annoncé mercredi son groupe, Beate Uhse AG.Mme Uhse, qui a assuré la présidence du conseil de surveillance de son groupe jusqu'à sa mort, a été enterrée lors d'une cérémonie familiale.Une cérémonie à sa mémoire est prévue le 3 août à Flensburg, dans le Schleswig-Holstein.Née le 25 octobre 1919 en Prusse orientale, Beate Uhse quitta l'école à 16 ans, devenant brièvement fille au pair en Grande-Bretagne avant de décrocher son brevet de pilote à 18 ans, ce qui lui a permis d'intégrer la Lutwaffe pendant la Seconde Guerre mondiale.À la fin du conflit, durant lequel son mari a trouvé la mort, elle a quitté un Berlin détruit par les bombes pour rejoindre en avion militaire le Schleswig-Holstein, avec ses deux fils, afin d'entamer une nouvelle vie près de la ville de Flensburg.Après avoir vendu des brochures sur les jouets et les boutons, elle a commencé en 1943 à publier un calendrier renfermant des conseils contraceptifs basés sur la méthode Ogino, dite également méthode des températures.En 1951, elle s'est mise à vendre des essais sur le mariage et sur le sexe dans une boutique de Flensburg.L'affaire a prospéré, tout en suscitant la controverse.La justice a ainsi ouvert plus de 3000 plaintes contre ce commerce, toujours sans succès.Après la chute du mur de Berlin en 1989, la chaîne de sex-shops de Beate Uhse a remporté un succès accru, nombre d'Allemands de l'Est souhaitant acheter des objets érotiques, qui étaient interdits par le régime communiste.Outre un important musée de l'érotisme, sis à Berlin, le groupe a lancé une chaîne de télévision privée en mars.La société possède désormais 93 boutiques en Allemagne, aux Pays- Bas, en Belgique et en France ainsi que plus d'une centaine de franchises en Europe.Elle est cotée à la Bourse de Francfort.Beate Uhse elle-même était devenue un symbole de vieillissement réussi, les magazines spécialisés dans la vie des célébrités se faisant l'écho de ses voyages dans des destinations exotiques en compagnie de jeunes compagnons.MOI, J'Y VAIS POUR «VIVRE» LES COMPÉTITIONS SPORTIVES Athlétisme, basketball, boxe, judo, football (soccer), tennis de table, volleyball de plage ACHETEZ VOS BILLETS DÈS MAINTENANT! 1 866 741-5505 (sans frais) www.jeux2001.ca 14 au 24 juillet 2001 2969209A 5LP0301B0720 B3 Vendredi 5LP0301B0720 ZALLCALL 67 01:12:50 07/20/01 B LA PRESSE MONTRÉAL VENDREDI 20 JUILLET 2001 B3 Le Hotmail nouveau est arrivé! LES UTILISATEURS du service de courrier électronique Hotmail (www.hotmail.com) ont droit à un nouvel environnement.Question d'harmoniser l'apparence et l'interface générale du service Web avec la nouvelle signature graphique de Office XP et surtout de Windows XP qui sortira à l'automne, Microsoft vient de changer du tout au tout l'apparence du service Web Hotmail.Mais rassurez- vous, tous les services demeurent les mêmes, on ne parle ici que d'un changement cosmétique et d'une amélioration du système de filtrage des messages.\u0001 \u0001 \u0001 VOUS PLANIFIEZ un petit voyage aux États-Unis et vous songez à visiter un ou des parcs nationaux, mais vous n'arrivez pas à choisir ?Le service de vente de vêtements par correspondance L.L.Bean peut vous venir en aide grâce à son service L.L.Bean's Park Search disponible à partir de son site Web (www.llbean.com/parksearch).Une fois sur place, vous trouverez une banque de renseignements au sujet des parcs, forêts et autres lieux de villégiature américains.Pour accéder à l'info, entrez simplement le nom du parc ou le nom de la région et le site vous présentera l'information disponible sur l'endroit.\u0001 \u0001 \u0001 VOUS AVEZ un voisin plutôt dérangeant, un collègue de bureau qui vous cherche des poux ou encore quelqu'un dans votre entourage avec qui vous voudriez régler des comptes une fois pour toutes.Avant de faire quoi que ce soit, passez faire une petite visite au site de la Revenge Lady (www.revengelady.com) qui offre des conseils et des trucs sur les plus vieilles méthodes de vengeance pour qu'enfin revienne la paix dans l'âme du revanchard.Mais attention, ici rien d'illégal, seulement des punitions qui feront réfléchir ceux qui goûteront à cette médecine.Et si vous êtes en paix avec votre entourage, vous aimerez peut-être plutôt consulter sur ce site la liste des dix plus grosses histoires de revanche de tous les temps.\u0001 \u0001 \u0001 ENFIN, je vous rappelle que vous pourrez suivre dès demain le marathon de l'humoriste Jean-Marc Parent qui essaiera de créer le record du plus long spectacle d'humour.Au programme : de l'improvisation pendant plus de 24 heures.L'humoriste a pensé aux internautes et a fait installer 24 caméras dans la salle du théâtre Saint-Denis pour que les gens puissent suivre l'événement de chez eux.Question de meubler les temps morts du spectacle, on a installé 12 ordinateurs qui serviront à créer des pauses de clavardage entre le public, l'humoriste et les gens qui suivront l'événement par Internet.Dès demain à compter de 18h et jusqu'à dimanche 18h, on pourra accéder au site Web du spectacle en passant par celui de Sympatico (www.sympatico.ca).Un seul conseil, n'éteignez pas votre ordinateur si Jean-Marc Parent vous invite à flasher vos lumières ! Bruno Guglielminetti collaboration spéciale Photothèque MARTIN CHAMBERLAND, La Presse © Le marathon de l'humoriste Jean-Marc Parent, qui essaiera de créer le record du plus long spectacle d'humour, commence demain sur le Web.Electrocution.com LUDOVIC HIRTZMANN collaboration spéciale ATLANTA \u2014 Si la peine de mort existe encore aux États-Unis, c'est en grande partie à cause de la résistance des États du Vieux Sud, la Géorgie et le Texas.Pourtant, à l'intérieur même de ces États justiciers, griller innocents et criminels comme des poulets sur des chaises électriques ne fait plus l'unanimité.Les premières fissures voient le jour, notamment en Géorgie, un État qui a toujours fait jurisprudence sur les autres en matière de peine de mort.Certains avocats de renom ont même créé des coalitions contre la peine de mort et utilisent le Web comme un outil pour combattre la barbarie.C'est un minuscule bureau de trois mètres sur deux logé dans un vieux bâtiment biscornu du centreville d'Atlanta.À moins d'un kilomètre, les bureaux de CNN règnent, imposants.Steve Bright, avocat spécialisé en droit pénal n'en a cure.L'homme avoue se servir des médias.Il trône au milieu d'un espace encombré de classeurs, livres, coupures de journaux.Monsieur Bright n'est pas un avocat comme les autres.L'océan qui entoure Me Bright, ce sont ces milliers de documents empilés, des cas tous plus pathétiques les uns que les autres.Steve Bright défend les Noirs, les Latinos, les petits Blancs condamnés à mort dans cette Amérique où la justice se résume au volume du portefeuille des inculpés.L'avocat géorgien est en effet le directeur du Southern Center for Human Rights d'Atlanta, un organisme dédié corps et âme à la lutte contre la peine de mort.La couleur de la peau « Les sites Internet peuvent jouer un rôle d'éducation du public.Les gens savent peu de choses de la peine de mort.Ils pensent tous à Timothy Mc Veigh et cela s'arrête là.Mais ils oublient toujours que la compétence ou l'incompétence d'un avocat est très importante.Ils oublient le rôle que la couleur de la peau joue sur les verdicts.Ils oublient que des gens handicapés ou innocents sont condamnés.En fait, plus les gens sauront de choses sur le sujet et mieux ce sera.Il faut que l'Amérique rattrape le reste du monde.Les États-Unis sont un pays avec une terrible histoire de violence.Cette violence est liée à l'esclavage.Et aujourd'hui, la peine de mort en est un prolongement », expose calmement Steve Bright.Pendant des décennies, Atlanta a traîné comme un boulet son image de vieil État esclavagiste, capitale de toutes les horreurs de la guerre de Sécession.Et il est vrai qu'à Atlanta, Blancs et Noirs ne se mélangent pas.La cassure est nette entre les deux cultures et d'un côté comme de l'autre, selon la couleur de votre peau, on vous recevra au mieux de façon polie, mais toujours avec une certaine distance afin de vous rappeler que vous appartenez à un autre monde.Il n'est pas loin le temps où les Noirs et les Blancs disposaient de leurs propres toilettes, de leurs propres écoles.La cassure est aussi linguistique.Bien souvent, les Noirs parlent un sabir difficilement compréhensible, ce qui accentue encore les difficultés de communication.Procès partiaux Aujourd'hui, 80 % des condamnés depuis 1924 sont Noirs et 30 % sont récidivistes, ce qui détruit la thèse selon laquelle la peine capitale a un effet dissuasif sur les candidats au crime.Enfin, faut-il rappeler qu'aucun Blanc n'a jamais été exécuté en Géorgie pour le meurtre d'un Noir.Bref, le procès est partial dès le départ, d'autant plus que l'élection des juges pèse lourdement dans la balance.Un procureur a ainsi perçu une « contribution » de 5000 dollars pour avoir condamné le meurtrier de la fille d'une entrepreneur blanc.Pourtant, selon le criminaliste, même « s'il y a là une terrible résistance au changement », l'Amérique n'a jamais été aussi peu en faveur de la peine capitale.Sauf peut-être en 1966, où la vague libertaire avait fait descendre le soutien à la peine de mort à 42 % chez les Américains.En 1972, la Géorgie était même à l'origine d'un moratoire national de cinq années sur la peine capitale.Aujourd'hui, au Texas, chez les cow-boys du Sud, la peine de mort n'est plus aussi populaire qu'autrefois.« Bush est tellement conservateur qu'il pourrait supprimer la peine de mort.» Steve Bright estime que cette mesure ne ferait pas perdre son électorat au nouveau président américain.En attendant, la Géorgie essaie d'humaniser, si l'on peut dire, les exécutions.Les décisions ne manquent cependant pas de surprendre.En 1996, la Géorgie a failli opter pour la guillotine, dans le but de préserver les organes des exécutés.Puis l'an dernier, la chaise électrique avec ses trois décharges de 120, 1044 et 1800 volts a été remplacée par une injection létale.Difficile de critiquer la Chine « Le président Bush va à l'étranger.Certains diplomates ont du mal à faire leur travail à cause de l'image que la peine de mort donne de l'Amérique.Il est difficile de critiquer la Chine et d'être autant compromis que le sont les É.-U.», analyse Steve Bright.D'autant plus que la Chine a banni l'exécution des mineurs, ce que les États-Unis n'ont pas encore réalisé.Un autre élément fait actuellement réfléchir les Américains : le coût d'un condamné à mort, soit 29 000 dollars par année passée dans les couloirs de la mort.À ces montants, il faut ajouter 2,5 millions de dollars de frais d'exécution, et ce, hors les charges de procès.Selon Steve Bright, c'est la multiplication des erreurs judiciaires qui amènera les Américains à renoncer à la peine de mort.Si un peu plus de deux innocents ont été libérés des couloirs de la mort entre 1973 et 1993, rappelons que ce chiffre était de huit en 1998 et de huit en 1999.Espérons qu'un jour, George W.Bush dira comme l'humoriste Pierre Dac : « Je suis pour la peine de mort avec sursis ! » Quelques sites pour s'informer : Southern Center for Human Rights www.schr.org Les rapports du Southern Center for Human Rights www.schr.org/reports/ Georgia Indigent Defense Council www.gidc.com Georgia Department of Corrections www.dcor.state.ga.us Le forum contre la peine de mort www.ecart-type.com Lamp of Hope : sites de condamnés à mort www.lampofhope.org Death Penalty Information Center www.deathpenaltyinfo.org Pro Death Penalty www.prodeathpenalty.com Phototèque, La Presse « Plus les Américains sauront de choses sur la peine de mort et mieux ce sera.Il faut que l'Amérique rattrape le reste du monde.Les États- Unis sont un pays avec une terrible histoire de violence.Cette violence est liée à l'esclavage.Et aujourd'hui, la peine de mort en est un prolongement », expose l'avocat Steve Bright.JEUX PAR CORRESPONDANCE Prenez le courriel par le côté ludique MARIE SIGAUD Le Figaro DE NOUVEAUX JEUX voient le jour sur Internet.Aux côtés des jeux vidéo en réseau sont apparus des jeux par courriel.Le principe : une personne crée une histoire.À ses partenaires d'en interpréter les personnages en indiquant leurs actions par courrier électronique.Une version moderne des traditionnels jeux de rôle.Les messageries électroniques peuvent également devenir un objet de divertissement.C'est ce que proposent les jeux par courriel.Près de 300 sont accessibles gratuitement et en français.Pour les découvrir, un site « Jeux par courriel »1 en a effectué le recensement.Véritable lieu de rendezvous pour les amateurs du genre, il fournit également des adresses de listes de diffusion et de forums consacrés à ce domaine.Tout d'abord, comment ces jeux se déroulent-ils ?« Tous les jeux par courriel (qui sont des jeux par correspondance) se déroulent de manière discontinue, explique Philippe Billard, fondateur du site.Les joueurs envoient leurs ordres ou actions à un arbitre (qui peut être un logiciel), cet arbitre effectue une « évaluation » de la nouvelle situation des joueurs et leur retourne un compte rendu de ce qui s'est passé.Et on recommence cela au fur et à mesure du déroulement du jeu.» Le temps a aussi son importance : « Généralement, le délai entre deux tours est de l'ordre de la semaine.» Et, rapidement, les joueurs se prennent de passion.Une enquête menée auprès des visiteurs permet de mieux cerner ce public : 81 % ont entre 15 et 29 ans.À 92 % ce sont des hommes.45 % d'entre eux passent plus de 3 heures par semaine à jouer.Sur les 297 jeux référencés, 141 sont des jeux de rôle.À cela une explication.Ces jeux par courriel en découlent directement.Simplement les joueurs n'ont plus toujours eu le temps de pouvoir se réunir autour d'une table.Ils ont alors décidé de poursuivre les parties par courrier postal.L'avènement d'Internet et des courriers électroniques a permis d'accélérer le mouvement.En outre, souligne Philippe Billard : « Un jeu de rôles ne demande pas grand-chose d'autre que de l'imagination.Ce qui n'est pas le cas pour un jeu de stratégie ou souvent un programme tourne derrière ! Et donc, c'est assez facile à mettre en place.Beaucoup de jeux se déroulent dans des mondes type « heroic-fantasy » (avec des elfes, dragons, etc.).C'est une question d'âge et de culture des joueurs, familiers des jeux de rôle qui se déroulent souvent dans ce type d'univers ! » Depuis lors d'autres thèmes ont été développés.C'est ainsi que les simulations sportives (tennis, Formule 1, etc.) sont également largement appréciées.Mais comment jouer au tennis par courriel ?En appliquant un barème de points selon les actions entreprises.Par exemple, sur Tennis manager2 un service représente 10 points.Selon la surface choisie (terre battue, gazon, synthétique) un coefficient est appliqué.S'attachant à coller au plus près de la réalité, l'âge du joueur, son temps d'entraînement, sa motivation et bien d'autres paramètres entrent en ligne de compte.Généralement c'est le maître du jeu qui reçoit les courriels et détermine la suite des événements.Cependant d'autres créateurs ont choisi d'imaginer un programme de gestion du jeu.C'est le cas d'Industry3, un univers où les participants doivent incarner un chef d'entreprise et faire progresser leur société.« Je l'ai intitulé l'Arbitre, raconte Fabrice Deydier, son concepteur.Il sert d'interface entre les joueurs et moi.Tous les ordres passés sont analysés par l'Arbitre qui va analyser les demandes, les effectuer, envoyer au joueur le compterendu de l'action et mettre la base de données à jour.Ainsi il n'y a pas de temps mort puisque le jeu tourne indépendamment de ma présence.En outre, le jeu gagne en nombre de participants puisque à ce jour 400 personnes y sont inscrites.Autre originalité appréciée par les internautes, Industry est un univers où les joueurs doivent échanger entre eux.« Le jeu doit aussi être un moyen de communication, assure Fabrice Deydier.J'ai également créé plusieurs listes de diffusion comportant des informations sur les cinq continents.À terme nous fonctionnerons par clavardage.Déjà certains joueurs se téléphonent pour entrer en contact plus direct.» (1) pbem.free.fr (2) www.ludimail.org/atm (3) www.my-industry.com 5LP0401B0720 B4 20 juil 5LP0401B0720 ZALLCALL 67 01:14:21 07/20/01 B B4 LA PRESSE MONTRÉAL VENDREDI 20 JUILLET 2001 F E S T I V A L JUSTE POUR R I R E Photo VALÉRIE REMISE, La Presse © Pepe est aussi attachant que doué pour l'impro.Cinq questions à.Pepe SONIA SARFATI IL S'APPELLE PEPE.Il est haut comme trois pommes et, émergeant du castelet portatif où il cohabite avec Daniel Raffel, il est l'une des attractions les plus attachantes à déambuler sur l'emplacement extérieur du Festival Juste pour rire.Avec un aplomb pas possible, marionnette aussi adorable qu'impertinente, il interpelle les gens.Fait des bisous aux bébés et en vole aux dames.Trace le portrait (en noir et blanc ou en couleurs) de ceux et celles qui lui tombent.non sur les rognons mais sous le crayon.Devient mimi comme tout en chaussant sur son nez des lunettes aux verres en forme de coeur.Joue les coquets en se peignant.Rassure les enfants en leur présentant son petit frère.Tend un micro à ceux qui n'osent lui répondre.Ou, de sa voix de fourmi, enguirlande ceux qui ne le comprennent pas du premier coup \u2014 et ils sont nombreux! Ce qui a le don de l'irriter au plus haut point.Bref, autant d'assurance dans un si petit bout d'chou, ça en bouche un coin.inversement proportionnel à la taille du personnage.«Il est très en improvisation, en contact, en tac au tac avec les gens.Il gagne de toutes ces rencontres avec les gens et les cultures différentes qu'il croise, ce qui fait qu'il a beaucoup d'expérience.Mais en temps, il est tout neuf», indique Daniel Raffel qui, depuis cinq ans, sillonne l'Europe avec Pepe.C'est par contre la première fois qu'ils traversent l'Atlantique.Il était impossible de passer à côté de cette occasion.Fallait que Pepe réponde à nos cinq questions, Daniel Raffel lui servant d'interprète.Q Qu'est-ce que tu souhaiterais qu'on écrive sur toi dans le Grand Livre des animateurs de rue?R Je suis tout petit, mais des fois, je chante bien.Q Qu'est-ce qui te fait rire?R Quand le type québécois, là, il comprend pas ce que je dis.Mais quand même, l'autre aprèsmidi, je l'ai appris, le québécois.Sauf que j'ai dû me tromper d'accent parce que le type, il comprenait toujours pas.Q Quelle est la première blague que tu as racontée ou la première fois que tu as fait rire les gens?R Ben.un jour, j'ai raconté trois blagues à la fois.Et à la fin, c'était de la ratatouille.Q Qu'est-ce que tu n'oserais jamais faire en spectacle?R Mon papa me l'avait dit, mais je m'en rappelle plus.Q Tous les artistes ont des choses cachées dans leurs fonds de tiroirs.Qu'y a-t-il dans les tiens?R Mon p'tit frère mais si tu veux, je te le prête.Photo MARTIN CHAMBERLAND, La Presse © Générik Vapeur : barbare et envoûtant.Bivouac de bruit et de lueurs SONIA SARFATI C'EST À UNE version hard de Transhumance d'Oposito que convient les hommes bleus de Générik Vapeur quand ils prennent possession de l'emplacement extérieur du Festival Juste pour rire avec leur spectacle Bivouac.Une oeuvre comme un déferlement de bruit et de lueurs où des bergers de cobalt guidés par un chien de métal incandescent mènent un troupeau de fûts métalliques au rythme d'une musique destroy s'appuyant sur des percussions industrielles.« Bivouac, c'est un travail sur le nomadisme et sur la différence, autant celle de la couleur de la peau que celle de la musique », explique Pierre Berthelot, l'un des directeurs artistiques de la compagnie marseillaise qui, il y a deux ans, avait présenté à Montréal un spectacle d'une tout autre couleur et teneur : Les Champêtres, avec ses gentils gendarmes à sifflet.Un travail sur le clown, un spectacle de situation.Rien à voir avec Bivouac, chorégraphie urbaine qui prend possession de la ville, la secoue, la déstabilise.Et repart comme elle est venue.Sans que rien n'y ait changé.Pourtant, tout y est différent.« Nous sommes comme un éclair, une tempête, un cri », fait celui qui, avec sa troupe, était entre autres des célébrations de l'an 2000, à Paris, puisque Générik Vapeur avait été invité à créer un spectacle sur l'une des onze roues foraines plantées pour l'occasion dans les Champs-Élysées.« Nous sommes comme quelque chose d'anormal qui s'abat, passe et repart.Ce quelque chose démarre boulevard de Maisonneuve, un peu à l'est de la rue Saint-Denis, vers 21 h 30.Là, 11 hommes et femmes bleus \u2014 « Par rapport au nomadisme, le bleu est un clin d'oeil.Et puis, c'est la couleur universelle, celle du ciel et de la mer », fait Pierre Berthelot \u2014 sont immobiles.Les uns à même le sol, où ils sont assis ou étendus.Les autres, debout sur une palissade de bois, une borne fontaine.Ou un bidon.Derrière eux, un camion sur lequel, découvrira- t-on quand le convoi se mettra en marche, se trouvent les huit musiciens.Mais avant le départ, comme au début de chaque étape, le rituel.Chaque personnage s'empare de son fût.Monte dessus.Tend le bras dans la direction que prendra le troupeau.Et la transhumance commence.Menée par le chien de métal fumant suivi par les bergers et leur « troupeau » contemporain, chair métallique issue d'un monde industriel animalisé.Bêtes qu'ils caressent, portent à bout de bras, font rouler ou jettent à bras-lecorps.Dans les rangs, aussi, les porteurs de lumière maniant fumigènes et pétards.Le résultat est à la fois barbare et envoûtant d'une beauté sauvage.C'est donc une foule subjuguée qui, mercredi, s'écartait sur le passage de cette parade qui est de celles qu'il ne faut pas se contenter de regarder passer.Il faut la suivre.Pour la vivre.Une foule que Pierre Berthelot, qui est aussi l'un des hommes bleus, a sentie de l'intérieur.« Une foule sympathique, gentille, familiale », fait-il, habitué aux masses moins « contemplatives » d'Europe.« Nous avons donc voulu mettre une tranquillité dans le spectacle, afin que les gens ne soient choqués que par la peur.Pour moi, c'était une manière de faire connaissance.» La foule, impressionnée, n'a pas couru avec eux.« Mais je crois que la prochaine fois, ils auront délié leur langue.» Et leurs jambes.En compagnie de ces gens qui \u2014 tout en gardant en tête leur chorégraphie, tant dans son rythme que dans sa rapidité \u2014 savent occuper la scène urbaine avec grâce et force.Tout en faisant preuve d'une maîtrise de la foule qui ferait l'envie de nos représentants de l'ordre aux prises avec.disons, comme ça au hasard, des manifestants antimondialisation.Les représentations de cette grande épopée métallique et postmoderne qui auront lieu ce soir de même que demain et dimanche, donneront l'occasion de vérifier tout cela.BIVOUAC de Générik Vapeur.À 21h30, ce soir, samedi et dimanche.Départ au coin de Berri et de Maisonneuve.La foire aux déambulatoires Quand les rues s'animent de parades qu'il ne faut pas se contenter de regarder passer SONIA SARFATI CE NE SONT pas des défilés mais des déambulatoires.Des parades qu'il ne faut surtout pas se contenter de regarder passer.La passivité du public n'est définitivement pas au programme des quelque 150 « déambulateurs » appartenant aux neuf troupes qui participent à ce 19e Festival Juste pour rire avec, dans leurs très mobiles valises, une bonne douzaine de spectacles.Des spectacles dont la taille va du méga-gigaextra \u2014 on pense à la Transhumance d'Oposito, à laquelle ont activement participé 200 personnes dont les musiciens de l'Orchestre symphonique de Montréal\u2014 au mini-mini-mini, comme Cinémarionnettes de Daniel Raffel (voir ci-contre, Cinq questions à.).Entre ces deux extrêmes, les petits déambulatoires (en déploiement de forces, s'entend) qui se glissent presque incognito dans la foule \u2014 en tout cas, dans un premier temps ; et les « as-tu vu ça ou est-ce que je rêve ?», qui ne passent pas inaperçus \u2014 plus à cause de l'allure de leurs membres que de leur nombre et, surtout, à cause du boucan qu'ils se font un devoir de produire.Ainsi, il faut avoir l'oeil pour ne pas rater la prestation des deux messieurs de la troupe française L'Agence Tartare qui, avant de donner dans l'Abus de surface, se contentent de discuter sur un banc.Un animateur (de pacotille), cheveux jaunes, veste à petits carreaux, bronzage minutieux, lunettes noires.Et son technicien, qui porte le cadre de télévision ( !), le micro \u2014 et, même l'animateur lui-même, qu'il maintient d'une poigne de fer par le pantalon.Et ce guignol de l'info de commenter la politique internationale ou des faits d'actualité très très très locaux, invitant les festivaliers à le rejoindre derrière l'écran.Une manière comme une autre d'avoir ses 15 minutes de gloire.Et puis, on le dit assez souvent \u2014 et on n'en est pas peu fier : les festivals attirent les touristes à Montréal.En voici deux que l'on ne sera pas près d'oublier : Los Turistas, de la compagnie catalane Escarlata Circus.Ils sont un couple et deux chiens.Elle, petit chapeau rond, moulée cheap de rouge et de blanc.Lui, rond de formes, veston (trop) ajusté et béret avachi.Complètement perdus, ils traversent la foule sans trop se faire remarquer.Puis, elle grimpe dans un escalier afin qu'il la prenne en photo.Tiens, une dizaine de curieux s'arrête pour les observer.Tant qu'à faire, nos deux touristes les rejoignent et leur posent des questions improbables.D'autres festivaliers grossissent les rangs des intrigués.Et il en ira ainsi de minutes en minutes, cette visite du Quartier latin se transformant en un tourbillon de folie \u2014 qui emportera la dame jusqu'au sommet des lampadaires.Également de Catalogne, mais dans la catégorie des déambulatoires « moi, je ne passe pas inaperçu », Gog i Magog \u2014 qui présente ici deux spectacles : Paràsitum et Escarabats Mutts.Ce dernier, plus british qu'espagnol puisque mettant en vedette des Laurel et Hardy d'environ trois mètres de hauteur et des Beatles sur échasses vêtus manière Sergeant Pepper.Disons que la foule s'écarte sans problème sur leur passage lorsque les deux géants en chapeaux melons tournoient dans la rue, leurs bras immenses \u2014 mais souples et légers \u2014 couvrant une impressionnante circonférence ; et que les quatre jeunes gens aux cheveux longs montés sur leurs grands chevaux se lancent dans une chorégraphie sur l'air de I Wanna Hold your Hand et autres You're Gonna Loose that Girl.Et la foule, bientôt, de « twister and shooter » avec eux.Également en musique.mais beaucoup moins faciles à décrire, le trucs-machins-pasvraiment- chouettes de Big Nazo.Une chose verte à grosses fesses qui s'écrase sur le sol.Un géant dont l'énorme tête est ornée de trois yeux et un autre à minitête rétractile.Une créature multipédonculée.Un couple qui n'est pas à la veille de se séparer.Le tout, déambulant sur une musique rock des plus entraînantes.Car ces êtres extraterrestres \u2014 en fait, puisqu'il faut tout dire, des marionnettes grandeur nature qui font dans le multidisciplinaire \u2014 sont des artistes pas mal chouettes.Finalement, pour semer la pagaille en beauté, Les Vernisseurs.Mi-hommes mi-tortues, sifflets à la bouche et lances à la main, s'exprimant dans un charabia pas possible quand ils chantent quelque chose d'où semblent ressortir les mots « poulet », « j't'aime » et « lavabo », ils transforment rue, immeubles.et festivaliers en autant de sapins de Noël \u2014 grâce aux kilomètres de rubans d'aluminium qu'ils déchargent autour d'eux.Parfois, tambour battant.Parfois, au ralenti.Avant de disparaître on ne sait trop où.C'est le propre des déambulatoires.Ils sont là et, soudain, ils n'y sont plus.Reste trois soirées Juste pour rire (et s'étonner) pour en profiter. 5LP0502B0720 b5 20 juil 5LP0502B0720 ZALLCALL 67 01:19:21 07/20/01 B LA PRESSE MONTRÉAL VENDREDI 20 JUILLET 2001 B5 F E S T I V A L JUSTE POUR R I R E DEUXIÈME GALA ANGLOPHONE Le Festival a des visées au centre-ville Une soirée réussie sous l'égide de Megan Mullally STÉPHANIE BÉRUBÉ L'AN PROCHAIN, pour son 20e anniversaire, le Festival Juste pour rire envisage de présenter une partie de sa programmation dans le coin du complexe Desjardins et de la Place des Arts, là où ont déjà lieu le Festival international de jazz de Montréal et les Franco Folies.Gilbert Rozon et son équipe ont payé une petite visite aux organisateurs du Festival de jazz, il y a une dizaine de jours, afin de jeter un coup d'oeil à leurs installations.Malgré des rumeurs de déménagement, Lucie Rozon, la directrice générale du festival de l'humour, a fait savoir hier qu'il n'était pas question de quitter définitivement le Quartier latin pour le moment.Le centre-ville servirait de satellite de Juste pour rire, pour présenter des événements spéciaux comme on l'a fait cette semaine au Champde- Mars avec le spectacle hommage à Charles Trenet.Richard Cliche, directeur de la programmation extérieure de Juste pour rire, affirme qu'aucune décision ne sera prise à ce sujet avant la fin du festival 2001.D'autre part, explique M.Cliche, le Groupe Rozon doit consulter plusieurs intervenants quant à son arrivée possible sur l'esplanade de la Place des Arts et dans ses environs; l'Équipe Spectra, qui organise le Jazz et les Franco Folies, est au coeur des consultations.La Ville de Montréal doit aussi donner son aval à la présentation d'événements supplémentaires dans ce quadrilatère déjà fort occupé durant la saison estivale.Pour Pierre Bellerose, vice-président de Tourisme Montréal, le déménagement du Festival Juste pour rire, où la présentation de certains événements autour de la Place des Arts, n'aurait pas d'impact chez les touristes, mais en aurait certainement un chez les Montréalais qui associeraient irrévocablement ce quadrilatère à l'animation urbaine montréalaise.Le jeune festival Montréal en lumière a aussi choisi cette adresse, ainsi que L'Art de se protéger, un nouvel événement qui se tient en juin.Le Festival Juste pour rire est quant à lui né dans le Quartier latin, mais a quitté la rue Saint-Denis pour quatre années, de 1994 à 1998.Le festival de l'humour avait alors été présenté dans le Vieux- Port où les visiteurs devaient payer des frais pour accéder aux lieux.MARC-ANDRÉ LUSSIER Une animatrice allumée, des humoristes invités rivalisant d'aplomb, des numéros de production au centre desquels se trouvent même des effets visuels (assez rares chez les anglos), autant d'éléments qui, en cent comme en mille, ont contribué à faire de ce deuxième gala anglophone une réussite.Présenté par Megan Mullally, le spectacle d'hier soir a racheté la mollesse de la soirée Spinal Tap d'éclatante façon.Tout ne fut pas parfait cela dit.La présentatrice, qui doit sa très grande popularité à Karen Walker, le personnage qu'elle incarne dans l'excellent sitcom Will and Grace, avait préparé deux numéros.Dont l'un fut nettement plus faible que l'autre.Vêtue d'un simple tailleur noir sous lequel se dessinait un décolleté plongeant, Mullally a annoncé qu'elle allait, pour notre plus grand plaisir, transposer l'intrigue de Moulin Rouge à Montréal.Entourée d'un imposant décor dans lequel se trouvaient un ours, un agent de la GRC, des danseurs de tango et quelques bougies passant pour des effets pyrotechniques \u2014 « On m'a dit que j'avais carte blanche pour faire ce que je veux ! » \u2014, l'actrice a raconté l'histoire torride qu'elle a vécue avec un chanteur québécois prénommé Tabernac.À la manière du film de Baz Luhrmann, la belle a ainsi puisé ses dialogues à même le vieux répertoire pop canadien.I Just Wanna Stop de Gino Vannelli et You Ain't See Nothing Yet de Bachman Turman Overdrive faisaient notamment bonne figure dans son récit.Sans parler de la recréation sensuelle de la fameuse scène de la rencontre avec celui qui lui a brisé le coeur.« Hello.Tabernac ! ».Fort sympathique.L'autre numéro de l'actrice, plus risqué parce qu'il nécessitait la participation de deux « volontaires » choisis dans le public, était manifestement moins bien préparé.On ne sait en effet trop où voulait s'en aller Mullally avec sa séance de yoga et sans doute ne le savait-elle plus elle-même à un moment donné tant le sketch semblait décousu.Son sens inné de la répartie lui aura toutefois permis de sauver la face.On retient d'ailleurs de ce numéro une nouvelle posture, créée en hommage à Jean Chrétien, qui consiste en un étirement très lent des bras devant soi.Comme pour atteindre une cible.Une fois cette cible atteinte, vous entourez celle-ci de vos mains, exercez une pression et secouez d'avant en arrière comme si vous étrangliez une personne.Il paraît que ça fait le plus grand bien.Contrairement aux gars de Spinal Tap, Mullally s'est aussi fort bien acquittée de sa tâche de présentatrice, n'hésitant pas à formuler des commentaires ou à manifester son enthousiasme.Il y avait peu de femmes sur scène hier soir (Mullally se sera empressée de relever la chose lorsqu'elle a présenté la première humoriste de la soirée \u2014 « A female comedian, it's about f g time ! » \u2014, mais elles auront à coup sûr marqué la soirée.Vanessa Hollingshead aura fait crouler de rire la salle avec un numéro très direct, très physique, ponctué de répliques assassines, incluant même une version rap de Lucy in the Skies with Diamonds.Bill Engvall a aussi été porté en triomphe après une prestation désopilante.À vrai dire, toutes les prestations d'hier soir furent de bonne qualité.De Greg Morton, qui a offert une recréation visuelle et sonore de Star Wars, jusqu'à Heath Hyche, qui ne peut se battre qu'au son d'une musique disco, tous les participants avaient la pêche.Et ne se sont pas gênés pour nous faire part de leurs observations sur Montréal et sa différence culturelle.Dieu que notre « french touch » fascine les Américains La programmation, nos entrevues et nos critiques sur le Festival Juste pour rire à www.cyberpresse.ca/rire Photos MARTIN CHAMBERLAND, La Presse © Toutes les prestations d'hier soir, dont celle de Greg Morton, qui a offert une recréation visuelle et sonore de Star Wars, furent de bonne qualité.Quand les filles s'en mêlent ISABELLE MASSÉ LORSQUE GRAND-MAMAN, les enfants et les Teletubbies sont couchés, Cathy Gauthier, Guylaine Guay, Mario Bélanger et Benoît Roberge grimpent sur la scène du Studio Juste pour rire pour ébranler nos tympans.Sans gêne aucune, ils nous causent sodomie, pédophilie, pornographie, femmes battues, mères-enfants et gars qui bandent mou, comme d'autres parleraient de la dernière recette de Maman Dion.Les mots d'ordre : étonner, provoquer, choquer et, tant qu'à y être, faire rire.Jusqu'où peut-on pousser les limites de la vulgarité, tout en déridant le public à nos pieds ?Demandez- le aux quatre humoristes qui pénètrent, jusqu'au 28 juillet, dans la Zone interdite IV.La présence de deux filles au programme nous a fait croire à tort que le contenu du spectacle allait être adouci par rapport aux trois présentations précédentes.C'était sous-estimer les talents de Cathy Gauthier et Guylaine Guay.Les deux filles revendiquent d'ailleurs, chaque soir, le plus grand nombre de mots bannis du Larousse pour enfants.L'introduction du premier monologue de Gauthier n'est qu'un très bref aperçu de ce que la jeune femme de 24 ans est capable de cracher lorsqu'elle a un micro dans les mains : « Bonjour, je suis alcoolique.Que voulez-vous, quand on vient d'Abitibi, à part tresser des raquettes en broches de sapin et de me faire fourrer par les cousins.» Si les numéros en groupe sont plutôt fades, ceux livrés par Guylaine Guay nous dressent les cheveux sur la tête.Tant lorsqu'elle incarne une fille de 14 ans enceinte qu'une Lynda Lemay politically incorrect.Sur l'air de Jamais fidèle, elle nous a appris que « les hommes oublient trop souvent leurs promesses dès qu'ils voient passer une paire de fesses » et que son ex, Patrick Huard, « baise comme une guenille, mais c'est tout de même le père de sa fille.» Et vlan dans les dents ! Pour ne pas dire dans les couilles.L'humoriste, qui ne cache pas sa corpulence, marie bien sur scène ses talents de provocatrice, d'imitatrice, de comédienne et de chanteuse.Moins percutantes, les apparitions de Mario Bélanger (également metteur en scène de Zone interdite IV) ont tout de même dérangé.Notamment lorsqu'il joue un homme rose qui cache bien des choses.En voulant amener plus de substance au spectacle, entre deux présences dans le costume d'Adam, l'humoriste a calmé à plus d'une reprise le public.Quant aux deux numéros intéressants et bien livrés de Benoît Roberge (collaborateur à l'émission Tam Tam) sur le mariage et les enfants, ils n'avaient aucunement leur place dans un tel spectacle, où le but avoué était de choquer au moins une fois toutes les 22 secondes.Mission presque accomplie donc ! Avec un contenu tantôt facile tantôt songé et très souvent gratuit, les protagonistes de Zone interdite IV divertissent les oreilles grandes ouvertes des spectateurs, jeunes en majorité.Le quatuor fait ses choux gras des histoires de zizis, de rectums, de baises qui ont mal viré et j'en passe, car qui sait combien de lecteurs mineurs liront ces lignes ! Posons alors la question à nouveau : jusqu'où pourra-t-on l'an prochain pousser les limites de la vulgarité pour provoquer encore ?Bonne chance à l'équipe de Zone interdite V ! ZONE INTERDITE IV, au Studio Juste pour rire, jusqu'au 28 juillet, à 23h.Blanche-Neige aime bien se promener dans les bois pendant que le loup y est.Le conte est bon.mais long Les numéros livrés par Guylaine Guay nous dressent les cheveux sur la tête.SONIA SARFATI BLANCHE-NEIGE n'a pas été recueillie par des nains mais par des trolls, avec lesquels il n'a bien sûr jamais été question de ménage ou de cuisine ! La mère-grand du Petit Chaperon rouge est en fait la mère de Cendrillon qui, après avoir perdu sa pantoufle (de feutre), a fini dans un lupanar.Pas avant toutefois d'avoir donné au prince charmant devenu roi.un fils appelé Poucette qui aime bien se promener dans les bois pendant que le loup y est.Pas de doute : Perrault, les frères Grimm, Andersen (et Walt Disney ?) doivent se retourner dans leur tombe s'ils ont eu vent du sort que le Magic Land Théâtre, de Belgique, réserve aux récits qu'ils ont immortalisés.Mais ils ont couru après : qui dit fées et sorcières, dit aussi sorts.Bons ou mauvais.Or celui-ci est bon.quoique plutôt long : Le Magic Land règle ses contes, présenté sous la tente de l'Espace Jeunesse de l'emplacement extérieur du Festival Juste pour rire, dure en effet deux heures et quart.Sans entracte.Et si les comédiens demeurent alertes, que décors et costumes sont un régal pour les yeux, et que le texte multiplie les calembours délicieux, le récit s'éparpille sur trop de pistes.Afin que le spectateur puisse y monter même en cours de route ?Peut-être.Mais si tel est le cas, cela se fait au détriment de celui qui assiste à l'entière représentation, installé sur des chaises pas très confortables, souvent en compagnie d'enfants à qui le spectacle s'adresse aussi.Même s'il n'est visiblement (et audiblement) pas le seul public visé : allusions scabreuses et sous-entendus olé-olé sont aussi de la performance livrée par une dizaine d'artistes enjoués.et habitués aux mouvances du public.Parce que, impossible de ne pas y revenir, bien des spectateurs qui assistent à la première scène ne sont pas des dernières.Par contre, les premiers ont la chance d'être de la mise en route de cette sympathique et étonnante machine : dès leur arrivée sous le chapiteau, petits et grands sont pris en charge par les acteurs.Selon la place qu'ils choisissent dans les gradins, les uns sont intronisés par la sorcière, les autres par la princesse, par le prince charmant ou par le nain.Histoire, en apprenant la formule magique \u2014 genre : « Les princesses sont des.déesses ! » ou « Les sorcières sont.d'enfer ! » \u2014 de devenir membres à part entière de la guilde des contes.Une fois la mise en place \u2014 des gens et de la situation \u2014 terminée, place aux contes.Qui déboulent et se mêlent les uns aux autres après une dispute survenue lors de la remise des Perrault d'or.Le roi, ayant perdu ses attributs dans la tourmente, se voit obligé d'abdiquer en faveur de son fils.Qui vit dans les cuisines et se croient le simple petit- fils.enfin, voir plus haut ! Bref (manière de parler), le rythme est rapide, la musique entraînante, les décors mobiles \u2014 trône du roi des trolls, lit de mèregrand, yak servant de monture au Grand Narrateur, etc.\u2014 sont superbes, comme les costumes et les maquillages.Et les acteurs semblent avoir un plaisir fou (du roi ?) et contagieux à se glisser dans cette histoire échevelée.Allez, un dernier coup pour la route : les princesses sont des.LE MAGIC LAND RÈGLE SES CONTES du Magic Land Théâtre.Dans l'Espace Jeunesse, à 19h30, jusqu'au 22 juillet. 5LP0701B0720 b7 saveurs 5LP0701B0720 ZALLCALL 67 01:10:33 07/20/01 B LA PRESSE MONTREAL VENDREDI 20 JUILLET 2001 B7 Deja visites pour vous SOUVENIRS D'AFRIQUE, 844, avenue du Mont- Royal Est, (514) 598-8181, www.souvenirsdafrique.com Restaurant du Plateau qui s'est donne pour mission de representer les cuisines du continent africain riche en epices, herbes, piments et condiments de toutes sortes.Une perspective de saveurs inexplorees qui exige des palais froussards une certaine ouverture.POUR > L'originalite et la diversite des plats dans un menu varie qui s'inspire des quatre (et plus) coins de l'Afrique.Les presentations creatives et soignees.Une cuisine techniquement maitrisee.La beaute des lieux : le decor, la musique et le sourire.CONTRE > Les assaisonnements un peu timides qui manquent d'audace, par crainte de froisser la clientele qui alarme les pompiers a la moindre etincelle.$$ \u0001\u0001\u00011.2 LE PITON DE LA FOURNAISE, 835, rue Duluth Est, (514) 526-3936 La cuisine de l'ile de La Reunion s'est metissee au fil des siecles et du passage des cultures arabe, indienne, francaise, africaine, et bien d'autres encore.C'est un personnel amical et enjoue qui s'affaire a nous transporter en cette terre idyllique sous le charme du soleil et des saveurs tropicales.POUR > La delicate chaleur des entrees qui allume l'appetit sans jamais bruler la bouche.L'accueil du proprio qui ne se lasse pas de faire sentir et tater chayote et combava.La vanille penetrante et le rhum envoutant du gateau a la patate douce.CONTRE > Les airs tristounets de la salade d'achards.La faiblesse du merveilleux parfum de combava dans un poulet de grain.$$ \u0001\u0001\u0001 RESTAURANT BERNARD, 254, rue Bernard Ouest, (514) 271-5007 Pionnier dans un Mile-End en mutation, Bernard propose du decor, de la musique et aussi de la bouffe, le tout tres stylise.Une cuisine inventive qui charme plus par son esthetisme que par ses saveurs.POUR > L'ambiance feutree et intimiste reussie.Le calme habite par des rythmes enjoues qui ne s'imposent pas.La variete et la qualite des finales : cafe Illy, thes fins, eaux-de-vie, vins doux, portos et cognacs.Le service competent malgre la vocation hip du lieu.CONTRE > La maladresse de la cuisine qui ne reussit pas toujours a bien rendre ses elans de creativite.$$ \u0001\u0001\u00011.2 LAS AMERICAS, 6700, rue Clark, (514) 274-7303 Cuisine colombienne mitonnee dans une sympathique ambiance de petit resto de quartier.Que ce soit parmi les platos tipicos ou les platos nuevos, tout s'accompagne de haricots rouges, riz et salade.Mais avant que cette generosite ne s'empare de votre appetit, la maison vous offre en entree, l'arepa a l'avocat accompagne d'une salsa bien acidulee.Une nourriture du Sud qui se veut salvatrice sous notre climat nordique.POUR > La chaleur qui rayonne des assiettes et les odeurs suaves qui s'echappent de la cuisine.Les chaleureuses soupes de poissons.CONTRE > Une vinaigrette cremeuse sans personnalite dont le manque d'acidite se fait remarquer alors qu'elle pourrait alleger ces assiettes riches en lipides.Le riz quelque peu bourbeux de la paella.$ \u0001\u0001\u0001 Coeur a tout faire FREDERIC CHABOT collaboration speciale Au temps des grandes explorations, la culture africaine a ete introduite de force sur presque toutes les rives mouillees par l'Atlantique.Depuis une semaine, le Festival international Nuits d'Afrique celebre les cultures africaines et toutes celles qui s'y sont metissees au fil des siecles.Jusqu'a dimanche, le popotin des festivaliers s'agitera aussi bien au son des rythmes antillais que du rai ou de la salsa.Quant a leur palais, il trouvera facilement a Montreal une multitude de restaurants specialises dans les saveurs des Antilles ou de l'Afrique du Nord pour poursuivre l'aventure.Mais explorer la cuisine de l'Afrique noire s'avere plus problematique.Les desormais classiques Souvenirs d'Afrique et Nil Bleu ne sont pas inconnus des gourmets explorateurs.Le premier fait le tour du continent en 35 plats, alors que le second se specialise dans la cuisine ethiopienne.Au fil des ans, plusieurs troquets d'origine africaine ont ouvert leurs portes, pour les fermer peu de temps apres.Ce soir, les portes du Metropolis s'ouvriront toutes grandes pour accueillir une foule venue partager la passion du Senegalais Youssou N'Dour pour la musique aux racines africaines mijotee a la sauce world beat.Au meme moment, Ndiouga Sarr, maitre d'hotel, chef, serveur, conteur, musicien et, sans doute, plongeur aussi, recevra les clients dans son Keur Fatou.S'il a les mains libres, c'est au son des tam-tam qu'il vous accueille dans une toute petite salle.Les tuiles acoustiques sont encore suspendues au plafond entre les fluorescents qui heureusement restent eteints.Mais la chaleur des murs oranges et le sourire accueillant de notre hote captent rapidement le regard.Pour satisfaire notre gout du depaysement, les tables sont recouvertes de nappes imprimees de motifs locaux et un rideau de billes separe la cuisine de la salle.Tres retros, les fauteuils essaient de nous convaincre que l'Afrique vieillit plus lentement.Pas de permis pour la vente d'alcool, pas de permis non plus pour apporter son vin, car pour apporter son vin, ca prend un autre papier.de deplorer Ndiouga Sarr.Comme quoi la bureaucratie existe seulement pour ennuyer les gens.En vitrine, un menu consistant propose plusieurs mets.En fait il s'agit de la liste des plats qui tournent selon le bon desir de leur auteur.Un fois a l'interieur, une ardoise reposant sur une petite chaise rouge limite le menu a deux plats accompagnes d'une salade en entree et d'un choix de boissons chaudes.La fraicheur de la salade prepare bien a la suite plus costaude.Les quelques notes acides d'une vinaigrette legere, renforcee de sauce soya, mettent en appetit.C'est que sur le continent noir, la cuisine mijote longtemps et s'accompagne generalement d'une genereuse portion de tubercules et de cereales.Le tie bou yapp propose de l'agneau mitonne avec du manioc et de l'aubergine.De l'agneau, on retient sa tendrete et son leger assaisonnement, de l'aubergine, sa texture fondante et du manioc, sa jeunesse qui l'empeche d'etre trop fibreux.Le tout est servi sur du riz melange a des doliques a oeil noir.Tout en etant savoureux, ce plat ne peut que beneficier de la puree de piments assassins qui lui donne un peu de verve.En Afrique, le mot sauce s'utilise pour nommer un plat mijote.Ainsi, le kandia se traduit par sauce aux gombos .Cuisine egalement au Mali et en Guinee, sa composition change selon la disponibilite des ressources.Ici, M.Sarr nous le prepare avec un melange de turbot et de saumon et, bien sur, du hareng fume et de l'huile de palme.Ensemble, ces deux ingredients essentiels au kandia ajoutent toute la profondeur qui le distingue d'un simple ragout.Comme dessert, fruits et epices s'unissent pour nous donner une mangue au pain des iles.Deux doigts d'un gateau releve de cannelle et de clou de girofle se dressent sur quelques cubes de mangue fraiche.Une fois impregne des epices, le parfum de la mangue prend une dimension des plus complexes pour notre plus grand plaisir.Le repas se termine sur la note aerienne d'une infusion de menthe fraiche moussee tel un cappucino.A peine sucre, ce coup de vent est des plus rafraichissant.Inutile d'attendre le Festival international Nuits d'Afrique pour gouter aux plaisirs de ce riche continent.Au Keur Fatou, tout y est : la poesie, la musicalite, la tradition, les couleurs et, sans conteste, les saveurs.C'est avec candeur que Ndiouga Sarr nous les offre, c'est avec egard que nous les acceptons.K E U R F A T O U 66, Saint-Viateur Ouest, (514) 277-2221 Table d'hote : 9,00 $ Lundi au mercredi : 10h30 a 20h Jeudi et vendredi : 10h30 a 22h Samedi : 17h a 22h \u0001\u0001\u0001 Degustes pour vous > Il y a bien des lunes qu'il est epuise, mais il a a ce point bien tenu la route (du moins certaines bouteilles) qu'il n'est pas deplace d'en faire etat, a l'intention de ceux qui en ont encore.Le simple Bourgogne 90 Faiveley, passablement evolue, nuance, et qui prend des allures de Saint-Emilion age, reste encore en effet fort bon, malgre ses 11 ans.Mais il faut l'ouvrir sans tarder.\u0001\u0001(\u0001), a boire, donc.> 10 ans Smith Woodhouse.Un nouveau venu, sauf erreur.Tres bon tawny, de facture classique, aux saveurs bien affirmees.Certains sont plus corses, d'autres plus delicats, celui-ci se situant, pour ainsi dire, au milieu de l'eventail disponible.C, 575456, 27 $, \u0001\u0001\u0001(\u0001) $$$, a boire.> Cotes de Castillon 98 Chateau Clos l'Eglise.D'un domaine que vient de racheter un viticulteur.qui fait beaucoup de bruit, Gerard Perse.Un vin rouge moyennement corse, plutot unidimensionnel, legerement vegetal, aux tannins passablement astringents.On s'attend a mieux.S, 143677, 17,60 $, \u0001(\u0001) $$, a boire, 1 an.> Moins cher, assez evolue, mais presque epuise, le 1eres Cotes de Bordeaux 98 Domaine de Bouteilley, qui fait nettement penser a un modeste Saint Emilion d'un certain age, passablement nuance, quoique assez austere, est plus reussi.S, 912485, 15,65 $, \u0001\u0001 $($), a boire, 1 an.De Colombie-Britannique LE VIN ON A AUTANT d'ensoleillement que la Californie, mais sans les tres grandes chaleurs , racontent les viticulteurs de la vallee de l'Okanagan, d'ou provient plus de 90 % de la production viticole de la Colombie- Britannique.Et puis, les nuits y sont fraiches, ce qui preserve la purete des aromes.(L'Okanagan est egalement reputee .mais c'est une autre histoire ! .pour la qualite de sa marihuana, laquelle, a ce qu'on dit la-bas, est exportee dans une large mesure sur le marche americain !) Resultat, la Colombie-Britannique reussit a produire, avec le Pinot noir, des vins d'etonnante qualite.Alors qu'il s'agit, comme on sait, d'une variete capricieuse, difficile a acclimater.Producteur qui connait beaucoup de succes (ses chais sont luxueux, ce qui ne ment pas !), Quails' Gate a elabore ainsi, en 99, un vin de Pinot noir (\u0001\u0001\u0001) tout a fait type, souple, parfaitement charmeur, goute sur place a l'occasion d'une visite de ce vignoble debut juin.Or, il ne coute, labas, que 16,95 $ la bouteille (tout en n'etant pas disponible au Quebec, comme d'ailleurs les autres vins de Colombie-Britannique dont il est question ici).Le Pinot Noir 99 Private Reserve Gehringer Brothers (\u0001\u0001\u0001) est lui aussi tres bon, quoique moins charmeur, et est vendu au prix tres doux de 12,95 $ au domaine meme.Autre fort bon vin, mais faisant bourgogne evolue, l'etonnant Pinot noir 99 Mt.Boucherie, riche en nuances (\u0001\u0001\u0001), a 14,95 $.Les vins de Merlot et de Cabernet Sauvignon, eux, ont souvent un tres beau fruit, mais ils sont pour la plupart a ce point boises qu'on a vite fait de s'en lasser.Une curiosite tres reussie : le Shiraz 2000 Jackson Triggs, encore en futs, noir comme la nuit, tres concentre et a la fois equilibre.En blanc, ce sont les cepages aromatiques qui semblent le mieux reussir a ce vignoble.Par exemple, le Sauvignon blanc (chez Gehringer Brothers et Gails'Gate), ou encore les cepages alsaciens, dont le Gewurztraminer, particulierement le Mt.Boucherie 99, parfaitement type, d'une surprenante qualite.Avec le Riesling, bon nombre de viticulteurs font entre autres des vins de glace, plus delicats, moins liquoreux que ceux de l'Ontario.L'exemple parfait entre tous : le Ice Wine 98 Quails' Gate, aux saveurs tres pures, elegant, sans doute le plus beau vin de glace que j'aie personnellement jamais goute.Grand vin.Du Languedoc Le Faugeres 98 Domaine de Fenouillet plaira aux amateurs de vins concentres, sculpturaux, si je puis dire ! Tres colore, presque noir, son bouquet est profond, tres large, domine par des aromes de fruits noirs, de Syrah, avec une bouche du meme niveau, compacte, dense, corsee, assise sur des tannins substantiels, passablement rugueux.C'est un vin rustique, mais il parle ! S, 881151, 13,85 $, \u0001\u0001 $($) 3-4 ans.DEMAIN : 98 a Saint-Emilion "]
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