La presse, 15 janvier 2001, B. Actuel
[" 1LP0101B0115 B 1 actuel lundi 1LP0101B0115 ZALLCALL 67 00:40:24 01/15/01 B 1LP0201B0115 b2 lundi 1LP0201B0115 ZALLCALL 67 00:35:16 01/15/01 B B 2 L A P R E S S E MONT R É A L L UND I 1 5 J ANV I E R 2 0 0 1 BANDE À PART MOTONEIGE Suite de la page B1 Quand il s'arrête pour manger ou dormir, comme lorsqu'il prend le temps de dire bonjour à un autre motoneigiste sur le sentier, c'est la « chaleur humaine » qu'il recherche.« Elle règne dans toutes les pourvoiries où on s'arrête.La vie est différente dans des endroits comme ça, retirés du monde, où l'on passe l'hiver en forêt.Ils nous accueillent comme des amis ou des parents ».On croit la motoneige presque « réservée » aux touristes européens.De fait, le « produit » attire chaque hiver des milliers de vacanciers, surtout Français, au Québec.Quant aux Américains, le manque de neige au sud les pousse de plus en plus vers le nord.Mais Paul Gélinas n'est pas une exception au Québec, où en-dehors des villes la motoneige reste très en vogue.Il existe ici près de 240 clubs locaux de motoneigistes et près de 106 000 permis d'accès aux sentiers ont été délivrés au Québec au cours du dernier hiver.Sans compter ceux qui font de la motoneige hors-sentier ou sur leurs propres terres.Selon Tourisme Québec, « plus de 17 % de la population québécoise de plus de 15 ans pratique la motoneige, ce qui représente plus d'un million de personnes ».Bien sûr, l'engouement n'atteint pas celui des années 70 ! « Tout le monde faisait de la motoneige à cette époque-là, se souvient Paul Gélinas.Beaucoup ont abandonné mais ils sont nombreux à y revenir maintenant.Dans mon condo, il y a cinq motoneigistes pour 12 propriétaires ! Ce qui a changé, ce sont les services, tellement développés partout maintenant, pour dormir, manger, avoir de l'essence.Et puis on n'a plus besoin d'être mécanicien et d'emporter ses outils pour partir en voyage en motoneige ! » Les grands voyages Ð de trois jours à deux semaines Ð ont déjà débuté pour lui.Après Blanc-Sablon, où il a déjà été trois fois, Paul Gélinas a repris la « route » de l'Abitibi, début janvier, avec une pointe vers Chibougamau.Il sillonnera ensuite « toute la Haute- Mauricie en s'arrêtant dans toutes les pourvoiries » et terminera fin février par une virée au Nouveau- Brunswick précédée d'un tour de la Gaspésie ! Un « hic » Sur la route de l'Abitibi, justement, il y a un « hic » : un hic de 38 km dans les Laurentides, soit la longueur d'une portion du parc linéaire du P'tit Train du Nord, comprise entre Saint-Faustin-Lac-Carré et Labelle.Ici le concept récréotouristique du ski de fond a cédé la place au récréotouristique de la motoneige, qui a droit de cité sur toute la longueur du parc entre Sainte-Agathe et Mont-Laurier.Sur la portion de 38 km, il y a plusieurs centaines de maisons situées près de l'ancienne voie ferrée et beaucoup à moins de 30 mètres de distance.Ceux qui vivent là n'apprécient guère le passage des motoneiges, autorisé depuis 1995 par décret gouvernemental ! « C'est le supplice de la goutte d'eau avec cette autoroute de motoneiges », dit Yvan Bélanger, un résidant du village de Mont-Tremblant qui voit parfois défiler jusqu'à 700 motoneiges par jour, quand ce n'est pas 150 par heure certains week-ends ! Il est l'un des quelque 260 membres de la Coalition pour la protection de l'environnement du parc linéaire Le P'tit Train du Nord qui a déposé le 7 novembre un recours collectif en Cour supérieure.Objectif souligné par son président Normand Lacroix : faire reconnaître le droit de quelque 600 familles à « retrouver la paix, la tranquillité et la joie de vivre qui leur avait fait choisir le Nord ».Lui-même vit à Saint-Jovite, à 18 mètres de l'ancienne voie ferrée, devenue « une autoroute qui ne ferme jamais, un envahissement qui nous oblige à mettre la musique à fond dans chaque pièce de la maison pour oublier le bruit des motoneiges ».Comme lui, Yvan Bélanger dénonce l'arrogance d'une MRC et de représentants de clubs de motoneigistes qui n'ont jamais voulu, selon lui, discuter sérieusement de leur demande pour établir une piste de contournement dans la région.« Nos maisons, ajoute-t-il, ont subi une dévaluation « reconnue » de 20 %.Les enfants ne peuvent plus jouer dehors, pour des questions évidentes de sécurité, puisque les limites de vitesse ne sont pas respectées.Sans compter qu'on respire l'essence de ces motoneiges qui polluent l'environnement ».C'est « mieux de ne pas s'aventurer là pour prendre une marche », ajoute Normand Lacroix, en soulignant que les résidants n'avaient pas le choix d'enclencher le processus judiciaire.« Je crois qu'on va devoir maintenant prendre les choses plus au sérieux.» Mais leur bataille a l'allure d'un combat de David contre Goliath.Un combat à armes inégales, avec d'un côté une poignée de citoyens et de l'autre une puissante organisation Ð la Fédération des clubs de motoneigistes du Québec Ð appuyée par une MRC, un gouvernement provincial et même des commerçants locaux qui profitent largement de la manne motoneigiste ! Le vice-président de la Fédération, Yves Watier, a donc beau jeu d'affirmer que « les Laurentides, ce n'est pas un problème.Notre position est simple : on est là pour y rester (sous-entendu : sur la piste du P'tit Train du Nord).L'affaire suit son cours en justice, puisqu'il ne peut plus y avoir de discussions, alors que nous étions de bonne volonté.Nous avions proposé de financer la pose de barrières de son et la plantation d'arbres.Nous avons consolidé nos postes de surveillance pour contrôler la vitesse et le bruit des motoneiges qui circulent sur ce tronçon ».Au bout du compte, Yves Watier pense que « les grands gagnants dans cette affaire, ce seront les avocats ».D'autant que selon lui un autre recours collectif se préparerait du côté des commerçants et hôteliers contre ceux qui les empêchent d'exercer leur droit commercial auprès de la clientèle des motoneigistes.« Ça va faire un beau chaudron », conclut-il.Et l'avenir ?Dans le milieu des motoneigistes, on commence cependant à se poser des questions pour l'avenir.Même le rédacteur en chef de Motoneige Québec, Yves Ouellet, s'inquiète dans le numéro de septembre de la revue de la « situation tendue vécue dans les Laurentides » et des risques d'une contestation antimotoneige basée sur ses effets néfastes pour l'environnement.En Amérique du Nord s'annonce une « vague d'opinion publique de plus en plus forte contre la pollution, le bruit et les accidents engendrés par la motoneige ».Pour la contrer, croit-il, il faut que l'ensemble des motoneigistes changent d'attitude, au plan du civisme et de la sécurité.Et il faut que les motoneiges changent elles aussi.Appel est donc lancé aux fabricants pour réduire bruit et pollution des machines, comme aux gouvernements pour qu'ils définissent des normes plus rigoureuses en la matière.Il en va de l'avenir d'un sport, conclut-il, qui « représente un apport économique vital » pour bien des régions du Québec.Celle du Saguenay-Lac-Saint- Jean en a fait l'expérience concrète en ce début d'hiver, avec le boycott des motoneiges sur les terres agricoles décrété par l'UPA de la région pour faire pression sur Québec et obtenir des assouplissements à sa loi 23 sur le droit de produire.Le réseau des sentiers de motoneiges, bâti sur les droits de passage souvent accordés gratuitement par des agriculteurs, a été « fermé à 80 % au Saguenay-Lac-Saint-Jean », constate Yves Watier.Prise en otage entre l'UPA et Québec, l'industrie de la motoneige menaçait d'être sérieusement mise à mal.« Normalement, ajoute-t-il, l'activité motoneige apporte environ 50 millions $ en retombées économiques dans la région.Avec ce qui se passait, on n'a pas pu vendre de forfaits ».La catastrophe a toutefois été évitée de justesse le 20 décembre.Le ministre de l'Agriculture, Rémy Trudel, a fait un geste en direction des agriculteurs mécontents en déposant le projet de loi 184 sur la protection du territoire agricole.Jugé « insuffisant » par l'UPA, le geste a tout de même été perçu comme tel par son président Laurent Pellerin qui a aussitôt recommandé à ses membres de lever l'interdiction de circuler en motoneiges sur leurs terres.Les producteurs agricoles sont bien « conscients, a-t-il précisé, de l'importance économique de la motoneige pour leur région ».Photo ROBERT SKINNER, La Presse © Selon Tourisme Québec, quelque 17 % de la population québécoise de plus de 15 ans pratique la motoneige, ce qui représente plus d'un million de personnes. 1LP0301B0115 B3 Lundi 1LP0301B0115 ZALLCALL 67 00:34:41 01/15/01 B L A P R E S S E MONT R É A L L UND I 1 5 J ANV I E R 2 0 0 1 B 3 Les vieux jeunes La bioingénierie a-t-elle trouvé la Fontaine de Jouvence ?d'après USA Today Deux fois par jour, la créatrice de mode Diane Gilman remplit sa petite seringue d'un liquide clair très coûteux et se l'injecte dans la hanche.Elle avale aussi 10 pilules : six suppléments et quatre médicaments d'ordonnance.À 55 ans, l'âge où bon nombre de personnes ressentent les douleurs annonciatrices de la vieillesse, Gilman insiste qu'elle ne s'est jamais sentie mieux.Elle est musclée, déborde d'énergie et présente un visage sans rides.« C'est un miracle.Les gens me demandent si j'ai 32 ans, se vante-t-elle.Les gens qui me connaissent et qui ne m'ont pas vue depuis cinq ans en restent bouche bée.Ils me disent : Qu'est-ce qu'il t'arrive ?Nous vieillissons et toi, tu vas dans l'autre direction.En réalité, Diane Gilman s'injecte un produit de la bioingénierie : une hormone de croissance humaine reproduite synthétiquement.Le public associerait sans doute une pratique semblable à des athlètes olympiques cherchant à rehausser leurs performances, plutôt qu'à des baby-boomers en guerre contre le vieillissement.Pour les uns et les autres, l'usage ne vas pas sans risques, disent plusieurs médecins.Cela ne semble pas inquiéter Gilman, qui passe régulièrement au Home Shopping Network (chaîne de consommation) comme porte- parole d'une révolution dont la STH est l'élixir et Hollywood, l'épicentre.Oliver Stone, Nick Nolte et Dixie Carter comptent parmi les vedettes qui avouent utiliser la STH.« Je pense que j'ai l'air plus jeune », dit Stone, qui tente ça et là de ralentir l'horloge du temps depuis le début des années 90.« Mais le véritable enjeu, c'est de se sentir mieux.» « C'est la médecine du XXIe siècle », affirme Alan Mintz, utilisateur de STH et fondateur de Cenegenics, la plus grande clinique antivieillissement des États-Unis.Située à Las Vegas, l'institution a quelque 1200 clients.Paul Jellinger, président de l'Association américaine des endocrinologues cliniques, estime pour sa part que les injections de STH constituent un usage abusif du produit.« Disons qu'il s'agit tout au moins d'un usage peu approprié, avec des attentes exagérées, opine-t-il.C'est une hormone intéressante et nous l'étudions, mais ses effets à long terme sont loin d'être connus.» Comment ça fonctionne ?Ce que l'on sait, c'est que le niveau de STH naturelle commence à diminuer chez l'humain vers l'âge de 25 ou 30 ans.Avec les injections, disent les défenseurs de la pratique, les muscles et les os se régénèrent, la mémoire se renforce, un sentiment de bienêtre en résulte et, en général, vous avez l'impression d'avoir 25 ou 30 ans.Même si la Food and Drug Administration des États-Unis a approuvé la STH pour corriger certains « déficiences » chez les adultes, plusieurs médecins considèrent que le désir de retrouver sa jeunesse ne constitue pas une correction de déficience.L'antivieillissement en soi fait l'objet de recherches depuis une quinzaine d'années et l'Université Harvard a pris en main en 1997 les premiers examens de certification de praticiens de l'antivieillissement.Dans sa lutte pour prolonger la vie, ce champ futuriste de la médecine promet des découvertes biomédicales sur plusieurs fronts : cryogénie, régénération, cartographie des gènes, clonage et bien plus.Le phénomène antivieillissement fascine de façon partic u l i è r e K e n Dychtwald, de Age Wave, un laboratoire de réflexion situé à Emeryville en Californie.Il estime que 250 000 Américains s'injectent à la STH régulièrement.« Je participe à des conférences et les gens viennent me voir Ð surtout les riches Ð et me disent : « Êtes-vous du programme ?Faitesvous quelque chose pour rester jeune ?» C'est devenu la mode chez les riches et puissants.» Généralement, le traitement commence par une évaluation exhaustive aux plans nutritionnel, métabolique, immunitaire, hormonal, mental et spirituel Ð suivie d'examens auditifs et visuels, d'une scintigraphie osseuse, du test de l'escalier roulant et d'une évaluation des fonctions cérébrales.Un traitement complet à Cenegenics coûte 1750 $ US.À la Clinique Life Span, à Beverley Hills et à Dallas, la facture oscille autour des 5000 $US.Les tests aident à identifier des carences ou des déficiences dans un nombre de domaines Ð les premiers signes de l'ostéoporose, un problème thyroïdien, un taux de glycémie anormal.Les régimes prescrits peuvent comprendre des suppléments, que le patient peut acheter ou obtenir par l'intermédiaire d'un médecin, ou encore des injections de STH, qui peuvent coûter plus de 1000 $ par mois.Les suppléments et injections de Mme Gilman lui coûtent 1500 $ par mois et comme la plupart de ces régimes, ne sont pas couverts par l'assurance- maladie.C'est quoi, la STH ?Sécrétée par l'hypophyse, la somatotrophine (STH) est l'hormone qui nous fait grandir.Les médecins ont commencé à prescrire cette hormone, il y a environ 35 ans, aux enfants qui avaient besoin d'une stimulation de croissance.La STH fut d'abord extraite de carcasses de vaches, mais après plusieurs incidents de maladie de la vache folle, on a préféré passer à une production synthétique.En 1985, la compagnie Genentech, de San Francisco, a produit par bioingénierie une des premières hormones de croissance humaines, le Protopin.Aujourd'hui, cinq compagnies pharmaceutiques vendent de la STH aux États-Unis ; Genotropin, la plus populaire, produite par Pharmacia & Upjohn, a enregistré l'an dernier des ventes totales de 461 millions $ US.Considérée comme efficace seulement lorsque vendue sous ordonnance et injectée, à l'opposé des pilules ou vaporisateurs vendus sur Internet ou ailleurs, la STH promet de réduire la pression sanguine, de tonifier les muscles sans exercice additionnel, d'accroître l'élasticité de la peau, d'épaissir la chevelure, d'aiguiser la vision, d'améliorer le sommeil et de stimuler la puissance sexuelle Ð entre autres ! Les sceptiques notent que ces bienfaits peuvent s'accompagner d'effets secondaires, y compris des douleurs aux jointures, le syndrome du canal carpien, la rétention des fluides et la résistance à l'insuline.De tels problèmes se corrigent habituellement en réglant le dosage, cependant.D'autres estiment qu'il faut s'inquiéter quand on introduit dans le corps humain des organismes qui ne devraient pas y être.On songe notamment au Fen-Phen, aux implants mammaires et à la thalidomide.Pour Ronald Klatz, président de l'American Academy of Anti-Aging Medicine, ces craintes sont exaspérantes.« Voici un produit que nous avons étudié et étudié et étudié, dit-il.On en fait un usage clinique depuis 50 ans et un usage courant depuis 35 ans.Des dizaines de milliers, voire des centaines de milliers ont reçu des hormones de croissance Ð qu'ils soient enfants ou adultes.Il ne s'agit pas d'un secret.» « Vous entendez ces bonhommes-septheures et ces adversaires dire que la STH peut causer ceci et cela et le cancer Ð cela donne la frousse aux gens.» Murray Sausser, un médecin de Los Angeles qui compte parmi ses patients la comédienne Dixie Carter, affirme : « C'est un usage hors posologie, mais c'est légal et les gens ont le choix.Il s'agit d'un usage abusif seulement si je leur mens.Je dis aux gens qui en prennent : C'est expérimental, ça peut vous aider, mais je n'en suis pas sûr.» Porte-parole de la STH Mme Gilman avait commencé à chercher un remède contre le vieillissement quand, âgée de 50 ans, on lui a demandé de vendre des vêtements à une chaîne de consommation.« Je me suis dit : « C'est un peu tard pour entreprendre une carrière à la télévision.» Quand je me suis regardée dans le miroir, je n'étais pas entichée de ce que j'ai vu.Alors je me suis fait faire une chirurgie plastique, comme toute bonne Américaine.Puis je me suis alors aperçue que je manquais d'énergie et je me suis demandé : « Comment vais-je y arriver ?» » C'est alors qu'elle a entendu parler de la STH.Elle a appelé un médecin et s'injecte l'hormone quotidiennement depuis deux ans.Elle est consciente, et heureuse, d'être devenue une porte-parole de la STH.« Mon niveau d'énergie est superbe.Ma peau me fait paraître dans la vingtaine.J'ai perdu 25 livres.J'avais des douleurs au dos et aux genoux, mais elles ont complètement disparu parce que j'ai plus de muscle et que mes os se régénèrent.La STH a tenu toutes ses promesses », soutient-elle.Et les effets secondaires ?« Aucun ! » Elle se souvient de sa première injection de STH.« Je sentais que mon corps était devenu une horloge dont tous les engrenages étaient en train de s'arrêter.Le deuxième jour, c'est comme si les engrenages s'étaient remis à tourner, mais dans la direction opposée.Klatz a aussi fait usage de la STH.Sans modifier son régime alimentaire, sa taille de pantalons a diminué de deux pointures et sa poitrine s'est gonflée de deux pouces.Il a 44 ans, mais du point de vue « biologique », il en a 34.Il ajoute : « Je m'attends à vivre jusqu'à 150 ans.Je serai déçu si je n'y arrive pas.» Le réalisateur américain Oliver Stone.L'acteur Nike Nolte avoue utiliser de la somatotrophine.À 55 ans, la créatrice de mode Diane Gilman s'injecte deux fois par jour une hormone de croissance humaine reproduite synthétiquement.Les manipulations génétiques inquiètent RICHARD INGHAM Agence France-Presse PARIS Ð La naissance du premier singe génétiquement modifié et la création accidentelle d'un virus ravageur dans un laboratoire australien suscitent l'inquiétude des experts et organismes de contrôle.En voulant mettre au point un vaccin contraceptif pour limiter la prolifération des rongeurs, des chercheurs australiens ont accidentellement créé la semaine dernière un virus tueur qui a massacré tous les animaux.Cette découverte fortuite, issue de la manipulation génétique d'un redoutable virus de la variole, laisse entrevoir un scénario de cauchemar si des terroristes s'en emparaient pour mener à bien de néfastes projets, s'est inquiété l'hebdomadaire de vulgarisation New Scientist, daté du 13 janvier.Le même jour, des chercheurs américains ont annoncé qu'ils avaient créé le premier singe au monde génétiquement modifié.Un gène de méduse a été inséré dans l'ovule de la mère de cet animal surnommé ANDi Ð pour ADN inséré.Ce gène marqueur rend l'animal fluorescent s'il est placé sous une certaine lumière, permettant aux chercheurs de vérifier qu'il a bien été intégré.« Ce n'est qu'un début.Actuellement nous parlons d'un petit nombre d'animaux et de marqueurs de gène, mais que se passera-t-il dans l'avenir quand les chercheurs ajouteront ou enlèveront des gènes à des primates pour voir ce qui se passe ?» s'est inquiétée l'Association britannique pour l'abolition de la vivisection.« Le résultat final sera une terrible souffrance.Se prendre pour Dieu en jouant avec les gènes des primates est moralement haïssable », ajoute-t-elle.Cette inquiétude est partagée dans les milieux scientifiques et médicaux, notamment français et britanniques.« Notre connaissance sur le mode de fonctionnement des gènes dans un environnement normal est faible », a estimé Sue Meyer, chirurgien-vétérinaire et biologiste qui est porte-parole de Gene- Watch, une association britannique.« Quand vous insérez des gènes dans un autre organisme vous ne pouvez contrôler où ils vont aller ni comment ils vont se reproduire et vous pouvez interférer sur les fonctions de l'organisme », affirme- t-elle.« La plupart des évaluations des risques en recherche génétique sont faits de façon mécanique comme si 1 + 1 faisait 2, et ne laisse pas de place à l'inattendu et à l'imprévisible comme cela s'est produit dans le cas australien » avec le virus des souris.L'usage des singes dans la recherche expérimentale est en outre condamné par l'opinion publique, a indiqué Axel Kahn, directeur de l'Institut français pour la santé et la recherche médicale (INSERM).« Le public accepte beaucoup plus facilement l'expérimentation sur les souris », a-t-il dit.En outre, la question de l'utilité même de ces recherches est posée.En effet, même si les singes ont en commun avec l'homme de 95 % à 99 % des gènes, il reste une importante différence entre les deux.« Certaines maladies comme la schizophrénie ne peuvent être que le fait des hommes », a notamment relevé Patrick Bateson, président d'un groupe de travail sur les animaux génétiquement modifiés de la Royal Society, une prestigieuse société de scientifiques britanniques.Pour Sue Meyer, il faudrait, à la lumière de ces affaires, un « plus grand contrôle de la part du public sur ce qui se passe dans les laboratoires » et un débat plus large sur les principes fondamentaux de la recherche. 1LP0401B0115 b4 lundi 1LP0401B0115 ZALLCALL 67 00:36:59 01/15/01 B B4 LA PRESSE MONTRÉAL LUNDI 1 5 JANVIER 2001 Une parodie présidentielle signée Clinton LES ACTIVITÉS entourant la fin du mandat du Président Clinton se poursuivent.Aujourd ' h u i , a u s i t e web d e CNN (www.cnn.com), c'est au tour de l'ancien secrétaire de presse du président de venir témoigner de son expérience au côté de M.Clinton.Joe Lockhart veut parler de ce que laisse le président Clinton à la nation américaine.C'est à 17 h.n n n PARLANT DU président Clinton, si vous n'avez pas encore eu la chance de regarder le film qu'il a produit dans le cadre du dîner traditionnel avec les gens de la presse, c'est à voir.Bill Clinton s'amuse à dépeindre ses derniers jours de mandat de façon amusante et sans trop avoir peur de rire de lui.Une parodie présidentielle faite par le président.On peut voir ce petit film au site américain Ad Critic (www.adcritic.com) qui, comme son nom l'indique, s'intéresse aux productions publicitaires ou aux films de promotion.Un genre de festival de la pub 365 jours par année.Si la pub vous intéresse, sachez qu'il existe également un site sur le sujet en français.Tout comme Ad Critic, le site Publivores (www.publivores.com) offre aux amateurs les pubs en vidéo qu'on peut visionner facilement à partir de son ordinateur.n n n LE PREMIER groupe culte de country américain, le groupe Alabama, est l'invité de l'espace de discussion du site Lycos (clubs.lycos.com).Ce groupe détient une des fiches les plus imposantes avec, entre autres, le record de vente de billets de concert dans sa catégorie musicale et 17 albums certifiés platine.Ils n'ont donc rien à envier à personne.C'est à voir si le sujet vous intéresse.La session de clavardage a lieu à 17 h.n n n C'EST UN 24 heures de diffusion de blues qui commence au site House of Blues (www.hob.com) aujourd'hui, à compter de 15 h, avec le saxophoniste Joe Houston qui a travaillé avec plusieurs grands noms en 50 ans de carrière.Parmi eux, on pense à John Coltrane, King Kolax, Big Joe Turner, Gatemouth Moore, Amos Milburn et les Rolling Stones.Houston est autant connu pour ses spectacles que pour ses enregistrements sur disque.On présente la captation d'un concert qui a eu lieu l'automne dernier, à Orlando.Bruno Guglielminetti collaboration spéciale Le mystère des « super-cerveaux » VILEM BISCHOF Agence France-Presse PARIS Ð Einstein, Inaudi, Mozart, Eberstarck.Les uns gardent une célébrité planétaire, les autres sont inconnus, mais ils ont tous partagé ou partagent quelque chose d'important : un cerveau aux capacités hors du commun.C'est ce que raconte Robert Clarke dans son ouvrage Super cerveaux : des surdoués aux génies, qui vient tout juste de paraître.Au travers d'anecdotes et d'exemples parfois étonnants, ce journaliste et écrivain scientifique montre à quel point les capacités du cerveau humain, avec ses cent milliards de cellules qui le rendent plus efficace que le plus puissant des ordinateurs, demeurent mystérieuses.Dans notre plus tendre enfance, relève Robert Clarke, nous avons tous été en quelque sorte des « surdoués », à en juger d'après la déconcertante facilité avec laquelle nous avons spontanément appris la langue maternelle, comme s'il existait, pour les 5000 langues dans le monde, une sorte de grammaire universelle basée sur un programme d'apprentissage inné.Par la suite, notre réussite dépend certes grandement de notre environnemment social.Les musiciens, par exemple, apparaissent plus facilement dans une famille de musiciens, mais cela ne signifie pas qu'un génie doit forcément passer par ce stade.Un violoniste japonais imagina de favoriser des talents musicaux chez des enfants en leur faisant entendre de la musique pendant la première année de leur vie, puis en leur faisant jouer d'oreille de la musique.« La méthode a donné de très bons instrumentistes, mais il n'est sorti aucun génie musical de cet enseignement ».Mozart, lui, rechercha tout seul, dès l'âge de trois ans, au piano, les tierces qui s'accordent, et apprit par coeur de petits menuets.Parmi les enfants surdoués, on rencontre également une catégorie très particulière, celle des calculateurs prodiges, comme le Français Jacques Inaudi, né en 1867.Illettré, devenu berger, il trompa l'ennui en imaginant des combinaisons avec des nombres, sans rien connaître de l'arithmétique, et apprit ainsi à effectuer des calculs à une vitesse ahurissante.Il étonna l'ensemble du monde savant en réinventant des lois mathématiques qu'il ignorait.Les grands calculateurs mentaux ont recours à des moyens mnémotechniques parfois basés sur d'étranges rapports passionnels avec les chiffres : l'Autrichien Hans Eberstarck, qui parlait quinze langues et mémorisait 11 944 décimales du nombre pi, n'aimait par le 8, « sorte de brute aux mains calleuses », ni « l'arrogant et l'autosatisfait 36 », contrairement au « paternel 76, plutôt lourdaud mais digne de confiance.» Albert Einstein, auquel on pense le plus souvent lorsqu'on évoque la notion de génie, était dans son enfance renfermé et extrêmement lent, au point que sa famille se demandait s'il n'était pas retardé mentalement.Il mettra par ailleurs dix ans à formuler sa fameuse théorie de la relativité et ne donnera guère d'informations sur la façon dont il y est parvenu.« Ces pensées, disait-il, ne me sont venues dans aucune formulation verbale.Je pense rarement en mots.Une pensée vient et je peux essayer de l'exprimer en mots ensuite.Après sa mort, en 1955, un pathologiste américain eut la macabre idée de conserver le cerveau du grand physicien pour essayer de trouver des « traces » matérielles de son intelligence.Aucune trace nerveuse n'y a jamais été repérée, contrairement à une anomalie au niveau des lobes du cerveau qui, diagnostiquée chez un foetus, pourrait justifier une interruption de grossesse. 1LP0501B0115 B 5 actuel lundi 1LP0501B0115 ZALLCALL 67 00:38:25 01/15/01 B L A P R E S S E MONT R É A L L UND I 1 5 J ANV I E R 2 0 0 1 B 5 Salon Épargne- Placements RETRAITE BIOTECHNOLOGIE CLONAGE SOCIÉTÉ FISC HÉRITAGE CONSERVER BOURSE SANTÉ VALEURS ACTIONS ÉDUCATION INVESTIR FLUCTUATIONS INDICES «Investir dans la vie, c'est penser à sa retraite, à ses placements.Investir dans la vie, c'est aussi investir dans la science.dans le savoir.» Serge Martin, président du Salon Le Pavillon Générations en jeu Le Café des investisseurs L'analyse de vos titres sur écran géant L'Université Internet Le Festival du film scientifique Les jeux de simulation boursière L'école du placement de Claude Chiasson Les consultations gratuites des notaires Le Carrefour Science et Technologie À VOIR ABSOLUMENT! Montréal, Place Bonaventure 26 au 29 janvier 2001 Vendredi, samedi, lundi: 11 h à 21 h - Dimanche: 11 h à 18 h Spécial 20e ÉDITION www.finances-en-direct.com 2923957A La Presse 15 janvier 2001 Page B6 manquante 1LP0701B0115 B 7 actuel lundi 1LP0701B0115 ZALLCALL 67 00:34:59 01/15/01 B LA PRESSE MONTRÉAL LUNDI 1 5 JANVIER 2001 B7 La Presse 15 janvier 2001 Page B8 manquante "]
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