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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
L. Lectures
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2008-11-30, Collections de BAnQ.

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[" LECTURES POLARS ELIZABETH GEORGE: LA PLUS BRITANNIQUE DES ROMANCIÈRES AMÉRICAINES PAGE 7 ESSAIS DES ÉCRITS POLITIQUES EN PLEINE CAMPAGNE PAGE 3 ENTREVUE LE RETOUR DU MYSTÉRIEUX BOURBAKI PAGE 2 sur cyberpresse.ca BLOGUE Chantal Guy parle de poésie sur son blogue, à consulter sur cyberpresse.ca/guy TOP 10 Consultez le top 10 des biographies et essais de 2008 sur cyberpresse.ca/topbio ELSA PÉPIN COLLABORATION SPÉCIALE La grande odyssée imaginée par Mathias Énard prend son envol dans un train qui file de Milan à Rome, où l'agent secret Francis Servain Mirkovic emprunte une nouvelle identité et tente de fuir son passé d'ancien guerrier.Son voyage nous emporte dans cette «zone» floue de la conscience, hors du temps, où les milliers de souvenirs de guerre se croisent et dialoguent entre eux.Le jeune auteur français , vivant à Barcelone, spécialiste de l'arabe et du persan, a mis quatre ans pour écrire ce roman aux enchaînements complexes, mais cela faisait plus de 10 ans qu'il compilait des récits et des souvenirs de guerre.« J'ai eu un premier contact avec la violence de la guerre, au Liban, en 1990, alors que je faisais un reportage sur la Croix-Rouge libanaise », raconte l'écrivain.À partir de là, j'ai commencé à rassembler des matériaux sur la violence de la guerre et les combattants, des récits, des témoignages de gens que j'ai rencontrés dans mes voyages.Petit à petit, ça a formé un réseau d'histoires et de récits.» Mathias Énard a ensuite eu envie d'intégrer tout ce matériel dans un grand livre épique autour des Palestiniens, qu'il perçoit comme les Troyens des Temps modernes.Puis, l'idée d'un homme dans un train qui porterait tous ces récits dans sa valise lui est apparue et Zone est né.Le narrateur traîne une mallette pleine de documents sur d'hypothétiques terroristes pris dans l'engrenage de la guerre.Fuyant sa propre vie, Francis cherche à se débarrasser de ce fardeau, mais apprend aussi à l'assumer.« Ce qui m'intéresse, c 'est de voir de quelle façon les hommes basculent ou pas dans la violence et comment ils assument leur culpabilité, leur rapport à la faute, à la douleur subie, ou à celle qu'ils ont fait subir », explique le romancier.Esthétique de la violence À l'origine du roman, il y a une volonté de donner une réalité aux guerres et à leurs morts anonymes.«Je voulais donner une matérialité à la violence, explique-t-il.Derrière l'histoire, il y a des hommes, des femmes, des enfants, qui ont eu une présence dans le monde.» Pour l'auteur, la remontée vers les origines de la violence, à travers les mythes, les textes religieux et les récits de guerre, permet de comprendre le présent.« Il faut savoir ce qu'on porte, comme Francis, pour savoir d'où on vient .Connaître les récits qui nous ont précédés nous aide à être plus libres, à s'en détacher.La liberté, c'est de comprendre pourquoi on est enclin à faire une chose plutôt qu'une autre.À partir du moment où on sait, on peut lutter contre ses propres tendances.» Pour orchestrer cette fresque ambitieuse, Mathias Énard a placé son personnage dans un train en mouvement, cet espace entre deux mondes, hors du quotidien, propice à l'introspection.ENTREVUE / Mathias Énard Les racines du mal et de la liberté À Montréal pour la première fois à l'occasion d'une visite éclair, Mathias Énard a rencontré La Presse avec, en main, un roman colossal où l'horreur se mêle au sublime.Zone, qui vient de remporter le prix Décembre, aborde la violence de la guerre à travers tous ceux qui l'ont vécue, depuis les héros épiques de la mythologie grecque jusqu'aux Palestiniens et Libanais du XXe siècle.PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE Vivant à Barcelone, l'auteur Mathias Énard a mis quatre ans pour écrire Zone, un roman aux enchaînements complexes.«Derrière l'histoire, il y a des hommes, des femmes, des enfants, qui ont eu une présence dans le monde.» >Voir ÉNARD en page 3 Elizabeth George Après les best-sellers Lady Cartier et Le Roman de Julie Papineau «Micheline Lachance montre, encore une fois, sa grande compétence d'historienne et de romancière.» \u2014 Jean Barbe, Bazzo.TV QUÉBEC AMÉRIQUE www.quebec-amerique.com Les Filles tombées de Micheline Lachance 3587730A LECTURES ELSA PÉPIN COLLABORATION SPÉCIALE Alexandre Bourbaki, le pseudonyme sous lequel se cachaient les écrivains Nicolas Dickner et Bernard Wright- Laf lamme (W.-L .) et le dessinateur Sébastien Trahan, poursuit sonoeuvre commencée avec le Traité de balistique (2006), un recueil de nouvelles écrit à quatre mains et illustré par Trahan.L'imprévisible collectif, habité par un besoin constant de se redéfinir, n'a pas fini de surprendre.Cette fois, Bourbaki accouche de Grande plaine IV, un dialogue entre un roman écrit par Trahan il y a plus de 10 ans et le journal de Bourbaki, tenu par Bernard W.-L.Nicolas Dickner n'a pu participer au projet, trop occupé à son propre roman.Le collectif tricéphale serait-il devenu bicéphale?Alexandre Bourbaki est toujours constitué des trois compères de départ, assure Bernard W.-L., mais chaque aventure se déroule selon de nouvelles règles.Pas de culte de l'auteur chez eux.C'est le propre d'un collectif.«À chaque projet, il y a une nouvelle manière de travailler, explique Bernard W.-L.Le premier livre était une écriture à deux.Ici, c'est un dialogue avec un roman qui a préexisté.» Trahan ajoute que leur laboratoire vise à expérimenter des nouvelles façons d'écrire, à s'inspirer d'autres techniques et à déconstruire.Respectivement programmeur et réviseur linguistique, Trahan et Bernard W.-L.ressemblent à des explorateurs de la littérature, maîtres de l'absurde et des jeux de logique.Dans l'esprit ludique du Traité de balistique, les deux auteurs ont donc donné naissance à un nouvel objet expérimental.La genèse de Grande plaine IV est en soi une histoire fascinante.Trahan avait, dans son tiroir, un roman qui dormait depuis près de 15 ans.«Je travaillais à l'époque chez Omer De Serres, dans un endroit très isolé et j'ai eu le temps d'écrire un roman, raconte le bédéiste.J'ai proposé à Antoine Tanguay (éditeur chez Alto) et à Nicolas Dickner de lire le texte.On a décidé de partir de ça pour le nouveau projet de Bourbaki.» Fait étonnant, ils ont découvert dans les écrits de Trahan des parallèles avec le Traité de balistique: des croisements, des hasards, qu'ils ont bien entendu exploités avec délectation ! Bernard W.-L.a donc pris le roman de Trahan et l'a mis en scène dans un autre monde.«J'ai inventé le personnage de Bourbaki qui, à la base, n'existait pas.On voulait produire des livres pour le faire exister.Je lui ai donné de la chair, une consistance.Autant Dickner s'est nourri de lui pour créer le premier Bourbaki, autant le Bourbaki de ce roman fait partie de ce que j'ai fait pendant l'année et demie où je l'ai écrit», précise-t-il.Blagues et clins d'oeil Grande plaine IV met en scène Bourbaki, un écrivain bourru qui fuit Montréal pour se retirer dans un petit village afin d'écrire.Installé dans un motel, il croise de mystérieux personnages et cherche à saisir l'engouement des villageois pour la peinture à numéros et les reproductions de Molinari.Entre un garçon asocial qui écrit des carnets qui ressemblent étrangement aux écrits de Bourbaki et une épidémie d'entropie - cette maladie imaginaire qui ralentit le système -, le pseudo-auteur découvre que le village s'est engagé dans un surprenant combat artistique : le projet Grande plaine IV consiste à raser une montagne.Truffé de blagues, de clins d'oeil et de culs-de-sac, Grande plaine IV est un roman plein d'énigmes que les auteurs ne cherchent pas à résoudre.« Quand on laisse entendre qu'on va comprendre quelque chose, c'est pour cacher qu'il n'y a rien à comprendre », raconte Bernard W.-L.«C'est l'histoire d'un type qui part et rencontre son double.Pour une fois, c'est le double qui meurt et ça trouble le personnage.» Petit, ce double dont les carnets insérés dans le roman sont tirés du roman de Trahan, souffre d'une mal étrange qui le soustrait du monde.«Ça n'a pas été écrit en pensant à l'isolement, comme Zola, qui faisait des plans pour ses romans», explique Bernard W.-L., étonné qu'on trouve des angles d'analyse à ce roman écrit à l'aveuglette.Pour Alexandre Bourbaki, les choses semblent toujours arriver par accident.L'entropie, l'endormissement dont sont atteints les villageois, est une idée piquée au roman de Trahan, que Dickner, par pur hasard, avait aussi développée dans le Traité de balistique! Comme quoi leur communauté d'esprit est fondée sur de mystérieuses connections.Contrairement à certains laboratoires de création, les jeux d'écriture d'Alexandre Bourbaki ont l'avantage d'être accessibles.Grande plaine IV se lit comme un roman de l'étrange, ironique et délirant, mais qui ne tombe pas dans l'incompréhension.Bourbaki prépare déjà un troisième projet et Nicolas Dickner serait à nouveau au poste.On peut s'attendre à tout.Grande plaine IV Alexandre Bourbaki Alto, 269 pages, 22,95 $.Alexandre Bourbaki, le sibyllin MARIE-CLAUDE FORTIN COLLABORATION SPÉCIALE Pickton Vale\u2026 Le nom nous semble étrangement familier.Pourtant, une petite recherche sur la Toile nous apprend qu'il n'y a ni ville ni village de ce nom, ni au Québec, ni ailleurs.Sous «Pickton», on retrouvera plutôt Robert, éleveur de porcs de la Colombie-Britannique, tueur en série tristement célèbre.Absolument rien à voir avec ce premier recueil d'un Montréalais qui assemble, avec pas mal de dextérité, des nouvelles comme de jolis carrés d'étoffe.L'auteur, Benoit Trottier, évolue dans le domaine de la publicité depuis plusieurs années, nous apprend la quatrième de couverture.Déformation professionnelle?Il a le don d'épingler les mots qui marquent l'imaginaire.Mais aussi une propension à développer des «concepts ».Car concept il y a, dans ce recueil de sept textes qui met en scène une brochette de personnages fort bien campés.En fait, Trottier travaille un peu comme un designer d'intérieur.Son recueil est une maison dont les nouvelles sont autant de pièces.Chacune a sa couleur propre (qui lui sert de titre), du vert au bleu, en passant par le rose, le noir, le rouge, le jaune et le blanc.Chacune a sa personnalité, mais des motifs communs donnent à l'ensemble son unité.Dont un lieu qui revient: Pickton Vale, village fictif auquel les protagonistes sont tous rattachés, de près ou de très loin.À commencer par Agathe Alary, cette femme malheureuse et pourtant pleine d'espoir, qui décore le gîte touristique qu'elle vient d'ouvrir à Pickton Vale comme si sa vie en dépendait.Son premier client, le grand comédien Bernt Bergen, viendra cruellement crever sa bulle de rêve, sans même s'en apercevoir.Ce personnage d'acteur, nous le reverrons dans d'autres nouvelles.Héros dangereusement narcissique dans Le rouge, personnage secondaire dans Le bleu, rôle muet dans Le noir - où c'est son amant qui prendra les devants de la scène.Ambitieux ou rêveurs, téméraires ou timorés, dévastateurs ou dévastés, les êtres qui évoluent entre les sept histoires imaginées par Benoît Trottier sont souvent comme l'envers et l'endroit de mêmes médailles.Les liens qui les unissent sont forts ou ténus, mais déterminants.Le sort d'Agathe Alary, la propriétaire malheureuse du gîte touristique, influera sur ceux de son mari, héros mémorable du Rose, mais aussi de ses deux enfants, Jérémie, avec ses angoisses et sa psy, et Joëlle, âme d'artiste emprisonnée dans un corps timide que la mort de sa mère libérera.Les coutures sont visibles, certes, mais la courtepointe est jolie.Des nouvelles de Pickton Vale est une première incursion dans le monde de la littérature.On lui pardonnera facilement ses quelques faiblesses.Son côté un peu trop «fabriqué», justement.Ses quelques pistes qui n'aboutiront nulle part - comme ce personnage de Brian, formidable bombe à retardement, dans Le noir, qui n'explosera jamais.On retiendra surtout les forces de ce recueil : des personnages crédibles qui, à la faveur d'événenents marquants, jaillissent de leur cocon.Des êtres vrais, qui se révèlent dans le drame et la joie.Et une écriture efficace, sans bavure.Pour un premier livre, c'est déjà beaucoup.Des nouvelles de Pickton Vale Benoît Trottier Québec Amérique, 152 pages, 19,95$ HHH LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE Un premier roman «concept » PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE Sébastien Trahan, Nicolas Dickner et Bernard Wright-Laflamme, les trois compères derrière Alexandre Bourbaki.CHANTAL GUY SIGNET J'ai terminé dans la même semaine Écrivains chéris de Jean O'Neil (Libre Expression) et Le ciel de Bay City de Catherine Mavrikakis (Héliotrope).Deux mondes opposés.La question lancinante du langage m'est revenue.Comment il se forme, et à partir de quoi surtout.Ce curieux miracle qui se passe dans l'enfance, quand vous vous mettez à nommer le monde avec les mots de votre mère.Exemple.Vous grandissez dans les cuisines de votre père pâtissier.Vous ne mangez pas seulement des gâteaux; vous mangez des choses nommées saint-honoré, mousse, coulis, tartelettes, meringues.Ces multiples saveurs, odeurs et textures ont été nommées avant vous et rempliront non seulement votre panse, mais aussi votre vocabulaire.Maintenant, vous voilà écrivain et, l'idée consacrée voulant qu'un écrivain parle de ce qu'il connaît, vous racontez une réalité au moyen de ces mots qu'on vous a appris pour la définir.Devant la feuille blanche, vous redécouvrez forcément vos origines.Quand j'étais enfant, je pensais que la poésie ne servait qu'à parler des choses jolies, comme les fleurs.Mais je ne connaissais que les roses de la Saint-Valentin et le pissenlits du parc La Fontaine, ayant grandi essentiellement en milieu urbain.Je me sentais exclue de la poésie (jusqu'à ce que je lise Une charogne de Baudelaire).Mon vocabulaire pour décrire la nature se résumait à arbres, nuages et fleurs.Mais comme les Inuits ont des tas de mots pour décrire la neige, je pouvais écrire inlassablement sur les rues bétonnées de mon quartier.Ce que fa it admi rablement bien Catherine Mavrikakis dans Le ciel de Bay City, qui vient de remporter le Grand Prix du livre de Montréal.Dès le début, elle détaille ce ciel « mauve sale » lorsque le soleil se couche sur les toits des maisons préfabriquées, dans ces banlieues américaines sans âme.Cela rappelle Nancy Huston dans son recueil Désirs et réalités, lorsqu'elle aborde la laideur de sa province natale.« Comment se fait-il que dans le Nouveau Monde en général et en Alberta en particulier, nous soyons si fermés à cet aspect esthétique de la vie ?Que l'on ne soucie plus de transmettre de la beauté aux générations futures?Que l'on estime normal de mettre devant les yeux de nos enfants un enchaînement chaotique de fast-food, de stations-service, de bâtisses disgracieuses et de centres commerciaux?Comment faisons-nous pour croire que cette hideur ne déteindra pas sur leur âme?» Question troublante que celle de la beauté, qu'on ne se pose pas assez.Quel type d'écrivain ou de lecteur devient-on selon les paysages dans lesquels on a grandi ?Jusqu'à quel point sommes-nous affectés par cela ?Jean O'Neil, c'est l'écrivain du voyage, des grands espaces, créateur, selon l'Encyclopédie canadienne, d'un genre bien à lui, le «tourisme littéraire ».Dans son livre de récits, il retourne sur les lieux de ses écrivains chéris (Claudel, Hugo, Péguy, Queneau, etc.), et dévoile sa corde sensible dans un chapitre qui m'a beaucoup amusée, tant il vomit sa haine sur ces écrivains urbains qui vont souiller la maison de son beau Rimbaud.« Je ne pousserai pas le culte jusqu'à demander à coucher dans sa chambre comme le fit, en 1982, cette ordure d'Allen Ginsberg, qui se réclame de sa paternité, lui et combien d'autres, ignares, arsouilles de tout acabit, soûls et drogués jour et nuit, leur vie durant, à des années-lumière de sa culture, de son érudition, de son art, de son talent, et qui n'ont retenu et imité que les injures et les crachats de sa brève période bohémienne.» Je vous épargne le reste, non par pudeur mais par manque d'espace, et vous invite fortement à lire ce pamphlet d'esthète, plutôt rare de nos jours.Mais je le trouve dur, O'Neil.J'ai de l'admiration et de la compassion pour ces écrivains forcés d'inventer la littérature à partir de la laideur, sans le secours de la beauté évidente de la nature, des ciels bleus, des effluves de la mer ou des murmures des cathédrales.Pour bien des gens, la beauté fait presque peur, le mot même crée un malaise.Nous ne savons plus de quoi elle est faite, nous ne savons pas comment l'accueillir, nous sommes devenus maladroits comme des puceaux devant l'amour.Et beaucoup d'écrivains (et de lecteurs) se vengent de ces beautés dont ils sont privés.tandis que d'autres les cherchent encore.COURRIEL Pour joindre notre journaliste: cguy@lapresse.ca Le blogue: www.cyberpresse.ca/guy Écrivain des villes, écrivain des champs SIGNET LECTURES ROBERT LÉVESQUE COLLABORATION SPÉCIALE Les romanciers aiment différer, ce ne sont pas des journalistes, ils remettent à plus tard le rendu qui ne sera plus un compte rendu, mais un travail littéraire qu'ils auront à faire s'ils ont vécu, dans la réalité, une expérience, forte sensation ou choc spectaculaire ; émotion vive.Repoussant l'échéance, passant à autre chose, ils s'éloignent du sujet après avoir tourné autour de tous ses possibles ; c'est alors, avec le temps, l'inspiration, le métier, qu'ils peuvent, non pas recréer l'événement, mais créer à partir de lui.D'un souvenir, construire une histoire.D'une vision, rendre une illusion, utopie ou rêve.D'un grondement de vent, un roman.A insi , F rançoi s Val le j o , qui logeait dans un hôtel de Lisbonne le 25 août 1988 quand le quartier historique du Chiado s'est embrasé et qui, 20 ans plus tard, fait de cet incendie qui a ravagé le vieux coeur de la ville de Pessoa une histoire qui n'a plus rien à voir avec l'événement en question qui, sans faire de victimes, avait rasé le quartier encerclant le grand magasin Chiado, noircissant ses rues devenues ruines, tache sale dans la ville blanche\u2026 Vallejo charpente bien ses histoires, c'est écrit serré, solide, à l'équerre comme dans Ouest, remarquable roman qui avait obtenu le prix Giono en 2006.Alors que dans Ouest, il mettait en scène l'arrière-pays breton à l'heure de la Révolution française, avec L'incendie du Chiado il se restreint à une catastrophe urbaine, un désastre limité, mais dans lequel il installe ce même mécanisme de récit, ce regard d'écrivain qui aime débusquer la sauvagerie de l'être humain lorsqu'il est placé dans des situations extrêmes, révolution ou incendie.Ce qui fait tenir ces 222 pages qu'on lit comme on avancerait dans un corridor mal éclairé sans même savoir s'il mène quelque part, c'est l'étrange et quasi inexplicable dramatis personae qu'il a mis en scène à l'intérieur même du brasier, des gens, ils seront cinq, qui, au lieu de fuir les lieux, vont s'y glisser, y rester, entrer dans la zone désertée de la fournaise, sans se connaître ni l'un ni l'autre, cherchant tous quelque chose que, finalement, ils ne voulaient pas trouver.J'vous dis rien, mais ce feu, qui les attire, qui les attise, allume chez eux du passé sec, ce sera non pas le jeu, mais le feu de la vérité.En ombres, en errants, embusqués, il y a un vieux portier de cinéma qui ne veut pas quitter son cher quartier, une femme qui y venait à la rencontre de sa fille et persiste à l'attendre malgré le sinistre, un photographe en quête des meilleurs clichés, un Français qui devait rencontrer au caféABrasileira un vieux Lisboète qu'aurait connu son père durant la guerre, et un beau parleur, Juvénal Ferreira (on pense à Courtial des Péreires dans Mort à crédit), menteur, fabulateur, manipulateur, le véritable diable de cet enfer, un illuminé qui se fera maître des destins.Roman fabuleux.Chaud devant\u2026 L'incendie du Chiado François Vallejo Viviane Hamy, 222 pages, 36,95$ HHH 1/2 LITTÉRATURE FRANÇAISE Dans la ville noire Zone est composé d'une seule phrase presque sans pause, qui traduit le fil ininterrompu de l'histoire et crée un liant entre tous les récits.«Ça s'est imposé à moi, dit Mathias Énard.J'ai trouvé ce rythme, cet élan que je ne pouvais plus lâcher.Le temps ne s'arrête pas, comme la phrase unique qui aide à créer des associations d'idées, mais tout est construit», avoue celui qui a accompli un immense travail de maquettiste pour structurer ce roman aux innombrables tiroirs.Découpé en 24 chapitres, tels les 24 chants de L'Iliade, Zone emprunte sa forme et son souffle à l'épopée homérique, dont la force est de nous parler encore aujourd'hui.«C'est un texte où les dieux et les héros font l'expérience de tous les sentiments qui animent les combattants: la haine, la peur, la lâcheté, la cruauté, la violence, la perte, la blessure.Des sentiments encore ressentis aujourd'hui », explique le romancier, qui trouve dans la mythologie une énergie première, en dehors de l'histoire, qui rejoint tous les hommes par sa puissance poétique.«La phrase unique, scandée, très écrite, et en même temps orale, est une phrase qu'on a envie de lire à voix haute», précise-t-il.La dimension poétique de l'épopée répond au dessein de Zone.«Depuis Homère, une des rares forces de la littérature est de pouvoir transformer la violence en beauté.Un récit de violence est une forme de catharsis », croit Mathias Énard.Dans Zone, il met d'ailleurs en scène Burroughs, Genet et Lowry, des écrivains dont l'écriture s'est fondée dans la violence.Burroughs a tué sa femme par accident, rappelle-t-il.«Il est devenu écrivain pour explorer la part sombre de lui-même.Lowry a aussi essayé d'étrangler sa femme.Genet était fasciné par le mal et le crime.Comme mon narrateur, ils ont fait face à la violence, la faute et la culpabilité, résolues en quelque sorte dans l'écriture.» Le romancier n'est pas sorti indemne de ce voyage aux enfers qui l'a épuisé psychologiquement.En revanche, un éclat de lumière traverse ce petit chef-d'oeuvre et rejaillit sur l'écrivain.L'éclairage de celui qui a plongé jusqu'à l'origine du mal et ne marche plus en aveugle, mais avec la liberté de celui qui sait.Zone Mathias Énard Actes Sud, 520 pages, 38,50$ HHHH1/2 Les racines du mal et de la liberté ÉNARD suite de la page 1 Vallejo charpente bien ses histoires, c'est écrit serré, solide, à l'équerre comme dans Ouest, remarquable roman qui avait obtenu le prix Giono en 2006.DANIEL LEMAY ESSAIS Une semaine avant les élections, et nous voilà encore avec plus de questions que de réponses.Jean?Pauline?Mario?Amir ?Aucun d'eux autres?Les livres politiques, on peut le penser, n'ont pas grand prise sur les indécis du X mais ils peuvent peut-être aiguiser la curiosité ou donner un éclairage nouveau à de vieilles certitudes.De la pile politique - rien d'électrique, ici, juste des livres qui n'en finissent pas de tomber -, j'en tire quatre d'horizons très divers: historique, militant, universitaire.Quatre livres et une revue, l'Inconvénient, «revue littéraire d'essai et de création» qui, dans son numéro (35) de novembre (10$), pose la question essentielle: Qu'est-ce qu'être québécois?Point de départ: le Québec est une «difficulté intellectuelle », constat du Dr Jacques Ferron (1921-1985), militant du RIN, fondateur du Parti rhinocéros et Prix du Gouverneur général (eh oui !) pour Contes d'un pays incertain en 1962, la même année que Mc Luhan gagnait du côté anglais pour The Gutenberg Galaxy.Da n s u n t e x te in t i t u lé L'inconvénient d'être québécois , Jacques Godbout revient d'abord sur son cycle romanesque qui, de Galarneau au Concierge du panthéon, a «tenté de suivre la saga identitaire ».Pour lui, contrairement au Dr Ferron, «c'est l'histoire du Québec qui est «incertaine», parce que constamment réécrite «à des fins religieuses ou politiques».Le futur académicien n'en admet pas moins que «l'inquiétude est apparue» pendant la Révolution tranquille, une époque où «les chenilles canadiennes-françaises se métamorphosaient en papillons québécois».Depuis, «l'inconvénient » consiste à «revenir sans cesse, comme des obsédés textuels, à la question de l'être québécois, une «problématique» qui est à la fois culturelle et politique».Vingt pages plus loin, Carl Bergeron, directeur du «journal du conservatismecritique»L'Intelligence conséquente (cbergeron.wordpress.com), a vite fait de cerner le «problème »: la «mise au ban», par les élites, de la «tradition» judéochrétienne occidentale amène le Québec à «se proposer comme laboratoire des utopies postmodernes ».Avec, comme horizon, le même «universel révolutionnaire» que prônaient les élites de la Révolution tranquille, plus socialistes que nationalistes.Pour M.Bergeron, qui prône l'émergence d'une droite «cultivée» et son éventuelle rencontre avec la droite «populiste» de Mario Dumont, «c'est par la nation que le Québec peut accéder à ce que l'Occident a de meilleur».Solidaire et lucide Jean-François Lisée, lui, tient déjà que le Québec, «havre de solidarité », est en avance à bien des égards sur les pays occidentaux, comme il s'en explique dans Pour une gauche efficace (Boréal).Pour le directeur exécutif du Centre d'études et de recherches de l'Université de Montréal (Cérium) et proche de Jacques Parizeau et de Pauline Marois, il s'agit de «mettre le pragmatisme et l'innovation au service du bien commun».Comment?En intégrant les impératifs des «lucides» quant à la création de la richesse à ceux des «solidaires » qui veulent un partage équitable de la richesse.La gauche «efficace» se distingue aussi de la gauche classique par sa «reconnaissance de la place centrale et de la valeur de l'entrepreneuriat dans l'économie».Par ailleurs, la compétitivité des entreprises québécoises, «socle de notre prospérité collective», passe par l'obligation de maintenir les coûts de production plus bas qu'ailleurs en Occident : «C'est un minimum dans le siècle sino-indien qui s'ouvre.» Au-delàde la«nécessaire» acceptation du marché, la gauche efficace prône une économie «de proximité », encadrée par des politiques monétaires, commerciales, etc., un des quatre piliers de l'État social avec les services publics, la protection sociale et le droit du travail.Pour M.Lisée, le chemin du bonheur souverain passe par «un État québécois crédible et respecté».Pour plusieurs, par contre, une gauche vraiment «efficace» doit brasser la soupe de façon plus\u2026 vigoureuse.Les nostalgiques des «grandes années» voudront peut-être lire l'essai du sociologue Pierre Beaudet, On a raison de se révolter - Chronique des années 70 (Écosociété, 25 $).L'ancien leader du mouvement extrémiste Mobilisation y retrace l'évolution de la gauche québécoise qui, d'abord «micro-pigment dans la grande chimie de la vie», en est venue à soustraire à l'establishment économique et politique «des espaces considérables».Dans une plus vaste perspective, pour souligner les 50 ans de leur département, les professeurs de science politique de l'Université de Montréal ont rassemblé leurs réflexions dans La politique en questions (PUM, 29,95 $).La politique est-elle une science?Faut-il y étudier les femmes ?Quelle est la place de la démocratie, de la violence et de l'argent ?Et celle-ci, essentielle aussi : mon vote peut-il faire la différence?Des écrits politiques en période électorale Gauche au menton, droite à la tête PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE Dans son essai Pour une gauche efficace, Jean-François Lisée propose qu'on intègre les impératifs des « lucides » quant à la création de la richesse à ceux des «solidaires», qui veulent un partage équitable de la richesse.PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE Dans un texte publié dans la revue littéraire l'Inconvénient, l'écrivain Jacques Godbout estime que, depuis la Révolution tranquille, « l'inconvénient» consiste à «revenir sans cesse, comme des obsédés textuels, à la question de l'être québécois, une \"problématique\" qui est à la fois culturelle et politique».Pour Jean-François Lisée, le chemin du bonheur souverain passe par « un État québécois crédible et respecté ». LECTURES AU PIED DE LA LETTRE DANIEL LEMAY DONNER À MONTRÉAL L'auteur, cinéaste et journaliste français Christophe Donner arrive à Montréal jeudi pour une résidence d'un mois à l'hôtel Fairmount Le Reine-Élizabeth.Grand pourfendeur du roman traditionnel - voir Contre l'imagination (1998) -, l'auteur d'Un roi sans lendemain, un des titres-vedettes de l'an dernier, revendique une approche autobiographique de la littérature ; ainsi, au «Queen E.», l'ancien chroniqueur hippique de France-Soir mettra la dernière main à son « roman-reportage » sur le congrès du Parti socialiste français qui vient de se terminer à Reims, dramatique rivalité entre Ségolène Royal et Martine Aubry.De son séjour montréalais sur les lieux mêmes du bed-in de John Lennon et Yoko Ono -«l'acte fondateur du politique-people »-, Christophe Donner doit tirer un récit à paraître en mars chez Grasset.Fairmount a lancé ce programme de résidence à la suite du Sommet de la culture de novembre 2007.LE CÉCILE-GAGNON Une information qui s'est perdue dans la cohue du Salon du livre : Frédéric Tremblay, 15 ans, a remporté le prix Cécile-Gagnon du premier roman pour Une ruse inversée, publié chez Joey Cornu Éditeur.Nommé en l'honneur de l'une des pionnières de la littérature jeunesse, le prix de 1000 $ est remis annuellement par l'Association des écrivains québécois pour la jeunesse à l'auteur d'un premier roman.Les autres finalistes étaient Marie Lasnier (Tatiana au pays du vent, Dominique et compagnie) et Roger Marcotte (Des pâtes et des vertèbres, Éditions de la paix).DEUXMOTS\u2026 BAnQ vient de mettre en ligne « Statistiques de l'édition au Québec en 2007 » : dans www.banq.qc.ca, cliquez « À propos de BAnQ » et « Nos publications ».Robert Lévesque, Ook Chung et Georges Leroux participent à une table ronde sur J.M.G.Le Clézio, Prix Nobel de littérature 2008, aujourd'hui (14h) à l'émission Vous m'en lirez tant de la Première Chaîne de Radio-Canada.SOURCES : Fairmont Le Reine-Élizabeth, AEQJ, BAnQ, SRC.Christophe Donner Elle vit dans l'aisance.Elle est une femme de banlieue, mariée à un médecin depuis 40 ans, mère et trois fois grand-mère.Elle adore cuisiner, recevoir, rire et chanter.Mais qu'est-ce qui distingue Francine Allard des autres ?À première vue, rien.Et pourtant.MARIO DUFRESNE COLLABORATION SPÉCIALE Ceux qui n'ont rien lu de Francine Allard (43 titres publiés!) ou qui n'ont jamais fréquenté le blogue qu'elle a tenu pendant 10 ans (Le Matinternet) noteront son penchant ou son flair pour les titres accrocheurs : Mon royaume pour un biscuit(HMH), L'inoubliable scandale du Salon du livre (Pierre Tisseyre), Baby-boom blues (Stanké) et, bien sûr, le fameux Défense et illustration de la toutoune québécoise, également paru chez son ami Alain Stanké.Sans oublier Interdit d'ennuyer (Triptyque) où elle se dévoile dans ses échanges avec Claude Jasmin.Cette fois-ci, elle revient sur les rayons avec le premier tome d'une «trilogie d'époque», La couturière : Les aiguilles du temps, publié par un autre de ses amis, Victor-Lévy Beaulieu, aux éditions Trois-Pistoles.Avec VLB, elle partage évidemment l'amour des mots, mais aussi une passion pour la chose politique et son corollaire, la controverse, qui ne semble pas lui faire peur.Francine Allard n'a pas la langue dans sa poche.À propos de VLB, l'écrivain candidat, elle souhaite «qu'il ne soit pas élu, car on a trop besoin de lui ailleurs », dit-elle en entrevue téléphonique.Et elle enchaîne sur l'essai-fleuve James Joyce, l'Irlande, le Québec, les mots, dont elle assure que «c'est Joyce réincarné dans le corps de Victor-Lévy Beaulieu».Elle est toutefois moins tendre avec le chef du Parti indépendantiste - un parti dont elle est également à la base :«(Éric Tremblay) a fait preuve d'immaturité.» C'est pourquoi elle est partie.Quelques-unes de ses positions sur le féminisme, notamment lorsqu'elle a remis en question des aspects de la Journée de la femme, lui ont valu d'être perçue, dans certains milieux, comme un personnage peu fréquentable, dit-elle.Le fait qu'elle tenait à élever ses enfants à la maison n'a pas non plus toujours été bien vu.Mais ça ne l'a pas freinée pour autant, même si certaines remarques l'ont blessée.«Ce que je ne peux admettre, lance-t-elle, c'est le manque de respect.Le mépris me tue.» Puis, comme si elle sentait le besoin de rajuster le tir, elle ajoute: «La politique, la religion ou la façon d'élever ses enfants, c'est propre à chacun.» En abordant le sujet des enfants, elle reconnaît qu'il lui arrive à l'occasion de s'ennuyer de l'enseignement, son premier métier.«On naît professeur », dit-elle.Mais elle n'a jamais été une enseignante modèle.«Il faut être clown pour enseigner.» Une citation à prendre dans son sens littéral.Il lui arrivait de se présenter en classe costumée.Et si elle ne cadrait pas toujours avec le reste du personnel enseignant, ses élèves ne l'ont jamais oubliée.«Trente ans plus tard, je reçois encore des cartes de certains de mes élèves.» Et puis il y a eu l'écriture, qui s'était installée tranquillement.D'ailleurs, elle convient que c'est également une manière d'enseigner.Ses petits-enfants ont aussi pris une large place.Francine Allard parle de sa vie comme elle écrit, «sans drame ni détresse».Simplement avec tendresse et humour.La couturière évolue dans ce sillage.Une histoire qui débute dans l'euphorie des changements apportés par un XXe siècle naissant.Elle refuse cependant de qualifier l'ouvrage de roman historique; elle parle plutôt de «roman d'époque », pour lequel elle a fait beaucoup de recherches.En grande partie dans l'oeuvre de l'historien Jacques Lacoursière, qu'elle respecte au plus haut point.Le reste appartient à l'imaginaire.Les dialogues, notamment, frappent par la justesse du ton.Ils permettent de situer chacun selon le milieu dont il est issu, et le langage évolue au fur et à mesure que les deux héroïnes du livre, Donatienne et Émilia, progressent dans leur vie.Émilia, c'est la couturière du titre, que l'on suit de son enfance jusqu'à son entrée «à la shoppe de couture» de M.Bernstein, boulevard Saint-Laurent.Un patron qui ne peut s'empêcher de baisser son pantalon lorsqu'une jolie employée entre dans son bureau, comme l'apprend Émilia à ses dépens.Un incident qui aurait pu avoir des conséquences néfastes, mais qui, au contraire, propulsera la jeune fille dans ce monde, jadis inaccessible pour elle, de la bourgeoisie montréalaise.Donatienne, c'est la Sauvagesse, sage-femme et herboriste, celle dont Émilia était persuadée qu'elle épouserait son père après la mort de sa mère.La vie nous jouant parfois de vilains tours, c'est plutôt seule qu'elle s'en ira à Oka élever l'enfant que lui a fait Josaphat, avant de lui préférer sa belle-soeur.C'est le quotidien peu banal de ces deux femmes que l'on suit durant tout ce premier tome.Deux destins aussi passionnants l'un que l'autre qui sont relatés dans de cours chapitres où l'humour vient à tout coup sauver la mise.Une histoire qui aurait pu être triste à mourir, mais ce serait mal connaître Francine Allard.La couturière : Les aiguilles du temps Francine Allard Éditions Trois-Pistoles, 208 p., 21, 95$ HHH1/2 Le confort sans l'indifférence MATHIEU PERREAULT Quand Dina ou sa mère regardent dans les yeux d'une personne, elles percent ses secrets les plus profonds.Ceux qui sont enfouis dans les abysses de son inconscient.La personne que dévisage une « clairvoyante » voit elle aussi les recoins les plus sombres de son âme, et s'effondre généralement en larmes.Le don de clairvoyance n'aide pas à se faire des amis.Le don de Dina et de sa mère constitue la base de la série Clairvoyante, de l'auteure danoise Lene Kaaberbøl, dont le deuxième tome, La prisonnière de Dracana, vient d'être traduit en français.Le concept est simple mais riche en possibilités dramatiques.C'est l'une des belles trouvailles de la littérature fantastique pour jeunes.Et l'écriture sensible et imagée peut même être intéressante pour les adultes.Dans le premier tome, La morsure du dragon, on faisait connaissance avec Drakan, un méchant souverain qui élève des dragons et est mystérieusement protégé du don des clairvoyantes.La mère de Dina est faite prisonnière, mais elle réussit à s'échapper avec l'aide de sa fille et d'opposants au règne de Drakan.Le deuxième tome les suit dans leur exil dans les « hautes terres », une région peuplée de clans aux noms écossais qui échappe au contrôle de Drakan.Dina est faite prisonnière par un vassal de Drakan qui exploite à son profit son don de clairvoyance.L'univers imaginé par Mme Kaaberbøl, qui est née en 1960 et a été journaliste, publicitaire, professeure en plus d'écrire d'autres livres pour adolescents, est simple et efficace.Au lieu de réinventer la roue - ses personnages semblent tout droit tirés du Moyen Âge - elle s'est penchée sur l'évolution psychologique de Dina et, dans le deuxième tome, de son frère aîné Davin.Les commentaires sur cet âge charnière qu'est l 'adolescence sont tendres : « Davin est un imbécile.-Non Dina, a répondu maman dans un soupir, il essaie simplement de devenir adulte.Il vaut sans doute mieux que nous le laissions tranquille.» Dégagée de l'obligation d'imaginer des lieux, des technologies et des sortilèges, Mme Kaaberbøl peut aussi calibrer l'intrigue de manière à faire durer le suspense.Dans le deuxième tome, on ne voit presque pas Drakan, ce qui permet de préserver son mystère.La seule invention que se permet l'auteure danoise, mis à part la clairvoyance, est une explication amusante de la physiologie des dragons, dont le sang contient une molécule qui les calme et leur évite de s'entre-dévorer.Le don de clairvoyance est une idée très intéressante.Elle est suffisamment proche de notre psychologie pour permettre des comparaisons.Par exemple, quand Dina se plaint à sa mère qu'elle a de la difficulté à nouer des amitiés parce que personne ne veut la regarder dans les yeux, cette dernière lui répond que, lorsqu'une clairvoyante rencontre une personne qui n'en a pas peur, c'est le signe que la confiance la plus totale est possible.C'est une idée romantique qui n'est pas éloignée de nos propres croyances.La prisonnière de Dracana Lene Kaaberbøl Rageot, 348 pages, 24,95$ HHH1/2 LITTÉRATURE FANTASTIQUE Clairvoyantes de mère en fille PHOTO PATRICE LAROCHE, FOURNIE PAR LES ÉDITIONS TROIS-PISTOLES Francine Allard revient sur les rayons avec le premier tome d'une «trilogie d'époque», La couturière: Les aiguilles du temps.Francine Allard parle de sa vie comme elle écrit, « sans drame ni détresse ».Simplement avec tendresse et humour.Voici l'une des belles trouvailles de la littérature fantastique pour jeunes. LECTURES LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE C'est un livre qui nous emmène de tous côtés, du Brésil en pleine nature amazonienne jusqu'en Italie du XVIIe siècle.Et en compagnie d'une bonne dizaine de personnages plus curieux les uns que les autres.Le tout sur un fond d'érudition énorme, encyclopédique et critique.Ouf! Il semble que l'auteur, Jean- Marie Blas de Roblès, soit en même temps un philosophe, un amoureux de l'archéologie (sous-marine), un journaliste, un biographe, un critique, un voyageur polyglotte, un amoureux du désert.et quoi encore ?Mais nous allons trouver des traces de tout cela dans ce roman de près de 800 pages, dont la lecture, pourtant, se déguste avec gourmandise.Sans dire les multiples plaisirs de la découverte historique et scientifique.Depuis fort longtemps, De Roblès avait dit qu'un jour il écrirait un roman racontant la vie d'Athanase Kircher, un jésuite allemand du XVIIe siècle qui fut un personnage fascinant, inventeur de la « lanterne magique», connaisseur de l'hébreu, de la Kabbale, des mathématiques, de la Chine, des hiéroglyphes (qu'il n'avait pas réussi à déchiffrer).Une sorte de génie multiple et multicolore -comme notre auteur, De Roblès, qui a tenu parole : après 10 ans de recherches (on le croit volontiers en lisant son livre) voici ce roman promis, duquel le jésuite Kircher sera le fil conducteur.Mais vous commencerez par rencontrer, au fond de la forêt brésilienne, un certain Eléazar Von Wogau, installé dans une bicoque à demi ruinée qu'il a achetée voici quatre ans.Sa femme, Elaine, n'a pas supporté.Elle a divorcé.Il reste là avec sa fille, Moéma, et Soledade, une servante qui excelle à préparer le petit boire préféré du savantissime professeur traducteur et biographe.Il se trouve là, aussi, le perroquet Heidegger, absolument obscène et impossible à vivre.D'autres personnages surgiront plus tard.Voilà le premier décor.Ce que fait là le sieur von Wogau?C'est que l'on vient de lui commander une édition critique de la biographie inédite du jésuite de l'époque baroque : Athanase Kircher.Un travail qui ne plaît guère à Von Wogau.Pour nous expliquer pourquoi, il va nous livrer, chapitre après chapitre, le texte de cette biographie.avec sa critique à lui, du personnage célèbre dont Eléazar va penser, lentement, le plus grand mal.Surfait?Plagiaire?Manipulateur, le jésuite?Un roman fantasque.Un roman d'aventures.Un roman d'amour.Un roman d'érudition.En somme : le roman complet, que l'on a comparé au Nom de la Rose.Il vient d'obtenir le prix Médicis.\u2014 Jacques Folch-Ribas, collaboration spéciale LÀ OÙLESTIGRES SONTCHEZEUX JEAN-MARIE BLAS DE ROBLÈS ÉDITIONS ZULMA, 775 PAGES, 34,95 $ HHHH Le roman énorme et multicolore Bon an mal an, Jean d'Ormesson nous écrit une lettre qui semble toujours la même, c'est vite dit, parce qu'elle parle du monde, de la littérature, de l'amour, et de Lui-même.Après tout, n'avait-il pas inventé ce très joli titre pour l'un de ses livres : Dieu, sa vie, son oeuvre ?Se prendrait-il pour Dieu ?C'est encore vite dit.Que non.Sa modestie pourrait être qualifiée d'évidente, est pourtant incroyable.À chaque chapitre, il détruit gentiment les sentiments et les rêves de grandeur qu'il a exposés.Une entreprise de démolition du Moi, par un moi exacerbé.C'est donc une sorte d'autobiographie dans laquelle l'auteur ne cesserait pas de dire sa déception.S'apercevant très vite que les rêves qu'il eut, jadis, il n'a pu les atteindre.Que les grands écrivains qu'il espérait égaler, ils le laissent sur place comme un boiteux coureur.Mais le plus intéressant de ce livre me semble la biographie du monde, dans laquelle nous apprenons qui a mérité une place sur l'autel de l'amour, de l'intelligence, de la science, des arts.Au fur et à mesure que le petit Jean d'Ormesson nous raconte sa vie, en dévoilant les noms de ceux qui l'ont illuminée, qui l'ont fait paraître belle et bonne -et ne se retenant pas de moquer ceux qui ne lui apportèrent rien.Sur la littérature?«La littérature vivante d'aujourd'hui, qui m'a si souvent emmerdé avec son sérieux implacable et son pédantisme expérimental et toujours avorté (.) je l'envoie se faire foutre avec beaucoup de gaieté.» À son âge, on se permet les gros mots.Sur les femmes?«Les espérances sont comme les femmes : les plus belles ne sont pas plus inaccessibles que les autres.» On sait qu'il n'a pas manqué de les investir, et ne se gêne pas de leur donner du pluriel.Ce serait une sorte de dictionnaire, ce livre, dans lequel les entrées porteraient, par exemple, sur l'ennui et la paresse, «La paresse, rien de plus clair, est la mère des chefs-d'oeuvre » ; sur la poésie, «La poésie me transportait » (et suivront les citations les plus belles de tous les siècles et de tous les pays) ; sur Rome et Venise, «Rome est blanche, Venise est rouge».Ainsi donc, les récits biographiques seront chaque fois un prétexte, une sorte de prélude pour nous faire pénétrer dans cette histoire du monde, du big-bang jusqu'à nos jours, voire jusqu'à demain.Le monde, sa vie, son oeuvre, en somme.C'est, on le dira volontiers, un excellent procédé.On ne peut laisser tomber aucun de ces courts chapitres, tous passionnants.\u2014 Jacques Folch-Ribas, collaboration spéciale QU'AI-JEDONCFAIT JEAN D'ORMESSON ROBERT LAFFONT, 368 PAGES, 29,95$ HHHH Jean, sa vie, son oeuvre?EN BREF La Fondation Metropolis bleu honorera A.S.Byatt La Fondation Metropolis bleu a annoncé mercredi qu'elle remettra son Grand Prix littéraire international 2009 à la romancière, nouvelliste et critique littéraire britannique A.S.Byatt.Le prix, d'une valeur de 10 000 $, souligne la carrière littéraire de cette auteure de renommée internationale.La lauréate recevra son prix lors du 11e Festival littéraire international de Montréal Metropolis bleu, du 22 au 26 avril 2009.La soirée d'ouverture sera aussi l'occasion du lancement international du dernier roman de Mme Byatt, The Children's Book, a fait savoir mercredi Linda Leith, présidente et directrice artistique de la Fondation Metropolis bleu.Antonia Susan Byatt est mieux connue aujourd'hui pour son roman Possession (1990), gagnant d'un Prix Booker.Ses écrits ont été traduits dans plusieurs langues et elle est l'auteure de plus d'une vingtaine de récits de fiction.Les lauréats précédents du grand prix littéraire international Metropolis bleu sont Daniel Pennac (2008), Margaret Atwood (2007), Michel Tremblay (2006), Carlos Fuentes (2005), Paul Auster (2004), Maryse Condé (2003), Mavis Gallant (2002), Norman Mailer (2001) et Marie-Claire Blais (2000).\u2014 La Presse Canadienne 3595402A 24 librairies au Québec et une boutique virtuelle à RENAUD-BRAY.COM Pour voir toutes les positions et les autres palmarès, visitez renaud-bray.com TOP 5 FASCINATION STEPHENIE MEYER NOUVELLES ENTRÉES L'ÉPÉE DE VÉRITÉ, T.8 - L'EMPIRE DES VAINCUS T.GOODKIND L'ART DE LA MÉDITATION MATHIEU RICARD Q LA GLORIEUSE HISTOIRE DES CANADIENS P.BRUNEAU, L.NORMAND Q RÉVÉLATION STEPHENIE MEYER LA DYNAMIQUE AMOUREUSE R.-M.CHAREST Q LA FROUSSE AUTOUR DU MONDE, T.1 BRUNO BLANCHET Q UN HOMME TRÈS RECHERCHÉ J.LE CARRÉ TENTATION STEPHENIE MEYER L'ANNÉE CHAPLEAU 2008 S.CHAPLEAU Q Q AUTEUR QUÉBECOIS PALMARÈS RENAUD-BRAY Compilation des ventes du 17 au 23 novembre 2008 3587746A et je te demanderai la mer Roman · 184 pages · 22,95 $ «Un roman exceptionnel.Il y a une maturité émotive des personnages que j'ai rarement vue.Stéfani Meunier écrit avec beaucoup de subtilité, avec énormément de sensibilité.» Jean Fugère, Radio-Canada Stéfani MEUNIER © Martine Doyon Boréal www.editionsboreal.qc.ca 3587693A LECTURES LITTÉRATURE CANADIENNE L'écrivain anglo-canadien Camilla Gibb a créé un personnage tout à fait insolite pour son roman Le miel d'Harar.Lilly est la fille d'un Britannique et d'une Irlandaise, deux parents inspirés par la génération hippie, deux adultes on ne peut plus irresponsables.Un jour au Maroc, ils laissent la petite Lilly entre les mains du Grand Abdal, adepte du soufisme, une branche mystique de l'islam.Ils partent faire des courses en ville et ne reviennent jamais, victimes, paraît-il, d'un meurtre.Orpheline, Lilly sera élevée dans une ambiance de sainteté musulmane.Sa vie prend un nouveau tournant lorsqu'elle fait un pèlerinage à Harar, en Éthiopie, un des lieux saints du soufisme.Elle fait le voyage avec Hussein, également disciple du Grand Abdal, mais leurs histoires se séparent tout de suite.Lilly, femme blanche, quoique musulmane, se trouve rejetée par la théocratie d'Harar, et doit lutter pour se faire une place dans cette société.Le miel d'Harar raconte les aventures de Lilly dans ce lieu hautement exotique.D'un côté, elle habite une ville de soieries, de parfums, de musique et de prières.Mais la société d'Harar est strictement stratifiée, et une étrangère à la peau blanche n'a pas la vie facile.Et cela, malgré sa pratique religieuse sans faille.En effet, elle est plus dévote et plus croyante que les Éthiopiens qu'elle rencontre, et sa voix, qui ressemble plutôt à un livre saint, irrite parfois.Mais nous la comprenons: la fille de deux vagabonds qui ne croyaient qu'à leur propre plaisir cherche une structure à sa vie, et elle la trouve dans la soumission aux lois de l'islam.Si l'Éthiopie vous rappelle la famine et la guerre civile, vous n'avez pas tort.L'auteur Camilla Gibb, qui détient un doctorat en anthropologie, connaît très bien les us et coutumes, et surtout les malheurs à répétition de cette région.Petit à petit, le chaos social et la guerre s'approchent d'Harar, et Lilly, avec son passeport britannique, aura la chance de s'enfuir, quittant l'homme qu'elle croit aimer et qui, lui, tombera dans la cruauté de la guerre.Lilly trouve refuge à Londres, comme tant d'autres exilés de tant d'autres guerres.Le portrait de Londres est très réussi - Camilla Gibb y est née, et elle connaît bien sa ville.Par une série d'allers-retours entre Harar et Londres, Gibb donnera une voix à Lilly, un personnage hors pair.Froide dans sa dévotion, soumise à la religion en raison de ses traumatismes d'enfance, refusant tout plaisir et tout rapprochement, peu à peu Lilly rejoindra la planète des êtres humains.Une fin heureuse?Peut-être.Mais c'est plutôt l'étrangeté de sa voix et la nature insolite de ses aventures qui nous poussent à lire ce roman.\u2014 David Homel, collaboration spéciale Le miel d'Harar Camilla Gibb, traduit par Paule Noyart, Leméac/Actes Sud, 396 pages, $35,96.Un pèlerin en Éthiopie JEAN-CHRISTOPHE LAURENCE Qu'évoquent pour vous les années 2000?Quel regard porter sur le début du XXIe siècle?L'auteur et chroniqueur Nicolas Langelier a posé la question à 40 jeunes créateurs et observateurs québécois, en leur demandant de répondre de la façon la plus personnelle possible.L'ouvrage collectif qui en résulte est aussi éclaté que pertinent (enfin, pas toujours\u2026).Pertinent parce que ce regard est celui d'une nouvelle génération qui s'interroge de façon plus ou moins lucide sur le monde précaire qu'on lui a légué.Éclaté parce que chacun y est allé à sa façon, en jouant de la forme, du fond et du ton, par le truchement de la poésie, du texte impressionniste, de la chronique de voyage, du manifeste social ou tout simplement de l'illustration.Comme tout collectif, Quelque part\u2026 a quelque chose d'inégal.Certains textes sont des bijoux.D'autres moins.Certains font sourire (François Létourneau, Fanny Britt), d'autres moins (Marie-Ève Perron).Il y a de longues tartines (Marie- Hélène Poitras) et des miniatures (Navet Confit, Otarie).Il y a du nombrilisme, du pessimisme (Frederic Rappaz) et quelques bonnes décharges de militantisme (François Imbeault, Emmanuel Martinez, Hugo Latulippe).Il y a surtout une variété de points de vue sur une époque chaotique et peu prometteuse.Cet éclectisme serait, somme toute, à l'image de notre génération, jeunes Québécois de 25 à 40 ans, «de souche» ou non, élevés au zapping et à la surabondance de stimuli.Mais l'est-il vraiment?En lisant ces plumes affûtées, on ne peut que constater l'homogénéité du casting.La plupart de ces «observateurs et créateurs» sont de jeunes doués privilégiés qui, advenant l'apocalypse, auront toujours le luxe de se réfugier dans leur tête.Qu'auraient écrit la pute, le B.S., le fonctionnaire drabe ou la mère monoparentale d'Hochelaga-Maisonneuve?Probablement autre chose\u2026 Quelque part audébut duXXIe siècle Collectif, sous la direction de Nicolas Langelier, La Pastèque, 167 pages, 29,95$ HHH 1/2 CURIOSITÉ Casting de luxe Winnipeg récupère quatre poèmes de Louis Riel Les quatre ultimes poèmes qu'a rédigés Louis Riel dans sa cellule, avant sa pendaison, en 1885, seront ramenés dans son lieu de naissance.La Manitoba Metis Federation a fait savoir mercredi qu'elle facilitera le retour des poèmes, qui ont été vendus aux enchères à Toronto, mardi, pour plus de 31 000$.Le président de la fédération, David Chartrand, a indiqué qu'avec l'aide de divers partenaires privés et publics, les écrits du célèbre chef métis, qu'il a qualifiés d'«objets historiques », seront exposés publiquement dans un musée de Winnipeg situé près du lieu où Riel est inhumé.Cela permettra de protéger le legs du leader métis, a dit M.Chartrand.Ces poèmes retourneront au lieu de naissance de Louis Riel, siège de son gouvernement provisoire et coeur du foyer national métis, a ajouté M.Chartrand.Selon la «légende», Riel aurait rédigé ces poèmes pendant son incarcération et les aurait offerts à un agent de la Gendarmerie royale du Canada qui lui avait fourni le papier.Ce sont les descendants de cet agent qui avaient les poèmes en leur possession.\u2014 La Presse Canadienne EN BREF CÉLÉBRITÉS.Vous a Vez un é Vénement à célébrer ?tous les dimanches dans La Presse Composez le (514) 285-7274 appels interurbains (sans frais) 1 866 987-8363 celebrites@lapresse.ca celeb_30/11/08 MADELEINE VEILLETTE ET ÉMILE NANTEL 55e anniversaire de mariage Vos enfants Suzanne, Lise, Danielle, Mario, Jocelyne, Isabelle, Stéphane, petits-enfants Yannick, Stéphanie, Marc-André, Guillaume, Julien, Alexandre, Sébastien, arrière-petits-enfants Toma, Éliot.LuCIE Du ChESNE En ce dimanche 30 novembre 2008, tu fêtes ton 50e anniversaire de naissance.Félicitations et ne change pas.Avec tout mon amour pour toi.René xxx Bé Bésde l'année Les Présentez-nous votre bébé dans le cahier spécial et sur mamanpourlavie.com en réservant dès maintenant votre espace pour seulement 46$ (taxes en sus).Le dimanche 28 décembre prochain, La Presse regroupera dans un cahier spécial, les photos des enfants nés au cours de l'année 2008.De plus, courez la chance De gagner L'un des 15 chèques-cadeaux d'une va Leur de 200$ chacun BÉBÉ À La une ! 12 bébés se partageront l'honneur D'être en couverture Du cahier spécial.inscription au coût de 220 $ (taxes en sus) Attention: premiers Arrivés, premiers servis ! vous recevrez automatiquement cinq (5) livres de la série Léon Nom: Prénom : Adresse: App.: Ville: Code postal : Tél.(dom.): Tél.(trav.): Courriel : Prénom et nom du bébé: Fille Garçon Date de naissance : Prénoms et noms des parents : La photo de bébé dans La Presse et sur mamanpourlavie.com: 51,92 $ (taxes incluses) Bébé à la une : 248,33 $ (taxes incluses) Ci-joint un chèque ou mandat-poste à l'ordre de La Presse ltée ou paiement par carte de crédit : Visa Master Card No de la carte de crédit :| | | | | | | | | | | | | | | | | Date d'expiration : ____/____ Signature : Cochez si vous ne désirez pas recevoir d'offres promotionnelles.Faites parvenir la photo de bébé et vos coordonnées complètes à : bebes@lapresse.ca ou retournez ce coupon dûment rempli avec la photo - qui ne sera pas retournée (maximum 5 po x 7 po) à : La Presse, Petites annonces, Les bébés de l'année 2008, C.P.11053, Succ.Centre-ville, Montréal, Québec H3C 4Y9 Hâtez-vous, les places sont limitées ! La date limite est le 10 décembre Le coupon est également disponible sur mamanpourlavie.com Règlements du concours disponibles à La Presse et sur mamanpourlavie.com Le tirage aura lieu le jeudi 11 décembre 2008 aux bureaux de La Presse.en collaboration avec : GRAND PRIX un chèque-cadeau d'une va Leur de 1000 $ échangeable à l'hostellerie les trois tilleuls à saint-Marc-sur-richelieu. LECTURES NORBERT SPEHNER COLLABORATION SPÉCIALE Elizabeth George est née le 26 février 1949 à Warren, en Ohio.Diplômée de littérature, elle a enseigné l'anglais pendant 13 ans avant de se consacrer pleinement à l'écriture.Celle que les lecteurs britanniques appellent affectueusement «Queen Elizabeth» a une connaissance approfondie de l'Angleterre dont l'histoire, la civilisation et les moeurs lui sont aussi familières que celles de son pays natal.On ne sera donc pas surpris d'apprendre que les intrigues de tous ses polars se déroulent en Grande-Bretagne.En 1988, elle publie A Great Del i ve ranc e (Enquêt e dans l e brouillard), le premier d'une série de 13 romans (14, si on inclut Anatomie d'un crime, qui est un cas particulier) mettant en scène un couple des plus insolites : les inspecteurs Thomas Lynley et Barbara Havers.Lynley, huitième comte d'Asherton, est un aristocrate qui roule en Bentley et qui traîne une réputation de séducteur.Doté d'un esprit vif et intuitif, ce célibataire au physique avantageux a un grand sens de l'humour.Il est amoureux de Lady Helen Clyde qu'il finira par épouser.Contraste saisissant, l'inspecteur Havers est sans charme, plutôt laide, trapue et légèrement obèse.Habillée comme un as de pique, elle vit avec un père et une mère séniles dans une banlieue misérable.Au fil des récits, ce couple que tout sépare finira par constituer une équipe-choc capable de résoudre les affaires criminelles les plus délicates.Pour bien situer l'action du Rouge du péché, il faut revenir en arrière, au 12e titre, soit Sans l'ombre d'un témoin, où se joue un drame épouvantable : Joe Campbell, un gamin de 12 ans, abat Lady Helen Clyde qui est enceinte! Choqués, des centaines de fans se plaignent par écrit à l'auteur de la disparition brutale de celle qui était devenue un des personnages les plus attachants de la série.Pour expliquer sa décision et illustrer les motifs du jeune tueur, Elizabeth George publie alors Anatomie d'un crime, un roman hors série qui doit plus à Zola qu'à Agatha Christie, dans lequel elle retrace le parcours du gamin, son environnement de misère, ses mauvaises fréquentations et l'enchaînement fatal qui l'a amené à exécuter une femme qu'il ne connaissait même pas.Le rouge du péché commence trois mois après ce meurtre insensé.Inconsolable, jonglant avec des idées suicidaires, Thomas Lynley erre le long des côtes de Cornouailles quand il découvre le cadavre d'un jeune grimpeur au pied des falaises.Le jeune homme a été assassiné.Au début, Lynley, qui a l'air d'un vagabond, est sur la liste des suspects.L'enquête est confiée à l'inspecteur Bea Hannaford.Elle décide de lui faire confiance et le met à contribution.Lynley devra notamment enquêter sur Daidre Trahair, une vétérinaire dont la maison est située à proximité de la scène du crime et dont le témoignage est plutôt douteux.Pour Lynley, comme pour Hannaford, il ne fait aucun doute que Trahair a des choses à cacher.Mais c'est une femme charmante et Lynley, qui tente tant bien que mal de soigner ses blessures psychologiques, est attiré malgré lui par cette belle inconnue qui est sans doute mêlée au meurtre.Quant à Ba rbara Havers , appelée à la rescousse, sa véritable mission est de ramener Lynley à Scotland Yard.Le rouge du péché est un «whodunit », un récit d'enquête criminelle classique avec une intrigue complexe, sans trop de longueurs, et dont le dénouement est étonnant, voire choquant.Elizabeth George réussit le tour de force de garder notre intérêt pendant 526 pages avec un seul cadavre et une seule question: qui est le meurtrier?En ces périodes de meurtres multiples et de carnages, avouons qu'il faut un certain talent pour y parvenir.Le rouge du péché Elizabeth George Presses de la Cité, 526 pages, 29,95 $ HHH1/2 POLARS / Elizabeth George La plus britannique des romancières américaines LA PRESSE CANADIENNE Une vingtaine d'auteurs québécois sont en lice pour les Grands Prix littéraires Archambault.Les titres finalistes ont été annoncés mercredi dernier par Caroline Allard, porte-parole et elle-même lauréate d'un prix Archambault.Les noms des gagnants seront annoncés en avril prochain, à l'occasion de la Journée mondiale du livre et du droit d'auteur.Parmi les titres retenus figurent Champagne de Monique Proulx, Silence de mort de Chrystine Brouillet, Mal élevé de Stéphane Dompierre, Sans rien ni personne de Marie Laberge et Je suis un écrivain japonais de Dany Laferrière.On note également des livres de Nelly Arcan, de Jean-François Beauchemin, de Rafaële Germain, de Véronique Papineau, de Maryse Rouy, de Pierre Szalowski et de Lise Tremblay.Les titres en lice pour le Grand Prix littéraire Archambault sont sélectionnés par les libraires de 16 magasins, mais le choix final appartient au grand public.Le Grand Prix de la relève littéraire Archambault est pour sa part décerné par un comité de lecture.Pour les deux prix, les titres sélectionnés sont des romans, récits ou nouvelles d'auteurs québécois de langue française, parus entre le 1er juillet 2007 et le 30 juin 2008.Vingt auteurs en lice pour les Grands Prix littéraires Archambault Tous les jours dans ARTS SPECTACLES EN PRIMEUR CE SOIR.De grands noms, des héros inconfortables, des histoires captivantes Dans cette correspondance entre l'auteur des Particules élémentaires et le romancier et philosophe B.-H.Lévy, les deux hommes évoquent des questions intimes, intellectuelles et de société.« Si vous avez aimé Ensemble, c'est tout, vous allez aimer La Consolante.[.] Un livre qui console.Une touche de magie.» Danielle Laurin - SRC Le commissaire Adamsberg est au centre de ce roman, dans tous les sens du terme, en vadrouille de Londres jusqu'en Serbie.« C'est écrit dans la douleur mais formidablement bien écrit.[\u2026] La lecture de votre livre m'a fait mieux comprendre l'amour.» Lorraine Pintal - SRC La vengeance du Parrain couvre la période 1963-1964 qui est occultée dans le roman de Puzo comme dans les films de Coppola.Cette autobiographie de Jacques Mesrine était devenue introuvable.Sa réédition coïncide avec la sortie en janvier du film éponyme.La 15e enquête de Kay Scarpetta : Patricia Cornwell à son meilleur.Pierre Billon signe ici son septième roman dans la foulée de L'Enfant du cinquième Nord et de L'Ultime Alliance.Nora Roberts est indiscutablement la plus aimée des auteurs de littérature féminine actuels.Édition jeune adulte comprenant une lettre de l'auteur.3599631A LECTURES BIBLIO CERVANTÈS LIVRE DE POCHE LA POCHOTHÈQUE.1194 ET 547 PAGES, 49.95$ HHHH Si cela se trouve, c'est la trois millième traduction de Cervantès?Traduit dans toute les langues dès l'an 1600, celui qui sera le premier romancier depuis Homère (!) \u2014 il est vrai en compagnie de Rabelais dont il est presque le contemporain \u2014 ne cessera pas d'être lu, et parfois par des comédiens sur les places publiques, devant ceux qui ne savaient pas lire ! « Le manchot de Lépante » (il y perdit la main gauche), capturé comme esclave par les Turcs, racheté par des religieux d'Alger, revenu en Espagne, ce monsieur imagine le roman le plus drôle qui soit : l'Ingénieux hidalgo Don Quichotte de la Manche.C'est l'imagination au pouvoir.La création romanesque pure.On pourrait dire : les mille et une aventures d'un faux chevalier fou et de son faux écuyer sage, Sancho Panza.Le cocasse mêlé à la passion, le drame à la poésie, la critique d'un monde suivie de l'invention et de la réflexion sur ce monde.Donc, voici cette traduction, aujourd'hui, que l'on vous recommande vivement.Parce qu'elle est essentiellement moderne, c'est-à-dire qu'elle s'efforce de traduire non seulement les mots mais la pensée qui se trouvait derrière eux, en eux, à l'époque de la création et de la publication.Il y a dans un coffret cartonné, en format poche, le Don Quichotte et les Nouvelles exemplaires.Avec une présentation et des annotations de Jean-Raymond Fanlo, qui sont, ô bonheur, presque aussi intéressantes que les livres du manchot.Jacques Folch-Ribas, collaboration spéciale LES AMIS D'ENFANCE PIERRE MANSEAU ÉDITIONS TRYPTIQUE 125 PAGES, 18$ HHH Martin a 12 ans, cet âge où souvent l'enfance bascule sans crier gare, se retournant comme un gant et emportant toutes nos certitudes.C'est d'ailleurs l'âpreté de la perte des illusions dont Pierre Manseau (Ragueneau le sauvage) traite dans ce huitième roman à travers les découvertes de son jeune protagoniste qui vénère son grand frère et applique les principes de celui-ci en aveugle.Car sous les yeux du benjamin, un conflit sépare le père de famille, directeur d'une exploitation minière et le cadet, enflammé par des idées communistes.Cette lutte entre un prolétariat de façade (le fils aîné n'a jamais oeuvré dans la mine) et le patronat désintéressé n'est pourtant que la toile de fond de ce roman dont la forme fragmentée en courts chapitres nous permet de découvrir, sous le regard candide de Martin, une multitude de personnages secondaires.Ainsi, se dessine le portrait général de cette microsociété où chacun croit faire son devoir, des Déniaisés au petit Chicoine, de la sorcière aux varechs au docteur, en passant par le jeune Legardeur qui, du fond de la mine, n'entretient aucun dialogue avec celui qui dit se battre pour lui.L'auteur signe ici un roman extrêmement précis, chaque phrase étant le coup de pinceau qui contribue à un ensemble rigoureux où l'inexorable aura lieu.L'écriture fort imagée de Manseau offre au lecteur une véritable incursion dans un patelin qu'il reconnaît rapidement comme le sien, ne négligeant pas toute la saveur qu'un regard d'enfant de 12 ans peut ajouter au réel.Jade Bérubé, collaboration spéciale.PARADIS SUR MESURE BERNARD WERBER ALBIN MICHEL, 436 PAGES, 29,95$ HH Bernard Werber s'est fait connaître dans la première moitié des années 90 avec sa trilogie des Fourmis.Depuis, il a publié à un rythme frénétique une quinzaine de livres allant du fantastique à l'anticipation.Favori en librairie, souvent boudé par la critique, il a établi un style très personnel qui a le mérite d'être direct.Son dernier livre, Paradis sur mesure, suit la même veine.Ces 16 nouvelles exposent des points de vue pamphlétaires sous un vernis d'anticipation ou même de science-fiction.Il imagine par exemple un monde où les pollueurs sont pendus publiquement, ou un autre où les hommes ont été éliminés et les femmes règnent, un studio de cinéma où les acteurs sont séquestrés et finissent par mourir, un animal de cirque doté d'une conscience qui frémit devant le couteau du boucher qui l'attend une fois sa carrière terminée.L'écrivain toulousain se veut provoquant.« Tu sais, il n'y a pas de journaliste heureux.Tu veux savoir pourquoi?Parce que nous savons réellement ce qui se passe.» Cette tirade d'un rédacteur en chef alcoolique précède une interdiction à un jeune journaliste d'écrire sur un infanticide, de peur que cela donne des idées à d'autres parents.Mais Werber est parfois lourd.La biologiste qui élimine par une mutation génétique la capacité des femmes à porter des garçons, menant à un monde de femmes, a une mère qui déteste les hommes.Des patronymes connus, comme Groucho Marx, sont semés comme des fragments d'érudition facile.Il signe aussi un « intermède », une série de variations sur un proverbe chinois qui se veut philosophique mais semble plutôt narcissique.Mathieu Perreault 3594692A "]
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